L'éclairage électrique
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- L’Eclairage
- Electriqu
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. D’ARSONVAL
- G. LIPPMANN
- D. MON N IE R
- H. POINCARE
- J. BLONDIN
- TOME XV
- 2e TRIMESTRE 1898
- PARIS
- GEORGES CARRÉ ET C. NAUD, EDITEURS
- RUE RACINE,
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- Tome XV.
- Samedi 2 Avril 1898
- >8 Année. — N9 14.
- r r
- L’Eclairage Electrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D'ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. -- A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur â l’École des Mines, Membre de l’Institut. — 3, BLONDIN, Professeur agrégé de l’Unrvcrsité.
- SUR LES ÉCRANS ÉLECTROMAGNÉTIQUES
- Les courants induits qui prennent naissance dans un corps conducteur soumis à des actions électromagnétiques variables tendent à réduire ces actions en un point placé à l’intérieur du conducteur : cette action protectrice esi connue depuis longtemps; de nombreuses expériences qualitatives l’ont mise en évidence, et elle a été utilisée dan-s- bien des cas. Mais son étude quantitative est délicate, de sorte qu’on a rarement cherché à préciser ses variations.
- Au point de vue théorique, les équations générales du problème ont été posées par Maxwell ; leur solution est complexe dans le cas général ; lorsqu’on a affaire à des actions très rapidement variables, on peut la simplifier, les résultats obtenus étant cependant suffisamment approchés (J) ; je rappellerai les expériences faites à ce sujet au moyen des oscillations hertziennes : des corps peu conducteurs comme les solutions salines, qui constituent des écrans pratiquement nuis pour les fréquences usuelles, exercent dans ce
- (*) Consulter relativement à cette théorie r Mxscart et Joubert, J£çcns sur Vélectricité et le magnétisme, 2° édition, V ^ ’. ^ar‘s’ Massoni 1896. — H. Poincaré,!^ Oscillations électriques; Paris, Carré, 1894. — J.-J. Thomson, Recent Researcbes in El. and Magn.\ Oxford, 1895.
- cas une protection notable (* *) ; les métaux deviennent des écrans à peu près parfaits sous une épaisseur très faible.
- Je ne m’occuperai ici que de ce qui concerne les fréquences usuelles ; je résumerai d’abord les principales expériences antérieures, puis celles que j’ai faites moi-meme à ce sujet.
- Expériences de Hughes (*). — Hughes plaçait à une petite distance l’une de l’autre deux bobines ; dans le circuit de lapremière se trouvaient une pile et un microphone, dans celui de la seconde un téléphone ; les sons se transmettaient d’un circuit à l’autre, mais l’interposition de lames métalliques entre les deux bobines les affaiblissait d’autant plus que les lames étaient plus épaisses. L’auteur ne fait d’ailleurs pas d’étude plus approfondie de cette action des corps conducteurs et se borne à indiquer que, dans les conditions où il opère, elle est plus marquée avec le cuivre qu’avec le fer.
- Expériences de Willoughby Smith ("). Wil-
- E) J--J- Thomson, Proc. Roy. Soc. of London, t. XLV, p. 263 ; 1889.
- (*) Hughes, Comptes rendus, t. LXXXVIII, p. 122; 1879. (a) Willoughby Smith, Journ. of the Soc. tel. eng. and electr.^ t. XII, p. 457; 1884.
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- lougbby "Smith utilisait également deux circuits; le primaire était parcouru par un courant interrompu ; les courants induits dans le secondaire, alternativement dans les deux sens, étaient envoyés dans le même sens a un galvanomètre, au moyen d’un commutateur relié mécaniquement avec celui qui interrompait périodiquement le courant primaire. Quand les interruptions sont assez fréquentes, on observe une déviation permanente du galvanomètre ; cette déviation est réduite quand on place des lames métalliques entre les deux circuits, la réduction variant avec la fréquence des renversements du courant ; pour le fer, la réduction, très forte dès le début, reste à peu près constante à partir d’environ 700 renversements par minute, tandis qu’elle croît lentement, mais d’une façon continue, pour les autres métaux.
- Je me suis proposé d’étudier expérimentalement des écrans conducteurs ayant la forme de cylindres creux, soumis à des actions électromagnétiques dont la fréquence est celle des courants alternatifs usuels; la forme simple des écrans permet de soumettre leur action protectrice au calcul, dans le cas où ils sont d’un inétal non magnétique. On peut ainsi comparer les résultats de l'expérience avec ceux de la théorie.
- 1° ÉcKANS NON MAGNÉTIQUES.
- Disposition des expériences. — Les écrans étudiés sont des cylindres ayant 22 cm de hauteur,un diamètre extérieur voisin de 5,6 cm, et des épaisseurs variables. Une bobine parcourue par un courant alternatif sensiblement sinusoïdal produit ainsi un champ alternatif: lorsqu’un des cylindres-écrans est placé concentriquement à la bobine, l’amplitude du champ est réduite pour un point intérieur ; le rapport des amplitudes du champ sur l’axe de la bobine, avec et sans cylindre, caractérise Faction protectrice de celui-ci.
- Pour connaître ce rapport, on place concentriquement à la bobine inductrice une bobine beaucoup plus petite ; elle est le siège
- d’un courant induit dont l’intensité moyenne est proportionnelle à l’amplitude du champ, dans l’hypothèse d’une variation sinusoïdale. Cette intensité est mesurée par la racine carrée de la déviation d’une sorte d’électro-dynamomètre très sensible. Si 0 et 0' sont les déviations de l’instrument en l’absence d’écran et avec écran, la quantité \j~ est le rapport cherché.
- L’intensité efficace du courant primaire était mesurée au moyen de la méthode élec-trométrique de M. Joubert, et maintenue naturellement constante pendant la durée d’une expérience complète.
- L’appareil servant à mesurer l’intensité du courant secondaire était simplement constitué par un galvanomètre de Nobili dont l’aiguille avait été remplacée par un. petit barreau de fer doux (*).
- Des expériences préalables ont été faites pour étudier la forme du courant alternatif employé et les indications de l’appareil de mesure ; elles sont exposées dans un mémoire plus étendu publié dans les Annales de chimie et de physique.
- Résultats. — Dans le cas de conducteurs non magnétiques, la seule influence à étudier est celle de la fréquence, le mode de répartition des courants induits ne dépendant nullement de l’amplitude. Les expériences ont porté sur des cylindres de cuivre, de laiton, de plomb et d’un alliage zinc-cuivre contenant seulement quelques centièmes de zinc.
- L’action protectrice d’un cylindre déterminé croît naturellement avec la fréquence, de sorte que le rapport y^-^- diminue ; c’est ce rapport qui es t porté en ordonnées (2) d ans les courbes des figures 1, 2 et 3, la fréquence étant portée en abscisses. Chacune des courbes correspond à l’un des cylindres employés.
- (>) J’ai d’abord cherché à utiliser un électrodynamomètre ordinaire très sensibie, mais la disposition précédente, que j’ai étudiée et employée sur le conseil de M. Armagnat, m’a donné des résultats bien plus satisfaisants. t1) En centièmes.
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- Pour le cuivre, métal bon conducteur, la courbe s’abaisse rapidement; pour les métaux
- moins conducteurs, la variation est beaucoup plus lente ; on voit de plus que le caractère des courbes change, celles qui s’abaissent
- rapidement tournant leur convexité vers l’axe des x, celles qui s’abaissent lentement tournant au contraire leur concavité dans cette direction. La courbe relative à l’un des cylindres de l’alliage zinc-cuivre, dont la conductivité est comprise entre celles du cuivre et du laiton, a une forme intermédiaire et présente un point d’inflexion.
- querai seulement ici le principe du calcul, dont on pourra trouver le détail dans le mémoire indiqué.
- Dans un conducteur homogène et isotrope, le champ magnétique H satisfait à la relation
- dans laquelle p. représente la perméabilité magnétique du corps supposée constante et c sa conductivité.
- Si on suppose que II est une fonction circulaire du temps, on pourra le représenter par l’écriture
- H = «. «K
- L’équation (i) devient alors
- A?=mi? (2)
- en posant w = 4-pao= 8-2pcN.
- Dans le cas d’un cylindre de révolution, la fonction ® ne dépend que de la distance ? à l’axe, et l’équation (2) se réduit à
- L’intégrale générale de cette équation est une expression assez complexe qui renferme les fonctions de Bessel ; cette expression représentant l’amplitude du champ H, il suffira d’en calculer les valeurs pour un point defla surface extérieure et un point de la surface intérieure du cylindre-écran ; le rapport de ces deux valeurs sera celui des amplitudes des champs intérieur et extérieur, c’est-à-dire représentera le rapport qui était déterminé dans les expériences précédentes.
- Le calcul, qui paraît très laborieux au premier abord, est simplifié par ce fait que, pour les valeurs de la variable correspondant aux cylindres employés ici, les termes des fonctions de Bessel deviennent très rapidement négligeables. Des tables publiées par Lord Kelvin donnent les valeurs de la première de ces fonctions (L. J’ai cal-
- pi Sir W. Thomson, Math, and pbys. papas, t. III, p. 491. — Mascart et Joubekt, loc. cit., p. 718.
- Comparaison avec la théorie. — J’indi-
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- culé les valeurs des termes des autres fonctions dont il était besoin ici.
- On peut résurrïer de la façon suivante les résultats obtenus :
- i° Les résultats dans leur ensemble sont bien conformes à ceux de l’expérience. Les formes différentes obtenues pour les diverses courbes proviennent de ce que les expériences n’embrassent qu’une région limitée de chacune d’elles. Chaque courbe a un point d’inflexion qui est très rapproché de oy et en deçà des limites des expériences pour les écrans de cuivre, tandis qu’il est au delà des limites pour les écrans de laiton et de plomb.
- 2° On obtient dans la plupart des cas des renseignements suffisamment précis en effectuant le calcul non plus au moyen de l’intégrale générale de l’équation (3), mais en prenant seulement comme expression de œ la fonction de Bessel d’ordre o, qui est une
- solution particulière de l’équation (3), et dont le calcul est beaucoup plus simple que celui de l’intégrale générale.
- On peut remarquer que le problème de la distribution du courant dans un conducteur parcouru par un courant alternatif est absolument le même que celui qui a été traité ici : il résulte donc de ce qui précède que dans les calculs relatifs aux conducteurs pour courants alternatifs, on aura dans les conditions ordinaires des résultats suffisamment approchés en prenant comme solution de l’équation (3) (qui se rapportera alors au courant) la fonction de Bessel d’ordre o.
- Dans un prochain article je résumerai les expériences relatives aux écrans constitués par des conducteurs magnétiques.
- C11. Maurain,
- Docteur ès sciences physiques.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES DE L’ÉLECTRICITÉ (*)
- La question de la manœuvre des sémaphores par l’électricité a, depuis longtemps été étudiée avec une grande ingéniosité aux États-Unis, où elle est de plus en plus à l’ordre du jour à mesure que le service des trains s’accélère et s’encombre. La manœuvre de sémaphore de M. J.-P. Coleman, adoptée par la Union Switch C° de Swisswale, nous a semblé l’une des plus ingénieuses parmi les manœuvres nouvelles. Son fonctionnement est le suivant.
- Dans la position fig. 1 le sémaphore, manœuvré par la tige ig, est à voie libre. Quand un train pénètre dans la section protégée par ce sémaphore, il rompt le circuit de l’électro-aimant 12, dont l’armature 15, basculée par le contre-poids i6a, rompt en bc le circuit de la dynamo 26, et lâche en 17 le contrepoids 18. La chute du contrepoids 18 dégage le taquet 22, que la barre repousse par son poids, et cette barre, ainsi lâchée en 21
- par 22, tombe en amenant le sémaphore au danger. La chute de la barre 19 relève, par 43, 40, 41, le levier 31 qui, par le genou 33-33, écarte, malgré le ressort 30, les freins 27 de la dynamo 26 et ferme en 44 une partie du circuit de cette dynamo, qui reste ouvert en bb.
- A la fin de sa chute, la barre 19 ramène par 45 le contre-poids 18 dans sa position primitive, et l’y maintient par l’élasticité du bras 45. Dès que le train quitte la section du sémaphore, il referme le circuit de 12, qui, attirant son armature 15, renclenche 18 en 17 et ferme en bc le circuit de la dynamo 26. Cette dynamo fait alors tourner dans la direction de la flèche la manivelle 5, dont le manchon abaisse le cadre 2, 3, 11 et 13 de la position fig. 1 à celle fig. 2, ce qui ramène 22 en prise avec le cliquet 21 de 19; puis la dynamo 26, continuant à tourner,
- (*) L’Éclairage Électrique du i<, janvier 1898, p. 109.
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- soulève 2, 3, ii et 13, ainsi que la barre 19, qu’elle ramène à la position de voie libre. Ceci fait, et dès que la manivelle 5 approche de sa position (fig. 1), son bouton 40 relève par 39 le levier 36, 37, dont le ressort 38 abaisse le levier 31 de manière que, abaissant le genou 33, il permet au ressort 30 de resserrer le frein de la dynamo 26, dont le
- [. — Sémaphore Coler
- circuit se trouve en meme temps rompu de nouveau en 44.
- Avec le dispositif représenté par les figures 4 à 6, les différentes pièces occupent les positions fig. 4 quand le train est dans la section et le sémaphore 2 au danger. Quand le train quitte la section, il envoie un courant dans l’électro 20, dont l’armature 18, déclenchant le poids 16, le laisse retomber sur la butée 31, et soulever, par son talon a, le cliquet 14 du balancier 10-11, que le poids 28 fait alors tourner de 1800. Pendant cette rotation, la butée 13 de 10 relève, par 17*, le bras 17, de manière à l’enclencher par 21 avec le levier 18 qui le maintient ainsi vertical, ce qui permet au cliquet 15 de tomber au droit
- >. — Sémaph
- du boulon 12j, par lequel il arrête le balan-
- Fig. 3. — Sémaphore Coleman, vu par bout.
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- cier io-ii au bout de sa rotation de 180®. Cette rotation a, par la manivelle 7 du balancier 10, 11, soulevé 2 dans sa position de voie libre.
- "Dès alors qu’un train pénètre dans la section ainsi ouverte, il démagnétise 20, ce qui permet au levier 18 de tomber et de lâcher le
- cliquet 21 du bras 17, qui retombe, déclenche 15, et permet au poids 28 de faire faire de nouveau au balancier 10-11 une rotation de 1800, et de ramener ainsi le sémaphore au danger.
- Le poids 28 est remonté par une dynamo 26 dont le circuit est rompu en y (fig. 6)
- quand 28 arrive au haut de sa course puis refermé en y par le contre-poids tendeur 27, quand 28 arrive au bas de sa course.
- Le verrou électromagnétique de Tyer pour manœuvres d’aiguilles, représenté par les figures 7 et 8, est remarquable par sa simplicité. Dans la position figurée, le levier P est enclenché dans son secteur par le verrou F que la butée de son talon E sur D empêche de retirer; mais, dès que l’on envoie par H H,
- type). Ëlpvatic
- un courant dans l’électro-aimant B, il attire D et dégage E, ce qui permet la manœuvre du levier.
- Lorsqu’on veut pouvoir ainsi bloquer le levier S aux deux bouts de sa course, il suffit de doubler {fig. 9) les contacts H, hi H h.
- La manœuvre électrique pour barrières de MM. Williams et Kinney fonctionne comme il suit.
- Quand la locomotive au passage de laquelle
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- la barrière B doit se fermer automatique-ment, arrive en Tta (fig. io),elle ferme le circuit de l’accumulateur I sur le moteur B de Félectro G, qui amène son armature C sur le disque F (fig. 13), complétant ainsi, par (6, 3, Ej, D, G, F, c, q, cf, 4, 6) le circuit du moteur qui se met à tourner et ferme la barrière, jusqu’à ce que c, arrivant au contact de l’isolant F2(fig. 13) coupe le circuit du moteur en même temps que la came Fs de F pousse le levier I) (fig. 11) surE', de manière à renverser le circuit de la pile I.
- Quand la locomotive, ayant franchi la barrière, arrive en T', elle ferme par (f, 2, 3, B, 4, E3, Es, 5, -j- I, C, D, 7, G, 8) le circuit de I sur le moteur qui, par suite de l’inversion de ce circuit, tourne en sens contraire et ouvre la barrière (’).
- Le signaleur Siemens et Forrest repré-
- anglais 14005 de 1896.)
- Kg-7 à 9. — Ve
- Sémaphore Coleman (2e type). Schéma descirçuits.
- tique Tver (1896).
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- senté par les figures 14 à 17, a pour objet de | vibrations et les chocs, enclenchée, tant que maintenir l’indication donnée, malgré les j l’on n’envoie pas un courant pour la détruire.
- Fig. 10. - Barrière Willis
- Kinney (1897).
- L’appareil se compose essentiellement de deux électros E E, à pôles ajustables P P, avec semelle j' y, fendue en son milieu et armature K. à rappel S k et loquet C, enclenchant le quadrant B, pivoté en b, et pourvu au bas d’une coulisse dans laquelle s’engage le bouton d’un levier T/, pivoté sur l’aimant permanent M, qui le polarise. Tant
- Fig. 11 à 15. — Barrière Wil
- que l’on n’envoie pas un courant inverseur en E, le loquet C maintient le quadrant B dans sa position extrême actuelle de droite ou de gauche, correspondant h un signal donné, indiqué sur sa face. Lorsqu’on envoie ce courant en E, il attire K, qui retire C de B, et, rétablissant la continuité de la semelle y y, augmente la puissance de E assez pour renverser la polarité de 'I', le faire basculer et, avec lui, B, dans la position opposée, où C
- le renclenche. après la rupture du circuit de E.
- M. Batchem.er, ingénieur de la United States mail Package and general Pneumattc
- Forrest.
- Del. very C°, de Philadelphie, a récemment fait une ingénieuse application de l’électricité à la commande des appareils émitteurs pour poste pneumatique, tels qu’ils sont
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- actuellement employés sur le réseau de New-York (*).
- L’on a indiqué sur les figures 18-23, en AA le tube dans lequel circulent, par exemple de droite à gauche de la fig. 23, les porteurs de dépêches poussés par l’air comprimé, et dont la circulation ne doit jamais être interrompue même par l’admission d'un nouveau porteur. Cette admission se fait par un fragment de tube ou manchon cou d (fig. 18) suspendu en c, par le cadre C' C'. On introduit le nouveau porteur par exemple en d (fig. 18) pendant que le second manchon c se trouve, comme en fig. 22 dansle prolongement du tube A A, puis le piston D' du cylindre à air comprimé D fait (fig. i8)j parcA, basculer le cadre C' C' de manière à remplacer c parc'. Ilfautque, pendant le passage de d en la place de c, la circulation de l’air comprimé ne soit pas interrompue en A A — c’est ce que l’on obtient par la dérivation As A' A3 (fig. 22) — et que cet air ne puisse pas s’échapper ; c’est ce que l’on obtient par l’obturation de l’intercalaire au moyen des joues c, (fig. 18) qui relient c
- Fig. 22.
- pneumatique Batcheller.
- d et font joint sur les sections de A A, 1 le cadre CC est maintenu par le cliquet J
- La distribution du cylindre D estcomman- | ________________________________________________________
- ée comme il suit par l'électricité. [ p; Bulletin Je la Société d’Encouragement, novembre 1897,
- Dans la position représentée en figure 18, I p. 1514,01 février 1898, p. 220.
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- et la tige h du distributeur M de D par la I que cette tige se recule, le ressort m, préala-burée J9, repoussée par la tige/? (fig. 23).Dès | blcment bandé par le levier L, repousse le
- ique Batclielier (1897).
- rière du piston D' par Rs R't et à l’échapper par Ri R3 R5, à l’inverse de ce qui a lieu sur la fig. 18 ; et, en même temps, ce même mouvement de R déclenche, comme en fig. 20 J J' du cadre V C. que le piston D' fait alors basculer de manière à remplacer c par c'.
- La commande électrique de la butée h est représentée en détail sur la figure 23. Quand le porteur arrive dans le tube A à une centaine de mètres de l’appareil, il ferme, par la membrane p, le circuit de l’élcctro H, qui, attirant son armature I4, solidaire du levier ?, ouvre, par E, l’admission de l’air comprimé de a' dans la chambre B ; en même temps, le ressort I', qui appuie constamment le levier I sur I., appuie I sur le contact B2,de manière à maintenir le circuit de H fermé après le passage du porteur en p. L’air comprimé admis en B repousse, malgré son ressort H2, le piston H' et la tige h dans sa position d’enclenchement, puis l’air comprimé admis de B en b repousse, dès qu’il y a atteint une pression suffisante, et au bout d’un temps réglé par la fuite A, à pointeau bz, le piston différentiel g-G g-'vers la gauche, malgré l’antagonisme de l’air comprimé admis sur g"' par b\
- distributeur RM de gauche à droite (fig. 18)
- 24. — Poste pr
- de manière à admettre l’air comprimé à l’ar-
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- Fig. 2j à 28. — Poste pneumatique Batclieller.
- Ce mouvement de g g' a pour effet de repous- I circuit de H qui, lâchant 2, ferme le distribuer le levier I de manière à rompre en FL le | teur E E;, de sorte que l’air comprime,
- Poste pneumatique Batchelier.
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- tô
- s’échappant de B par laisse peu k peu le ressort H, ramener le piston H7 à sa position figurée, correspondant au déclenchement du basculeur. L’ouverture b., est réglée de façon que le porteur se trouve en ce moment k une centaine de mètres de l’appareil, et il va sans dire que si, auparavant, un second porteur arrive en p derrière le premier, le déclenchement n’a pas lieu et la section reste bloquée.
- Avec le mécanisme différent représenté par les fig. 24-30, quand le porteur arrive, il ferme le circuit VV' (fig. 28) de l’électroaimant S qui, attirant son armature U6, laisse le ressort u fermer définitivement, par IJ2 U4, le circuit de S', en même temps qu’il engage le cliquet U U7 avec le rochet T, mis en mou-
- vement par ün mécanisme d’horlogerie T7, et dont l’arbre porte une came T3 (fig. 27). Il en résulte que le rochet T entraîne par U' le cadre S, k contrepoids T.., et les électros S' de la position fig. 29 k celle fig. 30, et que la came Ta repousse le levier R malgré son ressort r de la position fig. 29 k celle fig. 30, ainsi que la tige R', qui remplit les mêmes fonctions que le bouton h de l’appareil précédent. Aussitôt après la rupture du circuit de S7, k la fin de l’oscillation de S, quand U3 vient heurter la butée Y (fig. 28), ajustable par son plateau Y7 (fig, 25), le ressort Us déclenche U7 de T, et le contrepoids T. ramène l’appareil dans sa position primitive (fig. 29).
- G. Richard.
- APPLICATION DES IMAGINAIRES AUX CONSTRUCTIONS GRAPHIQUES
- DUS INTENSITÉS DES COURANTS DANS UN TRANSFORMATEUR THÉORIQUE
- i° La méthode des imaginaires appliquée à l’étude dés courants périodiques peut rendre de grands services dans l’exposé des principaux faits, surtout si l’on se rend bien compte de la possibilité de représenter par ces procédés analytiques les diverses constructions en usage dans l’étude graphique. On peut alors voir dans la méthode des imaginaires l’image de la méthode géométrique de M. Blakesley.
- Cette étude peut dans certains cas être facilitée par l’application des deux propositions ci-après :
- i° L’affixe du point ç déterminé par l’équa-
- où m, n, m7, n' sont des quantités imaginaires données et x un paramètre réel variable, décrit une circonférence de cercle quand .v
- 20 L’affixe du point { déterminé par l’équa-
- où m n, ni’ n' sont des quantités imaginaires données et t un paramètre réel variable, décrit une circonférence de cercle quand t
- Avant d’appliquer ces deux propositions aux équations connues du transformateur théorique, nous allons en donner rapidement la démonstration analytique au moyen des imaginaires
- Soit donc, tout d’abord :
- Je peux poser m — n' (r-f-si), r et s étant réels, alors on a :
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- Mais on a l’identité :
- * +> + = “ *+>- + 51
- et, comme la dernière fraction écrit module égal à l'unité, on peut écrire, un paramètre variable réel :
- C étant des quantités constantes, la première réelle.
- Sous cette forme, on voit immédiatement que l’affixe de ^ décrit un cercle de ra}fon r' amour de l’affixe de Ccomme centre.
- 2° Considérons maintenant les équations bien connues du transformateur théorique :
- Si donc je pose :
- = RI + Lir+
- = RT+ !-'-§-+«4-
- Si chacune des quantités E, I, I’ est de la forme Ae <w ‘?> \J- il vient :
- j'aurai :
- et, sous cette forme, on voit immédiatement que l’affixe de \ décrit un cercle de rayon r autour de l’affixe de C comme centre.
- Passons à la seconde proposition ; soit donc :
- Je poserai — = p e/act j’emploierai l’identité :
- Or la dernière fraction écrite a son module égal à l’unité, on peut donc la poser égale à £m , u étant un paramètre variable réel; il vient alors :
- E = (R + L«u v/^T) I -j- M« v/- I r, O = M« \J~\ I -f- (R' + L'w r,
- d’où l’on déduit :
- j/K'+ L^VRH L'*w
- Si donc, E étant donné, on suppose connu
- , . , s/H* + LV + L,2«3 v
- le paramétré k — W»* ~—— 1 extrémité du vecteur-----\J—i Mu Y décrira une
- circonférence, d’après la deuxième proposition énoncée ci-dessus.
- De même, si, E étant donné, on suppose connue la valeur de a l’affixe de -, c’est-à-dire l’extrémité du vecteur décrira une circonférence, d’après la première proposi-
- Si donc je pose :
- On peut donner d’ailleurs une définition simple des lieux géométriques constitués par ces deux circonférences. On a, en effet :
- C'
- E -y/- ] AWI' _ vfR’+^LyR'i + tt’L'* V/—iMiüI' M*w*
- il viendra :
- t' étant un paramètre réel variable,
- Si donc je considère le vecteur OA = E et le vecteur OR = — i Mu Y j’aurai :
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- l’éclairage électrique
- T. XV. — N° 14
- ce qui montre : x°que le rapport des longueurs de BA et de OB est égal à Æ, et 20 que l’angle de ces deux vecteurs est égal à a -f- \J—”•
- Le point B, si l’on se donne la base OA, est donc à l’intersection des deux cercles ci-après :
- Le premier est le lieu des points tels que le rapport de leurs distances aux points O et A est égal à k ;
- Le second est le lieu des points d’où l’on voit le segment OA sous l’angle -, c’est-
- à-dire le segment capable de cet angle décrit sur la corde OA.
- 3°. L’expression de ^ = d — 1 M ««• l'étant la suivante :
- * -V7- 1 wl - r "fa + L(!>v/:rf)(R- + l'«V=T)
- 1 M*o>*
- on voit que la quantité \ est une fonction de la forme " de chacune des quantités R, L, R', \J et MA et que par suite l’aflixe de 1 décrira une circonférence de cercle quand l’une de ces quantités variera, les autres demeurant constantes.
- J.-B. POMEY,
- Inspecteur-ingénieur des Télégraphes.
- ANALYSE ÉLECTROLYTIQUE {‘) RECHERCHES SUR LA SÉPARATION DE QUELQUES MÉTAUX
- A. Vau.kk (2) a discuté les avantages et les inconvénients des méthodes connues et a soumis certaines d’entre elles au contrôle de nouvelles expériences.
- I. Cadmium et zinc.
- D’après les expériences de B. Neumann sur les différences électriques existant entre le zinc et le cadmium et une solution normale de leurs sels, de môme que d’après les recherches de Leblanc sur la force électro-motrice nécessaire pour décomposer les solutions normales de ces métaux , on peut admettre que les solutions des sels de zinc exigeront toujours pour être décomposées, une tension supérieure de 0,3 volt à celle qui précipitera le cadmium de ses dissolutions salines. Ces considérations ne fournissent pas d’indications sur la nature des composés à préférer, on peut donc se borner à rechercher la production d’un dépôt de cadmium
- Voir VÉclairage Èhdrique du 15 janvier 1898, t. XIV, (s) Zeitsch. f. Elektrochemie, 1897, p. 241 et suiv.
- de nature satisfaisante et l’obtention d’un liquide résiduel permettant de précipiter facilement le zinc qui s’y trouve.
- Passant en revue les différentes méthodes qui ont été proposées pour la séparation du cadmium : celle de Heidenreich en solution acide ; celle de Beilstein et Jawein par les cyanures doubles, enfin celle de Classen qui opère avec des oxalates complexes acidulés avec de l’acide oxalique ou de l’acide tar-trique, l’auteur s’arrête à cette dernière dont Eliasberg s’était déjà occupé avec succès, et s’applique à rechercher les conditions les meilleures dans lesquelles il faut se placer pour réussir. Il a employé dans ses expériences des oxydes purs dissous par l’acide chlorhydrique dans la capsule même à clec-trolyse, en évaporant l’excès d’acide. Les quantités étant de 0,1 gr à 0,14 gr pourZno et de 0,12 à 0,14 pour CdO, on étendait la dissolution à 120 cm8 en ajoutant 8 gr d’oxa-late de potassium et 2 gr d’oxalate d’ammonium : la température la plus favorable a été , trouvée de 80-85°, au-dessus le cadmium ! s’exfolie.
- I On a vu précédemment que la tension du
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- courant doit dépasser au plus de 0,3 volt celle qui est nécessaire pour décomposer la solution de cadmium si l’on veut éviter la précipitation du zinc ; avec des cellules dont la résistance moyenne est de 10 ohms, l’intensité du courant, déduite du voltage utile pour Pélectrolyse, pourra donc être au maximum -~= 0,03 ampère. Eliasberg travaillait avec des courants de 0.01 h 0,015 ampère; Waller a trouvé qu’on peut aller sans inconvénient à 0,02 ampère sans cesser d’avoir de bons résultats.
- Après concentration convenable, la liqueur séparée du cadmium est traitée dans une capsule de platine recouverte de cuivre pour précipiter le zinc. On commence par y faire passer pendant 3 à 5 minutes et k la température de 50 à 60 °, un courant de 1 k 1,5 ampère, puis on .y fait tomber goutte à goutte une solution d’acide tartrique. Le dépôt de zinc doit toujours être lavé sans interrompre le courant.
- IL Zinc et Cobalt.
- Waller a repris la méthode de Vortmann qui opère sur des tartrates complexes en additionnant les sulfates de sel de Seignette. Le cobalt est précipité par un courant dont la tension est au maximum de 2 volts avec 0,07 à 0,1 ampère.
- Mais on sait que dans ces solutions tartri-ques, commeen général lorsque laliqueurne renferme qu’un acidefaible,le cobaltsedépose toujours partiellement sur l’anode sous forme d’oxyde noir Co203. Il est possible de réduire ce dépôt à peu de chose en abaissant la tension à l’anode par l’introduction d’un dépolarisant dans le liquide. Vortmann a indiqué dans ce but l’emploi de l’iodure de potassium additionné de soude'caustique; la force électromotrice nécessaire est ainsi abaissée de 0,5 volt environ.
- Les expériences de Waller ont été faites en dissolvant ensemble 0,3 à 0,45 de sulfate double de cobalt et de potassium et 0,17 à 0,3 de sulfate double de zinc et de potas-
- sium. A la solution 011 ajoutait : 6 gr de sel de Seignette, 1 à i,5gr d’iodure de potassium et 10 cm3 d’une lessive de soude tenant 2 k 3 gr NaOH. Le liquide étendu a 150 cm8 était chauffé à 60-65° et électrolysé par un courant de 2 volts environ et 0,05 k 0,1 ampère. Comme il est impossible d’éviter totalement le dépôt d’oxyde Co208 sur l’anode, celle-ci doit être pesée avant et après l’opération pour que l’on puisse tenir compte de l’oxyde dans le résultat ; cet oxyde doit être lavé k l’eau et séché k tio° au bain d’air. Dans les exemples cités, le poids de Co203 comporte environ 1/5 de celui du métal déposé libre. Le cobalt se précipite à moins de 1 p. 100 de son poids total, ce qui doit être considéré comme un résultat satisfai-
- Des expériences entreprises au laboratoire d’Aix-la-Chapelle par Burckhardt ont d’ailleurs fait voir que si l’on ajoute aux solutions tartriques un dépolarisant encore plus énergique composé de chlorhydrate d’hydroxyla-mine et de potasse caustique, le cobalt se dépose quantitativement sur la cathode k l’état métallique et il neseforme plusd’oxyde. La tension nécessaire est abaissée de près de 1 volt dans ce cas.
- III. Antimoine et Étain
- De ce que l’on connaît relativement aux propriétés des dissolutions contenant de l’antimoine et de l’étain, on peut déduire qu’en solution alcaline l’antimoine sera précipité avant l’étain. Waller a repris et critiqué les expériences dont le détail a paru dans une communication de Ost [Zeits.Jur angetvandte Chem., 1897, p. 325), qui effectue la séparation dans une solution contenant un excès de sulfure de sodium; l’antimoine se précipite le premier et exempt d’étain, si l’on électro-lvseavec un courant de 1 k 1,3 volt donnant une densité normale de 0,3 ampère au maximum.
- En choisissant arbitrairement les données de quelques-unes des expériences de Ost et
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- en s’appuyant sur la loi de Ohm, Waller cherche à calculer les tensions de courant nécessaires pour précipiter l’antimoine et l’étain à la température ordinaire et vers 70°. Ost s’élève contre cette manière de calculer (Zeits. fur Electrochem.^ 1897-1898, p. 279) en faisant remarquer que dans des bains très concentrés en sulfures alcalins, la tension observée, variable d’ailleurs, est celle qui .correspond au sulfure alcalin, lequel subit des modifications très complexes par le fait du passage du courant. Au début, en effet, on observe un dégagement d’hydrogène sur la cathode, lequel s’arrête plus tard; à l’anode du soufre se sépare qui se redissout en poly-sulfure, de plus il se forme du sulfhydrate, du thiosulfate, etc. Ces réactions multiples expliquent facilement les variations présentées par le voltage pendant ces électrolyses. Si, avec beaucoup de sulfure, le liquide renferme en outre une petite quantité d’antimoine, ce métal se dépose surla cathode en même temps que l’hydrogène se dégage, et les particularités présentées parle courant sont toujours celles dues à la solution concentrée de sulfure. Ost conclut de ces observations que les calculs de Waller sont inexacts et qu’il faut s’en tenir aux résultats fournis par ses propres expériences.
- Il ne sera pas sans intérêt de rappeler ici ce que Ost dit sur ce sujet (loc. cil.). On remarquera d’abord combien il y a d’avantages à précipiter l'antimoine à l’état métallique pour éviter des procédés de séparation pénibles ainsi que les incertitudes résultant de ce que le poids atomique du métal n’est pas rigoureusement déterminé.
- Lorsqu’il s’agit de séparer l’antimoine de l’étain, on peut opérer avec une solution contenant ces métaux à l’état de sulfosels; Classen et Neumann affirment que dans des liqueurs ayant la concentration qu’ils indiquent , l’antimoine se dépose à l’état de pureté sous l’action de courants forts ou faibles. Ost. au contraire, a montré par ses
- expériences que le dépôt n’est réellement exempt d’étain que si l’on fait usage de courants faibles. Il opérait avec des poids connus de sel de Schlippe (sulfoantimoniate de sodium SbS^NahgHuo) et de sel de pinck (chlorostannate d’ammonium SnCl*.2.AzH'' Cl), de manière à avoir de 0,1 à 0,4 gr d’antimoine et de 0,4 à 0,5 gr d’étain; il ajoutait à ces sels 75 cm3 de sulfure de sodium incolore (‘) et 2 gr de soude NaOH, le tout étant finalement amené à 125 cm3. Ces recherches ont fait voir que la séparation de l’antimoine avec l’étain n’est certaine qu’avec des courants inférieurs à 0,3 ampère (D. N,) sous une tension de 1,3 volt. Pour laisser une opération marcher pendant une nuit (12 à 15 heures) à la température ordinaire, on emploiera avec avantage pour o gr à 0,1 d’antimoine un courant de 0,1 à 0,2 ampère ; pour 0,1 à 0,2 d’antimoine un courant de 0,2 à 0,3 ampère; pour 0,4 d’antimoine, 0,2 ampère pendant quinze heures ne suffisent pas, il en faudrait 0,3. Dans ces conditions les dépôts sont parfaits, tandis qu’avec des courants de 0,5 ampère il y aurait déjà incertitude.
- Après la séparation de l’antimoine, l’étain peut être précipité en suivant les données de Classen, c’est-à-dire après que l’on aura transformé le sulfure de sodium en sulfure ammo-nique, ou bien en mettant l’étain sous forme d’oxalate double. Je renvoie pour ces opérations aux prescriptions données par Classen dans la 4e édition allemande de son traité, page 198.
- G. Arth.
- (<) Préparation du sulfure de sodium. — On sature complètement d’hydrogène sulfure une solution aqueuse de 105 gr de soude caustique aussi pure que possible, on ajoute ensuite le meme poids de soude, puis on étend à 1 litre. Après avoir laissé reposer longtemps, on filtre. La solution possède un poids spécifique de 1,17 et se trouve saturée à la température
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- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Accumulateur Capponi(ri
- Les accumulateurs sont d’autant meilleurs que leurs électrodes sont plus perméables à la charge et que leur masse est plus profondément altérée par les gaz qui se développent dans l’éîectrolyse de l’eau acidulée.
- Les accumulateurs actuels présentent des avantages marques sur les accumulateurs de Planté; mais la perfection est loin d’ètre atteinte, toute la difficulté provient de ce que l’on ne peut réussir à donner aux électrodes une grande perméabilité à la charge sans compromettre leur solidité.
- L’accumulateur d’Alessandro Capponi semble présenter déjà quelques avantages sur les accumulateurs ordinaires, si l’on en croit du moins l’exposé des résultats qui en a été donné.
- Les électrodes sont faites en plomb métallique poreux obtenu par un procédé spécial simple et relativement économique. Elles sont séparées par des diaphragmes poreux qui évitent tout contact parasite sans accroître beaucoup la résistance interne, puisqu’elle est au plus égale à celle des accumulateurs actuels pour des plaques de même capacité.
- La période de formation n'est pas de longue durée, parce qu’il n’y a pas besoin de contre-charge. Il suffit en effet d’une seule charge que l’on pousse jusqu’à ce que les gaz commencent à se dégager de l’électrode positive. Si l’on ne dépasse pas la limite de charge et si l’on ne décharge pas complètement l’accumulateur, celui-ci ne peut que s’améliorer et sa durée est très grande. Il a en outre cet avantage de ne nécessiter aucun soin spécial.
- La capacité spécifique est notablement plus élevée que celle des accumulateurs ordinaires. En décharge normale on obtient
- (h L’Ekttricista, p. 40, février 1898.
- 22 ampères-heure, et l’on peut obtenir le même résultat en régime forcé par l’augmentation de la superficie des électrodes.
- Pour un poids de 2300 kg de plaque et un courant de décharge de 2,5 ampères, on recueille 50 ampères-heure; si le courant est de 10 ampères, on n'obtient plus que 22 ampères-heure.
- Le rendement normal est donc considérable, et le rendement en régime forcé n’est pas inférieur à celui des meilleurs accumulateurs connus.
- Le voltage a pour maximum 2,1 volts et il descend jusqu’à 1,7.•
- Étincelles, leur cause et leurs effets ;
- Par Thorburn Reid(').
- M. T. Rcid vient de faire devant l’Association des Ingénieurs américains une conférence sur les étincelles dans les machines à courant continu, laquelle repose sur deux considérations principales, celle de l’influence de la self-induction de la section en court-circuit et celle de la densité de courant sous les balais.
- L’influence de la self-induction des sections a déjà été mis en lumière par M. Fischer-Hinnen dans une théorie des étincelles publiée dans cette revue (*) ; quant à la seconde elle n’a été jusqu’ici l’objet d’aucune publication.
- L’idée ancienne que la commutation sans étincelles ne peut se faire que si le courant, au moment de la rupture du court-circuit dans la section passant sur le balai, a dans celle-ci précisément La valeur qu’il aura lorsqu’elle sera rentrée dans la partie active de l’enroulement, doit être abandonnée définitivement. En effet, d’après M. Reid, [les petites étincelles qui peuvent se produire dans ce cas sont sans danger.
- [1] Industries and Iran, du 14 janvier, 1898, p. 27.
- (2) L'Éclairage Électrique, t. IX. p. 114, 1896.
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- Seule l’exagération de la densité de courant dans les portions de balais en contact avec les lames connectées aux extrémités de la section en court-circuit peut amener la détérioration du collecteur.
- Considérons les figures i à 5 représentant la position d’un balai avant, pendant et après la mise en court-circuit de la section 2-3.
- Le phénomène peut être divisé en deux phases, la première comprenant la période d’annulation du courant dans la section en court-circuit et la seconde son accroissement en sens inverse.
- Avant la mise en court-circuit (fig 1), lecou-
- VxJL>\jU^A^ULAjLLAxiy
- ïîl
- X!TATLaJLAjulAjll7
- U
- rant se partage en deux moitiés allant l’un vers la lame 2, l’autre vers la lame 4; dès le début du court-circuit, le courant se sépare en trois parties passant l’une de la lame 3 à la lame 4, une seconde à travers la section 2-3 et la troisième allant directement du balai à la lame 2. Le rapport des valeurs, à chaque instant, de ces deux dernières dont la somme est constante dépend des résistances de contact des portions de balai engagées sur les lames 2 et 3, lesquelles sont inversement proportionnelles à la surface de contact et d’autre part de la difiérence de potentiel entre le balai et la lame 2.
- Cette dernière est fonction de la chute de tension instantanée dans la section, de la force contre-électromotrice de self-induction et enfin de la force électromotrice induite E développée par suite du décalage des balais par rapport à la zone neutre et désignée généralement sous le nom de force électromotrice de renversement. Tandis que la chute de tension due à la résistance de contact des balais et celle due à la résistance de la section tendent à diminuer le courant, la force électromotrice de self-induction tend à le prolonger tant qu’il diminue. Quant à E elle doit évidemment être de sens contraire à la force électromotrice de self-induction.
- Si le balai s’avance sur la lame 2, la résistance de contact par rapport à cette lame diminue; la résistance de la portion de balai en contact avec la lame 3 augmentant au contraire, la chute ohmique de la portion de courant traversant la section en court-circuit, avant d’entrerdans la partie active de l’induit, tendra à augmenter ou a diminuer suivant que la surface de contact avec la lame 3 plus ou moins rapidement par rapport à l’abaissement du courant.
- Passons à la seconde phase du phénomène. Lorsque le courant dans la section en court-circuit s’annule, le courant total se partage évidemment en deux parties égales passant chacune à travers l’une des lames 2 ou 3 et la différence entre la force clectromorrice de renversement et celle de self-induction est évidemment égale et opposée à la différence entre les chutes de tension sous les deux portions du balai. Il est à remarquer que bien que le courant soit nul, la force électromotrice de self peut être relativement grande.
- Le courant inversé augmentant, la self-induction s’oppose à cet accroissement et se trouve encore opposé à la force électromotrice de renversement, pendant ce temps le courant continue à augmenter dans la partie du balai en contact avec la lame 2 et à diminuer dans celle en contact avec 3 jusqu’à ce que le balai quitte cette dernière.
- Recherchons maintenant comment doit va-
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- rier le courant dans la section pendant la commutation pour que la quantité d’énergie transformée en chaleur se répartisse proportionnellement entre les deux surfaces de contact de chaque balai avec les lames qu’il couvre et pour qu’elle soit minimum.
- La répartition se fera évidemment proportionnellement aux surfaces de contact des deux parties du balai, si la densité de courant reste constante ; le courant décroîtra alors uniformément et la force électromotrice de self-induction sera constante et égale à la force électromotrice de renversement, diminuée de la chute de tension dans la section en court-circuit ; l’inversion se fera alors sans aucune variation d’énergie potentielle.
- Cherchons, en second lieu, quelle loi doit suivre le courant pour que l’énergie transformée en chaleur dans la résistance de contact soit minimum.
- Soient R, et R2 les résistances variables de contact des deux portions du balai, I, et I2 les courants qui les traversent. La quantité d’énergie consommée à chaque instant est : W=R,V + Kj (I — I,)4
- Elle sera minimapourla valeur de I, donnée par :
- d’où :
- Pour reconnaître si l’on est en présence d’un maximum ou d’un minimum, il suffit de calculer l’expression de W pour deux valeurs de I. par exemple :
- 1, = 0, 1, - 1
- Les valeurs sont alors RJ2 et RJ2, toutes deux supérieures à la valeur de W obtenue en remplaçant dans l’expression de W I, par sa valeur tirée de (2;, ou :
- il s’agit donc bien d’un minimum.
- La relation (2) montre que le courant I, et par suite aussi I, sont proportionnels aux surfaces de contact des deux parties du balai c’est-à-dire lorsque la densité de courant sous les balais est constante pendant la durée de la commutation. C’cstla même condition que plus haut pour la répartition des pertes proportionnellement aux surfaces de contact.
- Une bonne commutation est donc définie par une inversion complète du courant et telle que la partie de courant qui traverse chacune des deux surfaces de contact d’un balai soit proportionnelle à cette surface de contact. Dans ce cas les chutes de tension RjÉ et R2I2 sous les deux parties du balai sont égales et l’on a à chaque :
- Es = RI, + E
- RI3 étant la chute de potentiel dans la bobine (R résistance de la section, I3 courant) et E, la force électromotrice de self-induction.
- M. Reid examine ensuite quelques cas où la commutation est imparfaite.
- Supposons d’abord que le courant sur la lame 3 diminue moins vite que la section de contact, la densité de courant ira alors en augmentant pendant toute la durée de la commutation ; aussi au moment où la lame 3 quittera le balai, l'énergie consommée sera maxima et pourra être suffisante pour volatiliser le cuivre de cette lame et arracher une parcelle de métal sur son bord de gauche. De plus, le couranttendant toujours à passer, un arc subsistera, c’est l’étincelle dangereuse ou étincelle blanche.
- Les bords des lames sur lesquels sc fait la rupture se creusent alors rapidement, ce qui accroît encore la résistance du contact ; aussi les étincelles augmentent-elles jusqu’à ce qu’on ait retourné le collecteur.
- Si l’élévation de température est insuffisante pour volatiliser le métal, les étincelles qui apparaissent sont bleues ou violettes et sont à peu près sans danger.
- Supposons en. second lieu qu’au début de la mise en court-circuit le courant passant par la lame 2 augmente plus rapidement que la
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- surface de contact, la densité de courant croîtra et l’énergie transformée en chaleur dans les résistances de contact pourra être suffisante pour fondre le cuivre du bord droit de la lame qui sera ainsi endommagée sans qu’il y ait production d’étincelles. Toutefois les bords se creusant, celles-ci finiront par apparaître sous le balai et rayeront le collecteur ; elles iront en augmentant jusqu’à ce qu’on retourne le collecteur ou qu’on le passe au papier de verre.
- Si enfin la force électromotrice de renversement est trop grande, le courant une fois renversé pourra devenir supérieur à celui qui circule dans chaque moitié de l’induit; la densité de courant sera trop grande à la rupture et la fusion du cuivre et les étincelles se produiront comme précédemment.
- Une bonne machine doit pouvoir fonctionner entre la charge nulle et une charge supérieure de 25 p. 100 à la normale, non sans donner d’ctinccllcs, mais tout au moins sans endommager le collecteur et sans décalage de balais. La chute de tension dans la section en court-circuit et la force électromotrice de self-induction variant proportionnellement, il faudrait que la force électromotrice de renversement variât aussi dans le meme rapport à toute charge.ce quinécessiteraitforcémentun décalage des balais. Un assez bon fonctionnement peut cependant être obtenu en calant les balais pour la marche en pleine charge et les laissant ainsi lorsque la charge diminue.
- Dans ce cas le courant après inversion deviendra plus grand que celui circulant dans la partie active de l’induit et cette différence ira en augmentant lorsque la charge diminuera. Pour un débit nul la force clectromo-tricc de renversement crée un courant local dans la section en court-circuit, courant au plus égal à celui de pleine charge que la self-induction tend à empêcher et que les résistances de contact tendent à amoindrir.
- Si le coefficient de self-induction est petit par rapport aux résistances de contact, la force électromotrice de renversement sera petite par rapport aux chutes de tension à pleine
- charge et par suite le courant produit à vide dans la section en court-circuit sera faible vis-à-vis du courant de pleine charge et dès lors non dangereux pour le collecteur.
- Il est bon de remarquer que la variation meme des résistances de contact tend à faciliter le renversement du courant. En effet, dès que celui-ci dépasse la valeur du courant qui traverse les parties actives de l’enroulement la différence tend à se fermer à travers les deux surfaces de contact de chaque balai avec les lames réunies à la section en court-circuit. La somme de ces résistances, infinie avant et après le court-circuit, passe par un minimum lorsque le balai couvre également les deux lames adjacentes considérées.
- Ceci posé, revenons à la marche à vide avec le calage correspondant à la pleine charge. Si les résistances de contact au balai étaient nuiles, le courant atteindrait son maximum vers le milieu de la période de commutation en admettant naturellement que la force électromotrice de renversement a une valeur suffisante pour commuter le courant à pleine charge sous l’action des résistances de contact. En réalité, cette tension de renversement n’eftectùe qu’une partie de celui-ci lorsque la force électromotrice de self-induction est négligeable devant les chutes de tension dues aux résistances de contact.
- En tenant compte de ces résistances, le courant sera plus petit que précédemment dans la première moitié de la durée de commutation et diminuera rapidement dans la seconde de sorte qu’il ne se produira aucune étincelle visible à la rupture du court-cir-
- Pour faciliter la commutation on doit donc soit augmenter les résistances de contact des balais (emploi de charbon ou diminution de la section des balais métalliques), soit abaisser autant que possible le coefficient de s,clf-induction, lequel dans certaines machines est assez grand pour empêcher la commutation pour une certaine charge, quelle que soit la position des balais, la variation d’énergie étant alors maxima au début et à la fin du court-
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- circuit. La diminution de la self-induction conduit à abaisser l’induction et par suite à augmenter les dimensions et le prix de revient.
- L’auteur examine aussi le cas où le balai peut mettre deux sections à la fois en court-circuit. A priori un premier avantage dans l’emploi de ce dispositif serait la diminution de la longueur du collecteur tout en admettant une même densité de courant dans les balais, mais la durée de lacommutation étant accrue sans rien changer à la perte dans les contacts à chaque instant du court-circuit, la perte totale est augmentée ; de ce côté, il y a donc plutôt un désavantage.
- Un second avantage est dû 'a ce que la durée du court-circuit étant plus grande, l’effet de la self-induction est faible et par suite la force électromotrice de self-induction est plus petite par rapport aux chutes de tension occasionnées par les résistances de contact du balai. Toutefois encore cet avantage est limité par l’induction mutuelle des deux sections voisines en court-circuit qui accroît la self-induction apparente de ces sections.
- En somme, la théorie de M. Reid permet d’expliquer certains phénomènes non encore bien compris jusqu’ici ; il resterait, pour être complet, à déterminer a priori la charge à laquçlle les étincelles dangereuses apparaîtront sur une machine projetée. C-F. G.
- Le rendement thermique des usines génératrices d’électricité ;
- Par Wm.-S. Alorich(‘;.
- Depuis longtemps, les ingénieurs se sont préoccupés de savoir quelle est la ou les causes réelles du mauvais rendement des stations génératrices d’énergie électrique, mais les résultats obtenus sont peu satisfaisants au point de vue pratique. Le rendement des stations centrales est toujours de beaucoup inférieur à celui des autres usines.
- dj American Societyof tnechanical Engineers, décembre 1897. I
- Ainsi, à l'usine de la Compagnie Chelséa Jute Mills, Brooklyn (N. Y.), avec une charge variant de 495,21 à 764,96 chevaux {de 746 watts), la consommation de charbon est de 0,673 kg par cheval-heure indiqué; le rendement organique du moteur étant de 0.9 et celui de la dynamo de o,g aussi, on obtiendrait ainsi près de 900 watts-heures par kilogramme de charbon brûlé.
- A l'usine des pompes élévatoircs pour le service des eaux de Chestnut Hill, à Boston, on obtient encore de meilleurs résultats : 5,094 kg de vapeur par cheval-heure indiqué, soit 0,609 kg de charbon par cheval-heure effectif, ou 1 100 watts-heures environ par kilogramme de charbon.
- Dans une filature de coton, à Providence (R. I.), M. Thurston a reconnu un rendement analogue ; avec un moteur compound de t 950 chevaux, des chaudières aqua-tubu-laires, le cheval-an revenait, tous frais compris, à 57,75 fr pour une durée de travail de 3 070 heures ; le rendement était à peu près le même qu’à Boston.
- Les usines d'électricité sont loin de donner d’aussi bons résultats. Depuis plusieurs années l’Association Nationale Américaine d’éclairage électrique publie des rapports détaillés sur le fonctionnement des stations centrales. Ces statistiques sont résumées dans les deux tableaux suivants.
- Tableau I
- Rendement des stations centrales d'éclairage électrique américaines en watts-heures produits par kilogramme de charbon brillé.
- “le™ irr IF.URLS P
- ,894 65 4S8 55 2U2
- IS95 24 581 80 282
- l89Ô 81 522 73 238
- I89; 14 594 218 344
- Au point de vue 'actuel, il y a lieu dé faire
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- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
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- deux observations principales sur ces tableaux.
- I, — Le rendement en watts-heures produit par kilogramme de charbon brûlé est dans tous les cas de beaucoup inférieur à celui qu’on pourrait espérer en se basant sur le fonctionnement des usines précitées; l’usine dont le rendement est le meilleur ne produit encore que les 54 centièmes de ce qu’aurait produit l’usine de Chestnut Hill ; l’usine dont le rendement est le plus faible ne produit que 5 p. 100 de ce rendement idéal.
- Pendant longtemps, on a attribuéee mauvais rendement à ce que la consommation de vapeur des moteurs, lorsque leur charge varie au-dessous de la normale, peut être de beau, coup plus élevée que ne l’indiquent les essais. Cependant les recherches de M. F.-R. Low (*) indiquent que ce ne serait pas la la cause de pertes la plus importante. Il y aurait donc lieu d’étudier méthodiquement quelles sont les pertes absolues et relatives qui se produisent dans chacune des parties de l’installation signalées par M. Low, tant au régime de pleine charge qu’à vide. On pourrait ainsi déterminer avec exactitude quel matériel il convient d’adopter dans chaque cas particulier pour obtenir le meilleur rendement.
- II. — Les chiffres ci-dessus ne sont pas strictement comparables entre eux, car le pouvoir calorifique des différents charbons employés est loin d’être le même. Les conclusions qu’on peut tirer de l’étude des statistiques publiées par l’Association Américaine ne sauraient donc être appliquées justement dans la pratique.
- C’est en se basant sur l’étude du rendement de chaque organe séparément, en se basant sur le nombre de calories dégagées par la combustion du charbon dans le foyer des chaudières, que les ingénieurs sont arrivés à donner aux usines clévaroircs un rendement pratique aussi satisfaisant. Il y a tout lieu d’espérer qu’en agissant de même pour les usines électriques on obtiendrait des résultats comparables.
- (’) L'Eclairage Électrique du 21 août 1897. t. XII, p. 360.
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- En conséquence, M. Aldrich propose qu’au Heu d’exprimer le rendement de ces usines en watts-heures par kilogramme de charbon brûlé, on l’exprime en watts-heures par calorie dégagée dans les chaudières. Toutefois, comme cette solution, parfaite en elle-même, serait souvent d’une application pratique difficile, au moins dans les premiers temps, M, Aldrich propose qu’on donne tout au moins le rendement en watts-heures par kilogramme de vapeur — ou d’eau d’alimentation - - dépensée. On obtiendrait ainsi une approximation plus juste et l’étude des résultats obtenus pourrait conduire à des conclusions pratiques intéressantes. G. P.
- Action perturbatrice des courants électriques industriels sur les magnétomètres;
- Par C.-H. Davis (').
- L’étude du magnétisme terrestre présente une importance théorique et pratique assez grande pour que les faits suivants, signalés par le capitaine C.-H. Davis, de la marine de guerre des États-Unis, directeur de l’observatoire naval de Washington, ne soient pas passés sous silence.
- L’observatoire naval est situé sur les collines de Georgetown, dans la banlieue de Washington, sur un terrain d’une superficie d’environ 28 hectares, choisi par une commission spéciale. Il fut commencé en 1882 et ne fut terminé qu’en 1894. Les instruments servant à l’observation du magnétisme terrestre sont placés dans une cave spéciale et leurs indications sont enregistrées par la photographie. Les magnétographes de Kew et de M. Mascart ont été adoptés.
- Pendant la période de construction et d’aménagement de l’observatoire, deux lignes de tramways électriques avaient été établies, sur deux routes parallèles, dans les environs des terrains choisis. La ligne de Georgetown et Tennallytown comporte plusieurs embran-
- (l) Terresirid MagtieUsin, décembre 1897, t. II, p, 125.
- chements longs de 11 à 13 km à partir du terminus de Georgetown; la ligne principale passe à environ 425 mètres de l’observatoire magnétique, dans la direction de l’ouest. La seconde ligne, de Washington à Chevy-Chase, passe à l’est de l’observatoire, à une distance de 1 200 à 1 600 mètres.
- Quand les instruments furent montés, il fut de suite évident qu’une action perturbatrice était exercée sur la composante verticale pendant le passage des tramways électriques sur les lignes de Georgetown et Tennallytown. Cette perturbation n’était pas d’abord assez importante pour détruire la valeur des observations. Elle se traduisait par un épaississement et un empâtement de la courbe enregistrée; on pensa que cet effet n’était dû peut-être qu’à une cause mécanique ; des expériences furent entreprises dans le but de contrôler cette supposition; elles donnèrent un résultat négatif. La perturbation resta la même à peu près jusqu’au printemps 1897 ; elle prit graduellement de plus grandes proportions et affecta aussi la composante horizontale et la déclinaison, ce qui provenait d’un accroissement considérable du trafic sur les lignes de tramways. 11 devint évident que les courants industriels n’agissaient pas seulement en épaississant la courbe, mais en augmentant la force verticale. La valeur des éléments magnétiques est publiée en millionièmes de dynes. Or, une seule voiture circulant sur l'embranchement de Glcn-Echo (ligne de Tennallytown), augmentait la force verticale de 75 millionièmes de dyne. Pendant les mois de juillet et d’août, alors que le trafic sur cet embranchement est très actif, il arriva souvent que la force verticale fut augmentée de 300 ou 400 millionièmes de dyne pendant plusieurs heures de suite. Parfois, au contraire, la force verticale est diminuée. Le 3 août 1897, cette diminution fut de 1300 millionièmes de dyne; après avoir oscillé pendant une heure et demie autour de cette nouvelle valeur, la courbe retourna à sa valeur primitive. Des accidents de ce genre sont dus à la rupture d'un fil à
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- trôlct et à la mise en court circuit de la ligne qui en fut la conséquence.
- La compagnie de tramways de Georgetown et Tennaflytown lit réparer le circuit de retour ; de nouveaux joints électriques furent placés et les rails furent réunis métallique-ment au réseau souterrain des canalisations d’eau et de gaz. L’action perturbatrice ne fut pas diminuée d’une façon perceptible. On. vérifia que les courants transmis par les tuyaux d’eau et de gaz qui alimentent l'observatoire étaient sans action appréciable.
- L’action des tramways de Washington et Chevy-Chase, bien que les lignes soient plus distantes, est encore sensible. Il y a plus : lorsque le trafic des tramways est arrêté, pendant la nuit, on observe encore, à intervalles plus ou moins réguliers, des petites perturbations qui sont dues probablement à l’extinction des lampes à arc de la ville, dont le til de retour est mis à la terre.
- Il n’existe dans l’Amérique du Nord qu’un
- électrique
- seul autre observatoire magnétique ; il est situé à Toronto, dans le Canada. Les conditions étaient encore plus défavorables, puisque les lignes de tramways passaient à moins de 215 mètres de l'observatoire; les observations ont dù être interrompues.
- D’après les expériences qui ont été faites à ce sujet, h Toronto, l’été dernier, il résulte que les instruments magnétiques doivent être éloignés d’au moins 2 milles (3 200 mètres) pour que l’action perturbatrice d’un tramway électrique cesse d’ôtre perceptible.
- « Ainsi, ajoute l'auteur de cette note, il résulte de ce qui précède que l’emploi de puissants courants électriques dans un but industriel a détruit l’utilité des deux seuls observatoires magnétiques établis dans l’Amérique du Nord. » Le remède à cet état de choses déplorable serait de forcer les compagnies à ne pas employer le retour par la terre dans les environs des établissements scientifiques de cette nature. G. P.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- De l’énergie d’un, système électrisé, considérée comme répartie dans le diélectrique;
- Par H. Pellat et P. Sacerdotf.;1).
- •< L’un de nous a montré '*) que l’excès d’énergie AUr que présente un système de conducteurs et de diélectriques enfermés dans une enceinte conductrice, quand il est électrisé k température constante, est non pas -E ^ m V, comme on l’adtuet habituellement, mais
- (l) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 817, séance du 14 mars 1898.
- 14) U. Pellat, De la variation de îénergie dans les transformations isothermes. De Vénergie électrique (Comptes tendus, t. CXXV, p. 699, 1897. L'Éclairage Èlecttique, t. XIII, p. 425-27, novembre )897. Journal de Physique, 3e série, t. VII, p. 18, 1898).
- où la charge m de chaque partie doit être regardée comme indépendante de la température absolue T dans la dérivation. Cette relation suppose que les forces électriques qui s’exercent dans ce système sont contre-balancées par des forces intérieures (rigidité des supports), et, en toute rigueur, que chaque conducteur isolé est homogène. • •
- » Nous nous proposons de transformer cette relation pour montrer qu’on peut encore considérer cet excès d’énergie A Ut comme ayant son siège dans le diélectrique. Nous bornerons la démonstration au cas où le diélectrique est homogène et isotrope et où les conducteurs ont même dilatation que le diélectrique, de façon que l’élévation de température ne produise ni tiraillement ni compression; c'est ce qui est réalisé, en particulier, dans les condensateurs où les faces du diélectrique sont métallisées.
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- 2Ç
- » Nous partirons de l'égalité bien connue :
- v'JtJv
- tT~
- où a est l’intensité du champ électrique dans le volume dv dn diélectrique dont le pouvoir inducteur spécifique est K, le signe j s’étendant à tout le diélectrique.
- » Pour avoir le second ternie de l’expression (i), il faut dériver par rapport
- à la température en exprimant que la charge électrique de chaque partie reste la meme en passant de la température T à la température T -f- dT. Or, si cette condition est remplie, la direction du champ en chaque point du système, qui demeure homothétique a lui-même en se dilatant, ne varie pas ; en outre nous allons montrer qu’on doit avoir
- >. étant le coefficient de dilatation linéaire vrai du diélectrique.
- » En effet, considérons d’abord une surface conductrice qui, sur un élément superficiel ds, possède une densité électrique c et, par conséquent, une charge dm ---- ods. En appelant s l’intensité du champ dans le diélectrique en un point infiniment voisin de ds, on a
- 4-ï = Kq, 11J
- = K «as.
- » Considérons, en second lieu, une surface fermée S englobant une portion du diélectrique. Evaluons le flux d’induction dj à travers un élément de surface dsde S ; on a
- dj= Ko^-cosa, (6)
- en désignant par a l’angle que forme le champ avec la partie de la normale à ds menée vers l’extérieur de S. Egalonsles dérivées par rapport à T des deux membres de cette relation, en nous rappelant que ot est indépendant de T :
- à i.dj)
- -ô(M
- ~Ô ( K'a’i
- dT
- ds + Ko
- I Ko -E
- 0 (ùs)
- ÙT
- q w
- si la relation (.3) est satisfaite, la quantité entre crochets sera nulle et l’on aura — o. Par conséquent, le flux d’induction total j à travers la surface S, malgré la dilatation de cette surface et la variation de K et de 7, ne variera pas : il en sera donc de même de la quantité d’électricité m contenue à son intérieur, d’après la relation j — 47-.m. Ceci restant exact, quelque petit que soit l’espace enfermé dans S, en aucune région la charge électrique ne variera malgré ïa variation de la température.
- » Egalons, maintenant, les dérivées par rapport h T des deux membres de la rela-
- Egalons les dérivées par rapport à T des deux membres :
- P ô 'K
- J Lin
- à (ds\ (Vf
- ,){ d.s\
- ùl
- (5)
- » Comme = 2/,, il faut, et il
- ri- • à (dm) , ,
- suffit pour avoir —— o, c est-a-dirc pour
- que la charge électrique sur L’élcment, malgré sa dilatation et la variation de K et de f, reste la même, que la relation (3} soit satisfaite.
- à l‘ Ko-»h' <) Ç K-ç'-
- WJ ~'s- ~ HT J Tiî"
- ô;Koi dv , KV à(dv)
- (8)
- > Tenons compte de la relation (3) pour ob-ir, après multiplication par — T, le second membre de la relation (il: il vient, en remar-
- 1 è ( dv)
- quant que - 3 a .
- T dfs
- -=fi
- ÀT +
- T ôK \ Kçâ
- dv ; (9)
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- u, d’aprcs (i) et (2),
- iüT/(, + w + 1
- » On voit que l’énergie, par unité de volume, que prend le diélectrique par la charge électrique du système, la température restant la meme, est, non pas , mais -|- ).T
- , T ()K\ A ,t. • • 1
- ""f- K <yr ) ~&^T ! ,'• On lclI0Uve üinsL dans
- le cas général, où le diélectrique peut être électrisé et où les conducteurs sont en nombre quelconque, le même facteur correctif ^1 -f-ÀT
- + if "sr) Liue dans le cas simPIe du con"
- densateur (2). »
- Quelques propriétés des décharges électriques produites dans un champ magnétique. Assimilation au phénomène de Zeeman ;
- Par André Broca (3).
- « Dans une précédente note (4), j’ai montré que les rayons cathodiques se divisaient en deux parties, dans un champ magnétique intense : les uns, rayons de première espèce, qui s’enroulent autour des lignes de force, dans le sens du courant excitateurdu champ ; les autres, rayons de seconde espèce, qui suivent le champ. J’ai poursuivi des expériences de cette nature pour divers degrés de vide. J’ai employé pour cela des ampoules sphériques de 5 à 6 cm de diamètre, portant deux électrodes, sphériques elles-mêmes, symétriques par rapport au centre, et à 1 cm ou 1,5 cm de distance
- p) Cette démonstration ne s’appuie pas sui les lois de Coulomb. Mais, puisque celles-ci sont applicables dans le cas d’un diélectrique homogène, comme celui que nous considérons ici, on peut aussi, en s’appuyant sur ccs lois et par la simple remarque que la dilatation laisse le système homothétique d-lui-mème, arriver facilement à l’expression ci-dessus.
- (-) 11. Pellat, Journal de Physique (loc. cil.)
- (3) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 823, séance du 14 mars 1898.
- P L’Éclairage Électrique, t. XIV, p. 323, 19 mars 1
- l’une de l’autre. Dans ces conditions, pour les degrés de vide peu élevés, on peut très facilement étudier ce qui se passe dans le tube par l’illumination du gaz lui-même.
- » Une ampoule qui donne le phénomène cathodique à son début, très molle, pour employer l’expression consacrée, donne des phénomènes tout à fait analogues à ceux déjà décrits. Mais un phénomène nouveau se passe à l’anode : une lame lumineuse, violacée, normale au champ, semble s’échapper du plan diamétral de l’anode normal àu champ, et se perdre en s’estompant.
- » Pour un degré de vide moindre encore (pression de plusieurs millimètres), les phénomènes deviennent plus frappants. J’ai retrouvé la description sommaire de phénomènes analogues dans un mémoire tout récent de Paalzow et Neessen [JVied. Ann., t. LXIII, p. 209, décembre 1897). La lumière cathodique violette (') s’étale en forme de cylindre, ayant pour axe la ligne de force. La lueur ainsi formée s’eteint dans le gaz lui-même, sans arriver à la paroi, -si le potentiel n’est pas assez élevé. Autour de l’anode se forme une couche plane normale au champ, de couleur chair. Celle-ci ne s’échappe maintenant que d’un seul côté de l’anode, tourne en sens inverse du courant excitateurdu champ, puis s’étale dans le gaz lui-même, à une certaine distance de l’anode, en se redressant et s’épanouissant suivant les lignes de force.
- » Quand on emploie des potentiels plus élevés, les phénomènes se modifient. Tout d’abord le cylindre lumineux parallèle au champ vient rencontrer la paroi, sans y produire aucun phénomène remarquable ; l’illumination du gaz est rose violacé. Si à ce moment l’on interpose une étincelle convenable dans le circuit, ou si l’on introduit deux bouteilles de Levde formant un dispositif de Lecher, on voit, malgré la haute pression de l’ampoule, un phénomène cathodique se produire au point de la paroi rencontré par le cylindre lumineux.
- 1898.
- de l'air.
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- » Si l’on augmente l’énergie de la décharge, son aspect change. La lueur devient plus intense et tend vers le blanc. En même temps les phénomènes cathodiques disparaissent, qu’on emploie les hautes fréquences ou l’étincelle.
- » Pour obtenir l’apparence nette que je viens de décrire, il est indispensable d’opérer avec une étincelle dans le circuit, ou en faisant les interruptions très rares, à la main par exemple. Dans le cas contraire, les deux électrodes sont le siège chacune des deux phénomènes, le phénomène décrit ici comme cathodique étant plus faible à l’anode, et inversement.
- » J’ai ensuite étudié ce qui se passe à la pression atmosphérique. Dans ce cas les résultats sont moins nets et moins faciles h interpréter. M. Cornu a montré récemment que les effluves électriques se dirigaient normalement aux lignes de force dans le champ magnétique. J’ai étudié ce qui s’y passe pour Tare électrique obtenu au moyen d’une puissante bobine d’induction, entre deux fils métalliques. Deux formes d’arc peuvent être obtenues : l’une comporte encore une étincelle entourée d’une flamme, l’autre ne comporte plus que la flamme.
- » Étudions ce qui se passe pour l'arc parallèle aux lignes de force.
- » L’étincelle n’est aucunement modifiée. La flamme se contourne en une surface hélicoïdale, limitée par une double spirale conique ayant un sommet sur chaque électrode. D’ailleurs, pour les arcs longs, il arrive parfois que cette nappe contournée n’ait pas de sommet bien net.
- » Quand on rapproche davantage les électrodes, on voit se produire à un instant une modification. La surface hélicoïdale s’allonge considérablement dans le sens du champ aux deux électrodes, les vapeurs étant dirigées à cet endroit dans le sens du champ, puis au milieu de l’arc il se produit une surface de vis à pas très petit, réunissant les deux traits précédents.
- » Quoi qu’il en soit, nous voyons nettement
- ici encore, à la pression atmosphérique, se produire deux mouvements distincts des molécules chargées dans le champ magnétique. Elles commencent par suivre une trajectoire nettement rectiligne, pour s’enrouler ensuite autour du champ.
- » Quand l’arc devient plus petit encore, le phénomène se complique. Une large surface hélicoïdale se produit toujours ; mais, au centre du phénomène, on voit deux traits de feu formant des hélices, l’une à droite, l’autre à gauche, et à pas très long. Parfois ces hélices semblent se réduire à une ligne rigoureusement droite. Nous ne savons d’ailleurs rien sur le sens dans lequel elles sont parcourues par les molécules matérielles.
- » Quand l’arc est normal aux lignes de force, il est étalé en une large nappe lumineuse mince, normale aux lignes de force.
- » En somme, de toutes les expériences . décrites dans cette Note et dans ma Note précédente, il résulte que les décharges électriques dans les milieux gazeux ont deux formes de trajectoires stables quand elles traversent un champ magnétique, l’une dans la direction même du champ, l’autre suivant des hélices qui s’enroulent autour de celui-ci.
- » J’ai été conduit aux recherches qui précèdent par l’étude du phénomène de Zeeman. La théorie qui en a été donnée par MM. Lo-rentz et Zeeman admet dans la flamme l’existence d’ions en vibration. L’existence de molécules douées de charges électriques dans la flamme est bien montrée par la propriété q u’ont les gaz qui s’en échappent de décharger les corps électrisés. La notion que ce sont des ions semble prouvée par l’expérience bien connue de Villari. Ce savant a montré que les gaz de la flamme perdent la propriété de décharger les corps électrisés en passant à travers un ozoniseur.
- » La théorie électromagnétique de la lumière est d’ailleurs satisfaite si les particules vibrantes des sources lumineuses sont susceptibles de produire un champ électromagnétique oscillant, c’est-à-dire sont douées de charges électriques.
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- » Dans les idées les plus répandues sur les rayons cathodiques, ceux-ci sont produits également par des ions en mouvement. J’ai alors pensé que, dans ces idées, un tube de Crookes excité par le courant n’était autre chose, au point de vue physique, qu’une source lumineuse où les mouvements, limités par l’élasticité du milieu aux hautes pressions, étaient remplacés par des trajectoires finies; en un mot, une source lumineuse sans réactions élastiques. Il était alors rationnel de chercher un phénomène analogue à celui de Zeeman, visible directement par le phénomène de fluorescence, c’est-à-dire la scission des rayons cathodiques en deux espèces, les uns rectilignes suivant les lignes de force, les autres s’enroulant autour de celles-ci. II était probable qu’aux pressions croissantes des phénomènes analogues se produiraient, si l’énergie employée était suffisante pour rendre négligeable la réaction élastique du milieu vis-à-vis de la force vive des molécules. Les phénomènes précédents peuvent être interprétés dans ce sens, les phénomènes produits par l’arc d’induction étant moins nets à cause de la grandeur des réactions élastiques à la pression atmosphérique.
- » En somme, nous conclurons que l’hypothèse des ions, qui a permis déjà de coordonner tant de faits, se présente à nous, non pas avec le caractère de la nécessité, mais avec celui de la suffisance pour coordonner les faits relatifs à l’émission lumineuse des gaz incandescents et ceux relatifs à la décharge électrique dans les milieux gazeux. »
- Sur la propriété de décharge produite dans les gaz par l’uraninite ;
- Par E. Villari (').
- Les rayons uraniques découverts par M. H. Becquerel 'fi, qui sont émis indéfiniment à l’abri de toute excitation connue par
- (fi Rendiconti délia Renie Accademia di Nopo'i, juillet 1897. (h Voir pour les recherches de M. H. Becquerei , L’Échi-age Électrique, t. IX, p. 415 et t. X, p. 514.
- l'uranium et ses composés, déchargent, comme il l’a montré, les conducteurs électrisés (‘),et la manière dont ils agissent électriquement rappelle l'action des rayons X. En particulier, l’air qui a subi l’action des rayons uraniques (que nous appellerons air aranisé], possède, comme l’air qui a subi l’action des rayons X \air rœntg-enisé), la propriété de décharger les conducteurs électrisés sur lesquels on l’insuffle ri). Cette propriété de l’air rappelle aussi celle que les étincelles électriques communiquent au gaz (fi.
- Les expériences actuelles de M. E. Villari confirment d’une manière générale celles de M. Becquerel. Elles ont été faites au moyen de Yuraninite, minéral de composition très variable formé principalement de deux oxydes d’uranium UOa, UO(.
- L’action électrique de l’uraninite à distance s’exerce avec la même intensité sur les charges positive et négative d’un électroscope à une feuille d’or, comme M. Becquerel l’avait observé avec l’uranium métallique. Quand on souffle l’air énergiquement entre l’uraninite et la boule de l’électroscope, la décharge se ralentit un peu.
- Pour observer si la propriété de décharge développée par l’uraninite dans les gaz persiste un certain temps, l’auteur a soufflé un courant d’air ou de gaz d’éclairage sur le minéral et sur un électroscope chargé à une vingtaine de centimètres du minéral et il a reproduit les expériences de M. Becquerel rappelées plus haut.
- L’auteur a encore répété avec les gaz qui ont passé sur 1’uraninite les expériences qu’il a faites antérieurement au sujet de l’action des charges électriques sur les gaz déjà expo-
- (fi H. Becquerel, Comptes rendus, t. CXXIL p. 689.
- (-) H. Becquerel, loc. cit., t. CXXI1I, p. 657.
- (-) E. Villari, Comptes rendus, t. CXXÜI, p. 598 et 599. Voir aussi L'Eclairage Électrique, t. IX, p. 232, 536.
- (fi E. Villari, Rendiconti délia Renie Accademia di Napoti, fasc. 4, avril 1897; Rendiconti délia Reale Accademia dei Lincei, 3» série, t. VI, p. 343-334- Ces mémoires sont analysés clans I.'Eclairage Electrique, t. XII, p. 280.
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- L’air uranisé qui a passé sur un conducteur chargé positivement ou négativement a perdu la propriété de dissiper la charge positive ou négative d’un second conducteur, mais il peut décharger un conducteur électrisé négativement ou positivement. Si l'air uranisé passe entre les armatures d’un condensateur chargé, il est ramené à l’état naturel.
- L’auteur a réussi a constater l’action de 1’uraninite. en 24 heures, à travers une feuille de carton, sur une plaque photographique, comme dans les expériences de M. H. Becquerel sur l’uranium, le nitrate d’urane, le sulfate double d’uranvle et de potassium, etc. Mais il n’a pas réussi à observer l’action électrique de l’uraninite à travers le carton. 11 faut penser que les rayons émis par l’ura-ninite étaient trop affaiblis par le carton puisque M. H. Becquerel a montré au début de ses recherches que le rayonnement d’un sel d’urane peut décharger l’électroscope à travers des écrans variés, non seulement à travers l’aluminium, mais à travers des lames métalliques de cuivre de 1,4 mm d’épaisseur.
- G, S VG N AC.
- Étalonnage d’un galvanomètre balistique au moyen d’une bobine de self-induction connue ;
- Par M. Wien (<).
- Le dispositif expérimental est identique à celui que Maxwell a employé pour la comparaison des coefficients de self-induction au moyen du réseau de Wheatstone et du galvanomètre balistique. Seulement la self-induction est connue, c’est celle d’une bribine étalon (î), et on déduit de l’expérience la constante du galvanomètre balistique.
- Si I est l’intensité du courant dans la branche de pile du réseau, r,, 7%, ra, t\ les résistances des branches, supposées sans self-induction, sauf la branche 1 qui renferme la bobine de self-induction L, la quantité
- d’électricité qui traverse le galvanomètre quand on ouvre le circuit de la pile, a pour expression :
- V I r0 <r3 + r4) + ra(r, + rj j [ r, + + r3 + r* j
- r„ étant la résistance du galvanomètre.
- Si le réseau est équilibré :
- IL
- “ A {••« + r) '
- Par conséquent, si a est l’élongation du galvanomètre, le facteur de réduction b est égal à :
- La principale source d’erreur réside dans les dégagements de chaleur. Pour y remédier, on laisse toujours fermée la branche du galvanomètre et on observe seulement l’élongation produite par l’ouverture du courant principal. Cette élongation doit provenir uniquement de la self-induction de la bobine ; on le vérifie en substituant à cette bobine une autre à double enroulement; l’élongation au moment de l’ouverture du circuit principal doit être, dans ce cas. inappréciable.
- M. L.
- Relation entre la torsion et le magnétisme ;
- Par P. Drude (*).
- G. Wiedemann a fait une étude approfondie des rapports entre les propriétés magnétiques des fils de fer et leurs déformations mécaniques. L’interprétation qu’il a donnée de ces phénomènes est en désaccord avec celle qu’ont proposée Maxwell et Crystal.
- D’après G. Wiedemann, il se produit une rotation des molécules magnétiques, et si le sens du phénomène dans le nickel est contraire à celui de ce phénomène dans le fer,
- (M Wied. Ann., t. LXII, p. 702-704, 1897.
- B) M. Wien. L'Éclairage Électrique, t. X, p. 280.
- 0 Wied. Ann., c. LXI1I, p. 9-1). 1897.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N° 14.
- c’est parce que la torsion provoque dans le nickel une rotation en sens contraire de celle qui se produit dans le fer. Si on admet que la rotation résulte d’un glissement des fibres dans le sens de la longueur et d’un autre glissement dans le sens transversal, le sens de la rotation peut être différent, suivant que l’un ou l’autre de ces déplacements est prépondérant.
- Au contraire, Maxwell etCrystal admettent que les déformations mécaniques provoquent une variation de la susceptibilité, et que le fil tordu cesse d’être isotrope au point de vue magnétique : il devient, suivant l’expression de William Thomson, éolotrope.
- Les deux théories expliquent également bien les résultats expérimentaux de G. Wie-demann. Les cas les plus simples sont ceux où un fil recuit, c’cst-à-dirc désaimanté, est soumis d'abord à une déformation mécanique, puis h des forces magnétisantes. Les anomalies observées dans ce cas peuvent être mises sur le compte de l’éolotropie magnétique. Si, au contraire, un fil déjà aimanté subit une déformation, la rotation des molécules magnétiques déjà orientées par l’aimantation doit intervenir. C’est sous cette dernière forme queWiedemann a réalisé l’expérience.
- M. Drude a constaté nettement la différence entre ces deux phénomènes, dans le cas d’un fil de fer tordu s’aimantant sous l’action d’un courant qui le suit. L’appareil est l’appareil original de G. Wiedemann, avec cette modification que sur la bobine magnétisante on a enfilé une bobine induite dont les extrémités sont reliées aux bornes d’un galvanomètre balistique. Le fil se trouve dans l’axe de ces bobines. La bobine magnétisante n’est parcourue par aucun courant permanent et sert seulement à étalonner le galvanomètre balistique.
- Quand le fil de fer est recuit, on observe une élongation du galvanomètre, plus petite quand on envoie le courant après avoir tordu le fil qu’en tordant le fil du même angle après avoir lancé le courant. Même si on a inter-
- rompu le courant avant de produire la torsion et qu’on lance ensuite le courant dans le fil tordu, on observe uneélongation fois plus grande.
- Kirchhoff a montré que les variations delà perméabilité magnétique sous l’action des déformations mécaniques dépendent de deux constantes. Soient os, o3 les dilatations principales, tq, ;q, ;q les trois perméabilités principales :
- .«i = g-f*'(31 + Sî + 33)-ft'-'81 (i)
- !*5 = î*- p' (3, + 3,-1- S3) - f*"oa).
- L’expérience citée ci-dessus permet de calculer u" si on admet que l’aimantation longitudinale du fil recuit doit être attribuée entièrement à l’éolotropie magnétique.
- Soit R le rayon du fil ; tordons ce fil de manière que les lignes de plus grande dilatation soient des hélices droites, qui d’après la théorie de l’élasticité auront une pente de 45°. Les lignes de plus grande compression seront des hélices gauches, normales aux précédentes. Considérons un élément de volume à la distance r de l’axe. En prenant pour axes de coordonnées les directions de plus grande dilatation (i)ct de plus grande compression (2) et la perpendiculaire à leur plan, et appelant s l’angle de torsion par unité de longueur :
- et par suite :
- 4, = P- - P-" ” er (3)
- f*s = H + + ~ *
- Le champ produit dans le fil par le courant qui le traverse a pour expression :
- et est dirigé normalement à l’axe. Supposons que le courant ait un sens tel que H ait une
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- composante positive dans la direction(i). La densité des lignes de force dans cette direction sera :
- dans la direction perpendiculaire :
- et dans la direction de l’axe du fil :
- Le nombre de lignes de force qui traversera un anneau de largeur dr aura pour expression :
- dN = nzrdrh =—.2- ir3</r soit, pour toute la section du fil :
- nombre auquel est proportionnelle la quantité d’électricité induite. Si jj." dépendait de l’intensité du champ magnétique, il faudrait prendre l’intégrale Ç u/' r3 dr.
- Nous avons supposé que le fil de fer recuit possédait l’isotropie magnétique, ce qui n’a pas lieu en réalité, d’après les expériences de Klemencic ; la perméabilité est plus grande autour de l’axe que dans la direction de celui-ci.
- Les mesures ont donné :
- p." est négatif, ce qui signifie que, s’il n'y a pas variation de volume, la perméabilité diminue dans la direction qui a éprouve une dilatation. Cette valeur de p" est du même ordre de grandeur que celles trouvées par Cantone.
- M. L.
- Le fer et la loi de Wiedemann et Franz ;
- Par F.-A. Schulze (’).
- L’auteur a comparé les conductibilités du fer pour la chaleur et l’électricité, qui d’après les expériences antérieures ne satisfont pas à la loi de Wiedemann et Franz.
- II a mesuré la conductibilité électrique x par la méthode de Hockin et Matthiessen. Pour déterminer la conductibilité calorifique k il projette contre la base du barreau à étudier un fort jet d’eau dont la température est un peu supérieure à celle de la salle. A 5 cm de la base est pratiqué un trou étroit dans lequel se trouve une pince thermo-électrique ; on compte, à partir du moment où commence le jet d’eau, le temps nécessaire pour que le galvanomètre inséré dans le circuit de la pince commence à dévier.
- Le rapport des conductibilités ainsi trouvées varie beaucoup d’un échantillon à l’autre; ces anomalies ne paraissent pas liées à celles de la force coercitive, car les variations ne croissent pas régulièrement avec cette dernière, comme le montre le tableau suivant :
- — 7017 2402 2310 2260 1885
- Force coercitive. 12,55 5’° 3:8 5,5 2,5
- ____________ M. L.
- Contribution à la théorie de la polarisation ;
- Par A. Oberbeck (2).
- L’auteur conteste les conclusions que Streintz a tirées de ses expériences, à savoir, qu’il est absolument impossible de mesurer la polarisation dans le circuit initial et qu’on ne peut attendre aucune conclusion certaine des expériences de renversement.
- M. Oberbeck pense qu’il faut faire une exception pour les cas limites, c’est-à-dire pour la polarisation par les courants très intenses et pour la polarisation par les courants très faibles. Dans le premier cas la
- (!) IVied. Ann., t. LXIII, p. 23-28, 1897. (2) Wied. Ann., t. LXIII, p. 28-35, 1897.
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- polarisation atteint une limite dont on peut approcher très près dans les expériences. Les mesures de M. Vogeî (‘) paraissent démontrer que la polarisation du nickel, du cobalt, du fer, ainsi que celle du platine, présentent un maximum.
- Si le courant traversant le galvanomètre est très faible, la force électromotrice de polarisation devient rapidement presque égale à la force électromotrice polarisante: on , observe seulement un courant de charge dont j la mesure peut faire connaître la capacité de , la cuve polarisée. L’emploi des courants . alternatifs permet aussi cette détermination de la capacité.
- Mais il n’existe pas encore d’explication complète pour les polarisations moyennes. On peut essayer de fournir cette explication, en partant des hypothèses suivantes :
- 1. Vis-à-vis des forces électromotrices faibles, une cuve électrolytique sc comporte comme un condensateur, ou plus exactement comme deux condensateurs en série.
- 2. Avec les forces électromotrices considérables, il en est encore de même approximativement, seulement la capacité croît avec la polarisation.
- 3. La capacité croît indéfiniment quand on atteint une limite supérieure de la force électromotrice polarisante, limite qui coïncide avec le maximum de polarisation.
- Abstraction faite de la dépolarisation spon- | tanée, les équations qui exprimeront ces hypothèses seront, outre l’équation d’Ohin ;
- Ri — E — p
- c dP _ .• dt
- c dP = .
- Zip) dt
- la fonction / [p) étant égale à 1 pour p = o et s’annulant pour une valeur finie P de p. Par exemple, on pourrait poser :
- /(?) = '--f- :
- (*} L’Éclairage. Électrique, t. VI, p. 91.
- On trouverait alors les deux conditions :
- Ri— E~ p (x)
- Si le circuit est fermé sur une pile constante, la polarisation sera constante dans deux cas, car sera nul dans deux cas :
- 7 dt
- Dans le premier cas, si E est plus petit que P, pour :
- P= E i —o,
- dans le second cas, si E est plus grand que P, pour :
- Si on tient compte de la de'polarisation spontanée, en admettant que cette dépolarisation soit proportionnelle à la polarisation du moment :
- Ri = E - P (3)
- Quand la force électromotrice polarisante est élevée, on peut représenter la polarisation
- valeur qui tend asymptotiquement vers P quand i augmente indéfiniment. Dans certaines conditions on parvient très près de ce maximum ; dans d’autres conditions, avec de petites électrodes, par exemple, divers obstacles, entre autres réchauffement du liquide, empêchent d’atteindre cette valeur.
- La dépolarisation, quand on a supprimé la force électromotrice polarisante, se produit, en circuit ouvert ou fermé, suivant la loi représentée par ces formules.
- Quand la polarisation est très faible, est négligeable vis-à-vis de 1 ; en comptant le temps à partir de la fermeture du circuit, on a, pour l’intensitc du courant :
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- Le courant se compose donc d’une impulsion décroissant rapidement ii et d’un courant résiduel i3.
- L’intégrale du premier terme a pour valeur :
- J =
- jf
- iidt —
- cE
- (i + R*)a ‘
- Ces conséquences ont été vérifiées par les expériences de Kriîgcr.
- Appliquées aux expériences de M. Wien, les formules ci-dessus montrent qu’on peut interpréter le phénomène en disant que la cuve a éprouvé un accroissement de résistance ; mais elles ne suffisent pas cependant à expliquer toutes les particularités des expériences.
- Les équations (3) et (4) rendent également compte des résultats trouvés par Streintz. Streintz envoie à travers une cuve plus ou moins polarisée par un courant constant, un courant d’induction dont il mesure la quantité d’électricité. Ensuite, après avoir retiré la cuve du circuit, il introduit dans ce circuit une force électromotrice égale à la première en insérant une résistance telle que l’intensité ait même valeur que dans le premier cas. Cette résistance est très grande quand la polarisation est faible, décroît quand la polarisation augmente et devient constante quand la polarisation est très forte.
- Or des équations (3) et (4) on tire :
- R J idt E dt —J' pdt
- "J, ^dt=J
- G étant une durée supérieure à celle du courant d’induction. Si aucune variation permanente de la polarisation, n’a eu lieu
- j:
- La quantité d’électricité induite est
- Quant à l’intégrale
- on ne peut la calculer; tout ce qu’on peut dire, c’est que sa valeur est inférieure à I, soit XI. Donc en définitive :
- (R+v)>=l>,
- tout se passe donc comme si la résistance de la cuve polarisée avait subi l’accroisse-ment ~ . M. L.
- Pouvoir inducteur et indice de réfraction dans le champ magnétique ;
- Par K--R. Koch (*).
- Les tentatives faites pour mesurer les variations du pouvoir inducteur sous l’influence du champ magnétique sont restées sans succès, par suite de l’impossibilité d’éliminer, dans les mesures de capacité, la quantité d’électricité induite par l’établissement du champ. Les mêmes difficultés ne se présentent plus quand on veut mesurer les variations de l’indice de réfraction. Un réfracto-mètre interférentiel permet de mettre en évidence une faible variation de l’indice; ce réfractomètre est une modification de celui de Jamin,dueà Zehnder, dans laquelle les lames épaisses sont remplacées chacune par un couple de miroirs. L’un des faisceaux inter-férents traverse le champ magnétique, l’autre passe au dehors.
- Les liquides ou les gaz à étudier sont renfermés dans un tube long de 1 mètre, fermé par des lames de verre k faces parallèles; sur l’un de ces tubes est enfilée une bobine magnétisante, qui en est séparée par un cyHndre à double paroi où circule un courant d’eau. Dans aucun cas, on n’a observé de déplacement des franges au moment del’éta-
- l1) Wied. Ann., t. LXIII, p. 132-136, 1897.
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- blissement du champ, dont la valeur atteignait 3 ooo unités.
- Des expériences faites dans le champ compris entre des armatures tronconiques, champ atteignant 25 à 30 000 unités, donnèrent aussi un résultat négatif. Dans un champ non uniforme, il n’y eut pas davantage de déplacement des franges. Cependant dans toutes ces expériences un changement des 3 10 _8 de la valeur de l’indice ne serait pas passé inaperçu dans les gaz ; dans les liquides et les solides on aurait pu déceler seulement les 3 10 ~7 ou les 4 10_û de l’indice, parce que l’épaisseur traversée était moindre.
- M. L.
- Champ électrique dans les tubes de Geissler ;
- Par W.-P. Graïiam (*).
- Les tubes de Geissler sur lesquels ont été effectuées ces mesures étaient traversés par le courant deôooaccumulateurs ; on détermine la différence de potentiel au moyen d’un électromètre k quadrants entre deux sondes fixes ou entre deux sondes mobiles, maintenues à distance constante l’une de l’autre.
- La plupart des expériences ont porté sur des tubes renfermant de l’azote soigneusement purifié, sous des pressions variant entre 0,50 et 2,50 mm.
- Les sondes fixes sont au nombre de quatre : dans les conditions ordinaires, l’un des couples se trouve dans la région cathodique obscure, l’autre couple dans la lumière posi-
- Le champ dans la région obscure varie avec le temps, surtout aux faibles pressions : cette variation paraît correspondre à de petits changements dans la pression, changements qui se traduisent d’autre part par des déplacements de la lumière positive.
- Elle n’est d’ailleurs pas uniforme Sur toute l’étendue de la région obscure ; et tout changement dans la position de la
- f1) IVied. Ann., t. LXIV, p. 49-78, janvier 1898.
- lumière positive est accompagné d’une variation du champ dans la région obscure. La lueur négative, au contraire, n’exerce aucune influence de ce genre.
- Aux pressions élevées, le champ croît avec l’intensité du courant; aux pressions basses, il décroît constamment quand l’intensité augmente; aux pressions moyennes, le champ croît avec l’intensité quand celle-ci est considérable, il diminue quand l’intensité augmente lorsque celle-ci est faible.
- Au voisinage immédiat de la cathode, M. Graham a trouvé des valeurs du champ qui sont d’accord avec celles que Herz a déterminées, un peu plus petites toutefois. Quant au rapport des valeurs du champ pris dans la région obscure et dans la lumière positive, il varie avec la pression et avec l’intensité du courant.
- Aux pressions assez 'élevées, la lumière positive se réduit à une gaine à peine visible entourant l’anode, et la région obscure se divise en deux autres. Dans la première, le champ est considérable (15 à 20 et le
- tube est phosphorescent ; dans la seconde partie le champ a une valeur assez petite comme d’ordinaire (3 environ) et il ne s’y produit pas de phosphorescence.
- Quand on diminue l’intensité, la lumière positive pâlit assez rapidement h un moment donné, puis disparaît, mais sans se retirer derrière l'anode : la disparition n’est accompagnée d’aucun mouvement dans le galvano-
- Dans l'hydrogène, les mesures sont beaucoup plus difficiles k cause de l’inconstance du courant. Toutes choses égales d’ailleurs, la région obscure y est plus longue que dans l’azote ; la phosphorescence y est aussi beaucoup plus prononcée.
- Le champ décroît depuis le voisinage de la lumière positive jusqu’à la cathode, mais inégalement; il a sa plus grande valeur au voisinage de l’anode, est presque uniforme dans les autres parties de la lumière positive, décroît de nouveau dans la région obscure
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- surtout vers la limite de celle-ci du côté de la cathode; dans toute l’étendue de la région obscure, il décroît avec la pression.
- Le champ n’étant pas uniforme, il existe de l’électricité libre à l’intérieur du tube. Quand la lumière de la décharge se réduit à deux calottes lumineuses auprès des électrodes, on trouve une charge négative sur toute l’étendue comprise entre l’anode et la région obscure ; souvent cette charge présente un maximum tout auprès de l’anode.
- L’aspect de la lumière positive varie avec le degré de pureté du gaz qui se trouve dans le tube. Dans un gaz pur, la lumière positive forme une masse homogène qui remplit toute la section du tube, est un peu arrondie du côté de la cathode où elle est nettement délimitée et qui est séparée de l’anode par un intervalle obscur étroit. Cet intervalle correspond à un minimum du champ ; dans la lumière positive, le champ a une valeur notable qui décroît rapidement à la limite du côté de la cathode, mais il n’y a pas de charge libre.
- Dans un gaz impur, au contraire, on trouve dans la lumière positive une charge positive assez considérable.
- Si la décharge est stratifiée, le champ présente un maximum au centre de chaque strate brillante et un minimum dans le centre de chaque strate obscure. Dans la grande région obscure comprise entre la lumière positive et la région de Crookes, le champ est faible et presque constant ; il a sa plus petite valeur dans la première couche de lumière bleuâtre à la limite de la région de Crookes. Immédiatement en avant de l’anode, le champ croit très rapidement.
- Autrement dit, chaque strate est chargée positivement du côté de l’anode, négativement du côté de la cathode et n’a pas de charge dans sa partie centrale.
- Dans la région obscure positive se trouve une faible charge négative ; en somme, dans la lumière positive prise dans son ensemble, il y a un excès d’électricité négative. Dans la région de Crookes on trouve également des
- maxima et des minima du champ, comme s’il y existait des stratifications.
- En déplaçant une sonde vers l’anode, on repousse la lumière positive ; les strates conservent leur distance et à mesure que chacune d’elles atteint l’anode, elle se perd dans la couche lumineuse qui entoure celle-ci.
- Dans les gaz très raréfiés, la lumière positive est limitée à l’anode, tandis que les autres régions du tube se remplissent de lueurs; la charge du gaz est alors très petite, sauf au voisinage de l’anode.
- D’après Schuster, la variation du potentiel dans la région obscure de Crookes suit la loi représentée par l’équation
- V0 étant la chute de potentiel entre la cathode et la limite de la lueur négative, la distance du point considéré à la cathode et h une constante.
- Les valeurs du champ observées varient â peu près comme les valeurs calculées d’après cette formule ; le champ passe par un maximum un peu en avant de la cathode, puis par un minimum et croît ensuite très rapidement ; la région obscure présente dans son ensemble une charge résultante positive assez considérable.
- Le travail électrique qui résulte de ces chutes de potentiel correspond à un dégagement de chaleur et à une élévation de température ; la répartition des chutes de potentiel trouvée par M. Graham n’est pas toujours d’accord avec la répartition des températures trouvées par d’autres expérimentateurs, M. Wood par exemple. En particulier, M. Wood trouve que le dégagement de chaleur dans la lueur négative augmente quand on s’approche de la cathode. M. Graham n’a constaté aucune variation de potentiel correspondante.
- 'Le champ prend à la limite de la région de Crookes la valeur la plus petite qu’il a dans tout le tube. M. L.
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- Coloration des haloïdes par les rayons cathodiques;
- Par E. Wiedemann et Schmidt (*).
- Purification des sels. — Les sels étudiés (produits purs de Merck de Damstadt) sont dissous dans l’eau et dans la solution on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré; dans aucun cas il n’y a de précipité. On ajoute ensuite de l’ammoniaque et du sulfure d’ammonium : on sépare par filtration le léger précipité qui se forme et on évapore la liqueur claire au bain de sable.
- Enfin le sel est soumis à trois cristallisations successives, en laissant de côté chaque fois l’eau-mère. Aucun des échantillons ainsi obtenus ne donne de réaction avec le sul-focyanure d’ammonium.
- Une autre série d’échantillons ont été purifiés suivant la méthode qu’indique M. Abegg. L’eau distillée a aussi été vérifiée, pour écarter l’explication qui consiste à lui attribuer la réaction alcaline des sels exposés aux rayons cathodiques.
- Influence du fer. — Les sels purifies se sont comportés comme les sels renfermant des traces de fer sensibles à l’analyse : le fer n’est donc pas l’agent de la transformation comme l’a avancé M. Kreutz.
- Réaction alcaline des sels irradiés : mise en liberté de chlore. — L’appareil dans lequel les sels sont exposés aux rayons cathodiques est formé d’un tube R long de 60 cm, large de 3, auquel est soudé un autre tube G (io cmX2 cm), dans lequel on a mis un peu de mercure.
- Entre R et G s.e trouve un tampon d’ouate de verre, pour empêcher l’entraînement mécanique du sel.
- En A se trouve l’anode ; la cathode est une armature extérieure qu’on peut déplacer le long du tube, ou dans certains cas une tige de cadmium ou d’aluminium pénétrant dans le tube en I).
- Les expériences sont réalisées de deux ma-
- (J) Wieâ, Ann., t. LXIV, p. 78-91, jauvier 1898.
- nières, soit qu’on chauffe le sel, soit qu’on ne le chauffe pas.
- Dans le premier cas, on secoue seulement le tube de temps en temps pour renouveler les surfaces ; dans le second cas, on fait acquérir au sel une coloration aussi intense que possible ; on interrompt le courant et on chauffe jusqu’à ce que la décoloration ait lieu, puis on fait agir de nouveau les rayons cathodiques pendant plusieurs jours.
- A la suite d’un traitement assez long, le sel prend toujours une réaction alcaline ; partout où sa surface vient en contact avec la solution de phtaléine du phénol, elle devient nettement rouge : la couleur est d’autant plus prononcée que l’action des rayons cathodiques a été plus intense et plus longue.
- De plus, quand 011 opère sur le chlorure de potassium et sur le chlorure de sodium, le mercure recueilli en G donne la réaction du chlorure mercureux (on vérifie que cette réaction n’est pas due à du sel entraîné en
- Une fois que le chlorure de sodium est devenu brun et qu’on le chauffe pendant le passage du courant, la décharge positive devient jaune au moment où le sel passe du brun au bleu : cette lumière jaune montre dans son spectre la raie du sodium, ce qui décèle la présence de ce métal libre en vapeur. Le même phénomène se produit quand le sel s’échauffe par le rayonnement cathodique et redevient blanc.
- Dans aucun cas, le chlorure de sodium n’a acquis de réaction alcaline sous l’influence de la chaleur seule.
- Diminution de la sensibilité à la suite d'un traitement prolongé. — MM. E. Wiedemann et Schmidt ont confirmé leurs premières observations : un sel neuf acquiert dans les mêmes ' conditions une coloration beaucoup plus intense qu’un sel coloré et décoloré un grand nombre de fois.
- Spectre à'absorption des sels colorés. —• Le spectre d’absorption des sels colores par les rayons cathodiques a été observé soit par la méthode ordinaire, en plaçant un morceau de
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- sel devant la fente du spectroscope, soit par la méthode suivante, quand on a pu obtenir des morceaux, homogènes assez grands.
- La lumière d’une lampe à arc traverse une fente, une lentille, un spectroscope à vision
- directe et un miroir incliné à 45" sur l’horizon, qui rejette le spectre dans un plan horizontal. Les deux échantillons modifiés l’un par voie chimique, l’autre par voie d’irradiation, sont placés dans des boites de carton plates côte à côte, de manière que moitié du spectre tombe sur l’un, moitié sur l’autre.
- Le chlorure de sodium brun, modifié d’une manière ou de l’autre absorbe le violet, le bleu et le bleu-vert.
- Le chlorure de potassium violet, coloré par la méthode chimique, absorbe la partie centrale du spectre, comme la sylvine colorée par des rayons cathodiques ; la seconde méthode donne aussi les memes résultats pour le sel irradié ou pour le sel coloré chimiquement.
- Le bromure de sodium bleu absorbe énergiquement le rouge quand il est obtenu par voie chimique ; le bromure irradié absorbe aussi l’orangé.
- Sensibilité des sels colorés à la lumière. — Les sels colorés par les rayons cathodiques perdent leur coloration sous l’influence de la lumière beaucoup plus rapidement que les sels colorés par voie chimique. Cette action décolorante de la lumière provient des parties du spectre qui sont absorbées.
- Modifications des halo'ides par la lumière de l’étincelle, leur thermoluminescence. — Les étincelles électriques éclatant au-dessus du chlorure de sodium le colorent en brun ; le
- chlorure de potassium se colore en bleu. Les chlorures, bromures, iodures de potassium et de sodium ainsi exposés à la lumière de l’étincelle deviennent phosphorescents : ils possèdent tous la thermoluminescence.
- Cette modification ne provient pas des rayons de décharge, car elle n’est pas affaiblie quand on interpose entre l’étincelle et l’échantillon une lame de fluorine.
- Thermoluminescence sous Vaction de la lumière de la décharge positive. — En soumettant les sels à l’action de la lumière positive et les protégeant contre les rayons cathodiques, on ne constate aucune coloration, mais au bout d’une exposition suffisamment longue, ils sont tous thermoluminescents.
- Propriétés chimiques. — Le chlorure de potassium coloré par les vapeurs de potassium ou par les rayons cathodiques est insoluble dans une solution concentrée et froide de chlorure ordinaire ; le chlorure de sodium se comporte ainsi meme à chaud. Le premier conserve sa couleur pendant des journées entières dans l’eau de chlore ou le permanganate de potassium.
- Sensibilité à la lumière des sels non modifiés. — Les chlorures et bromures de potassium et de sodium exposés à la lumière de l'arc deviennent thermoluminescents : il y a donc une modification même quand elle ne se traduit pas par un changement de couleur.
- Colorations naturelles du sel gemme. — Toutes les tentatives faites en vue d’extraire un sous-chlorure des sels gemmes colorés, soit par cristallisation, soit par un courant électrique faible, sont restées sans succès.
- Conclusion. — De ce que les sels modifiés par les rayons cathodiques ont les mêmes propriétés que ceux qui ont été chauffés dans la vapeur de leur métal, il paraît naturel de conclure qu’ils renferment comme ces derniers des sous-chlorures ou du métal dissous. Cette seconde hypothèse est moins vraisemblable d’après la nature des spectres et d’après l’insolubilité des sels modifiés.
- M. L.
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- T. XV. — N° U.
- CHRONIQUE
- Effets des courants alternatifs sur le corps humain. — Afin de déterminer avec quelque précision les effets dus aux courants alternatifs à différents voltages, le professeur Weber, de Zurich, s'est soumis lui-même à quelques expériences. Celles-ci ont été faites, rapporte Y Elclilroiechnischc Zeitschrift, avec deux barres conductrices à potentiel contraire et que le patient tenait par les mains.
- Les mains étant humides, pour une force électromotrice efficace de 30 volts et une fréquence de 50 alternances, la main, le poignet, l'avant-bras et le bras sont comme paralysés et peuvent à peine être mis en mouvement. Si le bras est tendu on ne peut le courber, et inversement, s'il était d’abord plié ou ne peut le redresser. Dans les mains et les bras on éprouve de très vives douleurs qui ne sont pas supportables plus de cinq à dix secondes. Néanmoins, avec un violent effort de volonté on parvient encore à détacher ses mains des électrodes. Le courant qui passe au travers du corps est de 12 à 15 milliampères.
- Lorsque la force électromotricc est de 50 volts, les phénomènes physiologiques augmentent d'intensité,ret en dépit de tout effort on ne peut abandonner les électrodes. La douleur n'est pas supportable plus de deux secondes.
- Lorsque la force électromotrice atteint 90 volts, les phénomènes sont très violents, même si l’on a les mains scches. Des expériences ont été faites sur des assistants et dans plusieurs cas la force électromotrice fut encore accrue.
- La tension adoptée étant voisine de celle que l'on rencontre dans les installations ordinaires, il résulte des expériences que ces distributions 11e sont pas dangereuses, car les conditions d’un contact accidentel et de peu de durée sont certainement moins défavorables que celles des expériences réalisées.
- A la suite de ces essais, le professeur Weber a fait des essais analogues pour le cas où un être humain placé sur le sol vient à toucher un conducteur chargé. Ainsi sur une route macadamisée humide, en touchant un conducteur à 2000 volts on ressent une forte sensation de brûlure, et l'on éprouve un violent tremblement si l’on prend le conducteur à pleine main; en outre la main ne
- peut plus se détacher spontanément. Dans ces expériences, les chaussures de l'opérateur étaient toujours sèches, ce qui le mettait dans des conditions d'isolement assurant une certaine sécurité.
- De tous ces résultats, le professeur Weber conclut qu’un conducteur à courant alternatif dont le potentiel ne dépasse pas x 000 volts n’est pas dangereux pour une personne qui a les chaussures sèches et se trouve sur un sol humide.
- La première conclusion du professeur Weber se trouve appuyée parunenote de M. Emil Kolben, publiée également par l'Elcktrotechnische Zeitschrift et dans laquelle M. Kolben cite un cas où un contact accidentel de plusieurs minutes avec des conducteurs présentant une différence de potentiel alternative de 200 volts n’a eu aucune suite fâcheuse. Voici dans quelles conditions se produisit cet accident :
- Un ouvrier employé au service du transbordeur d’une usine se tenait sur la poutre de support des rails, à 6 m environ au-dessus du sol. En tournant brusquement la tète, il toucha du front un des trois conducteurs nus amenant le courant à l'appareil de levage. Effrayé du léger choc qu’il ressentit, il porta instinctivement les mains en avant et saisit deux des conducteurs électriques entre lesquels il y avait une différence de potentiel de 200 volts. Il ne put les lâcher et resta donc suspendu par les bras. A ses cris, le mécanicien du transbordeur vint à sou secours et essaya en vain de le décrocher ; ne pouvant y parvenir, il dut recourir au commutateur et interrompre le courant. Tout cela demanda plusieurs minutes ; néanmoins la victime put descendre seule l’échelle et ne se trouva mal qu’en atteignant le sol ; elle reprit d’ailleurs connaissance après avoir absorbé quelques gouttes d’éther et finalement en fut quitte pour la peur.
- D’autre part, M. Gisbert Kapp a signalé, dans le même journal, quatre cas mortels, constatés en seize mois sur les ouvriers d’une usine de produits chimiques ; dans trois d’entre eux la tension n’aurait pas dépassé 115 volts, dans le quatrième elle a pu être de 250 volts, mais elle n’était probablement queden^ volts également. M. Kolben pense que dans ces cas on a fait erreur sur l’évaluation de la tension ; dans l’usine en question
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- se trouvent une installation à courant triphasé sous 230 volts et une installation d'éclairage sous 115 volts; il croit que par suite d'un oubli, d’une négligence ou d’une dérivation accidentelle, l'un des conducteurs d’éclairage a reçu du courant à 230 volts et que c'est pour cette raison que les accidents ont été mortels.
- Malgré les résultats des expériences de M. Weber et l’absence de conséquences fâcheuses de l’accident relaté par M. Kolben, on ne saurait donc prendre trop de précautions dans les installations à courants alternatifs. Il est d’ailleurs certain que les effets diffèrent suivant les parties du corps humain traversées par le courant, et très probablement les conséquences de l'accident ci-dessus auraient pu être beaucoup plus graves si le courant, au lieu d’aller d’une main à l'autre, avait eu à traverser tout le corps en allant des mains aux pieds : on sait en effet que les commotions entre les pieds et les mains sont toujours plus désagréables que celles entre les mains, et qu'il suffit que le courant passe par l'épine dorsale pour déterminer la paralysie ou l’étouffement.
- Explosion des mélanges grisouteux par les courants électriques. — L’emploi de l’électricité dans les houillères prenant chaque jour une nouvelle extension, soit pour l'éclairage, soit pour le transport de l’énergie, il devient d'un grand intérêt de connaître les effets des phénomènes électriques sur les mélanges grisouteux explosifs. Plusieurs savants se sont déjà préoccupés de cette question, et MM. Wülner et Lchmann, en particulier, ont institué à Aix-la-Chapelle des expériences pour la résoudre. Toutefois il n’est guère possible de tirer des règles précises des résultats qu'ils ont fait publier dans le rapport de la Commission prussienne du grisou.
- MM. H. Couriot et J. Meunier poursuivent depuis deux ans des recherches sur le même sujet. Ils ont étudié l’action sur les mélanges grisouteux : i° de l’incandescence d’un fil conducteur, 1" des étincelles électriques, 3” de l’arc voltaïque, et dans une communication à l’Académie des sciences {Comptes rendus, t. CXXVI, p. 750; jls indiquaient les résultats relatifs aux deux premiers phénomènes, l’action de l’arc, plus complexe, n’étant pas encore complètement élucidée.
- Dans ces essais ils ont examiné en premier lieu les effets produits sur les mélanges grisouteux en
- mouvement. Ils ont reconnu qu’il est impossible d’allumer un courant de grisou contenant 80 p. 100 de méthane en le projetant soit sur un fil métallique porté à l'incandescence par un courant, soit sur l'étincelle de rupture qui a lieu à la fusion du fil, résultat tout différent de celui que l’on obtient avec le gaz d'éclairage qui s’enflamme dans les mêmes conditions. Le contact d’une flamme est nécessaire pour produire l’inflammation du mé-lange.
- Pour reconnaître les effets produits sur les mélanges grisouteux en repos, MM. Couriot et Meunier enferment ceux-ci dans une cloche reposant sur la cuve à eau et contenant deux conducteurs métalliques isolés, dont les extrémités supérieures sont réunies par un fil. Ils ont reconnu que dans certaines conditions et pour certaines compositions des mélanges il y a explosion, mais qu’il n’y a jamais combustion avec flamme, comme celle que l'on obtient au moyen d’un corps enflammé. Quant à l’explosion elle ne se produit pas, même avec les mélanges les plus explosifs, tant qu’il n’y a pas formation d’une étincelle de rupture ; des fils métalliques de nature et de longueur très diverses ont pu être maintenus incandescents pendant des intervalles de temps atteignant dix minutes sans qu’il y ait explosion, même lorsque des étincelles se produisaient entre le fil et les conducteurs métalliques. L’étincelle de rupture, au contraire, provoque toujours l’explosion des mélanges de composition convenable, sans qu’il soit nécessaire de porter à 1’incandescenct le fil dont la fusion provoque cette étincelle : on a pu obtenir des explosions par la fusion de fils de plomb qui fondent vers3oo", c'est-à-dire bien avant d’avoir atteint la température de l'incandescence. Les mélanges les plus facilement explosifs dans ces conditions sont ceux qui renferment 9,s p. 100 de méthane, la quantité d’oxygène qu'ils conti 'lient étant suffisante pour que le méthane suit e ntièrement brûlé; pour une proportion de méthane supérieure à 12 p. 100 l'explosion n’a pas lieu.
- Les auteurs ne tirent aucune conclusion pratique de ces résultats ; aussi est-ce avec les plus grandes réserves que nous indiquons les conclusions qui nous paraissent en découler : 1" il n'y pas d’inconvénient à se servir de l'étincelle électrique pour provoquer la détonation des explosifs employés pour abattre le charbon au fond des galeries gri-souteuses, le grisou s'échappant des fissures étant très riche en méthane et ne pouvant s’enflammer
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- ni faire explosion clans ces conditions; i" la présence d'un conducteur porté à l'incandescence dans une atmosphère grisouteuse ne présente pas non plus d'inconvénient ; 30 il faut éviter avec le plusgrand soin la possibilité de la formation d'étincelles.
- Statistique des chemins de fer et tramways électriques. — Dans son numéro du 20 mars, notre confrère L'Industrie Ilectrique publie la sixième édition annuelle de la statistique des
- tramways et cheminsde fer électriques en exploitation ou en construction en Europe au Ier janvier 1898. La récapitulation des nombreux renseignements fournis à ce sujet est donnée parle tableau ci-joint.
- Les chiffres de ce tableau montrent quelle extension la traction électrique a prise en Allemagne pendant l’année qui vient de s’écouler : la longueur des réseaux exploités a presque doublé et la puissance des usines génératrices a augmenté de près de 50 p. 100. En outre, 31 réseaux nouveaux, quelques-uns très importants, sont actuellement en construction.
- LONGUEUR TOTALE PUISSANCE TOTALE NOMBRE TOTAL J0U.
- 1897 1898 1897 I898 >897 1898 1897 1898
- Allemagne . . 642,69 1 138,2 18963 25 868 I 631 2 493 51 65
- Angleterre 109,42 134-4 4670 6 197 16S 220 18 22
- Autriche-Hongrie . 83,89 106,5 2389 3 404 194 243 10 13
- Belgique 34) 9° 69 I 220 2 415 73 I07 5 8
- Bosnie 5>6o 5)6 75 75 6 6 1 1
- Espagne 47 61 600 930 40 50 3 1
- France 279,38 396,8 8736 sis» 432 664 26 44
- Hollande 3,20 3,2 320 320 H 14 1 1
- Irlande 78 22,8 486 646 32 32 2 2
- Italie >15,67 132,7 5 97° 6570 289 3i* 9 n
- Suède et Norvège . 7)5o 24 225 875 15 43 T 3
- Portugal 2,80 2,8 no 110 3 3 I 1
- Roumanie 5)5o 5,4 140 140 13 15 I 1
- Russie i4)75 3n)7 870 1 270 48 65 3 4
- Serbie .... 10 10 • 200 200 n 11 1 1
- Suisse 78,75 146,2 • 2 622 3828 129 237 U 23
- J 459<°3 2289,3 47 596 68006 3 100 4 514 >50 20.,
- En France l'extension a été moins rapide ; 227 km de lignes ont cependant été livrés l'an dernier à l'exploitation, portant à 396 km la longueur des lignes exploitées, et 13 réseaux nouveauxsont en construction.
- La Suisse, qui au Ier janvier 1897 venaitausixième rang, après Tltalie, l’Angleterre et T Autriche-Hongrie, se trouve, en janvier 1898, au troisième rang avec 146 km de lignes en exploitation.
- Sur les 204 lignes en exploitation, 13 sont ex-
- ploitées par accumulateurs (Allemagne 6, France 4, Angleterre 1, Belgique 1, Hollande 1) ; 3 parle système mixte à trôlet et accumulateurs (France 2, Allemagne 1) ; 8 par conducteurs souterrains (Allemagne 2, Autriche 2, Angleterre 1, Belgique 1,France 1, Russie j); 8 par rail central(An-gleterre 6, France x, Irlande 1).
- Le Gérant ; C. NAUD.
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- Tome XV.
- Samedi 9 Avril 1898
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- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l'École Polytechnique, Membre de l'Institut, — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ. Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BL9NDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- CONTROLEUR POUR TRAMWAYS A EXTINCTEURS MAGNÉTIQUES
- SYSTÈME WALKER
- Ce contrôleur diffère des modèles ordinaires à souffleur magnétique en ce que chaque contact où un arc peut se produire est muni d’un circuit magnétique spécial, constitué par des solénoïdes sans fer.
- La figure 3, qui représente l’intérieur du contrôleur, permet de saisir facilement cette disposition. AA représente le cylindre contrôleur proprement dit, portant les contacts p qui viennent frotter sur les frotteurs c qui sont fixes. Ces contacts et frotteurs sont réunis entre eux et au circuit des moteurs comme l’indiquent les schémas des figures 1 et 2. C’est entre les contacts et ces frotteurs que les arcs se produisent ; deux étages consécutifs de contacts sont séparés par une cloison isolante s en vulcabeston, à l’intérieur de laquelle se trouve un solénoïde en ruban de cuivre (fig. 4). Tous les solénoïdes contenus dans ces cloisons 5 sont montés en série les uns avec les autres et sont mis en circuit à chaque manœuvre du contrôleur par un dispositif spécial. Chaque solénoïde a la forme d’une couronne large d’environ 1 cm, dont le diamètre extérieur estde 7,5 cm et le diamètre intérieur de 3,73 cm; il est noyé dans la
- masse isolante en vulcabeston. Les ruptures de contact se font suivant la ligne des centres des solénoïdes.
- Cette disposition présente différents avantages. IVabord, il n’y a aucune pièce métallique non isolée placée près des contacts où l’arc se forme, en sorte que l’arc est soufflé ; il ne peut pas produire de mise à la terre dangereuse. D’ailleurs, par suite de la direction relative des lignes de force produites par les solénoïdes et du courant dans l’arc, ce dernier est souffle dans une direction perpendiculaire à l’axe du cylindre; il ne peut, par .conséquent, ni brûler les cloisons isolantes, ni établir un court circuit entre deux frotteurs voisins, comme le cas s’est produit dans des contrôleurs où l’arc est souffle dans une direction parallèle à l’axe du cylindre. Le flux magnétique produit par les solénoïdes est proportionnel à l’intensité du courant qui les parcourt et, par conséquent, à l’intensité de l’arc à souffler, tandis qu’avec les souffleurs à électro-aimant unique, muni de projections polaires, la saturation du fer limite l’action de l’extincteur lorsque l’intensité du courant est très forte, c’est-à-dire précisément quand
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- l’arc est le plus dangereux. Les solénoïdes ne sont mis en circuit qu’au moment d’agir, ce qui limite la dépense d’énergie au strict nécessaire. Enfin les frotteurs et les contacts sont laissés à découvert, en sorte qu’ils peuvent être facilement inspectés et réparés.
- La figure 5 représente le montage des
- frotteurs qui sont fixés sur des ressorts afin d’éviter l’emploi des charnières, qui forment des contacts imparfaits; pour régler leur position on les déplace parallèlement au rayon du cylindre, en sorte qu’on est certain d’obtenir toujours un bon contact. Les surfaces frottantes, de môme que pour les contacts
- mobiles, sont formées par des plaques de cuivre étiré, puis fixées par des vis, et qu’on peut ainsi facilement remplacer.
- Le cylindre BB (fig. 1) porte les contacts nécessaires pour inverser le courant dans les moteurs pour la marche avant ou la marche arrière. Il permet aussi de supprimer l’un ou l’autre des moteurs et enfin de meure les deux moteurs en court circuit sur une partie du rhéostat, afin de provoquer un arrêt très
- brusque en cas de danger. Il ne peut être manœuvré que si le cylindre AA a été au préalable ramené à la position d’arrêt. On évite ainsi que le mécanicien ne renverse accidentellement le sens du courant pendant la marche, ce qui aurait le plus souvent pour effet de brûler les moteurs. De même, pour éviter que le mécanicien ne provoque le freinage accidentel en mettant ces moteurs en court circuit sur le rhéostat, la manette BB
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- ne peut être amenée dans la position correspondante qu’en déployant un effort musculaire très considérable. Lorsqu’il a été pro-
- plan du contrôleur.
- voqué, ce freinage ne peut être supprimé avant que la voiture ne soit complètement arrêtée, un encliquetage électro-magnétique s’y opposant tant que les moteurs transfor-
- més en génératrices développent du courant.
- Le rhéostat (fig. 6) est formé par des spirales de ruban de fer isolées à l’amiante ; il
- Fig. 4. — Détail des extincteurs électro-magnétiques.
- est protégé contre la poussière et l’humidité, sans être complètement enferme, afin d’avoir une excellente ventilation et éviter réchauffement.
- Voici, à titre de renseignement, le poids des organes, indépendamment des câbles et des
- Fig. 5. — Détail du montage des frotteurs.
- moteurs, pour une voiture munie de deux moteurs de 25 ou 30 chevaux.
- 2 contrôleurs, environ 90 kg.chaque. 180 kg
- 1 rhéostat............................ 40 »
- Total...........220 kg.
- Dans certains cas, le contrôleur est disposé
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- pour commander, en plus des organes précé- I tant sur la voiture motrice que sur les voitures dents, des freins magnétiques spéciaux FF, | de remorque. Les figures 7 et 8 représentent
- Fig. 6. — Détail du rhéostat.
- le schéma des circuits dans ce cas. Le circuit f des barres d’attelage représentées à droite de des freins sur les voitures de remorque est la figure 7.
- relié à celui de la voiture motrice au moyen | Sur ces deux dernières figures comme sur
- Schéma des
- les figures 2 et 3, les câbles sont en partie 1 touches du contrôleur et de l’inverseur sont coupés; les communications se suivent néan- réunies aux câbles portant les mêmes lettres moins facilement, en remarquant que les I qu’elles. J. Reyval.
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- RECHERCHES RÉCENTES SUR L’ARC
- L’arc voltaïque est un des phénomènes qui ont le plus mis h l’épreuve la sagacité des chercheurs. Les beaux travaux sur l’arc à courant continu et à courant alternatif dont ce journal a rendu compte, s’ils ont servi à nous renseigner d’une façon plus précise sur les propriétés de l’arc et à mettre en lumière quelques particularités ignorées jusqu’alors, sont pourtant loin de nous fixer d’une manière définitive sur la nature intime du phénomène. A l’heure actuelle, nous ne possédons même, pas encore de réponse absolument satisfaisante à la question si fréquemment discutée de l’existence d’une force contre-électromotrice dans l’arc.
- Notre confrère anglais The Electrician relatait dernièrement dans les termes suivants la plus récente tentative expérimentale à laquelle cette question a donné lieu :
- « D’Amérique est venu dernièrement un compte rendu de recherches faites par deux chercheurs sérieux, dans le louable but de déterminer si, en définitive, ladite force contre-électromotrice existe ou non. Ces deux expérimentateurs se sont convaincus qu’elle n’existe pas, mais il est amusant, sinon instructif, déconsidérer la méthode de recherches employée. Il convient de signaler avant tout les précautions extrêmes qui ont été prises pour assurer une exactitude parfaite.
- » Une lampe à arc enfermé à potentiel constant du type Adams-Bagnall a été employée « pour éliminer autant que possible les erreurs dues à la chaleur de combustion du charbon ». La lampe fut placée dans une boîte en tôle de fer de 4 pieds carrés, dans un local de 700 pieds cubes de capacité, ne contenant pas de fenêtre et une seule porte. La température à l’intérieur de la boîte fut notée, de même que la température de la pièce « en deux points ».
- » On laissa brûler l’arc pendant 9,5 heures
- avec 4,65 ampères à 119 volts, et la température de la boîte et celle de la pièce furent trouvées constantes à 38°,3 et 24°,/5 C respectivement. Les porte-charbons furent ensuite mis en court circuit,et le même courant que précédemment envoyé dans les bobines de la lampe dans les mêmes conditions, tandis qu’un autre courant, réglable, passait dans une résistance placée à l’intérieur de la boite et était ajusté de façon que la température résultante fût la même que précédemment. En multipliant les volts par les ampères trouvés dans la première expérience, on trouva que « l’cnergie totale » consommée par la lampe était de 553,35 watts. Les watts absorbés par les bobines de la lampe se chiffraient par 167,4, de sorte qu’il restait 385,95 watts pour l’arc. T,a puissance exigée par la résistance dans la seconde partie de l’expérience était de 411,8 watts. La divergence n’est que de 6 p. 100 qui peuvent représenter l’erreur admissible dans les circonstances indiquées.
- » Les auteurs de la communication concluent : « Sans prétendre expliquer la résistance anormalement élevée constatée, nous pensons que l’expérience met hors de doute que le phénomène n’est pas dû à une force contre-électromotrice. » La méthode qui conduit à une conclusion aussi illogique ne mériterait guère d’être notée, si cette même conclusion n’était acceptée comme définitive par un de nos confrères américains, The Eleclrical World, qui, en discutant ce travail, fait les remarques suivantes :
- « L’existence d’une force électromotrice, opposée ou de même sens, signifie universellement une transformation de travail électrique en quelque forme d’énergie autre que la chaleur, ou vice versa ;une transformation de travail électrique en chaleur ne peut être causée que par le passage du courant à travers une résistance. La transformation de l’énergie électrique dans l’arc en une forme
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- d’énergie autre que la chaleur est manifestement absurde, aucune quantité d’énergie ne pouvant être emmagasinée dans les charbons, et il n’y a pas de développement d’énergie mécanique ou chimique. »
- « Tablant sur une opinion analogue, les expérimentateurs en question se sont mis à l’œuvre, et, trouvant par une méthode calorimétrique que la chaleur développée par l’arc n’était pas inférieure à la quantité d’énergie représentée par le produit du voltage par l’intensité du courant, ils conclurent qu’il ne pouvait donc exister de force contre-électromotrice appréciable dans l’arc. Il serait intéressant de savoir si la substitution à l’arc d’un couple thermo-électrique de résistance négligeable aurait conduit à la même conclusion. »
- On a donné contre l’existence d’une force électromotrice d’autres raisons plus plausibles. L’une d’elles est basée sur la différence d’ordre de grandeur entre le voltage nécessaire à l’arc et les forces électromotrices manifestées dans les phénomènes thermo-électriques et électrochimiques ; ce n’est évidemment pas là un argument bien solide, puisque en dehors de l’arc nous ne savons rien sur les propriétés du charbon à la température de volatilisation ou de fusion.
- Plusieurs expérimentateurs se sont placés à un autre point de vue ayant pour base la persistance supposée de la température du cratère après fa suppression du courant; on s’est dit que grâce à ce retard entre l’arrêt du courant et l’extinction, la force électromotrice subsisterait pendant un court laps de temps avec une valeur mesurable. Or, toutes les expériences tentées depuis Edlund pour déceler cette force électromotrice ont échoué. Rappelons que tout récemment M. Herz-feld (*) et M. Blondel (2) ont réduit l’intervalle entre la suppression du courant et la mesure, le premier à 1/270 de seconde et le second à i/ôoo de seconde, sans pouvoir ob-
- (’} L’Éclairage Électrique, t. XIV, p. 349. (2) Ibid., t. XIV, p. 412.
- server de différence de potentiel résiduelle notable.
- Ces résultats expérimentaux seraient d’un grand poids si l’hypothcse même sur laquelle les conclusions des auteurs sont basées était parfaitement justifiée. Rien ne prouve que les conditions de production d’une force contre-élcctromotrice ne soient pas complètement perturbées dans un temps extrêmement restreint. Étant donné que le phénomène principal : volatilisation, dissolution dans l’atmosphère ou fusion, se produit à une température déterminée et cesse d’exister au-dessous de cette température, on peut se demander si le plus court arrêt dans l’apport de chaleur par le courant, au temps près mis par les dernières particules désagrégées à franchir l’intervalle entre les charbons, ne suffit pas pour anéantir l’arc, tout au moins quant à ses réactions électriques.
- L’extrême sensibilité de l’arc pour les variations de courant rapides a d’ailleurs été constatée par des expériences directes. Il suffit d’examiner les courbes simultanées pour la lumière rayonnée et pour le courant telles que les ont obtenues M. Burnie (*), le professeur Fleming et M. Petavel (a/, pour être frappé de la merveilleuse rapidité avec laquelle varie la lumière émise par une pointe de charbon. La différence de phase entre les deux courbes paraît être en valeur absolue de l’ordre de grandeur du dix-millième de seconde.
- Comme le fait remarquer The FAectrician, par l’admission d’un effet Peltier dans l’arc, la chute de température très rapide des pointes de charbon quand elles deviennent négatives serait explicable, puisqu’au contact entre la vapeur et la pointe de charbon il y aurait perte d’énergie au crayon négatif et production d’énergie au crayon positif, la vapeur de charbon étant électropositive par rapport au charbon, c’est-à-dire qu’une force électromotrice existerait à chaque
- (>) L’Éclairage Électrique, t. XIII, p. 365. (2) Ibid., t. VI, p. 279 et 568.
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- contact, siège de production d’un courant allant de la vapeur au charbon.
- L’effet découvert dans l’arc alternatif par le Dr Sahulka est important à ce point de vue. Le D1' Sahulka trouva qu’un circuit auxiliaire branché entre l’un quelconque des deux charbons et une électrode auxiliaire plongée dans la vapeur d’un arc alternatif est parcouru par un courant continu allant du charbon à la vapeur. Pour confirmer cette découverte et obtenir quelques données numériques. notre confrère a fait récemment quelques expériences sur un arc alternatif de 10 ampères. Le résultat fut la découverte d’une force électromotrice d’environ 9 volts, le courant continu venant indifféremment de l’un ou de l’autre charbon vers l’électrode auxiliaire plongée dans la vapeur. Devant ce fait, il est difficile de ne pas conclure qu’il doit exister dans l’arc une très appréciable force contre-électromotrice.
- On sait depuis longtemps que la différence de potentiel entre les charbons exprimée en fonction de l’intensité du courant contient un terme indépendant de cette intensité et un terme qui lui est inversement proportionnel. En raison de la grande mobilité des réactions de l’arc, il est admissible que cette relation, établie pour le régime permanent, peut également donner une idée du phénomène en régime variable.
- Il en résulte, ainsi que nous l’avons fait remarquer d’autre part (*), que si l’on cherche à mesurer la résistance vraie d’un arc alimenté par un courant continu en superposant un courant de mesure alternatif, comme l’ont fait MM. Frith et Rodgers, les variations du courant doivent se produire en sens inverse des variations de la différence de potentiel, il y aura décalage d’une demi-période, sans qu’on soit en droit de conclure de ce fait que la résistance de l’arc est négative.
- L’absence de décalage entre les courbes de courant et de différence de potentiel d’un arc à courant alternatif, si l’on ne considère que les points d’intersection des courbes avec l’axe des temps, ne peut pas non plus être invoquée comme argument contre l’hypothèse d’une force contre-électromotrice ; celle-ci peut en effet être fonction du courant et varier par exemple dans le même sens que la différence de température entre les charbons, auquel cas on ne pourrait la distinguer d’une résistance. Les variations de la force électro-motrice ou de la résistance peuvent toutefois déformer considérablement la courbe du courant alternatif d’alimentation ; une courbe de différence de potentiel de forme aplatie est par exemple transformée par l’arc en une courbe de courant de forme pointue.
- En somme,les réactionsdontl’arcestlesiège sont de nature excessivement complexe, et quoiqu'il ait été possible de formuler d’une manière assez précise les relations existant entre le voltage, le courant et la longueur de l’arc (l), il serait prématuré d’attribuer à chacun des termes de la formule une signification physique particulière. Le fait expérimental de la nécessité d’un certain voltage minimum ne peut lui-même pas être interprété comme accusant sûrement l’existence d’une certaine force électromotrice, pas plus qu’on n’attribuera à une force contre-élcctromotrice le fait que l’étincelle disruptivc nécessite pour se produire une certaine tension minima. Il y a, pour nous servir d’une comparaison frappante employée par M. Blondel, entre les effets de ces deux quantités physiques une différence aussi importante qu’entre les effets obtenus, pour la vidange d’un bief, par un déversoir ou par un tuyau dans lequel règne une contre-pression.
- A. Hess.
- (') L’Éclairage Électrique, t. X, p.
- L’Éctahage Électrique, t. IX, p. 109.
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- SUR LA THÉORIE DES BOBINES D’INDUCTION
- Les Annales de Wiedetnann ont publié, l’année dernière, une étude de Walter sur la bobine d’induction; cette étude a été analysée ici même (').
- La théorie présentée par Walter est identique à celle que j’avais donnée pour cet appareil , il y a environ quatre ans (*). Quelques-unes des expériences citées par cet auteur ne sont pas d’accord avec les miennes, c’est pourquoi il me semble intéressant de les discuter.
- Rappelons d’abord les grandes lignes de cette théorie. Dans le fonctionnement d’une bobine d’induction il y a deux phases distinctes à considérer. Dans la première, la source d'électricité, dont la force élcctromo-trice est E, est reliée au circuit primaire de la bobine; la résistance et la self-induction de ce primaire étant R et Lj; le courant I s’établit dans le circuit, suivant la loi bien connue :
- Selon le temps ti pendant lequel le primaire est relié à la source d’électricité {durée du contact), le courant É, au moment de la rupture, est une fraction plus ou moins grande de l’intensité maximum.
- Pour les bobines à interrupteurs rapides, cette considération a son importance, car elle permet de déterminer la source d’électricité à employer, pour obtenir une certaine intensité, avec une durée de contact connue. Dans ce qui précède nous négligeons l’action du secondaire, dont le circuit est supposé rompu, ce qui est le cas le plus général.
- Dans la seconde phase, par le jeu de l’interrupteur, le circuit se trouve rompu, mais les points de rupture sont reliés par un con-
- L'Éclairage Électrique, t. XIV, p. 174. (2) Industrie Électrique, 1894, p. 117.
- densateur ; le circuit, qui était représenté schématiquement par la figure 1, l’est main-
- Fig. 1 et a.
- tenant parla figure 2. Au commencement de cette seconde phase, l'intensité est I, et la charge Q du condensateur est nulle. Si on néglige encore l’action du secondaire, on peut écrire :
- L-§ + RI+iibE' (2)
- Etant données les grandeurs habituelles des facteurs L,, R et C, on a toujours, dans les bobines construites pour fournir des étincelles,
- par conséquent le courant I est toujours alternatif, avec une décroissance plus ou moins rapide, selon la grandeur de R et L,. Lecou-rant a pour valeur, en prenant comme origine du temps, pour cette seconde phase, l’instant de la rupture et en simplifiant par l’élimination des termes relativement petits :
- Le courant est oscillant, avec une période dont la durée T est :
- T = 2WCL. (4)
- A l’aide du facteur et de la demi-
- période on calcule le décrément logarithmique des oscillations, c’est-à-dire le logarithme du rapport des amplitudes de deux oscillations consécutives ; le décrément À est t
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- La figure 3 représente, schématiquement et sans aucune idée de proportions, la forme
- du courant en fonction du temps, dans le circuit primaire de la bobine. Pour avoir une idée plus exacte, il faudrait augmenter la durée ti relativement à T ; en effet, on a souvent ti =so,i seconde et T <0,001 seconde.
- La force élcctromotricc induite dans le secondaire est elle-même une fonction périodique du temps, à moins, toutefois, que le courant secondaire soit assez intense pour modifier notablement le courant primaire.
- T,es oscillations de la force électromotrice dans le secondaire ont été mises en évidence expérimentalement, par Mouton, en 1876.
- Connaissant ce qui se passe dans le primaire et sachant, d’autre part, qu’il éclate une étincelle entre les bornes du secondaire quand la force électromotrice induite a atteint la valeur correspondante à la forme des bornes et à leur distance, on peut chercher la force électromotrice maximum qui sera induite dans le circuit secondaire, puisque, jusqu’à l'instant de l’étincelle, il n’y a aucun courant apparent dans ce circuit. Cette hypothèse permet de négliger totalement l'induction du secondaire sur le primaire, et, par suite, les équations (2) et (3) sont encore exactes. La force électromotrice induite dans le secondaire est alors, en appelant Lm le coefficient d’induction mutuelle,
- Ej=l„4=
- (65
- Dans ce calcul on ne tient compte, comme cause d’amortissement des oscillations, que
- de réchauffement du circuit primaire par l’effet Joule, ce qui fait que l’amortissement est négligeable et l’exponentielle est très voisine de 1. L’équation (6) peut être écrite plus simplement :
- ou, en tenant compte de la relation connue Lw = 1/447 (8)
- E. = \/ül, (9)'
- Que l’on adopte la formule (7), que j’avais donnée, ou la formule {9), donnée par Walter, le fait capital est que la force électromotrice, dans le secondaire, est proportionnelle à l’intensité É au moment de la rupture du primaire; elle est en même temps proportionnelle à laracine carrée de la self-induction du secon daire et en raison inverse de la racine carrée de la capacité. Il y a donc, théoriquement, intérêt' à diminuer la capacité autant que possible, mais, pratiquement, il y a une limite au-dessous de laquelle il ne faut pas descendre.
- Toute cette théorie suppose que la rupture du circuit primaire est absolument brusque,’ ce qui n’est pas exact. Au moment même de la rupture, les deux parties du contact sont extrêmement voisines l’une de l’autre; il se produit, entre elles, une étincelle, plus ou moins forte selon la grandeur de la bobine et l’intensité du courant. Cette étincelle, dont la résistance augmente rapidement, a pour effet d’abaisser l’intensité au-dessous de la valeur It, avant que le condensateur puisse agir efficacement. En réalité, c’est une résistance variable qui est en dérivation sur le condensateur; or, celui-ci se comporte comme un conducteur de résistance nulle, au début, mais augmentant ensuite d’autant plus vite que la différence de potentiel entre ses armatures augmente plus vite. Pour que la différence de potentiel augmente lentement, ou, autrement dit, pour que la résistance apparente du condensateur s’accroisse moins vite que celle de l’étincelle, il y a intérêt à prendre un condensateur de grande capacité, qui se
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- chargera moins vite ; mais cette condition est contraire aux équations (7) et (9}.
- En pratique il y a, pour une bobine et un interrupteur donnés, une certaine valeur de C qui donne, à intensité égale, la plus grande longueur d’étincelles. Cette valeur de la capacité est d’autant plus petite que la résistance du milieu où se lait la rupture du courant primaire est plus grande ; ceci explique pourquoi la capacité du condensateur doit être plus grande, toutes choses égales d’ailleurs, quand l’interruption se fait dans l’air (interrupteur à marteau de Neef, Deprez et dérivés) au lieu de se faire dans un liquide qui agit par sa plus grande résistance et aussi par le refroidissement de l’étincelle (interrupteur. Foucault et tous les modèles à liquide).
- Waltercite au sujet des capacités employées par les différents constructeurs des anomalies bien singulières, mais que l’on peut expliquer. Il a eu entre les mains une bobine de KohL donnant 60 cm d’étincelles, dont le condensateur avait 0,33 microfarad, alors que celui d’une petite bobine, de construction pari sienne (?), donnant 3 cm d’étincelles, avai1 7,2 microfarads! Quand on connaît les pro priétés des condensateurs de bobines, on se demande quelle peut être la capacité mesurée dans ce cas. Généralement, la capacité des condensateurs est réglée, une fois pour toutes, par les constructeurs et définie par le nombre et la surface des feuilles d’étain employées, ainsi que par Xépaisseur du papier interposé, sans aucune préoccupation des qualités diélectriques de ce papier et du vernis ou de l’arcanson dont il est imprégné. Il résulte de ceci que très fréquemment on se trouve en présence d’un condensateur dont la capacité est une fonction de temps telle, par exemple, que sa valeur peut décupler quand le temps de charge passe de 0,1 à 5 secondes.
- Quelle valeur de la capacité faut-il prendre ici? Est-ce celle qui correspond à une charge extrêmement courte, de l’ordre de grandeur de T ? Constitués comme ils le sont, les condensateurs ont, par leurs dimensions géomé-
- triques et la nature du diélectrique, une certaine capacité électrostatique à laquelle s’ajoute une capacité de polarisation, qui est une fonction du temps et qui provient des défauts de fabrication. A mon avis, cette capacité de polarisation n’intervient pas, d’une manière sensible, dans les courants périodiques de cette fréquence et voilà pourquoi des condensateurs dont la capacité mesurée semble formidable sont bien réglés pour les bobines auxquelles ils sont destinés ; si, au contraire, le condensateur a les qualités ordinaires d’un bon appareil de ce genre, la capacité mesurée est beaucoup plus faible. Disons tout de suite que ce defaut ne paraît pas nuire au bon fonctionnement des bobines.
- Un autre point important à tirer de cette théorie, c’est que les oscillations du courant engendrent, dans le circuit primaire lui-même, une force électromotrice de self-induction très élevée, dont la valeur est .
- t=L‘7t =VeI‘; <“>
- les forces électromotrices induites dans le primaire et le secondaire sont donc entre elles à peu près comme les nombres détours du fil dans chaque circuit, s représente la valeur maximum de la force électromotrice à laquelle peuvent être soumis l’isolant du fil primaire et le diélectrique du condensateur ; or, dans certaines bobines, s peut atteindre quelques milliers de volts, cela explique bien pourquoi il arrive fréquemment que des isolants assez épais sont percés par des étincelles alors que la force .électromotrice E est de quelques volts seulement.
- Les forces électromotrices indiquées par les équations (7) ou (9) sont très considérables avec les grandes bobines et, évidemment, beaucoup supérieures à celles qui sont atteintes réellement. Avec les petites bobines la théorie se vérifie mieux, on trouve des forces électromotrices dont Xordre de grandeur correspond à la longueur d’étincelles mesurée entre sphères. J’ai indiqué autrefois les résultats suivants comme vérification som-
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- maire de la théorie. Une petite bobine, dont les coefficients d’induction, mesurés pour l’intensité de régime, sont :
- L, = 0,0028, Lm ~ 0,282,
- est munie d’un condensateur de 0,25 microfarad : elle fonctionne normalement avec 4 volts ét 7 ampères à la rupture. La force électromotrice calculée donne 74 400 volts, ce qui correspond à peu près à la longueur d’étincelles de 2 à 2,5 cm que Ton observe.
- Walter vérifie la formule également par la mesure des longueurs d’étincelles, mais il fait cette mesure entre une pointe et un plateau de 15 cm de diamètre ; il trouve ainsi que les longueurs d’étincelles sont proportionnelles aux forces électromotrices ! Ce résultat pourrait bien être particulier à la bobine essayée par lui, comme nous le verrons en parlant de la réaction du secondaire.
- La mesure des longueurs d’étincelles entre pointe et plateau, qui est la méthode adoptée pour la désignation commerciale des bobines, est très discutable, car elle donne des résultats sans valeur définie. Il n’y a pas de pointes absolument aiguës, tout dépend en définitive du rayon de courbure de la pointe ; plus il est petit, plus faible est la différence de potentiel nécessaire pour obtenir une étincelle de longueur donnée. On sait, en outre, que la résistance à l’étincelle, entre pointe et plateau, est infiniment plus faible quand la pointe est positive que quand elle est négative. Il y a peu de chances de voir substituer la mesure entre boules égales, de 2 ou 3 cm de diamètre, à celle-ci, car les longueurs d’étincelles obtenues paraîtraient vraiment trop faibles,'par rapport à la dimension des bobines.
- Se basant sur la proportionnalité entre les longueurs d’étincelles et la force électromotrice secondaire E*, Walter trouve que, dans une bobine construite par Kohl, la présence du noyau de fer rend l’étincelle 6 fois plus longue, à intensité égale, et, partant de l’équation (9), il calcule que le noyau de fer augmente la self-induction du secondaire dans
- le rapport de 1 à 2,4! Dans les bobines de construction française j’ai généralement trouvé le rapport de 1 à 4 ou 5.
- Réaction du secondaire
- Nous touchons ici à un des points les plus, obscurs de la théorie. Jusqu’à présent nous avons considéré le secondaire comme n’étant parcouru par aucun courant, jusqu’à l’instant où l’étincelle éclate; Walter affirme qu’il en est ainsi, car, dit-il, il n’y a pas de variation du courant primaire quand on retire le secondaire, laissant seulement le primaire avec son noyau de fer et le condensateur. Ceci se comprend bien si l’on fait la mesure avec un ampèremètre à courant continu, car alors l’intensité mesurée est presque exactement celle qui correspond à la durée du contact, temps pendant lequel la valeur-de est trop faible pour que la réaction du secondaire soit appréciable.
- Mes expériences personnelles semblent, au contraire, confirmer l’importance capitale de cette réaction. La première, que j’ai citée autrefois, est déjà assez concluante. Elle consiste à faire fonctionner une grande bobine au moyen d’un interrupteur bien réglé et avec le courant le plus élevé que peut supporter la bobine. Tout étant ainsi installé, on constate, à l’interrupteur, une légère différence selon que l’étincelle éclate au secondaire ou n’éclate pas: avec un Deprez, par exemple, l’étincelle de rupture est plus forte dans ce dernier cas. En effet, il 11’y a pas de dépense d’énergie extérieure, une partie de Fénergie emmagasinée dans le primaire se dépense alors dans l’étincelle de rupture. Mais si on supprime le secondaire, comme le fait Walter, le résultat est très net, en quelques décharges le condensateur est percé, quelquefois aussi l’isolant entre les spires du primaire !
- Il y a quelques chances pour que cette expérience soit peu répétée ; pour moi je l’ai trop bien réussie, mais elle m’a expliqué bien des accidents incompréhensibles avant. Il y
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- a un moyen plus simple pour mettre en évidence l’abaissement, souvent considérable, de la force électromotrice de self-induction, causé par la présence du secondaire ; il consiste à mettre un micromètre à étincelles en dérivation sur le condensateur, puis à le régler de telle sorte que l’écartement des pointes soit presque celui qui permettrait à l'étincelle de passer, quand le secondaire est en place; il suffit alors de retirer le secondaire pour voir jaillir au micromètre des étincelles blanches, très courtes mais bruyantes.
- Dans une seconde expérience, tout était réglé comme plus haut, sans toutefois, et pour cause, employer l’intensité maximum. L’interrupteur employé était assez rapide pour qu’un électromètre, mis en dérivation sur le condensateur, prit une déviation permanente indiquant la différence de potentiel efficace entre les armatures. La bobine était excitée par un courant moyen de 10 ampères, la force électromotrice était 120 volts et il y avait 20 à 25 interruptions par seconde.
- L’électromètrc a donné les indications suivantes dans trois cas :
- i° Bobine complète, donnant une étincelle très chaude, de 18 cm, entre une boule de 2 cm et un plateau, e — 100 volts.
- 20 Bobine complète , pas d’étincelles, e — 110 volts.
- 3° Primaire seul, avec son noyau de fer et le condensateur, £=155 volts.
- Cette expérience semble démontrer assez clairement la réaction du secondaire.
- Pourquoi le secondaire réagit-il ainsi, alors qu'il n’est le siège d’aucun phénomène apparent? Cela tient à plusieurs causes.
- L’une d’elles vient de ce que le secondaire a une capacité propre, capacité que la construction courante des bobines rend assez considérable et inégalement répartie dans toute la bobine. Il en résulte que, sous l’influence des variations du courant primaire, des forces électromotrices prennent naissance dans chaque spire du secondaire et tendent à charger les capacités élémentaires; ce sont les courants de charge, dont l’inten-
- sité paraît difficile à mesurer, qui réagissent sur le primaire.
- Si l’on pouvait admettre que toute la capacité du secondaire se trouve aux bornes du circuit, il serait facile de calculer le courant primaire résultant. Les équations de condition peuvent être ramenées, par l’élimination et en tenant compte de la relation !8), à une équation différentielle linéaire du troisième ordre; mais ce calcul est, dans l’état actuel, assez illusoire, car il est probable que, par suite de l’inégale répartition des charges dans la bobine, l’intensité du courant secondaire n’est pas uniforme dans toutes les sections.
- Un calcul plus simple peut donner une idée de ce qui se passe en réalité; il consiste à négliger la capacité du secondaire et à considérer celui-ci comme fermé sur une grande résistance. En ajoutant au premier membre de l’équation (2) le terme hm -^-représentant, exactement dans ce cas, la réaction du secondaire, et en posant l’équation '11) relative au secondaire :
- (11)
- on arrive, en tenant encore compte de la relation (8), à l’équation • différentielle du second ordre :
- dt2
- La + RrC dQ r
- C(L2R + L,r) dt ^ C(LSR + L,r) v
- = ELtR+'L^F’
- (S2)
- où r représente la résistance totale du circuit secondaire.
- Cette équation montre que si on a :
- r>U
- —cr + 2v/cT7 4CL, - R*C2 ’
- ou, pratiquement,
- L2
- r> Vcu’
- (13)
- les courants, primaire et secondaire, sont oscillants, et ont une période T, :
- 1 / Lj + RrC \ 2
- F 4 \C(bir + L»R)/
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- Cette durée peut approximation à :
- re ramenée comme
- A cette augmentation de la durée de la période s’ajoute une décroissance plus rapide des oscillations ; l’amortissement est plus énergique et le décrément logarithmique X devient, en simplifiant :
- L'augmentation de T et X fait que les valeurs maxîma des forces électromotriccs d’induction sont notablement plus basses; les équations (7) et (9) deviennent :
- <i6>
- Il y a entre les forces électromotrices d’induction, suivant que l’on tient compte ou non de l’action du secondaire, un rapport :
- Prenons comme exemple la petite bobine citée plus haut. Supposons-la fermée sur une résistance totale de 2 megohms (environ 1000 fois celle de la bobine). L’oscillation double T, qui était de 0,000166 seconde, sans réaction du secondaire, devient 0,000171 seconde ; mais, point capital, le décrément logarithmique, qui était négligeable, 0,0087, devient 100 fois plus grand, 0,87; la force électromotrice maximum dans le secondaire s’abaisse de 74400 a 49500 volts. Ce calcul, purement théorique, a pour but uniquement de montrer combien un courant secondaire extrêmement faible a d’action sur le maximum de force électromotrice.
- Evidemment, dans la bobine, les choses ne se passent pas ainsi. Les courants de charge des capacités élémentaires ne sont pas de meme phase que ceux qui seraient produits dans une résistance sans capacité, mais leur
- existence amène une dépense d’énergie qui influe directement sur X.
- Une seconde cause intervient pour réagir sur le primaire. Lorsque la bobine fonctionne avec le courant maximum, avec une distance assez grande entre les bornes de l'excitateur, et particulièrement avec des décharges de courte période, comme nous le verrons plus loin, il se produit dans l’intérieur de la bobine, au travers de l’isolant et dans les interstices que le refroidissement de celui-ci laisse trop souvent dans la masse, des décharges partielles qui agissent comme dérivation sur la décharge principale et qui produisent une dépense d’énergie abaissant la force électromotrice maximum.
- Puisque, théoriquement, la force électro-motrice maximum, induite dans le secondaire, est proportionnelle à I,, on doit, en construisant une courbe des intensités \1 en fonction des longueurs d’ctincelles maxima obtenues, trouver une courbe de la forme a (fig. 4), c’est-à-dire dans laquelle les diffé-
- Fig. 4.
- rences de potentiel V croissent d’abord très rapidement, puis finissent par tendre vers une asymptote parallèle à l’axe des /. Au contraire, dans la plupart des bobines on trouve la forme b. Au début tout se passe normalement, puis, plus ou moins vite selon la qualité de la bobine, la courbe change de sens et il faut augmenter beaucoup l’intensité pour obtenir une petite augmentation de la longueur d’étincelle. Ccci semble bien démontrer l’existence, dans l’intérieur de la bobine, des décharges partielles, d’autant plus que des bobines identiques donnent des courbes différentes. Ilsemblebien aussi que le résultat obtenu par Walter n’est qu’un cas particulier de ce que nous venons de voir.
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- La conclusion à tirer des expériences, c’est que la théorie exposée au début permet d’expliquer le rôle du condensateur, mais qu’elle ne donne, relativement au calcul des forces électromotrices, que des approximations assez grossières, plutôt meme une simple indication de l’ordre de grandeur.
- Quelques remarques sur les étincelles
- Tous ceux qui ont employé les bobines d’induction connaissent les aspects très différents des étincelles ; elles sont de deux formes distinctes, quoiqu’elles se présentent souvent ensemble et dans des conditions telles qu’il est. difficile de les séparer.
- Avec une longueur d’étincelle très courte, par rapport aux dimensions de la bobine, et avec une intensité de courant suffisante, on observe, entre pointe positive e.t plateau négatif, une étincelle jaune clair, ayant l’aspect d’une chenille. Cette étincelle, qui est très chaude et qui forme, à l’intensité près, comme une sorte d’arc voltaïque, est toujours déviée vers le haut par le courant d’air chaud qu’elle provoque. Cet arc ne peut, évidemment, être obtenu qu’avec des interruptions très fréquentes, autrement les étincelles, tout en conservant le meme aspect, sont séparées. Si la distance est suffisamment petite, l’étincelle n’est accompagnée d’aucun crépitement; elle est presque silencieuse. Si, au contraire, la distance augmente, ou si Y intensité primaire diminue, on perçoit, au centre de la gaine lumineuse, un trait blanc très brillant, et en même temps un petit bruit sec, caractéristique, se fait entendre. Quand l’intensité diminue encore, l’étincelle devient plus bruyante, toujours blanche, mais l’aspect de chenille finit par disparaître, et, quelle que soit la fréquence de l’interruption, on distingue toujours les étincelles séparées.
- Pour de plus grandes longueurs, l’aspect d’arc disparaît ; on a affaire à des étincelles séparées, plus ou moins rougeâtres, c’est-à-dire plus ou moins chaudes, mais toujours sinueuses et. parfois, on voit apparaître des
- étincelles blanches crépitantes ; ces dernières restent seules quand l’intensité diminue.
- Avec la même distance qui donne, dans les conditions ci-dessus, une belle chenille presque silencieuse, on obtient, en faisant la pointe négative, une étincelle blanche, très éclairante, au crépitement sec et très bruyant, accompagnée, si l’intensité primaire est suffisante, d’une chenille moins forte que précédemment. Dans les mêmes conditions, en augmentant la distance explosive, les étincelles, toujours crépitantes, cherchent une voie moins directe; elles partent des bords et de la surface du plateau opposée à la pointe pour aller rejoindre celle-ci. Enfin, les étincelles cessent d’éclater pour une distance beaucoup moindre que quand la pointe est positive.
- On sait que les mouvements de l'air affectent vivement l’étincelle chaude et sont presque sans influence sur l’étincelle blanche. Un soufflage énergique sur la chenille obtenue avec pointe positive, augmente le nombre des étincelles brillantes et les sépare de la chenille; celle-ci s'étale plus ou moins, comme une véritable flamme, tandis que les étincelles blanches suivent une ligne presque droite, elles qui précédemment se trouvaient enfermées dans la chenille où elles formaient comme une sorte de noyau brillant.
- Cette dualité dans l’étincelle a été observée dès le début, il y a plus de trente ans, et les premiers expérimentateurs, Du Aloncel entre autres, ont fait remarquer qu’il s’agissait bien là, sinon de deux phénomènes distincts, au moins d’un changement de grandeur.
- Essayons d’expliquer ce qui se passe dans les deux cas. Considérons la courbe qui représente la différence de potentiel V entre les bornes d’un excitateur (fig. 5). Tant qu’il n’y a pas d’étincelles, cette courbe a la forme de la dérivée de l’intensité primaire.
- Supposons le potentiel v, nécessaire pour que l’étincelle éclate, atteint bien avant le maximum de V. Si la capacité de l’excitateur est assez petite, la quantité cv qui passe dans cette étincelle est trop faible pour abaisser le
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- potentiel au-dessous de v, le courant de la bobine continue donc à passer et l’ctincelle se prolonge. L’intensité du courant est probablement de la forme I (fig. 5), si l’on tient
- Fig- 5.
- compte que le passage du courant échauffe l’air et diminue la résistance. On obtient ainsi une sorte d'arc, de durée très courte, inférieure à la demi-période de la bobine, mais dans lequel l’intensité est relativement élevée : c'est la chenille citée plus haut. Si l’amortissement des oscillations est faible, on peut avoir le même phénomène à la seconde oscillation et on observe alors deux étincelles dont l’intervalle est à peu près égal à la demi-période.
- Si, maintenant, par une augmentation de la capacité ou du potentiel explosif r, la décharge abaisse le potentiel V au-dessous de v. la capacité donne une décharge oscillante jusqu’au moment où, la force électro-motrice de la bobine ayant augmenté, le potentiel ne s’abaisse plus au-dessous de v; à ce moment la décharge qui était oscillante devient continue. Ce cas, le plus fréquent, correspond aux étincelles chaudes accompagnées de traits blancs, lumineux et crépitants. La figure 6 représente, schématiquement et d’une façon très grossière, l'intensité du courant secondaire dans ce cas. Les oscillations qui précèdent le courant direct de la bobine sont de très courte période, de haute fréquence si on prend la fréquence égale à-^-, indépendamment du nombre moyen d’oscillations dans l’unité de temps. La période est déterminée ici par la capacité et la self de
- l’excitateur, à peu près indépendamment des constantes de la bobine elle-même. Le rap-
- Fig. 6.
- port des durées d’oscillation de la bobine et des étincelles de haute fréquence est naturellement très variable, mais il est toujours tics élevé, il peut atteindre et dépasser io5.
- A la limite, quand la décharge abaisse toujours le potentiel au-dessous de v, on n’observe plus que des étincelles blanches, car il n’y a plus que les décharges de haute fréquence de l’excitateur (fig. 7).
- -fL—
- Fig- 7-
- La résistance extrêmement variable du milieu où éclatent les étincelles fait que l’amortissement est aussi très variable et, par suite, la période des décharges de haute fréquence doit beaucoup varier dans la durée d’une seule oscillation du primaire M. Swin-gedauw a signalé ce fait.
- On conçoit aisément que, partant d’une intensité primaire élevée, on voit d’abord des étincelles très chaudes, une chenille continue, si la rapidité de l’interrupteur et la distance explosive le permettent. L’intensité
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- primaire baissant, ce qui, toutes choses égales d’ailleurs, correspond à un abaissement des ordonnées de la courbe V, les étincelles blanches apparaissent. Enfin, pour une intensité encore plus faible, il n’y a plus que des étincelles de haute fréquence, jusqu’au .moment où la force électromotrice développée dans la bobine est trop faible et où il n’y a plus d’étincelles.
- Il est facile de reconnaître la présence des oscillations de haute fréquence en plaçant, entre l’excitateur et la bobine, une boucle de fil B (fig. 8), dont les deux extrémités sont
- Fig. 8.
- réunies par un micromètre à étincelles m. On sait que si la capacité du micromètre m est négligeable devant la self L de la boucle, la différence de potentiel en m est proportionnelle à :
- c’est-à-dire à la fréquence, à l’intensité du courant et à la self de la boucle. La distance en m étant réglée pour qu’il n’y ait pas d’étincelles, quand l’étincelle entre pP est chaude, il suffit de diminuer l’intensité du courant primaire pour voir immédiatement des petites étincelles éclater en m. Il en est de même si l’on fait le plateau positif, si l’on souffle l’étincelle Pp et, en général, toutes les fois que les étincelles à, l’excitateur deviennent blanches et crépitantes.
- Du fait, démontré expérimentalement, que la puissance de la bobine ne modifie pas sensiblement la durée d’oscillation, de l’excitateur, on conclut souvent que, grâce à la
- self-induction énorme du secondaire, les oscillations de haute fréquence ne pénètrent pas dans la bobine ; il n’en n’est rien.
- L’expérience de la boucle est déjà une preuve de ce fait, il y en a une autre que l’on observe assez fréquemment, surtout avec les bobines médiocres. On constate, lorsque l’arcanson qui les enveloppe est enlevé, que des étincelles éclatent entre les spires voisines, mais seulement quand la bobine donne elle-même des étincelles blanches ; quand la distance explosive augmente et qu’il ne se produit aucune étincelle extérieure, on n’observe rien de semblable, d’où le fait, paradoxal et cependant vrai, qu’une bobine peut être mise hors de service quand elle fournit une étincelle courte, alors qu’elle ne court aucun danger quand la distance entre les pôles ne permet pas à l’étincelle d’éclater.
- Il ne faut cependant pas se baser sur cette observation pour envoyer dans la bobine une intensité trop grande, car alors le danger se déplace, ce n’est pas le secondaire qui peut être abîmé, mais le primaire et le condensa-
- Une autre preuve que les oscillations de haute fréquence de la décharge pénètrent dans la bobine, c’est qu’on en retrouve la trace jusque dans le circuit primaire, qui est cependant toujours bien isolé du secondaire. L’expérience accidentelle suivante le fait bien
- Ayant à répéter les expériences de Bose sur les oscillations électriques, j’avais enfermé la bobine et l’excitateur dans une boîte en fonte, laissant seulement au dehors la pile et les conducteurs d’arrivée du courant. Dans ces conditions les spirales du coherer de Bose étaient très sensibles, mais il était impossible d’arrêter les radiations en fermant l’orifice devant l’excitateur ; l’action sur le coherer venait simplement des fils conducteurs et de la pile ; il faut ajouter d’ailleurs qu’elle était ainsi beaucoup plus énergique. Ce fait a été signalé par M. Bose lui-même dans ses publications. Plus tard, ayant mis tout l'ensemble dans une boîte métallique, je constatai une sensi-
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- bilité très grande du coherer lorsqu’un fil métallique unique, relié en un point quelconque du primaire, sortait de la boîte; la sensibilité était d’autant plus grande que la longueur du fil était elle-même plus grande ; ce fait a été confirmé par les expériences faites en Allemagne sur le système Marconi. Bien entendu, quand le filetait relié au secondaire, la sensibilité était plus grande. L’action du fil parcouru par les ondulations était infiniment plus grande que celle de l’étincelle elle-même.
- Toutes les causes qui, sans modifier la
- capacité, augmentent la résistance au passage de l’étincelle, ont pour effet de provoquer des oscillations de haute fréquence. Le cas se présente notamment dans les gaz comprimés. L’étincelle, à la pression atmosphérique et dans les conditions ordinaires des moteurs à gaz, par exemple, est rougeâtre et très large ; dès que la pression s’élève, l’étincelle devient blanche et très éclairante ; la boucle d’épreuve insérée dans le circuit montre à ce moment des étincelles au micromètre. Dans l’air ambiant et dans les mêmes conditions, les bobines d’inflammation donnent des étin-
- Fig.
- celles 4 ou 5 fois plus longues sans trahir la présence des oscillations de haute fréquence.
- Il faut ajouter qu’avec les étincelles blanches des aigrettes jaillissent fréquemment de tous les points des conducteurs ; ainsi que l’a fait observer M. Broca, ce phénomène, que l’on retrouvesi intense dans les expériencesde Tesla, est une preuve de plus de l’existence des oscillations de haute fréquence.
- Conséquences pratiques de la théorie
- On peut tirer de la théorie sommaire exposée au début quelques considérations pratiques, susceptibles, sinon d’éclairer complètement, tout au moins de guider dans l’emploi des bobines d’induction.
- Nous ferons abstraction de tout ce qui est relatif à l’interrupteur lui-même, car chaque système a son réglage particulier; nous nous en tiendrons aux conditions générales relatives à la bobine.
- Dans le fonctionnement d’un interrupteur quelconque, il y a à considérer le nombre n d’oscillations par seconde, la durée tt du contact, pendant laquelle le courant s’établit, et la durée tt de l’interruption (fig. 9) ; ces trois
- facteurs ont entre eux h
- dation évidente ;
- On a intérêt, au point de vue de rendement, à faire tt aussi court que possible, et, quand cette durée est déterminée, il faut autant que possible la laisser constante, quelle que soit la valeur de n ; ceci revient k dire qu’il est préférable de modifier seulement tî quand le temps /, est fixé par l’intensité à atteindre.
- Quand l’intensité I, nécessaire est loin du maximun , l’augmentation de tt a pour effet d’augmenter l’intensité et de l’amener à I'j
- (fig. 10) ; l’étincelle, ou la décharge obtenue au secondaire, correspond k plus grande dépense d’énergie ; c’est une chose à laquelle on doit songer, car cela peut avoir des avau-
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- tages et des inconvénients ; nous y reviendrons. Si, au contraire, on a besoin d’une . , T(, • • > E • ,
- intensité L, très voisine de on voit qu une
- augmentation de t'\ n’amène qu’une élévation insignifiante de V\ ; c’est de l’énergie dépensée presque en pure perte.
- L’emploi du courant continu à rro ou 120 volts, fourni par les réseaux d’éclairage ou les machines isolées, est assez avantageux à ce point de vue, car l’intensité Ij est obtenue très vite, ce qui facilite l’emploi des interrupteurs rapides. Il est toujours prudent de placer dans le circuit une résistance calculée de telle sorte que le courant ne puisse jamais atteindre une intensité dangereuse.Cette résistance augmente évidemment tn mais néanmoins le rendement de la bobine est encore meilleur qu’avec un faible voltage.
- La durée tj du contact étant déterminée, soit par l’intensité nécessaire pour obtenir une longueur d’étincelles déterminée, soit par l’énergie à obtenir à chaque étincelle, il reste à savoir quelle rapidité de l’interrupteur il est utile d’obtenir dans chaque cas.
- Les phénomènes produits à l’aide des bobines sont d’autant plus intenses que la puissance moyenne dépensée pour les produire est plus élevée; cependant ces phénomènes peuvent être modifiés par la puissance dépensée à chaque décharge ; nous en avons vu un exemple dans le changement de nature des étincelles.
- Pour donner à ce qui va suivre une forme plus concrète, prenons le cas d’une ampoule de Rœntgen excitée par une bobine plus puissante qu’il n’est nécessaire. Si nous élevons l’intensité du courant primaire au delà de la valeur où l’ampoule commence à agir, il passe à chaque décharge une plus grande intensité et la puissance dépensée est plus grande également. Pour obtenir une puissance moyenne déterminée, on peut faire varier, soit l’intensité I,, soit la fréquence n
- de l’interrupteur. Ces deux moyens donnent des résultats différents et il est facile de le comprendre.
- Ce qui limite, dans ce cas, la puissance moyenne à employer, c’est réchauffement de l’ampoule; or, à puissance moyenne égale, le refroidissement est complètement different .selon que les décharges sont intenses et espacées, ou faibles et rapprochées. On a vu que chaque décharge a une durée très courte ; si, à la limite, on produit une décharge très intense, l’ampoule, recevant en un temps très court une quantité d’énergie très grande, ne se refroidit pas instantanément, la température peut s’élever instantanément d’une façon dangereuse; en outre, il est peu probable que les radiations émises soient les mêmes qu’avec une étincelle plus faible et une fréquence plus grande.
- A la limite opposée, on peut diminuer l'intensité I, jusqu’à la valeur minimum où la décharge cesse de passer dans le tube; il faut alors augmenter la fréquence pour obtenir la même puissance moyenne. Toutes les personnes qui pratiquent la radiographie connaissent bien les différences entre ces deux solutions, mais il m’a paru utile de rappeler les conditions électriques de ces deux cas.
- Quand la puissance moyenne n’est pas limitée par l’ampoule, elle peut l’être par la bobine elle-même. Il ne faut pas oublier, en effet, que les bobines d’induction n’ont jamais etc construites pour une marche continue et que le refroidissement est à peu près nul, de telle sorte que la température s’élève constamment. Le meilleur moyen de se limiter, à ce point de vue, consiste à régler l’intensité moyenne efficace à une valeur d’autant plus faible que la durée de fonctionnement doit être plus grande ; cette valeur dépend évidemment des dimensions de la bobine et de la résistance du primaire.
- H. Armagnat.
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- CHEMINS DE FER ET TRAMWAYS ÉLECTRIQUES (*) CANALISATIONS SOUTERRAINES
- On a craint pendant longtemps que les conducteurs pour tramways placés en caniveaux ne puissent être suffisamment isolés pour donner des résultats satisfaisants. JE expérience a prouvé que ces craintes étaient vaines. Un fait bien caractéristique l’a prouvé, à Washington, sur les lignes de la Metropolitan Traction Company; pendant le mois de novembre dernier, les tuyaux de drainage d’une section de la ligne de la rue F durent être fermés parce que les égouts étaient en réparation. A cette même époque survint un violent orage; le caniveau fut complètement inondé; les deux conducteurs servant, l’un, à l’aller du courant, l’autre au retour, furent entièrement plongés dans l’eau sur une longueur de 50 m environ et restèrent ainsi pendant plus de deux heures. Bien que ces deux conducteurs ne fussent pas éloignés l’un de l’autre de plus de 15 cm et que leur surface fût considérable, il 11e se produisit aucun court circuit; le service des voitures ne fut pas arreté et l’on ne fut même pas obligé de réduire la tension sur cette section de la voie en intercalant dans le feeder correspondant les rhéostats à eau qui sont installes à l'usine dans ce but. Le seul effet de cette inondation partielle fut d’augmenter les pertes de courant ; tandis que la charge normale sur le feeder de cette section est de 300 ampères environ, pendant l’inondation du caniveau elle fut de 600 ampères. Ce résultat doit être attribué à la pureté relative de l’eau de pluie.
- D’un autre côté, depuis plusieurs années, la puissante compagnie Metropolitan Street Railway Compamq de New-York, dont le réseau comporte 367 km de voie simple, a fait de nombreux essais en vue de déterminer le meilleur mode de traction de ses voitures de tramways, l’emploi du trôlet à conducteur j aérien lui étant interdit. Elle a adopté, sur sa j
- grande ligne de Broadway, la traction funiculaire : elle a essayé la traction par l’air comprimé, la traction par accumulateurs électriques, et elle a fait installer la traction électrique par conducteur souterrain sur plusieurs de ses lignes.
- Les voies où la traction mécanique est adoptée sont les suivantes :
- Broadway itraction funiculaire). . . 16,41 km
- Avenue Colombus (traction funicul.). 10,50 » Avenue Lexington (traction funiculaire et électrique)..................13.S7 »
- 116e rue et avenue Manhattan (traction électrique)...................... 6 05 »
- Avenue I.enox (traction électrique) . 4,86 »
- Longueur totale de rail simple . . 51,69 km.
- Le résultat de ces essais vient detre connu : la Compagnie métropolitaine adopte la traction électrique avec conducteur souterrain sur les lignes suivantes, dont la longueur totale est de 47,5 km, correspondant à 95 km de voie simple :
- 10e avenue (de la 65e à la 125e rue);
- 8° avenue (de la 54rà la 159e rue, avec embranchement sur l’avenue Macombs);
- Avenue Madison (depuis l’hôtel des Postes jusqu’à la 138e rue, avec embranchement à la place Astor) ;
- 2e avenue (de la 8e à la 128e rue) ;
- 23e rue (de la rivière du Nord à la rivière do l’Est) ;
- 59e rue (de la 10e avenue à la ire avenue).
- Les lignes transformées sont donc principalement les grandes voies longitudinales; sur les voies transversales, la transformation présente un’ intérêt moins immédiat, parce que leur longueur est beaucoup moindre et que la durée du trajet ne serait pas sensiblement abrégée par l’adoption de la traction
- (U Voir L'Éclairage Électrique du 12 mars
- s, p. 449.
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- mécanique. Comme, de plus, ces lignes sont indépendantes les unes des autres, il n’y a pasd’inconvénients à ce qu’elles soient exploitées par des procédés différents.
- La transformation a été décidée vers la fin
- de 1896; mais, par suite de difficultés légales, les travaux n’ont été commencés que le 2 août 1897; ils sont à peu près terminés à l’heure actuelle.
- Le type de caniveau adopté est semblable
- à celui adopté sur la ligne de l’avenue Lenox, mais légèrement modifié pour permettre de réduire la profondeur de l’excavation, qui est ici de 0,80 m seulement.
- La figure 1, qui donne la coupe d’une double voie, permet de comprendre les détails de construction.
- Chacune des traverses en fonte pèse environ 105 kg; il y en a une tous les 1,52 m, d’axe en axe. Les isolateurs, placés tous les 4,57 m, sont formés, comme ceux de l’avenue Lenox, d’une coupe renversée en fonte, fixée par deux oreilles au rail-rainure (fig. 2 et 3), et à l’intérieur de laquelle est cimentée une
- Isolateur du
- cloche en porcelaine qui supporte le crampon auquel le rail, conducteur est attache.
- En face de chaque isolateur une chambre fermée par une plaque en fonte quadrillée est ménagée : elle sert à vérifier l’état de ces organes et à les remplacer en cas d’acci-
- dent; les rails conducteurs sont introduits et peuvent être sortis par ces ouvertures.
- Tous les 45 m environ, un trou d’homme ou regard est disposé (fig. 4) ; la chambre s’étend sous les deux voies; c’est en ces points que les communications avec les égouts sont
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- établies; la pente pour l’écoulement des eaux est d’au moins i ,66 pour tooo.
- La construction dans les courbes est peu différente de la construction en alignement droit; les mêmes traverses sont employées; seulement les isolateurs sont plus rapprochés. Aux croisements et aiguillages on a pensé pouvoir simplifier la construction en supprimant tout simplement les conducteurs ; les voitures passent ces points par suite de la vitesse acquise ; les rails-rainures et les rails de roulement sont, aux aiguillages, ren-
- dus solidaires par des leviers, et sont ma* nœuvrés par un seul levier.
- Les deux rails conducteurs servant l’un à l’aller, l’autre au retourdu courant sont formés par un fer à T pesant 10,5 kg : m, fabriqué par bouts de 9,15 m, ce qui permet de le mettre en place, comme nous le disions plus haut, sans défoncer les voies, en l’introduisant dans le caniveau par les regards des isolateurs.
- La construction est très rapide, ce qui est un grand avantage en raison de la gene ap-
- — Coupe de
- regard d’i
- portée à la circulation par les travaux et de la perte de recettes pendant la période de construction. Une fois l’excavation faite, Les traverses étaient mises en place, les rails-rainures, les rails de roulement, l'enveloppe en fer du caniveau et les entretoises qui relient ces rails-rainures aux rails de roulement étaient boulonnés ensemble; le tout était soigneusement aligné et nivelé, puis on coulait le béton formé de sept parties de pierre concassée en morceaux de 2 cm environ, de 4 parties de sable et de 1 partie de ciment de Portland. On remettait ensuite la terre et on procédait au repavage.
- La construction a été rendue particulièrement difficile par l’encombrement prodigieux du sous-sol de New-York par des canalisations de toutes sortes. En un seul point, on
- ne dut pas déplacer moins de 28 tuyaux dont le diamètre variait de 30 cm à 5 cm et qui servaient au passage des câbles électriques, du gaz, de l’eau, etc. ; en plus, en ce point, il fallut déplacer un égout.
- Le prix de revient n’est pas encore connu exactement, mais les ingénieurs de la Compagnie estiment qu’il sera de 300 000 à 325 000 fr par km de voie simple, y compris le caniveau proprement dit et les feeders qui sont conduits, comme l’indiquent les figures précédentes, dans des tuyaux placés parallèlement aux voies.
- Les trôlets ou socs (fig. 537) ont 14,3 mm de largeur à la rainure et 11,1 mm au-dessus et au-dessous de celle-ci. L’usure des rails-rainures est supportée par des plaques en acier trempé,de forme carrée,qui ont63,5 mm
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- de côté et 4,75 rrïm d’épaisseur. Le bras du trôlet est formé de trois tiges en acier; les deux tiges extrêmes ont 3,17 mm d’épaisseur et la tige médiane a 4,75 mm. Les conducteurs qui passent à l’intérieur de ce trôlet sont formés par des rubans de cuivre ; ils sont reliés aux frotteurs par des câbles souples. Ces frotteurs ou sabots de contact ont 10 cm de côté et 1,25 cm d’épaisseur; ils sont en
- Fig. 5, 6 et 7. — Trôlet à contact inferieur des trarmvavs de New-York. Coupe transversale, vue latérale et coupe longitudinale.
- ionte de fer. Ils sont montés sur des ressorts qui tendent à les maintenir écartés l’un de l’autre de 20 cm ; l’écartement des rails n’étant que de 15 cm, ces sabots sont appliqués sur les railsavec une pression de 2,75 kg environ, ce qui est très suffisant pour obtenir un bon contact électrique. Ce trôlet est suspendu sur la voiture de la façon suivante (fig 8 et 9).
- Une culasse en fonte est boulonnée à la
- partie supérieure du bras du trôlet; chaque extrémité de cette culasse est pivotée sur un
- 9. — Suspension du trol
- boulon vertical qui est attaché à un manchon qui glisse sur une tige transversale en acier, de 6,35 cm de diamètre, qui est elle-même
- fixée aux longerons du truck. Cette disposition assure une certaine flexibilité verticalement et transversalement tout en maintenant le trôlet exactement dans l’axe de la voiture.
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- Des taquets limitent l’amplitude du mouvement vertical à 2 cm environ.
- Le réseau sera alimenté à 500 volts comme les tramways ordinaires àconducteurs aériens: les génératrices seront placées daus les usines actuellement existantes dans la 25e et la 146e rue ; la première sera pourvue de 4 génératrices G. E. de 850 kw chacune et la seconde de 3 génératrices de même puissance. Toutefois, cette organisation ne sera que provisoire : quand la transformation en cours sera complètement effectuée, la Compagnie Métropolitaine fera construire une usine suffisante pour alimenter l’ensemble de son réseau. Elle sera située entre les 95e et 96e rues, la 1™ avenue et la rivière de l’Est. Elle aura une puissance totale de 70000 chevaux. Le système de distribution adopté, analogue à celui qui a été étudié par la Compagnie générale des omnibus, à Paris, sera le suivant : l’usine génératrice comprendra des génératrices à courants polyphasés d’une puissance normale de 4000 chevaux; la tension du courant engendré sera de 6 000 volts.
- Dans différents points de la ville seront établies des stations transformatrices, au nombre de 8 ou 10, dans lesquelles des transformateurs rotatifs, d'une puissance de 300 kw à 850 kwr, transformeront ce courant alternatif à haute tension en un courant continu à 500 volts.
- Nous aurons bientôt occasion de revenir sur ces installations intéressantes.
- Dans le caniveau de MM. J. D. Griffen et G. S. Smat.l (h, le conducteur H (fig. to), supporté par un isolateur F sur un bras élastique L, est placé dans un compartiment séparé du caniveau principal C par des cloisons J et K, de, façon que ni l’eau, ni la boue, ni les objets métalliques pénétrant par la fente supérieure a ne puissent tomber sur lui. Le bras E du trôlet, solidaire de la voilure, est convenablement recourbé pour passer entre les deux cloisons J et K ; il porte la roue de contact H' et est guidé par une roulette horizontale placée à sa partie inférieure.
- G. Pellissier.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Accumulateur Pulvis.
- Les plaques de cet accumulateur, récemment mis sur le marché par la Compagnie française pour la pulvérisation des métaux, sont constituées par des rubans indépendants en plomb dur servant de support à la matière active.
- Les rubans sont fabriqués par refoulement au travers d’une filière de forme appropriée et différente suivant que les rubans sont destinés à la confection de plaques positives ou de plaques négatives ; pour les positives le ruban, de 1 à 1,5 mm d’épaisseur, est.pourvu sur ses deux surfaces de stries triangulaires ; pour les négatives le ruban présente des nervures à queue d’aronde. Les rubans constituant une même plaque sont soudés à la
- soudure autogène et de telle façon que la dilatation puisse s’effectuer sans inconvénient.
- La matière active est un mélange de poudre de plomb et de pierre ponce. Pour obtenir le plomb en poudre on projette un fort courant d'air chaud sur un jet fin de plomb fondu. La poussière produite se dépose dans une série de chambres où elle est recueillie et conservée ensuite dans des récipients hermétiquement clos pour éviter son oxydation à l’air. Le mélange intime de cette poudre et de la pierre ponce pulvérisée est fait à sec ; on imbibe ensuite d’eau pour garnir les plaques.
- La formation des plaques s’effectue comme celle des accumulateurs genre Planté.
- (’) Brevet anglais n° 10 429. Année 1897.
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- Les essais fairs sur des accumulateurs de ce genre du type courant ont montré que la capacité d’une paire d’électrodes pesant ensemble 8,25 kg est de 35. 55, 69 et 75 ampères-heures pour des durées de décharges respectives de 1, 4, 8 et 10 heures. Il résulte de ces chiffres que la capacité spécifique, c’est-à-dire par kilogramme de plaques, est de qampères-heuresquand la décharge s’effectue en une heure, qu’elle monte à 6,42 et 8,2 ampères-heures pour des décharges en 4 et 8 heures, et qu’elle atteint le chiffre de 9,1 ampères-heures quand la durée de la décharge est de 10 heures. J. R.
- Accumulateur Crowdus.
- Dans un de ses derniers numéros notre confrère anglais The Eiectrical Review publie le brevet anglais relatif à cet accumulateur. Si l'on en croit les revendications du brevet, cet accumulateur satisferait à tous les desiderata : faible poids du support de la matière active, utilisation de toute la surface des plaques, grande solidité mécanique decel-les-ci, formation rapide, fabrication peu coûteuse, etc.
- Les plaques positives sont constituées par une mince feuille de plomb laminé formant une sorte de chemise dans laquelle est enfermée la matière active ; cette feuille porte une série de fentes, les fentes des deux faces étant opposées l’une à l’autre; des nervures assurent la rigidité de ces plaques ; la matière active est du minium sous forme de pastilles dures et poreuses. Par suite de la minceur de la feuille de plomb les poids du support et de la matière active sont dans le rapport de 1 à 2. Cette minceur permet en outre au foisonnement de pouvoir s’effectuer sans causer d’autre déformation qu'une courbure de la feuille.
- La constitution des plaques négatives est analogue ; la seule différence est que, pour diminuer encore le poids du support, celui-ci est en aluminium; la matière active est, au
- début, des pastilles de minium comme pour les positives.
- La formation des plaques s’effectue dans un bain de sulfate de 7inc au tiers saturé et additionné de 15 p. 100 de son volume d’acide sulfurique. Le zinc tend à se déposer sur les plaques négatives, mais il est dissous par l’acide sulfurique avec formation d’hydrogène qui réduit le minium des pastilles et le transforme en plomb spongieux. Deux charges de sens inverse suffisent à la formation. Le bain peut servir indéfiniment.
- Les plaques sont ensuites montées. Pour les isoler et en même temps empêcher leur déformation, elles sont séparées par des plaques de substance isolante, percées de trous de manière à n’être en contact avec les plaques de l’accumulateur que dans les régions inactives de celles-ci. Pour assurer une répartition uniforme du courant sur toute la surface des plaques, les plaques de même polarité sont connectées en plusieurs points; on évite ainsi un foisonnement inégal et par conséquent toute déformation. En outre toutes les connexions sont situées au-dessous du niveau du liquide et seules les deux électrodes extrêmes sortent de l’électrolyte, de manière à faire disparaître une des principales causes de la détérioration des accumulateurs : la sulfatation et la corrosion des connexions.
- Pour maintenir la capacité des plaques négatives, qui tend généralement à diminuer par l’usage, il suffit d’ajouter de temps en temps à l'électrolyte qui, comme à l’ordinaire, est de l’eau acidulée, du sulfate de zinc ; celui-ci réagit comme dans la formation.
- Le brevet revendique d’ailleurs d’autres améliorations de détail. J. R.
- Lampe à incandescence à réflecteur dite u Glow Lamp ».
- Nous avons déjà eu l’occasion de signaler cette lampe à nos lecteurs (') au moment de
- P) L'Éclairage Électrique, t. IX, p. 46, 3 octobre 1896.
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- ses premières applications en Angleterre, où elle s’est très rapidement répandue. Depuis, elle a traversé le détroit et même l’Atlantique et on la trouve dans de nombreuses installations aussi bien aux États-Unis qu’en Europe.
- En raison des services qu’elle peut rendre dans divers cas, rappelons que cette lampe, dont les figures 1 et 2 représentent deux types,
- est une lampe à incandescence dont la moitié de l’ampoule située du côté de l’attache est argentée de manière à renvoyer la lumière dans une direction déterminée. La couche d'argent extérieure au verre de l’ampoule est obtenue par voie chimique, par un procédé analogue à celui de Foucault pour l’argenture des miroirs de télescopes. Sur cette couche d’argent on dépose clcctrolytiquement une mince couche de cuivre que l’on recouvre d’un vernis pour la protéger de l’oxydation. Toute la difficulté consiste à obtenir un dépôt bien adhérent et ne se fendillant pas par suite de la dilatation inégale du verre de l’ampoule et de la couche métallique qui la recouvre. Elle a été parfaitement surmontée car des lampes mises hors d’usage par rupture du filament à la suite d’un service prolongé pendant 1 000 heures ont leur réflecteur absolument intact.
- Dans les lampes à ampoule sphérique tig. 1) la surface réfléchissante est hémisphérique ; dans celles de la forme indiquée par lafigure 2, cette surface est parabolique. Dans les deux le filament est enroulé de manière que la plus grande partie de sa longueur soit le plus près possible du foyer du miroir.
- On conçoit que pour l’éclairage d’une surface restreinte, pour l’éclairage d’une table de travail par exemple, l’emploi de cette lampe soit des plus avantageux. Les essais photométriques montrent, en effet, que dans la direction de l’axe principal du miroir une lampe de dix bougies à réflecteur donne le meme éclairement qu’une lampe de 40 bougies. D'ailleurs on peut facilement se rendre compte par l’usage que cette lampe de 10 bougies remplace très avantageusement au point de vue de l’éclairement une lampe de 16 bougies munie d’un abat-jour. Il en est de même dans l’éclairage des appartements et des ateliers. Il en résulte naturellement une économie sensible dans la dépense de courant et un calcul simple permet de voir qu’en admettant une consommation de 3,5 watts par bougie, et une durée de lampes de 500 heures, la substitution d’une lampe de 10 bougies à réflecteurà une lampe de tôbou-gies ordinaire donne, en comptant l’énergie électrique à 1 fr. le kilowatt-heure, une économie de iofr. 50 par lampe, tout en produisant un meilleur éclairage. J. R.
- Phénomènes acoustiques dans l’arc électrique ;
- Par H.-T. Simon (').
- Ces phénomènes acoustiques se produisent dans l’arc quand les fils qui amènent le courant sont, sur une partie de leur parcours, parallèles à un autre circuit, dans lequel circule un courant intermittent de faible intensité : l'arc fait entendre un crépitement intense.
- Le phénomène est indépendant des régulateurs et des charbons et a par conséquent son siège dans l’arc lui-même. Les vibrations qui engendrent le son ont une amplitude trop faible pour être observées dans un miroir tournant.
- Pour observer commodément, on insère
- iVied. Ann., t. LXIV, p.
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- dans le circuit de l’arc une bobine creuse A à l’intérieur de laquelle on en place une autre B, insérée dans un circuit comprenant un accumulateur et un microphone : on peut mettre dans cette bobine B un faisceau de fils de fer doux. Si on touche alors la planchette du microphone avec la queue d’un diapason vibrant, on perçoit nettement dans l'arc le son du diapason. Le son d’un sifflet, d’une boîte à musique, des chocs, le chant,... se transmettent également bien : de même la voix parlée, toujours avec une exacte conservation du timbre.
- Il faut conclure de là que des oscillations faibles dans l’intensité du courant qui traverse l’arc provoquent dans l’air ambiant des oscillations corrélatives de la pression, qui dans des conditions convenables se traduisent par un son.Ces oscillations de pression résultent vraisemblablement des variations de température dans la flamme de l'arc, variations qui accompagnent cellesdu courant.
- Pour évaluer l’énergie qui peut être ainsi mise en jeu, on ferme le circuit secondaire B par une résistance R15 sur laquelle on met en dérivation une autre résistance R2 et un interrupteur à diapason : la résistance de l’ensemble est égale à - quand l’interrup-
- teur est fermé, à R, quand il est ouvert ; pendant le fonctionnement de l’interrupteur elle varie entre ces deux limites ; les courants d’induction en A sont d’autant plus faibles que Rs est plus grand : on règle sa valeur de manière à percevoir encore dans l’arc le bruit de l’interrupteur. Puis on remplace l’arc par un galvanomètre balistique sensible, en insérant un rhéostat de manière à maintenir la même résistance, et on remplace le diapason par une clef ordinaire. On trouve de cette façon pour la quantité d’clectricité induite e = 5.10-0 coulomb.
- La chute de potentiel dans l’arc est d’environ i,q volt par millimètre et de 40.volts environ entre le charbon et la flamme de l’arc. En calculant d’après ces données le travail dépensé par les courants induits dans l’arc,
- on trouve qu’il peut en résulter une variation de pression dans les gaz.
- D’après lord Rayleigh, les limites des sons perceptibles correspondent à des variations de pression de l’ordre de 6. io-9 atm. Le chiffre indiqué ci-dessus suffirait donc à expliquer le phénomène observé.
- Les sons perçus augmentent d’intensité et de netteté quand on fait croître la longueur de l’arc, ce qui s’explique facilement dans l’hypothèse indiquée ; on augmente la résistance de l’arc et par conséquent le travail qui s’y trouve dépensé.
- Dans les flammes ordinaires, les courants induits ne produisent rien de pareil.
- Réciproquement, la flamme de l’arc est susceptible de transformer en courants induits les vibrations sonores. On le constate, en remplaçant le microphone par un téléphone et concentrant les ondes sonores sur la flamme de l’arc au moyen d’un entonnoir. Les oscillations de pression entraînent des variations correspondantes dans la résistance des gaz de l’arc et par suite dans l’intensité du courant. Si les variations de pression sont périodiques, il en est de même des courants induits, qui se retranslorment dans le téléphone en ondes sonores. M. L.
- Recherches sur l’électro-déposition du cuivre ;
- Par J.-C. Gkaha.m pi.
- Dans un volumineux mémoire intitulé : « O11 some recent investigations in connection vith tbe clectrodepositionof metals » communiqué récemment à la Royal Society de Londres, l’auteur relate les expériences qu’il a faites surrélectro-dépositiondu cuivre. Avant d’en donner l’analyse avec le développement exigé par l’imporlance de ses résultats, indi-quons-en sommairement lés principaux points :
- 0 The Eleclrical Review, X. XLII, p. 378, 319, 337 et 438, 25 février, 11 et 18 mars, avril 1898.
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- 1. En premier lieu l’auteur montre que lorsque, dans l’électro-déposition du cuivre, on prend une densité du courant supérieure à celle qu’on emploie ordinairement dans la pratique, il se produit un dégagement d’hydrogène, de sorte que la mauvaise qualité du dépôt obtenu dans ces conditions parait être due a ce dégagement.
- 2. Il examine ensuite quelle peut être la cause de cette production d’hydrogène et la trouve dans une diminution de concentration de l’électrolyte dans le voisinage de la cathode, diminution qui a pour conséquence de rendre possible la décomposition de l’eau acidulée.
- 3. Il montre alors que si, par un moyen mécanique, on renouvelle constamment la solution dans le voisinage de la cathode de manière à empêcheiTappauvrissement, qui est d’autant plus rapide que la densité de courant est plus grande, on peut obtenir un dépôt parfait avec des densités de courant de 20 à 30 ampères par décimètre carré de cathode.
- 4. M. Graham fait voir que l’anode a une influence non sur la nature du dépôt, mais sur la densité de courant que l’on peut obtenir avec une différence de potentiel donnée, et par conséquent sur la rapidité avec laquelle se fait le dépôt ; pour obvier à la diminution d’intensité que l’on observe généralement il suffit de produire aussi un mouvement rapide de la solution dans le voisinage de l’anode.
- 5. II décrit quelques appareils à circulation rapide permettant d’obtenir d’excellents dépôts avec des densités de courants considérables.
- 6. Il cite quelques essais montrant que les fortes densités peuvent être employées pour le traitement des solutions cuivriques étendues et impures, pourvu que les métaux soient à l’état de sulfate.
- Il esta peine besoin de faire ressortir l’importance industrielle de ces résultats. On sait en effet que dans l’industrie de I’électro-dépo-sition du cuivre il y a un capital toujours fort considérable immobilisé par le cuivre que l'on doit avoir en réserve et par celui qui
- est dans les cuves électrolytiques. Si donc il est possible, en employant de grandes densités de courants, de réduire au dixième ou seulement au quart la durée des opérations tout en obtenant un bon dépôt, on pourra réduire d'autant l’importance de ce capital.
- Examinons maintenant les divers points que nous venons d’indiquer, en suivant le mémoire de l’auteur :
- 1. Comme il est généralement écrit dans les traités s’occupant de galvanoplastie, que l’on ne doit pas pratiquement employer une densité de courant plus grande que 1 ampère par décimètre carré de cathode si l'on veut obtenir un bon dépôt, l’auteur a tout d’abord fait à ce sujet une enquête auprès de divers industriels. Les rares réponses qu’il a obtenues ne permettent pas, dit-il, de savoir exactement la densité de courant maxima réellement employée dans l’industrie, mais il semble qu’on puisse en conclure que la densité de courant varie beaucoup suivant les usines et qu’elle dépasse très rarement 3 ampères par dm2.
- L’emploi de densités de courant différentes se conçoit d’ailleurs. Il est en effet évident qu’une densité de courant qui donnera un bon dépôt de très faible épaisseur pourra donner un mauvais dépôt d’épaisseur plus grande, car la plus légère imperfection dans le poli du dépôt au début de l’électro-déposition s’exagère à mesure que celle-ci continue et s’exagère d’autant plus que la densité de courant est plus grande. Pour cette raison, il est difficile de dire avec précision quelle densité de courant donne un bon dépôt si l’on n’indique pas l’épaisseur de ce dépôt ; cependant, suivant l’auteur, on peut dire qu’en général une densité de courant de 1 amp : dm2 donne un dépôt très uni et de couleur saumon: pour une densité un peu plus grande la coloration reste satisfaisante, mais le dépôt devient rugueux et produit au toucher la même sensation qu’une feuille de papier émeri; si l’on continue à accroître la densité, la coloration saumon disparaît, l’hydrogène apparaît sur la cathode et l’on a un dépôt sans cohésion de couleur brun chocolat.
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- La formation d’un mauvais dépôt semble donc liée à la production de bulles d'hydrogène sur la cathode ; par suite, pour rechercher les conditions d'un bon dépôt il convient d’examiner tout d’abord comment le dégagement d’hydrogène peut prendre naissance.
- 2. Dans la théorie élémentaire de l’électro-lyse ce dégagement est difficile h expliquer, puisque les combinaisons qui sont supposées s’effectuer entre les ions mis en liberté par la décomposition électrolytique des molécules doivent avoir pour effet de maintenir toujours identique la nature de l’électrolyte dans tout l’intervalle compris entre les électrodes et par conséquent de libérer sur la cathode toujours le même cathion quelle que soit la densité du courant. Mais on sait que la théorie de Grot-thus est insuffisante pour expliquer de nombreuses particularités de l’électrolyse et que l’on a été conduit à admettre que les ions positifs et négatifs ne se propagent pas avec une vitesse égale dans les deux sens, d’où résulte une modification de la nature de l’électrolyte. Aussi M. Graham admet-il que dans le cas de la décomposition du sulfate de cuivre, les ions cuivre en contact avec la cathode ne sont pas remplacés par les cathions des molécules voisines aussi rapidement qu’ils sont déposés sur la cathode. Il en résulte une diminution graduelle de la concentration de la solution de sulfate de cuivre dans le voisinage de la cathode et quand la concentration est insuffisante le passage du courant doit s’effectuer par les ions hydrogène ; d’où dégagement d’hydrogène sur la cathode.
- Quelle que soit d’ailleurs la nature intime du mécanisme qui produirait la diminution de concentration dans le voisinage de la cathode, on doit pouvoir, si cette diminution existe réellement, la constater expérimentalement. C’est ce qu’a fait M. Graham. Il prenait un tube en U à longues branches rempli de sulfate de cuivre dans chacune des branches duquel plongeait une courte lame de cuivre servant d’électrode. Dans ces conditions les mouvements de convcctiondu liquide qui auraient amené dans le voisinage de la ca-
- thode du sulfate de cuivre provenant des régions voisines, ne pouvaient guère se produire. Au bout de deux ou trois jours, la solution était complètement décolorée sur toute la hauteur occupée par la cathode.
- Cette diminution de la concentration dans le voisinage de la cathode explique parfaitement pourquoi l’hydrogène apparaît avec de grandes densités de courant, tandis qu’il n’apparaît pas avec de faibles densités. Dans ce dernier cas, en effet, les courants de convection et la diffusion ont le temps d’apporter dans le voisinage de la cathode une solution riche remplaçant la solution appauvrie par l’électrolyse ; dans le premier, l’appauvrissement est trop rapidepourquela diffusionetlcs courants de convection puissent y remédier, si toutefois l’on ne prend pas de précautions spéciales.
- 3. Mais si au contraire on a soin de provoquer au sein de la solution électrolytique de forts courants de manière à maintenir toujours une concentration suffisante dans le voisinage de la cathode, on peut espérer, d’après ce qui précède, pouvoir obtenir de bons dépôts métalliques avec de très fortes intensités. M. Graham s’en est assuré au moyen du dispositif suivant : un vase à élec-trolyse communique par sa partie inférieure avec une pompe rotative qui aspire le liquide du vase pour le refouler dans un récipient situé à 35 cm environ au-dessus du vase; un gros tube partant de ce récipient descend dans le vase électrolytique, et se recourbant horizontalement, vient déboucher à une faible distance du centre de la plaque cathodique. Dans ces conditions il a obtenu de bons dépôts, bien cohérents, bien unis et de belle couleur avec des densités de courants très grandes, qu’il estime à 20 et 30 ampères par décimètre carré de cathode.
- La détermination de la densité de courant est d’ailleurs assez difficile, car avec les grandes densités il se forme sur les bords de la cathode des « végétations » qui en quelques minutes atteignent 10 à 15 mm de longueur et qui modifient considérablement la
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- surface cathodique. Pour éviter la formation de ces végétations il a vainement recouvert les bords de la plaque de substances isolantes : vernis, paraffine, bandes de gutta percha, etc. ; dans tous les cas. les végétations se produisaient, commençant à la ligne de séparation du cuivre et de l'isolant et s’étendant peu à peu sur celui-ci. Il s’est arrêté à l’emploi d’un écran isolant disposé parallèlement à la cathode, dépassant celle-ci de tous côtés d’environ 12 mm et percé d’une ouverture carrée laissant des bords de 25 mm ; pour ne pas gêner le mouvement du liquide l’écran était placé à 6 mm environ de la cathode. Si l’on prenait la surface de l’ouverture de l’écran pour surface cathodique, on aurait évidemment une surface trop petite, car le cuivre déposé recouvre une surface plus grande de la plaque cathodique. En sciant parle milieu une cathode, M. Graham a reconnu que la quantité de cuivre déposée au delà des bords de la projection de l’ouverture était cependant relativement petite, et que pour en tenir compte il suffisait de prendre comme surface cathodique celle d’un carré dont le côté aurait 6 mm de plus que celui de l’ouverture de l’écran. C’est sur cette base qu’a été fait le calcul de la densité de courant.
- 4. En effectuant les mesures d’intensité nécessaires pour la détermination de la densité , l’auteur a été surpris de constater qu’avec de grandes densités l’intensitc n’était nullement en rapport avec la différence de potentiel entre les bornes de la cuve à élec-trolyse et la résistance électrique de l’électrolyte. Pour étudier plus complètement le phénomène et en rechercher la cause, il se servit d’une cathode carrée de 50 mm de côté protégée par un écran percé d’une ouverture carrée de 30 mm de côté et contre laquelle venait s’étaler un jet d’une dissolution de sulfate de cuivre amenée d’un réservoir situé à 35 cm plus haut par un tube de 6 mm de diamètre ; les anodes étaient des plaques de cuivre ayant, suivant les expériences, une surface égale à 1, 2 ou 3 fois celle de la
- cathode ; le courant était fourni par des piles dont le nombre variait de 1 à 6. Les densités de courant étant mesurées toutes les 15 secondes pendant 10 minutes. M. Graham a reconnu, en employant des anodes de cuivre, que : i° pour une même surface d’anode, la densité du courant demeure constante pendant la durée de l’expérience, tant que la densité par unité de surface d’anode ne dépasse pas une certaine valeur ; 20 si l’on fait croître la différence de potentiel de manière à accroître la densité, la valeur initiale de cette quantité se trouve bien augmentée, mais elle tombe rapidement pour augmenter ensuite et conserver alors une valeur constante bien inférieure à la valeur initiale et tout à fait différente de celle qui devrait correspondre à la différence de potentiel utilisée ; 30 cette chute de la valeur de la densité est d’autant plus longue et d’autant moins importante que la surface de l’anode est plus grande.
- Pensant que ce phénomène était du à la formation de bulles gazeuses sur l’anode, M. Graham refit les mêmes essais avec des anodes en plomb de surfaces égales à celles des diverses anodes en cuivre. Contrairement à son attente il trouva que la densité de courant demeurait très sensiblement constante pendant toute la durée de chaque essai. La chute brusque de la densité au début des expériences faites avec le cuivre ne peut donc pas être attribuée à la force contre-électromotrice de polarisation provenant du dégagement de l’oxygène à l’anode, puisque dans le cas du plomb elle ne produit pas, bien que la force contre-éiectromotrice de polarisation soit certainement plus grande avec une anode de plomb qu’avec une anode de cuivre.
- Les anodes de cuivre ayant une tendance à noircir quand la densité de courant est faible et devenant au contraire brillantes quand cette densité est élevée, M. Graham se demanda si la nature physique de l’anode n’est pas la cause de la variation brusque de 1 densité observée. Il n’en est rien, car en répé-
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- tant les essais avec de grandes densités de courant et des anodes préalablement noircies par l’électrolyse et avec de faibles densités et des anodes bien brillantes, il obtint des résultats identiques entre eux et à ceux qui ont été indiqués.
- M. Graham croit plutôt que le phénomène est dû à la formation, à la surface de l’anode de cuivre, d’une couche solide de sulfate de cuivre qui, dans le cas des fortes densités, n’a pas le temps de se dissoudre dans l’eau au furet à mesure de sa formation et qui oppose une grande résistance au courant. Cette manière de voir se trouve appuyée par divers faits : en premier lieu, la chute de densité est d’autant moins sensible que les anodes sont plus grandes et, par suite, que la densité par unité de surface d’anode est plus petite ; en second lieu, la densité de courant reprend la même valeur, égale à sa valeur initiale, chaque fois que l’on rétablit le courant après l’avoir interrompu pendant un temps suffisant pour permettre au sulfate de se dissoudre ; enfin, la densité demeure constante, même pour des valeurs très élevées si on a soin de lancer contre la surface de l’anode un fort courant liquide enlevant le sulfate de cuivre formé.
- 5. Tous ces essais menaient donc à cette conclusion que pour obtenir un bon dépôt avec de fortes densités de courant il faut qu’il y ait mouvement rapide du liquide électrolytique, aussi bien contre l’anode que contre la cathode. Dans les expériences précédentes les électrodes étaient de petites dimensions, et un seul jet dirigé vers le centre de chacune d’elles était suffisant. Pour des électrodes de dimensions semblables à celles qu’on emploie industriellement un seul jet ne suffirait pas et M. Graham a pensé qu’il était utile de chercher quel serait l’effet de plusieurs jets parallèles, ces jets pouvant, par suite de l’interférence des mouvements produits, laisser en repos certaines portions du liquide en contact avec les électrodes. Il a constaté, en effet, qu’il y avait interférence et que le dépôt était noir et de mauvaise qualité sur diverses régions de la cathode ; mais
- il a reconnu que l’on peut éviter facilement cet inconvénient en remplaçant l’écran h ouverture carrée placé devant la cathode par un écran portant plusieurs ouvertures circulaires au centre de chacune desquelles arrive un jet liquide. Il a pu obtenir ainsi un dépôt parfait avec une densité de courant de 30 ampères par décimètre carré de cathode.
- L’auteur a également essayé deux autres appareils, basés sur les mêmes idées, pour la production de fils ou tubes et de plaques eh cuivre électrolytique. Le premier est un tube servant d’anode suivant l’axe duquel est placé le fil fin ou le mandrin sur lequel doit s’effectuer le dépôt ; l’électrolyte, mis en mouvement par une pompe centrifuge, traverse rapidement le tube. Le second appareil est une caisse étanche de très faible hauteur dont le fond est constitué par la cathode et le couvercle par l’anode ; comme dans le précédent le liquide circule rapidement entre les électrodes.
- 6. Dans les essais précédents on employait des solutions très concentrées de sulfate de cuivre pur. Restait à savoir si l’on pourrait encore employer de grandes densités de courant avec des solutions étendues de divers sels de cuivre impurs.
- Tout d’abord M. Graham reconnut que l’on obtient d’aussi bons résultats avec des solutions étendues de sulfate de cuivre.
- Il essaya ensuite des solutions contenant 3 grammes de cuivre et 1 gramme de fer, à l’état de sulfate, par litre d’eau ; il obtint encore un bon dépôt dont l’analyse montra qu’il ne contenait pas de fer. Le résultat fut le même avec une dissolution contenant une plus forte proportion de fer par rapport au cuivre, 1,5 gr. de cuivre pour 1 gr. de fer par litre d’eau. D’autres essais très nombreux indiquèrent que la présence d’autres métaux, sodium, potassium, zinc, aluminium, même en quantité assez forte, dans un bain de sulfate de cuivre n’a pas plus d’influence sur la qualité du dépôt.
- Des solutions cuivriques provenant des mines de Rio Tinto, où elles sont très abon-
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- dantes, ont été également soumises aux essais. La composition de ces solutions est donnée par le tableau suivant qui indique le nombre de grammes de métal contenu, à l'état de sulfate, dans un litre de solution.
- Cuivre
- Cadmium.............*.......... o
- Aluminium...................... o
- Magnésium...................... o
- Ces essais ont montré que l’on peut, sans aucune difficulté, obtenir au moyen des deux appareils décrits en dernier lieu des plaques et des fils de cuivre très pur avec une densité de courant de 5,5 ampères par décimètre carré de cathode.
- Des essais effectués sur des solutions de chlorures de cuivre et de fer impurs qu’obtient la Compagnie Tharsis par le traitement des minerais de cuivre, ont donné de moins bons résultats, bien que ces solutions soient beaucoup plus riches en cuivre et moins riches en fer que celles de Rio Tinto. Elles contiennent en effet 32,54 gr de cuivre et 7,42 gr de fer par litre ; il y a en outre de l'aluminium, du zinc, du potassium, du sodium, en proportions non déterminées. Comme elles diffèrent de celles de Rio Tinto par la nature
- de l’anion il était probable que la mauvaise qualité du dépôt provenait précisément de la présence du chlore dans la solution. C’est ce que l’auteur vérifia en reprenant les essais avec des solutions de sulfate de cuivre auxquelles il ajoutait 2, 3 et 6 cm3 d’acide chlorhydrique par litre de solution et qu’il soumettait à un courant de 10 ampères par dm3 ; avec 3 cm3 on constatait déjà une altération de la couleur, avec 6 cm8 le dépôt était complètement noir. Ce résultat acquis, il ne fallait pas songer à électrolvscr les solutions chlorurées et M. Graham propose d’employer pour le traitement de ccs solutions le procédé suivant : ajouter de la soude et de la chaux en quantité stricte nécessaire pour précipiter le fer à l’état d’oxyde hydraté ; décanter et ajouter de nouveau une base pour précipiter le cuivre à l’état d’oxyde ; dissoudre celui-ci dans de l’acide sulfurique et élcctro-Iyser le sulfate obtenu. Ce traitement est évidemment assez complexe, mais il offre l’avantage de substituer à la solution de chlorure étendue une solution concentrée de sulfate dont l’électrolyse est plus rapide.
- On voit par cette analyse que, comme nous le disions au début, les recherches de Graham ont pour l’industrie de l’électro-déposition du cuivre une grande importance. II. 13.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Radiation dans un champ magnétique;
- Par A.-A. Michelson (])
- Une analyse approfondie des radiations émises dans un champ magnétique montre que le phénomène est beaucoup plus complexe qu’on ne l’avait supposé. Un examen des composantes séparées du « triplet » révèle le fait que, en général, elles sont cons-
- (l) Astrophysical Review, t. VII, p. 131. Philosophicul Magazine. t. XLV, p. 348, avril 1898 (traduction in extenso).
- tituées par des raies multiples. On peut en résumer les lois comme il suit :
- A
- 1. Toutes les raies spectrales sont triplées lorsque les radiations sont émises dans un champ magnétique.
- 2. La séparation est proportionnelle à l’intensité du champ et est approximativement la même pour toutes les couleurs et pour toutes les substances.
- 3. Vues dans un plan perpendiculaire au
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- champ magnétique, les raies extérieures sont polarisées parallèlement au champ, et la raie centrale perpendiculairement au champ.
- 4. Vues dans la direction des lignes de force, la raie centrale s’évanouit, tandis que les raies extérieures sont polarisées circulai-rement ; la composante de plus courte longueur d’onde dans le sens du courant magnétisant, l’autre en sens inverse.
- A ces lois (qui ont été vérifiées par l’examen d’une douzaine de raies) on doit ajouter les suivantes *.
- B
- 1. La « raie médiane » est un triplet symétrique, la distance entre les composantes étant le quart de celle des « raies extérieures » et par suite aussi proportionnelle à l’intensité du champ.
- 2. L’intensité relative des composantes varie suivant les diverses substances et suivant les diverses raies de la même substance, et par conséquent le groupe peut paraître simple, double ou triple.
- 3. Les « raies extérieures » sont dissymétriques, mais symétriquement placées par rapport a la « raie centrale »; La distance entre les composantes est d’ordinaire un quart de celle qui existe entre les « raies extérieures », mais dans quelques cas d’un sixième seulement.
- 4. L’intensité des composantes varie suivant les diverses raies spectrales et ces variations ne correspondent pas toujours à celle de la « raie centrale ». Les groupes extérieurs peuvent en conséquence apparaître comme des raie^ simples, doubles ou triples.
- La figure 1 représente un plan de la disposition des appareils employés à cette recherche.
- S est une source de lumière soit un petit chalumeau avec un globule de la substance a examiner dans la flamme, ou un tube vide placé d’ordinaire dans une étuve de métal, de forme convenable pour permettre d’appro-
- cher le tube aussi près que possible des pièces polaires P d’un électro-aimant.
- Une de ces pièces est percée pour permettre l’observation du rayon dans l’axe de l’appareil. La lumière émise en S subit une analyse
- Fig. 1.
- préliminaire par le passage à travers un système dispersif (deux prismes de sulfure de .carbone), la radiation à examiner étant isolée par la fente S. Elle entre alors dans l'inter-féromètre, dont le miroir AI est si bien guidé qu’aucune rectification n’est nécessaire en aucun point de sa course : en conséquence le miroir reste si bien parallèle à lui-même que les franges d’interférence (cercles concentriques) sont toujours aussi nettes que possible. Le faisceau émergent passe alors a travers l’analyseur N du télescope d’observation.
- La netteté ou « visibilité » des franges d’interférence est estimée pour des positions du miroir M correspondant à des différences constantes de courses égales à 1, 2 ou 5 millimètres suivant la nature de la courbe.
- Ce mode d’observation, on doit le reconnaître, laisse beaucoup à désirer comme précision, et dans quelques cas comporte des corrections atteignant 20 p. 100 pour réduire les observations à la valeur qu’elles devraient avoir; par exemple V = (I( — 1^ : (I,-(-I2) ou 1, est l’intensité maximum et I2 le minimum, pour des franges adjacentes. Sans aucun doute on aurait des lectures bien plus exactes en employant des franges de comparaison (*) mais cette marche est si pénible que la forme de la courbe risque de s’altérer pendant les observations.
- On se trouve dans un cas analogue aux
- (*) Voir Pbü. Mag., septembre 1892,
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- estimations à vue des grandeurs d’étoiles, qui sont un peu inférieures aux déterminations photométriques beaucoup moins fatigantes.
- Dans chaque cas il est toujours facile de distinguer les pentes ascendantes et descendantes, et les maxima et minima sont déterminés avec une grande précision : cela suffit complètement d’ordinaire pour permettre une déduction bien précise de la distribution de la lumière dans le spectre. On a montré (‘)
- qu’avec la définition de la visibilité qu’on a donnée, si y — $ (x) est la courbe d’intensité du spectre..
- PV = */ca+ S*
- dans laquelle P = / (x) dx, C ~ / (x)
- cos kx dxet S =/ (x) sin kx, dx, l’intégration s’étendant à tout le spectre.
- Mais par la formule de Fourier
- <!>(#) —J'c cos kxdk -f- Ç S sin kxdk
- \ aa a ; A r\f\ ~ \ -pvAA
- \ \ /B U V [1 W‘U ^ \J “\l>u
- Type I Type n Type III
- Fig. 2, 3 et 4.
- de sorte que si C et S sont connus tous deux, 4* (x) peut être déterminé. En général ce n’est pas le cas, à moins qu’on ne se donne une autre relation entre C et S.
- Une telle relation est fournie par la « courbe de phase » qui donne le déplacement des franges par rapport à la position qu’elles occuperaient si la source avait été homogène. Si o est ce déplacement et 9 = rro : alors
- C = V cos 0 et S = sinQ.
- En général la courbe 0 est pénible à observer à cause de la difficulté d’obtenir une source de comparaison suffisamment homogène ; mais ici cette courbe est fournie par les radiations non soumises au magnétisme (*). Toutefois, d’ordinaire, on a supposé que le spectre était symétrique et seulement dans un petit nombre de cas la solution a été véri-
- (') Voir Phil. Mag., septembre 1892.
- (2) Elles ne sont pas toujours suffisamment simples, comme dans le cas de la raie verte du thallium.
- I fiée par l’anatyse complète. Avec cette simplification nous avons
- 4>(x)-jTv cos kxdk
- Cette intégrale est fréquemment calculable lorsque V peut ctre exprimée sous une forme analytique simple comme fonction de k. En général cela n’arrive pas et c’est pour la solution de semblables problèmes que j'ai conçu l’analyseur harmonique (*). La courbeV =f(k) est « confiée » à la machine qui alors trace la courbe p = 4>(yc); l’opération entière ne dure que quelques minutes.
- On a trouvé, en complétant les analyses de plus de cinquante courbes de visibilité, que les spectres résultants peuvent être classés en trois types : on a rencontré quelques variations intéressantes qui mériteraient un examen spécial, mais la plupart des cas s’identifient à première vue.
- Les trois types de courbes de visibilité sont donnés dans les figures 2, 3 et 4. Celles mar-
- (') Phil. Mag., janvier 1898.
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- quécs A se rapportent aux observations dont la ligne divisée est perpendiculaire au champ magnétique et avec un plan de polarisation perpendiculaire aux lignes de force ; celles marquées R correspondent aux observations-où la visée est normale au champ et le plan de polarisation parallèle aux lignes de force.
- On n’a pas trouvé de différence appréciable entre ces dernières et les observations où la ligne de visée est parallèle au champ ; mais dans ce cas il était possible d’analyser chacun des groupes extérieurs séparément par l’emploi d’une lame quart d’onde Q. C’est ce qu’on a fait dans quelques cas, mais sans résultat nouveau.
- Les abscisses des courbes de visibilité sont les différences de chemin en millimètres, réduites à une intensité du champ égale à 10000, mesurée par une spirale de bismuth.
- La figure 5 donne les courbes d’intensité
- , À , JL -WjfrA-
- La table suivante montre que la loi A 2 est seulement approximative. En fait, à cause de la complexité du spectre il y a une latitude considérable dans le choix des distances entre, les groupes extérieurs.
- Si elle correspond aux composantes les plus, brillantes, la loi s’applique difficilement ; mais si l’on adopte pour cette distance le centre de gravité des aires lumineuses, on trouve un accord satisfaisant.
- La table suivante donne la séparation en io-10 de mètre pour un champ de 10000. Les lignes marquées d’un astérisque sont moins précises que les autres à cause de leur élargissement.
- ''Hydrogène.......rouge.........0,48
- * Lithium.......rouge.............0,60
- Cadmium..........rouge.............0,42
- Zinc.............rouge.............0,42
- Mercure..........jaune.............0,36
- * Sodium........jaune.............0,50
- Hélium...........vert..............0,37
- Mercure..........vert..............0,40
- Cadmium. ..... vert................0,41
- ‘ Thallium........vert..............0,36
- Cadmium..........bleu..............0.40
- Zinc............. bleu.............0,33
- Mercure..........violet . . . . 0,33
- des spectres correspondants, les abscisses étant exprimées en décimètres.
- Voici la liste des radiations et leur classification :
- Mercure. .
- Thallium. . Lithium . . Hydrogène.
- violette 3 rouge
- bleue, s rouge
- : rouge s rouge
- type I » 111 » II type I « III » II
- L m
- » II type II
- type II (douteuse)
- élargie
- élargie
- élargie
- Si l’on tient compte de l’incertitude signalée, les résultats sont dans leur ensemble satisfaisants : on en peut conclure que la séparation est indépendante de la substance radiante et de la couleur.
- Il est possible que quelques-unes des ressemblances dans les tables précédentes soient dues au fait que les substances en question sont en relation chimique.
- La généralisation tirée d’un nombre si limité d’observations est donc peut-être mal justifiée, et il pourrait bien arriver qu’une série plus étendue d’éléments présentât d’autres particularités.
- Je désire exprimer un cordial remerciement pour l’aide efficace rendue dans le travail par M. C.-R. Mann, et particulièrement pour la patience et l’habileté déployées dans l’opération fatigante et délicate de préparation des
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- tubes vides, à laquelle est dû errgrande partie le succès de ccttc recherche (l).
- Sur la théorie de l’influence du magnétisme sur le
- spectre, et sur la radiation émise par des ions
- en mouvement ;
- Par J. .Larmor (2).
- 1. Larmor considère le cas simple d’un seul ion de masse M et de charge e décrivant une orbite elliptique sous l’action d’une force centrale proportionnelle à la distance.
- Sous l’influence d’un, champ magnétique uniforme d’intensité H, le mouvement sera modifié et pourra être décomposé en 3 autres : une vibration dans la direction des lignes de force du champ, dont la période n’est pas modifiée,et deuxvibrations circulaires de sens contraire dont les vitesses de rotation sont égales à a ±— k, a étant la vitesse primitive et k étant égal à ^-r , si V est la vitesse de propagation des ondes électriques.
- Le mouvement réel de l’ion sous l’influence du champ sera le même que le mouvement apparent pour un observateur tournant autour des lignes de force du champ avec la vitesse — À-, le champ n’étant pas excité.
- 2. 3. Larmor admet que cette règle est générale, quel que soit le nombre des ions en mouvement dans la molécule, et quelles que soient leurs attractions mutuelles, pourvu que k ait la même valeur pour chacun d’eux.
- Cela implique nécessairement que tous les ions aient des charges de même signe, car M a un signe constant.
- Par suite, dans la lumière émise par la molécule, chaque ligne spectrale sera décomposée en deux autres polarisées circulairc-ment à droite et à gauche si on regarde dans la direction du champ. Au contraire, dans (*)
- (*) m. Cornu fera un article séparé relatif aux observations ci-dessus.
- (2) Pbil. Mag,, t. XLIV, p. 503-512, décembre 1897.
- une direction normale à celle du champ, on verra trois lignes, chacune de même largeur que l’originale (car-/c est indépendant de la période primitive), celle du milieu étant polarisée à angle droit sur la direction dû champ, et les deux extrêmes polarisées dans la direction du champ. La lumière totale n’étant pas polarisée, la ligne du milieu a une intensité double de celle des deux lignes extrêmes.
- Ces résultats ne sont pas nouveaux (Cf. Poincaré, Écl. Elect. t. XI, p. 481).
- 4. Il a été supposé qu’il n’y avait qu’une sorte d’ions, par exemple les négatifs, qui soient mobiles, les autres étant fixés à la matière et immobiles. S’il en est ainsi et si les charges sont proportionnelles aux masses M, les intervalles mesurés en différences de fréquence ^la fréquence est le nombre de vibrations par seconde et est égale à -7^^ entre les lignes d’un doublet ou d’un triplet magnétique seront les mêmes pour toutes les raies du spectre. Cette hypothèse peut ctre soumise à l'expérience.
- 5. Si n’est pas constant, on peut du moins conclure des expériences de Zceman une valeur moyenne. Zeeman a indiqué que la masse d’un ion supposé avoir une charge unité est environ - de la masse d’un atome.
- 8. Ce qui précède permet d’imaginer comment il peut se produire dans un spectre une série de doubles lignes avec meme différence de fréquence. Comme image grossière, supposons qu’une molécule polarisée soit constituée par un système d’ions positifs à un pôle et un système de négatifs aux environs de l’autre, les deux systèmes étant assez éloignés pour avoir dans leurs mouvements des séries de périodes distinctes. Le mouvement de chaque système sera modifié par la présence de l’autre, chacun sé mouvant dans le champ plus ou moins constant produit par l’autre, et l’effet de ce champ sera, comme
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- précédemment, de dédoubler toutes les périodes.
- 9. L’auteur étudie ensuite la relation entre les mouvements d’un ion électrisé et la radiation qu’il émet. Il considère que le déplacement AB = u dl d’une charge e pendant le temps dl avec la vitesse u équivaut à la création d’un doublet électrique AB de moment eudt, et commence par étudier le champ produit par un tel doublet de position fixe, mais de moment variable.
- Le calcula déjà été fait par Hertz (*), nous ne le reproduirons donc pas. Nous ferons seulement remarquer que les formules trouvées supposent le doublet réduit à un point et par suite de charges polaires infinies pour que le moment soit fini, bien que la distance des pôles soit nulle. Il en résulte qu’en appliquant le résultat du calcul au problème du champ produit par un ion en mouvement, l’auteur n’obtient qu’une première approximation applicable au cas où u est très petit. Le résultat est le suivant : en un point P à la distance r du doublet et dans une direction faisant l’angle 0 avec l’axe AB du doublet, la force magnétique est normale au plan PAB et est égale à
- H = sm9^r[f v)]'
- si M (/) est la valeur du moment du doublet à l’instant t.
- Supposons que pendant un temps très court le moment passe de la valeur o à la valeur M. Le champ magnétique résultant sera concentré à l’intérieur d’une mince écorce sphérique d’épaisseur constante se dilatant avec la vitesse V, et la force totale produite en un point pendant le passage de l’onde magnétique (c’est-à-dire ce qu’on appellerait en mécanique l’impulsion de la force) sera égale à — M r~- sin 1. En effet l’expression de H peut s’écrire
- jm 1 æ- m ~|
- dt rV dt2 J
- et l’intégrale du second terme est nulle^ étant nul au commencement et à la fin de l’opération. Revenant au problème de l’ion en mouvement, on voit que pendant le temps dt de la création du doublet, la force magnétique moyenne produite sera égale à r-a sin 6 — eu ^—, en supprimant le signe — qui est sans intérêt.
- Finalement « la force magnétique en un point à la distance r produite par un ion en mouvement dépend de l’état de l’ion un temps y auparavant ; pour des points rapprochés elle est dans le plan normal à r, à angle droit sur la projection v de la vitesse u de l’ion sur ce plan et égal à —r~ ».
- (Dans un article nous avons donné l’expression exacte, pour toutes valeurs de r et de t/, de la force magnétique produite par un ion en mouvement, Écl. Élect., t. XV, p. 417 et 456.)
- Considérons la force magnétique c-omme représentant la vitesse de l’éther : pour les vibrations dont la longueur d’onde est grande en comparaison de l’orbite moléculaire, la trajectoire d’un point entraîné par l’éther . au voisinage de la particule vibrante, sera, dans le plan normal à r, semblable à la projection de l’orbite de la particule sur ce plan, mais tournée de 90°.
- Si la condition d’une grande longueur d’onde par rapport aux dimensions d’une molécule n’est pas satisfaite, une différence de phase viendra modifier le résultat précédent et par suite chaque ligne spectrale sera accompagnée par un plus ou moins grand . nombre d’harmoniques.
- 10. Il peut sembler à première vue que dans tout mouvement permanent, un ion doit perdre rapidement son énergie par radiation. Larmor cherche à montrer qu’il n’en est pas ainsi. Après avoir donné quelques explications, qu’il déclare insuffisantes, l’auteur arrive à celle-ci : dans sa théorie, l’inertie propre d’un ion de charge e est égale à — —, a étant le rayon de l’ion supposé sphérique ; la raison suivant laquelle il perd
- (') La Lumière Électrique, t. XXXI, p. 859.
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- de l’énergie par radiation dépend de ei proportionnellement, mais ne doit pas dépendre de a.
- La réaction, tendant à modifier la vitesse, qui dépend de la perte d’énergie par radiation peut ainsi être rendue négligeable en comparaison de la réaction provenant de l’énergie, si on prend a suffisamment petit. En fait, dit Larmor, l’énergie cinétique de l’éther entraîné dans le mouvement de l’ion dépend du premier ternie de H, celui en r et l’énergie rayonnée dépend du deuxième terme, celui en r-'. Cependant s’il y a des quantités d’ions se mouvant à peu de distance l’un de l’autre, la perte d’énergie par radiation prend une grande importance.
- Si on se reporte a l’analyse du § 9, on trouve que les composantes de la force électrique dans les directions dr et r dH sont respectivement
- A une grande distance la force électrique (ainsi que la force magnétique) est perpendiculaire à r et égale à — r ~l sin 6 M" (t—-^) et est V fois plus grande que la force magnétique.
- La perte d’énergie par radiation, d’après la formule de Povnting, sera égale à —- du produit des forces magnétiques et électriques intégré sur une sphère de rayon infini ; elle sera donc
- ou
- car comme précédemment on passe de la considération du doublet à celle de l’ion en
- mouvement par le changement de AI' en u, soit ici de M" en u'.
- La perte d’énergie est donc dans l’unité de temps égale au produit du carré de l’accélération par — e- V -i.
- Quanta l’énergie cinétique dans le mouvement de l’ion, elle est égale à — g a -t ^ Par suite, lorsqu’une molécule n’est pas troublée dans son mouvement par des molécules voisines, la perte d’énergie subie par radiation n’est pas sensible eu égard à toute l’énergie cinétique, en supposant toutefois que la vitesse est faible par rapport à celle de la radiation ; tandis que, pour de grandes vitesses, l’importance de la radiation est jusqu’à un certain point contrariée par l’accroissement du coefficient d’inertie.
- Finalement, on voit que si les mouvements établis dans une molécule sont tels que le vecteur résultant des accélérations de tous ses ions est constamment nul, il n’y aura pas de radiation, ou une radiation très petite, et le mouvement établi sera permanent. Mais cette condition sera justement satisfaite tant que la molécule sera soustraite à toute action extérieure. A. L.
- De l’influence du milieu ambiant sur les courants électriques produits par le refroidissement ;
- Par Bakhmetieff, Christodulos et GeorgieffP).
- On sait depuis longtemps déjà que lorsqu’on chauffe ou refroidit un métal ou un alliage il se produit des courants électriques.
- L’étude de ces courants, appelés courants de refroidissement a été faite d’une façon systématique depuis un an (2).
- Les études précédentes ont démontré que, non seulement le refroidissement de fils métalliques magnétiques (Fer, Ni) chauffés par un courant électrique produisait des courants de refroidissement, mais que ceux-ci s’obtiennent encore par refroidissement des métaux diamagnétiques fondus.
- C) Journal de la Société physico-chimique russe, t. XXIX, p. 14,
- '•) Id., t. XXVII. 189,.
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- Ces courants ne peuvent s’expliquer par la thermo-électricité. On a pris pour leur explication la comparaison d’autres propriétés physiques des métaux. On a observé que les métaux qui par solidification ou refroidissement présentent la plus grande variation de volume sont ceux qui donnent naissance aux courants de refroidissement les plus intenses.
- De cette observation découle cette hypothèse : « Les courants de refroidissement sont la conséquence de la variation de volume de la masse métallique observée, dans laquelle masse entre (ou sort) un éther qui produit le courant électrique. »
- D’autre part, la direction du courant de refroidissement concorde avec celle du courant terrestre du lieu. Par conséquent, le courant terrestre considéré comme immobile détermine la direction du courant mobile d’éther.
- Au Congrès de Francfort-sur-Mein, on a émis sur les courants terrestres l’hypothèse suivante : « Une partie des courants terrestres doit son origine aux courants de refroidissement du globe terrestre ; leur direction dépendant de l’influence électrique du soleil sur le globe. »
- A l’appui de cette hypothèse, si les courants de refroidissement sont dus au mouvement de l’éther entrant ou sortant dans la masse métallique chauffée, la vitesse de refroidissement doit influer sur la rapidité de ce mouvement, c’est-à-dire sur la valeur du courant produit. D’après cela on doit observer dans un même métal des courants de dijj'é-renles fot'ces, suivant larapidité du refroidissement.
- Les recherches expérimentales des auteurs sont guidées par cette hypothèse, et ont pour but la vérification de la déduction précédente.
- L’appareil employé est le suivant :
- Dans une capsule en porcelaine A (8,5 cm diamètre, 2,7 cm profondeur) (fig. 1) on place le métal à essayer. La capsule est fixée au moyen de fils de cuivre au couvercle du vase en zinc B (14,5 cm diamètre 13 cm haut); dans le
- ' couvercle'du vase B passe le thermomètre T qui mesure la température du métal en A.
- IJn deuxième thermomètre T, indique la température ambiante en B.
- Pour mesurer les courants de refroidissement, les auteurs emploient des électrodes en plomb qui ne donnent pas de courants thermoélectriques appréciables. Les électrodes se composent de tubes ën verre mince è, c remplis de plomb. A l’extrémité qui plonge dans le bain de métal sont soudés des fils de platine qui assurent le contact.
- La force électromotrice du courant se mesure au moyen d’un galvanomètre Wie-demann grand modèle de faible résistance.
- L’interrupteur k sert à l’ouverture ou fermeture du circuit.
- Pour éviter les courants secondaires aux soudures (cuivre-plomb) réunissant les électrodes aux conducteurs du galvanomètre, on a placé ces soudures dans un bain d’alcool d qui les maintient à la meme température.
- En outre le vase B est placé dans une boîte en bois G qui peut glisser sur les supports verticaux EE ou s’y fixer au moyen des vis a a, dans cette boite on place de la glace pilée, l’eau s’écoule par le tube h.
- Le couvercle du vase B et les électrodes c sont fixés sur le support PDF.
- Les essais s’opéraient de la façon suivante :
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- On fait descendre la boîte C et on remplit le vide entre C et B avec de la glace pilée. Ensuite on place en A le métal à étudier et on l’amène à une température un peu supérieure à son point de fusion. On remonte la boîte C de façon que le couvercle H puisse fermer le vase B. Sur ce couvercle on met de la glacepilée. Toutes les demi-minutes on fait les lectures : en G, force électromotrice, en T et T,, jusqu'à ce que la chute de température devienne très rapide.
- Il est à remarquer que, chaque fois que les essais se faisaient avec de la glace, on faisait au préalable un essai sans glace. On a observé que selon le jour où se faisait l’expérience les courants de refroidissement possédaient une force électromotrice différente. On peut expliquer ce fait par le changement de direction du courant terrestre, circonstance qui doit fatalement entraîner des variations de force des courants de refroidissement, la position des électrodes dans l’espace restant la même (la ligne qui réunit les extrémités des deux électrodes dans la capsule A était dirigée de l’est à l’ouest).
- Les auteurs ont expérimenté l’étain et un alliage d’étain et de cadmium (Sn 67,8 p. 100. Cd 32,2 p. 100).
- Les mesures absolues ont montré que la résistance totale de tout le circuit était R=4,7 ohms. Chaque division de l’échelle correspondait (les résistances comprises) à 0,000003,44 volt, soit 3,44. io-8 volt.
- Les résultats des expériences sont consignés dans les tableaux suivants; Z représente les intervalles de temps entre chaque observation T la température du métal en observation et T, la température ambiante dans le vase B sous la capsule A. E représente les forces électromotrices du courant obtenu, en divisions de l’échelle.
- Examinons les résultats donnés dans les tableaux I et IL
- La température du local était de 150. L’étain fondu dans la capsule A a échauffé l’air en- I fermé en B de 58°,5 au temps Z = 1 à 85° C. au temps Z = 13, c’est-à-dire 6,5 minutes j
- après. L’étain commença à se solidifier au temps Z — 3 (1,5 minute) à T — 220 et la solidification durait jusqu’au temps Z = n.
- Tableau I
- Étain. — Le vase C sans glace. Intervalle de temps Z = 0,5 minute.
- Z T T, E Z T T! E
- ! 247 58,5 18,5 12 219.5 87,5 131 7
- 2 232 69 16 »3 219 87,6 16,5
- 3 220 76 H-5 14 218,5 87,5 l7
- 4 220 80 i4,5 T5 2x7.3 87.4 17
- 5 220 83 14.5 16 217,2 87,3 17.2
- 6 220 84.5 I4.5i D 2X7. »7 17
- 7 220 85,7 14 18 213.5 86,5 i5.5
- 8 220 86,7 i5.5 19 205 85.2 X5.5
- '9 220 87 1475. 20 195 83,3 32,7
- 10 220 8;, 2 *5>5 21 (86,8 80,5 12
- 11 220 87,4 T4 22 >78 77,4 11
- Tableau II
- Etain. — Le vase C avec de la glace. Intervalle de temps Z — 0,5 minute.
- Z T T, E Z T T, E
- 1 247 37.5 36- n 217 61,6 25,5
- 2 232 45 32,5 12 216 62,7 25
- 3 218,5 49.4 32 13 215 63,4 25.5
- 4 218,8 52 30,5 1.4 214,4 64,4 23.5
- 5 218,7 54 30,0 15 214 64,8 23
- 6 218,7 54.5 29.5 16 205 64.7 21.5
- 7 218,4 5L8 29.5 X? X95 63.6 20
- 8 218 58,2 28,7 18 184 01,7 20,5
- 9 218 59.4 28 !9 174.5 59.5 l8
- 10 2.7,8 60,6 28 20 166 59.8 l6,5
- La différence entre la température de solidification de l’étain et la température environnante était par conséquent 220 — 85 I35<‘ C.
- Le courant électrique faiblissait progressivement pendant la solidification de l’étain, se maintenait constant et enfin augmentait après le refroidissement de l’étain E = 17,2 au temps Z = 17. T = 2i2°,2 C.
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- Pendant la solidification de l’étain, avecune différence de température T — Tj =135, E était constant et égal a 14,5 divisions de l’échelle ou 4,99. io-5 (0,0000499) volts.
- Tableau II. — Le vase C étant rempli de glace, la température est plus basse que dans l’essai du tableau n° 1. La température ambiante moyenne est de T = 54°,5 C. pendant la solidification de l’étain (T = 2i8°,5 C.).
- Le différence T — Tj est donc 218,5 — 54,5
- s= 164°.
- La'force électromotrice du courant pendant la solidification de l’étain était E — 10,32. io~» (0,0001032) volt.
- Le tableau suivant résume ces deux essais.
- T — T, I de l’échelle. En vote. DURÉE
- 164 *35 30 14:5 I0.32.IO-5 4,99.10-5 3 minutes. ' 4 »
- Tableau III
- (Sn + Ccl) Vase sans glace. Intervalle de temps Z = 1 minute.
- Z T T, E Z T T, E
- j 181 48 14,0 21 169,4 59,3 13
- 2 1/3:5 5° i3,o 22 169,3 59,3 13
- 3 169,2 52’5 13,1 23 169,2 59:3 i3,5
- 4 169,7 <4,8 13:5 24 169,1 59-3 13:2
- 5 169,7 55:5 13-5 25 169 59:3 13,2
- 6 .69,7 56,7 13,6 26 169 59,3 13,2
- 7 ïÔ9, 7 57,5 13:5 27 169 59,2 13-5
- 8 170 ;8 13:5 28 169 59-i 13
- 9 170 <8,4 13,5 2Ç 169 59 13
- 170 58,7 13:5 30 168,6 58,9 13,5
- 11 170 59-9 13,5 31 167 58,7 14
- 12 I/O 58,9 13:5 32 160,2 58,3 13
- 13 I/O 59 13:5 33 i55 57,6 12
- H 170 59 13-5 34 149:5 58,7 ii,7
- 15 I/O 59,2 13,5 35 144 55,6 II
- 16 I/O 59,3 13,5 36 139,6 54,5 10,5
- T7 170 59,3 13:5 37 i34o 53,3 10
- 18 160. Q 59,3 13,5 38 130 52 9,5
- 19 169,5 59,3 13:5 39 126 50,8 9
- 20 169,5 59,3 13: 0 40 49:5 8,2
- Donc la température du lieu environnant, influant sur la durée du refroidissement, influe aussi considérablement sur la force .du courant de refroidissement.
- Les résultats des expériences faites sur les alliages d’étain et de cadmium (Sn= 67,8 et Cd= 32,2) sont indiqués dans les tableaux III et IV.
- Tableau IV
- (Sn -i- Cd) Vase C avec glace. Intervalle de temps jusqu'à 12.Z = 1 minute, ensuite Z = 0,5 minute.
- Z T T, E Z T T E
- ! 187 33,3 20,5 25 167,7 41 17
- 2 171 33 19 26 167,6 41,2 17
- 3 167. s 32,5 19 27 167,5 41,3 i7,5
- 4 169 32,/ 18 28 167,5 41,5 17
- 5 169 2 18 29 167,4 41,7 16
- 6 169 34 i7,5 50 167,3 41,7 16
- 7 169,9 35,7 18 3i 167,2 41,8 15:5
- 8 169 35,7 17,5 52 167,1 4i,9 15:5
- 9 168,8 36,5 ‘7-5 167 42:9 15,0
- 10 168,7 37,2 i7,5 34 166,7 42 14,5
- 11 168,5 37,7 18 >5 165 42 14
- 12 168,4 38,5 17 36 160,5 41,8 14,5
- 13 168 38,7 16,5 37 156,5 4i,5 14,5
- !4 168 39 16,5 3» 152,1 4i 13
- 15 168 39,2 i7 39 148,5 40,5 13
- 16 168 39,4 17,5 40 145 39,7 11,7
- 17 168 39,5 18 41 i4V5 39 n,5
- 18 168 39,7 V,5 42 138 38,2 n,5
- 19 168 40 17,5 43 134,8 37 10
- 20 t 68 40,2 17 44 131 36,7 10,5
- 21 168 40,5 16,5 45 128 35,4 10
- 22 168 4o,7 17 46 125 34-5 9:7
- 23 167,9 40,9 i7 47 122 33,6 9
- 24 167,8 40,9 16
- Comme le montre le tableau III, le point de solidification de l’alliage se trouvait à T = 169° C., la température du milier T,= 59 pendant la durée (26 minutes) du refroidissement; T — Tj —169 — 59 = no0C. et E= 13,5 divisions ou 4,65. io-5 (030000465) volt.
- Dans le tableau IV nous trouvons T — T, = 167,5 — 39,5 = 128. La durée du refroidissement était d’environ 19 minutes. E = 18,5 divisions ou 6,19, 10-5 (0,0000619) volt.
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- En résumé nous avons :
- T —T, ——- DURÉE
- 1280 C no" C 18 I3>5 6.19.10- 5 4.65.10- * 19 minutes. 26 »
- résultats identiques à ceux obtenus pour l’étain pur.
- Bien que n’ayant pas un grand nombre de faits observés, les auteurs considèrent qu’on peut exprimer entre les quantités T — T, et T' —T70 E et E' la relation suivante :
- T — T, __ t/Et
- T'-T'.-^ër
- Les auteurs tirent de leurs expériences la conclusion suivante :
- Les courants de refroidissement dépendent de la température du milieu environnant et ils sont d'autant plus forts que la température de ce milieu environnant est plus basse.
- Ces expériences confirment l’opinion émise par les auteurs, que les courants de refroidissement ne peuvent s’expliquer par la thermoélectricité. En effet, par exemple dans l’alliage (Sn -j- Cd) (tableau III), bien que les températures de l’alliage (170° C.) et de l’air environnant (59° C.) fussent constantes pendant 10 minutes, on obtenait un courant de 13,5 divisions de l’échelle.
- Pour expliquer la production des courants de refroidissement et leur constance, lorsque la température reste constante (c’est-à-dire en chute de température nulle), les auteurs rappellent l’hypothèse de MM. Bakhmetieff et Stambolieff (*), hypothèse qui dit : les courants de refroidissement ne résultent pas du mouvement d’éther qui produit la modification de volume de la masse.
- Dans le cas spécial où il n’y a pas chute de
- (*) Journal de la Société physko-clnmique russe, t. XVII, 1895 ; L’Éclairage Electrique, t. IX, p. 429 et 430.
- température, la masse fondue se solidifie et son. volume change par suite du courant d’éther hypothétique qui demeure invariable à cause de la constance de T — Tt pendant tout le temps de la solidification de la masse, et provoque ainsi un courant de refroidissement ou plus exactement un courant de solidification constant.
- Enfin si la masse se solidifie dans différentes conditions de vitesse, la quantité d’éther qui entre ou sort de la masse fondue varie dans l’unité de temps dans les mêmes conditions, c’est-à-dire que le courant de solidification sera plus fort lorsque la solidification sera plus rapide. Cette déduction se confirme par la présente étude.
- Pour vérifier plus complètement cette hypothèse sur les origines des courants de solidification, les auteurs se proposent d’étudier les métaux fondus, dans le vide.
- N. Fradiss.
- Remarques sur le mémoire de MM. Callendar et Barnes, sur l’élément Latimer-Clark ;
- Par A. Kaht.e p).
- Réclamation de l’auteur contre les assertions des physiciens anglais. 11 a indiqué auparavant qu’on améliore la constance de l’élément en le remplissant entièrement de sulfate de zinc en cristaux; la formule qu’il a donnée pour représenter la variation de la force électromotrice avec la température conduit à des résultats qui ne diffèrent pas sensiblement de ceux donnés par la formule de MM. Callendar et Barnes. M. L.
- Théorie de la dispersion électrique anomale ; Par P. Drude (a).
- Cet exposé mathématique se prêterait difficilement à une analyse.
- L’auteur démontre qu’on obtient les mêmes
- (1) Wied. Ann., t. LXIV, p. 92-95, janvier 1898.
- (2) Wied. Ann., t. LXIV, p. 131-158, janvier 1898.
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- résultats soit en partant de la théorie géné- ! anomale électrique résulte de la présence de raie delà dispersion, soit en admettant, particules conductrices dans un milieu isolant, comme le propose Nernst, que la dispersion I * M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Magnetische Kraftfelder (Champs de force magnétique) ; par H. Ebert, professeur à l’Université de Kiel. 2° partie. — Atnb. Barth, éditeur, Leipzig. 1897.
- La première partie de cet ouvrage a été analysée déjà dans le présent journal. Le second fascicule, qui forme la suite et la fin du livre, traite des phénomènes d'induction dans les conducteurs et desphénomènesdansun champ magnétique d'après Maxwell et Hertz.
- L’auteur s’est efforcé de traiter ces questions
- d’une manière aussi concrète que possible, et atteint son but par une série de représentations mécaniques fort ingénieuses, sur lesquelles nous avons attiré déjà l’attention à propos de la première partie. Ces représentations matérialisent les conditions exprimées en équations dans la théorie des cycles, dont il est fait largement usage.
- Les derniers chapitres sont consacrés à l’exposé de rénergétiquedessystèmesdéfinis parun nombre quelconque de paramètres et des systèmes polycycliques et de la théorie générale des cycles.
- M. L.
- CHRONIQUE
- Station hydro-électrique de High-Falls. — La station de High-Falls, sur la rivière Auskerada. près d’Utica, vient d’être complétée. Cette.station appartient a la Compagnie d'éclairage et de force électrique de Dolgeville et doit fournir l’énergie aux villes de Dolgeville et de Little-Falls, dans l'État de New-York.
- L'installation comprend deux turbines de 0,82 m de 750 chevaux chacune; elles sont reliées à deux dynamos génératrices Westinghouse de 450 kilowatts à courant alternatif à 2200 volts et de 120 alternances par seconde. La turbine est actionnée par une chute d’eau de 21,60 m. Le courant est transformé en courant continu à 500 volts à l’usage des moteurs, des transformateurs abaissent la tension pour 1‘cclairage.
- Quant à l’énergie qui doit être transportée à Little-Falls, c’est-à-dire à une distance de 8 milles, elle est fournie, sous forme de courant alternatif à 10 000 volts, par des transformateurs élévateurs. La tension est ensuite abaissée à 2 000 volts pour la distribution intérieure de Little-F'alls.
- Le prix de vente est de 125 fr par cheval-an.
- L’usine génératrice des Tramways Bruxellois.— Dans un article publié dans L’Eclairage Electrique du 4 décembre dernier (t. XIII, p. 433), M. Maurice Travailleur, ingénieur-électricien de la ville de Bruxelles, décrivait très_ complètement le système à caniveau adopté par la Compagnie des Tramways Bruxellois pour la traction électrique sur deux de ses lignes, et en même temps donnait la description de l’installation nouvelle de l’usine génératrice qui alimente le réseau électrique d’environ 27 km de voie double qu’exploite cette compagnie. La récente visite qui a été faite de cette usine, à la suite des fêtes organisées en l’honneur de M. Gramme, ayant fourni à plusieurs de nos lecteurs l'occasion d'en voir en détail l’installation , nous en rappellerons les principaux points.
- Cette usine a été établie, dès l’origine de la traction électrique, dans une partie du dépôt des lignes à traction animale de la rue Brogniez, à peu de distance de la gare du Midi ; par suite d’extensions successives, elle a englobé tout le dépôt.
- La salle des chaudières (voir le plan de la page 436 du tome XIII) contient actuellement 5 chau-
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- dières Babcok et Vilcox de 235 m5 de surface de chauffe chacune, donnant de la vapeur à 9 atmosphères ; deux d'entre elles ont été récemment installées.
- Dans la salle des machines se trouvent : i° cinq machines à vapeur compound tandem de Mac lntosch et Seymour, de 150 chevaux, commandant par courroies cinq dynamos tétrapolaires du type Brown à induit à tambour; ces machines et dynamos ont été installées en 1894 pour les premières lignes électriques ; elles servent aujourd'hui de réserve ; 20 deux machines compound tandem à détente Corliss-Bonjour^de 750 chevaux, accouplées directement à deux dynamos octopolaires de 400 kilowatts du type de la General Electric Company ; 30 deux machines du même type, de ..•joo chevaux, accouplées directement à deux dynamos bexapolaires de 225 kilowatts.
- Le diamètre du cylindre à haute pression des machines Mac lntosch et Seymour est de 330 mm, et celui du cylindre à basse pression de 482,15 mm; la longueur commune de ccs cylindres est de 381 mm; le nombre de tours par minute de 235. Ces machines sont munies d'un régulateur centrifuge placé dans le volant et agissant sur le calage de l'excentrique de distribution du cylindre à haute pression. La détente se fait à l’air libre.
- Les données relatives aux machines Corliss-Bon-jour de 750 chevaux sont : diamètre du cylindre à haute pression, 580 mm; du cylindre à basse pression, 1 000 mm ; course des pistons 1 200 mm; nombre de tours par minute, 100 ; détente économique, 16,5 volumes ; détente à pleine charge,
- 7.5 volumes.
- Pour les machines du même type de 400 chevaux, on a : diamètre du cylindre à haute pression, 430 mm; du cylindre à basse pression, 740 mm ; course des pistons, 1000 mm : nombre de tours par minute, 125; détente économique,
- 16.5 volumes; détente à pleine charge, 10 volumes.
- Ces quatre dernières machines sont munies de
- condenseurs à injection. L'eau froide pour la condensation est amenée de la Senne par un aqueduc de 300 mètres de longueur.
- Le tableau de distribution, dont le schéma des connexions est donné dans l’article rappelé au début (t. XIII, p. 437), comprend 17 panneaux, dont 9 correspondent aux 9 dynamos, 1 porte les compteurs, 6 autres servent pourledépart des fee-ders alimentant les diverses sections dur éseau, le dernier étant pour l’instant inoccupé.
- Chaque panneau correspondant aux machines comporte : un voltmère, un ampèremètre, un interrupteur principal, un interrupteur de lumière, un interrupteur et un régulateur d’excitation. Chaque panneau de départ des feeders comprend : un interrupteur automatique, un ampèremètre, un plomb fusible, un interrupteur principal. Los feeders partant de ces tableaux ont une longueur totale d'environ 50 km; ils sont constitués par des câbles isolés protégés par une double enveloppe en plomb et un double ruban d’acier.
- Le roseau alimenté par cette usine comprend, comme il a été dit, environ 27 km de voie double, dont la moitié environ est équipée suivant le système Thomson Houston, à trôlet aérien, et dont l’autre moitié est pourvue du système à caniveau décrit dans l'article précité de M. Travailleur, auquel nous renverrons le lecteur désireux d’en connaître les détails.
- Ajoutons, dans cet ordre d'idées, que les installations électriques du tramway à trôlet Dickinson qui relie Bruxelles a Tervueven, ont déjà été décrites dans le numéro du 5 juin de ce journal, lequel contenait également la description des installations d’éclairage électrique de Bruxelles.
- Freinage des voitures de tramways électriques. - - On vient d’essayer en Amérique un système de frein qui ne ressemble en rien à ceux emplovés jusqu'à ce jour. Le freinage ne se fait pas sur la jante des roues, mais d'une façon indépendante; il s’exerce par friction sur le pavage entre les rails. Ce frein est constitué par un cylindre supporté par un cadre en acier placé entre les deux essieux et parallèlement à ceux-ci. Des brosses métalliques garnissent ce cylindre et viennent frotter contre le sol, au moment précis où l’on veut faire agir le frein : pour cela, il suffit d’abaisser au moyen d’une vis cette brosse qui, en. venant frotter le sol, arrête rapidement la voiture. On peut augmenter l’action de ce frein en agissant sur la vis et par une disposition spéciale de la brosse qui soulève complètement le véhicule. Le nouveau mode de freinage, qui n’exclut pas les autres procédés employés ordinairement, adonné, dans les essais qui en ont été faits, d’excellents résultats.
- L’électricité et le gaz à Bordeaux (Jurisprudence). — La ville de Bordeaux se trouve dans
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- L’ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
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- une situation bizarre, conséquence des arrêts du Conseil d'Etat et de la Cour de Paris dont les résultats sont contradictoires.
- L'arrêt du 24 décembre 1897 décide que la Compagnie du gaz de Bordeaux a le monopole de tous les systèmes d'éclairage. L'arrêt de la première chambre de la Cour de Paris, 29 décembre 1897, interdit à la Compagnie du gaz de fournir l'éclairage électrique.
- Le résultat le plus net c'est que les Bordelais ne peuvent, pour le moment, s'éclairer au moyen de l'électricité.
- Nous nous occuperons seulement cette fois du premier arrêt, réservant le jugement de la Cour de Paris pour une prochaine chronique.
- La Société française de Paris fut déclarée adjudicataire de l'éclairage au gaz de la ville de Bordeaux pour une durée de vingt-huit ans, à partir du Ier janvier 1876. En conséquence, une société anonyme, la Compagnie du ga{ de Bordeaux, était constituée, ayant pour objet l'exploitation de l'éclairage et du chauffage par le gaz, conformément aux dispositions du cahier des charges de la concession faite par la ville de Bordeaux.
- Le cahier des charges portait que l'cclairage serait fait au moyen du gaz de la houille; que, en cas d’emploi de nouveaux procédés ayant pour résultat un abaissement notable du prix de revient de l'éclairage, l'éclairage public et privé en profiterait; et enfin que « pendant toute la durée de la concession, l'administration municipale avait le droit d'autoriser des essais d'éclairage et de chauffage par tous les systèmes qui pourraient se produire, dans une limite de 1 000 mètres de longueur, sur la voie publique, par chaque essai et pour chaque système, sans que l'exercice de ce droit puisse donner lieu à aucune indemnité en faveur des concessionnaires et sans que le produit de ces essais pussent être l’objet d’aucun trafic de la part des personnes autorisées à les faire ».
- La ville avait accordé l'établissement sur la voie publique des câbles pour l’éclairage des particuliers. Alors la Compagnie du gaz demanda devant le tribunal civil l'enlèvement des câbles.
- La juridiction administrative étant seule compétente en ce cas, un sursis fut prononcé le ry mai 1891,'et le 18 novembre 1892 le conseil de préfecture décidait que, en concédant à la Compagnie du gaz le droit exclusif de canaliser les voies publiques pour l'exploitation de tous systèmes d’éclairage et de chauffage au gaz, la ville ne s’était pas
- interdit d'autoriser en même temps l’établissement de fils aériens pour distribuer l’énergie électrique.
- L’arrêt était annulé le 24 décembre 1897 par le Conseil d'Etat, qui interprétait le cahierdescharges en ce sens que la concession s’appliquait à tous les systèmesd’éclairage qui pourraient se produire, et cela quel que fût le procédé par lequel l'éclairage serait obtenu, et que le droit de la ville d'autoriser des installations sur. la voie publique était limité aux conditions que nous avons citées plus haut à propos du cahier des charges. I.'arrêt est fondé sur ce que la ville a prévu l'hypothèse de pi’ogrès scientifiques qui pourraient apporter des perfectionnements au système de fabrication du gaz et qu'elle a fixé les conditions dans lesquelles le nouveau procédé pourrait être imposé à la Compagnie; et quc.de plus, d’une façon toute générale, la ville a limité ses droits, dans le-cas de découverte d’un nouveau système d’éclairage, à l'autorisation d'essais sur une longueur de voie publique de 1 000 m, sans que l’essai donnât lieu à aucun trafic.
- En conséquence, la ville ne pouvait autoriser l’établissement des fils aériens pour la distribution et la vente delà lumière électrique.
- En résumé, le Conseil d’Etat a réuni les deux articles : diminution du prix de l’éclairage au gaz en cas de perfectionnement; autorisation d’essai d’éclairage par un procédé quelconque. Or, il semble que les essais d’électricité ne pouvaient être attribués à la Compagnie du gaz. puisque le nouveau procédé est complètement étranger à l’ancien, et en outre la ville avait bien spécifié son droit de faire exécuter les essais par .qui bon lui semblerait.
- Le Conseil d’Etat a ajouté au monopole de l'éclairage au gaz celui de tous les autres modes d’éclairage.
- Il en est résulté pour la ville une situation d’une certaine gravité, car la Compagnie du gaz n’a pas été autorisée par la Cour de Paris à fournir l’électricité. De sorte que partout où la Compagnie avait déjà fait des installations électriques publiques, celles-ci ont dû être supprimées.
- Nous verrons prochainement à qtiel propos a été rendu l’arrêt contradictoire de la Cour de
- Le Gérant
- : C. NAUD.
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- îdi 16 Avril
- IS9S
- ». — N° 16.
- Toma
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D! ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut.— A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l'Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- NOUVELLE MÉTHODE POUR LA MESURE DE L’INTENSITÉ DES CHAMPS MAGNÉTIQUES
- I. Théorie
- i. Le phénomène auquel j’ai recours est l’induction réciproque de l’action électromagnétique employée par M. Lippmann dans son galvanomètre à mercure. Un liquide conducteur, qui peut être de l’eau de rivière, s’écoule normalement aux lignes de force du champ à mesurer. On détermine, à l’aide de l’électromètrc capillaire, la force électromotrice induite entre la face supérieure et la face inférieure de la veine. Connaissant le débit, on en déduira l’intensité du champ.
- Supposons, pour simplifier, la vitesse d’écoulement uniforme sur toute la section d’une veine rectangulaire d’épaisseur e dans le sens des lignes de force, de hauteur / dans la direction normale à la fois aux lignes de force et à la vitesse d’écoulement. On peut assimiler la veine à un élément mobile de conducteur de hauteur L La force électromotrice induite a pour valeur
- E = Hv/ (x)
- H désignant l’intensité du champ.
- Le débit est
- ]. On tire de là
- Telle est la formule très simple que l’on de • vra appliquer.
- 2. Cette formule subsiste si la vitesse v n’est fonction que d’une coordonnée y parallèle à la hauteur de la veine. Soient A et B deux points pris arbitrairement (fig. i) sur
- les faces supérieure et inférieure de la veine.
- Considérons un conducteur mobile et déformable réunissant A et B et ayant pour axe une courbe quelconque AMB droite ou gauche dont les divers points sont animés de la vitesses dans la direction oX de l’axe de laveine.
- La force électromotrice aux deux extrémités du conducteur sera, en désignant par y* l’ordonnée du point quelconque M,
- E— H f vdjr.
- (2)
- (4)
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- L’intégrale qui figure dans cette 'expression est bien définie, puisque v est fonction de y seul. La force électromotrice est indépendante du chemin AMR suivi, aussi bien que de la position des points A et B : et la force électromotrice induite entre deux électrodes Pet Q en contact respectivement avec ces deux faces, indépendante delà forme et des dimensions de ces électrodes.
- Le débit de la veine est d’ailleurs
- D = e| vdv (5)
- et Ton a toujours
- 3. Ce mode de raisonnement cesse d’âtre applicable si la vitesse v est fonction d’une coordonnée .v parallèle aux lignes de force, car l’intégrale Ç i^pdépendraLtalorsducheimnsuivi. La force électromotrice induite entre les électrodes isolées peut dépendre à la fois de la distribution des vitesses, de la forme, des dimensions et de la position des électrodes.
- Une solution rigoureuse du problème se fondera sur la réciprocité du travail électromagnétique et de l’induction. Pour des électrodes etune distributionde vitesses données, il faudrait : i° déterminer la distribution dans la veine, supposée immobilisée, d’un courant auxiliaire d’intensité totale égale à 1, distribution qui dépend de la forme de la veine, de la position et des dimensions des électrodes ; 20 évaluer le travail électromagnétique produit par seconde, en supposant que chaque clément de courant se meut avec la vitesses afférente au point de la veine qu’il ocupe. La force électromotrice induite E que nous cherchons serait égale à ce travail.
- 4. Considérons en particulier le cas d’électrodes indéfinies coïncidant avec les faces supérieure et inférieure de la veine. L’intensité I du courant auxiliaire en un point, rapportée à l’unité de surface, serait alors uniforme à l’intérieur du liquide. Si on prend pour unité l'intensité totale du courant auxi-
- liaire par unité de longueur de l’électrode (comptée dans le sens de l’écoulement), l’intensité I est —, et le travail électromagnétique
- E — ~ j‘ J vdxdy. (6)
- on a d’ailleurs
- T) = j" j‘ vdxdy {f)
- et l’on retombe encore sur la formule (3)
- Il y a lieu de remarquer que, dans ce cas, la force électromotricc K est la moyenne des forces électromotrices évaluées parla règle du paragraphe (2) pour les diverses tranches dx dans lesquelles on peut décomposer la veine :
- E = -L f ^IIdxj vdy^z=.~- J f vdxdy.
- 5. Les mêmes conclusions subsistent si des électrodes rectangulaires de largeur égale à l’épaisseur e de la veine et de longueurs quelconques (égales ou inégales) dans le sens de l’écoulement sont placées l’une par rapport à l’autre à une distance quelconque. Les lignes de flux du courant auxiliaire sont, dans ce cas, des courbes planes. Considérons un tube de flux élémentaire mnpq (fig. 2); soit I
- l’intensité du courant auxiliaire au point P : détachons autour de ce point un élément abcd du tube de flux de section dS, de longueur ds.
- La force électromagnétique F, normale à l’axe dutube, est HIrfSrfs et fait un angle a avec
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- la direction.de la vitesse v. Le travail électromagnétique correspondant est HldSds;-’ cos a, ouendésignant par y l'ordonnée du point P, )dldSvdy. Pour le tube entier mnpq IdS est une constante I0dS0, en désignant par dS0 la section normale du tube au niveau mn de l’électrode, par I0 la valeur correspondante de l’intensité. Le travail élémentaire relatif au tube est donc
- = m0dSnJ lvdy.
- Considérons maintenant une tranche d’é-paisseurtLv et d’étendue indéfinie dans le sens de l’écoulement : le travail correspondant est en désignant par a la longueur de l’une des électrodes,
- — H Ç J vdy.
- La vitesse v étant, par supposition, fonction de/et de x 'seulement, l’intégrale J vdy ç st constante pour tous les tubes élémentaires compris dans la tranche, ce qui permet de mettre cette intégrale en facteur ; d’autre part f“l,d S0 est la fraction de l’intensité totale, égale à i, du courant auxiliaire. Ainsi
- Pour avoir la force électromotrice induite résultante, il ne reste plus qu’à intégrer de o à e,
- dS — E — ~ I J vdxdy. (6)
- Nous retrouvons la formule (6) et par conséquent la formule (3).
- Ce résultat étant indépendant de la longueur a de l’électrode dans le sens de l’écoulement, s’applique même si les électrodes sont linéaires. Dans ce cas, les fuseaux de flux arrivent aux électrodes tangentiellement à des plans radiaux, et les surfaces équipotenticHes au voisinage immédiat des électrodes sont des
- demi-cylindres circulaires. Soit du l’angle plan du dièdre terminal d’un fuseau, on a au voisinage de P :
- KmWS=/-/
- et puisque f pdy peut être mis en facteur,
- C3 = E = v/"/' rdxiy “ '
- 6. On peut d’après le même principe trouver l’expression de la force électromotrice entre deux électrodes punctiformes P et Q placées sur les faces opposées de la veine. Considérons un angle solide dü à partir du pont P et le fuseau de flux qui en émane tangentiellement. Au voisinage de l’électrode les surfaces équipotentiellessont des hémisphères
- par suite
- ‘5= E= JLf',. Çvdy. (7j
- Mais ici la dernière intégrale varie en général d’un fuseau à l’autre et ne peut être mise en facteur que si v dépend dc_y seul. On a alors simplement
- C’est le résultat, démontre ci-dessus d’une autre manière (§ 2).
- 7. Dans le cas général E est fonction des coordonnées a'j et x2 de P et Q. Considérons, pour fixer les idées, une veine très plate dans le sens des p, très large dans le sens des a, c’est-à-dire des lignes de force du champ, et supposons que v, fonction de a seul, varie lentement avec x mais dans des limites étendues. Si P et Q sont placés en face l’un de l’autre dans une région où v est grand, les petites vitesses n’influeront sur la valeur de E que par des fuseaux, de flux d’importance né-
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- gligeable, E sera grand ; E sera petit, si P et Q sont dans une région de faible vitesse. A la limite, c’est-à-dire pour une veine infiniment mince, E sera partout proportionnel à v.
- Si maintenant on considère des électrodes linéaires en travers de toute la veine, nous revenons au cas du § 5 et la force électromo-tricc induite donnée par la formule (3) est la moyenne des forces électromotrices, peut-être fort différentes entre elles, qui caractérisent les divers couples d’éléments punctiformes dans lesquels les électrodes linéaires, supposées dans une même normale à la veine, peuvent être décomposées.
- 8. Il reste à savoir quelle relation il y a entre les forces électromotrices induites E que nous venons de calculer, et la différence de potentiel V que l’on mesure, à l’aide de l’électromètre, entre les électrodes P et Q.
- S’il n’y a pas de dérivation extérieure entre les électrodes et si l’on peut faire abstraction des courants de Foucault à l’intérieur de la veine, on a évidemment
- V = K. (8)
- 9. S’il y a une dérivation extérieure dont la résistance rne puisse être considérée comme infinie par rapport à la résistance R de la veine, le système se comporte comme une pile fermée et l’on a
- to. Les courants de Foucault agiront comme des dérivations, mais il est plus difficile de enroulé en dérivation, on avait, par négligence, fait un rhéostat de démarrage pour un moteur série, et pour utiliser quand même ce dernier, l’auteur y apporta les modifications de connexions représentées sur la figure 3.
- La borne a du rhéostat fut réunie avec Tune des extrémités du circuit d’excitation et la borne b avec le pôle correspondant de l’induit.
- (4) Ce dispositif n’a aucune valeur, étant donné que les moteurs modernes iront en général pas de décalage de balais.
- point est équilibrée par une force électrostatique égale et contraire provenant de l’électricité libre distribuée sur ces faces.
- 11. Quand la vitesse v varie avec x et _y, il faut appliquer les équations générales du champ magnétique données par Maxwell. Celles-ci lient, comme on sait, les dérivées du potentiel électrostatique, les composantes du courant, celles du champ magnétique et celles de l’induction. Connaissant la distribution des vitesses v et le champ extérieur, on déterminera par ces équations les potentiels électrostatiques et les composantes du courant. On reconnaîtra que celles-ci dépendent des dérivées secondes de v par rapport aux coordonnées.
- Par raison de symétrie, les courants de Foucault sont également distribués dans toutes les sections de la veine normales à la vitesse d’écoulement. La composante de ces courants dans le sens de l’écoulement est donc nulle.
- 12. Dans une même section, la différence de potentiel entre deux points donnés P et Q appartenant respectivement aux deux faces de la veine sera inférieure, supérieure' ou égale à la force électromotrice induite, suivant la distribution des courants dans le liquide.
- Il est d’ailleurs évident que des électrodes métalliques, de dimensions finies, appliquées sur la veine, modifient les courants de Foucault dont elle est le siège; ceux-ci se dérivent dans la masse des électrodes qui les aspirent en quelque sorte, en vertu de la grande conductibilité du métal relativement à celle du suite sans inconvénients, simplifie encore le dispositif de M. Mengcs (fig. 2) et supprime l’emploi du plot supplémentaire aci.
- Le dispositif de la figure 3 a été appliqué dans le courant de l’an dernier par la maison J. FARCOTpour un moteur destiné aux Salines de Sainte-Lucie. Le courant peut être interrompu en manœuvrant la manette avec une vitesse assez grande, sans qu’il y ait la moindre étincelle, quand on passe du plot n° 1 au plot mort o. Nous verrons plus loin l’explication de ce fait.
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- laquelle la vitesse peut ctre considérée comme constante; l’autre, d’épaisseurs, au voisinage immédiat des parois, constituant une sorte d’enveloppe dans laquelle la vitesse varie rapidement, puisque la couche infiniment mince en contact avec les parois doit être considérée comme immobile. Si l’on pouvait supprimer cette enveloppe, on supprimerait en même temps les courants de Foucault; les surfaces a b et cd seraient équipotentielles et l'on aurait
- Fig. 3-
- V = E. Ces conditions s’approcheront de plus en plus d’être rigoureusement réalisées quand on augmentera de plus en plus les dimensions de la veine. Pour des électrodes occupant I’cpaisseur entière e, on aura toujours
- V < E, mais le rapport -g- tendra vers l’unité quand on fera croître indéfiniment e et /.
- Dans les expériences dont nous avons à rendre compte, / était toujours supérieur à i cm, mais l a varié de 0,5 mm à 7 mm environ : l’efiet de l’épaisseur est seul à considérer. Puisque V < E, la formule (3) est remplacée par l’inégalité
- Pour rétablir l’égalité entre les deux membres, il suffira de remplacer l’épaisseur e mesurée par une épaisseurs fictive e' > e, dont l’expérience devra fixer la valeur.
- Pour des épaisseur e suffisantes, l’effet perturbateur, lié à l’existence de la couche d’épaisseur constante devra se manifester par une altération constante de e. On aura donc e' •-= e -}- x, a étant une constante, et
- (A
- H =
- V(e + g)
- D
- MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- Démarrage et régulation des moteurs
- Les dispositifs proposés par M. Menues (') pour le démarrage et Varrêt processif des pour insolation dé la bobine.
- Dans le cas spécial et assez fréquent où une dynamo destinée à charger des accumulateurs est employée comme moteur pour faire démarrer le moteur à ga\ qui la conduit, M. Mengës (') préfère le dispositif de la figure 4 qui présente l’avantage, pour la position représentée du levier, de mettre le circuit inducteur en court circuit. Ceci a son utilité par exemple pour passer le collecteur
- sc produit et à la rupture du circuit entre le
- mettent pas de jouir de tous les avantages de la subdivision dans la commande des outils (*).
- Il va sans dire que les dispositifs précédents s’appliquent aussi bien aux moteurs série.
- Le dispositif de M. Fischer-Hinnen (fig. 3) est employé dans les appareils de démarrage
- (*) Dans un récent article publié dans V Elehtrotechnische Zeitschrift, M. Egger rappelle qu’il a indiqué (ETZ p. 708, 1894) quelques-uns des dispositifs de M. Mengcs sans les prétendre inédits et décrit un nouveau dispositif de démarrage dont nous parlerons dans un prochain article.
- (M Elektrotechnische Zeitschrift, loc. cit.
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- ferme sur l’induit à travers la résistance R. L’énergie potentielle emmagasinée dans l’inducteur est alors consommée plus ou moins lentement en chaleur dans les enroulements.
- L’inversion du sens de marche se fait, comme l’indique la figure, à l’aide d’un commutateur à coquilles qui permet d’inverser le sens du courant dans l’induit sans couper son circuit et en déplaçant les balais du double de leur angle de calage (*).
- i___________________________________________
- Fig. 2, — Schéma du montage d'un rhéostat de démarrage de Menges.
- La figure 2 donne une application du même principe avec un rhéostat de démarrage à cinq résistances ; on voit que abstraction faite des 6 plots on n’a besoin que d’un seul contact aa' en plus.
- M. Fischer-Hinnen a proposé en 1892 un procédé analogue et encore plus simple pour le démarrage d'un moteur shunt à courant continu.
- Bien que le moteur dont il s’agit fût enroulé en dérivation, on avait, par négligence, fait un rhéostat de démarrage pour un moteur série, et pour utiliser quand même ce dernier, l’auteur y apporta les modifications de connexions représentées sur la figure 3.
- La borne a du rhéostat fut réunie avec l’une des extrémités du circuit d’excitation et la borne b avec le pôle correspondant de l’induit.
- (l) Ce dispositif n’a aucune valeur, étant donné que les moteurs modernes n’ont en général pas de décalage de balais.
- L’un des conducteurs principaux fut relié directement au pôle commun de l’induit et de l’inducteur, et l’autre au levier même du
- moteur shunt
- rhéostat. Enfin dans l’intérieur du rhéostat on établit, outre la connexion b e qui existait déjà, la connexion a d entre la borne a et le plot n° 1.
- Dans cette condition on voit que pendant la mise en route on supprime graduellement les résistances dans l’induit pour les introduire dans l’inducteur. Comme la résistance de ce dernier est très grande par rapport à celle du rhéostat en série avec l’induit, l’augmentation de vitesse qui en résulte par suite de l’affaiblissement du courant d’excitation est insignifiante. Cette introduction de résistances très faibles dans l’inducteur, et par suite sans inconvénients, simplifie encore le dispositif de M. Menges (fig. 2) et supprime l’emploi du plot supplémentaire aa'.
- Le dispositif de la figure 3 a été appliqué dans le courant de l’an dernier par la maison J. Farcotpoui' un moteur destiné aux Salines de Sainte-Lucie. Le courant peut être interrompu en manœuvrant la manette avec une vitesse assez grande, sans qu’il y ait la moindre étincelle, quand on passe du plot n° 1 au plot mort 0. Nous verrons plus loin l’explication de ce fait,
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- Un des avantages principaux du système est de supprimer les inconvénients qui peuvent résulter d’une rupture du circuit inducteur par suite de la grandeur de la tension instantanée qui se produit à cet instant.
- Si Ton coupe un circuit comprenant une self-induction et une résistance en parallèle, le courant qui circule après la rupture dans l’ensemble des deux circuits en parallèle est facile à déterminer. L’équation différentielle du courant est en effet :
- (r+R,).+ !.-£= o
- où R et R, sont les résistances respectives de la bobine de self-induction et du circuit sans induction, et L le coefficient de self-induction de la première.
- La solution de cette équation est, en tenant compte de ce que^tour t = o le courant i est égal au courant qui traverse primitivement la résistance inductive :
- JE
- 2 — R ? L
- La différence de potentiel aux bornes du circuit inductif est par suite :
- Elle est donc au maximum égale à'E-™ ; un choix judicieux de R, permet dès lors de limiter cette tension à une valeur non dangereuse pour l’isolation de la bobine.
- Dans le cas spécial et assez fréquent où une dynamo destinée à charger des accumulateurs est employée comme moteur pour faire démarrer le moteur à ga\ qui la conduit, M. Menges (‘) préfère le dispositif de la figure 4 qui présente l’avantage, pour la position représentée du levier, de mettre le circuit inducteur en court circuit. Ceci a son utilité par exemple pour passer le collecteur
- au papier de verre ou pour remplacer les balais.
- Avec les appareils des figures 2 et 4 on
- peut, dit M. Menges, et comme nous l’avons signalé nous-même plus haut, interrompre les moteurs aussi vite qu’on veut. L’interruption du courant se fera d’autant mieux que la manœuvre aura été plus rapide, puisque la force électromotrice du moteur sera plus grande et par suite le courant plus faible.
- L'inventeur qui a étudié particulièrement les questions de démarrage, a démontré toute l’importance qu’il y a à appliquer des appareils de ce genre aux moteurs conduisant les machines-outils où chacun d’eux est arrêté et remis en route plusieurs centaines de fois par jour. Les pertes de temps et les chances de rupture des isolants des circuits inducteurs sont très nombreuses avec les appareils de démarrage ordinaire et ne permettent pas de jouir de tous les avantages de la subdivision dans la commande des outils (*).
- Il va sans dire que les dispositifs précédents s’appliquent aussi bien aux moteurs série.
- Le dispositif de M. Fischer-Hixnen (fig. 3) est employé dans les appareils de démarrage
- (‘) Dans un récent article publié dans l'Ekktrotechnische Zeitschrift. M. Egger rappelle qu’il a indiqué (ETZ p. 708, 1894) quelques-uns des dispositifs de M. Menges sans les
- '^tobre 1896; délivré le 21 août 1897.
- ensuite
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- et de mise hors circuit automatique de M. H.-H. Cutler (') de Chicago.
- L’appareil pour moteur shunt est représenté sur la figure 5, qui indique en même
- Fig. 5. — Rhéostat de démarrage à rupture automatique de Cutler, pour moteur shunt.
- temps les connexions du rhéostat et de ses accessoires avec la génératrice G ou le réseau, et le moteur M.
- Le levier a est maintenu, lorsque l’appareil ne fonctionne pas. contre la butée e à l’aide du ressort p. Le courant, avant d’arriver au secteur d sur lequel frotte le levier, traverse un relais g dont l’armature est maintenue éloignée du noyau R, et peut être réglée par un moyen quelconque (un écrou se déplaçant sur une tige filetée, par exemple). Cette armature porte un contact^ qui, venant toucher à deux contacts métalliques, met en court circuit l’électro-aimant de retenue/traversé par le courant inducteur. Le jeu de l’appareil est facile à comprendre. Lorsqu’on met le levier sur le plot bv le courant étant assez grand l’électro f est en court circuit ; mais la vitesse augmentant, le courant décroît gra-duellementet finalement l’armature durelaisg* est libérée. On peut alors continuer à déplacer la manette du rhéostat de façon à supprimer graduellement les résistances c; finalement lorsque cette manette, laquelle porte une
- armature ou est formée d’un métal magnétique, arrive au dernier plot elle y est retenue par l’électro-aimant/.
- Si pour une cause ou pour une autre le courant vient k dépasser une certaine valeur, l’armature de l’électro-aimant g est attirée, l’électro-aimant f mis en court circuit et le levier a ramené à sa position la plus à gauche par le ressort p. Le moteur est donc supprimé automatiquement du circuit.
- L’appareil pour moteur série (fig. 6) fait
- âge à rupture autoraatiqi
- de Cutler, pour
- l’objet d’un second brevet (’) ; il est un peu plus compliqué et diffère sensiblement du précédent.
- Le relais g est bien encore traversé par le courant principal avant son arrivée au secteur d sur lequel frotte le levier a toujours maintenu à gauche par le ressort p; mais l'armature g^de ce relais, lorsqu’elle estattirée, a pour effet de mettre dans le circuit l’un des enroulements / de l’électro-ajmant / à deux enroulements /, /3, la bobine /3 étant alors en circuit. Les deux bobines sont enroulées en sens contraire de façon à se contrebalancer l’une l’autre lorsque la première / est en circuit.
- L’armature / de cet électro-aimant est constituée par un levier mobile autour de l’une des extrémités de son noyau. Ce levier est rappelé, lorsque l’électro ne fonctionne pas,
- (') Brevet anglais n° 13524, 2 figures. Déposé le ier juin [897; délivré le 10 juillet 1897.
- C) Brevet anglais n° 13523, 2 figures. Déposé le ie* juir 1897; délivré le 10 juillet 1897.
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- par un ressort f% qui fait échapper l’extrémité attirée de l’armature des dents d’une roue à rochet fixée sur la manette a du rhéostat, manette dont le mouvement est limité dans les deux sens par les butées e.
- On voit que si l’on amène à la main le levier a sur le contact b, le courant suffisant intense attire l’armature gi et l’électro-aimant/ne fonctionne pas. Mais le courant diminuant aussitôt que le moteur est en mouvement, l’armature g retombe bientôt et met en court circuit l’enroulement fd. On peut alors continuer à avancer le levier de façon à supprimer successivement toutes les résistances c.
- Si alors le courant vient à augmenter par suite d’une cause quelconque, l’armature du relais g est attirée, la bobine / est mise en circuit, le levier/J de l’électro-aimant f est entraîné par le ressort fH et son extrémité abandonne la roue à rochet; enfin la manette a libérée revient se placer contre la butée e de gauche et le courant est interrompu.
- L’un et l’autre des deux dispositifs de
- M. Cutler peut évidemment s’appliquer aussi bien à un moteur série qu’à un moteur dérivation.
- Pour pouvoir faire varier la vitesse des moteurs, la Berliner Maschinenbau-Actien Gesellschaft (*) constitue ceux-ci avec deux
- Fig. 7. — Montage des circuit
- induits bobinés sur le même anneau du tambour et ayant un nombre de spires différent, par exemple l’un double de l’autre, comme l’indique la figure 7. Chacun de ces induits A, et As correspondent aux collecteurs C, et C5,
- Fig. 8 et 9. — Schémas des connexions du rhéostat et du moteur de la Berliner Maschinenbau Actien Gesellschaft.
- lesquels sont reliés électriquement à la ligne Bj B2 et au rhéostat de démarrage, comme le montre schématiquement lafigure 7. Ce rhéostat se compose de trois séries de résistance dont nous allons expliquer l’emploi.
- Lorsqu’on met la manette sur le plot 2 (fig. 8) l’appareil démarre avec les deux induits en série, les résistances servent uniquement au démarrage et le moteur atteint sa vitesse de régime la plus faible lorsque la manette est sur le contact 4.
- Pour augmenter la vitesse, il faut ensuite
- amener le levier sur le plot 6. La résistance n\ entre les plots 5 et 6 ne sert uniquement que pour éviter une forte étincelle lorsqu’on passe du plot 6 au plot 4 pour diminuer la vitesse. Une fois sur le contact 6 l’induit C2 est mis hors circuit et le moteur ne fonctionne qu’avec l’induit C,. Comme ce dernier a un nombre de spires double du premier, on voit facilement que la vitesse sera augmentée de la
- (i) Brevet anglais n° 23178, 5 figures. Déposé le 1,9 octobre 1896; délivré le 21 août 1897.
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- moitié de sa première valeur lorsque la manette arrivera sur le plot 8, c’est-à-dire lorsque la résistance jvz sera mise hors circuit.
- Si l’on passe ensuite au contact lopuis n, l’armature C2 est de nouveau mise en circuit et l’induit C, mis hors circuit; cet enroulement Cj ayant deux fois plus de spires queC2, la vitesse de ce dernier est double de celle du premier, et par conséquent se trouve être
- égale au triple de la vitesse primitive. Les résistances et n\ servent comme n\ à diminuer les étincelles lorsqu’on passe de la vitesse la plus grande à la plus faible.
- La figure g s’applique seulement au cas où la variation de vitesse n’est que de 50 p. 100 ; l’induit C2 ne peut jamais fonctionner seul.
- C.-F. Guilbert.
- SUR LA RÉALITÉ BU PHÉNOMÈNE DE HALL DANS LES LIQUIDES
- Les recherches que j’ai entreprises il y a deux ans relativement au phénomène de Hall dans les liquides (* *) et qui m’ont amené à des conclusions opposées à celles qu’avait autrefois formulées M. Roiti (2), ont été suivies d’études contradictoires, faites à l’instigation de ce physicien, par M. Florio d’abord (3), puis plus récemment par M. Chia-vassa (*).
- J’ai répondu déjà (3) à la première note de M. Florio, en montrant que son procédé d’investigation n’avait pas la sensibilité voulue et que, par suite, ses résultats négatifs n’infirmaient en aucune façon mes propres résultats ; en même temps, je rendais compte de nouvelles observations personnelles, à l’abri de ses objections et en complet accord avec mes observations antérieures.
- Nouvelle critique de M. Florio Dans une nouvelle note, publiée récem-
- (') Comptes rendus, t. CXXII, p. 77, 1896. — Journal de physique, y série, t. V, p. 499, 1896. — V Éclairage Électrique, t. VI, p. 176; t. IX, p. 420, 1896.
- (2) Alli délia reale Accad. iei Lincei, 3esérie, t. XII. p. 397, 1882. — Journal de Physique, 2e série, t. II, p. 513, 1883.
- (a) Jl nuovo Cimento (4), t. IV, p. 106, 1896.
- (4) Elleitricista, 6° année, n° 10, 1897. — Il nuovo Cimento (4), t. VI, p. 296, 1897.
- (s) Il nuovo Cimento (4), t. IV, p. 385, 1896. — Comptes rendus, t. CXXI1I, p. 1273, 1896. — L’Éclairage Électrique, t. X, p. 86, 1897.
- ment (*), M. Florio continue à attaquer mes conclusions. Dans ce nouveau plaidoyer en faveur de l’opinion de M. Roiti, mon contradicteur n’apporte aucun fait nouveau, mais il critique un de mes mémoires (2) après en avoir, au préalable, complètement dénaturé les passages sur lesquels repose son argumentation.
- Tout d’abord, pour établir que mes calculs ne s’accordent pas avec les résultats de mes expériences, M. Florio signale, d’après un des tableaux de valeurs numériques que j’ai donnés dans ce mémoire (3), une variation de l’angle, que j’appelle a, allant, dit-il, « jusqu'à 6'5o" dans une meme expérience ». Mais il ne dit pas que, pour trouver un tel écart entre les valeurs extrêmes de a dans une même expérience, il lui a fallu choisir, parmi toutes mes déterminations, un cas où l’une de ces valeurs extrêmes n’avait pu être appréciée qu’avec une incertitude tout à fait exceptionnelle ; il s’agit, en effet, de la quantité '34'], que j’ai ainsi mise entre crochets dans ce tableau et que j’avais auparavant formellement déclaré ne connaître qu'à i'4o" près. L’écart réel entre les valeurs extrêmes de a dans cette expérience citée par M. Florio est très probablement beaucoup moindre
- (J) Il nuovoCimenlo (4), t. VI, p. 109, 1897. (2) Journal de Physique, lac. cit.
- (•) Loc. cit., p. 507.
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- qu’il n’a pu lui sembler. Mais, quoi qu'il en soit, la précaution que j’avais prise de mentionner l’incertitude toute particulière existant sur cette mesure isolée suffit pour condamner le procédé de mon contradicteur qui, sans tenir aucun compte de mon avertissement, tire de ce nombre seul des conclusions de nature à faire douter delà légitimité de tous mes calculs, en general.
- Plus loin, M. Florio ose contester qu’en augmentant la section de la lame liquide, on diminue, pour une force électromotrice donnée, la densité du courant et, par suite, l’effet Joule. Et voici textuellement ce qu’il dit à ce propos :
- « Je fais remarquer que si l’on suppose qu’on maintienne constante la différence de potentiel entre les couches qui séparent la lame liquide du reste de la solution, tandis qu’on fait varier l’épaisseur de la lame, il est clair que la densité du courant ne changera pas ni, avec elle, l’effet Joule. »
- Or, que vient faire ici cette hypothèse d’une différence de potentiel constante entre les extrémités de la lame? Il est question dans mon mémoire d’une force électromotrice constante dans le circuit, et de cela seulement; et il est bien clair que, pour une force électromotrice donnée, si la résistance extérieure à la lame ne change pas, la différence de potentiel dont parle M. Florio ne reste pas constante quand on augmente la section de la laine, mais qu’elle diminue et, avec elle, la densité du courant et l’effet Joule.
- Plus loin enfin, dans un passage commençant par ces mots : « Quelques résultats obtenus par M. Bagard me semblent un peu étranges », M. Florio trouve étrange que l’effet Hall D ait diminué dans l’expérience déjà citée de 20" à o", alors que le champ a augmenté. Or ces deux valeurs 20" et o" ne sont connues quà 20" près, ainsi que je l’ai encore mentionné expressément en tête du tableau.
- Tel est l’ensemble des faits sur lesquels a porté toute la critique deM. Florio. J’ai tenu à rétablir ici leur véritable signification,
- altérée par mon contradicteur au profit de sa cause.
- Recherches de M. Chiavassa
- Après M. Florio, M. Chiavassa a repris, à son tour, l’étude critique de mes expériences et il a écrit sur ce sujet un long mémoire (’) que je vais d’abord résumer ici aussi brièvement que possible.
- M. Chiavassa déclare qu’il a d’abord répété mes expériences « en copiant le mieux qu’il put » la disposition que j’avais adoptée. Il semble être question ici de la disposition de mes premières expériences (*) ; en réalité, il y a, comme je le montrerai plus loin, de très profondes différences entre la manière d’opérer de M. Chiavassa et celle que j’ai décrite dans le Journal de physique ou même celle que j’avais employée au début de mes recherches.
- Pour les électrodes primaires, en particulier, il prend, comme moi, des plaques métalliques, n’ayant trouvé aucun avantage à se servir des électrodes d’amalgame liquide de M. Florio.
- De l’ensemble de ses observations, il tire la confirmation complète des résultats que j’ai obtenus quant à la déviation des lignes équi-potentielles sous l’action du champ magnétique et à la variation de cet effet avec l’intensité du champ, la densité du courant et la concentration de la dissolution.
- Mais, en même temps, il signale les faits suivants qui indiqueraient « de profondes différences d’attitude entre les lames liquides et les lames métalliques » :
- 1. Les déviations s’accomplissent avec lenteur.
- 2. En prolongeant l’action magnétique, l’effet observé tend à s’affaiblir.
- 3. En supprimant le champ magnétique, l’effet ne disparaît pas complètement.
- (t) Chiavassa, loc. cit.
- (2) Comptes rendus, t. CXXII, p. 77, 1896,—
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- 4. Le sens de la rotation des lignes équi-potentielles a varié dans ses expériences.
- M. Chiavassa pense alors « que le phénomène de Hall n’est qu'apparent dans les liquides et que les déviations observées sont produites par des actions secondaires, telles que variations de concentration, de température, etc. ». Son opinion s’appuie sur les remarques suivantes :
- Le champ magnétique employé n’étant pas uniforme, il en résulte des rotations électromagnétiques du liquide, en sens contraire de part et d’autre de l’axe de l’électro-aimant. Il se produit donc, de ce fait, des échanges matériels entre les auges qui renferment les électrodes et la lame liquide elle-même. Et comme, d’une part, il se produit des phénomènes thermiques au contact du liquide et des électrodes et que, d’autre part, réchauffement Joule est plus considérable dans la lame que dans les auges où la section est plus grande, les courants matériels précédents provoquent des perturbations dans la distribution des températures à l’intérieur de la lame.
- M. Chiavassa signale d’ailleurs un fait tout nouveau qui démontrerait à lui seul que le phénomène observé est bien dû à des influences perturbatrices. En donnant à son appareil des déplacements successifs très faibles, il a réussi, dit-il, à le placer dans une position pour laquelle l’électromètre 11’était plus dévié lors de l’inversion du champ magnétique, tandis que pour des positions de la lame situées de part et d’autre de cette position « neutre », les déviations à l’élec-tromètre avaient lieu dans des sens opposés, bien que la direction du courant et celle du champ magnétique n’eussent pas changé.
- Enfin, il cite des expériences, qu’il a faites pour se rendre compte de l’effet produit sur la distribution des potentiels dans la lame par des perturbations provoquées dans la distribution des températures soit par des modifications locales de l’épaisseur de la lame, soit par l’application de sources de chaleur en certaines de ses régions. Il réus-
- sissait alors, dans tous les cas, à retrouver une position « neutre » de la lame pour laquelle l’action de l’aimant était nulle.
- De toutes ces observations, M. Chiavassa conclut que le phénomène de Hall n’est qu’apparent et qu’il faut attribuer la déviation observée des lignes équipotenticlles au défaut d’uniformité du champ magnétique, de la température, de la concentration.
- Discussion des expériences précédentes
- Dans une note accompagnant ce mémoire de M. Chiavassa, M. Roiti a lui-même très justement porté le jugement suivant sur le travail de M. Florio : « Un résultat négatif, a-t-il dit, ne peut vraiment avoir de valeur et infirmer un résultat positif que si les conditions expérimentales qui ont conduit à celui-ci sont reproduites fidèlement et analysées rigoureusement... »
- Or, je reprocherai à M. Chiavassa lui-même de ne pas avoir reproduit fidèlement les conditions expérimentales dans lesquelles je m’étais placé. Il s’en est même écarté à un tel point qu’il a, comme on va le voir, sinon provoqué, du moins développé dans des proportions considérables toutes les perturbations auxquelles il rapporte le phénomène observé.
- 1. Le champ magnétique qu’il emploie est (sauf pour la dernière expérience qu’il cite) celui d’un électro-aimant armé de pièces polaires en forme de troncs de cône. Or, on sait que si cette dernière forme convient très bien pour condenser les lignes de force, elle ne peut servir à obtenir un champ uniforme dans le plus petit espace que ce soit (*).
- Dans mes expériences, au contraire, j’emploie des pièces polaires cylindriques (2), qui, étant données leurs dimensions et leur distance, établissent un champ sensiblement
- (‘J Voir, par exemple, à ce sujet, Y Etude du champ produit par Y électro-aimant de Faraday, dans la thèse de doctorat de M. Leduc, Paris, 1888 {Lumière électrique, 1888).
- (2) Journal de Physique, loc. cit.
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- uniforme dans la région où j’observe la distribution des potentiels.
- 2. Dans mes premières expériences, j’avais pris des lames liquides de i,6 mm d’épaisseur. Mais, depuis j’ai toujours employé l’épaisseur plus grande de i cm, pour diminuer 1’échauffement Joule, en particulier.
- M. Chiavassa, au contraire, prend des lames d’une épaisseur très faible, décroissant depuis i,6 mm jusqu’à 0,3 mm. [Dans un seul des cas par lui cités, la lame a une épaisseur un peu plus grande et égale à 3 mm.)
- En outre, dans les expériences que j’ai rapportées dans le Journal de physique, le liquide avait très sensiblement la meme section dans les auges et dans la lame, de sorte que réchauffement Joule était lui-même très sensiblement uniforme, contrairement à ce qui a lieu dans les expériences de M. Chiavassa.
- 3. Le courant primaire lui est fourni par des accumulateurs alors que j’ai toujours employé des piles de très petites dimensions et, par conséquent, de grandes résistances.
- Cette circonstance, jointe aux précédentes, fait que la densité du courant qu’il obtient est beaucoup plus grande que celle qui m’a servi avec les lames de 1 cm (*). Par suite, réchauffement Joule et les phénomènes thermiques qui se produisent au contact du liquide et des électrodes ont été eux-mêmes beaucoup plus considérables dans ses expériences que dans les miennes.
- 4. M. Chiavassa ne prend pas, comme moi, la précaution de disposer la lame liquide dans un bain d’eau, sous prétexte que « de toutes manières, il est impossible de maintenir constante la température en tous les points ».
- Il est cependant bien certain que le bain d’eau contribue à égaliser la température. D’ailleurs, cette mesure s’imposait tout par-
- (*) C’est ainsi que la densité du courant, calculée d’après les données complètes qu’il fournit pour une de ses expériences, est plus de dix fois plus grande que toutes celles qu’on peut calculer d’après mes tableaux numériques publiés dans le Journal de Physique (loc. cit.).
- ticulièrement dans les conditions où il opérait ; je n’en veux retenir comme preuve que l’observation suivante par lui rapportée :
- « Une seule goutte d’eau à la température ambiante, versée dans la région des sondes, était suffisante pour que le ménisque sortît de l’échelle (de l’électromètre). »
- Par conséquent, loin d’atténuer le plus possible les influences perturbatrices, comme je l’avais fait, M. Chiavassa les a donc, ainsi que je le disais plus haut, développées dans des proportions considérables.
- Étant données ces conditions très défectueuses dans lesquelles il a opéré, je ne m’attarderai pas à discuter plus longuement ses expériences.
- Je préfère essayer de clore, une fois pour toutes, ce débat, en publiant ici de nouvelles expériences que j’ai faites tout récemment et qui, je l’espère du moins, ne laisseront plus le moindre doute dans l’esprit de mes contradicteurs eux-mêmes sur l’existence véritable du phénomène de Hall dans les liquides.
- Expériences décisives
- La lame liquide, comme toujours limitée par des parois de verre et placée dans un bain d’eau, a une épaisseur de 1 cm, une largeur de 7 cm, et une longueur de 40 cm (dans le sens du courant). Elle communique, comme d’habitude, par les petits côtés, avec deux auges dans lesquelles se trouvent les électrodes primaires, sous forme de plaques de zinc amalgamé, par exemple, dans le cas d’une dissolution de sulfate de zinc. Le courant primaire est fourni par 25 éléments I)a-niell de petites dimensions. La déviation des lignes équipotentielles est mesurée par le procédé que j’ai déjà décrit i1).
- La section de la lame étant uniforme, réchauffement Joule est lui-même rigoureusement uniforme dans toute sa longueur. Avec les champs dont je me suis servi, tant dans les expériences actuelles que dans mes rcchcr-
- {>) Journal de physique, îoe cit.
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- ches antérieures, les rotations électromagnétiques du liquide ne s’étendent pas au delà d’un rayon de 10 cm autour de l'axe de l'électroaimant. Donc, dans le cas actuel, il n’y a aucun échange matériel entre le liquide de la lame et celui des auges. Les mouvements inévitables de rotation électromagnétique du liquide n’ont donc d’autre effet que celui de contribuer à égaliser la température dans la lame. Et, soit dit en passant, c’est déjà ce rôle unique qu’ils jouaient dans mes expériences antérieures sur les lames de i cm.
- Avec ces nouvelles dimensions de la lame, les résultats obtenus sont restés de tous points les mêmes que ceux que m’avaient autrefois donnés des lames plus courtes, de meme épaisseur.
- J’ai répété ces expériences après avoir séparé le liquide de la lame de celui qui entoure les électrodes primaires par des cloisons épaisses en terre poreuse pour empêcher absolument tout échange matériel et thermique possible entre ces régions différentes. Les résultats n’ont pas varié.
- Cette dernière disposition m’a même permis d’étendre mes recherches à un nouveau liquide, une dissolution de perchlorure de fer (1/4 de molécule-grammes du sel anhydre pour 1000 gr. d’eau), en amenant le courant par des électrodes de zinc amalgamé plongeant dans une dissolution de chlorure de zinc de concentration équivalente à celle de la dissolution de fer dont elle était séparée pâlies cloisons poreuses. Ce nouvel électrolyte a montré un effet Hall de même sens encore que celui qui se manifeste dans les dissolutions de zinc ou de cuivre.
- Ces dernières expériences ont, en somme, présenté toutes les garanties possibles; il ne peut plus être question ici, en aucune manière, de troubles apportés dans la distribution des températures, pas plus que dans celle des concentrations.
- Quant à la position neutre de la lame et aux changements de sens de la déviation signalés par M. Chiavassa, toutes mes observations, anciennes ou récentes, sont en désaccord complet avec les siennes sur ce point, ce qui s’explique d’ailleurs par les différences profondes des conditions dans lesquelles ont été faites nos expériences respectives.
- En déplaçant l’appareil dans le champ magnétique, j’ai toujours observé que l’effet est maximum quand la ligne des « sondes » (1) rencontre l’axe de l’électro-aimant, et qu’à mesure qu’on éloigne la lame de cette position, dans un sens ou dans l’autre par rapport à cet axe, l’effet observé va en diminuant mais conserve toujours le même sens.
- Enfin, je rappelle, en terminant, que si, dans les lames minces (1,6 mm), j’ai autrefois constaté, comme M. Chiavassa, une certaine lenteur dans la déviation des lignes équipotentielles sous l’action de l’aimant, dans les lames épaisses (1 cm), au contraire, j’ai toujours vu cette déviation prendre une valeur définitive en très peu de temps (2 à 3 minutes au plus) et conserver cette valeur tant que le champ est maintenu constant. Quand on supprime le champ, l’effet disparaît complètement (2).
- Conclusion
- En résumé, je n’ai rien à changer à mes précédentes conclusions.
- Le phénomène de Hall se produit bien réellement dans les liquides.
- H. Bagard,
- (!) C’est-à-dire la ligne des deux trous marqués a, b, sur la figure 3 de mon mémoire. Journal de physique, loc. cit., p. 503.
- (2) Journal de physique, loc. cit.
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- SUR UNE MÉTHODE RATIONNELLE D’EXTENSION DES RÉSEAUX TÉLÉPHONIQUES URBAINS
- La plupart des réseaux téléphoniques urbains français sont entièrement aériens. .
- Les artères qui desservent les divers quartiers de la ville, viennent converger au poste central téléphonique.
- On supposera, pour Axer les idées, que la concentration des lignes sur cet immeuble s’opère par leur rattachement à une tourelle cylindrique, constituée par l’assemblage de montants verticaux garnis d’isolateurs.
- Si le réseau comprend n artères, la tourelle est divisée en n secteurs, et les montants compris dans chacun de ces secteurs reçoivent les fils de l’artère correspondante.
- Lorsque les montants,normalement affectés h une certaine artère, sont complètement garnis d’isolateurs présentant le minimum d’écartement admissible, et que ces isolateurs sont tous utilisés le développement du réseau, dans la direction de l’artère considérée, est entravé.
- On peut résoudre de diverses manières le problème qui se pose.
- I. Les nouvelles lignes, qui doivent être établies et qui, d’après la situation des postes d’abonnés qu’elles desservent, devraient emprunter l’artère encombrée, pourraient être rattachées à une artère moins chargée et voisine de la précédente.
- II. On pourrait, avec ces nouvelles lignes, constituer une nouvelle artère dont le tracé, aux abords du poste central, serait tel que la dernière portée vînt aboutir à des montants de la tourelle encore disponibles.
- III. On pourrait substituer à la tourelle existante, soit une autre tourelle d’un plus grand diamètre et, par suite, d’une plus grande surface utile, soit un système quelconque d’appuis, présentant une plus grande capacité.
- IV. On pourrait, enfin, faire converger, en des points de la ville convenablement choisis, non seulement les nouvelles lignes à établir, mais encore un certain nombre des lignes existantes, et de là prolonger ces lignes sou-terrainement jusqu’au poste central à l’aide de câbles établis en tranchée ou en galerie.
- L’adoption de l’une des deux premières solutions ne permettrait de décharger une artère qu’au détriment d’une autre. Les mêmes difficultés sc présenteraient pour cette dernière dans un avenir d’autant plus rapproche. On aurait donc détruit l’harmonie du réseau, sans tirer de l’exécution de cette mesure des avantages bien appréciables.
- D’autre part, l’application de ces procédés conduirait à créer des croisements de lignes ou même des croisements d’artères, ce qui constitue un très grave inconvénient.
- La troisième solution n’est guère plus satisfaisante. L’augmentation du diamètre de la tourelle serait peu efficace, et l’établissement, dans de bonnes conditions de stabilité, d’appuis de grande capacité, tels que des herses, présenterait de sérieuses difficultés, car il s’agirait, en l’espèce, d’appuis têtes de lignes, soumis à un grand effort de renversement.
- Enfin, ces trois premières solutions présentent un inconvénient commun. Il résulte de ce fait que l’on ne peut accroître au delà de certaines limites le nombre des lignes aboutissant au poste central.
- En effet, d’une part, tous les immeubles, avoisinant ce dernier, peuvent ne pas sc prêter à l’établissement d’appuis téléphoniques ; d’autre part, on ne peut augmenter exagérément la capacité des artères sans compromettre la solidité des immeubles intéressés.
- Au surplus, aucune des trois premières solutions ne résout le problème d’une manière définitive.
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- En résumé, ii résulte de l’élimination précédente que la seule solution acceptable est celle qui consiste à procéder à l’établissement de points de concentration des lignes aériennes et à l’installation de câbles souterrains, reliant ces points de concentration au poste central.
- Pour justifier complètement ce choix, et avant d’exposer les avantages considérables qu’il procure, il convient de faire connaître les raisons pour lesquelles on a écarté deux solutions radicales, qui peuvent se présenter à l’esprit et qui ne figurent pas dans l’énumération précédente.
- iû Etablissement d’un réseau entièrement souterrain. — On se propose, dans la présente étude, de rechercher la meilleure marche à suivre pour assurer l’extension d’un réseau ‘aérien, et non pas le meilleur mode d’établissement d’un réseau à créer. On pourrait, il est vrai, songer à superposer au réseau aérien existant un réseau entièrement souterrain; mais les difficultés, que présentent l’installation des branchements des postes d’abonnés, la bonne utilisation et l’entretien des câbles, rendent peu recommandable, sauf dans des cas spéciaux, la solution dont il s'agit.
- 2° Etablissement d'un second poste central, pourvu d'une tourelle et relié au premier par un certain nombre de lignes auxiliaires. — Dans un réseau ainsi constitué les communications, demandées par deux abonnés non rattachés au même poste central, exigent, d’une part, l’intervention de plusieurs téléphonistes et, d’autre part, l’utilisation des lignes auxiliaires, qui peuvent, à certains instants, être toutes occupées. Ces conditions sont essentiellement nuisibles à la bonne exploitation du réseau.
- Ceci posé, on va tenter de démontrer qu’il est possible, en appliquant convenablement le principe des points de concentration, de constituer un réseau a-éro-souterrain, dont l'extension peut être assurée d’une manière progressive et indéfinie.
- Il est évidemment très favorable à la bonne exécution et au développement régulier du service de suivre une méthode uniforme.
- Au lieu de chercher, au moment où elles apparaissent, à triompher, par des moyens de fortune plus ou moins ingénieux, des difficultés qui se présentent, on peut de la sorte établir un plan d’ensemble.
- Une même idée directrice préside ensuite à l’exécution des différentes parties du plan et cette exécution peut être poursuivie régulièrement et progressivement, sans qu’il soit périodiquement necessaire de procéder à l’un de ces remaniements d’ensemble, dont la réalisation est toujours si onéreuse et si préjudiciable à l’exploitation.
- Un point de concentration ayant été choisi, il convient de déterminer le périmètre de la zone qu’il desservira, c’est-à-dire de la zone comprenant les postes d’abonnés qui seront reliés aériennement à ce point.
- Étant donné un poste d’abonné qu’il s’agit de relier au poste central, une infinité de tracés différents s’offrent pour la ligne. Le meilleur, à tous égards, est assurément le plus court, et tous les autres sont d’autant moins bons qu’ils sont plus longs.
- Il serait cependant absurde — et souvent impossible — de relier chaque poste d’abonné au poste central par une ligne dont le tracé serait rigoureusement rectiligne. Il est superflu d’insis-ter sur ce point et de justifier l’établissement des artères.
- Toutefois, on peut admettre que dans un réseau constitué d’une manière rationnelle, la longueur d’une ligne ne doit pas dépasser de plus d’ufi tant pour cent la distance qui sépare le poste central du poste de l’abonné. En d’autres termes, la majoration de la distance à vol d’oiseau ne doit pas franchir certaines limites.
- Ceci admis, soient C le poste central, A un point de concentration et M un poste d'abonné
- (% ')•
- Le maximum de la longueur admise pour la ligne de l’abonne M sera p. CM, en désignant par p une fraction supérieure à l’unité.
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- Le lieu des points M du plan, pour lesquels CA + AM = p. CM
- est une courbe qui, si l’on prend le point C
- comme pôle et la droite CA comme axe polaire, a pour équation :
- r=^7'^-cose)
- en désignant par a la longueur CA, par r et & le rayon vecteur et l’angle polaire d’un point du lieu.
- On voit aisément que cette courbe est une conchoïde de cercle, c’est-à-dire un limaçon de Pascal.
- Si l’on porte, à partir du pôle C, sur le prolongement de l'axe polaire, une longueur CD égale à :
- P2 — >
- le cercle décrit sur le segment C D comme diamètre, a pour équation :
- r =---~— . cosO.
- r — i
- Ce cercle est le cercle directeur du limaçon et l’on peut construire, par points, cette dernière courbe, en prolongeant, dans le sens positif, les rayons vecteurs C E, C E;.des
- divers points. E,E'..... de la circonférence
- de longueurs EM, E'M'....... égales à :
- *aP P2 — i
- Suivant qu’un point H du plan est situé à l’intérieur ou à l’extérieur de la courbe fermée ainsi construite, la somme CA + AH est supérieure ou inférieure à : p.CU.
- Ceci posé, considérons sur la surface de la ville un secteur xCy, ayant son sommet C au poste central (fig. 2).
- Fig. 2.
- Lorsque les montants de la tourelle, normalement affectés aux lignes de cette région, seront complètement garnis, il conviendra d’établir dans le secteur dont il s’agit un point de concentration.
- Soit A le point choisi : à ce point correspond un limaçon bien déterminé (la valeur du coefficient p ayant été fixée une fois pour toutes) et les côtés de l’angle xCjp interceptent un arc PQ de cette courbe.
- Le secteur sera divisé en deux zones : l’une xPQr s’étendant à l’infini vers la droite et desservie par le point de concentration ; l’autre CPQ, desservie par le poste central.
- Les postes d’abonnés, situés dans la première zone, seront reliés au poste central par une ligne mixte : aérienne jusqu’au point A, souterraine de A en C. Les postes d’abom nés, situés dans la deuxième zone, seront reliés à la tourelle du poste central par une ligne entièrement aérienne.
- La mise en service du point de concentration s’effectuera, d’ailleurs, très aisément. Il suffira, en effet, pour la réaliser, de couper, en des points convenablement choisis, les artères desservant les postes d’abonnés de la
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- zone # P Qj*, et de faire converger ces artères au point A.
- En pratique, les opérations nécessaires pour exécuter ce rattachement se réduiront, le plus souvent, pour chaque artère, à la suppression d’une seule portée, celle qui chevauche sur l’arc de courbe P Q, et à l’établissement d’une portée nouvelle, reliant au point de concentration et, par suite, aux câbles souterrains le tronçon aérien de l’artère aérosouterraine qu’il s’agit de constituer.
- II importe de remarquer que le rattachement de n lignes au point A a pour effet de créer n lignes disponibles dans la zone CPQ. Ces dernières seront utilisées ultérieurement pour satisfaire aux nouvelles demandes de concession présentées par des habitants de ladite zone.
- Si l’on suppose que, par suite de l’accroissement du nombre des abonnés, un nouvel encombrement se produise dans le secteur xCj’, ou bien cet encombrement affectera le point de concentration, ou bien il affectera la tourelle du poste central.
- Dans l’hypothèse où l’encombrement se produit au point de concentration A, il y a lieu d’établir, dans le même secteur, un second point de concentration, situé, par rapport au poste central, au delà du point A.
- Fig. 3.
- Soit B le point choisi (fig. 3) ; à ce point B (qui d’ailleurs, n’est pas forcément sur le prolongement de la droite CA) correspond un limaçon de Pascal bien déterminé, qui, si l’on prend le point C pour pôle et la droite CB pour arc polaire et si l’on désigne par b la distance C B, a pour équation :
- r — —-— (p — COS0).
- f - I
- Les côtés de l’angle xCy interceptent un arc RS de cette courbe.
- Le secteur sera dès lors divisé en trois zones : la première a* R S/, s’étendant à l’infini vers la droite et desservie par le point de concentration B ; la deuxième PQSR, desservie par le point de concentration A ; enfin, la troisième CPQ, desservie par le poste central C.
- Le rattachement au point B, des artères qui doivent y converger, s’effectuera comme il a été dit pour le point A et aura pour effet immédiat de créer des disponibilités dans la zone PQSR.
- Dans l’hypothèse où l’encombrement, qui se manifeste dans le secteur# Cy-*, affecte non pas le point de concentration A, mais le poste central, il y a lieu d’établir dans ce secteur un second point de concentration situé, par rapport au poste central, non plus au delà, mais en deçà du point A.
- En résumé, quelle que soit la loi suivant laquelle se développe un réseau téléphonique, l’application de la méthode dont il s’agit permet de faire face indéfiniment et sans difficultés aux besoins de l’extension;
- En ce qui concerne le choix de l’emplacement des points de concentration, on doit y procéder en s’inspirant des circonstances locales.
- Il n’y a donc lieu de formuler aucune règle à cet égard.
- On peut cependant remarquer que les aires des triangles mixtilignes, tels que CPQ (fig. 3), se calculent aisément et que les aires des quadrilatères mixtilignes, tels que PQSR, s’en déduisent par différence. On voit donc que, d’une part, connaissant l’ouverture du secteur qu’il s’agit de dégager et la densité moyenne des postes d’abonnés dans la région étudiée, et, d’autre part, se donnant la capacité du point de concentration à établir, on a tous les éléments nécessaires pour procéder à la détermination géométrique de ce point. On recherche ensuite, dans le voisinage du point trouvé, soit un édifice présentant, au point de vue de la solidité, de la hauteur, des facilités
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- d’accès, etc., les qualités requises pour l’installation sur toiture des appuis téléphoniques,
- Fig. 4. — Tracé des artères et limites théoriques des zones.
- soit un emplacement où un pylône puisse être établi.
- Quant au tracé des limites des zones, il est bien clair que l’on doit remplacer les courbes par des lignes brisées, aussi voisines que possible de ces dernières, et dont les divers éléments soient les axes de différentes rues.
- Au surplus, les fig. 4 et 5 montrent dans quelles conditions on poursuit l’application
- de cette méthode au réseau téléphonique de la ville de Marseille.
- Le point de concentration B, installé sur le Palais de justice, est actuellement en service. Les travaux d’établissement des points de concentration A et D, situés respectivement sur le palais de la Bourse et sur l’hôtel de la Préfecture, sont en cours d’exécution ;
- ratiques des
- Rattacher
- le point A est déjà partiellement utilisé. Enfin, l’établissement d’un point déconcentration E aux allées des Capucines est à l’étude.
- La comparaison des deux figures 4 et 5 met nettement en évidence la simplicité et l’efficacité de la transformation.
- P. Heina,
- Ingénieur des Télégraphes.
- LE PROJET DE LOI SUR LES DISTRIBUTIONS D’ÉNERGIE
- La distribution de l’énergie à distance, l’un des problèmes les plus ardus et les plus étudiés de l’art de l’ingénieur, a pris de nos jours une extension considérable et est en train d’accomplir sous nos yeux une véritable révolution économique et sociale: économique en permettant l’utilisation de sources d’énergie jusqu’ici délaissées; sociale en fournissant la possibilité d’effectuer à domicile une notable partie des travaux qui, par suite de l’emploi des machines à vapeur, sont
- aujourd’hui exécutés dans les usines, si funestes à la santé de l’ouvrier et aux conditions matérielles et morales de la vie de famille.
- Tant que l’ingénieur n’avait à sa disposition que l’air comprimé, l’eau sous pression, le gaz de houille, pour distribuer l’énergie captée ou produite en un lieu, la distance séparant celui-ci des lieux d’utilisation était nécessairement restreinte. Grâce à l’électricité la distance pour laquelle la transmission est économiquement possible s’est considérable-
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- ment accrue et l’on trouve aujourd’hui de nombreux exemples de distribution d’énergie électrique dans un rayon de 50 à 60 km autour de l’usine génératrice.
- Mais pour transmettre l’énergie à distance, il faut, quel que soit d’ailleurs le procédé employé, des installations et des ouvrages fixes, immobilisant souvent des capitaux considérables, empruntantles voies de communication, quelquefois les propriétés privées. Les entreprises de distribution d’énergie se trouvent donc dans des conditions particulières qui ne sont pas sans analogie avec les conditions des entreprises de transport en commun. A ces conditions particulières doit nécessairement correspondre un régime légal particulier, et c’est ce qui a été fait pour les entreprises de transport dès l’origine de l’établissement des voies ferrées. Pour les distributions d’énergie rien de semblable n’existe encore et l’on sait qu’il a fallu une loi spéciale pour donner à la distribution d’énergie électrique de la région lyonnaise le caractère d’utilité publique qui lui était nécessaire pour être entreprise.
- Cette lacune de notre législation est heureusement sur le point d’être comblée. L’an dernier, un projet de loi sur les distributions d'énergie était déposé par le gouvernement sur les bureaux de la Chanbre, et une commission (') était immédiatement nommée pour l’examen de ce projet. Le 8 février dernier, M. Guillain, député, déposait le rapport de la commission concluant à l’adoption du projet avec toutefois quelques modifications acceptées par le gouvernement.
- C’est ce rapport que nous allons analyser.
- I. But du projet. — M. Guillain commence par faire ressortir l’intérêt et l’importance que présente aujourd’hui la distribution de l’énergie, particulièrement de l’énergie électrique et rappelle à ce propos les nombreuses
- (') Cette commission est composée de MM. Aynard, président; Henry Blanc (Haute-Loire), secrétaire; Guillain, Ermant, Bourrillon, Gacon, Rigaud, Au'difired, Armez, Garnier, Leconte.
- applications qu’a reçues l’électricité dans ces dernières années.
- Passant aux résultats déjà acquis, il cite l’exemple des États-Unis et de la Suisse, où les transports d’énergie sont nombreux. « Dans notre France, ajoute-t-il, dont les savants avaient pourtant les premiers ouvert la voie où les nations étrangères se sont engagées avec tant d’ardeur, les capitaux ont été plus timides. Il semble qu’ils n’osent guère s’aventurer sans avoir la sécurité que peut donner un contrat passé avec l’autorité publique. En 1896, alors que la Suisse, avec 3 millions d’habitants et 41000 km- de superficie, avait en service des distributions d’énergie électrique d’une puissance totale de 80000 chevaux, la France avec 37 millions d’habitants et 528 000 km2 de superficie, ne pouvait encore mettre en ligne, pour ses distributions d’énergie électrique, qu’une puissance de 60 000 chevaux. La seule entreprise très importante qui ait été fondée en France est celle dont une loi du 9 juillet 1892 a déclaré Futilité publique, pour distribuer par l’électricité, dans la région lyonnaise, une force de 12000 chevaux, produite par une chute d’eau dérivée du Rhône. La plupart des autres distributions d’électricité ont simplement pour objet l’éclairage municipal en vertu de concessions données à cet effet par les communes dans les formes prévues par la loi municipale du 5 avril 1894; très accessoirement l’énergie électrique y est employée pour quelques usages industriels restreints. Toutefois nous voyons la Compagnie électrique de la Loire distribuer 900 chevaux à plus de 30 villages dans les environs de Saint-Etienne, au moyen d’un réseau dont le développement atteint 100 km, pour actionner les métiers à tisser installes dans le domicile même des ouvriers habitant la campagne ; mais cette Compagnie, qui n’a jusqu’à présent que des permissions de voirie, se trouve arrêtée dans son essor et par la précarité de ces permissions, et par les résistances qu’elle rencontre pour le développement de son réseau ; elle est en instance pour obtenir
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- une concession avec déclaration d’utilité publique. »
- Le législateur peut-il quelque chose pour modifier l’état d’infériorité dans lequel se trouvent en France les distributions d’énergie? C’est ce que M. Guillain examine et établit ensuite : « Dans l’état actuel de la législation, l’administration ne peut donner aux transports d’énergie, pour l’occupation des voies publiques, que des permissions de voirie toujours précaires et révocables; aucune autorité, sauf le pouvoir législatif, n’a qualité ni pour consentir un bail d’occupation, un acte de concession, qui donne à l’entrepreneur le minimum de sécurité nécessaire pour attirer les capitaux, ni pour lui imposer en échange de cette sécurité et du bénéfice de l’occupation des voies publiques, certaines obligations envers le public, soit quant au prix maximum de la fourniture d’énergie, soit quant aux autres conditions de cette fourniture. Encore moins est possible de donner aux ouvrages de transport et de distribution d’énergie, le caractère de travaux publics, le bénéfice de la déclaration d’utilité publique, si ce n’est par des lois d’espèce (comme celle du 8 juillet 1892 précitée) ; et d’ailleurs, en l’absence d’une loi organique sur la matière, les demandeurs se trouvent exposés k voir l’instruction de leurs projets indéfiniment retardée par les hésitations des diverses administrations qui ne savent comment résoudre les questions administratives si complexes que ces projets soulèvent. »
- La nécessité d’une législation nouvelle se trouvant ainsi démontrée, il reste à déterminer les points sur lesquels elle doit s’exercer et dans quel sens doivent être résolues les questions soulevées. C’est ce que montre l’examen des articles du projet.
- Examen du projet. — Suivons donc le rapporteur dans l’examen des divers articles reproduits dans leur ensemble dans une autre partie de ce numéro (p. 127).
- L’article -premier, en précisant que lé projet de loi est relatif aux entreprises ayant pour objet le transport de l'énergie en vue
- d'en faire la distribution au public au moyen ^'ouvrages fixes, écarte de son domaine et laisse simplement soumis aux règles de police, d’une part, les transports d’énergie installés au moyen d’ouvrages fixes par un particulier pour son usage personnel, d’autre part, les distributions d’énergie au public au moyen de véhicules circulant sur les voies publiques et contenant des réceptacles d’énergie accumulée (accumulateurs d’électricité, réservoirs de gaz comprimés, etc.). En même temps il fait entrer sous le régime de la loi nouvelle non seulement les distributions d’énergie par l’électricité, mais encore les distributions par conduites d’eau à haute pression ou d’air comprimé.
- L'article 2 prévoit dans quelles conditions peut être donnée l’autorisation de l’occupation de la voie publique. Comme actuellement, cette occupation par des ouvrages fixes établis au-dessous ou au-dessus du sol est subordonnée à une permission de voirie donnée par le préfet pour les voies nationales et départementales et pour la grande et moyenne vicinalité, même dans la traversée des villes et agglomérations, par le maire pour toutes les autres voies. L’innovation consiste en ce que la permission peut être subordonnée à une concession avec cahier des charges et tarif maximum.
- En donnant aux préfets et aux maires cette faculté, le projet de loi a voulu leur permettre de pouvoir imploser k l’entrepreneur, pour prix de l’avantage que lui procure l’emprunt des voies publiques, certaines obligations envers le public, ce qu’ils ne pouvaient faire jusqu’ici. Les arrêtés préfectoraux et municipaux portant permission de voirie déterminent en effet les conditions auxquelles les ouvrages k établir doivent satisfaire pour ne pas compromettre la conservation des chaussées, ni gêner la circulation ; ils fixent aussi, s’il y a lieu, les redevances fiscales à imposer au profit de l’État, du département et des communes ; mais ils ne peuvent aller au delà et l’autorité compétente commettrait un excès de pouvoir si elle insérait dans un arrêté de
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- cc genre des stipulations relatives soit aux tarifs à percevoir par l’entrepreneur, soit aux autres conditions des abonnements, ces tarifs et conditions ne pouvant résulter que d’un acte de concession.
- Dans le projet primitif du gouvernement, cette subordination de l’autorisation d’occupation des voies publiques à la concession, •était absolue ; toute entreprise de transport d’énergie devait d'abord être l’objet d’une concession. La commission d’examen, tout en reconnaissant qu’en règle générale une entreprise de ce genre doit être soumise aux obligations d’un cahier des charges avec tarif maximum, a pensé que cette subordination absolue pourrait empêcher le fonctionnement de bien des distributions utiles. 11 peut arriver en effet qu’un industriel dispose d’une chute d’eau d’une puissance plus grande que celle dont il a besoin dans son usine située •à quelque distance, et soit dès lors tenté de faire profiter les riverains des voies publiques qu’empruntent ses canalisations de l’excédent de puissance. Il peut aussi se faire qu’un industriel dont l’industrie exige un chômage prolongé [sucrerie, distillerie), soit disposé à .utiliser ses machines pour distribuer l’énergie électrique pendant la période de chômage aux fermes environnantes. Or dans l’un et l’autre cas l'obligation d’un cahier des charges pourrait avoir pour conséquence de faire renoncer l’industriel à faire profiter les riverains de l’énergie dont il dispose et viendrait ainsi à l’encontre du but du projet de loi.
- Mais si une certaine latitude est laissée aux maires pour la subordination de la permission de voirie à une concession, il y a lieu de craindre des abus et par suite il est nécessaire d’organiser un recours contre les décisions des autorités locales qui prétendraient imposer le régime des concessions à des entreprises de distribution d’énergie pour lesquelles le régime des permissions de voiries ne présenterait en fait aucun inconvénient sérieux. Tel est le but du second paragraphe de l’article 2, qui stipule que la décision prise par le maire peut être annulée, et
- la permission accordée par le préfet dans les conditions prévues par l'article 98 de la loi du 5 avril 1884, c’est-à-dire en cas de refus non justifié par l’intérêt général.
- L'article 3 fixe quelle sera l’autorité compétente pourdonnerlaconcession. Il indique que si la distribution publique ne dessert qu’une seule commune (ce qui n’exige pas que l’usine génératrice se trouve sur le territoire de cette commune), la concession sera donnée par le maire. Dans tous les autres cas elle sera donnée par l’État.
- Le second paragraphe fait allusion à l’existence de cahiers des charges types. Ces cahiers des charges seront arrêtés par le Conseil d’État. Chaque type ne devra contenir que les règles indispensables pour déterminer les conditions d’ordre public de la concession, pour empêcher autant que possible l’exploitant d’échapper à ses obligations envers le public, et aussi pour le protéger contre l’arbitraire de l’autorité concédante.
- La création de ces cahiers des charges types aura d’ailleurs le grand avantage de simplifier les formalités car, ainsi qu’il est dit dans l'article 4, il n’est pas besoin de recourir au Conseil d’État pour rendre définitif l’acte de concession s’il ne contient pas de dérogations aux cahiers des charges tjrpes. Il est simplement passé par le maire et approuvé par le préfet si la distribution ne dessert que le territoire d’une commune, par le préfet si elle ne dessert que le territoire d’un département, par le ministre des Travaux publics, assisté du ministre de l'Intérieur, si elle dessert plusieurs départements. Si au contraire l'acte de concession passé par le ministre, le préfet ou le maire comporte des dérogations ou modifications aux cahiers des charges types, il ne devient définitif qu'après avoir été approuvé par un décret délibéré en Conseil d’État.
- IC article S est des plus importants en ce qu’il permet d'accorder des permissions ou concessions concurrentes. Mais cette liberté de la concurrence ne serait pas sans inconvénients pour des entreprises exigeant des capitaux considérables ; aussi est-elle res-
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- treinte par le second alinéa de l’article d’après lequel l’autorité concédante peut s'interdire de donner des concessions ou des permissions de voirie pour des distributions de même nature, pendant une période ne pouvant excéder quinze ans à partir- de l'expiration du délai fixé pour le commencement de la mise en exploitation. Dans le projet du gouvernement le maximum de ce délai était fixé à dix ans ; c’est sur la demande de la Chambre syndicale des Industries électriques qu’elle l’a porté à quinze ans. Quant au paragraphe 3 de cet article, il a pour but d’empêcher l’État et les communes de se constituer abusivement des ressources budgétaires au détriment des concessionnaires, c’est-à-dire, en définitive, au détriment des abonnés des distributions d’énergie.
- Par Xarticle 6 le projet de loi permet de donner aux concessions de distribution d’énergie le caractère de travaux d’utilité publique par décret délibéré en Conseil d'Etat. C'est encore une nouvelle simplification de formalités qui ne peut qu’être utile au développement des distributions. Toutefois, il convient de remarquer que le pouvoir de déclaration d’utilité publique délégué au gouvernement est limité aux seuls ouvrages destinés au transport et à la distribution ; quant à l’établissement des ouvrages destinés à la production de l’énergie (barrages, canaux, usines hydrauliques ou à vapeur), l’utilité publique de ces travaux qui mettront généralement en jeu des intérêts très complexes, ne pourra être déclarée que par une loi spéciale. A ce propos le rapporteur exprime le vœu que le gouvernement mît à l’étude une loi organique donnant les moyens de conférer le caractère de travaux publics aux ouvrages nécessaires pour le captage de l’énergie des chutes d’eau, et qui, comme celle qui nous occupe, serait de la plus grande utilité pour développer les réseaux de distribution d’énergie.
- Les articles 7 et 8 indiquent les droits conférés aux entreprises de distribution d’énergie par la déclaration d’utilité publique, la
- procédure qu’elles doivent suivre pour les exercer, ainsi que les droits et obligations des propriétaires. On remarquera que dans l’article 7 il est fait explicitement mention du droit conféré aux entrepreneurs de faire passer des conducteurs d'énergie au-dessus des propriétés privées, à la condition qu'ils soient hors de portée, et de celui d’établir à demeure des canalisations souterraines ou des supports pour conducteurs aériens sur les terrains privés non bâtis qui ne sont pas fermés de murs ou autres clôtures équivalentes. C’est qu’en effet dans l’état actuel de la législation, la déclaration d’utilité publique, qui donne le droit d’expropriation, ne confère pas les droits indiqués ci-dessus, d’après un jugement du Tribunal des conflits relatif à l’appui des fils télégraphiques et téléphoniques sur les batiments privés. Il était donc nécessaire de mentionner explicitement ces droits qui auront pour effet de soustraire désormais les entrepreneurs de distribution à l’arbitraire des prétentions souvent exagérées des propriétaires. '
- Les articles g et 10 déterminent l’autorité compétente pour régler les indemnités. Si ces indemnités sont dues à raison des occupations et travaux préinis à l'article 7, soit à raison des occupations temporaires de terrains que le concessionnaire serait autorisé à pratiquer, ou des dommages quelconques causés par l'exécution d'ouvrages déclarés d'utilité publique, elles seront réglées par le. conseil de préfecture, sauf recours au Conseil d’État; si elles sont dues pour expropriations, elles seront réglées conformément à la loi du 3 mai 1841.
- Suivant l'article 11 ce sont des règlements d’administration publique, rendus sur le rapport des ministres des Travaux publics et de l’Intérieur, qui détermineront les formes des enquêtes et des instructions des projets, les mesures relatives à la police et à la sécurité de l’exploitation, les tarifs des redevances,
- Par les articles 12, i3 et 14 le projet de loi fixe les pénalités encourues par le con-
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- cessionnaire pour les infractions au cahier des charges susceptible de porter atteinte à l’intérêt public de la circulation et à la sécurité des personnes, et indique comment doivent être constatées ces infractions.
- Quant à Yarticle iS, il-contient une exception aux conditions édictées par l’article 7, qu’il importe de noter : « Toutefois, par dérogation au % 1 de l’article 7, les conducteurs aériens en contact avec les organes de prise de courant des véhicules, et leurs jonctions avec les conducteurs d'alimentation ne sont pas assujettis à être placés au-dessus des fenêtres les plus élevées des habitations. » On remarquera d’ailleurs que l’exception ne vise pas les conducteurs d’alimentation ou feeders, mais seulement les conducteurs secondaires qui établissent la communication entre ces feeders et les conducteurs de traction.
- Résumé. —Dans le résumé qui suit le commentaire des articles, le rapporteur s’exprime ainsi : « En résumé, le projet de loi assure aux entreprises de distribution publique d’énergie la sécurité qui résulte d’un acte de concession, c’est-à-dire d’un contrat conclu avec l’autorité publique, tout en leur permettant de fonctionner dans certains cas sous le régime plus libre, mais moins sûr, des simples permissions de voie précaires et révocables. Il organise virtuellement les entreprises concédées sous la forme de véritables services publics dont tous les habitants de leur ressort pourraient recueillir des avantages assurés. Il détermine les règles de compétence et les conditions d’ordre public relatives aux concessions. Il permet de conférer aux entreprises qui en sont jugées dignes le caractère de travaux publics. Par la déclaration d’utilité publique, il donne à ces entreprises les moyens d’assurer le service public, malgré les résistances des intérêts particuliers. Enfin il confère aux distributions d’énergie employées au service des chemins de fer, tramways et autres ouvrages publics les mêmes droits qu’aux distributions publiques.
- » Ces dispositions, nous en sommes con-
- vaincus, auront pour effet de donner à l’industrie nationale un nouvel instrument d’une grande puissance (‘j. »
- L’opinion qu’exprime le rapporteur dans ces dernières lignes est d’ailleurs partagée par les électriciens. A la vérité, quelques-uns trouvent que la durée maximum pendaftt laquelle l’autorité concédante peut s’interdire d’autoriser une entreprise concurrente est encore trop courte, bien que, comme il a été dit plus haut, la durée de dix ans proposée dans le projet primitif ait été portée à quinze ans par la Commission. Il est en effet à craindre que ce court délai ne permette pas aux grandes entreprises de pourvoir à leur amortissement et ne force l’autorité concédante à accepter des tarifs trop élevés aux dépens du principal intéressé, le public.
- Mais cette tendance du projet primitif et du projet de la Commission à ne restreindre la liberté de la concurrence que lorsque celle-ci est opposée à l’intérêt du plus grand nombre ne saurait, nous semble-t-il, déplaire aux électriciens. Ne porte-t-elle pas, en effet, en indiquant le souci du pouvoir législatif de faire disparaître tout ce qui pourrait ressembler à un monopole, une sérieuse atteinte à la jurisprudence adoptée par le Conseil d’État ? jurisprudence d’après laquelle toute concession de gaz est une concession de l’cclairage au sens le plus large du mot et en conséquence empêche toute concession ultérieure de l’éclairage par l’électricité.
- Et d’ailleurs la loi en projet nous paraît justement permettre aux concessionnaires de réseaux électriques de sortir de l’impasse où les a acculés de récentes décisions du Conseil d’État. Ne peut-on pas, en donnant au mot énergie son sens le plus large, ainsi que
- (') Le rapport qui vient d’être analyse est suivi d’annexes, dont le plus important est une note due à notre collaborateur M. Blondel. Dans cette note, l’auteur examine successivement le but, les procédés, l’état actuel, la valeur 'économique de l'avfcnir des transmissions électriques d’énergie. Fort bien documénté, ce travail est des plus intéressants; il a fourni les éléments d’un article qui paraîtra dans un de nos prochains numéros. (N. de la R.j
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- le fait le Conseil d’Etat pour le mot éclairage, démontrer que les réseaux électriques et les canalisations de gaz sont véritablement des systèmes de distribution d'énergie? Dès lors, par l’application de l’article 16 du projet de loi qui nous occupe, abrogeant toutes les dispositions de loi ou réglements contraires à la présente loi, les concessions gazières et les concessions électriques se trouveraient soumises à la même réglementation et la théorie admise par le Conseil d’État, si contraire aux intérêts généraux du public, serait du même coup renversée.
- Cette conséquence du projet de loi qui nous occupe paraît n’avoir pas échappé aux « gaziers ». Ce qui semble bien le démontrer c’est qu’un de leurs représentants les plus éminents publiait il y a quelques jours, dans une de nos principales Revues techniques, une chronique où ce projet et son rapporteur sont assez malmenés. Au rapporteur il reproche de s'être laissé prendre par la puissance des mots en pensant que « Futilité sociale des distributions d’énergie n’est pas moindre que leur utilité industrielle », et en évaluant à « io millions de chevaux la puissance totale des chutes d’eau qu’il serait facile d’aménager facilement en France ». Au projet lui-même il reproche d’organiser, sous la surveillance de l’État, au profit d’un nombre nécessairement restreint de concessionnaires, des monopoles à durée limitée, et d’imposer aux propriétaires des servitudes nouvelles, en conférant au concessionnaire le droit de fixer ou planter des supports sur les propriétés bâties ou non bâties.
- Ces critiques sont, pour les besoins de la cause sans doute, d’une exagération évidente. Peut-on dire en effet qu’un monopole d’une durée maximum de quinze ans soit bien dangereux? D’autre part, n’est-il pas certain que le droit conféré au concessionnaire d’élever un support au milieu d'un champ ne peut guère gêner son propriétaire, d’ailleurs dédommagé de cette gêne par une indemnité, et qu’il ne fait que faciliter une transaction entre le concessionnaire et le propriétaire en
- empêchant ce dernier d’avoir des prétentions exagérées? N’est-il pas certain aussi qu’à la campagne le concessionnaire préférera généralement établir un support sur un terrain nu que de le fixer sur un bâtiment, et d’ailleurs l’autorité concédante n’est-elle pas en mesure d’imposer cette condition? Il n’v a donc guère que pour les agglomérations urbaines qu’il y ait lieu de craindre les conséquences de l’autorisation de fixer des supports sur les habitations. Mais là, ou bien des considérations d’esthétique feront imposer une canalisation souterraine, ou bien des considérations d’économie feront adopter la canalisation aérienne et dans ce dernier cas le propriétaire est le premier à bénéficier de l’économie. II ne s’agit donc là, en somme, que de questions de détails, bien souvent déjà rencontrées et résolues dans les installations actuelles et dont le projet de loi ne fait que faciliter la solution. Enfin il convient de remarquer que cette servitude existe depuis la promulgation de la loi du 25 juillet 1885 sur les conducteurs téléphoniques et télégraphiques, et il faut bien reconnaître qu’elle a beaucoup moins d’inconvénients que bien d’autres servitudes foncières.
- La critique relative à l’évaluation à 10 millions de chevaux de la puissance des chutes d’eau facilement aménageables en France, est peut-être plus fondée. Il semble bien en effet que l’aménagement d’une bonne partie de ces chutes serait onéreuse aujourd’hui. Mais ne pourrait-on capter dans des conditions économiques que le tiers de cette puissance, que le résultat serait encore très appréciable, cette puissance captée représentant plus du double de celle qui est produite actuellement par les moteurs à vapeur pour les besoins des établissements industriels (chemins de fer et navigation exceptés) de toute la France.
- Quant à l’utilité sociale des distributions d’énergie, nous devons reconnaître qu’elle a etc quelquefois exagérée par les partisans de celles-ci; nous pensons cependant que dans certaines régions industrielles la dissémina-
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- tion de l’énergie dans les villages peut rendre de grands services sous ce rapport. Mais ce qui est curieux et mérite d’ètre signale' à ce sujet, c’est que pour démontrer l’inutilité des tentatives faites en vue de développer « l’atelier de famille et le travail en chambre », le chroniqueur insiste, avec chiffres à l’appui, sur la lenteur avec laquelle ont progressé, à Bruxelles, les installations -de petits moteurs à gaz. Cette lenteur dans l'extension de l’utilisation des moteurs à gaz de faible puissance dans une ville où le gaz est à io cm le mètre cube, ne nous paraît prouver qu'une seule chose : c’est qu’en raison des inconvénients de ces moteurs, bruit, odeur, difficulté relative de mise en marche et de l’exiguïté des appartements dans les grandes villes, le gaz ne convient pas pour la distribution de l’énergie à domicile. Et si l’on met en comparaison le développement qu’ont pris dans ces dernières années les petits moteurs électriques, bien que l’énergie ainsi produite soit au minimum quatre fois plus coûteuse que celle que donne un moteur à gaz alimenté par du gaz à io cm le mètre cube et que les
- réseaux électriques aient un développement bien moindre que les canalisations de gaz, on doit conclure que les gaziers ont de bien mauvais arguments. Nous ne retiendrons donc de cette digression que le fait que, sui-vanties gaziers eux-mêmes, une distribution de gaq est une distribution d'énergie.
- Mais alors pourquoi partir en guerre contre un projet de loi qui s’appliquant indistinctement à toute distribution d’énergie, confère aux gaziers aussi bien qu’aux électriciens des avantages incontestables et soumet les uns et les autres au même régime ? Les gaziers préféreraient-ils donc le régime actuel à I égalité résultant de l’adoption du projet de loi ?
- Les objections et critiques faites au projet de loi sur les distributions d’énergie n’ont donc pas l’importance que leurs auteurs voudraient leur attribuer et si la prochaine législature veut bien adopter ce projet, elle rendra un grand service, non seulement à l’industrie électrique, mais à l’industrie tout entière.
- J. Reyvaj..
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Wattmètre électrostatique Guye.
- M. C.-E. Guye a présenté récemment à la Société de physique de Genève un wattmètre électrostatique destiné à mesurer la puissance des courants de très haut voltage.
- Cet appareil d’une grande simplicité est construit sur le principe du wattmètre de M. Curie, dont le dispositif particulièrement symétrique atténue presque totalement l’influence des couples perturbateurs dont la présence a été constatée dans nombre d’électromètres et dont M. Gouy a si heureusement fait ressortir le rôle.
- Dans l’appareil présenté, les secteurs semi-circulaires sont disposés verticalement.
- Les secteurs fixes RB, séparés l’un de
- l’autre suivant un diamètre vertical, sont destinés à communiquer avec les bornes de l’appareil d’utilisation à très haut potentiel. Ils sont formés de quatre plaques métalliques BB traversées librement en mm... par des tiges filetées horizontales qui leur servent de support. Les secteurs sont maintenus rigides par les écrous m mobiles placées sur les supports filetés. Les secteurs BB peuvent donc aisément être éloignés l’un de l’autre grâce aux encoches v. En outre, ils peuvent être éloignés de l’aiguille par l’interposition de petits cylindres perforés, de hauteur variable, introduits sur les supports filetés.
- Ces cylindres ne peuvent être visibles sur la figure.
- En réglant ces distances on évite ainsi la
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- production de décharges disruptives, soit entre les secteurs de droite et de gauche, soit entre les secteurs et l’aiguille, et l’on obtient le maximum de puissance du couple électrostatique, compatible avec la distance explosive de l’expérience.
- L’aiguille est formée également de deux secteurs semi-circulaires en aluminium, séparés suivant un diamètre horizontal.
- Cessecteurssont rendus solidaires, quoique isolés électriquement, par une'monture légère en ébonite.
- La différence de potentiel entre ces deux secteurs n’est jamais très considérable ; aussi sont-ils plus rapproches et la petite monture d’ébonite constitue-t-elle un -isolement suffisant.
- Le secteur d’en haut porte à sa partie supé-rieureun index î se déplaçantdevantune échelle graduée; le secteurd’enbas une tige filetée mu-nied’un écrou mobile h. L’ensemble, convenablement équilibré est suspendu, comme le iicau d’une balance, sur deux couteaux en acier trempé reposant sur des coussinets en métal non magnétique. Par motif de clarté, les supports de l’aiguille ne sont pas représentés sur
- la figure. C’est par l’intermédiaire des. couteaux que chacun des secteurs de l’aiguille peut être mis en communication électrique j
- avec les extrémités d’une résistance sans self-induction.
- Le couple directeur est, dans cet appareil, dû à la pesanteur ; il est donc proportionnel au sinus de l’angle de déviation.
- On peut donc faire varier son moment et par conséquent la sensibilité de l’appareil, en relevant ou abaissant le centre de gravité du système par déplacement de l’écrou mobile h.
- L’amortissement peut être obtenu par un fil placé à la partie inférieure de l’aiguille et plongeant dans uneauge renfermant de l’acide sulfurique.
- .En résumé, le dispositif électrostatique de l’appareil est emprunté comme principe au wattmètre de M. Curie.
- Quant au mode de suspension de l’aiguille, c’est celui de la balance, employé déjà par plusieurs constructeurs particulièrementdans l’une des formes d’exécution du voltmètre électrostatique de lord Kelvin.
- L’emploi de ce mode de suspension a été dicté par sa simplicité et par le désir de supprimer l’emploi de la lunette et du miroir d’un maniement peu commode s’il s’agit de mesures n’exigeant pas une grande précision. Il a en outre l’avantage de permettre de faire varier aisément la sensibilité de l’instrument.
- Ce sont ces divers avantages ainsi que la grande simplicité de construction de cet appareil qui nous ont engagé à en donner ici une brève description.
- La fabrication électrolytique de la céruse.
- Dans un récent article, M. Sherard Cowper-Coi.es (M indique, après avoir rappelé le procédé hollandais et les inconvénients qu’il présente (a), différents procédés appliques ou
- f1) The F.lectrical Revient (London), n février 1898.
- (2) Voir à ce sujet l’article de M. J. Reyval sur la « Fabrication éiectrolytique de la céruse *, publié dans L’Éclairage Électrique du 5 octobre 1895. t. V, p. 24.
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- seulement proposés, qui utilisent l’électrolyse pour la fabrication de la céruse.
- L'un de ceux-ci a tout simplement pour but d’accélérer la carbonatation du plomb dans le procédé hollandais. Dans ce but le plomb est coulé en minces feuilles d’environ 6 m de long sur 4,5 m de large que l’on empile en les séparant par des plaques de charbon aggloméré. Les feuilles et les plaques sont mises en connexion au moyen de bandes d’étain. Les piles ainsi constituées sont soumises à l’action des vapeurs chaudes d’acide acétique, du gaz carbonique et de l’air atmosphérique comme dans le procédé hollandais ; l’action se trouve activée par l’effet électrolytique du courant résultant de la mise en communication des plaques de charbon et des feuilles de plomb, celles-ci fonctionnant comme électrodes négatives de la pile formée, et la durée de l’opération, qui est de dix a quinze semaines dans le procédé hollandais, est réduite à cinq semaines. Les feuilles de plomb recouvertes de céruse sont ensuite soumises à 1’ « épluchage » et au « battage », comme dans le procédé hollandais.
- P* Un autre procédé consiste à électrolyser une solution à 10 p. 100 d’azotate de sodium entre une anode de plomb et une cathode de cuivre, l’anode et la cathode étant séparées par une cloison poreuse. Il se forme de l’azotate de plomb dans le compartiment anodique et de la soude dans l’autre. Les deux solutions sont ensuite mélangées ; il y a régénération de l'azotate de sodium et précipitation d’hydrate de plomb ; cet hydrate est enfin converti en céruse par l’action d’une dissolution de carbonate de sodium et d’un courant de gaz carbonique (*).
- Un procédé semblable a été breveté par M. Browne. L’électrolyte est une solution d’azotate ou d’acétate alcalin placée dans une cuve non diaphragmée. Il y a encore formation d’un sel de plomb soluble à l’anode et
- (h C’est Je procédé A.-B. Brown décrit dans l’article précité de M. Reyval (H.-B.).
- de soude à la cathode, mais comme il n’y a pas de cloison séparatrice, ces deux corps réagissent l’un sur l’autre dans la cuve et donnent de l’hydrate de plomb qui se précipite. On recueille celui-ci et on le transforme en céruse, soit tout simplement en l’abandonnant à l’air, soit mieux, à l’aide d’un courant de gaz carbonique.
- Dans ces deux derniers procédés la céruse est obtenue en dehors de la cuve électrolytique par réaction chimique sur des corps produits clectrolytiquement. D’autres procédés permettent l’obtention continue de la céruse dans la cuve électrolytique elle-même. L’un consiste a électrolyser, avec une anode en plomb et une cathode en plomb ou en charbon, une dissolution d’un sel d’ammonium, dont l’acide peut former avec le plomb un selsoluble, additionné d’un carbonate alcalin ; en même temps que l’on effectue l’élec-trolyse on fait arriver dans la liqueur un courant de gaz carbonique. L’anode de plomb est dissoute et transformée en carbonate de plomb hydraté (céruse) qui se dépose; le sel d’ammonium et le carbonate alcalin se trouvent constamment régénérés (‘).
- Un autre, récemment breveté en Angleterre, consiste à décomposer par l’électrolyse une solution d’acétate d’ammonium, les anodes, en plomb, étant enfermées dans une enveloppe poreuse, de préférence en papier. En mélangeant le sel de plomb produit dans les compartiments anodiques avec la solution alcaline des compartiments cathodiques, et faisant passer un courant de gaz carbonique, on obtient un précipité de céruse (*).
- Enfin M. Cowper Coles indique un dernier procédé breveté en Allemagne et qui diffère des précédents en ce que l’électrolyte, au lieu d’être basique, est acide. Cet électrolyte est
- (*) Ce procédé, dont M. Cowper Coles n’indique pas l'inventeur, nous paraît être celui qui a été décrit dès 1890, dans la Lumière Électrique (t. XXXVI, p. 424 et XXXVII, p. 284) sous le nom de procédé Turner Bottome (H. B.).
- (2) M. Cowper Coles donnant ce procédé comme récemment breveté, nous rappellerons qu’il a été indiqué il y a 6 ou 7 ans par MM. Ferranti et Noad (La Lumière Electrique, t. XLVI, 378, 1892),
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- en effet formé de 300 cm3 d’acide azotique étendus de 2000 crm d’eau ; le sel de plomb obtenu est traité par un courant de gaz carbonique. L’avantage de ce procédé est que si le plomb des anodes contient de l’argent, cet argent se retrouve sur les cathodes (l).
- On voit donc que les procédés électrolytiques pour la fabrication de la céruse ne manquent pas. Quelle extension ont-ils prise et quelle est la valeur commerciale de la céruse obtenue ? Ce sont là deux questions intéressantes que malheureusement M. Cow-per Coles laisse sans réponse.
- Préparation d© quelques composés insolubles du du plomb et du cuivre ;
- Par Lükow.
- Aux renseignements fournis par M. Cow-per Coles, ajoutons quelques mots relatifs à des essais faits par Lükow sur la préparation électrolytique de la céruse, du peroxyde de plomb, du chromate de plomb, etc., et que signalait récemment notre confrère L'Electricien.
- M. Lükow préconise l’emploi de dissolutions électrolytiques étendues, ne renfermant que 1,5 à 2 p. 100 de leur poids de sels, ces sels étant au nombre de deux, Fanion de l’un pouvant donner avec le métal de l’anode un sel soluble. Si le composé que l’on veut préparer est un sel insoluble (céruse, chromate de plomb, par exemple), on prend environ 80 p. 100 du sel dont l’anion doit dissoudre l’anode et 20 p. 100 d’un sel devant réagir sur le sel formé par l’attaque de Fanode. Si l'on peut préparer des oxydes, la proportion du sel renfermant Fanion capable de dissoudre Fanode est au contraire très faible (0,5 à 5 p. 100 du mélange) ; le reste du mélange est un sel dont Fanion donne avec Fanode un sel difficilement soluble.
- Comme anode on emploie le métal entrant
- F) C’est le procédé décrit sous le nom de procédé Stevens dans La Lumière Électrique de 1892, t. XLV, p. 175 (H. B.).
- dans la combinaison que l’on veut préparer. Comme cathode, il est préférable de prendre également le même métal afin d’éviter la possibilité d’introduction d’impuretés dans l’électrolyte.
- M. Lükow recommande aussi l’emploi de faibles densités de courant.
- Pour la préparation de la céruse, AI. Lükow prend comme électrolyte une dissolution donnant une réaction faiblement alcaline renfermant 1,5 p. 100 de son poids d’un mélange de 80 parties de chlorate de sodium et de 20 parties de carbonate de sodium. L’anode est en plomb doux, la cathode en plomb durci. La densité de courant est de 0,5 ampère par dm2, la différence de potentiel entre les électrodes est de z volts. Un courant de gaz carbonique est envoyé dans l’électrolyte pendant le passage du courant.
- La préparation du chromate neutre et du chromate acide de plomb se fait de la même manière ; il suffit de remplacer le carbonate de sodium par du chromate neutre de sodium ou du chromate acide de sodium; le courant de gaz carbonique est supprimé. La densité de courant est la même ; la tension entre les bornes est de 1,8 volt pour la préparation du chromate neutre et de 1,5 volt pour celle du chromate acide.
- Pourpréparerleperoxydede plomb,AI. Lükow prend une dissolution légèrement acidulée par l’acide sulfurique renfermant 1,5p. 100 de son poids d’un mélange de 99,5 parties de sulfate de sodium et 0,5 partie de chlorate de sodium. La densité de courant est réduite à 0,2 amp. par dm3, la tension entre les bornes étant de 2,8 volts. Un courant d’air est insufflé dans l’électrolyte ; de temps en temps on ajoute de l’acide chromique.
- L’oxyde de cuivre, le carbonate basique et le phosphate basique de ce métal peuvent aussi se préparer d’une manière analogue. Dans les trois cas les anodes et les cathodes sont en cuivre, la densité de courant de, 0,5 ampère par dm2, la différence de potentiel entre les électrodes, de 2 volts. L’électrolyte est une dissolution à réaction faiblement
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- alcaline renfermant, dans le premier cas, 2 p. ioo de son poids d’un mélange de 95 parties de borate de sodium et 5 parties de chlorure de sodium; dans le second, 1,2 p. 100 de son poids d’un mélange de 20 parties de carbonate de sodium et 80 parties de chlorure ; dans le troisième, 1,5 p. 100 de son poids d’un mélange de 20 parties de phosphate et 80 parties de chlorate de sodium. En outre, pour la préparation de l’oxyde on fait passer dans l’électrolyte un courant d’air, pour celle du carbonate on fait passer du gaz carbonique et pour celle du phosphate on ajoute de temps en temps de l’acidc phosphorique. H. B.
- Influence des vibrations extérieures
- sur les compteurs d’énergie Elihu Thomson ;
- Par O’Keenan (!)
- Lorsqu’on étudie la marche d’un compteur, on peut, pour représenter graphiquement ses indications, porter en abscisses les watts légaux et en ordonnées les watts indiqués (4).
- La ligne que l’on obtient est très sensiblement une droite
- r= A + Bx
- c’est ce que l’on appelle la caractéristique du compteur.
- Cette représentation graphique est très avantageuse pour étudier l’influence des vibrations extérieures sur les indications. Les compteurs sont généralement fixés contre un mur qui est exposé aux vibrations de la rue, ces vibrations altèrent la marche du compteur surtout aux faibles régimes et peuvent même le faire marquer avide.
- Ces trépidations étant fort irrégulières, l’auteur, chef du laboratoire de la Compagnie parisienne de l’air comprimé, leur substitue les vibrations produites par un trembleur de
- {*) L’Industrie Électrique, n'J 147, p. 45, 10 février :89s. (2) L’Éclairage Électrique, t. XI, p. 45, 22 mai 1897.
- sonnerie, placé à distance suffisante pour n’avoir pas d’action magnétique sur lecomp-
- Dans ce cas, la caractéristique est encore une droite et de plus elle est parallèle à la
- caractéristique obtenue en l’absence de toute vibration. On a par exemple (iîg. 1)
- y, = a, + bx yi — at + bx
- Supposons que a, — — 7 watts corresponde au repos, le compteur ne commence à marquer que si la consommation absorbe plus de 7 watts. Si avec le trembleur as = 6 watts, le compteur marque à vide 6 watt-heures par heure. On constate que a augmente d’autant plus que les vibrations sont plus intenses. Dans le cas de trépidations irrégulières, la caractéristique se déplace entre les deux droites qui correspondent au repos et à la vibration maxima.
- On évite la marche à vide en resserrant les balais de façon que a soit assez négatif au repos pour ne pouvoir croître jusqu’à zéro. Ceci constitue une perte notable pour la compagnie productrice, surtout pour les compteurs de grande puissance, de grand calibre, car a est sensiblement proportionnel au calibre.
- Pour mettre le compteur à l’abri des trépidations et pouvoir aussi le régler assez exac-
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- tement tout en laissant a très faible, on le place sur des amortisseurs (fig. 2 et 3).
- Le compteur est écarté du mur et posé par quatre pieds de caoutchouc sur une console horizontale. Ces pieds sont formés par des cylindres de caoutchouc dont les extrémités sont vissées dans des manchons de laiton, fixés eux-mêmes par des vis, d’une part au compteur et d’autre part à la planchette. L’appareil .est ainsi très solidement maintenue.
- Voici le dispositif employé dans les expériences qui ont servi à déterminer les caractéristiques.
- Au lieu d’un wattmètre, on a utilisé deux galvanomètres a réflexion G et V à cause de leur plus grande sensibilité. Le schéma delà
- figure 4 représente la disposition des appareils.
- P est une batterie de quatre accumulateurs de 300 kg par élément; le courant avant d’ar-riverauxinducteurs du compteur C traverseun rhéostat de réglage D et une résistance étalonnée B, aux deux extrémités de laquelle sont placés en dérivation un galvanomètre G et une résistance r calculée de façon à lire les ampères directementsurl’échelle du galvanomètre.
- Pour avoir la différence de potentiel aux bornes du compteur, un deuxième galvanomètre V muni d’un shunt S est branché sur ces bornes. Unepetite batterie de 50 éléments de 3 kg donne une différence de potentiel constante. R est une résistance de plus de 100000 ohms de façon à lire les volts directement sur l’échelle du galvanomètre V.
- Les expériences ont montré que, sous l’influence de vibrations régulières, la caractéristique se déplace parallèlement à elle-même et qu’elle reste une ligne droite même lorsque la consommation est de l’ordre de 0,001 de la puissance maxima.
- Avec un compteur de 25 ampères sous 440 volts, on a constaté que l’effet des vibrations est presque 20 fois moindre lorsque le compteur est sur amortisseur, au lieu d’être suspendu comme d’habitude. • Ainsi en pratique on peut obtenir, grâce aux amortisseurs, le démarrage des gros compteurs au 0,005 du calibre; par exemple, un compteur de 25 ampères, 440 volts, peut enregistrer la consommation d’une lampe de 10 bougies sans marquer à vide.
- Un dernier avantage des amortisseurs, c’est que les compteurs demandent moins d’entretien, les pivots et les crapaudines s’usent peu et la tendance aux étincelles du collecteur sous l’influence des fortes trépidations est diminuée. G. G.
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- T. XV. - N° 16.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES ÉLECTRICIENS
- Séance du mercredi 6 avril 1898.
- M. Laffargue fait une communication sur les installations électriques en Allemagne, installations qu’il a eu l’occasion de visiter au cours du voyage d’études qu’il a fait l’an dernier avec M. Charles Bos.
- Les stations centrales sont très nombreuses. D’après une statistique établie en mars 1897, il y avait alors en exploitation en Allemagne :
- 30/] stations à courant continu d’une
- puissance totale de. . . 54 273 kw
- 26 » à courant alternatif d'une
- puissance totale de. . . 11269 »
- 16 » à courants polyphasés
- d’unepuissancetotalede. 7685 »
- 14 » à courants polyphasés et
- continus d'une puissance
- totale de............. 4 366 »
- 5 >» à courant alternatif et con-
- tinu d’une puissance totale de............... 607 »
- Soit, au total, 365 stations d’une puissance 78 200 kw.
- Sur ces stations,
- 133 ont une puissance inférieure à 100 kw;
- 92 »> comprise entre îoo et 500 kw ;
- '13 b » 500 et 1000 kw;
- 9 » supérieure à 1 000 kw;
- 6 » sur laquelle le conférencier
- n’a pu obtenir de données exactes.
- Les entreprises de traction électrique sont aussi très nombreuses. Au ier janvier 1898, l’Allemagne se plaçait en tête des nations européennes avec 56 résea,ux de tramways à traction électrique présentant un développement total de 957 km de voies et exigeant une puissance de 21 465 kw fournie en partie par des stations génératrices spéciales, en partie par les stations centrales dont il vient d’être question.
- Dans la plupart de ces stations, des travaux d’agrandissement considérables sont actuellement en cours d’exécution, de sorte que la puissance totale des installations sera bientôt plus grande que celle indiquée par les chiffres précédents.
- Les tableaux de distribution de ces stations, souvent installés avec luxe, sonttoujours bien aménagés.
- La canalisation des réseaux d’éclairage est formée de câbles sous plomb et armés des maisons Siemens et Halske ou Felten et Guilleaume; sous les trottoirs, ces câbles sont directement posés dans le sol ; pour la traversée des rues ils sont protégés par des tubes en fer, quelquefois par de simples canalisations en bois. Pour la traction, la canalisation est aérienne ; pour éviter les accidents pouvant résulter de la chute des fils télégraphiques et téléphoniques, également aériens, sur les conducteurs de traction, des câbles sont tendus au-dessus de ceux-ci, ce qui produit, surtout aux croisements de rues, un enchevêtrement des plus disgracieux.
- Les installations intérieures sont des plus défectueuses; des règlements très sévères ont bien été promulgués sur ce sujet, mais précisément à cause de leur trop grande sévérité ils ne sont jamais appliqués. C’est ainsi que le conférencier a pu voir des installations où les fils étaient simplement fixés directement aux murs, quelquefois au moyen de crochets en fer, où les plombs fusibles étaient remplacés par des tiges de cuivre, et où aucune précaution n’était prise pour assurer l’isolement des conducteurs posés sur les appareils à gaz.
- A la suite de ces généralités, M. Laffargue donne la description des principales stations qu’il a visitées : Francfort, Cologne, Dusseldorf, Hambourg, Berlin, Leipzig, Munich, Nuremberg, Strasbourg, description qu’il accompagne de nombreuses projections.
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- 16 Avril 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- La station municipale de Francfort comprend trois machines à vapeur horizontales, compound tandem de 750 chevaux et une machine du même système de 800 chevaux actionnant des alternateurs Brown-Boveri donnant du courant alternatif à 3 000 volts ; un cinquième groupe de 1 500 chevaux est en installation. L’énergie est vendue 5 centimes l’hectowatt-heure pour l’éclairage et 1,5 centime pour la force motrice. La fabrique d’accumulateurs Pollak emploie une partie du courant de la station centrale, après transformation en courant continu, pour la formation des accumulateurs. Une ligne de tramways à accumulateurs d’environ 4 km de longueur, est aussi alimentée par cette station. A Francfort, M. Laftargue a eu également l’occasion de visiter les établissements Hartmann et Braun où les diverses machines-outils sont actionnées par l'électricité.
- La station de Cologne, fort bien installée, comprend quatre groupes de 600 chevaux; elle alimente, outre le réseau d’éclairage, un réseau de tramway.
- La station de Dusseldorf située à 3 km du centre de la ville, contient trois groupes de 400 chevaux donnant du courant continu à 400 volts ; trois sous-stations à accumulateurs alimentent le réseau ; le rendement en énergie de ces accumulateurs atteint 75 p. 100.
- L’usine de Hambourg, très importante, contient six groupes de 120 chevaux, dont deux fournissent du courant continu à 300 volts, les quatre autres du courant à 600 volts. En ville se trouvent trois sous-stations d’accumulateurs. La traction électrique est très développée; la puissance produite dans ce but est de 3 000 kilowatts.
- A Berlin se trouvent quatre stations génératrices et une sous-station à accumulateurs, appartenant à la Société des usines d’électricité de Berlin. La principale est celle de la Mauerstrasse, contenant huit groupes d’une puissance totale de 9 600 chevaux. Pour l’éclairage de la banlieue, l’Allgemeine Elek-tricitæt Gesellschaft a récemment installé une nouvelle station également très importante. La traction électrique est très développée. Enfin c’est à Berlin que se trouvent les importants ateliers de construction de l’All-gemeine Elektricitæt Gesellschaft et de Siemens et Halske.
- La station de Leipzig fournit, outre l’éclairage, l’énergie nécessaire à un réseau de tramways desservi par 185 voitures.
- La ville de Munich possède actuellement deux stations centrales ; une troisième, d’une puissance de 21 000 chevaux, pour l’éclairage, la traction et la production de la force motrice, est en projet.
- A Nuremberg, la station génératrice comprend quatre alternateurs ; elle alimente le réseau de traction; dans cette ville sc trouvent les ateliers Schuckert.
- La station de Strasbourg est aussi une station mixte pour l’éclairage et la traction.
- Après cette description, M. Laffargue donne quelques renseignements sur le prix de vente de l’énergie par les stations allemandes. Le prix moyen, pour l’éclairage est de 8 à 10 cm l’hectowatt-heure avec des rabais de 40 à 50 p. 100; pour les applications mécaniques il est de 3 à 4 centimes l’hectowatt-heure. Voici d’ailleurs ces prix en francs pour les diverses stations dont il vient d’être ques-
- FORCE MOTRICE
- 1,0246, rabais 5 à 25 p. 100 >,o3°8i » 10 à 25 P- 100
- >,024 à débattre.
- Francfort. . Cologne . . Dusseldorf . Hambourg .
- Leipzig. . . Munich. . . Nuremberg. Strasbourg.
- 1 8 p. 100 jusqu’à 25 p.
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- T. XV. — Nu 16.
- Quant aux prix de revient du kilowattheure ils sont :
- 0,305 fï à Francfort, intérêts et tous frais payés ;
- 0,192 fr à Cologne et 0,126 fr à Dusseldorf, intérêts et amortissement non compris.
- A Berlin le cheval-heure livré ne reviendrait qu’à 2 centimes environ.
- Dans les stations dont il vient d’être question le charbon coûte de 12 à 18 fr la tonne ; quant aux salaires, ils sont à peu près les mêmes qu’en France.
- Absorption dos ondes électriques par les électrolytes ;
- Par A. ElCHENWALD (*).
- L’excitateur, du genre de l’excitateur de Lecher, est formé soit d’un rectangle de fil de laiton (grand appareil), soir d’un cercle (petit appareil), interrompus en deux points symétriquement placés. L’une des interruptions est l’intervalle explosif, garni de boules dans le grand appareil; dans l'autre viennent se terminer les fils secondaires. Le grand excitateur porte a ses extrémitésdeux disques parallèles, entre lesquels aboutissent ces fils, tandis que dans le petit excitateur, les fils primaires sont repliés et se trouvent paral-lèles'sur une certaine longueur aux fils secondaires (fig. 1 et 2).
- Cette construction a pour but de réaliser les conditions signalées par M. Wien comme les plus propres à obtenir des ondes nettes : à savoir une connexion entre les deux systèmes qui ne soit pas trop étroite.
- (]) Wied. Ann , t. LXII, p. 521-587, n° 12, 1897.
- La longueur de l’étincelle primaire est fixée une fois pour toutes et ne peut être changée qu’en déplaçant les tiges de verre mastiquées à la cire qui servent de support. Les fils venant de la bobine d’induction sont soudés aux boules de l’intervalle explosif.
- Les fils secondaires se terminent directement dans le bolomètre. Il est nécessaire alors que les fils soient assez, longs pourqu’un train d’ondes se soit complètement amorti avant qu’un autre ne parvienne au bolomètre; ils avaient 110 m pour le grand excitateur, 25 m pour le petit.
- En déplaçant un pont Bl; on construit la courbe de résonance comme l’a indiqué Bjerknes et on soude le pont Bt sur les fils dans la position correspondant à la résonance ; puis on détermine les nœuds à l’aide d’un second pont B2.
- Ces nœuds doivent être équidistants: si cette condition est vérifiée, la courbe de Bjerknes fait connaître le décrément logarithmique des circuits primaire et secondaire.
- Cela fait, on coupe les (ils à une longueur convenable, on leur suspend un poids, et on les fait tomber verticalement dans un vase plein d’eau, jusqu’à ce que le nœud B2 se trouve à la surface de l’eau. Puis on ajoute à l’eau la dissolution saline jusqu’à ce que les ondes n’éprouvent plus de réflexion sensible : on peut ainsi construire la courbe d’absorp-
- Les effets de résonance influent seulement sur la sensibilité du bolomètre, non sur les mesures, car il ne se produit dans le liquide aucune onde stationnaire, mais des ondes passagères.
- Le changement de phase par réflexion varie peu avec le pouvoir absorbant et il n’y avait pas lieu d’en tenir compte.
- La figure 3 représente la disposition de l’expérience.
- Le bolomètre construit comme celui de Paalzow et Rubens, avec des fils de fer de 0,025 mm, est traversé par un courant de 0,1 ampère. Le galvanomètre est un gai-
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- vanomètre Du Bois et Rubens, a équipage léger.
- Pour éviter les perturbations, l’auteur a
- trouvé nécessaire d’entourer le bolomètre et tous les fils de communication de gaines métalliques.
- Théorie. — D’après Maxwell, la propagation d’une onde dans un milieu conducteur est représentée par l’équation différentielle,
- à2X_ 4 w dX _ ô*X
- dt'2 + z <jf “ dp [1-
- dans laquelle V = , t représente la
- conductibilité du milieu en unités électromagnétiques, s le pouvoir inducteur, ;j. la perméabilité magnétique, Xle vecteur magnétique ou électrique normal à l’axe des p
- Les constantes e, p, <r sont, dans la théorie de Maxwell, les seules constantes électromagnétiques du milieu ; a- et p peuvent se mesurer au moyen de phénomènes stationnaires. Pour déterminer s dans les conducteurs, il faut considérer un état variable et les variations doivent être d’autant plus rapides que —-— est plus petit.
- Une intégrale de réquation (i) est de la forme :
- X=A e~P',
- ^ sin [ni— j«p.
- grale représente une vibration dont la période est et le décrément logarithmique 2 -se propageant sous forme ondulatoire le long de l’axe des \ vers les % positifs; la longueur d’onde dans le conducteur est .
- Dans les expériences présentes, l’amortissement étant négligeable, on prendra k = o; il viendra alors
- Les propriétés de ces fonctions dépendent principalement de la valeur de
- Si q est un petit nombre, on a approximativement
- Si au contraire q est un grand nombre,
- Dans le premier cas, la longueur d’onde estpresque indépendante de o- ; dans le second la longueur d’onde et le pouvoir absorbant sont presque indépendants de s. De plus, comme on a respectivement dans ces deux cas, -L — -L et c’est dans le premier
- cas limite seulement que la vibration parcourt sans affaiblissement notable plusieurs longueurs d’onde.
- Les mesures bolométriques sont fonction de l’intégrale
- X2dt—Be~in
- Les constantes A, k, n sont arbitraires, mais p et m doivent être choisis de manière que l’équation (1) soit satisfaite. Cette inté-
- ct déterminent en premier lieu p.
- Résultats. — Les expériences ont été effec-
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- tuées sur des solutions de chlorure de sodium et d’acide sulfurique avec des ondes de 550cm et sur le chlorure de sodium aussi avec des ondes de 100 cm. Les écarts entre les nombres trouvés et les nombres théoriques ne dépassent pas 4 à 5 p. 100.
- La conductibilité des électrolytes est donc la meme, comme on l’a supposé pour établir la formule qui donne p pour les courants constants et pour les oscillations rapides : en meme temps la théorie de Maxvcll est vérifiée.
- M. L.
- Propriétés électrostatiques des rayons cathodiques ;
- Par P. Lenard (').
- M. Perrin a démontré que les rayons cathodiques sont constitués par des particules électrisées négativement.
- M, Lenard, d’abord réfractaire à cette idée, a voulu vérifier cette explication ainsi que quelques-unes de ses conséquences.
- Il s’est servi, comme source de rayons, du tube qu'il avait employé dans scs premières expériences et qui laisse sortir les rayons par une fenêtre d’aluminium, ayant une épaisseur de 0,003 mm et un diamètre de 1,7 mm. Au sortir du tube les rayons pénètrent dans un second tube, où le vide a été poussé aux dernières limites et dont une partie est maintenue à— 20°. Dans ce tube la pression de l’air et aussi bien celle de la vapeur de mercure ne dépassent pas2.io_8atm. Les rayons passent à travers deux ouvertures pratiquées dans deux diaphragmes métalliques reliés au sol, pénètrent ensuite par une petite ouverture dans un cylindre métallique egalement relié au sol, se propagent dans la direction de l’axe de ce cylindre et viennent rencontrer un disque collecteur en aluminium, isolé dans l’intérieur du cylindre ; ce collecteur doit être mis en communication avec un électroscope ou un électromctre. Tout ce second tube est en-
- touré par une cage métallique reliée au sol. Les dimensions de l’appareil sont les suivantes :
- Distance des diaphragmes à la fenêtre : 30 et 60 mm.
- Diamètre des ouvertures : 4,5 mm.
- Distance de la paroi antérieure du cylindre à la fenêtre : 8 cm.
- Longueur du cylindre : 13 cm; diamètre : 3 cm.
- Diamètre de l’ouverture dans sa base antérieure : 4 mm.
- Aussitôt que les rayons cathodiques arrivent sur le collecteur, celui-ci se charge : cette charge est toujours négative et ne fait jamais défaut. Par conséquent ces rayons transportent des charges à travers une paroi métallique reliée au sol et a travers un espace auquel par aucun autre moyen on ne peut communiquer de charge. Comme le collecteur n’occupe que la moitié environ de la section du cylindre, une partie des rayons tombe sur la base postérieure de celui-ci, sur lequel en effet on peut recueillir une charge à peu près égale à celle du collecteur, quand on sépare la base du reste du cylindre, et qu’on la relie au sol; on peut aussi recueillir simultanément ces deux charges.
- La charge se trouve seulement dans l’espace occupé par le faisceau. Si, au moyen d’un aimant, on dévie le faisceau de manière à le faire arriver sur la paroi intérieure du cylindre, le collecteur ne prend plus qu’une charge insignifiante, due aux rayons qui lui parviennent par diffusion. Il estàremarquerque, dans aucun cas, on n’observe de charge positive sur les corps placés dans le tube d’observation.
- Dans les expériences ultérieures, le tube d’observation renfermait un condensateur à plaques rectangulaires, de 4,05 cm sur 1,62 et distantes de 2,35 cm. Outre les deux diaphragmes existant déjà, le faisceau entraverse encore un autre, qui est formé par la paroi antérieure du cylindre, dont le reste est supprimé. Le condensateur ne prend aucune charge (ou n’en perd aucune s’il est chargé
- (1) Wied. Ann., t. LXIV,’p. 253-260,fév. 1898.
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- à l’avance) quand les rayons le traversent parallèlement aux lignes de force.
- Si les rayons sont conduits entre les armatures du condensateur, ils poursuivent leur chemin en ligne droite, tant que celui-ci n’est pas chargé. Si on charge le condensateur en reliant une des armatures à la cage qui entoure tout l’appareil et l’autre à une machine électrique placée dans cette cage, le faisceau s’incurve, en présentant toujours sa concavité à l’armature positive. La tache fluorescente qui marque l’extrémité du faisceau sur le fond du tube conserve une position fixe tant que la charge du condensateur demeure invariable, mais elle s’éloigne ou se rapproche de l’armature positive suivant qu’on diminue ou qu’on augmente la charge.
- Cette déviation électrostatique est telle que le produit du champ F par la distance ni de la tache fluorescente au milieu du condensateur est constant, comme l’indique le calcul effectué en appliquant les lois de l’électrody-namique, relatives aux niasses électriques en mouvement.
- On trouve de même que dans le cas de la déviation dans un champ magnétique, d’intensité H, le produit m H est constant, conformément à la même théorie.
- Les valeurs de ces produits sont respectivement :
- mîF = v2 -dn —
- v étant la vitesse avec laquelle des particules de densité matérielle y, possédant des charges électriques de densité cubique £, traversent un champ électrique ou magnétique sur une longueur 5 ; c’est le déplacement latéral qu’ils subissent.
- De ces deux équations, on peut déduire v et puisque l’expérience fait connaître les autres facteurs.
- Pour les rayons produits dans son tube par des différences de potentiel répondant à une distance explosive de 2.8, 3,2, 3,6 cm, Lenard a trouvé *
- DIST. EXPLOSIVE ----- V.
- cm. cnrfgr“T cm sec”1.
- 2,8 6,49.106 0,67.IO10
- 3,2 6,32 » 0.70 ».
- 3,6 6,36 » o,Si »
- Ces résultats ne permettent de rien conclure sur la masse électrique transportée par les rayons cathodiques.
- En ce qui concerne la vitesse trouvée, elle ne s’écarte pas sensiblement du tiers de la lumière.
- Ce serait la vitesse de propagation des rayons cathodiques, si la constitution qui leur est attribuée ici est réelle et s’il est légitime d’appliquer comme nous l’avons fait les lois de l’électrodynamique aux masses conductrices en mouvement. Les expériences faites jusqu’à présent ne sont nullement en contradiction avec ces résultats.
- Si les rayons cathodiques sont formés par de l’électricité négative en mouvement, ils ne peuvent s’en séparer. Un diélectrique solide traversé par ces rayons doit donc être en même temps traversé par un courant d’électricité négative. C’est en effet ce que M. Lenard a vérifié sur un condensateur avec lame de gomme laque. Celle-ci isole parfaitement; mais si elle est exposée aux rayons cathodiques, le condensateur perd rapidement une charge positive qu’on lui a communiquée, tandis qu’au contraire il prend une charge négative qui augmente indéfiniment.
- M. L.
- Action électrique des rayons cathodiques sur l’air atmosphérique ;
- Par A. Lenard (*)•
- Les rayons cathodiques possèdent comme les rayons de Rœntgen la propriété de rendre conducteur l’air qu’ils traversent et d’y provoquer la formation d’un brouillard.
- Un disque isolé, communiquant avec un
- (i) Wkd. Ann., t. LVIV, 279-289, 1898.
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- électroscope d’Exner, est placé devant la fenêtre d’aluminium d’un tube de Lenard, dans le tube à observation. Ce disque se décharge aussitôt qu’il est frappé par les rayons cathodiques, quel que soit le signe de la charge. L’effet est sensible encore à une distance assez grande pour que les rayons cathodiques n’excitent plus la fluorescence : celle-ci cesse à 8 cm environ de la fenêtre, tandis que la décharge se produit encore à 30 cm. Il semble peu probable qu’elle soit due aux rayons cathodiques qui parviendraient jusque-là; en réalité c’est l’air voisin de la fenêtre, traversé par les rayons cathodiques, qui transmet l’action. On la supprime en effet quand on empêche l’air voisin de la fenêtre d’arriver jusqu’au conducteur. Cette action des rayons cathodiques est beaucoup plus énergique que celle des rayons de Rœntgen, comme on le constate en comparant deux faisceaux qui provoquent la même fluorescence sur un écran au platinocyanure de baryum
- Un premier moyen d’empêcher l’accès de l’air est d’enfermer l’électroscope et le conducteur électrisé dans une enveloppe impénétrable à l’air, une boîte en zinc, par exemple. Au bouton de l’électroscope, on fixe un fil d’aluminium, qui longe horizontalement la paroi la plus rapprochée de la fenêtre d’aluminium, et se relève ensuite verticalement : c’est l’extrémité de cette portion verticale qui doit être irradiée.
- Dans ce but, la paroi est percée d’une ouverture de tel diamètre que le faisceau qui l’a traversée atteigne justement l’extrémité du fil, sans arriver jusqu’à l’électroscope. Quand cette ouverture est libre, le fil et l’électroscope se déchargent de + 200 volts à o volt, sous l’action des rayons produits par une seule décharge dans le tube de Lenard. Toute action disparaît quand l’ouverture est recouverte d’une lame de verre épaisse de 1,5 mm ou d’une feuille de zinc de 0,4 mm ; une feuille de carton de 1 mm affaiblit seulement l’action ; l’électroscope se décharge encore avec le temps. Si on met sur l’ouver-
- ture une feuille d’aluminium comme celle de la fenêtre (0,003 mm. d’épaisseur), c’est-à-dire très perméable aux rayons cathodiques, la décharge se produit rapidement, tant que le fil est à une distance de la fenêtre inférieure à 4 cm, et cesse brusquement.
- Or cette distance est précisément celle à laquelle s’arrêtent les rayons cathodiques, comme on peut s’en assurer avec un écran de papier imbibé de pentadécylparatolylcétone qui est sensible aux rayons cathodiques, sans l’être aux rayons de Rœntgen, et surtout sensible aux rayons fortement déviés par l’aimant. C’est donc à ces derniers qu’il faut attribuer la propriété de décharger l’électroscope.
- Pour écarter l’air irradié du conducteur, on peut aussi lancer un fort courant d’air, passant devant l’électroscope et le fil et dirigé vers la fenêtre du tube de Lenard. Dans ce cas l’électroscope est placé dans l’air libre en avant de la fenêtre.
- Quand le courant d’air n’existe pas, la décharge de l’électroscope a lieu comme précédemment ; si le courant d’air est lancé, la décharge ne se produit plus quand la distance du fil à la fenêtre dépasse 5 cm, ou du moins elle devient très lente.
- Le phénomène est le même, que la charge soit positive ou négative. Il s’explique comme le précédent, car avec récran fluorescent on constate encore que 5 cm est la distance extrême . à laquelle parviennent les rayons cathodiques.
- En interposant, l’air étant en repos, une lame de métal entre la fenêtre et le fil, on empêche naturellement la décharge ; mais cette décharge se produit lentement quand on enlève la lame avec précaution. L’air irradié conserve donc ses propriétés pendant quelque temps.
- 2. L’air traversé par les rayons cathodiques provoque aussi la formation du brouillard , comme on peut le démontrer en faisant passer ces rayons au travers d’un jet de vapeur. Jusqu’à une distance de 3 à 4 cm, l’effet est très marqué ; pour une distance de 5 cm,
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- il devient irrégulier, tantôt très intense, tantôt très faible ; plus loin, il est à peine appréciable, sauf par moments. Ici encore, 5 cm représentent la distance à laquelle les rayons cathodiques cessent d’être décelés par l’écran.
- L’air irradié conserve également pendant quelques instants ses propriétés condensantes. Les écrans empêchent ce phénomène
- comme le précédent. Les rayons de Rœntgen jouissent de la même propriété, mais à un degré bien moindre (*).
- M. Paulsen a rattaché la formation des aurores boréales aux phénomènes cathodiques, et démontré, sans connaître cette propriété, que les rayons des aurores boréales provoquaient la condensation de la vapeur d’eau atmosphérique. M. L.
- CHRONIQUE
- Projet de loi sur les distributions d’énergie. — Voici les articles de ce projet que propose, d’accord avec le Gouvernement, la Commission chargée de l'examen du projet primitif du Gouvernement:
- Article premier. — Les entreprises ayant pour objet le transport de l’énergie en vue d’en faire la distribution au public au moyen d’ouvrages fixes, sont soumises, pour leur établissement et leur fonctionnement, aux conditions de la présente loi.
- Art. 2. — L’autorité compétente pour autoriser l’occupation d'une voie publique par les ouvrages d’une distribution d'énergie, peut se refuser à une simple permission de voirie, et subordonner l'occupation à une concession avec cahier des charges et tarif maximum.
- La décision ainsi prise par le maire pour les voies publiques placées dans ses attributions peut être annulée, et la permission de voirie accordée par le Préfet dans les conditions prévues par l’art. 98 de la loi du 5 avril 1884.
- Art. 3. — La concession d’une distribution publique d’énergie est donnée, après enquête, par la commune si la distribution publique d’énergie ne dessert que son territoire, par L'État dans tous les autres cas.
- Toute concession est soumise aux clauses d’un cahier des charges conforme à l'un des types approuvés par décret délibéré en Conseil d’État, sauf les dérogations ou modifications qui seraient expressément formulées dans les conventions passées au sujet de ladite concession.
- Art. 4. — Lorsque la concession est de la compétence de l’État, l'acte de concession est passé définitivement par le préfet, si la distribution
- d’énergie ne dessert que le territoire du département, ou par le ministre des Travaux publics, après avis du ministre de l'Intérieur, si elle dessert plusieurs départements.
- Lorsque la concession est de la compétence de la commune,, l’acte de concession passé par le maire, en exécution d’une délibération du conseil municipal, est approuvé par le préfet.
- Toutefois, si l’acte de concession passé par le ministre, le préfet ou le maire, comporte des dérogations ou modifications au cahier des charges type, il ne devient définitif qu’après avoir été approuvé par un décret délibéré en Conseil d’État.
- Art. 5. — Aucune concession ne peut faire obstacle à ce qu’il soit accordé des permissions ou concessions concurrentes.
- Toutefois, au cas de déclaration d’utilité publique des travaux, l’autorité concédante peut s’interdire de donner des concessions ou des permissions de voirie pour des distributions de même nature, pendant une durée ne pouvant excéder quinze ans à partir de l’expiration du délai fixé pour le commencement de la mise en exploitation.
- L’acte de concession ne peut imposer au concessionnaire aucune charge pécuniaire autre que les redevances prévues à l’article 11, ni attribuer à l'État ou à la commune des avantages particuliers autres que les prix réduits d’abonnement qui seraient accordés aux services publics.
- Art. 6. — L’exécution des ouvrages destinés au transport et à la distribution de l’énergie peut être déclarée d’utilité publique, après enquête, par décret délibéré en Conseil d’État, sur le rapport
- (q Cf. Richabz, L'Éclairage Électrique, t, XI, p. 41.
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- des ministres des Travaux publics et de l’Intérieur.
- Art. 7. — La déclaration d’utilité publique d’un transport d'énergie confère au concessionnaire, dans les conditions spécifiées par les règlements d’administration publique prévus à l’article u et parle cahier des charges de la concession, le droit:
- i° D'établir à demeure des suppports pour conducteurs aeriens d’énergie, soit à l’extérieur des murs ou façades donnant sur la voie publique, de manière que les conducteurs soient toujours placés au-dessus des fenêtres les plus élevées et hors de la portée des habitants, soit sur les toits et terrasses des bâtiments, à la condition qu'on puisse y accéder par l’extérieur ;
- 2° De faire passer des conducteurs d’énergie au-dessus des propriétés privées, à la condition qu’ils soient hors de portée ;
- 3° D’établir à demeure des canalisations souterraines ou des supports pour conducteurs aériens sur les terrains privés non bâtis qui ne sont pas fermés de murs ou autres clôtures équivalentes.
- Art. 8. — L’exécution des travaux prévus à l'article 7 doit êtreprécédée d’une notification directe aux intéressés et d’une enquête spéciale dans chaque commune. Elle ne peut avoir lieu qu'après approbation des projets de détail du tracé par le préfet.
- Elle n’entraîne aucune dépossession. La pose d’appuis sur les murs ou façades ou sur les toits ou terrasses des bâtiments ne peut faire obstacle au droit du propriétaire de démolir, réparer ou surélever. La pose de canalisations ou de supports dans un terrain ouvert et non bâti ne fait pas non plus obstacle au droit du propriétaire de se clore ou de ba tir.
- Mais le propriétaire devra, un mois avant d'entreprendre les travaux de démolition, réparation, surélévation, clôture de bâtiments, prévenir le concessionnaire par lettre recommandée avec accusé de réception, adressée au domicile élu par ledit concessionnaire.
- Art. 9. — Les indemnités qui pourraient être dues soit à raison des occupations et travaux prévus à l'article 7, soit à raison des occupations temporaires de terrains que le concessionnaire serait autorisé à pratiquer par application de la loi du 29 décembre 1892, ou des dommages quelconques causés par l’exécution d’ouvrages déclarés d’utilité publique en vertu de la présente loi, sont réglées par le Conseil de préfecture, sauf recours au Conseil d’État.
- Art. 10. — Lorsque pour l'établissement des ouvrages déclarés d’utilité publique, il y a lieu à expropriation, elle est prononcée et les indemnités sont réglées conformément à la loi du 3 mai 1841.
- Art. 11. — Des règlements d’administration publique, rendus sur le rapport des ministres des Travaux publics et de l’Intérieur, détermine-
- i° La forme des enquêtes prévues aux articles 3, 6 et 8 ;
- 2,J Les formes de l’instruction des projets et de leur approbation par l’autorité concédante, sans préjudice, quand il s'agit d'énergie électrique, de l'approbation des projets par le ministre des Postes et des Télégraphes ou son délégué, au "point de vue de la protection des transmissions télégraphiques et téléphoniques, en vertu de l'article 5 de la loi du 25 juin 1893 ; les formes de l’homologation des tarifs par l'autorité concédante, etTor-ganisation du contrôle, dont les frais seront à la charge du concessionnaire ;
- 30 Les conditions générales et d’intérêt public auxquelles les ouvrages servant au transport ou à la distribution de l’énergie, soit en vertu de concessions, soit en vertu de simples permissions de voirie, devront satisfaire tant pour leur construction que pour leur fonctionnement :
- 40 Les mesures relatives à la police et à la sécurité de l’exploitation des transports et distributions d’énergie ;
- S° Les tarifs des redevances dues à l’Etat, aux départements et aux communes en raison de l’occupation du domaine public par les ouvrages des entreprises concédées ;
- 6° Et en général toutes les mesures nécessaires â l’exécution de la présente loi.
- Les règlements visés par les paragraphes y et 4" ci-dessus seront pris sur l’avis technique du Comité d’électricité institué par l’article 6 de la loi du a5 juin 1895.
- Art. 12. — Lorsque le concessionnaire d’une distribution d’énergie contreviendra aux clauses du cahier des charges ou aux décisions rendues en exécution de ces clauses, en ce qui concerne le service de la navigation ou des chemins de fer ou tramways, la viabilité des voies nationales, départementales ou communales, ouïe libre écoulement des eaux, procès-verbal sera dressé de la contravention par les.agents du service intéressé dûment assermentés.
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- Ces contraventions seront poursuivies et jugées comme eu matière de grande voirie et punies d’une amende de 16 à 300 francs, sans préjudice de la réparation du dommage causé.
- L'Administration pourra d’ailleurs prendreimmé-diatement toutes les mesures provisoires pour faire cesser le dommage comme il est procédé en matière de voirie. Les frais qu'entraînera l'exécution de ces mesures seront recouvrés contre le concessionnaire comme en matière de contributions directes.
- Art. 13. — Toute infraction aux dispositions édictées dans l’intérêt delà securité des personnes, soit par les règlements d’administration publique, soit par les arrêtés du ministre dcsTravaux publics ou des préfets, pris pour l'exécution desdits règlements, sera poursuivie devant les tribunaux correctionnels et punie d’une amende de 16 à 3000 francs, sans préjudice de l'application des pénalités prévues au Code pénal en cas d'accident résultant de l'infraction.
- Art. 14. — Les délits et contraventions pourront être constatés par des procès-verbaux dressés par les officiers de police judiciaire, les ingénieurs et agents des ponts et chaussées et des mines, les agents voyers, les agents municipaux chargés de la surveillance ou du contrôle, et les gardes particuliers du concessionnaire agréés par l’Administration et dûment assermentés.
- Ces procès-verbaux feront foi jusqu’à preuve du contraire.
- Ils seront visés pour timbre et enregistrés en
- Ceux qui auront été dressés par des gardes assermentés devront être affirmés dans les trois jours, à peine de nullité, devant le juge de paix ou le maire, soit du lieu du délit ou de la contravention, soit de la résidence de l’agent.
- Art. 15. — La déclaration d'utilité publique d’un chemin de fer, d’un tramway, d’une voie navigable ou en général d’un travail public, confère à l’Administration ou au concessionnaire, pour 1’ctablissement et le fonctionnement des conducteurs d’énergie employés à l’exploitation de ces ouvrages, les droits de passage et d’appui spécifiés aux articles 7. et 8 ci-dessus, avec application des dispositions des articles 9 et 10 et des dispositions spéciales édictées à cet effet par les règlements d’administration publique prévus à l'article 11, même dans le cas où l’énergie serait fournie à ces conducteurs par une usine privée ou
- par une entreprise de distribution publique d’énergie non déclarée d’utilité publique.
- Toutefois, par dérogation au paragraphe i° de l’article 7, les conducteurs aériens en contact avec les organes de prise de courant des véhicules, et leurs jonctions avec les conducteurs d’aLimen-tation ne sont pas assujettis à être placés au-dessus des fenêtres les plus élevées des habitations.
- Art. 16. — Sont abrogées toutes dispositions de lois ou règlements contraires à celles de la présente loi.
- La traction électrique aux États-Unis. —Il est intéressant de rechercher, dans une ville d’une population donnée, le nombre moyen de voyages faits par chaque habitant ; c’est ce que publie notre confrère américain le Street Raikaay Journal. Il examine le cas de plusieurs villes dont la population varie de 20 à 40 000 habitants et résume, dans le tableau suivant, les chiffres se rapportant à l’exercice 1896.
- Frie...........
- Harvisburg. . . Biughamton . . Youkcrs • . • Lancaster . . .
- Elmira.........
- Long Island City Altoona........
- Gloucester . . . Newburgh . . .
- Colsoes........
- Poughkcepsie. • Fitchburgh. . . Osuvego .... Kingston....
- York...........
- Chcster.........
- en 1800. transportés.
- 40 <)34 5 433 565
- 39 3SS <5 5o6 517
- 35ot>5 3 38if>52
- 32 033 2 062 0S5
- 320H 2703556
- 30 893 2 665 505
- 30506 7086017
- 30 337 3132518
- 25858 977 877
- 24651 2393956
- 23 087 I 640 000
- 22509 541667
- 22 207 I 829 022
- 22037 21,8723
- 2l 842 542 026
- 21 261 1527 387
- 20 793 H75 42I
- 20 226 4 485 282
- 165
- 96
- 64
- 232
- I03
- 3&
- 97
- 25
- 7i
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- Comme on le voit, ce ne sont pas les villes les plus peuplées qui donnent lieu à la moyenne de voyages la plus grande, puisque les moyennes les' plus fortes sont celles de Chcster et de Long Island City, dont les populations respectives ne sont que de 20226 et de 30 506 habitants. P. D.
- Automobile électrique sur la glace. — Après avoir remplacé les chevaux pour la traction des tramways et des voitures, l’électricité est sur le
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- point de faire concurrence aux rennes. Des essais, viennent en effet d’être exécutés par M. Charles Steffgest sur le lac Chevy Chase, prcs de Washington, dans le but de reconnaître s'il est possible d'utiliser l’électricité pour la traction sur la glace d'un véhicule tenant à la fois du traîneau et de la voiture.
- La plate-forme du véhicule est supportée par deux paires de roues porteuses de petit diamètre. Sur cette plate-forme sont placés la batterie d’accumulateurs et le moteur qui, par un train d’en-grenages réducteur, actionne une grande roue dentée. C’est cette roue qui, prenant un point d’appui sur la glace, contre la surface de laquelle elle est pressée par le poids du véhicule, fait avancer celui-ci.
- Le véhicule employé dans les essais n’avait que un mètre de longueur: muni d'un moteur de io chevaux, il put traîner une charge de près d’une tonne malgré une forte brise. Les essais ont montré qu'une légère couche de neige ne gênait pas la marche et M. Stefîgen pense qu'une couche de plusieurs pieds ne constituerait pas un obstacle bien inquiétant. Aussi a-t-il l’espoir que son véhicule rendra de grands services pour le transport des marchandises dans les régions septentrionales où les hivers sont rigoureux.
- L’éclissage des rails. — Bien des procédés ont été proposés pour réunir électriquement les rails sur les voies à traction électrique. Il faut obtenir une liaison ne s'altérant pas avec le temps et produisant une résistance aussi faible que possible.
- Le procédé le plus simple consiste évidemment à réunir les rails par des fils de cuivre que l’on introduit dans des trous cylindriques percés longitudinalement aux extrémités de chaque rail. On peut aussi effectuer la liaison au moyen d’un fil de cuivre appuyé sur les deux rails à relier, par des rondelles métalliques fixées à l'aide d'un boulon et d’un écrou.
- Le premier procédé, quoique très employé, laisse beaucoup à désirer. En pratique, en effet, les trous percés à l’avance ont la surface oxydée, et par suite il faut les retoucher au moment, ce qui provoque une déformation du trou déjà insuffisamment régulier. Il en résulte avec le fil de cuivre un contact partiel produisant une assez forte résistance, d’ailleurs la trépidation peut augmenter le jeu et l’on trouve parfois des joints sortis de leurs
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- Le deuxième procédé est appliqué dans l'éclisse ' Bryan. Celle-ci est composée dedeuxftls de cuivre \ serrés à chaque extrémité entre deux rondelles de j bronze qui viennent porter sur le rail fraîchement J nettoyé. Mais la résistance introduite par le bronze ] n'est pas négligeable. L'avantage de l'éclisse Bryan est sa flexibilité. I
- L’amalgame Edison, dont il a déjà été question , dans ce journal à propos du joint Edison-Brown 1 (t. IV, p. 398, 31 août 1893), permet d'assurer le , contact des éclisses avecles rails; il a déjà donné de | bons résultats, il produit en effet une diminution considérable de la résistance en accroissant la sur- | face de contact.
- M. Walter F. Harrington a mis ce fait en évi- I dence par de nombreux essais dont il communi- | quait récemment les résultats à la section élec- ; trique de l'Institut Franklin (Journal of the j Franklin histüule, t. XXIV, p. 34, 1898). Ces résultats sont résumés dans le tableau suivant, dont -I la première colonne de chiffres donne la résis- I tance R,enmicrohms desdivers éclissages essayés; | la seconde, le quotient Q, exprimé en centièmes, 1 de cette résistance à celle que présente un. joint ! éclissé mécaniquement mais non électriquement; | la troisième, l’intensité I, en ampères, du courant que Ton peut faire passer dausl'éclisse sans l'échauffer sensiblement ; les autres colonnes donnent quelques indications sur la nature de l'éclissage ; ajoutons que l’éclisse électrique désignée sous le nom de« Plastic Cork» (liège plastique), n'estautre que l’éclisse désignée souslcnom de joint Brown dans notre numéro du 31 août 189s, et que le mot. « amalgamé » indique que les surfaces de contact de l’éclisse ont été enduites de l’amalgame Edison.
- Ces chiffres montrent bien que dans tous les cas où il a été employé, l’amalgame Edison diminue la 1 résistance électrique des joints. Pour l’éclisse Columbia, du type à trous, la diminution n'est que de i/r8, soit environ 5 p. 100 de la valeur primitive; mais pour le joint Crown, du même type, elle est de 8/36, soit environ 24 p. 100, et elle atteint 13/24 ou 54 p. 100 pour l'éclisse Bryan.
- Si l'on examine les valeurs des résistances elles-mêmes des divers modes d’éclissage, on voit que I l'éclissage par tige de fer boulonnée (Iron Channel l Pin) ou par l’éclisse Bryan à tige de fer est à rejeter 1 à cause delà trop grande valeur de la résistance; que j l'éclisse Columbia est préférable à l’éclisse Crown, j surtout si l'on ne fait pas usage de l'amalgame [ Edison; que l'éclisse Edison Brown (à liège plas- |
- tique) est la meilleure; qu"enfin l’éclisse Bryan amalgamée est presque aussi bonne que cette dernière au point de vue de la conductibilité.
- Comme l'éclisse Bryan présente sur l’éclisse Edison Brown l’avantage d’être plus souple et celui d’être moins sensible à l’effet des trépidations, M. Harrington conclut en sa faveur.
- La propulsion des navires au moyen d’accumulateurs. — Dans notre numéro du 30 janvier 1897 (t. X, p. 238), nous signalions l’application à la propulsion des navires du procédé préconisé par M. Heilmannpourla traction des trains, c’ëst-à-dire la production de l'énergie au moyen de machines à vapeur et sa transmission aux organes moteurs à l'aide de l’électricité. Notre confrère américain The Electrical World fait ressortir, dans son numéro du 19 mars, les avantages que l’on retirerait de l’application de ce système aux bacs à hélice, qui sont nombreux à New-York, surtout en utilisant en même temps les accumulateurs.
- Par la nature même de leur service, les bacs à vapeur, les « ferry boats », utilisent fort mal l’énergie résultant de la combustion du'charbon dans les foyers de leurs chaudières ; la durée de la traversée est généralement très courte et les arrêts relativement longs ; en outre, chaudières et machines doivent avoir une grande puissance pour permettre d'obtenir une vitesse considérable que l’on ne peut d'ailleurs maintenir que pendant une fraction de la traversée. L’emploi de moteurs électriques alimentés pendant la marche à grande vitesse, partie par une dynamo, partie par une batterie d'accumulateurs qui serait chargée pendant que le bateau est arrêté, permettrait évidemment de restreindre la puissance des chaudières et des machines à vapeur et de faire fonctionner celles-ci constamment à pleinecharge, c'est-à-dire dans de bonnes conditions économiques. Ainsi, d’après notre confrère, un ferry boat de dimensions ordinaires qui effectue une traversée de 3 minutes suivie d'un arrêt de même durée, et qui exige une puissance de 1 300 chevaux pour assurer la marche à grande vitesse, pourrait n'avoir qu’une machine à vapeur de 730 chevaux actionnant une dynamo de 600 kilowatts, en y adjoignant une batterie d’accumulateurs de 1000 kilowatts-heure de capacité venant en aide à la dynamo pendant la marche à grande vitesse, pour actionner un moteur de i 200 kilowatts entraînant l'hélice.
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- A la vérité une partie de l'économie réalisée ainsi se trouverait absorbée par les pertes résultant des multiples transformations de l'énergie, et par le fait de l'amortissement d'un capital d'établissement plus considérable. Mais si faible que soit l’économie réalisée, elle serait encore sensible, et d’ailleurs le système présente d'autres avantages qui ne sont pas négligeables. En premier lieu, le pilote pourrait effectuer lui-même la commande du moteur sans avoir besoin de donner au mécanicien des ordres qui peuvent être mal interprétés, et qui, en tout cas, demandent un certain temps pour être exécutes. En second lieu il serait possible de disposer la machinerie de manière à éviter, ou tout au moins atténuer considérablement les vibrations, et par conséquent augmenter la durée du navire. Enfin le système se prêterait fort bien à l’emploi de moteurs à gaz, qui non seulement exigent moins de place, mais aussi consomment moins de charbon que les moteurs à vapeur, surtout que les moteurs employés sur les ferry boats, les machines à multiple expansion ne pouvant être économiquement employées dans ces bateaux, comme l’expérience l'a montré, à cause de l'intermittence de la marche et du temps relativement long qui est nécessaire pour amener les cylindres refroidis pendantles arrêts à une température convenable pour la marche régulière de ces moteurs.
- Préparation électrolytique du glucinium. —
- Découvèrt par Bussy et par Wohler, presque simultanément, en 1828, par l'action du potassium sur le chlorure, le glucinium est resté jusqu'à ce jour un métal assez rare, par suite des difficultés que présente encore sa préparation, malgré les nombreuses recherches dont celle-ci a été l’objet. Cependant, à cause de sa faible densité, environ 2, et de sa grande conductivité, presque égale à celle de l’argent, ce métal pourrait sans doute trouver des applications en électricité, si son prix était plus abordable {L Éclairage Électrique, t. VI, p. 528). Aussi de nouveaux essais ont-ils été tentés dans ces dernières années pour l’obtenir industriellement par voie électro-lytique.
- Borchers dit (Zeits. fur EWktrochcmie, 1895) l'avoir obtenu en faisant passer un courant de 5 volts et de 10 ampères par m2 d’électrode dans un chlorure triple de glucinium, de potassium et d’ammonium, mais il ne décrit pas le métal ainsi
- préparé . Warrin prétend ( ( Chemical News , t. LXXII, p. 330) le fabriquer industriellement en électrolysant le bromure au moyen d'un courant de 8 ampères sous 32 volts; le métal obtenu, transformé en objets d'art, serait actuellement entre les mains de l'émir d'Afghanistan ; Je bromure employé est vraisemblablement impur, car le bromure de glucinium pur ne condtiit pas le courant.
- M. Lebeau, qui, tout récemment, faisait connaître un mode de préparation au four électrique de bronzes de glucinium {LEclairage Electrique, t. XIV, p. 321), communiquait à la séance de l’Académie des sciences du 7 mars dernier, une méthode de préparation électrolytique permettant d’obtenir assez facilement du glucinium. Comme électrolytique il prend un des fluorures doubles de glucinium et de sodium, GF^aNaF ou GF2NaF obtenus soit en mélangeant les dissolutions concentrées des deux fluorures et faisant cristalliser, soit en dissolvant dans l'acide fluor-hydrique de l'hydrate de glucinium et du carbonate de sodium en proportions convenables. Le moins riche en sodium de ces deux fluorures doubles étant aussi le moins résistant est employé de préférence. On le fond dans un creuset de nickel au moyen d'un brûleur Bunsen, puis quand il est fondu on cesse de chauffer et l'on effectue l’élec-trolyse en prenant comme cathode le creuset lui-même et comme anode une baguette de charbon graphitique. On règle le courant de manière à ce que la température ne dépasse pas celle du rouge naissant; dans les expériences, ce courant était de 637 ampères sous 35 à 45 volts, la masse du fluorure double traitée étant de 100 gr. On obtient ainsi sur le creuset de nickel, surtout vers la région médiane, un dépôt métallique formé par un feutrage non adhérent que l’on isole en traitant la masse par l’eau bouillante. Après des lavages prolongés, la désagrégation devient complète et l’on obtient une poudre formée uniquement de cristaux assez irréguliers et qui est du glucinium pur, ne renfermant pas de nickel ni de fer.
- M. Lebeau a pu en outre obtenir des alliages de glucinium en opérant dans des creusets de charbon servant de pôle négatif et renfermant le métal à allier ; en particulier, il a pu reproduire ainsi les bronzes de glucinium qu’il avait auparavant obtenus au moyen du four électrique.
- Le Gérant : C. NAUD.
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- Tome XV.
- Samedi 23 Avril 1898
- >. — N‘ 17.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. —’H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l'École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- SUR LA MESURE DE LA DIFFÉRENCE DE PHASE
- ENTRE DEUX COURANTS ALTERNATIFS SINUSOÏDAUX,
- PAR LA MÉTHODE DE LISSAJOUS ET DES CHAMPS FERRARI S
- Étant donnés deux champs magnétiques alternatifs sinusoïdaux de même amplitude, mais différents en phase d’un angle y :
- y —A sin («f +o),
- on peut toujours obtenir un champ tournant circulaire en croisant leur direction d’un angle tel que cos $ soit égal à — cos <s, c’est-à-dire supplémentaire de <p. Le vecteur tournant constant qui représente la valeur du champ est alors: R—A sin o.
- Plus généralement, étant donnés deux champs sinusoïdaux de différentes amplitudes :
- x = A sincof y==B sin {^t + o),
- lorsque leurs directions font entre elles un angle ’| = arc cos (—cos<p), on obtient un champ tournant elliptique dont le grand axe de l’ellipse représentative coïncide en direction avec la composante a* ou / de plus grande amplitude.
- Si on veut transformer cette ellipse en un cercle, on doit prendre d’abord :
- et le champ elliptique, ayant alors pour vecteur
- f = V,(A"‘-B*)sm<»ï+B*sin1,» , devient circulaire si on fait ensuite A = B,
- par un moyen quelconque. La valeur du champ est encore R = Asin;p.
- On atteint ce but en déplaçant, le long de son axe, l’une des bobines produisant l’un des champs composants, ou bien l’une et l’autre, de manière à les réduire d’amplitudes équivalentes au centre d’intersection des deux champs; ou bien encore, en inclinant d’azimuts différents, sur le plan du champ tournant, les deux composantes mêmes, sans toucher à leur point d’application.
- Sur ce principe sont fondés l’appareil bien connu de M. Clémentitch d’Éngelmeyer, pour la mesure de la différence de phase entre deux courants alternatifs sinusoïdaux d’après la méthode de Lissajous, ainsi que les appareils de M. D. Korda, de M. Hess et de M. R. Arno, lesquels utilisent dans le même but les propriétés du champ Ferraris.
- Or, un défaut caractéristique de cette
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- méthode est que le réglage des deux amplitudes des champs alternatifs soit par la variation de la distance des bobines, soit par celle de leur inclinaison relativement au centre ou au plan du champ tournant, demande un temps plutôt long, et est un peu difficile à atteindre avec exactitude. En effet dans l’appareil de d’Engelmeyer-Lissajous, les deux bobines à courant alternatif à noyau de fer doux agissent sur un centre vibrant constitué par un bouton en fer doux porté à l’extrémité d’une tige élastique (comme dans le caléidophone de Wheatstone), et la force magnétique entre le noyau des bobines et le bouton de fer doux varie d’abord comme le carré des distances, puis comme le carré du courant, si le fer est loin de la saturation.
- Joignons à cela que les forces réactives du ressort entrent également en jeu et déforment de différentes manières l’image de la courbe de pulsation du champ tournant résultant.
- Une première modification essentielle que l’on peut effectuer, pour faciliter la régulation des amplitudes composantes, serait de faire agir les deux champs alternatifs composants sur un centre vibrant possédant une intense polarité propre constante, et cela nous conduit à appliquer une disposition approximativement oscillographi-que ('), correspondant à la suppression de toute espèce de ressorts vibrants.
- On peut encore plus avantageusement tirer parti des propriétés d’un faisceau de rayons cathodiques, en constituant le point vibrant par l’intersection de ces rayons avec un diaphragme fluorescent, disposé dans le plan du champ tournant, comme l’expérimenta récemment M. Braun (2), et le proposa M. Hess (3) en 1894. En ce cas, le mouvement du point lumineux suit, comme on le sait, synchroniquement les impulsions du champ, et il y a
- (p V. Suïla misura délié Differente difasenelle correnli alternative, par A.-G. Rossi. Padova, Draghi, 1897, p. 99, 118, r79-
- (2) L'Éclairage Électrique, t. XII, p. 13 1.
- (3Î La Lumière Electrique, t. LU, p. 91; Comptes rendus. CXIX, p. 57.
- lieu de croire que les amplitudes des vibrations se maintiennent simplement proportionnelles aux amplitudes du champ, condition essentiellement requise pour l’application qui nous occupe. Sur ce dernier point cependant, on aurait besoin d’un supplément de recherches, dans de larges limites, à l’égard des amplitudes du champ' et de Y intensité du faisceau cathodique, — étude expérimentale qui, à ma connaissance, n’existe pas encore.
- En admettant donc qu’on puisse obtenir, avec les rayons cathodiques ou autre chose, un centre vibrant qui réponde synchroniquement et avec assez de sensibilité aux impulsions du champ résultant, de manière à en rendre visibles toutes les variations, — je me suis proposé de rechercher s’il n’était pas possible d’obtenir un champ Ferrari s circulaire avec deux champs alternatifs sinusoïdaux quelconques donnés, c’est-à-dire déphasés de ’f et d’amplitudes A-et B différentes, agissant à la même distance du centre, avec l’unique condition expérimentale de pouvoir incliner les champs composants dans le même plan d'angles convenables.
- La solution de ce problème conduit, comme nous le verrons, à constituer un appareil qui permette, soit par la méthode Lissajous, soit en tirant parti de quelque propriété des champs Ferraris, de mesurer la différence de phase entre deux courants alternatifs sinusoïdaux y par une seule expérience.
- Remarquons d’abord que si deux champs alternatifs, selon OM et selon ON (fig. 1), et produits par les deux courants ci=AsinW
- 9 = Bsm(.u/+î), b)
- sont constitués chacun par une bobine de 271 tours, il est possible d’égaliser les amplitudes des deux champs au centre du champ résultant en dédoublant l’une des composantes, la plus grande A sin 0>t, c’est-à-dire en faisant agir deux bobines de n tours chacune sous un angle a tel que l’on ait :
- OM? = OM cos ~ = ON,
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- c’est-à-dire :
- A cos ~ — B.
- En général, nous pourrons de cette façon dédoubler les deux composantes du champ cha-
- cune en deux autres d’angles a et fi' et cela d’une infinité de manières, a' et fi' étant simplement assujettis à la condition :
- Si Ton amène ensuite les deux résultantes égales à faire entre elles un angle 4'? égal à? ou supplémentaire de», nous obtiendrons un champ tournant, constant.
- On peut, pour simplifier et sans rien changer à la généralité du système, supposerqu’après la décomposition de chaque champ alternatif deux des champs composants formés par des courants différents sont non seulement fixes, mais que les bobines qui les constituent coïncident.
- Les nombres de spires de chaque groupe de bobines formant un champ alternatif complet étant 2ti, le nombre de .spires de cette bobine commune sera également 2n, n tours étant parcourus par le courant c, avec l’amplitude A, et n tours par le courant c% avec l’amplitude B (fig. 2). L’ensemble fournit dans cette direction (—- y) une résultante égale à la somme vectorielle de c, et c2. Les deux autres bobines complémentaires, de n tours chacune, et parcourues l’une par le courant l’autre par le courant c2, seront disposées de
- façon à faire avec la direction (—y) de (C) deux angles a et fi tels (fig. 2) que l’on ait,
- Fig. 2.
- comme on l’a dit plus haut, pa = ?Bj c’est-à-dire 2 A cos ~ — 2 B cos .
- Les deux champs alternatifs de directions Pa. et pB seront donc bien encore d’égales amplitudes et différeront en phase d’un angle?; ils feront en eux un angle 4 et le champ tournant résultant deviendra constant si a et fi sont choisis de façon que l’angle 4 soit supplémentaire de ?.
- Il suffit simplement de prendre aussi a et fi tels que a-j- J3 = 2tc— 2?.
- Le traitement analytique de la question présente un certain intérêt et peut se faire dans toute sa généralité comme il suit ;
- Soit (fig. 3) la disposition schématique de notre appareil. Les deux courants donnés
- passent par deux bobines identiques M et N, soutenues par deux bras a et b que l’on peut mouvoir autour du centre O et dans le plan de l’écran fluorescent, dont le centre coïncide avec celui du champ, et où vient frapper un faisceau de rayons cathodiques projeté par derrière. Les deux courants traversent ensuite une bobine M' N' à deux enroulements de n
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- spireS chacune, enroulées-parallèlement et isolées l’une de l’autre. Les quatre bobines M, N, M', N; sont donc en tout point identi-
- ques entre elles et possèdent le même coefficient d’induction sur le centre.
- On voit la parfaite analogie de ce système avec celui qui généralement est en usage pour la mesure des différences de phase avec trois instruments. La spirale M fournit la mesure de l’amplitude A, la spirale N celle de l’amplitude B, et enfin la M'N' la mesure de la somme vectorielle
- c=V/A2 + Bi±2AB cos».
- AiBcosV
- !q double signe ± distingue les deux cas qu’on a selon que les spirales M' et N' agissent toutes ies deux dans le même sens, ou bien en sens contraire, à l’égard d’un même courant qui les traverserait toutes deux en série; pour simplifier l'écriture, nous appellerons toujours A, B, C les amplitudes des trois champs alternatifs au centre O du système (C — V A2 -f- B2 ± 2 AB cos <p) ; puisque A, B, C seront respectivement proportion-
- nelles aux champs, tant que, comme cela nous semble toujours préférable, les bobines ne contiennent pas de fer.
- Supposons C égale à la somme vectorielle de A et B ; c’est-à-dire, prenons dans l’expression de C le signe supérieur (+). Les deux bobines M'et N' sont alors enroulées dans le même sens, le même que celui des enroulements M et N, lorsque les bras qui supportent ces derniers viennent à se superposer, par rotation autour de O, sur c (M'N').
- Le cercle divisé sur le limbe DD donne la valeur des angles ^ et ^ que les alidades a et b font avec l’alidade fixe c. Le zéro est en -j- Y.
- Sur la figure 2 ou 3, prenons un système d’axes orthogonaux X, Y, en faisant coïncider — Y avec l’alidade c.
- Nous écrirons, pour plus de commodité, les courants c\ et et leur somme vectorielle c, de la manière suivante :
- «;=A-r—
- c. = Bsïn^+i c =csin(*t+ Ç),
- (2)
- C =v/Aa+ Rj +2 AB cos»,
- (2')
- Le système (2) équivaut évidemment au système (1), (Y).
- Projetons les trois amplitudes instantanées, qui sont celles mêmes des champs alternatifs à une constante près, sur les deux axes coordonnés, avec leurs signes relatifs^faisons la sommeX et Y des projections, composons ensuite orthogonalement X et Y, et exprimons finalement la ou les conditions pour que la résultante R = v/X2 + YiJ soit constante, ou indé-pendantedu temps. Le vecteur R représentera
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- alors la valeur d’un champ Ferraris circulaire, ce que nous cherchons. L’équation de condition pourra nous fournir la valeur de l’angle de la différence de phase a en fonction des angles ^ et 'h lus sur le cercle divisé.
- Les valeurs de X et Y sont :
- y = - C sin H + Q + A sin - -f) cos
- + Bsm^l + -2-)cos^.
- Et le carré de la résultante orthogonale Rs est :
- X* + y =A2sin2 (ut----Çj + B>sin2(«.l+ + C2 sin2 (ut + 0 +
- + sABsin(»* +-f ) sin (ut--f-jcosW, + « +
- - 2 ACsinj'-f---sin (ut + Ç)cos - 2 BC sin(ut + 3\ sin (ut + « cos =
- = A2 sin2 ut cos2 3 + A2 sin2 3. cos2 ut — 2 A2 sin -3 cos 3 sin ut cos ut + + B2sin2w£cos2 -\- B2 sin2 c cos2 ut -f- 2 B2 sin - cos 3 sin cosut + (B + A)2 sin2 ut cos2 F- + (B - A)2 sin2 3. cos2 at +
- 2 (B + A) (B - A) sin 3- cos 3-, + sin ut cos ut +
- + 2 AB cos (+, + « | sin2 ut cos2 3 - sin2 3 cos2 »;{ +
- — 2 A cos A, | (B + A) sin2 ut cos2 3 — (B - A) cos2 ut sin2 3 +
- + ((B - A) - (B + A)) sin-J- cos F-sincf cos ut j +
- - 2 B cos fc [ (B + A) sin2 ut cos2 1- + (B - A) cos2 ut sin2 3- +
- + «B - A) + (B + A)) sin 3 cos JL. sin ut cos ut j =
- = sin2 ut | A2 (1 - cos « + B2 (1 - cos « + AB (1 + cos ÎFFfi - cos +, - cos « j 2 cos2 3 +
- + cos2 ut j A2 (1 — cos W + B2 (1-cos W-AB (1 +.cos 0, + fe- cos 4-, - cos +,)j 2 sin2 3 +
- + sin ut cosci [ - A2 {1 - cos « + B2 (1 - cos « ] 4 sin cos 3...... (3)
- Or, pour que la valeur deX2 + Y* — R2 soit indépendante du temps, il est nécessaire et il suffit : iü que le coefficient de sin oit cos tôt soit nul; 2° que les coefficients de sin
- et de cos W soient égaux et de même signe. Ce qui donne pour les équations de condi-
- j A2 (1 - cos L) + B3 (1 - cos -L) 4- AB (1 -j- cos L + L - cos «L - cos L) \ ce == | A» (1 — cos <L) + B* (1 - cos <L) - AB (1 + cos|7+Ta - cos L - cos L) î
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- miner la valeur de ces amplitudes dans (5), comme c’était notre but.
- Nous obtenons :
- | A3 (1 — cos J-j) -)- B2 (1 — coa40 jcos? =
- - AB j (1 - cos« (1 - cos - sin +, sin j d’où :
- La relation (4) nous donne de suite :
- rapport des amplitudes, ou, si l’on veut, des intensités efficaces, lequel nous permet d’éli-
- cos ? = cos -L (i, + *,)
- et enfin :
- ? = ± ~ (*W + **)- (4')
- Ce résultat, identique à celui trouvé plus haut montre, qu’une seule lecture, celle de Vangle fournit le double de la valeur de
- la différence de phase <p entre deux courants alternatifs sinusoïdaux d’amplitudes quelconques.
- Nous conduirons l’expérience d’une manière analogue à ce qu’on fait pour la recherche de l’angle de déviation minima dans la détermination d’un indice de réfraction, en déplaçant sur le cercle divisé les deux alidades M et N, jusqu’à ce que nous obtenions un cercle pour image résultante sur l’écran iluo-rescent, qui sera l’image du champ Ferraris.
- La précision dans la détermination dépendra de la précision plus ou moins grande dans le jugement visuel de l’observateur ; pour cela, il sera avantageux d’imaginer un moyen quelconque pour aider à bien apprécier la forme de l’image lumineuse sur l’écran.
- On peut se servir d’une lame de verre sur laquelle on a tracé, avec un diamant ou autrement, une série de cercles concentriques, dont la différence des rayons a la largeur de la tache fluorescente, et bien centrés, avec le
- champ tournant. Plus directement, on peut tracer ces cercles sur l'écran même avec la matière fluorescente, ou bien encore recouvrir l’écran de l’autre côté par une série de cercles non transparents aux rayons cathodiques, etc., dans ces derniers cas, on doit pouvoir régler le centrage avec le tube même, ou en agissant sur la cathode.
- La méthode de Lissajous nous paraît être le meilleur moyen pour utiliser le théorème dont nous venons de donner la démonstration, théorème qui est en quelque sorte une extension du principe connu de cinématique, que, dans la combinaison de mouvements harmoniques, pour produire une rotation, l’angle, dans l’espace, des organes qui effectuent la combinaison doit ctre le supplément de l’angle représentant la phase, dans le temps, des mouvements composants (lorsque les amplitudes des mouvements composants sont égales) ; s’il n’en était pas ainsi le mouvement résultant ne serait pas une rotation uniforme.
- Lorsque les champs alternatifs composants ne sont pas harmoniques simples, la méthode devient de plus en plus impraticable; toutefois si les deux courants contiennent seulement des faibles harmoniques du troisième ordre, qui les rendent plus pointus ou plus aplatis que la sinusoïde pure, on devra cher-
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- cher à obtenir sur l’écran une figure symétrique au moins relativement à deux diamètres orthogonaux.
- L’appareil qui permettrait d’appliquer le théorème en faisant usage de quelqu’une des propriétés du champ Ferraris (Korda, Hess, Arno,...), est représenté schématiquement par la figure 4. M est la bobine parcourue par
- le courant c, = A sin N celle parcourue par le courant c\ = B sin [U -j- <p), M' N' sont les deux enroulements juxtaposés, l’un pour c,, l’autre pour c2.
- En composant les champs alternatifs qui se produisent selon les axes a, b, c des trois bobines, on a toujours un champ tournant circulaire lorsqu’on peut réaliser la relation ? = — (41, -f-k,), ‘K et ^ étant les angles que les axes a, b font respectivement avec l’axe c de labobine double. Ces angles sont d’ailleurs égaux à ceux que font entre eux les plans des bobines.
- On suppose toujours que les enroulements M, N, M\ N1' sont parfaitement identiques entre eux, pour que les coefficients de self-induction et les résistances apparentes soient les mêmes. Cela rend toujours un peu difficile la construction de semblables cadres. On
- devrait d’abord construire les cadres M, N de la façon indiquée par la figure 5, c’est-à-dire
- Kg. 5-
- ensemble comme deux anneaux d’une chaîne et bobiner ensuite le double enroulement M'N', dont le diamètre doit être plus grand, en s’aidant par le calcul et quelques tâtonnements.
- La valeur constante du flux tournant peut s’obtenir de l’équation (3) en y posant : A sin— = B sin A., et ensuite ? — — (t, + <L) ; on arrive ainsi à l’expression :
- R = 2 A sin A- sin 4 ou bien encore :
- = 2 Ç/AB sin A- sin +. (6)
- On peut donc considérer , ce champ tournant circulaire comme produit par deux bobines croisées sous un angle '1'— i8o°— o et parcourues pardeux courants alternatifs d’amplitudes égales à : 2A sin A- = 2B sin—
- Ce qui précède suppose qu’il n’y a pas d’effet d’induction mutuelle sensible entre les deux séries de bobines et principalement entre les deux enroulements M'N7 ; cette induction mutuelle altérerait la différence de phase originaire entre les deux courants. Quoique cette
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- altération systématique puisse être en tout Cas mesurée ou calculée de façon à corriger les indications de l’appareil, on peut adopter Un dispositif qui conduit à un appareil d’une
- extrême simplicité, et où les effets d’induction sont absolument négligeables.
- Dans ce dispositif (fig. 7) les deux enroulements M, M7 et N, N' sont constitués par deux simples spires de gros fil de cuivre, dont deux moitiés M' et N' sont fixées parallèlement l'une à l’autre, et les deux autres M et N peuvent être déplacées respectivement autour du diamètre vertical de l’ensemble, au moyen de charnières a, b. c, tf, à frottement dur.
- On voit facilement que pour que le champ résultant au point de rencontre des axes des deux systèmes, lesquels font entre eux un angle ^ (fig- 6, en plan horizontal), soit un champ Ferraris constant, il faut: i°que la condition p4 = p2 soit satisfaite, ce qui amène :
- c'eos Jh_ -c"cos-k
- c’est-à-dire :
- hi et étant les amplitudes des champs produits dans la direction de l’axe x par les deux spires supposées aplaties et 4-, et ÿ, les angles
- supplémentaires des angles a et |3 des demi-spires de chaque circuit; 20 que l’anglesous lequel ces deux champs alternatifs se composent au point O soit égal à 180°— tp. Comme nous avons toujours (fig. 6) :
- ÿ (« + M = -y- (360°—— <!<,),
- on devra avoir :
- 1 g „ g 0 'l'i
- c’est-à-dire :
- ’L + «J», = 2 ?•
- (A suivre.)
- Dr Andrea Giulio Rossi.
- CHEMINS DE FER ET TRAMWAYS ÉLECTRIQUES (*) CANIVEAUX FERMÉS
- Dans le système Adolf Hecker (*) le con- 1 ducteur a (fig. 1 et 2) porté par des isola-
- (*) Brevet anglais n° 22043, année 1896.
- (’) Voir L'Éclairage Électrique du 9 avril, t, XV, p. 63.
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- teurs i est placé à l’intérieur d’un caniveau /c, situé entre les rails de roulement. Ce cani-
- Fig. i et 2. - Caniveau fermé de A. Ilecker (1896). Coupes transversale et longitudinale.
- veau est fermé par des plaques métalliques d2. tf3, di montées à charnière en d* sur un
- des côtés du caniveau et qui tendent à maintenir ce caniveau fermé par leur propre poids ; chacune de ces plaques est de petite longueur ; elle est quadrillée à sa surface extérieure et porte à sa partie inférieure une nervure r3, dont la hauteur est maxima au milieu de la plaque et va en diminuant graduellement jusqu’aux extrémités.
- Le bras de trôlet v monté sur la voiture porte, outre le trôlet c, un soc s arrondi comme l’indique la figure; sa longueur est égale à environ trois fois la longueur d’une des plaques d\ il est muni de galets de frotte ment r qui viennent appuyer sur les nervures r%. Lorsque la voiture est en marche, le soc 5 soulève progressivement les plaques de fermeture d pour laisser passer le bras de trôlet et les . laisse retomber ensuite sans bruit.
- Dans la distribution Herbert Allen et
- Oliver Peard (*), la plaque de contact e (fig. 3 et 4) est soulevée par un jeu de leviers c pivoté autour d’un axe fixe lorsque le boudin de la roue d’avant de la voiture vient abaisser l’extrémité supérieure du levier c qui fait saillie dans l’ornière du rail. Le bras métallique h porté par la tige d., qui porte cette plaque e vient alors frotter contre le
- P) Brevet anglais n° 18704, année 1896.
- ressort métallique y, qui est isolé en i et m et est en communication avec le conducteur principal /. La tige dt est isolée du massif par une gaine d.^ un anneau g et la bague d dans laquelle s’engage la fourchette qui termine le levier ci ; un ressort ht tend à maintenir la plaque e abaissée, et lorsqu’elle est dans cette position, le bras h ne touchant pas au ressort y, elle n’est pas électrisée.
- Lorsque la plaque e est soulevée, elle s’en-
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- •gage entre les lames élastiques pp portées par la voiture et ne peut s’en échapper, les rebords o o la retenant. Ces lamesp s’étendent sur toute la longueur de la voiture ; elles sont
- Fig. 4. — Carm
- O. Peard (1896).
- convenablement disposées pour permettre le passage en courbe ; en outre, elles servent à conduire le courant au circuit des moteurs. Lorsque la plaque e est engagée entre elles, le courant traverse donc les moteurs et la voiture avance ; la plaque de contact glisse sur les rebords o et est maintenue soulevée pendant toute la durée du passage de la voiture ; après, elle retombe en place sous l’action du ressort hr
- MM. Nigel,Harintgton, Balfour et Edward
- Fig. 5. — Canh
- Smith {1
- Coupe transversale.
- Smith (*) disposent sous le sol, dans l’axe de
- Brevet anglais n° 22886, année 1896.
- la voie, un caniveau K (fig. 5) complètement fermé, dans lequel des rails conducteurs R sont montés sur des isolateurs I. Sur les rails R peut rouler un chariot W qui porte des galets de contact Q(fig 5 et 6) solidaires d’un cadre en fer A qui peut être attiré vers le haut par un électro-aimant M porté par la voiture ; des contrepoids w équilibrent en partie le poids du cadre A. Lorsque celui-ci est sou-
- Fig. 6. — Caniveau fermé de Balfour et Smith (1896). Coupe longitudinale.
- levé, les galets Q viennent frotter sur les rails F fixés à la partie supérieure du caniveau ; ces rails sont sectionnés par bouts dont la longueur est égale à environ la moitié de la longueur de la voiture ; chaque section est isolée de ses voisines et communique avec des rails de contact S identiques placés à la surface de l'a voie et sur lesquels vient frotter le patin collecteur de la voiture. Lelectro-aimant M se déplaçant avec la voiture entraîne le chariot W dont il maintient les galets Q en contact avec les conducteurs FS, qui sont
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- ainsi mis en communication avec les conducteurs principaux R. Si le chariot W ne suit pas la voiture, le cadre A retombe par son propre poids, en sorte que les rails de
- contact FS ne peuvent être électrisés que s’ils sont recouverts par la voiture.
- (A suivre. |
- G. Pelussier.
- SUR LA
- VARIATION DE CAPACITÉ DES ACCUMULATEURS A ÉLECTRODES DE PLOMB SUIVANT LE RÉGIME DE DÉCHARGE
- On sait que la capacité d’un accumulateur augmente quand l’intensité du courant de décharge diminue et vice versa.
- A la suite d’une étude poursuivie pendant plus de cinq ans, M. W. Peukert ('} a reconnu que si l'on désigne par I l’intensité du courant de décharge d’un élément d’accumulateur lorsque la durée de la décharge est t, ce s deux variables seront réunies par la formule
- Ylt = k (0
- n et k étant des constantes dont la valeur est fixe pour un type donne, mais variable d’un type à un autre, n doit être déterminé expérimentalement pour chaque type de fabrication; k dépend de la capacité de l’élément considéré.
- M. Peukert détermina la valeur de n pour plusieurs accumulateurs de fabrications diifé-
- rentes et obtint les résultats suivants :
- Systèmes. Types. Valeur de
- Tudor. . . . . E 1,35
- « .... . ES 3.48
- Pollak. . . . . SK 1.36
- . R I-51
- Correus. . - . H 1,72
- Q 1,64
- G. Hagen. . A U39
- . B
- De Khotinsky . N !,55
- . X 1 « 55
- Gülcher. . . . A 1.3s
- . G et E
- C) Electrotechnische Znt ebrift, n° 20, i8W.
- T1 est évident que lorsqu’on connaît les valeurs de I, n et t relatives à un type quelconque, on peut déterminer quelle sera la capacité C de cet accumulateur pour un régime quelconque. On aura, en effet :
- Mais puisque
- C = U et C, = U/,,
- Cil,*-1 =CIW_I;
- Les chiffres calculés par ces formules concordent parfaitement avec les résultats de l’expérience.
- M. F. Loppé (*) a repris l’étude expérimentale de cette loi et a présenté les résultats sous une forme qui en rendra l’application pratique très commode.
- Il a commencé par vérifier l’exactitude de la formule (i) en mesurant le rapport des intensités à des régimes différents: pour un type donné d’accumulateurs, le rapport des intensités, pour deux décharges d’intensités dilférentes, doit être constant, quelle que soit la capacité de l’élément, et ne doit dépendre que de la valeur de n et des durées des décharges. Les chiffres contenus dans les
- ('I Bulletin de l'Association amicale des ingénieur s-électriciens, Paris. 1897, t. III, n° 11, p. 7.
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- deux tableaux suivants (Tableaux I et II) I les valeurs calculées et les valeurs observées prouvent qu’il en est bien ainsi, l’écart entre I ne dépassant pas 3 p. 100.
- TABLEAU I
- Compagnie française pour la pulvérisation des métaux
- DURÉE ÉLÉMENT A5 ÉLÉMENT B21 ÉLÉMENT B47 ÉLÉMENT B8l RAPPORTS
- — E.gpom Rajpom Rapdp..r..
- 10 10 J 66 151.8 ! 264 !
- 8 U.2 I, 120 73,7 1,117 169,6 1,117 395 1,117 1,118
- 6 12,6 1,260 83,3 1,262 191,6 1,262 333,3 1,262 1,291
- 5 H 92 i,394 211,6 i,394 36g *,394 1,414
- 4 16 .,600 105 241,5 1.583 420 1.583 1.581
- TABLEAU II
- Société suisse pour la construction d'accumulateurs électriques {système Pollak), à Marly-le-Grand. Types à poste fixe.
- DURÉE TYPE Skiô TYPE Sk32 TYPE S48 TYPE S70 RAPPORTS
- — R.pdppr>. Intensités. Rapdpc,m Intensités. Eappous Intensités. Rapport,
- IO 62 ï 434 ! 206 305 !
- 9 68 1,097 145 1,082 224 1,087 333 UO92 1,084
- 8 74 J,i93 159 1,187 245 I, IÇO 364 LI93 1,187
- 7 85 1,339* 17 7 1,329 273 1,325 404 1,324 1,316
- 6 93 1,500 200 1,489 306 1,4 86 453 I ,486 1,4g1
- 5 107 1,726 230 1,716 352 1,709 522 I,7H 1,704
- 4 126 2,032 274 2,045 418 2,029 618 2,026 2,024
- 3 !56 2,516 336 2,508 5'ü 2,5°5 760 3,492 2,525
- M. Loppc a ensuite appliqué la formule au calcul de l’intensité du courant de décharge lorsque la durée de la décharge varie. Si, pour chaque type d’accumulateurs, on prend pour unité d’intensité l’intensité I correspondant à une durée de décharge t qu’on prend également pour unité, on aura
- I»f = *= 1; 1= 1, / = ï
- Pour une durée de décharge ti = at, l’intensité x du courant sera donnée par la rela-
- D’ailleurs, un élément du même type don-
- nant une intensité I, pour la durée normale 2, donnera une intensité I, x pour une durée de décharge La capacité étant égalç à l’unité pour la décharge de durée t sera égale à ax pour la durée tv
- Un élément ayant une capacité C pour la durée t, aura une capacité C ax pour la durée t,.
- Ces formules forçant à élever à des puissances fractionnaires sont d’une application un peu longue. Pour en faciliter l’emploi, M. Loppé a groupé dans le tableau suivant (Tableau III) les rapports des capacités à la capacité correspondant au régime de décharge en dix heures pour des durées variant de
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- vingt heures à quinze minutes et pour des valeurs de n variant de 1,10 à 2.
- Au moyen de cette table, on peut facilement trouver la capacité d’un élément à un
- régime de décharge quelconque, quand on connaît la capacité à un autre régime donné et la valeur de n. Les capacités sont entre elles comme les coefficients donnés par le tableau,
- Tableau III
- DURÉE RAPPORTS DE CAPACITÉS, LA CAPACITÉ CORRESPONDANT AU RÉGIME EN 10 HEURES ÉTANT PRISE COMME UNITÉ DE DÉCHARGE
- en heures. n n „
- 1,10 1,20 B30 1,40 G 5o 1,60 1,70 1,80 G 9° 2
- 2Q 1,065 1,122 G *73 G2I9 1,260 1,297 G 330 G 361 ,,389 G4M
- 18 t, "55 1,103 15143 G 183 1,216 1,247 1,274 G 303 1,321 G 342
- 16 1,044 I,08l 1,115 1,144 1,170 G 193 I,2J4 1,232 1,249 G 265
- 15 1,038 1,070 1,098 G «3 GM5 1,164 1,182 G *97 1,212 G 225
- H G°3i B°53 1,081 1.101 G 1 *9 1,135 1,149 1,161 G 173 1,183
- 12 i,°i7 1,031 G 043 G 053 1,063 I,"7I 1,078 1,084 1,090 1,095
- 9 °,99I », 983 », 976 0,970 0,966 0,961 0,958 0,954 0,9s1 0,949
- 8 0,980 <>,963 0,950 0,938 0,928 0,920 0,912 0,906 0,900 », S94
- 7 0,968 0,942 0,921 0,903 0,888 0,875 0,864 o,853 0,845 0,837
- 6 o,955 0,919 0,887 0,864 0,844 0,826 0,811 o,797 », 785 o,775
- 5 0,941 0,892 0,852 0,821 o,791 0,771 0,752 o,735 0.720 0,707
- 4 0,920 0,858 0,810 0,770 o,/37 0,709 0,686 0,666 0,648 0,632.
- 3 0,896 0,818 0,758 0, 709 0.669 0,637 0,509 0, 586 0,566 0,548
- 2 0,864 0,765 0,678 0,631 0,585 o,547 0,5*5 0,483 0,467 o,447
- 1 0,811 0,681 °, 558 0,518 0,464 0,422 0,388 o,359 °,336 0,3*6
- 11.75 (45') o, 790 0,649 0,550 0,4 77 0.422 o,379 0,344 0,316 0,293 0,274
- 0,5» (30') 0,762 0,607 0,500 0,425 0,368 o, 325 0,291 0,264 0,242 0,224
- 0,25 (15') 0,7*5 0,54* 0,427 0-349 o,292 0,251 0,219 0,194 0, T74 0,15s
- Les courbes de la figure 1 qui traduisent graphiquement les résultats contenus dans le tableau I sont d’un usage très commode.
- Si la valeur de n relative à un élément donné ne se trouve pas dans le tableau, on obtiendra un résultat d’une exactitude très suffisante en interpolant entre les deux valeurs les plus rapprochées données dans le tableau ou dans les courbes.
- M. Loppé a enfin déterminé la valeur de n pour les principaux types d’accumulateurs (*) (Tableau IV).
- (') II est évident que pour un accumulateur idéal, dans lequel la capacité ne diminuerait pas lorsque la durée de décharge diminue, ou aurait If = h, c’est-à-dire n — 1.
- Tableau IV
- Boese (A. Binin, constructeur) ... n = 1,55
- Epstein. — Type A.................n = 1,-15
- - — B..................n — 1,32
- - - M .*...............« = 1,58
- — — S..................n = 1,20
- Fabius lienrion...................n — 1,37
- Faure Sellon VoIckmarfValls et C'e).
- — Industriels série A.............» = 1,58
- Idem. Décharge rapide, série B n = 1,25
- Idem. Grande capacité, série C «=1,36
- Giilcher. Stationnaires...........» = i,35
- — Transportables..............n = 1,47
- Mouterde Chavand et George. . . , n — 1,40
- Peyrusson (Pautier frères, à Angou-lême).......................... n = 1,38
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- T. XV.— N» 17.
- 146 L’ÉCLAIRAGE
- Société française de l'accumulateur
- Société française pour la pulvérisation des métaux....................
- Société du Travail électrique des
- métaux.........................
- Société suisse de Marly-le-Grand (système Pollak.) Poste fixe, dé-
- charge rapide, type R...........w = 1,53
- Société suisse de Marly-le-Grand (système Pollak). Types SK et transportables....................n — 1.30
- Quelques exemples feront saisir l’utilité pratique de ces tableaux.
- Ainsi, on. a un accumulateur dont l’exposant caractéristique a une valeur n == 1,50. et dont la capacité est de 100 ampères-heures au régime de décharge en neuf heures ; on veut savoir quelle sera sa capacité au régime de décharge en 3 heures et au régime de décharge en 12 heures. Le tableau donne immédiatement pour t = 3 heures, C = 100= 69,25 ampères-heures, et pour t = 12 heures, C .00 = no
- ampères-heures.
- Pour un accumulateur transportable, devant fonctionner au régime de décharge en deux heures, on a le choix entre deux types d’accumulateurs, l’un ayant une capacité de 6 ampères-heures au kg avec n — 1,20 et l’autre avec une capacité de 8 ampères-heures au kg avec n = 1,90, au régime de décharge en 10 heures. Si la décharge devait avoir lieu au régime normal, c’est-à-dire en dix heures, il est bien évident qu’il vaudrait mieux
- ÉLECTRIQUE
- employer le deuxième type. Il n’en est pas de même au régime de décharge en deux heures. En effet, d’après les données du tableau, dans ces dernières conditions, le premier type dont l’exposant caractéristique est m = 1,20 aura une capacité de 0,765 X6 = 4,59 ampères-heures au kg et le deuxième type, dont l’exposant est« = 1,90, aura une capacité de
- 0,467 x 8 = 3,736 ampères-heures au kg, de sorte que le premier type sera préférable pour cette application particulière.
- On peut avoir des problèmes analogues à résoudre pour les prix de revient et nombre d’autres questions pour lesquelles l’iisagc de ces tableaux sera d’un très utile emploi.
- J. Reyval.
- L’EXPOSITION UE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE UE PHYSIQUE EN 1898
- C’est la deuxième fois que l’exposition de la Société française de Physique a lieu à la fin des vacances de Pâques, et cette modification, qui semble définitive, aura été cette année non seulement favorable aux sociétaires qui habitent la province et sont encore à Paris, tandis que les autres y sont déjà reve-
- nus, mais aussi aux fabricants et industriels qui étaient fort en retard. L’indécision qui parait avoir régné jusqu’au dernier moment ne nous a pourtant pas privés d’une exposition tout à fait réussie et très intéressante dont l’électricité a occupé la plus grande partie.
- L’éclairage du vestibule, du grand esca-
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- lier, de la salle d’entrée et de la grande salle était assuré au moyen des lampes à courant alternatif de M. L. Bardon. Ce constructeur a exposé en outre des lampes à arc pour courants continu et alternatif dont la description a déjà été faite ici(*).
- L’entrée du grand escalier était éclairée avec les appareils à acétylène de MM. Létang et Serpollet. Cette maison avait exposé entre autres un gazogène de laboratoire et des lampes portatives dans lesquels l’acétylène est produit au moyen du carbure glucosé.
- MM. Cance et fils avaient installé l’éclairage de la salle du conseil.
- Le courant électrique de l’hôtel de la Société d’Encouragement est le courant alternatif du secteur de la rive gauche. Le courant continu qui était nécessaire aux exposants pour différentes expériences a été produit par un transformateur de la Société L’Eclairage Électrique. C’est un moteur E. Labour à courant alternatif simple, d’une puissance de 2 500 watts et transformant le courant alternatif à 110 volts en courant continu de 18 à 20 ampères sous 140 volts.
- Les rayons X n’ont pas épuisé la curiosité, et les radiographies tapissaient un peu partout les murs de l’exposition; il n’y a plus à parler de la finesse des photographies obtenues, ni des difficultés surmontées pour voir ce que l’on a appelé l’invisible; citons au' hasard les radiographies exposéesparMM. Du-cretct, Chabaud, Radiguet, Lenoir, Londe, et l’appareil présentéparM. CoNTREMOULiNS,pour la recherche des projectiles dans le crâne (2). Ce dernier appareil, construit par la maison Carpentier, permet de déterminer la position des projectiles avec une précision telle que des fragments de un millimètre environ ont pu être ainsi retrouvés.
- Comme toujours, nos constructeurs français sont en première ligne pour apporter des
- perfectionnements continuels à la fabrication des tubes de Crookes.
- A côté de modèles variés de ces tubes, M. Ciiabaud a exposé entre autres le tube régulateur de M. Villard. Ce tube (*), dont la résistance est variable, peut être main-
- ment pendant le fonctionnement au maximum de puissance. Il est muni de deux cathodes Aa, B& (fig. 1) qui peu-
- yen d’un fil flexible. Au début, la résistance du tube est trop grande ; la cathode A a étant seule reliée à la bobine, on approche le fil fixé à a
- de è, des aigrettes jaillissent entre le fil et è, et la résistance diminue, puisque par le fonctionnement de la deuxième cathode on a augmenté la section du faisceau des rayons. Lorsque la résistance varie ensuite pendant la marche, on modifie la distance du fil à la deuxième cathode pour maintenir la résistance constante.
- Ce réglage peut devenir insuffisant et, même en réunissant métalliquement les deux cathodes, la résistance peut être trop forte, après un certain temps d’usage du tube. Pour remédier à cet inconvénient, le tube porte un compensateur de vide V; c’est une spirale métallique, par exemple en aluminium; elle peut dans certains modèles être constituée par deux métaux; on réunit V au pôle positif de la bobine, a au pôle négatif et l’on fait passer le courant pendant un temps très court; le gaz
- f1) L'Éclairage Électrique, t. XI, p. 242, 1897. (2) L'Eclairage Électrique, t. XIV, p. 157, 1898.
- (*.) L'Éclairage Électrique, t, XI, p. 597, 1897.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N° 17.
- se dégage et la résistance diminue; si le gaz mis en liberté est en excès, on intervertit les pôles et on résorbe l’excès.
- Enfin, des aimants en forme de demi-bague, très légers, de i à 2 grammes, places sur chacun des tubes porte-cathodes, permettent de
- Fig. 2. — Pompe-trompe à mercure de M. Chabaud.
- bien faire coïncider les deux foyers cathodiques, et au besoin, si la lame anticathodique est perforée, de déplacer le foyer commun.
- C’est avec ces tubes que M. Chabaud a montré le mécanisme de la formation des rayons cathodiques et leur action réductrice. Il a
- exposé en outre deux trompes à mercure. L’une, représentée figure 2, est une combinaison de la trompe à mercure P et de la pompe à chutes B ; ce modèle très simplifié a par suite l’avantage d’être relativement bon marché, tout en rendant les mêmes services que les appareils précédents du même constructeur. La pompe est sans robinet et l’appareil comporte deux purgeurs, l’un ordinaire D, l’autre dans le videV, la disposition de ce dernier montre toute la difficulté que pourrait avoir une bulle de gaz s’il lui prenait l’intention de parvenir jusqu’aux chutes.
- L’autre pompe à mercure est un modèle spécialement construit pour les tubes à analyse spectrale ; il ne possède plus aucun robinet, même pour le purgeur à vide, ce qui est d’un avantage incontestable, étant donnée la difficulté que l’on éprouve a se débarrasser ordinairement des spectres d'hydrocarbures provenant de la graisse des robinets.
- M. Chabaud a construit une lampe à acétylène dont la durée semble supérieure à celle des lampes présentées jusqu’à ce jour. Elle se compose (fig. 3) d’un vase en porcelaine A destiné à contenir le carbure de calcium, au-dessus un récipient B contient l’eau, et ces deux parties sont reliées par deux tubes concentriques D et E en verre. Le liquide arrive par le tube intérieur et celui-ci est construit de façon que l’écoulement soit bien réglé par la pression qui règne dans l’appareil ; si la consommation du gaz augmente, la pression diminue et la vitesse d’écoulement de l’eau croît jusqu’à atteindre le régime normal qui correspond au nouveau débit. Quant au tube annulaire E par lequel le gaz est conduit jusqu’au bec d’éclairage, il produit le refroidissement et permet ainsi la condensation d’une partie des impuretés, c’est ce qui semble du moins puisque les becs durent beaucoup plus longtemps avec ce système que dans les dispositions habituelles.
- L’ensemble constitue une lampe portative et peut servir aussi de gazogène pour alimenter à une certaine distance une lampe de bureau ou de piano dont le bec Bunsen est
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- spécialement établi pour brûler l’acétylène. Les chances d’explosion ont disparu, puisque le gaz en excès peut à la rigueur s’échapper par le tube central en repoussant le liquide devant lui et en tout cas faire sortir le caoutchouc C de l’ajutage latéral auquel il ne tient que légèrement. En somme, l’appareil est très simple et facile à déplacer, réunissant les avantages d’un bon éclairement sous un faible volume.
- Un certain nombre de modèles de gazogène de lampes et de becs à acétylène ont été présentés par différents constructeurs; nous avons cité les appareils de MM. Letang et Serpollet. M. A.
- Démiciiel a exposé la lampe et le gazogène portatif de M. Gos-sart (‘) et les becs du systèmeViard-Démichel, dans lesquels la flamme éclairante est produite par l’écrasement de deux jets d’acc-tylène inclinés l’un sur l’autre.
- Les petits moteurs électriques à courant continu, exposés parM. Doignon, sont des moteurs de i à 20 kilogrammètres (fïg. 4, 5 et 6) ; ils occupent un très petit volume 0,15 sur 0,15m avec 0,26 m de hauteur. Ces moteurs ont été construits pour le concours de l’administration des Postes et Télégraphes, en vue de relever le poids de l’appareil de Hughes, et ils ont donné le meilleur rendement. Ils peu- (*)
- (*) L'Éclairage Électriqne, t. IX, p. 231, 1896.
- vent, suivant l’enroulement, fonctionner à 40 ou 50 volts, qui est le voltage de l’Hôtel des Postes, ou à 110 volts.
- M. Doignon aprésenté aussi un comparateur de haute précision, donnant le millième de millimètre, et qui sert à étalonner les broches ayant jusqu’à 1 m de longueur.
- L’appareil se compose d’un banc d’acier sur lequel est gravée une' division en centimètres. Une table d’étalonnage fait connaître la valeur de chacun de ces centimètres par comparaisonavec une règle étalon. Un microscope à réticule permet d’assurer la coïncidence des palpeurs avec les extrémités de la longueur à mesurer. La vis micro-métrique dont la précision fait toute la valeur de l’appareil, a seulement 1 cm de long, le pas est de 0,5 mm et la tige est munie d’un tambour portant 500 divisions. Pour faire une mesure il suffit de déterminer le numéro du centimètre le plus voisin du banc et d’évaluer avec la vis micrométrique la distance de cette division à l’extrémité de l’objet à mesurer.
- M. Doignon expose également l’appareil de démonstration pour la correction du compas dû à M. le commandant Guyou; nous en reparlerons plus tard.
- L'appareillage électrique était représenté par la Compagnie Française d’appareillage électrique et par la maison A. Guénée.
- Fig. 5. — Lampe à acétylène de M. Chabaud.
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- La Compagnie française d’appareillage électrique, anciens établissements Grivolas, Sage et Grillet, a exposé différents modèles d’interrupteurs automatiques pour courants primaires à haute tension et employés dans la manœuvre des ascenseurs. Le modèle en usage sur le secteur de la rive gauche est un interrupteur à godets de mercure manœuvré par un levier horizontal. Ce levier est fixé a une lame de fer doux qui peut osciller entre deux électro-aimants. Un commutateur à deux directions envoie le courant d’une pile ou d’un accumulateur soit dans l’une, soit
- Fig. 4 et 5. — Petit
- même temps que la lame oscillante maintiennent le levier dans sa position, de telle sorte qu’il ne puisse être déplacé accidentellement.
- Dans un modèle plus récent, un barreau de fer doux aimanté par une bobine, oscille entre deux électro-aimants présentant des pôles contraires. Le courant de la pile circule dans les trois bobines et le barreau est attiré par un des électros et repoussé par l’autre; quand il arrive en contact le courant est interrompu grâce à un contact à ressort ; ce barreau possède un peu de magnétisme rémanent qui permet son déplacement sous l’influence des électros avant que sa bobine soit actionnée; un commutateur à deux directions envoie encore le courant soit dans un sens, soit dans l’autre.
- La même Compagnie a exposé entre autres un disjoncteur à maximum : au delà d’une
- dans l’autre de ces bobines, la bobine actionnée attire la lame de fer doux et fait basculer le levier. Le mouvement de bascule ainsi commencé se continue de lui-même et interrompt le courant de la pile dans la bobine, de sorte que la pile- ne fonctionne qu’un, instant à chaque manœuvre. Un modèle analogue, mais disposé verticalement, est en usage sur le secteur des Champs-Elysées; le contact qui ouvre ou ferme le courant primaire est produit par des ressorts frottant sur un conducteur métallique et immergés dans l’huile. Dans ces interrupteurs, deux arrêts mus en
- > moteurs Doignon.
- certaine intensité, une bobine convenablement calculée et parcourue par le courant même, attire une pièce de fer qui produit le déclenchement d’un contrepoids, dans sa chute ce contrepoids ouvre l’interrupteur. Un disjoncteur à minimum fonctionne de telle sorte qu’au-dessous d’une certaine intensité une pièce de fer n’est plus retenue par un électro-aimant et dans sa chute ouvre le circuit.
- L’interrupteur automatique présenté par M. A. Guenée pour la manœuvre à distance des ascenseurs n’utilise le courant de la pile et de l’accumulateur auxiliaire qu’au moment de la mise en marche. Le courant traverse une bobine, celle-ci attire un noyau de fer doux qui produit la fermeture du courant primaire du transformateur. Le courant secondaire produit alors un déclenchement qui maintient le primaire fermé et coupe le
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- circuit de la pile ; au moment où la cabine de l’ascenseur est arrivée à l'étage indiqué, le secondaire est rouvert automatiquement, la butée revient en arrière, lâche l’interrupteur du primaire et remet le circuit de la pile dans les conditions premières.
- M. Guénée expose aussi des appareils de
- Fig. 6. — Ventilateur Doignon.
- commande à distance pour interrupteur bipolaire. L’un d'eux construit pour 150 ampères, se compose de deux clectros alimentés par le courant de la distribution ou un courant auxiliaire, l'appareil a un faible volume et la résistance introduite dans le circuit est assez petite. Le déclenchement se fait au moyen d’un ressort articulé à la pièce qui forme le levier de manœuvre. L’interrupteur comporte une pièce de porcelaine creusée par quatre cavités séparées par deux cloisons disposées côte à côte. Les plongeurs réunis par une pièce isolante sont commandés par un noyau qui peut être attiré dans un sens ou dans l’autre par les deux électros.
- Un autre interrupteur bipolaire construit pour 75 ampères, et qui a été établi pour la marine, se compose d’un contact bipolaire à ressort, mû par un noyau de fer doux qui glisse dans l’axe de deux électros disposés à la suite, mais dont les enroulements sont de sens contraire ; les contacts sont ainsi poussés dans un sens ou dans l’autre.
- Les électros de M. Bouchet (*) employés dans ces appareils ont une disposition spéciale en vue de régulariser l’effort pendant la course du noyau.
- Dès que cette course devient importante, on doit employer une bobine a plongeur et déployer un nombre d’ampères-tours très grand pour renforcer le flux dans l’air qui constitue la plus grande partie du circuit magnétique. Les meilleures dispositions ne permettent cependant pas d’obtenir un effet constant sur le noyau ; pour arriver à ce résultat on modifie le profil du noyau, le noyau est évidé en partie et l’on détermine par tâtonnements la meilleure forme qu’il convient de donner. L’entrefer est alors supprimé, ce qui augmente le flux au début de la course.
- Parmi les autres appareils, citons un interrupteur de 3 000 volts et un transmetteur d’ordre à la barre, système Permisse.
- M. Jules Richard expose un certain nombre d'appareils régulateurs et enregistreurs des plus intéressants. Dans le régulateur automatique de tension ou d’intensité pour les machines dynamos à courant continu, l’aiguille du voltmètre ou de l'ampèremètre est comprise entre deux butées qui correspondent aux limites dans lesquelles la valeur doit être maintenue. Lorsque l’aiguille touche l'une de ces bornes, le courant de la ligne passe dans une bobine, un noyau de fer doux oscillant autour d’un couteau, déplace une tige métallique entre deux pointes dont le rapprochement dépend des limites que l’on veut assurer ; suivant la pointe touchée, un courant passe dans un sens ou dans l’autre dans un petit moteur qui déplace lentement la manette du rhéostat de réglage et ramène la tension ou l’intensité dans les limites voulues. Ce petit moteur est actionné soit par un courant spécial, soit par celui de la ligne, réduit par une résistance convenablement interposée.
- Le régulateur automoteur de température,
- P) L’Éclairage Electrique, t. XIV, p. 478, 1898.
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- destiné aux sucreries et distilleries, est encore fondé sur le même principe. Le thermomètre à liquide est plongé dans le bain dont on veut maintenir la température constante, le réservoir métallique communique par un mince tube également métallique avec une portion de cylindre creux qui s’ouvre ou se referme et produit ainsi par son mouvement un contact; lorsque le mouvement du cylindre a atteint sa limite, un courant passe dans un petit moteur qui commande l’ouverture du robinet d’admission de la vapeur d’échauf-fement.
- Parmi les appareils enregistreurs, citons un baromètre avec transmetteur automoteur à distance. Il enregistre sur place les variations delà pression atmosphérique et actionne électriquement à distance une aiguille de 0,40 m qui se meut devant un cadran destiné à être placé au sommet d’un édifice. L’appareil a été établi sur la demande de la ville de Bruxelles, pour son jardin botanique. L’aiguille du baromètre se déplace entre les deux extrémités d’une fourchette ; suivant le sens de la variation de pression, c’est-à-dire suivant la pointe delà fourchette touchée par l’aiguille, un courant passe et actionne un petit moteur qui fait faire à l’aiguille du cadran séparé de l’appareil un déplacement égal à la moitié de l’angle de la fourchette et de même sens; en même temps la fourchette est déplacée de la même quantité, et l’aiguille peut continuer son mouvement dans le même sens.
- M. L. Leroy exposait un interrupteur rotatif à contact gras pour les appareils d’induction destinés à la production des rayons X, du système A. Londe et L. Leroy. Un petit moteur actionne une hélice métallique qui frotte sur un contact métallique en cuivre rouge, interrompu; le tout est plongé dans la glycérine ; l’avantage revendiqué par les inventeurs est le bon rendement de l’appareil.
- Le transformateur à isolant visqueux présenté par M. O. Rochefort a été décrit dans
- ce journal (*) ; le grand modèle donne des étincelles de 35 cm avec 6 volts et 4 ampères. L’interrupteur employé pour actionner le transformateur est aussi mû au moyen d’un petit moteur électrique.
- h'oscillateur de M. Blondel, construit par M. E. Figueras, est destiné à remplacer l’oscillateur de Righi pour la production des ondes hertziennes ; les sphères sont disposées verticalement, et, sous cette forme, on peut placer un cylindre de verre sur la sphère principale inférieure qui sert de fond au vase ainsi formé, de sorte que le liquide isolant peut être contenu dans un récipient de verre.
- M. Blondel a exposé en outre Y oscillographe double qui est destiné à l’étude des courants alternatifs industriels d’une fréquence de o à 80. L’appareil permet à la fois de voir les courbes périodiques de courant et de différence de potentiel avec leurs phases relatives, ctde les calqueroude les photographier.
- L'êleclrolyseur exposé par M. D. Tommasi a pour but la désargentation des plombs argentifères. En principe, le procédé (2) consiste à électrolyser une solution plombique de très faible résistance et qui ne donne pas naissance au peroxyde de plomb PbO2; l’alliage argentifère sert d’anode et la cathode est constituée par un disque métallique inattaquable par le bain. Le plomb de l’anode est transporté et se dépose sur la cathode sous forme d’une masse spongieuse de cristaux, en meme temps l’argent qui était allié au plomb se dépose au fond de la cuve dans un récipient perforé disposé à cet effet.
- Citons encore, pour terminer, les accumulateurs A. Dinin, employés pour l’inflammation des moteurs de voitures automobiles. Ces accumulateurs occupent un faible volume, un petit modèle spécial pour tricycle a une capacité de 40 ampères-heure et pèse 5,8 kg. D’autres modèles pour l’éclairage des voitures
- (') VÉclairage Électrique, t. XIII, p. 362, 1897. (a) L’Éclairage Électrique, t. IX, p. 220, 1896.
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- permettent d’obtenir 20 heures d’éclairage équivalent à 5 bougies avec un poids de 12 kg.
- Au point de vue théorique, M Bouty présente les expériences qu’il a imaginées pour la mesure de l’intensité des champs magnétiques (l).
- Cette mesure se fait en déterminant la différence de potentiel qui existe entre les deux faces opposées d’un courant d’eau traversant une cuve rectangulaire en ébonite, normal aux lignes de force du champ magnétique produit par un électro-aimant dont les deux branches entourent la cuve. La chute de potentiel est compensée par une dérivation prise sur le circuit d’un Daniell, et l’on détermine l’équilibre au moyen de l’électromètre capillaire de M. Lippmann.
- M. Lamotte présente l’appareil du professeur Drude pour Y étude de /’absorption des ondes électriques. Un petit excitateur du genre de celui de M. Blondlot est constitué par deux arcs de cercle de cuivre formant un cercle avec deux interruptions. L’une des interruptions est munie de boules entre lesquelles éclate l’étincelle d’une bobine; à l’autre extrémité les fils se terminent simplement par des bouts arrondis. Autour du cercleetà une distance aussi faible que possible se trouve le fil secondaire, dont les extrémités sont reliées a deux tubes de cuivre de 1 mm de diamètre intérieur, parallèles entre eux et distants de 2 cm environ. Dans ces tubes glissent les fils qui se terminent par un condensateur de très petites dimensions, enfermé dans une ampoule de verre. Un pont est placé sur les tubes de cuivre et l’on tire ou l’on enfonce les fils jusqu’à ce qu’un tube de Zehnder (ri indique qu’il y a résonance. Comme cas extrêmes, le diélectrique contenu dans l’ampoule peut n’exercer aucune absorption ou produire une absorption complète; dans le premier cas on constate nettement la réso-
- P) L’Éclairage Électrique, t. XIV, p. 393, et t. XV, p, 89, 1898.
- (2) L'Éclairage Électrique, t. XIV, p. 82, 1898.
- nance, les interférences sont complètes entre l’onde réfléchie et l’onde incidente; dans le second cas, l’onde réfléchie est absorbée, il n’y a plus résonance. Dans les cas intermédiaires, la longueur qu’il faut donner aux fils pour obtenir la résonance varie suivant le pouvoir absorbant du condensateur.
- M. G. Sagnac montre quelques-unes de ses expériences les plus simples relatives à la transformation des rayons Xpar la matière et spécialement par les métaux. Un écran au platinocyanure de baryum, protégé contre l’action directe des rayons X par un écran de plomb, s’illumine très nettement sous l’action des rayons secondaires issus d’une lame de zinc, par exemple, exposée aux rayons X; on voit sur l’écran fluorescent la silhouette de la main projetée par les rayons secondaires, mais les chairs ne sont pas traversées.
- Dans les mêmes conditions, un électroscope qui reçoit les rayons secondaires dans l’intérieur de sa cage et à travers une mince feuille d’aluminium battu [1/300 de mm d’épaisseur (’)], peut se décharger en moins d’une seconde, bien que la déviation initiale des feuilles d’or soit très grande.
- Si l’on oblige les rayons secondaires à traverser une feuille d’aluminium d’une fraction de millimètre d’épaisseur (0,3 mm par exemple), l’illumination de l’écran fluorescent et surtout la décharge de l’électroscope sont réduites à presque rien. Au contraire on affaiblit relativement peu l’action des rayons secondaires, si l’on filtre par la même feuille d’aluminium les rayons X qui les produisent. Cette expérience fondamentale démontre qu’une matière telle que le zinc, le cuivre, les différents métaux lourds, transforme profondément les rayons X en rajmns beaucoup plus absorbables.
- L’exposition de la Société française de Physique a été précédée d’une visite à l’usine de
- (!) On peut encore fermer l’électroscope par une toile métallique qui forme écran électrique et ne laisse passer les rayons secondaires qu’entre ses mailles.
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- la Compagnie parisienne de l’air comprimé, au quai Jemmapes. L’usine comprend actuellement 7 groupes électrogènes, et ce qui caractérise la disposition, c’est l’indépendance de chacun de ces groupes : les chaudières, le moteur et la dynamo (i 200 chevaux) sont disposés l’un au-dessus de l’autre et constituent une unité; un pont indépendant pour chaque dynamo sert aux vérifications et réparations. L’usine augmente ainsi successivement ses groupes au furet à mesure de l’augmentation du débit demandé. Une description de l’usine paraîtra prochainement dans ce journal.
- Le deuxième jour de l’exposition, une série de conférences ont été faites par MM. P. Morin, E. Ducretet, Hurmuzescu et C. Camichel. Nous donnons ci-dcssous le compte rendu in extenso de la communication de M. Morin, ainsi que les anatyses de celles de M. Hurmuzescu et M. Camichel, remettant à un prochain numéro le compte rendu de la très intéressante conférence de M. Ducretet sur la télégraphie sans fil. Cette conférence a été accompagnée d’expériences à distance et de commandes d’appareils sans intermédiaire.
- Relation entre l’aimantation des aiguillas aimantées et leur longueur. — Essai d’une théorie de la distribution magnétique ;
- Par P. Morin
- Définitions. — Un aimant mobile autour d'un axe vertical étant orienté dans sa position d’équilibre, il faut développer un certain effort, exécuter un certain travail pour l’amener dans une position perpendiculaire. Ainsi orienté en croix avec le méridien magnétique, l’aimant possède une énergie potentielle qui dépend, d’une part, du milieu, ou champ magnétique dans lequel il se trouve, d’autre part, des divers caractères géométriques et magnétiques de l’aimant.
- On donne le nom de moment magnétique à la fonction spéciale des caractères propres
- de l’aimant qui représente son aptitude à s’orienter dans un champ magnétique quelconque.
- L’observation, même superficielle, des faits montre que le moment magnétique dépend des dimensions de l’aimant; il augmente généralement avec ces dimensions, et, par conséquent, avec le volume. On est donc porté à croire que le moment est une fonction du volume et de l’état magnétique de l’aimant. Il est commode de concevoir cette fonction comme le produit du volume et d’une grandeur appelée l'intensité moyenne d'aimantation. Cette grandeur serait donc le quotient du moment magnétique divisé par le volume, c’est-à-dire le moment moyen de l’unité de volume dans l’aimant.
- Si l’on fait varier l’une des dimensions d’un aimant, ou plutôt, si l’on prend plusieurs aimants de même nature, aimantés dans des conditions identiques mais qui diffèrent par une dimension, on constate que l’intensité moyenne d’aimantation n’est pas la même; cette intensité varie donc avec les dimensions.
- Rut des recherches. — Je me suis proposé de trouver les relations qui semblent devoir exister entre l’intensité d’aimantation et chacune des trois dimensions. Les expériences sur la longueur, en particulier, m’ont fourni des résultats que je trouve intéressants et des conséquences assez inattendues.
- Mode opératoire. —Premières expériences. — J’ai opéré d’abord sur une série de tronçons de fils d’acier de 2 mm de diamètre pris dans le même échantillon, qui était... une baleine de parapluie. J’ai coupé des longueurs de 1, 2, 4, 8, 16 et 24 cm; je les ai aimantées à saturation en les faisant passer, à différentes reprises, les unes à la suite des autres, dans une bobine magnétisante de 50 cm de long ayant 3 mm de diamètre intérieur, portant deux couches de fil conducteur de 8/10 mm de diamètre traversé par un courant de 5 ampères environ; ce qui donne un champ magnétisant d’environ 137 C. G. S. Je me suis assuré qu’on n’augmentait pas
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- l’aimantation des diverses aiguilles en augmentant l’intensité du courant: elles étaient donc saturées.
- J’ai ensuite déterminé les intensités moyennes d’aimantation par la méthode des oscillations à l’aide de la formule :
- qui s’établit aisément en partant de la formule de la durée d’une oscillation. Dans ce genre d’expériences, le facteur est constant; il était égal à environ 34 dans les conditions où je me trouvais.
- La détermination de mes intensités ne dépend donc que de deux mesures relativement
- faciles : la longueur des aiguilles et la durée d’une oscillation simple. D’ailleurs, l’intérêt de mes expériences n’est pas dans la valeur absolue des résultats mais dans leur valeur relative.
- Résultats. — Avec cette première série d’aimants voici ce que j’ai trouvé :
- Longueurs. 1 2
- Durées d'os- 10 ^
- cillation . 9 ’
- d’aimantation. . . . 27,54 53,]
- 2;5 3)37 4M s
- [23)3 3'!s>2 765 907
- G.G. S.
- Pour faire parler ces résultats, je les ai représentés graphiquement en portant les lon-
- gueurs d’aiguilles en abscisses et les intensités en ordonnées; j’ai relié les divers points par une courbe continue (courbe III, fig. 1). Cette courbe, au début, a l’allure d’une parabole ou d’une hyperbole, puis elle s’infléchit vers le point qui correspondrait à peu près à une aiguille de 9 cm, elle tend ensuite vers une asymptote qui serait parallèle aux abscisses et à une hauteur d’environ 1 200 C. G. S. Cette courbe montre donc que Y intensité moyenne d'aimantation croit toujours avec la longueur, plus vite qu'elle d'abord, moins vile ensuite, et qu'elle tend vers une limite maxima.
- Si l’on trempe les diverses aiguilles dans la limaille de fer, on voit que les petites, jusqu’à 8 cm, attachent les parcelles de métal sur toute leur longueur; les longues n’attachent la limaille que sur deux zones terminales, longues chacune de 4 à 4,5 cm.
- Ce genre de faits est connu depuis Coulomb et voici l’explication qu’on en donne • : la limaille ne s’attache que sur les régions des aimants où il y a des masses magnétiques libres, donc la zone moyenne des longues aiguilles en est dépourvue, et par conséquent l’aimantation y est uniforme.
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- Un long aimant est donc composé de trois parties de caractères différents : deux zones terminales d’aimantation non uniforme et une zone centrale d’aimantation uniforme. Cette dernière peut être considérée comme un aimant simple ou idéal qui n’aurait de masses magnétiques libres qu’aux extrémités seulement. D’après cela, le moment magnétique de l’aimant serait égal à la somme des moments des trois zones.
- Conséquences. — Quand on considère plusieurs aiguilles longues, taillées dans le même échantillon d’acier, saturées, il semble que les zones terminales sont identiques dans toutes les aiguilles et que les zones centrales diffèrent seulement les unes des autres par la longueur. Les résultats précédents vont nous prouver qu’il en est réellement ainsi.
- Pour le vérifier, considérons d’abord deux aiguilles de longueurs inégales ab et AB (fig. 2), assez grandes pour qu’il y ait une
- CL C b
- A________^____________________B
- Fig. 2.
- zone censée uniforme dans chacune d’elles. On peut diviser par la pensée AB en trois segments : les segments terminaux Am et «B respectivement égaux aux deux moitiés de l’aiguille ab\ le segment central mn. Les deux premiers doivent compter dans le moment de l’ensemble pour une quantité égale au moment de ab. Donc, si l’on retranche celui-ci (A'Uc,) du moment de AB (Ma.b)5 on doit avoir le moment du tronçon censé uniforme nm; on en déduira son aimantation.
- Si l’aimantation est réellement uniforme dans une certaine région et si les zones terminales sont réellement identiques, quelles que'soient les longueurs des aiguilles ab et AB, nous devrons toujours trouver la même intensité pour les segments nm. Or, la courbe nous permet de trouver les intensités d’aiguilles autres que celles des expériences, par exemple celle de 10 cm dont
- l’intensité moyenne est environ 500. Nous aurons donc :
- 91U4 = 907 x 24 S = 21768 S SE1B=;63X i6S=r r2208.S 0fclu=5OOXioS= 5 000 S
- par conséquent, en retranchant ces égalités, deux à deux, on a :
- ?C.,4— 0lt)(î = 9560 s stclt — 9K10 = 16 76 8 S 9Jt“0 — 9K10 = 7 208 s
- Les volumes des segments correspondants étant 8,3 pour le premier, 14,5 pour le second et 6,3 pour le troisième, les intensités d’aimantation sont :
- Aigîi = 956o : 8=1195 Am2' = 16 768 : 14 = 1196 Al0lfi — 7 208 : 6 = 1 201.
- Ces nombres sont assez voisins les uns des. autres pour qu’on les admette comme égaux, étant donné le grand nombre de causes de petites erreurs que comporte ce genre d’étude. L’hypothèse émise antérieurement est donc confirmée.
- Longueur de la %one non uniforme. — Si l’on compare, en suivant la même méthode, des aiguilles de longueurs décroissantes, différant de 1 cm les unes des autres, il arrive un moment où l’intensité du tronçon médian de l’aiguille supérieure est inférieure à la constante que l’on rencontre dans les aiguilles plus longues ; c’est qu’alors on est en présence d’une aiguille, au moins, n’ayant plus de zone uniforme et l’on peut trouver à 1/2 cm près l’endroit où se termine la zone en question. Ainsi l’intensité de l’aiguille de 9 cm est 430, d’après la courbe III, figure 1 ; donc :
- = 43° x 9 S = 3 870 S
- et comme :
- Slt,y = 5oüoS
- on a
- 91l]() _ 9£u — 1 130 S
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- soit
- A#10 = 1130
- quantité notablement inférieure à 1195; l’aiguille de 10 cm n’a donc pas 1 cm de zone uniforme, si même elle en possède une; l’aiguille de 9 cm n’en a pas. Admettons que la zone uniforme disparaisse dans l’aiguille de 9,5 cm, cela fait pour chaque zone non uniforme : %
- Longueur de l'aimant simple équivalent à un aimant réel donné. —- Supposons que les masses magnétiques disséminées dans la zone terminale de l’aimant soient concentrées dans une section transversale telle qu’elles éprouvent la même action résultante de la part du champ magnétique, nous aurons ainsi un aimant simple, uniforme dans toute son étendue, et qui aura le même moment magnétique ; les tranches de concentration seront les pôles vrais de l’aimant réel. Il faut évidemment que les tranches en question soient entre les extrémités des zones terminales, en sorte que l’aimant simple équivalent est plus court que l’aimant réel d’une quantité ex, telle que .v est la distance de chaque pôle à l’extrémité. Les moments des deux aiguilles de 16 et de 24 vont nous permettre de calculer x et la masse polaire m. En effet on doit avoir :
- = (24 — 2X) m = 21 768 S (16 — 2X) m = 12208 S,
- système de deux équations à deux inconnues, qui donne
- ce dernier résultat pouvait se prévoir, car si l’intensité uniforme est r 195, les 1195 C. G. S. qui se trouvent dans chaque tranche de la zone uniforme deviendront nécessairement libres successivement au long de la zone non uniforme.
- Position du pôle dans la %one terminale. — Si l’on compare la distance x— 2,9 à la lon-
- gueur de la zone terminale, 4,75, on voit qu’elle fait plus de la moitié de cette qoite. Le pôle, qui est le centre de moyenne distance des masses par rapport au centre de l’aimant serait donc plus pr'es de la limite de la qone uniforme que du bout de l'aimant, et par conséquent IL Y AURAIT PLUS DE MASSES MAGNETIQUES LIBRES VERS LA ZONE UNIFORME QUE VERS L’EXTRÉMITÉ DE L’AIMANT.
- Voilà un résultat qui est en opposition formelle avec les idées communément admises jusqu’à présent.
- Nouvelle hypothèse. — Cette contradiction m’a suggéré une hypothèse nouvelle que je vais tacher de justifier. Dans les aiguilles à zone uniforme, les zones terminales doivent être identiques comme il résulte des calculs précédents, or, n’en serait-il pas de même, sous réserve de la longueur, dans les aiguilles courtes; c’est-à-dire quelles que soient les longueurs des aiguilles considérées Vaimantation ne serait-elle pas la même dans toutes les tranches qui se trouvent à égale distance des extrémités ?
- S’il en était ainsi, en procédant comme précédemment par comparaison des moments d’aiguilles régulièrement décroissantes, on pourrait calculer l’aimantation moyenne des tronçons médians de 1 cm dans les aiguilles qui n’ont pas de zone uniforme, on aurait aussi par cela même l’intensité hypothétique dans les tronçons successifs de 1/2 cm, dont se compose la zone terminale. A l’aide de ces nombres on pourrait construire la courbe d’aimantation hypothétique de la zone terminale. C’est ce que j’ai fait et j’ai ainsi obtenu la courbe III (fig. 3). Cette courbe présente encore l’allure d’une parabole ; elle doit évidemment s’arrêter à l’horizontale de 1195 C. G. S. qui représente l’aimantation de la région uniforme, le point de rencontre correspond à une distance de 4,75 cm à l’extrémité, ce qui confirme l’exactitude du nombre précédemment adopte pour longueur de la zone non uniforme.
- , Dans l’hypothèse où cette courbe repré-
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- sente bien l’aimantation dans les diverses tranches de la région terminale, elle va nous donner la distribution des masses libres. En effet, si la différence d’aimantation entre deux sections déterminées, PQ (iig.^estA— A=NR c’est que dans le tronçon limité par ces deux
- sections une quantité de magnétisme égale à NR devient libre. On peut donc, d’après cela, partager les zones terminales en n tronçons portant chacun — de la masse totale. Il suffit, pour cela, de partager l’ordonnée maxima de la courbe en n parties égales, de
- mener par des points de division des perpendiculaires à cette ordonnée jusqu’à la rencontre de la courbe, enfin de projeter ces points
- d’intersection sur l’axe des longueurs. La figure nous donnera aussi les distances mo3^ennes de ces masses égales à la limite de la zone uniforme ou à une tranche quelconque de cette zone. Cela nous permettra de
- calculer la distance moyenne de l’ensemble des masses et la position du pôle dans cette distribution hypothétique. Or sur l’original de la courbe III de la figure 3 construit avec des longueurs quadruplées, la distance moyenne des masses à la tranche limite de la zone uniforme est 7,3 cm. Le rapport de cette distance à la longueur 19 cm qui représente la zone
- terminale est —.
- 190
- Or, j’ai trouvé antérieurement que le pôle est à 2,9 cm de l’extrémitc ou à 4,75 — 2,9 = 1,85 de la branche considérée. Le rapport de la distance du pôle vrai à la longueur de la zone terminale est donc :
- 1.85 _ 74 4'75
- rapport qui diffère du précédent de seu-
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- lement , ce qui représente un écart de 1/4 mm dans la réalité.
- Donc, le pôle calculé d'après la distribution que j’ai obtenue comme conséquence de l’hypothèse émise précédemment coïncide bien avec le pôle réel ; donc, la distribution hypothétique doit être la distribution réelle et je me crois fondé à énoncer la loi
- « Dans les aimants saturés de même nature et de même section, l’aimantation est la même dans toutes les tranches prises à égale distance de l’extrémité; les masses magnétiques libres vont en [augmentant à partir de l'extrémité, au moins jusqu’à une certaine distance. »
- Courbes d'aimantation. —• Les intensités d’aimantation dans les diverses tranches d’un aimant long, saturé, peuvent donc être représentées par des courbes dans le genre de la figure 5.— Pour des aimants courts de
- Kg. 5-
- meme nature et de même section, également saturés, l’on aurait des courbes dans le genre de celles de la figure 6. On voit à l’inspection
- Fig. 6.
- de ces courbes que les masses libres le long des aimants courts vont en diminuant de plus en plus avec la longueur, et l’on se rapproche encore de l’aimant idéal, c’est-à-dire de l’aimant qui n’aurait de masses libres qu’à ses deux faces polaires ; d’après cela on peut voir que la position du pôle par rapport aux extrémités varie beaucoup : dans une aiguille
- longue de 50 diamètres le rapport de la distance des pôles à la longueur sera ; par exemple, dans une aiguille de 15 diamètres il serait environ 1/2 ; pour une de 5 diamètres, le rapport devient égal à 3/4.
- Le rapport trouvé plus haut est susceptible d’une interprétation simple : si l’on compare à l’aimant réel l’aimant idéal équivalent, on voit que ces deux aimants ont une partie identique, la zone moyenne uniforme de l’aimant réel. Si l’on retranche cette partie identique de part et d’autre, il restera des tron-
- Fig. 7.
- çons équivalents. Le rapport trouvé antérieu-ment est donc le rapport du moment de la zone terminale non uniforme à celui d’une portion d’aimant uniforme de même longueur: c’est ce qu’on peut appeler le rapport d'équivalence.
- Nouvelles expériences. — Tels sont les résultats et conséquences de ma première série d’expériences. Bien qu'il n’y eût là rien que l’on pût attribuer au hasard d’un cas particulier, il eût été téméraire d’asseoir une conviction sur cette unique série; alors j’en recommençai d’autres, en variant les conditions. J’opérai entre autres : i°sur des lames d’acier de 0,03cm d’épaisseur et 0,55 cm de large, trempées et recuites à consistance de ressort; 20 sur une nouvelle série d’aiguilles de 2 mm de diamètre tirées d’un échantillon différent du premier ; 30 sur des aiguilles non trempées, de 3 mm de diamètre. J’ai obtenu ainsi les courbes I, il et IV de la ligure 1. On voit que toutes ces courbes ont la même allure que la courbe 111, qui correspond à ma première série; elles remontent plus ou moins vite et plus ou moins haut, mais
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- clics sont toutes infléchies de la même manière.
- D’après ces courbes et par les considérations que j’ai précédemment exposées, j’ai construit les courbes d’aimantation dans les zones terminales (courbes I, II et IV, fig. 3). J’ai encore calculé de deux manières la position du pôle : par la comparaison des moments de deux aiguilles et à l’aide de la courbe d’aimantation. J’ai toujours trouvé le même résultat ; ainsi, pour les aiguilles cylindriques de 3 mm de diamètre, malgré
- l’allure toute différente de la courbe d’aimantation (IV, fig. 3), qui est allongée et infléchie, les valeurs du rapport d’équivalence sont :
- et T$o ' (*-'e P^e est aI°rs plus près de l’extrémité que de la zone uniforme.)
- Expériences de Coui.omb. — Il aurait pu se faire que mon mode opératoire renfermât une cause d’erreur sj^stématique de nature à fausser tous mes résultats ; alors je me suis demandé si parmi les innombrables expériences de Coulomb il n’y en aurait pas qui
- me permissent de comparer mes résultats à ceux du maître. Je me suis procuré le volume des mémoires originaux de Coulomb, publics par les soins de notre Société, et voici ce que j’ai trouvé.
- Dans son mémoire de 1777, Coulomb indique plusieurs séries d’expériences faites sur des lames d’acier qui ne différaient que par la longueur dans chaque série, et qui, d’une série à l’autre, différaient soit par. la largeur, soit par l’épaisseur. J’ai traduit les résultats par les courbes I, II, Iil de la figure 8. Les longueurs les plus faibles employées étant de 4 pouces (10,83 cm), ces courbes ne présentent pas la partie qui serait
- la plus intéressante au point de vue qui m’occupe. Cependant, il est facile de voir que si les expériences avaient été poussées à des longueurs moindres que 4 pouces, les courbes, convexes vers les ordonnées positives, seraient devenues concaves en dessous d’une certaine longueur d’aiguille ; car si, s’inspirant du sentiment de la continuité des phénomènes naturels, l’on prolongeait ces courbes vers l’origine des coordonnées sans changer le sens de la courbure, elles iraient fatalement couper l’axe des abscisses adroite de l’origine et l’on aurait une aiguille de longueur finie, assez grande même, dont l’aimantation serait nulle. Donc ces séries, malgré
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- qu’elles soient incomplètes, n’infirment pas mes résultats.
- Mais dans le mémoire de 1789, j’ai trouvé deux séries de résultats obtenus dans des conditions presque identiques à celles où je me suis placé. Dans la première, Coulomb opérait sur un fil qui, d’après les données du mémoire exprimées en anciennes mesures, devait avoir 1 mm de diamètre ; il expérimenta sur des longueurs de 3 lignes, 6 lignes, 1 pouce, 2, 3, 6, g pouces et 1 pied. La courbe IV, figure 3, représente les résultats de cette série. Qn voit que mes courbes présentent une analogie frappante avec celle de Coulomb. J’ai analysé cette courbe avec la méthode que j’avais appliquée aux miennes. J’ai trouvé que le pôle des longues aiguilles devait être à 1 cm du bout; que la zone non uniforme devait avoir une longueur de 2,15 cm; le rapport d’équivalence est donc :
- _ ^3_
- V5 <13
- Or, en construisant la courbe des aimantations terminales et en cherchant le centre de moyenne distance, je trouve comme rapport d’équivalence par cette nouvelle méthode :
- 24
- 43
- dont la différence avec la précédente , correspond a un écart absolu de 1/2 mm seulement.
- Dans la deuxième série, Coulomb employait des bouts de fils d’environ 5 mm de diamètre, mais il a dû y avoir des erreurs commises, ou bien les divers aimants n’étaient pas dans des états comparables, car les points figuratifs des résultats ne se trouvent pas sur une courbe régulière. On ne peut tirer aucun parti de cette série.
- J’ai recherché des résultats analogues obtenus par d’autres expérimentateurs, mais je n’ai à ma disposition que des ouvrages d’ensemble sur la physique, qui sont trop peu documentés sur les détails. Je n’ai trouvé qu’une série due à M. Bouty dans son édition
- du Traité de Physique de Jamin. Cette série s’arrête encore malheureusement à des longueurs un peu trop grandes pour moi. En effet, M. Bouty a opéré sur des fils de 0,55 mm de diamètre, et la plus faible longueur pour laquelle il indique des résultats est 2 cm, soit 36 fois le diamètre ; or, d’après une règle énoncée par Coulomb et qui ressort très nettement de toutes mes expériences, les aimants présentent une zone uniforme pour toutelongueursupérieure à 40 ou 50 fois le diamètre; donc, le plus court aimant de M. Bouty est sur le point d’avoir une zone uniforme; je ne peux donc pas tirer parti de ces résultats. Néanmoins, la courbe des intensités moyennes d’aimantation dans la partie que l’on peut construire présente bien l’allure de celles de Coulomb et des miennes. Je trouve donc là une nouvelle confirmation de mes résultats.
- Examen comparatif des courbes d’aimantations terminales. — Il est à remarquer que les quatre courbes de la figure 3 débutent toutes par une sorte de parabole, et même la courbe 111, en son entier, est à très peu de chose près une courbe de cette sorte ; j’ai en effet construit sa dérivée et cela me donne très sensiblement une droite dont le coefficient angulaire est . Donc, au moins dans une fraction importante de la zone terminale, à partir de l’extrémité, l’accroissement élémentaire de l’aimantation serait proportionnel à la distance à l’extrémité ; l’aimantation clle-mèmc, à une constante près, serait proportionnelle au carre de la même distance.
- Quoique ces courbes soient peu nombreuses et ne correspondent pas à un nombre peut-être suffisant d’échantillons d’acier, on peut en tirer quelques déductions qui seraient d’ailleurs appuyées par d’autres courbes dont j’ai les cléments, mais que je n’ai pas cons-truites-sur ces figures.
- On voit que les courbes montent d’autant plus rapidement que la section des aimants correspondants est plus faible : la courbe IV représente des aimants ayant 7,07 mm de
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- section ; les courbes II et III des*sections de 3,14 mm2 et la courbe I des sections de 1,65 mm2. Cette remarque correspond à celle de Coulomb que pour toutes les aiguilles cylindriques saturées la longueur des zones non uniformes est dans un rapport à peu près constant avec le diamètre.
- D’autre part, l’ordonnée d'origine est d’autant plus grande aussi que les sections sont plus faibles, quoique les maxima d’aimantation ne soient pas dans le même rapport (la trempe intervient). Cette autre remarque signifie que l’intensité moyenne à la base des aimants est d’autant plus grande que les aimants sont plus minces. Cela est encore une conséquence de la loi de similitude de Coulomb (').
- En effet, considérons deux aimants longs, semblables, dont le rapport de similitude est m ; les sections sont dans le rapport :
- Soient M et M; les masses polaires, elles sont entre elles comme les sections, car dans chaque cas la masse polaire est toujours égale 'à la charge par tranche dans la zone uniforme, donc :
- M __ __S_ _ 2 M, - s< -m
- mais ccs masses sont réparties dans des volumes V et V' semblables, pour lesquels on
- V _ a
- Y — m .
- Les densités moyennes dans ces zones étant M AV ,
- -y- et -ÿ7 » on a pour leur rapport :
- m j\v_ __ ju_ ^ _XL _ 1 _ _i_
- V ; V' — M' x V m8 m c’est-à-dire que le rapport des densités est
- (q Ou sait que Coulomb a montré l’égalité d'aimantation moyenne dans les aimants saturés de dimensions homologues.
- égal à l’inverse du rapport de similitude. Toutefois ce résultat ne doit pas être absolu, car pour une section infiniment petite, l’on aurait une densité infinie, ce qui est impossible. Il est probable qu’il n’y a pas similitude absolue dans les distributions, comme le calcul précédent le suppose implicitement.
- Expérience synthétique. — Outre les expériences dont j’ai rendu compte précédemment, et que j’appellerais volontiers des expériences analytiques, j’ai fait depuis longtemps déjà des expériences synthétiques qui conduisent à des résultats analogues. Ën voici une : j’ai pris des tronçons d’acier de 2 mm de diamètre et de 20 mm de long; je les ai aimantés à saturation, en série, dans ma bobine magnétisante ; j’ai ensuite constaté, avec une sorte de magnétomètre de ma construction, qu’ils étaient tous dans un état identique d’aimantation. Alors j’ai déterminé, à l’aide de la balance de torsion, l’effort nécessaire pour amener chacun d’eux dans une direction perpendiculaire au méridien magnétique; j’ai trouvé 40 de torsion. Ensuite j’en ai mis deux bout à bout et orientés de même sens dans le petit tube qui servait de chape, et j’ai mesuré le nouveau moment ; j’ai trouve 130. L’addition d’un troisième élément fait passer le moment à 240 ; un quatrième le fait arriver à 35 ; un cinquième à 47 ; à partir de ce nombre, toute addition nouvelle augmente le moment de 130 environ. Par conséquent, tout se passait comme si les zones terminales fussent devenues invariables et comme si l’on eût ajouté au milieu un . élément aimanté à l’intensité constante de 130. Donc, dans ce système d’aimants on retrouve les caractères des aimants d’une seule pièce : augmentation de l'aimantation moyenne avec la longueur ; existence d’une région médiane uniforme dans tous les longs aimants.
- Quand on démonte un tel système, on retrouve les éléments identiques à ce qu’ils étaient auparavant.
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- Essai d’une théorie des aimants
- Nécessité d’une théorie spéciale. — En présence des résultats que j’ai obtenus, il m’a paru difficile d’expliquer les caractères des aimants par les conceptions ordinairement admises ; en particulier, il me paraît impossible de dire que l’état d’aimantation moindre, constaté depuis longtemps dans les zones terminales des aimants, serait dû à l'action démagnétisante des masses magnétiques libres situées aux extrémités, puisque ces masses paraissent en plus grande quantité à une certaine distance du bout qu’au bout lui-même. J’ai donc cherché une théorie de la constitution des aimants pouvant s’accorder avec ce que j’ai trouvé, en m’aidant de certains résultats de Coulomb que j’ai retrouvés par des expériences analogues.
- Faits fondamentaux. — Je reprends sommairement les principaux faits. — Pour tout aimant de nature et de dimensions données il existe un état d’aimantation appelé saturation dans lequel son moment magnétique est maximum. — Dans cet état (*) l’intensité d’aimantation par tranches croit toujours à partir de chaque bout (dans certains cas elle paraît être" proportionnelle au carré de la distance à l’extrémité). — Si l’aimant est suffisamment long, l’aimantation, qui croît assez vite avec la longueur, atteint un maximum à une distance de l’extrémité qui est fonction de la forme et des dimensions de la section, distance proportionnelle au diamètre dans les aiguilles cylindriques et égale, environ, à 25 fois ce diamètre. — A partir de la tranche d’aimantation maxima, l’intensité demeure constante jusqu’à une tranche symétrique de la première par rapport au centre de l’aimant. — Enfin, comme l’a démontré Coulomb, l’intensité moyenne d’aimantation est la même dans tous les aimants de même nature, saturés et géométriquement semblables (Loi de similitude).
- (£) Ht probablement, même, dans l’état non saturé.
- Structure hypothétique des aimants. — Je considérerai un aimant comme formé d’éléments magnétiques, qui pourront être les molécules de l’acier; ces éléments jouissent de toutes les propriétés des aimants finis : ils possèdent un axe magnétique qui s’oriente toujours d’une manière déterminée dans un champ magnétique; ils sont susceptibles de prendre une aimantation très variable sous l’influence d’un champ magnétique, c’est-à-dire de forces magnétiques extérieures ; par conséquent ils ont un moment magnétique propre, susceptible de varier entre des limites très étendues. On peut grouper ces éléments suivant les trois dimensions de l’espace, de manière à obtenir trois systèmes magnétiques types : i° en lignes telles que les axes magnétiques soient dans le prolongement les uns desautres et orientés de la même manière, cela donne des filets magnétiques ; 20 en surfaces normales aux axes magnétiques, encore orientés de la même manière, et présentant l’épaisseur d’une simple molécule, ce sont les feuillets magnétiques; 30 enfin, en volumes considérés comme des faisceaux de filets ou comme des piles de feuillets ; on a alors les aimants réels.
- Aimant long limite. — Cela posé, si la loi de similitude de Coulomb est exacte, et s’il en est de même de la loi que j’ai énoncée antérieurement, en considérant des aiguilles longues saturées, de plus en plus petites, je pourrai admettre qu’à la limite l’aiguille longue se réduit par similitude à une simple ligne de molécules d’acier, ou d’éléments magnétiques, à une portion de filet que j’appellerai un filet magnétique réel. Dans ce filet la courbe des aimantations aura la même allure que dans les aimants que j’ai étudiés, seulement les zones non uniformes sont extrêmement courtes, car, 24 à 25 fois le diamètre, cela représente vraisemblablement une série linéaire de 24 ou 25 molécules, en sorte que la courbe d’aimantation limite montera très vite pour atteindre la ligne horizontale représentant l’aimantation constante et maxima à
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- une très faible distance de l’axe des intensités. En outre l’ordonnée d’origine sera notablement plus grande que pour les aimants de dimensions finies.
- Maxima divers d’aimantation moléculaire. — La loi d’aimantation terminale que j’ai énoncée comme conséquence de mes recherches comporte le corollaire suivant : dans les aiguilles saturées de même section et de même nature, l’intensité d’aimantation à la base est indépendante de la longueur de l’aiguille et dépend seulement de la nature de l’acier et de la section. Elle serait donc encore la même si la longueur de l’aimant se réduisait à l’épaisseur d’une molécule, c’est-à-dire si l’aimant se réduisait au feuillet terminal. De même, dans le filet réel saturé, que j'ai considéré précédemment, l’aimantation de la molécule terminale doit être indépendante de la longueur du filet, c’est-à-dire du nombre des molécules qui le composent; elle est la même que si la molécule était absolument seule dans l’espace indéfini, en dehors de tout champ magnétique ; elle présente donc un maximum spécial d’aimantation correspondant au cas de la molécule ayant au moins une face polaire en contact avec le milieu non magnétique. Les molécules du centre du filet, si celui-ci dépasse 50 longueurs de molécules, présentent de leur côté un autre genre de maximum, supérieur au précédent, correspondant au groupement de molécules dont les faces polaires sont en regard d’autres molécules. J’appellerai ces deux maxima, des maxima de premier ordre, ce sont ceux que peuvent atteindre les molécules magnétiques en dehors de toute action de champ émanant d’un système extérieur. Enfin, sous l’action d’une force magnétisante extérieure, l’expérience montre qu’un aimant saturé peut acquérir temporairement une aimantation supérieure, mais qui, elle-même, ne peut être illimitée ; les molécules peuvent donc présenter deux nouveaux maxima que j’appellerai maxima du deuxième ordre ; le maximum supérieur du deuxième '
- ordre sera évidemment un maximum absolu.
- Mécanisme des actions magnétiques a l’intérieur d’un aimant. — Supposons donc que par l’action d’un champ magnétisant suffisamment intense, c’est-à-dire par une modification du milieu cosmique, on ait communiqué à toutes les molécules d’un aimant une aimantation supérieure aux maxima de premier ordre. Quand on supprimera le champ magnétisant, c’est-à-dire quand on laissera le milieu cosmique reprendre son état normal, les molécules, vraisemblablement animées d’une énergie spéciale, perdront une certaine partie de cette énergie et l’aimantation du système prendra un état d’équilibre dans lequel les molécules auront leurs maxima respectifs du premier ordre. Voyons ce qui peut alors se passer dans les diverses parties d’un aimant en suivant la marche synthétique.
- A. Synthèse du filet. — Prenons le filet réduit à sa plus simple expression, formé de deux molécules, a et fi (fig. g] ; ces molécules sont au maximum inférieur du premier ordre parce qu’elles ont chacune une face en contact avec le milieu indéfini ; intercalons deux autres molécules, a’ b' (fig. 10), entre les premières y ces nouvelles molécules ne sont plus en contact immédiat avec le milieu extérieur, elles se trouvent dans un champ magnétique, c’est-à-dire dans un espace où le milieu cosmique est modifié de manière à leur permettre de prendre une aimantation nouvelle, concordante avec leur aimantation initiale propre et qui s’ajoutera à cette aimantation. Le moment magnétique du système des quatre molécules sera donc supérieur à quatre fois le moment de chacune d’elles prise isolément. Si nous intercalons deux nouvelles molécules a!' b" (fig. 11) entre a et b', le champ magnétique entre ces deux dernières étant plus fort qu’il ne l’était entre a et fi, les deux nouvelles molécules pourront [éprouver une suraimantation encore plus grande, en sorte que l’intensité moyenne d’aimantation aura encore augmenté. Il est 'facile de comprendre que l’accroissement
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- d’aimantation moléculaire pour chaque paire de molécules intercalée ira en augmentant, et, par conséquent, ce qu’on a l’habitude d’appeler la masse magnétique libre ira en augmentant à partir de l’extrémité. Il est très
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- Fig. 9, 10 et 11.
- probable que dans ce cas élémentaire la courbe d’aimantation terminale serait une vraie parabole.
- Par suite de cet accroissement rapide de l’aimantation moléculaire, les molécules centrales arriveront bientôt au maximum supérieur du premier ordre, et au delà d’une cinquantaine de molécules, toutes celles de la région médiane seront à ce maximum et également aimantées.
- B. Synthèse du feuillet. — Disposons deux molécules orientées dans le même sens sur une ligne perpendiculaire a la direction commune de leurs axes magnétiques. Si des molécules en contact avec le milieu cosmique
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- § © ®
- Fig. 12 et 13.
- illimité par leurs faces polaires ne peuvent dépasser une certaine aimantation limite, elles peuvent fort bien descendre au-dessous de cette limite après l’avoir atteinte un moment. C’est ce qui arrivera pour nos deux molécules, m et n; en effet, chacune d’elles crée un champ magnétique, ou une déformation du milieu cosmique qui réagit sur l’autre, mais de manière à diminuer son aimantation, en sorte que le moment du système des
- deux molécules est forcément inférieur au double du moment de chacune d’elles ; mais à mesure que les molécules se désaimantent, leur réaction mutuelle diminue, et comme l’aimantation paraît présenter une certaine élasticité, il restera à chaque molécule une aimantation résiduelle telle que la désaimantation élastique est proportionnelle à cette aimantation résiduelle ; appelons celle-ci x et soit a l’aimantation primitive de chacune des molécules, on doit avoir (’) :
- a — .r = hx
- d’où :
- ""TqT'
- Prenons maintenant trois molécules, m np, disposées en ligne •, la molécule du milieu, w, va éprouver une double action de la part des molécules extrêmes, m et p, elle éprouvera donc une désaimantation plus grande que les premières dans le cas précédent, mais dès lors elle réagira avec moins de force sur m etp qui seront un peu plus aimantées que si elles étaient deux seulement, contiguës. En ajoutant de nouvelles molécules nous obtiendrons des systèmes présentant un minimum d’aimantation au centre et un maximum aux extrémités, niais ce maximum est inférieur au maximum inférieur du premier ordre, et l'aimantation moyenne du système est d’autant moindre qu’il est plus étendu.
- Si à côté de cette ligne et dans une surface normale aux axes magnétiques on dispose d’autres lignes de molécules orientées dans le môme sens, il interviendra de nouvelles forces démagnétisantes qui diminueront de. plus en plus l’aimantation moyenne, laquelle doit être ainsi une fonction de l’étendue de la surface de feuilletformée(*).
- (!) Comme dans les expériences faites avec des aimants finis, groupés en parallèle, * est plus grand que —, il s’ensuit
- (2) La loi de similitude tendrait à prouver que, au moins entre certaines limites, l’aimantation moyenne est en raison inverse de la racine carrée de la surface de feuillet.
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- C. Synthèse de Vaimant réel. — On peut effectuer cette synthèse, soit en réunissant des filets réels en faisceau, soit en empilant des feuillets.
- Dans le premier cas, on peut remarquer que les filets réagissent les uns sur les autres pour se désaimanter mutuellement comme les molécules du feuillet. S’ils ne sont pas assez longs la désaimantation se fait sentir dans toute la longueur pour certains d’entre eux, sinon pour tous, et l’aimant ne présente pas de zone uniforme ; il en présentera une si les filets sont assez longs pour compenser l’action démagnétisante de leur nombre.
- Dans le second système les feuillets empilés se suraimantent de plus en plus au milieu de la pile, comme les molécules du filet; mais' comme l’aimantation moyenne initiale est notablement moindre que celle d’une molécule isolée, il faut que le système atteigne une plus grande longueur pour que toutes les molécules d’un feuillet central atteignent le maximum supérieur du deuxième ordre.
- Sur la transformation des rayons X;
- Par Ai. D. Hurmuzescu.
- M. Hurmuzescu rappelle les premières phases par lesquelles a passé la production des radiographies. Les tubes au début étaient trop mous et le temps de pose nécessaire était par suite fort long; en meme temps, les radiographies obtenues présentaient un caractère frappant de contraste. Avec des tubes plus durs, tels que ceux qui furent fabriqués ensuite, le temps de pose fut notablement diminué, mais les radiographies étaient voilées, elles n’avaient plus la même impression de contraste, les rayons de ces tubes traversaient les os avec facilité.
- Le voile des radiographies fut attribué à la grandeur de la sôurce des rayons X, et l’on songea à limiter le faisceau agissant au moyen d’écrans métalliques. Avec des écrans de plomb, les résultats furent encore moins bons. La cause fut alors attribuée à la fluo-
- rescence; tous les corps frappés par les rayons X sont plus ou moins susceptibles de produire une luminescence capable d’impressionner la couche sensible; ainsi le verre qui sert de support à la couche sensible produit une telle luminescence; c’est ainsi que les métaux en contact avec la couche sensible ont produit des renforcements que l’on avait d'abord attribues à une réflexion des rayons X. Mais l’hypothèse d’une fluorescence devient insuffisante si l’on remarque que par l’interposition d’une feuille de papier ou d’aluminium entre la couche sensible et le métal le renforcement, quoique affaibli, se produit encore.
- La véritable cause est dans la transformation des rayons X, comme i’a montré M. Sa-gnac (*). M. Hurmuzescu avait aussi obtenu des résultats analogues depuis le mois d’octobre dernier, en opérant de la façon suivante :
- Le tube est enfermé dans une caisse métallique en plomb, percée d’une fenêtre; devant cette fenêtre, un petit tube de plomb limite encore le faisceau qui vient frapper un électroscope. Pour obtenir les rayons transformés, la lame métallique est placée sur le trajet des rayons, tandis que l’électros-cope est disposé de façon à n’être plus rencontré par les rayons X directs, mais par les rayons transformés. La feuille de l’électros-cope se déplace devant une graduation et l’on note le temps nécessaire au passage de la feuille devant deux positions fixes. Les résultats ne diffèrent de ceux qui ont été obtenus par M. Sagnac que par la valeur du rapport de transformation, et cela tient sans doute aux tubes utilisés; ainsi le rapport pour le zinc et l’aluminium est pour le zinc et la paraffine
- Les rayons transformés, secondaires, tertiaires et autres (M. Hurmuzescu a été jusqu’à cinq transformations sur le zinc) sont beaucoup plus absorbables que les rayons X
- (!) L'Éclairage Électrique, t. XIV, p. 555, 1898.
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- par les milieux où ils se propagent; ils se rapprochent aussi des rayons ultra-violets ou plutôt des rayons cathodiques. De sorte que le cycle semble se fermer; les rayons cathodiques donnent naissance à des rayons X, et ceux-ci se transforment en rayons assez voisins des rayons cathodiques.
- Le pouvoir de décharge et l’action photographique varient dans le même rapport.
- M. Hurmuzescu rapporte ensuite quelques expériences intéressantes qu’il a faites et qui confirment encore les idées précédentes.
- Sur une plaque de verre 13X18, sont placées quatre lames métalliques : deux de cuivre rouge d'épaisseur différente, une de zinc et une d’aluminium épaisse de 1 mm, présentant deux trous circulaires aux extrémités pour servir de témoins. Au-dessus de ce système est la plaque sensible, la pellicule en contact avec les surfaces métalliques. Le tout est enveloppé de papier noir et les rayons X arrivent par-dessus. En faisant agir pendant deux secondes au plus, on constate après développement que les parties en contact avec les métaux sont plus fortement impressionnées par suite des rayons secondaires émis par les lames métalliques. L’intensité varie avec la nature du métal, elle est plus forte avec le zinc et plus faible avec l’aluminium.
- Le meme système est ensuite enveloppé par une feuille de plomb de 3,5 mm d’épaisseur, dont les bords sont rabattus. Après une pose de trois à quatre minutes et demie, on développe et on trouve une impression nette sur toutes les parties de la plaque qui ne sont pas en contact avec les métaux; les rayons transformés traversent donc moins facilement les parties métalliques : le zinc est le plus opaque; les trous circulaires ont laissé passer les rayons et l’impression y est assez forte. Ces expériences répétées de différentes façons ont donné des résultats concordants. Ces résultats étaient d’ailleurs inattendus, on ne pouvait supposer que les rayons avaient traversé directement la masse
- de plomb, car on aurait eu renforcement par les métaux.
- M. Hurmuzescu a fait alors l’expérience suivante : les lames métalliques sont remplacées par une lame de zinc de dimensions 13X13 percée de trous circulaires également espacés sur cinq rangées. En opérant comme dans la première expérience, le métal produit un renforcement, les trous apparaissent sombres sur le cliché positif. Si ensuite le système est recouvert de plomb, c’est le contraire qui a lieu, les trous circulaires sont plus impressionnés que les parties avoisinantes et apparaissent en clair sur le positif; l’impression est plus forte sur les trous disposés près du bord de la plaque et leur contour est plus net, tandis qu’au centre l’impression est moindre et les bords présentent des ombres portées en tous sens. II en résulte que les rayons qui ont produit l’impression de la plaque viennent de la partie inférieure et des bords de plomb.
- Le même système toujours enveloppé de papier noir a été enfermé dans une cuve plate en plomb de 2,5 mm; le couvercle était double et maintenu par du mastic de Golaz. Après une pose de 5 minutes environ et développement, les images des trous étaient tantôt en clair, tantôt en noir, suivant que les rayons qui impressionnaient la plaque venaient par en bas ou par en haut. Au moyen d’écrans opaques tels que des feuilles de platine, on détermine l’endroit d’où proviennent les rayons ; d’une manière générale ils provenaient des côtés de la plaque, des parois verticales où l’épaisseur avait été diminuée à la lime par l’ouvrier qui avait fait les soudures. Les rayons agissants sont donc des rayons transformés sur la face intérieure; la où l’épaisseur est moindre, leur intensité est plus grande e-t détermine l’impression.
- Il y a lieu de se demander si l’on ne pourrait expliquer, grâce à ces résultats, les phénomènes dus à la soi-disant lumière noire.
- Si l’on revient à l’examen des radiographies obtenues avec des écrans de plomb, les anomalies présentées s’expliquent aisément. Les
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- rayons transformés par le plomb de l’écran, au lieu de diminuer la surface d’émission, produisaient d’autres centres actifs lorsque l’écran était tout près de la plaque photographique.
- Il ne semble pas que l’on soit encore en mesure d’expliquer la cause de la décharge par les rayons X et les divers rayons transformés. MM. Benoist et Hurmuzcscu avaient pensé, à la suite d’expériences faites en mars 1896, que la convection moléculaire peut intervenir d’une manière importante pour la décharge dans les gaz. Les expériences qui servaient de base à cette hypothèse étaient les suivantes : en cherchant à obtenir la décharge dans le vide, toutes les fois qu’on arrive à un potentiel déterminé, l’électroscope se décharge brusquement; ces potentiels minima dépendent de la pression; lorsque celle-ci diminue, les molécules de gaz emprisonnées dans le métal se dégagent, et, emportant les charges électriques, produisent la décharge. Ces potentiels minima dépendent du gaz, c’est-à-dire du résidu condensé (*).
- Mais lorsque le corps changé est dans un diélectrique liquide ou solide, la décharge par les rayons X se produit tout de même; la convection ne suffit donc pas pour expliquer le phénomène, elle peut contribuer à la décharge dans les cas des g^z, mais il faut plutôt penser à une propriété nouvelle que le corps aurait acquise sous l’influence des rayons X, une propriété de conductibilité électrique. On connaît d’ailleurs des phénomènes analogues : l’air chauffé devient conducteur et garde cette propriété même lorsqu’il est revenu à la température ambiante.
- M. Hurmuzescu termine en ajoutant qu’il ne faut pas encore insister surles hypothèses, et que, au point de vue expérimental, beaucoup de points sont encore à élucider. Il n’y a pas non plus lieu de se presser de croire à une ionisation.
- (*) Les recherches relatives à ce sujet seront publiées
- Communication sur le contrôle des appareils électriques industriels ;
- Par M. C. Camiciiel.
- M. Camichel rappelle au début de sa communication les méthodes générales employées dans les étalonnages électriques.
- On peut prendre comme base de l’étalonnage une force électromotrice comme celle d’un élément Latimer Clark ou d’un élément Gouy et une résistance préalablement comparée à l’ohm.
- On peut aussi choisir comme bases une intensité et une résistance; par exemple l’intensité est déterminée par l’électrodynamo-mètre de M. Pellat. Les ampères-étalons de M. Pellat déterminés par comparaison avec l’électrodynamomètre servent pour les mesures de grande précision. Pour mesurer l’intensité dans le cas d’opérations industrielles nécessitant une précision du -yyy ou environ, M. Camichel emploie un ampèremètre thermique.
- Les appareils thermiques ont une sensibilité moindre que celle des autres appareils, mais la constance de leurs indications est remarquable. Les méthodes thermiques peuvent être classées en deux catégories, celles qui sont fondées sur la dilatation et les méthodes calorimétriques.
- La méthode par dilatation a été appliquée dans les voltmètres de Cardiew, de Hartmann et Braun et dans le voltmètre thermique de M. Camichel P).
- Dans ce dernier appareil, le courant dérivé entre les deux points dont on veut mesurer la différence de potentiel, traverse une fine colonne de mercure qui s’échauffe ; sa dilatation mesure l’échauffement.
- La méthode calorimétrique est préférable, si elle n’a pas été employée cela tient à sa faible sensibilité. Deux précautions essentielles permettent d’accroître cette sensibilité : réduire au minimum la capacité calorifique du
- (t) Comptes rendus du 12 juillet 1897.
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- calorimètre qui est ainsi ramené à un simple thermomètre , et ne pas attendre que l’équilibre de température soit atteint pour faire la mesure ; la méthode ne doit pas être une méthode statique.
- Le thermomètre à gaz a été employé dans l’indicateur de Wright et dans une méthode indiquée par M. Camichel pour les mesures d’hystérésis (1).
- Le thermomètre à liquide a été utilisé dans les deux, modèles d’ampèremètre de M. Camichel (2).
- Le modèle décrit en 1897 se compose d’un tube en U [rempli de mercure, l’une des branches est étirée légèrement dans sa région médiane m. Dans la partie étroite wt, on introduit un thermomètre à mercure dont le réservoir cylindrique a un diamètre peu différent du diamètre intérieur du tube en m. Deux électrodes en platine plongent dans les deux branches du tube en U ; par ces électrodes entre et sort le courant à mesurer.
- Le thermomètre est invariablement fixé aux parois du tube pour empêcher ses déplacements sous l’influence des chocs.
- Le mercure employé doit être pur et sec et remplir la région entourant le réservoir thermométrique sans emprisonner de bulles d’air.
- Il faut ajouter à l’appareil construit un chronomètre à secondes et un commutateur spécial à godets de mercure.
- Pour faire une mesure on attend que le mercure ait atteint dans toute sa masse une température uniforme et constante; on lance alors le courant inconnu, le thermomètre monte; au bout de trente secondes, on coupe le courant, on lit la température maxima indiquée par le thermomètre ; l’élévation de température 8 ainsi constatée est notée, elle permet de calculer l’intensité du courant qui a traversé l’appareil.
- Le fonctionnement de l’appareil est très
- (h Comptes rendus du 12 juillet 1897.
- (2) Modèle décrit en 1897. Comptes rendus, 5 juillet 1897. Séance de la Société française de physique du 2 juillet 1897. LEclairage Électrique, t. XII, p. 385.
- simple. Quand le courant traverse le mercure, la chaleur dégagée est surtout localisée dans la partie étroite de la colonne de mercure, c’est-à-dire tout autour du réservoir thermométrique. Une portion de cette chaleur est perdue par conductibilité, par convection dans la masse de mercure du tube en U et par rayonnement à l’extérieur. Le reste de la chaleur est communiqué au réservoir du thermomètre.
- L’appareil est étalonné préalablement par des déterminations électrolytiques au voltamètre à argent de Kohlrausch.
- Le deuxième modèle se distingue en premier par sa plus grande sensibilité et son mode de construction qui le rend plus portatif. Le courant à .mesurer pénètre dans le mercure par des fils de platine plongeant dans deux godets contenant du mercure pur et sec et communiquant à leur partie inférieure par un tube de verre étroit.
- Tout autour de ce tube se trouve le réservoir thermorn étriqué qui a une forme annulaire. Le courant traverse la mince colonne de mercure, la chaleur produite est communiquée au mercure du réservoir thermométrique et accusée par une élévation de température de 0 degrés dans une minute. Dans cet appareil l’élévation 9 est reliée à l’intensité i du courant par la relation
- 0 = w
- si le refroidissement et la variation de résistance de l’appareil sont négligeables. Ces deux influences sont importantes. Dans l’appareil étudié elles se compensent rigoureusement pour les intensités à mesurer, mais il ne s’ensuit pas que cette compensation ait lieu dans les autres appareils construits sur ce modèle.
- La nouvelle disposition atténue beaucoup le refroidissement, elle est mieux à l’abri des influences extérieures.
- Ces ampèremètres donnent facilement les intensités voisines de 1 ampère au 1/200 par mesure faite avec une simple montre à secondes.
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- La chaleur développée se transmet immédiatement au réservoir thermométrique annulaire, l’observation directe le montre. L’élévation de température de la colonne intérieure correspondant au courant maximum ne dépasse pas 50°.
- On peut réaliser un étalon de force électromotrice, mesurer des intensités et des différences de potentiel diverses.
- Pour réaliser l’étalon de force électromotrice, un courant de 1 à 2 ampères traverse une résistance r égale à celle de l’ampèremètre (dans le cas présent 1,154 ohm à i3°,5).
- Le courant circule ensuite dans une résistance R (8 ohms, 900 à i3°,5), dite résistance de compensation. Elle est destinée à rendre négligeables les variations de résistance intérieure de l’appareil. Quand on veut faire une mesure, un commutateur à bascule permet d’interrompre brusquement le courant dans la résistance r pour le faire passer dans l’am-pèremctre. Au bout d’une minute on rétablit l’état primitif.
- Si r est bien réglée, ie courant doit conserver la meme valeur avant, pendant et après la mesure.
- r et R sont des bandes de maillechort de
- 0,1 mm d’épaisseur, sur 5 mm de largeur, immergées dans le pétrole.
- L’élévation de température de la colonne mercurielle du thermomètre donne l’intensité, une multiplication donne la f. é. m. aux extrémités de R. En subdivisant R on peut avoir une échelle de f. é. m. comprise entre 1 et 16 volts.
- Si on veut étalonner un voltmètre quelconque, on change la résistance disposée en série avec ce voltmètre et on peut comme on fait d’habitude passer à la mesure des f. é. m. d’un autre ordre de grandeur.
- L’ampèremètre thermique dont la résistance intérieure est r + R, muni d’une série de shunts, permet de mesurer des courants de 1 à 1 000 ampères.
- Les avantages de la méthode sont la rapidité dans les mesures, la constance des indications de l’ampèremètre construit avec d u cristal dur et qui ne paraît pas subir de modifications avec le temps, enfin l’absence de self-induction, condition précieuse pour la mesure des courants alternatifs.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Méthode d’étalonnage des ampèremètres et électrodynamomètres ;
- Par II.-S. Carhart i'1).
- « La méthode suivante pour l’obtention de courants alternatifs de grande intensité destinés à l’étalonnage des ampèremètres et électrodynamomètres est si simple qu’on peut douter qu’elle soit nouvelle. Peut-être l’est-elle réellement; en tout cas je ne l’ai pas encore vue décrite.
- » Le principal avantage de cette méthode (*)
- (*) The Electrical World, t. XXXI, p. 385, 26 mars 1898.
- est qu’elle ne requiert qu’une faible puissance et n’exige ni charge ni résistance non inductives. Elle exige seulement une source de faible force électromotrice et de faible puissance, un transformateur ordinaire et un instrument étalonné de puissance convenable pour la mesure des courants alternatifs, tel qu’une balance de Kelvin. L’alternateur que j’emploie, de faibles dimensions, peut donner des différences de potentiel, allant jusqu’à 135 volts. Je le relie directement au primaire du transformateur dont le secondaire doit pouvoir donner un courant d’intensité au moins égale à l’intensité maxima que doit
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- mesurer l’instrument à étalonner. Au secondaire je relie en série l’instrument étalon et l’instrument à graduer, effectuant les connexions au moyen de fils gros et courts. Il est alors possible d’obtenir un courant d’intensité graduellement croissante jusqu’à l’intensité maxima, en modifiant le voltage du petit alternateur en agissant sur le champ d’excitation. Les seules résistances contenues dans le circuit secondaire étant celles des deux instruments et de l’enroulement secondaire lui-même, l’énergie absorbée est très faible.
- » Cette méthode m’a été suggérée par un procédé semblable employé pour la mesure des pertes magnétiques d’un transformateur, procédé qui consiste à observer le voltage primaire nécessaire pour donner l’intensité de courant maxima dans le secondaire, et convient fort bien pour les faibles voltages.
- » Si l’on n’a pas de petit alternateur permettant d’obtenir directement le voltage voulu, on peut se servir d’un transformateur intermédiaire dont le secondaire est relié au primaire du transformateur employé pour l’étalonnage; une résistance ajustable estplacée en série entre les deux transformateurs. »
- J. R.
- La construction des tableaux de distribution des stations centrales;
- Par F. A. C. Perrine {*).
- Suivant l’auteur, on ne saurait apporter trop de soins dans la construction des tableaux de distribution des stations centrales; un certain luxe est même nécessaire. C’est qu’en effet ceux à qui est confiée la manœuvre de ces tableaux forment une sorte d’aristocratie dans le personnel de la station, et qu’en conséquence le soin apporté dans leur installation et leur entretien donne lieu à une véritable émulation entre les employés des divers services, émulation qui se traduit par une plus grande perfection dans l’entretien et une
- (*) The Electrical World, t. XXI, p. 381, 26 mars 1898.
- augmentation dans le rendement de la station.
- Le choix des matériaux qu’il est possible d’utiliser pour la construction des tableaux de distribution est assez limité. Le bois est aujourd’hui tombé dans le discrédit le plus complet à cause de sa trop grande inflammabilité; quant à l’ivoire il ne peut être employé, à cause de son prix, que dans la construction des petits appareils.
- La lave ou toute autre pierre à grain serré a été proposée; malheureusement il est impossible de s’en procurer des plaques de grandes dimensions à un prix raisonnable,
- La nécessité d’employer des matériaux incombustibles d’un prix abordable et suffisamment isolants limite donc le choix à l’ardoise, le marbre, le verre et la porcelaine.
- L’ardoise a été un moment en grande faveur à cause de la facilité avec laquelle on peut l’obtenir en grandes et minces plaques dont le forage n’offre aucune difficulté. Malheureusement, elle renferme souvent des quantités assez notables d’oxydes métalliques réduits qui en diminuent beaucoup la résistance d’isolement et rendent son emploi dan-* gereux dans la construction des tableaux destinés aux courants de haute tension. D’ailleurs, même en l’absence d’oxydes métalliques réduits, elle peut devenir conductrice par suite de l’absorption de l’humidité résultant de sa porosité. On remédie, il est vrai, à cet inconvénient en imprégnant l’ardoise d’huile isolante, mais cette opération devant être faite à chaud, elle entraîne souvent la rupture des plaques, d'où résulte une augmentation sensible du prix des plaques imprégnées.
- La porcelaine conviendrait parfaitement par suite de sa grande résistance d’isolement, mais les fabricants n’ont pu encore obtenir des plaques de dimensions suffisamment grandes, et jusqu’ici aucun constructeur n’a tenté d’employer les plaques de dimensions courantes assemblées au moyen d’une charpente métallique ou d’une charpente en bois. L’auteur croit cependant que l’on obtiendrait
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- ainsi d’excellents résultats et que les difficultés de construction que l’on rencontrerait pourraient être surmontées par d’habiles constructeurs.
- Le verre, qui ne le cède en rien a la porcelaine sous le rapport de l’isolement et qui possède l’avantage d’être facilement obtenu en plaques de’très grandes dimensions, conviendrait parfaitement si la difficulté du percement des nombreux trous nécessaires dans les tableaux de distribution n’avait pour conséquence d’augmenter considérablement le prix de ces tableaux.
- Reste donc le marbre, qui est jusqu’à présent la substance qui réunit le plus grand nombre d’avantages : obtention de plaques de grandes dimensions, facilité de forage, isolement suffisant. Toutefois il ne faut pas oublier que sous le rapport de l’isolement toutes les variétés de marbre ne sont pas satisfaisantes; les marbres de couleur, dont la coration est due à la présence d’oxydes métalli-ques,'peuvent avoir une résistance d’isolement insuffisante; le marbre blanc est donc celui qui convient le mieux. Ce marbre blanc possède en outre l’avantage de faire ressortir nettement sur le fond du tableau les appareils qui y sont fixés et de rendre ceux-ci facilement visibles d’une distance assez grande. Son seul inconvénient est son prix assez élevé.
- Passant à l’installation des circuits, M. Per-rine fait observer que la première condition à remplir est de prendre comme isolants des matériaux incombustibles, l’imperméabilité a l’eau étant d’importance secondaire, les circuits n’étant que très rarement fixés contre le tableau lui-même et celui-ci étant généralement placé dans un endroit sec. Quant à la valeur de l’isolation, elle dépend naturellement de la tension utilisée. Dans les installations de courants à haute tension, l’auteur recommande non seulement de placer les connexions derrière le tableau, mais aussi de protéger ces points de jonction de telle sorte que l’on puisse faire rapidement une connexion derrière sans être exposé à un contact
- avec un circuit. Dans les installations à basse tension il importe surtout que la résistance des connexions soit aussi faible que possible afin qu’il n’y ait pas une trop grande quantité de chaleur dégagée; les sections des barres de jonction doivent donc être considérables et leurs surfaces doivent avoir un grand pouvoir émissif; à propos de cette dernière condition l’auteur critique la pratique généralement suivie qui consiste à polir les surfaces des barres et à les recouvrir d’un vernis pour les préserver de l’oxydation; il conviendrait au contraire de les brunir pour leur donner un plus grand pouvoir émissif.
- Quant aux appareils à placer sur le tableau de distribution, M. Perrine est d’avis que non seulement ils doivent permettre d’effectuer rapidement toutes les manœuvres nécessaires a la distribution, mais encore de connaître à chaque instant les conditions de l’exploitation. Il insiste sur ce fait que les essais que l’on effectue de temps à autre pour se rendre compte de ces conditions sont généralement faussés par le désir très naturel qu’a le directeur d’obtenir le maximum de rendement. Il conclut donc à l’adoption de nombreux appareils de mesures enregistreurs. Il insiste également sur la nécessité de placer les appareils de contrôle dans le voisinage immédiat des appareils de manœuvre; signalons à ce propos quelques installations défectueuses qu’il a eu l’occasion de visiter, où les poignées de manœuvre des rhéostats d’excitation étaient disposées de telle sorte qu’en les manœuvrant il était impossible de voir le voltmètre indiquant que le réglage était obtenu; il est d’avis que si la place disponible ne permet pas de placer les rhéostats derrière le tableau lui-même il convient de se servir d’appareils de manœuvre à distance permettant de reléguer les rhéostats n’importe où, tout en laissant la poignée de manœuvre près de l’appareil de contrôle. Enfin il estime que les plombs fusibles, les coupe-circuits automatiques de tous autres appareils dont le fonctionnement peut donner lieu à un arc, ne doivent pas être placés sur
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- le tableau de distribution, ou tout au moins doivent être disposés de façon que l’employé chargé des manoeuvres ne soit pas, comme il arrive trop souvent dans les installations actuelles, aveuglé par l’arc ou brûlé par les
- matières fondues résultant de sa formation.
- En dernier lieu, M. Perrine recommande de toujours placer les tableaux de distribution de telle sorte qu’ils soient visibles de toutes les parties de la salle des machines. J. R.
- revue des sociétés savantes et des publications scientifiques
- Contribution à l’étude du phénomène de Zeeman;
- Par Henri Becquerel et H. Deslandres (’).
- « L’un de nous a déjà entretenu l’Académie de l’important phénomène découvert, il y a plus d’un an, par MM. Lorentz et Zeeman, phénomène qui manifeste l’influence d’un champ magnétique sur les périodes vibratoires des radiations émises par les vapeurs incandescentes. En particulier, lorsqu’on dispose une source lumineuse dans un champ magnétique, et qu’on étudie son spectre dans une direction normale au champ, M. Zeeman a reconnu que certaines vibrations simples se décomposaient en un triplet dont les composantes extrêmes étaient polarisées rectilignement dans un plan parallèle aux lignes de force et la composante centrale polarisée dans un plan perpendiculaire.
- » Plus tard, MM. Cornu et Michelson ont montré, chacun de leur côté, que le phénomène était plus complexe. M. Cornu a trouvé que la raie médiane devient souvent double, l’écartement des raies de ce doublet étant environ-^-, en appelant a l'écartement des raies extrêmes du doublet polarisé parallèlement au champ magnétique. M. Michelson a été plus loin, et, en étudiant de nombreuses sources au moyen de son réfractomctre, il a conclu, des variations de visibilité des anneaux d’interférence, que chacune des trois raies du triplet observé par M. Zeeman devait être elle-même un triplet dont les trois composantes, polarisées dans le même plan,
- pouvaient avoir des intensités très différentes, et apparaître soit comme un doublet, soit comme une raie simple. L’écartement de deux composantes voisines de ce triplet secondaire serait — pour le groupe polarisé perpendiculairement au champ magnétique, et — ou quelquefois -g- pour le groupe polarisé parallèlement au champ, a ayant la même signification que ci-dessus.
- » Le mode de division des raies, indiqué par M. Michelson comme étant le plus général, comprend en particulier le cas signalé par M. Cornu; d’après ces observations, l’allure générale du phénomène découvert par M. Zeeman serait la même et les raies polarisées parallèlement au champ magnétique comprendraient toujours entre elles les raies polarisées perpendiculairement.
- « Dans les recherches que nous avons entreprises, nous avons reconnu un mode de division qui ne rentre pas dans les catégories énumérées par M. Michelson; contrairement à ce qui a été observé jusqu’ici, une raie peut se diviser de manière que les composantes polarisées perpendiculairement au champ comprennent le groupe polarisé parallèlement. Ce phénomène d’inversion des modes de division que l’on rencontre le plus généralement nous a paru assez important pour être signalé dès maintenant.
- » L’appareil que nous avons employé est un spectroscope photographique à réseau plan de Rowland (0,05 mXo,o8 m), qui recevait les radiations dans une direction perpendiculaire au champ magnétique, et dont on a pu utiliser le spectre du quatrième
- Û) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 997, séance du 4-avril.
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- ordre. La source lumineuse était une étincelle électrique éclatant entre les pôles d’un électro-aimant, et dont l’image était projetée sur la fente du spectroscope, au travers d’un rhomboèdre de spath ; on avait ainsi deux images de l’étincelle superposées et polarisées dans les deux plans principaux du champ magnétique.
- » Le plus souvent, l’observation a été laite par la photographie, de sorte que la même épreuve a présenté toutes les circonstances du phénomène pour un grand nombre de raies obtenues simultanément dans les mêmes conditions.
- » Parmi les spectres des divers métaux que nous avons étudiés, nous citerons le spectre du fer, particulièrement intéressant à cause des raies fines et nombreuses qu’il présente dans les régions visible et ultraviolette. En attendant la publication des mesures micrométriques des clichés que nous avons obtenus, nous signalerons aujourd’hui à titre d’exemple, une petite portion du spectre du fer entre les longueurs d’onde 0,387 ja et 0,382p., qui est particulièrement curieuse par les variations qui s’y trouvent réunies.
- » Le tableau suivant donne en dix-millionièmes de millimètre les différences de longueur d’onde correspondant aux dédoublements mesurés sur une même épreuve, pour quelques-unes des nombreuses raies photographiées.
- DANS LE CHAMP MAGNÉTIQUE ('),
- différence de longueur d’onde des raies polarisées.
- 3872,61
- 3865.6s
- 3860,03
- 3858,40 (nickel)
- 3856.49
- 3850,10 3841,19 i
- 3840.58 ' 3834,37
- 3824.58 Raie L 3820,64
- «.369
- 0,293
- 0,355
- >,184
- M59
- ',231
- (!) Un appareil plus puissant permettrait vraisemblablement de reconnaître comme multiples certaines raies que
- » La figure ci-contre donne une idée de l’aspect que prend dans le champ magnétique cette région particulièrement intéressante du spectre du fer.
- I
- Fig. 1 (’).
- » On reconnaît dans cette région une raie (>. = 385010) qui n’est pas dédoublée alors que d’autres présentent, à des degrés différents, le phénomène observé par M. Zeeman; une raie (>, = 3872,61) montre un quadruplet comme dans les cas étudiés par M. Cornu ; mais nous appelons tout particulièrement l’attention sur la raie (X = 3865,65). Cette raie se divise en un triplet, mais, à l’inverse des autres raies, elle présente un dédoublement notable dans le spectre polarisé perpendiculairement au champ et apparaît comme à peine élargie (d’une quantité inférieure à 0,00001 ;jl) dans le spectre polarisé parallèlement au champ.
- » Dans le même champ magnétique la différence des longueurs d’onde des composantes extrêmes du quadruplet Dj (>.= 5896,16) était A>,= 0,788.
- » Les anomalies que nous venons de signaler nous montrent que l’influence magnétique met en évidence des différences jusqu’alors inconnues entre les raies d’un même spectre, et ouvre ainsi un monde nouveau de faits qui intéressent la Physique, la Chimie et
- nous notons id comme simples, mais pour lesquelles l'intervalle des composantes serait au plus égal à 0,00001 [jl Quelques-unes des différences observées pour des raies de la même région paraissent dans un rapport simple.
- I1) A. en dehors du champ magnétique;
- B, dans le champ magnétique, polarisation perpendiculaire au champ;
- C, dans le champ magnétique, polarisation parallèle au
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- même l’Astronomie. Ce phénomène peut, en particulier, fournir des distinctions importantes entre les raies d’un même corps ou de corps différents, et déceler des groupes naturels de raies vainement recherchés jusqu’ici dans un certain nombre de spectres.
- » A l’appui de cette opinion nous citerons le fait suivant. La bande (). —388) du carbone a été photographiée par nous sous l’in-lluence du champ magnétique. Cette bande qui se retrouve dans le Soleil et dans les comètes, est remarquable, comme on sait, par la succession régulière de ses raies et par leur grand nombre. Or ces raies n’ont montré aucun dédoublement ou élargissement sensible, alors que les raies du calcium, photographiées avec la même source, sur la même plaque, offrent très nettement la division habituelle. Cette observation peut être rapprochée du résultat négatif obtenu par M. Zeeman avec le spectre d'absorption de la vapeur d’iode. Il convient toutefois d’étudier d’autres spectres de bandes avant de conclure à une loi générale et à un nouveau caractère distinctif des spectres de bandes et des spectres de lignes qui, comme on le sait, présentent des lois différentes de la répartition des raies.
- » Nous ajouterons encore que, dans la région ultra-violette voisine de 1 — 0,310p., nous n’avons pu obtenir que des dédoublements à peine sensibles, et bien que, dans la région étudiée plus haut, on ne reconnaisse a priori aucune loi simple entre le dédoublement et la longueur d’onde, il semble que l’effet général soit notablement plus grand pour les grandes longueurs que pour les petites, conformément aux idées publiées déjà par l’un de nous. Il convient aussi de rappeler que M. Zeeman n’a pu observer de dédoublement de raies dans le voisinage de >.=330, et que, dans le tableau des expériences de M. Michelson, les plus grands dédoublements correspondent aux rayons rouges.
- Sur la résonance multiple ;
- Par Louis DécOxMBe(’).
- « L’oscillateur électrique a été l’objet d’un grand nombre de travaux, très divers au double point de vue des procédés employés et des résultats obtenus.
- » Les phénomènes dont il est le siège n’ont guère été étudiés que par des méthodes indirectes qui ont donné lieu quelquefois, principalement au sujet de la résonance multiple, à de longues controverses d’où il ne semble pas qu’une opinion généralement acceptée soit encore sortie.
- » Des expériences directes, mettant en pleine évidence les phénomènes et les rendant en quelque sorte palpables, paraissent seules susceptibles de trancher définitivement la question.
- » L’analyse de l’étincelle explosive par le miroir tournant et la fixation du phénomène sur une plaque sensible par la photographie constituent une de ces méthodes directes dont les conclusions s’imposent avec la force de l’évidence même et contre lesquelles il semble difficile de continuer à élever les objections que soulevaient les méthodes indirectes.
- » Cette méthode a été effectivement appliquée en ces dernières années à l’étude des oscillations hertziennes ; mais; tandis que les auteurs des deux premiers travaux parus sur ce sujet se sont surtout occupés des oscillations qui se propagent dans un circuit auxiliaire qu’ils appellent circuit secondaire, les épreuves que j’ai eu l’honneur de présenter à l’Académie dans sa séance du 14 février sont relatives à l'appareil producteur d’ondes lui-même et permettent, par conséquent, de déterminer la nature du phénomène oscillatoire dont il est le siège.
- » Ces épreuves, très nettes et très caractéristiques, montrent immédiatement le caractère oscillatoire de la décharge. De plus, et c’est là le point capital, elles n’indiquent
- (*) Comptes rendus, 1. CXXVI, p. 1027, séance du 4 avril.
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- jamais la présence que d'une radiation, et d'une seule, de période déterminée, variable avec les dimensions de l’excitateur.
- » Il faut donc renoncer a l’hypothèse d’un spectre continu de radiations, hypothèse sur laquelle MM. Sarasin et de la Rive ont fondé leur explication de la résonance multiple ; l'excitateur possède une période et un décré-ment logarithmique propres qui varient l’un et l’autre avec ses dimensions.
- » Il faut également rejeter l’ingénieuse explication proposée par M. Swyngedauw (*) et d’après laquelle, grâce à réchauffement dù à Yéîincelle, l’excitateur serait le siège d’une série d’oscillations dé périodes décroissantes depuis T0=:c jusqu’à la valeur limite
- t=2t^lc7
- » Les épreuves ne confirment pas cette
- manière de voir; toutes les oscillations visibles d’une même décharge sont sensiblement égales.
- » Ceci ne doit pas nous surprendre. A supposer, en effet, que réchauffement dù à l'étincelle ait pour résultat de diminuer rapidement sa résistance, il ne faut pas oublier que Feddersen a montré expérimentalement l’indépendance de la période par rapport à la résistance du circuit, et cela dans des limites très étendues (*}.
- » La seule explication possible de la résonance multiple est donc celle qu’en ont donnée MM. Poincaré {2) et Rjerknes (a) en se basant sur des considérations d’amortissement, qu’ils ont été les premiers à introduire dans la question et que l’expérience a d’ailleurs vérifiées (4). »
- CHRONIQUE
- L’utilisation de la Sihl (Suisse)—En multipliant les petites stations de force le long des rivières suisses, on est arrivé à n’utiliser qu’une partie de leur puissance, d’abord parce que le débit de ces cours d'eau varie notablement suivant la saison, parce que les usines créées d'abord pour alimenter l'éclairage n’avaient à produire d’énergie que la nuit, et enfin parce qu’en conséquence du nombre des stations le long des rivières, il y avait perte de chute à cause de l’espacement indispensable de ces stations. C’est ainsi que si l’on examine la puissance d’un cours d’eau soi-disant utilisé complètement, c’est-à-dire tel qu’on ne puisse y établir de nouvelles stations, on arrive à cette remarque que c'est tout au plus si l’on se sert de : la dixième partie de l’énergie totale.
- Les ateliers de construction d’Œrlikon ont en vue un vaste projet d’utilisation de la Sihl, et cette concentration des forces d'une rivière semble un heureux progrès sur l’utilisation première. Dans le canton de Schwyz, près d’Einsiedeln, se trouve le lit d’un ancien lac, et c’est là que l’on a projeté d'établir un étang régulateur qui aurait 9 km sur 1,5,
- et qui alimenté par la Sihl permettrait d’accumuler 70 millions de mètres cubes. Cette provision faire pendant les grandes eaux servirait à maintenir dans la Sihl un débit constant et supérieur au débit minimum, et ce premier résultat serait très favorable aux usines existantes.
- L’excès de l'eau doit être employé à créer une chute de 450 m entre l’étang et le lac de Zurich ; la puissance développée ainsi serait' de 1.7000 chevaux. Cette installation aurait une très bonne influence sur le développement industriel de la région : Zurich a besoin déjà de 10 000 chevaux et sa population de 150000 habitants augmente annuellement de 12000 environ.
- (*) Feddersen, Ann. de Chim. et de Phys., 3e série, t. LXIX.p. 178; 1863.
- (2) Poincaré. Archives de Genève, t. XXV, p. 609;
- 1891. .
- (3) Bjerknes, Wied. Ann., t. XLIV, p. 74; 1891.
- (l) Bjerknes, hc. cit.
- (b Swyngedauw, Comptes rendus, t. CXXIV, 3 p. 56; 1897.
- Le Gérant : C. NAUD.
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- Tome XV.
- Samedi 30 Avril 1898 5e Année. — N" 18.
- L’Eclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l'École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARE, Professeur, à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- SUR LES ÉCRANS ÉLECTROMAGNÉTIQUES (‘)
- 2° Écrans magnétiques
- L’étude des écrans formés d’un métal magnétique est beaucoup plus complexe à cause de la variation, avec l’intensité du champ, de la perméabilité magnétique ; cette perméabilité intervient, comme nous l’avons vu, dans les équations fondamentales, qu’on ne peut plus alors résoudre ; on peut cependant prévoir en gros le mode d’action de ces écrans.
- A conductivité égale, un conducteur magnétique sera meilleur écran qu’un conducteur non magnétique, parce que le flux d’induction étant plus grand dans le premier, les courants induits y seront plus intenses.
- Voyons maintenant l’influence de l’intensité du champ. La perméabilité u croît d’abord rapidement avec le champ, passe par un maximum puis décroît de plus en plus lentement; si donc l’amplitude A du champ alternatif est très faible, on se trouvera dans la première région, où p croît avec le champ; à fréquence constante, la protection exercée par l’écran augmentera donc d’abord avec A. Si au contraire l’amplitude A est très grande, la plus grande partie. de la variation du champ correspondra à la région où y diminue, c’est-à-dire qu’alors la protection diminuera si on fait croître A. Il en résulte que si on
- fait croître A d’une façon continue, la fréquence restant constante, la protection augmentera d’abord, passera par un maximum et décroîtra ensuite ; en somme ses variations seront les mêmes que celles de la perméabilité, mais beaucoup moins marquées. J’ai en effet observé une telle variation, et les courbes représentant en fonction de A le rapport y/-U ont la forme représentée dans la figure 4.
- J’ai fait d’ailleurs une autre série d’expériences dans lesquelles les variations de la protection suivaient d’une manière beaucoup plus nette celles de la perméabilité; il suffisait pour cela de superposer un faible champ alternatif, maintenu fixe, et un champ constant dont on faisait croître progressivement l’intensité: on obtenait ce résultat en faisant passer dans une des couches de la bobine magnétisante un courant alternatif, et dans les autres couches un courant continu; en faisant varier l’intensité de ce courant et par suite la valeur moyenne du champ résultant, on peut placer les variations du champ dans telle région qu’on le veut de la courbe de perméabilité.
- p) Voir L'Éclairage Électrique du 2 avril 1898, p. 5.
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- Enfin, à intensité constante, la protection augmentera évidemment avec la fréquence.
- Disposition des expériences. — Les expériences ne peuvent être disposées comme celles relatives aux écrans non magnétiques à cause de l’influence perturbatrice de l’aimantation induite, qui, pour des cylindres courts comme ceux employés précédemment, altérerait d’une façon très considérable le champ intérieur. On peut supprimer cette influence en opérant avec un écran annulaire en forme de tore, ou encore la diminuer en employant un cylindre suffisamment allongé. J’ai utilisé dans le cas du fer ce s deux dispositions; mais, dans la seconde, l’influence du champ démagnétisant était encore considérable.
- Les expériences faites avec le tore étaient divisées en deux parties, dans chacune desquelles on employait la meme bobine secondaire; dans la première partie cette bobine était placée à l’intérieur du tore creux, recouvert lui-même d’une bobine magnétisante; dans la deuxième, elle était contenue à l’intérieur d’une nouvelle bobine aussi identique que possible à la précédente, mais sans interposition de fer.
- Le tore, de i mm d’épaisseur, était formé de deux morceaux symétriques par rapport à
- un plan passant par l’axe de révolution ; la bobine secondaire était enroulée sur un noyau en caoutchouc, de sorte qu’on pouvait la glisser dans les deux morceaux du tore;
- ceux-ci,rapprochés au contact, furent soudés; deux petits trous avaient été ménagés pour laisser passer les fils de la bobine secondaire, qui occupait toute la cavité intérieure.
- Trois séries d’expériences furent faites; dans les deux premières on opéra à fréquence constante (38 et 70) et à intensité variable ; les résultats obtenus sont résumés par les courbes de la figure 4, où on a porté en ordonnées les valeurs du rapport et-en
- abscisses les valeurs de l’amplitude du champ alternatif; dans la troisième on maintint au contraire l’intensité constante, et on fit va-
- rier la fréquence N (fig. 5). Les résultats sont bien ceux qu’on pouvait prévoir. On peut remarquer que la variation avec la fréquence
- à intensité constante, présente un caractère un peu différent de celui que nous avions rencontré pour les écrans de cuivre : la variation, d’abord très rapide, devient de plus en
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- plus lente ; cette modification s’explique facilement par la variation même de la perméabilité, conséquence de la diminution du champ à l’intérieur de la masse du fer, sous l’action protectrice des courants induits.
- Je n’insisterai pas ici sur les résultats obtenus au moyen de cylindres allongés (i ,20 m de longueur, 3,6 cm de diamètre extérieur) ; ils sont analogues aux précédents; d’ailleurs l’infiuence de l’aimantation induite se faisait ici sentir, de sorte que le phénomène observé n’est pas dû seulement à l’influence protectrice des courants induits. Je me suis servi
- de cette deuxième disposition, beaucoup plus commode que la précédente, pour étudier I’influenCe de la région de la courbe de perméabilité dans laquelle on peut localiser les variations du champ comme je l’ai dit plus haut. En portant en abscisses les valeurs du champ constant, autour duquel ont lieu les variations, et en ordonnées celles du rapport ; on obtient la courbe de la figure 6, où l’influence de la perméabilité se manifeste nettement.
- Ch. Maurain,
- APPLICATIONS MÉCANIQUES DE L’ÉLECTRICITÉ {v}
- Le développement pris aux États-Unis par les ascenseurs électriques est des plus remarquables. A New-York seulement, d’après M. R. Moses (‘), on en comptait, à la fin de 1897, plus de 6000, transportant environ 500000 hommes par îour, et développant une
- puissance d’environ 20 000 chevaux. Ces ascenseurs se divisent en trois classes : à grande vitesse, de 1,50 m à 3,30 m par seconde; mo}^cnne vitesse, 1,50 m à 1 m, et petite vitesse, au-dessous de 1 m par seconde ; puis viennent les monte-charges à moyenne
- Fig. 1. — Freit
- et petite vitesse. Les principaux types employés, et bien connus de nos lecteurs, sont à vis et mouflages, ou à vis sans fin simple ou double à poussées équilibrées. Le premier type, à mouflage horizontal ou vertical, inspiré des appareils hydrauliques analogues,
- convient principalement aux grandes vitesses, sa course est rigoureusement limitée, et ses frottements sont considérablement réduits par l’emploi de roulements sur billes aux buttées et aux écrous. D’autre part, tous les types bien construits d’ascenseurs électriques
- (*) Engineering Magazine, décembre 1897.
- (') L’Éclairage Électrique, 5
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- offrent la môme sécurité que les appareils hydrauliques. Quant à la question d’économie, c’est une affaire d’espèce particulière (‘), on compte que l’énergie dépensée par un ascenseur de bureaux varie de 1,2 à 2,4 kilowatts-
- heure par cabine kilomètre suivant l’équilibrage: elle se paye à'Ncw-York, pour les ascenseurs desservis par les stations centrales, environ 0,50 fr le kilowaft-heure, de sorte qu’un grand ascenseur de bureaux
- Fig-. 2 à 4. — Ascenseur Westinghouse (1897). Schéma des
- coûte environ 400 fr par mois en plein service d’un bâtiment de 15 ou. 20 étages.
- Les dispositifs : freins, coupe-circuit, régulateurs,... employés pour assurer la sécurité des ascenseurs électriques, sont très variés, nous en avons ici même décrit un grand nombre; celui de MM. Idi.er et Yonkers, ingénieurs de la Compagnie Otis, est (hg. 1) remarquable par sa simplicité. En temps ordinaire, il fonctionne par le levier à main G(G qui le serre plus ou moins sur la poulie B de l’arbre moteur A, mais si l’électricité vient à manquer au moteur, l’électro H, intercalé dans son circuit, lâche son armature, dont le cliquet h maintenait le contrepoids^ dans la position figurée, de sorte que ce contrepoids, pivotant alors autour de son axe E, soulève le taquet C4 de la bande du frein et la serre sur B. Lorsqu’on achève ensuite ce serrage par G,G on ramène C4 et F, à leur
- i1/ Engineering Record, ri décembre 1897, p. 550.
- position primitive par le glissement du frein sur B.
- L’ascenseur de M. C. Westinghouse, re-
- Fig 5.— Ascenseur Westinghouse. Vue de face de la pompe.
- présenté par les figures 2 à 8 est du type hydroélectrique. Quand les pièces occupent les
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- 7. — Ascenseurs Westinghouse. Détail de la pompe, coupes orthogonales.
- Fig. 8. — Ascenseur Westinghouse. Détail du régulateur.
- positions (fig. 6), la pompe rotative 96 tournant dans le sens de la flèche (fig. 6) et commandée directement par la dynamo 95, aspire par 45 et 82 l’eau de la gauche du piston 72 (fig. 4) et la refoule à droite par 4 et 83, de sorte que le piston repoussé de droite à gauche soulève l’ascenseur par le mouflage 78 (fig. 3). Si la charge de la cabine est trop lourde, la pression de l’eau refoulée en 4 (fig. 6) soulève, malgré son
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- contrepoids 20, la soupape 12; et i’eau retourne à l’aspiration 45, et il en est de même à la fin de la course de la cabine, dont l’arrêt final s’opère ainsi automatiquement, soit par
- Pont roulant de Cr Coupe x — x,\
- l'excès seul de la pression, soit par le taquet (fig. 4) 85 de la tige 84, qui, repoussé, au haut de course, par le taquet 86 de tige du piston 72, ouvre par 90 la soupape 12.
- Pour arrêter l’ascenseur de la cabine même, on fait, par la corde 41, basculer le levier 32 de la position (fig. 6) à celle (fig. 5) de manière à, simultanément, fermer l’aspiration 44 et soulever le tambour 26 de la pompe guidé en 27 dans l’axe de l’arbre 21 de son piston, ce qui annule le débit de la pompe et immobilise le piston 72. Pour faire descendre l’ascenseur, on abaisse encore le levier 32 de manière à rouvrir 44 et à amener l’axe du tambour 26 au-dessus de celui de 21, de sorte que la pompe, tournant toujours dans le même sens, aspire par 4 et refoule en 45. Ce mode de renversement, fort ingénieux, fonctionne rapidement et sans choc; il se met automatiquement à l’arrêt, au haut de course, par 84, £5, 86 et 91 (fig. 4).
- Le contrôle électrique de la pompe s’opère au moyen des électros 48 et 66 (fig. 2 et 8) reliés d’une part au circuit 66b et de l’autre aux contacts a, b et c de la cabine. Les pièces étant dans les positions figurées, quand on
- Tour des ateliers Wickers.
- ferme en b le circuit de l’électro 66 (fig. 2), il attire son armature 6 et ouvre la soupape équilibrée 60'qui laisse, par (fig. 5, 6, 8) 68, 69, 45 s’évacuer l’eau d’au-dessus le piston 21 du tambour 26, de sorte que l’eau sous pression du refoulement 4 (fig. 6j, agissant sous le piston 28, soulève 26 jusqu’à l’amener dans
- l’axe de 25, c’est-à-dire dans la position correspondant à l’arrêt de la pompe. En ce point, l’encoche 47 (fig. 6) du levier 32 est enclenchée par le verrou 50, et, pour l’en déclencher, il faut fermer en a le circuit de l’électro 48, dont l’armature retire 50, ce qui permet à 26 de continuer son mouvement
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- ascensionnel et de renverser la circulation de la pompe. Pour faire redescendre 26 et accomplir en sens inverse le cycle précédent il suffit de fermer en c (fig. 2) le circuit de l’électro 66* (fig. 7) symétrique de 66, qui .actionne en 55 une soupape analogue à celle 60 de 55.
- L’appareil de M. Westinghouse est certai-
- nement l’un des plus ingénieux nqu’il m’ait été donné de décrire dans cette longue série d’appareils de lévage commandés par l’électricité.
- Le frein B du treuil A du pont roulant de Craven, représenté par la figure 9, est un frein logarithmique constitué par l’enroulement multiple d’une bande fixée par un bout
- et portant à l’autre bout un poids D, coulissé sur la bande et qu'il suffit de laisser tomber pour qu’il tire sur la bande et serre le frein : c'est ce qui a lieu quand on amène comme en fig. 10 l’encoche du verrou E sous la barre du poids. A cet effet, ce verrou est commandé par le train F2, Fa, F1 à manivelle E,, rainu-rée sur F, au moyen d’un levier ou d’une pédale qui actionne en même temps le commutateur de la dynamo H, et qui est disposé de manière que le poids D serre le frein quand le commutateur coupe le circuit de la dynamo, et le desserre quand il lui envoie
- le courant dans un sens ou dans l'autre (b.
- (’) Appareils de levage électrique décrits, dans mes précédents articles. Ascenseurs. Creiger, Lutz et Perkins {Éclairage Électrique, it mars 1895, p. 249, 250); Herdmann (t2 décembre 1896, p. 485 ; 15 mai 1897, p. 346); Warner (12 décembre 1896, p. 487); Otis (26 octobre, 12 décembre 1896. p. 165 et 483); Hall, Smith, Sprague (12 décembre 1896, p. 202-204); Parkinson et Wellmann (15 mai 1897, p. 347). Grue, de fonderie Allen (15 mai 1897, p. 347). Palan, Loundsberg (4 septembre 1897, p. 447). Ponts roulants. Shaw(n mai 1897, p. 146); Fiegeben {12 décembre
- 1896, p. 487); Wellrrann (4 septembre 1S97, p. 447); Berry (12 décembre 1896, p. 204); Morgan (4 septembre
- 1897, p. 448); Tangye et Meacock .(12 décembre 1896, p. 205). Transporteurs. Aspinall (15 mai 1897, p. 344). Treuil. Frisbie (4 septembre 1897, p. 449),
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- Nous avons déjà décrit dans ces articles un grand nombre d’applications de l'électricité à la conduite des machines-outils (*).
- Ces applications ne font que se multiplier de plus en plus. C’est ainsi que l’électricité est employée sur une très grande échelle pour la commande des machines-outils aux ateliers Vickers de Sheffield. Comme exemple de machines-outils électriques de ces ateliers, je citerai un tour de i m de hauteur de pointe,
- dont le cône de harnais est commandé (fig. 11) par une dynamo montée sur un châssis articulé au bâtis du tour. Cette dynamo, qui fait io chevaux à 600 tours et 200 volts, commande par un petit et un grand pignon, réduisant la vitesse à 100 tours, un contre-arbre monté sur le même châssis et relié au cône du harnais par une courroie dont la tension est réglée par le poids de ce châssis, plus ou moins diminué par la tension, réglable
- Fig. 13. — Tour hydro-électrii
- à volonté, du ressort qui la supporte. Dans le dispositif (fig. 12', la dynamo, semblable à la précédente, attaque par un toc Clément son arbre qui porte deux pignons, l’un de 14 dents, calé sur lui, et l’autre, de 32 dents.
- (*) Généralités {6 avril 1895, p. 13, 4 avril, 16 mai, i*T août 1897, p.15, 290, 207, 161; 4 septembre 1897, p. 443). Meule de Church (6 octobre 1894, p. 156). Percuteurs Moc Key (3 janvier 1895, p. 6); Fonta (18 janvier 1896, p. 105).Perceuses Sellers, Gibbs (6 avril 1895, p. 15); Holmes (12 décembre 1896, p. 190: 13 janvier 1898, p. ut). Poinçonneuses. Crooker Wheeler (4 avril 1896, p. 15); Craig et Donald (16 mai 1896, p. 291). Rêveuses Rowan (4 septembre 1897, p. 445); Morgan (15 janvier 1898. p. 109). Tours. LodgeetDavis(6avril 1895,p. 17); Crooker Wheeler
- que Brockie (1897). Élévation.
- embrayable à volonté. Le pignon de 14 dents commande à petite vitesse l’arbre du cône de transmission par un rochet qui se dérobe de lui-même quand on embraye le pignon à grande vitesse, de 32 dents, en prise directement avec un pignon du cône.Ce cône et son arbre sont montés sur deux balanciers pivotes autour de l’axe de la dynamo, et qui permettent de régler la tension de la couroie du cône (*).
- Le tour hydro-électrique à revolver de Brockie, représenté par les figures 13 à 18, a été étudié spécialement pour l'emploi de
- 0 Engineeringy 3 décembre 1897.
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- l’électricité, non comme agent principal, mais comme auxiliaire permettant de simplifier le mécanisme du tour. A cet effet, le chuck
- avanceur E, le chariot coupeur F et celui H du revolver J, sont menés chacun par un cylindre hydraulique à piston différentiel
- Fig. 14 à 18. — Tour Brockie. Détail de la commande du revolver, du chuck E et du chariot F.
- (fig. 14) et dont les distributeurs L, N et M ;fig. 13) sont actionnés par des solénoïdes doubles L„ N„ M„ à commutateur central O. Chaque fois que les tocs H, et H2 du cha-
- riot H ferment le contact G,, le solénoïde P de ce commutateur le fait tourner d’une dent, manœuvrant ainsi les solénoïdes M„ N, ou Lj, suivant la position de leurs fiches dans
- Fig. 19.
- ne à commande électrique dir
- les trous du commutateur : ces fiches sont indiquées en noir sur la figure 13.
- Un dispositif très ingénieux permet de régler automatiquement la vitesse de l’avancement du revolver J pendant son travail. A
- cet effet, le revolver porte un pignon hélicoïdal S 'fig. 15 et 16) qui, à la fin du retour du revolver, quand il pivote d'une division pour passer de l’outil en travail au suivant, fait aussi, par S8, tournerd’un cran le cylindre S„
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- mante sur le chariot H, et porteur de cames Sj qui agissent par Lt sur le robinet L de manière à régler suivant leurs profils respectifs la vitesse de la course active de H.
- On peut d’ailleurs, ainsi que l’indique la figure 19, remplacer la commande hydraulique du chariot H par une dynamo Z, dont les solénoïdes L, commandent les balais.
- Les figures 2oet 21 représentent une machine à meuler de Norton disposée pour le tournage sur fosse des roues de tramways. Une fois posée sur sa plaque 2, on rattache le chariot 6, guidé sur 2 par la rainure 5 et le bouton 7, h l’essieu c par les barres 14, 14,,, réglables en 16, qui permettent de rendre l’axe de la meule parallèle à la conicité du bandage; puis on avance cette meule, par la vis 10, sur le bandage, le long duquel on la promène par le levier 20, le commutateur de la dynamo étant suffisamment long pour
- permettre ce mouvement. On meule ainsi exactement le bandage cn que le moteur même du tramway fait tourner lentement en sens contraire de la meule.
- On est, dans ces applications de l’électricité aux machines-outils, naturellement entraîné à les compléter par l’addition de. freins et d’embrayages électro-magnétiques (*), ceux récemment proposés par M. "YVellmann sont
- 23. — Frein et embrayage Wellt (1897).
- particulièrement ingénieux : ils reposent sur le principe bien connu des surfaces de frottement multiples.
- L’arbre à freiner R (fig. 22) se termine par un carrelet 6, sur lequel sont enfilés des plateaux C, tournant dans un tambour fixe A, dans les crénelures c duquel glissent sans pouvoir tourner les plateaux C', feuilletés entre C. Quand on coupe le circuit des
- (i) Frein. Godchaux (26 octobre 1895, p. 160). r>nbrayages Brisey (4 avril 1896, p. 20); Gresliam et llolden (16 mai 1896, p. 296); Walker (12 décembre 1896, p. 190; 4 septembre 1897, p. 44i).
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- électros D, un ressort H presse, par E, les plateaux CG' les uns sur les autres de manière à arrêter E par un freinage rapide et puissant meme avec un faible effort du ressort H. Un levier K permet de desserrer le frein à volonté.
- La figure 23, qui s’explique d’elle-même, montre l’application de ce même principe à l’embrayage en A2 de l’arbre B avec le pignon M.
- {A suivre.)
- G. Richard.
- CHEMINS DE FER ET TRAMWAYS ÉLECTRIQUES^} CONTACTS SUPERFICIELS A ATTRACTION MAGNÉTIQUE.
- L’affleurement Siemens Brothers and C° (l) I fixé sur la même tige que le bouton de con-est formé (fig. 1 et 2) d’une boîte métal- tact H; un ressort. F tend à soulever le lique A isolée dans le sol et à l’intérieur de I disque C, mais il en est empêché, en temps laquelle est placé un disque métallique C | ordinaire, par un loquet D maintenu abaissé
- par un ressort k et commandé par une tige I solidaire d’un bouton en fer K. La voiture porte deux roues en fer L et L, disposées l’une à l’avant, l’autre à l’arrière du truck portant la caisse et rendues magnétiques par un enroulement convenablement disposé entre
- leurs joues ; elles sont montées sur des glissières afin que le contact H puisse passer entre les joues de la roue d’avant, comme l’indique le dessin en traits pleins (fig. 1), tandis que l’une des joues de la roue d’arrière passe immédiatement sur ce même
- (U Brevet anglais n° 25545,
- (r) Voir VÉclairage Électrique du 23 avril, t. XV, p. 140.
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- bouton (dessin en pointillé) ; en outre, la voiture porte un patin de contact B, isolé du massif et relié par des conducteurs isolés au circuit des moteurs ; ce patin est formé de trois parties réunies par des charnières, de façon que l’extrémité arrière b puisse être inclinée vers le sol.
- Lorsque la roue magnétique d’avant L passe au-dessus du bouton K, elle l'attire, ce qui dégage le disque C de son loquet D; sous Faction du ressort F, le bouton H est soulevé ainsi que le disque C ; le premier vient en contact avec le patin B et le second avec le contact fixe G relié aux feeders; le circuit des moteurs est ainsi fermé. Lorsque la roue L a passé, le loquet D, sollicité par le ressort Æ, retombe., prêt à enclencher encore le disque C lorsque le bouton sera pressé vers le bas par la partie inclinée b du patin B et par la roue d’arrière hi qui n’est pas aimantée.
- MM. Riccardo Arno et Aristide Cara-jviagna (*) ont cherché à réaliser un commutateur à circuit magnétique fermé. Pour cela, la voiture porte un ou plusieurs électro-aimants dont les pôles de même nom sont
- commutateurs
- magnétiques de R. Arno et A. Caramagna.
- reliés au patin de contact, en fer, placé sous la voiture et qui vient frotter sur les pavés de
- (‘) Brevet anglais n° 6695, année 1897.
- contact, tandis que tous les pôles de nom contraire sont réunis au massif de la voiture. Les pavés de contact sont formés, comme l’indiquent les figures 3 et 4, en deux parties A et K, toutes deux en fer, réunies par une bague I, en matière conductrice de F électricité, mais non magnétique. Le patin de contact frotte sur la partie supérieure K, tandis que la partie inférieure A, par l’intermédiaire d’entretoises en fer S (fig. 5), des rails
- Fig, 5, — Montage des pavés de contact R. Arno
- de roulement R, des roues et du massif de la voiture, est réunie au second pôle du circuit magnétique de la voiture. Lorsque le patin de contact passe sur un de ces pavés, l’armature G pivote donc autour de son axe O et, vient établir le contact avec le câble du courant Z. Le contact se fait soit par une coupe à mercure P et un bras métallique D, soit par deux blocs de charbon H et h. Le contact entre l’armature Cet le pavé de contact se fait soit par l’intermédiaire du mercure L dans lequel plonge en partie l’armature, soit par un ressort spirale E fixé à l’axe O et à la partie inférieure K de la boîte en fer. Lorsque, la voiture s’étant éloignée, l’aimantation a
- Fig. 6. — Montage des pavés de contact R. Arno et Caramagna.
- cessé, l’armature est ramenée dans sa position de repos soit par la pression hydrostatique du mercure, soit par l’élasticité du res-
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- sort E. Des butées m et n limitent l’amplitude des mouvements de l’armature.
- Le pavé de contact est monté sur une chaise métallique a (fig. 6) qui est fixée sur les traverses de la voie ou sur des longue-rines. La communication entre le contact fixe P et le câble d’alimentation Z s’établit au moyen d’une cheville fendue (fig. 7) solidaire du câble Z, pénétrant à frottement dur dans une douille métallique q solidaire du contact H, afin de faciliter le montage et le démontage en cas de réparation. La douille q et la cheville qi sont fixées dans des montures
- isolantes C et C, qui sont réunies par une
- Fig. 7. — Paves de contact R. Arno et Caramagna. Détail des contacts.
- coupe V remplie d’un isolant pâteux pour obtenir un joint hermétique.
- {A suivre.)
- G. Pellissier.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Moteur marin Wright (.1 ).
- De nombreux procédés ont été proposés pour l’utilisation de l’énergie des mouvements de la mer, et quelques applications, à la vérité relativement peu importantes, en ont été faites dans ces dernières années (2). Voici, d’après notre confrère américain The Elec-trical Engineer, quelques renseignements sur une nouvelle installation de ce genre faite par Los Angeles Océan Power Company, et qui fonctionne d’une manière continue depuis septembre dernier.
- Perpendiculairement au rivage est construite une jetée métallique de 110 mètres de longueur aboutissant à une plateforme transversale. Entre les piliers de celle-ci sont disposés des flotteurs système Wright auxquels les vagues communiquent un mouvement vertical de va et vient. Ce mouvement est utilisé pour actionner des
- (*) The Electrical Engineer (New-York), t. XXV, p. 366, 7 avril 1898.
- (2) Voir à ce sujet les articles sur * les moteurs marins » publiés par notre collaborateur G. Pellissier dans La Lumière Électrique, t. XLIV, p. 301, 412, 458; t. XLV, P- 4ii) 14 et 28 mai, 4 juin et 27 août 1892, ainsi que la description du moteur marin Gerlach, publiée dans L’Éciai-rage Électrique, t. VI, p. 600, 28 mars 1896.
- pompes qui refoulent de l’eau dans un grand réservoir fermé. Cette eau sous pression actionne des roues Pelton accouplées à des dynamos et se rend ensuite dans un réservoir d’où elle est aspirée par les pompes. De cette manière c’est toujours la même eau qui sert et l’on peut employer de l’eau douce. Le bâtiment des roues hydrauliques et des dynamos est situé sur le rivage ainsi que le réservoir d’eau sous pression. Les tuyaux pour l’aspiration et le refoulement de l'eau sont placés sur la jetée qui réunit la plate-forme au rivage. La pression de l’eau se trouve régularisée d’une part par le fait que si les flotteurs sont nombreux, ils sont h un instant donné h des phases différentes de leurs mouvements et d’autre part par la compression de l’air contenu dans le réservoir étanche où l’eau est refoulée.
- Des essais ont été faits en novembre dernier pour déterminer la puissance de chaque moteur; les résultats obtenus sont indiqués dans le tableau suivant où n désigne le nombre d’oscillations du flotteur par minute, l la longueur totale en mètres du chemin parcouru par le piston correspondant en une minute, p la pression moyenne en kg : cm% V le volume d’eau en litres refoule par minute et
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- par flotteur, et P la puissance en chevaux i à un flotteur; la dernière colonne indique mesurée sur l’arbre de la turbine et rapportée j l’état de la mer ou de l’atmosphère.
- DATES « P V P
- i" décembre. . . 3> 75 I0> 5 107 2,3 Mer démontée.
- 2 - ... 4, 2 10,64 109 2,5 — grosse.
- 3 — • • • 4,8 10,85 104 2,3 — calme.
- 4 — ... 4,4 10,85 "3 2,9 — —
- 5 — • . . . 4,7 11,20 107 3 — —
- 6 — ... 5.a ">55 1x8 3.4 — —
- 7 — • • • 3.9 11,20 109 2,6 — —
- 8 — . . . 4.- 9 I2.9S 122 3 — -
- 9 — ... 5 124 2,9 — —
- 10 — . . . 5.4 U>65 T3° 3-5 Vent faible.
- 11 — . . . 4)3 I2.95 99 2,7 Mer calme.
- 12 . . . 5,1 10,85 "3 2,5 Vent.
- 13 — . . . 4)5 11,20 96 2)3 —
- M — • • • 5)9 13,85 120 3,3 Tempête.
- 4.7 12,60 107 2)5 Mer calme.
- 16 - . . 4.2 12,25 90 2)3
- ün voit par ces chiffres que chaque flotteur produit une puissance moyenne de près de trois chevaux; des essais faits en février ont donné 4,3 chevaux par flotteur. Au moment des premiers essais, trois flotteurs seulement étaient installés. La société exploitante se propose d’installer une centaine de ces flotteurs de manière à pouvoir disposer d’une puissance d’au moins 200 chevaux qui sera transmise électriquement à Rcdondo, à 6 km de distance. J. R.
- Filaments de lampes à incandescence du Dr Auer von Welsbach..
- Dès l’apparition des manchons pour l’éclairage par incandescence au moyen du gaz, de nombreuses recherches furent faites pour obtenir des filaments de lampes électriques donnant, pour une même dépense d’énergie, une plus grande quantité de lumière que les filaments ordinaires. Tandis que les uns cherchaient la solution de ce problème en imprégnant le charbon des filaments des substances utilisées dans la confection des manchons à gaz, d’autres tentaient de substituer
- au charbon lui-même une substance ayant un plus grand pouvoir émissif lumineux. Ni les uns ni les autres ne paraissent avoir réussi jusqu’ici dans leurs recherches, car bien que de nombreux procédés aient été signalés dans ce journal (*), aucune application de quelque importance n’a encore été mentionnée.
- D’après un récent brevet hongrois, le Dr Auer von Welsbach serait enfin arrivé à une solution satisfaisante et aurait construit des filaments en osmium, et thorine ne dépensant, suivant des essais faits en public, que 2 watts et même seulement 1,5 watt par bougie, — fournissant ainsi à l’éclairage par l’électricité des moyens de lutter contre l’éclairage au gaz !
- Pour la fabrication du filament d’osmium le Dr Auer décrit divers procédés. Suivant l'un, on place un fil de platine de 0,02 mm de diamètre dans un récipient vide d’air contenant une vapeur d’hydrocarbure et de la vapeur d’eau ainsi qu’une petite quantitéde vapeurs d’anhydride osmique (Os O1) que l’on renou-
- (<) L’Éclairage Électrique, t. I. p. 175; t. VI. p, 273 et
- 529; t. VI], p. 5 74; t. VIII, p. 533.
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- velle.de temps en temps. On porte ensuite le til au rouge au moyen d’un courant électrique*, il y a réduction de l’anhydride osmique par l’hydrocarbure au contact du fil incandescent et dépôt sur celui-ci d’une couche d’osmium. En laissant alors refroidir le fil, puis le portant de nouveau à l'incandescence on obtient une série de couches successives. Pour avoir un dépôt solide il est nécessaire que l’cpais-seur de chaque couche soit très faible et par conséquent que le nombre de ces couches soit très grand ; en outre il faut éviter qu’il reste de l'anhydride osmique disséminé dans le dépôt d’osmium et pour cela il faut porter le fil à une température très élevée. Quand la couche d’osmium a une épaisseur suffisante on augmente l’intensité du courant passant dans le filament de manière à ce que le platine soit volatilisé. On a alors un filament creux d’osmium que l’on monte comme d’ordinaire.
- Un second procédé ne diffère du précédent qu’en ce que le « nourrissage » du fil de platine s’effectue en le trempant dans une dissolution de sulfure d’osmium ou de tétraoxyde d’osmium hydraté, puis en le portant à l’incandescence. Cette double opération est répétée une centaine de fois, puis le fil de platine est volatisé comme précédemment.
- Un procédé électrolytique est aussi mentionné, mais, peut-être parce qu’il est plus pratique que les précédents, aucune indication précise n’est donnée à ce sujet.
- Suivant l’inventeur, le platine peut être remplacé par des fibres végétales ou animales. On imprègne la fibre d’un liquide pâteux obtenu en ajoutant une petite quantité d’eau à un mélange intime d’anhydride osmique et de sucre ou de toute autre substance agglutinante. Onia fait ensuite sécher, on la courbe et on la porte lentement à l’incandescence dans une atmosphère réductrice. Le filament ainsi obtenu est fixé dans l’ampoule que l’on remplit de gaz réducteurs et de vapeur d’eau et on le porte peu à peu à une température très élevée par un courant ; le nourrissage du filament s’effectue au moyen de vapeurs
- d’anhydride osmique introduites dans l’ampoule.
- On peut encore prendre de la nitrocelluiose dissoute additionnée d’osmium amorphe en poudre fine, ou de sulfure d’osmium ou d’anhydride osmique ; par compression de la pâte dans un récipient percé de petits trous on obtient des fils que l’on fait sécher après les avoir débarrassés de l’acide nitrique et que l’on traite comme les fibres.
- La confection des filaments en thorine est analogue. On prend un fil de platine de 0,02 mm de diamètre et on le fait passer entre des mâchoires élastiques imprégnées d’une « préparation de thorium donnant naissance à de l’oxyde dé thorium quand elle est portée à température élevée » (l’azotate et le séléniate satisfont à cette condition). On le porte ensuite au rouge et on recommence cette double opération une cinquantaine de fois. On a ainsi une âme de platine enfermée dans une gaine de thorine.
- Dans un filament de cette sorte le fil de platine constitue la partie conductrice et la gaine de thorine ne fait qu’activer la transformation en énergie lumineuse de l’énergie calorifique résultant du passage du courant dans le conducteur central. Ce qui paraît indiquer que cette explication est exacte, c’est qu’une intensité de courant capable de faire fondre un fil nu de platine ne peut produire la fusion du même fil recouvert de thorine.
- Comme dans ces filaments le fil de platine doit être conservé, contrairement à ce qui est fait dans la fabrication des filaments d’osmium, il y a avantage à remplacer le platine par un alliage de platine et d’osmium ou par un alliage de platine, d’osmium, de ruthénium et de rhodium ou d’iridium, alliages plus infusibles que le platine lui-même.
- On voit par ces descriptions que la fabrication des filaments d’osmium ou de thorine demande de nombreuses opérations et que l’économie dans la consommation d’énergie électrique capable de produire une quantité de lumière donnée n’est atteinte que par une fabrication longue et délicate, qu’il paraît bien
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- difficile d'effectuer industriellement. Toutefois si l’on remarque que le procédé électrolytique qui semble devoir permettre une fabrication plus rapide est à peine indiqué à propos des filaments d’osmium et n’est pas même mentionne à propos des filaments de tborine, bien qu’il soit connu qu'on peut obtenir facilement un dépôt de thorine par électrolyse, il est présumable que c’est par ce procédé que le Dr Auer a préparé la plupart des filaments qu’il a essayés, et si cette présomption est fondée, nous ne tarderons peut-être pas à voir dans le commerce des lampes à incandescence plus économiques que les lampes actuelles. J. R.
- Sur un nouveau mode de réglage pour moteurs de tramways ;
- Par André Blondel (•).
- L'Elektrotechnische Zeitschrift a donné récemment une discussion intéressante sur les avantages que présentent les moteurs shunt appliqués au service des tramways. Avantages et désavantages ont été développés dans les articles de MM. Luxenberg, Bauch et Egger ; une récapitulation rapide des conséquences pratiques de cette discussion sera suffisante.
- Tons ces articles s’accordent à reconnaître que l’emploi des moteurs shunt dans le service des tramways se justifierait dans beaucoup de cas, par suite delà constance de leur vitesse et de la possibilité de récupération d’énergie dans les pentes qu’ils procurent. Par contre, les moteurs série ont l’avantage d’une construction plus commode et présentent une régulation automatique de l’intensité de courant telle que le champ augmente avec le couple.
- Est-il possible de donner au moteur série les avantages précités du moteur shunt en lui conservant ses propres avantages ?
- P) Elektrotechnische Zeitschrift, 28 octobre 1897, p. 659. (Traduction in extenso.)
- On y arrive aisément en combinant d’une manière convenable le courant d’une batterie d’accumulateurs au courant principal.
- On a souvent proposé de telles méthodes, consistant dans l’adjonction d’accumulateurs aux moteurs de tramwa}?s. Une disposition intéressante relative aux voitures à un seul moteur fut imaginée par le Dr Corsepius et brevetée par la Société Kummer etCle; mais aucune de ces méthodes ne fournissait une solution complète du problème.
- On doit rendre possibles, non seulement le freinage à volonté et la récupération d’énergie, mais encore une série de couplages que l’on puisse employer dans un ordre variable et qui ne deniandent aucune attention spéciale de la part du mécanicien. D’autre part, les voitures doivent comporter deux moteurs en cas de rampes très raides : on a alors grand intérêt à conserver le réglage série-parallèle.
- L’auteur a combiné une nouvelle méthode réalisant ces différentes conditions :
- Elle consiste dans l’association de deux clectromoteurs avec une batterie d’accumulateurs et un régulateur série-parallèle particulier ; ce régulateur comprend deux cylindres identiques comme construction à ceux ordinairement employés comme appareils de réglage : l’un de ces cylindres sert au réglage de la vitesse, l’autre au changement de marche.
- Comme le montre la figure 5, la batterie est divisée en deux parties égales qui peuvent, soit shunter les bobines inductrices des deux moteurs, soit être mises hors circuit. Chacun de ces deux groupes doit présenter une surface de plaques assez grande par rapport au courant maxima qui traversera l’induit de chaque moteur pendant la marche variable du véhicule ; de plus, sa résistance doit être négligeable. Le nombre d’éléments d’un groupe est choisi de telle sorte qu’il corresponde à la valeur moyenne journalière de la différence de potentiel aux bornes des inducteurs; ce mode de détermination du nombre des éléments est de grande importance au
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- point de vue de l’automaticité de la charge et de la décharge. On déterminera k- valeur de la force électromotricc convenable par un essai ou par le calcul, en effectuant le produit de la résistance d’un circuit inducteur par l’intensité moyenne journalière du courant d’un moteur.
- Examinons le cas où le groupe r' shunte les bobines inductrices r, et soient r, r' et R les résistances des bobines inductrices, de la batterie et du rhéostat. Soient encore I le
- courant dans l’induit, i et %' les courants dans les bobines et dans la batterie, et e la force électromotrice decette dernière.Ona, d’après la ligure i :
- <? = + i + i' - I ?
- d’où
- i' = (' +
- r + R+r'
- , _ * + r’\
- ~ r + R + r' il — fr+ R) l~e i e+r’l
- La résistance r1 étant toujours très petite, le courant d’excitation demeure à très peu près constant, quels que soient le couple et par suite la vitesse. Si donc on choisit e de telle sorte que
- e = r x intensité moyenne I,
- on peut obtenir un équilibrage exact de la charge et de la décharge.
- Les deux groupes d’accumulateurs sont connectés avec les moteurs et leurs acces-
- soires, exactement de la même manière que les résistances dont on se sert habituellement pour shunter les bobines inductrices afin de diminuer leur action magnétisante quand on désire obtenir une augmentation de vitesse.
- On peut donc, en cas de nécessité, conserver sans aucun changement le grand cylindre ordinairement employé dans le cas du couplage série-parallèle, en se contentant de munir de quelques frotteurs et de quelques plots métalliques le cylindre qui sert au changement de marche; néanmoins, on obtiendra un meilleur résultat si l’on munit également le grand cylindre de quelques balais et plots supplémentaires : on peut ainsi, par l’intercalation momentanée d’une résistance fixe R dans le circuit de chaque inducteur, faire varier l’intensité du courant d’excitation.
- Les figures 2 et 3 donnent deux exemples
- parmi les. nombreuses dispositions possibles. Elles ne diffèrent que par quelques détails : dans la figure 2, le freinage est obtenu par les accumulateurs et le changement de marche est impossible ; dans le cas de la figure 3, au contraire, le freinage peut se faire même sans les accumulateurs, et le
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- changement de marche est prévu. Cette dernière disposition e'tantla plus complète, c’est
- Fig- ?.
- elle que nous envisagerons. La figure 3 montre d’une manière schématique le grand
- cylindre de réglage et le petit cylindre qui sert au changement de marche et au freinage. Les positions du premier cjdindre sont indiquées par les nombres 1 à 15, celle du second par les lettres A, B, C, D. Les lettresF désignent les plots du grand cylindre, les lettres/ ceux du petit. D’autre part, M, et Ms sont les bobines inductrices des deux moteurs ; A, et A2 leurs induits ; B, et B2 les deux groupes d’accumulateurs ; R, et R2 les résistances auxiliaires qui peuvent être connectées en série avec les bobines inductrices ;
- , r2, r8 les résistances que l’on met en circuit comme d’habitude afin d’éviter une intensité excessive du courant dans les deux moteurs. Un blocage convenable du cylindre peut empêcher le petit cylindre d’entrer en action avant que le grand soit mis à zéro, c’est-à-dire avant que le circuit soit coupé.
- Dans les figures 4, 5, 6 et 7, le trajet du courant est indiqué par les flèches ; ces figures montrent les combinaisons que l’on peut réaliser avec le grand cylindre, le petit restant dans la position A.
- Position A 1 (fig. 4). — Les deux moteurs
- sont en série avec toutes les résistances R et r.
- Positions 2, 3, 4. — Les différentes résistances sont mises en court-circuit l’une après
- l’autre jusqu’à ce que les deux moteurs soient finalement seuls en série.
- Position 5 (fig. 5). — L’enroulement inducteur de chaque moteur est shunté par un des
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- groupes d'accumulateurs qui diminue ou augmente le courant d’excitation et produit ainsi une vitesse constante.
- Position 6 (fig. 5). — La même que la précédente, avec cette différence qu’une résistance R est mise en circuit avec chacun des enroulements inducteurs, ce qui diminue encore le courant d’excitation.
- Positions 7 et 8 (fig. 4). — Les combinaisons qu’elles procurent correspondent à celles des figures 1 et 2 ; elles ont pour but, par la mise en circuit de toutes les résistances en série, de diminuer le courant dans les moteurs afin de pouvoir couper facilement le courant dans la position 9.
- Position 10 (fig. 6). — Les moteurs avec toutes leurs résistances sont en parallèle.
- Positions //, 12 et i3 (fig. 6). — Les résistances sont retirées les unes après les autres.
- Position 14 (fig. 7). — Les deux moteurs sont en parallèle et les deux groupes d’accumulateurs shuntent respectivement les deux enroulements inducteurs.
- Position iS (fig. 7). — Les deux résistances sont en série avec les enroulements inducteurs, afin de diminuer le flux.
- D’après ce qui précède, on voit que les deux groupes d’accumulateurs jouent le meme rôle que les shunts ordinairement employés.
- On pourra régler la vitesse, d’une manière tout à fait analogue, pendant la marche avant et la marche arrière aussi bien que pendant le freinage, pour toute autre position B, C, D du petit cylindre. A titre d’exemple, nous ne considérerons les positions B, C, D du petit cylindre que pourune seule position du grand cylindre (fig. 8, 9 et 10).
- Position B 3 (fig. 8). — Les induits sont séparés des inducteurs et connectés directement à la ligne, tandis que chacun des enroulements inducteurs est en circuit avec le groupe d’accumulateurs correspondant. Il en résulte que les induits peuvent renvoyer du courant dans la ligne sans que le courant des inducteurs en soit renversé.
- Position C /, 2, 3, 4, 5, 6 (fig. 9). — Les
- deux moteurs sont fermés sur eux-mêmes en tension avec les résistances r et agissent comme freins. Les accumulateurs shuntent les inducteurs et aident à l’excitation, mais ils ne sont pas nécessaires puisque l’on a prévu le renversement du sens du courant dans l’induit.
- Position D 5 (fig. 10). — Le trajet du courant est le même que pour la position A, sauf dans l’induit où il est renversé.
- L’effet d’une telle disposition, employée sur une voiture de tramway ou de chemin de fer, est le suivant :
- Sur les parties en palier ou en rampe, l’appareil est employé comme tout autre régulateur série-parallèle. Pour les démarrages, le courant total étant forcé de passer par les inducteurs, le champ magnétique s’accroît jusqu’au maximum, ce qui est très favorable; les moteurs sont connectés en série et l’on a pour ces démarrages une consommation de courant très économique. Ensuite, pour les paliers ou les faibles pentes, les positions 5 ou 14 procurent une vitesse automatiquement constante parce que les accumulateurs maintiennent le courant inducteur constant, quel que soit le courant dans l’induit; cette automaticité dépend du choix judicieux du nombre et de la capacité des éléments dont nous avons parlé précédemment.
- Le changement de marche et le freinage s’effectuent comme d’ordinaire, vite ou lentement suivant le besoin. La combinaison de la figure 9 se prête au freinage électrique, même si les accumulateurs sont détériorés; il suffit dans ce cas de les mettre hors circuit. On pourrait aussi imaginer un C3rlindre de freinage tel que les accumulateurs ne shuntent pas les enroulements inducteurs dans cette position.
- La position B est la plus intéressante en ce qu’elle permet la récupération d’énergie dans les pentes et lors des arrêts pas trop brusques. Dans ce cas, le cocher amène le petit cylindre dans la position B et il peut modérer la vitesse à volonté suivant les différentes positions du grand cylindre.
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- La régulation par le couplage série-parallèle présente ce grand avantage que l’on peut actionner plusieurs moteurs montés en série en cas d’arrêt, car les forces électromotrices des deux, moteurs s’ajoutent et surpassent celle du réseau.
- Comme on le voit, les accumulateurs ne sont jamais soumis à de forts débits, car on ne les utilise qu’une fois le démarrage efL'ectué. On n’a donc besoin que d’une batterie très petite, puisqu’elle ne sert qu’à produire l’excitation des inducteurs ; par exemple, pour un moteur de 2 chevaux, il suffit d’avoir une batterie de 20 ampères X 16 volts = 320 watts, pesant environ 120 à 160 kg.
- Cette méthode conviendrait tout particulièrement aux voitures à accumulateurs en ce qu’elle procure l’automaticité de réglage de l’excitation impossible à obtenir avec l’excitation séparée.
- On voit aussi que les combinaisons précédentes s’appliqueraient aisément aux régulateurs série-parallèle ordinaires.
- Comme variante, on arrivera au même résultat en remplaçant chacun des groupes d’accumulateurs par le secondaire d’un petit moteur-générateur dont le primaire serait alimenté par la ligne (en parallèle avec les moteurs) : le circuit secondaire fournissant une force électromotrice constante jouerait le rôle des accumulateurs. A titre d’exemple, la figure 11 montre schématiquement l’application de cette méthode dans le cas d’une locomotive à deux moteurs. Le transformateur ou moteur-générateur se compose de
- trois petites dynamos montées sur le même axe ; l’une a3 est alimentée par le courant de la ligne, en parallèle avec les moteurs, et fonctionne comme moteur shunt sous 500 volts ; les deux autres a, et a2 constituent des génératrices shunt à basse tension et ali-
- LJ rc^
- Fig. 11.
- mentent les enroulements inducteurs des moteurs AI, et Mr La tension de ces génératrices est variable au moyen des rhéostats R, et R2 ; le courant d’excitation des moteurs A, et A2 varie en même temps. A chaque valeur du courant d’excitation correspond une certaine vitesse constante. On peut évidemment remplacer ces deux génératrices par une seule à deux enroulements indépendants. Cette méthode me semble pouvoir être appliquée avantageusement aux locomotives électriques de chemins de fer. D. G.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Sur les déformations qu’éprouve un diélectrique solide lorsqu’il devient le siège d’un champ électrique ;
- Par Paul Sacerdote (l).
- « Je me propose de montrer que les deux
- principes de la conservation de l’énergie et de l’électricité permettent de prévoir ces phénomènes de déformations [découverts par M. Duter (lj pour les condensateurs sphéri-
- (h Duter, Comptes rendus, p. 828, 960, 1036; 1878; p. 1260 ; 1879.
- (>) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1019, séance du 4 avril.
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- quesj et de les rattacher aux lois de l’élasticité ; je me bornerai au cas d’un diélectrique homogène et isotrope.
- » Prenons une lame diélectrique plane et métallisons-la sur ses deux faces, de façon à former un condensateur plan d’épaisseur e.
- » i° Déformation dans les directions perpendiculaires aux lignes de force. — Par symétrie, cette déformation est la même pour toutes ces directions. Donnons à la lame une forme rectangulaire de côtés IV et imaginons cette lame soumise à une traction q parallèle à / par exemple ; maintenons la température constante, l’état de la lame sera alors fonction de deux variables : la traction q et la différence de potentiel V entre les armatures ; produisons une transformation dV, dq; le travail à fournir est
- dfë = VdM. + qdl.
- M désignant la charge électrique du condensateur : ce qui peut s’écrire, puisque la température est maintenue constante,
- f &
- mais cette expression de ce travail est une différentielle exacte, d’après le principe de la conservation de l’énergie; d’où, après réductions ('),
- la variation de la capacité par la traction est faible, donc on peut négliger ses propres variations avec V, c’est-à-dire regarder — comme indépendant de V f) ; en intégrant (i), on a alors
- (') Le raisonnement précédent est à peu près la reproduction de celui fait par M. Lippmatin dans ses Applications àu principe de la conservation de l'électricité (Annales de Chimie et de Physique, 5e série, t. XXIV, p. 145 ; 1881).
- (2)L’expériencejustifiecette hypothèse, puisqu’elle montre que, dans tous les cas étudiés, la déformation est bien pro-protionnelle à V2.
- Cette formule est vraie, quelle que soit la valeur de q\ elle nous donnera encore la déformation pour 2 = 0, c’est-à-dire dans le cas du condensateur libre qui est celui que nous voulons étudier; mais C —, K désigne la constante diélectrique
- I ôc _ J__ _ôK_ _L _____fa)
- C dq ~ K dq 1 àq + f dq e dq ’ { }
- les deux derniers termes se détruisent, car la traction contracte également toutes les lignes qui lui sont perpendiculaires; il reste
- a désignant le coefficient d'allongement longitudinal /:, désignant le coefficient de variation de K par traction perpendiculaire aux lignes de force.
- » Portons cette valeur (3) dans (ri), nous obtenons, après calculs,
- fr)=('ti+<1)
- (i”)
- telle est la formule qui donnera la variation A/ de / dans la direction perpendiculaire aux lignes de force, mais elle ne la donne avec certitude qu'au départ, c’est-à-dire tant que le condensateur n’est chargé qu’à un potentiel assez faible pour que les lois de l’élasticité subsistent ; nous interpréterons cette relation (ri') un peu plus loin.
- » 20 Déformation dans la direction des lignes de force. — Imaginons la lame soumise cette fois à une traction q parallèle aux lignes de force ; un calcul identique au précédent donne
- et en intégrant
- <)C . àq ’
- la relation (a) donne, cette fois,
- (2')
- m
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- T. XV — N° 18-
- 19B
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- b désigne le coefficient de contraction transversale ; k, le coefficient de variation de K par traction parallèle aux lignes de force.
- » Portons cette valeur (J3') dans (2') et l’on obtient, après calculs,
- . ('il.) fil). (2")
- » 3° Variation du volume u de la lame diélectrique. — Imaginons la lame soumise à une traction uniforme q sur toute sa surface, un calcul identique au précédent donne
- c désigne le coefficient de compressibilité cubique du diélectrique c = 3 (a — 2b) ; k le coefficient de variation de K par traction superficielle uniforme.
- » Remarque. — On peut aussi déduire cette variation de volume des résultats précédents (1"), (2"); on obtient ainsi :
- fi. ut, + 2 *,) + («- î t)] (fih
- = [<*, + **,)+y] (-^P);
- en comparant ce résultat au précédent (3"), on obtient la relation
- k = ki + 2k1. U)
- » En résumé, les formules (i/;), (2'% (3) montrent que toutes les déformations unitaires subies par une lame diélectrique plane sont proportionnelles à l’énergie électrique par unité de volume (np-)-
- » Les coefficients sont :
- [ky-{- a) pour la variation unitaire perpendiculairement au champ ;
- (ki— a — zb) pour la variation unitaire parallèlement au champ ;
- pour la variation de volume par unité de volume.
- » Les coefficients élastiques n, b, c sont, en général, connus; mais aucune expérience n’a encore été faite pour déterminer À*2, k qui sont probablement très petits; si nous négligeons ces derniers, les résultats ci-dessus
- indiquent qu’il doit y avoir : contraction dans la direction des lignes de force; allongement dans les directions perpendiculaires ex. augmentation du volume du diélectrique. Pour ces deux derniers phénomènes, le sens est bien celui que donne l’expérience faite sur le verre ; quant au premier, il n’a pas encore été observé.
- » Remarque. — Des raisonnements, calqués sur ceux que nous venons de faire, permettraient d’étudier les déformations d’une lame diélectrique cylindrique (condensateur de M. Righi) ou sphérique (condensateur de M, Duter) ; je reviendrai ultérieurement sur ces deux cas. »
- Sur la conductibilité électrique des solutions de permanganate de potassium ;
- Par Emmanuel Legrand (').
- « Au cours d’autres recherches j’ai été amené à étudier les propriétés électro-chimiques et en particulier la conductibilité des dissolutions de permanganate de potassium, sur laquelle je n’ai pu trouver de données numériques dans la littérature existante.
- » Je me suis servi pour cette conductibilité de la méthode de Kohlrausch basée sur l’emploi du réseau de Wheatstone traversé par un courant alternatif et du téléphone. Le courant alternatif est fourni par un petit alternateur de Siemens, à aimant permanent, mû par un moteur à courants continus.
- » La dissolution est contenue dans un vase de verre renfermant comme électrodes deux disques de platine maintenus horizontaux et parallèles entre eux. Ces disques ont un diamètre de 3 cm et sont distants de 1 cm environ. Ces électrodes sont, avant chaque expérience, soigneusement platinées pour diminuer autant que possible l’influenc.c de la polarisation.
- » On commence parétalonner l’appareil en
- P) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1025, séance du 4 avril. Travail fait au laboratoire d’Enseignement physique, à la Sorbonne.
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- faisant une expérience sur une solution de chlorure de potassium renfermant -1- de molécule par litre.
- » J’ai opéré sur des solutions contenant
- _L-, -d-i —V? —b—, et —— de molécule de 16 32 04 120 256 1024
- permanganate de potassium par litre. Je n’ai pu pousser plus loin les mesures, car pour les dilutions supérieures à les minima accusés par le téléphone n'étaient plus appréciables exactement.
- » La solution primitive au -4- de molécule est titrée directement, les autres sont obtenues dans le vase lui-même, en enlevant chaque fois un volume de solution convenable et en le remplaçant par un égal volume d’eau distillée.
- » Le vase à électrolyte est placé dans un bain d’eau. Un agitateur à hélice, constamment en mouvement, assure le mélange de toutes les couches d’eau, dont la température est maintenue constante, à de degré près, par un régulateur de gaz basé sur la dilatation du toluène. Les mesures ont été effectuées aux températures de 25°, 35° et 450.
- » Voici les valeurs des conductibilités moléculaires observées :
- CONDUCTIBILITÉ
- Conce
- 25°
- -i6 normale j 35-\ 45-
- t \ 25'
- — normale y 35. * 45-
- normale j 35-4 45-
- 1 ( 25 •
- normale 35. 12 I 45-
- ~ normale j 45-l 45-
- I ( 25’
- - normale 35.
- 0,00189
- 0,00229
- 0,00260
- 0,00097
- 0,00050
- 0,00060
- 0,00032
- 0,00015
- 0,1209
- 04465
- 0,I2/|I
- 0,1408
- 0-1536
- 04280
- 04536
- 04638
- 04228
- 04536
- 0,1638
- 04228
- 04536
- 04536
- » D’après ce tableau :
- » On voit qu’à une même température la conductibilité moléculaire croît avec la dilution et tend vers lavaleur limite 124 observée par les précédents expérimentateurs pour les sels neutres à 250 ;
- » 20 La conductibilité augmente, quand la température s’élève, d’autant moins rapidement que la température est plus élevée. Par exemple, pour la solution normale le coefficient de température est 0,021 entre 250 et 35°, et 0,014 entre 350 et 45°.
- » Ce coefficient varie d’ailleurs peu avec la dilution et reste voisin des valeurs indiquées ci-dessus pour les différentes concentrations que j’ai étudiées. »
- Rayons émis par les composés de l’uranium et du thorium ;
- Par Mme Sklodowska Curie (1).
- « J’ai étudié la conductibilité de l’air sous l’influence des rayons de l’uranium, découverts par M. Becquerel, et j’ai cherché si des corps autres que les composés de l’uranium étaient susceptibles de rendre l’air conducteur de l’électricité. J’ai employé pour cette étude un condensateur à plateaux : l’un des plateaux était recouvert d’une couche uniforme d’uranium ou d’une autre substance finement pulvérisée. (Diamètre des plateaux, 8 cm ; distance, 3 cm.) On établissait entre les plateaux une différence de potentiel de 100 volts. Le courant qui traversait le condensateur était mesuré en valeur absolue au moyen d’un électromètre et d’un quartz piézoélectrique.
- » J’ai examiné un grand nombre de métaux, sels, oxydes et minéraux (2). Le
- (») Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1101, séance du 12 avril.
- (2; L’uranium employé pour cette étude a été donné par M. Moissan. Les sels et oxydes étaient des produits purs, provenant du laboratoire de M. Étard à l’École de Physique et de Chimie. M. Lacroix a bien voulu me procurer quelques échantillons de minéraux de provenance connue, de la collection du Muséum. Quelques oxydes rares et purs ont été donnés par M. Demarçay. Je remercie ces messieurs de leur obligeance.
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- tableau ci-après donne, pour chaque substance, l’intensité du courant i en ampères (ordre de grandeur, io-11). Les substances que j’ai étudiées et qui ne figurent pas dans le tableau sont au moins 100 fois moins actives que l’uranium.
- Uranium légèrement carburé.........
- Oxyde noir d'uranium U2Oc..........
- Oxyde vert d’uranium •U808 ........
- Uranatcs d’ammonium, de potassium,
- de sodium, environ.................
- Acide uraniquc hydraté.............
- Azotate d’uranyle, sulfate uraneux. sulfate d’uranyle et de potassium, envi-
- Chalcolite artificielle (phosphate de cuivre et d’uranyle)....................
- Oxyde de thorium en couche de 0,25 mm
- d’épaisseur..........................
- Oxyde de thorium en couche de 6 mm
- d’épaisseur..........................
- Sulfate de thorium...................
- Fluoxytantalate de potassium.........
- Fluoxyniobate de potassium et oxyde
- de cérium............................
- Pechblende de Johanngeorgenstadl . .
- » de Cornwallis............
- » de Joachimstal et de Pzi-
- bran.................................
- Chalcolite naturelle.................
- Autunite.............................
- Thorites diverses..............de 2 à
- Orangite.............................
- Samarskite...........................
- Fergusonite, monazite, xénotime, nio-
- bite, æschinitc...........de 3 à 7
- Clèveïte très active.
- 24 x
- 53
- 8
- o,3
- 83
- 16
- 67
- 52
- 27
- M
- » Tous les composés de l’uranium étudiés sont actifs et le sont, en général, d’autant plus qu’ils contiennent plus d’uranium.
- » Les composés du thorium sont très actifs. L’oxyde de thorium dépasse même en activité l’uranium métallique.
- » Il est à remarquer que les deux éléments les plus actifs, l’uranium et le thorium, sont ceux qui possèdent le plus fort poids atomique.
- » Le cérium, le niobium et le tantale semblent être légèrement actifs.
- » Le phosphore blanc est très actif, mais son action est probablement d’une autre na-
- ture que celle de l’uranium et du thorium. En effet, le phosphore n’est actif ni à l’état de phosphore rouge ni à l’état de phosphates.
- » Les minéraux qui se sont montrés actifs contiennent tous des éléments actifs. Deux minéraux d’uranium : la pechblende (oxyde d’urane) et la chalcolite (phosphate de cuivre et d’uranyle) sont beaucoup plus actifs que l’uranium lui-même. Ce fait est très remarquable et porte à croire que ces minéraux peuvent contenir un élément beaucoup plus actif que l’uranium. J’ai, reproduit la chalcolite par le procédé de Debray avec des produits purs ; cette chalcolite artificielle n’est pas plus active qu’un autre sel d’uranium.
- » Absorption. — Les effets produits par les substances actives augmentent avec l’épaisseur de la couche employée. Cette augmentation est très faible pour les composés de l’uranium ; elle est considérable pour l’oxyde de thorium qui semble ainsi partiellement transparent pour les rayons qu’il émet.
- » Pour étudier la transparence des diverses substances, on les place en plaque mince par dessus la couche active. L’absorption est toujours très forte. Cependant les rayons traversent les métaux, le verre, Pébonite, le papier sous faible épaisseur. Voici la fraction du rayonnement transmise par une lame d’aluminium d’épaisseur 0,01 mm.
- o,2 pour l’uranium, uranate d’ammoniaque, oxyde uraneux, chalcolite artificielle.
- 0,33 pour la pechblende et la chalcolite naturelle. 0,4 pour l’oxyde de thorium et le sulfate de thorium en couche de 0,5.
- 0,7 pour l’oxyde de thorium en couche de 6 mm.
- » On voit que les composés d’un même métal émettent des rayons également absorbés. Les rayons émis par le thorium sont plus pénétrants que ceux émis par l’uranium ; enfin, l’oxj^de de thorium en couche épaisse émet des rayons beaucoup plus pénétrants que ceux qu’il émet en couche mince.
- 3> Impressions photographiques. — J’ai obtenu de bonnes impressions photographiques avec l’uranium, l’oxyde uraneux, la
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- pechblende, la chalcolite, l’oxyde de thorium. Ces corps agissaient à petite distance, soit à travers l’air, soit à travers le verre, soit à travers l’aluminium. Le sulfate de thorium donne des impressions plus faibles et le fluoxytantalate de potassium des impressions très faibles.
- » Analogie avec les rayons secondaires des rayons de Rœntgen. — Les propriétés des rayons émis par l’uranium et le thorium sont très analogues à celles des rayons secondaires des rayons de Rœntgen, étudiés récemment par M. Sagnac. J’ai constaté d’ailleurs que, sous l’action des rayons de Rœntgen,- l’uranium, la pechblende et l’oxyde de thorium émettent des rayons secondaires qui, au point de vue delà décharge des corps électrisés, font généralement plus d’effet que les rayons secondaires du plomb. Parmi les métaux étudiés par M. Sagnac, l’uranium et le thorium viendraient se placer à côté et au delà du plomb.
- » Pour interpréter le rayonnement spontané de l’uranium et du thorium, on pourrait imaginer que tout l’espace est constamment traversé par des rayons analogues aux rayons de Rœntgen, mais beaucoup plus pénétrants et ne pouvant être absorbés que par certains éléments à gros poids atomique, tels que l’uranium et le thorium ('). »
- Sur un moyen d’augmenter l’intensité et la rapidité d’aetion des rayons X ;
- Par F. Garrigou (2).
- « Dès le mois de décembre 1897, en étudiant les eaux minérales au moyen des rayons Rœntgen, je m’étais aperçu que les ra}mns émis par un petit focus, étant conduits directement dans un cylindre de verre entouré de papier d’étain, et partant du focus pour aller à l’écran fluorescent, augmentaientlaluminosité
- (') Ce travail a été fait à l’Ecole municipale de Physique et de Chimie industrielles.
- (2) Comptes rendus, t. CXVI, p. 1104, séance du 12
- de cet écran à son contact avec le cylindre. Quelques radiographies obtenues à l’extrémité du cylindre, comparées à d’autres radiographies faites dans les mêmes conditions, moins le cylindre, étaient sensiblement plus nettes, plus claires et plus rapidement obtenues dans le premier cas que dans le second.
- » J’adresse aujourd’hui à l’Académie (‘) les radiographies obtenues dans seize expé-périenccs, choisies dans une cinquantaine, et permettant de constater l’augmentation d’intensité et la rapidité d’action des rayons X, enfermés dans des espaces qui les concentrent sur des points limités.
- » Les différences de teintes, de netteté et d’intensité sont d’ailleurs bien plus sensibles sur les clichés eux-mêmes que sur les tirages sur papier.
- » Toutes ces expériences ont été faites dans des conditions identiques : un petit tube bi-anodique, distance de 0,20 m, 2 ampères, quatre minutes de pose. Les plaques employées étaient des plaques bleues Lumière, ordinaires (non pour rayons X). J’ai constamment laissé une lame de plomb sous les clichés pendant leur pose.
- « Conclusions. —Ces expériences, et d’autres encore, me conduisent aux conclusions suivantes :
- )> i° En prenant les rayons X au sortir de l’ampoule qui les produit, et en les condensant dans un espace restreint, limité à la volonté de l’opérateur, et cela dans des chambres de grès, de verre, de zinc, de plomb, etc., on augmente leur action sur les plaques radiographiques.
- » 20 Cette augmentation d’action se traduit par une action plus profonde sur les objets, qui sont plus complètement traversés, et qui finissent presque par disparaître sur la plaque photographique : la plaque elle-même, après (*)
- (*) Le 24 janvier dernier, l’Académie a bien voulu accepter le dépôt d'un pli cacheté, inscrit sous le n° 5979, dans lequel je prenais date pour les constatations que j’avais déjà
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- le développement et la fixation, est incapable de donner une épreuve aussi claire et aussi nette que le cliché obtenu dans les memes conditions, mais sans condensateur.
- » 3° Si la pose a été suffisamment courte pour ne pas donner des épreuves en quelque sorte brûlées, les objets radiographiés-sont plus nets et présentent plus de détails avec le condensateur que sans le condensateur.
- » 40 L’emploi d’un condensateur approprié pourra donc servir à diminuer, en clinique, la durée des poses, et à fournir des épreuves plus nettes. »
- Influence du magnétisme sur la polarisation des diélectriques et l’indice de réfraction ;
- Par van Aubel p).
- « M. le professeur K.-R. Koch vient de publier dans les Annaîen der Physik (2) un très intéressant travail qui a pour objet l’étude de l’influence du magnétisme sur la polarisation et l’indice de réfraction des diélectriques. Cette question a évidemment une grande importance au point de vue de l’établissement de la théorie électro-magnétique de la lumière.
- » Qu’il me soit permis de rappeler ici quelques travaux qui ont été publiés antérieurement sur le même sujet et qui paraissent avoir échappé au savant praticien allemand.
- » Hall (3), dont M. K.-R. Koch cite les recherches, n’a pu constater aucune influence du magnétisme sur la polarisation diélectrique du verre. Dans un travail publié en 1885 (4), j’ai examiné diverses substances : la paraffine, la gutta-percha, la gomme-laque, le verre et enfin le soufre, dont
- (>) Archives des sciences physiques et naturelles, 4e période, t. V, février 1898.
- (8) Wiedemann's Annaîen der Physik, t. LXIII, p. 132; 1897. — L’Éclairage Électrique, t. XV, p. 37, 2 avril 1898.
- (s) Sillimann’s American Journal of Science, 3e série, t. XX, P. 161; 1880. * *
- (*) Bulletins de l’Académie des sciences de Belgique, 3* série, t. X, p. 609; 1885.
- le pouvoir magnétique spécifique est bien supérieur à celui du verre. J’ai fait remarquer alors que l’excitation de l’électro-aimant par des courants intenses donnait lieu à des phénomènes d’influence électrostatique qui troublaient les mesures et j’ai refait, l’année suivante {'), les expériences au moyen d’un électro-aimant construit spécialement pour cet usage, dans lequel les cylindres de fer pouvaient être remplacés aisément par des cylindres de laiton. Dans aucun cas, une action du magnétisme n’a pu être remarquée.
- » Dans cette dernière note, les résultats opposés obtenus par M. A.-S. Kimball (2) sont attribués à la source d’erreur qui se produit quand un courant électrique intense traverse l’électro-aimant.
- » M. A. Palaz(s) a trouvé, par une méthode toute différente de la mienne et à peu près en même temps que moi, que la capacité inductive spécifique de la paraffine, l’ébonite, la colophane et le soufre ne varie pas de 0,0007 lorsqu’on soumet ces substances à l’influence d’une force magnétique très intense.
- » Enfin M. P. Drude (') n’a pu constater également aucun changement de la constante diélectrique du sulfure de carbone dans le champ magnétique.
- » La relation bien connue entre l’indice de réfraction et la constante diélectrique peut être utilisée pour étudier la même question. Cette méthode ne comporte plus l’inconvénient que j’ai rappelé et l’emploi du réfracto-mètre interférentiel permet d’obtenir une précision bien plus grande. Néanmoins les expériences de M. Koch, entreprises avec le plus grand soin et dans différentes conditions, ont confirmé les résultats de MM. Hall, PalaDrude et les miens.
- (') Bulletins de l'Académie des sciences de Belgique, 30 série, t, XII, p. 280; 1896.
- (2) Proceedings of the American Academy of arts and sciences, nouvelle série, vol. XIII, partie, p. 193 ; mai à octobre 1 885.
- (’) Archives des sciences phys. et nat. Genève, 3e période, t. XVII, p. 422 et 427; 1887.
- (l) Wiedemann’s Annaîen der Physik, t. LU, p. 498', 1894.
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- » On peut se demander encore si l’indice de réfraction des métaux ne varie pas sous l’action du magnétisme. En effet, d’après les recherches de Kundt(1), il existerait un parallélisme entre l’indice de réfraction et la conductibilité électrique des métaux, et l’on sait, d’autre part, que la résistivité du fer, du nickel, du cobalt, du tellure, de l’antimoine et surtout du bismuth varie sous l’influence du magnétisme. D. Shea (2) n’a pu observer aucune action du magnétisme sur des prismes de fer, nickel et cobalt, mais comme cette influence est sans doute faible, une réponse à cette question ne peut être donnée qu’après un examen du bismuth, dont l’étude ne présente d’ailleurs aucune difficulté spéciale.»
- Sur quelques travaux récents
- relatifs à la résistance électrique du bismuth;
- Par Edm. van Aubel (3).
- « 1. Etude critique. — Les recherches que j’ai publiées sur la résistance électrique du bismuth a diverses températures et dans le champ magnétique (* *) ont eu pour objet l’étude du métal fourni comme absolument pur par les meilleurs procédés de l’analyse chimique et du métal pur obtenu par électrolyse, dont M. le professeur A. Glassen s’est servi pour la détermination du poids atomique.
- » Le bismuth a été examiné sous forme de tiges rectilignes obtenues en fondant le métal et le laissant ensuite lentement ou très rapidement refroidir, ou enfin en comprimant le métal.
- » Je crois avoir notamment établi les con-
- (*) Wiedetnann’s AnnalenderPhysih,\.XXXIV, p.469; 1888.
- (2) Wiedemann’s Annalen der Physik, t. XLVII, p. 184: 1892.
- (3) Archives des sciences physiques et naturelles, 4e période, t. IV, octobre 1897.
- (*) Edm. van Aubel, PMlosophical Magazine, 5® série, v°k 25j P- 191; 1888 (communication préliminaire). — Annales de chimie et de physique, 6e série, t. XVIII, p. 435 ; 1^9- —Journal de physique, 3® série, t. II, p. 407, 1893. — L Eclairage Électrique, t. III, p. 398, ior juin 1895.
- clusions suivantes que je vais comparer aux résultats qui ont été publiés depuis :
- » 1. La résistance électrique, le coefficient de variation de cette résistance avec la température et l’action du magnétisme ont des valeurs très différentes pour les divers bismuths purs du commerce.
- » 2. L’impureté qu’il est le plus difficile d’éviter dans la préparation du bismuth pur est le plomb.
- » 3. Le bismuth purifié, puis électrolyse par la méthodede M. le professeurClassen('), donne des résultats concordants entre eux.
- » 4. La structure moléculaire a une grande influence sur les propriétés électriques des bismuths impurs et une action très faible sur celles du bismuth pur.
- » 5. Le coefficient de variation de la résistance électrique avec la température est positif pour le bismuth électrolysé pur, mais peut devenir négatif avec certains bismuths dits purs du commerce.
- » 6. Le bismuth électrotysé présente encore une particularité que n’offre pas le métal impur. Le coefficient de température reste à peu près le même aux diverses températures comprises entre o° et ioo°.
- « 7. De toutes les méthodes physiques et chimiques, la détermination de la résistance électrique aux diverses températures entre o° et ioo° est certainement de beaucoup la plus précise et la plus sensible pour reconnaître si le bismuth est pur. Elle surpasse l’examen le plus délicat au spectroscope.
- » 8. L’influence du magnétisme sur la résistance électrique diminue considérablement lorsque la température augmente.
- » 9. La résistivité des bismuths impurs est supérieure à celle du métal électrolysé ; ce qui découle de mes résultats et des nombreuses mesures faites antérieurement.
- » J’ai eu la bonne fortune de voir la plupart de mes résultats confirmés depuis par d’émi-
- C) A. Classen. Berichteder deutschen chemischen Gesellschaft, Berlin, 23° année, 1890, p. 938. — Edm. van Aubel. Annales de chimie et de physique, 6e série, t. XVIII, p. 442 -1889.
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- nents physiciens. La conclusion 8, relative a l’action du magnétisme, a été vérifiée par A. Leduc (*) et A. Griffiths f), par les expériences de P. Drude et W. Nernst (3) aux températures supérieures à ioo°, par les recherches de Henderson (4) dans des champs magnétiques très .intenses et enfin par les mesures de James Dewar et J.-A. Fleming (r>) dans des champs intenses, aux basses températures jusque — 2350.
- Dans une communication au Congrès international des électriciens, à Paris, en 1889 (6), j’ai fait ressortir aussi la nécessité de tenir compte de la température dans la mesure des champs magnétiques par les spirales de bismuth de Lenard, et Henderson est revenu sur ce point plus tard.
- Lenard (7) a étudié la résistance électrique à diverses températures et dans le champ magnétique de fils obtenus par compression avec le bismuth purifié par Landolt au moyen des procédés chimiques et avec le métal électrolysé, Les fils étaient réalisés par compression à chaud, entre 1550 et 230°. Plus la température de la compression est élevée, plus la résistivité à 220 est grande ; elle varie entre 108,8X io3 et ii5,7X 103.
- La résistivité des bismuths impurs est plus élevée que celle du métal électrolysé (voir ma conclusion 9).
- Le savant physicien a constaté aussi (8) la
- (') A. Leduc, Journal de physique, 2e série, t. X, p. 112 ; 1891. — La Lumière Électrique, t. XXXVIII, p. 495, 1890.
- (2) A. Griffiths. Philosophical Magazine, mars 1895, p. 244. — L’Éclairage Électrique, t. III, p. 180; 1895.
- (3) P. Drude et W.Nernst, Annalender Physik, t. XLII, p. 568; 1891. — La Lumière Électrique, t. XLI, p. 186, 1891.
- (*) Henderson. Annalen der Physik, t. LIII, p. 912; 1894. — Philosophical Magazine, mars 1895, p. 244. — L’Éclairage Électrique, t. Il, p. 41, 1895.
- (5) J. Dewar et J. Fleming. Philosophical Magazine, 5P série, vol. XL, p. 303; 1895.— Proceedings of the Royal Society of London, vol. XL, p. 72, 1896; — p. 424; 1897. — L’Éclairage Électrique, t. Vill, p. 41; 1896.
- (6) Van Aubkl. L'Électricien, t. XIII, 1889.
- (’) Ph. Lenard. Annalen der Physik, nouvelle série, t. XXIX, p. 619 ; 1890.
- (8) Loc. cit., p. 639.
- grande sensibilité de la méthode électrique pour s’assurer de la pureté du bismuth (voir ma conclusion 7), et James Dewar et J.-A. Fleming l’ont également mentionnée.
- 11 convient toutefois de faire observer que le professeur J.-A. Fleming, dans une conférence à l’Institution royale de la Grande-Bretagne ('), déclare que la mesure de la résistance électrique d’un métal dans l’air liquide est un critérium pour déterminer sa pureté chimique. Mes recherches et celles de Lenard ont montre qu’une étude de la résistance électrique du bismuth entre o° et ioo° suffisait amplement pour ce but et cet examen présente incontestablement beaucoup moins de difficulté.
- » Ph. Lenard a vérifié également ma sixième conclusion, à savoir que le coefficient de température du bismuth électrolysé pur varie peu entre o° et ioo° (2).
- « On peut déduire ce même résultat des valeurs obtenues par Henderson avec une spirale préparée par la maison Hartmann et Braun, à l’aide du bismuth électrolysé suivant la méthode de Lenard. Le tableau que je donne à la fin de ce travail contient les divers coefficients de température que j’ai calculés avec les résistances électriques trouvées par Henderson.
- » L’influence du magnétisme et le coefficient de température sont à peu près les memes dans mes expériences et dans celles de Lenard, mais les résistivités sont un peu différentes.
- » Le docteur G. Vassura(s)a examiné le métal le plus pur de la fabrique de produits chimiques TrommsdorfT. Il a déterminé par l’analyse spectrale la présence du plomb, du
- (i) Professor J.-A. Fleming. Electric and magnetic Research at loiv Températures. Royal Institution of Great Bri-tain, 5 juin 1896, p. 18 : « Itwill be seen that this process of taking the résistance of a conductor in Üquid air is one which afiords us a very critical means of discrimination as to the Chemical purity of a métal. It ranks almost with the spectroscope as an anaîytical method. »
- (s) Loc. cil., p. 644.
- (3,' VaSSüRA. Nt/oz'û Cimenta, 3e série, t. XXXI, p. 27, 31 et 31t 1892.
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- cuivre et du sodium ; le plomb surtout s’y trouvait en grande quantité. Aussi la résistivité à o° était 129,110 X ios. c’est-à-dire plus élevée que celle de mon bismuth électrolysé, comme on l’a d’ailleurs trouvé pour tous les produits impurs étudiés.
- » J. Dewar et J.-A. Fleming ont examiné des bismuths purs préparés par les procédés chimiques et le bismuth électrolysé par la méthode de Lenard qui leur avait été fourni par la maison Hartmann et Braun. La pureté du métal électrolysé a été vérifiée par l’examen au spectroscope. Pour les bismuths « analytiquement » purs, les courbes qui expriment la variation de la résistivité avec la température entre -j- ioo° et — 2350 présentent un minimum ou deux courbures différentes. Le bismuth électrolysé, au contraire, comme tous les métaux purs, donne lieu à une diminution continue de la résistivité lorsqu’on s’approche de la température du zéro absolu (*). La courbe des résistivités se rapproche d’une droite ; mais si l’on calcule, au moyen des résultats de J. Dewar et J.-A. Fleming, le coefficient de température pour le bismuth électrolysé, on trouve qu’il varie considérablement avec l’intervalle de températures considéré.
- » Le tableau que je donne à la fin de mon travail contient des résultats que j’ai déduits, par le calcul, des mesures des deux savants anglais, de manière à montrer :
- » i° Que le coefficient de température augmente toujours quand la température baisse.
- » 20 Que ce coefficient entre 4- 6o°,5 et -j-190 diffère de ceux que j’ai donnés, de celui trouvé par Lenard et par Henderson, bien que celui-ci ait employé le métal préparé de la même manière par le même fabricant.
- » 3° Que les coefficients de température obtenus par J. Dewar et J.-A. Fleming, + 0,00486 entre -J- 190 et— 6i°,2 (mémoire de 1896), et -j- 0,00494 entre -j- 190 et — 790 (mémoire de 1897) sont très rapprochés, tan-
- dis que les coefficients -(- 0,00744 entre — 6i°,2 et — 2020.2 (recherches de 1896) et -f-0,0103 entre — 790 et — 203° (recherches de 1897) sont très différents.
- » 4" Que la résistivité à 190 trouvée en 1896 et en 1897 par J- Dewar et J.-A. Fleming, 116,2 x 10% est très voisine de celles que j’ai obtenues, 116,42 X 10% et se rapproche de celle qui est donnée par Lenard, tandis que les résistivités à — 202°,2 et à — 203° obtenues en 1896 et en 1897, savoir respectivement 40,78 x io3 et 34,30 X 10% s’écartent notablement.
- » Les deux savants anglais ont obtenu pour le bismuth électrolysé une résistivité à o° égale à 108 x 10% plus faible que pour les bismuths « analytiquement » purs et inférieure au résultat deMatthiessen(J), qui est 129,7 X io\ J’ai trouvé pour la tige de bismuth électrolysé fondu et lentement refroidi 107,99 X io3, c’est-à-dire le même résultat que J. Dewar et J.-A. Fleming et j’ai montré que les résistivités des bismuths impurs sont supérieures.
- » J. Dewar et J.-A. Fleming n’ont pas ren contré de bismuth donnant lieu à un coefficient de température négatif au-dessus de o°C (2), ce que j’ai observé avec plusieurs bismuths analytiquement purs, qui m’avaient été fournis par les meilleurs fabricants de produits chimiques ou préparés par M. le professeur Glassen.
- » Ceci m’amène à dire quelques mots d’un travail de M. Hermann Ihle(3). Ce physicien a mesuré les conductibilités électriques des métaux à diverses températures en utilisant des produits qui avaient servi aux recherches de M. le professeur Dr W. Voigt. Le bismuth employé était le métal chimiquement pur de la maison Kahlbaum, à Berlin ('*). Parmi les 22 métaux étudiés entre 20° et ioo°, le bis-
- (') Procedings of the Royal Society, vol. LX, p. 74; 1896. P") Pbilosophical Magazine, 5e série, vol. XL, p. 308; 1895
- (3) Hermann Ihle . Jahresiericht des Kcenigl. Gymnasium$\u Dresden-Neustadt, 1896.
- (4) W. Voigt. Annaleti der Physïk, nouv t. XLVIII, p. 676; 1893
- (') Proceedings of the Royal Society of London, vol". XL, P- 432, figure 3; 1897.
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- muth seul a. donné lieu à une augmentation de la conductibilité par une élévation de la température. Les conductibilités a et le coefficient de température a pour ce bismuth sont :
- *1B,Î — °'4I >•02,8 = °l43 « = + 0,00065
- >> M. Hermann Ihle considère le métal qu’il a étudié comme pur et attribue à l’influence de la structure moléculaire les résultats des physiciens qui ont trouvé pour la conductibilité électrique un coefficient de température négatif comme pour les autres métaux.
- » Dans le travail actuel, je vais cherchera expliquer les résultats de M. Hermann Ihle et celui de MM. J. Dewar et J.-A. Fleming qui diffèrent des conclusions de mes recherches antérieures.
- » 2. Examen df, la pureté de quelques nouveaux bismuths. — J'ai examiné les produits suivants :
- » i° Le bismuth le plus pur préparé par galvanoplastie, au moyen d’un procédé qui ne m’a pas été communiqué, et provenant de la fabrique de produits chimiques de Schuchardt.
- » 20 Le métal fourni par la maison Hartmann et Braun, d’après la méthode de Lenard, qui est aussi identique que possible au produit étudié par J. Dewar et J.-A. Fleming.
- » 30 Le bismuth qui a servi aux recherches de M. Hermann Ihle et que je dois à l’extrême obligeance de M. le professeur Dr W. Voigt.
- » .Qu’il me soit permis d’adresser ici mes meilleurs remerciements à mon savant collègue de l’Université de Gœttingue et à MM. Hartmann et Braun pour les précieux matériaux qu’ils ont bien voulu me remettre.
- » Mes recherches antérieures ont établi que le plomb est de toutes les impuretés celle qu’il est le plus difficile d’éviter dans la préparation du bismuth, dont les propriétés
- sont fortement modifiées par la présence de traces de plomb. J’ai donc cherché à m’assurer si les nouveaux produits étaient exempts ou non de plomb.
- » A cet effet, je dissous quelques grammes du bismuth à examiner dans une capsule en verre d’Iéna, contenant de l’acide nitrique dilué chauffé au bain-marie. La solution est évaporée à siccité, reprise par l’eau et une quantité aussi faible que possible d’acide nitrique (1). On prépare ainsi une solution acide de nitrate du bismuth considéré. Celle-ci est versée dans une grande capsule en platine qui fait partie d’un appareil de Classen, pour l’anatyse chimique par voie électrolytique. Cette capsule formera la cathode d’un courant électrique faible dont l’anode est constituée par un grand disque de platine percé de larges trous et fixé normalement à une tige en platine horizontale.
- » Dans ces conditions, l’électrolyse de la solution donne lieu à un dépôt très adhérent et cristallin de bismuth sur la capsule, tandis que le plomb se dépose sur le disque de platine, électrode positive, à l’état de peroxyde de plomb, en même temps que du peroxyde de bismuth.
- » J’ai opéré de la façon suivante : dès que l’anode est bien recouverte par le dépôt, je l’enlève en laissant le courant fermé et je dissous le dépôt dans une capsule en verre d’Iéna contenant de l’eau et quelques gouttes d’acide nitrique chauffées au bain-marie. L’électrode positive est ensuite lavée à l’eau distillée et l’on reprend l’électrolyse (2).
- » Lorsqu’on juge que l’on est arrivé à la fin de l’électrolyse, on arrête l’opération, on évapore à siccité la solution qui se trouve dans la capsule en verre d’Iéna, on reprend le résidu par de l’eau pour évaporer de nouveau à siccité. Cette opération est répétée deux ou trois fois pourchasser l’acide nitrique complètement. C’est dans le résidu de la
- p) Voir aussi A. Classen, hc. cil.
- (2) Ôn peut ainsi enlever facilement tout le plomb contenu dans un bismuth.
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- dernière évaporation à siccité qu’il faudra rechercher la présence du plomb.
- » Avant d’indiq uer comment cette opération a été faite, je dois signaler une circonstance qui s’est présentée avec le bismuth étudié par M. Hermann Ihle et qui m’a conduit à déceler dans ce produit une autre impureté que le plomb.
- » Le produit qui résulte de la transformation du bismuth métallique en nitrate est en général blanc. Celui qui a été obtenu avec le bismuth étudié par M. Hermann Ihle est blanc, très nettement verdâtre; j’ai donc pensé qu’il pouvait contenir également du cuivre.
- » A cet effet, une petite portion du résidu blanc verdâtre est dissoute dans l’acide nitrique; à la solution on ajoute de l’ammoniaque. On obtient un précipité teinté verdâtre ; on filtre, le liquide obtenu est dans certains cas légèrement bleu, on l’acidule par l’acide chlorhydrique et une trace de ferro-cyanure de potassium donne alors dans la solution la coloration rose caractéristique du cuivre. La coloration est surtout nette en faisant usage de très peu de ferrocyanure et en observant immédiatement avant la formation du précipité.
- » Revenons à la recherche du plomb dans les résidus blancs résultant de la transformation des divers bismuths métalliques en nitrates. Ce produit est traité par quelques gouttes d’eau, puis on filtre. La solution donne avec l’acide sulfurique un abondant précipité, avec l’iodure de potassium un précipité qui se dissout à chaud et recristallisc à froid.
- » Ces essais chimiques ont été faits par mon collègue et ami M. Maurice Delacre, professeur de chimie générale à l’Université de Gand, auquel j’adresse ici mes remerciements.
- » En employant ces méthodes, j’ai constaté :
- » i°Que le bismuth électrolysé de la fabrique Schuchard et le métal soi-disant absolument pur employé par M. Hermann Ihle conte-
- naient du plomb en quantités très notables ;
- 20 Que le produit étudié par M. Hermann Ihle renfermait aussi du cuivre ;
- 3° Que le bismuth électrolysé suivant la méthode de Lenard par MM. Hartmann et Braun était exempt de plomb.
- » 3. Conclusions. — i° On ne peut se fier à la pureté des bismuths électrolysés fournis par les fabriques de produits chimiques. Il est nécessaire, pouravoirun produit pur, de suivre les méthodes de Classen ou de Lenard.
- » 20 Les résistivités à -h 190 trouvées par J. Dewar et J.-A. Fleming concordent avec les résultats que j’ai donnés, mais le coefficient de température entre -f- 6o°,5 et -b 190 savoir 000354 est inférieur, au nombre le plus petit que j’ai obtenu, ainsi qu’aux valeurs trouvées par Lenard et Henderson.
- » D’autre part, mes recherches antérieures et celles de Henderson montrent que le coefficient de température augmente très lentement lorsque la température s’élève, entre o° et ioo°. D’après les travaux de J. Dewar et J.-A. Fleming, ce coefficient augmenterait rapidement lorsque la température baisse, jusqu’à doubler de valeur aux très basses températures. Une étude de la résistivité du bismuth pur aux températures supérieures à ioo° serait intéressante.
- » 30 Le bismuth électrolysé qui m’avait été fourni par la maison Hartmann et Braun et qui a servi aux recherches de J. Dewar et J.-A. Fleming ayant été trouvé par l’électro-lyse exempt de plomb, j’en ai étudié la résistivité aux diverses températures, afin de rechercher la raison des écarts entre mes résultats et ceux des deux savants anglais.
- » Un fil de bismuth obtenu par compression se déforme facilement et par suite change de résistance, lorsqu’on le contourne en spirale, par exemple. J’ai donc prié MM. Hartmann et Braun de me préparer un fil de diamètre relativement élevé, 1,03 mm, et absolument rectiligne et j’ai mesuré les résistivités du fil sous cette forme aux diverses températures. Ces mesures ont été faites par la mé-
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- J..13. Hender- Wd-X Si Si; t. LUI. p. 921; 1894. TJESHrs bl de o" i 21",7 : + 0,00385 de 0" à 44»,3 : +0,00397 de 0" à 92 + 0,00416
- I ,/ri“”epr„ea.y“,environ “S“ ^msïïs R 4- iq° — 116,18 X 10* R — 302",2 — 4°;?8 X lO3 EîS,5i±&i: îoS de — 6i",2 à-202",3: +0,00744
- J,Drk'- §fn8/3 1897. l/mT’dTamiS” e'1V''0'1 îîTiingtr: ,b”“ * “4 é+r+i R+19» = 116,20 X £0* R-2o3= = 34,30Xio3 £*£*.=$; î» de— 185° à— 203° : +0,0108 de— 790 à — 203° : +0,0103
- Edm. van Au- bel, 1897. .ïïa^r^rsS! Fleming ont fait l’étude. R„ = 105,89 X 10" Ri 3", 8= 111,61 x 10“ de+130,8*56°,5 +0,00391 de + 130,8 à 72°,8 +0,00412
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- thode du pont double de lord Kelvin en mettant le fil dans un bain de pétrole. Celui-ci est placé successivement dans un grand bain d’eau à la température du laboratoire et dans de la vapeur d’acétone ou d’alcool éthylique.
- » Les résultats que j’ai obtenus sont consignés dans le tableau ci-joint.
- » La résistivité à o° et le coefficient de température sont assez voisins de ceux que j’ai obtenus jadis avec le bismuth élcctrolysé du professeur Classen et mes résultats concordent bien avec ceux de Hcnderson. Le coefficient de températuz'e reste toujours plus élevé que celui de J. Dewar etJ.-A. Fleming.
- Cette considération et surtout les valeurs différentes obtenues par J. Dewar etJ.-A. Fleming pour le même bismuth, en 1896 et en 1897, me paraissent justifier la présomption que le fil de bismuth a pu être déformé dans les expériences des deux savants anglais, car ils ont opéré sur des fils relativement fins, ayant 1/2 mm de diamètre, qui n’étaient pas rectilignes (voir le tableau).
- » 40 Les résultats que j’ai énoncés dansmes travaux antérieurs ont trouvé de nouvelles confirmations dans les recherches récentes.
- » 50 Une conséquence bien évidente se dé. gage aussi de l’ensemble de tous les mémoires publiés sur les propriétés physiques du bismuth. Ce métal, dont l’étude présente un grand interet à divers points de vue, est rarement pur. Les résultats qu’il fournit varient en grandeur et même de sens, suivant les impuretés qu’il contient. Pourquoi donc les physiciens ne s’assurent-ils pas au préalable de la pureté de leurs produits par la méthode clcctrolytique que j’ai rappelée ici et qui permet de déceler si facilement la présence du plomb ou mieux encore, par l’étude de la résistivité aux diverses températures entre o° et ioo° sur un fil du métal comprimé ?
- Cette étude ne serait pas du temps perdu, et bien des recherches minutieusement entreprises pourraient être utilisées pour le progrès de la science, au Heu de jeter de la confusion et du doute sur des données acquises.
- Sur l’équilibre électrique entre l’uranium et un
- conducteur métallique isolé placé dans son voisi-
- Par J. Carrulhers Beattie et M. Smoluchowski de Smolan P).
- « Le fait intéressant que l’uranium provoque la décharge d’un corps électrisé placé dans son voisinage a été découvert par H. Becquerel. Grâce à l’oBligeance de M. Moissan nous avons eu à notre disposition un disque d’uranium d’environ 5 cm de diamètre et 0,5 cm d’épaisseur avec lequel nous avons fait quelques expériences.
- » Nous avons examiné tout d’abord la vitesse de décharge d’un corps chargé à différents potentiels. Nous avons trouvé que la quantité d’électricité perdue en 30 secondes était loin d’être proportionnelle au potentiel du corps, ce corps étant placé à une distance de 2 cm de l’uranium et le potentiel variant de 5 volts à plus de 2 roo volts.
- » Addition faite le 9 mars : nous venons d’avoir connaissance de la note du professeur Becquerel publiée dans les Comptes rendus du icr mars(2). Nous sommes heureux de constater que les résultats que nous avons obtenus l’ont été également, par une voie différente, par l’auteur de la découverte du phénomène. On trouvera dans le périodique que nous venons de citer une intéressante relation de ces résultats ; coïncidence curieuse, elle était communiquée à l’Académie des sciences de Paris le jour même où notre communication était lue à laRoyal Society of Edinburgh).
- » Dans ces premières expériences aucun écran n’était placé entre l’uranium et le corps chargé. Nous constatâmes ensuite que la décharge se produit encore, quoique plus lentement, quand l’uranium est enveloppé dans
- (!) Philosophical Magazine, t. XLV, p. 277, mars 1898. Cette note a été lue, il y a un an, le iar mars 1897, à la ltoyal Society oî Edinburgh, et a été communiquée par Lord Kelvin au Philosophical Magazine, qui la reproduit à titre documentaire dans son dernier fascicule,
- (2) Voir L’Eclairage Électrique, t. X, p. 514, 13 mars 1897.
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- une feuille d’étain, et que l’effet est également observable quand un écran d'aluminium est placé entre l’uranium, toujours enveloppé d’étain, et le corps chargé.
- » Dans les expériences sur l’équilibre électrique entre l’uranium et un métal placé dans son voisinage, nous prenions un disque métallique horizontal et isolé relié à l’une des paires de quadrants d’un électromètre, puis nous placions, parallèlement et à i cm de distance, le disque d’uranium relié à l’autre paire de quadrants de l’élecrromètre.
- » Prenant un disque d’aluminium poli comme métal isolé et un disque identique au lieu du disque d’uranium il n’y avait aucune déviation du « zéro métallique » quand les deux paires de quadrants étaient isolées l’une de l’autre. En mettant le disque d’uranium en face du disque d’aluminium, on obtenait une déviation de — 84 divisions de l’échelle à partir du zéro métallique en 30 secondes (sensibilité de l’électromètre : 140 divisions de l’échelle par volt). L’électromètre se maintenait ensuite h cette division, que nous pouvons appeler le zéro des rayons uraniques pour les deux métaux séparés par l’air. Si l’on enveloppait l’uranium dans une feuille d’aluminium faite avec le même échantillon de métal que celui qui avait servi à former le disque, on n’observait aucune déviation. Le zéro des rayons coïncidait donc dans ce cas avec le zéro métallique.
- » En prenant un disque de cuivre poli, le disque d’uranium étant en contact avec l’air, on avait une déviation de -f- 10 divisions. Quand l’uranium était enveloppé dans une feuille mince d’aluminium, la déviation atteignait H- 43 divisions en 2 minutes, et au bout de ce temps elle n’avait pas encore atteint sa valeur définitive.
- » Avec un disque de cuivre oxydé séparé de l’uranium par une couche d’air seulement, la déviation était de 4- 25 divisions à partir du zéro métallique.
- » Quand on approchait le disque d’uranium jusqu’à 2 ou 3 mm du disque métallique isolé la déviation conservait la même valeur. •
- » Ces expériences montraient en outre que deux surfaces métalliques isolées respectivement en communication avec l’enveloppe et avec l’électrode isolée d’un électromètre donnent, quand l’air qui les sépare est influencé parles rayons uraniques, une déviation de même sens et du même ordre de grandeur que celle que l’on obtient quand on réunit les deux métaux par une goutte d’eau. »
- Électrisation par frottement ;
- Par A. Coehn fl).
- L’auteur passe en revue les diverses listes d’électrisation qui ont été proposées, c’est-à-dire des listes de corps telles que chacun d’eux s’électrise positivement quand on le frotte contre un quelconque de ceux qui le précèdent, négativement contre un de ceux qui le suivent dans la liste. On s’est efforcé aussi de rattacher cette propriété à une des propriétés physiques des corps.
- Récemment Nernst a montré qu’on peut prévoir le sens de la différence de potentiel entre un électrol)?tc en dissolution concentrée et le même électrolyte en dissolution étendue, quand on connaît les vitesses de transport de l’anion et du cation. On prévoira également le sens de la différence de potentiel entre les diverses régions d’un électrolyte qui ne sont pas à la même température, quand on connaît l’influence de la température sur le mouvement des ions ; encore, entre deux dissolutions d’un même électrolyte dans deux dissolvants non miscibles, si on connaît les coefficients de partage entre les deux dissolvants des ions de la substance dissoute; ou enfin, entre un métal et une dissolution, quand on connaîtra la tension de dissolution du métal et la concentration des ions dans la dissolution.
- Ritter (1805) avait trouvé que les métaux se rangeaient par ordre d’oxydabilité : ce ré-
- fl) Wied. Ann., t. LXIV, p. 217-252, 1898.
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- sultat est d’accord avec la théorie de INernst; la liste de Ritter n’est autre que la liste des métaux rangés par ordre de tension de dissolution. Il est à remarquer que à l’exclusion des diélectriques, les métaux ont seuls une tendance à produire de l’électricité en se dissolvant. A ce sujet, il est bon de rappeler que Boltzmann considère comme nécessaire de distinguer l’électrisation parcourant et l’électrisation par déplacement, lesquelles peuvent du reste coexister dans certaines substances, Peau par exemple.
- On peut se demander si le pouvoir inducteur qui fournit une mesure de l’électrisation par déplacement, comme la tension de dissolution des métaux une mesure de l’électrisation par courant, ne jouerait pas dans la classification des diélectriques le même rôle que celle-ci dans la classification des métaux.
- Les diverses listes d’isolants proposées par Riess, par Riecke, par Hoorweg rendent cette hypothèse assez plausible. Les observations de Faraday y sont également favorables. En effet Faraday a trouvé que dans la machine d’Armstrong tous les corps qu’il ajoutait au jet de vapeur se chargeaient négativement: or leur pouvoir inducteur était dans tous les cas inférieur à celui des corps contre lesquels il frottait.
- Quincke, en observant les courants de diaphragme, constata également que les particules en suspension dans le liquide se chargent positivement ou négativement suivant que leur pouvoir inducteur est inférieur ou supérieur à celui du liquide.
- M. Coehn a étudié expérimentalement le signe de l’électrisation que prennent les liquides en frottant contre le verre. En faisant passer un tube de verre fermé à un bout et encore chaud, à travers un jet d’eau distillée, il obtient un diaphragme formé par le verre éclaté et dont les ouvertures sont assez fines pour que du liquide versé dans le tube refroidi ne filtre qu’au bout d’un certain temps. Dans le tube on verse un peu du liquide à essayer et on plonge le tube fixé à un support bien isolant dans un vase à précipités
- renfermant le même liquide. Les fils de platine servant d’électrodes plongent l’un dans le vase, l’autre dans le tube. Comme source de courant, une bobine d’induction dont on utilise seulement le courant de rupture a donné les meilleurs effets.
- Voici les liquides expérimentés avec l’indi-
- cation de leur pouvoir nducteur et du signe
- de leur électrisation vis à-vis du verre :
- Eau 8o,o (Heerwagen) +
- Glycérine 56,2 (Thwing) +
- Nitrobenzine 32,2 (Thwinsr) +
- Alcool méthylique. . . 32,6 (Tereschin) +
- » éthylique . . . 25,8 (Nernst) +
- » propylique. . . 22,8 (Tereschin) +
- » allylique. . . . 21,6 (Thwing) 4-
- Acétone 21,8 (Thwing) +
- Aldéhyde 18,6 (Thwing) -h
- Alcool amylique . . . 16,0 (Nernst) +
- Aldéhyde benzylique . 14,S (Thwing) -h
- Acide acétique .... 9,7 (Frankc) +
- Formiated’éthyle. . . 9.1 (Tereschin) + ,
- Bromure d’éthyle. . . 8,90 (Drude) +
- Acétate de méthvle • - 7.7 (Tereschin) +
- Formiate d’amyle . . 7,7 (Tereschin) -h
- Aniline 7,22 (Ratz) +
- Acétate d'éthyle . . . 6,16 (Linebarger) +
- Acide propionique . . 5.50 (Thwing) —
- Butyrate d’éthvle . . s.i (Tereschin) +
- Acétate d’amyle . . . 5,2 (Tereschin) +
- Chloroforme 5,02 (Ratz) —
- Ether éthylique . . • 4.25 (Nernst) —
- Acide butyrique norm. 3,16 (Thwing) ~
- » valérian. » 3.06 1 Ihwine —
- Sulfure de carbone. . 2,63 (Franke)
- Xylène 2,57 (Nernst)
- Toluène 2,36 (Nernst) —
- Benzène 2,25 (Nernst) —
- Essence de térébent . 2,23 (Elsas) —
- Remarques. — L’acide acétique a paru se modifier pendant le cours des expériences ; son mouvement correspondant à une charge positive diminua peu à peu et finit par changer de sens.
- Sauf avec l’acide propionique, la nature du verre formant le tube resta sans influence; cet acide se chargeait négativement dans les tubes ordinaires; mais dans les tubes en verre dur on ne put rien constater, probablement parce que le pouvoir inducteur du
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- verre dur est très voisin de celui de l’acide propionique.
- ' L’éther fraîchement distillé se charge négativement: vieux préparé, il prend une charge positive.
- Avec la benzine, le xylène, le toluène, les expériences ne sont pas très nettes.
- Le tableau ci-dessus se rapporte au verre; mais on peut dresser une liste semblable par rapport à un autre corps, le soufre, par exemple. On trouve que tous les liquides sauf la térébenthine sont positifs par rapport au soufre ; et leurs pouvoirs inducteurs sont supérieurs à celui du soufre, sauf celui de la térébenthine.
- Une seule exception reste inexpliquée : le chloroforme (5,02) est négatif vis-à-vis du verre (5,55'îconformémentàriiypothèse; mais il reste négatif vis-à-vis du soufre (2 à 4).
- Quelques expériences effectuées en faisant écouler goutte à goutte un liquide dans un autre liquide non miscible, ont montré également que le liquide dont le pouvoir inducteur est le plus grand se charge positivement.
- M. L.
- Sphères puisantes et sphères oscillantes : reproduction des phénomènes électrodynamiques ;
- Par C.-A. Bjerknes (*).
- C.-A. Bjerknes a montré, il y a une quinzaine d’années, qu’une sphère puisante renfermant un liquide incompressible, peut représenter un corps électrisé, et une sphère oscillante un corps aimanté, à cela près cependant que l’attraction des sphères correspond à la répulsion électrique ou magnétique et inversement.
- Par des sphères animées d’un mouvement de rotation, on obtient une image des phénomènes magnétiques et électromagnétiques (spectres électromagnétiques) ; enfin des sphères animées simultanément d’un mouvement d’oscillation et d’un mouvement de rotation peuvent exercer l’une sur l’autre des
- attractions ou des répulsions suivant, au signe près, la loi de Grassman-Reynard.
- Cependant il subsistait une imperfection, car en réalité on représentait un spectre de lignes de force par un spectre de lignes de vibration.
- Mais on peut aller plus loin en prenant un autre mode de comparaison. La sphère puisante reste l’image du corps électrisé uniformément, tandis que la sphère oscillante devient l’analogue d’un corps polarisé électriquement ; que cette polarisation, soit d’ailleurs permanente ou temporaire, naturelle ou simplement provoquée par influence.
- Les oscillations qui n’altèrent pas (au moins approximativement) la forme sphérique peuvent être attribuées à des déplacements internes ; le centre de figure et le centre de gravité se croisant à plusieurs reprises. Avec de telles oscillations communiquées à un corps une fois pour toutes, celui-ci serait comparable à un corps pyroélectrique.
- Les charges polarisées proviendraient de percussions ou de chocs entre les corps vibrants qui se trouveraient en contact.
- Si ces oscillations se transmettent par l’intermédiaire d’un liquide, au corps considéré, ce dernier serait l’équivalent d’un corps polarisé par influence, sans charge libre.
- Les lois que suivent ces oscillations sont analogues pour la plus grande part aux lois des phénomènes électriques. Par exemple, une sphère puisante perd, par contact avec une autre à l’état neutre, une partie de sa pulsation au profit de la seconde : celle-ci acquiert une pulsation de signe contraire.
- On peut se demander s’il n’est pas possible de réaliser les phénomènes parallèles aux phénomènes galvaniques en imprimant aux sphères puisantes des mouvements de rotation ou de translation au sein d’un liquide.
- Des couples de sphères puisant et oscillant en sens contraire exercent sur l’extérieur la même action que des sphères animées à la fois d’un mouvement vibratoire et d’un mouvement oscillatoire, sans déformation ; les
- (*) Wied. Ann., t. LXIII, p. 91-96, 1897.
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- oscillations obéissent à la loi du cosinus quand les pulsations suivent celles du sinus.
- Les couples de sphères puisant en sens contraire, au moment où les sphères passent l’une devant l’autre, agissent à distance comme si chacune exécutait des oscillations rectilignes cosinusoïdales (si les pulsations sont sinusoïdales).
- Quant à savoir ce qui se passerait si les mouvements en question se produisaient au sein d’un liquide plus ou moins'visqueux, on ne peut le dire dans l’état actuel de la science. Jusqu’à présent ce qu’on a fait répond seulement au cas limite où le liquide est entraîné complètement par le corps en leurs points de contact. M. L.
- CHRONIQUE
- De la visibilité des rayons X par certains jeunes aveugles. — Nous avons déjà parlé dans ce journal des expériences faites par Darien et de Rochas (t. VI, p. 473, 7 mars 1896), Brandès (t. IX, p. 480, 5 décembre 1896), Bullot (t. X, p. 283. 6 février i897),Gallemaerts (t. X, 286, 6 février 1897), sur la visibilité des rayons Rœntgen. Plus récemment nous avons publié avec quelques détails les recherches de G. Brandès et Dorn ainsi que celles de G. Bardel (t. XII, p. 35 et 40, 26 juin 1897), desquelles il résultait qu’un œil normal est impressionné par les rayons Rœntgen, et que l'impression est due à une action directe sur la rétine et non à une action indirecte résultant de la fluorescence qu’ils pourraient exciter dans les milieux de l’œil.
- M. Foveau de Courmelles a de nouveau repris l’étude de la visibilité des rayons X, et dans ce but il a examiné, avec le concours de M. Ducretet, 240 élèves de l’Institution des jeunes aveugles. Dans une note récente à l’Académie des sciences (Comptes rendus, t. CXXVI, p. 919, séance du 21 mars), il décrivait comme il suit le mode opératoire qu’il a employé :
- « On a évité les illusions d’optique, si fréquentes chez les aveugles dont l’attention est attirée sur un point, en employant une bobine de 25 cm d’étincelle, avec interrupteur Ducretet à moteur séparé; de sorte que, ce moteur marchant toujours et produisant un bruit uniforme, on pouvait interrompre à volonté la production des rayons X. On n'a retenu que les aveugles suivant bien les variations d’apparition ou de cessation des rayons X.
- « On a isolé ccux-ci en enveloppant d’un épais voile noir le tube de Crookes; ce qui a constitué
- une première série d’expériences d’autant plus intéressantes que l'œil physiologique normal ne perçoit pas les rayons X et que, seule, la plaque photographique se voile par l’action de ces rayons obscurs. On a opéré également avec le tube de Crookes voilé, avec, en face de lui. l’écran au platinocyanure de baryum, pour étudier la visibilité des rayons fluorescents. Dans la troisième série de recherches, le tube de Crookes à découvert était très lumineux, grâce à sa lumière cathodique caractéristique. &
- Voici maintenant les résultats : sur les 240 élèves, 36 sont presque des voyants normaux, moniteurs ou employés, et ont été éliminés. Restent 204 qui, placés dans l'obscurité en présence du tube de Crookes enveloppé d’un voile noir, ont fourni neuf sujets, cinq filles et quatre garçons, percevant les rayons X.
- Sur les cinq jeunes filles, deux voyant un peu à l’état normal, ont perçu les rayons X, les rayons cathodiques et les rayons fluorescents; les autres, dont une de bonne vue (monitrice) et une absolument aveugle, ont perçu les rayons X et les rayons cathodiques, mais non les rayons fluorescents.
- Trois seulement des garçons ont perçu les rayons X, cathodiques et fluorescents; le quatrième, presque complètement aveugle par suite d’ophtalmie purulente, a perçu les rayons X et très peu les autres rayons.
- Quatre-vingt-un aveugles (soixante-quatre garçons et dix-sept filles), avec atrophie du globe ou du nerf optique, arrêt de développement, ne perçoivent absolument rien, ni la lumière normale, ni celle des tubes de Crookes.
- Pour les autres, voyant plus ou moins bien la lumière, les rayons cathodiques et les rayons fluo-
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- rescents ont été perçus, mais les premiers mieux que les seconds.
- M. l'oveau de Courmelles conclut ainsi : «Contrairement à ce qui a été affirme par des observateurs ayant opéré sur des cas restreints (deux ou trois aveugles) et en .des conditions mal définies, les aveugles complets et par lésion centrale n’ont rien perçu; seuls, des aveugles par lésion périphérique, et ayant une très vague perception de la lumière, ont figuré dans les neuf sujets percevant les rayons X, alors que d’autres, plus voyants, n’en ont pas eu la notion.
- « Il est d’ailleurs impossible de tirer des conclusions définitives de ce travail, malgré le grand nombre d'aveugles observés; il parait cependant résulter que-la rétine peut acquérir, dans certains cas de cécité, une hyperacuité comparable à la sensibilité de la plaque photographique qu’impressionnent les rayons X. »
- Explosion des mélanges grisouteuxpar les courants électriques.— Sous ce titre, nous indiquions récemment (t. XV, p. 43, 2 avril 1898) les résultats des expériences faites par MM. H. CouRioTet J. Meuxier sur les mélanges grisouteux, et, en particulier, nous signalions ce fait que l’étincelle de rupture résultant de la fusion d’un conducteur traversé par un courant provoque toujours l’explosion des mélanges de composition convenable.
- Dans deux nouvelles communications à l'Académie des sciences (Comptes rendus, t. CXVi, p. 901 et 1154) les auteurs reviennent sur cette conclusion et indiquent des conditions expérimentales où l'on peut faire éclater l’étincelle dans un mélange, sans exciter l’explosion.
- Les premières expériences ayant montré que les mélanges à 9,5 p. 100 de méthane sont les plus explosifs, c’est sur ces mélanges qu'ont porté les nouvelles ; mais tandis que dans celles-là les auteurs reliaient simplement le fil fusible plongé dans le mélange gazeux à deux bornes du réseau d’éclairage (110 volts), ils ont, dans les dernières, placé un conducteur en dérivation par rapport au fil fusible. Ils ont reconnu ainsi que si la résistance de la dérivation est très grande par rapport à celle du circuit de l’explosenr, l’explosion a nécessairement lieu, même si l’intensité du courant passant dans ce dernier circuit est faible ; si la résistance des deux circuits se rapproche de l’unité, l’explosion peut ne pas se produire avec de faibles inten-
- sités de coursnt; enfin, si la résistance de la dérivation est petite par rapport à celle du circuit du fil fusible, l’explosion se produit de nouveau. En d’autres termes, il résulte des nouvelles expériences des auteurs qu’il existe deux limites du rapport des résistances des deux circuits en parallèle, l’une supérieure, l’autre inférieure à l’unité, entre lesquelles l’explosion peut être évitée pourvu qu’on 11e dépasse pas une certaine intensité de courant.
- La limite supérieure dépend d'ailleurs de la self-induction du circuit de l’exploseur. En employant pour ce circuit un fil enroulé sur un mandrin de bois, de résistance égale à celle du conducteur dérivé et de self-induction variable par la variation du nombre de spires, ils ont constaté que l’explosion d’un mélange 39 p. 100 de méthane se produit alors pour une limite de l’intensité du courant principal, et par conséquent du courant, dérivé, moindre que dans le cas où la dérivation est dépourvue de self- induction ; les résultats sont exactement les mêmes que le conducteur soit enroulé dans le même sens d’un bout à l’autre ou moitié dans un sens et moitié dans l’autre, pourvu que l'enroulement ne comporte qu’une seule couche de fil ; si au contraire l’enroulement comprend deux couches superposées enroulées en sens inverses, les effets de self-induction des deux couches se compensent, et on retrouve la même intensité limite que lorsque le conducteur en dérivation n’a pas de self-induction ; enfin si l’enroulement comprend deux couchesenroulées dans le même sens, il y a abaissement de l’intensité limite, et cet abaissement est plus grand que lorsque ces couches de même sens sont juxtapo-
- Ooussinets en alliages mous. — Lorsque l'on peut assurer un graissage parfait d’un arbre et du coussinet dans lequel il tourne, il est toujours préférable de prendre un coussinet en métal ou alliage dur, afin d’éviter l’usure. Mais si le graissage ne peut être facilement surveillé et si en même temps la vitesse de l’arbre est considérable, l’emploi d’un métal ou alliage dur offre l’inconvénient de donner souvent lieu à un grippage mettant les pièces hors de service. Il est alors préférable de se servir de coussinets en alliages mous, facilement fusibles, aujourd'hui généralement employés pour les tramways et les moteurs à grande vitesse, en particulier les turbines Laval.
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- Ces coussinets peuvent trouver une nouvelle application très importante dans la construction des automobiles, où certains arbres ont une vitesse considérable et où le graissage ne peut être toujours fait avec régularité; c’est ce qui nous engage à en dire quelques mots.
- Les alliages employés sont nombreux. Généralement ils sont à base d’étain et de plomb et fondent à une température relativement peu élevée. Pour obtenir un coussinet, il suffit de faire fondre l'alliage en le préservant de l’oxydation par une couche de poussier de charbon de bois. On le coule alors dans une coquille en acier préalablement étamée et chauffée de manière à faire adhérer l’alliage solidifié à la coquille. On alèse ensuite la pièce et on la fend d'un trait de scie.
- La résistance mécanique de la coquille d’acier entourant l’alliage permet de donner aux coussinets des dimensions moindres que celles des coussinets en bronze phosphoreux; il en résulte une diminution de poids qui n’est pas à dédaigner dans une voiture automobile. Quant à l'usure, tout en étant un peu plus grande que celle des coussinets en bronze, elle n’est pas très importante, et d’ailleurs le prix peu élevé des alliages compense cet inconvénient.
- Coussinets en bronze d’aluminium. — Dans le même ordre d'idées, il convient de citer cette nouvelle application du bronze d'aluminium qui, d’après des essais récemment faits et que rapporte l’Iran Age, donne des résultats très satisfaisants.
- Dans un de ces essais, on faisait tourner à la vitesse de 250 tours par minute un arbre moitié en acier, moitié en fer forgé (ces deux métaux étant disposés de part et d'autre d'un plan diamétral), entre deux demi-coussinets en bronze à 10 p. 100 d’aluminium; un dispositif très simple permettait de faire varier la pression des demi-coussinets sur l’arbre. Avec un graissage ordinaire on n’observa aucune altération après vingt-quatre heures de marche consécutives; sans graissage, les coussinets furent trouvés légèrement ovalisés et la moitié en fer forgé de l’arbre légèrement usée après trois heures de marche.
- Dans une seconde série d’essais l'arbre était constitué par 4 secteurs en fer forgé, acier, métal Babbit et bronze. On n'observa aucune apparence d’usure de l’arbre ou du coussinet tant'que l'on opéra avec graissage. A sec, il y eut une légère ovalisation, et lorsque la pression fut portée à une
- valeur très élevée, le métal Babbit se divisa en fragments.
- D'autres essais ont permis de constater que même dans les conditions les plus défavorables, telles que l’emploi d'arbres surchargés, de volants déséquilibrés au moyen de lourdes masses de plomb, etc., les coussinets en bronze d’aluminium-se comportaient parfaitement.
- Enfin on a voulu se rendre compte si le moulage des coussinets sous forte pression ne modifierait pas les qualités du bronze. Dans ce but le bronze fondu est versé dans un cylindre fermé par un piston et dont le fond opposé porte une étroite ouverture fermée par un tampon d'amiante; en face de cette ouverture est placé l’orifice du moule dans lequel doit être coulé le demi-coussinet. En pressant fortement sur le piston, le tampon d’amiante est rejeté et un jet de bronze liquide pénètre violemment dans le moule. On a essayé des coussinets ainsi fabriqués concurremment avec des coussinets du même bronze moulés sans pression. On a reconnu qu’un même arbre s’usait un peu plus aux endroits où il reposait sur les premiers coussinets qu’aux endroits où il reposait sur les seconds. Le moulage sous forte pression permettrait donc d’obtenir plus de dureté.
- L’ensemble des essais a d’ailleurs montré que le bronze d’aluminium peut trouver, non seulement dans la fabrication des coussinets, mais encore dans celle de divers autres organes, d’utiles applications dans la construction des machines.
- Les installations électriques à Londres. — A la dernière séance de l'Institution of Civil Enginecrs, M. Arthur-H. Preece a donné sur ce sujet d’intéressants renseignements.
- Cest en 1888 qu’a commencé, sur une échelle commerciale, la distribution de l’énergie électrique dans Londres, à la suite du vote par le Parlement de l’Act de 1888 apportant à l’Act de [882 quelques modifications importantes, en particulier augmentant de vingt et un à quarante-deux ans la durée des concessions. Actuellement, il y a ir puissantes compagnies et 5 paroisses distribuant l’énergie électrique ; trois autres compagnies et autant de paroisses sont sur le point de mettre en exploitation de nouvelles installations. Les capitaux versés dans cette industrie s’élèvent à 150 millions, et la puissance totale des stations en exploitation atteint 80 000 chevaux, soit la puissance nécessaire
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- pour alimenter 2 millions de lampes de 8 bougies. Les recettes annuelles forment un total de 20 millions et les dépenses un total de 11 millions 500 000 fr.
- Les courants alternatifs sont employés par les sociétés suivantes : City of London Cy, Metropolitan Cy, London Electric Corporation, County of London Cy, House to House Cy, Hamptead Vcs-try, Islington Vestry et Hammersmith Vestry. Les réseaux de Chelsea Cy et de Charing Cross and Strand Corporation sont alimentés par des stations génératrices produisant du. courant continu à haute tension avec sous-stations de distribution. La distribution directe parcourant continu à basse tension est employée sur les réseaux de la Westminster Corporation, Saint-James and Pall Mail Cy, Ken-sington and Knigtsbridge Cy, Nothing-hill Cy, Saint-Pancras Vestry et sur une partie du réseau de la Metropolitan Cy.
- Les stations génératrices sont au nombre de 20. Les chaudières sont de divers types, mais on constate une préférence marquée pour les chaudières à tubes d’eau qui, mieux que les autres, permettent d'obtenir un brusque accroissement de puissance. En général, les foyers sont alimentes à la main avec du charbon de bonne qualité ; toutefois, dans les usines de la City of London Cy et de la County of London Cy on emploie des chargeurs automatiques et des charbons à bon marché. La tuyauterie de vapeur est extrêmement réduite dans les usines les plus récentes.
- Pour les machines à vapeur la tendance actuelle est de prendre des machines marines de grande puissance ; toutefois, quelques ingénieurs estiment que des moteurs de 350 chevaux sont ceux qui conviennent le mieux. Les moteurs à grande vitesse ne sont employés que pour des puissances inférieures à 750 chevaux.
- Les dyanamos sont de types peu différents; généralement elles sont accouplées directement aux moteurs. L’usage des batteries d’accumulateurs est fort restreint, leur entretien ayant été jugé trop coûteux ; cependant elles sont utilisées dans quelques stations poùr assurer la distribution pendant les périodes de très faible consommation. Le rendement des groupes générateurs est en général satisfaisant. Les trépidations dues au fonctionnement desmoteurs ont donné lieu à de nombreuses plaintes, mais jusqu’ici aucun système satisfaisant n’a été trouvé pour les supprimer; dans les moteurs à grande vitesse, on les atténue enattaquant l’arbre
- en trois points, séparés par une distance angulaire de 1200.
- Le procédé en faveur aujourd’hui pour la canalisation à haute tension consiste dans l’emploi de câbles bien isolés logés dans des tuyaux de fer. La canalisation à basse tension consiste en câbles isolés placés dans des conduites en béton et en câbles armés posés directement dans le sol. Comme isolants on emploie beaucoup le papier et le chanvre imprégnés ; la gutta est presque complètement délaissée.
- La vente de l’énergie se fait généralement au compteur au prix moyen de 28 centimes le kilowatt-heure, prix moyen qui était encore de 38 centimes en 1890. Le prix de revient de Ténergie a été également en décroissant : en 1892 il était de 23 centimes et actuellement il est d’environ 13 à 16 centimes, dont 8 centimes pour les dépenses de génération et le reste pour les dépenses d’exploitation. I,a comparaison des prix de revient des diverses usines montre que ceux-ci sont de 3 à 5 centimes plus bas dans les stations à courant continu que dans celles à courants alternatifs.
- L’avantage résultant de l’emploi du courant continu ressort également de la comparaison des résultats d’exploitation des deux plus puissantes compagnies de Londres, la City of London Cy qui emploie le courant alternatif, et la Westminster Corporation qui emploie le courant continu. La puissance fournie par la première équivaut à celle qu’exigeraient 270 898 lampes de 8 bougies ; la puissance que fournit la seconde équivaut à 269939 lampes de 8 bougies ; la puissance produite est donc sensiblement la même. Or, la dépense par lampe de 8 bougies, qui est de 6 francs sur le premier réseau, n’est que de 4,75 fr sur le second, ce qui correspond à des prix de revient respectifs de 38 et 29 centimes par kilowatt-heure.
- Les réseaux de distribution de l’énergie électrique sont d’ailleurs dans un état prospère, et de nouvelles usines dont la puissance totale est estimée à 40000 chevaux, soit la moitié de la puissance actuellement en service, ne tarderont pas à être installées. Très certainement ces usines seront placées dans la banlieue, aux endroits où l’eau et le combustible peuvent être facilement amenés, et quelques compagnies demandent dans ce but la promulgation d’une loi leur donnant des prérogatives analogues à celles qui sont accordées aux compagnies de chemins de fer.
- Tels sont les principaux points de la communi-
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- cation de M. Preece. Le dernier point montre qu’en Angleterre aussi bien qu’en France on ressent la nécessité d’accorder aux concessionnaires de distribution d’énergie électrique des pouvoirs plus étendus. Espérons que cet exemple venu d’outre-Manche avancera l’adoption du projet de loi sur la distribution d’énergie dont il était récemment question dans ce journal.
- Le métropolitain de Paris. — Nous avons esquissé dans ses grandes lignes le projet du métropolitain (Voir Supplément, t. XIV, p. xlix) ; nous nous proposons. maintenant que le nouveau réseau est voté, de donner quelques renseignements complémentaires.
- Une décision ministérielle du 22 novembre 1895 a admis que les lignes spécialement destinées à desservir les intérêts urbains pourraient être classées, à Paris comme dans les autres villes, dans le réseau d’intérêt local. En conséquence, le conseil municipal a mis à l'étude un métropolitain purement urbain, prenant contact avec les grandes lignes de chemins de fer, mais tel que les trains de ces lignes ne puissent pénétrer sur le nouveau réseau.
- Le maximum de pente est de 0,04 m par mètre et le plus petit rayon de courbure est de 75 m; pourtant ce rayon s’abaisse jusqu'à so m, en quelques points exceptionnels. Deux courbures de sens contraires sont reliées par des alignements droits d’au moins 50 m.
- N ayant pas à se raccorder avec les grandes lignes, le réseau peut être exploité au moyen de l'électricité; ce mode de traction présente l’avantage de faciliter la ventilation des tunnels et en outre de permettre une exploitation intensive, quoique plus économique qu’en employantla traction à vapeur.
- La première ligne, de la porte de Vincennes à la porte Dauphine, a un trajet presque entièrement souterrain par le cours de Vincennes, la place de la Nation, le boulevard Diderot, la rue de Lyon, la place de la Bastille, les rues Saint-Antoine et de Rivoli, la place de la Concorde, l’avenue des Champs-Elysées, la place de l'Etoile, les avenues Kléber etBugeaud. Elle commence et finit en contact avec la petite Ceinture. La ligne ne quitte le souterrain que pour passer au-dessus du canal Saint-Martin.
- La ligne circulaire passe à la place de l’Etoile au-dessous de la ligne précédente et suit l’avenue |
- de Wagram, puis les boulevards extérieurs (Cour-celles, Batignolles, Clichy, Rochechouart) où la construction se fera par tranchée recouverte ensuite. La ligne se continue en viaduc jusqu’à la rue de Meaux, où elle suit à niveau les boulevards de la Villette, Belleville, Ménilmontant. Vient ensuite une partie voûtée de peu d’étendue à l'angle nord-ouest du cimetière du Père-Lachaise, sur le boulevard de Charonne jusqu’à la rue d’Avron. La ligne reprend en souterrain par l’avenue de Taillebourg jusqu’à la place de la Nation, où elle emprunte la première ligne le long du boulevard Diderot et la quitte au bout de la rue de Lyon. Elle passe la Seine en viaduc au pont d'Austerlitz et suit le boulevard de l'Hôpital, puis, en tranchée, le boulevard d’Italie, en voûte sous la place d'Italie, en viaduc sur le boulevard Saint-Jacques et au passage de la Bièvre, en souterrain ensuite jusque sous la gare de Sceaux. Une tranchée continue par les boulevards Edgar-Quinet, de Vaugirard et Pasteur. A partir de la rue Dutot un viaduc prend pour traverser la Seine en remplacement de la passerelle de Passy et la ligne pénètre sous leTro-cadéro pour aboutir à l’Etoile par l’avenue Kléber.
- Les troisième et quatrième lignes sont entièrement souterraines. La troisième est en contact avec la petite Ceinture à la porte Maillot et à Ménilmontant, elle emprunte la ligne circulaire à l’Etoile et la quitte au boulevard de Courcelles pour prendre les rues de Constantinople, Rome, Auber, Quatre-Septembre,Réaumur,Turbigo et du Temple. Elle passe sous le canal Saint-Martin et suit les avenues de la République et Gambetta.
- La quatrième ligne est en contact avec la petite Ceinture aux portes de Clignancourt et d’Orléans. Elle suit les boulevards Ornano et de Sébastopol, puis la rue Turbigo, passe aux Halles, contourne la Bourse du commerce et suit la rue du Louvre, passe sous la première ligne à la hauteur de la rue de Rivoli, puis sous la Seine. Elle se dirige ensuite suivant la rue de Rennes jusqu'au boulevard Ras-pail où elle emprunte la ligne circulaire jusqu'à la place Denfert-Rochereau et de là elle suit l’avenue d’Orléans. *
- La cinquième ligne doit relier la précédente du boulevard de Strasbourg à la ligne circulaire au pont d’Austerlitz par les boulevards de Magenta, Voltaire, Richard-Lenoir: elle côtoie le canal, puis s'élève au niveau du sol pour franchir la voûte entre les rues Saint-Sébastien et du Chemin-Vert, elle passe sous la place de la Bastille et se relève
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- l’éclairage électrique
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- le long du bassin de l'Arsenal pour arriver en via-duc au débouché du pont Morland.
- La sixième ligne double extérieurement la ligne circulaire du boulevard de Charonne à la place d'Italie. D'abord en souterrain, elle passe sous la première ligne au cours de Vincennes, puis suit en tranchée le boulevard de Picpus, en souterrain, le boulevard de Reuilly, reparaît en tranchée à l’origine du boulevard de Bercy et sort en viaduc sur ce même boulevard pour traverser le pont de Bercy et suivre le boulevard de la Gare. Ait bout de ce dernier, clic rentre sous terre pour rejoindre la ligne circulaire.
- Différents raccordements sont prévus entre toutes ces lignes. L'ensemble du réseau aura une longueur de 65 km, dont 45,5 km en souterrain, 9 km en tranchée et 10,5 km en viaduc. 11 a été déclaré d’utilité publique par décret du 12 février 1898.
- Le Conseil municipal avait inséré dans la convention de concession du réseau deux clauses qui ont été écartées, comme l'a demandé le Conseil d’Etat. La première était relative à la fixation du salaire ; or, le principe de la liberté de convention entre patrons et ouvriers a toujours été admis dans les actes de concession. La seconde, relative à un maximum de la durée du travail pour les ouvriers et employés, pourrait trouver place dans les règlements généraux sur la sécurité, mais elle ne peut être introduite dans les contrats.
- La largeur prévue de 2,10 m pour le matériel roulant est élevée à 2,40 m afin de faciliter un service intensif; il en résulte une augmentation de 15 millions dans les travaux, mais elle est avantageusement compensée par l'accroissement de la capacité des voitures. 11 sera réserve entre les pieds-droits ou les parapets des ouvrages et les parties les plus saillantes du matériel roulant, un intervalle de 0,70 m au moins sur 2 m de hauteur.
- La voie de 1,20 m, demandée pour rendre impossible l’introduction des voitures de grandes lignes sur le réseau, est remplacée par la voie normale de 1,44 m.
- Les dimensions du gabarit des ouvrages laissent toujours le réseau impénétrable, mais en revanche le matériel spécial du métropolitain pourra emprunter les lignes de chemins de fêr ; cela augmente la puissance d’action du réseau urbain et permet d’utiliser le matériel considérable du métropolitain en cas de guerre.
- En dehors des lignes énumérées ci-dessus, le Conseil municipal projette la construction de
- deux autres lignes quisontà l'étude en ce moment. L'une doit aller du Palais-Royal à la place du Danube, l'autre d’Auteuil à l'Opéra, par Grenelle. La ligne de la place Valhubert au quai Conti, dont il avait été question d'abord, a été abandonnée, puisque le prolongement des voies de la Compagnie d'Orléans jusqu'au palais de la Cour des comptes occupe le même emplacement pour la plus grande partie.
- Les trains seront formés de quatre voitures de 56 places, de 6 au maximum. Il y aura dans chaque sens 16 trains au minimum par heure, et 32 au maximum. La vitesse de marche pourra être de 35 km à l’heure, et la vitesse moyenne, en tenant compte des arrêts, de 21 km. Le nombre prévu pour les stations est de 123. La force motrice et l'éclairage seront fournis par deux usines situées, l'une à Vaugirard, l’autre à Charonne.
- La ville de Paris est autorisée à pourvoir à l’exécution et à l’exploitation par traction électrique du réseau. Elle s’est réservé l’infrastructure, dont les les travaux seront conduits par son personnel technique ordinaire, auquel il sera adjoint un certain nombre d'employés. J.e personnel ordi naire recevra à ce sujet des indemnités supplémentaires qui ont été fixées par la délibération du Conseil municipal du 30 mars. Ces travaux seront conduits de façon à gêner le moins possible la circulation, l’emploi de la méthode du bouclier permettra de remplir ce programme dans les parties souterraines.
- La somme nécessaire à ces travaux est évaluée à 163 millions. L’emprunt auquel est autorisée la Ville à ce propos sera échelonné de la façon suivante :
- 30 millions en 1899 5 » 1900
- 35 * 1901
- 20 >» ‘ 1905
- 15 » 1906
- L'intérêt des obligations sera de 2,3 p. 100.
- Quant à la superstructure, à la construction des usines de force motrice, à la fourniture du matériel roulant, elles sont confiées à un concessionnaire chargé en outre d’assurer l'exploitation. Le concessionnaire est la Compagnie générale de Trac-tion, associée avec leCreusot.
- Afin d’assurer le service des annuités nécessaires pour gager l’emprunt de 165 millions, la Ville
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- 30 Avril i898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- recevra de la Compagnie une redevance de 0,05 fr par billet de ie classe et de 0,10 fr par billet de
- classe, simple ou d'aller et retour ; on admet que cette redevance équivaut à 0,05 fr par voyageur. Pour couvrir les charges de l’emprunt, il faut, dans ces conditions, 110 millions de voyageurs, soit 1 700 000 voyageurs-kilomètre pour les 65 km. Ce chiffre paraît aisément réalisable, si l’on •remarque que pour la ligne d'Auteuil on a annuel-leniens 3 millions de voyageurs par kilomètre. Remarquons en outre que le métropolitain apporte au transport parisien un supplément de 5 millions de places kilométriques par jour, tandis que les omnibus et les tramways réunis n’offrent que 3 millions et demi.
- La Compagnie Générale de Traction ne reçoit ni subvention ni garantie d'intérêt. Les tarifs étant 0,23 fr et 0,15 fr suivant la classe, le concessionnaire gardera, redevance déduite et en tenant compte des billets d'aller et retour à 0,20 fr, délivrés en 2e classe jusqu'à 9 heures du matin, 0,10 fr par voyageur pour couvrir les dépenses d'exploitation et les charges du capital immobilisé et servir une rémunération à ses actionnaires.
- Au delà de 140 millions de voyageurs par an, la Compagnie payera à la Ville une redevance supplémentaire de 0,001 fr ; au'delà de r^o millions, 0,002, et ainsi de suite jusqu'à 190 millions. A partir de ce chiffre, la redevance sera uniformément de 0,055 et 0,0105 Par billet de rie et 2e classes.
- La Ville s’est réservé un délai maximum de huit ans pour construire les trois premières lignes et un autre de cinq ans pour les dernières lignes, mais elle compte que les travaux seront terminés beaucoup plus tôt.
- La durée delà concession est de trente-cinq ans, mais la Ville s'est réservé le droit de rachat à partir de 1910. A la fin de la concession, les installations reviendront gratuitement à la Ville.
- Deux lignes pourront être mises en exploitation dès 1900 ; ce sont celles de Vincennes à la porte Dauphine et une partie de la ligne circulaire, comprise entre le Trocadéro et le rond-point de la Villette ; elles intéressent tout particulièrement l’Exposition universelle.
- L’affaire de Bordeaux. —Nous avons vu îp. 87) que par suite de la décision du Conseil d’État, la Compagnie du gaz de Bordeaux a le monopole de tout l'éclairage, tant public que privé; les Com-
- pagnies d'électricité n’ont pas le droit de fournir la lumière aux établissements privés.
- Or, lorsqu'elle perdit d'abord son procès devant le Conseil de préfecture, la Compagnie du gaz résolut, pour faire concurrence à la Société d’Elec-tricité, de faire clic aussi de l’éclairage électrique, et par délibération de l'assemblée générale des actionnaires, le 20 décembre 1890, elle décida de substituer dans une certaine mesure l'électricité au gaz pour l'éclairage du Grand-Théâtre, des allées de Tourny, la place de la Comédie, la place des Quinconces et le monument des Girondins. Cette délibération n’avait été prise qu’à la majorité et non à l'unanimité des voix; et le t6 janvier 1894, M. Collin, actionnaire de la Compagnie du Gaz, demandait au tribunal de commerce de la Seine, au point de vue statutaire et dans l’intérêt des actionnaires d'obliger la Compagnie à restreindre son exploitation uniquement à celle de l'éclairage et du chauffage par le gaz et à cesser la production de l'électricité.
- La Compagnie du gaz opposa que les moteurs à gaz suffisaient à la production de l'électricité, et quelle s'était réservé, dès l'origine, le droit de se livrer à toute exploitation d’éclairage et de chauffage résultant des procédés nouveaux, afin d'éviter toute concurrence.
- J.e jugement du ier décembre du. tribunal de commerce rejetait la demande de M. Collin. Celui-ci interjeta appel, et la ire chambre de la Cour de Paris infirmait le jugement précédent.
- Voici d'ailleurs les principaux passages de ce dernier jugement :
- Considérant que cette substitution de l'éclairage électrique à l’éclairage au gaz a été opérée à la suite et en vertu d'une délibération des actionnaires, ne représentant que la majorité desassociés;
- Considérant, dès lors, que cette délibération n’a pu autoriser valablement la Société et ses administrateurs à modifier dans son essence l'objet en vue duquel ladite Société avait etc constituée ; que, par suite, chaque actionnaire a droit et intérêt a demander en justice que la Société rentre dans les strictes limites de ses statuts ; qu’aussi les intimés n'opposent point à l'action de l’appelant aucune fin de non-recevoir; qu'ils se bornent à soutenir que l’éclairage à l’électricité n’est que la suite de l'éclairage au gaz, par le motif que c’est par le gaz que l’électricité est produite, et que, par suite, il s'agit toujours de l’exploitation du gaz, objet de la Société ; qu'il suffit de rappeler
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV.— N° 18.
- pareille argumentation pour en démontrer jusqu'à l'évidence l'erreur et la frivolité, tout en faisant remarquer que l'objet de la Société est l'éclairage par le gaz de la ville de Bordeaux et non l’exploitation du gaz;
- Considérant que les intimés ont encore invoqué fructueusement, devant les premiers juges, l’article 55 du cahier des charges, auquel se réfère expressément l’article Ier des statuts et qui lui sert de base ; que sans contester que cet article 35 du cahier des charges doive être considéré comme partie intégrante des statuts, il faut reconnaître que ledit article est inapplicable à l’espèce, puisqu'il réserve seulement à la ville de Bordeaux le droit de faire des essais pour l'éclairage et le chauffage par tous les systèmes qui pourraient se produire, essais ne pouvant jamais dépasserune limite de 1000 m de longueur de voie publique, et sans que jamais les tiers autorisés à les opérer ne puissent faire concurrence à la Société du Gaz, par le trafic des produits obtenus;
- Dit que c’est illégalement et en violation de ses statuts que la Société du gaz de Bordeaux a substitué l'éclairage.par l’électricité à l’éclairage par le gaz;
- Ordonne, en conséquence, que ladite Société sera tenue, dans les six mois à partir de la signifia cation du présent arrêt, de se renfermer dans l’exploitation de l’éclairage et du chauffage par le gaz de la ville de Bordeaux, à peine de 25 fr par jour de retard pendant un mois, passé lequel délai il sera fait droit ;
- Dit et ordonne que le compte électricité sera, dans le même délai, retranché du compte social gaz;
- Condamne les administrateurs intimés, conjoin. tement et solidairement, à exonérer et garantir la Société de toutes les condamnations prononcées contre elle ; les condamne, notamment, à pren-dre à leur charge toutes les dépenses résultant des installations électriques et de leur exploitation, du jour où cette exploitation aura commencé au
- Les condamne, enfin, sous la même solidarité, à garantir la Société du gaz de Bordeaux de toutes les réclamations pouvant se produire contre elle, notamment à raison des traites des 18 mai 1889 et 23 août 1895.
- L’arrêt du 29 décembre 1897 a dû être peu agréable aux juges du tribunal de commerce en disant qu’il suffisait de rappeler l'argumentation première pour en démontrer jusqu'à l’évidence l'erreur et la frivolité.
- Il importe aussi de signaler que la Cour de Paris avait connaissance de la décision du Conseil d’Etat, décision qui aurait pu exercer une certaine influence sur un arrêt à rendre quelques j ours après.
- Ainsi il résulte de cet arrêt, tout comme de l'arrêt de la Cour de Bourges dans l'affaire de Saint-Amand, qu’une Compagnie de gaz ne peut faire de l’éclairage électrique sans l'assentiment unanime de ses actionnaires, du moment que cette transformation de l’objet social n'a pas été expressément prévue dans ses statuts. Et cela est précisément le cas de la plupart des compagnies de gaz. De telle sorte que faute de pouvoir réunir l’unanimité des votes de leurs actionnaires ces compagnies devront renoncer à l’cclairagc électrique, et, ne pouvant remplir leurs engagements, elles laisseront le champ libre aux sociétés d'électricité.
- Mais pour la ville de Bordeaux, cette double jurisprudence a un caractère particulier de gravité, puisque la ville ne peut accorder de concession pour l’éclairage électrique et que la Compagnie du gaz ne peut fournir l’électricité. Personne n’a donc actuellement le droit d'éclairer par l’clcc-tricité, ni la ville, ni la Compagnie du gaz, ni les compagnies électriques ; seuls les particuliers peuvent s’éclairer eux-mêmes électriquement, mais il leur est défendu de partager avec leurs voisins.
- L'arrêt de la Cour d’appel de Paris a eu récemment un contre-coup à Auxerre. Cette ville avait gagné devant le Conseil de préfecture son procès contre la Compagnie française d’éclairage et de chauffage par le gaz ; le Conseil d’État lui donna tort par l’arrêt du 23 juillet 1897. La municipalité a fait insérer dans le projet d'accord qu'elle a préparé avec la Compagnie du gaz, à propos de la fourniture de l'énergie électrique, une clause en vertu de laquelle, si dans les huit mois qui suivront la signature du traité, la Compagnie ne peut faire la preuve légale qu’elle est en mesure de fournir l’électricité sans contrevenir à ses statuts, elle sera déchue de ses droits.
- D'autre part, les consommateurs, inquiétés par les tendances de monopole qu’affirme la Compagnie du gaz, ont résolu de sauvegarder leurs intérêts auprès de la Ville et -de la préfecture, et une lutte courtoise mais vive est engagée ainsi contre la Compagnie. Voilà une situation particulièrement intéressante, où une ville résiste par tous les moyens possibles à un concessionnaire dont les prétentions sont exagérées.
- Le Gérant ; C. NAUD.
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- Tome XV.
- Samedi 7 Mai 1898
- 5a Année. — N° 19.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D'ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur â la Sorbonne, Membre de l’Institut.
- D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- DES GRANDEURS ÉLEC ET DE LEUR EMPLOI DANS LE CAL'
- Le calcul en apparence si compliqué des courants alternatifs dans un réseau de circuits contenant des résistances pourvues de self-induction et coupés par des capacités peut se simplifier considérablement et se ramener aux formules d’Ohm et de Kirchhoff concernant les courants constants, familières à tous les physiciens, par la considération de quelques grandeurs imaginaires. C’est ce que M. Proteus Steinmetz a montré dans un Mémoire présenté en 1892 au Congrès de Chicago.
- Quoique la méthode de M. Steinmetz ait fait l’objet déjà de plusieurs articles dans L'Éclairage Électrique (l), nous ne croyons pas faire une œuvre inutile en exposant à nouveau la base de cette méthode d'une façon peut-être plus rigoureuse et en tout cas différente de celle emplo}œe jusqu’ici dans ce recueil.
- I
- Nous allons supposer un réseau de con-
- (*) Voir dans ce journal au sujet de l’application des imaginaires au calcul des courants alternatifs : Guilbert, c- VI, p. 216, t. X, p. 22, t. XIV, p. 69; Janet, t. XIII, P- S29, t. XIV, p. 267 et 360; Pomey, t. XV, p. 16.
- TRIQUES IMAGINAIRES CUL DES COURANTS ALTERNATIFS
- ducteurs comprenant des alternateurs des self-inductions et des capacités, avec les restrictions suivantes :
- 10 S’il j'a plusieurs alternateurs, ils auront tous même période.
- C’est très souvent le cas de la pratique ; c’est'celui d’abord où il n’y a qu’un seul alternateur, ou plusieurs fonctionnant en parallèle avec même période*, c’est encore le cas où un ou plusieurs alternateurs fonctionnent comme moteurs synchrones en régime permanent.
- 20 Les coefficients de self-induction dans chaque circuit pourront être considérés comme une constante.
- Plusieurs causes, en particulier la présence du fer dans les bobines et les phénomènes d’hystérésis qui en résultent, empêchent qu’il en soit ainsi en toute rigueur. Il ne faudra donc voir dans les formules auxquelles nous aboutirons qu’un résultat approché.
- Cela posé, considérons une branche AB (fig. 1) d’un circuit coupée par un condensateur de capacité C aux deux armatures a et b duquel aboutissent des conducteurs A a et B£ pourvus de résistances R, et Rs, de self-induction L, et L2 et enfin contenant des forces électromotrices E, et E2.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N° 19.
- En désignant à l’époque t par Va, Va> Vj, Vb les potentiels des points A, a, b, B et par I
- p
- V
- Fig. i.
- l’intensité du courant qui est la même dans toute la branche AB, on a les relations bien connues :
- L,f ,-R,I = E1 + V.-V, }
- l,4L+R!i = e, +v4-v„ \
- Ajoutons membre à membre et posons :
- Résistance de AB R = R, + R2 Self-induction de AB L = Lt + L2 F orce électromotrice de AB E= Ej + E2
- il vient :
- L^[+RI = E + V,-VB-(V«-Vi). (2)
- que E sont toutes des fonctions sinusoïdales du temps; en particulier la force électromotrice de la branche AB est donnée par
- E = 8 cos (rot + ç») avec w = (4'
- T étant la période, et a la phase intitiale. Il résulte de là que dans chaque branche du circuit, quand le régime permanent est atteint, les quantités d’électricité telles que M et les potentiels tels que Va ou Vb sont aussi des fonctions sinusoïdales du temps de la forme K cos (coï—1~<I>), car de pareilles fonctions satisfont à toutes les relations telles que la relation (3). On a en particulier :
- Va-Vb=« cos («.* + *). (s)
- Supposons maintenant une seconde expérience avec exactement le même système, mais dans laquelle tous les électromoteurs ont un retard de phase—par rapport à l’expérience précédente de façon qu’on ait, en particulier, pour la force électromotrice E du circuit AB
- En appelant M la charge de chaque armature du condensateur, on a :
- M = c (V* — y b)
- «iM
- dt
- • + R —r,-T ' r~ — E + Va
- Remarquons que si la branche AB n’est pas coupée par un condensateur, M conserve un sens précis, c’est la quantité d’électricité qui a traversé la branche AB depuis un certain temps pris comme origine jusqu’à l’époque t. Puisqu’en faisant C= 00 dans la relation (3) on a la relation qui convient à ce cas, comme il est facile de le voir, nous devrons dans les relations suivantes considérer C comme infini quand la branche ne renfermera pas de condensateur.
- Nous allons faire maintenant une nouvelle restriction ; les forces électromotrices telles
- II en résulte que dans toutes les fonctions sinusoïdales du temps qui donnent les quantités d’électricité ou les potentiels, il y aura le même retard de phase— et que partout les cosinus seront remplacés par le sinus correspondant. Désignons alors au temps t parM' la charge des armatures du condensateur de la branche AB par l' = l’intensité du courant dans cette branche, enfin par VA et Vfi* les potentiels en A et en B; on a, pour la même raison que ci-dessus,
- = E'+ V'a-V'b (7)
- avec
- V'A-V'B=«sinM+<F). (8)
- Multiplions les deux membres de la relation (7) par l’imaginaire i = \J — 1, et ajou-
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- 7 Mai 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- •23
- tons membre à membre la relation (3) et la relation (7) ainsi modifiée; en posant ;
- / Q =. M -f z'M' C'est ce que nous appellerons la quantité imaginaire d'étec
- H = E + 1E' U = V + iY'
- Nous appellerons p la résistance imaginaire (‘).
- En nous reportant aux relations (11) et (12), on voit que la relation (17) peut alors s’écrire :
- J? = H+Ua—Ub (1-9!
- H = E + iE'- = « [cos(wï + o) + i sin(wf + ?)]
- U a — Ub = (Va + iV'a) — (Vu -f îV'b)
- = VA — VB + 1 (V’A — V'B = Il [cos (M + *) + < sin (»; + 4.) | = ae<"‘ - W. (»)
- D’où :
- L^S- + R^-+-%- = (^+^‘)e-“. (I3)
- Cette relation est satisfaite par
- Q = Aé"1* (14)
- en désignant par A une constante imaginaire qu’on obtient en remplaçant Q par cette valeur dans (13), ce qui donne :
- a[-l»! + RW + q-]=seù+ueù (I5)
- Q —
- ~ La’~ + “S“ + R™
- (16)
- J =
- dQ
- dl
- -IV'-f-£• + IW _ fitfu ^ + w(Mf + i)l
- R + ;(L“-CU) ‘
- (17)
- c’est-à-dire qu’il existe entre l’intensitc imaginaire du courant J, la résistance imaginaire p de la branche considérée, la force électromotricc imaginaire H contenue dans cette branche et la différence Ua — Ub des potentiels imaginaires aux deux extrémités de cette branche, exactement la même relation qu’entre l’intensité du courant, la résistance de la branche, la force électromotrice contenue dans celle-ci et la différence de potentiel aux extrémités de cette branche dans le cas d’un courant constant : la relation (19) est la relation d’Ohm étendue aux grandeurs électriques imaginaires.
- En se servant de cette relation (19), comme on sc sert de la relation correspondante pour les courants constants, on en tirera en fonctions des données du problème, par exemple, l’intensité imaginaire J d’un courant ; en mettant celle-ci sous la forme a-\-bi, a et 6 étant des quantités réelles, on voit d’après la deuxième des relations {9) que I — a etl' = è; c’est-à-dire qu’on aura ainsi obtenu les intensités I et I' des courants correspondant respectivement aux forces électromotrices de la première expérience (E = e cos (tôt -f- ®)) ou de la seconde (E' = e sin (wt <?).
- II
- Les relations de Kirchhofï relatives aux cir*
- Posons ;
- p = r + ;(d« —i-). (18)
- (h On a désigné aussi p sous le nom de résistance apparente; cette expression est fâcheuse, car on désigne également sous le nom de résistance apparente le module de p, c’est-à-dire l'impédance.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- cuits dérivés s’étendent sans peine aux grandeurs électriques imaginaires.
- En convenant de considérer comme affectées d’un certain signe les intensités des courants qui se dirigent vers un point de bifurcation et du signe contraire les intensités des courants qui s’en éloignent, la première relation de Kirchhoff s’applique aussi bien aux courants alternatifs qu’aux courants continus; on a donc :
- 21 = o 21' = o
- d’où :
- SJ = 2(1 -f iI') = SI+ i2I'=o. (20)
- Pour obtenir la seconde relation de Kirchhoff dans le cas des grandeurs imaginaires, considérons un circuit fermé A, B, C, D (fig. 2),
- Fig. 2.
- en connexion en A, B, C et D avec d’autres parties du réseau.
- Appelons Ua, Ub, Uc, Ud, les potentiels imaginaires en A, B, C et D; affectons des indices 1, 2, 3 ou 4 les résistances, intensités de courant et forces électromotrices imaginaires relatives aux quatre parties AB, BC, CD et DA, et écrivons pour chacune d’elles la relation (19).
- J1P1 = Ht + Ua - Un Jj?i = N* + Ub — Uc JsPs=H3-j- Uc — Un ho. = H. + Ub - Ua
- ( (“)
- x. Supposons d’abord que les extrémités A et B du circuit de la figure 1 soient réunies de façon qu’on ait un seul circuit coupé par un condensateur.
- Dans ce cas Ua = Ub et la relation (19) donne
- c’est la formule d’Ohm (').
- En remplaçant H et p par leur valeur (m et (18), il vient :
- -1 sin(wt + <s)] [R t ( L<» Ü»r) J
- Ri + (L“-cvf
- 8|RcosH + ?)+ (L“-^r)sinH + ?)j .
- S I^Rsin (0)1 + ?) — (i.oj ) cos (“f+ ?)]
- R-+
- V
- C
- (I' diffère bien de I parce que la phase est diminuée de' .)
- Posons :
- R cos (i»I + ç) +(L«) 57-);
- = B cos (»1 + « + ;
- (0)1 + .)
- En ajoutant membre à membre il vient :
- SJp = SH (22)
- c’est la seconde relation de Kirchhoff.
- III
- Indiquons maintenant quelques conséquences de ces relations.
- (i) On peut facilement résoudre géométriquement cette relation.
- La force élcetromotrice imaginaire
- H = e [cos (»t + o) + » sin («il + <p)]
- peut être considérée comme un vecteur OH de longueur s faisant l’angle variable HOX = ut + <? avec la direction origine OX (fig. 3).
- D’autre pari la résistance imaginaire
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- Î25
- On a :
- Bcos*=R — B sinX=Lw - (26)
- d'où :
- B = \/R1+(L“-lèr)ï- ;27)
- peut aussi être considérée comme un vecteur somme géométrique de trois vecteurs, Pun OR = R porté sur Taxe OX dans le sens positif, le second OL = L« porté sur Taxe OY dans le sens positif, le troisième OC = — porté sur
- l’axe OY dans le sens négatif. En composant trois vecteurs, comme on compose trois forces on obtient- leur
- f
- 0
- C-
- somme géométrique Op qui représente le vecteur p; la longueur de Oo, module de p, est égale à l'impédance
- ^/r‘2+^Lw-----l’angle fixe a — pOX qu’il fait
- avec OX est donné par tg « ------—- •
- Pour avoir J il faut diviser le vecteur OH par le vecteur Op; c’est-à-dire qn’il faut prendre une direction OJ faisant avec OX un angle JOX égal à l’excès positif ou négatif, de l'angle HOX sur l’angle pOX (JOX est l'angle wf + 9 + X du texte) et prendre sur cette direction une longueur OJ égale au quotient de la longueur OH par la longueur Op,
- soit dcsp.tr (l»_
- La projection O; de OJ sur OX représente ainsi au temps î l’intensité du courant due à la force électromotrice représentée par la projection Oh de OH sur OX; c’est bien conforme à ce que donne (28]. De même, la projection Oj de OJ sur OY représente au temps t l'intensité du courant due à la force électromotrice représentée par la projection Oh' de OH sur OY.
- C’est un exemple des plus simples de la méthode graphique employée pour résoudre les questions relatives aux courants alternatifs, qui a fait du reste l’objet de plusieurs articles dans ce recueil.
- j ________ê cos (o>/ + 9 + %)
- \/R, +(L<“ -cfr)'
- ê CQS (<'>/-{- <
- B
- La quantité B, module de. la résistance imaginaire, est Yimpédance. Rappelons aussi que l’on désigne la valeur absolue du terme Lto — sous le nom de réactance et que chacune de ses parties ont reçu les noms de self-inductance pour Lw et de capacitance
- Pour
- Il résulte de (28) que l’intensité efficace du courant Iê, défini par
- et il résulte de (4) que la force électromotrice efficace Ee définie par
- est donnée par
- D’où la relation bien connue :
- Es
- B
- (29)
- Si nous rappelons ce point c’est pour faire remarquer que l’impédance B jouant le même rôle vis-à-vis des intensités et des forces électromotrices efficaces que la résistance vis-à-vis des intensités et des forces électromotriccs constantes, l’intensité efficace sera maximum pour une impédance minimum. Or, pour une résistance donnée R, l’impédance est minimum si la réactance y^Lcu — est nulle, ce qui aura lieu si l’on emploie une capacité de valeur donnée par
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- 22Ô
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N° 19.
- On voit par là l’importance du rôle des capacités pour détruire l'effet nuisible de la self-induction, sur laquelle a si justement insisté M. Boucherot.
- 2. Remarquons que si dans une branche ouverte AB (fig. i) nous n’avions pas de force électromotrice propre, mais que la différence de potentiel U a— Ub fût une fonction sinusoïdale du temps donnée u + nous obtiendrions d’après la relation(iç)) exactement le même résultat que dans le cas du circuit fermé que nous venons d’examiner.
- 3. Considérons plusieurs branches en dérivation AC, B, ACaB, AC3B, etc. (fig. 4), sur
- Fig. 4-
- un circuit principal DE ; supposons toutes ces branches sans forces électromotrices propres (H, = H2... = o), la relation (19)donne, en affectant des indices 1, 2, 3, les quantités relatives aux branches C„ Ca, Cs.
- U. —UB = J1p1 = Jips = J1p3= (3i)
- On a du reste, en désignant par J l’intensité imaginaire du courant dans le circuit principal DE.
- J = J, + Ja + J» + • • (3*)
- De (31) et (32) on tire :
- j=(^+” + -^+...)(u*-u„). («;
- Si Ton compare cette relation à la relation (19) on voit que l’ensemble des branches dérivées AC, B, AC2B... se comporte comme une branche unique dépourvue de force électromotrice (H — o) dont la résistance imaginaire c serait donnée par
- = + ~ r j-+ ... (34)
- C’est encore là une relation identique à celle qu’on a entre les résistances dans le cas des courants constants
- IV
- Voici, à titre d’exemple, une application de cette méthode de calcul faite par M. Boucherot à une disposition remarquable imaginée par lui, qui permet, dans un conducteur parcouru par un courant alternatif, de rendre l’intensité indépendante-de la résistance et de la réactance.
- Considérons un circuit contenant en A (fig. 5) un alternateur d*e force électromotrice
- W
- Hg.
- imaginaire H, en BC une bobine de self-induction, entre C et D un condensateur K, et plaçons en dérivation sur les bornes de celui-ci un circuit CED. Affectons de l’indice 1, 2 ou 3 les grandeurs relatives au circuit CBAD, CKD ou CED. Les lois de Kirchhoff étendues aux grandeurs imaginaires donnent :
- Ji=J, + J, J,P*-J3pa = o Ji?i + J3p8=H (35;
- D’où l’on tire :
- Pour que l’intensité imaginaire J3 soit indépendante de la résistance imaginaire du circuit correspondant CED, il faut et il suffit que l’on ait : p, -)-p2=o. C’est possible si la résistance du circuit ABCKDA est négligeable par rapport à la self-inductance Lw
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- et à la capacitance de ce circuit, et si, en outre, on se donne :
- en désignant par C la capacité du condensateur K et par L la self-induction du circuit CBAD comprenant l’alternateur et la bobine BC. On a en effet :
- Pi=L m ?1=--------{381
- d’où
- On peut donc, sous ces conditions, allumer ou éteindre, en les mettant en court-circuit, autant de lampes disposées en tension que l’on veut dans le circuit CED sans que l’intensité du courant vienne à varier, sans, par conséquent, changer l’éclat des lampes en activité.
- On obtient exactement le même résultat en mettant le circuit des lampes en dérivation sur les bornes B et C de la bobine de self-induction ; la relation (36) reste la même, sauf que p, représente alors la résistance imaginaire de la bobine BC et p,, celle du circuit CKDAB, ce qui donne la même condition
- L’expérience a montré à M. Boucherot la justesse de ses prévisions (').
- V
- On peut enfin aborder le problème plus compliqué où les forces électromotrices des alternateurs sont des fonctions périodiques quelconques du temps, toujours sous la réserve que tous les alternateurs aient même période T.
- 0 L'Éclairage Électrique, t. XIV, p. 506, 12 février 1898.
- Soit E la force électromotrice d’un alternateur {e) ; la série de Fourîer permet de la décomposer en une somme
- E = EI + E,-(-E3+Ei+.., (39
- dont les termes sont des fonctions sinusoïdales du temps, la première E, de périodeT, la seconde E2 de période , la troisième Ea de période ~ , etc., qui seront connues si, comme nous l’admettons, on connaît la fonction du temps qui représente E.
- Supposons d’abord que chaque alternateur (e) soit remplacé par un alternateur (e,) de même résistance et de même self-induction fournissant une force électromotrice sinusoïdale représentée par le premier terme (E,) de la série correspondant à l'alternateur (e), et, soit dans ce cas, M4, VAl, et Vb, les fonctions sinusoïdales du temps qui satisfont à la relation (3) pour une branche AB du réseau.
- Supposons en second lieu que chaque alternateur (e) soit remplacé par un alternateur (e2) de même résistance, de même self-induction fournissant une force électromo-trice sinusoïdale représentée par le second terme (E2) de la série correspondant à l’alternateur (e), et soit, dans ce cas, Al,, VA2 et Va, les fonctions sinusoïdales du temps qui satisfont à la relation (3) pour la même branche AB du réseau.
- Et ainsi de suite : soit M3, Va\s, Vl!s ou M4, VAj, VR(i, etc., les fonctions sinusoïdales du temps qui satisfont à la relation ^3) pour la branche AB, si chaque alternateur (e) était remplacé par un alternateur (e3) ou un alternateur (t%), etc., de même résistance et de même self-induction que (e) mais fournissant une force électromotrice sinusoïdale représentée parle troisième terme (E3) ou le quatrième terme (E4), etc., de la série de Fou-rier correspondant à l’alternateur (e).
- Puisque la relation (3), applicable à un régime périodique quelconque ou même non périodique, est de forme linéaire par rapport
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- T. XV.— N° 19.
- àE, VA, Vb, M
- tions définies par
- dérivées, les fonc-
- dérivation de la première relation(4o)donne :
- I — Ij + la + I,i + L + (42)
- M = M, + MS + Ma + i\l4+ ... )
- Va = Va, + V«+V\ + Vn+ ... 1 {40)
- VB = Vu, + Vn, -f- Vb3 + '
- qui ont pour période T, satisfont à la relation (3) puisque E satisfait à la relation (39). Du reste, comme on a
- _ cfM _ dM, 1 ~ dt' l,~ dt
- (40
- en appelant 1 l’intensité du courant pour les forces électrotnotrices données E, et In I3,etc., les intensités qu’on aurait si les forces électromotrices étaient réduites successivement aux termes sinusoïdaux E1? K2, etc,, la
- Ainsi le problème, dans le cas des forces électromotrices périodiques qui ne sont plus des fonctions sinusoïdales du temps est ramené au problème plus simple où les forces électromotrices sont sinusoïdales grâce à la série de Fourier ; mais on aura à résoudre autant de fois le problème qu’il sera nécessaire de prendre de termes dans la série de Fourier pour représenter convenablement la force électromotrice E de chaque alternateur. Pour traiter chacun de ces problèmes partiels, il y aura avantage, comme nous l’avons vu, a employer les grandeurs électriques imaginaires.
- H. Pellat,
- LES FOURS ÉLECTRIQUES (')
- Dans l’appareil de M. W. Hughes, représenté par la figure 1, les cornues AA, chauffées par un foyer quelconque, débouchent par A, et les trappes A2 dans l’anode C, constituée par un tube de carbone. La cathode est constituée par un plateau de fonte D, que l’on peut écarter plus ou moins de C. Dans le dispositif (fig. 2), c’est au contraire l’anode C qui est mobile au-dessus de la cathode D. Dans les deux cas, le principe de l’appareil est de faire traverser aux matières l’anode, de manière qu’aucune de ses parties n’échappe, entre G et D, à l’action de l’électricité.
- Le cubilot électrique de M. R. Contardo commence la réduction des matières dans un massif d (fig. 3 et 4} chargé en ml de couches alternatives de minerai et de charbon, avec tuyères k et sorties des gaz en n, puis ce minerai est amené, par les voûtes en graphite bc, aux arcs ce, qui en achèvent la
- réduction. Les scories s’échappent par j et le métal réduit par h.
- Le four Regnoli (fig. 5), adopté par la Société italienne des fours électriques, avec anode B et cathode C, en graphite, et toutes deux mobiles, a son creuset entouré en G par les gaz chauds qui s’en échappent par g-, et les préservent ainsi du rayonnement; puis ces ^az sont évacués par h à un purificateur, et leur oxyde de carbone vient se brûler en m, sous la cornue H, par où les matières arrivent au creuset A. Il suffit de décrocher en T le levier Q pour décharger le creuset en abaissant B'.
- Les électrodes K2 du four de Siemens et Halske, représenté par les figures 6 et 7, ont une forme telle que les matières de la charge T s’écoulent naturellement entre elles et sur le tas K3, après avoir toutes traversé l’arc qui parcourt tout le contour des électrodes. Les gaz s’échappent librement en G. Dans le dispositif (fig. 7) il se forme d’abord en R un tas de scories que l'on perce
- (') L'Éclairage Électrique âa 11 décembre 1897.
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- de temps en temps par le foret B pour faire
- Fig. 1.-Four Hughes avec c
- couler la matière fondui
- cathode mobile (1
- imulée
- i. — Four Hughe
- cathode fis
- Les gaz s’évacuent naturellement au travers
- des interstices entre les matériaux de la charge agglomérée en boulets T.
- Le four à carbure de calcium de S.-W. Horry (fig. 8 et 9) a ses électrodes a ai logées
- Fig. 3. — FourContardo (1897). Coupes AB-CD-EF.
- dans une trémie h, garnie de terre réfractaire /z2, et pivotes en tf, au-dessus d’un creuset cylindrique c, que l’on peut faire osciller par la vis sans fin e. La matière se réduit en passant en b
- h — Four Contardo, multiple. Coupes GH et IJ.
- dans l’arc; et, dès qu’elle s’accumule, ce que l’on voit au galvanomètre a3, on fait tourner c de manière à y laisser arriver, par b, de la matière fraîche, que l’on retient en fermant
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- T. XV. — N° 19.
- c par des plaques/’, ajoutées successivement, jusqu’à ce que l’anneau de carbure de calcium ainsi formé vienne presque toucher a,. On poursuit alors en enlevant les plaques f
- de droite, et retirant ainsi l’extrémité refroidie de cet anneau de carbure, de sorte que l’opération est continue.
- L’appareil de M. de Chalmot, adopté par
- — Four RegnoU (1897).
- la Compagnie Wilson, de New-York, est (fig. 10} caractérisé parce que la matière
- Fig. 6. — Four Siemens et Halske (1897).
- réduite tombe, de E, sur un cylindre L arrosé, en arrière, de sable fourni par m et
- retenu par k, et en avant, par-dessus la matière figée sur L, par du sable de de sorte que cette matière (phosphure ou car-
- Fig. 7. — Four Siemens et Halske.
- bure de calcium) non adhérente à L, tombe en P. Les gaz échappés en F, et en partie brûlés par l’air admis de I, se débarrassent
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- en G de leurs composés nuisibles avant de sortir par la cheminée H. Le seuil E, en
- Fig. 8 — Four Horrv (1897I.
- phosphure ou carbure de calcium, se renouvelle facilement, et on peut en augmenter ou diminuer la hauteur en diminuant ou augmentant l’intensitc de l’arc qui en règle la fusion.
- Le four à chlorure de calcium de Patten,
- Fig. 9. — Four Horry. Coupe 2-2 fig. 8.
- représenté par les figures 12 et 13, fonctionne
- Fig.
- 11. — Four Chalmot (1897).
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- par l’incandescence de la tige de carbone P,
- autour de laquelle il se forme bientôt un œuf de carbure E, qui ne tarde pas à intéresser toute la charge G, grâce, d’après l’inventeur, à l’électro-aimant RN dont le champ tournant fait suivre au courant le contour de cet œuf à mesure qu’il se développe.
- Dans l’appareil de Strong (fig. 14) les électrodes sont constituées par la matière meme à réduire, agglomérée en une substance plas-
- Fig 12 et 13.—Four Patten (1897)-
- ^ jü——idLi
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- tique Q, poussée au travers des lamineurs D, à filières réfractaires B. par les pistons des cylindres C, dont la distribution est commandée par un électro-aimant N, en dérivation sur le circuit de manière que ces pistons poussent d’autant plus que la résistance électrique des électrodes augmente. On maintient ainsi cette résistance sensiblement cons-
- tante, de même que l’allure de l’opération. Une trémie R, à clapet manoeuvré de R^, permet d’ajouter à Q telle substance que l’on veut, et un regard B de suivre l’opération et de couper les électrodes si elles se collent. La matière réduite tombe dans un sas A,, que Ton vide en fermant A2 et ouvrant A3.
- G. Richard.
- L’EXPOSITION DE LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE (])
- En outre des appareils régulateurs et enregistreurs exposés par M. Jules Richard et dont nous avons déjà parlé (p. 151) citons encore une horloge commutatrice pour l’usage des stations électriques avec tarif de jour et tarif de nuit et un interrupteur automatique à temps ; appareils dus aussi aux ingénieuses combinaisons de ce construc-
- L'horloge commutatrice a pour fonction de mettre automatiquement en marche l’un ou l’autre des deux compteurs qu’on emploie lorsqu’on veut départir l’énergie utilisée pendant la nuit, ou plus exactement pendant les heures où la consommation est la plus grande et le tarif plus élevé. Les deux compteurs ont leurs circuits principaux montés en quantité, et les circuits de fils fins dont l’une des extrémités est commune aboutissent à l’horloge commutatrice qui a pour mission de fermer l’un ou l’autre de ces circuits suivant l’heure. Le totalisateur ne peut ainsi fonctionner que dans l’un des compteurs.
- interrupteur automatique à temps est destiné à fermer momentanément un circuit sans qu’on ait à faire aucune manœuvre pour la fin de la durée. C’est notamment le problème qui se pose quand on veut éclairer un escalier pendant le temps qu’on met à le monter lorsqu’on craint que par oubli ou négligence des lampes situées dans des endroits
- O Voir L’Éclairage Électrique, t, XV, p. 146, 23 avril 1898.
- peu fréquentés comme les caves ne restent trop longtemps allumées sans utilité.
- Il suffit, lorsqu’on a besoin de lumière, de tirer à fond le cordon de l’interrupteur; cette opération a pour effet d’armer le ressort d’un mouvement d’horlogerie qui rompt le courant, quand le temps fixé, une ou deux minutes suivant le réglage, est passé.
- M. Broca a répété les expériences qu’il avait présentées a la Société de physique dans la séance du 18 mars 1898 (*). Dans un ch amp magnétique intense, les rayons catho diques se dédoublent-, il y a aussi deux especes, de rayons ; les uns, ceux de première espèce, s'enroulent autour du champ (Birke-land).M. Broca a montré leur existence simultanée au moyen d’une ampoule sphérique ayant une cathode sphérique centrale en aluminium et un écran diamétral en verre. Pour une certaine valeur du champ, on voit une ligne brillante étroite dans le sens du champ et deux illuminations en chapeau de gendarme sur l’écran diamétral : l’une est jaune, l’autre est verte; ces illuminations sont dues à des flux cathodiques tournant autour du champ dans le sens du courant excitateur. Le phénomène est comparable au phénomène de Zccman; on peut assimiler le tube à rayons cathodiques à une source lumineuse, à cette différence près qu’il n’y a pas de réactions élastiques.
- (p L’Éclairage Électrique, t. XIV, p. 523. 19 mars 1898.
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- L’électro-aimant de M. Pierre Weiss a été construit pour la Faculté des sciences de Rennes par l’École pratique d’industrie de cette ville.
- Le circuit magnétique de l’électro de M. Weiss est fermé. Les dimensions relatives des masses de fer doux, celles des pièces polaires tronconiques entre lesquelles sont concentrées les lignes de force ont été choisies, de manière à obtenir le maximum d’effet avec des masses de fer relativement faibles.
- La distance des pièces polaires (0,5 cm) est telle que les sommets de ces cônes coïncident, la surface terminale des troncs de cône a un centimètre de diamètre.
- Le fer employé est d’une excellente qualité. Grâce k ces conditions, l’électrode deM. Weiss permet d’obtenir entre les pièces polaires un champ qui s'élève facilement à 30000 unités G. G. S. et peut atteindre 38 000. C’est autant et même plus que ce que l’on peut réaliser avec les grands électro-aimants beaucoup plus volumineux et lourds qui possédaient jusqu’ici le record de la puissance.
- L’électro-aimant ordinaire de Ruhmkorfî permet péniblement d’obtenir des champs de 20 000 unités. Il présente cet inconvénient que, par suite des vis qui fixent les bobines pour des distances variables, il se produit avec les champs intenses un fléchissement, un rapprochement des pièces polaires, de sorte que l’on ne peut déterminer avec exactitude leur distance.
- Dans le modèle de M. Weiss, la monture très forte est d’un seul morceau ; et. pour produire les variations de la distance des pièces polaires, celles-ci sont montées chacune sur une vis dont l’axe est dirigé suivant l’axe même des bobines. L’attraction a donc lieu suivant l’axe de la vis et il ne peut y avoir de fléchissement.
- Avec cet électro-aimant, M. Cotton a répété quelques-unes des expériences intéressantes publiées dans ce journal sur les changements de période qu’éprouve la lumière par l’émission dans un champ magnétique.
- L’appareil de M. le commandant Guyou, pour la démonstration et l’exercice de la compensation des compas des navires, a été construit par M. Doionon.
- La compensation du compas est une opération délicate nécessitant une certaine habitude.
- Pour habituer les jeunes officiers à cette expérience il faut faire des manoeuvres du navire qui emploient une partie de l’équipage et demandent beaucoup de temps. L’appareil du commandant Guyou est destiné à faciliter cet exercice ; il se compose d’un compas et d’un système de barreaux de fer doux et d’aimants qui permet de donner au compas des déviations de même nature et de même grandeur que celles qui affectent le compas sur un navire. Le compas est muni d’un système de compensation analogue à celui dont on fait usage à bord. Une opération effectuée sur cet appareil ne diffère d’une compensation à bord que par la suppression des difficultés de manœuvre étrangères k l’opération proprement dite,- en outre on peut faire varier les corrections à effectuer dans de plus grandes limites.
- Deux appareils ont été déjà livrés l’un à l’école navale de Brest et l’autre à l’école des hautes études de la marine.
- Les forces perturbatrices qui agissent sur l’aiguille du compas à bord proviennent du magnétisme induit par le champ terrestre dans le fer doux et du magnétisme perma-nent acquis par la coque.
- Poisson a démontré que par rapport à trois axes rectangulaires fixés sur le navire, et ayant pour origine le centre du compas, les composantes de la force qui agit sur l’aiguille ont pour expression :
- X' = (1 + a) X 4- + cX -f P
- Y' = dX + d + e) y + /Z -f Q Z' = gX + h'i + (1 +/c)Z + R
- X, Y, Z, représentent les composantes du champ magnétique terrestre; a, k, c,... k sont des coefficients constants provenant de l’action du fer doux; P, Q, R sont les compo-
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- sanies produites par le magnétisme permanent.
- Les 9 coefficients n, c,... k peuvent être représentés par g barreaux de fer doux convenablement placés.
- Le compas est entouré d’un fort bâtis en bronze contenant des logements pour placer des barreaux de fer doux dans les positions qui correspondent aux 9 coefficients de Poisson. Par une distribution convenable de ces barreaux, on peut donner aux forces perturbatrices dues à l’induction les caractères les plus variés.
- Les forces P, Q, R sont produites dans l’appareil par des barreaux aimantés longitudinaux et transversaux placés dans des boîtes situées a l’arrière et par un barreau vertical que l’on peut faire glisser dans un tube situé dans le prolongement de l’axe du compas. Les forces ainsi produites ne sont pas dues seulement aux barreaux aimantés, car ceux-ci agissent sur les barreaux de fer doux qui se comportent momentanément comme des aimants. Il n’y a pas d’inconvénient à cela, car les barreaux de fer doux conservent leur action comme barreaux induits par le champ terrestre, et d’ailleurs cette réaction a son analogue sur les batiments.
- L’appareil de compensation est celui du compas Thomson, il se compose de :
- i° Deux sphères creuses de fonte douce pour la compensation du magnétisme induit par la composante horizontale du champ ' terrestre.
- 2” Deux séries d’aimants longitudinaux et transversaux pour corriger les composantes Pet Q.
- 3° Un aimant vertical suivant l’axe du compas pour corriger la composante R.
- 4° Une barre de fer doux vertical (barre de Flinders) pour la compensation du magnétisme induit par la composante verticale de la terre.
- Les sphères sont portées par une alidade tournant autour du centre du compas; on peut lui donner une orientation quelconque, indiquée par un index qui se déplace sur un limbe gradué de 0 à 360°. La distance des
- sphères au centre est marquée par une règle graduée en millimètres; on peut faire varier cette distance au moyen de vis et on détermine expérimentalement la puissance compensatrice correspondant aux diverses distances.
- Les aimants correcteurs sont placés dans de petites boîtes disposées à l’arrière et àtri-. bord du compas; leur distance est réglée au
- L’appareil est monté sur un pivot central autour duquel il tourne enroulant sur quatre galets de bronze. Pour étudier les effets dus à l’inclinaison du navire, le plateau qui supporte l’ensemble des organes est monté sur un axe horizontal autour duquel on peut lui donner une inclinaison quelconque.
- Les pièces qui entourent l’appareil ne permettent pas de prendre directement les relèvements d’objets extérieurs; un compas rapporteur est installé sur l’appareil dans ce but.
- Les conditions dans lesquelles se trouvent les compas sur les navires ont été reproduites aussi fidèlement que possible; il n’a pas été cependant possible de les réaliser entièrement, car il faut rapprocher les dévia* teurs pour obtenir des influences comparables à celles que produisent les énormes quantités de fer qui entrent dans la construction du navire. Les aiguilles du compas sont réduites à 2 cm afin que l’on puisse considérer comme uniforme le champ dans lequel elles se meu-
- Malgré les différences qui peuvent subsister entre les conditions prévues par la théorie et celles de l’appareil, les résultats constatés sont très satisfaisants. La plupart des conséquences que la théorie a déduites des formules de Poisson peuvent être vérifiées.
- L’appareil permet d’effectuer toutes les opérations que l’on a à faire à bord, telles que : déterminer une courbe de déviation, calculer les coefficients de la série trigonométrique qui donne la déviation à un cap quelconque, mesurer la force directrice du compas, etc. Enfin, la compensation s’effectue en suivant exactement les memes règles que sur les bâti-
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- ments. On a produit des déviations atteignant 55° dont la correction à un demi-degré près a été obtenue par un seul tour d’horizon.
- La machine statique exposée par M. Bo-netti est une machine à douze plateaux d’é-bonite avec un détonateur h chacun des deux pôles; ces détonateurs sont formés d’un châssis en ébonite dans lequel passent les deux tiges réglables terminées par une sphère,
- Tune des tiges est fixée à la machine, sur l’autre on peut adapter l’un des pôles d’un tube de Crookes. Les boules des détonateurs sont de diamètres différents; au pôle positif c’est la petite boule qui est en communication avec la machine tandis que le contraire a lieu au pôle négatif. Pour amorcer la machine, il faut électriser les plateaux. Le dispositif du Dr Destot pour l’obtention des radiographies était installédans une salle du rez-de-chaussée;
- Fig. i. — Bobines d’induction Ducre
- les pôles du tube sont reliés aux détonateurs; la machine est actionnée par un moteur électrique, car la manœuvre h la main serait pénible et mémene permettrait pas d’obtenir une luminosité suffisamment intense sur l’écran. Remarquons cependant que les rayons produits par la machine statique sont moins pénétrants que ceux que l’on obtient avec les bobines d’induction.
- Les nouvelles bobines d’induction de M. Ducretet (fig. i) sont suspendues suivant leur axe dans une caisse de bois remplie.de paraffine. L’isolement est meilleur que celui des anciennes bobines, le fil est d’ailleurs disposé par galettes accolées, séparées par des
- cartons paraffinés. L’emploi des caisses est supérieur à celui des anciennes joues en verre; ces joues suffisaient en effet lorsque les bobines fonctionnaient tout au plus quelques heures par an, mais avec l’usage continuel elles prenaient rapidement du jeu et l’appareil se détériorait. Les nouvelles bobines peuvent fonctionner sans interruption et elles sont aisément transportables. Pour les fortes bobines qui donnent jusqu’à 45 cm d’étincelle au moyen d’une douzaine d’accumulateurs, l’ancien interrupteur est remplacé par un trembleur automatique à mercure (fig. 2) actionné par un petit moteur ; c’est une pointe animée d’un rapide mouvement vertical qui plonge dans du mercure recouvert d’alcool.
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- M. Ducretet exposait aussi une machine électrostatique de Wimshurst à i z piat'eaux en glace de 47 cm de diamètre et portant 45 secteurs ; cette machine est destinée à la radiographie, les couples de plateaux sont disposés en quantités sur deux collecteurs horizontaux qui constituent les pôles. Un détonateur est placé à chaque pôle et le sépare de l’excitateur à étincelle; en outre l’écarte-
- ment des boules du détonateur est variable pour permettre le réglage. La machine s'amorce d'elle-même, bien entendu.
- A côté de ces appareils, citons un 'voltamètre à ga% tonnant (fig. 3), construit suivant le procédé du colonel Renard. L’électrolyte est une dissolution caustique de soude contenue à l’intérieur du ballon R, le pied de fer T qui forme la partie inférieure de ce récipient constitue l’une des électrodes, l’autre est formée par le tube de fer Tz qui sert au dégagement. Le gaz produit à la partie inférieure du liquide agite celui-ci avant de sortir par G.
- Une dynamo à courant continu donnant 5 ampères dans une résistance de 3 ohms
- - Interrupteur périodique Duc
- Fig. 3. — Voltamètre à gaz tonnait
- (fig, 4) permet de réaliser diverses expériences de cours. Une manivelle et une chaîne à engrenage permettent de la faire marcher à la main. Elle est destinée aux laboratoires d’enseignement des lycées et suffit pour la décomposition de l’eau, l’allumage de lampes à incandescence, la démonstration des actions électrodynamiques... et peut actionnerunebobine de 15 cm d’étincelle.
- Dans notre dernier article nous avons publié trois des conférences faites pendant l’après-midi du samedi-, il nous reste à rendre compte de celle de M. Ducretet.
- La télégraphie hertzienne sans fil -,
- Par E. Ducretet.
- La conférence sur la télégraphie sans fil a été précédée d’un exposé historique dont nous donnons ici le résumé, en renvoyant nos lecteurs à la discussion qui a déjà été faite à ce sujet il y a quelque temps (*).
- En 1889, Hertz a démontré l’analogie des ondes électriques et des ondes lumineuses, que la théorie de Maxwell (1865) avait prévue. L’appareil que l’on emploie pour cette vérifi-
- {*) L'Éclairage Électrique, t. XIV, p. ié6, i8gS:
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- cation comprend un oscillateur dans lequel l’étincelle est produite au moyen d’une bobine d’induction ou d’une machine statique et un résonateur constitué par un conducteur discontinu. Hertz montra les phénomènes analogues aux phénomènes de résonance acoustique. MM. Sarazin et de la Rive augmen-
- tèrent la puissance de l’oscillateur en le plongeant dans un liquide isolant.
- Le professeur Egoroff a montré (1889) que la propagation des ondes électriques pouvait être observée à une plus grande distance en faisant éclater l’étincelle du résonateur dans un tube à vide avec électrodes très rappro-
- chées. Ce perfectionnement du résonateur fut suivi en 1890 d’un progrès considérable dû à M. Branly. Celui-ci a en effet proposé comme révélateur d’ondes électriques le tube à limaille, qui a été utilisé depuis 1893 par le professeur Lodge.
- M. Branly a montré que les substances métalliques discontinues, telles que des limailles libres ou agglomérées dans un isolant, deviennent conductrices lorsqu’elles sont frappées par l’onde électrique, tandis que, auparavant, leur résistance était considérable;
- la conductibilité disparaît par le choc. Les tubes à limaille sont appelés radio-conducteurs, leur sensibilité se manifeste à distance même à travers les cloisons et les murs.
- En plaçant le radio-conducteur dans le circuit d’une pile et d'un relais, on peut produire des actions énergiques dont la cause est l’onde électrique transmise par l’éther. Ce sont là tous les éléments de la télégraphie sans fil : le relais commande un appareil enregistreur, tandis que les signaux sont produits par l’émission d’ondes électriques
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- intermittentes longues et brèves. L’appareil employé en 1895 par M. Popoff était constitué de cette façon. Il servait à constater les ondes atmosphériques et à transmettre à grande distance des signaux télégraphiques enregistrés sur un récepteur genre Morse. M. Popoff avait en outre montré à cette époque que son appareil pouvait être employé par la marine pour la transmission des signaux. La sensibilité était augmentée en reliant une des électrodes du radio-conducteur Branly à un fil métallique vertical, l’autre au sol. La même disposition appliquée à l’oscillateur est avantageuse. Ces conducteurs auxiliaires semblent jouer le rôle de capacité.
- Pour terminer l’historique nous reproduisons la conclusion du conférencier :
- « Nous connaissons tous les organes dont se compose le système télégraphique imaginé par M. Popoff et employé ensuite par M. Marconi; il se résume ainsi :
- « Les ondes électriques émises par l’oscillateur arrivent au radio-conducteur Branly, il devient conducteur, et il ferme par suite le circuit du relais qui actionne l’appareil télégraphique : ’en même temps, automatiquement, un petit marteau frappe sur le radio-conducteur. Sous l’action de ce choc la conductibilité du tube à limaille disparaît et tout reprend la position première jusqu’à ce qu’une nouvelle onde frappe le tube radio-conducteur. »
- L’appareil décrit par M. Ducretet présente quelques dispositifs personnels. L’ensemble se compose d’un transmetteur et d’un récepteur.
- Le transmetteur comprend un source d’énergie électrique, une puissante bobine de Ruhmkorff (fig. 1) et un interrupteur automatique (fig. 2). Le manipulateur à main (fig. 5) pour les courants de grande intensité est à contacts solides, la rupture se fait dans un liquide isolant; ce manipulateur est placé avec l’interrupteur automatique sur le trajet du primaire de la bobine; il permet de lancer des courants intermittents qui produi-
- sent une succession de décharges longues et brèves entre les sphères A et B de l’oscilla-
- Fig. 5. — Manipula
- teur. Celui-ci (fig. 6) est à liquide isolant et tel qu’il a été indiqué par Righi. Le dispositif permet d’obtenir de l'extérieur de la cuve R le réglage des sphères intérieures AB ; l’étincelle est observée par l’œilleton O. L’oscillateur peut être monté dans l’intérieur d’un réflecteur métallique de Hertz afin de rassembler les rayons électriques.
- Les ondes électriques agissent sur le radio-conducteur du poste récepteur. Ce poste (fig. 7) comprend, fixés sur un même support :
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- i" Le radio-conducteur Branly Br avec frappeur automatique F. Le tube est en ivoire et les cylindres métalliques intérieurs entre lesquels se trouve la limaille sont avec réglage; leur ajustage permet d’éviter l’action de l’air extérieur. Deux petites capacités
- à surface variable terminent les extrémités du radio-conducteur.
- 2° Un mât avec conducteur formant capacité et relié à une des électrodes du tube. Ce mât n’est pas représenté sur la figure.
- 3° Un relais polarisé, très sensible, R. Une
- résistance convenable mise en dérivation évite l’effet des étincelles de rupture.
- 4* Une sonnerie d’appel S.
- 5° U.n enregistreur automatique M qui permet de ne pas employer de télégraphiste. Cette disposition présente un grand avantage à cause des ondes électriques qui peu-
- vent agir et s’inscrire sur la bande du télégraphe Morse.
- Il ne reste apres la fin de la transmission qu’à déchiffrer, et l’on reconnaît tout de suite les signaux ordinaires de ceux qui sont dus aux variations atmosphériques.
- Un deuxième relais R' fractionne les élé-
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- ments de pile pour laisser toute la sensibilité à R.
- Le radio-conducteur peut être place dans un réflecteur de Hertz.
- M. Ducretet a terminé sa conférence par quelques intéressantes expériences de commande à distance. Comme l’a montré M. Branly, l’énergie mise en jeu à la réception de l’onde peut être considérable et en tous cas indépendante de l’énergie transmise par l’onde elle-même; il suffit que le circuit du
- radio-conducteur contienne une source électrique suffisamment intense.
- En interposant un électro-aimant à déclic, formant relais pour les forts courants locaux, dans le circuit d’un petit radio-conducteur, on peut faire produire de puissants effets dès qu’une étincelle jaillit à distance.
- Les expériences réalisées ainsi ont été rallumage d’un lustre de lampe à incandescence, l’excitation d’un fort électro-aimant, la mise en marche d’un moteur électrique, etc.
- G. Goisot.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- La tarification de l’ênorgie fournie à Buffalo par les chutes de Niagara.
- M. Orrin-E. Dunlap, de Niagara Falls, nous communique les tarifs de vente qui viennent d’être adoptés par la Cataract Power and Conduit Company, de Buffalo, compagnie chargée de la vente dans cette ville de l'énergie captée aux chutes de Niagara.
- Les difficultés que présente toujours la confection de tarifs de vente de l’énergie électrique, et dont il a été longuement question dans ce journal il y a quelques mois, se trouvaient encore augmentées parla diversité des besoins de la clientèle de la compagnie. Celte clientèle comprend en effet des compagnies de traction, des compagnies d’éclairage, plusieurs manufactures utilisant une grande puissance souvent pendant une fraction assez considérable delà journée, quelquefois même d’une manière continue, ainsi que de nombreux abonnés n’employantqu une faible puissance et seulement pendant un petit nombre d’heures. Dans ces conditions, la tarification eau compteur n’eût pas été équitable, pas plus qu’une tarification uniquement basée sur le maximum de puissance demandée. Les deux modes de tarification devaient nécessairement être appliqués simultanément.
- Mais il était indispensable de ne pas trop compliquer le procédé de perception. D’autre part, il était en outre nécessaire, dans l’intérêt du développement des affaires des Compagnies, que, quelle que soit la puissance exigée et quel que soit le nombre d’heures pendant lesquelles elle est utilisée, la somme totale demandée fût inférieure ou égale à celle qui résulterait de l’emploi de machines à vapeur.
- Après une étude approfondie des besoins des diverses catégories de clients la Compagnie s’est arrêtée au mode de tarification suivant :
- A. — Charge fixe de 5 fr .par mois et par kilowatt de puissance reliée.
- B. — Charge variable suivant l’énergie utilisée par mois, calculée sur les bases suivantes :
- i° Pour moins de 1 000 kilowatts-heures : 0,10 fr par kilowatt-heure ;
- 20 Pour une consommation comprise entre
- 1 000 et 2 000 kilowatts-heures : 0.10 fr pour les premiers et 0,075 pour les autres ;
- 3° Pour une consommation comprise entre
- 2 000 et 3 000 kilowatts-heures : 0,075 fr pour les 2 000 premiers et 0,06 fr pour les suivants ;
- 4° Pour une consommation comprise entre 3000 et 5000 kilowatts-heures : 0,06 fr pour les 3 000 premiers et 0,05 pour les autres ;
- 5° Pour une consommation comprise entre.
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- 5 ooo et io ooo kilowatts-heures : 0,05 fr pour les 5000 premiers et 0,04 pour les suivants;
- 6° Pour une consommation comprise entre 10 ooo et 20 ooo kilowatts-heures : 0,04 fr pour les 10000 premiers et 0,0375 fr pour les autres ;
- 7° Pour une consommation comprise entre 20000 et 40000 kilowatts-heures : 0,0375 fr pourles 20 ooo premiers 0.035 pourlesautres;
- 8° Pour une consommation comprise entre 40 ooo et 80 ooo kilowatts-heures : 0,035 pour les 40 ooo premiers et 0,0333 pour les autres ;
- 9° Enfin pour une consommation dépassant 80000 kilowatts-heures : 0,0333 fr pour les 80000 premiers et 0,032 fr pour les suivants.
- A titre de renseignements nous avons calculé, en partant de ces données, la dépense par an et par kilowatt, pour des puissances de 1, 10, 100 et 1 ooo kilowatts utilisées pendant 20, 10 et 5 heures par jour et pendant 25 jours par mois; les chiffres sont indiqués dans le tableau I ci-joint :
- Tableau I
- Dépense par kilowatt et par an.
- Prix moyen du kilowatt-heure.
- Si l’on cherche le prix moyen du kilowattheure dans chacune des hypothèses indiquées ci-dessus, on obtient les résultats consignés dans le tableau IL
- Accumulateur Wemer plomb-zinc et cadmium.
- La substitution du zinc au plomb pour la confection des négatives des accumulateurs a été proposée jadis par MM. d’Arsonval et Carpentier et appliquée dans l’accumulateur Reynier. Dans ce dernier électrolyte est une solution de sulfate de zinc, la plaque négative une feuille mince de plomb lisse ou de zinc, et la plaque positive une plaque ordinaire du type Planté ou Faure. Pendant la charge le sulfate de zinc est décomposé ; la plaque négative se recouvre de zinc tandis que la positive est peroxydée. Pendant la décharge le zinc est dissous et la plaque positive ramenée à un état d’oxydation inférieure. Cet accumulateur présente sur les accumulateurs au plomb l’avantage de donner une force électromotrice plus élevée de 0,3 à 0,4 volt et d’avoir une capacité spécifique plus grande par suite de la diminution du poids des électrodes négatives. Malheureusement le zinc se dissout en circuit ouvert et l’amalgamation des négatives ne remédie que très imparfaitement à cet inconvénient.
- MM. Commelin et Finot ont cherché un métal qui n’eût pas ce défaut. Dans leur accumulateur l’électrolyte est une solution de sulfate de cadmium additionnée de 10 p. 100 d’acide sulfurique, la plaque négative une feuille mince de plomb amalgamé ou d’un alliage plomb, antimoine et cadmium, la positive, une plaque ordinaire d’accumulateur Julien. Les réactions qui se produisent pendant la charge et pendant la décharge sont analogues à celles qui ont lieu dans l’accumulateur Reynier. La force électromotrice est de 2,30 volts en circuit ouvert; la différence de potentiel aux bornes varie de 2,20 à 2,15 pendant la décharge; l’énergie spécifique normale est de 54 watts-heures par kilogramme.
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- Ho
- M. Werner a apporté récemment quelques perfectionnements à ce genre d’accumulateurs et est parvenu, en employant un électrolyte formé de sulfate de zinc, de sulfate de cadmium et de sulfate de magnésie, à obtenir sur les négatives un dépôt bien adhérent dont l’usure en circuit ouvert est pratiquement nulle et en même temps à produire une oxydation profonde des positives. Pendant la charge il se forme sur les négatives un dépôt de zinc et de cadmium ainsi que de l’hydrogène. Pendant la décharge, ce dépôt se dissout.
- Il pourrait sembler que le sulfate de magnésium n’ait aucun rôle dans le fonctionnement de l’accumulateur, puisque le dépôt est constitué par du zinc et du cadmium. En réalité son rôle est des plus importants. M. Werner a en effet reconnu que si l’on prend une solution concentrée de sulfate de zinc, le dépôt de zinc est bon mais la peroxydation de la plaque positive très faible ; que si l’on emploie une solution concentrée de sulfate de cadmium on a un bon dépôt en meme temps qu’une peroxydation convenable de l’oxyde de la positive, mais que la différence de potentiel, qui est de 2,4 volts au commencement de la décharge, tombe rapidement à 1,8 volt; qu’enfin, si on prend des dissolutions étendues de l’un ou l’autre sel, la peroxydation de la plaque positive s’effectue bien, mais le dépôt n’est pas bon. On se trouve donc en face de ces deux conditions contradictoires : ou prendre des solutions concentrées pour avoir* un bon dépôt, ou employer des solutions étendues pour obtenir une bonne peroxydation. L’addition du sulfate de magnésium permet de concilier ces deux conditions opposées : d’avoir un bon dépôt en même temps qu’une peroxydation convenable avec des solutions d’une concentration moyenne.
- M. Werner emploie d’ailleurs des concentrations différentes suivant la durée de décharge. Pour les accumulateurs dont la décharge doit s’effectuer en plus de six heures il prend des solutions assez concentrées. Comme plaques négatives il sc sert alors de
- feuilles de tôle recouvertes de plomb par immersion. Au commencement de la charge le dépôt zinc-cadmium est cristallin; à la fin il est amorphe et spongieux ; on arrête la charge quand environ les deux tiers des sels sont décomposés. Il convient de diminuer l’intensité du courant de charge h mesure que l’accumulateur se charge, à cause de la diminution de concentration de l’électrolyte; pour cette raison, la charge sous potentiel constant est celle qui convient le mieux.
- Pour les accumulateurs à décharge rapide il faut employer des solutions faibles. Mais alors le dépôt formé pendant la charge est spongieux et renferme une notable quantité d’hydrogène occlus. Dans le but de retenir cet hydrogène les plaques négatives sont constituées par un grillage très mince et très léger, recouvert d’une pâte de plomb, et de cadmium spongieux, et que l’on soumet à une forte pression.
- M. Werner a également apporté quelques perfectionnements aux plaques positives. On sait que dans ces plaques les phénomènes d’oxydation pendant la charge et de désoxydation pendant la décharge se manifestent principaîynent dans les portions de la matière active voisines du support conducteur, les portions plus éloignées restant presque inactives: il en résulte qu’en augmentant les points de contact de la matière active et du support on augmente la capacité spécifique des plaques positives. Pour réaliser cette condition, M. Werner constitue scs plaques positives d’un grillage à larges mailles enveloppé de toiles métalliques en fils de plomb; le tout est soumis à la formation Planté, puis rempli de pâte de peroxyde de plomb et de minium et soumis a une forte pression; les fils de plomb qui traversent la masse en tous sens assurent une grande surface de contact entre la matière active et le support conducteur.
- Les accumulateurs à décharge lente de ce type sont appliqués en Angleterre pour actionner des voitures automobiles ; des accumulateurs à décharge rapide ont été-essayés
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- pour l’éclairage des trains. Les uns et les autres se sont bien comportés. Leur capacité est très élevée; elle atteint 82 watts-heures par kilogramme de plaques, soit 36 watts-heures par kilogramme d’accumulateur au régime de décharge de 12 à 15 ampères. La différence de potentiel est de 2,4 volts au début et de 1,9 volt à la fin de la décharge.
- J. r/
- Voie de chemin de fer électrique transportable, système Arthur Koppel (').
- Les avantages que présente la traction électrique pour les tramways ont naturellement conduit à appliquer l’électricité aux chemins de fer de campagne. Mais dans cette application on n’a pas, jusqu’ici, tenu suffisamment compte des particularités de ces chemins de fer et de leur simplicité indispensable.
- On a eu recours aux conducteurs aériens ou aux accumulateurs. Dans le premier cas, des poteaux fixés en terre supportent les conducteurs qui amènent le courant, de la station centrale aux voitures motrices par archet ou par trôlet ; dans le second cas, les accumulateurs sont placés sur la voiture motrice, et leur charge se fait à la station de force. Ces deux procédés n’ont pas donné de résultats bien satisfaisants. Le système a conducteur aérien proposé par M. Arthur Koppel est préférable; il est très simple et facilement transportable.
- De même que dans tous les systèmes transportables, la voie se compose de deux rails qui ont une hauteur de 65 à 70 mm et sont reliés par des traverses, au nombre de cinq par exemple. La voie et le conducteur de courant sont fixés sur un même bâti transportable formé d’une arche ou travée (fig. 1) placée tous les 25 m et fixée sur les prolongements latéraux de la traverse de milieu. A la partie supérieure de cette travée, au centre,
- (!) Richard Markgraf. Zeitschrift fur Eleklrolechnik, p. 81, 13 février 1898.
- est attaché le conducteur du courant. Ce système pèse environ 50 kg de plus par portion de voie ordinaire. Dans les courbes les tra-
- Fig. 1. — Travée de chemin de fer électrique transportable, système Koppel.
- vées doivent être plus rapprochées, et, si le ra3ron est petit, chaque rail doit porter une travée de façon que le conducteur aérien suive mieux la trace de la ligne médiane des rails.
- La production du courant est assurée par une machine fixe, dynamo actionnée par un moteur quelconque à vapeur, à gaz ou à eau.
- Pour l’exploitation, deuxfeeders partent de la dynamo, ils peuvent être mis en circuit ou hors circuit au moyen d’un interrupteur a levier. Afin d’éviter le passage de courants d’intensité dangereuse, deux conducteurs fusibles sont disposés sur les feeders. Ces feedersvont de la station génératrice jusqu’au commencement de la voie, attachés à des points fixes ou sur des poteaux suivant les commodités locales. Les poteaux, dans le cas d’une installation mobile, sont des piquets fichés en terre et maintenus par des fils de tension fixés autour et dans le sol (fig. 2 et 3). Au commencement de la voie, un des feeders est relié au conducteur aérien et l’autre aux rails qui servent ainsi de conducteur de retour.
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- Le fil aérien s’établit comme il suit : pour assurer la stabilité des arches auxquelles est fixé le fil, il faut tendre ce fil; h cet effet, on emploie un wagon de montage composé d’un plateau à deux essieux et supportant une
- 3. — Piquets-supports des condm
- échelle au sommet de laquelle est une poulie. Le fil conducteur est enroulé sur un dévidoir fixé à ce wagon (fig. 4). Celui-ci est placé sur la voie, le fil se déroule sur la poulie et l’on fixe son extrémité libre au poteau des feeders. On pousse le wagon entre la première et la seconde arche, on assure la tension du fil au moyen d’une moufle fixée sur le wagon et on fixe ensuite le fil à la première arche. Pour continuer l’installation, on a recours à une deuxième échelle de montage mobile munie
- également d’un système de tension ; pendant que celui-ci permet de laisser le fil tendu, on déplace le premier wagon et on l’amène
- Fig. 4, — Chariot de montage.
- entre la deuxième et la troisième arche où on recommence comme il a été dit plus haut.
- A l’autre extrémité de la voie, le conducteur est attaché à un piquet solidement maintenu en terre,' s’il s’agit d’un chemin de fer fixe. Si au contraire la voie est transportable, le conducteur est laissé sur le wagon de
- montage, placé à la fin de la voie, après la dernière arche ; cela permet de dérouler le fil si l’on veut allonger la voie, ou de l’enrouler si l'on diminue ou modifie l’installation.
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- Pour éviter le passage du courant par les montants du wagon, le dévidoir et l’échelle sont construits en bois sec et enduits d’une substance isolante ; ils sont en outre protégés contre l’humidité et le contact de la main par une toile isolante et imperméable.
- Le wagon moteur (fig. 5) est simple et solide; il porte un moteur fixé dans le châssis et dont le mouvement est transmis h l’essieu par un engrenage et deux chaînes.
- Un frein et un commutateur circulaire sont à la disposition du mécanicien, qui peut par l’introduction de résistances faire varier la vitesse dans des limites écartées.
- La disposition du moteur à l’intérieur du bâti du wagon a l’avantage dans les grandes montées de supprimer le poids mort d’une locomotive motrice et de produire l’adhérence au rail avec de la charge utile. En outre, soit pour les pentes, soit lorsqu’il s’agit de fortes charges, l’électromoteur est supérieur au moteur mécanique ou animal, il permet sans inconvénient sur une voie courte d’augmenter notablement la force de traction normale.
- L’emploi de ce système de transport est tout indiqué dans les établissements industriels où l'on dispose de machines à vapeur, et la dynamo peut aussi servir à l’éclairage pendant la nuit et à la traction pendant le jour. G. G.
- Sur les transformateurs tournants;
- Par J.-E. Woodbridge et C.-T. Child(').
- Les convertisseurs à courants alternatifs simples ou polyphasés prennent de plus en plus d’extension en Amérique où ils sont un complément tout indiqué des transports d’énergie par courants alternatifs dans lesquels l’emploi de courant continu est nécessaire, pour une raison ou pour une autre dans certaines sous-stations réceptrices.
- En France, la question est quelque peu à
- (‘) The Ekctricdl World, des iGr janvier et 12 février [898.
- l’ordre du jour, aussi n’est-il pas sans intérêt de résumer les principales propriétés de ces appareils, propriétés que MM. Woodbridge et Child ont réunies dans une longue et intéressante étude publiée récemment par The Electrical World.
- Tout transformateur tournant est en somme un moteur synchrone dont l’enroulement induit est partagé en un certain nombre de sections aboutissant aux lames d’un collecteur comme dans une machine à courant continu.
- Le principal avantage de ce dispositif est la possibilité de faire fonctionner l’appareil avec un facteur de puissance égale à l’unité par surexcitation du champ inducteur. Cette modification de l’excitation ne permet pas toutefois de faire varier la tension aux bornes des circuits continu et alternatif lorsque l’un d’eux reste constant, puisque le rapport des deux est constant et dépend de la forme périodique de la différence de potentiel alternative.
- Dans les machines à courant continu la puissance est limitée, abstraction faite des étincelles, par la distorsion du champ et par réchauffement des conducteurs. Dans les convertisseurs il ne peut y avoir aucune distorsion en vertu de ce fait que la distorsion du champ inducteur ne peut être due qu’à un couple s’exerçant sur l’induit. Or le couple moteur produit par les courants alternatifs est dans les redresseurs égal et contraire au couple résistant produit par le courant continu, neutralisant ainsi le premier
- Il reste donc uniquement la question d’élévation de température. L’échauffement d’un convertisseur fonctionnant comme redresseur de courant est tout à fait différent de celui du même appareil donnant comme généra* teur à courant continu ou à courant alternatif la même quantité d’énergie. Cette différence n’est pas la même lorsqu’il s’agit d’un redres-
- p) Ceci n’est vrai toutefois, comme nous le verrons plus loin, que pour les convertisseurs à courants alternatifs polyphasés.
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- seur à courant alternatif simple que lorsqu’il s’agit d’un redresseur à courants polyphasés. Le point important est donc de rechercher quel est le rapport des puissances d’un même induit et pour une meme élévation de température, ou mieux pour une même perte dans l’induit, lorsqu’il fonctionne comme convertisseur ou comme générateur. C’est le point principalement étudié par MM. Wood-bridge et Child.
- 1. Convertisseur à courant alternatif simple.
- Considérons un redresseur de courant alternatif monophasé représenté schématiquement sur la figure 1. Nous pouvons supposer, pour plus de simplicité, que l'excitation est réglée de façon à ce que le facteur de puissance soit égal à l’unité. Nous admettons que les pertes internes, hystérésis, courants de Foucault et frottements sont négligeables, c’est-à-dire que la totalité de l’énergie fournie par exemple sous forme de courant alternatif, est recueillie sous forme de courant continu aux balais du collecteur ou vice versa.
- traversant un conducteurou spire quelconque de l’induit.
- La valeur maxima de la différence de potentiel alternative entre M et N sera aussi U,
- et la valeur efficace de cette différence -r-~.
- \J 2
- Comme .l’énergie est supposée transmise intégralement, la puissance débitée par chaque circuit tel que NPM est UI et par suite la valeur efficace du courant alternatif traversant ce circuit est I/Tet sa valeur
- maxima 2I. V 2
- Appelons 4j4- a la distance angulaire d’un conducteur quelconque Q au point P. Le ' courant alternatif circulant à travers le circuit NPM et en particulier le conducteur Q est :
- car il est évidemment nul lorsque le point P est en A ou B. Comme le courant continu I est dirigé en sens contraire du premier, le courant à chaque instant dans le conducteur Q est :
- Schéma d’
- courant alternati
- converti
- simple.
- Il nous suffira évidemment de considérer un seul des deux circuits en dérivation formés par l’induit.
- Soient 4L t l’angle variable que fait le rayon OP passant par le milieu O de MN avec le plan de commutation AB, U la différence de potentiel aux balais A et B, 2I le courant continu débité; I sera le courant continu
- Pour avoir la quantité d’énergie perdue par effet Joule dans ce conducteur pendant une demi-période il suffira d’intégrer l’expression, r étant la résistance du conducteur :
- entre les limites x et a -)~ — et de diviser le résultat par—, ce qui donne :
- rI,-rJ['^(a8in-T'—)*
- =jf ‘H ^ (4 sin,4r ‘ - 4-T ' + *) “•
- ou tous calculs faits
- = fla(3—4L*#).
- Si l’on remarque que comme générateur à courant continu débitant la même puis-
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- H8
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- sance 2UI dans le circuit extérieur, la perte par effet Joule dans le conducteur serait rP, on voit que le rapport cherché est :
- Cette expression montre que ' la perte moyenne dans chaque conducteur et par suite l’élévation de température qui en résulte n’est pas la même pour tous les conducteurs, comme cela serait s’il s’agissait d’une génératrice à courant continu ou à courant alternatif. Les spires voisines des prises de courant N et Mont une perte.moyenne par effet Joule environ six fois plus grande que celle des spires voisines du point milieu de chaque circuit, en admettant naturellement que le diamètre du fil est le même sur toute la longueur de ce circuit. Cette perte pour les conducteurs voisins de M et N est la moitié de celle correspondant au fonctionnement en génératrice à courant continu.
- La figure 2 représente (courbe I) la variation de la perte d’énergie due à l’effet Joule
- Fig. 2. — Répartition des pertes relatives dans les différents conducteurs d’un convertisseur monophasé en fonction de leur position.
- pour tous les conducteurs en fonction de leur distance angulaire au point P. On y a aussi figuré les échauffements constants correspondant à la marche en génératrice à
- courant continu (courbe V) et en courant alternatif (courbe VI), toujours pour une puissance commune totale 2 UI.
- Lorsque le courant alternatif est décalé d’un angle 27t par rapport à la force contrc-électromotrice, réchauffement dù au courant déwatté vient encore s’ajouter aux précédents. Dans ce cas l’expression à intégrer est :
- et le rapport des pertes dans un conducteur, pour le fonctionnement en redresseur et le fonctionnement en générateur à courant continu a pour valeur :
- + -^-tang 2ttos'm~x.
- . La courbe II de la figure 2 correspond à undécalage de 370 et par suite à un facteur de puissance égal à 0,8.
- Les échauffements ne sont plus les memes pour les conducteurs équidistants du point P ; réchauffement maxima atteint six fois la valeur de celui dans le cas de la marche en génératrice à courant continu, tandis que réchauffement minimum est à peu près égal à cette dernière valeur.
- Le point intéressant est réchauffement moyen dont le calcul est du reste assez simple.
- La perte par circuit est en effet dans le cas d’un facteur de puissance égal à l’unité :
- ^(3 - ^1= M» rK
- c'est-à-dire de 38 p. 100 supérieure à celle correspondant au cas de la marche en génératrice à courant continu ; par suite, pour un meme échauft’ement le courant alternatif traversant chaque circuit devrait satisfaire à :
- rX21.38 = rl2
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- X = 0,85 i
- La puissance d’un redresseur n’est donc pour un même échauffement moyen de l’enroulement induit que les 85 centièmes de celle d’un appareil fonctionnant comme génératrice à courant continu.
- Dans le cas d’un décalage 2r.o on a pour la perte moyenne
- rli ~rj t (3 “ 1T cos ~t' a + 2 tang'2 2n?
- + lang-2îtosin-^- z'jda
- rI2(s — “pr + 2 tanga 2119)
- ce qui donne pour un cos 9 égal à 0,8 la valeur 2,5, correspondant à une valeur de X égale à 0,63 I.
- Ceci ne tient pas compte de la différence d’échauffement aux divers points de l’induit, aussimêmeavec l’emploi de matières isolantes assezbonnes conductrices de la chaleur, on doit admettre, sauf dans le cas où cos2 7i:<p est égal à 1, que la puissance d’un convertisseur ne peut dépasser la moitié de celle qu’il donnerait comme générateur de courant continu.
- On remarquera ce fait connu, qu’à égalité de puissance réchauffement comme machine à courant alternatif est double de celui correspondant à la marche en machine à courant continu ; à égalité de pertes dans l’induit, le rapport des puissances est donc de -j= ou 0,7. Dans ce cas la perte par conducteur est la meme pour tout l’induit mais varie avec le temps ou la position angulaire de l’armature (fig. 3, courbe III).
- La perte en watts pour tout l’induit, dans le fonctionnement en convertisseur, varie aussi avec le temps ; ces variations sont exprimées par la formule dont les transformations sont faciles à comprendre :
- ou en rapportant cette perte à un seul conducteur au lieu de ».
- La courbe IV (fig. 3) représentant ces va-
- Fig. 3. - Variatic
- du temps des per
- pour la
- riations montre que la perte instantanée est égale à celle correspondant au courant continu seul (courbe I) lorsque les points P, M ou N sont A ou B, ce qui est évident a priori.
- Lorsque les pointesM etN sont dans le plan de commutation, le courant alternatif ayant pour valeur instantanée 2 I, l’appareil fonctionne comme moteur puisque la puissance reçue est double de celle utilisée. Un quart de période après (P en A ou B), la puissance reçue est nulle et l’appareil fonctionne comme générateur. Bien que la partie tournante joue ici le rôle de volant, il n’en résulte pas moins une accélération de la vitesse instantanée dans le premier cas et une diminution dans le second, lesquelles donnent naissance
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- à une oscillation périodique du moteur synchrone de fréquence double de celle du courant alternatif. Cette oscillation engendre une réaction d’induit tendant à distordre le champ dans le voisinage des cornes polaires et dont la valeur maxima instantanée est évidemment égale à celle de la réaction qui se produirait dans la même machine employée comme génératrice à courant continu.
- Cette réaction aura pour effet de créer des courants de Foucault dans les cornes des pièces polaires, si celles-ci sont pleines, et de faire osciller le plan de commutation et par suite d’amener des étincelles aux balais si les pôles sont lamellés, à moins que l’induction due à cette réaction ait dans l’entrefer une valeur très élevée pour rendre la réaction négligeable.
- II. Convertisseurs à courants alternatifs diphasés.
- Conservons les mêmes hypothèses que précédemment au sujet des pertes internes et du facteur de puissance ; il est facile de voir à l’inspection de la figure 4 représentant
- Fig. 4. — Schéma d’i
- à courants diphasés.
- schématiquement un transformateur tournant a courants diphasés, que les courants alternatifs dans les conducteurs extérieurs peuvent à chaque instant être regardés comme les projections sur l’axe AB des conducteurs rectilignes de jonction N, M et X, Y.
- Le courant dans un des quadrants tel
- que NPY est la somme vectorielle de la moitié des courants traversant ces conducteurs de jonction; par suite si l’on désigne comme précédemment par U et 2 I la tension et le débit correspondant au circuit à courant continu, on voit que la différence de potentiel maxima de chacun des deux courants alternatifs diphasés sera U et sa valeur effî-
- _u
- CaCe/T*
- La puissance débitée par les circuits alternatifs doit être 2 UI, celle transmise par phase et par chaque circuit tel que NPY
- UI ^ - rr + U
- sera —; comme la tension elhcace est
- le courant efficace dans ce circuit sera ^7 et le courant maximum I.
- Le courant résultant dans le circuit NPY étant la somme de deux courants de valeur maxima égale à I et décalés d’un quart d’onde, aura pour valeur maxima I \/~
- Appelons toujours ^ “ la distance angulaire d’un conducteur quelconque Q au point P, 011 voit facilement que, l’angle variable en fonction du temps étant j-1 et compté à partir de A, le courant résultant dans le quadrant NY est :
- ^ sia^f ,-I=l(Vïsm4f <-«)
- La quantité d’énergie perdue pendant une demi-période dans le conducteur Q est :
- rI1X'+^fsin-^-1) àl
- ce qui donne, tous calculs faits,
- Si l’on remarque que la perte par effet Joule de l’appareil fonctionnant comme machine à courant continu pour débiter la puissance continue extérieure 2UI serait rP par conducteur, on a pour le rapport des deux :
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- ;5i
- Comme dans le cas du courant alternatif simple la perte moyenne n’est pas la même dans tous les conducteurs et est d’autant plus grande que les conducteurs sont plus voisins des prises de courants N et Y, la perte en N et Y est environ quatre fois plus grande qu’en P. en admettant naturellement que la section des conducteurs est la même sur toute la périphérie de l’induit.
- La figure 5 représente (courbe I] les varia-
- des pertes relatives dans les diffère :onverti$seur à courants diphasés
- Fig. 3. — Répartitic
- fonction de leur position.
- tions de la perte d’énergie par effet Joule pour tous les conducteurs en fonction de leur distance angulaire au point P. On y a aussi figuré les pertes constantes pour tous les conducteurs correspondant à la marche en génératrice à courant continu ou à courants alternatifs diphasés, pertes qui sont les mêmes dans les deux cas pour une puissance commune totale égale à 2UI.
- Ceci suppose, nous l’avons dit, le facteur de puissance égal à l'unité. S’il existe un décalage 2r^ entre chaque courant diphasé et sa force contre-électromotrice induite, l’expression de la perte moyenne dans un conducteur est :
- et le rapport entre les quantités d’énergie
- perdues par effet Joule dans la marche en convertisseur et en générateur h courant continu est]:
- + ^..ng»*T8in-^..
- La courbe II de la ligure 5 représente les valeurs de ce rapport en fonctions de a, et pour une valeur de 2t.o égale à 370 ou à cos.2TOp égal à 0,8.
- Il y a encore dissymétrie pour les pertes des conducteurs équidistants de P.
- La valeur maxima atteint seulement deux fois celle constante correspondant au fonctionnement en générateur à courant continu, et le minimum est égal au quart environ de cette valeur constante.
- Le rapport de réchauffement moyen d’un conducteur dans le cas d’un facteur de puissance quelconque à celui du fonctionnement en génératrice à courant continu, est :
- T"/tS (s-cosTT“ + lang2"?
- + ^f^tang2^fsin-îy
- ce qui donne finalement :
- [2---ÎÉ- + tang-s 2 icto] .
- Pour — o, on a :
- Le courant alternatif X traversant chaque circuit et donnant une perte moyenne égale à rV est donc donné par :
- X2 x 0,38 = ri*
- d’où
- X = 1,621.
- La puissance de l’appareil fonctionnant comme convertisseur surpasse donc de 62 p. 100 celle de l’appareil utilisé comme génératrice à courant continu.
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- Pour cos 27cÿ e= 0,8, on a :
- 2---T tang3 27ütp = 0,98 •
- et la puissance du convertisseur est sensiblement la même que celle du même appareil Utilisé comme machine à courant continu.
- La perte en watts pour chaque moitié de l’induit varie aussi à chaque instant ; les variations de son rapport avec la perte totale constante pour le fonctionnement en génératrice à courant continu sont exprimées dans le cas général par :
- ou toutes réductions faites
- Dans le cas de 2-xf = o, on a :
- La figure 6 (courbe II) représente cette dernière courbe ainsi que la valeur constante (courbe I) pour le cas de la marche en génératrice à courant continu et la valeur moyenne de la courbe IL La courbe II s’annule deux fois par demi-période et sa valeur maxima est 0,6.
- On sait que l’énergie fournie par deux courants alternatifs diphasés est constante a
- chaque instant, l’induit n’a donc plus à jouer ici le rôle de volant et en vertu de l’absence du couple résultant il n’y a aucune réaction d’in-
- Fig. 6. — Variation en fonction du temps des pertes relatives dans l’induit pour la marche en convertisseur et en génératrice.
- duit même dans le cas où le facteur de puissance est inférieur à l’unité.
- Toutefois étant donnée la forme de l’induit, le champ tournant induit n’est pas constant et il y a lieu, pour éviter les courants de Foucault, de Iameller les pièces polaires.
- Une classe d’appareils dont l’étude est presque identique ù celle des convertisseurs est constituée par les dynamos donnant a la fois du courant continu et du courant alternatif. Dans le cas où la machine donne un même nombre de kilowatts sous chaque forme, il suffira de changer le signe du courant alternatif et de prendre pour l’un des courants résultants la valeur
- On reconnaîtra facilement que dans ce cas la perte par effet Joule dans l’induit est de 10 p. 100 plus faible que lorsque la machine donne la même puissance totale sous forme de courant continu seul ou sous forme de courants alternatifs diphasés.
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- revue des sociétés savantes et des publications scientifiques
- Sur les forces électromotrices thermo-électriques dans le bismuth cristallisé ;
- t'ar Louis Perrot (*).
- « La force électromotrice thermo-électrique dans le bismuth cristallisé varie, comme on le sait, suivant les directions.
- » Elle est maxima quand le courant thermo-électrique traverse le bismuth perpendiculairement au clivage principal, Qtmiîiima quand il le traverse dans le sens parallèle à ce clivage.
- » Le rapport des forces électromotrices dans ces deux directions et la valeur absolue de ces forces n’ont point été étudiés jusqu’ici avec assez de précision pour qu’on puisse les considérer comme connus avec quelque certitude. Matthiessen (2) cstle seul, sauf erreur, qui ait déterminé par un petit nombre d’expériences les forces électromotrices axiales et équatoriales de couples bismuth-argent, et trouvé que le rapport de la force axiale a la force électromotrice équatoriale était de 1,43 en moyenne entre 29” et 450 environ.
- » La difficulté d’obtenir de bonnes soudures entre un métal quelconque et le bismuth, sans altération de ce dernier, et la nécessité de pouvoir faire les mesures alternativement dans les deux directions principales sur un même cristal, obligent à substituer un simple serrage à des soudures adhérentes proprement dites. Pour parvenir à un bon serrage, permettant de réaliser un degré d’accolement constant malgré de fréquents retournements
- l1) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1194, séance du 25 avril 1898. — Travail fait au laboratoire de l'Université de Genève.
- (2) Matthiessen, Pogg. Ann.. 1858, t. ClII; p. 412. — Dans les pages 424, 425 de ce Mémoire il y a une interversion d’ordre typographique qui jette de la confusion dans les grandeurs relatives axiales et équatoriales. Mais on voit bien par son tableau résumé que pour Matthiessen, comme dans les expériences qualitatives de tous les autres auteurs, la force électromotrice suivant l’axe (force électromotrice II') est la plus grande.
- à angle droit des faces du bloc de bismuth entre deux lames d’un second métal, il faut disposer de surfaces de contact assez étendues. Or il est difficile .d’avoir des blocs un peu volumineux qui soient parfaitement homogènes.
- » Ayant fait cristalliser du bismuth pur par lent refroidissement dans un four Perrot, j’ai réussi à détacher du culot ainsi obtenu des fragments limités par de grandes surfaces de clivage très nettes. En taillant à la scie des parallélépipèdes, j’ai pu m’assurer que, dans toute leur masse, les feuillets de clivage conservaient une même direction. En effet, les éclats clivés qui se détachaient extérieurement au trait de scie montraient par leur régularité que les plans de clivage se prolongeaient dans l'intérieurdes parallélépipèdes d’un bout à l’autre.
- )> L’un des parallélépipèdes {g) mesurait : 14,40 mm ; 14,15 mm; 20 mm. L’autre (/j) : 9,47 mm ; 10,70 mm ; 19,50 mm.
- « Un système de serrage avis, très simple, m’a permis de réaliser pratiquement une adhérence par pression parfaitement constante entre cuivre et bismuth. La description du système et celle du mode de chauffage des soudures seront données dans un mémoire ultérieur.
- » La mesure des températures t et t' des soudures se faisait par compensation et réduction à o des forces électromotrices de quatre soudures auxiliaires cuivre-maillechort. Deux de ces soudures étaient logées exactement entre les cuivres, et le bismuth dans les deux plans de contact; deux autres,opposées respectivement à chacune des deux premières, plongeaient dans des vases d’eau dont on faisait varier la température jusqu’à réduction à o des déviations du galvanomètre. On pouvait ainsi connaître les températures des plans de contact.
- » J’ai jusqu’ici mesuré les forces électromo-
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- trices par rapport au cuivre dans les deux parallélépipèdes p et g. Le sens noté |} est celui dans lequel le parallélépipède est orienté de façon que les surfaces de contact soient K au clivage principal (le courant traverse donc parallèlement à l’axe principal). Le sens noté est celui dans lequel les surfaces de contact sont des faces taillées J_au clivage.
- » Les forces électromotrices ont été mesurées par les deux méthodes suivantes qu’on pouvait substituer rapidement l’une à l’autre au moyen de commutateurs appropriés :
- » i° Parles déviations directementproduites sur un galvanomètre très sensible, dont la résistance, quoique faible, était très grande par rapport à la résistance intérieure du couple ;
- » 2* Par l’emploi d’un potentiomètre à curseur. Ce dernier a donné des rapports, forces électromotrices sensiblement égaux (à ±0,015 près) à ceux trouvés par la première méthode. Il a permis la mesure des
- forces électromotrices en valeur absolue.
- » Les mesures définitives ont porté sur divers intervalles de températures des soudures échelonnés entre n° et 94°,6. Des courbes ont été construites avec les températures comme abscisses et les déviations comme ordonnées ; chaque courbe était déterminée par au moins 6 points.
- » Les résultats généraux ont été les suivants :
- 10 La force électromotrice) pour un degré de différence entre les températures t et t' des soudures (ce qui revient au pouvoir thermoélectrique), va en augmentant avec la température entre 10 et ioo°.
- » 20 Celte augmentation est plus rapide pour les soudures J_ que pour les soudures || \ ü en résulte que le rapport des forces électromotrices -j- va en diminuant à mesure que (t + t!) augmente. On a d’après les courbes copine rapport, l’une des soudures, t, étant à nn, et
- l’autre, f, successivement à
- 50° 6o° 7c1'' c8o° 90°
- 2,14 2,08 2,05 2,01 2,02
- 2,20 2.14 2,11 2,06 2,03
- » 3° Quant aux valeurs absolues des forces électromotrices, elles ont été un peu plus faibles dans g que dans p. Les forces électro-motrices^ étaient 1,05 fois plus fortes que les forces électromotrices g. La température inferieure t étant ii°, on a eu, dansp en volts : Pour t'
- Force électro motrice H ..
- Force électro motriceJ_. .
- » Pour /=io° et t' = ioo°, on aurait p |) = 0,00965 volt et pj_= 0,00481 volt.
- » g étant plus volumineux avait plus de risques de renfermer des macles ; des fentes y étaient visibles, ainsi qu’une petite cavité ; p était plus près de l’homogénéité parfaite. D’autres petits prismes, tirés de parties ma-
- nifestement moins régulières du même culot, ont donné des chiffres notablement inférieurs
- a g.
- » Je ne pourrai poursuivre ces recherches que quand j’aurai en mains de nouvelles masses de bismuth homogène ou, de préférence, de quelque autre cristal à point de fusion plus élevé, dont l’étude thermo-électrique puisse se faire jusques et au delà du point de renversement.
- » Il résulte déjà de cette première note que la structure cristalline a .sur les constantes thermo-électriques du bismuth une influence encore plus grande qu’on ne l’avait cru jusqu’ici. »
- 3°° 50° 7°° 950
- 0,00190 0,00396 0,00610 0,00899 0,00084 0,00185 0,00299 0,00447
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- Sur la constitution de l’étincelle explosive dans un diélectrique liquide ;
- Par L. Décombe (*).
- « On sait depuis longtemps que l’étincelle qui éclate, dans l’air, entre deux conducteurs chargés à des potentiels égaux et de signes contraires ne présente pas le même aspect à ses deux extrémités.
- » Ce fait paraît' dû à la différence que présentent les particules arrachées aux électrodes lorsqu’on les étudie au microscope.
- » M. Wachter ('-) a montré, en effet, que les particules arrachées à l’électrode positive ont des dimensions parfaitement mesurables au microscope et peuvent devenir incandescentes, tandis que les particules négatives échappent à toute mesure et ne deviennent jamais incandescentes ; elles paraissent entraînées par volatilisation.
- » Il y aurait donc, à l’extrémité positive, un arrachement de particules solides incandescentes et, h l’extrémité négative, un dégagement de vapeurs métalliques obscures.
- » Lorsque la décharge qui produit l’étincelle est oscillante, les électrodes changent de signe chaque fois que le courant se renverse; chacune des extrémités de l’étincelle est donc alternativement brillante et obscure ; d’où la possibilité de la dissocier par la rotation rapide d’un miroir.
- » Chacun des bords de l’image dilatée de l’étincelle présentera une série de points lumineux et obscurs, alternés d’un bord à l’autre, c’est-à-dire qu’à un point lumineux pris sur un bord correspondra sur l’autre un point obscur, et vice versa.
- » Tous ces caractères sont bien ceux des épreuves obtenues et décrites par Fedder-sen (3).
- » Les choses paraissent ne pas se passer
- (1) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1197, séance du 25 avril 1898.
- (2) Fr. Wachter, Wied. Ann., t. XVII, p. 903.
- (3) Feddersen, Annales de Chimie et de Physique, 3e série, t. LXIX, p. 178; 1863.
- ainsi, dans le cas où la décharge a lieu à travers un diélectrique liquide.
- » J’ai étudié, par le miroir tournant, l’étincelle d’un excitateur dont la décharge se faisait dans l’huile de vaseline. Ce qui frappe tout de suite dans les épreuves obtenues, c’est qu’il n’y a pas alternance d’un bord à l’autre de l’image dilatée, comme si, au même instant, l’étincelle possédait le même éclat sur toute sa longueur.
- » Il est probable que la volatilisation du métal à l’électrode négative est empêchée par la présence du liquide ; il s’y produit sans doute alors un arrachement de particules solides incandescentes, comme à l’électrode positive : l’étincelle serait alors entièrement constituée par des particules solides incandescentes dont l’éclat suivrait une loi périodique synchrone de celle de la décharge. »
- Action des rayons cathodiques sur les conducteurs isolés ;
- Par A. Battelu et A. Garbasso (J).
- Un morceau de corail calciné reçoit, dans un long tube avide, la radiation cathodique; on fait agir un aimant puissant de manière à rejeter la tache fluorescente du verre en A sur le côté du tube, tout près de la cathode, et l’on remarque que le corail présente encore une luminescence assez vive.
- L’explication la plus naturelle consiste à admettre qu’il y a dans le faisceau cathodique un groupe de rayons qui n’obéissent pas à l’action de l’aimant. Cette interprétation s’accorde avec les expériences anterieures des auteurs. L’existence de rayons cathodiques non déviables (a) par l’aimant et d’une dispersion des rayons cathodiques a été, comme on sait, démontrée nettement et étudiée en détail par Birkeland. On la retrouve
- (!) Il nuovo Cimento, 4'- série, t. IV, p. 129, et t. VI, p. 5. (2) t Rayons cathodiques et rayons X », loc. cit., t. III, p. 289.
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- dans les travaux de Wiedemann et Ebert (*) et déjà dans ceux de Goldstein.
- Mais l’on peut aussi supposer que la luminescence observée après action de l’aimant est due à des rayons X provenant de la région A des parois frappées par les rayons cathodiques.
- Pour éliminer cette seconde interprétation, les auteurs étudient l’action électrique exercée par les rayons sur un petit conducteur C placé à l’intérieur du tube et enfermé dans une enveloppe de plomb percée d'une petite ouverture. La disposition est telle que, lorsque les rayons cathodiques viennent sous l’action de l’aimant illuminer le verre du tube en A, les rayons X produits en A ne puissent pas agir sur le conducteur C. Or, dans le second cas on trouve que si le conducteur C est déjà chargé négativement, il est ramené à l’état neutre. S'il n'était pas chargé, il devient positif. On peut admettre que les rayons non déviés par l’aimant qui agissent alors sont constitués par des particules matérielles électrisées positivement. Cette conclusion serait d’accord avec des expériences dues à Jaumann(2). Peut-être les rayons de Roentgen seraient-ils formés de particules qui auraient perdu leur charge électrique.
- Les rayons cathodiques observés dans l’air par Lenard ne présentent aucune dissymétrie de ce genre dans leurs actions sur les charges négative et positive. On peut alors se demander si cela tient à ce que, dans l’expérience de Lenard, les rayons cathodiques avaient déjà traversé une feuille d’aluminium, ou bien si cela tient à ce que les rayons de Lenard étaient étudiés dans l’air à la pression atmosphérique et non pas dans le gaz raréfié du tube à vide.
- Pour décider entre ces deux interprétations, les auteurs ont repris leurs expériences : le conducteur isolé C est toujours
- P) Sip. Ber. àer Phys. mei. Societat \u Erîangen, 14 décembre 1891.
- (2) Comptes rendus, t. CXXII (1896). — L’Éclairage Électrique, t. VII, p. 321, 16 mai 1896.
- placé à l’intérieur d’un cylindre de Faraday en fils métalliques, relié au sol et protégé contre les rayons X par une enveloppe de plomb percée d’une petite ouverture qui laisse pénétrer les rayons cathodiques. Seulement ici, une deuxième enveloppe de plomb entoure la première et peut à volonté être ouverte, ou bien fermée, soit par une feuille d’aluminium, soit par une plaque de plomb que porte un petit châssis assez facilement mobile. Avant de faire les expériences on place le châssis en haut de sa course, légèrement incliné sur l'horizon, de manière à pouvoir glisser de lui-même quand on choque légèrement le tube avec le doigt.
- Le châssis laisse d’abord librement ouverte l’entrée de l’enveloppe de plomb et les rayons cathodiques peuvent frapper le conducteur C. On retrouve alors les résultats déjà indiqués.
- On fait glisser le châssis par un'léger choc jusqu’à fermer l’entrée de l’enveloppe de plomb avec la feuille d’aluminium. Le tube étant excité dans les mêmes conditions, on retrouve les mêmes phénomènes que si l’enveloppe de plomb laissait pénétrer librement les rayons cathodiques ; seulement les effets sont beaucoup moins intenses.
- Enfin si le châssis est amené à l’extrémité de sa course, de manière que la plaque de plomb ferme l’entrée de l’enveloppe qui renferme le conducteur C, on n’observe plus d’action sensible et le conducteur C conserve sa charge sans modification, quel qu’en soit le signe.
- Ces expériences s’accordent avec cette hypothèse que les différences entre les manières d’agir des rayons cathodiques et des rayons de Rœntgen dépendent essentiellement des conditions diverses du milieu qui entoure le conducteur électrisé. Il est probable que dans les expériences de Lenard l’action de l’air ionisé se superpose à l’action propre des rayons cathodiques jusqu’à masquer celle-ci.
- G. Sagnac.
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- Décharge stratifiée dans l’air libre ;
- Par M. Toepler (l).
- Dans les décharges non oscillantes les apparences sont distinctes aux deux pôles; plus la distance explosive est grande, plus apparaissent nettement sur le chemin de l’étincelle des maxima et des minima de lumière, surtout dans la région négative.
- comme il suit : pôle positif de la machine électrostatique (machine de Toepler à 60 plateaux), armature intérieurede deux batteries, colonne d’eau de grande résistance, pôle positif de l’intervalle explosif, lame semi-conductrice, pôle négatif de l’intervalle, armature intérieure des deux autres batte-
- Fig.
- li-conductrice au voisinage de ia cathode.
- Fig. 5. — La même lame au voisinage de l’anode.
- Pour obtenir une séparation nette et placée à volonté entre la région positive et la région ne'gative, M. Toepler dispose entre les deux boules de l’intervalle explosif une
- Fig. 2. — La même lame au milieu de l'intervalle explosil.
- lame étroite médiocrement conductrice (ardoise sèche, granit, syénite, basalte, etc.). De cette manière, on obtient d’une part une décharge négative stratifiée, de l’autre une décharge positive qui ordinairement n’est pas stratifiée. La limite est toujours formée par la lame, quelle que soit d’ailleurs la position de celle-ci.
- Les décharges sont produites par une série de 4 batteries formées chacune de 8 jarres et ayant ensemble une capacité totale d'environ 4,10® cm. L’arrangement est ordonné
- ries, pôle négatif de la machine ; les armatures extérieures des batteries sont toutes reliées métalliquement entre elles. La différence de potentiel obtenue est d’environ 8.108 volts et la durée de la décharge de 1 quart de seconde environ ; le résidu
- Fig. 4. — Série de décharges sur une même plaque photographique, dans les conditions de la figure 3.
- peut avoir atteint dans certains cas jusqu’à 90 p. 100.
- Colorations de la décharge. —La décharge négative se compose sans exception d’une surface d’émission blanc-violet, au voisinage de la cathode, et d’une série de stratifications (jusqu’à 6) ; ces dernières sont rose-violet
- p) Wied. Ann., t. LXII1, p. 109-116.
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- quand l’intensité est faible, rose jaunâtre quand l’intensité est grande. La lame semi-conductrice présente du côté de la cathode une tache lumineuse d’un violet mat. La partie positive ne présente que des stratifications indécises.
- La surface d’émission a la cathode est la région la plus brillante de la décharge, elle a une forme la plupart du temps polygonale (souvent celle d’un hexagone régulier) et les angles sont particulièrement brillants. La surface d’émission est si voisine de la première strate qu’il est souvent assez difficile de les distinguer l’une de l’autre sur les photographies. Cependant elles sont toujours séparées par un intervalle étroit, mais très net et entièrement obscur, beaucoup plus marqué que les intervalles qui séparent les autres strates.
- La surface d’émission, l’intervalle obscur doivent être identifiés avec la lumière cathodique bleue et la région obscure qu’on observe dans les gaz raréfiés.
- Localisation des strates. — Tant que les conditions expérimentales restent les mêmes, les strates de la partie négative se produisent à peu près aux mêmes points du chemin de la décharge (fig. 3).
- Si toutes les décharges ne suivent pas le même chemin, les maxima et les minima de lumière se répartissent sur des surfaces qui entourent la cathode et ont une grande res-
- Fig. 5. — Superposition de 10 décharges successives dans les mêmes conditions,
- semblance avec les surfaces équipotentielles (fig. 5 et 6).
- Le diamètre des boules qui forment la cathode et l’anode n’a pas d’influence marquée sur la distance des strates.
- Si on déplace la lame semi-conductrice,
- 1 les strates conservent leur position et il s’en forme entre la lame et la cathode autant que la distance le permet.
- Si on déplace la cathode, elle entraîne les strates avec soi ; celles-ci restent toujours à la même distance de la cathode.
- Une diminution dans la pression de l’air provoque un écartement des strates.
- Influence du temps. — Pour connaître la marche de la décharge avec le temps, il suffit de la photographier sur une plaque sensible qui se déplace. Tout d’abord se montrent à la cathode des filaments lumineux, sifflants, qui flottent irrégulièrement, puis brusquement apparaît l’aigrette négative bleue, dans une position à peu près fixe. De cette aigrette se détache progressivement une pointe rose, qui n’est jamais stratifiée ; enfin cette pointe finit par atteindre le pôle opposé, et c’est à partir de ce moment seulement que commence la décharge principale stratifiée. Celle-ci peut être prolongée pendant des minutes et on constate alors, en la photographiant sur des plaques animées de déplacements rapides, qu’elle se décompose souvent en un grand nombre de décharges partielles. La décharge totale ne sera nettement stratifiée dans sa photographie sur une plaque fixe, que si les strates correspondant aux diverses décharges partielles se forment à des distances de la cathode à peu près invariables. En général, les strates se déplacent avec une vitesse qui peut varier de 0,1 cm par seconde à 10 cm.
- M. L.
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- Action des champs électriques alternatifs sur les rayons cathodiques;
- Par H. Ebert (‘).
- D’après K.-E.-F. Schmidt, les déviations subies par les rayons cathodiques sous l’action des corps électrisés, et que Jaumann a signalées le premier, seraient dues non pas à des forces électrostatiques, mais à des variations du champ, autrement dit à des oscillations électriques. L’expérience fondamentale est la suivante : au pôle négatif d’un tube de Braun, on relie une feuille ou une boule métalliques, qu’on applique sur le tube immédiatement en arrière du diaphragme C. La tache fluorescente que dessine le faisceau sur l’écran sensible D, s’allonge en forme de queue de comète, dirigée vers le côté opposé à celui où se trouve le conducteur. Le phénomène subsiste quand le conducteur est relié au pôle positif, mais à un degré plus faible.
- Les oscillations qui agissent ainsi sur le faisceau cathodique sont d’une part fortement amorties, d’autre part, elles ne sont pas indépendantes du courant qui alimente le tube.
- M. Ebert a repris la question dans des conditions expérimentales mieux définies en employant des oscillations indépendantes du tube et non amorties. Ces oscillations proviennent d’un transformateur de Siemens, donnant i 500 volts effectifs, quand il est alimenté par un alternateur tétrapolaire à 1000 alternances et d’une puissance de 14 watts. Les fils secondaires du transformateur aboutissent à deux petites plaques (3,7 X 6,8 cm2) qui sont appliquées de part et d’autre sur le tube de Braun, parallèlement entre elles, immédiatement derrière le diaphragme C.
- Ces plaques forment un condensateur de si faible capacité, que le fonctionnement du transformateur n’est pas modifié par leur présence. En observant le faisceau cathodique dans un miroir tournant, on constate que le (*)
- (*) Wied. Ann. t. LXIV, p. 240-261, 1898.
- champ entre les plaques est presque rigoureusement sinusoïdal : en effet, la tache fluorescente, au lieu de prendre la forme en queue de comète, suit une trajectoire bien définie qui dans le miroir tournant apparaît comme une sinusoïde. On peut faire la même vérification en remplaçant le condensateur par une petite bobine sans fer doux, dont l’axe est placé perpendiculairement à l’axe du tube: le faisceau est dévié par le champ magnétique et la tache fluorescente prend la forme d’un trait horizontal, qui dans le miroir tournant devient une sinusoïde.
- On replace ensuite les deux plaques formant condensateur et on excite le tube. Dès qu’on met le transformateur en marche, on voit la tache fluorescente s’étaler en une bande verticale et longue de 3 cm environ. Le champ électrique alternatif dévie donc nettement les rayons cathodiques et toujours presque exactement dans la direction des lignes de force. Par suite de la transformation (de 1 : 65), l’intensité du courant secondaire est assez faible pour qu’une bobine traversée par ce courant, avec ou sans noyau de fer doux, n’exerce aucune action appréciable sur les rayons cathodiques. La déviation observée ne peut donc être attribuée au champ magnétique, d’autant moins que l’intensité du courant est encore plus faible quand le condensateur remplace la bobine.
- Observée dans un miroir tournant, la bande fluorescente prend l’aspect d'une sinusoïde sans zigzags ; la déviation varie donc suivant la même loi périodique que la charge du condensateur.
- La déviation ne s’explique pas par un déplacement des centres d’émission des rayons cathodiques, car on l’observe seulement quand les armatures du condensateur sont au voisinage immédiat du tube et elle disparaît dès qu’on éloigne ces armatures à quelques centimètres; les centres d’émission sur la cathode sont à 30 cm environ du condensateur et séparés de lui par un écran métallique.
- La déviation augmente avec la surface des
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- plaques et aussi quand on déplace le condensateur à partir du diaphragme vers le fond du tube, ün accroît également la déviation quand on met en dérivation sur le condensateur une petite bouteille de Leyde, éloignée du tube. En écartant les plaques l’une de l’autre, on diminue l’amplitude de la déviation ; mais elle croît quand on interpose un diélectrique dont le pouvoir inducteur est plus grand que celui de l’air.
- Le phénomène dûment établi, trois hypothèses peuvent l’expliquer. On peut l’attribuer :
- i° A l’action magnétique des courants de déplacement ;
- 2° Aux charges électrostatiques des parois du tube ;
- 3° A l’action des phénomènes cathodiques secondaires.
- I. Action des courants de déplacement. — Dans la théorie de Maxwell, les variations du champ électrique sont inséparables de l’apparition de forces magnétiques. Le gradient du champ électrique en fonction du temps dans un élément de surface est égal au tourbillon de la force magnétique le long du contour de cet élément (*). Pendant la variation du champ électrique, chaque tube d’induction électrique est entouré par une ligne de force magnétique fermée sur ellc-mcme. Le théorème de Stokes permet de ramener ces forces à d’autres appliquées seulement au contour de l’élément. En appliquant ces principes au phénomène actuel, on trouve que les forces magnétiques provoquées par les courants de déplacement produiraient bien une déviation dans le sens où elfe a etc observée. Mais d’autres circonstances excluent leur interven-
- i° L’action disparaît quand les plaques du condensateur sont disposées normalement à l’axe de la partie cylindrique du tube de Braun ; même si on intercale une lame d’ébo-nite dont le bord présente une entaille semi-
- (i) Cf. Wiechert. L’Éclairage Électrique, XI, p. 120 et suiv,
- circulaire embrassant exactement le tube.
- 20 Le courant de déplacement est proportionnel à et par conséquent en retard d’un quart de période sur la charge E; si la déviation des rayons cathodiques est due au champ magnétique du courant de déplacement, elle doit présenter aussi un retard d’environ un quart de période sur la charge du condensateur. Pour en décider, on fait agir simultanément sur le faisceau cathodique le champ magnétique de la petite bobine sans fer doux, insérée dans le circuit primaire du transformateur et le condensateur inséré dans le circuit secondaire, de manière que les déviations soient perpendiculaires l’une à l’autre ; on observe dans ces conditions des courbes analogues à celles de Lissajous. A cause de la faible capacité des plaques, on peut considérer le secondaire du transformateur comme ouvert ; le courant primaire et le courant secondaire sont donc décalés d’un quart de période environ. Les écarts sont dus aux fuites magnétiques, à l’hysîérésis, aux courants de Foucault.
- Si la déviation du faisceau suit le courant secondaire, la tache fluorescente doit prendre la forme d’un cercle ou d’une ellipse; si elle est due au champ magnétique du courant de déplacement, la tache prendra une forme rectiligne.
- Pour permettre un réglage commode, l’expérience est disposée comme il suit :
- Le tube de Braun B (fig. 1) est placé horizontalement sur un support de bois H. Immédiatement en avant du diaphragme C, il est engagé dans une planche de bois isolée, qui, du côté où on doit observer les déviations, porte deux glissières de bois RJ5 R2, dont les médianes sont rectangulaires entre elles, et prolongées, se couperaient sur l’axe du tube. Dans ces glissières se meuvent deux chariots St et Sa, portant l’un la bobine M, l’autre le condensateur Pl5 P2.
- Ces deux dernières pièces peuvent ainsi se mouvoir dans un plan perpendiculaire à l’axe du tube et être approchées k volonté du fais-
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- ceau cathodique, sans que les directions de déviation cessent d’être rectangulaires. On règle les amplitudes de manière qu’elles soient
- égales entre clics, puis on fait agir simultanément les deux champs. Dans toutes les expériences ainsi conduites, on observe des ellipses de faible excentricité (fig. 2) ; il faut
- Fig. 2 et 3.
- donc regarder la déviation produite par le condensateur comme une fonction de la charge, non du courant de déplacement.
- Remarquons en passant que ce phénomène fournit un moyen précieux pour étudier les phases des courants alternatifs.
- Supposons maintenant qu’au lieu de faire agir simultanément les deux causes dévia-trices, on les fasse agir séparément. Soit a15 e, la bande fluorescente correspondant à la composante électrique seule : quand on fait varier la composante magnétique en déplaçant la bobine M, jusqu’à lui donner une amplitude
- égale à celle de la composante électrique, la bande e., s’élargit progressivement ; les points a, et décrivant l’ellipse ; le grand axe de cette ellipse s’approche de plus en plus de la nouvelle composante mi mais sans jamais l’atteindre, même quand les amplitudes sont devenues égales ; l’ellipse ne devient jamais un cercle. En augmentant l’amplitude de la composante magnétique quand l’autre composante existe déjà, on provoque seulement une rotation de l’ellipse vers la droite.
- Si inversement on établit d’abord la composante magnétique, ce sont les points m±, mt qui décrivent l’ellipse, les points <?„ e2 restent en dehors de cette courbe, et quand on augmente l’amplitude de la composante électrique, l’ellipse tourne vers la gauche.
- Le dispositif qui vient d’être décrit permet aussi de calculer approximativement l’intensité du champ magnétique que pourraient produire les courants de déplacement et de voir si elle serait suffisante.
- Tout d’abord, on détermine la sensibilité du faisceau cathodique à l’égard du champ magnétique en faisant agir sur ce faisceau le pôle d’un barreau aimanté dont on a mesuré le moment magnétique.
- Dans le cas actuel, il suffit d’un champ de 0,12 unité G. G. S. dont les lignes de force sont normales aux rayons pour dévier ceux-ci d’une manière appréciable. Or en calculant le champ magnétique produit par les courants de déplacement, on trouve qu’il ne dépasse pas 3,7.io-7 unités; il serait donc 300000 fois plus faible que le champ nécessaire pour produire une déviation observable.
- 11 est par suite impossible d’attribuer aux courants de déplacement les déviations de 3 cm constatées dans les expériences rapportées ci-dessus.
- II. Charges des parois. — C’est un fait bien connu que les parois d’un tube traversé par des rayons cathodiques prennent des charges électriques considérables. En promenant sur les parois du tube de Braun une
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- boule d’épreuve reliée à un électroscope, on peut déterminer la répartition de ces charges.
- Sur le fond du tube qui porte la cathode, on trouve une forte charge négative, qui s’étend sur la paroi extérieure jusque vers le milieu de la distance KA; elle est assez forte pour qu’on puisse tirer des étincelles de la paroi et elle subsiste encore assez longtemps après la décharge. Du côté de l’anode A, cette charge est peu h peu neutralisée et remplacée par une charge positive, d’ailleurs moins forte et subsistant moins longtemps que la charge négative. Vis-à-vis le diaphragme C, ces charges positives existent aussi, mais leur quantité varie; elles sont minima un peu en avant de C. Toute la partie cylindrique au delà de C a une charge positive très forte, qui augmente de plus en plus quand on s’approche de D ; cette charge devient assez considérable à l’extrcmité élargie du tube pour qu’on puisse tirer de petites étincelles de la paroi même après qu’on a cessé d’exciter le tube. De la présence de ces charges positives sur la surface extérieure, il faut conclure à l’existence de charges négatives sur la surface intérieure, même aux points que n’atteignent pas directement les rayons cathodiques.
- Naturellement ces charges jouent un rôle important dans la propagation des rayons cathodiques. Si on relie directement au sol un point de la paroi situé entre K et C ou entre C et E, la répartition des charges se trouve modifiée et le faisceau cathodique se jette de côté; de même si on tire une étincelle.
- Mais il reprend aussitôt sa marche primitive parce que les charges se reforment grâce à l’électricité fournie par la source qui excite le tube.
- Les rayons cathodiques se propagent donc en réalité à l’intérieur d’un champ électrique intense et toute cause qui tend à modifier ce champ tend également à modifier la marche des rayons cathodiques.
- Une de ces causes paraît être les phénomènes cathodiques que tend à produire dans l’intérieur du tube un champ alternatif.
- III. Action des phénomènes cathodiques produits par le champ alternatif. — Les expériences de E. Wiedemann et Ebert ont démontré que partout où des variations de potentiel alternatives se produisent à la surface limite d’un espace raréfié, normalement à cette surface, les phénomènes cathodiques: région obscure, lueurs, rayons cathodiques, apparaissent du moment que la pression du gaz est assez basse, et que le champ possède une énergie suffisante. Mais souvent il est nécessaire que le phénomène soit amorcé (l).
- Or le champ existant entre les armatures du condensateur appliquées sur le tube de Braun possède une énergie suffisante pour illuminer ce tube, quand il a été amorcé par une décharge directe de la machine.
- Des points de la paroi intérieure situés vis-à-vis des points de contact des plaques avec l’extérieur du tube, surtout au voisinage des bords, partent des traînées lumineuses provoquant une phosphorescence du verre, faible à la vérité, mais cependant facilement observable ; ces traînées se propagent jusque dans la partie élargie du tube de Braun, presque jusqu’à l’écran fluorescent. Ces phénomènes cathodiques se produisent dans l’intérieur du tube, même si les plaques sont séparées de la paroi par une bande de caoutchouc.
- E. Wiedemann et Ebert ont montré qu'une région cathodique obscure offre une résistance énorme aux rayons cathodiques émanés d’une autre cathode; ceux-ci tendent à contourner la région obscure. Or dans les expériences qui ont été décrites au début, les oscillations électriques tendent à produire tantôt d’un côté, tantôt de l’autre de la paroi intérieure, une région cathodique obscure, et c’est cette région qui force les rayons cathodiques à se détourner.
- Si les rayons cathodiques subissent une action purement électrostatique, cette action serait trop faible pour être observée dans le tube de Braun. M. L.
- (») Cf. L'Éclairage Electrique, t. XIII, p. 342.
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- CHRONIQUE
- Préparation de la glucine au four électrique. — Il v a quelque temps déjà M. P. LEBEAuindiquait la formation du carbure de glucinium (LEclairage Électrique, t. V, p. 277, 9 novembre 1893) par le traitement au four électrique d'un mélange de charbon et de glucine, cette glucine étant retirée de l'émeraude par un procédé que l'auteur se réservait de déerire plus tard.
- D’aprèsune récente communication à l’Académie des sciences (séance du 25 avril, Comptes rendus, 1. CXXVI, p. 1223), ce procédé consiste à chaufler au four électrique un mélange d'émeraude (qui contient environ 15 p. 100 de glucine) et de carbure de calcium.
- Dans un essai, l'auteur a pris 50 kgr d'émeraude finement pulvérisée et so kgr de carbure de calcium en poudre grossière. Le tout a été placé dans un four à carbure et chauffé une heure et demie avec un courant de 1 500 ampères. La masse refroidie retirée du four, était en apparence assez homogène et bien fondue. Fdle pesait 31,5 kgr et était accompagnée de 58,2 kg de mélange encore pulvérulent n’ayant passuffisamment subi l’action calorifique.
- La matière fondue présente une teinte gris verdâtre. Abandonnée à l'air humide elle se délite et se pulvérise ainsi d'elle-même. Dans ce produit d'altération le glucinium se trouve à l’état d'oxyde hydraté ou de carbure non encore décomposé. Pour en retirer la glucine on peut employer plusieurs modes de traitement.; L’un consiste à faire digérer le produit avec du carbonate d'ammonium, mais ce traitement exige un contact prolongé. Un autre procédé consiste à le traiter par l'acide fluorhydrique ou l’acidc sulfurique; on obtient ainsi rapidement environ 90 à 95 p. 100 de la glucine contenue dans l'émeraude.
- Préparation du silicium au four électrique. — M. Moissan a montré que la silice est réductible par le charbon à la haute température du four électrique [L'Eclairage Electrique, t. X, p. 216, 30 janvier 1897). Les essais de M. Lebeau, faits en vue de retirer la glucine de l’émeraude qui est un silicate complexe renfermant environ
- 65 p. 100 de silice ont montré à ce dernier que ce silicate étaitréductible par le charbon et l’ont conduit à envisager la possibilité d’une préparation industrielle du silicium au moyen de l’émeraude.
- Dans l'un de ces essais l'auteur a opéré sur un mélange de 100 kgr d'émeraude pulvérisée et 50 kgr de coke. Ce mélange, introduit dans un four à carbure de calcium, a été chauffé pendant une heure avec un courant de 1 500 ampères. L’opération a cîû être interrompue par suite d'un accident à la dynamo; toutefois, le temps de chauffe ayant paru suffisant, l'opération n'a pas
- Le produit de l'opération formait deux couches ; l’une supérieure était constituée par une masse fondue siliceuse, inattaquable par les acides et présentant une composition variable suivant que l’échantillon analysé était prélevé à la partie externe ou dans la partie centrale de la masse. La couche inférieure, de plusieurs centimètres d'épaisseur, présentait nettement une cassure cristalline et avait à peu près l’éclat de la couleur du silicium cristallisé. L’analyse d’un fragment fondu pris dans la masse a donné les résultats suivants :
- Silicium.................. 64,1 64,5
- Fer....................... 16,1 15,9
- Cuivre..................... 1,1 1,3
- Aluminium................. 15,4 15,7
- Glucinium.................. 2,3 1,9
- 99--° 99>3
- Le cuivre provenait des électrodes.
- Pour retirer le silicium la substance pulvérisée est traitée parl'acide fluorhydrique, puis par l’acide sulfurique. Le résidu, lavé à Veau, était formé de silicium renfermant 1 p. 100 de siliciure [de carbone. Certains échantillons renfermaient près de 80 p. 100 de silicium cristallisé.
- Étalon photométrique à l’acétylène.— L’emploi de la flamme de l’acétylène comme étalon photographique a déjà été proposé par M. Violle (L'Éclairage Électrique, t. V, p. 178, 332; t. VIII, p. 54). Dans une note récemment communiquée à l’Académie des sciences (séance du 2s avril,
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- Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1192), M.Ch.Féry, dont quelques travaux sur la photométrie de l'acétylène ont déjà été indiqués dans ce journal (t. VIII, p. 54), revenait sur cette application de l’acétylène et décrivait un appareil des plus simples.
- Comme brûleur M. Ch. Féry emploie un tube thermométrique nettement coupé, dispositif déjà appliqué par M. Ducretet à une lampe ordinaire à l’acétylène. Le diamètre intérieur de ce tube est de 0,5 mm, mais, comme l'expérience l’a montré, des écarts de 10 p. 100 dans la valeur de ce diamètre ne produisent que des variations négligeables de l’intensité. 4
- Avec un tel brûleur le débit est très faible (1 à 6 litres à l’heure), et par suite, à moins d’employer des compteurs spéciaux de grande sensibilité, il était difficile de déterminer la courbe de la variation de l’intensité lumineuse avec le débit. Pour cette raison l’auteur a préféré chercher comment cette variation est liée à la hauteur de la flamme, que l’on peut mesurer avec une grande exactitude en projetant la flamme en vraie grandeur sur un verre dépoli divisé. Il a obtenu ainsi une courbe très tendue présentant un point d'inflexion pour une hauteur de flamme d’environ 20 mm et se confondant très sensiblement avec une droite dans le voisinage de ce point d’inflexion, pour des hauteurs variant de 10 à 25 mm. C'est ce qui
- j résulte des chiffres du tableau suivant où sont j indiquées les valeurs observées de l’intensité et I les valeurs calculées en confondant la courbe avec j une droite.
- INTENSITÉ
- 5 mm.... 1,15 lit 0,056 + 0,056
- 10 . 2,02 »» 0.325 0,318 + 0,007
- 15 » 2,80 » 0,670 0,669 + 0,001
- 20 » 3,52 » 1,020 1,020
- 25 4,28 ». 1,380 1,3/2 — 0,008
- 3° 11 5 1,660 I,/24 — 0,064
- 3$ " -6 - » 1,910 2,076 — 0,l66
- Cette propriété de la flamme d’avoir une intensité proportionnelle à sa hauteur dans des limites assez étendues en rend l’emploi très commode ; elle permet en effet de laisser à la flamme une hauteur quelconque mais voisine de 20 mm,.l’intensité lumineuse pour cette hauteur quelconque se déduisant par une simple règle de trois de l’intensité déterminée avec une hauteur peu différente.
- L’auteur n’a pas encore déterminé la valeur absolue de cet étalon; il se propose de la déterminer après avoir étudié l’influence perturbatrice que peuvent avoir les impuretés renfermées dans l’acétylène commercial : azote, ammoniaque, hydrogène sulfuré et phosphore.
- ERRATA
- Dans l'analyse du mémoire de M. J. Lar-mor, « sur la théorie de l'influence du magnétisme sur le spectre, et sur la radiation émise par des ions en mouvement », publiée dans le numéro du 9 avril, t. XV, p. 79, faire les corrections suivantes :
- P. 80, re colonne, formules du milieu et du bas de la colonne, remplacer V par r dans le premier facteur :
- T_r fi f 1 dM , 1 ~|
- P. 80., ire colonne, ligne 14 en remontant, lire M (t) au lieu de M (f).
- P. 80, 2e colonne, ligne 2 en remontant, au
- lieu de — —, lire-----— — u' :
- 3 a 3 a
- P. 81, ire colonne, ligne 8, au lieu de « énergie », lire « inertie »;
- Dans la formule du milieu de cette colonne mettre en exposants les chiffres 2 et 3 mis en indices inférieurs des lettres V et r.
- P. 80, 2e colonne, ligne 16; l’article dont il est question n’est pas celui auquel s’applique l’indication de la ligne 19: il sera publié prochainement.
- Le Géra
- : C. NAUD.
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- Tome XV.
- 14 Mai 1898
- >« Année. — N° 20.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ELECTRICITE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut, — D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des .Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. - - A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- LA POLARISATION ROTATOIRE MAGNÉTIQUE ET L’AXIOME DE CLAUSIUS
- Dans un important mémoire d’optique, Helmholtz (*) a indiqué en quelques mots l’exception à la loi du retour des rayons dans le cas de la polarisation rotatoire magnétique : •
- « Autant que j’en puis juger, la lumière peut subir la réfraction simple ou double, la réflexion, l'absorption, la dispersion ordinairela diffraction, sans que le théorème perde sa valeur; mais elle ne doit subir aucun changement de réfrangibilité ; elle ne doit pas traverser de corps dans lesquels le plan de polarisation tourne sous l'action du magnétisme conformément à la loi de Faraday. »
- Le théorème en question (Wied. Ann., p. 134, § 16 ; Satz I) est le suivant :
- « Lorsque deux rayons de lumière, traversant en sens opposé un nombre quelconque de milieux réfringents isotropes, suivent la même droite sans un seul de ces milieux, ils coïncident partout. »
- Dans son ingénieux mémoire (2) intitulé : « Température et Entropie du Rayonnement »
- (') HtLMHOLTZ, Wissemch.Abhandl.,\. II, p. 136 (1867;, .Manuel d’optique physiologique, Leipzig, 1867, p. 169.
- (2) Annal, dur Physik uni Chetnie. N. F,, t. LU, 1894, P- 132-165.
- M. Willy Wien a décrit un dispositif expérimental capable de mettre bien en évidence la nature de l’exception due aux lots de la polarisation rotatoire magnétique. Je traduis, en abrégeant un peu f1) :
- « Un faisceau de lumière parallèle, naturelle, émane d’une source enfermée dans une enceinte imperméable à la chaleur, et n’en peut sortir qu’en traversant un nicol (I); on suppose que le rayon réfléchi totalement, au lieu d’être absorbé par un enduit de noir de fumée comme dans les niçois ordinaires, tombe normalement sur un miroir, revient sur le nicol, y subit de nouveau la réflexion totale et est ainsi renvoyé intégralement à la source.
- » Le faisceau polarisé qui a traversé le nicol (I), sort de l’enceinte, traverse un milieu non absorbant, situé dans un champ magnétique, et tombe sur un second nicol (II), qui fait avec le premier un angle s. Le plan de polarisation ayant tourné d’un angle a dans le champ magnétique, fait avec le nicol (II) l’angle (s —a).
- » Soit q le flux d’énergie transporté en une seconde le long du faisceau parallèle;'le premier nicol en renvoie la moitié à la source,
- (') Loc. cil., p. 143-146.
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- et laisse sortir l’autre moitié, . Le celle-ci une partie -£-cos2 (s — x) traverse seule le second nicol pour pénétrer dans une seconde enceinte. »
- Imaginons maintenant que la source soit dans la seconde enceinte, au lieu de la première : la rotation magnétique a n’a pas changé de sens; mais l’angle du nicol I qui est maintenant analyseur, avec le nicol il qui est devenu le polariseur, est — s. La fraction d’énergie rayonnante qui traverse fout l’appareil est maintenant cos2 (t -j- x).
- « On a fait abstraction des réflexions à la surface des milieux transparents ; un choix convenable de ceux-ci peut la rendre négligeable. »
- Je traduis maintenant textuellement : « Deux corps de même température ne s’en-« voient donc pas l’un à l’autre des quantités « de chaleur égales. Le corps I conserve
- *--f cos* (s-«) + -f-COS>(e + «)
- « le corps II conserve
- 5-y cos* (*+«)+y cosM-— «)•
- « .La différence
- q [cos8 (s — a.) — cos8 (s + «)]
- ce atteint sa plus grande valeur pour s — -j-« à a constant. Cette valeur çsin 2 x est elle-« même maximum et égale à 2 q, pour
- a ~4 ‘ “
- J’abrège de nouveau :
- « Nous pouvons par cet arrangement faire passer de la chaleur d’un corps froid à un corps chaud ; il suffit de prendre des sources de petite dimension au foyer d’une lentille de sel gemme, pour produire les faisceaux parallèles.
- »’ Le corps I conserve
- et reçoit
- y cos* (« + ,);
- au total,
- » Le corps II
- ?.-f-COS* («+») +y cos* (B — »).
- » L’excès transporté du corps I au corps II
- ?ï — ïi + ?i cose (s — «) — q9 cos2 (s + a)
- ou
- sin8 (s + x) — qx sin8 (e — a),
- et cet excès peut être positif, même si le corps I est le plus froid, q, <q%.
- » Dans le cas le plus favorable,
- E—T’ “ —T’
- cet excès est égal à quel que soit qv »
- Suivent quelques considérations que je crois inutile de reproduire.
- « A ce transport de chaleur d’un corps froid à un corps chaud, il faut trouver une compensation dans un phénomène nouveau accompagnant le passage de la lumière dans un milieu aimanté : réchauffement du milieu aux dépens de l’énergie magnétique.
- « L’hypothèse la plus probable me semble v être que la lumière détruit l’aimantation du « milieu et transforme l’énergie magnétique « en chaleur. Pour conserver le champ cons-« tant, il faudrait renouveler incessamment « l’aimantation; ce phénomène serait à rap-« procher de la dépense d’énergie nécessaire « pour le maintien d’un courant électrique. « Il dépendrait de l’intensité de la lumière. »
- « Les expériences connues ne permettent pas de répondre à cette question; les théories de la polarisation rotatoire n’indiquent rien.
- » En note : Pour donner une indication sur ce sujet, les théories devraient mettre en évidence les actions mutuelles entre le véhi-
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- >67
- cule de l’énergie 'lumineuse et les particules pondérables du milieu aimanté. La théorie du magnétisme moléculaire développée par M. F. Richarz (') fournirait un « bon point de départ ».
- Bien d’autres théories pourraient être mises au même rang que celle de M. Richarz : celle de Maxwell sous la forme que lui a donnée M. Potier, celle de Lorentz, pour ne citer que les principales.
- Mais avant de pousser plus loin la discussion des conséquences qu’aurait le succès de l’expérience décrite, il faut l’étudier de plus près. Pour qu’aucune absorption n’entre en jeu, des réflexions multiples sont nécessaires ; il faut examiner comment elles modifient les résultats.
- Imaginons donc un arrangement entièrement correct :
- Source monochromatique (fig. 1). — La source S de très petit volume est placée au
- foyer principal d’un miroir concave Mj argenté; ses radiations tombent sur un prisme P non absorbant pour la longueur d’onde qu’on veut étudier, puis sur un second miroir concave M» au foyer duquel se trouve un écran réfléchissant percé d’un trou, que traversent seules les radiations de longueur d’onde déterminée À. Celles-ci tombent sur un troisième miroir concave qui- les rend parallèles.
- I Münch. Ber., 24-1893.
- Cet ensemble d’appareils enveloppé d’une enceinte argentée, imperméable à la chaleur constitue l’une des sources de rayons parallèles monochromatiques.
- La seconde source constituée de même, émet des radiations de même longueur d’onde. La marche des rayons en sens inverse est exactement la même. Seuls, des rayons de même direction et de même longueur d’onde que les rayons émergents sont concentrés sur la source à travers tout l’appareil dis-persif. *
- Prenons pour polariseur(fig. 2) une pile de lames de même matière que le prisme dis-persif, et munissons-la de deux miroirs m,, m't perpendiculaires aux rayons réfléchis sur l’une et l’autre de ses deux faces, et provenant les uns de la source S,, les autres de la source S2.
- Constituons de même le second polariseur, et interposons entre eux la substance douée du pouvoir rotatoire magnétique.
- Soit s l’angle des deux polariscurs, a la rotation magnétique.
- Suivons maintenant la marche de la lumière de longueur d’onde Xdont la source S, envoie une quantité ql à travers l’ouverture de son enceinte.
- Une quantité est réfléchie par le polariseur par le miroir mi puis de nouveau
- par le polariseur pt et revient à la source.
- Une quantité traverse le polariseur, polarisée dans l’azimuth o; après avoir traversé le champ magnétique, elle est polarisée dans l’azimuth a, et elle tombe sur l'analyseur/?*. Une partie cosj (a — 1) traverse l’ana-
- lyseur^; elle'est absorbée par la source S„.
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- Le reste, r\ — — sin* (a— s), est polarisé dans l’azimuth — -f- e, se réfléchit sur l’analyseur p„ sur le miroir revient se réfléchir sur l’analyseur p'i et retourne vers la source en traversant le champ magnétique.
- Cette quantité de lumière sin2 (a— s) est polarisée dans l’azimuth ~ -(- £ + a. quand elle arrive sur le polariseur pr Celui-ci en laisse passer une partie qui retoürne à la source Sj, et réfléchit
- est évidente, et donne
- La loi des rayons transmis à la source S2
- )
- )
- nous donne de même («> 1)
- Cette quantité de lumière polarisée dans l’azimuth —, réfléchie sur le miroir wq, le polariseur p,, traverse de nouveau le champ, allant vers la source S,, et arrive sur l’analyseur p„ polarisée dans l’azimuth ——f~ a. Celui-ci en laisse passer la quantité
- il-sin*(«-s) sin*(^ + s + «)
- c°4^—
- -ii. sin1 (a — s) COS2 (3£ -f e)
- [COS (a + e) COS (a—E)].a““‘I.
- et en réfléchit la quantité
- C’est la somme de. toutes ces quantités qui est effectivement envoyée
- par la source Sj à la source Ss. Tout le reste revient sans absorption à la première source. On a donc :
- Ce reste subit le même sort que la quantité r'j, et après deux traversées du champ magnétique fournit un faisceau transmis par l’analyseur p,x
- Ql = -7- COSs (« - 8)
- _ sin* (3 - S) cos-* (« + s) [cos (a + s)
- cos {«— =)]=“- + ou
- et un faisceau réfléchi par cet analyseur
- La loi des faisceaux réfléchis successifs
- 2 t-COS2(* + £)COSV-;2(*-e)sm2(«+s) + cos2(*
- +E + ‘
- Cette expression complète est tout à fait différente de celle qu’adonnée M. W. Wien. Par suite des réflexions multiples qui sont nécessaires si l’on veut suivre toute l’énergie rayonnante, sans aucune absorption, l’expres-
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- sion Q de la chaleur envoyée par la source S, à la source S2, contient symétriquement les angles a— s, a-i- s.
- Par conséquent, la même expression convient pour la chaleur envoyée par la source S2 à la source S, en sens inverse, avec un facteur au lieu de qr
- D’ailleurs, au point de vue de la marche géométrique de la lumière, pour que la source S2 reçoive exactement tout le faisceau émis par la source S15 il faut que les sources SJ5 S„ soient exactement les images l’une de l’autre, à travers tout le système optique et que les diaphragmes et ouvertures des lentilles se correspondent exactement, ainsi que l'intervalle des longueurs d’onde transmises A, 1 + d'h.
- Lorsque cette condition est satisfaite, on sait que le rapport : qt, est égal au rapport des éclats des deux sources pour la longueur d’onde considérée, et ne dépend plus que des températures des deux sources. Par conséquent deux sources à la même température sont en équilibre
- Il est d’ailleurs très facile de mettre en évidence ce résultat dans le cas particulier que la théorie de M. Wien faisait considérer comme le plus favorable.
- L’énergie — émanée de la source S, à travers le polariseur^, arrive sur l’analyseur polarisée dans son plan (I) (fig. 3) et est totalement transmise. L’énergie émanée de la source S2, à travers le polariseur pî tourne de 450 à travers le milieu magnétique et arrive polarisée dans un plan (II) perpendiculaire au polariseur px ; il n’en passe rien à la source S,. L’erreur de M. Wien est de croire qu’elle revient à la source S$. j Polarisée dans l’azimuth-^-, elle est tota- I
- lement réfléchie par le polariseur traverse le milieu magnétique, en sort polarisée dans l’azimuth — -j- — (IL), à angle droit de l’analyseur pl ; rien ne traverse donc cet analyseur pour atteindre la source S8. Tout est réfléchi et retourne vers la source S,;
- ; 'i,m
- (Eli
- Kg- 3-
- à la sortie du milieu magnétique l’azimuth de polarisation est-^ + ^j- + ~ ou - (II"). Tout traverse donc le polariseurpt et arrive à la source Sr La source S2 envoie donc à la source St, après trois trajets successifs, exactement la même quantité de chaleur que si le milieu magnétique et l’analyseur p2 n’existaient pas.
- Cet exemple met bien en évidence la nature du lapsus commis par M. W. Wien :
- Entre deux sources à égale température qy = q^ la polarisation rotatoire magnétique ne permet donc aucun échange. Conformément à l'axiome de Clausius, la chaleur passe de la source chaude à la source froide. Il n'y a donc pas lieu de spéculer sur les conséquences d'un écart apparent, et d'imaginer pour établir la compensation une sorte de conductibilité magnétique des milieux éclairés.
- M. Brillouin,
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- L’USINE D’ÉLECTRICITÉ DU QUAI JEMMAPES
- La Compagnie Parisienne de l’air comprimé a établi en 1895 une usine centrale d’électricité, destinée à alimenter tout le secteur qui lui est concédé.
- Nous avons pensé qu’il serait intéressant pour nos lecteurs de leur faire connaître en détail cette magnifique installation, nous réservant de leur retracer dans un de nos
- prochains numéros les différentes phases par lesquelles ce secteur a dû passer pour arriver à être ce qu’il est aujourd’hui, c’est-à-dire un tout uniforme permettant une bonne exploitation.
- Considérations générales. — La partie principale du secteur de la Compagnie Pari-
- sienne occupant le cœur de Paris, il était difficile, sinon impossible, d’installer l’usine génératrice au centre même de la plus grosse consommation.
- Le prix des terrains, les difficultés et frais de transport de la houille et celles de se procurer l'eau nécessaire à la condensation ont conduit à s’éloigner jusque sur les bords du canal Saint-Martin.
- Là le charbon arrive par bateau, et quand on songe au chiffre énorme de consommation de houille qui sera atteint lorsque l’usine sera complète : environ 140 tonnes par jour, on comprend facilement l’importance du choix de ce terrain.
- La figure 1 donne la vue en plan de tous les bâtiments, prise au niveau de la salle des machines.
- L’usine se compose essentiellement du bâtiment des machines et générateurs contournant le terrain en forme de U dont les deux branches sont tournées vers le canal ; d’un grand corps de bâtiment en bordure sur le canal, et composé de deux ailes et d’une partie centrale.
- Dans les ailes sont disposées des salles d’atelier et d’accumulateurs; au centre le bâti* ment d’administration, logements du directeur et contremaîtres.
- Enfin, au milieu, le bâtiment des services
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- accessoires, entouré d’une cour circulaire, le séparant des autres bâtiments et surmonté d'un campanile dominant l’ensemble de l’usine, où sera installé un phare.
- Ce bâtiment contient les pompes éléva-toires, les épurateurs et filtres d’eau d’alimentation, les monte-charges et élévateurs pour le charbon, et un atelier de réparations.
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- Dans le but d’une utilisation meilleure duj terrain les machines ont été placées au rez-de-chaussée et les générateurs au premier étage, les soutes à charbon et l’approvisionnement du combustible au-dessus des générateurs.
- La salle des machines, d’une largeur de 14 mètres et d’une hauteur de 11 mètres, est partagée en travées par des colonnes en fonte
- creuses, supportant en même temps le lourd plancher des générateurs. Des expansions de ces colonnes portent les fers de roulement des ponts rQulants.
- Chaque travée est occupée par un groupe complet, la machine à vapeur et sa dynamo; le batiment complet comprendra 23 travées semblables pour 23 machines. A l’extrémité de la salle des machines se trouve le tableau
- de distribution pour le couplage des dynamos au-dessous les bureaux des contremaîtres.
- Au-dessus de la salle des machines dans le local des générateurs, une disposition analogue a été employée : les générateurs sont sectionnés en groupes de quatre, chaque groupe gravit autour d’une colonne de la salle des machines.
- De cette façon un groupe complet machine et chaudières peut prendre place dans le sens de la hauteur. L’avantage de cette manière de procéder est très grand au point de vue des agrandissements au fur et à mesure des besoins.
- Le plancher de la salle des générateurs a été l’objet d’une étude spéciale dans le but d’éviter les écoulements d’eau dans la salle dès machines.
- Au-dessus d’un groupe de quatre chaudières se dresse une cheminée en tôle de 2 m de diamètre et 20 m de hauteur.
- Chaque travée de l’étage des générateurs est munie de deux soutes à charbon se déversant par une cheminée verticale, automatiquement devant les portes de chargement de ces générateurs.
- Au-dessus des générateurs se trouvent les I réservoirs d’eau épurée construits en ciment
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- armé; il y en a un par travée; sa contenance est de 20 mètres cubes.
- Le sous-sol du bâtiment des machines est en partie comblé par les massifs de maçonnerie qui les supportent. Une galerie donne passage aux câbles réunissant les machines au tableau de distribution.
- A la hauteur du premier étage du bâtiment central se trouve une galerie vitrée qui communique avec le tableau de la salle des machines par un escalier ; elle contient le tableau de départ des feeders alimentant les sous-stations.
- Ces câbles descendent dans un deuxième sous-sol donnant accès à une vaste galerie qui passse sous le quai Jemmapes. C’est de cette galerie que les câbles entrent en terre pour aller aux sous-stations.
- Les figures 3, 4, 5, 6, donnent différentes coupes d’élévation des bâtiments tels qu’ils seront lorsque l’usine sera complète.
- Le bâtiment qui se trouve au milieu de l’usine contient, ainsi que nous l’avons vu, tous les services accessoires de l’usine :
- Les pompes élevant l’eau d’alitnentation dans les réservoirs d’eau non épurée au-dessus des épurateurs ;
- Les épurateurs du système Dervaux ; les élévateurs et monte-charge pour le service du charbon.
- Ce bâtiment est réuni au
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- bâtiment des machines par deux passerelles, dont l'une au niveau des générateurs pour l’évacuation des scories, et l’autre au niveau des soutes pour l’approvisionnement du combustible.
- Tous ces bâtiments sont parfaitement éclairés et toutes les précautions de sécurité sont prises tant au point de vue de l’étanchéité de tous les réservoirs qu’au point de vue de la sécurité du personnel.
- de 27600 chevaux, soit 17250000 watts.
- . Les chaudières, au nombre de 92, pourront donner un total de 230000 kgr de vapeur par heure»
- Ces chiffres font ressortir ce que sera la puissance de production de l’usine du quai Jemmapes.
- Actuellement il y a cinq ensembles qui sont montés depuis l’année dernière ; deux sont actuellement en montage ce qui portera à sept le nombre de machines disponibles pour l’hiver 1898.
- La construction du bâtiment se poursuit
- Matériel mécanique et électrique. — Considérations générales. — Disons d’abord que tout le matériel tant mécanique qu’électrique a été fourni par la Société alsacienne de constructions mécaniques et construit par elle dans ses ateliers de Belfort.
- L’usine du quai Jemmapes est prévue pour vingt-trois groupes électrogènes, chacun d’une puissance de 1 200 chevaux qui donneront ensemble une puissance totale
- en ce moment pour tout le côté gauche, c’est-à-dire qu’il y aura place pour 10 machines.
- La figure 7 donne une vue intérieure de la salle des machines.
- Nous allons décrire successivement les parties les plus importantes du matériel mécanique et électrique.
- U Chaudières. — Les chaudières (fig. 8) sont du type multitubulaire à faible volume d’eau, construites par la maison Delaunay-Belleville à Saint-Denis.
- Sous une pression de 12 kgr par cm2 la
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- production de chacune d’elles est de 2 500 kgr de vapeur.
- Trois des chaudières d’un ensemble électrogène suffisent pour en assurer le service.
- L’alimentation est continue et automatique elle se fait par deux pompes type Belleville par groupe de chaudières ; une de ces pompes est de rechange.
- Chaque chaudière est munie d’un réchauf-
- feur d’eau d’alimentation et de sécheur de vapeur.
- 20 Machine à valeur. — La machine à vapeur est du type vertical compound à condensation avec distribution Corliss.
- A une pression de 8 kgr par centimètre carré elle peut fournir 1200 chevaux effectifs à 70 tours par minute. Cette vitesse réduite donne une grande sécurité.
- Fig. 6. — Coupe transversale par le belvédi
- Les dimensions principales de chaque machine sont les suivantes :
- Diamètre du petit cylindre . . . 0,800 — du grand cylindre. . . 1,350
- Course des pistons...............1,200
- Diamètre du volant...............5,700
- Les cylindres sont à enveloppe de vapeur; l’enveloppe du petit cylindre reçoit directement la vapeur des chaudières; l’enveloppe du grand cylindre constitue le réservoir intermédiaire entre les deux cylindres. Ces enve-
- loppes sont munies de purgeurs automatiques.
- Les cylindres sont supportés par des bâtis massifs reposant sur deux socles en fonte boulonnés entre eux et solidement entretoisés. Ces socles portent, venus de fonte, les paliers intermédiaires de l’arbre moteur.
- Les bâtis portent des glissières alésées entre lesquelles glissent les coulisseaux des crosses reliant les bielles aux tiges de pistons, ce qui assure un guidage parfait de ces dernières.
- La distribution se fait pour chacun des
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- cylindres par quatre obturateurs circulaires, I La commande des deux distributeurs d’ad-deux à la partie supérieure pour l’admission, mission au petit cylindre comporte un dispo-et deux pour l'échappement. I sitif a déclic et dash-potde rappel. La durée
- d'enclenchement du déclic est déterminée par le jeu d'un régulateur à boules très sensible actionné par l’arbre de la machine à L’aide d'une chaîne de Gall. Les quatre distribu-
- teurs de chacun des deux cylindres sont actionnés séparément par deux excentriques spéciaux.
- L'arbre moteur, en acier doux forgé, est
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- formé de deux parties assemblées par des I io tonnes, porte d'un côté le volant pesant plateaux boulonnés venus de forge. Cet arbre 31 tonnes et de l'autre l’induit de la dynamo, d unelongueurtotale de 9 m et d’un poids de 1 L’arbre est porté par six paliers, dont
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- quatre font partie du socle, un cinquième du côté du volant et le sixième du côté de la dynamo; tous sont garnis de métal anti-friction et ont une circulation d’eau froide.
- La pompe à air du condenseur, placée à côté de la machine à vapeur, est actionnée par un renvoi pris sur la crosse de la tige du piston et articulé sur le bâtis.
- durand cyfin
- Fig. 9 à 12.— Vues des ensembles de i 200 chevaux. — Coupe; plan; vue de côté volant; vue de côté dynamos.
- Chaque machine est munie d’une conduite d’échappement permettant l’évacuation à l’air libre ou au condenseur.
- Les escaliers et une vaste plate-forme à
- l’endroit des cylindres complètent l’arrangement de la machine en rendant accessibles tous les organes, et permettent la visite et le graissage de toutes les pièces.
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- Ajoutons que des graisseurs automatiques à compte-gouttes entretiennent une lubrification constante de tous lesfrottements, particulièrement des cylindres, crosses de pistons et paliers, et en empêchent les grippements et leséchauf-fements.
- Les essais faits sur ces machines ont donné une consommation de vapeur de 6,57 kgr par cheval indiqué sur l’arbre et 11,2 kgr par kilowatt.
- Fig. 13. — Étoile porte-induit
- L’induit en forme d’anneau Gramme tourne à l'extérieur du système inducteur, il comprend principalement une grande étoile en fonte à 39 bras clavetée sur l’arbre de la machine à vapeur.
- La construction de cet induit est assez particulière et nous avons pensé qu’il était intéressant de faire connaître aux lecteurs de ce journal les détails que le constructeur a bien voulu nous donner à son sujet. Disons d’abord que l'étoile 39 bras constitue
- 3a Dynamos.— L dynamo (fig. 9 à 12
- est d’un type spécial pour accouplement | une très belle pièce de moulage et qu’elle direct, a pôles intérieurs et à collecteur extérieur; les grandes dimensions données à l’induit permettent d’atteindre une vitesse périphérique suffisante tout en ne tournant qu’à 70 tours.
- Le système inducteur formé de douze pièces polaires en acier doux est fixé directement sur le socle de la machine à vapeur; chaque pièce polaire reçoit un enroulement préparé sur une carcasse en
- tôle, et l’épanouissement de ces pièces fait I même temps la distance du noyau de tôle face à la surface intérieure de l’induit. I au plan des bras de l’étoile.
- construction.
- coulée d’une seule pièce dans les fonderies de la Société Alsacienne à Belfort.
- Son poids est de 7 500 kgr et son diamètre d’environ 4 in.
- Lafigure adonne une vue de l’étoile, elle est suspendue au pont roulant de l’atelier.
- Chaque bras de l’étoile porte à son extrémité une tige d’acier munie d’un manchon en bronze qui lui sert d’appui et
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- Ces tiges sont isolées de la masse de l’étoile au moyen de tubes et rondelles en matière isolante.
- Le noyau de l’induit est formé par un assemblage de tôles d'acier extra-doux de 5 mm d’épaisseur, découpées suivant le même gabarit. Chaque tôle, plaquée sur une de ses faces d'une feuille de papier induit de
- gomme laque est percée de trois trous dont l’écartement correspond à celui dès tiges d’acier de l’étoile; il faut donc 13 tôles pour faire le tour de l’étoile.
- La deuxième couche est placée de la même manière, mais en couvre-joint sur les premières; on continue ainsi jusqu’à ce que le noyau ait atteint l’épaisseur voulue ; le tout
- Fig. 15. — Vue d’un induit de machine
- est alors fortement serré à l’aide de rondelles de bronze et d'écrous placés sur les tiges d’acier précédemment décrites.
- La figure 14 montre un tel induit en construction dans les ateliers de la Société Alsacienne.
- L'induit ainsi préparé est isolé par une couche de papier d’amiante et est prêt à recevoir l’enroulement, qui est formé par l’assemblage d’une série de barrettes à section rectangulaire, les unes recourbées en forme de U,, les autres droites en nombre égal aux premières..
- Les barrettes sont assemblées les unes aux
- en construction. Tournage du collecteur.
- autres et isolées entre elles de -manière à former une spire continue dont les tranches extérieures non isolées forment le collecteur sur lequel viennent frotter les balais; l’induit ainsi construit est ensuite mis sur un tour pour arrondir le collecteur; la figure 15 montre ce travail et le dispositif employé pour faire tourner l’induit.
- Les balaispour recueillir le courant sont portés par un support spécial appelé étoile porte-balais (fig. 16). Cette étoile constitue la plus grande pièce de la machine ; son diamètre est de 4,50 m environ.
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- C’est une étoile à 12 branches; chaque branche porte à son extrémité une tige isolée de l’étoile et disposée de manière à tourner dans sa douille. Les douze tiges sont solidaires les unes des autres et reliées à un jeu de leviers qui permettent de les faire tourner. Ce mécanisme a pour but de régler la pression des balais sur le collecteur ou même de les lever complètement.
- Cette étoile est portée par le palier extrême de la machine.
- Les porte-balais sont composés de ressorts à lames fixés sur la tige et d'une coulisse dans laquelle vient se loger le balai.
- Ces balais sont en métal plus mou que le collecteur.
- Enfin toute l’étoile elle-même est mobile autour de son axe, de façon à produire le décalage des balais.
- La réaction d’induit dans ces machines étant très faible, le décalage des balais pour les variations déchargé est insignifiant.
- Nous donnons dans le tableau suivant les constantes principales de ces dynamos :
- Induit.
- Vitesse angulaire, en tours : minutes . . 70
- Diamètre extérieur de l’anneau, en mè-
- Diamètre intérieur de l’anneau .... 3,42
- Vitesse linéaire à la périphérie de l'anneau, en mètres : secondes................. 14
- Différence de potentiel aux balais, en
- volts...........................500 à 600
- Longueur de la génératrice induite, en
- mètres............................... 0,50
- Section du fer de L'anneau, en centimètres
- carrés.............................. 710
- Nombre total de spires..............2268
- Section d’une spire, en millimètres carrés 60
- Courant dans une spire de l’induit, en ampères .................................... 125
- Densité de courant en ampères : millimètres carrés................................. 2
- Résistance de l'anneau, à 40° C, en ohms. 0,006 Puissance dépensée dans l’anneau, en kilowatts. à 500 volts, à 6uo volts.
- Effet Joule............. 13.5 8,7
- Hystérésis.............. 6,8 8,9
- Courant de Foucault. . . 1,0 1,4
- 21,3 . l9>°
- Inducteurs.
- Section du fer des noyaux, en centimètres
- carrés...................................2100
- Section de î’acier dans la culasse, en centimètres carrés..........................1100
- Longueur du noyau, en centimètres. . . 45
- Surface polaire, en centimètres carrés. . 3600
- Entrefer, en centimètres................... 4
- Courant maximum dans l’inducteur, en
- ampères................................... 25
- Résistance totale des bobines, en ohms . 24
- Section du fil. en millimètres carrés. . . 21
- Densité du courant, en ampères : millimètres carres............................. 1,
- Puissance maxima dépensée dans l’excitation, en watts...........................1500
- Puissances. Rendement.
- Puissance disponible dans le cir-
- cuit extérieur, en kilowatts. . 750 720
- Puissance dépensée dans la ma-
- RP inducteur, en kilowatts. x 1,5
- RI2 induit, en kilowatts. . . 13,5 8,7
- Hystérésis.............. 6,8 8,9
- Courants de Foucault ... 1,0 1,4
- Total........ 22,3 20,5
- Rendement électrique, en p.100...............
- La pièce la plus lourde de chaque dynamo est l’induit, qui pèse 18 tonnes. Il a fallu faire un wagon spécial pour le transporter par chemin de fer de Belfort à Paris.
- •La figure 17 montre ce wagon avec un anneau prêt à partir.
- Le camionnage dans Paris n’a pas été des moins curieux; un chariot spécial a été construit. La figure 18 montre le chariot attelé d’une vingtaine de chevaux, au passage du boulevard de la Villette.
- L’ensemble électrogène ainsi décrit peut débiter 750000 watts, sous une tension variant de 500 à 600 volts, et à la vitesse de 70 tours par minute.
- Total. . .
- 4° Tableau de distribution des machines. — Nous parlerons maintenant du tableau de
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- distribution, des différents couplages des machines et des feeders.
- ün accède a ce tableau qui est disposé à la hauteur d’un premier étage par deux escaliers ; l’emplacement est large et les électriciens ne sont pas gênés dans les manœuvres, du reste fort simples.
- L'aspect général comprend, à la partie su-
- périeure, xopanneaux d’égale grandeur, io en soubassement, et un au milieu, plus grand, qui porte les voltmètres.
- La figure 19 montre la partie gauche de ce tableau.
- Chaque panneau comprend les appareils nécessaires à un ensemble, soit :
- Sur la partie inférieure :
- Fig. 16. — Étoile porte-balais.
- Le commutateur pour rhéostat d’excitation. Sur la partie supérieure :
- Un interrupteur à volant pour 1 800 ampères ;
- Un interrupteur automatique à inversion de courant pour la même intensité ;
- Un ampèremètre ;
- Un commutateur de voltmètre et un jeu
- de boutons pour les signaux dont nous parlons plus loin.
- Les interrupteurs ordinaires, avec volant en aluminium, sont constitués par un double jeu de balais en cuivre dont les extrémités recourbées viennent s’engager dans des mâchoires diamétralement opposées; l’une des mâchoires est reliée à un pôle dejla
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- dynamo, l’autre au rail de môme polarité. I donne une vue d’ensemble, a pour butd’iso-L’interrupteurautomatiquedont la figure2o | 1er automatiquement une machine des rails
- lorsque par suite d’une circonstance quelcon- i Cet appareil prend pour une intensité pa-que il se produit une inversion de courant et reille de i 8oo ampères, des proportions assez que la machine tend à devenir réceptrice. | considérables; il se compose essentiellement
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- T. XV. — Nu 20.
- naire. Cet interrupteur peut s’ouvrir brusquement par la chute d’un poids enclenché par un doigt métallique, qui est commandé
- languette polarisée prise entre les pôles d’un électro-aimant. Cet électro est traversé par le courant extérieur et toujours dans le même sens. On comprend facilement que si pour cause quelconque le courant change de sens dans les électros, la languette est attirée de l’autre côté et dégage le doigt qui maintient le poids; celui-ci libre vient buter contre les balais de l’interrupteur qui s’ouvre sous l’action du choc.
- Chaque appareil est contrôlé journellement à l’arrêt de la machine; il suffit en effet de ralentir la vitesse jusqu’à ce que la dynamo commence à devenir réceptrice et à laisser fonctionner le disjoncteur automatique.
- Disons encore que chaque machine est reliée au tableau par quatre câbles de 750 mm'2 armés, deux pour chaque pôle.
- La figure 21 donne le schéma des connexions du tableau des machines de l’usine.
- 11 nous reste à parler des appareils de signaux permettant de transmettre du tableau les ordres à chaque machine sans cris ni aucun appel.
- Le jeu de boutons placé devant le tableau de couplage d’une machine communique à un tableau indicateur placé en face de la même machine.
- Chaque tableau comprend des de différentes couleurs et des lampes qui peuvent être allumées du tableau de couplage en pressant sur le bouton de même couleur et qui font apparaître les inscriptions de marche : Montez—'Baissez—Arrêt. Des communications faciles sont établies entre la salle des machines et la salle des chaudières, et nous avons pu voir la rapidité avec laquelle les ordres sont transmis et exécutés, en constatant qu’il s’écoulait
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- à peu près deux minutes entre le premier commandement aux chaudières pour qu’un ensemble soit mis en route, la machine excitée et qu’elle donne du courant.
- 5Ü Tableau des feeders. — Ce tableau
- (fig. 22) est placé dans la galerie vitrée derrière le bâtiment d’administration.
- Il y a vingt panneaux correspondant à vingt groupes de deux câbles de 1 000 mm2 devant rejoindre les sous-stations.
- Chaque groupe comprend quatre interrup-
- Fig. 19. — Vue d’ensemble du tableau de couplage des dynamos.
- leurs, un ampèremètre et chaque série de câbles desservant une sous-station possède un commutateur pour le rhéostat de réglage des feeders.
- Le réglage du courant à envoyer dans les sous-stations se fait en couplant en quantité sur les sous-stations un nombre différent de
- câbles; mais ce réglage n’est pas encore suffisant, surtout tant que le nombre des câbles feeders sera faible. On complète alors ce réglage par l’emploi d’un rhéos.tat établi pour l’introduction graduelle d’un câble. Nous reviendrons là-dessus dans la description du système de distribution.
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- En suivant les indications du voltmètre on peut donner à chaque sous-station la tension qui lui est nécessaire et par cela
- Fig. 20. — Vue d'ensemble d’un interrupteur automatique.
- même corriger la perte de charge dans les feeders et dans le réseau.
- Une galerie assez large a été ménagée derrière les tableaux pour l’arrivée des câbles et les barres collectrices.
- Les barres sont portées par des isolateurs
- en porcelaine qui sont eux-mêmes supportés par des fers fixés à la charpente; elles forment pour chaque pôle une section de i 8oo mm2
- Fig. 2i. — Schéma du tableau d’ensemble des machines de l’usine.
- mais leur montage collectif ne se fait qu’au fur et à mesure des besoins.
- Enfin nous ne quitterons pas l’usine Jem-
- Fig. 22. — Schéma du tableau de départ des feeders.
- mapes sans dire au lecteur combien on se sent émerveillé par la grandeur de cette installation, ou tout est construit et étudié en prévision des forces considérables qui sont mises en jeu.
- J. Reyval.
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- DÉCOMPOSITION DES ONDES ÉLECTRIQUES QUELCONQUES
- EN OSCILLATIONS ÉLÉMENTAIRES
- Les courbes des valeurs instantanées de la différence de potentiel entre les bornes des alternateurs ont généralement une forme qui, ne ressemble guère à la forme typique : la sinusoïde. On sait que le fonctionnement des appareils électriques à courant alternatif dépend à un haut degré de la forme de ces courbes, et plusieurs des ouvrages techniques publiés dans les dernières années se sont occupés de différents problèmes concernant ces courbes; un point néanmoins est resté sans être résolu : c’est leur décomposition en oscillations sinusoïdales simples.
- Nous voulons essayer de développer dans cette note une méthode graphique à l’aide de laquelle on est en état de décomposer une courbe faussée par un procédé assez simple pour qu’il puisse être appliqué en pratique.
- Pour ne pas être trop compliqué, supposons d’abord que la courbe que nous voulons décomposer est symétrique, c’est-à-dire que son équation est de la forme bien connue :
- e, sinx + e3 sin 3 * + <4 sin 5 * + - ()
- En négligeant les oscillations dont la fréquence est supérieure au quintuple de celle de la première, ce qui est généralement permis, vu que ces grandeurs sont très petites, nous obtenons l’équation approchée
- Ex = e, sin x + sin 3 x -f sin 5 x. (i«)
- Prenons maintenant pour l’angle x les valeurs 90° + x et 450 -j- x; nous avons
- la dernière équation prendra la forme :
- Formons la somme
- 5 x)
- Ex + E9o-x + ^2 E45+*;
- nous arrivons alors à la relation
- E* 4- E30 E 45 4-* = 2 (sin x + cos x)
- ou bien à la suivante :
- 2 e, sin (45° +*) = ~ÿ=~+ ^7=4+ E45+ *
- Cette dernière équation nous permet d’obtenir aisément l’amplitude ev.
- La figure 1 représente la courbe donnée E*
- E45-k.v = sin (450 T x) - e„ sin (— 45° -f 3 x)
- — ei sin (45° + 5x).
- Par suite de l’égalité
- en coordonnées polaires. Pour simplifier la construction, nous prenons l’angle x égal à des multiples de —. Si OAreprésente K*, OB représentera E904-* et OC la quantité E4ô-k*. En projetant les rayons OA et OB sur le vcc-
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- teur OC et en formant la somme OA7-f OB7 ~f-OC, nous obtenons la longueur
- Ex Eao-j-x ^
- OD — . -p ^ + E45 + x,
- c’est-à-dire :
- OD = 2el sin (45° -f x).
- Il est facile de voir que si nous répétons notre construction pour d’autres valeurs x, nous obtiendrons une série de points D placés tous sur un cercle du diamètre OD'= 2 e, — 2 x 63,5,
- l’angle ODD7 étant droit.
- En réalité, les points I) s’écarteront, plus ou moins de leur place géométriqueparsuite des erreurs qui se glissent inévitablement dans la construction de la courbe E*, par les méthodes connues.
- La construction décrite est particulièrement simple pour les valeurs # = o° et ^ = 45°, car dans le premier cas on a E* = o, dans le second EAr = E9o + ^.
- Pour obtenir les amplitudes e3 et e3 des oscillations plus élevées, nous traçons le cercle ei de diamètre OD'' — — OD7 —- er La distance aA représente alors la valeur e3 sin 3.V+ sin 52;, et la distance bB la valeur — e3 cos 3-v-j- e5 cos 5#.
- Nous avons donc, en désignant aA par tx et bB par e90 + x, les relations suivantes :
- tx = e3 sin 3 •** 4- e„ sin 5 x et
- £9o + x — — e3 cos 3 x + es cos 5 x.
- Pour obtenir de ces deux équations les amplitudes e3 et es, multiplions la première par cos x, la seconde par sin a: et formons la différence. Nous avons alors :
- £*cosx — îgo-t-x sin* = e3 sin 4 x + essin 4* ou bien :
- e’+e--=ii^[a cos *+^cos ^+*»
- On trouve d’une manière analogue
- - e, = - [S* Sin * + s9o + * sin (900 + X)].
- Reportons dans la figure 2 les valeurs O a' = sx et Ob' = zgo + x sur les rayons correspon-
- dants ; en tirant les perpendiculaires nécessaires, nous arrivons aux relations suivantes:
- a«*=:6*cos*; Oa" = s* sin *î y&" = sgo+A:Cos(9o0 + *); Ob" — jgo+A-sin (90° + *).
- Traçons ensuite l’angle 4.v(‘). Il est facile de voir que :
- Zx cos * + e9o+ *) COS (90" + *) = a'd" — b'b’ O d’
- et alors e3 + es = O d
- zx sin* + £90+* sin (90° + *) = O a” 4- Ob" — 0/
- et alors eH —e,,~ ——— = 0/.
- 5 cos 4*
- Nous avons donc :
- e3 = — (Orf + 0 f) = Oh
- e3 = Jr(0d-0f)=-^r(0f-0d)=,-0j
- c’est-à-dire que l’amplitude e3 est négative.
- Si on mesure les longueurs de ces segments en tenant compte de l’échelle adoptée pour la construction de la figure 2, qui pour plus de clarté est plus grande que l’échelle originale de la figure 1, on arrive de cette manière à l’équation cherchée :
- Ex= 63.5 sin * 4- 17,25 sin 3* — 9,5 sin 5 *
- p) Cet angle 4* est, pour la valeur admise de l’angle égal à l’angle 90° -4- *.
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- Passons maintenant au cas général où la courbe donnée E'x est dissymétrique. Elle possède alors, en ne considérant de nouveau que les trois premiers termes de chaque groupe, l’équation :
- E’x= e, sin x + ea sin 3* -f es sinS* cos*
- + e's cos 3 * + e's cos Sx. (2)
- On peut considérer cette courbe comme étant composée de deux courbes correspondantes symétriques E* et z'x avec les équations
- Er= sin a; + e3 sin 3* + sin 5* z’x = e\ cos x -j- e'z cos 3* + e's cos $x.
- Pour obtenir ces deux courbes donnons à x la valeur i8ou — x; on a alors :
- E'iSo —x=ex sin x e3 sin 3* + es sin 5 *
- — e\ cos * — cos 3 * — e’s cos 5x.
- On voit aisément que
- Ex = ~(E’x+ E'iSo-*).
- On trouve la grandeur E* très facilement
- en projetant les deux rayons OA — E* et OA'1 = Ehgo-x (fig- 3) sur le vecteur OA', en
- divisant A'A', en deux parties égales et en traçant du point milieu a'' une perpendiculaire à OA'. Les points de coupure a, a de cette droite avec les deux rayons représentent deux points de la courbe E*. On obtient les deux points correspondants de la seconde courbe s'* en faisant Oa’=aA. Les courbes remplaçantes E*ets* se décomposent comme nous l’avons montré plus'haut.
- Faisons toutefois remarquer qu’il est avantageux de tourner la courbe E'* de 90° dans le sens inverse tout en agrandissant les vecteurs de manière que (s'*) = «. z'x- Cette dernière courbe est désignée dans la figure 3 sous le nom (V*). Comme le nouvel angle x est égal à l’ancien augmenté de 90°, nous devons mettre dans l’équation s'*, prendre au lieu de x la valeur x — 90° et au lieu de e',, e\ et e\ les valeurs nd ^ ne'3 et ne\.
- De cette manière l’équation (s'*) aura la forme :
- Mentionnons, en terminant cette note, que le problème que nous avons résolu permet de résoudre indirectement cet autre problème plus important pour l’électricien : La courbe des valeurs instantanées de la f. é. m. étant donnée, construire la courbe correspondante du flux magnétique.
- Pour le montrer il suffit de remarquer que si la première courbe est représentée par l’équation (2), l’équation de la dernière sera :
- 96* = e. cos * -f - J- e, COS 3 * + ~ eTi cos 5 x
- Toutes les amplitudes <?„ es, es, <?'1? ds et ds ayant été trouvées, nous pouvons construire la courbe %x.
- Sigismond Berson.
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- Régulateur de vitesse à frein électrique de E.-Henry Rieter (1).
- La régularité dans la marche des moteurs est une des conditions nécessaires de leur bon fonctionnement. En outre, les variations de vitesse diminuent le rendement.
- Dans le cas de moteurs à vapeur, on obtient un réglage très satisfaisant avec des régulateurs assez sensibles et de forts volants. Mais la question est beaucoup plus compliquée lorsqu’il s’agit de moteurs hydrauliques. Les turbines fonctionnent soit sous forte chute à faible débit, soit sous
- chutes moyennes ou basses et fort débit. Les turbines à haute pression sont généralement construites . à axe horizontal avec injection interne et radiale; la régulation est assez aisée dans ce cas et on maintient les varia-
- (') Communication faite à la Société industrielle de Mulhouse.
- tions de la vitesse au-dessous de i p. ioo, même dans le cas de brusques variations de charge de 50 p. 100. Ces grandes variations se rencontrent fréquemment, en particulier dans les stations électriques pour tramways.
- Mais la régulation des turbines sous chutes basses ou moyennes est plus difficile; la solution du problème présente un intérêt
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- d’autant plus grand que ces chutes sont de beaucoup les plus répandues, et que l’accélération de vitesse est non seulement dangereuse à cause des grandes vitesses circonférentielles des dynamos, mais encore à cause de la tension élevée que peuvent atteindre les courants produits.
- Le régulateur doit pouvoir absorber une quantité d’énergie égale à celle qui a produit la perturbation. En général, cette absorption se fait par la transformation de l’énergie cinétique en énergie calorifique au moyen des frottements. Les frottements entre solides sont peu avantageux, parce que l’action est localisée aux surfaces et les détériore rapidement.
- Les freins à liquide sont les plus fréquemment utilisés. Le moteur est relié, par exemple, à un axe muni d’ailettes qui plongent dans le liquide. Le liquide est comprimé dans un réservoir qui communique avec le récipient du régulateur par un orifice variable, dont l’ouverture est réglée par la vitesse même du moteur; mais cet organe, soumis à des efforts et à des variations de température importants, perd sa sensibilité et oppose une certaine résistance à la bonne marche de l’appareil. D’autre part, la dissipation de la chaleur par les circulations d’eau froide et autres moyens est très imparfaite, l’appareil s’échauffe à tel point que l’on peut être obligé de l’arrêter.
- On sait que les courants induits, qui se produisent dans une masse métallique déplacée dans un champ magnétique variable, développent des forces électromagnétiques qui (suivant la loi de Lenz) s’opposent au mouvement qui les a produits. Ce sont ces courants qui sont employés comme frein dans le régulateur de vitesse proposé par M. E.-Henry Rieter, et dont il a déjà été parlé dans ce journal à propos de l’Exposition de Genève (*). II se compose en principe d’une masse de fer mobile dans un champ magnétique; la masse s’échauffe sous
- (') L'Éclairage- Électrique, t. IX. p. 160, 24 octobre 1897.
- l’action des courants induits et l’énergie cinétique absorbée par le frein est transformée en chaleur qui se dissipe par le contact avec l’air ambiant. L’unique organe mobile est un cylindre de fer ou d’acier soigneusement fixé à un arbre coaxial; le seul frottement, d’ailleurs très faible, est celui de l’axe sur les paliers qui le supportent.
- Le champ magnétique est produit (fig. 1 et 2) par un aimant à huit pôles P, solide-
- Fig. 2. — Coupc suivant l’axe du régula Rieter.
- électrique
- ment fixé au bâtis L et excité par une bobine S qui reçoit son courant d’une batterie d’accumulateurs ou d’une dynamo. L’anneau mobile de fonte E est fixé par de forts boulons aux bras du moyeu A, qui est calé sur l’arbre de la machine. L’anneau est muni d’ailettes par lesquelles la chaleur se dissipe pendant la rotation.
- Un régulateur agit sur l’excitation de façon à augmenter l’effet du frein lorsque la vitesse augmente. Il peut être combiné avec la dynamo excitatrice et monté sur le frein lui-même, ou bien il peut être indépendant (fig. 3). Une résistance de réglage en fil de maillechort est dans ce cas logée dans la boîte cylindrique inférieure; elle est subdivisée en de nombreuses parties qui aboutissent à des points de contact visibles en avant de la
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- boîte et qui plongent dans une auge de mercure. Au-dessus de la boîte, un petit régulateur à poids et à ressort antagoniste agit ra-
- Fig. 5. — Régulateur indépendant à résistance variable.
- pidement par un système de leviers sur l’auge de mercure. Celle-ci est relevée ou abaissée proportionnellement au mouvement de la chape du régulateur, et un nombre plus ou moins grand de pointes plonge dans le mercure et modifie la résistance intercalée. De cette façon, l’excitation du frein varie pour de petites différences de vitesse dans des limites relativement considérables, et par suite l’action du frein se fait sentir énergiquement et avec rapidité.
- La conductibilité électrique et la perméabilité magnétique de l’anneau mobile sont naturellement les facteurs qui déterminent la puissance du frein pour une vitesse de rotation, un nombre d’alternances et une grandeur de l’entrefer déterminés. Sans entrer dans le calcul fait par l’inventeur pour le guider dans la construction de l’appareil, remarquons que la rapidité d’action du frein dépend de l’organe régulateur et de la self-induction toujours assez grande de la bobine excitatrice ; par suite, un certain temps
- s’écoule avant que le courant d’excitation ait atteint la valeur qui correspond à la position momentanée du régulateur, mais la masse du frein par son inertie empêche une variation importante de la vitesse pendant cet intervalle de temps, d’ailleurs très court.
- Le frein électrique de M. Rieter a été étudié de la façon suivante. Un moteur élec-ti'ique de 110 volts et 360 ampères, tournant à 750 tours par minute, actionne par deux courroies superposées une dynamo de 110 volts 90 ampères et le frein qui constituent la charge du moteur. Le régulateur est actionné directement par le moteur, de façon à n’être pas influencé par le glissement des courroies. La régularité de la vitesse du frein est constatée par un tachymètre enregistreur. Les essais ont été faits pour une excitation déterminée du frein en faisant varier la vitesse du moteur entre de larges limites.
- de la puissance absorbée ai
- La puissance absorbée (fig. 4) pour les différentes vitesses du moteur (nombre de tours par minute en abscisses) est fonction du courant d’excitation (que l’on a fait varier de o à 5 ampères) et augmente rapidement avec elle. Le diagramme montre que l’appareil peut absorber des puissances considérables avec des excitations relativement
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- faibles; remarquons d’ailleurs que l’excitation est obtenue aux dépens de la puissance à absorber.
- En employant le régulateur de M. Rieter, la transmission se faisant d’abord à vide, on constate en la chargeant au maximum (11,6 chevaux), que la vitesse baisse de 30 tours en deux secondes, puis revient à sa valeur initiale au bout de quatre secondes. Avec un frein hydraulique, pour une charge de 1,25 cheval, le frein n’entre en action -qu’au bout de 9,5 secondes, et la vitesse varie de 330 à 365 tours, puis diminue lentement pour revenir après neuf secondes à la vitesse normale.
- Le frein électrique a donc une très grande influence sur la régularité de la marche des moteurs, son action est très rapide et il peut absorber de grandes puissances d’une manière continue. L’appareil a, en outre, l’avantage d’ètre robuste et de 11e nécessiter aucune surveillance pendant son fonctionnement. G. G.
- Régulateur électrique pour machine marine ;
- Par E. Pctato (1).
- Lorsque, en temps de bourrasque, le tangage est tel que l’hélice émerge en totalité ou en partie, la résistance opposée à son mouvement diminue considérablement et la vitesse de la machine augmente dans les mêmes proportions. Bien des dispositifs ont été proposés et employés pour régler la vitesse et éviter ses variations qui sont si funestes aux organes de la machine.
- Le régulateur décrit ici a été expérimenté à bord du « Gottardo » et son fonctionnement est des plus simples.
- Deux vases V et V' contiennent du mercure ou tout autre liquide convenable et communiquent à leur partie inférieure par un tube. Ils sont disposés sur un tableau fixé à l’une des parois longitudinales du navire ; V est
- i1) L’Eîettiicista, t. VII, p. 89, avril 1898.
- du côté de la proue et V du côté de la poupe.
- Un volant commande directement la valve d’admission de la vapeur dans la machine motrice, et deux électro-aimants a et b agissent par attraction sur ce volant. Dans le circuit de l’un d’eux, a, sont insérés le système des vases V et V' et un rhéostat dont la résistance varie de la façon suivante : les. différentes touches de ce rhéostat sont reliées chacune à une tige conductrice qui est fixée au-dessus du liquide dans le vase V'; ces tiges sont de longueur croissante et sont mouillées par le mercure à mesure que le navire s’incline vers V', c’est-à-dire enfonce à l’avant; lorsque la plus courte est atteinte, ce qui correspond au cas où l’hélice émerge complètement, le rhéostat est en court circuit, le courant dans l’électro b est nul, maximum dans a, et le valant attiré par a ferme la valve d’admission de la vapeur.
- A mesure que le navire se redresse, les tiges ne sont plus mouillées par le mercure, la résistance introduite augmente; dès que le navire est dans une position telle que l’hélice est complètement immergée, une dernière tige plonge .dans le mercure et fait passer le courant par la résistance totale et par un petit électro auxiliaire qui ferme le circuit du deuxième électro-aimant è; celui-ci attire à son tour le volant, sa force d'attraction étant alors environ quatre fois plus grande que celle de a, par. suite de la résistance introduite dans le circuit de ce dernier ; la valve d’admission est alors rouverte.
- Enfin, si le navire est en position normale, la dernière tige n’est plus atteinte par le mercure et le courant ne passe plus dans aucun des électro-aimants, de sorte qu’il y a consommation de courant seulement lorsque le régulateur a besoin d’intervenir.
- La sensibilité de l’appareil est réglée par deux valves à air, l’une aspirante, l’autre pressante, qui modèrent le mouvement de l’air en V et par suite le mouvement du mercure. Pour un navire de 90 m il suffit d’une distance de 0,80 m entre les deux vases.
- Si l’on ne dispose ni d’une dynamo ni
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- d’une batterie d’accumulateurs, on peut se servir d’une pile; mais l’énergie étant moindre, le volant V, au lieu de commander directement la valve d’admission de la vapeur, commande un petit distributeur de servomoteur, qui, au moyen de la vapeur, de la pression hydraulique ou du vide, agit sur la grande valve. G. G.
- Sur les résistances en platinoïde et en maillechort;
- Par Rollo Appleyard P).
- Sous le titre « Les défauts des fils de piati-noïde et de maillechort » l’auteur rend compte des nombreux essais qu’il a faits pour reconnaître les détériorations que subissent à la longue les résistances métalliques placées dans des conditions atmosphériques diverses.
- Plusieurs milliers de bobines de fils de diverse nature, principalement de maillechort et de platinoïde, ont été envoyées aux Indes, au Brésil, au Chili, au Pérou, à l’Équateur, au Nicaragua, au Pérou et au Texas, dans des localités situées sur le littoral ou près du littoral, sous des latitudes très diverses, mais dans le voisinage de la ligne isothcnnique correspondant à une température moyenne de 250 C. Après un temps plus ou moins long, variant de quelques semaines à plusieurs années, ces bobines ont été rapportées en Angleterre où quelques bobines avaient été conservées pour servir de témoins.
- Il a ainsi constaté que tandis que les propriétés mécaniques des fils des bobines restées en Angleterre n’avaient pas subi d’altération appréciable, celles des bobines ay^ant subi un séjour plus ou moins long dans les pays chauds étaient profondément modifiées : tous les fils étaient devenus cassants, la plupart étaient rompus, et quelques-uns détériorés sur toute leur longueur.
- Ce changement de propriétés, maintes fois déjà observé, est attribué à diverses causes. Les uns l’attribuent à l’action lente du soufre contenu dans l’ébonite des montures des
- bobines ; d’autres à l’action de la paraffine employée comme isolant et qui, absorbant l’humidité, permettrait à celle-ci de pénétrer peu à peu jusqu’au fil ; d’autres enfin à la présence de soufre, d’arsenic, d'antimoine, de phosphore, de tungstène, etc., dans l’alliage ou le métal constituant le fil.
- Les faits observés ne paraissent pas confirmer les deux premières assertions. On a bien constaté une détérioration profonde de fils entourés de paraffine et de fils enroulés sur des montures d’ébonite, mais des détériorations aussi grandes ont été aussi observées sur des fils n’ayant aucun contact ni avec l’ébonite ni avec la paraffine. Quant aux impuretés contenues dans les alliages ou métaux, on ne peut dire qu’elles soient les seules causes de détérioration, car l’auteur a constaté que des tubes de cuivre électrolytique servant à conduire de la vapeur d’eau ou de l’eau de mer étaient rapidement « piqués », tandis que des tubes de cuivre ordinaire et par conséquent impur n’étaient pas piqués.
- L’auteur pense que la détérioration est due à un manque d’homogénéité physique, conséquence d’ailleurs d’un manque d’homogénéité chimique. Il ne méconnaît pas l’influence fâcheuse qu’ont des traces d’arsenic sur la résistance mécanique des alliages de cuivre, de zinc et de nickel, influence constatée par le professeur Robert Austen et de nombreux métallurgistes. Comme le maillechort est formé de ces trois métaux, que le platinoïde est un maillechort contenant environ 2 p. 100 de tungstène, et que d’autre part les principaux minerais de nickel contiennent de l’arsenic, il ne doute pas que les qualités mécaniques du maillechort et du platinoïde doivent dépendre beaucoup de la pureté des métaux constituants et en particulier du nickel. Mais si la plus ou moins grande fragilité des fils de ces alliages peu après leur fabrication peut ainsi s’expliquer, il reste encore à expliquer pourquoi la fragilité augmente avec le temps et pourquoi les fils conservés en Angleterre n’ont pas subi d’altération sensible, tandis que ceux
- {’) PhÜosophicàlMagazine, r.XLV,p. 157-165,février 1898.
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- soumis à l’influence des climats chauds ont tous été altérés.
- Voici, d’après M. Rollo Appleyard, l’explication la plus plausible. Par suite de la liquation de l’alliage pendant son refroidissement, ses diverses parties n’ont pas la même résistance mécanique, et lorsqu’on ctire les fils à la filière, des crevasses se forment dans les régions où la résistance est le plus faible. Ces crevasses constituent des canaux capillaires dans lesquels l’humidité pénètre peu à peu et produit l’oxydation des métaux. De plus, elles ont pour effet de diminuer la section du fil dans ces régions, et lorsqu’on fait traverser le fil par un courant électrique celles-ci s’échauffent plus que les autres et se trouvent portées à des températures anormales qui provoquent ou la fusion du fil ou tout au moins son oxydation.
- M. Rollo Appleyard termine sa note par quelques conclusions pratiques. Bien qu’il ne soit pas démontré que le soufre de l’ébonite ait une action sur les fils des bobines de résistance, il est préférable de ne pas mettre ces fils en contact avec l’ébonite. Pour les bobines destinées aux pays chauds et humides, on ne doit pas prendre la paraffine comme isolant, carcontrairemcntàTopinion courante cette substance est très hygrométrique ; la gomme laque ou la cire à cacheter conviennent beaucoup mieux. Enfin il faudrait rechercher des alliages ayant des qualités mécaniques permettant de les étirer en fils sans produire de crevasses. A ce propos il exprime le regret qu’il n’y ait pas en Angleterre un Laboratoire national, chargé, comme le Reichsanstaldt en Allemagne, d’effectuer des recherches de ce genre. H. B.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET
- SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES ÉLECTRICIENS Séance du mercredi 4 mai 1898.
- Après le dépouillement de la correspondance, M. Picou, nouveau président, prononce le discours d’usage. Il fait l’éloge de son prédécesseur, M. d’Arsonval, et rappelle en quelques mots le développement considérable qu’a pris le Laboratoire central d’électricité pendant l’année de sa présidence.
- M. Laporte fait une communication sur les recherches qu’il a entreprises pour la Com-varaison de la lampe Carcel et de la lampe Hefner.
- Le conférencier commence par rappeler sommairement l’historique de la question des étalons photométriques :
- D’après les prescriptions du Congrès international des électriciens de 1881 et 1882, ratifiées par la Convention internationale de 1884, l’unité théorique d’intensité lumi-
- DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- neuse est l’étalon Violle, et d’après les résolutions du Congrès international des électriciens de 1889, l’unité pratique est la bougie décimale, vingtième partie de l’unité Violle.
- En raison des difficultés que présente l’emploi de l'étalon Violle, des étalons secondaires lui sont généralement substitués, les valeurs de ces étalons en bougies décimales étant connues, soit par des comparaisons directes avec l’étalon Violle, soit par des mesures des intensités relatives de ces étalons secondaires, En France on se sert le plus souvent de la lampe Carcel; en Allemagne, après avoir employé pendant longtemps la bougie de paraffine, on emploie presque uniquement maintenant la lampe Hefner à l’acétate d’amyle ; cette dernière lampe se répand en Angleterre, où l’on emploie d’ailleurs concurremment la bougie de spermacéti, la lampe au peutane et l’étalon Dibdin.
- Lesvariationsd’intensité de la lampeHcfner sous l’influence des conditions où elle est
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- placée avant été étudiées avec soin par l’Institut physico-technique de l’empire allemand, et son intensité lumineuse étant très voisine d’une bougie décimale (1,02 bougie décimale est le nombre généralement adopté), le Congrès international des Électriciens, tenu à Genève en 1896, a décidé que, provisoirement et pour les besoins de l’industrie, cette lampe pourra représenter la bougie décimale (').
- Par suite de cette décision du Congrès de Genève et du fait de l’emploi presque exclusif de la lampe Carcel en France, une comparaison soignée des intensités de cette lampe et de la lampe Hefner s’imposait. I/auteur s’est d’ailleurs trouvé amené a effectuer cette comparaison par l’étude de l’intensité lumineuse de deux lampes à incandescence éta-lonnécsà l’Institut électrotechnique allemand. D'après cet étalonnage, l’une de ces lampes avait une intensité de to hefners avec un courant de 0,338 ampère sous 108,5 volts, l’autre une intensité de 16 hefners avec un courant de 0,489 ampère sous 111,5 volts. L’ctude faite au Laboratoire central indiquait que sous les différences de potentiel respectives de 108,5 et 111,5 volts, ces lampes prenaient des courants de 0,338 et 0,487 ampère, chiffres concordant bien avec ceux de l’Institut électrotechnique; mais que leurs intensités lumineuses, mesurées par comparaison avec la lampe Carcel, n’étaient que de 8,7 et 14,2 hefners. Ce désaccord conduisait à cette conclusion : ou la valeur adoptée pour l’intensité lumineuse en bougies décimales de la Carcel du Laboratoire central est inexacte; ou bien c’est le nombre 1,02 adopté pour représenter l’intensité de la lampe Hefner en bougies décimales qui est faux.
- Pour élucider ce point, le Laboratoire central ht venir une lampe Hefner et de l’acétate d’amyle ; MM. Durand et Jigouzo comparèrent son intensité à celle de la carcel en
- (l) Voir à ce sujet le compte rendu de la séance du Congrès de Genève dans L'Éclairage Électrique du 22 août 1896, t. VIII, p. 34r et 366.
- septembre 1896 et trouvèrent pour le rapport 0,09, chiffre inférieur à celui qui est admis.
- C’est cette comparaison que M. Laporte a reprise ; il y a joint la comparaison de ces deux étalons avec la bougie de paraffine. Les intensités lumineuses de ces sources, ainsi que celles de deux lampes étalons à incandescence du Laboratoire central qu’il convenait de faire intervenir dans les comparaisons, étant très différentes, M. Laporte a choisi comme terme de comparaison une lampe à incandescence de 3,3 bougies environ. La différence de potentiel aux bornes de cette lampe était de 18 volts et l’intensité de courant de 0,7 ampère. Le courant était fourni par une batterie d’accumulateurs. La différence de potentiel était mesurée avec un voltmètre apériodique de Chauvin et Arnoux, de précision, gradué de 15 à 25 volts en dixièmes de volt. L’intensité était ordinairement mesurée avec un ampèremètre des mêmes constructeurs gradué de o à t ampère en centièmes d’ampère ; dans les expériences faites au laboratoire l’auteur se servait cgale-: mentd’une balance ccnti-ampère de Lord Kelvin. Pourse mettre à l'abri des erreurs pouvant résulter d’une variation de la résistance des contacts, le courant était amené à la lampe au moyen de deux petites tiges de cuivre soudées sur sa monture et plongeant dans deux cavités cylindriques creusées dans un bloc d’ébonite et remplies de mercure.
- Une seconde lampe de même intensité lumineuse a été utilisée comme lampe témoin. Au début des essais elle a été comparée avec soin avec la lampe de service; au cours des essais, diverses comparaisons furent faites pour s’assurer que l’intensité lumineuse de la lampe en service ne variait pas.
- Les comparaisons photométriques ont été faites au moyen du photomètre Lummer et Brodhum du Laboratoire, central. La longueur utile du banc est de 287 cm. Le filament de la lampe à incandescence de comparaison étant en fer à cheval, on pouvait mesurer facilement sa distance à l’écran en le plaçant normalement au banc. Pour chaque
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- mesure il était fait au moins 10 pointés en ayant soin de retourner le photomètre afin d’éliminer les erreurs dues à un défaut de symétrie dans l’appareil. Les lectures se faisaient au millimètre; en général, les 10 ou 20 lectures d'une série étaient toutes comprises dans l’intervalle de 1 cm.
- Le premier point à examiner était de s’assurer si le fonctionnement de la lampe Carcel du Laboratoire central s’effectuait dans les conditions indiquées par Régnault et Dumas en 1842 et réalisées journellement dans les laboratoires d’essais de la Compagnie parisienne du gaz. les douze chambres de contrôle et le Bureau central de vérification de la ville de Paris. Ces conditions sont les suivantes : la consommation d’huile (huile de colza épurée) doit être de 42 gr à l’heure, la hauteur de la mèche au-dessus du porte-mèche étant de 10 mm et le coude du verre se trouvant à 7 mm au-dessus du bord supérieur de la mèche ; la flamme doit avoir 40 mm de hauteur; les mesures doivent être faites dans une salle bien aérée, à une température comprise entre 15 et 20° C.; la lampe doit être remplie entièrement avant chaque expérience; une mcche neuve doit être employée ; les mèches doivent être conservées à l’abri de l’air. Les prescriptions ajoutent que si, dans ces conditions, la consommation d’huile diffère de 42 gr par heure, mais reste comprise entre 39 et 45 gr, on doit faire subir à la valeur de l’intensité une correction calculée en admettant que sa variation est proportionnelle à la variation de la consommation.
- Les deux lampes Carcel du Laboratoire central ne remplissaient malheureusement pas toutes ces conditions : elles consommaient plus de 45 gr a l’heure, les autres conditions étant remplies. M. Laporte a pensé que la condition essentielle à réaliser était une consommation de 42 gr. Il a donc cherché comment variait la consommation lorsqu’on faisait varier la hauteur du coude du verre au-dessus de la mèche. Portant les valeurs de cette dernière quantité en
- abscisses et les consommations d’huile correspondantes en ordonnées, il a construit la courbe de la variation de la consommation avec la variation de hauteur du coude. Cette courbe présentant un maximum pour une hauteur du coude comprise entre 9 et 12 mm, une consommation de 42 gr à l’heure pouvait être obtenue pour deux valeurs de la hauteur du coude et deux valeurs différentes de la hauteur de mèche. L’un de ces régimes, correspondant à une hauteur de mèche de 10 mm et une hauteur du coude de 3 mm seulement, était très difficile à maintenir et donnait une intensité lumineuse variant beaucoup plus rapidement que la consommation. L’autre correspondait à une hauteur de mcche de 7 à 8 mm au-dessus du porte-mèche et a une hauteur du coude de 7 mm au-dessus du bord de la mèche; il pouvait être réalisé facilement dans des conditions atmosphériques différentes, et l’intensité lumineuse correspondante variait proportionnellement à la consommation entre les limites de 41 à 43 gr. C’est ce régime qui a été adopté et c'est l’intensité correspondante qui a été prise comme intensité de la carcel dans les expériences ultérieures.
- Dans ces expériences M. Laporte a pris grand soin de ventiler convenablement la chambre d’essais photométriques en établissant tous les quarts d’heure un puissant courant d’air par l’ouverture simultanée de la porte et de la fenêtre. Il a en effet reconnu que si l’on néglige ces précautions on obtient des résultats très discordants. Bien quela salle d’essais contînt un volume d’air de 82 m3, la consommation d’huile diminuait légèrement et l’intensité lumineuse baissait d’une façon très sensible, une demi-heure seulement après la cessation de la ventilation; deux heures après, la consommation était diminuée de 4 p. 100 et l’intensité de 12 p. 100. Un aérage énergique ramenait la consommation et l’intensité à leurs valeurs primitives.
- De ce que les carcels du Laboratoire central ne pouvaient remplir en même temps toutes les conditions imposées par les près-
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- criptions de Dumas et Régnault, il importait de les comparer à des carcels remplissant ces conditions. Dans ce but, M. Laporte a transporté les carcels du Laboratoire central et les lampes à incandescence qui avaient servi à leur étude au Bureau central de vérification de la ville de Paris, puis au laboratoire de photométrie de l’usine à gaz du Landy. Il a constaté ainsi : que les carcels du Laboratoire central donnaient toujours les mômes résultats bien que les conditions d’aération fussent différentes; que l’intensité lumineuse d’une des lampes Carcel de la Ville était comprise entre les intensités des lampes du Laboratoire central, celle d’une autre un peu plusgrande que l’intensité de la plus intense de ces dernières, les différences entre les intensités de ces quatre lampes étant d’ailleurs inférieures aux erreurs expérimentales à craindre ; enfin que la lampe du Laboratoire central essayée à l’usine du Landy avait la même intensité qu’un bec Bengel brûlant 105 litres de gaz à l’heure, c’est-à-dire donnant l’intensité lumineuse d’une carcel.
- Comparées avec la lampe à incandescence de 3,6 bougies prise comme terme de comparaison (lampe X), les lampes Carcel du Laboratoire ont donné pour la moyenne de 11 séries de 10 à 20 mesures :
- Lampe X = 0,341 carcel. (1)
- Ayant montré par ces détails que l’intensité qu’il a adoptée comme intensité normale de la carcel est justifiée par de nombreuses expériences de comparaison, le conférencier décrit la lampe Hefner, indique les conditions de son fonctionnement et donne quelques-uns des résultats obtenus par M. Lieben-thal dans l’étude très approfondie qu’il a faite de cette lampe.
- Il donne ensuite les résultats des mesures de comparaison qu’il a effectuées avec la lampe à incandescence de trois bougies environ. Dans ces mesures toutes les précautions étaient prises pour que la lampe Hefner se trouvât dans les conditions normales, en particulier les lectures n’étaient faites que lorsque
- la flamme était parfaitement immobile, condition très difficile à réaliser. Cinq séries de mesures l’ont conduit à la relation
- lampe X = 3,72 hefncrs, (2)
- l’écart entre les mesures extrêmes était de 6 p. 100.
- M. Laporte passe alors à la relation de l’étude qu’il a faite de la bougie de paraffine. Cette bougie dont la fabrication est surveillée par une commission de l’Association allemande des ingénieurs du gaz, pèse environ 50 gr.; elle est légèrement conique pour faciliter le démoulage; elle est formée de paraffine aussi pure que possible additionnée de 2 p. 100 de stéarine, afin d’amener son point de fusion à une température convenable; sa mèche est formée de vingt-quatre fils de coton tressés ; sa hauteur de flamme normale est de 50 mm.
- Dans ses expériences sur cet étalon M. Laporte mesurait la hauteur de la flamme en projetant celle-ci au moyen d’une lentille sur un verre dépoli gradué. Il a constate que pendant la combustion d’une bougie cette hauteur de* flamme variait de 4g à 33 mm, la moyenne étant un peu plus grande que 50 mm, et que la variation d’intensité résultante était sensiblement proportionnelle à la variation de hauteur, une variation de 1 mm correspondant à une variation d’intensité de 2 à 2,5 p. 100. Cette dernière constatation a permis de ramener les intensités observées à ce qu’elles seraient si la hauteur de flamme demeurait constante; les mesures faites le même jour et ainsi corrigées concordent assez bien, mais les mesures corrigées se rapportant à des jours différents présentent des écarts considérables atteignant 7 p. 100.
- En prenant la moyenne de toutes les valeurs qu’il a obtenues dans deux séries de mesures, M. Laporte a trouvé
- lampe X = 3.13 bougies de paraffine (3)
- Enfin M. Laporte donne les résultats de son étude des deux lampes étalons à incandescence du Laboratoire central d’une inten-
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- sité lumineuse de 17 bougies pour un courant de 1 ampère sous 65 volts. Ces lampes ont été étalonnées par rapport aux lampes Carcel du Laboratoire en août 1894.; l’une d’elles (lampe C) est restée en réserve comme témoin; l’autre (lampe B) a été souvent comparée aux lampes Carcel. M. Laporte a toujours trouvé pour cette dernière la même valeur : 17 bougies décimales. Comparée à la lampe X au début et à la fin des nombreux essais qui viennent d’être indiqués pour la lampe Carcel, la lampe Hefner et la bougie de paraffine, elle a fourni les relations :
- au début lampe X = 0,194 lampe B, ) , ,
- à la fin lampe X = o, 193 lampe B. j
- chacun de ces chiffres étant la moyenne de quatre séries d’essais de 10 à 20 mesures chacune.
- Les relations (1), (2), (3) et (4) permettent de calculer le rapport des intensités des divers étalons étudiés ainsi que les valeurs de ces intensités en bougies décimales, l’intensité lumineuse de la carcel étant prise égale à g*6 bougies décimales. Ces rapports et valeurs sont indiqués dans le tableau ci-joint.
- Tableau comparatif des intensités des diverses sources
- BOUGIE BOUGIE
- DÉCIMALE CARCEI. IIEFNER PARAFFINE LAMPE B LAMPE X
- Bougie décimale j 0,104 L 1.3 0,955 0,059 0,305
- Carcel 9,6 I IO.9 9,20 0,566 2,93
- Étalon Hefner 0,885 0,92 1 0,815 0,0518 0, 268
- Bougie paraffine L05 0,109 C23 I 0,0615 0, 3!9
- Lampe B 17 i,7 7 19,3 16,2 1 5,i8
- Lampe X 3,28 o,34i 3,72 3,13 0,193 1
- ün voit que le rapport des intensités de l’étalon Hefner et de la lampe Carcel est bien inférieur au rapport généralement admis. D’après une étude sur les étalons photomé-triques présentée au Congrès de photographie de 1889, ce rapport serait en effet de 0,120; dans une note au Congrès de photographie tenu à Bruxelles en 1891, M. Violle donnait un chiffre plus bas correspondant à une valeur de l’intensité de la lampe Hefner égale à 1.026 bougie décimale. Ce dernier nombre est encore de 14 p. 100 supérieur à celui que trouve M. Laporte.
- M. Laporte insiste sur la concordance des nombreux essais qu’il a effectués. Cette concordance se trouve d’ailleurs appuyée par les résultats de deux vérifications indirectes : la comparaison directe a montré que l’intensité lumineuse d’une carcel du Laboratoire central était la même que celle d’un, bec Bengel du laboratoire de l’usine à gaz du Landy; or
- la comparaison directe de ce bec à la lampe Hefner a conduit au rapport 0,09. D’autre part la comparaison d’une carcel du Laboratoire aux lampes a incandescence étalonnées par l’Institut physico-technique et dont il a été parlé au début, conduit aux nombres 8,7 et 14,2 bougies décimales, en prenant 9,6 bou-’ gies décimales pour l’intensité de la carcel ; les valeurs des intensités de ces lampes en hefners étant de 10 et 16 hefners d’après l’étalonnage, on trouve que 1 hefner vaut 0,8.7 et 0,887 bougie décimale, chiffres qui concordent bien avec ceux du tableau ci-dessus.
- M. Laporte se propose de continuer cette comparaison des étalons photométriques secondaires par l’étude de la lampe Dibdin et d’une nouvelle lampe proposée par M. Blondel. Cette dernière est une lampe à mèche ronde, à courant d’air, avec cheminée métallique ; le liquide employé est de l’alcool additionné de benzine. Elle présente plusieurs
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- avantages sur la lampe Hefner ; nous en reparlerons quand son étude sera plus avancée.
- M. Girault fait ensuite une communication sur la commutation dans les dynamos; nous en donnerons le compte rendu dans le prochain numéro. J. B.
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- Séance du Vendredi 6 mai 1898.
- M. O. Rochefort fait une communication sur les transformateurs Wydts-Rocheforl dont nous avons donné une description il y a quelque temps déjà (’).
- M. G. Sagnac fait deux communications. Dans l’une il décrit un nouvel électro-aimant de laboratoire, donnant un champ de 30000 unités, construit d’après les indications de M. Pierre Weiss; nous ne faisons que signaler cette communication, un article de M. Weiss sur ce sujet devant paraître dans un prochain numéro.
- La seconde communication de M. Sagnac est relative au procédé d’observation du phénomène de Zeeman, indiqué par M. Cotton (2); M. Sagnac fait l’expérience au moyen de l’appareil précédent.
- M. Wyrouboff présente ensuite quelques observations sur le rôle de l’oxyde de cérium dans les manchons Auer, en réponse à une communication faite à la séance précédente par M. Lamotte sur la théorie de M. Bunte pour expliquer le fonctionnement de ces manchons. M. Wyrouboff dit que le pouvoir éclairant n’est pas dû à des propriétés catalytiques de l’oxyde de cérium, mais à une série de réductions et d’oxydations que subit ce corps dans la flamme. M. Lamotte répond que ce sont précisément ces phénomènes qu’il a indiqués dans l’exposé qu’il a fait de la théorie de Bunte et qu’il a désignés par
- (’) L’Éclairage Électrique, t, XIII, p. 362, 20 novembre [897.
- . (a) L'Eclairage Électrique, t. XIV, p. 223, 403, 540. 29 jan-
- effets catalytiques dans le résumé de sa communication. (Voir plus loin, p. 308.)
- Remarques sur la communication de M. Laporte sur les étalons photométriques ;
- Par J. Blondin.
- L’intéressant travail communiqué à la dernière séance de la Société des Électriciens par M. Laporte, et dont nous donnons plus haut un compte rendu aussi développé et aussi exact que l’ont permis des notes prises pendant sa communication, conduit à quelques remarques :
- I. Deux points sont nettement établis par ce travail :
- i° Les différences entre les lampes Carcel actuellement en usage à Paris au Laboratoire central d’électricité et dans les laboratoires de vérification du gaz, sont du même ordre que les erreurs probables d’une série de mesures.
- 20 Le rapport de l’intensité de l’étalon Hefner à celle de ces lampes Carcel est égal à 0,092.
- Le premier point résulte des nombreuses comparaisons faites parM. Laporte entre les lampes du Laboratoire central, du Bureau central de vérification de la Ville, et du laboratoire d’essais de l’usine du Landy.
- Le second point résulte de plusieurs mesures que nous rappelons succinctement :
- a. M. Laporte a trouvé, en comparant les lampes X, Carcel et Hefner,
- Lampe X _ Carcel —
- Lampe X ____
- Hefner ~ $'72 >
- donc
- Hefner <>>341
- Carcel 3,72 — °;°9--
- b. Il a trouvé, en comparantla lampe Carcel, le bec Bengel et la lampe Hefner,
- Bec Bengel _ i ^ Bec Bengel Carcel — Hefner
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- donc
- Hefner
- .,09.
- c. La comparaison de la lampe Carcel et de la lampe la plus intense des deux lampes étalonnées par l’Institut physicotechnique lui a fourni,
- Lampe Y 14,2
- Carcel 9,61 ’
- 9,61 étant le nombre que prend M. Laporte pour exprimer la valeur de la lampe Carcel en bougies décimales. Comme l’étalonnage fait à l’Institut physicotechnique a donné
- Lampe Y ___ .
- Hefner 1 ’
- il en résulte
- Hefner
- Carcel
- 14-2
- 9,61 x 16
- d. Enfin nous avons appris que des mesures de comparaison entre une lampe Hefner et une lampe Carcel faites d’une manière tout à fait indépendante du travail deM. Laporte et dans un autre laboratoire ont conduit au rapport 0,093. Ces mesures n’ont pas été publiées, probablement parce que la discordance de la valeur trouvée avec la valeur admise faisait craindre qu’elles ne fussent entachées d’erreurs provenant d’une cause inaperçue. Elles confirment néanmoins les mesures de M. Laporte.
- II. Si l’on prend pour valeur de l’intensité de la carcel en bougies décimales le nombre 9,61, le rapport précédent conduit à Hefner = 0,092 x 9,61 =0,885 bougie décimale.
- Or il est admis que l’intensité de la lampe Hefner diffère très peu d’une bougie décimale, sa valeur généralement adoptée étant 1,02 bougie décimale.
- Comment expliquer la différence d’environ 15 p. 100 que présentent ces deux nombres?
- On trouverait sans doute l’explication par l’étude approfondie des mesures photométriques faites pour déterminer, d’une part le rapport de la carcel à l’unité Violle, d’autre
- part le rapport du hefner à cette dernière unité. Malheureusement ces mesures sont extrêmement nombreuses et leurs degrés de précision sont très différents. Nous laisserons donc à ceux de nos lecteurs qui s’occupent spécialement de photométrie le soin de trouver la cause du désaccord.
- III. Si, abandonnant le point de vue théorique, nous considérons la question au point de vue technique, le résultat de M. Laporte conduit à une conséquence évidente.
- Dans tous les pays où la lampe Hefner est adoptée comme étalon, une lampe à incandescence indiquée comme ayant une intensité lumineuse de 16 bougies, a une intensité de 16 hefners. En France, où l’étalonnage se fait par comparaison directe ou indirecte avec la lampe Carcel, une lampe du meme nombre
- de bougies a une intensité réelle de
- 0 9>6i
- carcels, soit —7------— 18,2 hefners, c’est-
- 7 9,01 x 0,092 7 7
- à-dire une intensité réelle de près de 15 p. 100 supérieure à l'intensité de la lampe de même intensité nominale construite à l’étranger. II en résulte que, à dépense de puissance égale pour une même intensité réelle, cette dernière aura par bougie indiquée une consommation inferieure d’environ 14 p. 100 à la consommation de la lampe de fabrication française.
- Radiation dans un champ magnétique ;
- Par Thomas Preston (*).
- L’auteur commence par faire remarquer que jusqu’ici M. Zeeman et les savants qui ont étudié le phénomène découvert par celui-ci n’ont pu encore parvenir, faute de moyens assez puissants, à observer directement la division des raies spectrales d’une source placée dans un champ magnétique ; ils ont toujours dû avoir recours à des appareils d’analyse optique pour constater les modifications profondes qu’éprouvent les radiations,
- (!) Philosophical Magazine-, t. XLV, p. 325-339, avril 1898.
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- modifications qui, à l’observation directe, se manifestent par un simple élargissement des raies. Ainsi, pour l’observation du triplet on emploie généralement un prisme de Nicol, lequel, pour une orientation déterminée, ne laisse passer que les composantes extrêmes, et, pour une direction perpendiculaire, laisse passer la composante médiane. « Il est certain que des observations de ce genre, quoique complètement d’accord avec l’hypothèse que la raie modifiée est un triplet, ne prouvent nullement qu’il y a triplement pur et simple. » Pour cette raison l’auteur a cherché à obtenir une séparation complète et directement visible des composantes des raies modifiées.
- Dans ce but il a employé un excellent réseau concave de Rowland appartenant h la Royal University d’Irlande et un électro-aimant très puissant. Le réseau a un rayon de 21,5 pieds et porte 14 438 lignes par pouce. Il est muni d’une chambre noire permettant d’obtenir des photographies de 50 cm de longueur et de 6 cm de hauteur. L’électroaimant, en forme de fer à cheval, donnait avec des armatures très rapprochées un champ très intense ; un autre électro-aimant, de même forme, mais encore plus puissant, fut employé dans les expériences définitives. Le premier de ces électro-aimants permit d’obtenir des images photographiques où les composantes des doublets et triplets étaient distinctement vues à l’aide d’un microscope ; avec le second il était possible de voir ces composantes sans aucun appareil grossissant.
- Le plus souvent, M. Preston fixait, par la photographie, les phénomènes observés ; mais comme le procédé photographique ne permet pas la reproduction de détails d’une très grande finesse et qu’il offre l’inconvénient d’exiger une certaine durée de pose pendant laquelle les phénomènes se modifient, il a eu aussi très souvent recours à l’observation directe par l’œil.
- Suivons maintenant Fauteur dans l’exposé qu’il donne des résultats qu’il a obtenus :
- Types généraux des effets observés. — « Si nous considérons une substance simple, le
- cadmium ou le zinc par exemple, l’observation la plus superficielle suffit à montrer que l’effet produit varie considérablement d’une ligne spectrale à l’autre, la source étant vue normalement aux lignes de force ; certaines lignes sont très nettement séparées en triplets distincts, d’autres ne sont pas résolues, mais apparaissent sur la plaque photographique comme des « quadruplets » ou des « doublets « ; en d’autres termes, tandis que quelques lignes donnent des triplets bien déterminés, d’autres semanifestentcomme des triplets (si toutefois il est possible de les désigner ainsi) dans lesquels la ligne médiane se serait dédoublée en deux lignes plus faibles, et d’autres encore comme des triplets qui au raient perdu complètement cette ligne médiane. De plus, quelques lignes fixées sur la même plaque photographique, et qui, par suite, sont exactement dans les mêmes conditions que les précédentes, montrent seulement un très petit élargissement. Toutefois, je n’ai dans aucun cas trouvé de lignes pour lesquelles on puisse dire avec certitude qu’elles n’ont pas été modifiées par le champ magnétique.
- » Ainsi, tandis que certaines lignes sont très fortement affectées, d’autres (et les longueurs d’onde de celles-ci peuvent ne pas différer beaucoup des longueurs d’onde des premières; sont à peine affectées. J’espère cependant parvenir, avec un champ magnétique plus puissant, à résoudre ces dernières et obtenir ainsi les données nécessaires à une comparaison complète des effets produits sur toutes les lignes du spectre, comparaison permettant d’attaquer le problème de la classification des lignes en groupes et en séries, périodiques ou non, soumis à des lois générales. Les photographies que j’ai obtenues fournissent déjà quelques indications sur la direction suivant laquelle il convient d’aborder le problème, mais je ne puis rien affirmer jusqu’à ce qu’une étude soignée ait été faite et que chaque ligne ait été résolue et mesu-
- Dans une planche annexée au mémoire (et
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- dont la reproduction photographique n’eùt montré les détails que d’une manière incomplète, du moins sans retouches pouvant en altérer l’exactitude, ce qui nous a empêché de la faire exécuter), se trouve reproduite une portion d’une plaque négative montrant les raies du cadmium et du zinc obtenues simultanément en prenant comme source lumineuse l’étincelle d’une bobine d’induction jaillissant entre une électrode de zinc et une électrode de cadmium. Pour le cadmium ce sont les raies situées dans le bleu (4800) et le violet (4678), et pour le zinc les raies intermédiaires (4811, 4722, 4680). L’examen de cette planche montre : i° Si la source est observée dans la direction des lignes de force, chacune de ces raies donne un doublet; 20 Si l’observation se fait perpendiculairement, la raie 4678 du cadmium et la raie voisine 4680 du zinc donnent des triplets dont les composantes sont très nettement séparées ; la raie 4722 du zinc et la raie bleue 4800 du cadmium donnent des quadruplets dont les deux lignes extrêmes sont les plus brillantes ; la raie 4811 du zinc donne une image mal définie dont on peut cependant indiquer l’aspect en disant que c’est un «doublet brumeux»; 3° Si sur le trajet des radiations observées normalement aux lignes de force, on place un nicol avec sa section principale parallèlement aux lignes de force, les triplets des raies 4678 du cadmium et 4680 du zinc se réduisent à leurs raies médianes, tandis que les quadruplets des raies 4723 du zinc et 4800 du cadmium donnent des doublets, et le « doublet brumeux » de la raie 4811 du zinc, une raie unique et élargie ; 40 Si l’on fait tourner le nicol de 90% toutes ces raies donnent des doublets particulièrement nets pour les raies 4678, 4680 et 4800.
- Telles sont les apparences que l’on observe sur la plaque photographique pour les raies dont il est question. M. Preston ajoute « qu’il existe d’autres particularités d’une trop grande finesse de détail pour pouvoir être enregistrées par la photographie, mais qiii sont très nettement visibles quand on les
- observe avec l’œil armé d’un microscope. L’une d’elles s’observe sur les raies donnant par la photographie des doublets quand la source lumineuse est regardée perpendiculai rement aux lignes de force, et peut être décrite en disant que la raie affectée est un triplet modifié dans lequel la ligne centrale est absente et dans lequel chacune des lignes extrêmes est renversée ; en d’autres termes, l’apparence présentée à l’œil est plutôt celle de deux paires de lignes que celle d’un doublet ou d’un triplet. Une autre particularité également remarquée est que chacune des composantes d'un triplet paraît quelquefois comme formée de deux lignes ; en d’autres mots, l’ensemble apparaît, non comme un triplet, mais comme un sextuplet composé de lignes également espacées, bien marquées et nettement délimitées.
- » Toutes les modifications qu’il est possible d’observer quand la source lumineuse est regardée à travers les lignes de force sont d’ailleurs indiquées dans le diagramme ci-joint. En figure 1 nous avons un triplet normal tel qu’on le voit avec la raie violette du cadmium (4678) et la majorité des autres
- Fig. là 5.
- lignes. En figure 2 est indiqué le quadruplet à lignes intermédiaires faibles, la lumière étant presque entièrement concentrée dans les lignes extrêmes. La figure 3 montre un doublet, la ligne centrale ayant complètement disparu. En figure 4 nous avons le double doublet formé de deux paires de lignes fines. Enfin la figure 5 montre le sextuplet formé de trois paires de lignes également espacées et à bords bien délimités. » Les raies du sodium. — A propos de ces lignes M. Preston fait la remarque suivante : « Il est intéressant de faire remarquer que les deux lignes D du sodium n’appartiennent
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- pas au groupe de raies donnant des triplets sous l’influence d’un champ magnétique. Par suite de la facilité avec laquelle ces lignes se renversent et des variations de la densité de la vapeur dans l’étincelle lorsqu’on emploie une solution de sel marin, il n’est pas facile de les obtenir dans un état stable pendant bien longtemps. Toutefois, quand il n’y a qu’une faible quantité de sel de sodium dans la solution, des raies très nettes et suffisamment stables peuvent être obtenues. Dans ces dernières conditions la raie I)2 donne un sextuplet de lignes fines et bien délimitées, espacées régulièrement (fig. 5), les raies extrêmes étant cependant quelque peu nébuleuses sur leurs bords extérieurs. La raie Dj est du type du double doublet et montre comme deux paires de lignes à bords bien délimités. Les raies du sodium ainsi que la raie 4800 du cadmium 11e donnent donc pas de triplets normaux, et c’est sans doute pour cette raison que divers observateurs ont donné des descriptions différentes des phénomènes obtenus avec ces raies (*). Les difficultés résultent évidemment de la facilité avec laquelle ces raies se renversent; si le sel de sodium est en quantité considérable, il se produit des « crachements » continuels ainsi que des renversements qui masquent complètement le véritable effet. » Explication des diverses apparences observées. — Suivant M. Preston la cause la plus probable des modifications du triplet normal qu’il a observées est l’absorption par la source lumineuse elle-même de certaines des radiations modifiées par le champ magnétique, ainsi que le renversement qui est une des conséquences de cette absorption. Cependant, comme les bords des composantes des raies modifiées sont toujours nettement délimites, contrairement à ce qui a Heu pour les composantes des raies renversées observées en l’absence d’un champ magnétique, il signale, mais sans s’y arrêter, deux autres explications egalement plausibles. L’une consiste à admettre que les raies auxquelles correspondent des triplets modifiés sont constituées
- par des radiations de longueurs d’onde différentes ; l’autre a supposer que le mouvement moléculaire donnant naissance à ces raies éprouve une modification particulière sous l’action du champ. Voici d’ailleurs ce que dit M. Preston à ce sujet :
- « Toutes les modifications du triplet normal décrites plus haut s’expliquent suffisamment en supposant qu’un renversement ou une absorption plus ou moins complète se produit pour une ou plusieurs des composantes du triplet. Ainsi si la ligne médiane du triplet (1) est renversée, c’est-à-dire si son milieu est absorbé, nous obtiendrons le qua-druplet (2) à lignes intermédiaires faibles ; si la ligne médiane est complètement absorbée par la couche de vapeur plus froide entourant l’étincelle, nous aurons le double (3) ; si, en outre, les lignes latérales se trouvent renversées, nous obtiendrons le double doublet (4): enfin si chaque ligne du triplet (1) est renversée, nous aurons le sextuplet (5).
- « Toutefois, et bien que l’hypothèse d’un renversement ou absorption rende facilement compte du nombre des composantes des raies modifiées, il convient de faire remarquer que l’apparence de ces modifications n’est pas celle que l’on constate ordinairement dans le cas d’un renversement. Les composantes ne sont pas bien délimitées d’un côté et nébuleuses de l’autre, mais sont bien délimitées de l’un et l’autre côté ; en outre l’image photographique de ces raies, lorsque le champ magnétique n’agit pas, ne montre aucun indice de renversement. Pour cette raison et dans le but d’approfondir ce point j’ai dépensé beaucoup de temps à prendre des photographies avec des durées de pose et des densités de vapeur dans l’étincelle très variées, mais sans obtenir de résultat concluant. Néanmoins l’ensemble des observations semble bien indiquer que toutes ces modifications du triplet normal sont produites par une absorption dans la vapeur de l’étincelle.
- » Un point intéressant qu’il convient de rappeler à ce propos est que les raies spectrales peuvent être plus ou moins complexes
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- dans leur propre constitution ; une étude importante relative à ce sujet a été faite par le professeur A.-A. Michelson qui a montré que les raies D du sodium et les raies verte et bleue du cadmium (ainsi que d’autres d’ailleurs) ont une constitution réellement complexe. Ces raies se trouvant précisément parmi celles qui montrent des modifications du triplet normal, il est intéressant de rechercher si c’est cette complexité de structure qui donne naissance aux modifications du triplet normal, ou si ces modifications ainsi que la complexité de structure constatée par Michelson sont dues à une cause commune : un renversement intermittent. Ainsi, si une raie brillante n’est pas simple, mais est formée en réalité de deux raies bien rapprochées, chacune de celles-ci donnera naissance, sous l’influence d’un champ magnétique, à un triplet. Ces triplets pourront se superposer de manière à donner l’apparence d’un seul triplet ; mais on peut concevoir que l’on se trouve dans des conditions telles que, sous l’action d’un champ magnétique, une (ou plusieurs) des composantes d’un triplet se trouve opposée en phase avec la composante correspondante de l’autre triplet. Dans de telles conditions les lignes superposées pourraient « interférer » et produire des doublets ; par exemple si les lignes centrales seules sont de phases opposées elles s’annuleront l’une l’autre sur toute la région où elles se superposent, et le quadruplet à lignes intermédiaires faibles, comme celui que l’on observe avec la raie bleue du cadmium, pourra se produire.
- » Il importe cependant de remarquer que dans un champ magnétique les conditions sont très différentes de celles où l’on se trouve en l’absence de ce champ, car dans le premier cas l’étincelle est violemment soufflée, ce qui peut avoir pour effet de donner aux deux côtés des lignes renversées une netteté qu’ils ne présentent pas en l’absence d’un champ, et par conséquent rendre comptede ce que les modifications décrites plus haut n’ont pas l’apparence des renversements ordinaires.
- » D’ailleurs, en se plaçant au point de vue théorique, il n’y a aucune raison pour que toutes les raies spectrales donnent lieu a des triplets lorsqu’elles sont observées normalement aux lignes de force d’un champ magnétique. En effet, pour qu’une ligne spectrale donne un triplet sous l’influence d’un champ il est nécessaire que la liberté de vibration soit la même dans toutes les directions. Dans ces conditions l’intensité des deux composantes rectangulaires sera la même, et par suite la ligne médiane du triplet contiendra une quantité de lumière égale à la somme des quantités de lumière contenues dans l’ensemble des deux lignes extrêmes. Mais si les vibrations n’ont pas la même liberté dans toutes les directions, cette égalité n’aura plus lieu, et dès lors il devient possible' que l’intensité de la ligne médiane soit très faible et même soit nulle, auquel cas le triplet se réduit à un doublet. Ainsi par exemple si la vibration ne peut s’effectuer que dans un plan et si ce plan, sous l’action d’un champ magnétique, s’oriente normalement aux lignes de force du champ, il n’y aura pas de composante de la vibration parallèle aux lignes de force, et la ligne médiane disparaîtra du triplet. On peut également supposer que la vibration se trouve orientée parallèlement aux lignes de force et alors les lignes latérales du triplet disparaîtront et la raie considérée semblera n’être pas affectée par le champ. » Il est certain que si une telle orientation du mouvement des molécules peut se produire, elle doit principalement se manifester pour les substances magnétiques, si toutefois ces substances conservent encore quelque propriété magnétique lorsqu’elles sont à la haute température de l’étincelle électrique. M. Preston s’est donc trouvé conduit à étudier les raies spectrales du fer et du nickel, espérant, au moins dans le cas du fer, les résoudre en doublets lorsqu’elles sont observées normalement aux lignes de force. Après plusieurs essais infructueux il parvint à résoudre la plus grande partie des raies du spectre en prenant comme source lumineuse
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- l’étincelle électrique jaillissant entre deux fils de fer enfermés dans des tubes de verre ne laissant dépasser que très légèrement les extrémités de ces fils ; cette disposition permettait de pousser les pièces polaires de l’électro-aimant jusqu’au contact des tubes de verre et de placer ainsi l’étincelle dans un champ extrêmement puissant, sans craindre un contact des fils avec les pièces polaires. Contrairement à son attente, la plupart des raies donnèrent naissance à des triplets; quelques-unes cependant donnèrent des doublets dont l’aspect était différent de l’aspect des doublets dus à un renversement ; quelques autres semblaient extrêmement peu et même nullement affectés par le champ. Des résultats analogues furent observés avec le nickel. Mais M. Preston ajoute « que ces doublets ne sont nullement caractéristiques des métaux magnétiques, car ils se présentent très souvent dans les spectres de beaucoup d’autres métaux tels que, par exemple, le baryum, le platine, le rhodium, etc.
- Spectres dit ga\. — L’auteur a également étudié l’effet du champ magnétique sur les raies des spectres des gaz, obtenus au moyen de tubes contenant les gaz sous une très faible pression. Mais les raies étaient en général trop peu brillantes et trop peu nettes pour qu’on pût observer cet effet, sauf cependant pour l’hydrogène dont les raies étaient brillantes et bien délimitées et sur lesquelles l’action du champ se manifesta par un élargissement. Dans ces expériences l’intensité du champ magnétique se trouvait notablement diminuée par suite de la nécessité d’écarter suffisamment les pièces polaires pour pouvoir placer entre elles les tubes à vide. Aussi l’auteur se propose-t-il de les reprendre quand il pourra disposer d’un champ plus puissant.
- II a cependant déjà obtenu quelques résultats pour les raies du spectre de l’air, photographiées en même temps que celles des électrodes entre lesquelles jaillissaient les étincelles dans l’étude de ces dernières raies. Il a constaté que toujours les raies de l’air présentaient un élargissement sensible sous
- l’action du champ, mais il n’a jamais pu observer leur résolution en triplets. Toutefois, en plaçant un nicol sur le trajet des rayons de manière à intercepter la radiation correspondant à la ligne médiane, des doublets bien distincts ont pu être photographiés.Les mesures faites sur ces doublets indiquaient que pour les raies du violet, l’effet du champ magnétique est environ les deux tiers de celui qu’il produit sur les lignes violettes du cadmium.
- Résultats des mesures. — M. Preston a effectué quelques mesures sur diverses plaques photographiques dans le but de comparer les effets produits sur différentes raies; il compte les reprendre d’une manière systématique lorsqu’il sera parvenu à résoudre un plus grand nombre de raies.
- Il cite toutefois quelques chiffres se rapportant à des champs évalués à environ 20000 unités G. G. S. Ces chiffres indiquent les distances, mesurées sur les plaques négatives, des composantes des raies modifiées en centièmes de millimètre ; 1 mm correspond à 2,6 unités Angstrcem.
- Les chiffres suivants se rapportent au cadmium, ceux de la première colonne indiquant la longueur d’onde ceux de la seconde la distance d des lignes extrêmes du triplet en centièmes de millimètre.
- d.
- 5086 29
- 4800 41
- 4678 43,5
- 44!3 23
- Pour le zinc on a :
- a. d.
- 4722 39
- 4680 43
- 4058 18
- 3683 17
- Ces chiffres correspondent à un même champ, les raies du zinc et du cadmium ayant été produites, comme il a déjà été dit, en faisant jaillir l’étincelle entre une électrode de cadmium et une de zinc. Ils montrent que l’effet du champ croît d'abord avec la longueur
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- d’onde, puis passe par un maximum et décroît ensuite.
- Les résultats des mesures faites sur les raies du zinc et de l’étain produites simultanément montrent que, tandis que d est égal a 42 pour la raie 4680 du zinc, on a seulement 21 et 13 pour les raies 4 525 et 3 801 de l’étain, indiquant que l’effet du champ sur ces dernières est environ la moitié de celui qu’il exerce sur le zinc avec le cadmium.
- Pour le platine, ^^=30 environ; pour le fer et le nickel, d = 18 environ.
- « Ces résultats, ajoute M. Preston, apportent cependant quelque lumière sur les quantités entrant dans les formules déduites de la théorie de Lorentz. Si T est la période d’une ligne spectrale, et 5T la différence des périodes des lignes extrêmes du triplet produit par un champ d’intensité H, on a, en unités électromagnétiques, la relation '
- 8T __ eH T2 “ 2 im 7
- où e est la charge ionique et m l’inertie. En y introduisant la longueur d’onde, cette relation devient :
- JL _ c H
- où v est la vitesse de la lumière.
- » Or les mesures précédentes montrent que 8X ne varie pas comme X2, ni suivant une loi simple de X2 ; par suite le rapport m de e a m doit être considéré comme une fonction de X pour chaque substance, fonction dont la forme n’est pas connue.
- » Il est possible cependant que les raies d’une substance donnée puissent être classées en groupes pour chacun desquels SX varie comme X% de telle sorte que chacun de ces groupes puisse être produit par le mouvement d’un seul ion. Le nombre de tels groupes dans le spectre déterminerait alors le nombre d’ions d’espèces différentes renfermés dans l’atome ou dans la molécule.
- » Des relations homologues existent peut-être entre les groupes de spectres différents,
- mais ce sont là des spéculations exigeant une étude plus complète. »
- Appendice. — Un appendice termine ce mémoire. II. est relatif aux travaux de M. Fie-vez déjà indiqués dans un mémoire du Dr Zeeman (1). Suivant ce dernier, les phénomènes observés par M. Fievez en 1885 ne seraient pas d’origine véritablement magnétique. M. Preston croit au contraire que ces phénomènes sont bien d’origine magnétique. « Ce sont ceux, dit-il, que l’on observe quand on ne prend aucune précaution pour éviter les renversements ; le point important est l’élargissement, qui a toujours été remarqué; et sans aucun doute si M. Fievez avait connu la théorie prévoyant cet élargissement, la question eût été élucidée dès 1885. »
- M. Preston reproduit, à l’appui de cette opinion, les passages suivants du mémoire de M. Fievez(*) ;
- « L’installation spectroscopique de l’Observatoire, disposant d’un appareil dispersif de très grande puissance et d’un électro-aimant Faraday, construction Ruhmkorff, pouvant ctre activé par un courant de 50 ampères d’intensité, a permis d’aborder ce problème.
- » La flamme oxhydrique d’un petit chalumeau était dirigée horizontalement sur un charbon sodé placé entre les armatures coniques de l’électro-aimant, distantes l’une de l’autre de 10 mm. Une image de la flamme était projetée sur la fente du spectroscope par un objectif double. La quantité d’oxygène introduite dans cette flamme permettait de réglerla tcmpératurejde façon à donner aux raies spectrales Dj et D, l’apparence voulue.
- » Dans ces conditions, les raies sodiques Dt et D3 étant d’abord peu larges et non renversées avant le passage du courant d’aimantation, deviennent immédiatement plus brillantes, plus longues et plus larges aussitôt que l’électro-aimant est mis en activité.
- « Si les raies brillantes D, et D2 sont déjà
- • (’) L’Éclairage Électrique, t. XI, 5 juin 1897.
- (2) Bulletin de l'Académie Royale de Belgique, 3e série, t. IX, p. 381, 1895.
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- élargies, l’électro-aimant étant inactif, elles deviennent plus larges encore et sé renversent (c’est-à-dire qu’une raie noire paraît au milieu de la raie brillante élargie) pendant le passage du. courant d’aimantation.
- » Si les raies sont déjà élargies et renversées» l’élargissement de la raie brillante et de la raie noire devient beaucoup plus considérable.
- » Ces phénomènes, qui disparaissent instantanément lors de l’interruption du courant, peuvent être observés, mais avec moins d’intensité, sur la raie rouge du potassium, du lithium, sur la raie verte du thallium,
- etc., lorsqu’une minime quantité de ce s métaux ou d’un de leurs sels est placée sur le support de charbon.
- « Enfin les armatures coniques de l’électro-aimant étant remplacées par les armatures méplates, de manière que toute la longueur de la flamme sodique soit comprise entre ces armatures, les raies D1 et D, préalablement renversées et élargies, présentent un double renversement (c’est-à-dire l’apparition d’une raie brillante au milieu de la raie noire élargie!, lorsque l’électro-aimant est en activité. » J. 13.
- CHRONIQUE
- L’effet des oxydes rares sur l’éclat des filaments des lampes à incandescence. — Dans une revue publiée dernièrement dans ce journal (t. XV, p. 190), nous rappelions que de nombreuses tentatives ont été faites pour augmenter l'éclat des filaments des lampes à incandescence en incorporant au charbon de ces filaments les substances utilisées pour la confection des manchons à gaz. Si la théorie proposée récemment par M. Bunte pour expliquer le fonctionnement de ces manchons est exacte, il n’y aurait pas grand résultat à attendre de ces tentatives, car d'après cette théorie le pouvoir éclairant des manchons n'est pas dû, comme on le croyait, à un pouvoir émissif spécial des matières qui les constituent, mais seulement à un ensemble de circonstances permettant de les porter à une très haute température.
- Voici en effet ce que disait M . Lamotte à la séance de la Société de physique du icr avril dernier, en exposant la théorie de M. Bunte :
- « Tous les manchons actuellement en usage présentent à peu près la même composition, soit 98 à 99 p. 100 d'oxyde de thorium et 1 à 2 p. 100 d'oxyde de cérium et des traces d’autres matières qui ne jouent qu'un rôle tout à fait secondaire. Le pouvoir éclairant des manchons n’est pas dû à un pouvoir émissif spécial, comme M. Bunte s'en est assuré en observant directement l'émission des oxydes de thorium et de cérium et de la magnésie, du charbon de cornues, chauffés dans un four électrique à une température de 2000" environ. Le pouvoir éclairant-résulte seulement de la haute température à laquelle le manchon se trouve porté et qui est due, d’une part, aux propriétés cataly-
- tiques de l'oxyde de cérium, d’autre part à l’extrême division de celui-ci.
- » La présence de l’oxyde de cérium abaisse en effet la température d’inflammation du mélange d’oxygène et d'hydrogène de 650° à 350°; la combustion est donc fortement activée dans le voisinage du manchon et une grande quantité de chaleur est dégagée. L'oxyde de thorium forme une masse boursouflée, constituée par un grand nombre de filaments très fins, sur lesquels se trouve disséminé l'oxyde de cérium. Grâce à la mauvaise conductibilité de ces filaments fins, la chaleur, au lieu de se dissiper rapidement dans la masse, se concentre, et le manchon est porté à une température très élevée.
- » Il est certain que les deux éléments concourent au phénomène, car les manchons en oxyde de thorium pur ou en oxyde de cérium pur donnent dix à vingt fois moins de lumière que les manchons constitués par le mélange ci-dessus. »
- L’explication donnée par M. Bunte du mode d'action de l'oxyde de cérium dans les manchons indique bien que la présence de cet oxyde dans les filaments de lampes ne peut avoir d’effet sur la quantité de lumière donnée par ces filaments. Quant à la façon dont la thori ne agit dans les manchons, elle ne parait pas non plus susceptible d’être utilisée pour augmenter le rendement des filaments.
- Observonstoutefois que dans la revue à laquelle il est fait allusion plus haut, et consacrée à la description des nouveaux filaments du Dr Auer, ce dernier paraît avoir pu tirer parti de la thorine pour augmenter la quantité de lumière fournie par une quantité donnée d'énergie électrique.
- Le Gérant : C. NAUD.
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- Tome XV.
- Samedi 21 Mai 1898
- »• Année. — N° 21.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE DJ ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l'École Polytechnique, Membre de l’Tnstitut.— A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l'Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- LIGNES AÉRIENNES ET SOUS-MARINES. — TABLES NUMÉRIQUES
- Considérons une chaînette, position d’équilibre d’un fil pesant tendu entre deux points. Prenons comme origine O, le point où la
- Soient p le poids par unité de longueur du fil, t la tension au point O.
- Appelons chu, sh«, rh« les cosinus, sinus et tangente h}rperboliques de u.
- chn = e e------5 shi
- 1 tha
- Si nous posons
- nous aurons
- 1 + y r— chw.
- Ainsi, si on prend comme paramètre u le rapport du poids d’une longueur de fil égale à l’abscisse, à la tension au point le plus bas, ch n est le rapport de la tension t -f-pj' au point correspondant à u, k la tension t au pointleplus bas. Ces deux formules expriment les coordonnées {x,f) d’un point M de la chaînette en fonction du paramètre u.
- Soit ? l’angle avec l’horizontale de la tangente MT k la chaînette au point M, de paramètre u ; on a :
- ir
- dx
- = tgo = shi
- IL
- tangente k la chaînette est horizontale, pour axe des x cette horizontale, pour axe des_^ la verticale.
- désignant la longueur de courbe OM.
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- 3io-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N° 21.
- Nous appellerons » l’amplitude hyperbolique de l’argument u
- Le mou correspondant à l’arc OM = s, sera la fraction de l’abscisse qu’il faudra ajouter à cette abscisse pour avoir la longueur de l’arc OM : i -f- ~ Latouéev,
- correspondant à l’arc OM —s, sera la fraction de l’ordonnée y du point M, qu’il faudra ajouter à cette ordonnée pour avoir la longueur de l’arc OM :
- Nous aurons les formules suivantes :
- — u — log tg(~ -r -f-) '(0
- S±J2L= ch» = séc o (s)
- ^--shu = tg? (3)
- I V =
- 1 -h py _ c
- logtgf
- 3t
- r tg + -
- : th » =
- py ch» — i 2 V 2 / v'
- ^U=-chcLL=L[-f + *]('“>
- Houël a publié des tables donnant pourdes valeurs de l’amplitude hyperbolique de millième en millième du quadrant, les valeurs de l’argument u et des fonctions ch«, sh u, thh et de' leurs inverses.
- Nous avons adopté les notations de Houël
- * ? Ch» Sh» Sh» Ch» Ch» — 1 Cot — Th»
- “
- O7, 54' I 1,0001 0,0157 » 6,,7 127,321 0,0157
- 0,0314 l”,4«' 1,0005 0,0314 » 31,9 63,657 0,0314
- 0,0471 2°, 42' 1,0011 0,0472 21.3 » 42,433 0,0471
- 0,0629 3°. 36' 1,0020 0,0029 15.9 31,821- 0,0628
- 0,0786 4°. 30' 1,0031 0,0787 12,8 25,452 0,0785
- 0,0944 5°>24' 1,0045 0,09/15 1,001 10,6 0,048 21,205 0,0941
- 0,1102 6°, 18' I,Oü6l 0,1104 1,002 9,12 0,055 18,171 0,1097
- O.ICÔO 70,12' 1,0079 0,1263 1,003 8 0,063 15,895 0,1253
- 0,1418 8°, 6' 1,0101 0,1423 1,004 7,12 0,071 14,124 0,1409
- 0.1577 9° 1,0325 0,1584 1,005 6.42 0,079 12,706 0, «64
- o. 17a7 9°. 54' 1,0151 o,i745 1,005 s.*-. 0,087 «.si6 0,1719
- 0,1896 10M*' 1,0180 0,1908 1,006 5-37 0,095 io,579 0,1874
- 0,2056 ii°,42' 1,0212 0,2071 1,007 4,97 0,103 9.760 0,2028
- 0.2217 12°, 36' 1,024,7 0,2235 1,008 4,62 0, iii ,9,058 0,2181
- 0.2378 13°, 30' 1,0284 0,2401 1,009 4,32 0,119 8,449 0,2334
- 0,2540 i4o,2y *,0324 0,2568 1,011 4,06 0.127 7, 916 0,2487
- 0,2703 15“.i8’ i,»367 0,2736 3,012 3-84 0. ir? 7,445 0,2639
- 0,2866 160,12' 1,0413 0,2905 1,014 3,83 0,144 7,026 0,2790
- 0.3030 .170.6' i,o-163 0,3076 1,015 3,45 0,153 6,651 0,2940
- ",3i95 18- 1,0515 0,3249 1,017 3>7 9 0,161 6,3m 0,3090
- », 3360 18», 54' 1,0570 0,3424 1,019 3'U 0,169 6,008 o,3239
- 0.3527 i9“, 48' I,0628 0,3600 1,021 3,IU 0,(78 S.7S0 0,3387
- 0,3694 20”, 42' 1.0690 0.3779 1,023 2,89 0,187 5.475 o,3535
- n,3863 210,36' 1,0755 o.3959 1,025 2,78 0,195 5,242 0,3681.
- 0,4032 22'\30’ !,0824 0,4142 1,027 2,68 0,204 5,027 0,3827
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- et nous avons dressé les tables 1 ’
- -^^-’pour des valeurs de l’amplitude © variant de centième en centième du quadrant.
- Nous donnons ces tables en y ajoutant les tables dew, de chu, de shw et de cot-2-. Sur la figure i sont indiquées les courbes représentant les valeurs de ch u, de cot-^et du mou <j. en fonction de u.
- La connaissance de deux quelconques des quantités : px, py^ps, /, t -h py permet de déterminer, par un simple rapport, un nombre qu’on cherchera dans celle des huit colonnes qui lui correspond, le calcul des autres quantités se fera immédiatement avec les nombres lus sur la ligne horizontale correspondante.
- Ces tables serviront à résoudre les problèmes dans lesquels interviennent les fonctions
- hyperboliques, nous nous bornerons dans cet article à des applications à la pose des lignes aériennes, au relèvement et au dragage des câbles sous-marins, à l’étude du régime permanent d’une ligne électrique à laquelle est appliquée une force électromotrice constante.
- § I. LIGNES AÉRIENNES
- Nous supposons dans ce qui suit que les points d’appui sont à la même hauteur.
- i. Quelle tension et quelle portée zx faul-il adopter pour avoir une longueur donnée 2s avec une flèche déterminée y?
- On a :
- Cüt ~ y *
- La tension au point le plus bas est donnée par(9) ; la tensionau pointleplushautpar(io).
- “ » Ch» Shu Shw Ch» Chu — 1 C°t-J- Thu
- 0,4032 22°, 30' !,°824 0,4142 1,027 2,68 0,204 5,027 0,3827
- 0,4203 23", 24' 1,0896 o-4327 1,029 2,59 °> 2r3 4,829 o,397i
- 0,43/4 240, 18' 1,0972 o,45i5 1,032 2,51 0,222 4,645 0,4115
- 0,-1547 25M2' 1,1052 0,4706 1,035 2,43 0,231 4,474 0,4258
- 0,4722 26°, 6' 1,1136 0,4899 1,038 2,36 0,240 4,3i4 o,4399
- 0,4897 270 1,1223 0,5095 1,041 2,29 0,250 4, i65 0,4540
- °-5°74 27°, 54' 1,3335 0,5295 1,044 2,23 0,259 4,026 0,4679
- 5253 28", 48' 1,1412 0,5498 1,047 2,37 0,269 3,895 0,4818
- °,5433 29°» 42' 1,3512 0,5704 1,050 2,118 0,278 3,772 o,4955
- o,5<-4 30), 36' I,1618 o,59T4 1-053 2,068 0,288 3,655 0,5090
- °,5791 31°, 3^' 1,1728 0,6128 i,o57 2,022 0,298 3,546 o,5225
- o,S9«3 32V4' 1.1844 0,6346 1,061 3,979 0,308 3,442 », 5358
- 0,6l/0 33”, t»' 1,1964 0,6569 1,065 3,939 .0,318 3,344 0-5490
- o.l)359 34u, J2' 1,2091 0,6796 1,069 1,902 0,329 3-253 0,5621
- 0,655° lŸ'fl 1,2223 0,7028 3,<>73 1,867 o,339 o,575o
- 0,6743 36° 1,2361 0,7265 3,077 1,834 o,350 3,07s 0.5878
- 0,6938 36”, 54' 3,2505 0,7508 1,082 1,805 0,361 2,99 7 0,6004
- 0,7136 37°, 48' 1,2656 o,7757 1,087 i,776 °,372 2,921 0,6129
- °> 7336 38^,42' 1,2813 0,8012 l, oq2 3,749 0,383 2,848 0,6252
- 0.7538 39\36' 1,2978 0,8273 1,097 1,724 °,395 2,778 0,6374
- °i7743 40°, 3°' 3,335' 0,8541 1,701 0,407 3,7H 0,6494
- o,7953 41°, 24' 1,3331 o,8816 1,309 1,679 0,419 2,646 0,6613
- 0,8x62 42°,i8' 3,3520 0,9099 1,115 1,659 0,431 1,58s 0,6730
- 0,8376 43°. 3 2' 1,3718 0,9393 1,121 1,640 0,444 2,526 0,6845
- "8593 440,6’ 3,3925 0,9691 1,128 1,622 o,457 2,369 0,6959
- 0,8814 15u 1,4142 1 1,335 1,605 0,470 2,414 0,7071
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- 312
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N° 21.
- x sera donné à l’aide des tables, soitpar(i), soit par (4), soit par (7).
- 2. On se donne la flèche y et la tension /, quelles sont la portée et la longueur correspondantes ?
- Chu est donné par l’équation (2).
- x et .v se calculeront à l’aide des tables par (1) et par (6).
- 3. Quelle tension et quelle longueur faut-il donner au fil pour avoir une flèche déterminée y dans line portée connue 2XŸ
- On calculera ch“~I à l’aide de (7).
- t -|-py et s seront donnés à l’aide des tables par (10) et (6).
- 4. Quelles sont la flèche y et la longueur 2s qui correspondent à une tension donnée dans une portée connue 2x ?
- i° La tension donnée est celle du point le plus haut.
- On calculera l’aide de (5).
- 5 et i se calculeront à l’aide des tables par (4) et (2).
- On aura py par différence ou à l’aide de (7).
- 20 La tension donnée est celle du point le plus bas
- u se calculera à l’aide de (1). py sera donné par les tables à l’aide de (2) ou de (7) et s sera donné par (4).
- 5. Quelles sont la portée et la flèche qui correspondent à une tension donnée t H- py pour une longueur donnée 2s ?
- f se calculera à l’aide de (8). x et y seront donnés par les tables à l’aide de (4) et de (6).
- §2. Lignes sous-marines 1. Quelle est la tension maximum que le filin
- » Sh« Sh« Chw Chw— i Cot -2-
- u
- 0,8814 45° I,4I42 ! i,i34 1,605 0,470 2,414
- 0,9038 <!5Ü,54' i,437° i,°3I9 1,142 i,59° », 483 2,362
- 0,526s 46°, 48' 1,4608 1,0649 1, :49 i,577 °,497 2.3“
- 0,9497 47*6 42' 1,4859 1,0990 i,i57 1,565 °,5i2 2,262
- °>')732 48",36' 1,5121 i,i343 1.165 L554 0,526 2,215
- 0,9972 49°. 3°' i,5398 1,1708 TU74 i,544 0,541 2,169
- 1,0216 5o°, 24’ 1,5688 1,2088 1,183 1,536 0,557 2,125
- 1,0465 s-", 18' i,59Q4 1,2482 i,i93 L529 0,573 2, 082
- 1,0718 52°, 12' 1,6316 1,2892 1.203 i,523 0,589 2,041
- 1,0977 53°, 6' 1,6655 i,33i9 1,213 i,5i7 0.606 2,001
- 1,1242 54'J 1,7°13 1,3764 1,224 i,5i4 0,624 I,9°3
- i,i5i2 54°, 54' i,739J 1,4229 1,237 i,5H 0,642 L925
- 1,1788 55", 48' 1,7791 i,47i5 1,248 i,5°9 0,661 1,889
- 1,2071 56”, 42' 1,8214 1,5224 ^ of) T L5°9 0,680 ',«53
- 1,2361 ' 57°, 36' 1,8663 1,5757 1,275 1,510 0,701 1,819
- 1,2657 58“, 30' i,9i39 1,6319 1,289 1,512 0,722 1,786
- 1,2962 59ü, 24' 1,9645 1,6909 1,3°4 1,515 o,744 • i,753
- i,3275 6ov8' 2,0183 L 7532 1,321 1,521 0,767 1,722
- 1,3S96 6l“,I2' 2,0757 1,8190 i,338 1-527 0,791 1,691
- 1,3927 62°, 6' 2,1371 1,8887 1,356 i,535 0,816 1,661
- I,4268 63° 2,2027 1,9626 1,376 i,544 0,843 1,632
- 1,4619 63°. 54' 2,2730 1,0413 1,396 U555 0,871 1,603
- 1,4982 630,48' 2,3486 2,1251 1,418 1,568 0,900 1,576
- i,5357 65°, 42' 2,4300 2,2148 i,44 1,383 o,93i L549
- 1,5746 66°, 36' 2,5180 2,3109 i,47 1,600 0,964 1,522
- ,,6149 67", 30' 2,6131 2,4142 i,5° t,6,9 0,999 1,497
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 3i3
- de drague aura à supporter pour amener en double à bord un câble dont le poids dans l’eau de mer par unité de longueur est p, ce câble ayant été posé avec un mou connu par .un fond connu y ?
- Nous aurons une limite inférieure du mou au relèvement et par suite une limite supérieure de la tension du filin de drague en prenant le mou de la pose, on cherchera dans la colonne cot le nombre correspondant, multipliant ce nombre par zpy, poids d’une longueur de câble égale au double de la profondeur, nous aurons la limite supérieure cherchée.
- On a : zpy = 3,6 tonnes,
- shu .0
- —— = i,i35> cot--- = 2,414
- une limite supérieure de la tension du filin de drague sera 2,414 x 3,6 = 8,7 tonnes.
- Si le mou de la pose avait été de 6,5 p. 100, la limite supérieure de la tension du filin de drague aurait été de
- 3,344 x 3,6 tonnes = 12 tonnes.
- 2. Quellerésistance mécanique doit-on exiger d'un câble posé par un fond connu y avec un mou connu ;a, pourTamener en double à bord? On cherchera dans les tables la valeur de
- Exemple
- Supposons que le câble Marseille-Alger
- cot -L correspondant au mou, une limite supérieure de la tension que le câble aura à
- 1871 , dont mètre est 0, :'ond avec u le poids dans l’eau de nier par 6 kg ait été posé par 3,000 m de 1 mou de 13,5 p. 100. supporter sera. T + T
- « ? Chu Shu Shu Chu Chu—1 “‘T-
- 1,6x49 672,30’ 2,6131 2,41.12 1,498 1,619 0,99) 1,497
- , 6567 68°, 24' 2,7165 2'5257 i>53 1,640 1,036 1,471
- 69“, 18' 2,8291 2,6464 2,56 1,663 1.076 1.447
- *>7457 70", 12' 2,9521 2,7776 î,59 1,689 1.118 1,423
- I,7931 7i«,6’ 3,0872 2,9208 1,63 1,719 1,164 C399
- 1,8427 72° 3,236, 3,0777 1,67 i,753 1,214 1,376
- 1,8948 72°, 54' 3,4oi 3»25I 1,72 1,792 1,267 i>354
- * 9497 732,48’ 3,584 3,442 i,77 1,836 1,325 i,332
- 2,0076 74u,42' 3,79° 3,655 1,82 1,886 1 » 39 1,310
- 2.0689 75», 36' 4,021 3,895 1,88 i,943 1.46 1,289
- 2,1340 762,30’ 4,284 4,165 i>95 2,008 C54 1, 268
- 2,2036 77°, M' 4,584 4,474 2,03 2,082 3,63 1,248
- 2,2783 78°, 18' 4,931 4, S29 2,12 2,166 1,73 1,228
- 2,3589 79,° i2' 4-337 5,242 2,22 2,263 1.84 1,209
- 2,4463 8ou, 6' 5,816 5,730 2> 34 2,377 1,97 1.190
- 2,5421 81» 6,392 6,3M 2,4« 2,51 2,12 1.171
- 2.6-178 81°, 54' 7,097 ‘,026 2,65 2,68 2,30 1,152
- 2,7660 82“, 48' 7,979 7,916 2,86 2,88 2-52 i> !34
- 2,8998 832,42' 9, J13 9,°58 3, 12 3,H 2,80 1,116
- 3,0542 84°,36' 10,626 IO»579 3,46 3,48 3C5 1,099
- 3,2368 85”, 3°' i2,745 12,706 3’92 3,94 3,63 1,082
- 3>46° 86°, 24' 15,93 15,89 4’ 59 4,60 4,3i 1,065
- 3,748 87°, i8' 21,23 21,20 5,66 5,66 5,4° 1,048
- 4,i54 88M3’ 31,84 31,82 7,66 7,66 • 7,42 1,032
- 4,847 89°, 6' 63,66 63,66 13,13 13,13 i2,93 1,016
- CO 90° 00 CO =0 - CO CO 1
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- 3M
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — .N0 21.
- Exemple :
- P = u,6 kg
- jr= 3 000 ni
- H = I3i5 P- iüo.
- La table donne cot — = 2,414.
- La limite supérieure de la tension du câble sera
- 0,9 tonne [(2.414)2 -j- 1] = 6,14 tonnes
- avec [a = 6,5 p. 100, la limite cherchée aurait été de
- 0,9 tonne [(3,344)* + 1] = 11 tonnes environ.
- 3. On relève un câble en double, soient T la tension indiquée au dynamomètre et t le frottement, lorsqu'il reste à la mer un poids n de filin de drague de chaîne et de chatte, à quelle distance horizontale x du navire le câble quitte-t-il le fond et quelle est sa tension en ce point ?
- Le poids du câble soulevé est T—t—-, il est connu, on aura déterminé l en stoppant le relèvement et on aura trouvé par exemple : T — t — o,go T.
- On connaît ^ussila distance verticale^ du sommet du double au fond, on retombe sur le problème 1 traité pour les lignes aériennes.
- Exemple :
- T = 9,5 tonnes, poids du câble par mètre 0,6 kg, le fond est de 3 000 m.
- Il reste à la mer 100 m de chaîne qui avec la chatte pèsent 1 tonne et 500 m de filin de drague pesant
- 1,6 kg x 500 = 0,8 tonne r. = 1,8 tonne y = 2400 m
- La tension du câble au point le plus haut est :
- 720 kg x 6,493 = 4,7 tonnes et la tension au point le plus bas est :
- 720 x 4,493 = 3,2 tonnes tp —0,515 q
- 4930 m
- le mou au relèvement est de 14,5 p. too.
- § 3. Dragages
- Quelle tension de dragage faut-il adopter avec un type donné de film de drague par un fond connu y-) et quelle touée faut-il filer ?
- En raison de la faible vitesse du navire pendant le dragage, la forme prise parle filin de drague est une chaînette et on peut appliquer les formules ci-dessus.
- La tension t dans le fond est approximativement connue, elle doit être suffisante pour traîner la chatte et la chaîne qui la précède.
- La tension de dragage indiquée au dynamomètre sera t -\-py, on connaît donc chu à l’aide de (2) et la touée t qu’il sera nécessaire de filer à l’aide de la table correspondante à (6).
- L’angle d’arrivée de la drague avec l’horizontale est ?.
- La drague sera à l’arrière du navire à une distance horizontale * donnée par (1) ou par (4).
- Exemple :
- y — 3000 m
- poids par mètre dans l’eau du filin de drague P— 1,6 kg;
- longueur de chaîne 100 m;
- ch« — 1 + Séé- = 5,80 ;
- u =2,446;
- angle d’arrivée de la drague f = 0,890 q ;
- touée 19 p. 100 ;
- La chatte sera h l’arrière du navire à une distance horizontale de 1 630 m.
- § 4. Régime permanent d’une ligne
- SOUMISE A UNE FORCE ÉLECTROMOTRICE CONSTANTE
- Soit une ligne électrique de longueur l. Appelons R, R', les résistances totales de conductibilité et d’isolement;
- p et p' les résistances de conductibilité et d’isolement par unité de longueur.
- Soient : E la force clectromotrice appliquée
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 3i5
- au point a* = O -, V et i le potentiel et l’intensité de courant, à la distance a de l’origine, dans le régime permanent.
- Posons :
- R '
- >=!
- i° Supposons la'ligne mise à la terre en 1,
- v
- shu ( 1 — •
- c h« 1--^
- Le courant au départ est :
- et le courant à l’arrivée est :
- 20 Supposons la ligne isolée en l :
- I U ch» Le courant au départ est :
- Ik th«
- Ainsi,
- Connaissant les résistances mesurées de conductibilité et d’isolement, on aura thw = sin o en extrayant la racine carrée du rapport, u sera donné par les tables et on calculera les résistances vraies d’après les formules ci-dessus.
- Le rapport des intensités du courant au départ et à l’arrivée dans le cas d’une ligne à la terre est égal au rapport des potentiels au départ et à l’arrivée, la ligne étant isolée; la valeur de ce rapport est chw = -^—, c’est le rapport des tensions aux points M et O de la chaînette, de paramètres u et o.
- Soit I m le courant nécessaire à l’arrivée •pour y faire fonctionner un appareil donné.
- Si la ligne était parfaitement isolée, il suffirait de mettre au départ une pile de force électromotrice
- Em = I»«R.
- Soit E la force électromotrice nécessaire au départ, pour qu’en tenant compte de la perte par isolement, le courant à l’arrivée soit Im.
- Le courant au départ sera TTO chw et l’on
- et le potentiel à l’arrivée est ;
- E
- ch u
- Soient R; R,- , les résistances mesurées di conductibilité et d’isolement :
- _Ri___E_ . _E _ _I _ thw R if ‘ I if~~ u _ I
- R 1/ u th«
- Ri Ri — —fi, - — RR' := pp\
- Im chu
- E U _ Em R sh« ~ R E _ sh »
- Le coefficient d’augmentation du potentiel à l’origine est~^-, et le pour cent d’éléments qu’il faudra ajouter au départ, pour avoir à l’arrivée le même courant que si la ligne était
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- 3i6
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N° 21.
- parfaitement isolée, est donné par le mou de l’arc de chaînette OM ; la demi-portée étant la longueur de la ligne ;
- Le poids du fil par unité de longueur étant exprimé par la racine carrée de la résistance de conductibilité par unité de longueur :
- Et la tension horizontale au point le plus bas de la chaînette étant exprimée par la racine carrée de la résistance d’isolement par unité de longueur.
- H. Larose
- CHEMINS DE FER ET TRAMWAYS ÉLECTRIQUES f1) DISTRIBUTION PAR CONTACTS SUPERFICIELS
- La plupart des commutateurs ou distributeurs électromagnétiques comportent deux enroulements : un en fil fin et long, monté en dérivation sur le circuit des moteurs, l’autre en fil gros et court, monté en série sur ce même circuit. Ce mode de montage présente plusieurs inconvénients si l’isolc-ment des pavés de contact devient insuffisant. En effet, admettons que le pavé distributeur laisse passer a la terre un courant sensible ; ce courant passant dans l’enroulement en série maintiendra l’attraction de l’armature même après le passage de la voiture ; le pavé de contact restera électrisé, ce qui pourra causer des accidents. Si les courants « vagabonds » atteignent le pavé commutateur, ils circuleront dans Uenroulement en dérivation et provoqueront de même l’attraction de l’armature.
- La Compagnie Thomson-Houston a cherché à éviter ces inconvénients. Pour cela, elle supprime complètement l’enroulement en série; elle entoure les pavés commutateurs d’une cuve de garde (2) et munit chacun des enroulements en dérivation d’une terre séparée. Elle dispose en outre les communications de telle façon que le pavé distributeur en avant de la voiture soit toujours électrisé en même temps que le pavé placé immédia-
- tement sous la voiture, afin que le courant ne puisse jamais être supprimé dans les moteurs.
- superficiels
- i-Houston (1897).
- Les figures 1 et 2 représentent deux modes
- contacts superficiels
- de Thomson-Houston (1897).
- 0) Voir L’Éclairage Électrique du 30 avril, p. 187,
- (2) Voir L'Éclairage Électrique du 4 septembre 1897, t. XII, p. 464.
- de montage satisfaisant à ces conditions (*).
- 20497.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Dans le premier, la batterie d'accumulateurs E, portée par la voiture, communique par une de ses extrémités avec le sol, et par l’autre, avec le patin commutateur F„ qui frotte sur les pavés de contact C. Ceux-ci sont réunis aux rails A, par l’intermédiaire de deux conducteurs g, et gh ; un de ceux-ci, g4, est enroulé sur l’élcctro-aimant qui commande le distributeur du pavé de contact placé sous la voiture ; le second,g*,,, est enroulé sur l’électro-aimant du distributeur immédiatement en avant. Chaque distributeur est formé par un électro-aimant à deux enroulements g\ et g-., dont l’armature vient réunir les deux contacts g et g\ lorsqu’elle est attirée et réunir ainsi directement le pavé distributeur correspondant B avec le câble d’alimentation H. Le circuit des moteurs M M est réuni par une de ses extrémités au patin commutateur F, et par l’autre au patin distributeur F.
- Le fonctionnement est le suivant :
- Au départ, aucun courant ne passant, tous les distributeurs sont au repos. Lorsqu’on manœuvre le contrôleur, le courant de la batterie E est fermé par Ft sur les enroulements g-* etg-s en communication avec le pavé commutateur touché par le patin Fr Les deux armatures correspondantes sont attirées et les deux pavés distributeurs B qu’elles commandent sont électrisés. Le courant principal passe dans les moteurs et la voiture se met en marche ; à partir de ce moment et tant que le courant n’a pas été interrompu dans le circuit des moteurs, la batterie E devient inutile, car le courant principal doit traverser les électro-aimants des distributeurs pour faire retour à la terre.
- Chacun des enroulements gK et g. est mis à la terre séparément, afin d’éviter les accidents qui pourraient se produire si les deux enroulements d’un même électro-aimant étaient réunis et mis à la terre par un câble unique. Si ce câble venait à être coupé, la communication h la terre serait interrompue et le courant passerait dans le distributeur précédent ou dans le suivant. Il y aurait
- ainsi plus de pavés de contact électrisés que la voiture n’en peut couvrir et des accidents pourraient se produire. La mise à la terre séparée de chacun des enroulements évite cette cause d’accidents.
- Le mode de montage présenté en figure 2 est analogue au précédent, mais chaque pavé commutateur est relié à trois distributeurs consécutifs au lieu de deux.
- Dans le système représenté en figure 3, au contraire, chaque pavé commutateur ne commande qu’un seul distributeur, mais chaque distributeur est réuni à deux pavés de contact B. Les pavés B réunis à un même distributeur sont toujours isolés des pavés de contact réunis aux distributeurs voisins, et peuvent être soit contigus à ceux-ci (fig. 3), soit alternés avec eux (fig. 4).
- Le montage représenté en figure 5 est le même que les deux précédents, mais au lieu d’une seule rangée de pavés distributeurs, il y en a deux, ce qui force à employer trois patins de contact sur la voiture : un patin commutateur F, et deux patins distributeurs
- P) Thomson-Houston Brevet anglais n° 20498, année 1897.
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- T. XV. - N° 21.
- F et F2; ceux-ci sont réunis entre eux. Les pavés commutateurs C sont placés au milieu
- iperficiels
- de Thomson-Houston (1897).
- de la voie (fig. 6 et 7) et les paves distributeurs B tout près des rails, soit à l’inté-
- Fig. 6 et 7. — Disposition des contacts dans le système Thomson-Houston.
- rieur de la voie, soit à l’extérieur; la résistance d’isolement entre les deux genres de pavés est donc très considérable, et si l’isolement d’un des pavés distributeurs B devient assez faible pour qu’un courant sensible s’écoule à la terre, ce courant sera arreté par les rails sans pouvoir atteindre les pavés commutateurs C, et faire ainsi fonctionner mal à propos les électro-aimants commutateurs.
- Tous les dispositifs précédents nécessitent l’emploi d’au moins deux patins de contact et deux rangées de pavés conducteurs. Le système suivant, des mêmes constructeurs (*), a été imaginé pour permettre de n’employer qu’un seul patin de contact et qu’une seule rangée de pavés. Le circuit des moteurs M (fig. 8) et celui de la batterie d’accumulateurs E sont tous deux mis à la terre en D par une de leurs extrémités et reliés au patin F par leurs autres extrémités ; le patin F doit pouvoir frotter sur trois pavés consécu-
- (*) Thomson-Houston.Brevet anglais n°20499,année 1897.
- tifs, et pour cela, il est fait en deux parties articulées en f. Les pavés de contact son
- Fig. 8.
- contacts superficiels seul patin (1897).
- alternativement distributeurs (B) et commutateurs (G). Chacun de ces derniers est connecté à la terre par l’intermédiaire de l’enroulement gK d’un électro-aimant commandant un distributeur G; chaque distributeur, lorsque son électro-aimant est actif, met en communication avec le câble d’amende du courant H, les deux pavés distributeurs B qui sont immédiatement en avant et en arrière du pavé commutateur correspondant. Des extincteurs électromagnétiques b et bl sont disposés pour souffler les arcs, à la rupture du contact. Le fonctionnement est le même qu’avec les dispositifs pré cédemment décrits.
- On peut garnir les électro-aimants d’enroulements, en série gri et gt pour obtenir une
- i-Houston (1897).
- attraction plus puissante (fig. 9) ; mais alors les inconvénients signalés plus haut, en cas
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- de mauvais isolement des pavés B, sont à craindre. Pour les éviter en partie, on peut commander l’enroulement en série par un patin spécial F, (fig. 10), auquel est relié le
- Fig. 10. — Distribution par contacts superficiels de Thomsoh-Houston {1897).
- pôle du circuit des moteurs, qui dans le dispositif précédent était mis à la terre; la rangée des boutons de contact relatifs à ces enroulements en série est alors placée près des rails qui empêchent les courants vagabonds de gagner les pavés commutateurs C et de faire fonctionner d’autres distributeurs.
- Le montage représenté en figure 11 est identique en principe à celui de la figure 8, mais les pavés commutateurs et les pavés distributeurs sont disposés sur deux rangées indépendantes, et partant mieux isolés les uns des autres. Les deux patins F et F, sont réunis électriquement entre eux.
- Dans tous les modes de montage proposés par la Compagnie Thomson-Houston, chaque pavé de contact est muni d’un commutateur électromagnétique séparé: mais, pour diminuer les dépenses de premier établissement et faciliter la surveillance et l’entretien de ces appareils, ils seraient groupés au nombre de 12 à 20 dans une même fosse d’une grandeur suffisante pour qu’un ouvrier puisse y pénétrer: chaque commutateur est relié aux pavés de contact correspondants par des câbles isoles.
- Le système Thomson-Houston sera appliqué sur une ligne de tramways, longue de 5 km environ, qui est actuellement en cons-
- truction à Monte-Carlo, dans la principauté de Monaco.
- superficiels
- Les figures 12 à 16 représentent les détails de construction de cette installation. Les explications que nous avons données précédemment permettent de les comprendre aisément, La figure 12 donne le schéma
- Fig. 12. — Distribution par contacts superficiels de Thomson-Houston (1897). Schéma des circuits.
- du montage ; lorsque la voiture est au repos, le contrôleur coupant le circuit des moteurs, le commutateur K qui relie la batterie d’accumulateurs b h ce circuit est fermé ; il en est de même lorsque le contrôleur est dans la première position, immédiatement après la mise en marche; dans toutes les autres positions du contrôleur, ce commutateur est ouvert et la batterie mise hors circuit.
- Tous les commutateurs sont munis d’extincteurs électromagnétiques.
- Les pavés commutateurs A sont entourés
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- T. XV.— N° 21.
- de la cuvette de garde de E.-W. Rice, dont le rôle a été expliqué antérieurement (‘).
- La figure 13 représente la disposition des voies avec les boutons ou pavés de contact disposés en deux rangées parallèles à l’intérieur de la voie ; le montage des boutons de contact est indiqué par les coupes (fig. 14
- et 15); le câble S relie le pavé de contact au commutateur, et le câble T réunit la cuvette protectrice à la terre par l’intermédiaire des rails.
- La figure 16 représente le mode de montage des patins sur les essieux de la voiture; ils peuvent recevoir un léger déplacement
- Fig. 13. — Distribution Thomsou-Houstoii. Plan des voies.
- vertical pour s’adapter automatiquement aux différences de hauteur des boutons de contact.
- Pour une voiture ordinaire de tramway les patins ont environ 4 m de longueur; la batterie d’accumulateurs est composée de 10 éléments d’une capacité de 50 ampères-heures au régime de 5 ampères.
- Fig. 14 et 15. — Distribution Thomson-Houston. Montage des pavés de contact.
- L’exploitation des lignes de tramways par les contacts superficiels entraîne plusieurs difficultés de détail dont la solution est d’ailleurs assez simple. Ainsi, il est avantageux de n’employer qu’une batterie d’accumulateurs de peu d’éléments de faible capacité et
- (')'L’Éclairage Électrique du 24 septembre 1897,1. XII,
- p. 464-
- de la charger sur le réseau des tramways, à 500 volts, afin de simplifier la main-d’œuvre. Pendant que la voiture est arrêtée, il faut qu’on puisse maintenir le courant sur le circuit d’éclairage.
- des pâtir
- Ces deux conditions sont réalisées avec le contrôleur de la Compagnie Thomson-Houston (') représenté schématiquement en figure 17. Lorsque le cylindre du contrôleur est dans la première position (ligne verticale
- (fi Brève
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- n° i), le commutateur S2 étant fermé, le courant ne passe pas dans les moteurs, mais le courant de la batterie E passe par 4, 7, R,
- est prise la dérivation ont des valeurs de plus en plus grandes, afin que la différence de potentiel soit maintenue suffisante bien
- Fig. 18. — Contrôleur Thomson-Houston pour système électromagnétique (1897).
- 11, 12, F,, et actionne le commutateur G2; le courant principal passe par F, le circuit d’éclairage figuré en pointillé, et FL. Pendant la journée, le commutateur S2 est ouvert ; le courant de la batterie ne peut alors actionner le distributeur G-. Quand le contrôleur est dans la seconde position, le courant de la batterie passe par 6, 5, r, 11, 12, Fj, G2 ; le courant principal passe par F, 1, 2, RS, l’armature MA des moteurs, RS, les inducteurs MF, la totalité de la résistance R, n, 12, F,, G2. La batterie se trouve ainsi en dérivation aux bornes de la résistance r, qui est calculée pour que la différence de potentiel e = rl soit suffisante pour charger la batterie.
- En suivant les communications sur le schéma lorsque le cylindre du collecteur occupe les positions successives, on voit que la batterie est maintenue en circuit jusqu’à ce que la cinquième position soit atteinte; les résistances r, etc., aux bornes desquelles
- que l’intensité I du courant principal aille en diminuant. La manœuvre du contrôleur a aussi pour effet de supprimer peu à peu
- les résistances mises en série avec le moteur; dans la dernière position, toutes les résistances sont supprimées, et Rj est mis en dérivation aux bornes des inducteurs MF pour diminuer le champ et augmenter la vitesse. R S est le commutateur inverseur.
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- Dans bien des cas, il suffit de maintenir la batterie en circuit pendant très peu de temps pour entretenir sa charge. Le contrôleur est alors très simplifié, toutes les communications relatives à la batterie étant supprimées dans une, deux ou trois des positions du cylindre porte-contacts. La figure 18 représente les communications lorsque la batterie n’est maintenue en circuit que dans la première position. La marche du courant se suit facilement. En S^G, est représenté un commutateur automatique qui a pour but de changer les communications des patins de contact avec le circuit des moteurs et de la batterie, lorsque la voiture doit circuler alternativement dans des directions opposées
- avec la même extrémité en avant. Dans ces conditions le patin collecteur vient frotter sur le pavé commutateur et le patin commutateur vient frotter sur le pavé distributeur. Il est donc nécessaire d’intervertir les communications. Pour cela les pavés de contact sont supprimés dans la partie de la voie où se fait le changement de direction — par exemple, dans l’Y du « triangle américain » — et un pavé C, (fig. 19), non isolé, est disposé dans Taxe de la voie ; les patins F2 viennent frotter sur ce pavé ; le courant de la batterie E sera alors dérivé successivement dans les électro-aimants G qui manœuvreront le commutateur à trois directions S,.
- G. PEr.r.rssiER.
- SUR LA MESURE DE LA DIFFÉRENCE DE PHASE ENTRE DEUX COURANTS ALTERNATIFS SINUSOÏDAUX (')
- Moyens de reconnaître la constance du champ tournant. — On aura remarqué que sin ~ et sin -j-(ou bien cos et cos-^-jre-présentent, à une constante près, les coefficients de self-induction des deux circuits c1 et c2 dans nos appareils (fig. 4 et fig. 7).
- En prenant l’unité pour valeur de la self-induction de chacun des quatre enroulements, l’équation (3), page 137, peut alors s’écrire de la manière suivante :
- X-+ Y* =(.* + *-. a»
- é'. -4- ii. \ o
- /** + *» 4. 2 ab cos cos U +
- en posant
- a = c'Llt b--.SL.,,
- L, et L2 étant les coefficients de self-induction des deux circuits <4 et c,.
- Dès lors, l’équation de condition (4') devient :
- Si —
- et la deuxième équation -i, -h équivalente à ;
- V
- laquelle se lit facilement, et dont on peut trouver la correspondante dans YOptique physique de Billet (‘), ce qui peut suggérer plusieurs façons de l’interpréter. Nous allons étudier le champ précisément à ce point de vue, dans le but de rechercher quelques moyens de reconnaître la constance du champ tournant, etc.
- (*) Voir L'Écinraje Électrique du 23 avril ïSg8, p. 133.
- pj Voir Billet, Optique, t. II, ch.
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- Lorsque l’intensité du champ au centre des spires est relativement intense, ce qui est le cas pour l’appareil de la figure 4, le moyen le plus simple pour reconnaître
- la constance du champ tournant consiste à observer la déviation d’une légère armature métallique (un petit ballon en celluloïd argenté, ou recouvert d’une feuille d’étain
- Fig. 8.
- mince), à suspension bifilaire. Comme le champ tournant elliptique donné par l’action des trois bobines, peut être toujours considéré comme résultant de la superposition d’un champ alternatif de direction fixe (suivant le grand axe de l’ellipse) et d’un
- champ tournant circulaire (dont la valeur est représentée par le petit axe de l’ellipse), et que de plus un champ alternatif fixe n’exerce pas de couple sur un corps métallique parfaitement symétrique, il en résulté que le couple sur l’armature mobile dépend unique-
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- ment du champ tournant circulaire composant, Ce couple sera donc maximum en même temps que le champ tournant circulaire, c’est-à-dire lorsque le champ alternatif fixe aura disparu.
- On voit qu’il suffira de régler l’appareil de façon à obtenir une déviation maxima, en se servant pour cela d’un petit miroir d’une échelle et même d’une lunette, pour accroître la sensibilité.
- Si, comme c’est généralement le cas pour l’appareil de la figure 7 qui comporte une seule spire pour chaque enroulement, l’intensité du champ au centre est trop faible pour imprimer une torsion suffisamment grande à une armature suspendue, on peut sonder ou analyser le champ à l’aide d’une petite bobine qu’on oriente autour du centre dans des azimuts convenables, et qu’on relie à un électrodynamomètre sensible Bellati-Giltay.
- On peut conduire méthodiquement cette analyse, en partant des propriétés du système et du champ Ferraris elliptique, en appliquant le dispositif suivant, indiqué schématiquement en plan par la figure 8.
- A et B sont les deux demi-spires juxtaposées et fixes ; Ak et Bk les deux demi-spires mobiles, occupant, comme nous le verrons plus loin, les trois positions particulières K = i, 2, 3. Considérons la position 1, marquée en lignes pleines. Les deux demi-spires A, et B, sont reliées entre elles et avec les demi-spires fixes A, B par deux losanges articulés de côtés égaux et rigides, ml M, SO et », N, SO, dont les points M, et N, peuvent coulisser le long des diagonales OP, et OQ,, lesquelles forment à leur tour les côtés d’un troisième losange articulé PjR,Q,0, dont le point R, peut aussi coulisser le long de la diagonale OR. Il résulte de ceci que les tiges OP, et OQ, sont toujours dans la direction des champs alternatifs composants p, et ps (bisectrices des angles a et [3 de chaque spire), et que la tige OR est la bisectrice de l’angle ô des deux composantes alternatives. En fixant le point R, sur cette bisectrice p,
- l’angle (^, -j- *L) reste constant, mais l’on peut» en déplaçant l’alidade OR autour du centre O, faire varier <1, et en sens contraires. D’autre part, en fixant cette alidade OR dans une certaine position, on peut aussi faire varier les angles et mais dans le môme sens, en faisant coulisser le point R, sur la bisectrice fixe p.
- Ceci posé, le champ tournant elliptique fourni par l’appareil peut être rendu circulaire à l’aide de trois opérations distinctes :
- a) On dispose les deux demi-spires mobiles dans le plan l’une de l’autre (E, + ôV-= 180)., en amenant le parallélogramme P, R,Q, O à la forme d’un carré, et qu’on fixe R,. Les deux champs alternatifs composants p', et p's sont alors à angle droit. En promenant l’ensemble des deux demi-spires, à l’aide de l’alidade R, sur la circonférence, on obtient une série de champs elliptiques qui passent deux fois par chaque demi-circonférence (de OX à OX) par un champ alternatif simple, dont la direction est celle de OX ou_de OX sui- vant que l’alidade OR tombe sur X ou sur X, c’est-à-dire suivant que p, ou p, s’annule. Tous ces champs elliptiques ont la propriété commune d’avoir leur grand axe dans la direction de l’alidade p, bisectrice de l’angle des deux composantes alternatives, et de sc couper entre eux en deux points de l’axe XX équidistants du centre O.
- Il s’ensuit que parmi tous ces champs elliptiques (pour un demi-tour de pj il y en aura un qui comportera un petit axe, ou un champ tournant circulaire, maximum. C’est évidemment celui pour lequel les angles •/,
- , , . . d/, „ il/,
- et Fi sont tels qu on ait : c cos -ÿ- —c"cos-^.
- Cette ellipse est représentée en <?, sur la figure 10, pour le cas particulier donné en cartouche dans le dessin.
- b) On fixe ensuite l’alidade OR dans l’azimut ainsi déterminé, et on déplace le point R, radialerncnt. Par cela, on détruit l’égalité des deux composantes p, et p3, puisqu’on augmente (ou on diminue) et <{/, d'angles égaux, et en général pour cet azimut 0 il ne sera plus
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- possible de trouver un couple d’angles <]>, et L qui rendent les deuxcomposantes d’amplitudes égales. On obtiendra ainsi une nouvelle famille de champs elliptiques, dont le grand axe se déplace à partir de l’azimut p jusqu’à l’azimut p°t p°2, bisecteur de l’angle des deux spires ÂÀo, BB0 arrivées à se juxtaposer sur la normale v au plan commun primitif des deux demi-spires mobiles A, B1 duquel celles-ci sont parties. Le déplacement du grand axe a lieu du côté de celle des deux composantes pt et pî dont l’amplitude grandit davantage. Dans l’azimut limite pnt pn2, pour lequel on cos A-
- a-----jp —— i, le champ elliptique se réduit
- à un champ alternatif unique, dans cette direction fen général lorsqu’on arrive à avoir cos — = riz cos —, le champ sc réduit à un champ alternatif simple de direction fixe).
- Lorsque l’angle des composantes p, et ps passe par la valeur ^ — i8o° — », le champ elliptique correspondant est celui de cette famille qui a le plus grand champ circulaire composant et conséquemment le plus petit champ alternatif fixe. Ce champ est précisément celui dont le grand axe coïncide en direction avec la bisectrice de l’angle de o avec p”, p°2, c’est-à-dire fait par suite avec p un angle de 45% puisque p0,, p°s est perpendiculaire à p (’). Le champ elliptique e, a par conséquent un composant circulaire D2 (—H,) plus grand que le circulaire Dd (—H,) de <?,. En somme, parmi tous les elliptiques qu’on obtient en déplaçant le point R2 le long de l’azimut p (en avant ou en arrière de RJ il y en a certainement un d’excentricité minima, puisque le champ se réduit deux fois à un alternatif simple, ou le circulaire à zéro : une fois lorsque Aj et Bx sont en A0 et B„, et une seconde fois lorsque A, se rabat sur A; ce dernier cas ne peut pas s’atteindre avec
- p) Il coïnciderait en direction avec la composante de plus grande amplitude p," si la différence de phase ® entre p/' et p," était de
- l’appareil de la figure 8, par un déplacement de Rt vers R, et c’est d’ailleurs inutile.
- c) L’opération précédente permet de trouver l’angle ^ -(- ^ = 2 », ce qui en somme est notre but. Cependant, on peut amener le champ à être circulaire (le plus grand de tous les circulaires partiels ou composants), en fixant le point R2, et en déplaçant l’alidade R sur le cercle, du côté de la composante de plus petite amplitude.
- En opérant ainsi on arrive toujours à une position p3 pour laquelle on a ri cos -r~— c" cos —. Comme on avait déjà -f- 4'â = 2», le. champ est alors le circulaire cherché.
- Il est d’ailleurs clair qu’en déplaçant l’alidade R autour du cercle, et laissant le parallélogramme P2R2Q20, ou l’angle 'f, -j- ^ = 2», constant, on doit passer par un champ circulaire, car le grand axe de la dernière ellipse obtenue e2 se déplace dans le même sens que l’alidade o, tandis que l’excentricité de l’ellipse diminue ou grandit suivant que les champs composants alternatifs approchent de l’égalité ou s’en éloignent davantage.
- Il faut remarquer toutefois que le grand axe reste toujours à 450 de l’alidade p jusqu’à ce qu’on arrive à un champ résultant circulaire; passé celui-ci, le grand axe de l’ellipse est dans la direction à — 45° de p, c’est-à-dire que les axes se transportent à 90° des ax-cs précédents. En promenant ainsi l’alidade sur le cercle, on passe deux fois par un champ alternatif simple, puis par une série d’elliptiques en sens contraire de la série précédente : pour un parcours de 2-, on rencontre donc deux circulaires, l’un sinistrorsum, l’autre dextrorsum : c'est ce dernier qui correspond dans notre cas à l’aziinut 3 de l’alidade p.
- Chacun des elliptiques particuliers e„e2, obtenus dans les trois opérations précédentes, peut être considéré comme constitué de plusieurs façons différentes. D’abord, il a pour constituants originaires lesdeux composantes alternatives p, et p2 déphasées de » et placées sous un angle «1». Ensuite, les axes de Fejjjpp forment un couple de constituants d’a^pli-
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- r. xv. — N* 21.
- tudes proportionnelles à leurs longueurs et déphasés de Un autre couple de constituants notable est celui des constituants égaux, placés à angle droit et chacun à ± 450 de L’un dés axes : ils ont une différence de phase maxima ou minima (O ou n — <ï>).
- Enfin, en dehors de ces constituants alternatifs orthogonaux, on peut aussi regarder chaque champ elliptique comme résultant de la superposition' d’un circulaire (d’amplitude égale au petit axe) et d’un alternatif fixe (d’amplitude égale au double de la différence des axes) et dirigé suivant le grand axe. Laissant de côté les composantes originaires dont l’angle b varie pendant la régulation, il y a donc plusieurs manières de spécifier les champs elliptiques considérés, et chacune peut servir de contrôle aux autres.
- Pour rechercher les maxima précédents on peut placer au centre de l’appareil (fig. 8), dans le plan vertical de l’alidade R, et solidairement avec celle-ci, une petite bobine tz d’un assez grand nombre de spires, reliée’à un électrodynamomètre très sensible (du genre' Bellati par exemple).
- L’ellipse et a un petit axe maximum : on cherchera une première déviation maxima, qui dépendra seulement du champ alternatif suivant cette direction, ou, si l’on veut, du circulaire partiel. Ensuite, l’ellipse et ayant aussi un petit axe maximum, on fixera l’alidade R, on déclenchera la bobine-analyseur, qui sautera sous l’action d’un ressort dans un azimut à 450 avec le premier, et on cherchera le point R2 qui doit amener une seconde déviation maxima. Dans la troisième recherche, le grand axe restant fixe et le circulaire partiel croissant jusqu’à ce que l’ai-
- v/h.i)'+(,C04)-_lA.-
- ternatif dans le plan de la bobine 75 soit étouffé, on aura encore une autre déviation maxima à rechercher en déplaçant l’alidade, ce qui donnera le circulaire définitif. Il n’est pas nécessaire cependant de faire sauter à 45° la section principale de l’analyseur pour l’amener en coïncidence avec ie petit axe de l’ellipse limite e2 : comme il s’agit en effet de constater seulement un maximum, on peut rechercher celui de l’un des deux champs constituants égaux de l’elliptique <?a qui sont à 4ô° de l’axe p7,, et qui atteindront aussi leur maximum en même temps que l'excentricité devient minima. L’un de ces constituants e°2 aura pour direction celle p0, p°2 de l’axe de la bobine analyseur, ou sera perpendiculaire àp, lorsque l’elliptique e2 sera en place. Chacun de ces constituants égaux sera aussi plus grand que le petit axe de et, comme on le voit en reportant e2 en e'2, pour cette raison que la somme des carrés des amplitudes de deux constituants quelconques orthogonaux étant constante et égale à la somme des carrés des axes, leur valeur commune est plus grande que celle du petit axe.
- On peut conclure de ceci, que lorsqu’on passe de l’elliptique e2 au circulaire e„ en laissant l’analyseur fixe sur p, l’induction recueillie par celui-ci tend vers un minimum, tandis que l’excentricité du champ elliptique, d’orientation invariable, tend vers zéro. En effet, le plan de l’analyseur reste sur la bisec-trice p de l’angle des deux composantes originaires, qui tendent à s’égaliser.
- La bobine-sonde est traversée par deux flux alternatifs p" et p" sous un même angle et par les faces opposées, et le courant qui la traverse a pour expression :
- Cette expression, pour
- passe par un minimum dont la valeur est :
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- et qui correspond au champ circulaire définitif.
- Dès lors, si on rend libre l’analyseur autour de l’axe de l’appareil, il doit donner les mêmes résultats à l’électrodynamomètre sans condition d’orientation.
- D’après ses propriétés, notre dispositif est un véritable appareil de polarisation. Son correspondant optique serait un système biréfringent lequel aurait la propriété de transformer un rayon elliptique donné quelconque en un autre elliptique arbitraire, panant en un circulaire. Réciproquement, un rayon circulaire pourrait être décomposé en deux rayons d’égales intensités polarisés à angle droit, ou encore en deux autres rayons polarisés rectilignes absolument quelconques, c’est-à-dire de caractéristiques A- et ® arbitraires.
- Comme son équivalent optique, notre système électrodynamique est évidemment aussi réversible; la figure 4 en particulier représente un appareil qui, convenablement construit, pourrait, dans un laboratoire, être employé comme générateur de courants déphasés et dont on pourrait régler et varier d’une manière continue, pendant les expériences et dans des limites aussi larges que possible, les amplitudes et la différence des phases. Il suffirait de faire tourner concentriquement et avec vitesse uniforme un aimant assez intense, normalement au diamètre commun des trois bobines.
- La bobine r. appliquée dans l’appareil de mesure, joue le rôle d’un nicol dont la section principale est le plan, normal au dessin et contenant son axe magnétique. L’appareil restaure les circulaires en des polarisés rectilignes : les courants alternatifs qu’il recueille ont des amplitudes proportionnelles aux intensités des circulaires.
- Ce nicol pourrait aussi affecter la forme de deux spirales croisées, comme celles des ligures 9 et 10, lesquelles diffèrent l’une de l’autre par une rotation de 90° autour de Oy :
- La section principale serait alors un des
- plans bisecteurs de l’angle des deux bobines; mais on pourrait aussi considérer les plans des deux spirales comme deux sections-
- principales distinctes à 90° l’une de l’autre, et les deux circuits séparés reconstitueraient un champ tournant circulaire en deux flux alternatifs fixes d’égales ' amplitudes et décalés de 90°, et un champ elliptique en deux flux de caractéristiques , », variables suivant l’orientation de l’analyseur. Dans ce cas ce serait un véritable système biréfringent; les deux circuits distincts, amenés à deux électrodynamomètres égaux, donneraient deux déviations égales lorsque les plans des deux bobines coïncideraient avec les deux champs constituants égaux d’un champ elliptique, lesquels sont 345° des axes, et deux déviations, l’une maxima, l’autre mi-nima, lorsque les plans des bobines s} coïncideraient avec les deux axes.
- La méthode de mesure exposée est peut-être un peu délicate, en ce qu’elle nécessite l’observation de maxima ou de minima. On pourra pallier à cet inconvénient en faisant usage d’un électrodynamomètre très sensible.
- Comme en réalité tout revient à vérifier si des champs sont circulaires, ou à constater le décroissement progressif d’un champ alternatif fixe de direction connue, qui finit par être étouffé, l’idéal cc serait évidemment d’obtenir un analyseur qui ne serait pas sensible aux champs circulaires, mais seulement aux champs alternatifs fixes. On aurait alors cà chercher à l’électrodynamomètre des déviations minima qui détermineraient les
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- deux premiers champs elliptiques et une déviation %éro pour reconnaître la constante du champ tournant <?a.
- Mais un tel analyseur n'existe probablement pas, puisqu'un champ alternatif fixe équivaut toujours à deux circulaires égaux de rotations contraires. On ne pourrait recourir qu’a une spirale tournant avec la même vitesse que le'champ circulaire: ce moyen a déjà été--proposé par M. D. Korda, mais il est très difficile à réaliser en pratique.
- En somme, les appareils décrits plus haut donnent la mesure des deux caractéristiques -4r et ?, d’un système de deux courants alternatifs quelconques, par les équations
- A ce point de vue (et d’une manière plus spéciale, l’appareil de la figure 8), ils sont les correspondants de plusieurs méthodes connues de l’optique pour la mesure des caractéristiques analogues de deux rayons polarisés par réflexion métallique et cristalline.
- Nous terminerons cette étude par la résolution du problème suivant, qui se présente tout naturellement à l’esprit et qui nous conduira à une nouvelle solution de la mesure de la différence de phase.
- Supposons que les deux moitiés M', N', des deux spires de la figure 7, reliées à leurs moitiés respectives par des contacts à mercure, puissent se mouvoir librement autour du diamètre vertical commun, soit en les suspendant par deux fils ff (fig. n) .sans torsion sensible, soit en les munissant de deux pointes très fines posées sur chapes d’agate, et.cherchons quelles sont les positions d’équilibre que les deux plans M', N' occuperont par rapport au plan des deux demi-spires juxtaposées M, N lorsque les spires complètes seront parcourues par les courants ct et c,.
- Nous remarquerons tout d’abord que. si les deux branches mobiles sont parcou-
- rues par deux courants décalés d’un angle voisin de 90°, le couple sera très faible et tendra à diminuer ou à augmenter l’angle 't'i + L suivant que o est plus petit ou plus
- grand que 90°; d’autre part, les deux circuits fermés MM', NN' tendent d’eux-mêmes à s’aplanir. Nous supposerons donc que nous avons affaire à une différence de phase plutôt inferieure à 450 que supérieure à cette valeur; et, laissant de côté le cas où les deux courants parcourent les deux branches M et N de façon à produire une attraction ramenant ces branches dans le plan des branches fixes, nous admettrons qu’on a renversé l’un des courants de manière à ce que 1a différence de phase soit comprise entre 90° et i8ou. Dans ces conditions, seul cas qui nous intéresse, les branches M et N se repousseront.
- L’angle -b entre les deux demi-spires mobiles donne en quelque sorte la mesure de la force (Blakesley), tandis que chacun des autres .angles a, fi, considéré à lui seul, mesure l’amplitude du courant correspondant : comme ces trois angles tendent tous à s’ouvrir, il y aura une configuration donnée d’équilibre, dépendant des valeurs des flux maximum qui peuvent embrasser chacune des spires*,
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- Prenons les surfaces des deux spires, supposées aplaties, égales à l’unitc.
- Nous exprimerons les flux de force traversant chaque spire en projetant la surface de celle-ci sur le plan normal au plan bisecteur correspondant p, ou p5, qui passe par le centre du champ (fig. 12). Les spires pliées agiront effectivement comme une spire de surface respectivement M0 N0' et N0 M/, c’est-à-dire par un flux propre proportionnel à c, cos-^- pour la première, et c2 cos — pour la seconde. A chacun de ces flux il faut ajouter le flux sortant de l’autre spire et qui se soustrait du premier; ce sont les flux
- Nous aurons donc : flux traversant la spire Stk'
- P =c cos_ii____cos dk cos
- flux traversant la spire NN'
- En substituant à c, et c2 leurs valeurs en fonctions du temps
- nous avons pour les valeurs des deux flux :
- avec :
- On pourrait rechercher les maxima ou les minima des deux amplitudes maxima F' et F'7 en fonction de et Mais il est plus simple d’observer que Fi et F2 peuvent représenter également les courants qui parcourent les deux spires fictives planes Mn N/ et ’N0 M/ ; et que nous pouvons exclusivement prendre en considération ces mêmes spires, au lieu des spires pliantes réelles, auxquelles elles sont directement liées. Il est évident que les conditions de grandeur et de position dans l’espace de ces spires fictives seront parfaitement déterminées et d’une seule manière, lorsque le système réel aura atteint sa position d’équilibre. Or, pour que deux spires comme M„ N„'
- et N0 M,/ restent en équilibre sans se repousser ni s’attirer, il faut et il suffit qu’elles soient parcourues par deux courants alterna-
- is- 1*.
- tifs d’amplitudes égales et décalés entre eux d’un quart d’onde.
- L’égalité des amplitudes F/ et F" exige que l’on ait
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- Et la condition que la différence des phases
- conduit à l'équation :
- ce qui donne, concurremment à la condition déjà trouvée :
- Avant de discuter les équations (i) et (2), nous considérerons un autre système analogue à celui qui nous occupe, mais encore moins particulier.
- Si l’on observe que chacune des deux spires pliantes c, et c2 est un électrodynamomctrc élémentaire, on voit qu’on pourrait avoir une mesure du courant qui le parcourt en mesurant, par exemple, le couple nécessaire pour rabattre et maintenir la demi-spire mobile sur le plan de la fixe, ou bien sous un angle quelconque donné.
- Par conséquent, les conditions d’équilibre que nous venons de trouver pour ce système appartiendront aussi h celui de la figure 4, lorsque les deux spirales M, N seront rendues mobiles; on aurait ainsi deux électro-dynamomètres du type Siemens accouplés ensemble, et ayant les deux spirales fixes
- parallèles. La figure 13 donne le schéma de l’appareil ainsi constitué.
- Les deux spires mobiles et c2 sont suspendues par des filsdesoie/, et f2 minces et sans torsion sensible; leurs extrémités baignent, par des pointes de platine amalgamées, dans deux paires de rigoles parallèles remplies de mercure Mj et M2 embrassant chacune un
- quadra'nt; elles sont creusées dans le bois même du socle de l’appareil. Les deux courants sont amenés par les deux paires de plots ABCD, aux deux circuits, composés chacun d’une spire fixe et d’une spire mobile; les spires fixes sont disposées en regard du zéro d’un cercle divisé de part et d’autre pour 180"; la déviation des spires mobiles sur ce cercle donne la mesure des deux angles ^ et 4g. Considérons le cas où les courants traversent les deux spires fixes dans le même sens et les branches mobiles adjacentes en sens alternativement contrairesdefaçon que toutes les branches se repoussent (au moins pour s < go”), et que par suite les six angles tendent tous à s’ouvrir. Il y aura toujours une position d’équilibre déterminée.
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- F
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- En s’aidantde la ligure 14, on peut trouver facilement les expressions des flux traversant les deux spires fictives c\ et c-/2, que nous considérerons exclusivement en cherchant les conditions d’équilibre, comme précédemment T.
- L +4
- 4, v,eî„ ’É 4i~
- Or, les conditions pour que ces deux flux ou courarlts F, et F2 correspondent a une position d’équilibre, sont, dé même qu’aupa-
- qui s'obtient lorsqu’on a à la fois
- tg-
- Les deux appareils se comportent donc de la même manière, abstraction faite de la valeur du rapport—des amplitudes des courants a mesurer, donné par un rapport de cosinus ou de sinus, suivant les conditions différentes des systèmes égaliseurs de ces amplitudes.
- Or, les courants fictifs c\ et c'.2, d’amplitudes égales, décalés de — et placés sous un
- angle-—(4, + 42), donnent naissance à un champ elliptique particulier ayant les axes
- f1) Dans la figure 14 les longueurs différent et Ci, représentées en plan, sont prises comme amplitudes c' et c'".
- sur les bisectrices P, Q de l’angle des composantes alternatives y, et y2, qui sont les axes magnétiques de nos courants fictifs. Ces com-
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- posantes ont pour la position d’équilibre, la meme amplitude A :
- A = \J c'c" sin A Sin-^-(i +cos*-^-±-^ — 2 cos ^ + ^ cos <?);
- 7°i = A sin («* - 45°)> ï°» = A sin _(«/ + 45n).
- L’équation (2) nous donne :
- Donc, nous pouvons écrire, après réductions :
- A = y'c'c” sin i-sin ^ sin o- sin Mi-,
- et en outre :
- .in L +
- A = R-----------L. -,
- 2 /sin»
- si R est le rayon ou l’intensité du champ circulaire que nous aurions obtenu en satisfaisant d’autorité aux conditions connues ;
- Or, nous avons pour le rapport des axes P,Q de notre champ elliptique d’équilibre :
- A «In H*
- Q — 4 _t~
- P_Acosi+t “ 4 '
- 4
- ce qui signifie que la position d'équilibre est telle qu'elle donne naissance à un champ elliptique qui admet les constituants yü, et y02 pour couple de diamètres conjugués égaux. Cet elliptique rapporté à ces diamètres conjugués, a, comme on le sait, une équation de même forme que celle d’un cercle en coordonnées rectangulaires :
- sin, jvtii
- X2 + Y2 — A2, (P* + Q2), = R2--.
- Ses demi-axes sont :
- p = Ay/i + cos±4i,
- Q = A QUYAAi.
- Et, puisque :
- „in + U _ 2 pq _ _PQ_
- 2 P2 + Q2 A2 ••
- il est facile d’obtenir la relation :
- A^irnT— P- Q- R, qui, sous la forme
- R _ A3
- É^ïïïy _ RO ’
- montre que R/y/ sin *. est la valeur du rayon de courbure de notre elliptique aux extrémités du couple de diamètres conjugués égaux v0,, vU
- Dans le cas d’une différence de phase o égale à go°, la position d’équilibre est évidemment celle qui donne un champ tournant constant. On a alors
- sin <? = 1, R = A=P = Q, «E +<k= îSo",
- Mais, en dehors de ce cas limite, le —grand axe de l'elliptique d’équilibre est toujours plus petit que le rayon R.
- Dans un électrodynamomètre bi-partagé, deux courants d’égales amplitudes et de différence de phase », fournissent un couple qui tend à allonger le champ elliptique qui se forme en général; autrement dit, les deux champs composants tendent à se superposer dans la même direction, ou avec une différence de phase minima. Mais, si » = 90°, il n’existe plus aucun couple, et si les spires fixes traversées par les courants étaient rectangulaires, le champ tournant resterait circulaire. De
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- meme, dans nos systèmes électrodynamiques, deux courants quelconques tendent en premier lieu à former deux composants alternatifs d’amplitudes égales, lesquels pour que le système soit en équilibre doivent être décalés d’un, quart d’onde, et avoir dans l’espace une différence d’azimuts telle que l’équation du champ rapporté à ces azimuts ait la même forme qu’un champ circulaire rapporté à un couple d’azimuts rectangulaires.
- Dans un champ tournant constant, il existe une infinité de couples d’azimuts rectangulaires et conjugués égaux.
- Dans un champ elliptique, il n’y a d’autre couple de constituants conjugués rectangulaires que les axes, qui sont par suite d’amplitudes différentes. Mais cet elliptique admet un couple de constituants alternatifs égaux dont les phases ont dans le temps une position égale ou • supplémentaire de celle qu’ils occuperaient dans l’espace s’ils étaient les composants d’un circulaire.
- Ainsi, notre champ elliptique pour la position d’équilibre pourrait être constitué aussi bien parce couple de composants égaux déphasés de—-et disposés sous un angle de iiÜ, que par un couple de champs alternatifs rectangulaires égaux et déphasés de ^i + f,
- En définitive, la position d’équilibre de nos systèmes est bien celle qui correspond à un champ circulaire, si on en rapporte le diagramme aux axes des courants fictifs qu’on peut toujours substituer aux courants réels.
- Il reste établi d’ailleurs que le système d’équations
- permet de déterminer les caractéristiques— été d’un système de deux courants alternatifs sinusoïdaux, par une seule expérience et la lecture des angles ^ et 'h,. Et aux déterminations faites avec ces instruments on. pourra certainement donner le même degré de confiance qu’on concède à l’électrodynamomètrc Siemens, abstraction faite peut-être de la sensibilité. Ces phasemètres dynamométriques ne possèdent en outre pas de constante, si ce n’est la constance dans Y égalité des deux circuits, laquelle n’est pas plus difficile à maintenir que l’invariabilité du cadre mobile dans un électrodynamomètre ordinaire.
- Dr Andrea-Giulio Rossi.
- Padoiw, décembre i8ç,;-Janvicr
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- Conduite Sewall en ciment armé pour canalisations souterraines (’).
- Dans ce système, la conduite est constituée par des tronçons d’environ 2 m de longueur dont la figure 2 indique la forme et la constitution. Ces tronçons s’obtiennent en coulant sur un moule en bois recouvert d’une toile métallique un mélange à parties égales
- de ciment de Portland et de sable. Au bout d’une huitaine de jours, le mortier est sec et l’ensemble aune solidité suffisante pour qu’on puisse procéder à la confection de la conduite.
- Pour cela, on commence par former au fond de la tranchée un lit de béton sur lequel on fait un radier en ciment que l’on aplanit avec soin. Sur le radier encore frais, on place les tronçons de conduite et l’on met au-dessus des joints une bande de toile métallique
- (-1) The Electrkal Engineer (New-York), t. XXV, p. 367.
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- (fig. i), qui empêche le remblais de détériorer les joints. Dans les courbes, on emploie des tronçons courbes fabriqués spécialement.
- Fig. i et 2. — Conduite Sewall en ciment armé.
- La pose du cable s’effectue, une fois la conduite achevée, comme dans les conduites ordinaires; la surface du radier étant bien polie, le tirage du câble se fait facilement; d’ailleurs, pour éviter toute détérioration par les arêtes 'des extrémités de deux tronçons consécutifs, qui peuvent ne pas être exactement dans le prolongement l’un de l’autre, les extrémités des tronçons sont légèrement évasées et les bords de la section sont arrondis.
- Ce système de caniveau expérimenté depuis un an par la Chicago City Rai.lwaj-’ a, d’après The Eîeclrical Engmeer, donné d’excellents résultats. D’abord sa construction demande moins de temps que celle des caniveaux en ciment faits entièrement sur place, les tronçons pouvant être fabriqués à l’avance. En second lieu la conduite offre, par suite de sa forme et delà présence de l’armature métallique, une résistance mécanique beaucoup plus grande qu’une conduite de section rectangulaire avec dalles de recouvrement, même pour épaisseur moindre de béton. D’autre part, le radier étant continu et poli avec soin, il ne peut s’y trouver aucune cavité permettant à l’eau de séjourner, ce qui assure une plus longue conservation de l’isolant du câble. Enfin la surface de contact de l’isolant et des parois du caniveau est moins grande que dans les caniveaux de section circulaire, ce qui contribue également à la conservation du câble.
- Généralement la largeur de la conduite est très peu supérieure au diamètre du câble qui doit y être logé. L’épaisseur varie de 6 a 12 mm suivant la résistance mécanique que l’on veut
- ÉLECTRIQUE
- obtenir. Pour les conduites destinées aux câbles de 7,5 cm de diamètre total, l’armature métallique est formée par 32 fils de fer longitudinaux de 1 mm de diamètre croisés par des fils de même diamètre distants de 1 cm.
- J. R.
- Ascenseur électrique à frein hydraulique, système Guyenet et de Mocomble (‘J.
- Les premiers ascenseurs empruntaient la force motrice à l’eau des conduites de la Ville, la pression poussait un piston mobile dans un cylindre, dont la longueur était égale à celle de la course que devait effectuer l’ascenseur. C’est vers 1867 fiue M. Edoux construisit ces appareils.
- Lors de la descente, l’eau emprisonnée dans le cylindre et s’écoulant par un ajutage de section déterminée, sert elle-même de frein et limite la vitesse de l’appareil. L’avantage d’un tel frein est la constance de son action; il est toujours prêt à fonctionner.
- De nombreuses modifications ont etc apportées au système primitif, par suite du coût trop élevé de l’eau. C’est ainsi que l’on a établi les accumulateurs et les pompes pour les ascenseurs hydrauliques, puis sont venus les ascenseurs électriques , hydro - électriques , aéro-électriques et aéro-hydro-électriques. Le frein ou le parachute de ces nouveaux appareils est à service intermittent et, par suite, est sujet à ne pouvoir fonctionner au bon moment; de sorte que, si l’on a réalisé une économie dans la manœuvre, on a en même temps sacrifié la sécurité absolue que présentaient les premiers appareils.
- Le nouvel ascenseur électrique proposé par MM. Guyenet et de Mocomble a un meilleur rendement que les précédents et présente la sécurité des ascenseurs hydrauliques, car la descente est obtenue par le même procédé.
- La montée est produite par un treuil électrique A à engrenages droits et, par suite de
- C) F. Hérard, L'Electricien, t.XV. p. 65, 29 janvier 1898.
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- rendement supérieur à celui des treuils à vis sans fin. Le treuil actionne pendant la montée seulement le câble qui supporte la cabine.
- Celle-ci est munie, à la partie inferieure, d’un piston en tube d’acier F glissant dans un
- ique à frein hydrauliqi
- cylindre H. La longueur du piston et celle du cylindre sont égales à la course de l’ascenseur. Une bâche G, placée au sous-sol, envoie de l’eau sous faible pression dans le cylindre pour remplir l’espace laissé libre par l’ascension du piston, et cette eau ne peut s’écouler que lorsqu’on effectue la manœuvre
- de descente ; de sorte qu’à tout moment, la cabine repose sur l’eau d’une façon absolument stable.
- Dans la manœuvre des ascenseurs électriques, il y a à commander le moteur et le rhéostat de mise en marche et de changement de marche.Commelemoteur électriquene doit pas être mis trop rapidement en marche par crainte d’une détérioration rapide, il faut opérer de la façon suivante :
- Exciter l’inducteur, augmenter progressivement le courant dans l’induit par l’intermédiaire de résistances décroissantes;
- Pour l’arrêt, mettre le moteur en court-circuit afin qu’il agisse comme frein; interrompre l’excitation de l’inducteur et enfin couper le courant dans l’induit.
- Le dispositif est délicat et compliqué. Dans le système Guyenet et de Mocomble, une première simplification résulte de ce qu’il n’y a pas de changement de marche, puisque le moteur n’agit qu’à la montée. Le moteur est à courant continu ; dans le cas des courants alternatifs, on emploie un moteur asynchrone avec frein limitateur de vitesse. Le rhéostat de démarrage est remplacéparuninterrupteur avec résistance liquide B.
- La manœuvre s’effectue au moyen d’une tringle I et d’une corde K, de l’intérieur ou de l’extérieur de la cabine. La tringle I est reliée à un levier G qui commande une soupape D. A la montée, l’eau soulève la soupape et vient remplir le cylindre H. A l’arrêt, la tringle occupe la position moyenne et la soupape retombe. A la descente, la tringle soulève la soupape et l’eau rentre dans la bâche G.
- Le levier C commande aussi, par l’intermédiaire d’un levier en équerre O et d’une bielle horizontale N, le rhéostat de démarrage B. Mais il faut que cette manœuvre soit complète et sa durée indépendante du mouvement imprimé parla main, d’où la nécessité de régler la vitesse de déplacement de la tringle, et d’achever automatiquement la manœuvre commencée, afin que le commutateur B occupe la position extrême et que, par conséquent, le
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- moteur fonctionne dans les meilleures conditions d’économie.
- A cet effet, la tringle I est reliée par la bielle P à un piston E, percé d’un orifice et qui se meut dans un cylindre rempli d’huile. L’huile oppose une résistance au mouvement, résistance qui dépend de la grandeur de l’orifice, c’est-à-dire de la vitesse de passage de l’huile de la partie inférieure à la partie supé-ricurc du cylindre. D’autre part, pour achever la manœuvre, le levier est muni d’un poids S qui peut rouler sur lui. A l'arrêt, le levier est incliné à 20 degrés environ au-dessus de l’horizontale; si, par,la manœuvre à la main, il est amené à 20 degrés au-dessous, le poids descend et le bras de levier continue le mouvement commencé; remarquons que l’action du poids va en diminuant au fur et à mesure que l’on arrive à la fin de la course et permet au mouvement de s’annuler peu à peu sans choc.
- Pour la descente, il n’y a plus à s’occuper du moteur, et il suffit d’actionner la tringle I à la main.
- Les dispositions suivantes complètent les mesures de sécurité :
- La tringle ne peut être manœuvréc à aucun étage, si une porte de palier est ouverte ; elle ne reprend sa liberté que si toutes ces portes sont fermées. D’autre part, afin d’éviter de condamner la manœuvre par suite d’une négligence dans la fermeture des portes, celles-ci se ferment automatiquement et sont immobilisées tant que l’ascenseur n’est pas arrêté vis-à-vis. Les portes de la cabine sont également à fermeture automatique.
- La cabine est munie de taquets qui permettent l’arrêt à chaque étage ; remarquons aussi que, grâce à la présence de l’eau sur laquelle repose le piston, l’arrêt peut se faire avec une grande précision.
- En admettant une charge utile de l’ascenseur de 210 kgr et une course totale de 16 m, une manœuvre revient à 0,02 fr, si l’on compte l’hcctowatt-beure à 0,06 fr. En comparant avec les autres systèmes on trouve : pour les ascenseurs hydrauliques à pompes
- actionnées électriquement 0,065 fr Par manœuvre ; pour les ascenseurs hydro-électriques à compensateur 0,05 fr; pour les ascenseurs électriques proprement dits 0,0414 fr.
- G. G.
- La lampe à incandescence de W. Nernst.
- Il a déjà été beaucoup question de la nouvelle lampe h incandescence proposée par le professeur Walthcr Nernst, et pourtant on ne connaît encore à son sujet que la description donnée par l’inventeur ; les résultats qu’il a annoncés n’ont pas été l’objet de discussions suffisantes pour que l’on puisse avoir une opinion bien nette.
- Le principe de la nouvelle lampe est le suivant : les sels, oxydes, etc., qui présentent à la température ordinaire une résistance électrique considérable, peuvent devenir bons conducteurs lorsqu’on élève leur température; ainsi un bâtonnet de magnésie ou de chaux, porté à la température de l’incandescence au moyen de la flamme d’un bec Bunsen, peut être traversé par le courant électrique ; en employant une intensité suffisante pour que la chaleur produite par l’effet Joule puisse maintenir l’incandescence lorsque l’on a écarté la flamme, on a précisément la lampe proposée par Nernst. Le courant électrique maintient la température et le bâton émet de la lumière. L’inconvénient capital de cette disposition est la nécessité d’allumer auparavant la lampe, comme on allumerait une lampe à gaz ou à pétrole. Nous allons voir comment l’on peut tourner cette difficulté.
- La température à laquelle il faut porter le corps pour faire fonctionner la lampe dépend naturellement de la nature de ce corps ; c’est ainsi que, avec des bâtons de memes dimensions, il faut par exemple le chalumeau à gaz oxygène et hydrogène, s’il s’agit de la chaux, pour obtenir une conductibilité telle que le courant maintienne l’incandescence, tandis qu’un simple bec Bunsen suffit, si l’on emploie la magnésie.
- Nernstrecommande l’emploi delà magnésie
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- que l’on trouve dans le commerce en bâtonnets et indique,. pour la mise en marche, réchauffement préalable au moyen de l’étincelle d’un inducteur. Ce procédé semble bien peu pratique et l’on a proposé le suivant : on introduit dans la magnésie un fil de charbon qui sert de conducteur de courant avant que le bâton soit à la température convenable et produit ainsi réchauffement ; à mesure que la température s’élève, la matière qui entoure le fil de charbon devient conductrice et est portée à l’incandescence. Le fil de charbon convient seul, car un fil métallique, en platine par exemple, fonderait et, indépendamment de la faible résistance opposée par le métal, on aurait cet inconvénient de ne pouvoir employer de telles lampes avec les tensions usuelles.
- D’après l’inventeur, la consommation de la lampe est de beaucoup inférieure à la consommation des lampes à incandescence ordinaires. Si l’ampoule qui contient le bâton de magnésie n'est pas complètement vide de gaz, il faut environ i,i watt par bougie, et, si le vide est fait, les résultats sont encore meilleurs, il suffit alors de 0,7 à 0,8 watt par bougie. L’emploi des courants alternatifs est préférable à celui du courant continu, pour éviter une désagrégation électrolytique de la substance incandescente.
- Rappelons à ce propos que des recherches dans ce sens ont déjà été faites à Paris en 1878, par Jablochkoff, il utilisait des lames de kaolin incandescentes ; mais le peu de succès de ces expériences les fit abandonner, aune époque où la bougie Jablochkoffparais- : sait résoudre la question. G. G.
- Compteur horaire pour courant continu ou alternatif, système Siemens et Halske.
- Lorsque l’on ne désire qu’une mesure grossière de la quantité d’énergie consommée dans un établissement, ou que cette quantité est constante comme cela se produit s’il s’agit d’un nombre fixe de lampes fonctionnant
- simultanément, il n’est pas nécessaire d’employer un compteur de watts-heure ou d’ampères-heure, un simple compteur de temps suffit et a l’avantage d’être moins coûteux.
- Le système Siemens et Halske est applicable aux courants continu ou alternatif ; la seule différence que présentent ces compteurs, suivant la nature du courant, consiste dans les valeurs des résistances intérieures. L’appareil se compose dhin balancier actionné électriquement et d’un engrenage de compteur qu’il met en mouvement. Ce balancier a une forme analogue à celle des balanciers de montre, il est formé d’une roue pivotant autour d’un axe horizontal et reliée à l’extrémité d’un ressort spiral dont l’autre extrémité est maintenue fixe. La roue a une niasse assez forte et elle porte en un point de son pourtour une ancre de fer disposée de façon à être attirée tangentiellement. La durée d’oscillation normale est de 4 secondes.
- Le balancier est disposé au-dessous d’un électro-aimant en fer à cheval dont les armatures sont creusées en forme de cylindre pour que l’ancre puisse osciller librement. En avant du balancier se trouve le compteur qui porte quatre cadrans, et en arrière est disposé un contact automatique pour l’électro-aimant. L’appareil est mis en dérivation sur les deux conducteurs et séparé de la source d’électricité par un commutateur qui commande en même temps la distribution.
- Lorsque l’interrupteur est fermé, un courant dérivé traverse l’électro-aimant et une forte résistance, convenablement calculée par rapport à celle de l’électro. Celui-ci attire l’ancre et imprime une oscillation au balancier; au moment où la masse de fer doux de celui-ci arrive dans la région où le champ est le plus intense, l’électro-aimant est mis en court-circuit et devient sans action sur l’ancre ; le balancier continue son mouvement puis revient en arrière et ainsi de suite. Au bout d’un petit nombre d’oscillations, l’amplitude et la durée ont atteint leurs valeurs normales. Cette disposition a l’avantage de ne pas interrompre le circuit de l’électro et
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- d’éviter ainsi les étincelles de rupture qui seraient nuisibles' au contact, de sorte que celui-ci sc conserve sans altération.
- L’amplitude et la durée de l’oscillation doivent être assez grandes, pour que, dans le cas d’une tension trop élevée, elles puissent être ramenées à leurs valeurs normales, au moj-en d’un mécanisme spécial qui supprime une ou plusieurs fois l’attraction magnétique. Ce régulateurautomatique permet d’employer l’appareil sans danger, même pour des variations de la tension du réseau atteignant 15 p. 100 en plus ou en moins de la valeur normale.
- Pour la construction du compteur, il faut indiquer bien entendu la valeur moyenne de la puissance utilisée. L’appareil est renfermé dans une enveloppe métallique, et des plombs permettent de s’assurer qu’il n’a pas été ouvert. Une ouverture rectangulaire laisse voir le cadran. G. G.
- Les électrodes pour l’électrolyse des chlorures alcalins ;
- Par H. Becker (*)
- L’auteur passe en revue les différentes sortes d’électrodes employées pour l’électrolyse des chlorures alcalins et signale en même temps leurs avantages et leurs inconvénients.
- Le charbon est la matière le plus souvent utilisée. Du charbon de cornue, du graphite, du coke de pétrole ou du coke ordinaire est mélangé à un agglutinant riche en carbone ; le tout est soumis à une forte pression et chauffé en vase clos h une température très élevée. La résistance de ces électrodes à l’action destructive du chlore et de l'oxygène est d’autant plus grande qu’elles sont plus compactes. Pour cette raison, il convient d’employer dans leur confection le moins d’agglu-tinant possible et de choisir un agglutinant laissant un résidu de charbon considérable par la calcination. Il convient également que
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- cette calcination soit faite à une température aussi élevée que possible. MM. Girard et Street utilisent la haute température produite par l’arc électrique (*). D’autres procédés, conservés secrets, sont aussi exploités pour augmenter la résistance des électrodes à l’action destructive des ions.
- Certains oxydes métalliques sont également utilisés. Fitz Gerald et Falconer ont préconisé les anodes en peroxyde de plomb, Blackmann, des anodes formées de plaques de fer recouvertes de magnétite (Fe304), ou de plaques coulées en magnétite, ou enfin de plaques coulées en ilménite (FeTiO3) minéral moins fusible que le premier. Parmi les anodes métalliques, celles en platine iridié (10 p. xoo d’iridium) viennent en premier lieu ; elles sont employées dans plusieurs usines où l’on fabrique du chlorate de potassium ou de la soude et du chlore. Les élec-, trodes en platine ne donnent par d’aussi bons résultats ; celles en métal platiné donnent des résultats encore moins bons : le métal s’use assez rapidement. Généralement ces électrodes sont constituées par des toiles en fil de platine ou de minces feuilles de platine tendues sur des cadres ; toutefois Kellner a indiqué quelques dispositifs de montage qui sont employés (2).
- Le ferro-silicium a été proposé pour la confection des anodes, par Uelsmann et par Hcefner. Le phosphure de chrome pur ou mélangé à du charbon a été préconisé par Parker et Robinson dans le même but.
- Les cathodes sont généralement en charbon de cornue, en fer ou en nickel. Le mercure est employé dans les procédés Castner et Kellner, le plomb en fusion dans les procédés Hulin et Vautin. L’oxyde de cuivre est utilisé par Richardson et Holland ; le cuivre recouvert d’oxyde de cuivre, par Gibbs et Franchot. H. B.
- (1) Voir L’Éclairage Électrique, t. III, p. 277, et t. IV, p. 454-
- (2) L'Éclairage Électrique, t. IV, p. 75, et t. IX, p. 502.
- (*) L'Industrie Électrochimique, t. Il, p. 25, avril 1898.
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- revue des sociétés savantes et des publications scientifiques
- SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES ÉLECTRICIENS Séance du 4 mai 1S9S.
- La seconde communication faite à cette séance, par M. Girault, est relative à la commutation dans les dynamos à courant con-linu.
- Ce problème, très complexe, est souvent 'mal interprété ; on admet comme exacte la composition des flux inducteur et induit obtenue en ajoutant les inductions dues à ces flux en chaque point de la périphérie de l’induit: cette composition n’est pas admissible en ce sens que, tandis que le flux dû à l’inducteur est fixe dans l’espace, celui dû à l’induit est en très grande partie entraîné dans le mouvement de rotation de cet induit ; ce n’est guère que dans les machines mal proportionnées que l'entraînement du flux de l’induit est pratiquement incomplet.
- On n’a donc à considérer pour la bobine en court-circuit que les variations de deux flux qui sont :
- i° Celui dû à l’inducteur ;
- 20 Celui dû à l’enroulement de la bobine en court-circuit elle-même, c’est-à-dire le flux de self-induction de cette bobine.
- Un-premier problème consiste à déterminer les inductions duesau flux inducteur en chaque point de la périphérie de l’induit. M. Fischer-Hinnen a donné une méthode approximative qui fournit des valeurs trop fortes pour ces inductions périphériques^); M. Girault en indique une autre fournissant, au contraire, des valeurs trop faibles.
- Un second problème consiste à calculer le coefficient de self-induction de la bobine en commutation; M. Giraultrappellelesformules données a cet égard par M. Fischer-Hinnen, insiste sur l’intérêt qu’il y aurait à se rendre compte par l’expérience de l'efficacité de
- (h LÈclüi rage Électrique, t. IX, p. 114, 17 octobre 1896. '•
- l’amortissement apporté aux lignes de force qui tendent à sortir en dehors de la bobine en commutation : d’une part, par le restant de l’enroulement de l’induit ; d’autre part, par le métal inducteur et par les enroulements des bobines inductrices ; à ce dernier égard, il semble que, dans les dynamos à inducteurs feuilletés et à carcasses de bobines non métalliques, le coefficient de self-induction apparent de la bobine en commutation doit être très important.
- Reste à établir l’équation différentielle de la bobine en commutation :
- M.Giraultrappelle d’abord, sous une forme un peu différente, la méthode donnée par M. Fischer-Hinnen dans le numéro précité de ce journal ; il insiste sur ce fait que cette méthode correspond seulement au cas, purement théorique, où la résistance des balais est nulle ou constante.
- Dans une machine fonctionnant bien, ce q ui est le seul point intéressant, il ne se produit pas d’étincelles ni sous les balais, ni à la rupture ; on doit alors pouvoir admettre que les deux résistances des balais au contact et dans leur masse varient hyperboliquement, les conductibilités correspondantes variant linéairement.
- Si l’on appelle :
- r, et r2 ces résistances à l’instant a une constante,
- 6 la durée totale du court-circuit, on a
- •A- = «.(0 — 0, *’
- Si l’on désigne ensuite par :
- Et la force électromotrice due en majeure partie à la variation du flux inducteur dans la bobine en commutation,
- L l’intensité dans cette bobine à l’instant t, il et les intensités respectives à l’instant t dans les branches r, et r2,
- —le courant normal par conducteur de l’induit,
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- r la résistance de la bobine en commutation,
- L son coefficient de self-induction, on a :
- u lt 2Pi r. It + ri-ÎL + t
- et si l’on remplace toutes les intensités par leurs valeurs en fonction de on obtient:
- - + ir(r +r,+r,)=E/
- On peut admettre qu’il n’y aura pas d’étincelles sous les balais pendant toute la durée du court-circuit, si à chaque instant les densités de courant au contact pour les branches r, etr2 ne dépassent une certaine valeur limite à partir de laquelle le courant cesse de passer uniquement par les points de contact intimes du balai et du collecteur (la perte par effet Joule en ces points devient alors assez grande pour échauffer l’air environnant et le rendre conducteur).
- Si l’on admet qu’une machine fonctionne bien, ces étincelles, sous le balai, ne se produiront pas; et la meilleure condition de calage correspondra au cas où la densité dans 'les branches r, à la fin du court-circuit (ri—9) est nulle. Il est facile de voir que cette condition correspond à
- Telle est la valeur de la force élcctromo-trice due aux variations du flux inducteur le plus favorable pour produire une commutation sans étincelle, dans le cas des balais rectangulaires, et de résistivité constante dans toute la section du contact. D’autre part, si l’on considère le cas purement théorique où r et rs sont nuis, on trouve que la densité à la fin de la commutation devient toujours infinie si l’on a
- à fortiori, dans le cas ordinaire où r et ra sont finis, pour obtenir une densité finie au temps ), il sera nécessaire d’avoir :
- a. L ^ i.
- En intégrant l’équation différentielle en q, en tenant compte de la condition a L< i, on trouve que les courbes représentatives de
- I en fonction du rapport sont comprises 2P>
- entre une droite correspondant à a. L = i et une parabole correspondant à a. L = o. La considération de ces deux courbes limites, dans le cas d’un bon calage, permet de déterminer avec facilité les valeurs extrêmes des densités des courants au contact des balais pour les deux branches 1\ et r2; pour qu’il n’y ait d’étincelles à aucun moment, il faut et il suffit que la valeur maxima de ces densités (qui est celle correspondant à la branche r2 pour t = o dans le cas de la parabole) soit inférieure à la densité limite dont nous avons parlé.
- Les cas de mauvais calage (valeur de E; différente de celle la plus favorable), celui du moteur de tramway (E,-=o) s’interprètent facilement en introduisant ces conditions lors de l’intégration dans l’équation différentielle
- La condition a. L<i explique l’importance à attribuer aux balais de fortes* résistivités au contact et dans la masse; c’est pourquoi les balais en charbon procurent de grands avantages par la diminution qu’ils procurent de produit a. L.
- Comme l’on a
- on voit que si l’on augmente l’épaisseur des balais, et par suite le temps 0. le produit a.L conserve la même valeur; mais on allonge d’autant les courbes représentatives de il et de 4 d’où une diminution correspondante des densités en et r2. On pourra donc augmenter au point de vue étincelles le débit maximum de la machine dans le rapport des
- <.L>i;
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- temps 9 ; mais ceci n’est vrai que si l’épaisseur des balais est telle qu’il n’y ait qu’une bobine en court-circuit à la fois. Néanmoins, il y a intérêt h augmenter davantage encore l’épaisseur des balais à la seule condition que la valeur de cette épaisseur ne soit pas trop grande devant celle de la distance interpolaire.
- Le flux propre de l'induit, qui n’a, il est vrai, ordinairement qu’une importance très secondaire, a une influence presque toujours défavorable : tandis que la variation des réluctances offertes aux filets de ce flux émanant de la région de la bobine en commutation tend à diminuer la valeur de E;, celle des forces magnétomotrices tend à l’augmenter, mais ce second effet a beaucoup moins d’importance que le premier.
- L’emploi d’épanouissements polaires très développés présente de grands désavantages, surtout dans les grosses machines. On y fut conduit par cette remarque que l’on obtient toujours le décalage le plus favorable avant d’arriver sous le pôle; le décalage sera donc d’autant plus petit que les distances interpolaires seront moins grandes. C’est en poussant ce raisonnement à l’extrême que l’AlIgc-meine Elecktricitæts Gesellschaft adopta la disposition connue sous le nom d’anneau polaire ; mais elle a su y renoncer actuellement.
- Le désavantage des grands épanouissements s’explique aisément, si l’on observe que les actions secondaires du flux de flinduit prennent alors une importance considérable et surtout que toutes les irrégularités de construction s’accentuent alors (différences de tournage de l’induit, d'alésage des pièces polaires, symétrie forcément imparfaite du bobinage). Ces raisons s’appliquent également à l’enroulement proposé par Mordey, puisqu’il revient à ramener les spires en commutation près des cornes polaires. J. R.
- Sur la conductibilité électrique des lames minces
- d’argent et l’épaisseur des couches dites de pas-
- J’ar G. Vincent(’).
- Des recherches sur les lames métalliques minces m’ont conduit à étudier la conductibilité électrique des lames minces d’argent. Je me propose d’indiquer ici les résultats de cette étude sans insister sur le détail d’expériences assez délicates à réaliser et qui seront d’ailleurs exposées autre part.
- « I. J’ai choisi l’argent parce que c’est le métal qu’il est le plus facile d’obtenir en couches très minces, homogènes, d’un poli parfait, toujours comparables à elles-mêmes et d’épaisseur facilement mesurable. Les couches à étudier étaient déposées chimiquement, par le procédé Martin, sur des plaques de glace soumises au préalable à un lavage minutieux; en employant des liqueurs argentifères de dilutions variées, on obtient telle épaisseur que l’on veut, entre o y et 200 y. Aussitôt après le séchage, les lames argentées étaient soigneusement mises à l’abri de toute émanation pouvant les détériorer. Les mesures étaient faites huit jours après la préparation, mais j’ai vérifié que les précautions prises pouvaient les conserver inaltérées pendant plusieurs semaines.
- ?> IL Avant d’entreprendre les mesures, je me suis assuré que les lames avaient une résistance définie ; je n’ai constaté aucune variation en modifiant beaucoup l’intensité du courant, et les lames se sont montrées insensibles aux chocs.
- » La méthode employée pour la mesure des résistances permettait de déterminer, pour deux régions données arbitrairement sur chaque couche, la résistance p, évaluée en ohms, d’un carré ayant 1 mm de côté ; comme contrôle, les deux valeurs de 0 devaient être identiques.
- » L’épaisseur ; de chaque lame était détermi-
- (’) Comptes rendu!, t. CXXVI. p. 820, séance du 14 mars 1898.
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- née par la méthode de Wiener (‘) et contrôlée aux faibles épaisseurs par une méthode rapide dont le principe a été indiqué par Fizeau (9). Ces deux méthodes reposent, on le sait, sur la transformation de l’argent en iodure ; c’est l’épaisseur de l’iodure qu'on mesure, et l’on en déduit celle de l’argent par une formule connue. On suppose essentiellement que l’iodure se comporte, au point de vue de la réflexion de la lumière et au voisinage de l’incidence normale, comme un corps transparent ordinaire. Les expériences de Wernicke -(3) ont démontré qu’il en est bien ainsi, et l’on peut être sûr que les méthodes de Wiener et de Fizeau ne sont entachées d’aucune erreur systématique.
- » III. Les limites d’épaisseur entre lesquelles j’ai opéré sont 38 u. et 170 u. J’ai fait deux séries de mesures ; elles concordent bien. La figure ci-jointe représente les résultats de l’une d’elles. Les abscisses sont les
- valeurs de l’épaisseur d’argent s, les ordonnées celles de la conductibilité La figure se confond avec une droite à partir de l’épaisseur e = 50|j. environ et au-dessus. Cette droite passe au-dessous de l’origine et coupe l’axe des abscisses au point e = 26 ja environ.
- (q Wied. Ami., Bd. XXXI, p. 630-640 et 639-664 ; 1587. (2) Comptes rendus, t. Cil, p. 274 ; 1861.
- {») Pogg. Ann., Ergbd., t. VIII, p. 70 ; 1877. — Monais-bericbte d. Akad. %n Berlin, p. 670 et suivantes ; 187s.
- Pour les épaisseurs moindres que 50 jj., la courbe s’abaisse nettement au-dessous de la droite et les ordonnées sont jusqu’à trois fois plus petites que les ordonnées correspondantes de la droite.
- » Ces résultats s’interprètent facilement. La fonction— pour les épaisseurs supérieures à 50 p, est de la forme —A -f- B s. Cela implique l’existence d’une couche homogène, laquelle est comprise entre deux couches superficielles de conductibilité moindre au contact de l’air et du [verre. Tant que la couche homogène intermédiaire existe, les points figuratifs se placent sur la droite précédente. Ils s’en séparent au contraire des que l’épaisseur totale de la couche devient égale, puis inférieure à la somme des épaisseurs de passage. On peut donc, d'après ces expériences, fixer àSo 'p. environ la somme des épaisseurs de passage. C’est à peu près le nombre obtenu par Quincke dans ses expériences de capillarité t1).
- » IV. Une question se pose : Les surfaces terminales des dépôts d’argent sont-elles comparables entre elles, et, de plus, n’a-t-on pas affaire à des couches plus ou moins trouées ?
- » Voici ce qu’a montré l’examen au microscope. Toutes les couches, même les plus minces qui ne sont plus conductrices, sont absolument continues. En outre, sur la surface, on aperçoit une multitude de petits grains qui se détachent en sombre sur une couche sous-jacente parfaitement homogène; les diamètres et les distances respectives de ces grains semblent être voisins de 1 u. ou un peu inférieurs. L’aspect de ces grains montre qu’il vaut mieux les considérer comme des ondulations de la surface que comme des grains discrets simplement posés dessus. Ces grains apparaissent identiques à toutes les épaisseurs : on les trouve dans des lames dont l’épaisseur est certainement inférieure à 14 p et peut-être même 8 p.; ils sont seulement un peu plus difficiles à apercevoir àcause
- (')Pogg. Ann., x
- t, CXXXVII; 1869.
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- de leur transparence. On a ainsi une idée de la profondeur des rides qui bossuent la surface des couches; car, même pour ces couches très minces, sous ces grains, il y a une couche sous-jacente homogène. Enfin, j’ajoute que ces grains subsistent dans la transformation en iodure; diamètres et distances restent invariables, l’épaisseur seule change.
- « Comment sont constituées ces couches à surface bossuée? A-t-on affaire à un véritable corps solide ou à un amas pulvérulent composé de grains extrêmement fins indiscernables au microscope ? Si la couche est composée d’un amas de petits grains, leurs dimensions ne dépassent sans doute pas i p.ou2 jjl. J’ai pu, en effet, obtenir des dépôts sur verre à peine visibles et dont l’épaisseur était certainement inférieure à cette limite; transformés en iodure, ils donnaient une pellicule montrant par réflexion le noir du premier ordre des anneaux de Newton. Les couches sur lesquelles j’ai opéré, d’après ces remarques, et la concordance des résultats que j’ai obtenus, me semblent donc d’une constitution bien définie et peuvent être considérées comme un état d’agrégation bien déterminé des particules d’argent.
- « V. L’équation de la droite, déduite de la moyenne des résultats, est
- I £— 26
- 7 — 24 2
- Les expériences ont toutes été faites entre 13“ et 160; on peut tirer de l’équation la valeur qu’aurait à o°; la résistance spécifique d’une plaque d’argent assez épaisse pour que l’on puisse négliger l’influence des couches superficielles. On trouve 1,45 environ en prenant comme unité la résistance spécifique de l’argent ordinaire recuit (nombre de Mat-thiessen). Ce résultat n’a rien de surprenant, l’argent sur lequel j’ai opéré n’ayant subi aucune des opérations mécaniques auxquelles l’autre a été soumis (5). »
- (') Travail fait au laboratoire de physique de l’École nor-
- Remarques sur les rayons cathodiques ;
- Par F.. Got.nsTF.iN (').
- « Dans une série de mémoires très intéressants, présentés à l’Académie des sciences pendant l’année dernière, M. Deslandres (2) a publié quelques résultats de ses travaux concernant les rayons cathodiques.
- » Parmi ces résultats, il y a un certain nombre de faits d’observation et de conclusions se trouvant déjà dans quelques mémoires que j’ai publiés à partir de l'année 1880 sur mes travaux dans le même domaine de recherches. En me félicitant de la confirmation indépendante que mes propres travaux ont trouvée par les belles recherches de M. Deslandres, je crois pourtant être en droit de soumettre à l’Académie des sciences la communication suivante concernant une partie de mes publications antérieures sur les rayons cathodiques ; c'est surtout un mémoire publié par moi en 1880, sur une nouvelle forme de répulsion électrique (*), qui est resté inconnu à M. Deslandres. On y trouve, à côté des phénomènes de répulsion, aux pages 100-108, la description détaillée de l’attraction des rayons cathodiques par une anode, attraction que M. Deslandres croit avoir découverte lepremier. Ensuite le résultat de M. Deslandres conçu dans ces termes : « L’action mutuelle des rayons et des catho-» des se produit seulement lorsque les rayons » se pénètrent » (L'Eclairage Electrique, t. XI, p. 117) a été donné par moi-même en disant (p. 162 et suiv.) que la répulsion ne s’effectue pas à travers un corps solide, mais qu’il est nécessaire, pour la répulsion à subir par un rayon, qu’il coupe dans l’espace libre, c’est-à-dire sans écran intermédiaire, une des normales d’une surface émettant des rayons
- P) Comptes rendus, t. CXXVI. p. 119g, séance du 25 avril 1898.
- (p Deslandres. Comptes rendus, t. CXXIV, p. 678 ; t. CXXIV, p. 945 ; t. CXXV, p. 573, 1897; L’Éclairage Électrique, t. XI, p. 115, 464 et 598 ; t. XII, p. 473.
- (s) Goldstein, Eine neue Form ekctrischer Abstossung. Berlin, Springer, 1880.
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- cathodiques. Dans l’introduction du même mémoire, j’avais déjà montré que la direction des rayons cathodiques pour les surfaces emplo3rées dans mes expériences coïncide avec celle des normales de la cathode. De même, le phénomène mentionné par M. Des-landrcs (.L'Éclairage Electrique, t. XII, p. 475), c’est-à-dire que « le rayon dévié par » une capacité s’étale dans le sens perpendi-» culaire à la déviation », a été l’objet d’une recherche détaillée dans mon mémoire cité ci-dessus (p. 86-91).
- » Qu'il me soit permis de mentionner encore quelques coïncidences d’idées entre M. Deslandres et moi. M. Deslandres admet que l’action répulsive des rayons cathodiques, phénomène découvert par moi, que j’avais appelé dêjlexion ou répulsion déjlectrice des rayons cathodiques, ce explique bien la force » répulsive émanée du soleil, que les auteurs » ont admise sans préciser sa nature » (L'Éclairage Electrique, t. XI, note de la page 116). Or, j’ai déjà énoncé en 1893, dans le rapport annuel de l’Observatoire de Berlin, imprimé dans YAstronomische Vierteljahr-schrift, t. XXVIII, p. 159, une hypothèse pour l’explication des phénomènes comé-taires qui :
- » i° Identifie les queues des comètes avec des faisceaux de rayons cathodiques secondaires (*), excités dans le noyau de la comète
- (!) Les rayons secondaires excités par les rayons cathodiques primaires ne doivent pas être confondus avec les rayons Roentgen, comme on l’a fait récemment, en discutant un exposé de mon hypothèse qui a été publié dans le mois d’août dernier dans le Reichsan\eiger de Berlin. Les rayons cathodiques tombant sur un corps solide produisent, outre les rayons Rœntgen, encore, d’après mes recherches antérieures, deux autres espèces de rayons, savoir :
- i° Les rayons que j’ai décrits en 1881 (Wied. Ann., t. XV, p. 246) et appelés rayons cathodiques réfléchis diffusément, rayons qui different des rayons Rcenteen en plusieurs points, par exemple en cela qu’ils sont déviés par un aimant,
- 2° Les rayons que j’ai décrits dans un mémoire inséré dans 1‘An%eiger de l’Académie des sciences de Vienne du 7 février 1884. Ce sont ces derniers rayons secondaires qui sont repoussés par la cathode primaire, après avoir parcouru un petit chemin dans la direction de cette cathode, et mes recherches ultérieures m’ont montré qu’en variant d'une manière convenable l'intensité de la cathode primaire on peut,
- par des rayons cathodiques primaires émanés du soleil ;
- » 20 Explique la répulsion des queues par la répulsion déflectrice cathodique sortant du soleil-cathode.
- » M. Deslandres veut expliquer (L’Eclairage Electrique, t. XI, p. 115) par l’hypothèse des rayons cathodiques émis par le soleil « la coïncidence entre les orages malt gnétiques terrestres et le passage desfortes » taches près du méridien central du soleil ». Tout à fait dans le'même ordre d’idées, j’ai déjà écrit en 1881 (*) : « Je voudrais-insister » sur ce que certains phénomènes de nature » électrique et magnétique, qui (à cause des » coïncidences soit de leurs périodes, soit de » leurs époques avec certaines variations so-» laires), ont été mis en relation avec l’in-» fluence électrostatique ou magnétique du » soleil, s'expliquent peut-être plus conve-» nablement par des courants électriques » qui traversent l’espace interplanétaire en » émanant de la masse centrale. Les expé-» ricnces, faites en éliminant de plus en » plus le milieu pondérable, n’indiquent » aucune limite de la propagation de cette » singulière forme d’énergie, que nousobser-» vons dans les rayons cathodiques. Or, il » paraît admissible que le soleil, outre les » rayons optiques, émet aussi des rayons » électriques dans un vaste espace. Même » en plaçant l’anode tout près de la cathode, » on observe que les rayons cathodiques, » indépendamment de la position de l’anode, » traversent l’espace en ligne droite sans » limite observable. Donc, pour une telle » communication électrique avec le soleil, il » ne serait pas indispensable que la terre » elle-même représentât une source ou un » pôle de la décharge ; mais il se pourrait
- par ces rayons secondaires, reproduire un nombre assez considérable de formes présentées par les queues des comètes. Un rapport détaillé donnera les dessins de ces formes artificielles et prouvera que ces rayonnements secondaires peuvent être produits aussi par des rayonnements primaires restant eux-mêmes invisibles.
- (‘) Wüd. Ann., t. XII, p. 266.
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- » très bien que des décharges dont les pôles » se trouveraient tous les deux sur le soleil, » produisissent des rayons cathodiques éma-» nant du soleil dans l’espace céleste. »
- » Comme on peut l’entrevoir maintenant, les difficultés qu’on a rencontrées jusqu’à présent, en voulant expliquer les relations entre le soleil et les phénomènes électriques et magnétiques terrestres par les effets d’induction électrostatique ou magnétique, disparaîtraient complètement en admettant pour ces explications l’hypothèse des radiations cathodiques solaires. Même si la charge électrique totale du soleil restait constante ou diminuait, un effet puissant pourrait être produit sur la terre dans le cas où celle-ci plongerait dans le faisceau cathodique d'un élément de la surface solaire, où il y aurait une augmentation tout à fait locale de rayonnement. Il faut, en outre, remarquer qu’un élément cathodique ne rayonne pas comme un élément simplement lumineux dans toutes les directions, mais dans un faisceau de rayons très peu divergents. Par conséquent, l’énergie provenant de l’élément rayonnant reste plus concentrée que dans le cas du rayonnement lumineux ordinaire. En même temps, selon cette manière de voir, on comprendrait mieux quelques anomalies apparentes dans les relations entre ces phénomènes solaires et les phénomènes terrestres. »
- Sur les cycles de torsion magnétique d’un fil d’acier ;
- Par G. Moreau (').
- I. Un fil d’acier simplement écroui, qui n’a jamais été tordu, placé suivant les lignes de force d’un champ magnétique et tordu de -)- T degrés, a une torsion magnétique qui suit les mêmes lois que celles du fer doux (2).
- f1) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1265, séance du 2 mai
- 1898.
- (2) L'Éclairage Électrique, t. XIV, p. 354, 19 février 1898.
- Elle est indépendante de la direction du champ et cesse avec lui. Elle change de sens de part et d’autre du champ avec un maximum sur chaque bord.
- » En un point d’un fil et pour un champ donné, la courbe de torsion magnétique en fonction de T, appelée courbe primaire, est rectiligne pour les faibles torsions élastiques T. Elle s’infléchit ensuite rapidement et tend vers une direction parallèle à l’axe des T, après un maximum peu différent de la valeur limite tm correspondant aux grandes torsions. Son inclinaison primaire T à l’origine est caractéristique de la composition chimique de l’acier. Elle est plus petite que celle du fer doux et peut servir à la mesure du module d’élasticité du fil.
- » II. D’un point quelconque À (torsion élastique -+- T) de la courbe primaire, on obtient, pardetorsion lente jusqu’en T', un parcours descendant ABA' qui traverse l’axe OT en B, tel que 013 = Tr définit la torsion résiduelle primaire du fil tordu à +T. En retordant le fil de T' a -j- T, on décrit un parcours montant A'B'A qui fixe avec le premier un cycle entre -f- T et V. Les rdeux côtés du cycle présentent en B et B' (points où ils rencontrent OT) un point d’inflexion et une allure rectiligne différente de l’inclinaison primaire T et.fonction des torsions -J- T et T', limites du cycle.
- » Ils se raccordent tangentiellement en A et A' et ne sont superposables par rotation des axes que si T==— T.
- » A l’intérieur du premier cycle on fixera une infinité d’autres cycles ayant comme origines les points des parcours précédents. On pourra donc tracer dans le plan (tmT) une infinité de courbes montantes et descendantes dont voici les propriétés :
- » a. A toute courbe montante correspond une courbe descendante symétrique par rapport à l’origine :
- » b. En tout point d’une courbe montante, la courbe descendante qui en part lui est tangente ;
- » c. Par chaque point B de l’axe des tor-
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- sions élastiques OT, on peut faire passer une infinité de courbes montantes et descendantes. L’inclinaison de ces courbes varie entre une limite inférieure Ij, commune à tous les points B et une limite supérieure U, qui tend vers l’inclinaison primaire r pour les points voisins de l’origine, et vers L pour les points éloignés. A l’origine, les courbes montantes et descendantes sont deux à deux superposées.
- » d. Pour les fils d’acier de diamètres différents, l’inclinaison primaire r est la même, ainsi que l’inclinaison limite. Ces deux inclinaisons très inégales (r 7, 1/= 2,4 pour cordes de piano de 0,75 cm de longueur et de diamètres 0,06 cm, 0,07 cm, 0,075 cm) caractérisent, dans un champ donné, deux états moléculaires du même acier.
- » III. Pour deux champs magnétiques différents, les courbes montantes et descendantes du meme fil ont des inclinaisons dont le rapport constant est uniquement fonction des champs. Ce résultat me paraît établir que les constantes élastiques d’un fil tordu ne sont pas modifiées par l’action magnétique qui caractérise simplement l’état de torsion du fil.
- » IV. Le fer doux et l’acier fortement recuit présentent le même système de courbes que l’acier écroui. L’inclinaison limite, atteinte dès les premières torsions élastiques, diffère peu de l’inclinaison primaire. L’acier trempé a des propriétés intermédiaires. L’inclinaison r est la même que pour un acier écroui de même composition chimique, mais son inclinaison limite en diffère : la différence r — L sera d’autant plus petite que l’acier aura été plus recuit et caractérisera le degré du recuit. La position moyenne de l’acier trempé entre le fer doux et l’acier écroui s’explique quand on remarque que la trempe et le recuit font disparaître en partie la cristallisation d’un acier.
- » Pour les corps étudiés, on peut rapprocher les courbes de torsion magnétique des courbes typiques ou caractéristiques définies par MM. Brillouin et Bouasse pour la torsion
- élastique pure. Elles permettent en outre, ainsi que je le montrerai prochainement, de suivre pas à pas les déformations permanentes d’un fil qui a subi une série quelconque de torsions et de détorsions. »
- Sur les rayons cathodiques;
- Par P. Villard (*).
- Les recherches de M. Villard sur les rayons cathodiques et les rayons Rœntgen ont été exposées à diverses reprises dans ce journal (2). La note qu’il présente à l’Académie des sciences contient le résumé des principaux résultats qu’il a obtenus et qu’il communiquait le 4 mars dernier à la Société de physique (3).
- Il rappelle que la résistance d’un tube de Crookes dépend essentiellement de la section du faisceau cathodique et que, par suite, toute modification apportée à cette section modifiera la résistance. D'ailleurs, cette section dépend essentiellement de la forme du tube dont les parois agissent sur le faisceau par suite de leur électrisation positive.
- M.Villard ajoute que cette action répulsive de l’électricité positive des parois s’explique aisément par l’hypothèse déjà émise dans sa communication à la Société de physique, que « l’émission cathodique est alimentée par un afflux de matière chargée positivement, provenant des diverses parties du tube. Ce courant, repoussé parles parois, se centre sur l’appareil, ou, si celui-ci n’est pas de révolution, en prend la symétrie; à l’exception de ce qui provient des régions très voisines de la cathode, la majeure partie de ce cou-
- (’) Comptes rendus, t. GXXVI, p. 1339, séance du 9 mai.
- (2) Sur une réfraction et une réflexion des rayons cathodiques, t. XI, p. 114. — Perfectionnements aux tubes servant à la production des rayons Rœntgen, t. XI, p. 597, t. XV, p. 147. — Sur le voile photographique en radiographie, t. XII, p. 318. — Quelques propriétés des rayons qui produisent l’illumination hémisphérique des tubes focus au-dessus du plan de l’anticathode, t. XIV, p. 307. — Recherches sur les rayons cathodiques, t. XIV, p. 483.
- (3) Voir t. XIV, p, 483.
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- rant arrive dans la région centrale de la cathode, d’autant plus resserrée que la répulsion des parois sera plus forte. De là l’existence d’un faisceau cathodique principal et central. Réduire le diamètre du tube, ou accroître son électrisation soit en rapprochant l’anode, soit en poussant la raréfaction, aura pour effet de resserrer le courant dont il s’agit, de l’affaiblir et de diminuer l’émission. Les rayons cathodiques devenant moins nombreux auront une énergie spécifique plus grande, la bobine excitatrice restant la même : ils deviendront moins*aisément déviables à l’aimant, produiront des phosphorescences plus vives, des rayons X de plus en plus pénétrants.
- » L’afflux positif, que j’appellerai afflux cathodique, est visible près de la cathode, vers laquelle on le voit converger, surtout si le tube s’élargit en avant de la cathode. On peut, grâce à cette visibilité, vérifier que l’afflux cathodique est dévié par un champ électrique, la région de départ des rayons cathodiques subissant un déplacement correspondant.
- » L’expérience est très nette avec un tube large muni d’une cathode plane de même diamètre à peu près, en avant de laquelle, à 15 mm environ, on dispose un diaphragme métallique obturant le tube, et percé de deux trous. Dès que l’espace obscur, de la limite duquel semble partir l’afflux, a dépassé sensiblement le diaphragme, deux faisceaux cathodiques intenses se forment en face des centres des trous, et les points radiants sont aisément visibles. Le phénomène est encore plus remarqué en photographie, la région radiante étant très photogénique. Le reste de la cathode n’émet presque rien. Au moyen d’une électrode mobile on peut dévier l’un
- des afflux, par exemple, et constater qu’il est repoussé, ainsi que le point radiant, par une charge positive, le faisceau cathodique correspondant subissant une déviation moindre et inverse. On peut aussi, au moyen d’un aimant, dévier fortement les rayons cathodiques, jusqu’à leur faire rencontrer le diaphragme, et vérifier ainsi que leur formation n’est nullement gênée par le fait qu’ils rencontrent un obstacle à faible distance, pourvu que leur alimentation soit assurée. Dans cette expérience l’afflux est à peine dévié.
- » En arrivant à la cathode l’afflux est arrêté et il y a production de chaleur aux points frappés. Une cathode mince, en métal, ou même en verre dans sa partie centrale, est portée au rouge là où arrive l’afflux cathodique. Dans le cas où la cathode est en verre (J1), cet effet serait difficile à expliquer autrement. On se rend ainsi compte pourquoi l’électrode négative seule s’échauffe notablement dans les tubes à gaz raréfiés, exception faite des anticathodes.
- » Constituons maintenant la cathode par une toile métallique très fine placée à l’extrémité antérieure d’un tube de cuivre formant écran. Une partie de l’afflux traversera la toile en vertu de la vitesse acquise et continuera sa route au delà. On observe, en effet, sur le prolongement de l’afflux, un faisceau bien visible, qui échauffe fortement les obstacles placés sur son trajet et illumine le verre ou le cristal en jaune (lumière du sodium). Vient-on à dévier l’afflux, ce faisceau en reste le prolongement et subit une déviation identique. Mais en traversant la cathode l’afflux a perdu sa charge, et le faisceau dont il s’agit n’est sensible ni à un champ magnétique, ni à un champ électrique. On est en présence des rayons découverts par Goldstein. »
- CHRONIQUE
- Emission des rayons Becquerel par le thorium I d’aprèslaquellelethoriumetsescomposesémettent et ses composés.—Nous reproduisionsrécemment des radiations analogues aux rayons uraniques (t, XV, p. 199) une note de Mme Sklodowska Curie, | découverts par M. Becquerel. M. G.-C. Schmidt
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- adresse à ce propos une réclamation de priorité à l’Académie des sciences {Comptes rendus, t.CXXVL p. 1264), ayant déjà signalé le même fait le 4 février 1898 à la Société de physique de Berlin.
- Parmi les résultats qu’il avaitobtenus, M. Schmidt signale les suivants :
- Un plateau en fer bien isolé communique avec un électromètre de Hallwachs. Au-dessus se trouve une toile métallique chargée à 500 volts. On observe la vitesse de charge de l’clectromètre, le plateau de fer étant tantôt vide, tantôt chargé d’une substance active. J’ai obtenu les nombres suivants :
- Plateau vide . . . Citrate d'uranium. Nitrate d’uranium. Oxyde de thorium. Sulfate de thorium-Nitrate de thorium.
- 16 32 52 75
- + 63 123
- — 65 131 «
- + 95 166 » ,
- 90 152
- + 9° 156
- — 102 181 « »
- + 4° 81 124
- — 60' 98 134 »
- -1- 43 89 126 »
- Le signe de la charge est indifférent. L’effet se produit même au travers d’une feuille mince d’aluminium.
- Renforcement des rayons X. — A la séance de l’Académie des sciences du 9 mai dernier, M. Vir-gilio Machado dont les recherches sur les tubes de Crookes ont déjà été signalées dans ce journal (t. XIII, p. 567) présentait la note suivante :
- « Afin d’augmenter l’intensité des rayons X obtenus au moyen de décharges déterminées, j’enveloppe la partie tubulaire de l’ampoule bianodique (c'est-à-dire la portion entourant îa tige qui fixe le miroir cathodique) avec une lame métallique flexible, étain, plomb, platine, etc., ou avec une hélice de fil de cuivre isolé.
- » Les tubes fatigués par un long usage et dont la résistance est devenue trop grande retrouvent, au bout de quelques secondes, avec cette nouvelle disposition, un délai de remarquable intensité et ils n’exigent qu’une différence de potentiel plus faible. »
- Sur la conductibilité électrique des solutions de permanganate de potassium. — Dans une note
- récente communiquée à l’Académie des sciences et reproduite dans ce journal (t. XV, p. 198), M. Legrand disait n’avoir pu trouver dans la littérature existante de données numériques sur la conductibilité de ces solutions. M. G. Bredig fait remarquer à ce propos (C. /?., t. CXXVf, p, 1269) qu’il a publié des résultats de mesures de cette espèce dans le Zeitschrift fur physikalische Chc-ftiie, t. XII, p. 233 (1894), et t. XIII, p. 217 (1894), et que MM. Franke et Loven ont également publié des recherches analogues dans le même journal, t. XVI, p. 475 (1895), et t. XVII, p. 376 (1895).
- M. J. Bertrand ajoute que la conductibilité des dissolutions de permanganate de potassium a été mesurée en 1884 Par M' Bouty pour des concentrations de 1/200, 1/1000 et 1/4000 (Annales de Chimie et de Physique, 6e série, t. III, p. 446, 1884).
- La consommation de vapeur des machines annexes des installations mécaniques. — Les machines annexes servant à l’alimentation des chaudières, à la condensation et à divers autres usages, consomment généralement une quantité de vapeur véritablement exagérée, qui augmente beaucoup les dépenses d’exploitation des usines.
- A la séance du 15 avril dernier de la Société des ingénieurs civils, M. Ch. Compère, qui, au cours de nombreux essais de machines, a eu souvent l’occasion de relever la consommation des machines annexes, a fait sur ce sujet une communication des plus intéressantes où étaient cités quelques exemples.
- Ces exemples se rapportent aux petits moteurs employés dans la plupart des usines et qui servent à l’alimentation des générateurs, à la condensation des machines et au service des eaux.
- Pour les petits chevaux alimentaires, leur dépense a été mesurée en recueillant la condensation de leur échappement dans des serpentins réfrigérants. M. Compère a trouvé dans plusieurs essais des dépenses de 3 à 10 p. 100 du poids de vapeur produite par les chaudières ; il cite des chiffres de 27,03 p. 100 à 44,817 p. 100 trouvés par M. Wal-ther-Meunier et par M. Schmidt sur des pompes alimentaires moins bien installées. La consommation de ces appareils varie d’ailleurs de 130 à 200 kg par cheval en eau alimentée.
- Pour les appareils de condensation, M. Compère signale que l’adoption des moteurs à grande vitesse dans les installations électriques a entraîné
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- l’emploi de condenseurs indépendants. Ces condenseurs peuvent être mus par courroie ou par transmission électrique ou encore par des cylindres à vapeur. Dans ce dernier cas, ce sont des condenseurs automoteurs dont l'usage s’est fort répandu et dont la consommation est loin d’être négligeable, bien que l’échappcmcnt de ces appareils soit lui-même condensé sur le vide.
- M. Compère cite l'essai d’une machine possédant un tel condenseur et qui a consommé plus à condensation que sans condensation : 17,82 kg de vapeur par cheval indiqué dans le premier cas et 14,12 kg dans le second cas; puis il parle d’une machine dans laquelle il a dû condenser, dans un serpentin, la vapeur d’échappement d’un conden. seur automoteur ; il a trouvé 27 p. too de la consommation de la machine motrice même.
- Comme appareils moteurs servant à l’élévation des eaux, M. Compère rappelle que, dans une série d'essais faits par M. Walther-Meunier sur une pompe Tangye ne faisant, il est vrai, que 11 à i4kgm, on a trouvé une consommation de vapeur par cheval en eau alimentée de 370 à 480 kg. Pour des moteurs plus importants, faisant l’un 19,12 chevaux et l'autre 6,454 chevaux, M. Walther-Meunier a trouvé respectivement comme consommation de vapeur par cheval en eau montée : 69,66 kg dans le premier cas et 101,713 kg dans le second.
- Enfin, M. Compère cite le cas de l’installation d’une station privée d’éclairage électrique dans
- Cette station comprend trois machines Willans de 100 chevaux et une quatrième de 75 chevaux, deux condenseurs automoteurs, deux pompes à vapeur servant à élever l’eau d’un puits pour la condensation et les divers services de l’installation. La vapeur est produite par une batterie de 5 générateurs Belleville.
- La consommation garantie pour ces machines a été vérifiée par un essai sur une seule machine de 100 chevaux. En vue de cet essai, une seconde chaudière a été allumée pour les services annexes de l’installation et on a profité des dispositifs pris en vue de ces essais pour mesurer la quantité d’eau introduite dans cette chaudière ; on a trouvé ainsi dans deux essais, l’un à charge-normale, l'autre à demi-charge, que les machines annexes ont exigé une consommation de vapeur de 82 p. 100 et de 73 P- 100 de celle de la machine motrice essayée.
- En terminant, M. Compère cite l'installation
- électrique des Magasins de la Place Clichy, fort bien étudiée aupoint de vue des machines annexes, lesquelles sont toutes mues par transmission électrique.
- Nous ajouterons que cette application des moteurs électriques à la commande des machines auxiliaires commence, à se répandre. Nous avons eu plusieurs fois l’occasion de le constater dans des usines génératrices électriques, en particulier dans la station centrale de Rouen, où les pompes alimentaires sont mues par un moteur électrique.
- L’usine hydro-électrique de Clanezzo (Ber-game). — Bergame est située entre deux affluents de l’Adda, le Serio et le Brcmbo; c’est ce dernier qui a été utilisé pour fournir la force hydraulique. Un barrage en maçonnerie de 63 m de longueur coupe le courant en aval du pont de Sedrino et rassemble l’eau dans un canal sur la rive droite jusqu’à Clanezzo. Ce canal a 5 m de largeur et sa pente est de 0,5 m par mille ; il suit le cours de la rivière entre deux murs de pierre sur un fond de ciment, et coule dans des galeries creusées dans le roc et dont la longueur totale est de 685 ni; La hauteur de l’eau dans le canal est de 1,40 m, la vitesse de 1,20 m par seconde; la puissance pour le moindre débit n’est pas inférieure à 2 000 chevaux, pour un saut de 23,80 m.
- Au bout de la course du canal, l’eau se précipite dans un tube de 2,5o m de diamètre et35 m de longueur. Ce tube est soutenu par 7 massifs de ciment et aune pente de 45 p. 100; il se replie ensuite horizontalement sous une voûte et conduit l’eau aux turbines.
- Celles-ci, au nombre de quatre, sont radiales, à action et réaction. L’une a une puissance de 450 chevaux, et les trois autres de 650 chevaux chacune. Elles sont disposées sur de grandes poutrelles dans une salle qui mesure 26 m sur 12,5 m.
- Le courant électrique est distribué par trois fils, au potentiel de 7 500 volts.
- Pour le déplacement et la réparation des machines, une grue électrique est disposée dans la salle à 8 m au-dessus du sol.
- Les conducteurs partent normalement du bâtiment des machines, traversent la rivière, se replient à angle droit, montent sur une petite butte et de là se dirigent en ligne droite vers Bergame sur 10 km, distribuant la lumière et la force et apportant encore 1 200 chevaux à la ville.
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- Les fils sont maintenus par des supports disposés tous les 50 m et constitués par deux poteaux de fer munis d’isolateurs à cloche et de para-
- Les travaux de cette importante installation sont exécutés rapidement par la Société anonyme d'électricité, anciennement Schuckert et Cle, de Nuremberg. G.
- Le secteur des Champs-Elysées. — Du rapport du conseil d'administration à l'assemblée générale du 2 mars dernier, nous extrayons les renseignements suivants sur l'extension prise par le réseau pendant l'année 1897.
- On a, cette année, procédé à l'installation de trois nouvelles chaudières, ainsi que d'un deuxième économiseur réchauffeur ; un cinquième groupe électrogène, aujourd’hui en cours de montage, a été commandé. L’usine, son outillage, ainsi que les terrains de logements figurent au bilan pour 1 936718,55 fr contre 1 758887,24 fr au bilan de 1896.
- La longueur des voies canalisées était de
- 74572,55 m au 31 décembre 1897, en augmentation de 6 788,55 m sur le chiffre de l’année précédente. En outre, on a posé deux conduites principales d'alimentation entre Levallois et Paris. Le coût total des canalisations qui était de 1967 081,65 fr à fin 1896, s’est trouvé ainsi porté à 2 278 811,30 fr.
- Le nombre des immeubles reliés au secteur s’est élevé de 214. portant ce nombre à 1 001, et portant de 1 092487,89 fr à 1368220,38 fr le capital immobilisé par les branchements, colonnes montantes, transformateurs et compteurs appartenant à la Compagnie.
- Les polices souscritesau3J décembre i897étaient au nombre de 2499 pour 164693 lampes à incandescence, 123 lampes à arc de 453 chevaux de force, en augmentation de 776, représentant 38851 lampes à incandescence, 5 lampes à arc de 230 chevaux. En prenant la lampe de 10 bougies comme unité, l’ensemble des lampes et des moteurs reliés équivalait à 161 989 lampes au 31 décembre 1897, contre 134 173 au 31 décembre 1896.
- Le tableau suivant résume les développements du secteur pendant les trois dernières années :
- SITUATIONS SITUATIONS AUGMENTATIONS SITUATIONS
- .8S5 :8g6 l'exercice 1S97 £ .8,7"
- Longueurs canalisées ÔO ;68 67 783,QO 6 788,65 74 572,55
- — de câbles poses 66 052,85 73 °94)55 II 707,50 84 802,05
- Nombre d’immeubles reliés 570 787 214 I 001
- — de polices souscrites I 141 I 723 776 2499
- — de lampes incandescentes souscrites. 94655 127 842 36 851 164 693
- d’arcs souscrits 156 118 5 123
- — de moteurs souscrits 17 55 »
- — de chevaux souscrits 220,5 230,5 451
- — de polices reliées I 078 1 67i 789 2440
- — de lampes incandescentes reliées . . 80 504 m 566 33496 145 062
- — d’arcs reliés !56 169 7 176
- de lampes 10 bougies unités reliées. . 87017 119314 • 347S0 154 °94
- — de moteurs reliés 5° 64 114
- — de chevaux reliés 40 174,5 220,25 394,75
- — de lampes 10 bougies correspondantes Importance totale des installations traduites 800 3 49° 4 405 7895
- en lampes io bougies 87817 122 804 3918s .6,989
- On voit par ces chiffres que l’extension prise pendant l’année 1897 a été très considérable. L’augmentation du nombre d’immeubles reliés a été d'environ 35 p. 100; celle des lampes à incandescence reliées, de 30 p. 100 ; et celle du nombre des abonnés, de plus de 40 p. 100 des chiffres rele-
- vés au 31 décembre 1896. Le nombre des moteurs s’estaccru de 128 p. 100, passant de 50 à 114, correspondant à une augmentation de 220 chevaux, ce qui montre que les applications mécaniques de l’électricité commencent à se répandre.
- Les résultats financiers de l’exploitation ont été
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- également très satisfaisants. La différence entre les recettes brutes et les dépenses, y compris les frais généraux, a atteint 1108 279.96 fr ; surcette somme, 555 065,77 fr ont été consacrésà l'intérêt et amortissement des obligations (440 690,60 fr), aux frais d'administration (16 000 fr), à l'abonnement au timbre (2 640,7s fr), et aux charges municipales (95 734,42 fr) ; 66 496,80 fr à la participation du directeur et du personnel dans les produits nets de l’exploitation (6 p. 100); 273 000 fr à l'atténuation du découvert chez les banquiers ; 10 385,87 fr à la réserve légale ; 89 750 fr à l’intérêt à 5 p. 100 des actions de 110 500 fr; à l'amortissement des 221 actions.
- Appareillage d’essais à 100 000 volts delaCata-ract Construction Company. — La Compagnie Cataract Construction de Niagara-Falls vient de faire établir par la Westinghouse Electric and Manufacturing Company de Pittsburgh, un appareillage remarquable destiné aux essais des isolateurs et des matériaux d'isolation de toute espèce qu’elle emploie pour la transmission à haute tension.
- Le service installé permet de faire des expériences avec des forces électromotrices variant de
- 1 200 à 100000 volts. 11 comprend deux transformateurs de 50 kilowatts du type à isolation d'huile et à auto-refroidissement; les instruments de mesure sont disposés dans le circuit à haute tension pour mesurer les volts, les ampères et les watts à tout voltage jusqu'à une puissance de 10 kilowatts; ces instruments ont chacun un fil relié à l’enveloppe extérieure pour éliminer les erreurs dues aux effets statiques produits à ces hautes tensions.
- Le premier transformateur est de 30 kilowatts à 100 000 volts, l'enroulement de haute tension est divisé en quatre parties équivalentes et permet d’obtenir suivant les connexions 25000, 50000, 100000 volts quand la tension du primaire est de
- 2 200 volts. Un régulateur relié à l’enroulement primaire permet de réduire par degrés de 1 p. 100 environ, sans interrompre le circuit, le voltage à un peu moins de la moitié du voltage normal ; on peut ainsi passer de 12*000 volts à 25000, de 24000 à 50 000 et de 48 000 à 100000.
- Le deuxième transformateur est identique au précédent, sauf que l’enroulement à haute tension est le 1/10 de celui du premier transformateur; il
- permet d’obtenir des variations de 1200 à ioooo volts.
- En réunissant convenablement les deux transformateurs on peut donc obtenir des variations de 1 200 à 100000 volts par augmentation graduelle de 1 p. 100.
- Le voltmètre et les bobines de dérivation des deux wattmètres sont montés en série avec une résistance en maillechort de 1,3 mégohm, permettant de faire varier l’intensité du courant dans le circuit. Le fil des bobines de cette résistance a une longueur de 40 milles environ, l’enroulement est fait sur des plaques de verre pouvant être ventilées au moyen d’une circulation d’air. Les appareils de mesure sont d’ailleurs reliés à la ligne par des commutateurs à fiches à souffleur magnétique; avec l’un d’eux, sont en série un commutateur de sécurité au mercure et un coupe-circuit fusible, Dans les essais, les défauts sont indiqués par la rupture du fusible constitué par un fil d’aluminium. G.
- Magasin et élévateur à grains de Copenhague.
- — Nous avons décrit récemment l’installation des magasins de Buffalo (t. XIV. p. 339) et nous allons donner ici quelques renseignements sur une construction analogue qui a été faite à Copenhague et n’est pas encore complètement achevée.
- Le bâtiment a 52 m de longueur, 31,50 m de largeur et 39 m de hauteur. De chaque côté sont ménagés des quais ayant 13,10 m de largeur et munis de voies ferrées reliées par des lignes transversales aux extrémités du bâtiment au moyen de plaques tournantes.
- Les câbles électriques et les tuyaux sont installés dans un tunnel placé sous le bâtiment dans toute la longueur du quai. Six autres tunnels sont disposés transversalement et servent à la manœuvre de 12 transporteurs qui viennent se charger à quai.
- Les caissons, au nombre de 36, peuvent recevoir chacun 200 tonnes de grain, leur hauteur est de 20 m et leur surface 4,57 X 3,78. Leur plancher en béton comprimé présente en coupe la forme d'une suite d’entonnoirs renversés afin de faciliter l'écoulement du grain dans les récepteurs. Les murs extérieurs sont en matériaux incombustibles, les séparations intérieures en planches.
- Pour décharger les navires on se sert de grues (les élévateurs spéciaux ne sont pas encore construits) qui déversent le grain dans des transpor-
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- teursà toile sans fin, dont la largeur est de 7,65 m et qui se déplacent avec une vitesse de 2 m par seconde: ils peuvent transporter 60 à 70 tonnes par heure. Des élévateurs de 40 m prennent ensuite le grain ; ils sont capables d’enlever le grain à mesure qu’il est apporté par les transporteurs. Chaque élévateur se compose d'une chaîne à godets qui passe à la partie supérieure sur un tambour dont l’arbre est relié aux moteurs électriques par des courroies.
- Le grain tombe ensuite dans deux trébuchets dont la contenance est d’une tonne chacun; la manœuvre demande une minute, de sorte que l’on peut peser 60 tonnes de grain à l’heure. Un ventilateur aspire les poussières. Le grain passe dans une trémie mobile et est amené par des tubes dans les caissons, ou bien à l’étage convenable où il est transporté par des toiles mobiles.
- Pour charger les navires, des manches de déchargement sont reliées à des tubes verticaux que l’on amène au-dessus de la cale du- navire.
- L’électricité est fournie par la station, centrale du port au moyen d’une machine de 100 chevaux actionnant 5 génératrices qui fonctionnent à 450 volts. La distribution de l’énergie est faite par un conducteur triple.
- Six moteurs électriques de 16 chevaux actionnent les élévateurs, un sert pour les transporteurs supérieurs, deux pour les transporteurs souterrains et un dernier pour une machine à nettoyer le grain; en plus de ces 10 moteurs, deux autres de 20 chevaux sont installés sur les quais pour la manœuvre de grues électriques qui enlèvent une tonne à la vitesse de 0,48 m par seconde. G.
- Bateaux-phares électriques. — En attendant la construction d'un phare fixe, on a ancre au delà du cap Hatteras, sur les bancs dangereux Diamond, par 54 m de profondeur, un bateau-phare électrique. Depuis quatre mois, il supporte les vagues de l'Atlantique et semble devoir se maintenir assez longtemps. Un autre bateau avait été installé antérieurement à l'ire-Island. Ces bâtiments sont munis d'une machine à vapeur et d’une hélice pour se tirer de danger en cas de rupture des chaînes. Le matériel électrique est double pour plus de sécurité; l’éclairage, le chauffage, les pompes, les signaux de brouillard, les treuils sont alimentés électriquement.
- Deux moteurs de marine sont directement
- accouplés à deux dynamos de la General Electric C°. Ces dynamos, d’une puissance de 8 kw, sont à quatre pôles.
- L’éclairage comprend huit lampes de 100 bougies chacune (quatre en tête de chaque mât) et quarante lampes de 16 bougies pour l’éclairage intérieur. Aux mâts, trois des quatre lampes sont seules utilisées, la quatrième est en réserve.
- Un internipteurautomatique produit les signaux réglementaires : un feu blanc fixe de douze secondes suivi d’une éclipse de trois secondes.
- Le plan focal des fanaux est à 17,20 m au-dessus de l’eau ; la portée en temps clair est de treize milles marins. - G.
- Préparation électrolytique du chlore. — M. E.-J.HuNïct M. Ed.-F. Watsonpréparent, en partant du chlorure ferrique, du chlore qu’ils transforment ensuite en hypochlorite de soude ou de chaux. Une.solution obtenue en laissant pendant plusieurs jours, dans de grands bacs en bois, du vieux fer et de l’acide chlorhydrique, est chauffée, nous dit L'Industrie Electro-Chimique, dans des cuves en fer, avec un excès de ce métal, jusqu’à transformation du chlorure ferreux en chlorure ferrique et neutralisation complète de l’acide. La dissolution obtenue est concentrée ensuite à une densité de 1,4. avant d’être soumise à faction du courant électrique. Les électrolyseurs utilisés à cet effet sont constitués par des cuves rectangulaires en pitchpin, munies de compartiments formés par des plaques en terre poreuse, moins hautes que les cuves et maintenues entre des tasseaux fixés contre les parois de ces dernières. Ces cellules ont un fond en bois et sont fermées par un couvercle muni d’un tube d’échappement pour le chlore. Tous les points de jonction des parois sont rendus étanches au moyen d’un mastic spécial au goudron ou à la gutta-percha. Ces cellules renferment une dissolution de chlorure alcalin, dans laquelle plongent des anodes en charbon de cornue; quant aux autres compartiments, ils contiennent la solution ferrique et des cathodes formées par de nombreuses feuilles de fer, sur lesquelles se dépose le métal mis en liberté sous l’action du courant électrique. La densité de la solution ferrique ne doit jamais descendre au-dessous de 1,2.
- Le Gérant : C. NAUD.
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- Tome XV.
- Samedi 28 Mai 1898
- 5* Ai
- ». — N6 22.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut.— A. D’ARSQNVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne. Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- SUR LA MESURE DE LA DIFFÉRENCE DE PHASE
- ENTRE DEUX COURANTS ALTERNATIFS SINUSOÏDAUX PAR LES EFFETS ÉLECTRODYNAMIQUES
- i. Toutes les méthodes basées sur le principe de la mesure d’amplitudes instantanées, pour l’évaluation de la différence de phase entre deux courants périodiques, reposent sur la détermination du produit moyen des intensités des deux courants
- dont la valeur, si les courants sont sinusoïdaux, est égale à — d d' cos e, où d et d'représentent les amplitudes maxima et o la valeur angulaire de leur différence de phase.
- L’effort électrodynamique (Ampère) qui s’exerce entre deux courants alternatifs de forme sinusoïdale :
- c, = c' sin Mt
- est précisément proportionnel (pour une position donnée des deux circuits) au produit d c" cos cp ; si donc l’on connaît les intensités maxima F, d' (ou les efficaces), un électrodynamomètre bipartagê (split dynamometer) parcouru par c, et cs, donnera la mesure du couple électrodynamique qui s’exerce entre ces deux courants, c’est-à-dire la mesure
- d’une grandeur proportionnelle à d c" cos D’où <p, lorsqu’on connaît d c".
- L’électrodynamomètre lui-même peul naturellement servir aussi à la mesure de d et
- de c".
- La détermination de la différence de phase entre deux courants périodiques demande donc en principe une série de trois expériences ou mesures ou lectures quelconques, lorsque pour les trois on utilise le même principe.
- Cette méthode générale gagne un peu en simplicité ou en précision par l’élimination de l’influence des deux amplitudes maxima, en rendant celles-ci. égales, ou d’égale valeur efticace quant à l’effet qui les mesure. Toutefois on a toujours à effectuer trois recherches d’ordre distinct, les deux premières pour atteindre l’équivalence des deux amplitudes, la dernière pour avoir la moyenne de leur produit instantané, c’est-à-dire en tenant compte de leur différence de phase.
- Comme les valeurs des différentes quantités à mesurer peuvent changer dans des proportions assez grandes pendant le. temps mis par l’observateur pour effectuer la série des lectures, il importe que celui-ci opère dans le
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- temps le plus court possible. La méthode des trois électrodynamomètres de Blakesley ou de Ferraris, pour la mesure de la puissance d’un circuit et plus généralement de la valeur du produit cV'cos'f. est particulièrement commode surtout lorsque chaque instrument possède un observateur spécial.
- Mais les lectures nécessaires peuvent se réduire simplement à deux, lorsqu’on applique à la fois, pour la mesure du produit moyen des deux courants, deux principes différents, par exemple, Faction électrodynamique réciproque (Ampère) entre les deux courants et Faction électrodynamique des memes courants sur un troisième circuit fermé sur lui-même et sans aucune force électromotricc étrangère (Ferraris, El. Thomson; électrodynamomètre Fleming...).
- Ce second principe donne un effort qui en général dépend de la somme vectorielle des deux courants, et peut être obtenu assez simplement lorsque les deux courants occupent dans l’espace une position telle qu’ils donnent naissance à un champ tournant. Dans ce cas et si de plus les deux champs produits par les courants sont orthogonaux, ils exerceront sur un circuit fermé sur lui-mème et dont l’axe est dans un plan parallèle à celui des champs, un couple électrodynamique de valeur égale à
- A.cV'sino,
- où k est un coefficient dépendant de la conformation du système et qui contient en outre le facteur w fonction delà fréquence.
- Donc, si un électrodynamomètre bipartagé et un appareil à champ tournant (convenablement étalonné) peuvent nous fournir dans le meme temps deux déviations et o2 proportionnelles respectivement aux produits
- par deux seules expériences ou lectures nous pourrons en déduire la valeur de tang s, en éliminant d c".
- Tel est le principe de la méthode proposée par l’ingénieur R. Arno pour la construction
- d’un appareil qu’il appelle phasemétre des tangentes d).
- Cette méthode présente le grand avantage de réduire les expériences successives à deux seulement.
- Cependant, le phasemètre des tangentes, qui réunit dans un seul appareil un électrodyna-momètre et un phasoscope à champ tournant, me paraît présenter des difficultés de construction et de manipulation que ne compense nullement la réunion des deux appareils en un seul pour les deux mesures distinctes. .
- On peut meme observer que ces deux mesures devront être faites successivement, l’une après l’autre et par la manœuvre d’une fiche de fermeture et d’un système d’arrêt de l'armature mobile. II est beaucoup plus simple d’avoir deux appareils bien distincts, un électrodynamomètre et un instrument à champ tournant, comme serait celui étudié aussi par M. Arno, avec une disposition spéciale pour l’amortissement et pour la lecture des déviations (2). Les deux lectures pourraient alors être faites simultanément et par suite beaucoup plus rapidement.
- Il me paraît donc bien préférable de suivre la méthode avec deux instruments distincts, dont on connaît avec précision les deuxeons-tantes.
- Je ferai remarquer en passant qu’un électrodynamomètre bipartagé devrait toujours se construire avec les deux enroulements, mobile et fixe, égaux, contrairement à ce que l’on fait ordinairement pour l’électrodynamomètre à circuit unique (type Siemens), puisqu’on introduirait ainsi, dans la méthode des trois ampèremètres, des réactances égales dans les deux circuits distincts. Dans ce cas il est évident que les deux autres instruments pourront être des électrodynamomètres, égaux entre eux, à circuits mobiles formés d’une seule spire. Avec la méthode de M. Arno, le phase-mètre à champ Ferraris devrait avoir aussi ses
- O VEclairage Électrique, t. XII, p. >20.
- (2) R. Arno, Metodi e Strumeuti di misura delta differen^a di fuse, etc. Torino, U. T. E., 1897, p. 42.
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- deux enroulements non fermés sur eux-mèmes parfaitement identiques; ce qui ne peut s’obtenir qu’en enroulant deux fils égaux sur deux cadres égaux, et assembles orthogonalement avec un diamètre commun. Pour construire un électrodynamomètre à deux circuits identiques, dont l’un mobile, on devra assembler ceux-ci comme deux anneaux d’une chaîne.
- 2. Tout en maintenant les réserves faites plus haut, si l’on veut, selon le principe de M. R. Arno, construire un appareil unique, il est possible de le disposer d’une manière beaucoup plus simple que celle indiquée par son auteur. Dans le système donné schématiquement par M. Arno, les points dillicul-tueux sont évidemment la suspension de Y armature induite et la disposition à adopter pour ouvrir et fermer son circuit.
- La présence de deux parties distinctes, mobiles autour d’un même axe, qui est l’axe de la suspension, rend en réalité le système très délicat.
- Cette difficulté peut être évitée en rendant fixe l’enroulement induit. Tl est évident qu’il exercera alors sur l’inducteur, ou sur sa partie mobile, un couple de réaction égale: et de signe contraire à celui qu’il supporte de la part de l’inducteur même.
- Considérons un enroulement d’armature de moteur à courants alternatifs diphasés, de très grande résistance, constitué par deux bobines égales c\ et c;2, disposéesorthogonale-ment, et que l’on peut fermer en court-circuit extérieurement (fig. i).
- Pour les construire, il suffit de creuser sur un bloc de bois cylindrique.deux gorges suivant deux plans méridiens perpendiculaires et d’y enrouler, alternativement et en même nombre, des couches de fil isolé, en superposant les couches sur les deux bases, de manière à obtenir deux bobines approximativement d’égales résistance et inductance. On pourra connecter les quatre extrémités libres des deux sections à l’extérieur, de façon à pouvoir mettre celles-ci en court-circuit, et précisément de deux manières différentes comme nous le verrons plus loin.
- Disposons cet ensemble verticalement au milieu d’un système de deux enroulements C1 et Q, dont le premier est rixe et le second mobile. Ces deux enroulements peuvent se construire sensiblement égaux; on les enroule sur deux cadres disposés l’un dans l’autre comme deux anneaux d’une chaîne, et qu’on enlève en les démontant, lorsque les deux bobines ont pris d’elles-mcmcs une forme invariable grâce à la gomme laque avec laquelle on réunit généralement les spires entre elles.
- L’enroulement fixe C< (fig. i) est disposé suivant une section méridienne de l'enroulement c',, et l’ensemble est porté sur un socle de bois. L’enroulement mobile C2 suspendu par un fil axial et un ressort, est armé d’un index ordinaire se déplaçant sur un cercle divisé pour la mesure des angles de torsion. Dans la position de çero, la bobine Câ se trouve dans le plan diamétral moyen de c'2 et est disposée perpendiculairement au plan de Cr Le courant lui est amené par les extrémités de son enroulement qui se détachent des côtés opposés et descendent verticalement dans deux amples godets à mercure creusés dans le plan de la base. Cette disposition peut servir à l'amortissement des oscillations du système suspendu, et en même temps par la poussée du mercure, à équilibrer en partie le poids de la partie mobile (’). (*)
- (*) Pour cela U est bon d’enfiler, à un demi-centimètre
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- Soient : hi la constante de l’instrument comme électrodynamomètre ordinaire, c’est-à-dire avec l’induit ouvert et isolé; hi la constante de l’instrument utilisé comme phasemètre des tangentes, de la manière que nous verrons.
- Employons-le tout d’abord comme électrodynamomètre à un seul circuit, c’est-à-dire faisons parcourir les deux bobines Ct et C2 en série par un meme courant alternatif c=c„ sin l’induit étant ouvert. On aura une déviation proportionnelle à c02 :
- ri=Voa- 0)
- Ramenons l’appareil au zéro et fermons ensuite l’enroulement induit en court-circuit, en réunissant ensemble les quatre extrémités du fil de c\ et ria de manière à ce que la force électromotrice résultante soit la somme arithmétique des deux forces électromotrices séparément induites par ci sur c\ et par sur c,'. Nous dirons dans ce cas que les deux spirales c'j et c'3 sont ordonnées en série. Le courant résultant sera en retard sur la force électromotrice induite d’un angle
- où a» est la quantité connue , et R et L la résistance et le coefficient de self-induction du circuit induit.
- environ au-dessusfdes extrémités de cet enroulement, deux petites sphères vides d’acier bruni, lesquelles flotteraient à demi immergées dans le mercure. La pointe bien amalgamée du conducteur reste ainsi à l’abri du contact de l’air, qui ordinairement contribue à la salir; si on a soin en outre de maintenir bien propre la surface du mercu re, les péri tes boules aident aux libres déplacements des électrodes (probablement par la mince couche d’air stagnante qui reste entre elles et le mercure) à cause de la différence des tensions superficielles du mercure au contact de l’acier et du cuivre amalgamé. Ilest même avantageux en ce cas de répandre sur la nappe de mercure une légère couche de vaseline, ou d’une autre huile fluide qui ne s’altère pas à l’air et qui dès lors l’exclut totalement, en empêchant en même temps les pièces d’acier de se rouiller. Mais encore faut-il que les godets à mercure soient assez grands, beaucoup plus que ne le sont ceux des électrodynamomètres ordinaires (Siemens), lesquels du reste ne perdraient certes pas à avoir de plus grandes dimensions.
- La force électromotrice induite par le courant c = c0 sin «J peut s’exprimer par :
- Le courant induit résultant sera donc :
- et, comme force électromotrice maxima
- induite dans l'enroulement, a pour valeur «Mq,, M étant le coefficient d’induction mutuelle entre les bobines électrodynamiques {au qèro) et l’enroulement c/ c/, nous aurons en posant
- e0 = hQct) et h0 = «M :
- Entre ce courant induit (c) et le courant inducteur c, s’exercera un couple qu’on peut exprimer par :
- h'. c0. (c). cos *h,
- où h' est une constante dépendante des facteurs de construction et <î* l’angle de différence de phase ^ entre c et (c).
- Comme on a de plus :
- la valeur du couple est finalement
- Pour ramener le circuit mobile à la position du zéro, nous aurons à imprimer une seconde torsion S3 :
- H, = hic\+w^~ürhV-c\=(l>i+ *,sin«cU (2)
- où l’on a posé :
- Le rapport des deux déviations et o2 1 pour expression
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- relation qui peut servir a déterminer la valeur de ha sin 'h La constante électrodynamique hi sera déterminée par les méthodes ordinaires, en ouvrant l’induit, ou bien aussi, en supposant que les deux moitiés c\ et c'2 soient parfaitement identiques, en les reliant entre elles en parallèle (tandis qu’elles sont ordinairement en série) de façon à ce que les courants qui y sont induits soient en opposition complète et, se soustrayant arithmétiquement, se détruisent l’un l’autre. Dans ce but, il conviendra de réunir les quatre extrémités des enroulements à un commutateur convenable qui permette de changer la liaison des deux parties, et aussi d’introduire éventuellement dans leur circuit une résistance quelconque additionnelle extérieure.
- Le coefficient h2 est fonction de w. En premier lieu, on a 7îa = 41; d’autre part h' est le coefficient de l’expression du couple de réaction entre la bobine mobile et l’induit, et par là est fonction en général des données de construction R, L, M,...; S1I---RC°-5 ou R2 jj dépend aussi des facteurs de construction et de w. Nous pourrons donc écrire :
- h étant une constante dépendant des facteurs de construction.
- La formule :
- K sin-f = hl — (3')
- permet alors de construire une table des valeurs de hi sin y correspondant aux différentes fréquences. L’angle o peut d’ailleurs être déterminé simultanément et par d’autres méthodes.
- Il suffira d’introduire dans le circuit d’un alternateur à force électromotrice sinusoïdale, les deux bobines ct et c2 en série avec un ampèremètre étalonné et un rhéostat sans self-induction. On fera varier la fréquence du courant par degré assez faible, en agissant sur la vitesse de la machine, et on réglera chaque fois le courant à la même intensité efficace, en manœuvrant le rhéostat jusqu’à ramener
- l’angle de torsion, nécessaire pour le zéro de l’instrument, toujours à la meme valeur l’induit étant ouvert. Pour chaque valeur de <o, on observera alors l’angle de torsion o3 lorsqu’on ferme en court-circuit l’enroulement induit (en série). Ainsi, pour chaque intensité de courant, on pourra dresser une table de valeurs, ou construire une courbe, qui représente la variation du coefficient h2 sin >[ en fonction de w. Il ne sera d’ailleurs pas sans intérêt de construire la même courbe pour différentes intensités ; toutefois, l’appareil ne contenant pas de fer, il est peu probable qu’on obtienne des courbes dissemblables, si l’alternateur fournit des courants sinusoïdaux pour des intensités quelconques et si dans les circuits n’existent pas d’appareils à réactance hystérétique.
- Lorsque l’appareil doit être employé avec des courants alternatifs non harmoniques, mais qui toutefois ne s’éloignent pas trop de la sinusoïde, il faudra étudier la fonction h<, sin 4y p0ur ces mêmes formes de courant et pour des intensités voisines de celles avec lesquelles on doit exécuter les mesures.
- Supposons à présent que deux courants alternatifs distincts ;
- — d'sin {r->t + ?),
- parcourent les deux bobines et Cs (fig. i). Avec l’induit ouvert, la torsion à imprimer au ressort pour le maintien de l’appai'cil au zéro aura pour valeur :
- — h^'c" cos o. (4)
- En admettant toujours que les deux parties c\ et c\ de l’induit soient parfaitement identiques, si on les ferme chacune séparément en court-circuit propre, elles seront parcourues chacune par un courant induit respectivement par C, et par C». Ces deux courants seront de la forme :
- M = M Sin(«.t- -y - +)
- (c,) = (c") sinf>i-j---'{' + ?),
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- et conserveront entre eux la même différence de phase angulaire qui existe entre c, et mais seront retardés sur ces derniers d’un même angle ^------^.
- L’on a de plus :
- en représentant par R, L, ..., les résistances et coefficients de self-induction relatifs à chacune des bobines égales c\ et c's.
- En posant :
- nous pourrons mettre les expressions des deux courants sous la forme :
- fa) = — V' cos H-i) (c2) = —V" cûs M~4 + <
- (5)
- Or, comme nous l’avons déjà vu, les deux enroulements c\ et cf% peuvent, par un commutateur extérieur, être reliés en série ou bien en parallèle (*) ; en d’autres termes, si nous les supposons déjà reliés entre eux en court-circuit d’une manière donnée, en intervertissant les communications, ce sera comme si .l'un des enroulements, en maintenant les communications précédentes, eût tourné de i8o° autour de l’axe vertical du système
- (l’axe de l’instrument'. Le courant qui y est induit, toutes choses égales d’ailleurs, aura donc une direction inverse de sa direction primitive. Si donc auparavant ce courant était pris avec le signe -+-, il devra être pris maintenant avec’le signe —.
- Dès lors, la somme vectorielle des deux courants induits (c,) et fa) dont résulte le courant (c) qui parcourt l’enroulement fermé sur lui-même d’une manière ou de l’autre, sera exprimée par :
- (c) = — k01 d cou (tuf — 4) ± c" cos — $ + i,
- le double signe dz correspondant aux deux différentes liaisons des deux enroulements induits.
- En développant les expressions entre parenthèses on obtient :
- (r) = - *„ I (d rp c" cos =) cos (»( - «
- — c" sin o sin
- et par application de la formule bien connue : Beos H _ 4) A sin («*-*)
- =V/B* + A» cos(oi< —arc tg-g-),
- (c)=-*„^i + r,'i±2rir" cos g cos(t>f 41 — arc tg c, 4. CS)” Js ) (6.1
- (') Les schémas de ccs deux différentes liaisons sont représentés par les figures 9 et 10 de la page 527 dans l’article
- sur la mesure de la différence de phase par la méthode Lissajous et des champs Ferraris ; ces deux figures sont repro-
- Or, entre ce courant (c) et le courant mobile c3, il s'exerce un couple proportionnel, dans la position de zéro, au produit
- <? fa)- COS <!>, (7;
- où l’on a :
- - yc'* + c"2 ± 2 de"
- 1» = ----------------1- 4 + ? _ 0,
- En outre :
- tang
- ér sin ?
- c'rfcc"cosy ’ •
- ~ \jc'2 + c
- cos G
- c’dic"
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- Donc :
- cos * = - sin(i + Ÿ CF arc tg ^ „ )
- = - | sin (? + «cosO - sin 6 cos (o + « |
- c-sm'? + ^)±c'-sin4.
- Le couple en question (7) est par suite exprimé par :
- - -°-rS * C sin (o + « ± c" sin 1],
- ou :
- - h* W sin o + D ± sin 6].
- Il s’ensuit que pour ramener l’instrument au zéro nous aurons à imprimer un nouvel angle de torsion :
- 8, = h/c" cos <? + /u/c" sin (<? + $) ± h/* sin (8)
- Or le double signe ± du dernier terme correspond aux deux positions du commutateur, qu’on peut obtenir rapidement l’une après l’autre; nous aurons ainsi, pour l’angle de torsion o,, deux valeurs, o'a et o"si desquelles en prenant la moyenne on peut tirer
- i ~ + 8"s) = ^"coso + h/c" sin(?+ f). (8')
- Le rapport des deux déviations (8') et (4) nous donne finalement :
- l/ — 1 + -|j-coS'ltg?--i-isi n<b
- d’où :
- tgî+tgi=(4- (9)
- ou bien encore :
- sin (y + |) _ __i ^ h1
- Pour a = o, on a :
- et en outre, pour c' — c" :
- qui coïncide avec la relation (3/).
- Pour faciliter l’application de la formule (9) on n’a qu’à dresser une table donnant la valeur de tg4 et de h ^ ^, en partant de la valeur — *^in • donnée par la formule (3') et de la valeur de l’angle que pour contrôle on peut déterminer d’une autre manière, puisqu’elle est constante pour chaque fréquence et pour chaque forme de courant.
- L’usage de cet instrument pour la mesure de la différence de phase demanderait donc à la rigueur encore trois lectures successives (3„ o't et o".,); mais il a sur l’électrodynamo-mètre simple l’incontestable avantage de permettre une plus grande rapidité d’expérimentation et en outre de maintenir invariable la réactance des deux circuits alternatifs une fois l’instrument intercalé (').
- (h L’instrument peut finalement servir comme wattmètre, et précisément de deux manières différentes.
- i° Si on isole les bobines Cj et ca, qu’on introduise la bobine Cs en circuit, et qu’on dispose i’enroulement c( à travers une résistance non inductive, en dérivation aux bornes de l’appareil à réactance qui absorbe l’énergie, l’instrument fonctionnera bien comme un wattmètre ordinaire.
- 20 En disposant les deux bobines C, ctCj<w série dans le circuit alternatif, on a la mesure du courant c = c0 sin o>t :
- Si = W,
- si l’enroulement induit est ouvert.
- Si ensuite on met ce dernier avec une résistance non inductive en dérivation aux bornes de l’appareil à réactance, après avoir établi les communications entre les deux enroulements tfi etc'j de manière à ce qu’ils soient en parallèle, c’est-à-dire que les deux courants égaux induits par Cj et C2 soient en opposition complète et se détruisent, ou a sur la bobine C2 un nouveau couple proportionnel au produit.
- eoco cos fi
- si en est la tension aux bornes de l'enroulement {c\ + c's) et si on fait abstraction de la réactance de ce dernier. On a par suite un nouvel angle de torsion
- De là :
- L’utilisation de l’instrument suivant les deux manières exige cependant qu’on ait déterminé auparavant la correction connue dépendante de la différence de phase systématique qu’on pourra calculer parallèlement avec le coefficient h' ou pour les différentes fréquences.
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- Je remarquerai enfin que dans la théorie ; exposée on a tacitement admis que les dimensions de l’appareil sont telles que l'énergie dépensée par le système des courants c, et ci pour produire le courant (c) dans l’enroulement induit, soit pratiquement négligeable.
- En résumé, si dans les recherches de laboratoire, où l’on est censé pouvoir obtenir sans difficulté une bonne constance de régime dans les machines, cet instrument peut présenter quelques avantages, il me parait cependant préférable pour l’usage général d’appliquer la méthode de M. Arno avec deux instruments distincts, c’est-à-dire un électrodynamomètre bipartagé et un appareil à champ Ferraris, construits tous deux autant que possible avec leurs deux enroulements égaux.
- A cet égard nous pouvons observer que, pour la détermination du facteur de puissance, cos ce, qu’on obtient par le wattmètre, l’usage du phasemètre à champ Ferraris présente l’avantage de posséder pour des différences de phase au-dessous de 450 une sensibilité plus grande que celle du wattmètre, et une sensibilité relative encore plus grande pour des différences de phase très petites, par suite de ce fait que les indications du phasemètre dépendent du sinus, tandis que celles de l’électrodynamomètre dépendent du cosinus de cet angle.
- Ceci résulte directement des deux équations
- 3' = h'ec cos 9
- qui donnent la valeur des déviations respectives du wattmètre et du phasemètre Ferraris lorsque pour ce dernier on fait agir l'une des bobines avec une résistance non inductive pour la mesure de la tension e, et qu’on insère l’autre bobine dans le courant c, comme pour le wattmètre.
- On doit par là s’attendre à pouvoir mesurer des grands facteurs de puissance avec plus d’exactitude par le phasemètre que par le wattmètre, en calculant © de sin 9, plutôt
- qu’en relevant directement cos 9. De même dans la mesure de o par tang 9 par la méthode des deux instruments. Cela nous conduit à observer enfin que cette méthode nous fournit pour le rapport une valeur qui tend vers l’infini lorsque a tend vers ce qui veut dire que pour des différences de phase voisines de —, la méthode réunit les défauts communs à la méthode du wattmètre seul et à la méthode du phasemètre seul ; la première, dans ces conditions, fournissant une déviation voisine de zéro, mais avec un maximum de sensibilité, et la seconde une déviation voisine de son maximum, mais avec un minimum de sensibilité. Il en ressort que la méthode se trouvera en défaut de sensibilité pour différences de phase voisines de c’est-à-dire pour des facteurs de puissance très petits. Ceux-ci sont d’ailleurs plus rares à rencontrer en pratique que les facteurs de puissance assez grands.
- En conséquence, il sera toujours préférable, lorsqu’on n’est pas obligé de relever la tension e et le courant c à côté du wattmètre pour en déduire la valeur cos s, de suivre la méthode de M. Arno avec deux instruments : un wattmètre et un phasemètre dont les deux bobines à gros fils, égales ou non, seront en série dans le circuit du courant et dont les deux bobines à fil fin (mobile dans le wattmètre et fixe dans le phasemètre), confectionnées de manière à présenter la même résistance apparente, peuvent être mises, l’une en série avec l’autre, en dérivation aux bornes de l’appareil dont on étudie le facteur de puissance. Si les bobines ne sont pas identiques et si les conditions des circuits le permettent, on pourra aussi les mettre en parallèle auxdites bornes. Dans tous les cas, le rapport des déviations des deux instruments, en éliminant —- e c. ou bien e c, donnera de suite tgç.
- Au point de vue de la sensibilité du phasemètre, pour deux bobines excitatrices données et des courants donnés, il faudra adopter
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- nn induit fermé sur lui-même dont les spires présentent une résistance très grande et une inductance négligeable ; aussi, au lieu de le constituer à la façon ordinaire, convient-il comme l’a expérimenté M. V.-J. Telch-müller (J), de le former à l’aide d’une feuille d’étain cylindrique, appliquée sur une légère enveloppe de verre, et portant le long de ses génératrices un grand nombre d’entailles pratiquées par un canif en laissant seulement intactes deux bandes en haut et en bas aux bords des bases et par où les courants induits se fermeront. La self-induction d’une spire de cette armature induite (le rectangle générateur du cylindre) est parfaitement négligeable devant sa résistance.
- Il n’est pas sans intérêt de noter encore que lorsqu’on connaît par des instruments spéciaux e et c, on peut sans inconvénient substituer le phasemètre au wattmètre pour la mesure du facteur de puissance, car il présente sur celui-ci l’avantage de donner des indications plus exactes et sans aucune correction, c’est-à-dire des indications qui sont indépendantes de l’inductance plus ou moins grande de l'instrument, pourvu toujours qu’on considère des courants sinusoïdaux ; l’équation exacte du wattmètre est en effet
- V = k'ec
- ï + tg2 'K
- où l’angle Çq est la différence de phase systématique due à la self-induction de la bobine à gros fil (tg <]q —et % celle introduite par la self-induction de la dérivation (tg <ürL‘2‘ ^. La condition que la branche de tension soit dans la mesure du possible sans self, peut, avec le phasemètre, ne pas être satisfaite, si on change la résistance du circuit à fil fin selon les circonstances; dès lors, on doit multiplier le produit e câ, non par la résistance R2, mais par l’impédance l22 uiâ , pour avoir le produit ec.
- Ci Théorie uni Anwendang des Phasometers. E. T. Z., Octobre 1897.
- Pour conclure, l’emploi du phasemètre dans la mesure des différences de phase entre courants sinusoïdaux est certainement à recommander, autant comme ampèremètre que comme voltmètre pour la détermination du facteur de puissance.
- Pour des courants non sinusoïdaux, qui permettent toutefois l’application de la loi de Fourier, le phasemètre se comporte d’une façon toute differente. Nous renverrons le lecteur à l’étude théorique et expérimentale qu’en a faite M. V.-J. Teichmüller, cité plus haut, et qui, entre autres résultats importants, contient cette conclusion que le phasemètre, pour courants non sinusoïdaux, doit être éliminé des instruments de mesure sérieux , et que seulement dans le cas de courants voisins de la sinusoïde, à harmoniques du troisième et du cinquième ordre très faibles, et pour des petites différences de phase,
- son emploi peut dans quelques core admissible (*). cas être en-
- Dr Andrea-Giulio Rossi.
- Padoue, l8<,7.
- f1) Note à propos du précédent article par la méthode Lissa-jous et des champs tournants. Dans l’équation de l’appareil (3), à la page 137, ce sont les expressions :
- (I - COS +,), (l - COS — (COS <jq -f cos
- — cos — 1 ), qui représentent, à uni les coefficients de self-induction et d’inducti deux circuits c, et c2. En posant donc : ; constante près, ùn mutuelle des
- L = I — COS <Iq L, = 1 — cos
- Ù — 1 — cos 'h + ’h
- on peut écrire :
- M = — (L — L, — 4) = t/L'i Ç cos ii+A.
- Dès lors, les deux équations de condition la circularité du champ Ferraris deviennent : qui déterminent
- (+’)
- _ M ? v/l7l7 (S'I
- D‘‘ Andrea-Giulio Rossi.
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- 3Ô2
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N°22,
- DÉTERMINATION DE L’ÉPAISSEUR DES TOLES
- A EMPLOYER DANS LA CONSTRUCTION DES APPAREILS A COURANTS ALTERNATIFS.
- Sous ce titre M. Loppé a publié (*) un mémoire dans lequel il donne, pour le flux total B' par unité de section du noyau d’un transformateur, comme fonction implicite des épaisseurs e et; des tôles et de l’isolant entre les tôles du noyau, la formule suivante
- w= «. - 'U + 8)1,6 + p.Ri le + -,f, {i)
- W étant la perte d’énergie par unité de volume du fer, a et [3 désignant des coefficients constants. En prenant £ comme constant, M. Loppé trouve la valeur de e, pour lequel le flux B' devient un maximum, pour une valeur donnée de la perte par unité de volume du fer; il emploie pour cela une méthode graphique, considérant la méthode analytique comme trop compliquée.
- Il est cependant facile de résoudre analytiquement le problème. En effet, par différentiation de l’équation précédente et en faisant
- (condition du maximum) on obtient
- o = -e. 2Ai D'..6Fi5±AAL+B'>(e + s;;
- de cette formule il résulte
- Si l’on introduit cette valeur dans l’expres-
- (*) Bulletin de VAssociation amicale des Ingénieurs électriciens, Ier trimestre 1897. Voir L'Éclairage Électrique, t. XI. p. 548, 12 juin 1897.
- sion (1), on trouve après quelques transformations très simples
- d’où l’on tire en faisant a = — :
- équation en a, qui est très facile à résoudre par une des méthodes d’approximation connues. Dans le cas spécial traité par M. Loppé, on a
- \V = i5; 3 = 57ô.io~u ; a = o,i8.io-4 s =: 0,7 dixième de millimètre.
- L’équation devient :
- En négligeant d’abord la grandeur a, parce que a est une fraction assez petite, on trouve a= 0,181 ; faisant ensuite i-h-j- a = r -f-0,181 -i-, il résulte la valeur exacte •*• = 0,179.
- par conséquent
- e = 4 dixièmes de millimètre,
- ce que trouve aussi M. Loppé par son procédé graphique.
- D’ailleurs il est immédiatement visible que a et par conséquent e varient très peu, pour des variations considérables de la perte consentie par unité de volume du fer.
- W. Dittenberger,
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- 28 Mai 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 363
- LE CALCUL GRAPHIQUE DES COURANTS ALTERNATIFS INDUSTRIELS H
- DEUXIÈME PARTIE
- Avant d’aborder la seconde partie qui traitera de la représentation des diverses f. é. m. qui peuvent agir dans un circuit et des diverses apparences que prend alors le diagramme, je crois bien faire de résumer dans le tableau suivant les notations et signes conventionnels qui seront employés au cours de cette seconde partie.
- Abréviations.
- f. é-m- force électromotrice-
- c.é.m.o. composante électromotrice opposée-
- f. m.m. force magnétomotrice.
- Notations.
- y valeur instantanée d’une fonction périodique.
- e valeur instantanée d’une f. é. m.
- i » » d’une intensité de cou-
- q valeur instantanée de la charge d'un condensateur.
- a valeur instantanée d'un flux d’induction.
- / .. » d une f. m.m.
- Y valeur maximum ou amplitude d’une fonc-
- tion périodique.
- S valeur maximum ou amplitude d’une f.é.m.
- S » » » d'une inten-
- Q valeur maximum ou amplitude d’une charge de condensateur.
- O valeur maximum ou amplitude d’un flux d’induction.
- c7 valeur maximum ou amplitude d’une f. m.m.
- 06 » » « d’une induc-
- tion magnétique.
- Y valeur moyenne d’une fonction périodique.
- K » » d’une f.é.m.
- 1 » » d’une intensité.
- Q » » d’une charge de conden-
- sateur. (*)
- (*) Voir VEclairage Electrique des 19 février et 19 mars, t. XIV, p. JÏI et 503.
- Y Valeur efficace d’une fonction périodiq ue
- E »» » d’une f.é.m.
- I » » d’une intensité.
- R résistance ohmique.
- R' » équivalente.
- L coefficient de self-induction.
- L' » >» équivalent.
- M « d’induction mutuelle.
- C capacité.
- C' » équivalente.
- K réactance d’un circuit.
- K' » équivalente.
- J impédance d’un circuit.
- J' » équivalente.
- t temps.
- T durée d’une période. n fréquence ou nombre de périodes complètes
- par seconde-
- « vitesse angulaire du vécteur représentatif. 0, a, v,,/, angles d’avance ou de retard des vecteurs représentant la f. é. m-, l'intensité, etc... n rapport de la circonférence au diamètre.
- \V puissance,
- é fonction de ...
- SI réluctance.
- V relucticité.
- v perméabilité.
- S section (cm2).
- / longueur (cm).
- N nombre entier.
- Signes conventionnels.
- force électromotricc alternative.
- résistance dépourvue de self-induction.
- self-induction, résistance négligeable.
- résistance et self-induction combi-
- ©
- AMM
- OW5P
- nsmtnp
- capacité.
- droite figurative d’une f. é. m., flux d’induction ou flux-tours, droite figurative d’une intensité, f. m. m., ampères-tours, ligne de construction.
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- 364
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. - N° 22.
- IottotS-aiarnmr4b
- induction mutuelle.
- Sens positif du courai (M pris positi
- j-TOTTiOl
- a|oujÎijlu-
- Conformcment à l’habitude prise par nombre d’auteurs, nous développons schématiquement les circuits de gauche à droite
- 0-nnnTinrf&—
- • AjTrrrrr4d^—
- Fig. 14.
- (fig. 14), en considérant cette direction comme sens positif du courant B.
- Exemple :
- De A en B sens positif.
- CONSTANTES DES CIRCUITS
- Le nombre des termes barbares tend à se multiplier avec une telle fureur dans la technique des courants alternatifs que nous croyons, dans le cadre de cette étude, utile de les passer en revue afin d’éliminer tous ceux qui ne nous paraissent pas indispensables aux ingénieurs.
- Dans ce but, considérons un circuit représenté schématiquement (fig. 15) et renfermant
- Fig. 15.
- une force électromotricc appliquée e — S sin tu/, une résistance R ayant un coefficient de self-induction L, et un condensateur en série de capacité C.
- L’équation des forces électromotrices est :
- En appliquant la méthode générale et en posant pour simplifier au cours des calculs
- on obtient pour l’expression de l’intensité
- d’où
- 6 _ §
- /R2 + Ka J
- La proportionnalité entre les valeurs maxima et efficaces donne immédiatement la formule pratique (*)
- /R2 + K2 J
- Ces considérations vont nous permettre de définir quelques notions indispensables à la simplification des calculs graphiques, notions d’ailleurs trop souvent employées pour être passées sous silence.
- Résistance.
- La résistance ohmique d’un conducteur est représentée par R; cette notion est trop connue pour qu’il soit utile d’insister; la résistance est toujours positive.
- Réactance.
- Le facteur K défini par la formule
- se nomme la réactance du circuit ; c’est une constante du circuit et une fonction de la fréquence ; mais comme la fréquence ne varie généralement pas au cours d’un meme problème, on peut considérer la réactance comme une constante du circuit.
- Cas particulier. — i° La réactance est positive si l’on a
- '»L>
- C»
- (*) On aurait de même pour les valeurs moyennes 1-y
- nais cette expression est très rarement usitée.
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- 28 Mai 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 365
- Dans ce cas les effets de self-induction l’emportent sur ceux de la capacité.
- 20 Elle peut être négative :
- Dans ce cas les effets de capacité l’emportent sur ceux de la self-induction.
- 30 Elle peut être nulle :
- Dans ce cas les effets de self-induction et de capacité se compensent exactement et le courant est le même que s’il n’existait pas de self-induction et que les armatures du condensateur fussent mises en court-circuit par un conducteur sans résistance. Toutefois, il importe de remarquer que cette compensation complète ne peut se produire que si les courants sont rigoureusement sinusoïdaux ; ce qui n’est généralement pas le cas en pratique ;
- 4° Dans le cas où l’on supprime le condensateur en mettant ses armatures en court-circuit par un conducteur sans résistance appréciable, l’expression de la réactance devient
- K=6üL.
- On l’appelle quelquefois inductance (‘), ou résistance inductive, ou réactance positive.
- 5“ Dans le cas où la résistance ne présente pas de self-induction appréciable on a
- On l’appelle alors parfois permitlance, ou capacitance, ou réactance négative.
- En résumé l'inductance et la permittancc ne sont que des cas particuliers de la réactance, terme que nous conservons seul; étant admis que la réactance peut être positive ou
- P) Le terme inductance est doublement fâcheux, d’abord parce qu’il introduit une expression inutile; en second lieu parce que certains auteurs l’emploient comme synonyme de coefficient d’induction.
- négative suivant que les effets de self-induction l’emportent sur ceux résultant de la capacité^ ou vice versa.
- Impédance.
- L’impédance a pour définition générale :
- Impédance = /(résistance)2 -j- (réactance)2
- soit
- J = /R2 + K2-
- On appelle souvent l’impédance résistance apparente à cause de l’analogie entre le rôle de l’impédance dans les courants alternatifs et celui de la résistance dans l’étude des courants continus; mais cette appellation peut prêter à confusion et peut facilement se confondre avec ce que l’on appelle généralement résistance équivalente et que nous verrons plus loin.
- Cas particuliers. — i° Dans le cas d’un condensateur et d’une résistance inductive en série, l’impédance a pour expression :
- j=/r.+ (.l-£)*.
- On voit donc que l’impédance est toujours positive quel que soit le signe de la réactance.
- Si la réactance est nulle, l’expression se réduit à
- J = R
- c’est-à-dire que l’impédance est égale à la résistance ohmique, et, si c’est la résistance qui est négligeable, .
- J = K.
- . 20 Dans le cas où le condensateur (fig. 15) est en court-circuit, on a
- j = »/r> + («.L)‘ .
- 3° Dans le cas où la self-induction est négligeable,
- J = \/Ri + (Tèr)’-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N° 22.
- La valeur inverse de l’impédance a été parfois appelée admittance, c’est-à-dire
- admittance = ----rr--— -r-*
- impédance J
- A dessein nous ne conservons pas ce terme, et à l’exclusion de tout autre nous adoptons le terme impédance ; celle quantité étant par elle-même toujours positive (‘).
- Résistances, réactances et impédances équivalentes.
- Il arrive souvent que l’on désire calculer l’intensité totale qui traverse un réseau de conducteurs dont on connaît respectivement les résistances, réactances et impédances des diverses parties. Il est alors parfois avantageux pour la simplification des calculs de remplacer tout ou partie du réseau par un conducteur unique équivalent dont les résistance, réactance, impédance seraient telles que l’intensité aurait précisément la valeur cherchée en phase et amplitude. Ce conducteur est le conducteur équivalent et ses constantes sont la résistance, la réactance et l'impédance équivalentes et sont désignées par R' K' J'.
- nrrtM—-
- Fig. 16.
- i° Circuits en série (fig. 16). — Les constantes du circuit équivalent sont :
- R'= R, + R*+......= SR
- K' = Kj + Ks +....— LK
- y = \Ik* + W
- Ces valeurs substituées dans l’exemple (15) donnent I en phase et amplitude.
- 20 Circuits en dérivation sans induction mutuelle (fig. 17). —L’expression des cons-
- (*) Nous laissons de côté les notions quelquefois employées de conductance, susceptance etc..., qui peuvent être utiles, niais ne sont pas absolument indispensables.
- tantes du circuit équivalent est ph plexe, on a
- A2 + ««*BS j' = s/W+ K'2
- com-
- UJ
- (U
- avec la condition
- _JL___+ —Y JL
- k*8+K,* z y
- _£•___+ -YJL
- Rr + K,2
- Ces valeurs substituées dans le problème
- Fig. 17.
- (15) du circuit unique donneront I en phase et amplitude.
- 3° Combinaisons de circuits en série et en dérivation. — Soit un réseau A, B, C, D ; entre les points A et D agit une force électromotrice alternative (fig. 18).
- 1 |TnYMZÉ~
- À ojujjju-
- La résistance équivalente à ce réseau s’obtiendra en calculant d’abord R'(AB) K'(Ab) R'(od) K';cd) par les formules (a) et (£), puis en posant
- R' = R'(ab) + R3 + R'(cd)
- K'=K',;ab1 + K3 + K'(cd)
- Ces valeurs substituées dans le problème (15) donnent l’intensité I en phase et amplitude.
- y* Circuits agissant par induction mutuelle. — Soient les deux circuits (fig. 19) ; entre les points À B agit une force électromotrice alternative.
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- 367
- Les constantes du circuit équivalent seront :
- J', s=v/R', -F K',.
- ducteurs, avec ou sans phénomènes d'induction mutuelle, courants de Foucault et hystérésis, à la résistance, réactance et impédance équivalentes.
- Ces trois notions sont suffisantes pour les besoins de la pratique.
- Les valeurs substituées dans le problème
- TïYnYd^-
- REPRÉSENTATION PEUT AVOIR , PARCOURU PAI>
- ES F. É M. QUE L’ON
- tANTS ALTERNATIFS.
- Fig. 19.
- (15) donnent l’intensité Ij en phase et amplitude.
- L’effet des courants de Foucault et des phénomènes d’hystérésis, par la réaction que ces phénomènes exercent sur les enroulements et en tant qu’ils n’altèrent pas sensiblement les courbes sinusoïdales des f. é. m., intensités et flux, peut être assimilé à l’effet d’un circuit secondaire convenablement choisi. On pourra donc tenir compte de la présence de ces phénomènes dans les valeurs de R' K' J7 comme on le verra plus loin.
- En résumé, si l’on ne tient pas à se rendre compte de tous les effets qui se produisent dans un réseau de conducteurs, mais déterminer par exemple l’intensité du courant total, phase et amplitude, on peut considérablement simplifier les problèmes et les constructions graphiques par l’emploi des résistances, réactances et impédances équivalentes. Cette notion permet ainsi de ramener les problèmes complexes sur des réseaux de conducteurs au cas d’un circuit unique (problème 15).
- C’est cette considération qui nous a engagé à donner ci-dessus les formules relatives aux principaux cas.
- Si l'on considère des courants et des f. ê. m. de périodicité déterminée, les constantes du circuit peuvent, dans le cas d'un circuit unique, se réduire à la résistance, la réactance et l'impédance, et dans le cas de réseaux de con-
- i° Mode de représentation. — Supposons le cas général de deux circuits immobiles en présence (fig. 19).
- En tenant compte des signes l’équation des f. é. m. de Kirchhof relative au premier circuit sera
- '-«a
- et = f. é. m. appliquée (celle d’un alternateur par exemple;;
- — L, — f. é. m. de self-induction ;
- — M ~~ — f- é. m. d’induction mutuelle (')
- — v =: f. c. m. du condensateur.
- La somme, ou mieux la résultante de ces f. é. m., représentée par le premier membre de l’équation (I), constitue la f. é. m. effective (1 2) qui donne naissance au courant suivant la loi d’Ohm ; on a donc :
- f. é.m.effective = 1,1V
- Supposons que les diverses f. é. m. qui toutes sont sinusoïdales soient représentées (fig. 20)
- OA f. é. m. appliquée;
- OB f. é. m. de self-induction;
- OC f. é. m. du condensateur;
- OD f. é. m. d’induction mutuelle.
- (1) Dans le cas où les circuits se déplacent l’un-par rapport à l’autre la f. e. m. d’induction mutuelle est évident-
- ment (m
- (2) Quelques auteurs l’appellent aussi f. e. m. agissante, mais nous abandonnons cette expression attendu que d’autres auteurs l’emploient pour désigner la f. e. m. appliquée et qu’il peut en résulter une équivoque.
- àff . dU\ dt + h dt )
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N* 22.
- Si nous composons ces quatre f. é. m. nous obtenons leur résultante GE (fig. 21) qui représente en phase et amplitude la f. é. m. effective.
- Dans ce mode de représentation caractérisé par l’équation (I) la f. é. m. effective est donc considérée comme la résultante des diverses f. é. m. qui agissent dans le circuit (Bla-kesley, Loppé et Bouquet).
- 2'J Mode de représentation. — Un grand nombre d’auteurs ont pris l’habitude d’envisager dans la construction des diagrammes représentatifs non pas les f. é. m. d’induction ou des condensateurs, mais celles qui seraient nécessaires pour les surmonter et qui par conséquent leur sont égales et opposées.
- Afin d’éviter toute confusion nous donnons à ces f. é. m. le nom de composantes électromotrices opposées (c. é. m. 0.).
- Ces c. é. m. o. sont aux f. é. m. elles-mêmes comme les forces de réaction sont aux forces agissantes en mécanique.
- Pour mieux préciser la signification de ces c. é. m. o. mettons l’équation ( ) sous la
- forme
- e, = L,
- + Rff,• (H)
- b) une qui surmonte la f. é. m. de l’induction mutuelle,
- -f =c.é.m. 0. à rinduction mutuelle;
- c) une qui surmonte la f. é. m. du condensateur,
- -f v, = c. e. m. 0. au condensateur.
- d) une qui, crée le courant,
- + R,ij = c. 6. m. effective, que l’on pourrait appeler aussi c. é. m. o. à la résistance.
- Fig. 22 et 23.
- Le diagramme (fig. 22) représente, ces quatre composantes :
- OB' = c. c. m. 0. à la self-induction; OD' = c. é.m. o.à l'induction mutuelle; OC' = c. é. m. o- au condensateur;
- CE' = c. é. m. effective.
- et nous voyons (fig. 23) que la résultante de ces quatre composantes est la f. é. m. OA appliquée an circuit (Bedell et Crehore),
- Le diagramme (fig. 23) est donc caractérisé par l’équation (II).
- nous lui donnerons l’interprétation suivante:
- La f. é. m. et appliquée à un circuit peut à chaque instant être décomposée en quatre composantes :
- a) une qui surmonte la f. é. m. de self-induction,
- + L, “ c. c. m. 0. à la self-induction;
- Circuits secondaires.
- Les mêmes considérations s’appliquent au circuit secondaire.
- Au premier mode de représentation caractérisé par l’équation (III)
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- correspondent les f. é. m. (fig. 24)
- OA = f. é. m. d’induction mutuelle;
- OB = f. é. m. de self-induction ;
- OC = f. é. m. du condensateur, dont la résultante OD est la f. é. m. effective
- s
- Fig. 24.
- représentée en OC dans le diagramme d’équi-libre (fig. 25).
- Fig. 25.
- Au deuxième mode de représentation caractérisé par l’équation
- Fig. 26.
- correspondent les f. é. m. et c. é. m. o. (fig. 26).
- OA = f. é. m. d’induction mutuelle OB = c. é. m. 0. self-induction OC c. é- m. 0. au condensateur OD= f. c. m. effective, ou c. é. m. 0. à la résistance.
- et le diagramme d’équilibre (fig. 27).
- Dans ce mode de représentation la f. é. m.
- d’induction mutuelle est donc considérée
- Fig. 27.
- comme une f. é. m. appliquée au circuit secondaire.
- Autres modes de représentation.
- Les deux modes de représentation précédents sont à peu près les seuls employés dans la construction des diagrammes, mais il est évident qu’on pourrait en imaginer une foule d’autres.
- Isolons en effet une quelconque des f, é. m. dans l’un des membres de l’équation de Kir-chhoff (I), le second membre formé de f. é. m. et de c. é. m. o. représentera la somme de ses composantes.
- Les diagrammes construits en partant de ce point de vue auront naturellement une apparence différente, mais ils conduiront toujours aux mêmes conclusions.
- ' En résumé, un même problème pourra être résolu par des diagrammes d’apparence très diverse suivant les f. é. m. ou c. é. m. 0. que l’on envisage et l’ordre dans lequel on les compose, mats convenablement interprétés ils conduiront aux mêmes conclusions.
- Dans cette étude, afin de procéder d’une façon uniforme nous avons adopté partout le deuxième mode de représentation qui nous a paru le plus généralement employé dans les applications.
- En outre, nous mettons en regard de chaque diagramme d'équilibre l'équation qui le caractérise. La simple inspection de cette équation indique ainsi d’emblée si les droites figuratives représentent les f. é. m. elles-mêmes ou les c. é. m. 0.
- (A suivre.) ^ Ch.-Eug. CiliYK,
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- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. - N° 22.
- A PROPOS DE LA TÉLÉGRAPHIE HERTZIENNE
- Les nombreuses discussions faites dans ces derniers temps au sujet de la télégraphie hertzienne, donnent quelque opportunité â rappeler les expériences qui ont été réalisées à Cronstadtpar Alexandre PopofF, professeur à l’École des officiers torpilleurs de la marine russe.
- Le rôle de ce savant a été un peu oublié, et la cause en est peut-être dans la difficulté que l’on rencontre lorsqu’il s’agit de travaux publiés en langue russe. Dans ces derniers temps on a reconnu toute l’importance des recherches de M. Branly: ces expériences avaient fait assez peu de bruit, mais elles avaient été utilisées un peu partout. Il semble qu’il en est arrivé de même pour Popoff; et, comme on peut s’en rendre compte dans l’exposé qui suit, le savant russe .avait plus que tout autre peut-être approché de la réalisation pratique de la télégraphie sans fil.
- Le radioconducteur employé par Popoff est une légère modification du tube de Branly. Le tube est tapissé à l’intérieur par deux feuilles minces de platine qui forment deux demi-cylindres diamétralement opposés ; ces feuilles ne se réunissent pas, elles sont séparées par un intervalle de 2 mm. La longueur du tube est de 60 mm et les feuilles dépassent, chacune d’un côté, le bouchon qui ferme ^extrémité du tube.
- Quelques essais ont été faits avec différentes poudres métalliques ; en particulier, l’antimoine fraîchement pulvérisé présente une grande conductibilité, mais, lorsqu’il a été oxydé par échauffement, la résistance qu’il offre après l’effet des décharges est variable; tantôt elle augmente et tantôt elle diminue avec la décharge suivante, quelquefois même elle disparaît complètement. Cependant si la poudre est légèrement tassée et si l’on produit des décharges énergiques, les résultats deviennent concordants ; cette irré-
- gularité de la résistance semble due à la couche d’oxyde, car on obtient des phénomènes analogues avec les poudres de fer à grains convenablement choisis.
- En résumé, les résultats les meilleurs proviennent des limailles de fer à gros grains très légèrement oxydés.
- Dans la séance d’avril 1895 de la Société physico-chimique russe, Popoff a indiqué que l’on obtenait la suppression automatique de la conductibilité des limailles en plaçant un relais télégraphique dans le circuit et mettant en dérivation sur les deux bornes du tube une sonnerie électrique dont le marteau en frappant ce tube le ramenait à l’état primitif.
- Voici le résumé de quelques-unes des expériences qui ont été exécutées par le savant russe au moyen du dispositif précédent.
- En fixant à l’une des électrodes du radio-conducteur un fil métallique de 1 à 2 m de longueur, on constate que l’appareil fonctionne si l’on produit les étincelles avec un électrophore séparé du tube par un grand auditoire. Le fil placé parallèlement à la direction de la décharge provoque une augmentation de l'énergie qui atteint la limaille.
- Un Jil vertical de 2 à 3 m étant relié au tube, l’appareil est sensible aux vibrations de l’oscillateur de Hertz (feuilles carrées de 40 cm et étincelle éclatant dans l’huile) à la distance de 60 ou 70 m à l’air libre.
- L’appareil renfermé dans un étui de zinc ne répond plus à l’étincelle, même excitée à petite distance ; mais si un fil métallique relié à l’une des électrodes du tube, sort de l’étui sur une longueur de 10 à 15 cm, le tube redevient sensible aux vibrations des petits oscillateurs à la distance de 5 m. La sensibilité augmente avec la longueur du fil extérieur.
- Les étincelles tirées des conducteurs reliés au circuit de l’appareil produisent la conduc-V tibilité du tube ; ainsi la décharge d’un élec-
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- 28 Mai 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- troscope relié au circuit et chargé à 300 volts suffit.
- La rupture d’un circuit relié par un conducteur au circuit du tube provoque la marche de la sonnerie.
- Popoff a fait alors une intéressante application de cet appareil. Il l’a utilisé pour déceler les ondes électromagnétiques induites dans les conducteurs reliés au tube à limaille, dans le cas des perturbations électriques de l’atmosphère. A cet effet, l’appareil est en communication avec un fil fixé sur un mât, avec paratonnerre ; le fil est isole, puis amené par une ligne aérienne isolée, à la chambre d’observation; le relais actionne, outre la sonnerie, un enregistreur électromagnétique.
- Cette disposition a été réalisée h l’observatoire météorologique de l’Institut forestier de Saint-Pétersbourg.
- Les oscillations dont l’intensité dépasse une certaine limite sont enregistrées sur un ruban télégraphique qui se déplace avec une vitesse de 23 mm à l’heure.
- Comme conclusion d’une communication relative au dispositif précédent, Popoff exprimait, dans sa publication datée de Cronstadt décembre 1895, l’espérance que l'appareil ainsi perfectionné pourrait être appliqué pour la transmission des signaux à distance à laide de vibrations électriques rapides, lorsqu'on aurait un oscillateur asse\ puissant.
- Ces appareils furent présentés en janvier 1896 à la section de la Société technique impériale à Cronstadt. Les signaux déterminés et distincts étaient envoyés à travers plusieurs chambres et murs de l’édifice. Dans cette séance, le professeur Popoff a montré la possibilité des expériences pratiques pour la marine. Les ondes électriques étaient produites au moyen de l’oscillateur de Hertz et le radioconducteur était muni de plaques carrées analogues à celles de l’oscillateur.
- À la Société physico-chimique,enmars 1896,
- le savant russe a répété plusieurs expériences de Righi sur les analogies des rayons hertziens et des rayons lumineux. A cet effet, l’appareil était relié par un fil conducteur à un cylindre placé suivant la ligne focale du réflecteur parabolique qui servait de résonateur.
- Lorsqu'on septembre parurent les communications sur les expériences de Marconi, Popoff a rappelé scs travaux dans le Journal de la Marine russe, ajoutant que le dispositif du savant italien devait comprendre l’appareil précédent, et qu’avec celui-ci il était possible d’obtenir la télégraphie sans conducteur a une distance de un mille.
- Après quelques modifications dans le choix de la limaille et les dimensions du vibrateur, il obtint, en avril 1897, des signaux à des distances de plus de i,5 km; le relais employé était à cadre mobile. Avec des vibrateurs de grandes dimensions analogues à ceux de Righi (’), il parvint à transmettre des signaux distincts à plus de 5 km. Ces expériences furent faites en adjoignant au tube récepteur un conducteur vertical isolé et long de 18 m et une communication à la terre ; les signaux étaient produits en mer. Ce travail était commencé avant la publication des résultats de Marconi, et il fut continué par la suite.
- Pour la transmission des signaux, M. Po-polf a fait aussi usage d’un télégraphe Morse ordinaire dont le traceur est mis en mouvement par le marteau du frappeur du tube sensible. Les circuits du tube et du télégraphe Morse sont excités par des piles indépendantes.
- Les quelques renseignements que nous avons réunis ici proviennent des publications faites par le professeur russe et d’une lettre qu’il a écrite récemment.
- G. Goisot.
- umière Électrique, t. XLVIII, p. 59.
- C) La Ij,
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- Rayon d’action de la télégraphie hertzienne.
- Il a semblé au premier abord, comme résultat des expériences faites un peu au hasard dès le début de la découverte de la télégraphie hertzienne, que la distance maximum a laquelle'on pouvait percevoir les signaux variait proportionnellement au carré de la longueur du conducteur aérien auxiliaire, Y antenne ) comme l’a nommé Marconi.
- Ascoli a même retrouvé cette loi empirique de Marconi parle calcul (*).
- Pourtant la règle ne paraît pas être aussi simple et de nombreux facteurs viennent troubler le rayon d’action et rendent un peu les mesures illusoires. Ce qui est certain, c’est qu’avec la longueur du conducteur aérien augmente aussi la portée des oscillations.
- Les expériences faites, il y a quelque temps déjà, à Potsdam par Slaby, professeur à l’École supérieure technique de Berlin, ont apporté quelques éclaircissements à ce sujet.
- Trouvant le mélange de limailles d'argent et de nickel, indiqué par Marconi, trop sensible pour le radioconducteur parce que les décharges atmosphériques invisibles troublaient totalement les signaux, il supprima complètement l’argent et obtint alors des résultats bien concordants. Il abandonna également les plaques métalliques servant de collecteur et préconisées par Marconi, pour n’employer qu’un simple ni suspendu à un isolateur.
- La portée des ondes dépend non seulement de la hauteur des antennes, mais aussi de leur visibilité réciproque. Les obstacles interposés, reliefs du sol, édifices, arbres, cheminées, voiles de bateau, sont autant de causes nuisibles.
- Pour les grandes distances, Slaby a employé des petits ballons ou des cerfs-volants pour porter le conducteur aérien. Le meilleur conducteur est un simple fil de cuivre de 0,4 mm de diamètre. Le poste transmetteur comprenait une bobine d’induction donnant 25 à 30 cm d’étincelle avec 8 accumulateurs, et un oscillateur du type Righi (les deux grosses sphères de laiton à 2 mm de distance, les petites à des distances variables entre 3 et 15 mm],
- Le poste récepteur différait de celui de Marconi par les points suivants :
- Le relais Preece était remplacé par un galvanomètre Weston, une pince de contact mise en mouvement par l’aiguille du galvanomètre formait le relais. Le shunt de la sonnerie destinée à secouer le tube et qui avait pour but d’éviter les étincelles d'extracourant, était supprimé ainsi que les bobines de réactance placées de part et d’autre du radioconducteur. Enfin le Morse était monté avec commutateur permettant de le mettre hors circuit.
- Les résultats de Slaby sont réunis avec ceux de Marconi dans le tableau suivant :
- PORTÉE LONGUEUR RAPPORT
- Canal de Bristol 3 ooo 3° 100 Sur la mer.
- Spezzia 34 500 Mer libre.
- Spezzia 7 000 34 20U Ile interposée.
- Matronenstation et Sacron . . . 1600 26 70 Arbres immédiatement devant le transmetteur.
- » et Pfaueninsel. 3 100 65 • S» Obstacles nombreux.
- Rangsdorf et Scceneberg. . . . 21 000 100 210 Plaine libre.
- (‘) L?Ekttricùta, t. VI, n° 8.
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- Dans les dernières expériences faites entre Rangsdorf et Schoneberg, la longueur du conducteur aérien était de 300 m en réalité, mais Slaby a admis que dans ce cas un conducteur de 100 m aurait suffi.
- On voit que sur mer la portée de la transmission est environ de 500 m par mètre de l’antenne. A terre la portée baisse de moitié, par suite, sans doute, des matières en suspension dans l’atmosphère qui absorbent une partie de l’énergie. Enfin les obstacles à la surface du sol ont une influence limitatrice considérable.
- D’ailleurs la loi des distances doit être aussi troublée par la courbure de la terre; les portées actuelles ne permettent pas encore de s’en rendre compte, mais il semble assez naturel d'admettre que les ondes électromagnétiques seront en partie absorbées par un grand espace d’eau ou de terre.
- D’après Slaby, la conductibilité par mise à la terre n’a pas un rôle prépondérant, et il suffirait que le fil de mise a la terre reposât sur le sol ; il est en effet probable que quelques courtes solutions de continuité ne nuiraient pas beaucoup au fonctionnement de l’appareil ; pourtant la nature du sol entre les deux stations n'est pas indifférente. Ajoutons encore, d’après M. Voisenat, que la communication par ondes électriques est facilitée si l’on remplace les plaques servant pour la mise à la terre, par un conducteur entouré d’une enveloppe isolante. Le rôle de la conductibilité ne semble encore guère élucidé.
- G. G.
- Sur l’emploi du cohéreur ou radioconducteur pour déeelor les ondes hertziennes.
- L’idée d’employer les tubes à limaille de M. Branly pour déceler les ondulations hertziennes est généralement attribuée à M. Lodge qui, au meeting d’Oxford de 1894 de l’Association britannique pour l’avancement des sciences, fit une communication sur ce sujet (1). A la vérité, MM, A. Le Royer et
- (*) Lodge. Expériences démontrant la théorie de la
- Paul van Berchem employaient à la même époque les tubes à limaille dans le même but, ainsi qu’en fait foi l’extrait suivant d’un article (*) publié dans les Archives des Sciences physiques et naturelles de juin 1894 et daté d’avril 1894 :
- « M. Branly a remarqué que lorsqu’une étincelle électrique éclate à proximité de tubes contenant certaines limailles métalliques faisant partie d’un circuit, la résistance qu’elles offrent au passage de l’étincelle diminue.
- » Nous avons été frappés de la sensibilité du phénomène surtout lorsque l’étincelle est produite par un primaire hertzien.
- » Après plusieurs essais nous avons fini par nous servir d’un tube de verre contenant une petite quantité de limaille de fer maintenu entre deux aiguilles aimantées, longues de trois centimètres, placées selon l’axe du tube à deux millimètres d’intervalle l’une de l’autre.
- » C’est ce pont de limaille qui est rendu conducteur d’une manière permanente par l’action de l’étincelle. Il suffit d’un choc pour faire tomber la limaille, et rompre ainsi la conductibilité.
- » En agitant le tube, la limaille revient adhérer aux extrémités des aimants sans qu’il y ait conductibilité électrique (la résistance est en tout cas supérieure à 100000 ohms). Après l’action de l’étincelle, cette résistance tombe à des chiffres variant entre 10 et 500 ohms.
- » Nous avons constaté l’action de l’étincelle jusqu’à une distance de 25 mètres. Cette action, diminuant d’intensité avec la distance, laisse prévoir que l’appareil peut servir à mesurer l’intensité de l’action électrique en un point de l’espace et permettrait ainsi de cons-
- lumicre de Maxwell; théorie électrique de la vision; L’Éclairage Électrique, t. II, p. 135, 19 janvier 1895.
- (ij Alex. Le Royer et Paul van Berchem. Mesure de la longueur d’onde d’un primaire hertzien dans l’air par le changement de résistance électrique de limailles métalliques. Archives des Sciences physiques et naturelles, 3e période, t. XXXI, juin 1894.
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- tater les interférences des ondes électriques réfléchies par une surface métallique.
- » Dans nos expériences nous avons fait agir l’étincelle du primaire sur le tube de limaille séparé du circuit réunissant les extrémités.
- » Pour cela le tube est posé sur un support à deux godets de mercure. Les deux extrémités du circuit contenant une pile Leclanché et un galvanomètre ne sont plongées dans ces godets que lorsque l’étincelle a exercé son action sur le tube.
- » Ainsi l’induction exercée par le primaire sur le circuit, action qui est très forte, ne peut pas avoir d’effet sur la variation de la résistance de la limaille. Celle-ci ne dépend plus alors que de l'influence directe de l’étincelle du primaire sur le tube lui-même.
- « Le primaire employé est formé de deux disques de zinc de 10 cm de diamètre. Les tiges portant des sphères de laiton creuses de 3 cm de diamètre sont soudées normalement au centre des deux disques. La distance entre les deux capacités (disques) du primaire pouvait varier de 27 à 40 cm. Le miroir de 5 m de large sur 4 de haut est formé de feuilles de zinc mises en communication avec la terre.
- » Pour les mesures, le tube sur son support est placé horizontalement et parallèlement aux tiges du primaire et au miroir. Le tube par rapport au pôle des aimants a toujours été orienté de la meme manière, des changements d’orientation ayant amené des perturbations dans le phénomène ; nous n’avons pas eu le loisir d’étudier ce point.
- » Avant chaque détermination la limaille formant pont entre les deux aimants est enlevée par un choc, puis remise par agitation du tube : toute conductibilité disparait.
- b La sensibilité du tube varie avec la distance des aimants, avec leur degré d’aimantation, la grosseur de la poudre métallique. C’est après de nombreux essais que nous sommes tombés sur des tubes de sensibilité convenable.
- » Les variations dans le fonctionnement de
- la bobine d’induction, de son interrupteur et du poli des sphères où éclate l’étincelle, amènent des chiffres anormaux.
- » De faibles trépidations données involontairement au tube en établissant les contacts peuvent complètement détruire la conductibilité.
- » Nous avons cherché à nous mettre à l’abri de toutes causes d’erreur. Malgré cela les chiffres ne sont pas très constants.
- » Nous avons pris des moyennes portant sur huit ou dix déterminations faites de 10 en 10 cm à partir du miroir et même de 5 en 5 cm dans les nœuds.
- » a. Trois séries de mesures, l’une à quatre nœuds, l’autre à deux, donnent chacune pour le primaire, dont la distance des plaques est de 40 cm, un internœud de 35 cm.
- » b. Deux séries, l’une à trois nœuds, l’autre à deux, donnent pour le primaire, dont la distance des plaques est de 27 cm, un internœud de 25-30 cm.
- » i° Ces mesures furent faites avec le même tube, distance des aimants 2 mm.
- » 20 Au miroir l’action est toujours nulle, les nœuds se marquent de moins en moins plus on s’en éloigne.
- » 3'“ Le primaire de 40 cm était placé à 7 m du miroir, celui de 27 cm à 4 m.
- » Nous avons été obligés d’opérer avec ces deux primaires à des distances différentes, vu que le primaire de 40 cm placé à 4 m du miroir exerçait une action trop énergique sur le tube, et les nœuds ne se marquaient que faiblement. Inversement avec le primaire de 27 cm placé à 7 m du miroir, l’action sur le tube était trop faible.
- » Ces résultats semblent montrer que le tube à limaille tel que nous l’avons employé n’a pas de longueur d’onde qui lui soit propre, car avec deux primaires différents il donne des internœuds differents.
- » Il fonctionnerait donc comme une sorte d’analyseur et non comme un résonateur (qui a une longueur d’onde qui lui est propre), mais mesurerait ainsi la longueur d’onde du primaire dans l’air.
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- « Empêchés momentanément de continuer notre travail, nous en renvoyons la publication complète, comptant du reste poursuivre cette étude. »
- Système de traction à troisième rail Murphy (')• Dans ce système, le « troisième rail» est formé de rails de 2 m à 2,5 m de longueur, isolés les uns des autres et du sol. Les rails tels que cu^fig. 1) peuvent être mis en communication avec le cable d’alimentation A au moyen d’un commutateur à attraction magnétique C au moment où la voiture passe au-dessus de ces rails ; les rails tels que a b, a' b\ compris entre deux des précédents, restent toujours
- isolés et n’ont d’autre but que de constituer avec ceux-ci un chemin continu pour le glissement de la prise de courant.
- La voiture porte une batterie d’accumulateurs B, un transformateur rotatif T, un moteur M, un contrôleur C et deux sabots de contact S et S', dont le dernier n’est pas visible sur la figure.
- Le commutateur à attraction magnétique C (fig. x et 2) est formé d’un solénoïde à deux enroulements, l’un K en fil fin, l’autre L, en gros fil, et d’un noyau de fer doux. Ce noyau porte à Fune de ses extrémités un conducteur transversal E muni de deux contacts en charbon qui permettent de relier l’enroulement en gros fil au câble d’alimentation A.
- Fig. 1, - Système â
- lil Murphy.
- A son autre extrémité, il porte une tige P, agissant sur l’interrupteur G placé sur le circuit de l’enroulement en fil fin. Les deux enroulements sont reliés au rail central cd par les conducteurs F et H. L’enroulement en fil fin est en outre relié à la plaque de terre Q.
- Lcfonctionnement est facile à comprendre. Supposons que la voiture soit arrêtée. Les divers contacts du commutateur C sont alors dans les positions indiquées dans la figure 1, et par suite le rail cd est isolé. Pour faire démarrer la voiture on agit sur le contrôleur C' de manière à mettre le circuit du transformateur T en communication avec les sabots de contact S et S'. Comme la distance
- F) The Eiectrical Engineer, t. XXV, p. 570, 7 avril (898.
- entre ces deux sabots est supérieure à la longueur des rails isolés ab, a'b', l’un au moins de ces sabots se trouvera en contact avec les rails tels que cd. Le courant fourni par le transformateur passera par le sabot S par exemple, le rail cd, le conducteur H, l’interrupteur G, l’enroulement en fil fin de C, et le circuit se trouvera fermé par la plaque de terre Q et les roues de la voiture. Le noyau de C sera attiré et fermera par D le circuit de l’enroulement en gros fil en même temps qu’il coupera en G le circuit de l’enroulement en fil fin. Dès lors le courant principal suivra le chemin ADFS et arrivera au moteur ; une dérivation de ce courant -alimentera les lampes de la voiture, une autre les appareils de chauffage, et enfin une troisième fera tourner le transformateur T en
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- sens inverse de celui dans lequel il tournait au début, ce qui rechargera la batterie d’accumulateurs. Quand le sabot S cessera d’être en contact avec cd, le courant cessera de passer dans l’enroulement à gros fil de C, et l’interrupteur E, sollicité par le ressort R, coupera la communication entre le rail cd et
- Fig. 2. — Commutateur.
- le câble d’alimentation A. Mais avant que le contact entre S et cd ait cessé, le sabot S' sera venu en contact avec un rail c' d'et une partie du courant principal aura passé dans l’enroulement à fil fin du commutateur correspondant, mettant, par le fonctionnement de ce commutateur, le rail c'd! en communication avec le câble d’alimentation.
- On voit donc que si la distance des sabots de contact est peu supérieure à la longueur d’un rail, deux rails au plus peuvent être simultanément en communication avec le câble. La longueur de chacun de ces rails étant de 2,4 ni et celle du rail isolé qu’ils comprennent étant de2m, c’est une longueur de 6,80 m de voie qui devient dangereuse au moment du passage de la voiture. Celle-ci ayant 9,60 ni de longueur, toute cette zone dangereuse est complètement couverte.
- Il est cependant à craindre que par suite d’un mauvais fonctionnement d’un commutateur un rail ne reste électrisé. M. Murphy a prévu ce cas et y a remédié au moyen d’un dispositif de sûreté sur lequel notre confrère
- américain, à qui nouscmpruntons ces détails, ne donne aucun renseignement. M. Murphy a d’ailleurs imaginé un système de signaux automatiques signalant l’arrivée d’une voiture à un croisement de voie ou signalant l’approche de deux voitures venant en sens inverse sur les lignes à voie unique.
- Ce système est sur le point d’être appliqué en Amérique. Un modèle au vingtième a été consti'uit et a montré la sûreté du fonctionnement des commutateurs et des signaux: ce modèle a également permis de constater que le fonctionnement est encore bon même lorsque les voies sont couvertes d’une solution concentrée de sel marin : il y a bien alors une perte de courant assez considérable par le rail électrisé, au moment du passage de la voiture, mais l’intensité du courant dérivé par les rails voisins est insuffisante pour faire fonctionner les commutateurs correspondants et porter ces rails à un potentiel dangereux.
- Faisons observer que l’emploi d’une batterie d’accumulateurs et d’un transformateur permet non seulement de produire le fonctionnement d’un commutateur au moment d’un démarrage, mais encore d’assurer l’éclairage et le chauffage de la voiture pendant les arrêts. On pourrait supprimer le transformateur en prenant une batterie capable de donner une différence de potentiel égale à celle sous laquelle la ligne est alimentée (500 à 550 volts); mais le poids d’une telle batterie serait beaucoup plus grand que celui de la batterie employée, qui donne 20 volts, et du transformateur. D’ailleurs, la perte résultant de la transformation est négligeable, car la batterie ne fournissant de courant qu’aux démarrages et pendant les arrêts, le fonctionnement du transformateur soit comme élévateur, soit comme réducteur de potentiel, est de courte durée.
- Le dispositif de prise de courant mérite également d’être signalé. II se compose d’un sabot de contact en forme d’arc CD (fig. 3 et 4) mobile autour d’un axe sur lequel est clavetée la roue B. Contre cette roue est
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- pressée au moyen d’un ressort une seconde roue R qui roule sur le rail médian. Un fort ressort S presse la monture, guidée en A par
- Fig. 3 et 4. — Contact glissant.
- l’essieu dont elle est séparée par une garniture isolante, contre le rail. Si la voiture se déplace de gauche à droite la roue R tourne de droite à gauche et tend à entraîner en sens inverse la roue B, ce qui fait relever la
- Fig. 5. — Moteur.
- pointe avant C du frotteur et appuyer fortement la pointe arrière D sur le rail. On obtient ainsi un bon contact ne gênant en rien le mouvement de la voiture quel que soit son sens.
- La suspension du moteur est représentée par la figure 5. On voit que la pièce portant les paliers est supportée par l’essieu de la voiture au moyen d’un collier à billes.
- J. R.
- Sur l’économie résultant de l’établissement de
- survolteurs dans une station alimentant un
- réseau de tramways électriques ;
- Par J.-L. Woodbridge.
- Une discussion s’est élevée dernièrement sur ce sujet, à la suite d’une communication faite à l’institut Franklin entre l’auteur, M. J. Lester Woodbridge, et l’un des ingénieurs présents. Ce dernier prétendit, contrairement à l’exposé de M. Woodbridge, que toute la puissance consommée par l’unité-survolteur constitue une « saignée additionnelle sur le tas de charbon ».
- M. Woodbridge, afin d’établir nettement que sous les conditions ordinaires le coût de l’exploitation sera le même, que le survolteur soit en fonctionnement ou non, et que dans les cas de perte excessive dans les feeders l’avantage au point de vue économique correspondra indubitablement au fonctionnement du survolteur, fut conduit à répondre à la question suivante : Réduira-t-on l’intensité moyenne employée sur une section en substituant un voltage de 550 volts sensiblement constant à un voltage de 350 volts fluctuant plus ou moins violemment, les conditions de l’exploitation étant les mêmes dans les deux cas ?
- Il se proposa donc de montrer qu’en élevant le voltage l’on peut ou faire proportionnellement plus de travail en maintenant constant le débit moyen, ou réduire proportionnellement le débit moyen en maintenant constant le travail produit. A cct effet, il fait remarquer que, d’après la caractéristique d’un moteur série, un moteur de ce type étant donné il exige un courant fixé indépendant du voltage pour mouvoir une charge déterminée, et que, d’autre part, la vitesse sera pratiquement proportionnée au voltage aussi longtemps que la charge sera constante. Par suite, un accroissement de voltage de 350 volts à 550 volts ne réduira pas le débit employé par l’une quelconque des voitures pendant sa marche, mais il augmentera sa vitesse; par exemple, une voiture qui exigerait 55 am-
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- pères pendant n minutes au bas voltage n’exigerait le même courant que pendant 7 minutes au voltage élevé pour couvrir une distance donnée, et pour un horaire déterminé aurait dans le second cas une augmentation de repos, c’est-à-dire de la durée pendant laquelle elle n’emploie pas de courant, de 4 minutes ; ainsi il est évident que le débit moyen sera réduit de 55 à 35.
- Mais l’auteur fait remarquer qu’on ne percevrait pas cette réduction par une simple observation accidentelle de l’ampèremètre, même avec un certain nombre de voitures en marche, et l’on devrait pour la vérifier faire une série de lectures prises à un intervalle défini de quelques secondes, ou examiner la courbe d’un ampèremètre enregistreur qui montrerait que par une réduction dans la fréquence et la durée des charges maxima et une augmentation correspondante dans celles des charges minima le courant moyen est réduit en proportion de l’accroissement du voltage. De telles observations sont rarement faites dans des conditions assez soignées pour permettre d’y attacher quelque valeur. De plus, de l’emploi du survolteur résulte en général un accroissement de la puissance utilisée, la perte en transmission restant la même; la puissance additionnelle dépensée dans le survoltage se retrouve en accroissement du travail utile fait ; mais on a rarement recours au survolteur dans le but unique de mouvoir plus de voitures ou d’obtenir plus de courses par voiture, but que l’on peut atteindre autrement.
- Afin de bien mettre en lumière le cas où le fonctionnement du survolteur est réellement économique, l’auteur considère une situation limite où toutes les voitures seraient accumulées à l’extrémité la plus éloignée de l’usine. Admettant, alors, un ohm comme valeur de la résistance du circuit et 550 ampères comme valeur du courant qui serait nécessaire pour mouvoir toutes les voitures simultanément, on voit que si l’on distribue sous 550 volts à l’usine on ne pourra les mettre en marche, mais que si à ce moment
- on produit un survoltage de 550 volts les voitures seront sous 550 volts au départ et pourront prendre leur pleine vitesse. Ici la puissance dépensée sur l’unité-survolteur s’ajouterait à celle qui, sans son emploi, serait exigée, mais le résultat est néanmoins favorable : T dans le premier cas, presque toute la puissance dépensée serait perdue en chaleur dans le circuit et le débit devrait être maintenu un temps assez long, étant donnée la faible valeur qu’aurait la vitesse des voitures ; 20 dans le second cas, la moitié au plus de la puissance dépensée serait perdue dans les conducteurs et le débit ne devrait être maintenu que durant, par exemple, le dixième du tempsprécédent, la consommation de charbon pour le travail particulier considéré étant alors un cinquième de ce qu'elle serait dans le premier cas. Ceci permet de comprendre le véritable accroissement d’économie parle fonctionnement d’un survolteur pour le cas d’une chute excessive de potentiel dans la ligne.
- Considérant ensuite la situation moyenne, l’auteur signale que par l’emploi de l’unité-survolteur on diminue le rendement de production de l’usine, cette unité fonctionnant dans de plus mauvaises conditions, bien au-dessous de sa capacité et par conséquent avec un rendement moindre, que le reste du matériel ; mais il prétend que ce désavantage compensera à très peu près l'accroissement du rendement de la transmission par l’élévation du voltage. Il affirme donc que sous les conditions moyennes l’économie de l’opération ne sera pas affectée, ou certainement pas réduite, par l’emploi d’un survolteur.
- La conclusion est que, le travail à fournir n’étant pas accru (par le fonctionnement d’un survolteur, si l’on se donne une marge convenable pour la fluctuation momentanée et si l’on prend un matériel convenablement proportionné au travail à faire, le coût du mécanisme total n’est pas modifié ; en remarquant d’ailleurs que la bonne proportion dont il vient d’être question est grandement facilitée par l’emploi d’un sur-
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- volteur-générateur convertissable qui donnera une grande flexibilité au matériel.
- Finalement l’auteur répond à la question qui est ordinairement posée : Est-il plus économique de survolter que de mettre plus de cuivre? en observant qu’il y a là deux questions entièrement indépendantes : i° est-il économique de survolter ? est-il économique de poser plus de cuivre? On a examiné la première réponse ; la seconde est que la section des conducteurs se déterminera par la règle économique en considérant la charge moyenne. Le survoltage n’est pas une solution économique mais une solution parfois nécessaire : ayant posé la proportion économique de cuivre, il pourrait être nécessaire de survolter aux instants de charge maximum afin de garantir les résultats désirés pour l'opération.
- Cette dernière conclusion est conforme à l’opinion formulée par Louis Bell dans «Power Distribution for ElectricRail-Roads » lorsqu’il préconise le survoltage pour fournir une puissance additionnelle sur des distances modérées durant de courtes périodes de charge excessive. Mais nous ne nous rangeons pas à l'idée de l’auteur d’après laquelle le survoltage peut être effectué sans perte dans les circonstances moyennes ; vu que pour arriver à cet avis, qui résulte de l’hypothèse d’une vitesse proportionnée au voltage, il a supposé implicitement dans sa comparaison des marches ordinaires à deux voltages différents, de 350 et 550 volts, que les moteurs et les crans de marche au contrôleur étaient les mêmes, ce que l’on ne peut admettre si, comme c’est généralement le cas, une limite supérieure de la vitesse est imposée. H. T.
- Sur quelques points de l’iiistoire des dynamos et de la traction électrique ;
- Par Ernest Gérard.
- Louvain (‘), M. Ernest Gérard, ingénieur en chef au Ministère des Chemins de fer, Postes et Télégraphes de l’État belge, expose la « genèse de la traction électrique ».
- Après avoir rappelé en quelques pages les découvertes fondamentales faites de 1819 à 1830 par Ocrstcdt, Ampère, Arago et Faraday, il indique les nombreuses recherches qui ont été entreprises pour leur application à la construction d’un générateur mécanique de courant électrique, ainsi qu’à celle d’un moteur électrique.
- « Si l’on suit au jour le jour ces recherches, depuis 1830 jusqu’à l’instant où apparaît la machine dynamo-électrique en 1867, deux faits surtout sautent aux yeux.
- » Le premier, c’est que tous ceux qui s’adonnent à la recherche de générateurs et de moteurs électriques, partant des lois expérimentales que dix ans seulement d’observation avaient réyélées à Ampère, Arago, Faraday, de 1819 à 1830, mettent près de quarante ans (de 1830 à 1867) à combiner, mécaniquement, des fils de cuivre isolés, contournés en bobines, des aimants permanents, des électroaimants, sans introduire aucune notion expérimentale nouvelle, avant d’arriver au but; tant il est vrai que l’esprit humain, dans les progrès de ses productions artificielles, marche bien plus lentement que dans la découverte des lois naturelles.
- » Le deuxième fait qui apparaît dans le travail opiniâtre de ces trente-sept années, c’est que la plus belle part des conceptions mécanico-physiques des chercheurs, revient à l’étude du problème de la locomotion. »
- C’est en effet en vue de l’application à la propulsion des bateaux que Jacobi construisit le moteur utilisant l’attraction du fer doux par les noyaux d’électro-aimants qu’il présentait en 1834 à l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg; il parvint même, grâce à la somme de 60000 fr que mit à sa disposition le gouvernement russe, à équiper une
- (‘) La Genèse de la traction électrique ; imprimerie Polleu-nis et Ceuterick, 30, rue des Orphelins.
- Dans une brochure récemment publiée à
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- chaloupe électrique qui fonctionna sur la Néva ; mais la nécessité de recourir aux piles primaires pour la production de l'énergie électrique, ne permit pas d’obtenir une puissance de plus de 3/4 de cheval, et Jacobi. découragé, abandonna ses recherches.
- Vers la même époque, entre 183^ et 1837, un forgeron des Etats-Unis, Thomas Daven-port, construisit un petit modèle de locomotive électrique cheminant à la circonférence d’un grand cercle de bois ; des conducteurs allaient du moteur au centre du cercle où ils plongeaient dans des godets en mercure en relation avec les pôles d’une pile.
- En 1838, l’écossais Robert Davidson. d’Aberdeen, construisit une véritable locomotive portant elle-même sa source d’énergie constituée par quarante grands éléments à eau acidulée ; cette locomotive ne pesait pas moins de cinq tonnes.
- Le docteur Colton et le professeur Farmer, en 1847, tentèrent de résoudre le problème en amenant le courant par les rails. De 1851 à 1860, Thomas Hall, de Boston, exécuta plusieurs modèles de locomotives électriques auxquelles le courant était amené par les rails.
- Mais ce système d’alimentation ne permettait guère des essais sur une voie ferrée ordinaire, dont il eût fallu isoler les rails du sol. Aussi le professeur Page revint-il au système primitif de Davidson dans les essais qu’il entreprit sur la ligne de Baltimore à Ohio. Sa source d’électricité était une pile de 100 éléments Grove. Son électro-moteur, au lieu d’ètre à rotation comme ceux de ses prédécesseurs, avait un mouvement alternatif rappelant celui des pistons d’une machine à vapeur : deux barres de fer doux, plongeant dans les noyaux creux de deux électro-aimants, dont la polarité était alternativement renversée par le jeu d’un commutateur, donnaient un mouvement de va-et-vient à une tige qui attaquait, par bielle, la manivelle d’un axe de rotation muni d’un volant. Les essais furent satisfaisants, mais malgré de puissants appuis financiers et l’ouverture d’un crédit
- de 50000 dollars parle Sénat de Washington, la locomotive du professeur Page ne reçut aucune application.
- Il fallut attendre l’inventionde la dynamo et la démonstration de sa réversibilité pour obtenirdes résultats pratiques. Encore n’est-ce qu’en 187g, c’est-à-dire douze ans après l’introduction de la dynamo dans l’industrie, que l’on vit à l’Exposition industrielle de Berlin la première locomotive électrique pratique; elle était due à Werner von Siemens.
- Avec la locomotive de Siemens la traction électrique entre dans le domaine des applications ; nous ne rappellerons pas les perfectionnements qu’elle a reçus ; ils sont trop récents pour avoir été oubliés de nos lecteurs.
- Suivons maintenant M. E. Gérard dans l’historique qu’il donne du développement des machines génératrices d’induction.
- Les premières machines de ce genre sont celles bien connues de Pixii et de Clarke. Un belge, le professeur Nollet, chercha à renforcer leurs effets en en groupant toute une série sur un même bâti ; de plus, il imagina le commutateur permettant de redresser les courants alternatifs de la machine de Clarke. Grâce à MM. Masson et van Malderen, la machine de Nollet devint la machine de l’Alliance appliquée dès 1855 à l’éclairage électrique des phares. Vers la meme époque, Werner von Siemens im aginait l’enroulement qui porte son nom et l’appliquait à une machine magnéto-électrique. .
- Avec Siemens nous touchons à l’époque où, coup sur çoup, des transformations les plus heureuses achevèrent de donner à la génératrice électrique sa physionomie moderne ; ces transformations exigèrent à peine deux ans, 1866 et 1867.
- Leur histoire s’ouvre par le nom'de Wilde. Celui-ci remplace les aimants permanents par des électro-aimants. Tout d’abord il les excite au moyen du courant d’une pile; mois la pile était encombrante et Wilde ne tarda pas
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- à la remplacer par une petite machine auxiliaire à aimants permanents. Ladd apporta un nouveau perfectionnement : le champ de l’excitatrice est produit par les noyaux des électro-aimants de la machine principale. A cette fin Ladd dispose l’engin de la manière suivante : deux gros électro-aimants à noyaux rectilignes et plats sont couchés parallèlement l’un au-dessus de l’autre ; entre leurs extrémités polaires tournent, d’un côté, la bobine génératrice du courant principal, de l’autre, la bobine excitatrice qui envoie son courant dans les spires des électro-aimants.
- La machine de Ladd eut un certain succès à l’Exposition de Paris, en 1867. Mais celle de Siemens qui figurait à la même exposition marquait un progrès beaucoup plus considérable. Elle n’avait plus qu’une seule bobine tournant entre les pôles d’un fort électro-aimant remplissant à la fois les deux fonctions : engendrer le courant utilisable et fournir le courant excitateur; la machine était autoexcitatrice. Pour rappeler ce principe nouveau Werner Siemens substitua, au nom jusque-là admis de machine magnéto-électrique, celui de machine dynamo-électrique, parce que, dit-il, le champ magnétique y devient un effet direct du travail transformé par la machine elle-même en énergie électrique.
- Il est intéressant de faire rçmarquer que dès que cette machine eut montré sa capacité industrielle dans l’alimentation des lampes à arc, Siemens songea à l’appliquer à la locomotion. « Dans la première fièvre d’inven-» tion, écrit-il, après la découverte du prin-» cipe dynamo-électrique et de la possibilité » qu’il donne de produire à bon marché des » courants d’intensité arbitraire, je rêvais l’ins-» tallation d’un réseau de chemin de ferélec-» trique au-dessus des rues de Berlin, dont » le niveau des eaux ne permet pas la cons-
- « truction d’un chemin de fer souterrain... »
- Mais comme le constate lui-même l’inventeur, la génératrice de Siemens était loin d’être parfaite. L’un de ces inconvénients « con-» sistait en un phénomène nouveau : l’échauf-» fement du fer provoqué par l’inversion ra-» pide de la polarité magnétique. Les molé-» cules du fer résistent à ces changements » brusques d’orientation : de là un travail » intérieur qui a pour conséquence l’échauf-» fement du fer... Les machines puissantes » que j’ai fait construire pour la production > de la lumière électrique devaient pour ce » motif être rafraîchies continuellement par » de l’eau froide ; sans cettte précaution les » noyaux d’électro-aimants et les fils deve-» naient trop chauds. »
- De nouveaux progrès ne devaient pas tarder à être réalisés. Ils rappellent les noms du savant italien Paccinotti, d’un artisan belge, Gramme, et d’un ingénieur de la maison Siemens et Halske, von Hefner Alteneck. Tous trois portent leurs efforts sur le mode d’enroulement de la bobine. Paccinotti imagine le mode d’enroulement en anneau qu’il adapte à une machine magnéto-électrique. Sans avoir connaissance des travaux de Paccinotti, Gramme retrouve cet enroulement en anneau et l’applique à une machine dynamo. Von Hefner Alteneck imagine l’enroulement en tambour.
- Telles sont, d’après la brochure de M. Ernest Gérard, les principales phases de l’in-ventionde lamachine dynamo. Pour terminer, empruntons-lui encore ces quelques lignes :
- « Nous n'examinerons pas si Gramme dut à ses seules inspirations la conception de sa dynamo. Il suffît à son honneur d’avoir mérité, de son concurrent (Siemens), le témoignage « d’avoir construit le premier un pro-» ducteur pratiquement utilisable de forts » courants ». J. R.
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- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE Séance du Vendredi 20 mai 1898.
- M. Villard continue ses intéressantes recherches f1) sur les tubes producteurs de rayons cathodiques, auxquels il a apporté de nouveaux perfectionnements.
- i° Il décrit une anticathode qui ne noircit pas les tubes. L’iridium, qu’avait proposé M. Villard, fonctionne d’une façon très satisfaisante quand il est aussi pur que celui qui avait servi aux premières expériences et qui avait etc préparé par M. Joly; mais ce corps n’existe que dans les laboratoires; l’iridium du commerce a une composition variable et peut amener un noircissement des tubes.
- La nouvelle anticathode est en forme de paraboloïde, avec une ouverture latérale, par laquelle entrent les rayons cathodiques qui viennent former leur foyer à l’opposé. Cette anode ne noircit pas les tubes parce qu’elle 11e fonctionne jamais comme cathode ; cette circonstance ne se produit que dans deux cas, d’abord quand les courants des deux sens traversent le tube, ensuite quand l’anticathode est une surface plane ou faiblement concave, parce qu’il se produit, à partirde cette anode, de nouveaux rayons identiques aux rayons cathodiques qui vont frapper le verre. Ici, la forme de l’anode, créant un champ électrique sensiblement nul à son intérieur, empêche totalement la formation de ces nouveaux rayons.
- 20 M. Villard a construit un tube régénê-rable à volonté. Il avait indique, dans des communications précédentes, la possibilité de régénérer les tubes au moyen d’une élec-trode supplémentaire intérieure: ce système n’était pas sans inconvénients; la provision de gaz utilisable n’était pas très grande ; il
- p) Voir L'Éclairage Électrique, t. XI, p. 597, et t p. 147.
- était assez difficile de régler et d’arrêter à volonté le dégagement ; enfin la réabsorption était difficile et l’ensemble du fonctionnement capricieux.
- M. Villard emploie maintenant une source extérieure : c’est un bec Bunsen ; le gaz pénètre dans l’intérieur de l’ampoule à travers les parois d’un tube de platine ; on peut prendre aussi du nickel, du palladium, du nickel palladié et iridié. Ce tube, fermé à une extrémité et ouvert à l’autre, est soudé, du côté de son extrémité ouverte, à l’ampoule de Crookes; la soudure doit être solide, ayant à résister pendant plusieurs heures à un chauffage intense.
- Unç. expérience de Deville et Troost a montré qu’au voisinage de iooo° l’hydrogène traverse le platine; c’est ici le même phénomène qui se produit ; l’hydrogène à peu près pur pénètre dans le tube; l’air est absolument exclu de ce phénomène d’osmose. L’expérience est très frappante : en quelques instants, dès que le platine est rouge, on voit se modifier complètement l’aspect d’un tube qui présentait d’abord la fluorescence verte la plus caractéristique. L’anticathode rougit, ce qui indique que la résistance diminue ; une lueur violacée décèle une tendance de la décharge à passer dans les deux sens ; la formation d’un petit cercle lumineux qui se détache au milieu de l’illumination de la surface du verre annonce que l’anticathode joue le rôle d’anode ; à partir de ce moment il est prudent de ne plus laisser passer que des décharges intermittentes, pour éviter la pulvérisation du platine, et bientôt l’ampoule présente les phénomènes des tubes de Geissler. AI. Villard rougit très facilement le platine au moyen d’une flamme sensible particulière qui présente une ligne blanche, bien qu’elle soit plus chaude que celle du Bunsen.
- Pour faire sortir un excès de gaz, il suffit d’entourer le tube de platine d’une enveloppe de même métal, qu’on porte au rouge ; la
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- sortie est très lente; il faut trois heures pour ramener au vide de Crookes un tube dans lequel on avait, en cinq minutes, fait monter la pression à 1 mm. On peut, en poursuivant l’opération, atteindre le vide de Hittorf.
- M. Chabaud a construit les nouveaux tubes avec une grande habileté, après avoir pris une très large part aux essais.
- 3° AI. Villard a obtenu des écrans magiques qui conservent des images durables visibles à la lumière diffuse ou sous Faction des rayons X.
- La fluorescence d’un écran au platino-cyanure de baryum ou de potassium devient beaucoup moins active, après une exposition de quinze ou vingt minutes à des ray-ons X intenses ; les parties qui ont été protégées apparaîtront donc, sous l'action de ces rayons, beaucoup plus brillantes que le reste. Avec un découpage métallique composé de plomb pour les parties claires et d’un métal moins absorbant pour les régions ombrées, on obtient sur l’écran une image qui reparaît chaque fois qu’on l’approche d’un tube de Crookes. Cette image n’est pas absolument invisible à la lumière, les parties du sel qui ont été modifiées ayant pris une teinte brune voisine de celle du pain bien cuit.
- La lumière du soleil détruit peu à peu cette modification des platinocvanures et l’écran se trouve régénéré; on peut mettre à profit cette action pour obtenir un positif sur l’écran à l’aide d’un positif sur verre ou d’un objet dont on met au point l’image, très brillante, sur un écran préalablèment exposé aux rayons X ; les parties exposées à la lumière reprennent la teinte primitive et la fluorescence revient au même degré d’intensité. On peut aussi, avec un positif sur verre, opérer simplement par transparence. Trois heures d’exposition au soleil sont nécessaires; l’arc électrique exige un temps beaucoup plus long. C. R.
- Sur l’influence des variations de température des diverses parties d’un appareil bolométrique sur l’exactitude des mesures ;
- Par Belloc (fi.
- La mesure des résistances, par le pont de Wheastone, exige le passage d’un courant dans le fil en expérience ; d’un autre côté, un fil parcouru par un courant s’échauffe, et, s’échauffant, sa résistance augmente; c’est sur cette dernière propriété qu’est basé l’emploi du bolomètre.
- Il était donc intéressant de rechercher si celte élévation de température, inhérente à l’emploi de la méthode, pouvait avoir une influence mesurable dans les recherches de précision; d’autant mieux que pour avoir de la sensibilité, on est amené à élever la différence de potentiel de la pile, c’est-à-dire augmenter l’intensité du courant. Ce sont les résultats principaux de ces recherches que je vais énumérer (2).
- Le pont était monté suivant le dispositif adopté par le Bureau central des poids et mesures; le fil compensateur était en platine et son diamètre pouvait varier depuis 4/10 jusqu’à 10/10 de millimètre; enfin la différence de potentiel aux bornes de la pile pouvait osciller entre 1 et 4 volts.
- En prenant quatre résistances étalonnées, on constate que l’influence du courant est nulle, quelle que soft l’intensité, dans les limites de l’expérience; mais les conditions extérieures amènent des perturbations par leur action sur le fil compensateur : l’approche de la main, le rayonnement d’un poêle, une porte ouverte, le contact d’un corps à une température differente, suffisent pour dévier le galvanomètre, meme en employant de gros fils compensateurs. Il est donc nécessaire de mettre ce fil à Fabri des rayonnements extérieurs, en le plongeant par exem-
- («) Note communiquée par l’auteur, chef des travaux de physique à la Faculté des sciences de Caen.
- (2 ! Travail fait au Laboratoire des recherches de la Faculté des sciences de Caen.
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- pie dans un liquide isolant dont on maintiendra la température constante.
- Si maintenant on fait usage du fil a mesurer, l’influence du courant est manifeste; en effet, des la fermeture du circuit, l’aiguille part d’une certaine division, puis se met à progresser d’une manière continue avec une vitesse décroissante, indiquant une augmentation de résistance qui finit par atteindre un maximum, après lequel l’aiguille rétrograde et vient, au bout d’un certain temps, se fixer à une division intermédiaire; à ce moment il y a équilibre entre la chaleur fournie par le courant et celle perdue par rayonnement.
- Cette influence du courant dépend de trois causes : i° de l’intensité ; 20 de la nature du milieu ; 30 du mode d’enroulement du fil. La première est des plus sensibles : la résistance croît avec l’intensité, meme si le fil est plongé dans un liquide isolant; dans ce dernier cas, une agitation continue permet seule d’avoir la fixité du zéro, lorsqu’on fait varier l’inten-
- La seconde est corrélative de la première; plus le milieu sera isolant thermique, plus la première se fera sentir ; ainsi en opérant dans le vide, l’acide carbonique, l'air, l’hydrogène, l’huile de pétrole, on trouve que la résistance va en décroissant, toutes choses égales d’ailleurs.
- Enfin la troisième sera une conséquence des deux premières : dans un milieu médiocrement conducteur thermique la forme en spires serrées contribue à accroître la résistance.
- De ces données expérimentales on peut conclure que dans l’emploi du pont comme bolomètre, on devra : i° plonger le fil compensateur dans un milieu a température invariable ; 20 s’assurer que l’intensité du courant qui traverse le fil est toujours constante. Sinon, les diverses mesures ne seront pas comparables entre elles, soit par suite de rayonnements extérieurs, soit par la variation de la force électromotrice des piles dont on fait usage.
- Dans tous les cas, les mesures absolues de
- température seront toutes affectées d’une erreur qui sera d’autant plus petite que l’intensité du courant sera elle-même plus faible. On est par suite conduit pour ces mesures a se servir de courants très faibles, et alors le pont n’a plus de sensibilité. On pourrait alors tourner la difficulté en employant la méthode suivante : faire parcourir le fil par un courant très faible mais constant et mesurer la différence de potentiel aux extrémités du fil ; la variation de cette différence serait en relation directe avec la variation de la résistance du fil.
- Rayons du thorium;
- Par G.-C. Schmidt (p.
- 1. Actions photographiques des rayons du thorium. — Si on place une combinaison du thorium sur une plaque photographique enveloppée de papier noir, la plaque est complètement noircie au bout d’une journée ou deux. Une croix de métal posée entre la plaque et la combinaison du thorium donne une image nette. Les métaux sont donc opaques pour les rayons du thorium. La gélatine, le verre, la tourmaline, les lames métalliques très minces sont plus ou moins transparents, d’autant moins qu’ils sont en couche plus épaisse; l’opacité- ne parait pas croître proportionnellement à l’épaisseur traversée par les rayons. Comme pour les rayons de Rœntgen et les rayons de Becquerel, c’est la densité de la substance qui paraît influer essentiellement sur la transparence. Parmi les substances étudiées, c'est le plomb qui est le plus opaque ; puis viennent le cuivre, le laiton, l’aluminium, la gélatine, le papier.
- 2. Les rayons du thorium déchargent les corps électrisés. — Le composé du thorium est disposé sur une plaque de fer horizontale, reliée à un 'électromètre ; au-dessus de cette plaque se trouve une toile métallique chargée à un certain potentiel. La plaque de fer est
- (!) Wied. Ann., t. LXV. p. 141-151; voir à ce sujet I L’Éclairage Électrique, t. XV, p. 199 et 347.
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- d’abord reliée au sol; quand on enlève cette communication, elle se charge assez rapidement, aussi bien si la toile métallique est chargée positivement que si elle est chargée négativement.
- Cependant les composés du thorium n’ont pas de propriétés photo-électriques, pas plus que les composés de l’uranium.
- 3. Absorption. — Pour étudier l’absorption, on recouvre le composé thorique d’une lame de la substance et on compare les déviations de l’électromètre obtenues au bout d’un même intervalle de temps avec et sans la lame. C’est le plomb qui a le pouvoir absorbant le plus considérable, l’aluminium le pouvoir absorbant le plus faible. Le zinc, l’étain, le laiton, le cuivre et l’argent ont à peu près le même pouvoir absorbant.
- Si on superpose un nombre de plus en plus grand de feuilles de clinquant, l’absorption ne croît pas proportionnellement au nombre de feuilles. Les rayons du thorium ne sont donc pas homogènes, pas plus que ceux de l’uramum et que les rayons de Rœntgen.
- D’autre part, les rayons du thorium ne rendent pas conducteurs les diélectriques solides.
- La conductibilité acquise par l’air sous l’action de ces rayons disparaît très vite. Si on fait passer lentement l’air d’une ampoule où il était en contact avec le. composé du thorium dans un tube qui renferme deux fils de platine distants de 1 mm, aucune trace d’électricité 11e passe de l’un à l’autre de ces fils sous une différence de potentiel de 560 volts.
- .4. Réflexion. — Une pastille de sulfate de thorium est enfermée dans une boîte absolument imperméable à la lumière, dont le couvercle porte un petit miroir de plomb. Une plaque sensible séparée du sulfate de thorium par un écran de plomb se trouve disposée de manière à recevoir l’ombre d’un clou de fer, dans le cas où il y aurait réflexion régulière. Après trois semaines de pose, on n’obtient qu’un résultat négatif. Quand le clou est placé immédiatement sur la plaque, on aperçoit au moment du développement une
- ombre assez nette; il y a donc eu quelque chose de réfléchi, soit directement, soit indirectement.
- 5. Réfraction. — M. Schmidt a répété avec les rayons du thorium l’expérience réalisée par M. Becquerel avec les rayons de l’uranium, et a obtenu le même résultat.
- 6. Polarisation. —• Les rayons du thorium n’ont montré aucune trace de polarisation après avoir traversé la tourmaline.
- 7. Actions chimiques. — En faisant passer pendant trois semaines sur du mercure de l’air qui passait auparavant sur des sels d’uranium ou de thorium, on n’a constaté aucune oxydation. Dans les mêmes conditions l’air n’agit pas non plus sur le papier amidonné et ioduré.
- D’après M. Schmidt, les rayons du thorium présentent une grande ressemblance avec les rayons de Rœntgen. Us s’en distinguent par leur réfrangibilité et se distinguent des rayons de l’uranium par'l’absence de polarisation.
- Les combinaisons des métaux dont le poids atomique est inférieur à celui de l’uranium et du thorium, bismuth, plomb, mercure, argent, n’émettent aucune radiation susceptible de rendre l’air conducteur.
- Autres radiations. — Il ne semble pas qu’il y ait une relation entre cette propriété d’émettre des radiations agissant sur des plaques photographiques et les propriétés photo-électriques. Parmi les corps photo-clec-triques, le zinc, le rétène, le spath fluor émettent bien de telles radiations, comme l’ont montré déjà plusieurs expérimentateurs ; mais d’autres substances qui sont douées de propriétés photo-électriques énergiques, comme le sulfure de manganèse, le sulfure de chrome, le sulfure et l’oxyde de cuivre, beaucoup de couleurs d’aniline, n’émettent pas trace de radiations.
- D’autre part les radiations du zinc, du rétène, de la fluorine ne rendent pas l’air conducteur. Leur effet photographique doit être attribué à une vaporisation ou bien il faut admettre que leur nature est différente
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- de la nature des radiations émises par les combinaisons du thorium et de l’uranium.
- M. L.
- Images magnétiques;
- Par II. Jaeger(1).
- Silvanus-P. Thompson a énoncé qu’une lame de fer sur laquelle repose une bobine a la même influence sur le champ produit par un courant qui commence ou cesse dans la bobine, qu’aurait une bobine, image de la première dans la lame de fer.
- L’auteur a vérifié ce fait, en remplaçant la bobine par un fil rectiligne. Il mesure le champ par la méthode balistique; le galvanomètre est un Du Bois-Rubens dont la sensibilité atteint 1. 10-9 ampère, quand l’échelle est à une distance de 2 000 divisions ; la durée d'oscillation est de 17 secondes.
- Tout d’abord on détermine, au moyen de la bobine d’épreuve, le champ terrestre au voisinage du conducteur; puis on établit le courant et on mesure l’intensité du champ provenant du conducteur.
- Après avoir supprimé le courant, on glisse sous le fil une lame de fer, de manière que le fil repose (isolé) dessus, et sans changer la position de la bobine d’épreuve, on mesure dans ces conditions le champ dû à l’aimanta-
- tion rémanente de la lame. Finalement, on rétablit le courant et on mesure de nouveau le champ; il faut retrancher des nombres trouvés le champ terrestre et le champ dù au magnétisme rémanent de la lame pour avoir le champ du courant. On trouve ainsi que la présence de la lame double sensiblement le champ: elle agit donc comme un second fil parcouru par un courant identique au premier. Si on éloigne le fil de la plaque, celle-ci agit pour les points voisins du fil, comme l’image de ce dernier.
- La même loi est applicable aux courants constants.
- Pour le vérifier, on construit deux solé-noïdes identiques entre eux; ces solénoïdes étant parcourus par le même courant, on les place de manière que leurs pôles de nom contraire se touchent. Si on place une bobine d’épreuve dans l’intérieur de l’un de ces solénoïdes, l’effet du second solénoïde sur cette bobine est exactement le même que l’effet d’une lame de fer occupant la même position. Si l’axe du solénoïde fait un certain angle avec la lame, il faut, pour reproduire l’effet de la lame quand on l’a enlevée, placerle second solénoïde exactement comme l’image optique du premier.
- L’énoncé de Thompson se vérifie donc également pour les champs constants.
- M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Transportable Akkumulatoren, Anordnung, Ver-wendung, Leistung, Behandlung und Prüfung derselben (Les accumulateurs transportables, leur installation, leur emploi, leur rendement, leur maniement et leur essai), par J. Zacharias. Un vol. in-8‘\ 260 p. Læwenthal, éditeur, Berlin, 1898.
- M. Zacharias, bien connu en Allemagne pour ses travaux sur les accumulateurs, et qui a déjà
- publié un traité général des accumulateurs et un volume sur la transmission de l’énergie par l'électricité, a réuni dans cet ouvrage les renseignements qu'une longue pratique lui a permis de recueillir.
- L’ouvrage débute par un court rappel des lois principales de l’électricité et un aperçu des accumulateurs en général.
- Il décrit ensuite les principaux types d'accumulateurs transportables employés en Allemagne, Boese, Société de Hagen, Majest, Pollak, Giilcher,
- f1) Wiei. Ann., t. LXIII, p. 137-141, 1897.
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- Société Watt, ainsi que les grillages de Franck, dont la fabrique s’occupe exclusivement de la construction de grillages pour accumulateurs et de la confection de moules pour couler ces derniers.
- L'auteur traite ensuite la question de l'emploi des accumulateurs transportables, pour le cas des courants intenses; cette importante partie est divisée en deux chapitres, dont le premier traite de l'emploi d'accumulateurs pour la traction et le deuxième de l’éclairage des voitures de chemin:; de fer.
- Dans le premier chapitre, l'auteur décrit succès sivement les divers modes d'emploi des accumulateurs pour la traction des tramways, en les classant comme il suit :
- Traction par accumulateurs seuls chargés fréquemment, c’est-à-dire avec charges rapides (en dix à vingt minutes) pendantles arrêts aux stations.
- Traction par accumulateurs seuls, chargés en une seule fois et exécutant ensuite un long parcours.
- Traction mixte par accumulateurs et trôlet, les accumulateurs étant chargés pendant le parcours des sections desservies par le fil aérien.
- L’auteur étudie ensuite l'influence du type des coussinets des essieux et donne la marche à suivre pour la détermination de la capacité d’une batterie, employée à la traction.
- 11 examine ensuite les avantages de batteries fixes pour régulariser la marche des usines génératrices pour traction électrique par fil conducteur ; puis la combinaison d’accumulateurs avec le courant alternatif, des moteurs à courant alternatif actionnant des génératrices à courant continu qui chargent pendant la durée des parcours des accumulateurs; ces dynamos étant ensuite actionnées par le courant des accumulateurs lors des démar-
- Lc chapitre se termine par l’indication de divers essais faits pour la traction des chemins de fer et des bateaux, ainsi que par la description de nombreuses voitures électriques.
- Dans le deuxième chapitre, consacré à l'éclairage des véhicules, l’auteur donne de nombreux exemples d’éclairage de trains de chemins de fer, soit au moyen de batteries individuelles placées dans les voitures, soit au moyen de batteries placées dans des fourgons et assurant l’éclairage du train entier; il donne ensuite un aperçu des frais d’installation et des prix de revient de l’éclairage électrique.
- Dans la partie consacrée à l’emploi des accumulateurs, pour le cas de courants de faible intensité, l'auteur en étudie l’application à la télégraphie, à la téléphonie, à l’éclairage des escaliers, aux horloges électriques, etc...
- L'ouvrage se termine par des considérations pratiques sur les divers essais des accumulateurs, sur l’entretien des batteries, le choix des types à employer dans les diverses circonstances, l’étalonnage d’un compteur, les procédés de soudure, etc., etc.
- De nombreuses tables et des courbes complètent les divers renseignements donnés dans cet ouvrage, qui sera certainement très utile à tous ceux qui s'occupent de traction électrique et d’éclairage des véhicules.
- F. Loppé.
- Manuel d’électrochimie et d’électrométallurgie, par H. Broker. Un volume petit in-8°, 521 pages, 140 figures et 2 planches. J. Fritsch, éditeur, 30, rue du Dragon, Paris, 1898.
- Les applications de l'électricité à la chimie et à la métallurgie s’étendent, de jour en jour. Nous possédions déjà un guide sûr pour l’électrométallurgie : l’ouvrage de Borchers, dont une excellente traduction française a cto donnée par le Dr L. Gautier; nous n’étions pas aussi bien documentés pour les applications chimiques proprement dites, qui cependant ont déjà pris, particulièrement en France, un développement considérable. La partie de l’ouvrage de M. Becker consacrée à l'électrochimie vient donc combler une lacune regrettable de la littérature technique; celle qui s’occupe des applications de l’clectricité à la métallurgie ne saurait remplacer l’ouvrage auquel nous venons de faire allusion, pourfla raison qu’elle ne s'adresse pas à la même catégorie de lecteurs, M. Becker n'ayant pas voulu faire un traité qui l’eût entraîné dans trop de développements, mais un manuel où se trouvent résumées les notions indispensables ainsi que les applications électrochimiques et électrométallurgiques les plus intéressantes.
- Après avoir condensé en 17 pages les principes généraux de l’électricité que doit connaître le chimiste voulant utiliser dans son domaine l’énergie électrique, l’auteur consacre les premiers chapitres de son ouvrage aux dynamos utilisées en électrochimie, aux piles et aux accumulateurs. Les
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- lois de l’électrolyse et quelques pages sur l'analyse électrolytique complètent les préliminaires.
- Les applications débutent par la galvanoplastie ou, plus exactement, l’électrodéposition des métaux, sur laquelle M. Becker se contente de donner quelques aperçus, renvoyant avec raison, pour plus de détails, aux ouvrages spéciaux qui ont été publiés sur ce sujet. Viennent ensuite la fabrication de l'aluminium, l'affinage du cuivre, la préparation du magnésium, du sodium et du potassium, l'affinage du plomb argentifère, le traitement des minerais aurifères et auroargentifères, celui des minerais de cuivre, de zinc, de nickel, d'antimoine.
- Le traitement électrolytique du chlorure de sodium forme la matière de trois chapitres.
- Les applications thermiques du courant électrique sont ensuite envisagées : fusion des métaux, chauffage des moules, transformation du carbone en graphite, fabrication du carborundum, du corindon et du rubis.
- L’n chapitre est consacré à la fabrication du car-
- bure de calcium; dans le dernier sont indiqués la fabrication et les emplois de l'ozone. Quelques additions contenant des renseignements parvenus pendant l'impression complètent le volume.
- On voit, par cet aperçu, que l’ouvrage de M. Becker mérite bien le nom de manuel qu'il lui a donné; il peut être mis-entre les mains du chimiste dont les connaissances en électricité sont rudimentaires, aussi bien que dans celles de l’électricien qui a oublié les notions de chimie qu'il a apprises autrefois; l’un et l'autre y trouveront certainement profit. L’ouvrage est d’ailleurs consciencieusement écrit; non seulement l'auteur a rassemblé de nombreux documents, mais il a su faire un choix entre eux; il y a ajouté les renseignements personnels acquis pendant son séjour à Saint-Michel comme directeur de l'usine d’aluminium, ainsi que des renseignements fournis directement par les inventeurs et les exploitants. Ce manuel a donc une réelle valeur; c'est dire que son succès nous paraît assuré.
- J. R.
- CHRONIQUE
- Installation électrique au pont Alexandre III. — L’éclairage des caissons et le transport de l’énergie necessaire pour actionner les différentes machines sont produits électriquement. L’usine génératrice a d’abord été installée sur la rive droite, elle est actuellement transportée sur la rive gauche pour la construction du second caisson. C’est la Compagnie électrique O. Patin qui a été chargée de ce travail. Les dimensions du bûtiment sont très restreintes et néanmoins il abrite une chaudière, deux -machines à vapeur et deux dynamos.
- La chaudière du système Roser est inultitubu-laire, de 48 m2 de surface de chauffe. Les deux groupes électrogènes sont remarquables par leur peu d’encombrement. Chaque machine a une puissance effective de 25 chevaux, à la vitesse de 500 tours par minute. A chaque moteur à vapeur est accouplée directement une dynamo Patin à courant continu.
- La dynamo est en dérivation, à quatre pôles saillants. La tension aux bornes est 170 volts. Les noyaux d’inducteur, qui sont rapportés, sont en
- acier, disposés radialement. Le socle, d’une seule pièce, présente à ses extrémités les supports des deux paliers; le graissage est produit par deux bagues sur l’axe, tournant dans l’huile. Les portées de l’arbre dans les coussinets sont très grandes.
- L'induit est composé de disques soigneusement isolés et bobinés extérieurement. Les balais sont en charbon. La machine fonctionne sans décalage entre o et la pleine charge.
- L’éclairage comprend 160 lampes à incandescence de [6 bougies pour les caissons. Sur les chantiers, il y a 20 lampes de 50 bougies et quatre lampes de 300 bougies.
- Les différentes machines du chantier sont actionnées par moteurs Patin de 3 à 7 chevaux.
- La traction aux Etats-Unis. — Statistique et rendement financier. — La Compagnie des tramways de Chicago vient de publier son rapport annuel, où elle donne les indications suivantes
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- 2$ Mai 1898.
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- A. — Nombre de voitures-kilomètre.
- Lignes à câbles 20 099 176 5L532 2 152 928 en diminution.
- — à chevaux 318176 0,8l6 681 528 —
- — électriques • . . . . 18 586 4.48 47.652 2 557 616 en augmentation.
- Total des lignes 39 003 800
- B. — État des voyageurs transportés.
- Pour les lignes à câbles 41444 636 43,342 4 99° 775 en diminution .
- — à chevaux 691051 o,743 2183580 —
- — électriques 53 48s 42s 55,935 7 556 55 en augmentation.
- Total des lignes réunies 95621 lia
- Soit une augmentation sur l’année précédente de 382 197.
- C. —• Recettes des voyageurs par jour, en francs 65-190 440 e n augmentation.
- Dépenses par jour 39 84s 820 e n diminution.
- Recettes nettes par jour 30 640 1 260 e 1 augmentation.
- Pertes nettes sur les lignes à chevaux pour l'année. . . 66 825 25720 e n diminution.
- D. — Coût de l'exploitation, par voiture-kilomètre, c centimes.
- ANNÉES
- 180 1896
- Lignes à câbles 34, 5 33-73
- — à chevaux 77, 8 82,84
- — électriques 41,76 43,07
- — diverses 3», 7 38,78
- Le rapport donne les renseignements comparatifs suivants, concernant les deux exercices 1896-1897.
- ANNÉES
- 897 l8gG
- E. — Recettes dues aux voyageurs, en francs 24 905 275 23 809 725
- Recettes diverses, en francs 117 305 234 605
- Total 25 022 580 24 O4433O
- F. — Dépenses d’exploitation 14 544 910 14 886 040
- Intérêt du capital obligations 1039 385 1039 385
- Compte amorti 250 OOO 907 840
- Total 5834 295 16833265
- G. — Recettes nettes applicables au dividende a payer. . . 8 248 280 7211060
- Dividende payé 12 p. 100 7 200 000 6 448 835
- Surplus 1 048 280 762 225
- H. — Capital actions 60 OOÜ OOO 53 750 000
- concernant le trafic et le revenu moyen. Nous I Comme on le voit par le dividende payé, qui est extrayons ces renseignements très intéressants du de 12 p. 100, l’industrie des transports en commun Street Railway Journal. [ aux Etats-Unis est des plus rémunératrices. P. D.
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- La traction électrique sur les chemins de fer italiens. — Les sociétés de chemins de fer ont mis à l’étude, depuis quelque temps, l'établissement de la traction électrique sur les voies ferrées, et voici les propositions qu’elles ont faites au gouvernement :
- La Société Adriatique, avec le concours de la maison Ganz, de Budapest, présente un projet pour l’application en grand de l'électricité, avec station génératrice centrale et distribution par conducteur aérien, sur les lignes qui partent de Lecco et se dirigent le long du lac de Côme vers la Valteline. La ligne Lecco-Colico-Sondrio a 79 km de longueur, avec une pente maxima de 14 p. 1000: elle présente de nombreux tunnels: l’embranchement Colico-Chiavcnna, qui a 26 km de longueur avec un petit nombre de courts tunnels et pente maxima de 20 p. 1000, se dirige ensuite vers le point de rencontre des deux chaînes alpines de la Bcrnina et du Splugen, continuellement parcourues par les Messageries fédérales suisses.
- La traction électrique sera employée pour le service des voyageurs et des messageries, à la vitesse maxima de 60 km pour les premiers et de 30 km pour les autres. Le trajet Lecco-Sondrio sera effectué en une heure 4^ minutes par les trains directs et 2 h. 30 pour les trains omnibus.
- La station centrale sera installée près de Mor-begno, où se trouve une chute de LAdda, à peu près à moitié chemin entre Colico et Sondrio. La puissance utilisée doit être de 3 000 chevaux.
- Le courant triphasé, produit à 13 000 volts, sera conduit à des transformateurs fixes disposés dans des stations secondaires en différents points du parcours. De là, le courant à tension réduite sera conduit à la ligne de service, formée par un fil aérien soutenu par des poteaux de bois.
- La Société Adriatique propose aussi un essai sur la ligne Bologne-San Felice, sur le Panaro,en employant des voitures automotrices avec accumulateurs Pescetto. Ces voitures auraient 60 places et porteraient une batterie permettant d’accomplir sans recharge les voyages d’aller et retour, soit 84 km.
- La Société des chemins de fer de la Méditerranée a projeté des essais analogues. Une expérience avec conducteur le long de la ligne serait faite avec le concours de la Société des tramways de Rome. Cette dernière Société construirait à •ses frais une ligne de tramways électriques se reliant
- à la place Termini avec les lignes urbaines déjà existantes, sortant de la ville par la porte Mag-giore pour se raccorder au carrefour Mandrione avec la ligne du chemin de fer de Frascati, à 4 km environ de la station actuelle Rome-Termini. De sorte que les voitures électriques pourraient partir du centre de Rome, de la place Venezia ou San Silvestro et aller directement à Frascati.
- Les billets seraient donnés dans les voitures mêmes, comme cela se pratique sur les lignes de tramways, et on pourrait faire un voyage par heure, ou même deux, suivant l’affluence des voyageurs.
- Le courant serait conduit par fil aérien de Rome jusqu'au carrefour Mandrione, et, à partir de là, par troisième rail jusqu’à Frascati.
- La même Société méditerranéenne a l'intention d’essayer les voitures automotrices à accumulateurs entre Milan et Monza. Ces voitures contiendraient de 80 à 100 voyageurs et parcourraient les zj km qui séparent Milan de Monza en 20 minutes. Ou pourrait faire un départ par demi-heure de chacune des extrémités.
- Tous ces projets n’attendent plus que l’approbation du gouvernement pour être mis à exécution. G.
- Électrolyseur Broehoki pour la préparation des hypochlorites. — Si le nombre des électrolyseurs est grand, leurs dispositions sont souvent à peu près les mêmes. L’électrolyseur Broehoki ne fait pas exception à cette règle, mais il présente sur beaucoup d’autres appareils du même genre l'avantage d’avoir été soumis à des essais sérieux qui ont montré ce qu'on peut en tirer.
- D’après le Traité pratique du blanchiment des fils de tissus de lin et de coton de M. Tailfer, voici les résultats qu’a obtenus ce dernier dans ses nombreuses expériences :
- r La solution d’hypochlorite de sodium obtenue marque au plus 1,5 à 2“ chlorométriques ; en marche courante on n’obtient guère que i° chlo-rométrique, l’écoulement de l’électrolyte devant être assez rapide pour éviter une élévation de température donnant lieu à la formation de chlorate: cette faible concentration a l’inconvénient d’exiger des réservoirs d’emmagasinement de capacité considérable.
- 20 Cette solution a un pouvoir décolorant énergique. A r,25 chlorométrique elle peut crémer en 40 minutes des fils de lin qui demandent 60 à
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- 8o minutes pour être crèmes avec du chlorure de chaux à 2° chlorométriques.
- 3° Ce liquide, par cela même qu'il a un pouvoir blanchissant très énergique, est très instable. Du jour au lendemain son degré chlorométrique s’abaisse de i0,5 à o°,75, puis il continue à se décomposer plus lentement. On lui donne de la stabilité en y ajoutant un peu de soude.
- 4° Tant que la surface des cathodes (lames de plomb) est propre, une solution de sel marin à 6" B. donne une assez faible résistance, mais quand cette surface est oxydée, la résistance est trop grande et on est obligé d'employer une solution plus conductrice marquant 20 à 24" B. I.a dépense en sel marin devient alors considérable, car 3 p. 100 du sel seulement sont transformés en hypochlorite il est vrai qu’on peut récupérer le sel non transformé par concentration et cristallisation, mais cetteopé-ration occasionne nécessairement des dépenses supplémentaires.
- Ÿ Si l’on cherche à réélectrolyser la solution après l’avoir fait servir au blanchiment, on trouve que le rendement de cette seconde électrolysation est très mauvais, il ne dépasse pas 10 à 13 p. 100 du rendement théorique.
- Quant à l’appareil lui-même, en voici la description d’après L'Industrie Elcctrochimiquc :
- L’électrolyseur Brochoki se compose d’une cuve plus haute à une extrémité qu'à l’autre, et divisée en cinq comparti m ents par quatre cloisons de hauteurs décroissantes, de sorte que l’électrolyte qui arrive dans le premier compartiment s'écoule dans le second, de là dans le troisième et ainsi de suite. Dans chaque compartiment, il y a trois feuilles de plomb et deux toiles de platine intercalées entre les trois feuilles de plomb. Les toiles de platine sont tendues sur des cadres en ébonite et soudées, à la partie supérieure, à des tiges de cuive. La lame de plomb du milieu s’engage dans une rainure et laisse un espace vide entre son bord inférieur et le fond de la cuve, de sorte que chaque compartiment se trouve divisé en deux sous-compartiments. Sans ce dispositif, l’électrolyte s’écoulerait, du reste, du premier compartiment dans le second sans venir en contact avec les électrodes. Les deux toiles de platine de chaque compartiment sont réunies en surface ainsi que les trois feuilles de plomb, et, d'un compartiment à l'autre, la réunion est faite en tension. Le courajit arrive aux toiles de platine premier compartiment, traverse la solution salée en l’électrolysant et se rend aux feuilles de
- plomb, qui sont reliées aux toiles de platine du second compartiment. Ce dernier fonctionne comme le premier et ainsi de suite.
- La différence de potentiel pour chaque compartiment est de 5 volts, il faut donc 2s volts pour la cuve de cinq compartiments, ou mieux dit, pour le groupe des cinq électrolyseurs. Les surfaces des électrodes ont été calculées pour faire passer un courant de 100 ampères, en employant une solution de 6" Baumé et renfermant par conséquent 6 p. 100 de chlorure de sodium. Les feuilles de plomb de chaque compartiment ont une surface utile de 0,3 6 m! et les toiles de platine de 0,40 m2; de sorte que la densité de courant est d’environ 3 ampères par décimètre carré. Les feuilles de plomb sont distantes de 2 centimètres des toiles de platine. L’appareil Brochoki n’offre, somme toute, rien de saillant. C’est un groupe de cinq électrolyseurs disposés en cascade et réunis dans une même cuve, ce qui en rend la construction plus économique ; mais d'un autre côté les électrodes de platine sont trop coûteuses et l'usure en est assez rapide.
- Électrolyseurs à cathodes diaphragmes Har-greaves et Bird. — Ces électrolyseurs, dont des descriptions ont été données dans La Lumière Electrique (t. Ll, p. 479, 1894) et dans ce journal (t. III, p. 512, 189s), sont encore, nous dit L'Industrie Electrochimiquc, en expérimentation à Farnworth, à l'usine de la General Electrolytic Company. Ces électrolyseurs sont caractérisés par leurs cathodes qui en même temps servent de diaphragmes.
- Ces cathodes sont formées d'une toile de cuivre recouverte sur une de ses faces d’une couche d’un feutrage d’amiante et d’une couche de matière poreuse. Deux cathodes sont disposées de manière à séparer la cuve électrolytique en trois compartiments. Les faces filtrantes sont tournées de manière à être dans le compartiment central dont elles forment deux des parois. L’électrolyte est dans ce compartiment où plongent plusieurs anodes en charbon de cornue. Du gaz carbonique et de la vapeur d’eau arrivent constamment dans les deux autres compartiments. Le gaz carbonique est destiué à carbonater la soude produite qui suinte sur le grillage de la cathode; la vapeur sert à dissoudre le carbonate de soude au fur et à mesure de sa formation, prévenant ainsi toute
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- réaction secondaire. Il va sans dire que l’on peut aussi recueillir directement la soude formée sans la transformer en carbonate.
- La densité de courant est de 2 ampères par dm2, la force électro-motrice de 3,5 volts. Des résultats obtenus pendant 59 jours de travail, il résulte que le rendement en soude est de 1,196 gr par ampère-heure et de 351 gr par kilowatt-heure, celui en chlore de 1,057 8r Par ampère-heure et de 310 gr par kilowatt-heure. La soude obtenue ne renferme guère plus de 1 à 2 p. 100 de chlorure de sodium.
- Procédé Spilker et Lœwe pour la préparation des chlorates. — Ce procédé est exploité, nous dit L'Industrie Êlectrochimique, par la Société Union des produits chimiques de Leopoldshall, qui prépare aussi du chlore et de la soude d’après un procédé des mêmes inventeurs. L’électrolyseur Spilker et Lœwe se compose d'une cuve en fer remplie d'une solution diluée de chlorure de potassium, au centre de laquelle est disposée une cuve à cloisons poreuses, remplie d'une solution de chlorure de potassium saturée de chaux, dans laquelle plongent des anodes formées de baguettes alternantes de plomb et de charbon de cornue. On introduit continuellement une solution de chlorure de potassium à la partie supérieure de la cuve aux anodes, et du fond de ce même récipient, on fait couler au moyen d’un siphon, le liquide qui renferme de l’hypochlorite de chaux et du chlorure de calcium, tandis que de la partie supérieure de la cuve aux anodes s'écoule une solution de potasse caustique. La solution d'hypochîorite est dirigée dans une cuve remplie de chaux qui se dissout à l’état d’oxychlorure de calcium, et elle est ramenée dans le compartiment aux anodes où elle s'enrichit en hypochlorite ; on pousse l'opération jusqu’à ce qu’il ne reste plus en dissolution qu’une petite quantité de chlorure de potassium.
- Il ne se produit aucun dégagement de chlore dans l'air, tant que la circulation de l'électrolyte est assez rapide. A la température de 40° C., il ne se produit pas de l’hypochlorite, mais du chlorate, qui en présence du chlorure de potassium donne immédiatement du chlorure de calcium et du chlorate de potasse. Lorsque la solution est assez riche en chlorate de potasse, elle est concentrée par évaporation et soumise à la cristallisation ; quant à la solution qui provient du compartiment
- aux cathodes, elle donne, par évaporation, de la potasse caustique.
- La préparation électrolytique de l’hydrogène et de l’oxygène. — A la suite des travaux du commandant Renard (La Lumière Electrique, t. XXXIX, p. 39, t. XLIII, p. 431, t. XLV, p. 380), la possibilité de la préparation économique de l’oxygène par la décomposition des solutions alcalines était démontrée. Toutefois ce procédé n’a guère reçu d’applications importantes et c’est généralement par les procédés chimiques que l'oxygène est encore préparé. L'Industrie Électrochimiqîie nous apprend, d’après le Chemiher Zcitung (t. XXII, p. 123, 1898), que l’Elektrizitæts Geselischaft, anciennement Schuckert et C°, a installé à Hanau une usine pour l’application de ce procédé.
- L’électrolyte employé est une solution de soude caustique maintenue à la température de 6o°C par le passage du courant. Chaque élcctrolyseur est formé d'une cuve divisée en compartiments par des cloisons non poreuses. Ces compartiments qui forment cloche et font corps avec les électrodes peuvent être facilement sortis du bain et remis en place. Les électrolyseurs sont établis pour travailler avec une intensité de courant de 200 ampères sous une tension de 2,7 à 2,8 volts. Chaque cuve renferme 50 à 60 litres d’électrolyte. Pour produire 100 m3 d’oxygène et 200 m3 d’hydrogène par vingt-quatre heures, il faut 60 kilowatts, soit 90 chevaux effectifs. Les frais d’installation ont été les suivants :
- Machine à vapeur.............. 31250 fr.
- Dynamo et électrolyseurs . . . 60000 »
- Construction de l’usine....... 15000 »
- Total.................106250 fr.
- Les dépenses journalières sont les suivantes :
- Combustible................... 67,50 fr.
- Graissage et nettoyage........ 11,25 »
- Main-d’œuvre..................... 22,50 »
- Réparation et entretien. . . . 7,50 »
- Amortissement de l'installation 17,50 »
- 10 p. 100. Intérêt du capital . . 36,25 »
- Total. . . . 162,50 fr.
- Les 100 mètres cubes d’oxygène et les 200 mètres cubes d’hydrogène reviennent donc à 162,50 fr.
- Le Gérant : C. NAUD.
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- Tome XV.
- Samedi 4 Juin 1898
- 5a Année. — 23.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A, D'ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l'Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l'Institut. — A. POTIER, Professeur à l'École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLÛNDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- .MANOEUVRE A DISTANCE DE PLUSIEURS COMMUTATEURS
- SÉLECTEURS OU SERRURES ÉLECTRIQUES A COMBINAISONS
- INSTALLÉS SLR UN SEUL I'IL
- UElectric Selector and Signal Cü, de New York, désigne sous le nom de sélecteur l’organe principal d’un système ayant pour objet la manœuvre à distance de divers commutateurs au moyen d’un seul fil, sur lequel sont placés plusieurs organes .semblables présentant chacun une particularité.
- Le rôle des commutateurs peut d’ailleurs être quelconque. Il consiste, par exemple, à ouvrir ou à fermer le circuit local d’un moteur électrique, à allumer et éteindre des lampes, à commander la manœuvre d’un signal, etc., ou bien encore à intercaler deux postes télégraphiques ou téléphoniques sur un circuit traversant plusieurs stations, et cela, en excluant tous les autres postes, mais en leurindiquant que la ligne est occupée. En général, le circuit d'utilisation est tout à fait différent du circuit de manœuvre sur lequel sont embrochés les sélecteurs ; cependant, dans le cas particulier des transmissions télégraphiques ou de certains signaux de chemin de fer, un même fil peut suffire aux deux fonctions.
- Principe. — Le sélecteur est un combina-
- teur ou serrure électromagnétique, construit de telle sorte que l’organe actif (commutateur) ne vienne dans la position de travail que lorsque l’appareil a reçu de la ligne une combinaison convenable d’émissions.
- Pour les usages industriels, on fait usage des deux sens du courant; pour la télégraphie et la téléphonie, on emploie exclusivement des émissions d’un seul sens. Les combinaisons sont préparées à l’avance sur des disques métalliques portant sur leur tranche des saillies qui effectuent les émissions. Ces disques sont mis en jeu par un transmetteur automatique qui règle la durée des contacts. Les courants ainsi transmis agissent à la fois sur tous les sélecteurs, mais'une disposition spéciale ramène au repos tous ces appareils, sauf celui qui, devant fonctionner, continue à progresser jusqu’à ce qu’il ait formé la combinaison, mettant en œuvre l’organe actif; le transmetteur continuant ses émissions ramène enfin au zéro tous les sélecteurs, y compris celui qui a fonctionné.
- La forme et la dimension des appareils varient un peu avec les usages auxquels ils
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- sont destinés. Nous ne décrirons en détail que l’appareil destiné aux usages industriels.
- I.—Appareils pour manœuvres industrielt.es
- Les transmetteurs et récepteurs du système sont montés sur une ligne de manœuvre spéciale.
- Transmetteur. — Le transmetteur est une clef d’inversion automatique dont les bras mobiles, en fer, A et B, constituent les armatures de deux électro-aimants droits E,, E2 (fig. i). L’un d’eux est relié à la ligne de manœuvre, l’autre à la terre ou au fil de retour ; les butoirs de repos communiquent avec un pôle de la source électrique, les butoirs de travail avec l’autre pôle. Ce système envoie des courants positifs ou négatifs suivant que l’un ou l’autre électro est actionné par un courant local ; lorsque ces deux armatures sont au repos, la ligne est mise directement à la terre.
- Le passage du courant local dans chacun de ces électros est déterminé par la rotation d’un disque métallique dont les saillies viennent en contact avec un balai frotteur. Ces disques sont associés par paires, correspondant chacune au sélecteur d’un poste différent. Pour agir sur un sélecteur déterminé on amène un petit chariot isolé portant les deux frotteurs et mobile dans une glissière au-dessus de la paire de disques convenable et on l’assujettit dans cette position au moyen d’une pince. On met ensuite en marche le mouvement d’horlogerie.
- Supposons par exemple qu’il s’agisse de former la combinaison -j—|- — -j—\- -f-
- ----j- le disque des positifs portera à
- partir de l’origine deux sailllies correspondant à deux divisions consécutives du pourtour du disque, puis un espace vide sur la partie correspondant à la troisième division, puis trois saillies, un vide et enfin quatre saillies et des vides. Le second disque, au contraire, portera des saillies et vides complémentaires, de telle sorte que, le cylindre tournant, à chaque division de la circonfé-
- rence correspondra une saillie, mais que ces saillies ne seront pas nécessairement sur le même disque.
- Le massif de tous les disques étant relié à la pile locale et chacun des frotteurs communiquant avec un électro, on voit que les deux armatures seront attirées successivement et individuellement lorsque le moteur, partant de l’origine, amènera les diverses saillies en contact avec les balais.
- Le moteurqui actionne l’axe porte-disques est un simple ressort à boudin que l’opérateur tend au moyen d’un petit levier en ramenant d’une position de repos jusqu’à un butoir limite ; cette tension, toujours la même, suffit pour faire effectuer une rotation complète à tous les disques. Un secteur denté solidaire du levier entraîne dans son mouvement rétrograde un pignon commandant lui-même un second mobile solidaire de l’axe à entraîner ; un volant à ailettes actionné par un troisième mobile régularise la rotation.
- Des dispositions sont prises pour éviter l’altération des contacts transmetteurs par les étincelles de rupture ; les pièces en regard sont platinées et un petit condensateur, établi en dérivation, absorbe une partie de l’extra-courant.
- f/obinr Z
- La figure 2 représente une perspective de l’appareil ainsi disposé.
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- 4 Juin 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- Sélecteur. — L’organe récepteur est un électro-aimant polarisé susceptible d’effectuer deux mouvements inverses, de part et d’autre d’une position de repos, suivant qu’il est actionné par des courants positifs ou négatifs.
- 11 se compose (fïg. 3) d’un aimant permanent NS en forme d’U dont les branches supérieures seraient recourbées vers l’intérieur. Une bobine M, à noyau de fer doux, pivote à une de ses extrémités sur la région
- moyenne de cet aimant; un ressort antagoniste non indiqué sur la figure, la ramène dans la position verticale, lorsque aucun courant ne la traverse ; deux petits appendices non magnétiques, fixés aux pièces polaires, évitent qu’il s’y produise, après la suppression du courant, une adhérence que ne pourrait pas vaincre ce ressort.
- Les émissions positives amènent cette bobine vers la gauche, les émissions négatives
- la portent à droite. Ces déplacements sont utilisés pour traduire mécaniquement la combinaison qui a été transmise.
- Le traducteur mécanique mù par l’électro précédent se compose essentiellement de deux roues verticales R et S (représentées à part sur le croquis), tournant autour d’un même axe horizontal monté en porte à faux sur une équerre située à l’arrière de l’appareil (fig. 4). Ces deux roues sont solidaires.
- La roue postérieure R est une roue de rochet complètement dentée: dans ses dents
- s’engagent les deux cliquets E (visible sur le dessin de droite de la figure 3) et D. Destinée à traduire les émissions positives, elle est à proprement parler une roue motrice, c’est-à-dire qu’elle utilise la puissance de l’électro-aimant à faire progresser l’appareil, malgré la tendance opposée du ressort de barillet.
- La roue S ne porte que quelques encoches semblables aux entailles d’une roue de rochet et dont les intervalles correspondent à un nombre entier de dents de la roue R. C’est la roue de combinaison ou des émissions
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- négatives. Elle ne porte qu’un cliquet F.
- 3-
- Les cliquets D et F pivotent autour d’une
- broche horizontale O fixée a l’extrémité d’un support Z. Outre le bec d’encliquetage, ils portent à la partie supérieure un talon sur lequel peut agir une goupille de dégagement. Enfin iis sont pourvus, l’un et l’autre, de ressorts à boudin G et H qui tendent à les appuyer sur les roues correspondantes.
- Le cliquet E est monté sur une tringle horizontale P13 qui est articulée en P, à l’extrémité du noyau de la bobine, et en B à une petite bielle tournant autour de la broche O.
- Lorsque la bobine se porte à gauche, la tringle PB suit ce mouvement, le cliquet de progression E entraîne la roue R et le cliquet de retenue D laisse passer une dent. Lorsque la bobine revient à la position verticale le cliquet D s’oppose a tout mouvement rétrograde, E se soulève et vient s’engager dans la dent suivante. Chaque oscillation de la position verticale vers la gauche c'est-à dire chaque émission positive fait ainsi progresser la roue motrice.
- Si, au contraire, la bobine vient sur le pôle S, la tringle PB est amenée beaucoup plus loin sur la droite : une goupille I qu’elle porte en un point convenable vient en prise
- avec le talon du cliquet D et l’écarte de la roue R. En même temps, le cliquet moteur rencontre une seconde goupille J située sur le prolongement du support V, et, la tringle continuant son excursion, ce cliquet quitte également la roue R. Celle-ci complètement libre pourra revenir à sa position d’origine.
- Elle y est, en effet, sollicitée par un ressort du barillet fixé d’une part à sa périphérie, d’autre part à l’axe, autour duquel les deux roues solidaires peuvent tourner a frottement doux; chaque déplacement de la roue motrice a pour effet de tendre un peu plus ce ressort. Cette dernière roue, dégagée des deux cliquets E et D, ne peut revenir en
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- arrière sous l’action du ressort qu’autant que sa conjuguée S est elle-même libérée.
- Or, le cliquet F de cette roue occupe, suivant la combinaison préparée sur cette roue, soit la tranche lisse de la roue, soit le fond d’une encoche. S’il est au fond d’une encoche, il cale le système, et le dégagement des cliquets E et D est de nul effet. Si, au contraire, le cliquet F est sur une partie lisse, il occupe une position un peu plus élevée ; son talon est alors sur la trajectoire d’une goupille L qui, au moment où la tringle PB va vers la droite, l’écarte de S et l’empêche de retomber dans une encoche au passage.
- Ainsi, la position du système ne demeure acquise, après l’envoi d’un négatif, que dans les appareils où le cliquet F se trouve, à ce moment, logé dans une encoche.
- Revenons à la combinaison -j------j- -j- -j-
- ----!—b-j-ffi- considérée plus haut. Au moment où le courant négatif arrivera, seuls les appareils répondant à la première partie de cette combinaison conserveront leur avance de deux divisions ; après la seconde émission négative, ceux de ces appareils qui ne possèdent pas la seconde partie de cette même combinaison reviendront au zéro, en même temps que tous les autres; enfin, comme un seul possède le troisième élément, en même temps que les deux premiers, celui-là seul parviendra à la troisième encoche ; une émission positive fait encore avancer le système d’une division, enfin une dernière émisssion négative, à laquelle ne correspond plus d’encoche sur la roue S, fait rétrograder l’appareil et le ramène au zéro, en même temps d’ailleurs que tous les autres sélecteurs. La seule différence entre celui-ci et les autres consiste en ce que le mouvement rétrograde comporte une rotation plus considérable. Dans ce.mouvement de recul, la roue entraine au moyen d’un cliquet un manchon en fibre isolante portant un contact métallique en un point de sa tranche ; ce contact est relié au massif de l’appareil et par suite à la source électrique. Le manchon a deux encoches taillées comme des creux de rochet et dispo-
- sées aux deux extrémités d’un diamètre ; le cliquet prend contact avec l’une ou l’autre de ces encoches et l’entraîne lorsque la roue tourne dans le sens rétrograde. Deux ressorts frotteurs verticaux embrassent le manchon de manière à être rencontrés par le contact métallique dans sa rotation. De cette façon, lorsque le sélecteur est actionné efficacement une première fois, le cliquet agit sur l’axe des encoches et, au moment de la rotation, c’est le frotteur gauche, par exemple, que touche le contact mobile ; lorsque le sélecteur est actionné la seconde fois, le cliquet agissant sur l’autre encoche, c’est le frotteur de droite que vient rencontrer le contact. Le courant de manœuvre est ainsi aiguillé sur une voie ou une autre voie ; nous allons voir qu’il en résulte que le commutateur est actionné dans un sens ou dans l’autre. La combinaison qui agit sur un sélecteur est donc toujours la même, mais produit deux effets opposés, suivant que le commutateur est trouvé dans une position ou dans la position inverse.
- Cet appareil présente en outre cette particularité que le courant de ligne est effectivement moteur; on demande à chaque émission d’effectuer un travail mécanique qui, sans être considérable, est néanmoins plus important que la plupart des opérations qu’accomplissent les courants télégraphiques, puisqu’il consiste à faire tourner une série de roues et à tendre un ressort de barillet; mais il con vient de remarquer qu’il s’agit ici d’applications industrielles à courte distance et qu’il peut ne résulter de ce fait aucune difficulté. Cette disposition évite la sujétion du remontage d’un moteur.
- Commutateur. — Le courant à manœuvrer pouvant être quelconque, le disjoncteur doit avoir une forme spéciale, en rapport avec son intensité et son voltage, et doit effectuer cette opération brusquement pour éviter la formation d’arc et la fusion des pièces ; cette fonction ne peut être effectuée par le sélecteur lui-même et nécessite un organe approprié.
- La figure n° 5 représente l’ensemble de cet
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- appareil et le croquis n° 6 en indique le fonctionnement.
- Deux bobines, B* et B2, montées sur un même noyau de fer doux M et enveloppées d’un manchon commun, également en fer doux, peuvent attirer des disques Aj et Aa, mobiles en regard de leurs extrémités opposées. Ces disques, d’ailleurs solidaires l’un de
- l’autre, sont fixés sur une même broche de laiton glissant à frottement doux suivant l’axe du tube. Lorsque le courant passe dans la bobine supérieure, il provoque l’attraction du disque supérieur et tout le système s’abaisse ; le courant local, traversant au contraire la bobine inférieure, produit l’effet inverse. Or le sélecteur, en opérant une première fois, en-
- voie U courant dans la bobine supérieure, par exemple ; en opérant la fois suivante il actionne la bobine inférieure ; ce mouvement amène les extrémités F et F' de deux barres EF, F/ F' mobiles autour de goupilles O et O' à toucher simultanément les plots G, H et H' ou à être séparées des deux derniers. La manœuvre du poste transmetteur pour opérer la disjonction du commutateur est identique à celle qui a servi à le fermer, mais
- comme elle vient immédiatement après, elle produit l’effet inverse.
- Cet appareil paraît susceptible de rendre des services pour diverses installations industrielles, puisque, au moyen d’un petit fil de manœuvre, on peut, à volonté, introduire ou retirer d’un circuit les appareils les plus variés : moteurs, transformateurs, lampes, survolteurs, etc. Tous les organes du sélecteur sont simples et robustes
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- et leur jeu paraît devoir être très régulier.
- II. Manœuvres téléphoniques.
- Objet. — On se propose de permettre à une série de postes téléphoniques de se porter sur un circuit commun, de manière que deux
- d’entre eux seulement, l’appelant et l’appelé, puissent participer à la conversation, sans que les autres puissent la troubler ou l’écouter ; on se propose en outre de faire apparaître dans ces derniers postes un signal leur faisant connaître que le circuit est occupé. On affecte d’ailleurs une ligne exclusivement aux manœuvres et une autre exclusivement aux conversations.
- Principe. — Pour résoudre le problème ainsi posé, tous les postes doivent être pourvus d’un transmetteur effectuant l’appel, d’un sélecteur répondant à une combinaison déterminée et des organes téléphoniques ordinaires. Il est un peu plus complexe que le problème industriel précédent, car il faut établir deux postes en relation permanente avec le circuit de conversation et faire apparaître un signal dans toutes les autres stations. On conçoit cependant que des organes presque semblables à ceux qui ont été décrits plus haut suffiront à ces divers besoins. D’ailleurs, comme on n’a pas affaire à de hauts voltages ni à des intensités considérables, qu’on a même la ressource de fermer et d’ou-
- vrir le circuit téléphonique lorsqu’il n’est parcouru par aucun courant, il n’est pas nécessaire d’avoir un disjoncteur spécial et le commutateur du sélecteur suffit à effectuer les manœuvres d’utilisation. Les auteurs se sont appliqués à réaliser pour la téléphonie un sélecteur n’utilisant que des émissions d’un seul sens. Le principe de cet appareil repose encore sur la formation de combinaisons au moyen de courants élémentaires, différenciés par la durée de l’intervalle qui s’écoule entre deux émissions consécutives. Le traducteur est par suite plus compliqué que celui de l’appareil précédent, et nous ne le décrirons pas.
- HT. Matériel destiné a la correspondance
- TÉLÉGRAPHIQUE ET AUX SIGNAUX DE CHEMIN
- DE FER.
- Objet. — Dans les installations précédemment décrites, une ligne spéciale toujours distincte des circuits d’utilisation est consacrée à la manœuvre du sélecteur.
- On peut utiliser cette ligne elle-même pour la télégraphie ou la transmission de signaux quelconques, si l’on s’astreint à ne jamais réaliser les combinaisons qui amènent cet appareil dans la position de travail. On perdra ainsi quelques avantages mais on économisera un conducteur.
- L’expérience a montré qu'on pouvait effectuer avec une clé Morse les combinaisons ouvrant les sélecteurs, mais que cette manœuvre était extrêmement difficile et tout à fait distincte de la cadence des combinaisons représentant les signaux, de sorte que l’on peut, sans inconvénient, intercaler des clés Morse sur une ligne et transmettre des signaux sans mettre en jeu les sélecteurs. Conformément à la pratique américaine, l’organe récepteur de chaque station consiste en un relais placé sur la ligne et fermant le circuit local d’un parleur. Dans la position de repos, le relais dirige le courant local sur le sélecteur ; la transmission Morse destinée aux postes étrangers ne l’affecte pas; mais si sa combi-
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- naison vient à être transmise, il ferme le circuit local de la sonnerie d’appel, et en outre, au moyen d’un commutateur spécial, mis en marche par le mécanisme, au moment où la combinaison est fermée il envoie automatiquement un accusé de réception au poste appelant. Celui-ci est alors prévenu que sa combinaison d’appel a été correctement transmise. On admet que le poste appelé peut faire attendre sa réponse pendant quelques instants ; la sonnerie locale fonctionne d’ailleurs jusqu’à ce qu’il ait tourné le commutateur sur le récepteur.
- Tous les appareils devant rester sur le circuit de manœuvre pour être rappelés au besoin, sont, par suite, sur celui de travail, et l’un quelconque des postes peut prendre connaissance des transmissions échangées entre deux autres. Ce système plus économique est donc moins complet que le précédent. Il se prête évidemment aux installations téléphoniques, mais pour cette application, outre l’inconvénient de l’indiscrétion, il présente celui de l’embrochage de plusieurs électroaimants sur le circuit. On peut, il est vrai,
- concevoir des variantes du système et installer les postes en dérivation.
- Conclusions. — Comme tout appareil, le sélecteur doit être examiné au point de vue économique, l’appareil industriel est peu coûteux, il ne nécessite qu’un fil de manoeuvre relativement petit par rapport aux canalisations principales; il peut conduire à diminuer les frais d’établissement de ces dernières et à une meilleure utilisation de l’énergie; il permet enfin de réduire les frais d’exploitation.
- Pour les usages télégraphiques ou téléphoniques l’économie de ligne ne prend d’importance que si les distances à franchir dépassent une certaine longueur; on ne devra jamais recourir au sélecteur lorsque le prix d’un fil spécial ne sera pas plus élevé que celui de l’acquisition des appareils ; au contraire, dans les pays où les stations sont très éloignées les unes des autres et où le trafic est peu important, on conçoit que ce dispositif puisse rendre de réels services.
- J. Voisenat.
- Ingénieur des Télégraphes.
- NOUVELLE MÉTHODE POUR LA MESURE DE L’INTENSITÉ DES CHAMPS MAGNÉTIQUES (')
- II. Expériences
- 13. La forme de la veine liquide est déterminée par un ajutage ou cuvette en ébonite. Apres divers tâtonnements, voici le mode de construction auquel 011 s’est arrêté. Pour constituer l’ajutage on applique l’une contre l’autre trois lames d’ébonite de 8 à 10 cm de long; la lame moyenne B, d’épaisseur e, est entaillée surune hauteur l et fournit ainsi une lame que l’on retire et qui est le moule de la partie utile de la veine ; les portions conservées de B, ainsi posées de champ, limitent
- la veine en dessus et en dessous. Aun couple de centimètres de l’orifice, ces portions sont encore entaillées sur une largeur de 1 cm et les fragments retirés sont remplacés par des électrodes de cuivre c, c de mêmes dimensions qui araseront exactement la partie supérieure et la partie inférieure de la veine dans toute sa largeur (fig. 4). Ces diverses pièces sont fortement appliquées les unes sur les autres par de petites vis de cuivre, puis soudées extérieurement à la gutta-percha; on évase l’orifice en arrière ; enfin on encastre la cuvette ainsi préparée à l’extrémité d’un tube de plomb, aplati au marteau sur une étendue d’une quinzaine de centimètres, on prépare
- (fi Voir L’Eclairage Électrique du 16 avril, p. 89.
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- ainsi la direction des filets liquides, à épouser exactement la forme de la cavité de l’ajutage. Le tube de plomb engaine la cuvette à l’arrière sur une longueur d’un couple
- de centimètres; le joint est rendu étanche par un en'duit de gutta. Ce système très robuste, réalisé par M. Baptiste Lavaurd, mon chef d’atelier, se comporte parfaitement même sous une charge de 20 m d’eau (').
- 14. D’après les formules établies ci-dessus, la force électromotrice induite est indépendante de la nature du liquide conducteur. J’ai employé d’abord des solutions concentrées ou étendues de sulfate de cuivre, formant, avec les électrodes de cuivre, un système impola-risable.
- En l’absence du champ magnétique, on constate toujours entre les électrodes une différence de potentiel accidentelle, modifiée dans un sens ou dans l’autre par toute variation de la vitesse d’écoulement, mais qui, au bout de quelques minutes, se maintient parfaitement invariable pour une vitesse d’écoulement déterminée. Si l’on produit alors et qu’on renverse le champ magnétique, l’on observe l’effet net de l’induction.
- Quand la force électromotrice induite est suffisamment petite, il suffit de noter la déviation permanente de l’électromètrc dans les deux sens; connaissant la valeur d’une division du micromètre, on en déduit la valeur de la force électromotrice à mesurer.
- (q Le bec g, en clinquant, est destiné à prévenir l’écoulement de l'eau le long des parois de la cuvette, quand 011 ferme le robinet d’amenée.
- Si cette force électromotrice dépasse de volt, on a recours au système de compensation que j’ai décrit et employé dans mes mémoires sur l’électrolyse (') ; on se sert pour cela d’éléments Daniell montés aux deux sulfates, que l’on étalonne à chaque série de mesures au moyen d’un élément Latimer Clark.
- 15. Quand on fait usage de sülfate de cuivre, il est difficile d’employer des vitesses d’écoulementconsidérables;mais, dès les premiers essais, on a pu constater que la valeur mesurée de la force électromotrice correspondant au renversement d’un champ donné, se montre rigoureusement indépendante de la concentration du liquide électrolytique ; si bien que, sans rien changer h la disposition de l’expérience, j’ai pu substituer au sulfate de cuivre l’eau même des conduites de la ville ; la facilité des mesures est demeurée la même. La polarisation des électrodes n’introduit aucune perturbation.
- 16. Dès lors j’ai toujours opéré avec de l’eau. Le liquide, fourni avec toute l’abondance désirable par l’un des nombreux postes d’incendie répandus dans les laboratoires de la Sorbonne, était amené dans une cuve d’une ou de plusieurscentainesdelitres de capacité, munie d’un trop-plein, d’où il parvenait par un tube de plomb de 3 à 4 cm de diamètre intérieur, jusqu’à un gros robinet situé dans la salle d’expériences à proximité d’un évier. Le tube de plomb de la cuvette s’adapte sur le robinet par un fort tube de caoutchouc que l’on maintient par de solides ligatures.
- Le plus souvent la cuve à niveau constant était posée sur le rebord d’une fenêtre de l’étage supérieur d’où le trop-plein s’écoulait directement sur le toit. La hauteur de chute était d’environ 4 m et la vitesse moyenne utilisée, évaluée d’après le débit, variait de 50 cm à 7 m suivant l’ouverture donnée au robinet et les dimensions des cuvettes.
- Pour quelques expériences j’ai pu, grâce à
- (P Annales de Ch. et de phys., 6e série, t. III, p. 441.
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- la tour comprise dans les bâtiments du laboratoire de physique, employer une chute de 18 m et des vitesses effectives de 17 m. environ.
- Dans toutes les expériences j’ai vérifie la proportionnalité rigoureuse de la force électromotrice à la vitesse, et par conséquent au débit, prévue par les formules (1) et (3). On est donc libre de régler à son désir la sensibilité de la méthode de mesure ; il ne semble y avoir d’autre limite pratique que la hauteur de chute dont on dispose.
- Quand il s’agit de champs constants sur une étendue un peu grande, on peut aussi accroître la sensibilité en augmentant la hauteur / de la cuvette (formule 1). Alors lalimite de sensibilité est imposée par le débit maximum de la prise d’eau utilisée.
- 17. Outre les cuvettes rectangulaires en ébonite, j’ai aussi employé deux cuvettes plates en verre, l’une elliptique, l’autre ovoïde mais dont la section irrégulière ne se prêtait à aucun calcul de force électromotrice ou de débit. Employées dans les mêmes champs constants, ces cuvettes ont toujours fourni des forces électromotrices rigoureusement proportionnelles à celles des cuvettes rectangulaires.
- Si donc on veut se borner k des mesures relatives, on pourra employer des cuvettes de forme quelconque, imposée par la forme du champ ou choisie arbitrairement. La seule précaution indispensable est l'isolement rigoureux des électrodes. Quand on emploie de grandes vitesses d’écoulement, il 'arrive parfois que la cuvette crache, au début ; sa surface extérieure peut être atteinte par des gouttelettes liquides et acquérir une conductibilité superficielle appréciable. Il est prudent de barbouiller de temps en temps cette surface extérieure avec du pétrole ; on évite ainsi les dérivations et la diminution de force électromotrice mesurée qui en serait la suite inévi-vitablc (89).
- 18. Pour faire des mesures absolues, il est avant tout nécessaire de savoir jusqu'à quel point les conditions théoriques imposées
- pour l’établissement de la formule (3) se trouvent réalisées dans la pratique. En particulier nous avons supposé les filets Liquides animés de vitesses rigoureusement parallèles. Cette condition ne peut être réalisée, notamment dans les cuvettes étroites, qu’à une distance du tuyau d’amenée suffisante pour qu’il n’y ait plus de remous.
- J’ai fait construire deux cuvettes A et B munies de couples multiples d’électrodes égales, à diverses distances du tuyau d’amenée : la cuvette A de 1,1 mm d’épaisseur et de 6 cm de haut a 9,5 cm de longueur dans le sens de l’écoulement ; elle possède trois couples d’électrodes équidistantes ; le premier couple a son milieu a 1,5 cm de l’orifice, le deuxième à 4,5 cm, le troisième à 7,5 cm, et par conséquent à 2 cm seulement du tuyau d’amenée. Celui-ci est untubedeplomb de2,5 cm de diamètre intérieur, progressivement aplati et élargi au marteau sur une longueur d’une vingtaine de centimètres, de manière à emboîter exactement la cuvette sur sa face postérieure. Malgré ces précautions il est clair que, tout au moins pour le troisième couple d’électrodes, le plus rapproché du tube, les conditions théoriques ne doivent être que très imparfaitement remplies.
- La cuve B a 6,56 mm d’épaisseur et seulement 1 cm de haut. Elle porte quatre couples d’électrodes équidistantes. Les conditions sont ici bien autrement favorables, même pour le quatrième couple, eu égard à la grande épaisseur et à la faible hauteur de la cuvette.
- Les expériences ont été faites dans le champ constant fourni par un grand électro-aimant de Faraday, appartenant au laboratoire de M. Lipprnann. Les bobines de cet électro ont 20cm de diamètre et elles étaient munies, pour cette expérience, de pièces polaires de même diamètre, situées à 3 cm de distance l’une de l’autre. L’étendue du champ uniforme ainsi réalisé surpassait largement celle des cuvettes, que l’on plaçait d’ailleurs le plus pos sible au milieu du champ.
- On a mesuré la force électromotrice induite sur les divers couples d’électrodes, soit pour
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- diverses vitesses d’écoulement, soit pour diverses intensités du courant constant animant l’électro. Les tableaux suivants donnent le rapport des forces électromotriccs induites sur les divers couples d’électrodes à la force électromotrice induire sur le couple le plus voisin de l’orifice.
- ntensité du champ 790 C.G.S
- Couple 2.
- 414,7 cc 0-934 0,678
- 270 0,909 0,714
- i/4>7 0,928 0,707
- 123 0,921 0,712
- 93 o,934 0,720
- Moyennes. 0,925 0,706
- Débit 414,7 cc par seconde.
- Couple 2. Couple 3.
- 245 C-G.S. 0,913 0,68l
- 790 o,934 0,678
- 215 0,025 0,709
- 870 0,921 0,709
- 700 o.934 0,667
- Moyenn es. 0,925 0,689
- CUVE B
- Débit 502 cc par seconde.
- Couple 2. Couple 3. Couple 4.
- 785C.G.S. 0,974 ",998 ",936
- 33° 0.975 0.997 0,958
- 765 1,027 0,983 0,955
- Moyennes 0,992 “,993 0,950
- Les rapports, indépendants de la vitesse d’écoulement et de l’intensité du champ, sont avec la cuvette A, 0,925 pour le second couple d’électrodes, 0,706 seulement pour le troisième, le plus rapproché de l’amenée.
- Pour la cuve B les rapports sont pratiquement égaux h i pour les couples 2 et 3 ; pour le couple 4, la force électromotrice induite n’est inférieure que de 1/20 à la valeur qui caractérise les trois autres couples. A 4 centimètres du tube d’amenée le régime régulier des vitesses est déjà complètement établi.
- 19. Il reste à comparer entre elles les cuvettes d’épaisseur différente, pour reconnaître jusqu’à quel point la formule (3) leur est applicable. J’ai employé à cet effet la meme disposition de champ constant que dans les expériences précédentes et j’ai comparé les va-
- Ieursdu champ calculé par la formule (3) pour diverses valeurs de l’intensité du courant dans l’électro. Le tableau suivant se rapporte à trois cuvettes C, D, E ayant respectivement 1,15 mm, 1,67 mm et 2,9 mm d’épaisseur, il donne le rapport p des champs calculés par la formule (3), avec les deux dernières cuvettes, aux champs calculés à l’aide de la première.
- 1395 C. G. S. 1,044
- Moyennes.
- [.036
- On voit que plus la cuvette est épaisse, plus est élevée la valeur que la formule (3) assigne à un champ donné.
- Une série de comparaisons analogues ont porté sur 7 cuvettes d’épaisseur variant de >,45 mm à 6,56 mm et de hauteur / toujours supérieure à 1 cm. Elle a établi que dans les nditions des expériences, i° Pour deux cuvettes données, le rapport des valeurs du champ calculées par la formule (3) est indépendant de la vitesse d’écoulement et de la valeur absolue de l’intensité du champ ;
- :° Pour un même champ, ces valeurs, indépendantes de la hauteur /de la cuvette, croissent avec son épaisseur e et tendent asymptotiquement vers une valeur limite.
- ;o. Ainsi la différence de potentiel V, conformément à la formule (10) est toujours inférieure à la valeur E de la force électromotricc induite, mais tend asymptotiquementvers E. Nous avons vu dans la première partie de ce travail (§ 12) que les courants de Foucault suffisent à rendre compte de cette inégalité. D’autres causes perturbatrices, agissant dans le meme sens, peuvent intervenir chacune pour . part. Les petites irrégularités de section de la cuvette, l’élargissement de la veine dans la portion voisine du tube d’amenée, la déformation de la veine à l’air libre, autant de circonstances qui font varier, le long d’une
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- même ligne d’écoulement, la vitesse que nous avons supposée constante.
- Il y a aussi l’effet possible de petites dérivations extérieures. Sans insister en particulier sur chacune de ces perturbations, nous nous bornerons à observer que l’importance relative de chacune d’elles est d'autantmoindre que l’épaisseur e de la veine est plus considérable. La correction empirique de l’épaisseur les confond avec les courants de Foucault, dans une même compensation en bloc.
- 21. La comparaison de 6 cuvettes d’épaisseur supérieure k 1 mm m’a fourni pour la correction a de l’épaisseur (formule 10;, un même nombre
- Ainsi pour les cuvettes C,B,E le facteur correctif - a pour valeur —~ t r«67 +
- t,67
- -=1,077;
- d’où résulteraient pour les champs calculés par la formule (3)
- — = 1,045;
- pports p des
- ~~= 1.033 au lieu de 77
- 1.3 _
- - = 1,065 au lieu de 1.066
- 6j Valeurs dé-( terminées ex-\ périmentale-
- Pûur des cuvettes encore plus minces la correction ainsi déterminée serait insuffisante. Ainsi pourune cuvette de 0,45 mm, il faudrait faire a — 0,22 mm.
- 22. Pour réaliser des mesures absolues, il est indispensable d’avoir déterminé l’épaisseur fictive qui convient à la cuvette employée, ce que l’on peut faire comme ci-dessus, en comparant les résultats fournis, dans un même champ inconnu, par toute une série de cuvettes ; ou mieux encore, en employant pour déterminer ce facteur, un champ d’intensité connue, tel que celui d’une bobine sans fer doux.
- On sait calculer le champ d’une bobine en un point voisin de son axe. Soit PQ (fig. 5) la ligne des électrodes de la cuvette perpendiculaire à l’axe OX de la bobine R. Au milieu 0 de PQ le champ, d’intensité A0 par unité de
- courant, est dirigé suivant OX ; en un point M, à la distance^ très petite de l’axe, la composante du champ parallèle à l’axe est
- x = A0 + Aar*
- par unité de courant, à des quantités près de l’ordre de^ri. A0 et As sont des constantes qui dépendent des dimensions de la bobine B et
- de la distance a de son centre au point O. On trouve l’expression de ces constantes notamment dans les Leçons sur Vélectricité et le magnétisme de M. Mascart(’).
- En désignant toujours par / la hauteur PQ de la cuvette, par i l’intensité du courant, le champ moyen d’où résulte la force électromotrice induite a pour valeur
- H = -f- i £-rXdy=i{k. + A, . (11)
- Cette formule ne peut d’ailleurs être appliquée que si l est petit par rapport à la plus courte distance d’un point quelconque de PQ à la spire de la bobine la plus rapprochée.
- La comparaison des nombres calculés par la formule (3) d’après les observations, .avec les valeurs déduites de la mesure de l’intensité du courant à l’aide de la formule (11), fixera avec une entière certitude la valeur du facteur de correction, ou de l’épaisseur fictive.
- 22. Il reste à faire connaître la sensibilité pratique de la méthode. Quand 01a opère par inversion du champ, on manifeste aisément, à l’aide de l’élecTromètre capillaire, une force
- (') T. II, p. no.
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- électromotrice de de volt. Avec l’appareil qui m’a servi, on peut, à la limite, manifester une force électromotrice encore deux fois moindre, soit en valeur absolue 2,5 103 C.G. S.
- D’après la formule (1)
- si l’on fait ^=17 m, 1 = 6 cm, le plus petit champ qu’il sera possible de manifester aura pour valeur :
- H = 2_’5,^°-6 —0,25 C.G.S.
- Mes expériences n’ont pas été poussées plus loin, mais il ne semble pas qu’il y ait de difficultés à opérer avec des vitesses encore plus grandes.
- 23. Pour des applications où la sensibilité de la méthode électrométrique paraîtrait exagérée, on pourra faire usage d’un condensateur que l’on chargera à l’aide de la force électromotrice à mesurer et qu’on déchargera sur un galvanomètre balistique.
- J’ai fait une expérience de ce genre avec une capacité de 4,5 mf, une cuvette de 6 cm de hauteur et une vitesse moyenne de 6,7 m. Avec un galvanomètre balistique de M. Carpentier j’ai trouvé, pour 1 mm de l’échelle, les valeurs suivantes :
- Champ employé. de l'échelle en unités C.G.S.
- 2850 C.G.S. 63,6
- 2210 64,4
- 1575 65,6 •
- Moyenne. 64,5
- Si l’on admet qu’on peut constater avec une entière certitude une déviation de 1/4 de division, on manifesterait au plus, dans cette expérience, un champ de 16 C.G. S.
- On trouve dans le commerce des capacités dites industrielles de 10 mf; avec une telle capacité et une vitesse d’écoulement de 17 m la même cuvette aurait pu mettre en évidence des champs de 5 C. G. S.
- (A suivre.)
- E. Bouty,
- MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES DÉMARRAGE ET RÉGULATION DES MOTEURS (*)
- Dans le dernier numéro de votre estimé journal, p. 93, vous me faites l’honneur de discuter mes dispositifs de démarrage de moteurs. Permettez-moi de vous faire observer que la conclusion du calcul donné à la page 95 ne s’applique pas à mon dispositif, mais plutôt à celui décrit par M. H. Mül-
- (*) A propos de l’article publié sous ce titre dans le numéro de L'Éclairage Électrique du 16 avril 1898, p. 95, M. Menges nous a adressé quelques remarques sur les dispositifs de démarrage qu’il a imaginés, ainsi que sur les dispositifs de M. Fischer Hinnen et de M. Egger. Suivant le désir exprimé par M. Menges, nous publions ces remarques, très heureux de faire connaître ainsi à nos lecteurs son opinion sur une question qu’il a beaucoup étudiée. (Note de la Rédaction.)
- 1er (’), avec lequel le résultat dépend en effet d’un choix judicieux de la résistance sans self-induction (a). Dans ma disposition, je suis au contraire entièrement libre de prendre cette résistance telle qu’elle satisfasse le mieux aux differentes conditions du démarrage, du fonctionnement et de l’arrêt du moteur. C’est là justement l’avantage de ma disposition comparée aux appareils de M. Fischer-Hin-nen, Cutler et aussi de M. Egger, car en suivant bien les connections un peu embrouillées
- (') Elektrotechnische Zeitschrift, t. XV, p. T36, 1894.
- (2) Voir à ce sujet ma communication dans 1 ’Elelirolech-lische Zeitschrift, t. XV, p. 229, 1894.
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- de la figure 16, p. 708 de L’Elektrotechnische Zeitschrift de 1894, sur laquelle M. Egger appuie sa réclamation de priorité, on voit qu’elle indique exactement la même disposition que celle de M. Fischer-Hinnen.
- Pour revenir à la théorie, nous avons, d’après la figure r de la page 93 (reproduite
- itage du dispositif de démarrage
- ci-contre) et en désignant la résistance de l’induit A par r et sa force contre-êlectromo-trice par E*.
- E*=(R*+ R + r)i + L-§- (I)
- Comme nous n’avons pas besoin de connaître le courant /, mais seulement les forces électromotrices, il est absolument inutile d’intégrer cette équation (pas plus d’ailleurs que dans le cas traité à la page 95). Il suffit de savoir, et c’est évident d’après les conditions, que pour / = o, la valeur de i est un maximum égal à E étant la différence de tension entre les conducteurs L, et L2.
- La différence de tension aux extrémités de Rs est :
- Avec la valeur de L de (1). nous avons :
- E«-(R + r)i=E. - R + r. E.
- Nous n’avons même pas besoin de la for-
- mule (1), car la différence de tension aux extrémités de R -b r est
- E*-(R + r)i=E*- E.
- Cette expression est toujours plus petite que E, car E* est plus petit que E et plus petit que t. Il ne peut donc jamais se produire de tension dangereuse pour l’isole-ment.
- Mais cela ne donne pas encore l’explication de l’absence d’étincelles, absence d’autant plus complète que le levier C est tourné plus vite en rompant le circuit. La voici : Plus on tourne vite, moins il y aura eu de diminution de vitesse de l’induit et par suite de diminution de Ex au moment où c quitte ci. En vitesse normale E* est peu inférieure à E, et comme r - est une fraction, il s’en-
- suit que l’expression E* ------^ r E diffère
- d’autant moins de E que la rupture du circuit par le levier c aura été plus brusque. On se trouve donc dans les mêmes conditions que pour deux dynamos couplées en parallèle (ici la dynamo donnant le courant dans L, et L2 et le moteur) ; on peut détacher celle dont la force électromotrice est égale à la tension aux bornes de l’autre, sans qu’il se produise aucune étincelle, puisqu’il ne passe pas de courant, et l’étincelle sera d’autant moindre que l’on est plus près de cette condition. L’étinccllc de rupture n’est donc pas évitée en laissant écouler le courant d’induction dans un circuit fermé, mais au contraire en maintenant l'intensité du courant dans Rs après la rupture en a, le plus près possible de son intensité normale i. La vitesse de l’induit ne variant pratiquement pas pendant l’instant très court de l’interruption, il n’y a pratiquement pas de variation de courant, et alors, évidemment, ni effet de self-induction, ni étincelle appréciable.
- La suppression de l’étincelle-de la manière que je viens d’indiquer a certainement de l’importance, mais il faut en outre et en premier lieu que l’appareil permette d’obtenir le
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- démarrage, le fonctionnement et l’arrêt du moteur sous diverses conditions, de la meilleure manière possible. Ma disposition est supérieure en tous ces points à celle de M. Fischer-Hinnen (ou Egger), et cela en étant tout aussi simple. Car les figures 2 et 4,
- Fig. 2. — Schéma du montage d’un rhéostat de démarrage de Mcnges.
- p. 94 et 95, ne représentent pas de rhéostats de démarrage à cinq résistances, comme il a été dit, mais à «^résistances, comme je l’ai expressément relevé dans VElektrotechnische Zeitschrift ; la première résistance étant placée entre a et b, figure 2, ou entre le pivot du levier c et £, figure 4. J’ajoute que pour rendre les connections plus claires, j'ai placé dans le dessin le secteur aa! près de la circonférence décrite par le levier c, mais qu’on peut très bien réduire la longueur de ce plot en le plaçant plus près de l’axe de rotation. Du reste, ce n’est pas une petite différence de grandeur d’un plot qui fait le prix d’un rhéostat, mais bien le nombre de plots ; mon appareil est donc le plus simple possible, car il faut au moins n -j- 1 plots pour n résistances. Il n’y a donc aucune raison enfaveur de l’emploi du dispositif Fischer-Hinnen, au contraire, car l’inconvénient de l’introduction de la résistance totale du rhéostat dans l'inducteur pendant la marche du moteur, existe toujours, et dans bien des cas n’est pas sans importance. En effet, pour des petits moteurs (comme par exemple ceux qui actionnent directement les machines-outils d’une usine), la résistance du rhéostat n’est pas une frac-
- tion assez petite de la résistance de l’inducteur. En outre, il faut dans bien des cas arrêter le moteur lorsqu’il n’a fait encore que quelques tours (machines-outils, pont roulants, etc.), lorsqu’il n’a donc qu’une faible vitesse. Alors la condition que j’ai indiquée plus haut pour qu’il y ait absence d’étincelles de rupture n’existe pas encore, et pour ne pas avoir à rompre un courant trop fort, il faut donner une assez grande résistance au rhéostat. C’est surtout nécessaire quand un moteur un peu puissant est branché sur un circuit d’éclairage près de lampes à incandescence, car il faut éviter alors des variations brusques de tension qui sont insupportables dans l’éclairage, tandis qu’une diminution graduelle est sans inconvénient. Le dispositif Fischer-Hinnen est tout à fait inapplicable dans ce cas par suite de l’augmentation de vitesse et de la perte d’énergie qu’il entraîne; en outre, il nécessite l’emploi d’un fil d’un assez fort diamètre, puisqu’il reste constamment en circuit, ce qui augmente le prix et
- Fig. 3. — Rhéostat de démarra
- îoteur shunt
- l’encombrement de l’appareil. Si pour éviter ces inconvénients on ajoutait une résistance après d, figure 3, en dehors du circuit adb, on tomberait dans le défaut non moins grave de diminuer l’excitation de l’inducteur au
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- commencement du démarrage, tandis qu’il est au contraire important de mettre de suite la tension totale sur les électro-aimants, parce que la self-induction retarde déjà l’excitation (’).
- Pour des courants intenses, il est préférable de ne pas les faire passer par l’axe de rotation du levier; on emploie alors généralement un contact spécial glissant sur un secteur. C’est donc une complication à ajouter au dispositif Fischer-Hinnen. Avec ma disposition (fig. 4) ce secteur existe déjà, il n’v a que le courant beaucoup plus faible d’excitation qui passe par l’axe du levier.
- Pour les fabricants de ces appareils, il est important d’avoir un modèle pouvant servir dans toutes les circonstances. C’est le cas avec mon dispositif, surtout l’arrangement (fig. 4). Pour un moteur ordinaire on omet
- l________________________________
- Fig. 4. — Schéma du rhéostat de dér
- évidemment le plot d, on a alors, y compris aa\ le minimum de plots compatibles avec le nombre de sections du rhéostat. L’appareil n’inlluence en rien les qualités du moteur et on est entièrement libre de choisir les résis-
- P) Il convient de remarquer que îe dispositif de M. Fischer Hinnen n'a été imaginé que pour utiliser pour le démarrage d’un moteur shunt un rhéostat construit par erreur pour un moteur série ; il n’y a donc rien d’extraordinaire à ce qu'il ne remplisse pas complètement toutes les conditions théoriques exigées par l’application à un moteur shunt et ce n’est que parce que la pratique a donné de bons résultats qu’il a été, par la suite, utilisé pour le démarrage de moteurs de cette catégorie. (Note de la Rédaction.)
- tances suivant les circonstances. Le même modèle peut servir pour les courants les plus intenses, et en ajoutant le plot d il sert avantageusement pour le démarrage d’un moteur à gaz'
- En ce qui concerne le dispositif avec déplacement des balais que j’ai indiqué pour produire l’inversion du sens de marche d’un moteur, il pourrait sembler (surtout après la note de la page 94) que je l’avais indiqué comme une innovation importante et supérieure à l’emploi de machines à calage fixe. Il n’en est rien cependant, car dans YElektro-technische Zeitschrift j’ai expressément indiqué l’emploi pour moteurs de mon système d’enroulements pour compenser la réaction de l’induit, que j’ai, je crois, inventés le premier et fait breveter déjà en 1884 ('). Donc il va sans dire que je reconnais l’importance d’une position fixe des balais, et dans ce cas, on combine le commutateur inverseur avec le rhéostat de démarrage, comme je l’ai dit aussi dans mon article de YElektrotechnische Zeitschrift.
- Je ne puis convenir cependant « que les moteurs modernes n’ont en général pas de décalage de balais ». Les moteurs ont bien réellement un décalage, mais par suite de circonstances secondaires, comme l’emploi de balais en charbon, de commutateurs très divisés, etc., des moteurs peuvent fonctionner d’une manière satisfaisante à calage fixe. D’ailleurs, bien des fabricants, et des plus renommés, qui construisent de ces moteurs soi-disant à calage fixe, construisent et emploient néanmoins aussi des moteurs à calage variable selon le sens du mouvement, dans tous les cas où cela n’a pas d’inconvénient. Pour obtenir un calage réellement fixe, il n’existe jusqu’à présent pas d’autre moyen que mon enroulement compensateur.
- C.-L.-R.-E. Menges.
- La Haye (HoJlawde), a3 avril i8gS.
- (l) Voir à ce sujet mes lettres publiées dans ïEleklrotech-nische Zeitschift, t. XIX, p. 43 et 219, 1898.
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- SUR L’ÉNERGIE DISSIPÉE DANS L’AIMANTATION
- L’étude de l’énergie dissipée dans l’aimantation est importante non seulement au point de vue scientifique, mais encore au point de vue pratique, puisque cette dissipation d’énergie constitue une des causes qui diminuent le rendement des transformations de l’énergie où entre en jeu l’électricité. Un des problèmes qui se posent est le suivant : l’énergie dissipée dans un cycle d’aimantation dépend-elle de la rapidité avec laquelle ce cycle est parcouru ? Nous allons résumer ici les travaux, relatifs à cette question. Nous verrons que la réponse peut être considérée comme acquise : l’énergie dissipée du fait de la variation de l’aimantation est, pour les fréquences usuelles tout au moins, indépendante de la rapidité de la variation, pourvu que le noyau magnétique soit .suffisamment divisé pour que les courants d’induction ne produisent pas sur les points intérieurs d’action protectrice sensible.
- Premières expériences. — Les plus anciennes expériences relatives k l’énergie dissipée dans l’aimantation ont été celles de Jamin et Roger (*) ; Cazin a fait sur ce sujet de nombreuses expériences, mais sans se préoccuper du rôle des courants induits (2) ; M. Borgmann (s) semble le premier avoir essayé de séparer les deux phénomènes, en étudiant la quantité de chaleur mise en jeu dans des tubes de fer fendus suivant une génératrice. Ces tubes étaient placés dans le réservoir d’un thermomètre à air, et le tout disposé à l’intérieur d’une bobine parcourue par un courant intermittent ; le courant était interrompu cinq, dix ou vingt fois par seconde au moyen d’un mécanisme d’horlogerie ; l’élé-
- (*) Jamin et Roger, Comptes rendus, t. LXXV, p. 1265 ; 1869.
- (2) Cazin, Ann. de Ch. et de Ph. (5), t. VI, p. 493 ; 1875.
- (3) J. Borgmann, Journ. de la Soc. physico-chimique russe, t. XIV, p. 67; 1882. — ]. de Ph., 2e série, t. II. p. 574; 1883.
- vation de température fut à peu près proportionnelle au carré de l’aimantation induite et au nombre d’interruptions par seconde.
- Les physiciens qui se sont depuis occupés de cette question ont cherché à mesurer l’énergie dépensée par la variation de l’aimantation seulement ; lorsque les courants induits peuvent s’ctabiir avec une certaine intensité, ils dépensent, sous forme de chaleur de Joule, une quantité d’énergie qui s’ajoute k la précédente : en opérant avec des noyaux très divisés, on peut réduire cette deuxième quantité d’énergie dans des proportions assez grandes pour qu’elle devienne sensiblement négligeable.
- MM. "YVarburg et Hônig (') ont comparé les quantités d’énergie dissipées dans un cycle parcouru lentement et dans une variation rapide; dans le premier cas, la quantité d’énergie était déduite de Faire de la courbe d’aimantation, et dans le second, elle était mesurée par une méthode calorimétrique; le thermomètre k air était remplacé par un thermomètre k éther. Afin d’éviter l’influence de la quantité de chaleur produite par les courants induits, ils employaient des faisceaux de fils fins (0,22 mm et o,6S mm de diamètre). Leur conclusion est que, pour la fréquence utilisée, égale k 4,2 et réalisée au moyen d’un commutateur, l’énergie dépensée par période est les — environ de l’énergie dépensée dans un cycle lent. Les auteurs reconnaissent eux-mêmes les difficultés qu’il y avait k tirer une mesure en valeur absolue des indications de leur appareil.
- M. Tanakadaté () a entrepris la même comparaison ; il observe l’élévation de température d’un anneau de fils de fer de 1,15 mm de diamètre formant le noyau d’une bobine
- ({) Warburget Hœnig, Wied. Ann., t. XX, p. 814; 1883. (2) Tanakadaté, PM. Mag., 5e série, t. XXVIII, p. 207; 1889.
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- parcourue par un courant alternatif, et en déduit par le calcul la quantité de chaleur mise en jeu par période ; il emploie un couple thermo-électrique. Au lieu de — , il trouve pour le rapport cherché environ—. Il est a remarquer que, dans le cours de ses expériences, M. Tanakadaté a fait varier dans de larges limites la fréquence du champ magnétique périodique ; il a construit deux courbes représentant les variations de la quantité d’énergie dépensée dans une période en fonction de la valeur maximum, du champ ; cette quantité d’énergie était déduite, pour l’une des courbes, de l’aire des courbes d’aimantation, et, pour l’autre, des expériences indiquées plus haut ; cette dernière courbe comprend, sans discontinuité, des points déterminés pour des fréquences différentes ; le rapport des ordonnées des deux courbes se maintient a peu près constant, voisin de —, de sorte qu’il résulterait des expériences de M. Tanakadaté que le considérable abaissement observé est indépendant de la vitesse des variations.
- MM. J. et B. Hopkinsox (<) ont employé une méthode dont le principe consiste à construire par points la courbe d’aimantation correspondant à une variation rapide du champ.
- Le noyau employé était un paquet de
- fils de fer de — de millimètre de diamètre, en 4
- forme de tore ; un contact monté sur l’axe de l’alternateur fournissant le courant permettait de connaître, à une phase quelconque de la période, la différence de potentiel existant entre les extrémités d’une résistance R sans self-induction, faisant partie du circuit, ou entre celles de la bobine magnétisante ; la première est égale à Ri, i étant l’intensité du courant à l’instant considéré, et la deuxième à ri + , r représentant la résistance de la
- bobine et q le flux d’induction ; on peut ainsi calculer et construire une courbe représentant les variations de cette quantité
- pendant une période ; il suffit d’intégrer cette courbe pour avoir la valeur du flux d’induction à chaque instant.
- Les auteurs ont construit par ce procédé une courbe correspondant à 125 périodes par seconde; l’induction maximum est bien égale à celle que produit la même valeur du champ magnétisant atteinte après une variation lente, mais la courbe est légèrement déformée; de nouvelles expériences entreprises pour rechercher la cause de cette déformation ont montre que la différence était plus grande entre les courbes correspondant aux fréquences 72 et 5 qu’entre cette dernière et la courbe statique, d’où les auteurs concluent qu’on a affaire à un véritable effet de temps (').
- La méthode de Hopkinson a été également employée par M. Breslauer (2) ; il a trouvé que la courbe statique différait nettement, dans toutes les parties de la période, du tracé obtenu pour une fréquence de 20 à 30 ; dans la partie montante cette dernière courbe est en retard sur la précédente; dans la partie descendante, elle est au contraire en avance; il résulte de là que, pour obtenir l’aire de la courbe dynamique, il faut d’une part augmenter et d’autre part diminuer celle de la courbe statique de deux quantités qui se trouvent à peu près équivalentes, de sorte que les aires embrassées par les deux courbes sont sensiblement les mêmes.
- M. Steinmetz (b) a fait un grand nombre de mesures, dans le but de vérifier la loi qu’il a donnée pour représenter l’énergie dissipée dans un cycle d’aimantation, et qui se traduit par la formule
- E=n {B,— Bs)m
- dans laquelle B, et B2 sont les limites entre lesquelles varie l’induction et a un coefficient dépendant de la substance magnétique em-
- (J) J. Hofkinson, Wilson et Tydall, Proc, of the Roy. Soc. of London, t. III, p. 352; 1893.
- (2) Max Breslauer, Inaugural Dissertation', Berlin, 1895.
- (3) Ch. Steinmetz, Tram, ofihe American Inst, ofel.eng t. IX, p. 8; 1892.
- {') J. et B. HoPkinson-, The Electrician, 9 septembre 1892.
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- ployée. Il mesure la consommation d’énergie au moyen d’un wattmètre.
- Il semble difficile de tirer de ses expériences des indications précises, parce que, l’énergie mise en jeu par les courants induits intervenant dans la plupart d’entre elles, M. Stein-metz a cherché h représenter les résultats obtenus par l’expression
- E = a (Bt — Bj)1-» + AN (B, — Bâ)2 ;
- dans cette expression le premier terme représente l’énergie dissipée dans l’aimantation, supposée constante, et le second l’effet calorifique des courants induits qui, d’après la théorie, augmente proportionnellement à la fréquence (il y aurait des réserves à faire sur ce dernier point, le résultat théorique n’étant établi que dans certains cas et pour des conducteurs non magnétiques); dans un cas où les courants induits paraissent n’avoir pas eu d’importance, le noyau étant formé de lames minces, M. Steinmetz trouve des résultats indiquant une augmentation avec la fréquence de l’énergie dissipée dans un même cycle d’aimantation.
- En mesurant également au moyen d’un wattmètre l’énergie perdue, M. Gray n’a pas trouvé de variation sensible pour un même cycle entre les fréquences 50 et 130 ; il employait un noyau formé de feuilles de tôle de 0,16 mm d’épaisseur, isolées les unes des autres par des feuilles de papier (1).
- M. Ewing (2) a imaginé un appareil qui trace automatiquement les courbes d’aimantation, et dont le principe est le suivant : un miroir peut être animé de mouvements de rotation autour de deux axes rectangulaires, l’un de ces mouvements étant commandé par le courant magnétisant et l’autre par l’aimantation induite. Un fil, parcouru parle courant magnétisant, est placé entre les pôles d’un aimant permanent ; un autre fil, parcouru par un courant constant, est placé dans un
- (o Th. Gray, Proceed. of the Roy. Soc. of London. T. LVI,
- p. 48; 1894.
- (2) Ewing, The Eîectrician, 26 mai 1893.
- entrefer pratiqué dans le circuit magnétique dont fait partie la pièce à étudier : ce sont les mouvements de ces deux fils qui sont communiqués au miroir.
- Un rayon lumineux réfléchi sur ce miroir trace une courbe sur un écran ou sur une plaque photographique. Les courbes fermées ainsi obtenues ont une allure très différente suivant qu’elles sont parcourues lentement ou rapidement, tout au moins pour les noyaux employés par M. Ewing; il ne précise pas la forme de ces noyaux, mais il semble que les résultats qu’il indique aient été obtenus en opérant sur des masses magnétiques compactes. Pour un cycle parcouru très lentement, on obtient une courbe pointue, analogue à la forme classique donnée par les méthodes ordinaires, tandis que pour une période de 0,43 s, c’est-à-dire encore relativement très longue, la courbe est aplatie, comme si l’aimantation n’atteignait qu’une valeur beaucoup plus faible que dans le cas précédent, mais en même temps beaucoup plus renflée, l’aire étant notablement plus grande que dans le premier cas; l’auteur signale ce fait que, si la rapidité est encore augmentée, l'aire de la courbe passe par un maximum et décroît ensuite.
- Jusqu’ici ce magnétographe semble plutôt applicable à des expériences de démonstration qu’à des mesures précises ; il est difficile de connaître le retard dû à l’inertie des différentes pièces, qui varie sans doute avec la rapidité de leur déplacement.
- La plupart des expériences précédentes ont eu pour but la comparaison entre un cycle statique et un cycle dynamique ; cette comparaison suppose les deux sortes de mesures faites en valeur absolue, ou tout au moins rapportées aux mêmes unités, ce qui entraîne de grandes difficultés. Dans le travail que je vais résumer ici, je me suis proposé seulement de comparer entre eux des cycles dynamiques correspondant à différentes vitesses de variation. J’ai employé pour la mesure de l’énergie dissipée la méthode électrique de
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- MM. Hopkinson, modifiée dans ses détails ; cette méthode ne présente aucune difficulté d’interprétation; il n’en est pas de même de la méthode calorimétrique : en effet, en se reportant au résumé qui précède, on voit que toutes les expériences faites par une méthode calorimétrique ont conduit à ce résultat que l’énergie dissipée dans un cycle rapide serait plus faible que l’énergie dissipée dans un cycle lent ; j’ai fait moi-même d’abord des expériences calorimétriques qui m’avaient conduit a un résultat de même ordre, car j’avais trouvé que l’énergie dissipée diminue quand la fréquence augmente; dans un travail publié très récemment, M. Weihe (’} trouve aussi des nombres plus faibles par une méthode calorimétrique que par une méthode électrique, et se demande si les deux méthodes mesurent bien la même quantité : on peut en effet supposer qu’une partie de l’énergie dissipée se trouve sous une forme insensible au calorimètre. Indépendamment de cette question, qui exigerait de nouvelles recherches, la méthode calorimétrique semble présenter une cause d’erreur systématique provenant de ce que la quantité de chaleur mise en jeu en un temps donné est d’autant plus grande que la fréquence est elle-même plus grande, d’où résulte une augmentation des pertes de chaleur par rayonnement ou par conductibilité.
- Objet et disposition des expériences. — Les courants induits qui se produisent dans un noyau soumis à un champ magnétique variable interviennent de deux façons dans l’étude de l’énergie dissipée dans ce noyau : d’une part ils donnent lieu à un dégagement de chaleur qui s’ajoute à la quantité d’énergie dissipée dans la variation même de l’aimantation, de sorte que la quantité d’énergie mesurée dans le cas général est la somme de deux parties très difficiles à séparer; d’autre part l’action protectrice qu’ils exercent sur l’intérieur de la masse cause une diminution
- progressive du champ à partir de la surface, et fait ainsi varier dans de larges limites l’énergie dissipée du fait de la variation de l’aimantation seulement.
- J’ai employé dans cette étude des noyaux magnétiques de plus en plus divisés; l’influence des courants induits se fait ainsi de moins en moins sentir, et les résultats obtenus tendent vers ceux qui correspondraient aux phénomènes magnétiques seuls.
- Le principe de la méthode est de construire par points la courbe représentant les variations du flux d’induction en fonction du champ ; on obtient ainsi une courbe fermée dont l’aire représente l’énergie totale dépensée pendant une période. Le noyau est un paquet de fils de fer en forme de tore ; une bobine enroulée sur le tore est parcourue par un courant alternatif; un contact tournant permet de connaître à une phase quelconque la différence de potentiel qui existe entre les extrémités d’une résistance R sans self-induction faisant partie du circuit, ou entre celles de la bobine magnétisante; la première est égale à R/, i désignant l’intensité du courant à l’instant considéré, et la deuxième à r/+ r désignant la résistance de la bobine et o le flux d’induction total; on peut ainsi connaître et construire par points la courbe qui représente les variations de cette quantité en fonction du temps ; il suffit d’intégrer cette courbe pour avoir la valeur du flux d’induction à chaque instant. On construit alors la courbe définitive en portant en ordonnées les valeurs de o et en abscisses celles du champ, ou. ce qui revient au même, celles du courant.
- Les mesures précédentes étaient faites au moyen d’un clectromctre à quadrants et d’un commutateur convenable ; en croisant les lectures, on peut arriver à éliminer differentes causes d’erreur. Dans le circuit sc trouve une deuxième résistance R' sans self-induction servant à mesurer, au moyen d’un autre électromètre, l’intensité efficace du courant alternatif, maintenue constante dans toutes les expériences.
- (>) Weihe, Wied. Ann., t. LXI. p. 578; 1897.
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- Résultats. — J’ai employé cinq noyaux magnétiques dont l’un était un tore plein à section circulaire, les autres étant constitués par des fils de fer ayant respectivement pour diamètre moyen 2,68 mm, 1,57 mm, 0,5 mm et 0,2 mm; ces fils étaient noyés dans de la paraffine. Avec chacun de ces noyaux furent faites un certain nombre d’expériences correspondant à différentes fréquences (variant entre 18 et 60 ) ; je ne rapporterai pas ici en détail les résultats numériques, qu’on pourra trouver dans les Annales de Chimie et de Physique; j’indiquerai seulement les résultats généraux ; dans la figure 1 sont réunies les courbes qui
- représentent pour chaque noyau la variation de dans l’expérience qui correspond à la plus basse fréquence, et, dans les figure 2 et 3, les courbes (9, i) qui correspondent pour chaque noyau aux deux expériences faites avec les fréquences la plus basse et la plus élevée.
- L’aspect des courbes relatives aux différents noyaux se modifie d’une manière très nette lorsqu’on passe du noyau plein au noyau le plus divisé, ces modifications tenant a l’importance de moins en moins grande des courants induits. Ainsi, avec le noyau plein, le flux d’induction varie d’une manière à peu près uniforme, la courbe représentant les variations de ^ ne présente aucune sinuo-
- sité accentuée, et la courbe fermée représentant les variations de 9 en fonction du champ
- a une forme arrondie ; pour les noyaux très divisés au contraire la courbe ~ est déformée et la courbe 9 semble présenter les carac-
- 3-
- tères de la courbe d’aimantation statique; cependant le maximum du flux d’induction est toujours en retard sur celui du courant; il en résulte que l’extrémité de la courbe n’est pas pointue comme celle d’une courbe
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- d'aimantation statique (bien qu’elle le paraisse à l’échelle des figures ci-jointes); je reviendrai plus loin sur l’étude de ce retard.
- L’intensité des courants induits augmente avec la fréquence : de là les variations qui se produisent dans la forme des courbes correspondant pour un même noyau à différentes fréquences, variations qui sont nettes surtout avec le troisième noyau.
- L’aire d’une des courbes fermées représente la somme de l’énergie dissipée dans l’aimantation et de la chaleur de Joule des courants induits produits dans le noyau. Les résultats sont les suivants : l’énergie totale diminue quand la fréquence croît pour les noyaux les plus compacts, et est indépendante de la fréquence pour les deux noyaux les plus divisés. Ces résultats peuvent s’interpréter ainsi : les courants induits exercent dans les noyaux compacts une action protectrice notable, augmentant avec la fréquence^) ; l’énergie dissipée dans les parties intérieures sera donc de plus en plus faible, d’où la diminution observée. Dans les noyaux très divisés l’influence des courants induits devient à peu près nulle ; il en résulte que l’énergie dissipée représente alors l’énergie dissipée du fait de Faimantation seulement, et les résultats de l’expérience montrent qu’elle est indépendante de la fréquence.
- La méthode employée permet de déterminer dans chaque expérience le maximum du flux d’induction : il varie d’une façon à peu près analogue à la variation de l’énergie dissipée, aucune relation simple n’apparaissant cependant entre les deux variations, ce qui tient à la complexité du rôle des courants induits.
- Retard du flux d'induction sur le champ. — J’ai pu aussi aborder l’étude d’une autre question importante, celle du retard du flux
- (') On trouvera dans le mémoire indiqué un calcul permettant de se rendre compte de la façon dont cette protection varie avec le diamètre des fils.
- d’induction sur le champ ; dans toutes les expériences précédentes le maximum du flux d’induction est en retard sur celui du courant ; les zéros présentent également une différence de phase, mais ce deuxième retard se retrouve aussi dans les courbes d’aimantation statiques ; j’ai déterminé dans chaque expérience ces deux retards; je parlerai seulement ici du premier, caractéristique des courbes dynamiques.
- La position des maximums se détermine sur les courbes; celle du maximum, du flux d’induction peut être fixée commodément, puisqu’il suffit de repérer les points où la courbe ^2 coupe l’axe des x; celle des maximums du courant doit être déterminée sur la courbe elle-même, c’est-à-dire d'une manière moins précise. Les retards sont obtenus ainsi en fraction de la période; il est facile, connaissant la fréquence, d’en déduire les retards en temps.
- Le retard en temps est d’autant plus grand que le noyau est plus compact, ce qui s’explique facilement par l’action des courants induits : en effet, le champ en un point d’un des fils présente sur le champ à la surface une différence de phase due à 1 action des courants induits; le flux d’induction observé étant la somme des flux d’induction aux différents points delà section droite, le retard sera d’autand plus grand que les courants seront plus intenses.
- Mais de plus ce retard existe encore dans le cas des noyaux très divisés, où les courants induits sont extrêmement réduits; il se trouve même, sans doute à cause de la différence.des fers, qu’il est plus grand pour le noyau de fils de 0,2 mm de diamètre que pour le noyau de fils de 0,5. Il est de l’ordre de —-— de seconde. Il semble donc qu’on ait affaire là à un phénomène particulier, un retard de Faimantation même sur le champ, indépendant de l’action des courants induits.
- Ch. Maurain
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- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Nouveau compteur Aron(1).
- Nous allons indiquer seulement le principe sur lequel repose cet appareil, remettant à plus tard les détails de sa construction, lorsque l’inventeur lui aura donné sa forme définitive.
- Le but vers lequel ont tendu les recherches était de mesurer les forces au moyen des oscillations qu’elles peuvent produire sans autre intermédiaire qu’une mise en circuit ou hors circuit. L’idée est simple, mais la réali- [ sation est assez compliquée.
- Les oscillations pendulaires ont une durée inversement proportionnelle à la racine carrée des forces qui les produisent. Si donc on veut mesurer par ce moyen des courants dont l’intensité varie de i à ioo, c’est-à-dire produire des oscillations dont la durée varie de i à ioo, il fautque les forces agissantes varient de i à ioooo. Les difficultés croissent donc démesurément. Par conséquent un appareil qui mesurerait seulement y'ËT présenterait moins de difficultés, puisque les limites entre lesquelles doivent varier les forces sont seulement i et ioo si les limites de ‘El sont i et io.
- La disposition proposée pour obtenir les oscillations de cette espèce est analogue à celle du wattmètre; elle comprend une bobine fixe traversée par le courant principal et une bobine oscillante en dérivation. La différence a lieu sur les deux points suivants : les axes des bobines ne sont pas perpendiculaires, mais parallèles, dans la position d’équilibre ; en outre, aucune force élastique ne commande la position de l’aiguille ou ne sert pour la mesure.
- Il y a bien deux petits ressorts en spirale, mais ils servent seulement à conduire le courant à la bobine oscillante. Ils doivent être assez faibies pour que celle-ci ne puisse
- prendre de mouvement sous leur influence seule et que leur action comparée à celle du courant soit absolument négligeable.
- On parvient bien ainsi à produire et entretenir des oscillations dont la durée est proportionnelle à v^TT; mais cela ne constitue pas un compteur puisque c’est El et non \/~eî qu’il faut mesurer. Voici comment Aron déduit l’un des nombres de l’autre. Il emploie une horloge ordinaire qui n’a d’ailleurs pas besoin de mesurer le temps exactement, tout mécanisme régulier pourrait la remplacer, par exemple un petit moteur; cet instrument auxiliaire n’est pas continuellement en marche, son mouvement est déclenché périodiquement par le mécanisme actionné au moyen des oscillations de la bobine; pendant une partie de cette période, le totalisateur est relié au mécanisme principal.
- Soit n le nombre d’oscillations de la bobine, la durée d’une oscillation est
- V ~ c\?~ÉT
- c étant une constante. Après m oscillations, l’horloge auxiliaire est mise en mouvement, sa période est donc
- le nombre N de périodes pendant l’unité de temps est alors
- A chaque période T, l’horloge réunit le mouvement oscillant au totalisateur pendant un temps t quelconque mais fixe et inférieur à T.
- Pendant ce temps /, le mécanisme principal fait nt oscillations et les inscrit sur le totalisateur; comme il y a N périodes par unité de temps, le compteur pendant cette unité indique Z = Nnt oscillations. D’où
- (>) Brevet allemand 95780.
- Z = Nwf =
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- c et m sont des constantes, par conséquent l’aiguille du compteur marche proportionnellement à El et indique les watts-heure
- C. G.
- Mesure des efforts développés dans le fer et l’acier par la méthode thermo-électrique ;
- Par Turner (’)•
- Unfil métallique se refroidit quand on l’étire, et l’on peut aisément mettre le refroidissement en évidence, en entourant sur ce fil, à côté l’un de l’autre, un fil de fer et un fil de cuivre formant une des soudures d’un couple thermo-électrique ; l’autre soudure étant maintenue à température constante, un galvanomètre placé dans le circuit indique par le sens de sa déviation un abaissement de température quand le 01 est étiré. Ainsi, les expériences de Joule ont montré qu’un fil de fer d’un diamètre égal à 6 mm, se refroidit de i/8 de degré, lorsque l’on exerce une force de traction de 387 kgr.
- Avec le caoutchouc tendu, il se produit le phénomène inverse : la température s’élève quand la tension augmente, et l’élévation est assez considérable pour qu’on puisse la percevoir en tenant le caoutchouc entre les lèvres. Le caoutchouc tendu se contracte d’ailleurs quand on le chauffe.
- En s’appuyant sur les deux principes de la thermodynamique , on démontre que les substances qui sont les plus dilatables par la chaleur sont celles qui se refroidissent le plus pour un même effort de tension, et inversement. M. Turner a appliqué cette remarque de lord Kelvin à la mesure des efforts intérieurs développés dans le fer et dans l’acier. Les résultats auxquels il est arrivé montrent l’intérêt de cette nouvelle application de l’électricité dans l’étude de la déformation dés métaux.
- Lorsque l’effort exercé ne dépasse pas les 5/8 de la limite d’élasticité, il peut être exactement mesuré par le changement thermi-
- (>) bon Age.
- que; et la différence même très faible entre les intensités de deux efforts de même espèce exercés en deux points différents, peut être facilement décelée de cette façon.
- Dans le cas de l’acier de moyenne dureté, lorsque l’effort n’a pas dépassé une certaine limite, il y a refroidissement régulier au fur et à mesure que la tension s’accroît. Au delà, pour des tensions de plus en plus considérables, jusqu’à ce qu’elles aient atteint la limite d’élasticité, il ne se produit plus qu’un faible changement de température.
- Si l’on étudie la compression, on observe des phénomènes analogues; il existe aussi une limite au-dessous de laquelle la pièce s’échauffe régulièrement à mesure que l’effort augmente; au-dessus de cette limite, il se produit un brusque et rapide accroissement de température.
- Pour réaliser les expériences délicates de mesure des variations de température produites par les efforts mécaniques dans les pièces métalliques, M. Turner a utilisé la pile thermo-électrique à antimoine et bismuth et le galvanomètre Thomson. Les premières expériences ont eu pour but de vérifier que les déviations de l’aiguille du galvanomètre sont proportionnelles aux efforts de tension et de compression, et qu’à un même effort correspond bien une même déviation. Pour que le galvanomètre ne fût pas influencé par l’application des charges, il dut être placé à 3,60 m de la pièce à essayer, sur une base en briques, complètement isolée du plancher et reposant sur une fondation solide.
- Ces expériences furent faites sur des barreaux en acier doux et moyennement doux, sur des barreaux de fonte et sur des colon-nettes en acier. Mais tout l’intérêt se montre lorsqu’il s’agit de pièces aux formes compliquées ou présentant des imperfections de fabrication qui ne peuvent être évaluées ni par la théorie ni par les essais physiques ordinaires.
- C’est ainsi que l’auteur a entrepris des essais sur une poutre de 3,05 m de longueur
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- et de 0.76 m de hauteur, composée d’une âme et de cornières rivées ; l'âme est en outre renforcée, de distance en distance, par des cornières placées verticalement sur toute la hauteur de la poutre ; la poutre présente quatre panneaux, deux non consécutifs, comporte une sorte de bouclier formé d’une pyramide aplatie de 0,016 m d’épaisseur et dont les arêtes forment les diagonales du panneau.
- La poutre repose par ses deux extrémités et est comprimée au centre. Si les efforts de tension et de compression sont distribués comme dans une poutre de section transversale constante et sont par suite égaux et agissant sous un angle de 450 par rapport à l’axe neutre de la poutre, l'effort de flexion appliqué aura pour effet de développer des composantes qui, en s’équilibrant, ne produiront aucun déplacement du bouclier. Si au contraire l’effort de tension est supérieur à l’effort de compression, la pyramide agira comme une lame de ressort. Le déplacement élastique observé a été de 3 mm sous une charge de 28 tonnes appliquée au centre.
- Voici le résultat des essais thermo-clectri-ques :
- Suivant l’axe neutre de l’àmc, on observe un échaulfement près des montants et un refroidissement au centre des panneaux ; l’examen montra que les montants étaient soumis à la compression; l’un d’eux subissait en outre une flexion, par suite d’un gauchissement de la poutre.
- Suivant les diagonales, aucune déviation : les efforts de tension équilibraient ceux de compression.
- Enfin, on a constaté que dans la semelle inférieure, au centre du panneau, l’effort était les 2/3 de l’effort développé dans la semelle supérieure; à l’extrémité du panneau, le rapport était 1/2.
- L’auteur conclut des expériences, que l’habitude des constructeurs de ponts de renforcer l’àmc par des montants verticaux est justifiée, au point de vue de l’efficacité et de l’économie; mais pour obtenir le maximum d’effet, il y a avantage à rapprocher les rivets. G. G.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Sur le passage des ondes électriques, d’un conducteur à un autre ;
- Far C. Gotton (’).
- « Lorsque des ondes électriques, se propageant le long d’un fil rectiligne, arrivent à l’extrémité de ce fil, elles se réfléchissent; si, dans le prolongement, 011 tend un second fil de façon que les extrémités en regard soient peu éloignées, l’onde passe en partie à la surface de ce second fil et continue à s’y propager. Si l’on augmente les surfaces en regard des deux conducteurs, l’onde transmise au fil secondaire est plus intense. On peut, par exemple, souder à l’extrémité de l’un des lîls
- () Comptes rendus, t. CXXVI. p. 1092, séance du 12 avril 1898.
- un bout de tube en laiton, suivant l’axe duquel pénètre l’autre. J’ai reconnu par une méthode d’interférence que, dans ces conditions, le passage de l’onde d’un fil à l’autre n’était accompagné d’aucun changement de phase. On peut souder le tube, soit au fil secondaire (fig. 1), soit au fil primaire (fig. 2). J’ai varié l’expérience en me servant, pour transmettre l’onde, de petites bouteilles de Leyde. Quelle que soit leur capacité électrostatique, l’onde était transmise sans changement de phase.
- » On peut se faire une idée des formes que doivent prendre les lignes de force électrique dans «la région où l’onde passe d’un conducteur sur l’autre. Une onde le long du fil primaire est constituée par un système de lignes de force électrique, rectilignes, normales au fil, dont l’une des extrémités se propage sur
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- ic fil et l’autre sur les parois d’une très grande chambre métallique que, pour plus de simplicité, je supposerai entourer le fil. Vers l’extrémité du fil primaire, ces lignes de force se déforment, tout en restant astreintes a aboutir normalement aux surfaces conductrices. Une onde prendra naissance le long du conducteur secondaire, et, à une certaine distance de son extrémité, les lignes de force redeviendront rectilignes comme celles de l’onde primaire.
- « Les figures montrent cette déformation des lignes de force. Les ondes se propagent de gauche à droite et passent du conducteur primaire au conducteur secondaire par l’intermédiaire d’un tube et d’un fil intérieur. Les figures sont tracées au moment du passage d’un maximum d’une onde de grande longueur.
- » Gomme l’observation montre que l’onde est transmise sans changement de phase, il faut que, de part et d’autre de la région où cette onde passe d’un fil sur l’autre, les lignes de force soient dirigées dans le même sens, car si leur sens était renversé, le passage de l’onde s’effectuerait avec un changement de phase d’une demi-période.
- » Une ligne de force ne peut finir brusquement dans le milieu diélectrique. Il en résulte que,- si l’une des extrémités se propage sur un conducteur, elle ne peut le quitter tout à coup. Les extrémités des lignes de forte qui se propagent sur les parois de la chambre ne peuvent donc les quitter ; celles qui se propagent à la surface du conducteur primaire y resteront aussi sans pouvoir sauter à la
- surface du conducteur secondaire. La formation de l’onde secondaire s’explique alors par le tracé suivant : il y a dans le champ des régions [a) où la force électrique tend à devenir tangente à la surface du con-
- Fig. 2.
- ducteur secondaire. Cette condition ne pouvant être réalisée, les lignes de force se coupent en deux parties normales à la surface. L’un des deux systèmes de lignes de force ainsi formés constitue l’onde secondaire ; l’autre, l’onde réfléchie à l’extrémité du conducteur primaire.
- » Les lignes de force magnétique coupent normalement le plan de la figure, les trajectoires orthogonales des lignes de force électrique dans ce plan sont, d’après le théorème de Poynting, les lignes suivant lesquelles se propage l’énergie. Dans la région (a) ces lignes se divisent en deux faisceaux correspondant aux ondes réfléchies et transmises.
- Les figures montrent que, de part et d’autre de la région (a), la force électrique à la surface du conducteur secondaire a des directions opposées. Il y aura donc à la surface de ce conducteur des points où la force électromotrice est nulle. Dans la figure i, ces points se trouvent au bord de l'orifice du tube extérieur; dans la figure 2, ils se trouvent sur le fil intérieur un peu au delà de sa sortie du tube.
- » Dans ce second cas, on peut mettre en évidence l’existence de ces points de la manière suivante : les étincelles que l’on peut tirer du conducteuren approchant une petite pointe isolée, tenue normalement à sa surface, doivent être plus courtes aux points où la force électrique est nulle au moment du passage du maximum de l’onde. Les ondes étaient
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- transmises au moyen d’un gros tube de laiton de 0,07 m de diamètre et 0,50 m de long suivant l’axe duquel était disposée une tige de 0,02 m de diamètre reliée au fil secondaire. Je place sur cette ligne un fragment de lame de laiton recourbée cylindriquement et i s’appliquant bien sur la surface de la tige, de façon à se substituer à elle comme un plan d’épreuve se substitue à la surface d'un corps clcctrisc. Normalement à cette lame est fixée une pointe de laiton assez petite pour ne pas modifier sensiblement le champ. Des étincelles jaillissent entre cette pointe et la lame. Si l’on promène l’appareil le long de la tige ces étincelles s’éteignent dans une région située un peu au delà de l’orifice du tube et se rallument de part et d’autre.
- » Ce procédé 11'est pas applicable au cas de la figure i,.lcs points de force électrique nulle se trouvant dans une région du conducteur où la courbure de sa surface varie trop rapidement pour qu’il soit possible de déplacer la petite lame de métal en la maintenant constamment appliquée sur cette surface. Je me suis alors servi pour explorer le champ d’une petite boule de verre de 0,01 m de diamètre où était fait le vide de Geissler et qui s’illuminait sous l’action des ondes. On peut constater qu’en la déplaçant à ia surface des conducteurs cette illumination disparaît dans les régions où les figures font prévoir des points de force électrique nulle.
- » Si, au lieu de se servir pour transmettre les ondes d’un tube et d’un fil intérieur, on relie les extrémités des fils au centre de deux plateaux circulaires dont les plans sont parallèles et normaux à la direction des fils, on constate que l’onde est transmise avec un retard sensiblement égal au diamètre des plateaux. Ce résultat s'explique si l’on considère que l’énergie qui se propage près du fil primaire, doit pour rejoindre le fil secondaire, contourner les plaques par leurs bords. Ce fêtard est dû, non à un phénomène physique spécial, mais à la forme géométrique des conducteurs. Si, en effet, on applique les deux plateaux l’un contre l’autre, ce retard per-
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- siste quoique la discontinuité du conducteur disparaisse (*). »
- Action calorifique des rayons de Rœntgen;
- Par E. Dorn (2).
- M. Dorn a constaté l’effet calorifique des rayons de Rœntgen au moyen d’un indicateur de pression différentiel de Topler (indicateur à bulle). Deux tubes de verre identiques entre eux sont reliés aux deux branches de l’indicateur; l’un d'eux est soumis à l'action des rayons de Rœntgen, tandis que l’autre est protégé par des écrans. Quand les rayons traversent simplement ce réservoir, le déplacement de la bulle est inappréciable ; mais il en est tout autrement si le tube renferme des feuilles métalliques susceptibles d'absorber les rayons. Pour mesurer la valeur absolue de l’énergie calorifique ainsi absorbée on compare le déplacement de la bulle à celui qu’on obtient en faisant traverser les feuilles métalliques placées exactement dans les mêmes conditions par un courant électrique constant.
- Deux des tubes employés donnaient encore à 3,5 m de distance une bonne image des os de la main sur un écran au platinocyanure de baryum; deux autres fournissent des rayons qui traversent très bien le thorax d’un adulte.
- Dans les premières expériences la bobine et le tube se trouvaient dans une pièce ; les réservoirs formant thermomètre dans une pièce voisine.
- Le mur intermédiaire n’avait pas de porte, mais seulement une ouverture de 90 X 45 cm fermée par une feuille de plomb renforcée au voisinage du tube ; en face de celui-ci se trouve une ouverture de 28 111m garnie de deux feuilles d’aluminium de 0,1 mm d’épaisseur, Les réservoirs du thermomètre sont entourés
- (’) Travail fait au laboratoire de la Faculté des Sciences de Nancy.
- p) Wied, Ann., t. LXIII, p. 160-176.
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- de bois et d’aluminium pour les protéger contre le rayonnement et enveloppés de coton. Bans la suite, les réservoirs étaient enfermés dans une caisse en bois, dont les parois sont garnies de clinquant à l’intérieur et à l’extérieur, sauf la lace extérieure de la paroi de devant, qui est recouverte de coton et d’une feuille de plomb.
- Pour laisser pénétrer les rayons de Rœntgen, une ouverture de 3,5 cm de diamètre est pratiquée à travers le plomb et le bois, et fermée.par une feuille d’aluminium.
- 1. Réservoir sans feuille de métal. — Le réservoir a un volume de 65,8 eme ; il est fermé par une feuille d’aluminium de 0,3 mm d’épaisseur. La ligure 1 représente la marche
- des observations ; comme on le voit, l'effet des rayons de Rœntgen est à peine appréciable ; l’élévation de température est inférieure à io-1 degrés.
- 2. Réservoir renfermant des feuilles de métal.— Ces feuilles ont la forme de disques remplissant presque toute la section du réservoir; elles sont en platine, en palladium, en laiton, en aluminium ; toutes à part l’aluminium, exercent sur les rayons de Rœntgen une absorption notable, aussi leur introduction dans le réservoir entraîne une élévation-de température sous l’action de ces rayons. Cette élévation ne provient pas des courants d’induction provoqués dans les feuilles par la décharge, car elle tombe au quart de sa valeur quant on interpose sur le trajet des rayons une lame de verre qui en absorbe une
- grande partie. La figure 2 représente les résultats d’une série d’expériences. La quantité de chaleur dégagée dans le réservoir obtenue en multipliant la capacité calorifique de l’air
- Fig. 2.
- et du métal qu’il renferme par l’élévation de température est de l’ordre de io~5 à io~4 petites calories, en 30 secondes.
- La quantité de chaleur apportée par les rayons de Rœntgen est égale à cette quantité augmentée de celle qui a été cédée à l’enveloppe et à l’extérieur par cond uctibilité et par rayonnement.
- Cette quantité de chaleur varie parallèlement au pouvoir absorbant du métal introduit dans le tube pour les rayons de Rœntgen.
- Pour déterminer l’énergie totale absorbée, on fend les disques de platine employés dans l’une des expériences ; on soude à un fil de cuivre d’une part le bord supérieur de la fente à son extrémité, d’autre part le bord inférieur de cette fente dans le disque suivant et ainsi de suite alternativement, de façon a constituer une sorte de zigzag. On introduit ce système dans le réservoir de manière que chaque disque soit à peu près normal à l’axe; l’appareil est ensuite remonté comme dans les expériences principales et on fait passer dans les feuilles un courant d’intensité convenable. Les conditions dans lesquelles s’échauffent les disques sont à peu près les mêmes que
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- dans le premier cas, à cela près qu’ils s’échauffent uniformément, tandis que les rayons de Rœntgen échauffaient plus fortement les premiers. La variation de température est rapide, comme il ressort de l’allure de la courbe (fi g. 3).
- D’après les observations de Rœntgen et celles des autres expérimentateurs, l’intensité des rayons varie peu avec leur angle d’émission sur l’anticathode ; en admettant que cette intensité soit uniforme, on peut calculer la somme totale d’énergie rayonnée par un tube, si on connaît dans les expériences décrites ci-dessus, l’angle solide sous lequel la surface absorbante est vue' de l’anticathode ; on trouve des nombres de l’ordre de 0,0002 ào,0003 petite calorie par décharge. Cette quantité doit être augmentée de l’énergie absorbée par les feuilles d’aluminium que les rayons avaient traversées avant d’arriver au réservoir, soit environ 1/7 du total. Cette énergie est environ 15 fois plus grande que l’énergie nécessaire à la dissociation du gaz, calculée d’après les données de Benoist pour l’absorption par les gaz, et de E. Wicdemann pour le travail de dissociation de l’hydrogène. M. L.
- Visibilité des rayons de Rosntgen ;
- Par E. Dorn (j).
- L’auteur répond à des objections qu’on a formulées contre les expériences qu’il a faites en collaboration avec le Dr Brandès (2).
- (1) Wied. Ann., LXIV, p. 620-622, mars 1898.
- {-) L’Éclairage Électrique, t. XII, p. 35.
- On a dit en particulier que les sensations lumineuses accusées par les sujets en observation pouvaient être purement subjectives et résulter seulement des efforts faits pour l’accommodation.
- Cette objection n’cst pas fondée, car le I)r Schlodtmann a éprouvé la même sensation sous l’action des rayons de Rœntgen dans l’œil normal et dans l’œil traité par l’homatropine, qui paralyse l’appareil d’accommodation.
- On a supposé aussi que les sensations observées provenaient d’une excitation électrique du nerf optique. Or, après avoir constaté la visibilité des rayons de Rœntgen dans des conditions déterminées, on met à la place du tube de Crookes l’étincelle longue de io cm de la bobine qui alimentait le tube, sans rien changer d’autre ; les sensations disparaissent complètement.
- L'expérience suivante est encore plus décisive : on tourne la face postérieure de l’anti-cathode du côté de l’œil ; aucune sensation ne se produit, quoique les apparences lumineuses soient nettes avant qu’on ait retourné le tube et après, quand on l’a ramené dans sa position normale.
- Rœntgen a fait sur la visibilité des rayons qu’il a découverts, une jolie expérience. Si on tient devant l’œil une plaque métallique opaque pour les rayons, mais percée d'une fente étroite, on observe une ligne brillante, droite ou courbée, suivant les positions relatives de l’anticathode, de la fente et de l’œil.
- Avant de connaître l’expérience de Rœntgen, M. Dorn en a réalisé une analogue et constaté que l’ombre portée sur la rétine par une tige droite de laiton ayant 5 mm de diamètre, placée sur le trajet des rayons, peut être courbe dans certains cas. La sensation lumineuse n’est donc pas subjective, car cette courbure de l’ombre a été observée à l’imprévu. M. L.
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- VARIÉTÉ
- L'électricité à Paris et à Berlin ;
- Par E. Brylinski.
- 1. 11 y a plusieurs années, deux conseillers municipaux, MM. Deville et Prache, introduisaient au Conseil municipal une proposition tendant à prolonger les permissions accordées aux Sociétés d’électricité en échange de certaines réductions de tarif.
- Il importe de bien rappeler l’origine de cette campagne, dont les Sociétés n’ont pas pris l'initiative, mais qui émane uniquement d’honorables membres du Conseil municipal, estimant que le développement des applications de l’électricité serait avantageux pour toute la population parisienne et qu'il était du devoir du Conseil de ne pas s'en désintéresser.
- Divers incidents ont retardé la solution de la question, qui a fait en dernier lieu l’objet d’un travail considérable, présenté à titre de préambule à son rapport par M. le conseiller Charles Bos. Le rapport, qui contenait d’ailleurs des clauses inacceptables par les Sociétés, n'a pas été adopté par le Conseil, quia renvoyé la question à la première Commission en vue de lui présenter de nouvelles propositions.
- Il est impossible de préjuger quel sera le résultat de ce renvoi. Là n’est pas d’ailleurs la question qui nous intéresse en ce moment,
- L‘Exposé de M, Charles Bos, qui contient de nombreux renseignements, a été la source à laquelle ont puisé non seulement les divers journaux politiques et techniques qui se sont occupés de la question, mais encore la plupart des orateurs qui ont parlé au Conseil pour ou contre le rapport. Un des arguments les plus impressionnants qui aient été tirés de cet Exposé est la comparaison faite entre le développement, au commencement de 1897, des applications de l’électricité à Berlin et à Paris.
- Cette comparaison entre Paris et Berlin tire son importance de ce que Berlin est, parmi les capitales d'Europe, celle où l'électricité a atteint le plus grand développement.
- Les conclusions de la comparaison faite par M. Charles Bos sont, en les résumant* les suivantes 3
- L'année dernière, la Société de Berlin, malgré les énormes redevances qu’elle paie à la Ville, a distribué à ses actionnaires un dividende de 13 p.ioo.
- Les charbons lui reviennent à 18 marks, 24 fr(1), et les salaires de son personnel sont aussi élevés qu'à Paris ?
- Comment se fait-il qu’elle puisse donner l’énef-gie à des prix aussi bas, presque de moitié inférieurs à ceux de Paris?
- Il y a évidemment sur notre pays une supériorité d'outillage ; il doit y avoir aussi une supériorité de procédés; il y a certainement aussi supériorité d’administration en ce sens que les installations sont simples, que le luxe est écarté, que le personnel n’est pas trop nombreux.
- Enfin les machines marchent toute la nuit et tout le jour, pour fabriquer l'énergie nécessaire à l’éclairage, à la force motrice industrielle et aux tramways.
- Du reste les Allemands en sont arrivés a considérer l'éclairage comme une branche accessoire.
- Telles sont les convictions auxquelles est arrivé M. Charles Bos. Nous allons montrer que ces convictions procèdent de renseignementsles uns erronés, les autres incomplets, et que la comparaison immédiate entre Paris et Berlin est impossible, attendu qu’aucun des éléments qui y entrent n’est du môme ordre dans les deux villes.
- 1" La Société Berlinoise a derrière elle une durée, d'exploitation double de celle des Secteurs parisiens ;
- 20 Les charges de capital de la Société Berlinoise sont proportionnellement beaucoup moindres que celles des Secteurs parisiens;
- 30 Le charbon revient aux Secteurs parisiens à un prix presque double par tonne de celui qu’il coûte à la Société Berlinoise;
- 4" La main-d’œuvre revient à Paris à un prix presque double de celui qu’elle coûte à Berlin ;
- Ÿ II n’y a pas supériorité d'administration à Berlin, attendu que le kilowatt-heure y revient presque aussi cher qu’à Paris, si on défalque le
- (J) Remarquons en passant que 18 marks font 22,30 fr et non pas 24 fr, et qu'en outre la tonne de charbon revient à environ 32 fr aux secteurs parisiens, par suite, principalement, des énormes droits d’octroi qu’il supporte.
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- charbon, les impôts, les participations de la Ville et les assurances ;
- 6° Les énormes redevances (J) que paie à la Ville la Société Berlinoise lui constituent avec les impôts une charge moins lourde par kilowatt-heure livré, que la petite participation de la Ville et les impôts aux Secteurs Parisiens ;
- 7° 11 n'y a supériorité ni de procédés, ni d’outillage à Berlin ;
- 8° L’éclairage n’est nullement une branche accessoire ;
- 9° Les usines ne marchent pas jour et nuit ;
- io° La Société Berlinoise a une concession de trente années d’exploitation, tandis que les Secteurs parisiens ont des permissions qui pour aucun n’atteignent dix-sept années d’exploitation ;
- ii° En fin d'autorisation, la Ville rachètera le réseau de la Société Berlinoise en même temps que ses usines, tandis qu'à Paris les réseaux deviennent de droit et sans aucune indemnité propriété de la Ville.
- Ces deux dernières causes influent énormément sur les amortissements à effectuer chaque année.
- Nous ne ferons pas de ces divers points une étude approfondie, qui nécessiterait des volumes entiers. Nous nous bornerons à une étude aussi brève que possible, en négligeant volontairement bien des points d’importance secondaire.
- II. Tout d'abord nous allons débarrasser le terrain des §§ 70, 8° et 90.
- En ce qui concerne les procédés, on se demande vraiment où il peut y avoir une supériorité ; nous nous déclarons incapable de l’apercevoir. Le système de distribution employé à Berlin est le système à potentiel constant, qui est d’ailleurs presque le seul employé dans le monde. Les lampes, les moteurs sont de systèmes connus et également employés partout. Les canalisations de même. En un mot, il n'y a rien dans les procédés usités à Berlin qui puisse constituer une supériorité.
- En ce qui concerne l’outillage, il n’y a pas non plus de supériorité marquée. La Société Berlinoise s’est trouvée à plusieurs reprises tellement à l’étroit
- (’) Rectifions en passant une erreur assez grave ; la ville de Berlin a droit non pas à 25 p. 100 des recettes nettes sur les 6 p. 100 du capital, mais seulement à 25 p. 100 de l’excédent des recettes nettes sur les 6 p. 100 du capital. C’est ainsi que pour l’exercice 1804-1895 cette part s’est élevée à 197 005 marks représentant 25 p. 100 de 788 020 marks, tandis que la recette nette a atteint le chiffre de 1 591 000 marks, soit sensiblement le double.
- j qu'elle a dû remplacer un assez grand nombre de scs machines primitives de petite puissance par des machines de puissance beaucoup plus grande, mais elle emploie encore nombre de machines de 300 chevaux seulement, entraînant chacune deux dynamos. Dans les Secteurs parisiens, les dynamos de 100 kilowatts ne forment qu’une faible partie de la puissance totale et on y trouve par contre nombre de machines de 500, 600, 800 et 1 200 chevaux, des modèles les plus récents et actionnant des dynamos de même puissance.
- Quant à la répartition de la production entre les différents usages de l’énergie électrique, il suffira de dire que pendant le dernier exercice, du icr juil- ' let 1896 au 30 juin 1897, la Société Berlinoise a Ivre 8094243 kilowatts-heures pour l’éclairage privé, 408381 pour l’éclairage public, 4008943 pour la force motrice et 1 758 250 pour les tramways; soit par conséquent, sur un total de 14269817 kilowatts-heures 8 502624 ou 60 p. 100 pour l'éclairage. C’est là ce que M. Ratbenau (*) appelle dédaigneusement une branche accessoire !
- Il y a d’ailleurs lieu de remarquer que le nombre des moteurs électriques en service est loin d’atteindre les 7 000 dont parle YExposé de M. Charles Bos. Il était exactement de 2056 à la date du 30 juin 1897.
- Les usines de Berlin ne marchent pas jour et nuit; il y .a là une erreur matérielle. Il suffit d’aller à Berlin pour constater qu’il y en a au maximum deux qui marchent pendant le jour, celles de la Mauerstrasse et de la Spandauerstrasse. Encore est-il probable que, après la sortie des théâtres, celle de la Mauerstrasse est seule à fonctionner. Il faut nécessairement qu'il y en ait une au moins qui marche nuit et jour, puisque ces stations ne possèdent pas de batteries d’accumula-
- II est évidemment très avantageux pour la Société Berlinoise de pouvoir alimenter tout son réseau aux heures de faible charge au moyen d’une seule station. Cet avantage tient uniquement à ce qu’elle est seule concessionnaire.
- S’il n’y avait à Paris, au lieu de septs Sociétés ou Administrations qui se disputent le terrain, qu'un seul concessionnaire pour la distribution de l’éner-
- (1) Rappelons que M. Rathenau, directeur de la Société Berlinoise des Usines d'Électricité, est la source d’où proviennent presque tous les renseignements donnés par M. Charles Bos sur le développement de l’électricité à Berlin.
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- .gie électrique, il n'aurait pas eu besoin d’aller à Berlin pour savoir qu’on peut alimenter d’un point donné un réseau donné d’autant plus loin que la charge y est plus faible par rapport à la charge maxima pour laquelle il a été établi, et on aurait vu à Paris aussi un nombre très restreint d’usines centrales marchant nuit et jour à pleine charge pendant que dans les autres les frais d'exploitation auraient couru au maximum huit heures par jour.
- III. Avant d’aller plus loin, il est nécessaire de se rendre compte du développement actuel de l’électricité à Paris et à Berlin.
- Remarquons tout d’abord qu’il est profondément injuste de comparer L'état de ce développement à Paris et à Berlin à une même époque, car en 1888, par exemple, la Société Berlinoise avait déjà trois années d’exploitation, tandis qu'à Paris aucune autorisation de canaliser n’avait encore été accordée.
- C’est en- effet à la date du 18 août 188s que la Société Berlinoise a commencé son exploitation, ce qui faisait, au 18 août 1897, douze années d'exploi-
- A Paris, les quatre plus anciens secteurs ont commencé à exploiter dans le courant de l'année 1890, la plupart vers la fin ; le secteur des Champs-Elysées dans le troisième trimestre de l'année 1892 et le secteur de la Rive Gauche le 15 janvier 1896, ce qui faisait, à la date du ï8 août 1897 une durée moyenne d’exploitation de cinq ans et huit mois, soit six ans et quatre mois de moins qu'à Berlin.
- On peut donc dire qu'à Paris le point de départ de l'exploitation retarde de six ans environ sur celui de Berlin ; il faut dès lors comparer le développement de l'électricité à Paris et à Berlin non pas à une même date, mais après une même durée d’exploitation.
- Si on fait cette comparaison, qu’il serait trop long de détailler ici, on constate bien facilement que, non seulement comme lumière, mais encore comme applications mécaniques (moteurs en nombre et en puissance totale), l’électricité a été constamment plus développée à Paris qu'à Berlin.
- Mais U y a plus : faisons, malgré la grande infériorité qui en résulte pour Paris, la comparaison à l’époque actuelle. Cette comparaison est donnée dans le tableau ci-dessous.
- EXISTANT A BERLIN PARIS
- Nombre total d’abonnés en service pour éclairage et force 4607 12 060
- Nombre de lampes d’éclairage public 1 (réduites en iobou-i gies) (') 4 668 9 °37
- tDi Nombre de lampes 2 l pour les particuliers ’n 1 (réduites en 10 bou- •g 1 Kies) l!> 426 468 795 874
- J Totaldel'éclairage en i lampes de 10 bou-\ g‘es 431136 774 9”
- Nombre de moteurs électriques en ser- 2056 1 o63
- S ^ Puissance globale en 0 i chevaux 7475 3 °39
- ^ [ Puissance réduite en lampes de 10 bou-1 gies 164450 66 858
- Total des installations réduit en lampes de 10 bou-gies 59S S86 841 769
- Longueur des canalisations de distribution en kilomètres 281 383
- Capitaux engagés, déduction faite des amortissements en francs. . . . 26 400000 74 700 000
- Par lampe de 10 bougies . 41 33 88 74
- I“”°- Par kilomètre b’. de canalisa- sation 1 tj0 en francs./ 93 950 » i95°39 »
- ' Parabonneen service. . . 5 730 » 6 194 •
- (‘) /' existe enduire à Paris, « v uLVen'»™vernie 1™ '“t* XÎTaïSS!
- Ce tableau, établi d’après les comptes rendus de la Société Berlinoise ('), donne les renseignements
- (q Les données relatives à Paris nous ont été fournies par
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- pour Paris à la date du 31 décembre 1897. et pour Berlin à la date du 30 juin 1897, fin du dernier exercice financier, sauf en ce qui concerne l'éclairage public dont nous n'avons pu avoir le détail qu’au 30 juin 1896 (q ; mais il ne paraît pas y avoir eu d'extension notable de cet éclairage pendant l’exercice 1896-97.
- Il en ressort pour l'éclairage un total de 431136 lampes de 10 bougies à Berlin contre 774911 à Paris.
- En appliquant la même comparaison à la puissance mécanique, on trouve à Berlin 2036 moteurs représentant une valeur globale de 7 473 chevaux, tandis qu’à Paris il n’y en a encore que 1 063 représentant une puissance globale de 3039 chevaux. Paris est donc en sensible infériorité de ce côté, mais il est bien certain que le nombre et la puissance globale actuellement en service à Berlin seront dépassés à Paris avant 1903, le développement de ces applications devenant, comme le prouve le tableau ci-dessous, très rapide après une certaine période pendant laquelle la masse reste dans l’expectative.
- Tableau des moteurs électriques en service à Berlin.
- DES EXERCTCES . yy
- 1885-1888 0 0
- 1888-1889, 17 60
- 1889-1890 28 100
- 1890-1891 76 270
- 1891 1892 121 500
- 1892-1893. ...... 232 7»s
- 1893-1894 380 !364
- 1894-1893 663 2366
- 1895-1896 1347 4813
- 1896-189/ 2056 7475
- Il faut ajouter, d'ailleurs, que l’esprit de routine est beaucoup plus ancré à Paris qu’à Berlin et que,
- les Secteurs Parisiens eux-mêmes et sont absolument sûres ; toutefois, pour éviter une critique déjà formulée, nous avons réduit le capital de la Compagnie Parisienne de Pair comprimé à la valeur de son matériel neuf du secteur électrique.
- (’) Ce qui équivaudrait à la situation de l'éclairage public au 50 juin 1902 à Paris.
- malgré tous leurs efforts, les Secteurs parisiens n’ont pu encore décider l’industrie à remplacer les antiques procédés manuels par les machines perfectionnées qui ont tant favorisé le prodigieux développement de l’industrie berlinoise.
- Il est à remarquer combien plus nombreux sont les abonnés à Paris qu'à Berlin, ce qui prouve que l’éclairage est beaucoup plus démocratisé chez nous que chez nos voisins de l’Est.
- Nous ne considérons dans tout le présent travail que l’ensemble des installations appartenant aux six Secteurs, laissant de côté l’usine des Halles ainsi que toutes” les autres installations municipales ou particulières, non pas que leur importance soit négligeable, mais faute de données suffisamment précises à leur sujet. D'ailleurs, leur intervention ne pourrait que fausser la comparaison, car nous ne considérons également à Berlin que les installations de la Société Berlinoise, laissant de côté toutes les installations par îlots.
- En résumé, malgré ses six années de moins d’exploitation, Paris a 2,6 fois plus d’abonnés, 1,8 fois plus de lampes installées, 1,9 fois plus de lampes d'éclairage publicet unréscau beaucoup plus développé que Berlin. Par conséquent, l’emploi de l’énergie électrique s’est développé beaucoup plus vite à Paris qu’à Berlin et il n'y a pas lieu de gémir plus longtemps sur un retard qui est purement imaginaire.
- IV. On peut en conclure que les tarifs d’éclairage pratiqués à Paris n’ont rien d’excessif.
- Il serait aisé de démontrer que les gros frais incombant à celui qui s’éclaire à l’électricité proviennent, non pas de la somme qu'il paie mensuellement à la Société productrice du courant, mais- de la première installation, toujours onéreuse. L’éclairage électrique ne prendra l’immense développement auquel il est destiné dans les petits logements que le jour où la Société productrice du courant pourra se charger de faire elle-même la première installation et la donner en location à l’abonné.
- . C’est malheureusement ce qui est impossible actuellement sous le régime du cahier des charges imposé par la Ville aux Secteurs parisiens, et ce serait encore beaucoup plus impossible avec un cahier des charges aggravé, comme celui dont ils ont été menacés.
- V. Ceci nous amène tout naturellement à comparer les recettes et les charges de la Société Berlinoise avec celles des Secteurs parisiens.
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- Les charges de capital de la Société Berlinoise au 30 juin 1897 étaient les suivantes :
- Actions.............. 12600000 marks.
- Obligations........... 7161500 —
- Compte courant . . 906055 —
- Hypothèques. . . . 455000 —
- Total .... 21 122555 marks.
- c’est-à-dire 26403 191 fr qui représentent, à 5 p. 100 d’intérêts, une charge annuelle de 1 520 160 fr.
- Le total des capitaux engagés dans,les six Secteurs parisiens s’élevait, au contraire, à la date du 51 décembre 1897, à 74 700000 fr, soit à raison de 5 p. 100 d'intérêts; une charge annuelle de 3 millions 735 000 fr.
- Par kilomètre de canalisation, la charge de la Société Berlinoise est, comme nous l’avons vu. de 93 950 fr contre 195 039 fr pour la moyenne des Secteurs parisiens, soit 2,08 fois plus forte à Paris qu’à Berlin.
- D’où provient cette différence, qui met les Sociétés de Paris dans une position si inférieure à la Société Berlinoise?
- Cinq motifs nous paraissent avoir contribué principalement à produire ce résultat.
- En premier lieu, l'exploitation parisienne, au lieu d’être comme à Berlin confiée à une seule société, est répartie entre six compagnies privées et plusieurs usines municipales, ce qui a produit ce double résultat de faire construire beaucoup plus d'usines séparément trop petites que ne l'eût exigé une saine conception financière dans le cas de l’entrepreneur unique, et de mettre les Secteurs en concurrence précisément dans les parties les plus productives de Paris, car on pourrait citer telle région du centre où jusqu’à trois secteurs ont canalisé côte à côte : c’est là une dépense de capital inutilement triplée.
- En second lieu, le Conseil municipal de Paris a imposé aux Secteurs l'obligation de canaliser dans un très court délai des longueurs considérables de voies excentriques dont le rapport est sensiblement nul, ce qui a obligé la canalisation à s'étendre à Paris très rapidement.
- A Berlin, au contraire, la Compagnie s'est taillé par son traité de février 1884 un petit district situé au cœur meme de la ville ; puis en 1888, elle s’est fait agrandir considérablement sa circonscription, maisen évitant soigneusement de s’éloignerdu centre. En 1890, elle s’est fait accorder le droit de
- canaliser partout où elle voudrait, sous la seule réserve de l'approbation de la municipalité dans chaque cas. Enfin, d’après un nouveau traité, dont l’approbation définitive paraît probable, la Société Berlinoise aurait le droit de canaliser tout Berlin sans autorisation préalable.
- Un exemple sera d’ailleurs frappant : au 30 juin 1889, après quatre années d’exploitation, la Société Berlinoise n’avait canalisé que 26 kilomètres de rues, tandis que dans un délai plus faible de six semaines, au 30 juin 1894, le seul Secteur de la place Clichy, à Paris, avait déjà canalisé près de 52 kilomètres, soit le double, les 26 kilomètres ayant été atteints dans les douze, premiers mois de l’exploitation. Il en a été de même pour les autres Secteurs parisiens.
- La Société Berlinoise a pu ainsi graduer son expansion : son capital est passé de 5 180000 fr au 30 juin r888 à 17 millions au 30 juin 1890 et 20 500000 francs au 30 juin 1891, pour arriver au chiffre actuel de 26 400000 francs, tandis que les Sociétés de Paris ont presque toutes été obligées de débuter avec un très gros capital.
- E11 troisième lieu, les Secteurs parisiens ont adopté une mesure libérale, qui a très efficacement contribué au rapide développement de l’électricité, c’est de prendre à leur charge les frais de premier établissement des branchements et de les donner en location à leurs abonnés. Il en résulte pour les six secteurs une charge qu'on ne saurait guère évaluer à moins de 7 ou 8 millions de francs et que n’a pas la Société Berlinoise, car elle exige, à de très rares exceptions près, le remboursement des frais de branchements avant la mise en service de l’abonné.
- En quatrième lieu, les terrains et les machines sont beaucoup plus chers à Paris qu'à Berlin. 11 est difficile de chiffrer exactement la majoration qui en résulte pour Paris, mais elle' ne saurait être moindre deas à3o p. 100.On voit nettement la différence de prix entre les machines similaires françaises et allemandes quand on étudie les adjudications qui ont lieu pour certains États ou certaines municipalités étrangères. Cette cherté est attribuable, en partie au moins, aux droits souvent très élevés qui protègent l'industrie française, en partie également aux droits d’octroi qui frappent presque tout ce qui entre à Paris, en partie à des raisons d’ordre général qui font que la vie est plus chère en France qu’en Allemagne.
- Enfin la Société Berlinoise a usé largement dans
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- les débuts et use encore, à l'occasion, du droit d'hypothéquer ses immeubles. Le total de ses hypothèques est monté jusqu’à i 543 125 francs au 30 juin 1889. Depuis lors, elle a amorti en grande partie cette dette selon la marche de ses recettes. Cette ressource, formellement interdite par le cahier des charges auquel ils ont dû se soumettre, a complètement manqué aux Secteurs parisiens.
- En somme, une partie de ces causes tient aux circonstances ambiantes, une autre partie aux exigences du cahier des charges, que nous n’avons pas la prétention de modifier. Bornons-nous à prendre acte que l'industrie électrique supporte à Paris des charges de capital, bien indépendantes de son fait, de beaucoup supérieures à celles qu’elle supporte à Berlin.
- VI. Mais ce n’est pas tout, car il en est'de même pour lés charges d'exploitation et d’amortissement.
- En ce qui concerne l'exploitation, on peut dire que tout est beaucoup plus cher à Paris.
- Le charbon, qui revient aux Secteurs parisiens à 32 fr la tonne en moyenne, se paie à Berlin de 13 à 19 marks; pendant l’exercice 1895-1896, par exemple, la Société Berlinoise a payé le sien à raison de 14 marks, soit seulement 17,50 la tonne, guère plus de la moitié du prix moyen à Paris.
- Le charbon de Berlin est sensiblement de même qualité que ceux qui sont employés à Paris ; il est plutôt légèrement supérieur, ainsi que le prouve la comparaison des chiffres représentant la dépense moyenne de charbon par kilowatt-heure produit. Le charbon coûte donc à Paris au moins 83 p. 100 de plus qu’à Berlin.
- M. Rathenau assure qu'il est inutile d’en tenir compte, attendu que le charbon constitue à peine 10 p. 100 de la dépense totale. Cependant 83 p. 100 de majoration sur 10 p. loodela dépense font en définitive & 1/3 p. 100 de majoration rien que du fait du charbon. M. Rathenau est décidément très habile. Il néglige aussi la main-d'œuvre pour le même motif.
- Cependant, il est facile de vérifier qu'à niveau égal l’ouvrier berlinois, moins affiné, travaille plus et touche une paye moindre dans sa journée que l’ouvrier parisien.
- Prenons comme exemple leschauffeurs: ceux de la Société Berlinoise sont payés à raison de 0,50 fr l’heure, mais ils développent une somme de travail considérable. Dans une des usines centrales, où fonctionnent normalement cinq chaudières de
- 173 mètres carrés chacune de surface de chauffe, deux chauffeurs doivent assurer le service, ayant charge alternativement par semaine de deux ou trois chaudières chacun. Au moment de la forte charge, il ne faut pas marcher, mais courir pour tenir la pression. Dans une autre usine centrale, les chaudières ont chacune 425 mètres carrés de surface de chauffe et il y a au maximum un chauffeur par chaudière; parfois, le chauffeur doit assurer la marche de plus d’une chaudière. Il serait impossible d’obtenir un pareil travail de l’ouvrier parisien. Au Secteur de la place Clichy, les chaudières sont de 244 mètres carrés de surface de chauffe et l’activité de l’évaporation est du même ordre qu'à Berlin. Il est impossible de donner à un chauffeur plus d’une chaudière à conduire, et ce chauffeur est payé en moyenne à raison de 0,60 fr l'heure.
- La dépense moyenne de main-d’œuvre de chauffe par heure et pour 1 000 mètres carrés de surface de chauffe est donc à Berlin de 1,16 fr et au Secteur de la place Clichy de 2,46 fr, soit 2,12 fois plus grande à Paris qu’à Berlin.
- Il en est de même pour tout le personnel ; les employés et les ingénieurs sont très peu payés à Berlin. On nous a cité des femmes employées à la correspondance ou chargées de la comptabilité, dont le salaire maximum est de 75 fr. par mois. En un mot, il faudrait presque doubler le total des dépenses en main-d’œuvre à Berlin pour obtenir à Paris le même travail.
- Si l’on calcule le prix de revient du kilowattheure produit, en défalquant les impôts, les frais d’assurance et le charbon, c’est-à-dire en conservant presque exclusivement les frais de bureau, la main-d'œuvre et l'entretien, on trouve que pour l’exercice 1895-1896 ces frais sont entrés à Berlin pour 0,104 fr dans Ie prix fr revient du kilowattheure produit, tandis qu’au Secteur de la place Clichy le même élément est monté à 0,119 fr pendant l’exercice 1896-1897, soit une majoration de 14 p. 100 seulement. Si l’on tient compte que rien que la différence des salaires pour un même travail produit devrait faire au moins 50 p. 100 de différence, on se demande où sont cette supériorité de procédés, cette supériorité d’administration, cette absence de luxe qui sont censées avoir fait la prospérité de la Société Berlinoise. Serait-il vraiment dans l’intention du Conseil municipal de reprocher aux Secteurs parisiens de faire moins peiner leurs ouvriers qu’on le fait à Berlin ?
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- VII. Il nous faut revenir enfin sur cette énorme différence dans la participation de la Ville aux bénéfices, qu’on fait sonner si haut pour écraser les Secteurs parisiens. Il semble que les droits d’octroi, qui représentent 7,20 fr. par tonne de charbon consommé, et qui n'ont pas d'équivalent à Berlin, disparaissent bien aisément de la comparaison.
- Pour l’exercice 1896-1897, Société Berlinoise a payé pour impôts et part totale de la Ville dans les bénéfices une somme totale de 887 984 marks, soit 1109980 francs, pour 14269817 kilowatts-heures livrés, ce qui fait une charge moyenne de 0,077 fr Par kilowatt-heure. Si on fait le même calcul pour le Secteur de la place Clichy, pour le même exercice, en comprenant dans les impôts l’octroi sur le charbon seulement, on arrive à une charge de 0,116 fr par kilowatt-heure, soit 51 p. 100 de plus qu’à Berlin.
- Enfin, à Paris, les frais d'administration courent pour six Sociétés au lieu d’une seule.
- Ces différences, relativement petites lorsqu'on les envisage isolément, sont toutes au détriment des Secteurs parisiens et finissent par produire une majoration considérable du prix de revient du kilowatt-heure. Cette majoration ne suffirait pas toutefois à expliquer l’écart entre les prix de vente actuels à Paris et à Berlin, et cet écart resterait étrange s’il n’était nécessaire de faire intervenir un facteur de beaucoup plus haute importance, qui est l’amortissement.
- VIII. La situation des Sociétés de Paris et de Berlin, au point de vue de l'amortissement, est en effet encore plus différente qu'à tout autre égard-
- A Berlin, la Société a une autorisation de trente années d’exploitation, renouvelable à son expiration de deux ans en deux ans par tacite reconduc. tion, de sorte qu'il faut un vote exprès de tout le corps municipal, avec toutes les formalités nécessaires, pour que l’exploitation cesse.
- A l'expiration, tout son matériel reste sa propriété et peut être racheté par la Ville à dire d'experts. Une petite phrase stipule bien que la concession donnée à la Société Berlinoise ne lui donne pas le droit exclusif d'utiliser les rues et trottoirs pour poser ses câbles, mais l’absence de toute clause relative à une réserve municipale, la part que la Ville s’est réservée sur le bénéfice net et l’ensemble des différents traités qui se sont succédé montrent clairement que la Ville n'a l'intention ni d’autoriser un second concession-
- naire, ni de créer un service municipal concurrent. C’est un monopole de fait, sinon en droit.
- D’ailleurs, on sera fixé sur les sentiments des autorités municipales vis-à-vis de la Société Berlinoise en lisant les considérations suivantes, extraites d’une conférence faite par M. le docteur Kallmann, ingénieur électricien de la Ville de Berlin.
- « Messieurs, non seulement les municipalités qui exploitent des usines leur appartenant, mais aussi les villes qui ont concédé à des entrepreneurs privés le droit d’exploiter des usines d’élcc-tricité, ont un intérêt immédiat à ce que les usines centrales fassent des bénéfices, car dans la plupart des cas les entrepreneurs abandonnent chaque année aux municipalités une part de leurs bénéfices. Autant que cela est en leur pouvoir, les autorités municipales doivent chercher à empêcher le développement des stations par îlots de maisons. Chaque fois qu’une telle installation demande à traverser une rue ou une place pour étendre sa distribution de courant, l'autorité municipale doit refuser son autorisation, à moins qu’il ne s’agisse d'un cas d’intérêt général. La municipalité de Berlin part de ce point de vue pour empêcher, dans la grande majorité des cas, les réseaux d’installations particulières de se développer. »
- Ajoutons qu’un nouveau traité, à l'étude depuis quatre ans environ, a été approuvé le 50 mars dernier par le Magistrat et le sera vraisemblablement par l'Assemblée municipale. Le point saillant de ce traité, trop complexe pour être discuté en détail ici, est que la Ville renonce à exercer son droit de rachat jusqu’au ier octobre 1915, mais que par contre les frais de rachat seront sensiblement diminués.
- M. le Dr Kallmann ne nous a d’ailleurs pas caché que la politique actuelle de la municipalité berlinoise consistait à favoriser dans la plus large mesure le développement de la Société, afin d'avoir, le jour où elle voudra la racheter, une installation dont la prospérité soit arrivée à un très haut degré et qui puisse immédiatement donner de gros bénéfices malgré de nouvelles réductions de tarifs. Cette politique paraît plus sensée que celle qui est pratiquée à Paris.
- Aussi la Société Berlinoise se contente-t-elle d’amortir 1/2 p. 100 sur les terrains et bâtiments, 7 1/2 p. 100 sur ses machines et y p. 100 sur ses câbles, ce qui, en tenant compte de l’importance des divers éléments, constitue un amortissement
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- annuel sensiblement inférieur à 4 p. 100 du total des immobilisations.
- A Paris, au contraire, les Sociétés n’ont qu’une autorisation de dix-huit ans à courir de la notification, soit moins de dix-sept ans d’exploitation, à l'expiration de laquelle tout le réseau devient de droit et sans indemnité propriété de la Ville. Les canalisations doivent donc être amorties complètement dans ce laps de temps inférieur à dix-sept ans. En outre, M. Charles Bos n’a pas caché, et tout le Conseil a été d'accord avec lui sur ce point, qu’il fallait s’attendre à ce que la Ville établit en 1907 une exploitation municipale, directe ou en régie.
- A ce moment donc, les Secteurs parisiens se trouveront sans réseau, sans autorisation de poser de nouveaux câbles, conservant sur les bras des usines centrales, des branchements etdescomp-' teurs dont ils ne sauront que faire et dont la valeur vénale tombera sensiblement à rien.
- Les Sociétés sont donc obligées d’amortir, en seize ans environ, la totalité de leurs immobilisations, qui croissent d’ailleurs d’année en année puisqu’elles n’ont pas le droit de refuser le courant, et n’useraient pas de ce droit si elles le possédaient. Il est difficile d’évaluer quelle charge cette nécessité constitue pour l’ensemble des Secteurs parisiens ; mais si nous prenons l'un des moins intéressants, d'après Y Exposé de M. Charles Bos, parce que c’est un de ceux qui se trouvent dans les meilleures conditions, nous savons que le calcul, fait avec soin, porte à 9 p. 100 du montant des immobilisations l'amortissement annuel nécessaire. Pour certains autres Secteurs la charge serait encore beaucoup plus lourde.
- Si l’on tient compte que, pour les motifs énoncés plus haut et qui sont bien indépendants des Sociétés, les immobilisations sont, par kilomètre de canalisation, 2,08 fois plus fortes à Paris qu’à Berlin, on voit immédiatement que les charges d'amortissement annuel sont 4,08 fois plus lourdes pour les Secteurs parisiens que pour la Société Berlinoise, c'est-à-dire tout simplement écrasantes. Par exemple, là où la Société Berlinoise, comme dans l'exercice 1896-1897 grève le prix du kilowattheure de 0,08 fr pour amortissements, la moyenne des Secteurs parisiens serait obligée, pour garder la proportion, de le grever de 0,384 fr rien que pour charges d'amortissement.
- IX. 11 ressort avec évidence des renseignements fournis ci-dessus, que les tarifs de Paris seront for-
- cément plus élevés que ceux de Berlin. Toutefois, il y a encore lieu de mettre en lumière, à cet égard, divers éléments d'appréciation en dehors de ceux qui figurent ci-dessus.
- Tout d’abord, il est profondément injuste de comparer le prix brutal du kilowatt-heure à Paris, attendu qu'à Paris tout est plus cher, les salaires sont élevés en proportion et tel objet, un kilowattheure d’électricité par exemple, aura la même valeur à Paris et à Berlin s’il est vendu 1 fr à Paris et 0,70 fr à 0,80 fr à Berlin (*).
- Ensuite, il importe de signaler que les tarifs de 0,75 fr le kilowatt-heure d’éclairage, avec rabais Suivant la consommation, et de 0,20 fr le kilowattheure de force motrice, sans aucun rabais, ne sont en vigueur que depuis le icr janvier 1896, que la Compagnie se réserve en outre 10 p. 100 des frais d'installations intérieures à titre de surveillance et de contrôle, et qu'enfin elle a passé ses premières années, toujours les plus dures, sous un régime de tarifs beaucoup plus élevés, plus élevés qu’ils ne l'ont jamais été à Paris.
- Voici, en effet, les tarifs qui ont été en vigueur jusqu’en 1890, soit pendant plus de quatre années d’exploitation :
- 1" Eclairage par incandescence.— 1 fr le kilowatt-heure, plus une taxe fixe de 7,50 fr par ]ampc de 16 bougies installée et par an, avec des rabais au-dessus de 800 heures ;
- 2" Eclairage par arcs. — 1 fr le kilowatt-heure plus une taxe fixe annuelle de 50 fr par lampe à arc installée, l'entretien des régulateurs et la fourniture des charbons restant d’ailleurs à la charge de l’abonné, avec rabais au-dessus de 800 heures ;
- Ÿ Force motrice. — Aucun tarif fixe. L’abonné devait s’entendre avec la Compagnie dans chaque cas particulier. Le premier tarif fixe a été de 0,625 fr le kilowatt-heure.
- Il est facile, d’après ces données, de calculer le tarif qui s'appliquait pendant cette période aux lampes d’éclairage domestique, qui brûlent toutes moins de 800 heures par an, premier échelon du rabais sur le courant, la taxe fixe restant immuable.
- D’après un compte rendu récent, les lampes
- P) Cette grande différence est en partie imputable aux droits d’octroi très élevés de Paris. L’exemple de Berlin et de toute l’Allemagne est là pour montrer la possibilité de supprimer ces douanes intérieures qui sont un vestige de la barbarie du moyen âge, et devrait frapper ceux qui font campagne pour empêcher les quelques municipalités qui s'en occupent de réaliser ce progrès.
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- d’éclairage domestique brûlent en moyenne 160 heures par an. Prenons 180 pour nous mettre au-dessus de la réalité.
- La dépense de deux lampes de 16 bougies en une heure est exactement d’un hectowatt-heure. La taxe fixe de ces deux lampes est de 15 fr, qui, répartie sur i8ohectowatts-heures donne 0,084 fr-Négligeons les 10 p. 100 des frais d’installation que s'attribue la Compagnie, Lhectowatt-heure n’en revenait pas moins à cette époque à 0,184 fri qui dépassent de 0,044 fr le maximum si critiqué de
- Si les Secteurs parisiens avaient pu appliquer de pareils tarifs pendant leurs cinq premières années d’exploitation, ils auraient pu, comme la Société Berlinoise, faire de temps à autre des réductions sur ce premier tarif et arriver, d’ici peu d’années, à un tarif moindre que celui qu’ils ont le droit d'appliquer jusqu’en 1907, sans parvenir à égaler les tarifs de la Société Berlinoise pour les multiples raisons énoncées ci-dessus.
- X. Il serait facile de montrer que, placées dans les mêmes conditions que la Société Berlinoise^ les Sociétés parisiennes auraient pu employer les mêmes tarifs. Le calcul est un peu aride et nous nous bornerons à en donner les résultats.
- Si on prend le dernier bilan du Secteur de la place Clichy et qu’on ramène les recettes et les dépenses à ce qu’elles auraient été à Berlin, on arrive aux conclusions suivantes :
- i° Avec les tarifs actuels de Berlin, la part de la Ville de Paris eût été de 142 678 fr et on eût distribué un dividende de 7 1/2 p. 100 aux actionnaires ;
- 20 Avec- les tarifs employés par la Société Berlinoise dans sa septième année d’exploitation, la part de la Ville de Paris eût été de 499 071 fr. et on eût distribué un dividende de 21 1/4 p. 100 aux actionnaires (£).
- Cet exemple montre bien que si la Société Berlinoise prospère plus que les Secteurs Parisiens, ce fait n'est pas dû à la supériorité de l'exploitation allemande, mais simplement aux circonstances tout à fait différentes, les unes par suite de considérations locales, les autres du fait des municipa-
- (’) Il csî à remarquer que la recette- brute qu'aurai: faite le Secteur de la Place Clichy avec ces tarifs est très légèrement supérieure à celle qu’il a faite réellement avec les tarifs en usage à Paris ne sont pas plus élevés que ceux qui étaient usités à Berlin après la môme durée d’exploitation.
- lités, dans lesquelles se trouvent placées les exploitations de Paris et de Berlin.
- Nous avons tenu néanmoins à prouver qu'à Paris on aurait pu arriver à la rigueur dans l’espace de sept ans d’exploitation à appliquer les tarifs qui ont mis onze ans à se faire jour à Berlin, si les exigences du Conseil municipal n’avaient pas obligé les Secteurs parisiens à augmenter démesurément leurs capitaux, leurs immobilisations, diverses sortes de frais et surtout leurs amortissements annuels.
- De ces exigences, les unes sont irréparables et empêcheront d’ici bien des années que nous puissions arriver à des tarifs équivalents à ceux de Berlin. Les autres pourraient être atténuées de façon à produire dès à présent des abaissements considérables de tarifs : les conditions à remplir dans ce but se déduiraient immédiatement du présent travail, mais elles auraient si peu de chances d’être adoptées dans les circonstances actuelles qu’il nous paraît bien inutile d’y insister.
- Qu’il suffise de constater que, si à Paris on doit payer jusqu'en 1907 le courant électrique beaucoup plus cher qu’on ne le paie aujourd'hui à Berlin, cela tient non pas à la mauvaise volonté, ni à la mauvaise exploitation ou à la mauvaise administration des Secteurs parisiens, mais bien à la dureté des conditions auxquelles ces sociétés sont soumises.
- XI. Il nous paraît utile cependant d’insister sur les conclusions à tirer de la comparaison que : nous venons de faire aux paragraphes précédents.
- : Il en résulte, en effet, les points très importants qui suivent :
- i° Si on appliquait au dernier exercice du Secteur de la place Clichy les tarifs en usage à Berlin dans la septième année d’exploitation, qui correspond à cet exercice, la recette brute faite par ce Secteur aurait été très légèrement supérieure à celle qu’il a réellement faite 2 240 970 fr au lieu de 2 219975 fr).
- Par conséquent, dans la septième année d’exploitation, le prix moyen de vente du kilowattheure à Berlin était légèrementplus élevé qu’il ne l’était au Secteur de la place Clichy, qui est, d'après l'exposé de M. Charles Bos un de ceux dont le tarif moyen de vente est le plus élevé.
- Ce fait, qui paraît paradoxal, tient simplement à l’existence d’une taxe fixe sur les lampes, et cette observation s’applique au tarif de la Haute Sprée, dont la modération a tant frappé M. Charles Bos.
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- On remarque la faiblesse du tarif de vente du kilowatt-heure, sans faire attention à la taxe fixe, d'apparence modeste, et il faut faire le calcul pour s’apercevoir que cette modeste taxe fixe produit, surtout pour un emploi à faible facteur d’utilisation comme l’éclairage en général, une recette comparable et parfois supérieure à celle du courant ;
- Cette recette équivalente étant posée, la Société Berlinoise a distribué 7 3/4 p. 100 de dividende à ses actionnaires à la fin de son septième exercice, tandis que le Secteur de la place Clichy n'a donné que 5 p. 100, et cela bien que la ville de Paris n'ait touché que 3 p. 100 des recettes brutes tandis que la ville de Berlin a touché 10 p. too des recettes brutes et en plus environ 67 000 fr de part de bénéfices! D'où vient cette différence?
- Nous avons fait justice déjà de l'objection relative à la participation de la Ville et montré que la charge d’impôts des Secteurs parisiens par kilowatt-heure livré est de si p. 100 plus lourde que celle de la Société Berlinoise.
- Cette charge plus lourde explique déjà une partie de la différence dans le dividende distribué. Le reste incombe aux frais d'administration plus lourds, aux charges de capital plus lourdes, aux charges d’amortissement plus lourdes, le tout pour les motifs que nous avons donnés précédem-
- 30 On est tenté de tirer la conclusion suivante, qui est erronée : du moment que vous avez les mêmes tarifs qu'à Berlin dans la même période d’exploitation, vous pourrez, comme à Berlin, les abaisser presque chaque année et regagner par le
- ' développement de votre industrie la perte sur l’unité vendue.
- La conclusion est erronée,
- D’abord parce que ce tarif était déjà à Berlin un tarif réduit sur des tarifs antérieurs plus élevés, tandis qu’à Paris le tarif est resté le même, de sorte qu’il faudrait le prolonger encore plusieurs années pour avoir, dans les douze premières années par exemple, la même moyenne.
- Ensuite, parce qu'aucun des Secteurs parisiens n’a pu faire les amortissements que nécessiteraient les conditions de leurs autorisations, et que tous ont besoin de fortes augmentations de recettes, rien que pour pouvoir rattraper en partie ce retard dans leurs amortissements.
- Enfin, parce qu'une grande extension de l'industrie nécessiterait l'emploi d'importants capitaux, qu'il serait impossible d'amortir dans le peu de temps qui reste aux Secteurs parisiens, tandis que la Société Berlinoise avait plus de vingt ans devant elle quand elle a fait ses plus importantes réductions de tarif.
- Il ressort avec évidence de tout ce qui précède que toute réduction de tarifs sera un gros sacrifice -pour les Secteurs parisiens, et un sacrifice qu'ils ne pourront consentir que si la période d’amortissement qui leur est ouverte est considérablement augmentée. O11 ne comprend d'ailleurs pas bien la limitation si brève de simples permissions, sans monopole ni privilège quelconque, et nous ne réussissons pas à concevoir en quoi de telles autorisations peuvent engager l’avenir, puisque la porte reste ouverte à toutes les concurrences-, y compris celle de la Ville.
- BIBLIOGRAPHIE
- Formulaire physico-chimique, par D. Tommasi. — 500 pages. — J. Fritsch, éditeur, Paris.
- Ce nouveau recueil de tables, de formules et de renseignements pratiques à l’usage des chimistes, des ingénieurs et des industriels contribuera à faciliter les recherches de tout ordre en chimie et en physique. Les parties qui pourraient faire double emploi avec les formulaires et agendas déjà publiés sont restreintes au minimum, grâce au soin pris par l'auteur de remonter aux sources
- originales et parce que le plus grand nombre des données rassemblées dans cet ouvrage ne se trouvaient jusqu'à présent qu’éparses dans des publications françaises et étrangères les plus diverses.
- Ce formulaire est divisé en huit chapitres relatifs aux sujets suivants :
- Fusion, solidification, liquéfaction et ébullition des corps ‘
- Solubilité des gaz et des composés minéraux et organiques;
- Mélanges réfrigérants ;
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- Dilatation des solides, des liquides et des gaz : Phénomènes capillaires ;
- Densité des solides, des liquides et des gaz ; Thermochimie ;
- Renseignements divers.
- Dans ces divers chapitres, les données numériques enregistrées sont très nombreuses et variées ; on y trouve les résultats de recherches très spéciales que l’on chercherait vainement dans les autres ouvrages du même genre, par exemple, sur l'état sphéroïdal des corps, sur les dimensions des molécules, sur l'action de la pression sur les corps, etc. Chaque sujet est précédé d’un rappel des lois qui le régissent ; l’énoncé de ces lois est parfois un peu vague et incomplet et pas toujours conforme aux résultats les plus récents. Les résultats de Rossetti (1878), par exemple, concluant à la variation de la température des charbons de l'arc suivant l’intensité du courant et la surface rayonnante sont contredits par des travaux plus récents.
- Nous espérons que ces rares points critiquables ainsi que quelques incorrections matérielles auront disparu dans la deuxième édition d’un ouvrage qui, tel qu’il est, forme le complément indispensable des ouvrages à consulter pour l’étude et les applications des phénomènes physico-chimiques.
- ___________ A. H.
- Die elektrischen Beleuchtungsanlagen (les Installations d’éclairage électrique), par A. Ritter von Uhbanitzky. — 3e édition, 240 pages, 113 figures. A. Hartleben, éditeur, Vienne.
- Ce volume de la Bibliothèque ëlectrotcchniquc bien connue de Hartleben, a subi dans ses éditions successives de nombreuses transformations. La première édition date en effet de l’époque où on ne pouvait citer qu'une seule station centrale
- d’éclairage électrique (à New-York). Pour maintenir son ouvrage au niveau des progrès rapides de l’industrie électrique, l’auteur a donc dû en remanier totalement la plupart des chapitres et, pour ne pas dépasser son cadre, en éliminer différentes matières qui, comme la photométrie, les appareils de mesure, etc., forment maintenant des volumes séparés de la même collection.
- La troisième.édition forme un exposé descriptif des procédés et des appareils usités dans la pratique actuelle de l’éclairage électrique. Après avoir discuté en quelques pages la valeur économique relative des diverses sources de force motrice et consacré un très bref chapitre aux machines dynamo, à leur groupement et leur installation, l’auteur s’occupe plus longuement dans son troisième chapitre de la régulation et de la distribution du courant; on y trouve, à côté d’un exposé raisonné des divers systèmes de distribution, la description, avec nombreuses figures à l'appui, des modèles les plus employés de régulateurs et de rhéostats à main ou automatiques.
- Le quatrième chapitre est consacré aux appareils d’éclairage, lampes et leurs accessoires, à la comparaison des diverses sources de lumière et à la distribution delà lumière suivant les divers modes de répartition des foyers.
- L'ouvrage se termine par une courte revue du matériel d’installation et de montage, et des appareils accessoires decontrôle et de sûreté.
- Dans toutes ses parties, cet ouvrage est à la hauteur des plus récents perfectionnements, et l'auteur ne néglige pas d’indiquer les résultats numériques et les données expérimentales acquis par les travaux les plus nouveaux ; aussi peut-on le recommander comme donnant sous une forme élémentaire un aperçu consciencieux de son sujet.
- A. H.
- CHRONIQUE
- L’emploi des trucks à bogies dans les voitures de tramways. — Les trucks à bogies, si répandus en Amérique, le sont fort peu en Europe. Dans une étude approfondie des dispositions les plus avantageuses à adopter pour la construction des voitures de tramways électriques, le Prakitschc
- Maschinen Construhlear du 5 mai fait observer qu'il serait fort désirable que la pratique américaine se répandît en Europe. Les voitures à deux essieux, fort bien appropriés à la traction animale, donnent de mauvais résultats à une allure rapide. On est, en effet, obligé de maintenir les essieux
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- assez rapprochés l'un de l’autre pour passer dans les courbes de faible rayon, et la voiture, qui doit avoir une longueur assez considérable pour une bonne utilisation, présente peu de stabilité sur cette étroite base d'appui ; les secousses, verticales ou horizontales, transmises par la voie, sont amplifiées aux extrémités de la caisse par l’effet du-bras de levier, ce qui est aussi désagréable aux voyageurs que nuisible à la conservation du matériel. Les voitures montées sur bogies ne présentent pas ces inconvénients et se prêtent mieux à certains aménagements de detail, tels que l’installation des chasse-pierres.
- Il est aujourd'hui facile aux Parisiens de s’en convaincre. Les voitures qui circulent actuellement sur les lignes de la place de la République à Pantin et à Aubervilliers ont dû être montées sur bogies pour permettre de placer facilement les accumulateurs qui servent à la traction dans l’intérieur de Paris. La douceur du roulement de ces
- voitures contraste avantageusement avec les cahots que l’on ressent dans les voitures à deux essieux des autres lignes à traction mécanique.
- La traction mécanique à Paris. — Comme le remarquait M. Hillairet dans la communication qu’il faisait en décembre 1896 a la Société internationale des Electriciens, en ouvrant la discussion intéressante qui a eu lieu sur l'application de la traction mécanique aux tramways parisiens, Paris est certainement l'unique ville où tous les systèmes, à l'exception de la traction électrique par trô-let, soient représentés (L'Écl. Elec.tr.y t. IX, p. 505, 12 déc. 1896). Dans son numéro du 10 mai, notre confrère L'Industrie Electrique publie le tableau suivant où sont indiquées les longueurs de lignes exploitées à l'intérieur des fortifications par les divers modes de traction au Ier janvier 1898.
- Rowan (locomotive).
- Vapeur. ] Serpoilet
- Serpollet perfectionné . . .
- Conducteurs électriques. Claret et Wuil-
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- On voit par ce tableau que malgré toutes les difficultés et les obstacles qui se dressent devant la traction mécanique, celle-ci fait tout de même son chemin, puisque près de 30 p. 100 de la lon-
- gueur totale des lignes sont exploitées mécaniquement et sillonnées par plus de 30 p. 100 du nombre total des voitures.
- La traction électrique ne figure que sur six des
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- 57 lignes exploitées au 31 décembre. Mais depuis cette date la traction mixte par accumulateurs et trôlet est appliquée sur les lignes de la place de la République à Pantin et Aubervilliers, augmentant de 7 800 m environ la longueur des lignes intra-muros à traction électrique et diminuant d’autant celle des lignes à traction animale. De plus, nos lecteurs savent que la Compagnie générale des omnibus a décidé de substituer la traction par accumulateurs sur les deux lignes Louvre-Vincennes et Cours de Vincennes-Louvre, et que les travaux de construction de l’usine génératrices sont commencés. Enfin, le système à caniveau souterrain est en installation sur la ligne Bastille-Charenton.
- Traction électrique des bateaux, système Bo-wick. — Nous avons donné déjà la description de plusieurs systèmes de propulseurs amovibles pour bateaux : propulseur I;aroot(t. I, p. 446), système Denefle (t. X, p. 212, et t. XII, p. 487), système New et Mavne (t. IX, p. 168). Dans tous ces systèmes, le propulseur est placé à l'arrière du bateau et le moteur électrique est placé au-dessous du gouvernail ou logé dans le gouvernail même.
- Dans le système Bowick.le moteur est monté sur un flotteur muni d'une hélice qui se place à quelque distance en avant du bateau, auquel il est attaché par des câbles ; le flotteur sert donc de tracteur. La source d’énergie est une batterie d’accumulateurs placée dans l'embarcation. L'avantage du système est que les trépidations de l’hélice, fatigantes lorsqu'on marche à grande vitesse, ne sont pas ressenties par l’embarcation remorquée.
- La préparation despercliloratespar électrolyse. — Jusqu’ici la formation de perchlorates alcalins par le passage d’un courant électrique dans les solutions de chlorate n’a pas reçu d’applications. La préparation des perchlorates par ce moyen peut cependant être effectuée assez facilement, ainsi qu’il résulte des recherches faites il y a quelques années par F. Winteler et que rappelle L'Industrie Electrochimique.
- D’après M. F. Winteler, la formation des perchlorates, dans l'électrolyse des chlorates alcalins ou alcalino-terreux avec des électrodes en platine ou en peroxydes, est favorisée par l’abaissement de température, par l’acidité de la solution, par la forte concentration de l’électrolyte et par une densité de courant assez élevée variant de 4 à 12
- ampères par décimètre carré. C’est ainsi que lorsqu’on électrolyse une solution de chlorate de potasse saturée à la température ordinaire, avec des électrodes refroidies à io° C, les 73 p. too de l'oxygène qui est mis en liberté sont transformés en perchlorate. Avec une solution saturée de chlorate de soude (t : 1) et placée dans les mêmes conditions, les 93 p. 100 de l’oxygène sont transformés en perchlorate. Les meilleurs résultats sont obtenus avec des densités de courant variant de 8 à T2 ampères par décimètre carré; la production de perchlorate décroît avec des densités plus élevées. Les chlorates sont transformes en perchlorates même en présence de 4 p. 100 dhilcali, à condition que l’électrolyte ne soit agité que par le dégagement des gaz. Avec des solutions concentrées, il se produit à l’anode une grande quantité d’ozone. Lorsque les électrodes sont en charbon de cornue, elles se détruisent rapidement et il ne se forme pas de perchlorate. Les conditions de transformation de l'acide chlorique en acide perchlorique sont les mêmes, à condition que la température soit assez basse pour qu’il ne se dégage pas de chlore.
- Préparation des cyanures et de l’ammoniaque au four électrique.—- Nous avons donné dans cc journal (t. VI, p. 462, 7 mars 1896) la description du procédé. Readman pour la fabrication au four électrique des cyanures et des ferrocyanures, procédé qui consiste à faire passer un courant de gaz riche en azote (gaz à l'eau par exemple, dont le résidu peut encore servir comme combustible) sur un mélange de coke et d’un carbonate alcalin ou alcalino-terrcux chauffé au four électrique. D'après notre confrère L‘Industrie Electrocht-mique un procédé semblable est employé par M. Ch. Mehner, de Charlottenbourg, qui, en outre, prépare de l’ammoniaque par l’action de la vapeur d’eau sur le cyanure ainsi formé.
- On fait passer un courant d’air chaud ou de tout autre gaz riche en azote, à travers un mélange de coke et de carbonate alcalin ou alcalino-terreux. chauffé au rouge blanc dans la cuve d‘un four électrique; les cyanures qui se volatilisent sont dirigés, ainsi que les autres gaz, dans un condenseur rempli de coke ou de charbon et placé au-dessus du niveau des électrodes. Lorsque la charge de coke et de carbonate est entièrement consumée et volatilisée, on dirige un jet de vapeur d’eau
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- dans le condenseur de manière à décomposer les cyanures produits. Il y a formation d’ammoniaque et régénération du carbonate que l'on fait descendre dans la cuve du four, de sorte qu'il sert continuellement. Il est toutefois préférable de ne pas décharger dans le four le contenu entier du condenseur, mais de laisser dans ce dernier une certaine quantité de matière régénérée, et de charger par-dessus le coke et le charbon, car on maintient ainsi la température du condenseur.
- Notre confrère ajoute qu'il y aurait sans doute intérêt à traiter dans un four électrique du même genre les résidus de distillation des betteraves, de façon à produire du cyanure de potassium dont l'on pourrait ensuite obtenir, par la vapeur d'eau, de l’ammoniaque et du carbonate de potassium.
- Préparation du carbure de calcium par décarburation de la fonte. — MM. Gin et Leleux ont indiqué pour la décarburation de la fonte un procédé qui consiste à mettre en présence dans le four électrique un oxyde alcalino-terreux tel que la chaux et la fonte brute à décarburer. Cette méthode permet, comme nous l’avons déjà dit antérieurement, de préparer le [carbure de calcium. Dans un de scs derniers numéros, VIndustrie Electrochimique nous fournit à ce sujet les détails suivants : On fait dissoudre à la fonte la plus grande quantité possible de charbon ; on charge dans un cubilot ordinaire des gueuses de fonte et du coke en quantité convenable. Quand la fonte est eh fusion, on la fait écouler dans le four, on ajoute la proportion de chaux qui est nécessaire et on fait passer le courant. La fonte constitue la cathode, l’anode est formée de faisceau d’électrodes en charbon de cornue aggloméré.
- Le soufre et le phosphore se volatilisent et le silicium est éliminé à l'état de siliciure de carbone.
- A la fin, on débouche le trou de coulée du four et on rassemble la masse en fusion dans des lingo-tières. Après refroidissement, on sépare des culots de fer, les scories qui sont constituées par le carbure. G.
- Emploi de l'aluminium en lithographie* —Nous avons déjà indiqué comment l'emploi de l'aluminium se développait dans la lithographie et. nous avons parlé des avantages que présente ce métal, soit sur la pierre^ soit sur le zinc (t. XIV, p. 48).
- On peut se servir de l'aluminium de deux façons : dans la méthode de la presse horizontale ou dans la presse rotative. Dans le premier cas, on adapte une feuille d’aluminium dans un cadre en fer et le tirage est le même que pour une pierre lithographique; on a l'avantage d'un maniement plus aisé et d’une grande économie et la possibilité d'emmagasiner les planches. Dans le cas de la presse rotative, il y a en outre, une augmentation de la vitesse d'impression et, par suite, une économie de main-d’œuvre.
- LElectrochimie indique, d’après The Aluminium World, quelques procédés pour la préparation des plaques. La plaque d'aluminium peut être ein-ployée'directement au sortir du laminoir ou bien on peut dépolir ou donner du grain à sa surface par projection de sable ou brassage avec des billes de marbre. Une fois le transfert ou le dessin fixé, on opère comme pour le zinc en attaquant la surface avec une solution de gomme arabique légèrement acidulée par l'acide chlorhydrique, phospho-rique ou fluorhydrique; on n’est pas encore fixé sur celui de ces acides qui est préférable.
- Quelques lithographes trouvent utile de nettoyer la surface de l'aluminium avant le lixage du transfert, d'abord à la benzine pour enlever toutes traces de corps gras, puis par immersion dans un bain concentré de soude ou de potasse caustique un temps suffisant pour noircir la surface. Cela fait, la plaque est lavée à l’eau bouillante etséchée dans de la sciure de bois très chaude. Ce procédé de décapage est cependant loin d’être général, car beaucoup d'imprimeurs estiment que pourtousles tirages usuels le métal est suffisamment propre. Ce décapage est même utilisé pour enlever la couche superficielle du métal au sortir du laminoir, au lieu de faire le dépolissage.
- Les deux procédés sont avantageusement employés ; il est hors de doute que le décapage à la potasse caustique, puis à l’acide nitrique, étant rapide et économique, sera adopté très généralement. Cependant, il ne faut pas se faire d'illusions; le décapage demande beaucoup de soins et du coup d’ceil pour juger du temps strictement nécessaire, autrement la corrosion est trop intense.
- Tout travail pouvant être exécuté sur la pierre lithographique peut de même être exécuté sur une plaque d'aluminium. Le résultat est absolument équivalent, sinon supérieur. Dans bien des cas, il est impossible d’obtenir un tirage satisfaisant avec le zinc, ce métal ayant une structure cristalline
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- préjudiciable. Il n'en est pas de même avec l'aluminium, qui est homogène et possède, en outre, une porosité qui le rend justement avantageux pour faire l'impression.
- Afin de remédier à l’état cristallin du zinc, il faut traiter ce métal au cyanure de potassium ou avec une autre composition chimique. Or, ilarrive souvent, dans le cas de planches de zinc, que les couleurs sont détruites ou altérées, et certaines couleurs ne peuvent pas être utilisées. G.
- Feuilles d'aluminium, plaquées. — On sait toute la difficulté que présentent la soudure des feuilles d'aluminium et leur recouvrement galvanique et cela a fort retardé l’emploi de ce métal dans nombre de cas où il offre des avantages marqués sur les autres métaux. En particulier, la facile corrosion par l'eau de mer a fait souvent hésiter à se servir de l’aluminium pour les constructions navales.
- 11 paraît qu’à la fabrique de machines Schmidt-meyer de Nuremberg, on est parvenu à plaquer l’aluminium avec du cuivre, du nickel, de l'argent, de l’or et d'autres métaux. De sorte, que le métal étant ainsi recouvert d’une feuille protectrice de cuivre par exemple, on peut en faire le zingage ou le nickelage par les procédés ordinaires. En outre, le métal se laisse facilement travailler et emboutir sous toutes les formes et la soudure en
- Minerais auro-argentifères. — Le Chem. Zeit. Keperf. indique le procédé suivant pour obtenir séparément l’or et l’argent de ces minerais. On dissout les deux métaux au moyen de solutions de cyanure alcalin à 0,2 ou 0,6 p. 100. L’argent forme un cyanure double avec le métal alcalin ; on le précipite par l'acide chlorhydrique et on obtient ainsi l'argent exempt d'or. Pour extraire l’or de la solution, 011 électrolyse celle-ci entre des cathodes de plomb et des anodes de charbon; mais on ne doit pas pousser trop loin, afin d’éviter la décomposition du cyanure provenant de la combinaison de l'acide cyanhydrique mis en liberté avec l'alcali que l’on ajoute au moment de l’électrolyse. Le chlorure alcalin qui se trouvait dans la solution après que le chlorure d’argent a été décanté donne du chlorure de cyanogène qui est un bon
- dissolvant de l'or ; la solution est ensuite employée pour traiter une nouvelle quantité de minerais. La perte de cyanure est d’environ 15 à 20 p. 100.
- Les minerais de cuivre doivent être débarrassés du cuivre par grillage et lixiviation avant d'être traités comme il est dit plus haut. Quant aux minerais de plomb et de zinc, ils peuvent être traités directement. G.
- Fabrication de l’hypochlorite de sodium 'par l’électrolyseur Tailfer. — Bien des dispositions ont. été proposées pour l’électrolyse des chlorures dansla fabrication des hypochlorites, et récemment encore nous avons décrit l’électrolyseur proposé par M. Rhodin (t. XIII, p. 288). L’électrolyseur Tailfer est remarquable par sa simplicité; nous empruntons sa description à L Industrie Electrochimique. Les anodes sont en charbon de cornue graphité et les cathodes sont en fer, elles sont séparées par un diaphragme d'amiante. Les anodes sont fixées dans une caisse ferméeà sa partie supérieure et dont les parois latérales sont constituées par le diaphragme d'amiante. Cette caisse occupe le centre de la cuve et les cathodes plongent dans l'électrolyte.
- Le chlore mis en liberté se rend à la partie supérieure de la caisse à anodes, et de là dans un absorbeur placé en contre-bas et où il rencontre la soude. Un agitateur à palettes rend la solution homogène et facilite l’absorption du chlore. La solution de soude n'arrive dans l’absorbeur que lorsqu'elle a atteint la concentration convenable.
- Si on dispose d'une force hydraulique de vingt chevaux on peut produire 40 litres d’hypochlorite par heure à 15 degrés chlorométriques avec une dynamo de 10 000 watts. En faisant fonctionner vingt heures par jour, on produit 800 litres équivalant à 400 kgr d’hypochlorite à 30 degrés, lequel vaut de 15 à 18 fr les 100 kgr, ce qui fait 60 à 72 fr par jour. Le coût avec l'appareil Tailfer est de 22 fr, il reste donc 40 à 50 fr d’économie pour l’amortissement du matériel. L'installation serait payée ainsi en un an et demi; et, s'il faut employer un moteur à vapeur, au bout de deux
- Le Gérant : G. NAUD
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- XV.
- Samedi 11 Juin 1898
- 5® Année. —
- N° 24.
- L’Eclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut, — A. D'ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ. Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- SUR LA
- DÉTERMINATION DES MAXIMA DE RÉGIME
- Appelons :
- [I le poids mobile par voiture (en kgr);
- r le coefficient de roulement ;
- i la pente de la voie (positive sur une rampe, négative sur une descente);
- v la vitesse de déplacement du poids li (en m. par seconde ) ;
- p le rendement de l’organisme moteur complet.
- La puissance électrique à fournir pour le mouvement du poids Tl sera :
- P — TLIE±_É_LX9,8i (en watts).
- Appelant E (en volts) la tension d’alimentation des moteurs, le courant correspondant à la puissance P sera
- p 11 (t _]_ v I
- 1= =----— x 9,81 x -g- (en amperes).
- Nous admettons qu’on connaisse pour chaque point de la voie, et pour chaque sens de marche, les valeurs If, /, v, p, et qu’on prenne E constant. On connaîtra I en chaque point du parcours et pour chaque sens de marche.
- On^pourra faire varier n et v suivant les endroits considérés de la ligne; r d’après la courbure, la nature et, s’il y a lieu (tunnels), l’état de la voie ; p avec la puissance demandée aux moteurs.
- Pour un trafic régulier, dans lequel les moteurs sont toujours repartis sur la ligne d’une façon à peu près uniforme, d’autant plus uniforme que le service est plus dense, et que la marche est régulière, il est possible d’admettre la constance de E en un point donné. En outre, la ligne devant être calculée pour ne donner lieu qu’à une faible perte de charge moyenne, on'pourra supposer que E a la même valeur en tous les points d’une meme section. On prendra donc pour E, sur une section donnée, la valeur en volts de la tension au point d’alimentation de cette section.
- Le diagramme de la marche des trains fera connaître la durée de la période de variation de cette marche, et l’on fera l’étude de chaque section pour la période qui lui sera relative, Ce diagramme donnera les positions des voitures à chaque instant.
- Nous désignons par maxima de régime
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- 43«
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N° 24
- ceux qui correspondent à la 1 des voitures.
- rche de régime
- Soient Ri et Rr les résistances par unité de longueur, au km par exemple, du conducteur de distribution et du retour ; et, soit R la résistance entre le point d’alimentation et la dérivation I, située à la distance L de ce point.
- La perte de voltage entre l’alimentation de la section considérée et l’une des extrémités de cette section sera :
- la somme s’appliquant aux charges situées sur la portion correspondante de la section.
- La valeur de R sera donnée par la formule :
- R = s (Ri+ Rr) L, ^
- cette somme s’appliquant aux parties, Jie différentes résistances kilométriques, comprises entre le point d’alimentation et la dérivation I.
- Si l’on cherche seulement la perte de charge dans le retour on prendra R = 2RrL.
- R sera simplement proportionnel à L si Rr et R? sont constants.
- Considérons séparément les charges montantes I?„ et les charges descendantes U. Nous aurons :
- e=SRwU+ XRdU.
- Le maximum de e correspondra à :
- d (k»,U)
- djRdli)
- Pour une marche régulière, ce qui pourra se présenter si la voie n’a pas sur la portion étudiée de grande variation de pente, l’ensemble des charges montantes et l’ensemble
- des charges descendantes forment chacun un convoi dont les charges sont à des distances constantes les unes des autres. Supposons-nous dans ce cas et appelons \’m et Vrf les vitesses respectives du régime des convois montants et descendants.
- La condition (i) pourra alors s’écrire :
- , d(R,„U)
- dx
- + \'d>
- — dx
- x étant le déplacement sur la voie, dans le sens montant par exemple.
- D’après ce que nous avons admis au début, on pourra tracer le diagramme du courant pour unc’voiiure montante et le diagramme du courant pour une voiture descendante.
- i) la portion étudiée, o étant
- Soit
- le point d’alimentation, et soit abede... la partie du premier diagramme, par exemple, qui correspond à ox.
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- H Juin 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 439
- Admettons que par une règle économique on se soit donné les valeurs de R; et Rr. On pourra alors tracer les diagrammes de R,„ et Rd- Soit i 234... le diagramme de R„. pour ox. .
- Des diagrammes lm et Km on déduira le diagramme de R,reI„2 = Yw. Ce diagramme se composera de segments de droites dont il sera possible de construire les ordonnées extrêmes de la façon suivante :
- Soit oi'~oç,, o’' = o42, etc.
- Le premier côté du diagramme Yw partira de o et s’arrêtera sur l’ordonnée b' en un point 1 tel que :
- b'I — k {Rm au point b'x lm au point b')
- = k {b"b'" x oa)
- Je étant un coefficient de transformation nécessaire pour l’homogénéité de la formule à construire. On obtiendra les ordonnées des sommets de Ym=f[x) en adoptant un axe et un pôle P de transformation \ vj sera parallèle à ol. Du pied w de la perpendiculaire abaissée de P sur yy, on portera sur jy, toA. — oa, et par bt, obtenu en menant b"' parallèle à oL, on mènera b1 b% parallèle à AP. On aura en désignant « P par
- d’où
- obt «A _ oa_ obi “ wP “ 1 5
- k
- ob% ~ k (b"b'" x oa) ~ b'I.
- De l’ordonnée b1 partira un côté II, III dont on construira l’ordonnée b' II avec le courant I2 = &'c, comme on a construit l’ordonnée b'\ avec le courant I{ — b'b, et l’ordonnée ç, III avec la résistance i'i, comme on aura construit è'II avec la résistance b" b'”.
- Et ainsi de suite, 011 obtiendra le diagramme de Ym=RmIm en ol II III...
- De même on déduira le diagramme de Vi = R^Udes diagrammes de R^ et L.
- Alors on considérera l’instant de la période de la marche qui, au sentiment, correspondra à la valeur maxima de a, et l’on placera, d’après le diagramme de la marche, les voitures montantes sur oa- dans la position |
- | qu'elles occupent à cet instant lx et les voitures descendantes sur ofx\ axe des abscisses du polygone Yd = f (<*'), dans la position qu’elles ont au même instant sur la partie considérée de la ligne.
- Ceci permettra de construire l’expression
- V« v dym v dyd X’d “ dx + “ — dx
- de la façon suivante :
- Soient iV? 4, .... les positions des charges montantes, et ild, ..., celles des charges descendantes, que l’on vient de déterminer.
- On portera sur XX, parallèle à ox et o'x\ des segments égaux, en nombre égal à celui des charges ï\«, I2,„,..., 1^, P*, ... Puis, de l’origine a0 on mènera oq parallèle au segment du diagramme I II III... correspondant à la position Z1,*, aq aà parallèle au segment de ce diagramme correspondant à la position i-m, et ainsi de suite pour toutes les charges montantes I1,», P,„, etc. Nous aurons dans le cas de la figure, x.0 oq parallèle à II III, Xj aa parallèle à III IV, etc.
- On arrivera ainsi au point tel que
- = l tg <?! + / tg?1-j- ...
- I étant la longueur commune des segments portés sur XX;.
- On construira :
- Et du point [30 on tracera, d’après les positions et le diagramme L II'IIP...,
- correspondant aux charges descendantes, le polygone [3n, qui donnera
- ™ = i*-Èbr.
- On aura donc :
- P'«'f
- V»» v , y dyd -1
- Vd dx - - dx J ’
- Par conséquent, la position cherché nerait
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
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- Si à l’instant t{ on a —a ^ o, à cet
- instant on n’a pas la position cherchée; et l’on verra, d’après les diagrammes I II III... et F IL IIF...., dans quel sens les convois doivent être déplacés, respectivement sur ox et o'x', à partir de leurs positions à l'instant f,, pour que l’on tende vers la position cherchée du maximum de e. On fera donc un second essai pour l’instant t% correspondant a un déplacement dans le sens indiqué. En général on ne sera pas arrivé ainsi à la condition de __ dt °'
- Soit (3Q £ > o à l’instant tt.
- Les valeurs a et b devant être très faibles, autrement dit les instants ti et ta devant être très rapproches de l’instant t0 pour lequel e est maximum, on pourra admettre que t0 sera donné par l’interpolation proportionnelle
- >0 — t, ~“T*
- Ayant l’instant t0, on aura la valeurmaxima de e cherchée au moyen des positions correspondantes des deux convois, rapportées respectivement sur les axes ox et o'x1, et des diagrammes o I II III... et d V II' III'...
- Si cette valeur ne convient pas, on verra comment il faudra agir sur les diagrammes de R, c’est-à-dire comment il faudra modifier Ri et Rrj pour avoir une valeur acceptable.
- Remarques. — i° Si l’on a Vm = Vd l’épure précédente se simplifie en ce sens que le point coïncide avec le point a,t.
- 2° En admettant que R; et R,- soient constants, les diagrammes de R deviennent des droites faciles à construire connaissant R/ et Rr, ou qui montreront quelles sont les valeurs que doivent avoir R/ et R,- pour que la valeur maxima de e soit convenable.
- Ainsi on pourra être conduit à prendre pour ces résistances au kilomètre des valeurs variables avec les portions considérées, ou, plutôt, être conduit à prendre des sections de longueurs variables.
- PUISSANCE EXERCÉE
- Supposant la tension de distribution constante et égale à E, nous aurons pour la puissance exercée sur une section donnée à un instant déterminé :
- P = Ex£l
- la somme s’étendant aux intensités exigées par les voitures de cette section à l’instant considéré.
- Le maximum de P correspondra à : dp _
- dt
- dZl _ y _ v d\m , v dU__ dt dt dt dt —
- cette condition peut s’écrire :
- La méthode que nous avons indiquée au sujet de la perte de voltage en ligne pourra s’appliquer ici pour construire l’expression Vm v dlm du
- Vj “ dx + dx ’
- au moyen des diagrammes de Im et de U , et déterminer alors l’instant qui correspond au maximum cherché; d’où l’on déduira la valeur de ce maximum.
- Cette recherche sera intéressante pour déterminer l’élasticité que devront présenter les machines génératrices et la valeur à adopter pour leur puissance nominale.
- Les résultats de cette méthode ne seront pas absolus pour une ligne de tramways passant dans des voies où le trafic charretier est très important; car alors, vu les arrêts et les démarrages continuels et la possibilité d’encombrement des voitures sur une partie de la ligne, on ne connaît plus sûrement la valeur de I en chaque point ni la position des voitures à chaque instant. Dans ce cas elle donnera, approximativement, la valeur maxima correspondant aux conditions normales de marche.
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- Mais, pour une lignes marche parfaitement régulière, la méthode doit conduire à une valeur presque absolue, si, toutefois, les démarrages et ies freinages ne constituent qu’une faible partie de la durée totale de marche.
- Nous avons été conduit à cette construc-
- tion en nous inspirant de celle imaginée par Winckler, pour la détermination des efforts élastiques maxima produits par un convoi mobile dans une poutre qui le supporte, au moyen des lignes d’influence de ces efforts.
- H. Tripier,
- NOUVELLE MÉTHODE POUR LA MESURE DE L’INTENSITÉ DES CHAMPS MAGNÉTIQUES (')
- III. Applications
- 24. Les applications que l’on peut faire de la méthode précédente sont assez variées. Voici celles que j’ai tentées jusqu’ici
- i° Graduation d’un ampèremètre;
- 20 Mesure de la quantité absolue de magnétisme et détermination de la position des pôles d’un aimant .permanent;
- 3U Etude du champ d’un électro-aimant.
- 25. Graduation d'un ampèremètre. — Nous avons vu comment, à l’aide d’une bobine connue, on peut assigner le facteur caractéristique d’une cuvette ou son épaisseur fictive. Celle-ci déterminée, on pourra inversement employer cette cuvette à mesurer l’intensité du courant traversant la bobine et par conséquent graduer un ampèremètre en valeur absolue.
- Si l’on veut se borner à graduer un ampèremètre en valeur relative, on pourra faire usage d’une bobine quelconque sans fer doux, placée par rapport h une cuvette quelconque dans une position invariable. Le rapport des forces électromotrices sera le rapport des intensités.
- J’ai fait usage d’une bobine construite au laboratoire; elle a 37 cm de long et porte 24 couches de 100 tours de fil chacune. L’une des extrémités de cette bobine fut placée à 2,6 cm du centre de la cuvette C de 6 cm de haut. La vitesse moyenne d’écoulement était de 6,7 m. L’erreur des mesures de force élec-
- tromotrice individuelles correspondait au plus à une erreur de 0,15 ampère sur des intensités de 20 ampères par exemple. On pouvait donc aisément obtenir une graduation exacte à 0,1 ampère près.
- 26. Mesure de la quantité absolue de magnétisme d'un aimant, et détermination de la position des pôles. — Soit un pôle austral A de masse magnétique m placé à la distance a du milieu O d’une cuvette de hauteur PQ = É En un point situé à la distance y de l’axe AO, la composante utile du champ, parallèle h AO, est •.. m— —. Le champ moyen utile est donc
- Considérons un aimant réduit à deux pôles séparés par la distance L, on aura :
- [ yl“‘ + JÇ <a + L)\/(a + L:»+i] (I2)
- J’ai employé un aimant prismatique de 35 cm de long, 2 cm de large et 0,8 cm d’épaisseur, avec la cuvette C de 6 cm de hauteur et une vitesse moyenne de jet de 6,7 m. Les mesures ont été faites en retournant l’aimant
- P) Voir L’Eclairage Électrique du 16 avril, p. 89, et du 4 juin, p. 400.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
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- bout à bout, pour inverser le champ à chaque observation. La distance de l’extrémité de l’aimant au bord externe de la cuvette a varié de o à 15 cm. L’épaisseur totale de la cuvette est de 0,7 cm. Soit x: la distance du pôle à l’extrémité de l’aimant ; pour avoir la distance a qui entre dans la formule, il faut ajouter à la distance X lue, x -f- 0,35. On a d’ailleurs L = 35— ix.
- La distance a-f-L est toujours assez grande par rapport à / = 3 cm pour qu’on puisse réduire le second terme à la valeur approchée “p-qa'. La formule pratique correspondant à cette expérience est donc
- H =
- . (X + 0,35 + x) /(X +0,35 + x)1 2+32
- Le second membre renferme deux inconnues ni et x dont on disposera de manière à représenter le mieux possible les observations. On a trouvé w—629, x:—2,65.
- Nous croyons intéressant de reproduire le' tableau relatif à cette expérience, à cause de la petitesse extrême des champs moyens H employés; on jugera, par cet exemple délicat, du degré de précision que comportent des mesures courantes.
- 48,5 C.G.E 35ri
- 31.3 24-7
- 22.4
- 48.7 38,3
- 30.7
- La valeur (2,65 cm) de la distance des pôles aux extrémités est bien de l’ordre de grandeur que l’on devait attendre. En admettant la valeur de ni = 62g G. G. S, on trouve que l’intensité de l’aimantation au centre du bar-reau a pour valeur -J = = 393 C. G. S.
- 27. Etude du champ d’un électro-aimant. — Les principales expériences ont été réalisées sur l’électro-aimant de Faraday, appartenant au laboratoire de M. Lippmann, déjà étudié par M. Leduc en 1890 ('). Les bobines, disposées sur le prolongement l’une de l’autre, ont chacune 28 cin de longueur et 20 cm de diamètre. Les noyaux creux, reliés par une forte culasse, peuvent recevoir des armatures de forme et de dimensions variées.
- J’ai surtoutfait usage d’armatures de 2,7 cm d’épaisseur et d’un diamètre égal au diamètre des bobines. C’est dans le champ constant obtenu en plaçant ces armatures à 3 cm de
- Fig. 6.
- distance qu’ont été réalisées toutes les expériences de comparaison rapportées au chapitre précédent (S 14 à 20). Toutes les expériences ont été effectuées en inversant le courant dans les bobines.
- Ici les difficultés proviennent plutôt de la mesure exacte de l’intensité du courant que de celle du champ (*). J’ai employé trois ampèremètres: i° un milliampère deGaiffe gradué de 0,01 à 0,5 a que i’ai étalonné à l’aide de l’ampèremètre absolu de M. Pcllat ; 20 un ampèremètre Carpentier de o à 5 a que j’ai étalonné en mesurant, à l’électromètre capillaire, la différence de potentiel aux deux extrémités d’une petite résistance connue interposée dans le circuit; 30 un ampèremètre Carpentier de o à 50 a étalonné à partir de 5 a par la méthode indiquée ci-des-sus (s 25).
- (1) Leduc, Recherches sur les champs magnétiques et les phèno-mènes de Hall, Bulletin des Sciences physiques, 1890.
- (2) Il faut absolument éviter tout contact entre les pièces polaires et la cuvette. La moindre gouttelette d’eau interposée pourrait établir entre les électrodes et le fer une communication électrique suffisante pour rendre les mesures illusoires.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- Les mesures les plus intéressantes se rapportent aux faibles intensités de courant qui sont très bien connues en valeur absolue, et pour lesquelles toute la sensibilité de la méthode de mesure du champ est indispensable. Les expériences du tableau ci-des-sous ont été réalisées avec la cuve C de 6 cm et une vitesse moyenne de 6,7 m; la distance des pièces polaires était de 3 cm. Les plus petites intensités de courant n’ont pas été lues sur l’ampèremètre, mais calculées d’après la force électromotrice et la résistance totale employées.
- 0,0058 amp.
- 0,0235 »
- 0,0975 »
- 0,364 »
- °>4”ü »
- 1,0 C.G.S.
- 3,45
- 94.2
- lS2
- 0,89 » 336
- 1,31 » 499
- *,57 594
- 1,94 » 723
- 2,51 . » 906
- 8,82 » 1861
- 13,06 « 2342
- Le faisceau de courbes reproduit ci-contre (fig. 7) se rapporte aux mêmes pièces polaires placées successivement a 3 cm, 6 cm, 12 cm et 23,5 cm. Ces courbes, construites en prenant pour abscisses les intensités du courant, pour ordonnées les intensités du champ, rappellent .par leur allure les courbes classiques des coefficients d’aimantation. Elles tournent d’abord leur concavité vers les ordonnées positives, puis présentent une inflexion pour des intensités du courant respectivement égales à 0,45, 0,95, 1,5 et 2,5 a. Au delà de 7 a elles forment, sur une étendue plus ou moins grande, un véritable faisceau de droites
- dont les coefficients angulaires varient proportionnellement aux nombres 1,067; 0,797; 0,478 et 0,248.
- On peut essayer d’assimiler le champ constant de l’électro-aimant au champ résultant de deux distributions uniformes égales et contraires de pôles magnétiques de densités -J- p et — p coïncidant avec la surface externe des pièces polaires. Soit za l’écarie-ment de celles-ci, R leur rayon; la valeur centrale du champ sera
- H = 2U.Q,
- & représentant l’angle solide sous lequel les
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- armatures sont vues du centre du champ ;
- R est égal à 10 cm. Le facteur A par lequel il faut multiplier H pour avoir y prend les valeurs suivantes :
- 3
- 6
- 11 *75
- A.
- ot°934
- j,iii6
- VÔ39
- >,358o
- Hm-s Moyennes-
- 35'4
- 547
- 95,5
- M5,9
- 3H,5
- 23,4
- 37,9 73,1
- 117.2 172,9
- 266.3
- *97
- 29,5
- 61,1
- 103,1
- 155,7
- 252,9
- t6,4
- 26.1
- 61.2 116
- 169.7
- 272.8
- 61,5
- 112,1
- 166,1
- 264
- Pour les plus petites intensités de courant les valeurs de y varient toujours en sens inverse de la distance ; mais pour des intensités plus grandes u devient sensiblement constant à partir d’une distance des pièces polaires égale à 12 cm pour un courant de 3 a, et à 6 cm pour des courants de 6 a et au-dessus. Dans le tableau ci-joint cette particularité a été mise en évidence par des chiffres gras. Elle pouvait être prévue, car, à mesure que la distance des pièces polaires augmente, leur influence réciproque diminue et l’excès d’aimantation dù h cette influence est d’autant moindre que le fer se rapproche davantage de la saturation.
- Les nombres fournis par M. Leduc (*) pour le cas de pièces polaires de 7 cm de diamètre adaptées au même électro-aimant, offrent la même particularité. On s’en convaincra par l’examen du tableau suivant, calculé d’après les nombres de M. Leduc. Les distances des pièces polaires étaient respectivement de-0,25 cm, 0,5 cm, 1, 2, 4 et 8 cm.
- ftIM»* ÎW Ho
- H4. Moyennes.
- 2 amp. 747,4
- 4 « 11°5
- 8 » 1397
- 32 » 174i
- 462,;
- 1382
- :6n
- 257,6
- 782,2 [ 35° .467
- 156,9
- 308,6
- 6M6
- 1199
- 118,4
- 236
- 434.1
- 663.2 1026
- 115,8
- 231.6
- 440.7 688,4
- 1094
- 117.1
- 234.2 437,4 683,8
- 1106
- Ici les valeurs de u deviennent sensiblement constantes pour une distance des pièces
- -s
- / L
- 7
- y L t~rn~
- Fig. 8.
- polaires de 4 cm à partir de 2 a, et de 2 cm à partir de 16 a.
- Le faisceau de courbes de la figure 8 repré-
- sente des expériences que j’ai réalisées avec les mêmes pièces polaires de 7 cm qu’employait M. Leduc, placées à des distances respectivement égales à 1 cm, 1,5 cm, 2 cm et 3 cm. Ces courbes offrent les mêmes caractères généraux que celles de la figure 5, notamment la même inflexion pour les plus faibles intensités de courant. Elles permettent une comparaison numérique entre mes
- (*) Les expériences de M. Leduc doivent légèrement différer des miennes. M. Leduc, qui opérait par une méthode manomélrique, dérivant directement du galvanomètre à mercure deM. Lippmann, donne les valeurs totales du champ. J’ai toujours fait usage de l'inversion du champ et mes nombres se rapportent au champ qui s’intervertît quand on renverse le sens du courant.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- expériences et celles de M. Leduc. Pour une distance polaire de i cm on trouve en effet :
- INTENSITÉ
- 2 amp. 2800 2780
- 4 » 5350 546o
- 8 » 8490 8440
- + 5°
- Les différences doivent être attribuées plutôt à la mesure de l’intensité du courant qu’à la mesure des champs.
- Le faisceau de courbes de la figure 9 présente la comparaison du champ central obtenu avec une distance polaire invariable de
- 3 cm et avec des armatures ayant respectivement 7 cm, 12,5 cm, et 20 cm de diamètre. Pour des intensités de courant inférieures à 2 aies champs sont presque rigoureusement identiques. Au delà les courbes forment un faisceau nettement divergent : ainsi l’on a
- INTENSITÉ PIÈCES POLAIRES DE
- 1050 1270 1820
- 2630 304O
- Addition
- 28. Le dispositif que j’ai employé dans ce travail setrouve réalisé de lui-même par l’écoulement, dans le champ magnétique terrestre, des fleuves et des courants marins.
- Soit une rivière de 100m de large, coulant dans un lit parfaitement isolant avec une
- vitesse uniforme de 1 m par seconde. La différence de potentiel entre les deux rives serait, en admettant pour la composante verticale du champ magnétique terrestre la valeur 0,42 C. G. S.,
- Cette force électromotrice s’exerce dans un sens tel qu’elle tend à gêner le mouvement de
- Dès ses premières recherches, Faraday (J), prévoyant l’existence du phénomène d’induction dont il s’agit, avait cherché à le mettre en évidence au pont de Waterloo, à Londres, où la marée renverse périodiquement le sens du courant. Un fil de cuivre de 960 pieds de long était tendu sur le parapet du pont et se terminait par deux larges plaques métalliques immergées. Faraday obtint toujours des déflexions galvanométriques, mais elles étaient absolument irrégulières. Il les attribua à des actions thermo-électriques ou voltaïques provenant des plaques immergées.
- On peut se mettre à peu près complètement à l’abri des causes d’erreur invoquées par Faraday, en employant des électrodes impolarisables ; par exemple, les flacons électrodes dont j’ai fait usage dans mes recherches sur l’électrolyse(2). Ces flacons contiennent des électrodesdc zincamalgamédans une dissolution pure de sulfate de zinc ; ils sont isolés sur les rives. Chacun d’eux communique par un tube de caoutchouc avec un vase poreux P rempli delà même dissolution et protégé par un second vase poreux P'rempli d’eau. Ce dernier est suspendu dans le courant par l’intermédiaire d’une carcasse en ébonite.
- Dans ces conditions, on est à l’abri de la polarisation; et bien que la chaîne liquide interposée entre les électrodes puisse ne pas obéir rigoureusement à la loi de Volta, que
- (!) Faraday, Exp. researches, t. I, § 188-189.
- (2) Bouty, Sur la conductibilité électrique des dissolutions salines très étendues. An. de Ch. et de phys. 6S série, t. III, p. 440, 1884.
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- le frottement inégal de l’eau contre les vases poreux pleins d’eau puisse peut-être engendrer.une très petite force électromotrice, la différence de potentiel que l’on mesurera ne peut différer, au plus, que de quelques dix-millièmes de volt, de celle qui règne normalement entre les points d’immersion choisis.
- Malheureusement cette différence de potentiel n’est le plus souvent qu’une résultante fort complexe. Le lit de la rivière n’est pas isolant, il présente dans scs diverses parties une conductibilité éminemment irrégulière et peut livrer passage :
- i° Aux courants telluriques généraux;
- 2° A des dérivations locales qui prennent une importance prépondérante au voisinage des agglomérations urbaines, sillonnées de canalisations électriques déplus en plus nombreuses.
- En outre, les moindres masses métalliques immergées forment avec l’eau du fleuve de véritables piles locales dont l’effet, sensible à une distance d’autant plus considérable que les masses sont plus grandes, vient encore ajouter à la complication des phénomènes.
- Sur un fleuve comme la Seine, où la vitesse superficielle du courant est de l’ordre de 50cm, sur des largeurs d’un couple de 100 m, la force électromotrice d’induction ne peut guère dépasser un demi-centième de volt; tandis que chacune des causes que nous venons de signaler suffit à produire des différences de potentiel de plusieurs centièmes de volt, c’est-à-dire beaucoup plus grandes que l’induction.
- Grâce à l’extrême obligeance de MM. les ingénieurs Resal et Equer, qui ont bien voulu mettre à mon entière disposition les ouvrages et le personnel du barrage de Suresnes, et de M. l’ingénieur Colmet d’Aage qui a autorisé et facilité mon installation au pont de Neuilly, j’ai pu varier les essais dans les conditions les moins défavorables qu’il fût possible de trouver près de Paris (*). Mes tentatives n’ont
- (>) Je dois aussi remercier tout particulièrement M. Lemoine, conducteur principal des ponts et chaussées à Su-
- cependant abouti que d’une manière incomplète. Les masses de fer du barrage, les canalisations électriques de la rive Puteaux-Suresnes et du pont de Neuilly constituaient des accidents locaux très nuisibles, dont il est malheureusement plus facile de constater que d’éliminer les effets perturbateurs.
- Voici le résumé, nécessairement très succinct, des observations :
- i° La mesure éiectrométrique des différences de potentiel, par la méthode que j’ai mise en œuvre, n’offre aucune difficulté, alors même que la plus courte distance de deux stations est de 500 ou 600 m, et qu’elles sont séparées par une île.
- 20 Les rives des îles paraissent favorables aux mesures. Quant aux rives principales (même la rive du bois de Boulogne, à Suresnes), elles sont pour ainsi dire inutilisables; un déplacement d’une dizaine de mètres le long du fil de l’eau peut suffire à amener une variation de différence de potentiel de deux ou trois centièmes de volt.
- Les meilleures observations ont été faites à Suresnes entre deux îles bordées de quais de pierre, sur un bras de fleuve qui mesure 62 m de large au droit du barrage. Soit en amont, soit en aval du barrage, mais à plus de 20 m de celui-ci, la différence de potentiel d’une rive à l’autre varie peu pour un régime d’écoulement fixe ; elle est bien dans le sens et de l’ordre de grandeur prévus. Partout ailleurs les résultats sont discordants ; le signe même de la différence de potentiel peut s’intervertir plusieurs fois de suite quand on se déplace, toujours dans le même sens, soit le long des rives, soit le long du barrage.
- On pouvait cependant espérer que le barrage fournirait la solution complète du problème de Faraday par la facilité qu’il donne de faire varier à volonté le régime de l'écoulement. Mais, d’une part, les nécessités de la navigation sur le fleuve limitent ce qu’il est
- resnes, et aussi M. Lagneau, conducteur à Neuilly, pour le concours empressé qu'ils m’ont prêté pour l’exécution de mes expériences.
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- possible de tenter au cours d’une même expérience ; d’autre part l’importance des courants électriques perturbateurs peut être suffisante pour modifier fortement ou même renverser le sens du champ magnétique moyen et par conséquent de l’induction.
- J’ai pu faire varier de 25 m3 par seconde le débit du bras longeant le bois de Boulogne ; en admettant une profondeur moyenne de 2 m il doit en résulter une variation de 20 cm de la vitesse moyenne, et, si le champ magnétique possède sa valeur normale, un accroissement de la force électromotrice d’induction d’environ 5 dix-millièmes de volt, quantité très petite, mais encore parfaitement mesurable en l’absence d’actions perturbatrices; or, dans une première expérience (^février) j’ai constaté pour cinq couples de sta-
- tions disposées de part et d’autre du bras modifié, des variations de la différence de potentiel inégales, mais toutes dans le sens prévu (‘) ; quand on rabaissait les rideaux du barrage, les différences de potentiel reprenaient rigoureusement leurs valeurs primitives. Toutefois la variation observée (0,0037 volt en moyenne) indiquait un champ moyen très supérieur au champ terrestre normal. Quelques jours apres (16 février), bien que la disposition générale du barrage fut demeurée la même, l’expérience montrait une distribution de potentiels toute différente, et le mouvement des mêmes rideaux ne produisait plus d’effet sensible. Le champ moyen paraissait réduit à une valeur négligeable.
- E. Bouty,
- MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES ALTERNOMOTEURS
- La Compagnie anglaise pour l’exploitation DES BREVETS THOMSON-HOUSTON a obtenu récemment en Angleterre un brevet (l) pour un procédé de couplage des moteurs à courants alternatifs polyphasés dit couplage en tandem, qui n’est autre que celui employé depuis plusieurs années par MM. Siemens et Halske et que nous avons décrit (2) en 1894 sous le nom de couplage en cascade.
- Ce procédé Siemens, réédité par M. Stein-metz, consiste à alimenter deux ou plusieurs moteurs asynchrones à courants alternatifs polyphasés de la manière suivante :
- Les circuits inducteurs du premier moteur (fig. 1) sont reliés directement avec le réseau. Les circuits induits ou secondaires, au lieu de se fermer sur eux-mêmes, servent de courants
- (‘) Brevet anglais n° 18095, 6 figures. Déposé le 3 août 1897, délivré le n septembre 1897.
- (2) Voir La Lumière Électrique : Gujlbert, * Procédés de couplage des moteurs asynchrones polyphasés », f. Ll, p. 28. 1894.
- d’alimentation aux circuits inducteurs du second moteur, et ainsi de suite, les circuits induits du dernier moteur étant fermés sur
- Fig. 1. — Couplage en cascade ou en tandem de deux moteurs asynchrones à courants alternatifs triphasés et appareil de démarrage.
- eux-mêmes ou sur des résistances non inductives pour faciliter le démarrage.
- (>) Cet effet était d'autant plus frappant que, pour l'un des comptes de stations, la différence de potentiel initial était de sens contraire au sens normal et se renversait par l’ou-
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- Au début, avant la mise en route, les courants induits ont la même fréquence que les courants du réseau et les moteurs se mettent en marche. La vitesse de chacun ira en augmentant évidemment jusqu’àce que la somme des vitesses des moteurs, en supposant ceux-ci d’un même nombre de pôles, devienne égale à la vitesse qu’aurait un des moteurs s’il fonctionnait seul.
- L’équilibre une fois obtenu, si les moteurs ont des glissements assez faibles en charge, chacun d’eux aura une vitesse voisine de la moitié de la vitesse correspondant à la marche normale, si les moteurs sont au nombre de deux, voisine du tiers de cette vitesse s’ils sont au nombre de trois, et ainsi de suite.
- Si les moteurs peuvent fonctionner avec un glissement assez grand, comme ce serait le cas pour des moteurs démarrant en pleine charge sans artifices, les vitesses de somme constante seraient dans le rapport inverse des charges.
- Comme le brevet Siemens et Halske, celui de la Thomson Houston C° prévoit l’application de ce genre de couplage h la traction électrique par courants polyphasés ; aussi donne-t-il de nombreux détails sur la disposition des régulateurs ou controllers permettant de réaliser facilement les différents couplages en tandem, en tandem multiple et en dérivation.
- Sur la figure i le controller C permet simplement, à l’aide des plots de contact S et s, dans la position 2, le démarrage avec l’introduction des résistances R, Rn R2, puis leur suppression par moitié (position 3) et en totalité (position 4).
- Le controller de la figure 2 opère le démarrage comme dans le cas précédent (positions 1, 2, 3, 4), puis la mise en parallèle des deux moteurs avec introduction des résistances dans les induits (position 5), et enfin leur suppression (positions 6 et 7).
- Un des points intéressants du brevet de M. Steinmetz est de relater qu’on peut remplacer le dernier moteur asynchrone par un moteur synchrone M (fig. 3) excité à l’aide
- d’un courant continu quelconque pouvant être réglé à l’aide d’un rhéostat R. Laissant
- Fig. 2. — Couplage en cascade, puis en dérivation, et démarrage de deux moteurs asynchrones à courants triphasés.
- de côté la question du démarrage de cc moteur, lequel peut du reste être monté sur le même arbre que celui du moteur asynchrone M, on voit qu’il est possible, parsur-
- Fig. 3. — Couplage en tandem d'un moteur asynchrone et d’un moteur synchrone à courants alternatifs triphasés.
- excitation du champ de Mi; d’amener le facteur de puissance de l’ensemble à être égal à 1, c’est-à-dire en somme à faire fournir les courants magnétisants du moteur d’induction M par le moteur synchrone.
- Ce procédé de suppression du courant déwatté dans les moteurs n’est pas nouveau, c’est un cas particulier du procédé général d’excitation des moteurs et des génératrices à champ tournant imaginé par MM. Hutin et Leblanc (* *) et présenté par M. Blondel au Congrès international des Électriciens a Genève en 1896 (2).
- P) Brevet anglais n° 22333, » figures. Déposé le 8 octobre 1896, délivré le 17 juillet 1897.
- (*) Voir L’Éclairage Électrique, A. Blondel, « Quelques remarques sur le courant déwatté dans les distributions par courants alternatifs ». t. VIII, p, 400, 1896,
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- Dans le procédé de ces inventeurs le moteur synchrone sert uniquement à fournir les courants d’excitation du moteur asynchrone et à la fréquence du glissement normal, c’est-à-dire à une vitesse de 3 ou 4 p. 100 de celle correspondant au synchronisme du moteur d’induction.
- Le dispositif employé par MM. Siemens et Halske (’) pour le déphasage d’un courant alternatif, c’est-à-dire sa division en deux autres décalés entre eux d'une valeur donnée de la période, afin d’obtenir un champ tournant, présente un certain intérêt tant au point de vue des appareils de mesure que pour le démarrage des moteurs.
- Il consiste à brancher (fig. 4), entre les
- Fig. 4. — Dispositif de Siemens et Halske pour l'obtention de deux courants décalés d'un quart de période à l'aide d’un seul courant alternatif.
- bornes du réseau, un système de circuits analogue à celui d’un pont de Wheatstone, l’enroulement dans lequel la tension doit être décalée d’une fraction donnée de période étant dispose à la place du galvanomètre ordinaire.
- Les deux circuits en parallèle PMQ et PNQ sont tels que les branches opposées du pont PM et NQ d'une part et PN et MQ d’autre part, aient, les premières une grande self-induction et une petite résistance, et les secondes une grande résistance et une petite self-induction. De cette façon, la tension entre M et N est voisine de celle existant aux bornes du réseau.
- (*) Brevet anglais n° 2559. 4 figures. Déposé le 30 janvier 1897, délivré le 11 décembre 1897.
- Supposons, pour plus de simplicité dans le calcul, qu’il n’y ait aucun courant dans le circuit MN. Représentons graphiquement (fig. 5)
- Fig. 5. — Diagramme des tensions et des courants dans le dispositif Siemens et Halske. (Cas général.)
- Fig. 6. — Diagramme des tensions et des courants dans le dispositif Siemens et Halske.
- (Cas particulier : Lt = La, L3 — L4' I =: l'n.)
- les courants et les tensions en désignant par R,, R2, Rs, R4, et L(, L2, La, L4, les résistances et les coefficients de self-induction des circuits, et par K, la tension aux bornes PQ; les lettres des figures 4 et 5 se correspondent.
- On voit facilement que la tension entre MN est représentée en grandeur et phase par le vecteur MN, et il est par suite facile de trouver quelle relation doit exister entre les constantes des circuits lorsque l’angle de E et MN est droit. En particulier, lorsque les branches PN et QM n’ont pas de self-induction (L1=L,=o) et si les coefficients de self-induction des branches NQ et PM sont égaux, le diagramme se réduit à celui de la figure 6 et l’on reconnaît immédiatement que la condition cherchée est alors :
- IV = IV + (2*»)* W.
- Il va sans dire qu’on pourrait également employer un ou plusieurs condensateurs. On peut également bobiner les circuits inductifs sur les mêmes noyaux ; le réglage de l’appareil ne présente donc aucune difficulté.
- La figure 7 indique le schéma du montage pour le démarrage d’un moteur à courant alternatif simple. L’enroulement auxiliaire ne servant que pour cette mise en marche doit être mis hors circuit par le commuta-
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- teur A3, on doit egalement en même temps
- ouvrir le circuit en At
- Fig. 7. — Montage du dispositif Siemens et Halske pour le démarrage d’un moteur à courant alternatif monophasé.
- Le réglage de la différence de potentiel aux bornes d’un convertisseur s’obtient sur le réseau à potentiel constant par l’introduction d’une self-induction variable, d’un survolteur ou d’un abaisseur de tension, et dans le réseau à tension constante aux bornes de la génératrice, par l’emploi des appareils précédents et la variation de l’excitation du moteur synchrone.
- Dans ce premier mode rentre le procédé imaginé par MM. B.-G. Lamme etR.-D. Mer-
- Schéma des
- et Mershon par convertisseurs compounds (ior dispositif).
- shon (') et consistant à compounder ou hyper-compounder le redresseur. Toutefois, comme
- (f) Brevet anglais n° 26627, 2 figures. Déposé le 24 novembre 1896, délivré Je 9 octobre 1897.
- on ne saurait trop revendiquer, c’est sur l’ensemble des procédés dont nous venons de parler que portent les revendications de ces inventeurs.
- La figure 8 représente schématiquement le dispositif de MM. Lamme et Mershon pour le réglage de la tension aux bornes du convertisseur en fonction du débit par l’emploi d’un enroulement série. Elle se rapporte à deux appareils semblables Cn C2 fonctionnant sur un même réseau U et reliés chacun à la génératrice G par l'intermédiaire de deux séries de transformateurs Tj T', et tL t\ pour l’un et T2 T't et L t\ pour l’autre. Les coramu-tatriccs C„ C2 sont excitées par les enroulements shunt et D2 et les enroulements-série Sj et S3.
- En général, l’excitation pour la marche à vide doit être réglée de façon à ce qu’il y ait un certain décalage du courant par rapport à la tension. L’excitation série renforce alors, avec la charge, le champ du moteur synchrone qui peut ainsi fournir les courants d’excitation des transformateurs t et même des transformateurs T et diminuer par suite la réaction d’induit, et par conséquent augmenter la puissance de la génératrice en même temps que la tension reste constante aux bornes du collecteur du redresseur ou bien augmente légèrement.
- Fig. 9. — Schéma des circuits de la distribution Lamme et Mershon par convertisseurs compounds (20 dispositif).
- Dans le cas de la ligure 9, la présence de bobines de self-induction R: et R2 dans les circuits à courants alternatifs permet une
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- plus grande variation de tension aux bornes des circuits diphasés de la commutatrice pour une tension constante aux bornes de la génératrice. Ces bobines de réactances doivent exiger une tension à leurs bornes proportionnelle au courant, et par suite leur noyau être éloigné du point de saturation magnétique.
- Pour le démarrage des moteurs asynchrones triphasés, MM. Siemens et Halske (*) emploient leur procédé bien connu de leurs deux enroulements induits différentiels (2) avec mise en court-circuit par un régulateur à force centrifuge dès que la vitesse a atteint une certaine valeur.
- Le dispositif mécanique, dont le but est
- Fig, io. — Induit différentiel de moteur à champ tournant de Siemens et Halske.
- de réunir (fi g. io) les blocs de contact C aux blocs D, est représenté sur les figures 11 et 12.
- Fig. ti. — Dispositif de Siemens et Halske pour la mise en court-circuit automatique d’un induit de moteur à champ tournant.
- Il se compose d’une caisse cylindrique dont le couvercle est supposé enlevé sur la figure 11
- (’) Brevet anglais n° 21668, 5 figures. Déposé le 30 septembre 1896, délivré le 14 août 1897.
- (s) Brevet anglais n° 21 141, 1894.
- et qui est claveté sur l’arbre du moteur. Les blocs CC sont en communication directe avec les points A, et A2 de l’enroulement ;
- Fig. 12. — Coupe par x-Y du dispositif Siemens et Halske pour la mise en court-circuit automatique des induits de moteur à champ tournant.
- les blocs D, portés par des pièces M isolées, mobiles autour d’axes ZZ, sont retenus contre l’arbre par des ressorts F maintenus rigides contre les effets de la force centrifuge par les barres P fixées aux pièces M par les goujons S. Ces blocs sont en communication, par des câbles souples B,, avec les contacts K reliés au point As de l’enroulement induit.
- Lorsque le moteur est en mouvement, les blocs D ne se séparent de l’arbre que dès que l’effort dù à la force centrifuge est supérieur à l’action antagoniste des ressorts F. A ce moment les contacts D viennent se bloquer sur les contacts C et ' mettent l’induit en court-circuit. Pour éviter les détériorations que pourraient occasionner les étincelles, les blocs D sont munis de petits contacts auxi-| liaires sur lesquels se fait la rupture définitive au moment de l’arrêt.
- Comme il pourrait arriver qu’une différence entre les tensions de ressorts empêche la fermeture simultanée des deux circuits, les contacts D portent des goujons s qui se déplacent dans des rainures radiales R pratiquées dans un disque W monté fou sur l’arbre. Dans ces conditions, le déplacement d’un des goujons S entraîne le disque, et par conséquent le déplacement du second goujon s, et compense ainsi l’action du ressort plus tendu que l’autre.
- Les enroulements induits des alternateurs et des convertisseurs de la Thomson Houston C° ont pour but de répartir la réaction d’induit plus uniformément, et dans l’inten-
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- tion de l’inventeur, M. E.-W. Rice jeune, de
- Fig. 15 et 14. — Enroulements pour commutatrice de la Thomson Houston C° (Rice junior).
- faciliter la commutation dans les redresseurs de courants.
- Comme le montrent les figures 13 et 14, l’originalité (?) de ce brevet consiste simplement à réunir les points de l’enroulement au même potentiel, ou en d’autres termes à grouper les différents circuits de même phase en quantité ; il n’y a donc là rien de nouveau, et un grand nombre de constructeurs ont employé depuis longtemps ce montage, qu’on trouve du reste dans la plupart des traités (') sur les courants alternatifs polyphasés.
- Ajoutons encore que l’inventeur préfère, pour l’application de ce montage, les induits à enroulement du t}rpe Bradley bien connu.
- C.-F. Guilbert.
- ANALYSE ÉLECTROLYTIQUE (a)
- MM. Kuster et Steinwehr se sont occupés de la précipitation de l'argent en solution acide et la séparation de ce métal d'avec le cui-vre (*).
- La précipitation avec des forces électromo-trices différentes est un des moyens les plus élégants que l’on possède pour séparer les métaux. II y a quatorze ans, Kiliani avait déjà indiqué ce procédé pour la séparation de l’argent et du cuivre, et différents chercheurs, notamment Freudenberg, se sont occupés de la question depuis cette époque. Malgré cela, ces méthodes s’introduisent difficilement dans les laboratoires. La raison en est que les conditions ne sont généralement pas assez bien déterminées encore pour que l’on obtienne à coup sûr des résultats satisfaisants. Pour l’argent et le cuivre en particulier, il est connu que l’on obtient presque toujours le premier métal sous forme d’éponge, même en observant scrupuleusement toutes les données indiquées par les auteurs, telles que : tension du courant de 1,3 à 1,4 volt, faible concentration du liquide en argent, forte
- P) Kuster et Steinwehr. Zeitschrift für Ekctrochemie, 1897)1898, p. 451.
- quantité d’acide azotique et température ordinaire ou de 50° à 6o°.
- Ces motifs ont engagé Kuster et IL von Steinwehr à étudier d’abord de plus près la précipitation de l’argent seul en liqueur azotique. Plus de cent expériences, exécutées dans des conditions méthodiquement variées, ont fait voir que le dépôt d’argent, satisfaisant au début, devient toujours spongieux à un certain moment, lorsque l’on travaille suivant les prescriptions habituellement admises. Cela provient, d’après les auteurs, de ce que jusqu’ici on ne faisait mention que de la densité du courant sans observer suffisamment la force électromotrice. Si l’on y prend garde, on s’aperçoit que la structure spongieuse du dépôt apparaît toujours pour une même tension du courant. Au début de l’expérience en effet, le liquide est plus conducteur; progressivement il s’appauvrit en ions d’argent,
- (*) Brevet anglais n° 13970, 3 figures. Déposé le 8 juin 1897, délivré le 3 juillet 1897.
- Comparer en particulier les figures 13 et 14 avec la figure 26, p. 59 du Traité sur les courants diphasés de MM. J. Rodet et Busquet. Gauthier-Villars et fils, éditeurs, Paris, 1893.
- (y Voir U Éclairage Électrique à\i 2 avril 1898, t. XV,p. 18-
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- offre plus de résistance au passage du courant, et alors le voltage monte ; s’il dépasse une certaine limite, la texture de l’argent se modifie et l’éponge apparaît. Il en est ainsi au moins, quand le circuit comprend une résistance non négligeable extérieure à la cellule, de sorte que l’on n’a pas aux bornes où l’on prend le courant pour l’électrolyse le voltage maximum que peut donner la source; ce qui est d’ailleurs la disposition généralement adoptée pour ces dosages.
- Kuster et von Steinwehr ont trouvé qu’une solution acide, chaude, additionnée d’un peu d’alcool pour éviter la formation de peroxyde d’argent, donne des dépôts irréprochables avec un courant de 1,30 volt et même encore de 1,38 volt. Les conditions auxquelles ils s’arrêtent pour obtenir avec certitude un dépôt d’argent satisfaisant sont : solution d’un volume de 125-150 cm8 chauffée à 55-60°, additionnée de 2 cm3 d’acide azotique (D = 1,4) et de 5 cm8 d’alcool absolu ; tension du courant maintenue constante pendant toute l’expérience à 1,35-1,38 volt. Avec 1,4 volt, l’argent devient déjà spongieux.
- Dans les premiers essais on avait employé des liquides tenant de 0,1 à 0,5 d’argent, mais des expériences ultérieures ont fait voir que l’on peut aller sans inconvénients jusqu’à 2 gr de métal sans que la qualité des dépôts devienne mauvaise. La durée de l’opération n’est d’ailleurs pas proportionnelle à la richesse du liquide en argent au début, l’intensité du courant et les quantités déposées croissant aussi avec la dose d’argent.
- En s’appuyant sur ces observations, la séparation de l’argent d’avec le cuivre marche très bien et à coup sûr.
- Ces expériences sont très intéressantes parce qu’elles mettent en évidence l’importance qu’il faut attacher au voltage dans ces analyses. Elles montrent qu’une mesure approximative de la force électromotrice, telle qu’on le fait souvent, ne suffit pas dans certains cas et qu’il faut employer des instruments précis pouvant donner le 1/100 de volt.
- Il est essentiel aussi de surveiller l’opéra-
- tion de manière à maintenir constante la tension du courant necessaire, sans s’inquiéter de son intensité ; aussi, pour ne pas s’occuper continuellement de régler les résistances, est-il prudent d’employer un courant tel qu’il ne puisse pas dépasser aux bornes de prise le maximum du voltage admissible pour l’opération en cours ; le réglage avec une résistance supplémentaire devient alors superflu.
- Les observations de Kuster et Steinwehr ne manquent pas non plus d’intérêt pour les physiciens qui ont à tarer des ampèremètres par la pesée d’un dépôt d’argent, ces opérations donnant souvent des mécomptes dont les causes sont incertaines.
- E. Rimbach (*) publie une série d’expériences instituées dans le but d’éclaircir quelques incertitudes qui se sont présentées au sujet du dosage électroif tique du cadmium. Les dépôts de ce métal se présentent fréquemment aussi sous forme spongieuse, seules les méthodes suivantes n’offrent pas cet inconvénient : précipitation en liqueur oxalique d’après Classen ; dépôt sous forme d’amalgame d’après Nortmann ; électrolyse en présence du cyanure de potassium suivant le procédé de Beilstein-Jawcin. La première de ces trois méthodes nécessite une surveillance continuelle, car il faut remettre de temps en temps de l’acide oxalique, et ne donne de bons résultats qu’avec une quantité relativement faible de métal (0,15 à 0,16 au maximum) ; la seconde exige la précipitation d’environ six fois autant de mercure que de cadmium, alors que celui-ci supporte toutes les inexactitudes de la précipitation; la troisième est notablement plus simple sous tous les rapports, sa durée est un peu longue, mais on peut remédier à ce défaut en faisant marcher pendant la nuit l’opération qui ne réclame aucune surveillance. Voici les conditions dans lesquelles l’auteur applique ce dernier procédé. La solution de cadmium (chlorure ou sulfate avec 0,2 à 0,45 de métal),
- (1) Rimbach. Zeits.j. analyt. Chem., 1898, p. 284.
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- neutralisée s’il en est besoin, étendue à 150-200 cm3, est additionnée d’un excès de cyanure de potassium pur (à 98 p. 100), soit 3 gr environ, puis électrolysée avec un courant de DN100 = 0,02 à 0,04 ampère sous 3 à 3,3 volts. L’opération est prolongée pendant une nuit (12 à 16 heures). Le métal se dépose bien adhérent et blanc d’argent ; on peut le laver après avoir interrompu le courant. Le liquide brunissant toujours pendant l’opération, il est difficile de rechercher à l’aide de l’hydrogène sulfuré si tout le cadmium est bien précipité; cela est d’ailleurs inutile si toutes les prescriptions précédentes ont été bien observées.
- Thomalex (*) a soutenu que la précipitation électrolytique du cadmium en solution cya-nogénée ne peut être réalisée d’une manière satisfaisante en employant des éléments de Meidinger comme source d’électricité. Contrairement h cette opinion, Rimbach affirme qu’il a toujours obtenu de bons résultats avec une batterie de 3 à 5 de ces éléments ; les exemples qu’il cite en font foi. Deux éléments ne donnent pasune force électromotrice suffisante pour séparer le métal et au-dessus de 5 éléments l’intensité du courant devient'trop forte, il en résulte alors que le cyanure se décompose profondément et laisse déposer sur le métal des grains noirs très adhérents qu’il est impossible d’éloigner sans perte.
- Rimbach a egalement repris quelques procédés de séparation reposant sur l’emploi des cyanures* doubles et indiqués précédemment par E.-F. Smith et Lee K. Frankel (*).
- a). Séparation du cadmium et du cuivre. — Le cadmium se dépose le premier tandis que le cuivre ne se précipite qu’après la destruction de tout le cyanure alcalin. De bons résultats ont été obtenus pour le cadmium en se plaçant dans les conditions précédemment indiquées, en portant toutefois la quantité de cyanure de potassium à 5 gr.
- C) Thomâlen. Chem. Ztit., 1894, p. 1354.
- I2) E.-F. Smith et Lee K. Frankel. Amer. Chem. Journ.,
- t. Xî, p. 264-352.
- Dans l’analyse des alliages, on peut se proposer de ne pas transformer les azotates, directement obtenus dans l’attaque du produit par l’acide azotique, en chlorures ou sulfates, car cela nécessite toujours de longues évaporations, et d’ajouter immédiatement le cyanure de potassium à la solution acide suffisamment neutralisée avec de la soude. Les faibles courants définis plus haut ne suffisent plus dans ce cas, il faut aller jusqu’à une densité normale de 0,4 ampère pour avoir une séparation complète du cadmium après huit à dix heures ; mais alors se représente l’inconvénient des grains noirs adhérents au métal. Ces résultats peuvent suffire pour certaines analyses industrielles, mais si l’on veut des dosages tout à fait rigoureux, il faudra toujours passer par la transformation des azotates en sulfates ou en chlorures.
- j3.) Séparation du cadmium et du magnésium. — A condition que la quantité de magnésium ne soit pas trop grande, la séparation réussit bien en présence de chlorhydrate d’ammoniaque qui empêche la précipitation du magnésium. l)N10J = o,02 à 0,05 ampère. Durée, quatorze heures pour 0,14 gr à 0,28 gr de métal.
- La séparation du cadmium et du fer se fait habituellement en précipitant le premier en solution faiblement acide; Smith a décrit une méthode fondée sur ce principe. Mais, sachant que le cadmium se précipite plus facilement et plus beau d’une solution de cyanures doubles que d’une liqueur acide, W. Stortexbecker i* 1) a étudié un procédé où l’on fait usage de solutions de cette nature en se basant sur les observations suivantes :
- Les sels ferreux additionnés de cyanure de potassium donnent, cela est bien connu, un précipité de composition variable soluble à chaud dans un excès de cyanure alcalin en se transformant en ferro-cyanure ; ce dernier composé, dans des conditions déterminées,
- p) Stortenbecker. Zeits. f. F.lectrochem1897-1898, p. 409.
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- est peu ou même pas décomposé par le courant, mais en tout cas il ne fournit pas de dépôt métallique. Les sels ferriques additionnés de cyanure de potassium donnent du peroxyde de fer hydraté dont une partie peut aussi se dissoudre dans un excès de cyanure alcalin. Dans un cas comme dans l’autre par conséquent, un mélange de sels de cadmium et de fer, traité par un excès de cyanure de potassium, ne pourra fournir à la cathode qu’un seul métal, le cadmium.
- Description de la méthode. — Le mélange des sels est dissous dans environ ioo 'cm3 d’eau faiblement acidulée d’avance avec quelques gouttes d’acide sulfurique dilué ; on ajoute ensuite 2 à 3 gr de cyanure de potassium pur et l’on chauffe jusqu’à ce que la solution soit limpide. Si le liquide tarde trop longtemps à devenir jaune, on ajoute quelques gouttes de lessive de potasse. La liqueur étendue à 200 ou 250 enff est électrolysée, le mieux à froid et à l’aide d’un courant faible, pendant la nuit si l’on veut. L’auteur emploie un courant de DN10# = 0,05 à 0,1 ampère; cependant avec 0,4 ampère on obtient encore des dépôts irréprochables, et naturellement l’opération dure moins longtemps.
- Quand avec le sel ferreux il n’y a pas de sel ferrique ou une petite quantité seulement, la solution est habituellement limpide; si le fer est plus peroxyde, le liquide renferme des flocons d’hydrate ferrique dont la présence n’est pas nuisible, car ils ne s’attachent pas à l’électrode et il est inutile de les éloigner ; ce n’est que dans le cas où la proportion de sel ferrique est notable qu’il y a avantage à le réduire. Pour cela, la solution légèrement acidulée est additionnée de sulfite de sodium (environ cinq fois la quantité théoriquement nécessaire que l’on ajoute en deux fois), puis on chauffe doucement jusqu'à ce que la couleur jaune ait presque disparu. Si la liqueur venait à se troubler pendant le chauffage,'il suffirait d’ajouter goutte à goutte un peu d’acide.
- Les résultats joints à la description de la méthode sont très satisfaisants ; ils ont été obtenus avec les mélanges suivants :
- 0,6320 CdS048II-0 et 0,7 de sel de Mohr.
- 0,3946 — 1,4 —
- 0,3848 — i alun de fer.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Les tramways à traction mixte de la place de la République à Aubervilliers et à Pantin.
- Nous avons déjà dit, à plusieurs reprises, quelques mots (.Supplément, t. XIV, p. lxxvi) de l'application qu’a faite la Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston, pour le compte de la Compagnie des Tramways de Paris et du département de la Seine, de voitures à traction mixte par trôlet et accumulateurs sur le réseau Place de la République-Aubervilliers et Pantin. Voici à ce sujet quelques renseignements complémentaires.
- Lignes. — Les lignes à desservir ont une
- longueur totale de 14,650 km, parcours communs déduits, sur lesquels 7,870 km sont parcourus en trôlet à l’extérieur de Paris, et 6,780 km par accumulateurs à l’intérieur de Paris.
- Ces lignes se décomposent comme suit : i° Deux lignes de pénétration dans Paris : Place de la République-Pantin. 6,200 km Place de la République-Auber-
- villiers.................... 6,750 km
- Dans Paris, ces lignes ont un parcours commun de 2,410 km, et les parcours extra-muros sont respectivement pour chacune d’elles 1,680 km et 2,080 km;
- 20 Trois lignes entièrement extra-muros :
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- Aubervilliers-Eglise de Pantin. 3,410 km Quatre-Chemins-Cimetière de
- Pantin....................... 0,720 km
- Pré-Saint-Gervais-Porte d’Allemagne.......................... 1,390 km
- Voie ferrée. — La voie a été installée par
- la Compagnie des Tramways de Paris et du département de la Seine ; elle est établie en rails à ornière, type Broca, pesant 44 kgr au mètre, partout où elle est placée dans l’axe de la chaussée, c’est-à-dire sur la plus grande partie du parcours.
- Une partie de la ligne d’Aubervilliers à Pantin, sur l’avenue de la République, et la ligne Quatre-Ch'emins-Porte d’Allemagne, sur la route nationale n° 2, sont construites en accotement avec du rail Vignolc.
- Usine génératrice. — L'usine est installée sur l’emplacement de l’ancien dépôt d’Aubervilliers. Elle comporte une salle de chauffe avec trois chaudières multitubulaires du type Roser, de 193 m2 de surface de chauffe, timbrées à 10 kgr; un emplacement est réservé pour un quatrième générateur.
- Le niveau de la salle des chaudières est en contre-bas du niveau du sol de la cour et de la salle des machines, de sorte que le charbon jeté par des trémies tombe directement dans les wagonnets qui font le service des chaudières, disposition qui réduit au minimum les frais de manutention du charbon.
- La salle des machines est disposée parallèlement à la salle des chaudières; elle contient trois machines à vapeur horizontales à un seul cylindre. Celles-ci sont à détente Corliss et ont été construites par la maison Lecouteux et Garnier; leur puissance est de 250 chevaux à 2/10 d’admission et elles tournent à 75 tours par minute.
- Chaque machine actionne par courroie une dynamo compoundée Thomson-Houston à six pôles, de 150 kilowatts, à 400 tours construite aux ateliers Postel-Vinay.
- Ce type, spécialement créé pour l’installation d’Aubervilliers, permet de débiter en marche normale 300 ampères sous 550 volts
- et peut fournir 375 ampères sans que le fonctionnement cesse d’être bon et sans étincelles au collecteur.
- En outre, et à cause de la nécessité d’assurer, avec ces machines, la charge complète des batteries d’accumulateurs, l’excitation en dérivation de ces dynamos permet de les faire fonctionner également comme dynamos shunt, tout en obtenant une différence de potentiel aux bornes pouvant atteindre 575 à 600 volts.
- Du tableau de distribution partent deux circuits principaux ; l’un de 500 à 530 volts, pour l’alimentation directe, et l’autre de 550 à 575 volts pour la charge des batteries en cours de route. Ce tableau est disposé de manière que chaque machine puisse être groupée à volonté sur les deux circuits.
- Les quatre circuits d’alimentation nécessaires au système mixte sont branchés, suivant les cas, sur l'un ou l’autre des deux principaux; ils sont munis chacun de disjoncteurs automatiques de notre type habituel, et de compteurs Thomson.
- L’éclairage est assuré par des lampes à arc Thomson-Houston, à longue durée, montées par six en série, et par des lampes à incandescence, montées aussi en tension sur le réseau général.
- Dépôt. — Le dépôt est construit sur le même emplacement que l’usine ; il présente un développement de voies de 520 m, disposées de telle façon que la manœuvre des voitures et leur visite puissent se faire immedia-ment, quel que soit leur ordre de présentation à l’entrée du dépôt.
- Un élévateur hydraulique permet d’enlever d’une voiture la batterie d’accumulateurs et de la remplacer par une autre dans un temps ne dépassant pas trois à quatre minutes.
- Un atelier a été installé dans le dépôt et comprend tout l’outillage nécessaire aux réparations.
- Matériel roulant. — 33 voitures automotrices sont affectées au service des lignes ci-dessus décrites, dont 30 à impériale et à
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- traction mixte pour les deux lignes de pénétration et pour la ligne d'Aubervilliers-Pantin, et 3 voitures du type ordinaire de la Compagnie Thomson-Houston pour le service des lignes Quatre-Chemins-Cimetière de Pantin et Pré-Saint-Gervais-Porte d’Allemagne.
- Le type de voitures à impériale, spécialement établi sur la demande de la Compagnie des Tramways de Paris et du département de la Seine, qui l’a approuvé le 2 février 1897, présente diverses particularités intéressantes.
- Nous en donnons ci-contre un dessin détaillé.
- Ces voitures peuvent contenir 56 voyageurs, dont 4 sur la plate-forme, 24 à l’intérieur et 28 sur l’impériale ; elles sont donc un peu plus grandes que les autres voitures de tramways circulant dans Paris. Les caisses ont été construites par la Compagnie générale de construction de Saint-Denis.
- Pour éviter le retournement de ces voitures très difficile, sinon impossible, notamment au terminus d’Aubervilliers et de la place de la République, on les a construites entièrement symétriques avec plates-formes et escaliers de communication avec l’impériale à l’avant et à l’arrière.
- Un système de fermeture spéciale empêche toute communication du public avec le conducteur électricien, en permettant cependant au receveur, en cas d’indisposition de ce conducteur, de le remplacer suivant les conditions prescrites par l’ordonnance de police réglant la matière.
- On a dû, à cause du passage de la voiture sous les ponts du chemin de fer de Ceinture dans Paris, modifier d’une façon complète la perche de trôlet. Les ressorts de celle-ci sont placés dans une enveloppe cylindrique placée dans l’axe de l’impériale ; une manœuvre très facile permet, pendant le parcours en ville, d’abaisser complètement la perche de trôlet qui vient se loger dans une rainure pratiquée sur le toit de la voiture.
- La batterie d’accumulateurs, qui mesure : 1,725 m de longueur, 2,080 m de largeur,
- 0,605 m de hauteur, est placée sous la caisse de la voitüre.
- Cette disposition, outre qu’elle augmente la stabilité de la voiture en abaissant le centre de gravité, évite aux voyageurs les émanations acides. De plus, elle facilite, comme nous l’avons vu tout à l’heure, la manutention de la batterie au dépôt, et son enlèvement lorsque les voitures doivent circuler sur la ligne de Pantin-Aubervilliers où elles fonctionnent par trôlet seulement.
- Pour placer ainsi la batterie sous la voiture, on a été amené à adopter des trucks à bogies articulés à l’avant et à l’arrière ; ce sont des trucks dits « Maximum traction », et qui permettent d’utiliser l’adhérence de la voiture sur les deux essieux moteurs dans la proportion de 80 p. ioü, bien qu’il y ait quatre essieux.
- Cette disposition était rendue nécessaire par les rampes du profil, notamment celle du faubourg Saint-Denis, où l’intensité de la circulation oblige à de fréquents démarrages.
- La voiture à vide, y compris les accumulateurs, pèse 13,8 tonnes environ, dont 3,8 t. pour la batterie et la caisse.
- Accumulateurs. — Les accumulateurs ont été fournis par la Société pour le travail électrique des métaux. Chaque batterie est composée de 224 éléments à sept plaques qui se chargent sur la ligne de trôlet, à 500 volts.
- Équipement électrique. — Chaque essieu moteur est actionne par un moteur GE 800 du type normal de 25 chevaux et muni en outre du frein électromagnétique de la Compagnie Thomson-Houston déjà décrit dans ce journal (J). La manœuvre de ces appareils est faite au moyen de deux contrôleurs série parallèle, type BA, placés l’un sur la plateforme d’avant, l’autre sur la plate-forme d’arrière.
- De plus, pour assurer la réalisation complète du service mixte, les voitures devant être actionnées par le trôlet seul sur la trans-
- (l) L'ÉclairageÉkctrique,t.Xlll,p. 311, i2novembre 1897.
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- versale Pantin-Aubcrviiliers, et par trôlet et accumulateurs sur les lignes de pénétration, ces voitures ont été pourvues d’un équipement spécial permettant d’effectuer l’une des trois combinaisons suivantes, à savoir :
- D’envoyer aux contrôleurs BA, soit le courant de la ligne de trôlet, soit le courant de la batterie d’accumulateurs, soit enfin d’envoyer simultanément le courant de la ligne aux contrôleurs et aux moteurs, en même temps qu’à la batterie d’accumulateurs pour en effectuer la charge en cours de route.
- Ces diverses combinaisons s’effectuent parfaitement au moyen d’une double série d’interrupteurs placés à l’avant et à l’arrière et pouvant être également manœuvrés par le receveur, ainsi que le prescrit l’ordonnance de police.
- Enfin des freins à sabots et des sablières, manœuvrables aussi bien de l’avant que de l’arrière de la voiture, donnent toute sécurité en cas de danger. Cependant, il n’est pas inutile d’insister sur ce point, le frein électromagnétique offre toute garantie de sécurité ; on a pu le constater d’ailleurs dans les essais officiels qui ont été faits avec ces voitures avant leur mise en service. Dans ces essais, et a différentes reprises, la voiture, pourvue de sa batterie et surchargée de 4400 kgr de sacs de sable, a pu être arrêtée sur une pente de 24 111m à une allure de plus de 20 km à l’heure, sans le secours des autres freins ni des sablières, et cela en moins de 14 m.
- Ajoutons que les voitures sont brillamment éclairées au moyen de 10 lampes à incandescence de 16 bougies.
- Tout l’équipement électrique a été construit aux ateliers Postel-Vinay.
- Ces voitures, on le voit, offrent toutes garanties de confort, de rapidité et de sécurité. Grâce aux excellentes conditions d’adhérence obtenues, elles franchissent sans aucune difficulté une rampe de 33 mm, en courbe, rue du Faubourg-Saint-Denis. Le montage des caisses sur bogies articulés a pour effet d’éviter toutes secousses aux voyageurs. Et les voitures sont si appréciées par ceux-ci
- que le service des lignes de pénétration, qui avait été prévu à la fréquence de 12 minutes, exigeant pour chacune des lignes g voitures en service, a dû être augmenté, et l’horaire porté à 10 minutes ; cette fréquence, qui nécessite 11 voitures pour chaque ligne, eût été impossible avec le nombre de voitures prévu, sans la charge en cours de route qui permet de ne pas faire rentrer les voitures au dépôt pour rechargement.
- C’est la première fois que la traction mixte par accumulateurs et trôlet, avec charge des accumulateurs en cours de route, est appliquée en France.
- Cabestans électriques du Chemin de fer du Nord ;
- Par E. Sartiaux.
- La Compagnie du Chemin de fer du Nord emploie un certain nombre d’appareils électromécaniques spéciaux destinés à accélérer la manœuvre des wagons ou la manutention des marchandises dans les gares. Ces appareils peuvent se décomposer en quatre groupes : les cabestans, les grues, les monte-charges et les tracteurs électriques. Dans une note publiée dans la Revue générale des Chemins de fer et que reproduit le dernier fascicule du Bulletin de l’Association amicale des Ingénieurs Electriciens, M. E. Sartiaux décrit en détail les appareils du premier groupe, appareils construits par la maison Hillairet et Huguet et qui ont déjà été signalés dans ce journal (*).
- Trois types de cabestans sont employés pour les manœuvres des gares ; ce sont :
- i° Le cabestan avec poupée de halage ;
- 20 Le cabestan à action directe pour rotation de plaques et de ponts tournants -,
- 3" Le cabestan à multiple effet permettant d’actionner alternativement plusieurs plaques tournantes et de faire les halages de wagons.
- P) Hillairet. Les transmissions électriques dans les ateliers , L’Éclairage Electrique, t. IX, p. 224, 51 octobre 1896.
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- Le cabestan électrique avec poupée est des- I vres qui sont faites avec des chevaux ou à tiné principalement à permettre les manœu- I bras d’hommes pour tourner les wagons sur
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- plaques et les faire rouler d’un point à un | autre. C’est un type destiné à accomplir les
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- mêmes opérations que les cabestans hydrauliques, très connus, qui, à l’aide d’un câble attaché au wagon et enroulé sur le cabestan, permettent de faire si simplement les manœuvres qu’exige le service des gares.
- i° Cabestan avec poupée de halage. — Ce type de cabestan dont les figures 1 et 2 don-
- nent une coupe verticale et un plan comprend une dynamo A à huit pôles P, avec induit à arbre vertical, et fonctionnant comme réceptrice. A l’extrémité supérieure de l’arbre X est calée la poupée P sur laquelle vient s’enrouler le câble qui actionne soit les plaques tournantes, soit les rames de wagons à dc-
- i\_________________________111_____
- 6. — Manœuvre des crapauds. — Iîlévatk
- ABCD
- placer. A sa partie inférieure, cet arbre repose sur une crapaudine portée par un croisillon en fonte dont les quatre branches mx jn., m.A 7«4 sont fixées à la partie inférieure de quatre des électros Pa Pt P6 Ps.
- L’induit et les électros sont enfermes normalement dans une cuve en fonte hémisphérique R R R R, fondue d’un seul jet sans joint ni pièce rapportée et pourvue de quatre pieds PPPP, sur lesquels repose le cabestan. L’appareil électrique moteur est lui-
- même garanti par une enveloppe en tôle en deux pièces MM'.
- La plate-forme qui forme la cuve constitue également la culasse mobile de tous les électro-aimants; dans ce but elle est convenablement renforcée suivant la ligne moyenne du circuit magnétique.
- La poupée, la plate-forme, les électro-aimants, le croisillon, l’induit et son arbre forment un ensemble indépendant, de la cuve et qui peut basculer autour de deux tourillons
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- à poupée de halage. — Élé\
- Vi f-i horizontaux tournant sur des coussinets | venus de fonte avec la cuve
- Le centre de
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- gravité de cet ensemble se trouvant sensiblement sur Taxe de ces tourillons, on peut facilement faire basculer la poupée, renverser la plate-forme et amener à la partie supérieure les organes électriques pour les visiter, les entretenir ou les réparer.
- Pour empêcher l’eau de pénétrer dans la cuve, des tuiles en fonte ee, à emboîtement et recouvrement, en forme de secteurs, sont disposées sur la plate-forme et viennent con-
- verger sous la base de la poupée qui en recouvre les sommets ; ce système a donné toute satisfaction, car on n’a pas trouvé trace d'infiltration après plusieurs années d’exposition aux pluies et à la neige.
- La commande de l’appareil s’effectue au moyen d’un commutateur C fixé intérieurement à la cuve et manœuvré par une pédale O qui fait saillie au-dessus de la plate-forme du cabestan; un rhéostatyq placé à côté du cotn-
- coupe du cabesta
- mutateur permet d’augmenter progressivement le courant. Un second commutateur est placé, hors de la cuve, sur le conducteur amenant le courant; il sert à isoler l’appareil de la source d’électricité.
- La pose d’un cabestan de ce genre est des plus simples. Aucune maçonnerie n’est nécessaire ; il suffit de faire une fouille, et sur le fond bien damé de celle-ci on place quelques traverses sur lesquelles on fait reposer la cuve.
- L’effort de traction que l’on peut obtenir avec ces cabestans varie entre i et i ooo kgr; le groupement des inducteurs peut se faire
- de deux façons, selon qu'on veut obtenir un effort de i à 400 kgr ou de 1 à 1 000 kgr.
- Le graissage du collier D (fig. 1) pris dans la plate-forme et qui maintient l’arbre de la poupée à sa partie supérieure est fait a la graisse.
- Le graisseur g se trouve à la partie supérieure de l’arbre sous le chapeau mobile h de la poupée ; un conduit longitudinal vient apporter la graisse à des trous rayonnants qui aboutissent à des pattes d’araignée débouchant au droit du coussinet du collier.
- Le graissage de la crapaudine se fait également à la graisse par le graisseur#' fixé en dessous.
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- Les deux graisseurs du collier et de la cra-paudine ne sont manceuvrés qu’à de rares intervalles. Un graissage minime suffit ; il n’est pas nécessaire de visiter les godets plus d’une fois par semaine pour les appareils les plus surchargés et qui ont à effectuer de 200 à 250 manœuvres par vingt-quatre heures.
- Les organes mécaniques sont établis de façon à pouvoir résister à des efforts très supérieurs aux efforts normaux; l’absence d’engrenages et de cliquets permet à la rigueur de se servir de ces appareils pour dévirer;
- cette marche à vide, en sens inverse, ne présente en effet aucun inconvénient.
- On peut enfin, sans inconvénient, par l’addition d’un commutateur-inverseur placé près de la pédale, faire tourner en cas de besoin l’appareil dans les deux sens.
- L’induit a un diamètre extérieur de 0,800 et est soumis à l’action de 8 inducteurs, dont 4 à gros fils montés en série avec l’induit et 4 à fils fins montés en dérivation pour l’effort de 1 à 400 kgr; pour l’effort au-dessus, on groupe en quantité par deux les 4 électros à
- Fig. 11 et 12. — Coupes du cabestan suivant ab et suivant cd.
- gros fil, et les 4 électros à fil fin restent en dérivation sur le courant principal. L’effort développé à la périphérie de l’induit est donc la moitié de l’effort à la périphérie du cercle de gorge de la poupée.
- Un effort normal de 400 kgr mesuré sur la corde du cabestan correspond à une intensité régulière de 30 à 35 ampères, et pour 1 000 kgr à 70 et 75 ampères ; au démarrage, l’intensité monte dans le premier cas à 50 ampères et dans le second à 85 ampères.
- Dans les deux cas, avec une tension de 100 à 110 volts aux bornes, l’induit fait environ de 12 à 16 tours par minute; on peut augmenter cette vitesse en augmentant le potentiel de la source d’électricité.
- A vide, le nombre de tours de la poupée ne dépasse pas 70 à 80; il n’y a donc aucun
- inconvénient à laisser tourner ces appareils sans charge. Au contraire, pour éviter les fortes étincelles de rupture qui pourraient avarier le commutateur de mise en marche, il est bon, avant comme après une manœuvre, de laisser faire à l’appareil quelques tours à vide ; la rupture de courant peut alors se faire parce que celui-ci n’atteint qu’une'très basse valeur (5 à 6 ampères).
- La résistance électrique de l’ensemble (induit et inducteur en série) est un peu supérieure à 2 ohms.
- Avec ce type de cabestan, on peut, à volonté et alternativement, faire tourner successivement sur plusieurs plaques ou tirer des wagons sur plusieurs voies. Tout se résume en une question de poupées de renvoi et de longueur des cables de manœuvre; il peut y
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- avoir cependant à cette extension de l’usage d’un cabestan de ce type, une limite résultant de l’encombrement des voies à faire traverser au câble de manœuvre pour atteindre la plaque à tourner; c’est d’ailleurs une question d’espèce.
- Les conducteurs amenant le courant aux cabestans peuvent être aériens ou souterrains.
- 20 Cabestan à action directe pour rotation des plaques et des ponts tournants. — Lorsqu’il n’est pas nécessaire de haler les wagons et que la manœuvre à effectuer se réduit à faire tourner des wagons ou des locomotives on emploie le cabestan k action directe représenté par les figures 3 et 4.
- D’ailleurs, dans le but de ne pas multi-
- Fig 13. — Dispositic
- plier les types, ce cabestan ne diffère du précédent qu’en ce que la poupée a été supprimée et remplacée par un pignon Galle G (fig. 3). La chaîne Galle mue par ce pignon s’enroule autour de la plaque tournante, qui porte quelques dents avec lesquelles peuvent engrener les maillons. Le pignon Galle est entraîné par un embrayage à cône et contre-cône de friction F. Le contre-cône est pressé sur le cône par un ressort r à section carrée disposé en hélice et épaulé contre un écrou k embase.
- Quand la plaque tournante est arrêtée brusquement par le crapaud d’arrêt, l’induit
- du cabestan amortit lentement sa puissance vive par le frottement du cône et du contre-cône ; tout choc nuisible pour l’organisation électrique se trouve donc évité.
- Un cuvelage supplémentaire R1' R' R' R' avec charpente en étoile recouvre l’ensemble ci-dessus. Ce cuvelage est fixé par des boulons sur le rebord de la cuve R avec interposition d’un joint en caoutchouc pour maintenir l’étanchéité. Les tuiles qui, dans le cabestan ordinaire, sont assises sur la plateforme, sont ici reportées sur la partie supérieure du cuvelage supplémentaire et sur l’étoile en charpente de fer à T.
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- Le rhéostat D et le commutateur C sont egalement reportés dans le cuvelagc supplémentaire et fixés le long de la paroi interne.
- Dans ce dispositif, le cabestan est installé de telle sorte que la ligne d’axe ZZ des tourillons de la plate-forme soit normale à la ligne des centres OO de rotation de la plaque et du moteur ; sans cette précaution, il serait impossible de relier la chaîne Galle sans dériver un maillon.
- La manœuvre des crapauds d’arrêt de la plaque tournante se fait au moyen de leviers placés près de la pédale du cabestan et reliés par des transmissions souterraines et rigides aux crapauds, de telle sorte que le même
- agent fait tourner la plaque et manœuvre les crapauds (fig. 5 et 6).
- 3° Cabestan à action directe et à poupée de halage. —.Ce cabestan permet de mettre alternativement en mouvement trois plaques tournantes et de faire le halage des wagons. On s’est astreint pour la réalisation de ce nouveau type à conserver au cabestan primitif sa construction actuelle en y ajoutant les organes nécessaires pour réaliser le programme ci-dessus et de manière à l’utiliser dans les deux cas d’application indiqués au début de cette note.
- L’appareil décrit ci-contre et représenté par les figures 7, 8 et 10 se compose :
- i° D’un cabestan électrique ordinaire renfermé dans une cuve plus grande que les précédentes pour permettre la visite du moteur sans le faire tourner autour de Taxe des tourillons ;
- 20 D’une cuve supplémentaire RR contenant les dispositifs nouveaux ;
- 3° D’une cuve latérale SS formant trou d’homme pour la visite du cabestan et contenant le rhéostat et le commutateur de mise en marche ;
- 4° D’une poupée P reliée à l’arbre du cabestan.
- Dans la cuve supplémentaire RR, se trouve l’arbre de l’induit surlequelestcalélepignonA, qui met en mouvement les trois engrenages B B' B" qui sont fous sur leurs axes, et peuvent, selon la direction des plaques à commander, être placés dans l’un des sept sec-
- Chacun de ces engrenages est constitué par
- un dispositif analogue à l’embrayage magnétique système de Bovet.
- Si on fait passer un courant électrique dans le fil c d’un de ces embrayages, l’élec-tro C attire une armature HH garnie elle-même d’une denture sur laquelle est reliée la chaîne Galle qui commande la plaque ; on voit donc que si la dynamo G du cabestan se met en mouvement au moment où l’on enfoncera la pédale, la plaque se mettra à tourner.
- Ce dispositil est le même pour les trois engrenages B B/ B".
- Pour permettre les quatre mouvements successifs des trois plaques et de la poupée, il suffit d’abord de présenter un levier mobile dans une des encoches M M' M" 'fig. ro, 11, 12) ménagées à la partie supérieure d’un des leviers / V V tournant autour d’un axe O et commandant par l’intermédiaire d’une tige t le verrou de la plaque a
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- manœuvrer. Pendant cette opération, le levier l vient buter contre la tige d’un commutateur C en forme de piston, qui lance d’abord le courant dans l’embrayage magnétique correspondant à la plaque à manœuvrer.
- Le courant électrique passe dans cet embrayage et assure l’entraînement de la noix dentée de la chaîne Galle et de la plaque correspondante.
- Les cônes des pièces de l’embrayage servent en outre de limitateur d’effort en permettant un déplacement relatif de ces pièces au moment d’un arrêt trop brusque d’une plaque.
- Enfin, si l’on voulait réserver le cabestan
- pour commander soit une, soit deux, soit trois plaques sans faire de halage avec la poupée, il suffirait d’enlever celle-ci et de boucher le vide qu’elle laisse sur la cuve au moyen d’un bouchon en fonte rapporté.
- Le courant électrique qui actionne l’ensemble de l’appareil passe par un commutateur et un rhéostat disposés dans la troisième cuve ; une dérivation est prise sur le circuit général pour commander les embrayages.
- La dépense d’énergie n’est pas sensiblement augmentée par le fait de l’embrayage, qui demande un courant très faible pour agir (environ 2 ampères).
- La ligure 13 représente les dispositions adoptées pour la commande par chaînes de deux plaques. La commande de trois plaques est réalisée par une disposition analogue.
- Ces cabestans sont alimentés par des batteries d’accumulateurs qui sont rechargés tous les jours par l’usine électrique chargée d’assurer l’éclairage de la gare. L’emploi d’accumulateurs offre l’avantage de ne pas nécessiter le fonctionnement de l’usine pendant les heures de faible charge. D’ailleurs la dépense d’énergie est si peu importante que les frais d’entretien des accumulateurs sont insignifiants ; ces frais s’élèvent en moyenne à 300 fr par an.
- Les figures 14 et t.5 reproduisent les graphiques obtenus dans des essais faits sur ces cabestans ; le tableau ci-joint donne les chiffres correspondant à ces graphiques.
- Le prix de revient moyen du kilowattheure dans les usines de la Compagnie étant de o;iq2 fr, soit environ 0,20, il ressort des chiffres de ce tableau que le prix de revient d’une manœuvre oscille entre 0,004 et 0,005 fr.
- Il faut ajouter à ces chiffres :
- i° Les frais d’entretien du matériel et des appareils et la main-d’œuvre, qui représentent une dépense d’environ 150 fr par an pour des cabestans travaillant beaucoup ou consommant annuellement plus de 1 000 kilowatts-heures ; 100 fr pour ceux faisant un travail moyen, c’est-à-dire exigeant annuellement entre 500 et 1 000 kilowratts-heures, et 50 fr pour ceux travaillant peu et dont la dépense est inférieure à 500 kilow7atts-heures;
- 20 Les charges du capital qui sont en moyenne de 5 500 fr pour le premier type, 6 500 pour le deuxième et 9 000 pour le troi-
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- sième, y compris- les canalisations aériennes ou souterraines, mais non les accumulateurs; au taux de 8,894 p. 100, dont 3,894 fr pour l’intérêt et l’amortissement et 5 fr pour le renouvellement du matériel, ces charges s’élèvent annuellement à 489,17 fr pour le premier type, 574,11 fr pour le second et 800,46 fr pour le troisième type.
- que de 6,8ü
- r plaque.
- Des diapliragmos pour Véloctrolyse des chlorures alcalins ;
- par H. Becker{')
- Après avoir passé en revue, dans un précédent article analysé récemment dans ce journal (2), les différentes électrodes employées pour l’électrolyse des chlorures alcalins,
- (’) L'Industrie ÈlecirocMmiqne, mai 1898.
- (') L’Eclairage Electrique du 2\ mai, p. 338.
- M. H. Becker examine la question non moins importante des diaphragmes.
- L’obtention d’un bon diaphragme constitue en effet une des principales difficultés que l’on rencontre dans l’application de l’électricité à la fabrication des alcalis. Un bon diaphragme doit être assez peu poreux pour empêcher le mélange des liquides, présenter néanmoins une très faible résistance électrique, enfin ne se détériorer que très lentement sous l’action des alcalis ou du chlore. Ces qualités sont évidemment difficiles à réalisersimulta-nément, et jusqu’ici elles ne paraissent pas l’avoir été, les procédés les plus recommandés pour la fabrication des alcalis par l’élec-trolyse étant précisément ceux où l’emploi d’un diaphragme est supprimé.
- Si la question n’est pas résolue complètement, ce n’est pas faute cependant que de nombreux diaphragmes riaient été proposés. Quelques-uns ont été décrits dans ce journal; ce sont les diaphragmes à lame de savon de KellneQ1;, les diaphragmes en papier parchemin de Killiani (* *), ceux de Comboul en feutre ou papier parchemin, protégépar une double lame liquide r*), enfin ceux de Guthe-rie, constitués par une matière pulvérulente maintenue dans des auges en forme de V (*). D’autrcsontété décrits dans La Lumière Électrique ; mais biend’autres encore ont été l’objet de brevets. M. Becker s’est chargé de les classer et d’en donner une description sommaire, en omettant toutefois ceux qui font partie essentielle de l’électrolyscur, la description de ces derniers devant trouver sa place dans l’étude que l’auteur se propose de faire des divers électrolyseurs brevetés en vue de la préparation de la soude et du chlore. Voici ce qu’il dit des autres :
- Les diaphragmes en papier parchemin ont été expérimentés par Le Sueur (Br. anglais, n° 5 9835 1891)5 par Kiliani, Rathenau et Sut*
- (*) L’Eclairage Electrique, t. II, p. 285, et t
- o j*.»„ t. h, P. ,5.
- (3) Idem., t. V, p. 80.
- (*) Idem., t. IV, p. 27.
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- ter (Br. anglais, n° 15276, 1894) et par d’autres encore. Des diaphragmes de ce genre sont utilisés aux soudières électrolytiques de Rumford Falls, en Amérique, et de Bitterfeld, en Allemagne. La Société des produits chimiques de Leopoldshall (Brevet allemand, n° 64671) emploie aussi des diaphragmes en papier parchemin, mais ils sont recouverts d’une couche d’oxychlorure alcalino-terreux. Cette couche est obtenue par addition à l’anolyte d’environ 2 p. 100 de chlorure de calcium ou de magnésium. Lorsque cette couche a atteint 8 à 10 millimètres d’épaisseur, on diminue la proportion de chlorure alcanilo-terreux.
- Rieckmann (Br. allemand, n° 63 116) prépare des diaphgrames en papier albuminé ou en albumine pure. Il obtient ces derniers en versant une solution concentrée d’albumine du sang sur une plaque de verre huilée, en recouvrant la couche visqueuse d’une autre plaque identique, et en exposant le tout à la chaleur jusqu’à coagulation de l’albumine que l’on sépare ensuite de sa gaine de verre.
- Hoepfner (Br. allemand, n° 65 656) utilise comme diaphragmes des feuilles de papier, de carton, etc., recouvertes d’une couche de collodion. Ces feuilles prennent par lavage à l’eau june consistance suffisamment poreuse.
- La porcelaine et la terre poreuse ont été préconisées par Haeussermann et dans les brevets de Cutten, de Philipps, d’Outhenin, Chalandre et Cie, etc. Actuellement les diaphragmes en terre poreuse ne paraissent guère être employés que dans le procédé Outhenin, Chalandre et Cie, qui va être mis prochainement en exploitation àVernier, près Genève, par la Société « La Volta », et dans le procédé Kolb et Lambert, qui est toujours en expérimentation aux établissements Kuhl-mann, à Lille.
- I)cs diaphragmes en amiante ou à base d’amiante ont été proposés par Robert et Mac, Graw, Hargreaves et Bird, Riquelle Wiernick, Waite, Hempel, Richardson, les
- établissements Meister Lucius et Bru-ning, etc.
- Robert et Mac Graw (Br. anglais, nn 20 111, 1890) recouvrent, sur ses deux faces, un carton d’amiante d’un tissu de même matière, entourent le tout d’une toile, et l’exposent pendant vingt-quatre heures à l’action de l’acide chlorhydrique de densité 1,092. La feuille informe ainsi obtenue est ensuite débarrassée de l’acide par lavage à l’eau, puis aplatie entre des cylindres.
- Hargreaves-Bird (Br. anglais, 11" 18039, 1892, et n° 5 198, 1893) déposent sur une des faces d’une feuille métallique perforée ou d’un tissu métallique, une couche d’un mélange de chaux et d’amiante qu’ils badigeonnent après dessiccation, avec une solution de silicate de soude qui détermine la formation d’un silicate insoluble. Le silicate de soude peut être remplacé par du phosphate de soude. Ces diaphragmes sont destinés à servir en même temps de cathodes, de sorte que la couche d’amiante qui est en contact direct avec le métal doit être suffisamment poreuse pour ne pas empêcher le dégagement de l’hydrogène.
- Riquelle (Br. allemand, n° 76 704) recouvre, sur une de ses faces, un tissu d’amiante d’une couche de kaolin et le passe entre des cylindres. Il découpe ensuite, dans la feuille ainsi obtenue, des morceaux qu’il moule dans des formes appropriées. Les pièces ainsi produites sont ensuite calcinées dans un four à moufle.
- Wiernick (produit déposé, en Allemagne, en 1893) prépare des diaphragmes par superposition de plusieurs couches d’un tissu d’amiante entre lesquelles il interpose de minces couches de silice, de kaolin ou d’amiante, qu’il fait adhérer au moyen de silicate de soude et par compression. Les feuilles ainsi obtenues sont tendues sur des cadres ou simplement rendues rigides par une bordure formée d’un épais tissu d’amiante.
- Waite (Br. anglais, n° 2 586,1893) fabrique des plaques au moyen d’une pâte formée d’une dissolution concentrée de gélatine bi-
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- chromatée additionnée' d’amiante. La gélatine bichromatée est fixée par exposition au soleil.
- Le bichromate de potasse peut être remplacé par l’aldéhyde formique. Un procédé semblable a été breveté par Rieckman (Br. allemand n° 71 378).
- \V. Hempel (Bulletin de la Société chimique, de Berlin, 2 475,188g ; Moniteur scientifique, 255, 1890) décrit un diaphragme formé d’un carton d’amiante serré entre une plaque de tôle perforée qui sert de cathode et une plaque de charbon de cornue également percée de trous et qui constitue l’anode.
- Richardson (Br. anglais, n° 12 857,1894) et les établissements Meister Lucius et Bru-ning (Br. allemand 73 688) ont proposé de consolider et de maintenir les diaphragmes en amiante, au moyen de barres horizontales disposées en forme de persienne sur l’une ou les deux faces du diaphragme. Ces barres sont disposées obliquement vers le haut; le point le plus bas de l’une d’elles n’est pas plus haut que le point le plus élevéde celle qui est au-dessous. Lorsque le diaphragme est garni de bandes sur ses deux faces, les deux bandes opposées se trouvent disposées en forme de V. Des dispositifs du même genre ont aussi été brevetés par d’autres inventeurs.
- Les cloisons poreuses en ciment de Port-land ont été brevetées par Breuer, Hurter et Carmichael.
- Breuer (Brevet anglais, n° 19775, 1894) et Hurter (Br. anglais, n" 15 396, 1893) rendent poreux le ciment de Portland en l’additionnant de sel et en lixiviant ensuite les objets façonnés. Hurter additionne le. ciment de sable, tandis que Breuer y incorpore du coke ou de la pierre ponce pulvérisée, ou encore de la laine effilochée et des poils hachés. La porosité des diaphragmes préparés de cette dernière manière augmente à l’usage, par suite de la dissolution de la laine et des poils dans l’électrolyte.
- Carmichael (Br. allemand, n° 5055, 1894) prépare des diaphragmes de formes diverses, au moyen d’une pâte formée de ciment de
- Portland et d’amiante ou detoute autre substance fibreuse. On arrive plus simplement au même résultat en revêtant, sur ses deux faces, un tissu d’amiante d’une couche de ciment, et en lui donnant ensuite la forme appropriée.
- Propriétés magnétiques des aciers trempés ;
- Par Mmü Skiodowska Curie fl).
- En décembre dernier, M. Linder présentait à la Société d’encouragement, au nom de la Commission des alliages de cette société, un rapport, reproduit en partie dans ce journal (2), dans lequel il résumait les principaux résultats obtenus par M"‘e Skiodowska Curie dans l’étude des aciers. Les résultats ont, au point de vue pratique de la construction des aimants permanents, une importance considérable. Aussi regrettons-nous que la longueur de l’intéressant mémoire de l’auteur ne nous permette pas de le reproduire ici in extenso ; nous en donnerons néanmoins une analyse très étendue.
- Introduction. — Dans ses recherches Mine Skiodowska Curie s’est proposé de déterminer l’influence de la composition chimique des aciers sur leurs propriétés magnétiques ainsi que la manière dont ces propriétés sont modifiées par les conditions de trempe. Les aciers pouvant servir à faire de bons aimants permanents ont été étudiés plus complètement. L’auteur a également étudié l’effet d’un faible recuit sur les mêmes aciers et l’influence des secousses et du temps sur leur aimantation.
- Le plus souvent les échantillons étaient des barreaux ayant 20 cm de longueur et une section carrée de 1 cm de côté ; cependant, pour certains aciers l’étude a été faite sur des barreaux de dimensions différentes. Quelques aciers ont aussi été étudiés sous forme d’an-
- (J) Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie lationale, 2e série, t. III, p. 36-74. fl) L’Éclairage Électrique, t. XIV, p. 46, Ier janvier 1898.
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- neaux réalisant des circuits magnétiques fermés.
- Pour ces anneaux l’auteur a déterminé la courbe d’aimantation cyclique. Pour les bar reaux, cette détermination n’a pas été faite à cause du temps considérable qu’elle exige et l’auteur s’est contenté de mesurer pour chacun d’eux, après aimantation à saturation, le champ coercitif et l’intensité d’aimantation rémanente au milieu du barreau. Ces deux quantités suffisent d’ailleurs à caractériser les propriétés magnétiques d'un acier pour aimants, comme nous allons le voir après avoir rappelé quelques définitions.
- SoitABCD B'C'A (fig. i) la courbe qui repré-
- fonction du
- champ magnétisant H pour un circuit magnétique fermé tel qu’un anneau d’acier, le champ étant produit-par un courant circulaire dans un fil enroulé régulièrement autour de l’anneau. Le champ variant d’une façon continue de -}- H, à — H, et de — H1 à -f- Hi; l’intensité d’aimantation prend successivement les valeurs représentées par les ordonnées des branches ABC D, DB'C'A de la courbe. Quand le champ H a sa valeur maximum Hj, Y intensité d'aimantation induite a sa valeur maximum lm représentée par l’ordonnée du point A. Quand le champ est nul on a l’m-tensité d'aimantation rémanente Ir = OB. Le champ étant négatif, pour une certaine valeur OC— Hc, l’anneau sera complètement désaimanté; IIC sera le champ coercitif (cette quantité est souvent appelée force coercitive).
- Dans le cas d’un barreau placé dans un champ magnétique uniforme H' et orienté parallèlement au champ, le champ magnétisant H en chaque point est dû à la superposition du champ H' et du champ démagnétisant H" dû à l’aimantation du barreau. Si, après avoir aimanté le barreau, on supprime le champ H', le champ démagnétisant H" dû aux pôles subsiste seul. Soit OE la valeur de ce champ au milieu du barreau, l’ordonnée correspondante représentera Vintensité d'aimantation rémanente IV au milieu du barreau. Nécessairement cette quantité est plus petite que Ir ; elle s’en rapproche d’autant plus que le rapport de la longueur du barreau à sa section est plus grand. Si on renverse le champ magnétisant H', il y a une valeur H'c du champ pour laquelle l’intensité d’aimantation au centre du barreau est nulle; c’est cette valeur que l’auteur appelle le champ coercitif du barreau. Ce champ doit avoir sensiblement la même valeur que dans le cas d’un anneau du même acier, puisque au moment où le barreau se trouve désaimanté, le champ démagnétisant est nul et par suite le champ magnétisant est égal au champ extérieur. Toutefois ceci suppose que le barreau se trouve complètement désaimanté quand l’intensité d’aimantation est devenue nulle en son milieu ; or, en réalité, les extrémités du barreau se trouvent déjà aimantées en sens inverse de l’aimantation primitive lorsque l’intensité est nulle au milieu. Cependant cette aimantation inverse est toujours faible, de l’ordre du centième de l’aimantation primitive, comme l’auteur l’a constaté en étudiant l’état des diverses sections d’un barreau placé dans un champ démagnétisant égal à son champ coercitif. Aussi les mesures n’ont pas montré de différence systématique entre les champs coercitifs d’un même acier h l’état d’anneau et l’on peut confondre ces deux champs coercitifs.
- Il est maintenant facile de voir que les deux quantités, intensité d’aimantation rémanente au milieu du barreau et champ coercitif du barreau fournissent des données suf-
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- Usantes sur les qualités magnétiques d’un acier destiné à la construction des aimants. La dernière joue d’ailleurs un rôle plus important que la première. En effet, l’intensité d’aimantation rémanente est du même ordre de grandeur pour un grand nombre d’aciers et même pour le fer doux, du moins en circuit magnétique fermé et par suite pour des barreaux de grande longueur. Au contraire le champ coercitif qui, pour un acier très doux, peut être plus petit que i, peut dépasser 8o pour certains aciers durs. Or les aciers à faible champ coercitif ne peuvent être utilisés pour la construction d’aimants permanents, car, d’une part, leur aimantation en circuit non fermé est faible puisque le champ démagnétisant qui en dérive doit être inférieur au champ coercitif, et, d’autre part, l’expérience montre que la stabilité des aimants sous l’action des perturbations magnétiques et sous l’inüuence des secousses et des trépidations croît avec la grandeur du champ coercitif.
- Méthodes de mesure. — i° Cas des bar-veaux. — Les barreaux ont tous été aimantés dans une bobine parcourue par un courant avec un champ de 700 unités environ, plus que suffisant pour la saturation ; un champ de 1 500 unités ne produisait pas une aimantation rémanente plus forte.
- Pour quelques barreaux Mme Sklodowska Curie a mesuré le moment magnétique M dont le quotient par le volume donne la valeur moyenne de la composante axiale de l’aimantation. Ce moment était déterminé de la manière suivante : l’aimant étudié agissait sur un petit aimant suspendu par un fil de cocon, et, pour augmenter la sensibilité, le champ terrestre était fortement diminué à l’aide d’un aimant directeur. On substituait à l’aimant un solénoïde dont on réglait le courant de manière à obtenir la même action qu’avec l’aimant. Le moment du solénoïde était calculé.
- Quand le barreau est très long par rapport à sa section, la valeur moyenne de la composante axiale de l’aimantation déduite du mo-
- ment magnétique diffère peu de l’intensité d’aimantation IV au milieu du barreau; pour les dimensions des barreaux employés dans cette étude I moyen est bien inférieur à IV. Comme la dernière de ces quantités a une signification plus simple au point de vue des propriétés magnétiques de l’acier; que de plus sa détermination est plus rapide que celle de la dernière, c’est cette intensité d’aimantation IV qui, ainsi qu’on l’a dit dans l’introduction, a été déterminée pour tous les barreaux.
- Cette détermination revient à celle du flux d’induction à travers la section droite au milieu
- B
- Fig. 2 et 3.
- de chaque barreau. Pour cela on introduit dans le circuit d’un galvanomètre balistique deux bobines a (fîg. 2) et A (fig. 4) ; dans la
- Fig. 4 «5.
- première est enfilé le barreau aimanté B dont on veut déterminer le flux ; dans la seconde est enfilé un solénoïde C. La bobine a étant placée au milieu du barreau, on la
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- laisse tomber et l'on note la déviation du galvanomètre balistique résultant de cette chute. Ensuite, la bobine A étant au milieu du solé-noïde C, on lance un courant dans celui-ci et l’on règle l’intensité de ce courant de manière que sa fermeture ou sa rupture produise la même déviation du galvanomètre que dans l’expérience précédente. Le flux d’induction traversant la bobine a dans cette expérience est alors égal au flux traversant la bobine A dans la seconde expérience. Pour avoir ce dernier flux on évalue l’intensité du courant traversant le solénoïde en comparant la différence de potentiel aux bornes d’une résistance parcourue par ce courant avec celle d’un élément Latimer Clark et avec celle d’un élément Gouy par la méthode du potentiomètre à boîte de résistance. Cette intensité étant connue, on calcule le flux à l’aide des dimensions du solénoïde et de la bobine A ; dans ce calcul on tient compte des termes correctifs provenant de l’action des bouts du solénoïde sur chacune des couches de fil de A.
- Cette méthode de détermination du flux au centre d’un barreau n’a été appliquée qu’à un petit nombre de barreaux étalons. Pour déterminer le flux au centre d’un barreau quelconque on le comparait à celui d'un des barreaux étalons en mesurant les déviations du galvanomètre balistique lorsqu’on laissait successivement tomber la bobine a du milieu de chacun des barreaux à comparer (fig. 2). Les barreaux étalons étaient aimantés depuis plusieurs années; pendant la durée des expériences, ils ont été conservés à l’abri des secousses et des influences magnétiques et leur aimantation est restée constante au degré de précision des mesures. L’aimant qui a presque constamment servi dans ces mesures est un barreau cylindrique de 23 cm de longueur et de i cm de diamètre; pendant quinze mois le flux de cet aimant est resté constant à 1/300 près.
- Connaissant le flux ? au centre du barreau, on en déduit l’intensité d’aimantation I par la formule suivante :
- cp = TTtt Is — nhs\
- s étant la section du barreau en son milieu, s’ la surface moyenne des spires de la bobine induite a, n le nombre des spires de cette bobine, h le champ démagnétisant au centre du barreau provenant des pôles.
- Pour les barreaux employés, le terme nhs' est toujours très petit par rapport à 4r.nls et constitue un terme de correction que l’on détermine d’une manière approchée comme il suit : on place la bobine a (fig. 3) à côté du barreau, près du centre, et on la laisse tomber. La déviation obtenue mesure sensiblement le flux nhs\ car /z, dans l’air, est à cet endroit très peu différent de h dans le barreau au centre.
- Passons maintenant à la mesure du champ coercitif. Pour cela, le barreau B (fig. 5) est placé au milieu d’une bobine très longue C et dirigé suivant l’axe de cette bobine. Un courant circulant dans un sens convenable dans le fil de la bobine C produit un champ magnétique uniforme, qui tend à désaimanter le barreau. On fait progressivement croître je courant depuis zéro jusqu’à la valeur pour laquelle l’aimant est désaimanté ; le champ qui existe alors dans la bobine est le champ coercitif.
- Pour suivre l’état d’aimantation du barreau, une petite bobine a est enfilée sur le barreau et placée en son milieu. La bobine a est dans le circuit du galvanomètre balistique. On se rend compte de l’état d’aimantation du barreau en tirant brusquement la bobiner hors de l’aimant et de la bobine C à l’aide d’une ficelle. La bobine a se déplace verticalement, guidée par deux fils de cuivre. Quand on lâche la ficelle, elle se remet en place au milieu du barreau sans qu’il soit nécessaire de déranger l’appareil.
- Quand le barreau n’est plus aimanté, sa présence ne modifie pas le champ produit par le courant. Il faut donc déterminer le courant i pour lequel le flux dans la bobine est le même que quand le barreau ne s’y trouve pas.
- La déviation, quand l’aimant est enlevé, est proportionnelle au courant. Dans une
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- expérience préalable, on détermine la valeur de cette déviation par ampère. Elle est relativement très faible, de sorte que la valeur du courant qui annule l’aimantation diffère peu de celle qui annule la déviation.
- Dans les expériences avec le barreau, on Ut au galvanomètre les déviations balistiques pour des valeurs croissantes du courant. On note les deux valeurs de i voisines pour lesquelles on a obtenu des déviations petites et de sens contraires, que l’on note également. On retranche algébriquement de ces déviations celles ducs au courant de la bobine seule ; on a ainsi les déviations dues à l’aimantation, et on calcule par interpolation la valeur de i pour laquelle l’aimantation est nulle. Le champ correspondant est le champ coercitif du barreau.
- La correction due au champ de la bobine est à peine utile dans le cas des barreaux à champ coercitif faible, mais elle devient nécessaire pour les aciers à aimants.
- On ne peut se servir, pour le calcul, que de très petites déviations. La mesure se fait par tâtonnement. Cependant on ne peut pas diminuer le courant parce qu’on ne se trouverait plus sur la même courbe d’aimantation cyclique. Si on a employé un courant trop fort, il faut réaimanter le barreau et recommencer.
- On mesurait le courant i à l’aide d’un ampèremètre précis de la maison Chauvin et Arnoux, muni de shunts soigneusement étalonnés permettant de lui donner la sensibilité désirée. Les très petites corrections à apporter aux lectures faites sur cet ampèremètre ont été déterminées plusieurs fois dans le cours des expériences. On se basait, pour cela, sur la connaissance d’une résistance et de la force électromotrice des éléments étalons Gouy et Latimer Clark (méthode du potentiomètre à boîte de résistance).
- 20 Cas des anneaux. — Chaque anneau se compose de deux demi-anneaux qui viennent se t'ajuster ensemble. Leurs bouts ont été soigneusement dressés sur le plan et polis
- de manière que l’on puisse amener les deux demi-anneaux, à se raccorder très exactement ensemble. Chaque anneau avait un diamètre moyen de n cm et une section de i cm2.
- Pour établir le champ magnétique dans les anneaux, on s’est servi d’une bobine annulaire formée par la réunion de deux bobines semi-annulaires.
- Les coupes (fig. 6 et 7) représentent les
- deux bobines semi-annulaires A et-B; à l’intérieur de ces bobines sc trouvent les demi-anneaux acd, a'c'dils sont fixés dans les bobines par du sable représenté par un pointillé sur les figures. Des bouchons en a et d,a' et d;, empêchent le sable de s’écouler. Dans la figure 6 les demi-anneaux sont séparés; dans la figure 7 ils sont raccordés de manière à former un circuit magnétique fermé. Le champ moyen dans l’anneau est 2 —, N étant le nombre total des spires, i l’intensité du courant, .v le demi-diamètre moyen de l’anneau.
- La bobine induite b b' (fig. 7 et 8), qui fait partie du circuit du galvanomètre balistique, est introduite entre les deux moitiés de la
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- bobine annulaire et repose dans le creux formé par la courbure des joues. Elle est
- ... * |
- traversée par le flux magnétique -f dû au courant qui circule dans la bobine annulaire et à l’aimantation de l’anneau. On a :
- ç — 4 sis -f- o'
- s étant la section de l’anneau, I son intensité d’aimantation,
- tp' le flux dû au champ de la bobine annulaire seule.
- On peut mesurer au galvanomètre le flux© pour un courant donné î, en séparant brusquement les deux bobines semi-annulaires et en retirant au même instant la bobine b b' du champ. Le circuit du galvanomètre comprend aussi là petite bobine a, qui sert à prendre le flux de l’aimantétalon pour déterminer la sensibilité du galvanomètre.
- La bobine semi-annulaire supérieure A est tenue par son milieu et suspendue au moyen d’un crochet au bout d’un levier en P (fig, 8). La bobine inférieure B est fixée à demeure en D. Le levier tourne autour d’un axe fixe en O. Quand il est relevé, les deux bobines peuvent être amenées à se raccorder exactement comme dans les figures 7 et 8. Si on le ,
- laisse libre, le grand bras, très lourd, retombe de son propre poids. En même temps le petit bras remonte assez pour arracher la bobine supérieure et la relever de quelques centimètres au-dessus de la bobine fixe (comme fig. 6). La bobine induite bb', qui était maintenue en place par un arrêt KF, est en même temps rendue libre parce que cet arrêt, qui était maintenu latéralement par la planchette fixe H, se trouve soulevé au moyen du fil IK, relié au levier. Un caoutchouc tendu EF, auquel la bobine bb' est attachée en F, et dont l’autre bout E est fixé à demeure, retire la bobine du champ. L’opération complète se fait très rapidement, ce qui permet d’employer la méthode balistique.
- Pour calculer I, il faut connaître le flux ©' dû à la bobine seule. Ce flux est proportionnel au courant ; on détermine sa valeur par ampère en répétant l’expérience précédemment décrite sans que l’anneau soit dans la bobine.
- Pour construire la courbe d’aimantation, on fait varier progressivement le courant entre -f— à et— i d’une manière cyclique. Pouravoir un point de la courbe, on s’arrête à une certaine valeur de i et on mesure le flux. On remet ensuite en place l’appareil et on fait parcourir un cycle au courant avant de déterminer un nouveau point (’).
- Chauffage des barreaux. — Les barreaux ont été d’abord chauffés au moyen d’un four à gaz dans un bain formé par un mélange de chlorure de potassium et de chlorure de sodium fondus. On a ensuite employé un four
- (1) La méthode est sujette à une cause d’erreur provenant des deux coupures de l’anneau. D’après Ewing (Magn. Induction), l’existence d’une coupure entraîne toujours un accroissement de la résistance magnétique du circuit magnétique, et cela même quand le contact des faces est assure par un polissage parfait. La résistance magnétique additionnelle due aux coupures a pour effet de diminuer l’aimantation rémanente, et cela d’autant plus que l’acier est plus doux. Pour les aciers étudiés ici, cet effet est probablement négligeable, sauf peut-être pour les aciers doux de Firminy à 0,06 et 0,20 p. 100 de carbone. Les valeurs de l’intensité d'aimantation rémanente à circuit magnétique fermé, trouvées pour ces aciers, peuvent donc être trop faibles.
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- électrique analogue à celui qu’avait employé M. Charpy pour le même usage, mais sans mouvement de rotation (').
- Le barreau était placé dans un tube de porcelaine chauffé au moyen d’une spirale de fil de platine parcourue par un courant. Pour éviter le refroidissement, le tube était introduit dans un manchon de terre beaucoup plus large, et l’espace entre les deux tubes était bourré de magnésie calcinée. Ce procédé de chauffage avait ici un intérêt particulier : le courant avait —
- pour effet d’aimanter le bar-reau, et une petite aiguille aimantée placée sur pivot à côté du four, en face de l’un des pôles, s’orientait sous l’action du barreau à angle droit du champ terrestre auquel le four était parallèle. (Le champ du courant n’avait presque pas d’action sur l’aiguille.) Aux températures élevées l’acier n’est plus ferro-ma-gnétique et l’aiguille se dirige de nouveau dans le méridien magnétique. Pendant que la transformation magnétique se produit, on voit l’aiguille changer de direction, et on peut déterminer la température à laquelle cette transformation a lieu. Cette détermination est importante, car on a reconnu que cette température est précisément celle qu'il faut dépasser pour tremper un barreau.
- On a encore employé, pour le chauffage des anneaux et de certains barreaux, des bains de chlorures fondus, chauffés' électri-qu ement au moyen d’une spirale de fil de nickel parcourue par un courant ; on peut ainsi régler avec précision la température du bain. On a constaté que le fil de nickel pou_ vait très bien être utilisé pour la construction des fours électriques, ce qui dispense d’employer le platine, bien plus coûteux.
- La température était déterminée au moyen d’un couple Le Chatelier et d’un galvanomètre. On a adopté, pour la graduation, les
- températures suivantes :
- Point d’ébullition du soufre. 445°
- Point de fusion de l'or ... i 050°
- et on a supposé qu’entre ces deux températures la déviation variait linéairement en fonction de la température.
- On trouve alors pour la température de fusion, du chlorure de sodium, 772% et pour la température de transformation du fer 745°.
- Fig. 8.
- On détermine avec beaucoup de précision la déviation du galvanomètre correspondant au point de fusion de l’or en opérant comme il suit : on enveloppe la soudure du couple d’un très petit morceau de feuille d’or. On place la soudure au milieu d’un petit tube de porcelaine chauffé électriquement. On peut amener la soudure progressivement à une température donnant une déviation déterminée sans risquer de la dépasser ; on supprime ensuite le courant et on regarde si l’or a été fondu; après quelques essais de ce genre, on connaît très exactement la déviation qui correspond à la fusion.
- (’) L’Éclairage Électrique, t. VIII, p. i 18.
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- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET
- SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES ÉLECTRICIENS
- Séance du mercredi Ier juin i8cj8.
- M. E. Ducretet fait une communication sur la télégraphie hertzienne sans fil avec le lube radio-conducteur de M. Branly et les dispositifs de M. E. Ducretet.
- Nous avons déjà rendu compte de cette communication (‘j, faite il y a quelques semaines. pendant les séances de Pâques de la Société de physique.
- L’ordre du jour appelle ensuite la communication de M. X. Gosselin sur les potentiomètres industriels.
- On connaît le principe de ces appareils. Soient A et B deux points entre lesquels existe une différence de potentiel s connue et variable à volonté; soient A' et B’ deux autres points présentant une différence de potentiel s' que l’on veut évaluer. Réunissons électriquement B et B' de manière à amener ces points au meme potentiel, intercalons entre A et B un galvanomètre et une clef d’interruption, et modifions s jusqu’à ce que le galvanomètre ne dévie plus quand on ferme son circuit ; on aura alors é —; e.
- L’instrument permet d’ailleurs d’effectuer toutes les mesures se ramenant à celle d’une différence de potentiel. En particulier il permettra la mesure d’une intensité de courant en faisant traverser à ce courant une résistance connue R et en mesurant la différence de potentiel e entre les extrémités de cette résistance ; on aura
- Il permettra encore la comparaison de deux résistances R et R, du même ordre de grandeur : il suffira de faire traverser ces deux résistances en série par un même courant et de mesurer les différences de potentiel s et s,
- (‘) L'Eclairage Électrique du 7 mai. t. XV, p. 257.
- DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- entre les extrémités de chacune d’elles; on
- R, __ 5,
- R ~~ t •
- Il permettra également la mesure de différences de potentiel supérieures à la valeur maximum que l’on peut donner à s. En effet, supposons par exemple qu’on ait à évaluer une différence de potentiel égale à 100 volts, alors que s ne peut dépasser 1,5 volt. On intercalera entre les points A' et B' présentant la différence de potentiel de 100 volts une résistance assez grande pour ne pas influer sur cette différence de potentiel et l’on mesurera celle qui existe entre deux points comprenant le i/ioo de cette résistance.
- On voit que le potentiomètre permet d’effectuer la plupart des mesures électriques que l’on a à faire en pratique. Aussi M. Gosselin s’étonne-t-il que l’usage de cet instrument soit encore si peu répandu en France, alors qu’en Angleterre on se servait couramment en 1888 d’un appareil de ce genre imaginé par Crompton et qui permettait de mesurer des différences de potentiel comprises entre 1/1000 de volt et 1 000 volts, des résistances de 1/1000 d’ohm à plusieurs mégohms, des intensités de 1/1000 d’ampère aux plus fortes intensités que l’on ait à évaluer.
- Mais comment obtenir pratiquement, entre deux points A et B, une différence de potentiel s connue et variable à volonté? Le moyen le plus simple consiste évidemment à relier les pôles d’un élément de pile étalon par un fil bien régulier et à déplacer l’un des points, A par exemple, le long de ce fil. Si la différence de potentiel entre les pôles de la pile est 1,41 volt, comme dans l’étalon Latimer Clark, on pourra apprécier 1/1000 de volt en donnant au fil une longueur de 1410 mm, et alors la mesure de s se fera par une simple lecture. Mais l’étalon indiqué ne peut être employé en circuit fermé. On se trouve donc amené à employer une pile ne variant que
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- très peu de force électromotrice en circuit fermé et ajouter au fil du potentiomètre une résistance supplémentaire permettant de modifier l’intensité du courant de manière qu’une différence de potentiel de 1,41 volt existe entre deux points d’un fil sépares par une longueur de 141 cm. Cette disposition a été adoptée par Clark.
- Toutefois, comme il est difficile d’avoir un fil de section uniforme sur une longueur aussi considérable et que d’autre part cette longueur rend l’appareil peu transportable, on a cherché d’autres dispositions pratiques.
- M. Gosselin passe alors en revue les diverses dispositions qui ont été appliquées ou simplement proposées. Parmi ces der-
- nières il cite celle de M. Chaperon, qui consiste à diviser la résistance comprise entre A et B en dix parties, dont une seule est subdivisée, disposition qui fut reprisé par Cromp-ton en 1885. Il décrit ensuite les potentiomètres de Elliott, celui de Nalder Brothers. Il termine par l’indication du dispositif employé par M. Bouty pour faire varier s au moyen de deux boites de résistances identiques dont- on reporte les fiches de l’une à l’autre, et décrit un potentiomètre pratique pour l’application de cette méthode.
- Ces descriptions étaient accompagnées des projections des schémas de connexions des divers appareils.
- J. B.
- CHRONIQUE
- L’emploi des piles primaires pour actionner les petits moteurs. — Il est assez rare de voir des moteurs alimentés directement par une pile, c’est cependant le cas d'une petite installation qui fonctionne très bien depuis plus de quatre années et que le Scientific American a citée.
- L'installation se compose de douze éléments de pile au sulfate de cuivre, du type américain à gravité, en série avec quatre accumulateurs au chlorure. Le courant de cette batterie actionne deux petits moteurs qui servent pour la marche de deux machines à coudre et d'un petit ventilateur électrique et alimentent deux lampes à incandescence de quatre bougies et une sonnerie d’alarme qui fonctionne en allumant une autre petite lampe.
- Les accumulateurs ne réclament pas de soins spéciaux ; quant aux éléments de pile, quand le liquide a atteint 250 Baumé, c’est-à-dire une fois par mois environ, on enlève la solution de sulfate de zinc et on la remplace par de l'eau, on nettoie les zincs et on ajoute un peu de sulfate de cuivre s il y a lieu.
- Les frais de cette installation sont les suivants :
- 4 accumulateurs............
- 12 éléments sans zinc ....
- Fils, plomb et matériaux divers
- et annuellement pour la charge :
- 100 kgr sulfate de cuivre. ... 66
- moins 3,50 fr pour la vente du cuivre déposé, soit, 80,50 fr. G.
- La Traction électrique à Ostende. — Depuis Lan dernier la petite ligne des tramways maritimes d’Ostende est exploitée avec la traction par accumulateurs. Cette ligne n'a guère que 3,1 km de longueur. Une autre ligne plus importante est aussi exploitée électriquement, mais par trôlet Dickinson; cette ligne a 10 km de longueur et relie Mariakerke et Middelkerke à la station balnéaire. .
- La charge des accumulateurs de la petite ligne circulaire se fait à l'usine établie au dépôt du chemin de fer vicinal du littoral. Cette station comprend une dynamo Westinghouse en dérivation, avec induit en tambour, donnant 135 ampères sous’280 volts pour 630 tours à 3a minute; elle est actionnée par courroie au moyen d’une locomobile Lanz.
- Les voitures portent chacune 12 caisses de 9 élé-
- 105 fr 45
- i;i fr
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- inents Laurent Cely, soit une capacité de 140 ampères-heure pour le débit de 50 ampères. La charge, qui dure de une à deux heures, se fait en amenant les voitures sur une voie centrale, le long des côtés de laquelle se trouvent des bancs de charge avec contacts fixes. Il n'y a donc pas de déplacement des caisses, ce qui réduit considérablement les frais d’entretien. La remise en état est d'ailleurs simple ; l'usure se traduit par une chute lente de la matière active des plaques positives, on la recueille et on l'applique sur le grillage support quand la plaque est trop amincie. Les éléments, enfermés chacun dans un compartiment d’ébonite, sont réunis dans des caisses de bois sur les petits côtés desquelles sont deux bandes de contact.
- Les voitures sont montées sur simp’le châssis; l’empattement des essieux est de 2,40 m; elles peuvent franchir des courbes de 25 m. Leur poids est de 7 500 kgr sans accumulateurs ni voyageurs; le poids des accumulateurs est de 2 500 à 4 000 kgr. Les voitures sont à 50 places sans impériale, avec i\ places assises; les plates-formes ont 1,20 m de longueur.
- Sur cette ligne, il y a quatre voitures dont trois sont constamment en service pendant la saison. La charge permet un parcours de 70 km, La voie
- Les voitures sont munies de deux moteurs Westinghouse de 18 kilowatts actionnant chacun un essieu par engrenage à réduction de 1/4, la tension est de 250 volts.
- Pour la ligne de Middelkerke, la station centrale, située près de l’hippodrome Wellington, comprend quatre machines à vapeur, trois d'entre elles actionnent par courroies trois dynamos de 12s kilowatts de la Société électrique et hydraulique de Charleroi, la quatrième sert pour une dynamo de no kilowatts 120 volts qui assure l’éclairage et la distribution d'énergie de l'hôtel North. Les chaudières sont à fover intérieur et tubes Galloway, elles sont timbrées à 8 atmosphères.
- Il y a 14 voitures automotrices mises en mouvement chacune par deux électromoteurs de 20 kilowatts. Hiles ont 24 places assises et 16 sur chaque plate-forme; celles-ci sont bien installées en vue du mauvais temps et très confortables. Chaque voiture motrice remorque une voiture ordinaire. Le matériel permet trois départs à l’heure dans
- chaque direction, en service ordinaire. La vitesse est de 25 km. G.
- Télégraphie acoustique sous-marine à l’aide d’un microphone à pivots. — La transmission des ondes sonores par l'eau peut être utilisée en diverses circonstances, soit par exemple pour correspondre entre deux navires, soit encore pour prévenir de l'approche d’un navire et éviter un abordage. Cette dernière question a été, comme on sait, mise à l'étude dans ces dernières années à la suite d’abordages que rend de plus en plus fréquents la vitesse toujours croissante des paquebots. Mais cette question présente de nombreuses difficultés principalement à cause de la nécessité d'avoir, pour recueillir les ondes sonores, un appareil à la fois robuste et sensible. Quelques-unes d’entre clics, sinon toutes, paraissent avoir été surmontées par l’emploi de microphone à pivots, dans des essais faits récemment à Cherbourg, essais que M. Hardy signalait à l'Académie des sciences (Comptes rendus, t. CXXVl,p. 1496) par la courte note qui suit :
- « On sait que les vibrations sonores se transmettent dans l'eau à de grandes distances; mais comme l'amplitude de ces vibrations èst faible, pour percevoir de très loin les bruits sous-marins, il est nécessaire d'employer des appareils très sensibles aux vibrations sonores tout en étant résistants aux perturbations extérieures.
- » Les expériences faites à Cherbourg, par ordre de M. le Ministre de la Marine, ont montré la grande supériorité des microphones à pivots pour ce genre d’observations et fait voir une application si humanitaire de la télégraphie acoustique sous-marine, que M. le Ministre de la Marine en a autorisé l’emploi.
- » Le microphone à pivots se compose d'un petit disque de charbon fixé au centre de la plaque vibrante, Des éléments à pivots sont installés autour de ce disque. Chaque élément à pivots se compose d'une pièce mobile avec contrepoids pour régler la pression des charbons. Une petite quantité de mercure entoure chaque pivot et assure le passage du courant électrique dans la pièce mobile sans gêner en rien sa mobilité. »
- Le Gérant
- : C. NAUl).
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- Samedi 18 Juin 1898
- 5« Année. — N”
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France. Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER. Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLQNDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- UN NOUVEL ÉLECTRO-AIMANT DE LABORATOIRE
- Les électro-aimants puissants comptent parmi les instruments les plus fréquemment employés dans les laboratoires. Les observations de la polarisation rotatoire magnétique, du phénomène de Hall,de celui de Kerr,etdes propriétés nouvelles de la lumière découvertes par Zeeman, ne sont que quelques exemples, cités au hasard, de l’emploi des champs magnétiques très intenses. Néanmoins les instruments au moyen desquels on les obtient sont pour la plupart d’un type ancien, demeuré invariable depuis Ruhm-korff et fort imparfait, considéré à la lumière des idées actuelles sur le circuit magnétique. Ce n’est pas que des constructions plus modernes aient fait défaut. MM. Ewing (x) et du Bois (2) notamment ont discuté le problème de la production des champs intenses et ont réalisé des instruments vérifiant leurs prévisions théoriques. Mais ces auteurs se sont proposé d’atteindre l’extrême limite accessible dans des installations de laboratoire et ont abouti à des constructions relativement lourdes et coûteuses. L’éiectro-aimant de M. du Bois, de forme annulaire, pèse 270 kg et ab- (*)
- (*) Ewing. Magnetic Induction in Iran and other Metals. (2) Du Bois, Wied. Ann., t. I-I, 1894.
- sorbe 6 1/2 chevaux. Nous avons pensé qu’il y avait de la place, à côte de ces instruments destinés à établir un record, pour un appareil plus maniable et plus économique. Dans l’instrument que nous allons décrire É) Ie poids ne dépasse pas 100 kg et la dépense d’énergie reste inférieure à 2 chevaux, et néanmoins nous avons sacrifié très peu de chose de l’intensité du champ obtenue par M. du Bois. Nous pensons aussi avoir donné à l’instrument un mécanisme de réglage commode et précis et une disposition extrêmement pratique pour la manipulation des appareils d’observation.
- L’idée que suggère tout d’abord la notion de circuit magnétique est de faire, au moyen de deux plans parallèles, une coupure perpendiculaire aux lignes d’induction dans un tore aimanté suivant la périphérie (fig. 1). Mais on aperçoit immédiatement que la limite du champ dans cet entrefer est la limite pratique de l’induction dans le fer, c’est-à-dire environ 20000 C.G.S. Pour aller plus loin il faut concentrer le llux au moyen de pièces
- (<) Cet instrument a été très bien construit pour la Faculté des Sciences de Rennes par l'École pratique d’industrie de cette ville.
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- polaires convenablement choisies. Le problème se décompose donc dans les deux suivants : la détermination du profil le plus
- avantageux pour les pièces polaires et la construction d’un circuit magnétique permettant de les aimanter à saturation.
- i° Pièces polaires. — Ewing a montré que si l’on suppose l’aimantation uniforme et parallèle à l’axe des noyaux cylindriques de l’électro-aimant, la forme la plus avantageuse des pièces polaires est celle de deux troncs
- Tel est en effet l'angle le plus favorable dans le cas des expériences d’Ewing, où les deux faces de rayon r des cônes sont reliées par un isthme composé de la matière à ctudier et ne contribuent pas à la production du champ. C’est encore le cas des pièces polaires percées suivant l’axe d’un trou de rayon r. Dans le cas au contraire où ces surfaces frontales sont libres, elles sont dans la production du champ au sommet des cônes pour une part représentée par :
- H' = 47rI(i-C0S«)
- et il faut choisir a de façon à rendre H -f- H/ maximum. Ceci a lieu quand :
- (2 sin a coss K — sina a) log nat - + sïn x = o, c'est-à-dire
- ce qui donne pour :
- f' _R__ao a = 54°4o' (i)
- 2; — = 3^3 *•— 6l (2;
- 3; -J- =7 =• = “" (3)
- 4i -y- =3,3 * = 85”. (4)
- de cône dont les surfaces coniques ont même Soient :
- « le demi-angle du sommet, r et R les rayons de la petite e: de la grande
- I l’intensité d’aimantation.
- Ewing a montré que le champ développé au sommet commun des deux cônes par les couches magnétiques revêtant les deux surfaces coniques est donné par :
- H = 4 tc! sin2 a cos y. log nat .
- Cette expression est maximum par rapport à a quand
- ®a=l/r c'est-à-dire a = 54".44'.
- Le rapport 2) est celui qui a été adopté par M.du Bois, et l’expérience lui a effectivement montré qu’un angle de 6o° environ donnait le résultat le plus avantageux. Les rapports 3) et 4) correspondent aux pièces polaires exécutées pour le présent appareil. Il ne faut pas perdre de vue qu’une augmentation de a conduit à rapprocher les pièces polaires et à réduire l’espace utilisable dans le sens de la longueur, aussi cst-cc moins en considération des nombres ci-dessus qu’on a pris :
- tg* = 2 a = 63° 1/2
- qu’à cause de la réduction de la résistance magnétique de l’entrefer qui résulte de l’augmentation de a ainsi qu’il sera montré plus loin.
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- L’angle a choisi, il reste à examiner comment H dépend de la variable —. Le champ devient infini en même temps que ce rapport. On peut donc théoriquement atteindre des
- Fig. 3. — Diverses pièces polaires.
- champs quelconques a condition d’employer des appareils suffisamment grands ou d’opérer dans'des espaces assez petits. Mais l’accroissement de log nat — est relativement lent, et c’est cette circonstance qui nécessite la mise
- ZlcMtio
- Fig. 5 et 6. — Electro-aimant ;
- nous ramènent à la conception du circuit magnétique coupé par deux plans parallèles limitant l’entrefer. Les plus grandes (a) sont faites en vue d’obtenir des champs uniformes et étendus de l’ordre de 2000 C.G.S. dans un entrefer de 4 cm; les autres, plus petites b» sont destinées à donner suivant leur distance des champs uniformes pouvant aller jusqu’à 20000 C.G.S.
- 20 Circuit magnétique. — On a donné au
- en œuvre de moyens démesurés pour gagner très peu de chose quand on dépasse certaines limites.
- Fig. 4. Electro-aimant ; vue en plan, échelle 1/10.
- En dehors des pièces polaires coniques (c, d, fig. 3) pleines et percées, l’appareil possède deux paires de pièces polaires planes qui
- Prvfd
- profil, échelle 1 /10.
- circuit magnétique la forme d’un rectangle (fig. 4, 5 et 6) dont trois côtés sont formés par une seule pièce de fer forgé dont la partie moyenne cylindrique a un diamètre de 7 cm. Dans cette pièce sont ajustés à frottement doux deux noyaux cylindriques de même diamètre qui forment le quatrième côté du rectangle. Ils sont filetés à leur extrémité extérieure et peuvent être mus dans les deux sens, indépendamment l’un de l’autre, au moyen de deux petits volants en bronze for-
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- mant écrou. C’est un mécanisme analogue à celui de la contre-pointe des tours ; il est très commode et pourrait facilement donner une mesure micrométrique de l’entrefer. L’appareil tout entier est suspendu horizontalement, en porte à faux, à un fort bâti en chêne. De cette manière, tout l'espace entre et sous les pièces polaires est libre, et l’on peut se servir commodément de la tablette portée par le bâti.
- Le rectangle est suffisamment rigide pour qu’on n’ait pas à redouter les flexions sous l’influence de l’attraction des pôles. La valeur maxima de celle-ci — 600 kgr —• ne produit guère qu’un rapprochement de 0,2 mm qui ne peut être gênant que dans des cas exceptionnels. Il faudrait alors l’empêcher par des cales de métal.
- 3° Enroulement. — Les bobines doivent fournir la force magnétomotrice nécessaire pour aimanter la partie ferromagnétique du circuit et pour surmonter la résistance magnétique de l’entrefer. L’enroulement est porté tout entier par les noyaux mobiles et le côté du rectangle qui leur est parallèle. La bobine qui couvre ce dernier est composée de 2 200 tours. Les noyaux portent chacun une bobine de 600 tours entre lesquels reste un espace libre de 9 cm. Deux bobines sup-
- Fig. 7.
- plémentaires (fig. 7) de 200 tours chacune peuvent être juxtaposées aux premières, de façon à mettre des ampère-tours dans le voisinage des pôles. C’est là en effet, comme l’a montré M. du Bois, qu’ils sont le plus utiles, parce qu’en même temps qu’ils augmentent la force magnétomotrice, ils combattent l’épanouissement des lignes de force dans l’entrefer. Le diamètre du fil est de 2 mm; on peut faire passer dans ce fil un courant de 9 ampères pendant deux heures
- ou de 14 ampères pendant dix minutes, sans échauffement excessif. Les nombres d’ampère-tours sont donc :
- supplémentaire», supplémentaires.
- 9 ampères. . 30000 32000
- 14 » ... 48000 50000
- la résistance totale de l’appareil est de 9 ohms environ ; il faut donc, pour le courant maximum, environ 125 volts.
- Cherchons à nous faire une idée approximative de la résistance magnétique de l’entrefer. Supposons qu’il est limité par deux cônes (fig. 2) qui se touchent par leurs sommets et que les lignes de force sont parallèles à leur axe. Cette hypothèse est visiblement éloignée de la réalité, mais tend à s’en rapprocher quand le champ des bobines augmente indéfiniment. Appelons p la résistance magnétique cherchée, nous avons pour un élément annulaire de rayon r, comme celui qui est couvert de hachures dans la figure 2 :
- d’où
- — = tga, où tg a = 2 dans le cas présent.
- Nous avons ainsi une mesure grossièrement approchéedecette résistance magnétique, qui est une limite supérieure à cause de l’épanouissement des lignes de force. Une petite troncature au sommet des cônes la modifie évidemment d’une manière insensible.
- Or, on connaît l’intensité d’aimantation maxima dans les pièces polaires; elle a été trouvée égale k 1630 environ. On en déduit la grandeur du flux qui traverse l’entrefer et l’on trouve que pour le faire passer dans la résistance 0 il faut 30000 ampère-tours ('). Il en reste donc 20000, disponibles pour l’aimantation du fer, qui donneraient, répartis (*)
- (*) L’emploi de cônes de 63°,5 au lieu des cônes théoriques de 54°,40' réalise une économie de :
- 30 000 (\/2— i), c. a. d. 12000 ampère-tours.
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- sur tout le circuit de 85 cm de longueur, un champ de
- " 3^ 295 C.G.S.
- En réalité ce champ est insuffisant pour expliquer la forte aimantation qui a été obtenue, et le résultat a été amélioré par une disposition de la partie ferromagnétique du circuit qui est un perfectionnement de principe par rapport à ta construction de du Bois.
- Dans le voisinage de la saturation, des variations énormes de la perméabilité correspondent à des variations très faibles de l’intensité d’aimantation ; il suffit donc d’une très petite diminution de l'induction pour diminuer considérablement la force magnétomo-trice employée. Or.par suite delà continuité du flux, l’induction est sensiblement en raison inverse de la section. Puisqu’on est obligé d’aimanter les pièces polaires à saturation, on donnera à celles-ci et aux noyaux qui les portent la section minima, et un certain excédent de section à toutes les parties du circuit éloignées des pôles. Dans les deux petits côtés du bâti rectangulaire, qui ne portent pas d’enroulement, la section a été prise assez grande pour que l’on puisse, dans une première approximation, négliger la force magnétomotrice qui y est dépensée. Dans le troisième, recouvert par la grande bobine, l’excédent est représenté par l’absence de perforation axiale, il est de 8 p. 100. Pour évaluer exactement son effet, il faudrait connaître, non seulement l’aimantation obtenue dans le fer, égale à 1630 environ, mais encore la courbe représentant l’intensité d’aimantation en fonction du champ. Celle-ci n’a pas été déterminée, mais les mesures faites sur d’autres fers analogues ’Lancashire. recuit avec soin] permettent d’évaluer que sur les 20000 ampère-tours disponibles, 4 000 peut-être sont dépensés dans le bâti, tandis que le reste agit sur les noyaux mobiles qui se trouvent ainsi placés dans un champ de 800 unités.
- 4° Résultats. — Le champ obtenu entre les pièces polaires d (fig. 3) placées l’une de j
- | Tautre à la distance théorique de 5 mm. a
- Pour i = 2,7 ampères H = 19000 8,y 26000
- 11,7 26600
- *4.3 27300
- Avec un courant de 11,4 ampères, les mêmes pièces polaires ont donné aux distances suivantes :
- 5 mm 26500
- 3,6 » 29500
- 3 » 30500
- Ces résultats ont été obtenus avec les bobines supplémentaires; le gain résultant de leur emploi est de plus de 1 000 unités.
- Le champ a été mesuré par la méthode balistique en retirant brusquement de l’entrefer une petite bobine d’aire exactement confiais ce qui permet de juger de la qualité de l’instrument, c’est .moins le champ obtenu pour certaines pièces polaires particulières que l’intensité d’aimantation atteinte dans ces pièces. En s’appuyant sur les formules citées plus haut et sur la valeur du champ, 27 300, obtenue avec la distance théorique, on trouve, déduction faite de 1 000 unités qui sont dues à l’action directe des bobines, que l’intensité d’aimantation dans les pièces polaires est de
- 1630 C.G.S.
- Ce nombre est précisément le même que ce-ltii que l’on peut déduire des mesures faites par M. du Bois sur son appareil. Il permet de calculer avec certitude le champ que l’on obtiendrait avec des cônes quelconques. Par exemple :
- r = 1.5 donnerait H = 37 000 C.G.S.
- L’appareil de M. du Bois donne, avec le même r, H = 38000. Si l’on pouvait faire une expérience dans un entrefer de 0,5 mm de long et de 1 mm de diamètre, le champ utilisable dans un aussi petit espace serait :
- II = 44000 C.G.S.
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- A'ous terminons par deux remarques d'un caractère pratique :
- 5° Section à donner au fer. — On pourrait encore améliorer notablement le circuit magnétique et économiser la plus grande partie des ampère-tours dépensés dans le fer en développant complètement le principe de l’excédent de section dans les parties du circuit éloignées des pôles. On serait alors conduit à un profil d’appareil tel que celui qui est représenté dans la figure 8.
- On pourrait craindre que l’avantage de la réduction de la résistance magnétique ne soit compensé parun accroissement correspondant des dérivations. Comparons les noyaux munis de leurs pièces polaires à de bons conducteurs électriques de même forme, plongés dans un électrolyte de médiocre conductibilité, et entre lesquels règne uneforce électromotrice donnée, image delà force magnétomotrice. Il est manifeste que dans cette expérienced’élcctrolyse le courant allant de a en h (fig. 8) ne variera pas beaucoup suivant que ces points seront situés sur une surface cylindrique ou légèrement conique, et l’analogie des deux problèmes permet de conclure qu’il en sera de même pour la dérivation magnétique. On peut remarquer d’ailleurs que le transport des ampère-tours des parties éloignées du circuit à l’entrefer est intimement lié à l’existence des dérivations de flux et qu’on ne saurait, par conséquent, les supprimer sans s’éloigner du but (1).
- {*) On a supposé, dans le croquis, fig. 8, le bâii formé de trois pièces assembléesàchaud et serrées par refroidissement. Les joints n’absorberaient qu’une force magnétomotrice minime et l’on aurait évité une pièce de forge relativement
- 6° Construction de l’appareil à une échelle différente. — Si l’on augmente toutes les dimensions des pièces polaires dans un rapport
- tout en les maintenant aimantées à saturation, l’intensité du champ ne varie pas et son étendue utilisable est augmentée dans le même rapport L Comment sera-t-on amené à modifier les dimensions du reste du circuit?
- Supposons que le circuit magnétique tout entier reste semblable à lui-même. On a :
- Force magnétomotrice — Flux x Résistance magnétique.
- La résistance magnétique de l’entrefer est en raison inverse des dimensions linéaires [nous l’avons trouvée égale à dans un
- cas particulier], et il en est de même de la résistance du reste du circuit. Le flux augmente proportionnellement à la section des pièces polaires, et par conséquent comme Son produit par la résistance, c’est-à-dire la force magnétomotrice nécessaire croît donc comme la première puissance de')- seulement. Il ne faudra donc pas augmenter les bobines ho-mothétiquement dans Je même rapport, ce qui reviendrait à multiplier les ampère-tours par À3, mais simplement conserver à la couche de fil de cuivre la même épaisseur que dans l’appareil primitif. D’où cette conclusion que le poids des appareils croit un peu moins vite que la troisième puissance de l’étendue utilisable du champ, et qu’il est plus facile de réaliser une bonne construction à une grande échelle. Si au contraire on voulait réduire proportionnellement toutes les dimensions du circuit magnétique on serait bientôt arrêté par l’impossibilité de faire passer tous les ampère-tours nécessaires dans l’intérieur du circuit. Mais si, en se conformant aux règles indiquées dans la remarque précédente [50] on avait rendu la résistance magnétique du fer faible par rapport à celle de l’entrefer, on pourrait procéder comme ceci : on conserverait au circuit magnétique sa longueur et on réduirait dans le même rapport les sections du fer et celle des bobines. L’appareil ainsi déduit de celui qui fait l’objet de cette note
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- avec une réduction du diamètre des noyaux à 5 cm, pèserait environ 50 kg et exigerait une énergie maxima inférieure à un cheval; ce serait évidemment un instrument très pratique, très maniable et assez puissant pour
- bien des applications n’exigeant pas un champ très étendu.
- LES LAMPES A ARC (')
- La lampe pour courants alternatifs de MM. Dwis et Conrad, représentée par les ligures 1 à 6, est remarquable par quelques
- , •
- N / ) / '(
- Conrad (1898).
- — Lampe Davis
- détails de construction destinés à assurer la régularité et la douceur de son fonctionnement.
- Le solénoïde en série 30 agit a l une des extrémités d’un levier 21 (fig. 3) fou sur son
- axe iga (fig. 4) qui porte, également folle, la roue de frein 24, solidaire du pignon 18, en prise avec la poulie 14 de la chaîne de suspension des charbons. La bande 24 du frein est attachée d’un bout au levier 21, et, de l’autre, à l’extrémité 25 d’un levier coudé 26, pivoté sur 21, avec le jeu permis par la cou-
- Fig. 2 à 6.
- lisse 27 de 25, et qu’un ressort 28 tend à appuyer sur le taquet 15. L’autre extrémité du levier 21 est reliée à un dash-pot, avec piston en graphite autolubrifiant 29 et sa tête 2gb jouant sans choc entre deux disques de feutre (fig. 1).
- Le solénoïde 30 repose sur un disque de
- (•) L’Éclairage Électrique, 5 février 1898, p. 237.
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- feutre et son armature est reliée au levier 21 par un ressort 36 qui l’appuie sur la bride 35
- Fig. 7. — Lampe Quinby (if
- de ccttc attache par l’intermédiaire d’une rondelle en feutre 37, qui en amortit le bruit.
- Au départ, les charbons sont au contact, le levier 26 est appuyé sur son taquet 15, et le frein 24 desserré. Dès qu’on lance le courant l’armature du solénoïde, bien que brusquement attirée, agit doucement sur le levier 21, grâce au ressort 26, serre le frein et sépare les charbons. Dès que l’arc augmente, le poids du piston du dash-pot, entraînant le levier 21, desserre un instant le frein, qui laisse les charbons revenir à leur distance normale. Puis la régularisation se continue, très stable grâce à l’élasticité des liaisons, et sans bruit h cause de l’amortissement des chocs par les rondelles de feutre et les ressorts du système.
- Le charbon supérieur guidé aubas(fig. 1) est articulé enn, et le charbon inférieur, guidé en 9, est tixé en ya par une sorte de joint universel qui en empêche le coincement.
- Fig. 8 à 10. — Lampe Baker et Fox (1898).
- Le frein de la lampe en série de Quinby est 1 son cône sur le porte-charbon, et le lèvent constitué (fig. 7) par des billes 16 qui, lors- I d’une quantité limitée par la butée 25. Au que l’armature 13 monte, sont coincées par | repos, le cône 14, venant buter sur 17, de-
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- brave les charbons et les laisse retomber au contact.
- Les porte-charbons H et H' de la lampe de Baker et Fox ont (fig. 8) leurs douilles EE' enfilées folles sur la vis R, à pas-opposés en
- Fig. 1^ et 16. — Lampe Fox (1896^.
- haut et en bas, et dont la rotation commande dans le cas de courants alternatifs, l'écartement des charbons par la prise des galets WW' dans les filets de R. Ces galets sont articulés aux douilles E et E' par des leviers DD', dont les ressorts S (fig. 11 et 12)
- 1
- Fig. 17.
- les appuient sur R, et que l’on peut débrayer par les leviers Lâ. Dans le cas des courants continus, on remplace le galet W de la douille du charbon positif H' par un galet W2 à cannelures K (fig. 14), de mêmes diamètre et pas que R, de sorte que H' avance deux fois plus vite que H.
- La vis R reçoit sa rotation d’un mouvement d’horlogerie à frein L6, que le solénoïde en dérivation C commande par son armature C'Q;
- la roue/du frein est pourvue de vannes pour en régulariser le mouvement.
- La lampe de W. Fox a (fig 15 à 17) ses charbons commandés par deux solénoïdes, l’un en série O, l’autre en dérivation P, dont les armatures sont conjuguées par des manivelles
- >. — Lampe Holsten (1897).
- calées à 90° sur l’arbre T. Quand cet arbre tourne dans le sens de la flèche x, il serre d’abord le frein I sur la roue À, en faisant pivoter par S,St sa barre L autour de son articulation M de H, puis il entraîne, par HH
- Coupe-circuit Holsten.
- et le frein, la roue- A de manière à séparer les charbons ; et la régularisation se continue en différentiel, aidée parle dash-potW et limitée par la butée Y, qui relâche définitivement le frein et ramène les charbons au contact.
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- Fig. 20 et 21. — Lampe Ridings et Crawford (1896).
- Fig. 23. — Lampe Tepel.
- Lampe Tepel (1898'.
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- Lorsqu’on lance le courant dans la lampe en dérivation de Holsten représentée schématiquement par la figure 18, le solénoïde a attire ses deux armatures b et c. Ce mouvement soulève le levier a? qui, par m, soulève/ autour de k, de manière à lâcher en g la palette h d’un mécanisme d’horlogerie. Les charbons descendent alors au contact; puis, le courant diminuant en a, c laisse redes-
- Fig. 24 à 27. — Lampe Tepel.
- cendre c et son galet 0, qui supporte le charbon inférieur. L’arc étant ainsi amorcé, m laisse g arrêter de nouveau la palette /z, puis la régularisation se continue par le jeu des deux armatures b et c, agissant à la fois surg-, principalement par l’armature £, légère et très sensible. Le même inventeur a récemment proposé, pour les lampes en série, le coupe-circuit automatique représenté par la figure 19. En marche normale, l’électro-aimant e, régulateur de la lampe attire, son armature fg
- tout près degq dès que l’arc s’éteint, g*ferme le circuit en g' sur h, b, d. en dehors de la lampe dont l’extinction ne trouble pas la marche des autres lampes en série avec elle, et cette fermeture reste maintenue par l’excitation considérable de d. Si, au contraire, l’extinction de la lampe n’est que temporaire, son mécanisme régulateur, continuant à fonctionner, rapproche les charbons au contact et d lâche alors /, de manière à rétablir l’arc.
- L — Lampe de TAllgememe (1897).
- Dans la lampe de Ridings et Crawford (fig. 20 et 21) le frein h est normalement serré par le contre-poids e qui, articulé en ri, repousse par nm2 le levier mmi du frein. A' l’amorçage, le solénoïde en série b, faisant basculer le levier d autour de l’armature ci de l’électro en dérivation c, fait, par /z, tourner la roue du frein de manière à séparer les charbons : puis, quand l’arc augmente, c amène le taquet réglable j de / à toucher sa butée, ce qui relâche h ; la régularisation se continue par l’action différentielle de b et de c.
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- l’éclairage électrique
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- On remarquera, à l’intérieur du solénoïde dérivé c, un solénoïde auxiliaire c2, en série comme bx et qui a pour effet d’agir à la façon
- d’un dash-pot pour stabiliser les mouvements du levier d.
- Au repos, les deux charbons de la lampe Tepel sont (fig. 22) au contact. Dès le pas-
- Fig. 32 et 33,
- sage du courant dans le solénoïde i\ il abaisse son levier, dont le cliquet g fait tourner le rochet e, solidaire des poulies c" et b\ auxquelles sont suspendus les charbons, qui se trouvent ainsi séparés. Quand l’arc augmente,
- le solénoïde i lâche son levier, dont le cliquet g vient buter sur fc, et lâche c"' de ce
- Fig. 54. — Lampe Crorapton (1897).
- qu’il faut pour ramener l’arc à sa longueur normale. On remarquera que la poulie c"', à laquelle est suspendu le charbon négatif, est
- deux fois plus petite que la poulie b" du charbon positif, de sorte que le foyer de la lampe reste fixe. Le dash-pot m atténue les mouvements du levier régulateur.
- On retrouve dans la lampe (fig. 24) du
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- même inventeur la même disposition de solé-noïde ctdedash-pot, mais les poulies et leurs cordes sont remplacées par des encliquetages ioet 23, commandés par des bielles 18
- Fig. 36 et 37.
- et 20, articulées sur le levier 15 en des points tels que les déplacements de 23 soient doubles de ceux de 18. Les encliquetages 23 et 18 ne prennent sur leurs porte-charbons que pour les monter, et 23 est doublé d’un second
- Fig. 38. — Lampe Drake et Cosham (1
- cliquet 29, qui empêche son porte-charbon de descendre quand 23 le lâche, mais que l’on peut déclencher par une manette 31, pour retirer le charbon inférieur.
- Le frein de la lampe de I’Atxgemeine..., représentée par les figures 29-33, consiste en, un cône /, dans les rainures duquel roulent les galets h, suspendu par les tiges k et les
- Fig, 39. — Lampe Peliet et Déjardin (1897).
- leviers l k l’armature de l’électro en série s. Quand f s’abaisse, les galets h heurtent les taquets n et lâchent le charbon supérieur, pour le reprendre a la montée, dès que l’arc est ainsi revenu à sa longueur normale.
- Fig. 40. —Lampe Smith (1896).
- La lampe est suspendue par son plateau à la plaque u, et le bouton %i' à la coulisse t de l’étrier s\ le globe et son tube q, sont suspendus à 5 par m>. Quand la pression de
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- l’air augmente en q, elle soulève la lampe et s’échappe par r. Pour soulever et détacher le globe, il suffit de rapprocher les poignées j*-et puis de le retirer par v v.
- La régularisation de la lampe très simple de Crompton représentée par les figures 34-37 s’opère par l’action du solénoïdc en série G sur l’aimant permanent H, qui agit par un frein quelconque sur le porte-charbon supérieur, dont le contact se prend par les ressorts de la douille N (fig. 35). Ce charbon supérieur, passe dans le petit globe K par un guide à cannelures et sphérique P (fig. 36), dont la rotule lui permet de se prêter sans effort de coincement aux légères inclinaisons
- du charbon, sans cesser d’être étanche sur le couvercle R du globe. Le porte-charbon inférieur L repose sur le globe extérieur S par un ressort W (fig. 37) qui permet de céder la pression du gaz en K. Quant au globe S, il est suspendu par des cliquets T, qu’il suffit d’effacer pour descendre S jusqu’à leur accrochage automatique en M.
- Le petit globe clos C de la lampe de Drakf. et Cosham est (fig. 38) pourvu de deux garnitures à disques métalliques bb, susceptibles de s’ajuster sur les charbons sans les coincer, et C peut lui-même se déplacer légèrement sur son plateau B, pour suivre l’axe des charbons.
- Dans la lampe de Pellet et Déjardin (fig. 39) les charbons sont désaxés et appuyés, non sur des blocs fixes, mais tangentielle-ment sur des galets réfractaires BB, grâce auxquels leurs pointes ne se déforment pas, ce qui donne, paraît-il, une lumière très régulière.
- Je terminerai en signalant l’ingénieuse suspension du globe de la lampe Smith (fig. 40 et 41) par les bras E et la bielle G, articulés aux bielles F, pivotées en D de manière qu’il suffise d’écarter A2A2 de H pour laisser le globe tomber dans la position poin-tillée. Le mécanisme est enfermé dans une douille élastique fendue H, maintenue serrée par le verrou JJn dont il suffit de tourner la clef KKj pour lâcher H, qui s’ouvre alors de lui-même, et s’enlève au-dessus du couvercle.
- G. Richard.
- LE CONCOURS DE VOITURES DE PLACE AUTOMOBILES
- Dimanche dernier se sont terminés les essais, commencés le mercredi ier juin, du premier concours de fiacres automobiles organisé par l’Automobile Club, que nous annoncions dans notre numéro du 26 mars (Supplément, p. xci) et dont nous donnions le programme dans le numéro du 16 avril (Supplément, p. xvn).
- Nous donnons dans le tableau ci-joint la liste suivant l’ordre d’inscription des 26 véhicules engagés, comprenant 10 voitures à pétrole et 16 voitures électriques. Sur les 10 voitures à pétrole, 9 ont fait défaut au dernier moment; une seule, construite par la maison Peugeot, a pris part au concours. Quelques voitures électriques n’ont pu ctre prêtes
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- h la date de l’ouverture du concours, et ii seulement d’entre elles se trouvaient réunies dans le vaste hall de la nouvelle usine Clément, à Levallois-Perret, le premier jour du concours. Ce sont : 4 voitures Kriegcr (nos 1, 2, 3 et 16); 6 voitures Jeanteaud (n°s 21, 22, 23, 24, 25 et 26) ; 1 voiture de la Compagnie générale des transports automobiles (n° 13). Quelques jours après l’ouver-
- ture du concours, une voiture anglaise de la Morgan Company, de forme phaéton et pesant plus de 2 tonnes, a pris part aux essais; enfin le 7 juin, la Compagnie française des voitures électromobiles a pu envoyer la Victoria n° 11 qui a pris également part au concours à partir du 8 juin. C’est donc sur 14 voitures, dont une seule k pétrole, qu’ont porté les essais.
- If RAISON SOCIALE FORME c::;ir AGENT MOTEUR
- J Krieger. Coupé. Fermé. Élec/ricité.
- 2 Id. Victoria. Découverte
- 3 ld. Tracteur. Découvert.
- 4 Panhard-Levassor. Coupé. Fermé. Essence de pétrole.
- 5 Id. Victoria. Découverte
- 6 id. Landau. Mixte.
- 7 Id. Fiacre à galerie Fermé.
- 8 Id. Omnibus. »
- 9 Prétot. Avant-train
- moteur.
- 10 Compagnie française des voitures électromobilcs. Coupé. Électricité.
- 11 Compagnie française des voitures électromobiles. Victoria. Découverte
- 12 Société des automobiles Peugeot. Coupé. Fermé. Essence de pétrole.
- i3 Compagnie générale des transports automobiles. Coupé 3/4. Électricité.
- I4 Brûlé et Cie. Cab. Mixte. Essence de pétrole.
- 15 Compagnie générale des automobiles.
- 16 Krieger. Coupé. Couvert. Électricité.
- i7 Compagnie générale des voitures à Paris.
- 18 Compagnie générale des voitures à Paris. Victoria. Découverte
- 19 Agence générale des automobiles. Coupé. Couvert. Essence de pétrole.
- 20 Doré. Électricité.
- 21 Jeantaud. Ferme.
- 22 Id. Mylord. Découvert. U
- 23 là. Coupé 3/4. Fermé.
- 24 Id. Landaulet. Mixte.
- 2 S Id. Drojski. Découvert. )»
- 26 Id. Cab avec siège
- à l’arrière. Mixte.
- Les voitures ayant pris part au concours sont indiquées en italiques.
- Le concours comportait deux séries d’épreuves. La première série, destinée à déterminer la manière dont se comporteraient les véhicules dans les rues de Paris, consistait à parcourir 9 itinéraires différents, chacun d’une
- longueur totale de 60 km environ, où se trouvaient rassemblées les principales difficultés que les fiacres mécaniques doivent pouvoir surmonter pour remplacer les fiacres à chevaux; elle a eu lieu du jeudi 2 juin au vendredi
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- io juin inclus. Pendant ces épreuves on relevait : — Parcours maximum du véhicule. — Chemin total parcouru. — Vitesse commerciale.— Energie totale absorbée aux bornes de la batterie. Des données ainsi obtenues on déduira l’énergie spécifique en watts-heure par voiture-kilomètre, par tonne-kilomètre et par voyageur-kilomètre.
- La seconde série d’épreuves, faite le mercredi ier juin et le samedi n juin, comprenait les déterminations suivantes : — Poids de la voiture à vide en ordre de marche (comprenant le poids du conducteur). — Charge utile. — Répartition du poids sur les essieux (en charge et à vide). — Poids, volume et encombrement de la batterie d’accumulateurs.
- — Poids des approvisionnements de pétrole.
- — Poids et puissance normale du moteur. — Différence de potentiel normale maxima. — Vitesse de rotation. — Dispositions spéciales des transmissions, du régulateur de vitesse et des freins. — Résistance au roulement en palier. — Puissance dépensée en palier à diverses vitesses. — Puissance aux démarrages en palier. Mêmes déterminations sur une rampe déterminée.
- Il serait prématuré d’indiquer dès à présent les résultats du concours. Nous 3^ reviendrons longuement prochainement lorsque toutes les données auront été rassemblées. On peut cependant déjà affirmer que tous les véhicules électriques ayant pris part au concours se sont bien comportés ; leur vitesse moyenne a été de 15 km à l’heure, leur vitesse commerciale de 12 kilomètres-heure environ; des rampes très raides de 10 et 12 mm par mètre ont pu être remontées sans que les moteurs ou les accumulateurs aient souffert : des arrêts et des démarrages sur ces pentes ont été également faits sans incidents ; enfin les essais de freinage sur des pentes de très forte inclinaison ont montré que malgré le poids considérable des véhicules, ceux-ci peuvent être arrêtés très rapidement. En un mot, les automobiles électriques se sont montrées très maniables et parfaitement appropriées au service de fiacres. Il est regrettable que les automobiles |
- k pétrole inscrites n’aient pas toutes pris part au concours, car s’il est certain que celles-ci l’emportent actuellement sur les automobiles électriques pour la traction sur les routes, il n’est pas aussi certain quelles puissent se plier aussi aisément que ces dernières aux multiples exigences de la traction dans les villes et l’on peut se demander si ce n’est pas la crainte d’une comparaison désagréable qui a causé la défection de la plupart des constructeurs des véhicules à pétrole. Empressons-nous d’ailleurs d’ajouter, pour ne pas paraître vouloir diminuer les mérites des véhicules à pétrole, que la voiture k pétrole Peugeot s’est parfaitement tirée de toutes les épreuves du con-
- Quant k la dépense par kilomètre, elle est d’environ 0,05 fr par kilomètre pour les automobiles électriques, l’énergie étant comptée k raison de 0,30 fr le kilowattheure, prix auquel il était livré aux concurrents par le secteur de la Place Clichy. Il semble en effet ressortir des résultats obtenus que la dépense a oscillé entre 2,5 fr et 3,5 fr par voiture pour chaque parcours d’environ 60 km de la première série d’épreuves. Voici d’ailleurs quelques chiffres qui nous ont été communiqués, mais qu’on doit cependant ne considérer que comme approximatifs, la correction due k l’étalonnage des compteurs pouvant les modifier légèrement ; ces chiffres indiquent le nombre de kilowatts-heure qu'il a fallu fournir après les essais des deux premiers jours pour compléter le chargement des accumulateurs ; ils représentent donc bien la dépense réelle d’énergie, perte dans les accumulateurs comprise.
- Voiture nJ 1, Krieger, 4 places; icr juin : 9,87 kw-h; 2 juin : 9,73 kw-h. Voiture n° 3? Krieger, 3 places; ier juin : 10-44 kw-h;
- 2 juin : 10-2 kw-h. Voiture n° 13, Cie Gl,: des Transports automobiles, 3 places; 1“' juin : 13,52 kwr-h ; 2 juin : 13,91 kw-h. Voiture n° 16, Krieger, 5 places; iür juin : io,7kwr-h; 2 juin : 12,50 kw-h. Voiture n° 25, Jeantaud, 2 places ; ier juin : 10,65 kwT-h ; 2 juin : 10,670 kw-h.
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- La dépense est bien plus considérable pour les automobiles à pétrole. Il résulte en effet des renseignements qui nous ont été fournis que la consommation de la voiture Peugeot, pour couvrir les 6o km environ de deux des itinéraires, a été de 18 litres d’essence de pétrole un jour et de 13 litres le lendemain, la différence assez considérable de 5 litres s’expliquant parle fait que pendant plusieurs arrêts assez longs le moteur a été maintenu en mouvement. En ne comptant que 13 litres au prix de 0,60 f'r, la dépense s’élève néanmoins k 7,80 fr.
- Toutefois il convient de tenir compte d’un facteur de dépense très important des automobiles électriques : c’est l’entretien de la batterie d’accumulateurs. Sur ce point, le concours qui vient de se terminer ne donnera guère de renseignements; sa durée, qu’on ne pouvait prolonger outre mesure, ne permettra pas, en effet, de déterminer la détérioration qu’ont subie les accumulateurs. En outre, presque toutes les voitures étant munies d’accumulateurs Fulmen. le concours ne pourra donner de résultats comparatifs
- sur les qualités des nombreux accumulateurs qui ont été proposés pour la traction. Tout ce qu’on pourra sans doute conclure des épreuves à ce point de vue, c’est que ces accumulateurs Fulmen se sont bien comportés. Il nous a d’ailleurs été dit que la Compagnie Fulmen pouvait arriver à conclure des forfaits d’entretien à raison de 3 fr par jour et par véhicule. Dans ces conditions, la dépense journalière pour un parcours de 60 km reviendrait donc k 6 fr environ par voiture électrique. C’est un chiffre encore plus faible que celui qui résulte de la dépense de pétrole dans une automobile k pétrole.
- En somme, l’impression qui résulte des épreuves très dures auxquelles ont été soumis les véhicules, est que dès maintenant le fiacre électrique existe pratiquement, que son exploitation est économique et que sous le rapport du confort il est bien supérieur au fiacre k traction animale et au fiacre k pétrole. Il ne reste plus maintenant qu’ky apporter des améliorations de détail'pour en faire un véhicule parfait pour le transport des voyageurs dans les grandes villes. J. Reyval.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Régulateur électrique Maquaire.
- Le régulateur électrique peut servir k de nombreux usages. La figure 1 indique son application k la régulation de la pression du gaz d’éclairage, application au sujet de laquelle de nombreux essais ont été faits au laboratoire de la Direction des travaux de la ville de Paris. Mais il peut recevoir d’autres applications telles que la régulation du tirage des cheminées, et celle de l’admission de l’air dans les foyers de manière k éviter la fumée et k réaliser une économie dans la consommation de combustible, la régulation de la température dans les installations de chauffage et de ventilation, dans les appareils éva-
- poratoires et distillatoires des sucreries, fabriques de parfums, distilleries, dans les fours à poterie, les fours métallurgiques, etc.
- Dans l’application k la régulation de la pression d’un lluide, le tuyau de distribution B est muni d’une chambre G fermée par une membrane E. Sur cette membrane s’appuie une tige ii' agissant sur un levier HI. Celui-ci est relié au pôle d’une pile ou d’une batterie d’accumulateurs Q dont l’autre pôle aboutit à un balai x d’un petit moteur électrique. Sur le commutateur tournant de ce moteur s’appuient suivant la ligne neutre deux autres balais/ et $ (fig. 2) respectivement en communication avec les contacts L et K. Suivant que la pression devient plus
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- grande ou plus petite que les limites assignées l’extrémité I du levier HI s’appuie sur l’un des contacts L ou K et ferme le circuit contenant les balais a* et \ ou ^ et y. Par suite
- des positions de ces balais le moteur tourne suivant le cas dans un sens ou dans l’autre et fait mouvoir au moyen d’une vis sans fin et d’un train d’engrenages la clef d’un robinet A
- Fig. i. — Régulateur Maquaire appliqué à la régulation de la pression d’un fluide.
- qui règle l’admission du gaz et modifie sa pression dans la conduite de distribution.
- La figure 3 donne le détail de la suspension du levier HI. Pour éviter l’emploi de pivots donnant lieu à un frottement variable avec le temps et modifiant la sensibilité de l’appareil, le levier, équilibré par les écrous et contre-écrous h et h', est relié à la mem-
- Fig. 2. — Disposition des balais sur le moteur.
- brane E par un système à deux lames flexibles i et ï dontles plans sontrectangulaires, et au support MT au moyen d’une nouvelle lame flexible 0. Cette pièce MT peut tourner dans un coussinet dont l’axe passe parle milieu deo; son extrémité TM est appuyée contre l’extrémité de la vis P par un fort ressort P;. En manœuvrant la vis, dont la position est indiquée par un index mobile sur un cercle
- divisé, on peut modifier les limites entre lesquelles on veut maintenir la pression; cette modification peut d’ailleurs également s’effectuer en déplaçant les contacts K et L montés sur vis.
- îil de la suspensif
- Ainsi construit l’appareil est, en même temps que très robuste, excessivement sensible. Ainsi dans les essais dont il a été question plus haut, on put maintenir la pression du gaz constante à moins d’un millimètre d’eau, dans une conduite alimentant 9 brûleurs, quel que fut le nombre des brûleurs allumés.
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- 11 est évident que la membrane peut être placée à une distance quelconque du robinet de commande et que l’on peut disposer en divers points d’une canalisation plusieurs membranes agissant sur un même moteur commandant la valve de la conduite maîtresse.
- J. R.
- Compteur électrolytiquo Bryan.
- Ce nouvel ampère - heure-mètre, que M. A.-H. Gibbings présentait, le 12 mai dernier, à l’Institution des ingénieurs électriciens de Londres, est, comme d’ailleurs la plupart des compteurs électrolytiques, d’une construction extrêmement simple.
- II se compose d'un tube de verre, de diamètre en rapport avec l’intensité du courant qu’il s’agit de mesurer, contenant de l’eau additionnée d’une petite quantité d’acide sulfurique et recouverte d’une couche d’huile pour empêcher son évaporation. Un tube plus lin soudé h la partie inférieure du premier, et derrière lequel est placée une échelle divisée permet de voir et de repérer le niveau du liquide. Dans le gros tube sont situées deux électrodes de platine reliées au circuit par deux fils qu’on voit sur le bas de la figure 1 qui représente l’ensemble de l’appareil.
- Le passage du courant produit la décomposition de l’eau, les gaz s’échappent par la partie supérieure du gros tube et le niveau de l’eau baisse dans le gros et le petit tube d’une quantité proportionnelle au nombre d’amperes-heure. Ce nombre est indiqué immédiatement par la lecture du chiffre de l’échelle situe en face l’extrémité supérieure du flotteur que contient le petit tube.
- Le réglage du compteur est très rapide. La graduation de l’échelle, faîte empiriquement, étant la même pour tous les instruments d’une même série, il suffit d’amener l’extrémité supérieure du flotteur en face du zéro. Pour cela on verse de l’eau acidulée dans le gros tube jusqu’à ce qu’il en soit à peu près ainsi, puis on achève le réglage en soulevant ou baissant l’échelle que des encoches, visibles
- sur la figure, permettent de déplacer verticalement de 1 cm environ. Il convient de ne faire cette dernière opération qu’une heure ou deux après le remplissage du tube afin que le liquide se trouve en équilibre de température avec l’appareil.
- La vérification à l’usine se fait comme à l’ordinaire en montant les compteurs en série sur un circuit parcouru par un courant d’intensité connue. Il suffit d’ailleurs de faire cette vérification pour la pleine charge, car il est évident que l’abaissement du niveau du liquide est proportionnel à l’intensité ; il résulte de là une simplification des essais de vérification, car la plupart des compteurs aujourd’hui en usage exigent des essais sous charges diverses.
- La vérification en service est également
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- très simple et si le compteur est déréglé, son réglage peut facilement se faire sur place, ce qui constitue un nouvel avantage sur les compteurs en usage qui généralement doivent cire transportés à l’usine pour être réglés de nouveau.
- Pendant les vérifications il est nécessaire d’attendre, avant de faire les lectures, que le liquide, échauffé par le passage du courant, ait repris la température ambiante, ce qui demande une heure environ. En effet, pour un compteur de 5 ampères sous 200 volts (tension adoptée sur plusieurs réseaux de distribution de la Grande-Bretagne) l’élévation de niveau résultant de la dilatation du liquide peut atteindre 2 mm, ce qui correspond sur l’échelle à 1,25 kilowatt-heure. Toutefois lorsqu’il s’agit de relever les indications du compteur pour établir la consommation de l’abonné, cette précaution n’est pas indispensable car dès que la consommation a atteint 250 kilowatts-heure,l’erreur maxima de 1,25 kilowatt-heure que l’on peut commettre ne constitue plus qu’une erreur relative de 0,5 p. 100, c'est-à-dire de l’ordre des erreurs qu’il est impossible d’éviter.
- L’entretien du compteur est très simple et peu coûteux : lorsque le niveau du liquide est trop bas, on remplit le tube d’eau pure ou très légèrement acidulée, l’acide sulfurique du liquide primitif n’ayant pas disparu et 11’ayant dès lors pas besoin d’être remplacé.
- Les essais faits à diverses températures comprises entre ou et 350 C. ont montré que si l’on a soin de faire les lectures avant et après l’essai à la température normale, l’erreur ne dépasse pas 2 p. 100, de l’ordre de grandeur par conséquent des erreurs résultant des variations de température sur les compteurs ordinaires.
- Mais si le compteur Bryan présente sur ceux-ci un certain nombre d’avantages (prix de revient peu élevé ; vérification et entretien faciles et peu coûteux; absence de mécanisme sensible à un champ magnétique ou pouvant être détérioré par une surcharge ou par un court-circuit, etc.)» il offre un inconvénient
- assez grave : il provoque une chute de potentiel de 2 à 2,6 volts, suivant la valeur de la charge. Il en résulte une perte d’énergie plus grande que celle qui existe dans les compteurs ordinaires, et, chose plus grave, une diminution de 2 à 2,6 volts de la différence de potentiel aux bornes des lampes, ce qui exige, lorsqu’on veut utiliser le compteur sur une installation existante, le remplacement des lampes par d’autres d'un voltage un peu plus bas.
- En terminant la communication à laquelle nous empruntons ces renseignements, M. Gib-bings dit qu’il ne croit pas cependant que cet inconvénient soit de nature àcontre-balancer les autres avantages du compteur, principalement dans les petites installations où le prix d’achat d’un compteur et les dépenses d’entretien sont relativement onéreux.
- Malheureusement cet inconvénient n’est pas le seul que présente le compteur. Dans une lettre que publie The Electrician du 27 mai, M. Merrvn O’ Gorman en signalait quelques autres : i° un compteur de 10 ampères fonctionnant à pleine charge sous 200 volts pendant une heure donnera un dégagement d’environ 7 litres d’un mélange d’oxygène et d’hydrogène accumulé dans la boite du compteur et pouvant produire une forte explosion ; 20 les gouttelettes d’eau entraînées par les bulles gazeuses et restant fixées aux parois du tube produiront un abaissement du niveau du liquide; 3“ l’influence de la température qui à première vue parait peu importante, est en réalité loin d'être négligeable car la décomposition des 400 gr d’eau que contient le compteur donne environ 800 litres de gaz saturés qui entraîneront une quantité d’eau considérable et variable suivant la température et l’état hygrométrique; 40 la couche d’huile recouvrant l’eau pour éviter son évaporation peut arriver au contact des électrodes de platine soit parce qu’on laisse le niveau du liquide descendre trop bas, soit par suite d’un manque de précautions pendant le remplissage, et de ce contact peut résulter une augmentation notable delà résistance électrique ;
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- 5° ccttc couche d’huile finira par salir le tube, surtout en hiver, quand elle sera devenue semi-solide, et de fréquents nettoyages deviendront necessaires ; d’ailleurs il est probable que sous l’action de l’oxygène ozonisé et de l’eau oxygénée prenant naissance dans la décomposition de l’eau, l’huile s’oxydera et s’épaissira.
- Il convient donc d’attendre que la pratique ait montré l’importance des inconvénients qui viennent d’ètre indiqués ou ait permis de trouver les moyens de les éviter, avant de préconiser l’emploi du compteur Brvan, malgré les avantages incontestables qu’il possède pour les petites installations.
- J. R.
- Propriétés magnétiques des aciers trempés ;
- Par Mmu Sklodowsica Curie (')•
- Résultats expérimentaux. — Les mesures ont porté sur un grand nombre d’aciers à divers pourcentages de carbone, ne contenant que de faibles quantités d’éléments autres que le fer et le carbone. Ces aciers sont de diverses provenances : acier de Fir-miny, aciers d’Unicux, aciers Bœhler de Styrie.
- Des aciers spéciaux à divers pourcentages de carbone ont aussi été étudiés : aciers.au bore, au cuivre, au silicium, au manganèse, au nickel au tungstène, au molybdène, provenant des usines des sociétés Chatillon et Commentry, Commcntry et Fourchambault: des aciers au chrome, au tungstène de Fusine d’Assailly; des aciers au tungstène de Fusine d’Allevard et de la maison Bœhler de Styrie.
- Les résultats des analyses des aciers étudiés sont donnés dans le tableau I.
- Température de transformation magnétique. — La température de transformation magnétique a été déterminée comme il a été dit (p. 477), en observant la déviation d’une aiguille aimantée située dans le voisinage
- P) Voir L'Éclairage Électrique du n juin 1898, p. 471.
- d’un barreau placé dans le solénoïde qui sert à l’échauffer en même temps qu’à l’aimanter. Il y a lieu de déterminer la température à laquelle l’acier perd ses propriétés magnétiques lorsqu'on le chauffe et celle à laquelle il reprend ces propriétés lorsque, après lés avoir perdues, l’acier se refroidit dans le solénoïde aimantant. D’ailleurs la transformation magnétique, soit par échauffement, soit par refroidissement, n’est pas absolument brusque, elle semble s’étaler sur un certain nombre de degrés et ce qui le prouve c’est que si l’on maintient la température fixe au milieu de la transformation, l’aiguille reste dans une position invariable, à moitié déviée. Aussi, pour rendre comparables les observations sur des barreaux de nature différente, on a adopté comme température de transformation celle qui correspondait à une transformation partielle donnant une même déviation de l’aiguille pour un même courant.
- Les mesures ont montré que pour les divers aciers étudiés la température de transformation par échauffement est comprise entre 700 et 750°. Celle de transformation par refroidissement, toujours plus faible que la précédente, est comprise entre 660 et 740°* L’incertitude des déterminations étant de plus de io°, on ne peut tirer de conclusions certaines des résultats trouvés. On peut cependant en déduire les deux remarques suivantes : ff La température de transformation par'échauffement baisse avec le pourcentage de carbone ; 2" la différence des températures de transformation par échauffement et par refroidissement est très faible (quelques degrés seulement) pour les aciers faiblement carbonés ; elle augmente d’abord avec le pourcentage de carbone et semble passer par un maximum (de 40° à 50°) pour un pourcentage de 0,8 environ.
- T empéralure de trempe — Les expériences ont montré qu’un acier chauffe à une température inférieure à'celle de sa transformation magnétique ne prend pas la trempe par refroidissement brusque (immersion dans l’eau
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- Tableau I. — Analyses des aciers.
- Analyses de M. Moulonnet.
- i carbone de Firminy.
- Aciers d'Unieux
- Aciers Boehler de Styri
- Acier d’Allevard.......................
- Aciers au tungstène d’Assailly. . • -Acier Boehler spécial très dur de Styr
- Aciers au chrome d’Assailly. . . .
- .........( <£
- Aciers au nickel de Fourchambault............... Ai,-
- ' Ni3. ( A .
- Aciers au manganèse de Fourchambault........I B .
- 3,616
- 3,02Ç
- 3-732
- Analyses de M. Goûtai.
- Aciers au silicium, Châtillon et Commentry.
- Aciers au bore, Châtillon et Commentry. Acier au cuivre, Châtillon et Commentry.
- Aciers au tungstène, Châtillon et Commentry.
- Aciers au molybdène, Châtillon et Commentry.
- CA.RHO.NK I StI.ICIUM I MANGANESE
- 0,91 0,11 0, 44
- 0,91 0,64 - 1,38 0, 54
- 1.05 0,16 0,20
- 0,8 o,9/ 0,09 0, zb
- 3,95 o,37 0,03 0,28
- 3,17 0.03
- 0,04 .
- o,n4 0,31
- 5,84 o,59 0,09 0,58
- 7-75 1,96 o,34 1,98
- Molybdène. 0,08
- 3,48 0,34
- 3,36 0,03
- 4.05 1.24 '0,03
- 3 r 9 1 1,72 0,04 o,35
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- froide), tandis que si on le chauffe à une température supérieure, il prend la trempe par refroidissement brusque ; la température de transformation magnétique est donc la limite inférieure des températures auxquelles il faut porter un acier pour le tremper. Remarquons que, la température de transformation par refroidissement étant inférieure à celle de transformation par échauffement, on pourra tremper un acier dont la température est intermédiaire entre les températures de transformation, pouvuque cette température intermédiaire soit atteinte par refroidissement à partir d’une température au moins égale à celle de la transformation magnétique par cchauffcmcnt.
- L’influence de la température de trempe sur les propriétés magnétiques d’un acier est considérable. Les chiffres ci-dessous qui se rapportent a un barreau de 20 cm de longueur et de section carrée de 1 cm de côté, formé d’un acier à 0,84 p. 100 de carbone, montrent nettement cette influence par les valeurs de l’intensité d’aimantation rémanente I,- et du champ coercitif Hc :
- Température de transformation magnétique par
- échauffement............................. 730°
- Température de transformation magnétique par refroidissement.........................éSo*
- Acier recuit......................... 8 85
- Acier trempé à letat magnétique à 705” 14 T30 > » »iron » à 770" 52 410
- - ... à 690»
- (apres chauffe à Soou suivie de refroidissement) ............... 50 380
- L’effet de la première trempe est faible ; celui de la seconde et de la troisième est énergique.
- Des résultats obtenus sur les differents aciers trempés à destempératures supérieures à celle de transfonnationmagnétique, on peut tirer les conclusions suivantes :
- Pour du fer presque complètement doux (C ^=0,06 p. 100) le champ coercitif et l’intensité rémanente croissent avec la température de trempe, cette température variant de
- •8oon à 1 025° ; il y a donc avantage à tremper à température élevée.
- Pour les aciers doux à 0,20 p. 100 de carbone, la température de trempe a peu d’influence entre 785 et g 150. Pour les aciers à 0,5 p. 100 de carbone, les barreaux trempés entre 770 et 835° ont les mêmes propriétés; mais, après trempe à 920% l’intensité d’aimantation et le champ coercitif sont plus faibles ; il y a par conséquent avantage à tremper au-dessous de 830°.
- Pour les aciers durs à 0,84 p. 100 et à 1,2 p. ioo de carbone, le champ coercitif et l’intensité d’aimantation décroissent avec la température de trempe; il y a avantage à tremper à température peu élevée, en ayant soin toutefois de dépasser la température de transformation magnétique ; on peut, par exemple, obtenir une bonne trempe en chauffant à 770°. Pour les aciers à 0,84 p. 100 de carbone, une chauffe préalable à 9750 modifie l’acier d’une manière permanente (acier brûlé), et, après une nouvelle trempe faite à 770°, on constate que l’acier a perdu de ses qualités magnétiques. Pour les aciers plus carbonés encore, une chauffe prolongée à 8oo° produit déjà un effet semblable ; il convient donc de chauffer peu de temps avant la trempe les aciers fortement carbonés.
- Mmc Sklodowska-Curic a également cherché quel pouvait être l’effet d’une variation-cyclique de la température de l’acier avant la trempe, cette variation cyclique se faisant entre une température plus basse que celle de transfoiinationmagnétiqueparrefroidissement et une température plus haute que celle de transformation magnétique par échaufte-ment. Si on trempe à l’état non magnétique un acier après cycle de ce genre, la trempe est généralement améliorée si l’acier est fortement carboné ; l’effet des cycles est donc inverse de celui d’une chauffe prolongée à température fixe ; il détruit en partie l’altération produite par la chauffe. Ce fait est bien manifeste pourl’acier à 1,2 p. 100 de carbone de Firminy et pour les aciers plus carbonés. Les aciers contenant moins de 1 p. 100 de
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- carbone ne sont pas ordinairement influencés par les cycles de température. Cependant, l’acier a 0,84 p. 100 de carbone, modifié par une chauffe trop élevée, a paru reprendre en partie ses qualités magnétiques par des variations cycliques de la température.
- Écrouissage. Au point de vue de la résistance à la traction, l’écrouissage produit sur les fils d’acier un effet qui est, comme on le sait, analogue à celui de la trempe. Au point de vue des propriétés magnétiques, l’écrouissage agit bien moins énergiquement que la trempe. C’est ce qui résulte des essais faits sur des faisceaux de 5 ou 6 fils de 2 mm de diamètre et de 20 cm de longueur d’acier de Firminy à 0,84 p. 100 de carbone. Certains fils étaient recuits (résistance à la rupture ôokgrpar mm2', d’autres trempés, d’autres enfin écrouis à la filière (résistance à la rupture 220 kgr par mm2). Voici les résultats de ces essais :
- 6 fils recuits. 6 fils écrouis. 5 fils écrouis. 5 fils trempes
- 11 4T5
- 16 780
- 16 680
- 52 63°
- Influence de la composition chimique. — Le tableau II donne le champ coercitif Hc et l’intensité d’aimantation rémanente Ir pour des barreaux d’acier trempé de diverses provenances et de diverses compositions. On a cherché à tremper chaque acier dans les conditions reconnues pour lui les plus favorables; c'est pourquoi la température de trempe n’est pas la meme pour tous les aciers. Les barreaux avaient tous une longueur de 20 cm; la section, pour un grand nombre d’entre eux, était un carré de 1 cm de côté. Malheureusement, certains avaient des sections différentes. On a fait figurer dans une même colonne les intensités d’aimantation se rapportant à des barreaux de même section. Dans une dernière colonne on a fait figurer l’intensité d’aimantation rémanente I' à circuit magnétique fermé pour les quelques espèces d’aciers étudiés sous formes d’anneaux. Pour une même section, sauf pour la section carrée
- de 0,85 cm de côté, des barreaux d’acier de Firminy à 0,84 p. 100 de carbone servent de termes de comparaison. .Quant au champ coercitif, il est à peu près indépendant des dimensions des barreaux et à peu près le même pour les barreaux que pour un anneau; c’est pourquoi on n’a figuré qu’une seule valeur de ce champ pour les aciers étudiés sous différentes formes.
- Il est a remarquer que l’intensité d’aimantation rémanente d’un barreau est une donnée complexe qui dépend de l’intensité rémanente à circuit fermé, du champ coercitif et de la forme du barreau. Pour les barreaux étudiés les chiffres du tableau montrent que l’intensité d’aimantation rémanente diffère complètement de celle que l’on aurait à circuit fermé. Généralement, l’influence du champ coercitif est prédominante et l’intensité lr varie dans le même sens que Hff; cependant pour les aciers à très grand champ coercitif (aciers au tunsgtène et au molybdène), l’intensité d’aimantation rémanente des barreaux se rapproche de celle à circuit fermé et l’influence de la grandeur de celle-ci commence à se faire sentir : le champ coercitif et l’intensité d’aimantation ne varient plus alors toujours dans le même sens.
- En comparant les chiffres du tableau II, on peut en tirer plusieurs conclusions intéressantes.
- Pour les aciers au carbone, les valeurs les plus grandes de Hc et de Ir ont été obtenues pour un pourcentage de carbone voisin de i,i à 1,2. Les aciers au bore ont des propriétés magnétiques comparables à celles des aciers au carbone seul de même pourcentage. La présence du silicium ne modifie guère les propriétés magnétiques. Il en est de même de la présence de 3 p. 100 de nickel, du moins si la proportion de carbone n’est pas très faible. Il en est encore ainsi pour le manganèse si le pourcentage de ce corps est inférieur à-2 p. 100. Quant à l’acier au manganèse de Hardfield, contenant 13 p. 100 de manganèse, il possède des propriétés magnétiques très particulières : lorsqu'il est trempé
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- II. — Propriétés magnétiques des
- Styrie.
- Assailly.
- ^ Spécial très dur . _.
- Styrie. }
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- il ne s’aimante pas; au contraire lorsqu’il est recuit il s’aimante et les barreaux présentent un champ coercitif très considérable, tandis que leur intensité d’aimantation est faible. Le chrome et le cuivre améliorent les propriétés magnétiques.
- Les aciers au tungstène présentent un intérêt tout particulier en ce que ce sont eux qui sont aujourd’hui généralement employés pour la confection des aimants. La présence du tunsgtène augmente fortement le champ coercitif et l’intensité d’aimantation rémanente des barreaux, et cela pour tous les pourcentages de carbone (cependant, pour l’acier de Commentry, au pourcentage très élevé de 1,5 p. 100 de carbone, le champ coercitif n’est pas augmenté par la présence de 3,5 p. 100 de tungstène). Parmi les aciers au tungstène étudiés, les meilleurs aciers à aimants se rapportent a deux types : i° les aciers à 3 p. 100 de tungstène environ et à fort pourcentage de carbone (C—-1,1); tels sont : l’acier à'Assailty Va, l’acier de Commentry (i>), l’acier Boehler spécial 1res dur (Hc=74; I,.=53o); — 20 les aciers à pourcentage de carbone plus faible (C —0,6 p. 100) mais renfermant 5,5 p. 100 de tungstène; te] est l’acier à aimants d’Allevard (Hc = 72; Ir = ô6o pour barreaux de dimensions 20 cm X 1 cm)< t cm).
- L’acier spécial très dur Boehler donne des résultats très différents suivant les conditions de trempe ; chauffé longtemps avant trempe, il perd de ses qualités au point de vue magnétique. Enfin, les barreaux de cet acier tapent parfois à la suite de la trempe.
- L’acier d’Allevard est moins susceptible de s’abîmer pendant qu’on le chauffe, mais les barreaux de cet acier sont aussi sujets à taper par la trempe. La température de trempe n’a pas d’influence bien sensible sur les propriétés magnétiques des barreaux trempés entre 740° et 825°. Cependant il est préférable de chauffer à température peu élevée pour éviter que l’acier ne tape pendant la trempe. En trempant vers 850° ou plus haut, on obtient des aimants moins bons. Une chauffe
- momentanée au-dessus de 900° est nuisible même quand on trempe ensuite à une température inférieure. Une chauffe prolongée (d’une heure) à 780° n’altère pas d’une façon sensible les propriétés de l’acier.
- MOT0 Sklodowska Curie a également fait varier les conditions du bain de trempe pour l’acier d’Allevard. Les trempes effectuées dans un mélange réfrigérant à— t8u donnent les mêmes résultats que les trempes effectuées dans l’eau à -f- 150. La trempe au mercure est au contraire plus efficace que celle à l’eau, mais elle ne peut guère être pratiquée que sur de petits barreaux; le champ coercitif est remarquablement intense après trempe au mercure. Les trempes moins énergiques que la trempe à l’eau froide étant souvent pratiquées pour éviter les tapures, on a cherché l’effet d’une pareille trempe sur les propriétés magnétiques des barreaux d’acier d’Allevard. La trempe à l’huile est insuffisante. Une trempe à l’eau recouverte d’une couche d’huile épaisse de 20 cm a donné des résultats plus satisfaisants, cependant les qualités magnétiques étaient ramenées à celles d’un bon acier au carbone pur trempé à l’eau. On trouverait peut-être une condition pratique convenable sans une trop grande perte des propriétés magnétiques en mettant sur l’eau une couche d’huile moins épaisse.
- L’acier au tungstène de Commentry, à 1,53 p. 100 de carbone et 3,5 p. ioq de tungstène, n’est pas un bon acier à aimants. Il est à remarquer que, malgré la forte proportion de carbone, cet acier gagne, au point de vue des propriétés magnétiques, à être trempé à température élevée (trempé à 750% par exemple, on obtient Hc = 34; I,. = 315; trempé à 850% Hc = 35; É = 318 ; trempé à 900% Hc = 3g; Ir — 340 ; trempé à 1 ooo°, He —- 50 ; U =320) c).
- L’acier Boehler marque Boreas est un acier dont les propriétés sont fort curieuses ; il renferme une forte proportion de.tungstène : (*)
- (*) Cet acier contenait 0.35 p. 100 de carbone insoluble dans les acides.
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- 7,7 p. 100, une très forte proportion de carbone : 2 p. 100, et 2 p. 100 de manganèse. Cet acier simplement refroidi à l’air (trempé dans l’air) a déjà les propriétés des aciers trempés ordinaires, et c’est a cet état qu’il est employé comme outil. Un barreau d’acier à cet état est déjà susceptible de s’aimanter fortement (Hc = 45; I,.= 35o pour un barreau de dimensions 20 cm X 1 cm x 1 cm). Les qualités magnétiques s’améliorent pour une trempe à l’eau (Hc = 85; 1^=370). Cet acier trempé à l'eau possède donc un champ coercitif considérable, mais l’intensité d'aimantation est plus faible-que celle des autres aciers au tungstène pour des barreaux de mêmes dimensions. Én barreaux courts et épais, l’acier Boreas donnerait vraisemblablement des aimants plus forts que ceux constitués avec les autres aciers au tungstène en barreaux de mêmes dimensions. L’acier Boreas n’est pas homogèlie et se travaille mal. Après trempe, les résultats obtenus avec divers barreaux ne sont pas concordants; certains barreaux ont donné un champ coercitif beaucoup plus faible avec une intensité d’aimantation rémanente plus forte (par exemple, Hc=68; L—430).
- Une conséquence importante du travail de Mme Curie est que parmi les aciers qu’elle a étudiés, les aciers au molybdène, qui ne sont pas encore entrés couramment dans le commerce, sont ceux qui donnent les meilleurs aimants. La présence de 3,5 à 4 p. 100 de molybdène améliore fortement les qualités magnétiques des aciers, et cela pour tous les pourcentages de carbone, même pour le pourcentage très élevé de 1,7 p. 100. — Avec 1,25 p. 100 de carbone, on a Hc = 85 ; Ir”53o; avec 1,72 p. 100 de carbone, Hc — 78; I,. = 560 pour des barreaux de 20 cm de longueur et 1 cm2 de section. Avec une intensité d’aimantation analogue à celle des aciers au tungstène, le champ coercitif est beancoup plus grand. Les barreaux tapent parfois par la trempe. Quand on élève la température de trempe, l’intensité d’aimantation des barreaux diminue, mais le champ coercitif reste
- stationnaire ou même augmente. Par exemple pour un des barreaux au molybdène à 1,72 p. 100 de carbone, on a trouvé :
- Barreau trempé à 745,J . . Hc = 73 Ir = 465
- » » à 830° . . IL = 79 Ir = 415
- » » à 890° . . Ile = 76 Ir = 300
- Si on compare un acier au molybdène (tel que l’acier B, tableau II, par exemple) à un acier au tungstène tel que l’acier d’Allevard, on reconnaît que, pour les dimensions des barreaux étudiés, l’intensité d’aimantation est analogue. Comme le champ coercitifde l’acier au molybdène est plus grand, il est très probable qu’au contraire l’intensité rémanente à circuit fermé, pour cet acier, est plus petite que pour l’acier d’Allevard. En conséquence, les aimants réalisant des circuits magnétiques fermés ou presque fermés seront plus intenses s’ils sont faits avec de l’acier d’Allevard ; au contraire, sous forme d’aimants ouverts ou de barreaux courts, l’acier au molybdène donnera plus d’intensité. Dans tous les cas, la stabilité du magnétisme sera plus grande avec l’acier au molybdène B(I).
- L’acier au molybdène A, au contraire, donnant en barreaux une forte intensité d’aimantation avec un champ coercitif plus faible pour l’acier d’Allevard, il est vraisemblable que cet acier donnerait, à circuit fermé, une intensité d’aimantation plus forte que l’acier
- p) On peut imaginer l'expérience suivante : soient trois aimants en fer à cheval largement ouverts, de même forme, mais constitués respectivement avec de l’acier au carbone à 0,5 p. 100 de carbone, de l’acier d’Allevard et de l’acier au molybdène B. Les aimants étant munis d’abord d’armatures de fer doux de manière à réaliser des circuits magnétiques presque fermés, on aimante chaque aimant à l’aide d’un courant circulant autour des branches, puis on supprime le courant. Dans ces conditions, les aimants d’acier au carbone et d’acier d’Allevard seront également puissants et auront une force portative plus grande que celle de l’aimant au molyb-
- mant au molybdène qui restera le plus fortement aimanté ; l’aimant d’Allevard viendra ensuite, mais l’aimant au carbone aura perdu la plus grande partie de son aimantation. En replaçant les armatures, l’aimant au molybdène conservera sa supériorité et aura une force portative plus grande que celle de l’aimant d’Allevard; la force portative de l'aimant au carbone sera très faible.
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- d’AHevard, avec une stabilité de magnétisme moindre. En résumé,- l’action du tungstène semble être analogue à celle du molybdène, mais une proportion plus forte de tungstène est probablement nécessaire pour produire un
- effet comparable. Il semble cependant que l’acier au molybdène peut supporter sans inconvénient un plus grand pourcentage de carbone.
- (A suivre.)
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE Séance du 3 juin 1898.
- M. Létang décrit l’utilisation du carbure glucose à la production de Vacétylène dans les appareils Létang et Serpollet (*).
- La communication débute par un historique intéressant de l’acétylène ; il se tient actuellement à Berlin une exposition spéciale à ce gaz, une autre doit s’ouvrir bientôt à Londres.
- Le grand inconvénient qu’a présenté jusqu’ici l'emploi direct du carbure de calcium pour la production de l’acétylène est la continuation du dégagement du gaz, la « surproduction », qui se poursuit quand la consommation a cessé. Cet'effet n’est pas dû, comme on l’a cru quelque temps, à l’action de la vapeur d’eau au contact du carbure; il est incomparablement plus grand que celui qui résulterait de cette cause. La surproduction résulte de l’imbibition de la chaux provenant de la décomposition du carbure. Dès 1895, M. Létang avait constaté que 100 gr de chaux résiduelle pouvaient retenir jusqu’à 300 gr d’eau; le liquide est lentement mis en liberté pendant le refroidissement de la masse, qui a pu être portée à une tempé-ture suffisante pour déterminer la fusion des soudures ou la calcination d’un morceau de bois dans les appareils où le débit est de 300 ou 400 litres à l’heure.
- (*) Un appareil producteur d’acétylène dû aux mêmes inventeurs a été décrit dans ce journal (t. IX, p. 155), dans une série d’articles que M. Pellissier a consacrés à l’éclairage par l’acétylène et publiés dans les tonies VIII et IX.
- DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Pour obvier à cet inconvénient, on a cherché d’abord à employer des paniers cloisonnés, divisés en compartiments soumis successivement à l’action de l’eau. Malheureusement la chaux, dont le volume peut être presque triple de celui du carbure, adhère aux parois avec une force telle qu’on doit employer pour l’enlever un burin et un marteau, ce qui met rapidement les appareils hors d’usage.
- On a essayé aussi de faire tomber graduellement le carbure dans l’eau ; ce procédé serait excellent si le carbure s’écoulait comme du sable ; mais il présente des rugosités, les fragments, recouverts de chaux produite par la vapeur d’eau, s’agglutinent entre eux. Enfin il faut régler la chute par un mécanisme.
- Aucun procédé n’a donc jusqu’ici permis d’éviter la surproduction, c’est-à-dire l’emploi d’un gazomètre avec tous ses inconvénients et les dangers qu’il comporte, tous les accidents dus à l’acétylène, sauf celui de l’usine Pictet, ayant été des explosions de gazomètres causées par imprudence.
- M. Létang a cherché par plusieurs moyens à empêcher l’absorption d’eau par la chaux. Dans un premier essai, l’eau qui venait en contact du carbure était recouverte d’une couche de pétrole, qui n’a pas d’action sur le carbure ; on espérait que ce liquide chasserait l’eau de la chaux comme l’alcool la chasse des préparations microscopiques. Ces essais sont restés infructueux; on les a variés, sans plus de succès* en employant l’huile d’olive ou l’huile de pied de bœuf.
- Restaient les procédés chimiques.; parmi
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- les corps capables de dissoudre la chaux, ou tout au moins de la déliter, les acides forts étendus, qui se présentent d’abord, ont de multiples inconvénients. M. Létang a pensé au sucrate de chaux ; le sucrate tribasique est le plus soluble ; théoriquement tous les sucres peuvent servir à sa production : glucose, mélasse, etc. ; niais la proportion est très considérable : il faudrait, pour 56 gr de chaux, 171 gr de sucre, ce qui augmenterait notablement le prix de revient.
- Fig. 1. — Coupe d'une lampe à acétylène Létang et Ser-pollet, construite par M. B loriot.
- Dans des expériences tentées suivant les conseils et dans le laboratoire de M. Serpol-let, qui mit à la disposition de M. Létang un atelier mécanique, on essaya d’abord la réaction de l’eau sucrée sur le carbure; la dépense en sucre était très élevée. Ensuite on chercha à mélanger le carbure et le sucre concassé ; le dégagement n’est régulier que si le mélange a été fait avec soin. Enfin M. Létang est arrivé à recouvrir chaque morceau de carbure de calcium d’une couche de sucre comme l’amande d’une dragée ; la difficulté est d’obtenir le contact sans produire une réaction qui boursoufie le sucre et em-
- pêche l’adhérence. Le carbure ainsi enrobé est préservé de l’action d’une humidité moyenne.
- Le sucre qui enrobe le carbure contient aussi du pétrole, dans la proportion :
- CsCa = 88 Pétrole = 2 Sucre — 10
- la proportion de sucre est bien inférieure à
- Fig. 2. — Vue d'ensemble de la lampe Létang-Serpollct Blériot.
- celle qui était indiquée plus haut ; elle suffit néanmoins à rendre la chaux assez fluide pour lui permettre de se séparer sans difficulté et de tomber à travers les mailles du panier. Le carbure glucosé a reçu le nom d’acé-tylithe.
- Les lampes actuelles (fig. 1 et 2) sont construites par M. Bi.Lriot; elles sont basées sur le
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- principe du briquet à hydrogène ; pour le cas où il tomberait des fragments de carbure dans l’eau on a ménagé entre le panier et la cloche un espace d’un litre environ, dit « volant de gaz ». Pour mettre l’appareil en marche, on laisse d’abord l’air s’échapper; au bout de deux minutes le dégagement de gaz commence. Il est d’abord mélangé d’une quantité d’air considérable, et la température de la flamme est très élevée; elle peut fondre l’acier, le platine et servir aux brasures.
- M. Létang présente plusieurs appareils : une lampe contenant 600 gr de carbure et donnant, pendant six heures, 3,5 ou 4 carcels. Cette lampe, qui dégage 30 litres de gaz à l’heure, peut être éteinte brusquement et rester hors le fonctionnement pendant vingt-quatre heures. Le débit est très régulier; le bec Nafé, que l’on emploie, doit fonctionner sous une pression de 6 gr; à 8 gr, il cracherait.
- La Compagnie de l’Est fait des essais sur un appareil destiné à être fixé au-dessus de la lanterne d’arrière des trains et devant donner pendant sept heures une intensité de 15 bougies, l’accident du Péage-de-Roussillon ayant montré que l’intensité de 11 bougies adoptée jusqu’ici, est insuffisante. Dans cet appareil, le gaz est desséché, avant sa sortie, par son passage sur du carbure brut.
- Dans un autre appareil, qui peut servir pour les lanternes de projection, on a construit un panier à fond bombé, qui facilite l’écoulement de l’eau; cet appareil peut recevoir 1 500 gr de carbure et produire 1,5 m3 de gaz.
- La Compagnie générale des omnibus fait actuellement des essais sur l’cclairage des tramways, dans le but d’obtenir un éclairage qui permette de lire à toutes les places ; la dépense, qui serait de 4,4 centimes avec les lampes a incandescence, tombe à 1,8 centime avec le carbure ; le poids de l’appareil à acétylène est de 22 kgr et celui des accumulateurs atteint 116 kgr; l’installation coûte onze fois moins cher avec l’acétylithe. C. R.
- Méthode nouvelle pour déterminer l’équivalent mécanique de la chaleur ;
- Par J.-B. Baille et C. Féry (*)
- « Lorsqu’une masse métallique est placée dans un champ magnétique tournant, dû à la superposition de deux ou plusieurs courants alternatifs convenablement décalés, elle tend à prendre une vitesse de rotation égale à celle du champ.
- » L’industrie tire parti de ce fait, et l’on construit sur ce principe des moteurs pouvant produire un travail considérable. Nous avons pensé qu’il serait possible d’employer ces champs tournants pour déterminer, dans des conditions particulièrement simples, l’équivalent mécanique de la chaleur.
- » Si, en effet, la masse métallique soumise au champ est immobilisée, elle est sollicitée par un couple, et, comme le travail produit est nul, réchauffement est rapide : les déterminations simultanées de la quantité de chaleur ainsi produite et du travail absorbé, connu par le moment du couple et la vitesse de rotation, donnent en effet le rapport cherché.
- » Les mesures peuvent se faire avec une grande précision, car toutes les parties de l’appareil sont immobiles, et les corrections de refroidissement s’effectuent avec autant d’exactitude que dans les déterminations calorimétriques ordinaires.
- » L’appareil que nous avons construit pour réaliser ces conditions se compose essentiellement d’un cylindre de cuivre rouge fixé à l’éxtrémité d’une balance amortie.
- » Ce cylindre foré reçoit un thermomètre de précision qui donne à chaque instant sa température; on l’a disposé dans l’axe d’un anneau recevant les courants biphasés d’une petite machine Gramme alternative. Une double enveloppe en ébonite, parcourue par un courant d’eau à température constante,
- {') Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1494, séance du 23 mai 1898.
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- évite le rayonnement de l’anneau sur le cylindre de cuivre.
- » La balance, étant en équilibre, est immédiatement déviée dès qu’on lance le courant dans l'anneau ; le poids nécessaire pour ramener le système au zéro permet de calculer le couple. D’autre part, la vitesse du champ est mesurée par celle de la machine génératrice qui porte un compteur de tours fixé à demeure ; le travail est donc connu très exactement^).
- » Pour évaluer la quantité de chaleur correspondante, nous avons déterminé l’élévation de température pendant un temps assez court pour que le rayonnement soit constant dans cet intervalle. On note ensuite le temps mis par le cylindre pour se refroidir de la quantité dont il s’est échauffé, ce dont on tire la correction de refroidissement.
- » Voici, à titre d’exemple, l’une des séries obtenues avec notre appareil dont le cylindre réduit en eau vaut 55,5 gr.
- » La vitesse de la machine était de 1 389 tours par minute, et le bras de levier / de la balance de 22,5 cm.
- E.
- 3,270 1,74 1,07
- 3*249 1,50 1,31
- 3,232 1,28 1,48
- 3,213 Mo 1,65
- 3,2ïi 0,93 1,82
- 2,81 425
- 2,76 424
- 2,75 426
- 2,75 426
- » On peut, au premier abord, être étonné de la valeur élevée de la correction de refroidissement ; cette correction est, en effet, déterminée par la différence de température entre l’enceinte extérieure et le corps calorimétrique. Elle augmente donc continuellement jusqu’au moment de l’équilibre thermométrique, où elle deviendrait le seul facteur à déterminer. En conduisant l’expérience
- jusque-là, on réaliserait la méthode des températures stationnaires, bien connue en phy-sique.
- » Il n’y a donc pas lieu de se préoccuper de la valeur relative, mais bien de la précision avec laquelle on obtient cette correction de refroidissement.
- » On peut remarquer que le couple et l’élévation de température vont en diminuant régulièrement; ceci peut s’expliquer par l'accroissement de la résistance électrique du cuivre qui a passé, dans cette expérience, de io°,86 à 27°,42.
- » Les quelques nombres que nous venons de donner n’ont d’autre but que de montrer la grandeur d'ês quantités mises en jeu; nous nous proposons de reprendre ces expériences avec un appareil mieux disposé, où les causes d’erreur que nous avons observées dans cet appareil d’essai soient réduites autant que possible.
- » Parmi ces causes d’erreur, une des plus importantes semble être le maintien de l’immobilité du corps calorimétrique, par rapport à son enceinte, pendant toute la durée de l’expérience; si les précautions prises à cet effet ne sont pas rigoureuses, la correction de refroidissement est- rapidement erronée.
- » Les champs tournants se prêtent aussi à la détermination de plusieurs autres constantes physiques pour la mesure desquelles on est amené à réaliser un déplacement rapide entre des circuits fermés et un champ magnétique. »
- Sur les rayons cathodiques ;
- Par P. VlLLARD P).
- « Dans une précédente Note (2), j’ai montré que les rayons cathodiques, et aussi les rayons de Goldstein, • se forment aux dépens
- (*) La machine étant à quatre pôles, la vitesse du champ est double de celle indiquée par le compteur.
- P) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1564, séance du 31 mai r 898.
- P) L'Éclairage Électrique, t. XV, p. 346, 21 mai 1898.
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- d’un afflux de matière, chargée positivement, qui arrive à la cathode avec une vitesse considérable. En disposant sur le trajet de ces divers courants des obstacles convenablement choisis, il est possible de déterminer la nature de la matière en mouvement.
- » I. Rayons cathodiques. — Dans un tube de Crookes pouvant donner un faisceau cathodique un peu divergent, une lame de cuivre oxydé superficiellement est placée en face de la cathode, à 0,15 m environ; entre cette lame et la cathode est interposé un petit obstacle, en cuivre oxydé également, fixé à la lame, et figurant, par exemple, une croix. L’ensemble peut être à volonté relié métalli-quement à l'anode. Le tube étant mis en activité, on observe au bout de quelque temps que l'ombre cathodique portée par la croix sur la lame se manifeste par une impression durable très nette, noire sur fond rouge. Examinant les choses de plus près, on constate que, partout où le cuivre oxydé a été frappé par les rayons, il a pris une teinte rouge ; les parties protégées, c’est-à-dire l’ombre de la croix, le revers de la lame et de l’obstacle, sont restées noires. Il est à supposer que les rayons cathodiques ont exercé sur l’oxyde une action réductrice. Le phénomène est parfaitement net si l’on a soin d’éviter que la lame ne s’échauffe notablement, auquel cas l’oxj’de noir de cuivre serait décomposé et transformé en oxydule rouge.
- » Il est préférable de prendre comme matière réductible un silicate ; la réduction peut alors se produire dans la masse, à l’abri de l’atmosphère intérieure du tube.
- » Si, par exemple, la paroi anticathodique d’un tube de Crookes est recouverte intérieurement de verre vert à l’oxyde cuivrique, ce revêtement se transforme en verre rouge cuivreux sous l’action des rayons cathodiques. De même le cristal est réduit : il noircit partout où il est frappé par les rayons cathodiques, comme au contact d’une flamme réductrice, à cela près que l’action est moins superficielle. Ceci explique la formation de taches brunes sur la paroi anticathodique de
- tubes de Crookes ayant beaucoup servi : le verre ordinaire contient, en effet, presque toujours du plomb.
- » La réduction du cristal a lieu môme si le vide est fait sur de l’oxygène aussi pur que possible :
- » Un tube de Crookes, à cathode d’aluminium, présente une paroi anticathodique en cristal ; après un lavage à l’acide nitrique bouillant, ce tube reçoit, par une ouverture qui sera scellée ensuite, un disque de cuivre profondément oxydé, dans lequel est pratiquée une ouverture en forme de croix. L’appareil est alors relié à une trompe à mercure sans robinets, par l’intermédiaire de tubes renfermant de l’oxyde de cuivre et de la potasse fondue au rouge. Une ampoule contenant un peu d’oxyde de mercure préalablement chauffé plusieurs fois est, en outre, fixée à la canalisation. Après avoir fait le vide, on remplit l’appareil d’oxygène à plusieurs reprises, et on le chauffe fortement chaque fois, en insistant particulièrement sur le tube de Crookes et l’oxyde de cuivre. Cette opération est renouvelée au cours des expériences. Dans ces conditions, on peut être certain que l’atmosphère intérieure est formée d’oxygène presque pur; d’ailleurs le spectre de l’hydrogène n’est plus visible. Cependant l’action réductrice des rayons cathodiques n’est pas diminuée : ceux-ci, passant par la découpure pratiquée dans la lame de cuivre oxydé, vont marquer une croix noire sur le fond du tube. Le résultat est le même si l’espace obscur est limité à quelques centimètres de la cathode et la réduction se fait alors dans une région où ie spectre de l’oxygène est bien visible (l).
- » L’expérience peut encore se faire en recevant les rayons cathodiques sur une paroi de verre partiellement recouverte de cristal ; ce dernier seul noircit, ce qui montre bien qu’il ne s’agit pas d’un dépôt métallique formé de
- f •) Dans l’oxygène l’espace obscur est d’une netteté remarquable, et le trajet des rayons cathodiques, eii dehors de cct espace, est particulièrement visible.
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- parcelles arrachées aux électrodes. D’ailleurs la réduction du cristal réussit trcs bien dans un tube à électrodes extérieures : d’autre part, les dépôts métalliques d’origine électrique sont peu adhérents et se dissolvent aisément dans un acide convenablement choisi.
- » II. Afflux cathodique. — Si la partie centrale d’une cathode plane est remplacée par une lame de cristal, ce qui ne modifie pas sensiblement la marche de l’afflux, on constate que le cristal est profondément réduit là où il est frappé par le courant gazeux, c’est-à-dire au centre de la lame dans un tube centré. Cette expérience peut être combinée avec l’une des précédentes.
- » III. Rayons de Goldstein. — Une lame de cristal placée sur le trajet des rayons de Goldstein est rapidement réduite. Ce résultat pouvait être prévu, les rayons dont il s’agit n’étant autre chose que le prolongement de l’afflux cathodique qui continue sa route, après avoir perdu sa charge, au travers d’une cathode perforée.
- » Ainsi, les rayons cathodiques, les rayons de Goldstein et l’afflux cathodique paraissent formés aux dépens d'une matière possédant d’une manière constante la propriété de réduire certains oxydes métalliques, et cela indépendamment de son état électrique, qui est l’état neutre dans le cas des rayons de Goldstein. Le résultat est le même, soit qu’on fasse le vide sur l’oxygène, soit qu’on opère sans précaution spéciale, c’est-à-dire dans des conditions très variables. Il semble donc que les rayons cathodiques ne se forment pas aux dépens de n’importe quel gaz. Les expériences récentes de J.-J. Thomson p) montrent d’ailleurs bien nettement que les propriétés des rayons cathodiques sont indépendantes de la nature du gaz sur lequel on a fait le vide.
- « Or, le seul gaz réducteur que l’on puisse trouver dans un tube de Crookes sans électrodes, lavé puis chauffé fortement, est évi-
- demment l’hydrogène. On ne saurait se débarrasser complètement de l’eau par des desséchants, et le verre peut en fournir presque indéfiniment.
- » J’ajouterai qu’avec un tube à électrodes de mercure dans lequel le vide avait été fait sur le mercure bouillant, je n’ai observé que le phénomène de Geissler, il ne s’est pas formé de rayons cathodiques.
- » Les propriétés physiques et chimiques de l’hydrogène font déjà de ce gaz un corps à part dans la série des éléments ; il n’est donc nullement invraisemblable d’admettre qu’il possède, et cela exclusivement, la propriété de pouvoir donner des rayons catho-cliques (-). ».
- Les rayons X existent-ils déjà dans le faisceau cathodique qui les produit ?
- Par Rôiti (2).
- L’auteur commence par observer que la distinction entre les rayons X et les rayons cathodiques n’est pas bien nette, et il montre qu’on peut soutenir, avec Rœntgen, que les deux espèces de rayons ne sont pas essentiellement distinctes, mais que l’on peut passer graduellement de l’une à l’autre.
- On a soutenu parfois que les rayons X dérivent des rayons cathodiques par simple soustraction. L’auteur réfute cette hypothèse comme il suit :
- iü Si l’on cherche à déterminer la dispersion en observant les variations de potentiel que présente un conducteur placé dans un tube à décharge soumis ou non à l’action magnétique, il est impossible d’établir d’où provient l’action dispersive et quel chemin elle suit, soit parce qu’on ignore encore la distribution et les mouvements de l’électricité dans le tube, soit par ce que le phéno-
- (•) Travail fait au laboratoire de chimie de l’École normale supérieure.
- (2) Rendiconii délia R. Accademia dei Lincei, 5e série, t. VI, fasc. 5, p. 123-129. Les recherches antérieures deM. Roiti ont paru dans L’Éclairage Électrique, t. IX. p. J33-135.
- p) Phihsophical Magazine, 5e série, t. XLIV, octobre 1898.
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- mène se complique de l’ionisation du gaz résiduel : les expériences publiées à ce sujet sont contradictoires.
- 2° Tout point d’un corps atteint par les rayons cathodiques devient une source de rayons X qui se propagent dans toutes les directions et dans le tube et dans le corps considéré; par suite, dire que les rayons X existent déjà dans le faisceau cathodique, revient à dire qu’en rencontrant un corps .ils se disséminent en tous sens.
- 3° Les impressions photographiques extérieures au tube et les ombres sur les écrans fluorescents se déplacent en suivant toutes les déviations des rayons cathodiques intérieurs; par suite, les points frappés par les rayons déviés deviennent des centres d’émission de rayons X indéviables, et ceux-ci ne se trouvaient pas dans le faisceau qui les a produits.
- 4° D’expériences faites par l’auteur il résulte que, si le faisceau cathodique renferme des rayons indéformables, ces rayons ont une intensité incomparablement plus faible que celle des rayons X issus du même tube à vide; aussi ne peut-on pas dire que la partie du faisceau cathodique qui n’obéit pas à l’action magnétique soit formée de rayons X.
- 5° Donc les rayons cathodiques se transforment en frappant les obstacles à la manière des rayons solaires dans les phénomènes de calorescence ou de fluorescence.
- 6° Les rayons cathodiques proprement dits se réfléchissent et sont transmis par de minces couches de matière, comme dans le vide ou dans l’air, avec toutes leurs propriétés.
- 7® On n’observe pas la réflexion régulière des rayons cathodiques,soitparce qu’onn’em-ploie pas des miroirs suffisamment plans et propres, soit parce que les miroirs optiquement excellents se comportent comme rugueux pour les rayons cathodiques.
- 8U L’émission des rayons X n’a pas lieu seulement à la surface de l’obstacle frappé par les rayons cathodiques, mais dans tout l’intérieur d’une couche d’épaisseur sensible.
- C’est ce qui résulte du fait que leur émission ne suit pas la loi du cosinus (*). A travers une mince couche ils se transforment peu; mais si l'épaisseur de la couche qu’ils traversent augmente, ils sont rapidement étouffés, pendant qu’au contraire l’intensité des rayons X cmis par la couche augmente et atteint son maximum; alors les photographies prises à l’intérieur du tube à vide au moyen de pellicules protégées par des écrans, qui ne sont forcément pas extrêmement unies, sont dues bien plutôt aux rayons X qu’aux rayons cathodiques.
- 9° Lenard est passé très près des rayons X sans les voir, parce que l’écran à la cétone qu’il employait était fluorescent sous l’action des rayons cathodiques seulement, et, mieux encore, parce que la fenêtre d’aluminium par laquelle sortaient les rayons cathodiques était trop mince pour pouvoir émettre des rayons X en quantité sensible.
- io° II n’est pas douteux (2) que, dans un tube focus, la lame de platine qui forme l’antica-thode émet non seulement des rayons X, mais aussi des rayons de diverses espèces que l’on a appelés rayons internes, qui sont différents des rayons cathodiques en ce qu’ils ne paraissent pas capables de produire des rayons X et qu’ils ne proviennent du faisceau incident ni par réflexion régulière ni par diffusion.
- ii° La photographie du tube faite à la chambre noire montre que des rayons X, faibles il est vrai, partent aussi de la superficie du verre du focus (3); cette paroi de verre est très fluorescente sous l’action des rayons cathodiques, tandis que les rayons X illuminent peu le verre, meme quand ils n’en ont pas déjà traversé.
- (1) Ch.-Ed. Gujllaumk. Sur l’émission des rayons X. L’Éclairage Élechiqne, t. IX, p. 37 et 600.
- (2) S.-P. Thompson. The Electrician du 8 janvier 1897.
- (3) Je rappelle que dans mes expériences sur la diffusion des rayons X (Comptes rendus du 26 juillet 1897), j’avais reconnu et éliminé cette complication, c’est ce que j’ai expliqué en détail dans cette revue (n° 11, 12 mars 1898, p. 466).
- (G. Sagnac.)
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- Dans la seconde partie, l’auteur expose les expériences d’où il conclut que les rayons X ne peuvent pas dériver du faisceau cathodique par simple soustraction.
- Avec un tube spécial à cathode et anticathode d’aluminium et au moyen de son photomètre, il a observé qu’avec une raréfaction modérée, en déviant le faisceau interne par un aimant permanent,Ta face du photomètre couverte de platinocyanure de potassium et placée au centre du plan anticathodique, devient complètement obscure. Si la raréfaction est modérée, l’intensité de la luminescence, après l’action de l’aimant, vaut encore les 4/100 de son éclat primitif; mais ce résidu d’action pourrait bien ctre dû aux rayons cathodiques réfléchis sur les parois latérales F.
- Pour éclaircir ce dernier point, on introduit dans le tube un cylindre de plomb appuyé sur la paroi d’aluminium anticathodique et destiné à empêcher la réflexion .sur les parois du tube; on substitue à l’aimant permanent un électro-aimant. Dans ces conditions, la fluorescence du platinocyanure était réduite, après action de l’aimant, à moins de 1/1000; elle était très vive cependant chaque fois que le courant de l’électro était interrompu.
- Ainsi, il ne parait pas exister de rayons cathodiques indéformables, ou, s’ils existent, ils ne sont pas transformables en rayons X.
- Dans la troisième partie de son mémoire, l’auteur rappelle une de ses anciennes expériences dans laquelle, en employant deux tubes, l’un à anticathode d’aluminium, l’autre à anticathode de cuivre, il trouvait un pouvoir émissif beaucoup plus grand pour le second tube.
- Comme on pouvait craindre que les deux tubes ne fussent pas tout à fait égaux, l’auteur a repris cette expérience en employant un seul tube à cathode légèrement convexe; un cylindre d’aluminium était fixé à la paroi d’aluminium anticathodique. En couvrant la face interne du plan d’aluminium, sur une moitié avec le métal A et sur l’autre moitié avec un autre métal B, et plaçant, extérieurement au tube, B en regard de A et A en regard du B intérieur, l’auteur trouve qu’une couche de platinocyanure de baryum en contact avec la paroi anticathodique est inégalement éclairée sur les deux moitiés. C’est dire que les deux métaux A et B émettent inégalement des rayons X sous l’action des mêmes rayons cathodiques. Les métaux suivants sont rangés dans l’ordre des pouvoirs d’émission croissants : magnésium, aluminium, fer, cuivre, zinc, argent, cadmium, étain, platine, plomb. Le pouvoir émissif d’un mêlai pour les rayons X croit ainsi non pas avec la densité, ni avec, le volume atomique, mais avec le poids atomique du métal. Telle est la loi énoncée par M. Roiti. G. Sagnac.
- BIBLIOGRAPHIE
- Traité d’électricité pratique ; par R. Boclvin, 3* édition, A. Manceaux, Bruxelles.
- C’est un tout petit volume que l'auteur, professeur d’électrotechnique à l'École industrielle de Bruxelles et chargé du cours d'électricité industrielle à l'Université de Gand, adresse à ceux qui désirent être rapidement au courant des principales questions de la pratique électrique. 11 a écarté toutes les démonstrations pour 11e laisser
- subsister qu'une série de faits importants. Le côté théorique est ainsi tout naturellement réduit à un petit nombre de chapitres qui servent en quelque sorte d’introduction.
- Après une revue rapide des phénomènes fondamentaux de l’électrostatique, l'auteur donne une notion de ce que sont le potentiel, la force électromotrice et la capacité. Viennent ensuite les condensateurs, quittés peut-être bien brièvement si l'on songe à leur rôle industriel.
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- Le chapitre V traite des machines statiques et l'exposé en est particulièrement simple et clair. Le magnétisme fait l'objet du chapitre VÎT, et la théorie moléculaire y est résumée. Tl est regrettable que dans un livre élémentaire où l'on ne peut s'occuper des questions de détails, l'hypothèse moléculaire soit attribuée au professeur Hughes et que les noms de Poisson son véritable créateur ou de lord Kelvin soient omis. 11 y a à ce propos un reproche général à faire à l'ouvrage; nombre de méthodes de mesure, évidentes à priori et sans aucun intérêt spécial, sont désignées par des noms d’auteurs, à peu près inconnus d’ailleurs.
- Le chapitre VIII a pour sujet le courant électrique; toutes les lois générales sont énoncées et expliquées : loi d’Ohm, lois de Kirchhoff, loi de Joule, loi de Faraday ; puis viennent les phénomènes produits par le champ magnétique qui résulte du courant électrique. L'exposé est complet et tient en un petit nombre de pages.
- Le chapitre des unités électriques mérite aussi d'étre signalé. La question est assez difficile et Fauteur a fort bien mis en lumière les points délicats.
- A partir de là le livre prend sa véritable direction et ne s’occupe plus que des questions industrielles. La description des principaux éléments de pile fait l’objet du chapitre X ; quelques indications viennent à propos pour le montage des éléments. L'utilisation des piles disposées en tension, en quantité ou en séries parallèles, est développée ensuite avec le calcul du rendement.
- Cinq chapitres sont réservés aux mesures électriques, appareils et méthodes. Les galvanomètres sont séparés en deux groupes : ceux à bobine fixe et aimant mobile et ceux à bobine mobile et aimant fixe. Les méthodes de mesure des résistances sont exposées trop brièvement, et le peu d’indications fournies ne suffirait certes pas à un débutant pour effectuer la manipulation correspondante. D'ailleurs ces différentes méthodes ne sont pas disposées avec beaucoup d’ordre.
- Les chapitres XVI et XVII nous ramènent au côté théorique à| propos de l'électromagnétisme et des phénomènes d’induction.
- Les machines dynamo-électriques à courant continu font l’objet d'un important chapitre, tandis que les machines à courants alternatifs sont très rapidement exposées. Il y a là un peu de disproportion.
- L’utilisation du courant nous conduit à l'étude de l'éclairage électrique qui comprend la fabrica-
- tion des lampes à incandescence, l'examen du rendement lumineux, l'emploi de l'arc avec courants continu ou alternatif, et une intéressante description des principales lampes à arc.
- L’électrochimie est indiquée seulement, comme il convient d’ailleurs dans un traité élémentaire, et comme application l’auteur fait l'étude des accumulateurs avec le calcul du rendement et les prescriptions générales pour l'emploi de ces piles secondaires.
- Le chapitre XXII a pour sujet les moteurs électriques des différents systèmes, continus, alternatifs^ champ tournant, synchrones et asynchrones, avec quelques mots sur le rendement de ces appareils.
- Comme suite naturelle, viennent le transport et la distribution de l'énergie électrique avec les transformateurs.
- Enfin, le volume finit par un exposé du télégraphe et du téléphone, suivi de quelques pages sur F électricité atmosphérique, qui nous font revenir sur la distribution électrique à propos des parafoudres.
- L'ensemble du livre est fort bien compris, et les exemples numériques qui sont donnés ajouteraient encore à la valeur de l'ouvrage en permettant au lecteur de se bien familiariser avec les règles énoncées ; malheureusement il s'est glissé là une série d’erreurs qui font perdre une partie du fruit que l'on pourrait tirer de cette lecture. Citons, au hasard, la confusion du farad avec le microfarad et le calcul fait à propos de la mesure des résistances très faibles par la méthode de M. Rousseau, qui est parsemé de fautes. La force électromotrice d'une pile (n° 149) est prise pour la différence de potentiel aux extrémités d'une résistance sur laquelle est fermée la pile. Après avoir insisté sur la différence entre la puissance et le travail, l'auteur prend un kilogrammètre comme équivalent à un certain nombre de watts.
- Ces négligences laissent l'impression d’un livre qui aurait été fait sur les notes prises par un élève au cours de l'auteur. L'allure générale est excellente, mais il y a des erreurs qui montrent que l'ouvrage n'a pas été revu ; d’ailleurs, de nombreuses fautes d'impression confirment encore cette opinion. Espérons qu’un peu plus d'attention sera apportée à la prochaine édition, et l'on aura alors un livre remarquable par la quantité des sujets traités bien clairement sous un très petit volume. G. Goisot.
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- Handbuch der Elektrischen Beleuchtung (Traite d’éclairage électrique), par Jos. Herzog et C.-P. Feldmann. Un vol. in-8°, cartonné, de 521 p. et 428 figr. J. Springer, à Berlin, et R Oldenbourg, à Munich, éditeurs ; 1898. Prix : t6 marks.
- Le nouveau manuel de MM. Herzog et Feldmann est digne des autres ouvrages des mêmes auteurs que j‘ai eu déjà l'occasion de signaler aux lecteurs de la Lumière Électrique et de L'Eclairage Electrique, et mérite des éloges sans réserve. Je n'entreprendrai pas d’en donner une analyse détaillée, car c’est une encyclopédie complète de tout ce qui touche à l'éclairage électrique ; et, chose remarquable, contrairement à ce qui a lieu pour beaucoup de travaux du même genre, la quantité des documents qui y figurent n’est pas obtenue au détriment de la qualité. C'est en effet avec un complet discernement que les auteurs, dont la compétence est bien reconnue de tous les électriciens, ont su choisir et mettre en œuvre les matériaux les plus précis et les plus utiles pour chacune des questions qu'ils traitent.
- Neuf chapitres sont consacrés successivement à l’étude des sources de lumière, des canalisations d'énergie publiques et privées, des systèmes de distribution, des méthodes de régulation des générateurs, réseaux et récepteurs, des appareils de sccuritc et de contrôle, de l’isolement des canalisations, des appareils d’éclairage, enfin, des installations d’éclairage et des stations centrales. Chaque partie est subdivisée d’une façon rationnelle et épuise le sujet dans ses détails extrêmes; la question des prix de revient en Allemagne est elle-même abordée d’une façon aussi complète que claire et instructive.
- La photométrie, sujet que les auteurs traitent avec une compétence particulière, est présentée sobrement mais d’une façon très pratique et tout à fait moderne ; ils ont été des premiers à préconiser : le système d’unités rationnelles qui a été adopté par le Congrès de Genève et leur ouvrage y gagne aujourd’hui une grande clarté en tout ce qui touche à l’évaluation des intensités lumineuses et des effets obtenus à l’aide des diverses sources de lumière.
- Une pareille œuvre suppose de la part de ceux qui l'entreprennent non seulement une somme énorme de travail et l’admirable application (Fleiss) dont nos voisins sont plus que nous coutumiers, maisaussi une expérience consommée d’ingénieurs constructeurs doublée de solides connaissances
- 1 théoriques ; ceux qui ont suivi, comme moi, avec sympathie la carrière et les études antérieures des auteurs savent que rien ne leur manquait à ces divers points de vue pour mener à bien la tâche qu’ils avaient entreprise et je ne serais pas étonné que cet excellent manuel ne paraisse supérieur à tout ce qui a été écrit antérieurement en Allemagne sur la même question.
- Même dans notre pays, où le matériel, les usages et les prixsont légèrement différents, il pourra rendre de grands services à tous les ingénieurs qui le consulteront d'une façon suivie; ils ne sauraient, je crois, trouver de meilleur guide. Inutile d’ajouter que l’exécution de l’ouvrage est digne des éditeurs. A. Blondel.
- Geometria pratica (la Géométrie pratique) ; par G. Erede. Un vol. de 258 pages avec 134 fig. Collection des Manuels scientifiques. Hoepli, éditeur, Milan. Prix 2 fr, cartonné.
- Sous ce titre très impropre et trop « scolaire », l’auteur a réuni un faisceau de données qui sont beaucoup plus du domaine du conducteur de travaux que du ressort de l'étudiant. L’ouvrage est en réalité un manuel pratiques l'usage de l’industriel. de l'ouvrier, de l’agriculteur, et sa dénomination exacte serait « Petite Encyclopédie des métiers ». Il traite en effet de la mesure des corps, des distances, des plans, des figures géométriques, des surfaces agraires, de la délimitation des propriétés et règlements y relatifs, de l’agronomie, de la mesure des voûtes, des solides, des terrassements variés, delà cubature des bois, des tas de sable, des tonneaux, des grenailles, du nivellement, etc.
- De nombreuses tables donnent des calculs tout faits et montrent la marche à suivre pour obtenir rapidement une solution pratique, en mettant à la portée de tous, des procédés qui exigent habituellement des connaissances mathématiques assez étendues.
- Il est reconnu que, à côté de l'ingénieur, de l’électricien, l’ouvrier d'industrie doit savoir ou pouvoir aujourd’hui comprendre et mesurer cc à quoi il travaille, métal ou terrain, surface ou volume. Le temps du manœuvre ignare est passé. C’est en vue de cette collaboration intelligente et pour la faciliter, que le manuel, très clair, dénommé Géométrie pratique, a été écrit. Le titre est malheureux, répétons-le. 11 dit mal ce que vaut
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- réellement l'ouvrage ; mais le contenu offre assez d'intérêt pour qu’en peu de temps le manuel ait atteint sa troisième édition. Ce succès est assurément la meilleure preuve de son utilité. P. M.
- Dizionario teonico in quattro lingue [Dictionnaire technologiqueen quatre langues); par Et. Webber, ingénieur. Collection des manuels Hoepli, Milan. 508 pages, relié, 4 fr..
- Présenté comme manuel de poche, ce volume fournil aux techniciens 25000 expressions appartenant aux mathématiques, à la physique, à la chimie, à l’architecture et à la mécanique, envisagées dansleurs multiples applications. Les plus récents néologismes scientifiques, si nombreux en électricité, par exemple, pour ne parler que de ceci, y figurent à côté des termes classiques, et cette modernité même rend ce guide très utile aux lecteurs ou traducteurs d'ouvrages spéciaux.
- Il s'est produit ce fait, inévitable en pareil cas, que l'auteur a dû parfois créer de toutes pièces des mots, heureux d'ailleurs, lorsque l’une des quatre lang ues ne possédait pas l'expression conve-
- nable pour rendre une idée nouvelle. Il est presque certain que ces mots, très logiques, passeront rapidement dans le langage courant.
- La parfaite répartition des termes sur quatre colonnes bien espacées, rend la lecture facile, chose trop rare dans les dictionnaires ou les agendas de petit format. L’exécution typographique est très bonne. Enfin, il faut remarquer que ce «Manuel» a été publié sous quatre formes, ne différant l’une de l'autre que par une simple transposition des langues. Indiquons, pour la plus grande commodité de ceux qui auraient à utiliser l'un des volumes, l’ordre des langues dans chacun d’eux et les titres vrais :
- 1 "Dizionario tecnico inquattro lingue (italiano, tedesco, francese, inglese) ;
- 1" Technisches Wôrterbuch in vier Sprachcn (deutsch, italienisch, franzôsisch, englisch) ;
- 30 Dictionnaire technologique en quatre langues (français, italien, allemand,anglais);
- 4" Tcchnical dictionary in four languages (en-glish, italian, german, french).
- Par les services qu’il peut rendre, l’ouvrage semble appelé à un réel succès. P. M.
- CHRONIQUE
- Emploi des rayons de Rœntgen pour l’examen d’un combustible minéral. — D'après une note de M. H. Couriot, présentée à la séance du 31 mai dernier de l’Académie des sciences, les rayons Rœntgen fournissent un moyen instantané et sûr d'être fixé sur la pureté d'un combustible minéral.
- Le diamant et le bois étant perméables aux rayons, alors que la silice et les silicates ne sont pas traversés par ceux-ci, il y avait lieu de présumer que les combustibles minéraux laisseraient passer les rayons cathodiques, mais qu’en revanche les matières siliceuses, donnant naissance aux cendres dans la combustion, s'opposeraient au passage de ces rayons dans tous les points où elles se trouveraient groupées, formant un obstacle d'autant plus impénétrable qu'elles seraient plus abondantes.
- On constate immédiatement ce phénomène en soumettant un combustible quelconque aux rayons X devant un écran radioscopique. Dans les
- essais qu'il a faits sur l’anthracite, la houille, le lignite, la tourbe, le coke et les agglomérés, l'auteur a toujours vuapparaître, dans tous ses détails, la structure intime de la partie minérale du combustible : le moindre fragment de schiste ou la barre la plus fine, invisibles à l'œil nu., se sont révélés aussitôt sur l’écran, soit par une tache noire, soit par une bande sombre au milieu de la partie éclairée par les rayons ; enfin le passage de la houille pure à la houille schisteuse, puis au schiste proprement dit, peut se suivre, de proche en proche, accusant ainsi, à la fois, les variations intimes de composition et de pureté de la matière aux divers points considérés, ainsi que la puissance de la méthode d'investigation.
- Les agglomérés, vu le mêla âge de leurs éléments, affectent l’apparence d’un conglomérat; dans le coke on voit apparaître, sous la forme de taches noires, les grains de sulfure de fer provenant de la pyrite.
- Il n'est pas necessaire, en raison de la grande
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- perméabilité du charbon, de tailler les échantillons en blocs réguliers ; les fragments grossiers que fournit, le plus souvent, le clivage naturel de la houille, suffisent amplement pour en apprécier la pureté. En un mot, la méthode qu’a suivie M. Couriot, au lieu de donner une teneur moyenne en cendres des combustibles, comme le fait l'analyse chimique, fournit instantanément le squelette minéral de la substance charbonneuse, tout en conservant l'échantillon intact.
- Les tramways électriques de Montpellier.— Nous avons eu souvent l'occasion de parler de ces tramways, aussi bien pendant la période des pourparlers que pendant la période d'exécution (t. IV, p. 335 ; t. VIII, p. 91 ; t. X, p. 428 ; t. XII, p. xvu et xi.ix; t. XIII, p.xxxi; t. XIV, p. vi et xlvii ; t. XV, p. xiv). Voici, d’après le Bulletin des Transports en commun, la description des installations, faites par les soins et sous les auspices de la Compagnie générale de traction.
- Usine génératrice. — L’usine génératrice et ses dépendances comprennent :
- i° Le bâtiment de la salle des machines et des chaudières; le bâtiment de la remise des voitures ; le dépôt de charbon ;
- 20 Le bâtimentd’administration et les logements.
- L’emplacement de l’usine est situé en bordure de la route nationale de Béziers à Lyon et de la rivière le Lez. Le terrain dévale vers le cours d'eau, il est en contre-bas de la route.
- L’ensemble des constructions comporte trois bâtiments contigus, la salle des machines est intercalée entre la chambre de chauffe et le dépôt de voitures. Le niveau du sol de ce dernier est surélevé sur celui de la salle des machines.
- Superficie de la salle des machines . 2omxi8,8om
- — — chaudières. 14111x13111
- — de la remise des voitures. 34111x32,7001
- Une extension possible des deux premiers bâtiments a été prévue pour l’établissement d'une quatrième unité motrice et d'une chaudière respectivement.
- Eu égard à la nature du terrain, les dimensions des fouilles pour atteindre un sol suffisamment résistant pour y asseoir en toute sécurité les maçonneries, ont été relativement importantes.
- Les fondations et les maçonneries en élévation sont en moellons de Castelnau, exécutées au mor-
- tier de chaux, composé de deux parties de sable et une de chaux. Le mortier de ciment est substitué au mortier de chaux hydraulique dans les dernières assises d'environ 0,40 m de hauteur des pilastres sur lesquels reposent les montants en fer supportant les fermes.
- Les ouvertures sont encadrées par des cordons de pierres de taille Les parois de la salle des machines sont enduites au plâtre blanc. Les couvertures sont en tuiles rondes de Marseille et briques creuses, posées sur liteaux en sapin, attachées de distance en distance et en quinconces pour résister aux assauts des vents violents. Toutes les parties des couvertures faisant saillie sont voligées entre chevrons. La salle des machines est totalement voligée à l'intérieur avec chevrons apparents. Le voligeage est exécuté en planches de sapin de 0,022 m d’épaisseur assemblées à rainures et languettes, blanchies sur une face destinée à recevoir une couche de peinture.
- Les toitures s'appuient sur des formes métalli-liques, système Polonceau, qui s’appliquent, à leur retombée, sur des poteaux en fer scellés dans la maçonnerie des pilastres et reliés par des lignes d'entretoises.
- Des lanterneaux vitrés couronnent les toitures.
- L’éclairage naturel des locaux fermés est réalisé par l’existence de grandes baies vitrées qui y versent à profusion la lumière du jour.
- Une porte charretière de 4 m de largeur sur 5,374 m de hauteur à la clef, est pratiquée dans le pignon de la façade principale de la salle des machines, elle est flanquée de deux châssis vitrés de 2,68 m de large sur 2,90 m de haut; deux baies de dimensions identiques s'ouvrent dans la façade postérieure de chaque côté d’une porte de service de 1,60 ni de largeur.
- Le mur qui sépare la salle des machines de la chaufferie est percé en son milieu d’une grande porte vitrée de 4,30 m de largeur; en outre, deux petites ouvertures de passage d’un mètre s'évident aux extrémités. Dans la muraille opposée sont montées deux portes cochères jumelles de3,5o m de largeur. Le pignon de la façade principale de la chaufferie est garni de deux fenêtres semblables à celles de la salle des machines, le pignon de la façade postérieure en a trois.
- La remise des voitures est divisée en trois travées de 13 m déportée chacune. Les fermes, dans la partie médiane, reposent sur deux rangées parallèles de sept poteaux encastrés dans des pilastres
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- de maçonnerie. La crête des murs latéraux est à 6 m au-dessus du niveau du sol.
- Elle contient 13 voies degarage des véhicules et trois fosses de réparation qui ont une profondeur de 1,40 m.
- Le mur latéral extérieur comporte huit châssis vitrés de 2,68 m de largeur sur 2.90 m de hauteur.
- Le sol de la soute à charbon est dallé par une chape en ciment, posée sur une aie de béton. Elle est entourée d’une murette en maçonnerie de 0,50 m d’épaisseur.
- La maison d'administration comporte une superficie totale d’environ 128 m2.
- Matériel mécanique. — Actuellement la chaufferie consiste en trois batteries de chaudières semi-tubulaires, fournies parla maison Imbert, de Saint-Etienne, timbrées à 8 kgrde pression par cm3, de 140 m2 de surface de chauffe.
- L’alimentation de chaque chaudière s'opère par une pompe ou petit cheval. Bien que située sur les bords du Lez, l’usine ne peut y puiser l’eau nécessaire, en vertu d’une servitude qui frappe d’interdiction l’usage de cette rivière. Un puits a été creusé débitant 50 m cubes d’eau par jour. Reconnu insuffisant, on a installé un réfrigérant système Sée de 225 m3.
- Les chaudières sont alimentées par l’eau chaude émanant des condenseurs. Au préalable, elle passe dans un réchauffeur (réchauffé par les purges et l’échappement des petits chevaux) et dans un dégraisseur.
- En cas d’avarie à la pompe centrifuge du réfrigérant, on se sert de l’eau de puits préalablement réchauffée.
- Dans la salle des machines sont établies trois machines à vapeur compound tandem horizontales à condensation par mélange et à détente variable parle régulateur, construites parla maison Satre fils aîné etCiê, de Lyon.
- Chacune d'elles développe, en marche normale, une puissance de 200 chevaux effectifs à la vitesse de 90 tours environ à la minute, avec une détente de 1/10.
- Dimensions principales de la machine :
- Diamètre du petit cylindre. 0,460 m
- — grand — 0,750 —
- Course des pistons........0,900 —
- La pression initiale de la vapeur à la boîte du petit cylindre est de 6,500 k.
- La distribution de la vapeur s'effectue par un
- tiroir plan. Le cylindre à haute pression est muni d’un tiroir à tuile équilibrée,détente Rieder, pour diminuer les résistances de frottement et rendre plus sensible la commande par le régulateur.
- Le cylindre à basse pression est pourvu d'une double distribution à tiroirs plans à chaque extrémité pour réduire les espaces nuisibles.
- Les variations de détente dans ces machines sont obtenues par un régulateur à boules agissant sur les organes de la distribution. On sait que dans les usines centrales de tramways, à cause des fluctuations brusques du travail sur le réseau, les machines motrices sont soumises à des changements de vitesse soudains. Il faut donc que le régulateur soit doué de la plus grande sensibilité pour satisfaire aux variations de charge les plus promptes et les plus considérables qui peuvent se présenter de zéro à pleine charge.
- Dans ces conditions, la vitesse normale ne devra pas subir d’altération excédant 2 p. 100 en plus ou en moins, la variation du nombre de révolutions par minute ne pourra pas dépasser au total 4 p. 100.
- La condensation s'effectue par mélange. Les pompes à air et les pompes d'injection sont commandées par un balancier.
- Le bâti a la forme à « baïonnette » avec glissières çentrales circulaires. Les paliers sont à très large surface et à compensation d’usure.
- Les cylindres sont démontables séparément, à chemise de vapeur, avec double enveloppe calorifuge d'amiante et de bois.
- Le volant est muni d’une denture recevant la commande d'un appareil vireur, servant à amener la machine au point de mise en marche. Les garnitures des presse-étoupes sont métalliques.
- Le graissage des pièces d'articulation se fait au moyen de graisseurs automatiques à compte-gouttes visible. Les tiges de pistons, tiges de tiroirs, axes d'articulations sont en acier fondu, le corps de bielle en acier forgé. Le tuyautage est en cuivre rouge. On a prévu un robinet double d’échappement permettant de marcher instantanément avec ou sans condensation.
- Les machines sont entourées d'un garde-corps, le parquet est en tôle striée ; des bassins à huile recueillent les gouttes de graisse.
- Matériel électrique. — Le matériel électrique comprend trois dynamos de 150 kilowatts, type de la General Electric C°, et trois panneaux formant le tableau de distribution. Les génératrices sont
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- individuellement actionnées par chaque moteur à vapeur au moyen d’une courroie; elles tournent en sens inverse du mouvement des aiguilles d’une montre, lorsqu’on les regarde en se plaçant en face du collecteur. Elles marchent à la vitesse angulaire de 400 révolutions par minute. La différence de potentiel aux bornes est de soo volts sans charge. Elles sont hypercompoundées pour une perte en ligne de io p. 100; à pleine charge, elles produisent aux bornes une différence de potentiel de 350 volts. Comme elles sont appelées à être mises en circuit multiple sur les barres communes du tableau, elles sont pourvues d’un fil égalisateur.
- Le tableau de distribution est constitué par trois tables verticales en marbre noir sur lesquelles sont situés les appareils de mesure et de sécurité de fonctionnement.
- Voie fixe, ligne aérienne, trôlet. — La longueur des voies posées pour desservir la ville et les quartiers suburbains est de 17 km environ; dans ce chiffre ne sont pas comprises les voies de remise.
- La voie est établie en rails à gorge, du poids de 44 kgr par mètre courant, mis dans les chaussées telles qu’elles existent, sur forme de sable ou sur un bourrage fortement comprimé ; les matériaux extraits reconnus inutilisables sont remplacés par des neufs. Exceptionnellement, dans les rampes, le rail à ornière a été fixé sur des traverses afin d'éviter les effets de glissement du sol. L’écartement des rails est maintenu par des entretoises en fer espacées de deux en deux mètres. La largeur de la voie au plan de roulement est de 1 m. Sur certaines parties du réseau les voies sont doublées ; des garages sont entés sur les voies simples, partout où cela a été jugé nécessaire pour obtenir une circulation de voitures très intensive.
- Le fil conducteur du courant a 9 mm de diamètre. Il règne parallèlement à la voie, fixé par l’intermédiaire d’isolateurs sur des potences que portent des poteaux implantés dans les trottoirs, le long des chaussées. La direction du fil ne se trouve pas contenue dans le plan axial de la voie, ainsi que les choses se rencontrent dans les autres systèmes de suspension. L'application du trôlet Dickinson, dont la Compagnie générale de traction a obtenu la licence en France et à l’étranger, simplifie dans une large mesure le mode de sustentation du fil. La tête du trôlet évolue suivant la base d’un cône renversé, disposition qui confère la faculté de reporter les installations fixes aussi loin I
- que possible de l’axe de la chaussée. Il a en outre l’avantage hautement appréciable de supprimer, même aux endroits des incurvations prononcées, l'encombrant réseau des fils de suspension transversaux qui sont encore employés dans des installations moins perfectionnées. Les rejets de ligne s’effectuent avec grande aisance. Le contraste entre les deux systèmes rivaux est très frappant ; nous avons précisément sous les yeux la reproduction d'une installation par fils de tension transversaux*, et on s’explique la défaveur qui a accueilli ce procédé suranné dans la plupart des villes d’Europe. Nos gravures sont fort instructives à cet égard.
- L’une d’elles représente le passage d’une voiture sous le viaduc du Peyrou. Il y a là une difficulté pratique surmontée. La perche du trôlet s'abaisse énormément vers la toiture du véhicule. Les ressorts du soubassement de la tige ont deux fonctions à remplir : d'abord, ils doivent assurer une pression suffisante sur le fil conducteur, ensuite, ils ont à s’opposer à un trop soudain mouvement de relèvement de la perche dans le cas où le trôlet abandonnerait son fil.
- La continuité du circuit électrique par voie de retour par les rails est assurée par des fils de connexion en cuivre réunissant les abouts de rails. Cette question de jonction des files de rails, de même que celle de l’établissement judicieux des feeders, sont de la plus haute importance au point de vue d’un bon fonctionnement et de l’économie d’exploitation.
- Des feeders aériens, deux fils de cuivre de 10 mm de diamètre, partent de l’usine pour aller jusqu’au faubourg de Nîmes; trois fils de retour de 150 mm carrés de section, posés dans un caniveau en bois rempli d’asphalte, reviennent à l'usine.
- Le matériel roulant comporte 16 voitures automobiles symétriques à deux essieux actionnés chacun par un moteur T. H. type G. E. 53, trois voitures de remorque fermées et trois voitures ouvertes. La capacité des automobiles est de 40 places. Le contrôleur établi sur chaque plateforme est du système série parallèle. Depuis l’inauguration du réseau, les recettes journalières suivent un mouvement ascensionnel continu.
- Emaux à haute dilatation pour la confection des appareils de chauffage par l’électricité. — La plupart des appareils utilisés aujourd’hui pour le
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- chauffage des appartements ou pour la cuisine à l'électricité, sont constitués par un fil métallique noyé dans un émail. L’inégalité des coefficients de dilatation du métal ou alliage et de l'émail a un inconvénient capital : quand le fil s'échauffe par le passage du courant, il développe des efforts mécaniques considérables contre l’émail; celui-ci se fendille et laisse pénétrer l’air jusqu'au fil qui, à moins qu’il ne soit en platine, s’oxyde et se rompt; en outre, l’émail fendillé tombe peu àpeu et laisse le fil sans isolant. De nombreuses recherches ont été faites dans le but de trouver un émail ayant un coefficient de dilatation égal ou tout au moins peu inférieur à celui des métaux et alliages. Aussi croyons-nous utile de signaler les travaux faits par M. Damour sur les émaux à haute dilatation, travaux que M. Saglio présentait, au nom de la Commission des alliages, à la séance du 13 mai dernier de la Société d’Encouragement pour l’Industrie nationale.
- Cette étude a été entreprise sur la demande de la Société du Biborax, désireuse de trouver un débouché à un de ses produits, le borate de calcium naturel oupandermite. Le coefficient de dilatation de ce corps n’étant que de 0,0000065, il s’agissait donc de trouver des substances élevant le coefficient de dilatation; en outre U était demandé que l’émail obtenu soit presque insoluble dans les acides, condition difficile à obtenir la présence de la chaux dans un émail ayant pour effet d’augmenter la solubilité. Le problème était par conséquent assez difficile à résoudre.
- Pour arriver à la solution, M. Damour a opéré de la manière suivante : il a fait des mélanges de pandermite et d'un seul corps en proportions variées et a mesuré le coefficient de dilatation ainsi que l’insolubilité de l’émail obtenu. Prenant ensuite parmi ces mélanges binaires, celui qui avait la plus grande dilatation, il lui ajoutait un troisième corps et cherchait si la dilatation sc trouvait élevée. Au mélange ternaire présentant la plus grande dilatation, il ajoutait un quatrième corps et ainsi de suite.
- Quoique la légitimité de cette méthode soit contestable, les résultats obtenus ont été très satisfaisants. Ils ont montré: i° que la silice, le kaolin, la petalite (feldspath lithinifère), le zjrcon donnent à l'émail de l'infusibilité et de l’insolubilité, mais augmentent la dilatation ; — 20 que le phosphate de calcium augmente la dilatation, donne de la viscosité à l'émail en fusion et lui communique
- une certaine insolubilité; — 30 que la cryolite, le spath fluor et surtout le rutile (qui semble bien fixer l’acide borique) augmentent la dilatation et la fluidité de l'émail.
- Parmi les émaux présentant les plus grandes dilatations, signalons les suivants :
- Mélange A formé de 50 parties de sable de Fontainebleau. 18 de pandermite, 23 de carbonate de calcium et 55 de carbonate de sodium; coefficient de dilatation 0,00001012.
- Un mélange formé de 90 parties du mélange précédent et de 10 de rutile a pour coefficient
- Un mélange de 90 parties du mélange À, de 5 de magnésie et de 5 de cryolite a pour coefficient 0,00001019.
- Un mélange de 90 parties de A et de 10 de phosphate bricalcique a un coefficient un peu plus élevé : 0,00001058.
- Enfin un mélange plus simple formé de 30 parties de pandermite, 20 de cryolite et 50 de feldspath a un coefficient presque aussi grand : 0,00001055.
- Le coefficient de dilatation du platine étant de 0,000009 et celu’ du fer variant de 0,000011 à 0,000012, celui du nickel 0,000012, on voit que les émaux précédents conviennent bien pour la construction de rhéostats à fils de platine, de fer ou- de nickel enfermés dans un émail.
- La préparation de la vaniline par électrolyse. — Nous avons déjà signalé (t. XII, p. 310) le procédé de préparation de la vaniline employé par M. Otto : un courant d'oxygène ozoné passe dans une dissolution d’iso-eugénol dans l’acide acétique chauffée au bain-marie. D’après la Revue de physique et de chimie, les successeurs du Dr von Hey-den préparent la vaniline par l'électrolyse d'une solution d’iso-eugénol dans un excès de soude caustique ; cette solution est placée dans le compartiment anodique ; le compartiment cathodique contient une solution de soude de loà 20 p. 100 de concentration. 11 faut opérer à 6o° C avec une densité de courant de 13 ampères par dm2 de cathode, sous une tension de 5 volts. La vaniline produite est isolée par les procédés connus.
- Electro-déposition de l'alliage de cadmiun et d’argent. — Le cadmium, d’abord peu utilisé, est main-
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- tenant recherché pour le revêtement d'un grand nombre de petits objets, tels que les plumes, les balles à enveloppe d’acier pour fusils de guerre, etc. La couche de cadmium est un peu plus résistante au frottement que la couche d'argent, mais bien moins que celle de nickel.
- Des petits objets de cuivre peuvent aisément être recouverts d’une couche bien adhérente de cadmium par simple immersion dans une dissolution. de sulfate ou de chlorure en présence du
- Le dépôt par voie électrolytique est facile à effectuer. Smée indique comme électrolyte une dissolution ammoniacale de sulfate.
- Le procédé de Russell et Woolkich consiste â prendre comme électrolyte une solution à 350 de carbonate de cadmium dans le cyanure de potassium, contenant 40 gr. de cadmium par litre. L’anode est en cadmium. En résumé on obtient un dépôt dense et cohérent avec des solutions neutres ou faiblement acides, pas plus de 2 p. 100 ; les solutions préférables sont celles d'acétate ou de cyanure double.
- Mais l’alliage de cadmium et d’argent (7 à 8 p. 100 de cadmium) est bien meilleur pour le revêtement. Le cadmium empêche l’argent de se ternir trop rapidement; en outre l’alliage est électropositif par rapport au nickel et la différence est 0,25 volt ; de sorte qu’une pièce de fer recouverte d’alliage venant à être attaquée par l’oxygène et l'humidité de l'air à la suite de déchirure du revêtement, sera moins rapidement détériorée que si elle était recouverte de nickel.
- S.-O. Cowpkr-Cot.f.s recommande, d'après Aluminium and Electrolysis, rapporte L'Industrie Électrochiniiquc, d’employer comme électrolyte une solution de cyanure de potassium dans laquelle on a dissous les cyanures de cadmium et d'argent en proportion convenable suivant la nature du dépôt à obtenir. Les meilleurs résultats s’obtiennent quand la quantité de métal dans la dissolution est de 20 à 27 gr par litre ; la quantité d’argent doit être comprise entre 2,25 gr et 8,5 par litre. La densité du courant doit être d’autant plus faible que la solution est plus diluée ; la surface des anodes est beaucoup plus grande que celle des cathodes, et l’on doit maintenir constante la quantité de cyanure libre dans le bain, de manière à dissoudre, au fur et à mesure, le cyanure de cadmium qui se forme aux anodes. Comme la teinte du dépôt varie beaucoup avec la densité du cou-
- rant, on prend comme témoin une lame de métal que l'on suspend au pôle négatif avec les objets à revêtir d'alliage. Cette lame est suffisante au contrôle du travail ; un ouvrier expérimenté pouvant estimer à 1 ou 2 p. 100 près la teneur de l’alliage qui se dépose. La nature de ce dernier varie non seulement avec la densité du courant, mais aussi avec la composition et la densité de l'électrolyte. Somme toute, l’électro-déposition des alliages argent-cadmium demande passablement de pratique et beaucoup d’attention. Les remarques ci-dessous, faites par S.-O. Cowper Coles au cours de nombreuses expériences, s’appliquent, d’une manière générale, à l’électro-déposition d’autres alliages que ceux de cadmium et d’argent. Des solutions renfermant de 13 à 20 gr d’alliage par litre, la proportion de cadmium étant élevée, donnent avec de faibles densités de courant, seules utilisables, des dépôts renfermant de40 à 100p. 100 d’argent, tandis que des solutions renfermant 30 à 60 gr de métal par litre donnent, avec des densités de courant élevées.des alliages de 80 à 90 p. 100 d'argent. Pour une solution donnée, le pour cent de métal le plus électro-ncgatif augmente avec la densité du courant, mais la progression n’est pas régulière.
- Avec des solutions diluées et de fortes densités du courant, le dépôt est irrégulier et peu adhérent, quoique la surface en. soit unie. Les proportions entre le métal le plus électro-négatif et le plus électro-positif varient, pour une densité de courant donnée, avec l'agitation de l’électrolyte. Tout mouvement de la cathode dans le bain change passagèrement la nature du dépôt. Si la solution est diluée et si les métaux .de l'anode ne se dissolvent pas comme ils le devraient, cette agitation de l'électrolyte en fait varier la résistance et modifie par conséquent aussi la densité du courant pendant ce temps.
- En résumé, il faut employer, avec chaque composition de bain, une densité de courant définie, pour obtenir un dépôt de teneur donnée. Lorsque le bain doit travailler longtemps dans les mêmes conditions, il est nécessaire de prendre des anodes ayant la même composition que l’alliage qui se dépose. G.
- Minerais complexes de zinc, plomb et cuivre.— La métallurgie ordinaire du zinc est assez onéreuse
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- et il y a en outre perte de is p. ioo environ du métal contenu dans le minerai. Ainsi les frais de production d’une tonne de zinc, charbon, main-d’œuvre, cornues, etc., ne sont pas souvent inférieurs à ioo francs, et la quantité de charbon employée est plus de cinq fois supérieure à celle du minerai traité.
- Cependant les procédés électrolytiques sont assez peu employés ; dans ces derniers temps ils ont pris un peu de développement, mais on est encore dans la période des essais. Le procédé Diefenbach (AEclairage Electrique. t.XIV,p. 345) est employé à Duisbourg en Allemagne, le procédé Ashcroft (t. XTV, p. 16 et 344) est utilisé aux Nouvelles-Galles duSud avec le procédé Siemens--Halske (t. XIV,p. 344}. Enfin, le procédé llœpfncr est appliqué à l'usine Brunner et Moud.
- M. E.-C. Ketchum, de Boston, a proposé un nouveau procédé, que nous signale L'Industrie Electrochimique.
- Le minerai concassé et broyé est soumis à un grillage oxydant dans un four à réverbère. Il est ensuite mis dans des cuves de lixiviation où il est traité à chaud par une dissolution de soude caustique à 25 p. 100, qui dissout le zinc, le plomb et laisse inattaqués le fer, le cuivre et l'argent. La solution est ensuite dirigée dans une première série de cuves électrolytiques, où elle est soumise J
- à un courant d'une force électromotrice de 1,8 volt. Le plomb se précipite tandis que le zinc reste en solution. De ccttc première série d'élec-trolyseurs, l’électrolyte passe dans une seconde série où il est traité sous une tension de 2,1 volts, pour en précipiter le zinc. Les premiers électro-lyseurs renferment des compartiments dont les parois sont en amiante ou en terre poreuse. Ces compartiments contiennent une dissolution de soude caustique, dans laquelle plongent les anodes en charbon de cornue. La solution, qui a servi au traitement des minerais, ne vient donc pas en contact avec les anodes et il ne se forme pas de peroxyde de plomb. Ce métal se dépose en cristaux ou en masse spongieuse sur des cathodes en fer, où on le recueille à intervalles déterminés. Il est ensuité lavé, comprimé et fondu en lingots. Dans la seconde série d’électrolyseurs, les cathodes sont constituées par des feuilles de zinc. Lorsque ces dernières sont devenues assez épaisses, 011 les sort du bain et on les fond. Quelques cathodes sont laminées et donnent des feuilles de zinc qui servent de nouvelles cathodes. Ce procédé n‘a, jusqu'ici, donné lieu à aucune application industrielle. L’emploi de lessive de soude comme liquide de lixiviation ne paraît du reste pas praticable par suite de sa trop rapide carbonatation et de son prix trop élevé. G.
- ERRATA
- Dans les trois articles de M. Rossi sur la mesure de la différence de phase entre deux courants, publiés dans les numéros 17, 21 et 22, le lecteur est prié de faire les corrections suivantes :
- P. 139, colonne 2, lignes 12, 14 et 15, lire sin au lieu de sin 4 dans les trois formules;
- P. 333, 2e colonne, ligne 8, lire \J’—X- au
- P. 361, ire colonne, ligne 29, dans le second membre de l’équation il manque le facteur cos ? ;
- Idem, ligne 38, lire autrement au lieu de dès lors ;
- Idem, ligne 39, lire ccÿ au lieu de ec2.
- lieu de
- Le Gérant ; C. NAUD.
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- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l'Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l'Université.
- ÉTUDE SUR LES PERTES PAR RETOUR PAR LES RAILS
- Lorsqu'on a constaté, en Amérique principalement, les actions d’électrolyse produites dans le retour du courant par ies rails, un grand nombre de travaux surgirent tant en France qu’à l’étranger; le but généralement visé était de rendre les effets de l’élec-trolvse négligeables par un judicieux emploi de cables feeders, ou par remploi de rails dont la section fût suffisamment grande(').
- Nous reprenons cette question sous un aspect que nous croyons nouveau. Le but est de répartir le voltage le long de la voie en échelons à l’aide de ressauts de tension convena-
- blementdisposés. Autrement dit, la différence de voltage entre la terre et les rails est une fonction discontinue de la longueur (fig. i).
- i ('} Consulter les divers jrénediques de ces quatre der-
- On voit qu’entre deux points quelconques de la voie existera ainsi une différence de potentiel inférieure à 5 volts, mais, dans l’application rien n’empêche de prendre une différence de potentiel limite inférieure à 5 volts.
- Supposons une ligne très fréquentée de n kilomètres de longueur construite en voie double avec rails de 45 kgr au mètre.
- Supposons de plus que le service maximum soit de a kilowatts, soit la ampères sous 500 volts, on admettra en outre pour résistance au kilomètre de la voie : 0,007 ohm.
- Si l’usine est à une extrémité A (cas le plus défavorable) la différence de voltage entre les extrémités A et B de la ligne sera au maximum AV = 0,007. «.fl. (!)
- Prenons maintenant B comme origine, la différence de potentiel entre deux points voisins M et AL sera, en appelant I le courant de retour en M, et l la longueur comptée à partir de B en prenant le kilomètre comme
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- unité de longueur,
- <fv = 1.0,007. dl. (1')
- I = W,
- où k est une constante facile à déterminer par la condition qu’en A le courant soit 2a
- en remplaçant, nous aurons :
- et
- dV — —.0,00 y.l.dl
- (2)
- Supposons qu’on ne tolère qu’une différence oV de potentiel entre deux points quelconques de la voie, et soit a le plus grand nombre entier contenu dans de sorte
- que g ^ i < oV, ce rapport sera admis par les règlements administratifs.
- Posons
- -^+T=p- (3i
- Ceci développé, appelons (fig. 3) A„ A», A3..
- Kg. 3-
- Par conséquent, nous aurons :
- On peut mettre encore ces équations sous la forme suivante en tenant compte des équations (i)et (2) qui combinées donnent en éliminant AV
- et en remplaçant dans (5)
- A* A«, les points qui divisent la ligne de façon k ce que la différence de potentiel entre deux points consécutifs soit p (en service
- maximum), et appelonsQ .........., /„_T,
- les distances à B de ces divers points, nous aurons en vertu de (2) et considérant les deux points consécutifs A.*, A.l+ t,
- On voit ainsi que la distance entre deux points A consécutifs diminue de plus en plus et cela très rapidement, puisqu’on a :
- | ce qui peut encore s’écrire :
- f(i/^ 1
- V„ + I — V;l = p = -
- ‘ y/a +'1 Cm + I + s/v-
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- Un exemple fera mieux ressortir ces résultats; les constantes ci-dessous se rapprochent de celles des lignes importantes des divers réseaux de Paris.
- Nous poserons donc :
- h = 6 km,
- et
- oV = 5.
- Alors
- AV = 0.007.400.6, AV = 16,8 volts
- P =
- 4
- 12 — l3 = /,=
- = 3 km
- Si en chacun des points À on place un sur-volteur pour p volts lorsqu’on a 2a ampères totaux à l’usine, de cette façon on sera à l’abri des exigences administratives.
- En pratique, on peut arriver facilement à ce résultat, c’est la description de ces procédés que nous allons maintenant développer.
- Principe de la méthode. — En chacun des points A, sectionnons la voie, c’est-à-dire supposons placés les rails bout à bout à la façon dont certains tramways à contact superficiel opèrent au croisement avec d’autres voies (fig. 4).
- Fig. 4.
- Plaçons un survolteur convenablement calculé et conduit par une dynamo shunt en dérivation sür les 500 volts de la distribu-don. On comprend qu’ainsi on pourra obtenir c ressaut désiré dans le voltage.
- Calcul et description. — En pratique nous supposerons la voie disposée comme l’indique la figure 5 ; nous n’avons supposé qu’une seule
- P. ii <îi I q8
- I ! pilou. pn.u
- I L-...... v>.................
- Fig. 5.
- voie pour simplifier; la présence de la seconde voie ne modifie pas la solution.
- P, et P, sont les extrémités des sections isolées l’une de l’autre.
- Q, , Q5, Q3 sont des faibles sections égales ayant une longueur inférieure à la distance des essieux de l’automotrice (1,8 m environ), ces sections Q sont isolées des sections voisines comme il a été dit plus haut.
- H1? H, sont des sections égales ayant une longueur supérieure à la distance des essieux extrêmes des trains les plus longs (12 à 13 m environ).
- Les sections P, et H, sont reliées à un pôle du survolteur S, P, directement, et H] à travers une résistance de —— ohm.
- Les sections P2 et Hâ sont reliées à l’autre pôle du survolteur S, P2 directement, et H2 à travers une résistance de ohm.
- L’excitation du survolteur est dérivée entre P, et P,, et ce survolteur a toujours son excitation dans la partie montante de sa caractéristique.
- Ceci posé, si :
- I est la valeur du courant de la ligne en A,
- t, est le courant traversant l'induit du survolteur, est le courant traversant les inducteurs du survolteur,
- p est la résistance du circuit inducteur et du câble jusqu’aux rails,
- R la résistance de l'induit et du câble jusqu'aux rails,
- E est la différence de potentiel aux bornes du sur* voltcur.
- On a :
- p/2 = Ri\ — E.
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- Or E = -X/j avec a = constante si la vitesse du moteur shunt est suffisamment constante,
- ?4 = Rf, ou
- . R
- • _ R " R+P + /
- c’est-à-dire que E est proportionnel à I.
- Toutefois ceci suppose que des trains, par hasard bien disposés, ne viennent pas court-circuiter par les rails, car dans ce cas /, et ri deviennent très faibles et le survolteur ne sur* volte pas pendant ces cas fortuits. Le montage est étudié pour empêcher que les machines ne brûlent.
- C’est pour cette raison que l’on a pris un survolteur en dérivation, car avec un survolteur en série, on aurait risqué de brûler le moteur conduisant.
- On a placé des résistances sur les câbles venant à H, et à Hr
- Ces résistances ont pour but d’éviter le court-circuitage franc pendant le passage de H, à H,.
- Nous ferons remarquer que la puissance de ces survolteurs serait faible ainsi que la puissance des moteurs.
- Pour le prouver, nous prendrons l’exemple déjà cité :
- « = 6 km .3V=S
- qui correspondra à une ligne très puissante qoo kilowatts).
- En A, on aura un courant
- , 2 Cl , 8oo
- /, = . I = -ç- 3 =400 amperes.
- Le voltage à relever pour cette valeur maximum est 4,2; la puissance en service ; maximum sera (au survolteur)
- 40a . 4,2 = 1680 watts»
- 1 Soit donc un groupe (moteur survolteur) de I 3 000 watts aux balais du moteur et de 2 000 watts aux balais du survolteur En A„ on aura :
- 4— . 4,24 — . 4,24 — 570 ampères
- en chiffres ronds; la valeur de p est 4,2, on aura ainsi :
- 570.4,2 = 2400 watts maximum
- en chiffres ronds au survolteur.
- Soit donc un groupe (moteur-survolteur) de 4000 watts aux balais du moteur et 2 600 watts | aux balais du survolteur.
- En Aa. on aura :
- 2 Æ 800 ,
- /B = . 5,02 = —jr— . 5.02 =670 amperes
- en chiffres ronds, et ;
- 670 . 4,2 —2820 watts maximum
- en chiffres ronds au survolteur.
- Soit donc un groupe (moteur survolteuri de 4 600 watts aux balais du moteur et 3 000 watts aux balais du survolteur.
- En réalité, pour les paquets de trains circulant sur une section dans les retards du service, il serait bonde multiplier les chiffres précédents par le coefficient de sécurité 1,5. Ce coefficient suffit, en remarquant que les paquets de trains n’existent qu'en des points en nombre limité.
- Les moteurs et survolteurs accouplés peuvent, ainsi que leurs accessoires, être placés facilement, soit dans des bureaux de stations, soit dans des petits kiosques.
- Enfin, il faut reconnaître que les dangers : dus à l’électrolyse ont été considérablement exagérés par les adversaires du système de traction électrique par contact. Sauf pour les lignes à grand trafic, on n’aura pas besoin • d’employer la moindre précaution, avec de ;bons éclissages, si la section de la voie est ; suffisamment grande; toutefois, par cètte méthode, on pourra éviter de recourir à des . sections de voie trop fortes ; dans chaque
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- projet, on devra donc peser toutes les données du problème et conclure dans le sens le plus économique [i).
- Quoi qu’il en soit, il est démontré que ce système appliqué aux lignes de fort trafic n’entraîne que des dépenses insignifiantes par rapport aux dépenses totales, il suffit pour s’en convaincre de remarquer qu’une ligne de 400 kilowatts exige au moins une usine de 600 kilowatts ; or au prix de 900 fr le kilowatt complètement installé, on arrive pour la dépense d’usine seule à 540 000 fr.
- Une critique peut être soulevée au sujet de l’isolement des divers sectionnements de rails; or, on peut remarquer que la question a été résolue pour le tramway de Romainville, et qu’au cas qui nous occupe, le voltage aux bornes de sectionnement ne dépassant pas 4 à 5 volts, il n’y a pas à craindre de déboire sous ce rapport.
- Une question se pose encore au sujet de la mise en route le matin. Rien n’est plus facile.
- Sur chaque axe des groupes électrogènes
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- sera engrené un dispositif du genre des régulateurs à force centrifuge, ce régulateur sera tel que lorsque la vitesse du moteur sera inférieure à 1/2 V, V étant la vitesse normale du moteur, une résistance convenable ' soit introduite dans l’induit de ce moteur, et lorsque la vitesse sera supérieure à 1/2 Y. toute résistance soit supprimée.
- Avant la mise en route des voitures le matin, le voltage est mis sur la ligne, de sorte que si les résistances dans les induits sont convenablement disposées pour que les moteurs se mettent en route réellement dans l’ordre de succession à partir de l’usine, chacun des moteurs aura à entraîner un sur-volteur à vide, ce qu’il fera facilement.
- D’ailleurs la puissance absorbée par les survolteurs étant proportionnelle au carré du courant, le matin, au début du service. leur charge sera négligeable.
- Enfin, cette méthode n’a pas été brevetée par l’auteur.
- Eug. Vigneron.
- LE SYSTÈME DE TRACTION ÉLECTRIQUE A CANIVEAU WALKER
- L’expérience de plusieurs années montre aujourd’hui que la disposition au-dessous de la surface des conducteurs pour traction électrique présente de grands avantages sur toute autre méthode :
- Les effets destructeurs de l’électrolyse, qui donnent lieu dans toutes les villes à un sérieux problème, sont entièrement éliminés par l’emploi du caniveau.
- Le retour du courant se faisant par un conducteur métallique ordinaire, et non par la voie, on n’a pas de perte d’énergie par les mauvaises connexions des rails ou par le contact des roues et des rails.
- Les conducteurs étant situes au-dessous de
- (l) La mauvaise confection des. voies en Amérique a été cause des émotions produites il v a quelques années.
- la surface, ils ne peuvent intervenir contre la sécurité du public.
- Les rues ne sont pas encombrées de poteaux et de fils.
- Le succès du système à caniveau est assuré, comme l’atteste le développement que prend son établissement à New-York et Washington.
- Des essais précis faits pendant le mois de mars, le plus mauvais de l’année pour l’isolement des conduites, ont montré qu’à 525 volts la perte de courant était inférieure à 0,186 ampère par kilomètre.
- Système Walker. — La Compagnie Wal-ker construit actuellement un nouveau mo-, dèle, très perfectionné, de système à caniveau.
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- Caniveau. — Le caniveau comprend les parties nécessaires à la pose de la voie.
- La traverse A (fig. i) est faite de manière à présenter une grande résistance avec peu de matière ; une large base lui assure une solide assiette. Ces traverses sont d’une grandeur et d’un poids uniformes. Elles sont couchées dans le béton à intervalles de 1,52 m.
- On accède aux isolateurs par des trous de main que portent les boîtes B fortement
- boulonnées aux rails de la rainure et aux traverses. Les côtés plongeants de ces boîtes sont solidement assurés dans le béton.
- Ainsi, le renouvellement des différentes parties est facile.
- La conduite mesure 406 mm de largeur et 609 mm de profondeur.
- Conducteurs. — Les barres conductrices CC sont du fer à T de 76 X 63, pesant
- Coupe du
- 8,928 kg par mètre, avec une section d’environ 126 mm2. Elles sont faites par bouts de 9,143 m de long et chaque joint est connecté avec du cuivre de 107 mm8 de section. Aux joints on a la liberté voulue pour la dilatation et la contraction des barres.
- Les deux conducteurs sont placés à 152 mm d’écartement, et la distance de leurs centres à la surface de la rue est de 355 mm. Il y en a un le long de chaque côté de la conduite.
- Tous les 150 à 250 m chaque conducteur est sectionné par un isolement. Les câbles d’alimentation sont connectés de part et d’autre de ccs isolements et aboutissent par leurs autres extrémités à des commutateurs situés sous la voie ; ceux-ci permettent de faire, la distribution par courtes sections, le courant pouvant être interrompu pour l’une
- d’elles sans que la distribution cesse pour les autres. Avec cette disposition les défauts seront promptement localisés et réparés.
- Les isolateurs DD, placés tous les 4,57 m, sont portés par les rails de la rainure. Us portent eux-mêmes les barres conductrices au moyen de tiges qui traversent ces barres en des points voisins des axes des centres de gravité de leurs sections; ainsi l’on prévient tout effort de torsion par le poids des barres. Les isolateurs étant faits avec des matières moulées ont une grande élasticité, de sorte qu’ils résistent bien dans les courbes.
- Porte-contacts. — Le porte-contacts mobile EE, est de construction très robuste. Les plaques de contact sont portées par des ressorts enroulés permettant un libre déplacement dans toutes les directions ; elles sui*
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- vront donc les différents angles qui se présenteront sur les faces de contact des con-
- ducteurs, obéissant à une pression ferme et flexible.
- Un fil fusible est placé entre le ressort du contact et le fil conducteur correspondant, lequel passe par la jambe du porte-contacts.
- Deux roues, FF, portant contre la face
- intérieure de la rainure, forment un guide qui empêche l’excès de pression sur les conducteurs en cas d’efforts latéraux dus aux courbes ou au déraillement de la voiture.
- Les fils conducteurs arrivent dans une pièce isolante H où ils se terminent par des plaques de contact. Sur cette pièce vient se placer un chapeau J, qui par des ressorts de contact établit la connection avec le contrôleur. Le chapeau est suspendu sous la voiture par des liens flexibles. Le porte-contacts est soutenu de telle façon qu’en enlevant le chapeau et en agissant sur un loquet il .peut être immédiatement détaché delà voiture. Cette opération demande to secondes, ainsi que l’opération inverse De plus, en cas d’aiguillage mal fait ou de déraillement de la voiture, le support lâche immédiatement, prévenant ainsi un accident au porte-contacts ou aux conducteurs ; la remise en place étant facile, un tel accident ne produirait qu’un léger retard.
- J. Reyval
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Peinture électrique.
- Conservant au produit le nom sous lequel l’inventeur le désigne, nous citerons seulement les résultats des essais que nous avons pu suivre. Trois applications paraissent de-voirprendre un certain développement, parce qu’elles offrent un intérêt immédiat : la prévention des vols, le service des signaux dans les tirs de guerre, les abordages en mer ou avaries de carènes. Le principe, déjà utilisé sous d’autres formes, est simple. L’ancien système consistait en ceci : soit par exemple à protéger un mur, une porte, un coffre-fort. On colle sur la paroi, de minces feuilles de métal (les feuilles d’étain des chocolatiers), puis on les recouvre de papier ordinaire. On revêt celui-ci d’une seconde feuille métallique et on applique enfin le papier tapisserie. Les surfaces con-
- ductrices sont munies chacune de prises de courant auxquelles aboutissent des conducteurs que l’on dissimule sous des baguettes ou des moulures et qui se rattachent à une pile et une sonnerie convenablement disposées. S’agit-il d’une porte ou d’un coffre-fort, on remplace le papier ornementé par une couche de peinture. Vient-on à perforer ou à scier un panneau ou l'un des objets protégés, l’outil traversant les couches isolantes et les feuilles conductrices, ferme le circuit et la sonnerie retentit. Toute tentative d’effraction est signalée bruyamment. En pratique ces collages successifs de métal mince ne sont pas aisés et ne laissent pas que d’être onéreux. Aussi l’inventeur de la peinture électrique a-t-il cherché à les remplacer par de simples badigeonnages,
- Le nouveau procédé, plus rapide, est moins
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- onéreux. Le peintre donne aux murs ou aux boiseries une première couche de peinture électrique. semblable à du jaune de Naples : il colle des languettes métalliques rattachées à un conducteur, puis l’enduit une fois sec, il étend une couche de peinture isolante ordinaire. A son tour, celle-ci reçoit un second badigeonnage de peinture électrique, muni également de languettes pour prises de courant. Il ne reste plus, selon l’ameublement, qu’à tapisser ou peindre, au ton voulu, murs, panneaux, portes ou coffres. Comme dans le cas précité, une pile et une sonnerie sont intercalées entre les prises de courant. Toute incision, tout essai d’effraction est signalé même à distance. Avec des conducteurs habilement masqués l’effet est curieux, et l’on essaierait en vain sur un panneau recouvert, de trouver un point qui ne fît marcher la sonnerie.
- Plus simple est le dispositif employé pour les tirs. On sait que les champs de tir à longue portée sont munis de cibles avec avertisseurs indiquant que les projectiles ont frappé ou non le but. Généralement les cibles comportent des cercles concentriques mobiles, appuyant sur des ressorts de contact qui fléchissent sous le choc de la balle et ferment, en heurtant des butoirs, les circuits de plusieurs sonneries. Celles-ci sont placées auprès des tireurs. La peinture électrique simplifie ces dispositions mécaniques assez compliquées et délicates. La cible est formée d’une plaque de métal découpée en silhouette de soldat, selon les modèles militaires. Elle reçoit une couche de peinture isolante qui, une fois sèche, est revêtue de l’enduit nouveau, bon conducteur. Les prises de courant sont faites comme il a été dit plus haut. Un projectile touchant le but perce la peinture électrique externe, la couche isolante et heurte le métal de la cible en fermant le circuit. Il est intéressant d’observer la différence d’action produite suivant le projectile employé, bien qu’elle s’explique aisément par leur différence de conductibilité. Avec le plomb, le signal se fait mollement; il est plus accentué
- avec'du plomb durci par alliage ; avec la balle à chemise de nickel, il est sec et net.
- Si, en outre, au lieu d’étendre une couche uniforme sur l’objet, on le peint en trois bandes horizontales ou en quatre secteurs séparés par des intervalles isolants de 4 ou 5 mm et si l’on rattache à la cible quatre fils au lieu d’un seul, toute balle frappant une strate ou un secteur indiquera le point touché, dans la sonnerie correspondante. On peut juger si le coup est haut ou bas, ou bien si, comme cela arrive aux novices, le coup de doigt vicie le tir.
- C’est cette division de la surface frappée, en secteurs ou en bandes, qui a conduit l’inventeur, que nous ne suivrons pas dans d’autres conceptions bizarres, à utiliser sa peinture pour la navigation. Les navires en bois, à coques fort peu conductrices, se prêtent bien à ces essais. Si l’on passe au dehors une couche de peinture électrique recouverte ensuite de peinture grasse, et si l’on revêt intérieurement la coque avec ce même enduit, une ouverture provenant d’un choc ou d'un outil fera fermer par l’eau de mer le circuit d’un avertisseur. Si la peinture est déposée non pas d’une façon continue, mais par larges bandes parallèles (recoupées elles-mêmes en longs parallélogrammes) et correspondant aux fonds, aux œuvres vives et à la flottaison, on constitue une sorte de condensateur d’Œpinus à surfaces curvilignes, l’interne et l’externe conductrices et la médiane isolante, S’il y a une voie d’eau et si les surfaces sont convenablement reliées électriquement à une série de sonneries ou d’indicateurs, selon la profondeur du point avarié, c’est l’avertisseur correspondant à la bande conductrice exis tant en ce point qui donnera l’alarme et la position du défaut. En multipliant les secteurs ou parallélogrammes par la subdivision des bandes horizontales, il est clair que l’on augmente à volonté les zones d’avertissement et que toute perforation par abordage, talonnement sur roche ou choc d’épave, sera signalée avec localisation du point frappé. Sur certains navires, l’application du
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- système est plus difficile que sur d’autres.
- Le rôle peu électrique de la peinture nouvelle se résumerait plutôt à une protection des carènes par intoxication des mollusques divers, crustacés minuscules, zoophytes variés, qui envahissent les parties immergées des vaisseaux, alourdissent leur marche et les condamnent à de fréquents passages dans les bassins de carénage. En cela elle remplacerait, ou mieux.elle doublerait la peinture à gomme d’euphorbe qui a donné de précieux résultats en Angleterre pour la conservation des carènes en parfait état de propreté, en raison de ses propriétés toxiques. Dans cet ordre d’idées il paraît y avoir de sérieuses réserves à faire, car la peinture électrique semble altérée par l’eau de mer. Elle tue rapidement (es animalcules qui tentent de s’y fixer. Mais cette question n’étant pas d’ordre électrique, nous n’y insisterons pas. Nous avons signalé le produit à cause de son originalité, mais un usage prolongé pourra seul dire ce que vaut réellement le troisième procédé, tandis que les deux premières applications, qui répondent a des besoins courants et qui sont d’un contrôle facile, ont fait leurs preuves.
- P. Marciu.ac.
- Commande d’une série de moteurs par les courants triphasés (l).
- La manufacture dijonnaise des biscuits Pernot a eu à répartir l'énergie dans divers locaux occupant une surface de plus de 6ooo m2. La distribution électrique put seule être employée, car les systèmes de transmission de force par câbles, courroies et engrenages auraient donné lieu à une complication dangereuse autant que coûteuse.
- L’énergie électrique est fournie par la Société dijonnaise d’électricité ; l’usine est située à 4 km de la manufacture.
- La distribution de lumière est assurée par le réseau de la ville, dont une dérivation
- (i) Le Génie Civil, t. XXXII, p. 411, 2j avril 1898.
- aérienne à haute tension aboutit à la manufacture. Cette dérivation d (fig. 1) alimente deux transformateurs monophasés et t2 de 100 ampères à 2 500 volts. Les secondaires es sont montés en tension pour l’éclairage à trois fils e, e avec interrupteur b et coupe-circuits d.
- La force motrice est fournie par deux génératrices à courants triphasés ; l’une assure à marche normale l’éclairage de jour et la force motrice, l’autre sert de réserve. Ce sont des dynamos du système Labour, à induit fixe, avec excitatrice à courant continu, en dérivation. La fréquence est de 4-2,5 pour 250 tours à la minute. Le débit de la génératrice est réglé par un rhéostat agissant sur le courant de l’excitatrice. Un commutateur triple à deux directions permet de relier l'une ou l’autre des génératrices aux conducteurs qui aboutissent à la manufacture. Le câble, du type dit armé, est souterrain et a une longueur de 4 km ; il est formé de trois conducteurs en torsade ayant chacun un isolement respectif et enfermés ensemble dans une gaine de plomb recouverte par deux bandes d’acier enroulées en spirale.
- A la manufacture, le courant arrive parD.D
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- à un interrupteur tripolaire à haute tension I, I. Il alimente deux transformateurs Labour T^T^de ioo ampères à 2 500 volts, protégés par les coupe-circuits à haute tension C, C, C. Les secondaires sur lesquels sont les coupe-circuits principaux de la distribution de force J, J, J sont reliés en quantité ; les conducteurs principaux E, E aboutissent à un compteur Thomson triphasé normal à ponts équilibrés qui enregistre la consommation d’énergie: une dérivation R R est reliée à un compteur triphasé a ponts non équilibrés qui sert pour l’éclairage de jour.
- A la suite du compteur de force motrice, le courant est distribué aux différents moteurs triphasés P, munis chacun d’un interrupteur M et d’un coupe-circuit N, N, N, tri-polaires. Ils ont été fournis par la Société alsacienne de constructions mécaniques de Belfort et sont de différentes puissances. Les moteurs de moins de 3 chevaux ont leurs induits en court-circuit et démarrent en pleine charge; leur mise en marche ne nécessite qu’un interrupteur tripolaire ; ils sont scellés au mur ou fixés sur des consoles. Les moteurs de puissance plus élevée sont établis sur bâti en pierre de taille et ont un rhéostat de démarrage qui fonctionne automatiquement quand la vitesse devient normale ; il n’y a donc encore qu’un interrupteur pour la mise en marche.
- Nous avons dit que la distribution de lumière était faite à trois fils : outre les avantages que présente ce genre d’installation, il y a ici la possibilité d’alimenter les lampes soit par le secteur de lumière, soit par le courant triphasé de la distribution de force au moyen d’un seul commutateur tripolaire à deux directions G.
- L’installation de la manufacture Pcrnot donne une force de 60 chevaux.
- Locomotive électrique à deux essieux moteurs ('). La locomotive à vapeur, après les immenses
- (1) Le Génie Civil, t. XXXII, p. 285, d'après Annalen für Geii’crbe und Bauwesen.
- progrès qui ont été accomplis dans sa construction, semble être arrivée à la limite des perfectionnements. Le poids dans le cas des grandes vitesses est considérable, et par suite aussi la perte d’énergie nécessaire pour entraîner ce poids mort. La diminutiondu poids mort semble seulement possible avec les locomotives électriques auxquelles l’énergie est fournie par une usine fixe au moyen d’un fil conducteur.
- L’AlIgemeine Elektricitæts Gesellschaft de Berlin a construit pour les chemins de fer de l’Etat prussien des locomotives pouvant traîner 120 tonnes à la vitesse de 50 km en palier. Son poids n’est que de 20 tonnes.
- La cabine en bois qui contient les appareils de manœuvre et abrite le mécanicien est vitrée de tous côtés, elle repose sur un châssis en fer et acier et est entourée de plates-formes en plaques de tôle cannelée munies d’un garde-corps.
- Les longerons du châssis sont formés par deux plaques épaisses en tôle, solidement entretoisées et réunies à leurs extrémités par des traverses ; les crochets d’attelage et les tampons montés sur ressorts à boudin sont fixés directement sur ces traverses.
- Le châssis repose sur les essieux par quatre ressorts à lames formés de dix lames d’acier assemblées en leur milieu par un étrier qui s’appuie sur la boîte à graisse. Les extrémités vis-à-vis des deux ressorts d’un même côté, sont reliées par un balancier pour équilibrer les charges des essieux.
- Les freins à sabots agissent à raison de deux diamétralement opposés sur chaque roue, ils sont reliés par un système de leviers qui permet de les faire fonctionner simultanément (fig. 1).
- Chacun des deux essieux est actionné par un moteur à enveloppe étanche, la transmission du mouvement sc fait par deux engrenages qui réduisent la vitesse au tiers (fig. 1 et 2). Ces moteurs font 840 tours par minute en marche normale en consommant 125 ampères sous 500 volts.
- Le couplage des moteurs et la variation
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- électrique. Coupe parallèle à la
- d’intensité du champ magnétique permettent j pour le démarrage est mise hors circuit quand de changer la vitesse. La résistance employée I la vitesse est suffisante.
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- Le courant est distribué au moyen de deux rouleaux de bronze placés au-dessus du véhicule et maintenus par des ressorts à lames contre une canalisation aérienne (fig. i, 2 et 3).
- électrique. Coupe
- Celle-ci se compose de deux cables en cuivre, distants de 15 cm et supportés par des poteaux en bois ou en fer placés le long de la voie à des distances qui varient de 40 à 80 m.
- Voici les principales dimensions :
- Largeur de la voie............1,435 m
- Diamètre des roues............ 1 »
- Empattement de la machine. . . 2,500 »
- Hauteur des chasse-pierres au-
- dessus des rails.............60 mm
- Hauteur des tampons...........1,05 m
- Largeur des lames de ressorts de
- suspension...................90 mm
- Epaisseur.....................13 »
- Tramways électriques à accumulateurs ;
- Par E. Hauswald
- L’auteur rappelle d’abord les qualités spé- (*)
- (*) Communication faite à VElekirotechnisclxr Verein, le 25 janvier 1898.
- ciales que doivent présenter les accumulateurs destinés à la traction. Les batteries transportables doivent être légères, posséder une grande capacité et pouvoir supporter sans dommage des courants de charge et de décharge intenses.
- Les grandes intensités de courant exigent une section suffisante du support et une surface de contact aussi grande et parfaite que possible entre le support et la masse active, de même qu’une bonne adhérence de la matière active. Un support lisse d’épaisseur uniforme ne conduirait par exemple pas à une densité de courant uniforme ni à une grande surface; d’ailleurs la matière active n’adhérerait pas d’une façon durable à un support de ce genre.
- Les plaques en forme de grillage présentent, il est vrai, un poids plus faible et une grande capacité, mais elles sont mécaniquement moins solides, résistent moins au travail de déformation chimique et offrent enfin une surface de contact trop restreinte.
- Comme exemple de plaque spécialement étudiée en vue de la traction l’auteur cite la plaque type T de la fabrique d’accumulateurs Pollak. Le noyau de cette plaque, dont les dimensions sont exactement calculées, est soumis à un procédé de laminage spécial qui y pratique des dents et des nervures ayant le double but de maintenir solidement la matière active et d’augmenter dans une proportion considérable la surface de la plaque.
- Il faut remarquer toutefois qu’il ne suffit pas d’avoir une grande surface de contact entre matière active et noyau; il faut encore que la résistance électrique au passage d’une couche à l’autre soit très réduite. C'est ce qu’on obtient dans la plaque Pollak en transformant le composé de plomb étendu sur la plaque en plomb métallique poreux très fin, que l’on soumet ensuite à la formation proprement dite. La construction des plaques positives et négatives est la même.
- La plaque positive présente encore d’autres inconvénients, notamment la dilatation inégale de la matière active à la charge et à la
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- décharge, effet des plus nuisibles à la conservation des plaques, principalement des grilles. Pendant la charge, la matière active se contracte tandis que la grille de plomb conserve ses dimensions; en raison du peu d’élasticité du plomb et de la matière active, il en résulte que cette dernière se sépare peu à peu de son support. Les dents de la plaque Pollak répondent mieux aux conditions naturelles que la forme usuelle, la dilatation de la masse ne pouvant opérer la séparation d’avec le métal, et la contraction ayant meme pour effet de consolider la matière active, par suite de la position centrale des dents.
- Quoique la plaque Pollak ait un noyau plein, elle présente une capacité spécifique assez élevée. La plaque pour batteries de traction pèse par exemple 1,1 kgr et possède une capacité de 20 ampères-heures avec une durée de décharge de 5 heures. Comme débit normal des éléments du type T on peut admettre 1 kw-h par 100 kgr avec décharge en trois heures ; le prix par 100 kgr est de 250 à 300 fr.
- Les études faites sur cet élément ont montré que dans certaines conditions on peut demander aux accumulateurs des régimes de décharge considérablement plus élevés qu’on ne l’admet normalement. Les résultats de ces études sont énoncés par l’auteur sous forme de deux lois :
- 1. Une plaque donnée ne supporte de grandes densités de courant que si chaque décharge ne s’étend que sur une fraction de la capacité normale.
- La seconde loi, formant l’explication de la première, se rapporte au rendement de la plaque.
- 2. Plus le rendement d’une plaque est élevé à un régime donné, plus est longue la durée de cette plaque.
- La figure 1 donne les courbes de rendement pour une plaque d’une capacité normale de 100 ampères-heures aux régimes de décharge q, 4, is. Plus l’intcnsitc de décharge est élevée, plus basses sont les valeurs de la courbe de rendement, laquelle est approxi-
- mativement une droite entre A et B, tandis qu’elle décroit très rapidement entre B et C, où l’utilisation est évidemment défavorable.
- Nous trouvons dans ce fait le commentaire de la première loi expliquant pourquoi de grandes intensités de décharge ne sont pas
- nuisibles aux plaques lorsque la décharge n’est que partielle. Une mesure simple montre que des plaques déchargées à un régime sévère, mais en fournissant seulement une décharge égale au dixième de leur capacité, présentent un rendement très élevé, de plus de go p. 100 en watts-heures.
- Le praticien appréciera la portée de ce fait en remarquant que la destruction de la plaque, qui se produit dans.les conditions ordinaires très rapidement aux régimes élevés, ne peut être produite que grâce à un certain travail ; si donc le rendement est élevé, c’est que les pertes de la transformation d’énergie ne sont occasionnées que par des phénomènes non nuisibles à la conservation de la plaque et qu’il ne reste pas d’énergie pour provoquer la destruction de celle-ci.
- Le service des tramways impose aux accumulateurs des conditions spéciales; pendant longtemps, l’influence des chocs mécaniques sur la durée des plaques est restée une grandeur inconnue. Dans bien des cas même, on a pu en tirer une explication facile de la destruction rapide de certaines batteries. Mais les effets nuisibles des secousses peuvent être presque entièrement évités par une construction appropriée.
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- Pour les véhicules soumis à des chocs violents, les plaques ne doivent pas dépasser certaines dimensions et leur montage doit naturellement les maintenir suffisamment fixes pour empêcher tout déplacement des unes par rapport aux autres. Enfin, les dispositions doivent être telles que le remplacement des plaques et du liquide soit facile et s’oppose a la projection du liquide au dehors.
- Les voitures de tramways présentent en général les conditions suivantes. Le poids propre d’une voiture normale est d'environ 6 tonnes, sa charge moyenne de i tonne, la vifesse de 15 km à l’heure, le parcours journalier au maximum 170 km et en moyenne 130 km. La dépense d’énergie électrique est évaluée à environ 60 watts-heures par tonne-km. Cette dépense est à considérer comme extraordinairement élevée, et un calcul simple montrerait immédiatement qu’une batterie d’accumulateurs ne pourrait effectuer le service pendant une journée. Les fabricants d’accumulateurs ont donc dû chercher à diminuer la dépense de courant. Ce but pourrait être atteint en augmentant le rendement des moteurs, en améliorant la régulation du courant au démarrage, et enfin en évitant toutes les pertes spéciales à la prise de courant aérienne.
- Ces dernières pertes sont de diverses sortes ; la tension, par exemple, n’est jamais uniforme, ce qui produit des charges saccadées des moteurs entraînant des pertes d’énergie. La formation d’étincelles aux rails et au fil aérien représente également une perte qui Correspondrait à peu près a une chute de 40 volts comme dans une lampe a arc. Les études récentes ont permis d’abaisser a 30-40 watts-heures la dépense de courant par tonne-km. Les calculs qui suivent permettent d’examiner de plus près les diverses sources de pertes et d’établir ces résultats favorables.
- L’énergie nécessaire pour la propulsion d’une voiture de tramway sert essentiellement à vaincre le frottement entre roue et rail, le frottement à la fusée, ceux du moteur avec sa transmission, et enfin à fournir le tra- |
- vail d’accélération au démarrage. Pour calculer ces pertes, nous partons de données bien établies par l’expérience et nous donnons à la charge la valeur d’une tonne.
- La charge Q —: \t est appliquée sur une fusée de r — 4 cm de rayon, la roue ayant R = 4o cm de rayon.
- 1. Frottement de la roue. — Le couple résistant est égal à Qx/, le facteur/ayant pour valeur, d’après la pratique des chemins de fer, 0,05 cm. La vitesse est en moyenne de 4 m par seconde. Nous obtenons en égalant le couple résistant au couple moteur :
- Puissance :
- A, = Pxv —5 kgm : s.
- 2. Frottement à la fusée. — Pour une circonférence de la roue de
- u = 2,4 m et pour v — 4 m : s
- l’essieu fait n tours par seconde,
- Coefficient du frottement à la fusée :
- [^ = 0,01.
- Puissance correspondante :
- Àt=2Ttr.».H.Q = 4,2,
- soit
- Aj= 5 kgm environ.
- 3. Rendement moyen du moteur et de la transmission :
- 4. Travail de démarrage par kilométré. — Ce travail ne peut être déterminé, que par expérience; les essais faits le 16 février 1897 sur la ligne de tramways à accumulateurs de Francfort ont donné les résultats moyens suivants :
- Consommation de courant par voiture-fou
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- pour an poids de 8 tonnes et une vitesse de iS km à l’heure :
- Parcours sans arrêt.........180 watts-heures
- 3 démarrages par kilomètre avec couplage des batteries en série 320 »
- 3 démarrages avec couplage en parallèle...................260 »
- Ces chiffres accusent une économie d’environ 20 p. 100 au démarrage avec couplage en parallèle, mode de couplage qui a été adopté en conséquence à Francfort.
- Si l’on élève à 300 watts-heures la consommation admissible dans des conditions moyennes, le coefficient du travail de démarrage moyen est
- K 180'
- Pour tirer de ce calcul la valeur pratique réelle de la consommation de courant, il faut tenir compte de la différence qui existe entre les coefficients de traction sur les chemins de fer et sur les tramways, la valeur de/= 0,05 admise plus haut correspondant à un coefficient de traction ji = 0,004, tandis qu’à Francfort on a = 0,008, soit le double.
- Cette valeur comprend non seulement la résistance en palier, mais aussi les valeurs plus élevées introduites par les garages, les courbes et les petites inégalités de la voie.
- La puissance A, s’élève donc pour les tramways à
- et la puissance totale est, en tenant compte de toutes les conditions particulières :
- soit en watts :
- A=35owalts.
- Le calcul de la consommation en watts-heures par tonne-kilomètre est alors facile, puisque pour parcourir 1 km avec une vitesse de 4 m par seconde il faut
- 1000 250 ,
- —-— = 250 sec ou 6o~~b~ heures
- et l’on a donc
- 350 -watts = 25 watts-heures par tonne-km.
- Ce calcul montre avant tout combien est faible la consommation de courant théoriquement justifiée et que même cette faible perte pourrait encore être diminuée par un entretien soigné des rails et en remplaçant le frottement de glissement entre fusée et palier par un frottement de roulement. Les mesures faites sur une voilure à accumulateurs système Pollak ont donné une consommation de courant de 260 ampères-heures avec une charge de 8 tonnes, c’est-à-dire 33 watts-heures par tonne-km, résultat non seulement avantageux au point de vue pratique, mais aussi parfaitement concordant avec le calcul théorique. D’après ces considérations, il est donc juste d’admettre pour des voitures a accumulateurs bien comprises une consommation de courant de 30 à 40 watts-heures par tonne-kilomètre, et non 60 comme on le fait d’habitude. Il faut d’ailleurs observer qu’en palier, sans trop d’arrêts ni de courbes, la dépense serait encore moins élevée et pourrait descendre à 20 watts-heures par tonne-kilomètre.
- Par l’application de coussinets à rouleaux sur une voiture à accumulateurs Pollak, une nouvelle économie de 10 p. 100 a été obtenue.
- Ces bons résultats sont obtenus tout d’abord par une régulation économique du courant, par le couplage en parallèle de deux demi-batteries pour le démarrage et la marche en petite vitesse. Avec les accumulateurs, ce mode de couplage est possible même avec un seul moteur, tandis que sur les voitures à prise de courant aérienne, ce mode opératoire nécessite deux moteurs, dont l’un tourne inutilement pendant la marche. Les accumulateurs permettent aussi l’emploi d’une tension moins élevée, par exemple de 100 à 200 volts, régime donnant aux moteurs un meilleur rendement et plus de durée.
- Dans le calcul des batteries d’accumulateurs pour les tramways, on a dû tenir
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- compte de ce que le coefficient de traction des voitures remorquées est moindre que celui des voitures automobiles. C’est ainsi que pour une voiture automobile en palier, on compte 12 kgr par tonne, et pour une voiture remorquée légère 8 kgr par tonne. Cette différence s’explique parce que la charge spécifique des essieux est moindre, par la moindre déformation des rails, l’absence de glissement entre roue et rail, la diminution de la résistance de l’air.
- Quant à l’usure des rails, elle n’est pas très considérable avec un poids d’accumulateurs raisonnable ; cette usure ne dépend pas seulement en effet du nombre de tonnes-kilomètres fourni, mais aussi au même degré du coefficient de traction moyen.
- Dans ces derniers temps, trois systèmes de traction par accumulateurs sc sont développés : système à décharge journalière totale, système à décharges partielles et système mixte.
- Le système qui consiste à n’opérer qu'une charge et une décharge par jour, quoique avantageux à première vue, présente néanmoins plusieurs inconvénients économiques peu favorables à son développement. L’utilisation de la station d’énergie est tout d’abord forcément mauvaise, puisque pour la plupart des voitures on ne dispose que d’une durée de charge de 5 heures, tandis que le service dure 19 heures, ou en déduisant les stationnements 15 heures par jour, de sorte que les machines génératrices doivent être deux à trois fois plus puissantes que dans le système à alimentation directe. Les frais d’achat et le poids de la batterie sont toujours très élevés dans ce système et influent donc défavorablement sur la rentabilité de l’installation. Il ne faut d’ailleurs pas oublier que les batteries sont de plus déchargées tous les jours totalement et travaillent donc avec un rendement d’à peine 60 à 65 p. 100, ce qui n’est avantageux ni pour la consommation de courant ni pour la conservation des batteries. Un autre inconvénient, qui s’est déjà fait sentir dans toutes les installations de ce
- genre, réside dans le manque d’élasticité du système qui ne permet pas à la station centrale de venir en aide aux batteries en cas de surcharge accidentelle due par exemple à une chute de neige ou à une cause analogue. Or, on sait que toute ligne de tramways est sujette à de fréquentes surcharges de 50 à 100 p. 100.
- Le système à décharges partielles suivies immédiatement de recharges répond à la tendance d’assurer un service de traction à l’aide de batteries légères et peu coûteuses. En ne déchargeant jamais qu’une partie de la capacité de la batterie, on travaille à grand rendement et tout en fonctionnant toujours à un régime qui ne compromet pas la conservation des batteries, celles-ci peuvent recevoir de la station centrale des quantités d’énergie toujours proportionnées aux besoins variables de la traction.
- La pratique a montré que le système doit fonctionner automatiquement afin que la charge des batteries soit indépendante de l’attention du personnel. Ce principe a été appliqué dans toute son étendue sur la ligne de Francfort, et les résultats sont des plus satisfaisants.
- Cette ligne présente une longueur de 1,6 km comprenant sur 0,4 km une rampe de 8 p. 1000, le reste en palier. Les voitures à accumulateurs pesant 8 tonnes avec batterie et équipement électrique peuvent recevoir 42 voyageurs ; elles sont actionnées par un moteur Kummer de 15 chevaux à une vitesse normale de 15 km à l’heure. Les batteries sont composées de 84 éléments T6 répartis dans six caisses en bois placées sur rails sous les banquettes. Des volets permettent d’accéder aux batteries de l’intérieur comme de l’extérieur de la voiture. La batterie peut être retirée et remise en place en quelques minutes; des tampons de caoutchouc l’isolent du corps de la voiture.
- Le rechargement des batteries s’opère à une tension constante de valeur telle que les éléments ne sont jamais chargés jusqu’au bouillonnement : il en résulte qu’on a pu se
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- dispenser d’appliquer un revêtement isolant spécial au-dessous des banquettes, dont les parois restent parfaitement propres. La tension de charge est actuellement, suivant l’activité du trafic, de 200 à 220 volts, le courant de charge moyen de 60 à 70 ampères, tandis que les intensités de décharge atteignent au maximum 80 ampères, au minimum 16, et en moyenne 33 ampères.
- La consommation d’énergie, soigneusement contrôlée, n’est pas supérieure à environ 400 watts-heures par voiture-kilomètre, et le rendement des batteries ressort à 85 p. 100, chiffres très avantageux.
- Les prises de courant se trouvent à l’extrémité de la ligne; elles sont constituées par deux balais fixés à l’extrémité d’un bras horizontal porté par un màt, et reliés à la station par des câbles souterrains de 50 mm2 de section. Sur la toiture de la voiture sont disposés sur isolateurs deux rails de contact qui viennent glisser sous les balais quand la voiture arrive au terminus. Un appareil automatique intercale en même temps des lampes auxiliaires en série avec les lampes à incandescence de la voiture.
- Un seul employé suffit pour la surveillance de la charge, l’entretien des quatre voitures et le nettoyage des batteries. Toutes les semaines, on contrôle le voltage individuel des accumulateurs, puis on les charge à fond jusqu’à concurrence de 2,5 volts par élément.
- Dans les conditions exposées plus haut, 011 pourrait opérer la charge en 1,5 minute par kilomètre de ligne à parcourir ; mais pour avoir une certaine élasticité, on a adopté 2 minutes par kilomètre.
- Dès que les lignes atteignent une certaine longueur, le système précédent devient insuffisant et il faut recourir à un système mixte. Le succès d’un tel système dépend en grande partie du choix judicieux des longueurs relatives des lignes à prise aérienne et à accumulateurs. Les batteries doivent être légères afin de ne pas augmenter sensiblement la consommation de courant sur la ligne aérienne ; d’autre part, la décharge de la
- batterie ne doit pas dépasser les limites de bon rendement.
- Les batteries reçoivent leur charge automatiquement de la ligne aérienne ; la durée de la charge peut être réglée par le nombre d’éléments qui doit être déterminé avec beaucoup de soin pour éviter toute surcharge, tout en assurant Je service. Le bouillonnement des éléments étant nuisible à leur durée, il est absolument nécessaire d’assurer la régulation automatique de la charge et de la décharge, ce qui ne parait pas être observé dans la plupart des installations de ce genre.
- Comme on possède très peu de données sur la consommation de courant dans ces systèmes mixtes, il est intéressant de faire un calcul comparatif à ce sujet. On remarquera que sur les parties de ligne où la traction se fait uniquement par les accumulateurs, la vitesse est moindre que sur les lignes à alimentation directe, et ce dans le rapport de la tension de décharge à la tension de charge ; mais cette différence ne présente pas d’inconvénient, les lignes à accumulateurs se trouvant généralement dans des quartiers où les grandes vitesses ne sont pas admissibles.
- Pour une ligne de 3 km à parcourir à la vitesse de 12 km à l’heure, une batterie de 1000 kgr suffit. L’expérience montre que dans le système mixte la charge et la décharge ont à peu près même.durée.
- Dans l’exemple choisi, et en admettant qu’on peut charger pendant les arrêts de trois minutes aux terminus, une ligne aérienne de 1,5 km de part' et d’autre de la ligne automobile suffirait.
- Consommation de courant :
- Alimentation directe par trolet ;
- 6 t + 1 t (voyageurs) = 7x50x6=2100 watts-h. Trôlet.........................2 ion »
- Système mixte. — a) Voiture à accumulateurs, 8 tonnes ;
- ligne aérienne . . . . 8x50x3 = 1200 watts-h.
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- b) Ligne automobile :
- rendement des accumulateurs ........0,75
- Système mixte. ... 2480 »
- Dans le système , mixte chaque voiture absorbe donc par voyage de 6 km, 380 watts-heures de plus que dans l'alimentation directe. Pour 6 500 voyages par an on a ainsi un supplément de dépense de :
- 2470 kw-h à 12.5 cent = 309 fr.
- pour une recette annuelle évaluable à 19500 fr.
- Cette différence est si peu importante qu’elle ne peut affecter le succès de ce système qui ne dépend plus que de la sécurité de fonctionnement et des dépenses d’entretien des batteries. Comparativement au système à prise de courant souterraine, le système mixte est dès à présent plus avantageux et offre avant tout plus de sécurité. La fabrique Pollak a fourni pour une installation de ce genre à Munich une batterie de 250 éléments Ti aménagée comme celle de Francfort.
- D’un grand intérêt est aussi la question de la traction par accumulateurs sur les chemins de fer, parce que la voiture à accumulateurs représente, en comparaison avec les locomotives à vapeur et le personnel affecté à leur service, un moyen de locomotion très commode et économique. Toutefois, ce système n’est, applicable que dans certaines limites que le calcul approché suivant permet de déterminer.
- Dans un wagon à quatre essieux pour soixante personnes, on peut disposer au plus 12 tonnes d’accumulateurs. Le poids total d’une voiture de ce genre sera alors d’environ 25 tonnes. Admettons que la vitesse exigée soit de 60 km à l’heure. Le coefficient de traction par tonne s’élève alors, en raison de la résistance de l’air, à 15 kgr par tonne, et nous obtenons comme consommation de courant moyenne en palier :
- Li5 kg x 17 m x 10
- >,8 (rendement)
- — 80 kw.
- D’après ce que nous avons vu, la capacité de la batterie de 12 tonnes peut être évaluée à 120 kilowatts-heures. Le parcours maximum que la voiture peut effectuer avec une charge sera donc de
- ----^— =90 km.
- Mais ii faut considérer que la batterie ne doit pas être déchargée entièrement et qu’il faut prévoir des augmentations de résistance accidentelles à vaincre; il est donc bon d’admettre que la décharge ne devra pas dépasser les trois quarts de la capacité totale. Dans ces conditions, le parcours maximum par charge est réduit à 65 km.
- On voit que ce système n’est guère applicable que sur les lignes de banlieue, mais dans ces limites restreintes, il soutient avantageusement la comparaison avec la traction à vapeur.
- A la suite de cette communication, M. Hop-felt présente les remarques suivantes : La loi suivant laquelle les plaques d’accumulateurs ne supporteraient de grandes densités de courant que dans des décharges partielles ne s’appliquerait, suivant lui, qu’aux accumulateurs du genre Faure, non à ceux du type Planté. Dans un accumulateur système Majert, par exemple, la surface active d’une plaque positive est de 110 dm2 pour une surface plane de 5 dm*. Cette plaque possède une capacité garantie de 30 ampères-heures. Si l’utilisaîion du peroxy'de n’est que de 60 p. 100, on trouve que la couche active du peroxyde n’a que 0,02 mm d’épaisseur. Il semble évident qu’une pareille plaque supporte beaucoup plus aisément une décharge totale qu’une plaque dont la matière active a plusieurs millimètres d’épaisseur.
- M. Hopfelt signale aussi un procédé pratique rapide de détermination du coefficient de traction. On coupe le courant d'une voiture en marche et 011 mesure la distance qu’elle parcourt sous l’action de la force vive qu’elle possède, ainsi que le temps qu’elle meta la parcourir. Si ce temps' est t. la dis-
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- tance parcourue L, la retardation sur les rails a, g l’accélération de la pesanteur, on a pour le coefficient de traction :
- Les coefficients de traction trouvés par cette formule simple ne dépassent pas 5 kgr par tonne pour les petites vitesses pour lesquelles la résistance de l’air n’intervient pas. Pour une vitesse de 30 km à l’heure le coeffi-
- cient de traction augmenté de la résistance de l’air s’élève à 12-25 kgr par tonne, et si l’on calcule la résistance de l’air par la formule classique, 0,1225 FV, on obtient pour 60 km à l’heure 30 kgr par tonne.
- M. Kapp rappelle que la détermination du coefficient de traction par la retardation du véhicule a été indiquée pour la première fois parM. Ross. Elle nécessite naturellement la connaissance de la vitesse initiale. Les chiffres qu’elle fournit sont en général trop faibles, attendu que les frottements des engrenages et du moteur sont moindres à vide qu’en charge. A. H.
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- Sur un nouvel électrodynamomètre absolu ;
- Par Marcel Dëprez (').
- « Le seul instrument qui permette de mesurer directement l’intensité d’un courant en unités absolues est rélectrodynamomètre. La boussole des tangentes, en effet, ne mérite pas le nom à'instrument absolu, parce qu’elle exige la connaissance de l’intensité du magnétisme terrestre à l’endroit où se fait l’expérience. Dans l’électrodynamomètre, au contraire, il suffit de connaître les . dimensions exactes de l’enroulement des bobines, le moment d’inertie des pièces mobiles et la durée de leur oscillation, lorsqu’elles sont soumises à la seule influence des forces élastiques (que l’on met ensuite en équilibre avec les forces électromagnétiques développées par le passage du courant), pour en conclure l’intensité du courant. La mesure de ces diverses quantités pouvant être faite directement sur l’appareil lui-même au moyen des instruments qui servent à mesurer les longueurs, la masse et le temps, on voit que
- l’épithète d'absolu convient parfaitement à l’électrodynamomètre.
- » Toutefois il convient de se rappeler que les équations qui représentent la grandeur du couple exercé par les pièces fixes sur les pièces mobiles en fonction de l’intensité du courant ne sont qu’approximatives, et cette approximation n'est acceptable qu’à la condition que les bobines mobiles soient situées à une grande distance des bobines fixes, c’est-à-dire que le couple développé parle passage du courant soit très faible.
- » J’ai cherché s’il serait possible de réaliser un système électrodynamique dans lequel les forces dues à l’action du courant fussent des fonctions algébriques simples et rigoureusement exactes des dimensions des circuits fixes et des circuits mobiles, sans que ces dimensions soient soumises à aucune condition restrictive, et j’ai été assez heureux pour trouver la solution de cet intéressant problème d’électrodynamique.
- » Supposons que l’on engendre un tore de révolution en faisant tourner une figure fermée, de forme quelconque, autour d’un axe vertical, et que l’on enroule sur le tore un circuit solénoïdal parfaitement régulier, coni-
- {‘) Compta rendus, t. CXX.Y1, p. 1608, séa
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- posé d’un nombre quelconque de couches de fil (c'est-à-dire non dénué d’épaisseur).
- » Supposons, en outre, que, par un artifice de construction facile à trouver, on ail, avant d’enrouler le fil, introduit à l’intérieur du tore une bobine cj'lindrique a base circulaire recouverte d’un nombre quelconque de spires régulièrement enroulées. Les seules conditions que doit remplir cette bobine cylindrique sont les suivantes : i° son axe de révolution doit être parallèle à celui du tore, de façon que toutes les spires soient parallèles au plan diamétral du tore;c° elle doit être mobile autour d’un axe de rotation situé dans le plan diamétral du tore, perpendiculaire à l’axe de révolution de ce dernier et à l’axe de la bobine elle-même et passant par le centre de celle-ci.
- » Si ces conditions sont remplies, je démontre que le couple C, qui tend à faire tourner la bobine cylindrique autour de l’axe de 'rotation qui vient d’être défini a pour valeur rigoureuse
- C - 2Nir“5
- dans laquelle on désigne par
- I et I' les intensités des courants qui traversent respectivement les spires du tore et celles de la bobine ;
- SS la somme des surfaces embrassées par toutes les spires circulaires de la bobine mobile ;
- N le nombre total des spires enroulées sur le tore ;
- a la distance du centre de la bobine mobile au centre du tore ou à son axe de révolution. »
- Sur la décharge d’uue bouteille de Leyde;
- Par R. Swyngedauw (*)
- « La décharge d’une bouteille de Leyde est lancée à travers le circuit de deux bobines i et 2 rangées en série.
- » La différence de potentiel entre les extrémités de la bobine i, à un instant t quelconque, est, dans l’hypothèse de 1’uniformitc du courant de décharge,
- i désignant le courant, r, la résistance de la bobine et /, le coefficient d’induction de tout le circuit sur la bobine i.
- » Si la bobine est formée de fil de cuivre de diamètre de l’ordre du millimètre ou du i/io de millimètre, l’expérience montre que le terme rj. est négligeable devant /, -~L dans la formation des potentiels que nous aurons à considérer dans la suite (*); par conséquent, on peut écrire
- » l")e même entre les extrémités de la bobine 2, la différence de potentiel à l’instant t est
- 4 étant le coefficient d’induction de tout le circuit sur la bobine 2.
- » Enfin, aux extrémités de la double bobine formée par les bobines 1 et 2 en série, la différence de potentiel au même instant t est
- V= v, -J- vs, (3)
- que le courant soit uniforme ou non. Si le courant est uniforme
- v = (;, + ;,) -J-, (4)
- T passent au même instant par leur maximum et le •potentiel maximum atteint entre les extrémités de la double bobine est la somme des potentiels maxima atteints aux extrémités de chacune d'elles.
- » Si le courant n’était pas uniforme, cette
- p) L'Éclairage Électrique, t. XI, p. 297 et 298, 8 mai 1897-— Thèse de la Faculté des Sciences de Paris, p. 9 et 10, mai 1897.
- (l) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1628, séance du 8 juin.
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- relation n’aurait pas lieu, car le maximum du potentiel, aux extrémités de chaque bobine, ne se produirait pas au même instant.
- » Dans nos expériences, le potentiel est mesuré par la méthode des étincelles.
- » On place en dérivation sur la bobine, entre les extrémités de laquelle on veut mesurer le potentiel maximum, un excitateur à boules ; on détermine la distance critique de cet excitateur en observant scrupuleusement les règles que nous avons fixées à ce sujet (’) et sous lesquelles il y a également des potentiels explosifs statique et dynamique (*).
- » Le potentiel explosif statique correspondant, mesuré avec l’électromètre de MM. Bi-chot et Blondlot, est le potentiel dynamique cherché.
- » Les expériences ont vérifié l’égalité \T—j\ -j- pour les potentiels maxima.
- » Si l’on admet l’égalité des potentiels explosifs dynamique et statique démontrée antérieurement (3), l’uniformité du courant de décharge reçoit une confirmation expérimentale. On peut y voir également une nouvelle preuve de l’égalité des potentiels explosifs statique et dynamique sous les conditions spécifiées à un autre endroit (3).
- » La bouteille de Leyde avait une capacité de 2üq de microfarad; chaque bobine avait une self-induction de l’ordre du —-— de quadrant ; les oscillations avaient une période de l’ordre du de seconde.
- » Les potentiels explosifs V ont atteint 50 à 60 unités électrostatiques C.G.S. (4). »
- (1) L'Éclairage Électrique, t. XI, p. 402, 22 mai 1897. — Thèse de la Faculté des Sciences de Paris, p. 22 et 23.
- (2) L'Éclairage Êlecitique, t. XI, p. 543, 12 juin 1897. — Thèse de la Faculté des Sciences de Paris, p. 36.
- (3) L'Éclairage Électrique, t. XI, p. 402, 22 mai 1897. -Thèse de la Faculté des Sciences de Paris, p. 22 et 23.
- (4) Travail fait à l'Institut de Physique de l’Université de Lille.
- Sur les résonateurs et sur l’effluve de résonance ;
- Par Oudin (V
- « J’ai fait, en 1892, connaître le principe de l’élévation de tension des courants de haute fréquence par la résonance. Depuis lors mon premier appareil a subi plusieurs modifications, et aujourd’hui il se présente sous la forme d’un solénoïde de fil de cuivre rouge non isolé, enroulé autour d’un cylindre de bois paraffiné.
- « Ce fil a 0,003 m de diamètre, sa longueur est de 60 m et l’écartement de ses spires de 0,01 m. La haute fréquence est produite, soit par une machine à influence, soit par un quelconque des dispositifs de Hertz ou de Tesla. Mais l’appareil qui me donne le meilleur rendement est celui qu’a imaginé M. d’Ar-sonval et dans lequel l’étincelle oscillante éclate entre les armatures internes de deux bouteilles de Leyde. Ces condensateurs sont de relativement faible capacité (50 cm2 de surfaces actives). Leurs armatures externes sont reliées au résonateur, l’une aboutissant à son extrémité inférieure, l’autre à une des spires voisine de cette extrémité, par l’intermédiaire d’un fil souple dont on fait varier le point d’attache au résonateur pour régler son ajustage.
- » On sépare ainsi le résonateur en deux solénoïdes qui se font suite l’un à l’autre. Dans le premier, plus court, prennent naissance les oscillations de haute fréquence, en même temps que sont fermés en court circuit les courants de basse fréquence qui se produisent concurremment ; dans le second, plus long, la haute fréquence agit seule et atteint par self-induction l’énorme tension que l’on constate dans cet appareil, sans qu’il soit nécessaire, pour l’obtenir, de se servir, comme le conseille Tesla, de bobines induites isolées dans l’huile.
- » L’isolement du résonateur ne présente en effet aucun intérêt. Quand son réglage est bon, on voit de toute sa dernière spire, et rien
- f1) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1632, 6 juin 1898.
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- que d'elle, jaillir des gerbes d’effluves qui ne ressemblent en rien a ceux de la machine statique. Au lieu d’une lueur continue, ils offrent l’aspect d’aigrettes violacées sinueuses, atteignant 0,12 m ou 0,15 m de longueur et couronnant la circonférence supérieure du résonateur d’une auréole lumineuse très brillante dans l’obscurité. Quelles que soient les dimensions du résonateur, c’est toujours de sa dernière spire seule, et des conducteurs qu’on y peut relier, que s’échappent ces aigrettes. La réaction des autres spires les unes sur les autres empêche cette projection d’effluves à l’air libre, à moins qu’on en approche une capacité quelconque, la main par exemple. De même, tant que l’ajustage n’est pas bon, on voit éclater entre les premières spires des étincelles bruyantes de relativement basse tension qui cessent de se produire quand le réglage est parfait. Il semble qu'alors toute l’énergie soit utilisée comme self-induction.
- » Le résonateur crée dans toute la pièce où il est placé un champ électrostatique alternatif très intense. De tous les objets métalliques on peut tirer des étincelles. Un tube de Geissler s’illumine à 2 m de lui quand deux observateurs s’en tiennent à égale distance; s’ils sont au même potentiel, rien ne se produit ; mais, si l’un en est plus rapproché que l’autre, ils peuvent, en raison de l’amortissement rapide de ces oscillations, faire éclater entre leurs doigts des étincelles dont la longueur atteint 2 ou 3 mm, peut aller jusqu’à 10 ou 15 mm, si l’on monte en résonateur une cage d’auto-conduction à l’intérieur de laquelle se tient un des observateurs. De même, si une personne présente sa main à l’effluve, on peut, de tous les points de son corps, au travers des vêtements les plus épais, tirer des étincelles produisant un picotement désagréable et qui, chose curieuse, deviennent bien moins nourries si la main, se rapprochant davantage du résonateur, en tire des étincelles au lieu d’effluves. C’est probablement pour la même cause que l’effluve provoque en certains points de la tête, quand
- il rencontre des filets nerveux superficiels, une douleur assez vive qu’on ne peut reproduire en faisant éclater des étincelles sur le même point.
- » Cet effluve possède d’ailleurs une puissance de projection et de pénétration extrême que l’on peut démontrer de la façon suivante. On prend une lame diélectrique quelconque, verre ou ebonite, desséchée et essuyée avec soin, et on la tient au moyen d’une pince isolante en bois. Si l’on en approche une pointe métallique reliée au résonateur et maintenue à 0,02 ou 0,03 itl de sa surface, on voit l’effluve qui jaillit de la pointe traverser la lame isolante et continuer son trajet dans l’air de l’autre côté, perpendiculairement au plan du diélectrique, comme s’il s’agissait d’une substance poreuse. On traverse ainsi des lames de verre ou d’ébonite de 2,5 mm d’épaisseur, et cela sans qu’il y ait de l’autre côté le moindre corps pouvant agir comme capacité et transformer le diélectrique en condensateur. Si la lame de verre est représentée par un tube de Crookes, à l’intérieur duquel se trouve un écran fluorescent, on voit celui-ci se cribler de points lumineux, projections des lignes de l’effluve, en tenant la pointe métallique à 0,10 m de la surface du verre.
- » L’action prolongée de l’effluve de haute fréquence sur la peau produit des lésions analogues à celles des rayons X : épaississement, fendillement de l’épiderme, hyperkératose et troubles de circulation caractérisés par une apparence cyanique des extrémités. J’ai dit, d’autre part, les grands services qu’il pouvait rendre en Thérapeutique dermatologique. »
- Sur la résistance électrique des aciers ;
- Par H. Le Chatelier ('}.
- « Les recherches sur ia résistance électrique des aciers ont, jusqu’ici, principalement porté sur les aciers extra-doux servant à la fabrica-
- (l) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1709, séance du 13 juin 1898.
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- tion des fils télégraphiques. Elles ont mis en évidence ce fait que les variations de résistance d’un métal à un autre dépendaient à peu près exclusivement de leur teneur relative en manganèse.
- » J’ai pensé qu’il serait intéressant d’étudier d’une façon plus systématique l’influence des divers corps qui peuvent se rencontrer dans les'aciers et, en particulier, celle du carbone. J’ai utilisé, dans ce but, les échantillons qui ont servi à Mme Slodowska Curie pour ses recherches sur les propriétés magnétiques des aciers (’).
- » Les échantillons d’acier avaient la forme de barreaux carrés de i cm de côté et 20 cm de long. Ils ont été recuits pendant plusieurs heures aux environs de 6oo°. Leur composition chimique a été déterminée, au laboratoire de l’École des Mines, par MM. Moutonet et Goûtai. Dans les tableaux suivants, les nombres expriment des résistances spécifiques (microhm-cm3).
- Influence du carbone.
- COMPOSITION
- 10................. o>oô 0.13 0,05
- •2o............... 0,20 0.15 0,08
- J4................. o,49 0,24 0,05
- ’6............. 0.24 0,13
- 18,4............ i,4° °,I4 0,09
- 19.............. i»6i 0,13 0,08
- » La résistance électrique croît donc bien nettement avec la teneur en carbone; son accroissement est en moyenne de 7 microhms par 1 p. 100 de carbone enpoids, ou de 1,5 mi-crohm par 1 p. 100 d’atome de carbone sur 100 atomes de fer et carbone.
- » Les aciers recuits sont constitués par des lamelles enchevêtrées de ferrite (fer pur) et cémentite (carbure de fer, Fe* C). Par extrapolation des résultats précédents, on trouverait pour la résistance de ces deux constituants envisagés isolément
- (*) Voit L’Éclairage Électrique des4etn juin 1898,p. 471 et 501.
- Ferrite................... 9.5
- Cémentite.................45
- Influence du silicium.
- COMPOSITION
- 38.5 ........ 0,2 2,6
- 15,8........... 0,8 0,1
- 26.5 ........ 0,8 0,7
- 33.5 ........ 0,8 1,3
- I7>®........... 1 «M
- 25>5........... 1 0,6
- 32.............1.1
- Ces nombres conduisent en moyenne à une augmentation de 14 microhms par 1 p. 100 de silicium en poids, ou 7 microhms pour 1 atome de silicium sur 100 atomes d’alliage, c’est-à-dire à un accroissement de résistance beaucoup plus grand que pour le carbone. On est amené, par analogie avec ce qui se passe pour un grand nombre d’alliages, à admettre que dans les aciers le silicium n’est pas isolé à l’état de siliciure défini Fe Si2, mais se trouve à l’état de mélange homogène, dissolution solide ou mélange isomorphe, comme l’est le carbone de trempe.
- » Influence du manganèse. — Le manganèse, comme on le sait, augmente considérablement la résistance des aciers. Ce métal, isomorphe avec le fer, forme avec lui des mélanges homogènes en toute proportion. Mais ces mélanges peuvent exister sous deux états allotropiques inégalement magnétiques qui possèdent également des résistances électriques notablement différentes, comme je l’ai' déjà montré pour l’acier-manganèse de M. Hadfield à 13 p. 100 de Mn (').
- COMPOSITION
- 17,8....................... 0,9 0,24
- 22......................... 0.9 0,95
- 24,5....................... I-3 °’83
- 66 magn . ... ) t ,, n>3
- 80 non magn . . )
- (*) Comptes rendus, t. CXIX, 272, 1894.
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- Ces nombres conduisent à un accroissement de résistance généralement voisin de 5 microhms par i p. ioo en poids ou en atomes de manganèse. Pour l’acier-manga-nèse magnétique, obtenu en recuisant deux heures à 550° l’acier non magnétique, cet accroissement de résistance n’est plus que de 3,5 microhms.
- » Influence du nickel. — Le nickel, qui se mêle isomorphiquement avec le fer, augmente notablement sa résistance électrique ; mais ces aciers, ainsi que l’ai montré antérieurement^), présentent comme l’acier-manganèse deux variétés inégalement magnétiques et en même temps inégalement résistantes. L’accroissement de résistance, rapportée par le calcul à 1 p. 100 de nickel, est extrêmement variable avec la proportion de nickel, avec celle de carbone et avec l’état allotropique de l’alliage. Pour des quantités totales de nickel inférieures à 5 p. 100, cet accroissement a varié de 3 à 7 microhms.
- >1 Influence du chrome, du tungstène et du molybdène. — L’influence de ces corps sur l’accroissement de résistance des aciers est très faible. Elle ne peut être mesurée d’une façon exacte pour les teneurs inférieures à 3 p. 100, que j’ai seules étudiées. La présence constante du silicium et du manganèse amène déjà, avec les teneurs habituelles inférieures à 0,5 p. 100, des accroissements de résistance égaux et même supérieurs à ceux qui peuvent résulter de la présence de quantités dix fois plus considérables des trois métaux en question. Le peu d’influence des trois , métaux : chrome, tungstène et molybdène, sur la résistance électrique des aciers, conduit à penser qu’ils sont isolés au milieu du métal à l’état de combinaison définie.
- » Cette manière de voir est conforme aux résultats obtenus antérieurement par M. Carnot dans l’étude chimique d’aciers de même nature. «
- A propos de l’interprétation, du phénomène de Zeeman, donnée par M. Cornu ;
- ParO.-M. Corbino(1 ).
- Les remarquables expériences de Zccman. ont été complétées par les résultats de M. Cornu (2). Il est établi qu’un rayon engendré dans un champ magnétique et se propageant perpendiculairement auxlignes de force, donne lieu, après réfraction à travers un prisme, à trois ou quatre raies très voisines polarisées, les deux extrêmes parallèlement aux lignes de force et le groupe central perpendiculairement. Si le rayon se propage dans le sens des lignes de force, la lumière naturelle de longueur d’onde À donne lieu à deux rayons de longueur d’onde à — £ et *-|-s polarisés circulairement en sens inverse; la lumière de longueur d’onde \ — s est celle qui tourne dans le sens du courant qui produit le champ.
- L’interprétation cinématique de M. Cornu peut se résumer ainsi :
- L’action du champ magnétique sur l’émission d’une radiation tend à décomposer les composantes rectilignes vibratoires susceptibles de se propager par ondes, suivant des vibrations circulaires parallèles au courant du solénoïde qui produirait le champ.
- Les vibrations qui tournent dans le sens du courant du solénoïde sont accélérées, les autres sont retardées.
- Examinons le cas de la lumière observée dans le sens des lignes de force. Les deux circulaires inverses qui proviennent de l’une des deux composantes rectilignes en lesquelles on peut décomposer les vibrations primitives, se recomposent aussitôt hors du champ et constituent un faisceau de lumière à plan de polarisation tournant.
- L’auteur fait alors la remarque suivante : cette lumière à plan de polarisation tournant, de longueur d’onde À égale à la longueur
- (1) Rendiconti délia Reale Âccaâemia dei Lincei, t. VII, p. 241, 17 avril 1898.
- (2) A. Cornu. L’Éclairage Électrique, t. XIII, p. 24t,et t. XIV, p. 185.
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- d’onde primitive, arrive sur la pente du spec-troscope; donnera-t-elle lieu à une raie unique, ou à deux raies distinctes correspondant aux longueurs d’onde *—s et à + s des deux circulaires inverses ?
- Suivant Verdet, avec un spectroscope sul-fisamment dispersif, il y aura dédoublement. Righi (1) pense au contraire que si l’on fait tomber sur la fente une lumière homogène provenant d’un nicol tournant, on observera une raie unique corréspondant à la longueur d’onde primitive ; mais que si l’on arrête l’un des deux circulaires, l’autre se réfracte en raison de sa longueur d’onde propre.
- Il résulte de laque, suivant que l’on acceptera Tune ou l’autre de ces opinions, l’énoncé donné par M. Cornu rendra ou non compte du phénomène.
- Il y a plus, la deuxième des composantes suivant lesquelles on a décomposé la lumière, est perpendiculaire à la première, elle donnera lieu à un rayon de longueur d’onde égale à celle de la lumière primitive avec plan de polarisation tournant, mais maintenu toujours à go° de l’autre plan tournant, de manière à reconstituer avec l’autre rayon la lumière naturelle. Et dans ce cas, après réfraction, il n’y aura encore, suivant Righi, qu’une raie.
- Supposons maintenant que l’on observe perpendiculairement aux lignes de force.
- Les deux circulaires vus par la tranche peuvent être considérés comme équivalents à deux rectilignes parallèles faisant N—«et N + n vibrations par seconde. Elles produiront un faisceau de lumière à N vibrations avec 211 battements par seconde. Sur la fente du spectroscope, il parvient donc de la lumière périodiquement amortie mais ayant N vibrations ; suivant Righi, le prisme ne pourrait dédoubler les deux rayons qui ont déjà interféré sur la fente, et l’énoncé de M. Cornu serait encore en défaut.
- La concordance de cet énoncé avec l’expé-
- rience est donc subordonnée aux deux questions suivantes :
- Un faisceau de rayons monochromatiques et issus d’un nicol tournant, en traversant un spectroscope.se dédoublera-t-il en deux circulaires inverses de N — « et N -\-n vibrations, ou bien donnera-t-il une raie unique correspondant au nombre N primitif?
- Deux rayons, l’un de N — n et l’autre de N-j-« vibrations rectilignes parallèles, qui produisent le phénomène des battements sur la fente du spectroscope, donneront-ils deux rayons en traversant le prisme ou produiront-ils une raie unique correspondant à N vibrations?
- Righi fait observer que la lumière de la fente est de la lumièrede N vibrations à plan de polarisation tournant ; or, la position du plan de polarisation n'influe pas sur la position de la raie, celle-ci dépend seulement de la période de la lumière, période qui est unique.
- L’auteur oppose le raisonnement suivant : quelle que soit la loi de la vibration, sinusoïdale ou non, elle a une période déterminée par l’intervalle de temps qui sépare deux passages successifs de la molécule vibrante au même point et avec la même vitesse ; mais une vibration complexe d’une certaine période peut, d’après le théorème de Fourier, être décomposée, et cela d’une seule manière, en un cetain nombre de vibrations sinusoïdales de périodes diverses; et la fonction optique du prisme consiste précisément en cette décomposition. Aussi, si la lumière de période qui tombe sur la fente est due à la superposition de deux vibrations simples de périodes et N l+n , le prisme sépa-
- rera ces deux vibrations. Dans le cas qui nous occupe, de deux vibrations rectilignes parallèles, on a de la lumière dont les vibrations peuvent se décomposer en les deux vibrations simples qui la produisent (N—n et N -j- n) ; cette décomposition n’est possible que d’une manière et c’est là l’action du prisme.
- (*) Mémoire de VAcademie de Bologne, 1882.
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- Righi apporte encore l’argument suivant : deux faisceaux de lumière simple de N — n et N H-h vibrations produisent des franges en mouvement sur un écran. On dispose sur l’écran la fente du spectroscope parallèlement aux franges. Toutes les fois qu’il passe sur la fente une frange obscure, la lumière disparait dans le spectroscope; tandis que si l’on avait deux raies distinctes (N—n et X --J- n). le champ du spectroscope ne pourrait jamais être obscurci.
- L’auteur pense que cette expérience peut s’interpréter encore dans l’hypothèse du dédoublement de la raie.
- « Admettons, dit-il, que le prisme donne deux raies distinctes (celles-ci devront d’ailleurs être extrêmement voisines, puisque, à la vitesse de déplacement de 10 franges par seconde, vitesse maxima pour que l’œil puisse percevoir leurs alternatives, leur distance devrait être environ de— io~de la distance des deux raies du sodium). Ces deux raies presque en contact, d’un nombre différent de vibrations, mais que l’on suppose capables d’interférer, produiront autour d’elles des franges en mouvement analogues à celles que l’on avait sur l’écran ; ces franges seront extrêmement larges, puisque les sources sont excessivement voisines. Parconséquent,dans l’œil de l’observateur il y aura des alternatives de lumière et d’obscurité, suivant que d'un instant à l’autre les deux sources sont concordantes ou en opposition. On explique ainsi l’intermittence de la raie en apparence unique pendant le mouvement des franges sur l’écran. » G. G.
- Interférence et déviation électrostatique des rayons cathodiques;
- Par G. Jaumann P).
- MM. E. Wiedemann et Schmidt ontdéclaré n’avoir pu réussir à observer les interférences signalées par M. Jaumann dans la
- lumière cathodique bleue. M. Jaumann a répété ses premières expériences et les a complétées.
- I. Surfaces d'interférence. — Deux lames d’aluminium longues de 10 cm, larges de 4, sont disposées parallèlement entre elles, à une distance de 2 cm l’une de l’antre dans un tube assez grand où on a fait le vide (fig. i\
- 2T, G
- Fig. 1.
- A l’extérieur du tube, ces deux lames sont réunies par un fil de cuivre, de 0,8 mm, formant une boucle allongée : la longueur totale de ce fil est de 250 cm. Il est indispensable qu’il y ait partout un contact parfait. L’anode est une tige fort éloignée de ces cathodes. Un contact glissant S relie cette boucle au pôle négatif de la machine a influence, à travers l’intervalle explosif F.
- Dans ces conditions, la surface d’interférence se présente sous la forme d’un feuillet plan, bleu clair, ayant environ 0,5 mm d’épaisseur, qui se détache nettement sur une au-
- Wml. Afin., t. LXIV, p. 262-269, fév. 1898.
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- réole vert d’eau, dont l’épaisseur est de 2 mm. Partout ailleurs, l’espace compris entre les deux cathodes est à peine lumineux.
- C’est seulement quand la surface d’interférence est nettement formée, ce qu’on réalise en faisant varier la longueur de l’intervalle explosif, qu’elle est sensible au déplacement du contact glissant S. Dans les premières expériences, M. Jaumann avait constaté seulement un élargissement de la surface d’interférence, quand on éloigne le contact glissant du milieu de la boucle. Quand le déplacement est suffisant, tout l’espace compris entre les cathodes se remplit de lumière; mais pour un très grand déplacement du contact, la répartition de cette lumière devient dissymétrique. Cette dissymétrie tient à un déplacement latéral de la surface d’interférence, déplacement qu’on peut observer : l’amplitude et la direction dépendent de la grandeur et du sens dans lequel on fait mouvoir le contact glissant. On arrive au même résultat en reliant des capacités à la boucle du fil.
- M. Jaumann pense que les phénomènes de déflexion signalés par Goldstein ne proviennent pas d’une propriété particulière des rayons cathodiques, mais en partie de l’interférence, en partie de la déviation électrostatique de ces rayons. Les régions du faisceau en forme de feuillets plus ou moins nets dans lesquelles Goldstein a observé un rayonnement plus intense et dont la section est marquée sur le verre par des stries fluorescentes, figureraient non pas des rayons simples mais des surfaces d’interférence. Ces feuillets sont en général disposés à peu près symétriquement par rapport aux parties correspondantes de la cathode, souvent dans la môme position que les surfaces d’interférence de la lueur bleue. Les stries suivant lesquelles ils sont coupés par la paroi de verre sont souvent bifurquées ou doubles. Or les surfaces d’interférence qu’on observe avec des rayons peu intenses se dédoublent, quand on fait croître l’intensité. Ce dédoublement s’observe aisément avec une cathode constituée par
- deux lames qui forment un angle rentrant très obtus (hk, fig. 2).
- La figure 3 correspond au cas où le rayonnement est faible, le circuit ne comprenant
- pas d’étincelle ; la figure 4, le cas ou le circuit comprend une étincelle, où par conséquent le rayonnement est plus intense.
- Dans le plan de la figure se trouve encore
- une bande verte brillante, qui traverse normalement les deux bandes G,, G2. et se bifurque ensuite en dehors.
- Toutes ces expériences réussissent également bien avec des cathodes cylindriques de diverses formes.
- II. Déviation électrostatique. — Les forces électrostatiques provoquent une inflexion des rayons cathodiques, et non pas seulement,
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- comme le prétendent E. Wiedemann et Schmidt, un déplacement des centres d’émission.
- Ainsi, quand la cathode k est concave (fig. 5;, les rayons cathodiques forment un
- faisceau rectiligne centré kn, réuni à la cathode par un mince filet. Les rayons latéraux kb s’incurvent -vers l’extérieur. Sous l’action des forces électrostatiques, le rayon s’incurve en même temps que le centre d’émission sç déplace, il prend la forme Uiav Mais la tache fluorescente se déplace beaucoup plus (de 30 mm au lieu de 3} : les rayons ne partent donc pas normalement du nou veau centre d’émission; ils subissent dans leur parcours une attraction ou une répulsion suivant que le conducteur chargé est négatif ou positif.
- M. Jaumann a démontré que dans un champ électrostatique des rayons purement longitudinaux ne peuvent avoir pour trajectoires que des lignes suivant lesquelles la force électrique estmaxima ouminima. C’est seulement suivant ces directions que la surface d'onde se déplace parallèlement à elle-même, sans déformation. Or, les ondes purement longitudinales sont possibles dans deux cas, à l’exclusion de tous les autres.
- i° Il n’existe pas de champ magnétique et
- la surface d’onde est normale à la direction du champ électrique ;
- 20 II existe un champ magnétique et la normale à la surface d’onde fait avec la direction du champ électrique un angle dépendant de l'intensité du champ magnétique.
- Autrement la vibration aura une composante électrique transversale dont la projection sur le plan tangent à la surface d’onde est égale à celle du champ électrique, et une composante magnétique ayant même projection que le champ magnétique. La grandeur de ces composantes dépendra donc de l’angle delà normale à la surfaced’onde avec le champ électrique, d’une part, et de l’intensité et de la direction du champ magnétique, d’autre part.
- En générai, les ondes quasi longitudinales émises par tous les points de la cathode perdront de plus en plus ce caractère, parce que l’angle du champ électrique avec la normale à leur surface varie constamment le long de leur trajectoire. Il n’y aura d’exception que pour les lignes suivant lesquelles le champ est maximum ou minimum, parce que l’angle en question est constant, quand il 11V aura pas de champ magnétique, et pour les lignes suivant lesquelles ce champ, s’il existe, fait un angle déterminé avec le champ électrostatique. (les lignes forment l’axe des rayons cathodiques et dans leur voisinage une onde longitudinale bien définie. Reste à savoir comment ces lignes seront déformées par une force électrostatique ordinaire.
- Prenons pour origine un point d’une de ces lignes, pour axe des Y positifs la direction positive de la force maxima (ou minimal, pour axe des X positifs la- direction de la force électrique étrangère*. La surface équi-potentielle est tangente a l’origine au plan des XYZ et a en ce point un rayon de courbure 0. Soit E la force électrique totale, X, Y, Z ses composantes, E0 sa valeur à l’origine. Pour y = ^ = 0 :
- Y = E„ -f n.r2
- Z = 0
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- / (ÙE- \ i En _ t;0______E1_
- \ dx* )0 4 E0 2?* “ 4 E0 2 p" •
- Le déplacement xl de la ligne de force maxi-ma (ou minima) à l’origine sera tel que :
- Par conséquent, ce déplacement, supposé petit, est :
- i° Proportionnel à la force électrique étrangère ;
- 2° D’autant plus grand que -/;0est plus petit, c’est-à-dire que le maximum ou le minimum de la force est moins accusé.
- 3° Inversement proportionnel au rayon de courbure p de la surface équipotentielle. Si cette surface est concave vers la direction négative de la force électrique, comme il arrive avec une cathode concave, les lignes de force maxima (ou minima) seront repoussées par un conducteur chargé positivement, attirées par un conducteur chargé négativement. En fait, le centre d’émission des rayons se déplace ainsi. Dans les régions plus cloi gnées de la cathode, où la courbure des surfaces de niveau a changé de sens, le déplacement de la ligne de force, et par suite du rayon, change aussi de sens. Et en effet, si on emploie une cathode de très forte courbure (2 cm de rayon), les rayons cathodiques sont déviés dans le sens opposé à celui dans lequel se déplacent les centres d’émission.
- Les déviations de prime abord paradoxales, que M. Jaumann avait signalées dans ses premiers mémoires s'expliquent aisément par cette loi. Quand la cathode est faiblement concave, les surfaces de niveau lui présentent en effet leur convexité, même celles qui sont voisines de la tache fluorescente.
- D’autre part, c’est un fait souvent observé déjà que les rayons cathodiques suivent aussi volontiers les lignes de force minima que les lignes de force maxima.
- III. — MM. Wiedemann et Schmidt ont prétendu que la déviation électrostatique des rayons cathodiques ne résultepas d’une action directe du champ, mais ont admis l’existence d’un phénomène intermédiaire. Leurs expériences sont conduites à peu près comme celles de M. Jaumann, mais ce dernier ne regarde pas comme la preuve suffisante d’un phénomène intermédiaire, que le déplacement des centres d’émission y est seul observé ; on pourrait alors faire le même raisonnement à propos de la déviation magnétique.
- M. Jaumann reproduit les explications déjà discutées dans ce journal par M. Poincaré (*), d’après lesquelles les rayons cathodiques modifieraient par eux-mêmes leur trajectoire par les charges qu’ils communiquent aux parois : c’est en modifiant la répartition de ces charges que le conducteur chargé qu’on approche du tube dévie les rayons. Seulement les charges transportées par les rayons cathodiques tendent à faire disparaître les différences de potentiel qui ont ainsi pris naissance ; mais l’équilibre est atteint ici, non pas quand ces différences ont disparu, mais quand les lignes de force issues de la cathode sont aussi tendues que possible. Les rayons cathodiques créent ainsi eux-mêmes le champ électrostatique le plus favorable à leur intérêt 5 ce rayonnement tend également à annuler les forces émanées de l’anode.
- Pour forcer les rayons cathodiques à sc diriger vers l’anode, il faut modifier la charge des parois. M. Jaumann espère atteindre ce but en irradiant les parois par des rayons lumineux, des rayons cathodiques ou des rayons X, ou en recouvrant intérieurement la paroi d’une toile métallique.
- L’expérience suivante montre nettement que les rayons cathodiques suivent les lignes de force négatives. Dans un tube en poire, où la pression est de 0,05 mm, se trouve une anode concave A ffig. 6), dont la face supé-
- (l) L’Éclairage Électrique, t. IX, p. 289 et suiv.
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- rieure est enduite d’une substance fluorescente. Cette anode est reliée au sol par l’in-
- G
- Fig. 6.
- termédiaire d’un intervalle explosif F. La cathode est un fil placé en K h l'extrémité d’un tube étroit. Les rayons cathodiques sont brillants, mais tant qu’il n’y a pas d’étincelle en F, il n’y a pas de chute de
- potentiel appréciable dans la région AG. L’anode et la paroi sont chargées à peu près uniformément d’clectricité négative. Quand l’étincelle éclate, l’anode tombe au potentiel O, mais la paroi reste chargée négativement et on voit des rayons cathodiques intenses s’échapper de cette paroi. Ils ne suivent pas d’ailleurs la direction normale à cette paroi, mais forment un faisceau incurvé qui vient aboutir à l’anode par une hampe étroite ; le verre est à peine fluorescent, tandis que la face supérieure de l’anode est fort brillante, surtout là où le faisceau aboutit. Ce point d’arrivée n’a pas de position fixe sur l’anode, ce qui contraste avec la fixité du centre d’émission sur les cathodes. Ces rayons sont déviables par l’aimant, dans le sens contraire à celui où seraient déviés des rayons cathodiques issus de A : leurs points d’émission et leur point d’arrivée sont déviés dans le même sens. Ils sont aussi déviés par un champ électrostatique et repoussés quand on approche la main à z cm du récipient : des rayons cathodiques se dirigent alors de la paroi vers la main.
- M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Dictionnairo de l’industrie, par Julien Lefèvre.— Un vol. gr. in-8u de 950 pages à 2 colonnes, avec environ 800 ligures, paraissant par séries bi-men-suellesà 1 fr. Prix: 22 fr pour les souscripteurs.— J.'B. Baillière et fils, éditeurs, 19, rue Haute-feuille, Paris.
- Bien que par sa forme même, le dictionnaire technique se prête mal aux développements, expose à des redites et ne satisfasse qu’incomplètement le lecteur qui y cherche un renseignement, il est devenu de toute nécessité à notre époque fébrile où, par suitede l'extension des applications industrielles, on a souvent besoin d'être renseigné sur la signification d'un terme technique ou sur un point particulier d'une industrie, fût-ceincomplètement, pourvu que ce soit rapidement. Aussi la librairie Baillière a-t-elle été fort heureusement inspirée en entrepre-
- nant la publication d’un dictionnaire de ce genre, et surtout en confiant le travail énorme de sa rédaction à M. Julien Lefèvre, dont l’éloge n’est plus à
- Dans ce dictionnaire, Fauteur s’est proposé d’indiquer sous une forme claire et concise tout ce qui se rapporte à l’industrie : matières premières qu'elle utilise, machines et appareils qu’elle emploie pour les transformer, méthodes de fabrication, procédés mécaniques ou opérations chimiques auxquels elle doit avoir recours, enfin produits manufacturés; les recettes et les tours de main de la petite industrie doivent d'ailleurs y trouver leur place aussi bien que les procédés et appareils de la grande industrie.
- Autant qu’il est possible d’en juger par les deux fascicules qui viennent de paraître, M. Lefèvre a pleinement réussi. Il n’est donc pas douteux que
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- son Dictionnaire, qui d’ailleurs répond à un véritable besoin, n'ait le succès de ses nombreux ouvrages antérieurs.
- Cinquantenaire 1848-1898, par la Société des Ingénieurs civils.
- Sous ce titre, la Société des Ingénieurs civils vient de publier, à l’occasion du cinquantenaire de sa fondation, deux forts fascicules formant un volume de 888 pages, où sont indiqués les progrès réalisés dans les diverses branches de l'industrie depuis le commencement du siècle et plus particulièrement pendant ces cinquante dernières années.
- Chacune des nombreuses branches de l’art de l’ingénieur a été l’objet d’une courte notice, écrite par un spécialiste, membre de la Société, et ces notices ont été réparties en cinq groupes correspondant aux cinq sections d'études créées depuis longtemps par la Société pour organiser méthodiquement ses travaux.
- 11 serait superflu d’insister sur l’importance et l’intérêt des documents ainsi réunis. Malgré leur concision, ces notices résument d’une manière complète l’histoire des progrès de l’industrie au xix«
- siècle. En outre, elles montrent ceux qui restent encore à réaliser. Leur publication ne peut donc qu’avoir une heureuse influence sur le développement de l’industrie.
- La cinquième section est consacrée à l’Électricité industrielle. L’Éclairage électrique, la plus ancienne des applications industrielles de l’électricité, y est l’objet d'une notice bien documentée due à MM. F. Sartiaux et Delpeuch,et d’une seconde notice de V. Langlois spécialement consacrée au matériel d’éclairage. Viennent ensuite : le Transport et la distribution de l’énergie, par M. de Marchena; les Piles et accumulateurs, par M. Pisca; l’Électrochimie et l'électrométallurgie, par le regretté Mar-gaine; la Télégraphie et la téléphonie, par M. G. Baignères, et enlin les Applications de l’Électricité aux chemins de fer, par M. E. Hubou.
- Il est presque inutile de dire que les autres sections de l’art de l'ingénieur ont été l’objet de développements encore plus grands que l’Électricité industrielle, venue la dernière dans le domaine du génie civil. La section de mécanique en particulier comprend bon nombre de notices sur les chaudières, les moteurs à vapeur, à gaz et à pétrole, les machines-outils, qui ne peuvent manquer d’intcrcs-ser l'ingénieur électricien.
- CHRONIQUE
- Enregistrement des décharges électriques atmosphériques par les tubes radioconducteurs. — A la dernière séance de l’Académie des sciences, M. Ducretet communiquait à ce sujet la note sui-
- « Je viens d’avoir l’occasion d’enregistrer des décharges atmosphériques au récepteur d'un poste de. télégraphie hertzienne sans fil installé chez moi. Le mât s’élève au-dessus du sol à une hauteur de 26 m (l’altitude du sol est d’environ 55 m). Ce mat domine les maisons voisines et se voit de très loin. Le fil conducteur, isolé, ûxé à l’extrcmité de ce mât, a 32 m de longueur; ce collecteur des ondes électriques pénètre dans mon laboratoire et il est relie à une des électrodes du radioconducteur Branly du poste récepteur, l’autre électrode est mise à la terre.
- » Hier samedi, 11 juin, de 2 h. 30 à 3 h. 40 de l’après-midi, au moment de l’orage, mon récepteur automatique a inscrit 311 décharges atmosphériques intermittentes, au fur et à mesure de leur présence sur le mat collecteur. Ces décharges étaient enregistrées avant l’apparition de l'éclair et le bruit du tonnerre. »
- Production électrolytique du fer et de l’acier chromés. — Après avoir été employée pour le recuit superficiel des plaques d'acier (voir L'Éclairage Electrique, t. III,p. 124; t. IV, p. 129; t. VI, p. \ j et 274), et pour la cémentation superficielle des mêmes plaques pour en augmenter la dureté (t. III, p. 1231, l'électricité fournit également le moyen d’obtenir à la surface du fer ou de l’acicr une couche de fer ou d’acier chromé, alliage qui est, comme on sait, d'une extrême dureté. Mais tandis que dans le recuit c'est la chaleur de l'arc électrique qui est utilisée, la formation du fer et de l’acier chromé s’obtient par voie clcctrolytiquc.
- Cette nouvelle application de l'électricité, que nous signale L’Industrie Electrochimique, est due à M. E. Placet. On dépose électrolytiquement, par les procédés ordinaires, du chrome sur les barres des tubes, des plaques, etc., en fer ou en acier, que l’on soumet ensuite à la cémentation. Les pièces cémentées deviennent extraordinairement dures à la surface, tout en conservant intérieurement leurs qualités primitives. On peut d'ailleurs produire cette couche de fer ou d’acier chromé sur des métaux autres que le fer et l'acier ; il suffit de déposer
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- électrolytiquement sur ceux-ci des couches minces et alternatives de fer et de chrome et de soumettre à la cémentation les pièces ainsi recouvertes.
- Traitement des minerais de nickel. — Le minerai de nickel est fondu avec du plâtre et affiné au four à réverbère ou au convertisseur, puis coulé en plaques. Ces mattes renferment en moyenne de 30 à 40 p. 100 de cuivre et une quantité équivalente de nickel ; le reste est constitué par du soufre, du fer et des traces de métaux précieux. Llles étaient traitées, nous dit L’Industrie électrochimique, de la façon suivante à la Oxford Company.
- La matte brute, concassée et additionnée de coke et de sulfate de sodium, est traitée dans un cubilot-Le sulfate de sodium passe à l'état de sulfure et réagit sur le fer et le cuivre. La masse en fusion est ensuite coulée dans des lingotières spéciales- Après refroidissement on sépare, à coups de masse, la partie inférieure des lingots, c’est-à-dire la matte de nickel, de la partie cuivreuse qui forme la scorie. Cette dernière est repassée dans un second cubilot avec une nouvelle charge de minerai et de coke. A la coulée, on obtient pareillement, par liquation, une séparation de la matte de nickel et de la scorie cuivreuse. La matte de nickel produite dans ces deux cubilots est traitée dans un troisième cubilot avec du coke et du sulfate de sodium. Cette opération donne du sulfure de nickel presque pur, que l’on sépare de la scorie comme il a été dit précédemment. Cette matte raffinée est concassée, broyée, additionnée d’une certaine quantité de sel et soumise à un grillage dans un four à réverbère. Le nickel passe presque entièrement à l'état d’oxyde tandis que le cuivre, l’or et l’argent sont transformés en chlorures ou en sulfates. La masse après refroidissement, est traitée par lixiviation. On précipite les métaux précieux de la solution, puis on la fait couler sur des scories cuivreuses de première fusion qui précipitent le cuivre.
- Les scories cuivreuses riches, composées en grande partie de sulfure de cuivre et de sodium, sont lixiviées à l’eau. La solution obtenue renferme du sulfure, de l’hyposulfite et du carbonate de sodium. Ces sels sont récupérés par évaporation et servent à de nouvelles opérations. Le résidu insoluble qui est constitué par du sulfure de cuivre renferme un peu de nickel ainsi que de l’or et de l’argent. Il est réduit au four à réverbère, et le cuivre obtenu est coulé en anodes qui sont affinées dans un bain de sulfate. Les boues recueillies dans les cuves électrolytiques, sont traitées par le procédé au plomb, dans le but d’en extraire les métaux précieux.
- L’oxyde de nickel obtenu, ainsi qu’il a été dit plus haut, par grillage de la matte affinée, est réduit au four à réverbère, puis coulé sous forme d’anodes. Ces derniers renferment en moyenne
- Nickel..................... 95‘96 P- 100
- Cuivre...................... 0,2-o. 6
- Fer........................... 0,75
- Silicium...................... 0,25 —
- Carbone....................... 0,45 —
- Soufre........................ 3,00 —
- A la Canadian Copper Company, les mattes cuivre nickel sont traitées par voie électrolytique. II s’agit de précipiter le cuivre d’abord, puis le nickel et d’obtenir enfin les métaux précieux. Nous avons déjà indiqué le procédé exploité par cette Compagnie (voir L'Éclairage Électrique, t. NIV, p. 144).
- Le procédé Jules Strapp diffère peu du précédent, pour l’électrolyse des mattes cuivre-nickel; on emploie comme électrolyte une solution de cuivre acidulée. Lorsque le cuivre est déposé, l’électrolyte ne renferme plus que du sulfate de nickel, on l’additionne de sulfate d’ammoniaque et on le soumet à l’électrolyse.
- La difficulté de cet affinage électrolytique provient de ce que les anodes s'attaquent inégalement et se détruisent rapidement; il faut les refondre, et souvent la moitié au plus a été utilisée dans la première opération. C’est pour cela qu’on emploie des anodes de nickel presque pur, comme celles dont nous avons cité la composition plus haut.
- Pour l'affinage, MM. Basse et Selves se servent d’un électrolyte alcalin additionné de matières organiques. avec une tension de 0,3 volt et une densité de 1 ampère par décimètre carré. Le fer, le cobalt, le zinc se déposent à la cathode ; la solution contenant le nickel est alors additionnée de carbonate d'ammoniaque, puis précipitée.
- Le nickel affiné a environ la composition suivante :
- Nickel Cuivre.
- Arsenic Soufre Fer •
- Platine
- Le Gérant : C. NAUD.
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- TABLE MÉTHODIQUE DES MATIERES
- ÉLECTRICITÉ ET MAGNÉTISME
- Conducteurs Électrolytes et Diélectriques.
- Conducteurs. — Sur la conductibilité électrique des lames minces d'argent et l’épaisseur des couches dites de passage. — G. Vincent...........................341
- Sur la résistance électrique des aciers. —
- fl. Le Châlelier.....................546
- Le fer et la loi de Wiedemann et Franz. —
- F.-A. Schulte........................ 35
- Sur quelques travaux récents relatifs à la résistance électrique du bismuth.—
- Edm. van Aubel...................... 203
- Le calcul graphique des courants alternatifs
- industriels.— Ch.-Eug. Guye, . . 363
- Des grandeurs électriques imaginaires et de leur emploi dans le calcul des courants alternatifs.— H.Pellal. . . 221
- Décomposition des ondes électriques quelconques en oscillations élémentaires. — Sigismond Berson. . . . 287
- Sphères puisantes et sphères oscillantes. Reproduction des phénomènes électrodynamiques.— C.-A. Bjcrkncs. . 212
- Electrolytes. — Sur la conductibilité élec-
- Décharge
- Décharge disruptive. — Sur la décharge d'une bouteille de Leyde. — R.
- Swyngedauw. . ....................344
- Sur la constitution de l’étinccllc explosive dans un diélectrique liquide. — L.
- Décombe..............................233
- Décharge stratifiée dans l'air libre. —
- Tœpïer...............................257
- Quelques propriétésdes décharges électriques produites dans un champ magnétique. Assimilation au phénomène de Zeeman.—* André Broca. ... 30
- trique des solutions de permanganate de potassium. — Emmanuel
- Legrand............................' 198
- Sur la conductibilité électrique des solutions de permanganate de potassium. —
- Franke et Loven......................348
- Sur la conductibilité électrique des solutions de permanganate de potassium. —
- G. Brcdig............................348
- Sur la conductibilité électrique des solutions de permanganate de potassium. —
- /. Bertrand..........................348
- Contribution à la théorie de la polarisation.
- — A. Oberbeck........................ 33
- Diélectriques. — De l’énergie d’un système électrisé, considéré comme réparti dans le diélectrique. — H. Pellat et •
- P. Sacerdote......................... 28
- Sur les déformations qu’éprouve un diélectrique solide lorsqu'il devient le siège d'un champ électrique. —
- Paul Sacerdote.......................196
- électrique.
- Explosion des mélanges grisouteux par les courants électriques. — H. Couriot et J. Meunier.................................. 43
- Décharge dans les gaz raréfiés. — Champ électrique dansles tubesde Geissler.
- — W.-P. Graham....................... 38
- Rayons cathodiques. — Sur les ra}'ons cathodiques. — P. Villard. . . . 346, 311
- Remarques sur les rayons cathodiques. —
- Deslandres,..........................343
- p.557 - vue 560/742
-
-
-
- T. XV. — N° 26.
- 558
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Remarques sur les rayons cathodiques. —
- E. Goldstein......................
- Propriétés électrostatiques des rayons cathodiques. — P. Lenard........................
- Interférence et déviation électrostatique des rayons cathodiques. — G. Jauni a nn ...................................
- Action électrique des rayons cathodiques sur Pair atmosphérique. — A. Lenard.
- Action des rayons cathodiques sur les conducteurs isolés. — A. Battclli et
- A. Garbasso........................255
- Action des champs électriques alternatifs sur
- les rayons cathodiques.— H. Ebert. 259 Coloration des haloïdes par les rayons cathodiques. — E. yviedemannet Schmidt. 40
- Recherches sur les tubes producteurs de
- rayons cathodiques. — Villard. . . 382
- Oscillations hertziennes.
- Mesure de la longueur d'onde d’un primaire hertzien dans l'air par le changement de résistance électrique de limailles métalliques. — A. Le Royer et Paul
- van Berchem.......................579
- Sur le passage des ondes électriques d’un
- conducteurà.un autre.— C.Gutton. 417
- Sur la résonance multiple.— LouisDéconibc. 17s Sur les résonateurs et sur l’effluve de résonance. — Oudin.............................«,45,
- Absorption des ondes électriques par les
- électrolytes.— A. Eickenwald. . . 122
- Théorie de la dispersion électrique anomale.
- — P. Drude.......................... 85
- Rayons Rœntgen, Rayons Becquerel, etc.
- Les rayons X existent-ilsdéjà dans le faisceau
- cathodique qui les produit?— Roiti. 513 Renforcement des rayons X. — Virgilio
- Machado............................. 348
- Sur un moyen d'augmenter l'intensité et la rapidité d'action des rayons X. —
- F. Garrigou..........................201
- Action calorifique des rayons de Rœntgen.
- — E. Dorn............................419
- De la visibilité des rayons X par certains jeunes aveugles. —Foveaude Cour-
- nielles..............................213
- Visibilité des rayons de Rœntgen. — E.
- Dorn.................................421
- Emploi des rayons Rœntgen pour l'examen d'un combustible minéral. — H. Couriot.......................................518
- Sur la transformation des rayons X. — D.
- Hurmuyescu......................166
- Tube régulateur de M. Villard............147
- Pompe-trompe à mercure de Chabaud ... 148
- Sur l'équilibre électrique entre l'uranium et un conducteur métallique isolé placé - dans son voisinage. —J. Carrulhcrs Beallie et Smoluchowski de Smolan. 209 Sur la propriété de décharge produite dans
- lesgazparl'uranile.—E. Villari. . 32
- Rayons émis par les composés de l’uranium et du thorium. — Mmc Sklodowska
- Curie...........................199
- Emission des rayons Becquerel par le thorium et ses composés. — G.-C.
- Schmidt.........................347
- Rayons du thorium. — G.-C. Schmidt. . . 384
- Magnétisme.
- Relation entre l’aimantation des aiguilles aimantées et leur longueur. Essai d’une théorie de la distribution ma-
- - gnétique. — P. Morin............154
- Propriétés magnétiques des aciers trempés.
- M™ Sklodowska Curie . . . . 471, 501
- Un nouvel électro-aimant de laboratoire donnant vin champ de 30 000 unités.
- — Pierre Weiss..........234. 300, 481
- Sur les écrans électromagnétiques. — Ch.
- Maurain.......................5, 177
- Sur l'énergie dissipée dans l'aimantation. —
- Ch. Maurain........................409
- Relation- entre la torsion et -le -magnétisme,
- — P. Drude.......................... M
- Sur les cycles de torsion magnétique d’un fil
- d’acier. — G. Moreau...............345
- Pouvoir inducteur et indice de réfraction
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-
-
-
- 25 Juin 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 559
- dans le champ magnétique. — K.-R.
- Koch........................... 37
- Influence du magnétisme sur la polarisation des diélectriques et l'indice de réfraction. -— Van Aabcl....................202
- Sur la réalité du phénomène de Hall dans
- -les liquides. — IL Bagard .... 98
- Phénomène de Hall dans les liquides. —
- Florio........................... 98
- Phénomène de Hall dans les liquides. —
- Chiavassa........................ 99
- Images magnétiques. — H. Jaeger..........386
- Phénomène de Zeeman. .— (Voir Electro-optique),
- Sources d’électricité.
- Electrisation par frottement. — A. Coefin . Sur la théorie des bobines d'induction. —
- H. Armagnat......................
- Bobines d'induction E. Ducretet...........
- no Interrupteur Ducretet pour bobines d'induction ........................................237
- 52 Dynamo Ducretet pour expériences de 136 cours.............................237
- Électricité atmosphérique et magnétisme terrestre.
- Enregistrement des décharges atmosphériques par les tubes radioconducteurs.
- — E. Ducretet..................... SS6,
- Appareil du commandant Guyon pour la démonstration et l'exercice de la com-
- pensation des compas des navires . 234
- Action perturbatrice des courants]électriques industriels sur les magnétomètres. C.-H. Davis........................... 27
- Thermo-électricité.
- De l'influence du milieu ambiant sur les courants électriques produits parle refroidissement. — Bakhmeiicff, Christodidos et Georgieff...................
- Sur lés forces élèctro-motrices thermo-électriques dans le bismuth cristallisé. — Louis Perrot..............................
- Électro-optique.
- La pplarisalion rotatoire magnétique et
- l'axiome de Clausius.—M. Brillouin. 265 Radiation dans un champ magnétique. —
- A .-A. Michelson.................. 75
- Sur la .théorie de l'influence du magnétisme sur le spectre et sur la radiation émise par des ions en mouvement. — J. Larmor....................79 et 264
- Contribution à l'étude du phénomène de
- Zeeman. — Henri Becquerel et H.
- Deslandres......................373
- Radiation dans un champ magnétique. —
- Thomas Preston..................301
- A propos du phénomène de Zeeman. —•
- O.-M. Corbinoi ........ 548
- Électrobiologie.
- Effets des courants alternatifs sur le corps humain. — Weber. Emit Kolèeiu et Gisbert Kapp . 42
- APPLICATIONS
- Génération, transformation de l’électricité.
- Machines motrices. —- Moteur marin Wright. 189 La consommation des machines annexes des installations mécaniques. — Ch.
- Compère....................348
- Coussinets en alliages mous............
- Coussinets en bronze d’aluminium. . . . Dynamos. — Machines dynamo-électriqu C.-h' Cnilheri.........................
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-
-
-
- 56o
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N* 26.
- Dynamo à douze pôles de la Société Alsacienne de constructions mécaniques 279 Sur quelques points de l’histoire des dynamos.— Ernest Gérard..........................379
- Étincelles, leur cause et leurs effets. — Thor-
- bum Raid............................. 21
- Détermination de l’épaisseur des tôles à employer dans la construction des appareils à courants alternatifs. —W.
- Dittenberger.........................362
- Transformateurs. — Application des imaginaires aux constructions graphiques
- des intensités des courants dans un transformateur théorique. — J.-B.
- Penney...................... 16
- Sur les transformateurs tournants. — J.-E.
- Woodbridge et C.-T. Child .... 246
- Enroulements pour commutatrice.— E.-W.
- Ri™.........................452
- Procédéderéglage delà différence de potentiel aux bornes d’un convertisseur.
- B.-G. Lamme et R.-D. Mershon. . 4^0
- Piles et accumulateurs.— L’emploi des piles primaires pour actionner les petits
- moteurs.....................479
- Sur la variation de capacité des accumula-
- Distribution de l’e
- Dispositif Si eraens et Halske pour l'obtention de deux courants décalés d'un quart de période, à l’aide d'un seul courant alternatif...........................449
- Le projet de loi sur les distributions d’énergie.— J.Reyval. .... 107,127
- La construction des tableaux de distribution des stations centrales. — F.-A.-C.
- Perrine.........................171
- Conduite Sewall en ciment armé pour canalisations souterraines...............333
- Interrupteur automatique A. Guénée. ... 1^0
- Interrupteur automatique J. Richard. . . . 333
- Interrupteurs automatiques pour courants primaires à haute tension, de la Compagnie Française d’appareillage
- Applications
- Applications mécaniques de 1'clcctricité. —
- G, Richard.....................8, 179
- teursà électrodes de plomb, suivant
- le régime de décharge.—J. Reyval. 143
- Accumulateur Capponi..................... 21
- Accumulateur Commelin et Finot au plomb
- cadmium.........................242
- Accumulateur Crowdus.................... 68
- Accumulateur Pollak..................... 536
- Accumulateur Pulvis...................... 67
- Accumulateur Reynier au plomb-zinc . . . 242
- Accumulateur Werner plomb-zinc et cadmium....................................243
- Stations génératrices.— Le rendement ther-
- mique des usinesgénératricesd’élec-tricité. — Wm.-S. Aldrich .... 2^
- La tarification de l'énergie fournie à Buffalo
- par les chutes du Niagara............ 241
- Station hydro-électrique de High Falls ... 86
- L’usine hydro-électrique de Clanezzo (Ber-
- game)........... ....................349
- L’utilisation de la Sihl (Suisse)...............176
- L'usine d’électricité du quai Jemmapes. —
- J. Reyval.............................270
- Le secteur des Champs-Elysées...................330
- Les installations électriques à Londres ... 213
- Les installations électriques en Allemagne.
- — Laffargue...........................120
- jie électrique.
- électrique.................... . . . 130
- Dispositif de démarrage de Menges............ 93
- Rhéostat de démarrage Menges................. 94
- Rhéostat de démarrage pour moteur shunt
- de Fischer-Hinnen.................. 94
- Rhcostat’de démarrage H.-H. Cutler à rupture
- automatique pour moteur shunt. . 96
- Rhéostat de démarrageH.-FI. Culleràrupture
- automatique pour moteur série . . 96
- Rhéostat de réglage de la Berliner-Maschi-
- nenbau Actien Gesellschaft .... 97
- Appareillage d’essais à 100000 volts de la
- Cataract Construction Company. '. 331
- Émaux à haute dilatation pour la confection des appareils de chauffage par l’clcc-tricité. — Damour............................521
- mécaniques.
- Moteurs électriques. — Alternomoteurs. — C.-F. Guilbcrt..........................
- 447
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-
-
-
- 25 Juin 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 56:
- Démarrage et régulation des moteurs. —
- C.-L.-R.-E. Menges.............405
- Couplage en tandem des moteurs à courants
- polyphasés. — Sleinmet%........447
- Petits moteurs électriques Doignon. ... 149
- Commande d'une série de moteurs par les
- courants triphasés............ 593
- Machines-outils. — Tour hydro-électrique à
- revolver de Brockie............184
- Machine à meuler Norton................ t 86
- Ascenseurs et appareils de levage. — Ascenseur électrique à frein hydraulique système Guyenet et ie Mocomble. 334
- Ascenseur C. Westinghouse.............. 180
- Frein pour ascenseurs Idler et Yonkers. . . 180
- Pont roulant de Craven................. 183
- Appareils et machines divers. — Barrière
- Williams et Kinney.................
- Cabestans électriques du chemin de fer du
- Nord. — E. partiaux. ...... 459
- Frein et embrayage Wellmann et Seaver. . 186
- Manœuvre à distance de plusieurs commutateurs au moyen de sélecteurs ou serrures électriques à combinaisons installés sur un seul fil. — J. Voi-
- sénat..............................393
- Poste pneumatique Batcheller................ 12
- Régulateur électrique Maquaire..............497
- Régulateur électrique pour machine marine.
- — E. Puiato.......................293
- Régulateur de vitesse à frein électrique de
- C.-Henry Rieter....................290
- Sémaphore Coleman............................ 8
- Signaleur Siemens et Forrest................ 11
- Verrou électromagnétique Tyer............... 10
- Peinture électrique.........................531
- Explosion des mélanges grisouteux par les courants électriques. H. Couriot et T. Meunier...............................214
- Installations. — Installation électrique du
- pont Alexandre III.................388
- Magasin et élévateur à grains de Copen-
- hague..............................J51
- Traction.
- Généralités. — Sur la détermination des maxima de régime d’une ligne à traction électrique. — H. Tripier. 437 Etude sur les pertes par retour par les rails dans les systèmes de traction électrique.— Eug. Vigneron...................=,25
- Sur l'économie résultant de l'établissement de survolteurs dans une station alimentant un réseau de tramways électriques. — J.-h. Woodbrigi Sur un nouveau mode de réglage pour
- teurs de tramways. — André Blon-
- del .
- Freinage des voitures de tramways élec-
- Tramways électriques à accumulateurs.
- E. Hauswald.....................
- Sur quelques points de l'histoire de la tn tion électrique. — Ernest Gérard.
- Le concours de voitures de place automobiles. — J. Reyval....................
- Equipement et appareillage. — Chemins de fer et tramways électriques. Distribution par contacts superficiels. —
- G. Pellissier.........i . . 187, 316
- Distribution par contacts superficiels de la
- Clc Thomson-Houston.............316
- Contrôleur pour système électromagnétique
- de la C‘e Thomson-Houston. . . . 320
- Pavés de contact à commutateurs électromagnétiques de R. Arno et A. Cara-
- magna............................ 188
- Contact superficiel à attraction magnétique
- de Siemens brothers and C°. . . . 187
- Système de traction à troisième rail. —
- Murphy............................375
- Chemin de fer et tramways électriques, canalisations souterraines. — G. Pcllis-
- ........................6}> H0
- Caniveau de la Metropolitan Street Rail-
- way Cle.......................... 64
- Caniveau Grifïen et Small................. 67
- Caniveau fermé de Adolf Hecker.............140
- Caniveau fermé de Herbert Allen et Oliver
- Peard........................... 141
- Caniveau fermé de Balfour et Edward Smith. 142 Le système de traction électrique à caniveau
- Walkcr.—/. Reyval.................529
- Locomotive électrique à deux essieux moteurs ....................................534
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-
-
-
- 56:
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N°26.
- Voie de chemin de fer électrique transportable, système Arthur Koppel. . 244
- L'emploi des trucks à bogies dans les voitures de tramways............................432
- Controleur pour tramways à extincteurs magnétiques, système Walker. — J.
- Reyval.............................. 45
- L’éclissage des rails....................... 130
- Eclisse Bryan............................... 131
- Eclisse Edison-Brown........................ 131
- Essais sur l'amalgame Edison pour diminuer la résistance électrique des joints des rails de tramways. — Walter F. Harrington. .-............................131
- Descriptions et informations. — La traction
- mécanique à Paris.................. 433
- Le métropolitain de Paris....................217
- Les tramways à traction mixte de la place de
- la République à Aubervilliers et à
- Pantin...........................455
- Les tramways électriques de Montpellier. . s 19
- L’usine génératrice desTramways bruxellois. 86
- La traction électrique à Ostende..........479
- La traction électrique sur les chemins de fer
- italiens.........................390
- La traction électrique aux Etats-Unis. . . . 129
- La traction aux Etats-Unis. Statistique et rendement financier............................. 388
- Tramways à. caniveaux souterrains de Liew-
- Yorlc............................ 63
- Statistique des chemins de fer et tramways
- électriques...................... 44
- Automobile électrique sur la glace........129
- La propulsion des navires au moyen d’accumulateurs ............................131
- Traction électrique des bateaux système
- Bowick...........................434
- Télégraphie et Téléphonie
- Lignes aériennes et sous-marines. Tables
- numériques. — H. Larose .... 309
- Manœuvre à distance de plusieurs commutateurs au moyen de sélecteurs ou
- serrures électriques à combinaisons, installés sur un seul fil.—J. Voisenat 393 Appareils E. Ducretet pour la télégraphie
- sans fil..........................237
- A propos de la télégraphie hertzienne. —
- G. Goisot.........................370
- Rayon d'action de la télégraphie hertzienne. 372
- Sur l’emploi du cohéreur ou radioconduc-tcur pour déceler les ondes hertziennes ................................. 373
- Télégraphie acoustique sous-marine à l’aide
- d'un microphone à pivots..........480
- Sur une méthode rationnelle d’exploitation des réseaux téléphoniques urbains.
- — P.Heyna.........................103
- Éclairage.
- Recherches récentes sur l’arc.—'A. Hess . 49
- Phénomènes acoustiques dans l’arc électrique. — H.-T. Simon....................... 69
- Les lampes à arc. — G. Richard..........487
- Lampe à arc de l’Allgemeine elektricitæts
- Gesellschaft.....................493
- Lampe à arc Baker et Fox................489
- Lampe à arc Crompton......................494
- Lampe à arc Davis et Conrad...............487
- Lampe à arc Drake et Cosham...............494
- Lampe à arc W, Fox........................489
- Lampe d’arc Holsten.......................491
- Lampe à arc Pellet et Déjardin............494
- Lampe à arc Quinby........................488
- Lampe à arc Ridings et Crawford............491
- Lampe à arc Tepel..........................492
- Lampe à arc Smith......................... 494
- Lampe à incandescence à réflecteur dite
- « Glow-Lamp ».................... 68
- La lampe à incandescence de W. Nernst . . 336
- Filaments de lampes à incandescence du
- Dr Auer von Welsbach..............190
- L’effet des oxydes rares sur l’éclat des filaments des lampes à incandescence. 308 L’électricité à Paris et à Berlin. — C. Bry-
- linski............................422
- L’électricité et le gaz à Bordeaux .... 87. 219
- Bateaux-phares électriques.................352
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-
-
-
- 25 Juin 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 563
- Électrochimie et Électrométallurgie.
- Electrolyseurs et fours. — Électrolyseur Bro-chokipour la préparation des hypo-
- chlorites..........................
- Electrolyseurs à cathodes diaphragmes Har-
- greaves et Bird....................
- Les électrodes pour l'électrolyse des chlorures alcalins. — H. Becker ....
- Des diaphragmes pour l'électrolyse des chlorures alcalins. — H. Becker. . . .
- Cubilot électrique R. Contardo..............
- Les fours électriques. — G. Richard ....
- Four de Chalmot.............................
- Four Regnoli................................
- Four Strong..........................
- Four Siemens et Halske......................
- Four à cathode mobile et à cathode fixe
- W. Hughes...............'..........
- Four à carbure de calcium S.-W. Horry . . 229
- Four à carbure de calcium (Patten...........231
- Métalloïdes. — La préparation électrolytique de l’hydrogène et de l'oxygène .... 392
- Préparation des cyanures et de l’ammoniaque
- au four électrique. — Ch. Mehner434 Préparation électrolytique du chlore. —
- E.-J. Hunt et E.-F. Watson. . . . 352
- Préparation du silicium au four électrique.
- — Lebeau...........................263
- Métaux. — Fabrication de l’hypochlorite de
- sodium par l’électrolyseur Tailfer . 436
- Procédé Spilker et Lœwe pour la préparation
- des chlorates............... 392
- La préparation des perchlorates par électro-
- lyse. — F. Wintelcr..............434
- Préparation électrolytique du glucinium. —
- Lebeau...........................132
- Prépaparation de la glucine au four électrique. — P. Lebeau..................363
- Préparation du carbure de calcium par décarburation delà fonte.— Gin etLeleux. 435 Utilisation du carbure glucosé à la production de l'acétylène. — Lêtang. . . 308
- Lampe à acétylène Chabaud................ 148
- Lampe à acétylène Létang-Serpollet-Blériot. 509
- Feuilles d'aluminium plaquées...............436
- Emploi de l'aluminium en lithographie . . 435
- Production électrolytique du fer et de l’acier
- chromés..........................553
- La fabrication électrolytique de la céruse. —
- Sfrerard Cowper-Coles............115
- La fabrication électrolytique de quelques
- composés insolubles du plomb et
- du cuivre. —• Lttkow................117
- Recherches sur l'électrodéposition du cuivre
- —J.-C. Graham....................... 70
- Electrodéposition de l’alliage de cadmium
- et d'argent.— S.-O. Cowpcr Coles. 523 Electrodéposition de l'alliage de cadmium et
- d’argent.— Russell &t Woolrich. . 523
- Minerais complexes de zinc, plomb et cuivre.
- — E.-C. Ketchum.....................524
- Traitement des minerais de nickel............556
- Minerais auro-argentifères...................436
- Composés organiques.— La préparation de la
- vaniline par électrolyse........... 522
- 390
- 39T
- 338
- 469
- 228
- 228
- 230
- 228
- 232
- 228
- 228
- MESURES
- Remarques sur le mémoire de MM. Callen-dar et Barnes, sur l’élément Latimer-
- Clark. — A. Kahle................. 85
- Sur les résistances en platinoïdeeten maille-
- chort. — Folio Appleyard..........294
- Voltamètre Renard à gaz tonnant............237
- Etalonnage d’un galvanomètre balistique’au moyen d'une bobine de self-induction connue. — M. Wien............ 33
- Méthode d’étalonnage des ampèremètres et électrodynamomètres. — H.-S. Car-
- hari . . . , ...................170
- Sur un nouvel électro-dynamomètre absolu.
- — Marcel Deprcç.................. 343
- Wattmètre électrostatique.— C.-E. Guye . 114
- Nouveau compteur.— Aron.....................415
- Influence des vibrations extérieures sur les compteurs d’énergie Elihu Thompson.— F. O'Keenan...........................118
- Compteur électrolytique Bryan...............499
- Compteur de temps pour courant continu ou alternatif, système Siemens et
- Halske.............................
- Horloge commutatrice J. Richard pour
- compteur............................233
- Sur le contrôle des appareils électriques
- industriels. — C. Camickel .... 168
- Sur la mesure de la différence de phase
- p.563 - vue 566/742
-
-
-
- 564
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. Xï. — N» 26.
- entre deux courantsalternatifssinu-soïdaux.— A.-G. Rossi . 133, 322, 353
- Sur l’influence des variations de température des diverses parties d’un appareil bolométrique sur l’exactitude des
- mesures. —Belloc...................383
- Mesure des efforts développés dans le fer et l'acier par la méthode thermo-électrique.— Turner.............................416
- Sur les potentiomètres industriels.— X. Gosselin ......................................478
- Nouvelle méthode pour la mesure de l’intensité des champs magnétiques. —
- E. Bouty.................89, 400, 441
- Méthode nouvelle pour déterminer l'équivalent mécanique de la chaleur. —
- J .-B. Baille et C. Fêry...........510
- Comparaison de la lampe Carcel et de la
- lampe Hefner. — Laporte. . , . . 295
- Remarques sur la communication de M. La-
- porte sur les étalons photométriques. — J. Blondin................300
- Étalon photométrique à l'acétylène. Ch.
- Féry............................... 263
- Analyse électrolytique. Recherches sur la séparation de quelques métaux. —
- G. Arth....................... 18, 452
- Séparation électrolytique du cadmium et du zinc. Séparation électrolytique du zinc et du cobalt. Séparation électrolytique de l'antimoine et de
- l’étain. — A. Waller................. 18
- Précipitation de l’argent en solution acide et la séparation de ce métal d’avec le cuivre.— Husteret H .von\Steinvehr 452 Dosage électrolytique du cadmium et sa séparation du cuivre et du magné-
- sium. — E. Rimbach...............433
- Séparation du cadmium et du fer. —• W. Stor-
- tenbecker........................434
- DIVERS
- Bibliographie.
- Magnetische Kraftfelder. — H. Eberi. . . 86
- Les accumulateurs transportables, leur installation,leuremploi, leur rendement, leur maniement et leur essai. —
- J. Zacharias......................3 86
- Manuel d'électrochimie et d’électrométallurgie. — B. Becker............................387
- Formulaire physico-chimique. — D. Tom-
- wûsi................................431
- Die elektrischen Beleuchtungsanlagen (les installations d’éclairage électrique).
- — A. R Hier von Urbanityky . Traité d’électricité pratique. — R. Boulvin. Handbuch der Elektrischen Beleuchtung. — J. Herzog et C.-P. Feldmann. . .
- Geometrica pratica. — G. Erede.............
- Dizionario tecnico in quattro lingue. — E.
- Webber ...........................
- Dictionnaire de l’Industrie. — Julien Lefèvre .....................................
- Cinquantenaire 1848-1898. — Société des Ingénieurs civils..........................
- 4P
- 5*5
- 317
- 318
- 554
- 555
- Sociétés savantes.
- Société internationale des électriciens.
- Séance du 6 avril.
- Les installations électriques en Allemagne par Lafïargue..........120
- Séance du 4 mai.
- Commutation dans les dynamos à courant continu.— Girault. . . . 339
- Comparaison de la lampe Carcel et de l’étalon Hefner. — Laporte. . . . 293
- Séance du ier juin.
- Sur la télégraphie sans fil avec le tube
- radio-conducteur de M. Branly et les dispositifs de E. Ducretet. — E. Du-
- cretet............................478
- Sur les potentiomètres industriels. —
- X. Gosselin.......................478
- Société française de physique.
- Séance du 6 mai 1898.
- Ti ansformateurs Wydts-Rochefort. —
- O. Rochefort . . . ..............300
- Électro-aimantde laboratoire.—Pierre Weiss.......................30°
- p.564 - vue 567/742
-
-
-
- 25 Juin 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 565
- Procédé d'observation du phénomène
- de Zeeman. — Coiton.............
- Observations sur le rôle de l’oxyde de cérium dans les manchons Auer. —
- Wyrouboff.......................300
- Séance du 20 mai 1898.
- Recherches sur les tubes protecteurs de rayons cathodiques. — Villard. 382
- Séance du 3 juin 1898.
- Utilisation du carbure glucosé à la production de l’acétylène dans les appareils Létang et Serpollel. —
- Létang...........................508
- L’exposition de la Société française de physique. — G. Goisol. . . 146, 253
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-
-
-
- TABLE DES NOMS D’AUTEURS
- A
- Aldrich (Wm.-S.). — Le rendement thermique des usines génératrices d'électricité. is Allen (Herbert) et Peard (Oliver). — Caniveau
- fermé. . ............................HT
- Allgemfine Elektricitæts GeSFT.LSCHAFT. —
- Lampe à arc.........................493
- Appleyard (Rollo). — Sur les résistances en
- platinoïde et en maillechort. . . . 294
- Armagnat (H.). — Sur la théorie des bobines
- d’induction......................... 52
- Arno (R.)'et Caramagna (A.). — Pavés de contact à commutateurs électromagnétiques...................................188
- Aron. — Nouveau compteur......................415
- Arth(G.). — Analyse électrolytique, recherches sur la séparation de quelques
- métaux.........................18, 452
- Aubel (Ed. van). — Sur quelques travaux récents relatifs à la résistance électrique du bismuth.............................203
- Influence du magnétisme sur la polarisation des diélectriques et l’indice
- de réfraction.......................202
- Auer von Welsbach. — Filaments de lampes
- à incandescence.................... 190
- B
- Bagard (H.). — Sur la réalité du phénomène
- de Hall dans les liquides.......... 98
- Baille (J.-B.) et Féry(C.). — Méthode nouvelle pour déterminer l'équivalent
- mécanique de la chaleur............510
- Baker et Fox. — Lampe à arc.............489
- Bakhmetieff, Christodulos et Georgieff. —
- De l’influence du milieu ambiant sur les courants électriques produits par le refroidissement.............. 81
- Balfour et Smith. — Caniveau fermé . . .
- Batcheller. — Poste pneumatique...........
- Battelli (A.) et Garbasso (A.). — Action des rayons cathodiques sur les conducteurs isolés..............................
- Beathie (J. Carkuïhers) et Smolchowski de Smolan. — De l'équilibre électrique entre l’uranium et un conducteur métallique isolé placé dans son voi-
- Becker (H.). — Des diaphragmes pour l’élec-trolyse des chlorures alcalins . . . Les électrodes pour l’électrolyse des
- chlorures alcalins..............
- Manuel d’électrochimie et d’électrométallurgie .......................
- Becquerel (Henri) et Deslandres (H.). — Contribution à l’étude du phénomène
- de Zeeman.......................
- Belloc. — Sur l’influence des variations de température des diverses parties d’un appareil bolométrique sur
- l’exactitude des mesures........
- Berchem (Paul van). — (Voir Le Royer). . . Berson (Sigismond). — Décomposition des ondes électriques quelconques en
- oscillations élémentaires.......
- Bertrand (J.). — Sur la conductibilité électrique des solutions de permanganate
- de potassium....................
- Bird. — (Voir Hargreaves).................
- Bjerknes (C.-A.). — Sphères puisantes et sphères oscillantes reproduction des phénomènes électrodynamiques. .
- Blériot. — Lampe à acétylène..............-
- Blondel (André). — Sur un nouveau mode de réglage pour moteurs de tramway8 ...................................../
- Blondin (J.). — Remarques sur la communi-
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-
- 25 Juin 1898.
- REVUE D’ELECTRICITE
- 567
- cation de M. Laporte sur les étalons
- photométriques....................
- Boulvin (R.). —Traité d’électricité pratique. Bouty (E.). —Nouvelle méthode pour la mesure del’intensité des champs magnétiques............................ 89, 400.
- Bowick. — Traction électrique des bateaux. Brf.dig (G.). — Sur la conductibilité électrique des solutions de permanganate
- de potassium......................
- Breslauer. — Sur l'énergie dissipée dans l'aimantation .................................
- Brillouin (M.). — La polarisation rotatoire magnétique et l’axiome deClausius. Broca (André). — Quelques propriétés des décharges électriques produites dans un champ magnétique. Assimilation
- au phénomène de Zeeinan...........
- Brochoki. — Electrolyseur pour la préparation des hypochlorites ......
- Brockie. — four hydro-électrique à revol-
- BrowN.—(Voir Edison. ) ..................
- Bryan. —Eclisse électrique...............
- Compteur électrolytique...........
- Brylixski (E.). — L'électricité à Paris et à Berlin...................................
- G
- Camiciiel (C.). — Sur le contrôle des appareils électriques industriels .... Capponi (Alessandro). — Accumulateur. . .
- Caramagna (A.). — (Voir Arno R.).........
- Carhart (H.-S). — Méthode d’étalonnage des ampèremètres et électrodynamomètres ................................‘
- Chabaud. — Lampe à acétylène.............
- Pompe^trompe à mercure............
- Chalmot (de) Four........................
- Chiavassa. — Phénomène de Hall dans les
- liquides .......................
- Child (C.-J.).—(Voir Woodbridge.). . . . Christodulos.—( Voir Bakhmetieff. ) . . . Coehn (A.). — Electrisation par frottement. Coleman (J.-P.). —Sémaphore électrique. . Commelin et Finot. — Accumulateur plomb-
- cadmium ........................
- Compagnie Française d’appareillage électrique. — Interrupteurs automatiques pour courants primaires à haute tension............................
- Compagnie Thomson-Houston. — Contrôleur
- pour système électromagnétique. . 320
- Distribution par contacts superficiels. 516 Compère (Ch.). — La consommation des machines annexes des installations
- mécaniques.........................348
- Conrad. — (Voir Davis.)................... 487
- Contardo (R). — Cubilot électrique..........228
- Corbjno (O.-M.). — A propos du phénomène
- de Zeeman......................... 548
- Cosham. — (Voir Drake.).....................494
- Couriot (H.) et Meunier (J.). — Explosion des mélanges grisouteux par les
- courants électriques..........43, 214
- Couriot (H.). — Emploi des rayons Rœntgen pour l’examen d’un combustible minéral...............................518
- Cowper-Coles (Sherard). — La fabrication
- électrolytique de la céruse .... 115
- Cowper-Coles (S.-O.) — Electro-déposition
- de l'alliage de cadmium et d’argent. =>23
- Craven. — Pont roulant......................183
- Crawford. — (Voir Ridings.).................491
- Crompton. — Lampe à arc.....................494
- Crowdus. — Accumulateur..................... 68
- Curie (Mme Sklodowska). —Rayons émis par les composés de l’uranium et du
- thorium........................... 199
- Propriétés magnétiques des aciers
- trempés.......................471, 301
- Cutler (H.-H). —Rhéostat de démarrage à rupture automatique pour moteur
- ............................. 96
- Rhéostat de démarrage à rupture automatique pour moteur shunt.... 96
- D
- Damour. — Émaux à haute dilatation pour la confection des appareils de chauffage par l'électricité.......................321
- Davis (C.-H.). — Action perturbatrice des courants électriques industriels sur
- les magnétomètres.................. 27
- Davis et Conrad. — Lampe à arc...............487
- Décombe (L.).— Sur la constitution de l’étincelle explosive dans un diélectrique
- liquide.............................233
- Sur la résonance multiple.............173
- Déjardin.—(Voir Peîiet. )....................494
- Deprez (Marcel). — Sur un nouvel électrodynamomètre absolu...........................343
- 300
- 441
- 4M
- 348
- 4LO
- 263
- 30
- 390
- 184
- 131
- TM
- 499
- 422
- 168
- 188
- T 7°
- 148
- 148
- 230
- 99
- 246
- 81
- 8
- 242
- 130
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-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N® 26.
- Deslandres. — Remarques sur les rayons
- . . cathodiques...................... 343
- Deslandres (H.). —(Voir Becquerel).......... 173
- Dittexberger (W.). — Détermination de l'épaisseur des tôles à employer dans la construction des. appareils à courants alternatifs........................... 362
- Doignon. — Petits moteurs électriques. . . 149
- Dorn (E.). — Action calorifique des rayons
- de Rœntgen........................ 419
- Visibilité des rayons de Rœntgen . . 421
- Drake et Cosham. — Lampe à arc...............494
- Drcde (P). — Relation entre la torsion et le
- magnétisme......................... 33
- Théorie de la dispersion électrique
- anomale............................ 8s
- Ducretet (E.). — Appareils de télégraphie
- sans fil.......................... 257
- Dynamo pour expériences de cours. . 237
- Sur la télégraphie hertzienne sans fil avec le tube radio-conducteur de M. Branly et les dispositis de
- E. Ducretet........................478
- Bobines d’induction...................236
- Interrupteur pour bobines d’induction 2 3 7 Enregistrement des décharges atmosphériques par les tubes radiocon-ducteurs............................ ss6;
- E
- Ebert (H.).— Action des champs électriques
- alternatifssur lesrayonscathodiques 239 Magnetische Kraftfelde". 86
- Edison-Brown.—Éclisse électrique .... 131
- Eichenwald (A.). — Absorption des ondes
- électriques par les électrolytes. . . 122
- Erede (G.). — Geometrica pratica.........317
- Ewing. — Sur l’énergie dissipée dans l’aimantation.............................411
- F
- Feldmanx (C.-P.) (VoirHerzog.)— Handbuch
- der Elektrischen Beleuchtung. . . 517
- Fery (Ch.). — Etalon photométrique à l’acé-
- tylène............................263
- Fèry (C.). — {Voir Baille.)...............310
- Fischer-Hinxex. — Rhéostat de démarrage
- peur moteur shunt................. 94
- Florio.—PhénomènedeHall danslesliquides 98 Foveau de Courmelles. — De la visibilité des
- rayonsXparcertainsjeunes aveugles. 213
- 1 Fox (W.). — Lampe à arc, (Voir Baker.). . 489
- Frankeet Loven. —Sur la conductibilité électrique des solutions de permanganate de potassium..................................348
- G
- Garrasso (A.). — (Voir Battelli) (//.;. . . . 2ss Garrigou(F.}. — Sur un moyen d'augmenter l'intensité et la rapidité d'action des
- Georoieff. — (Voir Bakhmeiieff)............... 81
- Gérard (Ernest). — Sur quelques points de l’histoire des dynamos et de la traction électrique...............................319
- Gin et Leleux. — Préparation du carbure de calcium par décarburation de la
- fonte...............................433
- Girault. — Commutation dans les dynamos à courant continu. Société internationale des Electriciens (Séance du
- 4 mai)..............................339
- Goisot (G.). — A propos de la télégraphie
- hertzienne..........................370
- L'exposition de la Société française de
- physique en 1898............. 146, 233
- Goldstein (E.). — Remarques sur les rayons
- cathodiques.........................343
- Gosselin (X.). — Sur les potentiomètres industriels .......................................478
- Graham (W.-P.). — Champ électrique dans
- les tubes de Geissler............... 38
- Graham (J.-C.). — Recherches sur l’électro-
- dépositîon du cuivre................ 70
- Griffex et Small. — Caniveau pour tram-
- ways................................ <q
- Guénée (A.).— Interrupteur automatique . 130
- Guilbert (C.-F.). — Machines dynamo-électriques................................ 93, 447
- Gutton (C.). — Sur le passage des ondes électriques d'un conducteur à un autre. 417 Guyp.(E.-C.). — Wattmètre électrostatique. 114 Le calcul graphique des courants alter-
- natifs industriels................. 363
- Guyenet et .Mocomble. — Ascenseur électrique à frein hydraulique....................334
- Guyou. — Appareil pour la démonstration et l’exercice de la compensation des compas des navires............................234
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-
-
- 25 Juin 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 569
- H
- Hargreaves et Bird, — EJectrolvseurs à cathodes diaphragmes...................591
- HARRiKGTON(Walter.-F.). —Essais sur l’amalgame Edison pour diminuer la résis-• tance électrique des joints des rails
- de tramways........................ 131
- Hàuswald'(E.). — Tramways électriques à
- accumulateurs.......................336
- Hecker (Adolf). — Caniveau fermé.............J40
- Herzog (J.) et Ffxdmann (C.-P.). — Hand-buch der Elektrischen Beleuch-
- tung...............................5 U
- Hess (A.). •— Recherches récentes sur l'arc. 49 Hryxa (P.). — Sur une méthode rationnelle d'exploitation des réseaux téléphoniques urbains. : . ;............103
- Holsten. — Lampe à arc.......................491
- Hopkinson (J. et B.). —Sur l'énergie dissipée
- 'dans l'aimantation.................410
- Horry (S.-W.). — Four à carbure de cal-
- Huc.hes (W.). — Fours à cathode mobile età
- cathode fixe........................228
- Hust (E.-J.) et Watson (E.-F.). — Préparation électrolytique du chlore . . 332
- Hurmuzescu (D.). — Sur la transformation
- des rayons X....................... 166
- Idler et Yoxkers. —Frein pour ascenseurs. 180
- J
- Jaeger (H.). — Images magnétiques .... s86
- Jaumann (G.).—Interférence et déviation électrostatique des rayons cathodiques. S50
- K
- Kahi.k (A.). — Remarques sur le mémoire de MM. Callendar et Barnes, sur l’élé-
- ment Latimer-Clark.................... 83
- Kapp (Gisbert). — Effets des courants alternatifs sur le corps humain..................... 42
- Ketchum (E.-C.). — Minerais complexes de
- zinc, plomb et cuivre................324
- Koch (K.-R.j.— Pouvoir inducteur et indice . .de réfraction.dans le champ magnétique........................................ 37
- Kolbein (Emil). — Effets des courants alternatifs surle corps humain...................... 42
- Koppel (Arthur). — Voie de chemin de fer
- électrique transportable...........244
- Kuster et Steixwehr (H. von).— Précipitation de l’argent en solution acide et la séparation de ce métal d'avec le cuivre 432
- L
- Lafearcue. — Les installations électriques
- en Allemagne........................... 120
- La.m.me (B.-G.) et Mershon (R.-D.). — Procédé de réglage de la différence de potentiel aux bornes d’un convertisseur . 430
- Laporte. — Comparaison de la lampe Carcel
- et de la lampe Hefner.................293
- Larmor (J.). — Sur la théorie de l’influence du magnétisme sur le spectre et sur la radiation émise par des ions en
- mouvement........................ 79
- Errata. . . .............................264
- Larose (H.). — Lignes aériennes et sous-
- marines. Tables numériques . . . 309
- Lebeau, — Préparation du silicium au four
- électrique.......................203
- Lebeau (P.). — Préparation de la glucine au
- four électrique..................263
- Lebeau.— Préparation électrolytique du glucinium ........................................132
- Lefèvre (Julien). — Dictionnaire de i'Indus-
- trie.............................334
- Legrand (Emmanuel).— Sur la conductibilité électrique des solutions de permanganate de potassium.................. 198
- Leleux. —(Voir Gin.)......................433
- Lenard (A.). — Action électrique des rayons
- cathodiques sur l'airatmosphérique. 123
- Lenard (P.). — Propriétés électrostatiques
- des rayons cathodiques..................124
- Le Royer (A.). — Mesure de la longueur d'onde d'un primaire hertzien dans l’air parle changement de résistance électrique des limailles métalliques.- 373 Létang.— Utilisation du carbure glucosé à la
- production de l’acétylène...............308
- Létang et Serpollet. — Lampe à acétylène . 309
- Lœwe. — (Voir Sfiilker.)........................392.
- Loppé (F.). — Sur la variation de capacité des accumulateurs à électrodes de plomb suivant le régime de décharge. 143 Lükow. — La fabrication électrolytique de quelques composés insolubles du plomb et du cuivre.............................. 117
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-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE t.XV.-N°26.
- M
- Machado (Virgilio). — Renforcement des
- rayons X.........................348
- Maquaire. — Régulateur électrique .... 497
- Maurain (Ch.)— Sur l’énergie dissipée dans
- l'aimantation....................409
- Sur les écrans électromagnétiques. 5, 177
- Mehner (Ch.). — Préparation des cyanures et
- del’ammoniaque au four électrique. 434 Menges (C.-L.-R.-E.). — Démarrage et régu-
- lation des moteurs..................405
- Rhéostat de démarrage ....... 94
- Dispositif de démarrage.............. 93
- Meunier (J.). — (Voir Cotirioi H.). — Explosion des mélanges grisouteux par les courants électriques . ... 43, 214
- Michelson (A.-A.). — Radiation dans un
- champ magnétique.................... 73
- Mocomble (de). — (Voir Gtiyenei)..............334
- Moreau (G.). — Sur les cycles de torsion
- magnétique d’un fil d’acier .... 343
- Morin (P.). — Relation entre l’aimantation des aiguilles aimantées et leur longueur. Essai d'une théorie de la
- distribution magnétique............ 154
- Murphy. — Système de traction à troisième
- rail................................375
- N
- Nernst(W.). — Lampe à incandescence . . 336'
- Norton., — Machine à meuler...................186
- O
- Oberbeck (A.). — Contribution à la théorie
- de la polarisation................. 35
- O’Keenan (F.). — Influence des vibrations extérieures sur les compteurs d'énergie Elihu Thompson..........................118
- Oudin. — Sur les résonateurs et sur l’effluve
- de résonance...................... 54s
- P
- Patten.—Four h carbure de calcium. ... 231
- Peard (Oliver).—(Voir AUen Herbert.). . 141
- Pellat (H.). — Des grandeurs électriques imaginaires et de leur emploi dans le calcul des courants alternatifs. . 221
- Pellat (H.) et Sacerdote (P.). — De l'énergie
- d'un système éléctrisé, considérée comme répartie dans le diélectrique. 28
- Pellet et Déjardin. — Lampe à arc..........494
- Pellissier (G.). — Chemins de fer et tramways électriques. Canalisations souterraines........................... ... 63
- Chemins de fer et tramways électriques. Caniveaux fermés.....140
- Chemins de fer et lramwrays électriques. Contacts superficiels à attraction magnétique......................187
- Chemins de fer et tramways électriques. Distribution par contacts
- superficiels ........................316
- Perrine (F.-À.-C.). — La construction des tableaux de distribution des stations
- centrales.........................171
- Perrot (Louis). — Sur les forces électro-motrices thermo-électriques dans le
- bismuth cristallisé..................233
- Peukert (W.).— Sur la variation de capacité des accumulateurs à électrodes de plomb suivantle régime de décharge. 143
- Pollak.— Accumulateur.........................365
- Pomey fj.-B.). — Application des imaginaires, aux constructions graphiques des intensités des courants dans un transformateur théorique ..... 16
- Preston (Thomas). — Radiation dans un
- champ magnétique................301
- Pulvis. — Accumulateur................... 67
- Putato (E.). — Régulateur électrique pour
- machine marine..................293
- Q
- Quimby. — Lampe à arc....................488
- R
- Regnoli.— Four électrique............... 228
- Renard. — Voltamètre à gaz tonnant. . . . 237
- Reid (Thorburn). — Etincelles, leur cause
- et leurs effets................. 21
- Reynier. — Accumulateur plomb-zinc. . . 242
- Reyval (J.). — Contrôleur pour tramways à extincteurs magnétiques système
- Walker......................... 45
- Le projet de loi sur les distributions
- d’énergie..................... 107
- Sur la variation de capacité des accumulateurs à électrodes de plomb suivant le régime de décharge. . . 143
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-
-
-
- 25 Juin 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 57
- L'usine d'électricité du quai Jemmapes. Le concours de voitures de place automobiles ............................
- Le système de traction électrique à
- caniveau Walker..................
- Rice (E.-W.). — Enroulements pour commu-
- talrice..........................
- Richard (Jules).— Interrupteur automatique.
- Horloge commutatrice................
- Richard (G.).— Applications mécaniques de
- l’électricité....................8,
- Les fours électriques...............
- Les lampes à arc....................
- Ridings et Crawford. — Lampe à arc. . . . Rieter (E.-Henry). —- Régulateur de vitesse
- à frein électrique...............
- Rimbach (E.). — Dosage électrolytique du cadmium et sa séparation du cuivre
- et du magnésium..................
- Ritter von Urbanitzkt (A.). — Die elektri-schen Beleuchtungsanlagen (les installations d'éclairage électrique). . Rom. — Les rayons X existent-ils déjà dans le faisceau cathodique qui les produit ?.....................................
- Rossi (Andrea-Giulio). — Sur la mesure de la différence de phase entre deux courants alternatifs sinusoïdaux, par la méthode de Lissajous et des
- champs Ferraris..............133,
- Sur la mesure de la différence de phase entre deux courants alternatifs sinusoïdaux par les effets électrodynamiques.......................
- Russell et Woolrich. — Électrodéposition de l'alliage de cadmium et d’argent.
- S
- Sacerdote (Paul). — Sur les déformations qu’éprouve un diélectrique solide lorsqu’il devient le siège d’un champ
- électrique.......................
- Sacerdote (P.). — (Voir Pellat H.). — De l’énergie d'un système électrisé, considérée comme répartie dans le diélectrique .................................
- Sartiaux (E.). — Cabestans électriques du
- chemin de fer du Nord............
- Schmidt (G.-C.). — Rayons du thorium. . . Schmidt. — ('Voir Wicdemann E.). — Colo-
- ration des haloïdes par les rayons
- cathodiques........................ 40
- Émission des rayons Becquerel par le thorium et ses composés .... 347
- Schulze (F.-A.). — Le fer et la loi de Wiede-
- mann et Franz......................... 35
- Seaver. — (Voir Wellmann)......................186
- Sewall. — Conduite en ciment armé pour
- canalisations souterraines............333
- Siemens Brothers and c°. — Contact superficiel à attraction magnétique. . . . 187
- Siemens et Forrest. — Le signaleur. . ; . . 11
- Siemens et Halske. — Four électrique. ! . . 228
- Compteur de temps pour courant continu ou alternatif....................337
- Dispositif pour l’obtention de deux courants décalés d’un quart de période à l’aide d’un seul courant
- alternatif............................449
- Simon (H.-T.). — Phénomènes acoustiques
- dans l’arc électrique................. 69
- Small. — (Voir Griffon.)....................... 66
- Smith (Edward).—(Voir Balfonr).................142
- Smith. — Lampe à arc...........................494
- Smolkowski. — (Voir Beattie)...................209
- Société alsacienne de constructions mécaniques. — Dynamo à douze pôles . . 279
- Société dbs ingénieurs civils. — Cinquantenaire 1848-1898..............................
- Sbilker et Lœwe. — Procédé pour la préparation des chlorates.............................392
- Steinmetz. — Sur l'énergie dissipée dans l'aimantation......................................410
- Couplage en tandem des moteurs à
- courants polyphasés...................447
- Steinwehr (H. von). — (Voir Kuster.) . . . 452
- Stortenbecker (W.). — Séparation du cadmium et du fer.................................434
- Sïrong. — Four électrique......................232
- Swyngedauw (R.). — Sur la décharge d’une
- bouteille de Leyde....................344
- T
- Tailfer. — Fabrication de l’hypochlorite de
- sodium par l'électrolyseur...........436
- Tanakadaté. — Sur l'énergie dissipée dans
- l’aimantation........................409
- Tepel. — Lampe à arc.......................... 492
- Tcepler. — Déchargestratifiée dans l’air libre. 237
- 494
- 329
- 452
- 23?
- 233
- 179
- 228
- 487
- 491
- 453
- 432
- 322
- 353
- 523
- 196
- 28
- 459
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-
-
- 572
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XV. — N° 26.
- Tommasi (D-). — Formulaire physico-chimique.............................43 [
- Tripier (H.). — Sur la détermination des maxima de régime d'une ligne à traction électrique.............................437
- Turner.. — .Mesure .des efforts développés . . dans le fer et l’acier par la méthode
- thermo-électrique................. 416
- Tyer..—r Le verrou électro-magnétique . . . 10
- V
- Vigneron (Eug.). — Etude sur les pertes par retour par les rails dans les systèmes de traction électrique.................. 525
- Villard. — Tube régulateur.................. 147
- Villard (P.Y — Sur les rayons cathodiques. 346 Société française de physique (séance du 20 mai 1898). Recherches sur les tubes protecteurs de rayons cathodiques.......................................382
- 'Sur Tes rayons cathodiques............511
- Villari (E.). — Sur la propriété de décharge
- produite dans les gaz par l'uranite. 32 Vincent (G.)- — Sur la conductibilité électrique des lames minces d'argent et • l’épaisseur des couches dites de passage.........................................341
- Voisexat (J.). — Manœuvre à distance de plusieurs commutateurs au moyen de sélecteurs ou serrures électriques à combinaisons installés sur un seul fil.....................: .............39)
- W
- Wai.lkr (A). — Séparation élèctrolytique du cadmium et du zinc. Séparation électrolytique du zinc et du cobalt. Séparation électrolytique de l’antimoine et de l'étain . ....... 18
- Warburg et Hœnig. — Sur l'énergie dissipée
- dans l’aimantation..............409
- Watson. (E.-F..).—. (Voir Hunt E.-J.). . . . 352
- Webber (E.). — Dizionario tecnico in quattro
- lingue..........................518
- Weber. — Effets des courants alternatifs sur
- . le corps humain ..................... 42
- Wellmann et Seaver. —Frein et embrayage. 186
- Werner, —r|AccumuIateur plomb-zinc et cadmium.................................243
- Westinghouse (C.). — Ascenseur...........180
- Weiss. (Pierre)..-r Un nouvel électro-aimant de -laboratoire donnant un champ . de 30000 unités. . . . 234, 300, 481
- Wiedfmann (E.) et Schmidt. — Coloration des
- haloïdes par les rayons cathodiques. 40
- Wien (M.). — Étalonnage d'un galvanomètre baListique au moyen d’une bobine
- .de self-induction connue....... 33
- Williams et Kinxey. — La manœuvre électrique pour barrières................ 10
- WiNTiiLEjR (F.).— La préparation des perchlo-
- rates par électrolyse...........434
- Woodbridge (J.-E.) et Child (C.-J.). — Sur
- . .les transformateurs tournants. . . 246
- Woodbrige (J.-L.). — Sur l'économie résul-tantde l’établissementde survolteurs dans une station alimentant un réseau
- de tramways électriques.........377
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- La manifestation en l'honneur de Zénobe Gramme. — C'est dimanche et lundi derniers, 27 et 28 mars, qu'a eu lieu la manifestation organisée par un comité international en l'honneur du grand et modeste inventeur, à l'occasion de sa récente promotion au grade de commandeur de l'ordre de Léopold.
- Né dans la province de Liège, à Jehaye-Bode-gnée, près de Huy, en 182(3, M. Gramme avait exprimé le désir que la manifestation ait lieu à Bruxelles. Mais si la Belgique est sa patrie d'origine, la France est sa patrie d'adoption et c'est de Paris que dimanche matin M. Gramme, accompagné de M'nc Gramme, partait pour se rendre à Bruxelles.
- Une trentaine d'électriciens et de savants français, parmi lesquels : MM. Mascart, d’Arsonval, Cailletet, de l'Institut ; le prince Roland Bonaparte, le général Sébert, M. Monthiers, président de la section française à la dernière exposition de Bruxelles; M. Fontaine, directeur de la Société Gramme ; M. E. Sartiaux, directeur des services électriques à la Compagnie des chemins de fer du Nord ; MM. Hillairet, Gosselin, Loppé, Javaux, Cléinançon, Carpentier, etc., avaient tenu à s'associer à l’hommage rendu à l’illustre inventeur et prenaient place en même temps que lui dans le luxueux et confortable wagon que M. Sartiaux, à qui. nous sommes heureux d’adresser les sincères remerciements de tous pour l'extrême complaisance qu’il n'a cessé de montrer pendant toute la durée du voyage, avait fait mettre à notre disposition par la Compagnie du Nord.
- Le soir, à 5 heures et demie, un banquet réunissait environ 200 personnes dans la magnifique salle de l'hôtel Métropole. M. le sénateur Monte-fiore Lévy, le « parrain » de M. Gramme et le « Mécène de l'électricité en Belgique », présidait. Parmi les convives se trouvaient : M. Nyssens, ministre de l'Industrie et du Travail ; M. Buis, bourgmestre de Bruxelles, ainsi que les éche-
- vins ; M. Rousseau, professeur à l'Université de Bruxelles ; M. Philippe de Burlet, de l’Union Elek-tricitæts Gesellschaft ; M. Roossen, le dévoué secrétaire du comité Gramme ; M. Thomson-Lyon, délégué anglais, etc. ; les électriciens et savants français et de nombreux électriciens belges.
- A l’heure des toasts, M. Montefiore Lévy boit à la santé du roi Lcopold, rappelant que maintes fois le roi des Belges a donné des preuves du grand intérêt qu’il porte à la science et à l’industrie électriques. M. Mascart, président du comité organisateur, prenant la parole au nom de ce comité, fait ressortir l’importance de la découverte que fit Gramme, en 1869, en imaginant sa machine d'induction à courant continu; rappelle que, dès 1880, le gouvernement français décernait à l’inventeur, comme récompense nationale, un prix de 20000 fr; qu’en 1888, l’Académie des sciences lui décernait le prix Volta ; termine en félicitant le gouvernement belge de lui avoir accordé la haute distinction à l’occasion de laquelle a eii lieu cette manifestation, et remet à M. Gramme, au nom des électriciens du monde entier, une superbe médaille d'or. M. Rousseau, professeur à l'Université de Bruxelles, prend ensuite la parole ; puis c’est M. d’Arsonval, qui rappelle combien M. Hippo-lyte Fontaine a contribué à' la mise en pratique de l'invention de Gramme. M. Nyssens, ministre, exprime alors, au nom du gouvernement belge, l’admiration que celui-ci professe pour l’un des plus nobles et plus illustres enfants du pays. Après ces toasts, M. Gramme se lève et s’exprime simplement en ces termes : « Je n’ai pas l’élocution facile, mais je remercie tout le monde, de tout mon cœur; » cette courte et modeste réponse lui vaut une ovation des plus enthousiastes. M. le général Sébert boit en l’honneur du bourgmestre, M. Buis, qui à son tour souhaite la bienvenue à tous les convives étrangers. Lecture est enfin donnée de nombreux télégrammes, en particulier de ceux des délégués anglais, que le mauvais temps
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- Après le banquet, les convives se rendaient au raout, à l’hôtel de ville. M. le bourgmestre Buis et les échevins De Mot, Lepage, De Potter, Stcens et Bruylant ont reçu M. Gramme, qui était accompagné de M'“c Gramme et de sa nièce, et leur ont fait les honneurs des salons.
- Le bourgmestre a remis à l’illustre inventeur une médaille d’or grand module, offerte par la ville de Bruxelles.
- Le lendemain, un déjeuner était offert à l'hôtel de ville, par M. Buis, en l’honneur de M. Zenobe Gramme. Le repas réunissait 47 convives dans la salle Maximilienne. Le bourgmestre, qui présidait, avait à ses côtés, à la table d'honneur, MM. Gramme et Montefiore Lévy, sénateur, à sa droite, et MM. Gérard, ministre de France, et Nyssens, ministre du Travail, à sa gauche.
- Parmi les invités, on remarquait, outre les cinq échevins, le prince Roland Bonaparte, le général Sébert, MM. Mascart, Eric Gérard, directeur de l’Institut Montefiore; Rousseau, Schuers-Gramme, Monthiers, Thomson-Lyon, Janssens, directeur des Tramways bruxellois; les membres du comité organisateur du banquet, de nombreuses personnalités du monde savant, ainsi que les étrangers venus pour prendre part à la manifestation.
- M. Buis, puis M. Gérard, ministre de France, ont porté tour à tour un toast au héros de la fête. M. Gramme a répondu en quelques mots àccs discours, puis M. Mascart a remercié le bourgmestre.
- Après le déjeuner, les convives, groupés dans la cour d’honneur de l'hôtel de ville, ont été photographiés, puis se sont dirigés, sur l’invitation de M. Janssens, vers la station génératrice des tramways bruxellois, terminant ainsi la manifestation par une visite montrant, mieux que le plus éloquent discours, les innombrables services que rend aujourd’hui à l’industrie la découverte de M. Gramme.
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- pour l’érection d’une grande usine d’électricité pouvant fournir l’éclairage électrique à très bon marché. Jusqu’ici cet éclairage n’est guère employé à Anvers, les prix actuels étant beaucoup plus élevés que ceux du gaz. Il 11e serait pas impossible, si la combinaison réussit, que la ville soit éclairée à l'électricité.
- L'éclairage, du port.— Pour faciliter le travail de nuit, il est indispensable d’assurer un bon éclairage dans la cale des navires où l’on opère. Le plus souvent, on utilise pour cela des lampes à huile qui ne répandent effectivement que peu de lumière et entraînent forcément des chances d’incendie. On essaye, en ce moment, pour les remplacer, des lampes électriques mobiles dans le dock n° 5 du grand port belge.
- Les lampes, quand aucun travail ne se poursuit, sont accrochées à des potences spéciales fixées aux grues ; mais, quand un chargement va commencer, on les transporte et on les place à l’endroit même où l’on a besoin de lumière, en les suspendant à une vergue, à un mât de charge ; les opérations peuvent ainsi se faire rapidement.
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- Supplément
- NOUVELLES
- Les fiacres automobiles. — Les progrès de la traction mécanique vont chaque jour grandissant, et il est facile de constater tous les efforts qui ont été faits pour supprimer la traction animale. En somme, les automobiles, loin de produire l’encombrement ou les accidents que l'on avait pu croire probables au début, ont plutôt montré leur souplesse pour évoluer dans les rues de Paris, même aux endroits les plus difficiles; en outre leur rapidité accélère la circulation, la place occupée est moindre que pour les voitures à chevaux, par suite il y a là une cause bien nette de dégagement des voies parisiennes et de diminution des encombrements.
- Il est bien évident que l’allure des automobiles doit être réglée ; les imprudents qui roulent avec une vitesse exagérée ne pouvant que nuire à la cause de l’automobilisme.
- Les compagnies de petites voitures sont d'ailleurs en bonne voie et cherchent à transformer leur matériel. Elles gagneront à cela de rendre disponibles les surfaces considérables des terrains occupés actuellement par leurs écuries. La Compagnie de l’Urbaine remarque même qu’elle n'aura pas besoin de nouveaux capitaux pour effectuer la transformation ; elle n’aurait qu'à y affecter une portion des 6 ou 7 millions consacrés annuellement aux voitures et à la cavalerie. Le changement pourrait ainsi se faire progressivement.
- La Compagnie Générale a un projet plus hardi et songe à un emprunt de 40 millions pour transformer son matériel en vue de l’Exposition prochaine (voir Supplément, t. XIV, p. lxxiii). Ceci est justifié par l’économie obtenue au moyen de la traction électrique ; nous avons déjà montre en effet que les frais par voiture à un cheval sont quotidiennement de 15,50 fr et se réduisent à un peu plus de 8 fr pour un fiacre électrique système Krieger.
- Mais il y a un aléa qui peut bien faire reculer les compagnies, ce sont les modifications incessantes apportées aux moteurs; aussi l'Urbaine pré-fère-t-elle attendre un peu afin de profiter des expériences que les autres pourront avoir faites.
- La Compagnie Générale est autorisée par licence spéciale à exploiter exclusivement le moteur Lun-dell pour automobiles'; celles-ci, au nombre de cent, doivent être expérimentées pendant un an pour le service des voitures de place, et si ces essais réussissent, 2000 fiacres électriques seront construits pour 1900.
- Le moteur Lundell est d'une puissance de 3,5 chevaux, il comporte deux induits; la variation de vitesse est obtenue en agissant sur le champ magnétique et aussi sur les induits que l’on peut mettre, soit en tension, soit en parallèle. Le pcÿds total du véhicule est de 1 600' kg ; la charge des accumulateurs permet 80 km.
- La fabrication et la vente de carbure de calcium à la fin de 1897. — Sous ce titre, la Revue industrielle du 26 mars nous fournit quelques renseignements sur l'état de l'industrie du carbure de calcium à la fin de l'année dernière.
- L’usine de Neuhausen (Suisse) a fourni, en 1897. 60 tonnes de carbure aux chemins de fer allemands pour Y enrichissement de leur gaz d'huile et pour l’éclairage de leurs stations, magasins, etc. Elle vend le carbure, donnant de 300 à 320 litres d’acétylène, aux prix de : 0,60 fr le kg pour les commandes de 1 à 1000 kg; 0,50 pour celles de 1 à 5 tonnes; 0,45 pour les commandes plus fortes; ces prix s’appliquent au carbure pris à l’usine, non emballé.
- L’usine de Bitterfeld (Allemagne) livre le carbure aux prix de 0,66, 0,50 et 0,46 fr. le kg suivant l'importance de la commande.
- En Angleterre le prix moyen de la tonne de 1015 kg est de 400 fr.
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- Aux États-Unis, il y a 6 usines de fabrication du carbure de calcium, dont la plus importante est celle de Niagara Falls. qui peut produire jusqu'à io tonnes par jour ; elles ont produit i 744 tonnes de carbure pendant l'année qui vient de s'écouler.
- Au Canada, il n'y a qu’une seule usine, celle de Saint-Catharino, dont la production a atteint s43 tonnes en 1897.
- — Union Elektricitæts-Gescllscliaft. — L Union Elektricitæts - Gesellschaft a fait paraître pour 1897-1898 un catalogue illustré relatif à la traction par l'électricité. Ce volume, qui a près de deux cents pages, est illustré avec un luxe et un goût remarquables.
- La première partie comprend spécialement la description de l'appareillage pour la traction électrique, système Thomson-Houston. C'est en effet l'U.E.G. qui a introduit ce système en Europe; les premiers essais eurent lieu à Brème en 1890. En feuilletant le catalogue on remarque d'abord une comparaison entre la traction par chevaux et la traction par l’électricité dans un certain nombre de villes allemandes, puis une description avec vues photographiques de l'installation des mâts et des fils conducteurs aériens et de l’éclissage des rails ; la pose des conducteurs souterrains ; quelques indications sur la traction par accumulateurs.
- Viennent ensuite la description d'une station centrale avec ses dynamos, les tableaux de distribution, etc., les wagons moteurs : caisse, châssis, appareil de contact, protecteur; les moteurs, les contrôleurs et les différents freins employés habituellement.
- La deuxième partie s’occupe de la description des principales installations de chemins de fer et de tramways électriques : Brême, Hambourg, Bruxelles, etc.
- Le volume, avec ses nombreuses illustrations, contient nombre de renseignements intéressants et fait honneur à la Société qui a fait éditer un tél catalogue.
- Les chemins de fer aux États-Unis. - - Voici, d'après le rapport officiel, quelques chiffres intéressants relatifs aux chemins de fer américains au 30 juin 1897.
- La longueur des voies exploitées est de 294087 km, soit 3410 km de plus qu’au 30 juin 1896; en y comprenant toutes les voies accessoires, on obtient une longueur totale de 386368 km. Le capital engagé atteint le chiffre énorme de 52 834328 85 >7 fr, soit près de 53 milliards de francs, ce qui représente une dépense d’environ 180000 fr par km. Les dividendes payés ont atteint le chiffre de 438 016 855fr, représentantun intérêtde^,6ap. 100 en moyenne sur les actions portant un dividende.
- Le nombre de voyageurs transportés a été de 511772737, en augmentation de 4351375 sur 1896. Le poids total des marchandises transportées a été de 695429378 tonnés métriques; c est le chiffre le plus élevé qui ait encore été atteint.
- Pour effectuer ce service 35950 locomotives ont été employées et 1 297 649 wagons à voyageurs ou à marchandises.
- Le nombre d'employés est au total de 826 620 pour lesquels 2 334 122 655 fr d'appointements ont été payés. (Il y a 31792 employés de bureau, 243 627 ouvriers pour la réparation et l’entretien des voies et des bâtiments, 167 850 chauffeurs, mécaniciens ou autres employés sur les trains, et 372 747 employés ou ouvriers pour les autres ser-
- ' Enfin, voici la statistique des accidents : Employés. . . . 1861 morts. 29969 blessés.
- Voyageurs. ... 181 » 2873 »
- Autres ... . 4406 » S 845 »
- Le Métropolitain de Vienne. — La capitale autrichienne va posséder son métropolitain. Les études auxquelles a donné lieu cette question n'auront pas été moins longues qu’à Paris, car le premier projet remonte à 1867. Pourtant l’accord est fait et les travaux sont commencés.
- Diverses questions étaient liées à celle du métropolitain : l’exécution d’un collecteur sous le Danube, la transformation du canal du Danube en un port, la régularisation de la Wien ; les dépenses étant à la charge commune de l’Etat, de la Ville et de la province de la Basse-Autriche.
- Le métropolitain a été établi à voie normale et doit assurer, en même temps que le trafic urbain, les relations avec la grande banlieue et les stations estivales. Il répond également à des nécessités stratégiques et assurera pendant la nuit le service d’approvisionnement.
- Les lignes principales, raccordées aux grandes lignes, devront être complétées par des lignes dites locales et par des lignes dites radiales, à traction électrique, qui sillonneront l’intérieur de la ville.
- Les lignes principales seront établies en viaduc et sous chaussée, suivant les circonstances locales. Les travaux devront être terminés en 1900, et sont estimés au coût de 175 millions de francs.
- Les wagons de cette nouvelle ligne seront d’un mode spécial, à couloir, avec portes aux extré-
- Les transports en commun à Paris. — Avec dix pfennigs, c'est-à-dire avec une pièce qui est l'équivalente de notre pièce de dix centimes, on peut faire à Hambourg, 7 et 8 kilomètres.
- « Je ne connais pas, ajoute M. Bos, de ville', d'ailleurs, où les transports soient mieux organisés
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- du 9
- rii 1898
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- qu’à Hambourg. Ils sont tous à dix pfennigs et jamais — c'est ainsi que je comprends les transports en commun — le voyageur n'attend. Les tramways sont élégants, confortables, électriques.
- Il y en a dans toutes les rues. Ce sont des voitures à trôlet aérien, — ce qui, je l’avoue, n'est pas très beau, mais est admirablement commode. Aux croisements des rues, ils arrivent de tous les côtés, par huit, dix à la fois, et ils se suivent à s,o mètres. Pour six sous, c'est-à-dire avec trois tramways, vous faites le tour de la ville, et c’est grand une ville d’un million d’habitants, bâtie dans une plaine,ne possédant pas d’enceinte fortifiée.
- « Chaque voiture motrice remorque une seconde voiture réservée aux fumeurs. La nuit, les tramways sont éclairés à la lumière électrique. Dans le coin le plus éloigné, on peut lire son journal comme si l’on était dans son bureau. Tout cela a de quoi étonner un Parisien, qui est bien obligé de constater que scs compatriotes sont bernés par une compagnie puissante, laquelle s'enrichit sans remplir les obligations de son contrat. »
- Nous pouvons espérer que bientôt Paris possédera de nombreuses lignes de tramways'électriques non moins rapides et non moins confortables que ceux de Hambourg.
- Lorsque nous aurons eu la satisfaction de voir circuler à Paris, et dans toutes les directions, des tramways à dix centimes, qui seront moins encombrants et plus commodes que les monstrueux véhicules de la Compagnie des Omnibus, il faudra bien que celle-ci se décide à réformer son matériel ou à demander la résiliation de son contrat.
- Avec ses voitures à traction animale, Paris doit faire aux étrangers l’effet d’une ville moderne dans laquelle on a conservé les usages des temps préhistoriques.
- La ville de Troyes et la Compagnie du Gaz. — La ville de Troyes a, par traité du 20 janvier 1860, concédé à la Compagnie lyonnaise du gaz le droit exclusif d’établir et de conserver sous les voies publiques, pendant cinquante années, des tuyaux pour la distribution du gaz d'éclairage et de chauffage. D’après l'article 2, la ville ne peut se laisser éclairer au gaz par aucune autre Compagnie, mais l'éclairage au gaz est facultatif, et la ville a le droit des’éclairerà l’huile ouautrement et par qui il lui plaira.
- Ces textes sont d’une clarté parfaite, et il ne semble pas, dit VÉlectricien, qu'il puisse venir à l'idée de la Compagnie du gaz de prétendre s'opposer à l’introduction à Troyes de l’éclairage électrique. Le traité est formel', la concession s'étend seulement au gaz ; de plus encore, la ville s’était réservé la faculté de réclamer eventuellement à la Compagnie un mode d’éclairage autre
- que Le gaz; ceci constitue une charge pour la Compagnie et non un droit.
- 11 y a huit ans, le maire autorisa l’installation de canalisations électriques, et depuis tout ce laps de temps la Compagnie n’avait pas fait la moindre oppostion , lorsque encouragée par la jurisprudence du Conseil d'État, elle s’est décidée à demander une expertise pour déterminer le préjudice qui lui a été causé.
- Le Conseil de préfecture a rejeté la réclamation de la Compagnie du gaz. 11 est probable que, comme tant d'autres, cette affaire reviendra devant le Conseil d’Etat.
- Traction électrique. — Alexandrie. — La Société des tramways d’Alexandrie a proposé à la municipalité l’extension du réseau en même temps que l’application de la traction électrique.
- A Alexandrie, le cœur de la ville européenne est la place des Consuls, et celui de la ville indigène, le marché Popolani, et ces deux endroits sont situés à quelques centaines de mètres l’un de l’autre, formant ainsi le centre delà ville, qui présente la configuration d’un demi-cercle. La Compagnie a proposé un réseau en étoile, partant précisément du centre et se dirigeant directement vers la périphérie; en outre, une ligne en demi-cercle doit couper toutes les autres au milieu de Leur longueur.
- La Compagnie du chemin de fer de Ramleh demande la concession de la ligne qui part de la gare de Ramleh, en offrant de payer la même redevance kilométrique que la Société des tramways, et cela sans augmenter le prix du transport pour les voyageurs du chemin de fer qui pourraient être ainsi transportés jusqu’au centre.
- Mais le directeur général de la municipalité croit que l'avantage proposé ne serait pas compensé pour le public par l’ennui d'être assujetti aux tarifs des deux compagnies pour se rendre sur d’autres points de la ville; de plus la ligne en question est une des plus productives, et par suite, il 11e semble pas juste de l’enlever à la Société des tramways comme compensation des lignes peu productives ; il reste un moyen terme, c'est de. mettre la ligne de Ramleh en adjudication.
- — Algérie. — Nous avons annoncé déjà que la ville de Constantine allait être dotée de tramways électriques (Supplément, t. XIV, p. v).
- Moyennant la rétrocession pour une durée de 75 ans de la concession des chutes du Rhumel et d’une certaine surface de terrains de l'ancienne poudrerie, le concessionnaire, M. Grammont, qui exploite déjà en France plusieurs lignes de tramways, s’est engagé à construire et à exploiter le réseau de tramways tel qu'il a été imposé par le Conseil. 11 paiera à la commune, pendant les cinq
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- premières années de son exploitation, une redevance annuelle de ioo fr, et, après ce laps de temps, la ville aura droità une participation qui sera fixée suivant le chiffre des affaires.
- Sur le terrain cédé par la commune, le concessionnaire fera construire, à ses frais, une usine qui contiendra un important matériel et qui, après l'expiration de la concession, deviendra la propriété de la ville.
- Le cautionnement à verser par le concessionnaire est fixé à 9 ooo fr.
- A Oran, on fait toute diligence pour activer la conclusion des formalités nécessaires à rétablissement des tramways électriques.
- Le concessionnaire, M. Fayes, a terminé l'acquisition du matériel d'exploitation et commence l’installation de l'usine génératrice pour la production de force électrique.
- — Baie. — Les comptes rendus de la Société des chemins de fer locaux d'Autriche publient une étude sur l’extension des réseaux de tramways électriques de Bâle.
- La première ligne, reliant Badischer-Bahnhof et Schweizerische Central-Bahn, a été inaugurée en mai 1895, elle a une longueur de 2 777 m.
- La longueur totale du nouveau réseau est de 11 494 m, les tramways sont à trôlets en aluminium. L’usure des trôlets correspond à une durée de 20000 km-voiture. La ligne, soigneusement isolée, a une résistance d'un megohm par kilomètre.
- Le prix de revient par voiture-kilomètre ne dépasse pas 3,3 cm.
- — Bourg-lii-Reine. — Nous extrayons d'un ar. ticle signé Barth dans la Revue des Transports parisiens les renseignements suivants relatifs à l'établissement de la traction électrique avec fil aérien sur le chemin de fer sur route de Paris à Arpajon, dans la section comprise entre la porte d'Orléans et Antony (Voir Supplément, t. XIV,
- p. XLIX).
- La Compagnie d’Arpajon, dont tous les trains empruntent la Grand’rue de Bourg-la-Reine, or-•ganise, l’été, environ douze trains pour Antony et dix pour Arpajon. Déplus, circulent la nuit, un ou quatre trains de marchandises selon les be-
- Tous ces convois sont remorqués par des locomotives à vapeur, dont on reconnaît les inconvénients.
- Alors que le service d’Arpajon est plus que suffisant, celui d’Antony ne l’est pas, les dimanches
- Pour y remédier, la Compagnie eut l'idée de substituer la traction électrique à la traction à vapeur sur la section Paris-Antony seulement,
- mais les habitants de Bourg-la-Reine exigent la suppression complète des locomotives, pour tous les trains indistinctement.
- A cela, la Compagnie objecte qu'il ne lui est pas possible d’engager une aussi forte dépense, eu égard au faible trafic de la section Antony-Arpajon ; que, de plus,la ligne a un développement de 35 km, et qu’à l’heure actuelle il n'existe pas, en France, de ligne de cette longueur exploitée électriquement.
- La Compagnie ne peut donc que borner la transformation de sa ligne aux trains de voyageurs ne dépassant pas Antony, quitte à compléter plus tard cette amélioration en l’étendant à tous ses trains, indistinctement.
- Ecoutons la partie adverse.
- Les habitants de Bourg-la-Reine sont d'avis qu’il y a danger à installer un fil conducteur de courant dans une rue (de 8 m de largeur sur 250 m de long) bordée de trottoirs ayant 60 centim seulement de large ; que, de plus, cette voie est parcourue deux fois par semaine par de hautes voi tures chargées de fourrages se rendant au marché de la porte de Montrouge.
- Il va évidemment là une situation défavorable, et il appartient à l'État de rectifier l'alignement de cette rue classée comme route nationale (n° 20) ; quant aux voitures fourragères, elles se trouveront, du jour où la traction électrique sera un fait accompli, dans l’obligation de modifier leur itinéraire. Même objection a été soulevée à Châte-nay, lors du projet d'établissement du tramway électrique de cette commune, par les horticulteurs pépiniéristes qui ont souvent à livrer à la ville de Paris des arbres vivants qu’ils transportent tout plantés dans les chariots ad hoc bien connus des Parisiens.
- Leur intérêt particulier a dû céder le pas à l'intérêt général, et il fut passe outre à leur oppo sition.
- Les protestataires prévoient également le tort que leur causera le passage de trains électriques se succédant tous les quarts d'heure, et qui, joint à celui des trains à vapeur, fera un passage moyen d'un train toutes les cinq minutes, soit dans un sens, soit dans l’autre, effrayant piétons et voituriers et causant ainsi un préjudice à la commune ; l’établissement de ce tramway a, paraît-il,favorisé l’exode des Parisiens au delà d’Antony, et nuit ainsi à Bourg-la-Reine. Cette situation ne ferait donc que s'aggraver.
- Il eût fallu dans ce cas protester contre l'établissement du tramway dès qu'il fut question de le construire.
- Les habitants de Bourg-la-Reine ont tort de dire tout ou rien, puisque la traction électrique doit atténuer les'inconvénients de la traction à vapeur ; il vaut mieux diminuer le mal que le laisser-
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- ment à L'Éclairage Électrique du 9 avril 1898
- De plus, la Compagnie qui emploiera à la fois des locomotives, des machines à air comprimé et des automobiles électriques, avec tout le matériel fixe inhérent à chaque mode de locomotion : chaudières, dynamos, pompe de compression, accumulateurs d’air comprimé, en définitive un matériel coûteux tant pour son installation que pour son entretien, fera tous ses efforts pour unifier son système de traction, et le rêve des habitants de Bourg-la-Reine de voir disparaître complètement Ja vapeur, sera réalisé.
- — Clermont-Ferrand. — Le réseau est destiné au transport des voyageurs et des bagages entre Montferrand et Royat avec embranchement vers la gare du chemin de fer à Clermont-Ferrand. C’est la première installation électrique en France; la concession date en effet du 19 septembre 1887.
- Clermont-Ferrand, chef-lieu du Puy-de-Dôme, siège du 13e corps d’armée, est une grande ville dé 50 870 habitants, bien située sur une éminence qui borne à l’est un vaste et fertile bassin en hémicycle formé par la chaîne des monts Dôme.
- L’aspect général de la ville ne répond malheureusement pas à son joli site; les rues'sont étroites et les maisons bâties en lave leur donnent un aspect assez triste.
- En dehors de son commerce immémorial de fruits confits et de pâtes alimentaires, Clermont possède trois grandes fabriques de caoutchouc, des distilleries, une importante manufacture de vêtements confectionnés, etc., etc.
- La Compagnie de tramways, d'abord sous la raison sociale J. Claret et Cic. s'est transformée en société anonyme le 18 mars 1893. Le capital initial de 1 400 000fr. a été porté à 1 750000. La concession expire le 27 janvier 1938. La longueur du réseau est de 9 km.
- Les dividendes ont été de 25 fr de 1893 à 1895 et de 22 50 en 1896.
- Il y a là en quelque sorte une exploitation en partie double : tramways urbains et ligne desservant la ville d'eaux de Royat: d’où des écarts très brusques dans les recettes : c’est ainsi que la recette Je 5 500 fr en avril saute à 11000 et 12 000 fr pour juillet et août.
- — ï.j’oh. — Voir Supplément, t. XIV, p. xli, et xcii. La ville de Lyon doit mettre en adjudication six nouvelles lignes projetées sur la rive gauche du Rhône. Ces lignes sont destinées à remédier à l’absence de tout moyen de transport le long des quais du Rhône et dans les voies sillonnant du nord au sud la vaste agglomération située entre l'avenue de Saxe et les boulevards de la Part-Dieu et des FTirondelles. Remarquons à ce propos que la ville de Lyon compte inaugurer, à l'occasion de ces entreprises, un nouveau procédé administratif. Les concessions seront délivrées,
- par voie d’adjudication, à celui qui offrira à la Ville non pas le meilleur prix, mais le tant pour cent le plus élevé sur les recettes brutes. Ce système, qui a l'avantage d’écarter toutes les compétitions dans l’obtention des concessions, peut avoir cependant des inconvénients si la Ville se trouve en présence d'un adjudicataire peu capable de tenir ses engagements.
- La Compagnie Lyonnaise des tramways ctudie actuellement la transformation électrique de son réseau de Perrache-Tête-d’Or; d’autre part, elle va terminer, en 1898, l'installation de nouvelles lignes se dirigeant de la place des Cordeliers vers Villeurbane et Casset.
- Le funiculaire de Lyon à Saint-Just a donné 30 8905 fr de recettes, soit une diminution de 7 403 fr. Dans les comptes de la Société, cette moins-value se trouve atténuée par une augmentation de près de 5 000 fr dans les recettes du chemin de fer de Lyon-Vaugneray-Mornant.
- La Compagnie .1 commencé les travaux de la transformation électrique de son réseau, et notamment l’installation de son usine génératrice. Elle procède également à l’établissement de son nouveau funiculaire de Saint-Jean à Fourvière ; mais vu l'importance du travail à effectuer, il ne faut pas compter sur son achèvement avant 1899. C'est à peu près dans les mêmes délais que sera terminé le funiculaire de Saint-Paul-Fourvière-I.oyasse, pour lequel les formalités d’expropriation viennent 4’être heureusement terminées.
- — Marseille [Bouches-du-Rhône). — La question des tramways électriques et des nouveaux réseaux, après des atermoiements sans cesse renouvelés, est aujourd’hui définitivement résolue à la grande satisfaction du public. (Voir Supplément, t. XIII.) La convention et le cahier des charges qui lient ia ville et la compagnie concessionnaire ont en effet été signés, et déjà l’administration des tramways s'est mise en mouvement afin de donner à la population, dans le délai le plus rapproché possible, les satisfactions et les commodités qu'elle est en droit d'attendre de ses nouveaux
- La transformation du réseau actuel des tramways estune œuvre colossale, dont la dépense approximative est évaluée à 15 millions de francs, et elle constitue pour la main-d’œuvre locale et l’industrie française une source de revenus importants. Du reste, on s’en rendra plus aisément 1111 compte exact par les indications suivantes:
- La longueur des voies du réseau actuel, qui est de 112 km. sera augmentée de 48 km par le réseau projeté, d'où un total de 160 km de voies.
- Ces voies, destinées désormais à un nouveaugenre de circulation, vont être forcément remaniées ; cependant les voies actuelles seront encore utilisées
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- Supplèr
- sur certains points peu exposés au charroi, le Prado, par exemple, sous le bénéfice d’une réfection à laquelle on a déjà mis la main. Mais, sur les chaussées sujettes à un fort trafic, les rails actuels seront changés et remplacés par des rails plus robustes pesant 53 kg par mètre courant. Sur les nouvelles voies de banlieue, les rails employés seront d'un type intermédiaire, du poids de 38 kg par mètre courant. Le prix moyen des rails est de 24 fr le mètre courant.
- Cette masse énorme d’acier constituant le bloc desrailsà employer nepèsera pas moins de 15 millions de kg. Ces rails seront exclusivement de production française et fabriqués par les aciéries de France, à Isbergues (Pas-de-Calais).
- Mais les rails ne sont pas le seul élément constitutif des voies, il y a aussi le pavage, dont le soin incombe à la compagnie des tramways. Or, rien que pour le pavage neuf, il n’y a pas moins de 125000 m carrés à couvrir pour lesquels 2500000 pavés seront nécessaires, à raison de 20 pavés par mètre carré. Ces pavés sont fournis par les carrières de La Ciotat et de Saint-Raphaël.
- Si l’on considère que le prix du mètre carré de pavage revient à 10 fr, la dépense totale s’élèvera à 2 millions, non compris les travaux pour la réfection du pavage des voies actuelles qui équivalent à un chiffre aussi important. La main-d’œuvre est essentiellement locale.
- Pour l'alimentation générale de ce réseau, la Compagnie construira une usine centrale de production d’énergie. Cette usine comprendra les chaudières et machines nécessaires à la production de 6 000 chevaux de force qui seront portés à 8 000 au fur et à mesure de la mise en service des nouvelles lignes.
- Une grosse question, à part celle des voies de circulation et de la production de l’énergie électrique, est celle qui se rapporte aux câbles et aux fils conducteurs.
- Les câbles d’alimentation dessous-stations représenteront une longueur de 35 km environ ; ils seront installés en souterrain. Les câbles de distribution des sous-stations aux lignes, d’un prix à peu près égal, seront également souterrains, sauf dans la banlieue. Les seuls fils aériens seront donc les fils de contact sous lesquels circulent les voitures. Ces fils seront soutenus par des poteaux ornementés au centre de la ville, et sur les autres voies leur suspension se fera, autant que possible, au moyen de consoles, de façon à éviter l’aspect disgracieux des fils tendeurs transversaux.
- La vitesse normale de ces voitures sera naturellement subordonnée aux quarliersparcourus ; toutefois, elle est limitée à 20 km par le cahier des charges.
- Mais ce n’est guère que dans un délai de dix-huit mois que le réseau d'ensemble fonctionnera.
- Le parcours moyen de l’ensemble des voitures atteindra alors de 30000 à 40000 km par jour.
- La Compagnie conservera son personnel en faisant des wattmans de ses cochers.
- Il y a là un véritable monopole accordé par la Ville à la Compagnie des tramways. Mais la Ville eu a évité tous les inconvénients en se réservant la faculté d’achat du réseau entier. Cette faculté, qui pourra s’exercer dès le jour de la mise en exploitation, sera comme une arme perpétuelle entre les mains des municipalités pour obtenir de la Compagnie toutes les concessions que les progrès de la science rendraient exigibles.
- — Montpellier. (Voir Supplément, t. XIV, p. xlvii.)
- : — La Compagnie des tramways a livré à l’exploitation au commencement de février, la ligne qui fait le tour de la ville. Les départs ont lieu toutes les 7 minutes 30 secondes, tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre, entre 7 h. du matin et 8 h. 52 du soir.
- Le 15 mars, a été livrée également, la ligne qui va -du Peyrou à l'octroi de Toulouse. Un départa lieu de chaque point terminus toutes les dix minutes, entre 7 h. du matin et 9. h. du soir.
- L’administration installe un filet métallique, imposé par l’administration des Postes et Télégraphes, le long du boulevard Bonne-Nouvelle.
- — Montreux. — Le tramway électrique Vevey-Montreux-Chillon a transporté en janvier 113 190 personnes et a fait une recette de 18 291 francs.
- C’èsl une augmentapon de 13 571 voyageurs et de 1 576 francs sur janvier 1897.
- — l»aris. —Depuis assez longtemps déjà, il est question de substituer la traction mécanique à la traction animale sur un certain nombre des lignes de tramways exploitées par la Compagnie des Omnibus de Paris. Sur plusieurs de ces lignes, très fréquentées, on voudrait arriver à faire circuler de petits trains, composés de deux ou trois voitures, à certaines heures de la journée pendant lesquelles les voitures isolées sont insuffisantes pour assurer un service répondant aux besoins de la population parisienne.
- Pour réaliser un programme complet, la Compagnie des Omnibus de Paris estime qu’il lui faudrait faire une dépense de 40 millions; mais cette somme ne pourrait pas être amortie d’ici à la fin de la concession, qui expire en 1910. Dans ces conditions, la Compagnie a décidé de s’en tenir à un programme réduit, qui exigera néanmoins une dépense de 25 millions, somme que la Compagnie pourra amortir pendantles douze années de concession qui restent encore à courir, en admettant qu’elle ne puisse s'entendre avec la Ville pour une prolongation.
- La réalisation de ce programme comporte l’éta-
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- blissement, aux frais de la Compagnie, de l'a traction mécanique sur une première catégorie de 15 lignes de tramways, choisies de façon que les dépenses ne dépassent pas 25 millions. La Compagnie se procurerait cette somme par la voie d'un emprunt, qui serait amorti par elle d’ici à 1910.
- De plus, la Compagnie offre d'appliquer la traction mécanique à une seconde categorie de 10 lignes, mais à la condition que la Ville de Paris prenue à sa charge, à partir de 1910, l'amortissement de l'emprunt de 15 millions nécessaire pour cette opération.
- Dans le cas où cette combinaison serait adoptée par la Ville, la Compagnie s'engagerait:
- i° A établir la traction mécanique sur l'ensemble de son réseau de tramways ;
- 20 A créer 5 lignes d’omnibus et 14 de tramways ;
- }° A abandonnera la Ville les deux tiers des bénéfices excédant le revenu nécessaire pour la distribution d’un dividende de 70 fr par action ;
- 4U A réduire à 20 centimes le prix des places d'intérieur, à condition de supprimer la correspondance.
- Le mode de traction adopté serait la traction électrique par accumulateurs. La Compagnie des Omnibus est déjà entrée en négociations avec des compagnies parisiennes d’électricité, notamment avec la Compagnie Electrique du secteur de la rive gauche.
- Pour la réalisation de la première partie du programme des Omnibus, la Compagnie du secteur de la rive gauche aurait à fournir l'électricité nécessaire pour l'exploitation, du tramway de Montrouge à la gare de l’Est, qui est, croyons-nous, la ligne de tramway la plus chargée du réseau des Omnibus, et du tramway de Vaugirard à la gare du Nord.
- Éclairage électrique. — Melun. — Bon nombre de villes ont perdu devant le Conseil d’Etat les procès que leur intentaient les Compagnies du gaz après les avoir gagnés devant les conseils de préfecture.
- Melun est dans ce cas, mais l'affaire sembles’ar-ranger par suite d'un accord conclu entre les directeurs des usines à gaz et d'électricité pour former une société unique assurant le chauffage et l’éclairage delà ville.
- Le directeur de la compagnie du gaz renonce à
- tout recours contre la ville au sujet du procès qu’il a gagné devant le Conseil d’Etat, et la concession est prorogée de dix ans, ce qui lui fait une durée de trente-cinq ans. Le prix du gaz sera de 20 cm au plus le ms pour les particuliers et de 15 cm pour les services de la ville.
- Le texte desconventions est arèté par la commission municipale.
- — Wattrelos. — Nos lecteurs savent qu'un concours avait été ouvert du 20 octobre au 19 novembre pour l’éclairage public par l’électricité (Supplément, t.XIII, p.Lvm). Le conseil municipal après avoir entendu la commission d'éclairage a déclaré adjudicataire la Société internationale d’électricité de Paris. Par arrêté du 10 décembre 1897, le préfet du Nord a approuvé les délibéra-
- Le cahier des charges imposait un système de distribution par courants triphasés, afin de permettre au besoin de distribuer l’éclairage et la force motrice aux particuliers.
- L’installation doit compter 800 lampes de 16 bougies sur 35 km de réseau. L’usine comprend deux machines à vapeur de 105 chevaux actionnant directement deux alternateurs de 80 kilowatts chacun. L’entreprise est faite à forfait pour 200 000 fr.
- Les travaux marchent à souhait, la maçonnerie est fort avancée et l’on a déjà commencé à planter les mâts. Ceux-ci ont été grillés et goudronnés à leur base, ils mesurent 12 mètres de long et sont enfoncés de 1,80 m en terre.
- Il est probable que l’installation sera terminée
- Adjudications, offres et demandes. — n jdhniii»e«i. — Construction et exploitation d’une station centrale. (Voir Supplément du 2 avril.)
- — Ocano (Espagne). — La municipalité demande des soumissions pour la fourniture de l'éclairage électrique et celle de l’eau potable pendant une période de vingt ans. Un certain nombre de lampes, d’une intensité de 4000 bougies, est déjà souscrit. S'adresser, avant le 19 courant à El secre-tario del Ayuntamiento de Ocano, province de Tolède, Espagne.
- — YiiiavH-iosa (Espagne). — Éclairage électrique. (Voir Supplément du 2 avril.)
- BREVETS D’INVENTION
- Liste communiquée par l'Office E. Barrault, 58 bis, rue de la Chaussée-déAntin, Paris 753. Société les frères Suchy. 28 octobre 1807. — Treuil 271 788. O’Keenan. 30 octobre 1897. CompU 1897. — Dispositif per. de services des téléphones
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- ml 1898
- ATII
- Supplément à L'Ëclaircn/e Électrique du 10 av
- NOUVELLES
- Société internationale des électriciens. Dans l’assemblée générale annuelle du 6 avril, il a été procédé au renouvellement partiel du bureau et du comité d'administration.
- Ont été. élus. :
- Président pour l'exercice 1899-1900 : M. J.Violle, membre de l’Institut.
- Vice-présidents pour les exercices 1898-1901 : MM, Clérac (H.), directeur-ingénieur des télégraphes ; Monnier (D.), professeur d’électricité industrielle à l'Écolé centrale des Arts et Manufactures.
- Secrétaires pour les exercices 1898-1901 : MM. Abraham (H.), professeur au lycée Louis-le-Grand; Gkossklin (M.), ingénieur civil des mines.
- Trésorier : M.- Violet (L), ingénieur,, directeur de la maison J. Carpentier.
- Membres du comité pour les exercices 1898-1901 : MM. Blondel (A), ingénieur des ponts et chaussées attaché au service central des phares;
- Blondir (J.), directeur scientilique du journal VEclairage Electrique;
- Boucherot (P.), ingénieur conseil;
- Chaumat (H.), chef de travaux à l’école supérieure d'électricité;.
- Desroziers. (E..), ingénieur-électricien;
- Ebel (G,), directeur de la Compagnie d’éclairage électrique du secteur des Champs-Elysées;
- Gaiffe (G.), ingénieur-électricien'; ;
- Gauthier-Villars (Albert), imprimeur-éditeur;
- Guillaume (Ch.-Ed.), attaché au bureau despoids et mesures;
- Krebs (commandant) ;
- Laporte (Frédéric), chef de travaux au laboratoire. central d’électricité ;
- Larnaude (A.), 'ingéhieur des Arts et Manufactures-;
- Margaine (G.), directeur de la Compagnie des accumulateurs Blot ;
- Poincaré (L.), chargé de cours à la Faculté des sciences de Paris;
- Radiguet, constructeur-électricien ;
- Rômilly (de), ancien président de la Société française-de physique;
- Sautter (G.), ingénieur-constructeur;
- Vûisenat (J.), ingénieur des télégraphes.
- Membres de la commission des comptes ;
- Armengaud jeune, ingénieur civil ;
- Berton (A.), administrateur de la Société industrielle des téléphones;
- Masson (G.), éditeur.
- Le bureau de la Société pour l’exercice -1898-1899 se trouve des lors composé de la façon suivante :
- Président : Picou (R. V.).
- Vice-Présidents : Nerville (Ferdinand de) ; Pellat (Henri); Hillairet(A.) ; Pollard(Julcs); Glérac(J.); Monnier (D).
- ‘secrétaire général : Gosselin (X.). •
- Secrétaires : Brunswick (E.); Laffarguë (J.)-; Alliamet (M.); Loppé-(l'.); Abraham (H,) ; Gros-selin (M.). • •
- Trésorier: Violet (Léon).
- Membres du comité : MM. Baudot (Emile); Bernheim (Ed.); Brillié (Lucien); Cance (Alexis); Curie (Pierre) ; Dujardin (P. J. R.) ; Fayot (Louis); Hospitalier (Edouard); Miet (Maurice); Minet (Adolphe); Monmerqué (A.); Montpellier (J.); Raffard (N. J.) ; Richard (Gustave) ; Vaschy (A.).
- Ârnoux (R.); Bochet (A.),; Bonfantc (E.); Bonneau (H.); Bovct (A. de); Branly (Ed.) ; Claude (G.); Dareq (E) ; Javaux (E.); Leblanc (Maurice); Le Châtelier; Pellissier (G.); Rechniewski (W,); Vuilleuniqr (A.); Walckenaer (Ch.).
- Plus les dix-huit membres élus dans la dernière 'séance.' ;
- Secrétaire du comité : Sabourain (J . A.).
- Concours de voitures de place automobiles. — L’Automobile Club de France a organisé un concours international entre les véhicules à moteurs mécaniques établis en vue du service de place dans les villes. Ce concours aura lieu à Paris-du
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- XVIII
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- à L'Éclairage Êleclriq
- iar au 12 juin prochain. Il portera : a) Sur le prix de revient de la journée d’un fiacre automobile en service usuel dans Paris, accomplissant un parcours varié de 60 km au minimum dans une durée de seize heures, — pour faciliter l’exécution de l’épreuve, les 60 km seront accomplis d’une seule traite ; à la consommation faite pendant ce trajet, on ajoutera la consommation faite au dépôt pendant la durée complémentaire delà journée; — b) Sur le confort et la maniabilité de la voiture ; — c) Sur la fréquence du ravitaillement, l'importance et la facilité des réparations.
- Tous les véhicules munis d’un moteur mécanique, quel qu'en soit le système, seront admis au concours; ils seront classés en trois groupes suivant que le nombre de places sera 2, 4 ou 6. Le groupe des voitures à deux places comprendra trois catégories; les voitures fermées, celles découvertes avec capote, les voitures mixtes pouvant se fermer ou se découvrir instantanément. Les voitures à quatre places seront divisées en deux groupes suivant qu’elles seront fermées avec galerie pour bagages ou découvertes avec capote.
- Pour chaque véhicule engagé il sera payé une entrée de 200 fr jusqu'au 30 avril et une entrée double à partir de cette date. La liste des engagements sera close le 20 mai à minuit.
- L’épreuve se composera d’un service de douze jours consécutifs avec douze itinéraires différents. La vitesse de devra pas dépasser 20 km ; h dans
- Paris; sur certaines rampes la vitesse atteinte sera chronométrée.
- En ce qui concerne les voitures électriques, la recharge des accumulateurs se fera sous la surveillance des agents du contrôle, mais sous la responsabilité du représentant du concurrent, qui devra y assister. Le courant sera fourni soit au moyen d’une installation spéciale, soit par le secteur le plus proche. La quantité d’énergie emmagasinée à chaque recharge et la durée de cette opération seront évaluées. Le secteur de la place Clichy ayant offert l’énergie au prix de 0,30 fr le kilowat-heure de minuit à 5 heures du soir, c’est d’après ce prix que sera calculé le coût de la recharge, de quelque façon que cette recharge soit effectuée pendant la durée du concours.
- Ajoutons qu’une vingtaine de voitures sont déjà inscrites, parmi lesquelles trois voitures électriques Krieger.
- L’exposition de Rochefort (1898). — Cette exposition, qui est internationale et coloniale, se tiendra de juin à octobre prochain; son inauguration officielle est fixée au 29 mai.
- Les bâtiments s’élèvent rapidement; le dôme central, de 25 m de hauteur, est complètement édifié; deux galeries supplémentaires ont dû être prévues.
- Les demandes doivent être adressées à l’Administrateur, mairie de Rochefort.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES
- Théorie.
- Théorie électro-magnétique ; Oliver Heaviside (El, p. 726, 26 mars).
- Extension de la théorie électromagnétique de la lumière de Maxwell comprenant la dispersion, la réflexion métallique et autres phénomènes connexes ; Ëdwin Edsek (El, p. 791,
- Suc une hypothèse électrique relative aux systèmes solaire et planétaire et sur quelques phénomènes corrélatifs ; Delta (E II, p. 460 et 491, l"r et 8 avril).
- Sur les discontinuités relatives à la propagation dos ondes le long d'un lii chargé périodiquement ; Charles Godkkky (PM, p. 350, avril).
- La théorie des courants alternatifs ; W.-C. Rhodes (El, p. 729, 26 mars).
- De l'équilibre thermique dans lclectrolvse ; D. Tommasi (1 E G, p. 17, mars).
- Théories du ferromagnétisme (El. p. 794, 8 avril).
- Coefficients de température des aimants (El, p. 728, 25 mars).
- Influence de la longueur des aimants sur l’intensité moyenne d’aimantation ; P. Morin (J P, p. 216, avril).
- Utilisation des actions magnétiques pour la transformation directe de la chaleur en travail mécanique (E R, p. 463, 1er avril).
- L’influcncc de la tension et de 3a qualité du métal sur los changements de longueur produits par l'aimantation dans les fils de fer (E R, p. 129, Dr avril).
- Recherches sur les aciers au nickel ; Ch.-E. Guillaume (B S E, p. 260, mars).
- Propriétés magnétiques des aciers au nickel ; E. Dumont (B S E, p. 334, mars).
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE POUR LA CONSTRUCTION
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- XIX
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- ril 1898
- XXV
- NOUVELLES
- Syndicat professionnel des industries électriques (Assemblée générale du 22 mars i8p8). — Le Syndicat professionnel des industries électriques s’est réuni en assemblée générale le 22 mars 1898, dans les salons du restaurant Mar-guery, sous la présidence de M. F. Meyer.
- Le scrutin pour la nomination de la Chambre, dont les pouvoirs expiraient au 31 mars, a été ouvert à 6 h. 1/2.
- MM. Bernheim, Chaussenot, Hillairet et Laf-fargue sont chargés de dépouiller les bulletins de vote. .
- Le président donne lecture à l’assemblée de son rapport.
- Mes chers collègues,
- Au cours de l’année qui vient de s'écouler, notre Chambre syndicale a eu à s’occuper de plusieurs affaires qui ont pour notre industrie une importance capitale.
- La loi sur les accidents du travail a eu toute notre attention. Il ne pouvait en être autrement, car chez nous plus peut-être que chez d'autres industriels, il existe entre les patrons et les ouvriers des rapports étroits, et nous avons toujours apporté la plus vive sollicitude à l’amélioration du sort de nos plus modestes collaborateurs.
- Nul ne conteste le devoir social qui oblige l'employeur envers ses employés, et c’est l’application la plus légitime, la plus juste des principes socialistes que de réclamer pour les moins heureux l’assistance de ceux que la fortune a favorisés. Aussi la loi proposée en 1897 n'a-t-elle trouvé, au moins dans son principe, que peu d’opposants. Aux règles de charité d’autrefois, elle substitue une règle de responsabilité stricte et qui, bien définie par avance, ne laisse aucune part à l’aléa.
- Désormais, chaque fois qu’un accident survenu au cours du travail entraînera une incapacité permanente partielle, le chef d’industrie devra assurer à la victime une pension qui, jusqu’à nouvel
- ordre, ne pourra dépasser les deux tiers de son salaire; déjà quatre nations en Europe : l’Allemagne, la Suède, l’Autriche et l'Angleterre, ont devancé la France dans cette voie de justice et de solidarité, en appliquant des dispositions analogues qui garantissent à l’ouvrier une sécurité relative. Renchérissant sur ce point, le Sénat, dans ses premières délibérations, donne au juge du fait, la latitude de substituer à la pension, partiellement ou totalement, une somme une fois
- La haute Assemblée a également admis, et c’est là un point essentiel, car il faut aussi garantir le patron contre le vol et l’abus, que la faute lourde commise par l’ouvrier pourrait être recherchée, et une fois reconnue, priverait l’ouvrier fautif de tout ou partie de l’indemnité stipulée par
- Mais où le projet de 1897 innove d’une façon intéressante, c’est dans les mesures qu’il ordonne pour donner à la victime, devenue créancière la plus absolue garantie contre l’insolvabilité et la mauvaise volonté du débiteur. La Chambre des députés, peut-être sans mesurer suffisamment la gravité des charges, a voulu contraindre le patron à constituer, pour chaque accident, le capital représentatif de la pension due à l’ouvrier. Et c’était l’administration elle-même, le Trésor public, qui, prenant en mains le service des recouvrements et paiements, en faisait une branche supplémentaire du ministère des finances. On a craint, et non sans motif, de voir l'Etat s’immiscer une fois de plus dans les affaires privées; on a redouté également de faire verser inutilement dans les caisses publiques un capital qui pourrait devenir énorme, et en tous les cas disproportionné avec le montant probable des insolvabilités. Aussi l’idée qui prévaut est-elle celle du Syndicat de garantie, que formeraient entre eux les industriels de chaque région ou de chaque groupe industriel, et qui prendraient collective
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- à L'Éclairage Électrique du 23 avril 1898
- ment à leur compte les défaillances individuelles de leurs associés. Votre Chambre s'est déjà occupée, messieurs, d’ctudier ce dernier côté de la question. Elle s’est mise en rapport avec deux associations amies, le groupe des usines d’électricité et le Syndicat du gaz, avec qui nous préparerons, aussitôt la loi promulguée, la Société de garantie dont l'action générale peut avoir pour nos participants les plus avantageux résultats,
- Nous avons aussi, messieurs, été heureux de prendre part, auprès de la Chambre des députés, à la discussion préparatoire d’un projet de loi qui, s’il aboutit, va donner à notre industrie un élan nouveau.
- Il s’agit en effet de donner aux distributions d’énergie, quelle qu’en soit la nature et l’origine, le droit de s'étendre et de se développer, malgré les oppositions mesquines et parfois intéressées qui jusqu'à présent leur ont fait obstacle. Il ne s’agit de rien moins que de donner à nos entreprises le caractère d'utilité publique, le droit d'expropriation, le pouvoir d'occupation temporaire, en un mot, de nous mettre au rang des grandes compagnies privilégiées par l’Etat, et nous donner toutes les facultés qui avaient été et sont encore leur monopole.
- Votre bureau, associé au bureau du Syndicat des usines d’électricité et aux représentants des entreprises de traction par l’électricité, a eu avec le rapporteur du projet de loi plusieurs conférences, et je laisse à M. le député Guillain, dont vous entendrez tout à l’heure l'éloquente parole, le soin de vous dire tous les bienfaits qu’il attend de cette nouvelle législation dont il est l’auteur.
- A côté de ces grands intérêts, la Chambre syndicale n'a pas négligé les occupations de la vie quotidienne. Elle a continué à suivre de près toutes les questions susceptibles d’aider au développement des affaires touchant à notre industrie, pour laquelle l’année 1897 semble avoir été particulièrement favorable, car toutes nos usines ont eu une activité exceptionnelle. C’est un résultat dont nous pourrions nous féliciter, si nous ne voyions à côté de nous l'industrie allemande se développer d’une façon grandiose et menaçante. Je vous demande la permission d’attendre pour y revenir la fin de notre réunion, où je me propose de dire ce que je sais d’intéressant sur ce sujet.
- M. Radiguet, trésorier du Syndicat, fait ensuite l’exposé de la situation financière.
- L’assemblée approuve les comptes présentés.
- Le dépouillement du scrutin ouvert pour la nomination des membres de la Chambre syndicale donne lieu aux résultats suivants :
- MM.Cance. . . 99 voix Radiguet . 99 »
- Clémançon 98 » Berne... 97 » Ducretet . 97 » Sartiaux. . 97 » Violet... 96 » Bancelin . 95 » Vivarez . . 95 » Arnoux . . 94 » De Loménie 93 » Mildé... 93 » Bardon . . 91 » Azaria. . . 90 «
- Beau ... 90 »
- MM-Ebel. . . . 9ovoix Bénard . . 89 » Chaussenot 89 » Geoffroy. . 89 » Hillairet. . 87 » Ducommun 86 » Bernheim . 83 » Sarcia. . . 83 «
- Eschwège. 83 » Vernes. . . 82 » Berges . . 79 >> Grammont. 79 « Portevin. . 74 » Tricoche. . 74 » Boistel. . . 72 »
- En conséquence, sont élues les trente personnes dont les noms précèdent.
- Ont obtenu ensuite :
- MM.Javaux. . . 56 •< Pulsford. . 54 Robard . • 52 Lombard-Gérin 47 Langlois. . 39
- MM.Zetter. . . 33 voix Tessier . . 31 »
- Ilérard . . 29 »
- Neu. . . . 28 »
- Meyer-May 24 «
- L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 7 h. 1/2.
- État du compte du syndicat au 3i décembre /S97. En caisse au i*r janvier 1897. . . 2469,80 fr Reçu 219 cotisations à 12 fr . . . 2628 «
- Intérêts au Crédit Lyonnais . . . 12,90 »
- Brochures venduesparM. Michelet (A cause du décès de M. Michelet il n’a pas été possible d’obtenir ce compte.)
- 5110,70 fr.
- Frais divers de bureau......... 214,75 fr
- Annuaire 1896...................... 305 »
- Circulaires......................... 30 »
- Procès-verbaux...................... 89 »
- Frais d’affranchissement........ 471,30 »
- Liquidation des comptes du banquet de 1897....................... 270 »
- Cotisation annuelle Société des
- amis des sciences................... 10 »
- DélégationExpositiondeBruxelles 10, »
- Souscription Comité des Chambres syndicales...................... 125 »
- Subvention aux cours d’électricité 400 »
- Location de la salle des ingénieurs
- civils............................. 200 »
- Etrennes au concierge................. 20 »
- Frais de contentieux............ 16,45 >>
- 2161,50 fr
- Actif au 31 décembre 1897 . . . - 2949,20 »
- Balance....................... 5110,7° fr.
- Le métropolitain de Paris. — La commission spécialedu méïropo\itain(voirSupfiIément, t. XIV, p. xuxj a approuvé les projets de délibération
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- ril 1898
- XXVI!
- que lui a soumis M. Berthelot. Le premier projet invite le préfet de la Seine à présenter les projets d'exécution du chemin de fer, conformément à la loi du 28 mars 1898; le deuxième prévoit un crédit de trois millions pour les dépenses à faire en 1898; le troisième est relatif à la constitution, pour les études définitives et l’exécution, d’un personnel technique composé d’ingénieurs, conducteurs et piqueurs; le quatrième projet dit que pour l’admissibilité à l’adjudication des travaux d'infrastructure de la première ligne avec embranchement sur la Porte-Maillot, tous les entrepreneurs français seront appelés à concourir.
- Les forces hydrauliques de la Bèze. — Une société vient de se former pour l’exploitation des forces de la Bèze. On s’occupe actuellement d'acheter les ruines des forges de Drambon, où existe une chute de trois mètres de hauteur; cette chute constitue une force considérable. L’énergie pourrait en premier lieu servir à l’éclairage des localités de la vallée : Pontailler-sur-Saône, Mire-beau. Bèze, etc.; ensuite elle serait avantageusement utilisée comme force motrice par les industriels de la région. Enfin, la Société aurait aussi à s’occuper de pourvoir d'eau potable quelques communes de la vallée de la Bèze, notamment Mirebeau, où la question des eaux prend chaque jour un intérêt grandissant.
- Société générale de transports automobiles. — La Société générale de Transports Automobiles, dont on avait annoncé la constitution sous les auspices et avec le concours de la Société Générale, est maintenant définitivement constituée. Elle a son siège à Paris, rue de Provence, 56. Sa durée est fixée à soixante-quinze ans. Elle a pour objet : la constructruction et l'exploitation, en France, dans les colonies et protectorats français et à l’étranger, des voitures, automobiles de toute nature, pour transports particuliers et pour transports en commun; l’exploitation de tous brevets d’invention relatifs à cette industrie; l'obtention et l’acquisition de toutes autorisations ou concessions de transports, de services publics et correspondances ; la création et l'exploitation des entreprises de voitures roulant sur routes ou sur rails et des services de bateaux; la construction, l’achat, la location et T exploitation de tous établissements et installations, ainsi que toutes voies ferrées et tramways à traction mécanique ou autre, ou tous autres moyens de locomotion employés ou à employer pour le transport en commun; l'entreprise et l'exécution de toutes opérations de voirie se rattachant à l’installation des transports en commun par automobiles, chemins de fer ou tramways; la participation, sous quelque forme que ce soit, à toutes sociétés,
- : entreprises et affaires similaires et même la constitution de toutes sociétés dans ce but; et généralement toutes opérations commerciales, industrielles et financières pouvant se rattacher aux objets ci-dessus.
- Le fonds social est fixé à la somme de 1 250000 francs divisée en 2 500 actions de 500 francs chacune, souscrites intégrale ment etlibéréesdu quart.
- L’équipement des elevated de New-York. — Le 23 février, la Compagnie de Brooklyn elevated Railway a signé des marchés importants avec la Compagnie Walker pour l’équipement électrique du réseau.
- La première ligne qui doit être transformée est celle de la cinquième avenue ; sur cette ligne circuleront d'abord douze voitures automotrices actionnées chacune par quatre moteurs Walker de 80 chevaux. L'équipement termine, on s’occupera d'augmenter le nombre des voitures. Les systèmes Sprague et Walker seront employés simultanément. La distribution du courant électrique se fera par le troisième rail.
- Ajoutons à ce sujet que la Compagnie Walker a imaginé un nouveau dispositif de suspension des moteurs afin d’éviter les restrictions imposées par la decision de la Circuit Court, dont il a été parlé il y a peu de temps (voir t. XIV, p. 490). La suspension à double ressort est remplacée par une suspension à simple ressort, ce ressort est fixé à l’extrémité du châssis du moteur sur l'essieu, au lieu d’être fixé à l’autre extrémité comme dans la disposition Sprague.
- On a conservé l’étrier situé entre l’essieu et l’arbre de l’induit, à cause de la distance nécessaire entre les centres des divers engrenages. Enfin, afin de permettre au moteur d'osciller sans forcer les pièces, la suspension arrière du moteur a été modifiée.
- L’éolairage électrique de la Charente. — De curieuses expériences ont été faites en vue d’essayer l’éclairage par lampes électriques de la rive gauche de la Charente, afin de permettre aux navires de commerce de traverser le port de guerre durant la
- Les lampes avaient été échelonnées sur la rive gauche et disposées successivement à des hauteurs différentes. L’intensité lumineuse obtenue est tout à fait suffisante pour permettre la navigation sans danger d’abordage.
- Si la ville décide l’établissement de cet éclairage, la machine sera installée dans l'emplacement réservé aux moteurs hydrauliques des portes du troisième bassin à flot.
- Affichage électrique. — C’est sans aucun doute aux États-Unis que l'art de l'affichage a fait les plus grands progrès. Les Américains nous en donnent
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- une nouvelle preuve : on vient d’établir à New-York une affiche gigantesque de vingt mètres de haut sur vingt-quatre de large; elle comporte 115 lettres de deux mètres de hauteur chacune, et l’ensemble est éclairé par 1 500 lampes polychromes. La puissance nécessaire est de 160 chevaux et le courant fourni par la Compagnie Edison coûte à l’afficheur 1,25 fr par minute.
- Etablissement des lignes et réseaux téléphoniques. — Nous signalons plus loin un certain nombre de lignes téléphoniques établies grâce à l’avance des sommes nécessaires par les villes intéressées. Il n’est pas inutile, à ce sujet, de rappeler les lois des 16 juillet 1889 et 20 mai 1890.
- L'administration des Postes et Télégraphes est autorisée à accepter des villes, des chambres de commerce, des syndicats et des particuliers, les sommes nécessaires à l'établissement des réseaux téléphoniques. L'intégralité des produits de l'exploitation, abonnements et taxes des communications urbain es et interurbaines, est affectée au remboursement sans intérêt des sommes prêtées.
- Dans chaque réseau, il est délivré des abonnements à conversations taxées. L’abonnement forfaitaire est de 200 ou de i5o fr., suivant' que les villes du réseau'ont une population supérieure ou non à 25 000 habitants. Le titulaire a droit sans surtaxe à toute communication à partir de son poste avec un abonné q uelconque du même réseau. Les abonnements à conversations taxées sont de 50 fr avec une surtaxe deo,i5 fr par unité de conversation de trois minutes pour toutes les communications que l'abonné demande à partir de son poste.
- En outre, chaque souscripteur contribue, à raison de 30 fr par hectomètre de ligne à double fil aux frais d’établissement de la ligne spéciale qui-rattache son poste particulier au poste central. Si l’abonné est en dehors deslimites du réseau il doit aussi une redevance annuelle de 3 fr par hectomètre de ligne à double fil pour l’entretien de la section hors périmètre.
- Le poste de l’abonné est établi par l’administration des Postes et Télégraphes qui fournit gratuitement les générateurs d’électricité, mais l’abonné doit se pourvoir à ses frais et auprès de l’industrie
- privée des appareils nécessaires au fonctionnement de son poste.
- T .a taxe interurbaine est de :
- 0,25 fr par unité de conversation de trois minutes échangée par lignes interurbaines dont la longueur ne dépasse pas 25 km;
- 0,25 fr par unités de cinq minutes et de roo km indivisibles.
- Traction électrique. — Algérie. — Nous compléterons les renseignements relatifs à l’installation des tramways électriques à Alger par quelques détails sur le matériel (voir Supplément, t. XV, p. 11).
- La salle des machines comporte deux moteurs horizontaux à vapeur, indépendants l'un de l'autre et d’une puissance de 500 chevaux chacun. Ces machines, construites au Creusot, sont à simple expansion, la vapeur est admise dans les cylindres sous la pression de 8 atmosphères. Deux chaudières multitubulaires jumelées alimentent ces moteurs, une troisième sert de réserve ; là surface de chauffe de chacune est 314 m2. Deux dynamos Thomson-Houston d’une puissance de 200 kilowatts à 500 volts sont actionnées par les moteurs ; elles sont susceptibles de recevoir une surcharge de 25 p. 100.
- Le matériel électrique est complété par une petite dynamo qui sert à actionner les pompes.
- Les voitures portent deux moteurs placés sous le châssis et qui attaquent les essieux par une roue dentée. Elles sont éclairées par le courant même du trôlet. Lg contrôleur placé sur chaque plateforme porte deux leviers, l’un pour renverser le sens de la marche, l’autre pour modifier l’intensité du courant. Les voitures sont munies de freins électromagnétiques et de souffleurs Thomson-Houston placés aux endroits où les contacts peuvent se produire et destinés à rétablir les communications normales.
- Les voitures peuvent marcher à 35 ou 40 km à l'heure, mais en ville la vitesse moyenne ne doit pas dépasser 13,5 km.
- Le matériel se compose de î8 voitures motrices est de 32 voitures romorquées.
- Les essais ont parfaitement réussi et la ligne est maintenant en exploitation.
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- à L’Éclairage Électrique du 23 avril 1898
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- — Angers. — La Compagnie des tramways d'Angers a été constituée le 21 septembre 1895 au capital de 4250000 fr divisé en 8500 actions. La durée de la concession est de 75 ans à partir du décret du 8 juillet 1895. La longueur du réseau est de 24,864 km dont 12 km urbains et 13 suburbains, reliant Angers à Trélazé et à la Pyramide. La population ainsi desservie est de 102 000 habitants.
- Les résultats de l’exploitation, qui a commencé partiellement le 23 mai 1896, sont très satisfaisants. Ainsi, sur 20 km seulement, les recettes, jusqu’au 31 décembre 1896, ont atteint 228 000 fr. En 1897, les recettes s’élèvent à 418 000 fr, quoique l’exploitation du réseau total n’ait pas encore eu lieu, puisque actuellement il reste encore 3,5 km à ouvrir.
- La période d’amortissement est très favorable et l’on se trouve dès maintenant avec un bénéfice net de 5 p. 100.
- — Barbizou. — Les tramways de Barbizon vont fonctionner à l'automne ; l’adjudication des travaux a été donnée à M. Pitre et l'on estime que la durée d’établissement sera de cinq mois environ.
- — Cunues. — La Société l'Omnium Lyonnais a présenté au nom de la ville de Cannes un projet pour le prolongement du tramway électrique de la Bocca au pont de la Forcade jusqu’à Golfe-Juan. L'enquête d’utilité publique ouverte du 10 février au 12 mars n’a pas donné lieu à des objections sérieuses.
- — Epiiial. — Il est question de créer à Épinal plusieurs lignes de tramw'ays électriques. Desoffres ont été faites par diverses sociétés. L’une d’elles entre autres a présenté un projet comprenant cinq lignes : deux vont de la gare à la pla’ce des Vosges par un itinéraire différent; une troisième part de la gare pour aboutir à l’église de Golbey ; les deux autres vont de la place des Vosges, l’une au Champ-du-Pin, l'autre au bas de la côte du cimetière. La Société 11e demande à la ville aucune garantie d’intérêt; le prix des places proposé est de 0,15 fr avec 0,05 fr de supplément pour la correspondance.
- _____t.a pailice. — La ligne de tramways à traction mécanique destinée au transport des voya-
- geurs entre Tasdon et le port de la Pallice, par la Rochelle, avec embranchement sur le Mail et Laleu, est déclarée d'utilité publique. Le concessionnaire est M. Mekarski, ingénieur à Paris. La ligne projetée est appelée à rendre de grands services et la population attend sa création avec impatience.
- — Limoges. — La Compagnie des tramways de Limoges, constituée le 8 décembre 1896, aune concession de 50 années. De nouvelles lignes sont projetées et déjà les anciennes ont un excellent rapport:l’action primitive de 500 fr vaut maintenant 700 fr. La topographie accidentée de la ville est tout à fait favorable à la traction électrique, le réseau actuel de 12,671 km est entièrement urbain; la prospérité croissante des industries de la ville ne peut qu’augmenter encore les recettes de la Compagnie et les premiers mois ont donné un très bon rendement, qui doit s’améliorer encore, car on peut compter sur un abaissement du coefficient d'exploitation.
- — Reims. — Les deux compagnies de tramways, les tramways urbains et les tramways de banlieue, ont proposé à la ville de substituer la traction électrique à la traction animée. Le projet de banlieue est particulièrement intéressant pour les industriels qui environnent la ville.
- — Troyes. — Il est question de l’établissement sur le territoire des communes de Troyes et de Sainte-Sabine, d’un réseau de tramways à voie de un mètre et à traction électrique, qui serait concédé par l’Etat à la ville de Troyes avec faculté de rétrocession à la Société anonyme des Tramways troyens.
- Eclairage électrique. — Angers. — La question de l’éclairage n’avance guère à cause de l’inertie opposée par la Compagnie du gaz. Son directeur désirait attendre la prochaine assemblée générale des actionnaires, qui a eu lieu le 14 mars, pour avoir leur avis. (Supplément, t. XIV, p. xxviii.)
- Depuis que l’éclairage électrique est à l’ordre dit jour, des propositions ont été faites par des sociétés sérieuses, pour l’installation de l’électricité; en particulier la Compagnie des tramways a fait des ouvertures. D’autre part, deux membres de la
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- Supplément à L'Éclairage Electrique du 23 avril 1898
- commissoin municipale sont partis à Paris pour étudier l'éclairage électrique. Tout cela hâtera peut-être la conclusion de l'affaire, mais vraiment les habitants auraient quelque raison de la trouver mauvaise.
- — Bangkok. — Les voyages forment la jeunesse^ ils forment aussi les gouvernants, et le roi de Siam, au retour de sa tournée européenne, a accordé pour une période de vingt ans l'éclairage de toute la ville à une société d'électricité qui vient de se créer au capital de iooooo taëls. Le palais, les temples et les rues principales sont déjà éclaires à l'électricité, et c'est un contraste bizarre de voir ainsi ces pays encore sauvages et entravés par le fanatisme, profitant cependant desavantages d'une civilisation avancée.
- — Le Caire. — Le gouvernement égyptien avait autorisé la Compagnie centrale du gaz à faire des essais pour l'éclairage électrique. La période d’essai a pris fin le 31 décembre 1897 et le gouvernement a accordé l'autorisation définitive de fournir l'éclairage électrique à la ville pour une période de trente ans. Toutefois la Compagnie doit étendre son réseau à tous les quartiers et le prix du nouvel éclairage doit être maintenu sensiblement le même que celui de l’éclairage par le gaz.
- -- Saint-Chamoud — Le traité actuel avec la Compagnie du gaz prend fin le icr juillet 1890, et la ville de Saint-Chamond étudie les différents modes d’éclairage qui pourront être proposés avantageusement soit par le gaz, par l’électricité, ou tout autre procédé.
- — Tom-eolug. — La ville de Tourcoing fabrique elle-même le gaz ; cette situation lui permet de réaliser de sérieux bénéfices ; mais par suite des progrès faits en électricité, le nombre des établissements possédant une installation électrique particulière va en augmentant. Un certain nombre d’industriels ont ainsi remplacé le gaz par l’électricité et leur exemple a été suivi par des particuliers. D'autre part, plusieurs centres d’électricité sont sur le point d’être créés, et l’on a l'intention de les établir dans les groupes importants d’habitations, afin d'alimenter tout un quartier sans emprunter la voie publique.
- Cela doit forcément diminuer les recettes de l’usine à gaz dont le débit va s'affaiblir par suite 1 de cette concurrence.
- La commission spéciale nommée par le conseil municipal pour s'occuper de cette question a proposé l'installation d'une usine municipale d’électricité. Le projet comporte deux machines Willans de 100 et de 50 chevaux actionnant deux dynamos. La première machine marcherait à pleine charge pour fournir pendant les heures de travail un maximum de 1 000 lampes reconnu suffisant pour le début. Le second groupe servirait à charger I
- deux batteries d’accumulateurs. La dépense d’installation prévue est de 230600 fr tout compris, cela suffirait pour assurer 3 000 lampes de 16 bougies. Pour doubler la production, il suffirait d’un supplément de 61 600 fr.
- Le kilowatt-heure serait- vendu à 0,60 fr; dans ces conditions, l'usine réaliserait encore des bénéfices, même en tenant compte de l'amortisse-
- II n'est pas question de l’éclairage public.
- Téléphonie. — Angers. — La Chambre de commerce d'Angers a demandé l’établissement d'un circuit téléphonique entre Angers, Ancenis et Nantes. Les études prescrites en 1895 avaient montré que les dépenses s'élèveraient à 43800 fr; depuis, par suite d’une hausse dans le prix du cuivre il faudrait compter 50000 fr. Dans l’intérêt général» le sous-secrétaire d'État des Postes et Télégraphes consent à prendre à sa charge les frais de remaniement des lignes, ce qui ramènera à 43 000 fr l’avance à faire à l’État.
- Un groupe angevin a déjà souscrit pour 6000 fr, un autre groupe de commercants nantais a réuni 27 000 fr. A ccs sommes doivent s’ajouter les cotisations de la ville et de la Chambre de commerce de Saint-Nazaire. Il n’est pas douteux que d’ici peu on n'ait obtenu les 43 000 fr.
- Ajoutons que le régime de taxation des conversations téléphoniques doit être modifié 'et qu’une nouvelle tarification est à l’étude. Moins les tarifs seront élevés et plus le nombre des abonnésetdes communications sera grand. Tout le monde y trouvera sou compte puisque l’administration se plaint de voir baisser les recettes par suite de l'élévation des tarifs actuels.
- — lirest-S:tint-BrieuoRcmies. — Nos lecteurs savent qu’il est question d’établir un réseau téléphonique entre Brest, Saint-Bricuc et Rennes. La somme qu'il faut avancer à l'État et qui sera remboursée sans intérêt au fur et à mesure des recettes est de 178000 fr, dont 118000 fr pour la ville de Brest, 20000 pour la Chambre de commerce et 40 üoo pour Saint-Brieuc.
- Le conseil municipal a décidé de traiter avec la Société Bretonne, qui offre de fournir la somme moyennant un intérêt de 3,70 fr.
- Le Crédit foncier avait offert de faire l'emprunt au même taux, mais avec quelques charges supplémentaires.
- A Saint-Bricuc, le maire est autorisé à emprunter la somme qui lui est nécessaire à un particulier auquel la ville paiera l'intérêt des fonds.
- — Moutar&is-Pithiviers-Orlésiiis. — L'installation du circuit Montargis-Malesherbes-Paris a fait songer aux avantages de faire communiquer Mon-targis avec Pithiviers et Orléans.
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- Supplément à L'Éclairage Électrique du 23
- fil 4m
- XXXI
- La dépense prévue est de 18 500 fr. Montargis, Malesherbes et Puiseaux parmi les villes intéressées, ont émis un avis favorable et voté les sommes qui leur sont demandées.
- Le conseil de Pithiviers a également décidé d'emprunter les 3 000 fr qui représentent sa part à un taux ne dépassant pas 4 p. 100 et en remboursant en trois ans par annuités égales.
- — Tiüers. — La municipalité a voté 500 fr demandés à titre d'avance par l'État pour l’établissement d’une ligne téléphonique devant relier Thiers à Vichy et à Paris.
- — Vierzon. — Les villes de Vierzon, Mehun, Foëcy ont fait des démarches pour être rattachées au réseau Bourges-Paris.
- Des difficultés d’audition ont été constatées entre Bourges et Paris, elles sont dues à l’utilisation entre Orléans et Bourges d’un circuit obtenu en installant des appareils spéciaux sur les fils télégraphiques.
- Aussi l'administration a-t-elle projeté d’établir un circuit destiné uniquement aux communications téléphoniques et aboutissant à Vierzon pour la relier à Orléans, Bourges, Châteaurouxet Paris.
- Les dépenses sont de 18000 fr. La Chambre de commerce a décidé de prendre à sa charge la moitié de la somme, le reste sera fourni par la ville.
- Adjudications, offres et demandes. — Bruxelles. — L’administration des chemins de fer de l'Etat belge demande des soumissions pour l’installation de l’éclairage électrique à la gare du Midi de Gand et aux dépôts de locomotives et ateliers de réparations de Lcdeberg. Pour les conditions du cahier des charges, s’adressera la Bourse, Bruxelles.
- — Bruxelles-ixelies. — La municipalité de cette commune demande des soumissions pour la con-esssion pendant vingt-six ans de la fourniture d’énergie électrique pour éclairage et force motrice. S’adres ser au Secrétariat de la commune d'Ixelles, Bruxelles.
- — Buciiarcst. — La direction des Postes et Télégraphes demande des soumissions pour la fourniture de 5 tonnes de fil de cuivre étamé, 50 tonnes de fil de fer galvanisé et 10 tonnes de fil d’acier galvanisé. S'adresser, avant le 30 courant, à la Direction générale des Postes et Télégraphes de Bucharest, Roumanie.
- BREVETS D’
- Liste communiquée par l'Office E. Barrault, 261 602. Marconi. 19novembi
- 2 juin 1910, pour perfectionnements dans des impulsions et des signaux électriques ainsi que dans les appareils employés à cct effet.
- 265 359. Von Siemens. 24 novembre 1897. — Certificat d'addition au brevet pris le 25 mars 1897, pour procédé mts à grande distance, e 1897. — Certificat d’addition t pris le 26 juin 1897, pour un nouvel induit pour iurants continus à vitesses très variables. alimentés à potentiel constant.
- 925. Société Ducretet et L. Lejeune. 9 novembre 1897.
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- 272 152. Davidson. 13 novembre 1897. — Perfections dans les lampes électriques.
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- 272 182. Travailleur. 15 novembre 1897. — Appareil enregistrant les variations d'isolement d’un réseau électrique.
- 272 232. Vogt. 16 novembre 1897. — Procédé pour l’utilisation d'électro-aimants à trois pôles.
- 272 235. Churchward. 16 novembre 1897. — Moteur à courant alternatif.
- 272 239. Greenfield. 16 novembre 1897. — Perfectionnements dans les conduits flexibles par conducteurs électriques.
- 272 256. Nordmann. 17 novembre 1897. — Lampe électrique à incandescence.
- 272 279. Loir. 17 novembre 1897. — Nouveau système d’électrodes pour accumulateurs électriques.
- 272 318. Renard. 19 n
- membre 1897. — Dispositif d’ci ---' * des ondes électriqu»
- arbre 1897. — Microphones à boules . — Compteur d’èlectri-
- 272 360. Legrand. 20 novembre 1897. — Lampe à arc.
- 272 389. Salomon. 20 novembre 1897. - Perfectionnements
- . ^ Ewald. 20 novembre 1897. — Nn-regislreur chronométrique pour téléphones publics.
- 272 410. Société A. Cohendet et Cie et M. Archat. 23 novembre 1897. — Nouvelle machine èlectro statique dite : Machine clcctro statique Archat.
- 272 415. Sullivan. 22 novembre 1897. — Perfectionnements
- 272U433. Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. 23 novembre I8y7. — Pertec-tionnements apportés aux moteurs synchrones polyphasés.
- 272 436. Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson-Houston. 23 novembre 1897. — Méthode de réglage des circuits à courants alternatifs.
- 272 453. üould. 23 novembre 1897. — Perfectionnements apportés aux câbles électriques.
- 272 454. Price et Gould. 23 novembre 1897. — Perfectionnements dans les appareils automatiques de fermeture électromécanique pour circuits électriques.
- 272 479. Bertou. 24 novembre 1897. — Système d’accumulateurs électriques particulièrement applicables à la traction électrique.
- 272 -491. The Davies motor Company Limited. 2+ novembre 1897. ______ Perfectionnements dans la construction des ma-
- chines dynamo-électriques.
- 272 522. Spencer. 2b novembre 1897. — {Perfectionnements ipportcs aux lampes électrique ' '
- _______ . . d’électricité.
- 272"547. société Limhard-Gerin et Cie. — Nouveau compteur d‘électricité pour courants alternatifs polyphasés.
- 272 588. Mohrle. 27 novembre 1897- — Electromètre.
- 272 612. Compagnie de l’Industrie électrique. 29 novembre 1897. — Porte-charbons perfectionnés pour machines élec-
- 272 (M8. Raverot et Belly. 29 [novembre 1897. — Système de renvoi de mouvement électromagnétique asservi a distance.
- 212 "il. Smith., 1" décembre 1897. —Perfectionnements aux dynamos et aux moteurs électriques.
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- Suppléi
- ri 1 1898
- XXXIII
- ment à L'Éclairage Électrique du 30 avr
- NOUVELLES
- L’incendie du bureau central téléphonique de Zurich. — Dans la matinée du 3 avril dernier le bureau central des téléphones de Zurich a été détruit par un incendie provoqué par la chute des fils téléphoniques sur les conducteurs des tramways. Pendant la nuit, de la neigé mélangée d'eau était tombée en grande abondance et avait recouvert les fils téléphoniques d'une gaine de givre et de neige ayant en quelques endroits un diamètre de près de 6o mm, soit trente fois le diamètre du fil lui-même. Dans ces conditions le poids d'une portée de ioo m de fil, qui normalement n'est que 2,8 kg a pu atteindre jusqu'à 60 kg, et comme de nombreuses herses supportent jusqu’à deux cent cinquante fils on s’explique qu’un très grand nombre de supports aient pu être renversés et qu’un nombre encore plus considérable de fils téléphoniques soient tombés, entraînant avec eux les câbles de protection placés au-dessus des conducteurs de tramways.
- Aussi vers 9 heures du matin, lorsqu’une téléphoniste voulut établir une communication elle reçut un choc qui la renversa ; en même temps un arc jaillit, et avant qu’on ait pu couper le circuit les fils du tableau se trouvèrent portés au rouge et enflammèrent les isolants de papier et de gutta; le feu ne tarda pas à prendre au bois du tableau et en moins de dix minutes toute la salle de près de 30 m de long où aboutissaient environ 5 000 lignes locales et de nombreuses lignes téléphoniques, était en flammes. Grâce à l’arrivée des pompiers lesétages inférieurs purent être préservés, mais les greniers situés au-dessus de la salle des téléphones et les toits du bâtiment devinrent la proie de l’incendie.
- Les dégâts causés par cet incendie sont évalués à plus de un million, sans compter les dégâts causés par la neige, et il est bien probable que des semaines et peut-être des mois s’écouleront avant que le réseau téléphonique soit remis en état. Qui supportera cette perte et qui paiera les dommages-
- intérêts que ne manqueront pas de réclamer les abonnés du réseau téléphonique pour interruption du service? C'est là une question délicate que sans doute les tribunaux auront à résoudre. Il est certain que la cause de l’incendie est le contact d’un fil téléphonique avec un conducteur de tramway, mais si l’on tient compte des charges considérables que le département des téléphones impose aux concessionnaires de tramways électriques pour que l’exploitation de leurs réseaux ne gêne pas l’exploitation des réseaux téléphoniques, il semble peu équitable de faire supporter aux compagnies de traction le dommage causé par l’incendie. Dailleurs la question est déjà pendante devant les tribunaux : dans une récente tourmente de neige quelques fils du réseau téléphonique de Saint-Gall tombèrent sur les conducteurs du réseau de tramways et un homme fut tué; la municipalité de Saint-Gall, propriétaire et exploitante du réseau de traction déclina toute responsabilité et actionna le département fédéral des téléphones en dommages-intérêts.
- Compagnie d’éclairage électrique du secteur des Champs-Elysées. — (Assemblées générales ordinaire et extraordinaire du 2 mars). — Le rapport du Conseil d’administration, après avoir indiqué les extensions prises par les divers services du réseau pendant l’exercice 1897, extensions qui seront indiquées dans le prochain numéro de ce journal, fait ressortir que la participation du directeur et personnel dans les produits nets de l’exploitation, appliquée pour la première fois cette année, s’est traduite par l’équivalent d’un accroissement d’environ un cinquième des traitements ou salaires pour les ouvriers et employés subalternes qui comptaient trois ans aü moins de présence à la Compagnie au 31 décembre dernier.
- Il propose ensuite d’augmenter l’indemnité allouée aux membres du Conseil d'administration,-
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- XXXIV
- Supplér
- à L’Éclairage Électrique du 30 avril 1898
- lesquels, dans le but de charger le moins possible le compte des frais généraux, s'étaient contentés jusqu’ici d’une très faible indemnité, et de fixer cette indemnité à 8 ooo francs par administrateur en fonctions et par an, la somme totale devant d’ailleurs être répartie entre les membres du Conseil selon leur convenance et par voie de délibération antérieure.
- Le rapport du commissaire vérificateur donne pour le bilan au 31 décembre 1897 :
- Canalisations.................
- Branchements, transformateurs
- et compteurs................
- Mobilier......................
- Magasins (existences à l’inven-
- Cautionnement.................
- Caisse........................
- Loyers d'avance...............
- Débiteurs divers..............
- impôts sur revenu, exercice 1897. Droits de transmission sur actions Total de l’actif. . . .
- 135302.27 — 296892,25 —
- 105388.28 —
- 7 000 — .
- 253 506,96 -
- 2 373 -
- . 359oactionsnonamor-,
- Cautionnements des abonnes . -Créditeurs divers et banquiers . Profits . Reliquat 1896 485,81!
- et Solde crédi- î
- pertes. { teur 1897 .486717,39) T otal du passif . . .
- 2000000 fr.
- 28 467,15 — 423041,25 — 471 654,81 —
- 487 203,20 -
- 6410366,41 fr.
- Le compte de profits et pertes accuse les résultats suivants :
- Conseil d’Administration et Commissaire ....................... 16000 » fr.
- Intérêts et amortissements, service des obligations, conformément à l'art. 44 des statuts . . 440690,60 —
- Abonnement au timbre, droits de transmission sur actions de jouissance, service financier. . 2640,75 —
- Participations et charges municipales.................... 95734,42 —
- Participation de 6 p. 100 du personnel dans les produits nets
- de l’exploitation...... 66496,80 —
- Solde créditeur (exercice 1897). 486717,39 —
- Total.............1 108 279,96 fr.
- CRÉDIT
- Produits nets de l’exploitation . 1108 279,96 fr.
- Total.............1 108 279,96 fr.
- Après avoir approuvé les comptes et la proposition du Conseil d’admistration relative à l’indemnité des membres de ce Conseil, l’Assemblée générale ordinaire nomme : administrateur, M. Michel Orban, administrateur sortant, et commissaire des comptes, M. A. Ferrée.
- Le rapport du Conseil d'administration à l’Assemblée générale extraordinaire, qui suit l’Assemblée générale ordinaire, fait ressortir la nécessité, imposée par le développement du secteur, d'assurer à la Compagnie de nouvelles ressources et propose dans ce but d’élever le capital social à 3 000 000 de francs par la création de 2 000 actions nouvelles entièrement libérées, l'émission d’obligations se trouvant rendue impossible par le fait que leur amortissement devant être effectué en 1908, date de l’expiration de la concession, l’intérêt et l’amortissement de ces obligations reviendraient à plus de 12 p. 100 par an.
- Cette proposition est adoptée par l’Assemblée générale.
- LITTÉRATURE DES PÉRIODIQUES
- BEM The Building, Engineering and Mining Journal (Àust lie).
- BSE Bulletin de la Société d'Encouragement.
- D E I. Die Elektrizitæt (Leipzig);
- K' Engineering (Londres).
- E ain The Engineering and Mining Journal (New-York). E C I,'Electrochimie.
- E En The Elcctrical Enginccr (New-York).
- El The Electrician (Londres).
- Elé L’Electricien.
- E M The Engineering Magazine (New-York).
- E N A Elektrotechniscker Neuigkeus-Anzeiger (Vienne).
- E R Electrical Review (Londres).
- ETR Elektrotechnische Rundschau (Francfort-sur-llein).
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- XXX VI
- Supplément à l'Éclairage Electrique du 30 avril 1898
- ET Z Elektrotechnische Zeitschrift (Berlin).
- E W . The Electrical World (New-York).
- Go Le Génie civil.
- I C .Bulletin de la Société des Ingénieurs civils de France, le L’Industrie électrique.
- IEC L'Industrie électrochiinique.
- I I Industries and îron (Londres).
- •J EE Journal of tho Institution ot Electrical Engineers (New-York).
- J 1J Journal de Physique.
- J T Journal télégraphique (Berne).
- N C Il.Nuovo Cimento (Pise).
- PCR Journal de la Société physico-chimique russe (Saint-Pétersbourg).
- PM Philo,sophical Magazine (Londres).
- PSI. Proceedings of the Pbysical Society t>f London. • Rgds Revue générale des Sciences.
- Ri Revue industrielle.
- R L Rendiconti délia Reale Accademia dei Lincei (Rome|. RM Revue de mécanique.
- R N Rendiconti dell’Accademia di Napoli.
- S A Journal of the Society of Arts (Londres).
- Sie Bulletin de la Société Internationale des Electriciens.
- S R J Street Railway Journal (New-York et Chicago).
- T P Revue des Transports parisiens.
- U E Bulletin des Usines électriques.
- Z R C Zeitschrift ftir Élektroçhemie (Halle).
- Z E T Zeitschrift fur Eloktrotechnik (Vienne).
- W A Annalen der Physik undChemie de (i. et K.Wiedemann (Leipzig).
- Si o Sthaneo* (R L, p. 197, 3 avril).
- Courants périodiques ; W.-G. Rhodes (E R, p. 524, 15 avril).
- L’emploi des vecteurs algébriques dans les calculs des courants alternatifs (E T R, p. 145, 15 avril).
- Application de Talcalimctrio à la mesure des courants de décharge des condensateurs ; Cardani P. (N C, p. 105, février).
- Notes sur les condensateurs shunts ; E. Raymond-Barkek, (E R, p. 527, 15 avril).
- Relation entre Tcnergie électrique et l’énergie chimique ; J. Kj.andy (ZET, p, 151, 27 mars; p. 161, 3 avril).
- Transport des ions dans lés sels de zinc et de cadmium en solution étendue ; Küjimel (W A, t. LXIII, nn 4, p. 655).
- Détermination des coefficients de diffusion par la méthode clectrolvtique do Weber; Seitz (W A, t. LX111, ' '
- p. 759):
- Effluves électriques unipolaires dans les gaz raréfiés; Angelo Battelli (N C, p. 81, février).
- Nouvel indicateur d’ondes électriques; Righi A. (N C, p. 131
- Self-induction des résonateurs électriques (rectification à v citation de M. Lagergren); Blondi.of (WA, t. LX)
- A. (N C, p. 112, février).
- Sur la diffusion des ravons Roentgen ;.Malauoi.i et Bonacini (RL, p. 203, 3 avril))
- Sur la protection magnétique; II. Dï Bois (El, j>. 814,
- 15 avril).
- Méthode nouvelle pour mesurer l’inclinaison et l’intensité de la composante horizontale du champ magnétique terrestre; Meyer (WA, L LXUI, n» 4, p. 742)..
- Génération et Distribution.
- Moteurs thermiques et hydrauliques. — Comparaison entre les quantités do vapeur produite par trois rentes de charbon (S R J, p. 199, avril).
- Moteurs à combustion et haute compression ;
- Eesai d’un séparateur de vapeur (S RJ, p. 233, avril). L’économie résultant de la condensation; A.-II. Peu (E W, p. 438, 9 avril).
- Fonte d'un cylindre de machine (SR J, p. 19), avril).
- Essai du moteur marin Wright (E En, p. 366, 7 avril). Dynamos et moteurs électriques. — Machine génératrice à accouplement direct (E W, p. 451, 9 avril).
- Sur le choix des dynamos dans les usines de transmissions électriques ; G. Sartort (E Ls, p. 80, avril).
- Sur les pertes dues au fer dans les machines électriques (ET Z,
- Balais en charbon et porte-balais ; Ernest Kilrurn-Scott (E R,
- Sur la non-isolation des boulons traversant le fer des induits : J. Fischer-Hinnek (le, p. 10Ô, 25 mars).
- Une étude sur le calcul des pertes dans les transformateurs Gisbert Kapp (ETZ, p. 244, U avril).
- Sur les transformateurs de phases et sur quelques-unes de leurs applications (Z E T, p. 189,17 avril).
- Transformateur réducteur de potentiel de Niagara Falls ; J.-S. Peck (E W, p. 435. 9 avril).
- Quelques notes sur les moteurs à courant alternatif simple ; A.-G. Kborali. (E R, p. 500, 15 avril).
- Moteur électrique pour voitures automobiles; P. Simon (Elé, p. 2M, 16 avril).
- Moteurs pour traction électrique; Ceorge-T. IIaxceett{S RJ,
- Le rendement actuel des moteurs des voitures des tramways; J.-R. Cray,vm (E En, p. 367, 7 avril).
- Piles et accumulateurs. —L’clectricitc produite directement au moyen du charbon par le procédé H. Blumenberg (D E L, p. ï"o, 16 avril).
- L’essai industriel des accumulateurs; E. Hospitalier (le, p. 129, 10 avril).
- Accumulateur Pulvis (le, p. 114, 25 mars).
- Quelques récents perfectionnements dans les accumulateurs et leur application à la traction sur les rouies; J.-T. Nibbtt (ER, p. 521, 15 avril; p. 558, 22 avril (II, p. 288, 15 avril; p. 308, 22 avril).
- Calcul d’une batterie primaire pour la charge des accumulateurs télégraphiques; J. Buunei.li (K Ls, p. 73, avril).
- Appareillage. — Nouvel isolateur pour fil aérien (S RJ, p. 230, avril),
- Bouton isolant (Elé, p. 246, 16 avril).
- Un interrupteur pour haute tension Elihu Thompson (E W, p. 417, 2 avril).
- Coupe-circuit Bouchet (E W, p. 41J. 2 avril).
- La nouvelle sonnerie de C. Érfurth (Elé, p. 249, 16 avril).
- Stations génératrices et installations. — Rapports d’usines électriques (El, p. 722, 25 mars; p. 754, Ie' avril; p. 822, 13 avril’'.
- La Compagnie parisienne de l’air comprimé et la nouvelle usine du quai de Jemmapes; A. Soulier (le, p. 107, 25 mars ; p. 130, 1" avril).
- La production de l'électricité à Londres ; Arthur-H. Prekce, (El, p. 827, 15 avril; E lt, p. 521, 15 avril; K, p. 481,
- Les installations électriques de Ilermannstadt (ZE T, p. 185, 17 avril).
- Installations électriques à Darjeeling (El, p. 863, 22 avril).
- Rapports d’usines électriques (El, p. 856, 22 avril).
- Stations électriques dans des ateliers de chemins de fer (E.-W, p. 439, 9 avril).
- Les installations électriques municipales considérées à un point de vue commercial; Alfred-H. Giübins (El, p. 848,
- Distribution. — L’aluminium rival du cuivre et du laiton dans les applications électriques ; E. II. (le. p. 105 ; 25 mars).
- Fils d’aluminium pour lignes aériennes; Stuart-A. Russell (E R, p. 534, 22 avril).
- Eludes sur les canalisations souterraines (Z E T, p. 165, 3 avril).
- La pratique des courants multiphasés ; Hawkins (El, p. 828. 15 avril; KR,p. 421,25 mars; p, 4.36, D'avril; p. 489, 8 avril).
- Le coût de la génération et de la distribution de l’énergie électrique; Hammond (JEE. p. 246, avril; El, p. 749. r<- avril; p. 788, 8 avril; p. 817, 15 avril; K R, p. 427 et 431, D'avril; p. 470, 8 avril; p. 409, 15 avril).
- Prix de revient comparatifs de l’énergie par l’électricité et par la vapeur (ER, p. 526, 13 avril).
- Système de paiement commode et facile des installations intérieures; V. Zinci.er (E R, p. 532, 22 avril).
- Les distributions électriques et la jurisprudence; F. Meili (E T Z, p. 225, 7 avril).
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- Supplér
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- ril 1898
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- XXXVIII
- Supplément à L'Éclairage Électrique du 30 avril 1898
- Applications mécaniques.
- Ponts roulants électriques ; J.-G. Statter (El, p, 851, 22 avril).
- Sur les perforatrices électriques Siemens et Halske (D E L,
- (EW, p. 451, Ô avril).
- Ventilateurs à courants alternatifs (EW, p. 452, 9 avril). Quelques moteurs de ventilateurs iKW, p, 396, 26 ma p. 407. 15 avril).'
- 1 marche des machines-outils par l’électricité (El, p. »:i«, 'i'i avril). _ ^
- rUnion Elektricitætsgesellschaft (E T Z, p. 2on, 21 avril). Application des courants triphasés à la commande d'une série de moteurs (Gc, p. 411, 23 avril).
- Transmission électrique dans les tanneries (EEn, y. 361,
- Manufacture de cycles actionnée électriquement (El, p. 8o0, 22 avril).
- L'installation électrique des travaux du pont Alexandre III (Eié,p. 241, 10 avril).
- Installation pour la production de la force motrice dans la filature de La Bastide (S R J, p. 229, avril).
- Méthodes en usage dans les ateliers de réparations de Sait Lake City ; W.-H. Patterson (S R J, p. 190, avril).
- Ateliers de réparation de la Nassan Electric Railroad C° de Brooklyn ; J.-F. Hobart (S II J, p. 182, avril).
- L'équipement électrique du croiseur « Ckitose » ; G.-W. Dickie (E W, p. 442, 9 avril).
- Traction.
- La traction électrique; P. Lanino (E Ls, p. 90, avril).
- Notes sur les méthodes employées couramment dans l'installation des lignes de tramways électriques (S RJ, p. 194,
- Système de sûreté àtroisième rail (SRJ, p. 2
- Isolateur de section facile à réparer (S RJ, p. 233, avril).
- Caniveau Sewall du chemin de fer métropolitain de Chicago (E En. p, 307, 7 avril).
- Appareil pour appliquer la graisse sur les fils de trôlels (S RJ, p. 232, avril).
- Moven d’économiser la force motrice par une liaison convenable des rails : H.-C. Chase (S RJ, p. 224, avril).
- Les traverses ; leur duree et leur entretien; D.-D. Wili.is (S R J. p. 225, avril).
- Nouveau chasse-pierres et garde-rouos (S R J, p. 228, avril).
- Frein électromagnétique de l'Union KlektriciUets-Gesellschaft ; F.-A. Kuhifrschky (ET Z, p. 223, 7 avril).
- Degré de force à exercer pour presser les roues sur les axes (S R J, p. 190, avril).
- Nouveau truck pour moteurs (S RJ,p. 230, avril).
- Les trucks et leur entretien; George Hartshorn (SRJ, _p. 224, avril).
- p. 232, avrili.
- Caissons de voilures : leur entretien et leur réparation ; S.-C. SeoviLi. (S R J, p. 224, avril).
- Voitures à truck. double pour la Compagnie Métropolitaine de tramways (S RJ, p. 227, avril).
- Voiture à accumulateurs de la ligne Grant Street à New-York (EEn, p. 372, 7 avril).
- Voitures à batteries en service à New-York (SRJ, p. 210, avril).
- Voitures à impériales pour les lignes électriques à trôlet et à accumulateurs, do Paris (SRJ, p. 209, avril).
- Oscillation des voitures ; J.-A. Brill (S R J, p. 226, avril).
- Nettoyage des voitures électriques (SRJ, p. 196, avril).
- Disposition des lignes à trôlet sur le nouveau pont tournant de New-York fS RJ. p. 188, !
- Constructions nouvelles do li Irlande (S RJ, p. 203, avril).
- Installation des lignes de chemins de fer aériens de Brooklyn (SRJ, p. 210, avril).
- Les lignes électriques dans l’Afrique du Sud (SRJ, p. 211,
- a du Baltimore Northern Railroad (S R J, p. 175, avril).
- Chemin de fer électrique de Mason City and Clear Lake (E En, p. 369, 7 avril).
- Tramways électriques de la Madeleine à Gennevilliers ; Ed -Boyer (TP, p. 274, 15 avril).
- Le chemin de fer électrique à voie étroite de la fabrique de sucre « Grœnendijk», en Hollande; Julius Werther (ETZ p. 234, 14 avril).
- Le chemin de fer central de Londres (E, 845, 22 avril).
- Les tramways électriques de Neufchatel (Suisse); R.-B. Hit-tek (Elé; p. 257, 23 avril).
- La traction électrique en Angleterre (El, p. 824, 15 avril).
- La traction électrique à Leipzig (DEL, p. 176, 16 avril).
- Tramway électrique portatif (E R, p. 533, 22 avril).
- Transport des minerais sur les lignes électriques (S. R. J, p. 227, avril).
- Méthodes employées par les compagnies des tramways de la Grande-Bretagne pour passer les contrats (S R J, p. 220,
- Télégraphie et Téléphonie.
- anglaises ; 'Albert Cushing Crehore, Phi D. e Squier (II, p, 302, 22 avril).
- Sur les récepteurs télégraphiques; H. Rupp (ETZ, p. 237,
- Etudes sur les paratonnerres télégraphiques ; J. Voisenat (A T, p.5, janvier-février).
- Télégraphie à travers l’espace ; S.-P. Thompson, J.-N. Kennedy
- Une simplification du récepteur Marconi; II. Rupp (ER, p. 335, 22 avril).
- Le zérographe Kamm (ZET, p. 153, 27 mars).
- Fils télégraphiques et téléphoniques; Dcdreuil (Elé, p. 246,
- Notes pratiques sur la téléphonie ; A .-E. Dobbs (E En, p. 364,
- L’inductance en téléphonie; W. Moo.n (E R, p. 502, 15 avril ; p. 539, 22 avril).
- Emploi du téléphone sur les chemins de fer; K.-E. Now :E En. p. 365, 7 avril).
- Éclairage.
- Sur le phénomène de l'arc électrique ou la prétendue F E M de l'arc : A. Blondel (A T, p. 77, janvier-février).
- L'intensité lumineuse des lampes à arc (Elé, p. 252. 16 avril).
- Nouvelle forme de lampe à arc enfermé (E W, p. 450, 9 avril),
- Lalampe à arc enfermé Jandos (Z E T, p. 174, 10 avril).
- Charbons pour éclairage électrique et autres usages ; Francis Juin. (El, p. 797, 8 avril; p. 826, 15 avril).
- Sur la fabrication des lampes et autres appareils pour circuits à 200 volts ; G. Binswanger Byng (p. 118).
- Discussion sur la fabrication des lampes et autres appareils pour circuits à 200 volts (J E E, p. 149. avril).
- La lampe à incandesccacc électrique Welsbach ; A.-M. Gib-son (K R, p. 504,15 avril).
- Lanterne électrique (DEL, p. 132, 2 avril).
- Eclairage électrique des wagons-poste allemands (Eli, p. 860,
- L’éclairage électrique des bureaux de la Prudential Companv (ER, p. 545, 22 avril).
- L’éclairage des navires de guerre (ER, p. 502, 13 avril).
- Eclairage électrique municipal; John-R. Commons (É En. p. 373, 7 avril).
- Electrochimie.
- L'électricité dans les usines de produits chimiques (E II. p. 560, 22 avril).
- Sur le développement de l’industrie clectroehimiquc en Autriche; CarlBoNLY (Z E T, p. 163, 3 avril).
- Appareils de production du gaz acétylène ; Ern. IIlran (Gc, p. 394, 10 avril).
- Fabrication de roues dentées en aluminium (S RJ, p, 192,
- Le^raiiement des minerais sulfurés complexes de plomb, zinc et argent; O. J. Stf.iniiart (II. p. 242, Ie* avril; p. 262, 7 avril; p. 282, 15 avril).
- L'affinage électrolytique du plomb; Sherard Cowpeb-Coi.es (E R, p. 547, 22 [avril).
- Le traitement électrolytique des slimes (E R, p. 561, 22 avril).
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- La vision à distance par l’électricité (D E L, p. 171, 16 avril). Le bateau torpilleur sous-marin (E R, p. 512, 22 avril).
- Le vol de l’électicité (DEL, p. 173, 16 avril).
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- Supplément à L'Éclairage Électrique du 30 avril 1393
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- Supplément à L’Ec
- XLI
- NOUVELLES
- Troisième Congrès international de chimie appliquée, Vienne, 1898. ’—; Ad 'deuxième Congrès international de chimie appliquée qui s’est réuni à Paris, en 1896, il a été décidé que'le troisième Congrès aurait liéu à Vienne'en 1898.
- Un comité composé de délégués du gouvernement', ainsi que de représentants des différentes branches de l’industrie chimique, s’est formé à Vienne et a fixé, la date du Congrès du 28-juillet au
- Pendant'î'à"'daréè du Congrès, sé tiendront les assemblées générales- de plusieurs sociétés-chimiques et pharmaceutiques. Des excursions seront organisées.
- Des articles du règlement, qui est envoyé sur demande adressée à M. le secrétaire général, IV'/a, Schonburgstrasse, 6”, Vienne, nous extrayons les
- Art. 6. Chaque membre est tenu de payer une cotisation.de- ro-florins à-la-caisse dueong-rès pour sa carte d’adhésion qui lui permettra de suivre les séantes générales et les séances de section, de prendre part aux- excursions et autres arrangements organisés par le Congrès à titre gratuit et de recevoir gratuitement toutes les publications du Congrès. Les membres qui interviendront dans les frais" du Congrès par un versement qui ne saurait être înférieur’à looflorifts, seront inscrits dans les publications du congrès comme membres dona-teurs'du troisièmeUongrès international-de chimie appliquée........ • ’
- Art. 10. Les langues admises au Congrès sont : l’allemand, le français et l’anglais.
- Art. 16. Les rapports qui seront présentés au Congrès-devmnt être annoncés au président -de. .la section correspondante, ou directement au comité exécutif, au plus tard le 15 juin 1898. Les rapports annoncés plus tard ne peuvent être mis à l’ordre du jour des discussions que par un vote spécial de la section ou sous-section correspondahtei -Leê rapports qui' devrôilt ' être imprimes sont a rédi-
- ger dans une des trois langues admises au -congrès I et doivent être envoyés, au plus >tafd Te ic'r juin 1898, ad secrétaire général du Congres'directement, ou au président de la section- correspondante. lDes rapports ne doivent pas”'dépasser l’étendue de'cinq pages imprimées in-octavo! -Le comité organisateur décide- sur T’impréssion'' de manuscrits plus longs.' ' ” •
- - JUn comité d'organisation a' été institué1'dan-s‘les principaux pays. Lé comité français-comprend •un1-trèsgrand nombre de membres; la XIIe section (clectroéhimie ) de ce comité est' -présidée par M. Moissan.
- La Smithsonian Institution. — A -l'occasion du cinquantenaire de: cette ^fondation1 (-1-846-il vient d’être publié-avec l’appnobat-km -du.secrétaire général, M. Su-P. Langley, et-par les-soins de M. George-Brown Goode, éditeur à--’W!a%hmgfton. un fort intéressant historique des origines,- dti-but. des transformations de la Smithsonian Institution
- L'une dès particularités de cete -œuvre américaine consiste dans là provenance -des-premiers fonds dus à la libéralité de l’anglais Smithson au coürs'de sa jeunesse, avait pris part avec l'armée britannique à la guerre de l’indépendance.
- Fils naturel d’un lord, sans famille, Smithson légua à là République américaine une' fortune d’ertviron 2 500 000 fr pour fondera Washington un établissement destiné au progrès et à la vulgarisation de là Science. • -
- Grâce au bon vouloir des autorités anglaises, les formalités administratives furent aussi abrégées què possible ; un an après l’acceptation du legs par le gouvernement des Etats-Unis, ^ fondg.de pouvoir américain entrait en possession de la donation et en versait le montant dans les caisses du Trésor.
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- XIII
- Supplél
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- tables, des constructions et des transformations successives, la Sniilhsonian Institution est devenue line sorte de vaste Muséum-Bibliothèque qui comprend à la fois des collections minéralogiques, botaniques et ethnographiques, — principalement de l’Amérique du Nord ; une bibliothèque scientifique, partiellement organisée sur le modèle de nos grandes bibliothèques publiques, mais dans d'autres parties subdivisée en salles spécialement affectées à des recherches particulières; un parc zoologique où afflue le public les dimanches et jours fériés; un observatoire d'astronomie physique, etc.
- Aucun établissement n'a peut-être organisé aussi largement l'échange de ses publications, car à la fin de l'année 1895, la Smithsonian Institution entretenait des relations dans ce but avec 10765 bibliothèques et 12643 particuliers.
- L’historique auquel nous empruntons les indications ci-dessus, contient les portraits de Smith-son et des principaux titulaires qui, depuis l’origine, se sont consacrés au développement de ccttc remarquable fondation et se sont illustrés par des mémoires scientifiques publiés dans les bulletins périodiques de la Smithsonian Institution.
- Eclairage des chutes du Niagara au gaz acétylène. — Une tentative, dont nous ayons antérieurement annoncé le projet, vient d’être faite, d'éclairer les chutes du Niagara au gaz acétylène. Il ne serait question provisoirement que de la chute américaine et une partie des rapides supérieurs autour du pont conduisant de la terre ferme à l'île aux Chèvres (Goat Island). Quinze grands fanaux de locomotives avec réflecteurs puissants ont été placés dans différentes positions. Six d'entre eux sont placés sur le pont, plusieurs dans Prospect Park et d’autres sur la pente au-dessous de la rive élevée, placée à la base de la chute américaine. Chaque fanal est pourvu de cinq à sept becs et le gaz est fourni par trois générateurs Na-phey. L’un d’entre eux a été placé sur le bâtiment incliné du chemin de fer, un autre dans les bureaux de l’ancien parc et le troisième sur un petit bâtiment, dans l’île Bath. Un tuyau d’un demi-pouce part des générateurs et aboutit aux fanaux ; le tuyau est soigneusement enfoui dans le sol. Comme c’est la première démonstration du pouvoir éclairant du nouveau gaz, la foule est grande dans le voisinage des chutes.
- Jusqu’ici les fanaux n’ont pas encore fourni de lumière aussi brillante que celle de l’arc électrique ; mais l'installation a été établie rapidement pour émerveiller les Américains à l’occasion de leur récente visite des chutes.
- On dit que f « Acétylène Light, Heat and Power Company » va éclairer les chutes pendant tout l'été et continuera cet éclairagejusqu'aprèsla
- tenue de la convention de l’Association des tramways américains.
- La force motrice à Machecoul. — La société dite Société machecoulaise d’éclairage et de transport de force vient d’être formée. Elle a pour objet l’éclairage par l'électricité dans la ville de Machecoul et les localités environnantes, et l’utilisation de l’électricité pour la force motrice, l’énergie calorifique, et pour toutes les exploitations où les progrès de la science permettront son emploi.
- La durée de la Société est de quarante et un ans ; son siège social est à Machecoul.
- La force motrice à Vinca. — Les travaux de construction de l’usine électrique qui doit assurer l’éclairage et la force motrice pour la ville de Vinca avancent rapidement. L’usine est établie à Saint-Pierre et l’on a déjà commencé la construction du barrage de la Tet qui doit fournir la chute nécessaire; en même temps, on s'occupe activement d’élargir le canal d’alimentation. Tout ce travail fait dans le roc ne peut aller très vite, mais toutes les précautions ont été prises pour mettre en exploitation dans le plus bref délai.
- L’électricité à l’Exposition de 1900- — L’électricité jouera un rôle des plus importants à l’Exposition universelle de Paris, d’abord pour l’éclairage qui nécessitera une force considérable, puisque la plus grande partie de l’Exposition restera ouverte le soir, et aussi pour la transmission de la force motrice.
- On évalue dès maintenant la puissance employée pour l’éclairage à 15000 chevaux; l’éclairage comprendra les jardins et les palais, beaux-arts, arts décoratifs et industries diverses.
- Les machines exposées fonctionneront sous les yeux des visiteurs, et l’on comprend toutes les difficultés auxquelles on se fût heurté pour atteindre ce but avec des canalisations de vapeur; au contraire, la transmission de force se fera aisément par l’électricité, et cela sans perte sensible dans un espace relativement aussi restreint que celui de l’Exposition. La puissance utilisée sous cette forme est évaluée à 5 000 chevaux.
- Pour actionner les générateurs électriques, on disposera les machines dans deux cours de 40 sur 117 mètres et situées à l’extrémité du Champ-de-Mars. L’une des cours recevra les batteries françaises, l’autre les batteries étrangères; voilà déjà une instructive comparaison.
- L’exploitation des mines par l’électricité dans les Montagnes Rocheuses. — Dans ces dernières années, 52 compagnies distinctes ont, dans les districts avoisinant les Montagnes Rocheuses, ins-
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- Supplément à L’Éclairage Électrique du 7 mai 1898
- XL1I1
- tallé des appareils de transmission de force par l’électricité pour l’exploitation des mines et le traitement des minerais.
- L’ensemble comprend 62 générateurs fournissant près de 8 000 kilowatts et 135 moteurs pour 5 000 chevaux-vapeur environ, et actionnant les différentes catégories de machines de mine et de broyage. Les appareils électriques sont assez bien établis pour que la dépréciation et les réparations soient moindres qu’avec toutes autres espèces de machines.
- La transmission par courants polyphasés à haute tension est généralement employée avec les moteurs à induction sans commutateur, collecteur ou balais, dont la durée est la plus longue.
- Les opérations électro-métallurgiques font des progrès considérables et prennent de plus en plus d’importance dans les exploitations minières.
- Suppression complète de la traction animale à Buda-Pesth. — Il est intéressant de faire connaître que depuis le is décembre 1897 il n’existe plus un seul tramway à traction animale à Buda-Pesth. Toutes les lignes ont été équipées électriquement, et cela, comme nos lecteurs le savent, par le système à caniveau souterrain, d’une façon presque générale.
- II faut donc noter que Buda-Pesth est la première ville d’Europe où le cheval a complètement disparu pour la traction des tramways, et c'est un point à retenir dans l’histoire de la transformation des modes de traction. D.
- La concurrence pour la fourniture de matériel de traction en Angleterre. — La Blackburn Corporation ayant eu besoin d'équiper 68 voitures à voyageurs, demanda des prix aux principales maisons spéciales. Celles-ci répondirent par les offres suivantes :
- Crampton et Cie............... 165500 fr.
- Electric Construction C". . . 152 175 —
- Britisch Thomson Houston. . 139475 —
- Laing, Wharton et Down. . . 136425 —
- R. W. Blackwell............... 136250 —
- Siemens Brothers et C0 • - . 136 100 —
- C’est la Société Siemens Brothers et C° qui a été déclarée adjudicataire. Le prix demandé par cette société correspond à 2001 fr par équipement de voiture; celui demandé par Crampton et Cie à 2 434 fr. qui était le plus élevé. D.
- Les tramways de New South Wales (Etats-Unis). — Le rapport des commissaires des tramways de New South Wales publie les chiffres suivants se rapportant au trimestre se terminant en septembre 1897 et les compare aux chiffres obtenus pendant le même trimestre de l’année 1896.
- TRIMESTRE
- —
- 1896 1897
- Kilomètres de voies ouvertes 98,21 99,02
- Recettes en francs 353 030 367 ”5
- Dépenses en francs 294165 307 155
- Voitures-kilomètres parcou- II92 2?2 1 291 280
- Recette par voiture-kilomètre en centimes 34,” s*,,»
- Dépenses 33,27 49.76
- Pourcentage des dépenses aux recettes 83.32 85,03
- Nombre de voyageurs transportés 16653775 17337962
- D.
- Indicateurs pour tramways. — La Compagnie des tramways du Havre a déjà éclairé scs voitures par l’électricité; elle a projeté, en outre, d’indiquer par des verres lumineux de différentes couleurs la direction suivie. On sait que le système d’indicateurs colorés rend de grands services en plein jour et qu’une fois l’éducation des couleurs faite, on se rend compte aisément de la ligne à laquelle appartient la voiture de passage. Mais il est à craindre que la nuit ces couleurs se distinguent difficilement, d’autant plus qu’elles ne doivent apparaître que sur une partie restreinte de la voiture, et par suite cette innovation pourrait ne pas donner tous les résultats que la Compagnie croit en attendre.
- Peut-être vaudrait-il mieux éclairer les planchettes indicatrices qui se trouvent à 1 avant et à l’arrière de la voiture, ou bien la bande latérale qui contient l’énumération des points parcourus ; dans ce cas la plaque serait en verre au lieu d être en
- Traction électrique. — Avignon. — L’établissement du rcscau de tramways d’Avignon a passé la période des pourparlers [Supplément, t. XII, p. v, et t. XIV, p. v). L’entreprise des travaux de maçonnerie pour la ligne d’Avignon à Sorgues, ainsi que ceux de la construction de l’usine, a été donnée à M. Anastay. Les travaux de fondation de l’usine sont commencés. Quant à la ligne, sa construction est activement poussée.
- — lircfti. -- Les travaux de la construction du réseau de tramways électriques de Brest, dont nous avons déjà parlé (Supplément, t. XIII, p. 1 et :.xii, 2 octobre et 18 décembre 1897), sont presque terminés. La pose du fil aérien est faite en grande partie et douze voitures sont au dépôt, où l’on pourvoit à leur équipement. La longueur de la ligne est de 10 km; le matériel roulant com-
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- XLIV
- prendra 22 voitures de 2 moteurs chacune; la puissance totale de la station génératrice sera de 900 kilowatts : soit deux dynamos de 450 kilowatts à 550 volts. Cette Installation est faite par la Compagnie française Thomson-Houston.
- O11 prévoit d’ailleurs une extension considérable de ce réseau. Dans une de scs dernières séances, le conseil municipal donnait délégation à la commission départementale pour statuer sur une pétition demandant le prolongement de la ligne du port de commerce sur une longueur de 641,5 m.
- Une demande de déclaration d’utilité publique a été déposée pour faciliter l'extension prévue tant dans la ville que dans les communes environnantes. A la séance du 25 avril, M. Bernicot faisait connaître au conseil les modifications apportées par le Conseil d’Etat, à propos de cette demande, à la convention de rétrocession des tramways par la ville et au cahier des charges imposé à la compagnie rétrocessionnaire. Les principales modifications apportées à la convention sont les suivantes :
- La ville se réserve le droit d’accorder la concession de lignes autres que celles déjà existantes, mais elle accorde à la compagnie actuellement concessionnaire le droit de préférence qu’elle pourra réclamer dans un délai de trois mois, à partir du vote de la construction des lignes nouvelles.
- La faculté qu’elle se réservait d’imposer toute amélioration des procédés de construction ou de traction indiquée par les progrès de la science est supprimée, car elle n’avait pas comme corrélation un abaissement du tarif des places en faveur des voyageurs.
- L’usine génératrice de Kérinou devra faire retour à l’Etat, — ce qui n’avait pas été primitive-
- ment prévu, — ainsi que les lignes et le matériel au bout de cinquante ans. Cette usine étant évaluée à 800000 francs, la Compagnie a demandé que de ce chef la recette brute kilométrique de 22 000 fr. fût portée à 23 000 fr.
- Les achats d’immeubles à exproprier rue de Siam elles frais d’expropriation de ces immeubles sont à la charge de la ville, la Compagnie devant faire les frais des pavages et pose et bordure des trottoirs.
- Les modifications au cahier des charges sont d’ordre secondaire.
- Toutes ces modifications ont été adoptées par le conseil.
- — Cliàlous. •— Des termes de la concession accordée par la ville à M. Cauderay il résulte que la Compagnie concessionnaire du réseau actuel des tramways est engagée à construire et à exploiter deux nouvelles lignes allant de l’Hôtel de Ville au faubourg Saint-Antoine et au faubourg Sainte-Croix quand la ville le demandera, moyennant une garantie de 0,60 fr de recette brute par km-voiture, et pourvu que la recette brute du réseau en exploitation ait atteint une moyenne de 250 fr par jour pendant une année entière, soit 90 000 fr par an.
- La question de l’établissement de Tune de ces lignes, celle de l’Hôtel de Ville au faubourg Saint-Antoine, a été discutée à l’une des dernières séances du conseil municipal de Châlons. Dans une lettre adressée au maire, M. Cauderay a exprimé la crainte qu’en présence des résultats financiers de l’exercice 1897, il soit impossible de donner suite à cette demande. De son côté, le directeur des tramways a informé le conseil qu’il lui enverra bientôt le bilan de cet exercice en même
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- temps qu'un plan dont l'adoption permettrait d’améliorer la situation actuelle des tramways.
- Les journaux locaux font observer à ce propos que cette situation est très satisfaisante. Dès la première année d'exploitation, les recettes brutes se sont élevées à 71 000 fr, en excédent de 7 500 fr environ sur la somme garantie par la ville à la Compagnie concessionnaire. De plus, la dépense par voiture-kilomètre a notablement diminué : de 37 centimes qu’elle était pendant le premier trimestre d'exploitation elle est tombée à 28 pendant le second et à 20 pendant le troisième.
- — j.illc. — Traction électrique des bateaux. — M. Larivière. ingénieur en chef du département du Nord, dans une conférence qu'il a eue dernièrement avec le secrétaire de l’Alliance batelière de France, a indiqué son désir de voir se progager dans le Nord la traction électrique des bateaux. Il a fait remarquer que les bateliers fréquentant la ligne de Pont-à-Vendin à Béthune avaient tout intérêt à aider la Société de traction électrique qui vient de se fonder, et qu'il verrait avec plaisir les mariniers faire haler leurs bateaux par ce système de traction, avantageux d’après lui au point de vue économique et au point de vue de la rapidité de la marche, d’autant plus que l'administration des ponts et chaussées dans cette région
- est soucieuse des intérêts de la batellerie dont clic a la garde. Alors que le représentant du syndicat lui demandait quelques améliorations sur le canal de la Pensée et celui de la Neuftossée et de la dérivation de Douai, M. Larivière proposa au syndicat de lui faire une demande générale, promettant d’étudier la question et d’appliquer la solution désirée toutes les fois qu’il en verrait la possibilité.
- — Marseille. — La Compagnie générale française de Tramways va mettre à exécution le projet d’augmentation de son capital pour l’installation de la traction électrique. Le fonds social, qui est actuellement de 10 200 000 fr divisés en 20 400 actions sera porté à 25 000 000 divisés en 50 000 actions. Le droit de souscription pourra être exercé en avril.
- Il est question de demander à la Compagnie des raccords sur les quais et avec les principales usines pour faire le transport des marchandises la nuit et diminuer ainsi l'encombrement qui résulte du charroi toujours croissant dans les principales artères.
- — Monaco. — On a inauguré avec l'arrivée du printemps les tramways électriques de Monaco, dont la concession-avait été accordée à M. Henri
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- XL VI
- •1898
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- Crovetto, et à ce propos nous donnons une description de l’usine.
- En 1890, le prince de Monaco avait accordé à la Société monégasque d’électricité la concession de l'éclairage à la condition de ne pas défigurer l’aspect artistique du pays. L’usine, installée par Lombard-Gerin, etCle fut construite tout au quant de la pointe sud du Rocher de Monaco. Mais elle devint bientôt insuffisante et la création de tramways électriques obligea à une construction nouvelle. Le prince accorda sur la grève 3 000 m2 d’un terrain servant de décharge publique. Le terrain ne semblait offrir aucune sécurité, pouvant être repris à tout instant par la mer qui bat furieusement cette partie dans les jours de tempête.
- Un mur de défense fut solidement établi sur le galet. Il se compose d’une semelle en béton de ciment de 3,60 m de largeur à la base, sur laquelle repose un mur maçonné en pierres de taille et
- Ce mur est protégé du côté de la mer par une ceinture de gros enrochements qui empêchent la vague de l’affouiller en retenant le galet à la re. traite du flot. Il ne date que de six mois, mais il n’a pas bougé pendant cette première période la plus critique où les tassements et la désagrégation sont à craindre.
- Un terre-plein nivelé fut solidement établi à la cote de 5 m au-dessus du niveau de la mer, sur lequel furent édifiés les bâtiments des chaudières et machines, les pavillons des bureaux, magasins et ateliers de réparation et d'entretien.
- Tout ce travail fut exécuté en six mois.
- Les chaudières multitubulaires sont du type Babcok et Wilcox, d’une surface de chauffe de 600 m* et d’une production horaire de 10 000 kg de vapeur. Elles desservent, au moyen d’une canalisation du type dit à boucle, toute la série des machines motrices de l'usine. Cette canalisation est entièrement souterraine.
- Deux gros groupes électrogènes de 200 kilowats chacun avec dynamos du type Thury fournissent le courant nécessaire à l’alimentation des tramways appelés à desservir la Principauté. Cette première partie de l’installation fournit du courant continu à la tension de 500 volts.
- Deux autres groupes d’alternateurs du type Zypernowski, d’une puissance de 120 kilowats chacun, sous une tension de a 000 volts, forment, avec la première usine d’éclairage dont nous parlions en tête de cet article, l’appoint nécessaire à l'éclairage de la Principauté.
- Tout le matériel électrique ainsi que le tableau de distribution ont été fournis par la maison Lombard-Gérin et Cic, de Lyon, représentant des usines du Creuzot, qui ont construit toutes les dynamos ainsi que les machines destinées à l’éclairage.
- Toutes ces machines sont desservies comme
- excitation par deux groupes de 40 chevaux chacun, lesquels serviront à la recharge des accumulateurs des fiacres électriques et autres véhicules du même genre, qui auront à se ravitailler.
- Les usines Farcot ont également contribué à la fourniture de la partie mécanique; on leur doit les deux machines actionnant les groupes des tramways, les machines d’excitation et le condenseur automoteur général de l’usine, du type à circulation, alimenté par l’eau de mer.
- — Moutiers (Savoie). — La Compagnie de Fives-Lille a le projet de créer un tramway électrique qui desservirait toute la vallée de Bozel, à partir du Villard, et se relierait à la gare de Moutiers, assurant hiver et etc le transport des voyageurs et des marchandises.
- En même temps, cette compagnie établirait une importante usine de produits chimiques et métallurgiques ; cette première installation en amènerait probablement d’autres dans un avenir peu éloigné.
- Chacun peut se rendre compte de l’énorme intérêt qui s’attache à la réussite de pareils projets, et quelle prospérité en résulterait pour le pays. Tous ceux qui sont obligés d’aller chercher au loin du travail le trouveraient sur place, et l’émigration si funeste à tant d’égards aurait ainsi un de ses meilleurs remèdes.
- C’est ce que comprendront aisément les populations. Les propriétaires des terrains nécessaires à l’exécution de ces projets, suivant en cela l’exemple que ne manqueront pas de leur donner les communes, traiteront, il faut l'espérer, à des conditions raisonnables.
- Il ne faudrait pas que, découragée par les difficultés qu’elle rencontre, la Compagnie portât ses vues dans une autre région.
- — Aimes, — La Compagnie des tramways n’attend plus que le vote du conseil général et les autorisations des ponts et chaussées et du maire de Nîmes pour construire les nouvelles lignes et adopter la traction électrique. La population de Nîmes est unanime à se plaindre des retards apportés à cette affaire si importante qui occasionnera une dépense de 2 500 000 fr.
- L'Eclair de Montpellier ajoute :
- « Si la Compagnie attend la fin de toutes les formalités, elle aura besoin de patience. En France, pour bien faire, il faut le plus souvent tourner les lois. C’est ainsi qu’on a procédé pour avoir des corridas espagnoles; c’est ainsi qu’on procède pour bien d'autres choses. La Compagnie des tramways n’a qu’à faire de même et à commencer ses travaux. Le public et les ouvriers y comptent.
- — SaiuL-Gcrmaiu-eu-Laye. — Par décret du 3 février 1898 :
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- Suppléi
- XLVII
- ment à JJÉclairage Électrique du 7 mai 1898
- Est déclaré d'utilité publique l’établissement, dans le département de Seine-et-Oise, d’une ligne de tramways à traction mécanique, destinée à prolonger le tramway de Saint-Germain-en-Laye à Poissy jusqu au dépôt de cette ligne à Poissy.
- Est approuvée la convention passée le 27 novembre 1897, entre le préfet de Seme-et-Oise, agissant au nom du département, et la Compagnie des Tramways mécaniques des environs de Paris, pour la rétrocession du tramway défini à l’article premier, conformément aux conditions du cahier des charges.
- — Il s’est tenu à la mairie de Saint-Germain-en-Laye une assemblée de la plupart des maires et adjoints des principales communes des environs de Saint-Germain: Ecquevilly, Orgeval, Maisons-Laffitte, Le Vésinet, Chatou, Le Pecq, etc., sous la présidence de M. Journée, premier adjoint de Saint-Germain. L'assemblée devait examiner un vaste projet de traction électrique pour Saint-Germain et les environs, projet présenté par M. Nave.
- M. Nave a prévu un système général de traction par trôlets qui desservirait toute la région. Le projet ne s'arrête même pas là, car il prévoit, grâce à la transmission de l’énergie à distance, la distribution d’énergie motrice à tous les industriels qui en feraient la demande. M. Nave se propose d’établir dans ce but plusieurs vastes usines dont la principale serait à Argenteuil, où combustible et main-d’œuvre sont meilleurmarché qu’ailleurs. M. Nave ne demande aucune subvention. Il ne réclame rien que l’autorisation de poser ses trôlets avec leurs fils et leurs poteaux.
- L’assemblée à l’unanimité, a décidé d’appuyer la demande de M. Nave auprès des autorités compétentes.
- Eclairage électrique. — Angoulême. — Le conseil municipal d’Angoulême vient d’adopter le traité à intervenir entre la ville et MM. Durand et Peter pour la distribution de l’énergie électrique et de l’éclairage.
- — Besancon. — Différents projets d’éclairage électrique ont été proposés, entre autres celui de la Compagnie du gaz et celui de M. Grammont; mais aucune proposition ferme n’a encore été faite à la commission du conseil municipal.
- — Borgomancro (Italie). — Il est question de dériver le cours du torrent Pellino afin d’obtenir la force motrice nécessaire pour assurer l’éclairage électrique public et privé de la commune de Borgomanero.
- — Clermout-Ferraml.—Des propositions avaient été faites par un ingénieur électricien, M. Goux, en vue de substituer l’éclairage par l’électricité à l’éclairage public de la ville par le gaz. Mais le
- traité de la Compagnie du gaz, dont la concession expire en 1920, prévoit le cas où un mode d’éclairage plus avantageux viendrait à être découvert, et donne dans ce cas à la Compagnie du gaz un droit de priorité pour l’application de ce nouveau procédé. Le demandeur, M. Goux, ayant fait savoir qu'il ne voulait pas assumer les risques d’un procès avec la Compagnie, le Conseil a estimé qu’il n’y avait pas lieu, par suite de cette restriction, d’examiner le projet.
- D'ailleurs, il est question d’établir un barrage important à Saint-Gervais ; un syndicat a même été formé à ce sujet. Il se peut donc que sous peu de temps la ville puisse avoir dans d’excellentes conditions l’énergie électrique, et mieux vaut attendre.
- — tirasse. — Des propositions ont été faites par le concessionnaire du tramway, M. Bertolus, et la Compagnie du gaz pour l’éclairage électrique de la ville de Grasse.
- Il semble que la Compagnie du gaz demande une rétribution exagérée, mais si l’on veut tenir compte de l’amortissement de son matériel. En effet, elle voudrait 64 000 fr pour un éclairage n’atteignant pas 1200000 bougies, tandis que M. Bertolus demande seulement une annuité de 20000 fr et offre un éclairage correspondant à plus de 2000000 de bougies. L’écart est trop considérable pour qu’un moyen terme puisse être proposé. Il est vrai que la Compagnie, en vertu de son traité, possède certains privilèges, aussi une commission d’arbitrage a-t-elle été nommée pour juger, sous le contrôle du Conseil de préfecture, entre la Ville et la Compagnie.
- . — Limoges. — Nous avons vu que la Compagnie d’électricité de Limoges, fidèle à son programme, avait installé son usine avec trois machines compound de 285 chevaux de force chacune, et créé le réseau de la partie centrale de la ville et des faubourgs les plus populeux.
- Pour ne pas retarder son développement, la Compagnie avait besoin d’augmenter son outillage et de poursuivre l’extension de son réseau de canalisation. A cet effet elle a fait une émission de 3000 obligations de 500 fr à 4 p. 100. Elle a l’intention de conduire gratuitement le courant jusque dans l'intérieur des immeubles etde mettre ainsi l’électricité à la portée de tous, en évitant à ses abonnés les premiers frais d’établissement.
- — Mouza (Italie). — Le traité entre la municipalité de Monza et la Société d’énergie électrique Edison a été signé. L’éclairage public doit être assuré au moyen de 50 lampes de 1 600 bougies chacune au prix annuel de 200 fr. Il est de plus décidé que toute lampe supplémentaire demandée par la ville sera fournie au prix de 2) lires
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- XL Y111
- Supplèi
- 1
- lï 1898
- par an. Les travaux sont commencés et l’on espère inaugurer l’éclairage avança fin de l’année.
- De-même aussi les tranru^vs électriques reliant Monza à Milan vont prochainement Entrer en exploitation. - - •
- Adjudications, offres et demandes. — Fribourg (Allemagne,. — La municipalité de • Fribçurg demande des soumissions pour l’établissement d’un réseau de tramways électriques et la construction. d’une .usine - génératrice pour 1-éclairage électrique et la transmission d’énergie. S’adresser avant le icr juillet à la Stadtischen Tiefbauamt, Fribourg en Brisgau (Allemagne).
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- Les personnes qui. désireraient soumissionner ces travaux sont priées de prendre connaissance des devis et cahiers des conditions particulières, au bureau des travaux de l’administration de l’Assistance publique, 3, avenue Victoria, tous les jours non fériés, de dix heures à quatre heures, et de déposer au même bureau une soumission sur timbre, sous pli cacheté et conforme au modèle adopté, Le 14 mai. 1898 au plus.iard..
- Nul ne .sera admis à soumissionner s’il n’a été inscrit .sur la liste d’admissibilité dressée par la commission spéciale instituée par l’arrêté, préfectoral du 13 novembre 1882, conformément alla délibération du .conseil municipal du 26 juillet précédent.
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- 230 810. Le Roy. 7 déceinhro- 1897. Certificat d’addition au brevet pris le 8 octobre 189.) pour application du silicium au chauffage par l’élcctricitc.
- 263 677. Radiguet. 6 décembre 1897. — Certificat d’addition au brevet pris le 5 avril 1897 pour tremblepr à mercure.
- 271 789. Basset et Farjas. 14 décembre 1897. — Certificat d’addition au brevef pria-lè 30 octobre' 1807'pour-une nou-' velle pile, dite pile terrestre.
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- XLIX
- NOUVELLES
- Syndicat professionnel des Industries électriques.
- Séance du 29 mars 1898. — La séance est ouverte à cinq heures un quart, sous la présidence de M. F. Meyer.
- Membres présents : MM. Azaria, Bancelin, Bar-don, Beau, Bénard, Berne, Cance, Carpentier, Chaussenot,CIémançon, Ducrétet, Ebel, Eschwège, Geoffroy, Harlé, Hillairet, Meyer, Mildé, Porte-vin, Radiguet, E. Sartiaux, Sciama, Verne et Violet.
- Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
- Cette séance étant la première depuis l’Assemblée générale, la Chambre s’occupe du renouvellement du bureau, comportant: le président, trois vice-presidents, deux secrétaires et un trésorier.
- Election du président. — Un certain nombre de membres présentent la candidature de M. E. Sartiaux, déjà vice-président du Syndicat depuis deux ans. Quelques membres proposent de voter pour M. Hillairet.
- M. Hillairet déclare décliner toute candidature.
- La Chambre procède alors au vote et au scrutin secret, et au deuxième tour M. E. Sartiaux est élu président par 21 voix sur 24 votants.
- M. Mey'cr, en cédant le fauteuil à M. E. Sartiaux, remercie la Chambre de la sympathie qu’elle lui a témoignée pendant ses deux années de présidence et dont il gardera le meilleur souvenir. Il’conti-nuera d’ailleurs à la Chambre son concours bienveillant el.le dévouement qu’il a apporté à l’étude et à la solution de toutes les questions qui lui ont été soumises pendant ces deux années.
- M. Sartiaux, en prenant possession de la présidence, exprime aux membres de la Chambre toute sa gratitude pour la confiance que ses collègues et amis lui témoignent une fois de plus en l’appelant à diriger leurs travaux, il s’efforcera de la justifier en donnant tous ses soins aux affaires intéressant le Syndicat ; il demande également le concours de
- tous pour résoudre nombre de questions utiles et donner au Syndicat l’ampleur qu’il mérite et que comportent l'importance des affaires qu’il représente et la situation du plus grand nombre de ses membres.
- Election des vice-présidents. — Il est ensuite procédé à l’élection des vice-présidents.
- Sont élus : MM. Clémançon, Ducrétet et Violet à la majorité des membres présents.
- Election du trésorier. — La Chambre renomme, à l'unanimité M. Radiguet, trésorier sortant.
- Election des secrétaires.— M. Bancelin est réélu à l'unanimité secrétaire; elle nomme M. Eschwège à l'unanimité en remplacement de M. Roux.
- Le bureau ainsi constitué, M. E. Sartiaux donne lecture à la Chambre d’une lettre de M. Geoffroy demandant que les secteurs de Paris et les usines de la province s’entendent en vue de créer des stations de rechargement pour les automobiles électriques, et faire à ceux-ci des conditions de vente du courant qui permettent à ce nouveau genre de locomotion de se développer rapidement en vue de l'Exposition de 1900.
- La Chambre décide de nommer une commission chargée d'étudier cette question, de concert avec les directeurs des secteurs et des usines, et de lui faire un rapport le plus tôt possible sur les mesures à prendre pour arriver à un bon et rapide résultat.
- La Chambre désigne pour faire partie de cette commission MM. Geoffroy, Eschwège et Beau.
- Avant de lever la séance, M. E. Sartiaux propose à la Chambre de voter par acclamation et avec inscription au procès-verbal des remerciements au président sortant, M. Ferd. Meyer, pour le dévouement et l’activité qu’il a apportés au Syndicat et les services qu’il lui a rendus pendant la durée de sa présidence. Cette proposition est adoptée à L’unanimité.
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- Annexen° i. — M. le ministre du Commerce, de l'Industrie et des Postes et Télégraphes, vient d'adresser aux Chambres de commerce la circulaire suivante :
- éc Monsieur le Président, il résulte d’informations parvenues à mon département que les agences de renseignements commerciaux, fonctionnant à l’étranger, en Bulgarie notamment, et auxquelles s'adressent fréquemment les maisons françaises, sont souvent dirigées par des personnes que leur nationalité porte à entretenir des relations étroites avec les industriels des pays qui font le plus directement concurrence à l'exportation française sur les.places où ces agences sont établies.
- » Cet état de choses est de nature à causer un certain préjudice au développement de notre commerce extérieur en ce que les renseignements confidentiels fournis, sur leur demande, aux expéditeurs français par les agences dont il s'agit ne sont pas toujours d'une exactitude ni d’une impartialité absolues.
- » A ce sujet, je dois vous rappeler, monsieur le President, qu’à plusieurs reprises, le Moniteur officiel du commerce a fait connaître qu’en matière de renseignements commerciaux de tout ordre l’assistance de nos représentants à l’étranger est assurée aux négociants et industriels français de la façon la plus large et la plus sûre.
- » Toutefois, M. le ministre des Affaires étrangères estime avec moi qu'il y aurait lieu d’informer à nouveau les commerçants français, qui sont
- ou qui désirent entrer en relations d'affaires avec des maisons établies sur des places étrangères, qu’ils peuvent se procurer, en s'adressant au ministère du Commerce et de l’Industrie, des indications sur la situation commerciale de ces maisons.
- » J'ai donc l'honneur, monsieur le Président, de vous prier de vouloir bien faire connaître aux négociants intéressés de votre circonscription que le concours de mon département et celui des affaires étrangères leur sont assurés chaque fois qu'ils désireront obtenir des renseignements de cette nature. »
- Nous appelons d'une façon toute particulière l'attention des membres du Syndicat sur l’intérêt qu'offre cette circulaire.
- J1 en résulte que, pour obtenir un renseigne-.ment commercial de tout ordre sur l'étranger ou les colonies, — y compris ceux de solvabilité, — il suffit d’en adresser une demande à M. le ministre du Commerce et de l’Industrie, bureau des renseignements commerciaux, rue, de Varennc, 80, pour que la réponse parvienne gratuitement à l’inté-
- Annexe n° 2. — M. Harlé vient d’adresser à 1a Chambre une nouvelle liste des quartiers-maîtres mécaniciens de la marine qui ont été libérés tout récemment ou qui vont l'être prochainement et qui sollicitent un emploi dans l'industrie.
- Ces mécaniciens sont d'ailleurs tout particulièrement recommandés par les officiers sous les ordres desquels ils ont servi.
- LITTERATURE DES PERIODIQUES
- ETR Elektrotechnischc Rundschau (Fr;
- El The Electrician (Londres)
- Eté L’Electricien.
- ELs L'Elettricista (Romel.
- E'M The Engineering Magasine (New-York).
- J KE Journal
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- , Prooeedingsof the l’hysical feocict Rgâs Revue générale des Sciences. n Revue industrielle.
- des Transports parisiens.
- U K Bulletin des Usines électriques.
- Z E C Zeitschrift fur Elektrochemie (Halle). Z E T Zeitschrift fur Elektrotechnik (Vienr
- Le mécanisme de la conduction électrique ; Reginald A. Fes-sendën (ER. p. 308, 29 avril).
- T ' ' ’ ’ " î électrique en un point du champ
- î et de capacité dans l’un des circuits; R. Fkhrin (NC, p. 206, mars).
- Sur l’induction électro-magnétique dans des nappes de cou vaut splancs, cylindriques et sphériques, et sa représentatioi par une série â’images mobiles ; G.-H. Bryax (P >1, p. 381
- Haï
- ice d’isolement ; Réginald-A. Fkssendkn (E R, p. 596, 29 avril; p. 638, 6 mai).
- Transformation éleetrolytiqiie ; J.-L. Liyionk (E Ls, p. 99.
- De l’équilibre thermique dans l'éleetrolyse ; 1). Tommasi (IEC, p. 26, avril). _ •
- Le mécanisme de la production de l'électricité par frottement ;
- J.-E. Wisyiie (E T Z, p. 269, 28 avril).
- Relation entre la chaleur dégagée à l’intérieur des couples voltaïques et la chaleur transmissible au circuit sous forme d’énergie chimique; D. Tommasi (E G, p. 41, a'
- Sur l’électricité voltaïque des métaux: J. Erskine-î p. 398.
- :-Mukray (PM,
- la force électromotrice du chrome : Von W. Hittopf (ET Z, pi. 271, 28 avril).
- : des piles à sels de :
- La foi
- cuivre et la différence de potentiel au contact de sob concentrations diverses à differentes températures ; A. Mauri (N C, p. 196, mars).
- Sur la fonction du condensateur dans une bobine d’induction; T. Mimto (l’M, p. 4i7, mai).
- Sur la double réfraction des rayons de force électrique dans les cristaux: E. Pasquini (N G, p. 153, mars).
- Emission simultanée des rayons ortocathodiqués par les deux électrodes et propriété de la lumière violette dans les tubes de Grookes; À. Sandruüci (N C, p. 198, mars):
- Sur la déviation des rayons cathodiques par les étincelles électriques; K.-K.-F. Schmidt (ET Z, p. 270-271, 28 avril). Sur la propriété de décharge produite dans les gaz par l’ura-nite ; Emilio Villari (E Ls, p. 101, mai).
- L’action des tubes opaques sur les rayons X; Vii.i.ari (RL,
- [.ai' M. Goj Sur la réalité du phén GARD (N C, p. 187, Sur la pénétration âi
- . (R L, p. 241, 17 avril).
- ;ne de Hall dans les liquides ; IL Ba-
- •gnétisme dans le fer: A. Stéfamm
- (NC, p. 170.
- Sur la susceptibilité des substances diamagnétiques etfaiblc-^ ment magnétiques; Albert P. Wills (PM, p. 432,
- IIeuluy (ER, p. 607, ü mai).
- Génération et Distribution.
- Moteurs thermiques et hydrauliques. — Quantité de vapeur produite par un poids donné de charbon (El, p. 44, 6 mai).
- La turbine à vapeur et ses applications ; iuo.-D. Baii.ie (E R, p. 630, 6 mai).
- Sur la .construction de machines à faible vitesse de Crocker-Wheeler; Gano-S. 1)unn (EEn, p. 430.21 avril).
- Le balancement des moteurs à vapeur (KR, p, 607, 6 mai).
- L'extension de la turbine Parsons (E R, p. 571, 29 avril).
- Turbine pour actionner les dynamos (E \V, p. 480, 16 avril).
- Régulateur automatique de moteur à gaz (E. p. 528, 29 avril).
- L’utilisation des gaz des hauts fourneaux pour la transmission de la .puissance par l’électricité : W.-H. Booth (E R, p. 531, 22 avril; p. 532, 6 mai).
- i G. (N C, p. 201, n
- Sur la commutation dans les dynamos Paul Girault (le. p. 133, 25 avril).
- ~ ’ 1 .attires (E\V, ”
- r'ril).
- Balais en charbon et porte-balais : Ernest Kilbcrn-Scott (E R, p. 562,22 avril; p. 603, 6 mai)'.
- Sur la transformation des courants triphasés en courants alternatifs simples; G. Gbassi (NC, p. 201, mars).
- La séparation des pertes dues au fer dans les transformateurs (ETZ, p. 281, 5 mai).
- Une modification à la méthode Arno pour le démarrage des moteurs à synchrone à courants alternatifs; R. Aitxo (KLs, p. 97, -1“- mai). .
- La régulation et la protection des moteurs électriques; Harry H. Giti.ër (li W, p. 469, 16 avril ; E En, p, 431, 21 avril).
- Piles et accumulateurs. — Piles à oxyde de cuivre de M. de Lalande (Ri, p. 178, 30 avril).
- Piles à haute tension (E W, p. 508, 23 avril).
- Sur la pile au charbon; C. Gués e veau (Ri, p. 190, 7 mai).
- Accumulateurs à haute tension (EEn, p. 133, 21 avril).
- Un nouvel accumulateur électrique ; A. Wehner (EC, p. 46,
- Cumulateur Werner au plomb, zinc, cadmium (le, p. 160,
- rii).
- ion (E W, p. 480, 16
- Un parafoudre à haute tension. Extincteur automatique (le, p. 158, 2.3 avril).
- Sur les rhéostats liquides; Georges Dary (Elé, p. 273,
- Le refroidissement a-t-il quelque effet dans les interrupteurs à haute tension; Alexander J. Wuurs (E Vf, 23 avril.. Sonnerie électrique (E AV, p. 478, 16 avril).
- Stations génératrices et installations. — Stations de goné-' de distribution de l’cnergic électrique (E R, p. 576,
- 29 avril; p. 635, 6 mai), ne usine génératrice pour la transmission de l’énergie ; distance dans la Caroline du Nord; Harrie Storm (E V
- , 23 avril}.
- Usine génératrice pour éclairage ettraction de Toledo (Ohio); AV.-S. Suite (E W, p. 191, 23 ami).
- Les installations électriques de l’hôtel du New-York Atkletic Club E W, p. 463, 16 avril;.
- Les usines d’électricité en Espagne; Arthur Lietke (K T Z. p. 277, 5 mai).
- Essais de puissance de l’usine de la Brockton Street Raihvay Company (E \Y, p. 193, 23 avril).
- Statistique des stations anglaises d’éclairage électrique ; Claud P. d’Oyi.y (EEn, p. 425, 21 avril).
- Les installations électriques municipales (E R, p. 372, 29 avril).
- Les installations électriques municipales considérées à un point de vue commercial; Alfred H. Giauins (El, p. 818, 22 avril ; p. 8, 29 avril).
- L'éclairage électrique par les municipalités ; John R. Gommons iE En, p. 421, 21 avril).
- Rapports d’usines électriques (El, p. 722, 25 mars; p. 734, 1=' avril; p. 822, 13 avril ;p. 856, 22 avril; p. 14, 29 avril; p. 45, 6 mai).
- Le coût de la génération et de la distribution de l’énorgie électrique VE1, p. 10, 29 avril ; K R, p. 574, 29 avril; E, p. 535, 29 avril).
- La tarification de l’cnergie transmise des chutes du Niagara a Buffalo (E W, p, 499, 23 avril).
- Système de paiement commode et facile des installations intérieures ; V. Zingler (ER, p. 532, 22 avril; p. 567, 29 avril).
- Le comité d’études de la loi relative aux stations génératrices d’énergie électrique (El, p. 22, 29 avril ; p. 60, 6 mai).
- Inspecteurs électriciens (El, p. 48, 6 mai).
- Distribution. — Les progrès des transports électriques de l'énergie; J. Buse fils (Etc, p. 277, 30 avril).
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- Syndicat professionnel des industries électriques. (Séance du- 3 mai i8pS.) — La séance est ouverte à cinq heures un quart, sous la présidence de M. E. Sartiaux.
- Sont présents : .
- MM. Bancelin, Bardon, Beau,- Bénard, Berne, Bernheim, Boistel, Cance, Chaussenot, Cléman-çon,<Ducretet, Geoffroy, Hillairet, lr. Meyer, Por-tevin. Sartiaux, Violet, Vivarez.
- Se sont excusés :
- MM. Eschwège, Grammont, Harlé,Tri-co-che.
- Lecture est donnée du procès-verbal de là dernière séance- : M. Boistel, non porté comme membre présent, fait observer qu'il assistait à la séance. M. Portevin, porté comme membre présent, était absent, mais s’était excusé; ces erreurs rectifiées, le procès-verbal est adopté.
- Admission de, nouveaux membres. — Sont admis comme membres adhérents du Syndicat :
- M. François Loppé, ingénieur-électricien, 240. rue de Vaugirard, présenté par MM. E. Sartiaux et Laffargue.
- M_ Gaston Dehesdin, administrateur-directeur de la Société des Etablissements Henry Lepaute, 11, rue Desnouettes, présenté par MM. Sciama-et Sartiaux.
- M. Armand de Bovet, directeur de la Compagnie de Touage de la Basse-Seine et de l'Oise, 64, rue de la Cbaussée-d'Àntin, présenté par MM. F. Meyer et Vernes.
- Bureau de contrôle. — M. le président fait part à la.Chambre de la surveillance qu'il a exercée récemment sur la gestion du bureau de contrôle et des instructions qu'il a données à M. Ham, remplaçant M. Roux, directeur du bureau de contrôle,. actuellement absent; 11 s’est • .assuré, lui-même que les rapports remis aux clients sur les visites de leurs installations par les agents de ce bureau n'ont plus la forme comminatoire employée autrefois. Il a été également convenu que le bureau de contrôle appelé à faire des vérifications
- convoquerait l'entrepreneur ou l'installateur à’ assister à ces vérifications et qu'en outre une copie du rapport lui serait adressée, en même temps que-celui-remis au client. -, ' •
- Enfin le bureau de contrôle s'abstiendra, jus-r qu’au retour de M. Roux, de faire des vérifications' de mémoires ou tous autres travaux analogues. ,
- M; le président estime que dans ces condition^ on évitera les froissements qui se sont produits. 11- ajoutejque la Chambre n'a d’ailleurs aucune raison; . de cesser son concours au bureau de contrôle qui est son œuvre, d’autant que les affaires de celui-ci devenant prospères, elle pourra rentrer, suivant les termes du traité quelle a conclu avec lui,dans une partie ou dans la totalité des dépenses-quelle a faites pour son installation : dé; directeur du bureau doit, en. effet, à partir de là troisième année de sa gestion,.partager par moitié ses.béné-fices avec la Chambre des industrics.élcctriques, et ceLa jusqu’au remboursementtotal.de lasomme de 34000 fr que celle-ci lui avait avancée pour sa constitution. Après ce remboursement effectué, la Chambre ne participera plus dans le-partage des bénéfices, que pour le quart.
- Les-' errements regrettables de ce bureau ayant été ainsi modifiés, la Chambre attendra le retour de M. Roux pour mettre fin à ces conflits et donner suite à l'observation de M. Hillairet qui s’étonne à juste titre que M. Roux, directeur du buréau de contrôle, mandataire de la chambre, ait abandonne son poste sans avoir régularisé sa situation vis-à-vis de la Chambre, et sollicité d’elle la nomination d'un successeur provisoire ou définitif.
- Loi sur les accidents du travail. — M. le président rappelle à la Chambre que la loi sur les accidents du travail a été votée par les pouvoirs publics, et qu'il y aurait lieu d’étudier la formation d'un groupement avec d’antres syndicats soit pour s'affilier à une caisse d’assurances mutuelles, soit pour en constituer une autre. Il s’est déjà mis
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- en rapport avec quelques sociétés d'assurances ou de caisses d’assurances mutuelles pour examiner leurs voies et moyens et il doit, en outre, se rapprocher du président de la Chambre syndicale des mécaniciens, en vue d'une entente pour une action commune. Lorsqu'il aura tous les éléments nécessaires, il invitera la commission nommée par la Chambre et qui se compose de MM. de Lomé-nie, Harlé, Sciama, à fonctionner et à préparer son rapport, afin d’élaborer une organisation pratique remplissant le but qu’on se propose et de présenter à la Chambre un projet d’organisation de mutualité.
- Tarifs de chemins de fer. — M. le président rappelle que la commission de la Chambre chargée de cette étude a déjà présenté un rapport fait par M. Violet, rapport exposant clairement la question. Dans le but de la préciser plus encore, M. le président a fait établir un tableau inséré à la suite du compte rendu (annexe n" i), donnant les tarifs et barêmes applicables aux principales marchandises du ressort de l’industrie électrique, et de plus les prix par kilomètre parcouru pour chaque objet.
- Les prix indiqués sont ceux consentis actuellement par les compagnies de chemins de fer.
- Avec ce document, les membres du syndicat pourront étudier avec plus de précision cette question, présenter leurs observations dans une prochaine séance, et décider s'il ne serait pas opportun de faire de nouvelles démarches auprès des compagnies de chemins de fer pour obtenir, si possible, des réductions sur certains tarifs encore un peu lourds pour les intérêts de l'industrie française électrique et peut-être des tarifs communs à toutes les compagnies de chemins de fer.
- Examens des cours Laffarguc. — M. le président donne lecture d’une lettre de M. Laffargue demandant à la Chambre de vouloir bien désigner deux de ses membres pour assister aux examens qui terminent les cours d'électricité qu'il fait aux ouvriers mécaniciens, et auxquels la Chambre a accordé une subvention pour la création de prix aux auditeurs les plus méritants et les plus assidus.
- MM. Bancelin et Chaussenot sont désignés pour assister aux examens.
- Renscigncmenis commerciaux à donner aux membres du syndicat. — M. le président pense qu’il serait utile de faire paraître à la suite du procès-verbal de chaque séance, un résumé de renseignements pouvant être utiles aux membres du syndicat, tels que : avis d’adjudications de toutes natures, circulaires ministérielles sur le commerce et l’industrie française en France et à l’étranger, bulletins de la Chambre de commerce, du ministère du Commerce et des Colonies, de la préfecture de la Seine, etc.
- Comme l’intervalle d'un mois serait trop long
- pour la publication de ces renseignements et lui enlèverait probablement toute efficacité, il y aurait lieu de faire un essai de publication plus fréquente, chaque quinzaine par exemple.
- Après les observations présentées par quelques membres, la Chambre donne toute son approbation à l’initiative du président et lui sera reconnaissante de vouloir bien centraliser tous ces documents dont l’utilité n’échappera à personne.
- Arrêts relatifs à des instances fendantes entre des compagnies de ga% et d'électricité. — Le syndicat professionnel des usines d’électricité communique à la Chambre l'arrêt de la cour de Carcassonne donnant gain de cause à la Compagnie du gaz de cette ville contre la Compagnie d’électricité, et celui de la cour d’Avignon, favorable à la Compagnie d’clectricitc contre le Gaz.
- Ces documents seront versés aux archives, confiées aux bons soins de M. Sartiaux, et dont tous les membres du syndicat peuvent prendre connaissance.
- Demandes d'emploi. — M. le président communique à la Chambre des demandes de situation.
- La Chambre décide d’insérer à l’avenir ces demandes dans le compte rendu de la séance, avec le nom du demandeur, sauf ordre contraire de celui-ci.
- Les personnes dont les noms suivent sollicitent un emploi dans l’industrie électrique :
- i° M. A. Delange, électricien, 151, rue Sadi-Carnot, à Hellemmes-Lille, demande un emploi de monteur-électricien;
- 20 M. F. Lajaunie, ancien élève du laboratoire central d'électricité, 32, rue Denfert-Rochereau, Paris, demande un emploi dans la construction des accumulateurs ou toute autre branche qui s’y rattache ;
- 30 Un ancien capitaine de frégate, officier de la Légion d’honneur, s’étant occupé d’installations électriques à bord de bateaux ou dans les ateliers de l’État, demande une situation de directeur de station centrale ou d’ingénieur dans une compagnie d’électricité. {Prière de s'adresser auprésident delà Chambre des industries électriques.)
- Affaire relative à lin cabinet contentieux four l'électricité. — M. le président communique à la Chambre la lettre d'un membre du syndicat possédant un cabinet d’affaires contentieuses de l’électricité, pour les vérifications des travaux, des contrats d’abonnement, des règlements de mémoires, etc. Après discussion, la Chambre pense qu'il ne lui appartient pas d’entrer dans cette voie, et est d’avis d’éviter toute publicité spéciale intéressant un de ses membres en particulier; son but n’étant que de servir les intérêts généraux de l’industrie électrique, en laissant à chaque membre le soin de ses propres intérêts.
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- biles. — M. le président annonce qu'avant de réunir la commission nommée sur l’initiative d'un de ses collègues, M. Geoffroy, au sujet du courant électrique à fournir aux voitures automobiles par les secteurs de Paris et les usines électriques de la province, il s’est mis en rapport avec les présidents du syndicat professionnel des usines d'électricité et de l'Automobile-Club, pour leur demander de désigner des membres qui se joindraient à la commission du syndicat pour étudier les voies, moyens et prix à adopter pour arriver à une solution prompte de la question, La Chambre sera tenue au courant de ces négociations.
- Affaires diverses. — Il est répondu immédiatement à un questionnaire envoyé par l'Office du Travail publié par le ministère du Commerce.
- M. le président demande aux membres du syndicat de vouloir bien assister très régulièrement, et en plus grand nombre possible, aux séances de la Chambre. Les questions seront étudiées préalablement par le bureau dans des réunions spéciales, puis soumises, déjà préparées, au jugement de la Chambre. Cette méthode permettra, après discussion, de prendre des décisions nécessaires et rapides.
- Il forme également le souhait que chaque membre s'efforce de recruter des adhérents de Paris et de province pour que la Chambre représente ainsi le plus possible les vœux et les désirs de la majorité de l’industrie électrique dans les démarches à faire auprès des pouvoirs publics ou autres.
- L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée a six heures.
- Avis important. — Le président du syndicat croit devoir informer les membres adhérents de l’intérêt qu’il y a pour eux à ne pas faire de contrats d'assurances pour les accidents du travail et à ne pas renouveler ceux qu’ils pourraient avoir, jusqu’à ce qu’aient paru les règlements d'administration publique qui doivent régler et interpréter la loi sur les accidents du travail, du 9 avril 1898.
- A cette époque, la Chambre pourra donner à ses adhérents les renseignements et indications utiles au sujet des assurances à contracter pour
- Société d’encouragemont pour l’industrie natio-nale(Prix proposé)s. — Dans son dernier numéro, le Bulletin de cette société donne la liste des nombreux prix à décerner pendant les années 1898 et suivantes.
- Parmi les prix spéciaux proposés et mis au concours pour être décernés dans les années 1898 et les suivantes, nous relevons les suivants qui nous semblent particulièrement devoir intéresser nos lecteurs.
- Prix de 2 000 fr pour un moteur d'un poids de moins de 50 kg par cheval de puissance.
- Prix de 2 000 fr pour un petit moteur destiné à un atelier de famille, fonctionnant isolément ou rattaché à une usine centrale.
- Prix de 2 000 fr applicable à la locomotion automobile sur routes dans les villes.
- Prix de 2 000 fr applicable à la locomotion automobile en campagne.
- Prix de 1 000 fr pour l'utilisation des résidus de fabrique.
- Prix de 2 000 fr pour une étude expérimentale des propriétés physiques ou mécaniques d’un ou plusieurs métaux ou alliages choisis parmi ceux qui sont d’un usage courant.
- Deux prix de 500 fr chacun, pour des recherches scientifiques de chimie, dont les résultats seront juges de nature à être utiles à l’industrie.
- Prix de 2 000 fr pour de nouveaux progrès réalisés dans la fabrication du chlore.
- Prix de 1 000 fr pour la découverte d’un nouvel alliage utile aux arts.
- Prix de 2 000 fr pour une étude scientifique d’un procédé industriel dont la théorie est encore imparfaitement connue.
- Prix de 3 000 fr relatif à la fabrication des aimants permanents.
- Prix [de 3 000 fr pour la purification des eaux potables.
- Prix de 2000 fr pour une lampe électrique à incandescence ayant, au maximum, une-intensité de deux bougies décimales et fonctionnant, avec un dixième d'ampère, sous 100 volts de différence de potentiel.
- Prix de 2000 fr pour un ensemble d’appareils électriques applicables à un commerce ou à une petite industrie.
- S'adresser, pour le programme détaillé, au secrétaire de la société, 44, rue de Rennes, Paris.
- Les incendies causés par l'électricité. — Sous le nom de National Board of Pire Undcrwriters, les compagnies d’assurances américaines ont institué un service chargé de classer les incendies suivant leurs causes etde publier lesrésultatsde cette sorte de statistique.
- Il résulte du rapport trimestriel du comité s’occupant des incendies causés par l'électricité, que du 10 janvier au 11 avril dernier, il n’y a pas eu moins de 126 incendies de ce genre; encore le comité a-t-il éliminé un assez grand nombre d'autres sinistres ayant provoqué 3 500 000 fr de dégâts, les preuves données pour en attribuer l’origine à l’électricité ne lui ayant pas paru suffisantes. Devant ces chiffres, le comité exprime le vœu que plus de soins soient apportés aux installations.
- Parmi les 126 incendies indiqués dans ce rapport, signalons les suivants :
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- Incendie 2259. — Causé par le contact acciden-tel d'un conducteur de trôlet et d'un fil d'un avertisseur d'incendie. Le passage d'un courant intense dans l'avertisseur détruisit celui-ci : les dégâts s’élevèrent à 4 500 fr, sans compter ceux qui ont pu résulter de la mise hors service de l'avertisseur pendant quelque, temps.
- . Incendie 2164. — Causé par le contact d’un conducteur de courant d'éclairage et d'un fil téléphonique aboutissant à une minoterie. Ce dernier tombant sur une poutre recouverte de poussières inflammables, l'arc résultant de cette mise à la terre enflamma ces poussières et l’incendie ne tarda pas à s'étendre à toute la minoterie qui fut entièrement détruite ; dégâts : 100000 fr.
- Incendie 2167. — Causé par le contact d’un conducteur de trôlet et d’un, fil téléphonique. Ce dernier était retenu par une corde fixée au sommet d’un bâtiment à trois étages et frottant contre une gouttière. A 1 km plus loin, des ouvriers étaient occupés à attacher les câbles de suspension d'un conducteur de trôlet croisant la ligne téléphonique. Par suite d'une fausse manœuvre du chariot à échelle des ouvriers, le fil téléphonique tomba sur le conducteur de tramway. Le courant suivit le fil téléphonique, la corde de retenue, la gouttière et le tuyau de descente ; un arc se forma à la partie supérieure de celui-ci et provoqua un commencement d'incendie.
- Réglement de la vitesse des tramways électriques en Suisse. — La commission des tramways, instituée en Suisse, a publié en date du 12 mai 1897, les réglements qui régissent la vitesse des tramways électriques.
- Il est dit que Les compagnies exploitantes peuvent
- donnera leurs voitures les vitesses les plus convenables à l'exploitation, mais à la condition que les vitesses maxima ci-aprcs ne seront pas dépassées en aucun cas,
- t" Dans les rues ordinaires des villes et dans les traversées de villages, la vitesse maxima sera de f 2 km à l'heure,
- 2° Dans les avenues des villes et dans les rues larges des villages traversés, la vitesse maxima sera de 15 km à l’heure.
- y Aux abords des villes, cette vitesse sera au plus de 18 km à l'heure.
- 4 ’En pleine campagne, la vitesse pourra atteindre 25 km à l'heure.
- Sur les déclivités de 3 à ^ p. 1,00, la vitesse ne devra jamais dépasser is km à l'heure ; on pourra cependant atteindre 20 km si la voiture sc trouve en rase campagne.
- Sur les déclivités de 5 à 6,9 p. 100, la vitesse maxima sera de 12 km à l’heure et de is km à l'heure, si l’on est en pleine campagne.
- Sur celles de 7 à 8,9 p. ioo, la vitesse tolérée sera de 10 km à l'heure et enfin pour des déclivi-vités dépassant 9 p. 100, la vitesse maxima admise sera de 8 km à l'heure. D_
- Tramway élootrique à Zcrmatt (Suisse). — I.'ouverture de cette ligne aura lieu le icr juillet. La ligne a une longueur totale dej 9,2 km et le prix total d'établissement sera de 3 910 000 fr.
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- seront commandées par des machines à vapeur et deux turbines de 230 chevaux chacune.
- La ligne sera composée de deux fils de 8 mm de diamètre, éloignés de 40 cm l'un de l’autre. Le matériel remorqueur sc composera de deux locomotives électriques du poids de 10,5 tonnes, équipées avec deux moteurs triphasés, lftant données Tes rampes, qui atteignent 12 p. 100. la vitesse des locomotives sera réduite à 7 km à l’heure, chaque train étant composé d’une voiture fermée pouvant contenir soixante voyageurs et d’une voiture ouverte pouvant contenir cinquante voyageurs. Des freins seront appliqués, non seulement à la locomotive, mais aux deux voitures. . D.
- Chemin de fer souterrain à Londres. — L’installation du Central London Railway est en bonne marche. Les travaux de la station centrale sont en pleine activité, et sur un parcours total de 20.9km, il y a déjà 15,5 km de tunnel établis.
- Les trains se composeront d’une locomotive de 42 tonnes, longue de 8,8 m, montée sur deux trucs dont chaque essieu est actionné par un moteur de iro kilowats, et de 7 wagons. Le groupement des moteurs permet de régler comme à l’ordinaire la vitesse du train et la puissance de la locomotive.
- Le courant sera transmis par un rail conducteur en acier pesant 39,8 kgr par mètre et supporté par des isolateurs en bois créosote. Le courant employé sera du courant continu à 300 volts; mais à cette basse tension pour un aussi long parcours la perte serait trop .considérable ; aussi, la station génératrice placée à une extrémité de la ligne enverra aux sous-stations des courants triphasés à 3 000 v.; la tension sera alors ramenée à 330 volts par un transformateur fixe, puis un transformateur rotatif, relié au transformateur fixe et d’une puissance de 900 kilowatts à 250 tours par minute, fournira le courant continu à 500 volts.
- La station centrale comprendra 16 chaudières Babcock et Wilcox, pourvues de chargeurs mécaniques automatiques de Vicars; chaque chaudière doit vaporiser 3430 kgr d’eau par heure à la pression de 10,3 kgr par cm2. Six machines actionneront les six générateurs; ces machines sont à double effet, horizontales et à condensation; leur puissance est de 1 300 chevaux à 94 tours à la minute. Les cylindres ont 60,9 cm et 116.9 cra diamètre et 122 cm de course. La consommation ne dépasse pas 6 kgr par cheval-heure à la puissance de 1 000 chevaux.
- J,es six générateurs (dont deux de réserve) sont du type à champ tournant, avec 32 pôles; leur puissance est de 830 kilowatts.
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- du -21 mai 1898
- Les trains se suivront dans chaque sens à un intervalle de 2,s minutes. Chacun pourra transporter 336 voyageurs et la vitesse moyenne sera de 30 km par heure, arrêts compris.
- Tramways électriques de Dublin. — Les tramways de Dublin fonctionnent depuis près de deux ans sans inconvénient, et cette installation, la première de cette espèce en Angleterre, mérite d’être signalée. Les moteurs utilisés sont à faible fréquence et par suite facilement synchronisés. La transmission est faite par courant alternatif à haute tension et triphasé. La chute de potentiel dans le retour par la terre, primitivement de dix-huit à vingt volts, n'est plus dans l'installation dernière que de trois volts et demi. Enfin le service s'cst considérablement accru et la station d’énergie de Ballsbridge a bien supporté cette augmentation de puissance, assez considérable d’ailleurs, puisque le nombre des voilures a passé de vingt à cinquante.
- Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston. — Les actionnaires sesontréunisenassembléegénérale le 25 avril 1898, sous la présidence de M. Emile Mercet, président du conseil d’administration.
- Ce dernier exercice a donné des résultats très satisfaisants. En effet, bien que le capital ait été porté de 13 à 23 millions par décision de l’assemblée extraordinaire de l’année dernière, et qu’il y ait à rémunérer 50 000 actions anciennes, au lieu de 30 000, le dividende a été maintenu à 30 fr par action ancienne.
- L’assemblée a accueilli avec faveur les explications fournies par M. Mercet, notamment au sujet du métropolitain, du chemin de fer de l’exposition de 1900, et des affaires de la Société. J.e chiffre des travaux en cours était au 31 décembre 1897 de 3818234 fr. La Compagnie poursuivait la construction des tramways d'Alger qui ont été inaugurés le 19 avril; elle transformait les tramways de Lyon, et elle avait fourni au réseau de Nancy, de la Société générale française de tramways, tout le matériel électrique, ainsi qu'aux tramways de Châlons,Enghien-Montmorency, Rouen, 2e réseau, Elbeuf et Montpellier. Elle avait construit la ligne de la côte Sainte-Marie au Havre.
- Elle a préparé les études des tramways de Grenoble, Béziers, Angoulême,etc. Elle est chargée de la transformation du réseau,de Marseille, et est en pourparlers pour la transformation du réseau de Bordeaux. Elle a créé ainsi que nous l'avons déjà dit. la Compagnie d’électricité Thomson-Houston de la Méditerranée au capital de 3 millions, à Laquelle elle a transmisses droits pour le Portugal l’Espagne et l’Italie et qui a reçu de la Thomson-Houston International Electric Company les droits
- pour l’Egypte et la Grèce. Elle a reçu pour son rapport 2 300 actions représentant 1 230 000 fr et elle en a souscrit 1 300 en espèces.
- L’assemblée a approuvé tels qu’ils étaient présentés, les comptes de l'cxcrcicc 1897.
- Les bénéfices bruts de
- 1897, se sont élevésà 4392811,69 fr.
- D’où à déduire : pour les frais généraux et charges diverses . . 658390,26
- Pour l’intérct et l'amortissement des obligations. .... 704750
- Ensemble................1363140,26 1363140,26 fr-
- Soldenet ressortant à. 3029671,43 fr.
- S’ajoute le report de
- l’exercicc précédent. 165089,60 »
- Pour former un total
- disponible de. . . . 3134761,03 fr.
- Qui a été réparti de la manière suivante :
- Réserve statutaire . . 142323,05
- Réserve de prévoyance 300000 Réserveenvuede l’Exposition de 1900 . . 100000
- Amortissements divers 183 2 (0,35 Dividende des actions. 2074300 Dotation du Conseil d’administration . . 187983,80
- Report à l'exercice 1898 146943,83
- Total égal.........3134761,03 fr.
- Le dividende, de 50 fr par action ancienne et de 28,713 fr par action nouvelle, estmisen paiement
- M. Greene, administrateur, ayant donné sa démission en raison de ses nombreuses occupations qui ne lui permettaient pas de donner un concours suffisant à la Société, l’assemblée a élu à sa place M. Coffm et renouvelé les mandats de MM. E. Mercet, Paul du Buit, C.-A. Coffm et A. Loiret, administrateurs sortants.
- MM. A. Béglet et D.. Monnier, commissaires, ont vu leurs pouvoirs renouvelés pour l’exercice en cours.
- Société électro-métallurgique française. — D'a-prèsle rapport du conseil d'administration présenté à l'assemblée générale du 26 mars dernier, le bilan de la Société au 31 décembre dernier était :
- Immeubles, usines, forces hydrauliques, etc. . . 4717095,29 fr.
- Frais de premier établissement :
- Montant primitif .... 277466,30
- Amortissement à ce jour 277465,30 1 »
- A reporter. . . - 4717096,29 fr.
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- Supplér
- à L'Éclairage Électrique du 21
- Report. . . . 4717096,29 fr.
- Caisse 17721,79 »
- Portefeuille 13605,36 »
- Versements à appeler . . 1392 625 »
- Comptes courants débi-
- teurs 236902,06 •
- Marchandises en 'maga-
- Matières premières . . . 286536,93 »
- Produits fabriqués . . . 261659,59 »
- Marchandises diverses . 61438.17 »
- Total. . . . 6987605,49 fr.
- Capital social 5700000 fr.
- Réserve statutaire. . . . 40538.57 »
- Amortissement sur im-
- meubles et matériel. . 275000 , »
- Provisions pour mau-
- vaises créances .... 44538,97 »
- Effets à payer 3000
- Banquiers 133498,63
- I- ournisseurs 107703-93 »
- Comptes courants crédi-
- teurs 331552,66 »
- Comptes transitoires . . 38972,91 ,,
- Profits et perles : Bénéfices bruts sur les ventes, 682558,34 fr; à
- déduire : les frais de fa- • *
- brication et de transports, 31448,84 fr; les impôts , assurances , loyers, intérêts à divers et les frais d'adminis-
- tration,53309,68 fr, net. 312 799,82 >
- Total .... 6987605,49 fr.
- I.e Conseil d’administration proposait de répartir le bénéfice de 312 799,82 fr comme suit : Amortissement^sur immeubles !
- et matériel................ 55000 fr;
- Ce compte s'élèvera ainsi à 330000 fr. . .
- Prévision pour mauvaises creances ...................... 6813 .. »
- 51351,97 fr pour garantir des risques s’élevant à 59155,99 fr.
- 5 p. 100 à la réserve statutaire. 12549,32 fr.
- 6 p. 100 brut aux actions, sur le montant des sommes versées au 31 décembre écoulé. 238437,50 »
- 11 a été décidé par le conseil d’administration qu'en raison de l’agrandissement de l’usine de la Praz, le troisième versement de 125 fr pour chaque action, du numéro 6 001 au numéro 1 x 400, devait être effectué avant le 30 av.il prochain ; à dater de ce délai, les intérêts de retard seront perçus au taux de 6 p. 100 l'an.
- Compagnie Générale d’Électrochimie. — Cette Société fondée par la Compagnie de Vives-Lille au capital de 4 millions de francs a pour objet la fabrication de la soude, du chlorure de chaux, des carbures, etc. Sa deuxième assemblée constitutive a eu lieu le 6 mai.
- Ont été nommés administrateurs pour six ans : MM. Edouard Duval, directeur général de la Compagnie de Fixes-Lille, président; Georges Damb-maxn, banquier à Lyon ; Charles Bouii-lon, D. Rathenau, Désiré Korda, ingénieurs.
- Adjudications, offres et demandes. — t*sn>îs. — Le 31 mai 1898, à onze heures du matin, il sera procédé, rue de Grenelle, 103, à Paris, à l’Administration des Postes et des Télégraphes, à l'adjudication publique, sur soumissions cachetées, de 17 lots de fournitures pour piles : bâtons de zinc (plus de 400000), chlorhydrate d’ammoniaque (120 tonnes), vases en verre (30 000), vases poreux (250ooo), lames de charbon, charbon concassé, bioxyde de manganèse, etc.
- — Odessa ;Russîe).— Les autorités municipales d’Odessa demandent des soumissions pour la concession de la construction et de l’exploitation de 3 lignes de' tramways électriques "d’une longueur totale d'environ 45 km. Adresser les offres, avant le 27 mai, à la mairie d'Odessa (Russie).
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- A l’occasion de la Fête de l’Ascension, la Compagnie d’Orléans rendra exceptionnellement valables pour te retour jusqu’aux derniers trains du Mardi 24 Mai, tes billets Aller et Retour à prix réduits qui auront été délivrés, aux conditions de son tarif spécial G. V. n* 2, du Mardi 17 au Lundi 23 Mai inclus.
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- Supplèr
- NOUVELLES
- La traction électrique à Tornigton (États-Unis). — Maintenant que les réseaux importants sont construits, les Américains équipent les villes de moindre importance, et souvent ils établissent un tramway électrique là où . nous ne songerions même pas à installer un omnibus à un cheval. C'est ainsi que l’on vient d'équiper une ligne de tramway électrique à Tornigton, dans la Nouvelle-Angleterre. Cette ville n'a que ioodo habitants: le tramway la réunit à Winsted, dans-l'Etat de Connecticut, qui en possède 7000. : -
- La longueur du réseau est de, 31,5 kilomètres; la voie est à l'écartement de 762 millimètres; les rails, de 18 mètres de longueur, pèsent 27,7 kilôgr au mètre courant; les poteaux sont en-bois dé châtaignier et de pin.
- La station génératrice comprend deux machines de 300 chevaux à 100-150 tours par minute.
- Nous donnons ci-dessous le détail du prix de construction qui, au total, a été de 1 8ts 000 fr.
- Construction de la voie et de la ligne. 1250000 fr
- Equipement de la ligne . ........... 150000 »
- Construction de la station.......... 50000 «
- Matériel de la station.............. 225000 ;>
- Construction de ta remise........... 5oooo »
- » des bureaux et autres . ' 25000' »
- Parc et constructions............... 65000 »
- Prix total de l’ensemble.......1815000 fr.
- Le capital-actions de la Compagnie est de 1 000000 fr et le capital-obligations de 765 000 fr.
- La,ligne a été assez coûteuse à construire (50000 fr par kilomètre), car on a établi plusieurs petits ponts métalliques.
- Ces entreprises sont cependant aussi lucratives que de plus importantes; c'est ainsi que, pendant le deuxième semestre de l’année 1897, termine au i°" janvier de 1898, la Compagnie a gagné environ 125 000 fr. P. d;
- Tramways funéraires de Mexico. — La Com-
- pagnie des tramways de Mexico a inauguré, il y a déjà quelque temps, un service de voitures funéraires. Les types de voiture varient avec le prix payé; c’est ainsi que la voiture de première classe coûte 700 fr, celle de deuxième classe, 350; la dernière classe coûte 15 fr. Il va sans dire que les voitures qui suivent se paient en plus.
- La Compagnie a lieu de sc féliciter d’avoir inauguré 'ce service spécial, car le revenu moyen, produit l’année dernière, a été de 212000 fr. Malgré cet avantage, il faut féliciter les Compagnies européennes de chercher à augmenter leurs recettes par d'autres moyens, et de ne pas imiter, en cette occasion, les Américains, qui ont poussé le culte de la recette un peu loin. , D.
- Les capitaux anglais dans les entreprises de traction électrique. — Les Anglais, avec leur sens pratique et positif, ont- compris que. les entreprises de traction électrique seraient très rémunératrices pour les capitaux qui y seraient sagement employés. Aussi favorisentfilsccs entreprises et recherchent-ils en dehors de leur pays à financer les entreprises étrangères. C'est ainsi qu'un relevé, fait par le Slreel Railway Journal, nous indique que les capitaux anglais ont financé cinq compagnies importantes en Espagne, deux en France (Bordeaux et Calais), deux en Italie, une en Suède (Gothenbourg), deux en Allemagne (Magdebourg et Brême), une en Autriche (Vienne), une en Roumanie (Bukarcst). En Asie, ils ont six compagnies; en Australie, dix compagnies; en Afrique, trois compagnies; dans l'Amérique du Sud, sept ; au Brésil, une, et au Chili, une; au Mexique, une compagnie. Il s'est formé à Londres, il y a quelque temps, des syndicats qui recherchent ces affaires étrangères.' Comme on le voit, le mouvement des capitaux vers les entreprises de traction s'accentue, et il serait temps qu'en France, sans aller chercher des affaires à l’étranger, on ne se laisse pas enlever les affaires françaises parles étrangers,
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- ce qui jusqu’à présent est la règle presque générale. P- L).
- Nouvelle voiture électrique. — Nous signalons à nos lecteurs une nouvelle voiture électrique que vient de créer la Compagnie électrique O. Patin, de Puteaux. Ce qui frappe le plus dans cette voiture, c’est son aspect absolument élégant, chose rare dans une voiture automobile. C’est un phaéton à cinq places, aux lignes bien proportionnées; la simplicité et le nombre réduit des organes, la douceur du roulement, la facilité de direction et des manœuvres sont aussi à remarquer.
- Nous donnerons dans un prochain numéro la description de cette voiture, ainsi que celle d’une voiturette qui va bientôt être terminée. C’est un grand progrès dans l'industrie automobile.
- Un nouveau navire pour la pose des câbles télégraphiques, appartenant à la Telegraph Cons-tructure and Maintenance Company, est sur le point d’être lancé. II pourra embarquer i ooo tonnes de câble, ce qui lui permettra de poser en une seule fois un câble transatlantique. Pourvu de deux hélices jumelles et d’une puissante machine, sa vitesse de route pourra facilement atteindre 12 nœuds avec une consommation de charbon modérée.
- Traction électrique. — Brive-la-Gaillarde. — La
- traction électrique sera établie sous peu dans la ville de Brive. Le réseau se compose de quatre lignes principales et de deux lignes éventuelles. Chaque ligne doit être desservie par deux voitures. L'usine, maintenant aménagée, comporte aussi le dépôt des tramways et du matériel et une maison d’habitation pour le personnel. Celui-ci, d’origine exclusivement française doit prendre au moins les trois quarts de ses membres dans la population briviste, le dernier quart étant réservé pour les ouvriers spécialistes que la ville ne saurait fournir.
- .— Casscl. — La ville de Cassel a demandé la
- concession d’une ligne de tramways à voie de un mètre et à traction électrique avec conducteur aérien pour relier la gare à la Grand'Place par la route nationale et assurer le service des voyageurs et le transport des messageries.
- Le projet soumis à l’enquête publique n'a pas soulevé d’objection. Les tarifs proposés sont les suivants :
- Voyageurs, 0,15 ou 0,10 fr par km suivant la classe.
- Marchandises, 0,30 ou 0,20 par tonne et par km suivant la nature des marchandises.
- Le nombre des trains, quatorze au minimum, sera subordonné à celui des trains de la Compagnie du Nord s’arrêtant à Cassel.
- Les dépenses de premier établissement sont de 275 000 fr.
- — Chàtcanroux. — On nous annonce qu’une société industrielle va procéder d’ici peu à l’installation, à Chàteauroux, d’un réseau de tramways à traction électrique aérienne.
- Cette Compagnie installera le réseau à ses frais et l’exploitera sous sa responsabilité ; elle offre même d’abandonner à la ville 60 p. 100 de ses bénéfices nets à titre d’indemnité pourla concession.
- La principale ligne partira de Déols, suivra l’avenue, la place Lafayette, la place Gambetta, les rues Victor-Hugo, Jean-Jacques-Rousseau et la rue des Marins jusqu'à l’octroi de la route d’Ar-genton ; un raccordement sera fait à l’extrémité de la place Lafayette, d’où un embranchement sera dirigé vers la manufacture de tabacs jusqu’au bureau d'octroi de la route de la Châtre ; un autre raccordement sera fait à la bifurcation de la rue Jean-Jacques-Rousscau et de la rue de la République, jusqu'au rond-point de la rue de la République et un second embranchement desservira le futur hôpital.
- Lé prix de la place par personne est fixé à 10 centimes, d'une station à une autre, mais la Compagnie offre d’établir un tarif spécial pour les ouvriers et ouvrières de la manufacture Balsan et
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- du 28 mai 1898
- lxvîî
- Supplément à L'Eclairage
- de la manufacture des tabacs, ce tarif ramènerait 1 à 5 centimes le prix de la.place, pour les ouvriers, quel qüe soit le trajet.
- —Domérat (Allier). —Le préfet de l’Ailier vient de signer un arrêté autorisant l'établissement d'une ligne électrique reliant Domérat à la voie terrée de Montluçon à Guéret.
- Les travaux pour l’installation de l'éclairage électrique vont incessamment commencer sous la direction de la Société Lombard, Gérin et C,e.
- — Gngny. • — Il y a quelque temps, un projet de tramway à traction électrique entre Montfermeil et Gagny avait été déposé sur le bureau du conseil général de Seine-et-Oi.se.
- Cette assemblée vient d’approuver le projet et d'autoriser sa mise à Lenquctc immédiate. Il ne reste plus qu’à souhaiter que la mise à execution des travaux soit menée rapidement.
- — Lille (A'ord). — Dans un de nos derniers numéros (Supplément, t. XXII, p. xli, et t.XIV, p.n) nous signalions les essais de traction électrique à Lille. On nous apprend qu’un projet de convention à passer avec M. Faye, constructeur à Lyon, pour la construction et l’exploitation de deux nouvelles lignes électriques de tramways, est soumis au conseil par l'administration municipale.
- La première ligne partira des Docks-Vauban
- Electrique
- pour aboutir à Saint-Maurice ; en voici l’itinéràire : Port-Vauban, rue Colbert, place de la Nouvelle-Aventure, rue de Juliers, rue d’Iéna, place des Quatre-Chemins, rue de Wazemmes, rue de Fon-tenoy, rue Philippe-de-Comines, rue de Douai, rue de Valenciennes, place Guy-de-Dampicrre.
- Bifurcation avec la ligne conduisant à la gare du Nord, rue de Tournai, rue du Faubourg-dc-Va-lenciennes, rue de Bavai, rue du Long-Pot, rue Pierre-Legrand, rue du Prieuré, rue de Bouvines, rue Saint-Gabriel, rue de la Louvière, rue du Buisson.
- La deuxieme ligne suivra l’itinéraire suivant et aboutira à Hellemmes : Gare, rue du Priez, parvis Saint-Maurice, rue Saint-Génois, rue des Augustin s, rue Saint-Sauveur, rue de Cambrai, place Guy-de-Dampierre, porte de Valenciennes, faubourg de Valenciennes, rue de Bavai, chemin des Huiles, rue Sadi-Carnot.
- Dans le cas où il y aurait impossibilité d'aboutir à la place de la gare, le point terminus serait fixé, au parvis Saint-Maurice.
- Pour la sécurité des habitants, les rues Juliers, d’Iéna, deWazemines, de Fontenoy, Colbert, seront éclairées par les soins du concessionnaire à la lumière électrique par lampes à arc, de la tombée du jour à la fin du service. La traction se fera au moyen de fils aériens hors des fortifications, sur'
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- LXVIII
- Supplément à L'Éclairage Électrique du 2?
- li 1898
- les places et les boulevards, et au moyen, soit d’accumulateurs, soit de fils souterrains, dans toutes les autres parties de la ville. Le système des fils aériens sera le même que celui des tramways de Bruxelles, et le système souterrain sera celui qui est employé sur la ligne Paris-Romainville, c’est-à-dire le système des pavés métalliques. Les fils aériens seront supportés par des potences installées sur des refuges entre les voies. La durée de la concession sera de cinquante ans avec faculté de rachat par la ville en 1915.
- Eclairage électrique. — t'odcnet. — On nous apprend que la petite commune de Cadenet sera, sous peu, dotée de l’éclairage électrique. C’est un ingénieur civil de Lyon, M. Barbier, qui est chargé de ce travail. La maison Serre et Pellisson, de l’Isle-sur-Sorgue, est chargée de la confection d’une partie du matériel. Les travaux d'installation marchent rapidement et M. Barbier, l’ingénieur électricien qui est venu s'établir à Cadenet, a fixé à peu de jours la date d’inauguration de l’éclairage électrique dans cette petite ville.
- —• «and. — La ville de Gand va développer encore l’éclairage électrique duport, le matériel sera augmenté d’une dynamo de 25 kilowatts et d'une batterie d'accumulateurs. Pour l’éclairage des bateaux pendant le chargement et le déchargement on met à la disposition de l’équipage des lampes à arc fixées aux poteaux du quai et des lampes à incandescence qui se raccordent à cette canalisation par des conducteurs souples et permettent d’éclairer la cale des navires.
- Le prix est de 0,60 fr par heure pour un système de une lampe à arc et quatre lampes à incandescence.
- Ce service sera sous peu étendu à l'antre rive de l’Entrepôt et l’on étudie l’installation d'une station
- centrale sur l’avant-port pour fournir l'énergie nécessaire à l'éclairage et aux diverses manœu-
- Le nouveau Théâtre flamand sera également éclairé à l'électricité.
- — «uîse (Aisne). —Dans une de ses dernières séances, le Conseil municipal de Guise a donné un avis favorable à la demande de M. Vinchon, de Monceau, tendant à amener la force électrique par la grande voirie dans les maisons particulières de Guise.
- M. Vinchon a déjà fait doter la commune de Monceau-sur-Oise de l’éclairage à l’électricité. Non seulement les rues et places de Monceau sont dotées de puissants appareils, mais l'intérieur des habitations et toutes leurs dépendances sont éclairées à l’électricité. La force électrique est aussi appliquée à des instruments d’agriculture. La chute d’eau qui développe cette force est considérable, bien supérieure aux besoins de la commune de Monceau-sur-Oise, et nous voyons avec le plus grand plaisir et le plus vif intérêt que M. Vinchon s’applique à en faire profiter les communes environnantes, à commencer par la ville de Guise.
- - - Menton,— La municipalité, désireuse de doter ]a ville de Menton de l'éclairage électrique, fait appel aux grandes sociétés pour lui soumettre des propositions en vue de fournir l’énergie électrique. La Société genevoise du gaz était déjà entrée en pourparlers avec le maire il y a quelques années ; mais ses offres n’étaient pas acceptables, et l’on avait dû renoncer à mettre à exécution l’éclairage électrique; depuis, de nouvelles propositions plus avantageusesont été faites par cette société et aussi par une société parisienne. Espérons que la question n’en restera pas là cette fois.
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- — Moiuiovi. — La Société Sessa et Trôna, Ber-tussi et Cif de Milan a obtenu la concession pour l'installation et l'exploitation de l'éclairage électrique public et privé à Mondovi, et les travaux
- travaux de l'Etang-Bertrand" qui doit alimenter le réseau d'éclairage électrique dans lequel Monte-bourg (.Supplément, t. XIV, p. lxxvi) est compris, sont menés avec une très grande activité et déjà fort avancés. A Briquebec, les fils conducteurs sont, à l'heure actuelle, arrivés, prêts à être posés. D'un autre côté, 500 sapins choisis parmi les plus beaux et destinés à faire des poteaux viennent d’être achetés dans le bois du Camp-Cauvet, près de Montebourg. L’abatage et l’enlèvement de ces arbres sont en pleine voie d’ exécution. Nous pouvons donc avoir la certitude de posséder ce Dde d’éclairage pour l’époque déter-: à-dire le Ier septembre prochain, :me auparavant.
- Dans une récente séance du conseil municipal de Valognes, M. le maire a exposé à ses collègues que, malgré les instances et les démarches faites par l'administration auprès de M. Debains, ingé-nienr civil, pour mettre à exécution le traité intervenu entre lui et l’ancienne administration municipale, pour l’éclairage par l'électricité de la ville
- et des particuliers, M. Debains n’a rien fait ni rien entrepris pour satisfaire à ses obligations. La ville de Valognes ne pouvant rester plus longtemps à la disposition de M. Debains pareil engagement, M. le 1 seil de bien vouloir l’a devant le conseil de préfecture pour poursuivre la nullité, faute d’exécution du marché <
- Ce traité, sur des bases plus « précédent a été passé pour une durée d'un an.
- Aux termes de ce traité, la place Thiers devra être éclairée au moyen de huit lampes à arc, pour un prix forfaitaire de 1 000 frpar an.
- tion constitutionnelle l’éclairage électrique développement est ass
- délibération sur l’éclairage à propos du gaz et après que l’on . convention de traction électrique ; dans tous les cas, le projet lui-même doit être repoussé parce qu’il lèse les intérêts financiers de la municipalité et ceux des habitants. T.
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- 1.XX
- Supplément à /,'i
- elairage Électrique du 28 mai 1898
- — Taris. _ Nos lecteurs savent comment s’est terminée, au milieu de discussions incohérentes, la question de l'éclairage électrique de la ville de Paris.
- La première session ordinaire du conseil municipal a été ouverte au commencement de mars, et il faut espérer que cette fois l'éclairage électrique sera plus sérieusement examiné. Le renvoi à la première commission demandait d'examiner et préparer la reprise des concessions actuelles par la Ville en vue d’une exploitation municipale, et d'engager avec les sociétés des négociations nouvelles pour développer les canalisations et abaisser le prix de vente de l’énergie électrique en attendant l’exploitation de la Ville.
- Tout cela demande une longue instruction et aucune décision ne semble pouvoir être prise d'ici longtemps. Et pendant ce temps, un grand nombre de quartiers sont privés de l’éclairage électrique et les Sociétés maintiennent leur prix trop clevé. Cette situation est tout à fait défavorable à la population et surtout à la classe ouvrière qui ne peut bénéficier de l’électricité, aussi bien pour l’éclairage que pour la force motrice.
- Aussi un conseiller municipal, M. Bassinet, a-t-il insisté pour que la première commission reprenne avant toute chose les négociations avec les Sociétés, tout en réservant les droits de la Ville pour l’avenir, afin de ne pas sacrifier les intérêts actuels à ceux d’un avenir problématique.
- — Taris. — D’ici peu de temps, les boulevards extérieurs, du rond-point de la Villette au boulevard Barbés, seront éclairés à l’électricité.
- Depuis quelques jours, de nombreux ouvriers sont occupés à ce changement; des appareils semblables à ceux de nos grands boulevards, ont été posés, le sol a été fouillé et les câbles conducteurs sont, pour la plupart, en place.
- Ce n’est que le commencement, car dans quelques mois tous les boulevards extérieurs seront dotés du même mode d’éclairage.
- — Toninnse. — Les concessionnaires de l'éclairage électrique sont MM. Lombard-Gérin, et ils ne semblent pas pressés d’exécuter les travaux, car depuis pas mal de temps déjà ils remettent sans cesse leur installation. En décembre déjà, il avait été promis que les travaux commenceraient avant un mois, et rien encore n’est visible.
- — Tonreoiug. — La ville a l’intention de produire l'électricité en vue d'assurer l’éclairage des particuliers: elle a prévu une installation de dynamos pour l'alimentation de 6ooo lampes à incandescence.
- Cela est certes fort important pour une ville •comme Tourcoing, et la municipalité doit se
- hâter pour éviter la formation de sections particulières qui la priveraient d’une partie de ses ressources. Mais il est regrettable que l'on n’ait pas envisagé aussi la question du transport de force électrique. Le moteur électrique est plus avantageux et moins encombrant que le moteur à gaz, et nombre de petits industriels s’en serviraient de préférence, à cause de la facilité de
- D’autre part, l’éclairage au gaz subsiste pour les places et les rues de la ville; on ne peut naturellement songer à le remplacer du jour au lendemain, mais il est à souhaiter que le centre de la ville au moins soit éclairé par des lampes à arc. il serait peu logique que la ville, produisant l’électricité pour les particuliers, ne s’en servît pas pour l’éclairage public.
- — Tuuisie, — On se propose de doter la ville de Sousse d’une usine électrique. Rappelons à ce sujet que l’industrie électrique n’existe réellement en Tunisie que depuis 1886, époque à laquelle le réseau téléphonique a été inauguré.
- Tous les services du gouvernement tunisien et un grand nombre d’établissements privés sont dotés d’installations électriques diverses.
- Quelques établissements sont éclairés à la lumière électrique.
- La manufacture des tabacs de l'État possède comme éclairage : une dynamo de 120 ampères et 75 volts; 103 lampes à incandescence et 3 lampes à arc. La dynamo est commandée par une locomobile Belleville de 12 chevaux.
- L’usine de production d'électricité que l’Office des postes et télégraphes a fait construire dans les dépendances de son magnifique hôtel de Tunis, fournit le courant nécessaire à l’éclairage de la résidence française et des services des postes et télégraphes à Tunis. L’éclairage de ces deux édifices, qui comprend plus de 850 foyers dont 22 arcs, est un des plus parfaits que l'on puisse
- La force motrice est donnée par deux machines, l'une de 30 à 30 chevaux, l’autre de 13 à 22 chevaux. Les machines sont du type Weber et Rich mond. La production est, suivant l'heure, de 180 à 430 ampères, couramment 280 ampères.
- Adjudications, offres et demandes. — Swlno-iiiiiudc (Allemagne). — La direction du port de Swinemiinde demande des soumissions pour l’érection d'nne usine génératrice comprenant machines, dynamos, accumulateurs et la fourniture de 26 lampes à arc et 386 lampes à incandescence, pour l’éclairage électrique des ateliers et bâtiments du port. S’adresser avant le ro juin à der Hafen-Bau Inspector, Swinemiinde (Allemagne).
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- LX.XVJI
- NOUVELLES
- Société d’encouragement pour l’industrie nationale (Séance du io juin). — M. Paul Renaud, élève de l'Ecole de Physique et de Chimie, fera une conférence sur YMectrotechnie agricole en Allemagne.
- L'application de l'électricité comme source d'énergie dans les travaux agricoles prend de jour en jour plus d’extension, comme nous avons déjà eu l'occasion de le signaler dans ce journal. Dans sa .conférence, M. Renaud se propose de montrer l'avenir de la question en France et dans nos colonies.
- Société d’encouragement pour l'industrie nationale (Prix .proposés). — Dans le Supplément du ai mai, nous avons donné le programme des prix proposés. Deux de ces prix présentent un intérêt tout particulier pour les électriciens ; en voici le programme détaillé :
- i° Prix de 2000 fr pour une lampe électrique à incandescence ayant au maximum une intensité de deux bougies décimales et fonctionnant avec un dixième d’ampère sous 100 volts de différence de potentiel.
- Les lampes à incandescence actuelles ont une intensité lumineuse de 8, 10, 16 ou 20 bougies. Ces unités, qui conviennent bien pour l’éclairage des magasins, des théâtres, des cafés et de certaines parties des appartements, sont trop fortes pour les petits locaux et même pour les grandes pièces où l’on a besoin d’une lumière discrète ne fatiguant pas la vue. On peut, il- est vrai;-réduire l’intensité des lampes ordinaires en les dépolissant plus ou moins, ou en intercalant des résistances dans leurs circuits. Mais la dépense, pour une intensité donnée, se trouve augmentée ; les lampes dépolies se salissent très rapidement et les rhéostats compliquent l’installation.
- Des lampes électriques de très faible intensité permettant d’éclairer les salons comme ils l’étaient avec des bougies stéariques, fatigueraient moins les yeux et seraient souvent d’un meilleur effet décoratif que les foyers plus puissants. CesJampes pourraient servir de veilleuses et elles conviendraient également bien pour lès couloirs et les pièces de dégagement. La fabrication de lampes à haut voltage et à faible intensité constituerait donc un progrès réeL dans l’éclairage par l’électricité.
- Le prix sera décerné, s’il y a lieu, en 3899.
- Si le problème n’est pas résolu entièrement, la Société se
- réseçvé de tenir compte des résultats obtenus dans la voie indiquée.
- 2” Prix de 2 ooo fr pour un ensemble d'appareils électriques applicables à un commerce ou à une petite industrie.
- L’utilisation de l’énergie électrique pour les usages courants de la vie domestique et pour le service de U petite industrie se généralise de plus en plus, et dès applications spèciales en ont été faites déjà dans un assez grand nombre de cas, en France et à l'étranger.
- Nous citerons notamment les appareils établis depuis longtemps dans.un grand restaurant de Paris pour le lavage de la vaisselle, des installations de moteurs électriques pour machines à coudre, métiers à tisser, et réalisées dans des cités ouvrières et des immeubles spéciaux, à Paris et àLyon, des applications aux besoins d’exploitations agricoles faites en Italie, enfin des installations diverses faites en Allemagne, chez de petits commerçants, pour les opérations de vente et de débit de certaines denrées.
- Il y a un intérêt, pour les petites industries et le commerce des grandes villes, où l’on petit disposer aujourd'hui avec facilité de distribution d’énergie électrique, à voir se-multiplier ces applications et à créer des types nouveaux d’appa-reils et d’outils appropriés aux diverses opérations qui s'exécutent actuellement encore à la main dans la pratique de la
- Un prix de 2000 francs sera décerné, s'il y a Heu, en 1900, à l’auteur d’un ensemble d’appareils ou d’outils mus par l’électricité, répondant aux vues qui précèdent et s’appliquant à un commerce spécial ou à une petite industrie déterminée, manufacturière, agricole ou autre.
- Les modèles, mémoires, descriptions, renseignements, échantillons et pièces destinés à constater les droits des concurrents seront adressés franco de port au Secrétariat de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, 44, rue de Rennes. Ils devront être remis avant le 91 décembre de l'année 1899 : ce terme est de rigueur.
- Traction électrique. — Caiane (Italie). — La Tribune de Rome annonce que la municipalité de Catane vient d’accorder la concession des tramways électriques de cette ville à MM. P. et B. Durand, de Lyon.
- — Chevreuse (Scine-et-Oiso). - On nous apprend la construction d’une ligne de tramways électriques
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- J,XXVIII
- Supplément à L’Éclairage Électrique du 4 juin 1898
- qui desservira la vallée de Chevreuse entre Saint-Rémy, Chevreuse, Dampierre et Cernay-la-Ville, soit environ un parcours de treize kilomètres. Nous souhaitons la prompte réalisation de cette nouvelle ligne.
- — Lorient (Morbihan), — Voir Supplément, p. n, t. XIV). — Dans une des dernières séances du conseil municipal, il a été entendu entre la ville et M. de Brandon, directeur de la Société, que la Société ne participera aux frais d’établissement de la passerelle du bassin que pour 4000 fr, le reste étant à la charge de la ville. La concession serait prolongée jusqu’à 75 ans au lieu de 40, après quoi l’exploitation reviendra à l'État.
- La ville devra s'adresser à la Société au cas où elle aurait besoin de force électrique pour l’élec-trolyse ou l’éclairage.
- — Lubersac (Corrèze). — M. Chaux, électricien à Allassac, a fait dernièrement des propositions pour l’établissement d’un tramway électrique de la Rivière-de-Mansac à Lubersac, par Ayen, Juillac et Segur. M. Chaux a été autorisé à faire des études et à les soumettre à la commission départementale en attendant la session d’août.
- — Lunéville (Mcurthe-et-MoseïIe).— Les habitants de Lunéville et du département de Meurthe-et-Moselle se plaignent avec amertume de manquer de moyens de locomotion, et insistent pour obtenir l’établissement de diverses lignes de tramways entre Lunéville et Einville, Rambcrvil-lers et Gerbeviller, et Marinviller et Blâmont notamment. Quelques-unes de ces lignes seraient d’un bon rapport si on adoptait la traction électrique avec trôlet et fil aérien ; surtout celle de Lunéville à Einville où pourrait sc produire un trafic important. Einville est en effet un port important sur le canal de la Marne au Rhin et on pourrait utilement prolonger la ligne jusqu’à la gare même de Lunéville, comme il en est question; la ligne comprendrait ainsi 2 km dans Lunéville.
- — Montpellier. — Le réseau des tramvays de cette ville, dont nous avons souvent parlé et dont nous avons récemment annoncé l’inauguration (,Supplément, t. XII, p. xvn et xlix ; t. XIII, p. xxxi ; t. XIV, p. vi. et xlvii ;.t. XV, p. xiv), va prochainement recevoir une nouvelle extension. On assure, en effet, qu’après examen et discussion des droits de chacun, l’administration des tramways électriques aurait été autorisée à prolonger jusqu'à Celleneuve la ligne déjà construite jusqu’à l’octroi sur l’avenue de Lodève.
- Si, comme tout porte à le croire, ce projet est mis en exécution, la ligne à établir deviendra probablement la plus rémunératrice de celles qui fonctionnent en ce moment, étant donné la quan-
- tité de chalets, villas et propriétés qui bordent la route aussi bien que l'importance du faubourg Celleneuve et les charmes qu’offrent aux promeneurs les rives de la Mosson.
- — Moulins. — Le ministre des Travaux publics vient de retourner à la préfecture le dossier du projet d’établissement d’un réseau de tramways électriques à Moulins. Ce projet, qui a fait de la part du Conseil supérieur des ponts et chaussées l’objet de quelques modifications de détail, va être soumis incessamment à l’enquête réglementaire d’un mois. Il sera ensuite soumis à l’adoption du conseil général, puis fihalement renvoyé a Paais pour la déclaration d’utilité publique.
- Espérons que l’année 1898 verra aboutir cette question qui intéresse si justement la population moulinoise.
- — Poitiers. — La Compagnie concessionnaire des tramways électriques a commencé les travaux et l’approbation ministérielle est donnée. Dans un an donc les tramways circuleront dans les rues étroites de la cité.
- — Privas. — MM. Berger, Eerrier, ingénieurs, Malescot, accompagnés de l’entrepreneur, ont commencé les travaux de construction de la ligne de tramway électrique entre Aubenas et Vais. Ils espèrent que la ligne pourra être livrée au public au mois de juin prochain.
- Les Valsois en seront vraiment heureux.
- — Sai»t-liricuc. —• Il y a lieu de croire que le conseil municipal de Saint-Brieuc va prendre en considération le projet de M. Gilbert pour la création d’un tramway électrique. Espérons que le conseil va étudier rapidement cette question et que bientôt Saint-Brieuc aura elle aussi son tramway électrique.
- Éclairage électrique. — Aime (Savoie). — Une proposition d’installation de'l’éclairage électrique a été faite dernièrement à la municipalité d’Aime.
- — Heysi(Belgique). — Dans une de ses dernières séances, le conseil municipal de Heyst a voté l’éclairage électrique de la digue et de la commune. L'installation de l’électricité sera terminée le ier juillet.
- — uioppe. — (Voir Supplément, p .xm, t. XIII. — Les travaux de l’usine d’électricité avancent rapidement. Presque toute la canalisation intérieure de la ville est terminéé et on travaille activement aux tranchées qui doivent servir à la pose des câbles reliant l’usine de Bonne-Nouvelle à l'établissement de la rue de la Barre.
- Des expériences d’isolement des câbles du réseau intérieur ont été faites jeudi avec plein succès.
- Il y a lieu de croire que, sous peu de temps, l’installation nouvelle marchera à souhait.
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- Siippléi
- Compagnie du gaz, il a été prévu qu'au cas où un nouveau mode d'éclairage meilleur et plus économique serait découvert, la Compagnie devrait faire profiter la ville de ces avantages et de cette économie. Il semble cependant que l'obligation de la Compagnie se rapporte plutôt aux économies réalisables. La ville paye actuellement 6 ooo fr par an pour l'éclairage, lequel n’est pas très bon; et comme un groupe d’électriciens a propose l’éclairage électrique au prix de 7 centimes par lampe et par heure pour la ville et de 9 centimes pour les particuliers, il v a lieu de mettre la Compagnie en demeure de faire profiter la ville des avantages qui lui sont proposés. 11 résulte en effet de la comparaison des tarifs, qu'à éclairage égal, l'électricité produirait une économie de 4s p. 100.
- — Saint-Ucngoux (Ain'i. — Un traité d’éclairage électrique conclu entre M. Taton, électricien à Bourg, et la ville de Saint-Gengoux, vient d’être approuvé par le préfet de Saône-et-Loire. Le concessionnaire va se mettre promptement à l'œuvre, et bientôt l’électricité sera distribuée en ville et chez les particuliers.
- Dans une de ses dernières séances, le conseil municipal a voté l’installation de l’éclairage électrique, approuvé les plans, devis, etc., relatifs à cet objet, et décidé l'emprunt de 12s 000 fr, remboursables en trente annuités, au moyen d’une imposition extraordinaire de 0,29725, fr qui ne sera mise en recouvrement que si les revenus communaux sont insuffisants.
- Le maire a rappelé que, dans sa séance du 24 janvier dernier, l’assemblée avait décidé de construire l’usine électrique sur les terrains dépendant de l’abattoir et que, conformément au mandat dont il était investi, il avait fait étudier un projet complet se rapportant au projet classé nn r dans le concours annoncé dans cc journal (t. IX, p. 45).
- Il a exposé que les moteurs gazogènes à gaz pauvre qui seront employés seront beaucoup plus économiques que les machines à vapeur; que la dépense de charbon sera, au maximum, de 750 grammes par cheval et par heure, et que les moteurs projetés seront robustes et offriront des garanties de solidité beaucoup plus grandes que les autres moteurs du même genre.
- Deux moteurs de la force de 25 chevaux chacun seront installés dans l’usine. La longueur normale d’un moteur sera de 3,35 m et sa largeur de 1,70 m. Le volant aura un diamètre de 2 m et la vitesse sera de 130 tours à la minute. Le gaz étant fabriqué au-dessous de la pression atmosphérique, tout danger sera supprimé. Le prix
- global des deux moteurs gazogènes et accessoires s'élève à 3 3 000 fr.
- Il adonné ensuite lecture du projet de marché de gré à gré passé avec la Société lyonnaise et indiqué que la fourniture des transmissions, pompe d'alimentation pour les gazogènes, dynamo-moteur, tuyautage, robinetterie, garde-corps, matériel d'atelier et pièces mcoaniqnes occasionneront une dépense de 10055 fa 3 fait l’objet d’un marché de gré à grc dont il a été donné connaissance. En cc qui concerne l’installation purement électrique, les co-auteurs du projet primé seront appelés à préparer une étude de
- Le tracé des canalisations aériennes électriques, ainsi que l’emplacement des lampes à arc et à incandescence, a été mis sous les yeux du conseil. L’éclairage public sc composera de 24 lampes à arc de 6 ampères et de 71 lampes à incandescence de 16 bougies, et les établissements communaux tels que mairie, écoles, usine et abattoir seront
- L’énergie électrique sera développée par trois dynamos de 18000 watts chacune. Ces mêmes dynamos, lorsque le projet d’alimentation d’eau sera exécuté, fourniraient le courant nécessaire pour alimenter les moteurs électriques qui actionneraient les deux pompes de l'usine hydraulique, en même temps qu'elles fourniraient directement le courant nécessaire pour l'éclairage et la charge des accumulateurs.
- Après avoir indiqué le procédé qui sera employé pour allumer et éteindre les diverses lampes, ainsi que la manière dont elles seront installées, le maire a donné lecture du devis 11" 1, comprenant toutes les fournitures relatives à la partie électrique de l'entreprise, et du devis nn 2, touchant la communication téléphonique. L’ensemble de ces devis s'élève à 49500 fr. Le conseil approuve le marché de gré à gré qui a été passé à
- Compagnie Générale de Travaux d’éclairage et de force ('anciens établissements Clémençon). — Les actionnaires se sont réunis le 28 avril en assemblées générales ordinaire et extraordinaire.
- L'assemblée ordinaire a approuvé les comptes de l’exercice 1897 et fixé le dividende y afferent à 30 fr par action, après avoir prélevé 100000 fr sur les bénéfices de l'exercice pour augmenter les réserves.
- Le conseil d'administration a vu ses pouvoirs renouvelés et M. Mortier, ingénieur, a été nommé administrateur.
- L’assemblée générale extraordinaire a voté l'augmentation du capital social de sooooo fr par l'émission de 1 000 actions nouvelles qui seront offertes aux anciens actionnaires au prix de 520 fr.
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- LX XX
- à L'Ec
- te du 4 juin 1898
- Compagnie des Tramways électriques de Saint-Étienne.— Cette Compagnie, constituée au capital de i 300 000 fr, a clôturé son premier exercice social au 31 décembre dernier.
- L'exploitation, sur une partie seulement du réseau, a commencé le 17 avril 1897. La dernière ligne n'ayant été livrée à l'exploitation que fin juillet dernier, l’exercice 1897 ne comporte donc à peine que six mois d'exploitation complète.
- Les recettes de toute nature se sont élevées à................. 138266,25 f,-.
- Les recettes d'exploitation figurent dans ce chiffrepour 138035 fr I-cs dépenses d’exploitation ont atteint. . 71938.35 fr Les frais généraux . . 13566,55 »
- Total.........85.504.90 fr 85504,90 »
- Il reste un bénéfice net de . . . 53761,35 fr.
- Il a été reporté comme suit :
- Amortissement de 1 ''20 sur les frais
- de constitution.................. 797 fr.
- A la réserve légale................ 2598,20 »
- A la réserve spéciale pour gros entretien............................ 6000 »
- Dividendede 12.50 par titre aux 3,000
- A reporter à nouveau................ 5866,15 »
- Les recettes totales de l'année 97 se sont élevées à 436802,90 fr.
- Dans ce chiffre, lapubli-cité entre pour i9°«,25 fr.
- Les dépenses d'exploitation ont atteint . .
- Laissant un bénéfice de il faut ajouter :
- Intérêts des fonds dépo-
- Subveniion de l'Etat et de la ville d'Angers .
- Il y a Heu de déduire :
- Les frais généraux de
- Lyon................. 1340,65 fr
- L’abonnement au tim-
- bre................3362.90 »
- Amortissement sur mobilier ............... 965,10 «
- Amortissement sur frais
- d’émission...........2833,35. '
- Amortissement sur frais
- de constitution . . . 497,45 11 8599,45 fr.
- Il reste un bénéfice net de. 193842,70 fr.
- I.a commission terminait son rapport en disant qu'il serait prudent et sage de créer un amortissement sur le matériel pour parer aux grosses réparations qu'il pourrait exiger.
- 245575-/“5 fr-
- 191227.15 »
- 4 J93 6822
- 202242.15 fr.
- Total égal........... 52761,55 fr.
- Compagnie des Tramways électriquos d’Angers. — L'assemblée générale annuelle des actionnaires de cette Compagnie s'est tenue le ier avril.
- Compagnie Continentale Edison. —- L'Àssem-blce générale ordinaire a eu lieu le 18 mai.
- Les bénéfices nets de l'exercice 1897 sc sont élevés à 638 419,74 fr contre 630 189,68 fr en 1896, permettant de distribuer un dividende de 30 fr par
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- action. Les parts de fondateur, conformément à l'article 42 des statuts, recevront une redevance de 5 francs, prélevée sur le compte de profits et
- Voici les bilans des deux derniers exercices :
- Caisse et portefeuille . . Comptes débiteurs . . . Rentes françaises, actions et obligations. .
- Immeubles.............
- Approvisionnements, travaux et fournitures. Stations centrales, théâtres et installations
- d'électricité.........
- Siège social..........
- Impôts et droits à re-
- Total de l’actif. . .
- 1896 1897
- 75-1 784-37 543 736
- 52-17/2.77 5°3546,i9
- 111983-55 1595325155
- 802 298,88 785 /98,88
- 246 275,34 235 545,15
- 8797963,12 8504736,/6
- 34 790,30 42 953^6
- 12 293070,33 12 225 863,79
- Capital-actions........10 000 000 10 000 000
- Obligations en circula-
- Refort . . . Fonds d’amortissement
- du capital 11342,70 Il 342,70
- Réserve légale 181488,82 212998,30
- Créditeurs divers .... 1 39718/1,70 1292 699,34
- Redevances aux parts et dividendes aux actions
- restant à payer .... 46957*47 48011,35
- Coupons arriérés d’obli-
- gâtions 794,60 629,80
- Profits et pertes : Report de l’exercice an-
- térieur 23 112,36 21792,56
- Bénéfices de l’exercice. . 630i89,68 638419.74
- Total du passif .... 1 2293070,33 1: 2 22586.3,79
- Voici les comptes de profits et pertes ;
- BÉNÉFIC
- 1896 1897
- Intérêts et changes. . . . 26 294,35 U 395.9S
- Produit des valeurs . . . i942/>45 51994.75
- Bénéfice sur droit de souscription à la Societa Ita-
- liana 73 473i45 »
- Vente de marchandises et
- travaux 10885,14 13198,71
- Exploitation 1839761,96 2040075,97
- A reporter. . 1 969842,35 : ! Il6 665,41
- Société Générale des Industries Economiques
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- PARIS.
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- L XXXII
- Supplér
- Report .... 1969842,35 2116 665,41
- Produit de la propriété
- d’Ivry 5844,60
- Divers 3400,67 3 075.60
- Total des bénéfices bruts. 1979 “87.52 2119741,01
- Frais généraux 102743,43 101601,43
- Contentieux 3489,75 2361,75
- Redevance aux parts de
- fondateurs 42000 42000
- Ateliers d’Ivry 107180,15 5587,55
- Amortissement et dépré-
- ciation du matériel . . . 87x888.65 1077000
- Participation delà Société
- civile 214 732.15 247983,80
- Divers 4864.71 4784,01
- Total des charges. . . . 1348897,8, 1481321,27
- Rappel des bénéfices bruts 1979087.52 2119741.01
- Bénéfices nets 630189,68 638419.74
- Report de l’exercice anté-
- neur 23112,36 21792.56
- Bénéfices disponibles. . 653302,04 660212,30
- On répartira de la façon suivante les bénéfices disponibles qui s'élèvent à 660 212,30 fr.
- Réserve légale............................. 31920.98
- Dividende de 30 fr à chacune des 20000
- actions...............................600000
- Report de l’exercice 1898.................. 28291,32
- Total égal...........................660212,30
- Société Lyonnaise des Forces motrices du Rhône.— Les actionnaires de cette Société ont été convoques en assemblées générales ordinaire et extraordinaire le 18 avril dernier.
- L'assemblée ordinaire seule a pu avoir lieu; quant à l'assemblée extraordinaire, le nombre d'actions présentes ou représentées n'atteignant pas la moitié du capital, on Ta renvoyée aune
- Voici le bilan au 31 décembre 1898.
- Actionnaires. Versements à effectuer niais appelés depuis le ior décembre
- >8ij/............................... 3000000
- Versements arriérés. Sur actions et
- obligations......................... 5200
- Primes sur obligations. Différence entre le prix d’émission et le prix de rem-
- boursement ...................... 190665
- Caissc............................. 21035,95
- Cautionnement à l’Etat............. 500000
- Frais de constitution et de premier établissement......................' 662318,71
- A reporter............4370219.66
- Électrique du \ juin 1898
- Report..................4379219,6 6
- Intérêts intercalaires payés à 5 p. 100 sur les capitaux appelés (actions et
- obligations)..................... 2397384,76
- Frais généraux : administration, personnel et déplacements, loyers,
- frais de bureaux................. 676084,96
- Terrains, acquisitions, expropriations,
- frais de justice et d'actes notariés. . 2799506,02
- Canal de dérivation, travaux à l’entreprise, travaux en régie, frais de direction et de surveillance des travaux cl divers....................... 13631 135,54
- Installation électrique, usine provisoire, réseau de canalisation, ville et banlieue, turbine, alternateurs . 3205573,31
- Mobilier et matériel, aménagement des bureaux, outillage des travaux. 116581 Fournisseurs : versements à valoir
- sur commandes........................... 287228,14
- Droits à recouvrer................... 17 253,79
- Magasins : moteurs, compteurs, transformateurs, etc......................... 190574,45
- Débiteurs, abonnés....................... 24669,30
- 27725:
- >•93
- PASSIF
- Capital-actions (32000 actions) .... 13000000
- Obligations.......................... 8000000
- Banquiers............................ 87-510,1 <
- Coupons échus sur actions et obligations ............................... 376964,02
- Versements anticipés sur actions. . . 918375
- Fournisseurs, entrepreneurs, comptes ordinaires, retenues de garantie . . 1364284,49
- Intérêts sur comptes de banque et produits divers......................... 88077,31.
- Comptes d’ordre, intérêts courus sur obligations.......................... 100000
- 2/ 7252io,93
- Il résulte du bilan que l’on vient de lire que les ressources dont disposait la Société étaient de
- Capital-actions....................... 16000000
- Capital-obligations................... 8000000
- 24000000
- Ces ressources ont reçu l'emploi suivant :
- Terrains.............................. 2 799 506,02,
- Canal.................................16631 135,54
- Installation électrique................ 3205573,81
- Magasin . . . •....................... . 190574,45,
- Mobilier et matériel.................. 116581
- Versement à valoir sur commandes
- faites.................................. 287228,14
- Frais generaux.......................... 676084,96
- Frais de premier établissement. . . . 662318,71
- A reporter.............. 21569002,13
- p.r82 - vue 697/742
-
-
-
- i. xxxiii
- Supplément à T.'Êclairage Électrique du 4 juin 1868
- Report...................21 569002,13
- Intérêts intercalaires sur actions et
- obligations........................... 2 397 38-t ,7^
- 23966386,89
- Commande de la partie du grand réseau électrique livrable en 1898, augmentant le chiffre prévu de suite en
- vue de la lumière en grande partie- 1861308,51 Total...............................25827695,40
- La Société a fait face à cette augmentation de dépenses excédant ses ressources sociales par des avances faites par ses banquiers fondateurs.
- Les ressources nouvelles nécessaires y compris ces avances, s’élèvent à 8 millions,
- Elles seront appliquées :
- Aux travaux complémentaires pour. . 2500000
- Aux intérêts intercalaires pour . . . . 1400000
- Aux travaux électriques déjà faits pour 1 500000 Aux travaux électriques restant à faire
- pour................................ 2500000
- Total environ.............. 7900000
- Pour se procurer ces 8 millions, la Société est autorisée par M. le ministre des Travaux publics, après avis du ministre des Finances, à émettre jusqu’à concurrence de pareille somme des obligations nouvelles.
- Le Crédit Lyonnais prêterait son concours pour cette émission.
- La question suivante se pose : augmentera-t-on le capital-actions en le portant à 20 millions ou parfairera-t-on le capital-obligations, en le portant à 16 millions? Augmentera-t-on en même temps les deux?
- Attendons la réunion de l'assemblée extraordinaire, si cette fois elle peut avoir lieu.
- Faisons maintenant connaître à nos lecteurs la composition du nouveau conseil d’administration.
- Deux membres du Conseil ont donné leur démission en cours d'exercice : M. de Sancv, administrateur du Comptoir national d’Escompte, et M. de la Fcrté, représentant du Creusot. Il a été pourvu seulement à î'une de ces vacances par la nomination de M. Etienne Berne, fils du docteur Berne, savant médecin de Lyon.
- Le Conseil d’administration est donc composé comme suit :
- MM. Henry, président; Aug. Falcouz, vice-président; J. de Boissieu, secrétaire; J. Raclet. administrateur délégué; Etienne Berne, H Fontaine, Fr. Jacquier.
- Compagnie de l’Ouest électrique.— L’assemblée annuelle s’est tenue au siège social, à Lyon, le ior avril.
- Comme on le sait, la Compagnie exploite les réseaux du Mans et de Rennes.
- iu Ville du Mans. L’exploitation a commencé le 21 juin 1897, les recettes se sont élevées à (la publicité entre dans ce chiffre pour
- 1892,8a fr).........................
- Les dépenses d’exploitation ont at-
- L’excédent des recettes est donc de.
- 20 Ville de Rennes. L'exploitation a commencé le 15 juillet dernier, les recettes se sont élevées à (la publicité a produit 438,15 fr) . . . .
- Les dépenses d’exploitation ont at-
- II reste un bénéfice net de........
- Le Mans ayant donné un bénéfice de
- Et Rennes un bénéfice de...........
- Le bénéfice total s’élève à. . . . Il y a lieu d’ajouter : Indemnité de retard pour les travaux du Mans.......................
- Pour les travaux de Rennes .... Intérêts des fonds déposés.........
- Total...................
- II faut retrancher : Fraisgénéraux à Lyon. 728,50 fr
- Abonnement au timbre 862,75 »
- Amortissements :
- 10 p. 100 sur le mobilier
- du Mans............ 151,45 »
- 10 p. 100 sur le mobilier
- de Rennes........ 143,80 »
- 1.60 sur frais de constitution...........1011,25 s
- Reste net ....
- Il reste un bénéfice net de
- 149688,25 fr.
- 87355-S2 ” 62332,73 fr.
- 130832,65 fr. 83253,45 »
- 47579-20 „
- 62332,73 »
- 47579,20 » 109911,93 fr.
- 3ii84,75 » 22976,40 », 4°79 »
- 168152,08 fr.
- 2897,75 »
- 165254,33 t'r.
- Maison Bréguet . — L’assemblée générale
- extraordinaire des actionnaires de cette Société, qui s’est tenue le samedi 7 mai. a décidé l’augmentation du capital social qui sera porté de 3 à 4 millions par l’émission de deux mille actions nouvelles offertes aux souscripteurs au prix de 675 fr l’une.
- Clxemin de fer Métropolitain de Paris. — La seconde assemblée constitutive de cette Compagnie s’est réunie le vendredi 20 courant, sous la présidence de M. Henrotte, président du Conseil ; 98 800 actions y étaient représentées.
- L’assemblée a adopté définitivement les statuts sociaux tels qu’ils ont été dressés le 26 avril der-
- MM. Bénard, Genevois, Jarislowsky, Kulp, Lichtenberger, Maréchal, Ernest May, Olry, Ram-beaux. de Tavernier et de Wandre ont été nommés administrateurs.
- MM. Georges Graux, Joseph Henrotte, Auguste Renaut et Henri Rouen ont accepté les fonctions de commissaires des comptes.
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- Société Française d'Electro-Métallurgie. — L'assemblée générale ordinaire des actionnaires a eu lieu le 14 avril dernier, sous la présidence de M. Secrétait, président du Conseil d’administration.
- Après avoir entendu la lecture des rapports du Conseil et des commissaires, qu’elle a approuvés, l’assemblée a accepté tels qu’ils étaient présentés les comptes de l’exercice 1897 et décidé que le solde bénéficiaire de 513 021 frsera réparti comme il suit :
- Réserve légale........................... 25 246
- Aù directeur . . \ . \ ' 50492
- Dividende aux actionnaires............. 350000
- Augmentation de la provision pour fluctuation des cours, du cuivre........... 23449
- Amortissement des frais de constitution
- S P- !0O................................ 58 730
- Amortissement du solde du compte d’installation d’ateliers nouveaux............. 1 280
- A reporter ............................. 3 824
- 513 021
- Le dividende de 25 francs sera mis en paiement à partir du 15 juillet prochain aux caisses de la Banque Française de l’Afrique du Sud.
- MM. Charles Chalupt et Gaston Vcrdé-Dclile ont vu leur mandat d’administrateur ratifié par l’Assemblée, et M. Paul Siméon a accepté les fonctions de commissaire des comptes pour l’exercice 1898.
- Adjudications, offres et demandes. — Bruxelles. — Les autorités provinciales demandent des soumissions pour l’éclairage électrique de la Biblio-
- thèque Royale. Le cahier des charges est envoyé sur demande, accompagnée d’un mandat de 5,50 fr, au Gouvernement provincial, 17, rue des Augus-tins, Bruxelles.
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- — Paris et Liège. — La Compagnie internationale d'Electricité, Société anonyme, à Liège (Belgique), propriétaire du brevet français n° 237 248, pour un nouveau dispositif applicable aux régulateurs électriques, désire s'entendre avec des industriels français en vue de l'exploitation de ce brevet en France. Pour tous renseignements, s'adresser à la Compagnie susdite ou à sa succursale à Paris, rue Lafayette, 122.
- — Saiut.ï..ai:iciil-ilt-la-Salanquc (Pyrcuces Orientales). — La municipalité de cette ville (4 334 habitants) demande un concessionnaire pour l’éclairage électrique.
- Les propositions seront reçues jusqu’à fin juin.
- S’adresser au Maire de Saint-Laurent, qui enverra une copie du cahier des charges aux intéressés qui en feront la demande.
- — Spamiuu Allemagne . — La direction de l'Association industrielle demande des soumissions pour la fourniture de 1 700 lampes à incandescence. S’adresser à la Kœnigliclie Direktion der Gewehrfabrik, Spandau, avant le 20 juillet.
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- pour l’exploitation des pro-
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- lionnemenls apportés aux transformateurs. 273 120. Compagnie française pour l’explo:
- 273 1G6. Société Geoffroy et Delore. 14 décembre 1897. Genre de câbles de distribution de courant, principaleme applicables aux installations provisoires.
- 273 1G9. Berne, 14 décembre 1897. — .Procédé d’assembla des tiges de contact des él ectrodes en charbon des pii électriqu
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- iy.21 décembre i897. — Nouveau procédé de
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- truction de résistances thermo-électriques applicable chauffage électrique ou à la construction de rhéostats.
- 273 248. Millis. 17 décembre 1897. — Perfectionnements apportés aux conducteurs pour appareils électriques.
- 273 267. Compagnie franr.aise pour l’explojtation des pro-
- cédés Thomson-Hou
- 18 décembre 1897. — Perfec-ints apportés aux méthodes de transformation d'é-
- 273 2^3. Société Bay State electric heat and Light. 18 décembre 1897. — Appareil électrique de 'chauffage.
- 273 293. Borgnet et Aubert. 22 rféeombre 1897. — Nouvel appareil de téléphone dénommé album ou livre-téléphone.
- 273 327. Rechniewsky et Meylan. 20 décembre 1897. — Groupe éiectrogène auto-régulateur pour l’utilisation des excédents de puissance dans les distributions à régime variable.
- 273 330. Société Siemens et Halske Actien-Gesellschaft.
- . 20 décembre 1897. — Moyen pour compenser la friction dans les compteurs à moteurs à-courants alternatits.
- 273 347. Société Luc, Court et C;e. 27 décembre 1897.
- 1 dispositif pour l'application
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- L.XXX
- NOUVELLES
- Le cinquantenaire de la Société des Ingénieurs civils. —Au moment où paraîtront ces lignes, les fêtes et conférences organisées pour célébrer le cinquantenaire de la fondation de la Société seront commencées depuis vingt-quatre heures. En voici le programme.
- Vendredi io juin. — 10 heures. Réunion à l'Hôtel de la Société des ingénieurs civils de France, 19, rue Blanche. Réception des invités et discours de bienvenue. — Organisation des tra-
- Après-midi. Centenaire du Conservatoire des Arts et métiers. — Réunion au Conservatoire, 292, rue Saint-Martin.
- Samedi ii juin. — 10 heures. Conférences à l’Hôtel de la Société : Sur l'Exposition universelle de 1900 et ses travaux.
- 1 heures. Visite des travaux de l’Exposition : 1" embarquement sur bateaux spéciaux au pont de la Concorde ; 20 promenade sur la Seine ; 3° visite des chantiers de l’Exposition.
- p heures. A l’Hotel de la Société. — Réception ouverte de 9 heures à minuit (Tour de valse). Tenue de bal.
- Dimanche 12 juin. — 2 heures. Inauguration du
- monument élevé à la mémoire d’Eugène Flachat (.Intersection des rues Brémontier, de Neuville et Eugcne-Flachat).
- Lundi, 13 juin. — 10 heures. Conférences à l'IIôtel de la Société: 1" sur les automobiles, par M. Diligeon ; 2U sur les moteurs pour automobiles, par M. R. Soreau ; 30 sur les automobiles électriques, par M, Ch. Jeantaud.
- 2 heures. Visite de l'exposition des automobiles. — Réunion à l'exposition (Jardin des Tuileries).
- 8 heures. Hôtel Continental. — Banquet offert aux ingénieurs délégués des sociétéc étrangères, sous la présidence de M. Boucher, ministre du commerce.
- Adjudications, offres et demandes.
- — et Liège. — La Compagnie internatio-
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- LXXX VI
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- Nécrologie. — t-icorges Hargainc. — La Compagnie des accumulateurs Blot vient d’éprouver une perte cruelle. Son jeune et dévoué directeur, Georges Margaine, a étc, il y a quelques jours, cm porté par la maladie, à l'âge de 32 ansseulement, alors que l’avenir s’ouvrait à lui plein de promesses.
- Ancien élève de l’Ecole de physique et de chimie, Margaine remplit les fonctions de chef des travaux au Laboratoire central d'électricité pendant la période, toujours difficile, de l’organisation. Depuis 1895, il était le collaborateur assidu de M. René Blot, èt il y a quelques mois, il était nommé directeur de la Société fondée par ce der-
- Si la Compagnie des accumulateurs Blot a perdu en Margaine un directeur intelligent et actif, beaucoup d’électriciens ont perdu en même temps un ami sur ou un dévoué camarade. Il était en effet difficile de faire sa connaissance sans le prendre en amitié, et le nombre considérable de ceux qui. vendredi dernier, conduisaient sa dépouille mortelle au Père-Lachaise montre combien étaient grandes l’estime et la sympathie qu'il inspirait.
- Puisse cette constatation être une consolation pour sa famille.
- Les installations nouvelles de la Compagnie générale dos omnibus. — Deux nouvelles usines vont être installées par cette Compagnie : l’une à Billancourt, l’autre à Vincennes, pour desservir par traction mécanique diverses lignes de tramways ; on espère que ces usines seront en exploitation avant l'ouverture de l'Exposition de 1900.
- L’usine de Billancourt, d’une puissance de 5 000 chevaux, servira à la compression de l’air sous une pression de 80 atmosphères pour la traction sur un certain nombre de lignes de l’Ouest de Paris. Les soumissionnaires sont : maison Dujardin, de Lille, pour lesmachines à vapeur ; Babcock et Wilcox, pour les chaudières; F. Farcot, pour les compresseurs.
- L’usine de Vincennes, d’une puissance de 3 000 à 4 000 chevaux, fournira du courant continu sous une tension de 300 à 600 volts. Elle alimentera tout d'abord les deux lignes Cours de Vincenncs-Le Louvre et Vincennes-Le Louvre, qui, ainsi que nous l’avons déjà mxnonc&{Suppicment du 12 mars t. XIV, p. lxxv), doivent être desservies par des voitures à accumulateurs. Les soumissionnaires sont : la Société Alsacienne pour l’usine et les voitures du Cours de Vincennes ; la Compagnie Tudor pour les accumulateurs de la première ligne ; la Compagnie Blot pour les accumulateurs delà seconde ligne.
- D'ailleurs d’après une étude récente publiée par le Street Raiîwav Journal par un des administrateurs de cette Compagnie, la Compagnie générale des Omnibus procéderait aussi à des essais très suivis sur un système à vapeur, dit système Purrcy.
- Comme on le voit, la traction mécanique est sur le point de prendre un essor considérable sur les lignes de la Compagnie générale des Omnibus, où déjà sont appliqués : le système à vapeur Rowan, le système à vapeur Serpollet et le système à air comprimé de Mékarsky. Avecle système Purrey et le système par accumulateurs dont il est question plus haut, ce sont donc cinq systèmes qui ont déjà été soumis à des essais de la part de cette Compagnie. 11 lui reste encore à essayer le système l.amm et Francq, le système à air comprimé Popp et Conti, le système à acide carbonique liquide et enfin les systèmes électriques à trôlet aérien, à caniveau et à contacts superfi-
- Si, comme il est d'ailleurs probable, la Compagnie générale des Omnibus se décide à publier, à la suite de ces essais les résultats comparatifs de ces divers systèmes de traction, elle rendra un service signalé aux municipalités, aux sociétés de traction et aux industriels. On ne saurait donc trop l’encourager à persévérer dans cette idée et à la mettre à exécution le plus tôt possible.
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- Transmission d’énergie à 160 km. — On a terminé le projet d'utiliser une partie des îoooooche-vaux de force que peuvent produire les cascades de Elfkarleby en Norvège, et de la transporter à Stockholm, à une distance de 160 km.
- Les prévisions pour un transport de 20000 chevaux sont les suivantes :
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- Ligne de transmission.............. 5 925 000 —
- Station réceptrice et transformateurs ............................. 735 —
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- En supposant 5000 chevaux de perte, on aurait 15 000 chevaux disponibles à Stockholm. Au prix de vente de 55 fr. par cheval an, il reste un bénéfice bien faible si l'on tient compte de l'intérêt de l'amortissement et des frais d'exploitation. T.
- Transmission électrique de l'énergie dans la province de Côme. — L'ingénieur Gallavresi a établi un projet d’utilisation de la force hydraulique du torrent Liro. Il s’agit de fournir la force motrice et l'éclairage aux villes de la rive droite du lac, Domaso, Dongo, Menaggio, jusqu’à Corne. T.
- Transmission électrique de l'énergie dans la vallée de la, Nera. — Un projet de tramway électrique est à l’étude pour relier Terni, sur la Nera à Fercntillo, dans ia provinced'Ombrie,en Italie. 11 est question d'établir une station génératrice pourla fourniture de la force motrice etde l’éclairage électrique à tous les pays de la vallée de la Nera. T.
- Nouveau charbon pour lampe à arc. — Strauss a breveté en Russie une nouvelle espèce de charbon pour les lampes à arc ; elle est formée de 90 p. 100 de charbon très pur et de 10 p. 100 de carbure de silicium réduits en poudre très fine et agglomérés avec de la poix.
- Le carbure de silicium ne contient pas de parties volatiles, il résiste plus que les autres corps à l’oxydation ; mais il n'est pas conducteur, c’est pour cela qu’il doit être uni au carbone. L'inventeur prétend obtenir ainsi une économie de courant de 25 p. 100 avec une lumière de coloration plus riche et d’intensité plus grande que celle des arcs ordinaires. La durée est de 360 heures et on espère pousser jusqu'à 1 000 heures. 11 n'y a pas encore de résultats officiels pour confirmer ces avantages. T.
- L’éclairage électrique sur les voies ferrées. — Depuis quatre années, les voitures postales qui circulent sur les chemins de fer allemands sont éclairées à l’électricité. Les Archiv fur Post und Télégraphié ont indiqué les résultats obtenus.
- Les lampes employées de préférence sont des lampes à grand rendement et à courte durée ; la
- consommation moyenne est de 2,4 watts par bougie ; les lampes sont changées au bout de 200 heures de fonctionnement, qu’elles soient brûlées ou non. Les ampoules sont grandes afin de diminuer l'intensité du noircissement ; les lampes sont de
- Les accumulateurs sont du type Bcese ; on emploie des batteries de 16 éléments qui pèsent 184 kgr et ont une capacité de 120 ampères-heure ; les récipients sont en celluloïd transparente ; pour les autres données des batteries, nous renvoyons à l’article qui a été consacré aux accumulateurs Bœse dans L'Eclairage Electrique du 16 mai 1896 (t. VII, p. 309).
- Il y a actuellement 18 stations de charge pour les batteries, et de nouvelles sont en construction. Dans chacune on a noté soigneusement les dépenses pour déterminer le coût de ce mode d’éclairage. En comptant pour l'intérêt et l’amortisse-ment.20 p. 100, on trouve que la lampe-heure de 12 bougies revient à 0,044 fr, tandis qu'avec le système du gaz employé auparavant, elle revenait
- Traction électrique. — Alexandrie. — Le réseau de tramways électriques, établi par la Compagnie générale de traction et dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs (Supplément, t. XV, p. XI), sc développe rapidement. La Compagnie Walker vient de recevoir la commande, pour ce réseau, de 30 équipements électriques de voitures et de 2 dynamos de 150 kw.
- — Angers — {Supplément,t. XU, p. xnx.)Parun arrêté du 17 mai, le préfet a autorisé la Compagnie des tramways à entreprendre les travaux de construction de la ligne destinée à relier la rue Botanique à la place Ney par la rue Boreau.
- — Aubnunc (Suisse). — La construction du tram-
- way électrique de Gimel est poussée très activement. Les travaux de correction de la route entre Montherod et La Eouly sont terminés, ainsi que les terrassements près d'Aubonne, entre le clos d’Asprc et le Poyet. Au sortir de la gare d'Aubonne, le remblai a-3 m de hauteur, au Poyet, le tramway passe en large tranchée. T.
- — Beliiine (Vénéiic). — Il est question d’établir
- un tramway électrique pour relier le chef-lieu de la province de Bcllune à Agordo. Cette dernière ville possède de nombreuses usines chimiques. Le tramway suivrait la route provinciale qui, à cet effet, serait convenablement élargie. T.
- — Béziers. — Le dossier technique de l'affaire des tramways de Béziers a été transmis aux agents supérieurs du contrôle ; l’étude préliminaire, faite par les soins de la municipalité, permet d’espérer que l’instruction administrative sera rapide, T.
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- à VÈcloxratjp. Electrique du 18 juin 1898
- — Caen. — Le 20 mai 1898 à la réunion du conseil municipal, le maire a fait connaître qu’il va être procédé à une enquête au sujet de l’établissement a Caen d une ligne de tramways électriques.
- — Chieti. — Le conseil supérieur des travaux publics a approuvé le projet de l'ingénieur G. de Leonardis pour un tramway à traction électrique, allant de la station du chemin de fer à la ville de Chieti. . T.
- — Duniicrque. — (Supplément, t. XIII, p. XXII.) L’autorisation vient d’être délivrée d’établir le tramway électrique de la gare de Dunkerque à Malo-ies-Bains, ainsi que de Dunkerque à Rosen-dael.
- L autorisation a été donnée à titre d’essai pour Une durée de six mois et sous les réserves suivantes, la mise en service de voitures mues par l’électricité par accumulateurs.
- i° -Les voitures employées devront satisfaire à toutes les prescriptions réglementaires, notamment à celles de l’article 23 du décret du 6 août 1881 ; elles devront être munies de freins assez puissants pour que, lancées sur une pente de 2 centimètres par mètre avec une vitesse de 20 k à l'heure, elles puissent être arrêtées, sans le secours des freins des voitures remorquées, sur un espace de 20 m. au plus.
- 20 La vitesse sera au plus de 12 k à l’heure.
- 3" Le rétrocessionnairc se conformera à toutes les prescriptions de détail qui lui seront imposées par l'autorité préfectorale, après avis delà municipalité de Dunkerque et du service de contrôle.
- Une décision ultérieure sera prise en ce qui concerne l’homologation des tarifs proposés que M. Spillaerdt s’est engagé à réduire, pendant la durée de ces essais.
- — La Seyne (Var). — Le conseil municipal de la Seyne a adopté le cahier des charges pour l’établissement par >1. Grammont, concessionnaire, qui l’a approuvé, du réseau de tramways à traction électrique. Le dossier va être transmis au ministre des travaux publics qui prononcera sur l’avis du Conseil d’Etat la déclaration d’utilité publique.
- — Le Fayet. — I.e projet de la ligne Le Fayet à Chamonix vient d'être définitivement arrêté. La ligne prendra au Fayet les touristes pour les amener en de confortables wagons jusqu’à Chamonix, au pied même du mont Blanc. La traction sera électrique et la voie aura une largeur de un mètre. Une usine, recevant au Chatelard une partie des eaux de la rivière de l’Arve, captées en amont du pont Servoz, et amenées par un tunnel d'une longueur de 600 m, développera une puissance d’environ 2 300 chevaux. Une seconde usine, installée
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- aux montées Pellissier, 'donnera une puissance à peu près équivalente. Six stations seront échelonnées sur la ligne : Le Fayet. Chedde, Servoz, les Houchcs, les Bossons et Chamonix. Ce chemin de fer, qui sera la première voie ferrée du réseau P.-L.-M, marchant au moyeu de l’électricité, sera terminé vers iyoj. En facilitant aux nombreux voyageurs l’accès de Chamonix, cette voie sera une source de bénéfices pour les populations de la région.
- — Lyon. — 25 voitures pour traction mixte par accumulateurs et trôlet aérien, vont bientôt être mises en service par la Compagnie Lyonnaise de tramways ; l'équipement électrique de ces voitu- 1 rcs a été commandé à la Compagnie Walker.
- — Yiiisin. — T.a Société Edison va commencer
- sous peu la substitution de la traction électrique à la traction par chevaux sur la ligne du tramway de Milan à Monza. T.
- — oran. — (Supplément, t. XÏII, p. xxm.) Une société pour l’exploitation des lignes de tramways' électriques vient de se former à Oran ; elle a été constituée, le 3 mars 1898, au capital de 4 000000 divisé en 8000 actions de 500 fr. Son siège social est à Lyon, 4, rue Grolée.
- Le décret n’a pas encore été rendu ; la constitution a été faite sur le traité de rétrocession intervenu le 2 septembre 1897 entre le maire d'Oran et M. E. Faye, que nous avons déjà souvent rencontré.
- La Ville s’engage à une concession de soixante-quinze années, qui ne prendront cours qu’à dater de la promulgation du décret.
- De plus, pendant dix ans, la Ville ne pourra accorder aucune autre concession sans l'avoir au
- préalable offerte à la Compagnie qui nous oc-
- La longueur du réseau est de 18,500 km, divisé en six lignes qui rayonnent dans tous les sens, reliant le port aux divers quartiers importants.
- Oran, par son importance et son activité, présente les conditions les plus souhaitables pour une exploitation de tramways électriques.
- — Orléaus. — Dans une des dernières séances du conseil municipal le maire exposait que M. Heude, chargé d’étudier la question de transformation de traction des tramways d’Orléans (.Supplément, l. XI, p, xvm),a déposé son rapport. Il on résulte que la Compagnie des tramways ne peut assurer la traction électrique que si cette traction est liée à l'éclairage de la ville. En-conséquence, l’administration des tramways a conclu avec Celle de la Compagnie du gaz un projet de convention, moyennant lequel cette dernière serait chargée de pourvoir à la traction électrique. En échange, celle-ci demande une prorogation de concession, le monopole de l’éclairage électrique et offre des diminutions de tarifs.
- — Remschcid. — L’installation des accumulateurs a produit une économie considérable sur la ligne du tramway de Remscheid. Il fallait auparavant compter sur une consommation de 4 kgr de charbon par kilowatt-heure ; depuis, ce chiffre s’est abaissé à 2,8 kgr et même à 2,3 lorsque l’on a employé les moteurs à vapeur avec condensa-
- La batterie seule a donc apporté une économie de 1,5 kgr par kilowatt-heure. La production journalière étant de 3 500 kilowatts-heure, l’économie due à l’emploi des accumulateurs est de i 900 ton-
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- nés par an, soit 28 650 fr, en comptant la tonne à 13 fr :’prix du charbon dans la localité).
- L'installation de la batterie a coûté 63 000 fr ; cette dépense sera totalement amortie en deux anset demi d’exploitation au moyen de l'économie sur le combustible.
- En outre l'emploi de la batterie rend disponible une force considérable qui sert pour actionner un grand nombre de moteurs pour les usages domestiques. Le rendement correspondant est de 63 000 fr
- En calculant pour le prix de la tonne de charbon 30 fr en Italie, on voit que l'économie résultant de la batterie serait doublée et que l'amortissement se ferait en un peu plus d'un an.
- — Suiiit Étieuiic — I,a Compagnie des Tramways électriques qui a été constituée le 2 décembre 1896 et qui exploite déjà un réseau d’une longueur de 7,300 klm, sollicite des pouvoirs publics des extensions aux lignes concédées. Ces extensions comprennent notamment une ligne de la gare de Châteaucreux à la place Raspail, traversant la ville dans toute sa largeur, alors que les lignes existantes la desservent dans toute sa lon-
- Une seconde ligne partant du quartier de Mon-taud et rejoignant la précédente sur la place de
- l'Hôtel-de-Ville ; enfin une troisième ligne ayant son point de départ à la Manufacture nationale d'armes, dans la rue Caruot, se prolonge jusqu'à la place du Peuple, et de là atteint son terminus à Biy.illion, établissant la correspondance avec les lignes Place Dorian-Rond-Point et Bellevue.
- Du iCI mai au 30 novembre, les recettes se sont élevées à ms 927,50 fr pour un ensemble de lignes de 7 500 m.
- Ces recettes donnent pour sept mois d'exploitation une recette mensuelle de 17 989,65 fr.
- — Saiut«G:tintier. - Dans une de ses dernières séances le conseil municipal donne son approbation au projet présenté par M. Durand pour la concession d’un tramway électrique.
- — Saiiii-Goihard. — L’autorisation d'exploiter le tramway électrique du Saint-Gothard à Prato, concédée à la Société des chemins de fer électriques et des funiculaires de Genève, est accordée.
- T.
- — Strasbourg. — La ligne électrique de Strasbourg à Kchl (Supplément, t. XI, p. xli), a été ouverte il y a quelque temps. On s’explique facilement qu'elle soit très fréquentée, la durée du trajet de la gare centrale de Strasbourg à Kehl ne dépassant pas trente-cinq minutes.
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- -- Tariti. — Les essais de la Societa Alta Italia, relativement aux expériences de traction électrique mixte par conducteur aérien et par accumulateurs, ont parfaitement réussi, et l'on a remarqué la facilité avec laquelle se fait la manœuvre pour le passage de l'un des système à l'autre. T.
- — Viiis-ies'Bains — Les travaux du tramway sont poussés activement depuis quelques jours à Vais, par une équipe d'ouvriers qui s’occupent de la pose de la voie.
- l.es travaux' de l’usine d’électricité à Labégude avancent également.
- La constitution de la Société, à Lyon et dans le pays, sous l’impulsion d’un groupe de capitalistes lyonnais, est assurée à l'heure actuelle.
- Il paraîtrait que le tramway actuel ne sera que le noyau d’un réseau plus étendu, dont certaines lignes sont déjà à l’étude.
- — Wurtzbourg. — La ville de Würtzbourg a
- décidé l'installation d'une usine électrique pour l'éclairage et la charge des accumulateurs qui doivent servir aux tramways. T.
- Éclairage électrique. — Abbeville. —Les pourparlers engagés avec la Compagnie du gaz pour l'éclairage par l'électricité d'un certain nombre de rues de cette ville (Supplément, t. XIV, p. lxi), n'aboutissant pas par suite de la différence des prix demandés par cette Société et ceux consentis par la commission spéciale nommée à cet effet par le conseil, le maire a demandé au Conseil municipal d'autoriser l’administration municipale à proposer à la Société du gaz de recourir à un arbitrage pour parvenir à s'entendre de part et d’autre, ce qui a été accordé.
- — lîreneq. — A la suite du vote émis dans la dernière séance du conseil municipal, M. Lepers a eu un entretien avec le directeur de la Compagnie Desclée.
- La Compagnie désirerait obtenir un engagement mais les autorités de Breucq espèrent que provisoirement elle consentira à utiliser sans conditions la canalisation qui est faite.
- — Cauy Seine-Inferieure). — (Supplément ,
- t. XII, p. ix), les travaux d’installation de l'éclairage électrique touchent à leur fin.
- L'usine sera en mesure de pouvoir alimenter couramment 500 lampes de 16 bougies brûlant ensemble, ce qui sera plus que suffisant pour les besoins de la ville de Cany.
- — Couey-ic-tinUeau. — Le projet d’établisse-ment de l'éclairage électrique dans la ville de Coucy-le-Château vient d’entrer dans la période d’exécution.
- Il est fait appel aux particuliers pour souscrire des abonnements. Vu la faible puissance dont on
- dispose les souscripteurs ne pourront prendre de lampes d'une intensité lumineuse supérieure à 30 bougies.
- L’abonnement ne sera pas reçu au-dessous d’une lampe de 10 bougies coûtant 36 fr par an, ou ro centimes par jour. Dès que la souscription atteindra 320 bougies, elle sera close et ne sera rouverte qu’au moins un mois après le fonctionnement, qui très probablement aura lieu en septembre prochain.
- — (Marne;. — Le 16 mai dernier, la municipalité de la ville de Fismcs a voté à l’unanimité l’éclairage électrique public et particulier. Le monopole est accordé pour une durée de trente années à M. Waré, directeur-administrateur de la Société anonyme par actions pour l'exploitation de l’cclairage électrique des villes de Fismes (Marne) Braine et Bazocheê f Aisne). Les travaux de la réédification de l'ancienne usine du pont de Bazoches vont être incessamment commencés. Le directeur a promis, pour l’automne prochain, qu’une partie de la ville sera dotée de cette lumière qui sera donnée de la chute du jour au leverdu soleil. A part la lumière électrique, cette usine fournira la force motrice à domicile. Des pourparlers sont aussi engages pour éclairer les petites communes environnantes.
- — Lontier*. — Danssa dernière séance, le conseil municipal, sous la présidence de M. Thorel, maire, a adopté le texte d'un cahier de charges établi pour l’installation, ;à Louviers, d'une usine électrique et a décidé que la concession serait accordée après adjudication publique.
- — Margny (Oise). — Le conseil municipal de Margny a voté le projet d’installation de l’électricité dans la commune.
- On cherche, en ce moment, le terrain propice à l’édification de la nouvelle usine. Dès l’acquisition faite, les travaux marcheront rapidement, car on parle d’éclairer Margny l’hiver prochain.
- — Montpellier. — (Supplément, t. XIV, p. lxxvi.) Dans une de ses dernières séances le conseil municipal a fini définitivement avec l'entrepreneur de l’éclairage. Dans moins de quinze jours les travaux vont commencer et l'on pense inaugurer Lélairage électrique au mois d’octobre.
- — Omit. - - Le Conseil municipal d’Oran a renvoyé aux commissions des travaux et finances réunies l'offre faite par la Compagnie du gaz d'installer la lumière électrique chez les particuliers, au prix maximum de 0,15 fr l’hectowatt, avec réduction de 20 p. 100 pour la ville.
- — Sermal/e iSeluc-et-Marue). — Dans une de ses dernières séances le conseil municipal a adopté ce qui suit :
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- Supplément fi L'Éclairage Électrique du 18 Juin 1898
- M. Denonvilliers fournira 50 lampes de 16 bougies chacune en moyenne, soit 800 bougies, pour la somme annuelle de 1 600 fr.
- L'éclairage aura lieu toute la nuit quand les recettes totales brutes, provenant tant de l’éclairage public et privé que de la distribution de la force motrice, auront atteint la somme de 10 000 fr paraît.
- M. Denonvilliers demande un chiffre de 14 000 fr de souscriptions avant de commencer les tra-
- — Soustous. (Landes). — La ville et les particuliers vont bientôt être éclairés à l'électricité. Toutes les études préliminaires sont laites ; il n'y a plus qu’à commencer les travaux-, qu’à réunir le nombre voulu d’adhéreuts au nouveau genre d’éclairage, et le résultat est certain.
- — Touquet (Xord). — (.Supplément, t. XIV, p. lviii.) Les travaux pour l’installation de l’éclairage électrique du Touquet (territoire de Wattre-los) avancent rapidement. Les poteaux sont posés, el la pose des fils sera terminée sous peu.
- — Wswrc (Belgique ,— Dans une de ses dernières séances, le conseil municipal de Wavre a discuté la question de l’adjudication des installations de la lumière électrique dans cette ville. C’est une société bruxelloise qui a été déclarée concessionnaire pour la somme de 118 750 fr.
- Télégraphie. — On nous apprend qu’à la suite d’une entente entre les administrations française, espagnole et portugaise, un fil télégraphique direct a été posé entre Paris et Lisbonne et vient d’être mis en service.
- Téléphonie. — Brive. — Le conseil a voté un crédit de 900 fr destiné à l'établissement d'un réseau urbain téléphonique à Brive, à titre d’avance à l’État.
- Société anonyme de Force et Lumière.— Il vient de se constituer une Société anonyme dite Force et Lumière, au capital de 200000 fr divisé en 400 actions de 500 fr, et ayant pour objet l'exploitation d’un brevet pour le perfectionnement de piles secondaires, pris par M. Gustave Philippart.
- Sur les 400 actions de 500 fr composant le capital, 200 ont été attribuées entièrement libérées à M. Philippart, en représentation de son apport au brevet.
- Les 200 autres sont souscrites et libérées de 250 fr.
- Les administrateurs sont : MM. Philippart, Clément, industriel ; Pierron , administrateur
- de sociétés; Ph. Bouhey, industriel, et Krebs
- Cette société, dont la durée a été fixée à 30 années, a son siège établi, 94, avenue de Clichy.
- Adjudications, offres et demandes.
- — Xaiicy. — Adjudication amiable. — Le mardi 12 juillet 1898, à deux heures après midi, à Nancy, en l’étude de Me Laissy, notaire, place Saint-Jean, nü 2, de la Station centrale â'Eclairage et d'Energie électriques de Nancy, dépendant de la Société Fabius Henri on ci C:e, à Nancy, en liquidation, comprenant : I. Usine à Nancy, rue de l’Équitation, n° 6, surperficie 2 000 m carres, appartenant à la Société ; II. Matériel, chaudières, machines à vapeur, dynamoset accessoires d’une puissance de 1 700 chevaux , materiel roulant et outillage ; III. Canalisation souterraine, dont 1/3 environ à courants alternatifs de 9 km ; IV. Clientèle, mobilier ; V. Autorisations de Voirie, traités d’éclairage, installations, compteurs, transformateurs, appareils Cardew et tous accessoires.
- Mise à prix..............800 000 fr.
- Consignation pour enchérir, 30 000 fr. S'adresser â M° Laissy, notaire à Nancy, ou à MM. Drouin et Simon, liquidateurs de la société, à Nancy.
- — Paris et Liège. — La Compagnie internationale d’Electricité, Société anonyme, à Liège (Belgique), propriétaire du brevet français n° 237 248, pour un nouveau dispositif applicable aux régulateurs électriques, desire s’entendre avec des industriels français en vue de l’exploitation de ce brevet en France. Pour tous renseignements, s’adresser à la Compagnie susdite ou à sa succursale à Paris, rue Lafayette, 122.
- laies). — La municipalité de cette ville (4 334 habitants) demande un concessionnaire pour l’éclairage électrique.
- Les propositions seront reçues jusqu’à fin juin.
- S’adresser au Maire de Saint-Laurent, qui enverra une copie du cahier des charges aux intéressés qui en feront la demande.
- — So«a (Bulgarie). — La municipalité demande de nouveau des soumissions pour l'installation d’un réseau d’éclairage électrique et pour la construction et l'exploitation d’un réseau de tramways électriques. Les soumissions seront reçues jusqu’au 27 juin.
- — Vcrduu-sur-Meuse. — Électricien, 27 ans, muni de très bonnes références et très au courant des stations centrales, demande place. Vigneau, usine électrique, Verdun-sur-Meuse.
- BKEVETS D’INVENTION
- Liste communiquée par l'Office E. Ëarrault, 58 bis, rue de la Chaussée-d'Antin, Paris . Mersch. 24 janvier 1898. — Certificat d'addition au 1 213 615. Parvillée. :i() décembre 1897. —Applio t pris le 11 octobre 1897 pour nouveau système de tances métallo-céramiques à la construction d
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- Supplér
- à L’Éclairage Électrique du 2o juin 1898
- CI
- NOUVELLES
- Conservatoire national des Arts et Métiers. — Pour célébrer le centenaire de la loi d’installation du Conservatoire dans l’ancien prieuré de Saint-Martin des Champs, des fêtes ont été organisées.
- Vendredi, à 3 heures, ont eu lieu une séance de gala, puis une visite des galeries du Conservatoire, nouvellement réorganisées, et de l’exposition temporaire expérimentale de récentes inventions scientifiques et industrielles, spécialement organisée pour le Centenaire. Le soir, fête de nuit.
- Aujourd’hui, de midi à 5 heures, continuation, pour les invités, de l'exposition expérimentale. Celle-ci, comme les galeries et le jardin, sera ouverte au public dimanche 26 juin, de 10 heures du matin à 4 heures du soir.
- Course internationale d’automobiles Paris -Amsterdam-Paris. — Après avoir organisé le concours de Fiacres automobiles dont il était question dans notre dernier numéro et l’Exposition d’automobiles qui obtient actuellement un si grand succès, l’Automobile-Club de France vient d’instituer une course entre Paris et Amsterdam et
- Cette course aura lieu du 5 au 15 juillet prochain; clic est internationale et est ouverte aux constructeurs et aux amateurs. Les véhicules qui y prendront part sont divises en deux catégories : les véhicules de vitesse et les véhicules de touristes.
- La première catégorie fera la course en six étapes, la seconde en dix étapes.
- Le montant des entrées est ainsi fixé : 100 fr pour les motocycles de vitesse et 200 fr pour les voitures de vitesse, inscrits avant le 25 juin; passé cette date le prix d’entrée sera doublé; 50 fr pour les motocycles de touristes et 100 fr pour les voitures de touristes, l'inscription pouvant avoir lieu jusqu’au 30 juin.
- Des prix dont l'importance n’esi pas encore fixée seront attribués aux concurrents. Les véhicules n'auront droit à des prix qu’autant que leur vitesse moyenne dans l'ensemble de la course aura été : de 25 km-h pour les voitures de vitesse; 20 km-h pour les motocycles et véhicules divers de vitesse ; 15 km-h pour les véhicules de touristes.
- Société batave de philosophie expérimentale de Rotterdam. — Parmi les questions posées au concours par cette société, nous relevons les suivantes qui offrent quelque intérêt pour les électriciens :
- Question x 5 5.— Une recherche expérimentale de la cause
- — Par la nouvelle théorie d’Ediund sur l’électricité atmosphérique et l’aurore boréale, les phénomènes de cette induction nommée unipolaire ont de nouveau attiré l’atention. Ces phénomènes sont expliqués de manières très différentes les unes des autres, selon quon admet l’une ou l’autre théorie sur l’électricité. Suivant une théorie, ces
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- Supplément à L’Éclairage Èlecti'ique du 25 juin 1898
- phénomènes se présentent dans des cas où, selon l'autre, ils sont impossibles.
- C’est pourquoi l’on désire un nouvel examen de ces phénomènes de l'induction unipolaire.
- Question 17g.— Alexandre von Humboldt a déjà soupçonné que la transition de k terre à h mer influence le magnétisme terrestre, comme il résulterait des inflexions des isogones, isoclines et isodynames. Des observations semblent l’affir-
- C’est pourquoi l’on demande :
- Une discussion critique des observations relatives à ce phénomène.
- Question 182.— En conséquence des expériences de Duter, Quincke, Moutier et d’autres savants et par rapport aux calculs de Duhem, la Société demande une recherche théorique et expérimentale sur le changement de volume des corps par électrisation, aussi bien de bons que de mauvais conducteurs,
- Question 183. — Hall, Righi, Von Ettinghausen et d’autres savants ont démontré que la résistance électrique du bismuth et de l'antimoine et de quelques autres métaux change dans un champ magnétique.
- La Société demande un nouvel examen de ces phénomènes.
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- Supplément h L'Éclairage Électrique du 25 juin 1898
- 30 km de longueur. Les voitures auront 24 places à l’intérieur et 10 sur les deux plates-formes, le tarif sera 0,15 fret 0,10 fr, suivant Ja classe, pour tous les parcours. Au début, le service ordinaire sera assuré par .36 voitures- et il y aura 6 voitures pour les services supplémentaires. Chaque voiture porte deux moteurs de 25 chevaux et peut remorquer une autre
- La traction se fait par accumulateurs ; la vitesse moyenne commerciale sera de 9 km et la vitesse maximum de 12 km à l'heure. Les différentes voitures auront un parcours moyen de 4000 km par jour.
- L’éclairage se fera par lampes à incandescence sur les plates-formes et à l'intérieur.
- La station de charge unique comprend trois dynamos de 130 kw chacun, actionnées par trois machines à vapeur de 200 chevaux chacune.
- Le grand nombre de canaux et de rivières qui sillonnent la ville rendent le service des tramways assez irrégulier, à cause de la manœuvre des ponts tournants. Aussi une société concurrente propose d’utiliser les bateaux avec traction électrique pour le transport des voyageurs. L’entreprise paraît rémunératrice, car il n’y a pas de voies à construire
- Le tonnage électrique va être établi sur les canaux de Gand-Temeuzen et de Gand-Bruges. T.
- — \aples. — La Société Belge des tramways,
- concessionnaire du tramway à traction électrique entre Naples et Miano. avec embranchements sur R. Parco di Capodimontc et S. Rocco. est autorisée à exploiter la ligne. T.
- — Reims. — Le projet de traité intervenu entre la Ville et la Compagnie des tramways, récemment voté par le conseil municipal, a été accepte définitivement par la Compagnie. (Supp.,t. XV, p. xxix.)
- Celle-ci est décidée à entrer le plus tôt possible et de la façon la plus active dans l’exécution de ses travaux.
- — Rome. — La commission technique chargée d’étudier l’application de la traction électrique sur quelques lignes secondaires du réseau méditerranéen, a proposé d’expérimenter sur la ligne de Rome à Frascati le système du troisième rail, et cette propositioa etc acceptée par la Société méditerranéenne, qui a mis le projet à l’ctude. T.
- Un Trust électrique en Italie. — A la suite des conférences qui ont eu lieu ces jours derniers à Vienne entre le groupe Rothschild et d’autres sociétés, on a projeté la constitution d’un trust électrique en Italie. Le siège de la société serait à Rome et le premier capital serait de 10 millions de francs. La société aurait pour but de doter les grandes villes italiennes d’installations électriques pour l’éclairage et la traction. Plusieurs gros financiers italiens font partie du trust et disposent déjà de plusieurs concessions d'installations électriques. Le projet émane de la Banque générale de crédit hongroise, qui a l’intention de rétrocéder les installations de la Société Ganz et C- à laquelle elle est intéressée. Déjà, dans des conférences tenues à Budapest, d'importantes questions techniques ont
- été tranchées et les pourparlers se continueront à Vienne.
- Compagnie des tramways électriques do Clermont-Ferrand. — L’assemblée générale annuelle a eu lieu le 6 avril dernier.
- Il ressort du rapport présenté à cette réunion que les recettes totales de l’exercice 1897 se sont élevées à • 356202,04 et les dépenses d’exploitation à. . . 210530,92
- Le bénéfice ressort donc à . . . . 145671,12 11 faut en déduire l’intérêt et l'amortissement des obligations. . . . 62616,70
- Ce qui donne un produit net de . 83054,42
- Il y a lieu d’ajouter à cette somme
- le solde reporté de 1896............ 11782,60
- Le total général disponible se trouve ainsi porté à................ 94 837,02
- Le conseil proposera d’en faire la répartition sui-
- 5 p. 100 à la réserve statutaire, sur 83 054,42 fr. produit net de l’exercice 4 152,70 10 fr. par action, distribués à titre
- d’acompte en octobre 1897.......... 35000 »
- 12,50 fr, pour solde à répartir le
- "S avril............................. « 75» »
- Et reporter à nouveau le reliquat. 11 934.32
- Total égal................ 94837,02
- Les résultats de 1897 sont donc, à 1 618,97 fr près, les mêmes que ceux de l’exercice précédent. Toutefois, il est à remarquer que les recettes générales ont été inférieures de 4494,51 fret que c’est par suite d’une réduction de 2 875,54 fr sur les dépenses que celte approximation a été obtenue.
- M. E. Jeramec a été nommé administrateur en remplacement de M. Claret, démissionnaire.
- Adjudications, offres et demandes.
- — Nancy. — Adjudication amiable, le mardi 12 juillet 1898, à deux heures après midi, à Nancy, en l’étude de Mc Laissy, notaire, place Saint-Jean, n° 2, de la Station centrale d'Eclairage et d’Energie électriques de Nancy, dépendant de la Société d'éclairage et d'énergie électriques Fabius Henrion et C!e, à Nancy, en liquidation, comprenant : I. Usines à Nancy, rue de l’Équitation, n" 6, superficie 2000 m carrés, appartenant à la Société ; II. Matériel, chaudières, machines à vapeur, dynamos et accessoires d'une puissance de 1 700 chevaux, matériel roulant et outillage ; III. Canalisation souterraine, dont r/3 environ à courants alternatifs de 9 km; IV. Clientèle, mobilier ; V. Autorisations de voirie, traités d’éclairage, installations, compteurs, transformateurs, appareils Cardew et tous accessoires.
- Alise à prix.................800000 fr.
- Consignation pour enchérir, 30000 fr. S’adresser à Ms Laissy, notaire à Nancy, ou à MM. Drouin et Simon, liquidateurs de la Société à Nancy.
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- *îSb »! V^SOffSSUtt
- (W A. p.
- "
- ;
- I A, p. 320, n-> G).
- triques de ia glace ; R. Abeoo (WA, p. 220,
- gaine «le cadmium avec la richesse de l’amalgame ; W. Jauger (W A, p. Iü6, no 5).
- “Mr,
- Piles ^Uienmv-éloo triques à électrolytes; W. Duane {WA, 1)0blIleS dmdUCtl0n' P‘ Di' ŒSVtt! &de Rnto-
- ^.œwswwr bobi”s ;
- Sur l'interrupteur des bobines d’induction; Izarn {J F. p. 3i2,
- £gaï*«tss2ti
- Susceptibilité “magnétique de l’eau et * des ’ dissolutions
- îsEHàSSïiââï^aM
- de
- Sur les troubtes^prodults’lpar les' courants de traumjs élec-
- I et action magnétisante des courants t ’ockf.i.s (WA, p. 458, n* 6).
- o par les pointes; K. Wesendoxck (W ;
- ,!r^rns 1 ..
- InlIIte
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- R?Si’n'îestr”sform“’A'"E'Ev""1
- "S™ f & 1» juin). P0'“‘iel d“S
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- Lo phare électrique de Ryvingen (Norvège) ; Ch. Delüohe (Gc, p. 101, 18 juin).
- I,'éclairage électrique de Melbourne; A.-J. Arnot (OEM, p. 129, 7 mai).
- L'exposition de l’acétylène; P.-F. Nitrscy (II, p. 461, 17juin; E, p. 75,j, 17 juin).
- Electrochimie.
- Un ozoniseur pour les applications industrielles; E. A\-riRFOi.i (Klé, p. 369, II juin).
- Préparation du phosphore au four électrique (Ri, p. 244, 18 juin).
- L’clectrolyse de l’eau et la production de l’oxygène et de l'hydrogène (Ri, p. 244, 18 juin).
- Mesures.
- Eleetromctrc absolu pour petites diflerences de potentiel ; A. Pkiuit et Ch. Fabry (J P, p. 317, juin).
- Compteur à prdpaiement (Kr, p. 795, 10 juin).
- Thermomètre électrique Crompton-Fischer (El, p.258, 17 juin).
- Etude sur les étalons photomotriques usuels; F. Larortë (Sle, p. 166, mai.
- Divers.
- La réunion de la Société électrochimique allemande à Franc-i'ort-sur-le-Mein (E T R, p. 197, 15 juin).
- L’enseignement de l’électricité à l’institut Purduo à Lalayctte (E\V. p. 639, 28 mai).
- L'électricitc au Transmississipi et l’exposition internationale i'E \V, p. 672, 4 juin).
- L’exposition de Madison Square Garden à New-York lE W, p. 581», 615 et 648 ; 14, 21 et 28 mai ; E En, p. 580, 26 mai , p. 612. 2 juin).
- L’exposition de Madison Square Garden (le, p. 235, 10juin; K W, p. 684. 4 juin).
- OUVRAGES REÇUS
- Il est donné un compte rendu bibliographique de tout ouvrage dont deux exemplaires sont envoyés à la Rédaction
- DieLehrevonderElektrizitæt ; parGustav Wiedesuxn.Iii-8°, 1237 pages. — Friedrich Vieweg und Sohn, éditeur, 1898.
- Angewandte Elektrochemie ; par LP Franz Pet/îrs. 3 volumes. Prix : 4 francs chacun. — A. llarthben, éditeur. Sei-lerstælle, Vienne, 1898.
- Dictionnaire de l’industrie; par Julien Lefèvre. Les deux premiers fascicules grand-in-8". — J.-II. Baillière et fils. éditeurs, IV, rue d’Uautci'cuiile.
- Automobiles sur rails; par- G. Dumont. Petit in-8». Encyclopédie Léauté. — Gauthier-Villurs cl fils, éditeurs, 55,
- L'incendie, ce que l’on doit savoir, ce que l'on doit faire ;
- par Félicien Michotte. ln-8°. Prix : 2 fr. 50. — Office technique, 21, rue Condorcet, Paris.
- Automobiles sur routes; par L. Perissé. PetiL in-8o. Encyclopédie Léautc. — Gauthier - Villars el fils, éditeurs, 55. quai des Grands-Augustins. Paris.
- Archives of the Rœntgen Ray . May 1898. Vol, II, n° 4. -- The Rebman pvblishxng Company limited, éditeurs, 11, Adam Street, Strand.
- Télégraphie pratique; parL. Mosm.i.m'. Un grand in-8o de 624 pages avec 356 figures dans le texte et 6 planches hors texte, cartonné toile pleine : 25 francs. — Veuve Ch. Vunod, éditeur, 49, quai des Grands-Augustins.
- BREVETS D’INVENTION
- Liste communiquée par l'Office E. Barrault, 08 bis, rue de la Chaussée-d'Antin, Paris
- 273 036. Société Ateliers de construction Œrlikon. 30 décembre 1897. — Enroulements pour le roteur dans les moteurs à induction.
- 273 C66. Hanscom et Hough. 27 décembre 1897. — Perfectionnements dans les électrodes d’accumulateurs.
- 273 672. Howeli. 31 décembre 1897. — Perfectionnements apportés aux transmetteurs microtéléphoniques à courant
- 273 673. D'Aragon. 31 décembre 1897. — Monture de réflecteur pour lampes électriques à incandescence et autres.
- 273 683. MM. Hubbel, Boyer et Mucklow. 31 décembre 1897. — Perlectionnements apportés aux batteries primaires.
- 273 741. White. 4 janvier 1898. — Support de lampe élcc-
- 273 850 ! Heinrich et Lafond. 7 janvier 1898. — Perfectionnements aux lampes à arc voltaique.
- 273 879. Farjas. 8 janvier 1898. — Nouveau dispositif de piles et accumulateurs électriques pour la production des courants de voltage élevé en n'employant qu’un nombre restreint d’éléments.
- 273 882. Wydts. 8 janvier 1898.— Système d’appareil détendeur des courants électriques.
- 273 909. Hinds et Crouse. 10 janvier 1898. — Perfectionnements dans les commutateurs électriques.
- 273 914. Picard. 10 janvier 1898. — Système de transmissions télégraphiques sur les lignes à grande capacité électrostatique (sous-marines, sous-terraines ou aériennes).
- 273 939. Rossi et Forcieri. 11 janvier 18U8. — Perfectionnements au transmetteur pour appareils télégraphiques, système Morse, pour courant continu et alternatif.
- 273 945. Société the Strowger automatic téléphoné exchange. 11 janvier 1898. — Perfectionnements dans les appareils avertisseurs ou d’appel pour téléphones.
- 273 946. Pifre. Il janvier 1898. — Dispositif permettant de régulariser automatiquement la vitesse des dynamos.
- 273 980. Villy. li janvier 1898. — Nouveau compteur horaire d’électricité.
- 273 991. Société Weiss et Biheller. 12 janvier 1898. — Sys-moyen des lampes électriques.
- 273 995. Pollak. Î2 janvier 1898. — Système de formation
- 274021. Pollak. 13 janvier 1898. — Condensateur électrolytique ou trieur du sens des courants.
- 274022. Lacko. I3janvier 1898. — Nouvelle lampe électrique à arc dénommée lampe clectromicrométrique.
- 274 024. Szczepanik et Kleinberg. 13 janvier 1898. — Procédé et dispositif pour la vision à distance par l'électricité.
- 274 037. Soulé. 13 janvier 1898. — Perfectionnements dans les interrupteurs électriques.
- 274063. Melen. 14 janvier 1898. — Régulateur automatique de tension destiné à rendre constante la force électromotrice d’une dynamo malgré des variations de charge et de
- 274 098. Bernard. 15 janvier 1898. — Application des composés de vanadium aux accumulateurs électriques.]
- 274 099. Bernard. 15 janvier 1898. — Système d’électrodes pour accumulateurs.
- 274 119. Care. 15 janvier 1898. — Transmetteur électrique.
- 274 143. De Szveties. 17 janvier 1808. — Disposition permettant de diminuer l’impédancelrésisLance apparente) dans les réseaux alimentés par des courants téléphoniques et pourvus d’un grand nombre de récepteurs.
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- TABLE DES SUPPLÉMENTS
- TroisièmeCongrès international de chimie
- appliquée. Vienne, 1898 .... xi.i
- Le cinquantenaire de la Société des Ingénieurs civils.................. . . lxxxv
- Centenaire du Conservatoire des Arts et
- Métiers..................... ci
- Société batave de philosophie expérimentale de Rotterdam..................... ci
- Société d'encouragement pour l'industrie nationale (prix proposés pour
- 1898 et 1899).............. LIX, LXXV1I
- Société internationale des électriciens. . . xvn Syndicat professionnel des industries électriques.— Séance du 22 mars . . . xxv
- Séance du 29 mars 1898............... xlix
- Séance du 3 mai 1898................. lvii
- La Smithsonian Institution................... xli
- L’exposition de Rochefort (1898)............. xvm
- L'électricité à l'Exposition de 1900 .... xlii
- La manifestation en l'honneur de Zenobe
- Gramme................................ 1
- G. Margaine (notice nécrologique) .... xcm
- L'exploitation des mines par l’électricité
- dans les Montagnes-Rocheuses. . xlii
- Affichage électrique....................... xxvii
- Les incendies causés par l'électricité. ... lix
- Eclairage des chutes du Niagara au gaz
- acétylène.......................... lxii
- Distribution de l’énergie électrique.
- Les forces hydrauliques de la Bèze..... xxvii I Transmission de l'énergie dans la province
- La force motrice à Vinca. . ........... xlii de Corne........................ xciv
- La force motrice à Machecoul........... xlii Transmission électrique de l’énergie dans
- Transmission d'énergie à 160 km........ xciv | la vallée delà Nera............. xciv
- Traction Électrique
- Les transports en commun à Paris..........
- Le métropolitain de Paris..........xxvi,
- Les installations nouvelles de la Compagnie générale des omnibus . . . Chemin de fer souterrain à Londres . . .
- Le métropolitain de Vienne..............
- Tramways électriques de Dublin-, . . . Tramway électrique à Zermatt (Suisse) . Règlement de la vitesse des tramway
- électriques en Suisse..........
- Suppression complète de la traction ani
- male à Buda-Pesth..............
- Les chemins de fer aux tats-Unis . . .
- La traction électrique à Tornigton (
- Ur
- L'équipement des elevated de New-York Tramways funéraires de Mexico . . . . Les tramways de New South Wales (.Aats
- Unis)............._.........
- La concurrence pour la fourniture de ma tériel de traction en Angleterre
- Indicateurs pour tramways............•
- Les capitaux anglais dans les entreprises d
- traction électrique.........
- Les fiacres automobiles^.............
- Nouvelle voiture électrique..........
- Concours de voitures de place automobile! Course internationale d’automobiles Pari: Amsterdam-Paris......................
- Algérie.............................
- Alexandrie..........................
- Angers..............................;
- Aubonne (Su Avignon . .
- s 3)
- Bâle........................................ xii
- Barbizon................................. . xxix
- Bellune (Vénétie).......................... xciv
- Béziers.................................... xciv
- Bourg-la-Reine............................... xn
- Brest...................................... XLin
- Brives-la-Gaillnrdc....................... lxvi
- Cannes.................................... xxix’
- Cassel..................................... lxvi
- Catane (Italie9............................lxxvh
- Châlons.................................... xliv
- Châteauroux................................ lxvi
- Chevreuse (Seine-et-Oisej.................lxxvii
- Clermont-Ferrand........................... xiii
- Cognac....................................... cm
- Domérat (Allier.t......................... lxvii
- Dunkerque................................... xcv
- Elbeuf....................................... cm
- Epinal.................................... xxix
- 9agy....................................... ixv“
- La Pallice...........,................. xxix
- La Seyne (Van............................... xcv
- Le Fayet (Varj.............................. xcv
- Lille (Nord!.............................. lxvii
- Lille. . . .'............................... xlv
- Limoges.................................... xxix
- Lorient (Morbihan).......................lxxviii
- Lubersac (Corrèze; .... y................lxxviii
- Lunéville [Meurthe-et-Moselle)...........lxxviii
- Marseille..............................xnr, xlv
- p.r111 - vue 738/742
-
-
-
- rxü
- Milan..........
- Monaco.........
- Montpellier. . . Montreux....
- Moulins........
- Moutiers (Savoie j.
- Naples..........
- Nîmes..........
- Oran...........
- Orléans.........
- Paris..........
- Poitiers.......
- Remscheid..............
- Saint-Brieuc...........
- • Saint-Etienne........
- Saint-Galmier..........
- Saint-Germain-en-I.aye .
- Saint-Gothard..........
- Strasbourg.............
- Troyes ................
- Turin.................
- Vals-les-Bains..........
- Wurtzbourg..............
- Télégraphie et téléphonie.
- Un nouveau navire pour la pose des câbles
- télégraphiques................... lxvi
- Etablissement des lignes et réseaux téléphoniques................................ xxvm
- L'incendie du bureau central téléphonique
- de Zurich........................ xxxm
- Angers. . ...................
- Brest-Saint-Brieuc-Rennes . .
- Brive........................
- Montargis-Pithiviers-Orléans,
- Thiers.......................
- Vierz.on.....................
- Éclairage électrique.
- Nouveau charbon pour lampe à arc. . . . I.'éclairage électrique sur les voies ferrées. I.a ville de Troyes et la compagnie du gaz. L'éclairage électrique de la Charente. . .
- Abbeville.............................
- Aime (Savoie).........................
- Angers................................
- Angoulême.............................
- Bangkok...............................
- Besançon..............................
- Borgomanero (Italie).................. . .
- Breucq................................
- Cadenet...............................
- Cany (Seine-Inférieure)...............
- Clcrmond-Ferrand......................
- -Coucy-le-Château ....................
- Dieppe................................
- Fismes (Marne)........................
- Grasse. ..............................
- Heyst (Belgique)......................
- I.e Caire.............................
- Limoges...............................
- xcvm
- LXXVIII
- XLV1I
- Louviers..............................
- Margny (Oise).........................
- Melun.................................
- Menton................................
- Mondovi...............................
- Montebourg, Briquebec et Valognes. •. . .
- Montpellier...........................
- Monza (Italie)........................
- Nancy (Meurthe-et-Moselle)............
- Naples.................)..............
- Oran . ... ,..........................
- Paris.................................
- Riom (Puy-de-Dôme)....................
- Saint-Chamond.........................
- Saint-Gengoux (Ain)...................
- Sermaize (Seine-et-Marne).............
- Soustons (Landes).....................
- Toulouse..............................
- Touquet (Nord)........................
- Tourcoing-. .......................... x
- Tunisie...............................
- Villefranche-de-l.auraguais ( Haute-Garonne) ...............................
- Wattrelos.............................
- Wavre (Belgique)......................
- Electrochimie.
- La fabrication et lavenle de carbure de calcium à la fin de 1897 .
- Sociétés d'électricité.
- Société générale de transports automobiles xxvn Société anonyme de force et de lumière. . c
- Union Elektricitæts-Gesellscbaft................. x
- Compagnie d’éclairage électrique du secteur des Champs- .lysées (Assemblée générale du 2 mars 1898) . . xxxm Société Lyonnaise des forces motrices du
- Rhône............................. lxxxii
- Compagnie des tramways électriques
- d’Angers............................ txxx
- Compagnie continentale Edison................. lxxx
- Compagnie des tramways électriques de
- Saint-Etienne....................... lxxx
- Compagnie générale de Travaux d’éclairage et de force..................
- Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson-Houston.
- Société électro-métallurgique française. . lxii Compagnie générale d'électrochimie . . . i.iv Société française d’électro-métallurgie . . lxxxiv
- Maison Brcguçt............................lxxxiii
- Compagnie de l’Ouest électrique...........lxxxiii
- Un trust électrique en Italie................ civ
- Compagnie des tramways électriques de Clermont-Ferrand.....................
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