L'éclairage électrique
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- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
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- L’Eclairage Electrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- Î3i
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. D’ARSONVAL
- G. LIPPIY1ANN
- D. (VIONNIER
- H. POINCARE
- J. BLONDIN
- TOME XVI 3 e TRIMESTRE 1*
- V
- PARIS
- GEORGES CARRÉ ET C. NAUD, ÉDITEURS
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- Tome XVI.
- Samedi 2 Juillet
- >. — N° 27.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France. Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’institut. — D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures. - H. POINCARE. Professeur à la Sorbonne. Membre de l’Institut, — A. POTIER. Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLQNDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- CHAMP ÉLECTRIQUE ET MAGNÉTIQUE
- Admettons qu’une masse électrique en mouvement de densité o et de vitesse u en chaque point produit le même champ qu’un courant de conduction d’intensité up. En conservant les notations d’un précédent article (*) nous obtiendrons pour déterminer le champ, les équations
- __i_/ d'( __ UJL\— ... , AL ,v,
- 4r. \ dy } ‘ '1; dt
- v*(JL-ds.1W-— u.
- \ dy d% ) 4- dt
- Soient maintenant quatre fonctions ’f, F, C, H définies par les conditions
- (vîi-Tr>=-4^?. l7,
- On satisfera aux conditions (5) et (6) en pre-
- avcc les analogues déduites par permutation tournante et en outre les suivantes
- fa
- ~dx
- df dx
- (3)
- T
- De ce système d’équations on déduit facilement les relations
- (vy
- = 4«v [-£-(»* )-£(>,,] (6)
- d'I_____1 d F
- dx V* dt
- dU. dG dr
- (9)
- 10}
- Quant aux équations (1) à (4.), pour qu’elles soient satisfaites, il faudra que, en plus de (7} et (8), on ait la condition
- G jf dG , dU
- ur+ zr+y^ + TT-0- (l1-
- Occupons-nous d’abord de l’équation (7). On sait que la solution la plus générale est la suivante :
- (’) La théorie de Lorentz, L’Éclairage Électrique, t. XIV, P/ 417- p, y, sont les composantes de la force magnétique et f,gt h, celles du déplacement dans l’éther.
- d<J
- (12;
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- T. XVI. — N° 27.
- 6 L’ÉCLAIRAGE
- r étant la distance d'un point M7 [x\ y' \) de l’élément de volume dw!, au point M [x,j\ ,) où nous voulons avoir la valeur de à à l’instant /, et la densité p au point M' étant prise, non à l’instant t, mais au temps t — “, et l’intégrale étant étendue à tout l’espace (’}.
- Supposons que nous n’ayons qu’une masse électrisée occupant un volume 12. En dehors p est nul et les éléments correspondants de l’intégrale sont nuis. Tl semble donc qu’il suffise de réduire le champ d’intégration au volume 12 de la masse électrique. Mais il faut remarquer qu’aux différents points de l’espace la valeur de p doit être prise à des époques différentes.
- Décrivons de M comme centre une sphère S
- de rayon quelconque r (fig. i), et soit i> la position correspondante de la masse électrisée, c’est-à-dire sa position à l’instant t— -^r. Si S et Q ne se rencontrent pas, les éléments de l’intégrale seront nuis pour tous les points de S, mais si une région AB de S se trouve à l’intérieur de 12, les éléments de l’intégrale seront différents de o pour tous les points de AB. Le champ d’intégration sera donc le volume engendré par AB, lorsque l’on fait varier le rayon de la sphère S et en même temps la position de 12.
- Soit e la charge totale de ü que nous supposerons de très petites dimensions, de manière que u ait sensiblement la même valeur en tous les points et que dans tout le champ d’intégration r ait sensiblement même valeur et meme direction. Pour un accroissement dr
- p) Lorentz, Archives néerlandaises, 1892.
- ÉLECTRIQUE
- de r, le déplacement correspondant de il, dans la direction^ normale à la sphère et vers l’in
- prend comme direction positive pour r, celle de 12 vers M.
- Par suite, tandis que le volume élémentaire réellement balayé par AB sera égal à aire ABxrfr, le volume balayé par rapport à 12 ne sera égal qu’à : aire AB X dr p — ÿ- cos (u, ri] .
- Par suite, le champ d’intégration sera égal
- nant pour m et r une valeur moyenne, et on aura pour p la valeur
- Nous pouvons maintenant supposer toute la charge concentrée en un point. Je représenterai par P (fig. 2) sa position à l’instant t,
- parP(l (.vu,y'0, ^ sa position à l’instant t — 0, 0 étanttel que P0M=r = VQ. seront
- des fonctions de \t—0) et on aura :
- <iy,_
- v ùt -r dt u’ 0/
- Alors u cos [u, r) sera égal à \ux (x — #0] -\-ur{y — Ya) -A{- — p,}] et on aura finalement
- Portons sur la tangeme en Pfl à la trajectoire du point P, dans le sens du mouvement,
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- une longueur P0 A égaleàw f). A représenterait la position du point P0 au temps t si à partir du temps t—h il avait conservé un mouvement rectiligne uniforme. Menons AM et soit R la projection de A sur P0 M. On aura immédiatement
- P„B = ! !», 8) X\X" = i (v - x„)
- et par suite (12) peut s’écrire
- ^ÏBM)' <I2)
- Les équations (8.) ne diffèrent de (7) que par le changement de p en pu*, pur , pw?. Pour résoudre (7) nous 11’avons d’ailleurs fait aucune supposition . sur la constance ou la variation de e avec le temps, et au point de vue algébrique la valeur (12) de 0 serait valable, même si e était variable, à condition de prendre sa valeur a l’instant t—Nous obtiendrons donc les solutions de (8) en changeant simplement dans (12), e en ewv, euy, eut. ce qui donne
- —>]
- et deux expressions analogues pour G et H.
- Il faut maintenant calculer/", g, /z, a, [5, y, d’après les équations (9) et (10), mais auparavant nous devons vérifier que la condition ( 11; est satisfaite et pour cela calculer les dérivées A, 4L, d* yt.
- dt dx dy ’ dif
- F, G, H, dépendent de x directement et par l’intermédiaire de 0. E11 effet, 0 est déterminé par la condition que P„ M soit égal à VlJ, d’où la relation
- (* -*-.)* H- Cr -y0)* + (7 - (14)
- Piiférentions en supposant^, 7 et t constants, mais x et par suite 0 variables : en supprimant un facteur 2 il vient
- (-V — *0) rfjf + rfes (* —*01 -^)= VEM6,
- - dx = [V20 - 2»* (.V - x9)i JO =
- v [ve— Su* [x — xû)]jO = (BM)\'
- V (Bi\l )
- JO
- On obtiendrait de meme
- uj c1
- avoiril suffira de différentiel’ (14) laissant .v, r, 7 constants, mais se rappel; que 3c0,jk„,
- (15)
- Pour
- — {dt—d 0)2
- s fonctions de t -{x — xa) — V-0J6.
- Soit W l’accélération de P h l’instant {t— On pourra écrire les différentes égalités :
- v ÔO ^ "
- dr _ dr_ _J9______ (PnB)
- If — J6 dt ~ S (BM; d(P„B) J (PnB) d(t — 0) _ <)P0B d(t— 6
- — tr Lu? (-v
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — N° 27.
- dt de BM '
- = ) VL'P0B) — r«*
- V :BMB ' v “ ' 1
- 'o)i'T0M);,
- 4tt dF d l‘x db iix OBM
- e dx ~ dx "BM- ^Hx*- BM (BM)7 O'J -1
- FiTm?- dï"[r v Zux ix - *‘>\
- = “Wm/ ! v (BM' + "*[V* -
- x V (BM)2
- A'- (BM911 + ‘v/lIM)*-
- [V2-u*+2ii>x U ViP0Bi
- t-à-dire précisément ——-^y-. La rela-{x i) est donc établie.
- Il ne reste plus qu'à calculer les valeurs de/et de a données par (9) et (101.
- ’BM" V2' dt BM (BM;2
- ] V'2 (BM)
- (iB.Vl
- V2 (BM) dt w-___Ux____. y y T»Bi u- - (-f — -*V. P M y
- yülJM)2 ( (BM.; 1 \CBM) 0 )
- - », - w, vP„M) (BM) (17)
- -B.vJ ! Y IBM) [wr (? — Tri) ~
- Remarquons que ux est égal à 0ux et représente la projection de P0 A sur l’axe des .v. Par suite .v — x0—tu —^ représente la projection de AM sur Ox. Géométriquement en représentant par I) le déplacement et par H la force magnétique, on pourra écrire
- fi_ [V2 - k2 - H'T\M ] AM — (P0M)(BM) w „
- /|77V2(BM)2" eKl7)
- 77— [ V* — us + w Tÿ\ïJ ü. Tyü + V (B M) w PjM
- VRBM)a e'
- ( 18')
- D’une manière générale nous représentons par X Y le produit géométrique scalaire des deux vecteurs X, Y, c’est-à-dire la quantité X Y cos (X, Y) et par X Y le produit vectoriel, c’est-à-dire un vecteur égal à XY sin (X, Yï et perpendiculaire aux deux vecteurs X et Ÿ, dans un sens tel que l’on amène la projection de Y sur un plan normal à X à coïncider avec la direction du produit vec-
- toriel par une rotation de 90° dans le sens direct (soit ici de droite à gauche, d’après la manière dont les formules (1) et (2} supposent les axes orientés).
- La formule (18') montre tout d’abord que la force magnétique H est normale à P(l M. Si nous considérons la sphère de centre Pu passant par M, pour tous les points de cette sphère, le point P0 jouera le même rôle que pour M. Donc à l’instant t, le flux de force magnétique à travers cette sphère sera nul.
- Cherchons de même le flux de déplacement à travers la même sphère. Pour avoir la composante de 1) normale à ia sphère, c’est-à-dire suivant P0 M, il suffit dans l’expression de D de remplacer AM et W par leurs projections (BM) et W cos («’, r) sur le rayon. Par suite
- rv4 — i/2+û'.î\MhBM)-(P0M)(BM>;cosi'®,r) „ n* - *
- v - -(/- _ y — ;;-
- — 4üV!(BMj* e— 4”',[V ucosol2 4
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- en appelant © l’angle AP„M. Prenons comme élément de surface dS de la sphère la zone limitée par les deux cônes de demi-ouverture © et © + d-s. On aura
- Ce résultat était d’ailleurs une conséquence forcée de (3).
- Les deux vecteurs D et H sont rectangulaires et le rapport de H à la projection Df de D sur le plan normal a PUM est constant et égal à 4W.
- Pour avoir I)f il surfit de remplacer dans (i8') les vecteurs AM et W par leurs composantes normales à PUM,
- D’ailleurs
- ïT. FV\f = — PnJ\l. u —----i- P0Tl P„A = -i- UM- ÂB
- santés Df et Dy/ de D le sera à fortiori à D lui-même.
- Dans le cas où le mouvement de P est rectiligne et uniforme, les formules (17) et (18) se simplifient. D’abord les termes en W disparaissent, en outre les points P et A coïncident et il est possible d’exprimer les valeurs de D et H d’après la position actuelle P ou A, sans introduire P„. En effet on a d’abord
- Ti. ÏViï = ü. TVA I ' «i AM — ü. AM
- car le produit vectoriel u Pu A est nul, ses deux facteurs ayant même direction. En outre, si on appelle o et '/. l'angle P„MA et l’angle de AM avec le prolongement de Pu À, on aura les égalités
- BM = AMcos W — AM \J 1 — sin*a
- et (17') et (18') deviennent
- car on peut remplacer le deuxième facteur — P0À par sa projection AB sur un plan normal au premier. Le produit vectoriel considéré est donc égal numériquement à ^ UQM-(AB) = V (AB) et a la direction de AB tourné d’un angle droit autour de PUM dans le sens direct.
- De même
- v w. p^m = — v = — v p^ÿf. ST*
- produit vectoriel dont la valeur numérique est_— V (P,, M) jvt, et la direction est celle de 1vt tourné d’un angle droit autour de P0M dans le sens direct.
- Ces relations établies, il résulte immédiatement de la comparaison des valeurs de H et de D/, quc_H est égal à 4i=V et a la direction de tourné d’un angle droit autour de P0M dans le sens direct, c’est-à-dire de droite à gauche pour un observateur ayant les pieds en P0 et la tête en M.
- H étant perpendiculaire aux deux compo-
- D-------------------!-------- e (i j)
- 477 (AM)3 LV1- «’siti'yJT TI — V(V‘ m
- (AM)* [V* - iÔ sin2 X)T
- le premier vecteur étant dirigé suivant AM et le second suivant la perpendiculaire commune à AM et u.
- Les équations (17') et (i8;) se réduisent encore à {17") et (i8';) lorsque l’on suppose les points P0 et M infiniment voisins et que l’on se borne aux valeurs principales.
- Au contraire, à grande distance du point P0 ce sont les termes en w qui sont les plus importants, et D se réduit sensiblement à sa composante normale à P0M.
- APPLICATIONS Tins FORMULES PRÉCÉDENTES
- l. Comme première application nous calculerons le champ électrique et magnétique produit par un circuit portant une charge de
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE T. XVI. ~ N-27.
- densité linéaire constante et glissant sur lui-même avec une vitesse constante u.
- Soit P un point du circuit C défini par la longueur S d’un arc de circuit comptée à
- partir d’une origine fixe O (fig. 3), dans le sens de la vitesse u. L’action delà charge ?ds
- d'un élément de longueur ds avoisinant le point P, dépend de sa position en P0 (s0) un temps 0 avant.
- En désignant toujours par xr, >*, ^ les coordonnées de M, par v0, yv, ^0, celles de P„, supposées données en fonction de s,„ Q sera égal à ——— et donné par la condition VQ — PQI ou ‘
- Jo)ï = f*— vs+ O—ro)s + ff — 10É (U'i
- Les composantes de la vitesse u en P„ se-ront « -gü- , « -g?-, u *El , et celles de l’accélération seront u ÉU — u2 -j—y- et de
- „ d-r0 «
- meme tr ~djj-, zr —• car u est constant.
- Si 011 en tient compte on aura
- 11b -£7 U ^3+w <BM> 11
- Mais
- d(BM) dLr V - ds°ü {X U
- d.vn- dx‘L -\- dr05 4- U»2 ______
- 1 “ ds0- dsf?
- Tirant 1 —1 [x — xtl) de cette équation et substituant dans l’expression de dtt il vient
- ]~W(BM) [^4 (T — To)— --]
- V*(BAF,
- Pour avoir k il faut intégrer l’expression précédente le long du circuit complet, eu se rappelant que est une fonction de s définie par(ig): mais il est pluscommode de changer de variable en prenant au lieu de s. DilTérentiant (19) il vient
- U <* - *.) (* - *») = - s -§f<* r *"> *»
- ou puisque ~ (s — s,-,) = P0M —- r
- r(ds — ds0' =----[x — *„) ds„
- (*) Sur cette figure la droite P0A devrait être tangente à l’arc GP0 et la droite AB perpendiculaire à P0M.
- ds ____ ds0
- "BÂT " ~
- Le champ d'intégration par rapport à sn est évidemment le même que par rapport h s ; donc
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- D'aiileurs -J- =-------- ï {x — et le
- deuxième terme de la parenthèse peut s’écrire
- V
- ds0
- (BM)
- Vr3 (BM.) : devient
- La seconde intégrale est nulle identiquement et le champ magnétique est le même que celui produit par un courant de conduction d’intensité «p.
- De même, on trouverait pour qitV*/' la valeur
- 4 “V-/=Jv^_r>*
- f r puV (AM ^ Je r (B M l
- Ici encore la deuxième intégrale est nulle et le champ électrique est le même que si le circuit était au repos.
- II. Cherchons maintenantla perte d’énergie par radiation, et pour cela évaluons le flux d’énergie pendant le temps dt à travers la sphère de centre P# et de rayon P„ M, que nous appellerons, pour simplifier, la position au temps t de l’onde émise par P0.
- Si D; est la composante de D dans le plan tangent à l’onde, le flux a travers l’élément est égal à V2 Df H dS dt. Mais D; étant normal à H et égal à ~y-, cette expression est
- encore égale à
- V— H4tfS<*f = V^VD2/ dSdt = + 2irV*D/“)dSV<ft.
- En intégrant par rapport à dS, on aurait le flux total qui passe de l’intérieur à l’extérieur de la surface d’onde.
- Pendant le temps dt le rayon de la surface d’onde s’est accru de Vdt et l’espace balayé par cette surface contenait une énergie égale à
- H* + 2 -y^D-'jiiS = vdt j [-g(r H*+ 2«Vw].iS + Vdt J 2SV«D» VS
- Finalement la quantité d’énergie qui a traversé la surface d’onde considérée comme mobile est égale à
- — Vdt 12 tiV’D» ‘dS.
- Mais Dn est infiniment petit du second ordre lorsque r est infiniment grand du premier ordre, c’est-à-dire lorsque l croit indéfiniment, 0 variant en même temps pour que t —0 reste constant et que le point P0 correspondant reste le même. Par suite, l’intégrale précédente est de l’ordre de et tend vers zéro. Donc si nous considérons deux surfaces d’onde S et S; correspondant à une même valeur de /, mais à des valeurs de 0 différentes, pour i croissant indéfiniment, l’énergie comprise entre ces deux surfaces d’onde tendra vers une valeur constante, et toute cette énergie étant entraînée à l’infini se trouvera perdue par radiation.
- Pour faire le calcul, je supposerai d’abord que S et S' correspondent à des valeurs de 0 infiniment peu différentes, 6 et 0 -f- d6. La surface S' aura un rayon égal à V (9 + d&) et son centre sera non en P0, mais en P', tel que P'UP0~udb.
- Par suite, un élément de volume compris entre ces deux surfaces sera égal à dS [Vd9 — u cos 'f dO] et l’énergie comprise entre S et S'
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- sera égale à
- dE = H2 +2TïV2D*j(V — w cos ») dS
- Puisque nous ne cherchons que la valeur limite de dE pour r infiniment grand, nous ne devons conserver dans la parenthèse que les termes en , c’est-à-dire H2 -J— 27Ï V2 D;" = ~~t" =-2 + ^'hï3 •
- Pour simplifier, je prendrai l’axe des x parallèle à P0A, c’est-à-dire à la direction de la vitesse en Pu, et je prendrai 0.x pour axe d’un système de coordonnées polaires r, 'f, «L. Par suite, en ne prenant dans a, j3, y que les termes en ~ , il vient
- « 3in ? sin + + IV - » cos y] f«t cos ? - »« sin ? sin *]
- Il faut intégrer par rapport à ^ de o à 2r. et [ sin <1 ou sin 41 cos disparaîtront, ceux qui par rapport ào deo à«. Dans la première inté- contiennent cos2 ou sin2 é se trouveront gration les termes qui contiennent cos 6, I multipliés par- et les autres par 2-. Par suite
- p' ( + av-
- M*) [2W2x COS2 O + Vpy sin2 O + [V-M cos <p] COS?
- - « cos ?]2 (»»* + «V + )
- Pour il variable
- d’où
- et
- jrer je ferai le changement de V - u cos 9 = x
- V — u et V -J- u.
- fj * yÿq _(v>«>)
- + 4V»', * + 2 ** (w‘r + io--j - w, *’) }
- = M ^ÏT fyS, ’Jx l'2v’-(v>-“*H“V +a2< H
- | (Vi+^iKr +»», ) — IVV,
- (20)
- Les nouvelles limites d’intégration seront
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Or
- jL. " 4 [ (V -«> ' (V + .I)*]
- 2«V (V2 + u*)
- et l’expression précédente devient, toutes déductions faites,
- Lorsque u' est négligeable devant V2, on a plus simplement
- 3
- V
- db
- cette région le champ sera le même que primitivement et à l’intérieur il sera le même que si la charge avait toujours été au repos dans sa position actuelle. D'apres le calcul précédent, l’énergie emportée à l’infini par la perturbation sera égale a ^ dE et essentiellement positive. Cette expression représente donc le travail total dépensé sur la charge pendant le mouvement. Mais il ne serait pas vrai de dire qu’à un instant quelconque le travail dépensé est égal à dE, car le travail est infiniment grand lorsque l’on suppose la charge concentrée en un point, mais la différence doit être une différentielle exacte d’une fonction (infinie) de u et w qui disparaît lorsque l’on part du repos pour revenir au repos.
- Cherchons aussi l’impulsion totale de la force nécessaire pour produire le mouvement. Nous avons établi [Écl. Êl., t.XIV,p. 45)que les projections sur les axes de l’impulsion pendant un temps quelconque, des forces développées par le champ sur les charges, étaient égales aux variations des intégrales
- expression donnée par Larmor (Philosoph. Mag., t. XLIV, 1897, p. 503). Larmor la calcule simplement en évaluant l’énergie qui traverse une surface d’onde de rayon infini. Le procédé, admissible pour u négligeable, serait incorrect en thèse générale, car les ondes envoyées par la charge e ne sont pas concentriques, et une sphère qui est surface d’onde à un moment ne le sera plus l’instant
- Supposons que la charge étant primitivement en repos et le champ invariable, on mette la charge en mouvement pour la ramener de nouveau àu repos après un temps e. Si pendant tout le mouvement la vitesse u est inférieure à V (comme nous l’avons du reste toujours supposé implicitement jusqu’ici), un temps i après la fin du mouvement, la perturbation sera concentrée entre deux sphères, 1 une de rayon V (7 -f-1) ayant pour centre la position initiale et l’autre de rayon Yt ayant pour centre la position finale. A l’extérieur de
- ~f(gY - AP) du — /(àa—/y) dxù . —f{f? —g*)dv.
- Ici la quantité cherchée sera égale et de signe contraire. Or à l’instant initial a, (3, y sont nuis et les intégrales sont nulles. Il suffit donc d’avoir leurs valeurs à la fin du mouvement. Mais la charge n’étant plus alors soumise à aucune force, puisqu’elle est seule dans le champ, les intégrales ne varieront plus et nous pouvons chercher leurs valeurs pour t infini. Nous opérerons comme précédemment en cherchant d’abord la valeur des intégrales pour l’espace compris entre les deux surfaces d’onde S et Sfi
- g-y — /iJ3, etc_, représentent les composantes
- du produit vectoriel 1)H, qui est égal à la résultante des deux suivants D* H et I)« H. Pour la même raison que précédemment, le produit contenant I)H sera négligeable, et quant au premier, ainsi que nous l’avons vu, il sera égal à et dirigé suivant P0M. Si
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- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
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- donc cfL, d\y, d\-s représentent les intégrales cherchées, leurs expressions ne différeront de celles de dE que par la suppression d’un facteur V et l’introduction sous le signe / des facteurs cos ®, sin o cos 4-, sin? sin ? qui représentent les cosinus directeurs de la droite P„ M.
- Occupons-nous d’abord de d\x. cos ? est
- Appelons dE' la valeur que prendrait dE, si on multipliait la quantité sous le signe / par Xf ce qui revient à changer dans l’équation (20) les intégrales
- dans les suivantes
- dx 2 u
- ~ — V2 —
- On trouve facilement quedE’ = - — dE
- et par suite
- *-=“T[rfE“ -VdE']= -ï?dE
- Quant àlv etl. je dis qu’ils sont nuis. Prenons par exemple Iy. Ici comme nous introduisons un facteur sin 9 cos a- qui contient ô il faut le faire avant l’intégration par rapport h ?. Dans cette intégration les termes en cos o, cos* ç-, sin2 0 cos 4', cos2 4 sin ô, sin 4, cos 4- disparaîtront et il ne restera que les termes contenant cos2 0, c’est-k-dire en laissant de côté les facteurs constants
- [V —1«'cOSo]B
- 2|V*—us)æ»»r‘
- + 2UV>„Wy[V-
- : l’identité à vérifier est, en introduisant un facteur ,
- „ _ c* (V« cos 9 — u2) u3 sin3 9^9 -J» [V — u COS9J5
- + « (yi-u2~ v*)[—(V* —«*) q- 2V.V—#2] dx = Ç + "[~ + 3V(V2-^)
- ce qui se fait immédiatement en remplaçant les intégrales par les valeurs données.
- Si on considère dlx, dIv, dIT comme les composantes d’un vecteur dl, on voit que dl sera égal à dl*_et aura la direction de O* , c’est-à-dire de 11 et par suite
- cette expression est maintenant indépendante du choix particulier d’axes adoptés pour simplifier le calcul, et en prenant l’intégrale géométrique dé dl pendant la durée du mouvement, on aura l’impulsion totale pendant ce temps de la force qui produit le mouvement. On voit qu’elle ne sera pas nulle en général.
- Comme tout à l’heure pour dE, il faut remarquer que dl ne représentera pas l’impulsion élémentaire de la force qui agit sur la charge e, mais la différence (qui est infinie) sera la différentielle exacte d’une fonction de u et n> qui disparaîtra lorsque l’on part du repos pour y revenir.
- A. Liénard,
- de S*aîn^EüennSe.MmeS
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- 2 Juillet 1898.
- REVUE D’ELECTRICITÉ
- LE CHEMIN DE FER ÉLECTRIQUE DU MONT SALÈVE
- Feuilletez un guide quelconque à la désignation Genève, vous y trouverez en première place la recommandation suivante : « Si vous passez, ne fût-ce que deux jours, à Genève, ne manquez pas de monter au Salève, charmante excursion que l’on peut faire sans fatigue en moins d’une journée, grâce au chemin de fer électrique partant de Veyrier ou d’Etrembières. » Ce que le guide ne dit pas, c’est que les lignes du Salève ont été ouvertes en 1892 et constituent le plus ancien chemin de fer à crémaillère qui ait été monté avec la traction électrique.
- Quoique fonctionnant depuis déjà cinq ans, cette installation a presque passé inaperçue ; nous ne croyons pas qu’elle ait été décrite dans les revues techniques françaises; seul un journal anglais en a parlé un peu longuement. Aussi pensons-nous bien faire en racontant notre excursion au Salève, exécutée en compagnie d’un ingénieur de la Compagnie de l’Industrie électrique de Genève, qui nous a montré obligeamment tous les détails techniques de l’installation.
- La chaîne du Salève (fig. 1), la première que l'on aperçoit au sud de Genève, se compose d’un mamelon, le Petit-Salève, situé sur le territoire français, à 6 km de Genève, au bord de l’Arve, et d’une montagne allongée, le Grand-Salève, qui s’enfonce dans la direction sud-ouest du département de la Haute-Savoie. Un vallonnement, dans lequel est logé le village de Monnetier, sépare les deux Salcves et c’est du côté de ce creux que se trouve le point culminant du Grand-Salève, dénommé les Treize-Arbres. Le chemin de fer électrique du Salève comprend trois lignes : deux lignes partant de Veyrier et d’Etrembières, c’est-à-dire des deux extrémités du Petit-Salève pour se réunir à Monnetier et une troisième ligne montant de Monnetier au sommet du Grand-Salève.
- Ces lignes sont à crémaillère sur toute
- leur longueur et la crémaillère est double dans les fortes rampes.
- Pour varier les plaisirs on monte généralement par un chemin et l’on revient par l’autre, c’est ce que nous avons fait. Nous prenons le matin une des nombreuses lignes de tramways électriques à trôiet qui sillonnent
- la ville de Genève (*), pour nous rendre au Cours-dc-Rive, point de départ du tramway à vapeur qui mène en 25 minutes au village de Veyrier, le dernier du territoire suisse. On fait 200 mètres à pied et l’on se trouve à la frontière, où commence la ligne électrique de Veyrier à Monnetier. On gravit l'extrémité nord escarpée du Petit-Salève (fig. 2) parune rampe rapide de 1,6 km de longueur et de 20 p. 100 de pente, qui mène à la halte de Monnetier-Château, après avoir traversé un petit tunnel de 50 ni de long. Cette montée de 1600 m, que l'on nomme le Pas de l’Echelle, est d’un effet pittoresque parce qu’on y découvre progressivement des points de plus en plus éloignés du lac Léman. Après avoir dépassé le
- (i) Voir l’article de M. Blondin sur le voyage des congressistes en Suisse, en 1896. (L'Éclairage Électrique du 24 octobre 1896, p. 151.
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- Fig. 2. — Plan des lignes du Salève.
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- château de Monnetier, placé au sommet du Petit-Salève, on descend légèrement du côté sud du Petit-Salève pendant 1,7 km, par une pente de 4 p. 100, et l’on arrive en 25 minutes à la station de Monnetier-Mairie, après avoir parcouru 3,3 kilomètres de ligne. A la station de Monnetier-Mairie, le Petit-Salève cache Genève et le lac Léman, mais on a la vue des Alpes de Savoie.
- On fait une halte de quelques minutes pour prendre les voyageurs arrivant d’Etrembières par une voie qui vient se terminer sur un quai parallèle à la voie de Veyrier, puis on gravit le versant sud du Grand-Salève par une ligne de 2,6 km à pente continue de 20 à 25 p. 100. On décrit une S à courbes de 50 mètres de rayon et l’on arrive, après 40 minutes de trajet depuis Monnetier-Mairie et 1 h. xo minutes de Veyrier, à la station terminus des Treize-Arbres, qui possède un buffet. On se trouve alors à 1 200 mètres d’altitude et l’on domine le Petit-Salève de près de 500 mètres. Notre guide, qui est originaire de Genève, nous donne l’origine du nom, d’apparence assez bizarre, de Treize-Arbres, 'en nous montrant parmi les quelques arbustes qui avoisinent la gare un bouquet de trois arbres. On a nommé en patois local cet endroit les « Trez arbes », terme que l’on a transplanté en français sous forme de « Treize arbres », au lieu de le traduire par « Trois arbres », comme l’aurait voulu la logique. Des Treize-Arbres, on monte à pied en un quart d’heure, par une pente assez raide, au sommet du Grand-Salève. De ce point, qui est à 1300 mètres au-dessus du niveau de la mer et à 920 mètres au-dessus de Genève, on a une très belle vue : du côté nord on découvre tout le lac Léman, du côté sud on voit (fïg. 1) les montagnes des Alpes savoisiennes et, si l’atmosphère est propice, toute la chaîne principale des Alpes où se dessinent les pics du Buet, d’Argentières, des Aiguilles-Rouges, de l’Aiguille-Verte, du Géant, et enfin le mont Blanc. Malheureusement, de l’aveu des gens du pays, le Mont Blanc —. qui a donné pourtant son nom à
- plusieurs points de Genève d’où l’on est censé pouvoir le contempler — n’est guère visible du Salève ou de Genève que 50 jours par an environ, et nous ne sommes pas tombés sur un de ces jours propices. Nous reprenons le chemin de fer aux Treize-Arbres et nous nous arrêtons pour déjeuner à l’hôtel voisin de la station de Monnetier-Mairie. En cet endroit, où l’on ne rencontre que quelques maisons, l’altitude est de 700 m et la vue sur les Alpes est à peu près la même qu’au sommet du Grand-Salève; mais, comme l’on se trouve (fig. 2) sur le versant sud du Petit-Salève, tout le côté du lac Léman est masqué à la vue.
- De Monnetier-Mairie part une ligne de 3,2 km de longueur qui contourne le versant sud du Petit Salève (fig. 2), dessert la station de Haut-Mornex et la halte du Bas-Mornex, puis aboutit après 25 minutes de trajet au village d’Etrembières, situé au bord de l’Arve, au pied de la chaîne du Salève. La pente est beaucoup moins rapide que sur la ligne de Veyrier; elle varie entre 10 et 15 p. 100. Cette ligne est bien moins jolie que celle de Veyrier parce que Genève est caché par le Petit-Salève, et les Alpes par des collines voisines.
- Au lieu de gagner Étrcmbièrcs par la pente douce du chemin de fer nous sommes descendus à Arthaz en côtoyant les fils aériens (voirfig. 2). Après avoir traversé sur un pont le torrent du Viaison et passé sous le viaduc du chemin de fer d’Annecy à Anemasse, nous arrivons au bord de l’Arve, à l’extrémité de la ligne aérienne, en face de l’usine génératrice d’Arthaz, située sur la rive droite de la rivière. Ici se place un incident pittoresque. Sur la foi d’une photographie nous pensions traverser tranquillement l’Arve sur un petit pont placé au coude de la rivière ; or, en arrivant sur la rive, nous voyons bien les deux fils de ligne qui traversent le cours d’eau, mais de pont, point du tout. On nous explique que l’Arve est plutôt un torrent sujet à de fréquents débordements qu’une calme rivière. On avait bien établi un pont en
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- face de l’usine en 1892, mais il faut croire qu'il n’était pas assez solide, car il a été emporté en 1895 par une crue considérable de la rivière. Pendant plus d’un an, l’usine d’Ar-thaz est restée sans autre communication, avec la rive gauche de l’Arve que par le pont d’Etrembières, situé à 3 km en aval, car il ne fallait pas songer à faire la traversée en 1 barque. Enfin, au printemps 1897, les travaux de reconstruction d’un nouveau pont ayant commencé, l’entrepreneur a installé un petit transporteur aérien des plus primitifs. C’est une sorte de wagonnet en bois, accroché après un câble sans fin tendu à 8 m au-dessus de l’eau entre deux poulies folles. Nous prenons place avec l’ingénieur de l’Industrie électrique dans la nacelle, munie de deux sièges se faisant vis-à-vis; tandis qu’un homme placé sur la berge nous haie en tirant directement par saccades sur le câble sans fin, nous nous tenons cois pour réduiÆ au minimum l’amplitude des oscillations pendulaires, et nous regardons obstinément couler l’eau, car la suspension, étant très courte, il faut nous plier en deux pour ne pas avoir la tète rabotée par le mouvement de l’autre brin du câble. Quelle agréable traversée ce doit être quand le vent souffle en tempête ! Apres avoir visité l’usine, nous refaisons le même voyage entre ciel et eau pour regagner la rive gauche de l’Arve, que nous suivons à pied par la route départementale n° iqjusqu’au village d’Etrembières, où nous rejoignons la tête de ligne du chemin de fer du Salève. A 200 mètres de là nous prenons, comme les voyageurs descendant du tramway électrique, le tramway à vapeur de la place du Molard qui nous ramène en 50 minutes à une extrémité de Genève, après avoir traversé le pont de l’Arve, le bourg d’Annemase, chef-lieu de canton de la Haute-Savoie d’où partent le chemin de fer d’Annecy et la ligne à voie étroite de Samoens et que traverse la ligne de Bellcgardc à Saint-Gingolph, puis la frontière franco-suisse et le village de Chêne. A la place du Molard, nous reprenons un tramway électrique et nous rentrons en ville, un peu fatigué,
- mais avec des documents nous permettant de faire une description convenable des chemins de fer du Salève.
- Commençons par l’usine génératrice. Afin de rendre les frais d’installation aussi faibles que possible, on a choisi un endroit où l’Arve fait un coude prononcé, ce qui a permis d’obtenir une dénivellation de 3 m sans aucun canal d’arrivée d’eau, simplement en faisant un petit barrage en amont du coude et en enfonçant le bâtiment de 3 m dans le sol pour placer les turbines au niveau de la rivière de l’autre côté du coude; la communication entre les turbines et le niveau d’aval est établie très simplement, par un petit tunnel de 6 m de hauteur 8 m de largeur et 180 m de longueur, creusé à une faible profondeur au-dessous du sol.
- Le bâtiment de l’usine est établi parallèlement à la rivière et l’eau y pénètre latéralement par un vaste bief de 10 m de profondeur, 18 m de façade totale et 11 m de façade d’ouverture. Cette ouverture, placée dans l’alignement de la rive, en amont du barrage, est fermée par quatre vannes principales que l’on manœuvre d’un plancher posé au-dessus du bief; à l’un des bouts de ce dernier est ménagé un passage longitudinal de 2 m de largeur servant de trop-plein. L’eau du bief se rend dans une chambre d’eau de 20 m de façade, 8 m de profondeur et 5 m de hauteur dans laquelle elle pénètre par trois grandes ouvertures et une petite fermées par quatre vannes réglables de la salle des machines. Dans cette chambre, dont le plafond se trouve à peu près au niveau du sol, se trouvent deux turbines absorbant chacune au maximum 9 000 litres par seconde, pouvant développer de 250 à 300 chevaux et tournant à la vitesse angulaire de 45 tours par minute ; l’emplacement pour une troisième turbine semblable est tout préparé dans la chambre d’eau, qui alimente également une petite turbine absorbant 700 litres d’eau par seconde, et produisant 20 chevaux à la vitesse angulaire de 80 tours par minute. L’eau qui sort des turbines
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- s’échappe dans un tunnel de décharge dont j ces turbines, construites par la maison Rieter nous avons parlé un peu plus haut, Toutes j de Winterthur, sont du type Jonval ; elles
- peuvent être réglées dans un sous-sol de 3 m I machines. Ce réglage est effectué sur chaque de hauteur, situé au-dessus de la chambre des turbine à l’aide d’une couronne de dix petites turbines, mais au-dessous de la salle des | valves commandant chacune l’admission de
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- l’eau- dans trois aubes. Ces dix petites valves constituent en réalité le seul mode de réglage des turbines, car le débit de la rivière est tellement grand en toute saison qu’on est obligé de maintenir constamment les vannes principales du bief et les vannes d'entrée des porches de la chambre d’eau presque constamment fermées. Le courant est si fort qu’il est matériellement impossible d’arrêter les turbines; même quand toutes les vannes sont fermées, l’eau qui passe par les divers joints plus ou moins imparfaits de l’installation suffit à entretenir la rotation des machines.
- L’arbre des turbines, de 8 m de long, repose dans une crapaudine et passe dans un palier fixé contre le plancher du sous-sol, puis est accouplé directement dans le sous-sol avec l’arbre vertical d’une dynamo, arbre qui a 3 m de long et traverse un palier fixé contre le plancher de la salle des machines, dont la figure 3 donne une vue d’ensemble.
- L’induit, qui se trouve en porte-à-faux sur son arbre vertical, est un anneau plat relativement léger, de 2 m de diamètre et o,8o m de hauteur, qui porte un enroulement Thury à 32 pôles, divisé en 451 sections aboutissant aux 451 touches d’un collecteur. Le poids de cuivre sur l’induit est de 178 kgr. L’inducteur en forme de couronne, supporté sur le plancher de la salle par six pattes (voir fig. 3), est formé par la réunion de douze plaques en. fer forgé portant chacune une bobine inductrice et une pièce polaire rapportée en fonte. Les balais, composés chacun de quatre blocs de charbon, sont au nombre de douze, montés sur une couronne porte-balais fixée par six pattes à la partie supérieure du bâti inducteur. Les balais sont reliés alternativement à deux cercles de cuivre, formant les pôles de la dynamo et d’où partent deux grosses barres de cuivre qui se rendent au tableau de distribution. Chacune des deux dynamos peut fournir un courant de 280 ampères, à la tension de 600 volts, soit une puissance de 168 kilowatts et pèse 18 tonnes environ; le poids de cuivre enroulé sur les inducteurs se
- monte à lui seul à 1 500 kgr. Les machines sont compoundées; le circuit inducteur shunt, qui occupe beaucoup plus de place que le circuit en série, et absorbe environ 45 ampères, est alimenté par une source électrique séparée. Les dynamos Thury, qui ont été mises en service en 1892, constituent un des premiers exemples de machines à axe vertical, disposition qui est adoptée maintenant d’une façon presque générale quand la force motrice est fournie par une turbine puissante.
- Le courant d’excitation des deux génératrices à 600 volts est fourni par une seule dynamo pouvant débiter 90 ampères à la tension de 110 volts, la vitesse de rotation de l’induit étant de 900 tours par minute. L’induit à axe horizontal de cette dynamo reçoit son mouvement de la petite turbine à axe vertical de 20 chevaux, tournant k 80 tours par minute, par l’intermédiaire d’un cône de friction dont l’arbre horizontal porte une poulie donnant le mouvement par courroie à la poulie de la dynamo. L’inducteur shunt est à deux pôles latéraux, mais porte quatre bobines excitatrices formant un quadrilatère fermé entourant l’induit.
- Le tableau de distribution, que l’on voit à droite, sur la figure 3, porte 2 voltmètres indiquant la tension aux bornes de chaque dynamo, deux ampèremètres et deux interrupteurs placés à la sortie de chaque génératrice, un commutateur pour coupler les deux génératrices en quantité, un ampèremètre placé à la sortie de la dynamo d’excitation, un voltmètre donnant la tension au point d’arrivée des feeders, un régulateur Thury réglant automatiquement la force électromo-tricc des génératrices en agissant sur le circuit shunt de la dynamo d’excitation. Les divers conducteurs qui relient les machines au tableau de distribution sont des cables en cuivre nu posés sur isolateurs, avec interposition d’une gaine de cuir, dans le sous-sol de l’usine.
- Le courant à 600 volts sort de l’usine par deux gros câbles en cuivre nu, de 425 mms de
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- section, posés sur isolateurs, et réunis aux deux feeders par deux parafoudres. La ligne aérienne, qui a une longueur de i 800 m, s’appuie au sortirde l’usine sur deux poteaux, puis traverse l’Arve d’une seule portée et monte presque en ligne droite jusqu’à la station de Monnetier-Mairie, qui se trouve à peu près à la jonction des trois tronçons de ligne Veyrier-Monnetier, Etrembières-Mon-netier et Monnetier-Treize Arbres, c’est-à-dire au centre du réseau. Les poteaux, disposés tous les 20 m environ, et munis d’isolateurs à simple cloche, supportent les deux gros câbles à 600 volts, deux petits fils pilotes se rendant de l’extrémité des feeders à l’usine, et deux fils de téléphone reliant la station génératrice d’Arthaz à la gare de Monnetier, Le raccordement des feeders à la voie se fait sur la ligne d’Etrembières, à 80 m de la station de Monnetier-Mairie, au moyen de deux câbles isolés partant du dernier poteau, qui est plus fort que les autres et se trouve à 20 m de la voie; c’est au raccordement des feeders sur ce dernier poteau que sont branchés les fils pilotes. La jonction des feeders avec le rail isolé et l'un des rails porteurs se fait au moyen d’une éclisse de 50 cm de long, munie d’une douille dans laquelle est emmanché et soudé le toron de cuivre du câble isolé.
- Le courant passe de la ligne d’Etrembières à la ligne de Veyrier-Treize Arbres, à la station de Monnetier-Mairie, à l’aide de deux tronçons de câbles isolés, de 450 mm* de sec-tionet 10 ni de longueur, posés sous le quai et réunis aux rails de la même manière que les feeders.
- La voie est composée de deux rails de rou-lement servant en même temps de conducteurs de retour du courant, d’une crémaillère centrale et d’un rail de contact latéral isolé, pour l’arrivée du courant. La figure 4 montre le montage de ces diverses pièces. Les rails de roulement, qui ont 1 m d’écartement, sont du type Vignole, pesant 35,3 kg au mètre. Us sont maintenus par des sortes d'agrafes
- fer de 1,75 m
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- dclongueur placées tous les mètres et immobilisées dans du ballast en pierre cassée. La crémaillère proprement dite, qui peut être simple ou double, est constituée par une ou deux bandes verticales crénelées, fixées tous les mètres contre les joues latérales d’une petite semelle dont-les deuxpattcs sont boulonnées sur la traverse. Le conducteur isolé qui amène le courant est un rail Vignole retourné, du même type que ceux de la voie de roulement, et dont lepatin se trouve à 265mm au-dessus des rails de roulement et à 50 cm en dehors de la voie. Ce rail de contact est serré avec interposition d’une feuille de cuivre dans une sorte de mâchoire en fer en deux parties, montée avec interposition d’une feuille de plomb sur la tâte d’un isolateur en porcelaine h double cloche. Le support en fer de cet isolateur est recourbé deux fois et vient se fixer sur l’extrémité de la traverse par une partie horizontale aplatie.
- La jonction électrique entre les rails de contact est établie (fig. 5) par une lame de cuivre galvanisé abc, de 35 mm de hauteur et 5 mm d’épaisseur, formant boucle et appliquée contre l'âme des rails AB. Cette lame est reliée en a et c à une plaque d'éclisse ordinaire D, de 30 cm de longueur, située de l’autre côté des rails A B. Les variations de température auxquelles la voie peut être soumise étant considérables, le rail conducteur est coupé tous les 200 m environ, sur une longueur de 50 cm, afin de ménager la dilatation du métal. Ces extrémités de rail, qui sont légèrement inclinées, sont alors réunies par des câbles de cuivre nu serrés par des sortes de bornes contre l’âme des rails. Les rails de roulement sont réunis bout à bout par des éclisses ordinaires de 35 cm de longueur La connexion électrique était produire au début (fig. 6} par un câble nu abc de 60 cm de longueur, composé de sept fils de cuivre galvanisé de 3 mm de diamètre, passés en a et c au travers de l’àme des rails A et B et simplement rabattus contre la face interne des rails. Ce mode de jonction un peu primitif est remplacé maintenant (fig. 7) au fur et à mesure
- de l’usure, par une barre en bronze d’aluminium a terminée par deux douilles b et c traversant l’amc des rails A B et serrées par une cheville intérieure dt cL enfoncée à force dans la cavité de la douille. Le retour du courant se fait toujours dans de bonnes conditions, car la crémaillère qui est toujours bien appliquée sur la traverse en fer, constitue à elle seule un assez bon conducteur.
- Fig. 5, 6 et 7. - Éclissages électriques du rail conducteur et des rails de roulement.
- La voie est unique sur les trois lignes du Salève, avec des garages permettant le croisement des voitures au milieu des lignes de Veyrier à Monnetier , d’Etrembières aux Treize Arbres et de Monnetier aux Treize Arbres. Les garages des lignes de Veyrier et d’Etrembières servent rarement, car le parcours de ces lignes n’étant que de treute minutes, le service aller et retour s’y fait presque toujours en navette avec la même voiture. Le garage de la ligne des Treize Arbres est employé quelquefois le dimanche, lorsque le nombre des trains directs Veyrier-Treize Arbres est augmenté. La ligne do Veyrier sc rendant directement aux Treize Arbres, on a établi à la station de Monnetier-Mairie une courte voie de garage en cul-de-sac, ne recevant pas de courant et sur laquelle on aiguille et pousse 'a bras les voitures qui viennent à certains moments de Veyrier et s’arrêtent à Monnetier sans continuer jusqu’aux Treize Arbres.
- Le prix du voyage est de 3,70 fr de Vey-
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- rier ou d’Etrcmbières aux Treize Arbres, et | largeur et 0,80 m de hauteur, est support* de 5,80 fr aller et retour en 2e classe.
- De:
- toutes .
- ; voitu
- tomobiles, sont au nombre de 12. Elles sont représentées en élévation, coupe transversale et plan sur la figure 8. Elles mesurent 8,50 1 ri de longueur entre tampons, 2,15 m de largeur de caisse, 2,95 ni de hauteur totale. La caisse, de construction légère, est divisée en trois compartiments fermés contenant deux bancs transversaux de 4 places, soit 24 places d’in-térieur; elle est terminée par deux plates-formes pouvant contenir chacune 8 personnes, dont 4 assises sur un banc transversal et 4 debout h côté du mécanicien ou du conducteur. La voiture peut donc abriter au total 40 voyageurs, dont 32 de seconde classe dans l’intérieur et sur la plate-forme d’arrière; les 8 places de la plate-forme d’avant,d’où la vue est libre d’obstacles, sont considérées comme places de ircclasse; les deux extrémités jouent d’ailleurs alternativement le rôle de plate-forme d’avant et de plate-forme d’arrière, puisque les voitures ne sont pas -tournées aux terminus. Le plancher de la caisse étant parallèle aux rails, les voyageurs se trouvent inclinés par rapport à l’horizontale quand on marche dans de fortes pente:
- Le châssis, qui a 8,10 m de long, 2,10 n
- :rtcs de 1. de 0,60
- , dont les diamètre
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- sont situes à l’intérieur des brancards. Les voitures portent chacune deux moteurs de 40 chevaux entièrement enfermés dans une enveloppe en fonte représentée sur la figure 9. Ces moteurs s’appuient d’un côté par deux tourillons sur les deux essieux extrêmes, et sont suspendus de l’autre côté au châssis par de gros ressorts à boudin. L’induit enroulé en tambour, dont on voit l’arbre dépasser en avant sur la gauche, est placé à côté de la bobine unique verticale d’un induc^ teur en forme de C. Les deux moteurs d’une voiture fonctionnent toujours en série sous une tension de 500 volts environ ; la
- perte dans la ligne est de 110 volts au maximum aux trois points terminus. L’arbre, qui fait 600 tours par minute, transmet son mouvement par deux pignons, à deux grandes roues dentées extérieures à l’enveloppe des moteurs. L’axe de ces roues, placé plus haut que celui du moteur, tourne à une vitesse réduite au 1/13 et porte en son milieu une roue dentée engrenant avec une autre roue dentée de meme diamètre dont l’axe se trouve à peu près au niveau de celui du moteur. Cette roue dentée, que l’on aperçoit au milieu des flasques du moteur, sut la figure 9, fait corps avec deux roues juxtaposées à dents
- Fig. 9. — Vue perspective d’un moteur électrique et de son attirail.
- alternées, attaquant la double crémaillère de la voie. L’avancement de la voiture, qui varie entre 1,50 m et 3 m par seconde, est donc produit uniquement par les roues à dents des deux moteurs (voir fig. 10), attaquant en deux points la crémaillère, et non par les essieux, qui sont libres.
- Le courant est pris sur le rail conducteur par deux sabots frotteurs placés à la file l’un de l’autre au-dessous du marchepied. La voiture porte une paire de sabots de chaque côté, de façon à pouvoir marcher avec une orientation quelconque des plates-formes. Chaque frotteur se compose (fig. n et 12) d’un lourd sabot en bronze A, de 70 mm de largeur et 400 mm de longueur, monté avec liaison extensible aux extrémités de deux lames de
- ressort B et C, fixées sur deux tourillons L, L2 traversés par un axe D4 I\, vissé lui-même par une platine F isolée, sur un longeron G du châssis. Le sabot A reste appliqué contre le patin du rail conducteur malgré les oscillations verticales ou les mouvements de bascule du châssis, grâce à la flexion plus ou moins forte des ressorts B et C et à la rotation des tourillons L1 et L, autour de l’axe D, Dâ. Le courant recueilli par le sabot A se rend aux réceptrices par un câble vissé sur la platine F de l’arbre D, I)2. Le fil sortant du moteur est relié au châssis du véhicule, d’où le courant de retour se rend aux traverses métalliques par les roues et les rails et également par le pignon et la crémaillère.
- Le mécanicien qui conduit la voiture se
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- tient sur une plate-forme dont le panneau de bout porte une armoire verticale, que l'on peut ouvrir, contenant les appareils de connexion des moteurs. Sur le devant de cette armoire le mécanicien a à sa disposition un ampèremètre qui indique l’intensité absorbée par les moteurs groupés en série, un interrupteur de sûreté permettant de couper brusquement le courant et qui n’est employé qu’en cas de danger, un commutateur d’un usage peu fréquent pour faire le changement de marche, et un volant à l’aide duquel il fait toutes les manœuvres habituelles. En tournant ce volant plus ou moins dans un sens ou dans l’autre, on enlève progressivement la résistance introduite dans le circuit au démarrage, on l’augmente à l’arrct, -on coupe le courant, et l’on peut enfin freiner le véhicule en faisant fonctionner les moteurs comme génératrice sur les résistances du rhéostat. On se sert ordinairement de ce freinage électrique, mais on peut aussi en cas de besoin effectuer l’arrêt en tournant une ou deux manettes fixées au-dessus du panneau de bout de la plate-forme. Ces manettes commandent deux freins à vis produisant, chacun d’un côté de la voiture, le serrage de deux paires de mâchoires sur les poulies à gorges fixées dans le prolongement de l’arbre des moteurs (cette poulie à gorge est visible à gauche sur la figure 9) et à l’intérieur desquelles passe un courant d’eau froide fourni par un petit réservoir.
- Contre le panneau de bout de l’autre plateforme, où se tient le conducteur, se trouve également une petite armoire contenant un parafoudre, un coupe-circuit et un interrupteur avec petit rhéostat pour le circuit d’éclairage de la voiture. Cet éclairage est obtenu a 1 aide de cinq lampes à incandescence de 100 volts, 16 bougies, montés en tension : chacun des compartiments contient une lampe *, les deux dernières sont placées dans les fanaux d’avant et d’arrière.
- Les rhéostats intercalés dans le circuit des moteurs sont logés dans trois boîtes en bois, percees de trous, fixées sous l’une des parties
- en porte à faux du châssis. Le dessous de la
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- voiture se trouve en somme très encombré et il n’est pas très aisé d’y caser tous les organes moteurs ou accessoires que comporte un véhicule de montagne ; si c’était h refaire il est probable qu’on construirait, au lieu de voitures automobiles, des locomotives très légères qui remorqueraient quelques voitures
- non motrices, ce qui permettrait de transporter un plus grand nombre de personnes par voyage avec à peu près la meme dépense. On pourrait alors abaisser un peu les tarifs, ce qui causerait une affluence plus grande de voyageurs.
- L’installation des chemins de fer du Salève a été faite par la Compagnie de l’Industrie électrique pour le compte d’une compagnie privée qui exploite la ligne et en fait elle-même l’entretien. La ligne d’Etrembières à Treize Arbres a été ouverte en 1892, et la ligne de Veyrier à Monnetier terminée en 1893. Depuis cette époque le fonctionnement du matériel électrique a toujours été très bon. Le service est arrêté dès que la neige tombe en assez grande quantité, et le courant coupé à l’usine, de façon à éviter les courts-circuits qui se produiraient entre le rail conducteur et les rails de roulement. Malgré cette précaution, des courts-circuits se pro-
- duisent quelquefois sur la ligne par des temps de pluie ou de faible neige : si l’on remarque que les supports d’isolateurs sont tixés sur les traverses métalliques de la voie, c’est-à-dire en contact métallique avec les rails, on comprend qu’une communication accidentelle puisse s’établir facilement entre le rail conducteur et le circuit de retour. En outre, les isolateurs doivent être remplacés fréquemment, car ils se rompent souvent sans cause apparente, probablement à la suite des trépidations de la marche ou des variations atmosphériques, ou même d’actes de malveillance.
- Mais en somme ces petits inconvénients, qui n’apportent aucune gêne sérieuse au service, ont peu d’importance si l’on considère que l’on a cherché avant .tout a construire une ligne aussi economique que possible. Cette condition était indispensable, car les lignes du Salève n’ont pas un trafic énorme. Elles sont fréquentées certainement par beaucoup d’étrangers, mais les gens de Genève n’en font presque pas usage. Ils préfèrent effectuer à pied le trajet de Veyrier ou d’Étrem-bières a Monnetier, qui ne présente aucune difficulté, et ils ne . montent pas jusqu’aux Treize Arbres, parce qu’en se rendant au village, puis à la mairie de Monnetier, on jouit d’un coup d’œil sur le lac Léman aussi bien que sur les Alpes de Savoie, sinon égal a celui des Treize Arbres, du moins déjà fort joli. Chose bizarre, c est plutôt en hiver que les Genévois entreprennent l’excursion du Salève. Il arrive assez souvent dans la mauvaise saison que la ville de Genève est recouverte d’une couche de brouillard épaisse, mais peu élevée, et n'atteignant pas la hauteur du Salève. On télégraphie aussitôt à Genève : « Temps clair au Salève b, et les dillettanti prennent en nombre le chemin de fer électrique pour venir aux Treize Arbres ou a Monnetier « se rincer l’œil », c’est le cas de le dire, au spectacle du firmament bleu planant sur un lit de brume.
- Ch. Jacqujn.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- AUTOMOBILES ÉLECTRIQUES DE LA COMPAGNIE FRANÇAISE DES VOITURES ÉLECTROMOBILES
- L’Exposition d’automobiles qui se tient actuellement dans le jardin des Tuileries a fait de l'automobilisme un sujet d’actualité. D’autre part, les résultats du récent Concours de voitures de place automobiles, organisé, de même que l’Exposition, par l’Automobile
- Club de France, a montré que pour le service de fiacres, les automobiles électriques présentent sur leurs aînées, les automobiles à pétrole, des avantages incontestables. Aussi avons-nous cru utile de suivre cette nouvelle application de l’énergie électrique qui paraît
- Fig. i. — Fiacre n° n de la Compagnie française des voitures électromobiles.
- devoir prendre bientôt un développement important, et nous proposons-nous de donner dans ce journal une série de monographies des diverses « électromobiles » qui ont pris part au concours ou qui sont exposées aux Tuileries.
- Deux voitures de ce genre avaient été inscrites par la Compagnie française des voitures électromobiles pour prendre part au concours, mais par suite d’un retard dans
- leur livraison, une seule put subir les épreuves du concours et encore seulement en partie : celles du 8 au 12 juin. C’est la voiture inscrite sous le n° n et dont la figure i reproduit une photographie.
- Les proportions des diverses parties de ce véhicule ont été fort bien étudiées, et, ainsi qu’en fait foi la photographie, l’ensemble est élégant malgré le poids considérable de la voiture qui n’est pas moindre de 2 000 kgren ordre de marche. Ce poids élevé est dû prin
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- cipalement h ce que les accumulateurs, du type de la Electric Power Storage Company, pèsent près de 700 kgr. A la vérité le poids des accumulateurs aurait pu être considérablement diminué, ramené au-dessous de 500 kgr, par l’emploi des accumulateurs légers du type Fulmen utilisés sur tous les autres véhicules ayant pris part au concours, et cette diminution du poids des accumulateurs, entraînant une diminution de la résistance et par suite .du poids des autres parties du véhicule, eût permis de rendre la voiture beaucoup plus légère. Il semble au premier abord que cette réduction du poids eût entraîné une réduction sensible du prix de revient de la voiture-kilomctre, et que dès lors elle eût dû être réalisée, puisque sa réalisation était possible. La Compagnie Française des Voitures Électromobiles n’a pas cru cependant devoir adopter cette solution. C’est qu’en effet le prix de revient de la voiture-kilomètre dépend de plusieurs facteurs dont les deux plus importants sont la dépense de courant et l’entretien des accumulateurs. Or ces deux facteurs varient en sens inverse : si l’on diminue le poids de la voiture par l’emploi d’accumulateurs légers, on diminue la dépense de courant, mais en même temps on augmente la dépense d’entretien; comme le dernier facteur augmente plus rapidement que le premier, du moins avec les types d’accumulateurs actuellement sur le marché, il y a, tout compte fait, avantage à ne pas trop réduire le poids du véhicule par l’emploi d’accumulateurs légers.
- 11 est d’ailleurs facile de se rendre compte de la justesse de ces considérations par quelques chiffres. Les essais faits sur le fiacre n° 11 ont montré que la dépense d’énergie par kilomètre-voiture en palier est de 153 w: h pour une vitesse de 9,8 km: h et de 171 w: h pour une vitesse de 16,4 km : h. Pour un service journalier de 60 km parcourus à la vitesse la plus faible, la dépense d’énergie serait donc de 9 kw: h environ. Si l’on adopte le chiffre de 12 kw : h pour tenir compte des démarrages, des parcours en rampe et
- des parcours effectués à une vitesse plus grande, et si l’on compte le kilowatt-heure à 0,30 fr, la dépense journalière d’énergie est donc d’environ 3,60 fr. L’économie résultant d’une réduction du poids du véhicule qui n’est qu’une fraction, et une fraction assez faible, de cette somme, ne peut donc être importante. D'autre part, l’entretien des accumulateurs légers coûte, ainsi que nous l’avons déjà dit dans ce journal, 3 à 4 fr par charge correspondant à un parcours de 60 km environ. Or l’entretien des accumulateurs employés par la Compagnie française de voitures électromobiles ne revient qu’à 1 fr par charge. Il y a par suite une économie de 2 à 3 fr réalisée sur l’entretien par l'emploi d’accumulateurs d’un type ordinaire, économie certainement plus grande, d’après ce qui a été dit plus haut, que celle résultant de la réduction du poids du véhicule. Encore avons-nous compté le kilowatt-heure à 0,30 fr, prix auquel plusieurs secteurs parisiens consentent à vendre l’énergie électrique pour la charge des accumulateurs de fiacres. En réalité, pour une exploitation importante, l’énergie électrique pourrait être produite à un prix plus bas par la compagnie exploitante elle-même ; la dépense journalière de courant se trouverait ainsi diminuée, et l’économie résultant d’une réduction du poids de la voiture deviendrait encore moins importante.
- Passons maintenant à la description de la voiture.
- Ainsi qu’on le voit sur la figure x, la caisse contenant les accumulateurs est placée sous la voiture. Elle est suspendue au truck en acier par quatre ressorts à boudins qui amortissent les cahots du véhicule. Cette disposition a été adoptée pour permettre le remplacement rapide d’une batterie épuisée par une batterie chargée; il suffit d’amener la voiture au-dessus d’un chariot à plate-forme mobile que l’on élève jusqu’à ce que la caisse de la batterie repose complètement sur ce chariot ; la manœuvre de quelques crochets permet alors de détacher la caisse; on abaisse ensuite la plate-forme, on retire le chariot de des-
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- sous la voiture, et une série inverse d’opérations permet de fixer à celle-ci une nouvelle batterie. Quelques minutes suffisent pour ce changement.
- Comme nous l’avons dit, les accumulateurs employés sur le fiacre qui a pris part au concours sont des accumulateurs E.-P.-S. Dans
- les voitures actuellement en construction, la Compagnie emploiera des accumulateurs de fabrication française, entre autres des accumulateurs Julien à plaques horizontales et des accumulateurs d’un modèle récent de la Société pour le travail électrique des métaux.
- Le moteur est du type Lundell, a deux
- collecteurs et à double enroulement sur les électros ; il est construit dans les ateliers Postel-Vinay, Sautter, Harlé et Cie et de la Société des applications industrielles. Son rendement est très élevé sous des charges très diverses. Il permet d’obtenir des vitesses variant de 4 à 18 km : h sans modifier le couplage des accumulateurs qui restent toujours groupés en tension. Cette disposition
- est avantageuse pour la conservation des accumulateurs, tous les éléments travaillant ainsi également, et aucun d’eux ne pouvant se trouver détérioré par une décharge trop poussée, ainsi que cela peut arriver lorsque le changement de vitesse est obtenu par une modification dans le couplage des accumulateurs.
- La partie supérieure de la figure 2 indique,
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- à droite, schématiquement les connexions des deux enroulements du moteur pour l’obtention des différentes vitesses. La vitesse la plus faible est obtenue en plaçant en série les inducteurs, les induits et la résistance intercalée entre les plots i et 2; en supprimant cette dernière, on obtient une vitesse plus grande; en disposant les enroulements induits en parallèle, les inducteurs restant en s$&&4, on produit une nouvelle augmentation de la vitesse; enfin, le groupement des induits et des inducteurs en parallèle permet d’obtenir la vitesse maxima.
- Les quatre schémas de gauche indiquent les connexions permettant la marche arrière, le freinage et l’arrêt.
- Ces différents groupements sont produits par un controller ou « combinaleur » dont le développement est représenté à la partie inférieure de la figure 2.
- Ce combinateur est manœuvré par un levier placé à gauche du conducteur et qu’on aperçoit sur la figure 1. Il suffit, pour la marche en avant, de pousser la poignée du levier plus ou moins vers l’avant, suivant la vitesse que l’on désire obtenir; pour l’arrêt et le freinage électrique, de la ramener d’autant plus vers l’arrière que l’on veut arrêter plus brusquement, et enfin, pour la marche en arrière, de pousser la poignée du levier complètement en arrière.
- La transmission du mouvement du moteur électrique aux roues se fait par l’intermédiaire d’une paire d’engrenages, avec pignon en cuir, et d’un équipage différentiel soutenu par de larges paliers à graissage automatique, dont l’arbre principal est muni, à chacune de ses extrémités, d’un pignon qui commande les roues arrière de la voiture par l’intermédiaire d’une chaîne sans fin.
- Cette chaîne, construite par la maison Piat et que représente la figure 3, fonctionne sans bruit et avec une tension nulle. Elle est composée de maillons placés côte à côte et reliés entre eux par des axes autour desquels ils peuvent osciller. Le dos de ces maillons, au-dessus des axes, est curviligne, tandis que la
- partie basse est formée de deux dents découpées en triangle, raccordées par un demi-cercle, qui s’enfoncent entre les dents de la roue ou du pignon. Cette chaîne présente sur les chaînes ordinaires plusieurs avantages : sa résistance est plus grande; l’entraînement est parfait; l’usure est faible, car la portée d’entraînement, au lieu de se faire par une
- Fig. 3.— Élévation et plan de la chaîne.
- génératrice des dents de la roue ou du pignon comme dans les chaînes à fuseaux, a lieu sur une surface de grandes dimensions; elle est très souple; enfin, avantage capital pour l’application aux automobiles, elle fonctionne sans bruit, ses dents se trouvant toujours, par suite de leur forme et du mode de montage des maillons, bloquées sans jeu entre deux dents de la roue ou du pignon.
- Tout le mécanisme moteur repose sur un châssis articulé porté par un arbre en acier et soutenu par des ressorts à boudin qui assurent une grande douceur dans la marche.
- Le montage de tout le mécanisme moteur sur ce châssis permet en outre de régler convenablement la tension des chaînes par la simple manœuvre de deux vis. L’ensemble du mécanisme est placé sous la banquette arrière de la voiture ; il est des plus faciles à visiter en relevant cette banquette et en ouvrant le coffre d’arrière.
- Le système de direction à avant-train tournant est des plus simples et des plus robustes ; le châssis du véhicule repose sur
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- l’avant-train par l’intermédiaire de galets assurant une grande douceur dans le mouvement; il porte une couronne dentée en bronze commandée par un volant à vis sans fin par l’intermédiaire d’un pignonet d’un arbre vertical.
- Cette direction est très douce et très sûre, elle permet au conducteur d’abandonner momentanément le volant de manoeuvre, sans que pour cela la voiture cesse de continuer son mouvement dans la direction donnée. Elle ne permet pas, il est vrai, les variations très brusques de direction; mais, si l’on
- Fig. 4.
- considère que l’on ne peut exiger des conducteurs qui restent seize heures sur leur siège, toute l’attention que peut apporter à la conduite d’une voiture une personne qui ne la conduit que quelques heures par jour, la faculté d’abandonner un moment la direction constitue un véritable avantage.
- Indépendamment du freinage électrique, l’arrêt de la voiture peut être obtenu par deux autres freins : un frein à serrage instantané agissant sur le moyeu des roues d arrière et un frein à sabot permettant de maintenir la voiture arrêtée sur les rampes les plus fortes que l’on puisse rencontrer ; enfin, afin qu’on ne puisse faire marcher la voiture en l’absence du conducteur, un interrupteur à clé permet de couper le circuit électrique en enlevant simplement la
- Le truck en acier, monté sur quatre roues caoutchoutées, 'est construit de telle sorte qu’on puisse facilement changer la caisse de
- la voiture. On peut ainsi, avec un même truck, avoir, suivant les besoins du service, un coupé (fig. 4), une voiture de livraison (fig. 5), une Victoria (fig. 6), un landaulet, etc. A l’Exposition d’automobiles on peut voir trois de ces types : la Victoria et la voi-
- ture de livraison dans le stand de la Compagnie française de voitures électromobiles ; le landaulet dans le stand de la Compagnie générale des petites voitures, pour le compte de laquelle la première Compagnie construit plus de cent voitures.
- J. Reyval.
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- L’EXPOSITION DU CONSERVATOIRE DES ARTS ET MÉTIERS
- Parmi les attractions organisées en vue de célébrer le centenaire de la loi d’installation du Conservatoire dans l’ancien Prieuré de Saint-Martin des Champs, l’Exposition des récentes inventions scientifiques et industrielles est certainement celle qui a obtenu le plus grand succès auprès des nombreux invités qui ont parcouru les jardins et les galeries du Conservatoire. Ce n’est pas cependant que tout fût nouveau dans cette exposition; c’est même avec difficulté que nous avons pu y découvrir quelques appareils n’ayant pas encore figuré aux précédentes expositions de la Société de physique. Mais la vogue des rayons Rœntgen, de l’acétylène et de la télégraphie sans fil n’est pas encore épuisée, et vendredi soir, quoiqu’un concert invitât à aller respirer l’air frais dans le jardin brillamment éclairé à l’acétylène, l’on s’écrasait dans l’ancienne église du Prieuré où était installée l’Exposition, aussi bien que dans les amphithéâtres où s’exécutaient les expériences sur les ravons Rœntgen et sur la télégraphie sans fil.
- Les divers modes d’éclairage étaient largement représentés dans les diverses parties du Conservatoire ouvertes aux invités. Une rampe à gaz, à becs papillons distants les uns des autres de quelques centimètres seulement, courant d’une extrémité à l’autre de l’une des galeries du rez-de-chaussée, fournissait un éclairement très satisfaisant, mais non sans surchauffer outre mesure l’air de la salle, malgré les vastes dimensions de celle-ci. Des becs à gaz Auer disséminés dans les cours contribuaient également à l’éclairage. Des lampes â pétrole du système Hantz, munies de manchons Auer d’une intensité lumineuse de 35 à 300 bougies, éclairaient l’un des vestibules. Des lampes à arc Bardon, Cance, Clémançon. Jandus, etc., étaient abondamment répandues dans les galeries, les amphi-
- théâtres, les cours et les couloirs. Les lampes à incandescence n’étaient d’ailleurs pas exclues et contribuaient à la décoration de plusieurs salles. Enfin l’acétylène, le dernier venu parmi les agents modernes d’éclairage, servait, comme nous l’avons dit, à l'illumination du jardin.
- Malgré ce rapprochement des modes d’éclairage qui se disputent aujourd’hui la faveur du public, il serait téméraire de vouloir se faire une opinion sur leur valeur relative. Chacun d’eux a évidemment ses avantages et ses inconvénients. Il est incontestable que l’installation d’éclairage à l’acétylène du jardin, faite par la Société des carbures métalliques, était fort bien réussie. Les nombreux candélabres à sept branches répartis dans le jardin donnaient un éclairement comparable à celui auquel nous a habitués l’emploi des lampes à arc tout en donnant un effet décoratif qu’il serait difficile d’atteindre avec ces dernières. L’acétylène peut donc devenir un rival heureux de la lampe à arc pour les décorations en plein air où l’odeur de l’acétylène ne présente guère d’inconvénients ; mais il reste encore beaucoup d’autres applications où la puissance et l’économie des foyers à arc les feront préférer aux becs à acétylène. Quant aux lampes à pétrole Auer, elles paraissent fort économiques puisqu’on peut obtenir 35 bougies pendant 20 heures ou 300 bougies pendant 5 heures avec un litre de pétrole; mais le bruit qui accompagne leur fonctionnement, l’odeur de pétrole qu’elles dégagent, l’énorme quantité de chaleur qu’elles développent leur ferment l’entrée des appartements et ne permettent de les employer que dans les ateliers ou les lieux découverts. Pour l’éclairage domestique la lampe à incandescence conserve sa suprématie, et la décoration d’une des salles du premier étage où nos meilleurs constructeurs d’appareils d’éclairage avaient exposé de nombreux merdèles,
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- dont beaucoup ont un véritable caractère artistique, en fournissait une preuve convaincante aux visiteurs.
- L’emplacement s’y prêtant, plusieurs constructeurs avaient exposé dans l’ancienne église du Prieuré des appareils que, par suite de leur encombrement, il n’est guère d’usage de rencontrer dans ces sortes d’expositions, La Compagnie Schneider exposait, entre autres appareils, un alternateur à courants triphasés de 70 kilowatts sous 3 000 volts, mù par un moteur à courant continu, système Thury. La Société « l’Éclairage Électrique » montrait un exemple de transmission d’énergie à distance. MM. Hillairet et Huguet exposaient une perceuse mue par l’électricité.
- L'appareillage était représenté par la Compagnie française d’appareillage électrique, la maison Leclanché etM. Houdart. Ce dernier exposait des bornes de contact et des serre-plaques pour piles et accumulateurs faits en un alliage inoxydable; une tige de jonction de plaques d’accumulateurs ayant près de deux ans de service attestait que l’altération de ces pièces par les vapeurs acides est très faible. La maison Leclanché exposait de nombreux modèles de piles ainsi que plusieurs petits appareils tels qu’allumoirs électriques, tableaux indicateurs, etc. Quant à l’ancienne maison Grivolas, Sage et Grillet, elle exposait, outre les intéressants appareils dont il a été déjà question (l) à propos de la dernière Exposition de la Société de physique, quelques nouveaux appareils sur lesquels nous reviendrons. Signalons cependant irhmédiatement un coupe-circuit magnétique basé sur les propriétés des aciers-nickel découvertes par M. Guillaume et dont le fonctionnement peut être indiqué sans figure.
- Le modèle exposé, qui n’est d’ailleurs qu’un modèle d’essai, se compose d’une lame de mica sur laquelle est fixé un fil d’acier au nickel enroulé enspirale. Au-dessus se trouve un aimant permanent en fer à cheval qui
- attire la lame de mica tant que le fil de nickel qu’elle porte est magnétique. Ce fil est traversé par le courant que le coupe-circuit a pour mission de rompre lorsque son intensité dépasse une certaine valeur. Le diamètre de ce fil est calculé de façon que lorsque l’intensité du courant est normale la chaleur dégagée par effet Joule soit égale à la chaleur rayonnée. Dans ces conditions le fil conservant une température constante reste magnétique. Mais si l’intensité du courant augmente, la chaleur produite par effet Joule l’emporte sur la chaleur rayonnée, le fil s’échauffe et, si la teneur en nickel de l’acier est convenable, la température du fil pour une intensité double de l’intensité normale est suffisante pour lui faire perdre ses propriétés magnétiques. Le fil se détache alors de l’aimant et le mouvement de la plaque de mica qui le porte coupe le courant. L’appareil exposé, construit pour une intensité normale de 2,5 ampères, fonctionnait, sans aucun raté, dès que l’intensité atteignait 5 ampères.
- Les appareils de mesures électriques étaient nombreux dans l’exposition de M. Jules Richard. Outre les voltmètres, ampèremètres, wattmètres enregistreurs des modèles ordinaires de ce constructeur, le régulateur de température automatique et le régulateur de tension dont il a été dit quelques mots (*) dans le compte rendu de la dernière exposition de la Société de physique, M. Richard exposait un appareil nouveau : un compteur d’énergie à lecture directe en meme temps qu’enregistreur. A défaut de figures permettant de donner aujourd’hui .une description complète de cet intéressant instrument, indiquons-en le principe. Une bobine en dérivation sur le courant dont il faut mesurer l’énergie qu’il fournit, est placée à l’intérieur d’une bobine conncctcecn série. Dès que le courant passe, la première bobine est déplacée par la seconde et ce mouvement provoque la mise en marche d’un petit moteur électrique qui, d’une part, déplace un
- (’) L'Éclairage Électrique, t. XV, p. 150.
- (J) L’Éclairage Électrique, t. XV, p. 151.
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- contrepoids équilibrant l’attraction des deux bobines et, d’autre part, fait mouvoir longitudinalement un arbre horizontal actionnant un intégrateur jusqu’à ce que l’équilibre de la bobine mobile soit obtenu. Le déplacement de cet arbre se trouve ainsi dépendre de la force s’exerçant entre les deux bobines, et par conséquent du produit El de la tension E entre les bornes par l’intensité I, c’est-à-dire de la puissance du courant. Or l’une des extrémités de cet axe porte une molette prise entre deux plateaux mus en sens inverses avec une vitesse constante par un mouvement d’horlogerie, de sorte que l’intégrateur commandé par cet axe donne bien des indications proportionnelles à l’énergie EL, tant que la puissance dépensée reste constante. Si cette puissance vient à augmenter, la bobine mobile se trouve de nouveau déplacée de sa position d’équilibre et met en marche le servo-moteur qui, tant que le contrepoids n’a pas contre-balancé la force exercée sur la bobine mobile, déplace longitudinalement l’arbre de commande de l’intégrateur. Ce déplacement écarte la molette du centre des deux plateaux entre lesquels elle est pressée et qui la font tourner; par conséquent, puisque la vitesse de rotation des plateaux est constante, ce déplacement a pour effet d’augmenter la vitesse de rotation de l’arbre ; on conçoit donc que le déplacement puisse être réglé de manière que quand la puissance se trouve multipliée par un facteur k, la vitesse de rotation de l’arbre de commande se trouve multipliée parce même facteur k. Mais alors, les indications de l’intégrateur se trouvent aussi multipliées par ce rapport tant que la puissance conserve sa nouvelle valeur. Une diminution de la puissance provoque un mouvement de la bobine mobile inverse du mouvement résultant d’une augmentation ; ce mouvement inverse provoque un mouvement inverse du servo-moteur et la molette se rapproche du centre des plateaux d'entrainement. Dans tous les cas, les indications de l’intégrateur peuvent donc rester proportionnelles à l’énergie dépensée.
- Quant à l’inscription graphique de cette dépense, elle s’effectue sur un tambour mû par le mouvement d’horlogerie au moyen d’une aiguille actionnée par l’arbre de commande de l’intégrateur.
- Quelques instruments de mesure étaient aussi exposés parM. Demichel, qui, outre le compteur portant son nom, construit le compteur Jacquemin et le compteur Mares. Trois appareils de construction récente se trouvaient parmi ces instruments.
- L’un est un compteur à deux tarifs. II se compose d’une horloge à ancre marchant trente-six jours, dont le cadran est divisé en vingt-quatre heures ; sur ce cadran se meut un autre cadran, portant 48 divisions correspondant aux demi-heures et au centre duquel sont deux aiguilles mobiles formant alidades que l’on peut déplacer à volonté. Lorsque l’aiguille du premier cadran rencontre l’une de ces alidades une résistance se trouve introduite dans la dérivation du compteur dont les indications se trouvent ainsi « retardées » ; lorsque l’aiguille rencontre l’autre alidade, la résistance additionnelle se trouve mise hors circuit et le compteur reprend son fonctionnement normal. Si, par exemple, l'énergie est vendue entre minuit et six heures du soir à un prix moitié moindre que le prix normal payé pour la consommation faite entre six heures du soir et minuit, on place la première alidade sur minuit,.la seconde sur six heures du soir; pendant le temps compris entre ces deux instants, la résistance, calculée de manière à réduire de moteur la vitesse des mobiles du compteur, se trouve alors intercalée ; le compteur n’indique donc que la moitié de l’énergie dépensée, et il suffit de calculer toute la consommation au tarif le plus haut pour avoir la somme réellement due d’après les conditions de l’abonnement.
- Le second appareil est de construction analogue, mais le contact de l’aiguille et des alidades fait fermer ou couper le circuit d’alimentation ; il convient donc pour les abonnés qui ne peuvent utiliser l’énergie d’un
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- secteur qu’entre certaines heures déterminées.
- Le troisième est un compteur horaire monté en dérivation pouvant marcher 650 heures sans être remonté, sa marche étant assurée par un mécanisme qui lance le balancier au moment de la fermeture du circuit et l’arrête au moment de la rupture.
- Les lampes électriques, en dehors de celles utilisées pour l’éclairage, n’étaient guère représentées que par la lampe Jandus à globe clos. M. Leroy exposait quelques-uns de ses appareils pour la cuisine électrique, appareils où l’on utilise le rayonnement d’une tige de silicium placée dans un tube de verre vide d’air et parcouru par un courant (‘h M. Le-queux exposait un four électrique.
- M. Lequcux exposait également un modèle de son générateur d'acétylène. Plusieurs modèles de lampes à acétylène, dont la plupart ont été décrites dans ce journal, se trou-
- vaient aux expositions de M. Chabaud (*), de la maison Billaut et Billaudot, deMM. Viard etDemichel, de.MM. Létang et Serpollet(2),etc.
- Des échantillons de carbure de calcium étaient exposés par la Société des carbures métalliques. La Société d’électrochimie montrait des échantillons de chlorate de potassium électrolytique.
- Signalons encore l’exposition de M. Doi-gnon, où se trouvaient de nombreux petits moteurs de faible puissance; celle de M. Di-geon où l’on rencontrait des modèles en bois de dynamos et moteurs électriques, ainsi que des machines à vapeur de démonstration; celle de M. Gaiffe, où étaient répétées quelques-unes des expériences classiques sur les courants de haute fréquence. M. Ducretet et M. Radiguet obtenaient également un vif succès en répétant les expériences sur la télégraphie sans fil et les expériences sur les décharges par effluves. J. B.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Tableau indicateur d’appel système Tournaire.
- Le voyant V (fig. 1 et 2), en aluminium, est fixé à l’aide de deux vis sur une tige T portant deux armatures en fer doux A et A' courbées en forme d’arc de cercle ; un contrepoids C. réglable au moyen d’une vis, équilibre le voyant. La tige T est mobile autour d’un axe horizontal s’appuyant d’une part contre le plateau en fer E et d’autre part contre la vis K portée par une équerre de cuivre F. Sur la platine sont fixées deux bobines B et B' dont les noyaux de fer doux portent deux pièces polaires P et P' d’une forme particulière.
- Lorsqu’on appuie sur l’un des boutons d’appel è, b, b (fig. 3), le circuit contenant la pile P,, la sonnerie S et l’une des bobines B' se trouve fermé. La pièce polaire P' de cette
- bobine attire alors l’armature A' (fig. 1 et 2) et la tige du voyant se met verticalement,
- Fig. 1 et 2. — Indicateur d'appel Tournaire. Plan et élévation.
- amenant ainsi le voyant devant un des guichets circulaires ménagés dans la glace noircie
- (’) L'Éclairage Électrique, t. XIV, p. 317.
- (]) L’Éclairage Électrique, t. XV, p. 151. (2) L’Éclairage Électrique, t. XV, p. 508.
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- L’ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- qui recouvre le tableau. Par suite de l’effet du contre-poids le voyant se maintient dans cette position lorsque le circuit est rompu. Pour .effacer le signal, on appuie sur le bouton M (fig. 3) qui, comme il est facile de le voir sur la figure, forme un circuit contenant la pile et les bobines B. Ce sont alors les pièces polaires P qui s’aimantent et attirent les armatures A, ramenant ainsi le voyant dans sa position primitive.
- Un dispositif très simple permet de faire en sorte que la sonnerie soit actionnée par un relais au lieu d’être montée en tension avec la bobine d’apparition B', ce qui peut avoir des inconvénients quand les circuits d’appel sont longs et nombreux. Ce dispositif con-
- siste en un ressort A (fig. 3) qui, étant attiré par la bobine B', ferme en U un circuit comprenant la pile et la sonnerie.
- Les avantages de ce système d e tableau indicateur sur ceux qu’on emploie généralement, sont : suppression d’aimants permanents qui se désaimantent peu à peu, surtout dans les constructions modernes où l’on emploie de grandes niasses de fer; suppression des ressorts dont la variation de tension nécessité des réglages fréquents; valeur considérable de la force attractive mettant le voyant en mouvement par suite de la forme donnée aux pièces polaires. J. R.
- Dispositif pour le démarrage des moteurs à gaz actionnant des dynamos.
- Le démarrage des moteurs à gaz présente toujours quelques difficultés dès que la puissance dépasse quelques chevaux. Un procédé très souvent employé consiste à faire marcher le moteur au moyen de l’air comprimé pendant les premiers tours. Quand la vitesse est suffisante, on fait arriver le gaz et dès que le moteur est en marche normale avec le gaz, un jeu de robinets permetd’utiliser le mouvement du piston pour comprimer de l’air dans un récipient et avoir la réserve d’air comprimé nécessaire à un nouveau démarrage ; bien entendu, le moteur ne peut être utilisé comme compresseur d’air que pendant un intervalle de temps assez court pour que sa vitesse ne diminue pas trop et qu’il puisse repartir dès que l’on ouvre la conduite d’alimentation de gaz.
- Lorsque le moteur actionne une dynamo excitée en dérivation et chargeant une batterie d’accumulateurs disposée en parallèle, on effectue généralement le démarrage du moteur à gaz en envoyant le courant de la batterie dans la dynamo, qui fonctionne alors comme moteur électrique et entraîne le moteur à gaz ; quand la vitesse de celui-ci a pris sa valeur normale on coupe le courant et l’on fait arriver le gaz.
- Mais ce procédé de démarrage exige quelques précautions. En effet, tant que l’armature de la dynamo n’a pas pris la vitesse correspondant à la différence de potentiel qui lui est appliquée, l’intensité du courant qui y circule a une valeur plus grande que sa valeur normale, de sorte que l’induit peut brûler si le démarrage est trop lent; en outre, si la courroie reliant le moteur à gaz à la dynamo vient à tomber, la dynamo s’emballe et risque de se détériorer sous l’effet de la force centrifuge.
- Pour éviter ces inconvénients M. M. Leroy recommande, dans L'Industrie Electrique du 10 mai, l’emploi d’un rhéostat de démarrage qui présente quelque analogie avec les rheos-
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- tats de démarrage de Fischer Hinnen et de Menges récemment décrits dans ce journal (h. Comme ces derniers il permet d’intercaler dans le circuit induit une résistance variable, mais il diminue la résistance du circuit inducteur en même temps que celle du circuit induit, tandis qu’avec le rhéostat de Fischer Hinnen la résistance du circuit inducteur augmente et qu’avec le rhéostat de Menges cette résistance reste constr.-' te.
- Le dispositif de M. Leroy comprend un rhéostat R placé en série avec l’induit de la dynamo D, et formé d'une résistance restant toujours en circuit pendant le démarrage, de telle façon que meme au cas où celui-ci serait long à se produire, l’intensité n’atteigne pas une valeur dangereuse, et d’une résistance divisée en un grand nombre de sections qu’on supprimera successivement du circuit au moyen d'un commutateur. Le dispositif est complété par un second rhéostat R' relié à un plot isolé placé en tète du rhéostat d’excitation E et dont la touche mobile est la meme que celle du rhéostat principal R ; ce second rhéostat IL comprend un grand nombre de sections, mais toutes ces sections doivent être hors circuit avant que le contact mobile ne soit à fin de course sur le rhéostat principal de telle sorte que le courant d’excitation soit amené à sa valeur maximum au moment du démarrage.
- Pour effectuer le démarrage on place la touche mobile du double rhéostat RR’ à l’extrémité droite, on amène la manette au rhéostat d’excitation E sur le plot isolé de gauche (position de la figure), on ferme l’interrup- . teur I, l’interrupteur automatique F restant ouvert, puis on pousse de droite à gauche la manette du rhéostat RR'. Quand la vitesse de la dynamo et du moteur à gaz a atteint sa valeur normale, on rétablit dans le moteur la compression que l’on avait supprimée pour diminuer le couple résistant s’exerçant sur la dynamo, on fait arriver le gaz et on pousse
- i ') VEclairage Électrique, t. XV, p. 93, 94 et 405, 16 avril
- et 4 juin 1898.
- vers la droite le curseur du rhéostat de démarrage.
- Remarquons qu’on pourrait simplifier le dispositif en supprimant le rhéostat R'. Il faudrait alors avoir soin de placer tout d’abord la manette du régulateur à bout de course à droite. Mais dans ce cas l’excitation
- Fig. 1.
- de la dynamo serait diminuée par suite de la présence du rhéostat R dans le circuit.
- Il est évident qu’un seul rhéostat de démarrage RR; suffît, quel que soit le nombre des moteurs et des dynamos, un commuta-
- Fig. 2.
- teur permettant de le relier successivement avec celle des machines qu’on veut utiliser. La figure 2 représente le cas de deux ma-
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- chines. On voit facilement que suivant que le commutateur bipolaire est porté à gauche ou à droite, on peut faire démarrer la dynamo 1) ou la dynamo D'. Une fois le moteur en vitesse, on devra couper le rhéostat RR' en le ramenant au point mort, puis placer le commutateur C au repos avant d’exciter la machine et de fermer l’interrupteur automatique F.
- Le dispositif serait le même pour un plus grand nombre de machines. Dans ce cas il n’y a pas d’inconvénient à passer avec le commutateur bipolaire sur la touche correspondant à une dynamo en fonctionnement, à condition que le rhéostat de démarrage soit entièrement hors circuit ; il devra toujours exister des plots morts entre chaque direction du commutateur.
- Dans cet article M. Leroy donne quelques chiffres sur la puissance nécessaire au démarrage et la consommation de courant correspondante ; ces chiffres sont relatifs aux dernières installations que l’auteur a eu à étudier :
- A l’Imprimerie Nationale, cinq moteurs Charon de 45 chevaux chacun actionnent des dynamos Fives-Lille de 250 ampères à 40 volts; ils demandent pour démarrer d’une façon tout à fait sûre, un courant de go à 110 ampères au maximum sous 110 volts, soit une puissance de 10 à 12 kilowatts; le temps nécessaire à obtenir la vitesse suffisante pour introduire le gaz sans crainte de ratés ne dépasse pas 25 à 30 secondes.
- A l’Ecole Polytechnique, deux moteurs de 25 chevaux de la Compagnie Parisienne sont reliés à une transmission très lourde, longue d’une quinzaine de mètres et portant les courroies des deux moteurs, celles des deux dynamos et des poulies très lourdes avec débrayages. Le démarrage se produit franchement avec 70 ampères (dynamos Postel-Vinav, 110 volts} pour la transmission seule, les moteurs étant débrayés ; la vitesse s’accroît de suite et le courant peut être ramené à 15 ou 20 ampères après une dizaine de tours
- pour éviter l'emballement ; une fois la transmission en route, l’embrayage d’un des moteurs fait monter le courant vers 50 ampères.
- Au garde-meuble des Champs-Elysées un moteur (Compagnie Parisienne} de 50 chevaux actionnant une dynamo de 110 volts, 250 ampères Postel-Vinav, ne prend -guère plus de 85 h 90 ampères pour démarrer et un second moteur de 25 chevaux avec transmission intermédiaire en demande 50 environ ; temps du démarrage, 20 secondes.
- Il résulte de ces chiffres que l'effort nécessaire au démarrage d’un groupe moteur à gaz et dynamo ne s’éloigne pas beaucoup des 2/5 de celui qu'il produit h puissance maximum ; quant au temps nécessaire à mettre en vitesse, il est extrêmement court et la consommation du courant pourra toujours être considérée comme insignifiante.
- J. R.
- Sur le redressement des courants alternatifs ;
- Par P. Janet (').
- « Au cours de quelques recherches que j’ai entreprises sur les moteurs synchrones et les commutatrices, j’ai été amené à étudier le problème suivant :
- » Etant donné un anneau Gramme, muni d'un collecteur et de deux balais, mais dépourvu d'inducteurs, ou à inducteurs non excités : au moyen de deux bagues et de deux frotteurs, on alimente deux points AhB diamétralement opposés, pris sur l'anneau, par une tension alternative de pulsation w dont on maintient constante la valeur efficace; Vanneau étant amené au synchronisme sous l'action d'un moteur auxiliaire, quelle sera la nature de la tension recueillie aux balais ?
- » Pour résoudre cette question, il revient évidemment au même de supposer l’anneau fixe, et les balais tournant avec une vitesse «0. Soit
- Va — Y» = À sin w t • (0
- f1) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1785, séance du 20 juin.
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- la différence de potentiel supposée sinusoïdale. entre les deux points A et B ; soit XV une ligne faisant avec AB un angle ç; on pourra représenter approximativement la différence de potentiel aux extrémités de cette ligne par
- Vjc — VT = A cos o sin « t. (2)
- Si maintenant XY est la ligne de contact des balais, -f croît proportionnellement au temps
- y. étant l’angle de la ligne des balais avec la ligne AB à l’époque où la différence de potentiel passe par zéro; d’où
- Vk — Vy = A sin '! ( cos (* + « t)
- La tension recueillie aux balais sera la superposition d’une tension continue — — sin x et d’une tension alternative — sin {not-ha); la valeur moyenne de la tension aux balais
- Eir
- et la valeur efficace
- Sous cette forme, on voit :
- » iu Que la tension moyenne est une fonction sinusoïdale, de période 2-, de l’angle a;
- » 2” Que la tension efficace est une fonction sinusoïdale, de période -, de l’angle * ;
- » 30 Que la tension efficace est maximum en même temps que la tension moyenne et maximum quand celle-ci est nulle.-
- » Pour mettre ces divers points en évidence, au moins d'une manière qualitative, j’ai employé la disposition suivante :
- » Deux petites machines Gramme identiques sont accouplées rigidement l’une à 1 autre, leurs axes étant en prolongement, mais pouvant, au moyen d’un index, d’un plateau divisé en vingt-quatre parties égales
- et d’une vis de pression, recevoir des décalages connus l’un par rapport à l’autre. La première machine, convenablement disposée, fonctionne en moteur synchrone (courant du secteur de la rive gauche). L’anneau de la deuxième est en étude, et les deux points A et B de tout à l’heure sont soumis à une tension alternative de 65 volts efficace, prise également sur le même secteur. Si le-moteur fonctionne dans des conditions toujours identiques, son induit a une position fixe dans l'espace au moment où la différence de potentiel aux bornes AB est nulle : on a donc le moyen de faire varier à volonté l’angle * en décalant les deux arbres l’un par rapport à l’autre, et cet angle a est simplement lu (à une constante additive près) sur le plateau divisé qui sert de manchon d’accouplement. La tension moyenne aux balais est mesurée avec un voltmètre Chauvin et Arnoux, et la tension efficace avec un voltmètre thermique Hartmann et Braun. Voici les résultats d’une série de mesures :
- o + 23 36
- 1 + 20,5 35-5
- 2 ff-15 '30
- 3 + 9 26
- 4 -- o 23
- 5 — 9 24,5
- 6 -17.5 3i
- 7 “27 41
- 8 -3i,5 45.5
- 9 —33 47
- -33 47
- u —30 43,8
- 14 -14,5 30,t
- 15 - 7 25.5
- 16 -h 3,5 23
- iç +28,5 42.5
- 20 +31 46
- 21 +3°»5 45
- 22 +28 42,3
- 23 +25 39
- » La vérification est complète au point de vue qualitatif. Au point de vue quantitatif, il est loin d’en être ainsi : en particulier, la différence des carrés des tensions bü—a2, qui représente le carré de la tension alternative et efficace, devrait être constante , tandis qu’en réalité elle dépend de l’angle a. Il est très probable que cette divergence est due à la présence des harmoniques supérieurs qui sont certainement importants dans la tension
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- de la rive gauche. Si l’on adopte cette manière de voir et que l’on représente par
- E = A sin » / •!• B sin'3 w t - o)
- la tension aux bornes, il est facile de démontrer que le premier terme seul est capable de donner une tension continue, et que cette tension est égale à — ; on en déduit immédiatement une évaluation numérique de A : par exemple, dans l'expérence précédente,
- Ect = 65, 4-=33’ A=66’
- ou sensiblement
- A — Edr.
- On arriverait ainsi à la conclusion suivante :
- « Dans le développement en série de Fou-ricr de la tension du secteur de la rive gauche, le coefficient du terme principal serait numériquement égal à la valeur efficace de la tension (*). »
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Sur la mesure directe d’une quantité d’électricité en unités électromagnétiques ; application à la construction d’un compteur d’électricité ;
- Par H. Boondlot f1).
- « Une longue bobine creuse est assujettie de façon que son axe soit horizontal : dans la région centrale de cette bobine, une seconde bobine,formée de quelquestours de fil étayant la forme d’un anneau, est suspendue de façon que son plan soit vertical et qu’elle puisse tourner librement autour de son diamètre vertical. Les deux bobines sont parcourues par le même courant ; des godets h mercure servent à établir les communications entre la bobine mobile et la partie fixe du circuit.
- » Le magnétisme terrestre étant préalablement compensé, la bobine annulaire prend, sous l’action du courant, une position d'équilibre dans laquelle ses spires sont parallèles à celles de la bobine fixe.
- )> Si on l’écarte un peu de cet azimut d’équilibre, elle exécute des oscillations isochrones. Soient T la période de ces oscillations et i l’intensité du courant. La période T est inversement proportionnelle à la racine carrée du moment du couple exercé par la
- (') Comptes rendus, t. CXXVI, p, 1691, séance du 13 juin Î&98.
- bobine fixe sur la bobine mobile pour un écart détermine de cette dernière. Or, ce moment est proportionnel à et, par conséquent, T est en raison inverse de i; en d’autres termes, le produit / T est une quantité constante, dépendant seulement de la construction des deux bobines. Maintenant, le produit î'T n’est autre chose que la quantité d’électricité qui traverse une section quelconque du fil pendant la durée d’une oscillation, et l’on a par suite la proposition suivante : quelles que soient l'intensité du courant et la'période de l'oscillation, la quantité d'électricité qui traverse une section du circuit pendant qu'mie oscillation s’accomplit est toujours la même.
- » La valeur en unités absolues électromagnétiques de la constante /T se détermine aisément comme il suit. Soit n le nombre des tours de fil sur la bobine fixe par centimètre de longueur de cette bobine, soit S la surface totale limitée par les spires de la bobine annulaire, soit K le moment d’inertie de l’équipage mobile. L’intensité du champ, sensiblement uniforme, qui occupe la région centrale de la bobine fixe, dont la longueur est très grande, est 4T.7Ü; d’autre part, la bobine annulaire parcourue par le courant i
- (*) Laboratoire central d’électricité.
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- équivaut à un aimant de moment S/; par suite, le couple auquel est soumise la bobine annulaire, lorsqu’elle est infiniment peu écartée de sa position d’équilibre, est égal au produit de l’angle d'écart par4 - ni X S i. On a donc, d’après les lois connues du mouvement oscillatoire,
- nous désignerons cette constante de l’appareil par la lettre q.
- » On voit que, à l’aide de l’appareil précédent, on peut déterminer en valeur absolue électromagnétique la quantité d’électricité débitée par un courant pendant un temps quelconque, sans que l’on ait à mesurer séparément, comme on le fait habituellement, le temps, d’une part, et l’intensité du courant, d’autre part. On pourrait, en particulier, appliquer cette méthode a la détermination directe des équivalents électrochi-miques, et aussi h la mesure du nombre v.
- ') Pour faire de l’appareil un compteur d’électricité applicable aux besoins de l’industrie, il suffit d’adjoindre aux deux bobines un dispositif destiné à entretenir et à compter automatiquement les oscillations : chacune d’elles accuse, en effet, le passage d’une quantité d’électricité égale à <?, quelle qu’ait été l’intensité du courant au moment où elle s’est effectuée, et, par conséquent, pour obtenir la quantité totale d’électricité qui a traversé la section du circuit pendant un certain laps de temps, on n’a qu’à multiplier q par le nombre des oscillations effectuées pendant ce laps de temps. Ceci n’est, il est vrai, exact en toute rigueur que si les variations dans l’intensité du courant ont lieu exclusivement à des instants où la bobine annulaire passe par la position d’équilibre; toutefois, dans la pratique et, en particulier, dans l’application à l’éclairage électrique, l’erreur qui provient de ce que cette coïncidence n’a pas lieu, en général, est absolument négligeable.
- » Voici la disposition que j’emploie pour entretenir automatiquement les oscillations.
- » Dans mon appareil, le mouvement oscillatoire de la bobine annulaire a lieu d’un côté seulement de son azimut d’équilibre.
- » La figure ci-jointe représente les organes essentiels du compteur, vus par-dessus. Un bras horizontal CC est fixé à une tige verticale, solidaire elle-même de la bobine annulaire AA' dont elle forme l’axe de rotation.
- Lorsque la bobine annulaire a été écartée de son azimut d’équilibre, l’action électrodynamique l’y ramène ; mais, au moment où elle l’atteint, le bras CC7 vient buter contre un ressort RR', formé d’une lame métallique plane. L’une des extrémités R de ce ressort est fixée invariablement; l’autre extrémité R' est maintenue appliquée contre un obstacle fixe E par l’armature I) d’un électro-aimant F qui infléchit légèrement la lame, pendant tout le temps que cet électro-aimant n'est pas en activité. Les choses sont disposées de façon que le bras CC, en touchant le ressort RR', ferme le circuit de l’électro-aimant : aussitôt, le ressort, rendu libre, donne au bras une impulsion quasi instantanée qui l’écarte de nouveau, et ainsi de suite. Un cliquer mù par l’armature de l’électro-aimant fait, à chacune des demi-oscillations de la bobine, avancer d’une dent la première roue d’un compteur de tours.
- » On voit que le mouvement oscillatoire de la bobine annulaire est indépendant de la résistance passive du compteur de tours, puisque c’est l’électro-aimant qui fait mouvoir ce dernier. La grandeur de l'impulsion donnée par le ressort à l’équipage mobile est sans influence sur la durée de l’oscillation, à condition que l’écart reste petit.
- » Plusieurs modèles de cet appareil ont été exécutés au Laboratoire de physique de la j Faculté des sciences de Nancy; le type indus-
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- trie! a été établi par la maison E. Ducretct. Dans ce dernier, on a raccourci la bobine fixe, afin de diminuer la résistance; le calcul de la constante ÏT. en partant des données qui définissent la construction de l’appareil, est alors plus compliqué, mais on obtient aisément la valeur en coulombs de cette constante en faisant circuler dans le compteur un nombre connu d’ampères et déterminant la durée correspondante de l’oscillation.
- » De nombreux essais ont montré que le produit zT, ou, ce qui revient au même, le rapport de l’intensité i au nombre d’oscillations etfectuées dans un temps donné, est bien indépendant de /, jusqu’à la plus grande intensité que le fil des appareils actuels puisse supporter, c’est-à-dire environnant n ampères. C’est ce que prouve le diagramme obtenu en portant en abscisses les intensités du courant mesurées en ampères, et en ordonnées les nombres correspondants d’oscillations effectuées en vingt secondes; les intensités étaient mesurées, au-dessous d’un ampère, à l’aide d’une balance de Lord Kelvin, et, au-dessus, à l’aide d’un ampèremètre optique très précis, étalonné à l’aide de la balance même. Les points du diagramme sont sensiblement sur une ligne droite passant par l’origine, comme la proportionnalité indiquée par la théorie’ l’exige ; c’est seulement au-dessous de 0,5. ampère que le produit ÏT commenceà devenir un peu trop fort, ce qui tient à ce que l’amplitude des oscillations est alors trop grande pour que l’isochronisme subsiste rigoureusement. L’inexactitude est toutefois minime, et absolument négligeable dans les applications..
- » L’appareil obéît instantanément aux variations les plus brusques de l’intensité du courant: il s’applique aussi bien aux courants alternatifs qu’aux courants continus. Le démarrage a Heu sans exception, même pour des courants inférieurs à o,i. ampère, grâce à un dispositif dont la description ne peut trouver place ici (*). »
- Influence de la trempe sur la résistance électrique de l’acier ;
- Par H. I,e Chatelier (é.
- « Dans des recherches antérieures (2J j’ai montré que la résistance électrique de l’acier à 0,85 p. 100 de carbone prenait, apres trempe fi 75°°î une valeur une fois et demie plus grande. AI. Barus, par contre, a trouvé (3) que pour les aciers durs cette résistance pouvait plus que tripler, mais il ne donne ni la composition des aciers étudiés, ni la température de trempe; il indique seulement leur provenance. Il y avait entre ces résultats un désaccord tel que de nouvelles expériences étaient nécessaires.
- » Je dirai, de suite, que des aciers de même provenance que ceux de M. Barus 111’ont donné une teneur en carbone de 1,16 p. 100, c’est-à-dire notablement supérieure à celle des aciers que j’avais employés. J’ai reconnu que trempés à 9500 ils prenaient, en effet, une résistance triple. Je n’avais pas dans mes premières recherches dépassé la température de 750° qui est celle employée dans l’industrie pour les aciers durs à outils ; leur qualité est d’autant meilleure que la trempe a été faite à plus basse température.
- » Influence de la température de trempe.— Le premier point à élucider était l’influence de la température de trempe ; voici deux séries d’expériences relatives à des aciers à 0,84 et 1,13 p. 100 de carbone.
- Acier à 0,84 de carbone. — Résistance à 15° = 16. Température. . . . 710° 740» 8iou 850° iooo°
- R. après trempe
- R. avant trente ' ' 1 ll3 2>I M 2’2
- Acier à 1,13 de carbone. — Résistance à 15° = 18. Température. . . . 710" 740- 810» 850" 950“
- R. après trempe i ^ ^
- R. avant trempe ° ’ * 1 ''
- l’occasion de la prise d’un brevet, dès le 13 mars 1897. Toutefois, j’ai cru devoir attendre, pour en entretenir l’Académie, que le modèle industriel fût définitivement établi. .
- I1) Comptes rendus, t. CXXVI. p. 1782, séance du 20 juin.
- (s) Comptes rendus, t. CXII, p. 40; 1891.
- (:l) U. S. geological Survey, t. XIV, p. 20; 1885.
- Le principe et la descriptif
- îplète di
- ipteur
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- » Ces résultats montrent d’abord que la trempe ne modifie la résistance électrique de l’acier que si elle a été effectuée au-dessus de la température de récalescence (710°); c’est donc la même condition que pour le changement des propriétés mécaniques. La résistance électrique croît ensuite avec la température de trempe jusqu’à une valeur d’autant plus élevée que I’acicr est plus riche en carbone. L’accroissement de résistance que le fer éprouve par la présence du carbone de trempe est en moyenne de 45 microhms par 1 p. 100 en poids de carbone, ou de 7 microhms par 1 atome p. 100 du même corps. C’est précisément l’accroissement que j’ai trouvé précédemment pour le silicium (').
- » On sait, par les recherches de M. Osmond, que le carbone de trempe est réparti d’une façon homogène dans le métal, l’acier trempé étant une véritable solution solide de carbure de fer Ke;!C dans le fer en excès. Cette influence du mélange homogène sur la résistance électrique paraît générale ; les impuretés qui, a l’état de traces, augmentent parfois tellement la résistance de certains autres métaux, s'y trouvent également à l’état de solution solide ou de mélange isomorphe, telles les traces d’argent dans le cuivre, ou de cuivre dans l’argent.
- » Influence de la présence de corps autres que le carbone. — Je donnerai seulement ici deux séries de mesures faites l’une sur des aciers au tungstène et l’autre sur des aciers au chrome.
- Carbone........ 0,6 0,55 0.76
- Tungstène. ... 5 2,9 2,7
- Silicium......... 0,02 o,
- Manganèse . . . 0,3 o, Résistance à 15'’ . 21 18
- tu. IV.
- 0,3 0,32
- 0,44 0,38
- 18,5 20
- 760° 1 8oo° 1,4
- 850" i,5
- 750* 3,2 730“ 1,4
- 8oo° 1,4 780° 1,6
- ioo° 1,8 850° 1,7
- 73°° i,3 850° 1,4
- Aciers au chrome.
- Carbone........ 0,5
- Chrome......... 2.5
- Silicium......... 0,27
- Manganèse . . . 0,23
- Résistance à 15”. 19,5
- 5,82
- 2,8
- 1,27
- M
- >,36
- 74<y> I 800” 1,3
- 820° 1.5
- r8o"
- EOO" 3,1
- 730° 1,3 850° i,5
- » On remarquera combien sont différentes l’influence du tungstène et celle du chrome. Aux températures élevées, ce dernier métal exagère l’accroissement de résistance qu’aurait produit la trempe sur un acier au carbone seul, tandis que le tungstène la diminue. On est conduit à penser que le chrome, métal analogue au fer, reste après la trempe, au moins en partie, à l’état de mélange isomorphe comme le font en tout état le nickel et le manganèse. Rien de semblable ne se produit avec le tungstène dont les composés doivent aussi bien, avant qu’après trempe, rester isolés dans la masse. «
- P) L’Éclairage Électrique, t. XV, p. 546.
- (*) Ly acier à 7 p. 100 de tungstène, employé pour la fabrication de certains outils de tour qui ne sont pas trem-
- pés, a présenté une résistance spécifique de 24,5 microhms, et, après trempe à 8oo°, de 35,50 microhms.
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- CHRONIQUE
- Les tramways électriques de Brest. — Les tramways de Brest, dont les concessionnaires, MM. Durand frères, avaient traité avec la Compagnie Thomson-Houston pour la construction et la fourniture du matériel électrique nécessaire à leur installation, sont aujourd'hui complètement terminés et l’inauguration va en être faite très prochainement.
- Ce réseau a une longueur d’un peu plus de iq km répartis en deux lignes :
- l" La ligne de la rue Inkermann à Saint-Pierre-Quilbignon qui dessert Brest dans toute sa longueur : 5 800 m.
- 20 La ligne du port de commerce à Kérinou :
- Ces lignes présentent un profil assez accidenté, elles comprennent notamment :
- La première ligne, une longue rampe de 2 km de longueur dont-une grande-partie atteint 50 mm par mètre, et deux autres rampes très importantes, l’une de 73 mm par mètre sur 225 m ; l’autre, d’une valeur d’environ 70 mm, a 400 m de longueur; la ligne de Kérinou au port de commerce, deux rampes assez longues de 50 à 60 mm par mètre.
- Le service de l’exploitation est assuré par 22 voitures automotrices actionnées chacune par deux moteurs du type GE 53 à vitesse réduite et à simple réduction d’engrenage. Elles peuvent contenir chacune 40 voyageurs. Le poids d'une voiture en charge est de 8 tonnes seulement, poids maximum accepté par le service maritime à. cause du passage de la ligne Saint-Pierre-Quilbignon sur le grand pont tournant.
- L'usine comprend trois groupes clectrogènes. Chaque dynamo génératrice, du type MP à quatre pôles, hypercompoundée, est capable d’absorber une puissance de 300 chevaux à la vitesse de 425 tours par minute en produisant un courant de 400 ampères sous une tension de 500 à 550 volts. Deux de ces machines sont suffisantes pour assurer le service, la troisième sert de réserve.
- La ligne électrique de contact est aérienne, le fil de trôlet qui la compose est suspendu partie sur poteaux à consoles, partie sur fils transversaux fixés aux murs des maisons riveraines.
- Le retour du courant est assuré, comme à l’ordinaire, par les rails qui sont, dans ce but, reliés entre eux au moyen d’éclissages électriques.
- La ligne passant sur un pont tournant, on a dû prévoir, pour les conduites aérienne et de retour, des appareils spéciaux de contact, permettant d’ouvrir le pont et d’assurer automatiquement, au mo-
- ment de sa fermeture, la connexion électrique des divers tronçons de voie. En outre, lorsque le pont est ouvert, la continuité du circuit est assurée par des câbles immergés fortement isolés, de ioo mm2 de section.
- Préparation au four électrique d’un nouveau carbure de tungstène. — Un carbure de tungstène de formule Tu3C:a été .obtenu par M. Moissan en cbauffant du .tungstène au,four électrique en présence d’un excès de charbon (Ecl. Eîect., t. VIII, p. 182). Dans une note présentée à la séance du 13 juin de l’Académie des sciences, M. P. Williams fait connaître le mode de préparation et les propriétés d’un nouveau carbure de tungstène répondant à la formule TuC.
- On fait un mélange intime d'acide tungstique pur et calciné, de fer et de coke de pétrole dans les proportions de 120 gr du premier-corps,-150 du second et 20 de coke. On place ce mélange dans un creuset en charbon et on chauffe au four électriquependant cinq à six minutes avec un courant de 900 ampères et 45 volts. On obtient un culot bien fondu, très cassant. qui renferme beaucoup de graphite et un excès de fer.
- Pour séparer le carbure de tungstène de l’excès de fer, le culot est attaqué par l’acide chlorhydrique chaud jusqu’à complète désagrégation. Il reste un mélange de carbure double de tungstène et de fer et de carbure de tungstène. On peut séparer lapius grande partie de ce dernier carbure du carbure double au moyen d’un aimant, le carbure de tungstène étant non magnétique. Ce carbure est, encore mélangé de graphite, mais la grande différence entre les densités du carbure et du graphite permet de les séparer très facilement par lévigation. Les dernières impuretés sont enlevées par un courant de chlore au rouge. Enfin l’emploi du bromoforme ou de l'iodure de méthylène permet d’éliminer la petite quantité de graphite qui a pu être libérée dans le traitement au chlore.
- La préparation peut d’ailleurs se faire en chauffant le mélange indiqué au moyen d'un violent feu de forge, mais les cristaux de carbure de tungstène, d’ailleurs microscopiques dans tous les cas, sont moins, gros que ceux obtenus au four électrique. Ces cristaux sont cubiques, très , durs (rayant le quartz), très denses (densité 15,7),-très difficilement fusibles.
- Le Gérant
- : C. NAUD
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- Tome XVI.
- îdi 9 Juillet 1898
- L’Éclairage Éle
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLE
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU. Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l'Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARE, Professeur à la Sorbonne, Membre de l'Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- ctrique
- CTR1CITE
- APPLICATIONS MÉCANIQUES DE L’ÉLECTRICITÉ ()
- Le principe du servo-moteur électrique récemment breveté par la maison Strmkns et Hai.ske est le suivant.
- Soient (fig. i) deux enroulements fixes [A: BJ (As BJ reliés en série, parcourus par des courants alternatifs, et deux enroulements
- Halslce (i
- l’autre, la même orientation, de sorte que la rotation de l’un déterminera dans l’autre une rotation égaie et synchrone.
- On obtiendrait le même résultat, mais pour des mouvements longitudinaux, en remplaçant, comme en figure 2, les enroulements par des bobines.
- Dans le dispositif 'fig. 3), les enroulements mobiles sont disposés par paires (A, B2) (A3 BJ et (As BJ (Afl BJ, à 90° l’une de î’autre,
- mobiles (Â2 BJ (A4 BJ, également reliés en série ; il s’induira, dans ces enroulements mobiles supposés égaux, des forces électro-inotrices ei <?„, égales ou différentes, suivant que les angles qu’ils font respectivement avec At B, et A2 B2, sont égaux ou non, et ils tendront naturellement à s’orienter de manière que ces angles restent égaux. Autrement dit, les enroulements mobiles tendront à conserver toujours, l’un par rapport à
- Fig. 2.
- de manière que leur moment de rotation ou torque reste sensiblement invariable.
- En figure 4, les enroulements fixes sont aussi dédoublés en couples à 90° (A, BJ (A, BJ et (As BJ (A„ BJ, et alimentés par un courant biphasé eu 1, 2, 3 : la borne 3 étant reliée à B, Bâ B. et Bfi. Il se produit ainsi des courants biphasés dans les enroulements mo-
- (1) Voir L’Éclairage Êhclrûyie du 30 avril 1898, p. 179.
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- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- biles (A- Bt) et (As B8), reliés en A8 A, et AaA8
- pôles et les récep-
- dc sorte que leur synchronisme s’établit
- Fig. 6.
- teurs n% pôles, une rotation a du primaire provoquera dans le récepteur une rotation d’angle £=- ——a, comme s’ils étaient reliés par des pignons dans le rapport—L.
- On peut actionner par une seule génératrice, triphasée par exemple comme en P (fig. 5) et d’un moteur M, plusieurs récepteurs secondaires mt m2 m3 m„ synchronisant avec M,
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- r. — Commutateur Ihkier (t
- de transformateurs (Tr^) (Ta L) (fig. 6).
- La figure 7 indique l’application du système à la transformation du mouvement de rotation du moteur triphasé A en un mouvement rectiligne alternatif en B.
- En figure 8, la génératrice P alimente les moteurs M, et Ms, conjugués par le renvoi A H, H, et reliés aux récepteurs ml et
- Fig. 12 à 16. — Commutateur Ihlder.
- également conjugués par un renvoi //, a /r,, symétrique du premier, de manière que le point a suive exactement les mouvements du point A.
- Le dispositif représenté par la figure 9, de MM. Siemens frères et Estler, a pour objet de permettre de contrôler à distance la marche d’un moteur-générateur ou transformateur-moteur. Le courant engendré par ce transformateur dans le circuit G, et qui en. excite l’inducteur passe, par sp, dans l’électro /z, qui, dès qu’il atteint une tension donnée, déterminée parle contrepoids g, attire autour
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- T. XVI. — N° 28.
- de m son armature q in n de manière à mettre le cliquet b, commandé par le moteur en a, en prise avec le rochet G. Il en résulte que G rompt en s le circuit de h et ferme, en cîf, G sur le circuit de distribution L. Dès que la
- Aj
- tension baisse en L au delà d’un certain minimum correspondant à une intensité dangereuse le cliquet électromagnétique e lâche d, qui retombe en s.
- D’autre part, le courant primaire de la
- Fig. 17. — Régulateur Snow et Cooper (1897).
- station centrale qui excite le transformateur-moteur en traversant son armature, traverse aussi quelques tours de son inducteur : quand cet inducteur est suffisamment excité, il attire,
- malgré son contrepoids le levier x qui le coupe en iv du circuit primaire, lequel ne traverse plus alors que l’armature du transformateur; mais quand on coupe ce circuit
- primaire à la station centrale, le levier y, cessant d’être attiré, remet dans ce circuit l’inducteur du transformateur, qui se trouve ainsi prêt à repartir dès sa fermeture.
- Le commutateur automatique J. Ihlder
- construit par la Compagnie Otis, de New-York, a pour objet la mise en train et l’arrêt automatiques d’un électromoteur au commencement et à la fin de son travail, comme, par exemple, pour le remplissage d’un réservoir.
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- Quand les pièces du commutateur occupent les positions indiquées en figure io, le courant est coupé du moteur. Pour fermer son circuit, un mécanisme approprié, un flotteur par exemple, comme nous le verrons tout à l’heure, fait tourner dans le sens de la flèche l’arbre 5, qui porte un bras 2, dont l'extrémité fait, par la came 16, tourner la barre 7 de manière à fermer le circuit du moteur d'abord en 8, 8.
- Cette fermeture, commencée par 2, est vivement achevée par l’action du cliquet 5«. à rappel 15 sur le rochet de la came 16. Aussitôt après cette fermeture, le talon 2a du bras 2, engagé dans la coulisse 3a du levier 3, fou sur l’arbre 5,quitte le taquet par lequel il maintenait ce levier dans sa position d’ouverture du circuit et le laisse passer sous l’influence du contrepoids 9, avec une vitesse
- modérée par le dash-pot 4, et remonter de manière que son balai 11 supprime, de 12 à 14, .successivement toutes les résistances du circuit; le moteur se met ainsi graduellement en marche sans risque de se brûler.
- Pour l’arrcter, l’arbre 5, tournant en sens inverse, ramène, par 2a et 2, le levier 3 et la barre 7 à leurs positions primitives, le contact 8 ne rompant le circuit qu’après l’introduction, par 2, d’un nombre de résistances suffisant pour éviter les étincelles.
- Quant au mécanisme employé pour commander l’arbre 5, il varie nécessairement avec
- Fig.
- son objet : les figures 12 à 16 représentent une ingénieuse disposition de commande par le flotteur 31 d’un réservoir rempli par le moteur. Dans la position indiquée, le réservoir est plein et le circuit moteur coupé, le bras 25, calé sur l’arbre 5 restant enclenché dans cette position par le cliquet 44, à galet 46, pris dans son encoche 38. A mesure que le flotteur baisse, il remonte graduellement , malgré son contrepoids 29, le levier 28 à bras 26, fou sur l’arbre 5 , mais sans déclencher 25,1e galetqô passant alors sur la partie circulaire de 26 comprise (fig. 16) entre les cames 33 et 34. Vers la fin de la vidange du réservoir, la came 33, repoussant le galet 46, déclenche au contraire le bras 25, que son contrepoids 37 ramène brusque -ment, par 35, 36,
- - *” 27, dans la posi-
- rct Monarch. tion pointillée
- correspondant à la fermeture du contact 8 parallèle à celle qu’occupe alors le bras 26, et où il reste enclenché par 45-39 jusqu’à ce que la came 34 le redéclenche de nouveau, par un jeu analogue à celui de la came 33, dès que le réservoir se sera rempli.
- Le principe du régulateur électrique de MM. Snow et Cooper consiste (fig. 17) à seconder l’action du régulateur ordinaire C du moteur par celle d’un solénoïde A, en série avec la dynamo I), à enroulement compound I), I)s, en ajoutant, en dérivation sur le cir-
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- 5°
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- noïdc E, relie directement aux bornes de la
- G G, G. varie
- s inverse de la force
- Fig. 22. — Pont roulant Shaw (i8y&j.
- électromotrice à ces bornes. La nécessité du I la dynamo n’est jamais parfait (c’est-à-dire ne relais E provient de ce que le compoundage de I donne pas une intensité invariable à vitesse
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- constante, indépendamment de la charge de la dynamo) ni la pression de la vapeur rigoureusement constante.
- La figure 18 représente l’application de ce même principe à un régulateur direct C2 C2, monté sur l’arbre du moteur, et dont les solé-noïdes A2 Aâ reçoivent le courant de A, A1 par les balais H H, et les anneaux isolés JJ'.
- Fig. 23. — Por
- I.'arrêt électrique Monarch (iig. 19) fonctionne dès qu’on ferme le circuit d’un électroaimant A (fig. 20). qui, attirant B, déclenche le levier D, lequel, attiré par son ressort C, frappe vivement le cliquet E, avec un choc assez fort pour le déclencher sûrement du rochet F. Ce déclenchement permet au tambour G, entraîné par une corde à poids, de manœuvrer par le pignon de chaîne H la fermeture de la prise de vapeur. Cette fermeture rapide à l’origine, se termine lentement par l’effet d’un d3sh-pot commandé par une
- vis de l’arbre de G. Quant a l’arrêt lui-même il est commandé soit à la main, d’un point quelconque de l’atelier, soit (fig. 21) par un petit régulateur à contacts placés dans le circuit de A, et qui limite ainsi la vitesse du moteur (*).
- Le pont roulant de J. Shaw représenté par la figure 22 a tous ses mouvements commandés électriquement : le roulement du
- pont A par la dynamo C et la transmission B bai le roulement du chariot D sur A par la dynamo E et la transmission l ; la levée du crochet M par la dynamo F, à frein électromagnétique G, attaquant la tige H de M par crémaillère ; le serrage de la pince M par une dynamo N, l’écrou L et la tige K.
- Le courant de la génératrice S arrive (fig. 23), par les fils 1 et 2 et les balais 3 et 4, aux conducteurs 5 et 6 du pont, à balais 7 et 8, qui amènent le courant au commuta-
- (i) Iran Age., 5 mai 1898.
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- teur T du chariot D, avec ampèremètre U et autant de rhéostats V et de commutateurs S
- Fig. 28. — Ascei
- Ihlder (1
- (tig. 26) qu’il y a de dynamos à desservir : quatre dans le cas actuel. Ces rhéostats aboutissent, par les balais 14, 15, 10, 17, aux
- Fig. 29. — Ascenseur Ihlder. Détail du frein.
- quatre conducteurs 10, 11, 12, 13. Le courant passe à la dynamo C par (fig. 26) (g, 14, 10, 18, l’inducteur C, 19, 11, 15, 20, W, 21, 16, 12, 22, l’armature, 23, 13, 24, W, 25, Y. 26, 8), de sorte qu’il suffit de tourner W de 1800 pour renverser la marche de C et deço0 pour l’arrêter, comme on le voit en figures 24
- et 25. La -manœuvre est identiquement la même pour les autres dynamos, même pour N, qui reçoit son courant de quatre conducteurs H (fig. 23) à balais iv (fig. 27).
- La dynamo B de Vascenseur Ihlder (fig. 28) construit par la Compagnie Oris, commande
- '------------lÜMMUUMMir-'
- Ihlder. Sc
- le treuil A8 par une transmission par vis sans fin B4 et est pourvu en I)u du frein électromagnétique DE (fig. 29), décrit à la page 179 de notre numéro du 30 avril 1898 ; son commutateur C est commandé, de la cabine, par le renvoi Ca et la barre C.
- Le courant arrive en FF' (fig. 30) par un coupe-circuit, dont la bobine G, en série sur le circuit 1111, est reliée par une dérivation G' à l’électro-aimant E du frein D, de sorte que, dès que le potentiel baisse au-dessous d’une certaine limite, elle coupc, G rompt en FF' le circuit principal, serre le frein et ferme par Fj le circuit 10 sur Fs Fs de manière h mettre en court-circuit l’armature M de la dynamo, qui s’arrête instantanément. On
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- peut aussi manœuvrer G à la main par la manette F* *.
- La dérivation G; de G renferme un certain nombre de contacts de sûreté G,, G8, G4, GS,G„, commandés : G^parle régulateur de vitesse H (fig. 28) ; G, et Gi5 au haut et au bas de la course de la cabine, par ses taquets g3 gi ; Gh par le levier I, 'que son contrepoids V abaisse dès que le câble A' de la cabine se relâche et Gg par lç conducteur de la cabine.
- Le circuit dérivé 2 (lîg. 30) comprend l’enroulement J d’undash-pot électro-magnétique du levier K, dont le balai K' commande le rhéostat L de l'armature M, à contacts /; /s
- et /6. reliés par 3, 3 et 4 aux enroulements s,s2 de l’inducteur de M de manière a pouvoir les introduire ou retrancher successivement du circuit n. Le contact ln est relié par 6 n au commutateur N,, à plaquesN,N8, aboutissant à l’armature M par (n1 7 m) et (n* 8 m') et p>ar n%9 au circuit principal 1. Le contact lB est relié au circuit dérive 10. Quand ce circuit est fermé en F4, son courant passe par 14, L, 6, «, N', 7, m, M 8, N„ «3g, Fs),
- ce qui met bien M en court-circuit par L.
- (A suivre.)
- G. Richard.
- CHAMP ÉLECTRIQUE ET MAGNÉTIQUE
- III. — Force exercée sur lui-même par un corps chargé, de très petites dimensions, et animé d’un mouvement de translation.
- Soit u la vitesse du corps à l’instant t. Je prendrai O# parallèle à cette direction. Soient P 1Ç) et M (.y, y, ^ deux points du corps (fig. 4). Je chercherai d’abord l’action d’une charge de aux environs du point P sur une charge de' aux environs de M.
- Un temps ‘à auparavant, le point P était en P„ de coordonnées
- *c = £ — u 0 —— icx 9*. . . — r, -f — wy O2. ..
- fo = ; + -TWîe^.. (23)
- et à ce moment les composantes de la vitesse étaient
- uaK = u~ 1^0+... ^ 0 -p...
- Déterminant 0 par la condition que P0M
- _ \v* - «o* + 2 M'd-t' (* - *„)] p
- dedë
- soit égal à VO. nous obtiendrons l’équation
- v2 o2 = (x - ïr2 + (y - u3 + (r - + 2 e » (* ç)
- + f>3 «8 - ^3 [w* (x - «) + Wy [y -y) + n>i (î - 0]
- — 0» H «*+... (25)
- Si on considère PM comme infiniment petit, 0 sera du même ordre que PM et les termes négligés au second membre de (25) seront d’ordre supérieur au troisième.
- Fig. 4.
- La vitesse de M étant parallèle à O#, la composante dX suivant cette direction de la force exercée par de sur de1 se réduira à q-V^/rftq^iou en remplaçant/parsavaleur(i7) 0«oi] — wMUM) IBM)
- (BM)3
- Nousnechercheronsquelavaleurprincipale I-----------------------------------—-
- de dX. On serait d’abord amené à négliger g) Voir VSdmraie Émiïqm du 2 juillet, p. s. dans l’expression de dX les termes en ir | (g Voir L'F.daimge Èkciriqm, t. xiv, p. 456.
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- qui sont d’ordre supérieur devant ceux en Y:—un- et dans ces termes à ne prendre que la valeur principale en faisant u„ = m, et confondant pour le calcul de BM les points A et P dont la distance est égale à — nftr -h • Mais à ce degré d’approximation la valeur de dX' relative à l’action de AI sur P sera égale et de signe contraire à dX, et dans l’intégration ces deux termes se détruiraient. Il faut I donc calculer dX avec un degré d’approxima- I tion de plus, et pour cela garder les termes [ en ip (mais qu’on pourra calculer au pre- i mier degré d’approximation) et calculer le i terme - en tenant compte de la diffé- j
- rence entre uu et u et entre les points A j et P. I
- D’après (24) v2 est égal à u2—2huwx-\-... 1
- et on peut écrire
- (V8 — C (x -xa- 0 u„x) (V*-kM*—*0-9 «o»)
- (BM)3 ' (BM)3
- 2 e „ u,v (X - Xo - e
- (BMp
- ou encore, en remplaçant dans le premier terme vV0 et uvX par leurs valeurs, l’expression précédente devient
- iv- - 'O U— ï)
- (BMp
- (BMP '
- Dans le dernier terme le numérateur est du deuxième ordre, au lieu du premier pour le premier terme. Ce deuxième terme pourra donc être calculé en ne prenant que les valeurs principales. Reste donc seulement à calculer —au second degré d’approximation. Par définition
- : — Ï + 0 U — ~ )î’A2) — 0 yi’y ( v — — 0 wz (f — ç)
- V (BM) = (V2 — »*) fl — u {x - 0
- + 6 K„., (*-?)+ »/ (r-1) + ..:] + -f 8> U n +... Elevant au carré
- V* (DM)2 = (V2 - «*) [(V* - u2) 0* -2fl « (*- Ç}]
- + «a (* - ?)a + L(V* - a2) 0 - » (*— £)]J 2 6 [«-* (X - 5) + ...] + 302kw.{+...
- en nous bornant toujours au second degré d’approximation, c’est-à-dire en négligeant les termes du quatrième ordre puisque (BAL est du second.
- Je remplace la première parenthèse par sa valeur (.v— -\-{X — r,)a -J- — Ç)2 — ô2 [îvx [x—lj)-K..l — f)3tm>x tirée de l’équation (25).
- + ^ + f(V2 - «*) 8a - 2 0 » (x - $)]
- [W* {X - 5) + -..] + [2 (V2 - K*) O2 - 3 0 a (x - 6}]
- 0 U Vit
- et le premier terme de la seconde représentent la valeur de (BM)2 au premier degré d’approximation. Par suite, si on appelle p la distance PM et y l’angle de PAI avec O, cette quantité est égale à p2 [Vs — u2 sin2yj.
- Dans les deux dernières lignes je remplace encore (V2—u2) O2 par sa valeur (25), mais en remarquant que je puis ici me borner au premier degré d’approximation, puisque (Ar2—u-) D2 se trouve multiplié par des infiniment petits. Finalement
- V2 (BM)* = p2 IV2 - u1 sin*/J H- p* [wx{x - i)
- + «y (y - ri + »t (T- :)J + 6 umx [2?>- + 0« (x - ?)]
- Soit ^ l’angle du plan P Aï, O* avec le plan des xy.
- On trouve facilement
- (* — ?)= p cos x [y — ri = p sin x cos ÿ (f — %) =psin x sm4-et au premier degré d’approximation
- Au coefficient V3 près, la première ligi
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- Par suite
- !*X] -|-
- X + ^sn
- ++•]-
- ui X * (V* - »‘)3 3 « cos * + 2 V'
- et enfin
- a/.-[V8
- 1 7.1
- Réunissant les différents ternies calculés,
- . V* |V‘ ~ “*> cos __________3_v» -
- »V
- t (.3» CQ:
- 2 ?[V
- V2 + U2 (cos2 X — £
- on aura donc au degré d’approximation admis
- SX + 2 V7 ) CÛSZ
- y/±±
- S/ + -]C
- V2 -
- V2— ü2 '-x -h »
- On peut dans l’expression précédente supprimer tous les termes qui changent de signe lorsque l’on intervertit le rôle des points P et M, ce qui revient à changer y en tt — y et 4- en r. -)- J*, ou encore à changer les signes de cos y, sin y cos et sin y sin ô. Le terme en -i-disparaît comme nous l’avions annoncé, et parmi les autres ne restent que ceux qui ne contiennent pas le radical au numérateur : ces derniers ont d’ailleurs une somme identiquement nulle. Par suite
- v*r«
- SX + •••] c
- 5 \ V’
- Or'x est l’angle des deux directions p n et l’expression w» cos y + ... est égale à y c
- V2 — i
- (iv, p), de sorte que l’on peut écrire
- ‘ÔX \rlW [COS (w, p) CQS (if, p) -f CQS (g), Zl)J
- dedé r H _3_
- 2pfv2 î.3 sin9 («,p)J
- , 3 V3wu'J cos1 (ap) [cos (a, p) cos (u, p) — cos (ni, a)]
- 2?[v>-a<sin!(«,p)] 2
- Nous pouvons maintenant supposer les axes quelconques. Nous devrons seulement remplacer dX par <afFu, puisque la composante de la force calculée est celle parallèle à u. Multipliant par udt et remarquant que la direction p restant fixe puisque le mouvement est de translation, on peut écrire
- jî_ u cos p) — w cos i> ?)
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Revenons aux axes particuliers et opérons pour g comme pour /. Il vient :
- cos X 4* - - j (V- — u'z) —
- -siny cos
- uuiX 3 u co s y, p[-]t
- >[-T
- 4- [»* cos 7 + • • • ] sin y_ cos — wy
- Pour '( le calcul serait analogue
- {de' _ [V2 - U\ + £«>0» 1* - *o)J f.«o» (r—r0) - "«r - -Cq)J + V (BAI) {wx(r~n)~''^r (•*• —-*VJ
- dede‘ V2 (BM)S
- _ (V2 — ur) [u(y—yn) — %wx ( r —,n) + — *o)] ,
- “ V* (BM)î ^ c
- (V2 — «2) m (_x — r, ) , ^ M^W 2 0 lVy 6 (V2— uz)\wx ( r — ,rJ —’f-'r (* — *n)]
- ' VS(BM)3 h V2(BM)3 V2 (BM/
- Le premier terme est le seul où le numérateur est du premier ordre et où il faille remplacer (BMj par sa valeur exacte. Dans les deux autres et dans tous ceux non écrits le numérateur est du deuxième ordre; il suffit de pren-
- dre la valeur principale de chaque facteur.
- Par suite, en réunissant les termes en irx (y—j'J — wy (x— x0] on aura (en supprimant tout de suite les termes qui disparaissent)
- [U>* cosX + • • '](V2 —u2)---------------------------------------------------------
- 4-]4
- , (S a cos x) „
- p[-]L-
- V L I
- r i r '-— ««Y •
- p[]4( 2
- -----U COS X V'se sin X cos ^ — V’y ( COS X + -
- 4]
- + 3 u‘wz sin X cos !/ + [«te cos » sin /. cos !/ J •
- V (V - ») cos / -h ... 3 [V - sin2 / -,! u‘‘ cos» yj
- Vithvx cos x sin x cos 41
- cP[-J4-
- [V2— n2siH2x^3aacos2x3----
- W-i
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- En remarquant que cos (u,y) est identiquement nul, on peut encore écrire ii -V*( {V- *2; cos (*, p) + «* cos (», «) cos {«, ?) j rV. a . 4 , . _ , „4 _a ,
- Vw [V2 - u2 s
- s(w,k) [V2—»s sin2 (u,?) + $u2 cos2 («,pi]
- Si on change dans cette expression^* en on constate, après quelques réductions, que l’on retombe sur la valeur de D’ailleurs
- sous leur nouvelle forme les expressions se conservent sans changement par rotation des
- à Y _v„ JL (Va - »-’) cos {u, p) cos <p,r dede' dt
- | axes de coordonnées. La nouvelle forme est donc valable sans que l’on ait besoin de supposer l’axe des .v parallèle à u. Nous pourrons alors supposer les axes fixes dans l’espace.
- L’angle (p,_y) étant fixe, l’expression précédente peut s’écrire
- + [V2 — ua sin2 (u, p} + n*cosB'(«,p)] cos (u, y)
- Ou encore, géométriquement, l’impulsion élémentaire est égale à
- — Xdede'd
- (V2 — !
- 3i »? + C0S2 («,pl]«
- elle représentera un vecteur ayant meme direction que u, et par suite pour l’évaluer on peut remplacer up par sa projection sur u, soit u cos3 (p, tt). Cette seconde intégrale est donc égale au facteur u près à
- en représentant par u9 la composante de u suivant p.
- Supposons en particulier que le corps soit sphérique, et bornons-nous à la première approximation en supposant uù négligeable devant V2. La valeur de l’impulsion des forces qui agissent sur le corps sera
- f représente en électrostatique
- l’énergie potentielle de la sphère sur elle-même, soit ~ ~, si a est le rayon de la sphère et si la charge est répartie uniformément dans tout le volume de la sphère. Quant à la seconde intégrale, par raison de symétrie
- If-
- Hp,u) dede' 2 P
- //“
- =//
- 2 (p, u') dede’
- cos2 (p. u”) dede'
- 7p
- =fffs
- =TjfJ
- par raison de symétrie, en appelant u' et u" deux directions formant avec u un trièdre trirectangle. Finalement l’impulsion est égale
- ----L — u et sa dérivée-----------n-\ résul-
- 5 a 5 a
- tante des forces développées par la sphère sur elle-même, constitue ce qu’on peut appeler l’inertie électrique de la sphère.
- L’expression obtenue pour le travail des forces électriques conduit au même résultat.
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- T. XVI. — N°28.
- En effet ce travail est égal, au même degré d’approximation, a
- On peut laisser de côté le terme constant Vi j J <le^ et il reste simplement
- - 4-j dede' = _ JL
- dont la différentielle------ u n’cosiu^jv) dt
- représente bien le travail de la force d’inertie électrique.
- Si on supposait la charge uniquement à la surface, l’intégrale j j de^' - serait égale à , et par suite l’inertie électrique aurait la
- valeur--------—— expression déjà donnée
- par M. Larmor.
- IV. -— Examinons en particulier le cas où la vitesse u deviendrait égale on supérieure à la vitesse V de la radiation.
- Jusqu’à présent nous avons toujours supposé u plus petit que V. En effet, pour que les expressions trouvées ne soient pas infinies il faut que la quantité BM ou P°VM [V — u cos œ) qui figure en dénominateur ne puisse pas s’annuler, et pour cela que u soit plus petit que V. Il convient d’examiner ce qui arrivera dans le cas contraire et en particulier de voir si réellement, comme l’annoncent MM. Larmor (’) et Searle (*), il est impossible d’imprimer à un corps électrisé une vitesse égale ou supérieure à V,
- Lorsque u est plus grand que V, notre point A est extérieur à la sphère, que nous avons appelée onde, de centre P0 et de rayon PUM (fig. 5). Si on considère le cône de sommet A circonscrit à la sphère, le cercle de
- (') Larmor. On a dynamical theory of ihe clectric and luminifcrous medium. Phil. Trans1894. A. p. 809.
- (V Searle. On the stea 'y motion of an FJectrified Ellip-soïd. Phil. Mag., t. XL1V. 1897, P' J41-
- contact CC divise la sphère en deuxrégions.
- Dans l’une, la plus éloignée de A, V — u cos » est positif et les calculs précédents sont valables sans modification.
- Dans l’autre, la plus rapprochée de A, V — u cos o est négatif mais fini. Dans ces conditions, je dis qu’il faut changer tous les signes des expressions trouvées pour D et H ou leurs composantes.
- fig- S-
- En effet, reportons-nous à la détermination de la fonction é définie par l’intégrale (12); du1 est essentiellement positif, ainsi que dto qui représente le volume balayé par la surface AB par rapport à fî, tandis que dto' représente le volume réellement balayé. Nous avons vu que
- Puisque du’ et dr* sont forcément positifs il faudra changer la relation en la suivante
- lorsque le dénominateur sera négatif. D’où un changement de signe pour <i> et pour toutes les expressions qui figurent dans la suite des calculs. C’est d’ailleurs la seule modification à apporter, comme on s’en convainc facilement en reprenant les calculs.
- Enfin sur CC', BM est nul et tout est infini.
- Remarquons que tant que l’on supposait u inférieur à V, à chaque position du point M correspondaient une valeur et une seule pour Û et une position unique pour le point P0. En effet, lorsque il croît de o à l’infini, la
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- sphère de centre M et de rayon VO se dilate avec une vitesse V supérieure à celle de la charge, et par suite l’atteint forcément et ne peut plus être de nouveau rencontrée par elle.
- Au contraire, si u prend des valeurs supérieures à V, le nombre des racines réelles et positives en 0 de l’équation (14) peut être nul ou au contraire plus grand que i. Dans ce cas il faudra considérer les diverses positions correspondantes pour le point P0 et ajouter (géométriquement) les valeurs de D et de H correspondant à chacune d’elles.
- Considérons l’état du champ à un instant t déterminé où la charge est en P. A chaque valeur de 8 correspondent une sphère et un cercle CC'. Le lieu de ces cercles lorsque 0 variera sera l'enveloppe E des sphères d’onde S. Cette enveloppe divisera l’espace en deux (ou un plus grand nombre) régions. Pour les points de l’une, les valeurs de Useront imaginaires, c’est-à-dire que la perturbation ne sera point encore .parvenue jusqu’à eux et que le champ y sera nul. Pour les points de l’autre, 8 aura plusieurs valeurs réelles et le champ pourra y être déterminé comme il vient d’être dit. Enfin sur l’enveloppe elle-, même, l’équation en 0 aura une racine double pour laquelle BM sera nul et le champ aura une intensité infinie. Cherchons l’ordre de grandeur de D et H pour des points infiniment voisins de l’enveloppe.
- Développons l’équation (14) par la série de Taylor :
- 2 2 (x — x0) ( 0 x — o*0) + 2 ,;8* - 8 *0)* = 2 V* 0 8 0
- + V*8 8B.
- D’ailleurs
- d’où en remplaçant, il vient
- ou encore puisque BM dr [V’8 — 2 ux
- = V2 0 O2.
- Ce qui montre que o82 est de l’ordre de oÆ, 3ou encore que 08 est infiniment petit d’ordre — pour un point situé à une distance de l’enveloppe infiniment petite du premier ordre. On voit d’ailleurs facilement que BM, nul sur l’enveloppe, est au voisinage du même ordre que 08. Donc I) et H dont les expressions contiennent (BM)3 en dénominateur seront infiniment grands d’ordre —. Par suite les intégrales
- 2-vq''(/*+/?!+yp». + f + rj
- qui représentent l’énergie électrique et l’énergie magnétique seront infinies et il faudra dépenser un travail infini pour imprimer à la charge une vitesse égale ou supérieure à V.
- Mais il faut remarquer que l’énergie est déjà infinie pour une autre cause, même lorsque la vitesse est inférieure à V : en effet, au voisinage de la charge, que nous avons supposée réduite à un point, D et H sont infiniment grands du deuxième ordre. Il nous faut donc examiner le cas d’une charge répartie dans un certain volume et voir si l’énergie sera encore infinie pour une vitesse supérieure à V, pour décider si oui ou non il est possible d’imprimer à un corps chargé une vitesse égale ou supérieure à V.
- On peut opérer de deux manières : soit traiter directement le problème au moyen des équations (5) et (6), soit décomposer le volume ii du corps en éléments infiniment petits dm, calculer les intensités des champs produits par les charges de chacun de ces éléments dm supposés réduits à un point et en faire la somme. C’est ce que nous examinerons dans un prochain article.
- (A suivre.)
- A. Liénard.
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- T. XVI. —N° 28.
- LE CONCOURS DE VOITURES DE PLACE AUTOMOBILES
- Dans le numéro du 18 juin de ce journal, notre collaborateur, M. J. Reyval, indiquait en quelques notes rapides les résultats du Concours de fiacres automobiles, organisé par l’Automobile Club de France et qui a eu lieu à Paris du icl au 12 juin. Une intéressante communication faite vendredi dernier, ier juillet, à la Société des Ingénieurs civils, par M. Forestier, inspecteur général des ponts et chaussées, président et rapporteur de la Commission chargée du concours, nous a fourni à ce sujet de nouveaux documents, en même temps qu’il permettait aux concurrents de se départir de la réserve qu’ils avaient apportée jusque-là à la publication des résultats les concernant. Grâce aux renseignements tirés de la communication de M. Forestier ou recueillis près des concurrents, grâce surtout à ceux qu’a bien voulu nous communiquer notre confrère et collègue, M. E. Hospitalier, qui, pendant toute la durée du concours, a rempli ses fonctions de membre de la Commission avec un zèle au-dessus de tout éloge et à qui nous sommes heureux d’adresser ici nos sincères remerciements, nous pouvons dès maintenant faire connaître à nos lecteurs les résultats de ce concours. Disons tout de suite qu’ils confirment l’opinion émise par M. Reyval dans l’article précité : le fiacre électrique existe ; son exploitation est économique.
- T,ES VOITURES AYANT PRIS PART AU CONCOURS
- Ainsi qu’il a déjà été dit. douze voitures seulement sur vingt-six inscrites se trouvaient réunies le ier juin dans le hall de la nouvelle usine Clément à Levallois-Perret. Rappelons que ces voitures étaient :
- 6 voitures électriques du système Jeantaud, ayant les numéros d’inscription 21 à 26;
- • 4 voitures électriques du système Krieger.
- ayant respectivement pour numéros d’ordre 1, 2, 3 et 16 ;
- 1 voiture électrique de la Compagnie générale des transports automobiles, système Jénatzy, portant le numéro 13 ;
- 1 voiture à pétrole Peugeot, inscrite sous le numéro 12.
- Les 14 autres véhicules inscrits étaient :
- 9 voitures à pétrole : Panhard et Levassor (m18 4 à 8), Prétot (n° 9), Brulé et Cle (n° 14;, Compagnie générale des automobiles (n" 15% Agence générale des automobiles (n° iqj.
- 5 voitures électriques : Compagnie française des voitures électromobiles (n,s 10 et 11), Compagnie générale des voitures à Paris (nos 17 et 18), Doré (n° 20).
- Parmi ces dernières voitures, une, le n° ri de la Compagnie française des voitures électromobiles, prit part aux épreuves à partir du 8 juin; on sait également qu’une voiture anglaise de la Morgan Company, présentée parM. Bouhey, vint prendre part au concours quelques jours après l’ouverture et put subir# quelques-unes des épreuves réglementaires. C’est donc sur 14 voitures, dont une seule à pétrole, que ces épreuves ont porté.
- Sur ces 14 voitures, 7 ont pu prendre part à toutes les épreuves, les autres en ayant été empêchées, soit par une arrivée tardive (n° 11 et Bouhey), soit par des avaries, d’ailleurs sans grande importance {rupture de jonctions des accumulateurs, crevaison des pneumatiques, quelques collisions, etc.). Les 7 véhicules ayant subi toutes les épreuves sont :
- 3 voitures Krieger (nos 1, 3 et 16);
- 2 voitures .Teantaud (n03 23 et 25) ;
- 1 voiture Jénatzy (n° 13) ;
- 1 voiture Peugeot (n° 12).
- Nous ne donnerons pas aujourd’hui une description des voitures ayant pris part au concours. La description des voitures électriques ne tardera pas à paraître dans la série
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- Tableau I. — Dispositions mécaniques des voitures.
- ÉLÉMENTS KRIEGER C.G.T.A. JEANT
- r, 3, .6 * - 23 24 25 26
- Moteurs.
- Nombre
- Double. 50 90 Tambour. Série.
- Nombre de pôles Excitation Poids de chaque moteur, en kg Double. 65 9° Double. Double. Double. Double. Double. Double.
- Intensité normale, en ampères Différence de potentiel maxima, en volts . . Rendement annoncé, en p. ioo, à puissance normale 90 ton 90 90 90 90 90
- Puissance nominale, en watts Position du moteur et action sur les roues . A°°Ut Avant. Arrière. 5500 t 4500 Arrière. Æe. 4V>o Arrière. .4Sro. Arriére.
- Transmission.
- Nature Rapport de réduction • . . . . Arbre intermédiaire Changement de vitesse mécanique. . . Différentiel Kngrenage hélicoïdal. i6,5 Engrenage hélicoïdal. 16,5 Chaînes. Engrenages coniques. 1 pour chaque roue. Chaînes. Chaînes. Chaînes. Chaînes. Chaînes.
- Combinâtes.
- Nombre de positions avant . Rhéostat. Rhéostat. Combinat.
- Nombre de positions arrière. . . 4
- Couplages spéciaux des batteries d'accumulateurs Verrouillage spécial de la marche arrière . . Rhéostat de démarrage Récupération Combinat. Combinat. Pédale. Combinat. Pédale. Combinat. Pédale. Pédale. Pédale. Combinat. Pédale.
- Freins.
- Nombre total Frein mécanique sur les roues arrière. . , Frein a sabot sur les jantes Pédale. 3 Levier. Manivelle. Pédale. Pédale.
- Frein mécanique sur l'arbre intermédiaire. . Frein électrique à réeiipémiirm ° ^ f 0. 1 Pédale. Pédale. Pédale. Pédale. Pédale.
- Frein électrique sans récupération. Combinat. Pédale.
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- d’articles que M. Reyval s’est propose de consacrer aux électromobiles ; quanta la voiture à pétrole Peugeot, elle intéresse les électriciens moins par sa construction, qui est d’ailleurs bien, connue de ceux qui suivent les progrès de l'automobilisme., que par la comparaison des avantages et inconvénients de cette voiture et des voitures électriques, comparaison qu’on trouvera plus loin. Nous nous bornerons donc à donner sur ces voitures les renseignements contenus dans les tableaux 1 et II que nous devons à l’obligeance de M. Hospitalier.
- Le tableau I, dans lequel se trouvent quelques lacunes, indique suffisamment, sans qu’il soit besoin de commentaires, les divers organes mécaniques des 11 véhicules électriques présents à l’ouverture du concours.
- Le tableau II contient des données intéressantes sur les accumulateurs. Toutes les batteries de ces n voitures ont été fournies par la Compagnie Fuhuen.
- LES ESSAIS DE FREINAGE ET DE CONSOMMATION
- Ainsi qu’il a déjà été dit les épreuves du concours se divisaient en deux séries :
- L’une d’elles comportait la détermination des données consignées dans les tableaux précédents, l’examen de la puissance des freins, la détermination de la consommation en palier et en rampe à différentes vitesses. Cette série d’essais a eu lieu le ief et le n juin, au début et a la fin du concours, le long des quais de la Seine et sur la rampe de la Tuilerie,'sur la route du Mont-Valérien.
- La détermination de la puissance dés freins était de toute nécessité avant de permettre aux véhicules de s'engager dans les rues de Paris. Elle était faite de la manière suivante : deux drapeaux étaient placés à 25 mètres de distance, un commissaire chronométrait les instants du passage du véhicule devant l’un et l’autre de ces drapeaux, afin d’en déduire la vitesse moyenne du véhicule; à l’instant où celui-ci passait devant le second drapeau, qui commandait l’arrêt, le conducteur serrait
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- les freins ;on mesurait ensuite ie chemin parcouru à partir du drapeau d’arrêt. Les essais étaient faits en descente et en rampe ; dans ce dernier cas on norait Je recul du véhicule après l’arrêt.
- Les résultats de ces essais faits sur la côte de la Tuilerie sont donnés dans le tableau III.
- On voit par les chiffres de ce tableau que malgré le poids considérable des voitures et malgré la forte déclivité de la pente (11 p. 100' les arrêts en descente avec une vitesse d’environ 13 km : h ont pu être obtenus en 10 mètres environ, et que les reculs après les arrêts en rampe sont insignifiants.
- Les voitures Kricger n’ayant ni frein empêchant le recul, ni béquille, ni rochet, l’arrêt en forte rampe se maintient par un artifice ou plutôt par un expédient qui consiste à manœuvrer ie combinateur en trémolo sur les positions d’arrêt et de démarrage, ce qui produit une série de mises en marche compensant le recul naturel de la voiture.
- Les déterminations de la consommation en palier a diverses vitesses ont conduit aux résultats consignés dans le tableau IV; celles de la consommation sur la côte de la Tuilerie, dont la rampe moyenne est de 8,28 p. 100, ont donné les résultats du tableau V.
- LES PARCOURS DANS PARIS
- La seconde série des épreuves du concours comprenait le parcours, pendant les journées du 2 au 10 juin, de neuf itinéraires ayant chacun une longueur d’environ 60 km, où se trouvaient rassemblées toutes les difficultés d’un service de fiacres dans les grandes villes : voies encombre'es, rues étroites, rampes et descentes, mauvais pavés, etc.
- Tout d’abord on avait songé k faire neuf itinéraires différents. Mais on a craint, avec juste raison, que conducteurs et commissaires n’eussent pas une connaissance suffisante des nombreuses voies de Paris, et l’on s’est arrêté à trois itinéraires, chacun d’eux devant être parcouru trois fois.
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- Nous n’indiquerons pas par le détail les rues, avenues et boulevards compris dans chacun de ces itinéraires ; nous nous bornerons à donner (tableau VI) les longueurs et rampes des voies principales de ces itinéraires ainsi que l’indication des rues les plus accidentées qu’ils comportaient. Ajoutons que la
- chaussée de quelques-unes de ces voies était en fort mauvais état; en particulier celle du boulevard Serrurier dont les pavés resteront légendaires.
- En calculant, d’après les profils en long dressés par la Ville de Paris, la longueur de la projection verticale de chacune des rampes,
- IV.
- .Expériences de consommalm
- Vitesse, en kilomètres par heure.
- j Différence de potentiel, en volts.
- 1 Intensité, en ampères.........
- Puissance, en watts............
- poicsioih1 en atts. par tonne. . ri'i'emi'6 Lr-our~' civwatts-heurepar
- voilure-kilomètre.............
- Energie spécifique, en watts-heure par tonne-kilomètre de
- poids total...................
- Energie spécifique, en watts-heure par tonne-kilomètre de poids utile....................
- ïn additionnant ces longueurs pour . des itinéraires, on trouve :
- Pour l’itinéraire A.
- On voit par ces chiffres combien étaient durs les itinéraires choisis.
- Quelques accidents, sans importance au point de vue technique, se sont produits pendant ces épreuves. Le 3 juin (itinéraire B) l’un des pneumatiques du coupé Jeantaud n°2i se détache de la roue, ce qui empêche
- ce coupé de prendre part aux épreuves du lendemain ; le 5, le mylord Jeantaud n" 24 qui sortait pour la première fols doit être ramené k l’usine h la remorque d’un autre véhicule et ne peut sortir que le surlendemain ; le 8, accident dans la transmission du drojsky Jeantaud n" 26: le 10, la Victoria Krieger n" 2, qui déjà n’avait pu prendre part aux épreuves du 2 et du 3 juin, ses accumulateurs n’ayant pu être chargés à temps, est obligée de retourner à l’usine peu après le départ, la charge de la batterie notant pas suffisante : les autres jours, quelques crevaisons de pneumatiques
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- et quelquescollisions entre véhicules. Comme on le voit ce sont là des accidents inhérents à toute exploitation de fiacres, qu’ils soient mécaniques ou non, et auxquels la pratique permettra certainement de remédier dans une large mesure.
- D’ailleurs l’ensemble de ces épreuves a
- montré, ainsi qu’il a déjà été dit, que les électromobiles conviennent bien au service, cependant très dur, d’un service de fiacres dans Paris. La manœuvre de ces véhicules ne présente pas de difficultés sérieuses, et comme le faisait remarquer M. Forestier dans sa communication à la Société des Ingénieurs
- lier sur macadam sec et propre (11 ju
- is9s).
- -i 2I 22 23 24 25 (') 6'
- 8,5 ; I 16 20 15,8 lliîs .ü_5 t6. 4=; n,5o 16,15 7,82 i6>95 6,90 12,95 U,? .7,5
- 4d 104 103 45 88 88 88 87 87 89,8 s,,» 44 88 46 86 83 80
- 25.4 .9,8 20,8 25 21 ?4 26 16, 7 24,2 12,36 16,58 14, SS 13 16,2 20
- 636 2345 3187 900 1830 2200 1850 2090 2260 1500 2178 544 1460 660 T 118 '345 1600
- î3°5 *774 362 “3i i,,6o -s ,260 1360 1014 1470 386 io35 605 1025 1235 .467
- 134.5 0 147 159 s 3 148,5 148,1 138 *57 U8 i37 130,4 135 69,7 86.3 95,5 86,4 97,5 9D5
- ’ 74w ii, 6 81,6 88,5 9* 9,7 85,5 94,5 83,2 82,5 88,2 91,2 49,3 61,1 87,5 79,4 89,5 84
- 960 1 705 758 ,060 1056 972 „20 985 979 1070 *554 497 6*5 681 6*7 695 653
- 1802 1800 1616 2660 1480 IO IO P
- 140 210 140 140 1 O fO I 4°
- H, 8,64 8,4 9,4 10 12,8
- civils, en citant comme exemple le conduc- journées du 5 au juin que pour le s jour-
- teur de la roiture Jeantaud n° 23, peut être nées du 2, et 4 j te lég ère différence
- apprise en peu de temps.
- Dans le tableau VII, nous donnons les temps employés pour le parcours des divers itinéraires, les arrêts dépassant deux minutes étant déduits. On remarquera que pour chacune des voitures les temps employés à parcourir un même itinéraire sont à peu près égaux, ce qui indique qu’il est possible d’obtenir une grande régularité de marche. On observe cependant qu’en général les durées des parcours sont un peu moindres pour les
- ne peut être attribuée qu’à ce que les conducteurs connaissaient alors mieux leurs itinéraires, déjà parcourus une fois.
- Il résulte des chiffres de ce tableau que pour quelques voitures la vitesse commerciale a atteint près de 15 km: h. Sans doute on aurait pu obtenir une vitesse plus élevée, mais les règlements de police s’opposaient à ce que l’on dépassât une vitesse maxima de 15 km dans les rues de Paris, et déjà pour arriver à une vitesse moyenne de
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- millièmes (Mont- Valérien, t ï juin j HgS).
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- 15 km : h il avait fallu les transgresser. L’absence d’accidents prouve d’ailleurs que la vitesse maximum pourrait être portée sans inconvénients à plus de 15 km : h. vitesse qu’un fiacre à chevaux réalise souvent.
- L’énergie fournie aux batteries était relevée chaque jour aux compteurs. Les résultats obtenus sont consignés dans le tableau VIII.
- Le vendredi 10 juin, à la suite du parcours réglementaire de l’itinéraire C, on a procédé à une épreuve non inscrite au programme du concours : déterminer le nombre de kilomètres que peut parcourir une électromobile sans avoir besoin de recharger les accumulateurs.
- Cinq voitures ont pris parta cette épreuve et ont épuisé presque complètement leurs batteries en faisant une promenade sur les quais de la Seine. Elles ont ainsi parcouru outre les 60 km de l’itinéraire C :
- Le n° r (Krieger)...................... 3°o
- 3 (Kricgcr)..................... 32,5
- 16 (Krieger)................. 40
- 13 (Jénatzy)................. 45
- 25 (Jeanlaudj................... 26,5
- Dans le tableau IX, nous avons réuni les diverses données relatives à ces cinq voitures.
- Les récompenses
- 3 000, francs de prix avaient été mis à la disposition des organisateurs du concours par la Compagnie générale des voitures et par le Syndicat des entrepreneurs des voitures de place du département de la Seine. Le 18 juin, le jury du concours se réunissait sous la présidence de M. Forestier (‘) et décernait trois prix :
- irc Catégorie. — Fiacres à deux places.
- ier prix, 1 000 fr. — Cab Jkantaud (n° 25}.
- 2e prix, 600 fr. — Fiacre Jénatzy (n° 13) de
- 1'1) Etaient présents : MM. Bisio, Bourdel, de Dion, G. Forestier. Herard, Hospitalier, de la Valette, Monmerqué, Solignac, Talansier, van Zuylen.
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- Tableau VI. — Longueurs et rampes des voies principales des itinéraires.
- Itinéraire A
- Avenue de la Grandc-Ar Avenue Friedland . . .
- Avenue des Champs-Élysée;
- Itin
- • B
- Boulevard Montmartre. Boulevard Saint-Martin Boulevard Saint-Michel
- Rue de Médias........
- Boulevard Magenta. . .
- Itin
- Rue de Nansouty
- Rue Raynouard (A).
- Rue de Magdebourg (B).
- Boulevard Pereire . . . . Rue Faubourg-Saint-Ho-
- Rue d’Allemagne .... Boulevard Menilmontant Rue des Amandiers. . .
- Rue Sorbier...........
- Rue du Retrait........
- Rond-Point............
- Rue de La Boétie ....
- Rue de Chaillot.........
- Avenue de l'Alma........
- Rue du Bel-Rcspiro . .
- Rue Richelieu. . . Rue Saint-Martin. Boulevard Sainl-Gt Rue de Vaugirard. Rue des Vinaigrier;
- Rue Saint-Lazare. Rue de la Trinité . Rue de Milan. . . Rue de Bruxelles .
- Place de l’Alma. Rue de Malte. . Rue Oberkampf.
- Rue Boulainvilliers . Rue du Ranelagh. . Rue des Marronniers Rue des Vignes. . .
- Rue Guillon.........
- Quai de Billy. . . . Rue Fresnel .... Avenue d’Iéna . . . Avenue du Trocadérc
- Rue Durantin. . Rue de l'Orient. Rue Tholozé . . Rue Girardon. .
- Place de l’Étoile.
- Poudrière .... Rue des Amandier Rue Sorbier. . . Rue du Retrait. . Rue de la Chine . Rue de La Boétie. Rue de Chaillot . Avenue de l'Alma Rue du Bel-Respir Place de l’Étoile.
- Rue de Médicis.........
- Boulevard Saint-Michel. Rue de Valenciennes. .
- Rue de la Trinité. . . Rue de Milan . . . . Rue de Bruxelles. . . Boulevard de Clichy.
- Avenue Gambetta
- Pue du Ranelagh Rue des Marronnie Rue des Vignes . Rue Guillon . . . Rue Singer . . . Rue Fresnel • -. . Avenue d’Iéna . . Avenue du Trocad Avenue Kléber. .
- Retour rue Lepi F ace n1-1 35 . . .
- Rue 1....
- Rue de l'Orient Rue Tholozé. . Rue Girardon . Axe rue de Norv
- LONGUEUR
- 814.40
- 392
- 255
- 3*7 30
- 143 10
- 92 4
- 118,83 334i 6
- 522 10
- 656,/
- 435 80 55 8
- 462 8
- 638 5
- 1Ô4
- 54
- 39 8/ 149 8
- 187
- 826
- 263 57 S
- £ 15 37 \
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. -N° 28.
- Tart.eu: VII. — Durée des parcours de divers itinéraires.
- ITINÉRAIRE A ITINÉRAIRE B ITINÉRAIRE C
- a iui». 5 pii. 8|„d 3 juin. (j juin. 0 juin. 4 juin. 7juiu. . 7j TOTAUX
- 1. Krieger, coupé 4 1 4 6 1. 4 4 10 5 52 4 58 4 h. m. 1r 55
- 2. Krieger, Victoria 5 4° 6 4 5 2 6 17 5 35 4 54 » 33 32
- 3. Krieger, vis-à-vis 4 40 4 -! 17 4 33 5 13 4 34 4 32 4 16 3 59 43 4
- 12. Peugeot, coupé 3 26 3 47 3 45 4 26 4 3 4 10 4 3 43 3 47 ' 35 27
- 13. Jénatzy, coupc 4 47 4 28 4 12 4 43 4 8 4 21 4 35 4 « 4 8 42 30
- 16. Krieger, coupé à galerie- . 5 9 4 10 4 19 4 1/ 5 6 4 a=; 4 17 S 1 44 24
- 21. Jeantaud, coupé 5 5 45 4 45 4 29 4 48 4 18 4 26 34 J 9
- 22. Jeantaud, coupé 7 23 5 3 >, 6 18 S 21 24 5
- 23. Jeantaud, landaulet .... 5 39 6 5 5 33 5 7 4 -13 5 5 5 59 4 39 4 37 47 31
- 24. Jeantaud, mylord 6 42 6 42
- 25. Jeantaud, cab 5 15 4 4 24 4 24 4 rr 4 11 4 57 4 12 4 20 4» 54
- 26. Jeantaud, drojsky 4 38 4 46 4 46 5 36 5 38 6 4 31 43
- Tableau VIII
- Consommation d'énergie électrique à l’usine mesurée aux bornes des batteries.
- DATES 8 16 13 « 23 24 25 26
- 2juin 9,87 3.38 10.42 10, 70 13,52 t6, 12 i4,33 U,26 10,65
- 3 — 9-73 7,82 10,26 12,56 13,91 15,28 12,92 3-09 71,67 8,08
- 4 — 10,82 10,93 II,08 U 13-91 1 39 0,27 13,37 1-25 10,58 8. 53
- 3 — 1 10,18 10,87 10,54 10,56 13,18 14.4-1 0,00 12,21 13,03 9,25 8,29
- 6 — ! 11 9,40 o>,75 i°,77 12,61 15 3,12 IO.98 12,28 10, 13 8,32
- 7 — 9 9> S2 11,51 10,71 13,11 12,68 12,41 10,49 11,91 9,60 9,39
- 8 — ' 1.3-49 10,01 i5,5o 11,70 13,18 13,55 1, 14 lI,6o P 15 9,oi 5,61
- 9 -- ; i°,53 10,56 io,43 11,31 12,69 14,27 12,15 11,22 9,7o <>,27
- 10 - 13-91 7-48 13,05 11,56 13.18 16,80 P3,99 12,98 3,93 12.57 9-37
- Totaux. . .} 98,53 80,00 103-54 100,31 119,29 102,25 58,35 110,30 37,89 93,i6 57.89
- la Compagnie générale des transports automobiles.
- 2e Catégorie. — Fiacres à quatre places avec galerie.
- Ier prix, i ooo fr. — Fiacre Krieger (n° 16)1. Les 400 francs restants ont été attribués aux quatre meilleurs conducteurs :
- 100 fr. à M. Creux, conducteur du fiacre à pétrole Peugeot n° 12 ;
- 100 fr. à M. Demeny, conducteur du fiacre nu 16 \
- 100 fr. à M. Bailly, conducteur du fiacre
- 100 fr. à M. Alary, conducteur du fiacre n° 23.
- Le rapport du jury ajoutait :
- « A l’unanimité, le jury a exprimé le regret que l’article 3 du règlement du concours ne lui ail pas permis de récompenser le fiacre a pétrole Peugeot n° 12, en raison de sa consommation trop élevée dans Paris. Il n’en a que davantage rendu hommage à son parfait fonctionnement et à sa grande régularité. »
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- On remarquera que pour la distribution des récompenses le jury n’a admis que deux catégories de véhicules, les deux catégories qui sont prévues au tarif des voitures de place à Paris : la voiture à deux places avec strapontin, fermée ou découverte, sans galerie pour les bagages et la voiture a deux banquettes ou quatre places avec galerie pour les bagages. Cette décision, qui paraît avoir été
- prise en raison de la provenance même des fonds destinés aux récompenses et de ce que l’objectif principal du concours était la détermination du prix de revient des voitures de place ordinaires dans Paris, éliminait plusieurs véhicules à deux banquettes, à quatre places, sans galerie ayant subi avec succès les épreuves.
- Les véhicules de la première catégorie
- plus à l'épuisement
- W : h doper
- \V : h dépenses par tonne-kilomètre, poids total
- Poids utile transportable.........•...........
- W : h fournis à l’usine par tonne-kilomètre utile
- W: h dépenses par tonne-kilomètre
- rie nombre de k\v réellement fournis par l'usi
- ayant subi toutes les épreuves du concours étaient au nombre de trois : les n"s 13, 23 et 25. Au point de vue de la consommation d’énergie, les voitures 23 et 25 viennent en première ligne (voir tableau VIII). La voiture 25, conduite pendant toutes les épreuves par M. Jeantaud lui-même, présente sur la voiture 23 du même constructeur l’avantage de permettre l'enlèvement rapide de la batterie d’accumulateurs, soit pour la remplacer par une batterie nouvellement chargée et obtenir ainsi une meilleure utilisation de la voiture, soit pour permettre le lavage de la voiture à grande eau, sans craindre de faire pénétrer l’eau dans les bacs d’accumulateurs. C’est cet
- avantage qui lui a valu le premier prix. Quant au fiacre n° 13, conduit par M. Jénatzy, il s’est montre, sous beaucoup de rapports, bien supérieur à tous les autres véhicules du concours; mais, par suite du poids considérable de ses accumulateurs, construits pour une charge rapide, sa consommation d’énergie est très grande. Pour cette raison, il n’a eu que le second prix.
- La seconde catégorie, voitures à quatre places à galerie, n’était représentée que par le fiacre n° 16 de AI. Kricgcr. Comme consommation d’énergie et maniabilité, ce fiacre s’est montré excellent; un premier prix a récompensé ces qualités.
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- T. XVI. - N° 28.
- J.E PRIX DF- REVIENT DE FA JOURNÉE d’üN FIACRE 1
- Il nous reste maintenant à tirer des conclusions des résultats du concours; c’est ce que nous ferons en suivant les considérations développées par AI. Forestier dans sa communication aux Ingénieurs civils.
- Des renseignements fournis par AI. Bixio il résulte qu’un fiacre parisien reste environ seize heures par jour hors du dépôt; pendant ce temps il acccomplit un parcours total de 6o km dont 45 km de courses à une vitesse de 12 à 14 km ; h et 15 km à petite allure, soit pour la « maraude », soit pour se rendre et retourner au dépôt.
- Les frais d’administration par fiacre et par jour s'élèvent à 0,82 fr; les indemnités dues pour accidents et avaries montent à 0,34; les taxes et impôts à 2,42 fr; soit pour les frais généraux un total de 3,58 fr par jour.
- Les frais inhérents à la traction proprement dite s’élèvent à 15,79 fr* Sur cette somme, 5,79 fr sont comptés pour la nourriture des chevaux, un fiacre utilisant en moyenne trois chevaux et demi par jour; 2,67 fr pour la réparation du matériel; 1,02 fr. pour la location et l’entretien des bâtiments (remises, écuries) ; 0,94 fr pour les palefreniers et les laveurs ; enfin 5,37 fr pour le salaire du cocher.
- Un fiacre à traction animale coûte donc 19,37 fr Par jour.
- Avec ces données il est possible de calculer combien peut coûter un fiacre électrique.
- Prenons les frais généraux. Il n’y a aucune raison pour que les frais d’administration (0,82 fr) soient modifiés. Les indemnités dues pour accidents ou avaries peuvent être aussi évaluées à la même somme, 0,34 fr. Quant aux taxes et impôts, ils seront peut-ctre un peu diminués. L’usure et l’entretien des chaussées étant moindres avec les véhicules à traction mécanique qu’avec les véhicules à chevaux, on peut espérer en effet que la taxe par voiture sera abaissée ; d’autre part, les droits d’octroi sur les fourrages se trouveront supprimés. En ne comptant que cette dernière diminution, les taxes et impôts se trou-
- vent réduits à 2 fr, et les frais généraux ne sont plus que de 3,16 fr (au lieu de 3,58 fr).
- Passons aux frais de traction proprement dits. La consommation d’énergie relevée pour les parcours de 60 km accomplis par les fiacres électriques permet de calculer la consommation résultant du parcours de 45 km qu’accomplit un fiacre dans les mêmes conditions; en outre les essais de consommation à différentes vitesses fournissent les données suffisantes pour le calcul de la dépense occasionnée par . le parcours supplémentaire de 15 km à faible vitesse. En comptant le kilowatt-heure à 0,12 frM. Forestier arrive ainsi à une dépense moyenne de 1,38 fr.
- Mais à cette dépense il faut ajouter celle résultant de l’entretien et de l’amortissement de la batterie d’accumulateurs, dépense qu’il est bien difficile de préciser actuellement et que M. Forestier évalue à 4 fr par jour pour éviter toute surprise désagréable. II faut encore y ajouter l’entretien du moteur électrique, soit l fr d’après M. Forestier.
- Nous arrivons ainsi à une dépense de 6,38 fr pour l’énergie consommée et l’entretien des accumulateurs et du moteur, dépense peu supérieure à celle (5,79 fr) qu’exigent les che-
- Une autre dépense nécessitée par la traction mécanique et qui n’existe pas dans la traction animale est l’entretien des pneumatiques; c’est un surcroît de dépenses que M. Forestier évalue à 2 fr.
- Quant aux autres dépenses d’exploitation elles sont plus faibles, sauf le salaire du conducteur qui est évalué au même chiffre que celui d’un cocher, avec la traction mécanique qu’avec la traction animale. La suppression des écuries abaisse à 0,51 fr (au lieu de 1,02 fr) la dépense de location et d’entretien des bâtiments ; la suppression des palefreniers et leur remplacement par un personnel moins nombreux chargé de la manutention des accumulateurs abaisse à 0,44 fr (au lieu de 0,94 fr) les frais portés au compte palefreniers et laveurs; enfin l’entretien du matériel est notablement diminué par la
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- suppression des bris de brancards si nom- I La dépense journalière d’un fiacre élcctri-breux à Paris, et se trouve réduit à 2 fr. | que s’élève ainsi à 19,86 fr.
- Tableau X. — Dépenses journalières d'un Jîacre à Paris.
- NATURE DU trtOTEUR A PÉTROLE ÉLECTRIQUE
- Frais généraux 3,58 3,ib 3,l6
- Location et entretien des bâtiments 0,51 0,51
- Cocher ou conducteur 5-37 5-37 5-37
- Palefreniers et laveurs o,94 o-34 0,41
- Entretien et réparations de la voiture 2.67 4 4
- Dépense journalière du moteur 5-79 *5 6,38
- Totaux T 9 • 37 28,48 19,86
- Quant aux fiacres à pétrole, les consommations relevées pour le fiacre n° 12 ont montré qu’il faudrait compter sur une consommation de 21,47 litres de pétrole pour faire le service ordinaire d’un fiacre, soit une dépense d’environ 12 fr au prix actuel de l’essence de pétrole à Paris; en outre, l’entretien d’un moteur à pétrole est beaucoup plus onéreux que celui d’un moteur électrique et doit être évalué à 3 fr. On aurait donc une dépense de 15 fr par jour pour la production de l’énergie motrice. Les autres dépenses étant sensiblement les mêmes que pour un fiacre électrique, le prix de revient de la journée d’un fiacre à pétrole s’élèverait à 28,48 fr.
- On voit par les chiffres du tableau X que si le pétrole ne peut venir en concurrence avec le moteur animé pour la traction des fiacres, il n’en est pas de même de l’électricité. Les prix de revient journaliers sont très peu différents pour un fiacre à chevaux et un fiacre électrique dans l’hypothèse que ce dernier accomplit le service qu’accomplit aujourd’hui le premier. Or cette hypothèse, qui était nécessaire pour établir des chiffres comparatifs, n’est pas exacte. Un fiacre électrique pourra facilement effectuer plus de 45 km de courses qui ne représentent que quatre heures d’utilisation, sur les 16 heures passées
- hors du dépôt, et comme la dépense d’énergie électrique n’entre que pour 1/15 dans la dépense totale journalière, l’augmentation de recettes sera bien supérieure à l’augmentation de dépenses. D’autre part, puisqu’il est possible de parcourir une centaine de kilomètres sans recharge des accumulateurs, un fiacre électrique n’aura pas besoin de retourner au dépôt dans le courant de la journée; d’où une perte de temps assez considérable évitée.
- Pour ces diverses raisons le fiacre électrique est donc véritablement plus économique que le fiacre à traction animale : c’est du moins la conclusion qui semble devoir être tirée de la communication de M. Forestier.
- Faisons d’ailleurs observer que les deux causes de dépenses les plus importantes d'un fiacre électrique sont l’entretien des pneumatiques (2 fr) et l’entretien des accumulateurs (4 fr). Or, ces deux causes de dépenses paraissent pouvoir être considérablement diminuées des que la pratique aura fait connaître les améliorations qu’il convient d’apporter aux pneumatiques et aux accumulateurs. Pour les accumulateurs, de nombreux essais sont faits dans ce sens et sans aucun doute le concours d’accumulateurs qu’organise l’Automobile Club et qu’annonçait M. Forestier, nous apportera une solution à ce sujet. J. Blondin.
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- Compteur électrique Staveley, Parsons et Murday (').
- Le compteur proposé par Stavelev, Parsons etMurday.de Leicester, est un compteur à intégration discontinue reposant sur le même principe que le compteur Frager(2).
- Un pendule entretenu électriquement actionne un compteur de temps. L’aiguille d’un ampèremètre ou d’un wattmètre commande un levier qui relie le compteur de temps au totalisateur. Suivant la position de l’aiguille, le levier s’avance plus ou moins sur le trajet
- Fig. i.— Compteur électrique Staveley, Parsons et Murday. Vue d’ensemble.
- du mécanisme du compteur de temps et fait tourner le totalisateur d’un angle proportionnel au déplacement qu’il a subi. Quand l’ai-
- (*) Brevet allemand, nü96u7?-.
- (2Î L'Eclairage Électrique, t. X, p. 263.
- guille est au zéro, le mouvement d’horlogerie est indépendant du totalisateur. Un étrier maintient l’aiguille fixe et ne la rend libre qu’au moment où elle n’est pas en contact
- Fig. 2.—Compteur électrique. Mécanis
- avec le levier, de sorte que celui-ci ne peut avoir d’action sur la position de l’aiguille.
- La figure 1 représente une vue d’ensemble de l’appareil et la figure 2 indique le mécanisme de liaison du totalisateur avec le mouvement d’horlogerie.
- Sur la plaque d est fixée la bobine c d’un ampèremètre dont l’aiguille se meut dans un plan vertical devant une échelle divisée <?,.
- Dans le modèle représenté sur les figures 1 et 2, le moteur est un pendule l actionné par l’électro-aimant m en dérivation ; une résistance placée sur ce circuit réduit l’intensité ; pour économiser encore le courant, celui-ci ne passe pas dans l’électro à chaque oscillation, mais seulement lorsque l’amplitude de-
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- t
- vient trop faible. A cet effet le conducteur mi est interrompu par deux lames de ressort o et o, qui ne sont pas habituellement en contact ; la tige du pendule porte un loqueteau p qui peut se placer dans l’encoche pl du ressort o ; dans ce cas, et si le pendule est vertical, la petite tige p presse sur le çessort o et l’abaisse au contact de oi ; les dimensions de la pièce jp, sont choisies de telle sorte que pour les oscillations normales, la tige p glisse librement sur l’encoche; mais si les oscillations deviennent trop faibles, lorsque le pendule est déplacé vers la droite, la pointe du loqueteau reste au-dessus de la pièce et s’introduit dans l’encoche à mesure que le pendule revient vers sa position d’équilibre; le courant passe alors dans l’électro qui attire la tige du pendule pendant la période de l’oscillation où il se dirige précisément surl’élec-tro. La partie de gauche de la pièce pL étant plus petite que celle de droite, la tige du loqueteau s’échappe toujours de ce côté et par suite ne peut être dans l’encoche lorsque le pendule s’écarte de l’électro.
- Un fléau porte à ses extrémités, à gauche un contrepoids q„ à droite un cliquet q3 qui entraîne une roue fixe q2. Le bras qi du fléau est muni à sa partie inférieure d’un biseau ç., sur lequel roule une petite roue dont l’axe est fixé sur la tige du pendule.
- Le mouvement du pendule a donc pour effet d’élever et d’abaisser à chaque oscillation double le bras çt, de telle sorte que l’encliquetage q3 fait alors tourner la roue dentée chaque fois d’une quantité constante.
- Le mécanisme précédent produit donc un mouvement de rotation uniforme lorsque le courant est utilisé. A lui seul, il constitue un compteur horaire. Voici maintenant comment fonctionne le totalisateur.
- Un levier r, supporte, à une de ses extrémités, des cliquets r2 qui engrènent sur la première roue r du totalisateur. L’autre extrémité de r, est mise en mouvement par la cheville rs fixée à l’extrémité d’un bras q entraîné dans le mouvement de rotation de la roue q,. Il en résulte pour un mouvement
- oscillatoire dont l’amplitude est réglée comme il suit ;
- Une tige s est fixée invariablement au levier r, et son extrémité st recourbée en avant vient s’appuyer contre l’aiguille de l'ampèremètre en vertu du poids de l’extrémité du levier 1\ qui porte les cliquets r2. Si l’ampèremètre est au zéro, la position de la portion
- du levier r, est telle que la cheville r3 puisse tourner librement sans la rencontrer. Supposons que l’aiguille occupe la position de la première division de l’échelle et, il passe alors un courant dont l’intensité est d’un ampère, la tige .v, se relève légèrement ainsi que l’extrémité r, qui se trouve alors dans l’espace balayé par la chevillera. Celle-ci fait par exemple un tour par minute; donc le levier r, fera une oscillation par minute ; si la roue r a 120 dents et que, à chaque oscillation telle que les précédentes les cliquets r, la fassent avancer de deux dents, une rotation complète de r correspondra à une consommation de un ampère-heure dans le circuit d'utilisation.
- Le déplacement du bras de levier n, sous l’influence de l’aiguille e de l'ampèremètre, est calculé de façon que le nombre de dents dont s’avance la roue r à chaque oscillation de r4, soit proportionnel à l’intensité du courant: ainsi, lorsque l’aiguille sera sur la division 5, ce qui correspond à un courant de 5 ampères, le bras de levier sera relevé de façon qu’à chaque tour de r3 les cliquets t\ fassent avancer la roue r de io dents. La roue r est solidaire d’une aiguille t qui se« déplace devant le premier cadran u du tota-
- Pour le bon fonctionnement de l’appareil on a eu recours aux dispositions suivantes :
- Afin de préserver l’aiguille e de l’ampèremètre contre les mouvements que pourrait lui communiquer la tige s, un cadre v entoure l’espace dans lequel se meut l’aiguille. Ce cadre peut tourner entre deux pointes pt ; lorsqu’il est abandonné‘à lui-même il tend à se placer dans un plan vertical, les deux barreaux touchent alors l’ai-
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- guille et l'immobilisent. Au moment où la cheville rs agit sur le levier r,, le bras qv diamétralement opposé à la cheville, vient soulever le levier «•, qui, par le bras v, place le cadre horizontalement, laissant ainsi l’aiguille libre d’obéir aux variations de l'intensité dans l’ampèremètre, précisément au moment où la tige s entraînée dans l’oscillation de r, ne la touche plus.
- Le levier r, porte une partie courbe t\ concentrique à la circonférence décrite par la cheville rs, de façon que celle-ci maintienne le levier pendant un certain temps. Pendant ce même temps, la tige ,v reste au zéro, et l’aiguille de l’ampèremètre, rendue libre, a le temps d’atteindre sa position d’équilibre dans le cas où l’appareil n’est pas tout à fait apériodique.
- Le cadre peut se relever et fixer ainsi l’aiguille dans sa nouvelle position avant que la tige s ne soit venue à son contact.
- Lorsqu’on veut transporter l’appareil, on immobilise le pendule au moyen du ressort
- L’instrument décrit,ci-dessus constitue un coulomb-mètre ; on peut le transformer en compteur d’énergie, en remplaçant l’ampèremètre par un wattmètre. Le déplacement de l’aiguille t du totalisateur, au lieu d’être proportionnel à la quantité d’électricité qui a traversé le circuit, est alors proportionnel à la quantité d’énergie dépensée. G. G.
- Sur les feeders de retour pour tramways électriques ;
- Par A.-P. Trotter (’).
- Au moment où une grande activité est développée dans l’étude des cclisses électriques pour la traction électrique, et où ces écltsses, aidées dans quelques cas par desconducteurs de cuivre nu posés entre les rails, forment un compte très important dans le coût d’établissement d’une ligne, nous portons notre attention sur l’emploi des feeders de retour.
- (*) Notes lues devant l’Institution of Electrical Engineers, le 28 avril 1898.
- L’emploi des conducteurs de retour pourvus d’une petite dynamo fut suggéré par le Major P. Cardew il y a quelques années, et il a été indépendamment proposé par M. G. Kapp. Ce système fut en usage un certain temps à Genève, et fut récemment appliqué avec succès à l’extension des tramways de Bristol.
- Eig. «.
- T,a meilleure disposition de tels conducteurs de retourne semble pasa voir été décrite et la présente communication a l’intention de la discuter.
- Prenez une ligne de tramways, avec évitements, d’une longueur de 5 milles, et 10 voitures en marche. La distribution la plus uniforme aura lieu évidemment quand elles seront équidistantes, et la distribution la moins uniforme ne se présentera vraisemblablement que lorsque toutes les voitures seront en paires aux évitements. Admettons que chaque voiture prenne 20 ampères et que la résistance des rails éclissés électriquement soit de
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- 1/20 d’ohm par mille. Quand les voitures sont uniformément distribuées, à 1/2 mille d’intervalle, la résistance du rail entre deux voitures consécutives est 1/40 d’ohm, et avec 20 ampères la chute sur 1/2 mille de raiis est 1/2 volt.
- La série des chutes est comme suit :
- Voitures. 123456 7 8 4 10 usine
- Volts . . o 5 ;';4io1'si4 1822*4 27V*
- La première voiture est supposée à l’extrémité la plus éloignée de l’usine; c’est un cas extrême, mais non impossible. La forte chute totale de 27 1/2 volts sur 5 milles pourrait facilement être réduite en diminuant la résistancede l’éclissage électrique,mais l’exemple choisi montre mieux le problème. Quand toutes les voitures passent en paires, à 1 mille d’intervalle, on a par mille une chute, due a 40 ampères, de 2 volts. Le diagramme montre la distribution des potentiels dans les deux cas examinés ; la ligne 2VB montrant la chute de volts pour 10 voitures uniformément espacées de 1/2 mille, et la courbe CB la chute pour les voitures en paires à j mille d’intervalle.
- Les volts dans les deux cas diffèrent si peu. si l’on compare avec les fluctuations de l’énergie sur un tramway électrique, que la question de distribution des voitures ne sera plus considérée, mais la ligne AB sera prise comme type.
- La méthode du feeder de retour, par laquelle cette chute de volts peut être réduite, consiste dans la connexion en un point du rail d’un feeder prenant une partie du courant de retour. La conductivité du feeder n’aura pas à être élevée, mais alors une dynamo survol-trice sera placée pour sucer le courant de retour; parce moyen le.potentiel au point auquel le feeder est connecté aux raiis peut être abaissé à zéro, ou pourrait être rendu négatif, zéro étant le potentiel du pôle négatif de la génératrice.
- Le problème à considérer est : (a' Réduire les volts au-dessous d’un maximum fixé ; <b\ employer aussi peu de cuivre que possible, l
- et (c) employer aussi peu d’énergie que possible. Négligeant les deux dernières conditions, une solution simple consisterait à poser un feeder sur toute la longueur de la ligne, et à réduire à o le voltage à l’extrémité éloignée de l’usine, en 1); la distribution est alors symétrique : une moitié du courant revient par les rails et l’autre moitié revient parle feeder de retour. Pour tracer la courbe de distribution des volts dans ce cas, découpez un morceau de carte suivant la courbe des volts AB, et faisant coïncider l’axe vertical AD avec l’ordonnée 5, placez le gabarit de telle sorte que son profil passe par le point D, puis retournez la carte face pour face et complétez la courbe vers le point A de la même façon : le voltage maximum, au point E, est de 7 1/2 volts.
- Mais il n’est pas nécessaire de réduire à zéro le voltage h l’extrémité éloignée de l’usine et il y a évidemment ainsi un maximum de cuivre et d’énergie dans le feeder. Le point milieu de la ligne n’est évidemment pas le meilleur pour la connection du feeder, car si on le prenait, les volts seraient distribués comme le montre la ligne BFG, qui peut être facilement tracée au moyen du gabarit; ici le maximum est, comme avant, 7 1/2 volts, et le voltage près de l’usine estinutilernent bas, 2 volts à une distance de t 1/4 mille; il est clair, d’après la ligne BFG, que le feedercon-duirait 3/4 du courant total. Il serait encore pis de connecter aux rails au point où les volts s’élèvent à la moitié du maximum, à environ 1 1/2 mille de l’usine.
- Partant maintenant d’une manière différente, admettons que le voltage maximum doive être de 5 volts dans les circonstances ordinaires, avec une marge de 2 volts au-dessous de la limite du Board of Trade : tracez la ligne BH au moyen du gabarit, en le plaçant de telle sorte que son axe soit vertical, que son sommet touche la ligne des 5 volts au point H, et que son profil passe par le point B. Retournez-le face pour face et tracez la ligne HK. Mais comme il n'est pas nécessaire, au point de vue des répondants, de réduire le voltage à o au point K, placez de
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- nouveau le gabarit, suivant 5 volts à l’extrémité des rails au point M, et, traçant la ligne en arrière, on trouve qu’elle coupe la ligne HK en L; le voltage en ce point est de 2 volts. Cette distribution BHLÂI est la meilleure qui puisse être obtenue avec un seul feeder de retour. Ce feeder aura 3 1/2 milles de long, et portera 0,65 du courant. H. T.
- Sur les tramways électriques ;
- Far le Major P. Carde-wF).
- Il est, je crois, universellement admis que lorsque les rails sont employés pour recueillir et transmettre partiellement le courant de retour, le meilleur moyen de prévenir l’action nuisible sur les conduites est de réduire au minimum la différence produite par le courant entre les potentiels du retour non isolé en différents points, et entre ceux d’une partie quelconque d’un tel retour et de la terre. En vertu de la résistance offerte par tous les conducteurs au courant, la transmission du courant au moyen d’un conducteur y cause une chute de potentiel sur la longueur, la différence de potentiel étant maxima entre les extrémités.
- Ceci est le cas si tout le courant est transmis par tout le conducteur, ou s’il y est fourni (comme dans le cas d’une ligne de tramways} en différents points de la longueur, pourvu que la direction du courant soit la même sur toute cette longueur, ce qui doit être le cas lorsque le conducteur est l’unique chemin pour le retour du courant à la génératrice
- Mais si des conducteurs additionnels sont employés pour prendre le courant du conducteur principal, auquel le courant de retour au générateur est distribué sur toute la longueur, la différence de potentiels dans ce conducteur peut n’être pas maxima entre ses extré-
- (') Note lue devant l’Institution of Eleclrical Enginccrs, le 28 avril 1898. Cette note fut préparée en mai 1894, et envoyée à la Compagnie des Tramways du Sud du Staffor-dshire, pour plaider la régulation automatique de la chute de potentiel daus la voie.
- mités, et la valeur maxima de cette différence
- '$ “ r
- Fig. 1.
- peut être fortement réduite. La grandeur de la réduction dépendra de la position des connexions effectuées et de la résistance dans les conducteurs auxiliaires.
- Fig. 2.
- Prenons, par exemple, n conducteurs auxiliaires, tous d’égale résistance, connectés au conducteur principal à intervalles égaux, et un (h ff- i;e connecté à l’extrémité éloignée du conducteur principal, ayant une résistance double de celle des autres, une résistance égale à cette dernière étant interposée entre la génératrice et l’extrémité rapprochée du conducteur principal ; alors, avec une distribution uniforme du courant tous les points de connexion seront au même potentiel, et la différence de potentiels maxima entre les différents points du conducteur principal se trouvera réduite au moins à ^(') de ce qu’elle serait sans ces
- conducteurs auxiliaires ou feeders.
- (t) M. Cardew donne pour ce rapport la valeur - ^ ^—-, et il nous semble qu’on doit la remplacer par la valeur
- Soit une ligne (fig. a) à distribution rigoureusement uni_
- ux dont il est question dans la n< îployons les mêmes notations que dar
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- Ainsi, avec un feeder unique, connecté à l’extrémité éloignée du conducteur principal, la chute de potentiel y peut être réduite au moins il la moitié, et avec aussi un feeder connecté au milieu au moins au huitième ( fig. 3), de ce qui est produit par la même dis-
- Fig 3.
- tribution de courant dans le cas où il n’y a pas de feeder (fig. 2) ; et l’on verra que dans de telles conditions la variation du potentiel dans le conducteur principal peut être réduite à une limite exigée quelconque.
- Mais, à moins que ces feeders aient une très forte section et une conductivité comparable à celle du conducteur principal, ils seront encore le siège d’une chute de potentiel considérable, et en conséquence il y aura une grande différence de potentiel entre le conducteur principal et le pôle de la génératrice auquel il est connecté au moyen des feeders (').
- La distribution du courant se fait comme le représente la figure : tous les points a de connection des feeders sont au même potentiel, et la différence maxima de voltage dans la voie a lieu entre un point a, milieu d’un segment quelconque <3;#; + ,, et un point a, par exemple entre les points ai et a,-. Or, la résistance de ai a* a pour valeur ~ et le
- courant reçu par a; a„- est _£. _S_ ; donc, en supposant la distribution uniforme, la chute maxima de voltage y aura pour valeur
- t+2W) + ïiïrii’ entre et Cette
- chute serait elle-même maxima si l’on supposait que tout le courant reçu par a, aI + ] est distribué uniquement en a;, auquel cas
- (') M. Potier a étudié ce cas dans une communication à p Société internationale des Électriciens (20 mai 1896).
- sa valeur serait . F.t le rap-
- port de cette dernière valeur à celle — , de la chute maxima pour une distribution uniforme et un retour unique par la voie est
- Au lieu d’égaliser les résistances de tout les feeders, on peut y introduire des forces électromotrices variables, chacun d’eux avant une force dlcctromotrice proportionnée h sa résistance, et ainsi les potentiels de tous les points d’application des feeders peuvent être maintenus égaux, et même, si on le désire, égaux à celui du pôle — de la génératrice Cfig- 4).
- Considérant les dispositions de feeders décrites ci-dessus, qui ont pour but de réduire la fuite à la terre par les rails d’un tramway électrique avec retour du courant dans la voie, on doit remarquer que, quoique la charge puisse être sous les conditions normales distribuée d’une façon sensiblement uniforme, les exigencesdu trafic peuvent néanmoins exiger qu’on fournisse à une section plus de courant que sa part normale, les autres sections étant alors peu chargées. La position et la valeur des diverses pentes de la ligne affectent aussi considérablement la distribution du courant. Le nombre de voitures en marche, et par suite la charge totale, varient aussi généralement durant chaque journée, et d’un jour à l’autre.
- La disposition de la figure 4 peut être prise pour répondre aux exigences spéciales ; mais à moins que les forces électromotrices auxiliaires soient continuellement ajustées aux variations de charge, en ayant egard aux élévations de débit et aux modifications de distribution, la solution doit être défectueuse de temps à autre. Afin d’avoir des forces électromotrices auxiliaires automatiquement ajustées, pour que les feeders de retour soient constamment efficaces, l’auteur propose la disposition suivante :
- La ligne sera divisée en plusieurs sections, en tenant compte de leurs longueurs, des
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- trafics qu’elles doivent supporter, des rampes et pentes qui se présenteront, etc... Il y aura deux fecdcrs isolés pour chaque section — un pour la ligne et un pour le retour ; le dernier étant connecté à la voie comme dans la disposition représentée par la figure 4.— Les courants des feeders passeront, pour chaque section, dans un « moteur-générateur » situé à la station génératrice ; le champ du rnoteur-
- <r 1 1 1 vs-l
- „v° h
- Fig- 4-
- générateur sera excité uniquement par le courant de ligne et l’armature portera deux enroulements — un pour le courant de départ et un pour le courant de retour — qui seront en opposition, celui destiné au courant de ligne étant légèrement plus puissant. Le moteur-générateur tournera alors excité par le courant de ligne et créera une force électromotrice auxiliaire pour le courant de retour. Chaque section sera alimentée par un
- générateur spécial dont la force électromotrice sera supérieure à celle du générateur alimentant la section la plus voisine de l’usine, section qui n'aura pas de moteur-générateur; mais comme le surcroit de force électromotrice d’un générateur à l’autre sera absorbé dans la station par le moteur-générateur correspondant, dans l’enroulement moteur, on n’aura pas à dépasser la limite permise par le
- Fig. 5.
- BoardofTrade sur la ligne extérieure (fig. 5).
- La dépense que comprend ce système peut empêcher qu’on l’adopte entièrement pour une installation à faire, mais il présente l’avantage de pouvoir être adapté à une installation existante en conduisant une paire de feeders à l’endroit où la chute de potentiel dans les conducteurs est trouvée excessive.
- H. T.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Sur la multiplication paradoxale de la décharge dérivée d’un condensateur ;
- Par R. Swyngedauw (’).
- « Le circuit qui réunit les armatures d’une jarre comprend un excitateur principal et une bobine appelée bobine totale; ce circuit se bifurque ensuite en deux dérivations dont l’une est interrompue par le champ intrapo-laire d’un excitateur dérivé et dont l’autre est continue et formée d'une bobine dérivée; le deuxième point de bifurcation est réuni, par un conducteur court, à la deuxième arma-
- {<) Comptes rendus, t. CXXV1, p. 1788, séance du 20 juin 1898.
- » Lorsqu’une étincelle éclate à l’excitateur principal, elle provoque une étincelle dérivée à l’excitateur dérivé, si la distance explosive de ce dernier est suffisamment petite.
- » Il a été démontré expérimentalement que, si la distance explosive dérivée est supérieure à une certaine limite, la quantité d'électricité qui traverse la bobine dérivée est de beaucoup supérieure à la charge du condensateur (*).
- » Plusieurs explications ont été proposées pour rendre compte de cette multiplication paradoxale de la décharge dérivée.
- » Edlund y voyait la preuve de l’existence
- (*) Edlund, Pogg. Ann., t. CXXX1V.— Swyngedauw, Comptes rendus, 23 avril 1894,
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- d’une force contre-électromotrice de l’étincelle ; il imagina aussi que l’étincelle dérivée jouait le rôle de soupape électrique. Ces deux explications doivent être rejetées.
- » En appliquant au problème les lois générales de l’induction, comme l’a fait W. Thomson pour la décharge dans un circuit continu unique, on trouve une solution assez simple et assez complète, à condition de faire quelques simplifications autorisées par les propriétés de Pétinccllc et des circuits induits.
- » I. Les expériences de Riess montrent que, si l’on fait traverser par une décharge un circuit interrompu par une étincelle et dont la résistance métallique est de quelques ohms, la chaleur dégagée dans l’étincelle est négligeable par rapport à la chaleur dégagée dans le fil. Il en résulte : i°que la résistance moyenne de l’étincelle est négligeable par rapport à celle du fil ; 20 que, puisque cette résistance peut être considérée comme infinie dans les premiers instants de la décharge, il faut qu’elle atteigne, en un temps très court par rapport à la durée totale de la décharge, une valeur très petite par rapport à une résistance de quelques ohms.
- » Cette valeur très petite sera atteinte en une fraction de période dans les décharges oscillatoires; nous admettrons donc que, malgré la présence des étincelles à partir de cet instant très voisin du début de la décharge, les résistances des diverses branches du circuit pourront être considérées comme des constantes; on prendra dans la suite cet instant comme origine des temps.
- » II. On négligera l’induction mutuelle des circuits devant l’induction propre, ce qui sera d’autant plus voisin de la vérité que les circuits, principal et dérivés, seront plus éloignés l'un de l’autre.
- » Dans ces conditions, on trouve qu’à partir de l’instant où les résistances deviennent constantes :
- . » Dans la bobine dérivée, le courant décroit sans changer de sens sous la forme d'un extracourant de rupture;
- » Dans la bobine totale, le courant suit les 1
- lois de la décharge dans un circuit uniquement formé du circuit principal, comme si l’étincelle dérivée mettait en contact direct les points de bifurcation des circuits dérivés ;
- » La multiplication de la décharge dérivée n’est possible que si la décharge est oscillatoire dans le circuit principal.
- » Si la période d’oscillation est de l’ordre du —'—- de seconde et le circuit dérivé peu résistant, il suffit que le courant dans la bobine dérivée soit, à l’origine du temps, de
- l’ordre du — du courant maximum dans la 3°
- bobine totale pour que la décharge dérivée soit dix fois plus grande que la charge totale du condensateur.
- » Là théorie rend compte de la marche générale du phénomène et des diverses particularités observées par les auteurs qui ont traité la question, a
- Résistance du corps humain dans la période d'état variable du courant galvanique;
- Par Dubois (de Berne) (* *)•
- « Dans ma Note du 12 juillet 1897 (2) j’ai démontré, par des expériences physiologiques, que de minimes résistances rhéostati-ques entravent l’action physiologique d’une fermeture de courant beaucoup plus que la résistance considérable du corps humain.
- » J’ai attribué cette abolition de l’effet physiologique à la prolongation de la durée de la période d'état variable.
- » J’ai voulu déterminer par de nouvelles expériences la valeur relative de la période d’état variable dans diverses conditions de résistance, de self-induction et de capacité du circuit.
- a Mon procédé est le suivant :
- » Un condensateur de capacité G, mis en communication avec une source électrique au
- - {•) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1790, séance du 20 juin.
- (*) L'Éclairage Électrique, x. XU, p. 222, 24 juillet 1897.
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- potentiel V, prend aussitôt une charge Q—CV qu’on peut mesurer au galvanomètre balistique.
- » Au lieu de charger à l’aide d’une clef de circuit, j’établis le contact entre la batterie de charge et le condensateur par le choc d'une, bille d'acier contre une masse d'acier.
- » Ce contact est de si courte durée, que la rupture du circuit a lieu en pleine période d’état variable. Je détermine ainsi une des ordonnées de la courbe, et, mettant dans le circuit de charge des résistances diverses, solénoïdes, rhéostats, corps humain, je puis mesurer les durées relatives de la période d’état variable, d’après la valeur de la charge partielle que reçoit le condensateur.
- » Exemple. — Une batterie de 10,2 volts chargeant à refus un condensateur de 2 microfarads donne à mon galvanomètre une élongation de 106.
- » Chargé par le court contact de la bille d’acier, la décharge ne produit qu’une élongation de 90, charge partielle représentant 85 p. 100 de la charge totale.
- » Interposant diverses résistances sur le chemin de charge, j’ai constaté les faits suivants :
- i° Les résistances dont le coefficient de self-induction et la capacité sont négligeables ralentissent le flux en raison directe de leur résistance ohmique.
- » 20 Les solénoides opposent à l'établissement du courant une résistance beaucoup plus grande que leur résistance ohmique.
- 3° L'insertion d'un condensateur de capacité convenable aux bornes de la résistance annule l'effet aussi bien de la résistance ohmique que de la self-induction.
- » 40 La résistance du corps représente, en période d'état variable, une résistance beaucoup plus faible que sa résistance ohmique. Sa capacité annule sa résistance.
- Exemples :
- A travers rhéostat de graphite de A travers rhéostat liquide de 410
- 16,5
- A travers rhéostat métallique de
- 4io ohms....................... 16,5
- A travers le corps humain de 6500 ohms.............................. 9,4
- » Le corps se comporte comme une résistance de 740 ohms, et, en effet, si l’on substitue au corps un rhéostat de cette valeur, on a l’élongation de 9,4.
- A travers rhéostat de 1000 ohms . . 21,5
- » le corps de 3638 » . . 26,7
- » Le corps équivaut h un rhéostat de 750 ohms.
- » 5" Cette résistance du corps, pour la période d'état variable, reste fixe pour les mêmes points d'application des électrodes, en dépii des grandes variations de la résistance ohmique.
- » Exemple. — Par l’action des courants galvaniques je fais tomber la résistance du corps de 51500 h 3 029. Les élongations mesurant la charge partielle restent constamment 7,5 à <8, représentant une résistance invariable d’environ 400 ohms.
- » 6" Cette résistance croit avec la longueur du segment du corps interposé et dépend aussi de la surface des électrodes.
- » Exemples :
- Du poignet à l'avant-bras le corps
- représente.................... 400 ohms
- I)u poignet au bras le corps représente ............................. 460 >-
- Du poignet à la nuque, le corps
- représente.................... hoo >»
- Du poignet à la plante du pied le
- corps représente.............. 900 »
- Du pied à l'autre le corps repré-
- D'une main à l'autre le corps représente .......................... 900 »
- » On obtient ces chiffres aussi bien par la
- comparaison des élongations que par la substitution du rhéostat au corps humain.
- » Pour diverses électrodes dont la surface varie comme 4, 36 et 64, j’ai des élongations
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- de 8, 14 et 42 représentant des résistances de 2 100, 700 et 400 ohms.
- » 70 Le corps est un condensateur à diélectrique liquide, d'une capacité d’environ 0,165 microfarad.
- » La détermination de cette capacité n’est pas possible en chargeant à refus, à cause de la polarisation qui survient. Elle est, au contraire, facile par ma méthode du court contact de la bille d'acier. Ces faits, faciles à constater, confirment tous les résultats que m’avait donnés l’analyse physiologique dans ma première Note. »
- Sur les rayons cathodiques ;
- Par E. WtRDEMANN et G.-C. Schmidt (*).
- Les rayons cathodiques émis par un point de la cathode forment deux faisceaux différents :
- i° Un cône plein, faiblement ouvert et qui détermine sur la paroi de verre qu’il rencontre, une tache fluorescente verte ;
- 2“ La surface d’un cône, dont l’ouverture est assez grande et dont les dimensions et la forme varient suivant les circonstances ; sur la paroi de verre ce cône détermine un anneau vert, dont l’intérieur est plus ou moins brillant.
- Le premier faisceau de rayons est celui qui apparaît ordinairement ; l’autre se forme souvent en même temps et complique en apparence les phénomènes ; on peut l’isoler cependant.
- Les conditions les plus simples sont celles où se trouve un récipient sans électrodes, excité par les oscillations d’un système de Lecher.
- Soit, par exemple, une sphère G, placée au contact d’une boule métallique E, terminant l’un des fils de Lecher (fig. 1). Quand les fils portent un seul pont, une petite tache verte apparaît vis-à-vis de E et en même temps on entend un bruit assez intense, pro-
- duit par les étincelles qui éclatent entre l’électrode E et la paroi extérieure du verre. En faisant décroître la pression, on constate que la tache devient de plus en plus bril-
- Fig. 1.
- lante, l’anneau commence à se dessiner et finit, quand la pression est assez basse, par subsister seul; à ce moment même le bruit s’éteint.
- Tout se passe comme si tout d’abord la sphère était remplie d’un conducteur et ensuite d’un isolant.
- En faisant porter surl’anneau l’ombre d’une baguette de verre, on vérifie que cet anneau est produit par des rayons qui partent non pas normalement à la paroi, mais en divergeant, de la région du verre qui est en contact avec la boule E.
- L’angle d’ouverture du faisceau creux décroît en même temps que la courbure de la paroi ; elle croit rapidement avec la courbure de l’électrode; elle croît rapidement aussi avec la raréfaction du gaz.
- Si on remplace la boule E par un anneau de fil assez fort, dont le plan passe par le centre de la sphère, la tache fluorescente a la forme d’un ovale dont le grand axe est perpendiculaire au plan de l’anneau. Ce grand axe correspond aux rayons cathodiques issus de la section transversale de l’anneau qui a la plus-forte courbure, tandis que les sections longitudinales ont une courbure moindre; les premiers rayons doivent d’après ce qui précède former un angle d’ouverture plus grand.
- (') Wied. Ann., t. LXII, p. 603 611.
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- 8;
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- Les faisceaux creux s’observent également dans des tubes fermés par des lames de verre planes a15 a2 (fig. 2); en b est un écran frotte
- Fig. 2.
- de craie sur ses deux faces. En approchant de Tune des plaques terminales la boule métallique E, on observe sur l’écran b un anneau rougeâtre dont l’éclat va augmentant à mesure qu’on diminue la pression; si on remplace la boule par l’anneau de fil, on obtient une ellipse.
- On peut recouvrir extérieurement les plaques ai et ai avec du clinquant et introduire en p un petit écran en papier. L’écran présente alors un anneau rougeâtre séparé de la paroi latérale par un autre anneau entièrement obscur; l’intérieur de l’anneau brillant montre aussi quelque lumière, surtout dans la région centrale. A mesure que la pression diminue, l’anneau obscur grandit et l'anneau brillant se rapetisse. L’ombre projetée par l’écran p répond exactement à la projection par les rayons normaux à ar
- La plaque de verre a, émet donc, normalement à sa surface, un faisceau de rayons cathodiques ayant la forme d’un cylindre creux.
- Meme les oscillations plus rapidement amorties que celles du système de Lecher provoquent ces deux faisceaux de rayons cathodiques, comme on l’observe en mettant un tube entre les armatures du condensateur terminal de Lecher, les fils ne portant pas de pont.
- Si la boule ou l’anneau chargé par oscillations se trouve au contact de la paroi latérale d’un tube, on obtient un ovale de lumière verte au centre duquel se trouve une tache aussi verte (fig. 3) ; le grand axe de l’ovale
- Ug. J-
- est dans le sens de la longueur du tube; ses dimensions varient avec la pression du gaz. Les rayons cathodiques forment donc encore un cône creux, dont la base est une ellipse (à cause de la courbure de la paroi). Les rayons ne partent pas normalement de la paroi, comme le prouvent les expériences faites sur les ombres.
- Les ligures annulaires, observées par Spot-tiswood et Moulton dans les tubes à décharges quand l’anode est précédée d’un intervalle explosif s’obtiennent surtout facilement dans un tube un peu large (fig. 4).
- Dans ce cas, l’électricité positive ne peut s’écouler assez rapidement par la cathode et il passe dans le tube un courant de charge. Si on touche la paroi en un point quelconque, il se produit en face un ovale fluorescent vert avec tache centrale verte. La lumière positive correspondant au courant de charge passe pour la plus grande partie par/jusqu’en b\ le reste suit les lignes acb, adb.
- L’approche du doigt fait reculer la fluorescence verte et en même la lumière positive de c vers f.
- Les rayons cathodiques arrivant en c et en d correspondent donc à des charges sur la paroi dans la région du contact avec la boule ou l’anneau, ces charges se dirigeant de la
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- lumière positive c et d vers la région de contact, tandis que les rayons /“correspondent à des charges partant de/.
- Le courant de charge est très sensible à l'approche des conducteurs ; si on approche des conducteurs de trois points T,, T2, T, (fig. 4) de la paroi, la ligne lumineuse prend ia forme brisée représentée par la figure. Du côté de l’anode, elle s’infléchit brusquement, tandis que, du côté opposé, elle change de direction progressivement ; la fluorescence est surtout vive aux points de brusque inflexion.
- Les figures annulaires apparaissent aussi dans les tubes ordinaires à électrodes intérieures, mais elles y sont moins faciles à observer. Par exemple, dans un tube muni d’une cathode circulaire, il se produisait un faisceau nettement délimité, dès que la pression était suffisamment basse, et le verre devenait fluorescent, même dans les régions voisines de la cathode où il n’était pas rencontré par le faisceau.
- En observant l’ombre d’un morceau de verre, on constate que les rayons partent du centre de la cathode.
- En résumé, les rayons cathodiques forment en maintes circonstances un cône ou un cylindre creux, c’est-à-dire qu’ils s’écartent l’un de l’autre uniformément. Il est peu probable que cet écartement résulte d’une action mutuelle des rayons ; il est plus vraisemblable d’admettre que les oscillations électriques se portent vers la surface dans les gaz raréfiés comme dans les métaux. Les rayons cathodiques partent de la surface limite entre un solide et un gaz dans la direction suivant laquelle les courants qui engendrent les oscillations traversent cette surface.
- Dans l’air à la pression atmosphérique, les oscillations sont normales à la surface du conducteur. Aussi quand un ballon de verre et une boule de métal sont en contact, les rayons cathodiques sont normaux à la surface de la boule, non à celle du ballon. L’angle d’ouverture du faisceau a une grandeur limitée parce qu’au delà d’un certain angle
- la distance entre le métal et le gaz est trop grande pour que celui-ci devienne luminescent.
- Quand le métal est entouré entièrement par le gaz raréfié, la direction d’entrée du courant dans la cathode peut différer beaucoup de lu normale ; les rayons cathodiques ne sont plus alors normaux à la cathode, comme l’a signalé déjà Goldstein en 1870, pour les cathodes concaves. M. L.
- Relation entre la lumière positive et la région cathodique obscure;
- Par E. WlEDEMANN C).
- La région obscure qui entoure la cathode offre une résistance très grande au passage de l’électricité; de là résulte que dans les gaz très raréfiés, la décharge passe entre deux électrodes planes parallèles, d’autant plus difficilement qu’elles sont plus rapprochées. En particulier, la lumière positive émise par l’anode éprouve de grandes difficultés à pénétrer dans la région obscure. Soit en effet le tube R ifig. 5) portant une cathode plane K; l’anode
- I:>g- 5-
- est en a, portée par un tube de verre r qu’on peut entrer plus ou moins en ramollissant le mastic qui le fixe sur R. Les deux électrodes sont reliées aux deux pôles de la machine à
- i1) iVied. Ann., t. LXIII, p. 242-245.
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- influence. Tant que l’ouverture o du tube r est en dehors des phénomènes.cathodiques, un faisceau très délié de lumière bleu foncé s’échappe de o et s’élargit un peu vers K; ou bien une lumière blanc rougeâtre remplit presque toute la section du tube R. Le premier phénomène apparaît seul si la cathode est reliée au sol; le second, si l’anode est reliée au sol.
- Quand l’ouverture o a pénétré dans la région cathodique obscure, celte région s’étend jusque dans l’espace annulaire compris entre R et r et est limitée par une lueur négative très vive.
- Dans le tube r, la lumière positive est stratifiée, et à l’extrémité du tube elle s’infléchit en arrière, pour venir rejoindre la lueur négative dans R (fig. 6). La longueur de la
- Fig. 6.
- partie infléchie est d’autant plus grande que la pression est plus basse et que par conséquent la région obscure est plus développée ; quelquefois, elle forme une spirale autour du tube r. Si l’anode est en a,, la lumière positive pénètre de R dans le tube étroit r.
- L’anode étant en a et l’ouverture o poussée jusque tout près de la cathode, les rayons cathodiques forment un faisceau étroit A*„ qui pénètre dans le tube r et aussi un cylindre creux fc,, qui se trouve dans l’espace
- annulaire. Une partie du cylindre creux est très sensible à l’approche d’un conducteur : elle est, en apparence, attirée surtout s’il y a de petites étincelles entre la paroi et le conducteur.
- D’après les observations, les rayons cathodiques peuvent être aussi bien attirés que repoussés et il n’y a pas à considérer ces deux phénomènes comme un effet primaire sur les rayons cathodiques eux-mêmes.
- T,a lumière positive éprouve aussi une grande résistance à pénétrer latéralement la région obscure (fîg. 7) : la différence de
- Fig- 7-
- potentiel à la décharge croit notablement quand la région obscure de la cathode K s’étend jusqu’à l'ouverture o. M. L.
- Influence mutuelle des différentes régions d’une même cathode ;
- Par E. WlEDEMANN (')•
- La cathode est constituée par une feuille de métal pliée à angle droit (fig. 8) a b c d ef : un écran frotté de craie est placé dans l’angle droit, incliné sur le côté c d. Aux pressions assez basses pour que les rayons cathodiques puissent se développer, cet écran présente l’aspect de la figure 9 (abstraction faite des plages cr, et ay). La partie couverte de hachures correspond à une couleur rouge clair ; au voisinage du métal, les régions et restent obscures. La pointe s s’éloigne du sommet de l’angle d’autant plus que la pression est plus basse: elle pénètre d’autant plus profondément que l’intervalle explosif intercale dans le circuit est plus long. Les régions
- {«) Wied. Ann., t. LXIII, p. 246-252.
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- «5
- et deviennent plus étroites quand l’intensité de la décharge devient plus grande, parce qu’on augmente l’intervalle explosif ; elles s’élargissent qnand la pression diminue. Un petit écran c-, dont le plan est parallèle à
- celui de la face abed. c’est-à-dire perpendiculaire à a [by o, projette une ombre rectangulaire. S’il est placé en s-.,, l’ombre a lu forme d’un triangle rectangle, dont l’hypoténuse se trouve au voisinage de f. Quand la pression ou la longueur de l'intervalle explosif deviennent plus grandes, l’angle du triangle devient plus aigu.
- De ces observations il faut conclure que les rayons cathodiques sont émis comme
- Kg. 9 et 10.
- d’habitude, normalement par les régions de la catnodc qui ne sont pas immédiatement voisines de l’arête cd : dans cette1 dernière région, ils sont déviés et se propagent le long de la limite des plages f et /j. On complète ensuite le parallélipipède par du papier frotté de craie a Dans l’espacent a(3, les régions cathodiques obscures apparaissent en a et en b. la région hachurée (6g. io) est colorée en violet, et forme un plan de concentration (’) dans l’angle ab. La région vio-
- 0 Sumnulionsebeue. Voir L’Éclairage. Électrique, t. XII, p. 186.
- lette provient de la pénétration mutuelle des stratifications de troisième rang, issues des deux cathodes a et b. La surface de concentration ne remplit pas tout l’angle et s’en tient d’autant plus éloignée que la pression est plus basse. Les régions et ^ sont particulièrement éclairées par les rayons issus normalement de a vers a, et de b vers
- Les rayons émanés de la surface de concentration ne sont pas particulièrement brillants : en effet, un écran à la craie placé à 45u des feuilles de métal dans l’angle oc [i ne s’illumine pas plus vivement que les régions adjacentes de x et de [U
- Les rayons cathodiques partent surtout des portions de la cathode qui se trouvent vis-à-vis la limite intérieure des stratifications de troisième rang (p et v sur la figure) et nullement des portions d’une cathode qui se trouvent dans la région obscure relative à une autre cathode. L’étendue de ces régions adjacentes à a et à b augmente quand la pression diminue et diminue quand l’intensité de la décharge augmente : l’étendue des parties brillantes en x et p éprouve des variations corrélatives.
- Les rayons cathodiques émanés d’une certaine surface a, qui rencontrent la région ob?cure d’une surface voisine b, sont déviés et glissent en partie le long de cette région.
- Malgré les apparences, ces phénomènes ne sont pas essentiellement différents de ceux que Goldstein a découverts : si ces derniers étaient indépendants de la pression et de l’intensité de la décharge, c’est que les électrodes étaient formées de fil fin. On observe des phénomènes analogues à ceux de Goldstein, mais variables avec la pression du gaz et l’intensité de la décharge, quand on emploie des électrodes d’un diamètre notable. On peut prendre, par exemple, une cathode en forme d’U (les rayons provenant de la courbure sont arrêtés par un écran en mica) ou encore une cathode circulaire portant sur sa face antérieure une tige normale à son plan, tandis que la face postérieure est recouverte de mica (fig. n). Sur la paroi du
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
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- tube on voit d’abord un anneau brillant provenant des rayons émis par la tranche de la
- cathode, puis un anneau obscur et un second anneau brillant qui est dù aux rayons émanés de s. La largeur de l’anneau obscur varie avec la pression. Sur un écran placé en t (mobile à l’aide du petit morceau de fer ej, se dessine un demi-cercle obscur, qui devient de plus en plus petit quand l’écran s’approche de K: le rayon de ce demi-cercle, c’est-à-dire l’angle d’ouverture du faisceau, diminue quand la pression ou l’intensité augmentent.
- Derrière la cathode en B, apparaissent aussi des phénomènes analogues, beaucoup moins intenses, provenant de ce que la gaine de verre d fonctionne aussi comme cathode.
- Les rayons cathodiques qui sont émis dans la direction des surfaces de concentration (par des cathodes concaves ou deux cathodes parallèles) doivent leur existence à des déviations de ce genre et proviennent des rayons émis par la surface de la cavité, normalement à sa direction ; l’expérience suivante le prouve.
- La cathode (fig. 12) est en toile métallique,
- recouverte extérieurement de mica; PP est un écran à la craie, sur lequel repose un petit écran S en papier. Suivant l’axe du tube, dans le ga\, se propage une bande blanchâtre qui correspond à la direction du
- courant. L’écran s’illumine en rose le long de l’axe, mais reste obscur sous l’écran S. L’énergie du faisceau qui sort du cylindre quand on a enlevé l’écran est beaucoup plus faible que l’énergie totale des rayons émanés de la surface intérieure, comme on le voit aisément sur un écran placé normalement à l’axe du cylindre.
- Les rayons cathodiques éprouvent donc aux limites d’une région cathodique obscure une déviation dont la nature est très voisine de celle des déviations observées par Goldstein et qui explique beaucoup des apparences lumineuses des décharges. M. L.
- Déviation des rayons cathodiques ;
- Par W. Kaufmann et E. Aschkinass (’).
- Dans la théorie de Crookes, qui considèje les rayons cathodiques comme formés par des particules que lance la cathode, l'énergie cinétique d’une molécule se mouvant dans la direction de l’axe des x, a pour expression :
- ni est la masse de la molécule, s sa charge, V0 la différence de potentiel sous laquelle a lieu la décharge ; la molécule est supposée assez éloignée de la cathode.
- Si cette molécule arrive dans un champ magnétique dont la composante dans la direction de l’axe des^y est
- la force exercée par le champ sur la particule
- Des équations (1) et (2) il résulte dîr _ "•
- dx* ~ 2V0 ‘
- (') Wki. Ann., LXII, p. 588-595.
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- 9 Juillet 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- La déviation éprouvée par la molécule dans un champ électrique s’étendant entre les abscisses et sera :
- i = !vri>jlV
- Si le champ a une valeur constante -0 ntre les abscisses x( et xi -\- a et est nul ur le reste l du trajet de la molécule,
- A = •
- (<
- 5vrr
- - + nl
- Cette équation ne renferme plus la quantité inconnue ; le produit A doit donc avoir la valeur constante peut être calculée d’après les dimensions de l’appareil.
- Pour se rapprocher autant que faire se peut des conditions que suppose remplies le calcul précédent, les auteurs ont construit l’appareil représenté p; figure i.
- Les rayons émis par la cathode versent le diaphragme D relié au sol, puis pénètrent dans le champ électrique produit par la cathode l^ôqu’on peut déplacer au moyen d’un aimant, puis arrivent dans le tube R. Ce tube est fermé par une plaque frottée de craie sur laquelle est tracée une graduation. Le potentiel de décharge V0 est mesuré au moyen d’un électromètre de Braun. L’ouverture du diaphragme a dans sa moitié supérieure la forme d’un demi-cercle, et dans la moitié inférieure, celle d’une fente diamétrale verticale. L’écran présente donc en haut l’image de cette fente et en bas une région fluorescente, qui permet de lire dans l’obscurité la position de la fente.
- L’intensité du champ se détermine au moyen des sondes st et s«, par un électromètre de Warburg. Le diaphragme I) est toujours disposé dans la région obscure correspondant à la cathode K, de sorte qu’il ne reçoit aucun courant de cette der-
- nière. Les sources d’électricité sont deux machines à influence, mues par un moteur électrique commun. On fait varier V" et tt0 indépendamment l’un de l’autre en changeant la position des conducteurs diamétraux des machines ou la position de la cathode B : on peut aussi les faire varier simultanément en changeant la pression dans les tubes.
- Les valeurs trouvées pour le produit —^ sont en réalité constantes pour une position
- la cathode, ainsi que ; de Crookes.
- Complément au mémoire : Sur la déviation magnétique des rayons cathodiques ;
- Par W. Kaufma
- A la suite des expériences rapportées ci dessus, M. Kaufmann s’est proposé de compléter ses expériences antérieures (2) sur k déviation magnétique des rayons catho
- (') Wied. Ann., LXII, p. 596-598.
- ‘ s, XIV, p. 1
- (2) U Éclairage
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- T. XVI.*- N° 28,
- diques, en déterminant la quantité -L. avec toute la précision possible. A cet effet, il a mesuré le champ magnétique dans la bobine magnétisante le long d’un diamètre, au moyen d'une petite bobine d’épreuve.
- L’intensité du champ à la distance r de l’axe est représentée avec exactitude par la formule empirique :
- H = 12,9(1 — 0,00774 r*;I
- I étant l’intensité du courant magnétisant, en ampères. Dans un champ non uniforme,
- la déviation des rayons cathodiques a pour expression :
- r=\Z2„,va £ «'«•£ H*r soit, dans le cas présent : ï C7 ir /„ 7I2,9 (J °>O07/4 r<i'! dr.
- On déduit alors des expériences :
- S __ r _ ioï C.G.S.E.
- M. L.
- CHRONIQUE
- La préparation électrolytique de l’hydrogène et de l'oxygène.— Récemment nous signalions (t. XV, p. 392, 28 mai 1898) l’établissement à Hanau, par l’Elektricitæts Gesellschaft, d'une usine pour la fabrication de l’hydrogène et de l'oxygène par l’électrolyse d’une solution de soude chauffée vers 6o°. Une usine vient d’être créée dans le même but à Bruxelles par la Société l’Oxyhydrique.
- Les électrolyseurs employés, inventés par M. Ga-ruti, sont constitués par une série de cellules très étroites en tôles d’acier dont les parois sont perforées; les tôles sont assemblées au moyen de soudures au cuivre que le gaz oxyhydrique rend faciles à exécuter ; dans chaque cellule se trouve une électrode également en tôle d’acier. L’électrolyte est une solution de soude maintenue à la température de 40°. La différence de potentiel aux bornes est de 2,5 volts, l’intensité du courant de 350 ampères.
- Dans ccs conditions, c'est-à-dire avec une dépense d'énergie de 350:-< 2,5 x 24 = 22 000 -watts-heure, on obtient 1,680 m3 d'oxygène et 3,360 m3 d’hydrogène par 24 heures. L’énergie nécessaire à la production de : m3 d’oxygène et de 2 m3 d'hydrogène est donc q ^ = 12,2 kilowatts-heure. Si l'on admet que le prix de revient du kilowatt-heure est, amortissement du materiel compris, de 1 centime lorsque l'énergie électrique est produite par une chute d’eau et de 6 centimes lorsqu’elle est produite par moteurs
- à vapeur, le prix de revient de 1 m3 d'oxygène et d 2 m3 d'hydrogène serait donc de 12,2 centimes ou de 75 centimes.
- Nous ferons remarquer que ce dernier prix de revient, indiqué par la Société l’Oxyhydrique, est sensiblement plus bas que celui (1,625 fr) qui ressortait des chiffres donnés à la page 302. Cette différence ne provient pas d'un meilleur rendement des électrolyseurs employés par cette Société, car à l'usine de Hanau on compte 60 x 24= 1 440 kilowatts-heure par 100 m3 d'oxygène produit, soit 34.4 kw-h, nombre qui concorde assez bien avec celui indiqué plus haut. Elle provient donc uniquement de l'évaluation du prix de revient du kilowatt-heure, évaluation un peu trop faible et qui ne tient pas compte de l'entretien et de l'amortissement des appareils électrolytiques.
- Dans Jes conditions de fonctionnement normal, l'oxygène obtenu titre 97 p. 100 et l’hydrogène 99 p. 100, Comme l’impureté qui souille l’oxygène est presque uniquement de l’hydrogène, et réciproquement, il est très facile de purifier ces gaz. Il suffit de les faire passer dans un tube chauffé au rouge et d’absorber l'eau résultant de la combinaison de l'hydrogène et de l’oxygène-
- Le Gérant : C. NAUD
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- Tome XVI.
- sdi 16 Juillet 1898
- 6® Année. — N® 29.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D'ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ. Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER. Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J, BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- APPAREILS DE MESURES
- Le compteur à intégration discontinue de J.-F. de Bauw (1) renferme un wattmètre dont les bobines I forment le circuit des ampères, et la bobine U le circuit des volts. Cette dernière tourne autour d’un axe horizontal, uu,
- — Compteur de Bauw,
- entraînant dans son mouvement les index G et L, figures i, 2 et 3.
- Le compteur de temps est constitué par un balancier C, articulé sur un ressort fixé en Q, figure 3, et muni, à son extrémité libre, d’un noyau de fer, B, attiré par un électro A. Un faible courant dérivé, envoyé dans A par le
- (4) Brevet anglais n°25 290, déposé le 11 novembre 1896, accepté le 21 août 1897. 6 figures.
- jeu d’un commutateur approprié, entretient le mouvement du balancier. Les oscillations de C se transmettent, par le cliquet H, à un train d’engrenages qui conduit l’arbre F, sur lequel est fixé le système intégrateur.
- Une feuille de métal E, en forme de triangle rectangle, est enroulée en cylindre, de façon à ce que son petit côte soit vertical; elle est montée sur l’arbre F et tourne avec lui. Quand la bobine U est déviée par le courant, l'index G vient en contact avecE, à une hauteur variable selon la déviation de U, de telle sorte que le contact se prolonge pendant un temps plus ou moins long. Pendant toute la durée du contact, l’index G est légèrement
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- go
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- T. XVI. - N° 29.
- écarté, de telle sorte qu’il vient toucher l’arc T', porté par le support T, et que celui-ci s’écarte à son tour, très légèrement, mais d’une manière suffisante pour dégager la roue à rochet V'. Cette roue, montée à frottement doux sur l’axe F, est solidaire d’une vis v qui engrène avec une roue verticale K ; celle-ci est le premier mobile du rouage totalisateur.
- La rotation de l’arbre F est uniformément entretenue par le balancier. Dès que l’index G rencontre le côté vertical du triangle, il est soulevé, il dégage le bras T et la roue à rochet V' suit le mouvement de l’arbre F ; au moment où l’index rencontre l’hypoténuse du triangle, il reprend sa position normale et le bras T vient arrêter le rochet V'; il n’y a donc que pendant la durée du contact entre
- Fig. 3. — Compteur de Bauw, plan.
- G et F que le compteur avance, il enregistre ainsi une valeur proportionnelle à l’énergie dépensée pendant la durée d’un tour de l’arbre F. Comme pendant cette durée la puissance mesurée peut varier, l’inventeur substitue au cylindre triangulaire lisse E, un cylindre cannelé, figure 4, de façon à ce que l’index puisse, à des intervalles plus rapprochés, suivre les variations du courant.
- Pour éviter la marche du compteur quand le courant ne passe pas, l’index L soulève une tige M qui vient arrêter les branches d’une étoile légère N, portée par un des
- mobiles. Dès que le courant passe dans le wattmètre, L fléchit et dégage l’ctoile N.
- Dans le compteur-moteur, pour courants alternatifs, de Granville F. Packard (*), le courant à mesurer parcourt deux bobines 9 et 10, dont les noyaux, en fer laminé, passent dans les échancrures des ailettes d’une roue montée sur un axe vertical 14, figures 5-6 et 7. Les électros développent un champ alternatif
- {>; Brevet anglais n° 13 117, déposé le 27 mai 1897, accepté le 21 août 1897. 10 figures. Date du brevet aux États-Unis, 26 octobre 1896.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- qui induit de' celles-ci sont rej
- dans les ailettes ; .entraînent l’axe qui
- British Thomson Houston C* a pour objet de substituer aux deux compteurs, souvent em-
- Fig. 4. ~ Compteur de Bauw, détail.
- commande les rouages du compteur. L résistance de l’air s’oppose au mouvemen
- ployés pourla mesure des courants triphasés, un seul appareil donnant des indications
- Compteur Ste
- t. 5. — Compteur Packard pour
- is les cas; elle est due à
- des ailettes, proportionnellement au carré de la vitesse ; d’autre part, le couple moteur croît
- M. Stein.metz, de Schenectady
- îpteur Packard, dét
- figures 8 et 9 représentent, schémati-
- rcsultante est alors proportionnelle à l’inten-
- r3 977, dépose le 8 juii
- velle disposition brevetée par The
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- quement, une première solution. Un tambour D, qui est un cylindre fermé, de cuivre ou d’aluminium, est soumis à l’action de deux
- c
- Fig. il. — Compteur Steinmetz, schéma, deuxième
- bobines E, E„ placées dans deux des circuits du réseau. La distribution se faisant en triangle, dans les branches i, 2 et 3, une
- Fig. 12. — Compteur Hookham,
- série de résistances égales G„ G2 et Gs sert à créer un point neutre fictif g. Dans les circuits G2 et G3 sont intercalées deux autres bobines inductrices F et F, qui sont placées devant le cylindre D, à côté des bobines E et Er Chacun des deux groupes EF et E, F, constitue, avec l’armature D, un moteur à
- champ tournant, puisque les courants sont décalés dans chacune des bobines (en quadrature, dit le brevet?).
- Dans la seconde solution, figures 10 et 11, les circuits des volts sont disposés en triangle; il y a six bobines inductrices, E, E„ F,, Fâ, F3 et F4, et enfin trois résistances, Gi, G2, Ga.
- Fig. 13. — Compteur Hookham, vue de côté.
- De meme que dans le premier cas, les trois circuits dérivés doivent avoir des résistances égales et une self-induction négligeable.
- Pratiquement, ces appareils sont réalisés, à peu près, sous la forme et les dimensions des compteurs Thomson bien connus.
- Le compteur, pour courants alternatifs, de G. Hookham (') est un moteur à champ tournant dans lequel un électro-aimant IB reçoit un courant dérivé, pendant que le courant principal passe dans un autre électro CD, figures 12, 13, 15 et 16.
- L’électro B a une pièce polaire inférieure, très large, qui sert en même temps d’arma-
- (‘) Brevet anglais nu 23 512, déposé le 22 octobre 1896, accepté le 16 octobre 1897. 7 figures.
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- ture à l’électro CD. Les pôles supérieurs de B et C sont étroits et longs, parallèles entre eux. Dans l’entrefer des électros passe le disque conducteur A, sur lequel agit le champ tournant développé pour les deux circuits; ce disque tourne sur un axe vertical et com-
- Fig. 14. — Compteur Hookham, détails.
- mande le mécanisme totalisateur. Un petit écran en cuivre, D3, placé sur une des branches de l’électro C, produit la dissymétrie nécessaire à la création du champ tournant. Un aimant permanent, C, forme frein électro-magnétique.
- Les avantages réclamés pour cette disposition résident dans la forme des électros qui concentrent les lignes de force dans un entrefer très étroit, de sorte que le couple moteur est relativement élevé; en outre, la construc-
- tion des clectros est ainsi facilitée et leur réglage peut être fait séparément.
- Pour assurer l’arrêt immédiat du compteur, quand le courant cesse de passer, le disque mobile est muni d’une petite pièce de
- Fig. 15 et 16. — Compteur Hookham, détails.
- fer F, logée dans une rainure circulaire et occupantenviron un quart de la circonférence, F, figure 14. Cette pièce passe, en tournant, devant lavis en fer E, qui forme une projection de l’aimant permanent G; l’attraction de l’aimant sur le fer suffit à arrêter le disque dès que le couple moteur est nul.
- (A suivre.)
- H. ÂRMAGNAT.
- TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ ALLEMANDE D’ÉLECTROCHIMIE
- [14-15 avril 1S98 (')]
- Le cinquième Congrès de la Société allemande d’clcctrochimie s’est réuni cette année à Leipzig, dans le nouvel Institut de chimie physique construit et dirigé par le célèbre professeur Ostwald et dont l’inauguration venait d’avoir lieu le 3 janvier. Le président, M. Ostwald, souhaite la bienvenue aux membres présents, puis il rend compte de la situation matérielle et financière de la Société : 553 membres après quatre années d’existence. Un prix d’honneur de 600 mark est attribué au professeur Elbs pour ses travaux électrochimiques. MM. Hittorf, Wiedemann, Wisli-
- cenus et van t’Hoff sont nommés à vie membres du conseil d’honneur de la Société. Le président Ostwald, débordé par le travail, prie la Société de reporter sur d’autres épaules l’honneur et la charge de la présidence. M. van t’Hoff est élu à. sa place. La parole est donnée d’abord au professeur W. Hittorf, de Münster, qui fait une communication
- (!) D’après la Zeitsch, f. Eltkirochmie, organe de la Société (n"" de mai et de juin 1898).
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- 94 L’ÉCLAIRAGE
- SUR l’aLLURïï ÉLECTROCIIIMIQUH DU CHROME
- Les métaux étudiés jusqu’à présent au point de vue électrochimique sont principalement ceux qui sont susceptibles de fournir des combinaisons conductrices, des électrolytes ; cela tient à ce que la majorité des éléments capables de former des non-électrolytes sont des isolants, et que le petit nombre d’entre eux qui conduisent n’étaient connus jusqu’à ces dernières années que sous la forme de poudre ou de minces lamelles, se prêtant par conséquent très peu à l’expérimentation. On sait que Moissan, grâce au four électrique, a précisément obtenu à l’état fondu de ces métaux dont la liquéfaction était impossible jusqu’à ce jour. M. H. Gold-schmidt, d’Essen, prépare ces mêmes métaux par un autre procédé qui consiste à réduire leurs oxydes par l’aluminium ; la température de la réaction est suffisante pour les liquéfier. Les expériences suivantes ont été faites sur du chrome obtenu par cette voie.
- Il est connu que le chrome forme trois catégories de combinaisons caractérisées par l’oxydule bivalent Cr O, l’oxyde trivalent Cr2 O3 et l’anhydride chromique Cr O*, sans parler de l’acide perebromique instable.
- Si le métal est mis en contact avec des solutions un peu fortes, d’acide chlorhydrique, il s’échauffe ; on observe un vif dégagement d’hydrogène et c’est la combinaison bivalente qui prend naissance, le chlorure chromeux, qui se dissout en formant un liquide bleu. Si l’acide est plus étendu, il faut élever la température, l’ébullition suffit pour provoquer un rapide dégagement d'hydrogène, même dans les solutions faibles. L’eau pure est indifférente et le métal reste brillant aussi à l’air, à la température ordinaire. Il n’est attaqué qu’au.rouge et se recouvre alors de couches d’oxyde jaunes et bleues, comme l’acicr. Les autres hydracides, acides brom-hydrique, fluorhydrique et même iodhy-drique se comportent comme l’acide chlorhydrique. De même les acides sulfurique et oxalique étendus dissolvent le métal à chaud,
- ÉLECTRIQUE T. XVI. - N° 29.
- dégagent de l’hydrogcnc et forment des sels bivalents. La solution de sulfate chromeux Cr SO4 a la même couleur que celle des combinaisons halogénées, tandis que la couleur de l’oxalate chromeux rappelle celle des permanganates. L’acide sulfurique concentré n’attaque le métal qu’à plus haute température en dégageant du gaz sulfureux. Les acides azotique, cblorique et perchlorique sont sans aucune action, quelles que soient leur concentration et la température. II en est de même des solutions des acides phos-phorique, chromique, citrique, tartrique, fqrmique, acétique, de celles de potasse, de soude, aussi bien à froid qu’à la température d’cbullition (*). Il est probable que les chaleurs de combinaison du chrome sont considérables.
- On sait, depuis Wcehler, que le zinc métallique précipite le chrome de ses sels fondus ; on pouvait donc s’attendre à ce que dans la série des tensions électriques il ne serait précédé que par le zinc électropositif. Il n’en est rien : àlatempérature ordinaire et dans les solutions où il ne dégage pas d’hydrogène, le chrome est électronégatif, non seulement vis-à-vis le zinc, mais encore vis-à-vis le cadmium, le fer, le nickel, le cuivre, le mercure, l’argent.
- Le chrome est de plus complètement indifférent à l’égard des solutions des sels neutres de ces métaux, même si on les porte à l’ébullition. Il ne décompose pas les chlorures d’or, de platine, de palladium, mais à l’ébullition il réduit les solutions des chlorures mercurique et cuivrique ainsi que celle du bromure cuivrique en sels mercureux et cuivreux. II se conduit ici comme l’argent, et en général, à basse température, il a les pi'o-priétés d’un métal noble.
- Le chrome métallique fut employé, à la température ordinaire, comme anode dans l’électrolyse des solutions où il ne dégage pas d’hydrogène ; dans la majeure partie des cas il forme une combinaison, mais qui n’est pas
- (*) Cf. Moissan, Le Four électrique, p. 206.
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- celle du métal bivalent, de l’oxydule ; c’est toujours la combinaison la plus oxygénée, l’acide chromique; il se produit des stries jaunes à partir de la surface de l'anode.
- Pour suivre quantitativement cette réaction remarquable M. Hittorf introduit les liqueurs et les électrodes dans deux tubes a et b qu’on peut fermer à la partie inférieure, quand c’est nécessaire, à l’aide de minces plaques de terre poreuse ; ces récipients sont réunis à un tube c en U par des parties rodées. On introduit dans le tube anodique et dans c un morceau de chrome ainsi que la solution saline ou acide soumise à l’électrolysc ; l’autre tube reçoit une cathode de platine et un liquide plus léger, ordinairement la première solution un peu diluée. On intercalait aussi sur le meme circuit un voltamètre à argent et un galvanomètre de Siemens. Quand le courant fourni par quelques accumulateurs avait passé pendant un temps suffisant, on déterminait la perte de poids du chrome ainsi que la quantité d’argent déposé. Le tableau I résume les résultats:
- T;
- I
- N- Sel. ré?ùh'U Trouvé^ alc.'i/ô C
- I KC1 0,5635 0,0526 0,0454
- 2 KBr 0,33él 0,0275 0,0271
- 3 KF 1,1119 6,0991 0,0896
- 4 KCy 0,3922 0,0327 0,0316
- 5 KsS0‘ °,4°59 <00352 0,0327
- 6 KAzü* 0,5084 0,0441 0,0409
- 7 KOH 0,4136 0,0349 0,0333
- 8 HCl 1 »5r 53 0,1293 0,1221
- 9 HCl 0,6196 0,0529 0,0499
- 10 HAzO3 1,3682 0,ll68 0,1103
- 11 H2SO n2758 °,ri57 0,0948
- 12 HaC*0» o,3359 0,0313 0,0271
- 13 Kl 0,1792
- 14 KCAzS 0,1038
- On voit que dans toutes les solutions la perte de poids est plus grande que celle qu'o peut calculer à l’aide d’un atome de chrome, Cr — 52,2, hexavalent ^ Cr correspondant à Ag'j. Ces différences doivent être attribuées aux impuretés du métal qui contient
- 3,5 p. ioo de fer, environ o,i p. ioo de silicium et une trace de manganèse, mais pas d’aluminium. On peut précipiter ces produits en ajoutant de l’ammoniaque à la liqueur
- jaune formée autour de l’anode. L’analyse complète a été faite sur le n° 8 contenant environ 2 p. 100 d’acide chlorhydrique. On a fondu le précipité avec le mélange de carbonates de potasse et de soude pour enlever l’acide chromique entraîné par le peroxyde de fer. La partie insoluble formée de peroxyde de fer fut lavée et calcinée; elle pesait 0,0169 contenant 0,0118 de fer qui équi-
- vaut à 0,0037............................. —
- Si de la perte de l’anode de chrome . . 0,1293 on retranche cette quantité de fer . . . 0,0118
- et qu’au reste . ... 0,1175
- on ajoute le fer équivalent à . . . 0,0037
- on obtient...............................0,1212
- c’cst-à-dire sensiblement la perte calculée .............................. 0,1221
- La partie dissoute de l’anode contient 9,1 p. 100 de fer, c’est-à-dire à peu près trois fois autant que la teneur du métal primitif.
- On voit qu’à la température ordinaire et pour les douze premiers sels l’anode de chrome est toujours transformée en sa combinaison la plus oxygénée, l’acide chromique, quelle que soit la composition de l’anion.
- On peut admettre, pour expliquer ce fait, que les anions séparés parle courant décomposent l’eau au contact du chrome et s’emparent de l’hydrogène, tandis que le chrome passe à l’état d’acide chromique.
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- Nous savons, en effet, qu'en l’absence de chrome le fluor seul et les anions des sels oxygénés ont le pouvoir de décomposer l’eau. Le chlore électrolytique lui-même ne la décompose qu’en solution très étendue et en ne dégageant que de petites quantités d’oxygène à l’anode ; le brome et le cyanogène sont incapables de toute décomposition.
- Il serait également possible que les anions s’unissent directement au chrome et que la combinaison la plus élevée ainsi produite fît ensuite avec l’eau la double décomposition. On pourrait objecter que ces corps sont inconnus, qu’ils n’ont pu être isolés jusqu’à présent, mais rappelons-nous avec quelle facilité on obtient les acides chlorochromique et fluorochromique Cr (TCP, Cr 0?Fa que l’eau détruit aussitôt dans le sens indiqué plus haut.
- En opérant avec les solutions d’acides oxygénés on constate que l’oxygène seul entre en combinaison avec le chrome, l’acide restant dissous à l’état libre. Dans les solutions d’iodure et de sulfocyanate de potassium les anions restent libres et le chrome n’est pas attaqué. Tous les iodures, même l’acide iodhydrique, se comportent de même. Cette allure de la solution d’acide iodhydrique est très caractéristique pour le chrome, car la même solution, à chaud, est décomposée avec un vif dégagement d’hydrogène et formation de la combinaison la moins élevée, l’iodure chromeux.
- La naissance d’acide chromique dans les solutions étendues des acides chlorhydrique, bromhydrique, fluorhydrique, oxalique, n’est pas moins remarquable, puisque dans les solutions de ces mêmes acides, et pour une faible élévation de température, le chrome détermine un dégagement violent d’hydrogène et donne la combinaison bivalente.
- On ne saurait objecter que ces phénomènes doivent être attribués peut-être à l’existence d’une couche d’oxyde ou de peroxyde à la surface du métal; car si dans la solution chlorhydrique le chrome est pris d’abord pour cathode, l’hydrogène qui se
- dégage sur lui le décape complètement et réduit toute trace d’oxyde; si maintenant on vient à renverser le sens du courant, on voit aussitôt apparaître ettomber les stries jaunes.
- Pour se rendre compte de l’allure électromotrice du chrome on se servit du même vase, les deux tubes fermés par des plaques minces de terre poreuse contenant l’un la solution saline et le métal, l’autre une solution d’azotate d’argent avec une lame d’argent chimiquement pur, le tube en U renfermant une solution plus dense d’azotate de soude. Dans le circuit comprenant l’élément galvanique ainsi formé on intercalait une résistance de 30000 unités Siemens (28 143 ohms} avec une boussole des sinus de Siemens. Etant donnée la très grande résistance, on pouvait considérer les sinus des déviations comme proportionnels aux forces électromotrices ; on ramenait aux volts par comparaison avec un élément au cadmium.
- Le tableau II donne les forces électromotrices pour deux cas et pour quelques métaux dont on fera usage plus loin.
- T.
- II
- Force électromotrice à 50 C. des chaînes galvaniques.
- a) M l KC1, NaAzO3, AgAz3 | Ag
- b) M | NaAzO3, NaAzO3, AgAzO3 | A g
- Zinc amalgamé......
- Cadmium............
- Plomb..............
- Fer................
- Chrome.............
- Élément normal au cad-
- :,534
- >>974
- >,123
- >>955
- >,689
- i>473
- 0,879
- 0,489
- 1,0194
- Le chrome ne donne pas de déviation quand, ayant servi d’anode, on enlève l’acide chromique à l’eau distillée et qu’on l’introduit dans l’élément. S’il n’a pas subi ce traitement il se produit souvent une déviation qui diminue lentement et dont on accélère la disparition totale en fermant le circuit sur une résistance faible.
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- Si à la place du chlorure de potassium ou de l’azotate de soude on met des solutions d’acides libres assez faibles pour que le chrome n’y dégage pas d’hydrogène, ce métal ne détermine aucune force électro-motrice, à la température ordinaire ; mais si le chrome développe de l’hydrogène, la force électromotrice s’élève à 1,056 volt (sur la résistance de 30000 S) ; elle dépasse celle du cadmium.
- La chaîne Cr](KI, Na Az Os, Ag Az OjlAg donne des déviations qui varient avec la concentration ; des expériences antérieures de l’auteur (') montrent en effet que des électrolytes, entre des électrodes inactives, fournissent des forces électro-motrices de 0,22 à 0,44 volt; l’iode et l’argent qui sont libérés ont une chaleur de dissolution qui dépasse notablement leur chaleur de combinaison.
- Il est hors de doute que la formation d’acide chromique est accompagnée d’un notable dégagement de chaleur. Si le chrome n’est pas anode, les solutions du tableau I sont sans action sur lui. Il ne se produit aucune force électromotrice correspondant au dégagement de chaleur et le métal se trouve dans un état que nous appellerons inactif au point de vue électromoteur, ou tout simplement inactif.
- L’anhydride chromique n'est pas un électrolyte et les éléments qui se comportent sous ce rapport comme le chrome sont ordinairement des isolants. Un petit nombre d’entre eux conduisent suffisamment pour qu’on puisse étudier leur pouvoir électromoteur; parmi eux se trouvent le tungstène et le vanadium, que l’on peut avoir maintenant à l’état fondu grâce aux travaux de Moissan. Ces métaux se placeront probablement à l’extrémité de la chaîne électromotrice, à côté du platine. Tous ces corps dégagent vraisemblablement une notable quantité de chaleur en passant à l’état de combinaison. A côté d’eux se range sans doute le charbon. Nous serions ici en présence d’une classe déterminée de métaux dont l’énergie chimique ne se transformerait peut-être pas en énergie électrique.
- P) Zeitsch. f. physih. chem., t. X, p. 604 (1892).
- Pour éclairer la question, on fit passer le courant de quelques éléments Daniell (de force électromotrice D) à travers les séries :
- a) Cr | KC1, NaAzO3, AgAzO3 | Ag
- b) Cr | NaAzO3, NaAzO3, AgAzO3 | Ag,
- et l’on mesura la force contre-électromotrice (C) par la méthode d’Ohm, avec la boussole des sinus.
- On obtient ainsi avec 2D à travers a, 0 = 0,405 D; avec 4 D, 0 = 0,424 D. Dans les deux cas l’anode de chrome fournit de l’acide chromique jaune; il ne s’y forme aucune bulle de gaz.
- Les mesures furent répétées en remplaçant le chrome par une lame mince de platine pur le long de laquelle le chlore se dégage librement ; ici on eut C =0,530 D.
- La différence de ces forces contre-électromotrices serait sans doute encore moindre, si le chrome était chimiquement pur, débarrassé de toute trace de fer. Et cependant l’une des anodes s’unit au chlore et l’autre ne le fixe pas.
- La série b fournit avec 2 D les forces contre-électromotrices 0,427 D et 0,502 D suivant que l’anode était constituée par le chrome ou par le platine.
- Si, d’après l’une des hypothèses indiquées plus haut, ce sont les halogènes qui se combinent directement à l’anode de chrome, on doit s’attendre à obtenir ces combinaisons à valence élevée qui n’ont pas encore été isolées, à la condition d’exclure l’eau, cause de leur instabilité. On devra donc faire réagir sur l’anode de chrome les sels halogènes (chlorures, bromures, fluorures, cyanures) non pas sous la forme dissoute, mais à l’état fondu.
- On se servit pour faire ces expériences d’un petit creuset de porcelaine, la cathode étant constituée par un morceau de bismuth en fusion, charge de dissoudre le métal alcalin mis en liberté et dans lequel plongeait un fil de fer protégé par un tube de porcelaine.
- Quand le sel était en fusion, on y introduisait un morceau de chrome pesé, fixé par
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- un fil de platine qui ne touchait pas le contenu du creuset.
- Dans le cas du chlorure de zinc on prit comme cathode une lame de platine sur laquelle se déposait le zinc.
- Le résultat fut tout autre que celui auquel on s’attendait. Les allions des sels formèrent avec le chrome la combinaison inférieure ; ce métal se montra bivalent, en perdant un poids trois fois moindre que dans l’électrolysc des solutions, ainsi qu’il résulte du tableau III.
- Tableau III
- PEIiTKV> J CHROME
- Sel fondu. Argent réduit Trouvé. pou?!/”'Cr
- KCI + NAC1 0.4659 0,1157 0,1126
- KBr 0,6997 8,5705 0,1692
- Kl 0,4820 0,1321 0,116.5
- ZnCl2 0,0726 0,0183 0,0176
- ZnCl2 o,5443 0,1356 0,1316
- Grâce à l'accès de l'air, les sels chromeux prirent une coloration verte en s’oxydant partiellement.
- En prenant le cyanure de potassium fondu l’anion cyanogène (CAz) ne se combine qu’en partie avec le chrome, le reste s’échappant sous forme de gaz cyanogène (C2 Az2). Le sul-focyanale de potassium, très fusible, se comporte ici comme dans ses solutions : le radical sulfocyané (CAzS) ne se combine pas au chrome.
- Cette allure du chrome est en relation étroite avec un fait connu, à savoir que les sels qu’il ne décompose pas en solution sont réduits par lui à l’état fondu, c’est-à-dire à une température plus élevée ; c’est ce qui arrive pour les chlorure, bromure, iodure de cadmium, chlorures cuivreux, chlorures d’argent, de plomb; il se produit chaque fois la combinaison chromeuse, laquelle se'colore en vert sous l’action de l’oxygène de l’air.
- Cette différence dans l’action du chrome se remarque dans les solutions aqueuses de beaucoup de sels, à des températures plus ou moins élevées.
- Nous avons déjà vu qu’elle est très nette avec les hydracides. Quand la solution est un peu concentrée, la combinaison inférieure se produit, avec ou sans courant, dès la température ordinaire ; si les solutions sont étendues, il faut chauffer, mais sans jamais dépasser la température d’ébullition. Ainsi donc, au-dessous d’une certaine température, d’autant plus élevée que la dilution est plus grande, le chrome est indifférent (i); puis dès que la température de réaction est atteinte le dégagement d’hydrogène est subît et la combinaison inférieure prend naissance.
- Quand le chrome est pris comme anode, le changement d’allure se produit déjà vers la température d’ébullition dans les solutions des chlorures de potassium, de sodium, d’ammonium, de baryum, de calcium qui ont été examinées, et probablement pour les chlorures de tous les métaux alcalins et alcalino-terreux. La réaction est tellement nette qu’elle se prête à une expérience de cours. Tant que la température est peu élevée, l’anode de chrome abandonne des stries jaunes d’acide chromique; dès que la température s’approche du point d’ébullition, la couleur varie, les stries deviennent bleu verdâtre.
- La détermination quantitative se fait dans un tube en U dont l’une des branches contenait la solution du sel, l’autre branche renfermant une solution moins dense d’acide chlorhydrique.
- Des bouchons fermant le tube diminuent l’évaporation. Dans la première branche était immergé le morceau de chrome fixé à un fil de platine; la cathode était constituée dans l’autre branche par une lame de platine ; l’hydrogène mis en liberté s’échappe à travers un petit trou percé dans le bouchon. On chauffe au bain-marie. Le courant de deux ou trois accumulateurs traversait, comme plus haut, un voltamètre à argent et le galvanomètre de Siemens.
- (') Nous sommes sans doute ici en présence d’un cas de faux équilibre (Red.).
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- Tableau IV Le chrome sert d’anode à ioo°.
- 1 BaClâ 0,2561 0,06505 0,06193
- 2 AzH*Cl 0,3319 0,0795 0,0803
- Les bromures, cyanures et fluorures donnent encore de l'acide chromique jaune, ainsi que le montre le tableau suivant:
- Tableau V
- Le chrome sert d’anode à 100°.
- PERTE DU CHROME
- 2 KCAz 0,3329 0,0275 0,0268
- 3 KF 0,1428 0,0131 0,0115
- Dans les solutions des iodures alcalins, l'iode n’est pas totalement transformé en iodure chromeux, une partie seulement est mise en liberté, comme aux températures plus basses. La couleur des stries le montre nettement et les deux analyses du tableau VI le confirment.
- Tableau VI Le chrome sert d’anode à toon.
- 1 " Kl 0,2747 0,0385 0,0664
- 2 Kl 0,2617 0,0431 0,0633
- Dans les chlorures des métaux magnésiens, meme à 100, le chrome anode 11e fournit que de i’acide chromique ; une température plus élevée est nécessaire.
- 11 est facile de faire l’expérience avec le chlorure de zinc, dont la solubilité est très grande; par une évaporation continue on peut élever progressivement le point d’ébullition de la solution jusqu’au point de fusion du sel anhydre (262°). Les stries jaunes d’acide chromique se forment jusqu’à 130°;
- au-dessus de cette température, on commence à apercevoir la couleur verdâtre du chlorure chromeux. Pour éviter la présence d’acide chlorhydrique libre on avait ajouté de l’oxyde de zinc à la solution du chlorure.
- Le chlorure de magnésium se comporte comme le chlorure de zinc ; les stries vertes ne se montrèrent qu’à 107°.
- Les chlorures des métaux qui 11e sont pas réduits à l’ébullition parle chrome déterminent la fabrication d’acide chromique, aussi bien à l’ébullition qu’à la température ordinaire, ainsi qu’il résulte du
- Tableau VII Le chrome sert d'anode à 1 00°.
- PERTE DE CHROME
- 1 CdCP 0,3848 0,0340 * 0,0310
- 2 CuCl2 1,6470 0,1394 0,13275
- Ainsi la production d’acide chromique est corrélative de l’impuissance du chrome à provoquer la réduction des métaux facilement décompo sables.
- Mais si, à l’ébullition, le chrome se trouve en contact d’un sel (KO, Na Cl...) qui lui communique le caractère nouveau, il devient métal actif et réduit les chlorures de cuivre, d’or, de palladium et de platine. Si l’on fait bouillir dans un vase à précipité l’un de ces chlorures au contact de chrome qui, servant d’anode, a formé de l’acide chromique, il 11e se produit aucune réduction, quelque prolongée que soit l’ébullition.
- Le chrome est inactif. Vient-on à ajouter abondamment l’un des premiers sels, le chrome devient actif et précipite en peu de temps le métal réductible, ordinairement sous la forme de poudre. Moins est grande la quantité de chlorure de potassium... qu’on ajoute, plus la réduction devient lente; à la fin eile n’est plus perceptible. Cette réduction ne s’opère du reste qu’à la température de l’ébullition, elle n’a pas lieu à froid.
- Les sels qui, à l’ébullition, provoquent en--core la formation d'acide chromique pendan
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- l’électrolyse ne possèdent pas cette propriété.
- Les chlorures de cadmium et de plomb ne sont pas encore réduits à l’ébullition en présence de chlorure de potassium....
- Si l’on soumet a l’électrolyse, en présence de chlorure de potassium, un sel facilement réductible tel que le chlorure cuivrique, il se dépose à l’ébullition du cuivre rouge, métallique, sur l’anode de chrome.
- La perte subie maintenant par le chrome est notablement supérieure à celle qui correspond à l’argent déposé, puisque la réduction chimique s’ajoute à l’électrolyse proprement dite.
- Le chrome sert d’anode à ioo°.
- Plus la dilution du chlorure de potassium est grande, plus l’accroissement est lent ; le volume précédent ayant été sextuplé par addition d’eau, on obtint les nombres suivants :
- Température. io° 45° 65° 720
- Volts......... 0,0086 0,0514 0,0856 0,214
- Température. 740 76e* 790 86u 89"
- Volts......... 0,426 0,635 °>758 0,799 °>879
- Tout autre est l’allure des métaux ordinaires dont la force électromotrice dans la série a varie très peu avec la température. Voici quelques nombres destinés à fixer les différences :
- Tableau VIII
- Force éleclromotrice de la combinaison a, à zoo”.
- PERTE DE CHROME
- K Cl et un peu
- .deCuCÎA 0,9127 0,2411 0,2207
- L’acide chlorhydrique étendu étant chauffé d’abord avec du chrome seul jusqu’à production d’un vif dégagement d’hydrogène, une solution de chlorure cuivrique qu’on y ajoute est réduite rapidement*, dans ces conditions le sel de plomb subit aussi la réduction, mais pas encore celui de cadmium.
- En même temps que le chrome devient chimiquement actif, son rang change dans la série des tensions. Cette variation n’a pas lieu subitement à l’approche du point d’ébullition; elle se fait graduellement à mesure que la température s’élève. Les forces électromotrices ont été mesurées dans l’appareil décrit plus haut, avec la boussole des sinus et la résistance de 30 000 S. On a opéré sur la série a \ CrjKCl, Na AzO3, AgAzOs|Ag, en chauffant peu à peu dans un bain d’eau. Voici les ré-
- sultats (') :
- Température. 6° 30° 40° 50“
- Volts........0,0428 0,341 0,697 0,859
- Température. 6ou 70° 8o° 85° 100" Volts........ 0,927 0,947 0,966 0,998 1,006
- (q On les a calculés, ainsi que les suivants, d’après les di-ginal. (Réd.)
- Métal : Zinc amalgamé. Cadmium. Cuivre.
- Volts : 1,519 1,072 0,778
- On ne peut faire ces expériences sur le chrome pendant que la température décroît, car nous verrons que ce métal ne quitte pas très vite l’état qu’il a pris à température élevée.
- La marche de la force électromotrice fut à peu près la même après addition de 2 p. 100 d’acide chlorhydrique à la solution de chlorure de potassium ; le dégagement vif d’hydrogène commença dès 55°, pour une force électromotrice de 1,106 volt, et la déviation de la boussole reste sensiblement la même jusqu’à ioo°C.; plus la concentration de la solution d’acide chlorhydrique est faible, plus il faut s’approcher du point d’ébullition pour que le dégagement d’hydrogène et l’activité du chrome aient atteint leur plein développement.
- La combinaison a : CrjKCl, Na AzO3, AgAzQ3(Ag, constitue, à la température d’ébullition, un élément galvanique constant; après avoir remplacé la grande résistance de 30000 S. par un voltamètre à argent on trouva au bout de quelque temps les poids suivants de chrome dissous et d’argent précipité :
- PERTE DE Cr.
- Argent réduit. Trouvé. CalsulLpouT 1/2 Cr'.'
- 0,0654 0,0166 0,0158
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- Dans les sels halogènes fondus, le chrome a naturellement aussi une grande force électromotrice ; il est actif et occupe une place corrélative dans la série des forces électromotrices. Pour faire un élément constant avec le mélange de chlorures de potassium et de sodium fondus on peut procéder de la manière suivante. On enlève la tête d’une petite pipe en terre, de manière à ne laisser qu’un petit godet qui recevra un peu de chlorure d’argent (fondu) en communication avec l’extérieur par un fil de platine ou d’argent passant à travers le tuyau. Le morceau de chrome et la pipe étant plongés dans le sel fondu, on constate, sur la résistance de 30000 S, avec la boussole des sinus, une force électromotrice de 1,0212 volt.
- Dans les solutions des sels qui, à 10o°, pendant l’électrolyse, donnent encore de l’acide chromique, mais qui, à une température plus élevée, fournissent des sels chro-meux — chlorures des métaux magnésiens — la force électromotrice du chrome augmente continûment de o° à ioo°, sans atteindre la valeur observée pour le chlorure de potassium.
- Il existe enfin des sels halogénés dans la solution desquels le chrome reste tout à fait inactif de o° à ioo°, sans prendre de force électromotrice croissante ; tel est le cas des solutions de bromure de potassium et des chlorures des métaux facilement réductibles de cuivre, de palladium.
- Pour avoir quelque idée de la température à laquelle le métal devient actif dans ces cas, on a enfermé quelques morceaux de chrome dans des tubes scellés en verre épais qu’on a chauffés au-dessus de ioo°. Le sulfate de cuivre resta inaltéré, bien qu’on eût atteint une température de 225"; par contre, le chlorure cuivrique fut réduit partiellement en cuivre métallique. La solution de chlorure de palladium commença à se réduire à la température de 1950.
- Un fait bien intéressant est que le chrome ne perd pas immédiatement le caractère actif fiu il prend au contact des chlorures fondus
- ou de leur solution bouillante ; il la conserve pendant quelque temps à la température ordinaire. Quelquefois la déviation considérable observée à l’ébullition dans la série a : CrjKCl, Na AzO% Ag AzOs|Ag. se maintient pendant le refroidissement jusqu’à la température ordinaire. L’état actif est bien plus stable si l’on met le chrome pendant quelques minutes en contact avec des chlorures à température plus élevée encore; on le plonge par exemple dans du chlorure de zinc fondu, on le jette dans l’eau distillée, 011 le sèche et on le met dans la série a (avec la résistance de 30000 S.): la déviation est presque toujours la même qu’à ioo°.
- Cette force électromotrice diminue lentement; le décroissement est plus rapide -si l’on diminue la résistance ; on atteint l’état inactif très vite quand on emploie le chrome comme anode avec un courant un peu fort; il se forme alors toujours de l’acide chromique jaune.
- Si le chrome, rendu actif par immersion dans le chlorure de zinc fondu, ne sert pas d’anode, il conserve son état pendant longtemps. Il est alors capable de réduire directement les solutions bouillantes des sels de cuivre, de palladium...
- Les sels oxygénés ne se comportent pas comme ceux des halogènes. On se rappelle que le chrome, chauffé avec l’acide sulfurique étendu et l’acide oxalique, dégage vivement de l’hydrogène et donne des sels bivalents; il est par conséquent actif.
- Par contre, les solutions des sulfates et des oxalates, soumises à l’électrolyse à ioo°, avec le chrome comme anode fournissent de l’acide chromique :
- Le chrome sert d'anode à /oo°.
- PERTE DE CHROME
- Sel. Argent réduit. Trouvé. Calculé pour j/6 Cr.
- Uxalatedepotasse. 0,2931 0,0255 0,0236
- Il en est de même si l’on opère sur les sels oxygénés fondus.
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- Le chrome sert d'anode.
- PERTE DE CHROME
- Sel fondu. Argent réduit. TrôuvéTodcuicl^u^/Ô Cri Na5SOJ+MgSOi. 0,3243 0,0263 0,0261
- KAz03+NaAzO3. 0,1253 0,0115 0,0101
- Parmi les acides oxygénés qui sont tout à fait inactifs vis-à-vis le chrome, il faut cirer l’acide phosphorique ; en concentrant sa solution dans une capsule de platine jusqu’à atteindre 300% le chrome, qui servait d’anode, donna constamment naissance à de l’acide chromique.
- D’accord avec ces faits, la série galvanique b : Cr|Na AzOffNaAzOq AgAzOa|Aget la série c : Cr]K';SO% NaAzO% AgAzCPjAg conservent intacte la même force électromotrice très petite, jusqu’à la température de ioo°.
- Le chrome n’est pas davantage actif dans les sels oxygénés fondus. La série Cr|NaAzOs -f- KAzO3 fondus, Ag Ci|Ag ne possède aucune force électromotrice constante.
- Quand le chrome est rendu actif au moyen du chlorure de zinc fondu et qu’on l’introduit dans les séries a ou b de plus haut, on obtient d’abord 0,939 volt (avec la résistance de 30000 S.). Tant qu’on maintient dans le circuit la grande résistance, la diminution est lente; au bout de 6 minutes on avait encore 0,839 volt. Mais si l’on enlève la résistance du circuit, l’activité disparaît rapidement.
- A l’aide de la série i on a tenté quelques essais destinés à élucider l’allure élcctromo-trice du chrome. Il semble que l’état primitif du chrome soit l’état actif. Nous avons vu que le chrome qui a servi d’anode avec un courant un peu fort et qui a formé de l’acide chro-mique est devenu inactif. Lavé soigneusement à l’eau distillée, il ne donne aucune déviation du galvanomètre quand on l’introduit dans la série b. Si sur un pareil fragment de chrome on détermine une surface fraîche, au moyen d’une rupture, on obtient dans la série b une déviation correspondant à plus de 0,8 volt, mais qui diminue si rapidement que l’aiguille ne peutprendre sa position d’équilibre. Sil’on 1
- enlève toute résistance du circuit le décroissement est incomparablement plus rapide que celui qu’on constate avec le chrome rendu actif par immersion dans le chlorure de zinc fondu.
- A l’air libre, l’activité de la surface de rupture ne diminue qu’avec lenteur ; après un jour on peut encore obtenir une force électromotrice supérieure à 0,6 volt.
- L’état actif communiqué au chrome par le chlorure de zinc fondu se maintient encore plus longtemps à l’air. Au bout de 17 heures un échantillon donna 0,63 volt, et après 48 heures 0,59 volt.
- Nous avons vu que le chrome est complètement indifférent vis-à-vis les solutions de potasse et de soude caustiques, même à la température de l’ébullition. Introduit dans une chaîne galvanique qui comprend ces solutions: Cr|NaOH,NaAzO% AgAzO;,|Ag, il donne une force électromotrice assez notable. A io°, avec la résistance de 30000 S., elle est de 0,375 volt.
- La température croissant lentement, on observe les forces électromotrices suivantes :
- Température. 20° 25lj 30*' 35u 45° sô1-1 550
- 65u "t" 75u 85°-
- Volts. . . . 0,405 0,426 0,460 0,481 0,5350,552
- 0.593 0,656 0.676 0,701 0,717
- La soude caustique étant fondue au creuset d’argent, 011 y introduisit le chrome et la petite pipe qui contenait le mélange de nitrates de potasse et de soude fondus, du chlorure d’argent, ainsi que le fil de platine; la force électromotrice observée (toujours avec la résistance de 30 000 S.) s’éleva à 0,635 volt.
- Cette chaîne galvanique ajoute sa force électromoirice à celle de deux Daniell que l’on vient à intercaler sur le circuit. Nous avons constaté le contraire plus haut. L’augmentation, à la température ordinaire, fut égale à 0,332 D. Ici l’acide chromique formé se combine à la soude avec dégagement de chaleur.
- L’état que prend le chrome quand il est en contact avec la solution des alcalis causti-
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- ques ne disparaît pas aussitôt après la séparation. Retiré de la solution bouillante, refroidi, lavé, introduit dans la combinaison b : CrINaAzO3, NaAzO3, Ag Az03|Ag, ontrouve (avec la résistance de 30000 S.) 0,552 volt, et retiré de la même solution, à la température ordinaire, 0,426 volt.
- Dans les conditions observées jusqu’à présent, le chrome métallique forme constamment le produit d’oxydation le plus élevé, ou bien le plus bas. Pour obtenir la combinaison intermédiaire on a soumis à l’électrolyse, à température ordinaire, avec le chrome comme anode, des solutions de chlorures dissous dans l’alcool absolu. On utilise une solution con-centréede chlorure de zinc, contenue dans un vase a précipité avec une lame de platine qui servait do cathode. La solution conduit très mal.
- Pour précipiter les quantités indiquées au tableau IX il a fallu employer 20 accumulateurs pendant 15 et 30 minutes. Le courant échauffe fortement l’alcool et le ferait bouillir si on ne refroidissait pas incessam-
- Tablkau IX
- EAectroiyse d’une solution alcoolique.
- PERTE DE CHROME
- Sel. Argent réduit. ' TwZ Calculé poTr t/3 Cr.
- ZnCi2 0,2249 0,0389 o,«363
- ZnCi2 0,3117 0,04915 0,0502
- Il se force ici du triehlorure de chrome qui est soluble et qui communique à la liqueur une belle coloration verte.
- Les iodures dissous dans l’alcool absolu, par exemple l’iodure de cadmium, se. comportent comme en solution aqueuse; l’iode se sépare non combiné, l’anode de chrome ne subissant aucune perte.
- Le chrome qui avait servi à ces déterminations étant lavé à l’alcool et à l’eau, séché avec du papier buvard, puis introduit dans la combinaison b (avec les 30000 S.), donna 0,256 volt, mais cette valeur diminua rapide-
- ment, comme dans le cas des solutions aqueuses.
- Ainsi, en résumé, suivant la température et le dissolvant, et dans le même électrolyte, le chrome est susceptible de former chacun de ses trois degrésdccombinaison ; sa surface se trouve chaque fois dans un état déterminé qui se maintient ensuite pendant un certain temps.
- A la température ordinaire l’état électrique inactif est le plus stable. Cet état est connu depuis longtemps pour le fer et il se nomme l’état passif. Il est reconnu maintenant que la passivité du fer est due à une couche d’oxyde très mince que l’œil est souvent impuissant à reconnaître.
- Il n’est pas possible que l’inactivité du chrome soit occasionnée par un revêtement pareil.
- Sans doute le chrome légèrement oxydé se comporte dans la chaîne galvanique b exactement comme le métal à surface nette, mais voici un fait qui s’oppose à l’hypothèse d’une couche d’oxyde invisible.
- Contrairement à ce qui se passe pour le fer, le chrome forme comme anode dans les solutions aqueuses d’acide chlorhydrique une combinaison chimique définie, l’acide chro-mique, lequel se dissout. La surface du métal se renouvelle donc continûment et reste brillante.
- Si l’état inactif était dû à une couche invisible d’oxyde, il faudrait que cette couche se détruisît et se reformât incessamment. La perte de poids de chrome ne pourrait donc correspondre à la loi de Faraday et à la formule 1 /6 Cr, elle serait forcément plus grande, car à l’électrolyse proprement dite s’ajouterait la formation de l’oxyde.
- L’expérience suivante est également opposée à l’existence d’une couche d’oxyde. Le chrome servant alternativement d’anode et de cathode, l’oxyde serait réduit et enlevé par l’hydrogène, mais alors le métal deviendrait actif et en renversant le courant il se formerait du chlorure chromeux au lieu d’acide, chromiquc.
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- Nous savons de plus que dans l’électrolyse des iodures l’iode se sépare à l’état libre et que le chrome ne subit aucune perte de poids. Même le chrome qu’on a rendu actif par immersion dans le chlorure de zinc fondu reste inactif après l’électrolyse, bien que l’oxygène n’y ait pris aucune part.
- Le chrome possède donc des propriétés électromotrices que jadis on attribuait souvent, à tort, au fer.
- Sous ses trois états, son allure est aussi diverse que celle de trois métaux différents.
- A l’état inactif, c’est un métal noble qui ne précipite aucun autre métal de la solution de ses sels et qui, dans la série des tensions électriques, se range à i’extrémité, du côté du platine électro-négatif. S’il se trouve dans l’état qu’il possède pendant la formation électrolytique de ses combinaisons bivalentes, il prend place immédiatement à côté du zinc, dans la série des tensions, et il précipite les sels des métaux plus électro-négatifs que lui. Comme anode, il s’unit à un poids trois fois moins grand de fanion que dans l’état inactif.
- Enfin, il est capable de prendre un état intermédiaire où il forme des sels trivalents.
- Dans l’état inactif il ne se combine pas à l’iode libre, même quand celui-ci est k l’état naissant; sous la forme active il enlève l’iode à l’hydrogène et s’y combine.
- Ces faits seront d’une grande utilité pour l'édification de la théorie qui rendra compte des rapports entre les forces électromotrices et les combinaisons chimiques.
- L'état actif paraît être l’état originel du chrome ; mais il ne subsiste pas longtemps à l’air; il disparaît lentement à la température ordinaire, très vite quand le chrome sert d’anode dans une électroîysc, et alors d’autant plus rapidement que le courant est plus fort.
- L’état inactif est stable à basse température; une élévation de température suffit souvent pour amener la forme active. Cette élévation de température est très faible pour les acides halogènes, probablement parce que
- leur existence est difficilement compatible avec celle de l’acide chromique. C’est peut-être aussi pour cette raison qu’en solution alcoolique on obtient, au lieu d’acide chromique, le trichlorure CrClh
- Après les hydracides, l’activité du chrome renaît le plus rapidement dans les solutions des chlorures alcalins et alcalino-tcrreux k ioo°; puis dans celles des chlorures de la série magnésienne et enfin des métaux facilement réductibles. Cette influence du cation sur la température de transformation est bien remarquable et mérite d’être signalée.
- L’activité ainsi reconquise se maintient un certain temps après le refroidissement et la stabilité de cet état paraît d’autant plus grande que la température de transformation a été plus élevée.
- Les acides oxygénés, a l’exception des acides sulfurique et oxalique, ne sont pas capables de rendre l’activité au chrome, sans doute parce que l’oxygène dégagé par le courant détermine la formation continue d’acide chromique.
- Cette allure spéciale fait actuellement du chrome une individualité à part dont l’histoire présente un grand intérêt.
- Le professeur Drude, de Leipzig, entretient brièvement la Société de ses travaux.
- sur l’absorption des ondf.s électriques
- PAR LES SUBSTANCES CHIMIQUES
- La constante diélectrique a été dans ces dernières années l’objet de mesures nombreuses ; elle caractérise bien les diverses combinaisons chimiques, car elle varie dans des limites considérables.
- La mesure présente des difficultés quand les substances sont conductrices ; il faut alors avoir recours k de rapides alternances, c’est-à-dire se servir d’oscillations électriques.
- On rencontre également un obstacle d’une autre nature ; chaque substance, pour une période déterminée d’oscillation, possède deux
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- constantes caractéristiques : la constante diélectrique et le coefficient d’absorption ; ce dernier indique quelle est la fraction de l’énergie des oscillations électriques qui est absorbée par la substance, c’est-à-dire transformée en chaleur.
- Le coefficient d’absorption peut, dans beaucoup de cas, se calculer quantitativement à l’aide de la conductibilité de la substance, de la période d’oscillation et de la constante diélectrique. Dans d’autres cas le calcul est impossible ; cela indique que l’absorption est bien plus considérable qu’elle ne devrait l’être d’après la conductibilité de la substance. Ainsi l’alcool amylique absorbe des ondulations de 75 cm de longueur d’onde aussi fortement qu’une solution saline aqueuse dont la conductibilité est 20000 fois plus grande.
- L’auteur désigne cette absorption sous le nom à.'absorption anomale ; elle possède un caractère éminemment constitutif. Toutes les expériences faites jusqu’à présent ont montré que son existence était surtout liée à celle du groupement hydroxyle ; si bien que dans les cas douteux on peut avantageusement avoir recours à ce critérium ; par exemple pour les combinaisons tautomères.
- L’auteur montre l’appareil à l’aide duquel on peut d’une façon très simple reconnaître l’absorption des ondes électriques et mesurer aussi bien la constante diélectrique que les coefficients d’absorption.
- Nous renvoyons pour la description et la figure de l’appareil à un article de ce journal (l). On fit voir ainsi que l’eau, l’éther, le benzène, l’éther acétylacétique, l’éther ma-lonique, n’absorbent pas les ondulations,
- tandis que l’alcool amylique, le phénol, l’éther oxalacétique (butanone-dioïque) possèdent nettement l’absorption anomale. L’éther benzoylacétique absorbe à la température ordinaire, mais non plus vers 60" : or, la polarisation rotatoire magnétique de cette substance avait déjà permis de conclure à la transformation de la forme énolique en la forme tautomère cétonique, à une tempéra-
- Cf’H5. G (OH) ; CH. COOCHH Forme énolique.
- CSHS. CO. CH3. COOCaIIs Forme cétonique.
- M. Drude expose également un appareil qui permet de mesurer exactement la constante diélectrique des corps dont on possède un volume d’environ 250 cjn3 (la méthode précédente n’exigeant qu’environ 1/8 de cm3). Le procédé consiste à mesurer la longueur des ondes électriques qui parcourent deux fils plongeant dans le liquide à étudier.
- Dans tous les cas d’absorption anomale, la constante diélectrique présente aussi une dispersion anomale ; c’est-à-dire que cette constante diminue rapidement quand la période d’oscillation décroît.
- M. Bredig est d’avis que le procédé Drude permettra sans doute de résoudre la question des hydrates; il ne tardera pas à publier des recherches qu’il fait en ce moment sur ce terrain.
- M. Drude a, en effet, pu déceler l’existence d'hydrates dans les mélanges d’eau et d’aldéhyde.
- (’) L’Éclairage Électrique, t. IX, p. 559-56: (1896).
- (A suivre.)
- P.-Th. Muller.
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- CHAMP ÉLECTRIQUE ET MAGNÉTIQUE
- d’un mouvement qu:
- Examinons le cas d’une charge répartie dans un certain volume et voyons si l’énergie sera encore infinie pour une valeur supérieure à Y.
- Commençons par le second des procédés indiqués.
- C Soit P (L rt, Ç) un point quelconque du corps autour duquel nous considérons un élément d'» et soit toujours M le point où nous voulons évaluer le champ. A chaque position du point P à l’intérieur deû, correspondra une enveloppe E d’équation
- f'M^,rn%\=o. - (26)
- Il y a lieu d’introduire les coordonnées S, 7), v du point P dans l’équation de l’enveloppe, puisqu’à chaque position de P correspondra une enveloppe particulière. Si on considère toutes les positions possibles de P à l’intérieur du corps électrisé O, l’cnscmblc des enveloppes correspondantes occupera une région C de l’espace. Si le point M est en dehors de C, les valeurs de D et H en ce point seront représentées par des intégrales telles que J As du> où p est la densité électrique et où la fonction A, représentant au signe près le facteur de e aux seconds’membres des équations (17') ou (i8Q, ne sera jamais infinie. L’intégrale sera donc elle-même finie.
- Soit au contraire le point M ipidans
- la région C. Il existera à l’intérieur de £2 des positions du point P pour lesquelles (BM) sera nul et ces points seront évidemment sur la surface (26) en y considérant maintenant x, j’, % comme données et 7;,Ç comme coordonnées courantes. Soit 2 cette surface. Un raisonnement analogue à celui fait plus haut montre que pour les positions de P voisines
- de -, (BM) est infiniment petit d’ordre — et par suite A infiniment grand d’ordre —, c’est-à-dire supérieur à 1. L’intégrale J A p du> est alors infinie et il semble que le champ a une intensité infinie dans toute la région C.
- Au lieu de chercher les valeurs de I.) et H, cherchons celles de et de F, G, H. Ici les fonctions à intégrer seront -yyT- ,etc.,
- qui ne seront infiniment grandes que d’ordre—. Par suite les intégrales seront finies et les fonctions 9, F, G, H seront finies et bien déterminées dans tout l’espace (2). Mais alors /, g-, h, a, y déterminés par les équations (9) et (ïo) seront eux-mèmes finis etdétermi-
- La contradiction apparente entre les deux résultats est analogue à la particularité présentée par la détermination de la force à l’intérieur d’un aimant.
- Soit un aimant de moment M (M*, Mr, M?) ; en un point à la distance r le potentiel magnétique a pour valeur
- v_ x M.v + y M/ 4- y M?
- et les composantes de la force magnétique sont
- en supposant l’aimant de dimensions nulles et situe à l’origine des coordonnées.
- p) Voir L’Éclairage Électrique des 2 et 9 juillet, p. 5 et 5 3. (2) Sauf cependant s’il y avait un point de X correspondant à une valeur de 0 infini, car alors BM serait du ior ordre. Voirinfra.
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- Soit maintenant un aimant de dimensions finies. Pour calculer le potentiel magnétique et la force magnétique en un point, on fera l’intégrale des valeurs élémentaires dues à chaque partie de l’aimant. On sait que pour un point intérieur à l’aimant le potentiel a toujours une valeur bien déterminée, bien que la fonction à intégrer devienne infinie dans le' champ d’intégration et admet des dérivées. Mais la force magnétique est indéterminée et n’est par suite plus égale à la dérivée du potentiel.
- Ici il en est de même. Les valeurs de f. g, h. a, ;S, y, calculées par intégration, sont infinies ou indéterminées, tandis que les fonctions fs E, G, H restent finies et admettent des dérivées. Mais ici les équations (g) et fio), d’après la manière dont elles ont été obtenues, sont certainement applicables dans tous les cas même à l'intérieur des corps électrisés, tandis que les formules (>8) et rig) étant les résultats de transformations de calcul faites en supposant toujours (B M) différent de zéro, il n’est pas étonnant que ces formules conduisent à des résultats incorrects lorsque (B M) devient nul dans le champ d’intégration. _ _
- Finalement nous voyons que D et H restent finis et que par suite rien ne s’oppose a ce que l’on puisse imprimer à un corps électrisé une vitesse supérieure a V.
- Avant de passer à la seconde méthode, remarquons encore que B M peut aussi être infiniment petit dans le champ d’intégration dans un autre cas, lorsque le point M est à l’intérieur du corps il et que l’on prend un point P infiniment voisin de M. Mais alors /A M) et iP0M) sont aussi infiniment petits, de sorte que la fonction A considérée précédemment est du deuxième ordre de grandeur, et comme elle ne l’est qu’aux environs d un point et non d’une surface, l’intégrale n en restera pas moins finie.
- 2° L’autre procédé permet d’approfondir la question un peu plus complètement.
- Considérons l’équation (7). A la traversée
- de la surface du corps électrisé 4o passe brusquement de la valeur o à une valeur finie. Par conséquent p est une fonction discontinue de x.p*, 7, t. Or 4 figure dans (7) par les dérivées ^ t ^ 4 ^ 4 4 (Yes dérivées
- du deuxième ordre peuvent donc être discontinues, mais celles du premier ordre-^7,
- —r-, -<%'7-, --j- doivent être déterminées et dy ai 1 dt
- continues, sinon celles du deuxième ordre pourraient être infinies. De même pour F, G, H. Doncy, g, h, a, y, dont les expressions ne contiennent que les dérivées du premier ordre de 4* F, G, H sont des fonctions finies et continues de x, _r, 7, t.
- Il convient de ne pas se contenter de cette démonstration à priori et d’étudier la continuité de 4 d’après l'équation résolue, c’est-à-dire d’après (12}. Les résultats obtenus s’étendront immédiatement aux fonctions F, G, H. Nous verrons ainsi que le résultat précédent n’est pas toujours exact, ce qui tient à ce que, même pour des valeurs infinies de • , etc.,
- l’expression (V2 A - -7^0-^) 'r Pcut rester finie.
- Nous avons vu que le champ d’intégration dans l’expression (12) était déterminé de la manière suivante : M ffig. 6 ; étant le point où l’on
- !
- veut évaluer la valeur de 4 à l’instant /, on décrit de M comme centre une sphère S de rayon VO et on cherche la partie AB de cette sphère située à l’intérieur du corps électrisé pris dans sa position a l’instant t — (i. La région balavée par AB lorsque h varie de o à ’dc constitue le champ d’intégration.
- Si ce champ d’intégration est fini 4 sera
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- fini. En effet le deuxième membre de l’équation (12) représente le potentiel électrostatique ordinaire d’une certaine distribution électrique, de densité finie, répandue dans le champ d’intégration, et le potentiel est toujours fini et déterminé même si le point M est à l’intérieur du champ.
- Au contraire, si le champ d’intégration s’étend à l’infini, comme 0 restera fini, le potentiel sera infini.
- Nous n’avons donc à voir seulement dans quels cas le champ d’intégration s’étendra jusqu’à l’infini.
- Si pour t = —ce, les vitesses de chaque point de la charge électrisée diffèrent de Y (dans un sens ou dans l’autre), en tendant vers des directions déterminées, pour 0 croissant indéfiniment, tous les points de Q finiront par se trouver soit à l’intérieur, soit à l’extérieur de la sphère de rayon Y 0 et le champ d’intégration ne s’étendra pas jusqu’à l’infini. é sera fini et bien déterminé pour tous les points de l’espace.
- Supposons au contraire que les vitesses pour t — — =0 soient égales à Y et avec une direction déterminée. Alors la vitesse de dilatation de la sphère sera à la limite égale à celle de £2 et pour des positions convenables du point M, l’intersection AB restera réelle pour G infini, et é sera infini. En particulier si on suppose le corps animé d'un mouvement permanent et uniforme de vitesse V, •\ sera infini pour tous les points de l’espace compris entre les plans extrêmes tangents à la position de £2 à l’instant f, plans menés normalement à Y.
- MM. Larmor et Searle se sont bornés à l’étude des mouvements permanents. Dans ce cas ils devaient arriver à cette conclusion que le champ devenant infini pour une vitesse du corps égale à Y, il était impossible d’imprimer cette vitesse. Mais le résultat tient uniquement à la considération des mouvements permanents les obligeant à supposer le corps animé de la vitesse Y depuis un temps infini.
- Pour se conformer à la réalité, il faut au
- contraire supposer que le mouvement a eu un commencement et il résulte de ce qui précède que dans ces conditions ’à sera fini et bien déterminé pour tous les points de l'espace.
- Reste à voir si d est continu dans le temps comme dans l’espace et admet des dérivées bien déterminées.
- Soit M , un autre point de l’espace. Pour avoir la valeur correspondante Y nous opérerons comme précédemment. Pour chaque valeur de G, les deux sphères S et S' ayant M et M' comme centres auront même rayon. Déplaçons S' d’une quantité égale et parallèle à MAI, de manière à la faire coïncider avec S, et imprimons le même déplacement à Q, ce qui l’amènera en üh ü'jouera le même rôle par rapport à M que £2 par rapport à M', et en opérant sur £2' comme nous l’avons fait pour £2 nous obtiendrons la valeur de Y.
- Cette valeur différera de pour deux causes : d’une part, le champ d’intégration différera, puisque ce sera l’espace balaye non plus par A B, mais par A' B'. A' B' étant la portion de S intérieure à ü/; d’autre part, la densité aura varié en chaque point.
- Si M M' est infiniment petit et égal à ds. la variation de densité en un point sera égale à ds et la variation correspondante de é sera
- Cette variation est infiniment petite du même ordre que ds et son quotient par ds est fini et déterminé (h.
- Pour que -à soit continu et admette une dérivée il suffira donc que la différence des deux champs d’intégration soit aussi infini-
- do ^
- Le raisonnement suppose-^ fini et par suite p conti-
- discontinuité, ces surfaces diviseraient ü en plusieurs régions pour chacune desquelles on ferait une étude comme celle faite pour il.
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- ment petite du même ordre que ds et que son quotient par ds soit fini et déterminé.
- Considérons d’abord une valeur de 8 pour laquelle S ne soit pas tangent aux surfaces v et V de n et if, c’est-à-dire coupe ces surfaces suivant des angles finis. Alors la zone de S entre A B et A' B7 sera infiniment petite et proportionnelle à ds et si entre les valeurs ^ et b.> de 1) la condition précédente'est satisfaite, la différence correspondante des champs d’intégration sera elle-même proportionnelle à ds.
- Soit maintenant une sphère S coupant il et 2' sous des angles infiniment petits et par suite sensiblement tangente à ces deux surfaces. Menons deux sphères T, T' concentriques à S et tangentes aux surfaces S et 2,; aux points Q et Q a'. Si h et h1 sont les différences des rayons de T et T' avec S, h et h1 représenteront les distances de 2 et 2' à S.
- Deux cas peuvent se présenter : i° les sphères T et T toucheront les surfaces 2 et 2' sans les couper réellement ; 2° les intersections seront réelles et présenteront un point double en Q ou Q'.
- Dans cette seconde hypothèse les intersections de S avec 2 et 2'seront aussi réelles et l’aire sphérique de S comprise entre les deux sera de l’ordre de grandeur de h — h', qui lui-même est de l’ordre de ds. Ici encore rien de particulier.
- Dans la première hypothèse au contraire, les intersections de S avec 2 et 2' aux environs des points Q et Q’ pourront être réelles ou imaginaires.
- i° Les deux intersections sont imaginaires.
- La surface S ne jouera aucun rôle dans la détermination du champ d’intégration.
- 2° Les deux intersections sont réelles et diffèrent peu de petites ellipses sphériques. Si R. et R2 sont les rayons de courbure de 2 en Q et R celui de S, l’aire de l’ellipse AB aura pour valeur
- , r, l / Ri Râ
- KV (Rt— RJ (Rs— R)
- celle de A'B' sera
- 2 r. h' R V /.-............
- V ( R'x — R) (R'2 — R)
- R', et R', étant relatifs à 2’ et au point Q' et la différence sera de l’ordre de grandeur de h—h1. Le volume balayé par la différence des aires AB et A'B' sera donc encore infiniment petit et proportionnel à ds, ce qui n’introduira aucune discontinuité dans 4' ni indétermination dans sa dérivée.
- 3° Une des deux intersections (celle avec S par exemple) est réelle et l’autre imaginaire (fig. 7). h et h' sont alors de signe contraire. L’aire A'B' n'existe pas et l’aire AB a la valeur précédente proportionnelle à h. Or h et h' étant de signe contraire, h sera plus petit en valeur absolue que h—h' qui est proportionnel à ds. L’aire AB est donc infiniment petite en même temps que ds, mais il n'y a plus proportionnalité, et il en sera de même pour le volume engendré par AB.
- Si les vitesses normales des points Q et Q' sont différentes de V, les valeurs de § entre lesquelles S pourra couper 2 sans couper 2' (ou inversement) seront infiniment voisines et le volume correspondant balayé par AB sera infiniment petit du deuxième ordre et on pourra le négliger.
- Mais si ces vitesses normales sont égales à V pendant un temps fini, de telle sorte que dans un intervalle fini dans la variation de la particularité étudiée subsiste, le volume engendré par AB 11e sera pas négligeable, et puisqu’il est infiniment petit en même temps que ds sans lui être proportionnel, la dérivée de Vsera indéterminée.
- Soit M" un point pris sur MM' de manière que la position correspondante de 2 soit tangente à S. Aux infiniment petits près d’ordre supérieur on aura évidemment la relation
- MM" _ M"M' h — h'
- Pour deux points situés entre M et M" les intersections correspondant à AB seront réelles et les différences des valeurs du po-
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- tentielen ces points seront proportionnelles à leurdistance. De mèmepourdeuxpointssitués de l’autre côté de AI". Au contraire, si les
- s\
- Fig- 7-
- points considérés sont de part et d’autre de AI'', il n’y a plus proportionnalité. La dérivée de V sera donc discontinue au point Al".
- En résumé, on voit que la fonction V est toujours continue. Ses dérivées sont aussi déterminées en général, mais peuvent être discontinues, pour les points tels qu’une sphère de rayon VG décrite de l’un de ces points comme centre soit, pendant un intervalle de temps fini, restée tangente, sans la couper, à la surface limite de la charge électrique, cette charge étant prise pour chaque valeur de 9 dans sa position à l’instant t—9.
- En particulier il y aura discontinuité de la dérivée à la traversée de la surface limite de la charge, si cette surface reste pendant un temps fini animée d’une vitesse normale égale à V. _
- Mais si la vitesse ne faisait que passer par cette valeur sans la conserver il n’en résulterait aucune discontinuité.
- Pour étudier la continuité de la fonction ô en un point par rapport au temps, au lieu de considérer deux sphères S et S' de même rayon et de centre différent, on considérerait au contraire deux sphères concentriques, mais dont les rayons différeraient de Vdt, s’il s’agit de comparer les valeurs du potentiel à deux instants différents de dt.
- Les résultats sont les mêmes que précédemment et les points de discontinuité des dérivées par rapport à l’espace le sont aussi pour les dérivées par rapport au temps. Il suffit d’ailleurs d’un instant de réilexion pour se rendre compte qu’il doit en être ainsi.
- Les résultats que nous venons d’obtenir pour la continuité de la fonction <A et de ses dérivées sont applicables immédiatement, comme nous l’avons déjà fait remarquer, aux fonctions F, G, H.
- Or les quantités a, h s’expriment
- linéairement au moyen des dérivées de ces quatre fonctions. Donc la force magnétique et ledéplacement électrique sonttoujours finiset généralement continus, sauf aux points ci-dessus définis. L’énergie du champ n’est donc pas infinie et il est possible d’imprimer à une charge une vitesse égale ou supérieure à V.
- Remarque I. — Dans ce qui précède nous avons considéré les fonctions A, F, G, H comme suffisamment définies pour les équations (7) et (8) sans tenir compte de la'con-dition (11). Nous en avions le droit parce que cette équation (11) ne fait qu’exprimer le principe de la conservation de l'électricité et est par suite forcément satisfaite. En effet on peut écrire
- (va4-
- = —4^VS
- JL) \d* 1
- dt2 / 1. dt dx dy ' d? , à (P *fa) | d\’puy) . dt r dx dy
- d[ou-)-
- et la parenthèse du deuxième membre est nulle d’après le principe de la conservation de l’électricité.
- Dans la première question traitée nous aurions donc pu aussi nous dispenser de vérifier que la condition (11) était bien satisfaite.
- Remarque II. — Dans l’analyse précédente nous avons omis un cas, celui où les surfaces ï et 2' auraient différé très peu, sur une portion notable de leur étendue, de sphères ayant pour centre le point M, la sphère S étant comprise entre les deux. Dans ce cas l’une des deux aires AB ou A'B aurait été nulle et l’autre finie, en sorte que si de telles conditions avaient été satisfaites pour une suite de valeurs de 9 formant un intervalle i de temps fini, la différence des potentiels aux
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- points AI et AL aurait été finie et la dérivée infinie. Mais c’est là un cas très particulier, qui exigerait d’ailleurs que le volume de fi soit déformable pour qu’une portion de sa surface puisse conserver sensiblement le point AI comme centre de courbure pendant un intervalle de temps fini.
- Remarque III. — Si au lieu d’une charge répartie dans un volume on étudie le cas d’une charge répartie sur une surface 2, les résultats sont différents. Les fonctions F, G. II seront alors continues ou discontinues dans les cas où leurs dérivées l’étaient tout à l'heure. Par suite, leurs dérivées pourront devenir infinies et il en sera de même de la force magnétique et du déplacement. Dans ce cas il sera impossible d’imprimer à une surface électrisée une vitesse normale égale à V et la vitesse normale devra toujours rester soit inférieure, soit supérieure à V.
- Remarque IV. — Si la force magnétique et le déplacement sont en général continus à la traversée d’une surface limite d’un corps électrisé, il n’en est pas de même de leurs dérivées qui sont toujours discontinues comme le montrent les équations (i) à (.]).
- Soit M un point de la surface S dont nous prendrons la normale vers l'intérieur pour axe des „v, les axes desjr et des { étant dans le plan tangent avec lequel la surface ï pourra être confondue aux environs du point AI.
- Alors les dérivées par rapport à x pourront seules être discontinues et si je représente
- par -
- df
- la discontinuité de la dérivé
- dj
- les équations (3) donnent immédiatement
- df
- effet égal à o et les A de
- d.r
- c dt. Un
- 1 point de ALv d’absci; temps dt plus tard il se trouvera sur la surface X, puisque celle-ci se sera déplacée dans le sens M.v de la quantité A1AF. La différence
- des valeurs de f en AF et en AI au temps l
- (-&+>£)'•«
- se rapportant au point AI, mais à la face extérieure de S.
- Pendant dff s’est accru de ~~ dt en Al et de —\- A dt en AF, de sorte que la
- différence primitive est devenue
- ^ dx ^ dx ^ dt J
- Alais d’autre part AIAF se trouvant au bout du temps dt tout entier à l’extérieur de S, la différence des valeurs de/doit être devenue
- Égalant ces deux valeurs en négligeant les infiniment petits d’ordre supérieur, il vient
- On aurait cinq relations identiques pour5-, h. a, p, y.
- En prenant les A de chaque terme des équations (1) et (2) et négligeant ceux qui sont nuis, on trouve facilement
- o = P..+4
- Si on tient compte des équations (27), (28; et des analogues à cette dernière, on voit que les premières équations {29) et (30) -sont satis-'
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- faites identiquement et les autres donnent
- Pour ux2 égal à V- les A des ~,
- deviennent infinis et g-, /ï, ,3, y deviennent discontinus, mais non /et a.
- Les composantes normales de la force magnétique et du déplacement restent donc toujours continues, et seules les composantes tangentielles sont discontinues dans le cas étudié précédemment.
- A. Liénard,
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Connections pour dynamo génératrice convertissable en survoltour ;
- Par Woodbridge.
- Comme suite à la discussion de M. Woodbridge sur le système survolteur^), donnons l’exposé d’un brevet qui a été accordé à M. Woodbridge sur une amélioration dans
- Ûyna/no ^gèn-êfa/rice Dyna/no -survolteur
- Fig. i.
- le système survolteur pour transmission à longue distance.
- Ce brevet contient des procédés de combinaisons d’une génératrice avec les barres du tableau, les feeders, et les commutateurs, qui permettent d’utiliser la dynamo, soit comme génératrice à potentiel constant, soit comme survolteur en série avec un ou plusieurs feeders. Le coût d’établissement d’une telle installation est insignifiant, puisqu’on n’a pas besoin de nouvelle machine.
- ') Voir L'Éclairage Électrique du 28 mai 1898.
- Quoique chaque cas présente des traits spéciaux qui modifient les détails, le diagramme ci-contre donne une idée générale des connections. On emploie un commutateur spécial à deux directions, et portant sept lames : trois pour les courants intenses, et quatre plus légères pour les courants des champs à fil fin. Dans saposition supérieure, ce commutateur connecte la génératrice comme survolteur entre la barre -{--et le fee-der, le commutateur du feeder étant ouvert ; les champs à fil fin sont alors reliés en parallèle entre eux et avec le champ à gros fil, de telle manière qu’une partie du courant du feeder les traverse, les proportions étant déterminées pour que l’effet combiné des deux sortes de champs donne le rapport voulu entre les volts et les ampères, rapport dépendant de la résistance du feeder; ainsi, en survoltant on utilise le champ à gros fil, et les champs à fil fin pour produire les memes effets qu’avec une machine à excitation en série. Dans sa position inférieure, le commutateur permet d’employer la dynamo comme génératrice à potentiel constant entre les barres -f~ et—.
- Ce système a fonctionné à Chester (Pen-sylvanie) pendant trois ans, à Pittsburgh \Pensylvanie) (sur la Second avenue Traction Company) pendant plus de deux ans, et fut
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- 16 Juillet 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- installé à Philadelphie sur la ligne du Roxborough, Chestnut Hill and Norristown Road,
- |5 •»
- Fil J'n
- il v a plus d’un an. Enfin. \I. Woodbridge l’applique encore ailleurs. H. T.
- Traitement des bains électrolytiques en vue de leur purification dans les affineries américaines ; Par Titus Ui.ke ('i.
- $ I. Influence des impuretés nu bain sur
- LE nÉPÔT ÉLECTROLYTIQUE DE CUIVRE. — Oll
- Zeitschrift fin F.Uktrochemie, t. IV, p. 309, 3 janvier
- 1898.
- sait que dans les affineries de cuivre les impuretés solubles des anodes passent peu a peu dans le bain et finissent par le rendre impropre à la fabrication de cuivre pur, une partie des impuretés se précipitant avec le cuivre sur la cathode. Il est donc de toute nécessité de renouveler ou de purifier le bain de temps en temps.
- Les impuretés qui passent dans le bain ne constituent pas le seul facteur qui influe sur la composition du bain. Celui-ci, en effet, tend toujours à s’enrichir en cuivre: c’est-à-dire qu’il se dissout à l’anode plus de
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- L’ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — N° 29
- cuivre qu’il ne s’en précipite à la cathode. On sait en effet que sous l’influence de l’action réductrice du cuivre métallique sur une solution acide de sulfate de bioxyde de cuivre il sc produit un peu de sulfate de protoxyde qui, sous l’influence de l’air, se convertit en sel de bioxyde {H. Rocssler). Cet enrichissement du bain en cuivre est d’autant plus fort que l’intensité du courant est plus petite, que la circulation du liquideest plus rapide, c’est-à-dire que le bain est plus au contact de l’air. L’évaporation des bains est également une cause de l’enrichissement des bains en cuivre.
- Les seules études un peu approfondies qui ont été faites sur les réactions qui se passent dans l’électrolvse industrielle du cuivre, sont celles de Kiliani et de Hampe, qui ont déjà été reproduites dans le Traité d'électro-mêtallurgie de Borchers. On n’a pas encore déterminé à quel état Y arsenic se précipite sur la cathode, si c’est à l'état d'arsenic ou d’arséniate, mais on affirme que l’arsenic qui passe dans le bain à l’état d’acide arsénieux ne se dépose pas sur la cathode avant que la liqueur soit saturée de cet acide. L’aisenic, à l’état d’acide arsénieux combiné h f’oxydulc de cuivre et à d’autres oxydes, passe, en solution neutre, complètement dans la boue ; au contraire, dans les solutions acides, il ne passe que peu à peu et par un phénomène secondaire des boues dans le bain, à l’état d’acide arsénique, et naturellement d’autant moins qu’on supprime plus rapidement l’action de l’acide, c’est-à-dire que l’on retire plus souvent les anodes du bain afin de les débarrasser des boues qui les couvrent. En solution neutre le cuivre déposé à la cathode contient de l’arsenic; en solution acide, au contraire, cela ne se produit que lorsque le bain est devenu relativement pauvre en
- L'antimoine, présent dans l'anode à l’état de métal, d’une part passe dans la solution d’où il précipite après un temps relativement long, et d’autre part reste sur l’anode à l’état de sulfate basique. Ces combinaisons insolubles d’antimoine sont secondairement dé-
- composées peu à peu par Lacidedu bain avec séparation d’acide antimonique. L’antimoine ne se dépose pas sur la cathode, même quand le bain est saturé d’antimoine et qu’il commence à se précipiter dans le bain à l’état de sel basique, pourvu toutefois que la composition du bain relativement à la teneur en cuivre et en acide offre approximativement la composition normale suivante : 5 à 6 p.ioo d’acide sulfurique et 15 à 20 p. 100 de sulfate de cuivre. C’est tout au plus s’il peut se déposer mécaniquement à la cathode un peu de sel basique; dans ce cas il se forme un dépôt spongieux noir contenant du cuivre et de l’antimoine. Si le bain est neutre ou presque neutre, de l’antimoine se précipite aussi avec le cuivre et le dépôt est terne et cassant et souvent caractérisé par des excroissances ayant la forme d’aiguilles. De même lorsque la lessive est devenue beaucoup plus pauvre en cuivre, la teneur normale en acide ne peut même pas empêcher que de l’antimoine se précipite avec le cuivre.
- Le fer de l’anode est dissous par le courant avant le cuivre, et entre dans le bain sous forme de sulfate ferreux ; mais plus tard il est transformé en partie, sous l’influence de l’air, en sulfate ferrique. Ce sel n'apparaît à l’anode qu'avec des densités de courant très élevées d’environ 1 300 ampères par mètre carré, et alors y apparaissent aussi de l’oxygène et de l’acide libre.
- Si la solution ne contient plus que 2 gr de cuivre par litre, le reste de la liqueur normale ayant été remplacé par du fer, le cuivre commence à devenirmamelonné à la cathode.
- Le cuivre précipité en solution neutre avec un faible courant, même lorsque celle-ci est chimiquement pure, est généralement si cas-.sant qu’on peut facilement le pulvériser dans un mortier. Cela tient à ce qu’il renferme du protoxyde de cuivre. La neutralisation du bain rend naturellement celui-ci plus mauvais conducteur, de sorte que la différence de potentiel dans le bain s’élève de 0,1 a 0,25 volt pour une distance de 5 cm entre les électrodes. Avec une densité de courant trop faible, le
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- courant ne suffit pas pour décomposer complètement le sulfate de cuivre en Cu et SOl ; il se précipite en même temps une certaine quantité de protoxyde de cuivre, qui est d’autant plus faible que la densité du courant est plus grande, et lorsque cette dernière a atteint une certaine limite, il se précipite du cuivre pur. En solution acide, cet oxydule de cuivre est décomposé secondairement, tandis qu’en solution neutre, il reste sur la cathode.
- § II. Purification nu bain. — La purification peut s’effectuer de différentes manières.
- a) Purification par cristallisation. — A Baltimore, on prélève périodiquement le cinquième du bain ; on concentre cette fraction de façon à ne faire cristalliser que le sulfate de cuivre, tout en laissant les impuretés dans les eaux-mères. On précipite les 2 à 3 p. 100 de cuivre qui restent dans ces dernières en y plongeant des déchets de fer.
- A Perth Amboy, on fait bouillir le bain chargé d’impuretés dans des cuves doublées de plomb avec des déchets de cuivre. L’ébullition est obtenue par un jet de vapeur mélangé d’air. Les déchets de cuivre se combinent a l’acide sulfurique libre et le bain ne tarde pas à être saturé de sulfate de cuivre ; on le fait alors cristalliser. Les eaux-mères retiennent presque tout l’arsenic et l’antimoine avec quelques centièmes de cuivre. On plonge dans ces eaux-mères des plaques de fer qui précipitent le cuivre d’abord, puis l’arsenic, ce qui fait que l’on obtient finalement un dépôt noir contenant jusqu’à 60 p. 100 d’arsenic. Ce produit peut être traité comme cuivre impur pour la fabrication du cuivre pur, ou encore peut servir à la préparation des verts d’arsenic'(verts de Scheele, vert de JParis) ou à la fabrication des acides de l’arsenic.
- A Chicago, on concentre les eaux-mères provenant de la cristallisation du sulfate de cuivre, jusqu’à ce qu’on obtienne un précipité cristallin de sulfate de cuivre mêlé d’acide
- arsénieux. Ce mélange est traité par une quantité d’eau juste suffisante pour dissoudre le sulfate de cuivre, mais non l’acide arsénieux; le sulfate de cuivre peut de nouveau servir à la préparation du bain.
- b). Autres procédés de purification du bain suivis en Amérique. — Ces procédés sont nombreux :
- r On fait bouillir l’électrolyse en présence de l’acide métastannique ;
- 20 On filtre l’électrolyte à travers une couche d’oxydule de cuivre ;
- 3° On oxyde l’électrolyte par insufflation d’air ;
- 4° On combine les trois méthodes précédentes.
- Aucun de ces procédés n’a donné de résultats particulièrement recommandables.
- 5° On a employé des anodes en cuivre contenant de rétain(i2,5 kg d’étain dans 10 tonnes de cuivre). On comptait sur la réduction de l’arséniate de cuivre en arsenite de cuivre et sur la formation d’une combinaison insoluble de ce dernier sel avec l’étain. En réalité, des expériences répétées faites à Chicago ont démontré que ce procédé rend effectivement les cathodes plus unies et plus simples, mais n’est réellement avantageux que lorsque le bain est très riche en arsenic ;
- 6° On ne sait rien de précis sur ce qui se passe à Anaconda. On croit que dans cette afïinerie on fait passer le bain impur plusieurs fois à travers une couche de cuivre oxydé, ce qui précipiterait en partie l’antimoine et le bismuth ; la solution, devenue ainsi presque neutre et saturée de cuivre, serait oxydée par l’air ;
- 7° Un des meilleurs procédés de purification est celui qui est suivi à Montana. On prélève une partie du bain pour l’introduire dans des cuves et le soumettre à l’électrolyse entre des anodes en plomb et des cathodes en cuivre. On fait passer un courant qui peut précipiter le cuivre, l’arsenic et l’antimoine sur la cathode, mais qui n’est pas assez fort pour précipiter le fer. Le bain se débarrasse
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — N° 29.
- ainsi d’antimoine et d’arsenic, s’appauvrit en cuivre et s’enrichit en acide sulfurique. On l’étend d’eau et on y dissout du sulfate de cuivre de façon à le ramener à la composition normale; le bain ainsi purifié sert de nouveau comme électrolyte et subit les mêmes traitements lorsqu’il s’est de nouveau charge en arsenic, jusqu’à ce qu’enfin il soit trop chargé en sels de fer.
- Le précipité de cuivre, d’arsenic et d’antimoine formé dans les cuves à purifier le bain, reste en partie suspendu b. la cathode, l’autre partie tombe au fond de la bâche. Ce précipité contient de 40 à 60 p. 100 de cuivre. On le traite au convertisseur ou au four à raffiner, ou bien on se contente de le fondre et de s’en servir pour faciliter la fusion de certains alliages. A. H.
- De l’intensité la plus économique à employer dans un atelier électrolytique ;
- Par Vogel (*).
- Soit /0 l’intensité par mètre carré de cathode, q la surface des cathodes en mètres carrés (nous supposons que la surface des cathodes est égale à celle des anodes). On a pour l’intensité
- i = i0 q.
- Soit l la distance des électrodes en centimètres, a la résistance spécifique de l’électrolyte (résistance d’un cube de 1 cm de côté) : on a pour la résistance du bain, en négligeant celle des électrodes
- _ j r — a q X 104
- Soit e la force électromotrice de polarisation de l’électrolyte ; soit / le nombre d’heures de travail pendant l’année; ce travail est donné par les formules :
- T=ï[e + ir)(
- T = i0 qt ie + i0 a /).
- Avec ce travail on obtiendra un dépôt égal git = gio qt
- g étant l’équivalent électrochimique du corps h déposer ; le travail correspondant à l’unité du poids de ce corps sera :
- et le prix de ce travail sera, si l’on désigne par P le prix de l’unité de travail en comprenant dans ce prix la perte due à la conductibilité
- f <,+’»*'). (I)
- D’autre part, les frais d’installation des bains sont d’autant plus considérables que l’intensité est plus petite ; on peut admettre que les frais d’installation sont proportionnels à la surface q des électrodes, et au prix t: de 1 cmJ de cathode ; on a donc pour l’exercice de l’année :
- -tfxK
- K étant un facteur de proportionnalité dépendant du capital engagé, de la fréquence du renouvellement du bain, etc.
- Les frais se rapportant à l’unité de poids du corps déposé seront donc :
- * 4 K
- gioqt
- TT K io g t
- (2)
- L’exploitation la plus économique a lieu quand la somme des expressions (1) et (2) est minimum. Les conditions de ce minimum s’obtiennent en égalant à o la dérivée de cette somme par rapport à /o, ce qui donne pour io la valeur :
- 'W
- T. K P/a / ‘
- (!) Théorie ekktrolytiscber Vorgœtige, p. 109, 110.
- A. H.
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- 46 Juillet 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Sur la constance de l’aimantation des barreaux aimantés ;
- Par Mme Sklodowska Curie (*).
- Dans deux précédentes analyses nous avons indiqué les méthodes de mesures employées par l’auteur pour l’étude des propriétés magnétiques des aciers (2), puis les résultats de ccs mesures relativement à l’influence de la température de trempe et à l’influence de la composition chimique sur ces propriétés (3).
- Mais lorsqu’on considère un aimant permanent il ne suffit pas de savoir dans quelles conditions on doit opérer pour obtenir le maximum d’aimantation avec un acier de composition donnée, il importe encore de connaître si l’aimantation ainsi acquisese conservera.
- Diverses causes peuvent agir pour faire varier l’état d’aimantation d’un aimant. On doit considérer en particulier :
- i° L’action des chocs, secousses et trépidations ;
- 2° L’action des variations de la température ambiante ;
- 3° L’action des champs magnétiques provenant d’aimants ou de courants voisins;
- 4° L’action du temps, l’aimant pouvant spontanément se modifier en fonction du temps.
- MM. Barus et Strouhal (4) ont étudié avec beaucoup de soin cette question et, en particulier, ils ont montré la nécessité d’un recuit prolongé à température peu élevée. On s’est aussi aperçu que le magnétisme est bien plus stable dans un aimant si, après l’avoir aimanté à saturation, on le désaimante partielle* ment(*). D’où les deux opérations destinées à rendre un aimant constant : recuit à tempé-
- (l) Bulletin de la Société d'encouragement, 2e série, t. III, p. 63.
- O L'Éclairage Électrique, t. XV, p. 471, 11 juin 1898.
- (3) Idem, t. XV, p. 501, 18 juin 1898.
- (1) Barus et Strouhal. Bull, ofihe United States Geolo-gical Survey, 1885.
- (5) Du Bois et E. Taylor Jones. — L’Éclairage Électriquet. IX, p. 178 et 227, 24 et 31 octobre 1896.
- rature peu élevée et désaimantation partielle après saturation.
- MM. Barus et Strouhal distinguent deux espèces de variations produites par les causes ci-dessus énoncées : les variations de nature de la pièce d’acier dont est formé l’aimant et les variations de l’état d’aimantation de cet aimant. Ils étudiaient les variations de nature des barreaux d’acier en mesurant leur résistance électrique. Mme Curie a, dans ce même but, mesuré le champ coercitif, dont la grandeur caractérise très bien l’état du barreau. Une variation de nature de la pièce d’acier dont est formé l’aimant, entraîne généralement une perte dans l’intensité d’aimantation, si l’acier est aimanté au moment où la variation se produit; il est donc nécessaire que l’état de la pièce d’acier varie aussi peu que possible.
- Effet d’un recuit a température peu
- ÉLEVÉE SUR LA NATURE DES BARREAUX D’ACIER
- trempés. — Mme Curie a cherché dans quelle proportion un recuit à 6o°, ioo°, 200° faisait varier le champ coercitif et l’intensité d’aimantation rémanente maximum des barreaux de diverse nature. Les résultats obtenus sont indiqués dans le tableau I.
- La première série d’expériences a porté sur 15 barreaux d’aciers trempés de nature différente. On a mesuré le champ coercitif et l’intensité d’aimantation rémanente au centre (*) après chaque chauffe successive. La première chauffe a été de 3 heures à xoo°, la deuxième de 7 heures à ioo°, la troisième de 3 heures à 200°.
- La deuxième série d’expériences, plus soignée que la première, a porté sur 3 barreaux seulement. D’après les résultats de la première série, la chauffe de 10 heures à ioo0 ne semblait pas avoir épuisé, pour les aciers durs, l’effet que peut produire un recuit à cette température. Dans la deuxième série,
- (>) L'intensité d’aimantation dont il est question ici est celle que garde le barreau lorsqu’il a été réaimanté à saturation à température ambiante après chaque recuit.
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- T. XVI. — N° 29.
- TABLEAU I. — Ejfet du recuit sur les propriétés magnétiques des aimants '.
- 0,06
- l farbonc de Firminy ,\ 0,5 / 0,84
- Aciers au carbone d’Unieux.
- Acier d’Aüevard. j jj
- Acier Boehler spécial trcs dur Acier Boehler Boreas .... Aciers au molybdène, j £ ’ ’
- CHAMP COERCITIF
- A2T
- 27 41
- 116 1:9
- 205 197
- 394 391 386 295
- 445 434 334
- 382 374 363 337
- 353 354 348 251
- 361 356 347 258
- 266 223
- 552 543 542
- 562 548 548 374
- 572 557 553 423
- 3*5 38s 386 434
- 512 509 327
- 443 434 437 4o6
- ACIER AU CARBONE C-0,84 P- 100. ACIER Ii’aLLEVARD ACIER AU MOLYBDÈNE
- H. 'h. r~
- Acier non recuit 51 422 69 574 79 429
- Acier recuit 3 heures à ioo° 45 415 65 583 73 433 418
- — 10 heures àioo° 45 63 549
- 44 397 62 544
- 24 heures à ioo0 44 39° 6l 540 7° 413
- en plus 8 h. 1/2 à 1500 37 363 46 465 50 417
- — en plus 7 h. 1/2 à 200" 28 3*o 37 40 382
- Perte totale p. ioo après recuit à ioo'\ . . 13 12 12
- Perte totale p. too après recuit à 200°. . . 27 47 33 50
- Acier non recuit. Acier recuit 7 h.
- — 52 h. j
- ACIER BOEHLER
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- les recuits à ioo° ont duré en tout 24 heures; on a procédé ensuite a des recuits de 8 heures et demie à 150° et de 7 heures à 200°. Ces recuits sont probablement suffisants pour épuiser l'effet possible du recuit à ces températures. MM. Barus et Strouhal ont montré en effet que l’effet du recuit se produit complètement en un temps d’autant plus court que la température est plus élevée. Dans une troisième série d’expériences, on a étudie sur quelques barreaux l’effet du recuit à 6o°.
- Pour l’acier à 0,06 p. 100 de carbone (fer doux) le champ coercitif a été trouvé plus grand quand le barreau a été recuit à 200°.
- Pour l’acier à 0,2 p. 100 de carbone, les constantes magnétiques varient peu par recuit
- Pour l’acier à 0,5 p. 100 de carbone le champ coercitif diminue légèrement par le recuit.
- Pour tous les aciers durs le champ coercitif diminue déjà beaucoup par le recuit à ioo°; la diminution est de 12 à 13 p. 100 pour l’acier au carbone à 0,84 p. 100 de carbone, pour l’acier d’Alievard et pour un acier au molybdène ; encore convient-il de remarquer que, pour les deux derniers aciers, l’effet du recuit ne semblait pas complètement épuisé après 24 heures de chauffe.
- Après un recuit à 200°, le champ coercitif des aciers durs a diminué beaucoup plus encore ; de 41 p. 100 pour l’acier à 0,84 p. 100 de carbone, de 47 p. 100 pour l’acier d’Alievard, de 50 p. 100 et de 65 p. 100 pour deux aciers différents au molybdène.
- Il ressort de cette étude que le recuit, même à température peu élevée, diminue le champ coercitif des aciers durs dans une proportion d’autant plus forte que l’acier est plus propre à faire de bons aimants. On ne peut pas recuire à 200° les aimants dont on veut assurer la constance ; l’acier perd, dans ces conditions, 50 p. 100 de son champ coercitif et ses qualités magnétiques sont considérablement altérées. Un recuit à ioo° fait perdre de 12 à 13 p. 100 du champ coercitif; il est donc déjà fort nuisible, parce qu’il entraîne une diminution correspondante très
- sensible de la stabilité de l’aimantation.
- Il semble qu’il faut se contenter, dans la pratique, d’un recuit assez prolongé (de 24 heures par exemple) à 6o° ou 70e; la perte de champ coercitif qui en résulte n’est que de 1 à 3 p. 100 pour les aciers durs.
- L’intensité d’aimantation rémanente des barreaux varie aussi par le recuit, mais cette grandeur est une donnée complexe, et les résultats obtenus eussent été très différents, suivant l’auteur, si on avait employé des barreaux ayant une autre forme (*). Pour une certaine forme de barreaux par exemple, l’intensité d’aimantation rémanente peut rester invariable alors que les propriétés de l’acier sont profondément modifiées.
- Les barreaux étudiés avaient une longueur de 20 cm et une section carrée de 1 cm de côté, sauf les barreaux d’acier d’Unieux à 1,40, 1,41 et 1,61 p. 100 de carbone, qui avaient une section carrée de 0,83 de côté.
- Pour les aciers doux au carbone, C = 0,06 p. 100, C =0,2 p. 100, C — 0,5 p. 100, l’intensité d’aimantation varie comme le champ coercitif. Elle augmente par recuit à 2oou pour l’acier à 0,06 p. 100, elle est presque invariable pour l’acier à 0,20 p. 100, elle diminue un peu pour l’acier à 0,5 p. 100.
- Pour les aciers durs, l’intensité d’aimantation diminue en général par recuit, mais dans une proportion moindre que cela n’a lieu pour le champ coercitif. Pour certains aciers à grand champ coercitif, l’intensité d’aimantation rémanente reste constante ou même augmente par recuit alors que le champ coercitif diminue fortement. Il faut en conclure que, pour ces aciers, l’intensité d’aimantation rémanente à circuit fermé doit croître fortement par l’effet du recuit. Pour l’acier Roreas, par exemple, l’intensité d’aimantation des barreaux reste constante après recuit à ioo°; elle augmente après recuit à 2oo°; cependant le champ coercitif diminue fortement par le même recuit (2).
- (•) Barus et Strouhal, loc. cil.
- 13) D'après ce qui précède, il est probable que les aciers
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — N° 29.
- Action des ciiocs f.t des trépidations sur i.’état d’aimantation d’un barreau aimanté a saturation. — Les chocs étaient produits par des chutes. Le barreau, orienté d’abord verticalement, tombait d’une hauteur de 85 cm sur un pavé de grès dur: puis le barreau orienté horizontalement tombait d’une hauteur de 30 cm sur le même pavé; on reproduisait ensuite alternativement les deux espèces de chutes. Ces chutes ne modifient pas la nature du barreau d’acier, et on trouve, après les avoir fait subir, le même champ coercitif et la même faculté d’aimantation qu’avant. Il convient donc d’étudier l'effet des chutes sur l’état d’aimantation des barreaux. On mesurait pour cela l’intensité d’aimantation au centre du barreau environ 2 minutes après avoir aimanté à saturation (l), puis on procédait aux chutes successives en mesurant, dans l’intervalle des chutes, l’in-tensitc d’aimantation du barreau. Les premières chutes sont celles qui produisent le plus d’effet, les suivantes en produisent de moins en moins ; l’intensité d’aimantation tend asymptotiquement vers une valeur constante plus faible que la valeur initiale. Cependant le phénomène n’est pas toujours aussi régulier; il arrive parfois qu'après quelques chutes inactives, les chutes suivantes produisent encore une petite diminution de l’intensité d’aimantation, comme si un nouveau petit groupe de particules aimantées était atteint par les secousses.
- Le tableau II donne les résultats des expériences sur des barreaux de diverse nature. Les résultats relatifs à des barreaux de mêmes
- doux seraient encore convenablement trempés si le bain de trempe avait une température de 150° à 200° ; au contraire, les aciers dur» prendraient dans ces conditions, une trempe généralement insuffisante.
- P) Qpand on a aimanté un barreau à saturation, il perd ensuite spontanément une petite partie de son aimantation pendant quelques minutes. Ce phénomène n’est guère sensible que pour les aciers à faible champ coercitif ; mais l’aimantation de ces aciers varie sous l’influence de la moindre secousse, et il est impossible de dire si la perte, en apparence spontanée, n’est pas due aux trépidations et aux petites secousses inévitables.
- dimensions sont seuls comparables entre eux. On trouvera, dans ce tableau, le pourcentage de perte totale quand l’effet des chutes est épuisé.
- Pour les aciers très doux, à 0,06 et 0,2 p. 100 de carbone, le pourcentage de perte d’aimantation est très grand ; de plus, il faudrait un tel nombre de chutes pour obtenir une aimantation sensiblement constante que Fauteur a dû renoncer à y arriver. D’une manière générale, la perte limite par les chutes est d’autant plus petite que le champ coercitif est plus grand (voir tableau II). Cependant l'intensité d’aimantation a aussi une influence, et, à champ coercitif égal, la perte p. 100 par les chutes semble d’autant pius grande que l’intensité d’aimantation est elle-même plus grande. L’acier Boehler Bo-reas, par exemple, qui a un champ coercitif considérable et une intensité d’aimantation relativement faible, est celui qui perd le moins par les chutes.
- On a fait figurer, dans le tableau II, le nombre des chocs actifs, c’est-à-dire le nombre des chocs nécessaires pour que l’intensité d’aimantation prenne sensiblement sa valeur limite pour des chutes déterminées, les chutes semblables subies ultérieurement par le barreau ne produisant plus d’effet appréciable. Etant donnée la nature du phénomène, ce nombre de chutes n’est évidemment pas une donnée bien définie, sa valeur approximative donne cependant une idée de la rapidité avec laquelle l’intensité d’aimantation prend sa nouvelle valeur pour des barreaux de diverse nature. On voit que, d’unç manière générale, la nouvelle valeur est atteinte d’autant plus vite que les chutes font moins d’effet. Cependant il existe des différences individuelles entre les barreaux à ce point de vue. On voit aussi que, pour les aciers durs, on arrive assez rapidement à l’état limite.
- Les secousses dont il est question ici étaient assez énergiques (certains barreaux se sont cassés) ; lorsque l’état définitif est atteint, on peut frapper L’aimant assez fortement dans
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- Tableau II. — Perte d'aimantation par chutes successives.
- BARREAUX A R R P A f IX BARREAUX
- RECUITS - RECUITS A 100°
- g g "T" —T
- 2 * 11 I «1 * iy J:! X iii Î!l
- Barreaux de 20 cm gueur, s ction c arrée 1 cm d
- C — 0,06 3 27 >83 >75
- 1 C = 0,2 n II? >45 >95
- c — 0 Aciers au carbone. - -, „ 23 210 23 S» 22 20 •20 20 24 80
- C — 0,84 54 398 3>2
- ' C = 0,96 54 386 3.4 20
- • C = 1,2 s» 4SI 4,8 20
- Acier d’Allevard I 72 570 6,o 45
- Acier d'Allevard II 73 560 5» 68 7 100 44 9,2 60
- Acier au molybdène C 73 448 2-9 10 69 3 3° 47 7 100
- Boehler, spécial très dur. . . . 74 580 3.° 20
- Acier au molybdène B *5 520 3.2 10
- Boehler. Boreas 86 39» -.5 5 55 3-7 20
- Barreaux de 1 0 cm de long ueur, section carrée 0,85 cm de côte
- : C = 1,40 59 358 3.5 5
- Aciers au carbone. . ) C = 1,41 60 366 5.5
- ( C — 1,61 46 274 8,5
- Acier d'Allevard 74 680 2,6
- divers sens avec un marteau en cuivre sans obtenir de nouvelle variation.
- Comme les pièces d’acier qui servent k constituer des aimants permanents doivent être recuites k basse température, il était intéressant d’examiner (tableau II) après recuit et réaimantation l’influence des chutes.
- Le caractère du phénomène n’est pas changé. Le pourcentage de perte d’intensité d’aimantation par les chocs est plus grand après recuit ; c’est une conséquence naturelle de la diminution du champ coercitif.
- Effet des chocs sur des barreaux aimantés, PARTIELLEMENT DÉSAIMANTÉS.— Les choCS étaient produits par les mêmes chutes que précédemment.
- Expériences sur un barreau aimanté d'acier d'Allevard ayant une longueur de 20 cm et une section carrée de 85 cm de côté.
- Barreau aimanté à saturation.............676
- Après un grand nombre de chutes. . . 658 Barreau réaimanté et désaimanté dans un
- champ de 6,4 unités......................660
- Après un grand nombre de chutes. . . 656 Barreau réaimanté et désaimanté un peu plus
- dans un champ de 14 unités...............632
- Après un grand nombre de chutes. . 632 Les chutes ne font plus d’effet sensible.
- Expériences avec un barreau d'acier au carbone peu carboné C — 0,5 p. 100, longueur 20 cm; section carrée de 1 ctn de côté.
- Barreau aimanté à saturation...............200
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- T. XVI. — 29
- Après un grand nombre de chutes. . . 152
- Barreau réaitnauté et désaimanté dans un
- champ de 8,5 unités...................150
- Ensuite perd encore par chutes.
- Barreau réaimanté et désaimanté plus fortement dans un champ de 13,8 unités. . • 118,4
- L’aimantation augmente ensuite spon-
- Au boutdequatre jours,elle est devenue
- presque constante..................123
- Ensuite les chutes ne font plus aucun effet.
- Ainsi, en désaimantant partiellement les barreaux, on rend l’effet des chutes de moins en moins sensible. Le barreau d’Allcvard est devenu complètement insensible aux chutes lorsque la désaimantation a été de 6 p. 100 environ de l’intensité d’aimantation à l’état saturé. Pour le barreau d’acier doux, il a fallu porter la désaimantation à 40 p. 100 pour le rendre insensible aux chutes. On peut donc, par une désaimantation partielle, rendre l’aimantation des barreaux insensible aux secousses. Ce procédé est évidemment moins dangereux pour le barreau et plus facile que celui qui consiste à rendre le barreau insensible en le faisant tomber un assez grand nombre de fois d’une certaine hauteur. Pour des barreaux trempés d'aciers durs de diverse nature, ayant 20 cm de longueur et une section carrée de 1 cm de côté, j’ai constamment trouvé qu'une désaimantation de ‘i/ioc de l’aimantation maximum du barreau est plus que suffisante. Les barreaux ainsi légèrement désaimantés peuvent subir des secousses
- (!) Quand on désaimaute partiellement un barreau, il tend à reprendre peu à peu une partie de son aimantation primi-
- pour les barreaux d’aciers durs désaimantés seulement de i/ioe de leur aimantation. Mais pour les aciers doux assez fortement désaimantés, le phénomène d’accroissement spon-
- barreau d’acier trempé à 0,5 p. 100 de carbone étudié ici,
- manté partiellement le 3 juin dans un champ de 13,8 unités, donne de suite après désaimantation, I = 118,4; Ie 5 juin, 1, = 120, 8 ; le 6 juin, — 1 = 122,3 î 7 )u*n) — = 122,9.
- énergiques sans perdre rien de leur aimantation (').
- Influence d’un recuit a température P PRÉLEVÉE SUR l’état 1)’A1MANTATI0N d’üN BARREAU aimanté. — ün peut, en chauffant des barreaux aimantés, se rendre compte des effets que peuvent produire les variations de la température ambiante.
- Voici, pour 4 barreaux d’aciers durs, trempés et aimantés à saturation, le résultat relatif à l’effet d’une chauffe de 10 minutes à 6o°.
- INTENSITÉ D’AIMANTATION
- Barreau d'acier au carbone C = 0,84 p. 100. 394 387
- Barreau d’acier d’Alle-
- vard A............... 562 541
- Barreau d’acier d’AUc-
- vard B............... 523 517
- Barreau d’acier d'Allc-vard C................. . 580 568
- On voit que tous les barreaux ont perdu une partie de leur aimantation. Cependant, la chauffe ayant été très courte, la nature de l’acier n’a pas éprouvé de modification sensible pour les appareils de mesure employés. En effet, le champ coercitif des barreaux n’avait pas varié, et, en réaimantant les barreaux à saturation, on retrouvait l’intensité primitive. L’un des barreaux d’Allcvard avait subi antérieurement, après trempe, un recuit prolongé à 6o°. Ainsi, un barreau aimanté à saturation perd une partie de son aimantation par une chauffe de quelques minutes à 6o°, et cela même quand le barreau a été recuit antérieurement à cette température. Il est donc de toute nécessité d’employer des barreaux non aimantés à saturation si on veut que leur aimantation reste constante
- don directe du barreau doit être plus forte que celle obtenue par les chutes pour que le barreau devienne insensible aux '•ecousses ultérieures. Les deux modes de désaimantation 11e sont donc pas absolument équivalents, et, s’il s’agissait de construire des aimants étalons de très haute précision, il serait prudent après la désaimantation directe de faire subir
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- lors des variations de la température ambiante.
- Mmc Curie a fait quelques expériences sur des barreaux possédant au centre environ les 9/1 o de leur aimantation rémanente maximum.
- Le barreau d’acier d’Allevard D, trempé mais non recuit (Hc -- 70,7) a été aimanté à saturation (IP = 580), puis désaimanté partiellement dans un champ de 13 unités ; son intensité d’aimantation est alors I = 528 (environ 0,9 de l’aimantation primitive).
- Dans ces conditions, l’aimantation s’est montrée beaucoup plus stable, et ne diminuait pas par des chutes de 80 cm de haut. Après une chauffe de 10 minutes à 6ou, l'aimantation est restée sensiblement invariable, I = 527; mais, après une chauffe prolongée (52 heures) a 6o° elle a diminué d’une façon sensible, I = 510; le champ coercitif est devenu Hc — 6g,6. On a ensuite recommencé la même série d’opérations. Le barreau a été réaimanté a saturation (I, = 580) et désaimanté partiellement dans un champ de 12. unités 5 l’intensité d’aimantation est alors I = 519; après de nouvelles chauffes successives h 6o° de 8 heures, de 6 heures et de 17 heures, cette intensité est demeurée constante au degré de précision des expériences près ; on avait en effet respectivement, après chaque chauffe, I = 519,3, I = 519, I = 520.
- Ainsi, lorsque le barreau (acier d’Allevard trempé, non recuit) a été aimanté à saturation et désaimanté de i/ro, une chauffe prolongée à 6oü lui fait perdre encore une partie de son aimantation, mais il n’en est plus de même quand le barreau, après trempe, a été recuit à 6o°, aimanté à saturation et désaimanté de t/10 ; des chauffes à 6o° ne modifient plus ensuite l’intensité d'aimantation.
- En désaimantant plus fortement le barreau, le recuit préalable à 6o° ne serait peut-être pas nécessaire.
- Voici des expériences analogues faites sur deux autres barreaux d’acier dur (barreau d’Allevard E, barreau au molybdène B).
- Ces deux barreaux ont été trempés et recuits ensuite à 6o° pendant 7 heures. Le barreau E a été ensuite aimanté h saturation I,. — 573, désaimanté partiellement dans un champ de 14 unités, après quoi on a eu I = 508,8 ; après 33 heures de chauffe à 6o°, on a eu I = 509.
- Le barreau B a été également aimanté à saturation (I,, = 493), désaimanté partiellement dans un champ de 20unités (1=: 444,2), après chauffe de 23 heures à 6o\ I =445,6; après nouvelle chauffe de 16 heures à 6o°, I = 444,5.
- Les différences dans les valeurs de l’intensité d’aimantation après chauffe sont de l’ordre de grandeur des erreurs des expériences.
- Variation de l’intensité d’aimantation des
- BARREAUX AIMANTÉS AVEC LA TEMPÉRATURE. —
- Un barreau d’acier dur trempé, recuit à 6o°, aimanté à saturation et désaimanté de 1/10 de son aimantation rémanente maximum possède une aimantation qui a toujours la même valeur pour une température donnée, et cela même après diverses fluctuations de la température ambiante. Au contraire, en étudiant l’aimantation du barreau à diverses températures, on trouve que l’aimantation est un peu plus petite quand la température est plus élevée que la température ambiante, un peu plus grande quand la température est plus basse. Autrement dit, il existe un coefficient de variation de l’intensité d’aimantation avec la température, et ce coefficient est négatif.
- Les différences sont fort petites et difficilement mesurables à l’aide des instruments employés.
- Voici, par exemple, une série d’expériences faites avec le barreau D d’acier d’Allevard et le barreau au molybdène B (p. 124). On y a fait figurer l’intensité d’aimantation au centre du barreau exprimée en unités arbitraires.
- Ces expériences permettent seulement de donner l’ordre de grandeur du coefficient de variation de l’aimantation avec la tempéra-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
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- ture. On trouve environ 0,0002 pour l’acier d’Allevard et 0,0003 pour l’acier au molybdène; on pourrait donc avoir des variations de 1/400 dans l’intensité d’aimantation d’un barreau pour une dizaine de degrés de variation de température. Le coefficient de variation pourrait dépendre de la forme du barreau et de son état d’aimantation. Les barreaux ici étudiés avaient 20 cm de longueur et une section carrée de 1 cm de côté.
- Aimantation ma;
- Barreau désaimanté dans un champ de 13 unités.
- 3°>5
- 32>uû
- 31,88
- 32,08
- 31,81
- 3i,99
- 3U99
- 31.82
- BARREAU AU MOLYBDÈNE
- Aimantation maximum rémanente. . . .
- Barreau désaimanté dans un champ de 21 unités.
- environ 457
- 31,17
- 27,66
- 27,50
- Variations d’aimantation produites par LES ACTIONS MAGNÉTIQUES EXTÉRIEURES. —
- Pour modifier l'intensité d’aimantation d'un barreau d’une fraction donnée de sa valeur, il faut, en général, agir avec un champ d’autant plus grand que le champ coercitif du barreau est plus fort. Ainsi, pour désaimanter de 1/10 et d’une façon permanente des barreaux possédant l’aimantation rémanente maximum, il a fallu les placer un instant dans un champ de :
- 3,5 unités pour l'acicr au carbone
- C = 0,5 p. 100, champ coercitif. 21
- 13,5 unités pour l’acier d’Allevard recuit
- à 6o°, champ coercitif......... 70
- 13,0 unités pour l’acier d’Allevard non
- recuit, champ coercitif........ 71
- 27.5 unités pour l’acier Borcas recuit
- à 6o°, champ coercitif........ 78
- 21,0 unités pour l’acier au molybdène B
- recuit à 6oü, champ coercitif. . . 80
- Le champ nécessaire pour désaimanter de 1/10 le barreau d’acier Boreas est remarquablement intense.
- Les quatre derniers barreaux ayant été aimantés à saturation puis désaimantés au 1/10, Mmc Curie a examiné quelle serait l’action perturbatrice et permanente d’un champ magnétique agissant temporairement dans un sens ou dans l’autre. Elle a constaté que les champs inferieurs à celui qui avait servi à désaimanter au 1/10 faisaient varier l’intensité d’aimantation de 0,1 p. 100 à 0,3 p. 100 ; l’emploi de champs supérieurs amenait de suite des variations assez considérables. Ainsi, les variations restent inférieures à 0,3 p. 100 quand le champ perturbateur n’atteint pas 13 pour le barreau d’acier d’Allevard, 27 pour le barreau d’acier Boreas, 21 pour le barreau d’acier au molybdène B. Si on désaimante les barreaux plus fortement qu’au 1/10, le champ qui a servi à désaimanter est plus fort, et il en est de même du champ perturbateur, pour lequel les variations deviennent grandes ; mais, d’autre part, pour les champs faibles, les variations sont plus importantes que précédemment. Par exemple, pour un barreau d’Allevard désaimanté de 0,37 et de 0,64 de l’aimantation rémanente maximum (champs démagnétisants respectifs, 40 et 68 unités), un champ perturbateur de 7 unités produit des variations permanentes respectives de 0,3 p. ioo et de 0,6 p. 100.
- Un procédé qui, pour toutes les grandeurs de la désaimantation, donne de bons résultats, consiste à désaimanter partiellement, en plaçant successivement le barreau dans des champs de sens opposé et de valeur absolue progressivement décroissante. En opérant ainsi, on amène le barreau à varier moins que précédemment sous l’influence des champs faibles.
- On pourrait obtenir ce genre de désaimantation à l’aide d’un champ créé par une
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- bobine parcourue par des courants alternatifs dont l’intensité diminuerait peu à peu jusqu’à zéro par le moyen d’un rhéostat.
- Constance df. l’état d’aimantation des barreaux. — L’aimant qui a servi le plus souvent comme étalon dans ces expériences est resté constant à 1/300 près de sa valeur pendant 15 mois. Cet aimant avait été construit et aimanté depuis plusieurs années, et avait servi à des expériences variées. Conservé ensuite a l’abri des secousses et des actions magnétiques extérieures, cet aimant s’est montré constant. Ceci ne prouve pas qu’il ne varierait pas encore par l’effet d’un échautfement plus intense ou plus prolongé que ceux subis durant l’année écoulée, ou par l’effet d’un choc.
- Pour mettre un aimant autant que possible à l’abri d’actions de ce genre sans lui faire perdre trop de son intensité magnétique, il convient de le recuire, après trempe à 6o° ou 700 seulement, pendant un temps assez prolongé, 48 heures, par exemple, puis de l’aimanter à saturation, et enfin de le désaimanter partiellement (1). Pour des barreaux de 20 cm de longueur et de 1 cm de section, on peut conserver les 9/10 de l’aimantation rémanente maximum ; l’aimant peut, dans ces conditions, supporter des chocs énergiques et les variations de la température ambiante sans variation sensible de l’état d’aimantation. On se placerait dans des conditions encore meilleures, en désaimantant plus fortement le barreau ; mais l’aimantation est toujours susceptible de varier sous
- (q MM. Barus et Strouhal recommandent de recuire une première fois le barreau, de l’aimanter, et de le recuire une seconde fois à l’état aimanté. Cette deuxième opération agit surtout en désaimantant faiblement le barreau, et peut, croit Mmc Curie, être remplacée par une désaimantation partielle à température ambiante. Cependant, comme on a déjà fait remarquer pour le cas analogue de désaimantation partielle par les chocs, les deux modes de désaimantation peuvent ne pas être absolument équivalents, et, s’il s’agissait de construire des étalons de très haute précision, il serait prudent de faire suivre la désaimantation partielle à température ambiante d’une chauffe à 6o° de l’aimant à l'état aimanté.
- I l’action de champs magnétiques extérieurs, j On peut cependant l’amener à un état tel que des champs inférieurs à 5 unités ne produisent plus que des variations permanentes inférieures a 0,2 p. 100 et que des champs inférieurs à 16 unités ne produisent pas de variation de 1 p. 100. De toute façon, il faut éviter avec le plus grand soin le voisinage d’un autre aimant. Un pôle de 500 unités k 10 cm de distance peut déjà produire un effet dangereux.
- Il convient de faire des réserves sur ce qui précède. Même quand on a fait subir à un aimant le traitement indiqué, on ne pourra pas affirmer que cet aimant ne variera plus par une secousse même moins forte que celles qu’il a supportées, ou par une variation de température même moins grande que celles auxquelles il a été soumis ('). Tout ce qu’on pourra dire, c’est que la probabilité pour que le magnétisme de l’aimant ne varie pas est devenue très grande. Il serait illusoire de chercher à obtenir une stabilité absolue au point de vue des secousses ou des variations de température données, parce que l’état d’équilibre parfaitement stable correspond à l’état non aimanté.
- Enfin, il convient d’examiner l’action possible du temps, modifiant lentement les propriétés de l’aimant à partir du moment où cet aimant a été constitué. Mme Curie n’a fait, sur ce sujet, que quelques expériences incomplètes et de trop courte durée.
- Le barreau d’Allevard I) a été trempé et recuit à 6o° pendant 52 heures vers la fin de juillet. Le 31 juillet, champ coercitif 69,6 et intensité rémanente maximum 586. Le iôsep-tembre, champ coercitif 69,7 et intensité rémanente maximum après réaimantation 584. Les constantes magnétiques du barreau n’ont pas varié pendant un mois et demi.
- Le barreau, pendant cet intervalle de temps du 31 juillet au 16 septembre, était resté aimanté; on lui avait donné, le 31 juillet, une aimantation de 9/10 environ de l’aimantation
- (J) Voir p. 120, effets des chocs successifs.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. - N° 29.
- rémanente maximum, soit 520,5; on a retrouvé, le 2 août 521,5, le 8 septembre 522,4, le 16 septembre 523,2. L’intensité d’aimantation semble avoir augmenté progressivement, mais d’une quantité à peine sensible, pour la méthode expérimentale employée.
- De môme, le barreau d’Allcvard E, le barreau au molybdène A et un barreau Boreas trempés, recuits a 6o° le 1e1' août, aimantés à saturation et désaimantés de manière à conserver les 9/10 de l’aimantation rémanente maximum le 2 août, ont etc conservés ainsi aimantés. Pour le barreau d’Allevard E, l’intensité d’aimantation est, le 2 août 505,5, le 8 septembre 509,5, le 17 septembre 508,8. Pour le barreau au molybdène, l’intensité d’aimantation est, le 2 août 444, le 8 septembre 446, le 17 septembre 446. Pour le barreau Boreas, l’intensité d’aimantation est,
- le 2 août 307, le 8 septembre 308,4, le 17 septembre 307,8.
- Il semble résulter de ce qui précède que, dans les premiers mois après recuit, les constantes magnétiques (champ coercitif, intensité rémanente maximum après réaimantation) des barreaux ne varient pas.
- Lorsque les barreaux ont été aimantés à saturation et désaimantés de manière à conserver les 9/10 de la valeur maximum de l’intensité rémanente, cette aimantation reste constante pendant les premiers mois ; cependant, il semble y avoir, dans les premiers jours après la désaimantation, une petite augmentation progressive de l’intensité. Ce serait, en beaucoup moins fort, le même phénomène que celui qui est si manifeste avec les aimants faiblement carbonés désaimantés partiellement. (Voirnote page 120.)
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES ÉLECTRICIENS Séance du mercredi 6 juillet 1898.
- M. Ch.-Ed. Guillaume fait une communication sur la détermination mécanique des courbes terminales des spiraux.
- Il rappelle que dans un mémoire célèbre « Sur le Spiral réglant », Philipps (') a démontré qu’un balancier bien équilibré, actionné par un spiral cylindrique d’un nombre suffisant de spires, effectue des oscillations isochrones lorsque le spiral est centré sur l’axe du balancier, et qu’il est terminé par des courbes symétriques assujetties aux deux conditions suivantes :
- i° Le centre de gravite de chacune de ces courbes doit être situé sur le rayon perpendiculaire à celui qui passe par l’origine de la courbe ; (*)
- (*) Annales des Mines, t. XIX, 1861.
- 20 II doit être à une distance du centre exprimée par Jj~, pu étant le. rayon du spiral au repos, l la longueur de la courbe terminale, entre le point.où elle quitte les spires et son encastrement à la virole du balancier ou au piton fixe.
- Les courbes satisfaisant à ces conditions sont évidemment en nombre infini, et l’on s’arrête, en pratique, à celles qui, pour des raisons de construction, conviennent le mieux au type de chronomètre que l’on se propose de régler. Les courbes de Philipps, déterminées jusqu'ici par les régleurs, l’ont été presque exclusivement par un procédé graphique, consistant à faire des retouches successives à une première courbe tracée de sentiment et en calculant les moments statiques d’une série de tronçons de la courbe par rapport à deux axes rectangulaires.
- Il a semblé à M. Guillaume que ce procédé, long et fastidieux, pouvait être avantageusement remplacé par une méthode mécanique,
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 16 Juillet 1898.
- consistant à matérialiser la courbe par un fil de métal (alliage fusible employé en électricité), et à ramener son centre de gravité à l’endroit voulu, en vérifiant, par une pesée, la position de ce centre après chaque retouche.
- Pour réaliser cette idée, il a construit, en collaboration avec AI. J. Pettavel, directeur de l’École d’IIorlogerie et de Mécanique de Fleurier (Suisse), l’appareil suivant :
- Sur un socle de fonte repose un disque évidé, de 20 cm de diamètre, portant inférieurement et en son centre une pointe fixe sur laquelle il peut pivoter. Ce disque, muni des organes nécessaires pour établir son équilibre, porte, en outre, deux pinces, l’une sur la circonférence, l’autre en un point variable d’un rayon quelconque, destinées à maintenir le disque à ses extrémités. Au centre du socle est une tige d’acier, glissant verticalement dans une douille, et portant, à sa partie supérieure, une cuvette trempée et polie. Lorsqu’on soulève cette tige au moyen d’une manette, la pointe du disque s’appuie sur le fond de la cuvette et le disque peut pivoter; lorsqu’on l’abaisse le disque repose par son pourtour sur le socle, pour ne pas émousser la pointe. Deux petites échelles verticales fixées au socle aux extrémités de deux rayons perpendiculaires et en regard de deux pointes portées par le disque, permettent de mesurer l’inclinaison de ce disque.
- Sur un rayon perpendiculaire à celui qui passe par l’extrémité périphérique du fil métallique représentant la courbe, le disque porte une coulisse dans laquelle on peut introduire un poids dont la position est indiquée par une échelle.
- La détermination d’une courbe de Philipps à l’aide de cet appareil se fait de la manière suivante : les pinces étant placées aux deux points que doivent occuper les extrémités de la courbe, on établit l’équilibre du disque seul à l’aide de deux contrepoids de réglage. On pèse la courbe et l’on mesure sa longueur, puis on introduit dans la coulisse le poids destiné à lui faire équilibre. Ce poids peut
- être le même pour des courbes diverses,.à la seule condition que son moment statique par rapport au centre soit égal au produit du poids de la courbe par la distance donnée par la formule de Philipps. On met alors en place les deux bouts de la courbe, on détermine le défaut d’équilibre en soulevant le disque sur sa pointe, puis on procède, en mettant chaque fois le disque au repos, à des retouches successives, à l’aide de deux pinces appropriées, jusqu’à ce que l’équilibre soit réalisé.
- Une courbe ayant été obtenue, il suffit d’en faire un calque et de la réduire ensuite. On peut ainsi réaliser en quelques minutes une courbe d’un type nouveau.
- Suivant AI. Guillaume les constructeurs d’appareils de mesure, dans la construction desquels l’usage de spiraux se répand de plus en plus, auraient sans doute avantage à donner aux courbes terminales de ces spiraux des formes Philipps, l’angle de torsion étant alors rigoureusement proportionnel au couple de torsion.
- AI. Aknoux répond à ce propos que sans méconnaître l’intérêt de l’étude des courbes terminales des spiraux employés dans les instruments de mesure, il ne croit pas que ce problème ait dans ce cas une importance aussi grande qu’en horlogerie, les spiraux des appareils de mesures électriques n’étant pas soumis à des oscillations dont il est indispensable, comme dans les montres, d’assurer l’isochronisme.
- A'I. E. Hospitalier fait ensuite une communication, accompagnée de projections, sur le Concours de Fiacres et l'Exposition d'automobiles, sujet dont il a été parlé assez longuement dans notre dernier numéro pour nous dispenser d’y revenir.
- Une courte discussion suit cette communication ; elle porte sur ce point : Y a-t-il avantage à obtenir les variations de vitesse d’une automobile électrique en agissant sur le moteur seul ou en utilisant en même temps une réduction mécanique de vitesse?
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — N° 29.
- M. Korda dit avoir constaté à Boves, sur une voiture munie d’un réducteur mécanique de vitesse, appartenant à M. Blot, que l’emploi d’un embrayage magnétique de Bovet donne toute satisfaction.
- M. Jeantaud, qui dans quelques-unes de ses voitures a employé des réducteurs mécaniques, dit avoir abandonne ce système, non parce qu’il présentait des inconvénients graves, mais uniquement dans le but de simplifier le mécanisme.
- M. Jénatzy répond dans le même sens : son fiacre n" 13 possédait un réducteur mécanique de vitesse; ses voitures plus récentes n’en ont plus ; mais il ne pense pas qu’au point de vue de la consommation d’énergie par tonne-kilomctrc, il y ait avantage à employer une solution plutôt qu’une autre.
- Au sujet du nombre de kilomètres que l’on peut parcourir sans recharge des accumulateurs, M. Jénatzy dit que ces jours derniers il a pu faire un parcours de 148 km, assez accidenté, comprenant en particulier le parcours Paris-Versailles et retour, avec une voiture d’un poids total de 1 100 kgr portant 540 kgr d’accumulateurs.
- La lumière du ver luisant et l’influence des vapeurs de corps solides et liquides sur les plaques photographiques ;
- Par H. Muraoka et Al. Kasuya (‘).
- H. Muraoka (2) a montré déjà que les vers luisants émettent à travers le papier noir des rayons qui présentent des propriétés analogues à celles des rayons X ou des rayons uraniques. Henry, R. Dubois, K. Schismada et D. Turner ont aussi observé de tels phénomènes.
- Le spectre de la lumière émise par le ver luisant est entièrement continu. Il s’étend à peu près de la raie B jusqu’un peu au delà
- (') Wieiemann's Annalen, t. I.XlV, p. 186, 189S.
- (2) H. Muraoka, journal of lhe College of science, t. Il, p. 129 ; Wudemann’s Annalen, t. LIX, p. 775, 1896.
- de la raie F ; Young ne l’avait observé que jusqu’à la raie F ; l'espèce du ver luisant doit sans doute influer.; d’ailleurs une même espèce n’envoie pas toujours la même lumière.
- Sir G. G. Stokes, dans une lettre adressée à l’auteur, lui a fait remarquer que l’on pouvait supposer, d’après certains indices, que le ver luisant est le siège de phénomènes électriques à la manière des poissons électriques. Une partie des actions photographiques observées serait alors due à une sorte de décharge électrique. Stokes ne croit pas que les rayons du ver luisant traversent des feuilles de cuivre ou de zinc,- à moins qu’elles 11e soient très minces. Une lame de cuivre reliée à la terre arrêterait alors complètement l’action photographique du ver luisant, puisqu’elle arrêterait l’action électrique. A travers une lame de mica, l’action de la décharge électrique du ver luisant serait nulle, mais il resterait l’action propre des rayons émis.
- Les auteurs n’ont reconnu aucun phénomène électrique appréciable dans le ver luisant et n’ont aperçu aucun changement en mettant la lame de cuivre au sol.
- En revanche, ils ont été conduits à rechercher si la plaque photographique peut être impressionnée en l’absence du ver luisant par l’action des corps voisins. Il a reconnu ainsi que le canon produit une impression photographique à la longue ; le carton intervient alors non seulement par la vapeur d’eau qu’il renferme, mais bien plus par les matières que le carton et le papier noir dégagent en présence de la vapeur d’eau.
- Un grand nombre de substances ont alors été expérimentées : la résine, le café agissent à distance sur les plaques photographiques plus énergiquement encore que le zinc. La térébenthine agit très fortement; le mercure, l’alcool assez fortement encore.
- La résine contenue dans les fibres du bois impressionne les plaques photographiques après trois à cinq jours et dessine les fibres en sombre. Si la plaque photographique est
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- séparée de la plaque de bois par une lame de mica et que les rayons du ver luisant agissent un jour, les fibres du bois viennent en plus clair, ce qui montre bien l’action propre des rayons. Les fibres paraissent en clair ou en sombre suivant que l’action des rayons du ver luisant l’emporte sur l’action propre du bois ou inversement.
- Le zinc, le cadmium, le magnésium, agissent aussi sur les plaques photographiques.
- Le zinc n’agit pas plus énergiquement après qu'il a été vivement insolé que lorsqu’il a été conservé pendant cinq jours à l’obscurité. L’action est arrêtée par une lame de verre ou de mica. Elle est attribuable aux vapeurs émises par les surfaces métalliques (‘).
- Toutefois il est remarquable que Faction du métal ne soit pas uniforme et s’exerce uniquement à la périphérie de la lame. Une seule fois seulement, une action uniforme a été observée, avec une surface de cadmium récemment obtenue par fusion.
- L’oxyde de magnésium n’a pas d’action ; mais l’oxyde de cadmium en a une qui ne paraît s’expliquer pour l’auteur ni par un rayonnement ni par une vaporisation : sur une lame de verre il place une lame de carton percée d’une petite ouverture carrée dans laquelle il met de l’oxyde de cadmium ; au-dessous il place une deuxième lame de carton percée d’une ouverture carrée relativement grande, encadrant la précédente ; au-dessus enfin, la plaque photographique. Dans ces conditions, il obtient une impression, non pas dans toute l’étendue de la grande ouverture, mais limitée seulement à la petite. L’action est arrêtée par une lame de cuivre.
- G. Sagnac.
- Propriétés magnétiques de quelques roches basaltiques ;
- Par F. Pockels (2).
- L’auteur a étudié trois échantillons de
- (h Voir sur la même question : H. Phllat, Comptes ren-t. CXXI1I, p. 104, 1896, et t. CXXVl.p. 1338; R. Col* s°n, hc. cit., p. 49.
- (2) Wied. Ann., t. LXIII, p. 195-201, décembre 189/.
- I2Q
- basalte provenant des Monts Métalliques.: une basanite renfermant 17,7 p. 100 de magnétite et deux basaltes renfermant 6,6 et 24,5 p. 100 de magnétite.
- Les échantillons sont taillés en prismes carrés et leur moment magnétique mesuré par la méthode magnétométrique : le champ magnétisant est porté progressivement de o à sa valeur maxima, puis ramené en sens inverse à o.
- Les courbes représentant le moment temporaire et le moment permanent en fonction du champ, ont à peu près la même allure que les courbes relatives au fer doux. Le magnétisme rémanent est considérable, ce qui concorde avec la force coercitive élevée que M. Abt a trouvée chez la magnétite.
- La susceptibilité dans les champs faibles est petite : 1,079, i,09Ô5 L10^ î l’aimantation produite actuellement par le champ terrestre dans les roches basaltiques est donc trop peu intense pour provoquer des perturbations notables du magnétisme terrestre. M. Fol-gheraiter a trouvé que les roches basaltiques de la campagne de Rome sont aimantées à peu près uniformément dans toute leur masse et dans le sens du champ terrestre : presque toute cette aimantation est permanente. Il attribue ce phénomène soit à l’action longtemps prolongée du champ terrestre, soit à une susceptibilité plus grande des roches pendant leur lent refroidissement. Quant à l’aimantation intense et irrégulière, localisée dans certaines régions des roches, surtout dans les rochers et les blocs découverts, il faudrait en chercher la cause dans Faction des décharges électriques de l’atmosphère.
- M. Pockels a trouvé que le moment magnétique naturel d’un morceau de basalte pris au sommet du Winterberg, dans la. Suisse saxonne, était de 0,46 ; après l’avoir désaimanté au moyen des courants alternatifs, il Fa réaimanté artificiellement dans un champ de 290 unités, pour mesurer son magnétisme rémanent primitif. D’après les résultats, il aurait fallu un éclair ayant au
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- moins 2900 ampères et passant à 2 cm de distance pour lui communiquer l’aimantation naturelle observée. Des mesures faites sur d’autres échantillons, on déduirait pour l’intensité minima que devait avoir l’éclair, 6400, 6 600 et 10 800 ampères. M. L.
- Sur los nœuds de lumière qui se produisent dans un faisceau de rayons cathodiques sous l’influence d’un champ magnétique ;
- Par E. Wiedemann et A. Wehnelt f1)-
- M. Birkeland a observé qu’un faisceau de rayons cathodiques parallèles issus d’une cathode plane devient convergent quand ce
- faisceau se propage à la rencontre des lignes de force qui partent d’un pôle magnétique P ou y aboutissent. M. Poincaré (2) a donné l’explication théorique de ce phénomène et montré pourquoi il est indifférent que le pôle P soit austral ou boréal. Chaque rayon se meut sur un cône de révolution et peut
- (ij Wied. Ann., LXlV, 606-610, 1898. <*) L'F.da'rage Électrique, t, IX, p. 276.
- croiser une ou plusieurs fois l’axe de la cathode.
- Des équations de M. Poincaré se dégage cette conséquence que ces points de croisement où se produit naturellement une accumulation de lumière doivent se rapprocher du pôle magnétique quand la pression et quand l’intensité du champ décroissent : en
- Fig. 2.
- même temps, ils doivent se rapprocher l’un de l’autre.
- Pour vérifier cette conséquence^MM.Wiedemann et Wehnelt emploient un tube cylindrique (18 cm X 2,2) fermé par deux plaques de zinc Z, Zi (fig. 1) ; le tube p communique avec la trompe à mercure. Ce tube repose sur l’clcctro-aimant E dont il est séparé par la feuille de mica À. Quand le vide est suffisant, un faisceau étroit de rayons part de la cathode Z,. Si on excite l’électro-rimant ce faisceau se transforme en un laissait cylindrique creux ; puis ensuite, il présente une série de maxima de lumière ou nœuds.
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- Ce faisceau est entouré d'une gaine lumineuse conique.
- On voit nettement comment les rayons cathodiques s’enroulent dans ces nœuds, dans un sens ou dans l’autre, suivant le signe du pôle magnétique. La distance d’un nœud à l’autre décroît quand on s’approche du pôle, comme, le veut la théorie ; l’influence delà diminution de pression et de l’intensité du champ magnétique se produit aussi dans le sens prévu.
- On observe des nœuds de lumière tout à fait analogues, quand on place le tube dans l’intérieur d’une bobine (fig. 2). Quand la pression a été assez réduite, on voit un nœud très net entre la cathode e\ et l’extrémité de
- la bobine, un autre pareil au delà de la bobine et toute une série dans l’intérieur de celle-ci. Si on déplace la bobine, les nœuds suivent ce déplacement et deviennent moins nets quand la bobine s’approche de la cathode. L’intensitc du courant, la pression, l'intensité du champ magnétique changent la distance des nœuds, comme dans le cas d’un seul pôle.
- Le phénomène est bien dû aux rayons cathodiques eux-mèmes et non à la lumière positive ; car, en inclinant la cathode, de manière à faire dévier les rayons vers les parois et à conserver dans le tube seulement la lumière positive, on ne constate plus les phénomènes caractéristiques. M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Angewandte Elektrochemie (Electrochimie appliquée), par Franz Peteks. 4 volumes in-8Cl, brochés de 200 pages environ chacun, avec gravures dans le te te. — A. Hartleben, éditeur à Leipzig. — Prix : 4 francs le volume.
- Voici une petite encyclopédie destinée à rendre les plus grands services à tous ceux qui, de près ou de loin, s’occupent d'électrochimic. Le savant et l’industriel y trouveront un résumé des éludes et des inventions les plus récentes, émanant des sources les plus diverses. Nous n’essaierons pas d’en donner une analyse détaillée, car c’est une encyclopédie complète de tout ce qui touche à l’électrochimie. L’auteur a su choisir et mettre en œuvre les matériaux les plus précis et les plus utiles pour chacun des sujets qu'il traite.
- Nous neparlerons pas du premier volume qui traite des piles et des accumulateurs, et qui a paru il y a déjà plus d’un an.
- Les deuxième et troisième volumes traitent de la chimie inorganique : l’auteur y décrit les propriétés des métalloïdes, des métaux et de leurs composés au point de vue de l’action qu'exerce sur ces corps le courant électrique, que ce courant soit à haute ou a basse tension, à grande ou à petite intensité. Il donne également les préparations des corps simples
- et composés qui ont pu être réalisées par voie électroly tique, ainsi que les études qui ont été faites au point de vue électrolytique, sur les éléments les plus rares, tels que le tellure, le rubidium, le lanthane, le thorium, etc... et leurs composés.
- Les corps qui ont acquis récemment une grande importance au point de vue industriel sont étudiés avec beaucoup de détail : par exemple, le chlore et ses composés, la soude. Notons à propos de l’industrie de la soude une intéressante étude sur les diaphragmes destinés à séparer les produits de l’anode d’avec ceux de la cathode; cette étude présentera un intérêt tout spécial pour les industriels qui savent toute l’importance que présente cette question et toutes les difficultés qu'elle soulève. Les préparations et les propriétés de l'ozone, la purification et la stérilisation des eaux, le blanchiment, les divers modes de préparation du carbure de calcium, et tant d’autres applications de l’élec-trolyse, toutes récentes, ont été mises, par l’auteur, au point des dernières découvertes.
- L’auteur n’a pas jugé utile de décrire les préparations électrométallurgiques du cuivre, de l’argent, de l'or, du zinc, du nickel, de l’aluminium, qui se trouvent dans tous les traités d’électrométallurgie. Enfin, pour terminer les deux volumes consacrés à la chimie inorganique, l’auteur donne un résumé
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- des méthodes de séparation analytique des métaux par voie électrolytique,
- Le quatrième volume traite de la chimie organique. M comprend les principaux composés de la série grasse et de la série aromatique ainsi que les alcaloïdes. On y trouvera une étude complète des propriétés de ces corps au point de vue électrolytiquc-La partie industrielle n'est pas plus négligée dans ce volume que dans les autres : la purilication des alcools et des jus sucrés par électrolyse, y est décrite avec tout le développement que comportent
- leurs derniers perfectionnements. L’auteur décrit également la fabrication des couleurs et l’impres sion des couleurs par voie électrolytique.
- En résumé, cette encyclopédie condense sous un volume relativement petit les documents les plus divers et les plus récents ayant trait à l'électrolyse. Malgré leur grande quantité, l’ouvrage n’en est pas moins fait avec beaucoup de discernement et les développements qu’il comporte ne sont pas exagérés.
- A. IToi-lard.
- CHRONIQUE
- Perfectionnements aux appareils téléphoniques.
- — Deux dispositions ont été proposées parBROCKKELT pour diminuer les troubles qui se produisent dans le service téléphonique et sont dus aux courants induits par les lignes voisines ; elles ont, paraît-il, donné d’excellents résultats. Le système consiste, dit l'Elektrotechnischer Anqeiger, à produire une contre-induction en mettant en dérivation sur l’appareil téléphonique le circuit secondaire d’une bobine d’induction dont l'enroulement primaire est en série cmre le téléphone même et la terre Les courants perturbateurs en passant dans le circuit primaire produisent par induction dans le secondaire des courants de sens contraire qui s'opposent au passage du courant perturbateur dans le télé -phone.
- Dans la deuxième disposition, le téléphone est placé dans un circuit séparé qui comprend le secondaire d’une bobine d'induction, tandis que le primaire occupe la place du téléphone dans la première disposition.
- Il semble que le courant téléphonique doit être notablement affaibli ; cependant il résulte des expériences qui ont été faites que l’on peut obtenir une correspondance bien claire en réglant convenablement les résistances et les dimensions de la bobine. G.
- Freinage des voitures sur fortes rampos.— Nous avons indiqué déjà un frein employé en Amérique qui agit directement sur le sol au moyen d'un
- cylindre à brosse. Un autre système, employé sur les tramways suisses, notamment, consiste en deux sabots en acier placés de chaque côté de la voiture, munis de pointes, et qui peuvent être rapidement abaissés jusqu’à venir toucher une poutrelle en bois placée tout le long de la voie.
- Les expériences suivantes ont été faites avec ce système : avec une voiture pesant 9,5 tonnes et lancée aune vitesse de 10 km à l’heure, on arrêtait la voiture sur un espace compris entre 2 et 4 m sur des rampes de 9,2 p. 100. Les résultats détaillés sont consignés dans le tableau suivant :
- Voitures pesant 7000 kgr à vide.
- 8 . 9,2 I m
- 8 9,2 1,3 •>
- 9 9.2 U5»
- Voitures pesant 9500 kgr en charge.
- 8 9,2 4 »
- 8 9,2 2 »
- 10 9,2 4 »»
- Ce système est spécialement employé sur les lignes de Lucerne, dont les rampes maxima atteignent ü,3p. 100, à Fribourg, où l’on trouve une rampe de 9,2 p. 100, et à Lausanne, où l’on rencontre une pente de 12 p. 100. D.
- Le Gérant : C.'NAUD
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- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D'ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D'ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — 6. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARE, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- ÉTUDE SUR LA SULFATATION DES NÉGATIVES
- Dans un accumulateur au plomb fonctionnant normalement, on sait que les actions locales à la négative sont relativement faibles et se traduisent par un dégagement très lent d’hydrogène lorsque l’élément est au repos. Ce dégagement provient de deux causes principales : i° l’action chimique du plomb spongieux sur l’acide sulfurique ; 21 l’action électrochimique du couple formé par le plomb spongieux de la matière active et le plomb (doux ou antimonié) du quadrillage, dans l’acide sulfurique.
- La première action se traduit par l’équation chimique
- Pb + SO4 H2 = Pb> SO + H2
- et est d’autant plus importante que l’acide est plus concentré; avec les solutions d’acide sulfurique de densité supérieure à 1,45, la sulfatation se fait très rapidement. La proportion de sulfate de plomb formé dépend aussi de la quantité de S04H2 qui se diffuse de l’électrolyte dans la matière active, laquelle est proportionnelle à la surface, et cette proportion dépend en outre de l’épaisseur de la matière active et de sa porosité.
- Quant au couple formé par le plomb spongieux et le quadrillage, dans l’acide sulfurique, la valeur de sa force électromotrice dans un électrolyte de densité 1,26 varie de 0,49 à 0,54 volt selon que le quadrillage est composé de plomb doux ou de plomb antimonié à 8 à 10 p. 100. Le plomb spongieux étant ici électro-positif, c’est encore la sulfatation d’une partie de la matière active qui devra être le résultat de cette deuxième action ; mais l’importance de ccllc-ci est d'autant plus faible qu’on diminue les surfaces de contact entre la matière active et son support en présence de l’électrolyte.
- Pour avoir une mesure de la grandeur de ces actions, nous avons pris des négatives que nous avons abandonnées à la fin de la charge dans des acides de densités différentes. Ces négatives étaient d’un type à pastilles de 6 mm d’épaisseur avec des alvéoles de 2 cm de côté environ. Le plomb spongieux de ces plaques était obtenu par la réduction du chlorure de plomb pur; sa porosité était très grande, la densité apparente en était de 3,8 a 4. La quantité de sulfate de plomb formé était dosée, et pour cela on prélevait de temps
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- en temps un échantillon qui se composait d’une pastille entière ; ainsi on pouvait être certain d’avoir la composition moyenne de la matière. On a pris comme concentration d’acide, les deux densités d = i,i9 et d — 1,32 entre lesquelles on rencontre le plus fréquemment les électrolytes.
- Les résultats obtenus ont été les suivants :
- Nu 1 : d = 1.32.
- Proportion de SOv Pb contenu dans la matière.
- De suite après charge ... 2,9 p. 100
- Après 24 h. 30.................. 7,9
- » 97 h.................... 13,2 »
- « 457 h..................... 55'2 «
- N° 2 : d = 1,19.
- Proportion de SO4 Pb contenu dans la matière. De suite après charge . . . 0.70 p. mn
- Après 48 h.................. 1,45 »
- •' 96 h.................... 3.io »
- » 192 h.................... 9,90 »
- > 408 h................... 11,70 »
- Ces nombres, ainsi que les courbes 1 et 2 de la figure 1 qui les expriment montrent nettement l’influence de la densité de l’acide sur les actions locales à la négative, et principalement ici sur l’action chimique du plomb; elles indiquent aussi que les densités élevées (ne dépassant pas 1,32) peuvent encore être employées à condition qu’il n'y ait pas de temps d’isolement excessifs.
- Or dans un grand nombre de cas, en pratique on constate une sulfatation non en rapport avec ces chiffres, et qui se traduit par un dégagement gazeux beaucoup plus considérable. Parmi les causes connues de cet accroissement d’actions locales, on peut citer l’agglomération, en certains points de la négative, de particules de peroxyde détaché de la matière active positive, cette agglomération étant souvent favorisée par une mauvaise disposition des baguettes ou des tube-s séparateurs de plaques. Rien d’étonnant à ce qu’il y ait ici une sulfatation plus avancée de la négative, étant donnée l’importance du couple parasite. D’autres fois c’est un dépôt de cuivre facile à reconnaître et qui provient
- des boulons et connexions en cuivre quelquefois employées et qui sont trop à portée des projections d’acide. Ici encore il y a un couple dont la force électromotrice estd’environ 0,6 volt pour la densité 1,26.
- Assez souvent pourtant ces deux causes ne pouvant être invoquées, la sulfatation était très active. Pensant que dans ces cas la matière (négative devait être souillée d’impu-
- retés, nous en fîmes l’analyse, qui toujours nous révéla la présence de petites quantités d’antimoine et de fer. Le fer pouvait provenir soit de la matière positive empâtée, soit d’un acide impur; mais pour l’antimoine, les plaques n’en renferment en général que dans leur quadrillage, et on admettait son insolubilité dans l’acide sulfurique étendu.
- Des expériences nous montrèrent que si peu solubles que soient l’antimoine et ses oxydes dans l’acide même étendu, on en retrouve toujours dans la solution, l’oxyde Sb8()8 étant le plus soluble.
- Il était alors intéressant de rechercher si l’électrolyse de l’antimoine pouvait se produire pratiquement sur la négative. A cet effet, une négative semblable à celles précédemment décrites, en plomb spongieux pur fut chargée entre deux quadrillages (sans ma-
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- tière active) en plomb antimonié à 10 p. 100, dans l’acide de densité 1,31. Après une longue charge, l’analyse démontra la présence de 0,54 p. 100 de Sb dans la matière active négative.
- En répétant l’expérience avec des quadrillages empâtés de matière active impure, renfermant environ 1 p. 100 d’antimoine à l’état d’oxydes, on trouvait après le même temps de charge sur la négative une proportion de 0,32 p. 100 de Sb électrolysé avec l’acide de densité 1,32 et 0,28 avec l’acide de den-
- Dans cette même série d’essais, on détermina quelle proportion de fer l’électrolyse pouvait amener dans la matière négative. Avec un électrolyte de densité 1,29 renfermant 3 gr de Fe, la matière négative se souilla de 0,12 p. 100 de Fe, représentant ainsi environ le quart du fer total.
- Quelle influence pouvaient exercer ces impuretés électrolysées sur la négative? Pour le déterminer, on fit l’étude comparative de la sulfatation des négatives en plomb spongieux pur avec ces négatives souillées.
- La composition fin charge des négatives
- étudiées était
- des plaques. de Fe. de Sb de 1 électrolyte.
- 3 0,12 p. 100 0,00 r,29
- 4 • o,oo 0,54 A31
- 6 o,iO >* 0,28 1,32
- Le tableau suivant, ainsi que les courbes
- de la figure, indiquent la marche de la sulfa-
- tation pour ces diverses négatives :
- Proportion de SO* Pb en p. 100.
- Temps, hn»q3,!e Plaque
- Après 24 h. . . — 43,20 27^5 8,75
- •• 4°h-- • 8,95 — — —
- » 72 h.. . — 53 65,40 11,20
- ” /Ôh.jO. 20,10 — — —
- " 149 h.. . 25,10 — —
- 11 168 h.. . — 57,20 68,/0 16,40
- ” 509 b.. . faS.40 — — —
- " 528 b... . — 58,10 68,90 44
- On reconnaissait' facilement les plaques
- dont la sulfatation était rapide, par un dégagement très abondant d’h}rdrogéne.
- Si nous comparons les courbes 4 et 5 (voir la figure) avec la courbe n° 1 obtenue avec la négative en plomb pur, nous voyons l’énorme influence de l’antimoine sur la sulfatation pour un électrolyte de densité élevée, d=i,3i à 1,32.^
- - L’action du fer est moins sensible, et il n’accélère pas la sulfatation au début (courbes 1 et 3) ; mais après un certain temps il paraît jouer un rôle plus considérable, c’est ainsi que la courbe 3 dépasse la courbe 1 et que la courbe 5 dépasse la courbe 4, bien que cette dernière corresponde à une proportion un peu plus faible d’antimoine. La courbe 6 comparée à la courbe 2 montre aussi l’in-liuence de l’antimoine dans le cas de densités d’acides plus faibles. Enfin, la comparaison des courbes 5 et 6 correspondant à des négatives de compositions sensiblement égales, indique l’influence de la densité du liquide.
- Les chiffres les plus intéressants dans la pratique étant ceux du début, c’est surtout la présence de l’antimoine qu’il faut craindre.
- Mais on peut se demander comment des proportions relativement si faibles peuvent agir si puissamment. Il nous a alors paru intéressant de rechercher comment était réparti l’antimoine dans la matière active. On a pris pour cela des négatives renfermant une proportion moyenne de 0,32 Sbp. 100, et on a analysé les proportions de Sb dans les différentes couches parallèles à la surface de la plaque ; les échantillons étaient pris sur un très grand nombre de pastilles. L’cpais-seur de la couche enlevée était déterminée approximativement par le rapport des poids de matière enlevée et de matière active totale, les pastilles ayant sensiblement la forme prismatique rectangulaire.
- Le tableau ci-dessous indique les résultats obtenus.
- De 1,1 à 3 mm (milieu de la pastille) on ne trouve plus que des traces très faibles d’antimoine. Quant à la proportion d’antimoine dans la matière active, la première
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- couche superficielle en renfermait 8,4 p. 100, la moyenne étant 0,32. Ces chiffres montrent, comme on pouvait le prévoir, que c’est à la surface que se trouve la majeure partie de l’antimoine, puisque la couche de 0,1 mm en renferme un peu plus de 40 p. 100, et que les 9g p. 100 sont rencontrés dans le premier millimètre.
- 1,06
- 31
- 34,8c
- 36,5
- 99
- En déterminant d’autre part la force électromotrice du couple Sb — Pb spongieux dans l’acide sulfurique étendu, on trouve environ 0,5 volt, le plomb étant électro-positif et par suite se sulfatant dans le fonctionnement du couple. Cette action parasite doit être d’autant plus intense que ces deux corps se trouvent en contact sur une très grande surface au sein même de l’électrolyte, et c’est bien ce résultat que nous indiquent les courbes.
- Dans le fonctionnement de l’accumulateur, les conditions précédentes se rencontrent toutes les fois que la matière active renferme de l’antimoine, et nous en avons trouvé jusque 1 p. 100 à l’état d’oxydes dans certains empâtages ; et aussi lorsque le quadrillage
- positif étant en plomb antimonié, on laisse celui-ci se peroxyder après la chute de la matière active empâtée. C’est ainsi que des négatives en service peuvent renfermer des quantités d’antimoine voisines de 0,5 p. 100, et quelquefois supérieures. L’accumulateur ainsi composé ne conserve plus la charge, son rendement devient déplorable, et la capacité utilisable diminue.
- De plus, pour arriver à charger les négatives, on devra surcharger les positives, d’où une chute plus active de la matière positive entraînant une diminution de capacité et une diminution de durée de celles-ci.
- La conclusion naturelle de cette étude est que, pour éviter complètement les dangers signalés, il conviendrait de n’employer dans la fabrication des plaques positives que du plomb doux et des matières pures, dans le cas de plaques à oxydes rapportés. Lorsque le type de plaques positives comporte un quadrillage en plomb antimonié, on atténuera ces actions en évitant le plus possible la peroxydation de ce dernier et en n’employant que des éJectrotytes de faible densité.
- Enfin, pour ramener dans de meilleures conditions des négatives souillées, on aura souvent avantage à enlever mécaniquement les couches superficielles, malgré la diminution de capacité et de durée provoquée par cette opération.
- L. JüMAU.
- APPAREILS DE MESURES (*)
- Le compteur-moteur, pour courants alternatifs, de E. Batault, présente quelques dispositions intéressantes ('), figures 17 et 18. Il s’agit encore là d’un moteur a champ tournant, dans lequel la bobine A forme le circuit des volts, pendant que les bobines
- (*) Brevet anglais n° 25729, déposé le 16 novembre 1896, accepté le 18 septembre 1897. 4 figures.
- EE, forment le circuit des ampères. La bobine A est horizontale; elle renferme un noyau, en fil de fer ou en fer laminé, dont les branches verticales, arrivent très près d’un disque métallique D, de préférence en aluminium. Une armature en fer, B, sert à concentrer les lignes de force sur le disque ; elle sert en même
- (‘) Voir L'Éclairage Électrique du 16 juillet, p. 89.
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- temps au réglage du compteur. Les bobines des ampères, EE,, sont placées tout près des
- pôles A,, Aa; leur axe commun est perpendiculaire au plan du disque.
- Quand les bobines EEd agissent seules sur
- Fig. 18. — Compteur Batault, plan.
- le disque, elles ne produisent aucun couple sur celui-ci; il en est de même quand A est
- Fig. 19. — Compteur Batault, vue de côté.
- seule excitée, les bobines EE, éloignées; mais si les bobines des ampères sont en place, la seule présence d’une masse métal-
- Fig. 20. — Compteur Batault, plan.
- lique, à côté des pôles A„ Aa a pour effet de mettre le disque en mouvement, par suite des courants induits qui se développent dans cette masse. Comme, d’autre part, la symétrie absolue de l’armature B, par rapport aux pôles A,, A2, est aussi une condition sine qua non de l’immobilité du disque, quand la bo-
- bine A agit seule; 011 corrige l'effet dû à la présence des bobines E par un léger déplacement de l’armature B : par un réglage convenable de ce déplacement, on arrive à faire que le disque ne se met en mouvement que quand les deux circuits sont actifs.
- Oxley, schéma, indisposition.
- Le passage du disque dans l’entrefer de l’électro des volts développe des courants de Foucault qui ralentissent et règlent le mouvement. Il n’est pas nécessaire d’obtenir de grandes vitesses; deux tours par minute, et même moins, semblent parfaitement suffisants.
- Quand le disque tourne horizontalement au-dessus des pôles As, la répulsion exercée par ceux-ci soulève le disque et soulage le pivot inférieur. On peut encore accentuer cette action en plaçant un second disque G, en fer, qui est attiré par des projections H des pôles A.
- Pour éviter l’action inductrice des circuits voisins, on place en K K, des lames de 1er formant écran, ou, mieux encore, on enferme tout l’appareil dans une boîte en fer.
- Dans un compteur à trois fils, la seconde bo-
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- bine des ampères est placée en L, ou les bobines E et E, sont séparées et servent chacune dans un des circuits.
- Pour les courants polyphasés la disposi-tionest un peu différente; les figures 19 et 20 sont relatives k un compteur pour courants diphasés. Les bobines des volts M et N
- forment des électros k circuit magnétique presque fermé ; les bobines des ampères, P et R, sont encore disposées à côté des pôles M et N. Pour que l’action des électros M et N soit nulle sur le disque, il faut que la ligne des pôles soit bien perpendiculaire au plan du disque et que les noyaux des électros
- Commutateur Oxley, élévation, 2e disposition.
- soient situés sur le même rayon que les pôles ; tout déplacement amène un mouvement, et c’est en faisant prendre à l’électro la position indiquée par le pointillé que l’on corrige l’action causée par la présence des bobines P et R.
- On sait combien il est difficile d’obtenir des indications précises avec un compteur quand il est traversé par un courant faible relativement à son régime. On retarde presque toujours les compteurs de façon à ce qu’ils ne démarrent pas tout seuls sous l’influence des moindres vibrations. Ce retard est toujours au désavantage du fournisseur d’électricité, et il peut, dans certains cas, causer une perte très considérable; le remède consiste k employer deux compteurs de calibres très différents. Le mécanisme de E. Oxley (') est un commutateur destiné k faire la substitution d’un compteur à l’autre au moment convenable.
- Dans le premier modèle, figures 21 et 22,
- i'j Brevet anglais nu 1447S, déposé le 15 juin 1897, accepté le 24 juillet 1897. 6 figures.
- un électro en fer à cheval a ses deux bobines parcourues chacune par le courant d’un des conducteurs -f- et — ; dans une distribution k deux fils seulement, le même courant passe dans les deux bobines. Après avoir traversé l’électro 8, le courant arrive au godet 9: il
- Fig. 24. — Commutateur Oxley, schéma, 2° disposition.
- part de là au compteur ia et au circuit de distribution ; il en est de même pour le conducteur +. Dès que l’intensité atteint la valeur limite du compteur i4, l’électro 8 attire l’armature 21, en faisant basculer le fléau 22 qui la porte ; un ressort antagoniste 25 sert k régler cette attraction et une butée 28 empêche l’annature de s’éloigner de l’électro. A l’extrémité du fléau sont portés deux cavaliers isolés, 27, qui établissent un
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- court circuit entre les godets 9 et 15 ; ceux-ci sont reliés au compteur 1, de fort calibre, de telle sorte que le compteur \a se trouve shunté par 1 ; comme ce dernier a une résistance plus faible, la presque totalité du courant passe par là et ia 11e reçoit que le courant qu’il peut mesurer, tandis que 1 ne se trouve mis sur le circuit qu’au moment où le courant atteint déjà une valeur suffi-
- sante pour que ses indications soient exactes.
- Le second modèle (fig. 23 et 24) n’est qu’une variante réalisant exactement les mêmes conditions. L’armature 34, attirée par l’électro, entraîne une traverse 37, et deux prolongements viennent appuyer sur les membranes flexibles qui recouvrent deux godets à mercure, obligeant celui-ci à s’élever dans les colonnes 38 pour venir en contact avec les plots 39 reliés au compteur 1.
- Le mécanisme de prépaiement de Mathew M. A. Gillespie et AV. R. WAnne (*) peut être adapté à tous les compteurs : gaz, électricité, ou autres. Cet appareil renferme un électro actionné par un courant dérivé ou un courant indépendant ; cet électro déclenche le levier de départ et arrête le compteur dès que la consommation est achevée. De son
- (‘) Brevet anglais n° 18103, déposé le 15 août 1896, Accepté le 14 août 1897. 3 figures.
- côté, le levier de départ ne peut pas être mis en mouvement avant qu’une pièce convenable ait été introduite dans la fente de l’appareil.
- Les détails (fig. 25 et 26), ainsi que le schéma (fig. 27), se rapportent à une application à un compteur d’électricité. La pièce, introduite en 1, fait fléchir la glissière 2, qui dégage le doigt 4 retenant ie châssis 6. En poussant alors sur le bouton 7, on abaisse le châssis 6 et le circuit se trouve fermé par le cavalier 10 plongeant dans les godets 11. Dans ce mouvement le châssis 6, ou levier de départ, est venu s’accrocher au cliquet 24, commandé par l’armature 18 de l’électro 23. Quand l’aiguille du compteur a parcouru l’espace correspondant à la valeur de la pièce, elle rencontre un plot, 13, 14, 15 ou 16 (fig. 27),qui envoieuncourantdansl’électro 18; celui-ci amène alors le déclenchement du
- Fig. 27. — Mécanisme de prépaiement Gillespie, schéma.
- châssis 6, qui revient à sa position primitive, rappelé-par un ressort.
- Le châssis 6 entraîne, en remontant, un cliquet 25 qui fait avancer la roue à rochet 26 et l’étoile 27 ; ce mouvement a pour effet de faire basculer le chariot 21, solidaire de 28, ctla bille 20, chassée à l’autre bout du chariot, rompt le circuit de l’électro et prépare le contact suivant.
- H. Armagnàt.
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- AUTOMOBILES ÉLECTRIQUES SYSTÈME MILDÉ-'^ONDOS
- La Société Charles Mildé et CIe présentait à l’Exposition d’automobiles deux voitures électromobiles dues à la collaboration de son directeur, M. C. Mildé, et de son ingénieur électricien, M. R. Mondos ; l’une des voitures était un fiacre, pouvant transporter quatre ou cinq personnes, y compris le conducteur, et qui, n’étant pas prêt en temps voulu, n’a’ pu prendre part au récent Concours, l’autre une voiture de livraison pouvant transporter environ 700 kgr de marchandises.
- Le fiagre, dont la figure 1 donne une vue d’ensemble, pèse, à vide, x 500 kgr.
- Le châssis est formé de deux solives en acier en forme de U assemblées par des traverses. Sur ce châssis sont boulonnés deux coffres, à l’avant et à l’arrière, destinés à contenir les accumulateurs, le siège du conducteur et la caisse. Le siège et les coffres sont inamovibles; la caisse au contraire est interchangeable, de manière à ce que l’on puisse avoir, suivant les besoins, une Victoria ou un coupé. Des taquets en caoutchouc sont interposés entre le châssis et la caisse ainsi que les coffres.
- Au-dessous du châssis sont fixés le moteur et les paliers de rotation de l’arbre intermédiaire servant à la transmission.
- La charge du châssis est répartie de façon à donner assez d’adhérence aux roues motrices d’arrière, sans cependant trop les charger, afin d’éviter les tête à queue dans les virages : labatterie d’accumulateurs estdivisée en deux parties placées à l’avant et à l’arrière et le moteur est placé un peu vers l’arrière.
- L’avant-train est relié au châssis par trois ressorts à angle droit ; l’arrière-train par deux ressorts parallèles à l’axe de la voiture. Des tampons amortisseurs sont interposés dans la suspension; ils absorbent suffisamment les
- trépidations pour qu’on puisse se passer de pneumatiques et garnir simplement les roues de caoutchouc plein.
- Les deux essieux sont guidés comme dans les wagons de chemin de fer par des plaques de garde fixées après le châssis dont elles suivent les oscillations et assemblées entre elles par des longerons articulés. Ces dispositions assurent aux deux essieux un parallélisme constant quels que soient les chocs qu’ils peuvent subir.
- L’essieu d’avant est un essieu brisé, c’est-à-dire qu’il porte à ses extrémités des pivots verticaux autour desquels peuvent tourner les roues.
- La direction se fait par un guidon, une barre verticale, deux pignons dentés démultipliés, une chaîne à rouleaux et une barre horizontale qui fait pivoter les deux roues d’avant pour braquer la voiture.
- Deux freins mécaniques, outre le frein électrique manœuvré par le combinateur, sont à la disposition du conducteur :
- i° Un frein double à collier dont les tambours sont calés sur l’arbre intermédiaire est commandé par une double pédale placée sous les pieds du conducteur; la pédale de droite entraîne celle de gauche et coupe le courant avant de serrer le frein, celle de gauche agit seule pour couper le courant sans serrer le frein ;
- 20 Un frein de sûreté dont les deux sabots sont disposés sur une traverse articulée à l’arrière de la voiture, et actionné par un guidon à vis placé à la gauche du conduc-
- Les accumulateurs sont du système Bristol à oxydes rapportés; ils sont au nombre de 40, enfermés dans des boîtes en ébonite et répartis dans quatre bacs placés deux à deux dans les deux coffres d’avant et d’arrière. Ces bacs sont facilement accessibles et interchangea-
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- blés. Les éléments pesant 15 kgr, le poids total de la batterie est de 600 kgr, soit environ un tiers du poids total de la voiture.
- Les éléments sont groupés en tension afin que tous travaillent également : la force électromotrice utile à la décharge est donc de 76 volts environ. La capacité spécifique d’un
- élément étant de 8,8 ampères par kilogramme, l’énergie dont on dispose est de
- 8,8x15x76
- soit environ 10000 watts-heure.
- En admettant pour le moteur et la transmission un rendement moyen de 0,72, on
- peut donc dépenser un travail de 7 200 watts-heure environ.
- Comme à la vitesse de 15 km : h le coefficient de traction de la voiture est au plus de 0,03 et que le poids de la voiture en charge est de 1 800 kgr, la puissance necessaire à la propulsion de la voiture est alors de
- Par conséquent on pourra faire marcher la voiture pendant
- = 3 heures 20 minutes environ.
- et, par suite, accomplirun parcours de 15x3,33 = 5° kilomètres.
- A la vitesse de 12 km : h le coefficient de traction étant moindre, le parcours pourra être de 60 km.
- 11 peut sembler que pour un tel parcours le poids de la batterie est trop considérable et qu’il y aurait intérêt à prendre des accumulateurs à capacité spécifique plus grande. Mais comme nous l’avons fait observer dans un précédent article, les frais d’entretien d’une batterie augmentent beaucoup avec sa capacité spécifique, et tout compte fait il y a intérêt à employer une batterie de faible ca-
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- pacité spécifique dont les frais d’entretien sont peu élevés. C’est cette raison qui a guidé MM. Mildé et Mondos.
- Le moteur construit par la maison Postel-Vinay a une puissance normale de 2 250 watts; il est constitué par un inducteur fermé à quatre pôles et à deux enroulements à excitation en série et par un induit enroulé en tambour; il pèse 200 kgr avec son enveloppe.
- La transmission du mouvement de l’arbre de l’induit aux deux roues motrices d’arrière se fait au moyen d’un équipage de roues dentées et d’un engrenage différentiel k un arbre intermédiaire qui porte à ses deux extrémités deux pignons dentés ; ces deux pignons actionnent par deux chaînes k rouleaux les couronnes dentées calées sur les deux moyeux d’arrière. Le rapport de cette transmission est de 1/22, donnant une vitesse de 15 km k l’heure pour une vitesse angulaire de 1800 tours de l’induit. Le rendement du moteur et de la transmission est de 72 p. 100.
- Le combinateur qui sert k faire varier la vitesse est essentiellement constitué par deux paires de secteurs concentriques placés verticalement sur une plaque en marbre isolatrice et portant des plots que l’on réunit par une double manette actionnée par un volant dont l’aiguille indique sur un cadran les différentes combinaisons : démarrage, marche avant avec quatre vitesses croissantes, arrêt, freinage, marche arrière.
- Le courant de la batterie' en tension étant à potentiel constant et le moteur à excitation en série, le couple moteur varie en raison inverse de la vitesse angulaire, que l’on fait varier en modifiant l’excitation du champ induc-:
- Au démarrage qui exige un couple moteur puissant, on ferme le circuit sur un premier plot correspondant k un rhéostat en série avec le moteur. La première vitesse s’obtient par le couplage des deux enroulements de l’inducteur en série, la deuxième par le couplage en quantité; la troisième et la quatrième par deux shuntages successifs sur l’inducteur.
- Pour obvier à une inattention possible du
- conducteur et éviter de brûler le moteur, le freinage et la marche arrière ne peuvent se produire que quand le combinateur a passe par la position d’arrêt.
- Le freinage en descente s'obtient par la mise en court-circuit du moteur devenu générateur sur une résistance ; le freinage en rampe par la rupture du courant et l’action de deux freins mécaniques; la marche arrière, par l’inversion du courant dans l’induit.
- Les appareils de mesure, placés en face du conducteur, sont au nombre de trois : un voltmètre, un ampèremètre et un compteur d’énergie. Ce dernier instrument, que l’on considère quelquefois comme accessoire, est au contraire de la plus grande utilité, comme l’ont montré les épreuves du récent concours de fiacres. Non seulement il permet de connaître la quantité d’énergie utilisée pour la charge de la batterie, ce qui peut dans bien des cas éviter des contestations avec le vendeur d’énergie lorsque la charge de la batterie est faite en un lieu de ravitaillement, mais encore il permet de constater à chaque instant la dépense d’énergie faite depuis le départ de la voiture et par conséquent d’éva-luerle chemin que l’on peut encore parcourir avant l’cpuisement de la batterie.
- L’appareillage électrique est complété par une clef de charge disposée de façon qu’on ne puisse renverser la polarité, et une clef d’interruption pour couper le circuit quand le conducteur quitte momentanément la voi-
- La voiture de livraison étant destinée k Taire dans Paris le service journalier des grandes maisons de commerce, les constructeurs se sont attachés k construire une voiture d’une solidité exceptionnelle.
- L’a Caisse présente la même forme que celle des voitures k traction animale du même genre déjà en usage. Les bacs de la batterie sont placés à la partie inférieure de la caisse, sous la banquette destinée k recevoir les marchandises,j.ils sont facilement accessibles par l’arricre.
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- Le poids de la voiture est de 2800 kgr à vide et de 3 500 kgr avec les marchandises et le conducteur.
- Le châssis rigide analogue a celui du fiacre, mais de plus grande résistance, porte la caisse séparée par des taquets en caoutchouc et le moteur fixé au milieu à la partie inférieure.
- Le châssis est monté sur le train, à l’avant par quatre ressorts à angle droit, dont deux fixés sur l’essieu etdeux attachés aux traverses du châssis articulés entre eux par des doubles menottes sans tampons amortisseurs , à l’arrière par deux ressorts fixés a l’essieu et attachés aux solives longitudinales du châssis par l’intermédiaire de gros tampons amortisseurs en caoutchouc, pour permettre de supprimer les bandages en caoutchouc des roues.
- L’essieu d’arrière est moteur et tourne dans des paliers graisseurs fixés sur les ressorts : il est protégé par deux plaques de garde comme dans le fiacre. L’essieu d’avant est fixe et l’écartement des deux essieux est maintenu par des tringles et entretoises articulées. En raison du grand poids de la voiture, les roues sont munies de bandages en acier comme les voitures ordinaires.
- La direction est obtenue par un volant actionnant une barre verticale rigide, laquelle, au moyen d’un arbre flexible, d'un joint à la Cardan et d’une vis fixe à écrou mobile, fait mouvoir transversalement une barre horizontale articulée sur les deux pivots des roues directrices.
- Comme le fiacre, la voiture de livraison est munie de deuyl freins mécaniques : un frein à collier agissant sur un tambour calé sur l’essieu moteur à l’opposé du différentiel, et un frein de sûreté à double sabot. Une double pédale, fonctionnant comme celle du fiacre, coupe le circuit et bloque les deux freins. Le Irein à double sabot peut en outre être actionné directement par un levier placé à gauche du conducteur.
- La batterie d’accumulateurs se compose de trente éléments Faure-Sellon-Volkmar répartis dans six bacs juxtaposés à l’arrière de la voiture; son poids total est de 1 000 kgr, soit
- 29 p. 100 du poids de la voiture en charge.
- Le poids d’un élément est de 33 kgr et sa capacité de 245 ampères-heure, soit une capacité spécifique de 7,3 ampères-heure par kgr. Les éléments étant groupés en série, la force électromotrice utile est de 57 volts, la batterie a donc une énergie disponible de 14000 watts-heure.
- La dépense moyenne d’énergie par kilomètre, observée pendant les essais, a été de 260 watts-heure pour une vitesse moyenne de 10 km. : h; la voiture peut donc effectuer un parcours de 50 km, sans recharge, en cinq heures. Les constructeurs ont été guidés par la même raison d’économie que pour les fiacres en donnant à leur batterie une faible capacité spécifique.
- Le moteur, analogue à celui du fiacre, a line puissance de 4 400 watts, et pèse 280 kgr avec son enveloppe; l’induit fait 1600 tours, à la vitesse maximum.
- La transmission du mouvement de l’arbre de l’induit à l’essieu moteur d’arrière se fait par une paire de roues dentées à un arbre intermédiaire qui porte à son extrémité de gauche un pignon actionnant par une chaîne à rouleaux une couronne dentée agissant sur le différentiel calé sur l’essieu moteur contre la roue de gauche. Le rapport de transmission est de 1,30, ce qui correspond à une vitesse de 12 km à l’heure pour une vitesse angulaire de l’induit de 1 600 tours à la minute.
- Le rendement du moteur et de la transmission est de 75 p. 100.
- Le combinateur, disposé de la même façon que celui du fiacre, donne trois vitesses croissantes, l’arrêt, le freinage, la marche arrière et le démarrage.
- Les appareils de mesure électriques sont disposés comme dans le fiacre.
- A l’extrémité de droite de l’arbre de transmission est une petite poulie actionnant par un câble, un compteur kilométrique.
- Une voiture de livraison de ce genre, munie d’un appareillage d’expérience, est employée par les constructeurs pour le service de la
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- maison. Mildé. Elle a fait plus de 800 km dans les rues de Paris, sans avarie de mécanisme et sans détérioration de la batterie.
- Ajoutons que MM. Mildé et Mondos ont étudié spécialement, au point de vue de l’exploitation future du fiacre et de la voiture de livraison électriques, un projet d’installa-
- tion pour un dépôt de 500 voitures avec usine génératrice et ateliers de réparations, dont les plans sont dus à la collaboration de l’éminent architecte M. Sergent. Ce projet était exposé aux Tuileries en face le salon de l’Automobile-Club.
- J. Reyval.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Une méthode rapide pour la détermination des rendements d'un transformateur ;
- Par S.-E. Johannesex (*).
- On sait que le calcul des rendements d’un transformateur pour différentes charges est très laborieux. La simplification que propose l’auteur est d’évaluer toutes les pertes en pour cent de la pleine charge, ce qui abrège beaucoup les calculs et élimine les causes d’erreur.
- Considérons la formule générale bien connue du rendement :
- ~~ \V
- '- w, + I.»jJ R, + I.jJ Rï + w
- où nj 100 est la fraction de la charge totale W pour laquelle on veut calculer le rendement, R^ et Rs les résistances des enroulements, Ip et L les intensités des courants primaire et secondaire, et enfin W, la puissance perdue à vide.
- Cette formule peut s’écrire
- "W W
- W, + ’ [iv RP + I!< R„] + W
- Désignons les pertes en watts dans le cui-
- f'i Eleclrical World du 14 mai 1898, p. 588.
- vre Ip8 Pp + F2 Rs par Wc nous aurons ~ W
- w, + [-^3-]1 wc + w
- ou en divisant les deux termes par ~~ :
- Dans cette expression, les rapports — ^ * et I0^c sont exprimés en pour cent de la puissance utile à pleine charge et restent par conséquent constants à toute charge, c’est-à-dire quel que soit ».
- Le calcul du rendement s’effectue donc par le simple remplacement de n par sa valeur pour la charge considérée.
- Appliquons ceci à un exemple pour montrer la simplification réelle des calculs. Soit un transformateur ayant les constantes sui-
- vantes :
- Puissance en watts................6 250
- Volts primaires................... 1 000
- ’ Volts secondaires................. 100
- Résistance primaire. ... 1,6 ohm.
- Résistance secondaire.- • . u,oi6 —
- Perte dans le fer....... 107 watts.
- Courantprimaireen charge normale.................. 6,25 ampères.
- charge normale. i . . . 62,5 —
- Les pertes à vide en pour cent de la pleine charge sont de 1,712, celles dans le cuivre de 125 watts
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- On à effectuer, pour obtenir le rendement aux 3/4 de charge avec la formule ordinaire, les calculs suivants :
- -^-6250
- 107 + 6'35] 1,6+[i^rx 62,5 J0,016 6250
- et avec la formule de l’auteur
- Cette méthode, que son auteur désigne sous le nom de méthode des pour cent, peut être appliquée au calcul du rendement d’autres appareils électriques. J. R.
- Une méthode rapide de détermination des rendements d’un transformateur ;
- Par F. Bedell p).
- L’auteur, tout en reconnaissant que la modification apportée par M. Johannesen (2) simplifie beaucoup les calculs, fait remarquer que le rendement étant le rapport de deux quantités différant seulement de quelques pourcent l’une de l’autre, ces quantités doivent être connues avec beaucoup d’exactitude et leur division faite avec soin. On peut éliminer cet inconvénient et obtenir le résultat avec une plus grande exactitude, avec les mêmes soins, en retranchant de 100 l’expression du rendement :
- Soient :
- W la puissance du transformateur (puissance aux bornes secondaires);
- W)r la perte duc à l'hystérésis et les courants de Foucault;
- Wc la perte dans les enroulements; h., le rapport k- ou la perte avide en p. 100
- de W ;
- c> le rapport C ou la perte dans le cuivre
- en charge en p. 100 de W; g la fraction de pleine charge considérée. * (*)
- Les pertes en pourcent dans le cuivre varient proportionnellement à#, et sontg-c^ à toute charge (en watts elles varient proportionnellement à g2).
- La perte en watts dans le fer étant constante, sa valeur en pour cent est plus grande lorsque la charge est plus faible et est égale à à toute charge.
- Pour une fraction de charge g les pertes totales sont donc en pour cent de la puissance secondaire :
- En pour cent de la puissance primaire elles sont évidemment t ^1------Cette expres-
- sion retranchée de 100 doit donner le rendement, d’où ;
- Le calcul du rendement pour quatre valeurs n'exige que le calcul de trois valeurs de t et de deux de f \ les calculs peuvent être mis sous forme de tableau (Tableau ci-joint).
- Le rendement journalier avec une marche de x heures en pleine charge et le reste du temps à vide est égal à
- (2)
- L’auteur applique sa méthode à l’exemple suivant :
- Puissance secondaire...........2000 watts.
- Perte dans le fer.............. (30 —
- — dans le cuivre.............. 48
- on a alors
- ci — M P- | de puissance secondaire.
- (h The Electrical Woild du 4 juin 1898, p. 683.
- (*) Voir plus haut.
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- Par suite le rendement journalier pour 5 heures de marche en pleine charge et 19 à vide, est d’après la formule (2)
- '100 + £-3+4,8 = 9I,24‘
- Quant aux rendements sous diverses charges ils se calculent facilement au moyen de la formule (1); les résultats sont donnés dans la dernière colonne du tableau ci-joint.
- J. R.
- Analyse des boues précipitées au cours de l’affl-nage électrolytique du cuivre ;
- Par A. Hollard (’).
- On sait que dans l’affinage électrolytique du cuivre, l’anode est constituée par du cuivre impur, la cathode par du cuivre pur et le bain par une solution acide de sulfate de cuivre. Sous l’influence du courant, le cuivre et un certain nombre d’impuretés de l’anode sc dissolvent, le cuivre pour se précipiter à la cathode, les impuretés pour rester dans le bain jusqu’à ce que celui-ci en soit sature'. D’autres impuretés, au contraire, ne se dissolvent pas et vont former au fond de la cuve un dépôt qu’on désigne sous le nom de
- C1) Bulletin de la Société chimique de Paris, 3e série, t. XIX, .470, 1898.
- boues éleclroly tiques. Ces boues sont constituées par de l’or, de l'argent, des sels d’arsenic, d’antimoine, de plomb, de bismuth, de cuivre, du sélénium et du tellure.
- La grande richesse de ces boues en or et en argent leur donne une très grande valeur, comme le montrent les analyses qui suivent :
- Argent. . 25,816 36.521 38,480 46,580
- Or . . . . 0,0337 °»°768 0,1020 0,1504
- Cuivre . . 18,475 24,042 18,516 18,475
- Les boues sont appréciées uniquement d’après ieur teneur en or, argent et cuivre.
- L’analyse par voie sèche, pour la détermination de l’or et de l’argent, a été admise jusqu’ici dans les affineries électrolytiques de cuivre ; elle est également adoptée par l’acheteur et par le vendeur des boues. Cette méthode consiste à faire fondre quelques grammes de boues en présence de litharge et de fondants appropriés, de façon à réunir dans un seul culot de plomb tout l’argent et tout l’or. Ce culot de plomb est coupelle, ce qui donne un bouton .constitué par l’or et l’argent de l’échantillon soumis à l’analyse. Ce bouton est pesé, puis dissous dans l’acide nitrique. On pèse l’or ainsi séparé, et le poids de l’argent s’obtient par différence. Quant au cuivre, on le dose généralement volumétri-quement par la méthode de Volhardt, après
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- attaque des boues par de l’eau regale, filtration du chlorure d’argent et évaporation du liquide filtré avec de l’acide sulfurique.
- Le dosage du cuivre est, comme on le voit, long et compliqué ; la méthode de dosage de l’argent et de l’or est relativement simple, mais laisse beaucoup à désirer quant à l’exactitude des résultats; en effet, dans la plupart des mélanges de fondants employés pour la séparation de l’argent et de l’or, on évite l’emploi du nitre, qui cependant peut seul faire passer la plus grande partie des impu-r retés dans les scories et seul permet d’obtenir à la coupellation un bouton d’argent et d’or pur. Si l’emploi du nitre est ainsi évité, c’est qu’il peut faire passer une partie de l’argent dans les scories: par contre, en l’absence du nitre, on s’expose à la formation d’une certaine proportion de sulfure et d’ar-séniure d’or qui n’est pas entraînée dans le culot de plomb (Rivot).
- Dans la méthode quenous employons,nous ne cherchons pas à séparer par la voie sèche la totalité de l’argent, mais la totalité de l’or, et cela par le moyen du nitre. Quant à l’argent et au cuivre, nous les dosons par voie humide. La méthode est rigoureusement exacte et exige peu de manipulations.
- Dosage de l'or. — On fait un mélange intime de :
- Boues desséchées et pulvérisées . . . 12,5
- I.itharge..............................50,0
- Nitre..................................10,0
- Carbonate de soude sec.............25,0
- Borax fondu pulvérisé................. . 15,0
- On introduit le mélange dans un creuset qui doit être rempli tout au plus jusqu’à la moitié de sa hauteur; on recouvre les matières de carbonate de soude sec. On fait chauffer très lentement jusqu’à fusion tranquille ; à ce moment on introduit en une seule fois un mélange de 20 gr delitharge et de 0,4 gr de charbon afin de réunir au fond du creuset les parcelles de plomb métallique qui peuvent encore rester dans la scorie. On termine par un coup de feu de quelques minutes.
- L’opération dure environ trois quarts d’heure. On casse le creuset et on en retire un culot de plomb qui pèse 15 à 20 gr.
- Il ne faut jamais agiter les matières avec une lame de fer pendant l’opération, si on ne veut pas s’exposer à avoir un culot de plomb riche en antimoine et en fer qui nuiraient à la coupellation (Rivot). Enfin on coupelle.
- Dosage de l'argent et du cuivre. — 5 gr de boues séchées, pulvérisées et contenues dans une nacelle en porcelaine, sont introduites dans un tube de verre. On fait passer à travers ce tube un courant de chlore sec et on chauffe le tube progressivement jusqu’à ce que le tube soit porté au rouge sombre. On peut chauffer plusieurs nacelles dans ce tube et conduire conséquemment plusieurs analyses en meme temps. Quand il ne se dégage plus de chlorures volatils, on arrête l’opération; on obtient ainsi un résidu constitué par les chlorures d’argent, de cuivre et de plomb et de l’or. Ce résidu est repris par de l’eau aiguisée d’acide nitrique qui dissout le cuivre ; on filtre et la solution cuivrique est évaporée à sec avec 5 cm3 d’acide sulfurique jusqu’à ce qu’il ne reste plus que quelques gouttes de cet acide ; on reprend le résidu de l’évaporation par 20 cm3 d’acide nitrique pur ’ ordinaire et de l’eau ; on étend à 300 ou 350 cm3 et on précipite le cuivre par l’élec-trolyse O).
- Quant au chlorure d’argent on le dissout dans une solution de cyanure de potassium, en versant sur le filtre qui le contient de 120 à 140 cm'1 d’une solution de ce sel à 20 p. 100. Le liquide filtré est étendu à 200 cm3 avec de l’eau. On prélève 50 cm3 de cette solution, on étend à 300 ou 350 cm3. Le bain ainsi obtenu est à 2 p. 100 de cyanure ; on l’élec-trolyse avec un courant de 0,05 ampère pendant vingt-quatre heures (a). Dans ces condi-
- Voir les détails de l’opération électrolytique : A. Hol-lard, Comptes rendus, t. CXXIII, p. iooj. VEclairage Électrique, x. IX; p. 557 et 803.
- (2) On aura soin d’immerger le cône complètement dans la solution; de plus on fera passer le courant au moment
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- lions on obtient un dépôt d’argent pur et complet.
- Cette méthode d’analyse permet de conduire plusieurs analyses en même temps.
- Affinage de l’or par voie électrolytique ;
- Par Émile Woiilwill (').
- L’électrométallurgie de l’or a pris d’importants développements ces dernières années; cette industrie présente sur l’affinage métallurgique ordinaire de sérieux avantages, tant au point de vue de la pureté du métal qu’au point de vue de l’économie du temps, de la main-d’œuvre et de l’emplacement.
- I. — Procédés métallurgiques ordinaires.
- Rappelons d’abord en quelques mots le principe sur lequel repose le procédé métallurgique ordinaire le plus usité pour l’affinage de l’or; nous voulons parler du procédé de u’Ahcet perfectionné par Max Pettenkofer.
- L’or est d’abord séparé avec l’argent de son minerai ; cet alliage d’or et d’argent qui contient plusieurs impuretés, est traité par de l’acide sulfurique à l’ébullition ; on dissout ainsi tous les métaux à l’exception de l’or.
- Cet or est suffisamment pur pour un grand nombre d’usages; il contient cependant encore un peu de platine (2) et des traces d’argent. Pour purifier cet or, ou bien on le fond avec du salpêtre, ce qui oxyde le platine et l’argent et les fait passer dans les scories, ou bien, d’après un procédé plus récent (s), on dissout l’or dans de l’eau régale, l’argent reste ainsi insoluble, et l’or est précipité de sa solution par addition à celle-ci de protochlo-
- de l’introduction du cône et de la spirale dans le bain, surtout quand la cathode présentera des points de soudure à
- (') Zeitschrift für Elektrocheme, t. IV, p. 379, 402 et 421
- (2) D’après Pettenkofer, tous les minerais auro-argenti-fères contiennent du platine.
- (3) Dû à Pettenkofer.
- rure de fer (préférable d’après Pettenkofer au sulfate de fer). Le platine qui s’est dissous avec for est précipité ultérieurement des eaux-mères par du fer métallique : on obtient ainsi un précipité de platine contenant du palladium, du cuivre et d’autres impuretés qu’on séparera par les méthodes connues.
- On voit combien les procédés ordinaires sont longs et compliques.
- II. — Procédés électrométallurgiques.
- Nous décrirons le procédé appliqué à la « Norddeutschen Affinerie » de Hambourg, en tenant compte des très grands perfectionnements qu’il y a acquis depuis vingt ans qu’il y est en usage.
- Le brevet relatif a ce procédé est exploité actuellement en Allemagne, en Angleterre, au Transvaal, dans la Nouvelle-Galles du Sud, en Australie.
- L’électrolyse s’effectue avec des anodes d’or impur ou allié, l’électrolyte est constitué par une solution aqueuse de trichlorure d’or (AuCl3).
- Ce trichlorure n’est pas en solution aqueuse neutre, comme beaucoup d’auteurs l’ont dit, mais il est en solution aqueuse rendue acide par de l’acide chlorhydrique. Cette addition d’acide chlorhydrique joue un rôle capital dans la préparation électrolytique de l’or, comme nous allons le voir :
- Sans addition d’acide chlorhydrique, en effet, l’électrolyte se décompose suivant la réaction
- AuCP=Âii + CP. (i)
- Le chlore qui se forme à l’anode, au lieu d’attaquer l’or et de le faire passer en solution, se dégage librement; sauf dans le cas où la solution serait trop étendue ou la densité du courant trop faible; le chlore réagirait alors sur l’oxygène provenant de la décomposition de l’eau pour former des combinaisons oxygénées du chlore. En tous les cas le chlore n’attaque pas les anodes.
- Au contraire, si l’on additionne le bain
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- d’acide chlorhydrique, le dégagement de chlore cesse, et l’anode attaquée entre en dissolution. Ce phénomène, qui paraît fort extraordinaire au premier abord, se produit même pour des solutions pauvres en acide chlorhydrique ; il peut se formuler par la réaction suivante :
- Au CP + HCI=Àu-f-CÏ3-f- HCl. (2)
- Au + Cl3 + HCl = Au Cl4 H. (?)
- La molécule Au C14H, sous l’influence du courant, se scinde h son tour en deux ions :
- AuCl*.H = AuCl* + H. (4)
- Ainsi l’électrolyse ne peut régulièrement marcher qu’à la condition qu’il puisse se former le chlorhydrate Au C14H.
- L’acide chlorhydrique peut être remplacé par un chlorure alcalin ; celui-ci agira de la même façon et alors le chlorhydrate AuCl4H sera remplacé par les chlorures
- Au Cl1. K, AuCl.‘Na ou Au Ci1. (Az H‘).
- Ainsi l’or ne passe de l’anode dans le bain que s’il trouve à sa portée de l’acide chlorhydrique ou un chlorure afin de pouvoir former des anions Au Cl1, d’après les réactions (3)
- et w..
- L’existence de l’ion Au Cl4 dans l’électrolyte paraît démontrée par les deux expériences suivantes (‘) :
- Si l’on ajoute à une solution étendue de l’électrolyte une solution de nitrate d’argent, on obtient un précipité très instable qui paraît avoir la composition Au'203 -b 8Ag Cl.
- La réaction qui se passe paraît être la sui-
- 2 Au Cl1. H + 8 Ag Az'O3 + 3 H20
- = Au2 O3 + 8 Ag Cl + 8 Az O3 H.
- 20 Si l’on ajoute à une solution concentrée
- (*) Les deux expériences qui suivent reposent sur le principe suivant : Dans les solutions aqueuses les réactions chimiques sont des réactions d’ions. Voir A. Hollard, Les Théories modernes de l’électrolyse. Revue générale des sciences du 15 mai 1898, p. 361.
- de l’électrolyte du nitrate d'argent, on obtient un précipité très instable qui paraît avoir la constitution Au Cl1 Ag.
- D’après la réaction (3) la quantité d’acide chlorhydrique doit être au moins équivalente à la quantité d’or entrant en dissolution, sinon il y a dégagement de chlore à l’anode et, par suite, pas de dissolution de cette dernière. Ilestdoncde toute nécessité, une fois que l’on a fixé la quantité d’acide chlorhydrique à mettre pour un certain régime du courant, de ne pas dépasser celui-ci, puisque c’est lui qui détermine la quantité d’or dissoute par seconde. En d’autres termes on maintiendra constamment la densité du courant ainsi que la température du bain au-dessous d’une certaine limite, afin de ne pas s’exposer à voir le chlore se dégager à l’anode, ce qui indiquerait que la quantité d’or libérée dépasse celle que comporte la réaction (3). La quantité d’acide chlorhydrique sera d’autant plus forte que la densité du courant sera plus grande.
- En pratique on emploie des densités de courant de 1 000 ampères par mètre carré de cathode avec une tension aux électrodes de 1 volt. L’or se dépose en gros cristaux, d’autant plus compacts que la teneur en or du bain est plus grande ; avec un bain contenant 30 gr d’or par litre, le dépôt à la cathode est très adhérent.
- Le terrain occupé par un atelier électrométallurgique est de peu d’étendue ; en effet, l’usine francfortoise de Hambourg n’occupe que 6 m carrés et fournit cependant 75 kgr d’or fin en 24 heures.
- Il nous faut déterminer maintenant les conditions à remplir pour que l’or déposé à la cathode soit le plus pur possible, pour que les impuretés de l’anode n’altèrent pas sa pureté. Ces impuretés sont le platine, le palladium et l’argent. Elles ne se précipiteront pas sur la cathode si l’on ne dépasse pas une certaine tension aux électrodes.
- Le platine passe dans la solution en même temps que l’or, mais ne se précipite pas sur la cathode. On laissera sans inconvénient le
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- platine s’accumuler dans le bain jusqu’à ce que le bain en soit assez riche pour donner, par addition du sel ammoniac, le précipité de chloroplatinate d’ammonium; ce précipité ne se forme, en effet, qu’à la condition que les solutions de platine soient concentrées.
- Le palladium passe également dans la solution sans se précipiter sur la cathode; pour le recueillir on concentrera le bain.
- L'argent de l’anode se sépare sur la surface de celle-ci à l’état de chlorure insoluble. Celui-ci tombe au fond de la cuve et est recueilli dans des cuvettes placées sous les anodes et faciles à retirer. La boue qu’on retire ainsi contient également de l’or. Le chlorure d’argent n’étant pas tout à fait insoluble dans,l’acide chlorhydrique étendu, surtout à chaud, le bain en contiendra un peu et l’or précipité à la cathode en contiendra des traces, inappréciables d'ailleurs.
- L’or obtenu à la cathode a généralement une teneur qui n’est pas inférieure à 999,8 p. 1000. On arrive à une pureté encore plus grande avec un bain et une intensité de courant parfaitement étudiés.
- L’électrolyse ne permet pas seulement de purifier de l’or déjà affiné, ce qui serait peu de chose, mais il permet encore la séparation de l’or de ses alliages.
- Dans le cas d’alliages riches en argent on modifiera le procédé suivant les indications du brevet de la « Norddeutschen Affinerie ».
- La présence du platine, de l’argent et des autres impuretés de l’anode provoque un appauvrissement de la solution ; en effet, tandis que ces métaux se combinent au chlore à la place d’une quantité équivalente d’or, l’or du bain continue à se précipiter sur la cathode. On remédie à cela en enrichissant le bain en or par une augmentation de la densité du courant. C’est ce qu’on fait en particulier quand on veut faire de l’or pur avec de la monnaie d’or. Pour calculer le surcroît de densité de courant nécessaire à l’enrichissement du bain en chlorure d'or, il faut connaître l’équivalent électrochimique de l’or par rapport à ceux des impuretés qui l’ac-
- compagnent. Or l’équivalent électrochimique de l’or ne correspond pas au trichlorure d’or Au Cl3; il lui est supérieur en raison des réactions secondaires dont l’électrolyte est le siège et dont nous allons donner un aperçu.
- Réactions secondaires engendrées au cours de V électroif se. — Il résulte d’un très grand nombre d’expériences faites par M. E. Wohl-will et que nous ne pouvons énumérer ici (*) qu’il se produit autour de l’anode, en même temps que du trichlorure Au CU, du monochlorure Au Cl qui se décompose aussitôt en or et en trichlorure d’après la réaction :
- 3 Au Cl = 2 Au + Au Cl3.
- L’or ainsi précipité sur l’anode forme une boue qui ne tarde pas à se détacher et à tomber au fond de la cuve. Le monochlorure d’or ne se décompose pas seulement à l’anode, mais il se répand jusqu’à la cathode où il se décompose en or qui se dépose sur la cathode et en trichlorure d’or qui reste en solution ; cependant le monochlorure se trouve en plus grande abondance à l’anode qu’à la cathode.
- On voit par là quelle grave erreur on commettrait si on se basait sur l’équivalent électro-chimique de l’ion Au111 trivalent (correspondant au trichlorure Au Ch), pour évaluer la perte de poids de l’anode et l’augmentation de poids de la cathode.
- Somme toute, il, se dépose à la cathode plus d’or que ne le comporte l’équivalent électrochimique des ions AuIir. C’est ainsi qu’on peut facilement déposer 3 gr d’or par ampère-heure, au lieu de 2,45 gr qui est le chiffre théorique (correspondant à Au Cl3).
- La formation de monochlorure d’or est d’autant plus faible que la densité du courant est plus forte ; on aura intérêt à éviter autant que possible la formation de monochlorure afin d’empêcher la formation de boue d’or ; cette boue, composée d’or pur, vient en effet se mélanger au fond de la cuve
- |('j Voir E. Wohlwill. Zeitschrift f. Elecklrochemie, t.AV, p. 402 et 42 c.
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- avec les impuretés insolubles des anodes et nécessite un second traitement.
- La température du bain et la proportion d’acide chlorhydrique qu’il contient ont également une influence sur la formation du monochlorure d’or.
- Il faut noter que cette précipitation de l’or provenant de la décomposition du monochlorure peut se produire après l’interruption du courant.
- Lorsqu’on sépare par un diaphragme, par exemple, les produits des réactions aux anodes et aux cathodes, la proportion de monochlorure d’or diminue.
- Une autre réaction secondaire est la dissolution des électrodes, pendant le passage du courant aussi bien que quand le courant ne passe pas, dissolution due à la solubilité de l’or dans le trichlorure acide, dissolution croissant avec la température.
- La formation de la boue d’or provenant de la décomposition du monochlorure d’or rappelle la formation de la boue de cuivre précipitée au cours de l’affinage électroiytique de ce métal. Dans l’affinage du cuivre il se forme en effet, d’après M. E. Wohlwill/unè petite quantité de sulfate cuivreux (SO1 Cu2), qui en solution acide se dédouble en sulfate de cuivre SO1 Cu] et cuivre d’après la réaction :
- SO4 Cu2 = SO'1 Cu -f Cu.
- Cette réaction expliquerait la présence des parcelles de cuivre métallique que l’on trouve dans les boues qui se déposent dans les cuves d’affinage du cuivre.
- Ainsi l’affinage de l’or, tel que nous l’avons décrit, présente cette particularité qu’on peut modifier à volonté l’équivalent électrochimique apparent de l’or, en agissant sur la température du bain, sur la densité du courant ou sur la proportion d'acide chlorhydrique dans le bain, puisque de ces facteurs dépend la proportion des ions d’or monovalents par rapport aux ions d'or trivalents (‘).
- A. H.
- Propriétés magnétiques des aciers trompés sous forme d’anneaux ;
- Par Mmo Sklodowska Curte (').
- Nous avons précédemment indiqué les résultats obtenus par l’auteur dans l’étude des barreaux aimantés (s) ; ainsi qu’il a été dit dans l’exposé des méthodes de mesure (3), Mme Curie a également étudié quelques aciers en circuit magnétique fermé, c’est-à dire sous forme d’anneau.
- Les aciers ainsi étudiés sont : une série de cinq aciers au carbone provenant des aciéries de Firminy à pourcentage croissant de carbone ; un acier au carbone d’Unieux ; l’acier d’Allevard ; un acier au tungstène de l’usine d’Assailly Vâ: un acier à 3 p. 100 de nickel; un acier à 0,7 p. 100 de manganèse.
- Il manque à cette étude quelques aciers intéressants, qui se trouvent parmi ceux étudiés sous forme de barreaux. Un anneau de l’acier Boehler spécial très dur a été abîmé par un chauffage trop prolongé. L’acier Boehler Boreas n’a pas pu ctre mis sous forme d’anneau, l’anneau s’étant cassé pendant qu’on le façonnait. L’auteur n’a pu non plus se procurer des anneaux d'acier au molybdène, et des anneaux d’aciers au carbone à grand pourcentage de carbone.
- Pour les anneaux étudiés, on a construit la courbe d’aimantation cyclique entre les limites de champ ± 500 unités (tableau 1). Les figures 1 et 2 représentent la moitié des courbes cycliques. La figure 1 est relative aux aciers au carbone, le pourcentage étant indiqué sur chaque courbe. La figure 2 est relative aux autres aciers.
- Les anneaux avaient tous 11 cm de diamètre moyen ; la plupart avaient une section carrée de 1 cm de coté, sauf les suivants :
- ricnces de E. Wohlwill. Zeitschrift fftr Elecirochmie, t. IV, (p. 402 et 421).
- (') Bulletin de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, je série, t. III, p. 58.
- ;s) L’Éclairage Electrique, t. XV, p. 501, et t. XVI, p. 117. H Idem, t. XV, p. 475.
- (l) Le praticien fera bien de consulter l'exposé des expé-
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- anneau b de l’acier de Firminy, h 0,84 p. 100 I sections circulaires de 1 cm de diamètre ; de carbone, anneau d'acier au nickel, et I enfin, l’anneau b d’acier d’Allevard, qui avait anneau d’acier au manganèse qui avaient des [ une section carrée de 0,5 cm de côté.
- La courbe pour l’anneau b, à 0,84 p. 100 de carbone, ne se trouve pas représentée sur la figure 1 : bien que le champ coercitif soit plus fort que pour l’échantillon a, les deux courbes
- ont la même allure. Les courbes pour l’anneau d’acier d’Unieux et pour l’anneau b d’acier d’Allevard ne sont pas non plus représentées.
- Les anneaux avaient été trempés vers 800% sauf l’acier au carbone à 0,06 p. 100 de carbone, trempé vers 1 ooo0, et l'acier au carbone à 0.2 p. 100 de carbone trempé vers 850".
- Dans le tableau II, on a mis en évidence les résultats principaux de l’étude faite sur les anneaux, c’est-a-dire les points les plus intéressants de la courbe d’aimantation, à savoir :
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- Tableau I. — Circuits magnétiques fermés. Cycles d’aimantation.
- BRANCHE BRANCHE
- r —- — - ’
- 3-5 36 5n5 1560
- <1,2 181 256 1495
- 5-5 350 167 1440
- 8,3 685 78^ 133°
- Acier au carbone 21 9*5 42
- de Hrminy. 52,8 l6,I 9so
- C = 0,06 p. ino. F35,5 625
- 258 1490 — T,8 480
- — 2,5 293
- ” — 2,9 — 3,2 U3 0.8
- 7-7 36.5 5l,5 r59°
- 34° 490 1580
- 23,b 825 248
- Acier au carbone 5b 1450
- de Firminy. «4,5 76,8
- D - 0,20 p. 100. 120, R l5S° JS
- 137,5 T3'iO
- 64
- 4 «5 1580 0 ’*
- iq.6 I4-5 5i5 1525
- 28,8 350 1520
- 46,5 875 260 1425
- de Firminy. C = 0.49 P' I00' 82,5 1150 1285 167,5 79,3 136>5 1230 835
- 51b ^525 - i3,9
- - 16,7 37
- 58,6 Ig2 5J5 1230
- 78’5 580 268
- Acier au carbone 135 880 99O
- de Hrminv. 254 78,6 85O
- c = 0,84 p. 100. 5»5 1230 605
- ier échantillon a. 33-3 — 46,3 37b
- - 51," n,3
- 48.1 3,7 5o5 ii55
- 442 24s
- i3",5 860 134 965
- 245 87=; 670 595 535
- de Firminy. C, - 0,84 p. 100. 2e échantillon b. 495 : ii55 — 16.7 — 26,7 — 43 — 48,5
- 2tH>'
- . — 53.3 - 57,6 ^,1
- BRANCHE BRANCHE
- H. r.
- 58,7 128 535
- 79,2 550
- 124 865 161.5
- Acier au carbone 199 1025 78.5 890
- de Firminy. 291 645
- (-= 1,21 p. 100. 515 — 14,5 555
- — 21,9 500
- » * — 33,3 — 5h7 347
- 52 495 ii75
- 60, t 253 i°75
- 78,5 570 85
- Acier au carbone 139 fh5 78,2 «-s
- dUnieux. 255 1075 - l6 640
- C = 0,96 p. 100. 49., 1175 53°
- — 46,4 64,7
- - 48,7 i-1
- 89 515 1240
- 81 323
- 89 166,5
- il 3.3 880 153,5 ms
- Acier AUevard trempé. 1050 1085 105 98 55 1055 985
- C = 0.59 p. 100. 5°5 I24o 33-3 2.3,9 940
- 0. 0 850
- - 25 7°5
- — 44,6 545
- - 56.6 4i5
- — 72,7 23-7
- 122.5 495 1515
- 31-7 830 280
- 55 164 1350
- Acier AUevard 113 1255 52,i 1180
- non trempé. 290 1425 - 16,2
- 490 1510
- 35b
- - 25,8 5,8
- 3 161 495 u 60
- 9°,5 840 257
- Acier AUevard I33,5 970 168
- trempé. 257 T125
- Section 0,25 env 495 1130 39
- b. - 58,5 45°
- — 60,5
- — 07,2 139,5
- p.153 - vue 153/694
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — Nü 30.
- SCIE BRANCHE
- T'
- 1 58.6 153-5 990
- 78 525 242,5
- I 21 75° 1.37,5 860
- lüqO 9°5 *78.5 805
- Acier au nickel Ni2. » 4 50 9S0
- Ni = 3 p. 100, 490
- - 39 353
- — 42.8 290
- 199
- - 49
- 1 “ — 53-5 io,5
- / 34-1 i39>3 460 1390
- 1 31-5 121,5 i325
- . I 43'5 1320
- Acier au manganèse \ 52.5 8,o 1245
- A. 1 99,S 1130 134-5
- Mn= 0.7 p. 100. ,159 1240 80,8 1140
- C = 0,46 p. 100. J264 133° 59,2 1095
- 1515 I39° 16 2 860
- 1 ' — 27)3 39!
- . 78’2 35S’6 1240 II 15
- Acier au tungstène \ 80 635 157,5 IOÔO
- V2. U3 «55 53,8 93°
- \V — 2,7 p. 100 i 161,5 945 800
- C = o,7&P-ioo. f 291 — 26,9 685
- ; 490 - 533 480
- 1 — 59,3
- Valeur du champ coercitif, c’est-à-dire valeur de H pour T = o. Intensité d’aimantation rémanente, c’est-à-dire valeur de I pour H = o. Intensité d’aimantation induite pour H ~ 500 environ, c’est-à-dire l’intensité d’aimantation maximum obtenue pour chaque acier dans ces expériences. Le tableau contient de plus la valeur de l’hystérésis pour chaque acier, c’est-à-dire la quantité d’énergie transformée en chaleur pendant que l’on fait subir à l’acier un cycle complet d’aitnan-tation. Cette quantité est égale à j^Hdl, et s’obtient en mesurant l’aire de la courbe d’aimantation ; elle est exprimée en ergs par centimètre cube de la substance étudiée et se rapporte à un cycle accompli entre les limites de champ ± 500 environ.
- En comparant les champs coercitifs obtenus
- pour les anneaux et pour les barreaux de même acier (tableau II ci-joint et tableau II de la page 505), on trouve que la concordance est généralement satisfaisante (*) ; cependant, il existe des différences, mais elles n’affectent pas une allure systématique et ne semblent pas devoir être attribuées à une différence de méthode. L’auteur croit que, dans les cas où la concordance n’est pas bonne, il faut donner la préférence aux déterminations faites sur les barreaux. Les déterminations faites sur les anneaux réalisent mieux les conditions théoriques ; mais, pour diverses raisons, les résultats sont moins sûrs. En effet, l’acier peut avoir été plus ou moins altéré pendant le façonnage à chaud de l’anneau, et c’est probablement ce qui est arrivé pour l’acier de Fir-miny à 1,2 p. 100 de carbone et pour l’acier d’Unieux. Puis, la préparation et l’étude des anneaux étant longues (trempe, dressage des faces de contact, montage, déterminations pour construire la courbe), l’auteur n’a opéré qu’avec un seul anneau et une seule trempe pour chaque espèce d’acier, sauf l’acier de Firminy à 0,84 p. 100 de carbone et l’acier d’Ailevard, dont chacun a été étudié avec deux anneaux de sections différentes. Au contraire, avec les barreaux dont l’étude est rapide, l’auteur a pu multiplier les essais, et les résultats ainsi contrôlés sont beaucoup plus surs.
- On peut suivre l’influence d’un pourcentage de plus en plus élevé de carbone. Le champ coercitif croît constamment pour des pourcentages ne dépassant pas 1 p. 100 (l’étude des barreaux montre qu’il doit y avoir un maximum pour le champ coercitif avec un pourcentage voisin de 1,2 p. 100). L’intensité d’aimantation rémanente croît d’abord avec le pourcentage de carbone : elle atteint un maximum pour un pourcentage voisin de 0,5 p. 100, elle décroît ensuite pour des pourcentages plus élevés. L’intensité d’aimantation induite maximum décroît quand le pourcentage de carbone augmente. Enfin,
- (i) Voir re
- ^marques faites page 472.
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- Tableau II. — Circuits magnétiques fern.
- i carbone de Firminv.
- Acier au carbone d’Unieux.................
- Acier d’AlIevard trempé W=5,5p. ioo. . .
- Aciertd’Allcvard non trempé...............
- Acier au tungstène d’Assailly (V2) W = 2,7 p.
- Acier au nickel (Nis) Ni — 3 p. 100........
- Acier au manganèse (Mn,) Mn = 0,7 p. 100 .
- CHAMP INTENSITÉ y™1”? ——
- 0,06 3,2 625 1560 . 28000
- 0,20 7'4 7 70 1 590 68000
- •M9 *9,3 835 1 5?5 108 000
- 0,84 52 605 1 230 170 000
- 0,84 58 670 1 *55 217000
- 1.21 53 645 1 200 182 000
- 0,96 5o 640 1 i/5 163 000
- °’59 73 850 1 240 280 000
- 0,59 70 «so 1 230 265 000
- o,59 26 900 1 51S 115000
- 0,76 69 800 1 240 260 000
- 0,70 54 640 990 177 000
- 0,46 33 860 , 1 390 142 000
- l’hystérésis augmente avec le pourcentage de carbone. D’après les expériences sur les barreaux, il est vraisemblable que l’hystérésis passerait par un maximum pour un pourcentage supérieur à 1 p. 100. Il parait probable que les anneaux de Firminv à 1,2 p. 100 de carbone, et d’Unieux à 0,96 p. 100 de carbone ont été un peu altérés à chaud, et que le champ coercitif et l’hystérésis qui figurent dans le tableau pour ces anneaux sont trop faibles.
- A circuit presque ferme, on aurait avan-
- tage, au point de vue de la grandeur du flux magnétique, à employer des aciers à 0,6 ou 0,7 p. 100 de carbone, mais ces aimants seraient peu stables. Pour les aimants ordinaires, il y a toujours avantage à employer les aciers plus fortement carbonés.
- L’examen des courbes des aciers spéciaux montre que l’introduction des divers métaux modifie peu l’intensité rémanente à circuit fermé : elle augmente le champ coercitif et l'hystérèse, elle diminue l’intensité d’aimantation induite maximum.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Une enveloppe métallique ne se laisse pas traverser par les oscillations hertziennes;
- Par Edouard Dranly ('}.
- Le rôle des enveloppes métalliques varie avec la nature du phénomène électrique. L’expérience du conducteur creux de Fa-
- (') Comptes rendus, t. CXXVII, p. 43, séance du 4 juillet 1898.
- raday démontre qu’une influence électrostatique, si forte qu’elle soit, ne s’exerce pas sur un électroscope enfermé dans une cage de métal. Au contraire, dans les memes conditions, l’induction galvanique traverse une enveloppe métallique. On le constate aisément avec un radioconducteur agissant comme révélateur de courants induits.
- « Dans une caisse parallélépipédique de bois soigneusement recouverte de clinquant,
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- l’éclairage électrique
- on introduit un circuit induit comprenant une spirale plate, un tube à limaille et un galvanomètre Deprez-d’Arsonval. Une petite ouverture grillagée pratiquée dans la caisse laisse passer un rayon lumineux pour la lecture de la déviation sur une règle. A l’extérieur est disposé un circuit inducteur comprenant une pile de quatre accumulateurs, un godet à interruption et une spirale inductrice plate appliquée contre la même paroi que la spirale induite, mais en dehors. Les deux spirales sont ainsi exactement en regard et ne sont séparées que par la paroi de la caisse. Si l’on ferme une première fois le circuit inducteur, l’induit de fermeture ne traverse pas la limaille; je l’avais signalé autrefois (Comptes rendus, 24novembre 1890). A l’ouverture qui suit, kon a une déviation déjà importante; une deuxième fermeture détermine une déviation plus forte; elle est encore plus forte à la deuxième ouverture, puis les déviations sont égales pour les fermetures et ouvertures suivantes. Plusieurs fermetures consécutives ne produisent rien d’appréciable; une seule ouverture établit la conductibilité.
- » Memes résultats avec huit accumulateurs au lieu de quatre dans le circuit inducteur. Mêmes résultats avec un radioconduc-teur solide. Si les interruptions se succèdent rapidement, par exemple avec un diapason entretenu électriquement, le cadre du galvanomètre reste au o, mais son tremblement accuse le passage des courants.
- » Les métaux sont-ils transparents,au moins à un faible degré, pour les oscillations hertziennes? Pour s’en assurer, il ne suffit pas d’interposer entre un radiateur et un récepteur une plaque métallique, même très large, car, si le récepteur est sensible, il est vivement impressionné. Dans mes expériences de 1891, j’avais trouvé (‘) que la conductibilité d’un tube à limaille ne se produisait plus si le tube était enferme avec son circuit dans une enceinte métal-
- lique bien close. Mais, en opérant avec des tubes extrêmement sensibles et une forte radiation, j’avais été conduit à ajouter, dans un travail plus étendu (*}, qu'une double enveloppe métallique était souvent nécessaire. Dans son remarquable mémoire « sur les radiations hertziennes », M. le professeur Bose avait reconnu de son côté, en 1895, qu'une double enveloppe métallique n’était même pas toujours suffisante. J’ai réussi récemment à démontrer que les oscillations hertziennes sont complètement arrêtées, même par une enveloppe métallique très mince, si elle est hermétiquement close.
- » Une boite en bois {dimensions : 38 cm, 42 cm, 53 cm) a été tapissée intérieurement d’étain en feuilles très minces {épaisseur inférieure à ijioo de millimètre, un peu moindre que 8;jl) ; ces feuilles présentaient ça et là de très petits trous visibles par transparence. Dans la boite prirent place un élément de pile dont le circuit comprenait un tube à limaille et un galvanomètre Deprez-d’Arsonval. Un index solidaire du cadre fermait au moment de la déviation le circuit d’une sonnerie, dont le fonctionnement provenait de la conductibilité du raâioconducteur. La boîte était fermée par une porte recouverte intérieurement d’étain; elle était bien ajustée sur les bords de la boîte et maintenue rigoureusement appliquée par des écrous. Le tube à limaille employé était assez sensible pour devenir conducteur à une distance de 80 m à l’air libre (sans communication avec le sol et sans tige verticale) par les1 décharges d’un radiateur de Righi dans l’huile, actionné par une bobine d’induction à interrupteur rapide et de 15 cm d’étincelle. La boîte étant fermée et le même radiateur fonctionnant à quelques centimètres des parois, la sonnerie restait silencieuse, même avec des décharges longtemps prolongées. Elle se faisait entendre à la moindre décharge si l’on desserrait un peu les fermetures métalliques de la
- P) Bulletin de la Société française de Physique, avril 1891.
- (») La Lumière Électrique, t. XL, p. 301 t> juin i8c;r.
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- porte. Un certain jour, une fissure linéaire très fine s'étant produite dans la feuille d’étain intérieure par le jeu du bois de la caisse, la sonnerie se fit entendre à toute étincelle et sans retard; l’accident réparé, la sonnerie ne parla plus.
- » Le radiateur, la bobine et les huit accumulateurs furent à leur tour enfermés dans une boîte métallique, et il n’v eut aucune action sur un tube à limaille placé au dehors et à proximité avec sa pile et son galvano-
- » Il était naturel de rechercher si une enveloppe en toile métallique préserve des oscillations hertziennes aussi bien que de l’influence électrostatique. Le radiateur des expériences précédentes étant très voisin de l’enveloppe, la protection était complète lorsque la face de la boîte exposée au radiateur était couverte avec une toile sur laquelle on comptait 200 mailles par 27 mm de longueur, les mailles offrant sur les autres faces des ouvertures de 1 mm2.
- >• Il résultait des essais préliminaires que le passage des oscillations hertziennes était infiniment plus facile à travers des fentes longues, même très fines, qu’à travers des ouvertures pratiquées dans une paroi de la caisse, et que la longueur et la direction des fentes jouaientun rôle important. Malgrélcur analogie avec certains faits déjà connus, quelques-unes des expériences sont intéressantes à décrire.
- » Elles ont été faites avec une caisse métallique bien close et des feuilles d’étain successivement et très exactement ajustées dans la porte de la caisse. Pour simplifier, je désignerai par des lettres les diverses feuilles.
- " A, 100 ouvertures rondes de 0,01 111 de diamètre, équidistantes (surface totale des ouvertures, près de 80 cm2); B, 20 ouvertures carréesde 0,02 m de côté ( surface, 80 cnr]; C, 20 ouvertures carrées de 0,03 111 de côté (surface, 180 cm2) ; D, fente horizontale tracée avec le tranchant d’un rasoir, longue de 0.20 111 et collée sur papier; D', fente verticale iden-tique; E, fente horizontale de 0,12 m de
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- longueur et 1 mm de largeur; E', fente verticale identique ; F, fente horizontale de 0,16 m de longueur et 1 mm de largeur; F\ fente verticale identique; G, fente horizontale de 0,20 m de longueur et 1 mm de largeur (surface ouverte, 2 c2); G;, fente verticale identique; H, système de deux fentes horizontales ayant chacune 0,10 m de longueur et 1 mm de largeur, en prolongement, et séparées par un intervalle d’étain de 0,5 mm.
- » Le radiateur était placé en regard de la feuille d’étain; l’axe du radiateur (ligne des trois étincelles) fut disposé horizontalement. Je cite les distances (en mètres) auxquelles la radiation a cessé d’agir.
- Ouverture et fente. A, o“,5S B, im,5o C,4m,5o G,5">
- » Bien que la surface d’entrée totale fût beaucoup plus grande avec A, B ou C, le passage des ondes s’y faisait moins aisément que par la fente G.
- Fentes horizontales ( E, oin,5o F, 2m G, 5,n II, 2“
- et verticales. . . \ E', .y" F\ i6'"
- » La salle d’expériences n’était pas assez longue pour comparer G et G'. En coupant le pont d’étain qui séparait les deux parties de H, on passe de 2 m à 5,50 m, ce qui montre l’importance de la continuité de la longueur ouverte. On voit, en outre, qu’une fente verticale laisse notablement mieux passer l’onde qu’une fente horizontale. En dirigeant verticalement l’axe du radiateur, les fentes horizontales laissèrent à leur tour mieux passer Fonde que les fentes verticales.
- » En comparant les fentes très étroites D et IF, 011 eut 1 m pour D et 6 m pour IL (l’axe du radiateur étant horizontal); la fente verticale fine laissait donc encore mieux passer Fonde que la fente horizontale , mais une fente très fine laissait un passage moins facile qu’une fente de 1 mm de largeur.
- » Enfin, la boîte métallique renfermant le radioconducteur a été retournée. De cette façon, le radiateur n’était plus en regard de la feuille d’étain, mais en regard de la face opposée de la cage. Le passage de Fonde .à
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- travers une fente de la feuille d’étain n’avait plus lieu pour une distance du radiateur aussi grande; mais il avait encore lieu aisément, alors même que la boîte était placée sur une fenêtre et que la feuille d'étain regardait l’espace libre, ce qui excluait toute réflexion.
- » J’ajoute, en terminant, que l’usage d’une enveloppe métallique à fente est commode pour l’essai comparatif de la sensibilité des radioconducteurs (‘). »
- Mécanisme de la décharge par les rayons X ;
- Par G. Sagnac (2).
- JJauteur a déjà montré r) que les rayons secondaires S émis par un métal que frappent les rayons X rendent l’air ambiant conducteur de l’électricité à la manière des rayons X incidents ; Y effet électrique secondaire de ces rayons S, en général comparable ou même supérieur à l’action primaire des rayons X, explique complètement l’influence de la nature du métal dans la décharge d’un conducteur électrisé frappé par les rayons X (* *).
- Dans sa nouvelle note du 11 juillet, M. Sagnac insiste sur ce dernier point, puis il explique la localisation des rayons S près de la surface du conducteur, qui avait conduit M J. Perrin à une interprétation inexacte du phénomène. Aux influences qu’il a déjà signalées (8) : absorption des rayons S par l’air, dissémination et perte latérale des rayons S, production d’un effet tertiaire, l’auteur ajoute encore la suivante :
- « Sous l’influence des rayons X, le champ électrique cesse d’ètre uniforme dans toute l’épaisseur du condensateur et se localise
- (*) Les expériences ont été faites en collaboration avec M. le Dp Le Bon.
- (2i Comptes rendus, t. CXXVII, p. 46, séance du 4 juillet. (3) Comptes rendus, t. CXXV1, p. 36, 3 janvier 1898; L’Éclairage Électrique, t. XIV, p. 509, 19 mars 1898.
- (*) Voir L'Éclairage Électrique du 19 mars, expériences des figures 9, 11 et 12.
- (*) Voir L'Éclairage Electrique, t. VII, p. 545, 20 juin 1896; Comptes rendus du 10 août et Thèse de doctorat.
- principalement au voisinage des armatures; cela résulte d’expériences récentes de M. Ghild Or l’action de décharge des rayons S augmente avec la valeur du champ électrique.
- « Les principales particularités de l’action propre du métal dans la décharge s’expliquent ainsi suffisamment par le mécanisme de Y effet secondaire dû aux rayons S. »
- L’auteur fait ensuite des remarques générales sur la décharge par les rayons X ou S :
- « Le mécanisme général suivant de l’action des rayons X (effet primaire), ou des rayons S (effet secondaire), sur le gaz qu’ils traversent dans le champ électrique, me paraît résulter nécessairement des expériences de M. Child rapprochées des expériences antérieures de MM. Righi, Villari, J.-J. Thomson, J. Perrin sur les rayons X.
- » A travers chaque surface de niveau 2 du champ électrique d’un condensateur plan, il passe un double flux d’électricité, savoir: un flux positif forme de charges positives que les rayons X ont libérées dans les diverses couches d'air comprises entres et l’armature positive aa et un flux négatif résultant de toutes les charges négatives issues de l’autre côté de S. Ces charges positives et négatives se déplacent avec des vitesses finies. Près de l’armature positive aa, par exemple, le flux négatif issu des différents éléments de volume de la couche d’air située au-dessus de S l’emporte sur le flux positif, issu des différents éléments de volume de la couche d’air plus mince située au-dessous de S ; U y a donc en ^ de l’électricité négative libre en mouvement dont la densité cubique est constante une fois le régime permanent établi; d’où résultent, au voisinage de aa, une diminution des potentiels et une augmentation des valeurs du champ électrique, si l’on suppose la différence de potentiel des armatures maintenue invariable.
- » Les expériences de M. Child montrent,
- (!) Child. Wiedemann's Antialen ciu 15 avril 1898, t. LXV, p. ij2.
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- d’ailleurs, que la surface de niveau sur laquelle le potentiel demeure inaltéré par le passage des rayons X est plus éloignée de l’armature négative que de l’armature positive et que la variation de potentiel due aux rayons X est plus grande près de l’armature négative que près de l’armature positive. Cela s’explique bien si l’on admet que les charges négatives se déplacent dans l’air un peu plus vite que les charges positives.
- » Le mécanisme de Veffet secondaire explique encore une particularité observée par M. Child (') : si les rayons X pénètrent normalement dans un condensateur à travers une armature et frappent la seconde armature formée successivement de métaux qui absorbent de plus en plus les rayons X, les changements de potentiel dus à l’action des rayons X diminuent de plus en plus. Il suffit de remarquer que les rayons S du métal sont alors de plus en plus actifs et que leur effet secondaire se produit surtout dans les premières couches d’air en contact avec le métal ; de ces couches d’air adjacentes au métal, supposé former par exemple l’armature positive, partent des charges positives qui diminuent dans la lame d’air du con-densateurl’excédent des charges négatives et diminuent, par suite, aussi les chutes de potentiel dues aux rayons X. »
- Sur l’interprétation cinématique du phénomène-de Zeeman ;
- Par A. Righi (2).
- M. Cornu a donné des phénomènes de Faraday et de Zeeman une interprétation cinématique (3). Un rayon lumineux est équivalent à deux rayons polarisés circulairemcnt et de sens inverse. Lorsque le champ magné-
- Loc. cil., p. 158-162.
- (2) Rendiconli délia Reale Accademia ici Lincei, 11 juin 1898, P- 99S-
- (s) Cornu,L'Éclairage Électrique, t. XIII, p. 241, et t. XIV, P- 185; Corbino, L’Éclairage Électrique, t. XV, p. 548.
- tique agit seulement sur le corps qui est traversé par la lumière, la période n’est pas altérée, mais la vitesse de propagation change ; pour l’un des circulaires, elle est augmentée, pour l’autre elle est diminuée. Mais si le champ agit sur la source lumineuse elle-même, ce n’est plus la vitesse qui est modifiée, c’est la période vibratoire augmentée pour l’un des circulaires, diminuée pour l’autre.
- M. Righi examine si ces deux rayons ainsi modifiés et possédant des périodes très voisines, peuvent donner lieu à des franges d’interférence se déplaçant perpendiculairement à leur direction, phénomène qui correspond à celui des battements en acoustique. Si la chose était possible, on aurait un moyen excessivement sensible de révéler le phénomène de Zeeman dans les cas où il se produit avec la moindre intensité. Dans l’expérience de Zeeman, le nombre de vibrations des rayons circulaires est altéré de quelques milliers de millions et néanmoins le dédoublement de la raie est à peine sensible ; tandis que avec les battements, le phénomène serait mis en évidence quand le champ modifierait d’une unité ou moins encore le nombre des vibrations.
- Mais le phénomène des battements ne paraît pas réalisable en employant la lumière produite dans l’expérience de Zeeman ; il est en effet vraisemblable que les deux rayons circulaires imaginés par M. Cornu ne peuvent pas plus interférer que les deux rayons polarisés à angle droit que l’on obtient par le passage de la lumière naturelle dans un analyseur biréfringent et que l’on ramène ensuite dans un même plan de polarisation. M. Righi cherche alors dans quelles conditions les battements seraient réalisables.
- Soient
- Ar=asin(2*N/+a)
- v= b sin (2»n Nt + j3)
- les composantes suivant deux axes rectangulaires, de la vibration relative à la lumière naturelle émise par la source sans l’action
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- léo
- du champ, a, b. a, J3 changent de valeur à des intervalles très courts en valeur absolue, mais grands par rapport à la période-^- et pendant lesquels les valeurs moyennes de a2 et b- sont égaies et la valeur moyenne de ab cos («— p) est nulle.
- La vibration peut se mettre sous la forme : x=~ Asin(2 7îNH- ?) +~Bsin(2ïiN(-|-'f) r~-~ A cos (2 TT N/+ çO --^-Bcos (2- Nt — ’}>) en posant
- A2 = a2 + b'2 + 2 ab sin ip — a) B2 = a2 + b2 — 2 ah sin (p — a)
- le plan focal d’un oculaire. Chaque faisceau traverse une lame quart-d’onde, et ces deux lames ont leur axe perpendiculaire. Dans chaque faisceau les deux circulaires sont transformés en deux rectilignes polarisés à angle droit ; et celui de N, vibrations de l’un des faisceaux est parallèle à celui de N2 de l’autre : on place alors un nicol ayant sa section principale dans l’un des deux plans de polarisation des faisceaux issus des deux lames. On fait interférer ainsi un rayon de N, vibrations de l’un des faisceaux avec celui de N2 de l’autre, soit :
- *A.in(..N1. + ? + f-«.)
- -ftBsïn +
- tg Ÿ = g cos «—fr sin p '
- La vibration est équivalente à deux vibrations circulaires de sens inverses. L’action du champ magnétique revient à faire varier le nombre des vibrations de ces rayons par seconde. Soient N, et N, les nouvelles valeurs de N pour ces deux rayons,
- v' = -i- A sin (2 7: N, / -|- <p)
- y=-i-Acos(2«N1f-l-?) (i)
- x"=^-Bsin (2 tc Na/ + i)
- ^' = -™Bcos(2uNâ/A): la différence de phase à — œ est telle que
- L’auteur examine alors ce qui se passe en employant la lumière ainsi modifiée pour réaliser l’expérience des battements telle que celle qu’il a indiquée en employant les rayons circulaires inverses produits par un nicol tournant.
- La lumière est séparée en deux faisceaux que l’on réunit ensuite sur un écran ou dans
- Oj sont les retards de phase dus aux chemins parcourus avant d’atteindre l’écran ; on néglige k et on pose
- Nj = N + a Nj=N —
- ABin^N( + 2^«< + ?+y -8t)
- — B sili + 2L-
- L’intensité résultante est
- I = A3 + B2—2 AB cos (4*«f — 3,+ o2 — ÿ + ç) q = <i* + S« — («• — b‘) cos (4 u lit — 8, + 8,)
- — 2 ab cos (a— P) sin (4 n ni — S, + S,).
- Si l’on ne tient pas compte de la présence de t, on voit que la valeur moyenne de I est 2 (a2 -f- b2) et ne dépend pas de ot — S2. On peut considérer cela comme vrai même en tenant compte de t, car si l’on se place dans les conditions expérimentales permettant d’observer les franges en mouvement, le sinus et le cosinus ont une période — très grande en comparaison de celle à laquelle on rapporte les valeurs moyennes.
- Si donc on veut avoir des franges, il faut que les valeurs moyennes de a2 et b2 cessent d’être égales ; mais dans ce cas la lumière
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- primitive n’est plus de la lumière naturelle niais de la lumière elliptique. En outre la condition <p — = cte pour l’obtention des
- franges exige que la direction des axes de l’ellipse soit fixe. Les minima ne seraient pas nuis en général, à moins que la lumière positive ne soit polarisée rectilignement avant l’action du champ.
- Quant à la vitesse de déplacement des franges elle serait telle qu’il en passerait zn en un même point par seconde.
- L’expérience des battements ne peut donc se réaliser avec la lumière produite dans l’expérience deZeeman. Peut-être pourrait-on y parvenir en utilisant la lumière polarisée que certains corps cristallisés émettent par fluorescence ; mais alors l’intensité lumineuse serait trop faible.
- En réunissant les composantes prises suivant un même axe et remplaçant dans les formules (i) A, B, », }, on voit que l’effet du champ magnétique consiste en une rotation uniforme de la vibration donnée à raison de N, —N, j
- —-------- tours par seconde.
- On obtiendrait donc le même résultat en faisant tourner la source lumineuse avec cette même vitesse autour d’un axe parallèle aux lignes de force. La vitesse nécessaire pour obtenir un dédoublement de la raie n’est pas réalisable avec les moyens dont on dispose actuellement.
- Il résulte de la remarque précédente que si un champ magnétique agissait sur un corps émettant de la lumière polarisée, le plan de polarisation tournerait d’un mouvement uniforme et l’on pourrait avec un champ extrêmement faible et par suite une rotation lente du plan de polarisation, observer le phénomène par les variations périodiques de l’intensité que l’on percevrait en regardant à travers un nicol ; il ne serait même plus nécessaire de recourir aux battements. G. G.
- Contribution à l’étude de la viscosité magnétique;
- Par J. Klemencic (M.
- La viscosité magnétique n’a été observée jusqu’ici que dans les champs peu intenses. M. Klemencic a constaté qu’elle se traduit également dans les champs Intenses et que même sa valeur absolue croît avec l’intensité du champ. Cependant dans les champs intenses sa valeur relative est si petite que le phénomène disparaît presque. Les mesures ont été effectuées par la méthode magnéto-métrique, sur deux barreaux de fer longs de 50 cm et ayant comme diamètre l’un 0,6, l’autre 0,4 cm; ces barreaux sont en fer
- doux recuit récemment. Les résultats sont représentés par les courbes ci-dessus ; les courbes en traits pleins figurent les valeurs absolues de la viscosité, les courbes en traits ponctués les valeurs relatives en centièmes de l’aimantation totale. Les points des courbes sont déterminés par le renversement du courant; les points marqués en dehors, par l’ouverture ou la fermeture du circuit. La viscosité magnétique dépend donc
- (•) Wied. Ann., t. LXIII, p. 61-65.
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- de la grandeur de la variation du champ, suivant la même loi, que cette variation ait lieu par le renversement du courant ou par l’ouverture ou la fermeture seulement ; sa valeur absolue croît avec l'intensité d’aimantation et tend vers un maximum qui est atteint probablement avant le maximum de l’aimantation. M. L.
- Influence des secousses sur la susceptibilité magnétique ;
- Par C. FftOMME (1).
- T.a susceptibilité magnétique d’un fil de fer n’est pas modifiée par les oscillations électriques qui prennent naissance dans la décharge d’une machine de Holtz, que cette décharge se produise au voisinage du fil ou dans le fil lui-même.
- Par contre, les secousses mécaniques alternant avec l'aimantation, influent sur le moment permanent acquis parle fil. On produit ces secousses en laissant tomber le fil, tenu horizontalement, de la même hauteur sur une table de bois (secousses fortes) ou sur une pile de feuilles de papier (secousses faibles). On recuit d’abord le fil, puis on le soumet à des secousses répétées et on l’aimante, ou bien on l’aimante d’abord et on le soumet ensuite aux secousses.
- Les secousses diminuent le moment permanent : il faut en général de 20 à 30 secousses pour amener la susceptibilité à sa valeur minima. Cette valeur minima est plus petite, si une partie des secousses ont précédé l’aimantation. Cette particularité s’explique par l’action résiduelle de la première aimantation permanente, qui est plus intense dans le premier cas. La perte de moment résultant des secousses est en moyenne de 20 p. 100, quand elle a atteint sa valeur maxima, h la suite d’opérations répétées. Le moment mesuré après les secousses a tou- (*)
- (*) Wied. Ann., t. LXIII, p. 314-323. Cf. L'Éclairage Électrique, t. XII, p. 233.
- jours k peu près la même valeur absolue : on peut donc dire que la somme de la perte de moment immédiate et des pertes dues aux secousses antérieures de même nature et de même force reste constante.
- Quel que soit le nombre des secousses communiquées au fil avant l’aimantation, elles ne suffisent jamais pour réduire la susceptibilité à sa valeur minima : il est indifférent à ce point de vue que les secousses soient fortes ou faibles. Il faut nécessairement pour atteindre le minimum faire agir alternativement les secousses et l’aimantation. D’ailleurs le moment permanent finit toujours par atteindre la même valeur, quelle que soit sa valeur primitive.
- Le phénomène a même allure, quelle que soit l'intensité du champ (2,3 à 47 unités). Seulement, plus le champ est intense, plus la diminution relative de la susceptibilité est faible et moins le moment permanent initial dépend des secousses antérieures. Mais le moment permanent demeuré après les secousses est constant dès le début et n’est pas influencé par la variation de la susceptibilité. La perte de moment est donc une fraction du moment permanent d’autant plus grande que celui-ci est lui-même plus considérable : l’effet des secousses croît donc plus rapidement que le moment.
- Les oscillations électriques ne modifient pas non plus la susceptibilité des tubes remplis de limaille de fer, alors même qu’elles leur communiquent une conductibilité, électrique très grande, La conductibilité des tubes de limaille ne varie pas non plus sous l’influence du champ magnétique. Une secousse communiquée au tube pendant que le champ magnétique agit, fait croître notablement le moment temporaire, et supprime la conductibilité. Si on secoue le tube, après que le champ a été supprimé, on fait décroître à la fois le moment magnétique et la conductibilité.
- Si on fait passer les décharges dans le tube pendant l’action du champ magnétisant, le moment temporaire augmente ; si les
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- décharges passent après la suppression du champ, le moment temporaire diminue : dans les deux cas, la conductibilité augmente beaucoup. Les décharges qui traversent le tube agissent donc comme les secousses.
- M. L.
- Ecrans magnétiques ;
- Par H. Du Bois (*).
- La question des écrans magnétiques a une grande importance en pratique, quand on veut protéger un galvanomètre contre les perturbations magnétiques venues de l’extérieur. M. Du Bois calcule l’effet d’une enveloppe sphérique ou cylindrique double, telle qu’on en a employé à la protection des galvanomètres.
- La perméabilité p est supposée constante, ce qui entraîne implicitement les conditions qu’il n’y a pas d’hystérésis, de force coercitive et que l’enveloppe n’est pas polarisée d’elle-même.
- Soient R,, r, les rayons du cylindre ou de la sphère intérieurs ; R2, r2 les rayons du cylindre ou de la sphère extérieurs. On posera :
- L’axe du cylindre est normal à la direction du champ et infiniment long.
- Si l’enveloppe est introduite dans un champ magnétique uniforme dont l’intensité est We, il sc produit dans la région intérieure un champ de même direction que le champ extérieur et dont l’intensité est K,-.'
- Le rapport g = ~- mesure l’effet d’écran et il s’agit de l’évaluer en fonction seulement
- de la perméabilité et des dimensions géométriques de l’enveloppe.
- L’induction magnétique, le champ, l’intensité d’aimantation seront désignés par leurs symboles usuels, cB, 3C, 3; les indices e et i distingueront les grandeurs relatives à la région extérieure et à la région intérieure, les accents celles qui sont relatives à l’intérieur du fer ; l’indice t affectera la somme des vecteurs dus aux causes intérieures et extérieures, v les composantes normales.
- Considérons une sphère avec les deux couches fictives de déplacement. La densité superficielle de ces couches est
- * = ±3 COS©.
- On sait que, dans ce cas :
- S'f = ne -j- 3t'f + 4 Tt 3 — ïïe + s.
- La composante normale étant continue :
- des deux côtés de la surface : de plus, du côté de l’air, cette composante est égale à celle du champ. En un point de coordonnées (R, f) n’appartenant pas à la surface :
- Pour un cylindre [infiniment long, normal au champ, ces équations deviennent :
- = 2(e + K'i -f 4*3“ -f 2-3 ®>'tv=z (Kc + 2tt3) cos ?
- = +2ÏB-^C0S O.
- A l’aide de ces équations, on trouve :
- 2,u» + Sl>+2 mmm
- 9 y- 1 s 1,2 )
- (‘J Wied. Ann., t. LXIII, p. 548-354.
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- pour la double enveloppe sphérique, et:
- Ces équations rigoureuses peuvent être transformées et simplifiées ; les résultats obtenus sont alors utilisables dans la pratique. M. L.
- Influence du cliamp magnétique sur l’intensité de la décharge dans les gaz raréfiés;
- Par A. Paai-zow et F. Neesen '*).
- Le tube à décharges, excité par une batterie d’accumulateurs, est placé dans le champ d’un électro-aimant. Il a la forme d’une croix à branches égales, dont chaque branche porte un fil d’aluminium servant d’électrode : l’une des branches est normale aux lignes de force magnétiques, l’autre leur est perpendiculaire. Un commutateur permet de faire passer la décharge soit dans une branche, soit dans l’autre, de façon qu’on peut étudier, dans des conditions identiques, la décharge soit parallèlement, soit perpendiculairement aux lignes de force (position équatoriale ou axiale). La position du tube sera dite symétrique quand l’intervalle entre les extrémités des électrodes est tout entier à l’intérieur de l’espace compris entre les armatures de l'électro-aimant, dissymétrique si une électrode se trouve aussi dans cet espace.
- Intensité de i.a décharge.
- i" Position axiale et symétrique. — Le champ magnétique affaiblit l’intensité de la décharge, d’autant plus que la pression est plus voisine de la limite jt? , à laquelle commence la décharge. Au voisinage de la pression^, à laquelle l’intensité de la décharge est maxima, le champ magnétique a très peu
- P) Wkd. Ann., t. LX1II, p. 210-219, décembre 1897.
- d’influence. Si la pression descend au-dessous de pm, le champ magnétique fait croître l’intensité de la décharge, à ce point qu’au voisinage de la pression pu, pour laquelle la décharge cesse dans un champ nul, l’intensité reprend une valeur presque égale à celle qui correspond à pm.
- Lorsque l’intensité du champ magnétique augmente, son action sur la décharge augmente aussi, mais moins rapidement.
- En général, la présence du champ magnétique agit comme un accroissement de près-'
- Tant que le champ magnétique affaiblit la décharge, la lueur cathodique se presse vers la pointe de l’électrode qu’elle entoure d’une gaine ronde; quand, au contraire, le champ augmente la décharge, la lueur passe pardessus la pointe et forme un cône hyperbolique.
- 2. Position axiale dissymétrique.— Si c’est l’anode qui est dans le champ, les phénomènes sont les mêmes, mais moins marqués.
- Si c’est la cathode, il n’y a rien de changé tant que le champ est faible ; mais, quand le champ devient un peu intense, la décharge est augmentée au voisinage de^„ et diminuée au voisinage de pu. Dans ce dernier cas, la couche extrême de lueur cathodique est soufflée et le restant de la lueur sc serre tout autour de la cathode. Lorsque la décharge ne se produit plus en l’absence du champ, elle réapparaît quand on établit un champ assez fort : il semble que celui-ci devrait, au contraire, éteindre la décharge. En réalité, le champ n’atteint pas immédiatement sa valeur maxima : la décharge s’allume sous l’influence du champ faible qui s’établit d’abord, et elle persiste ensuite.
- 3. Position équatoriale symétrique. — Un champ faible affaiblit toujours la décharge: s’il est un peu fort, il l’éteint complètement. La lueur négative est éteinte ; la lumière positive est repoussée vers la paroi et le trajet du courant se trouvant ainsi accru, la
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- décharge finit par s’éteindre. A la pression pm apparaissent des stratifications dont le nombre augmente avec l’intensité du champ jusqu’à ce que l’extinction sc produise.
- 4. Position axiale dissymétrique. — Le champ produit toujours un affaiblissement de la décharge, mais l’extinction ne se produit régulièrement qu’à la pression^. A cette pression, il se produit vis-à-vis de l’anode placée dans le champ, un feuillet lumineux qui est normal à cette anode ; les rayons cathodiques sont déviés dans la direction des lignes de force. Si la cathode est dans le champ, il n’y a plus d’extinction; un arc de lumière rose réunit les deux électrodes.
- Les phénomènes observés dans l’air, l’oxygène et l’hydrogène, ne présentent pas entre eux de différence essentielle.
- Action résiduelle et action préliminaire
- DU CHAMP MAGNÉTIQUE
- L’extinction de la décharge par le champ magnétique est définitive, sauf quand le champ est faible, auquel cas la décharge continue à se produire par intermittence, à intervalles d’autant plus longs que le champ est plus intense.
- Si on établit d’abord le champ magnétique et ferme ensuite le circuit du tube, la décharge ne se produit pas. Au contraire, quand le champ augmente l’intensité de la décharge, il provoque le passage du courant, aussi bien quand on l’établit avant ou après celui-ci. L’action du champ, surtout s’il est faible, ne se produit d’ailleurs qu’au bout d’un certain temps, qu’il s’agisse de l’excitation ou de •l’extinction de la décharge.
- De même l'influence du champ • subsiste quelques instants après qu’on l’a supprimé. La décharge éteinte ne réapparaît pas tout de suite après la suppression du champ.
- L’influence du champ électrostatique créé par un bâton de cire électrisé donne lieu aussi à des phénomènes résiduels du même genre.
- Les auteurs donnent ensuite une explication de ces phénomènes dans la théorie qu’ils ont proposée déjà, d’après laquelle ladécharge d’une source constante à travers un gaz raréfié est aussi intermittente : la décharge se produit quand les molécules ont pris une certaine charge. Le champ magnétique exercerait son action sur les courants de déplacement qui prennent naissance pendant la charge des molécules. Celles-ci seraient écartées de leur position ; il en résulterait un allongement des lignes de courant et par' suite une diminution d’intensité. Si les molécules sont éloignées des électrodes, de manière qu’elles échappent à leur influence, la décharge est arrêtée. L’action particulière sur la cathode provient de ce qu’à la cathode la polarisation des molécules est toute différente de ce qu’elle est à l’anode. M. L.
- Vent électrique et vent magnétique. Pouvoir des pointes ;
- Par Lehmann, Arriiénius, Warburg(').
- Quand un conducteur chargé d’clectricité présente une pointe, l’électricité s’écoule par la pointe dès que la différence de potentiel entre cette pointe et les conducteurs environnants dépasse une certaine valeur. Cette valeur limite de la différence de potentiel dépend de la nature du gaz qui entoure le conducteur, de la pression de ce gaz, du signe de l’électrisation et de la quantité d’électricité qui s’écoule par la pointe.
- Pour produire la décharge dans des conditions bien déterminées et connues, Arrhénius emploie le dispositif suivant :
- Un tourniquet électrique (fig. 1) formé par des fils de cuivre pliés à angle droit et terminés par de très fines aiguilles à coudre, est suspendu à un fil de maillechort. Ce fil supporte en même temps un miroir, une masse
- (>) Lehmann. Wied. %Ann., 1. LX1II, p. 285-304, décembre 1897. — Sv. Arrhénius, t. LXIII, p. 305-313 — Wafburg, t. LXIII, p. 411-418.
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- de plomb desline'e à le tendre et un amortisseur constitué par deux lames de cuivre ver-
- Fig. i.
- ticales en croix (fig. 2). Le tourniquet se trouve au centre d’un ballon de verre garni
- intérieurement de clinquant, et l’amortisseur plonge dans un vase rempli d’huile de paraffine. Une tubulure latérale, fermée par une lame de verre à faces parallèles, permet de voir le miroir et de mesurer les déviations du système.
- Les armatures de la batterie F’, composée de six grandes bouteilles de Leyde, sont reliées aux peignes d’une machine de Holtz H. L’un des peignes est en même temps relié à un circuit comprenant un électromètre de Braun E, le tourniquet, l’armature du ballon, un galvanomètre G, et aboutissant à l'autre peigne. Un point du circuit entre le galvanomètre et le peigne est relié au sol.
- Par des dispositions convenables, on peut faire varier la pression et la nature du gaz qui remplit le ballon.
- Si la machine de Holtz fonctionne, la réaction du tourniquet provoque une déviation qu’on mesure au moyen du miroir. A cause de la grande capacité de la batterie, cette
- déviation est très constante, si le débit de la machine est régulier. On lit simultanément, autant que faire se peut, les indications du miroir, de l’électromètre et du galvanomètre.
- On trouve que la déviation du tourniquet croît un peu plus lentement que la quantité d’électricité écoulée. Il est possible que cela tienne à ce que la déperdition s’effectue, à mesure que le potentiel croît, par des points où la courbure est moindre, c’est-à-dire par la surface latérale des aiguilles. Lèvent électrique produit réagirait dans la direction de l’aiguille, non pas par sa totalité, mais seulement par une composante.
- La différence de potentiel croît aussi avec la quantité d’électricité, mais lentement. A partir de la valeur limite, à laquelle la déperdition commence, la différence de potentiel croît d’abord assez vite avec la quantité d’électricité, puis plus lentement.
- Dans tous les gaz et sous toutes les pressions, le rapport de la déviation du tourniquet à celle du galvanomètre est plus petit pour la déperdition de l’électricité négative que pour la déperdition de l’électricité positive; la différence est d’autant plus accusée que la pression est plus faible.
- Pourla même élongation du galvanomètre, la différence de potentiel croît avec la pression, mais moins vite. Mais le rapport de la déviation du tourniquet à celle du galvanomètre est à peu près proportionnel à la pression, dans les gaz difficilement liquéfiables : oxygène, hydrogène, gaz carbonique, for-mène; au contraire, dans l’acétylène, l’acétone, le sulfure de carbone, l’éther, la réaction croît plus vite que la pression. Cette différence peut provenir de ce que la pointe sc recouvre d’une couche de liquide condensé, surtout quand la pression est élevée.
- La loi ne s’applique d’ailleurs qu’à l’clcc-tricilé négative : quand l’électricité qui s’écoule est positive, la déviation du tourniquet croît notablement plus vite que la pression. Mais dans le cas de l’électricité positive s’écoulant dans un gaz permanent, les expériences conduisent à une autre loi très nette
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- toutes choses égales d’ailleurs, la déviation du tourniquet est à très peu près proportionnelle au poids moléculaire du gaz.
- En résumé, la déperdition paraît suivre des lois bien déterminées, ce qui serait un argument en faveur de la théorie qui attribue le rôle principal dans le phénomène aux molécules mêmes du gaz. Ce seraient ces molécules qui serviraient de véhicules aux charges électriques et non les poussières flottant dans le gaz, comme on l’a avancé. D’autres arguments peuvent être tirés des observations relatives au phénomène du « vent électrique », qui est la contre-partie du précédent. Le mouvement du tourniquet et le mouvement du gaz qui constitue le vent électrique sont dus à la même cause ; l’un est l’action, l’autre la réaction.
- Difl’érentes explications ont été proposées pour rendre compte de ce phénomène du vent électrique. Les uns veulent y voir un phénomène analogue à celui de la décharge dans les gaz raréflés ; les autres un phénomène de convection dans lequel ils attribuent le rôle de véhicules soit aux molécules du gaz, soit aux poussières. Pour que les molécules gazeuses puissent jouer ce rôle, il faut qu’elles soient susceptibles de s’clcctriser. Les expériences faites jusqu’ici ne paraissent pas à M Lehmann donner une réponse définitive à cette question. Il reconnaît que les •expériences de lord Kelvin et de scs collaborateurs, d’Aspèren, ainsi que les nombreuses observations sur la décharge par les gaz incandescents ou par les gaz irradiés (rayons cathodiques ou rayons de Rôntgen), prouvent -que les gaz sont susceptibles de transporter l’électricité même quand ils ont été débarrassés de toute poussière. Quant au mécanisme même de la décharge, il n’est pas suffisamment expliqué par l’hypothèse des ions. :Scs critiques sont d’ailleurs absolument fondées. Il est impossible en effet d’assimiler -les ions de Helmholtz à ceux d’Arrhénius. D’après Arrhénius, un ion a une charge d’un signe déterminé : H a par exemple une charge positive ; quel que soit le nombre
- d’ions qu’on groupera ensemble, il sera toujours impossible d’avoir une molécule neutre, car une somme de quantités positives ne peut être nulle ; si ces charges sont dé même nature que celles que nous considérons ordinairement, elles doivent obéir au principe de la conservation de l’électricité. II est donc impossible, d’après cette théorie, de trouver dans un. gaz simple des ions possédant des charges de signe différent. La difficulté est encore plus grande si on considère un gaz monoatomique, comme la vapeur de mercure ; puisque dans ce cas il y a une seule espèce d’atomes, on ne voit pas pourquoi les uns seraient positifs, les autres négatifs.
- Le phénomène du vent électrique, à première vue fort simple, ne s’explique donc d’une manière satisfaisante par aucune théorie existante. Les circonstances dans lesquelles le phénomène se produit n’étaient pas du reste absolument bien connues, et les expériences de M. Lehmann sont intéressantes en ce qu’elles éclaircissent un certain nombre de particularités.
- Le procédé d’investigation consiste à rendre visibles les mouvements de l’air au moyen de fumée de tabac. La source d'électricité est une machine à influence de haut potentiel; les
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- électrodes sont constituées par des fils métalliques rectilignes, de faible diamètre, longs de 1 mètre environ, qui sont soudés dans de grands disques, normalement à leurs plans ; ces fils sont sur la même verticale et leurs extrémités, effilées en pointes très aiguës se trouvent à 1 mètre environ l’une de l’autre
- (fig. 3 h 6)*
- La marche des courants d’air (fig. 3) est la
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- même que si l’air sortait constamment de la pointe pour y revenir ensuite après un trajet plus ou moins long. Dans le milieu de l’inter-
- valle des deux pointes, où les courants se rencontrent, ils se repoussent l’un l’autre, comme deux courants ordinaires. Si on utilise comme électrode la pointe supérieure seule, l’air se précipite vers le disque inférieur et s’étale comme le ferait un courant d'air ordinaire.
- Tout se passe donc comme si l’air, apres avoir reçu une impulsion auprès de la pointe, continuait son mouvement en vertu de son inertie.
- L’explication est très simple dans la théo-
- ttg- 5-
- rie de Helmboltz. Avant la décharge, les surfaces équipotentielles et les lignes de force sont distribuées comme le montre la figure 4. Sous l’action des aigrettes qui se produisent aux deux pointes, des ions sont mis en liberté, s’éloignent des pointes à cause de la contraction des lignes de force (fig. 5) et s'écartent latéralement. Parvenus au contact des disques, ils se déchargent soit d’une manière invisible, soit avec production d’une lueur : dans le premier cas, on peut rendre d’ailleurs la décharge visible en projetant sur les disques de la poudre de lycopode. Les
- trajectoires des ions (fig. 6) sont tout à fait différentes des trajectoires des particules d’air dans le vent électrique (fig. 3).
- Dans le milieu, les deux courants d’ions ont la même densité : les mouvements qu’ils
- Fig. 6.
- tendent à communiquer h l’air étant égaux et de sens inverse, se détruisent mutuellement. Au voisinage des pointes, l’un des courants est, au contraire, beaucoup plus fort que l’autre, et le mouvement qu’il communique a l’air est prépondérant : l’air semble repoussé par la pointe. Les phénomènes d’ombre électrique sont également favorables à cette explication.
- L’emploi de la fumée présente un léger inconvénient : la fumée s’électrise elle-même et se dissipe. Pour certaines observations, il est préférable de faire pénétrer dans l’air en mouvement un courant de gaz étranger ayant un indice de réfraction différent, et de projeter les remous qui se produisent sur un écran blanc, au moyen d’une source de petite étendue. Le gaz étranger peut être du gaz carbonique ou de l’air mélangé de vapeur de chloroforme. En amenant le courant de gaz à divers endroits du champ électrique, on détermine la direction du mouvement de l’air (fig. 7).
- Si la décharge est stratifiée, les courants d’air sont distribués comme le montre la figure 8 : ils partent des deux côtés de chacune des strates, mais présentent des formes différentes suivant qu’ils se dirigent vers le haut ou vers le bas ; car dans le premier cas, l’action de la pesanteur les contrarie, dans le second cas, elle les favorise. Si l’air renferme des vapeurs de corps gras, les lignes
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- de courant deviennent lumineuses et se détachent sur le fond au voisinage des strates; en outre des traînées de noir de fumée se prolongent vers le haut.
- Fig. 7'
- en regard se neutralisent dans la couche obscure, car la température y est moins élevée que dans la couche lumineuse.
- Dans l’arc électrique, il se produit aussi des mouvements énergiques de l’air. Les uns sont provoqués simplement par les différences de température ; mais d’autres se produisent surtout au voisinage des électrodes, qui ne s’expliquent que par l’intervention des forces électriques. Ainsi, dans un arc horizontal, on observe des mouvements horizontaux qui deviennent verticaux seulement à quelque distance des électrodes. La figure io repré-
- des ions, qui ont des formes analogues h celles
- Fig. 9.
- que représente la figure 9 : il est peu probable que les ions émanés des deux surfaces
- sente un arc brûlant tranquillement sous 100 volts entre charbons de 4 mm : l’auréole
- Kg. l'-
- est fortement repoussée vers l’anode par le vent électrique émané de la cathode ; la figure 11, l’arc obtenu entre deux charbons un
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- peu déplacés l’un par rapport à l’autre : l’auréole est soufflée vers la cathode par le courant de vapeur de charbon, échappé de l’anode. Dans l’arc sifflant (fig. 12), lèvent électrique
- qui part de la cathode chasse l'air chaud du côté de l’anode, dont la température s’élève plus que celle de la cathode, à l’inverse de ce qui se passe dans les gaz raréfiés, où le vent électrique part de l’anode.
- Si les pointes des charbons sont imprégnées de sulfate de magnésium, la tlamme émanée de la cathode est presque horizontale et
- rejette la flamme positive en arrière (fig. 13). Les fumées de sel vaporisé sont aspirées du côté de la flamme et disparaissent à quelque distance de celle-ci, par suite de la chaleur, de manière que la flamme semble entourée d’une gaine transparente.
- Vent magnétique.—La décharge électrique est déviée par le champ magnétique, non pas seulement parce que la décharge se déplace comme un courant de meme direction, mais parce qu’il se fait un déplacement de l’air, un vent magnétique. Le phénomène s’observe nettement sur un arc tournant dans le champ magnétique. Cet arc, alimenté par un courant
- continu, jaillit e’htre deux électrodes, l'une formée par une plaque de charbon percée d’une ouverture de 4 cm de diamètre, l’autre par une pointe de charbon se trouvant au centre de l’ouverture. Le pôle de l’électro-aimant est placé immédiatement sous la plaque. L’arc se déplace autour de l’ouverture si rapidement, que celle-ci paraît entièrement remplie de lumière. Les étincelles parties de la pointe forment des spirales (fig. 14). En explorant l’air dans les régions
- voisines de l’arc, au moyen d’une flamme, on trouve que l’air circule comme dans un ventilateur, à la périphérie dans la direction centrifuge, au centre dans la direction centripète (fig. 15). Si le champ magnétique est
- Fig. 15.
- alternatif, le sens de rotation de l’arc change naturellement à chaque inversion de courant. Avec un champ à 100 alternances, l’arc fera par exemple 50 tours dans un sens pendant une demi-période (1/100 de seconde), puis 50 tours dans le sens opposé, pendant la demi-période suivante, comme on peut le voir dans un miroir tournant. Le mouvement des particules de charbon montre bien qu’il s’agit d’un déplacement de l’air, et non d’une action électrodynamique s’exerçant seulement sur l’éther.
- On peut cependant faire une objection : Quand on lance un courant d’air sur un
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- arc à courants alternatifs, de manière à le rendre intermittent, deux étincelles successives sont déplacées l’une par rapport à l’autre dans la direction du courant d’air; mais quand le déplacement devient très grand, les étincelles reviennent à leur trajectoire primitive, se déplacent ensuite progressivement jusqu’à la même limite, et ainsi de suite. Il paraît donc au premier abord que le vent magnétique n’est pas susceptible de produire une déviation constante d’un arc à courant continu et devrait seulement le souffler jusqu’à la position extrême qu’il peut prendre sans s’éteindre. Mais cette objection est levée, si on remarque que par un faibïe courant d’air, on peut communiquer à la flamme de l’arc une déviation constante; c’est seulement quand le courant d’air a atteint une certaine vitesse que l’arc devient intermittent.
- La rotation de la décharge lumineuse dans un œuf électrique (fig. 14) ne peut s’expliquer non plus par les actions électrodynamiques. Cette rotation s’observe sur des traînées lumineuses qui partent de la cathode en s’épanouissant comme des queues de comète, quand on approche un pôle d’aimant de la paroi de l’œuf. La rotation se fait donc devant le pôle et non autour du pôle, ce qui est incompréhensible, si on ne fait intervenir que les actions électrodynamiques. Au contraire, le phénomène s’explique très bien par les vents électrique et magnétique. Le vent électrique, primitivement symétrique par rapport à la cathode, est dévié par le vent magnétique, qui arrive obliquement: et en venant choquer obliquement la paroi de l’œuf, l’air prend un mouvement tourbillonnaire dans lequel il entraîne la décharge.
- Toutes ces expériences de M. Lehmann prouvent que les molécules gazeuses jouent certainement leur rôle dans les phénomènes de décharge dits phénomènes de convection; mais ne permettent pas de décider encore quel est le mécanisme de cette intervention des molécules. Elles ne tranchent pas complètement la question de l’électrisation de
- l’air, au moins sur un point : on voit bien que les molécules sont susceptibles de transporter les charges, mais non si elles peuvent les conserver.
- Les expériences de Warburg répondent négativement sur ce dernier point.
- Un courant d’air, filtré sur un tampon de coton pour éliminer les poussières, passe devant une pointe m (fig. 16) par laquelle
- Fig. 16.
- s’écoule de l’électricité, et arrive ensuite dans un appareil E où on peut recueillir, s’il y a lieu, l’électricité qu’il a emportée.
- La pointe m, formée d’un fil de platine scellé à l’extrémité du tube de verre G, communique par le mercure Q et le fil de cuivre K avec l’un des pôles d’une machine de Voss. Elle se trouve dans l'axe d’un cylindre de verre dont la paroi intérieure est recouverte d’une toile métallique A B à mailles de 0,1 mm, communiquant avec le sol par le fil H. Le deuxième pôle de la machine de Voss est relié aussi au sol et on détermine la différence de potentiel entre m et AB par un électromètre de Braun. Sur le trajet de H au sol sont intercalés une colonne d’eau et un gai-
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- vanomètre Deprez-d’Arsonval, en dérivation.
- Le collecteur E est un tube en laiton, isolé de M par du caoutchouc et de l’ébonite ; il est relié à l’une des paires de quadrants d’un électromètre Thomson, dont l’autre paire est au sol. Le système dont E fait partie a une capacité totale de 2, 4-105 microfarad, et la sensibilité de l’électromètre correspond à 24,2 divisions pour 1 volt. Le collecteur et l’électromètre sont protégés par des écrans métalliques, de sorte que, la machine fonctionnant, l’électromètre reste au zéro, quand le courant d’air ne passe pas.
- Si on lance le courant d’air, l’électromètre se charge d’électricité, qui est de même signe que l’électricité s’écoulant par la pointe m. L’air transporte donc de l’électricité, et celle-ci est retenue par le tampon de coton w. Quand le courant a duré quelque temps, les poussières atmosphériques qui existaient au début dans l’appareil deviennent de plus en plus rares, et la charge reçue par le collecteur diminue ; néanmoins elle tend vers une limite qui n’est pas nulle. Il y a donc au moins une partie du phénomène qui n'est pas due aux poussières.
- Quand toutes les poussières sont éliminées, un courant d’air bien desséché n’apporte plus aucune charge au collecteur. Cependant, dans certaines conditions on réussit à électriser l’air sec sous l’influence delà décharge par la pointe. Le phénomène dépend des propriétés de la pointe elle-même ; mais, dans tous les cas, on ne constate d’électrisation qu’en laissant libres les ouvertures a et b ; si elles sont garnies de toile métallique line, l’électrisation fait toujours défaut. D’autre part, certaines pointes électrisent l’air, tandis que d’autres n’exercent aucune action de ce genre. La nature du vase M n’est pas non plus indifférente : telles pointes qui ne produisent aucune charge quand le vase M est en verre, provoquent une électrisation du courant d’air sec, quand le vase est en laiton doré intérieurement. Cette électrisation est 4,5 fois plus considérable quand la pointe est positive au lieu d'être négative. Elle aug-
- mente quand on chauffe le cylindre, disparaît complètement quand il est refroidi et se reproduit au bout de quelque temps.
- Dans l’hydrogène, le phénomène est à peine sensible. De toute façon, l’électrisation cesse de se produire quand la paroi est suffisamment éloignée de la pointe. Que le gaz soit de l’air ou dej’hydrogène sec, il ne présente plus trace d’électrisation 0,6 seconde après la suppression du courant d’électricité.
- Si, avant de pénétrer dans le vase M, l’air a passé sur une pointe de platine maintenue au rouge par un courant électrique (dont elle forme le pôle négatif), le collecteur reçoitune charge; cette charge est positive ou négative tant que la machine de Voss ne fonctionne pas. Cette charge devient constamment positive et un peu plus grande quand la machine fonctionne, son pôle négatif étant relié à la pointe m. Enfin, si la pointe m est isolée, la charge M' devient négative et environ dix fois plus grande en valeur absolue.
- Ici le phénomène est dû à la pulvérisation du platine incandescent. En fait, l’électrisation n’apparaît pas si on substitue au courant d’air un courant d’hydrogène; orNahrwold n’a pu observer de pulvérisation du platine incandescent dans une atmosphère d’hydrogène.
- La lumière ultra-violette ne produit pas non plus de pulvérisation du zinc, ou tout au moins cette pulvérisation ne peut être mise en évidence par cette méthode.
- L’air humide transporte les charges beaucoup mieux que l’air sec ; mais cependant la charge transportée est toujours excessivement petite relativement à celle qui s’échappe par la pointe (un dix-millionicmc environ). L’hydrogène humide donne un phénomène presque aussi intense que l’air.
- L’électrisation disparaît encore quand on chauffe le tube M (placé alors horizontalement) et réapparaît quand on le laisse refroidir. L’air humide transporte l’électricité de M en E, même à travers un tube de laiton de 85 cm de long; le transport cesse si on chauffe
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- le tube et reprend quand il est refroidi.
- L’explication la plus simple de ces particularités consiste à admettre que ce sont les gouttelettes d’eau qui transportent l’électricité emportée par l’air humide.
- Le seul argument à tirer de ces expériences en faveur de l’hypothèse du transport par les
- molécules gazeuses elles-mêmes, est le fait que dans l’air sec, aussi bien privé de poussières que possible, la quantité d’électricité transportée ne tend pas vers zéro. Il semblerait bien plus probable que le transport est effectué par l’intermédiaire des particules enlevées aux pointes. AI. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Die Lelire von der Elektricitæt,par G. Wiedemann, 2r édition, t. IV. — Friedrich Vievcg und Sohn, éditeurs, Braunschweig, 1898.
- Le tome IV du grand traité deM. G. Wiedemann (' ) débute par l'étude des phénomènes d’induction ; celle des oscillations électriques est ensuite développée ; puis viennent deux importants chapitres relatifs l'un aux mesures électriques absolues, l’autre aux théories émises au sujet de la nature de l’électricité et de son mode d’action. Ce tome IV termine l’ouvrage, et on y trouve une table des matières complète, ainsi qu’une table alphabétique par noms d’auteurs et une autre par matières. Cependant, AL E. Wiedemann se propose de réunir dans un autre volume tout ce qui concerne les décharges électriques dans les gaz et les radiations récemment découvertes.
- Dans ce volume, comme dans les précédents, on trouvera une analyse précieuse de tous les travaux (antérieurs à janvier 1897) ; nous allons passer rapidement en revue les principaux points traités.
- induction dans les conducteurs linéaires. — Travaux de Faraday ; exposé des premières expériences effectuées après la découverte des courants induits, par lesquelles on a montré que les propriétés de ces courants sont les mêmes que celles des courants étudiés jusqu’alors : actions électromagnétiques, électrodynamiques, chimiques, thermiques, physiologiques. — Elude expérimentale des lois quantitatives de l’induction (Feiici, Gaugain, Weber).
- Courants induits d’ordre supérieur : le procédé d’exposition est le même que précédemment, c'est-à-dire que l’auteur passe en revue les expériences (*)
- (*) Voir l’analyse des trois premiers volumes dans L'Eclairage Électrique du l'r février 1896.
- qui ont montré la complète analogie entre le mode d’action de ces courants et celui des courants connus antérieurement ; ce procédé a l’avantage de rapprocher des travaux faits souvent dans des buts assez différents.
- Théorie des courants induits : méthode de Neumann, qui part des actions élémentaires; méthode de Hctmholtz, qui déduit les lois du principe de la conservation de l’énergie.
- Effets de temps. — L’auteur rassemble ici tout ce qui concerne la variation des courants induits avec le temps : influence des extra-courants sur l'établissement et la rupture d’un courant, forme des différentes especes de courants induits, etc. Puis il étudie l’influence de ces variations en fonction du temps sur les différentes actions des courants induits : action galvanométrique, chimique, thermique, physiologique, électromagnétique.
- Un chapitre spécial est consacré aux courants alternatifs ; étude de la période, des actions réciproques de ces courants, expériences d’Elihu Thom-
- Influence de la self induction sur la répartition d’un courant variable dans la section d’un conducteur : l’auteur cite sans les exposer les travaux de Maxwell et de Lord Rayleigh, et donne les calculs plus simples de Stefan, de Lord Kelvin et de AL Alascart; il donne les expériences relatives à cette question.
- Oscillations électriques. — Anciennes expériences (Buff, Riess) montrant l’existence d’cxtra-courants dans les décharges électriques produites au moyen des machines statiques ; caractère oscillatoire de la décharge : théorie de Lord Kelvin, expériences de Feddersen, Lorenz, Boys ; application de la formule de Thomson à la mesure des coefficients de self-induction.
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- Courants induits produits par les décharges électriques; l’auteur passe en revue, comme plus haut, les expériences relatives à chacun des genres d’action de ces courants.
- Influence d'un condensateur dans le circuit induit.
- Action magnétique des décharges des batteries ; la plupart des travaux relatifs à cette question sont assez anciens ; on pourra en trouver un exposé très intéressant dans le traité de Verdet; le livre de M. G. Wiedemann contient de plus l’exposé des expériences récentes.
- Ondes électriques. — Propagation dans les fils : théorie de la propagation, conduisant à l'existence d’une vitesse égale à v. Expériences de Hertz et de ses successeurs : Lecher, Cohn et Heerwagen, Blon-dlot, Rubens et Ritter, Arons, Birkeland. Résonance multiple. Amortissement, expériences de Bjerknes.
- Propagation dans un diélectrique : recherches de Blaserna montrant que les actions électromagnétiques ne se propagent pas instantanément; expériences de Hertz, de Sarasin et de la Rive-
- Réflexion des ondes électriques ; travaux de Trou-ton, Ellinger, Zehnder, Drude.
- Expériences faites avec des oscillations de plus en plus rapides : Righi, Lebedew.
- Détermination des constantes diélectriques.
- Induction dans les conducteurs à trois dimensions.— Après, avoir exposé les expériences anciennes, l'auteur donne la théorie de jochmann, dans laquelle on suppose les courants induits d’intensité assez faible pour qu’ils n’aient pas d’action sensible, de sorte que tout se réduit à l’action du systèmeinduc-teur ; il donne seulement l’indication des autres travaux théoriques. Etude des phénomènes d'induction produits par le mouvement relatif d’un aimant et d’une masse conductrice; amortissement des oscillations d’un aimant.
- Appareils fondés sur l’induction. — L’auteur les divise en deux groupes, suivant qu’il y a ou non mouvement mécanique ; il donne seulement un résumé des propriétés des machines magnéto et dynamo-électriques et les transformateurs, laissant de côté les détails de forme ; par contre, on trouvera d'intéressants développements sur les accessoires de la bobine de RuhmkorfF (interrupteur, condensateur, etc.) et sur le téléphone.
- Mesures en valeur absolue. Hypothèses sur la nature et le mode d'action de l'électricité. — Ces deux questions sont traitées d’une manière très complète et très détaillée; on trouvera à la fin de l’exposé de la dernière la liste des principaux ouvrages ou mémoires concernant la théorie de l’électricité.
- Ch. Maurain .
- CHRONIQUE
- Développement de la traction électrique en Suisse. — Etant données l’abondance et la grande puissance des chutes d’eau en Suisse, il était tout naturel que la traction électrique prît un grand développement dans ce pays.
- Si en effet on examine la longueur totale des lignes qui ont été créées depuis 1891, on peut suivre l’extension prise par la traction électrique.
- En
- j longueur totale de 19,40 km.
- 19,49 >.
- 22,945 ..
- 47,61c, »
- > » 62,010 >,
- . » 81,687 »
- Comme on le voit, la principale augmentation s’est produite pendant ces trois dernières années,
- et de 1895 à 1897 la longueur des lignes a presque doublé.
- D’autre part, si l’on considère la répartition des modes de traction employés sur ces lignes, on
- 15,593 km, soit 14,2 p. ioû, sont alimentés par la vapeur.
- • 71,176 km. soit 64.5 p. 100, sont alimentés par les chutes d’eau.
- 23,748 km, soit 21,3 par 100, sont alimentés par les machines à gaz.
- La voie, sur les anciennes lignes, est constituée par des rails Marsillan ou des rails Vignole; pour les nouvelles lignes, on a employé, de préférence, des rails Phénix et Hœrde. Le poids, au mètre courant, varie de 28 à 42 kg; celui qui est le plus souvent employé pèse de 30 à 82 kg le mètre courant.
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- Statistique financière des tramways électriques en Suisse.
- — — , «5 «
- SITUATION LONGUEUR I i g i i î i ïî si] y? VOYAGEURS RECETTES totales en 1896, REPENSES If si S|| OBSERVATIONS
- ° 8 1 8 8 3 s a - “ S-5 3."
- Vevey-Montreux . . . 10,49 2 870 694 756 066 250 ni ,58 045 38 872 203 805 590 681 , 473 655 250 3T5 189 171 61 T44 o,43 0,32
- Lissach-Gelter-Küsdcn. 4 598650 321 617 >6r 695 68 250 57 719 TK 25784 ,,65,2 27 648 24 088 32 508 3560 1,07 0.93 3,46
- Grütsh-Mürrcn. . . . 4.28 1614585 521 759 D7000 ™ 9 395 36 365 40 050 7 541
- Stausstad-Staus. , . . 3,45 244 832 166 870 93 000 39 800 38492 69000 297S3 102 814 H 393 19690 4 7°3 0,81 0,66
- Chavernay-Orbe . . . 4 696178 382 904 1,2 000 ,7900 32475 68 300 °,99 0,65 Electricité ^ ^
- Genève 4081351 2 500 186 285 520 277 350 41 786 88 350 1 121 237 7 ,36 906 1 001 322 637 725 363 597
- 0,65 0,38 Elednol, leul.ment.
- 7llrirh VÎ11» 4-52 3.53 829529 934 77<> 526 538 585 054 52031 Si 349 43 565 58129 185 836 210 947 493 894 345 062 i 289 779 686778 ,8f -<"> 157 JJ8 ->Q Or ,| rt u,32
- Zuncher'oahn 123 847 IOO193 121 161 20 968 o,33 0,35
- Bâle n.o7 3 258 396 1 768 643 630 773 282 037 82 982 636 733 323 3I2 2 450 704 5I5m I29 853 185 258 0-97 040
- Lugano 4-49 1,64 122 556 284 584 82 556 ,3,487 30 000 29 697 66 530 . 59 136 22685 17 091 5 594 0,51 0,23 De juin à fin décembre.
- Saint-Moritz 388 323 98 282 » 15920 ,5384 175 Du.6juin au 10septembre.
- Au bonne-Ail marre n . . 2,60 » » >' »
- T 10,84 1 528 181 1 089 280 335 ü53 H2 255 41 n37 256 85O 128 548 57, ,85 90 094 69124 20969 A TA 0,54 rv «enremhri» à Hérf-m.
- bre 1896.
- Chaux-de-Fonds . . . i-35 125 000 54269 39 773 14496 37 626 58000 39528 268 871 28 426 153* 13040 0,7" 0,38 Diet t89-nVier JU 3t ^Ul1
- Alslatten-Berneck . . . 11,56 7ooooo 343 8oo 197 500 81 000 24646 ,01 000 65859 186 769 39 443 26263 13,80 0,60 0,4» bre 1897.
- Saint-Gall 9’!9 1 000 000 320000 133 000 47 534 270 000 258 367 10.43 000 141 344 ,15800 25 544 o,54 0,44 bre 1&97.
- \7o,irtvîtcl 5-26 <170 140 336 737 70 480 37 3^2 40 202 i'oo 400 51 000 tk 68 334 l8 150 247 3i 1 139 300 y. >'-0 ?7 158 13065 0.58 o-39 Du i(> mai au ta" novem-
- 1.3 992 no" ’“97,„w
- Zürich-üerlikon. . . . 5,5o 1 200 000 736 040 2639,0 77960 62,58 268050 - ” ” Ouvert ,e 22 octobre 1897.
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- Ces rails sont supportés par des traverses en fer ou en bois, et quelquefois ils sont posés directement sur le ballast.
- La voie d’un mètre est celle qui est adoptée d’une façon presque générale en Suisse ; il n'y a que 24 km qui ont la voie normale de 1,435 m. Les rayons admis dans les courbes varient de 15 à 110 mètres ; les rampes, maxima varient de 1,1 à 11,3 p. 100 eelle dernière étant à Lausanne.
- Les voitures employées sont en général automobiles; cependant il existe certaines lignes où l’on fait de la remorque.
- Comme nous l’avons dit, toutes les lignes sont à trôlet à l’intérieur des villes. Les poteaux employés sont des poteaux tubes en acier, du système Mannesmann; à l'extérieur, on emploie de préférence des poteaux en bois. Ces poteaux sont, comme • d’habitude, espacés de 35 à 40 mètres. L’installation des lignes aériennes ne présente rien de bien particulier; des précautions spéciales sont prises cependant pour éviter la chute des lignes aériennes sur les lignes téléphoniques qui, en Suisse, sont presque toutes aériennes.
- C’est en Suisse, à Lugano, qu’a été installé le premier tramway à courants polyphasés. L’installation a été faite avec le matériel Brown Boveri et C°. La ligne aérienne est composée de deux fils, et l’on a par conséquent deux trôlets; cette disposition n’a jamais donné lieu à aucun ennui.
- Le capital total engagé dans les tramways électriques suisses était, à la fin de l’année 1896. de 16 455 Soi fr, pour 81614 km, ce qui donne une moyenne de 201 664 fr par km de lignes. Nous donnons dans le tableau ci-dessous publié par le Street Rctüway Journal, le détail de la statistique financière se rapportant à ces tramways.
- Comme on le voit, toutes ces entreprises présentent un écart sensible entre le prix de revient par voiture-kilomètre et la recette, sauf une seule ligne : celle dite de Zurichbahn, qui présente un déficit de 2 centimes par voiture-kilomètre.
- Il est à remarquer que toutes ces lignes, sans exception, sont équipées avec le système à trôlet.
- Il y a actuellement douze lignes en construction qui présenteront une longueur totale de 103 060 km. Actuellement, vingt-cinq lignes sont concédées, mais ne sont pas encore en construction ; leur longueur totale est de 322,705 km.
- Comme on le voit, la Suisse, qui a marché à la tête du progrès quand il s’est agi d’éclairage et de transport d'cnergic, ne reste pas en arrière pour ce
- qui concerne la traction électrique, et, si l’on rapportait le nombre de kilomètres de ligne, équipés à la surface et à la population du pays, il est probable que ce petit pays tiendrait la tête sur la liste des états du continent. P- O.
- Résistances pour grandes intensités. — On est souvent embarrassé dans les usines d'électricité, lorsque l'on veut établir un rhéostat destiné à absorber une grande puissance; on emploie souvent dans ce but des résistances liquides, mais celles-ci ne sont pas sans inconvénients. M. Fortuné Derry, directeur de la station centrale de Nancy, préconise l’emploi de grillages métalliques galvanisés qui lui ont donné d’excellents résultats dans des essais de réception d’un moteur à vapeur d’une puissance normale de 400 chevaux et de deux dynamos de 200 kilowatts chacune.
- Les grillages qui servent à protéger les câbles de la canalisation souterraine du réseau nancéen, avaient 26 cm de largeur et étaient constitués par 16 fils de fer galvanisé de 2 mm de diamètre ; la section totale était donc de 50 mm2 environ. La longueur employée était de 60 m. La résistance, à la température ambiante, soit 220, était de 0,21 ohm; mais cette résistance augmente quand le fil s’échauffe. Il a été possible de faire passer dans les grillages, avec une constance remarquable, un courant de 500 ampères sous 240 volts, sans que la température s’élevât au point de fusion du plomb. Deux grillages de 60 m disposés en parallèles étaient utilises pour absorber 300 kw; pour absorber 450 kw on en prenait trois.
- Dans ces essais, la densité de courant était de 10 ampères par millimètre carré ; on pourrait arriver à des densités de courant plus grandes en prenant des grillages à fils plus fins qui, à section égale, ont une surface de refroidissement plus grande. M. Derry s’en est assuré en faisant passer un courant de 280 ampères sous no volts dans un grillage de 10 m. de longueur, constitué par 14 fils de 0,9 mm et 2 fils de 1,2 mm de diamètre et ayant, par suite, une section totale de 11 mm2. La densité de courant sc trouvait donc être d’environ 25 ampères par mm2, et cependant la température est restée au-dessous de celle de la fusion du zinc : à la fin de l’expérience, le grillage avait le même aspect qu’au début, sans trace d'échauffement.
- Le Gérant : C. NAUD
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- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l'École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A.. D’ARSGNVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Jnstitut. — D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARE. Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Tnstitut. — A. POTIER. Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l'Université.
- MACHINES DYNAMO-ELECTRIQUES
- ALTERNATEURS
- Les nouveaux alternateurs de M. O.-T. Blathy(') sont du type à fer tournant et à induits multiples; leur originalité consiste en ce que le fer inducteur est disposé de façon à permettre la production de courants de fréquences différentes dans les divers induits. Le but poursuivi par l’inventeur est de rendre possible à l’aide d’une seule machine l’emploi de courants alternatifs de fréquence relativement faible et plus avantageuse pour l’alimentation des moteurs asynchrones ou synchrones, et l’emploi de courants de fréquence plus élevée pour l’éclairage.
- Les ligures i et 2 donnent des coupes et vues d’une pareille machine. La bobine inductrice s est placée comme d’ordinaire entre les deux induits, et les deux parties du fer inducteur, au lieu d’être identiques comme dans les machines h double induit, comportent des épanouissements polaires en nombre différent, 6 pôles p, pour l’une des carcasses inductrices et 12 pôles p2 pour
- l'autre. Les deux induits s, et s2 ont ] Tellement des nombres de bobines correspondant aux épanouissements de l’inducteur et sont bobinés pour couvants monophasés.
- Dans les ligures 3 et 4 le rapport des épanouissements polaires des deux systèmes est de 3 à 7. Les induits sont enroulés chacun pour donner des courants triphasés.
- La multiplicité des fréquences ne se limite évidemment pas à deux ; M. lBlathy donne, en particulier, une coupe de machine à trois induits et à deux bobines inductrices, comme dans les machines à courants triphasés à trois induits distincts et décalés de 120° l’un par rapport à l’autre.
- Les alternateurs de la Société de Laval (*) et de M. H. Fairbanks (*) appartiennent au type à fer tournant et ont une grande analogie avec les alternateurs à flux ondulé des anciens Etablissements Gail ('), et avec l’un des alternateurs à fer tournant, plus
- (P Brevet anglais n° 26303, une figure. Déposé le 20 novembre 1896, délivré le 13 octobre 1897.
- (2) Brevet anglais, n° 21100, 9 figures. Déposé le 14 septembre 1897, délivré le 30 octobre 1897.
- p) Traité des machines dynamo-électriques, par Sylvanus Thompson, traduction E. Boistel, p. 836.
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- récents de M. Kingdon (’). Ils présentent I Cail (fig. 5) les enroulements de l’inducteur et toutefois sur 'les premiers un très notable I de l’induit sont bobinés côte à côte sur les perfectionnement. noyaux polaires, comme le montre la figure 5,
- Tandis, en effet, que dans les alternateurs | dans les alternateurs de la Société de Laval
- (fig. 6) et de M. Fairbanks (fig. 7), qui diffèrent très peu entre eux et sont du type Kingdon (2), les noyaux polaires sont partagés en plusieurs tronçons égaux. Les enrou-
- comme c’est le cas de la figure 6 les épanouissements polaires du 1er tournant et les
- "(*) Voir Les Dynamos, p.ir H. Boistel. L’Éclairage Élec-tiique, t. VII, p. 152, 1896.
- i's) Voir le's figures 6 et 8 de l’article précité de M. Roistel.
- lements inducteurs entourent encore bien ici l’ensemble des tronçons mais les bobines induites sont disposées chacune sur une division des noyaux. Dans ces conditions, si,
- distances entre les pôles de la partie fixe et le nombre de divisions, sont bien choisis, la résistance magnétique de l’ensemble restera constante et les variations ne se produiront que dans les sections des pôles de la partie fixe.
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- Ôn évite ainsi que les variations se fassent sentir sur le courant d’excitation lui-même, comme cela avait lieu dans le type machine de la figure 5.
- F'ig. 5' — Alternateur Cail-Heimer à flux ondulé.
- Le courant d'excitation peut être facilement fourni par la machine elle-même ; il suffit de munir la partie tournante d’un
- Fig. 6. — Alternatif
- enroulement ordinaire aboutissant à un commutateur comme le montre la figure 8, qui représente schématiquement l’application du
- Fig, y. — Alternateur Fairbanks à courant monophasé et à flux-ondulé.
- Les perfectionnements que I’Au-Gemeine Et.ektkicitæts Geskt.lschaft revendique dans son récent brevet, visent la facilité de démontage et de remplacement des bobines tant induites qu’inductrices.
- Quelques constructeurs bobinent encore actuellement les enroulements directement sur le fer, par suite de l’impossibilité où ils se trouvent d’introduire les bobines terminées sur les novaux à cause de la présence des épanouissements polaires et des parties
- plus larges que les noyaux polaires, lesquelles forment la carcasse magnétique de l’inducteur. Un second mode de construction plus commode consiste a encastrer les noyaux polaires dans la couronne inductrice elle-même. Ce procédé permet de placer les bobines complètement terminées sur les noyaux polaires, mais il présente une certaine difficulté pour la fixation des noyaux apres la carcasse inductrice.
- Dans le procédé imaginé par l’Allgemeine
- Fig. 9 et 10. — Tôles des novaux polaires et des carcasses des inducteurs des machines à courants alternatifs de VAll-gemini Electricitats Gesellschafi.
- Elektricitæts Gcscllschaft, Iesnojraux polaires sont terminés en queue d’aronde (fig. g) et
- (!) Brevet anglais. n° 2111T, 7 figures. Déposé le 14 sep-ttnbre 1897, délivré le 13 novembre 1897.
- dispositifde M. Fairbanksà unemachincàcou-rants alternatifs diphasés.
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- :8o
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- viennent se loger dans des mortaises pratiquées dans la couronne des inductrices. Ces mortaises (fig. 10) ont une forme particulière
- Fig. 11 et 12. — Clavette pour k fixation des noyaux polaires des alternateurs de !’Allgemeine Ekctricitats Gesellschaft.
- permettant de loger la queue d’aronde et une clavette destinée à serrer le noyau de fer, pour éviter le déplacement.
- Cette clavette (fig. n et 12) est formée de deux parties et/,? dams chacune desquelles on a pratiqué une rainure où glisse une tige f. Cette tige / peut également être taraudée et vissée entre les deux clavettes.
- Un procédé du même genre, mais plus simple, est employé parla maison J. Farcot pour la fixation des pôles des alternateurs à grande vitesse.
- Dans ce dispositif (fig. 13 et 14), les extré-
- mités des noyaux polaires et les mortaises ont la même forme rectangulaire et portent simplement chacune deux encoches semi-circulaires dans lesquelles passent deux boulons qui fixent en même temps la couronne des inducteurs aux flasques en fonte qui la supportent.
- Cinq alternateurs, un de 125000 watts et quatre de 40 000 watts, munis de ce dispositif d’attachement des pôles, fonctionnent depuis le mois d’octobre dernier à la station centrale de Saumur. Leur vitesse tangentielle est de 27 mètres par seconde.
- L’alternateur de M. Ch.-S. Bradley (*) pré-
- (') Brevet anglais, n° 22806, 3 figures. Déposé Je 5 octobre 1897, délivré le 13 novembre 1897.
- sente une certaine originalité et est spécialement imaginé pour alimenter des moteurs d’induction. Le but de l’auteur est d’obtenir une machine qui tout en fonctionnant à une vitesse constante peut néanmoins donner des courants de faibles fréquence et tension pour le démarrage et des courants de fréquence et tension croissantes lorsque ensuite on veut augmenter la vitesse des moteurs. On peut alors démarrer sans l’emploi de résistances dans l’induit ou autres artifices plus ou moins compliqués sans exiger un courant supérieur au courant de pleine charge.
- L’alternateur Bradley appartient au type peu répandu encore des générateurs asynchrones à excitation par l’enroulement non relié à la ligne et dont la première idée est due à MM. Hutin et Leblanc (1). Mais, tandis que dans la machine de ces inventeurs, outre que la fréquence est constante, le champ inducteur tournant se déplace dans le même sens que la partie tournante (que nous supposons porteries circuits inducteurs) de façon à produire dans l’induit un flux tournant avec la somme des vitesses du champ inducteur et des enroulements inducteurs, dans la machine
- radley à fréquence variable pour
- de M. Bradley la fréquence, est variable elles connexions de l’inducteur avec l’excitatrice à
- (>) Voir A. Blondel. Quelques remarques sur le courant déwatté dans les distributions par courants alternatifs. L'Éclairage Électrique, t. VIII, p. 400, 1896.
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- courants polyphasés sont telles que le champ induit se déplace dans un sens contraire a celui de l’inducteur. L’excitatrice est excitée ici par un courant continu.
- L’alternateur se compose d’un induit fixe, à courants triphasés par exemple (fig. 15), relié aux conducteurs principaux et, £, c, sur lesquels sont branchés les moteurs asynchrones ordinaires 1, 2, 3. L’inducteur mobile 5 tourne à une vitesse constante et son arbre porte un dispositif, une poulie conique, par exemple (fig. 16), qui à l’aide de la courroie 9 et du passe-courroie 10 permet de transmettre le mouvement a une seconde poulie de même forme portée par l’arbre de
- l'excitatrice 7 qui peut ainsi tourner h des vitesses très variables.
- Fig. 16. — Alternateur Bradley à fréquence variable, commande de l’excitatrice.
- Si les connexions entre l’excitatrice et l’inducteur sont établies comme nous l’avons dit, lorsque les vitesses des deux parties
- tournantes seront les mêmes, le champ tournant sera fixe par rapport à l’induit 5 et aucun courant ne circulera dans les moteurs. En déplaçant la courroie 9 vers la droite le champ se mettra en mouvement avec une vitesse faible et avec lui les moteurs; leur vitesse croîtra au fur et a mesure qu’on diminuera celle de l’excitatrice.
- Pour annuler la self-induction des circuits inducteurs, M. Bradley dispose en série sur chacun d’eux un condensateur variable dont la partie active est déterminée par la relation connue
- La variation de la capacité avec la fré-
- quence se fait à l’aide du levier de commande du passe-courroie lui-même.
- Avec l’emploi de condensateur, la façon de procéder qu’indique M. Bradley ne permet, si on ne renforce pas l’excitation de l’excitatrice, d’augmenter la tension aux bornes de l’alternateur que pour des fréquences inférieures à la moitié de celle que donnerait l’alternateur supposé excité par un courant continu.
- La diminution de vitesse de l’excitatrice entraîne en effet une diminution de la tension à ses bornes et par suite, puisqu’il n’y a pasd’inductance apparente, un affaiblissement proportionnel du courant inducteur et du flux. Si donc le flux tournant constant engendré dans l’inducteur a pour valeur ‘J» lorsque les
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- T. XVI. — N°31.
- voit que la tension ira en croissant seulement pour des vitesses n' inférieures à —.
- l’alternateur. La tension
- l’alternateur pour
- évidemment proportionnent
- On pourrait aussi obtenir la mise
- . Sous cette
- des alternait
- déplaçant la courroie vers la gauche avec I dans ce cas, la tension aux bornes de des condensateurs convenables intercalés ; | l’alternateur irait rapidement en croissant
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- avec la fréquence et a peu près proportionnellement à“ |i -f .
- Il est bon aussi de faire remarquer que si l'on n’emploie pas de condensateurs, la résistance des circuits inducteurs étant négligeable devant l’inductance, les courants d’excitation seront indépendants de la vitesse et la tension croîtra dans les conducteurs principaux avec la différence de vitesse [n —n').
- Les alternateurs de la Walkf.r Company (fig. 17 à 22) sont du type à fer tournant. L’induit se recommande pour une ventilation énergique et peut être déplacé parallèlement a l’arbre pour la visite de l’induit et de l’in-
- ducteur. Les tôles ont la forme indiquée sur la figure 19 (a). Chaque bobine de l’induit se compose de deux éléments concentriques (fig. 21) disposés dans quatre encoches.
- L’inducteur (fig. 22) en acier a l’extrémité de ses épanouissements polaires formée d’une pile de tôles de la forme indiquée sur la figure 20 (b) et serrée à l'aide de deux boulons entre deux segments d’acier fixés sur les noyaux polaires de l’inducteur.
- Tous les types sont établis pour 60, 125 et 30 périodes, ces derniers spécialement destinés à la transmission de l’énergie.
- C.-F. Guiliiert.
- CONTRIBUTION A L’ÉTUDE DES DÉCHARGES ATMOSPHÉRIQUES
- Lorsque la foudre éclate dans le voisinage d'un circuit fermé, celui-ci devient le siège d’un courant temporaire, capable de produire un travail. Dans diverses circonstances, en particulier si l’on veut construire un appareil sensible aux décharges atmosphériques, en vue d’en déceler la nature, il peut être intéressant d’évaluer ce travail.
- Une certaine surface des nuages joue le rôle d’une armature de condensateur, tandis que l’autre armature est représentée par une partie de la surface terrestre ou d’un autre nuage.
- La foudre n’est que la décharge de ce condensateur. Par conséquent il est possible d’appliquer les lois connues de la décharge des condensateurs.
- Nous supposerons que dans le circuit fermé considéré (que nous appellerons circuit • induit) aucune force électromotrice n’existe. Représentons :
- par c la capacité du condensateur ; par Q la quantité d’électricité qui se trouve sur une armature du condensateur avant la décharge ;
- par L le coefficient de self-induction du con-
- ducteur représenté par le chemin parcouru par la foudre ;
- par L' le coefficient de self-induction du circuit induit ;
- par M le coefficient d’induction mutuelle; par R et R' les résistances du chemin parcouru par la foudre et du circuit induit; par i l'intensité du courant de décharge du condensateur (la foudre) à la fin du temps t\ par i! l’intensité du courant d’induction à la fin du temps t:
- par V la différence de tension entre les deux armatures du condensateur à la fin du temps t.
- A chaque instant on a les deux équations simultanées
- ”=:Ri+L§ '-*-£ . <*> °=R'!’+L'_a_+M7f' w
- Nous supposerons dans nos calculs, que le courant induit n’a aucune influence appréciable sur la décharge du condensateur.
- Si nous posons/'= y e L’ ', oùj^ est une
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- variable et e la base des logarithmes népériens, nous aurons
- di' _____ dy l’ L y R' ir1
- et de l’équation (2) nous obtiendrons
- La décharge du condensateur doit nécessairement être ou oscillante ou continue.
- Considérons tout d’abord le cas où la décharge est oscillante.
- Comme nous l’avons déjà dit, nous supposerons que la présence du circuit induit n’cxcrcc aucune influence sur la décharge du condensateur. On a
- 1 posant
- -£L
- V CL 4L2 ’ 7 hiLC ’
- De l’équation (3) on obtient :
- GS-0‘
- i--";+B
- La valeur de la constante d’intégration doit tre déterminée par la condition que pour
- On obtient alors
- Occupons-nous maintenant des fonctions j i* dl et / i!i dl. Par des calculs simples on arrive à l’expression
- j"pdt=Q‘ "y*-. <5;
- Si m est assez petit pour qu'on puisse le négliger vis-à-vis de on aura :
- £ i‘it = cy-L là)
- Si au contraire m est très grand et qu’on
- puisse négliger £ à côté de lui, on a
- f[7)
- Enfin si m — (S nous aurons
- f pdt=Q’t' (S)
- Passons maintenant à l’étude de la for-
- mule J i'-dt.
- Nous posons
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- On a
- ? =r Ae ^ (a sin tnt -j- b cos wif) + Be
- fi''1 dt — *-L A2(a2 + A3) ^_ 2-g--------------r -j- A2 (fi3 — a2) - q2 ^ ^ , (—2 fi cos 2 m/ + 2 m sin 2 mt) +
- -f A *ab
- + B*
- 4 (?*+*»*) — L'
- 4 (P2 + mi)
- 5 >«0 +
- + 2ABa
- (? + T7) + ”’ (
- ^"+4v+- !'
- — [ 3 + -j-r ) sin mt—m cos mt ? -f-
- {|3 + -j-r) cos mt + m sin mt \ + const.
- A2 (aÿ + b>) , A2 (fi3 — a2) (J
- Jo 4Ï + 4 «*<+"’)
- * (>+£)*+- (>+-&)+ b=^/4.
- M2 /i ( £l±ü , (>" - “’) P L’2 c« t 4p + 4(P* +
- 37 + ‘
- c= fr-f +«
- 2=-A-S--p')+>«i,
- P 1 L’ /
- (p+r) +ra’ ^
- Si nous étudions l’expression (9) dans le cas général, nous obtenons des résultats trop compliqués. Par conséquent nous nous occuperons seulement de quelques cas particuliers.
- Supposons tout d’abord que l’on ait-p =?.
- De l’équation (9) on obtiendra alors, après plusieurs transformations
- p
- AP
- L'a
- Qa
- \ni'x -f- ft-)2 4P(4 02-H«V
- De cette équation, nous déduisons, suivant que m est très petit ou très grand par rapport à p ou égal à J3
- P* = S*f . <.,)
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- l’éclairagf, électrique
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- Supposons maintenant que -p-soit si petit qu’on puisse le négliger à côté de Alors de l’équation (y) on a
- -JL («‘ + *a)
- Jo L'2 m'k
- De cette équation, nous déduisons suivant que m est très petit ou très grand par rapport égal à ,3.
- h^‘ = ~ Q’-f"
- ?<
- 1?
- 4?
- A présent occupons-nous du cas où • décharge atmosphérique est continue. On
- ou
- = / R3 " ,__Q_ S__R
- 4L" CL’ J~ mI.C ’ I5— 2l
- Comme nous l’avons démontré, dam circuit induit on avait
- M ~TT( ( Çà
- ! ~ L' e )J d
- dt + const. ^ •
- Si la décharge du condensateur est continue, ce sera
- ÏL=f+ »j.
- De ces dernières équations, on obtiendn
- JA A
- Cü a déterminé la valeur de la constante
- d’intégration par la condition que pour t=o.
- Occupons-nous des fonctions j* i* dt et J ifî dt. On arrive facilement à l’esprcs-
- La valeur de a peut seulementvarier entre o t (3. Dans le cas de a = o, on a
- P*= Q,f
- omme dans le cas de la décharge oscillante Pour a = ~ ^ a= p, a = p, on aura
- Q" « . I"8)
- J i‘dl = j-Q‘z. (19)
- /’“>*<* = ». (ao)
- En ce qui concerne la fonction j / ’ dt. ous la calculerons de la manière suivante.
- Pos.
- J
- pr-a-p
- a r R'
- . =q.
- qj+a —P
- »-P=?, _
- On aura
- =iV -p- fW‘ + -(«+») e«r,
- rfi (— q_ J2—È_e(p + p’)i
- J L- ’ < 2p 2p’ ^ p + p'
- __ 2a (q+ft) e [p + q)t __ 2t> (» + fr) o»’ + <?K P + ? p'+?
- + + cornu
- JQ ' d‘~ l'> f ; 2P Tÿ7 — g + p'
- Mja+E) , + (» + >)) ,
- l_ P + ? P' + ? 2? j ’
- Comme nous l’avons fait pour le cas du
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- courant oscillant, nous passerons à présent à la considération de quelques cas particuliers.
- Dans le cas de a = o on aura (comme dans le cas de la décharge oscillante si m — o).
- que soit négligeable à côté de j3 et de £ — a. De l’expression (21) on obtiendra
- Jo pd‘ = -wf'\7TF^r + '*((!+.«) -j ]
- pour -jj~ très petit.
- Si l’on a a= (3, alors ce sera toujours
- r—
- Pour faire le calcul de J ï'* dt pour d’au-tres valeurs de a, nous supposerons d'abord
- De cette équation, pour a =-i- [3 et a= ~ [3 on aura
- jf™=-£Q"-£>. (»!
- £ i'‘d,=TyQ1T‘ (23>
- Si au contraire on a —- = [3, on obtiendra de l’expression (21) pour a —-^-|3 et a— ~ [3 les valeurs
- jf"' *:=T7rQ’ °’224 * x (*4>
- £ dt = -pr Q’ °.°765 « x (25)
- Tableau récapitulatif des résultats du calcul.
- . 1 -^-trèspetit^àcôtédefi. 4=p
- j j’2 dt — X X
- ÿl m très grand à cô té de p.
- m = p. Q* y £44
- 0 » 1 très petit à eût é de p. «4 TT «4 L'2 ^ 16
- très petit à côt de $' £q4 4*4
- * = 7 P' 44^
- ! \ = Ù- |q’- 4-4- -f-«,«7t‘S Q' «
- a_p'
- De tous les cas particuliers considérés on peut déduire que, dans le cas d’une décharge oscillante, si m est très grand en proportion de fi, la valeur de j i!îdt sera toujours la même, quelle que soit la valeur de -p~. Nous avons supposé -jp-f: $
- Au contraire, si m est si petit qu’on ne puisse pas négliger fi à côte de ?«, plus petite sera la valeur de-pr, plus grande, jusqu’à une certaine limite, sera la valeur de j* in dt.
- Cela arrive surtout dans le cas où m est beaucoup plus petit que [3, et plus spéciale-
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- ment encore si la décharge est continue. (Voir le tableau récapitulatif ci-joint.)
- Par conséquent, si dans le cas d’une décharge atmosphérique (foudre) il nous est possible de mesurer les valeurs j i'~ dl, j /',* dt de deux circuits induits, pour l’un desquels le rapport-jV est très petit, tandis que pour l’autre il est- très grand, il nous sera
- aussi possible de reconnai tre.de lacoinparaison des valeurs trouvées pour j i'-dt et Ç i'*dt>la nature de la décharge atmosphérique.
- Nous remarquons que j iridt et j i'fdt représentent les travaux que les courants /' et i\ produisent dans une partie de leurs circuits dont la résistance est i.
- Tarin, juin i8y8.
- Ing. Salvadore-Alfredo AIontel
- AU|TOMOBILES ÉLECTRIQUES SYSTEM K O. PATIN
- Quatre voitures de ce système étaient pré- j voiture de course h deux places en tandem, sentées à l’Exposition d’automobiles : une et deux phaétons, l’un h quatre places et un voiturette légère à deux places (tig. n, une | à cinq places; le premier des phaétons est
- une voiture d’essai d’un type déjà ancien: c’est le second, le plus récemment construit, que nous décrirons.
- L’aspect de ce phaéton (tig. 2), aussi bien d’ailleurs que celui des autres voitures exposées est élégant et d’une grande légèreté.
- Les accumulateurs employés, d’un nouveau
- système, ont une très grande puissance spécifique ainsi qu’une très grande énergie spécifique. 11 résulte en effet des renseignements fournis par le constructeur, que leur puissance spécifique ne» serait pas moindre de 40 watts par kilogramme et que leur énergie spécifique atteindrait 400 watts-heure, la dé-
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- charge s'effectuant en 10 heures; il ne faudrait donc que 19 kgr environ de ces accumulateurs pour obtenir une puissance de 1 cheval. Ces chiffres surpassent de beaucoup ceux qui expriment les puissance et énergie spécifiques des accumulateurs considérés jusqu’ici comme les meilleurs pour la traction, puisque l’on ne compte ordinairement que 5 à 6 watts par kilogramme pour la puissance spécifique, la décharge ayant lieu en 5 heures,
- et. par suite, 25 à 30 watts-heure-par kilogramme pour l'énergie spécifique. Aussi re-gtettons-nous vivement de n’avoir pas eu l'occasion de faire quelques mesures nous permettant de nous assurer de ces merveilleux résultats, qui, s’ils ne sont pas entachés de quelques causes d’erreur inaperçues, permettraient de considérer la question de l’élec-tromobilisme comme complètement résolue à tous points de vue, la dépense d’entretien
- Fig. 2. • - Pliaëton à quatre places, système Ü. Patin.
- d'une batterie destinée à une voiture ordinaire sortant 10 heures par jour atteignant à peine 80 centimes, au dire du constructeur.
- Le poids des accumulateurs est de 420 kgr pour le phaéton à cinq places, et de 250 kgr pour la voiturette à deux places ; ce s accumulateurs sont placés sous les banquettes.
- Le moteur M (fig. 3, 4 et 5) est à deux enroulements sur l’armature, avec deux collecteurs. Les fiasques a, et diverses autres parties sont en aluminium.
- Son mode de suspension présente quelques particularités intéressantes.
- Afin d’éviter tout bâti intermédiaire pour sa fixation, ce qui encombre et alourdit la voiture, le moteur est fixé au moyen de boulons m, (fig. 5) sur une plaque m solidaire de
- l’essieu B. Celui-ci est incurvé en sa partie médiane, jusqu’aux points où viennent reposer les ressorts de suspension r, de manière à se trouver dans cette partie à un niveau inférieur à celui'de ses extrémités bt que traverse l’arbre moteur e. En outre, cet essieu forme entre les sections b et bi un cadre dont la projection horizontale est un ovale, et à l'intérieur duquel se trouve la roue dentée l de l’engrenage différentiel d.
- L’arbre moteur e, qui reçoit son mouvement du dillérentiel, traverse les extrémités de l’essieu et actionne les roues de la voiture. Il tourne à l’entrée de la partie tubulaire b2 de l’essieu, dans un coussinet en bronze c,, traverse de part en part cette extrémité creuse d’essieu sans en toucher les parois, étant de
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- diamètre moindre, et, par le serrage de l’écrou c2 vissé sur son extrémité, est rendu solidaire d’un manchon à griffes jp, qui entraîne la coupelle pt du moyeu p3 de la roue.
- La transmission du mouvement du moteur au différentiel s’obtient par un dispositif particulier permettant un changement de vitesse. L’arbre moteur de la dynamo, supporté
- Fig. 3 et 4. — Phaéton cîectrique, système O. Patin. Vue arrière et vue de côté.
- par les paliers q des flasques est pourvu, à son extrémité, d’une petite poulie qt calée à demeure, suffisamment large, et pourvue de deux joues qt qui forment une gorge profonde.
- Dans cette gorge on dispose à plat trois ou plusieurs anneaux de cuir juxtaposés de diamètres notablement supérieurs à celui de la poulie qui les porte.
- Dans le même plan que la poulie lisse qt et pouvant se déplacer de façon à venir en contact avec elle, sont disposées deux autres poulies lisses, de diamètres inégaux, s et s, (fig. 6). calées sur des arbres intermédiaires t et f,. Ces arbres sont portés par les extrémités des bras 11 du cadre oscillant n «, n formant tète de cheval. Sur chacun des arbres
- t et tj se trouvent disposés, également calés sur eux, deux pignons dentés, égaux ou inégaux p et lesquels engrènent constamment avec l’engrenage droit l du différentiel. Les pignons coniques du différentiel 1, 2, 3, 4 transmettent le mouvement à l’arbre moteur c à la façon ordinaire.
- Il résulte de ce dispositif que, l’arbre de la
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- dynamo tournant, ainsi que la poulie lisse si on agit sur le levier e pour faire osciller la tête de cheval n nl n, et si l’on amène en contact la poulie s avec la poulie qt les anneaux de cuir interposés provoquent l’entraînement par adhérence de la poulie s, les parties
- — Embrayage à changer
- libres des anneaux de cuir venant s’appliquer sur la surface de la poulie s sur une assez grande étendue pour exercer sur elle une friction énergique.
- La poulie s, étant de diamètre plus grand, si par le mouvement inverse de la tète de cheval, on amène en contact cette poulie et la poulie q, le mouvement de cette dernière se transmet de la roue t du différentiel par l’intermédiaire du pignon vt à une vitesse plus faible.
- U suffit donc de faire osciller la tête de cheval pour faire varier instantanément la vitesse, en pleine marche, sans que l’on ait à craindre des chocs et des ruptures de dents d’engrenage.
- Ce dispositif permet en outre d’embrayer sur le moteur lorsque celui-ci, tournant à vide, a pris toute sa vitesse; il suffit pour cela de tenir éloignés de la poulie d’entraînement qs les deux poulies s et s, et de laisser tourner le moteur; quand celui-ci a atteintune vitesse suffisante, on embraie sur une des poulies de l’entraîneur nntn et l’on peut obtenir des coups de collier d’une puissance considérable, tels qu’on n’en peut produire avec les changements de vitesse à engrenages.
- Le combinaieur est commandé par le volant à main V (fig. 3'. Il permet d’obtenir différentes vitesses en couplant les enroulements de l’induit du moteur en série ou en parallèle et en groupant de diverses manières les accumulateurs. Le changement de vitesse mécanique double le nombre des vitesses que l'on peut obtenir. Le volant V peut être maintenu dans la position voulue par un verrou à ressort qui s’engage dans des encoches creusées sur le pourtour du volant.
- La direction est obtenue au moyen de la roue R montée sur le meme axe que le volant V et dont le mouvement est transmis à l’avant-train par des chaînes et des leviers avec une démultiplication qui en assure la stabilité-
- L q freinage de la voiture s’obtient soit électriquement au moyen du combinaieur, soit mécaniquement à l’aide d’un frein 11 lame ou d’un frein à sabot. Le frein à lame kx (fig. 5) est commandé par le levier G (fig. 4) et agit sur l’essieu d’arrière ; le frein à sabot F7 (fig. 6) est manœuvré par le levier G (fig. 4).
- J. Reyval.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Soupape de fermeture pour vases de piles et d’accumulateurs système W.Hopkin Akester(‘j.
- En général dans les dispositions des batteries, l’énergie électrique est engendrée lorsque
- et autrichien du 4 janvier 1898.
- les électrodes sont immergées dans l'électrolyte, et lorsqu’elles en sont retirées, il n’y a plus de courant produit.
- La soupape W.-H. Akester est construite de façon a permettre la libre sortie du gaz qui se produit à l’intérieur de la caisse pen-
- (’) Brève
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- dant la marche et à empêcher l’écoulement du liquide lorsque la pile ne fonctionne plus, tout en laissant l’air extérieur pénétrer par endosmose pour régénérer l’électrolyte.
- La figure i représente une soupape disposée à l’extérieur de l’clément, dans la position où le gaz peut s’échapper. Dans la figure 2, la soupape est à l’intérieur de l’élément, l'électrolyte ne peut s’écouler au dehors et l’introduction de l’air se fait par osmose.
- La soupape se compose essentiellement d’un bouchon cylindrique terminé par une extrémité conique. Le bouchon est traversé
- Fig. 1 et 2.
- en partie par un canal axial a, qui fait communiquer l’intérieur de l'élément avec un deuxième canal ctt perpendiculaire au premier. Un tube élastique c entoure l’extrémité conique et ferme habituellement les ouver-
- L’ouverture d de l’élément présente également une forme conique dans laquelle est placé le bouchon a avec sa garniture élastique c. Cette ouverture s’élargit à partir de la hauteur du canal a,2 de façon à laisser un espace annulaire. Un bouchon à vis /1 percé d’ouvertures d’échappement f recouvre le tout et- permet de fixer la soupape dans la position convenable.
- L’action de la soupape dépend de la résistance élastique du tube c. Cette résistance est choisie en tenant compte de la pression que
- le gaz peut exercer et de la capacité de l’élément.
- Dans la position 1, la batterie est en marche, le gaz dégagé se rassemble à la partie supérieure et lorsque la pression qu’il exerce dépasse la résistance du tube élastique, celui-ci s’écarte dans l’espace e et le gaz sort par a&f-Dans la position 2, la batterie est au repos, la soupape n’est soumise qu’à la pression du liquide puisque les électrodes ne sont plus immergées. Le tube c reste appliqué contre le bouchon et permet l’action régénératrice par osmose. G. G.
- Notes sur les distributions d’électricité en Europe;
- Par P. Lacjrioi..
- Au commencement de cette année, M. Lau-riol, ingénieur des Ponts et Chaussées, récemment nommé ingénieur des Services généraux d’éclairage de la ville de Paris, fut chargé d’une mission dans les principales villes de l’Europe, dans le but d’en examiner les services d’éclairage, en vue d’étudier les programmes à adopter par la ville de Paris, lors de l’expiration des concessions de gaz et d’clectricité. Aussitôt son voyage terminé, il lui a paru utile de faire connaître les résultats de ses observations. La rédaction d’un rapport complet exigeant l’étude de nombreux documents et demandant un temps assez long, il a pensé qu’il était préférable de donner dès maintenant un rapport sommaire esquissant à grands traits les données principales qui se dégagent de son voyage, se réservant d’ailleurs de publier ultérieurement une étude plus détaillée.
- La question des concessions d’clectricité à Paris intéressant un grand nombre d’clectri-ciens, et la concision du rapport de M. Lau-riol offrant l’avantage de rappeler en quelques pages de nombreux renseignements et informations, dont beaucoup ont été publiés à diverses époques dans ce journal, nous croyons utile de faire connaître à nos lecteurs les diverses parties de ce rapport, principa-
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- lement celles concernant les installations électriques visitées par l’auteur.
- Les villes visitées sont les suivantes :
- Genève, le Val de Travers, Zurich, Baie, Lugano ;
- Francfort-sur-ie-Mein, Cologne, Dusseldorf, Hanovre, Hambourg, Berlin, Leipzig, Chemnitz, Dresde, Nuremberg, Munich;
- Vienne, Budapest ;
- Milan, Rome, Gênes:
- Londres, Birmingham, Manchester, Liver-pool, Leeds, Glasgow, Edimbourg:
- Marseille, Lyon (').
- (!) Il a été souvent question dans ce journal des installations d’éclairage et de traction des villes visitées par M. Lau-riol : nous donnons ci-dessous les principales indications bibliographiques relatives à ces villes :
- Genève. — Stations centrales et distribution. Les installations électriques suisses de Genève à Zurich, t. IX, p. 400. Les installations électriques de Genève, t. IX, p. 145. Traction, t. II, p. 123 ; t. VII, p. 284; t. XI, p. xxxw. — Eclairage, t. VII, p. 90; t. VIII, p. 185 ; t. IX, p. 377.
- Le Val de Travers. — Stations centrales et distribution : Les installations électriques du Val de Travers, t. IX, p. 548.
- Zurich. — Stations centrales et distribution. La station centrale de Zurich, t. VIII, p. 481-531. La station centrale à gaz pauvre des tramways, t. XII, p. 42. — Traction, t. Vil, p. 287. — Eclairage, t. VII, p. 186 et 480.
- Bale. — Stations centrales et distribution, t. VIII, p. 572.
- — Traction, t. III, p. 609 ; t. VII, p. 283 ; t. XV, p. xii. Lugano. — Traction. La traction électrique par courants
- polyphasés. I.cs tramways de Lugano, t. VII, p. 481. Tramway à courants triphasés de Lugano, t. VI, p. 365 ; t. IX, p. 286.
- Francfort. — Stations centrales et distribution, t. X, p. 477; t. XV, p. i2r. Tarif de l’énergie électrique à la station centrale de Francfort, t. V, p. 384. — Traction, t. JX, p. 473. La traction par accumulateurs, t. XIII, p. 93. Cologne. — Stations centrales et distribution, t. XV, p. 121.
- — Eclairage, t. X, p. 476.
- Dusseldorf. — Stations centrales et distribution, t. XV, p. 121. — Traction, t. XI, p. xlvi.
- Hambourg. — Stations centrales et distribution, t. XV, p. 121. — Traction, t. Vil, p. 34.
- Berlin. — Stations centrales et distribution, t. IV, p. 430, t. XV, p. i2i. — Traction. Les tramways à accumulateurs, t. I. p. 334; t. IV, p. 286 ; t. VII, p. 185, 283, 380; t. VIII, p. 44, 334; t. X, p. 89; t. XIV, p. xLVit. --Eclairage, t. I, p. 381 ; t. XIV, p. xlvji.
- Leipzig. — Stations centrales et distribution, t. XV, p. 121.
- — Traction. Tramway électrique de Leipzig, t. IV, p. 430. Chemnitz. — Stations centrales et distribution. La station
- centrale de Chemnitz, t. II, p. 263. — Traction, 1.1, p. 480.
- Ces visites ont été forcément très rapides et en bien des cas M. Lauriol a dû abréger son étude; mais l’inconvénient qui en résulte au point de vue documentaire se trouve compensé par cel avantage que l’auteur a pu saisir, pour ainsi dire au même instant, la situation dans les villes européennes les plus importantes, et faire ainsi d’utiles comparai-
- L’étude des services d’éclairage (gaz et électricité) était l’objet principal de la mission ;
- Dresde. —Stations centrales et distribution, t. XV, p. 121. Nuremberg. — Stations centrales et distribution, t. XV,
- p. 121.
- Munich. —Stations centrales et distribution, t. XV, p. 121.
- — Traction, t. XIV, p, lix. — Eclairage. Gare de Munich, t. VII, p. 92.
- Vienne. — Traction, t. VI, p. 96 5 t. XI, p. 47 ; t. XIV, p. m ; t. XV, p. x. —Eclairage, t. VII, p. 91-573.
- Budapest. — Stations centrales et distribution. La station centrale de Budapest, t. X, p. 103 ; t. IX, p. 568. — Traction. Les tramways de Budapest, t. X, p. 299-529;!. VII, p. 284. 380; t. VIII, p. 137-334; t. IV, p. 576. t. XII, p. xill ; t. XV, p. xliii.
- Milan. —Stations centrales et distribution, t. VII, p. 479.
- — Traction. Tramway de Milan à Musacco, t. IV, p. 573 ; t. XV, p. xcvi. — Eclairage, t. III, 335.
- Rome. — Traction, t. IV, p. 284 ; t. VIII, p. 334 ; t. XIV, p. 490 ; t. XV, p. civ. — Eclairage, t. I, p. 336.
- Londres. — Stations centrales etdistribution, t. VIH, p. ï 37 ; t. IX, p. 92; t. XV, p. 215. — Traction, t. VII, p. 186, 285, 381 ; t. IX, p. 475 ; t. VI, p. 576; t. XI, p. 233. Le métropolitain souterrain, t. XII, p. 382 ; t. XV, p. lxi. — Eclairage. Eclairage du Parlement, t. II, p. 611.
- Manchester. — Stations centrales et distribution, t. IX, p. 286 et 570. — Traction, t. XIV, p. xm.
- Liverpool. — Traction, t. X, p. 479 ; t. XIV, p. Lxxv. — Eclairage. L’éclairage des trains sous les tunnels du chemin de fer électrique, t. XII, p. 565.
- Glasgow. — Traction, t. XIV, p. vi. —Eclairage. Eclairage des tramways, l. I, p. 238.
- Edimbourg. — Eclairage, t. VII, p. 185.
- Marseille, — Traction, t. IX, p. 44 ; t. II. p. 134; t. XI, p. xxi, xxxiii, xlvi; t. XII, p. xxxm ; t. XIII, p. 11, x, xxii, xxxi ; t. XV, p. xm, xlv. — Eclairage, t. I, p. 704 ; t. VIII. p. 383.
- Lyon. — Stations centrales et distribution, t. IV, p. 236. — Traction, t. II, p. 142, 191, 48o> 608 ; t. IV, p. 335, 525 ; 1. VII, p. 143 ; t. VIII, p. 284 ; t. X, p. 230 ; t. X, p. 428; t. IX, p. 329; t. XI, p. lui; t. XIV, p. xvii. xli, xcii ; t. XV, p. xui, xcvi. — Eclairage, t. XII, p. Lxi ; t. XIII,
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- cependant en raison de la connexité qui existe entre l’éclairage électrique et la traction électrique, M. Lauriol a également examiné la question des tramways et celle des chemins de fer urbains.
- Nous n’insisterons pas sur la partie du rapport consacrée aux Distributions de gaz, lesquelles n’intéressent qu’indirectement les électriciens. Notons cependant quelques points que signale M. Lauriol.
- Le premier est la séparation absolue des installations de gaz et d’électricité. Lors même que ces deux services sont aux mains d'une même administration, Compagnie ou Municipalité, ils restent absolument distincts soit comme usines, soit comme comptabilité ; l’auteur n’a rencontré ni usine mixte produisant le gaz et l’électricité, ni station centrale produisant l’électricité par moteurs à gaz d’éclairage : les quelques moteurs à gaz employés dans les stations centrales qu’il a visitées étaient alimentés avec du gaz pauvre, fabriqué dans la station centrale et pour son usage exclusif.
- Un second point est que, à l’étranger aussi bien qu’en France, les traites portant concession de gaz ont souvent gêné les municipalités dans leurs projets d’éclairage électrique. A Munich, la ville n’a pu, à l’origine, avoir aucune distribution électrique; au moment où l’on a conclu le traité de rachat, et pendant les dernières années restant à courir, la ville a été autorisée à avoir une distribution électrique de puissance limitée, qu’elle a consacrée entièrement à. l’éclairage public, de sorte qu’il n’existe encore aucune distribution dans les maisons. A Vienne, la Ville se trouvait obligée de payer à la Compagnie du gaz l’éclairage de ses rues, même si cet éclairage était supprimé et remplacé par l’éclairage électrique ; aussi ce dernier est-il à peu près nul, tandis que l’éclairage électrique privé a pris son développement normal. A Marseille, on estime que la Compagnie du gaz est seule en droit de distribuer la lumière électrique par conducteurs empruntant la voie pu-
- blique. Il en était de même à Lyon jusqu’au dernier traité qui exclut tout monopole de droit.
- Quant aux prix de vente ils sont voisins de 20 centimes par mètre cube pour l’éclairage et de 15 centimes pour le chauffage et la force motrice, en Suisse, en Allemagne et en Autriche; des rabais sont consentis aux gros consommateurs. En Angleterre, le prix varie de 0,08 à 0,15 fr par mètre cube, et le tarif est le même quel que soit l’usage.
- Partout la consommation du gaz est croissante malgré le développement de l’éclairage électrique. En Suisse et en Allemagne, les villes y trouvent une source de revenus ; en Angleterre, les municipalités qui exploitent elles-mêmes s’attachent plutôt à équilibrer exactement l’entreprise et à livrer le gaz au prix le plus bas possible sans pertes.
- Enfin, un dernier renseignement dont les électriciens pourraient tirer profit, c’est que les compteurs à paiement préalable, fort employés en Angleterre, ont attiré un grand nombre de petits consommateurs.
- Dans son étude des Distributions d’électricité, M. Lauriol examine successivement le régime administratif, la production et la distribution de l’électricité, le développement de la consommation et les tarifs, l’éclairage des voies publiques. Cette étude étant fort résumée, nous la reproduisons intégralement.
- I. — Régime administratif
- a) Monopole ou concurrence. — Le monopole, au moins en fait, est encore le cas le plus fréquent, mais les exceptions sont moins rares qu’en matière de gaz. Nous n’avons jamais rencontré de concurrence entre ville et compagnie, mais seulement entre plusieurs compagnies. Les villes qui l’ont admise sont Vienne, Buda-Pesth, Londres et Lyon.
- A Vienne, deux compagnies, opérant sur des périmètres distincts, distribuent le courant continu dans le centre ; une troisième, fournissant du courant alternatif, leur fait
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- concurrence et s’étend seule dans les quartiers extérieurs. La même situation sc rencontre à Budapest avec la différence qu’il existe une seule compagnie à courant continu.
- A Londres, le monopole de fait existe presque partout, notamment dans la Cite. C’est seulement sur des petites étendues, principalement aux environs de Westminster, que les périmètres de deux ou trois compagnies se superposent. La concurrence ne parait pas amener pour le consommateur une baisse de tarif.
- A Lyon, la concurrence n’existe pas encore mais se produira sous peu entre la Compagnie du gaz, autorisée simplement par la Ville, et la Compagnie de Jonage, concessionnaire de l’État pour une région s’étendant bien au delà de Lyon.
- b', Concession ou régie. —A Francfort-sur-le-Mein, la ville a établi toute l’installation et l’afferme à une société d’exploitation moyennant une redevance calculée au prorata des dépenses de construction, à un taux croissant d’année en année. La société donne en outre une part des bénéfices nets. L’entretien est à la charge de la société, les extensions, à la charge de la Ville, moyennant augmentation correspondante à la redevance annuelle. Le bail est fait sans limitation de durée. Les deux parties peuvent le dénoncer chaque année, la ville dès le début, la société seulement au bout de dix-neuf ans. Des circonstances spéciales ont amené la Ville à adopter ce mode d’exploitation, qui reste l’exception en Allemagne. Chemnitz est, dans ce pays, la seule ville où nous ayons vu un traité analogue.
- Hambourg a concédé la distribution électrique.
- Berlin a d’abord donné une concession de faible surface au centre de la ville, puis l’a étendue de proche en proche, pour ainsi dire par couches concentriques. Actuellement la canalisation s’étend sur un quart environ de la superficie totale ; elle s’étendrait plus loin
- I encore si la puissance totale n’était limitée I par l’acte de concession. Des pourparlers | sont en cours pour augmenter cette puissance en échange d’autres avantages accordés à la Ville.
- Les autres villes d’Allemagne, Cologne. Dusseldorf, Hanovre, Dresde, Leipzig, Nuremberg, Munich, ont construit et exploitent elles-mêmes leur distribution électrique.
- Bàle n’a pas encore de distribution électrique. Genève, Zurich et, en général, toutes les villes suisses ont construit et exploitent elles-mêmes leur installation électrique. Genève a racheté, il y a quelques années, les installations d’une compagnie d’éclairage, mais les installations construites depuis par la Ville même forment de beaucoup la plus grande partie.
- En Autriche-Hongrie, en Italie, la distribution est faite par des sociétés concessionnaires.
- De même à Lyon. A Marseille. la Société du gaz n’a pas de conccssionproprementdite mais reçoit, sur sa demande, l’autorisation de canaliser telle ou telle rue, sans que la Ville ait à s’immiscer dans les tarifs ou dans les affaires financières de la Société.
- Les concessions sur le continent ont en général une durée de vingt à cinquante ans et comportent fixation des tarifs maxima, redevance à la Ville calculée soit d’après les bénéfices, soit d’après les recettes brutes ; la propriété des installations en fin de concession est diversement réglée ; mais en tout cas. à l’expiration de la concession, la Compagnie perd, comme en France, tout droit de distribuer l’électricité.
- Dans les Iles Britanniques le régime est différent. La concession est accordée par loi, môme aux municipalités, pour un périmètre déterminé. En règle générale l’assentiment de la commune est exigé ; lorsqu’une compagnie et une commune se présentent à la fois, c’est la commune qui obtient la préférence. Les obligations relatives aux voies à canaliser sont analogues à celles des secteurs parisiens. Le tarif maximum est fixé. La concession à
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- une compagnie est donnée pour quarante-deux ans avec faculté pour l’autorité municipale de racheter au bout de ce terme d'après la valeur du matériel à ce moment. Si l'autorité municipale n’use pas de ce droit la concession est prolongée ipso facto pour une nouvelle période de sept ans, après quoi la commune peut derechef procéder au rachat dans les mêmes conditions, et ainsi de suite indéfiniment de sept ans en sept ans. Aucune redevance spéciale ou part de bénéfice n’est due à la commune. En dehors des conditions prévues, le rachat peut s’exercer à toute époque mais moyennant une loi spéciale d’expropriation et dans ce cas l’indemnité est basée sur la perte de bénéfices que subit la compagnie expropriée.
- A Londres on sait combien l’administration est compliquée. La plus grande partie des pouvoirs municipaux sont aux mains des diverses paroisses. Au centre nous trouvons partout des compagnies concessionnaires; à la périphérie les installations ne se sont faites que plus tard, elles sont en partie aux mains des compagnies, en partie aux mains des paroisses ; certaines paroisses n’ont encore aucune distribution.
- En province, Birmingham et Leeds sont aux mains de compagnies concessionnaires. A Manchester, Liverpool, Edimbourg. Glasgow, la commune exploite elle-même.
- II. — Production et distribution
- a) Force motrice pour les génératrices. — Partout où la chose est possible l’énergie est empruntée à une chute d’eau ; Genève, Zurich (en partie) et nombre d’autres villes en Suisse, Rome (en partie), Milan (agrandissements projetés), Lyon (Société de Jonage). A Lausanne (seulement pour le réseau de tramways) on emploie le moteur à gaz pauvre que les exploitants disent fort économique. Ce moteur manquant de souplesse, on ne S'emploie que pour le courant continu, avec une batterie d’accumulateurs formant volant
- pour parer aux brusques variations de débit. Nous n’avons pas vu de moteur à gaz de houille pour les stations centrales.
- La machine à vapeur reste le cas le plus fréquent. L’Allemagne, la Suisse, l’Italie, l’Autriche tendent à employer de puissantes machines horizontales couplées directement sur la dynamo ; la machine verticale est employée quand on se trouve au centre des villes, et que le terrain est cher. La Grande-Bretagne reste encore fidèle aux transmissions par câbles ou courroies ; elle affectionne aussi les machines Willans, verticales, couplées directement; les machines sont le plus souvent de faible puissance, et réunies en grand nombre dans une même usine. Dans quelques cas la chaleur nécessaire est empruntée à la combustion des gadoues, sans emploi d’autre combustible, et la paroisse de Shoreditch à Londres a pu, en tête de ses comptes rendus, inscrire la devise peu modeste mais juste : *.< E pulvere lux et vis. » L’exemple est à retenir pour Paris.
- b). Distribution sous iio volts ou 220 volts. — La distribution du courant se fait sous les régimes les plus divers. Sur le continent, le courant, alternatif ou continu, est consommé sous une tension voisine de 110 volts. En Grande-Bretagne c’est encore le cas le plus fréquent, mais il y a une tendance très marquée h doubler le voltage et beaucoup d’installations se transforment peu à peu. Il existe par exemple un réseau à trois fils sous deux fois 110 volts; on pousse les abonnés à se mettre sous 220 volts en se reliant aux fils extrêmes ; lorsque la transformation ser« complète on pourra, grâce à une commutation facile, reformer le réseau à trois fils avec deux fois 220 volts et doubler la tension à l’usine génératrice. D’après les renseignements fournis on trouverait aisément de bonnes lampes à incandescencepour 220 volts, même avec les plus faibles intensités en usage. Quant aux lampes à arc, il y a évidemment une gêne pour les particuliers qui n’en allument qu’un petit nombre à la fois; ils
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- sont obligés de les mettre en série par 4 ou par 2 suivant qu’ils emploient la lampe ordinaire ou la lampe en vase clos ; avec 110 volts ils n’avaient à les allumer que deux par deux ou une par une.
- ci Augmentation des tensions employées pour le transport. — Un second fait se dégage, c’est la tendance à employer des tensions de plus en plus fortes pour la production, et surtout pour le transport de l’énergie électrique, de façon à desservir des surfaces de plus en plus grandes sans dépense exagérée en cuivre, avec une tension suffisamment régulière. Certaines installations, projetées pour un périmètre restreint et avec une faible tension, ont dû plus tard être partiellement transformées, d’où résulte un ensemble assez hétérogène.
- Par exemple, l’installation de Berlin a été faite tout d’abord avec usines dans les quartiers centraux desservant un périmètre restreint sous une tension de deux fois 110 volts. La consommation augmentant, il est devenu impossible d’avoir au centre de la ville des usines suffisantes avec leurs chaudières, machines à vapeur, etc. On a du s’établir en un point excentrique et, de là, envoyer du courant alternatif à haute tension dans les anciennes usines transformées partiellement en sous-stations, et actionner ainsi des moteurs qui, eux-mêmes, actionnent des génératrices donnant le courant à basse tension sous deux fois 110 volts; ce courant s’ajoute à celui qui est engendré directement sur place au moyen des machines à vapeur. Nous avons ainsi un ensemble disparate, justifié sans doute par les circonstances, mais ne satisfaisant point l’esprit. Vraisemblablement on eût conçu les projets autrement, si dès l’origine on avait pu prévoir l’avenir.
- Il v a au contraire une véritable jouissance à contempler les installations telles que celles de Cologne, Francfort, Dresde et bien d’autres. Le courant alternatif est engendré à haute tension; une seule usine est placée excentriquement, là où le terrain est bon
- marché et où l’approvisionnement en combustible est facile ; elle pourra desservir toute la commune. L’avenir est prévu, la place des futures machines est marquée d’avance, elles seront établies au fur et à mesure des augmentations de débit. L’installation se développera régulièrement, suivant le plan primitivement conçu et en conservant toujours une parfaite unité.
- d,). Revue des principaux types de distribution. — Courant continu. — Nous pouvons maintenant passer en revue les principaux types de distribution.
- Dans le Val de Travers, l’énergie est engendrée sous forme de courant continu d’intensité constante et de voltage variable, un nombre variable de générateurs étant mis en série dans le circuit. Le courant d’intensité constante actionne des moteurs dans les sous-stations, ces moteurs actionnent à leur tour des génératrices qui donnent le courant continu à basse tension et intensité variable. Les installations de ce genre, spécialité de la Compagnie Thury, de (ienève, sont peu multipliées.
- La paroisse de Shoreditch, à Londres, engendre du courant continu à haute tension, mais à tension constante et intensité variable, comme c’est le cas le plus général. L’éclairage public est branché directement sur le réseau primaire avec lampes en série. Pour l’éclairage privé, des machines motrices-génératrices, alimentées parle circuit à haute tension, donnent du courant à basse tension dans le circuit secondaire. C'est là encore un type de distribution peu répandu.
- Le courant continu à haute tension avec lampes en série est quelquefois employé pour l’éclairage public. A Munich, cet éclairage absorbe à lui seul toute l’énergie dont la ville dispose en ce moment. A Milan, l’éclairage public fonctionne par ce même procédé et est alimenté par une usine distincte de celle qui alimente l’éclairage privé.
- Nous rencontrons très souvent le courant continu à 2 fois 110 volts avec 3 fils, plus
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- rarement à 4 fois 110 volts avec 5 fils, soit engendré directement à la tension de consommation, soit engendré par des moteurs-générateurs alimentés eux-mêmes par du courant alternatif venant d’une station plus éloignée (Berlin en partie, Gênes en partie, Budapest, Leipzig, Genève en partie).
- Nous ne reviendrons pas ici sur le cas des distributions anglaises avec livraison à 250 volts.
- d2) Courant alternatif monophasé. — Le courant alternatif a aussi de nombreux adeptes. Le régime le plus souvent adopté consiste dans la production du courant monophasé à haute tension et livraison à basse tension avec transformation en ville (Francfort), ou chez l’abonné (Cologne;. La souplesse avec laquelle le courant alternatif se transforme permet de nombreuses variantes, la livraison à 500 volts pour les gros moteurs, a 40 volts pour les lampes à arc qu’on peut ainsi alimenter séparément en dérivation. Parfois aussi (Rome) les lampes à arc de l’éclairage public sont couplées en série et alimentées par le circuit primaire.
- Comme haute tension on a adopté des chiffres de plus en plus forts : 2 500 volts est une tension courante ; Francfort marche à 3000, Elberfeld va marcher à 4000 et vraisemblablement Varsovie à 5000.
- A Deptford (Londres) les nouvelles machines sont à 10000 volts et se couplent en quantité avec le secondaire des transformateurs qui élèvent de 2 400 volts h 10000 volts le courant des anciennes machines. Le courant est transporté sous 10000 volts, puis abaissé à 2400 volts et envoyé ainsi dans le circuit primaire. Il est consommé sous 110 volts dans le circuit secondaire.
- A Rome une partie du courant est engendrée à 2 500 volts et envoyée dans le circuit primaire. Une autre partie est engendrée à haute tension par des chutes d’eau à 20 kilomètres de Rome, transformée à 5 000 volts, transportée sous 5000 volts, rabaissée à 2 500 volts à son arrivée à Rome et envoyée
- dans le circuit général à haute tension. A Milan la situation sera analogue quand les nouveaux projets seront exécutés.
- Le réseau secondaire à basse tension, lorsqu’il en existe un, peut être lui-même à 2 fils sous 110 volts ou à 3 fils sous 2 fois 110 volts. Le premier cas est le plus fréquent, le réseau secondaire à 3 fils se rencontre à Zurich.
- dâ) Courant polyphasé. — Enfin le courant polyphasé fait à son tour son apparition. Les applications sont encore peu nombreuses et établies suivant des types différents.
- Tout d’abord nous trouvons le courant polyphasé employé pour actionner à distance des moteurs-générateurs donnant le courant continu. Il s’agit ici de transport de force pur et simple; nous n’insisterons pas.
- Dans les nouvelles installations de Genève le courant biphasé a 2 500 volts est transmis en ville, et distribué après transformation à 110 volts pour la consommation courante, fi 400 volts environ pour les gros moteurs. Les inducteurs sont distincts pour chaque phase, ce qui permet de régler la tension séparément et de la maintenir constante sur les deux phases. La station centrale envoie également •du courant dans les communes rurales à grande distance. En ce cas le courant est transmis sous 10000 volts par fils aériens avec transformation au départ et à l’arrivée.
- A Dresde, les chemins de fer de l’Etat saxon ont une station centrale importante et distincte de celle de la ville. Le courant triphasé est engendré et transporté à haute tension ; puis la tension est abaissée par transformateurs pour la consommation. Les inducteurs étant les mêmes pour les trois phases, la tension peut être réglée en bloc pour chaque machine, mais non pour chaque phase séparément. Des différences de débit sur les diverses phases peuvent amener des variations de tension nuisibles, non pour les moteurs, mais pour l’éclairage. On se tire de la difficulté en mettant les moteurs sur les trois phases, et les lampes sur une seule phase dont on règle exactement la tension.
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- L’expédient n'est admissible que dans des cas spéciaux où, par exemple, les moteurs ont dans l’ensemble une importance relativement considérable. Il a toujours l’inconvénient de mal utiliser les génératrices.
- A Chemnitz, dans une distribution urbaine où l’éclairage forme la part prépondérante, le problème a été résolu sans détour. Le courant triphasé, engendré et transmis à haute tension, est abaissé à i io volts par des transformateurs placés sur la voie publique dans des kiosques, et distribué en ville par réseau secondaire triphasé à 3 fils. Les moteurs sont naturellement tous reliés aux trois phases. L’éclairage de chaque immeuble est relié généralement k une seule phase ; mais comme toute la canalisation publique est triphasée, il est facile de déplacer a volonté l’éclairage de chaque immeuble et de le porter d’une phase sur une autre. On arrive ainsi dans la pratique à répartir l’éclairage entre les trois phases et a réaliser un équilibre suffisant ; moyennant un réglage unique sur chaque génératrice, les fluctuations de débit ne produisent que des fluctuations de tension inferieures k 3 p. 100 et parfaitement acceptables.
- Rappelons enfin les grandes installations de Rheinfelden sur le Rhin, entre la Suisse et l'Allemagne, de Jonage (près Lyon), de Hanovre, qui doivent envoyer le courant triphasé k très grande distance.
- d^Comparaison des divers types. — Chaque système a ses avocats ardents, et, au dire de ceux qui l’emploient, donne toute satisfaction : contre le courant continu on invoque la difficulté d’employer de hautes tensions ; contre le courant alternatif monophasé l’impossibilité de faire démarrer sous charge les moteurs importants ; contre le polyphasé la difficulté de bien régler l'éclairage : contre le courant alternatif quel qu’il soit, l’obligation de faire constamment travailler les transformateurs, même lorsqu’ils ne débitent rien, l’impossibilité sans grosses complications de l’employer k l’électrochimie, k la charge d’ac-
- cumulateurs, et de se créer une réserve en cas d’arrêt momentané des machines. En fait ces difficultés ont été résolues d’une façon suffisante. Sur les réseaux k courant continu la consommation reste toujours faible pour la force motrice et l’électrochimie; toute proportion gardée, elle n’est pas plus élevée qu’k Francfort où on emploie l’alternatif monophasé. Sur les réseaux k courant alternatif on ne signale que fort exceptionnellement des arrêts de fonctionnement. En l’état actuel de l’industrie électrique aucun système ne parait s’imposer d’une façon nette tant qu’il s’agira de transmettre k un petit nombre de kilomètres ; mais l’emploi des tensions de 220 k 250 volts pour la consommation présente un sérieux intérêt. Lorsqu’il s’agit de transmissions k plus de 7 ou 8 kilomètres, on est forcément amené aux tensions que les Anglais appellent extra-hautes, c’est-h-dirc 5000 k 10000 volts, et, par suite, aux courants alternatifs.
- e) Canalisation. — Comme canalisation, l'Allemagne et l’Autriche emploient exclusivement le cable armé. Pour le courant alternatif monophasé les deux conducteurs sont concentriques ; pour le courant triphasé, les trois conducteurs sont soit concentriques, soit cordés ensemble. L’Italie et la Suisse font k peu près de même, sauf quelques exceptions ; par exemple, Zurich emploie des câbles isolés avec manteau de plomb, posés dans les caniveaux en poterie. Milan, pour le réseau d’éclairage public, Naples admettent encore les fils aériens en ville. Les installations de Genève et de Rome comportent le fil aérien, mais seulement en rase campagne.
- La Grande-Bretagne pratique peu le câble armé. On y trouve soit le câble isolé, avec ou sans plomb, protégé par des conduites en poterie, en maçonnerie ou en fonte, soit le conducteur nu posé sur isolateurs dans des caniveaux en béton.
- f) Transformateurs. — Dans le cas du courant alternatif, les transformateurs sont,
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- soit chez l’habitant (Cologne), sans circuit secondaire en ville, soit sous la voie publique (Francfort, etc.), soit dans les caissons accolés aux maisons (Rome), soit dans des kiosques sur la voie publique (Chemnitz, Genève, etc.). Ce dernier système donne bien plus de facilités et n’a pas justifié les craintes qu’on avait conçues tout d'abord au point de vue de la sécurité. Il est autorisé pour Lyon.
- DÉVELOPPEMENT DE LA CONSOMMATION
- a) Développement. — Nous ne pouvons entrer ici dans les détails numériques sur la consommation. Mais nous devons constater qu’à l’étranger les villes importantes ont en général leur réseau d’électricité et que la consommation va toujours croissant, malgré une augmentation parallèle sur la consommation du gaz, et malgré le succès du bec Auer. Bàle, qui n’a pas de distribution électrique, est une exception en Suisse. Marseille, parmi les villes de cette importance, se trouve en retard, c’est une conséquence du traité avec la Compagnie du gaz. Munich est dans une situation analogue; mais les mesures sont prises pour la faire cesser lors de l’expiration de la concession.
- Partout, naturellement, c’est au centre des villes que la canalisation se développe.
- La lumière reste toujours et de beaucoup le facteur prépondérant. La force motrice n’a que peu d’importance, le chauffage et l’électrochimie sont pratiquement négligeables.
- b) Tarifs. — Les tarifs en Allemagne et en Suisse sont voisins de 8 centimes l’hectowatt-heure avec rabais pouvant aller jusqu’à 25 p. 100 suivant la consommation. En Grande-Bretagne, le tarif légal maximum est de 8 centimes ; en fait, le prix varie de 7 centimes à 3,5 cm (service municipal d’Edimbourg) et reste le plus souvent entre 5 et 6 centimes.
- Des tarifs réduits spéciaux sont souvent faits pour la force motrice et notamment pour les tramways.
- c) Tarif réduit pour les heures de jour. — Avec l’électricité, bien plus qu’avec le gaz, il y a intérêt à régulariser le débit. L’usine à gaz possède des gazomètres qui parent aux fluctuations horaires et rendent à peu près ce qu’on leur confie. L’usine électrique à courant continu ne possède que les accumulateurs rendant au maximum 70 p. 100 et exigeant un entretien coûteux. L’usine à courant alternatif ne possède plus aucun volant et doit à chaque instant régler la production sur la consommation. Divers moyens, encore imparfaits, ont été tentés pour régulariser la consommation ou faire payer moins cher l'énergie dépensée en dehors de-s heures de grand débit :
- Tarif réduit pour la force motrice qu’on suppose dépensée indifféremment à toute heure du jour (nombreux exemples).
- Tarif réduit à condition que la consommation aura lieu seulement à certaines heures peu chargées (Berlin). Le contrôle mécanique n’ayant pu être encore établi, les vérifications 11e se font que par rondes inopinées. Le système reste dès lors limité aux gros abonnés dont l’importance justifie ce contrôle spécial.
- La paroisse de Saint-Pancras à Londres établit chez les boutiquiers deux compteurs avec tarifs différents. Lorsque la nuit tombe, l’abonné, pour éclairer la devanture de sa boutique, est obligé mécaniquement à lancer dans le compteur à tarif fort tout le courant consommé. Tant que la devanture n'est pas éclairée, le courant qui par exemple éclaire les sous-sols, arrière-boutique, etc., passe par le compteur à tarif réduit. 11 y a là une idée ingénieuse mais dont l’application reste limitée.
- Glasgow établit des appareils analogues aux thermomètres à maxima, indiquant la puissance maxima consommée par l’abonné, par exemple dans le courant de chaque mois. Cette puissance, en agissant pendant une heure par jour, donnerait un certain nombre d’hectovratt-heure ; si la consommation ne dépasse pas ce chiffre elle est facturée au tarif
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- fort ; ce qui dépasse est facturé au tarif réduit.
- Il reste encore à trouver mieux dans cet ordre d’idées, en tenant compte des deux points suivants : U l’abonné consommant peu ou pas immobilise une partie de la puissance de l’usine qui doit toujours être prête à le servir; 2° en dehors d’un petit nombre d’heures de la journée, l’hectowatt-heure coûte fort peu comme personnel, capitaux engagés, entretien ; il ne coûte que le charbon consommé en plus. Ces heures sont d’ailleurs variables avec la saison.
- ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE DES VOIES PUBLIQUES
- a) Types de lampes. — Pas plus a l’étranger qu’en France la lampe à incandescence électrique n’est appliquée sur les voies publiques. La lampe à arc en vase clos fait l’objet d’essais en Angleterre, mais ne paraît pas en faveur ; sur le continent il n’en est pour ainsi dire pas question. Nous ne rencontrons pratiquement que la lampe à arc ordinaire dont le mécanisme repose toujours sur des principes peu différents malgré la variété infinie des types. Le seul point à signaler dans cette étude sommaire est l’emploi de la lampe à deux paires de charbons brûlant l’une après l’autre, ce qui permet soit de réduire le diamètre des charbons et d’augmenter le rendement lumineux, soit de diminuer la longueur des charbons et le diamètre du globe, soit d’augmenter la durée entre deux renouvellements de charbons ; c’est seulement dans ce dernier but que nous l’avons vu employer en Angleterre. Nous ne l’avons pas vue en usage sur le continent.
- b) Supports. — Comme supports nous trouverons quatre systèmes bien tranchés :
- Le fil tendu au travers de la rue. Cologne, Rome, etc., l'emploient dans les rues étroites, Munich même dans les rues larges partout où les habitants ne s’y sont pas opposés. Comme variante nous trouvons une chaîne ornée Dresde. Hanovre', un fil tendu entre
- poteaux (Genève), une chaîne ornée entre poteaux (Berlin). Presque partout les fils conducteurs restent flottants et la lampe est descendue à terre pour le nettoyage et changement de charbons.
- La console. Celles de Rome sont assez vulgaires, tandis que celles de Hambourg, en harmonie avec les édifices monumentaux qui les supportent, ont vraiment grande allure.
- La crosse est fort employée dans toute l’Allemagne, à Genève et à Édimbourg. Elle est uniformément en fer ou fonte peinte à l’huile. A Munich le piédestal et la crosse proprement dits sont en métal et le fut est en bois. La couleur est quelquefois le vert très foncé, le plus souvent le gris: Berlin a adopté une peinture à deux tons avec ornements s’enlevant en clair. Hanovre et Munich emploient un mélange de rouge et de gris ou de noir, qui produit d’heureux effets quand on en fait un usage modéré. Francfort et Munich emploient quelques candélabres a trois crosses d’un bel effet monumental sur une grande place ; mais au point de vue d’une bonne répartition de la lumière, il est peu avantageux de grouper plusieurs arcs à côté l’un de l’autre. Tous ces appareils sont d’aspect satisfaisant sans avoir rien de remarquable. Us font assez bonne impression en alignement régulier; sur un refuge isolé l'effet des simples crosses est moins heureux.
- La lyre est employée en Italie et en Angleterre. Le globe est partout d’une seule pièce, et, afin de pouvoir l’abaisser, on est conduit à des lyres très élevées. Candélabres et lyres ont dans leur ensemble un aspect peu satisfaisant et les modèles parisiens nous paraissent de beaucoup supérieurs.
- c) Développement de l'éclairage électrique public. — Le développement de l'éclairage électrique des voies publiques est fort variable.
- En •'•Aral les villes de l’Allemagne du Nord .. • mt que le gaz, et surtout le bec Auer, doiîne un éclairage aussi intense qu’on peut le désirer, et meilleur marché que l’élec-
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- tricité. L’éclairage électrique est considéré comme un luxe et limité à un petit nombre de voies. Tel est le cas de Berlin, Francfort, Hambourg, Dusseldorf, Leipzig, Chemnitz. Cologne, Hanovre et Dresde ont, toute proportion gardée, un plus grand nombre de lampes tout en restant assez modérées.
- Dans l'Allemagne du Sud, Nuremberg a notablement développé l’éclairage électrique, et Munich est une des villes où l’on trouve le plus de lampes à arc, trois ou quatre fois plus qu’à Berlin pour une population quatre fois moindre, soit environ quatorze fois plus par habitant. L’éclairage électrique est devenu l’éclairage normal de toutes les voies importantes.
- Vienne, pour les raisons indiquées plus haut, a à peine quelques lampes. Budapest se contente du gaz à prix très bas pour l’éclai-rage des rues.
- L’éclairage électrique est assez développé à Genève, peu à Lausanne et Zurich ; Bàle n'en possède pas.
- Il est très développé à Milan, modérément à Rome.
- A Londres, il est très développé dans la Cite, peu dans le centre en dehors de la Cité, un peu plus dans quelques paroisses excentriques ; peu, si l’on considère l’ensemble de la métropole. De même dans la plupart des villes anglaises et à Glasgow. Par contre, Edimbourg, sous ce rapport, est comparable à Munich.
- On voit combien les errements sont differents d’une ville à l’autre. La raison nous paraît être du coté de Berlin et de l’Allemagne du Nord. Le public réclame à grands cris et sans réflexion l’extension de l’éclairage électrique ; il ne se rend pas un compte exact des prix du gaz et de l’électricité; on a parfois cédé un peu vite à cet entraînement. En tout cas, telle installation, défendable il y a quelques années, le serait beaucoup moins aujourd’hui, depuis que l’apparition du bec Auer a réduit des trois quarts le coût de l’éclairage au gaz.
- En terminant la portion de son rapport
- consacrée à l’éclairage, M. Lauriol établit un parallèle entre l’éclairage -à Paris et l’éclairage dans les villes qu’il a visitées. Voici ce qu’il dit à ce propos :
- Nous avons examiné l’éclairage public séparément en ce qui concerne le gaz et l'électricité. En faisant la somme des deux, quelle est la situation de Paris par rapport au reste de l'Europe ? Habitons-nous la ville-lumière, ou bien un noir coupe-gorge, comme il est à la mode de le dire? Après avoir vu de nos propres yeux, nous répondrons très nettement : « Ni l’un ni l’autre ». Paris est au-dessus de Vienne, de Budapest, de Rome, de Londres, de Glasgow et de la plupart des grandes villes d’Angleterre. Les récupérateurs à gaz ont constitué un grand, progrès à leur époque et nulle part nous n’avons vu une application comparable à celle de Paris, soit comme importance, soit comme perfectionnements. Il y a a peine deux ans, Berlin, qui n'avait pas encore les becs Auer, était moins bien éclairé que Paris. Munich, Milan, Édim-bourg ont un plus brillant aspect, surtout dans la partie que voit V étranger ; mais nous ne croyons pas qu’une sage administration doive suivre leur exemple.
- Les villes qui aujourd’hui sont réellement mieux éclairées que Paris sont Berlin, Hambourg, beaucoup des villes de l’Allemagne du Nord et, à un degré moindre, Liverpool. Ces villes, limitant l'emploi de l’électricité et développant l’incandescence par le gaz ont trouvé dans l’état actuel de la science la meilleure solution du problème, faire bien et à bon marché. Si nous devons chercher au dehors des leçons et des exemples, c’est dans ces villes que nous devrons les chercher.
- Il est question d’importants perfectionnements apportés à la lampe à incandescence électrique par M. Nernst à Gœltingue et par M. Auer à Vienne, et augmentant dans de fortes proportions le rendement lumineux. Aucun résultat précis n’ayant été publié, nous ne pouvons prévoir si ces inventions seraient de nature à motiver une plus grande extension de l’éclairage électrique public.
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- Notes sur les tramways en Europe;
- Par P. Lauriol.
- Dans cette partie de son rapport, l’auteur examine sommairement les points suivants : régime administratif, développement de réseau et mode de traction, détails de construction.
- I. — Régime administratif
- a) Monopole ou concurrence. — Le monopole et la concurrence se rencontrent à peu près aussi fréquemment l’un que l’autre. Le monopole existe en fait, et sauf légère exception, à Genève, Lausanne, Râle, Francfort, Cologne, Dusseldorf, Hanovre, Chemnitz, Nuremberg, Munich, Milan, Gênes, Rome, Liverpool, Leeds, Glasgow, Edimbourg. Nous trouvons au contraire plusieurs exploitations plus ou moins concurrentes à Zurich, Hambourg, Leipzig, Dresde, Pesth, Londres, Birmingham. A Berlin il y a plusieurs sociétés, mais l’une d’elles est de beaucoup prépondérante.
- b) Concession ou régie. — Sur le continent, dans la plupart des cas, les tramways ont fait l’objet de concessions variant entre trente et cinquante ans, avec redevance payée à la Ville, basée le plus souvent sur la recette brute. Comme exception, nous citerons Milan qui s'est réservé la construction et l’entretien de la voie et du pavage aux abords; l’exploitation est faite par une compagnie qui paye une redevance d’après les recettes brutes. A Zurich, la Ville exploite elle-même une partie du réseau à traction soit électrique, soit animale.
- La Grande-Bretagne a poussé beaucoup plus avant la municipalisation de ces sortes de services. Les concessions sont toujours données par lois, généralement pour vingt et un ans s’il s’agit d’une compagnie, avec faculté de rachat pour la commune au bout de vingt et un ans et ensuite de sepr en sept ans ; le mécanisme est le même que pour les J concessions d’électricité. |
- I Londres est desservi par des compagnies concessionnaires ; une partie du réseau a été rachetée par le Comté et louée à des compagnies d’exploitation. Pour le reste, il est question de le racheter et de l’exploiter en régie. Glasgow, Leeds exploitent en régie. Birmingham, Manchester, Edimbourg ont construit des tramways et les font exploiter par des Compagnies fermières.
- c) Tarifs. — Les tarifs sont généralement variables avec la distance, mais pour 0,10 fr ou 0,12 fr on peut faire un trajet d’au moins un ou deux kilomètres, souvent plus. Glasgow a établi un tarif â la distance, mais avec lin prix minimum de 0,05 fr seulement, moyennant lequel on peut faire la plupart des courses dans le centre de la ville.
- Dans son nouveau traité, Marseille a établi un tarif uniforme de 0,10 fr pour tout le territoire de la commune, laquelle s’étend bien au delà de l’agglomération urbaine, environ à 10 km dans tous les sens à partir du vieux Port. On s’attend a un déplacement considérable des habitants vers l’extérieur en dehors des limites de l’octroi, et de ce chef à une diminution de recette pour la Ville. On a neanmoins passé outre, laissant à chaque jour le soin de résoudre les difficultés qui se présenteront, et pensant qu’il fallait avant tout assurer au public les transports à bon marché.
- TI.— Développement de réseau et mode de traction.
- La traction électrique est à peu près le seul mode de traction mécanique employé, et parmi les diverses variantes, le fil aérien domine. Suivant les partisans de ce système, on arrive au bout de deux jours à ne plus apercevoir les fils : dans les nombreuses villes que nous avons visitées nous n’avons pu personnellement arrivera cet heureux résultat.
- Le développement de la traction mécanique est très variable.
- Genève, Lausanne, Bâle ont un réseau
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- complet avec traction électrique et fil aérien. Zurich a encore les chevaux sur une partie du réseau.
- Francfort, Cologne, Dusseldorf n’ont encore que la traction par chevaux, et aucun projet de transformation n’est définitivement arrêté. Hambourg, Leipzig, Chemnitz, Nuremberg ont un réseau complet avec traction électrique et fil aérien. Hanovre et Dresde ont le fil aérien dans les parties extérieures et les accumulateurs dans le centre. Munich a encore la traction par chevaux et une ligne d’essai avec fil aérien.
- Berlin a une ligne avec traction électrique, caniveau souterrain sur une partie et fil aérien sur le reste, concédée à la Compagnie Siemens ; une autre ligne avec accumulateurs concédée à une autre Compagnie ; et enfin une ligne avec fil aérien, sauf un petit tronçon avec caniveau. Le surplus était traîné par des chevaux. Mais un projet de transformation a été arrêté et commence à s’exécuter. La traction électrique est adoptée partout, accumulateurs dans le centre de la ville, fil aérien dans les parties excentriques. Le caniveau a été écarté malgré son bon fonctionnement, à cause de la gène imposée au public pendant la construction.
- Vienne en est encore aux chevaux avec une ligne d’essai en fil aérien.
- Budapest a un réseau très complet, avec caniveau au centre de la ville, et fil aérien dans les parties extérieures.
- Milan et Gênes ont un réseau complet avec fil aérien. Rome a quelques lignes avec fil aérien et des chevaux sur le reste du réseau.
- Marseille vient d’adopter pour tout son réseau le fil aérien avec trôlet Dickinson; Lyon a adopte le fil aérien ordinaire avec caniveau sur une très faible longueur.
- Londres en est encore à la traction par chevaux : les tramways ne pénètrent pas au centre de la ville.
- Birmingham a un mélange d’accumulateurs, de locomotives à vapeur, et de traction par câble. L’ensemble est peu satisfaisant et doit être modifié, mais rien n’est encore arrêté.
- Liverpool, Manchester, Glasgow n’ont encore que les chevaux.
- Edimbourg,emploic exclusivement la traction par câble.
- Lceds et quelques autres villes moins importantes emploient le trôlet système Dickinson ou analogue.
- Enfin Lugano possède le tramway à courant triphasé et à deux fils aériens qui reste encore sans imitateur.
- III. — Détails de construction
- a) Voie. — Les rails le plus souvent employés sont analogues aux rails Broca. Budapest emploie un rail jumelé analogue au Marsillon, mais plus haut et plus résistant, combiné avec des roues dont le boudin est au milieu du bandage ; cette disposition faciliterait le passage aux aiguilles et croisements.
- La voie, sur le continent, est généralement sur sable ou sur une fondation d'empierrement de 0,50 m de largeur pour chaque rail. En Angleterre, le béton est employé sous la plupart des chaussées importantes, qu’il y ait ou non un tramw'ay.
- L’éclissage est très fort, surtout en Allemagne. On trouve fréquemment l’cciisse-cornière et même l’éclisse enveloppant le patin.
- Toujours en Allemagne, on trouve fréquemment le joint à baïonnette destiné à empêcher le choc des roues aux abouts des rails.
- A Hambourg, de nombreux drainages sont établis aux abords des aiguilles, au point bas, etc.
- b) Jonction électrique des rails. — La jonction électrique des rails est toujours faite par des fils ou bandes de cuivre suivant des procédés peu différents les uns des autres. Des feeders de retour relient souvent l’usine centrale à divers points du réseau. Aucune autre précaution n’est prise contre les courants vagabonds qui pourraient s’échapper à travers
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- le sol, et aucun dégât par électrolyse n’a été signalé là où la jonction est bien faite. Le retour du courant par le rail est du reste supprimé dans le cas du caniveau souterrain qui comporte deux conducteurs.
- c) Fil aérien. — Extérieurement, les dispositifs employés pour le fil aerien restent à. peu de chose près les mêmes ; en dehors des types courants, assez vulgaires en général, nous n’avons à signaler comme dignes d’attention que les poteaux de Hambourg et de Hanovre, bien ouvragés, et les poteaux de Berlin (ligne de Treptow) avec une ou deux consoles courbes, très sobres, mais cependant assez gracieux.
- L’archet est théoriquement supérieur au trôlet, parce qu’il permet d’avoir aux courbes et croisements une toile d’araignée d’un tissu moins serré. En pratique, la différence est bien peu sensible.
- ' Le trôlet latéral (Dickinson et analogues! améliore certainement l’aspect ; les villes anglaises qui l’ont adopté ne paraissent pas en avoir tiré le meilleur parti possible, et l’installation actuellement en cours de construction à Paris, présentera vraisemblablement un coup d’œil beaucoup plus satisfaisant.
- d) Caniveau. —Le caniveau souterrain employé à Berlin et à Budapest se comporte partout très bien, et c’est après une expérience de quelques années que cette dernière ville s’est décidée à l’adopter d’une façon générale pour les quartiers du centre.
- Partout la fente est dans la gorge d’un des rails. A Berlin, il n’y a d'aiguillage qu’au terminus et accidentellement sur les diagonales d’évitement. A Budapest il y a, non une ligne, mais un réseau complet avec aiguilles et croisements multiples. Le tout se manœuvre sans difficulté. Le courant est seulement interrompu sur moins d’un mètre en ces points; la voiture les franchit par élan; le mécanicien doit seulement prendre soin de ne pas s’arrêter sur ces lacunes.
- Le passage du trôlet au caniveau et inver-
- sement se fait sans difficulté, surtout avec le dispositif de Berlin.
- Nous n’avons pas rencontré d’exemple de caniveau dans l’axe de la voie.
- Malgré les frais de construction considérables (80 000 fr par kilomètre de voie simple;, les exploitants estiment, dans les deux villes, que l’entreprise doit donner des bénéfices.
- e) Accumulateurs. — La plupart du temps, les accumulateurs employés sont du système Tudor, la charge est rapide et se fait pendant le parcours avec fil aérien. La Compagnie de Hanovre, après avoir fait l'airel’entretien h forfait par les constructeurs, vient de le prendre directement en régie; elle estime que l’exploitation d’un tramway suivant ce système doit être fructueuse, au moins en pays plat.
- Sur la ligne Berlin-Charlottenbourg, on a mis à l’essai les accumulateurs Watt qui, après une charge de six heures pendant la nuit, doivent pouvoir fournir un trajet de 100 km. En pratique, on n’aurait guère atteint que les 4/5 de ce chiffre; l’essai est du reste assez récent.
- f) Voitures. — Les voitures sont, presque sans exceptions, susceptibles de se mouvoir dans les deux sens, et la plaque tournante est à peu près inconnue. Le plus souvent le public est admis sur la plate-forme d’avant. La seule précaution prise est de tenir fermée la porte d’avant de la voiture, la plate-forme d’avant n’étant accessible que du dehors.
- L’impériale est très en faveur dans la Grande-Bretagne; elle est, au contraire, presque inconnue sur le continent, en dehors de la France.
- Les voitures sont généralement à deux essieux, mais les voitures à bogies sont de plus en plus nombreuses ; avec la traction électrique, on y est heaucoup moins secoué que dans les voitures ordinaires. Le système est adopté pour une partie des voitures à Hambourg, Budapest, et pour toutes les voitures à accumulateurs de Berlin. Budapest commence à employer le bogie dissy-
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- métrique où le poids adhérent se trouve augmenté pour l’un des essieux.
- g) Moteurs des voitures. — La traction s’opère a Lugano par moteur asynchrone a courant triphasé. Il serait intéressant de voir ce que donnerait le système sur un véritable réseau urbain. Partout ailleurs on emploie le courant continu sous des tensions de 350 à 600 volts avec tendance à augmenter de plus en plus. En pays plat les voitures n’ont qu’un moteur (deux quand elles sont à bogie), la moitié du poids étant suffisante pour produire l’adhérence. En pays accidenté (Gcnes, Rome) on emploie généralement la voiture à deux essieux et à deux moteurs.
- h) Usines centrales. — Les usines centrales ne présentent aucune disposition spéciale, sauf l’emploi de moteurs à gaz pauvre sur le réseau de Lausanne, et à Zurich sur la ligne Zurich-Oerlikon.
- k) Tramways alimentés par Vusine générale de distribution. — Les tramways électriques ont généralement leur usine distincte, mais les exceptions ne sont pas rares.
- A Milan il n’y a pour les deux services qu’un même concessionnaire, et les tramways sont alimentés par l’une des usines d’éclairage.
- De même à Gênes, bien que les compagnies soient nominalement distinctes.
- A Genève, Hambourg, Berlin, Rome, les usines qui distribuént l’énergie électrique en ville alimentent aussi les tramways à des prix voisins de 0,12-fr à 0,15 fr le kilowatt-heure.
- A cet égard la distribution par courant continu à 5 fils sous 4 fois no volts est la seule qui permette d’alimenter les tramways avec les mêmes génératrices sans artifice spécial. Éventuellement la distribution à 3 fils sous 2 fois 220 volts aurait le même avantage.
- Une méthode graphique pour la mesure de la différence de phase entre deux courants sinusoïdaux ;
- Par A.-G. Rossi (').
- On sait que la différence de phase entre deux ondes de périodes différentes varie avec le temps et constitue une nouvelle onde de longue période dite onde de battement.
- Soient :
- deux ondes de périodes différentes, les battements se produisent évidemment pour chaque intervalle de temps égal au plus petit commun multiple entre les durées des périodes T : leur fréquence sera donc déterminée par :
- — étant le rapport entre les deux fré-
- T0
- quences -y-.
- Comme le temps seul nous intéresse, nous supposerons que les amplitudes des deux ondes sont égales à l’unité, l’onde battante aura alors pour expression •.
- Pour rendre l’onde de battement aussi longue que possible, il suffit de prendre m et n premiers entre eux et aussi voisins que possible. En particulier, prenons :
- en nous réservant, selon les conditions de l’expérience, de choisir une valeur plus convenable de m pour exprimer le rapport Tn
- T0 - T '
- (‘) *««« Cir,
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- Nous aurons alors :
- Ij _ 2 sin r. (2 m i) wj,p cosir
- Considérons maintenant une seconde onde de fréquence ÿ- , mais décaléed’unangle 0 en avance sur :
- sin 4^(*+0)
- la combinaison des ondes i et ii supposée avec la même amplitude unité fournira, en prenant toujours n — m — i, une onde battante ayant pour expression :
- Les ondes I, et I2 peuvent s’écrire :
- Ii = a sin(3 ,»-i) Jlcos-^
- 1, = 2 sin |.(2 ,« - i) * + /«O]-L cos {t + *0) -L .
- Au temps t = ? — wT, elles ont pour valeur :
- En général, aux temps t = o, wT,
- 2 mT,.... kmT, l’onde battante I, passera
- par zéro, alors que l’onde I2 aura déjà passé par zéro depuis un espace de temps ---™ ;
- l’onde Is est donc en avance d’une fraction de période A égale à ml sur I, ; en d’autres ternies, les ondes I, et I, conservent la même différence de phase que celle qui existe entre y et vr Comme t peut, théoriquement, être pris aussi grand qu’on veut par rapport à T, il s’ensuit qu’en inscrivant graphiquement T etT = mT au moyen de traits rectilignes, on peut obtenir la mesure du décalage 0 avec la même approximation que celle du décalage 0.
- Pour appliquer cette méthode à la mesure du décalage de phase de deux courants alter-
- natifs pratiquement sinusoïdaux, l’auteur emploie un chronographe polarisé de Deprez, lequel peut inscrire sur une feuille de papier disposée sur un cylindre tournant et enduite avec du noir de fumée,'des oscillations de même phase et de même fréquence que celles d’un courant alternatif usuel (jusqu’à environ ioo périodes par seconde). A l’aide de deux appareils identiques, on pourra donc inscrire deux séries d’oscillations présentant entre elles le même décalage que les deux cou-
- rallèlement à ces deux séries d’oscillations, on inscrira en outre une autre sinusoïde à l’aide d’un électro-diapason dont la période de vibration sera choisie très voisine de celle des courants dont on veut mesurer le déca-lage.
- Si le régime est bien constant et si l’on veut opérer sur un nombre plus grand de battements, on pourra disposer le cylindre tournant de façon à ce qu’il puisse se déplacer suivant l’axe proportionnellement à sa vitesse tangentielle pour pouvoir disposer les séries de vibrations suivant des hélices.
- L’inscription terminée, on découpera la feuille de papier suivant une génératrice du cylindre et on recherchera les points de coïncidence de phase homologue entre les séries d’oscillations correspondant à chaque courant, respectivement avec la série correspondant à l’électro-diapason.
- Si (A) et (B) sont les première et seconde coïncidences de phase homologues du premier courant, et A' et B' celles du second, le décalage entre les deux ondes battantes sera AA' ou BB' et il suffira de le diviser par le nombre m de périodes compris entre les deux points A et B ou A' et B' pour avoir le décalage cherché en fraction de période du cou-
- Si l’on veut avoir le décalage en fraction de degré, il reste à diviser le quart de la longueur représentée par m périodes des courants en go degrés, ce qui peut se faire très facilement à l’aide d’une échelle de pro-
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- portionnalité faite sur verre par exemple.
- L’auteur recommande de chercher non seulement les coïncidences de phase ou zéros homologues, mais aussi les oppositions de phase en zéros antihomologues : ceux-ci constituent en effet une nouvelle onde battante et le décalage entre les deux nouvelles ondes est, comme on le voit facilement, égal
- à i8ou ---* Il y a là une vérification
- immédiate du résultat obtenu.’
- Le sens du décalage doit se déterminer par la connaissance des conditions du circuit, lesquelles ne sont nullement modifiées par la présence des chronographes.
- En somme, la méthode précédente présente le même degré d’exactitude que si l’on faisait tourner le cylindre m fois plus vite et si l’on mesurait directement le décalage entre les deux sinusoïdes.
- La méthode n’est applicable qu’avec des courants pratiquement sinusoïdaux, c'est-à-dire n’avant que des harmoniques du troisième et du cinquième ordre assez faibles. Lorsque celles-ci ont une amplitude assez grande, le décalage entre les deux courants peut être différent de celui-ci obtenu par la
- mesure du décalage des ondes battantes correspondantes; toutefois il est bon d’ajouter que dans ce cas la mesure de la différence de phase entre les deux courants n’a plus d’autre signification physique que celle qui dérive du facteur de puissance ou cos s, et qu’alors l’angle © ne représente que la différence de phase entre les sinusoïdes équivalentes aux courants non sinusoïdaux, c’est-à-dire produisant, comme on le sait, le même travail étayant la même valeur efficace.
- Le principe de la méthode de M. Rossi peut également être appliqué au procédé d’enregistrement électrochimique proposé par M. Janet, sinon avec une égale précision, du moins avec un nombre beaucoup plus restreint d’appareils.
- Les deux courants sont inscrits à l’aide de deux styles de fer sur deux surfaces métalliques égales et recouvertes d’un papier au feiTocyanure et séparées entre elles par une baguette d’ébonite. Parallèlement aux deux premiers styles, un troisième style est introduit dans le circuit d'une pile comprenant en outre un électro-diapason réglé de façon à ce que les traits d’inscription soient égaux aux espaces qui les séparent. J. R.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- SOCIÉTÉ DUS INGÉNIEURS CIVILS DE FRANCE
- Séance du Vendredi 22 Juillet 1898.
- Après une communication de M. R. Soreau sur la vapeur, le pétrole et l’électricité sur les automobiles, communication sur laquelle nous reviendrons prochainement, M. F.-H. Drouin fait une communication sur la Traction électrique des tramways par accumulateurs à charge rapide appliquée sur les lignes de la Madeleine (Madeleine-Courbevoie, parle pont de Neuillv ; Madeleine-Courbevoie, par le pont Bineau ; et Madeleine-Levallois).
- Nous avons déjà eu l’occasion de faire connaître à nos lecteurs cette installation, exécutée en 1896 par la Société industrielle des moteurs électriques et à vapeur (Établissement Heilmann), à propos de la communi-cationdeM. Lasnicrà la séance du 5 mai 1897 de la Société internationale des Électriciens (q.
- Dans sa communication, M. Drouin commence par parler du système de traction mixte, par trôlet et accumulateurs, qui a conduit à la réalisation des accumulateurs à charge rapide. On sait que les tramways de
- (’) L'Éclairage Électrique, t. XI, p. 565, 15 mai 1898.
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- Dresde et de Hanovre fonctionnent avec ce système à l’aide d’accumulateurs Tudor.
- Ce système ne pouvait être appliqué sur les lignes de la Madeleine, par suite de mesures administratives interdisant l’emploi du trôlet, même hors de l’enceinte fortifiée. D’autre part le système ordinaire de traction par accumulateurs, au moyen de batteries amovibles, n'était guère pratique puisqu’il eût entraîné la création de trois stations ou trois sous-stations de chargement aux trois tètes de lignes extra-muros. C’est pour ces raisons que les accumulateurs ont été adoptés.
- Le régime intensif auquel l’accumulateur se trouve soumis dans cette charge rapide nécessite des dispositions particulières, qui dans l'accumulateur Tudor sont les suivantes : iu emploi d’électrodes à très grande surface: 20 charge k voltage constant, et utilisation d’une partie seulement de la capacité maxima de la batterie.
- Les voitures employées pèsent en charge 14 tonnes dont 3600 kgr d’accumulateurs. La batterie comporte 200 éléments, disposés sous les banquettes.
- fin petit tableau placé h l’avant de la voilure permet démettre la batterie en communication soit avec le circuit de décharge, soit avec le circuit de charge, ce dernier comprenant deux câbles souples qui viennent se raccorder k une borne de chargement, laquelle communique avec l’usine par l’intermédiaire de feeders souterrains. La tension de charge est de 600 volts, La batterie d’accumulateurs est ventilée énergiquement pendant la charge.
- L’usine est située quai National à Puteaux. Elle comprend trois groupes électrogènes Willans-Brown de 120 kilowatts, alimentés par des chaudières Babcok et Willcox, Le tableau de distribution comporte une série d’appareils (ampèremètre, disjoncteur, etc.) pour chaque feeder.
- M. Drouin, après avoir projeté différentes vues de voitures et de l’usine, et indiqué les principaux renseignements recueillis au cours de l’exploitation de ces tramways, termine par l’exposé d’expériences entreprises en vue
- de déterminer la résistance des voitures k la traction. Ces expériences ont eu lieu par fa méthode suivante :
- On lance la voiture sur un profil connu (de préférence en palier), puis on coupe le courant. On enregistre alors sur le cylindre d’un chronographe, et k l’aide d’un contact électrique monté sur l’essieu, les espaces parcourus en fonction des temps.
- On peut en déduire une courbe des vitesses qui sertk calculer les accélérations (négatives) et par suite les résistances aux diverses vitesses. Il résulte de ces expériences que la résistance de ces voitures y compris celle du moteur tournant k vide, peut se représenter entre 5 et 25 km par la formule suivante 1ï = 3 + 'V619
- R étant exprimé en kgr par tonne et v en kilomètres k l’heure.
- La résistance R' de la voiture seule (le pignon du moteur étant enlevé) est R' = 0,94 R.
- Pour donner une idée de la précision que peut fournir cette méthode M. Drouin montre un graphique sur lequel ont été portés, en meme temps que la courbe moyenne, un très grand nombre de points provenant de toute une série d’expériences ; les essais qui n ont pas donné lieu k une concordance satisfaisante ont d’ailleurs été éliminés.
- Quelques expériences ont eu lieu également en courbe. Les résultats obtenus varient beaucoup suivant l’état du rail, le dévers, etc.; k 10 km k l’heure et sur une courbe de 40 k 45 m, la résistance atteint environ 25 kgr par tonne. La résistance dans une courbe sans dévers paraît d’ailleurs croître très rapidement avec la vitesse.
- Force contre-électromotrioe dans l’arc jaillissant entre électrodes d’aluminium;
- Par V. von Lang (').
- L’arc jaillit entre deux barres carrées d’alu-
- (J) Wied. Ann., t. LXIIÎ. p. 19W94, décembre (897.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
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- minium, dont les extrémités sont tournées jusqu’à un diamètre de 5 mm et effilées. Les autres extrémités sont soudées à des barres de cuivre fixées à des chariots qu’on peut déplacer au moyen de vis.
- De ces glissières partent d’une part des fils reliés aux câbles de la ligne urbaine (courant continu à 110 volts), d’autre part, en dérivation, aux pôles d’un électromètre de Weston. Le circuit principal renferme en outre un ampèremètre et un rhéostat.
- Quatre’observateurs déterminent aussi rapidement que possible le voltage, l’ampérage, la résistance du rhéostat et la longueur de l’arc ; il est difficile en effet de maintenir l’arc constant même pendant quelques instants.
- La valeur trouvée en moyenne pour la force contre-électromotrice est de 18,8 volts, voisine de la valeur 22 volts, que Graetz a trouvée pour un arc passant d’une électrode en aluminium à une électrode en charbon ; dans la direction contraire, la force contre-électromotrice n’est au contraire que très faible, se réduisant probablement à la force électromotrice de polarisation par l’hydrogène.
- En désignant par L la longueur de l’arc, para, |3, y, 5 des constantes, par I l’intensité du courant, la chute de potentiel V entre les pôles de l’arc peut se calculer par la formule d’Ayrton :
- V = „ + PL + = >8,78 + 3,13 L + É+yÆ.
- De la différence entre les forces contre-électromotrices dans un arc passant du charbon à l’aluminium ou de l’aluminium au charbon, ou d’une électrode d’aluminium à une autre du meme métal, on pourrait donc s'attendre à ce qu’un arc aluminium-charbon transformât un courant alternatif en courant continu ; c’est en effet ce que M. von Lang a pu constater ; mais la fraction transformée n’est que de 6 p. 100. M. L.
- Sur le courant de rupture;
- Par L. Arons (‘).
- Au lieu d’admettre, comme on le fait généralement pour trouver l’équation du courant de rupture, que la force électromotrice s’annule ou la résistance devient infinie brusquement, il -est plus logique de supposer que cette variation a une certaine durée -. La résistance R sera représentée dans cet intervalle par une fonction telle, qu’elle prenne pour t = o la valeur initiale R0 et croisse indéfiniment quand t tend vers t. On prendra, par exemple, ce qui est la forme la plus simple d’une pareille fonc-
- R — R0—?7-
- En substituant à R cette valeur dans l’équation du courant de rupture, on trouve pour l’intensité i et pour la force électromotrice de ce courant de rupture :
- où E est la force électromotrice permanente et 9 la constante de temps du circuit.
- Deux cas sont à distinguer :
- L’intensité i décroît constamment de-^-à o ; la force électromotrice y, croît à partir de o jusqu'à q- et reste finie : sa limite est d’autant plus grande que t diffère moins de 0.
- (l) Wied. Ann., t. LXIII, p. 177-182, décembre 1897.
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- _E_ 0
- l~ K(1 0 — ~
- L’intensité i décroit encore de à o ; mais la force électromotricc r( tend à croitre indéfiniment ; en fait, elle croît jusqu’à ce qu’elle soit devenue suffisante pour percer l’isolant si le conducteur est enveloppé. Si l'isolant a un endroit faible, c’est toujours en cet endroit que la décharge se produira, et il sera rapidement mis hors d’usage.
- L’influence de la durée x se voit nettement dans le tableau ci-dessous qui se rapporte à un anneau de fer, recouvert de fil de cuivre, dont le coefficient de self-induction est 4,8 Henry, la résistance 80 ohms, et aux bornes duquel agit une force électromotrice de 100 volts : on coupe le courant en 30. io”4 secondes; comme B — 600. io~* secondes, on a c<0.
- t. io‘ (-ec.). R (ohm?; •
- o 80
- 29 2400
- 29,7 8000
- 29,9 24000
- 29.98 120000
- 29.99 240000
- 29,999 2,4,10e
- 0,99
- 0,9:
- o,79
- M. L.
- Expérience de cours sur l’influence mutuelle de deux étincelles ;
- Par J.-I. Karoly (’)
- Quatre disques de zinc (fig. 1) identiques, Pii P-’i Pu-. Pu reposent sur des colonnes de verre et sont disposés deux à deux dans un meme plan vertical, les deux disques des couples différents se faisant face et étant parallèles entre eux. Latéralement on a soudé
- aux bords en regard de ces disques des tiges de cuivre, terminées par des boules /q, k2. kz, k\ ; deux de ces tiges sont reliées aux pôles d’une bobine d’induction, les autres, à des plaques métalliques enfoncées dans le sol, par des fils longs de 120 m.
- On place entre les deux intervalles explosifs une lame de verre et on écarte les boules k\ hs l’une de l’autre, jusqu’à ce qu’aucune
- Fig. 1.
- étincelle n’éclate plus ; dès qu’on enlève la lame de verre, les étincelles réapparaissent en grand nombre.
- L’expérience réussit aussi bien quand les boules sont remplacées par des cylindres arrondis à leur base, ou même par des pointes. Mais le phénomène est surtout brillant quand on intercale sur les conducteurs qui relient les plaquespt etjq au sol, des tubes de verre pleins d’eau.
- Quand l'un des disques y>3 ou pi est isolé, on fait cesser les étincelles, en approchant la main de ce disque ; mais quand les deux disques sont reliés au sol, l’approche de la main n’exerce aucune action. Si les pôles k3 /q sont formés par des pointes, les étincelles disparaissent quand on approche la main des disques, qu’ils soient isolés ou non.
- M. L.
- Distribution des charges électriques dans l’intérieur des tubes de (îeissler;
- Par E. Riecke (’)
- La différence de potentiel dans la région
- (’) Wied. Ann., t. LX1II, p. 220
- [') Wied. Ann., t. LXU, p. 612-615.
- >229.
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- T. XVI.— N° 31.
- voisine de l’anode peut se représenter en fonction de la distance 5 h l’anode par une équation telle que :
- V-_..M + asS*
- où al et cq désignent des constantes. Par conséquent, si on admet que les surfaces équi-potentielles coïncident avec les sections droites du tube, la densité cubique de l’électricité dans cette région a pour expression :
- Sur la surface même de l’anode, la densité superficielle est égale à :
- Dans la région voisine de la cathode, en comptant les distances s à partir de la limite de la région obscure et le potentiel à partir de la valeur qu’il a sur cette limite :
- V + bV* = - iV —
- En admettant que de l’extrémité de la lumière positive à la cathode, le potentiel varie d’une manière continue, [3, est égal à la chute de potentiel dans la région obscure.
- Dans l’intérieur de la lumière positive :
- V* = -*,-**
- dans la région de séparation entre la lueur négative et la lueur positive,
- Sur la surface limite entre la lumière positive et la région de séparation, if se trouve par suite une charge libre, ayant pour den-
- Ces diverses formules permettent de calculer la répartition des potentiels et des
- charges sur toute la longueur du tube au moyen des données expérimentales dues à Warburg et à Hittorf. Warburg a mesuré la chute de potentiel dans la région cathodique obscure et Hittorf les potentiels le long de l’axe.
- La courbe ci-contre représente les résultats obtenus. On en conclut que la résistance spécifique varie avec l’intensité du courant et avec la région du tube.
- M. Riecke suppose que les charges sont transportées par des ions monovalents, les uns positifs, les autres négatifs, mélangés en petite proportion aux molécules gazeuses neutres. Il calcule le nombre de ces ions d’après les données numériques empruntées
- à la théorie cinétique des gaz. Ce calcul est assez confus, par suite du mélange des quantités numériques et des quantités littérales. Les conditions sous lesquelles les nombres d’ions sont positifs sont les suivantes :
- Pour les ions positifs, il faut que le rapport — , dans lequel « io“l# représente le 'h
- nombre de secondes qui s’écoulent entre deux rencontres successives d’un ion avec les molécules, et y le poids moléculaire du gaz considéré, soit plus petit que 0,72.io-8. Pour les ions négatifs, ~~ doit être plus petit que 5. M. L.
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- BIBLIOGRAPHIE
- A Pocket Dictionary of electrical words, terms and phrases (Dictionnaire de poche des mots, termes et phrases électriques), par Edwin J. Houston. — Un volume in-16 de946 pages. — American technical baok O', éditeur, New-York, 1898.
- A la vérité, et malgré son titre, ce n’est pas préci. sèment un dictionnaire de poche que ce volume, dont les dimensions sont 16x9x5 cm et dont le poids est voisin de 500 grammes. Mais si ces poids et dimensions rendent le volume quelque peu encombrant pour une poche ordinaire, ils ont permis à l’auteur de donner les définitions d'un très grand nombre de mots techniques américains, et dès lors le lecteur, s'il consent à laisser le dictionnaire sur son bureau, ne peut se plaindre.
- Dans la préface, M. Houston prend soin de nous informer de la genèse de ce dictionnaire. Préparant un supplément pour la quatrième édition du grand dictionnaire « of Electrical Words, Terms and Phrases » qui constitue pour beaucoup d’électriciens américains la source où ils puisent leurs quelques connaissances en électricité, Fauteur s’est aperçu que le nombre des mots techniques créés depuis la publication de la troisième édition, dépassait de beaucoup le nombre des mots contenus dans celle-ci. Avec raison il a pensé qu'il était préférable de fondre les « vieux matériaux avec les nouveaux » et d'abréger les définitions afin de ren-
- dre le nouveau dictionnaire relativement portatif.
- D’après nos confrères anglais, plus à même que nous d’apprécier l’exactitude de ces définitions un peu concises, il paraîtrait que plusieurs d’entre elles ne sont pas exactes. En particulier, la définition de la « gauge S. W. G. » serait erronée. Pour cette dernière erreur, ne nous plaignons pas ; au contraire, réjouissons-nous-en; car si dans les pays de langue anglaise on ne s’entend pas sur les définitions des nombreuses « gauges » employées en Amérique et en Angleterre, ce sera peut-être une raison pour les abandonner toutes et exprimer simplement les diamètres des fils en centimètres ; nous nous trouverons ainsi debarrassés de l'ennui de recourir à des tables de conversion, et souvent même de deviner, d’après la nationalité de l’auteur, le système de * gauge » qu’il a dû employer sans l’avoir indiqué d’une manière explicite.
- Pour notre part, nous nous sommes souvent servi de ce dictionnaire pendant les quelques semaines écoulées depuis qu'il est entre nos mains. Nous avons eu plusieurs fois le regret de ne pas y trouver les définitions du mot technique que nous y cherchions; mais en général il nous a été d’une grande utilité; et nous croyons qu’il rendra de réels services aux ingénieurs électriciens obligés de se tenir au courant des progrès de l’électricité en Amérique et en Angleterre.
- CHRONIQUE
- Les installations électriques des Alpes françaises. — La Suisse n’est pas la seule contrée offrant de nombreux exemples de l’utilisation des forces naturelles à la production de l’énergie électrique ; la région dauphinoise peut rivaliser avec elle.
- Il résulte en effet de documents qui nous ont été adressés, qu’il n’y a pas moins de 60 installations d’éclairage électrique (tableau I) dans cette région, utilisant une puissance totale de près de 4600 chevaux, dont 3300 sont fournis par des moteurs hydrauliques, 140 par des moteurs à gaz pauvre et 1160 par des moteurs à vapeur. Sur ces 60 installa-
- tions, 44 sont à courant continu, 21 à courant alternatif simple, 2 à courants triphasés, 1 à courant continu et alternatif simple, 1 à courant continu et courants triphasés, et enfin une à courant alternatif simple et courants biphasés.
- Les usines pour la transmission de l’énergie à distance par l’électricité, sont au nombre de 15 (tableau II), utilisant une puissance totale ds55oo chevaux environ, fournis par des turbines, à l’exception de 50 chevaux. Sept des installations sont à courant continu, 6 sont à courant alternatif simple, une à courants biphasés et une à courants tripha-
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- U
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- Tableau I. — Installations d'éclairage électrique.
- Avenières (les'. Beaurepaire. . Bourg-d’Oisans Bourgoin . . .
- Bddes-les Bair Claix .... Cluses. . . .
- Entre-deux-Guicn
- Gièrcs. . Goncelin. Grenoble
- Meyzieu............
- Modaneet les Fournea
- Montalieu..........
- Moutiers...........
- Mure (la)..........
- Péagc-de-Roussillon. Pbri '• ’
- f de) • Pontcharra
- Moteur àgaz pauv.
- Turbines.
- A'1 oteu r à gaz pauv
- Moteur à gaz pauv. Machine a vapeur. Turbine.
- Machine à vapeur.
- Turbines. Turbine, te hydraulique.
- Courant continu.
- Courant continu.
- Turb. et mach. à
- Machine à vapeur. Turbine.
- Moteur à gaz pauv
- L.ourani continu e
- continu.
- Éclairage public.
- Éclair, d'usines (Pinat et C"5) et transport d'énergie.
- io Eclairage public.
- Eclairage deplusieurs villages et transport d’énergie.
- Eclairage public.
- Écl. d’ateliers ( Cassan)
- Ecl. d’alel. de tissage (Schwazenbach). Éclairage public.
- fublic et énergie.
- Éclairage et transport d’énergie.
- . Éclairage public. Éclairage et transport d'énergie. ÉclairagedMsine et transport d’énergie. Eclairage d’Asile départemental. Éclairage public.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- NOM DE T.A STATION PUISSANCE MOTEUR ::::::: r;r
- Saint-Geoire Üû Turbine. Courant continu. 4™ Eclairage public.
- Saint-Genis-d’Aoste . . . Turbines.
- Saint-Jean-de-Bournay. . Moteur à gaz.
- Saint-Jean-de-Maurienne. 6o Turbines.
- Saint-Pierre-d'Allevard. - V Im-bine. no Éclairage public et d'usines.
- Saint-Pierre-d'Albigny . 24 Moteur hydraul. et mot. à gaz. pauv. Éclairage public.
- St-Siméon-de-Bressieux. Machine à vapeur.
- St-Symphorien-d’Ozon . 30 ”5
- Tanninges. ... 55 Turbine. 125
- Touvet (le'> 60 Courant alternatif Eclairage et transport d’énergie
- Tullins Courant continu. Eclairage public.
- Lriage 165
- Vaulnaveys-le-Haut 15 125 Eclairage et transport d énergie.
- Vif 40 >' alternatif.
- \ illard-de-I.ans . . 18 Mach. ii vapeur et turbine. ; continu. no Éclairage public.
- Varces 15 Turbine.
- Vienne boo Machine à vapeur. > alternatif.
- 5 Turbine. Eclairage d’usine.
- 55 Machine à vapeur. B Éclairage et transport d’énergie.
- 'may 25 Turb. et mach. à vapeur. IOOO-IIO Eclairage public.
- Virieu Turbine. » continu.
- Vizille 40 ï™
- Éclairage public.
- Yenne H 103
- Tableau II. — Transmissions d’énergie.
- PUISSANCE MOTEUR SYSTÈME |! | LONGUEUR
- Arthaz-Pont-N.-Dame . . TiirKir.. Courant continu. 600 Chem, de fer du Salève.
- Allevard Courant ait. simple avec transform. Courant ait. simple avec transfert. 2500 Eclairage d’Allevard.
- Chapareillan 35o 3000 18 Eclairage de Chambéry et villages voisins. — Transport d’énergie.
- Chevenoz 1S00 Courant triphasé avec transf. 5200 12 Éclairage d’Lvian et transport d’énergie.
- Domcne 300 1 urbine. Courant continu. 2850 5 Transport d’énergie pour une fabrique.
- Egrève (Saint-' . . 1500 Éclairage et transport , d’énergie.
- Engins 500 Courant alternatif simple. 30 Éclairage et transport d’énergie à Voiron.
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- T. XVI. - N° 31.
- NOM DE LA STATION PUISSANCE MOTEUR Il 1 LONGUEUR USAGES
- Grand-I.emps 25 Mach. àvap. Courant continu. 500 Transport d’énergie entre usines.
- Grenoble j8 Réseau de tramways.
- Lancey 250 (plus tard 1 urbines. Courant ait. simple double transf. Eclairage de la vallée du Graisivaudan.
- Oyonnax-Bellegardc. . . 5000) 320 Courant continu, transm. directe. 2850 5 Transport d’énergiepour
- Pontcharra 1500 Courant alternatif. Complément de 1 installation de Chapareillan.
- Revoleyre (près\if). . . 55 > continu. lÔOO 8 Transport d’énergie à un moulin à ciment.
- Touvet (le) 30 ait. diph. Éclairage et- énergie.
- Uriage 35o » » simp. 3200 6
- Tableau III. — Usines électro-chimiques.
- NOM DE LA STATION NOM DE LA COMPAGNIE RRODUI rs
- Bathie (la) 'rZ Maison Robert. Cil! internationale du Carborundum. Carbure de calcium. Carborundum.
- Bellegarde (300 C,û des Carbures et Carb. de chaux. Carbure de calcium.
- Béron '.Saint- . . . Société du Gaz acétvlène.
- Briançon (N-D. dej. Chedcle 3 000 Société des Carbures mélall.
- 3 200 Société des Forces motrices de 1 Arve. Chlorate de 'potasse.
- Épierre Rochette frères. Carburé de calcium.
- Froges Société électro-chimique française. Carbure et aluminium.
- Livet-et-Gavct. . . Société des Soudières électrolvtiques. Soude.
- Praz (lai Société clcctro-métallurgique française- Aluminium.
- Saint-Michel . . . Société industrielle de l'Aluminium.
- Séchilienne . . . . 800 C'° française des Carbures. Carbure de calcium.
- Enfin, 12 usines électrochimiques utilisent une puissance de près de 20000 chevaux (tableau III).
- Le transport de l’énergie de Blue Lake City (États-Unis). — La station de la Blue Lake Watcr Company a été mise en exploitation le 25 août 189; (voir L'Éclairage Électrique, t. XIV, p. 227); elle fournit actuellement l'énergie à Slockton, distant de 79 km ; à Sacramento, 82 km; à Oakland, 156 km. Cette distance va être dépassée pour alimenter San Francisco, éloigné de 177 km; c'est la Compagnie californienne d’exploration, une puissante société minière, qui a eu l'initiative de ce projet ; dans le but d'amener une énergie de 10 000 chevaux, elle a
- formé avec la Blue Lake Water Company une société présidée par le prince Polatowski, déjàprési-dent de la société minière.
- Le projet est terminé et les frais prevus s’élèvent à 500 000 fr par cheval ; les travaux sont même déjà commencés. La difficulté principale de cette entreprise est la traversée de la baie de San-Francisco.
- La hardiesse qui a déjà été la caractéristique de l’établissement de l’usine à 3000 m d’altitude et sous 7 m de neige, semble devoir diriger les transports d’énergie de cette importante station centrale. G.
- Les chemins de fer urbains en Europe. — Nous désignerons ainsi tout mode de transport qui n’em-
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- prunte pas la voie publique elle-même, les uns se rattachant plus spécialement aux tramways, les autres aux chemins de fer. M. Lauriol, ingénieur des Ponts et Chaussées, qui a eu récemment l’occasion de visiter les villes européennes où ce mode de transport existe, nous fournit à ce sujet les renseignement suivants qui ne peuvent manquer d’intéresser nos lecteurs au moment où commencent les travaux du Métropolitain électrique de Paris :
- Gênes. — L'une des lignes de tramways électriques passeen souterrain sur quelques centaines de mètres, pour éviter des rues étroites et tortueuses. Ce n’est point, à proprement parler, un chemin de fer urbain. Nous le citons pour que notre énumération soit complète, et parce que l’exemple pourrait être imité dans quelques cas exceptionnels.
- Budapest. — Une ligne de tramway électrique souterrain relie le centre de la ville au jardin public en passant sous la rue Andrassy, fort encombrée de voitures les jours de fête. La ligne a 3 km et n’est reliée ni aux chemins de fer, ni au réseau des tramways proprement dits. Elle est concédée à une association formée par les deux compagnies de tramways existant dans la ville, (L'Éclairage Élec-trique, t. X, p. 299 et 529.)
- Vienne. — Divers chemins de fer aboutissant en ville ont été reliés par un quart de cercle analogue à un tronçon de notre grande ceinture et sans intérêt au point de vue urbain. Une seconde ligne vient d’être construite en ville, mais dans un quartier excentrique analogue comme situation aux boulevards Saint-Jacques et Arago ; elle est en partie souterraine, en partie en viaduc maçonné dans l’axe d’un large boulevard. Une autre ligne est en construction le long de la Wien. Le centre n’est toujours pas desservi, et il serait possible qu’on se contente de la desservir par des tramways à la surface du sol.
- Ces chemins de fer ont le gabarit normal et doivent être exploités par locomotives ordinaires.
- Ils sont administrés par un consortium où entrent la commune, la province et l’État.
- Berlin. — Actuellement, le chemin de fer métropolitain du type normal, consfruit en viaduc, exploité par locomotives ordinaires, suit un tracé dont on aurait l’analogue à Paris en allant du bois de Boulogne au bois de Vincennes en passant par les boulevards de Courcelles, de la Villettc, etc. Les voies et les gares, quoique accolées aux voies et aux gares pour trains de banlieue et trains de grand parcours, sont absolument distinctes, et le
- voyageur ne peut aller d’un réseau sur l’autre qu’en passant sur la voie publique.
- A celte ligne dite Stadtbahn se raccorde la Ring-bahn ou chemin de fer de ceinture ; mais ce dernier passe loin du centre, presque partout en rase campagne : c'est plutôt une ligne de banlieue qu’une ligne urbaine.
- La Compagnie Siemens établit une ligne électrique, sur viaduc métallique ; elle est à peu près symétrique de la Stadtbahn par rapport au diamètre est-ouest de Berlin. Les deux lignes viendront se toucher aux extrémités de ce diamètre, mais sans pouvoir sc raccorder, les deux systèmes étant complètement différents.
- La même Compagnie vient d’obtenir l'autorisation de construire une ligne allant vers le centre et se raccordant avec la précédente, mais en souterrain sur la plus grande partie du parcours.
- Londres. — Le métropolitain forme deux ellipses séparées à l’ouest, se confondant à l’est avec quelques rayons dirigés vers l’extérieur. Les grandes lignes pénètrent assez avant vers le centre pour que leurs extrémités constituent des lignes urbaines, Le tout est exploite par locomotives ordinaires ; les diverses parties du réseau, appartenant à des compagnies differentes, souvent rivales, sont assez mal raccordées entre elles.
- De la Banque ou du voisinage partent trois lignes de tramway électrique souterrain. L’une, exploitée depuis plusieurs années, se dirige vers le sud. L’autre, qui va être prochainement ouverte, atteint la gare de Waterloo sans station intermédiaire, La troisième, en cours de construction, suivra la grande artère centrale est-ouest, par Cheapside, Oxford-Strcet, etc. D’autres lignes sont à l’étude (voir ci-dcssous). -Aucune liaison n’existc entre ccs lignes électriques et les chemins de fer. (Une description détaillée du nouveau métropolitain à traction électrique paraîtra dans un prochain numéro du journal.)
- Liverpool. — Un chemin de fer électrique sur viaduc métallique circule le long des docks. Il est absolument séparé, soit des chemins de fer proprement dits, soit des tramways. Il est question de le continuer, non à travers la ville, mais du côté opposé à la Mersey, de façon à compléter une vaste ellipse fort aplatie, entourant complètement la ville.
- Glasgow. — Deux lignes parallèles passant près du centre et voisines du grand diamètre est-ouest traversent la ville en souterrain sur la plus grande partie; ce sont deux chemins de fer du
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- système ordinaire, appartenant à deux compagnies différentes, et se raccordant tant bien que mal chacun avec les lignes de pénétration appartenant à la meme compagnie. Les lignes de pénétration sont raccordées par des boucles analogues à notre ligne Saint-Lazare-Puteaux-Champ-de-Mars,
- Un tramway funiculaire souterrain décrit une ellipse et réunit le centre de la ville avec les quartiers de l’ouest. Il n’a pas de jonction avec les chemins de fer. ____________
- Chemin de fer souterrain à Londres. — Nous avons déjà (Supplément, t. XV, p. lxi) parlé de l'installation du Central London Railway ; il a été question dernièrement de deux nouvelles lignes souterraines à traction électrique.
- La première a près de 5 km, elle devait partir de la Station du Great Northern Railway à Finsbury-Park pour aboutir à Moorgate Street dans la Cité. C’est à Finsbury-Park que convergent les différentes lignes suburbaines de Créât Northern Railway Company, et la nouvelle devait aussi prolonger et dégager ces lignes. Malheureusement les 37 500 000 fr votés pour la construction n ont pas été souscrits par le public et le projet est ainsi remis pour la deuxieme fois déjà.
- La deuxième ligne projetée aura peut-être plus de succès que la précédente. Elle est également souterraine et doit aller à Brompton et à Piccadilly Circus. Le capital nécessaire sera de 15 millions, divisé en actions de 250 fr. L’émission publique doit avoir lieu prochainement.
- Les tunnels auront 5,40 m de diamètre : l’électricité sera produite par une usine établie sur les rives de la Tamise a Chelsea. G.
- A propos du carbure de calcium. — Sous ce titre M. A. Rigaut publiait dans L'Éclairage Electrique du 22 juin 1895 't. 111, p- 555) un article où, preuves en mains, il revendiquait hautement pour M. Moissan l’honneur de la découverte du carbure de calcium que les Américains, avec un sans-gêne dont les exeipples sont nombreux, attribuaient à un de leurs compatriotes, M. Thomas L. Wilson, et que bientôt revendiquait le Dr W. Borchers, le savant professeur de l’école de métallurgie de Dursbourg.
- Une récente décision du Bureau des brevets de l’Empire Allemand remet cette question à l’ordre du jour ; le Patent Amt de Berlin vient d’annuler le brevet accordé en 1894 à M . Bullier, préparateur particulier de M. Moissan. pour son procédé de
- fabrication du carbure de calcium, « ce procédé étant le seul ayant un intérêt pratique pour la production de ce corps par voie électrothermique ».
- Nous n’examinerons pas les raisons pour lesquelles le Patent Ami a cru nécessaire de revenir sur sa décision antérieure, d'autant plus que sa nouvelle décision paraît ne devoir léser aucun intérêt si, comme on l’affirme, la fabrication du carbure de calcium au moyen d’un four à charbon alimenté d’oxygène est possible et plus économique que la fabrication au four électrique. Néanmoins il nous semble utile de remettre sous lesyeux de nos lecteurs les titres des trois chimistes qui revendiquent la priorité de la découverte du procédé actuel de fabrication.
- C’est dans la séance du 5 mars 1894 de l’Académie des sciences que -M. Moissan publiait ses recherches sur la préparation et les propriétés du carbure de calcium cristallisé C*Ca, après avoir signalé le 12 décembre 1892, également dans une communication à l’Académie, la production au four élecrique d'un carbure de calcium de composition inconnue.
- C’est entre ces deux dates, le 21 février 1893, que M. Wilson prit un brevet (n° 4^2377) dans lequel nous relevons l'alinéa suivant :
- « Je me propose d’appliquer mon invention au traitement des composés réfractaires métalliques ou des minerais, non pas nécessairemeni pour la production des métaux eux-mêmes, mais encore pour la fabrication d'autres composés ; par exemple, j’ai déjà appliqué mon procédé pour réduire la chaux et produire le carbure de calcium. » .
- Dans l’article précité, M. Rigaut faisait observer combien est vague et insuffisant ce terme de carbure de calcium. En effet, « il peut exister bien des carbures correspondant aux différents carbures d’hydrogène » et le brevet de M. Wilson, « qui ne donne pas de mode de préparation, n’indique ni la composition du carbure, ni ce caractère particulier du carbure C'Ca de dégager de l’acétylène au contact de l’eau, caractère qui • donnerait une identité et fixerait la composition du produit >». En outre, M. Rigaut remarquait que dans son brevet M. Wilson « insiste sur la nécessité d'empêcher toute fusion de la masse », tandis que dans une demande de brevet faite en Allemagne en 1895, il « reconnaît que la fusion est indispensable pour la fabrication du carbure, condamnant ainsi sa manière de voir de 1893 ».
- Quant au Dp W. Borchers, ildéclare dans la seconde
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- 30 Juillet 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- édition de son Elektro-Meiallurgie, avoir réduit la chaux par le charbon, dès 1887, dans un four électrique de construction analogue à celle des fours rnaintenant employés; il ajoute que dans la première édition de son ouvrage, il a établi que tous les oxydes sont réductibles par le charbon porté électriquement a une haute température, et que comme la combinaison du carbone avec le calcium est un fait connu depuis 1862, la fabrication du calcium par le four électrique devait se déduire immédiatement de ses travaux.
- On voit que les revendications de Borchers et de Wilson portent sur la préparation du carbure de calcium au four électrique; ni i’un ni l’autre ne réclament l’idée d’appliquer le carbure de calcium ainsi préparé à la production industrielle de l’acétylène. C'est cependant cette application qui, à elle seule, donne de l’importance au carbure de calcium et ce sont MM. Moissan et Bullier qui les premiers l’ont signalée. Il nous paraît donc que si les travaux de Wilson et surtout ceux de Borchers ont pu déterminer le Bureau des brevets allemands à annuler les brevets Bullier, ils n’enlèvent nullement à M. Moissan l'honneur d’avoir créé une nouvelle industrie en donnant un procédé pratique pour la fabrication d’un corps déjà entrevu trente ans auparavant et en indiquant une application importante de ce corps.
- Sur le rendement lumineux des oxydes rares incandescents. — Les causes du rendement lumineux élevé des oxydes rares portés à l’incandescence intéressent non seulement les gaziers, mais encore les électriciens, du moins si l’on en juge d’après les nombreuses tentatives qui ont été faites pour augmenter l’intensité lumineuse des lampes à incandescence par watt dépensé, en incorporant au Marnent des substances à grand rendement lumineux. (Voir L'Éclairage Électrique, t. I, p. 175; t.VI p. 273 et 529; t. VII, p. 574; t. VIII, p. 534; t. XV' p. 190.)
- De nombreuses théories, invoquant toutes quelques phénomènes exceptionnels, ont été proposées pour expliquer ce grand rendement ; dans une note récente à l’Académie des sciences (séance du 27 juin), MM. H. Le Chatelier et O. Bondouard montrent que chacune de ces théories est en contradiction avec l’observation directe des faits et que les lois ordinaires du rayonnement suffisent pour rendre compte du rendement lumineux élevé des oxydes
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- rares portés à l’incandescence; voici ce qu’ils disent à ce sujet :
- La luminescence, c’est-à-dire une sorte de fluorescence par laquelle certaines radiations des corps incandescents seraient transformées en radiations de longueur d’onde différente, sert de baseà l’explication le plus souvent donnée de l’éclat considérable des manchons aux terres rares. Cette théorie a été formulée la première fois par MM. Nichols et Snow (<uhil. Mag., t. XXX111, p. 19; 1892) pour expliquer l’incandescence de l'oxyde de zinc; elle suppose que. pour certaines radiations, le pouvoir émissif du corps est supérieur à l’unité. Ces savants se sont contentés de montrer que le pouvoir émissif de l’oxyde de zinc était supérieur à celui du platine; mais, comme celui-ci n'est que de 0,25, lu preuve n’est pas concluante. Nous avons étudié le pouvoir émissif des manchons Auer en recouvrant la surface d’un couple thermo-électrique d’une pâte de même nature, et mesurant le rapport de l’intensité de la radiation superficielle à celle du fond de fissures mettant à nu le platine. Les nombres obtenus ainsi sont erronés par excès à cause du défaut de profondeur des fissures qui ne réalisaient pas rigoureusement une enceinte close à température
- Température. X = (ftp. X =*- 345. X = 460.
- Des résultats semblables ont été obtenus en comparant à température égale la radiation des manchons à celle de l’oxyde magnétique de fer qui, au moins dans le rouge et le vert, se comporte comme un corps sensiblement noir.
- Le pouvoir émissif des manchons étant, à toute température et pour toute radiation, inférieur à l’unité, il n’y a pas lieu d’admettre l’existence du phénomène spécial de luminescence. On a seulement affaire à un corps dont le pouvoir émissif est différent d’une radiation simple à une autre et varie inégalement avec la température. C’est le cas de tous les corps colorés sans exception, et il n’y a peut-être pas dans la nature un seul co^ps qui ne soit plus ou moins coloré.
- Un pouvoir émissif exceptionnel a été indiqué par S. John (Wied. Ann., t. LVI, p. 453 ; 1898) comme la cause principale du rendement lumineux du manchon En fait, son pouvoir émissif est inférieur à celui de beaucoup d’autres corps tels que Fc-'O4, U303, etc., dont le rendement est au contraire très faible. Ce rendement, d'ailleurs, devrait plutôt
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- T. XVI. — N° 31.
- varier en raison inverse du pouvoir émissif, comme le montre l’éclat de la chaux et de la magnésie employées pour la lumière oxhydrique. Le faible pouvoir émissif de ces corps les oblige à prendre une température plus élevée pour pouvoir diffuser par rayonnement l'énergie qu’ils reçoivent au contact des gaz chauds, et l’on sait que plus la température est élevée, plus la proportion relative des
- Platine............ i 290°
- Oxyde de fer. ... 1 o8ou Manchon Auer. . . 1380° Oxyde de thorium. 1290"
- Oxyde de cérium. . 1110"
- Oxyde d'uranc. . . 1070"
- Oxyde de lanthane. 1250°
- On voit que le platine, par exemple, dont le pouvoir émissif est le quart de celui du fer, donne cependant dix fois plus de lumière.
- Une température extraordinairement élevée du manchon, supérieure à 2000°, serait, d'après M. Bunte (Ber., XXXI, 5; 1897. Ecl.Elect., t. XV, p. 308), la cause principale de son éclat. Cette température résulterait d'une action catalytique des oxydes qui provoquerait la combustion dans les pores mêmes du manchon. Nous avons reconnu qu'en réalité, à une température donnée, l'éclat est le môme, que la matière incandescente soit chauffée dans un mélange gazeux en combustion ou dans des fumées chaudes, mais déjà complètement brûlées. Là où les réactions de combustion sont achevées, les actions de présence ne peuvent jouer aucun rôle.
- En outre, la température n’est pas exceptionnellement élevée ; elle ne diffère pas, aux erreurs expérimentales près, de celle des particules du charbon en suspension dans la flamme ordinaire du gaz, soit en nombres ronds 1650°. Pour déterminer cette température, nous avons comparé l’éclat des filaments d’un bec Auer ordinaire, petit modèle, en service depuis plusieurs mois, avec l’éclat d'une matière semblable placée sur la soudure d'un couple, t
- L’éclat en fonction de celui du platine a été, pour un filament de la partie moyenne de la région brillante d’un bec Auer :
- 1er2 x 23 m-2 x 42 10 2 x 41
- radiations lumineuses devient grande, au moins dans le cas des corps non colorés.
- Voici quelques résultats obtenus en plaçant au même point de la flamme d'un brûleur Bunsen la soudure d'un couple, aplatie en un disque de 1,5 mm de diamètre et recouverte de différents oxydes. Les intensités sont exprimées en prenant comme unité la radiation correspondante du platine fondant.
- U45
- '->,15
- 0,05
- L’éclat de la même matière placée sur un couple
- 1300°. . 1,9 3,1 2
- 1500°. . 14 28 17
- La température du manchon résultant de la comparaison de ces chiffres varie de 1590 à 1710° suivant la radiation utilisée ; cet écart donne une idée du degré d’approximation que comportent de semblables expériences.
- En résumé, la théorie du bec Auer peut être ainsi formulée : le manchon est composé d’une matière dont le pouvoir émissif à la température où il fonctionne est différent pour les différentes radiations; c'cst donc, au moins à cette température, ce que l’on appelle un corps coloré. Son rendement avantageux résulte de ce que son pouvoir émissif très grand, voisin de l'unité pour les radiations bleue, verte et jaune, est moindre pour le rouge et sans doute beaucoup plus faible encore dans l’infrarouge. La proportion d’énergie rayonnée sous forme de radiations visibles est par suite très grande; cependant la valeur absolue de l’énergie ainsi rayonnée sous forme lumineuse est moindre que celle qui serait émise par un corps noir pris à la môme température. Mais un corps noir semblable placé dans les mômes conditions de chauffage et avec une même étendue de surface rayonnante, prendrait seulement une température beaucoup plus basse et n'aurait alors qu'un rendement lumi-
- Le gérant G.. NAUD
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- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ /
- DIRECTION SCIENTIFIQUE N
- A. CORNU, Professeur à l'École Polytechnique, Membre de l’Institut.— A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. --D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ. Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. —
- J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- SUR LES ÉCRANS MAGNÉTIQUES (D’après H. Du Bojs)
- Le problème des écrans magnétiques est à l’ordre du jour, à cause des récentes discussions relatives aux induits dentés et aux induits à trous (*). M. Du Bois s’est proposé d’en reprendre l’étude et d’en tirer des conclusions pratiques, applicables en particulier à ces formes d’induits. Son travail a paru en deux fois dans les Annales de Wiedemann, puis récemment dans The Electrician if). Nous allons le résumer ici, en y réunissant un mémoire de M. Searle relatif à la même question (3), et une note de M. Du Bois sur les prétendus écrans tangenticls (4). Il s’agit seulement, dans tout ce qui suivra, des modifications permanentes apportées à un champ magnétique par l’introduction d’une masse magnétique; l’action des courants induits est laissée complètement de côté.
- Historique (5). — C’est Barlow qui s’est
- (‘) VÉclairage Électrique, t. XIII, p. 133, 136,363, 383, 415 5 1897, et t. XIV, p. 252; 1898.
- (s) Du Bojs, Wied. Ann.,x. LXIII, p. 348; 1897 et t. LXV, p. 1 • 1898. — The Electrician, t. XL, p. 218, 316, 5n, 652, 814, et t. XLI, p. 108 ; 1898.
- (3) Searle, The Electrician, t. LX, p. 456 et 510; 1898. (v) Du Bois. Wied. Ann., t. LXV, p. 403 ; 1898.
- (5) Barlow, An Essayon « Magnetic attractions », London, 1820. — Stefan. Wien. Ber., t. LXXXV, deuxième part.,
- occupé le premier de l’effet protecteur d’une couche sphérique creuse; Poisson a donné un peu plus tard une solution de ce problème, au moyen des harmoniques sphériques. La question ne fut guère reprise, au point de vue théorique, qu’en 1882, par M. Stefan, qui étudia le cas de cylindres creux indéfinis, placés dans un champ uniforme normal à leur axe, et fit à ce sujet de nombreuses expériences, en mesurant le champ primitif et le champ intérieur par la méthode de déviation ou par celle des oscillations. Depuis, les. travaux théoriques sur les écrans ont été très nombreux; on en trouvera la nomenclature en note et dans les articles relatifs aux induits à trous, parus récemment dans ce journal. Au point de vue pratique, les écrans magnétiques ont été d’ailleurs utilisés dès 1858 par Lord Kelvin pour ses galvanomètres marins, et depuis par de nombreux expérimentateurs.
- Théorie des écrans bilamellaires sphériques ou cylindriques. — L’auteur traite d’abord le
- p. 613 ; 1882, et Wied.-Ann., t. XVII, p. 928; 1882. — Lord Rayleigh, Phil. Mag. (5), t. XXIII, p. 245 ; 1887. Rücker, Phil. Mag. (5), t. XXXVII, p. 95 ; 1894. — Perry, Phil. Mag, (5), t. XXXVIII, p. 270; )894. — Du Bois et Rubens, EkUrolechnische Zeitschrift, t. XV, p. 321 ; 1894. — The Electrician et Elektrotechnische Zeitschrift, juin-deeem-bre 1897. — Mordey, Phil. Mag., décembre 1897.
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- cas de deux couches concentriques, sphériques ou cylindriques: ces écrans bilamellaires sont supposés placés dans un champ uniforme qui, dans le cas des cylindres, est normal à leur axe; leur perméabilité magnétique est considérée comme constante. Les rayons intérieur et extérieur de la couche interne étant désignés par et Rt, ceux de la couche externe par 1\ et R2, nous emploierons les notations suivantes :
- Pour les couches sphériques.
- IV
- R23
- R,s
- Pour les couches cylindriques.
- Rp
- IV
- RP
- mément, on a pour expression du champ h l’intérieur de la cavité,
- ct H; = 2ïtI,
- 3
- respectivement pour la cavité sphérique et la cavité cylindrique.
- 2° Considérons maintenant le cas de deux couches sphériques ou cylindriques concentriques; on a à écrire pour les différentes surfaces les conditions exprimant la continuité de l’induction; on trouve ainsi des expressions du quatrième degré en u, qui
- pour une double couche sphérique,
- et pour une double couche cylindrique
- Si on représente par He le champ uniforme extérieur et par H,- le champ à l’intérieur de l’écran, uniforme par raison de symétrie, on prendra pour « nombre de mérite » ou « protection » de l’écran le rap-
- T Considérons d’abord le cas d’une sphère magnétique solide. Le champ démagnétisant
- I désignant l’intensité d’aimantation, de sorte que la valeur de l’induction a l’intérieur de la sphère est
- B' = H, + IL + 4^I = He.+ Aff i.
- Pour un cylindre plein, on aura
- H'f= —2rl et B' = I-L + HV+47cI = He+.27Tl,
- Dans le cas inverse où une cavité sphérique ou cylindrique se trouve place'e dans une masse magnétique indéfinie aimantée unifor-
- [<-«.».)+VA <>
- Remarquons que les seconds membres s’annulent si on suppose ja = i, ou encore si les deux écrans deviennent infiniment minces, auquel cas on a pi = pi=s i, ms = o, etc.
- Remarquons aussi que les quantités p, ç, m, n ne dépendant que du rapport entre le diamètre des écrans et leur épaisseur, la protection exercée par des systèmes semblables est la même.
- Transformation al discussion des équations théoriques. — i° Comparons les protections obtenues avec deux couches et avec une seule: il suffit pour obtenir les expressions correspondant à ce dernier cas de supposer l’une des deux couches infiniment mince, par exemple de faire tendre R2 vers rs, ce qui donne p2 —; i, mî — o. On aura alors : pour une seule couche sphérique
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- 6 Août 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- et pour une seule couche cylindrique
- T______-1 (K-I)2
- La première de cés deux expressions a déjà été obtenue par Maxwell, et la deuxième par Stefan.
- Une autre manière d’arriver au même résultat est de supposer que la couche d’air intermédiaire disparaît, c’est-à-dire de faire rs = R,; en posant alorsp' = on aura pour la couche sphérique unique de rayons r, et R,.
- et de même pour la couche cylindrique
- On voit que la protection est bien moindre que celle obtenue lorsqu’il existe un intervalle d’air; dans les expressions (h; et (iY le deuxième terme de la parenthèse, qui est positif, s’annule en effet si on suppose R, r„,
- 2° Supposons maintenant que l’intervalle d’air augmente beaucoup, l’écran externe s’éloignant du premier assez pour que les deux écrans ne s’influencent pas réciproquement; on pourra alors considérer l’écran interne comme agissant simplement pour réduire le champ uniforme existant à l’intérieur du premier, en sorte qu’on aura :
- g
- Ee_
- H,
- He
- On peut se rendre compte autrement de ce résultat : les relations (i) peuvent s’écrire :
- c’est-à-dire
- 1 — 0i)
- ']
- (3/
- g=gig*
- 8
- 8i
- fl* — h2 (2 f*1 + 5
- (4)
- Sous cette forme on voit que quand le rapport tend vers o, g tend vers le produit gl g^ puisque les expressions pl% ou qa tendent vers o.
- 3° On étendrait sans grandes difficultés la solution au cas de n couches sphériques ou cylindriques; le calcul serait seulement de plus en plus pénible.
- Remarquons que les résultats obtenus pour les couches sphériques et cylindriques peuvent donner des renseignements pour le cas des surfaces de révolution intermédiaires; en effet, le calcul étant effectué pour les couches sphériques et cylindriques telles que les coefficients correspondants (les m et les n, c’est-à-dire les rapports des volumes), soient les mêmes, le résultat numérique sera intermédiaire entre les deux précédents pour des surfaces de révolution confocales intermédiaires, telles que les rapports des volumes soient les mêmes que les précédents.
- 4° On peut simplifier les expressions précédentes en remarquant que ;jl est un nombre assez grand ; si on suppose seulement ;j. > 100, on pourra sensiblement transformer les relations (i) ;2) et (4) en les suivantes :
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- S-= «,?.-tU (>‘ + f) ,
- , G4'
- g = gi ’
- Des relations (2)" on peut tirer une expression simple de la susceptibilité en fonction de la protection. Si 011 remarque que u. — 2 est égal à 47c/r—1 ou sensiblement 4-k. on
- et
- g-i-hn.
- Cette dernière relation avait déjà été indiquée par Stefan.
- 5° Lorsque les épaisseurs des écrans sont très faibles par rapport à leur rayon moyen, on peut encore simplifier les relations générales, en mettant en évidence l’épaisseur R — r qu’on désignera par d, et en remplaçant alors les termes Rr ou r2 par R-. On trouve ainsi facilement : pour les écrans bilamellaires
- r—=U,'-z'l[JTr
- et pour les écrans unilamellaires 2 d
- g -‘ = -3 -R
- ou sensiblement
- ou sensiblement
- (2)"’
- Application à la mesure de la perméabilité — Les relations précédentes permettent de calculer la perméabilité d’un écran; il suffit de mesurer le rayon de l’écran (ou sa circonférence), son épaisseur, et de déterminer la protection. Cette méthode a été indiquée par Maxwell, pour le cas d’une couche sphérique. (Traité, t. Il de la traduction française, p. 66.}
- Relation entre le poids et la protection des écrans.— Il est intéressant de chercher comment varie la protection exercée par un écran avec le poids de cet écran.
- Si on considère d’abord le cas .d'une seule couche dont le rayon intérieur reste fixe, la protection augmente évidemment avec le rayon extérieur, mais tend vers une limite dont elle se rapproche assez vite; le poids augmente au contraire d’une façon continue et très rapide, de sorte qu’il n’y a guère d’avantage à dépasser une épaisseur de l’ordre du dixième du rayon moyen.
- Dans le cas de deux couches, on doit, pour se rendre compte de l’influence du poids, effectuer un calcul assez complexe; si on se donne les rapports pt et p,, ce qui est le cas le plus fréquent, on démontre qu’il existe une certaine valeur du rapport pls correspondant, pour une protection déterminée, à un minimum du poids total; cette valeur est donnée, dans le cas de deux couches sphériques, par la relation
- /| {n2p., pir + 8 w, mg — P-2
- ~^gi gtmi + + '«,“) = o.
- Si 011 suppose les deux écrans de formes correspondantes, c’est-à-dire tels que pi =p., = p* on peut déduire de la relation précédente l’expression approchée
- qui convient à la fois pour les surfaces sphériques et cylindriques, et est indépendante de la perméabilité.
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- 6 Août 189S.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Si on. suppose les deux écrans très minces, on aura sensiblement p — i, d’où
- On en déduit pour la forme de poids minimum :
- pour les couches sphériques,
- -g-= 1,3415.
- et pour les couches cylindriques ^. = ^24143 = 1.5538*
- Diagrammes représentatifs. — On a représenté dans la figure 1 la disposition des lignes de force et des lignes équipotentielles pour le cas d’une couche sphérique unique, normale a un champ primitivement uniforme. Ce cas est celui qui se prête le plus facilement au calcul, dans lequel interviennent seulement les fonctions cylindriques. On a pris 102 pour valeur de la perméabilité. Chacun des quadrants correspond à l’un des cylindres caractérisés par les valeurs suivantes :
- (La discontinuité apparente des lignes de force dans le cas des deux couches les plus minces provient de ce que les lignes de force sont à l’intérieur de la couche magnétique presque tangentes a la surface, par suite difficiles à figurer.)
- La valeur de'g-, qui correspond au quatrième cas, est celle qui convient à un très petit canal percé au centre d’un cylindre magnétique.
- Il est facile de déduire de la théorie des fonctions conjugués que si on suppose échan-
- gées les régions magnétiques et non magnétiques, les lignes de force du premier diagramme deviennent les lignes équipotentielles du second et réciproquement, de sorte que les figures précédentes représentent en même temps les diagrammes qui conviendraient au cas de cavités cylindriques pratiquées dans une masse magnétique indéfinie. Insistons un peu sur ce dernier cas, important pour la pratique : si on considère une cavité cylindrique de section circulaire, normale aux lignes de force, on sait que, en désignant par R l’induction dans la masse de fer indéfinie, le champ à l’intérieur dé la cavité a pour valeur ; dans une cavité cylindrique indéfinie parallèle aux lignes de force, le champ aurait pour valeurle cas d’une cavité de section elliptique allongée normale au champ est évidemment intermédiaire entre les deux cas precedents, et par suite le champ y a une valeur comprise entre et ce qui suffit pour donner
- son ordre de grandeur.
- Dans le cas d’une cavité de forme sphérique placée dans une masse de fer aimantée uniformément, et où l’induction a une valeur B, on trouve que si la perméabilité a une valeur suffisamment élevée, le champ à l’intérieur de la cavité a pour valeur .
- On a pu reproduire par des spectres de limaille les résultats représentés par la figure 1. La figure 2 représente en particulier le spectre obtenu au moyen d’une lame plate pour transformateur, réalisant à peu près le cas du quadrant n" 1. L’affaiblissement du champ à l’intérieur est indiqué parla finesse relative des lignes de limaille.
- ‘Protection intérieure et extérieure. — Dans ce qui précède, il a été seulement question de l’affaiblissement du champ à l’intérieur d’un écran placé dans un champ uniforme; on peut se proposer d’étudier aussi l’action protectrice exercée par l’écran sur les points extérieurs, le champ étant produit à l'intérieur.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T.XVI.-N° 32.
- Il faut d’abord remarquer que cette protection est nulle dans certains cas; par exemple, un pôle placé au centre de couches sphériques concentriques produira un champ rayonnant qui ne sera pas modifié parla présence de ces couches.
- Mais si on considère un champ non ration-
- nant, il sera modifié par la présence d'une enveloppe. Occupons-nous, par exemple, du cas qui correspond à la protection contre un champ extérieur uniforme: on peut supposer celui-ci produit par deux pôles de signes contraires placés symétriquement de part et I d’autre du système protecteur, à une distance
- Fig. x. — Cylindres magnétiqi
- uniforme.
- suffisante; en appliquant alors la théorie des polaires réciproques, on aura h considérer deux pôles intérieurs inverses des premiers par rapport à une certain cercle moyen de l’écran; en désignant par g et k les quantités qui représentent les protections dans l’un et l’autre cas, c'est-à-dire la protection intérieure. on a
- k==g'
- Cette égalité a été établie par Poisson et Stefan respectivement pour une seule couche sphérique-ou cylindrique, puis étendue par Rücker au cas de plusieurs couches sphériques; on pourrait aussi l'établir sans difficulté pour le cas de couches cylindriques, mais M. Du Bois se propose d'en donner plus tard une démonstration générale fondée sur l’impossibilité du mouvement perpétuel.
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- Recherches expérimentales. — Des expériences furent faites d’abord sur des cylindres de fer destinés à la protection des galvanomètres, et dont les rayons étaient 2,7 cm et 5,7 cm, et la hauteur 14 cm; on mesurait
- BlBiiiSif
- Slï®nS-'r.;j
- gppîiftt.-ssfc |
- Fig. 2. — Cylindre dans un champ uniforr
- la protection en faisant osciller un petit aimant dans le champ terrestre sans écran, puis entouré par l’écran; mais les résultats obtenus ainsi n’étaient pas concordants, et variaient avec l'azimut, à cause de l’impossibilité d’éviter quelque aimantation préalable des cylindres.
- On employa alors la méthode suivante : un aimant en fer à cheval qu’on peut déplacer en hauteur et en direction est disposé à l’intérieur du cylindre de manière que le petit aimant mobile soit soumis à une force identique à celle du champ terrestre, malgré l’aimantation permanente ou par influence du cylindre ; ce résultat est obtenu lorsque la direction de l’aimant mobile et sa durée d’oscillation sont les mêmes que dans le champ
- terrestre non altéré ; on mesure alors les déviations de l’aimant mobile produites respectivement sans écran et avec écran par l’action d’un aimant extérieur. Une méthode analogue permettait la mesure de la protection extérieure.
- La plupart des expériences ont porté sur trois cylindres formés par la juxtaposition de quatre, cinq ou six feuilles de fer pour transformateur, ayant 0,045 cm d’épaisseur; leur hauteur était de 30 cm, ce qui permettait de négliger l’influence des extrémités sur la partie centrale. Voici les données relatives à ces cvlindres :
- R r ! .
- R q
- cm liS
- J 0,270 2,285 2, 555 0,896:0,803 0,197 1,03
- 0,180 ,,.080 4.260 0.959 0,920 O, 080
- 3 0,225 6,175 6,400 o,<j6s 0, 93X 0,069 2,35
- La perméabilité de chacun des trois cylindres fut déterminée en mesurant leur protection et en appliquant la formule donnée plus haut. La protection g fut ensuite mesurée pour les trois combinaisons bilamellaires possibles, et les résultats compares avec les valeurs calculées; dans ce calcul on remplaçait [V par le produit des perméabilités des deux cylindres employés dans la combinaison correspondante.
- 1- CALCULÉ g g k
- il.. .«1 = [99 10,8 10,9
- Unilamellaire. < 2 . . [*a — *6° 4,2 4,4 2,8
- f 3 • ^3 = V7 4 4,2 3-5
- ; ;2.3)- 168 éT..= lM 12,1 n,4 13 6,3
- Bilamcllaire. . (1,3). |2S = 188 £•13=43,5 38>4 35.6 »
- ;i,2). |/g, |2,= 179 gu ~ 45 32,8 31. 2 3i
- Trilamellaire (1,2,3}. • 179 g<g*g* = 71,2
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- ün voit qu’il y a accord satisfaisant, d’une part entre les protections observées et calculées, et d’autre part entre les protections (observées) intérieure et extérieure, g et k.
- Dans la dernière colonne on a place les valeurs mesurées de la protection extérieure relative au champ d’un aimant dont la ligne des pôles coïncide avec l’axe du cylindre, la distance des pôles étant environ le 1/3 de la hauteur du cylindre; cette protection ne peut ctre calculée par les méthodes exposées plus haut ; elle est de l’ordre des précédentes, quoique plus faible.
- De nombreuses expériences ont été faites pour contrôler la méthode même de mesure; c’est ainsi que les résultats obtenus à différentes reprises avec un même cylindre concordent bien, bien que son état magnétique se modifie évidemment d’une expérience à l’autre. Pour l’un des cylindres,' on produisit
- une aimantation assez intense en l’entourant d’un fil parcouru par un courant ; cette aimantation, qui influait sur la valeur de la perméabilité, n’a pas changé sensiblement la protection ; cette constatation est importante, puisqu’elle montre que l’action des bobines qui peuvent se trouver dans les instruments U protéger peut être négligée. Enfin l’étude du champ le long de l’axe a vérifié que l’influence des extrémités pouvait être tout à fait négligée dans la partie centrale, dans de larges limites.
- Mesure de la perméabilité. — La méthode de mesure de la perméabilité indiquée plus haut, consistant à mesurer la protection et à en déduire par le calcul la perméabilité, a été appliquée à un certain nombre de cylindres faits avec des plaques de tôle prises dans la même pièce ; les résultats sont réunis dans le tableau suivant :
- ÉPAISSEUR 2 1t R g i* REMARQUES
- 0,270 2,285 10,8 199 les trois cylindres décrits plus haut; respectivement 6, 4
- 4 77 et 5 couches.
- 0,045 6,3 2,45 170 1 couche; joint par recouvrement.
- 0,045 15,4 1,92 102 1 » joint après amincissement des bords.
- 0,045 13,9 2,11 in 1 » joint par recouvrement.
- 0,045 I3, 9 i,99 100 1 »> joint en biais.
- 0,090 6,9 2,79 109 2 > ) d'abord recuit depuis quatre jours.
- 0,090 16,9 2,89 117 2 » j
- 0,039 13 3» l7 234 1 » joint par recouvrement,lefil parallèle àl'axe.
- 0,039 ' 13 3, H 231 1 » » lefilperpendiculaireàl axe.
- 0,039 13 2,63 176 1 » joint par recouvrement.
- Ces résultats sont assez concordants, malgré la différence de traitement des lames ; la nature du joint a peu d’importance, ainsi que sa position par rapport au champ.
- M. Du Bois a construit sur ce principe un perméamètre pratique : il se compose d’un tube de verre muni d’un petit aimant mobile et d’un aimant en fer à cheval destiné à corriger comme il a été dit l’influence de l’aimantation des pièces à étudier ; celles-ci sont des plaques qu’on roule simplement à la surface
- du verre; enfin le champ auxiliaire, qui pourrait être obtenu au moyen d’aimants, est produit par deux bobines parallèles situées de part et d’autre de l’écran, et donnant un champ à peu près uniforme.
- La plus grande difficulté pour arriver à des mesures de précision, lorsqu’on veut employer des champs autres que des champs très faibles, est de connaître la valeur du champ à l’intérieur de la pièce de fer elle-même ; ce champ est évidemment plus faible que le
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- champ primitif, et plus fort que le champ existant à l’intérieur de l’écran; c’est de ce dernier qu’il se rapproche probablement le plus.
- Il est à souhaiter que les industriels s’occupent un peu plus de la perméabilité de leur fer, ce qui serait facile au moyen d’appareils aussi simples que le précédent; M. Morris (') a montré par exemple qu’en recuisant de différentes façons des feuilles de tôle, on pouvait faire varier leur perméabilité initiale à la température ordinaire de 178 à 450; un autre résultat curieux est qu’à environ 750", c’est-à-dire un peu au-dessous de la température critique du fer, la perméabilité initiale prend une valeur énorme, qui a été jusqu’à 12660. Ces résultats montrent qu’on pourrait sans doute, sans grande difficulté, obtenir des écrans de très haute perméabilité, exerçant par suite une protection presque parfaite.
- Applications de la protection. — Ce qui précède suffit pour montrer les effets que l’on peut obtenir avec des écrans bilamellaires ; on pourra trouver des renseignements sur le cas d’un plus grand nombre de couches dans le mémoire déjà indiqué de M. Rücker.
- Il peut arriver qu’un galvanomètre par exemple, bien protégé contre les actions constantes, éprouve une petite perturbation au moment d’une variation; cela peut être dù soit au retard magnétique de l’écran, soit aux courants induits qui s’y produisent, ou à ces deux causes réunies ; on peut d’ailleurs sup- 1 primer l'action des courants induits en subdivisant la masse magnétique, par exemple en employant un noyau de fils recouverts.
- Une très intéressante application a été réalisée à l’observatoire magnétique de Greenwich, où on protège l’espace extérieur contre le champ d’une dynamo de 2 kilowatts, au moyen d’un écran à trois couches (-1.
- (') Hei.rorn, Berichle AkadBerlin, février 1897, p. 95. — D.-K, Morris, Dissert. Université of Zurich, 1897, et Phü. Mag. (5), t. XLIV, p. 213 ; 1897.
- (!) W.-H.-M. Christie, TheEleclriciun, t. XXXI, p. 446.
- Protection et actions mécaniques. — Supposons un système électromagnétique soumis de la part d’un champ magnétique à une certaine force tendant à produire un mouvement de translation ; si on entoure ce système d’un écran, la force est diminuée dans le rapport puisque le champ est lui-même diminué dans ce rapport; la quantité 1-------—
- dont la force a diminué se retrouve dans une force qui agit maintenant sur l’écran dans la même direction, quelle que soit la forme de l'écran. Si, au contraire, dans la région où se trouve le système le champ est augmenté, c’est-à-dire si on a g< 1, la force agissant sur le système se trouvera augmentée; mais alors
- l’expression 1------- est négative, de sorte
- que la force représentée par cette quantité agit sur l’écran en sens inverse de la force primitive.
- Si on considère en particulier le cas d’écrans uni ou bilamellaires, les expressions données précédemment pour g permettront d’effectuer le calcul dans chaque cas.
- Pour réaliser expérimentalement le cas précédent, le plus mince des écrans employés plus haut est fixé à une suspension octofilaire de 3 m de long, portant une large plaque d’aluminium plongeant dans l’huile, de sorte que le système ne peut sensiblement se mouvoir que dans une seule direction ; on place dans le cylindre l’extrémité d’un barreau aimanté, puis on produit un champ uniforme parallèle à l’axe du cylindre : celui-ci tend à prendre un mouvement dans le sens du champ ou en sens inverse, suivant la nature du pôle intérieur; on peut, en chargeant convenablement la suspension octofilaire, mesurer avec assez de précision les actions produites : on trouve bien des valeurs de l’ordre de celles qu’on pouvait attendre, étant donnée la protection exercée par le cylindre en question.
- Ce cas est représenté dans la figure 3 ; à l’intérieur de l’écran cylindrique, dont la trace est nettement marquée, le champ est presque radial ; en l’absence d’un champ extérieur, il n’existerait aucune force pouvant produire un
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — N° 32.
- mouvement relatif de l’aimant intérieur et de l'écran ; si on désigne par H* le champ extérieur et par m la masse magnétique du pôle, l’action exercée par le champ sur celui-ci serait mHt. ; elle est lorsque le pôle est
- entouré par l’écran, et la force qui agit sur
- ce dernier est m Ht. ----^ - La disposition
- des lignes de force dans le diagramme indi-
- Fig. 3. — Pôle nord protégé par un cylindre, dans un
- que la direction de cette action, d’après les propriétés élastiques bien connues des lignes de force.
- Si on considère le cas d’un champ non rayonnant, par exemple du champ produit par les deux pôles d'un aimant, cet aimant sera soumis non à une force, mais à un couple de moment M H.,, M désignant le moment magnétique de l’aimant ; un écran réduit ce couple à la fractionde sa valeur. Supposons maintenant le système magnétique invariablement relié au champ extérieur, et le cylindre écran libre de tourner sur lui-même, ce qu’on pourra réaliser au moyen d’une sus-
- pension convenable ; l’expérience met alors en général en évidence une faible tendance à un mouvement de rotation ; mais cette action est due à l’aimantation préalable de l’écran, ou encore à son retard d’aimantation (ce dernier eflet correspondant à un phénomène analogue à la rotation d’un disque de fer sous l’action de la rotation d’un aimant, alors
- Fig. 4. — Champ d'un aimant protégé par un cylindre,
- qu’on empêche la production de courants induits dans le disque). Si le cylindre était non aimanté, hom ogène et parfaitement doux, aucun couple n’agirait sur lui, les actions du champ extérieur et de l’aimant intérieur se contre-balançant. Si on supposait au contraire le système magnétique invariablement relié au cvlindre écran, le svstème serait soumis à , M He T
- un couple-------. Le spectre magnétique cor-
- respondant à cette disposition est représenté dans la figure 4.
- (A suivre:)
- Ch. Maurain.
- MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES TRANSFORMATEURS
- La plupart des transformateurs pour courants alternatifs polyphasés se construisent d’après le type du transformateurà noyaux. Les anciens établissements Schuckert, actuelle-
- ment I’Elektrizit.kts Aktifngfsfllschaft^),
- p) Brevet anglais n° 19148, 6 figures. Déposé le 29 août 1896, déclaré le 28 août 1897.
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- sont en effet les seuls qui appliquent le type du transformateur cuirassé.
- Dans les appareils représentes sur les figures i, 2 et 3, on voit que les éléments cuirassés correspondant à chaque phase sont simplement disposés les uns au-dessus des autres.
- La figure i, représentant un transforma-
- Fig. i et 2. — Coupes d'un transformateur pour courants diphasés de l'Elektrizitæts Aktiengesellschaft (anciens établissements Schuckert).
- teur pour courants diphasés, montre que les deux transformateurs monophasés ont un circuit magnétique commun. Les appareils de cette forme, comme du reste ceux à
- d’un transformate
- phases de l’Elektrizitæts Aktiengesellschaft.
- noyaux, ont l’inconvénient de donner lieu, pour les courants diphasés, à une induction mutuelle, laquelle a pour effet de modifier le décalage entre les deux courants.
- Le transformateur pour courants triphasés de la figure 3 présente également un défaut
- de symétrie analogue à celui qui existe dans les transformateurs à noyaux avec culasses droites; mais ce défaut entraîne une modification beaucoup moins sensible du décalage que pour les courants diphasés.
- Le groupement pour les transformateurs à courants triphasés se fait de préférence en étoile avec inversion des connexions dans un des enroulements, de façon à avoir trois flux décalés d’un sixième de période seulement.
- L’Elektrizitæts Aktiengesellschaft emploie aussi des tranformateurs pour courants triphasés à deux bobines, suivant le dispositif d’enroulement indiqué par Steinmetz et consistant à connexer les trois fils de la ligne aux extrémités et au point de jonction de deux. circuits dans lesquels les tensions sont décalées d’un tiers de période.
- Les régulateurs de tension ou survolteurs pour courant alternatif de A. Sttll et E. W. Cowan (') diffèrent des survolteurs employés jusqu’ici en ce que une partie de l’enroulement s en série avec le circuit principal est placé directement sur la bobine mobile à côté de l’enroulement en dérivation p.
- Les figures 4 et 5 montrent ce dispositif, la
- Fig. 4. — Régulateur de
- alternat!
- première dans la position sans aucun effet sur la tension du réseau, la seconde dans la position de l’effet maximum. (*)
- (*) Brevet anglais n° 28442, 2 figures. Déposé le 12 décembre 1896, délivré le 13 novembre 1897.
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- 232 L’ÉCLAIRAGE
- Le but des inventeurs, en enroulant sur la partie mobile à côté de la bobine en dérivation ou bobine primaire la moitié de l’enrou-
- Fig. 5. — Régulateur de tension pour courant alternatif', système Still et Cowau, position de survoltage maximum.
- lement en série ou bobine secondaire, est de diminuer la chute de tension due aux fuites magnétiques, toujours considérables dans cette bobine secondaire.
- On voit, en eüét, que le flux produit parle circuit primaire coupe totalement l’enroulement secondaire disposé sur la bobine mobile, et que par suite les fuites de l’enroulement total secondaire se réduisent à celle des sections bobinées sur la partie.fixe.
- La répartition de l’enroulement en deux parties à peu près égales est employée simplement pour que dans la position de la figure 4 les tensions induites dans les deux parties de cet enroulement soient égales et de sens contraire. C.’est le déplacement de l’appareil pour passer de la position de cette figure à celle de la figure 5 qui permet d’augmenter la tension du réseau suivant les besoins.
- Pour diminuer encore les fuites secondaires MM. Still et Cowau disposent des circuits fermés sur eux-mêmes sc sur la partie mobile de l’appareil, ou sur sa partie fixe.
- Ce procédé est appliqué depuis deux années (juin 1896') dans les régulateurs de tension pour courants diphasés brevetés par la maison J. Farcot et employés également par la Société pour la transmission de la force, qui en ont fait de nombreuses applications pour le réglage
- ÉLECTRIQUE T.xvi. — n° 32.
- de la tension des transformateurs à courants diphasés alimentant les redresseurs Hutin et Leblanc (h dans les stations centrales du faubourg Saint-Denis, de la gare de la Chapelle et du boulevard Barbés.
- Dans les régulateurs de tension Still et Cowan les bobines r disposées sur les parties fixes sont assez éloignées les unes des autres, ce qui permet de réduire l’entrefer au minimum dans les espaces compris entre ces bobines et par suite avec lui le courant d’excitation (*).
- Les transformateurs pour haute tension (20000 à 30000 volts) de la Compacnjk Thomson Houston (système W. S. Môody), outre une isolation spéciale, sont pourvus d’un double système de refroidissement, l’un pour le fer et l’autre pour les enroulements (2).
- L’appareil représenté sur les figures 6 et 7 appartient au type cuirassé. Les tôles disposées en deux colonnes sont partagées en plusieurs sections I), séparées les unes des autres par des cales ménageant des espaces libres G et permettant une circulation facile d’air ou d’un gaz quelconque, produite par tirage naturel ou par des ventilateurs. Les deux colonnes de tôle reposent sur un socle rectangulaire A duquel elles sont isolées par des pièces de bois A,. Le socle est percé de trous B qui dégagent les prises de courants C de la basse tension, lesquelles sont supportées par la planchette A,.
- Le socle porte en E une ouverture dont la longueur peut être réglée par une planche à coulisse F percée de nombreuses ouvertures et par laquelle en insuffle l’air ou le gaz refroidissant.
- Ce gaz arrive dans la chambre complètement étanche d’où il passe, après avoir tra-
- (i) Au lieu de disposer des conducteurs fermés sur eux-mèmes. 011 peut aussi, comme l'a fait dans quelques cas M. J. Farcot, insérerentre les tôles des noyaux mobiles des feuilles de clinquant ou de cuivre de quelques dixièmes d’épaisseur.
- (2l Brevet anglais n° 2412g, 3 figures. Déposé le 19 octobre 1897, délivré le 4 décembre 1897.
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- tension (20000 à 30000 volts) de la C'e Thomson Houston (système Moody).
- laquelle il peut s’échapper à l’extérieur par la tôle perforée k.
- Le chapeau du transformateur est formé par un cadre J surmonté d’une caisse et séparé des tôles par des blocs de bois J,;'il est fixe au socle par les boulons J,.
- Un couvercle mobile K ferme le chapeau il sa partie supérieure; ce couvercle porte des ouvertures K,, qu’on peut fermer plus ou moins à l’aide ‘d’une planche Ka percée de trous comme F.
- Les enroulements disposés sur une carcasse L en ébonite ou en fibre peuvent, grâce k cette disposition, être ventilés séparément du fer par insufflation d’air ou d’un gaz quelconque à la partie inférieure de la carcasse et réglage partiel par l’obturateur Kr
- Les détails d’isolation des enroulements sont représentés sur la figure 8 qui reproduit
- haute tension de la Compagnie Thomson Houston, montrant la disposition et les détails de l’isolation des
- une coupe k plus grande échelle de la moitié des enroulements. Les bobines primaires P sont faites en fil plat; chacune est divisée en deux sections séparées par une couche isolante a, et le tout est recouvert d’une couche de ruban réunissant les deux sections en une seule bobine.
- La surface extérieure de ces bobines est encastrée dans des rainures isolantes N (non représentées sur la figure 6), et l’ensemble des deux bobines primaires est entouré par une nouvelle couche de matière isolante c et une de ruban d, lesquelles sont séparées des bobines par des baguettes de bois g qui ménagent des canaux 0 où le gaz refroidissant doit circuler.
- Les bobines secondaires S sont isolées
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- d’une façon analogue et des baguettes g séparent encore les éléments de façon h ménager lés canaux Q et M pour assurer la ventilation.
- Dans deux brevets spéciaux la Compagnie Thomson Houston propose quelques perfectionnements simples 'dans la disposition des enroulements des transformateurs fonctionnant sur distribution à trois fils, ou recevant leur courant de pareille distribution.
- Considérons un transformateur à noyaux pour distribution à trois fils à deux bobines primaires disposées une sur chaque noyau et montées en série, et ayant deux bobines secondaires concentriques chacune à une bobine primaire. Si les courants qui traversent les deux enroulements secondaires sont inégaux, le circuit secondaire le plus chargé empruntera son énergie non seulement k la bobine primaire correspondante, mais aussi à l’autre. Comme les fuites magnétiques relatives h une bobine secondaire et une bobine primaire situées sur deux noyaux différents sont beaucoup plus grandes que dans le cas de deux enroulements bobinés sur le même noyau, la chute de tension due aux fuites sera beaucoup plus grande sur le circuit le plus chargé que dans le cas où les deux circuits auraient des charges égales à celle de ce circuit le plus chargé. D’autre pan, une partie du iiux de fuite primaire du noyau sur lequel est enroulé le secondaire le moins chargé, tout en ne coupant pas le secondaire le plus chargé, coupera néanmoins le premier et fera augmenter la tension aux bornes de celui-ci. Il en résultera donc une diminution de tension anormale sur le circuit chargé et une augmentation de tension sur
- On pourrait faire disparaître cet inconvénient en calculant le transformateur de façon à disposer les deux circuits primaires correspondant à chaque noyau en parallèle; mais il est tout aussi simple de diviser, comme le propose la Compagnie Thomson Houston,
- sur les indications de MM. H.-M. Hobart (:) et W.-S. Moody (J}f chacun des enroulements secondaires en deux parties bobinées chacune sur un noyau différent.
- • Transformateur pour distribution à trois fils à alternatif simple de la C>« Thomson Houston
- La figure g représente le schéma d’enrou- '
- Fig. 10. — Schéma des connexions des enroulements du transformateur Hobart.
- lement proposé par M. Hobart, chaque
- — Transformateur pot
- Moody).
- bobine primaire est placée au milieu de deux
- f1) Brevet anglais n° 26040. 2 figures. Dépose le 9 novembre 1897, délivré le 18 décembre 1897.
- (2) Brevet anglais n° 26586, 5 figures. Déposé le 14 décembre 1897, délivré le 5 février 1898.
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- bobines secondaires appartenant une à chaque circuit de la distribution à trois fils et connectées comme l’indique la figure 10.
- Ml
- 13. — Coupes et
- Sur la figure 11 (dispositif de M. W.-Sr Moody) les enroulements primaires F’ et FL et secondaires G, Gl5 Ga, G3 sont placés les uns au-dessus des autres au lieu d’être superposés.
- Le transformateur de M. A.-F. Bkrry (*) a une forme peu commune, c’est un transformateur en anneau du type cuirassé, c’est-à-dire un transformateur Zipernowsky dans lequel on aurait remplacé les enroulements par le fer et réciproquement.
- Les figures 12 et 13 représentent des coupes et vues de ce transformateur. Les enroulements, le primaire 3 au milieu de deux bobines secondaires 12 et 13, sont enroulés sur une carcasse 6; sur cette carcasse sont ensuite disposées deux séries de paquets de tôles, 1, 1,1, t*, 1*..., alternant entre eux; ces deux séries sont disposées radialcmcnt, de façon à ce que la seconde remplisse les espaces laissés par la première, beaucoup plus large dans le sens radial. Les tôles de la première série ont la forme indiquée sur la figure 14 et chacune se compose de quatre morceaux e,n forme d’L. La seconde série comprend seulement deux morceaux en forme d’L par tôle (fig. 15).
- Fig;. 14 et 15. — Formes des tôles d’un transformateur Berry.
- L’ensemble de ces paquets de tôles est serré entre deux plateaux 13 et 14, perforés et réunis entre eux par un boulon 15. Le transformateur est enfin enveloppé dans une caisse 18 fermée par un couvercle 19.
- Pour faciliter la ventilation et le refroidissement des transformateurs, la Compagnie Thomson Houston f) emploie le procédé d’un
- (t) Brevet anglais n‘J 2801, 4 figures. Déposé le 2 février [897, délivré le 8 janvier 1898.
- (*) Brevet anglais n° 26412, 2 figures. Déposé le 12 no-/embre 1897, délivré le 26 février 1898.
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- de ses ingénieurs, M. H.-M. Hobart. Les piles de tôles L sont serrées entre elles au moyen de deux flasques en fer assez épaisses et réunies par des boulons provisoires qui doivent disparaître au fur et à mesure que
- l'enroulement s’avance. Sur les arêtes formées par les noyaux, on dispose des barrettes en bois C (fig. 16 et 17), légèrement arrondies sur une de leurs arêtes.
- C’est sur ces barrettes elles-mêmes ou re-
- Fig. 16 et 17. — Coupes et vue d’un transformateur de la C'« Thomson Houston (système Hobart).
- couvertes à l’aide de bandes W de matière isolante que l’on bobine directement une partie de l’enroulement secondaire, en ayant soin d’enlever les boulons de serrage par des tiges de bois dès que le fil passe devant eux, l’enroulement étantsuffisant pour assurer un serrage suffisant de tout l’ensemble. On ménage aussi des cheminées I par lesquelles sc fait la ventilation et le refroidissement du fer et du secondaire simultanément. C’est la suppression de la carcasse de l’enroulement secondaire, de façon à assurer le refroidisse-mentdu secondaire sur 3a surface en regard du fer, qui constitue le point important,
- mais non nouveau (‘), du transformateur Hobart. Un second point moins important est la diminution du nombre de spires par couche de l’enroulement primaire au fur et à mesure que les couches se superposent, comme le montre la figure 17.
- La seconde partie de l’enroulement secondaire est bobiné en S1 par-dessus le primaire.
- C.-F. Gilbert.
- (') Beaucoup de constructeurs emploient en effet ce procédé, mais seulement lorsque le secondaire est suffisamment rigide (barres ou câbles) pour pouvoir tenir seul, de façon à pouvoir conserver la faculté importante de démontage et de remontage commode de l'appareil.
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- PROJET D’UN APPAREIL ÉLECTRIQUE
- II y a quatre ans, j’ai eu l’honneur de faire à la Société impériale polytechnique de Russie une conférence ayant pour titre : « Ce que peut l’Electrotechnique pour adoucir le sort des aveugles incurables » ; et publiée plus tard dans la Revue russe : Naoutschnoie Obo^renie {*) ; la première partie de cette communication était consacrée à Yélectro-phtalnicyclope, du I)r Noïschewski, appareil destiné à douer l’aveugle d’une espèce de nouveau sens artificiel et complexe, imitant en quelque sorte la vision (d’une manière bien rudimentaire et imparfaite, il est vrai), et en remplissant l’office. Après une description sommaire de cet appareil, j’ai essayé d’en ébaucher la théorie et d’indiquer quelques modifications et perfectionnements dont, à mon avis, il serait susceptible. Mais l’électrophlalmcyclope ayant été, il y a longtemps, breveté en France et probablement discuté et analysé par la presse scientifique française, cette partie de ma conférence présenterait, je crois, peu d’intérêt aux lecteurs de L'Eclairage Electrique. Toutefois, si je me trompais sur ce point, je reviendrais bien volontiers k l’élégante invention du D1' Noïschewski ?
- Mais, quant k présent, je tâcherai de rendre d’une manière aussi succincte que possible la seconde partie de ma conférence, où j’ai esquissé le projet d’un appareil qui met les aveugles en état de lire les imprimés et les manuscrits ordinaires. Tout en possédant l’électrophtalmcyclope, un tel appareil ne perd point sa raison d’être, car les caractères de dimensions usuelles seraient certainement des objets microscopiques pour l’aveugle muni de l’étectrophtalmcyclope. Il est vrai qu’il pourrait aussi appeler k son secours le microscope; mais examiner au microscope les
- lettres une k une serait, je crois, un travail d’une lenteur pénible...
- L’appareil que je propose pourrait être décrit schématiquement de la manière suivante : supposons qu’un petit peigne composé de cinq dents se déplace le long, d’une ligne, écrite ou imprimée, avec une vitesse uniforme, les cinq dents occupant la largeur de la ligne; et supposons que chaque fois qu’une des dents passe du blanc sur le noir, c’est-k-dire coupe les contours d’une lettre, retentit un son, à l’instant étouffé, d’une hauteur déterminée et différente pour les différentes dents; la succession de ces signaux acoustiques apprendra k l’aveugle une k une les lettres de la ligne que parcourt le peigne. En effet, supposons, pour fixer les idées, qu’une des dents terminales, chaque fois qu’elle vient sur le noir, fait retentir le son ut, la dent voisine ré, la dent du milieu mi, l’avant-dernière dent sol et la dernière la, et supposons que le peigne vient sur la lettre ko»; le premier retentira le son mi, puis l'accord ré-sol, puis l’accord ut-la, puis de nouveau l’accord ré-sol et mi. Si le peigne vient sur la lettre « v », il y aura une série de sons : la, sol, mi, ré, ut, ré, mi, sol, la, etc., etc. ; chaque signal acoustique marque en quelque sorte un point dont l’abscisse est mesurée par la longueur du temps écoulé k partir d’un moment arbitrairement choisi, et l’ordonnée par la hauteur du son.
- Le résultat serait identique si au lieu de parcourir la ligne le peigne en parcourait l’image — agrandie k telle proportion qu’on jugerait convenable — projetée sur un écran par un système de verres optiques, ou bien si le peigne demeurait immobile et que cette image courût sur l’écran, soit par le mouvement du livre (ou manuscrit, etc.), soit par le mouvement du système optique.
- Ceci admis et accepté, remplaçons dans
- H V. Naoutschnok OboTrenk, 1894, n° 24.
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- l’appareil imaginaire dont je parle le peigne à cinq dents par cinq ronds de sélénium, fixés sur l’ccran et intercales dans des circuits galvaniques, alimentés par des piles convenables.
- Chaque fois qu’un noir viendra couvrir un de ces ronds le courant du circuit correspondant diminuera pour reprendre son intensité aussitôt que ce noir aura passé et la perdre de nouveau quand arrivera le noir suivant, et ainsi de suite.
- Arrangeons-nous de manière que ces affaiblissements des courants fassent retentir les signaux acoustiques, et nous aurons le lecteur automatique que je propose. Or, on peut imaginer divers dispositifs qui permettent d’arriver à. cette fin.
- J’en décrirai un à titre d’exemple : dans le circuit de chaque rond en sélénium est intercalé un électro - aimant dont l’armature, obéissant à l’action d’un ressort à chaque affaiblissement du courant, ouvre le circuit primaire d’une petite bobine Ruhmkorff alimentée par une pile, et dans le circuit secondaire de cette bobine est intercalée une corde en métal tendue dans un champ magnétique et mise au ton voulu. Un mécanisme spécial déplace le livre devant le système des verres optiques. Dans ce dispositif, à chaque ouverture du circuit primaire, c’est-à-dire chaque fois qu’un noir couvre le rond en sélénium correspondant, le courant induit de la bobine Ruhmkorff s’élancera dans la corde, l’écartera violemment de sa position d’équilibre et la mettra en vibration. Bientôt après, le rond en sélénium sera libre de nouveau et la fermeture du circuit primaire de la bobine cherchera à lancer un nouveau courant induit et à donner à la corde une nouvelle impulsion, cc qui pourrait bien en renforcer les vibrations, mais pourrait aussi, selon la phase de la corde, les arrêter, c’est-à-dire couper le son à peine commencé. Pour prévenir cet inconvénient on peut interrompre le circuit secondaire par un petit intervalle que le courant induit d’ouverture sautera facilement, mais qui sera infranchis-
- sable pour le courant induit de fermeture.
- D’un autre côté, il faut pourvoir à ce que la vibration de la corde s’éteigne assez rapidement avant qu’un second noir vienne recouvrir le rond en sélénium. Pour parvenir à cette fin, le mieux serait de munir les cordes d’une planche à résonance qui renforce les sons et en raccourcit la durée.
- Dans le dispositif que je viens de décrire, les signaux acoustiques ne marquent que l'arrivée d’un noir sur un rond de sélénium, mais le départ en passe inaperçu; et je crois que les contours des lettres qu'on entend n’en seront que plus nets. D’ailleurs, s’il s’agissait non de contours, mais de larges bandes, etc., on pourrait facilement imaginer un dispositif où le signal acoustique résonne durant tout le temps que le rond de sélénium correspondant est couvert d’un noir, de manière que la longueur du son exprime la largeur de la bande, etc.
- On pourrait modifier l’appareil et s’arranger en sorte que l’arrivée et le passage d’un noir provoquent non pas l’affaiblissement, mais l’accroissement ou même l’apparition d’un courant : on n’aurait qu’à remplacer chaque disque de sélénium par deux disques intercalés dans deux branches d’un pont Wheatstone et disposés de manière que l’un reste continuellement couvert par l’image fixe d’un feuillet blanc et l’autre reçoive les images mobiles et alternantes des noirs et des blancs d’un imprimé ou d’un manuscrit. Dans ce dispositif l’aiguille du galvanomètre du pont Wheatstone aura à ouvrir le circuit primaire de la bobine Ruhmkorff (v, p. h.) à chacune de ses déviations. Au lieu du pont Wheatstone on pourrait employer un galvanomètre différentiel. On pourrait aussi remplacer les ronds de sélénium par des piles thermo-électriques, ou des bolomètres, etc., etc.
- Il va sans dire que le mécanisme qui conduit le livre doit, après la fin de chaque ligne, le ramener à la position initiale et le soulever un peu pour qu’on puisse procéder à la lecture de la ligne suivante. Ou du moins, ce mécanisme doit permettre à l’aveugle
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- d’effectuer facilement et rapidement ces opérations.
- Admettant que l’oreille peut percevoir comme distincts deux signaux acoustiques se succédant à 0,015 de seconde — ceux qui se sont occupés dans des observatoires astronomiques à comparer les chronomètres ne trouveront pas, je crois, cette admission trop optimiste —et admettant que pour lire il est nécessaire et il suffit d’entendre la distance de 0,2 mm, la vitesse de translation du livre (ou manuscrit, etc.) devra être 0,2 : 0,015, soit 13 mm par seconde, et la lecture d’une ligne de la longueur de 7,5 cm prendra 7,5 :1,3, soit 6 secondes.
- Ce chiffre, qui ne présente d’ailleurs rien d'exorbitant, est probablement bien exagéré, car nous n’avons pas tenu compte de l'acuité surprenante qu'acquiert l’ouïe d’un aveugle. Il faut aussi — ce que nous 11’avons pas fait non plus - - prendre en considération que la forme des lettres est connue et que ces lettres sont assemblées en mots connus, ce qui facilitera la lecture énormément.
- On pourrait croire, comme l’a dit un des
- membres de l’assemblée où j’ai fait ma conférence, qu’ayant le phonographe on n’a pas besoins des appareils que je propose ; mais à mon avis c'est une opinion erronée : il ne faut pas oublier que la reproduction et la multiplication des phonogrammes est un procédé excessivement lent et par conséquent très coûteux : nous ne savons pas, quant a présent du moins, multiplier ces phono-grammes autrement qu’en faisant un phonographe dicter aux autres. Un livre phonogra-phié sera donc très cher, encore plus cher, peut-être, que le même livre imprimé en caractères en relief. De plus, pour lire un livre phonographié l’aveugle devra faire acquisition d’un phonographe, appareil d’un prix très élevé.
- Il est vrai que le dispositif que je propose sera nécessairement coûteux aussi, mais il lira les livres ordinaires, non pas les livres aux caractères en relief ou les livres phono-grapbiés, si chers et si rares.
- Vj,. dk Turine,
- Membre de la Sociét^ImpénMe polytechnique
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Rhéostats de démarrage et de lampes à arc.
- Les plaques radiantes construites par la Société du Familistère de Guise et par la Société Crompton et O pour le chauffage et la cuisine par l’électricité, conviennent fort bien (pour la confection de rhéostats industriels de faible encombrement. Une plaque carrée de 30 cm de côté et de 8 mm d’épaisseur permet en effet d’absorber une puissance de 880 watts (8 ampères sous no volts), de sorte qu’il suffit d’une douzaine de ces plaques présentant un encombrement de 30 X 3° X 25 cm3 pour absorber un kilowatt.
- En signalant cette application des plaques radiantes dans la communication qu’il faisait
- à la Société internationale des électriciens, en février de l’année dernière, M. L. Colin annonçait que plusieurs modèles de rhéostats pour moteurs et pour lampes à arc étaient à l’étude aux ateliers du Familistère de Guise. Quelques-uns de ces modèles, aujourd’hui exécutés, sont représentés par les figures ci-jointes.
- La figure 1 représente une plaque pour grand rhéostat ; en groupant ensemble un certain nombre de ces plaques on peut facilement constituer des rhéostats de charge très .puissants. Ces plaques se construisent suivant deux modèles; pour l’un des modèles la résistance, qui est de 40 ohms à froid, atteint 48 ohms en pleine charge avec un
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- courant de 4 ampères ; pour l’autre, la résistance est de 34 ohms à froid et de 42 ohms
- rhéostat.
- en pleine marche avec un courant de 5 ampères.
- Dans un autre modèle de plaques pour résistances, le fil est partagé en six sections respectivement reliées à six bornes de con-
- Fig. 2. — Rhéostat de démarrage avec manette.
- nexions ; avec deux plaques assemblées aux quatre coins, on dispose ainsi de douze sections de fil, pouvant absorber suivant les
- Fig. 3. — Rhéostat pour tra
- vays.
- dimensions des plaques de 800 à 15 000 watts.
- La figure 2 représente un modèle de rhéostat de démarrage à manette, avec sept plots, dont un pour l’arrêt, un pour le démarrage.
- Fig. — 4. Rhéostat de lampes à arc.
- un pour la marche à pleine charge et quatre pour charges et vitesses intermédiaires. Divers modèles, dont les résistances varient de 220 ohms à 270 ohms, sont construits pour moteurs de i à 7,5 hectowatts.
- Un rhéostat pour tramways est représenté par la figure 3. Il est formé de neuf plaques de 90 cm de longueur et de 15 cm de hauteur donnant un encombrement de 90 X' 15 X 30 cm3. Il est muni de six prises de courant permettant d’obtenir six résistances différentes suivant la position de la manette de réglage; entre chacune des prises de courant 1, 2 et 3 sont intercalées deux plaques en tension ; entre chacune des prises de courant 4, 5 et 6 il n’y a qu’une seule plaque. Deux rhéostats semblables sont employés pour les voitures à deux appareils' de mise en marche ;• leur faible hauteur permet de les loger facilement sous la voiture ou sous les banquettes. Ensemble ces deux rhéostats, placés en série avec le moteur, peuvent absorber un courant de 25 ampères sous 550 volts, soit pour chacun d’eux, 25 ampères sous 275 volts.
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- Enfin la figure 4 représente un rhéostat de réglage pour deux lampes à arc montées en tension sur un circuit à 110 volts et prenant une intensité de courant de 4 à 5 ampères.
- J. R.
- Les tramways électriques d’Elbeuf.
- C’est le 26 mai dernier qu’a été livré officiellement à l’exploitation, l’important réseau de tramwaj's d’Elbeuf, établi par la Compagnie générale de traction.
- Elbeuf est une des principales cités industrielles de la Normandie. Elle recèle de nombreuses fabriques de drap et d’articles de nouveautés, des ateliers de retordage des fils de laine et de manipulation des déchets, des usines d’apprêt. Elle a autour d’elle une ceinture d’agglomérations importantes comprenant les sièges d’une multitude d’usines qui impriment à la région son caractère, et où vivent près de 50000 personnes.
- Cette ville n’a pas moins de 7 km de longueur sur 2 km de largeur. Son centre est approximativement à 2 km de la gare Saint-Aubin. Son activité industrielle oblige ses habitants à de nombreux déplacements.
- Le réseau comporte près de 10 km de voies : une ligne orientée suivant la plus grande longueur de la ville, recoupée par une transversale.
- Dans l’ordre d’exploitation, ce réseau est réparti en cinq lignes :
- Ligne 1. — De la place du Calvaire à Ori-val, en passant par les rues de la Barrière, de la République, Saint-Etienne et de Rouen. Dans la commune d’Orival, elle suit la route de Rouen.
- Ligne 2. — De la place du Calvaire à Saint-Pierre-lès-Elbeuf, par la rue de Caudcbcc.
- Ligne 3. — De la place du Calvaire à'Saint-Aubin (gare de la ligne de Rouen à Serqui-gny) par la rue de Paris. Le terminus se trouve dans la cour d’accès de la gare.
- Ligne 4. — De -la place du Calvaire à la gare de la ligne de Rouen à Chartres, aboutissant aussi dans la cour de la gare.
- Ligne 5. — De la gare d’Elbeuf-Saint-Au-bin à la place du champ de foire, en empruntant la ligne n° 3 jusqu’à la rue Thiers, puis passant par les ruesThiers et de Solférino jusqu’au champ de foire et aux quais. Cette ligne est réservée au transport des marchandises.
- Les tarifs sont de 0,15 fr en ire classe et de 0,10 fr en seconde dans le 'parcours urbain; de 0.30 fr et 0,20 fr, respectivement dans la banlieue. Des billets d’aller et retour sont à la disposition du public.
- Le matin et le soir, aux instants qui ramènent la population ouvrière aux ateliers, et à la fermeture de ceux-ci, des trains sont organisés au tarif uniforme de 0,10 fr par place occupée.
- Le siège de l’usine motrice se trouve rue Saint-Louis, à 1 500 m environ du centre de figure du réseau. L’emplacement a été choisi en raison des possibilités d’extension qu’il pro-
- L’usine avec ses dépendances se compose :
- i° Du bâtiment d’administration ;
- 2" — de la salle des machines ;
- 3" — de la salle des générateurs
- à vapeur ;
- 4*' Du bâtiment de la remise des voitures ;
- 5° — de l’atelier des réparations
- et magasins ;
- 6° Du dépôt de charbon.
- Usine centrale. — Le terrain sur lequel elle s’élève est sensiblement rectangulaire. Un vaste espace disponible précède les bâtiments. La maison d’administration est située à l’un des angles, elle domine tous les services dont la surveillance est ainsi singulièrement favo-
- Quand on regarde l’ensemble de face, on aperçoit la salle des machines à gauche, la chambre des chaudières au centre et le dépôt des voitures à droite. Derrière celui-ci et contigus sont construits le magasin et l’atelier des réparations. Le réfrigérant des eaux de condensation occupe l’angle du terrain restant libre au delà du pignon postérieur du bâtiment des machines-.
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- Une voie est établie pour amener directe- i ment le combustible dans la soute à charbon. 1 Les mâchefers et les déchets résultant de la j combustion dans les foyers des chaudières j pourront être évacués par le même procédé. 1
- La superficie de la salle des
- machines est de...........18.915 x 16.500 m.
- La superficie de la salle des
- chaudières est de......... 13,905 x 13.250 m.
- La superficie de la remise des
- La superficie de l’atelier de réparation est de.........21,750 x 5 m.
- Les murs de fondation reposent sur le bon sol et s’élèvent jusqu’à 0,10 m en contre-bas du niveau de la cour; aux endroits où prennent pied les poteaux en fer soutenant les fermes, il a été établi, faisant saillie de chaque côté de la fondation, un pilastre ayant même hauteur que celle-ci et de 1 m de côté. Sous chaque poteau de soutien des fermes de la remise des voitures existe un pilastre en maçonnerie de mêmes dimensions.
- Toutes ces. fondations sont composées, de moellons et de mortier de chaux hydrau-tique. -
- La maçonnerie en élévation est faite en briques rouges et blanches. Un socle en pierre de taille de Yernon de 0,70 m saillant de 0,03 m règne sur tout le développement des murs de ces constructions. Le seuil des châssis est en pierre de taille.
- Les parois intérieures des salles des machines, des générateurs et de l’atelier de réparation sont enduits en plâtre blanc, durci et poli. Les fosses de visite de la remise des voitures ont une profondeur de 1,40 111 mesurée du sol au-dessus du radier. Celui-ci et les pieds-droits sont en maçonnerie de moellons d’une épaisseur de o,.-io m, revêtue, à l’extérieur, d’un enduit en mortier hydraulique.
- La charpente métallique de la salle des machines se compose de trois fermes du système Polonceau espacées de 4,785 111, reposant sur un mur et pilastres de maçonnerie où elles s’appuient sur des plaques de fonte
- scellées dans la muraille. Les fermes sont contreventées.
- Le hall reçoit la lumière du jour par quatre grands châssis vitrés, installés dans le mur sur rue, et par deux autres dans la façade vers la cour. Un lanterneau vitré, muni de personnes en fer, correspondant à deux travées de ferme, couronne la toiture. La portée des fermes est de 16,50 m.
- La toiture de la chambre des générateurs s'applique sur deux fermes Polonceau écartées de 4,785 m et de 13,25 m de portée, retombant de chaque côté sur des pilastres en briques. Deux baies vitrées dans le mur de façade et une troisième pour la porte. Le-lanterneau en verre de la toiture correspond à une travée de ferme.
- La remise des voitures consiste en trois nefs de 10,90 m d’ouverture chacune. La charpente métallique de la couverture de chaque nef est composée de quatre fermes espacées les unes des autres de 4,785 m. Elle contient douze voies de garage avec trois fosses de réparation. Elles s’appuient sur un mur et des pilastres de maçonnerie, et, dans la partie intermédiaire, sur des poteaux en fer reliés entre eux par une ligne d’entretoises en fer à I ancrées dans la muraille du fond. Quatre grands châssis, dont deux à vantaux ouvrants, sont fixés dans le mur latéral sur rue. Sur chacune des trois nefs il y a un lanterneau vitré chevauchant deux travées de ferme.
- La salle des machines et la remise des voilures sont voligées.
- Les couvertures sont exécutées en tuiles de Montchanin posées sur liteaux en sapin, attachées de distance en distance et en quinconce pour que l'ensemble oppose une résistance suffisante à la violence du vent.
- Le terrain est clos partiellement par un mur, et en partie par un treillis à mailles losangées en fer ondulé.
- Chambre des chaudières. — Le massif des trois appareils vaporisateurs constitue un cube de 6,600 m de profondeur sur 8,350 de largeur et 4,430 m d’élévation sur sol. Il est assis
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- sur une œuvre en béton pour obtenir un fond résistant.
- Les chaudières appartiennent au type semi-tubulaire. Elles ont chacune r2o m carrés de surface de chautfe. Le corps cylindrique qui contient le faisceau tubulaire a 1,750 m de diamètre intérieur, il est réuni à deux bouil-
- leurs ayant chacun 0,800 m de diamètre intérieur, la superficie des grilles est de 1,600 m X 1,900 m. Après avoir léché les parois de la chaudière et traversé le faisceau tubulaire, les gaz du foyer arrivent à un carneau commun de 0,800 de largeur d'où ils sont aspirés vers la cheminée par un rampant. Des registres
- permettent d’intercepter la communication entre chacune des chaudières et le collecteur des gaz de combustion, La hauteur totale de la cheminée est de 35 m, son diamètre intérieur h la base est de 2,300 m, au sommet de 1,300 m. Elle estprotégée contre les décharges fulgurantes par un paratonnerre système Mel-sens, relié aux parties métalliques des bâtiments.
- L’eau d’alimentation des générateurs ainsi que celle qui est nécessaire à la condensation
- delà vapeur, est prise dans un puits par une pompe Worthington. Ce puits a 2 m de diamètre jusqu’à 16 m de profondeur, il est revêtu d’un .cuvelage en briques et mortier de chaux hydraulique; à partir de ce niveau, il a été établi un tubage de tôle de 0,55 m de diamètre et de 10 m de fonçage. Chaque générateur est muni d’un indicateur magnétique de niveau d’eau, système Lethuillier et Pinel, à sifflets d’alarme de timbres distincts avertissant de la disette ou d’excès d’eau.
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- Salle des machines. — Le hall des machines motrices renferme trois moteurs à vapeur horizontaux, système Corliss, construits par la maison Garnier, à quatre distributeurs et à condensation, d’une puissance individuelle de 150 chevaux effectifs à 160 tours par minute, actionnant chacun par courroie en cuir une
- dynamo tétrapolaire T. H. A la vitesse de 650 tours par minute, les dynamos débitent à pleine charge 182 ampères sur un voltage de 555 volts.
- Le tableau de distribution est placé dans un des angles de la salle.
- Le plongeur de la pompe à air du conden-
- seur est monté sur le prolongement de la tige du piston et marche à la même vitesse que le piston moteur.
- Les eaux de condensation passent dans un réfrigérant, systèmeSée,de 200 m3 de capacité. Cet appareil offre l’avantage du réemploi de la même eau, avec line perte minimum de 1/10, résultat d’autant plus important, dans la circonstance, que sa richesse en sels calcaires a nécessité l’installation d’un épurateur.
- Les eaux expulsées du condensateur par-
- viennent dans un bassin latéral au réfrigérant où elles sont reprises par deux pompes centrifuges placées dans le sous-sol et animées chacune par un moteur électrique dont un contrôleur manipulateur modifie facultativement la vitesse.
- L’éclairage de la salle est assuré par quatre candélabres portant chacun un bouquet de cinq lampes de 90 volts, plus six appliques de trois lampes sur les parois latérales et une applique de cinq lampes sur le mur de pignon.
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- Matériel roulant. — Il se compose actuellement de 12 voitures automotrices et de 5 voitures de remorque.
- Chaque véhicule est mû par 2 moteurs électriques d’une puissance de 25 chevaux chacun. Il est divisé en deux compartiments par une porte à éclipse ; la deuxième classe
- comprend 18 places et la première 6 seulement. 10 voyageurs trouvent place sur chacune des plates-formes. Contenance totale des voitures : 44 places.
- Voie fixe, ligne aérienne, irôlel. — La voie fixe est simple, avec des garages de dis-
- Fig. 3. —• Vue intérieure de l’usine montrant les dynamos et le tableau de distribution.
- tance en distance. Sa largeur est de r ni. 44. Elle est constituée par des rails à ornière du poids de 44 kgr par mètre courant. Dans la cour du dépôt, les voies sont en rails Vignole du poids de 25 kgr au mètre linéaire, posés sur traverses en chêne, aiguillages à ressort aux évitements.
- Au passage du pont, en raison de l’ancienneté de sa construction, on a conçudes doutes sur sa solidité. Aussi, sur toute sa longueur de 210 m, a-t-on remplacé les tôles par des
- fers Zorès de 7 kgr au mètre, sur lesquels on a coulé une couche de béton de ciment de 0,20 m d’épaisseur dans l’étendue de la zone de la voie. Les rails sont couchés sur de fortes longrines en chêne goudronnées sur leurs quatre faces et sont complètement isolés de la masse métallique du pont.
- La ligne aerienne est montée avec 2 fils nus sur tout son parcours. Ces fils sont reliés tous les 500 mètres environ par des ponts, l’un servant aux voitures montantes, l’autre
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- aux voitures descendantes, de telle sorte que chacun d’eux joue vis-à-vis de l’autre le rôle de feeder.
- Un feeder partant du tableau et aboutissant à la rue des Traités alimente la ligne dans le voisinage de la place du Calvaire, nœud du réseau. Il est formé d’un (il en 8 symétrique que l’on a scindé à son extrémité, suivant son plan de symétrie, pour obtenir deux brins qui ont été soudés aux deux fils de trôlet.
- Au moyen de l’installation de fils pilotes, on connaîtra les pertes de voltage sur le
- Un feeder de retour du courant est noyé dans une auge remplie de bitume coulé. Il est composé de quatre brins de fils de cuivre rouge de 14 mm de diamètre rassemblés en un paquet et réunis au tableau de distribution. A la place du Calvaire, chaque voie est directement reliée à l’un de ces brins. A l’endroit du pont, il a fallu prendre une disposition spéciale d'isolement.
- C’est le trôlet Dickinson qui est appliqué k Elbeuf.
- Rendement des transformateurs à courant alternatif ;
- Par A. Russell (').
- La méthode de calcul graphique des rendements d’un transformateur à diverses charges que propose M. Russell est très'-simple et donne des résultats très satisfaisants en pratique, tout en réduisant les essais à faire sur les transformateurs à la mesure de la puissance consommée à vide W0, puis à celle de la tension normale Vi du circuit primaire et enfin k la connaissance des résistances des enroulements et de leur nombre de spires.
- Bien que ces données soient les mêmes que celles qui sont nécessaires pour le calcul du rendement à une charge quelconque par la méthode des pertes séparées, les calculs,
- même simplifiés 11), sont encore assez longs et une représentation graphique simple comme celle de M. Russell peut rendre de grands services. La méthode de ce savant revient en effet, comme nous allons le voir, au tracé d'une hyperbole équilatère )-), d’une droite et delà différence desordonnées de ces deux courbes.
- Nous donnerons d'abord la règle de construction de la courbe du rendement et nous la justifierons ensuite.
- Construction graphique de la courbe de rendement. — Traçons deux axes {fig. r) rectangulaires OE et OT, l’un représentant l’unité divisée en parties égales, figurant le rendement en pour cent, et l’autre OT exprimant la charge maxima dont l’appareil est susceptible. Prenons une abscisse OA égale k la perte en watts W0 à vide pour une tension primaire Y1 et traçons AB égale k OE.
- Figurons maintenant l’hyperbole équila-tere passant par le point B et ayant pour asymptotes les axes de coordonnées ; puis prenons surTM égale à AB une longueur MK égale à 100 -|r (wt — W„) où Q est la résistance composée R; -jy R, -^5- (R, et R, résistances du primaire et du secondaire, ni et n., nombres de spires respectifs de ces enroulements) et W, la charge maxima égale à 1 000 X OT watts.
- Joignons BK, la courbe du rendement s’obtiendra ensuite en retranchant les ordonnées de l'hyperbole de celle de la droite.
- PN = CN-IN.
- Sur la figure 1 les pertes ont été exagérées pour plus de clarté, en réalité MK n’est environ que 2 p. 100 de MT et OT deux centièmes de OT.
- Le diagramme précédent montre bien
- () Voir The Electrical World du is mai 1898, p. 588.
- (!) ün verra facilement que cette hyperbole peut être tracée une fois pour toutes. . . ...
- J) The Electridan du 25 mars, p. 720.
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- l’influence delà variation de différentes pertes sur le rendement.
- On voit facilement en effet que le rendement maximum a lieu pour
- CD=IN,
- c'est-à-dire lorsque C est au milieu de PD.
- La variation des résistances du transformateur modifie simplement l’inclinaison
- de BK en diminuant le rendement avec l’augmentation des résistances et en l’augmentant par leur diminution.
- La réduction des pertes par hystérésis influe seulement sur l’hyperbole en augmentant le rendement et rapprochant la charge correspondant au rendement maximum de la pleine charge.
- On a supposé que les résistances restaient constantes, en réalité elles s’accroissent avec la charge, mais cet accroissement n’influe réellement sur le rendement qu’en pleine charge où l’abaissement de rendement correspondant est seulement de 0,1 à 0,3 p. 100. H suffit de tracer une nouvelle courbe en augmentant MK de 10 à 15 p. 100.
- Construction graphique d'un point de ïa courbe de rendement. — Pour construire le
- rendement correspondant à la charge ON, menons en N une perpendiculaire ND égale à AB et joignons OD. Cette droite coupe AB en H ; si nous montrons que la parallèle à OT menée par H passe par le point I, nous n’aurons qu’à mener cette parallèle pouravoir en IC le rendement cherché. Joignons donc HI. Cette droite sera parallèle à 01 si l’on
- OH _ _IN_
- OD — DN '
- Mais on a
- OH _ OA ÜD ~ ON ’
- On devrait donc avoir
- _IN_ _ OA DN “ ON INxON = OAxDN,
- ce qui a bien lieu puisque I et B sont sur la même hyperbole équilatère.
- Recherche algébrique de l'expression du rendement. — Traçons (fig. 2) le triangle BD C
- Fig. 2.
- où BD est la tension primaire V,, BC la chute de tension ohmique 13,1, et CD la force contre-électromotrice. La force électromotrice induite secondaire CE, s’il n’y a pas de fuites
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- magnétiques, est h prendre sur le prolongement de DC (1L
- En pratique BC est à pleine charge environ 1 p. 100 de BI), de sorte que BD et CE sont en opposition de phase. Construisons de même le triangle des tensions secondaires : ET est la tension aux bornes et CF la perte ohmique R.,Ra. Soient les angles DBG = 'f1 et FCE = y- les valeurs des décalages, si le circuit sur lequel travaille le secondaire est sans induction l’angle o2 est nul.
- Toujours dans l’hypothèse de l’absence de fuites magnétiques on a :
- L’expression du rendement est donc
- W, V2 Ij cos os W, ~ W,
- CD CE.
- Admettons que cos CDB = cos CFE = 1 ; nous aurons :
- Va + R3 h cos ~ (Vi — R, L, cos?1). (i)
- D’autre part les ampères-tours résultants étant pratiquement constants on a aussi
- où Iu est l’intensîtc du courant à vide et cos le facteur de puissance correspondant.
- On en déduit :
- où W, est la puissance primaire et Wfl la puissance à vide.
- Des équations (1) et (3) on tire
- La seule variable dans cette expression est W,, l'expression du rendement sera donc maxima lorsque le second terme sera nul puisque le premier ne contient pas W#. Ce maximum aura donc lieu pour :
- Cette égalité peut encore s’écrire.
- Qi,w?1=(, + ÿR.iW.
- Le rendement maximum est égal à
- [(* + vr iQW*,
- En général dans les transformateurs in-n2 \V°
- dustriels la quantité R» yT est au plus
- égale à 0,001 et peut être négligée ; la formule du rendement se réduit alors à :
- (*} Voir L’Éclairage Électrique, A. Russell, Formules pour transformateurs, t. XI, p. 455, 1897.
- expression dont la valeur maxir 1 • • , q w . W°
- le minimum de - W -f -y
- w, = v,Qw,
- a lieu pour pour
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- Ce maximum est
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- L’expression (5) justifie bien la construction indiquée plus haut pour la courbe de rendement.
- Exemples. — M. Russell donne deux exemples d’application à des transformateurs essayés par M. Flemings.
- Le premier est un transformateur Hérisson de Swinburnede 3000 watts pour lequel on
- W0= 121 watts Q = 53,38 ohms V, = 2400 volts.
- Pour'des charges de 621 watts et 1932 les rendements calculés par la formule donnée plus haut sont respectivement de 80,1 et 92,1 p. 100 au lieu de 79,1 et 92,8.
- Le rendement maximum a lieu pour
- w'= 2400 V/ü-=36,4watts
- et est égal à
- [i — (53-38 x m)"] — 93,7 p. icio.
- Le second est un transformateur Fcrranti de 20 chevaux ayant :
- W0 = 230 watts Q = 6,26 ohms V, = 2400 volts.
- Le rendement maximum qui a lieu pour Wj —14540 watts a pour valeur calculée 96,9 p. 100 au lieu de 96,6 pour valeur mesurée. A 646 watts, le calcul donne un rendement de 64,3 et l’expérience 63,2.
- Essais des transformateurs. — L’auteur fait remarquer que les pertes dans le fer et le courant magnétisant, chiffres nécessaires pour l’application des formules précédentes, varient avec la forme de la courbe périodique du courant et avec la fréquence. La forme de la courbe du courant peut amener des varia-
- tions de 10 à 15 p. 100 dans les pertes à vide. Pour se mettre à l’abri des inconvénients des augmentations de pertes à vide avec le fonctionnement, M. Russell signale que quelques directeurs de stations demandent aux constructeurs une garantie pour la puissance requise à vide au bout de six mois de service.
- La formule :
- vs-|v;-(Ri+R1-ïy) i,J
- où V2 et V'2 sont les tensions aux bornes secondaires à vide et en pleine charge respectivement, est préconisée par l’auteur pour l’évaluation de la chute, tension duc aux fuites magnétiques dans les transformateurs modernes.
- Pour essayer la résistance d’isolement l’auteur soumet le primaire à une tension double de la tension normale pendant une demi-heure et mettant le secondaire à la masse ou en communication avec le fer. Si aucun bruit bizarre n’est entendu, un essai de cinq minutes est généralement suffisant.
- La prise des résistances doit enfin être faite après équilibre de la température de l’appareil et la mesure de la température extérieure. J. R.
- Télégraphie sans fil et collisions en mer \
- Par Kdouard Bkani.y(’).
- « A l’occasion de l'ouverture, dans la dernière séance, du pli cacheté de MM. Berget et Decombe (2), il me paraît opportun de présenter quelques remarques qui s’appuient sur nies recherches relatives aux enveloppes métalliques.
- » I. Deux navires suivant des routes voisines, il est urgent qu’ils, soient prévenus
- (>) Comptes rendus, t. CXXV1I, p. 171, séance du 18 juillet 1898.
- (2) Voir plus loin, p. 264.
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- lorsque leur distance est encore de plusieurs kilomètres.
- » Jusqu’ici un navire A portant un transmetteur d’onde A£ pouvait avertir de sa présence un navire B muni d’un récepteur Br, mais il ignorait lui-même la présence d’un navire B. La réciprocité est indispensable : chacun des navires doit posséder un transmetteur et un ou plusieurs récepteurs ; mais pour conserver aux récepteurs leur sensibilité (!), il faut que At ne puisse pas agir sur Ar, ni B; sur B,-. Avec des transmetteurs puissants et des récepteurs sensibles, comme cela doit être ici, un simple écran métallique plan ne préserverait nullement Ar de Af, vu la faible distance. Nous savons maintenant qu’un récepteur ne se trouve soustrait à l’influence d’un transmetteur voisin que s’il est complètement (2) enveloppé métalliquement. D’après cela, il est aisé de concevoir un dispositif électrique tel que A,- soit recouvert automatiquement dès que le courant qui fait fonctionner Af se ferme, et se découvre aussitôt que Af s’arrête. Ar garde ainsi toute sa sensibilité pour les actions faibles et n’est impressionné que par Bf. De la même façon B,- n’obéira pas à B;, mais seulement a A*. En opérant par intermittences suffisamment prolongées et en variant ces intermittences, les navires en présence seront respectivement avertis, et h la rigueur, cela pourra suffire.
- » N’oublions pas qu’il faut entendre par récepteur non seulement ie radioconductcur, mais son circuit tout entier. A cause de l’em-
- dirainution de sensibilité, et le radioconductcur ne peut plus répondre à l’influence faible d'un transmetteur éloigné.
- (-) Voir L'Éclairage Électrique, t. XVI, p. 155, 23 juillet.
- ploi nécessaire de la tige verticale et du conducteur au sol, l’enveloppement de l’ensemble par une cage en métal continu ou en fine toile métallique est impossible, mais l’enveloppement des pièces principales suffira si l’on produit par le mouvement de la cage un déclenchement qui fait sortir momentanément du circuit la tige et le conducteur au sol.
- « IL II serait utile que les directions de marche et les variations de distance fussent approximativement reconnues.
- » En ce qui concerne les indications de direction, si les radioconducteurs étaient assez sensibles pour être impressionnés à très grande distance sans leurs annexes (longues tiges collectrices et conducteurs au sol), on en placerait un dans une cage métallique-ouverte seulement sur une face et mobile sur un support tournant, l’orientation de l’ouverture au moment où la sonnerie se fait entendre renseignerait à peu près sur la direction d’où viennent les ondes (il s’agit ici d’actions à grande distance). Cela ne diffère pas essentiellement des réflecteurs dont parlent MM. Ber-get et Decombe, mais en raison delà nécessité actuelle des annexes, le problème reste sans solution.
- » La question de la distance semble plus abordable. En premier lien, une seule étincelle du transmetteur suffit pour influencer le récepteur à distance moyenne ; au contraire, à très grande distance, l’action n’a lieu, par une sorte d’accumulation d’effets, que par un nombre d’étincelles qui croît avec l’éloignement. En second lieu, des expériences analogues à celles des fentes et des ouvertures de ma note du 4 juillet seraient assurément susceptibles de conduire à l’emploi d’enveloppes qui permettraient, par la comparaison des effets, de juger de l’accroissement ou de la diminution de distance. »
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- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Sur les rayons cathodiques;
- Par P. VlLLARD (‘)
- « Émission.—Lorsqu’on diminue progressivement la pression dans un tube de Crookes cylindrique par exemple, à cathode plane, large et centrée, Vafflux cathodique f couvre, au début de son apparition, presque toute la cathode, à peu près uniformément. Si l’on continue à faire le vide, l’espace obscur s’agrandit et l’action répulsive des parois intervient, s'exerçant pendant le trajet de plus en plus long parcouru par l’afflux. La partie extérieure de ce courant gazeux est repoussée vers l’axe, et sa densité périphérique augmente; le cercle d’impact sur la cathode présente alors une région centrale uniforme entourée d’un anneau plus lumineux. La photographie rend le phénomène très manifeste. A un vide plus avancé les bords intérieurs de l’anneau se rejoignent et l'imiformité se rétablit. Le faisceau cathodique principal est, dans ces conditions, un cylindre plein, ayant pour base le cercle d’afflux et présentant les memes particularités que lui. Le nombre de rayons qu’il contient décroît avec la pression, au bénéfice de leur énergie spécifique, et cela très rapidement, dès que l’afflux se réduit à un mince filet, sa section diminuant comme le carré du diamètre. Finalement l’afflux est supprimé et le courant ne passe plus.
- » Si la cathode est sphérique concave, l’afflux tendant à arriver normalement à sa surface abandonne la région centrale presque complètement ; attiré par le bord saillant de 1 électrode et repoussé par les parois, il couvre seulement un anneau d’autant plus délié que la concavité est plus prononcée, et qui se resserre quand la pression diminue. Intro-
- I1) Comptes rendus, t. CXXVII, p. 173, séance du 18 juillet 1898. J
- O Ÿoir L'Éclairage Électrique, t. XV, p. 3^6, 21 mai 1898.
- duisant une électrode auxiliaire dans un trou percé au centre de la cathode, on fait à volonté varier le diamètre de l’anneau.
- » Le faisceau cathodique est alors un cône creux à parois plus ou moins épaisses. C’est le phénomène observé par M. Swinton. A. un degré de vide suffisant, variable, comme je l’ai montré, avec la forme et surtout le diamètre des tubes, le faisceau se réduit à un mince filet. Celui-ci est toujours normal, au point de départ, à la surface d’émission. Ceci se vérifie aisément avec une cathode sphérique décentrée : le faisceau part du point de l’électrode situé sur l’axe du tube, et normalement à celle-ci. De même, avec une cathode courbe au-devant de laquelle, à 15 mm environ, on dispose un diaphragme présentant deux ou trois ouvertures qui délimitent autant de courants d’afflux.
- » Propagation. — Deux faisceaux cathodiques sont sans action mutuelle appréciable.
- » Cette question, très controversée, parait résolue par les expériences suivantes :
- » La disposition déjà décrite (loc. cit.) d’une cathode plane précédée d’un diaphragme à trous permet d’obtenir, dans un espace protégé contre l’action de la cathode, deux faisceaux étroits parallèles, restant tels sur tout leur trajet. O11 vérifie de plus que deux courants d’afflux ne se repoussent pas.
- » 20 A 0,30 m d’une cathode presque ponctuelle est un diaphragme à deux fentes rapprochées. A 0,30 111 au delà est une lame fluorescente. L’ombre cathodique du système des deux fentes est égale à l’ombre géométrique ; et les rayons passant par l’une des ouvertures ne changent pas • de direction quand on ferme l’autre.
- » 30 Un diaphragme à deux trous est placé à 15 mm en avant d’une cathode cylindrique concave. On a ainsi deux faisceaux concourants dont les trajectoires sont rectilignes à par-
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- tir du diaphragme. Ces faisceaux se croisent sans s’influencer. De meme avec cinq cathodes concourantes fixées dans des tubes distincts soudés k une même ampoule. Le champ, très intense près des cathodes, est ainsi presque nul dans l’ampoule qui constitue une sorte de cage de Faraday.
- » Il n’y a donc pas lieu de parler d’action mutuelle se produisant lorsque deux faisceaux se pénètrent, ou que les rayons partant d’une cathode rencontrent des normales k une autre cathode en activité. Ces conditions énoncées par AÎ. Deslandres (b et M. Goldstein (L , sont en effet réalisées dans la dernière des expériences précédentes. Il n’y a action que si un rayon rencontre des lignes de force, et un obstacle placé entre deux cathodes, se chargeant comme le tube, peut les intercepter.
- » L’électrisation des rayons cathodiques, découverte par AI. Jean Perrin (8), suffit à expliquer les effets d’attraction et de répulsion observés. Par exemple une électrode, reliée au sol ou même isolée, placée près de la cathode, attire les rayons {et repousse l’afflux). Sa partie intérieure se charge en effet positivement par influence. La même électrode se comporte, loin de la cathode, d’une manière inverse : entourée par le tube k potentiel très élevé, elle se charge négativement, ce qu’il est aisé de vérifier. De même, en touchant du doigt un tube de Crookes loin de la cathode, la paroi touchée devient cathode et il y a répulsion.
- » Soit maintenant un tube à cathode plane centrée, de même diamètre que le tube. Les surfaces cquipotentielles sont sensiblement planes et le faisceau est cylindrique. Vient-on à réduire le diamètre de la cathode, les surfaces de niveau se courbent et le faisceau est divergent. Si la cathode présente la forme d’un rectangle allongé, les rayons cathodiques doivent s’étaler en éventail dans un plan per-
- (') L’Éclairage Électrique, t. XL p. t [5, 10 avril 1897.
- (2) L’Éclairage Électrique, t. XV, p. 343, 21 mai 1898.
- (3) Annales de chimie et de physique, 7e série, t. XI, p. 503.
- pendiculaire k la plus grande dimension du rectangle, et c’est en effet ce qui a lieu.
- » Supposons, au contraire, une cathode sphérique concave : à un vide peu avancé, les rayons émis forment un cône creux; menons un plan tangent k ce cône, le rayon contenu dans ce plan est repoussé d’une manière prépondérante par la partie de la cathode située du même côté de ce plan que le centre. De cette dissymétrie résulte une déviation du rayon qui tend k devenir parallèle k l’axe du cône. On peut également dire que les projectiles cathodiques, rencontrant obliquement les surfaces de niveau, se comportent comme des corps pesants lancés obliquement de haut en bas. De là, cet allongement bien connu du foyer cathodique, d’autant plus marqué que le vide est plus avancé et le champ, par suite, plus intense, près de la cathode. Plaçant au-devant de celle-ci un diaphragme à deux trous, on a deux faisceaux concourants, rectilignes k partir du diaphragme, se coupant cependant au delà du centre de courbure de la cathode ; c’est donc surtout au voisinage de celle-ci que se produit l’inflexion des trajectoires, là précisément où le champ a son maximum d’intensité (*). »
- Sur une substance nouvelle radio-active, contenue dans la pechblende ;
- Par P. Curie et Mme S. Curie (*)
- « Certains minéraux contenant de l’uranium et du thorium (pechblende, chalcolite, uranite) sont très, actifs au point de vue de l’émission des rayons de Becquerel. Dans un travail antérieur, l’un de nous a montré que leur activité est même plus grande que celle de l’uranium et du thorium, et a émis l’opinion que cet effet était dù à quelque autre
- (*) Travail fait au laboratoire de chimie de l'Ecole normale supérieure.
- (2) Comptes rendus, t. CXXVII, p. 175, séance let 1898.
- du j8 juil-
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- substance très active renfermée en petite quantité dans ces minéraux^).
- » L’étude des composés de l’uranium et du thorium avait montré, en effet, que la propriété d’émettre des rayons qui rendent l’air conducteur et qui agissent sur les plaques photographiques, est une propriété spécifique de l’uranium et du thorium qui se retrouve dans tous les composés de ces métaux, d’autant plus affaiblie que la proportion du métal actif dans le composé est elle-même plus faible. L’état physique des substances semble avoir une importance tout à fait secondaire. Diverses expériences ont montré que l’état de mélange des substances 11e semble agir qu’en faisant varier la proportion des corps actifs et l’absorption produite par les substances inertes. Certaines causes (telles que la présence d’impuretés) qui agissent si puissamment sur la phosphorescence ou la fluorescence sont donc ici tout à fait sans action. Il devient dès lors très probable que si certains minéraux sont plus actifs que l’uranium et le thorium, c’est qu’ils renferment une substance plus active que ces métaux.
- » Nous avons cherché à isoler cette substance dans la pechblende, et l’expérience est venue confirmer les prévisions qui précèdent.
- » Nos recherches chimiques ont été constamment guidées par le contrôle de l’activité radiante des produits séparés à chaque opération. Chaque produit est placé sur l’un des plateaux d'un condensateur, et la conductibilité acquise par l’air est mesurée à l’aide d’un électromètre et d’un quartz piézoélectrique, comme dans le travail cité ci-dessus. On a ainsi non seulement une indication, mais un nombre qui rend compte de la richesse du produit en substance active.
- » La pechblende que nous avons analysée était environ deux fois et demie plus active que l’uranium dans notre appareil à plateaux. Nous l’avons attaquée par les acides, et nous
- f) Mm'- SklodowSKa. Curie, Comptes rendus, t. CXXVI, p. 1101.— L'Éclairage Électrique, t. XV, p. 199, 50 avril 1898.
- avons traite la liqueur obtenue par l’hydrogène sulfuré. L’uranium et le thorium restent dans la liqueur. Nous avons reconnu les faits suivants :
- » Les sulfures précipités contiennent une substance très active en même temps que du plomb, du bismuth, du cuivre, de l’arsenic, de l’antimoine.
- » Cette substance est entièrement insoluble dans le sulfure d’ammonium qui la sépare de l’arsenic et de l’antimoine.
- « Les sulfures insolubles dans le sulfure d’ammonium étant dissous dans l’acide azotique, la substance active peut être incomplètement séparée du plomb par l’acide sulfurique. En épuisant le sulfate de plomb par l’acide sulfurique étendu, on parvient à dissoudre en grande partie la substance active entraînée avec le sulfate de plomb.
- » La substance active se trouvant en solution avec le bismuth et le cuivre est complètement précipitée par l’ammoniaque, ce qui la sépare du cuivre.
- » Finalement le corps actif reste avec le bismuth.
- » Nous n’avons encore trouvé aucun procédé exact pour séparer la substance active du bismuth par voie humide. Nous avons cependant eifectué des séparations incomplètes basées sur les faits suivants :
- » Dans la dissolution des sulfures par l’acidc azotique, les portions les plus faciles à dissoudre sont les moins actives.
- » Dans la précipitation des sels par l’eau les premières portions précipitées sont de beaucoup les plus actives.
- » Nous avions observé qu’en chauffant la pechblende on obtenait par sublimation des produits très actifs. Cette remarque nous a conduits à un procédé de séparation fondé sur la différence de volatilité du sulfure actif et du sulfure de bismuth. On chauffe les sulfures dans le vide dans un tube de verre de Bohême vers 700°. Le sulfure actif se dépose sous forme d’enduit noir dans les régions du tube qui sont à 250-300°, tandis que le sulfure de bismuth reste dans les parties pluschaudes.
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- » En effectuant ces diverses opérations, on obtient des produits de plus en plus actifs. Finalement nous avons obtenu une substance dont l’activité est environ 400 fois plus grande que celle de l’uranium.
- » Nous avons recherché, parmi les corps actuellement connus, s’il en est d’actifs. Nous avons examiné des composés de presque tous les corps simples ; grâce à la grande obligeance de plusieurs chimistes, nous avons eu des échantillons des substances les plus rares. L’uranium et le thorium sont seuls franchement actifs, le tantale l’est peut-être très faiblement.
- » Nous croyons donc que la substance que nous avons retirée de la pechblende contient un métal non encore signalé, voisin du bismuth par ses propriétés analytiques. Si l’existence de ce nouveau métal se confirme, nous proposons de l’appelerdu nom du pays d’origine de l’un de nous.
- » M. Remarçay a bien voulu examiner le spectre du corps que nous étudions. Il n’a pu y distinguer aucune raie caractéristique en dehors de celles dues aux impuretés. Ce fait n’est pas favorable à l’idée de l’existence d’un nouveau métal. Cependant, M. Demarçay nous a fait remarquer que l’uranium, le thorium et le tantale offrent des spectres particuliers, formés de lignes innombrables, très fines, difficiles à apercevoir (s).
- » Qu’il nous soit permis de remarquer que si l’existence d’un nouveau corps simple se confirme, cette découverte sera uniquement due au nouveau procédé d’investigation que nous fournissent les rayons de Becquerel (i).
- Sur les propriétés thermomagnétiques du bismuth dans le sens longitudinal;
- Par R. Defregger (3).
- La lame de bismuth en forme de trapèze
- I1) La singularité de ces trois spectres est signalée dans la belle publication de M. Demarçay : Spectres électriques, 1895.
- (2) Travail fait à l’école municipale de physique et chimie industrielles.
- (3) Wicd. Ann., t. LXI1I, p. 97-102, 1897.
- évidé (fig. 1) est soudée latéralement à deux tubes de cuivre DD' traversés l’un par un courant d’eau, l’autre par un courant de vapeur; aux memes côtés sont soudés les deux
- fils de cuivre K, et K2 servant d'électrodes. A la base étroite est soudé un autre fil aè, et par un trait de scie, on sépare les deux moitiés du fil et les deux moitiés de la plaque. La lame, enveloppée de coton, est placée dans un champ magnétique et les deux couples d’électrodes sont disposés de manière qu’on puisse les relier alternativement aux bornes du galvanomètre.
- Les courants thermoélectriques qui se produisent quand le champ n’est pas excité, ne sont pas compensés : la déviation correspondante est environ six fois plus grande pour les électrodes en cuivre que pour les électrodes en bismuth. Si on établit le champ magnétique, ces déviations changent et le changement est beaucoup moindre du côté des électrodes en bismuth, en valeur absolue; mais les deux courants sont changés dans le même rapport.
- Cette modification n’est donc pas due à une force électromotrice qui aurait son siège dans le bismuth seul.
- En supprimant le courant thermoélectrique primitif, au moyen d’un jet d’air lancé contre la soudure, on fait disparaître l’action du champ ; car l’aiguille du galvanomètre reste au zéro quand on établit le courant magnétisant.
- Jusqu’ici on a constaté que l’action du
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- champ magnétique sur les propriétés ther-xnoélectriques du bismuth varie en valeur absolue avec le sens du champ.
- Cette dissymétrie provient de la constitution cristalline du métal; elle disparaît pour certaines orientations du barreau dans le champ magnétique.
- L’auteur a étudié de petits barreaux taillés dans un cristal suivant différentes orientations. Si les lignes de flux calorifique sont dirigées suivant l’axe principal, l’anomalie signalée disparaîtpourtoutesles orientations ; si le flux est perpendiculaire à cette direction, l’effet du champ est de io à 60 fois plus faible et variable avec l’orientation. M. L.
- Propriétés diélectriques de la glace ; Par A. Arec,g (U.
- Les valeurs trouvées pour le pouvoir inducteur spécifique de la glace sont extrêmement variables, comihe le montre le tableau ci-dessous emprunté aux expériences de Dewar et Fleming.
- i. Glace d’eau distillée
- ordinaire .... 0=109
- 2. Glace d'eau distillée
- pure.............0= \2
- 3. Glace d’eau distillée
- pure ; peut-être souillée d’un peu d’alcool)........D= 50
- 4. Comme .3.........D= 61
- avec 120 interruptions clu courant chargeantlecon-densateur.
- avec 250 interrup-
- 1. D = 103.
- 2. D = s7. .
- .3. D = 64.
- 4. D = 3,6 [d’après la méthode de Nernst (2Vj.
- L’auteur lui-même a trouvé par la méthode de Nernst, 3,9 à — 8o°, ce qui concorde assez bien avec le nombre de Dewar, cité en dernier lieu. Mais à cette température, comme
- du reste aux températures plus élevées, le minimum observé dans l’appareil de Nernst manque absolument de netteté. Le minimum n’est pas meilleur quand on opère par la méthode de Starke (*), en plongeant le disque de glace dans un mélange refroidi de toluol et de chlorure d’éthylène.
- La seule explication de ces divergences qui paraisse plausible, c’est de les attribuer à l’existence dans la masse de la glace de petits canaux remplis de liquide conducteur. En effet, il est impossible d’obtenir de l’eau rigoureusement exempte de sels dissous. Pendant la congélation, il se forme de la glace pure, tandis que les sels dissous s’accumulent dans la partie restée liquide, qui ne prendra l’état solide qu’à la température de formation des cryohydrates. Or, en raison de la grande solubilité des matières qui peuvent sc trouver dans l’eau, acide carbonique, ammoniaque, alcalis provenant du verre, cette température de solidification peut être très basse.
- Au moyen des oscillations électriques très rapides, il est possible de mesurer le pouvoir inducteur sans être gêné par ces canaux conducteurs. On trouve ainsi avec des oscillations dont la période est 5.10“ 6 seconde, 3,2 pour la glace de — 240 à oa, 3,8 à — 8o°, pour le cryohydrate de chlorure de sodium; cette dernière valeur élevée s’explique par la présence dans la glace de 24 p. 100 du sel dont le pouvoir inducteur est 6,3.
- Avec un condensateur plus grand, on obtient, pour la glace pure :
- 3,1 à — 38'1
- 3,16a — 180.
- D’autre part, on sait que la présence de particules conductrices en suspension dans un diélectrique augmente son pouvoir inducteur apparent (2) ; mais il est difficile ici de discuter les expériences de Dewar à ce
- fl) Wied. Ann., t. LXV, p. 229-236.
- (2) Nernst. L'Éclairage Électrique, t. XIII, p. 84.
- (t) Starke. L'Éclairage Électrique, t. XII, p. 227 ; t. XIII, p. 571.
- (2) Cf. Mu-ukan. VÉclairage Électrique, t. XII, p. 33.
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- 256 L’ÉCLAIRAGE
- point de vue, à cause des autres circonstances qui interviennent.
- L’écart observé entre les différents résultats est aussi trop grand pour qu’on puisse l’expliquer parladispersion électrique comme le proposent Dewar et Fleming ; il est aussi fort invraisemblable que le pouvoir inducteur spécifique varie d'une façon continue au moment de la solidification, ainsi que l’admettent ces physiciens.
- Toutes les tentatives qu’a faites M. Abegg pour obtenir avec la glace un bon minimum dans l’appareil de Nernst, ou seulement un minimum d’une netteté suffisante pour une mesure approximative, sont restées sans succès.
- Il est à remarquer encore que d’après les nouvelles expériences de Dewar et Fleming, l’influence de la polarisation électrolytique ne peut plus expliquer les valeurs élevées trouvées pour le pouvoir inducteur spécifique de la glace : ces nouvelles mesures ont été, en effet, effectuées avec une différence de potentiel de 110 volts. M. L.
- Champ électrique entre deux éloctrodes de métal exposées aux rayons de Rœntgen ;
- Par C.-D. Child (’),
- Les deux disques de 15 cm de diamètre qui forment les électrodes sont reliés aux bornes d’une batterie d’accumulateurs dont le milieu est au sol.
- Leur centre est à environ 35 cm du tube de Crookcs, qui est enfermé dans une caisse en plomb, dont la paroi est percée d’une ouverture circulaire de 5 cm de diamètre. L’intensité des rayons, qu’on maintient aussi constante que possible, est telle qu’ils provoquent entre deux disques de clinquant, distants de 2 cm et placés à 20 cm du tube, un courant de 1,3. 10"s ampère, pour une différence de potentiel de 120 volts.
- On explore ce champ au moyen d’un appa-
- ÉLECTRIQUE
- reil à écoulement d’eau, relié à lin électro-mètre à quadrants de Thomson.
- Tant que les disques ne sont pas exposés aux rayons de Rœntgen, le champ dans l’espace qui les sépare esr uniforme.
- Quand les rayons de Rœntgen traversent le champ parallèlement aux plans des disques, si ceux-ci sont en aluminium, l’intensité du champ varie ; il augmente en valeur absolue au voisinage des disques et diminue dans îa région médiane. La grandeur des variations dépend aussi du potentiel des corps environnants ; mais l’allure générale du phénomène reste la même.
- La variation du potentiel en un point déterminé est à peu près proportionnelle à la différence de potentiel totale qui est maintenue entre les disques.
- Si, laissant toutes les autres conditions invariables, on change la distance des disques, en mesurant le potentiel toujours au point qui partage cette distance dans un rap •port donné, on trouve que la variation du potentiel provoquée par les rayons est proportionnelle à la distance ; la courbe qui représente la variation en fonction de la distance se compose de deux droites.
- La variation de potentiel est aussi fonction de l’intensité des rayons : on. s’en assure en interposant sur le trajet de ceux-ci un nombre croissant de lames de clinquant ; la courbe qui a pour abscisses les intensités et pour ordonnées les variations a la forme d’un arc de parabole à axe horizontal.
- L’effet des rayons de Rœntgen se fait sentir sur les métaux autres que l’aluminium, seulement si ces rayons rencontrent les disques. Pour étudier l’effet des autres métaux, M. Child place les disques normalement aux rayons, le disque faisant face au tube de Crookes étant toujours en aluminium ou en clinquant. Dans ces conditions, la conductibilité du gaz est toujours plus grande au voisinage du disque qui est le plus rapproché du tube.
- Mais la variation du potentiel est plus grande pour l’incidence normale que pour
- (i) Wied. Ann., t. LXV, p. 152-163, avril 1898.
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- l’incidence rasante ; la différence est encore plus marquée pour les métaux autres que l’aluminium.
- Il est à prévoir que le courant provoqué par les rayons entre les deux disques sera plus faible pour les métaux au voisinage desquels la chute de potentiel est la plus forte. En effet la rapidité de décharge est indépendante de la nature du métal, comme la variation du potentiel, quand les rayons ne rencontrent pas le métal. Elle varie au contraire avec le métal quand celui-ci est frappé par les rayons et cette variation a lieu dans le sens prévu ; la différence entre un métal et un autre est d’ailleurs d’autant plus accusée que la différence de potentiel est plus grande ou que l’écartement des disques est plus petit.
- M. L.
- Figures de Lichtenberg et ondes électriques dans les fils;
- Par W. von Bezold fi).
- Les observations rapportées dans ce mémoire ont trait k des travaux déjà anciens,
- qui n’avaient pas attiré toute l’attention qu’ils méritaient; l’auteur ayant été empêché d’y
- donner suite, ils étaient restés à peu près ignorés jusqu’à ce que Hertz les signalât dans ses premiers mémoires et montrât toute leur portée.
- L’appareil qui a servi à ces expériences est représenté par la figure 1. Sur la colonnq S servant de support glisse un collier Hx muni d’une vis de serrage, au moyen duquel la tige de verre horizontale (I, se fixe à différentes hauteurs. Cette tige de verre sert à maintenir les portions des fils dont on veut étudier l’état vibratoire. Afin de pouvoir déplacer ces fils, on leur fait faire un tour autour du verre dans une gorge faite en cire. Les fils, tordus en quelques spires, se rendent de là aux conducteurs qui amènent le courant (la figure en montre cinq). Ces conducteurs sont constitués par de fines aiguilles à tricoter, supportées par une double équerre B (fig. 2), qui peut glisser sur la feuille de verre
- Fig. 2.
- G*. Il esj nécessaire de pouvoir amener les pointes des aiguilles à la même hauteur et de les faire toucher sans pression la feuille d’ébonite sur laquelle doivent se dessiner les figures de Lichtenberg; à cet effet, elles passent dans un petit collier à vis K qui repose sur un ressort à boudin s. Toutes les pièces ainsi que l’extrémité des aiguilles sont arrondies pour éviter les déperditions.
- Les liaisons de la tige Qâ avec le reste de l’appareil permettent de la déplacer facilement, de manière à reproduire immédiatement les figures obtenues sur la feuille d’ébonite, en des points voisins. Les feuilles d’ébonite, de quelques millimètres d’épaisseur,
- P) WUà. Ann., t. LXIII, p. 126-151.
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- sont recouvertes sur une de leurs faces par une armature de clinquant: quand on veut obtenir les figures sur les deux faces, il faut naturellement supprimer cette armature. La feuille repose par trois pieds de verre sur un anneau R, auquel est encore fixée une tige de verre recourbée, qui supporte un conducteur semblable aux conducteurs supérieurs et est reliée au sol; elle est recouverte du mélange de soufre et de minium, ou de soufre et de rouge d’Angleterre.
- Il est important de passer avant chaque expérience une flamme sur tous les supports, pour éliminer les charges électriques qui peu-
- Fig. 3-
- vent adhérer aux isolants. Il est bon aussi de ne pas employer de charges trop fortes, ni de trop grands intervalles explosifs. Au lieu
- Fig. 4.
- de bouteilles de Leyde, il est préférable d’avoir de simples conducteurs qu’on charge jusqu’à obtenir une étincelle de quelques millimètres.
- Les figures 3 et 4 reproduisent une série de figures de Lichtenberg ainsi obtenues et reportées ensuite sur du papier enduit d’une solution de caoutchouc dans la benzine.
- M. L.
- Etude des oscillations par l’électromètre ;
- Par A. Tœpler ('l
- Quand un excitateur d’assez grandes dimensions est chargé par la machine statique à 20 plateaux, on obtient des étincelles aux extrémités libres d’un résonateur cylindrique simple, convenablement ajusté. Cependant ce flux d’étincelles n’a pas d’action sur l’électroscope, vraisemblablement parce qu’il appelle seulement sur l’électroscope des charges faibles, fugitives et que les feuilles d’or ne peuvent suivre assez rapidement les variations de ces charges.
- En modifiant l’électroscope, il est .possible toutefois de rendre visibles les mouvements de l’instrument ffig. 1). Dans cette figure a
- et b sont des cylindres métalliques ayant pour diamètres respectifs4 et 8 mm; a est isolé; £en communication avec le sol par la paroi de la cage métallique E. Entre les deux est suspendu un fil fin d’aluminium (0,25 mm), à une aiguille à coudre suspendue au pôle de l'aimant m. En déplaçant l’aimant m', dont le pôle m1 est de signe contraire à m, on peut diminuer l’attraction de m et la rendre juste suffisante pour porter le fil d’aluminium; h est un levier qui permet de faire reprendre l’aiguille par l’aimant, si elle s’en est détachée accidentellement; d, fil fin vissé sur a et relié à l’extrémité du micromètre à étincelles secondaires B.
- (*) Wied. Ann., t. LXIII, p, 183-190, décembre 1897.
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- Quand les étincelles secondaires éclatent ' en ~>, elles chargent le conducteur Bda et le fil d'aluminium est agité irrégulièrement. La lentille L permet d’observer ces mouvements ou de les projeter sur un écran.
- Les mouvements du fil d’aluminium sont encore perceptibles quand les étincelles secondaires n’ont plus que 0,002 mm de longueur. Ils ne sont pas provoqués par une action directe du condensateur de la machine, car ils cessent en même temps que les étincelles secondaires, quand on supprime les étincelles de l’excitateur.
- L’électroscope accusait encore les oscillations alors qu’elles avaient du traverser six murs de pierre et sept armoires renfermant toutes sortes d’objets en métal. Pour les expériences de cours, il n’est même pas nécessaire de donner aux décharges du condensateur toute l’intensité dont elles sont susceptibles; il suffit de faire décharger le condensateur par des étincelles dans l’air, sans même employer le pétrole. M. L.
- Absorption inégale de la vibration électrique et de la vibration magnétique des ondes hertziennes ;
- Par A. Waitz !').
- Quand les ondes hertziennes se propagent dans des milieux dont la conductibilité (rapportée à celle du mercure) décroit de 1 à on trouve que la vibration électrique
- et la vibration magnétique sont inégalement amorties.
- La méthode de mesure employée par M. Waitz est la méthode électrométrique de Bjerknes. Le résonateur, de forme rectangulaire, est formé soit de fils métalliques, soit de tubes de verre renfermant le liquide étudié. Les rectangles ont tous à peu près- les mêmes dimensions et sont placés toujours dans la même position. Quand les tubes renferment un liquide très peu conducteur, eau, alcool, les oscillations propres de la bobine devien-
- nent gênantes, parce que les charges qu’elles communiquent à l’électromètre ne disparaissent pas assez vite. On protège alors l’électromètre en le séparant de l’excitateur par une plaque métallique d’un mètre carré de surface au moins et qui présente une fente large d’environ 1 cm, perpendiculaire à l’axe des deux cylindres de l’excitateur. On règle la longueur de cette fente d’après la longueur d'onde du résonateur, en faisant varier cette longueur jusqu’à ce que la déviation de l’électromètre soit maxima.
- S'il s’agit d’étudier la vibration électrique, on place l’excitateur à 10 ou 20 cm au-dessous du résonateur disposé horizontalement; l’axe des cylindres est parallèle aux côtés non interrompus du résonateur, et l’étincelle sous le centre du rectangle.
- Pour la vibration magnétique, les conducteurs primaires sont placés à côté du résonateur, à la même hauteur que celui-ci, parallèlement aux côtés non interrompus et de manière que l'étincelle se trouve vis-à-vis le milieu de ces côtés.
- Dans les deux cas, la fente de l’écran est perpendiculaire à l’axe des cylindres.
- Comme contrôle, on observe en même temps que l’électromètre servant aux mesures proprement dites un second électromètre occupant toujours la même position et relié constamment à un même résonateur en fil de cuivre.
- L’amortissement de la vibration électrique suit à peu près la diminution de la conductibilité; il augmente cependant d’autant moins rapidement que la conductibilité est plus faible.
- Au contraire, l’amortissement de la vibration magnétique, après avoir augmenté d’abord jusqu’à ce que la conductibilité soit descendue à une certaine valeur, peut diminuer de nouveau si on fait décroître davantage la conductibilité. Par exemple, on peut obtenir la même intensité du courant induit dans le chlorure ferrique et dans l’alcool, bien que les conductibilités soient entre elles | dans le rapport de 1200 : 1. M. L.
- (•) Wied. Ann.y t. LXIII, p. 234-241.
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- Amortissement des résonateurs électriques;
- Par A. Lagergren (').
- En mesurant l’amortissement d’un résonateur par la méthode électrométrique de Bjerknes, on trouve que le nombre obtenu diminue quand on augmente la distance du résonateur k l’excitateur. M. Lagergren a trouvé, par exemple :
- Distance entre l’excitateur et le résonateur en cm. 40 55 80 100
- Décrément moyen par un résonateur en cuivre. . 0,163 0,119 0,076 0,077 Décrément moyen par un résonateur en fer. . . . 0.306 0,2 |i 0,198 0,195 Décrément du résonateur en cuivre.............0,073 0,054 0,041 0,039
- Il faut remarquer que la théorie de Bjerknes suppose que la distance entre l’excitateur et le résonateur est suffisante pour qu’on ait à considérer seulement un train d’ondes. Mais d’autre part, cette variation de l’amortissement s’explique d’une manière très simple par la perte d’énergie due au rayonnement ; les conducteurs voisins du résonateur soutirent l’énergie, et pour obtenir l’amortissement réel du résonateur, il faut en écarter le plus loin possible tout autre conducteur.
- Le décrément propre 3 du résonateur se compose en effet de deux termes : le décrément causé par le dégagement de chaleur de Joule,
- , Rt
- où R désigne la résistance, L la self-induction du conducteur formant le résonateur, 7 la période.
- La résistance R se calcule d’après la formule de Lord Rayleigh :
- R=V/^i-
- r étant la résistance pour les courants continus, ia la perméabilité magnétique et À la longueur d’onde des oscillations. Quand r
- ou 7 sont très grands, on ajoute d’après Stefan — à l’expression ci-dessus.
- D’après les mêmes auteurs le coefficient de self-induction d’un conducteur circulaire de rayon p et de circonférence / a pour exprès-
- L= 21 (log. nal. y - 1,738) +
- S’il s’agit d’un carré, on a d’après le calcul de Blondlot,
- L= 2 l ^log.nat. ----2,160^ ,
- La formule donnée ci-dessus pour 3 suppose que la température est uniforme et la même dans le fil et à l’extérieur. On peut se rendre compte par une expérience simple, que les différences de température que pourraient provoquer les oscillations dans la couche très mince où elles se propagent, n’ont qu’une influence négligeable.
- Supposons que conservant les mêmes dimensions k l’excitateur et au résonateur, on fasse varier la résistance du résonateur. Si w et (»' sont les valeurs du décrément moyen, observées dans les deux cas, 3,- et By les valeurs du décrément de Joule, on aura
- Si la température s’élève d’une manière notable, que to' et l' se rapportent à un résonateur fait en métal dont la résistance varie peu avec la température, w et 0 à un métal dont la résistance varie au contraire très rapidement, la différence calculée — [oj—Sy) sera plus grande que la différence observée ri — co. Le maillechort et le cuivre sont bien appropriés k cette expérience, le premier ayant un coefficient de température dix fois plus petit environ que celui du second. Or on ne constate pas de différence appréciable.
- Hypothèse de Testa. — Tcsla a émis l’hypothèse qu’un excitateur de Hertz, placé dans l’air ou dans tout autre milieu discontinu,
- 0) Wied. Ann., t. LXIV, p. 290-514.
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- cède directement de l’cnergie aux particules de ce milieu, sous la forme d’une espèce d’onde sonore de l’air électrisé. Tesla conclut de quelques expériences que cet abandon d'énergie se fait surtout au voisinage du fil et non entre les armatures du condensateur. M. Lagergren a soumis cette hypothèse au contrôle de l’expérience, en plaçant le résonateur d’abord dans l’air, puis dans le pétrole qui est pratiquement continu. D’après les idées de Tesla, l’amortissement aurait dù être plus grand pour le résonateur placé dans l’air; et rien de pareil n’a été constaté.
- Amortissement par rayonnement. — L’amortissement par rayonnement dépend de la capacité, des dimensions et de la forme géométrique du résonateur.
- 1. Influence de la capacité. — Le résonateur est formé de deux disques plans parallèles qui constituent un condensateur à lame d’air et qui sont réunis par un fil métallique. La capacité varie soit avec la distance des disques, soit avec leur diamètre ; la distance pouvait varier entre 1,1 et 3 cm, le diamètre entre 4 et 30 cm ; la capacité se déduit de la longueur d’onde observée, en employant la formule de Thomson.
- De l’ensemble des valeurs trouvées pour l’amortissement, il résulte que le rayonnement diminue constamment quand la capacité augmente. Ce résultat expérimental est conforme aux calculs théoriques de Hertz et de Planck. Au contraire, l’amortissement dù à la chaleur de Joule croît avec la capacité ; aussi ne prend-il de l’importance que dans le cas où la capacité est très grande ; il peut même dépasser l’amortissement par rayonnement, surtout si le fil du résonateur est très fin.
- 2. Influence des dimensions. — Pour rester dans les limites de sensibilité convenant à l’électromètre, M. Lagergren a pu faire varier le diamètre ? des fils de 0,2 à 0,04 cm seulement et la longueur f de 200 à 350 cm. Néanmoins dans cet intervalle restreint, l’amor-
- tissement éprouve déjà des variations très marquées. Il passe toujours par un maximum ou un minimum très net aux environs de
- L’amplitude du maximum diminue quand le diamètre du fil augmente, s’annule pour un diamètre d’environ 0,13 cm, puis le maximum devient un minimum pour les fils plus gros. La longueur du fil qui correspond au maximum ou au minimum est un peu plus petite pour p=o,i que pour p = o,04, plus petite aussi pour 0 = 0,02 que pour 0=0,04, mais un peu plus grande dans le résonateur circulaire que dans le résonateur carré ; par contre, elle est indépendante de la capacité et par conséquent de la période.
- 3. Influence de la forme géométrique. — Un résonateur circulaire présente, toutes choses égales d’ailleurs, un amortissement plus grand qu’un résonateur carré ; si on introduit dans le résonateur des spirales de fil, on ne provoque aucun autre changement dans l’amortissement que celui qui résulte de la variation de la période et de la self-induction. M. L.
- Amortissement des ondes électriques ;
- Par M. Planck (y.
- Il s'agit ici de l’amortissement dù au rayonnement de l’énergie dans l’espace environnant l’oscillateur.
- 1. Condensateur à lame d'air. — A une distance grande par rapport aux dimensions du condensateur, mais petite par rapport à la longueur des ondes qu’il émet, ce condensateur agit à chaque instant comme un élément polarisé dont le moment électrique / varie périodiquement.
- Le décrément logarithmique des oscillations qui représente l’amortissement dù au rayonnement a pour expression :
- _ l6
- ~ 3 A3 K
- (<) Wicd. Ann., t. LXI1I, p. 419-422.
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- X désigne ia longueur d’onde et K est une constante, définie par cette condition que
- TK/2
- représente la quantité totale d’énergie contenue dans l’espace entourant lé condensateur, jusqu’à une distance très grande vis-à-vis de la longueur d’onde.
- Soit C la capacité du condensateur en unités électrostatiques, a la distance des plateaux, 2 la charge de l’un d’eux
- _L R/* = — K i8 a3 = -j —
- d’où :
- Par suite :
- 2. Soléno'ide. — A une distance grande par rapport à ses dimensions et petite par rapport à la longueur d’onde, un solénoïde parcouru par un courant alternatif agit comme un aimant dont le moment magnétique varierait périodiquement.
- Par un raisonnement calqué sur le précédent, on aurait, en appelant n le nombre de spires du solénoïde par unité de longueur, S la surface de l’une d’elles, L le coefficient de self-induction en unités électromagnétiques, I l'intensité du courant, en unités électrostatiques, 3'la vitesse de la lumière :
- k=-2‘S2-
- Comme L est proportionnel à v ne dépend pas du nombre de spires. M. L.
- Etudo des oscillations hertziennes par les ondes stationnaires dans les dis ;
- Par A. Ekstrœm (*).
- En mesurant les différences de potentiel au voisinage de l’extrémité des fils dans lesquels se propagent les ondes. Bjerknes a construit la courbe d’interférence, qui a pour abscisses les distances .v à l’extrémité et pour ordonnées les valeurs y correspondantes de la différence de potentiel. Les ondes de cette courbe ont une longueur égale à la moitié de la longueur des ondes elles-mêmes; elle peut servir par conséquent à la représentation graphique de ces dernières.
- Si on veut étudier la même courbe d’interférence sur toute la longueur du fil, on est conduit à des calculs plus compliqués, mais qu’on peut cependant effectuer complètement et qui fournissent des résultats assez simples.
- Soient P la longueur des fils, x la distance de l’appareil de mesure à l’origine des fils reliée à l’excitateur, y la distance à l’extrémité, on a toujours x -|-y = î. L’instrument de mesure peut être indifféremment un élec-tromètre, un bolomètrc ou un élément thermo-électrique, mais les formules ne s’appliqueraient plus à un résonateur de Hertz. En désignant par ni et par n les coefficients de réflexion à l’origine et à l’extrémité des fils, l’équation de la courbe d’interférence devient:.
- X est la demi-longueur d’onde, h une constante qui représente le changement de phase dû à la réflexion; h est en général voisin ou de o ou de
- La courbe représentant le système d’ondes peut donc se construire en additionnant les ordonnées de deux courbes identiques entre
- (<) Wied. Ann., t. LX1V, p. 315-324.
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- elles, dont l’une a pour origine l'extrémité antérieure, l’autre l’extrémité postérieure des fils.
- Si / est grand, les deux facteurs exponentiels sont tous deux très petits vers le milieu du fi! et on a une courbe de la forme représentée figure i. C'est donc seulement dans
- les régions extiemes qu’elle est susceptible de représenter la marche des ondes,
- En supposant que les coefficients de ré-llexion m et n soient égaux aux deux extrémités et appelant I et It les ordonnées de la courbe prises à égale distance des deux extrémités, on ad
- —V?-
- Les raisonnements qui précèdent s’appliquent au cas où les fils ont une longueur constante. Quand on opère en faisant glisser un pont sur les fils :
- y=i-c-
- En admettant que les coefficients de réflexion sont très voisins de l’unité, on a alors, pour l'équation de la courbe :
- sin![27' “T + ai7~ ‘)~T+S]
- k est une quantité à peu près constante, voisine en général ou de O, ou de —.
- ' A chaque terme de cette série correspond une courbe qui peut être regardée comme représentant les oscillations de l’excitateur; mais l’échelle change d’un terme à l’autre. Kn faisant la somme des ordonnées de toutes ces courbes, on obtient l’ordonnée de la courbe déterminée par l’expérience.
- Quand la distance c entre l’origine des fils et l’appareil de mesure est assez grande, le facteur e r est négligeable vis-à-vis de l’unité et la série se réduit à son premier terme; la courbe correspondante suffit alors pour représenter le phénomène.
- Si cette distance c est plus petite, la courbe d’interférence ne représentera qu’une image plus ou moins déformée des ondes de l’excita-
- D’après M. Ekstrœm, tant que la forme de la courbe d’interférence change avec c, on observe des ondes harmoniques, qui ne permettent pas cependant de conclure à l’existence objective de ces ondes dans l’excitateur. Il estime que les expériences de M. Drude, bien que n’ayant rien à faire avec les mesures électrométriques, auraient pu donner lieu à une semblable illusion.
- Cette conclusion ne me paraît pas du tout fondée, car les ondes supérieures qu’on observe ont des longueurs d’onde qui, d’une part, ne sont pas exactement les harmoniques, et qui, d’autre part, ont les valeurs que leur assigne la théorie de Kircbhoff.
- M. Ekstrœm a déterminé la courbe d’interférence dans quatre cas, en choisissant une valeur de c telle que la formule se réduisît à ses deux premiers termes. Les courbes expérimentales ont bien même allure que les courbes construites d'après la formule: mais néanmoins la coïncidence n’est pas exacte.
- M. L.
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- T. XVI. - N" 32.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les compteurs d’électricité; par Ernest Coustet. Un volume in-16 de 128 pages, avec 56 figures, de la « Bibliothèque des Actualités industrielles ». Bernard Tignoi. éditeur, 53 bis. quai des Grands-Augustins, 1898. Prix : 2,50 fr.
- La question des compteurs électriques est une de celles qui intéressent au plus haut point le producteur d’énergie électrique. Le système des contrats à forfait pour l'éclairage ou la force motrice n'est plus aujourd'hui applicable que dans des cas tout a fait exceptionnels, et a dû être remplacé par le système de la vente au compteur. Mais, comme on sait, ce système n’est pas sans quelques inconvénients : il grève les frais d’établissement des installations d'une somme relativement d'autant plus forte que (‘installation est plus petite ; de plus, il est malheureusement trop souvent la cause de contestations entre vendeurs et consommateurs, ceux-ci étant naturellement portés à attribuer à un dérèglement du compteur une augmentation inattendue de leur consommation.
- En rassemblant dans un petit volume les descriptions des nombreux compteurs actuellement sur le marché, l'auteur a donc fait œuvre utile.
- La division de l’ouvrage est des plus simples. Après avoir précisé, dans une courte introduction, les cas auxquels doit être limité l’emploi du contrat à forfait, M. Coustet définit les grandeurs qu’il s’agit de mesurer, puis décrit les compteurs d'intensité, les compteurs de tension pour les distributions à intensité constante, les compteurs d'énergie et enfin les compteurs enregistreurs, s’attachant
- surtout à mettre en évidence les avantages et les inconvénients respectifs des appareils.
- Un chapitre est ensuite spécialement consacré au choix et à l’emploi des compteurs ; on y trouve l'indication des qualités que doit remplir tout instrument de contrôle et les divers types à employer dans les différents genres d’installations, ainsi que les soins à prendre dans leur placement, leur réglage, leur entretien, etc. ; on y trouve aussi un examen des tarifs multiples, variables ou décroissants, qui commencent à se répandre et dont beaucoup d’électriciens attendent le plus grand bien au point de vue du développement des distributions d’énergie électrique. Enfin, dans un dernier chapitre, l’auteur traite la question des compteurs à prépaiera eut, dont l'usage, déjà assez courant en Angleterre, peut procurer aux stations toute une nouvelle categorie d'abonnés qui seraient dans l’impossibilité d’acquitter le montant de leur consommation mensuelle en un seul versement, mais qui, par des paiements fractionnés, procurent des recettes imprévues, comme l’ont déjà constaté les compagnies de gaz.
- Fait très consciencieusement, ce volume rendra de réels services aux directeurs de stations de distribution qui y trouveront des indications utiles sur les nombreux systèmes de compteurs dont iis peuvent faire usage, et sur les systèmes de tarifications multiples pouvant augmenter leurs recettes. Ecrit sous une forme très simple, il intéressera egalement les monteurs chargés de placer les compteurs, de les vérifier et de les nettoyer. J. R.
- CHRONIQUE
- L’utilisation de la télégraphie hertzienne pour éviter les collisions des navires. — Le naufrage de la « Bourgogne » ramène l’attention sur les nombreux moyens d’éviter les collisions entre navires en temps de brume. MM. Berget et L. Décombe avaient déposé le 24 janvier dernier, sur le bureau de l'Académie des sciences, un pli cacheté renfermant une note sur ce sujet; ce pli cacheté a été ouvert, sur la demande des auteurs, dans la séance du 11 juillet dernier. En voici les passages essentiels :
- < 11 suffirait de munir chaque navire d’un dispositif pareil à celui qui sert à la télégraphie sans fil : excitateur de Hertz pour émettre des ondes électromagnétiques, et cohéreur de Branly pour servir de récepteur...
- « ... Ces appareils sont d’un prix très faible.
- « Le brouillard n’arrêtant pas les ondes électriques, et la brume n'existant généralement qu’en mer calme ou à longue ondulation de houle, le signal porterait à plusieurs milles de distance ('deux au moins); on pourrait munir chaque appareil récepteur d’un écran réflecteur, de façon qu'il n’émette et ne reçoive d’ondes que suivant une direction connue; on serait ainsi renseigné sur la direction des signaux reçus... »
- Le Gérant : C. NAIJD
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- Tome XVI.
- Samedi
- 1898
- 5e Année. —
- N0 33.
- L’Eclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ 1
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur â la Sorbonne, Membre de l'Institut, — D. MONNIER, Professeur à L’Ecole centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur â la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l'École des Mines, Membre de l'Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- LE CHEMIN DE FER SOUTERRAIN CENTRAL DE LONDRES
- Programme
- Les ingénieurs de cette ligne sont MM. John Fowler et Benjamin Baker, auxquels fut associé, au début, M. Greathead : après la mort prématurée de ce dernier, M. Basil Mott prit sa place.
- Le contrat d’exécution est sous la direction de la « Electric Traction Company », qui a comme ingénieur M. F. Hardleston. Cette compagnie, organisée spécialement pour ce travail, s’est engagée contre une somme légèrement inférieure à 17000000 fr.
- L’équipement électrique complet a été commandé, après adjudication, à la British Thomson-Houston Company, représentant en Angleterre la General Electric Company.
- La construction a été partagée entre MM. Walter Scott and C% MM. John Price and C°, et M. John Talbot.
- Tracé de t.a ligne. — La figure Lest une carte de la ligne. Elle montre que cette ligne passe sous la partie de Londres où le trafic journalier est le plus dense et partage en deux parties égales l’étendue actuellement desservie par le métropolitain souterrain.
- Les positions des stations et leurs inter-
- valles d’axe en axe sont approximativement, partant de l’extrémité Ouest de la ligne :
- Shepherd’s Bush à Holland Park......... 925 m
- Holland Parka Notling Hill Gâte........ 625 »
- Notting Ilill Gâte à Queen’s road...... 702 «
- Queen’s road à Westbournc Park......... 902 »
- Westbourne Park à Marble Arch........1180 »
- Marble Arch à Davies Street.......... 587 »
- Davies Street à Oxford Circus........ 456 »
- Oxford CircusàTolîenham CourtRoad. . . 608 »
- Tottenham Court Road à British Muséum. 632 » British Muséum à Chancery Lane.... 682 »
- Chancery Lane à Post Office...........1063 (i
- Post Office à Bank.................... 757 »
- Total................9300 m
- (Quoique le terminus Est soit a la Banque, il doit d’après le contrat se trouver à Liver-pool Street. Il faut espérer que l’Electric Traction Company et la Compagnie du Great Eastern Railway verront la nécessité de cette courte extension pour faire communiquer définitivement toutes les parties de Londres.
- Le projet original amenait vraisemblablement la nouvelle ligne à une grande profondeur sous la Livcrpool-Street Station, où auraient été créés des accès directs aux quais de cette ligne.)
- Il y aura, en plus, ùne
- section de 947 m à
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- Shepherd’s Bush, entre le centre de la station et l’extrémité des voies du dépôt, et une section de 200 m à la Banque, entre le centre de la station et l’extrémité des voies.
- ÉLECTRIQUE
- De sorte que, en faisant abstraction des changements de voie aux stations et des garages, la longueur totale sur laquelle s’effectuera la traction électrique sera de 10 km.
- môme section pour les tuyaux, égouts et ûls de lumière électrique (lig. 3). La première galerie reliera les stations, situées en cet endroit, des City and South London Railwav, Waterloo and City Line, autres chemins de fer souterrains. Probablement le Central Rail-way sera relié aussi, près de Oxford Circus,
- avec la Baker-Street and Waterloo line.
- La Bank Station sera couverte par un pont d’acier et de béton sur lequel sera un pavage : ce pont sera porté par de nombreux piliers. Au centre de la station seront cinq puits contenant chacun un ascenseur pour l’acccs des quais, lesquels seront dans un
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- élargissement des tunnels, à environ 20 ni au-dessous de la surface (fig. 3;.
- A chacune des stations courantes se trouveront deux puits de 7 111 de diamètre et 26,50 m de profondeur, et un puits de 5,50 ni de diamètre et 23 m de profondeur ; les deux premiers contiendront deux ascenseurs d’entrée et deux ascenseurs de sortie, et le plus petit deux escaliers en spirale, respectivement pour la descente et la montée.
- Ce* ascenseurs seront mus électriquement*, leur vitesse sera d’environ 46 m par minute et leur capacité de 6800 kgr, soit environ 100 voyageurs par course : ils seront du type à double caisse. —
- Sprague Electric Elevalor Company, constructeur.
- (L’expérience qu’offrent les États-Unis et le South London Railway indique que 99 p. 100 du public préfèrent prendre l’ascenseur.)
- Les passages menant des paliers inférieurs des ascenseurs aux quais des stations ont une largeurde 2,50m du coté de l’entrée et de 4 m du côté de la sortie, où la foule peut se présenter pour gagner les ascenseurs.
- Tunnels. — Le chemin de fer sera construit, suivant l'exemple de la City and South London line, en deux tunnels séparés; l'un comprendra la voie montante et l’autre la voie descendante. La ligne étant 'entièrement sous des rues, les tunnels se trouveront au-dessous des tuvaux, égouts et autres obstacles artificiels. A Newgate-Street, où le passage est resserré, les tunnels devront être à des niveaux différents.
- Dans les stations Je niveau du rail sera de 24,50 m à 25,50 m-au-dessous de la surface. Au départ des stations la voie sera en pente de 33 mm par mètre sur une distance d’environ 91 111, et à l’arrivée elle sera en rampe de t6 mm par mètre sur 180 m ; de cette façon les stations seront de 3 m au-dessus du niveau courant de la ligne, ceci en vue de réduire la demande de puissance à la station génératrice.
- (La surface 11’étant pas de niveau, il y aura une station à 31 m de profondeur.)
- La partie courante des tunnels aura un diamètre de 3,50 m; ceci permettra l’emploi de voitures plus larges que celles que l’on rencontre ordinairement. Aux stations le diamètre sera de 6,40 m sur une longueur de 114 m. Des tunnels reliant les deux voies auront un diamètre de 7,60 m.
- Au sujet de l’état de l’atmosphère la nouvelle ligne présentera une amélioration notable sur ce qui a existé jusqu’ici : i° comme
- dans chaque tunnel les trains ont tous le même sens de marche, ils produiront eux-mèmes la ventilation en faisant piston; c’est ce qui a lieu sur la City and South London line, où le tirage est, de ce fait, très puissant; 20 on n’aura pas de locomotive à vapeur viciant l’atmosphère (on prétend qu’une locomotive vicie l’atmosphère comme 30000 personnes).
- Le seul inconvénient que présentent les locomotives électriques dans les tunnels de la City and South London line est le bruit dù au passage des trains ; on pourra vraisemblablement remédier à cela.
- Exploitation. — La vitesse commerciale devra être de 22,500 km à l’heure avec un
- — Coupt
- tation de la Banque.
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- arrêt de 20 secondes à chaque station, ce qui donne 48 km à l'heure comme valeur de la vitesse maxima. La moyenne de la course entre stations sera de 975 m, et elle devra être effectuée en 104 secondes environ. Donc, il faudra 25 minutes pour parcourir toute la ligne (un omnibus met en moyene une heure et quart).
- Un train aura 7 voitures et pourra contenir 336 voyageurs ; il pèsera 10G tonnes à l’exclusion de la locomotive. Toutes les voitures seront éclairées à l’électricité.
- L’espacement des trains sera au début de 2 minutes et demie ; on le réduira à 2 minutes dès que le trafic l’exigera.
- Avec des trains toutes les 2 minutes et demie, toutes les places étant occupées, et chaque personne faisant le trajet entier, 011 pourrait transporter en un an 85 millions de voyageurs environ. Chaque voyageur ne devant pas faire le trajet entier, on a estime qu’en un an on transporterait 100 millions de voyageurs ; on aurait en un an zoo millions de « voyage-voyageur ».
- Exécution de l'infrastructure
- L’exécution des tunnels ne présenta pas de sérieuses difficultés; elle fut faite au moyen du bouclier Greathead. sans gêner la circulation des rues.
- Nature nu sol. — La ligne est dans l’argile de Londres sur presque toute sa longueur; en outre, elle monte dans le gravier ou suit la ligne de jonction entre les couches de reading et l’argile. Cette argile est formée d’une marne verte et rouge contenant des parties de roc ; on n'y rencontre pas de couche aquifère. Cependant on employa l’air sous une pression modérée à Shepherd’s Bush, où les tunnels viennent à la surface, et en traversant la vallée d’Holborn, sous le viaduc, on travailla dans l’air comprimé par mesure de précaution, étant donné qu’en cet endroit la ligne affleure la surface par suite d’un plongement du terrain et qu’il fallait supporter la poussée d’en
- haut produite par le viaduc; avec 1,405 kgr par cm2 on a une pression totale d'environ 130 tonnes sur le front de taille.
- Fonçage des puits. — Envisageons plus spécialement les travaux de MM. Scott. La première opération fut de foncer des puits en six points différents et à une profondeur de 18 à 20 m: ces puits furent utilisés pendant les travaux pour le mouvement des matériaux, etc., et serviront définitivement aux voyageurs pour l’accès aux stations. Le percement des tunnels commença ensuite par deux dans chaque direction en partant de chacun des puits.
- Les puits sont dressés avec des parois en fonte d’une épaisseur courante de 33 mm, et d’une épaisseur de 114 mm dans les saillies On commençait par poser une première partie en boulonnant les segments ensemble et laissant l’enfoncement de ce qui était monté se produire par l’action du poids, tandis que l’on avançait l’excavation de l’intérieur; le gravier étant très meuble, le poids nécessaire pour cet enfoncement n’était pas grand. Ayant atteint et pénétré de 30 à 60 cm l’argile, on arrêta la première partie et on posa la seconde au-dessous, par segments, l’argile étant enlevée au diamètre exact du puits ; tout espace situé derrière les anneaux de fonte, entre ceux-ci et la terre, fut rempli avec un coulis de chaux hydraulique injecté sous pression. Le fonds du puits fut formé par une couche'de béton de 60 à go cm. d’épaisseur. Des treuils à vapeur furent employés.
- Percement des tunnels. — Les entrepreneurs prirent toutes les précautions possibles pour ne pas gêner les habitations au-dessous desquelles ils travaillèrent. Ils choisirent la manutention hydraulique en raison de sa sûreté de travail. Le piston plongeur du palan avait 305 mm de diamètre et sa course était de 3 m ; les cages, du modèle ordinaire des mines, étaient commandées par l’intermédiaire d’un engrenage multi-
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- plicateur de raison 10. Cette machinerie fut établie par la Hydraulic Engineering Company de Chester. La paissance hydraulique était fournie par les conduites de la
- London Hydraulic Power Company. L’installation fonctionna pendant tous les travaux sans aucun accident.
- Pour l’extraction, M. John Price et
- M. George Talbot employèrent des treuils à vapeur construits par MM. John H. Wilson et C°5 de Liverpool
- Diamètre du cylindre.......... 228 mm
- Course du piston.............. 355 »
- Tambour ) Diamètre ... 91 cm
- d’enroulement, j Largeur. ... 46 ;>
- Diamètre de la roue dentée du
- tambour........................1,520 m
- Raison de l’engrenage............. 8
- Diamètre de la roue du frein à
- sabots de bois...............
- Pression de la ‘vapeur.......
- Vitesse d'ascension..........
- Charge maxima................
- Longueur du câble............
- 5,620 kg par cm'!
- 3 tonnes 61 m ;
- la distribution se fait par un tiroir ordinaire avec coulisse de changement de marche.
- Le reste du matériel mécanique fut mis en
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- place pendant l’achèvement des puits. Ce materiel comprenait :
- i° Des chaudières demi-fixes, d’une puissance de 30 à 60 chevaux chacune :
- 2" Des compresseurs d’air, avec les deux cylindres en tandem, pour injecter le coulis et pomper: diamètre commun des cylindres = 305 mm: course commune des pistons
- Fig. 5. — Dynamo pour éclairage et force motrk
- ~ 457 mm; pression de l’air ~ 4,217 kgr par cm2 :
- 3° Des moteurs à vapeur pour la commande des dynamos (fig. 4) ,* ces moteurs furent établis aux différentes stations qui formaient les points de départ des travaux.
- Ils sont du type enfermé. Leur puissance doit être de 35 chevaux avec une pression de vapeur de 7,700 kgr par cm5 et une vitesse de 350 tours par minute. Ils ont une distribution compound centrale :
- Diamètre du cylindre à haute pression. . 178 mm
- » à basse pression. . 305 »
- Course des pistons........................127 »
- Le tiroir central, équilibré, est commandé par un excentrique. Les manivelles sont à 1800. Le régulateur est monté sur l’arbre principal et agit sur une soupape équilibrée de la prise de vapeur.
- 4e Des dynamos (fig. 5). Aux stations de peu d’importance les mêmes machines devaient servir pour l'éclairage et la force motrice, et aux autres on prévoyait un matériel spécial pour l’éclairage.
- La dynamo représentée servit dans l’un et l’autre cas. Elle devait donner 100 ampères sous 200 volts, avec 700 tours par minute.
- L’armature est du type Gramme et les inducteurs sont à enroulement compound. Le bâti peut se des glissières pour permettre de tendre la courroie en marche.
- 5° Des pompes hydrauliques, mues électriquement, destinées à produire l’eau sous pression nécessaire pour la manœuvre des boucliers. Pour les grands boucliers on se servit de la pompe représentée en ligure 6 :
- Diamètre des pistons. 38 mm Course des pistons. . . 101 »
- Vitesse............ îoo t. par m
- Puissance du moteur. 100 chx elïecl.
- le bâti forme un réservoir contenant suffisamment d'eau pour alimenter les pompes, l’eau d’évacuation revenant à ce réservoir. (La roue hélicoïdale est en bronze phosphoreux et la vis tangente en acier.)
- Pour les petits boucliers on employa le type représenté en figure 7 :
- Diamètre des pistons. 28,5 mm
- Course des pistons. . 76 »
- Puissance du moteur. 6 chevaux effectifs
- 6" Des locomotives électriques (fig. 8;. Le bâti, en fonte, porte un moteur, de 25 chevaux efféclifs, qui commande l’un des essieux par vis tangente et roue hélicoïdale : la vis est en
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- acier, à filet triple, et tourne dans un bain d’huile ; la roue est en bronze phosphoreux. Les essieux sont couplés. On doit avoir une bonne vitesse sur rampe de 50 p. 1000 et 12,800 km à-l’heure sur rampe de 33 p. 1000. Le courant est pris par un contact placé à la partie supérieure, d’un conducteur en cuivre dur étiré, de 6,3 mm de diamètre, suspendu à des supports de bois situés au sommet du tunnel.
- Le courant est engendré à la surface, au droit de chaque station, et il est distribué au bas des puits par des conducteurs isolés.
- En laissant l’espace nécessaire pour le départ de l’argile enlevée il restait peu de place pour l’installation mécanique. Comme exemple typique, citons une station où l’aire totale mesurait 15,80m sur 17 m et où plus de la moitié de cette aire était occupée par trois puits ; 011 y a installé une chaudière, un com-
- presseur d’air, un réservoir d'air, un moteur à vapeur et sa dynamo, le treuil d’une grue à vapeur de 3 tonnes, et on y a réservé l’espace necessaire au mouvement des voitures qui emmenaient l’argile et apportaient les segments de fer et autres matériaux
- Des machines à vapeur, pompes, dynamos électriques et excavateurs, furent livrés a MM. Walter Scott et C° par MM. E. Scott et Mountain, de Newcastle.
- L’argile était sortie par les cages pour être versée automatiquement, d’une plate-forme où
- elle était déposée, dans des voitures ; elle était ensuite prise à quai et emmenée par des chalands.
- Les passages qui iront des quais des stations aux ascenseurs laissant ceux-ci à environ 3 m au-dessus du niveau des rails, on a dû établir des passages temporaires pour gagner ce niveau ; ces passages étaient à parois métalliques et offraient un diamètre intérieur de 2,438 m. Arrivé sur la ligne du tunnel le passage était arrêté, et une chambre cylindrique 'diamètre = 4,5 7 m. longueur = 2.13 m)
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- à parois métalliques, constituant la première partie du tunnel, fut construite pourvdresser le bouclier.
- Boucliers. — Les boucliers, construits par MM. Markham et C'e de Chestcrficld, sont de deux sortes : pour les stations, diamètre extérieur = 6,958 m: pour la voie courante, diamètre extérieur = 3,860 m, avec une légère augmentation pour les parties courbes.
- Bouclier pour station 'fig. 9, 10, 11 et 12). — Il est constitué par une enveloppe en tôles d’acier, soigneusement ajustées et fortement rivées ensemble sur 2 épaisseurs, maintenue par 2 forts anneaux de fonte.
- Chacun des anneaux est formé de 22 segments posés exactement et solidement boulonnés entre eux. L’anneau extérieur présente un bord coupant; l’anneau intérieur, qui est la partie essentielle du bouclier, porte 22 pots
- Fig. 7. — Pompe hydraulique actionnée électriquement pour la manœuvre des petits boucliers.
- de presse hydraulique (178 mm de diamètre; produisant une pression de 850 tonnes. Pour augmenter la rigidité de l’ensemble, un diaphragme en tôle d’acier est assuré entre les 2 anneaux. A la tête de chaque piston plongeur est une traverse qui vient s’appuyer sur le rebord extérieur des parois du tunnel déjà posées. A chaque pot de presse aboutissent un tuyau d’admission et un tuyau d’évacuation, munis tous deux d’une valve d’arrêt. De l’indépendance des pots de presse il résulte que l’on peut produire l’avancement dans telle direction voulue. De plus, disposant pour chaque pot d’une valve d’inversion, on y produit le mouvement du piston dans un sens
- ou dans l’autre à volonté. L’évacuation des pots se fait en arrière dans les bassins qui alimentent les pompes.
- Ce bouclier est renforcé par 3 entretoises horizontales et 2 entretoises verticales ; ces entretoises sont formées de semelles et de fers à U, en acier ; elles sont solidement fixées au corps du bouclier par leurs extrémités. Les 2 entretoises horizontales supérieures reçoivent chacune 3 cylindres hydrauliques dont les pistons ont pour office de maintenir la face travaillée du tunnel, afin de prévenir un glissement là où l'on procède à l’excavation ; les têtes de ces pistons sont fixées, respectivement pour les deux entretoises, à 2 planchers
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- mobiles sur lesquels les hommes travaillent. Les cylindres du front de taille sont commandés par des tuyaux d’admission et des tuyaux d’évacuation, avec valves indépendantes. Lorsque le bouclier avance, les pistons sont forcés en arrière, mais ils sont retenus par la pression hydraulique qui supporte ainsi la face d’avancement du tunnel.
- Le bouclier pour station est pourvu d'un cylindre hydraulique pour la mise en place des segments qui constituent les anneaux de fonte formant la paroi définitive du tunnel ; les segments sont pris par la tête du piston. Ce cylindre est amené dans la position voulue par rotation sur un axe boulonné à l’une des entremises verticales ; l’axe porte une roue sur laquelle viennent des chaînes commandées par 2 nouveaux dres qui produisent la manœuvre, les valves de ceux-ci étant commodément disposées au-dessus des planchers du bouclier.
- L’avancement se fait ainsi : la de la face d’avancement est enlevée a la main et est jetée sur les plates-formes de travail d’où elle tombe dans des wagons; on peut enfoncer des pieux dans la face, au moyen de la pression hydraulique, pour y ameublir la terre. Le front de taille étant suffisamment fouillé, on admet l’eau sous pression dans les cylindres d’avancement dont les pistons s’appuient par leurs têtes contre le dernier anneau de segments posé : le bouclier avance. A fin de course le bouclier s’est déplacé de façon à permettre la pose d’un nouvel anneau dans la portion arrière de l’enveloppe du bouclier ; pour cette pose on fait rentrer les pistons dans leurs cylindres; on boulonne les nouveaux segments entre eux et avec ceux de l'anneau précédent. L’avancement continue
- Bouclier ordinaire. — Le bouclier pour
- la partie courante du tunnel ifig. 13, 14 et 15 ) est analogue au bouclier pour station. L’extrémité coupante est formée d’un anneau de fonte, en deux moitiés, sur lequel sont fixés des couteaux d’acier formant de courts segments; ces couteaux peuvent être ajustés de manière à découper un diamètre légère-
- ment plus grand que celui du corps du bouclier. Derrière cet anneau vient une cloison présentant une ouverture circulaire de 3 m. de diamètre (le projet présentait une ouverture rectangulaire). La cloison est prise entre le premier anneau et un second anneau de fonte formé de 6 segments portant des nervures qui servent pour les boulonner entre eux, ces segments étant aussi boulonnés avec l’enveloppe du bouclier. Chacun des segments du second anneau porte un pot de presse hydraulique, les 6 pouvant produire
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- une pression de 230 tonnes ; tous les pots ont 1 valve d’arrêt et 1 valve d’inversion. L’eau sous pression peut être envoyée par 2 pompes à main, fixées chacune à un réservoir d’eau, boulonné sur le bouclier ; ces réservoirs reçoivent l’évacuation des cylindres. Les pompes à main sont montées sur des presses compound, à 2 pistons de diamètres diffé-
- rents : quand la pression exigée n’est pas grande, comme c’est le cas lorsqu’on pompe après que le bouclier s’est déplacé de toute la course des pistons et lorsque le bouclier se trouve dans un endroit où la résistance à l’avancement est relativement faible, on emploie les gros pistons; quand une grande pression est nécessaire on emploie les petits
- pistons afin de ne pas exagérer le travail demandé a la pompe ; le mouvement est évidemment plus long avec les petits pistons qu’avec les gros.
- Pour la partie entreprise par MM. Scott et C" toute l’eau sous pression a été fournie par des pompes mues à l’air comprimé (fig. 16 et 17) (MM. Hay ward.TyleretC0, de Londres, constructeurs!. Les pompes à main occupant uneéquipe de 13 hommes pendant 20 a 25 minutes. leur emploi donne une opération longue. Les pompes a air comprimé étaient portées par un bogie derrière l’excavateur.
- (Sur le projet ces pompes étaient fixées aux boucliers et puisaient l’eau dans les réservoirs placés pour les pompes à main.) Les diamètres des cylindres étaient :
- Pour l'air................... . 178 mm
- Pour Lan..................25.4 »
- Pour une pression d'air de 3515 kgr par cm2 on avait une pression d’eau de 157 kgr par cm2. Ces pompes devaient être éprouvées à une pression d’air de 5,624 kgr par cm2 et elles pouvaient donner jusqu'à 235 kgr par cm2 de pression hydraulique. Les pompes
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- employées sont d’une taille légèrement supérieure à celle des pompes du projet, et elles peuvent donner une pression de 350 kgr par cm2 sur les pistons.) On a reconnu que suivant la nature du sol la pression d’eau la plus convenable variait de 56,247 à 112,495 kgr par cm2. Il n’y a comme pièces en mouvement dans ces pompes que le piston et le tiroir, le renversement se faisant
- automatiquement au moyen de l’air sous pression. Les cylindres hydrauliques sont en métal à canon ; il y en a un à chaque extrémité du cylindre moteur. Un avantage de ce mode de commande des pompes est que l’échappement de l’air procure une ventilation du tunnel.
- Par cet arrangement les boucliers ordinaires furent déplacés avec une vitesse telle que les pistons opéraient leur mouvement complet d’avance et de retour en 6 minutes ;
- 75
- l’avancement variait de 2 à 4 anneaux dressés par journée, soit de 1 m à 2 m en 10 heures de travail. Les grands boucliers avançaient de deux anneaux en 10 heures de travail, ces anneaux ayant 0,457 m de longueur.
- Dans tous les cas les segments constituant
- ipe longitudinale horu
- la paroi métallique définitive furent mis en place à la main à l’intérieur de la queue du bouclier : ils pèsent de 370 a 470 kgr, et 6 à
- grande difficulté : l’espace annulaire laissé entre l’extérieur de cette paroi et la terre, par le déplacement du bouclier, fut rempli par un coulis forcé au moyen de l’air coinpri-
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- chambre ménagée à cet effet, on devait pour commencer le travail amener le front de taille à être en avant de 2,10 m à 2,40 m. Lorsque le sol était dur, on enlevait l’argile en avant du bouclier sur l’épaisseur d’un anneau de la paroi métallique (50 cm), en laissant à la périphérie une largeur de 25 à 50 mm qui
- était détachée par le bord ^coupant du bouclier; avant de faire-avancer o'n plaçait horizontalement, en avant du bouclier, des pieux dont la pointe entrait dans la face à détruire et dont l’autre extrémité s’appuyait sur le bouclier: alors, ce dernier étant forcé en avant par les pots de presse hydraulique
- les pieux desserrent l’argile et détruisent la face où les mineurs peuvent maintenant venir enlever la terre. Le bouclier ayant été poussé suffisamment loin, l’anneau de paroi était dressé et l’avancement pouvait continuer,
- Excavateur (M. Thomas Thomson, constructeur) (fig. 18). — Pour le projet de cette machine, on a rejeté les types à tète circulaire avec couteaux rotatifs : de telles machines, qui travaillent bien dans la terre ou le roc de dureté uniforme, n’auraient pu con-
- venir pour les couches de Londres, d’argile avec des galets disséminés ; en outre, on ne voulait pas que la machine bloquât la face de travail, empêchant le montage des segments métalliques et rendant difficile le mainütin en direction du bouclier.
- La machine devait, pour lutter avec succès contre le travail à la main, remplir les conditions suivantes :
- Travailler sans avarie dans une face d’argile compact renfermant des galets dont le diamètre atteint 1,22 m.‘
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- Délivrer la terre à une hauteur suffisante pour permettre son déversement dans des wagons.
- Ne pas former un obstacle dans les operations de pose des segments métalliques et d’injection du coulis.
- Permettre, en cas d’accident à la machine, au roc, ou aux couches supportant de l’eau, la reprise immédiate du travail à la main.
- Permettre un contrôle et une détermination faciles de la direction d’avancement et de la situation de la face de travail.
- La machine adoptée remplit ces conditions et a donné dans le cas actuel entière satisfaction.
- L’excavateur proprement dit est porté par un truck « Goliath » voyageant sur une voie de i ,90 m ; sous ce truck est réservé un passage d’une hauteur de 1,730 m et d’une largeur suffisante pour le passage facile des wagons de terrassement et des bogies apportant les fers, ces wagons et bogies voyageant sur une voie de 0,60 m. A la partie supérieure de ce truck est fixé un pivot
- autour duquel oscille l’excavateur. La charpente de celui-ci est formée de deux côtés en tôle de fer réunis par des entretoises transversales et par une boîte centrale, en. fonte, qui porte sur le pivot. A l’avant de cette charpente est attachée l’une des extrémités du support de la chaîne qui conduit les augets dragueurs ; ce support a une longueur de 5 m et est soutenu, à 1,80 m du tambour de tète, par 2 chaînes passant sur un tambour d’enroulement situe au sommet de l’appa-
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- reil ; il présente une disposition à vis permettant de tendre la chaîne à augets.
- Cette machine est commandée par un moteur électrique de 100 ampères sous 200 volts ; le courant arrive de la surface, où il est en-
- gendré par une machine de 20 chevaux et une dynamo de 100 ampères sous 200 volts ; un coupc-circuit fusible, placé sur le conducteur qui arrive au moteur, garantit les transmissions en cas de trop forte charge. Le
- moteur est monté à l’arrière et actionne, par l'intermédiaire d’une vis tangente à double filet et d’une roue hélicoïdale, un arbre longitudinal. Sur cet arbre l’on prend les mou-
- vements d’avancement, de direction, de montée et de descente, et de fonctionnement de la drague.
- Les transmissions sont les suivantes :
- de la pompe.
- Avancement. — Une poulie située à l’avant en commande une autre calée sur un arbre placé au-dessus du pivot. Cet arbre donne, par cônes de friction, le mouvement à un second arbre qui arrive en bas du pivot pour agir, au moyen de vis tangentes, sur deux tambours placés respectivement sur chacun
- des côtés du truck. De chaque tambour un câble métallique va en avant et en arrière de la machine.
- Direction. — Une paire de cônes de friction et d’engrenages coniques pour conduire par vis tangente et roue hélicoïdale une pou-
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- lie à empreintes sur laquelle passent des chaînes attachées aux côtés du truck.
- Montée et descente. — Une paire de cônes de friction et d’engrenages coniques pour con-
- duire par vis tangente et roue hélicoïdale le tambour sur lequel s’enroulent les chaînes de levage.
- Dragage. — A l’extrémité avant de
- Fig. 18. — Excavateur. Les leviers de manœuvre sont enlevés afin de faire voir le mécanisme, et les roues qui portent la machine ne sont pas en place.
- l’arbre principal un engrenage conique commande le tambour moteur de la drague.
- La partie travaillante reste dans la position où elle est laissée sans qu’on ait besoin de frein, étant donné l’emploi de vis tangentes pour les commandes des différents mouvements.
- Les leviers et roues de manœuvre des commandes sont réunis sous la main du mécanicien, qui se tient sur une petite plate-forme portée par le côté gauche de la machine. Là se trouvent aussi le commutateur du rhéostat et celui du changement de marche du moteur.
- Les augets sont, à proprement parler, des raclettes, car ils n’ont qu’un fond et un côté arrière. Sur l’arrière sont des dents, 4 ou 5 alternativement, encastrées dans des logements venus de fonte ; ces dents sont des grains d’orge en fer.
- Plusieurs augets ayant été brisés au début, les augets en acier coulé furent remplacés Par d’autres en métal à canon.
- Les seuls accidents furent quelques rup-rires d’augets.
- Cet appareil offrit une grande économie sur le travail à la main, l’avancement ayant
- été de 3 anneaux de 50 cm, par journée de 10 heures, avec une équipe de 8 hommes, y compris le mécanicien, à la face de travail.
- En opération, la machine avance sur la face et creuse sur une distance de 45 cm à 60 cm en avant du bouclier ; elle peut atteindre le bas de la face, mais non pas le sommet
- Fig. 19 et 20. — Coupes transversale et longitudinale du déblai opéré par l’excavateur; sur la figure 19 la partie ombrée est celle qui est atteinte par l’excavateur.
- ni les côtés (fig. 19 et 20). Les petits galets ordinaires sont enlevés facilement par la machine ; quand un gros galet apparaît, la terre est ôtée tout autour à la machine, et le galet enlevé à la main.
- Après une excavation on recule la machine à 3 m ou 3,65 m en arrière de la face, et l’on fait avancer le bouclier au moyen
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- de la pression hydraulique : le bord coupant détache la portion que l’excavateur n’a pu atteindre, produisant une coupe propre qui ne laisse aucune cavité à l’extérieur du bouclier; les segments à poser sont alors mis en
- place, puis l’excavateur avancé pour travail. 1er à nouveau.
- H. Tripier,
- SUR LES ÉCRANS MAGNÉTIQUES (')
- Courant placé a l'intérieur d’une masse
- MAGNÉTIQUE (*).
- L’étude de ce cas est importante non seulement au point de vue théorique, mais aussi au point de vue pratique ; c’est en effet celui qui se présente dans les induits à trous. M. Du Bois a examiné le cas d’un courant protégé sur une partie de sa longueur par un cylindre concentrique, et ses conclusions suffisent pour comprendre ce qui se passe dans les induits à trous. D’autre part M. Searle a traité théoriquement le cas d’un courant placé dans une masse de fer limitée par une face plane parallèle au courant et s’étendant indéfiniment ; il a construit des diagrammes théoriques dont M. Du Bois a pu obtenir la reproduction par des spectres de limaille. Nous allons passer en revue ces differents travaux.
- I. Courant protégé par un cylindre concentrique. — Remarquons d’abord que, en l’absence d’un champ extérieur, la présence du cylindre n’apporte aucune modification ; les lignes de force du champ sont en effet des circonférences perpendiculaires à Taxe et ayant leur centre sur l’axe, et par suite ne sont pas modifiées parla présence du cylindre. Mais l’action d’un champ uniforme extérieure est modifiée par l’écran. Si le courant i (suppose rectiligne et indéfini' était placé dans un champ uniforme Hc>, il subirait par unité de longueur une action
- (*) Du Bois. The Eledrician, t. XLI, p. 108; 1898. — Searue, The Eledrician, t. XL. p. 4,6 et 518; 1898.
- Lorsque l’écran est en place, une partie de l’action est reportée sur lui ; cette partie a pour valeur
- fe — i He ;
- J br
- l’action qui s’exerce alors sur le conducteur est seulement
- Si on se reporte' aux relations (2(1", on trouvera, pour le cas d’une couche cylindrique unique,
- iHe,
- ou, en introduisant le rayon moyen r,„ de l’écran et son épaisseur d,
- f, - 2(^ — 2)rmi
- ,| r«2 —j- 2 u. rm d + dz
- expression qui se réduit sensiblement, en né-gligeant d\ à
- Si la longueur L de l’écran est suffisamment grande, l’expression totale approchée de la force agissant sur l’écran sera Lfe \ si la longueur de l’écran est faible, on aura a faire une intégration de la forme
- l 'c—iUeJ JLcjLL
- (') Voir L’Eclairage Électrique du 6 août, p. 221.
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- cette intégration peut être faite facilement en se reportant aux résultats expérimentaux obtenus en étudiant la variation le long de l’axe; on trouve qu’il suffit d’employer l’expression L'fc, L' étant égale à L augmentée des 3/* du rayon du cylindre.
- Des expériences ont été faites au moyen du dernier des cylindres figurant dans le tableau donné plus haut, fixé à la suspension octoli-laire ; la longueur du cylindre étant io cm et son rayon 2 cm, on devra comparer l’action subie par le cylindre à celle qui serait exercée en l’absence de tout écran sur 13 cm du fil, c’est-à-dire à F — 13/I-L. On obtient ainsi les résultats suivants :
- He(cgs) F = -^J.^g Ve Ve V~
- I3> 3 108 1870 dynes 1 760 °r94
- 13)3 70 I 2UO » 1ÏIO °» 93
- Ainsi plus de 90 p. 100 de l’action primitive se trouve reportée sur le cylindre : ce nombre est plus fort que celui qu’on aurait calculé en employant la valeur trouvée pour# 12,631 et la valeur initiale de la perméabilité (176); en effet le champ employé ici étant de 13.3 cgs, la perméabilité a une valeur considérable, et la protection doit être plus intense.
- Avec un courant de 250 ampères, on put mettre en évidence un petit mouvement du cylindre sous l’action du champ terrestre seulement .
- La disposition des lignes de force qui correspond au cas précédent peut être obtenue facilement en superposant les diagrammes représentés dans la figure 1 avec le- champ rayonnant dû à un courant axial; on peut d’ailleurs obtenir les spectres correspondants; dans les figures 5 et 6 sont représentés les spectres relatifs au champ d’un courant superpose à un champ uniforme, sans écran et avec écran.
- Les propriétés élastiques ' attachées aux
- | lignes de forces indiquent dans le cas de la I figure 6 une double action tendant à ouvrir, à déchirer l’écran ; c’est ce qu’on pourrait constater si celui-ci était constitué par un liquide : il y aurait rupture du cylindre ; mais avec
- Fig. 5. — Coui
- un cylindre solide ces deux torsions inverses se détruisent, et on ne peut constater aucun couple résultant.
- II. M. Searîe a traité par la méthode des
- images le cas où la masse magnétique est indéfinie et terminée par une face plane, et celui où cette masse est un cylindre solide, le courant étant parallèle à la face plane ou à l’axe du cylindre, à l’intérieur ou a l’extérieur. Cette méthode s’appliquerait au contraire difficilement au cas d’un cylindre protecteur creux.
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- i° Considérons une masse magnétique limitée par une face plane dont la trace sur le plan du tableau est Ax, et s’étendant indéfi-
- niment vers la gauche ; le point o est la trace du courant rectiligne d’intensité i. Pour trouver la distribution du champ, supposons que la force magnétique dans le fer soit la même que celle qui serait due, le fer occupant tout l’espace, à deux courants rectilignes l’un i ayant sa trace en o, l’autre u ayant sa trace au symétrique B de o par rapport à la face plane de séparation, et la force magnétique dans l’air la même que celle qui serait duc, l’air occupant tout l’espace, à un seul courant rectiligne v ayant sa trace en o.
- Les valeurs de u v sont obtenues au moyen des conditions aux limites : la composante normale de l’induction magnétique et la composante tangentielle de la force magnétique doivent être continues à la surface de séparation. On trouve ainsi
- u est presque égal à /, mais de sens inverse; v est voisin du double de i.
- On a représenté dans la figure 8 le diagramme qui correspond à ;j. = ç (pour une valeur plus élevée de ia il aurait été difficile de figurer un diagramme convenable). Les lignes de force dans l’air sont des arcs de cercle de centre o; d’autre part les lignes d’induction près du point o sont aussi sensiblement des cercles.
- 2° Supposons maintenant que le fer occupe
- la région située à droite de Ax, la trace du courant restant en o; on trouve alors
- u est encore très voisin de i, mais de même
- placé dans
- ; le plan de séparation
- trouve ainsi
- Fig. 9. — Courant placé dans l'air, près d‘i
- presque normal aux lignes de force dans l’air; v est très faible; la force magnétique est
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- alors très faible dans le fer, de sorte que l'induction y est de même ordre que la force magnétique dans l’air.
- La figure 9 représente le diagramme correspondant à ^ = 9.
- 3° Supposons maintenant l’un des deux systèmes précédents placé dans un champ uniforme normal à la surface de séparation; il sera facile d’obtenir le diagramme représentatif en combinant le diagramme que donnerait le champ uniforme avec celui repré-
- senté par chacune des figures précédentes ; considérons par exemple le premier cas, le plus intéressant pour la pratique ; on obtient un résultat tel que celui représenté par la figure 10 ; les lignes de force, qui devraient être, si le champ uniforme existait seul, normales au plan de séparation, sont déviées par l’action du courant; la déviation est en réalité dans les dynamos plus faible que celle qui existe ici, parce que le champ extérieur a alors une intensité relative bien plus grande
- que celle qui a été admise ici pour plus de netteté dans le diagramme ; si on se rappelle qu’on doit supposer l’existence d’une tension suivant les lignes de force, on voit que l’armature de fer est soumise à une force l’attirant vers le bas du diagramme : ainsi une partie de la force qui serait appliquée au conducteur supposé placé dans le champ uniforme est supportée par l'armature, comme nous l’avons vu plus haut.
- On pourra trouver dans le mémoire de M. Searle le calcul correspondant au cas où la masse magnétique est un cylindre plein; remarquons que ce qui précède n’est qu’un cas particulier de celui-ci, celui où le rayon du cylindre est infini.
- III. M. Du Bois a obtenu des spectres de limaille correspondant au problème traité par M. Searle; il s’est servi de plaques de fer très
- épaisses aimantées au moyen d’une disposition convenable, et dans lesquelles avaient été pratiquées des cavités dans lesquelles on plaçait le conducteur parcouru par le courant; ce courant était très intense (250 ampères) et le champ uniforme assez faible, de manière à rendre nette la déviation des lignes de force, difficilement visible dans les conditions ordinaires. Ces spectres sont représentés dans la figure 111 En A et en B les cavités sont cylindriques, à différentes distances du bord de l’armature ; en C la cavité a la forme d’un carré dont les coins sont arrondis ; enfin en I) c’est une fente pratiquée sur le bord de l’armature.
- Force électromotrice induite pour les conducteurs protégés. — Si un conducteur rectiligne placé dans un cylindre écran se dépla-
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- çait parallèlement k l’axe avec une vitesse v. | par rapport au cylindre, la force électromo- j trice produite serait par unité de longueur ! égale à rH, H désignant la valeur du champ
- à l’intérieur de l’écran: mais si le conducteur supposé suivant l’axe est invariablement relié au cylindre, et que le système se meuve k angle droit avec un champ uniforme extérieur de valeur H,., la force électromotrice induite est
- e-.-vlU,
- bien que pendant tout le mouvement le conducteur reste placé dans un champ plus faible que H,.. Il est facile d’expliquer cette propriété en s’appuyant sur la conservation du llux d’induction : les lignes de force sont g fois moins denses h l’intérieur du cylindre que dans la région où le champ n’est pas troublé; mais, pour.que la disposition reste la même, il faut qu'elles passent g fois plus vite à l’intérieur que dans la région non troublée; par suite, le llux coupé reste le même.
- De même, si dans une certaine région, par exemple dans une masse magnétique, les lignes de force sont plus serrées, elles passent moins vite dans le même rapport, et le flux coupé garde encore la meme valeur.
- Ainsi, que le conducteur soit libre, protégé, ou constitué par une substance magnétique, le flux coupé et par suite la force électromotrice sont toujours les mêmes.
- | Tout ce qui précède montre quels phéno-j mènes se produisent dans les induits k trous ! et les induits dentés ; d’une part, la force électromotrice d’induction est la meme que si les conducteurs étaient à nu ; il importe seulement de ne pas placer les cavités trop loin de la surface de i’armature, pour éviter la perte du flux qui passe entre les cavités et la surface; d’autre part, l’action qui s’exercerait sur le conducteur lui-même est presque entièrement reportée sur l’armature, et la formation des courants de Foucault dans le premier se trouve très réduite.
- Certains auteurs ont pensé qu’il pouvait exister une sorte d’écrans magnétiques dont le mode d’action serait différent de celui des précédents; d’après eux, il ne serait pas nécessaire qu’il y eût passage des lignes de force entre l’espace environnant et la masse magnétique, et il pourrait exister des écrans « tangcntiels ».
- Ces idées ont été appuyées par des expériences telles que celles de Freilitzsch et de Grorrian. d’après lesquelles, lorsqu’on aimante des cylindres parallèlement k leur axe. les couches superficielles feraient écran pour les couches internes ; ces auteurs ont obtenu avec différents cylindres de même diamètre extérieur et d’épaisseurs différentes des ai-
- (fj V. Fkii.itzsoh. Pogg. Ann., t. LXXX, p. 321 ; 1850.
- — V. Kolkë, Pogg. Ann., t. LXXXI, p. 321 ; 1830. —
- V. WALTtMioFEN. Siiiungsber, d. k. Gesdisch. dm IVissensch. xxi Wien., t. LXII, deuxieme partie, p. 438; 1870. — Jamix. Journ. de Pk. (il, t. V, p. 73 ; 1876. — W.-v. Siemens, Witd. Ann., t. XIV. p. 653 ; 1881. - Leduc, Journ. dePb.i2), t. VI. p. 239; 1887. S.-P. Thompson. The
- Electromagnet., 2 Aufl., p. 86 et 180, London 1892.— Gito-TRIAN, Wicd. Ann , t. L. p. 705 ; 1893 ; t. LII. p. 735 1894, et t. LIV, p. 542; JS95 — Du Bois, Witd Ann.. t. LI, p. 529 : 1804. - Ascoli. Rend. C. Acc. Lincei,.t. III, passif» ; 1894, et Nuovo Cimcnto [4), t. I, p. 5 et 108; 1895 •
- — Füppl, Witd. Ann., t. XLVIII, p. 252 ; 1896. — Beck. Witd. Ann., t. LVII, p. 464 ; 1896. et t. LIX, p. 84 ; 1896.
- — A. Kohn, JVied. Ann-., t. LVIII, p. 527; 1896. Kirstœdtcr, Inaug. Dissert., Leipzig; 1896, et Witd. Ann., t. I.XV, p. 72 ; 1898. — Du Bois. Wicd. Ann.. t. LXV, p. 431 ; 1898.
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- mantations non proportionnelles à la section, sensiblement les memes par exemple pour un cylindre plein et pour des C3rlindres creux jusqu’à une certaine limite. Il semble qu’on puisse expliquer les résultats de ces expériences par l'influence de l’action démagnétisante du cylindre lui-même, action d’autant plus considérable, la hauteur et le diamètre restant fixes, que l'épaisseur est plus grande. Des expériences récentes de M. Kirstredter, entreprises à l’instigation de M. Du Bois, confirment cette explication. M. Kirstædtera supprimé complètement rinlluence des extrémités par l’emploi de tores au lieu de cylindres : il n’a pu constater aucune influence protectrice des couches superficielles.
- En somme, comme l’avait déjà remarqué Stefan dans son mémoire de 1882, une masse magnétique ne change pas la disposition d’un champ lorsqu’on la place de manière qu’elle occupe exactement la position d’un tube de force du champ : c’est ce qui a lieu par exemple pour un cylindre entourant un courant rectiligne coïncidant avec son axe, Dans les autres cas, l’introduction d’une masse magnétique peut augmenter ou diminuer l’intensité du champ dans une certaine région : dans le premier cas rentre par exemple le rôle des pièces polaires d’un électro-aimant ; dans le second, toutes les actions protectrices étudiées plus haut.
- Ch. Maurain.
- LA PÜISSANCJké>’AFFINITÉ DES BASES ET DES ACIDES
- ÉVALUÉE D’APRÈS LES PHÉNOMÈNES DE DISSOCIATION ÉLECTROLYTIQUE.
- Les acides et les bases sont dits plus ou moinsybr/.v suivant que leurs puissances d'affinité respectives pour les bases et pour les acides sont plus ou moins grandes.
- La théorie des ions permet d’évaluer quantitativement ces puissances d’affinité, et par suite de leur donner un sens très précis.
- O11 sait :‘) que, d’après cette théorie, les acides et les bases qu'on considère comme forts sont précisément ceux qui, en solution, sont complètement ou presque complètement dissociés en ions. Les acides et les bases_/a/-bles sont au contraire peu dissociés. Dans un acide, plus les ions H sont nombreux, plus ils sont forts; de même le nombre des ions 'OH), dans une base, fait la force de cette base, sa puissance d’affinité parles acides. Si donc l’on veut évaluer la force d‘un acide ou d’unebase, il fautconnaître lesfacteursquicor-respondent par cet acide ou cette base à leur
- !*) Voir : A. Hollard, Des Théories modernes de l’élec-trolyse. Revue générale des Sciences du 15 mai 1898, p. 362.
- état de dissociation; l’expression que Ostwald a établie en s’appuyant sur la loi de Guldberg et Waage sur l’influence des masses, et qui dépend de tous ces facteurs, permet précisément d’évaluer^ette force.
- Cette expression se formule (’) ainsi :
- [J.?’ étant la conductibilité moléculaire d’une solution pour laquelle une molécule-gramme occupe le volume />;
- étant la conductibilité moléculaire de la même solution occupant un volume suffisamment grand pour que toutes les molécules soient dissociées, volume que nous pouvons supposer être infiniment grand, puisque la conductibilité moléculaire est indépendante du volume occupé par l'électrolyte;
- représente la concentration moléculaire,
- (<) Pour la démonstration voir: article cité, Kaw générale des Sciences, p. 364.
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- c'est-à-dire Je rapport du nombre des molécules-grammes du corps dissous au volume qu’elles occupent.
- Ainsi la constante de dissociation K est déterminée par deux mesures, Tune relative à une concentration arbitraire, l’autre relative à une concentration suffisamment faible pour que toutes les molécules soient dissociées.
- Pour démontrer que le caractère plus ou moins acide ou plus ou moins basique d’un corps dépend de la valeur plus ou moins grande de K, il nous faut rappeler les caractères chimiques qui distinguent un acide faible d’un acide fort, une base faible d’une base forte.
- Acides. — On sait que les acides résultent de l’union de l’hydrogène à un radical fortement électronégalif, et que le caractère plus ou moins acide d’un corps provient uniquement du caractère électronégatif des radicaux situés dans le voisinage de l’hydrogène, et du nombre de ces radicaux (’). Cest ainsi que l’accumutation des radicaux électronégatifs O, Ci, Br, I, Câz dans le voisinage de l’hydrogène d’un corps augmente la force de son acidité ; l’accumulation de radicaux électropositifs au contraire (tels que H, AzH3, etc.) diminue la force de son acidité. De même l'accumulation dégroupés électronégatifs dans le voisinage de l'hydrogène d'an acide augmente en général sa constante de dissociation, et l'accumulation de groupes électropositifs la diminue.
- C’est ainsi que si l’on considère la série des acides acétiques chlorés, on a :
- Acide acétique.CH3. COOII 0,0018
- — monochloracétique. CILCl- COOII 0,155
- — bichloracétique. . . CHC13. COOH 5,14
- — trichloracétique . . CCI3. COOH 121,00
- Prenons comme autre exemple les trois acides oxybenzoïques qui sont isomères : leur constante de dissociation est d’autant plus
- grande que le groupe électronégatif OH est plus voisin de l’hydrogène caractérisant ces acides (cet hydrogène appartient au groupe COOH).
- H | C
- |
- H ! c
- c | OII
- I
- I
- C | II
- Acide w/droxybenzoïque.
- /\OOH / C \
- H | C I
- I
- II I C
- C ( H
- I
- I
- C I OH
- H | C C I H
- ! I
- I I
- H | C C | H
- \/
- OH
- K = 0,00286
- L’acide par-oxybenzoïque dont le radical OH est aussi loin que possible du groupe acide COOH a la plus petite constante de dissociation ; cette constante est même inférieure à la constante de l’acide benzoïque qui est 0,0060 O).
- Bases. — On sait que les bases résultent de l'union du groupe OH à un radical fortement électropositif et que le caractère plus ou moins basique d’un corps provient uniquement du caractère èlectropositif des radicaux situés dans le voisinage du groupe OH, et du nombre de ces radicaux.
- Il serait facile de montrer, comme nous l’avons fait pour les acides, que l'accumulation des groupes éleclropositifs dans le voisinage du groupe OH d'une base augmente en général sa constante de dissociation, et que l’accumulation de groupes électronégatifs la diminue. A. Holi.ard.
- (»)_Voir Dictionnaire^ de chimie de Würtz, pr
- f1) Haber. Grundriss der tccbnuchen Ekktrochem tischer Grundlage [ 1898). p. 1.
- lie avf theo-
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- Recherches sur le nickel et ses alliages ;
- Par Ch.-Ed. Guillaume.
- Sous ce titre, l’auteur vient de faire paraître une petite brochure (‘) dans laquelle il expose les résultats de ses intéressantes recherches sur le.nickel, le bronze blanc et les aciers au nickel, résultats déjà communiqués , en partie du moins , à la Société française de Physique, à la Société internationale des Electriciens et à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale. Bien que nous ayons à deux reprises parlé de ces recherches dans nos colonnes, l’importance que peut acquérir l’application des aciers au nickel dans la construction des machines et appareils du domaine de l’ingénieur électricien, nous engage à profiter du travail d’ensemble que vient de publier M. Guillaume, pour compléter ce qui a été dit à ce sujet et faire suivre cette analyse du travail que M. Dumont a fait, à l’instigation de M. Guillaume, sur quelques échantillons d’aciers au nickel.
- Nickfx kt bronze blanc. — Les premières recherches ont porté sur des barres de nickel pur du commerce et d’un bronze contenant environ 35 p. 100 de nickel et 65 p. 100 de cuivre. Le nickel et le bronze blanc sont susceptibles d’un très beau poli qui se conserve indéfiniment à l’air; le nickel reste aussi intact dans la vapeur d’eau bouillante, mais le bronze blanc y subit une légère attaque, sc manifestant par des traînées verdâtres d'ailleurs peu marquées. Un recuit à ioo° ne produit aucune variation mesurable dans la longueur d’une règle en nickel; certaines règles en bronze ont subi par ce recuit un
- (‘) Un fascicule in-8° de 60 p. : Gauthier-Vilhm et fils, éditeurs; prix: 1.75 fr.
- raccourcissement, mais ne dépassant pas 2 â 3 microns par mètre.
- Le nickel pur recuit est très mou; l’écrouissage le durcit et élève beaucoup sa limite élastique ; les mesures d’élasticité faites sur quatre échantillons de nickel de diverse provenance, ont donné des nombres très concordants pour le module d’élasticité ; ce module est en effet compris entre 21,1 et 21,7 tonnes par mm2 pour les quatre barres étudiées. L’étude de la dilatation moyenne de ces barres a également conduit à des formules très concordantes qui permettent de calculer la réduction de la longueur d’une barre à oü avec une incertitude ne dépassant pas 0,4 micron lorsque la température de la barre est comprise entre o et 30° ; c’est là' une qualité précieuse pour la construction d’instruments de physique; voici la formule trouvée pour un échantillon fourni en 1895 par la Société française de nickel.
- a — ;i2,666 + 0,00542 0) x icr'L
- Les bronzes blancs ont un module d’élasticité plus faible que le nickel ; 011 a trouvé 15,5 tonnes par mm2 pour un bronze blancà 35 p. 100 de nickel et 17,3 tonnes par mm2 pour un bronze à 40 p. 100 de nickel. La dilatation moyenne entre oa et 0° est plus grande que celle du nickel ; pour les deux bronzes étudiés on a :
- Bronze à 35 p. roo. a = (14.666 + 0,00544 0) X 10-" Bronze à 40 p. 100. « = (14.479 *r 0,00448 0) x io-c.
- Aciers au nickel. — A cause de leurs anomalies les propriétés des aciers au nickel sont plus intéressantes. On sait depuis plus de dix ans que, contrairement à ce qu’on pouvait prévoir, certains alliages de fer et de nickel ne sont pas magnétiques, et le DrJohn Hopkinson signala le premier que quelques-uns de ces alliages non magnétiques le deviennent quand on abaisse suffisamment
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- leur température {'). En 1895, le D1' Benoît, directeur du Bureau international des Poids et Mesures, observa une anomalie dans la dilatation de ces alliages et c’est l’étude de cette anomalie qui a conduit M. Guillaume à une étude d’ensemble en vue des applications pratiques qui pouvaient en résulter.
- Propriétés magnétiques. — Presque toutes les particularités des aciers au nickel étant liées à leur état magnétique, c’est parl’étude de leurs propriétés magnétiques qu'il convenait de commencer.
- Pour cette étude, le barreau à examiner était suspendu à une balance en bois ; il plongeait dans une chaudière en laiton posée sur une pièce polaire d’un électro-aimant, et rempli, suivant les températures, d’huile, d’eau ou d’alcool. On mesurait la force d’arrachement en même temps que la température du bain. La plupart des expériences ont été faites à température lentement descendante; quelques-unes ont été répétées à température ascendante.
- Dans les méthodes d’arrachement, l’effort que l’on mesure est sensiblement proportionnel au carré de la perméabilité lorsqu’elle est faible. Lorsque celle-ci augmente, l’effort tend vers une limite à cause de la force démagnétisante- du barreau, et 011 ne peut
- (M John Hopkinson a constaté que l’acier à 25 p. 100 de nickel, très peu magnétique à la température ordinaire, le devient lorsqu'on le refroidit à • 40”. Cet alliage reste aimantable lorsqu’il revient à h température ordinaire, et pour le ramener d son état primitif, ii faut ie chauffer d environ 6001’. (Fini. Traits., 1889, p. 443 ; Proc, of the Roy. Soc., 1888, p. 317; 1889 et 1890, pas sim.)
- John Trowbridge et Samuel Sttet.den ont étudié le magnétisme des aciers au nickel et au tungstène. Ils ont trouvé que l’addition de petites quantités de ces métaux à l’acier, a la propriété d'augmenter sou magnétisme spécifique. {A,„rri-can journal of Science, t. XXXVII, p. 462, 1889.)
- Herbert Tomlimson a étudié les effets des forces mécaniques et de l’aimantation sur les propriétés physiques des alliages fer nickel. Il a observé que pour les champs magnétiques compris entre 0,8 et 2 unités C. G. S., l’alliage contenant 30 p. 100 de nickel a une perméabilité Supérieure à celle du fer ; pour les forces magnétisantes intenses, c’est celle du fer qui est la plus grande. (Proc, of the Roy. Soc., t. LVI, p. 103 ; 1889.)
- plus en tirer aucune conclusion sur la variation de la perméabilité.
- Cette méthode a , en revanche , l’avantage de mettre en jeu des efforts considérables et d’indiquer assez nettement l’allure des phénomènes au voisinage de la perte totale du magnétisme.
- Ces expériences ont montré que, au point de vue des propriétés magnétiques, les aciers au nickel ne renfermant, en dehors du fer et du nickel, que de petites quantités de carbone, de silicium et de manganèse, se divisent en deux catégories bien distinctes. Les premiers contenant de oà 25 p. 100 de nickel environ, et qui semblent compris assez exactement entre les formules Fe et Fe’Ni, sont irréversibles, en ce sens qu’à une même température ils peuvent exister à deux états essentiellement différents suivant le cycle des températures anterieures; ils décrivent entre certaines limites de température, même pour de très faibles écarts, des chemins entièrement distincts à température ascendante et descendante.
- Lorsque ces alliages sont chauffés , ils perdent leur magnétisme graduellement entre deux températures comprises entre le rouge naissant et le rouge cerise. Lorsqu’on les refroidit, ils repassent par les mêmes températures sans redevenir magnétiques, et ne reprennent leur premier état qu’à une température inférieure à celles entre lesquelles s’est produite la perte du magnétisme. Le retour au premier état est graduel, et les températures entre lesquelles il s’effectue sont d’autant plus basses que l’alliage est plus riche en métal. Pour l’alliage à 24 p. 100, la transformation débute un peu au-dessous de zéro.
- Les alliages d’une teneur supérieure à 25 p. 100 sont réversibles, et possèdent à chaque température des propriétés magnétiques qui, en première approximation, ne dépendent que de la température actuelle. Toutefois les alliages dont la teneur est très peu supérieure à 25 p. 100 se comportent d’une façon un peu différente après avoir
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- été chauffes ou refroidis ; ils semblent contenir des traces d’un alliage irréversible entre des températures moins distantes que celles entre lesquelles les précédents alliages peuvent se présenter sous les deux états.
- Pour tous ces alliages, la courbe représentant les efforts d'arrachement en fonction de la température a la même allure. Tout d’abord, elle se compose d’une partie droite (que nous appellerons A' parallèle à Taxe des températures, tant que l'on n’a pas atteint la température à laquelle ils commencent à perdre leur magnétisme. Quand la température continue à s’élever, il se produit une diminution très rapide de l’effort d’arrachement s’étendant sur une cinquantaine de degrés; la partie de la courbe correspondante estsensiblementune droite (que nous désignerons par R) se raccordant d’une part a la droite A et d’autre part à l’axe des températures par deux courbes C etD. D’après les mesures de M. Guillaume la courbe de raccordement C est de très faible longueur et forme un coude très prononcé ; mais cela paraît provenir d’une erreur inhérente à la méthode employée, qui n’est qu’approximative comme il a été dit. car les mesures faites par M. Dumont par la méthode d’induction ont montré que la courbe des perméabilités en fonction de la température descend graduellement dans un intervalle étendu et ne présente pas le coude C.
- Si. l’on prolonge la partie rectiligne B jusqu’à sa rencontre avec l’axe des abscisses on obtient une valeur de la température pour laquelle l’effort d’arrachement est extrêmement faible et au-dessus de laquelle il ne tarde pas à devenir nul : on peut donc considérer la valeur correspondant au point d’intersection comme la température de perte totale du magnétisme. En déterminant ainsi cette température pour divers aciers de teneurs différentes, M. Guillaume a trouvé qu'elle pouvait être représentée par la formule.
- dans laquelle n indique la teneur en nickel
- en centièmes. Toutefois il convient de n’appliquer cette formule que pour des valeurs de n inférieures à 40, car l’auteur n’ayant pu pousser ses expériences au delà de 320e1 a dù renoncer à déterminer la température de transformation des alliages d’une teneur supérieure à 40p. 100.
- I/effet d’une addition de chrome aux alliages non réversibles de nickel et de fer est d’abaisser considérablement la température de transformation. Ainsi l’alliage étudié par M. Benoit au point de vue de sa dilatation et qui contient 22 p. 100 de nickel et 3 p. 100 de chrome, reste non magnétique meme à la température de — 182° obtenue avec de l’air liquide. D’autre part, M. Dumont, qui a déterminé la perméabilité d’un alliage contenant 35,7 p. 100 de nickel et 1,6 de chrome, a trouvé qu’elle disparait à une température plus basse que ne l’indiquerait la formule relative aux aciers non chromés. L’effet est de sens contraire, comme l'a reconnu M. Guillaume, lorsqu’on ajoute du chrome aux aciers réversibles les moins riches en nickel.
- Changements de volume. — Les alliages irréversibles au point de vue magnétique éprouvent aussi, entre certaines limites, des changements d’une nature absolument différente à température ascendante et à température descendante. Les alliages réversibles, au contraire, se dilatent ou se contractent en suivant toujours sensiblement le même chemin, mais d’après des lois bien différentes de celles qui régissent les mouvements des autres métaux ou alliages.
- L’étude de la plupart des alliages a été laite, entre o et 38”, à l’aide du comparateur du Bureau international des Poids et Mesures, et, aux températures plus élevées ou plus basses, par la méthode différentielle de Du-long et Petit, une règle de laiton servant de comparaison.
- Nous renverrons le lecteur que la question des dilatations intéresse, à l’ouvrage de l’auteur et nous n’indiquerons que les principaux résultats.
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- Pour les alliages irréversibles on a trouvé qu’en reprenant graduellement leur magnétisme par refroidissement ils augmentent de volume graduellement et d'une manière irréversible.
- Pour les alliages réversibles le terme principal a de la formule de dilatation
- a=;iï+H)X IO-f\
- diminue de 13,103 à 0.877 quand la teneur en nickel passe de 26,2 à 35,8 p. 100 : il augmente ensuite, devient égal à 8,508 pour une teneur en nickel de 44,4 p. 100. Le.second coefficient b commence par croître, puis dé-, croît et enfin devient négatif, décroissant alors en valeur absolue. Les alliages ayant une teneur comprise entre 35 et 36 p. 100 de nickel peuvent posséder une dilatation dix fois plus faible que celle du platine et plus de vingt fois plus faible que celle du laiton.
- Densité et élasticité. — La densité déterminée par des pesées hydrostatiques, ne croît pas régulièrement avec la teneur en nickel. Si l’on porte en abscisses ces teneurs et en ordonnées les densités, on n’aperçoit pas, à première vue, de relation bien nette entre ces deux variables; mais si l’on trace la droite des densités calculées par la loi des mélanges, on voit, malgré une grande irrégularité des résultats, que les densités sont trop fortes pour les alliages les plus dilatables, trop faibles pour ceux qui présentent l’anomalie négative.
- Pour le module d’élasticité, une relation analogue ressort bien plus nettement des diagrammes. Sa valeur s’abai.s.sc lentement jusque vers l’alliage à 20 p. 100 de nickel, se relève ensuite, passe par un maximum relatif, redescend vers un minimum et remonte lentement. Le maximum et le minimum sont bien accusés et coïncident sensiblement avec ceux de la dilatation: ils correspondent à l’excès ou au défaut de densité.
- Déformations permanentes. — Tous les aciers au nickel étudiés éprouvent sous l’action du temps des variations de la tempéra-
- ture accentuées. Les lois de ces variations très complexes présentent, au moins pour les alliages réversibles, des analogies frappantes avec les changements de volume du verre, bien connues aujourd’hui dans leurs traits généraux à cause de leur importance pour la thermométrie. Ces variations sont intimement liées aux changements de propriétés magnétiques comme le montre la discussion qu’expose M. Guillaume dans son ouvrage.
- Résistance électrique. — La résistance spécifique des aciers au nickel est élevée ; elle diffère peu d’un alliage à un autre ; poulies alliages étudiés elle est comprise entre 80 et go microhms-centimètres.
- Il était intéressant de voir si les relations trouvées entre les modifications magnétiques et les autres transformations que subissent ces alliages se retrouvent dans les variations de la résistance électrique. Pour cela, l’auteur a déterminé la résistance, à un grand nombre de températures comprises entre 20 et de quelques alliages choisis de manière à faire ressortir les variations de cette nature, si elles se produisent. Les résultats de ces mesures, portés sur un papier quadrillé, n’ont pas laissé voir la moindre déviation d’une courbe générale, embrassant plus de ioo° pour chacun des alliages. Pour tous ces alliages, la variation de la résistance a pu être représentée, dans tout l’intervalle dans lequel on a opéré, par une formule du second degré, dont le deuxième terme est peu important. Des mesures très précises seraient certainement nécessaires pour qu’une irrégularité quelconque apparaisse dans les erreurs résiduelles.
- 22 ,\i +
- 26,2
- 35-7
- 1784 — 0,138) 10-6 (844 — 0.01 0} 1
- 1897 — 0,438; » (1561 — 1.69 0) .. (i6n — 1.68 8; »
- fl n'a pas été possible jusqu’ici de trouver une relation quelconque entre les variations
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- de la résistance électrique et les autres phénomènes observés sur ces alliages.
- Essai de théorie. — La comparaison des résultats obtenus dans l’étude des diverses qualités des alliages fer-nickel, conduit M. Guillaume à considérer ces aciers comme des mélanges de plusieurs combinaisons definies. Il fait remarquer tout d’abord que les alliages présentant les phénomènes les plus nets correspondent à peu près aux formules Fe2Ni et Fe*Ni ; le premier est au minimum de dilatation ; le second est celui dont la transformation commence à la température la plus basse et se produit dans le plus petit intervalle de température; en dehors de ces deux teneurs on a affaire à des mélanges et les phénomènes sont moins accusés.
- Il ajoute plus loin: «L'absence de magnétisme dans un alliage de fer et de nickel fait penser que cet alliage est une véritable combinaison chimique. Inversement, on pourra admettre que les alliages magnétiques de ces deux corps sont des mélanges pouvant d’ailleurs renfermer une certaine proportion d’alliage non magnétique. Le passage à l’état magnétique serait alors provoqué par la dissociation de l’alliage, dissociation partielle ou totale, réversible ou irréversible.
- » Le fait que la transformation dans un sens ou dans l’autre peut n’ètre que partielle conduit à admettre qu’il existe, dans certaines conditions, un équilibre physico-chimique entre les éléments combinés et les éléments dissociés. Les uns doivent alors être considérés comme un dissolvant, les autres comme un corps dissous. Suivant la catégorie d’acier, cet équilibre peut être stable ou instable. Il est stable dans les aciers réversibles, puisqu’il s’établit de lui-même à toute température après un temps plus ou moins long, instable dans les aciers irréversibles qui peuvent exister à une même température sous deux états bien différents, et ne se transforment que sur deux courbes très distantes dans les alliages qui présentent ce phénomène sous sa forme la plus typique. Nous
- avons vu que, dans ce cas, il peut se produire une complète instabilité au delà de la courbe de transformation, et un retour brusque à l’état correspondant à la température actuelle de l’alliage. »
- Mais comment expliquer cette variation dans l’équilibre chimique, à laquelle il semble possible d’attribuer la cause des anomalies des aciers au nickel? M. Guillaume l’explique par une variation de l’affinité du fer et du nickel suivant la température. « L’hypothèse de cette variation n’a rien qui doive surprendre, et elle permet d’expliquer si simplement une série de phénomènes peu ordinaires, qu'on lui accordera sans peine quelque crédit. » Cette hypothèse peut d’ailleurs rendre des services pour l’explication des propriétés d’autres corps, en particulier, comme le montre M. Guillaume, des variations de volume des verres.
- Applications. —• De nombreuses applications peuvent découler des propriétés que présentent les aciers au nickel, propriétés dont plusieurs étaient inconnues jusqu’ici dans les métaux ou alliages. Outre les applications courantes résultant de ce qu’ils sont peu oxydables, très tenaces, suffisamment malléables, susceptibles d’un beau poli, on peut prévoir plusieurs usages utilisant leurs anomalies de dilatations et leurs variations magnétiques.
- Les variations magnétiques sont utilisées dans un coupe-circuit magnétique que nous avons signalé récemment f1).
- Comme application des anomalies de dilatation. M. Guillaume mentionne le calage des organes de machines par refroidissement, certains aciers augmentant de volume quand on les refroidit : un axe formé d’un acier au nickel irréversible pourra être ajusté dans son logement avec un jeu dont l’importance dépendra de son diamètre; par un refroidissement approprié, on pourra produire son gon-
- (') Voie L'Éclairage Électrique, t. XVI, p. 33.
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- flement, d’où résultera un serrage très énergique.
- Les aciers à faible dilatation pourraient être utilisés dans une foule d’instruments de haute et de moyenne précision où l’on a à craindre des erreurs dues a la dilatation ; ils pourront avantageusement servir à la construction de lames bimétalliques employées dans divers appareils.
- La variation de la dilatation avec la teneur en nickel permettra, en modifiant cette teneur, d'obtenir des alliages ayant sensiblement la même dilatation que les corps avec lesquels ils peuvent être en contact; cette propriété pourra ctre utilisée dans les appareils et les instruments comprenant des parties en verre, comme les lunettes astronomiques.
- Les alliages a dilatation moyenne pourront avantageusement être employés pour les tubes de chaudières qui, se chauffant plus que les parois, exercent sur leurs extrémités des efforts souvent désastreux.
- Enfin, une dernière application sur laquelle l'auteur insiste en terminant, est la compensation des pendules, qui pourra être complète, tandis que par les procédés actuels elle ne peut être réalisée que pour deux températures.
- Recherches sur les propriétés magnétiques des aciers au nickel ;
- Par Eug. Dumont {* *).
- Sur le conseil deM. Guillaume, préoccupé surtout par l’étude métrologique de ces nouveaux alliages, M. Dumont en étudia avec soin les propriétés magnétiques. Il détermina, par la méthode d’induction, la perméabilité de 12 de ces alliages pour des températures (*) comprises entre 78° et 250° et pour des champs allant de 14 a 50 unités C.G.S.
- (*) Dissertation présentée à la Faculté des Sciences de l’Université de Genève pour obtenir le grade de docteur es sciences.
- (*) Voici les noms des principaux auteurs qui ont déterminé
- Méthode de mesure et dispositif expérimental. - - Les méthodes magnétométriques exigent l’emploi de longs barreaux; les méthodes d’induction peuvent s’appliquer aux fils enroulés en anneaux et permettent d’avoir un appareil plus compact et plus facile à chauffer ; ces dernières étaient préférables pour le but que se proposait l'auteur.
- Dans ces méthodes, on mesure le flux d’induction dù à la variation du champ magnétisant. Plusieurs procédés sont en usage pour produire ce flux. Un premier consiste, comme dans la méthode Rowland a donner au champ magnétisant des valeurs successivement croissantes ; les variations du champ produisent un courant d’induction, dans une petite bobine reliée à un galvanomètre balistique. En opérant de cette manière, on augmente progressivement le courant, uhe erreur dans une lecture se répercute sur toute la
- Dans le procédé employé par Hopkinson ('h et Ewing (8), on ramène chaque fois le métal dans son état magnétique primitif. On mesure toutes les variations du flux a partir du même état et l'on évite ainsi l’accumulation des erreurs.
- les variations des constantes magnétiques des métaux avec le champ et avec la température.
- 1874. Rowland Phil, Mag. [4], t. XLVIII, p. 32t.— 1880. C. Baur. Wied. Ann., p. 394. — 1881. Schuhheis-ter. Comp. rend, de VAc.desSc. de Vienne. — 1883. Poloni. Atti de Lincei, t. V, nu 43, p. 262-264. — 188$. Tkow-bridge et Austin L. Mc Race. Proceed. Amer., p. 462. — 1885. Barus et Strouhal. Bull, of U. S. geolog. Survey, n° 14, p. 1. — 1885. Bosanqükt. Phil. Mag., 5e série, t. XIX, p. 73. — 1886. Berson. Journ. de Physique, 2e série, t, V. p. 4-37. — 1888. Ledeboer, Journ. de Physique, 2e série, t. VII, p. 199. — 1889-1890. Hopkinson. Phil. Trans., p. 443; 1889. Proceed. R.S.,t. XLIV, p. 317; 1889-1890. Frocad. R. S. — 1895. Curie. Thèse pour le Doctorat, Paris, série A, n° 224, n° d’ordre 840. — 1896. Weiss. Éclairage Électrique, t. VIII, p. 248. — 1S97. Guillaume. Comp. rend., 5 avril. — 1897. Morris. Thèse pour le Doctorat, Zurich.
- fl) Rowland. Phil. Maga^., t. XLVI, p. 140, 1873.
- (2) Hopkinson, Lyndall et Wilson. Roy. Soc. Proc., t. L1II, p. 352. — La Lutn. Ëlect., t. XLVIII, p. 384.
- (3) Ewing et Klaassen. The Eleclrician, 13 mai 1891. — Lum. Êlect., t. LU, p. 136, 1894.
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- C’est sur ce principe que repose la méthode suivie par Ewing dans un travail en collaboration avec miss Klaassen, c’est cette méthode adoptée par l’auteur pour ses recherches.
- Elle offre l’avantage que les appareils qu’elle exige sont peu sujets à se déranger avec le temps, et le montage des expériences est facile.
- La bobine magnétisante employée est une bobine circulaire enroulée sur un tube de laiton, de 3 cm de diamètre. Afin d’éviter la présence de tout courant d’induction, le tube était fendu sur toute sa longueur. Quatre petites rondelles également en laiton, fendues suivant un de leurs rayons, étaient soudées à ce tube ; elles servaient à séparer la bobine primaire de la bobine secondaire, et, aux deux extrémités, à retenir les fils de la bobine inductrice.
- Un petit intervalle de 7 mm environ avait été pratique afin de faciliter l’introduction des fils d’alliage à l’intérieur de la bobine.
- a : la surface de la partie métallique, était
- collé un carton d’asbeste saupoudré d’une
- forte couche de poudre di i même minéral.
- La bobine primaire était enroulée sur un
- tube. avec du fil de cuivre nu, de 1 mm de
- diamètre. Elle comprenait 8 couches, d’en-
- viron 170 spires chacune. Un espace d’en-
- viron un millimètre sépar ait chaque tour;
- dans cet intervalle était introduite de la poudre d’asbeste.
- Le courant magnétisant est fourni par une batterie A de 6 accumulateurs (fig. 1) ; il est estimé au moyen du galvanomètre G. Celui-ci, du type Deprez-d’Arsonval, est placé en dérivation sur une résistance consistant en un fil de maillechort M de 4,5 111m de diamètre et de 30 cm de long. Une boîte de résistance R de 200 ohms sert à augmenter la résistance du galvanomètre.
- Celui-ci a été étalonné à plusieurs reprises au moyen d’un voltamètre à cuivre. La moyenne de six déterminations montre qu’une déviation de une division de l’échelle correspond h 0,0052 ampère.
- Connaissant ainsi l’intensité du courant magnétisant, on en déduisait la formule du champ par la formule
- où N est le nombre de spires et / la longueur de la circonférence moyenne du tore.
- Fig. 1. — Disposition des appareils.
- La deuxième valeur que l’on doit déterminer pour avoir la perméabilité magnétique est le flux d’induction oB par unité de section. Pour connaître cette quantité il est nécessaire de trouver la valeur de h, le flux total d’induction magnétique; celui-ci étant connu, on aura $ si l’on a la section S du métal qui remplit le tore:
- Le flux total d’induction s'obtient en mesurant au moyen du galvanomètre balistique G' la quantité d’électricité Q induite dans une petite bobine de n tours enroulée autour du circuit inducteur. Si R représente la résis-
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- tance du circuit secondaire y compris celle du galvanomètre, Q sera donné par
- Cette quantité Q produit au balistique une élongation a, qui pour de faibles déviations du miroir et pour des variations d’intensité magnétisante effectuée pendant un temps très court, est proportionnelle à On pourra écrire :
- Q = Ca. (2)
- C représentant la décharge donnant une élongation unité dans le galvanomètre, c’est-à-dire la constante balistique. On la déterminait facilement en déchargeant dans l’instrument une quantité connue d’électricité : la charge d’un condensateur étalonné de un microfarad, provenant de la maison Carpentier et chargé à un potentiel connu. La capacité étant exprimée en microfarads et le potentiel de charge en volts, la quantité d’électricité est exprimée en microcoulombs. Remplaçant Q par sa valeur dans l’équation (2), on a, en tenant compte du passage des unités pratiques aux unités absolues :
- Ca R 1er7 x io9
- et
- Mais il faut tenir compte de ce que le noyau métallique ne remplissait pas tout le tore. Si s représente la section du tore, y celle du fil à étudier, la valeur de *ï» obtenue se compose de deux parties, l’une due à la variation du champ dans la section s—cr d’air, l’autre à la variation de l’induction dans le métal de section <7. La première est X (5 — cr), la seconde
- ctG___: txK?
- donc
- Xs peut être calculé ; X est connu, et la section peut être mesurée ; dans le cas des expériences s = 0,74 crm environ. Mais la détermination de la section étant une opération délicate, l’auteur a préféré mesurer directement le flux dû à l’air en opérant sans noyau de fer. Soit a' l’élongation obtenue ; on a alors
- et la formule (4) devient :
- La bobine secondaire S dont il a été fait usage était située à la partie médiane de l'anneau. Sur un espace de 6 cm, 805 tours de fils de cuivre nu de 0,025 mm de diamètre, isolés de la même manière et avec le même soin que pour la bobine primaire, constituaient cette bobine. Il y avait en tout 31 couches de fil d’environ 26 tours chacune. La résistance de cette bobine était 56,1 ohms à la température de 20°.
- Le galvanomètre balistique G'était du type Nobili, et possédait un aimant directeur augmentant beaucoup sa sensibilité. Il était étalonné au moyen d’un condensateur de 1 microfarad et d’une pile Gouy de force électromotrice 1,392 volt: la décharge donnant une élongation de 136 divisions, on avait pour la valeur de la constante balistique :
- C = 0,00882 microcoulomb
- Le galvanomètre étant amorti, il faut corriger a de l’amortissement. Cette correction n’est pas la même dans l’étalonnement par un condensateur, car le circuit est ouvert, et dans l’emploi de la bobine induite, circuit de résistance R. La constante ayant etc déterminée en circuit ouvert, il faudra multiplier les élongations du balistique par
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- h étant le décrément logarithmique en circuit fermé sur R et )/ le décrément en circuit ouvert. La valeur de — a été trouvée 0,175. celle de 0,164.
- Une autre correction à apporter est celle relative aux variations de la résistance de la bobine induite avec la température. Cette résistance a été déterminée à toutes les températures et a servi aussi à estimer celles-ci.
- Les déviations du balistique étaient lues sur une échelle de un mètre de long, placée à 2,10 m du miroir. Les oscillations pouvaient être arrêtées au moyen d’une petite bobine placée à côté du galvanomètre et parcourue à volonté par le courant d’un.e pile.
- Les quantités mesurées par les déviations lues à ce galvanomètre n’étant.pas proportionnelles à a, mais au sin —, il y avait lieu de corriger l’élongation lue de la valeur correspondante. L’auteur s’est servi, à cet effet, des tables de Czermak.
- Marche d’une expérience. — L’alliage était introduit à l’intérieur de l’anneau, les deux extrémités se touchant. Afin de s’assurer que tout était en parfait état, on commençait par mesurer la résistance de la bobine secondaire, ce qui se faisait au moyen du pont de Wheat-stone (fig. 1, traits ponctués).
- Pour faire varier le courant magnétisant, on faisait usage d’un commutateur C à six godets a, &, c, e,f.
- Quand la clef de court circuit C2 est fermée, le commutateur joue simplement le rôle d’une clef d’inversion, et renverse l’aimantation de l’anneau. C’est de cette manière qu’étaient déterminés les points à l’extrémité de chaque cycle. Dans toutes les déterminations, les valeurs de la perméabilité ont été mesurées pour des champs allant du maximum positif au maximum négatif. La valeur de la variation de Ii est ainsi double, celle de <t> le sera aussi.
- Afin de déterminer les points situes entre le maximum positif et le zéro, on procède de la manière suivante : la clef d’inversion étant
- maintenue toujours à droite, on diminue brusquement le courant sans en changer le sens. Pour cela, on enlève les fiches à la boite de résistance R2, on ouvre C2, le courant diminue et l’on observe au balistique une élongation permettant de déterminer la diminution du flux magnétique ; on revient ensuite à l’aimantation initiale en fermant Cs, après avoir fait parcourir au barreau un cycle complet. A cet effet, on fait basculer plusieurs fois de suite le cavalier à gauche, puis à droite, en ayant bien soin de refermer C2, de manière à donner au courant magnétisant les valeurs successives correspondant au maximum positif et au maximum négatif. En répétant ces opérations avec des valeurs croissantes de R2 on obtient tous les points de la courbe d’aimantation compris entre le maximum positif et le zéro du champ magnétisant.
- Si l’on veut déterminer les points compris entre le zéro et le maximum négatif des courbes du magnétisme, on met entre ce te une résistance R,. Le déplacement du cavalier à gauche a pour effet d’envoyer dans l’anneau un courant magnétisant de sens opposé au courant primitif et d’intensité variant suivant la valeur de R,. A la boite de résistance Ri5 on enlève successivement les différentes fiches en laissant Q ouvert; chaque mouvement de la clef vers la gauche a pour effet de déterminer un nouveau point de la courbe. Après chaque operation on remet R, en court circuit et on fait basculer plusieurs fois de suite le cavalier, afin de ramener le métal dans les conditions magnétiques initiales. De celte façon on déterminera tous les points compris entre le zéro et le maximum négatif de la force magnétisante.
- Les deux parties de courbe obtenues par les opérations précédentes, définissent d’une manière complète lecyclemagnétique. L’autre moitié de la courbe étant symétrique de la première, s’obtiendra en reportant les résultats précédents.
- L’auteur a remarqué que pour obtenir des courbes bien régulières, il est nécessaire, afin de ramener le métal dans les conditions ma-
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- gnétiques initiales, de basculer le cavalier au moins dix fois à intervalles réguliers.
- Pour chaque alliage environ six séries de mesures étaient faites; chaque série comprenait huit et quelquefois dix lectures.
- Pour opérer à haute température, on faisait usage d’un bain d’air : une marmite en fonte, contenant environ 6 à 7 dm3 d’air, était chauffée au moyen de brûleurs à gaz. Une couronne d’ardoise d’environ 25 cm de diamètre était suspendue à l’intérieur de la marmite. Sur cette plaque d’ardoise était disposée une couronne de carton d’asbeste de même dimension, sur laquelle l’anneau était placé, toujours dans les mêmes conditions. Les fils de connexion des bobines étaient soigneusement isolés au papier d’asbeste.
- Deux thermomètres a mercure, disposés, l’un près de la bobine induite, l’autre dans l’échancrure diamétralement opposée, servaient à la mesure de la température. Au bout de quelques heures de chauffage, les deux thermomètres indiquaient à un ou deux degrés près la même température. Les points fixes de ces deux thermomètres ont été vérifiés plusieurs fois dans le cours des expériences.
- Comme contrôle, les températures étaient estimées aussi par le changement de résistance de la bobine secondaire. Les indications données par les résistances ont toujours coïncidé avec celles données parles thermomètres.
- Pour certains alliages il était intéressant de les étudier à basse température. Une boîte circulaire en zinc ayant les dimensions de l’anneau, servait à le recevoir. Deux récipients contenant du chlorure de calcium étaient introduits à l’intérieur et servaient à empêcher un dépôt d’eau sur les bobines. Le couvercle était bien luté au moyen de cire molle et le tout plongé, soit dans la glace fondante, soit dans un mélange de glace et de sel marin, j La température, dans ces conditions, était ' observée avec des thermomètres à alcool et 1 par le changement de résistance de la bobine I secondaire.
- On a opéré quelquefois aux basses tempe- j
- pératures que l’on peut obtenir à l’aide de neige carbonique. On est allé ainsi graduellement de o à — 78°. Comme les alliages qui devaient être étudiés dans ces conditions, ne nécessitaient pas le refroidissement de tout l’appareil, l’alliage seul était porté dans un verre contenant de l’alcool refroidi par son mélange avec la neige carbonique. Les températures étaient évaluées soit au moyen d’un thermomètre à alcool, soit par une résistance consistant en un iiJ de platine très fin. Cette résistance a été graduée au moyen d’un thermomètre à air.
- Tous les aciers étudiés sont des alliages qui ont été préparés dans les aciéries d’Imphy, de la Société Commcntry-Fourchambault.
- Outre les métaux principaux, ces alliages contiennent de petites quantités de substances employées dans la métallurgie des aciers, soit carbone, silicium, manganèse, en tout envi-
- Les alliages étaient étirés en fils dont les diamètres étaient compris entre 0,4 et 1 mm. La section a été déterminée avec le palmer d’abord, afin d’avoir approximativement le diamètre, puis au microscope, muni d’un micromètre oculaire. Comme contrôle, plusieurs déterminations ont été faites avec le sphéro-
- L’approximation avec laquelle ces diamètres ont etc déterminés est de Torde du 1/50 de mm environ. Une erreur de 1/50 de mm pouvait produire une erreur d’environ 0,5 p. 100 dans la valeur absolue de la perméabilité.
- La petitesse de la section peut être une cause d’erreur; mais l’emploi de fils est d’autre part avantageux, le métal étant beaucoup plus homogène que dans une grosse barre.
- La longueur des fils était celle de la bobine, soit 54,5 cm.
- Pour augmenter la section, plusieurs alliages ont été étudiés sous forme de deux fils placés l'un à côté de l’autre.
- Deux alliages seulement ont été étudiés non recuits. Les autres ont été chauffés au rouge, puis refroidis graduellement dans l’espace de trois jours environ. Afin d’éviter toute oxy-
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- dation, les aciers ont été placés dans un creuset en terre, contenant de la magnésie calcinée ; malgré toutes les précautions, ils se sont recouverts d’une légère couche d’oxyde, mais celle-ci n’infiuait que très peu sur les résultats.
- Plusieurs séries d’expériences ont été faites avec des fils qui ont été recuits au rouge et refroidis dans l’espace d’une heure dans des cendres de bois. Les résultats obtenus dilieraient au plus de 1 p. 100 des précédents.
- Quelques déterminations ont été effectuées avec des fils recuits au rouge et refroidis à l’air libre. On a pu constater que dans ces conditions les résultats différaient d’environ 2 à 3 p. 100 de ceux obtenus avec les alliages recuits dans la magnésie.
- Résultats obtenus avec les at.liages réversibles. — L’auteur a étudié sept de ces alliages contenant respectivement 27,9 ; 30,4: 34,6: 35,2 ; 35,5 ; 39,4 et 44 p. ioode nickel; les deux derniers seuls ont tout d’abord été étudiés non recuits.
- Ces différents alliages ayant à peu près les memes propriétés, nous n’indiquerons avec détails que les résultats des mesures faites sur l’alliage à 34,6 p. 100 de nickel.
- Cet alliage a été étudié après recuit de trois jours. Deux fils de 54,5 cm de long et de 0,775 mm2 de section ont été ensuite placés à l’intérieur de la bobine puis chauffes jusqu’à 250°. Les champs variaient de 14 à 50 unités C.G.S.
- Pour le champ maximum, si l’on trace la courbe des variations de la perméabilité avec la température, on remarque que la transformation commence par être assez graduelle depuis 20°, elle s’accentue peu à peu à partir de 8o° pour augmenter ensuite jusqu’au point de transformation qui est à environ 200°. C’est autour de 130° que la courbe s’infléchit le plus (fig. 2).
- Pour II =- 36 unités C. G. S., c’est entre 130 et 160 degrés que u. commence à diminuer d’une manière notable.
- Pour les champs plus faibles la transfor-
- mation est encore plus régulière, les diagrammes obtenus sont des droites.
- Quant aux variations des valeurs de la perméabilité avec le champ, on constate que a augmente insensiblement pour les champs
- • 1^
- ‘N* X j
- N
- ^ I N tes i_ \N "K
- Fig. 2. — Variation de la perméabilité des aciers au nickel avec la température.
- compris entre 14 et 25 unités. A partir de ce champ, la perméabilité croît très rapidement pour passer par un maximum qui correspond à II — 36. Après, la diminution est graduelle avec l’augmentation du champ.
- Cet acier a aussi été étudié au delà du point de la perte totale de magnétisme.
- Entre 220 et 250”, je n’ai observé aucun phénomène particulier, la valeur de la perméabilité a toujours été égale à l'unité.
- Le tableau suivant donne en valeur absolue la perméabilité, pour les divers champs et les diverses températures.
- 200 92.9 qo.r 29,5 22 20,2
- 50 90.5 n.3,7 $9-5 29 21 19,7
- 5° 85.7 ii2,5 88.5 28 19 18
- 70 79 108,5 83 26 17 r 6,2
- 100 66,5 102.5 78,5 23.2 !4 i3.5
- 130 53 93 7i 20 n 10,2
- 160 37,3 79,5 59 157 i-5 77
- 59° 39,5 45,5 33 9 4 4-4
- 220 3 77 7,5 2,6 1,1 !,I
- Pour les aut res alliages on a, comme nous
- le disions, des résultats a nalogues.
- La figure 2 donne les courbes des varia-
- tions de la perméabilité ; ivec la température
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- pour le champ maximum de 50 unités C.G.S. employé dans les expériences. On voit que ces courbes ont toutes la même allure pour les différents alliages réversibles. De plus, elles sont sensiblement parallèles. Pour des champs magnétisants plus faibles le parallélisme est encore plus accusé. M. Dumont en conclut la loi suivante :
- A égale distance du point de transformation magnétique, tous les alliages réversibles ont même perméabilité.
- La figure 3 indique la variation de la per-
- le champ
- nation de la perméabilit
- méabilité avec le champ. On remarque que a augmente insensiblement tant que le champ reste inférieur à 25 unités ; il augmente ensuite très rapidement, passe par un maximum pour H = 36 environ, puis décroît lentement.
- Les courbes de variation de la perméabilité avec la teneur en nickel sont représentées pour diverses températures, par la figure 4. De l’inspection de ces courbes et de la formule donnée par M. Guillaume pour déterminer la température de Transformation, M. Dumont déduit la loi suivante :
- La perméabilité magnétique augmente avec la teneur en nickel.
- Résultats obtenus avec les alliages irréversibles. — Deux alliages de cette catégorie, contenant respectivement 5 et 24 p. 100 de nickel, ont été étudiés.
- L’alliage à 5 p. 100 a été pris sous forme
- de deux fils recuits de section totale 0,831 mm2. Six séries d’expériences ont démontré que cet alliage ressemble beaucoup aux aciers ordinaires. Entre 20° et 1600, pour tous les
- tion de la pet
- teneur
- champs employés, l’alliage perd très peu son magnétisme; ce n'est qu’à partir de 180° environ que les variations commencent à se faire sentir. Si l’on examine la courbe des variations de p en fonction de la température (fig. 2, ligne pointillée), on constate aisément que ce n’est qu’à partir de 1800 que la courbe commence à s’incurver. Poloni (*) a déjà cité cette inflexion à 180°, pour les aciers ordinaires, ce qui prouve l’analogie énoncée plus haut. Le maximum de y pour le champ 36, observé pour les alliages réversibles, a également été constaté pour cet irréversible, il est toutefois moins accentué.
- Le tableau, suivant résume les résultats obtenus.
- >•5 43’2 29
- 20,4 43, > 28,9
- 20 43 28
- 19 42,7 27.2
- 18 42,5 26,6
- 16 42 25,2
- 15 4124,8
- M 4i-5 24
- 18,9 >9,7 >8,5
- [9,2 18
- >8,8 17,5
- 18 16,8
- >7,5 1.8,8
- 16,7 15.7
- >5-6 13,9
- ('] Poloni. Atli dei Lincei, n
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- Les mêmes propriétés observées par \I. Hopkinson pour l’alliage 25 p. 100, ont été retrouvées pour le 24 p. 100.
- Deux fils de 1.082 mm3 de section totale, ont etc mis dans l’appareil a la température de 20°. L’alliage recuit avec toutes les précautions possibles, n’a pas donné trace de magnétisme. Il en a été de même pour toutes les températures comprises entre 20° et 250'’. L’alliage a été ensuite porté dans la glace fondante, puis dans de l’alcool, plongeant dans un mélange de glace et de sel pilés — 180. Étudié à la température ordinaire il n’a pas repris trace de magnétisme.
- L’expérience a été poussée plus loin : l’alcool dans lequel était l’alliage a été refroidi peu à peu au moyen de neige carbonique. On a obtenu tontes les températures comprises entre — 20° et — 78°. L’alliage, après avoir stationné pendant quelques heures à ces differentes températures, a été remis dans l’appareil à 20° et étudié dans ces conditions. Après quatre séries d’expériences, on a pu déterminer assez exactement le point où cct alliage redevenait magnétique : ce point est compris entre — 22" et — 25”. A cette température l’alliage est déjà assez fortement magnétique, il le devient davantage quand on abaisse la température. Si l’on étudie ensuite cet acier entre 20° et 250°, il ne perd pas trace de magnétisme. D’après Hopkinson, l’alliage à 25 p. 100 nickel conserve son magnétisme jusqu’à 580-600°. Lesexpériences très grossières effectuées avec l’alliage à 24 p. 100 ont prouvé que cet acier devait perdre son magnétisme aux environs de 6oo'(.
- On pourrait se demander si le temps pendant lequel l’alliageest refroidi a une influence sur ses propriétés magnétiques. Quelques expériences faites avec l’acier refroidi pendant quelques secondes seulement, ont donné des résultats qui concordent parfaitement avec ceux obtenus pour l’alliage refroidi pendant quelques heures.
- Enfin, l’alliage à 24 p. 100 recuit, a aussi été porté dans l’appareil refroidi à — i8üdans un mélange de glace et de sel pilés ; aucune
- trace de magnétisme n’a pu être décelée à cette température.
- Quant aux variations de la perméabilité avec le champ, on n’observe plus de maximum pour H — 36, la courbe de u. en fonction de H montre que les propriétés magnétiques, pour cet alliage, augmentent graduellement avec le champ.
- .—45° A3.3 9.8 7il 7 7.4 4-9
- — 78 17,3 12 0 9,4 8.8 6.8
- Résultats obtenus avec les alliages chromés. — L’auteur a également étudié deux aciers chromés. L’un est l’alliage à 22 p. 100 de nickel et 3 p. 100 de chrome avec lequel M. Guillaume n’a pu constater de magnétisation, même à la température de — 182°. Cet acier, étudié dans les mêmes conditions que pour le 24 p. 100 de nickel, n’a jamais donné trace de magnétisme.
- Le second alliage chromé étudié contient 35,7 P- 100 de nickel.
- Cinq séries d’expériences, comprenant chacune 6 à 7 déterminations, avec deux fils de 0,501 mm2 de section totale, ont prouvé que cet alliage était magnétique à la température ordinaire.
- Cet acier chromé rentre dans la catégorie des aciers réversibles et offre ceci de particulier, c’est que le point de transformation est inférieur à celui que l’on déduit de la formule calculée par M. Guillaume, relation que M. Dumont a trouvée exacte pour tous les alliages contenant plus de 27 p. 100 de nickel. Le point de la perte totale de magnétisme est à 2100 pour cet alliage chromé; un acier à teneur égale en nickel aurait son point de transformation définitive à 2350 environ.
- En comparant les courbes des variations de la perméabilité avec la température, on constate que cet alliage a une perméabilité supérieure à l’acier à 35,2 p. 100 nickel pour le champ 50. La courbe de variations de y-avec la température montre que pour K = 50, la courbe est parallèle à celle des' alliages à
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- teneur presque égale en nickel. A partir de 170°. cette courbe tombe plus rapidement sur l’axe des températures en coupant celles des alliages à teneur inférieure en nickel.
- Le maximum observé pour 3C — 36, se produit pour cet alliage. Pour ce champ, la courbe reste plus longtemps parallèle à celles des ferro-nickels de teneur presque égale, elle ne coupc les autres courbes qu’aux températures comprises entre 190° et 200°.
- Pour les champs 29,25 et 21 unités C.G.S., les diagrammes ressemblent à ceux obtenus pour le champ maximum. La perméabilité de l’alliage chromé pour le champ magnétisant 14, a une valeur plus faible que pour les alliages à teneur en nickel seulement. La transformation dans ces conditions se fait bien graduellement.
- Voici les résultats des mesures :
- Détermination des courbes d’hystérésis. — Par la même méthode d'induction, M. Dumont a déterminé les courbes d’hystérésis de quelques alliages. Quatre aciers ont été étudiés, ce sont ceux contenant 30,4, 34,6, 35,2 et 35*5 P- 100 de nickel.
- Les alliages ont été recuits avec beaucoup de soin et pris sous la forme de fils de section connue.
- On déterminait tout d’abord les points compris entre le maximum positif et le zéro, puis les points situes entre le zéro et le maximum négatif; on avait ainsi la première partie de la courbe, la seconde était obtenue symétriquement.
- A chaque alliage on faisait parcourir cinq ou six cycles, en commençant par le cycle à plus grande valeur-limite et terminant par des
- cycles décrits entre des limites si étroites que les effets d’hystérésis disparaissaient presque entièrement. Les différents cycles obtenus avec les alliages recuits se rapprochent considérablement des cycles obtenus pour le fer doux.
- Le nombre d’expériences étant assez grand pour avoir la valeur absolue des résultats, l’auteur se borne à signaler une particularité de la relation entre les cycles successifs, déjà indiquée d’ailleurs par Ewing (‘) dans son travail en collaboration avec miss Klaassen : l’extrémité de chaque cycle se trouve en dedans de la courbe ascendante du cycle immédiatement supérieur.
- Méthode approximative pour la détermination des harmoniques d’une courbe périodique don-
- Par E.-J. Houston et A.-E. Kennelly (2).
- Les appareils permettant d’analyser les courbes périodiques complexes et de les décomposer en leurs sinusoïdes composantes de ' divers ordres sont assez nombreux (2), toutefois une méthode permettant d’arriver au même résultat sans le secours d’aucun.appareil offre un certain intérêt.
- Le procédé indiqué par MM. Houston et Kennelly, tout en ne s’appliquant en toute rigueur qu’aux fonctions périodiques dont les ordres des harmoniques sont des nombres premiers et impairs, peut en effet rendre de très grands services, puisque dans la pratique électrotechnique les harmoniques sont généralement d’ordre impair et que l'on peut se contenter de connaître celles des 3,5 et 7 ordres.
- Cette méthode repose sur le principe sui-
- Considérons un nombre n> impair de demi-période d’une sinusoïde, et divisons l’espace
- f1) Ewing, loc. rit.
- (2) The Eieclrical World du 14 mai 1898, p. 580.
- (3) Voir à ce sujet les articles de M. BoucherOT et de M. Hess sur l’analyse des courbes périodiques. Lumière
- \ Electrique, t. XL1X, p. 251, 1895 ; ett.XLIl, p. 551, 1894*
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- occupé par/?-H ï perpendiculaires à la ligne des zéros en p bandes d’égale longueur. Si p est un nombre plus grand que l’unité et premier avec n>. la différence entre la somme des aires paires et celle des aires impaires, comprises entre les perpendiculaires, la ligne des zéros et la sinusoïde est nulle.
- Ainsi sur la figure 1 où cinq demi-périodes
- rticalcs
- entre
- compri
- et BB, et où l’espace compris entre ces deux droites est divisé en neuf bandes d’égale largeur (h'=5, p = 9) la somme des aires comprises dans les bandes 1, 3, 5, 7, 9 est égale à celle des aires comprises dans les bandes 2, 4, 6, 8, en regardant naturellement comme positives les aires comptées au-dessus de. la ligne des zéros et comme négatives celles comptées au dessous :
- (5, - S3 + 5, = 5, + St) - (S2 + 5* + -I- St) - O.
- Dans le cas où l’on a p — n> et si la première bande commence à un zéro, la différence des sommes des aires impaires et paires est égale à p fois l’aire d’une demi-période de sinusoïde. C’est le cas de la figure 2 où trois demi-périodes sont partagées en trois parties égales.
- Ces principes, d’ailleurs très faciles à établir, admis, la règle pour trouver les différents coefficients d’une fonction périodique complexe mise sous la forme :
- A, sina-j- Bj cos « + A:1 sin 3 « + lï3 sin 3 * -... est très simple.
- Pour trouver un coefficient de la série des sinus tel que celui As, divisons une demi-période de la courbe en trois parties égales, puis k l’aide d’un planimètre ou autrement faisons la différence S des aires impaires et
- aj ty ii ej bj bj aj aj AJ ai aj aj
- de Faire paire. Comme nous supposons que les ordres des harmoniques sont des nombres premiers, seules les aires partielles ducs à l’harmonique composante Assina entreront dans cette somme. On aura donc pour la différence des aires
- S = 3- Aa:
- 3
- L étant le double de la distance consécutive de deux zéros de la courbe périodique.
- On tire de là
- Pour trouver un coefficient de la série des cosinus tel que B„ divisons une demi-période en cinq parties égales, mais en partant non plus d’un zéro mais d’un point décalé par rapport à ce zéro d’un-j^— ou — de demi-période. Ayant déterminé la différence des
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- sommes des aires impaires finalement pour B;i la valeur
- Pour trouver les aires facilement, on peut tracer la courbe sur du papier quadrillé et compter les carrés contenus à l’intérieur de chaque bande et de la courbe.
- La figure 3 montre une application de la
- néthode précédente à une courbe périodique :omplexe R dont l’expression est :
- 50 sin«+ 25sini'3a —60"}+ 10 sin 5*.
- Le calcul de Aa conduit au résultat suivant
- *3= 116 3-5
- ['où :
- * + *» — **= 1423.4
- *423*4
- 200 est la longueur d’une période complète de la courbe R.
- L'amplitude calculée de taie du troisième ordre A ou T est donc :
- . composante 1 ,in a + R, co,
- -|- 1,-33* = 25,04
- au lieu de 25 valeur donnée
- On verrait de même que le calcul conduit à : As= 8,76 Bs = - -5.06
- et que l’amplitude calculée de cette sinusoïde composante est 10,12 au lieu de 10 valeur donnée.
- Les points de division de la demi-période de la fonction périodique nécessaires aux calculs des coefficients sont indiqués à la partie supérieure de la figure avec le coefficient en regard.
- Pour montrer le degré d’exactitude de la méthode sur un exemple plus pratique, les auteurs calculent les amplitudes des sinusoïdes composantes dont la somme représente un triangle ou un demi-cercle.
- Dans le premier cas la méthode conduit à l’expression suivante ( comprenant les harmoniques jusqu’au neuvième ordre exclus).
- 0.7834 sin a — 0.08726b sin 3 a + 0,031416 sin 5 «
- I,'expression générale bien connue de cette fonction :
- donne en calculant les coefficients jusqu’à celui du septième ordre et en faisant h égal à l’unité :
- 0.81057 sin « - 0,090063 sin 3 a + 0,032423 sin 5 «
- - 0,010542 sin 7 a-
- On voit que l’erreur faite sur chaque terme
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- est la même et égale à 3.1 p. 100 en moins.
- Dans le second cas. la méthode de \IM. Houston et Kcnnelty donne pour les trois premiers du développement en série de
- 1,800 sin 2 + <>,324 sin 32+ 0,146 siu 5 2, tandis que l'expression générale
- conduit tous calculs faits à
- 1.781 sin a + 0,2948 sin 3 2 + o, 1332 sin 5 2.
- 1.'erreur est ici d’environ 1 p. 100.
- Comme dernier exemple. MM. Houston et Kennelly ont décomposé la courbe périodique du courant fourni par les alternateurs de la station génératrice des chutes du Niagara, et reproduite sur la ligure 4.
- Le calcul de ses composantes conduit à
- 6,98 sin 2 + 0.526 sin 32 + 0.053 «in 5 a.
- Cette somme coïncide sensiblement avec la courbe réelle, sauf pour la partie supérieure de la courbe où les ordonnées de la courbe précédente sont un peu supérieures à celles de la courbe réelle représentée en trait plein.
- F. G.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET
- Diminution de résistance provoquée par les oscillations électriques et acoustiques ;
- Par F. Auerbach (*;.
- La diminution de résistance éprouvée par les poudres métalliques sous l’action des oscillations électriques peut être attribuée, d’après M. Auerbach, à des dilatations et à des contractions subies par les particules. Cette manière de voir l’a conduit à essayer si les vibrations sonores ne seraient pas susceptibles d’exercer une action du même genre. Les expériences effectuées sur des tubes pleins de limaille, ou même sur deux sphères plus ou moins pressées l'une contre l’autre et auxquelles sont soudés les fils qui amènent le courant, ont montré en effet une diminution considérable de la résistance, quand on leur transmet les vibrations d’un diapason par l’intermédiaire de la table. Si les vibrations se transmettent seulement par l’air,
- ['] Wied. Ann,, t. LXIV, p. 611-617. mars 1898.
- DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- reflet est très faible et fait souvent défaut.
- La résistance ainsi diminuée conserve sa valeur comme dans les expériences faites avec les ondes électriques, jusqu’à ce qu’on la ramène à sa valeur primitive par une cause étrangère (secousses mécaniques ou élévation de température.
- La diminution relative est d’autant plus grande que la résistance primitive estplus considérable. En valeur absolue, elle est comparable à celle que provoquent les oscillations d’un excitateur de Righi, alimenté par une bobine d'induction, avec six accumulateurs et une distance explosive de 15 cm. M. L.
- Oscillations électriques d’ordre supérieur;
- Par M. Lamotte ('; •
- La théorie de Kirchhoff fait prévoir l’existence, dans le système de Lecher, d’une série
- (i) Wiei. Ann., t. LXV, p. 92-105, avril 1898. Voir eu outre, L’Éclairage Electrique, t. XIV, p. 481.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — N° 33.
- d’oscillations dont les périodes tendent vers les termes impairs d'une série harmonique quand la capacité devient très petite par rapport à la self-induction.
- Les premiers termes s’observent facilement au moyen d’un tube sans électrodes, quand on place le premier pont assez loin du condensateur et qu’on cherche la résonance en déplaçant un second pont le long des fils, en arrière du premier.
- Les longueurs d’onde trouvées expérimentalement concordent d’une manière satisfaisante avec les longueurs calculées.
- Dans l’appareil de Blondlot, les oscillations supérieures sont beaucoup plus faciles k observer; avec un petit appareil de Blondlot-Drude, on constate, outre l’oscillation fonda- : mentale, quatre autres de périodedécroissante.
- M. L.
- Influence de la forme des courants alternatifs sur les mesures de capacité et de coefficients d’induction ;
- Par H.-F. Weber (').
- On suppose généralement dans les méthodes employées à la détermination des capacités et des coefficients d’induction par les courants alternatifs, que ces courants sont de forme rigoureusement solénoïdale.
- En réalité cette condition est rarement remplie et on peut .modifier les formules de manière a s’en affranchir.
- Les courants fournis par toutes les machines actuellement en usage sont symétriques par rapport h l’axe des temps, et en développant l'intensité en série de Fourier, il suffit de conserver les termes de rang pair :
- i = C. 2 r. n JP1 cos (2 r.nt + a,) + 3 P8cos [6vnt + a3) -f-SE» cos (io }
- C représente la capacité du condensateur
- Ann., t. LXIII, p. 366-575.
- intercalé dans le circuit, et la force électromotrice instantanée p est de la forme :
- P = P, sin (2 T.nt+ *,) + P3 sin (6™*+*s)+...
- L’intensité efficace a pourvaleur :
- = c .2T,n.~= /F? + 9 P*1+25 psa+---
- La force électromotrice efficace sera de même :
- ce qui donne pour la capacité l’expression :
- qui diffère de l’expression habituelle par le facteur placé sous le radical.
- Dans le cas du courant fourni par un alternateur de Siemens sans fer doux, ce facteur de correction/ a pour valeur, 0,9935; avec le courant d’un alternateur de Ganz, /*= 0,632.
- Pour déterminer les coefficients de self-induction, on emploie la formule :
- Par un calcul analogue en tout au précédent, on trouve pour l’expression du facteur de correction :
- Il diffère toujours moins de l’unité que le précédent; dans les deux cas cités ci-dessus /=°»9998 et 0,932.
- La méthode proposée par Stefan pour déterminer la forme du courant d’un alterna-
- (l) Wie<l
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- 305
- teur est insuffisante ; elle ne peut mettre en évidence des écarts même assez considérables entre la forme réelle du courant et la forme sinusoïdale. AI. L.
- Modification du sulfate de zinc dans l'élément Latimer-Clark ;
- Par W. Jaeger ;')•
- Le sulfate de zinc, comme beaucoup d’autres sels, est susceptible de former deux hydrates qui se transforment l’un dans l’autre sous l’influence des variations de température. L’hydrate ordinaire Zn S0‘ + 7HO se transforme complètemént vers 390 en hydrate Zn S0‘ -f- 6 HH), avec changement de volume. La courbe de solubilité présente un point anguleux, et la branche qui correspond à l’hydrate ordinaire est moins inclinée que l'autre sur l’axe des températures. Au-dessus et au-dessous de 39° on devrait théoriquement avoir deux courbes de solubilité, mais on ne peut les observer que dans l’intervalle de quelques degrés.
- Mais on peut étudier la modification du sulfate de zinc à 6 molécules d’eau, jusqu’ào° en mesurant les variations de la force électromotrice d’un élément Latimer-Clark.
- L’élément en forme de H, est plongé dans un cylindre rempli de pétrole, lequel est entouré d’un bain d’eau. La force électromotrice est mesurée par un appareil à compensation de Feussner, en comparaison avec celle d’un élément au cadmium (i.oiqvolt).
- Les deux éléments étudiés ont donné les mêmes résultats. Les mesures effectuées d’abord à la température ambiante, puis à 0% étaient répétées ensuite à des températures s’élevant progressivement jusqu’à 6oü, puis on laissait refroidir les éléments, soit d’une manière continue, soit par sauts brusques.
- A chaque température, on répétait les
- observations jusqu'à ce qu’un état stationnaire fut atteint, ce qui se produit d’ailleurs très vite : une demi-heure est en général plus que suffisante. Il faut seulement que la dissolution de sulfate atteigne son point réel de saturation. Si la température varie trop rapidement, la force électromotrice ne suit plus ces variations et on trouve une valeur de la force électromotrice plus grande ou plus petite que la valeur réelle, suivant que la marche de la température est ascendante ou descendante.
- Pour que l’élément se mette rapidement en équilibre de température avec l’extérieur il faut vraisemblablement que le sulfate de zinc se trouve par plusieurs cristallisations successives, dans une texture très lâche qui facilite sa dissolution rapide. Si l’élément est au contraire resté pendant longtemps à la même température, le sulfate se prend en masse compacte.
- Ces transformations se traduisent par des variations très nettes dans l'aspect de l’élément.
- La force électromotrice de l’élément renfermant le sulfate de zinc normal SO'Zn-f-7 LPO, est égale à :
- E, = 1,4005-0,00152 [t — 39) — 0,000007 U —39,-,
- et celle de l’élément renfermant le sulfate modifié SO'ZnH- 6 H-O :
- Ef = 1,4005 — 0,00102 [t — 39,. —0,000004 (* — 39)*.
- La différence entre les deux, peut donc être de 7 à 8 millièmes à la température ordinaire, et il est nécessaire, avant d’employer un élément, de s’assurer que le sulfate de zinc s’y trouve à l’état normal et au besoin de l’y ramener en jetant dans le tube un cristal de sulfate normal.
- L’élément au cadmium subit des transformations analogues ; mais la transformation des hydrates n’est pas bien connue.
- M. L.
- Wieà. Ann., t. LXIII, p. 354-565.
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- Force électromotrice des éléments à amalgame de cadmium;
- Par \V. Jaeger(’).
- Pour comparer la force électromotrice des éléments formés d’amalgames de differentes richesses, on met les deux amalgames à comparer dans les branches d’un tube en H, avec électrodes de platine scellées : 011 achève de remplir le tube avec une dissolution de sulfate de cadmium saturée à la température ordinaire. La différence de potentiel entre les deux amalgames se mesure au moyen d’un appareil de compensation.
- Les amalgames qui renferment de 5 à 15 p. 100 de cadmium donnent à un cent-millième de volt près la même force électromotrice. Au-dessus de 15 p. 100, les amalgames sont instables : leur force électromotrice croit progressivement en se rapprochant
- ÉLECTRIQUE
- de celle du cadmium pur, puis atteint une valeur limite.
- Entre l’amalgame à 5 p. 100 et le cadmium pur il y a une différence de potentiel de 50 mil-livolts environ, tandis qu’entre l'amalgame de zinc à cette même concentration et le métal pur, il n’y a aucune différence de potentiel.
- Un bâton de cadmium amalgamé n’a pas d'abord de différence avec les amalgames de 5 a 15 p. 100, ou une différence de quelques dix millièmes seulement; puis le potentiel varie rapidement, se rapprochant de celui du cadmium pur, et se fixe ensuite à environ dix millivolts au-dessous de celui du cadmium pur. Après une nouvelle amalgamation, le même phénomène sc reproduit.
- Pour les éléments étalons au cadmium, il serait donc à recommander de n’employer que des amalgames dont la concentration est inférieure à 1/6. M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Télégraphié Signais and International Code Voça-bularies; par Jos. Nicot.son ; C.-B. Sibley, New-York, et IV. Asher, Glasgow, éditeurs.
- Les essais de création de langues universelles telles que le volapuk, la lingualumina, etc., témoignent de l’existence d'un besoin nouveau créé par l'intercommunication de plus en plus active entre les différentes nations. Les administrations télégraphiques ont en partie répondu à ce besoin en admettant l’emploi de vocabulaires télégraphiques en langage codifié.
- Dans un but d’unification, la conférence télégraphique internationale tenue à Paris en 1890, autorisa le Bureau de Berne à publier un vocabulaire officiel pour la télégraphie en langage conventionnel. Ce vocabulaire, publié en 1894, contient 256 740 mots choisis parmi sept des principales langues européennes et le latin. Ce code n’est pas encore appliqué, la récente conférence de Budapest ayant décide
- («) Wied. Aun., t. LXV, p. 106-110, avril «898.
- de le soumettre à une révision et de l'augmenter.
- L'auteur de la présente brochure, directeur de la Compagnie télégraphique du Rio de la Plata, après avoir donné un aperçu historique des progrès delà télégraphie au point de vue de la vitesse de transmission, soumet le vocabulaire ofliciel à une critique basée sur les difficultés linguistiques et calligraphiques de cc code et étudie à ce meme point de vue, ainsi qu'à celui de la rapidité de transmission, divers systèmes qu'il a imaginés.
- L'inventeur prend pour base la formation en quelque sorte mathématique de mots nouveaux en pariant d'un nombre de voyelles et de consonnes de transmission facile. Pour l’un de scs codes par exemple, l'auteur choisit deux voyelles, a et e, représentées chacune par un seul signal télégraphique ; et les combine avec 13 consonnes représentées par deux ou quatre signaux élémentaires. En faisant alterner les consonnes et les voyelles en formant des groupes de sept lettres, on obtient 273 780 permutations, soit autant de mots différents, tous de même longueur et de composition analogue. L’ein-
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- 13 Août 1898.
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- ploi de ce code présenterait par rapport au Code officiel une économie de transmission de 33,7 p. 100 par mot. Par un remaniement de l’alphabet Morse et la création de « signaux syllabiques » l'auteur arrive même à porter cette économie à -ji,6 p. 100, sans compter que la plus grande netteté de la trans-
- mission réduirait considérablement le nombre des répétitions pour correction.
- Ces qualités des systèmes proposés par l’auteur méritent que ceux-ci soient soumis à un examen attentif et nous ont engagé à signaler cette brochure à l’attention des spécialistes. A, Hess.
- CHRONIQUE
- Obtention de photographies colorées par l’actino-électricité. — A la séance du 18 juillet de l'Académie des sciences, M. L. Delvalez faisait ouvrir un pli cacheté, déposé par lui le 20 juin 1898 et inscrit sous le numéro 6023.
- Ce pli, ouvert en séance par M. le Président, contient la Note suivante, sur des « Photographies colorées obtenues directement :
- J'ai établi dans une Note précédente (7 octobre 1895) les faits suivants :
- i° Si l'on immerge, dans un mélange d'acétates de cuivre et de plomb, une lame de laiton formant électrode parasite, et qu’on fasse passer un courant dans le liquide, il entre d’un côté de la lame un flux d'électricité de densité décroissante du bord au milieu, flux qui va sortir symétriquement par la deuxième moitié ;
- 20 Les lignes d’égale densité de flux sont marquées par des dépôts identiques qui, du côté du flux sortant, sont des lames minces isochromatiques de peroxyde de plomb.
- L'autre part, les expériences anciennes de Becquerel, celles de Rigollot, etc., ont montré que, si l’on éclaire différemment deux lames d'argent, de cuivre, placées dans un électrolyte, on établit dans le circuit qui les réunit une force électromotrice caractéristique des éclairements.
- Dès lors, en étendant cette propriété à la lame de laiton précédente, on en déduit la conséquence suivante :
- Si différents points d’une lame unique de laiton immergée dans le bain d’acétate sont inégalement éclairés, il en résultera des courants locaux circulant dans le liquide et se fermant par la lame.
- Ces courants produiront l’électrolyse, c’est-à-dire des dépôts de bioxyde de plomb en certains points, et, au bout d’un même temps, les points également éclairés seront marqués eux aussi par des couleurs
- identiques, couleurs variant avec la valeur de l’éclairement.
- Vérification. — L’expérience vérifie absolument cette déduction; voici mes premiers résultats :
- 1" Après une heure de pose, un objet rouge a donne une teinte rouge sur la lame. Je me propose de recommencer celte expérience avec un objet multicolore;
- 20 En mettant le bain en plein soleil et projetant sur la lame Y ombre d’une feuille, etc., on obtient, en dix minutes, une silhouette nette de l’objet interposé ;
- Il en résulte immédiatement qu’un négatif photographique donnera sur la lame un positif coloré. En effet, en dix minutes, vingt au plus, en plein soleil, on obtient une photographie colorée sur la lame de laiton. Les noirs du négatif donnent la couleur jaune clair du laiton à peine altérée ; les ombres donnent, au bout du même temps et selon leur opacité, du vert très foncé, du jaune fauve, du rouge plus ou moins pur, etc. La plaque doit être lavée à grande eau, puis essuyée immédiatement ; exposée à l’air et à la lumière, elle s'altère, mais très lentement. L’ensemble est peu agréable à l'œil et paraît flou ; mais, si on la regarde à travers un verre rouge, la photographie, sous une incidence convenable, devient nette et les couleurs de l’objet primitif sont presque reproduites.
- En somme, la lame de laiton recouverte du mélange d'acélalcs constitue une plaque sensible d’un nouveau genre, traduisant de plus par des couleurs l'impression lumineuse reçue.
- Je me propose :
- i° De rechercher un métal blanc et une solution convenable, fer et tartrate d'antimonyle et de potassium par exemple, possédant les mêmes propriétés, de façon que la couleur du métal sous-jacent ne complique pas les résultats ;
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- 2° De photographier un spectre, puis d'utiliser le négatif comme il est dit précédemment ;
- 3" De voir si les dépôts précédents ne sont pas dus à une force électromotrice d’ordre thermique.
- A cette Note, l’auteur ajoutait les fait suivants :
- Un mélange de tartrate de cuivre et d’émétique peut remplacer les acétates.
- I.c spectre projeté sur la lame donne une impression bleue uniforme.
- Les dépôts observés ne sont pas causés par une différence de température.
- Comparaison entre les prix de revient d’une petite puissance électrique produite hydrauliquement ou par machine à vapeur. — Gn a souvent besoin de connaître, par des prix comparatifs, quelle est la solution la plus économique à employer pour produire la force motrice dont on a besoin. I.a Revue pratique de l'électricité examine le cas d’une petite ville qui utilise 40 chevaux-vapeur pour son éclairage électrique, et compare les prix obtenus : 1" avec une machine à vapeur; 20 avec une turbine, La chute est supposée à 1 200 mètres de l’endroit où elle peut être utilisée. La machine à vapeur cl les dynamos électriques sont supposées placées au centre de distribution.
- On a dans ce dernier cas comme dépense de pre-
- mier établissement :
- - i° Matériel électrique complet et réseau.................................. 11 540
- 20 Matériel mécanique............... 12000
- Prix de premier établisscscmcnt.. 23 540
- Les frais d’exploitation correspondants sont :
- 10 Amortissement de ce capital eu
- 18 années au taux de 5 p. 100..... 1 915
- 20 Personnel et entretien............... 5 980
- 3e’ Charbon, huile, etc................. 4 680
- Frais d'exploitation............ 12 575
- Dans le cas où la force motrice serait engendrée par une turbine de 40 chevaux sur l'arbre, placée à 1 200 mètres de l’endroit où elle peut être utilisée-on a comme-dépense de premier établissement : Turbine et machines dynamos placées à la chute. Prix du matériel électrique et du réseau, la distribution étant faite à 2 x no volts...................... 23 774
- Report.......... 23774
- 2U Turbine donnant 40 chevaux sur l'arbre, sur 1,6 m de chute............ 12 000
- Prix du premier etablissement... 35 771
- Les frais d’exploitation correspondant à ce cas
- Amortissement de ce capital en 18 ans
- au taux de ; p. 100................. 3 J2;
- Personnel et entretien................ 6 390
- Frais d’exploitation........... 9717
- Comme on le voit, dans ce cas particulier, il est préférable d’adopter la force motrice produite hydrauliquement, car quoique le capital de premier etablissement soit environ 30 p. 100 plus élevé que dans le cas de l'emploi de machine à vapeur, les frais d’exploitation sont au contraire réduits de 30 p. 100 dans ce cas.
- Pour compléter la solution de ce petit problème, la Revue pratique de l'électricité examine s'il serait plus économique d’employer les courants alternatifs à tension moyenne.
- Si l’on se place dans cette hypothèse et si l’on suppose que la tension primaire soit de 2 400 volts sur le feeder qui réunit la station génératrice au centre de distribution, 011 arrive, en supposant à pleine charge une perte de 15 p. 100 (la même qui a été consentie dans le cas du courant continu) à une section de 10 mm2. La distribution secondaire est faite sous 2x110 volts.
- On a comme dépense de premier établissement :
- i° Feeder ; reseau primaire, 510 kgr . 2 326
- 2° Matériel électrique complet de la
- station........................... 21 955
- 3° Transformateurs et accessoires. . . 5040
- 4ü Lignes : poteaux, isolateurs......... 2 176
- Prix de premier établissement. . . 30496
- On voit que l'emploi du courant alternatif ne donne aucune économie : cela tient à la petite distance et surtout à la puissance réduite qu’il s’agit de transporter. Le résultat aurait été inverse si la distance avait dépassé deux kilomètres et 3a puissance 100 chevaux.
- Le Gérant
- A reporter.
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- .• C. NAUD.
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- îdi 20 Août 1898
- 5* Année. — N” 3 4.
- L’Éclairage Électrique,
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ELECTRICITE
- tu»»
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l'École Polytechnique, Membre de l’Tnstitut.— A. D’ARSGNVAL. Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN. Professeur à la Sorbonne, Membre de l'Institut. --D. MONNIER, Professeur à l’Ecole centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARE. Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER. Professeur à l’École des Mines, Membre de l'Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l'Université.
- CONGRÈS DE NANTES
- C’est à Nantes que s’est tenu cette année, du 4 au 11 août, sous la présidence de M. Grimaux, le Congrès annuel de l’Association française pour l’avancement des sciences. Quelques incidents regrettables, d’ailleurs démesurément grossis par les journaux quotidiens qui les ont relatés, en ont marqué l’ouverture, bien qu’il semblât qu’un congres de savants eut dû être à .l’abri de l’intrusion des politiciens. Toutefois, grâce au tact et à la bonne volonté des organisateurs du Congrès, les manifestations hostiles du début ont été vile apaisées et les congressistes ont pu, sans nouveaux incidents, poursuivre leurs travaux et prendre part aux visites et excursions du programme. M. le D1' Leduc, professeur à l’Ecole supérieure de médecine de Nantes et secrétaire du Comité local de l’Association en cette ville, a grandement contribué à cet apaisement ; enmème temps qu’il montrait envers ses collègues une extrême bienveillance, il faisait preuve, vis-à-vis de ses concitoyens, d’une grande fermeté qui n’était pas exempte d’un certain courage, comme l’ont montré les attaques qu’elle lui a valu; nous nous permettons de lui adresser nos sincères félicitations et remerciements, certain
- d’être l’interprète de ceux qui ont suivi les travaux du Congrès.
- De nombreuses communications ont été faites aux diverses sections. La section de physique était présidée par M. André Broca, assisté par M. Pellin, vice-président, et par M. Allaire, secrétaire. Nous donnons ci-dessous l’analyse des notes et mémoires relatifs à l’électricité qui ont été présentés a cette section.
- Ajoutons qu’à la réunion générale il a été décidé que le Congrès de içoo se tiendrait à Paris. Celui de Lan prochain aura lieu à Boulogne, suivant la décisionprise I’andernier à Saint-Etienne.
- Étude sur la machine de Wimshurst;
- Par le Dr S. Leduc.
- Les théories de la machine de Wimshurst qui font intervenir les collecteurs à peignes pour l’amorçage de la machine, sont erronées, car elles sont en désaccord avec les faits. Une machine sans collecteurs, c’est-à-dire réduite à ses deux plateaux et à sa paire de balais, s’amorce fort bien; les collecteurs
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- ne jouent donc aucun rôle dans l’amorçage, leur seule fonction est de recueillir les charges produites.
- Pour se rendre compte du fonctionnement d’une machine de Wimshurst, M. Leduc, professeur à l’Ecole de médecine de Nantes, a observé dans l’obscurité une machine sans collecteurs. Chaque secteur des faces externes des plateaux compris entre un balai, et, en suivant le sens du mouvement, le balai du côté opposé, ne montre aucune trace d’électrisation, les charges électriques y sont dissimulées, condensées. Au contraire, le secteur compris entre un balai du côté opposé à celui que l’on regarde et, en suivant le mouvement du plateau, le balai du meme côté, est brillamment illuminé, pour le secteur, d’un côté par de longues aigrettes indiquant une décharge positive, pour le secteur diamétralement opposé par des points lumineux, indice d’une décharge négative. Si l’on ajoute à la machine les collecteurs avec leurs peignes, la même illumination s’observe dans les parties des secteurs qui se dirigent vers les peignes, et l’illumination a cessé dans les parties qui s’en éloignent. Du côté des secteurs positifs, on voit les aigrettes s’incliner pour arriver aux collecteurs en devançant le mouvement du plateau. Cette observation conduit a concevoir le fonctionnement de la machine de Wimshurst ainsi qu’il suit :
- Lorsqu’un secteur métallique vient passer au contact d’un balai, il s’établit entre eux, soit par suite de la force électromotrice de contact, soit par le léger frottement du balai, une différence de potentiel, d’ou il résulte que le secteur s’éloigne avec un potentiel différent de celui du balai ; il vient passer en face du balai du côté opposé dans lequel il détermine une charge contraire à la sienne, laquelle se communique aux secteurs métalliques qui, se dirigeant en sens inverse des premiers, s’en vont, en face du premier balai, déterminer par influence l’augmentation de sa charge, et c’est ainsi que la machine peut s’amorcer sous l’influence d’une faible force électromotrice de contact, pour continuer à fonction-
- ner ensuite comme machine à influence. Les secteurs métalliques compris entre le balai du côté que l’on regarde, et, en suivant le mouvement du plateau, le balai du'côté opposé, forment, de part et d’autre, les armatures d’un condensateur dont le diélectrique est formé par les deux plateaux .et l’intervalle qui les sépare ; c’est pourquoi les charges condensées ne se manifestent par aucune luminosité; mais des que les secteurs métalliques d’un côté ont passé en face du balai du côté opposé, ils se trouvent en face de secteurs déchargés parle collecteur, leur capacité diminue, comme celle d’un conducteur influencé lorsqu’on décharge le conducteur chargé qui l’influence ; la charge condensée des secteurs devient libre et les secteurs se déchargent dans l’air sous forme d’aigrettes, puis achèvent de se décharger sur les peignes des collecteurs en chargeant ceux-ci.
- L’observation d’une machine fonctionnant dans l’obscurité montre qu’une grande partie de la charge des secteurs métalliques des plateaux se décharge dans l’air avant d’arriver aux collecteurs; le rendement se trouve ainsi amoindri. Si les machines sans secteurs ont un débit un peu plus grand et un rendement plus élevé, cela tient à ce que, dans ces machines, les pertes font plus difficilement. M. Leduc a réussi à Supprimer ces pertes de charge par aigrette et à augmenter le débit des machines de Wimshurst en changeant la disposition des collecteurs qu’il arrange de façon à recueillir les charges des secteurs métalliques, à partir du moment où celles-ci, soustraites à l’influence des secteurs chargés et du balai du côté opposé, deviennent libres. Pour cela il a rendu mobiles les porte-peignes des collecteurs, et leur a donné une forme courbe au lieu de leur forme rectiligne; celle disposition permet de déplacer les peignes en haut et en bas, de part et d’autre du diamètre horizontal, en sens inverse des mouvements des plateaux, de façon a éviter les pertes par aigrettes, si notables avec les peignes horizontaux. Il existe une position des peignes pour laquelle le débit
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- est maximum, c’est celle pour laquelle les secteurs cessent d’ètre influencés parle balai du côté opposé; il est facile de la déterminer par tâtonnement.
- On augmente encore le débit et un peu la tension, en remplaçant les peignes des collecteurs par des balais frottant sur les secteurs, ceux-ci sont alors plus complètement déchargés, et l’on recueille ainsi la charge résiduelle emportée par les'secteurs qui ont passé devant des peignes.
- Bouteille de Leyde à capacité variable ;
- Par le D1' S. Leduc.
- L’armature interne est formée d’uncylindre terminé par deux demi-sphères et glissant dans la bouteille de façon a pouvoir être éloigné ou rapproché de l’armature externe, constituée par une feuille d’étain n’enveloppant que la partie inférieure de la bouteille; la variation de la capacité résulte des changements de la distance des armatures. L’une ou l’autre des armatures, pourvue d’un crochet, peut être suspendue au pôle d’une machine statique. Les demi-sphères qui terminent le cylindre formant l’armature interne, ont pour but d’empêcher les pertes par aigrettes qui se font au moment de la décharge par les bords des armatures ordinaires.
- L’année dernière, l'auteur indiquait une méthode d’emploi des machines statiques pour la production des rayons X. Dans celle méthode, le tube est intercalé entre les armatures externes de deux bouteilles de Leyde suspendues chacune à l’un des pôles de la machine; une chaîne tombant de chaque armature externe sur une planche, forme une dérivation entre les armatures externes ; enfin la cathode doit être mise en rapport avec l’armature externe de la bouteille suspendue au pôle positif de la machine. Dans ces conditions, la décharge se fait régulièrement dans un seul sens et le tube est illuminé.
- Plusieurs auteurs, qui se sont occupés de cette question, ont écrit que cette méthode,
- qui convenait pour la radiographie, ne convenait pas pour la radioscopie, l’écran étant illuminé d’une façon intermittente. Suivant M. Leduc, cela tient à ce qu’ils employaient des bouteilles de Leyde de trop grande capacité, bouteilles qu’il suffit de remplacer par d’autres de très petite capacité pour faire disparaître les intermittences. Pour cette application, la bouteille à capacité variable convient fort bien. D’une part, elle permet de régler la capacité suivant les tubes, et suivant le débit de la machine, de façon à avoir une illumination permanente de l'écran. D’autre part, il est très important, pour cette application des machines statiques, d’avoir un débit aussi grand que possible, et par conséquent d’éviter les pertes de charges. On unira donc le tube aux armatures cylindriques terminées par des demi-sphères; on évitera ainsi la perte par aigrette au moment de la décharge.
- Cette méthode d’utilisation des machines statiques a toujours donné à M. Leduc le meilleur rendement lorsqu’il l’a comparée, par des moyens photométriques, à la méthode du détonateur recommandée par MM. Destot, Bonetti et Bordier. La méthode du détonateur, avec certains tubes, donne une illumination plus régulière de l’écran. Mais le rendement est moins élevé qu’avec la méthode de M. Leduc. D’ailleurs, M. Bordier. pour juger ces méthodes, a employé un moyen qui 11e saurait donner un résultat précis ; il a cherché quel procédé fait le mieux disparaître l’ombre des chairs pour ne laisser que celle des os; mais l’obtention de ce résultat est plus une question de développement photographique que de rendement des tubes ; car, avec un même cliché, on peut facilement faire des positifs avec ou sans l’ombre des chairs suivant que l’on pousse plus ou moins son papier.
- Avec de bons tubes, la machine de Wim-shurst à collecteurs modifiés, les bouteilles de Leyde évitant les pertes par aigrette, une machine de Wimshurst h. deux plateaux de 55 cm a 60 cm, semble pouvoir donner faci-
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- lement et dans les mêmes temps de pose, les mêmes résultats qu’une bobine donnant 15 à 20 cm d’étincelle, et a le très grand avantage de beaucoup mieux ménager les tubes.
- Une petite machine à plateaux de 45 cm tournée à la mainnous a donné, dit M. Leduc, des résultats radiographiques et radioscopiques très satisfaisants.
- Etudes expérimentales sur les étincelles électriques ;
- Par le Dr Leduc.
- Employant le procédé de photographie des étincelles électriques déjà appliqué par MM. Bertin, Ducretet, Trouvclot, etc., l’auteur a étudié les modifications qu’éprouvent ces étincelles dans diverses circonstances.
- La face non sensible d'une plaque photographique repose sur une feuille d’étain en communication avec l’un des pôles d’une source d’électricité; l’autre pôle de cette source est relié i\ une sphère placée sur la face sensible; on produit la décharge qui donne lieu à la production d’étincelles et d’aigrettes sur la face sensible et on développe.
- Il est remarquable que la plaque ainsi impressionnée n’est pas voilée, mais au contraire enregistre les plus fins détails del’ctin-cclle qu’elle saisit beaucoup plus rapidement que la rétine, bien qu’elle exige, pour être impressionnée, une intensité lumineuse beaucoup plus grande que l’œil ; si l’on place en effet une plaque sensible perpendiculairement au plan de l’étincelle, on voit que l’impression produite sur cette plaque est faible dans les régions de la plaque voisines du lieu de production de l’étincelle et à peine sensible dans les régions plus éloignées.
- L’aspect de la photographie diffère considérablement suivant que c’est le pôle positif ou le pôle négatif de la source qui est mis en contact avec la face sensible.
- Ces photographies montrent qu’une augmentation de la différence de potentiel entre
- les pôles, sans augmentation de l’intensitc de la décharge, rend les étincelles plus longues et plus grêles; une augmentation de la quantité d’électricité mise en jeu par la décharge, sans modification de la différence de potentiel, rend les étincelles plus fournies et plus compactes.
- L’auteur n’a pu constater aucune influence d’un champ magnétique sur l’étincelle, mais les champs magnétiques dont il disposait étaient peu intenses.
- En plaçant la plaque photographique sous la cloche de la machine pneumatique, M. Leduc a étudié l’influence de la raréfaction de l’air sur le phénomène. Il a constaté que les traits des photographies s’estompent à mesure que le vide augmente et que lorsque la pression n’est plus que de 1 à 2 cm de mercure la plaque est entièrement voilée.
- Lorsqu’on modifie la nature du milieu gazeux entourant la plaque, les dimensions de l’étincelle, plutôt que sa forme, sont changées.
- Si l’on place la plaque dans une cuvette remplie d’alcool et placée dans une atmosphère de gaz carbonique pour éviter l’inflammation de l’alcool par l’étincelle, on observe que la décharge ne produit aucun effet lumineux, mais que la plaque est entièrement voilée; ce voile 11e provient pas d’une action chimique de l’alcool ou de ses impuretés, car il 11e se produit pas sur une plaque plongée dans l’alcool lorsqu’on ne provoque pas de décharge.
- Si l’on recouvre les plaques de poudres diverses, soufre, minium, oxyde de zinc, limailles métalliques, on observe que la forme de l’étincelle est considérablement modifiée; l’étincelle devient beaucoup plus grêle et il y a atténuation entre la différence que présentent ordinairement les photographies suivant que c’est le pôle positif ou le pôle négatif qui est en contact avec la face sensible de la plaque.
- M. Leduc a également effectué quelques expériences en faisant appuyer sur la face sensible les deux pôles de la source électrique et en faisant éclater l’étincelle entre ces pôles,
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- à la surface de la plaque. Les extrémités de la photographie obtenue conservent les caractères différentiels observés lorsque, dans les expériences précédentes, le pôle positif ou le pôle négatif est en contact avec la face sensible ; dans la partie médiane la différence ne se manifeste plus. L’étincelle ne reste donc pas identique à elle-même dans toute sa longueur, ce qui paraît en contradiction avec l’hypothèse d’un transport de matière dans un seul sens par l’étincelle.
- M. Leduc accompagne sa communication de la présentation de quelques-unes des nombreuses photographies qu’il a obtenues ; l’examen de ces photographies donne lieu à une discussion très suggestive.
- Sur l’expérience de la croix de Crookes ;
- Par P. Villard.
- Lorsqu’un obstacle est placé, à l’intérieur d’un tube de Crookes, sur le trajet des rayons cathodiques, il se forme sur la paroi anticathodique une ombre de l’obstacle : c'est ce que montre l'expérience classique du tube de Crookes à croix d’aluminium. Si, au bout de quelques instants, on fait basculer la croix d’aluminium, on voit apparaître sur la paroi anticathodique, à la place de la croix noire, une croix brillante se détachant sur un fond moins lumineux. Cette apparence disparaît d’ailleurs assez vite, la fluorescence de la paroi anticathodique devenant alors sensiblement uniforme.
- M. Villard explique ce phénomène par une élévation de la température du verre, résultant du bombardement cathodique : le verre chaud est moins fluorescent que le verre froid, et comme le verre est mauvais conducteur de la chaleur, il ne s’échauffe pas sensiblement là où il est protégé du bombardement cathodique par un obstacle. Les régions protégées conservent donc leur pouvoir fluorescent primitif et doivent se détacher en clair quand on supprime l’obstacle. Mais bientôt après cette suppression, la température s’égalise et le contraste disparaît.
- A l’appui de cette opinion. M. Villard cite plusieurs expériences :
- i° A l’aide d’un petit chalumeau à main, on chauffe modérément une région déterminée d’une ampoule de Crookes, une bande verticale par exemple, puis on fait fonctionner l’ampoule; toute la région chauffée apparaît alors beaucoup moins lumineuse que le reste de la paroi.
- 20 On chauffe une région de l’ampoule en appliquant contre elle une calotte de cuivre découpée et fortement chauffée; on retire cette calotte et l’on fait fonctionner l’ampoule; les portions du verre correspondant aux découpures de la calotte apparaissent en clair.
- 3" Inversement, après avoir chauffé toute la paroi anticathodique au moyen d’un bec de gaz, on applique,, contre elle un objet froid; quand on fait ensuite fonctionner le tube, l’image de cet objet se détache en clair.
- Ces expériences réussissent fort bien avec les tubes focus, pour lesquels la fluorescence de la paroi anticathodique est beaucoup plus uniforme que celle que l’on obtient avec les tubes sans anricathode.
- En terminant, M. Villard fait observer que la modification des propriétés fluorescentes du verre par élévation de température n’est pas un phénomène isolé : par exemple, l’oxyde de zinc présente une belle fluorescence verte à froid, violette à chaud; pour le sulfure de zinc la fluorescence est bleuâtre à froid et verte à chaud; pour la craie la fluorescence passe' de l’orangé au jaune vif quand on élève la température.
- Peut-être, ajoute M. Villard, le verre, qui ne nous parait pas fluorescent quand il est chaud, émet-il alors des radiations invisibles, infra-rouges ou ultra-violettes.
- La régénération des écrans au platinocyanure de baryum par la lumière;
- Par P. Villard.
- On sait que lorsqu’on soumet un écran au platinocyanure de baryum à l’action des
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- rayons Rœntgen, sa fluorescence diminue peu à peu; en même temps le sel brunit. Une exposition d’un quart d’heure à io ou 15 cm d’un tube de Crookes suffit pour montrer nettement le phénomène, surtout si l’on a soin de protéger une partie de la surface de l’écran par un corps opaque aux rayons Rœntgen, afin de produire un contraste.
- Une exposition d’un quart d’heure ou d’une demi-heure à la lumière solaire directe rend à l’écran ses propriétés primitives. M. Villard a cherché quelles sont les radiations les plus aptes à produire cette régénération.
- Dans-ce but, il a projeté sur un e'eran au platinocyanurc, fortement bruni par une longue exposition aux rayons Rœntgen, le spectre fourni par un faisceau de lumière solaire traversant un spectroscope à deux prismes de quartz. Après quelques heures d’action des radiations solaires, la surface fluorescente a été examinée à la lumière diffuse, puis aux rayons X, avec lesquels les contrastes sont plus marqués.
- Il a constaté ainsi que les radiations ultraviolettes, violettes et la presque totalité des radiations bleues sont sans action bien sensible. Les radiations actives du spectre forment trois bandes distinctes, d’inégales largeurs, et sont comprises entre les radiations de longueurs d’onde (exprimées en millionièmes de millimètre) :
- X = 900 et X = 710 pour la première bande,
- X = 590 et X = 540 pour la seconde bande,
- X = 510 et X 1= 480 pour la troisième bande.
- Les radiations de la troisième bande sont les plus efficaces.
- On voit que la première bande est en grande partie située dans l’infra-rouge et que la plus réfrangible dépasse à peine la limite du vert.
- Ce ne sont donc pas, contrairement à ce qu’on aurait pu supposer, les radiations du spectre les plus efficaces au point de vue chimique qui ont le plus d’effet sur le plati-
- nocyanure de baryum modifié par les rayons Rœntgen.
- A la suite de cette communication, M. Bro-ca fait observer que les radiations de la. première bande sont précisément celles de la bande que M. Becquerel a reconnu avoir une si grande importance dans les phénomènes de fluorescence.
- Sur les transformations des rayons X par les différents corps ;
- Par IJ. IIurmij'zescu.
- Cette étude a été faite avec le dispositif expérimental suivant : une cage de plomb dans laquelle se trouve le tube produisant les rayons X, est perccc d’une ouverture circulaire munie d’une bonnette cylindrique également en plomb. Le faisceau de rayons X ainsi limité vient frapper la surface d’un corps quelconque. Là se produisent des rayons secondaires qui, se propageant dans toutes les directions, rencontraient les feuilles d’un électroscope à cage métallique et le déchargeaient.
- On mesurait le temps nécessaire pour décharger cet électroscope, la charge - initiale, mesurée par l’écartement des feuilles, étant la meme dans les différentes expériences.
- Un grand nombre d’expériences ont etc I faites avec des tubes variés, des corps de i nature différente, dans des milieux gazeux 1 divers; et en ayant soin que le tube ne soit pas altéré, ce qui arrive facilement si la différence de potentiel entre les pôles de la bobine est trop grande.
- Pour éliminer le plus possible cette cause d’erreur, on faisait des mesures alternées et 011 les rapportait toutes à celles que donnait un même corps, par exemple le zinc.
- Ces expériences ont donné les résultats suivants :
- L’efïet de décharge des rayons transformés n’a aucune relation avec l’opacité du corps aux rayons X. Ainsi avec la paraffine, le temps de décharge augmente avec l’épaisseur
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- jusqu’à une certaine valeur et pour cette valeur le temps de décharge est le même que pour le zinc. ,
- Le fer et l’aluminium donnent un temps de décharge beaucoup plus grand; pour l’aluminium ce temps est six fois plus grand qu’avec le zinc. Ce rapport varie d'ailleurs pour les différents tubes et, pour un même tube, avec son état.
- Le rapport des durées de décharge ne semble pas dépendre de la nature du gaz qui entoure la surface; c’est du moins ce qui a été constaté expérimentalement en faisant tomber le faisceau de rayons X sur des lames de zinc et de plomb placées dans divers gaz.
- Ce rapport dépend de la nature du métal qui forme la cage de l’électroscope. Ainsi pour l’électroscope à cage de zinc, on a poulies durées de décharge correspondant à la transformation sur une lame de paraffine et une lame de plomb :
- Paraf. __ 19,2 _
- Zinc “ 18,1 — 1,0 0
- Dans les mêmes conditions expérimentales et avec l’électroscope à cage de plomb on a
- Paraf. __ $7 __
- Zinc '•73'
- L’auteur a observé aussi que le faisceau complexe de rayons X donnait une meilleure transformation pour une plus grande fréquence.
- Ces expériences conduisent l’auteur à considérer les rayons secondaires comme des rayons X diffusés par les surfaces grenues ; étant donnée la faible longueur d’onde des rayons X, tous les corps sont grenus, mais le phénomène est plus complexe que dans le cas de la diffusion des rayons lumineux.
- Sur l'endo-exploration rœntgénienne des vivants;
- Par A. Rémond et Noé.
- Pour terminer le compte rendu des communications relatives aux rayons Rœntgen, signalons celle qu’ont adressée MM. Remonâ et Noé.
- L’application des rayons Rœntgen à l’exploration des cavités de l’organisme humain s’est trouvée restreinte jusqu’ici par la sensation désagréable qu’éprouve le sujet au contact de l'ampoule de Crookes ; MM. Rémond et Noé ont obvié à cet inconvénient.
- Quant au dispositif employé pour obtenir ce résultat, nous regrettons de ne pouvoir le décrire en détail, les auteurs ayant omis de donner la description dans leur communication. Nous nous bornerons donc à extraire de ccttc communication le passage qui donne à ce sujet quelques renseignements :
- « Nous n’aurions probablement jamais obtenu de résultats pratiques si, nous confinant dans le cercle tracé par Rœntgen, nous avions continué l’emploi de la bobine de Ruhmkorff comme source d’énergie; heureusement, depuis de longs mois, nous avions consacré toutes nos recherches à la machine statique et, en particulier, à la machine unipolaire Noé, modification radicale de la machine Carré dont elle ne conserve que les deux plateaux et les coussins.
- » A production diélectrique, s’amorçant seule et immédiatement, ne s'inversant jamais en marche, la machine unipolaire était particulièrement propre à l’excitation des tubes de Crookes ; aussi l’avons-nous employée exclusivement, bien que nous construisions tous les systèmes.
- » Par une coïncidence heureuse, la mise au sol, dans la construction même, du pôle positif, qui donne le rendement maximum, fut en même temps la solution rationnelle, la seule possible, de la seconde condition qu’on vient d’indiquer (ni le sujet, ni l’opérateur, ni les instruments employés ne doivent être soumis à Faction du phénomène dont ils sont le siège).
- » Le pôle positif de la machine, la sonde, le sujet, l’opérateur, les instruments, tout cela est mis au sol avec le soin le plus minutieux; tous ces éléments restent rigoureusement à un potentiel nul, et les malades les plus sensibles à toutes les impressions ont déclaré, sans aucune exception, ne percevoir
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- en rien les phénomènes électriques dont ils sont le siège. »
- Espérons que cette citation textuelle renseignera suffisamment nos lecteurs et qu’elle évitera aux auteurs la peine de nous écrire que nous avons sciemment dénature leur pensée, ainsi que cela s’est produit a propos du compte rendu donné dans ce journal d’une communication faite l’an dernier par l’un des auteurs à la Société d’encouragement.
- Sur la théorie des antennes dans la télégraphie sans fil;
- Par A. Blondel.
- L’auteur fait remarquer qu’il est difficile d’expliquer par un simple effet de propagation ordinaire des ondes hertziennes, l’énorme accroissement de portée réalisé par l’emploi des antennes avec mise à la terre. Ces antennes ne doivent pas en effet modifier sensiblement les ondes émises par l’oscillateur, puisque leur vitesse est la même dans l’air et le long des fils, et que leur réflexion partielle au bout de l’antenne n’est qu’un phénomène local. Il est donc naturel d’attribuer l’effet principal à un second phénomène dans lequel la capacité de l’antenne d’émission par rapport à la terre intervient. Cette antenne et la terre jouent le rôle de deux armatures de condensateur et l’on conçoit que ce condensateur chargé par la bobine au moment où se rompt le courant primaire devienne le siège d’une décharge oscillante. Grâce à la disposition des lignes de force qui forment un éventail autour de l’antenne, les courants de déplacement auxquels donne lieu cette décharge se trouvent concentrés dans l'air entre l’antenne et la surface du sol, tandis que l’énergie des ondes hertziennes proprement dites, qui va se répandre uniformément dans tout l’espace, est forcément très mal utilisée.
- L'antenne réceptrice fait partie de la seconde armature du condensateur, qui est la terre; elle devient ainsi pour sa part le siège d’un courant de déplacement qui agit sur le cohéreur placé à sa base.
- L’auteur montre comment cette théorie permet d’expliquer aisément les faits connus.
- Sur les cohéreurs Marconi;
- Par A. Blondel.
- L’auteur appelle tout d’abord l’attention sur les différences très notables qui existent entre ces appareils et les tubes radio-conducteurs de M. Branly, dont ils dérivent. Ils réduisent la limaille pour ainsi dire à une seule couche sans compression, au lieu d'une longue colonne généralement comprimée. Il n’y a aucune comparaison entre la sensibilité de ces cohéreurs et ceux de MM. Branly, Lodge, Popofï, etc.; en outre, la décohération se fait avec une netteté et une précision supérieures.
- Les cohéreurs ainsi construits permettent d’établir entre les différents métaux qui servent à faire les limailles des différences importantes.
- Tout d'abord, il existe une série de métaux qui ne se prêtent pas à cet emploi, par suite d’une conductibilité exagérée des limailles : ce sont les métaux inoxydables à l’air, tels que l’or, l’argent, le platine. Les métaux oxydables donnent eux-mêmes des résultats fort inégaux au point de vue de la sensibilité, le nickel étant de beaucoup le meilleur et l’aluminium le plus mauvais. Au contact de l’air, les limailles perdent peu à peu leur sensibilité, surtout celle d’aluminium.
- Il semble qu’on peut en conclure que la condition pour qu’un métal donne de bons résultats, c’est qu’il soit recouvert d’une couche d’oxyde très mince et pas trop mauvaise conductrice. M. Blondel cite à l’appui de cette hypothèse une expérience qu’il a faite en recouvrant de la limaille d’argent d’une couche de sulfure d’argent plus ou moins épaisse par traitement à l’acide sulfhydrique. Tant que la couche reste très mince, la limaille est trop conductrice pour permettre la construction d’un cohéreur; au fur et à mesure qu’on la fait plus épaisse, elle présente mieux
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- les propriétés caractéristiques, puis elle offre de moins en moins de sensibilité.
- Partant de ces remarques, l'auteur s’est demandé si on ne pourrait pas inverser les termes du cohéreur en employant une limaille non oxydable, telle que l’argent ou le platine, entre deux électrodes de nickel; les résultats sont négatifs avec du nickel poli ; iis deviennent meilleurs avec des électrodes dépolies ou mieux oxydées à la flamme. Mais ils sont beaucoup moins réguliers qu’avec le cohéreur du type Marconi.
- Enfin la forme des limailles joue un rôle important, les limailles fines et pointues étant les plus sensibles. On peut passer à la limite en formant un cohéreur d’une simple pointe d’aiguille reposant sur un morceau de nickel; on constate qu’il est impossible d’empêcher le courant de passer et d’observer un effet de cohérence produit par les ondes. Au contraire celui-ci est très net si on fait reposer l’aiguille sur du nickel oxydé a la flamme.
- II convient d’ajouter que ces expériences sont faites avec un seul élément de pile et une résistance de 1000 ohms en série, de façon à ne pas dépasser 2 milliampères dans le cohéreur.
- Il résulte de cette étude que la spécification de Marconi est admirablement étudiée et donne les appareils les plus sensibles et les plus réguliers. Quels que puissent être les doutes qu’on professe avec quelque raison sur la validité de ses brevets, ce serait une grande injustice, dit, M. Blondel, que de vouloir réduire son mérite scientifique; d’ailleurs aucun des constructeurs qui le copient n’est parvenu à faire mieux que lui.
- M. Blondel cire cependant quelques défectuosités du cohéreur au point de vue de l’exécution et indique comment on peut les éviter en rendant les tubes à vide régénéra-bles et réglables par l’emploi d’une petite poche à limaille, formée d’un bout de tube recourbe soudé au tube principal au droit de la fente entre les électrodes, et scellé après remplissage. Ce tube permet l’emploi de limailles aussi fines qu’on le désire.
- Sur un nouvel étalon secondaire de lumière ;
- Par A. Blondel.
- L’auteur a constaté que deux obstacles se sont opposés jusqu’ici, à l’emploi en France de 1 étalon Hefner, devenu'« étalon secondaire pratique » international depuis la décision du Congrès des Électriciens de Genève. Ce sont d’une part la nécessité de faire venir d'Allemagne l’acétate 'd’amyle spécial qui se brûle dans ccttc lampe, et d’autre part les difficultés des mesures lorsque le moindre courant d’air vient faire vaciller la flamme qui reste à l’air libre. Pour faciliter l’emploi de cette unité sans en modifier la valeur,' M. Blondel a établi un type de lampe à cheminée et à courant d’air pouvant reproduire exactement la même intensité lumineuse mais sans vacillation de flamme, et en brûlant soit de l’acétate d’amyle, soit un mélange d’alcool absolu et de benzine cristailisablc, facile à préparer avec les produits du commerce. L’intérêt de ce mélange, c’est que les deux liquides ont meme densité et môme point d’ébullition très sensiblement et que le mélange est équivalent comme lumière à l’acétate d’amyle. Un point intéressant de la construction c’est la cheminée : ccllc-ci, formée d’un cylindre de métal noirci, est munie de deux petites vitres obliques planes, qui ne peuvent donner lieu à aucune des réflexions parasites auxquelles donnent lieu les cheminées ordinaires en cristal.
- M. Blondel décrit la construction et le mode d’emploi de cette lampe; les propriétés et l’étalonnage sont actuellement étudiés par le Laboratoire central d’Electricitc, où M. Laporte se consacre depuis plusieurs mois k l’étude des divers étalons de lumière.
- Sur les oscillographes;
- Par A. Blondel.
- On sait que ce nom a été donné par M. Blondel, en 1893, à des galvanomètres k oscillations propres extrêmement rapides, pour lesquels il a indiqué divers modes de
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- construction. Il complète la théorie de ces appareils et décrit les derniers perfectionnements qu’il y a apportés. Son oscillographe doubleront le nombre d’oscillations propres dépasse 5000 par seconde, permet de voir directement et d’enregistrer photographiquement sur un même cliché les courbes instantanées de voltage et d’intensité des courants alternatifs industriels. Le moteur synchrone ne consomme guère qu’un 1/2 ampère.
- Nous donnerons prochainement une description complète de cet appareil.
- Sur la théorie des antennes dans la télégraphie sans fil;
- Par A. Broca.
- A propos de la communication de M. Blondel sur ce sujet, M. Broca expose une autre explication du rôle des antennes.
- Il rappelle que M. Poynting a démontré que le flux d’énergie est entièrement déterminé quand on se donne la force électrique et la force magnétique, qu’il est perpendiculaire au plan de ces forces et nul en même temps que l’une d’elles. Decettedernière propriété, il résulte que dans le cas des oscillations électriques le flux d’énergie s’annule périodiquement, en d’autres termes que l’on aunfïux d’énergie puisant.
- Il fait remarquer que dans le cas des ondulations lumineuses on a de pareils flux d’énergie puisants lorsque la lumière est polarisée; il en conclut que les perturbations électriques dues aux décharges des condensateurs peuvent être considérées comme de la lumière polarisée.
- D’autre part, la théorie démontre, et M. Gut-ton vient de le montrer expérimentalement, que dans les ondulations de haute fréquence se propageant le long d’un fil la force électrique est toujours normale au fil (J) et que la force magnétique est dans un plan normal au fil et tangent à sa section droite. Le flux d’énergie doit donc se propager le long du fil sans y pénétrer.
- (') L’Éclairage Électrique, t. XV, p. 417.
- Quand ce flux arrive au bout du fil, sa direction devient indéterminée. En effet, les flux électriques, partout parallèles au flux d’énergie, sont parallèles à l’axe du conducteur. Si l’on suppose, pour plus de simplicité, le fil terminé par une demi-sphère de même diamètre, l’axe du conducteurcoupe la sphère en un point où le flux est indéterminé. Mais en ce point la force électrique est toujours normale à la surface. Le flux d’énergie sera donc indéterminé dans un plan normal à l'axe de l’antenne dans le dispositif de Popoff et de Marconi. On a ainsi un moyen de produire de l’énergie radiante localisée dans un plan, et par conséquent de concentrer les ondes électriques indépendamment de leur période.
- Enfin, il importe d’observer que ces ondes sont polarisées. Or, la théorie de l’élasticité apprend que, dans ce cas, la répartition de l’énergie dans une onde sphérique n’est pas uniforme, qu’elle est proportionnelle au carré du cosinus de l’angle de l’azimut considéré avec un certain plan équatorial. La propagation doit donc être nulle dans une certaine direction et le phénomène récemment découvert par Zeeman apporte, pour les ondes lumineuses, une justification à cette conséquence de la théorie.
- On peut donc s’expliquer que l’on obtienne une onde efficace à grande distance dans une direction normale à l’axe de l’antenne, sans que l’on puisse invoquer contre l’explication une contradiction avec les principes fondamentaux de la théorie électromagnétique de la lumière.
- Étude sur les électro aimants ;
- Par C. 1 ery.
- La force attractive qu’exerce un électroaimant sur son armature diminue rapidement quand la distance de cette armature aux pièces polaires augmente. Cette diminution rapide, quelquefois utile, est souvent gênante dans les multiples applications des électro-aimants, et bien des procédés ont été imaginés pour remédier à cet inconvénient-
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- Ainsi, on a muni l’armature de pièces coniques pouvant s’engager dans des cavités de même forme creusées dans les pièces polaires; on a relié l’armature à la pièce à mouvoir par des leviers et des cames disposés de manière que l’effort exercé sur cette pièce reste sensiblement constant, malgré la variation de la force attractive des noyaux sur l’armature, etc. La théorie de l’électro-aimant, aujourd’hui bien établie, a permis d’obtenir les mêmes effets , d’une façon moins compliquée, en donnant aux pièces polaires et aux noyaux des formes convenables (').
- M. C. Féry fait ressortir une conséquence de cette théorie, permettant de prévoir quelles dimensions on doit donner aux pièces polaires suivant que l’on veut avoir une force attractive variant peu avec la distance de l'armature ou, au contraire, variant rapidement avec cette distance.
- Considérons un électro-aimant excité par un courant de même intensité, c’est-à-dire par un même nombre d’ampère-tours, et munissons successivement ses noyaux de pièces polaires ayant avec l’armature des surfaces de contact très différentes. Quand l’armature est au contact des pièces polaires, la résistance magnétique du joint est très faible; d’autre part, comme la longueur des pièces polaires (mesurée suivant une ligne de force) est toujours petite, la résistance magnétique de ces pièces est elle-même petite. Par conséquent, quand on change de pièces polaires, la résistance magnétique du circuit magnétique varie peu, et comme la force niagnétomotrice est constante par hypothèse, le flux de force traversant l’armature doit rester sensiblement constant. Par suite, quelles que soient les pièces polaires, le travail des forces magnétiques pour amener
- P) Rappelons qu’â une récente séance de la Société internationale des électriciens, M. Bouchet présentait des électro-aimants, calculés de manière à produire une attraction constante sur leurs armatures. (Voir VÉclairage Électrique, t- XIV, p. 478.
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- une armature de l’infini jusqu’au contact sera le même.
- L’auteur, chef des travaux pratiques à l’Ecole de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris, a fait faire, par des élèves de cette ccole, quelques expériences dans le but de vérifier cette conséquence.
- Dans ce but, il employa un électro-aimant sur les noyaux duquel on pouvait visser des pièces polaires circulaires ayant respectivement 10, 40 et 63 mm de diamètre. L’armature était fixée au fléau d’une balance. Elle était séparée des pièces polaires par des cales de verre (le verre a une perméabilité magnétique sensiblement égale à celle de l’air). Les épaisseurs de ces cales, variables d’une expérience à l’autre, étaient mesurées avec soin. On avait ainsi les valeurs de la force attractive pour diverses distances. Voici quelques-uns des résultats obtenus :
- FORCE ATTRACTIVE EN GRAMMES DISTANCE ------ ------- —— —— —
- 21,6
- 250-
- 36 !?5
- 720
- 5
- 335
- 195
- 55
- ^5
- 9
- En portant les distances des pièces polaires à l’armature en abscisses et les forces attractives en ordonnées, on obtient des courbes qui, avec les deux axes de coordonnées, limitent des aires proportionnelles- aux travaux des forces attractives. La mesure de ces aires au planimètre a fourni les chiffres
- 63 ........................... 45
- D’après les considérations développées plus haut, ces aires auraient dù être équivalentes. L’auteur attribue la différence à ce
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- que les surfaces de contact de l’armature et des pièces polaires ne peuvent être rigoureusement planes et que les défauts de planéité sont d’autant plus importants que les armatures sont plus larges.
- De cette étude, M. Féry tire la conclusion pratique suivante : Il y a intérêt à employer
- des pôles étroits pour obtenir une force portante considérable, et un grand travail pour un faible déplacement de l’armature; si, au contraire, on demande à l’électro-aimant une grande course de l’armature, il sera avantageux de prendre des pièces polaires très larges.
- J. Blondin.
- LA THÉORIE DE LORENTZ ET CELLE DE LARMOR
- 1. Sous ce titre, la Théorie de Lorent. nous avons déjà étudié, dans un article paru dans cette revue ('), la théorie des phénomènes électriques, exposée par M. Lorentz dans les Archives néerlandaises (1892). Depuis cette époque, M. Lorentz est revenu sur sa théorie pour la simplifier et en approfondir les conséquences (2). Sans revenir sur la question des simplifications, nous nous proposons aujourd’hui de faire connaître les résultats nouveaux' obtenus par M. Lorentz.
- Incidemment , nous nous trouverons amenés à parler de la théorie de M. Larmor, et, sans en faire une étude complète, nous examinerons quelques-unes de ses conséquences et les comparerons aux résultats obtenus par M. Lorentz.
- THÉORIE DE LORENTZ
- 2. M. Lorentz s’est proposé d’examiner surtout l’influence du mouvement de la terre sur les observations faites k sa surface, tant pour les phénomènes électriques que pour les expériences d’optique.
- Occupons-nous d’abord des premiers.
- fl} VÉclairage Électrique, t. XIV, p. 417 et 456.
- (2) Lorentz. Versuch eiuer Théorie, etc.,inbewegten Korperu, Leiden, 1895, et Opmerkingen naar aanleiding van bvuern-taarde meduleeliug, K. Akademie v. Wetanschappen, te Amsterdam, 1897. Dans cette dernière communication, M. Lorentz montre, comme nous l’avions fait dans notre premier article, que sa théorie conduit à uue formule de dispersion satisfaisante pour le phénomène de Faraday et il en
- I. Phénomènes électriques. — Rappelons nos notations : f, g-, /t, sont les composantes du déplacement dans l’éther; a, fi, y, celles de la force magnétique: t/, v, celles du courant de conduction; zq, zy, wv celles du courant de déplacement dans le diélectrique; dw, un élément de volume; p, la densité vraie électrique; p, la vitesse de translation, supposée constante, du milieu où se font les observations. Pour les applications, p représentera la vitesse de la terre dans l’espace, et nous prendrons l’axe des « parallèle hp.
- Négligeons pour le moment la polarisation du diélectrique, et représentons par p-T,, z, les composantes de la vitesse d’une charge électrique, de sorte que r,, £ seront les composantes de la vitesse relative par rapport au milieu.
- Par rapport à des axes fixes, les équations (1), (2), (3) et (4) du précédent article (p. 418), donnent
- 9 = ~f- , àg , d/i
- + lr ~r Ô? Ij
- da u_ d* + AL + + dr + ÙY df (É
- >7 d? )r dr ”41 (f + 'i-, + u\ i3>
- d h 4"v UF --£)= d t (4)
- 3. Si nous supposons maintenant les axes mobiles et entraînés dans le mouvement du milieu, nous n’aurons dans ies deux dernières équations et leurs homologues qu’à
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- changer ± en Si en outre
- nous ajoutons respectivement aux équations (3) et (4) (mais non à leurs homologues), les équations (1) et (2) multipliées par 4r.p et —£>, et si nous posons
- /=/ i’=i+-^r? (s)
- *’ = « ?' = P + 47-Ph ï'—Y — 4~PS (6)
- les équations (3) et (4) deviendront
- dj _ dy dp' d\ ~~ -[-& + * +
- dx’ H F dg
- df dx _ 4*[-2r + n +
- d%' dx' I âh . v ,
- ~Jx _ ~dy ~ 4"L^r ~ ^ +1
- J dh' dp' \ da
- 4 77 \ dy dSi J~ dt
- :(AL. dh' \ d$
- 4Tt \ d\ dx ) dt
- On voit que, au facteur 4-V; près, le vecteur (f, g1, h') défini par (5), représente la force électrique pour un corps en repos relatif. Quant au vecteur (a7, JS', y’), il n’a pas de signification particulière.
- Faisons le changement de variable
- En un point donné, t et f ne différeront que par une constante, t' représentera donc toujours le temps, mais l’origine des temps étant différente aux différents points. On peut donc donner à t' le nom de temps local. Nous représenterons par
- d d d d dt ’ dx' ’ dy ’ df' '
- les dérivées prises dans le système de variables indépendantes x, y, D’ailleurs, on voit facilement que
- d d d _ d p d
- dt — dt' ’ dx ~ dx' V2 dt'
- _d_ _ _d_ _ d_
- dy ~ dy' ddf ' 7
- En tenant compte de ces relations ainsi que de (5; et (6), on obtient, au lieu des systèmes (7) et (8), les suivants :
- d'à'
- V
- — ~3T + P*+ “
- y j _ dp'
- iz'\— dK 1 1 ... 1 y1 dh '
- dy J dt' ‘r,>”r T yi dt' :
- 4i:V*l
- dh'
- dy
- dft
- df
- dx'
- dt'
- / df dh'
- \ df dx’
- ÉÎL — JL AL
- dt' V2 di’
- III
- IV
- Les équations (1) et (2) peuvent se transformer d’une manière analogue. Ajoutons à (1) l’équation (3), multipliée par Elle
- prendra la forme
- pu _ _p__ d£_ , df
- nplaçant -L- par — p -
- EL __ EL~(X _-Zl\_££L
- V- V2 V2)ax’
- df
- dt'
- De même, de (2) et (4) on tire
- -=(
- )%
- ÆL
- dy
- jf
- V1
- dx
- dt'
- II
- 4. Application à l'électrostatique. — En électrostatique £, r;, Ç, «, j/, tu,' sont nuis ainsi que -^7 , lorsque l’équilibre est atteint» Les seconds membres des équations IV étant nuis, on voit que le vecteur (f ', g’, h'), c’est-à-dire la force électrique, dérive d’un potentiel Q. A l’intérieur d’un conducteur, la force électrique doit être nulle; le potentiel sera constant et l’équation I montre en_outre que p sera nul. Q est déterminé par la relation
- = (-:
- V2 ) dx'*
- dy
- -+ -
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- 32;
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI.- N° 34.
- Les surfaces équipotentielles seront modifiées par rapport à ce qu’elles seraient pour p= o, mais la modification ne sera que du deuxième ordre en considérant comme un infiniment petit du premier ordre (‘). De même pour les forces. En tout cas, la distribution d’équilibre sur un conducteur sera toujours superficielle.
- Dorénavant nous négligerons tous les termes du deuxième ordre ou d’ordre plus élevé. Les systèmes d’équations II, III et IV ne différeront plus des équations primitives (2) , (3) et (4) , pour un milieu au repos [p = o), que par le remplacement des lettres non accentuées par les lettres accentuées. Quant à I, elle différera en outre de (i) par l’introduction du terme — au premier membre. (Le terme — 0 disparaît, car 1 en pratique est bien inférieur à p.)
- P
- P»
- yi
- dx' ' dy'
- 5. Conducteur parcouru par un courant permanent. — Le champ sera déterminé par les équations II, III et IV, plus une dernière qui variera suivant les cas.
- A l’extérieur du conducteur, p est donné et l’équation Y servira à déterminer g', h'. D’ailleurs, dans ce cas, u sera nul et Y aura la forme (1).
- A l’intérieur, /v, g\ h' seront déterminés par la loi de Ohm. D’ailleurs, l’équation I' sera toujours vraie et elle montre qu’à l’état permanent le conducteur aura en plus de la charge qu’il aurait au repos, une charge supplémentaire, appelée charge de compensation par M. Lorentz, de densité ~ en chaque point. Au total, cette charge de compensation est nulle. Pour le faire voir il suffit d’établir que l’intégrale j u dfw, étendue au volume du conducteur, est nulle.
- Or, dS étant un élément de surface normal à o^, on peut écrire
- Çudw = j j ttdSxdx = J dx | J ud S.,J
- et l’intégrale Ç ud$æ, qui représente le flux total d’électricité à travers une section quelconque du conducteur normale à oÆ, est nulle à l’état permanent.
- La charge totale de compensation étant nulle, l’établissement de cette charge ne nécessitera ni apport extérieur d’électricité, ni modification dans la charge superficielle.
- Ainsi le vecteur (f, gp h!) sera déterminé par les mêmes équations que le vecteur (/, g, h) pour le cas d’un milieu au repos, et la force électrique en chaque point aura même valeur.
- Quant à a', (3', y', ils seront déterminés par les mêmes équations que a, [3, y, pour le milieu au repos. D’après (6), on voit que la force magnétique sera modifiée d’une quantité de l’ordre de p.
- 6. Forces pondèromolrices. — Evaluons d’abord les forces de nature électrostatique : la force électrique en chaque point a la même valeur que pour le même système au repos, mais il y a en plus la charge de compensation, de sorte que chaque élément du conducteur reçoit un surcroît d’effort dont les composantes sont
- 4Ttfpudiu qngpudu ^-hpudu.
- D’autre part, la force magnétique dilfère de ce qu’elle serait au repos des quantités
- a —«' = 0 p —p' = —4 r.pk Y —v=4 tpa d’où un surcroît d’effort électrodynamique sur un élément de courant, de composantes
- 4np (gv + hw) du — 4-pgJldw — ^r.phitdu.
- Au total il y a un surcroît d’eiTort, de même direction que p et égal à 4T-P (fu + gv + hw) du
- ou, en négligeant toujours les termes de deuxième ordre,
- 4 T.p{fu + g‘v + h'wtdu (11)
- (») Cf. J.-J. Thomson, PHI. MaS,, juillet 1889.
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- REVISE D’ÉLECTRICITÉ
- Si, R est la résistance spécifique du conducteur, et si 6x, 6 , 6 sont les composantes de la force électromotrice 'd’origine voltaïque ou thermoélectrique) qui produit le courant, d’après la loi de Ohm, on aura les relations Rü = 4^V2/' + 6* Rf = 4TrV2g'' -f êy
- et l’expression précédente devient
- [ R + V* + W>)-(Sr« + «,> + «,»)'( du.
- Le premier terme de la parenthèse représente la chaleur de Joule pour l’unité de temps, et le second terme représente l’énergie fournie par les piles qui produisent le courant. Pour tout le conducteur, il y a égalité à l’état permanent entre l’énergie fournie par les piles et la chaleur dégagée par l’effet Joule. Donc, l’intégrale de la force supplémentaire étendue à tout le conducteur, ou, ce qui revient au même, à tout l’espace, est identiquement nulle.
- Ces forces supplémentaires se réduisent donc à un couple dont le plan passe par 0Æ.
- 7. Dans son mémoire, M. Lorcntz arrive au contraire à ce résultat qu’il n’y a pas de force supplémentaire du premier ordre. Pour cette raison nous croyons utile d’en établir l’existence par un nouveau procédé entièrement différent du premier.
- Nous avons établi (*) que la force par unité de volume avait une composante suivant O , dont la valeur peut se mettre sous la forme :
- Fx=
- OA dB ôx + or +
- oc
- ôf
- (12)
- où les quantités A, B, C, que nous n’avions pas explicitées, ont les valeurs
- A = 2rV2 (f2 — g* — h2) + -gï— (a2 — ps — y2) 1
- /
- B = + — «P j (13)
- C = 4 !
- C) Loc. cit., p 457. — Lorentz. Versuchetc., § 15.
- La formule (12) suppose les axes fixes. Pour passer au cas des axes entraînés dans le mouvement, il suffit de remplacer ~ par ITt—et en^n nous introduirons dans tous les termes, sauf celui en les quantités /', g\ h\ a', y', au lieu de g, A, a, [3, y.
- Les équations (5) et (6) donnent au degré d’approximation admis
- f=r g = g'+pwi p’
- « = «' P=P' —4“?*' 7 = ï' + 4 W'
- et par suite
- A = A' + zp {rp’h'—'fg') B= B' +p(1'f — a'ht)
- c = c + p — y/').
- D’ailleurs on peut remplacer le terme
- — F-ée(3A—r^r) par—et
- finalement on obtient
- r, d.M , dB' , dC' f* = ~dT + ~dy' + ~df'
- + PE p ff'4’ — •/'«')
- + 4r^-~.g) (12)
- Ici A', B', C' représentent les mêmes fonctions de / que A, B, C pour /, g.... -f. De la même manière on aurait
- D =2^1** - A* -P\ + — (^ - Y3 - **) = D'
- E=27:V^4--¥r^=:E'
- et par suite
- - + -3T- + -^tT/—4) C4')
- Dans le cas des états permanents -^-est nul pour un système au repos et ~ l’est de même pour le système en mouvement. Pour deux systèmes correspondants, les valeurs dtf,g^ h, ..., du premier système sont respectivement égales à celles de f^g1,..., du deuxième,
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- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — N° 34.
- Les équations (14) et (14'; montrent alors que les valeurs de Fy sont les mêmes pour les deux systèmes (de même pour par symétrie), mais d’après (12) et (12'), les valeurs de Fa: diffèrent de
- -«Kf-fM*-*)
- Les seconds termes sont nuis, d’aprcs les équations (8). Quant aux premiers termes vu (7), ils se réduisent à
- 47rpS/'« = 4T7> (fit + g’v + h’w).
- C’est bien la valeur donnée par (ii).
- Pour nous faire une idée de la force supplémentaire, supposons que nous ayons une dynamo de 100 poncelets, la résistance extérieure étant égale à la résistance intérieure.
- L’équivalent mécanique de la chaleur dégagée par seconde dans le circuit extérieur sera de — 100X100 kgm. Par suite la force supplémentaire exercée sur le circuit extérieur, où les forces électromotrices sont nulles, aura pour valeur
- JL _L Tf,n ^ TOf» — I0~4 1 Tfti — 1
- V2 2 3 XI08 2 6X 10»
- car le rapport -y- de la vitesse de la terre à celle de la lumière est égal à io~4et V est égal à 3 X108, l’unité de longueur étant le mètre.
- Le résultat obtenu est exprimé en kilogrammes. En milligrammes la valeur serait de î ce qui est absolument inappréciable.
- 8. Phénomènes d'induction. — Soit un système de conducteurs dont quelques-uns au moins sont parcourus normalement par des courants. Supposons que l’on passe d’un état permanent h un autre et cherchons si la quantité d’électricité mise en jeu par les phénomènes d’induction dans chaque conducteur sera la même, quep soit nul ou non.
- La quantité d’électricité mise en jeu dans chaque conducteur sera proportionnelle à la variation du flux de force magnétique traver-
- sant le circuit. Or nous venons de voir que a, y étaient modifiés par rapport à leurs valeurs au repos, de quantités du premier ordre èn p. Il en sera donc de même du flux de force et des phénomènes d’induction, résultat opposé à ce qu’annonce M. Lorentz, mais il est facile de voir que ces termes du premier ordre ont une valeur excessivement petite, même en se mettant dans les conditions les plus favorables, et en particulier que ces termes disparaissent identiquement dans le cas des expériences de M. des Cou-dres (*).
- D’après les équations (6), aux termes d’ordre deux, le flux d’induction à travers une surface quelconqueestégalàlasomme des flux des deux vecteurs (a’, [3r, y') et (o, — 4- ph\ ~f- 4t pg'). Le premier flux représente le flux d’induction dans le système au repos et par suite le second représente la modification introduite par l’ctat de mouvement du système.
- La direction du vecteur o, —4^ph\ yxpg' étant constamment normale à O#, le flux de
- ce vecteur à travers un circuit dont le plan est normal à la direction du mouvement est identiquement nul. Or les expériences de M. des Coudres portaient uniquement sur
- (‘) Des Coudres, Wml. Ann., t. XXXVIII, p. 71, 1889.
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- des circuits ainsi disposés. La présente théorie rend donc parfaitement compte du résultat négatif de M. des Coudres, sans obligerd’admettre que l’éther est entièrement entraîné dans le mouvement de la terre.
- Le vecteur o, — 4- pk\ 4-n pg‘ est égal à -~r2 fois la projection de la force électrique sur le plan des O;^, tournée de ço° dans son plan dans le sens direct. Pour avoir une grande valeur de ce vecteur il est donc indiqué d’employer un condensateur plan dont les armatures A et B soient parallèles à la direction du mouvement.
- Le condensateur sera entouré d’une bobine C dont les spires auront leur plan parallèle à la fois à la direction de p et à celle de la force électrique.
- Soient E la différence de potentiel entre les deux armatures, e la distance des armatures, a leur longueur parallèlement à Ox, n le nombre de spires de la bobine. La surface utile d’une spire sera égale à ae et le flux cherché égal à
- p E ______ apE
- ae>< yr>< — —^r-
- en admettant que le champ est uniforme entre les armatures et égal par suite à —, et est au contraire nul en dehors.
- Pour les n spires le flux sera n fois plus grand et si R est la résistance du circuit comprenant la bobine C, la quantité Q d’électricité induite par l’établissement ou la suppression de la différence de potentiel E entre les armatures du condensateur sera égale à
- Pour avoir Q en coulombs nous évaluerons E en volts, et R en ohms. Quant au premier facteur n il est homogène à un temps et doit être évalué en prenant la seconde comme unité, mais l’unité de longueur est arbitraire. Nous prendrons le mètre.
- Soient par exemple « = 1000, a = 0,40 m, V= 3 x ioB “- = io-1, E = 500, R= 50. La
- formule précédente donne
- quantité trop petite pour être mesurable.
- Remarquons que la valeur de Q est indépendante du pouvoir inducteur spécifique du diélectrique et qu’on ne peut espérer, par le choix d’un diélectrique convenable, augmenter la valeur de Q.
- IL Expériences d’optique. — g. Nous utiliserons encore les formules I', II, III et IV simplifiées par la suppression des termes en pî. Nous supposerons un milieu en repos relatif (;, 7j, Ç nuis) et parfaitement transparent, c’est-à-dire isolant, p, u, n> seront nuis, mais il faudra introduire à la place charge fictive due à la polarisation du diélectrique et composantes du courant de déplacement produit par les variations de la polarisation. Mx, Mr, étant les composantes de cette polarisation, on aura
- _ {dNLx t/My \
- ?1_ \ dx + dy + d? )
- _ ( _i_ my . Æjl\ _p_ dm*
- -~\ dx' + dÿ + d? ) + V*
- ___ 4M2 _ 4My _
- U> " dl' v* ~ dt' M i dl'
- et finalement nous obtiendrons les équations fondamentales
- df
- dMx dMy dM-
- dx' dy' dz a
- 1 lâj dp\_df dMx 4T. \ dy d{' J d( dl'
- [IL
- 4 “V21
- dh'
- dy
- dg’
- df
- daf_ dl'
- IVa
- Ces équations ne diffèrent de celles relatives à un système en repos que par le remplacement des lettres non accentuées par des lettres accentuées. D’ailleurs (f, g1, If), sont liés à (Mx, My, Mt) par des relations identiques à celles qui lient /, g, h aux M au repos. On peut donc poser le principe suivant :
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- « Étant donné pour un système de corps en » repos un état vibratoire, dans lequel f,g,h\ JVU,Mr, Aff; «,p,v
- » sont des fonctions de x, y, t; si le sys-« tème vient à ctre déplacé avec une vitesse/», » il pourra y exister un état vibratoire, tel que
- g', h' ; jVl.r, M r, AG;
- » soient les mêmes fonctions de x,y, \ et t' » ^c’est-à-dire t—»
- En posant
- r + m'* + n'*=i
- (ï6;
- /', m' n', W' ont des valeurs différentes de /, m, n, W, ce qui montre que la direction de l’onde et la vitesse de propagation normale seront différentes dans les deux cas. De (16) on tire facilement en négligeant les termes en f
- W2 Va
- W' = W= £
- 10. Appelons états correspondants les états vibratoires (au repos et pour le mouvement) dont il vient d’être question. Du principe ci-dessus établi découlent facilement les conséquences suivantes.
- a. Soit T la période du mouvement vibratoire pour le système en repos. Pour un point donné du système en mouvement t' et t ne différant que par une constante, le mouvement vibratoire dans le deuxième état admettra la même période relative T, mais la période absolue Tn c’est-à-dire estimée pour un point en repos absolu sera différente. Nous calculerons tout à l’heure la relation entre T et T(.
- b. Dans les deux états les limites des parties éclairées et non éclairées seront les mêmes. Si nous avons dans le premier état un pinceau de lumière très fin, c’est-à-dire un rayon, dans le second état, nous aurons un rayon de meme direction.
- Mais si les directions des rayons sont les mêmes, celles des plans d’onde diffèrent. Soit en effet dans le premier état une onde plane, telle que g-, etc., ne dépendent que de
- Ix+my+ttï
- 1 W
- Dans le deuxième état f' g?, etc., seront les mêmes fonctions de
- lx + my-\-nr , { P , 1 V. my+ttf
- l— w ^ WV W
- p,i=p l étant la composante de p normale à l’onde et N l’indice de réfraction.
- C’est la règle de Fresnel sur l’entraînement partiel des ondes.
- Si -v,, jq, pJ5 sont les coordonnées absolues d’un point dans le deuxième état, ces coordonnées seront égales à x-\-pt, y, de sorte que l’expression (15) peut encore s'écrire
- AV'
- Le coefficient de / est 1 -j— au lieu de 1 dans le premier état.
- C’est le rapport entre la période dans le premier état et la période absolue T, dans le deuxième.
- T
- T,
- C’est la loi bien connue de Doppler.
- c. Les lois de la réflexion et de la réfraction en ce qui concerne la direction du rayon, seront les mêmes dans les deux états, à condition que l’on emploie dans le deuxième état une lumière dont la période relative soit égale à la période absolue dans le premier.
- Cette règle est une conséquence immédiate de la précédente, car rien dans nos raisonnements ne suppose que nous avons affaire à un milieu homogène; En supposant deux milieux différents réunis par une couche de passage dont on diminuera l’épaisseur à zéro,
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- on arrivera sans peine à établir la proposition.
- d. Les lois de la diffraction, des interférences de la formation des foyers, etc., seront les mêmes dans les deux états.
- Par suite, les recherches faites avec des sources lumineuses terrestres ne seront en rien modifiées par le mouvement de la terre.
- Sous cette dernière forme la proposition n’est pas tout à fait exacte : soient deux sources lumineuses entre lesquelles existe une différence de phase » dans le premier état. Si on imprime une vitesse p au milieu où se trouvent les sourceslumineuses, la ditié: rence de phase restera la même si on continue à employer le temps général, mais si on introduit le temps local au lieu du temps général, la différence de phase croîtra de — ~ ^xs—x}j, T étant la période et xi~xi la différence d’abscisses des positions des deux sources. Or dans le deuxième état c’cst précisément le temps local qu’il faut employer pour faire la comparaison avec le pre-
- Par conséquent, si on ne modifie pas la différence de phase réelle, pour ramener la différence de phase fictive, évaluée au moyen du temps local, à sa valeur primitive, les conditions d’interférence des rayons lumineux issus des deux sources seront modifiées. Mais en pratique deux rayons issus de sources différentes ne peuvent interférer, de sorte qu’il est impossible de se rendre compte de la différence de phase introduite par le mouvement du milieu.
- L’expérience a toujours confirmé les considérations ci-dessus.
- 11. Soit U et U' dans les deux états, les vitesses de propagation suivant un rayon de direction y, v.
- Le cosinus de la direction du rayon avec la normale d’onde (premier état) étant égal à /i-f- u.m -f-v», on aura
- _ U-riim + w U W
- et de même
- 1 + fl»»' + y»'
- U' " W'
- D’où en tenant compte de (16)
- La différence entre les temps mis par le rayon à aller d’un point ?/0, ^0) à un autre (x, p, dans les deux états, le chemin étant le même, sera
- (• ds /' ds [' pkds {'* pdx p yx — xa)
- J TF "J'U -J "V*“ ~Xr~ ' V*
- valeur indépendante du chemin suivi, mais qui dépend seulement des positions initiales et finales. Ce résultat corrobore la règle d.
- L’explication du phénomène de l’aberration découle immédiatement de ce qui précède.
- Soit un corps fixe dans l’espace, le soleil par exemple, envoyant de la lumière et considérons le rayon lumineux traversant l’éther pur et n’ayant pas atteint encore l’atmosphère terrestre. Par rapport à des axes fixes un rayon aura une certaine direction a, y, v et les composantes de la vitesse de propagation suivant le rayon seront V),, Vja, Vv. Pour des axes parallèles, mais entraînés dans le mouvement de la terre, le plan d’onde aura même direction, mais le rayon, aura varié, les composantes delà vitesse suivant le rayon apparent étant YÀ — p, Vp, Vv, et correspondant à une direction apparente.
- en négligeant les termes du deuxième ordre
- Si nous continuons maintenant à employer les axes entraînés dans le mouvement de la terre, le rayon arrivant à l’atmosphère se réfractera ou se réfléchira, d’après ce qui précède, comme si la terre était au repos et que la direction réelle fût la direction apparente ci-dessus calculée. Cela ayant lieu quels que
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- soient les appareils traversés par le rayon, les expériences d’Arago, de Roscowich et d’Airy se trouvent expliquées du même coup.
- 12. Dans le cas d’un milieu isotrope la direction du rayon sera celle de la normale . d’onde dans le premier état, c’est-à-dire que À, ;j-, v seront égaux à /, m, n.
- Dans le premier état M*. Mr, M- seront proportionnels à f,g, h. et par suite d’après (i) on aura
- àf , dg , ÔA________
- d* dy ^ d? ”
- (U)
- D'après cette équation, et en outre d’après (21 et (4) le déplacement électrique et la force magnétique seront dans le plan d’onde et normaux l’un sur l’autre.
- Dans le deuxième état, au contraire, Mx, Mv, M. seront proportionnels non plus à /, #, /z, mais à /', g', h'. L’équation (17) ne sera plus satisfaite. Le déplacement électrique ne sera plus dans le plan d'onde, mais d’après (2) et (4) il restera toujours normal à la force magnétique et cette dernière sera dans le plan d’onde.
- Quant au vecteur radiant de Poynting, normal à la fois à la force magnétique et au déplacement dans l’éther, il ne sera dirigé ni suivant la normale d’onde ni suivant le
- A priori il peut sembler étonnant que le vecteur radiant ne soit pas dirigé suivant la direction du rayon lumineux, comme cela a lieu pour un milieu en repos.
- Il y a à cela deux raisons : d’une part le milieu étant en mouvement, il y a production d’un travail ; d’autre part, dans le cas d’un milieu en mouvement, le vecteur radiant de Poynting ne représente plus le flux
- Nous avons établi (/oc. cit., p.458) la rela-
- ÙUdio est l’accroissement pendantlc’tcmpstff de l’énergie
- =[«Vi tf+g* + h‘) +yr(*!+ PUT3)]2” ('9)
- pour un élément di» fixe dans l'espace.
- dU, du est l’accroissement de l’énergie U,d« due à la polarisation du diélectrique, évalué en supposant Vêlement d« entraîné avec le diélectrique.
- Enfin ddjdtà est le travail produit par les forces pondéromotrices d’origine électrique qui agissent sur l’élément d<*.
- Les deux d n’ayant pas la même signification dans êU et dans iUi; on ne peut plus dire que le vecteur radiant représente le flux d’énergie. Il faut transformer le deuxième membre de ( 18} pour qu’il n’y figure plus que OU et oU, ou ÙU et àu,. De la forme du premier membre on déduira le flux d’énergie qui dans le premier cas sera le flux à travers une surface fixe absolument, et dans le deuxième cas sera le flux à travers une surface fixe dans le milieu. Nous n’évaluerons que le second. On a évidemment
- àV-dV — p dSL il et 118) devient.
- - - X -É- V2 ig'( — h P) d’-.idl -f- P d'.idt
- =rrftu + u,) + ^]
- et par suite les composantes du flux d’énergie relatif sont
- V2 (g-,- — hd) — p V*(Aa — /-() V3 !/;!—ga)
- expressions qui par l’introduction des lettres primées se transforment dans les suivantes :
- Va (g'i-ti$) -pA!,
- — g'*') — PC. (20!
- — X V“ [g-( — hp) ihlidt — (OU + 4U, + d'il) dvi (181
- où OU, t/U,, ddd ont les significations suivantes :
- Le flux d’énergie défini par (20) n’a pas encore la direction du rayon (sauf cependant dans le vide) et c’est là que s’introduit la première raison indiquée.
- Reprenons la considération de nos deux
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- états correspondants. Pour le premier état tout est au repos, dx? est nul et disparait de (18). L’équation correspondante dans le deuxieme état sera donc
- — 2 Va [g'y' — h'fi'ï dwdt — (*iU' -J- dU,) dto (21)
- où U' sera défini par une équation analogue à f i g) mais où toutes les lettres seront accentuées. Quant à d\j{, son expression ne sera pas modifiée en passant d’un état correspondant à l’autre, car cette expression ne dépend que des M et des propriétés du milieu.
- Au premier membre de (21) nous pouvons remplacer dL- par-j— -h-^r et au second membre remplacer U' par
- U _ 2p (gY - h'f)
- On vérifie facilement que U' a cette valeur en remplaçant au deuxième membre de i'191 (es y, gy.-î Par leurs valeurs en fonction des /’, g1... L’équation (21} devient
- — 2 ~^~t Va (g'y' — d^dt — (dU + dUP dtu -P-Jf (g'i ~
- D’autre part, puisque le milieu est animé d’une vitesse p parallèle à O.r, on aura
- ^ , r dk' , dB' , dCJ
- tbi«, = pf* d^n = py-j^ + iy- + ^~
- - 4r fe'ï' - w) ]',w'
- vu (i2:;. et en négligeant comme toujours les termes en p*.
- Retranchant cette équation de la précédente il vient
- -v-drY-W-f
- ihidt — (dU -
- équation qui conduit encore aux expressions (20) pour les composantes du flux d’énergie relatif.
- 13. Supposons une onde plane se propageant dans la direction du mouvement et cherchons la valeur de la force exercée sur
- 329
- l’unité de volume par suite du passage de l’onde. Vu la petitesse de cette force, il est inutile de chercher les termes mêmes du premier ordre en p. Nous supposerons donc le milieu immobile et par suite nous aurons à appliquer les formules (12) et (14). Remarquons d’abord que d’après la condition de transversalité des vibrations a et /sont nuis, et il en sera de même des dérivées par rapport s. y et p. La formule (14) montre alors immédiatement que Y y est nul, et par symétrie il en sera de même de F,. La force F par unité de volume se réduira donc à sa composante F* de valeur
- K. = _„v JL <*. + »>_ a-.£.(?> +ï.)
- + 4“ «« - NT). («)
- Si W est la vitesse de propagation de l’onde, les symboles ~ et seront liés par la relation
- _ô_ _ù_
- d# W ôi
- et les équations déduites de (4) par permutation tournante donneront
- 4-hV- àh __ ôft
- W ôi ~ ôt
- àg _ ày
- W àt ùt
- N étant l’indice de réfraction et H la force magnétique. Dans le vide, N—1 et F est nul.
- La relation (23) a déjà été donnée par
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- Larmor. Remarquons seulement que le calcul suppose le milieu homogène, et par suite on ne peut déduire de (23) la force exercée sur la surface de séparation de deux milieux, cette surface étant supposée parallèle au plan d’onde, et il est faux de vouloir conclure de (23') qu'il existe sur cette surface une pression égale à la différence des valeurs de l’expression— ™ ---H2 de part et d’autre
- de la surface.
- 14. Il est facile de voir au contraire qu’il n’y a pas de force exercée sur la surface de séparation. En effet, la formule (22) qui suppose seulement le milieu homogène dans chaque plan normal à.Ox, c’est-à-dire dans chaque plan d’onde, est valable dans l’hypothèse d’uri milieu composé de deux corps differents, avec couche de passage, les propriétés de la matière en chaque point ne dépendant que de x.
- Pour démontrer notre proposition il suffit de faire voir que F* reste fini dans la couche de passage, même lorsque l’on suppose son épaisseur infiniment mince.
- Des équations IIIa et IVd où l’on peut-sup-primer tous les accents, puisque p étant nul, les lettres primées ne diffèrent pas des autres, on tire par permutation tournante
- _ J_ A _ àg | ôM,-‘\ ~ ô-f ài dt T ôg _ ôlt ()M-
- 4 * dx — dt + i)t _ - ^ àh _
- ^ à* lit
- Remplaçant-ày , UjL, par leurs valeurs dans l’expression de F* , il vient
- F _ OMv a ôMï
- Æ-T dt * dt
- ce qui était du reste évident à priori.
- Mr, sont finis, ainsi que p et y, et ils ne peuvent en outre passer brusquement d’une valeur à une autre. F» sera donc lui-même fini et la proposition est établie.
- 15. A la fin de son mémoire M. Lorentz
- s’occupe de trois ordres de faits pour lesquels les résultats de la théorie ne sont pas entièrement concordants avec ceux des expériences.
- M. Lorentz montre d’abord que dans des corps possédant une hémiédrie, tels qu’ils n’aient plus de plan de symétrie, le mouvement du milieu pourrait avoir pour influence de faire tourner le plan de polarisation d’un rayon les traversant. Rien de tel n’a été observé, soit que les expériences n’aient pas été assez précises, soit que le phénomène (dont M. Lorentz montre seulement la possibilité, mais non la nécessite) n’existe réellement pas.
- 16. La seconde question examinée est relative aux expériences de Michelson. Ces expériences ont montré que le mouvement de la terre n’a pas d’influence sur les phénomènes lumineux observés à la surface de la terre, même si on tient compte des termes du 2e ordre en p.
- Voyons à quoi nous conduiront les équations I, II, III, IV en y conservant les termes en p'2, mais négligeant toujours les termes en ps et au-dessus. Nous ferons d’ailleurs les modifications indiquées $j 9, et en outre, pour simplifier, nous négligerons la dispersion en sorte que nous aurons simplement
- J\h
- di'
- = (K —
- df
- dt'
- Si en outre, pour simplifier, nous remplaçons par 0. les équations 1, II, III et IV deviendront
- -(» + )*
- . (ÈL
- dg' \ d£
- r ’W - de
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- Si nous éliminons f. g\ h\ J3', y', entre toutes ces équations en suivant la marche indiquée ïoc. cri., page 421, nous trouverons facilement que a7 satisfait à l’équation
- V* [K+ 6* (j + K)j
- 47)]
- En opérant de même pour obtenir l'équation en/' il viendra
- [ pr [K + ( + K>- ~ Tri " (' + Tf)
- (4^+/r)]/=o- (zsi
- Quant à g', hy', ils satisferont à des équations du 4e ordre résultant du produit symbolique de (24) et (25).
- En effet, opérant toujours de la meme manière que précédemment sur g*', nous arriverons à l’équation
- [^•[K + »*(. + K)j^—^--(.+6.)
- (74 + /)] s’ = °’ (' ~~ Te) Ï73F
- et éliminant f entre cette équation et (25), on obtiendra bien le résultat indiqué. De même pour h' y'.
- Il résulte de ce qui précède que le milieu jouira de propriétés biréfringentes analogues à celles des cristaux à un axe, l’axe étant ici la direction du mouvement. La surface d’onde se composera de deux ellipsoïdes de révolution, bitangents sur l’axe,, car dans les équations (24) et (25) les coefficients de et
- —s-nr sont les mêmes. dx?
- Il ne s’agitd’ailleurs ici que d’ondes fictives, puisque c’est le temps local et non qui figure dans les équations.
- Mais si les ondes fictives diffèrent des ondes réelles, il est toujours possible d’introduire la considération d’états correspondants. Les formules I*, à IV*, en supposant les
- accents supprimes, conviennent à un corps au repos dont le pouvoir inducteur spécifique' et la perméabilité magnétique seraient respectivement égaux à K et 1 suivant l’axe O.v et à K-{- 0- et 1 -|- O2 dans une direction perpendiculaire. La direction des rayons lumineux sera la même dans les deux états, et le temps mis par la lumière à aller d’un point à un autre, par le même chemin, sera le même pour les deux états, à condition toutefois d’évaluer le temps dans le deuxième état en différence d’heures locales.
- Si par une série de réflexions et réfractions on ramène le rayon a son point de départ, la différence entre l’heure locale et l’heure générale disparaîtra, et pour un meme parcours du rayon, le temps réel du trajet sera le même dans les deux états.
- O11 peut appeler l’onde correspondant à l’équation(24),onde extraordinaire, et l’autre, correspondant à (23), onde ordinaire ('}, de manière à les distinguer commodément. Pour une direction donnée, le rayon ordinaire et le rayon extraordinaire ne se propageront pas avec la même vitesse.
- 17. Pour faire coïncider la théorie avec les expériences de Michclson, M. Lorentz. est amené à admettre, hypothèse émise également par M. Fitzgerald, que tout corps en mouvement subit dans le sens du mouvement un raccourcissement proportionnel égal à — (fh Cette explication est suffisante parce que les expériences ont été faites dans l’air où K est sensiblement égal h 1 et où par suite les ondes ordinaires et extraordinaires se confondent; mais la remarque précédente sur la différence des durées des trajets de deux rayons, l'un ordinaire, l’autre extraordinaire, suivant le même chemin, suffit à
- (J) L’onde ordinaire vraie est sphérique, de rayon
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- montrer que l’explication proposée serait insuffisante si les expériences recommencées dans un milieu (eau ou verre) où K est sensiblement différent de i. donnaient toujours un résultat négatif.
- Dans l’hypothèse où K est notablement différent de i, on devrait, si l’hypothèse de M. Lorentz est justifiée, avoir les apparences suivantes en répétant les expériences de M. Michelson :
- Pour une lumière polarisée de manière à ne donner naissance qu’à un rayon extraordinaire. aucun déplacement de franges ne devra se produire. Pour une onde ordinaire, il y aurait au contraire un déplacement proportionnel à O2 — -L-^ et pour une lumière naturelle ou polarisée dans un azimut quelconque, il y aurait superposition des deux systèmes de frange.
- 18. M. Larmor (Joe. ci/., p. 714 et 725) traitant le même problème, ne trouve qu’une onde correspondant à l’équation (24), et arrive à ce résultat par deux méthodes différentes. Il convient donc d’examiner ces deux méthodes et de faire la comparaison avec celle employée plus haut.
- Dans la première méthode, AI. Larmor fait d'abord l’hypothèse que la polarisation du diélectrique (M;i., M,,, ) est égale à (K-i)
- (/, g, h) aussi bien pour le cas d’un corps en mouvement que pour celui d’un corps au repos. Dans ces conditions la quantité
- S =
- ()AU-
- Ôv
- est nulle dans le cas du milieu en mouvement comme dans celui du repos, et nos équations IV" du précédent article (p. 420) devien-
- 1 (±1______
- 41: \ d*
- fi
- Quant aux équations \r/, il change aux seconds membres les en . Cette modification est nécessaire pour expliquer les
- lois de l’induction dans un corps en mouvement. du moment que l’on admet que la force électrique est toujours égale à 4 " V5 (/, g, h;. La première de ces équations de-
- 4-V2
- dk
- dy
- dg
- dt
- Eliminant g, J3, y, on trouve comme
- équation en a
- VsAi
- A
- dt
- d / à______d \
- dt ( dt P dx ) *
- + (K —
- 0
- d2 « dt-
- tandis que par suite d’une erreur de calcul, M. Larmor obtient
- :+(K-
- d1 a dt2
- et des équations analogues en [i, y (M.
- L’équation rectifiée diffère non seulement par le terme en y2, mais même par le terme en p affecté d’un coefficient moitié moindre. Il en résulte que l’on serait conduit pour l’entraînement partiel des ondes à la valeur incorrecte p ^1----ypr) • La première mé-
- thode de M. Larmor est donc à rejeter.
- 19. Dans la deuxième méthode, M. Larmor tient compte de la différence entre la force électrique au repos et en mouvement,et par suite prend , Mv, M* égaux à (K-i) /, (K-C J--£Ç) , (K-i) (fi + et con-
- serve dans la loi de l’induction les . Mais, par contre, M. Larmor néglige le courant de convection due à la charge — S produite par la polarisation du diélectrique, d’où la suppression du terme en —p S à la première des équations IV", qui deviennent
- (*) A remarquer que le de M. Larmor
- spond à
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- [Kir-r4r)f \ KAr-f-s)g !
- p(K-0 i-: ( t\ t. V2 dt J
- Ajoutons ces trois équations après les avoir i • r • à £>(K-i) d d d • 1
- multipliées par-j- - x
- vient :
- ou
- / d__ji_ \ T df_ dg^ _j_ àh__
- ^ dt P dx J dx dy ' dj
- p( K-i) àf\ V2 d* J
- . il
- dx + dy ^ df
- P fK-i) _d/
- V2 dt '
- (27)
- Cette équation (27) remplace l’équation II (/oc. cz'fi, p. 420) devenue incompatible avec les équations IV" modifiées sous la forme (26). Multiplions les deux membres de la ' , , ^ 0 d d
- première équation (26) par-^p = ---P~dZ‘
- Nous donnerons successivement
- 4T. dy \ dt J
- = v44/-4 («.
- D]
- VU (27)
- -^{w Jrw)+'‘r~
- Si, au lieu de /, on introduit le temps local (Y), on vérifie facilement que cette équation est identique à (24).
- Cherchons l’équation en g.
- Opérons comme précédemment sur la seconde équation (26).
- dt ^ dx J „ (K — 1) d
- - dS àh \ ~|
- dy ‘ d% } J
- équation identique à (28). De même pour h, a, j2, -/et, par suite, pour/', g' /fi, a! t3y, V.
- 20. —Voyons quelles seront en général les conséquences de la non-considération du courant de convection produit par le déplacement d’un diélectrique polarisé.
- Des équations générales II à V (p. 419), les III et Ves restent sans modification, et les seconds membres des équations IV sont modifiés par l’adjonction de termes 47: S 4- S r„ 4- S Ç.
- L’équation II, qui était une intégrale du système IV, devient incompatible avec ce système et devra être modifiée. Or, pour déduire Il de IV, nous avons vu qu’il fallait ajouter les équations IV après les avoir multipliées par ~ , puis intégrer.par
- rapport à t. Opérant de même sur les équations modifiées, II sera remplacé par IF,
- àg , àh ùy Ô7
- /[
- ô(S$)
- 'dx
- , ()Mæ , ÔMy , OMf + ^ + ôy + 61
- ir
- soit un système électrisé au repos. £, rh % étant nuis nous pourrons prendre pour l’intégrale la valeur o. II' se réduira à II et l’état du champ sera le même que si on écarte l’hypothèse de Larmor. Déplaçons maintenant tous les corps pour les ramener ensuite au repos. <;, 7j, s seront nuis de nouveau, mais l’intégrale pendant la durée du déplacement ne sera pas forcément nulle, et dans le nouvel état d’équilibre le champ sera le même que si la densité en chaque point s’était accrue de
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- h[^+.......................y
- sera différent de zéro, même pour des points où ne se trouve plus de diélectrique dans le nouvel état d’équilibre. Il serait possible ainsi de donner au vide une charge apparente, ce qui n’a jamais été constaté.
- L'hypothèse de M. Larmor n’est pas incompatible avec le principe de la conservation de l’énergie, mais à condition de ne pas tenir compte de la force —SX,— SV,— SZ exercée’ par le champ électrique sur la charge — S du diélectrique. Il faudrait donc admettre qu’un diélectrique placé dans un champ électrostatique n’a aucune tendance à se déplacer, ce qui est contredit par les phénomènes bien connus d’attraction des corps isolants légers par un corps électrisé.
- Pour toutes ces raisons nous ne croyons pas que l’hypothèse de M. Larmor puisse être acceptée.
- M. Larmor emploie un mode de calcul différent du nôtre, et introduit le potentiel vecteur de Maxwell et le potentiel qui satisfont aux relations connues
- ___ôH t)G ___i _ I ôF d'i ï
- <)v <p ‘ 4 V2 lût + dx J
- dF èG dTT __
- <)x ôv d^ — °'
- Avec les notations de M. Larmor, le courant de conduction — p S sera égale à
- Ce terme multiplié par-^- devra être ajouté à l’avant-dernière équation de la page 724, et par suite au lieu de la dernière équation de la même page il viendra
- ou plus simplement
- K4=p(K— 1) F.
- Si on tient compte de cette relation dans le reste des calculs, on retombe pour F, G, H sur des équations identiques à celles que nous avons trouvées pour g1 h1. La différence signalée dans les résultats tient donc bien à la différence des hypothèses faites et non au mode de calcul.
- 21. En troisième lieu, M. Lorentz discute les résultats des expériences faites par Fizeau en 1860 sur l’inlluence du mouvement de la terre sur la rotation du plan de polarisation par réflexion ou réfraction. Les expériences, pas très concordantes quant à la grandeur du phénomène, ont du moins toujours montré une rotation -dans un sens constant. Or rien de tel ne devrait se produire d’après la théorie ci-dessus exposée des états correspondants. Il y a encore là une difficulté que M. Lorentz déclare n’avoir pu arriver à surmonter.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Moteurs à gaz et à pétrole a The Globe 11, Les moteurs à gaz et à pétrole prennent de jour en jour une extension de plus en plus grande dans les installations électriques. A l’Exposition de Bruxelles de l’an dernier, au sujet de laquelle plusieurs articles et revues ont été publiés dans ce journal, on remarquait à l’exposition de nickelage et de joail-
- lerie de MM. Grauer et Cie, de Paris, un moteur à gaz dont la figure 1 donne une vue d’ensemble.
- Ce moteur, qui fonctionne suivant le cycle Ouo, a une puissance effective de 3,5 chevaux. Toutes les valves sont du type dit à champignon et sont actionnées par des leviers mus eux-mêmes par des cames montées sur
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- un arbre de distribution ; cet arbre reçoit son mouvement de l’arbre moteur par un engrenage à denture hélicoïdale.
- La soupape d’échappement se trouve à la partie inférieure du cylindre ; les soupapes d’admission de l’air et du gaz sont placées latéralement; toutes ces soupapes débouchent dans l’espace mort. Elles reposent dans des boîtes.spéciales qui s’engagent dans un loge-
- ment taraudé pratiqué dans le cylindre ; de cette façon ces soupapes peuvent.être enlevées et replacées avec la plus grande facilité pour la vérification et le nettoyage.
- L’allumage du mélange tonnant est produit par un tube incandescent.
- La vitesse normale de ce moteur est de 220 tours à la minute. Le régulateur, du type dit à inertie, présente une disposition parti-
- Fig. 1. — Moteur à gaz « The Globe •
- culière. Il consiste en une languette légère en acier qui se déplace en s’appuyant sur un petit plan incliné dont on peut régler la position et au sommet duquel se trouve la tige de la valve d’amenée du gaz.
- Lorsque la vitesse tend à dépasser sa valeur moyenne, la languette vient recouvrir la tige dp la soupape dont elle empêche la levée ; dans ces conditions, l'admission du gaz est supprimée.
- La position du plan incliné suivant la verticale peut être réglée au moyen d’une vis,
- sans interrompre la marche du moteur; de cette façon, 011 peut régler l’allure du régime en cours de service.
- Ce régulateur est appliqué à tous les moteurs construits par la maison Pollock, à moins qu’un régulateur centrifuge ne soit spécialement exigé.
- Les autres moteurs à gaz construits par cette maison présentent les mêmes dispositions générales; dans les grands moteurs, la soupape d’amenée du gaz se trouve à l’extrémité du cylindre et est actionnée par un levier
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
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- spécial ; ces moteurs sont également munis d’un appareil démarreur.
- La maison Pollock construit également un moteur à pétrole dont nous donnons la vue
- d’ensemble (fig. 2). Sa forme générale se rapproche de celle du moteur à gaz ; il utilise du pétrole présentant un point d’inflammation de 240 C ou au delà.
- Le pétrole est emmagasiné dans un réservoir placé à une certaine hauteur, et il
- Fig. 3. — Coupe longitudinale du fond du cylindre du moteur à pétrole « The Globe ».
- s’écoule par son propre poids à travers un régulateur dans le vaporisateur V ('fig. 3), formé d’une boîte en fonte boulonnée à l’extrémité du cylindre moteur. Cette boîte porte
- une ouverture conique qui la traverse de part en part dans le sens vertical.
- Au moment de la mise en train, le vaporisateur est chauffé au moyen d’une lampe dont la flamme traverse la cheminée ou tube conique et chauffe ainsi la boîte sur toute sa surface ; cette boîte est munie d’une enveloppe, et l’on voit, d’après la figure 3, qu’une surface très considérable est exposée à l’action de la flamme, de sorte que le vaporisateur atteint très rapidement sa température normale; en général, cette température est atteinte au bout de 8 à 10 minutes.
- On procède alors au démarrage du moteur en agissant sur le volant, à la manière ordinaire, puis on retire la lampe et on peut alors abandonner le moteur à lui-même; la chaleur résultant des explosions successives du mélange dans le cylindre moteur est suffisante pour assurer le fonctionnement du vaporisateur. L’inflammation du mélange se produit d’elle-même à la fin de la période de
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- compression, grâce à la température que présentent à ce moment le tube et les parois. Le moment de l’explosion dépend du reste de la position du tube et' des dimensions de la conduite conduisant au cylindre; ces éléments ont été déterminés expérimentalement.
- Le régulateur, les soupapes, etc., sont identiques aux organes que nous avons décrits plus haut.
- Les plus grands moteurs actuellement construits sont de 45 chevaux effectifs ; les plus petits sont de 1 cheval.
- Résistance critique pour le démarrage des moteurs asynchrones monophasés ;
- Par Riccardo Arno (').
- Dans son intéressante communication (2; faite à la Société Internationale des Electriciens, M. R. Arno a donné la valeur théorique de la résistance que doivent avoir les circuits induits pour permettre au moteur de démarrer sous l’action d'une légère impulsion (3). Cette résistance est reliée à l’inductance À de chaque circuit de l’armature pour des courants de fréquence égale à celle du courant qu’alimente le moteur, par la relation :
- L’auteur fait au sujet de la détermination rapide de cette résistance, la remarque suivante :
- Supposons qu’un courant I de fréquences égale à celle du courant d’alimentation traverse l’armature et soit V la différence de potentiel aux bornes. Le décalage entre V et I sera défini par :
- tang 0 = y ,
- et dans le cas où r est la résistance critique rc :
- tang ? = ~ = 2,5.
- (‘) L’Ehttricista du 1" juin 1898.
- (2) Voir L'Éclairage Électrique, t. XIII, p. 518, 1897, et t. XIV, p. 214, 1898.
- (8) Voir L'Éclairage Électrique, t. XIII, p. 390, 1897.
- o = 68n.
- La résistance critique d’un circuit élémentaire de l’induit a donc une valeur telle que pour un courant de fréquence égale à celle du courant d’alimentation qui la traverse, elle est en retard de 68° sur la tension aux bornes de ce circuit élémentaire.
- La détermination de rc peut donc se faire expérimentalement même avant que l'inducteur ait reçu aucun enroulement, soit à l’aide d’un phasemètre des tangentes (‘) dont l’un des circuits est traversé par le courant et l’autre en dérivation aux bornes, soit à l’aide d’un wattmètre, d’un ampèremètre et d’un voltmètre. Dans ce dernier cas l’appareil donne la valeur de cos a, laquelle doit être égale à :
- J. R.
- Recherches expérimentales sur la commutation dans les dynamos et les moteurs ;
- Par W.-H. Everett et A.-H. Peake (2).
- La question de la commutation dans les dynamos et dans les moteurs a été étudiée, dans ces derniers temps, plus spécialement au point de vue théorique; aussi une étude expérimentale, aussi restreinte soit-elle, pré-sente-t-elle un grand intérêt en ce moment.
- MM. Everett et Peake ont eu à différentes reprises l’occasion de s’occuper de ces questions, en étudiant la loi de variation du courant dans une section mise en court-circuit sous le balai et ce sont quelques-uns des résultats trouvés qu’ils exposent dans cette note.
- Leur étude s’est limitée à celle de la commutation dans une dynamo bipolaire Cromp-ton à induit en anneau et capable de don-
- (* *) Voir L'Éclairage Electrique, t. XII, p. 520. 1897.
- (*) The Electrician du 22 avril 1898, p. 861.
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- 338 L’ÉCLAIRAGE
- ner/J5 ampcrcs sous iio volts à 1610 tours.
- L'armature comprend 60 sections de 6 spires d’un fil de 2,3 mm de diamètre chacune; les lames du collecteur ont une largeur de 5,6 mm environ et sont séparées par une lame de mica de 0,8 mm. La résistance de l'induit entre les balais est de 0,12 ohm, soit 0,008 ohm par section; le diamètre extérieur de l’induit a 19,7 mm et la section du fer est de 77,5 cmfi
- Pour leurs essais, les auteurs emploient un balai spécial formé de deux bandes de cuivre de 0.9 mm d’épaisseur et de 4 cm de largeur, séparées par une lame de fibre, de façon à ce que l’épaisseur totale du balai soit à peu près égale à la largeur d’une lame. Ces deux bandes de cuivre sont réunies par une résistance non inductive de 0,007 ohm dont le milieu est fixé au conducteur positif de prise de courant. Le balai négatif est un balai ordinaire recouvrant une lame et un quart du collecteur.
- La méthode employée (fig. 1) est celle du
- V.volmètre; BG.ga
- jpteur à fiche; LR, rés
- contact avec condensateur. L’appareil de contact se compose d’un disque de fibre claveté sur l’arbre et portant à sa circonférence deux segments de cuivre réunis entre eux par un fil traversant l’isolant. Sur ce disque frottent deux ressorts mis en communication électrique, l’un avec une des extrémités de la
- ÉLECTRIQUE T. XVI.-N» 34.
- résistance sans induction, l'autre avec une des armatures du condensateur. La seconde armature est en communication avec l’autre extrémité de la résistance et avec la clef de décharge. La différence de potentiel aux extrémités de la résistance est proportionnelle au courant dans la bobine en courtç-ircuit.
- Le support des ressorts de contact peut se déplacer autour de l’arbre, de façon à faire varier le moment de la prise de tension aux
- bornes de la résistance sans induction, pendant la durée du court-circuit.
- Les essais ont été faits avec un courant de 15 h 20 ampères ; la résistance au contact du balai était de 0,0022 ohm, ce qui donne pour la résistance de chaque section en court-circuit 0,008 + 0,007 +o,oo2 2=o,oI72,c,est-à•dire environ le double de la résistance correspondant aux conditions normales.
- L’introduction d’un balai spécial et d’une résistance peut changer l’allure du courant pendant la commutation. Toutefois, les auteurs pensent que la diilérence des variations des résistances de contact est sans influence sensible sur la forme de la courbe du courant, car les résistances de contact n’agissent en somme qu’au commencement et à la fin du court-circuit.
- La diminution d’épaisseur du balai ne peut avoir pour effet que d’accélérer la pente des courbes au début et à la fin du court-circuit, puisqu’elle réduit la durée de la commutation.
- Enfin, l’augmentation de la résistance diminue la constante de temps, mais on peut toujours observer que les courbes obtenues cor-
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- 339
- respondent à une armature avec balais normaux et dont la résistance serait double.
- Les courbes des figures z. 3 et 4 représentent la forme du courant dans une section, avant, pendant et après le court-circuit; chacune est obtenue à l’aide de 8 points déduits d’une série de quatre ou cinq mesures. Les échelles ont été choisies de façon à ce que la moitié du courant total fourni par la machine soit représentée par la même ordonnée.
- Dans tous les essais, les balais ont été ajustés de façon à éviter les étincelles.
- Si l’on se rappelle que dans la zone neutre la force électromotrice induite par le champ inducteur est nulle, on voit qu’à ce moment le courant, dans la section en court-circuit, décroît forcément, puisque l’on a alors
- di__ R .
- di~ L '
- La connaissance de R et de L permet de rechercher le point correspondant, sur la courbe; ce point est généralement voisin d’une partie horizontale de la courbe.
- Les courbes des figures 2 et 3 se rapportent au fonctionnement de la machine comme mo-
- \\
- %
- L
- Fig. 3-
- leur. Dans ce cas, on sait que la force électromotrice induite par le champ inducteur facilite le renversement du courant pendant la première période de la commutation et la retarde ensuite.
- Les trois courbes de la figure 2 montrent l’influence de l’intensité du courant de débit, la position des balais et l’excitation restant constante. Lorsque le courant augmente, les courbes s’aplatissent et la pente au début du
- court-circuit diminue, ce à quoi on devait s'attendre a priori.
- La courbe E de la figure 3 se rapporte à la meme intensité de débit que la courbe B de la figure 2, mais avec un champ inducteur plus faible.
- La courbe F comparée avec la même
- Fig. 4.
- courbe B montre l’effet d’un déplacement des balais d’une demi-lame en avant; elle accuse une plus grande intensité de courant vers la fin de la commutation, et quoique l’augmentation de ce courant soit seulement de 10 ampères, des étincelles bleues apparaissent à la pointe d’avant du balai.
- La forme des courbes précédentes est peu influencée parune large augmentation de vitesse.
- Les variations du courant pendant le court-circuit et dans le cas du fonctionnement en génératrice sont représentées sur la figure 4.
- La courbe P qui s’obtient avec de faibles charges marque un accroissement de courant au début du court-circuit et un renversement exagéré. La courbe R se rapporte à un débit de 45 ampères ; le renversement y est un peu exagéré, mais il a du revenir néanmoins à la valeur voulue, car aucune étincelle ne s’est produite sous le balai. La courbe Q enfin est parfaite.
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-
- 340
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — N°34.
- Nous donnons ci-après le tableau des chiffres relevés pour chaque courbe.
- Les auteurs comptent continuer ces essais avec l’emploi d’un balai formé de trois bandes de cuivre séparées par des plaques d’isolant et munies chacune d'une résistance aboutissant au même point. Ils espèrent également suivre la loi de la force électromotrice pendant la commutation ainsi que celle du courant dans un transformateur rotatif et dans une dvnamo à induit denté.
- J. R.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Observations nouvelles snr le phénomène de Zeeman ;
- Par Henri Becquerel et H. Deslandres (’)-
- « Nous avons déjà présenté à l’Académie (2) les premiers résultats de recherches expérimentales que nous avons entreprises sur le phénomène de Zeeman. En particulier, nous avons signalé, dans le spectre du fer, un mode nouveau de division des raies sous l’influence d’un champ magnétique.
- » Au cours de ces recherches, nous avons pu disposer d’un champ magnétique plus intense que celui de nos premières expériences, grâce à l’obligeance de M. Pierre Weiss qui nous a prêté un électro-aimant de son invention, dont la disposition originale permet d’obtenir, sous un volume et avec un poids relativement faibles, des champs magnétiques très intenses, s’élevant jusqu’à 35 ooo unités C. G. S. (a).
- » Disposition expérimentale. — Nous ne reviendrons pas sur la description du spec-troscope photographique à réseau Rowland, qui a été donnée dans la note précitée. Une première série de photographies des spectres a été faite en prenant pour source lumineuse (*)
- (*) Comptes rendus, t. CXXVII, p. 18, séance du 4 juillet 1898.
- (2) Voir L'Eclairage Électrique, t. XV, p. 173, 23 avril 1898.
- (3) L’Éclairage Électrique, t. XV, p. 481, 18 juin 1898.
- une étincelle d’induction éclatant entre deux pointes placées elles-mêmes entre les armatures coniques tronquées de l’électro-aimant Weiss, armatures aussi rapprochées que le permettait le support spécial des électrodes. Dans ces conditions, le champ magnétique est à peu près uniforme sur la longueur de l’étincelle, et, avec un courant de 9 à 10 ampères,il atteint environ 20000 unitésC. G. S. Nous avons ainsi obtenu une série de très belles épreuves, montrant les diverses particularités du phénomène de Zeeman pour des raies comprises entre les longueurs d’onde >. = 5 000 et X — 2 200 unités d’Angstrôm.
- » Nous avons alors cherché à augmenter autant qu’il était possible le champ magnétique dans la région où éclatait l’étincelle, et nous y sommes parvenus en employant le dispositif suivant :
- » Les armatures de l’électro-aimant ont été formées de deux cônes de fer doux, bien recuit, dont les sommets étaient placés vis-à-vis l’un de l’autre, et à 1 mm de distance. L’un des deux cônes était isolé par une lame de mica. Pour étudier le spectre du fer on faisait éclater l’étincelle entre les pointes des armatures elles-mêmes, et l’on obtenait ainsi un champ très intense. Nous estimons avoir pu réaliser ainsi un champ de 35 000 unités C. G. S.
- » Dans ce cas les radiations émises étaient observées dans une direction perpendiculaire
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- aux lignes de force du champ magnétique. ] On sait que ces radiations sont polarisées I rectilignement dans les plans principaux du I champ. Au moyen d’une lentille, soit de verre, soit de spath fluor, on formait sur la fente du spectroscope une image de l’étincelle, dédoublée par son passage au travers d’un rhomboèdre de spath d’Islande.
- » Pour étudier les spectres des radiations émises dans la direction des lignes de force du champ, on a substitué, à l’une des pointes, un cône tout à fait semblable, niais percé suivant son axe d’un canal cylindrique de i mm de diamètre, qui se continuait en s’élargissant au travers de l'armature cylindrique de l’appareil. L’étincelle éclatait toujours entre les deux armatures, mais le champ était un peu moins intense qu’avec les deux pointes.
- » On sait que les vibrations lumineuses observées parallèlement au champ magnétique sont polarisées circulairement ; l’analyseur circulaire qui permettait de séparer les vibrations de sens inverseset de juxtaposer les deux spectres était formé d’un rhomboèdre de spath d’Islande, muni d’une lame quart d’onde appropriée à la région du spectre que l’on se proposait de photographier.
- » Enfin, pour étudier les spectres de corps autres que le fer, nous avons disposé des armatures coniques, dans l’axe desquelles était percé un trou cylindrique de i mm, et où l’on pouvait placer des fragments de métaux divers ou de charbon, formant la pointe du cône ; l’une des armatures était isolée, et l’étincelle éclatait entre les pointes; l'observation était faite alors perpendiculairement au champ.
- » Résultats généraux. — Dans ces conditions éminemment favorables nous avons étudié plusieurs spectres de bandes et de lignes.
- " i.. Spectres de bandes. — Les bandes examinées sont :
- » i° Les bandes attribuées au carbone et au cyanogène, et en particulier la bande ). = 3883,1.
- » 2® Les bandes du pôle négatif de l’azote et les bandes du pôle positif de l’azote qui sont formées de triplets enchevêtrés.
- » Dans le champ magnétique très intense et avec le quatrième spectre du réseau Row-land décrit dans notre précédente note, les raies des bandes n’ont montré ni dédoublement ni élargissement appréciables, alors que, dans des conditions identiques, les raies du spectre de lignes de l’air ont, au contraire, été fortement divisées.
- » L’insensibilité des spectres de bandes à l’influence d’un champ magnétique, même très intense, déjà signalée dans notre dernière note, apparaît donc comme un fait général d’une importance évidente.
- » 2. Spectres de lignes. — Nous avons étudié les spectres de lignes de divers métaux et plus particulièrement le spectre du fer; nous ne parlerons aujourd’hui que de ce dernier. Les raies étudiées sont comprises entre
- ).___: 5 000 et h — 2 200; les radiations émises
- ont été observées, soit dans une direction normale au champ magnétique, soit parallèlement au champ.
- » Lorsque l’étincelle éclate entre les pointes des armatures coniques, celle-ci traverse des régions où le champ n’est pas uniforme ; la variabilité du champ se traduit par une déformation des raies dédoublées, dont la courbure permet de suivre l’influence d’un champ d’intensité progressivement croissante.
- » Le relevé des très nombreux clichés que nous avons obtenus, et leur comparaison pour les rattacher l’un à l’autre et les rame-: ner à des conditions communes, constituent une opération très longue dont nous publierons ultérieurement les résultats ; nous nous proposons aujourd’hui de résumer sommairement les faits généraux qu’un premier examen de nos clichés nous a permis d’observer.
- » Modes de division signalés antérieurement. — D’une manière générale, la plupart des raies fortes offrent la division simple en triplet annoncée par M. Zceman : lorsque, au moyen d’un rhomboèdre de spath, on I analyse les vibrations émises perpendicu-
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- lairement au champ, en juxtaposant les images, on obtient une raie simple pour les vibrations parallèles au champ, et un doublet pour les vibrations perpendiculaires ; sur nos épreuves, ces raies se présentent disposées comme le type Q) de la figure ci-contre
- » D’autres raies peuvent être ramenées aux deux types généraux de division annoncés par M. Michelson [types [2) et (3) de la figure] et qui comprennent le cas particulier étudié par M. Cornu, notamment pour la raie D, du sodium.
- » Un assez grand nombre de raies du fer offrent un mode de dédoublement analogue à celui de la raie D, ; pour la plupart de ces raies, le doublet des vibrations parallèles au champ est net, le doublet perpendiculaire est diffus, et chacune des composantes de ce dernier doublet s'étale avec tendance a un dédoublement dans la région la plus intense du champ. Quelques raies, et en particulier la raie a = 3465,95, manifestent nettement ce dédoublement. Ce dernier cas rentrerait dans les types de M. Michelson parla suppression d’une des composantes de chaque triplet.
- » D’aprcs M. Michelson, chacune des trois raies primitives de Zeeman devrait toujours se diviser en trois composantes ayant des intensités quelconques, une ou deux des composantes pouvant être très faibles. Or, avec des raies, intenses par elles-mêmes, et fortement dédoublées par le champ, nous n’avons pu obtenir, même par une longue pose, les composantes annoncées par M. Michelson ; aussi pensons-nous que celle division en
- ('; Les deux raies du doublet sont symétriques parrapport à la raie centrale, cependant une de ces raies est souvent plus intense et plus large que l'autre-, avec une dispersion plus grande, elle deviendrait peut-être double.
- triplets n’est pas aussi générale que le pense M. Michelson. Nous avions du reste déjà signalé un mode de division ne rentrant pas dans les catégories précédentes et que nous avons appelé inversion.
- » Modes nouveaux de division. Raies inversées. — Les modes de division signalés jusqu’ici étaient tels que les raies des vibrations perpendiculaires au champ comprenaient toujours entre elles les raies des vibrations parallèles.
- » Les raies dont il va être question présentent le phénomène inverse : les raies du spectre des vibrations parallèles au champ comprennent les raies des vibrations perpendiculaires. Parmi les raies qui offrent ce caractère, on peut distinguer trois groupes principaux :
- » i° Le doublet des vibrations parallèles au champ est formé de raies fines et fortes; les vibrations perpendiculaires présentent une raie médiane forte, puis, lorsque la pose est suffisante, deux raies nouvelles, faibles, apparaissent sur le prolongement des deux lignes fortes du doublet des vibrations parallèles au champ. Les vibrations perpendiculaires au champ constituent donc un triplet. Si l’on examine cette raie dans la direction
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- du champ magnétique, le triplet précédent se décompose en deux doublets polarisés circulairement en sens contraires et ayant une raie commune quanta la longueur d’onde ; l’aspect de ces raies sur nos épreuves est représenté par le type (4) de la figure. Parmi les raies de ce groupe, on peut citer les raies
- X = 3^5,67, À — 3733,47, À = 2566,99,
- l- 2517,25, >.=2413,37,
- » 20 Le doublet des vibrations parallèles au champ est net, mais les vibrations perpendiculaires, de même que les vibrations circulaires, forment une bande diffuse ; telles sont les raies
- X = 3888.63, X = 3587,13, A “ 2730,79,
- » 3" Les vibrations parallèles au champ forment un doublet; les vibrations perpendiculaires n’olfrent pas de raie médiane, mais un doublet net, moins écarté que celui des vibrations parallèles. Telle est notamment la raie X = 2411,16 qui se rapporte au type (6) de la figure.
- » Raies quintuples. —A côté des deux types principaux de division que nous venons de signaler, il convient de citer un troisième type qui présente à la fois les caractères des deux autres. Certaines raies deviennent quintuples dans le spectre des vibrations perpendiculaires au champ, et triples dans le spectre des vibrations parallèles [type (5) de la figure]. Telles sont les raies t- — 3788,01,X = 3743,45. Observée parallèlement aux lignes de force, la raie X = 3788,01 montre deux triplets égaux polarisés circulairement en sens inverse et ayant une longueur d’onde commune. La raie-quintuple X = 3743,45 offre une dissymétrie particulière.
- > Anomalies diverses. — Plusieurs raies présentent la particularité d’etre dédoublées également dans les deux spectres ; telles sont, entre autres, les raies).—4250,93, a = 25 78,01.
- » Nous avions déjà signalé dans notre précédente note le fait remarquable de raies n’éprouvant aucune modification dans le champ magnétique alors que les raies voisines
- sont fortement divisées ; telles sont en particulier les raies
- X = 3850.12, X = 3 767,31, >' = 3746,06.
- » On rencontre encore des raies présentant des modifications très particulières. Par exemple, pour la raie X 3732,56, une seule des composantes primitives de Zeeman dans le spectre des vibrations perpendiculaires au champ est remplacée par un doublet ; de même pour le spectre des vibrations circulaires.
- » La raie X —4118,62 apparaît comme une bande diffuse et vraisemblablement triple dans le spectre des vibrations parallèles au champ, et offre un large doublet avec diffusion dans le spectre perpendiculaire.
- » La raie X = 3443,93 est triple dans le spectre des vibrations parallèles au champ et apparaît dans l’autre comme une bande diffuse ayant à peu près la largeur du triplet.
- « Les raies X -= 384°,58 et X = 3748,39 donnent, dans le spectre des vibrations parallèles au champ, un triplet très net, dont les composantes extrêmes se prolongent dans le spectre perpendiculaire et sont alors doublées extérieurement d’une ligne diffuse.
- » Quelques-uns de ces modes singuliers de division peuvent se rattacher aux types indiqués par M. Michelson.
- » Recherche de la loi des dédoublements. — Au milieu des variations multiples de grandeur et d’aspect que présente le phénomène de Zeeman, il parait difficile d’apercevoir la loi complexe de distribution des divisions des raies dans le spectre, avant d’avoir relevé très exactement et comparé entre eux tous nos clichés. Cependant on peut dès maintenant signaler les caractères généraux suivants :
- » Les dédoublements observés dans la région ultra-violette sont en moyenne notablement plus petits que ceux de la région bleue. Le phénomène parait lié à une fonction de la longueur d’onde qui grandit avec cette variable.
- » Si l’on examine une région très restreinte et riche en raies, on peut y rencontrer les
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- anomalies et les dédoublements les plus divers dans le voisinage immédiat de radiations insensibles à l’influence magnétique ; si l’on cherche à classer les dédoublements en fonction de la longueur d’onde des raies correspondantes, on reconnaît que, pour la plupart, on peut les ranger en diverses categories, telles que, pour des raies de longueurs d'onde voisines, les dédoublements soient entre eux comme les nombres i, 2, 3, 4, ..., et que, dans une même catégorie, les dédoublements soient à peu près proportionnels au carré de la longueur d’onde.
- » Le fait est particulièrement net pour les séries des dédoublements les plus grands, de sorte que, suivant les vues théoriques émises par l’un de nous, la modification que chaque raie de ces séries éprouve de la part du champ magnétique, correspondrait à une même variation dans le nombre des vibrations lumineuses émises pendant le même temps.
- >> Notons encore que pour les raies qui se divisent en bandes fines, telles que les raies inversées du premier groupe et les raies quintuples, les dédoublements des radiations vibrant parallèlement ou perpendiculairement au champ, sont, pour la même raie, exactement dans les rapports de 1, 2. 3, 4...
- » La distribution des dédoublements dans le spectre en fonction de la longueur d’onde paraît, en outre, affecter une sorte de périodicité, dont nous préciserons les caractères quand nous publierons les relevés des nombreux clichés que nous avons obtenus (1). »
- Recherches expérimentales sur l’origine de l’électricité de contact;
- Par C. Chrîstiansen (s).
- Longueur des veines d'amalgame. — L’au teur a trouvé précédemment que le mercure pur s’écoulant en veine d’un tube fin se divise
- (*) Nous avons été obligeamment aidés dans ces expériences par M. Matout.
- {*) Wied. Ann., t. LXII, p. 545-569.
- rapidement en gouttelettes. Au contraire, les amalgames de zinc, de cadmium, de plomb et d’étain, fournissent des veines plus longues que le mercure, quand ils s’écoulent dans une atmosphère d’air, d’oxvgène oli de gaz sulfureux; mais dans l’hydrogène et le gaz carbonique ils se comportent comme l’oxygène pur. L’effet est d’autant plus sensible que l’amalgame est plus riche en métal et l’atmosphère plus riche en oxygène ou en gaz sulfureux.
- Les veines de mercure deviennent également très longues dans le chlore et l’eau de chlore. Cet allongement est dû sans doute à l’action chimique, mais on ne peut pas en conclure que réciproquement une action chimique doit produire un allongement. Les vapeurs acides tendent au contraire à raccourcir la veine.
- La vapeur d’eau produit un effet du meme genre, mais plus faible, qu’on peut mettre en évidence au moyen de l’appareil suivant ;fig. 1).
- L’amalgame s’écoule du réservoir E par le
- tube étroit D jusque dans le tube A et se rassemble dans un autre réservoir. Le courant de la pile G se ferme par l’intermédiaire de la veine liquide à travers le milliampèremètre H. Quant la veine en A est continue, le courant passe et est indiqué par l’ampèremètre. La plupart du temps, ce courant est bien constant, mais quelquefois l’aiguille ne se tient pas tranquille; dans l’obscurité, on aperçoit alors le long de la veine de petites étincelles; bien que la surface en paraisse lisse, la veine n’est pas continue.
- Le même appareil peut naturellement ser-
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- vir à prouver l’influence des vapeurs acides.
- Cet effet des acides volatils n’est pas dû à la vapeur d’eau qu'ils renferment, car le gaz sulfureux sec raccourcit aussi la veine d’amalgame, et d’autre part l’influence des acides est beaucoup plus grande que celle de l’eau.
- Les amalgames de potassium, sodium, magnésiuirij aluminium, zinc, cadmium, plomb, étain, thallium, donnent des veines
- continues dans l’oxygène ; de même les amalgames de zinc et de cadmium^ dans le gaz sulfureux.
- Oxymètre. — M. Christiansen a démontré dans les mémoires précédents que la présence de l’oxygène est nécessaire pour qu’il y ait une différence de potentiel entre le mercure
- et les amalgames. 11 a cherché h déterminer l’action exercée sur l’amalgame par l’oxygène en mesurant le volume de ce gaz qui est absorbé.
- L’appareil est représenté par la figure 2.
- Tout d’abord le réservoir A est rempli de mercure jusqu’en c, le réservoir B est vide et le robinet e fermé. Quand on ouvre A .et B, le mercure s’écoule en veine fine par le tube a dans le vase B et de l’air en volume égal passe de B en A. Comme le mercure pur ne se combine pas à l’oxygène de l’air, la pression devrait demeurer constante dans l’appareil. Il n’en est jamais rigoureusement ainsi; les différences de température entre les deux réservoirs et l’humidité adhérente au verre introduisent des perturbations ; il faut être très attentif pour obtenir de bons1 résultats.
- Aux erreurs d’expérience près, on ne constate aucune absorption d’oxygène par le mercure pur, dans l'air ou dans le mélange avec l’hydrogène sec.
- Dans l’air atmosphérique humide, on observe une absorption légère, mais sensible, qui croît avec la quantité d’humidité contenue dans l’air.
- Avec l’amalgame de zinc au 1/4000 l’absorption décroît lentement avec la longueur de la veine; puis rapidement quand cette longueur est réduite à 2 cm; ces variations sont parallèles a celles de la différence de potentiel entre le mercure et l’amalgame.
- En réalité, les expériences sont assez irrégulières, ce qui peut tenir à plusieurs causes. L’écoulement de l’amalgame est irrégulier, parce que l’orifice peut être facilement obstrué par les grains de poussière ou d’oxyde. L’absorption n’est pas uniforme; surtout avec les amalgames et l’oxygène sous de fortes pressions, la veine se recouvre parfois d’une couche très mince d'oxyde de zinc solide. Enfin, suivant que l’air est sec ou humide, la réaction chimique est différente. On a Zn + O =Zn O dans le premier cas;
- I Zn+ O -j- H2Q = Zn(OH)2
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- dans le second, où l’absorption d’oxvgène est trois fois plus considérable.
- Lorsque l’air est desséché dans l’appareil même, ce qui permet une dessiccation plus complète, on trouve que l’absorption est plus grande, et elle augmente quand on fait plusieurs expériences successives, sans doute parce que l’air devient de plus en plus sec. En résumé, les expériences peuvent être interprétées de la manière suivante. Quand l’amalgame de zinc s’écoule dans une atmosphère d’oxvgène, il se recouvre d’une pellicule d’oxyde de zinc; au bout de très peu de temps, il s’est formé assez d’oxyde pour qu’il n’y ait plus d’oxydation et à partir de ce moment, l’absorption devient indépendante de la longueur de la veine. D’après les mesures ,on peut évaluer grossièrement à 1/57 de seconde le temps nécessaire à l’amalgame pour se saturer d’oxvgène.
- Tant que la richesse en métal de l’amalgame est assez petite pour que la veine soit discontinue, l’absorption de l’oxygène croît avec la richesse en métal; mais quand la veine est devenue continue, l’absorption paraît indépendante de la richesse de l’amalgame.
- La quantité d’oxygène absorbée ne dépend pas non plus de la pression de ce gaz.
- Amalgame de sodium. — En gros, l’absorption de l'oxygène par l’amalgame de sodium suit les mêmes lois que l’absorption par l’amalgame de zinc ; elle devient constante quand la longueur de la veine atteint 2 cm et ne dépend guère de la pression. L’absorption est particulièrement forte dans l’air qui a été desséché aussi complètement que possible; de faibles quantités de vapeur d’eau suffisent à produire une diminution considérable.
- Amalgame de potassium. — Les expériences n’ont donné aucun résultat satisfaisant : l’amalgame s’oxydait déjà au moment où il était en repos.
- Amalgame de sodium dans l’hydrogène et Va\ote. — L’absorption d’hydrogène est très faible tant que la veine sc résout en gouttes
- et croît avec la longueur de la veine; avec l’azote, l’absorption est notable. Mais, dans les deux cas, elle doit être vraisemblablement attribuée à l’oxygène contenu dans l’hydrogène et l’azote, qui par eux-mêmes ne s’absorberaient pas.
- Influence de 'la vitesse d'écoulement. — Si l’absorption par les veines continues est indépendante de la richesse en métal de l’amalgame et de la pression de l’oxygène, elle devrait être indépendante de la vitesse d’écoulement. Les expériences ne vérifient pas cette prévision : elles sont d’ailleurs peu concordantes et peu susceptibles de fournir des conclusions certaines.
- Amalgames divers. — L’amalgame de magnésium se comporte à peu près comme celui de zinc; l’absorption croît quelque peu avec la longueur de la veine. L’absorption par l’amalgame de cadmium est un peu plus faible que par l’amalgame de zinc ; elle est aussi indépendante de la longueur de la veine.
- L’amalgame de plomb (1/4000) exerce la même absorption sur l’air et sur l’oxygène; l’amalgame à 8/1000 fournit dans l’oxygène une veine plus longue et l’absorption est plus forte (0,4 de celle de l’amalgame de zinc); celle de l’amalgame d’étain (8/t 000) est à peu près du même ordre de grandeur et est indépendante de la longueur de la veine.
- L’amalgame de thallium (2/1000) donne la même absorption dans l’air et l’oxygène secs; cette absorption est environ quatre fois plus petite que celle de l’amalgame de zinc ; elle croît avec la longueur de la veine dans l’air humide, tandis qu’elle en est indépendante dans l’air sec, abstraction faite des veines très courtes.
- Au point de vue de l’absorption, les métaux étudiés se classent ainsi dans l’ordre
- Sodium, magnésium, zinc, cadmium, plomb, étain, thallium. M. L.
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- Nouvel appareil pour l'étude des variations du champ magnétique terrestre ;
- Par A. Heydweiller (').
- Deux aiguilles de déclinaison identiques sont placées l’une au-dessus de l’autre sur le même axe de rotation : leur distance est choisie de manière que dans leur position d’équilibre, leurs axes soient rectangulaires et à 45° du méridien magnétique.
- Pendant la rotation des aiguilles ainsi disposées, les quatre pôles se meuvent dans un champ à peu près uniforme ; à une variation de l’intensité horizontale du champ terrestre correspond une rotation des aiguilles proportionnelle à la variation.
- Les deux aiguilles, en acier au tungstène, ont la forme de losange avec une longueur de 5,7 cm et un poids de 1,4 gr chacune ; leur moment magnétique est d’environ 30 unités C. G. S. Elles reposent sur des pointes, au-dessus de disques en cuivre destines a amortir les oscillations ; la pointe inférieure peut être soulevée ou abaissée à l’aide d’une vis. L’aiguille inférieure porte deux index très légers en aluminium, dirigés vers le haut et qui se déplacent devant les divisions tracées sur des lamelles de verre argenté que porte l’aiguille supérieure à ces extrémités. On mesure la déviation des aiguilles relativement l’une à l’autre en divers endroits et chaque fois, la différence des lectures sur les deux graduations pour les deux positions d’équilibre des aiguilles différant de 90".
- L'instrument est entouré d’une cage de verre reposant sur trois vis calantes.
- Théorie. — Soit H l’intensité de la composante horizontale quand les axes des aiguilles sont à angle droit, H' une valeur de cette intensité, voisine de la précédente, et à laquelle correspond une déviation relative s des deux aiguilles. Désignons par M le moment magnétique de chacune des aiguilles, par À la demi-distance de leurs pôles à leur distance verticale, et posons c* — a* + 2 À2.
- Dans la position normale le couple exercé par la composante horizontale sur chacune 1 . ... MH
- des aiguilles a pour moment -^=; le couple
- exercé par l’autre aiguille a pour moment __ M2
- Donc
- n=*i.
- Dans la position déviée, les deux moments deviennent respectivement :
- H'Msin (—
- U
- H‘ M 'Jï
- Comme nous avons supposé £ très petit, nous pouvons négliger les puissances de s supérieures k la deuxième et écrire
- et par conséquent :
- (4-307Î-)] 12)
- Des deux équations (1) et (2} résulte :
- Si S est la différence des lectures quand on fait tourner les aiguilles de 90% exprimée en degrés, 3 est égal à quatre fois la valeur en degrés de s.
- = 0,00436 0,
- C) Wied. Ann., x. LX1V, p. 735-741, avril 1898.
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- et par suite :
- Dans l'appareil décrit ci-dessus :
- Tant que la déviation o ne dépasse pas ioü, le terme correctif reste dans les limites des erreurs d’observation : de même il est toujours suffisant de prendre pour-#, les 5/6 de la demi-longueur des aiguilles.
- Si les aiguilles n’ont pas des moments absolument identiques, une différence de 5 p. 100 ne produit qu’une erreur insignifiante ; autrement, il faut introduire dans le second membre de l’équation le terme correctif :
- On peut construire sur le même principe des instruments plus délicats qui permettent d’observer les déviations par la méthode de Poggendorff. Chaque aiguille porte un miroir; ces deux miroirs se trouvent perpendiculaires l’un à l’autre ; l’échelle est placée normalement au plan bissecteur des miroirs : en inclinant un peu l’un de ceux-ci sur la verticale, on obtient deux images superposées de l’échelle, dont on observe le déplacement relatif.
- Il serait sans doute possible de construire ainsi un variomètre pour la composante verticale; mais la réalisation est plus difficile. La difficulté principale réside dans la nécessité de centrer exactement le centre de gravité des aiguilles, car l’erreur d’excentricité ne peut s’éliminer.
- Comparé à un variomètre de Kohlrausch, le variomètre de M. Heydweiller a donné des résultats tout à fait concordants avec ceux de cet instrument. M. L.
- Nouvelle méthode de mesure de l'inclinaison magnétique et de l’intensité de la composante horizontale du champ magnétique terrestre ;
- Par G. Meyer (‘J.
- Pour déterminer l’inclinaison on fait tourner une bobine 'dans le champ magnétique terrestre autour d’un axe parallèle au plan des spires et on incline cet axe sur l’horizon jusqu’à ce que le courant induit dans la bobine soit nul : l’axe est alors parallèle à l’aiguille d’inclinaison.
- La bobine se trouve à l’intérieur d’un cadre mobile autour d’une charnière horizontale, fixée à une planche £, à angle droit, sur un socle a que portent trois vis calantes (tig. 1). Une troisième planche tf, à angle
- Fig. 1.
- droit sur les deux premières porte une rainure en quart de cercle, dont le centre se trouve sur l’axe de la charnière et qui guide un goujon fixé au bord vertical postérieur du cadre. Sur le bord opposé du cadre se trouve un cercle divisé e sur lequel on peut lire les
- Wicd. Ann., t. LXIV, p. 742-751, avril 1898.
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- angles au moyen de verniers donnant la minute. Le goujon est fileté et porte un écrou à oreilles qui permet de fixer le cadre dans une inclinaison quelconque. Sur l’axe de la bobine au dessus du cadre, se trouvent deux anneaux sur lesquels frottent des ressorts communiquant avec les bornes K, qui sont reliées aux bornes d’un téléphone ou d'un clectromètre capillaire ; d’autre part, ces deux anneaux communiquent respectivement avec les extrémités du fil de la bobine. Cette bobine est à section carrée et possède un noyau formé de lamelles de fer doux : elle est mise en mouvement à l’aide d’une manivelle, par l’intermédiaire d’un cordon passant sur la petite poulie l et sur les galets m.m. Pour installer l’instrument, il faut régler la verticalité de l’axe, pour connaître le point du cercle gradué à partir duquel on comptera l'inclinaison. Dans ce but on ajuste à la partie supérieure de Taxe, perpendiculairement à celui-ci, une tablette sur laquelle on met un niveau à bulle d’air.
- Ou bien on effectue ce réglage avec un théodolite après avoir collé à l’extrémité de i’axc une lame de verre argentée sur ses deux faces. Puis on amène l’axe dans le méridien magnétique en mettant dans la direction de l’aiguille horizontale, un trait de repère tracé sur le socle a et qui représente la projection de l’axe sur l’horizon.
- L’instrument une fois réglé, on fait tourner la bobine : tant que l’axe n’est pas dans la direction de l’inclinaison, les courants induits produisent des craquements dans le téléphone ; on fait tourner le cadre jusqu’à ce que le bruit cesse, ou tout au moins passe par un minimum. On lit alors sur le cercle e l’angle dont a tourné le cadre et qui représente l’inclinaison.
- Pour mesurer l’intensité de la composante horizontale, on ajoute à l’instrument deux cercles de bois (fig. 2), sur lesquels sont enroulés des fils de cuivre ; ces cercles sont disposés de manière que leurs plans soient parallèles à celui du cadre quand il est vertical et leur distance est égale à leur rayon.
- Les deux enroulements sont en série dans le même circuit et le courant qui les traverse a un sens tel que son champ magnétique soit de sens contraire au champ terrestre. Avant la mesure, on règle l’axe des deux cercles parallèlement a l’aiguille de déclinaison. On
- met ensuite la bobine en mouvement et on fait varier l’intensité du courant dans les cercles, jusqu’à ce que le bruit du téléphone soit minimum; l’intensité du courant est donnée par un ampèremètre et le champ magnétique des cercles, qui est alors égal à la composante horizontale terrestre, se calcule d’après leurs dimensions. Par suite de la valeur choisie pour la distance des deux cercles, le deuxième terme du développement est nul et on a sensiblement
- où i est l’intensité du courant, n le nombre de spires sur chaque cercle, R le rayon de ces cercles, 3 la distance de la spire moyenne à l’origine (centre de la bobine mobile).
- Au lieu du téléphone, on peut employer comme indicateur de courant un électromètre capillaire : ce dernier instrument est même plus sensible. Comme il est toujours dans un circuit fermé sur la bobine, la dépolarisation
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- se produit rapidement et le ménisque peut suivre les alternances du courant quand elles ne sont pas plus rapides qu’elles ne le sont ici. AT. L.
- Emploi de l’électrodynamomètre en dérivation ; Par M. WtEN (ff
- Soient R,, L( la résistance et la self-induction de la dérivation, Râ et L, celles de l’électro-dynamomètre. Un courant alternatif de forme quelconque,
- A, sin (nt + q) + Ai sin (2 nt+h}+...
- traversant le système, provoque une déviation de l’électrodynamomètre égale a :
- + __________.
- 2 râ (Al (iq + R^ + ^lU+U)2
- iA 2_____Ri2+4^'U~ 1 f
- + 2 i R, + R*)* + 4«m + L, I*
- où r désigne le facteur de réduction.
- Dans ces conditions, la déviation est une fonction de la fréquence », trop compliquée pour que cette formule soit d'un usage commode dans la pratique.
- Mais elle se simplifie dans certains cas particuliers.
- i° -jci = -j^-. Il reste seulement :
- R,2
- a~ 2,-2(R1 + Rq*
- La dérivation est proportionnelle à la somme des carrés des amplitudes, comme si l’instrument était inséré dans le circuit principal ; la formule 11e dépend plus de la fréquence, mais seulement du rapport de résistance des branches.
- On aurait de même pour un courant variable quelconque :
- Pour réaliser la condition' imposée, on met dans la branche 1 d’un réseau de
- Wheatstone une bobine de self-induction, dans la branche 2 l’électrodynamomètre, dans les branches 3 et 4 des résistances à double fil.
- Sur le pont on intercale un téléphone et on lance dans l’appareil un courant alternatif. En faisant varier R, et -~2_, on amène le téléphone au silence. On a alors :
- JÉ. - Jj_ — Jk.
- R2 ~~ l* ~ r4 ’
- La condition voulue est réalisée et de plus on a déterminé le rapport
- 20 L, =— o : la résistance en dérivation est à double fil, et en meme temps ntJJî est très grand vis-à-vis de R*2.
- L’expression de a devient :
- Ri2 ( Ad
- 2r2 ( (Rj+Rpi+iî’L**
- +_________________ ;
- D’après ce qui a été supposé, les termes qui dépendent de L2S sont beaucoup plus grands que ceux renfermant R'.,, ; l’effet des courants de période plus petite A2, As, etc., est faible. Si, d’autre part, le courant total s’éloigne peu de la forme sinusoïdale, ces termes A2, A2 sont petits par eux-mêmes et on peut se borner au premier terme ; alors
- A1 = 2_Q,;i;Ri+rj<+„.L/
- Par exemple, dans le cas où As=-^-, l'erreur ne dépasse guère o,ooi.
- Inversement, en insérant des résistances auxiliaires on peut rendre K\ grand vis-à-vis de nùLJ.z et augmenter ainsi l’effet des courants de courte période, ce qui permet de mesurer leur intensité propre; en. général, elle est très faible, exception faite pour A* et A3.
- Tous les calculs faits précédemment supposent que la résistance et la self-induction de l’électrodynamomètre sont indépendantes de la fréquence du courant.
- (<) Wied. Ann., t. LXIII, p. 390-594.
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- 20 Août 1898.
- REVUE D’ELECTRICITÉ,
- Les pièces mobiles ne doivent donc renfermer ni fer. ni acier et il ne doit se trouver dans leur voisinage aucune masse de métal continue. La polarisation produit aussi des perturbations quand on amène le courant à la bobine mobile par une feuille de platine plongée dans l’acide sulfurique.
- L’auteur a fait construire un clectrodyna-momètre dans lequel les pièces métalliques importantes sont remplacées par du. bois ou de l’ébonite ; le courant est amené à la bobine
- mobile par une spirale en fil de platine ; l’amortissement est assuré par deux ailettes de mica plongées dans l’huile de paraffine.
- La résistance et la self-induction de cet instrument sont indépendantes de la fréquence, Mais la self-induction diminue, comme il est naturel, quand la bobine mobile dévie ; la diminution est a peu près de i p. ioo, pour une déviation de 500 mm sur une échelle placée à 2 m ; une division correspond à 2,35, iQ-i ampères. M. L.
- CHRONIQUE
- Applications cliniques de la radiographie. — Dans une note présentée à la séance de l’Acadcmic des sciences, du 18 juillet, M. Garrigou insiste sur ce point, que la radioscopie montre le contour et les mouvements du cœur et du foie; mais les autres organes restent un peu dans le vague. La radiographie donne des résultats plus précis et plus com-
- Avec un bon appareil, un éclairement convenablement mesuré et une position convenable du sujet, on peut obtenir de bonnes épreuves du thorax, en trente à quarante secondes. Il importe que la plaque sensible soit placée sur la face du thorax la plus voisine dont 011 veut obtenir lïmage. On obtient une image très nette du foie, en laissant passer les rayons à l’instant seulement où l’organe atteint une des extrémités de sa course oscillante-Cela peut se faire aussi pour le cœur, mais plus difficilement.
- La radiographie permet d’apprécier les changements de volume du cœur et du foie, la dilatation de l’aorte, le déplacement des reins. On peut quelquefois obtenir l’image du gros intestin et de son contenu.
- A1. Garrigou a obtenu trois fois la radiographie du rectum, une fois celle d’une ^imeur du petit bassin.
- La station centrale de Régla (Mexique). — Le
- territoire du Mexique est formé par un vaste plateau qui s’abaisse par plusieurs gradins vers l’Océan Pacifique d'une part et le golfe du Mexique d’autre part. Les cours d’eau sont rapides, de faible débit et les cascades sont fréquentes; la plupart de ces
- rivières sont de véritables torrents pendant quelques mois de l’année, puis se réduisent a de simples filets d'eau le reste du temps. Des barrages et des réservoirs permettent de recueillir les eaux des grandes crues; grâce à eux. les régions qui seraient complètement desséchées pendant plusieurs mois sont parcourues par une quantité d’eau sensiblement
- A côté de ccs chutes artificielles, il en existe un grand nombre de naturelles, capables de développer une force motrice considérable; fort heureusement d’ailleurs pour le pays où les gisements houillers sont peu nombreux et mal exploités. Les chutes du Juanacatlan sont parmi les plus importantes, mais une très petite partie de leur puissance est seulement utilisée. Les eaux qui proviennent du dégel du mont întaccibuat sont recueillies dans un réservoir d’où un canal les dirige en différents endroits, produisant ainsi plus de 1500 chevaux. Les chutes de Rio Blanco produisent plus de 12000 chevaux, mais il n’y eu a actuellement que 2 000 d'utilisés.
- Les chutes de Necaxa sont les plus importantes de l’Amérique du Nord apres celles du Niagara. Elles sont produites par deux rivières : le Necaxa et le Tenango à débit sensiblement constant. Ces forces se divisent ainsi : le Necaxa a un débit de 4 m3 par seconde avec une chute de 300 m. soit 16000 chevaux; le Tenango a un débit de 3 m3 avec une chute de 300 m, soit 12800 chevaux, et au confluent le débit est de 7 m3 avec une chute de 300 m, soit 28 000 chevaux. Au total : 56 800 chevaux. L'utilisation de cette force est à l'étude.
- Les chutes de Régla, rapporte le Génie civil, sont utilisées actuellement et fournissent l’énergie à 26 km de distance, au district de Pachuca. Les deux
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- mines importantes d'argent de Pachuca et Real del Monte ont ainsi l'électricité à leur disposition; ccs mines produisent annuellement depuis 1847 environ 5 millions de francs.
- Les travaux ont été commencés en 1894. ils com* prennent un barrage de 25 m fermant un ravin. De là, les eaux sont conduites à l'usine par un canal de 2300 m, creusé à travers des colonnes de basalte et de l’andésite. Le canal, qui a une section carrée de 1,25 m de côté, traverse dix tunnels de 15 à 200 m, présentant une longueur totale de 725,40 m; il franchit un ravin par un aqueduc de 40 m de portée. En certains endroits, le terrain étant perméable, il a fallu daller les parois et le radier. La pente de
- 4 mm par mètre permet de produire une chute de 247 m dans le ravin.
- Les eaux du canal sont conduites à l’usine par des tuyaux de tôle d'acier de 0,762 m de diamètre intérieur. Le premier tronçon part de la crête de la montagne à l'extrémité du canal, il a 279,27 m de long et la tôle est épaisse de 7 mm. Le deuxième tronçon a 135 m avec des tôles de 13 mm, et le troisième 135 m avec tôle de 19 mm. Chaque tuyau a 9 m de longueur, il est assemblé avec le suivant au moyen de brides d'acier. T.'inclinaison du dernier tronçon est de 23", il est muni clc vannes qui commandent l’admission de l’eau dans 9 roues-turbines Pelton : 5 ayant 1,092 m de diamètre actionnent
- 5 dynamos génératrices ; 2 de 0,61 m de diamètre commandent les dynamos excitatrices et 2 de 0,456 m de diamètre servent de régulatrices des précédentes; les aubes sont en bronze phospho-
- L’usine se compose d'une salle de machines dont les dimensions sont 24,40 m de longueur, 9,15 de largeur et 6,10 de hauteur, d’un atelier de réparation, du logement des surveillants et du cabinet de direction qui est relié soit par télégraphe, soit par téléphone aux sous-stations et aux stations réccp-
- Les dynamos, à courants triphasés, sont au nombre de cinq ; leur puissance est de 400 chevaux et elles produisent chacune 300 kilowatts sous un voltage de 700 volts. Quatre de ces dynamos sont en service et la cinquième en réserve. Les dynamos sont accouplées directement à l'arbre des roues Pelton de 1,092 m de diamètre et leur vitesse est de 600 tours par minute.
- Les deux machines excitatrices sont du système Edison et ont une puissance de 25 kilowatts chacune; elles sont également montées directement sur l’arbre des roues hydrauliques correspondantes et leur vitesse est de 1300 tours. Chacune de ces excitatrices peut, à elle seule, fournir le courant d’excitation aux électros des quatre dynamos génératrices en
- Des transformateurs, qui sont au nombre de 7 (dont un en réserve), élèvent la tension de 700 à 10000 volts, pour le transport entre l’usine hydraulique et station de Pachuca.
- Les câbles de la ligne reliant la station de Régla à celle du Pachuca se- composent de trois fils en cuivre nu de 8 mm de diamètre.
- Ces fils, montés sur isolateurs doubles en porcelaine, sont supportés par une série de poteaux en fer distants de 37 m l’un de l’autre. Le nombre total de ces poteaux est de 703 et leurs dimensions principales sont : hauteur, 7 m; diamètre extérieur à la base, 0,100 m; diamètre au sommet, 0,076 m.
- La différence de potentiel de la ligne à son arrivée à la station de Pachuca est de 9000 volts, c’est-à-dire que les pertes sont de 10 p. 100. Des transformateurs situés dans cette station abaissent le voltage à 1040 volts, tension adoptée dans les conduites secondaires. Ces transformateurs sont disposés en deux séries. Tune de 112 kilowatts (soit 150 chevaux), l’autre de 23i kilowatts (soit 300 chevaux). Pour empêcher réchauffement de ces appareils, chaque série de transformateurs est munie d’un ventilateur mû par un petit moteur électrique.
- La puissance électrique de 300 chevaux est utilisée par les usines de « La Union » pour le traitement des minerais d'argent, et celle de 150 par l'usine de Guadalupe.
- De la station de Pachuca, le restant de l’énergie disponible est conduit, sans passer par les transformateurs . à la mine de San Rafael qui emploie 300 chevaux rie force pour la commande des pompes, le service des puits et le transport des minerais.
- La ligne principale, qui relie la station hydraulique de Régla à Pachuca, passe à proximité des mines d’argent de Real del Monte. Ces mines empruntent à la conduite principale une partie de son courant de haute tension qui est transformé, à la station de la Dilicultad, en un courant de 1 000 volts environ, au moyen d’une série de transformateurs d'une puissance totale de 450 chevaux.
- En résumé, la station centrale de Régla utilise une chute d'eau de 247 m, avec un débit minimum de 700 litres par seconde, ce qui donne i 200 chevaux sur l'arbre des moteurs électriques des diverses
- La dépense totale a été de 1750000 fr et le prix de vente moyen pour le cheval-an est 625 fr.
- Le Gérant: G. NAUD.
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- Tome XVI.
- Samedi 27 Août 1898
- >. — N° 35.
- L’Éclairage Électriquqf^
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l'Institut.— A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MÛNNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l'Université.
- LES TRAMWAYS D’ALEXANDRIE
- Le premier réseau des tramways d’Alexandrie a été établi par les soins et pour le compte de la Compagnie générale de traction de Paris. Dans le cours de la présente année
- d’exploitation, elle a cédé sa concession a une société belge. Le succès de l’opération s’affirme par les événements. Nous apprenons que le groupe belge vient d’obtenir la concession d’un second réseau en plein cœur
- de la ville, comportant environ 25 km, la plus grande partie des lignes étant à double voie. Le procédé de distribution du courant pat-conducteur aérien associé au système de trôlet Dickinson continuera à être employé.
- Il est question de construire une vingtaine de voitures automotrices pour assurer le service régulier.
- L’envergure que prend cette entreprise nous incline à penser qu’un travail en raccourci relatif à l’établissement du premier réseau vient encore à son heure.
- Yoiks. — Le premier réseau comprend 13 km de voies dont 3 en voie double, ce qui donne une longueur exploitée de 12 km.
- Les rails sont posés à l’écartement normal de 1,440 m; ce sont des rails à gorge, en acier, du poids de 40 kgr au mètre linéaire.
- Ils sont réunis par de fortes entretoises espacées de 2,25 m, celles qui sont placées près des éclissages de réunion des rails sont aussi rapprochées que possible, afin d’apporter un élément de renforcement delà voie.
- Les voies sont établies, en partie, sur chaussées dallées, et, en partie, sur chaussées empierrées.
- La forme a été piquée à la largeur et à la profondeur voulues, puis une saignée a été
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- pratiquée dans le fond de la forme à l’emplacement des rails; ensuite, dans les sillons, on a coulé du béton qui a été fortement pilonné pour obtenir une assise robuste. De plus, sous chaque éclissage, une solidesemelle en chêne goudronne a été introduite pour renforcer chaque joint et pour s’opposer à toute espèce d’affaissement. Après le bour-
- rage, la réfection de l'empierrement s’effectue suivant les règles ordinaires prescrites par les agents de la voirie.
- Le rétablissement des chaussées en dallage a présenté plus de difficultés ; les dalles ont été raccordées en diagonale à l'intérieur des voies, et perpendiculairement aux rails, à l’extérieur.
- Les garages ont été multipliés pour permettre une exploitation intensive. A l’endroit des croisements, des traverses sont posées sous les rails.
- Usinemotrice. — La construction de l’usine génératrice sise au bord du canal Mahmou-dieh, et de ses dépendances comprend :
- i° Le bâtiment d’administration et les logements ;
- 2° La salle des machines ;
- 3° La salle des chaudières;
- 4° La remise des voitures;
- 5° L’atelier de réparation ;
- 6" Le dépôt de charbon;
- 7° La clôture.
- Les terrassements ont été considérables. Il a fallu ouvrir une fouille d’une profondeur de 4,50 m pour atteindre un sol assez résistant pour recevoir, en toute sécurité, les maçonneries. La première assise des maçonneries de fondation est exécutée en béton de pierres cassées et mortier hydraulique, le reste est en moellons durs dont les dimensions n’ont pas moins de 0,20 m de côté et mis en place à bain flottant de mortier hydraulique. De l’arasement des fondations aux faîtages, toutes les maçonneries sont en briques hour-dées au mortier de chaux hydraulique. Elles ont une épaisseur de 0,50 m, non compris les saillies des socles, seuils, jambages, pilastres et bandeaux.
- La disposition générale de l’ensemble se configure ainsi : à un des angles du terrain s’érige le bâtiment d’administration ayant sa façade principale orientée vers le canal Mah-moudieh; plus loin, séparée de la maison par la soute à charbon, s’élève l’usine dont la chambre de chauffe et la salle des machines constituent une aile et venant ensuite à retour d’équerre, la remise des voitures, ayant elle-même, en appentis à son extrémité, l’atelier de réparation.
- Superficies des divers locaux prises à l’intérieur :
- Salle des chaudières. . . 9m-3.SOX 1201.350
- — des machines. . . . 9m'350 x i7m-8oo
- - des voitures . . . . jum-5oux 36^-000
- Ateliers de séparation . . 4™-8oox 9m-8oo
- L’extension du réseau à laquelle nous avons fait allusion au début, a nécessité un agrandis-
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- sèment correspondant des bâtiments de l’usine.
- C’est ainsi que le nouveau projet prévoit une simplification qui en porterait les dimensions aux cotes suivantes :
- Salle des chaudières — des machines. . Remise des voilures. .
- i4ra-<
- < 68111
- Le mur de pignon antérieur de la chambre des chaudières est ajouré de deux grandes baies, l’une de 2,50 m de largeur pour la porte, l’autre de 2,80 m pour rccévoir un châssis vitré; dans le pignon postérieur correspondent aux précédentes des ouvertures semblables plus un second châssis vitré.De môme, dans le pignon principal de la salle des machines sont ménagées quatre baies ; l’une de 3 m de largeur encadrant la porte, les trois autres ont reçu des panneaux vitrés de 2,70 m de largeur sur 3,18 m de hauteur à la clef.
- D’autres châssis vitrés établis dans le pignon postérieur complètent le système de distribution de lumière du jour.
- La'remise des voituresest éclairée par trois grands châssis vitrés installés dans l'une de ses parois et par huit dans l’autre. Elle contient une fosse de réparation d’une profondeur de 1,40 m mesurée du sol au-dessus du radier général. Celui-ci a une épaisseur de 0,30 m, celle des pieds-droits est de 0,35 111 ; ces maçonneries sont en moellons revêtues d’un enduit en ciment.
- voûtes, un bétonnage général de 0,50 m d’épaisseur est établi pour recevoir les maçonneries d’élévation des chaudières. Le dallage est composé d’une couche de béton de 0,075 m d’épaisseur en gravier et mortier de ciment et d’une couche de 0,025 m d’épaisseur en mortier de ciment Portland.
- Les mêmes procédés de construction ont été observés pour l’établissement des sous-
- Les fondations des massifs des chaudières comportent deux murs de 0,80 111 d’épaisseur élevés aux extrémités des massifs, et sous l’axe des chandeliers supportant les chaudières, deux autres murs de même épaisseur. Ces murs sont en béton de pierres cassées jusqu’à la naissance des arcs de décharge; les arcs, les sommiers et l’ornement sont en moellons hourdés au même mortier. Sur ces
- fondations des massifs des machines motrices.
- Le dallage de la salle des machines est fait sur voûtains en briques entre solive en fer et sur sable, il a 0,10 m d’épaisseur dont 0,075 m en béton de ciment Portland et gravier et une couche de 0,025 111 en mortier de ciment Portland, avec bordure de 0,40 m de largeur, losangée à 0,20 m. Les murs intérieurs de cette salle sont enduits en plâtre
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- blanc, dressé et lissé pour recevoir la peinture. | Marseille posées sur liteau en sapin. La salle Les couvertures sont effectuées en tuiles de I des machines est voligee ainsi que toutes
- plan de l'appareillage du
- les parties des couvertures faisant saillie, j voisin. Elle arrive par un conduit de 0,50 m L’eau d’alimentation est prise dans le canal | de diamètre intérieur en tuyaux de béton
- Fig. ï- — Vue en élévation latérale de l'appareillage du pont.
- aggloméré et se déverse dans un puisard. [ en maçonnerie de moellons. Le fond est dallé La soute à charbon est entourée d’un mur | en ciment : une chape de 0,015 ni d’épais-
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- scur sur une aire en béton de 0,08 m d’épais- I land. Au centre est ménagé un puits perdu seur composée de gravier et de ciment Port- | de o,6o m de diamètre.
- Elévation
- Plan
- ferÇjV^
- Matériel mécanique. — L’installation pri- I comportait deux chaudières du type semi-mitive, avant les agrandissements jugés né- tubulaire, à deux bouilleurs, de 120 m- de cessaires par le développement du réseau, I surface de chauffe chacune, timbrées à 8 kgr
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- et alimentées par deux petits chevaux alimentaires qui aspirent l'eau du puisard.
- La cheminée réunie aux foyers par un collecteur unique est construite en briques, elle a 35 m de hauteur, 1,60 m de diamètre intérieur à la base et 0,80 m au sommet.
- Les eaux d’alimentation sont peu calcaires, mais ont 1’inconvénient de contenir beaucoup de sable en suspension. On y obvie cependant, en opérant de fortes- extractions journalières qui suffisent à maintenir les chaudières en satisfaisant à leur état de propreté. Les garnitures des tuyaux de vapeur sont exécutées en douilles de liège.
- Affectionnant par-dessus tout les raccourcis., nous sommes exposé à tomber dans la froide énumération des systèmes. Comme nous retrouvons, dans la présente installation les mêmes éléments mécaniques que dans celle d’Enghien-Montmorency ('), nous nous bornerons à une simple mention. Les observations que nous formulions dans cette étude déjà lointaine restent entières et s'appliquent intégralement à l’objet actuel.
- Disons donc que la salle des machines comprend deux machines horizontales à quatre distributeurs, à grande vitesse, avec détente variable par régulateur.
- Elles marchent à condensation. Leur puissance individuelle effective est de 150 chevaux effectifs à la vitesse angulaire de 160 révolutions par minute. Les condenseurs sont à mélange et puisent l’eau directement au puisard.
- Une voie ferrée donne la faculté, qui ne peut être trop hautement estimée, d’amener le combustible prélevé au dépôt de charbon, sur le carreau de la chambre de chauffe. Les résidus provenant de la combustion trouveront par ce moyen une évacuation rapide et peu dispendieuse de manutention.
- Matériel électrique a poste i-ixe. — Chaque moteuràvapcuractionne par courroie une dynamo Walker d'une puissance de 100 kilo-
- watts, hypercompoundée de 500 à 550 volts, marchant à la vitesse de 750 tours par minute et débitant 200 ampères.
- Ce sont des dynamos tétrapolaires dont l’axe de l’induit tourne dans deux paliers, L’armature est du type à tambour denté, les spires de l’induit sont serties dans des morraises pratiquées à la périphérie du noyau, parallèlement aux génératrices du cylindre du noyau composé de feuilles de tôle laminée et ventilé. Le mode de montage des spires et de jonction avec les lames des collecteurs rend extrêmement commode et rapide une réparation éventuelle. L’épreuve des enroulements de ces dynamos à l’isole-lement est faite avec application d’un courant alternatifde 5000 volts.
- Les dynamos sont reliées à leurs panneaux respectifs du tableau de distribution, qui portent chacun un disjoncteur automatique de 350 ampères de débit, un ampèremètre, les commutateurs de prise de courant, les boîtes de résistance et les barres de connexion. Un de ces panneaux est muni, en outre, d’un voltmètre mis en relation avec un commutateur à plusieurs plots permettant de le brancher sur le circuit de l’une ou l’autre dynamo.
- Ligne aérienne, trôlet. — Le /il conducteur aérien a un diamètre de 9 mm. Il est supporté par des poteaux en tubes d’acier auxquels sont rattachées des consoles en tubes de fer assembles au moyen de manchons et de colliers en acier coulé.
- Le fil est suspendu par des griffés ffxées à des boulons isolés placés dans des cloches en fonte à l'endroit des potences. I)e plus, afin de doubler la résistance à l’isolement, les colliers reliant les cloches en fonte aux tubes des consoles sont garnis intérieurement d’une feuille d’amiante paraffinée et vernie et d’une feuille de mica enveloppant la première. Cette disposition semble conférer les meilleurs résultats, les dérivations sont réduites dans une énorme proportion.
- Dans la plus grande partie du réseau, le ül
- (P L'Éclairage Électrique, t. XII, p. 438, 4 septembre 1897.
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- de trôlet est double et alimenté ainsi par un second fil formant feeder.
- La portion du circuit de retour est assure par un fil aérien supporté par des colliers
- fixés aux poteaux. Celui-ci est en relation, a chaque poteau, avec les rails de la voie à l’aide d’un conducteur spécial.
- Les connexions aux éclissages des tries de
- Fig. lo. — Châssis. — Demi-vue en élévation et demi-coupe longitudinale.
- rails sont constituées par un fil de 63 mm2 de j de bagues en cuivre énergiquement refoulées section rivé dans la bande du rail au moyen | dans le dessein d’obtenir un contact parfait.
- Le capteur de courant employé est le trôlet | Le tracé de la ligne est coupé par un pont système Dickinson. | tournant, circonstance locale qui a donné
- lieu à une disposition spéciale d’appareillage 'fig. 1 à 9). Celui-ci est supporté par quatre robustes poteaux dont deux sont fixés à chaque extrémité de la volée du pont et les
- deux autres sur le quai en regard des premiers.
- Chacun de ces poteaux soutient un cadre en fer garni eu dessous de semelles en bois
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- T. XVI. — N° 35.
- isolées, munies, l’une, d’une aiguille jouant pour ainsi dire le rôle de la partie mâle de l’appareillage; l’autre, d’une sorte de pelle évasée formant la partie femelle et guidant la roulette du trôlet vers la pointe de l’aiguille.
- Pour permettre les opérations d’ouverture
- et de fermeture du pont tournant, il a fallu recourir à un système de contacts électriques amovibles qui consistent en forts ressorts en cuivre reliés au fil du trôlet. Un bloc en bois, isolant, est fixé sur chaque poteau au moyen d’une bride ; une bande métallique l’enveloppe partiellement sur laquelle est boulon-
- Fig. 13. — Poitrail de suspension d'un
- née la lame de ressort en cuivre et des fils réunissent le contact à ressort à la ligne.
- Matériel roulant. — Les voitures, sans impériale, sont à double fin, c’est-à-dire qu’elles sont facultativement transformables en véhicules pour la saison d’été et pour la période d’hiver.
- Elles sont divisées en deux compartiments, l’un de première, l’autre de seconde classe.
- Les caisses sont placées sur des trucks à
- double suspension à ressorts à boudins (fig. 10 à 13).
- Ces véhicules sont munis d’un équipement double demotcurs Walkerd’une puissance de 25 chevaux chacun. Les contrôleurs, les résistances, les parafoudres et coupe-circuits ont été fournis aussi par la Compagnie Walker.
- Indépendamment des voitures à voyageurs, deux véhicules ont été spécialement aménagés pour le service des transports de viande des abattoirs du Mex. Emile Dieudonné.
- LA THÉORIE DE LORENTZ ET CELLE DE LARMOR {')
- Théorie: de: Làrmor
- 22. Notre intention n’est pas de faire un exposé complet de la théorie de M. Larmor. Nous voulons simplement insister sur quelques points particuliers. Certaines parties contiennent des vues très originales et des plus intéressantes, mais qui ne se prêtent pas facilement à être mises sous une forme mathématique et que par suite il ne serait pas
- (<) Voir L'Éclairage Electrique du 20 août, p. 320.
- possible d’exposer sans donner une traduction presque littérale. Tous les détails ont en effet leur importance et on ne peut en omettre sans risquer de défigurer l’ensemble.
- Les mémoires de M. Larmor (Phil. Trans., 1894, A, p. 719, et 1895, A, p. 695) comprennent deux parties distinctes.
- Un résumé de la première partie, fait par l’auteur, a paru dans les Proceedings et a été analysé très complètement dans ce journal par M. Blondin (Lum. Êlectt.ELII, p. 35, 1894).
- L’auteur y développe sa théorie des phé-.
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- nomènes électriques et magnétiques, fondée sur l’hypothèse d’un éther rotationnel.
- Les propriétés d’un tel éther ont été imaginées par Mac Cullagh pour expliquer les phénomènes de la réfraction vitreuse et cristalline. La vitesse de l’éther correspond à la force magnétique, ou mieux à l’induction, et le déplacement électrique à la vorticité, c’est-à-dire que ç, />, Ç étant les composantes du déplacement d’un point, on aurait les relations
- En éliminant ;, r0 * entre (30) et (31), on retombe sur les équations (3) pour l’éther pur.
- Dans la deuxième partie de la théorie, M. Larmor introduit l’hypothèse que les molécules matérielles contiennent des particules électrisées, qu’il appelle « électrons », mais que nous continuerons à appeler des ions, comme dans la théorie de M. Lorentz.
- Les développements de cette nouvelle hypothèse sont en grande partie indépendants de l’hypothèse fondamentale sur les propriétés de l’éther et reposent seulement sur les lois expérimentales généralement admises. C’est surtout cette seconde partie que nous aurons en vue dans ce qui suit.
- 23. A plusieurs reprises M. Larmor revient sur la théorie des aimants permanents. En admettant d’abord l’hypothèse d’Ampère sur les courants moléculaires, M. Larmor se trouve arreté à cette difficulté que, dans sa théorie, les forces entre aimants seraient précisément de signe contraire à ce qu’elles sont en réalité. Dans sa théorie en effet, aucun courant ne peut être produit par induction dans un. conducteur parfait, de sorte que les courants particulaires d’Ampère seraient rigoureusement constants et que la théorie du diamagnétisme de Weber ne saurait être admise. Or nous allons voir que si on suppose qu’il existe des aimants rigoureusement permanents, l’énergie d’un aimant est, à une
- constante près, égale et de signe contraire à celle du système de courants équivalents. En supposant les particules aimantées constituées par des courants, l’énergie se trouverait être de signe contraire à ce qu’elle est en réalité, et par suite, d’après le principe de la conservation de l’énergie, les forces entre aimants auraient bien la grandeur voulue, mais seraient juste de signe contraire.
- Soient A, B, C les composantes de l’aimantation en.un point d’un aimant permanent. Si l’aimant est placé dans un champ magnétique extérieur, on sait que, par unité de volume, l’aimant sera soumis à .une force de composantes
- A ’t-—h B -r— C -rj-, A -r—h B -
- 'ÊË.
- '<)?
- et à un couple
- By—CP, Ca—Av, Ap —Ba
- force et couple qui dérivent d’un potentiel
- -(Ar+Bfi + Cy)
- car A, R, C sont constants et a, (3, y satisfont les relations
- ûv _ ù*_ __ dy. -ËL — / 2)
- ôr — ôî <)x àx ~ c)y ^
- L’énergie de position d’un aimant 1 dans un champ 2 est donc égale à
- — I (A, s2 + pi + C, y,) du (33)
- l’intégrale étant étendue au volume de l’aimant, ou, ce qui revient au même ici, étant étendue à tout l’espace.
- En tous les points de l’aimant 1 on peut remplacer as, [L yâ par a2, b.^ c2 (a, £, c étant en général les composantes de l’induction magnétique) et au lieu de (33) on obtiendra l’expression
- —y(A,rta+ B, <fa. (34)
- Dans (33) et (34) remplaçons A1S Bj.C, par leurs valeurs tirées des relations connues rtrl = a1+4~Al ^i==Pi + 4'!îBj . ci ~ 7i + 4 171 '-h
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- 362 L’ÉCLAIRAGE
- qui sont vraies pour tout l’espace. Comme nous allons le voir on a les identités
- +ï,‘.) j-=° )
- f ) :S5)
- et les expressions (33) et (34) deviennent
- f(*i ^ + Vi7i)rfw (36)
- ---~ f (ai ai + C + ci ',37)
- Avant d'aller plus loin, démontrons les
- identités 1351. V, étant le potentiel magnétique, on a
- a _ JYj_ p __ _ jAÙ „ dVi
- A la 'surface de l’aimant a,, j3l5 y, sont discontinus, mais V, ne l’est pas. Appelant S une surface fermée et S l’ensemble des surfaces des aimants, c’est-à-dire les surfaces de discontinuité pour ot„ 3L, y, ou n2, câ, il viendra en intégrant par parties :
- + (V, [a, cos (Ni, *) + h cos (N/, r) + c, cos (N/, 3)] <?S
- -f Çy, [a, cos (N, ^ cos (\,U) + C, cos (N, *); d,>.
- Le signe voulant dire que l’intégrale est étendue successivement à chaque face.de 2; la première et la dernière intégrale sont alors identiquement nulles, car pour tous les points où a2, c, sont continus ils satisfont la rela-
- et sur les surfaces de discontinuité, la composante normale de l’induction, c’est-à-dire as cos (N, x) 4- b«, cos + c., cos (N.
- reste continue.
- ÉLECTRIQUE T, XVI. — Nü 35.
- Quant à l’intégrale sur S elle sera nulle lorsque l’on dilatera la surface S en tous sens jusqu’à la rejeter à l'infini, car à l’infini V, est infiniment petitdu premier ordre et bVi c% le sont du deuxième ordre. L’identité est établie.
- De l’expression (36) on déduit, comme on sait, que l’énergie d’un système d’aimants est
- W = -g^ fV + P*-f ï*) I38}
- c’est-à-dire que pour un déplacement relatif des différentes parties du système,' le travail produit est égal à la diminution de W.
- De l’expression (37) on déduira de même que l'énergie du système est égale à
- ‘«'=-YrjV+»,^V'-- (39)
- Ce changement de signe qui se produit lorsque l’on passe de l’équation (38) à l’équation (39) est très remarquable, bien qu’à notre connaissance il n’ait pas encore été signalé. L’induction étant égale à la force magnétique à l’extérieur des aimants, on est tenté de substituer purement et simplement a. b. c, à a, [3, y. On voit qu’on ferait ainsi une faute de signe, faute qui a été faite souvent, soit explicitement, soit implicitement (*).
- Les formules (38) et (39) paraissent à première vue incompatibles, car W et HV doivent tous deux représenter l’énergie et W est essentiellement positif, tandis que ‘TP est essentiellement négatif. Pour lever la difficulté il suffit de remarquer que l’énergie n’est déterminée qu’à une constante près, suivant sa définition même, et que par suite les relations (38) et (39) sont compatibles si W et °vV ne diffèrent que par une constante. Or
- w - ST = gV I b-’ + 8* + 7’ + »= +1’1 +c’ -= -sfr /’! [*! + 3! + f- + + *' + c’i
- — 2 [æ a |- b$ | c y] | d'à
- (Ù Par exemple M. Larmor change le signe devant l’expression 133). t. CLXXXV, § 120, et t. CLXXXVI, S 34-
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- en faisant une nouvelle application de l’identité établie. Ou bien encore
- W - W:(« - »)! + (» - P)s + (c -1)] <>•
- = 3hJ’[A1+B< + C*] i«.
- Cette dernière intégrale ne dépend évidemment pas des positions relatives des différentes parties du système et l'incompatibilité apparente n’existe pas en fait (*).
- Nous pouvons maintenant comparer un aimant et le système de courants équivalents. Pour les deux systèmes, ce sera l’induction et non la force magnétique qui auront même valeur en chaque point. Par suite pour comparer les valeurs de l’énergie, c’est la formule (39) qui convient et qui montre que dans les deux systèmes les énergies sont égales (à une constante près) mais de signe contraire.
- Or dans la théorie de M. Larmor l’énergie serait égale et de même signe pour des courants ou des aimants équivalents. Le sens des forces s’exerçant entre aimants permanents sera donc interverti.
- 24. Tout notre raisonnement pour arriver à la formule (39) suppose que l’intensité d’aimantation estrigoureusementconstante. Pour nous atfranchir de la difficulté sur le signe des forces, nous'n’aurons donc qu'à admettre que les courants particulaires sont soumis aux lois de l’induction et ne diffèrent pas des courants ordinaires (l).
- Dans ce cas, l’intensité d’un courant particulaire, c’est-à-dire l’intensité d’aimantation variera suivant l’intensité du champ magné-
- (3) Dans le cas où il y a dans le champ des substances perméables, on peut établir que les formules (38) et (39'! deviennent
- w = J r + S>! + Ys> ‘;»
- La différence W — W a encore la même valeur que précédemment.
- tique. Maxwell a développé cette hypothèse (‘) et montré qu’elle permet d’expliquer à la fois le diamagnétisme (théorie de Weber) et le ferromagnétisme.
- Il fait voir que l’on doit supposer les courants particulaires existants avant l'aimantation pour les corps ferromagnétiques, l’aimantation ayant pour effet d’une part d’orienter les axes des courants dans le sens du champ, et d’autre part de diminuer l’intensité des courants par induction. A condition que-la self-induction des courants particulaires soit grande devant leur induction mutuelle, le second effet sera masqué parle premier, sauf cependant pour de très grandes forces magnétisantes.
- Cette dernière conséquence n’a jamais été vérifiée, mais cela peut tenir à ce qu’on n’ait pas employé de forces assez grandes.
- Nous avons dit que dans la théorie de M. Larmor un courant circulant dans un conducteur parfaitseraitrigoureusement constant et c’est ce qui s’oppose au succès de la théorie. Pour tourner la difficulté M. Larmor remplace les courants de conduction par des courants de convection produits par des ions décrivant des orbites à l’intérieur de chaque molécule du corps.
- Les différents ions d’une molécule (dont la charge totale est nulle) s’attirent mutuellement et sous l’action de ces forces gravitent les uns autour des autres comme les corps du système solaire. Pour l’effet moyen à distance on peut remplacer chaque ion par une charge électrique égale à celle qu’il porte, mais répartie sur toute son orbite et animée de la même vitesse. Le mouvement d’un ion sera d’ailleurs affecté par un champ extérieur et la difficulté de non-induction dans un conducteur parfait est évitée.
- Cette dernière difficulté est inhérente à la théorie de M. Larmor, mais ne subsisterait pas dans une autre, celle de M. Lorentz entre autres. Mais puisque M. Lorentz considère un courant de conduction comme étant en
- (») Traité, ^ 836-845.
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- réalité un courant de convection, il reviendra | au même ici de dire que les courants parti- I culaires sont des courants de conduction ou qu’ils sont des courants de convection.
- La théorie de M. Larmor permet de se rendre compte des phénomènes d’hystérésis en introduisant la considération de la perte d’énergie par radiation que subit un ion en mouvement. Lorsque l’aimantation varie sous l’action de causes extérieures, le mouvement des ions est troublé et dans ces conditions l’énergie émise par radiation peut atteindre une valeur importante. Les corps magnétiques étant d’ailleurs conducteurs, c'est-à-dire opaques, la radiation est absorbée et son énergie transformée sur place en chaleur.
- Au contraire, lorsque le champ extérieur ne variant plus, un régime permanent s’est établi, la radiation cesse presque complètement et elle peut d’ailleurs être réduite à une partie aussi faible que l’on veut de l’énergie totale, à condition de supposer les dimensions de chaque ion suffisamment petites (l).
- 25. Une difficulté spéciale à la théorie de M. Larmor est qu’il considère le champ magnétique produit par le déplacement d’un ion comme un effet indirect du courant de déplacement dû à la variation (/*, g, h) en chaque point du champ.
- Considérons un corps chargé, symétrique par rapport à un axe autour duquel il tourne avec une vitesse uniforme. En régime permanent le déplacement restera constant et il ne devrait pas y avoir de champ magnétique créé, ce qui est contredit par les expériences de Rowland. M. Larmor s’en tire par un artifice analogue à celui qu’il a employé pour les courants d’Ampère. Il remplace la charge symétrique par une charge discontinue portée par des ions. Si chaque ion était seul, le déplacement varierait et il y aurait production d’un champ magnétique, et bien que la somme des courants de déplacement dus à
- (*; Voir Larmor. Sur la théorie Je l’influence du magnétisme sur le spectre et sur la radiation émise par les ions en mouvement (Phil. Mag.. 1897, et VÉclairage Électrique, t. XV, p. 79).
- chaque ion soit nulle, il se trouve que la somme des champs magnétiques est différente de zéro et a la valeur voulue.
- Cette différence de résultats tient à ce que M. Larmor ne pose pas le nombre de conditions suffisantes pour déterminer la force magnétique a, [3, y. Il manque les conditions à la surface (et à l’intérieur) de l’ion de sorte que x, (3, y ne sont déterminés qu’aux dérivées près yyp -7^-1 d’une fonction V seulement assujettie à être harmonique à l’extérieur de l’ion, ce qui lui laisse encore une grande indétermination. Il n’est donc pas étonnant que suivant le mode de calcul employé, où l’on se donne arbitrairement les constantes d’intégration, on arrive à une valeur où à une autre.
- La théorie de M. Lorentz est exempte de ces difficultés et conduit au résultat voulu que l’on adopte l’hypothèse d’une charge continue symétrique ou d’une charge .discontinue.
- Les formules des §$ 17 à 20 [Phil. Trans., 1895, A, p. 720) sont d’ailleurs équivalentes (’) à celles de M. Lorentz. Leur utilisation aurait permis de lever l'indétermination dans le calcul de a, [5, y et de démontrer que même pour une charge symétrique et /, g, h constants en mouvement permanent, le champ magnétique ne saurait être nul.
- On voit que les différentes parties du mémoire de M. Larmor ne sont pas sans présenter quelques contradictions. Nous croyons qu’il ne faut pas y attacher trop d’importance ; ce qu’il faut chercher dans le mémoire de M. Larmor et ce qui en fait le très grand intérêt, ce sont les vues originales qui, si elles ne donnent pas dès maintenant une explication des phénomènes entièrement satisfaisante, montrent du moins dans quelle voie on peut espérer y parvenir un jour. Nous citerons entre autres une théorie des raies spectrales, l’application du principe de Carnot à une démonstration à priori de la loi de Fresnel sur l’entrainement des ondes lumi-
- (‘) Sauf la différence signalée plus haut, § 20.
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- neuses, l’explication que l’inertie des ions, cause de la dispersion dans les diélectriques transparents, n’a pas d’influence appréciable sur la propagation des courants de conduction dans les conducteurs, etc. Nous regrettons que l’exposé de ces divers points ne puisse se séparer de celui de toute la théorie et que nous soyons ainsi contraints de limiter notre analyse des mémoires de M. Larmor.
- P.-S. — Depuis la rédaction de ce qui pré-
- cède, nous avons appris l’existence d’un troisième mémoire de \I. Larmor (Phil. Trans., A, 1897) dont nous n’avons encore pu nous procurer qu’un extrait paru dans les Pro-ceedings, t. LXI, p. 272, 1897. Nous nous occuperons prochainement de ce troisième mémoire qui traite des relations de l’éther avec les milieux pondérables.
- A. Liénard,
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Parafoudres pour courants de faible intensité (U Le parafondre Gallinger (fig. 1) est formé par une série de minces plaques de charbon conducteur superposées. Les unes sont reliées aux conducteurs, les autres à la terre. Elles
- reposent les unes au-dessus des autres par l’intermédiaire de minces et étroites bandes de mica. Dans le cas d’un appareil à deux pôles, par exemple, entre deux plaques de pôles différents est disposée une plaque à la terre, de sorte qu’aux endroits où les plaques ne sont pas recouvertes par le mica, les plaques de pôles sont séparées des plaques il la terre par une épaisseur d'air aussi mince que celle du mica, tandis que deux plaques de
- pôles différents sont séparées par un large intervalle.
- L’action de cet appareil est énergique, malgré le faible volume occupé, à cause de la grandeur des surfaces.
- Dans le parafoiidre à vide on utilise la propriété qu’a l’électricité de traverser plus facilement l’air raréfié que l’air k la pression atmosphérique.
- Fig. 2 et 3. — Parafoudres à vide pour i et 2 conducteurs.
- Cet appareil se compose (fig. 2) d’un tube de verre à air raréfié dans lequel sont disposées deux ou trois plaques de charbon conducteur dont les surfaces en regard sont finement dentelées. L’une des plaques est k la terre, les autres sont reliées aux conducteurs à protéger.
- On peut utiliser ce protecteur pour les appareils télégraphiques de la façon suivante :
- Un commutateur à fiche de laiton permet
- fù Sier
- Halsite,
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- de mettre à la terre suivant la manière ordinaire le conducteur 1 ou le conducteur IL Les bornes de ces conducteurs sont reliées aux plaques dentées du parafoudre qui écarte les fortes décharges. Pour les faibles décharges qui peuvent encore être nuisibles on dispose un deuxième parafoudre à vide en parallèle. Les parafoudres peuvent être changés sans inconvénient pendant le fonctionnement même du télégraphe. Enfin chaque conducteur est muni d’un protecteur fusible composé d’un tube de verre fermé à ses extrémités par deux petits boutons de laiton ; ces boutons sont reliés par un mince fil de platine d’environ 0,003 mur de section. Soit qu’une décharge atmosphérique se produise soit qu’un des fils vienne au contact d’un conducteur de fort courant, le fil de platine fond et les instruments sont mis hors circuit. Le remplacement du protecteur fusible se fait automatiquement au moyen d’un ressort sans qu’il en résulte d’interruption pour le fonctionnement. G. G.
- Fabrication électrolytique de la soude et du chlore ;
- Procédé Hargreaves et Rird.
- Bien des procédés ont été proposés pour la préparation de la soude et du chlore par l’électrolysc du sel marin; quelques-uns ont été ou sont appliques sur une assez, grande échelle ; le procédé Hargreaves et Bird (’) vient d’être l’objet d’une application assez importante en Angleterre où la General eleclrolytic Parent Company a installé, à Farnworth d.an-cashire) une usine d’expériences permettant de traiter par ce procédé no kgr de chlorure de sodium par jour. Ace propos nos confrères anglais (b donnent sur le procédé Hargreaves et Bird les renseignements suivants :
- L’électrolysc s’effectue dans une cuve dont deux des parois sont constituées par des dia-
- (() Voir à ce sujet L’Éclairage Électrique, t. III, p. 512.
- (2) Ekctrician, 22 juillet, p. z ; ; ; Ekctrical Review, 5 août, p. 188, etc.
- ÉLECTRIQUE
- phragmes à peu près imperméables aux liquides. Au milieu de la cuve sont les anodes; en dehors des diaphragmes, et sans contact avec l’électrolyte sont les cathodes, constituées par deux toiles métalliques en cuivre. Dans l’espace compris entre ces toiles et les diaphragmes on fait arriver'un courant de gaz carbonique et un courant de vapeur d’eau ; la vapeur d’eau complète le circuit électrique entre l’anode et la cathode.
- Par suite du passage du courant électrique du sodium se produit sur les faces extérieures des diaphragmes. Il est aussitôt transformé en carbonate de sodium par Faction combinée de la vapeur d’eau et du gaz carbonique. Ce carbonate se dissout dans l’eau provenant de la condensation de la vapeur et la dissolution s’écoule en dehors de la cuve ; on a soin que la vapeur d’eau arrive en quantité suffisante pour éviter la cristallisation du carbonate de sodium.
- Les diaphragmes sont constitués par de l’amiante, du silicate de sodium et d’autres substances agglutinantes. Ces produits sont réduits en pulpe et, comme dans la fabrication du papier, coulés sur une mousseline supportée par une toile métallique tendue bien horizontalement. L’eau en excès traverse la mousseline et la. toile métallique, et le carton ainsi obtenu est séché dans une étuve, puis plongé dans une solution de silicate de sodium. Un diaphragme peut servir au moins un mois sans être renouvelé.
- Les anodes sont formées par des blocs de charbon de cornue ayant environ 38 cm de longueur, 18 de largeur et 4 d’épaisseur et fixés dans une monture en cuivre à l’aide d’un ciment spécial. Ces anodes peuvent servir pendant plus de douze mois.
- La cuve électrolytique installée à Farnworth a environ 3,3 m de longueur sur 1,8 m de hauteur et 0,90 m de largeur. Les diaphragmes ont 3,15 m de longueur sur 1,65 m de hauteur, donnant une surface totale de 9 m2 pour les deux diaphragmes ; leur épaisseur est de 3 mm. Elle peut décomposer, comme nous l’avons dit, 110 kgr de chlorure de sodium
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- par 24 heures et produire 97 kg de carbonate de sodium et 162 kgr de chlorure de chaux.
- La solution de chlorure de sodium est mise en circulation dans la cuve au moyen d’une pompe : elle arrive par le fond et s’écoule à la partie supérieure en entraînant avec elle le chlore engendré à l’anode. Ce chlore se rend dans un bac et est amené dans une chambre de plomb au moyen d’un aspirateur. Il passe ensuite dans une solution de soude caustique et forme du chlorate de sodium qui/peu soluble, se précipite.
- Il a été reconnu que l’on peut employer des dissolutions de chlorure de sodium impur; les impuretés donnent lieu à un dépôt sur les faces internes des diaphragmes, n’affectant pas d’une manière sensible leur fonctionnement.
- Le rendement électrolytique de la cuve installée à Farnworth a été mesuré indépendamment par le professeur Ram say, MM. Cross et Bevan et MM. Norman, Tate et C°. Il résulte de ces mesures que plus de 97 p. 100 de la quantité d’électricité fournie à la cuve, est utilisée pour la décomposition électrolytique. Le carbonate de sodium obtenu renferme moins de 2,5 p. 100 d'impuretés. La différence de potentiel nécessaire à la décomposition est de 4 volts; la densité de courant de 2,5 ampères par dm- de surface des diaphragmes. J. R.
- Electrodéposition sur bois et autres matières non conductrices ;
- Par C.-F. Burgess
- De nombreux procédés ont été proposés pour recouvrir les matières isolantes, et particulièrement le bois, d’une couche adhérente conductrice de l’électricité, permettant ultérieurement un recouvrement métallique de l’objet par électrolyse.
- L’un d’eux consiste à tremper l’objet dans une solution obtenue en mélangeant une dissolution de 1,5 gr de caoutchouc et 4 gr de
- cire dans 10 gr de sulfure de carbone, une dissolutionde 5 gr de phosphore dans 60 gr de sulfure de carbone et enfin une dissolution de 4 gr d’asphalte dans 5 gr d’essence de térébenthine. L’objet est ensuite immergé dans une solution de 2 gr de nitrate d’argent dans 600 gr d’eau, jusqu’à ce que la surface prenne un aspect métallique, puis rincé à l’eau pure et enfin plongé dans une solution contenant 10 gr de chlorure d’or pour 600 gr d’eau ; il est alors prêt à recevoir le dépôt électroly-tique.
- Un autre procédé consiste à tremper l’objet dans un liquide visqueux obtenu en chauffant une solution dans l’éther de chlorure d’or ou de platine avec une solution de soufre dans une huile lourde ; l’objet est ensuite chauffé dans un moufle. II se forme à la surface de cet objet une couche d’or ou de platine très adhérente.
- Récemment M. Cowper Cooles faisait connaître, à propos de la fabrication des réflecteurs paraboliques par l'électrolyse, un procédé fort simple pour rendre conductrice la surface du verre et qui pourrait être appliqué au bois. Ce procédé, qui 11’est d’ailleurs qu’une modification du procédé classique de Foucault, pour l’argenture du verre, consiste à plonger l’objet en verre dans une solution contenant 0,5 p. 100 d’azotate d’argent, 0,5 p. 100 de potasse caustique et 0,25 p. TOü de glucose.
- Mais ces divers procédés offrent le double inconvénient d’utiliser des produits coûteux et d’exiger des manipulations compliquées. M. Burgess apensé que si on pouvait l’éviter, le bois métallisé par électrolyse pourrait avantageusement remplacer le bois métallisé au moyen .de peintures métalliques que l’on utilise fréquemment pour la décoration.
- Dans ce but il a effectué, au laboratoire électrochimique de l’Université de Wisconsin, une série de recherches qui Font conduit au procédé suivant :
- Le bois est trempé dans une solution de sulfate de cuivre, puis séché et ensuite soumis à Faction de l’acide sulfhydrique gazeux
- (’) The EUctrical World, t. XXXII, p. 113, 30 juillet, 1898.
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- ou en solution aqueuse ; sa surface se trouve ainsi recouverte d’une couche de sulfure de cuivre. On. enroule alors autour de l’objet un fil de cuivre très mince en épousant bien tous les détails, la distance entre deux segments voisins du fil étant de i cm environ. Ainsi disposé, l’objet est placé comme cathode dans un bain de chlorure de sodium où circule un courant électrique de densité élevée ; le sodium et l’hydrogène libérés à la cathode par l’électrolyse réduisent le sulfure de cuivre et donnent une couche de cuivre métallique. Cette couche est noire et sans éclat métallique, mais elle est conductrice, ce qui est le point essentiel. Elle commence par se former aux points de contact de l’objet et du fil de cuivre qui l’entoure, puis gagne peu à peu la surface tout entière; sa formation complète dure dix minutes. L'objet est alors porté dans un bain de sulfate de cuivre ou tout autre bain d’électrodéposition.
- D’autres sels que le sulfate de cuivre pourraient évidemment être employés pour la formation de la couche conductrice. En particulier on peut employer de l’azotate d’argent qui donne plus rapidement une couche conductrice. Mais alors le procédé devient coûteux, ce que l’auteur veut éviter, et parmi les sels communs, le sulfate de cuivre est celui que l’expérience lui a montré le mieux convenir.
- Dans le procédé précédent la formation de la couche conductrice et le dépôt de la couche métallique se font dans deux bains distincts. Il est possible d’effectuer les deux opérations dans un même bain. On prend alors comme électrolyte du cyanure double de cuivre et de potassium.
- Si l’objet à recouvrir diminue considérablement de volume par dessiccation, la couche métallique déposée à sa surface se séparera de l’objet lui-même lorsque, avec le temps, celui-ci se desséchera. Pour éviter cet inconvénient, on ne laisse l’objet dans le bain électrolytique que pendant un temps assez court pour qu’il ne puisse s’imprégner com-
- plètement de la dissolution ; on le sèche, on le remet dans le bain et l’on répète cette double opération jusqu’à ce que la couche ait une épaisseur suffisante.
- Un autre moyen consiste à plonger l’objet, avant la formation de la couche conductrice, dans de la paraffine fondue ; on le plonge ensuite dans de la gazoline de manière à dissoudre la paraffine imprégnant les couches superficielles et à permettre à celles-ci d’absorber le sulfate de cuivre nécessaire pour la formation de la couche conductrice.
- J. R.
- Le nouveau phare électrique d’Eckmühl Penmarch à 'Finistère) ;
- Par M. C. Du Riche Freller (>).
- Remarques générales.— Dansun précédent article sur l’éclairage des côtes de France, l’auteur, en décrivant les remarquables résultats déjà obtenus par le service des phares français dans l’application du système des feux-éclairs, ou phares à éclats instantanés (2), a signalé les projets en préparation pour remplacer les anciens appareils électriques des phares de Gris-Nez, La Canche, Oucssant et le feu à huile de Penmarch par de puissants feux-cclairs électriques à appareils à optique double. Ces améliorations sont en cours d’exécution et déjà le phare d’Eckmühl a été mis en service le 23 octobre 1897; l’auteur se propose d’en décrire les points caractéristiques.
- Emplacement. — Le nouveau phare, placé à environ 100 m de l’ancien, est situé à 50
- (Ü Engineering, 6 et 20 mai 1898.
- (s) Les lecteurs que cette question intéresse, trouveront plus de renseignements sur le principe des feux-éclairs et sur l’historique des phares électriques français, dans deux intéressants articles de M. Eugène Baillet dans le Génie civil du 9 octobre 1897, et de M. Jolly, dans les Annales des Ponts et chaussées de 1897. Nous donnons ici de préférence un résumé de l’article de M. Du Riche Preller, parce qu'il contient le plus de renseignements intéressants sur la partie électrique qui nous intéresse plus particulièrement.
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- milles nautiques au S.-O. d’Ouessant» à l’extrémité du promontoire de Penmarch. un
- Fig. 1. — Carte de l’extrémité ouest de la Bretagne.
- des points les plus dangereux de cette côte inhospitalière. Sa construction a été décidée
- à la suite d’un don généreux de 300000 fr fait h l’Etat par la marquise de Bloqueville, en mémoire de son père le maréchal Davout, prince d’Eckmühl, pour servir à la construction d’un phare, de préférence en Bretagne. De là le nom de phare d’Eckmühl et la présence d’une statue du maréchal Davout en bronze dans le vestibule du nouvel édifice.
- Tour et bâtiment. — La figure 2 représente l’ensemble des deux phares, ancien et nouveau. Le nouveau est représente avec plus de détails par les dessins des figures 3 et4. La tour en maçonnerie de granit est de forme octogonale, d’un aspect à la fois robuste et élégant; le vestibule est arrangé lui-même avec beaucoup de goût, ainsi que l’escalier très décoratif
- Fig. 2. — Ancien et nouveau phare de Penmarch.
- qui ne compte pas moins de 272 marches de 0,18 cm. La hauteur totale de la tour est de
- 63 m au-dessus du sol, et le plan focal est à
- 64 m au-dessus du niveau des hautes mers, ce qui assure aux feux une portée géographique de 25 milles marins. Le phare de Bar-fleur (71 m) est seul plus élevé en France. Entre le parapet et la lanterne est placée une sirène à air comprimé; la lanterne qui contient l’appareil optique a 4 m de diamètre et 6 m de haut.
- Les bâtiments placés près de la tour comprennent une salle de machines pour la machinerie électrique et à air comprimé, et des bâtiments pour les gardiens; le phare et ses
- dépendances sont enfermés dans une enceinte de 80 m sur 60 m (fig. 5).
- Machines. — Les deux machines motrices à vapeur qui actionnent les dynamos et le compresseur d’air sont du type Rouffet demi-fixe, généralement employé par le service des phares français; chacune donne 12 chevaux effectifs à la pression de 6 atmosphères; la vapeur d’échappement est condensée dans un condenseur du système Monnin formé de tubes métalliques à ailettes et disposé sur le toit, comme l’indique la figure 6 ; le rendement de cet appareil en eau récupérée est de 75 p. 100. Les deux machines peuvent com>
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- mander à volonté par courroies une transmission générale qui entraîne également par courroies l’un ou l’autre des alternateurs ou le compresseur (fig. 6, 7 et 8).
- Compresseur d'air et sirène.— Le compres-
- seur est du type Gentil, formé de quatre petits cylindres à simple effet formant deux groupes en tandem qui peuvent être actionnés séparément ou simultanément. Le groupe à basse pression comprime l'air jusqu’à 4 atmosphères, et le groupe à haute pression jusqu’à 15 atmosphères, quoique cette pression puisse être modifiée suivant le volume d'air demandé. L’air à 15 atmosphères est emma-
- gasiné à sa sortie du compresseur dans trois réservoirs accumulateurs d’une capacité de 5 ma chacun; en outre, un petit réservoir de 500 litres est placé au sommet de la tour, immédiatement au-dessous de la sirène. Cette dernière émet des groupes de deux sons en mi mineur de 3 secondes chacun, séparés par un intervalle de 3 secondes et alternant avec un son unique de même durée. Ce caractère du signal est assuré par un mouvement d’horlogerie. Sous une pression de 2 atmosphères dans le tambour de la sirène, dont le diamètre extérieur est de 15 centimètres, la dépense d’air est environ de 400 litres par série de sons, la puissance dépensée pendant le signal étant d’environ 160 chevaux; la portée est de 5 à 6 milles nautiques, mais se réduit à 2 et même moins en cas de brouillard très épais.
- Alternateurs. — Les alternateurs (fig. 9 et 10) sont du même type Labour que ceux des phares de l’île d’Yeu et de la Coubre, déjà décrits par l’auteur (*), mais avec une innovation intéressante qui consiste à leur faire débiter des courants diphasés au lieu de courants monophasés. Cette disposition, qui est nouvelle dans les phares, et surtout pour des machines d'aussi petite puissance, a été motivée par les raisons suivantes : iu les alternateurs doivent alimenter deux arcs séparés dans l’appareil optique double, et les nécessités du service exigent que ces deux arcs soient indépendants l’un de l’autre, de façon que l’allumage ou l’extinction de l’un n’influe pas sensiblement sur l’intensité ni sur la stabilité de l’autre.
- Grâce à l’emploi de l’enroulement diphasé et à l’emploi de self-inductions séparées pour les deux circuits sur le tableau de distribution en dehors des machines, la réaction des deux courants l’un sur l’autre, qui serait excessive dans une machine monophasée, se trouve extrêmement réduite. La figure 11 indique les résultats obtenus qui sont très satisfaisants; elle donne les caractéristiques d’un
- (i) Voir Engineering, 26 juin 1896.
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- circuit, c’cst-à-dire les volts aux bornes en fonction du débit en ampères lorsque l’un des circuits fonctionne seul, ou au contraire lorsque tous deux sont également chargés. On voit qu’il y a très peu de différence entre les deux courbes: le voltage à circuit ouvert (69 volts) de la courbe B suffit à assurer la même stabilité dans l’arc électrique que les machines de Mériten; ces courbes réalisent sensiblement le maximum de puissance au régime normal de 25 ampères 45 volts par
- circuit, condition reconnue nécessaire par le service des phares pour la stabilité de l’arc. Enfin, on trouve que quand le courant d’une lampe est coupé soudainement, le courant de l’autre n’augmente pas de plus de 1 ampère sur 25, ce qui est négligeable. En définitive, ces alternateurs diphasés présentent l’avantage, dans le cas de l’appareil optique double, qu’il est possible de changer les charbons d’une lampe sans éteindre ou faire varier sensiblement sa compagne.
- f-lr£TTfc
- — Plan des dépendai
- des phares.
- Les deux alternateurs peuvent être accouplés mécaniquement, ce qui permet d’en employer un seulement, ou deux au contraire pour le régime de 50 ampères, suivant l’intensité du faisceau qu’on désire ; le tableau de distribution (fig. 12) est disposé de manière que chaque lampe peut être alimentée par les deux circuits de même phase des deux machines couplés en parallèle par les interrupteurs; chacune est munie d’un voltmètre et d’un ampèremètre séparés. En outre dans la lanterne un ampèremètre est placé dans le circuit de chaque lampe pour permettre d’en surveiller le régime. Les alternateurs représentés par les figures 9 et 10 sont excités chacun par une petite machine à courant continu calée sur leur arbre. Les inducteurs de chaque alternateur ont huit pôles, l'intensité de leur champ magnétique est d’environ 4000 unités C.G.S ; la résistance de chaque circuit d’induit est de 0,213 ohm, la vitesse est de 810 à 820 tours par minute, et le rendement 70 à 75 p. 100 suivant la charge. Ce
- chiffre est élevé relativement à la faible puissance des alternateurs (2,2 kilowatts chacun), et à la faible vitesse, adoptée par raison de sécurité. Chacune des bobines de self-induction du tableau absorbe 20 à 25 watts sous un courant de 25 ampères, ce qui est insignifiant par rapport au débit total.
- D’après ce qui précède, on voit que le résultat principal obtenu par l’introduction des nouveaux alternateurs dans les phares c’est d’avoir, en proportionnant convenablement leurs constantes, tous les avantages d’élasticité et de stabilité de courant et par suite de lumière des vieilles machines de Mériten, tout en réduisant, à puissance égale, leur poids à 1/5 et leur prix à moins de moitié de ceux de ces dernières (1 tonne au lieu de 5, et 8000 fr au lieu de 18000 fr).
- Appareil optique. — Dans l’article déjà cité l’auteur a indiqué les raisons qui ont conduit le service des phares à adoptera l’avenir des appareils optiques doubles au lieu d’appareils
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- simples pour les feux-éclairs les plus puissants ; à savoir que dans les appareils simples tels que ceux de la Hève, de l’île d’Yeu et de la Coubre, la proportion suivant laquelle croit l'intensite lumineuse lorsqu’on augmente le régime est beaucoup plus faible que
- neux plus puissant qu’un appareil unique à 100 ampères. Ce principe a été pour la première fois appliqué au phare d’Eckmühl. En outre, différentes modifications notables ont été apportées à la construction de l’appareil optique aussi bien qu’a l’exécution des lentilles.
- i° L’appareil à quatre panneaux de la Hève et de l’île d’Yeu a seulement cinq éléments
- Fig. 8. — Coupe du bâtit
- Fig. 6 et 7. — Coupe et vue en plan du bâtiment
- celle suivant laquelle croît l’énergie, ainsi que le montre le tableau suivant :
- Charbons 1 Energie dépensée J D
- Pouvoir de puissance \ lumineuse. f
- : 18 : 23<jooooode bougies dans le faisceau : L5 : L9
- d’où il suit qu’un appareil double muni de deux lampes à 50 ampères chacune doit être plus économique et donner un faisceau lumi-
- dioptriques et dix éléments catadioptriques, tandis que l’appareil double à quatre panneaux d’Eckmühl a six éléments dioptriques et dix éléments catadioptriques. Cette augmentation de la partie dioptrique qui augmente l’angle sous-tendu par celle-ci k 86° a été motivée par la précision plus grande avec laquelle on peut exécuter les parties dioptriques que les anneaux catadioptriques. Par suite de cette augmentation de la partie dioptrique, l’appareil d’Eckmühl, bien qu’ayant exactement la même longueurfocale (300 mm) que celui de la Hève, est sensiblement plus haut ; comme les anneaux ont été faits un
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- peu plus gros, ce qui n’entraîne pas une augmentation sensible dans l’absorption de lumière, leur nombre n’est pas beaucoup augmenté.
- 2° On remarquera {fig. 13') que pour éviter les fuites de lumière entre les anneaux cata-dioptriques, ces derniers ont été disposés de façon à se recouvrir légèrement les uns les autres d’environ 5 mm, aussi bien dans le sens vertical que dans le sens horizontal, c’est-à-dire que les anneaux sont placés de telle manière que le prolongement du rayon
- de l’angle extérieur (à droite) de l’un d’eux ne passe pas par le sommet de l’angle intérieur (à gauche) de l’anneau placé au-dessous, mais à 5 mm de ce sommet ; de même l’horizontale qui passe par l’angle inférieur d’une lentille ne passe pas par le sommet de l’angle supérieur, mais à 5 mm plus bas, comme le montre la figure 13. De cette façon, on peut sans créer de fuite de lumière, déplacer les lentilles pour compenser les défauts inévitables de fabrication.
- 3° La plus grande attention a été apportée
- Fig. 9 et 10. — Alternateur Labour à courants diphasés.
- dans l’exécution de la taille et dans les essais des éléments catadioptriques, qui sont à ce point de vue supérieurs à ceux des feux-éclairs construits antérieurement. Le procédé de taille a été amélioré par des dispositifs mécaniques, et MM. Sautter Harlé et C,e ont effectué séparément l’essai de chaque anneau au moyen d’une lampe à arc à courant continu ayant un cratère extrêmement petit (3 mm), dont on mesure l’image à une distance connue, ce qui donne la divergence de Vanneau. De cette manière il a été possible de perfectionner ces lentilles annulaires assez pour que la divergence constatée ne dépasse que légèrement la divergence calculée. D’ailleurs toute lentille qui a été reconnue présenter un faible défaut de dimension ou de fabrication a été rebutée ou rem-
- placée jusqu’à ce qu’on ait atteint le degré maximum de perfection; il en résulte une plus grande concentration de lumière.
- Comme le montrent les figures 14 et 15, l’appareil double, pesant environ 2 tonnes, est monté sur une plate-forme à arbre vertical équilibrée par un tambour annulaire plongeant dans un bain de mercure, ce qui réduit au minimum le frottement dû à la rotation et dispense d’appareils de roulement pour tous les feux-éclairs. Le mercure ne pèse qu’environ 100 kgr; le mécanisme de rotation et son régulateur sont les mêmes que dans l’installation de la Hève, précédemment décrite par l’auteur (‘).
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- Puissance lumineuse. — Le faisceau de l’appareil à quatre panneaux simples de la Ilcve et de l’île d’Yeu a donné les résultats suivants .
- 10 mm 25 amp, 1125 watts moooooodeboug.
- 16 u 50 » 2250 » 18000000 »
- 23 » 100 » 4500 » 23000000 »
- Les essais provisoires de l'appareil double
- d’Eckmühl, faits à la tour Eiffel, à 600 m du dépôt des phares où l’appareil était placé, ont donné avec des crayons de 16 mm et 50 am-
- 1. — Caractéristiques d’un circuit de l'alternateur.
- pères dans chaque lampe, dans certains cas 40 millions et dans d’autres 50 millions de bougies. La raison de cette différence doit être cherchée dans la disposition du régulateur employé. Celui de la Hcve, représenté par la figure 16 est à deux tiges latérales; les courants qui arrivent par ces tiges au crayon supérieur neutralisent leurs effets sur l’arc, tandis que dans l'appareil d’Eckmühl on emploie des lampes plus légères à une seule tige, dans lesquelles le champ magnétique produit par le courant de cette tige repousse l’arc légèrement en produisant une faille oblique des cratères; il en résulte qu’il y a plus de
- lumière envoyée dans une direction que dans l’autre et que les deux panneaux placés en
- Fig. 12. — Schéma de la distribution de l'éclairage électrique.
- rants d’excitation. — R, fffrhéostats d'excitation. • C, coupleur ou interrupteur de couplage. - 4, 9, bornes de (onction correspondîmes. — b. boi ne de départ correspondant à la lampe 11" 1, -c^b^rne de ^départ correspotHiant^à^a iatnpe^ ^ o^l’niTie
- logue communiquant avec la borne c. J, J’. K, K', interrupteurs
- respondanis. — S, S, S, S, réducteurs de courant des quatre circuits des alternateurs. -- Q. Q, barre commune à t(H|s les^régimes et
- aimant régulateur de cliaque lampe, monté en dérivation entre ses
- avant de la lampe sont plus vivement éclairés que les panneaux placés en arrière. Pour compenser cette dissymétrie, les appareils sont disposés de manière que les deux lampes
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- soient orientées en sens opposé. De sorte que chacun des faisceaux totaux est composé d’un faisceau émis par l’un des panneaux les plus éclairés d’un appareil et d’un faisceau émis par un des panneaux les moins éclairés d’un autre appareil.
- Les puissances lumineuses minimum, maximum et moyenne des faisceaux totaux peuvent ainsi être évaluées avec une approximation suffisante comme il suit :
- Appareil double d'EckmïM.
- Avec crayon de io mm 20000000 26600000 23200000 » de 16 mm 30000000 40000000 35000000
- Appareil simple de la Hève.
- Avec crayon de io mm 9000000 12000000 10500000 » de 16 mm 13500000 18000000 15750000
- » de 23 mm 17250000 23000000 20150000
- On voit que l’appareil double à 50 ampères par lampe donne 35000000 de bougies tandis que l’appareil simple de la Hève à 100 ampères ne donne que 20150000, soit le 1/1,7, qu’avec deux lampes de 25 ampères le nouvel appareil donne autant-que le maximum obtenu pour la Hève. L’avantage de la combinaison double est donc amplement démontré, et sera sans doute amplement confirmé par l’expérience pratique à Pen-march même, dans des conditions atmosphériques plus adéquates qu’à Paris. Il faut ajouter un avantage supplémentaire qui est la suppression des gros crayons de 23 mm dont la fabrication est difficile et qui donnent lieu à beaucoup d’irrégularité de lumière. On a rencontré quelques difficultés mécaniques pour réaliser le parallélisme des deux faisceaux, mais on en a triomphé à l’aide de dispositions spéciales de l’armature des appareils grâce auxquelles les deux faisceaux résultants sont parallèles et superposés.
- A tous les autres points de vue les appareils optiques, électriques, les dispositions mécaniques et les appareils de sûreté sont les mêmes qu’à la Hève, etc., et ont été pré- , cédemment décrits par l’auteur; en particulier on a conservé la disposition bifocule des
- lentilles qui assure la meilleure distribution de la lumière et l’intensité maximum du fais-
- / / /
- Fig. 13. — Elér
- nts de l'appareil optique du phare
- ceau à la surface de la mer. L’arc est réglé normalement à 45 volts, ce qui correspond à un écart de 5 mm de longueur. Le gardien
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- règle cet écart ainsi que la focalité des deux lampes en projetant les images de l’arc et de ses charbons en deux points différents au moyen d’un prisme sur une petite plaque d’ivoire portant un repère. Quand l'image
- s’écarte du repère, il règle la disposition des charbons a l’aide de vis de manœuvre.
- Caractère et portée du feu. — Comme tous les feux-éclairs des côtes de France, l’appa-
- 15. — Appareil optiqi
- >uble du phare de Pe
- reil double de Pcnmarch produit des éclats d’un dixième de seconde de durée ; à Pen-march ces éclats se reproduisent toutes les 5 secondes, l’appareil fait un tour en 20 secondes. La portée lumineuse excède de beaucoup naturellement la distance de visibilité directe du feu et peut atteindre 60 milles nautiques en temps clair, 30 milles en temps de brume, et en temps de brouillard très épais
- seulement peut être réduite à 1 ou 2 milles. Deux lampes à pétrole pouvant donner des faisceaux de 12000 bougies dans chaque appareil sont tenues en réserve en vue de l’éventualité d’un accident au service électrique.
- Service. — Le personnel du phare comprend six hommes dont les salaires sont en
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- moyenne i ooo fr par an, soit 3 fr par jour. Le nombre total d'heures d’éclairage est, comme d’habitude dans la Manche et le golfe de Gascogne, d’environ 4500 par an. Les deux appareils sont toujours éclairés simultanément, mais l’intensité des faisceaux
- est variée proportionnellement à la transparence de l’atmosphère d’après la visibilité des phares voisins, de l’ile de Sein (24 milles), de l’îlc Penfret (18 milles) et de Menhir 'secteur rouge 1 mille), comme l’indique le tableau suivant :
- FEUX A OÜSERVER DISTANCE PUISSANCE D,A*tTRE AMPÈRES VOLTS
- Nu 1 Sein visible. . . . 24 200000 10 25 45 un seul alternateur
- Penfret visible . . 18 84OO 16 50 45 deux alternateurs accouples
- N° 2 Penfret non visible .» » U
- N° 3 Menhir » 1 IO 10 25 45 un seul alternat, et la sirène
- La consommation de charbon, lequel ne j puissance moyenne étant de 8 chevaux, la revient pas à moins de 40 fr la tonne rendu ] consommation moyenne est ainsi de 3 kgr au phare, est d’environ 100 tonnes par an; la | par cheval-heure.
- Les frais d’exploitation annuelle (non compris la direction, l'inspection et l'intérêt du capital) sont les suivants :
- Personnel............................. 6000 fr.
- Combustible, eau, huile, charbon de lampes el accessoires.................14000 »
- Entretien des bâtiments et de la machinerie ......................... 5000 ”
- Total..............25000 fr.
- Frais d'établissement. — La construction de la tour seule, par suite de son caractère décoratif et monumental, a absorbé le legs de 300000 fr de la marquise de Bloqueville,
- et le prix total de la tour et des bâtiments s’est élevé à 400000 fr. Le prix des installations pour l’éclairage et la sirène a été le suivant :
- Installation électro-optique.
- Deux machines à vapeur Rouffet demi-fixes avec condenseur........... 24000fr.
- Transmission et accessoires .... 10000 »
- Deux alternateurs Labour avec excitatrice et tableau............... 9000 »
- Canalisation électrique. Appareils de mesure de la lanterne el accessoires ............................ 2000 »
- A reporter. . 45ooofr.
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- Report. . . 45 ooo fr.
- Appareil optique double de 300 mm de longueur focale avec armature, bain de mercure, mécanismed'hor-
- logerie et accessoires.............. 42000 »
- Six régulateurs électriques.......... 6500 ->
- Lanternes........................... 31500 »
- Total...........125000 fr.
- Installation de la sirène.
- Compresseur d'air................. 7500 »
- Accumulateurs et canalisation . . . 12500 »
- Sirène et réservoir, mécanisme de rotation, mouvement d'horlogerie
- et accessoires..................... 10000 »
- Total........... 30000 fr.
- Transport et montage................ 25000 »
- Total général...........180000 fr..
- I mühl (Penmarch) est non seulement en tant ! que phare le plus monumental et le plus puissant qui existe aujourd’hui, mais il marque un nouveau succès brillant de M. Bour-delles, le directeur du service des phares français dans l’application de son système de feux-éclairs avec lequel son nom restera toujours associé et qu’il n’a cessé de perfectionner dans la voie la plus scientifique. Ce phare, qui forme un nouveau chaînon de la ceinture de puissants feux électriques qui entoure les côtes de France, a été commencé à l’automne 1893, terminé et mis en service le 23 octobre 1897, cinq ans après la mort de la marquise de Bloqueville. Les travaux de construction ont été projetés et exécutés sous la direction de M. Bourdelles et de M. Ribière, ingénieur en chef du service ; l’architecte a’ été M. Marbot. Toutes les installations mécaniques et électriques ont été projetées et étudiées par les ingénieurs du service central des phares de Paris, M. Ribière, ingénieur en chef, M. A. Blondel, ingénieur attaché au service, MM. Meurs et Sillona, conducteurs.
- Les machines à vapeur ont été exécutées par M. Monin, les alternateurs et le tableau par la Société l’Éclairage électrique; les appareils optiques armatures et accessoires, par la maison Sautter Harlé, de Paris.
- Sur les commutatrices ;
- Par P. Janet p).
- o Dans une note que j’ai eu l’honneur de présenter à l’Académie le 20 juin dernier f), j’ai étudié le fonctionnement d’une commuta-trice dans le cas particulier où l’excitation était nulle; j’annonçais, en même temps, que je poursuivais une étude d’ensemble sur ccs appareils. Je me propose de faire connaître aujourd’hui les principaux résultats auxquels je suis parvenu et qui ont été énoncés et développés dans mon enseignement de cette année à l’École supérieure d’Electricité.
- Fig. 17. — Régulateur électrique du phare de la Ilève.
- Conclusion. — Le phare électrique d’Eck-
- ') Comptes rendus, t. CXXVII, p. 351, séance du 16 août. (2J Voir L'Éclairage Électrique, t. XVI. p. 38.
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- J’examinerai seulement la marche à vide, et je supposerai négligeables les pertes par frottements, hystérésis et courants de Foucault. Dans ces conditions, la commutatrice n’est pas autre chose qu’un moteur synchrone marchant à puissance nulle.
- » i° Pour une excitation donnée, il existe une et une seule tension alternative aux frotteurs E„ pour laquelle la tension continue Ee recueillie aux balais soit dans le rapport théorique /2 à 1 :
- Ef=t/7E#.
- » Cette tension continue Ec est celle qui correspond, sur la caractéristique de la machine, à l’excitation donnée : elle est rigoureusement continue, et le courant est alors nul dans l’induit. L’ensemble de ces conditions constitue ce que nous appellerons le fonctionnement normal de la commutatrice.
- » 2° Si, sans changer l’excitation, on fait varier la tension alternative ea aux frotteurs, le rapport / 2 ne se maintient pas entre les deux tensions. La tension recueillie aux balais est alors une tension ondulée, analogue à celle que j’ai étudiée dans la Note précédemment citée, qui se compose d’une tension continue ec et d’une tension alternative e„ de fréquence double de la tension donnée.
- » Si eu croit, c’est-à-dire si l’on a ea>Eaie„ croit aussi, mais le rapport — est plus petit que y'2 ; si, au contraire, ea décroît, c’est-à-dire sie(t<E„,<?, décroît, mais le rapport -f- est plus grand que y'z.
- » Dans tous les cas, le courant n’est plus nul dans l’induit dès que c\ ^ E„. |
- » 30 Si, partant d’un fonctionnement normal, et maintenant constante la tension E„ aux frotteurs, on fait varier l’excitation, la tension recueillie aux balais est, comme précédemment, une tension ondulée; si l’excitation croit, la partie continue ee de cette tension croît aussi, mais en restant toujours plus petite que la tension relevée sur la caractéristique ordinaire de la machine ; si l’excitation décroît, la tension ec décroît aussi, mais en se maintenant plus grande que la tension relevée sur la caractéristique de la machine.
- » 40 Tous ces résultats s’établissent facilement en utilisant soit le diagramme donné par M. Blondel, pour l’étude des moteurs synchrones à tension constante et excitation variable, soit un diagramme analogue, dans lequel les lignes d’égales puissances sont des droites, pour le cas où l’excitation est constante et la tension variable. En dehors du fonctionnement normal, le courant alternatif qui circule dans l’induit, et qui est déterminé par les diagrammes précédents, donne naissance à un flux fixe qui se compose avec le flux des inducteurs pour faire varier la tension continue ec suivant les lois précédemment énoncées; et à un flux tournant avec une vitesse double, qui donne naissance à la tension alternative e,, qui se superpose à er pour donner aux balais une tension ondulée.
- » Il résulte de ce qui précédé que, dans les commutatrices monophasées, il est essentiel de spécifier la nature du voltmètre dont on se sert pour la mesure des tensions (voltmètre à aimant ou voltmètre thermique). Dans les commutatrices polyphasées, il n’en est pas de même, le flux tournant dont il a été question n’existant plus alors. *>
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- Sur un mode d'entretien du pendule;
- Par A. Guiu.et fi).
- « M. Lippmann a conçu et réalisé un pendule entretenu sans perturbation et dont le fonctionnement repose sur la proposition suivante (2) :
- » 5/ deux impulsions égales sont imprimées au pendule en un même point de sa trajectoire, l'une à la montée et l'autre à la descenteles perturbations quelles produisent sont égales et de sens contraire.
- » La perturbation totale est donc rigoureusement nulle, quand meme les impulsions n’auraient pas lieu exactement au passage par la verticale.
- » J’ai satisfait à ces conditions en produisant les impulsions au moyen des courants d’induction dus à la fermeture et à l’ouverture d’un circuit inducteur; le pendule ouvre et ferme le circuit inducteur, lorsqu’il passe par la verticale dans les deux sens.
- » Voici le mécanisme de l’entretien d’un pendule, d’une installation rapide et commode, que j’ai construit et étudié au laboratoire de la Sorbonne.
- » Un doigt triangulaire i (fig. i) de faible masse est fixé par son centre de gravité sur le milieu d’un fil d’argent très fin, tendu horizontalement. Il est relié au pendule SL par le fil de cocon qd. A l’aller, lorsque le pendule passe par la verticale en se rendant vers le doigt, celui-ci vient reposer sur une lame de platine a. Le circuit primaire, dont les extrémités aboutissent aux deux pièces isolées s, a, se trouve alors fermé. Le courant inducteur, d’intensité I, développe, en s’établissant dans l’un des circuits d’un petit transformateur B, une quantité d’électricité Kl
- P) Comptes rendus, t. CXXVII, p. 94, séance du ir juillet 1898.
- (2) Voir Comptes rendus, t. CXXII, p. 104. — L’Éclairage Électrique, t. VII, p. 37.
- qui s’écoule instantanément à travers la bobine b en produisant une impulsion attractive sur l’aimant NS solidaire du pendule. Au retour, le pendule soulève le doigt i à l’instant où il passe par la verticale, la quantité d’clec-tricité Kl, induite à l’ouverture du courant inducteur, s’écoulant dans la bobine b dans un sens opposé à celui de l’électricité précédemment induite, produit une impulsion répulsive qui favorise encore le mouvement du pendule.
- » Pour régler le contact on s’aide d’un téléphone intercalé dans le circuit inducteur, ou dans le circuit induit. L'équidistance des tops indique que le courant inducteur est fermé et ouvert à l’instant des passages par la verticale. Pour une amplitude de quelques minutes les levées et les appuis du doigt i doivent se faire nettement. La vis a ou dans d’autres modèles les vis calantes du trépied K qui supporte tout l’appareil permettent de régler le contact.
- » Pour faire fonctionner et régler l’appareil dans le vide, ou même dans un gaz quelconque, il faut que l’on puisse agir sur la longueur du pendule sans introduire de l’air dans l’éprouvette. Comme les mouvements de réglage n’ont pas une grande amplitude, on satisfait à cette condition en commandant le pendule et l’étau de suspension par l’intermédiaire de membranes métalliques convenablement fixées et d’un jeu suffisant.
- » Le pendule représenté (fig. 1) fonctionne dans le vide ; il est construit de la manière suivante : la lame de suspension a été fixée à l’extrémité pleine d’un écrou E soudé au milieu d’une membrane P dont les bords sont soudés aux parois du chapeau C. La vis V qui s’engage dans la partie supérieure de la pièce E permet de faire fléchir la membrane et, par suite, de déplacer le pendule d’environ 15 mm. Comme la lame a passé entre les mâchoires w, n d’un étau, il est facile, en
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- agissant sur la vis v qui déplace la pièce «, de serrer nettement le ressort a apres en avoir fait varier micrométriquement la longueur utile. La vis v est montée sur la membrane p placée à l'intérieur de la boite latérale c comme la vis V sur la membrane P. Toutes les pièces précédentes sont portées par un chapeau métallique C dont le bord rodé a* s’appuie sur la couronne terminale.
- également rodée, d'une éprouvette T. On voit en O un robinet à pointeau, en [3 un baromètre tronqué et en 0 un thermomètre.
- » Le procédé d’entretien par induction réduit au minimum les organes mécaniques auxiliaires, toujours sujets à dérangement ; il est d’une sûreté absolue démontrée par quatre mois d’un fonctionnement constamment contrôlé.
- » Il m’a paru le plus pratique des modes d’entretien que j’ai étudiés.
- » Un seul élément Callaud du modèle ordinaire suffit à l’entretien, et cela pendant plus d’un mois, sans qu’on ait à ajouter du sulfate de cuivre. Il importe de n’employer qu’un très faible courant. Il n’y a pas trace d’étincelle au contact, sauf dans le cas où l’on emploierait un contact à mercure. Le pendule se met en marche de lui-même dès qu’on ferme le circuit inducteur, et prend rapidement son amplitude de régime, que l’on gradue à volonté en enfonçant plus ou moins le noyau de fer doux v dans la bobine B. Il est facile de maintenir une amplitude de quelques minutes.
- « On voit (fig. 2) les courbes de mise en
- marche (7), (6) et d’amortissement (2), 13) dans le vide (2 cm de mercure) et dans l’air, relatives à un pendule d’environ 40 cm de longueur chargé d’une lentille de 400 gr et portant un aimant de 4 mm de diamètre et de 48 mm de longueur. La part de l’amortissement due à l’effet Lenz est manifestée par la comparaison des courbes (1) et (3}. Les courbes (4) et (5) représentent l’amortissement dans l’air et dans le vide, le fer doux étant supprimé et l’élément Callaud main-
- » Le mouvement d'un pendule successivement libre et entretenu a etc comparé à celui d’un pendule auxiliaire approximativement synchrone du premier. Les oscillations des deux pendules s’inscrivaient, au début et à la fin de chaque phase d’observation (dont la durée était d’environ deux cents périodes) sur
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- un cylindre maintenu en rotation uniforme au moyen d’un moteur électrique régularisé.
- La durée d’une oscillation était représentée sur le cylindre par une longueur d’environ i m. Le rapport des périodes des deux pendules a été trouvé constant à io~6 près, le pendule étudié étant libre ou entretenu. C’est la précision limite que le procédé de comparaison que j’ai employé me permettait d’atteindre. Voici les nombres fournis par l’une des nombreuses séries de mesures également bonnes qui ont été faites :
- p
- Sans entretien.........-^-=1,0009759
- Avec entretien............ » =1,0009758
- Avec entretien............ » = 1,0009754
- Sans entretien............ » = 1,0009762
- » Ces résultats mollirent l’égalité des périodes et la stabilité de fonctionnement d’un pendule avec ou sans entretien. »
- Sur le passage des ondes électromagnétiques d’un fil primaire à un fil secondaire qui lui est parallèle ;
- Par C. Gutton (*).
- « Lorsque des ondes hertziennes se propageant le long d’un fil arrivent à l’extrémité de ce fil, elles sont réfléchies sans changement de sens de la force électrique. J’ai signalé (*) que ces ondes étaient transmises, sans changement de phase, de l’extrémité de ce fil à l’extrémité en regard d’un fil secondaire tendu dans le prolongement du premier.
- » Si l’on transmet des ondes le long de deux fils parallèles dont les extrémités sont réunies par un pont, la force électrique est constamment nulle ail milieu de ce pont. Je me suis proposé de rechercher comment s’effectue le passage des ondes sur un fil secondaire disposé parallèlement au fil primaire dans la région voisine du point de force électrique nulle.
- « Les extrémités BC (fig. 1) des fils primaires
- (') Comptes rendus, t. CXXVII, p. 97, séance du 11 juillet 1898.
- (2) Voir L3Éclairage Électrique, t. XV, p. 417, 4 juin 1898.
- sont réunies par un pont BAC ayant la forme d’un cercle de 50 cm de diamètre. Dans le même plan est disposé un fil BAC' formant
- Kg. f.
- un second cercle de diamètre un peu moindre et concentrique au premier. Ce cercle réunit les extrémités B' et C'd’une ligne de deux fils parallèles (B'D', C'E). On constate que les ondes issues de l’excitateur le long de la ligne primaire (DB, EC) passent en partie le lpng de la ligne secondaire (BD', CE'), par l’intermédiaire des deux cercles concentriques. Ce dispositif est analogue h celui qui servirait à produire un courant induit dans- une bobine placée à l’intérieur d’une bobine inductrice et ayant même axe que celle ci.
- » Pour rechercher si le passage d’une onde du conducteur primajre au conducteur secondaire était accompagné d’un changement de phase, j’ai employé la méthode suivante : Deux lignes formées chacune de deux fils parallèles partent des deux pôles d’un même excitateur. A l’extrémité de ces lignes, je fais agir les ondes transmises par chacune d’elles, sur un même résonateur disposé de telle sorte que les deux ondes produisent sur lui des effets inverses si elles arrivent en concordance, tandis que ces effets s’ajoutent si les ondes diffèrent d’une demi-période. Dans le premier cas, l’étincelle disparaît a la coupure du résonateur; dans le second, elle atteint une longueur maximum. Si les deux lignes sont formées de fils continus, l’étincelle disparaît lorsque’ces deux lignes ont des longueurs égales. Si maintenant on interrompt l’une des lignes à une distance quelconque de l’excitateur et que l’on transmette l’onde à une ligne secondaire au moyen des deux cer-
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- clés concentriques, disposés comme je l’ai indiqué plus haut, on constate, au contraire, que l’étincelle a une longueur maximum quand les deux ondes ont parcouru des chemins égaux entre l'excitateur et le résonateur (les parties où les fils primaire et secondaire sont parallèles, ne doivent être comptées qu’une fois). Le passage de l’onde d’un fil à l’autre a donc introduit une différence de phase d'une demi-période, autrement dit a renversé le sens de la force électrique. Si l’on renverse également le sens de cette force le long de la ligne formée de fils continus, ce qui peut se faire en croisant les deux fils de cette ligne en un point quelconque de son parcours, on rétablit la concordance entre les deux ondes, et j’étincelle du résonateur s’éteint lorsque les. longueurs de fils parcourues par chacune des ondes sont égales.
- >* Cette seconde manière d’opérer est plus précise parce que là longueur de la ligne continue qui correspond à une extinction de l’étincelle se détermine mieux que celle qui correspond à un maximum. Ces- expériences ont été faites avec différents excitateurs produisant des ondes de 8 à 22 m de longueur. La longueur de chacune des lignes était de 51,80 m.
- » J’ai cherché si la forme du train d’ondes émis par une étincelle de l’excitateur était modifiée par le passage d’un fil à un autre. Pour cela, j’ai déterminé, à l’aide de la méthode clectrométrique indiquée par M. Bjerknes (’), la forme des ondes, tant le long des fils primaires que des fils secondaires. J’ai trouvé que l’excitateur émettant des oscillations pendulaires amorties, les ' ondes secondaires étaient de même forme et avaient la même période et le même amortissement ; seulement l’amplitude de l’oscillation est diminuée par lepassagedes ondes au conducteursecondaire.
- » Cet affaiblissement tient à ce -qu’une partie de l’onde est réfléchie le long de la ligne primaire. A l’aide d’un résonateur placé entre les fils primaires, j’ai déterminé la posi-
- p) Bjerknes, Wieà. Ann.. I. XI.IV, p. 513 ; 1891.
- tion du nœud le plus voisin des deux cercles concentriques et l'ai trouvé au même point lorsque le cercle secondaire était en place, ou lorsque, celui-ci étant enlevé, l’onde était réfléchie intégralement. Dans les deux cas, la réflexion s’effectue donc de la même manière, c’est-à-dire avec un changement de sens de la force électrique.
- » La considération des lignes de force électrique permet donc de se rendre compte des résultats précédents. Une ligne de force située dans le plan des fils primaires se propage parallèlement à elle-même, ses deux extrémités aboutissant en deux points en regard pris sur les deux fils. Cette ligne de force se présente tangentiellement au cercle secondaire en A'. La force devant toujours être normale aux surfaces conductrices, au moment où la ligne de force atteint le con ducteur secondaire, elle se coupc en deux parties qui se propagent ensuite de part et d’autre du point A' et qui réunissent les points en regard des cercles primaire et secondaire. Au point A', la force est nulle. Le changement de phase d’une demi-période, éprouvé par l’onde secondaire, s’explique par le fait qu’une ligne de force a ses extrémités de signes contraires aux points en regard des cercles primaire et secondaire; les courants sont ainsi de sens contraire en ces deux points. Au point A du cercle primaire, les deux parties de la ligne de force se ressoudent en une ligne de force unique, qui se propage le long des fils secondaires et dont le sens est inverse de celui qu’elle avait le long des fils primaires.
- » En dehors du plan des fils, il y a des lignes de force formant des arcs qui aboutissent à deux points du cercle primaire équidistants de A. Certaines de ces lignes de force se propagent sans atteindre le cercle secondaire. Ce sont elles qui, après leur arrivée-au point A, reviennent en arrière et forment l’onde réfléchie. (‘) »
- (*) Travail fait au Laboratoire de Physique de la Faculté des Sciences de Nancy.
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- Sur l’absorption de la lumière produite par un corps placé dans un champ magnétique ;
- Par Auguste Righ:
- » Imaginons qu’un rayon de lumière blanche 'lumière du Soleil ou d'une lampe à arc) traverse l’électro-aimant RuhmkorfT suivant son axe. Ce rajron sera polarisé par le premier nicol de l'appareil, et éteint par l’autre nicol tourné à l’extinction. Entre les pôles est placée une flamme à sodium. Il est facile de prévoir les phénomènes qui se produiront lorsque l’électro-aimant sera excité.
- » En effet, soit N le nombre de vibrations ; d’une radiation absorbée par la flamme. Dès que le champ magnétique existe, la flamme n’absorbe plus la radiation N, mais à saplace elle absorbe une radiation circulaire droite de N, vibrations et une circulaire gauche de N, vibrations, les nombres et Ns étant l’un plus petit et l’autre plus grand que N. C’est là le phénomène de Zeeman par absorption.
- : » Deux vibrations circulaires pourront donc arriver à l’analyseur : une circulaire gauche N, et une circulaire droite Xa. L’analyseur transmettra une composante rectiligne de chacune de ces deux vibrations circulaires. Ainsi, lorsqu’on aura excité l’électro-aimant. on n’aura plus l’extinction, mais on verra une lumière jaune, de même nature que celle que la vapeur de sodium absorbe.
- y> Ce résultat, que j’avais prévu comme les autres qui seront décrits plus bas, s’est trouvé pleinement confirmé par l’expérience.
- » La lumière jaune ne s’éteint pas en tournant l’analyseur ; au contraire, elle devient blanche et de plus en plus intense. On ne peut donc confondre ce phénomène, qui démontre l’existence de l’effet Zeeman, avec le phénomène de Faraday.
- » Comme l’intensité de la lumière jaune, qui apparaît lorsqu’on crée le champ magnétique, est proportionnelle à l’intensité de la
- (‘) Comptes rendus, t. CXXVJI, p. 216, séance let 1898.
- source de lumière blanche, on peut, avec une lumière très intense, mettre en évidence le phénomène de Zeeman, même en employant un champ magnétique relativement faible. Ainsi, j'ai observé distinctement Vapparition de la lumière jaune avec un champ de 300 unités, produit avec le courant d’un seul couple à bichromate 1)1).
- » J’ai répété l’expérience avec égal succès en substituant le lithium ou le thallium au sodium. La lumière qui apparaît est rouge ou verte respectivement.
- » L’expérience précédente réussit pour les mêmes motifs avec l’hypoazotide dont le spectre d’absorption est résoluble en raies sombres très fines. Ayant placé entre les pôles un petit tube, fermé avec des verres très minces (couvre-objets pour microscope), et rempli avec le gaz que l’on vient de nommer, j’ai observé, en excitant l’électro-aimant, l’apparition d’une lumière vert bleu, complémentaire de la lumière jaune rouge, que le gaz montre par transmission. Cette lumière bleu vert ne s’éteint pas en tournant l’analyseur, mais au contraire elle est peu à peu remplacée par la lumière jaune rouge d’intensité croissante. Il est donc démontré que 1 'hypoa\otide présente l’effet Zeeman.
- » En plaçant un spectroscope à vision directe entre l’œil et l’analyseur, on aperçoit le spectre de la lumière vert bleu. Ce spectre est complementaire du spectre d’absorption bien connu de l’hypoazotide, c’est-à-dire que les parties claires ou obscures d’un des spectres
- ('; La méthode décrite, outre une grande sensibilité, présente un autre avantage : elle pourrait servir à montrer l’existence du phénomène de Zeeman, même avec un corps dont le spectre n’est pas un spectre de lignes. En effet, on peut répéter ce qu’on a dit relativement à la radiation de N vibrations, pour toute autre radiation absorbée, même si les
- Pour chaque radiation de N vibrations que le corps absorbe lorsqu'il est en dehors du champ, l’analyseur laisse passer, lorsque le champ existe, deux radiations N,, Nâ, N étant toujours compris entre N, et N,. Or, il serait très difficile de constater, avec le dispositif de Zeeman, les changements de période produits par le champ magnétique, lorsque le spectre ne contient pas de lignes bien définies; j'espère pouvoir trouver une substance permettant de réaliser ce phéno-
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- coïncident avec les parties respectivement obscures et claires de l’autre. C’est ce qu’on peut constater, au moins approximativement, en tournant peu à peu l’analyseur, de manière que la lumière jaune rouge transmise par le gaz s’ajoute à la lumière vert bleu. On voit alors le spectre devenir continu, puis se transformer dans le spectre complémentaire à celui qu’on apercevait d'abord.
- » Comme la dispersion produite par le spectroscope est faible, on peut dire que le spectre de la lumière vert bleu est complémentaire du spectre ordinaire d’absorption, et, la loi d’identité entre l’émission et l’absorption admise, on peut ajouter que, par cette expérience, on obtient le spectre d'émission d'un corps non lumineux.
- » C’est, sans aucun doute, le résultat que l’on obtient dans l’expérience suivante, qui donne le spectre d'émission du sodium non lumineux. Un tube rempli d’hydrogène, contenant un peu de sodium métallique, que l'on chauffe pour le transformer en vapeur, est place entre les pôles de l’aimant. Lorsqu'on excite le champ magnétique, on voit apparaître la lumière jaune et, avec le spectroscope, on aperçoit la raie jaune du sodium. Dans mon expérience cette raie était très large et, en son milieu, on voyait une ligne noire mince. Celle-ci était due probablement àde la vapeur de sodium qui se trouvait hors du champ à cause de la forme spéciale de l’appareil.
- » Si l’on tourne peu à peu l’analyseur, les autres couleurs du spectre s’ajoutent à la raie jaune, et enfin on obtient une large raie noire à la place de celle-ci, en passant par une phase où le spectre est sensiblement continu, Cela montre que le spectre observé d’abord est bien complémentaire du spectre d’absorption de la vapeur de sodium.
- » Si, dans l’expérience décrite au début, on emploie une flamme peu chaude et peu riche en sodium, par exemple, par la méthode de M. Cotton (l *) ou par celle imaginée
- (') Comptes rendus, t. CXXV, p. 865, 29 novembre 1897, — L'Éclairage Électrique, t. XIV, p. 223, 405 et 440.
- par M. Kœnig (*), et si la lumière blanche est celle du soleil, l’expérience ne réussit pas bien. C’est probablement parce que la lumière que le sodium peut absorber existe en trop petite quantité dans la radiation-solaire, car il suffit de la remplacer par la lumière de la lampe à arc pour que l'expérience réussisse complètement. Cette explication est confirmée par le fait que l’expérience ne réussit pas si, entre la lampe et l’appareil, on place une deuxième flamme qui soit riche en sodium et très chaude.
- » Jusqu’ici on a supposé que les lignes de force magnétique sont parallèles au faisceau de lumière blanche. Si, au contraire, les lignes de force sont exactement et partout perpendiculaires à la direction des rayons, on n’observe plus les phénomènes décrits.
- » Mais on prévoit des résultats analogues dans le cas où la lumière qui traverse le corps placé dans le champ magnétique, perpendiculairement aux lignes de force, est-polarisée circulairement et éteinte par un analyseur circulaire. Je renvoie, pour les détails des expériences, à une note qui va être publiée dans les Rendiconii délia R. Ac-cademia dei Lincei, de Rome. »
- Résistance électrique au contact de deux disques d'un même métal ;
- Par Édouard Branly (*}.
- » J’ai fait voir, il y a trois ans (:i), que la surface de contact de deux métaux différents, bien nettoyés, bien dressés sur un plan d'acier et superposés avec pression, pouvait offrir une résistance importante. L’intérêt de cette étude est accru par cette circonstance que le phénomène n’est pas général. Pour certains métaux et alliages, qui sont précisément ceux qui servent habituellement dans
- (i) Wied. Afin., Bd. LXIII, p. 268. — VÉclairage. Électrique, t. XIV, p. 438.
- (3j Comptes rendus, t. CXXVII, p. 219, séance du 25 juillet,
- (a) Comptes rendus, t. CXX, p, 869, 22 avril 1895. — L'Eclairage Électrique, t. III, p. 230.
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- les mesures électriques : cuivre, zinc, laiton, argent, maillechort, etc., la résistance au contact est nulle ou extraordinairement faible, comme si les atmosphères métalliques des surfaces en contact se pénétraient intimement; pour d’autres, tels que le fer, l’aluminium, le plomb, le bismuth, etc., la résistance est souvent très forte, comme si les atmosphères métalliques étaient maintenues à distance, soit par une couche gazeuse extrêmement adhérente, soit par une autre cause diminuant le rayon d’action des molécules. Cette communication a pour objet d’étendre le phénomène en montrant que le contact de deux disques d’un même métal est aussi, pour certains métaux et dans certaines conditions, le siège d’une grande résistance.
- » Je forme une colonne ayant l’aspect extérieur d’une pile à colonnes de Vol ta. Elle comprend 45 disques de 35 mm de diamètre et de 6 mm d’épaisseur ; ils sont percés en leur centre d’une ouverture de 1 cm de diamètre, qui permet de les superposer en les enfilant dans une tige d’ébonite qui leur sert de guide. Ils ont été soigneusement dressés et nettoyés. La colonne est intercalée dans l’une des branches d’un pont de Wheatstone et l’on mesure sa résistance. Cette résistance, quand elle existe, diminue beaucoup lorsque la pression de surcharge est forte. Je ne citerai que des essais effectués avec des pressions faibles, afin de rendre plus frappante la comparaison des résultats relatifs aux différents métaux. Voici quelques expériences :
- » Zinc. — La colonne est formée de disT ques de zinc, fraîchement frottés au papier d’émeri fin sur un large plan métallique et essuyés soigneusement avec un chiffon pour enlever toute poussière : i° Ces disques sont superposés très doucement, de façon à éviter le moindre choc. La surcharge étant de 100 gr seulement, la résistance observée est nulle (déduction faite de la faible résistance des fils de communication). 2° Les disques sont enlevés et replacés. Cette fois, après
- avoir introduit l’ouverture d’un disque dans la tige d’ébonite, on le laisse tomber à plat de la hauteur libre sur les disques déjà placés, de façon à produire un choc. Ce choc s’affaiblit à mesure que la colonne s’élève. Lorsque la colonne est reformée, avec la même surcharge que précédemment, la résistance est encore nulle.
- » Cuivre, laiton. — Des disques de cuivre rouge ou des disques de laiton superposés suivant le même mode opératoire que le zinc, et avec une très faible surcharge, se comportent de la même façon. On peut encore former la colonne de disques de zinc et de cuivre alternant : zinc, cuivre, zinc, cuivre, zinc, etc.
- » Si l'on touche un point de la colonne avec une bouteille de Leyde chargée ou si l’on attache à l’une des boules d’un radiateur de Righi un fil conducteur qui touche un point de la colonne, le contact direct avec' une étincelle ne produit rien. La résistance reste nulle.
- » Aluminium. — Les disques d’aluminium, nettoyés et essuyés, sont superposés très doucement. On les surmonte d’une surcharge de 2,600 kgr. Avec cette surcharge, le poids total des disques et de la surcharge était égal k la somme des poids des disques de zinc et de leur surcharge. La résistance de la colonne est 1,5 ohm (cette résistance a été plusieurs fois plus petite). On reforme la colonne en laissant tomber les disques le. long de l’axe d’ébonite, on trouve alors une résistance de 40 ohms ; après vingt-quatre heures, elle est encore 19 ohms.
- » Le lendemain, sans nettoyer de nouveau les disques, on les superpose doucement en les surmontant de la même surcharge de 2,600kgr, la résistance est de 2,20 hms. On les laisse tomber avec chocs le long de l'axe d’ébonite, la résistance est 215 ohms f1).
- » On reforme encore la même pile en Iais-
- p) Avec une surcharge de 18 kgr, on a eu 0,5 ohm sans chocs et 5,t ohms avec chocs.
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- sant tomber les disques avec chocs. Résistance 216 ohms, qui devient 165 ohms après ne heure et 86 ohms après vingt-quatre heures. On termine en faisant passer dans la colonne l'étincelle directe d’un radiateur, la résistance tombe à 0,50 hm. On démonte encore la colonne et on la reforme avec chocs : résistance 190 ohms.
- »Fer. — Les disques de fer, nettoyés et essuyés, sont superposés très doucement : résistance 0,6 ohm; 011 les sépare et on les fait retomber le long de l’axe d’ébonite : résistance 29,5 ohms. Elle est réduite à 0,1 ohm par le contact direct avec l’étincelle du radiateur.
- » E11 opérant avec les mêmes disques, abandonnés à l’air pendant quelques jours et recouverts d’une couche imperceptible d’oxyde, on eut 10 ohms par superposition douce et 12 ohms par superposition avec chocs.
- » Les mêmes disques, nettoyés ensuite au papier d’émeri et essuyés, donnent 5 ohms par superposition douce et +2 ohms par superposition avec chocs (27 ohms apres vingt-quatre heures}. Une étincelle du radiateur ramène la résistance à 0,5 ohm. La colonne est immédiatement reformée. Par superposition douce ; 7 ohms ; par superposition avec chocs : 40 ohms. Les étincelles du radiateur ramènent à 0,9 ohm.
- » Dans les expériences faites avec le fer, la surcharge était 2,600 kgr. En raison du poids assez élevé des disques de fer, le poids total était ici notablement supérieur au poids total dans le cas de l’alu-minium.
- » Bismuth. — Surcharge : 2,600 kgr. Superposition douce: résistance 0,3 ohm. On laisse tomber les disques avec chocs. Ici on diminue la hauteur de chute en raison de la fragilité du métal. On a 12 ohms. L’étincelle au contact réduit la résistance à 1 ohm.
- j) Ces exemples suffisent pour renseigner sur la nature du phénomène. Pour le zinc et le cuivre, la superposition des disques, de quelque façon qu’elle ait lieu, offre une colonne sans résistance électrique. Pour l’alu-
- minium, le fer, le bismuth, la résistance est nulle par une superposition douce, importante par une superposition avec chute. Dans ce dernier cas, l'étincelle électrique se comporte comme si elle comprimait la colonne ou comme si elle accroissait l’amplitude des excursions moléculaires. Je laisse pour le moment de côté divers effets, tels que celui des étincelles à distance, qui ne m’ont pas encore fourni dans tous les cas des résultats concordants.
- » Il était intéressant de répéter, avec la même disposition et dans les mêmes conditions les expériences de contact de deux métaux différents. Les phénomènes que j’ai observés il y a trois ans se reproduisent; ils sont plus accentués, parce que le nombre des disques est plus grand et parce que la surcharge est notablement moindre. La formation de la colonne sans chocs, puis avec chocs, conduit à des résistances toujours importantes, mais beaucoup plus fortes dans le deuxième cas que dans le premier. Pour ne pas m’exposer à des redites, je 11e décrirai qu’une expérience.
- » Aluminium et plomb. — Les disques de plomb sont minces. Les disques d'aluminium, ont la même épaisseur que dans les expériences antérieures effectuées avec un seul métal. Tous ces disques avaient cté nettoyés huit jours auparavant. On les superpose très doucement en les alternant ; aluminium, plomb, aluminium, plomb, etc. La surcharge est 2,600 kgr. La résistance est 49 ohms; elle croît, après un quart d’heure elle atteint 65 ohms. On démonte la pile et on la reforme en laissant tomber les disques le long de l’axe d’ébonite et en les surmontant de la même surcharge; la résistance s’élève à 510 ohms, elle atteint 998 ohms après seize heures. L’étincelle directe d’un radiateur la réduit à 4 ohms.
- » Les mêmes disques sont ensuite nettoyés au papier d’émeri et essuyés, les aluminiums séparément et les plombs séparément. On reforme la colonne en les alternant et l’on
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- ajoute la surcharge de 2,600 kgr. La résistance est 169 ohms et elle augmente. On sépare les disques et l’on reforme la colonne alternée, avec chocs; la résistance s’élève à 34000 ohms. L’étincelle du radiateur la réduit à 3 ohms.
- » Ces phénomènes de contact, qu’il serait probablement inexact d’appeler phénomènes de contact imparfait, forment un groupe distinct de ceux qu’on a l’habitude de considérer. Il est peut-être difficile, pour le moment, de les expliquer d’une façon certaine, c’est-à-dire de les rattacher à des phénomènes déjà connus. »
- Sur la diffusion des rayons cathodiques ,*
- Par P. VlLLARD (')•
- « Lorsqu’un faisceau cathodique, suffisamment resserré déjà pour qu’il y ait production de rayons X, rencontre la lame anticathodique d’un tube focus, une vive fluorescence du verre se produit dans toute la partie du tube située au-dessus du plan de l’anti-cathode ou d’un plan très voisin de celui-ci. Cette illumination hémisphérique a été attribuée par M. Silvanus P. Thomson à des rayons paracathodiqucs analogues aux rayons cathodiques, comme eux sensibles à un champ magnétique ou électrostatique, mais incapables de produire des rayons X. Leur point radiant est le point d’impact du faisceau direct.
- » Il s’agit, en réalité, de véritables rayons cathodiques, aisément reconnaissables à leurs propriétés. On peut les considérer provisoirement comme provenant de la diffusion des rayons primaires, diffusion qui présenterait un maximum d’intensité dans une direction peu différente de celle qui correspond à la réflexion régulière.
- » Si l’on isole par un diaphragme un faisceau de ces rayons et qu’on le reçoive dans un tube latéral protégé électriquement, on peut s’assurer, par le sens de la déviation
- électrique ou magnétique, que ces rayons sont électrisés négativement.
- » En recevant Je faisceau sur une lame métallique, isolée ou reliée à l’anode, on obtient l’illumination hémisphérique du verre, comme dans le tube principal.
- » En même temps, il se produit des rayons X qu’il est facile de distinguer des rayons S découverts parM. Sagnac (!)et qui prennent naissance en même temps : l’approche d’un aimant écartant de l’obstacle le faisceau en expérience, sans agir sur les rayons X primaires qui l'accompagnent, fait effectivement cesser cette émission, au moins pour l’observation à l’écran.
- » Au point de vue de la production des rayons X, les rayons cathodiques diffusés se comportent vis-à-vis des obstacles rencontrés, verre ou métaux, exactement comme les rayons directs. On peut le constater en photographiant, à la chambre noire, une anticathode formée par la juxtaposition de diverses substances et que l’on expose : i° aux rayons cathodiques directs, 20 aux rayons diffusés. Un écran en aluminium ou en verre protège les plaques sensibles contre l’action des rayons Sagnac. Avec des temps de pose convenablement choisis les deux épreuves sont identiques.
- « Enfin les rayons diffusés réduisent rapidement le cristal, et l’expérience réussit même dans l’oxygène. Cette action ne saurait être attribuée aux rayons X, car elle est complètement supprimée par l’interposition d’une lame d’aluminium de moins de 0,1 mm d’épaisseur.
- » Il n’y a pas lieu de supposer que les rayons dont il s’agit sont émis directement par l’anticathode devenant cathode quand la décharge est oscillante. Le résultat est en effet le même, que l’anticathode soit anode ou isolée, et il n’y a d’ailleurs oscillation que si la résistance du tube dépasse la valeur qui convient à sa marche normale.
- (’) Comptes rendus, t. CXXV, P. 230. — L'Éclairage Électrique, t. XIV. p. 466, 309 et 533.
- (' Comptes rendus, t. CXXVII, p. 223. séance
- >5 juillet.
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- » Il est permis d’admettre qu’au contact d’un obstacle les particules électrisés en mouvement, qui constituent les rayons cathodiques, se diffusent partiellement en tous sens, conservant, en partie au moins, leurs charges et leur énergie cinétique. De cette diffusion résultent de nouveaux rayons se propageant à peu près rectilignement parce que le champ est très faible dans la région où ils se forment; à part leur mode particulier d’émission ils sont identiques aux rayons directs et comme eux représentent les trajectoires de particules d’hydrogène électrisé (!)-
- Mesure de la vitesse des particules électrisées
- dans la décharge par la lumière ultra-vio-
- Par H. Buisson (2).
- « Lorsqu’un condensateur plan, chargé, est en équilibre, le champ électrique à l’intérieur des armatures est uniforme et le potentiel varie linéairement de l’une à l’autre. Cette distribution change dès que l’état d’équilibre cesse sous l’influence de la lumière ultra-violette qui produit la décharge du condensateur.
- » En effet, il y a alors de l’électricité libre dans l’air, la densité électrique 11’est plus nulle, et AV non plus. Cette quantité se
- réduit dans le cas actuel à4-r*i et la courbe dxÀ ’
- qui représente le potentiel en fonction de la distance à l’une des armatures n’est plus une droite.
- » Le phénomène de décharge est très simple. Il n’y a que de l’électricité négative qui se transporte d’une armature à l’autre, ayant été libérée à la face négative. Aucune déperdition ne se produit à la lame positive; et, à l’inverse du mode d’action des rayons de Rœntgen, l'air ne prend aucune part active à la décharge. Je l’ai constaté en faisant
- [') Travail fait au laboratoire de chimie de l’École Normale supérieure.
- (‘‘} Comptes renius. t. CXXVII, p. 224, séance du 25 juillet.
- passer un faisceau de lumière ultra-violette entre les armatures d’un condensateur, sans les toucher : on n’observe rigoureusement aucune décharge. Il y a donc un flux unique d’électricité négative qui se meut avec une certaine vitesse, en sens inverse de celui du champ.
- » L’expérience montre en effet que partout, entre les lames, le potentiel diminue lors de l’éclairement. La ligne représentant ses nouvelles valeurs a une courbure de signe constant en tous ses points. De plus cette ligne est sensiblement parabolique.
- » On peut alors calculer la densité électrique par la relation
- » L’intensité i du courant produit par la décharge, la densité p, la section s du flux et lavitesse v des particules électrisées sont liées par la relation
- qui donne la valeur de la vitesse.
- » Le dispositif expérimental est le sui-
- » Un condensateur plan est forme de deux lames parallèles verticales. L’une d’elles présente une ouverture recouverte d’une fine toile métallique, à travers laquelle on éclaire l’autre lame, chargée négativement par une batterie d’accumulateurs. La source lumineuse est l’arc électrique dont un charbon contient un fil d’aluminium.
- » Le potentiel en un point du champ se mesure au moyen d’un appareil à écoulement de mercure. Un jet fin vertical se résout en gouttes et donne le potentiel du point où les gouttes se séparent.
- » Le jet de mercure étant parallèle aux surfaces de niveau ne causera qu’une faible perturbation dans la distribution du champ. E11 faisant la mesure du potentiel sans éclairer, puis en éclairant, on a par différence la diminution due à la présence de l’électricité libre.
- » Il n’est d’ailleurs pas nécessaire, dans ce
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- cas, de relever avec beaucoup d’exactitude la position du jet. De plus, la forme parabolique de la courbe étant admise, il suffira de faire une seule mesure, au milieu de l’intervalle des lames, pour déterminer complètement cette courbe.
- » En effet, le potentiel V, en un point situé à une distance x de la lame négative, est donné par la formule
- V = VlX + 2T.?x(d~ .V),
- obtenue en intégrant la relation = — 4~s, V, étant la variation par unité de longueur due au champ inaltéré, et d la distance des lames. La mesure différentielle donne immédiatement la quantité
- %*çx{d — xi
- et, comme le produit x (d—x) varie peu aux . d
- environs de son maximum, pour x~ —, on
- voit que la mesure de x n’a pas besoin d’être précise.
- » L’intensité du courant se mesure à l’aide d’un électromètre et d’une grande capacité connue reliée à l’une des armatures et don-
- nant ainsi le débit pendant un temps déterminé.
- » J’ai constaté que la vitesse est indépendante de l’intensité de la lumière employée. En première approximation elle semble être proportionnelle au champ.
- » C’est ainsi que j’ai trouvé des vitesses variant de 25 cm par seconde, dans un champ de 10 volts par centimètre, à 135 cm dans un champ de 60 volts.
- » La méthode que j’indique a l’avantage, sur celles qui composent la vitesse à mesurer avec la vitesse d’un courant d’air, de ne rien supposer sur le mode d’entraînement des charges par l’air.
- « M. Righi a trouvé, par une de ces méthodes d’insufJIation, des vitesses beaucoup plus grandes ; mais il se servait de champs considérables, fournis par une machine électrostatique. En supposant la loi de proportionnalité exacte et étendue jusqu’à ccs limites, on peut calculer l’ordre de grandeur du potentiel qu’il employait, d'après les dimensions de ses condensateurs. On trouve ainsi des potentiels de l’ordre de 30 000 volts, ce qui n’a rien d’inadmissible (1). »
- VARIÉTÉ
- Loi allemande concernant les unités électriques :
- 1. — Les unités de mesure électriques légales sont l’ohm. l’ampère et le volt.
- 2. — L’ohm est l’unité de résistance électrique. Il est représenté par la résistance d'une colonne de mercure dont la longueur est de 106,3 cm et la masse de i-i;452i gr, dont la section supposée uniforme est égale à 1 mm*, à la température de la glace fondante.
- 3. — L’ampcre est l’unité d’intensité du courant électrique.H est représentepar i’intensitédu courant constant, qui précipite en unesccondeo,ooi 118 gr d'argent d’une dissolution aqueuse d’azotate d’argent.
- 4. — Le volt est l’unité de force électromotrice, il est représenté par la force électromotrice qui produit un courant d’un ampère dans un conducteur dont la résistance est un ohm.
- 5. — Le Conseil fédéral reçoit pleins pouvoirs :
- a). De fixer les conditions dans lesquelles doit se
- produire le dépôt d'argent qui sert à déterminer la valeur de l’ampère.
- b,. De fixer les dénominations des unités de quantité d’électricité, d’énergie et de puissance électriques, de self induction.
- c) . De désigner les multiples et les sous-multiples des unités électriques-
- d) . De déterminer comment on doit calculer
- :‘) Travail fait au laboratoire de physique Normale supérieure.
- 1') Bulletin des Lois de VEmpire, n" 2b, p. 985, 1898. Reprod. par Zeits.f. Instrumentai Kmide, juillet 1898.
- de l’École
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- intensité, la force électromotrice, l'énergie et la puissance des courants alternatifs.
- 6. — Les appareils de mesure qui, dans la vente de l’énergie électrique, servent à fixer la dépense, conformément aux conditions du contrat, ne sont autorisés que si leurs indications sont exprimées en unités légales. Est interdit l’usage d’appareils de mesure inexacts. Le Conseil fédéral, après avoir entendu la Commission de la Reichsansiall, fixera les limites des écarts qu'il convient de tolérer.
- — La Reischsanstalt est chargée de construire les étalons mercuriels de l’ohm, de les contrôler et d'assurer leurdépôl sous garde sure aux divers endroits intéressés. La résistance des étalons en métal solide, destines aux travauxde légalisation.seradéterminée à nouveau chaque année, par comparaison avec l’étalon mercuriel.
- g. — La Reichsanstalt est chargée de fournir des étalons de résistance et des éléments de pile, dûment légalisés, pour servir à déterminer les intensités et les forces ciectromotrices.
- g. — La vérification officielle et la légalisation des appareils de mesure électrique sont confiées à la Reichsanstalt. Le chancelier de l'Empire peut étendre cette compétence à d’autres offices. Tous les étalons ou appareils d'étalonnement employés à la vérification officielle doivent être légalisés par la Reichsanstalt.
- 10. — La Reichsanstalt doit également veiller à ce que dans tout l’Empire la vérification officielle et la légalisation des appareils de mesure électrique sc fassent d’après les mêmes principes. Elle est chargée de surveiller la vérification et d’édicter toutes les prescriptions techniques qui s'y rapportent. En particulier, il lui appartient de déterminer quels modèles d'instruments de mesure doivent être admis à la vérification ollicielle, quels matériaux doivent être employés à leur construction, de fixer toutes leurs propriétés et leurs désignations, de régler la marche à suivre dans la vérification et la légalisation, d’établir la quotité des droits à percevoir et la forme du poinçon à apposer sur les objets légalisés.
- 11. — Les instruments démesure légalises conformément aux précédentes prescriptions sont autorisés dans tout l’Empire.
- i>. — Les contraventions aux prescriptions édictées dans le paragraphe b ou sur les principes établis dans ce paragraphe, commises dans la vente de l'énergie électrique sont punies d’une amende ne dépassant pas ioo marks ou d’un emprisonnement dont la durée ne dépassera pas quatre semaines.
- En outre la confiscation des instruments inexacts ou contraires aux reglements peut être prononcée.
- 13. — La présente loi entrera en vigueur à partir du jour de sa promulgation, exception faite des paragraphes 6 et 12, qui entreront en vigueur le i"' janvier 1902.
- Au paragraphe S.
- Les pouvoirs ont été conférés dans le paragraphe 5 au Conseil fédéral d’éclicter certaines prescriptions complémentaires, qui ne figurent pas dans le texte de la loi, afin de pouvoir améliorer, le cas échéant, ces prescriptions et les mettre en harmonie avec les progrès de la science, sans avoir besoin de faire intervenir le pouvoir législatif.
- La disposition (a) donne force de loi aux prescriptions édictées relativement à l'usage du voltamètre à argent.
- Il 11'y a pas lieu de donner une définition légale des désignations usuelles telles que coulomb, watt, farad, quadrant ou henry, désignant les unités de quantité d’électricité, de puissance électrique, de capacité électrique, de self-induction, tant du moins qu’il s’agit de courants continus, attendu qu’il ne peut y avoir de doute sur le sens de ces expressions, dès que les unités fondamentales ohm, ampère et volt sont fixées. Il est à prévoir qu’une définition de lapuissanccdeviendra nécessaire pour l'industrie des courants alternatifs. Il serait donc à désirer d’introduire dans le texte deloi l’unité de puissance ou watt. Mais ceci suppose qu'on en donne une définition légale : or, ccttc définition n'est pas actuellement possible, pour les raisons indiquées plus loin. Par conséquent, la dénomination de cette unité sera ajournée jusqu'au reglement par lequel le Conseil fédéral en donnera la définition, conformement au paragraphe 5 (d). Un autre motif de ne pas admettre d’autres désignations légales que ohm, ampère, volt, c’est que la législation anglaise et la législation française avec lesquelles le precedent projet se tient, autant que possible, d'accord, n’ont pas non plus établi d’autres dénominations.
- Le titre <c) se rapporte aux préfixes méga-, kilo-, milli- ou micro; il donne lieu aux memes remarques que le titre \b).
- Le titre (rf) devait être adopté pour établir sur une base uniforme l’emploi des unités légales dans l’industrie des courants alternatifs. Tout d’abord le
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- législateur avait l’intention d'introduire dans la loi i les notions d'intensité et de force clcctromotrice | pour les courants alternatifs, ce qui eût défini par 1 là même la notion importante de puissance.
- Mais d'une enquête faite en 1893 auprès des personnes compétentes, il résulte que cette mesure était considérée comme prématurée. Les paragraphes du projet de loi primitif s’y rapportant, ont été de nouveau biffés, suivant le désir exprimé à celte époque.
- Pour la même raison Je Congrès de Chicagos'est abstenu de mettre à l’ordre du jour la question des 1 courants alternatifs. Car la difficulté subsiste de donner pour les courants alternatifs des définitions claires et précises, dont on puisse espérer qu’elles soient admises définitivement par tous les intéressés et qu’elles soient assez mûres pour faire l’objet d'un
- Cette difficulté consiste en ce que les facteurs qui définissent la puissance d’un courant alternatif, c’est-à-dire l’intensité et la force électromotrice sont définies par des expressions mathématiques empruntées à l’analyse supérieure. On ne peut donner de ccttc puissance d’autres définitions complètes en termes assez brefs, parce que la manière dont le travail est utilise est très variée. En conséquence le soin d’établir ces définitions est laissé au règlement que publiera Je Conseil fédérai, après que Ja rédaction en aura été discutée par les parties intéres-
- Au paragraphe 6.
- Les applications industrielles et domestiques de l'électricité sont très variées.-Ce sont principalement la fourniture de la force motrice aux fabriques et aux ateliers, aux tramways, l’éclairage soit par les lampes à arc, soit par les lampes à incandescence, le chauffage, l'électrolyse (clarification des liquides, galvanoplastie...), l'aimantation dans les horloges électriques ou autres appareils à signaux, la mise en marche des appareils d'induction, la charge des accumulateurs, enfin les usages thérapeutiques. Le domaine de l'électricité dans ces diverses applications est déjà très étendu et s’accroîtra certainement avec le temps.
- En général, l'énergie électrique est produite dans des stations centrales, qui la livrent ensuite à leurs abonnés sous forme de courant dans les lignes.
- Dans ce cas, la somme à payer est calculée la plupart du temps d’après la consommation effective, c'est-à-dire d’après l’énergie ou travail électrique,
- soit le produit de l'intensité du courant par la force électromotrice et par le temps pendant lequel il en est fait usage, qui est consommée dans la ligne de l’abonné. Carie producteur doit, pour entretenir le courant, dépenser toujours une quantité d'énergie égale à celle que consomme l'abonné en plus que si cette consommation n’avait pas lieu. Pour déterminer la quantité d’énergie consommée, on emploie les appareils démesuré spéciaux. Les plus employés dans l’industrie sont les compteurs d’clectricité qui marquent sur un cadran la quantité d'énergie consommée, comme les compteurs d’eau et de gaz marquent le volume d’eau ou de gaz consommés.
- Tous les efforts de la technique tendent à obtenir sur tous les compteurs la lecture directe : cependant il y a encore en usage des compteurs dans lesquels il faut multiplier les indications du cadran par un facteur numérique, appelé constante du compteur, pour obtenir le chiffre de la consommation. En outre, on peut faire usage aussi d’autres instruments dont les indications servent à calculer la consommation, en tenant compte du temps : à cette catégorie d’appareils appartiennent les appareils pour la mesure des intensités des forces électromotrices et les résistances électriques.
- Un fonctionnement exact de ces appareils, en raison des sommes importantes qui entrent en jeu dans les exploitations électriques, est pour les intéressés d’une grande importance économique. Actuellement la seule garantie pour l’exactitude permanente des appareils, à part l’intervention dans certaines localités des autorités municipales, réside seulement dans l’entretien de ces appareils par les usines d’électricité, suivant l'intérct particulier de celles-ci. Cet état de choses est loin d’être satisfaisant et il parait y avoir lieu de protéger l'industrie contre les inconvénients résultant de l'emploi d’appareils de mesure inexacts par des prescriptions analogues à celles que renferme, relativement aux autres mesures, l'ordonnance sur les poids et mesures du 17 août 1868.
- Cette ordonnance prescrit que dans tout commerce public, les mesures et pesées doivent être faites au moyen d’instruments dûment contrôlés, disposition qui s'appliqueen particulier aux compteurs de gaz de l’éclairage. Il est actuellement impossible d’entrer dans cette voie, en ce qui concerne les compteurs électriques. En effet les compteurs actuellement en usage ne sont pas pour la plupart construits de manière qu’ils puissent être livres au commerce après vérification et légalisation ; car
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- leur transport, parfois leur installation sur la ligne ne peut s'effectuer sans un démontage qui peut entraîner un changement dans leurs indications. Le capital immobilisé dans ces appareils est d'autre part trop grand pour qu’il soit loisible d'en interdire l’usage ultérieur. Enfin certains modèles, sans que leur exactitude puisse être garantie, présentent certains avantages, en raison desquels il serait à désirer qu’on ne les exclût pas de l’usage.
- Pour ces raisons, il n’y a pas lieu provisoirement de rendre obligatoire le poinçonnage de tous les appareils, mais seulement, dans l’ctat actuel des compteurs, d’ctablir quelques règlements de nature à protéger dans une certaine mesure l’industrie électrique. En premier lieu, la fixation du système d'unités légales entraîne nécessairement, suivant l’article 14 de.l’ordonnance sur les poids et mesures, que les indications des appareils de mesures doivent avoir pour base ce système. .
- Il ne faut pas entendre par là, comme il résulte d'ailleurs de ce qui a été dit, que les appareils doivent donner directement leurs indications, en unités légales ; il suffit que ces indications, comme par exemple le watt ou le watt-heure, soient dans un rapport bien déterminé avec ces unités. D'autre part, il faut, dans l’intérêt du commerce, exiger que les instruments de mesure fournissent des indications exactes, tout en accordant une certaine tolérance en plus ou en moins, comme le fait l'ordonnance des poids et mesures.
- D’après les personnes compétentes qui ont été consultées, les compteurs actuellement en usage peuvent être adaptés à ces deux exigences, notamment les appareils à constante, auxquels il faut demander que la constante satisfasse aux prescriptions legales sur l’exactitude, et les appareils qui permettent de calculer la consommation en tenant compte du temps d’emploi. Le délai de transition prévu par l'article 13 suffira, de l'avis des personnes compétentes, pour éviter aux intéressés toute vexation ou tout dommage appréciable.
- Les limites de tolérance seront fixées par règlement administratif, parce qu'il s’agit là de détails techniques.
- Du reste, il peut arrivfer, dans le cours du temps, qu’on ressente le besoin de modifier les limites établies en premier lieu, d'autant plus qu’on ne peut tout d’abord fixer des limites trop étroites, quitte à exiger dans la suite une exactitude plus grande des appareils, en harmonie avec les progrès de la technique. Le projet de loi se reporte aussi en ce point
- aux dispositions de l'ordonnance sur les poids et mesures.
- Pour éviter les méprises, la Reichsanstalt sera entendue avant la fixation des limites de tolérance, et de son côté devra s’inspirer dans la rédaction de ses projets de l’opinion des représentants les plus autorisés de la technique. De l’aveu des personnes compétentes, les exigences relatives à l'exactitude des compteurs électriques stimuleront l'industrie allemande dans cette branche.
- Les règlements projetés constituent à coup sûr un progrès sur l’état juridique actuel, mais 11’assurent pas d'une façon suffisante les garanties qui sont désirables au point devue de la police commerciale ; cette garantie ne peut être obtenue que par le poinçonnage obligatoire des compteurs électriques. Il existe déjà des modèles qui se prêtent à ce poinçonnage et on ne saurait douter que la technique ne s'efforce de plus en plus de construire et de perfectionner ces appareils. Tôt ou tard l'établissement du poinçonnage obligatoire s'imposera et sera réclamé, à cause de ses avantages, par les intéressés eux-mêmes. Il faut cependant s'attendre à ce que, pendant une période de transition plqs ou moins longue, des compteurs qui ne sont pas susceptibles d'être poinçonnés resteront en usage, ou qu’on sentira le besoin de les conserver d'une manière définitive à cause de leurs autres avantages. Pour suppléer au poinçonnage, on pourra soumettre ces appareils à une surveillance officielle régulière. Il est à désirer aussi qu'on profite de la promulgation de la nouvelle loi pour établir les principes légaux sur lesquels reposeront les règlements dont il a été parlé en dernier lieu, et dont les détails seront fixés par voie administrative : l'article 2 du paragraphe 6 confère au Conseil fédéral les pouvoirs néccs-
- II n'entre pas dans les intentions du législateur d'imposer dans l’industrie électrique l’usage des compteurs en toutes circonstances. Il reste loisible aux intéressés de choisir tel mode de règlement qui leur conviendra, soit par forfait, soit d'après le temps d'emploi, etc. D'autre part, les dispositions de la loi s'appliquent exclusivement au commerce public de l’énergie électrique et encore dans les cas où les indications du compteur sont décisives, du commun accord des deux parties, pour le calcul du règlement ; elles ne s'appliquent pas aux appareils employés dans l'exploitation intérieure des
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- Aux paragraphes g à 11.
- Dans le cas où les instruments de mesure vérifies et poinçonnés officiellement seront seuls admis dans le commerce d’énergie électrique, il faudra attribuer le droit d’effectuer les vérifications à un certain nombre d’offices, re'partis sur toute l’étendue de l’Empire. Pour assurer l’uniformité de ces procédés, les memes soins incomberont tant à la Rcichsans-talt relativement à la publication des prescriptions à suivre qu‘à la Commission de vérification des poids et mesures dans son domaine.
- Au paragraphe 12.
- Le paragraphe 12 reproduit les peines édictées par l’article 12 du paragraphe 369 du Code pénal. En dérogation à cet article, ne constituera pas délit le fait d’avoir en sa possession des appareils de mesure électriques inexacts, non conformes à la loi, mais hors d’usage; seul l'usage .délictueux de ecs appareils sera punissable. Dans cc cas le vendeur seul sera responsable : il ne paraît pas légitime de rendre responsable des contraventions dans l’usage des appareils de mesure, le consommateur qui, la plupart du temps, ne possède pas les connaissances techniques ni les installations nécessaires pour contrôler l'exactitude de ces appareils ; par contre, ces deux éléments doivent être supposés en la possession des exploitants.
- La confiscation des compteurs d’électricité non conformes à la loi ne sera pas prononcée dans tous
- les cas, conjointement à la peine, mais restera facultative. Ces appareils ont une valeur assez élevée; leur confiscation entraînerait non seulement une aggravation de la peine, mais serait souvent pour les intéressés plus onéreuse que la peine elle-même. 11 serait inique de prononcer la confiscation dans le cas de contraventions légères, peut-être non préméditées et excusables; il est préférable de laisser à l’appréciation personnelle du juge de décider, dans chaque espèce, s’il y a des motifs suffisants de prononcer cette confiscation.
- Au paragraphe i3.
- Les dispositions du projet en ce qui concerne la fixation des unités de mesure et la tâche attribuée à la Reichsanstalt peuvent être mises immédiatement en vigueur, car elles 11e sont de nature à léser aucun interet. Il en est autrement des dispositions concernant la police commerciale contenues dans le paragraphe 6. Il est à prévoir que les instruments de mesures électriques actuellement en cours ne satisfont pas en général à toutes les prescriptions en conséquence, il y a lieu d’accorder aux intéressés un délai suffisant pour mettre leurs appareils en conformité avec ces prescriptions. Aussi le projet prévoit une époque ultérieure pour l’entrée en vigueur du paragraphe 6 et des dispositions pénales édictées par le paragraphe 12 et fondées sur ledit paragraphe 6. M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Die elektrischen Lichterscheinimgen oder Entla-dungen (Phénomènes lumineux électriques ou décharges) ; par O. Leji.makn. Halle. 1 vol. in-8°, 569 p.et3"ofig. ioplanches en couleurs hors texte. U'. Knapp, éditeur, Halle, 1897.
- La liste des travaux relatifs aux décharges électriques, déjà fort longue il y a quelques années, s’est encore considérablement accrue depuis la découverte de Rœntgen. Il faut bien dire que, dans les travaux récents, nombre d’observations ont été rapportées comme nouvelles qui déjà avaient été signalées, mais avaient passé inaperçues alors que l’atten-
- tion n’était pas attirée comme aujourd’hui sur tout ce qui touche aux décharges. Ces répétitions sont fort excusables, car les phénomènes sont si variés et si complexes, les mémoires sur ce sujet tellement dispersés, qu’il n’est pas aisé de tout rc-
- M. Lehmann a donc rendu grand service aux physiciens qui s’occupent des décharges en rassemblant les documents épars et en extrayant (les résultats essentiels.
- Mieux que personne, il était préparé à ce travail ; ses longues et patientes recherches lui ont fourni des matériaux nombreux dont il a pu faire
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- usage, et assuré une compétence qui lui a permis en outre de discuter avec fruit les travaux d’autrui.
- Comme il le fait remarquer dans sa préface, il n'existe encore aucune théorie générale qui soit en état de rendre compte de tous les phénomènes observés. I.a plupart des théories récentes ont en vue surtout une classe particulière de phénomènes, les rayons cathodiques et phénomènes analogues; c’est encore la théorie de Faraday qui permet d'embrasser le plus grand nombre de faits, non toutefois sans exiger quelques compléments ou modifications.
- C’est ccttc théorie qui servira donc de lien entre les 64 chapitres où sont exposés successivement les phénomènes qui constituent ou accompagnent la décharge. Le tout est illustré de nombreuses figures dans le texte et de 10 planches hors texte, tirées en couleurs pour la plupart et qui représsntent plus de cent types de décharges dans des conditions très '
- variées. Une seule petite lacune est à signaler sur ces figures ; elles eussent été encore plus suggestives si l’on avait pris soin d’indiquer partout le signe des pôles, comme il a été fait sur quelques-
- Les travaux se succèdent si rapidement que déjà certains chapitres du livre seraient à compléter ou à modifier; en particulier !c chapitre 51, relatif à la déviation électrostatique et à la déviation mutuelle des rayons cathodiques; plusieurs mémoires, qui ont jeté sur ces phénomènes un jour tout nouveau, ont en effet paru récemment. Pareil sort attend tout livre qui se rapporte à un sujet tout d’actualité, où chaque mois apporte son contingent d’expériences nouvelles. Cela n’enlève rien au mérite de l’auteur d’avoir préparé une mine de renseignements précieux, où bien des physiciens seront heureux de
- Al. Lamotte.
- CHRONIQUE
- Distribution électrique de l’énergie dans les ateliers de construction de locomotives. — L’emploi de l’électricité pour actionner les machines-outils dans les ateliers de construction prend chaque jour une extension de plus en plus considérable. Récemment les journaux américains The Electrical World et Street Raihvay Journal, nous donnaient quelques renseignements sur les installation de deux ateliers de construction et de réparations de locomotives et de wagons : les ateliers Baldwin, à Philadelphie, et les ateliers du Boston and Maine Railroad, à Concord, N. H.
- Dans ces derniers, où peuvent trouver place 300 locomotives et un nombre plus grand encore de wagons à marchandises et à voyageurs, on utilise les courants alternatifs biphasés. La station de distribution est au centre des ateliers, à 250 m au plus des appareils d'utilisation les plus éloignés. Cette station contient trois chaudières du type des chaudières de locomotives, deux machines à vapeur compound tamdem Fitchburg de 200 chevaux accouplées à deux alternateurs Westinghouse de 150 kilowatts à courants biphasés à induit tournant et à
- enroulement inducteur compound, et une machine à vapeur Westinghouse de mo chevaux entraînant deux dynamos à arc. Les alternateurs font 514 tours par minute ; la fréquence des courants qu’ils engendrent est 60 environ; la force électromotrice de ces courants est de 440 volts. Des transformateurs élèvent le voltage à 1000 volts; des transformateurs-rédacteurs placés en divers points ramènent le voltage à 104 volts pour l’éclairage de quelques parties éloignées des ateliers. La plus grande partie de l'éclairage et l’alimentation des moteurs se font directement sous 440 volts. Les moteurs sont des moteurs Westinghouse du * type C », à inducteur extérieur et fixe et à induit fermé; ils sont au nombre de 12 dont 6 pour actionner deux ponts roulants et 6-(i de 30 chevaux, 3 de 20, 1 de 15 et 1 de 5) pour actionner les machines outils. Les ponts roulants, d’une force portante de 30 tonnes, ont une portée de 22 m et sont supportés à 6 m au-dessus du sol par des colonnes de fonte; chacun d’eux porte trois moteurs, l'un pour le déplacement de l’ensemble du pont roulant, l’autre pour la montée de la charge, le troisième enfin pour le déplacement
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- I. XVI. — H" 35.
- de cette charge perpendiculairement au sens du déplacement du pont lui-même ; la vitesse de déplacement du pont est d’environ 60 m par minute, celle du déplacement de la charge d'environ 30 m par minute, enfin celle de l'élévation de la charge de 4 m par minute ; un système d’engrenage permet de tripler cette dernière vitesse lorsque la charge est faible.
- I.cs ateliers Baldwin utilisent l’électricité depuis huit ans déjà. C’est en effet en 1890 que furent installés deux ponts roulants électriques d’une force portante de 100 tonnes et d’une portée de 22 m. commandés chacun par un moteur à courant continu de 50 chevaux. Celte installation ayant permis, par suite des facilités de montage qui en furent la conséquence, de réaliser immédiatement une économie de 80 hommes sur le personnel, on développa peu à peu les applications mécaniques de l'électricité et actuellement les ateliers ne comprennent pas moins de 215 machines-outils ou engins de manutention actionnés par l'électricité. La puissance totale des génératrices est de 700 chevaux ; la puissance moyenne absorbée par les machines et engins, mesurée au tableau de distribution, est d’environ 570 chevaux; cette dernière puissance se maintient à peu près constante pendant toute la journée. Les machines outils de faible puissance sont généralement groupées au nombre de 4 ou 5 dans le voisinage d’un arbre mû par un moteur électrique et qui leur transmet le mouvement au moyen de courroies ou de poulies cônes; cette disposition offre l’avantage de diminuer le nombre des moteurs et par suite d’augmenter le rendement global et en outre de permettre de modifier rapidement la vitesse de rotation des machines-outils par un simple changement de poulies. Les grosses machines sont au contraire des moteurs indépendants : parmi ces machines citons : une machine à cintrer les tôles, une cisailleuse et une grande raboteuse double, munies chacune d’un moteur de 20 chevaux; une machine à rainer ou à mortaiser et une raboteuse actionnées par des moteurs de m chevaux; deux tours et une machine à rainer exigeant chacun un moteur de 7 chevaux, etc. Les frais d’entretien de cctté importante installation sont des plus minimes : la main-d’œuvre pour réparations n'est journellement que de 30 fr (2 journées 1/3 d'ouvrier), la dépense de matière première de 10 fr; la dépense annuelle s’élève donc à 12 000 fr environ, soit moins de 4 p. 100 des dépenses de premier établissement.
- Quant aux frais d’entretien des dynamos génératrices ils sont plus que largement couverts par la réduction des frais anciens de courroies neuves et de réparations de courroies.
- Explosion des mélanges grisouteux par bris de lampes à incandescence. — Le développement de l’éclairage électrique dans les houillères a conduit à rechercher dans quelles conditions la rupture d'une lampe à incandescence provoque l’explosion des mélanges grisouteux. Des expériences ont été faites dans ce but dans la galerie d'essai de la houillère Consolidation, près de Gelsenkircben, en Allemagne. Le grisou était fourni par un chantier abandonné dont l'atmosphère contient 38 p. 100 de méthane ; la quantité de ce mélange introduite dans la galerie d’essai était mesurée par un compteur et réglée de manière à obtenir des mélanges contenant soit 6 p. ]oo environ, soit 9 p. 100 de méthane; on ajoutait à ce mélange de la poussière de charbon en quantité voulue pour obtenir les meilleures conditions d'explosibilité. Des lampes à incandescence étaient brisées dans ces milieux détonants, soit en les laissant tomber sur le sol, soit en les frappant contre les parois.
- Bien que deux cents essais aient été faits dans ces conditions, les résultats obtenus ne conduisent à aucune conclusion nette..Lorsque l'ampoule et le filament se trouvaient brisés en même temps, 1 étincelle de rupture, tantôt provoquait, tantôt ne provoquait pas l’explosion ; il en était de même lorsque l'ampoule seule était brisée, le filament se maintenait au rouge dans le mélange. Tout ce que l'on peut conclure c’est que, dans certaines conditions qui n’ont pu être précisées par ces essais, la rupture d’une lampe à incandescence peut ne pas provoquer d’explosion.
- Ces essais demandent donc à être continués, nos lecteurs savent que MM. Couriot et Meunier poursuivent depuis deux ans des recherches sur le même sujet, et nous avons fait connaître récemment (L'Éclairage Electrique, t. XV, p. 43 et 214) les principaux résultats de ces recherches.
- Le Gérant : C. NAUD
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- Tome XVI.
- Samedi 3 Septembre 1898
- ». — N° 36.
- L’Éclairage Électriqu
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ELECTRICITE
- IW-VK
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur â l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. — A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l'Institut. — G, LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur â l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur â l'École des Mines, Membre de l’Institut. — J, BLQNDIN, Professeur agrégé de l'Université.
- CALCUL GRAPHIQUE DES COURANTS ALTERNATIFS INDUSTRIELS CLASSIFICATION DES PROBLÈMES SUR LES CIRCUITS
- La distinction entre les f. é. m. elles-mêmes et les c. é. m. opposées étant bien établie É), nous classerons les problèmes sur les circuits en trois catégories.
- La première comprend les problèmes sur les circuits renfermant résistance, self-induction et capacité, sans phénomènes d’induction mutuelle.
- La seconde comprend les circuits dont les diverses branches peuvent exercer des actions mutuelles inductrices.
- Enfin la troisième traite les problèmes où plusieurs sources alternatives sont appliquées à un même circuit.
- Conformément à ce qui a été expliqué précédemment, nous adoptons un mode uniforme de procéder en donnant :
- i° Le schéma du problème;
- 2U Les équations des f. c. m. ou c. é. m. à représenter;
- 3° La construction du diagramme.
- Dans cette construction, la f. é. m. appliquée au circuit est toujours décomposée en un certain nombre de composantes opposées
- .'j Voir le précédent article sur ce sujet dans L'Eclairage Electrique, r. XV, p. 363. 28 mai 1898.
- aux diverses f. é. m. qui peuvent agir dans le circuit (deuxième mode de représentation}.
- Enfin nous désignons autant que possible par les mêmes lettres les points homologues du schéma et du diagramme.
- I'c Catégorie
- Circuits renfermant résistance, self-induction et capacité.
- Considérons i’équation
- dans laquelle q= j i.dt.
- Cette équation représente la f. é. m. appliquée et ses composantes agissant dans un circuit unique, schéma (fig. 1).
- Fig. 1.
- Lorsque e— SsinW, la solution pour le régime permanent est
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- L’ÉCLAIRAGF. ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — N° 36.
- S____
- ÉRa + K“
- qui donne
- I = .
- VR'+K2 J
- Dans ces formules, K est la réactance qui est égale à mL----^L- .
- L’expression (i) montre que si la réactance est positive l’intensité sera en retard sur la f. é. m. appliquée; si elle est négative, l’intensité sera en avance sur la f. é. m. appliquée.
- L’intensité étant de la forme
- peut être représentée par un vecteur de Ion-gueur o)L3 en avance de —- sur la c. é. m. effective.
- III. La c. é. m. o. au condensateur peut être représentée par un vecteur de longueur -^-r- en retard de ~ sur la c. é. ni. effective.
- Constf'uction du diagramme. — A l’aide de ces propositions on construit le diagramme d’équilibre de laf. é. m. efficace appliquée et
- la charge du condensateur sera
- î= £< * = - 4 cos
- et pour exprimer toutes les quantités alten tives par des fonctions sinusoïdales
- R'g- 3-
- Les équations (i) et (2) nous permettent d’énoncer les propositions suivantes :
- I. La c. é. m. effective Ri peut être repré-
- j de ses composantes, soit figure (2) et figure
- (3)-
- ÔB = RI jJÜ = tu U 1 ÔÏÏ DÂ — “p" -LOB OA = E= JI
- Fig. 2.
- sentée par un vecteur de longueur R3 en retard sur le vecteur de la f. é. m. appliquée d'un angle a=^arc tg .
- II. La c. é. m. o. à la self-induction L~
- L’intensité I— —=01.
- La puissance consommée dans le circuit W=EI cos a = OB'x OL
- Les composantes opposées à la self-induction et au condensateur n’effectuent aucun travail.
- Leur résultante BA=KI est la composante quadratique (déwattée) de la f. é. m. appliquée.
- La composante OB=RI est la composante symphasique (wattée) de la f. é. m. appliquée; c’est la c. é. m. effective.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 399
- De même si l’on projette I en I', on a
- OI'= composante symphasique dü courant.
- I'I—; composante quadratique du courant.
- IV. En divisant chacun des côtés du triangle OAB par l intensité correspondante T, on obtient un triangle semblable OA/B' dont les côtés sont respectivement égaux à l'impédance, à la réactance et à la résistance du ct>CH/7 (iig. 4Î-
- Fig. 4-
- ÔM = R,I MA = w L, I ± ÔM AB = ± OM
- BN=RoI||ÜM
- NU=«l,uôm
- df=^A_i5m.
- Les droites OA, AF, OF, etc., qui joignent deux quelconques des points O A B D F sur le diagramme (iig. 5 bis), représentent les
- C’est le triangle des résistances.
- Ces propositions établies, les problèmes de cette catégorie peuvent être subdivisés en trois classes : circuits en série, circuits en dérivation, circuits en série et en dérivation. Dans chacune de ces classes nous prenons l’exemple le plus général, où K —
- wL-----, laissant au lecteur le soin de
- simplifier les équations et la construction
- dans les cas particuliers, K=wL K=----------
- etwL=y.— , etc. Le schéma est représenté
- % (5).
- Fig. 5 bis.
- tensions entre les points homologues du schéma (fig. 5).
- L’intensité I, en phase avec l’une des c. e. m. effectives, sera par exemple
- Le triangle OFF' représente le triangle du circuit équivalent.
- ___ OF’
- OF' = R'I R' = —j— résistance équivalente,
- Fig. 5-
- A. — Circuits en série.
- L'équation de la f é. m. appliquée et de ses composantes est alors
- = R,; + L,-£+•£- +IV+ L,
- F'F=K'I K' = ~-j—réactance équivalente,
- OF = J'I J' = “y- impédance équivalente.
- Les valeurs R1', K' et J' peuvent ctre préalablement calculées par les formules données précédemment.
- B. — Circuits en dérivation (sans induction mutuelle).
- Equations.
- T di< , <?i
- e = R, ,, + l ,-jr + p
- Construction du diagramme représentant cette équation
- - — ïi, i, + U
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI.— N°36.
- Construction du diagramme. ÔB = E
- Dans le cas de la figure, K, est positif, par conséquent, dans cette dérivation, les phénomènes de self-induction l’emportent sur ceux résultant de la capacité.
- dïH ~ >> l, i ôd;
- aTb = -i- x oïv
- Même mode de procéder pour le diagramme de la dérivation (2). Dans le cas de la figure, K2 est négatif, les phénomènes de capacité l’emportent sur ceux résultant de la self-induction dans cette dérivation.
- Les droites qui joignent deux quelconques des points O Aa A2 B sur le diagramme représentent les tensions entre les points correspondants du schéma fig. (6).
- Fig. 6.
- Les intensités Ij I, I sont représentées par les vecteurs
- I, = oïT,
- L = ÔÏL I — OH,
- Les deux triangles O B Dd et O B D2 ayant même hypoténuse, on a
- E=hJi = h h
- h ~ J. '
- On en déduit :
- I. Les courants se répartissent dans les dé-
- rivations, inversement, proportionnellement aux impédances, loi analogue à celle d’Ohm pour le courant continu.
- II. En outre les triangles OBDn OBD2, etc., relatifs à un nombre quelconque de déri-
- vations, étant tous rectangles et ayant même hypoténuse, sont tous inscrits dans une circonférence ayant pour diamètre OB —E.
- Il en est de même du triangle OBD relatif au circuit équivalent, triangle obtenu en abaissant BD perpendiculaire sur le courant résultant OH.
- Dans ce triangle, on a
- ÔD = R'I BD = K'I.
- Les valeurs de R' et K' peuvent être déduites de la figure, comme elles peuvent être calculées par les expressions données précédemment.
- C. — Circuits en série et en dérivation.
- Equations.
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- revue d'Electricité
- 401
- Construction du diagramme.
- AB = E(a.b).
- On construit les triangles ABC2 et ABC, d’après le problème précédent.
- 4=ÔH2 I3 = ÔTT3 4 = OH]
- DÂ = KtI,±ÛH1 ÜD = R, IJIÔÏT,.
- IP Catégorie
- Circuits avec phénomènes d'induction mutuelle.
- Le cas de deux circuits immobiles est représenté par le schéma (fig. 9).
- Fig. 9.
- Fig. 8.
- Les points O, A, B du diagramme sont
- homologues des points O, A, B du schéma.
- Le triangle rectangle O B B'’ est le triangle des f. é. m. du circuit équivalent.
- Les équations des f. é. e représentation) sont
- «i= R, >1 + l-i-77- -t
- (deuxième mode
- — M —77- — R, i< — L2
- Construction du diagramme. OA = —toMI,
- K,
- t»^ = ’RT
- ÔB=R21,
- BD = wLi 4 DA=-^r~
- 04 = 4.
- ÜF=Rt4 ±Ü FG = w U 1,1 ÔF
- OB'= R'I, B7B = K'lj.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- GH — 10F
- HN = wMI4 là
- 01, = ],
- ÜN = E,.
- Le triangle O N N' représente les f. du circuit unique équivalent.
- Iga
- rrwiGEE-
- Rg. ii.
- Dérivations avec induction mutuelle. Equations.
- di i
- ( = R,*', + L,-
- Luu-
- * +1
- Fig. !2.
- Construction du diagramme. ÜA= R, I,
- ÀB = '.iL,I1lÔÂ I BD = -Jg-±ÔÂ ^
- ÔF = »MI,1ÔA :
- (7X’ = R,I,
- Â7B' = »L,I,±5iÂ' I BT)' = -i- l O’.V ^
- F‘D' = c* MIal CFA'.
- Faisant FD — || O F' et superposant les deux figures, on obtient la figure 14.
- La ligne OABDIV représente les c. correspondant à l’équation (3).
- respon-
- La ligne OFA'B'D' les c. e. m. co dant à l’équation (4). On en déduit :
- ÔD'=K oT, = I, fT2 = i2 Ôï = I.
- Abaissant D'D'' sur OI, le triangle OD'D" est le triangle du circuit unique, équivalent aux deux dérivations.
- Ses côtés sont respectivement 0Ï? = R'I
- Remarque. — Il importe de remarquer que la méthode graphique a l’avantage de permettre souvent la construction des diagrammes à une échelle provisoirement arbi-
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- 403
- traire, et une fois le diagramme construit, de déterminer l’échelle de la figure par la connaissance de la valeur absolue de l’une quelconque des droites représentées.
- Dans le problème précédent, par exemple, on peut supposer connues la tension E aux bornes de la dérivation, la périodicité et les constantes des circuits R1R2L1L2MC1Cr
- Les deux diagrammes (fig. 12) et (fig. 13) sont alors construits séparément en donnant à I, et I2 des valeurs quelconques arbitraires.
- La fusion des deux figures en une seule, soit (fig. 14), ramène ces deux diagrammes à une échelle commune, mais encore indéterminée.
- C’est la connaissance de la valeur absolue E = GD/ qui donne l’échelle du diagramme (fig. 14).
- elle est toujours positive puisque a, quelle que soit la réactance, ne peut varier qu’entre ui.; cos x est donc toujours positif.
- Fig. 16.
- IIP Catégorie
- Circuits renfermant plusieurs f. é. m. appliquées.
- Nous distinguerons seulement deux classes de problèmes.
- A. Les sources alternatives disposées en série.
- B. Les sources alternatives disposées en parallèle.
- A. F. é. ni. appliquées en série (schéma)
- :%• 15).
- Lorsqu’on a plusieurs f. é. m. e1 = «§lsin (10 f-f- 01),c2== sin Q2) de même période,
- Fig. 15.
- appliquées a un circuit unique, on peut déterminer géométriquement leur résultante et traiter le problème comme s’il n’existait qu'une seule f. é. m. e~s sin (w/+0) appliquée au circuit, soit diagramme (fig. 16).
- La puissance totale W fournie au 'Circuit a pour expression
- W= El COS sc
- Par contre, les puissances W, et Wâ correspondant à chaque f. é. m. ont pour expression
- W, = E,I cos GCoî)
- W, = F.,I cos CbOÏ).
- Suivant le signe des cosinus, Wt et Ws seront positifs ou négatifs; c’est-à-dire que la source fournira de l’énergie au circuit (machine génératrice) ou en recevra du circuit (machine motrice).
- La discussion de ce genre de problème est capitale pour I’ctude du transport de force et la stabilité dans le couplage des alternateurs.
- Dans la discussion d’un certain nombre de problèmes, il est parfois avantageux d’envisager l’action de chaque source d’une façon absolument indépendante, et l’on s’appuie pour cela sur la proposition suivante :
- Proposition. — Lorsque plusieurs f é. m. agissent dans un réseau de conducteurs, on peut considérer que le courant dans chaque branche est à chaque instant la résultante des courants que produirait chacune des f. é. m. si elle agissait isolément.
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- T. X7I. — N° 36.
- Dans le cas précédent, si l’on désigne par ii et i.2 les courants que produirait chacune des sources agissant isolément dans un circuit (LR) et pur i le courant résultant, on a
- * = h + (5)
- et les équations des f. é. m. peuvent s’écrire e,=Rit + L^i (6)
- e_c, + ea_Ri + L-^-. (8)
- Le diagramme complet relatif à ces équations est alors (iig. 17).
- Le triangle OA, B, correspond à l’équa-lion (6).
- Le triangle OA.,B2 correspond à l’équation (7).
- Fig. 18.
- Le triangle OAB correspond à l’équation (8).
- B. F. é. m. appliquées en parallèle (schéma'; (fig. 18).
- La proposition précédemment énoncée donne les équations suivantes, permettant l’étude complète du problème.
- En désignant par ÏJ'J' les courants engendrés dans les diverses branches par la f. é. m. Cj agissant isolément; par i'\i"J" les mêmes quantités pour la f. é. m. e.2 et par ijj les intensités réelles, on a
- , = R, «', + L, •
- + e'(4
- e'(A.u)— Ri’+ L -jp — Rjî'â —
- î>=R*i"*+ L-^+^V
- ,) = R«"
- -L-3r=-R*,'”*“1
- ei = Ri 'i + L1-^- + Ri+L-| ^ = R,i,4-Lï^-|-R i + L^
- *! + «',= *
- 2 = G + > = «' +
- Construction du diagramme. — A'B' =e'(AB)
- arbitraire. ____
- On construit sur A B; les deux triangles rectangles A'B C AB'D' [équation (10)] et l’on en déduit les valeurs I' et —1'2.
- L’équation (11) donne E,, somme géomé-
- riqui
- : de I' <
- = Ri I',
- <ÿB' = E,.
- La connaissance de E, donne l'échelle du diagramme.
- On peut répéter la même construction pour ei en partant de cLab) arbitraire.
- Cette construction donne les valeurs relatives de I"I"a(—LJ Ea.
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- 40.5
- En ramenant les deux diagrammes à une échelle commune et en les superposant de manière que E2 fasse avec Ej un angle % correspondant au décalage entre les deux sources, soit (ftg. 19), on obtient toutes les intensités partielles.
- Fig. .9.
- Il ne reste plus qu’à déterminer les intensités résultantes IJJ. On a recours aux équa-lions (18) (19) (20).
- La détermination de I, est donnée par exemple par la construction (fig. 20)
- Lorsqu’on couple des alternateurs en parallèle, le diagramme complet est généralement plus simple, par le fait que les alternateurs sont en coïncidence de phase, et qu’ils sont souvent identiques.
- Tel est brièvement résumé le mode de construction des diagrammes pour les diverses
- classes de problèmes sur les circuits parcourus par des courants alternatifs.
- Comme on a pu s’en rendre compte, la simultanéité des schémas, des équations et
- Fig. 20.
- des diagrammes nous semble particulièrement avantageuse si l’on veut éviter toute équivoque sur le signe des f. é. m. ou c. é. m. à représenter.
- Dans bien des cas les constructions peuvent être simplifiées; nous avons tenu à les donner en partant toujours du même point de vue ; c’est-à-dire en supposant connues les constantes du circuit, la périodicité et la f. é. m. appliquée.
- Une prochaine étude sera consacrée à la théorie du fonctionnement des appareils industriels parcourus par des courants alternatifs. Elle traitera donc de l’adaptation de la méthode graphique à la théorie si féconde du circuit magnétique, et cela en tenant compte des perturbations qu’occasionne toujours la présence du fer.
- Ch.-Eug. Guye,
- MACHINES DYNAMO-ÉLECTRIQUES
- Nous avons, dans un de nos derniers articles {*) sur les dynamos à courant continu, donné la description de deux types de machines à balais tournants de de Fer-ranti et Sherrin; un de nos lecteurs nous
- communique à ce sujet un brevet de dynamo du même genre qui présente un réel intérêt.
- Cette machine, due à M. Rémon-Casas ('), appartient au type à bobine centrale mais
- ri) Brevet français, 6 figures ; déposé le i^r août 1895.
- (*) Voir L'Éclairage Électrique du 26 février 1898. p. 361.
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- 406
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- mobile; son inducteur est à pôles décalés, I l'autre, mais chacun vis-à-vis du vide laissé c’est-à-dire que les épanouissements polaires I par deux épanouissements voisins de même de nom contraire ne sont pas en face l’un de I polarité.
- C’est en somme la disposition d’inducteurs 1 La dynamo de M. Rémon-Casas est repré-de la machine à balais tournants de Main (’), j sentée en coupe sur les ligures 1 et 2. L’in-rappelc dans l’article précité. | ductcur, formé de deux anneaux cc' montés
- agnétiques de la dynamo Rér
- sur deux tambours en bronze gg' et réunis entre eux par les boulons /, porte des
- (') Voir La Lumière Électrique, t. XXVIII. p. 307, et t. XXIX, p. 167, t888.
- rayons dd recourbés à leur extrémité, de façon à venir s’épanouir en face de l’induit fixe enroulé en anneau Le décalage des pôles et les circuits magnétiques de la machine sont montrés plus clairement sur la figure 3,
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- 407
- qui représente une portion du développement de l’induit et de l’inducteur.
- Le collecteur fixe e, peut être séparé de la machine et les balais qui frottent sur sa surface sont entraînés mécaniquement par l’arbre de la dynamo, soit directement si le nombre des lames du collecteur est égal à celui des sections, soit par l'intermédiaire d’engrenage si l’on veut employer un nombre de lames sous-multiple de celui des sec-
- Dans ce dernier cas on monte les sections homologues des machines élémentaires (portions d’induit correspondant à deux pôles inducteurs consécutifs de nom contraire) comme on le fait sur les machines ordinaires dont on veut réduire le nombre de paires de lignes de balais à un sous-multiple du nombre de paires de pôles.
- Les balais convenablement calés frottent en même temps sur deux bagues circulaires II, lesquelles portent les prises de courant pour le circuit extérieur et pour le cou-
- Détail du dispos
- par rapport à la zone neutre, l’inventeur dispose sur l’arbre de la dynamo ou sur celui qui entraîne les porte-balais, à l’endroit où est placé le moyeu d’une des roues d’engrenage o (fig. 4), un petit ergot fixe qui s’engage dans une rainure hélicoïdale p pratiquée dans le moyeu de cette roue, qui autrement peut glisser sur l’arbre.
- Le moyeu de l’engrenage o porte en outre une gorge circulaire q dans laquelle s’engage l’extrémité d’un levier en fourche r que fait mouvoir une vis s agissant sur un écrou s’.
- Lorsque au moyen de ce dispositif on fait avancer ou reculer le moyeu sur l'arbre, la roue décrit, qu’elle soit au repos ou en marche, un arc qui provoque un déplacement angulaire correspondant des balais.
- Le pignon / doit être suffisamment large pour empêcher la roue 0 de le quitter malgré son déplacement le long de l’axe.
- M. Rémon-Casas donne une variante (fig. 5 et 6) de la disposition de l’induit et de l’in-
- ducteur, où l’induit est complètement extérieur et où l’inducteur a la forme connue des inducteurs des machines à courants alternatifs à bobine centrale de Brown, Boveri et autres.
- rant d’excitation qui est transmis à la bobine i parles bagues y/7 et deux balais.
- Pour pouvoir déplacer les balais en marche
- (! ) La vitesse angulaire des balais est alors évidemment égale à celle de l'inducteur multipliée par ce sous-multiple, tandis que le nombre de balais se trouve divisé par ce sous-
- multiple.
- La machine unipolaire de M. A. m; Puyt et M. PoxciN (*) utilise une propriété curieuse découverte par Faraday et jusqu’ici encore inappliquée.
- (*') Brevet anglais 11° 17951, 7 figures; déposé le 15 août 1896, délivré le 20 juin 1897.
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- Dans cette machine, représentée sur la ligure 7, partiellement en coupe par l’axe et en vue, l'arbre a qui sert en même temps de noyau inducteur porte en son milieu un moyeu a, lequel est traverse.dans le voisinage
- de sa circonférence, et dans le sens de l’axe, par des boulons en cuivre c isolés de la masse.
- Ces boulons sont fixés à leurs deux extrémités dans des anneaux dsur lesquels frottent
- Fig. 7 et 8. — Coupes d'une dynamo unipolaire de Puyt et Poncin.
- des balais / comme le montre plus clairement la figure 8 qui est une coupe de la machine suivant AA (tig. 7). Ces balais permettent
- Fig. y. — Coupe d une dynamo unipolaire de Puyt et Poncin (palier extérieur).
- de réunir tous les boulons c en série de façon à augmenter la tension aux bornes.
- Le flux produit par les bobines inductrices g-entrant dans l’induit suit le chemin
- indiqué par les flèches et la résistance magnétique est diminuée à l’aide des cylindres en fer/, n etm, d’un diamètre un peu plus grand que celui de la partie mobile.
- T.es paliers qui, sur la figure 7, sont dis-
- unipolairc de Puyt et
- posés dans la machine elle-même, peuvent
- naturellement être extérieurs comme le montre la figure 9.
- Suivant les inventeurs leur machine diffère des machines unipolaires ordinaires en ce que les conducteurs c ne coupent pas le flux magnétique ou en d’autres termes en ce qu’il n’y a aucun mouvement relatif entre les conâuc-
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- leurs c et le moyeu aa!. Il va en ce qui concerne l’intersection du flux un léger malentendu, car on sait, d’après un principe de Faraday, que malgré la rotation du-moyeu a les lignes de force sont immobiles dans l’espace
- Dans la figure 7 comme dans d’autres
- variantes que donnent les inventeurs, les attractions latérales sont équilibrées. Lorsque la machine est destinée à être disposée verticalement, on peut déséquilibrer ces attractions de façon à pouvoir soulager magnétiquement une partie du poids de l’induit.
- Un dispositif de ce genre est représenté
- sur la figure 10 ; on reconnaît facilement que son emploi n’occasionne aucune perte par hystérésis.ni courants de Foucault dans le plateau mobile ai qui tourne en face du dis-
- que fixe q. Nous avons du reste déjà signalé à diverses reprises (l) ce procédé, qui a été breveté par M. J. Farcot en 1894.
- Les dynamos unipolaires de M. A.-E.
- Radger sont basées sur le même principe que les précédentes, desquelles ils diffèrent un peu, spécialement par la constitution de l’induit.
- Au lieu de noyer les conducteurs C dans la masse du fer de l’induit, M. Badger répartit ceux-ci, comme le montre la figure 12,
- p) On trouvera dans l’article très intéressant de M, Weber (Behtrolechnische Zeitschrift, n° 33, août 1895) des explications très précises et des vérifications expérimentales de divers principes utiles pour la conception des machines unipolaires.
- à la surface du fer de façon à ce que la surface occupée soit suffisamment grande pour assurer une bonne ventilation. Toutefois, pour ne pas augmenter ainsi exagérément l’entrefer, ces conducteurs C sont disposés dans des rainures spéciales, c’est donc un induit denté.
- Ces conducteurs (fig. 11) aboutissent à
- (l) Voir L'Éclairage Électrique : notre article sur » un gouvernail propulseur électrique », t. l*r, p. 446, 1894, et notre article sur les machines dynamo-électriques, t. XIII, p. 249, 1897.
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- leurs deux extrémités à des bagues D et Dt sur lesquelles frotteront les balais E et Flt. Les balais E passent dans un trou E pratiqué à la surface du cylindre A, servant de circuit de retour au flux, et des conducteurs très courts permettent de réunir les différentes barres en série. Le courant recueilli peut être employé à l’excitation, qui peut être aussi en dérivation ou séparée.
- Lorsque la tension à développer doit être très faible, l’inventeur supprime les conducteurs et transforme ainsi la machine en type classique a cylindre (fig. 13 et 14). Le courant est alors recueilli par deux balais uniques EE, sur deux disques D et Dn aux extrémités du cylindre de fer tournant.
- Dans son brevet pour perfectionnements aux dynamos et moteurs, M. A.-W. Marshall (') indique quelques détails de construction d’éléments de faible puissance, mais applicable en partie à des machines de poids
- Pour les moteurs ou dynamos de faible puissance le type Gramme supérieur (fig. 15 et 16) est préféré par l’auteur; le bâti A et les
- Fig. 15. — Détails de construc-
- de faible puissance Marshall (type supérieur;.
- supports .B des paliers d’une part, elles inducteurs D et leur carcasse I), de l’autre, sont coulés d’une seule pièce.
- (') Brevet anglais n0 488, 9 figures ; déposé le 7 janvier 1897, délivré le 6 novembre 1897.
- I Le socle A est tourné en même temps que | le palier, soit sur deux parties latérales aa 1 (fig. 15), soit seulement sur les deux bords aa j de la carcasse (fig. 16). La carcasse DDj elle-même est tournée sur le socle et est fixée.à ce dernier par une vis K (fig. 15) ou par deux vis K, (fig. ît).
- Chacun des paliers est alésé et porte une
- rainure b qui permet de passer l’arbre de la dynamo le long duquel on fait ensuite glisser le coussinet E retenu en place par la vis F, Le montage et le démontage se font très
- simplement, comme il est facile de s’en rendre compte à l’inspection des figures.
- Dans les dynamos du type bipolaire Edi-sou-Hopkinson (fig. 17') les pièces polaires
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- reposent sur les parties tournées aa du bâti. Ces parties tournées se composent de quatre supports Aj venus de fonte avec le bâti, et sont distantes entre elles d’un espace suffisant pour laisser passer la carcasse inductrice.
- Cette carcasse porte quatre segments qui sont tournés extérieurement et qui viennent s’appuyer sur les supports Aj : ils sont fixés sur ceux-ci à l’aide des vis K^.
- Les supports des paliers fondus avec le bâti présentent les mêmes dispositions que dans le cas du type Gramme supérieur. Le montage et le démontage sont aussi aisés à comprendre que précédemment.
- On sait que le défaut inhérent à l’emploi des machines multipolaires à induit en anneau et enroulé en quantité est la différence des tensions induites entre les lignes consécutives de balais par suite de l'inégalité presque toujours inévitable des champs sous les diverses pièces polaires.
- Cette différence, duc h plusieurs causes, usure des coussinets, inégalité des sections des noyaux polaires, mauvais réglage des lignes de balais entre clics, etc., a pour effet de charger inégalement les différents circuits de la machine et d’amener une distorsion exagérée du champ si les circuits sont trop chargés.
- Si la différence entre les deux tensions est trop grande, le courant peut changer de sens dans les circuits ayant la plus faible tension; le débit devient alors exagéré dans les circuits qui travaillent réellement sur le circuit d’utilisation, et la réaction d’induit prend des proportions énormes.
- M. G. Lamme, de Pittsbourg ('), a imaginé, pour remédier à cet inconvénient, un procédé très simple basé sur une particularité du fonctionnement des alternateurs en parallèle et qui n’est autre que l’application aux machines à courant continu du dispositif bien connu du montage de l’induit en quantité que M.Rice (2)
- h) Brevet anglais n° 28736. 4 figures ; déposé ie 13 décembre 1896, délivré le 13 novembre 1897.
- ;2) Voir L’Éclairage Électrique du n juin 1898, notre article sur les alternomoteurs, p. 447.
- proposait dernièrement pour les alternateurs et les commutatrices dans un brevet du reste postérieur comme dépôt, en Angleterre du moins, à celui de M. Lamme.
- II n’est pas sans intérêt de répéter ici l’explication du fonctionnement de ce dispositif; dans ce but nous ferons observer avec M. Lamme que la marche d’une dynamo multipolaire à enroulement induit en anneau monté en parallèle est en somme identique à celui d’une série de dynamos bipolaires fonctionnant en parallèle avec des vitesses égales.
- Si le champ inducteur a la même valeur pour toutes, les courants qu’elles fournissent seront égaux; mais si le flux émanant de chaque pôle n’est pas le même, cela revient à dire que toutes nos machines bipolaires n’ont pas le même champ inducteur : elles ne donneront plus alors la même charge chacune et la charge se répartira de façon à ce que les dynamos qui ont la plus faible excitation donnent le moins de courant.
- Considérons une série analogue de génératrices à courants alternatifs fonctionnant en parallèle mais sans aucun décalage de phase entre elles, comme on l’obtiendrait par exemple en reliant rigidement leurs arbres.
- Lorsque les excitations seront les mêmes, les alternateurs donneront évidemment la même charge au réseau d’utilisation, et contrairement à ce qui se passe pour le courant continu; il en sera encore de même lorsque les excitations seront différentes. Ceci tient à ce fait que la différence des tensions induites dans deux des alternateurs crée bien encore un courant local entre ces deux machines, mais ce courant ne modifie en rien le courant utile, c’est un simple courant déwatté décalé d’un quart d’onde, en avance sur le courant utile dans l’alternateur qui a le moins d’excitation, et en arrière du courant utile dans l’alternateur surexcité.
- Ce courant a en somme pour effet de démagnétiser partiellement le champ inducteur de la génératrice qui a le plus d’excitation et de renforcer au contraire l’excitation, de la
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- génératrice qui en a le moins;il égalise donc les champs inducteurs en diminuant ou complétant par une excitation alternative l’excitation donnée par le courant continu ordinaire.
- Il est à remarquer que si le circuit d’utilisation des alternateurs est sans induction, le courant aura la même valeur efficace dans chacune des machines.
- Le circuit extérieur n’a évidemment pas besoin d’exister pour l’équilibrage des excitations; aussi si nous supposons que nos génératrices à courants alternatifs sont en parallèle h vide et qu’elles sont munies d’un collecteur qui permet de redresser leurs courants, les courants continus donnés par ces machines seront égaux même s’il y a des différences dans les intensités des champs inducteurs.
- Tel est, comme nous l’avons dit, le principe du dispositif de M. Lamme. — La mise
- — Dispositif de Ls
- pour l’égalisatic
- en parallèle des différentes machines élémentaires se fait, comme l’indique la figure 18, qui représente le schéma d’enroulement d’une portion de machine multipolaire supposée développée en réunissant entre eux les points au même potentiel aaa, a^a{a^ a.ia2a.v etc. Les balais de même polarité BB, |
- B,Bj qui frottent sur le collecteur sont réunis ensemble de façon à ménager deux prises de courant unique.
- L’emploi des courants de synchronisation dont nous avons parlé plus haut peut-être généralisé et s’appliquer à la répartition des charges sur un groupe de plusieurs machines à courant continu d’un type quelconque en parallèle. Si, en effet, un groupe de machines compound (fig. 19) fonctionnent
- Fig, 19. — Procédés de couplage et d’égalisation de charge
- de Lamme pour machines compound à courant continu.
- sur un réseau ee1 on peut, en reliant les machines par des conducteurs //, 4, aboutissant a des bagues h kx &2, lesquelles sont connectées avec des points déterminés de l’enroulement de façon à transformer chaque machine en génératrice triphasée avec circuits induits en quantité, obtenir une répartition suffisamment bonne des charges pour se dispenser d’employer les moyens ordinaires d’égalisation.
- Les machines sont dans ce cas réunies en parallèle entre elles comme alternateurs à vide, et les courants de synchronisation égalisent encore les tensions comme dans le cas de l’accouplement rigide qui correspond à la réunion de plusieurs circuits sur une seule machine.
- C.-F. Guilbert.
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- SUR UE ROLE DE LA DIFFUSION
- DANS LE FONCTIONNEMENT DES PLAQUES POSITIVES DE L’ACCUMULATEUR AU PLOMB
- L’action chimique de la décharge se traduit sur la positive par une sulfatation d’une certaine partie de la matière active. Sans admettre une absolue proportionnalité entre le nombre d’ampères-heure débités et la quantité de sulfate formé, on peut dire néanmoins que celle-ci augmente avec celui-là; de telle sorte que la capacité de la positive dépendra d’une part de la quantité de PbO2 et d’autre part de la quantité de SOiH2 qui pourront entrer en combinaison après réduction du premier. Selon les cas, la décharge pourra être arrêtée par défaut de l’un ou de
- Si on appelle coefficient d’utilisation de la matière le rapport entre le plomb engagé dans les réactions et le plomb total contenu dans la matière active, celui-ci sera élevé et pourra facilement atteindre 0,7 dans les plaques à très faible épaisseur de matière active, alors qu’il descendra souvent à 0,2 et même au-dessous pour les positives travaillant en profondeur, l’utilisation complète de la matière étant impossible par suite de la non-conductibilité de SO'-Pb et de l’abaissement de la force électromotrice lorsque la proportion de sulfate de plomb devient trop grande.
- Le poids de plomb engagé étant théoriquement 3,86 gr par ampère-heure, soit 4,45 gr de PbO2, il suffira, dans le premier cas, de 6,36 gr de PbO2 pour avoir 1 ampère-heure et la capacité sera en général limitée par défaut de matière active. Dans le second, il faudra souvent 22,2 gr et quelquefois plus de matière pour avoir 1 ampère-heure ; la matière active sera en excès, mais elle n'aura pas en son contact la quantité de SOlH2 nécessaire. Ici intervient d'une façon très importante le rôle de la diffusion.
- La quantité d’acide sulfurique nécessaire aux réactions peut être divisée en deux parties: l’une se trouve au sein même de la ma-
- tière active, à l’endroit de l’utilisation, l’autre est fournie par la diffusion de l’acide de l’électrolyte.
- Cette dernière est proportionnelle à la surface de diffusion, à la différence de concentration et au temps, et c’est ce qui explique en partie la variation de la capacité avec la porosité de la matière, la densité du liquide et l’intensité du courant.
- La surface disponible au liquide est toujours assez faible et constituée par une grande quantité de canaux très étroits dont la capillarité vient entraver la diffusion ; elle est encore réduite par la sulfatation de la matière, qui provoque une augmentation de volume de celle-ci et cela principalement à la surface de la plaque, ce qui tend à séparer plus complètement le liquide extérieur du liquide intérieur.
- Mais si la diffusion se fait lentement de l’électrolyte au sein de la matière, elle sera lente aussi dans le sens inverse.
- Ceci posé, si on suppose le régime d’équilibre établi sur la positive après sa peroxydation et le liquide intérieur à la même concentration que le liquide extérieur, et qu’on vienne charger en cet état, l’électrolyse aura pour effet de produire à la surface de la positive une légère augmentation de concentration, et la diffusion pourra faire pénétrer dans la masse une petite quantité de SO'H2. Mais que va-t-il se produire lorsque la charge succédera à une décharge ? Ici le sulfate de plomb formé pendant la décharge va se peroxyder; une quantité très notable de Sü‘H2 va être libérée, et ceci au sein même de la matière qui l’a fournie.
- La diffusion étant lente, et les couches superficielles étant par le fait même de l’élec-trolyse à une densité supérieure à celle du liquide extérieur, il est assez naturel d’admettre que la différence de concentration entre
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- le liquide interne et l’électrolyte sera d’autant plus grande que la décharge précédente aura donné plus de sulfate de plomb, ou. ce qui revient au même, qu’elle aura fourni plus d’ampcrcs-hcurc.
- Si donc, à ce moment, et sans attendre que l’équilibre se fasse à nouveau, nous faisons une nouvelle décharge, celle-ci devra nous donner une capacité différente de celle due à l’état d’équilibre.
- Si l’opinion émise ici est exacte, la capacité de la positive dans les cas où la matière active est en excès, doit varier, non seulement, comme on le savait déjà, avec la porosité de la matière, la densité de l’élccrro-lyte et l’intensité du courant, pour une plaque de forme et de dimensions déterminées; mais encore avec les états antérieurs, puisque après une décharge lente la quantité de SOlIP libérée dans la matière sera plus grande qu’après une décharge rapide qui aura donné moins d’ampères-heure.
- C'est ce fait que nous avons voulu vérifier par des expériences. Pour cela nous avons monté plusieurs éléments composés d’une positive entre deux négatives dont la capacité était bien supérieure, de façon que la capacité obtenue représentât sensiblement la capacité totale duc à la positive.
- Celle-ci était formée d;un quadrillage en plomb doux, sans âme, possédant un grand nombre de petits alvéoles rectangulaires dans lesquels la matière active était logée sous une épaisseur de 7 mm. La densité apparente de l’empâtage employé était environ 4,6, ce qui d’après sa composition donnait environ 4,1 pour la densité apparente du PbOJ formé.
- Les essais furent effectués de la façon suivante : quelque temps après la formation, on procéda à des décharges et charges successives en commençant par les régimes faibles et en augmentant progressivement l’intensité jusqu’à une valeur maxima ; on revenait ensuite vers l'intensité minima en repassant par les mêmes valeurs, enfin on fermait le cycle par un retour vers les régimes élevés.
- Les décharges étaient suivies très minutieusement, l’intensité était maintenue rigoureusement constante, et on déterminait très exactement dans chaque cas le nombre d'ampères-heure fourni jusqu’aux différences de potentiel minima 1,80 volt et 1,70 volt.
- Avec un électrolyte de densité d = 1,116 fin charge, les résultats obtenus furent les suivants :
- capacités en fonction de l’intensité pour la différence de potentiel minima 1,80 volt, le cycle étant parcouru dans le sens a b c de.
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- L’électrolyte de densité 1,162 donna :
- 0-75
- 1,25
- 1,25
- 0,50
- 9-3°
- 8,80
- 6,76
- 5,33
- 4,65
- 4,68
- 5,2o
- 6,29
- 9,11
- Ces résultats sont exprii
- par la figure 2
- Fig. 2. — Courbe des capacités en fonction de l’intensité.
- qui représente la courbe des capacités jusque 1,80 volt, ab c de étant le sens du parcours du cycle.
- L’aspect de ces deux courbes montre très nettement un véritable phénomène d’hystc-résis, démontrant ainsi que la capacité pour un même régime et dans les mêmes conditions est fonction des états antérieurs.
- 415
- En traçant les courbes pour les capacités jusque 1,70 volt, 011 retrouverait la même allure.
- Dans les deux courbes figurées, on remarque que le premier point est en dehors, et, dans la courbe n° 1, qu’il est plus faible que le second, ce qui est contraire à la loi générale.
- Ce point correspond à un état indéterminé ; mais on peut penser qu’il y avait peut-être à ce moment équilibre entre les concentrations interne et externe. Dans la suite, chaque charge libérait dans la masse une quantité d’acide variant avec le nombre d’ampères-heure précédemment débité.
- On remarque aussi que le phénomène est d’autant plus marqué que la densité de l’électrolyte est plus faible ; pour des densités supérieures à 1,21 nous n'avons pu le constater d’une façon sensible. L’explication de ce fait peut se trouver en partie dans cette raison que la composition du liquide interne aura d’autant plus d’influence que la diffusion amènera moins d’acide dans la matière pendant le courant de la décharge.
- Discutons maintenant les chiffres obtenus par expérience. Prenons dans la courbe n" 1 les deux points extrêmes 0 = 4,63 ampères-heure et Q = 5,85 ampères-heure correspondant à l’abscisse I — 1,25 ampère, point vers lequel l’écart est le plus grand. Comme simple approximation, nous supposeroris la sulfatation complète des molécules de plomb engagées sur la positive. Un ampère-heure correspondant à 3,82 gr d’acide sulfurique, la différence des capacités 5,83 —4,63 = 1,22 ampère-heure indique d’après cette hypothèse une différence de 1,22 X 1,82 —- 2,22 gr de SO’H2 engagé dans les réactions.
- Or si nous considérons les décharges précédentes , nous trouvons dans un cas Q = 7,4 ampère-heures à I ~ 0,75 ampère, et dans l’autre, Q — 3,83 ampères-heure à 1=2 ampères. La quantité de SOlH2 libéré à la charge différera donc de (7,4 — 3,83) 1,82 = 6,5 gr; ce qui signifie que, toutes choses égales d’ailleurs, la différence d’acide sulfurique imprégnant la matière active au
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- début des deux de'charges considérées à I = 1,25 ampère serait de 6,5 gr.
- Mais il nous faut tenir compte de la diffusion qui agit d’autant plus que la différence de concentration est plus grande et dont l’elfet sera de diminuer ce chiffre de 6,5 gr.
- Et comme, d’après les capacités, il a suffi d’un écart de 2,22 gr d’acide sulfurique utilisable, il est très plausible d’admettre que ce chiffre représente la différence de SOlH' renfermé au sein de la matière active qui travaille, avant la décharge, dans les deux cas.
- Bien entendu, ces chiffres n’ont pas la prétention de mesurer la grandeur d’un phénomène si complexe que celui dont il s’agit; mais plus simplement d’en préciser le sens.
- En résumé, pour les accumulateurs dont la matière active travaille en profondeur, à côté des différents facteurs de variation de la capacité : porosité, densité du liquide, intensité du courant, il convient de placer celui des états antérieurs, et les courbes obtenues ici montrent que dans certains cas son influence n’est pas négligeable, j j
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- de 12,5 m. L’usine a été établie à Columbia sur les bords du canal à l’endroit où la rivière en est séparée seulement par une étroite bande de terrain. La puissance utilisable est
- («) Engineering record.
- d’environ 14000 chevaux; elle doit fournir l’énergie électrique pour l’éclairage, la force motrice et la traction des tramways.
- Les travaux ont été commencés au début de l’année 1896 et sont en bonne voie. Par suite des dénivellations de la rivière au mo-
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 4U
- ment des crues, les berges ont dû être soutenues par un batardeau formé de deux rangées de pilotis a 3 m de distance; l’intervalle a été rempli par de la terre argileuse.
- L’usine (fig. 1 et 2) occupe une surface de 56 m sur 9,14; la hauteur est de 9,75 m. Le tout est formé d’une forte charpente en bois, recouverte de planches doublées de feuilles d’étain. On accède par un escalier au tableau de distribution qui est situé à la partie supérieure du mur de longueur. L’aération est produite par un ventilateur; enfin les feeders aboutissent à une tour située en façade. Les turbines sont logées en dehors, et leur bâtiment est adossé au précédent, de sorte que le canal de fuite passe au-dessous du plancher des dynamos.
- Les turbines sont des turbines doubles placées dans de grandes cuirasses en tôled’acier de 4,27 m de diamètre et de 9,10 m de longueur. L’emplacement est prévu pour huit paires de turbines ; trois sont seulement installées maintenant; elles ont 1,295 m de diamètre et sont à axe horizontal; chaque turbine possède une vanne particulière munie d’un système de réglage ; elles sont calculées pour travailler sous 8,84 m de chute et peuvent développer 1 250 chevaux chacune.
- Les dynamos génératrices sont reliées directement aux turbines par l’arbre ; ce sont des machines de 32 pôles, produisant des courants triphasés ; le voltage à vide est de 3450 volts, elles fournissent 126 ampères chacune et peuvent fonctionner à 150 tours par minute, développant 1 000 chevaux de puissance maximum.
- La dynamo excitatrice fonctionne à 125 volts et donne 220 ampères; elle peut tourner à 440 tours et en marche normale a une puissance de 37 chevaux-vapeur.
- A la partie supérieure les murs de long de la salle des machines ont un retrait sur lequel circule un pont roulant de 20 tonnes pour la vérification et les réparations.
- G. G.
- Potentiomètre à lecture directe de Elliott Brothers (').
- On sait les multiples usages auxquels se prêtent les potentiomètres : mesures d’intensité, mesures de forces électromotrices, mesures des faibles résistances.
- Un type récent est le potentiomètre à lecture directe construit par la maison Elliott Brothers, de Londres. Il permet de n’employer la pile étalon qui sert pour la comparaison que durant un temps très court ; pendant tout le reste du temps on utilise le courant d’accumulateurs. Ceux-ci sont reliés à A et B (fig. 1) et le courant traverse successivement
- du potentiomètre.
- les résistances à manettes O et P, le rhéostat Q, puis une série de 149 bobines de résistance égales disposées circulairement dans la boite de l’appareil (la résistance totale de ces 149 bobines est d’environ 30 ohms); enfin le courant passe par une dernière résistance disposée en arc de cercle KM et dont la valeur est précisément égale à celle de l’une quelconque des bobines.
- Les 149 bobines et l’arc de cercle sont toujours parcourus par le courant des accumula-
- ('(i L’Ekttricisla, p. 104, mai i8q8.
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-
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- ,}i8
- teurs, l’intensité est réglée au moyen des rhéostats O,P etQ.
- Un contact L glisse sur l’arc KM. et sa position est déterminée au moyen d’une graduation faite empiriquement et telle que chaque division correspond à i /io de la résistance de l’arc total. Ces divisions portent chacune io subdivisions, de sorte que l’on évalue le i/ioo de la résistance de l’arc KM. Ces précautions sont nécessaires à cause de la difficulté d’obtenir un fil circulaire parfaitement calibré.
- Le circuit qui vient d’ètre décrit constitue en quelque sorte le circuit principal, Une dérivation part de deux contacts variables, l’un est attaché sur la manette L. l’autre J est fixé à une grande roue qui dépasse de chaque côté de la botte ; il se compose d’une lame de ressort qui peut être appliquée sur l’un quelconque des plots qui relient deux bobines consécutives. On intercale ainsi un nombre entier de bobines et une fraction qui est déterminée par la position du bras L sur l’arc KM. L est relié à la barre I, et J à la barre H avec l’interruption ED sur laquelle est branche le galvanomètre (un galvanomètre Deprez d’Arsonval est avantageux à emploj'crà cause de l’amortissement des oscillations';. Un interrupteur X branché également entre les bornes E et D permet de mettre le galvanomètre en court circuit.
- Les deux barres parallèles H et I sont mises .en communication au moyen d’un commutateur double glissant avec l’un quelconque des groupes de serre-fils KG, b^G,, EjG*.
- Voici maintenant comment l’on conduit •les mesures :
- i° Mesure d’une résistance (fig. 21 — Supposons que l’on veuille évaluer une résistance Rj. d’environ 1 ohm. Soit Rs une résistance étalonnée, égale par exemple à un ohm. Ces deux résistances sont disposées en série dans le circuit d’un accumulateur auxiliaire; U* est mis en dérivation sur KG et Rs sur F,G, ; on a soin d’opposer les deux forces électromotrices. Le bras L est mis au
- le contact J à la bobine 100 ; il y a ainsi 100 résistances entre J et L ; le contact V est porté sur et on fait varier OPQ jus-
- istanccs.
- qu’à ce que le galvanomètre reste au zéro quand on ouvre le court circuit X. Alors la chute de potentiel entre 100 résistances parcourues par le courant de l’accumulateur AB est égale et de signe contraire à celle qui existe aux extrémités de la résistance R5. Le contact V est alors porté sur FG et sans plus toucher à OPQ on fait tourner le contact J et le bras L jusqu’à rétablir l’équilibre. Si on lit alors 89 divisions sur la grande roue et 5,3 sur l’arc, c’est que la résistance R* est égale à 0,8953 ohm.
- 20 Mesure d’une intensité (fig. 3)- — On
- fixe en FG une pile étalon, par exemple un Latimer Clark, dont la force électromotrice normale est 1,434 volt à 15° centigrades. Le courant à mesurer est envoyé à travers une résistance étalonnée RR, mise en dérivation sur Fj G,. On porte le contact J sur la bobine
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- 143 et le bras L à la division 4, puis on met V sur FG. On fait ensuite varier OPQ jusqu’à ramener le galvanomètre au zéro: alors la différence de potentiel aux extrémités d’une quelconque des 14g bobines est de 1/100 volt. On place V sur F, G,, et soit 67 le numéro de la bobine et 3,7 la division de l’arc sur lesquels il faut placer J et L pour ramener l’équilibre; la différence de potentiel aux extrémités de RR est 0,6737 volt et si la résistance R est de 1/1000 ohm, le courant à mesurer a pour intensité 673,7 am-pères.
- 3U Mesure d'une force êleclromolrice (fig. 4). — On fait usage dans ce cas d’une..
- boite de résistances auxiliaire. Celle-ci présente 4 bobines, et les résistances comprises entre une des extrémités (+) de la boîte et l’une des quatre autres bornessontentre elles comme 15, 150, 300 et 600.
- La force électromotrice àmesurerest appliquée à la borne + et, suivant la grandeur, à l’une des quatre autres bornes. Une dérivation relie F, G, à une partie de la résistance, construite de façon que si la force électromotrice inconnue est appliquée à la borne 150, la chute de potentiel IqG, se lise directement par la position de J lorsqu’on a rétabli l’équilibre.
- Si au lieu de la borne 150 on emploie la borne 15, il faut diviser par 10 le résultat obtenu; si ce sont les bornes 300 ou 600, il faut multiplier par 2 ou 4.
- En faisant varier le nombre des accumulateurs AB ou eh ajustant l’équilibre initial
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- du galvanomètre, on peut se mettre dans les conditions les plus favorables aux mesures. Le courant fourni par les accumulateurs est toujours très faible, et il n’y a pas lieu de tenir compte de sa variation pendant le temps assez court de l’expérience.
- G. G.
- Calcul direct de la chute de tension dans un transformateur ;
- Par G. Kapp ('}.
- Nous avons décrit antérieurement (*) la méthode indiquée par M. Kapp pour la détermination graphique de la chute de tension dans un transformateur pour une charge donnée et avec un décalage quelconque dans le circuit d’utilisation. Cette méthode exige la connaissance de la tension qu'il faut mettre aux bornes de l’un des enroulements, l’autre étant en court-circuit, pour que les courants qui les traversent aient leur valeur normale, ainsi que la perte en watts du transformateur dans ces conditions, perte qui comprend presque uniquement l’énergie dépensée dans les enroulements. M. Kapp, pour s’affranchir de ces mesures, se propose aujourd’hui d’indiquer un procédé de calcul de la tension en question, ou, ce qui revient au même, de la force clectromo-trice de self-induction due aux fuites magnétiques du transformateur.
- Rappelons rapidement la méthode graphique de M. Kapp.
- La mesure de la tension eiv et des pertes en court-circuit Pj> pour les courants normaux permet de construire le triangle rec-
- Fig. 1.
- tangle oab (fig. 1) dont l’hypoténuse ob est la tension trouvée, dont le côté ab qui a pour
- (P Eleklrotecbnische Zeitschrift du 14 avril 1898, p. 244. (*1 Voir L'Eclairage Electrique, t. III, p. 42, 1895.
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- valeur —~~ est la chute de tension ohmique totale rapportée k un seul enroulement, et où le côté oa est la force contre-électromotrice de self-induction due aux fuites magnétiques totales et ramenée au même enroulement.
- Des points o et b (fig. 2; on décrit des
- cercles représentant la tension secondaire à circuit ouvert. Si alors on fait avec la perpendiculaire k oa un angle y égal au décalage dans le circuit d’utilisation la chute de tension correspondante en pleine charge est représentée par la différence KEdes vecteurs OEet OK.
- Dans le calcul des coefficients de self-induction M. Kapp considère deux cas suivant que les bobines sont longues et placées concentriquement ou sont courtes et empilées les unes sur les autres.
- Bobines concentriques.
- Soient (fig. 3) P et S les sections des bobines primaire et secondaire, l leur hauteur, a la largeur des enroulements supposée la même pour les deux circuits, et b leur distance de cuivre k cuivre.
- Le flux de fuite dù k chacun des enroulements traverse évidemment la section comprise entre la partie extérieure de la bobine P et la partie intérieure de la bobine S, mais k l'intérieur des enroulements son intensité spécifique n’est pas constante et croît proportionnellement k la distance k la surface intérieure de S dans la bobine secondaire, et k la surface extérieure de P dans la bobine primaire. La loi de variation de l’injiuction due aux fuites est donc représentée en fonction de
- la distance au fer par le contour du trapèze hachuré de la figure 4, et dont la hauteur B
- Fig- 3 et 4.
- indique l’induction maxima due au flux de fuite total.
- Le flux de fuite produit par un seul enroulement a dans l’espace compris entre les bobines une valeur égale k
- où pcst le périmètre moyen de l’espace compris entre les deux bobines, et coupe toutes les spires.
- Pour calculer la tension fournie k l'intérieur des bobines P et S comme chaque portion de flux ne coupe pas toutes les spires, il faudrait faire une intégration ; ce calcul a été fait souvent et l’on sait que tout se passe comme si un flux égal aux deux tiers de ce qu’il serait si l’induction était constante sur toute la largeur a, agissait sur la totalité des spires.
- Comme si l’induction était constante on aurait un flux égal k p B, le flux réel est en réalité.
- T pB'
- Le flux de fuite total a donc pour valeur:
- L’induction B est directement proportionnelle aux ampèretours a- de chaque enroulement en charge ou mieux à leur moyenne et inversement proportionnelle k la hauteur l des bobines. La somme des chutes de tension
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- dans les deux enroulements ramenée à l’enroulement secondaire (n.2 spires) est donc, à un facteur numérique près, égale .à.
- D’autre part si le flux nécessaire pour produire la tension de régime e aux bornes secondaires est N, cette tension secondaire sera proportionnelle à N«â, de sorte que la chute de tension totale en pour cent aura pour expression :
- où a, £, et c sont exprimés en centimètres, x en ampèretours et N en gauss.
- La constante k a été déterminée expérimentalement sur un grand nombre de transformateurs de l’AlIgemeine Elektricitæts Ge-sellschaft, des ateliers d’Oerlikon, etc. ; ses valeurs sont comprises entre 170 et 300 (r). L’auteur prend pour valeur moyenne la valeur 200 trouvée également par M. Fischin-ger à qui la formule avait été communiquée.
- Nous ferons remarquer |que cette formule n’est applicable qu’aux transformateurs à deux bobines par noyau ; si l’on emploie trois bobines, une secondaire par exemple entre deux primaires (fig. 5), il faut calculer les chutes de tension séparément et par suite prendre pour h une valeur deux fois moins grande pour chacune des bobines primaires. Pour la secondaire on doit prendre, aussi k égale à 100, mais comme l’induction a pour cette bobine le long d’un rayon les valeurs représentées sur la figure 6 et s’annule au milieu o de la bobine secondaire, la valeur du flux de fuite à l’intérieur de la bobine et qu’il fautconsidérer par rapport à toutes les spires, n’est plus — p B, mais B.
- La chute de tension est alors pour le secondaire :
- (') Il est facile de vérifier que la valeur chéorique de ce coefficient est 80 r. ou 0,250.
- tandis qu’elle est
- pour le primaire.
- Bobines superposées.
- Soient (fig, 5) P S Pies trois bobines, une secondaire au milieu de deux primaires. L’in-
- Fig. 5 et 6.
- duction de fuite due au secondaire affecte le long de la portion de rayon compris entre les trois bobines, la forme de la figure 6 et s’annule au milieu O de la bobine centrale.
- Si l’on calcule la chute de tension pour ce seul enroulement on doit prendre k égal à too; mais le flux de fuite est encore ici égal à
- La chute de tension pour ce seul enroulement est donc en pour cent :
- expression qui est identique à celle du secondaire pour trois bobines concentriques par noyau.
- Pour les bobines extrêmes on a encore évidemment :
- Dans les transformateurs cuirassés que l’on fait généralement avec des bobines super-
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- posées, c’est-à-dire placées côte à côte, on peut s’attendre à priori à une influence plus considérable des fuites sur les bobines extrêmes, puisque celles-ci sont enveloppées de trois côtés parle fer.
- M. MœllingeràquiM. Kapp a communiqué sa formule, a étudié l’influence du sectionnement dans un transformateur cuirassé en essayant cet appareil :
- I. Avec une seule bobine primaire et une seule secondaire ;
- II. Avec une bobine secondaire et deux primaires ;
- III. Avec deux bobines secondaires et trois bobines primaires.
- Dans les trois l’espace laissé pour l'enroulement était complètement occupé.
- Comme pour l’enroulement en bobines de faible épaisseur la distance entre les bobines de cuivre à cuivre est néanmoins toujours très petite par rapporta l’épaisseur, on pourra prendre sans grande erreur pour les bobines extrêmes h au lieu de — dans la formule.
- On a, pour calculer la chute de tension pour chaque bobine, la formule
- où k a des valeurs différentes, suivant qu’il s’agit de bobines extrêmes et de bobines intérieures et où .v est le nombre d’ampèretours par bobine considérée.
- D’après M. Mœllinger il faut prendre k égal à 50 pour les bobines intérieures et k égal à 150 pour les bobines extrêmes. La première valeur est bien celle donnée plus haut, mais la deuxième est beaucoup plus grande que la valeur donnée plus haut, ce qui est du, comme nous l’avons dit, à la présence du fer sur trois côtés de la droite de la bobine.
- Le tableau suivant donne les résultats des essais de M. Mœllinger pour un transformateur dont le rapport de transformation est — . Pour faciliter la comparaison on a ramené les chiffres à la tension à vide, ce qui correspond à une induction de 3500.
- Tension aux bornes seconde
- à vide.........,........
- Force contre-électromotrice de self-induction due aux
- fuites (calculée).......
- Force contre-électromotrice de self-induction due aux
- fuites (mesurée.........
- Courant mesuré..............
- Force contre-électromotrice due aux fuites en p. mo (calculée)..................
- La tension avec l’enroulement III est plus petite que celle avec les enroulements I et II par suite de la perte d’espace nécessitée par l’isolation d’un plus grand nombre de bobines.
- On voit qu’une division modérée réduit beaucoup la chute de tension. M. Kapp étudie également l’influence de la fréquence sur la chute de tension. Il considère dans ce but un transformateur fonctionnant à vi périodes puis à périodes [v% < v^]. Pour un même échauffement dans les deux cas les pertes par effet Joule restant les mêmes, l’induction pour va sera plus grande que pour et les flux seront dans le rapport:
- Les chutes de tension seront donc dans le rapport
- VJ
- lequel montre que la chute de tension décroît avec la période.
- L’auteur rappelle en outre que les transformateurs à grand rendement ont une faible saturation et par suite une grande chute de tension, tandis que les transformateurs à faible rendement ont une grande saturation magnétique mais une faible chute de tension.
- C.-F. G.
- 3 75o 375° 31 ' 426 19T
- 43° i96 32,1
- 1,58 2,493 2,2;
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- Sur l’emploi de l’électricité pour la propulsion des torpilleurs ;
- Par Charles T. Childi1;.
- Après avoir indiqué assez longuement l’origine et le développement des bateaux torpilleurs, l’auteur expose les avantages qui résulteraient de la substitution, pour la propulsion de ces navires, de sources d’énergie électriques au charbon et examine si, dans les conditions actuelles de l’industrie électrique, cette substitution est possible.
- Un torpilleur électrique présenterait sur un torpilleur à vapeur deux avantages évidents : une plus grande facilité pour approcher de l’ennemi sans être aperçu et une plus grande facilité de manoeuvre.
- T.es torpilleurs k vapeur ne peuvent en effet marcher aux vitesses de 30 et 31 nœuds qui ont été réalisées que s’ils font usage du tirage forcé. Or dans ces conditions il est fort difficile, sinon impossible, d’empêcher qu’un épais nuage de fumée et des flammèches incandescentes s'échappant des cheminées ne viennent avertir l'ennemi de la présence d’un torpilleur. Plusieurs exemples ont montré que cette cause diminue considérablement Futilité des torpilleurs dans les guerres navales.
- Pendant la dernière guerre entre la Chine et le Japon, lors de l’attaque de Wei Hai Wci par des torpilleurs japonais, ceux-ci furent reconnus dès qu’ils prirent leur marche à grande vitesse et durent battre en retraite sous le feu de l'ennemi. Plus récemment, pendant la guerre hispano-américaine, ce fut le long panache de fumée que laissait derrière lui le torpilleur espagnol le Terror qui causa la perte de ce navire.
- Un torpilleur qui emprunterait l’énergie nécessaire k sa propulsion k des sources électriques aurait sur ce point un avantage indiscutable; non seulement la fumée et les flammèches seraient évitées, mais en outre le bruit produit par la machinerie serait considérablement diminué.
- Le second avantage serait une plus grande
- maniabi'
- laquelle
- moteur
- grouper
- organes
- les erreu
- mission nient k I raient d<
- c’est qu’ pilleurs dessous
- le feu dt rait moi par un < comme Cet avar les deux sable a ! dans ces
- principa hier les Mais l lisamme envisage
- qualités Pour . prend co excellent mer de 1 45 m de I de tiran
- charbon, milles ne
- trkal World, t. XXXII, p. 134,-6 août
- 'iplc exL
- la facilité avec er k distance un rait en effet de nandant tous les retards et même d’une manœuvre :uelle de la trans-e de comman.de-:hines, se trouve-
- que dans les tor-1 machinerie au-:aison ; la machi-ax protégée contre ailleur se trouve-s hors de service œuvres mortes, pour le Terrai'. oins évident que circuit indispen-;c trouver rompu rai que l’on pour-: les conducteurs l’on ne peut dou-;s de vapeur, antages sont suf- que l’on puisse ,e l’clectricité au
- •gie, maigre iaug-ier établissement résulterait néces-: qu’une question ste à savoir si la ms diminuer les rpilleurs actuels, estion, M. Child rpilleur le Davis, pilleur de haute Inis. Ce navire a
- lacement est de .ir 40 tonnes de parcourir 4000 1 de croisière ; la leux machines à i par deux chau-
- {' j The Ehc
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- dièresThornycroft, est de 1750 chevaux-vapeur; sa vitesse maxima est de 22,5 noeuds. Les machines, les condenseurs et les accessoires pèsent 30,22 tonnes, les chaudières et leurs accessoires 26,78 tonnes, la coque 40,6 tonnes. Son armement consiste en deux tubes lance-torpilles de 46 cm et en trois canons à tir rapide. Il est aménagé pour contenir 4 officiers et 20 hommes.
- Le poids de la coque restant le même quel que soit le mode de propulsion, il s’agit d’examiner ce qu’il sera possible d’obtenir en énergie et en puissance électriques en remplaçant les 97 tonnes de charbon, de chaudières et de machines à vapeur par un même poids de piles ou d’accumulateurs et de moteurs électriques.
- Pour avoir la même puissance, ce qui est nécessaire pour obtenir la même vitesse maxima, il faudra prendre quatre moteurs de 400 chevaux. Pour réduire autant que possible le poids de cés moteurs il faudra leur donner une grande vitesse, ce qui d’ailleurs est compatible avec une bonne utilisation de la puissance par les hélices, comme l’ont montré les récents essais faits sur le Turbinia dont les hélices sont actionnées par des turbines à vapeur Parsons à grande vitesse (*). En supposant la vitesse angulaire des moteurs correspondante à 1500 tours par minute, le poids pourra être réduit à 13 tonnes environ, de sorte qu’il restera environ 84 tonnes pour la source d’énergie, les conducteurs et les appareils de manœuvre. Le poids de ces conducteurs et appareils pouvant être évalué à environ 6 tonnes, c’est environ 78 tonnes de piles ou d’accumulateurs qui pourront être utilisées.
- Parmi les piles primaires à grande énergie et puissance spécifique, l’une des plus commodes est la pile h oxyde de cuivre comme électrode positive et à solution de potasse comme électrolyte. D’un calcul que nous ne reproduisons pas, il résulte qu’avec 78 tonnes de ces piles on obtiendrait seulement une puis-
- sance de 116 chevaux pendant six heures et demie ou 730 chevaux pendant une heure. Il est évident que dans ces conditions le rayon d’action du torpilleur se trouverait réduit dans des proportions inacceptables et que sa vitesse maximum, qui serait au plus de 13 nœuds pendant une heure, serait trop faible.
- Mais l’emploi des accumulateurs donnerait une solution acceptable. L’accumulateur au plomb-zinc-cadmium de Werner (') permettrait en effet d’obtenir, d’après des essais récents faits en Angleterre, un courant de 30 ampères sous une tension moyenne de 66 volts pendant six heures, avec trente éléments pesant ensemble 334 kgr; en tenant compte des pertes on aurait donc environ 1,5 cheval pendant 6 heures pour ce régime de décharge et l’on peut admettre que l’on obtiendrait 6,5 chevaux pendant une heure avec le même poids. Par conséquent on pourrait, avec les 78 tonnes d’accumulateurs pouvant être placées sur le torpilleur pris comme exemple, obtenir une puissance de plus de 1500 chevaux pendant une heure et réaliser une vitesse de 22 nœuds pendant ce temps. Ou bien on pourrait diminuer la puissance à 250 chevaux et la maintenir à cette valeur pendant dix heures, ce qui permettrait de réaliser une vitesse de 10 nœuds pendant ce temps, c’est-à-dire de parcourir 100 milles nautiques.
- Il résulte donc de ces chiffres que l’on peut dès maintenant construire des torpilleurs actionnés par accumulateurs donnant la même vitesse maxima que les torpilleurs à vapeur, mais que le rayon d’action, qui pour ces derniers est de 4000 milles, se trouverait réduit à 100 milles.
- Toutefois, malgré cette cause d’infériorité, les torpilleurs électriques pourraient dans certains cas où la recharge des accumulateurs serait facile, avoir une efficacité beaucoup plus grande que les torpilleurs à vapeur, et l’auteur pense que la construction des torpilleurs électriques est à étudier. J. K.
- (') Yo\r L'Éclairage Électrique, t. XII, p. 260,5 r juillet 1S97.
- {*) Y dix L'Éclairage Électrique, f. XV, p. 242, 7 mai 1898.
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- REVUE des sociétés savantes et des publications scientifiques
- Sur les rayons cathodiques simples ;
- Par F,. Goldstein (').
- a Dans les Comptes rendus du 9 mai i8g8 (•), M. Deslandres a donné une réponse à mes remarques sur les rayons cathodiques, contenues dans les Comptes rendus du 25 avril (3).
- » Quant à deux des phénomènes mentionnés dans ma Note, M. Deslandres reconnaît la priorité de ma publication ('•). Mais M. Deslandres ajoute que le second de ces faits, c’est-à-dire l’imperméabilité des corps solides pour la répulsion cathodique, n’est peut-être pas aussi général que moi et lui-même le pensions tout d’abord. Cependant l’expérience qu’il cite à cet égard ne permet pas, dans mon opinion, des doutés sérieux contre mon assertion. M. Deslandres fait tomber un faisceau de rayons cathodiques sur un tube de verre entourant la partie supé: rieure du fil cathodique. Jl.observe alors une' déviation partielle du faisceau ou, pour préciser davantage, il observe une partie intense non déviée et une partie moins brillante, qui est nettement repoussée. IVaprcs mon opinion, cette répulsion n’est pas produite par le fil cathodique lui-mème, agissant à travers le tube qui entoure le fil, mais elle s’explique assez simplement par le fait que le tube de verre se charge et se décharge périodiquement, produisant en conséquence comme cathode périodique la répulsion en question et fonctionnant dans les instants intermédiaires comme simple objet d’ombre.
- (») Comptes rendus, t. CXVII, p. 318, séance du 8 août. i?) L’Éclairage Électrique, t, XV, p. 343.
- (b Voir, plus loin, p. 427.
- (fi II est vrai que mon Mémoire : Sur une nouvelle forme de répulsion électrique, contenant les résultats en question, n’a pas paru dans les périodiques, mais comme Livre séparé. Cependant plusieurs journaux et revues scientifiques en ont donné des extraits assez détaillés (voir : Beiblatter der Physik, t. IV, p. 822-839, 1880 ‘ Fortschritte der Physik, t. XXXVI, p. 870-884; N. Cimenta, 3® série, t. X, p. 143-153} Phil. Moy., 5'- série, t. XI. p. 479-483, etc.).
- » M. Deslandres me reproche de l’avoir cité incomplètement. Il avait dit : « Le rayon » dévié par une capacité s'étale dans le sens » perpendiculaire à la- déviation, et d’autant » plus que le rayon est plus dévié. » Les derniers mots «. et d’autant plus, etc. » avaient été omis de ma part, parce qu’ils me semblaient contenir un détail secondaire, d’ailleurs trouvé et publié antérieurement par moi-même. Comme M. Deslandres y revient et déclare ce passage .essentiel, il faut maintenant compléter ma réclamation.
- » Dans mon Livre cité ci-dessus (p. 86-91) j’ai décrit en détail ce phénomène, qu’un faisceau repoussé s’étale perpendiculairement à la déviation; mais, en outre (p. 85), qu’un rayon'est dévié d’autant plus qu’il est plus voisin de la cathode repoussante ; et encore . (p- 87, S 3), qu’il s’étale d’autant plus qu’il -est--plus voisin de cette cathode. Ces assertions sont identiques au théorème de M. Deslandres, que le rayon s’étale d’autant plus qu’il est plus dévié (*).
- » Mais M. Deslandres n’admet pas dette identité en raison de sa distinction entre « rayons simples » et « rayons ordinaires » (ou « confondus »). D’après son opinion, ce serait seulement aux derniers que se rapportent mes recherches, tandis que les rayons simples font l’objet des siennes. 11 me semble que cette distinction est arbitraire et sans fondement objectif. D’abord, entre les modalités d’après lesquelles s’étalent, d’une part, les rayons simples de M. Deslandres et, d’autre part, les rayons cathodiques ordinaires, on n’observe aucune différence ; on trouve, chez les uns comme chez les autres, les sept propriétés de la manière de s’étaler que j’ai décrites dans mon Livre cité. Y a-t-il, après tout, sous un autre point de vue, une différence réelle entre les rayons « simples »
- P; La figure 43 de mon livre cité donne dans la partie inferieure une représentation du phénomène.
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- de M. Deslandres et les rayons ordinaires observés par moi? On parle aujourd’hui d’une « dispersion >» et d’un « spectre » dont les composantes seraient les rayons simples de M. Deslandres. Je crois qu’il y a là des ana-logismes non suffisamment justifiés.
- » On sait, depuis les premières recherches sur l’appareil de Ruhmkorff, que sa décharge dure un temps appréciable, et que la force électromotrice ou la différence de potentiel de ses pôles n’est pas constante pendant la durée de la décharge. De plus, on sait que des variations assez brusques de la force élec-tromotrice du circuit induit correspondent à de petites irrégularités de fonctionnement de l’interrupteur. En somme, les rayons cathar diques produits avec un appareil Ruhmkorff appartiendront souvent, avec le même degré de raréfaction du tube, à des potentiels très différents.
- » D’autre part, d’après les recherches de plusieurs physiciens, surtout de M. Kaufmann j1), la déviation magnétique d’un rayon cathodique dépend uniquement du potentiel auquel le rayon est produit et varie en raison inverse de la racine carrée de ce potentiel. De même, d’après MM. Kaufmann et Aschkinass (2), la répulsion d’un rayon cathodique par une autre cathode est en proportion du potentiel même de cette cathode. Donc les variations mentionnées du potentiel, dans la décharge de l’appareil de Ruhmkorff, auront pour effet que les rayons qui se succèdent pendant une décharge seront inégalement déviés soit par l'aimant, soit par une autre cathode, et par suite un faisceau de rayons cathodiques se divisera apparemment en une série de rayons simples. Mais il faut bien remarquer qu'on n’a pas produit, de cette manière, une division réelle du faisceau en rayons plus simples, ün n’v observe que les différences des déviations subies par des * (*)
- p) Kaufmann. Anmüen der Fhjsik, t. LXI. p. 544. — L’Éclairage Electrique, t. XIV, p. 122.
- (*) Kaufmann et Aschkinass, Ann. der Physik, Bd. LXII. — L’Éclairage Électrique, t. XVI, p. 86.
- groupes de rayons émanés à différents instants sous l’action de potentiels différents, observation comparable à celle de la réüexion par un miroir tournant, que personne ne considère comme une réflexion dispersive. Un spectre de rayons ne se produirait que si l’on pouvait résoudre en radiations plus élémentaires des radiations coexistantes à un même instant. Il serait bien intéressant de pouvoir résoudre de cette façon un rayon cathodique, mais on ne peut pas espérer y parvenir par la méthode de la déviation magnétique; car, d’après le résultat cité de M. Kaufmann, il serait, pour cela, indispensable que des potentiels différents pussent exister simultanément en un même point de la cathode, ce qui est inadmissible.
- » Ainsi les observations que M. Deslandres lui-même a publiées (x) sur les circonstances qui influent sur le nombre des rayons simples provenant de la division d’un faisceau, sont en plein accord avec l'explication que je viens de donner de la soi-disant dispersion des rayons cathodiques. M. Deslandres, en attribuant les rayons simples à des oscillations. veut réduire les divisions différentes des faisceaux à un nombre différent d’oscillations dans des circonstances différentes. Mais il me semble que ses observations s’expliquent mieux par l’existence ou l’absence et le nombre de potentiels différents, dans les différentes conditions de décharge. La meilleure confirmation de ma manière de voir me paraît être l’observation de M. Kaufmann (q, à savoir que la pluralité des rayons différemment déviés est remplacée par un rayon unique, si l’on substitue à l’appareil Ruhmkorff une machine de Holtz. qui, en tournant à vitesse constante, 11e permet pas de variations de potentiel.
- » On pourrait éviter d’attribuer aux oscillations électriques un rôle trop grand dans les phénomènes des rayons cathodiques, en
- 0 Deslandres, Comptes rendus, t. CXXV, p. 8; 1897. (2) Kaufmann, Annalen der Physik, 1. LXI, p. 544. — L’Éclairage Électrique, t. XIV, p. 122.
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- observant que ces rayons sont aussi produits par les décharges des piles constan-
- » Enfin, il me faut dire quelques mots sur la remarque de M. Deslandres, qu’il n’a pas écrit un passage que j’ai cité. Il s’agit du passage suivant : « Cette hypothèse explique » bien la force répulsive émanée du soleil, » etc. (Comptes rendus, t. CXXXIV, p, 678; — Écl. Klect., t. XI, p. 115.) Ayant en vue ce passage, j’avais dit, dans ma Note, que M.. Deslandres admet que l’action répulsive des rayons cathodiques « explique bien la force répulsive, etc. », et j’avais renfermé entre guillemets seulement les mots que M. Deslandres a écrits littéralement, mais en substituant aux mots « cette hypothèse » les mots par lesquels je croyais rendre assez fidèlement l’essentiel de l’hypothèse en question. Maintenant que M. Deslandres, dans sa dernière Note, a précisé la force répulsive du soleil « comme due simplement à la répulsion bien connue que le rayon cathodique primaire exerce sur le corps qu’il frappe (Crookes)... », il va sans dire que je dois accepter l’interprétation donnée parM. Deslandres.
- » J’ai donc seulement à constater qu’il n’explique point comme moi la répulsion des queues des comètes par la défiexion cathodique, mais par une autre espèce de répulsion, exercée sur les molécules pondérables.
- » De mon côté, dans le Chapitre IV de mon Livre cité ci-dessus (p. 169-189) et dans deux Mémoires insérés dans les Annalen der Phrsik, t. XI et t. XII, j’ai essayé de démontrer que les phénomènes des rayons cathodiques ne peuvent être expliqués par une répulsion exercée sur les molécules pondérables. »
- P) Dans un travail qui vient de paraître, M. von Geitter (.Aimalm der Physih, t. LXV) explique les divisions des faisceaux déviés comme produites par des rayons successifs, mais il attribue cette succession à des oscillations des décharges. (Voir plus loin,' p. 429.)
- Explication simple de plusieurs phénomènes célestes par les rayons cathodiques ;
- Par J. Deslandres (p.
- « Dans l’avant-dernière .séance, M. Goldstein a signalé plusieurs coïncidences d’idées et de résultats dans les mémoires que nous avons publiés l’un et l’autre sur les rayons cathodiques. Je crois devoir présenter quelques remarques sur les points soulevés par M. Goldstein, en ajoutant quelques faits nouveaux et en insistant sur l’explication simple que les rayons cathodiques assurent à plusieurs phénomènes célestes.
- » J’ai été conduit, par l’observation, de l’éclipse totale du soleil de 1893 au Sénégal, h attribuer la couronne ou partie haute de l’atmosphère solaire à un simple phénomène cathodique ; puis, pour éclaircir certains points, j’ai fait une série d’expériences de laboratoire, dont j’ai donné les résultats principaux en 1897, dans quatre notes successives à l’Académie (2).
- » Or, dans la première de ces notes, deux des faits présentés ont été observés antérieurement par M. Goldstein, et décrits par lui dans un mémoire remarquable {Fine Neue-Jorm eïectrischer Abstossung, 1S80) que je ne connaissais pas alors, et qui n’a pas été inséré dans les revues périodiques. Ces deux faits sont les suivants : i° un rayon cathodique est attiré par une anode; 20 la répulsion du rayon par une cathode ne se produit plus lorsqu’un corps solide est interposé')3). Je
- (’) Comptes rendus, t. CXXVJ, p. 1323, séance du 9 mai 1898.
- 1*) Comptes rendus, t. CXX1V, p. 678, 945- 1297, et t. CXXV, p. 373. — L'Éclairage Electrique, t. XI, p, 115, 464 et 598, t. XII, p. 473.
- l3) Cependant des expériences non encore publiées m’ont montré que le second fait n’est peut-être pas aussi général que M. Goldstein et moi avions pu le penser au début. Un faisceau cathodique, limité par une fente étroite, passe à côté d’un fil métallique qui est parallèle A la fente, et dont la moitié supérieure est entourée par un tube de verre ordinaire de 1 mm d'épaisseur. Lorsque le fil est cathode ou relié à la terre, le demi-faisceau inférieur subit la forte déviation habituelle; le demi-faisceau supérieur se divise en deux parties distinctes : une partie intense non déviée, et
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- suis heureux de reconnaître ici la priorité de M. Goldstein qui a découvert, comme on sait, plusieurs propriétés importantes des rayons cathodiques.
- » D’autre part, je profite de cette occasion pour signaler que le fait principal de ma seconde note a été attribué k tort, en Allemagne, àM. Goldstein (Beiblætter der An-nalen der Physik und Chemie, von E. Wied-mann, 1897, p. 650 et 780).
- » En effet, la répulsion par une cathode du rayon cathodique émis parune autre cathode a été découverte, avant 1880, par M. Goldstein, qui lui a donné le nom de deflexion. Mais ensuite j’ai reconnu, et le premier k ma connaissance, que le rayon repoussé se divise le plus souvent en plusieurs rayons inégalement repoussés, qui, dans des circonstances favorables, apparaissent séparés. J'ai appelé rayons cathodiques simples ces rayons inégalement repoussés qui, comme je l’ai montré ensuite, correspondent à des oscillations électriques simples.
- » De même, la déviation subie parunrayon de lumière ordinaire qui traverse un corps transparent a été reconnue avant la division simultanée de ce rayon en rayons simples, distincts et inégalement déviés.
- » De plus, je ne puis admettre les coïncidences d'idées et de résultats que M. Goldstein signale sur les autres points. M. Goldstein s’appuie sur des passages de mes notes, et de très bonne foi, comme il résulte des explications échangées ; mais un des passages cités est incomplet ; dans un autre, le sujet est changé. En réalité le sens est modifié.
- » Ainsi, au passage cité (Comptes rendus. t. CXXV, p. 375) : « Le rayon dévié par une » capacité s’étale dans le sens perpendicu-» laire k la déviation », il faut ajouter la suite : « d’autant plus que le rayon est plus « dévié ». Le résultat qui se rapporte aux rayons simples repoussés inégalement et sé-
- une partie moins brillante qui est nettement repoussée. De nouvelles expériences sont nécessaires pour l’interprétation des résultats.
- parés apparaît alors distinct du résultat antérieur de M. Goldstein, qui est relatif au même sujet, mais s’applique aux rayons confondus.
- » Je passe aux idées que nous avons émises l'un et l’autre sur l’intervention des rayons cathodiques dans plusieurs phénomènes célestes. Certes, M. Goldstein a admis, a priori, des l’année 1881, que le soleil pouvait émettre des rayons cathodiques, aussi bien que des rayons lumineux, et exercer ainsi une certaine action sur la terre ; mais il n’indique pas comment et par quelles parties du soleil ces rayons sont émis et comment ils agissent sur la terre. Plus tard,il a expliqué les comètes par les rayons cathodiques secondaires et par la déflexion.
- » Pourma part, j’ai été conduit k des idées analogues par une voie tout autre, par la reconnaissance de régions d’émission de rayons cathodiques dans, l’atmosphère solaire. J’ai exposé ces résultats dans mon Mémoire sur les observations de l'éclipse de 1893 (Gauthier-Villars ; 1896), mémoire que ne cite pas M. Goldstein.
- » L’étude spectrale de la chromosphère ou partie basse de l’atmosphère solaire montre qu’elle est un phénomène électrique qui même est comparable au phénomène de l’électricité atmosphérique terrestre. Or la partie haute de la chromosphère est électrisée et raréfiée, et, donc, doit émettre des rayons cathodiques. Ces rayons, k peu près normaux à la surface solaire, sont plus intenses aux points où la chromosphère est elle-même plus brillante, c’cst-k-dire au-dessus des taches et facules. J’explique alors aisément, d’abord la couronne entière du soleil avec ses rayons, ensuite les comètes avec leurs queues multiples, et les relations avec le magnétisme terrestre.
- » Mais dans cette explication, et pour les comètes en particulier, je n’ai pas recours, comme M. Goldstein, aux rayons cathodiques secondaires et k la déflexion, au moins pour les parties principales du phénomène. Je n’ai pas écrit le passage cité : « La déflexion
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- explique bien la force répulsive émanée du soleil ». Le sujet de la phrase est tout autre, j'ai écrit : « L’émission de rayons cathodiques par la chromosphère supérieure explique bien... » (Comptes rendus, t. CXXÏV, p. 678-)
- » En fait, pour moi, la force répulsive du soleil est due simplement à la répulsion bien connue que le rayon cathodique primaire exerce sur le corps qu’il frappe (Crookes). Si l’on considère une petite particule, l’attraction du soleil ou de tout autre corps est proportionnelle ksa masse ; mais la répulsion du rayon cathodique est proportionnelle à sa surface, et, avec une particule suffisamment petite, peut dépasser l’attraction. C’est ainsi que les petites particules qui occupent les parties hautes des atmosphères stellaires sont repoussées par les rayons cathodiques et donnent naissance aux rayons de la couronne solaire et aux queues des comètes (1).
- » Le rayon cathodique échauffe et illumine par phosphorescence les corps qu’il rencontre, d’où en partie la lumière propre de la couronne solaire et des comètes.
- » Le rayon cathodique apporte avec lui une charge négative (Perrin), ce qui modifie le champ électrique et magnétique de l’astre, et produit des décharges électriques (lumière propre des comètes, aurores boréales) et aussi les orages magnétiques terrestres.
- ' » En résumé, les phénomènes cathodiques se passent dans l’espace interplanétaire entre les parties hautes des atmosphères stellaires, parties suffisamment raréfiées pour permettre l’émission et la propagation des rayons f).
- a Je signale en terminant une conséquence de la théorie, qui se prête à une vérification. Les variations passagères d’éclat des comètes
- (') Les queues multiples sont dues soit à la présence de particules différentes (d’après les idées de M. Bredikliiue), soit à la division du rayon cathodique solaire en rayons simples.
- (2) D’après ces idées, les planètes, grâce à leur électricité atmosphérique, doivent émettre aussi des rayons cathodiques, et présenter aussi sous l’action des autres astres, mais en très petit, le phénomène des queues cométaires.
- doivent correspondre au passage de fortes taches près de la ligne qui joint la comète au centre du soleil. »
- Dispersion électrique et magnétique des rayons cathodiques ;
- Par J.,Rittev von Geitler (').
- L’ombre portée par une tige métallique placée sur le trajet des rayons cathodiques s’élargit (ou se resserre) quand on communique à cette tige une charge négative (ou positive).
- Pour réaliser cette charge, on relie cette tige IL (fig. 1) à l’armature extérieure d’une
- bouteille de Leyde dont l’armature intérieure est reliée à la cathode K du tube, ou bien on relie directement par un fil K et IL.
- Dans ce dernier cas, les rayons issus de la cathode K sont assez fortement déviés pour que le bord de l’ombre rétrograde jusqu’à 2 cm de IL, la tache fluorescente qui limite l’ombre forme une bande parabolique convexe du côté de E.
- Si on intercale la bouteille de Leyde, cette bande disparaît; elle est remplacée par d’autres bandes également convexes vers E, dont la courbure est plus accentuée et qui sont au nombre de deux à sept : ces bandes sont de couleur verdâtre, à peu près équidistantes. Leur distance est d’environ 0,5 cm sur le plan horizontal passant par Taxe, 0,5 mm
- (i) Wied. Ann., t. LXV, p. 123-141, avril 1898.
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- sur le plan vertical (en supposant que K7 soit vertical).
- Quand on augmente la capacité de la bouteille de Leyde, les bandes se resserrent et sont rejetées de plus en plus loin de l’axe du tube : elles s’écartent au contraire si on diminue la capacité. I)u reste l’écartement des franges dépend aussi de la bobine d’induction employée.
- On peut réaliser cette expérience dans des conditions très varices : c’est dans un vase sphérique, dont le fil portant l’ombre forme un diamètre et est coupé par la normale à la cathode, au centre de la sphère, que les franges sont le plus nettes.
- Ces phénomènes présentent une grande analogie de forme avec les phénomènes d’interférence des ondes lumineuses et on est tenté d’abord de les attribuer à l’interférence des rayons cathodiques émis par K et de ceux émis émis par K7. En effet, si on recouvre le fil K7 sur une partie de sa longueur par une gaine de verre, qui empêche l’émission des rayons cathodiques, on n’observe plus les franges que dans la région qui correspond à la partie non recouverte.
- Par contre l’expérience suivante s’explique difficilement dans cette hypothèse. La cathode K7 est portée par une pièce rodée de manière qu’on puisse la faire tourner autour de son axe : à l'extrémité de la cathode, on fixe une lame de mica rectangulaire (3,5 X, 0,5 Xo,o5 cm), dont le grand côté est parallèle au fil et la surface perpendiculaire à sa plus courte distance au fil. Tant que la lame de mica se trouve entre K et K7 normalement à l’axe du tube, on observe les phénomènes qui ont été décrits ci-dessus. Si on tourne le fil K7 de 1800, de manière que la lame se trouve entre K7 et E, les franges ne sont pas changées.
- Or dans ces conditions, il est impossible que les rayons cathodiques issus de K et de K7 se rencontrent dans la région où se voient les franges : celles-ci ne proviennent donc pas de l’interférence des deux faisceaux.
- M. von Geitler attribue la production des
- franges à un phénomène de nature toute différente.
- A chaque interruption du courant primaire, le circuit secondaire de la bobine de Ruhmkorff est le siège d’oscillations sinusoïdales amorties : les charges des pôles et des conducteurs qui leur sont reliés suivent la même loi. Il résulte de l’amortissement que les différences de potentiel entre l’anode A et la cathode K vont en décroissant. C’est seulement pendant les intervalles où la cathode K est chargée négativement qu’elle émet des rayons cathodiques. D’après cette manière de voir, la cathode réunie à un système oscillant émettrait des trains d’ondes cathodiques, qui suivraient le rythme des oscillations; entre deux trains successifs s’écoulerait un intervalle de temps pendant lequel la cathode n’émettrait aucun rayon : la durée de cet intervalle dépendant de la vitesse de ces rayons et de la période des oscillations. Les trains sont formés de rayons cathodiques dont l’intensité moyenne décroît d’un train à l’autre, avec le potentiel de la cathode, en raison de l’amortissement. Or on sait que les rayons cathodiques sont d’autant plus déviés par le champ magnétique ou le champ électrostatique que leur intensité est plus faible. Le faisceau émis par la cathode renfermera donc des rayons inégalement déviables. S’il se trouve sur le trajet de ce faisceau un corps opaque électrisé négativement, l’élargissement de l’ombre provoqué par la déviation électrostatique sera différente pour les différents trains : par suite il apparaîtra des limites de l’ombre inégalement déviées avec des taches fluorescentes adjacentes : l’ensemble présentera l’aspect qui a été décrit tout à l’heure.
- Cette explication est confirmée par un certain nombre d’observations.
- Pour un appareil déterminé, le nombre des franges, leur position, leur netteté dépendent de l’intensité du courant primaire dans la bobine. En faisant décroître progressivement l’intensité de ce courant, on voir disparaître les franges l’une après l’autre en
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- commençant par la plus rapprochée de E, en même temps que la position des franges qui subsistent change un peu. Si on ramène le courant à son intensité primitive, les franges réapparaissent dans l’ordre inverse de leur disparition. Il doit en être ainsi, car plus l’intensité du courant primaire est grande, plus est grand le nombre de trains qui peuvent être émis par la cathode avant que le potentiel ne soit descendu au-dessous du potentiel limite de la décharge dans les conditions considérées; le nombre des franges augmente donc avec l’intensité du courant primaire.
- Pour le même motif, le nombre des franges augmente quand la pression dans le tube, si elle était d’abord assez réduite, augmente par suite des décharges.
- Sur le trajet de la bobine à la cathode K, on peut intercaler 'un intervalle explosif ; en écartant progressivement les pôles, on fait disparaître d’abord la frange la plus voisine de K', puis les autres : la frange qui va disparaître se rapproche de sa voisine et paraît venir se fondre avec elle.
- Autrement on relie la cathode à la bobine par une corde mouillée F, dont on peut, au moyen d’un contact giissant, introduire une longueur plus ou moins grande dans le circuit (fig. 2). Quand le contact est au voisinage
- de la cathode, les phénomènes sont les mêmes que si la corde mouillée n’existait pas. En déplaçant le contact de manière à augmenter la longueur de la corde intercalée dans le circuit, on amène la disparition successive des franges, en commençant par la plus voisine
- de E ; si on ramène le contact en sens inverse, les franges réapparaissent dans l’ordre inverse. On arrive au même résultat en mettant la corde mouillée entre l’autre pôle de la bobine et l’anode A.
- La corde mouillée peut être disposée encore comme l’indique la ligure 3, mais dans ce
- cas la disparition des franges suit l’ordre inverse : elle commence par la plus rapprochée de K. L’expérience est analogue à celle qui a été faite avec l’intervalle explosif, à cela près que les franges ne se déplacent pas avant de disparaître.
- Dans ces divers cas, la réduction du nombre de franges s’explique par la diminution de l’amplitude initiale des oscillations et l’augmentation de l’amortissement.
- Avec le dispositif de la figure 4 on observe,
- quand le contact glissant S est au voisinage immédiat de K', cinq ou six franges dans la région comprise entre K' et E. Si on déplace
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- le contact le long de la corde F, la frange I se rapproche de la frange II: toutes sont moins déviées, c’est-à-dire se rapprochent de E; elles finissent par se réduire à une seule I. Si on éloigne encore davantage le contact S, une nouvelle frange II se sépare de I, vers la convexité de celle-ci et se déplace du côté de E; la frange I se déplace dans la même direction et une troisième frange III se séparant de I, prend place entre les deux autres. Si on ramène le contact en arrière, on observe de nouveau les mêmes phénomènes en sens inverse. Il est à remarquer que ces franges nouvelles I, II, III, ont un aspect différent de celui des franges primitives; ces dernières présentent un bord convexe assez net et une intensité décroissant rapidement du côté concave; les autres, nettement délimitées du côté convexe, s'affaiblissent lentement du côté concave, ce qui augmente leur largeur.
- Au lieu d’employer le condensateur, il est possible d’obtenir les franges en intercalant entre K et Ky une grande résistance, une corde mouillée, par exemple. Les franges obtenues sont, il est vrai, en plus petit nombre, à bord net du côté convexe, mais flou du côté concave : plus est grande la résistance de la corde, moins ces franges sont écartées de l’axe du tube.
- L’auteur a effectué aussi des expériences sur la décomposition des rayons cathodiques au moyen du champ magnétique : il a obtenu des résultats analogues à ceux de Birkeland (*) et de J. J. Thomson. M. L.
- Action du magnétisme sur les spectres des gaz ; Par M. Edm. Van Aubel (s).
- Depuis la remarquable découverte de M. P. Zeemann, plusieurs travaux ont paru
- !l) Birkeland, L'Éclairage Êlecrique, t. IX, p. 274 ; t. XIV, p. 356. —J.-J. Thomson, ibid., t. XII, p. 185.
- '2) Journal de physique, 3e série, t. VII, juillet 1898.
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- sur l’influence qu’exerce le magnétisme sur les spectres.
- M. T. Preston (*) a examiné récemment l’action du champ magnétique sur les spectres des gaz contenus dans des tubes à vide. Les tubes que ce physicien avait à sa disposition ne présentaient aucune ligne assez brillante pour l’expérience, excepté les raies de l'hydrogène. L’action de l’aimant a été très faible; les raies de l’hjxlrogène ont été affaiblies et se sont élargies comme par une augmentation de la pression.
- Je crois intéressant de donner dès maintenant les premiers résultats de quelques expériences que j’ai faites dans mon laboratoire. Les spectres étaient produits par une grande bobine d’induction dans des tubes de Geissler étranglés par une partie capillaire, comme ceux dont on se sert généralement pour l’analyse spectrale. Les parties capillaires de ces tubes étaient placées entre les pôles cylindriques d’un électro-aimant à bobines verticales, parcourues par un courant de 25 à 30 ampères.
- J’ai examiné la lumière émise par la partie capillaire à travers un spectroscope à dispersion ordinaire, pourvu d’un seul prisme de Rutherford, mais dédoublant la raie D du sodium.
- L’action du magnétisme a toujours été très notable, et les spectres se transformaient complètement sous cette influence. J’ai examiné les tubes à chlore, à soufre et à fluorure de silicium.
- Avec le tube à chlore seul, j’ai intercalé une bouteille de Leyde pour obtenir une action plus manifeste. Par l’excitation de l’électro-aimant on constate, au spectroscope, l’apparition de plusieurs nouvelles lignes brillantes, tandis que d’autres diminuent d’intensité.
- Le tube à soufre doit être chauffé légèrement dans la flamme d’un bec Bunsen avant d’être employé. On observe alors au spectros-
- p'i Philosophical Magazine, 5e série, t. XLV, p. 334; avril 1898.
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- cope les bandes du soufre. Avec la production du champ magnétique, le spectre de bandes est remplacé par un brillant spectre de lignes. En même temps le tube de Geissler au voisinage de la cathode prend une belle fluorescence vert pomme, et ces phénomènes, indépendants du sens de l’aimantation, disparaissent avec elle.
- Rappelons (*) que l’on obtient le spectre de lignes du soufre en intercalant la bouteille de Leyde et le spectre de bandes en employant des décharges faibles.
- Enfin le tube à fluorure de silicium est également remarquable. Le spectre est complètement changé dans le champ magnétique. On remarque surtout l’apparition de groupes de deux raies brillantes dans le rouge, l’orangé et le vert, et une nouvelle raie brillante dans le violet extrême. Des bandes lumineuses et une raie verte brillante diminuent considérablement d’intensité, presque jusqu’à disparaître.
- Ces phénomènes peuvent être attribués à l’influence du magnétisme sur la résistance électrique du gaz contenu dans le tube.
- Je me propose de poursuivre cette étude, en me servant notamment d’un spectroscope ayant une plus forte dispersion.
- Relation entre la fluorescence et les propriétés photoélectriques ;
- Par G.-C. Schmidt (2).
- Les deux méthodes employées concurremment dans les recherches de M. Schmidt sont celle de E. Wiedemann et Ebert d’une part, celle d’Elsteret Geitel d’autre part.
- Dans la première (méthode dynamique), les substances qu’il s’agit d’ètudier sont introduites dans un creuset de porcelaine D, où on les chauffe doucement (fig. i) : elles sont mises en communication électrique avec le pôle négatif d’une machine à influence.
- (h J. Landauek, Die Spectralanalyse, p. lia ; 1866. v2; Wied. Ann., t. LXIV, p. 708*724, avril 1898.
- Vis-à-vis de la substance se trouve une boule A reliée au pôle positif de la machine. En dérivation, on dispose un micromètre à étin celles F, qu’on règle de manière que l’étincelle y éclate plutôt qu’entre A et D. Mais
- quand on éclaire la substance, si celle-ci est photo-électrique, l’étincelle cesse de se produire en F et la décharge se fait entre A et D. Ce procédé est rapide, mais est applicable seulement aux substances dont la surface ne se pulvérise pas.
- Dans la seconde méthode (méthode statique), la substance est placée sur un disque de fer oxydé P, qui se trouve dans l’intérieur d’une petite boîte en bois, dont le couvercle MM' est incliné (fig. 2). Ce disque est relié
- par un fil à un électromètre de Hankel, en face de lui se trouve une toile métallique N, reliée à une batterie d’accumulateurs à haute tension. Toute la boîte est enveloppée de clinquant, sauf une fenêtre pratiquée dans le couvercle et fermée par une lame de quartz ; cette enveloppe communique avec le sol.
- La toile métallique étant chargée à un
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- potentiel connu, pendant que le disque P communique avec le sol, on enlève cette dernière communication ; quand la substance est illuminée, il se produit alors entre N et P un courant qui charge l’électromètre. Les substances liquides sont placées dans une cuve en quartz.
- Pour faire des mesures quantitatives, on se place d'ans des conditions aussi semblables que possible, • mais il est assez difficile de réaliser l’identité, car le courant photoélectrique est très sensible aux variations de la source lumineuse.
- 1. Dissolutions liquides. — La fuchsine en solution aqueuse possède une grande sensibilité photo-électrique; elle est au contraire insensible quand elle est dissoute dans l’acétone ou dans les alcools éthylique et amylique. La sensibilité décroît en même temps que la concentration, à peu près comme la racine carrée de la concentration. Seule la solution aqueuse est conductrice ; d’autre part la sensibilité varie avec la concentration comme le demande l’hypothèse de la dissociation. Il paraît donc dans ce cas exister une relation entre la sensibilité photo-électrique et la présence des ions.
- Le violet méthyle dont la constitution chimique est analogue à celle de la fuchsine se comporte cependant différemment : sa sensibilité décroît quand le nombre des ions augmente, mais sans suivre de loi simple; les solutions dans l’acétone et les alcools sont sensibles.
- Le vert malachite est sensible dans les quatre dissolvants.
- Le rouge de Magdala est fluorescent dans les alcools éthylique et amylique et dans l’acétone ; mais les solutions alcooliques ont seules la sensibilité photo-électrique.
- L’éosine est peu sensible : sa sensibilité diminue avec la concentration, moins rapidement que celle-ci ; ce fait concorde avec l’idée que la sensibilité dépend de la dissociation électrolytique.
- Quand on ajoute à la dissolution d’éosine un acide, une base ou un sel neutre en grand excès, la dissociation est diminuée et
- par suite la fluorescence. Cependant la sensi-bilité photo-électrique n’est pas altérée.
- D’après les résultats de ces expériences, il n’y a donc pas de relation immédiate entre la dissociation électrolytique, la fluorescence et la sensibilité photo-électrique.
- 2. Corps solides. — Les haloïdes alcalins ne sont pas sensibles ; les haloïdes d’argent le sont beaucoup, de même le chlorure iner-curique ; or tous deviennent fluorescents sous l’influence des rayons cathodiques, peu ou point sous l’action de la lumière ordinaire et les rayons cathodiques les décomposent.
- Dans les expériences statiques, le sulfate de lithium, le chlorure de calcium, le chlorure de baryum, le chlorure de strontium, le sulfate de baryum, le sulfate de strontium, l’oxyde, le chlorure, l’iodure, l’azotate, le carbonate, le sulfate de cadmium, le sulfate mercurique. le sulfate ferreux, le sulfate de nickel, le sulfate de cuivre, etc., ne montrent pas de propriétés photo-électriques; mais tous laissent échapper l’électricité négative quand ils sont illuminés, s’ils constituent le pôle négatif d’une étincelle.
- Tous les corps que ne décomposent pas les rayons cathodiques, mais qui absorbent les radiations ultra-violettes, possèdent la sensibilité photoélectrique quand le potentiel de charge est assez élevé. Tels sont l’azotate de potassium, le sulfure, l’iodure, l’oxyde de cuivre, boxyde de zinc, le sulfure de zinc, la blende de Sitôt, le sulfate de zinc, les sulfures d’antimoine, d’étain, de bismuth, de manganèse, de chrome, defer. Seules les combinaisons de l’uranium ’et du thorium font exception, bien qu’elles absorbent énergiquement les rayons violets.
- 3. Solutions solides. — La plupart des solutions solides qui présentent une fluorescence intense ne possèdent pas néanmoins la sensibilité photoélectrique.
- Telles sont par exemple les dissolutions solides du sulfate de nickel dans le sulfate de cadmium, du sulfate de cuivre dans le sulfate de magnésium, du sulfate de zinc dans le sulfate de manganèse, du sulfate de nickel
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- dans le sulfate de magnésium, du carbonate de cuivre dans le carbonate de baryum, ou dans le carbonate de calcium.
- Quand les deux composants sont séparément insensibles, leur dissolution solide est également insensible. Par contre, les substances qui sont sensibles par elles-mêmes conservent cette sensibilité dans leurs solutions solides.
- Les solutions solides qui renferment des sels d’urane sont insensibles à l’action de la lumière comme les sels d’urane eux-mêmes; mais déjà dans l’obscurité, ils provoquent la déperdition aussi bien de l’électricité positive que de l’électricité négative.
- En résumé, il n’existe pas non plus dans les solutions solides de relation entre la fluorescence et la déperdition photo-électrique.
- 4. Substances modifiées par les rayons cathodiques. — Beaucoup de substances qui après avoir été exposées aux rayons cathodiques présentent une forte thermolumines-ccncc, ont aussi la sensibilité photo-électrique d’autant plus grande que la thermoluminescence est plus énergique. Les sous-chlorures alcalins, étudiés avec soin par Elster et Geitel, font exception.
- M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Science Abstracts ; Physics and electrical Engineering. — Bulletin mensuel, in-S11. Taylor and Francis, éditeurs, Londres. Prix. 40 francs par an.
- Jusqu’à cette année la Physical Society et l’Institution of . electricals Enginecrs, de Londres, publiaient dans les Bulletins de leurs séances des extraits des principaux articles parus dans les divers périodiques et intéressant leurs membres respectifs. Dans ces conditions de nombreux articles se trouvaient analysés dans l’un et l’autre Bulletin, car le domaine de l’ingénieur électricien est si vaste aujourd’hui qu’il englobe une bonne partie des sciences expérimentales, et,d’unautrecôté. l’époque est passée, depuis longtemps en Angleterre, où le savant se désintéressait des applications. Dans le but d’éviter ce double travail et aussi dans celui de donner plus d’ampleur aux analyses et d’en augmenter le nombre, les deux puissantes sociétés se sont réunies pour publier à frais communs un périodique mensuel, Science Abstracts, qui est envoyé aux membres de l’une et l’autre société.
- Les sept numéros actuellement parus ne con-
- tiennent pas moins de 894 analyses d’articles ou de mémoires originaux publiés en toutes langues et relatifs à la physique et à l’électricité. Dans chaque numéro les analyses sont classées sous les titres suivants : Physique générale, Optique, Chaleur, Acoustique, Electricité, Electrochimie et chimie-physique, Art de l’ingénieur électricien, Dynamos moteurs et transformateurs, Distribution de l'énergie, Traction etéclairage, Télégraphie et téléphonie ; un index des noms des auteurs des articles analysés termine les fascicules.
- La plupart de ces analyses sont suffisamment développées pour éviter au lecteur la nécessité de recourir à la source originale dans bien des cas ; elles sont toutes faites avec soin par des rédacteurs autorisés, quelquefois par les auteurs eux-mêmes; déplus elles sontpubliées très rapidement. A notre époque où la littérature scientifique est si développée une publication de ce genre ne peut que rendre de réels services ; nous croyons donc utile de signaler celle-ci à nos lecteurs, savants ou praticiens.
- J. B.
- CHRONIQUE
- La transmission d’énergie à 40 000 volts Pro-vost-Mercur et Tintic. — Mercur et Tintic sont deux localités de rUtah distantes de 32 km environ et respectivement situées à des distances d’environ 50 et 78 km de Provost, où la Telluride Company
- dispose d'une puissance hydraulique disponible de 2 000 chevaux. Deux groupes générateurs de 750 kilo-wats chacun doivent être installés en ce dernier point et transmettre, par un circuit fermé passant par Mercur et Tintic, l’énergie à ces localités sous
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- 436
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — N" 36.
- forme de courants alternatifs triphasés, présentant entre chaque phase une différence de potentiel de 40 ooo volts, une des plus grandes employées jusqu'ici.
- D'après le Journal ofElectricily, de San Francisco, à qui nous empruntons ces renseignements, un seul groupe générateur est actuellement installé, et la portion de la ligne Provost-Mercur seulement est en exploitation. L'alternateur, du type G E, est di rcc-tement accouplé à une turbine actionnée par une chute d’eau de 40 mètres ; il fait 300 tours par minute, et donne des courants triphasés de fréquence 60 présentant entre chaque phase une différence de potentiel de 800 volts. Ces courants passent dans trois transformateurs de 250 kilowals, à montage en étoile, avec point neutre à la terre, donnant des courants présentant une différence de potentiel de 40 000 volts entre chaque phase. Les pertes dans chacun des transformateurs sont de 2 150 watts dus à l’effet joule dans les circuits conducteurs, et de 3030 wats dus à l'hvstérésis ; la température s’élève à 6o° environ au-dessus de la température ambiante, lorsque ces transformateurs fonctionnent à pleine charge. Les noyaux et les bobines sont plongés dans l’huile ; le refroidissement est produit uniquement par le rayonnement des caisses dont les parois sont munies de cannelures profondes.
- La ligne de transmission est constituée par trois fils de cuivre nu, supportés par des poteaux de bois de 12 m de hauteur espacés de 40 m environ. L’un des fils est fixé à l’extrémité supérieure des poteaux, les deux autres aux extrémités de traverses horizontales de 2,20 m de longueur, de façon que les trois fils passent par les sommets d’un triangle équilatéral d’environ 2 mètres de côté. Sur les memes poteaux est fixé, à 1 mètre au-dessous de la traverse, un circuit téléphonique. Les isolateurs sont à triple cloche, en verre ; ils sont emmanchés dans des tiges de bois imprégné de paraffine. Vingt-cinq parafoudres sont disposés le long de la ligne. Les fusibles sont constitués par des fils de cuivre de section appropriée. Les interrupteurs permettent d’obtenir un écart de près de 2 mètres entre la partie fixe et la partie mobile de l’appareil.
- La sous-station actuellement en exploitation est située à Mercur, au moulin de Golden Gâte, l'un des plus grands moulins à cyanure du monde. Elle contient trois transformateurs réducteurs à 300 kilowatts donnant des courants biphasés à 220 volts utilisés pour l’éclairage et la force motrice. Les moteurs sont du type Westinghouse à courants
- biphasés. Ils sont au nombre de onze : un de 150 chevaux fait fonctionner les rouleaux broyeurs ; un second de même puissance met en marche les élévateurs ; un de 100 chevaux actionne un compresseur d'air ; un de 50 chevaux fait mouvoir les étuves rotatives ; deux autres de même puissance servent à la pulvérisation du minerai ; un de 30 chevaux actionne les pompes ; deux de 15 chevaux font mouvoir les ventilateurs ; enfin un moteur de 10 chevaux est utilisé à l’atelier de réparation.
- L’industrie du carbure de calcium aux Etats-Unis. — Notre confrère The Eleclrical World nous fournit, dans un article consacré à la description d une nouvelle usine à carbure de calcium, les renseignements suivants sur les sociétés fondées aux Etats-Unis pour la fabrication de ce produit, sociétés qui ont été récemment réorganisées.
- La société mère est la Electre Gas Company qui possède les brevets fondamentaux de Bradley et de Wilson, mais ne les exploite pas elle-même, préférant vendre des licences à des sociétés filiales ; elle est administrée par Charles-F. Dietcrich, president; A.-B. Proal, secrétaire et trésorier ; F. Stein, directeur general.
- La principale société exploitante est la Union Carbide Company, New-York and Chicago. Elle a acheté récemment les licences et les usines de Niagara de la Acctylene Light, Heat and Power Company, les licences et les usines de Sainte-Marie de la Lake Superior Carbide Company, ainsi que les licences et l’usine d’Appieton de la Illinois Acétylène Company. Elle est dirigée, comme la société mère, par MM. Dietcrich, Proal et Stein.
- La seconde société exploitante est la Electro Lamp Company, qui ne s'occupe que de la fabrication des lampes portatives et du carbure nécessaire à ces lampes.
- Jusqu’ici la majeure partie du carbure de calcium est produite par l’usine de Niagara, capable de produire 10 tonnes de cette substance par vingt-quatre heures, mais cette production ne suffit plus,et la Union Carbide Company fait actuellement construire à la chute de Sainte-Marie, dans le Michigan, une usine hydraulique où pourront être installées 80 turbines, dont 40 actionneront des alternateurs de 500 chevaux et 40 actionneront des dynamos excitatrices de 100 chevaux.
- Le Gérant ; C. NAUD
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- Tome XVI.
- sdi 10 Septembre 189S
- r
- L'Éclairage Électrique^
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ llf
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut. - A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- ÉTUDE DES MOTEURS A COURANTS POLYPHASÉS
- Introduction
- Les travaux relatifs aux moteurs à courants polyphasés qui ont été publiés depuis quelques années sont assez nombreux, et certains d’entre eux sont très complets.
- Si, cependant, nous nous sommes décidés à corriger et à présenter aux lecteurs de L’Eclairage Électrique des notes que nous avons rédigées presque complètement il y a un an environ, c’est que, depuis la magistrale étude de M. Blondel, la question n’a pas été, a notre connaissance, reprise par le journal, que nos notes nous paraissent relativement simples, qu’elles ne s’appuient que sur la théorie graphique des courants alternatifs et qu’elles contiennent certaines épures et certaines solutions intéressantes et susceptibles de rendre des services aux praticiens.
- PREMIÈRE PARTIE
- PRODUCTION DES CHAMPS MAGNÉTIQUES TOURNANTS. — PROPRIÉTÉS.
- I. — Champs bipolaires théoriques
- i° Courants diphasés. — Un cadre I (fig. i) parcouru par un courant alternatif sinusoïdal
- engendre dans l’air un champ alternatif perpendiculaire à son plan. Le champ est en phase avec le courant I sin a et si H est le maximum du champ, la valeur instantanée en est h — H sin a = H sin (tût) = H sin ~‘ Un cadre II, perpendiculaire au premier,
- parcouru par un courant en avance sur le courant du cadre I de -j- donne, au même moment, h' ~ H sin H = cos tût
- = H cos a. La figure i représente h et h' à angle droit. Le champ résultant est v7 h3 -f h"1 = \j H2 (Sin8 « + cos’Ty = H = constante.
- Deux courants diphasés sinusoïdaux, égaux cl de même -période, circulant dans deux cadres
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- 43§
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — N° 37.
- ou bobines à angle droit, produisent donc, dans l'air ou dans un circuit magnétique symétrique par rapport à l’axe, un champ constant égal à la valeur maximum du champ que produirait. un seul cadre.
- L’angle du champ H avec le cadre I est donné par :
- x« ? = TT = ilîdâ = tg«=tg »*=tgr ;
- I étant variable, on voit que le champ tourne d'un mouvement uniforme de vitesse «« ; il fait un tour complet pendant une période T des courants, soit tours par seconde.
- 2° Courants triphasés. — On peut employer trois cadres inducteurs faisant entre eux 120° et parcourus par trois courants d’égale intensité, de même période, décalés de 120° ou ~ TT. On obtient encore un champ tournant d'intensité constante, égale à — H, c’est-à-dire — de l’intensité maximum du champ d’un cadre. Le champ tourne à la vitesse a. faisant un tour en T secondes, temps périodique.
- 3° Courants polyphasés quelconques. — D’une façon générale, s’il y a m courants sinusoïdaux décalés de —— [m phases ou polyphasés) de même période, de même maximum, qui circulent dans des cadres, faisant entre eux le même angle, le champ résultant est tournant, et il a pour valeur constante — H.
- II possède la vitesse angulaire w des courants.
- La valeur du champ est donc égale à la moitié du nombre des courants multipliée par le champ maximum d'un cadre. Ceci est exact lorsque le champ est produit dans l’air. Dans le fer, il est plus exact de dire que la force magnêtomotrice qui produit le flux résultant est égale à la moitié du nombre de cadres multipliée par la force magnêtomotrice maximum d’un cadre.
- IL —- Champs rtpoi,aires pratiques. — Description, CALCUL DES FORCES MAGNÉTOMO-
- TRICES, DES RÉLUCTANCES ET DES FORCES
- CONTRE-EJ.ECTRO'MOTRICES.
- Quand chaque cadre d’une phase ne contient qu’une spire ou que toutes les spires d’un cadre sont dans un même plan, les résultats qui précèdent sont exactement applicables.
- Si N est le nombre total de dis périphériques,—est le nombre total de spires et le nombre de spires par cadre ou par phase, l’enroulement étant exécuté en tambour.
- La force magnêtomotrice maximum d’un cadre est
- et la force magnêtomotrice résultante, qui produit le champ tournant, est exactement :
- lmax. étant la valeur maximum d’un des cou-
- En pratique, les cadres ou bobines de chaque phase sont composés de spires enroulées dans des encoches périphériques qui chevauchent l’une par rapport à l’autre et donnent une certaine étendue aux enroulements individuels. La réduction à un plan de chaque cadre n’est pas alors exacte et la force magnêtomotrice d’un cadre n’est plus la somme arithmétique des forces magnéto-motrices de chaque spire.
- Nous allons examiner les enroulements inducteurs pratiques des moteurs bipolaires à courants diphasés ou triphasés, les seuls courants polyphasés employés industriellement.
- i° Enroulements inducteurs bipolaires pour courants triphasés en anneau, avec un seul groupe de fis par phase (fig. 2 et 3).
- Les fils d’une bobine chevauchent l’un par rapport à l’autre et leurs forces magnetomo-trices respectives forment dans l’induit des angles faciles à calculer.
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- 439
- Il faut sommer géométriquement ces forces magnétomotrices.
- Soient a l’angle du plan d’un fil et de l’axe avec le plan moyen normal à la bobine (fig. 2); f la force magnétomotrice maximum d’un fil. La composante, perpendiculaire au plan moyen, de la force magnétomotrice du fil considéré ci-dessus est
- J'=fc os«
- et la composante moyenne de la force magnétomotrice de tous les fils de la bobine est
- J3 étant exprimé en mesure circulaire.
- Dans ce calcul, nous avons supposé très grand le nombre de fils et par conséquent d’encoches par bobine. Le coefficient k= — ” ^ •
- seul groupe de fils
- est ainsi, pour la figure 2 :
- k— —0.827.
- Le coefficient change si le nombre d’encoches n’est pas infini.
- Pour 1 encoche par bobine k serait égal à 1
- à 0,866 à 0,844 à 0,836 à 0,827
- Si N estle nombre total de fils périphériques intérieurs de l’inducteur, donne les fils par phase ou par groupe.
- la force magnétomotrice maximum d'une phase,
- la force magnétomotrice résultante maximum qui produirait le flux tournant si les forces magnétomotrices des trois bobines étaient en série. Comme elles donnent lieu à deux composantes égales associées en quantité de chaque côté du plan d’axe du flux résultant, il faut considérer seulement la moitié de cette force magnétomotrice résultante pour le calcul du flux total. En d’autres termes, les N fils donnent-^- spires totales et — spires effectives par bobine.
- Mais la force magnétomotrice maximum résultante, ainsi comprise, existe seulement dans le plan diamétral passant par l’axe du flux. Le long de l’entrefer la force magnétomotrice effective est différente et le calcul et l'expérience montrent, qu’en pratique, tout se passe comme si elle variait à peu près sinusoïdalement. La valeur moyenne est donc la fraction — de son maximum et elle est exprimée par la relation
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- La réluctance de l’entrefer à faire intervenir dans le calcul du flux est égale à deux fois l’épaisseur de l’entrefer divisée par la demi-surface de ce dernier
- R étant le rayon de la surface extérieure de l’anneau et / son épaisseur.
- La réluctance Rc d’un cylindre d’induit plein en fer s’évalue comme suit îfig. 4) :
- I est la longueur de l’induit, a — d.R cos %,
- La réluctance du cylindre en fer est donc égale à 2 divisé par le produit de la perméabilité du fer par la longueur de l’induit et par le facteurs '3,1416}.
- Le calcul de la réluctance des autres parties du circuit magnétique pour la détermination du flux tournant se fait comme pour les dynamos à courant continu.
- Remarque. — Nous n’avons pas eu égard au circuit magnétique des pertes de flux. Nous verrons une seconde méthode de calcul, basée sur les considérations des deux circuits utile et de perte, en parlant des moteurs multipolaires. Onappliquerafacilement cette seconde méthode au cas ci-dessus.
- 20 Enroulements inducteurs bipolaires en
- anneau nu en tambour avec deux groupes de Jîls par phase.
- Les figures 5, 6 et 7 représentent trois enroulements en anneau avec deux groupes de fils par phase des inducteurs, de deux moteurs à courants diphasés et d’un moteur h courants triphasés.
- Les inducteurs des figures 6 et 7 peuvent très facilement être enroulés en tambour. La figure 8 indique cette transformation de l’in-
- ducteur de la figure 7. Le fil de la première phase venant de m arrive en u, en avant de la carcasse; il passe derrière par l’encoche a, puis il vient à l’opposé, en b suivant l’arc de cercle pointillé, contre la face arrière; il reparaît en avant par l’encoche by retourne en c et ainsi de suite jusqu'en g et A, d'où il se rend à la ligne en n. Le fil de la première phase aurait pu aller de a à 7z, et ainsi de suite en finissant en g et b.
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- On aurait alors place les fils de liaison des encoches voisines de ah contre les laces latérales du groupe 4 et ceux des encoches voisines de contre le groupe 2. On peut placer plusieurs, fils dans une même encoche.
- La transformation de la figure 8 pour en-
- Fïg. 8. — Enroulement inducteur bipolaire en tambour avec deux groupes de fils par phase parcourus par des courants
- roulement en tambour est tout aussi facile.
- On peut déterminer très exactement par le calcul quelle est la valeur du coefficient k de
- Composi
- d’un groupe de fils.
- réduction de la force magnétomotrice d’une phase calculée en attribuant à chaque spire la valeur de la force magnétomotrice absolue. Le calcul est le même que ceiui que nous avons fait pour le i° de ce paragraphe.
- Voici les résultats que nous avons obtenus.
- Nous admettons que les fils d’une même encoche sont dans un même plan, et nous distinguons les enroulements d’après le nombre d’encoches.
- KFICtENT k
- 0,966 - 0,96
- Si N est le nombre total de fils périphériques intérieurs, m le nombre de phases (2 ou 3) chaque phase en contient — et est le nombre de spires inductrices quant au flux diamétral unique tournant.
- La force magnétomotrice maximum résultante est donc
- E11 admettant que la force magnétomotrice effective le long de l'entrefer soit sinusoïdale, la force magnétomotrice moyenne est :
- Les réluctances de l’entrefer et du circuit magnétique se déterminent comme au i°.
- Remarque relative au calcul de la force contre-électromotrice dans l’enroulement d'un moteur polyphasé bipolaire.
- Soit un groupe de fils représentés sur la figure 9 et balayés par un flux tournant dont l’intensité dans l’entrefer varie sinusoïdalc-ment.
- Il nait dans les différents fils des forces
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- électromotrices alternatives décalées l’une par rapport à l’autre du même angle que les fils sont décalés géométriquement entre eux, attendu que la sinusoïde du flux ou de l’induction dans l’entrefer s'étend sur tout le pourtour de l’inducteur. Représentons ces forces électromotrices par des rayons.
- La force électromotrice résultante du groupe est dirigée suivant O E et la composante effective d’une force électromotrice partielle Oc est Oe'= Oc cos a.
- Pour déterminer OE, il suffit d’intégrer entre O et et de multiplier par 2, ou bien, de calculer la valeur moyenne de Oé comme nous l’avons fait ci-dessus au iu et au 2° pour les forces magnétomotrices. L’examen des figures 2 et 9 démontre que le coefficient de réduction à employer pour le calcul des forces contre-électromotrices est le meme que celui des forces magnétomotrices,
- J x coefficient de réduction k à employer pour le calcul des forces contre-électromotrices de façon à tenir compte du chevauchement des spires est donc égal au coefficient k de la formule de la force magnètomotrice résultante.
- Cela admis, voyons quelle est la force contre-électromotrice dans une spire ou dans un fil périphérique.
- Dans une spire, le flux tournant varie sinusoïdalement et l’on peut écrire, pour la force contre-élcctromotrice qui y prend naissance :
- dont le maximun est (> 4>.
- Le calcul peut se faire sans dérivation : Pour un tour du flux, la variation de flux dans une spire est 4 ‘J’ ; la force contre-électromotrice moyenne est donc
- Il vient donc :
- Pendant le même temps T, un /il coupe deux fois lefluxet la force contre-électromotrice qui y est produite est par conséquent <i>
- Si donc il y a N fils périphériques intérieurs ur l’inducteur, soit par phase en ten-ion, la force contre-êlectromotrice maximum atalc par phase est :
- N
- C. G. S.
- et la force contre-électromotrice efficace :
- Eef-
- k
- v~
- III. — Champs tournants multipolaires THÉORIQUES
- Soient A (fig. 10) l’induit constitué par un
- iltipolaires théoriques.
- La force contre-électromotrice maximum est alors :
- cylindre en fer doux feuilleté et B l’inducteur formé d’un cylindre creux de meme matière portant un enroulement à sa périphérie interne :
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- Dans le cas le plus général de l'emploi des courants polyphasés, il circulerait dans le fil qui passe dans les encoches a, e, etc.* un courant
- Isin M;
- dans les encoches immc'diatement voisines, un courant
- Isin
- a- étant un petit angle égal à 2 - divisé par le nombre de courants circulant dans tous les circuits différents situés contre a et <?, e et..., etc.
- Dans le circuit voisin du précédent, le courant serait, au même instant :
- et ainsi de suite.
- Il suit de cette disposition, qu’au même moment, les courants peuvent être nuis en a, c et e et maxima, mais de signes contraires en b et d\ et, puisqu’ils sont alternatifs, il naît deux flux, l’un en a b c et l’autre en c, d, e. Ces deux flux donnent dans l’entrefer ' un champ d’intensité maximum en a c et e.
- Nous appelons champ double l’espace a b c de de l’entrefer.
- La même disposition de flux se continue sur tout le pourtour de l’inducteur.
- Voyons maintenant ce qui se passe dans le temps.
- Un instant après le moment considéré, pour lequel les flux ont la disposition de la figure 10, les fils a, c e te sont parcourus par un courant plus grand ou plus petit que O, et c’est le fil suivant dans le sens de la flèche qui reçoit ce courant nul. Mais en même temps, le courant a changé dans chaque circuit et les valeurs relatives sont restées les mêmes par rapport aux fils dont le courant est actuellement nul. C’est vis-à-vis de ces derniers que les champs sont maintenant maxima, et, comme la valeur relative des j forces magnétomotrices n’a pas changé, les I flux ont tourné d’une pièce et sont avancés de la distance de deux fils. L’instant d’après, les
- flux ont encore avancé du même écart et ainsi de suite. Après un quart de période, les maxima sont en b et d et le mouvement se continue tant que les courants alternatifs existent. Après une période complète, les flux, invariables, ont tourné de a. e ou de la largeur correspondant à un champ double, et cela, d’uti mouvement uniforme si les courants sont sinusoïdaux, de même maximum, de même période et si le champ magnétique est symétrique.
- L'exposé qui précède est calqué sur celui de M. Blondel.
- S’il y a p champs doubles tournants ou 2p flux ou 2 {pôles, la vitesse angulaire de rotation du flux est :
- si (o est la vitesse angulaire des courants.
- La vitesse de translation dans l’entrefer
- Les champs étant produits par une infinité de courants polyphasés, on comprend que la force magnétomotrice effective et l’intensité de champ magnétique dans l’entrefer varient sinusoïdalement.
- Si B0 est l’induction maximum k un moment donné en un point de l’entrefer (en a, c, e...), b la longueur de l’induit la longueur d’un
- flux dans l’entrefer ou la demi-longueur d’un champ double, le flux a pour valeur :
- —- B# étant la valeur moyenne des ordonnées
- de la sinusoïde qui a B0 pour ordonnée maximum.
- j Remarque. — En pratique et en marche normale, lorsque l’enroulement de l'induit 1 réagit sur l’inducteur, il existe des pertes de. 1 flux autour de certaines encoches de l’induc-
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- teur, dans l’entrefer et à la périphérie de l’induit, entre le bobinage et l'entrefer. A moins d’admettre (ce qui ne serait pas exact] que ces pertes sont tout à fait négligeables, on doit comprendre que le flux <1> calculé ci-dessus en renferme une partie.
- Comme nous l’avons déjà constaté, ces pertes n’empêchent pas cependant que tout se passe comme si la variation du flux utile était sinusoïdale dans l’entrefer.
- IV. — Champs tournants multipolaires pratiques. Description, calcul des forces MAGNÉTOMOTRICES et des forces contre-ét.ectromotrices.
- a). Description. — La figure u donne une
- Fig u. — Détail des moteurs à champs tournants multipolaires pratiques.
- idée générale de la construction des moteurs multipolaires à champs tournants.
- Des deux cylindres creux en fer doux feuilleté, l’un, généralement celui qui est extérieur, est fixe et l’autre mobile. Le cylindre fixe porte l’enroulement inducteur, le cylindre mobile l’enroulement induit. Ces enroulements sont placés dans des encoches de formes spéciales dont les principales sont représentées sur la figure n. Ils sont presque généralement du type dit en tambour.
- Le détail en est facile à comprendre. La figure 12 donne un exemple d’inducteur de moteur à courants diphasés à enroulement imbriqué en tambour, que l’on saisira mieux après un retour à la figure 8.
- Supposons l’inducteur de cette dernière sectionné en a et ouvert suivant un arc de
- grand rayon pour former un champ double de moteur multipolaire. Un certain nombre d’éléments semblables dont les bobinages seraient réunis en tension, formeraient évidemment un appareil complet. On voit que
- alement inducteur imbriqué
- pour obtenir un enroulement imbriqué il suffit de diviser chaque champ double en quatre parties i, 2, 3, 4 ; d’enrouler d’une seule bobine les quarts 1 et 3 du premier champ, comme sur la figure 8, de l’encoche /i, d’aller à l’encoche a du premier quart du champ double suivant et ainsi de suite ; enfin, de faire la même chose pour les quarts 2 et 4 des différents champs.
- Pour un moteur à courants triphasés, on divise les champs doubles en six parties égales et les trois circuits comprennent respectivement les portions 1 et 4, 2 et 5, 3 et 6 de chacun des champs.
- Au lieu de l’enroulement imbriqué que nous venons d’esquisser d’après la figure 8, on peut en obtenir un autre, le bobinage ondulé, moins employé pour les inducteurs. Il consiste à placer le fil dans les encoches a et £ d’abord (fig. 8], puis, au lieu de revenir en c, de le conduire dans les encoches a et b du deuxième champ, et ainsi de suite jusqu’au premier champ où on remplit l’encoche c, puis d. et ainsi de suite pour les champs suivants.
- Nous admettrons dans la suite qu’un quart ou un sixième de bobinage de champ double selon qu’il s’agit de courants di ou triphasés, constitue un groupe de fils et que les deux
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- groupes d’un champ reliés en série forment une bobine.
- Les figures 12 bis et 12 ter représentent des enroulements en anneau de moteurs polyphasés.
- b). Calcul des forces magnétomotrices. — Dans le calcul relatif aux moteurs bipolaires, nous avons dû tenir compte d’un facteur k de réduction de la force magnétomotrice d’une bobine par suite du chevauchement des fils d’un même groupe. Nous allons voir si ce coefficient intervient encore ici.
- iü Coefficient le de réduction de la force magnétomotrice d'une bobine. — Soit un.nom-bre minimum de champs doubles, deux, c’est-à-dire quatre pôles, ce qui porte à huit et douze le nombre des groupes de fils pour courants di et triphasés. Les angles £ du paragraphe 2 sont alors -jp et et les coefficients k.
- 0,976 et 0,99
- si on admet un grand nombre d’encoches très rapprochées par groupe. Entre ce grand
- I:ig. 12 bis et 12 ter. — Enroulements en æ
- nombre d’encoches et le nombre 1. les facteurs k varient entre 0,976 et 1, 0,99 et 1.
- Pour trois champs ou six pôles, ces coefficients seraient sensiblement égaux à l’unité.
- On peut donc admettre en pratique qu'au-dessus de ti'ois champs doubles ou six pôles par inducteur, le coefficient k est égal à l'unité et que, par conséquent, il n'y a pas lieu de tenir compte du chevauchement des fils d'un même groupe dans le calcul des forces magnéto-motrices.
- 20 Force magnétomotrice moyenne le long de l'entrefer.
- aj. Courants diphasés. — Nous avons trouvé pour force magnétomotrice moyenne par champ double des inducteurs à courants di-
- nneau de moteurs polyphasés multipolaires.
- phases de moteurs bipolaires, la valeur
- selon le nombre des encoches.
- Pour arriver k ce résultat, nous avons composé géométriquement les forces magnéto-motrices des bobines, qui font entre elles des angles de 90°.
- Pour quatre pôles, les bobines d’un même
- champ sont à 45°, pour six pôles k 30"....
- pour un très grand nombre de pôles k o° ou en ligne droite. Au fur et a mesure que le nombre de pôles augmente, la composition géométrique des forces magnétomotrices des
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- bobines fait place a la sommation arithmétique, les bobines étant à la limite à la suite l’une de l’autre, comme en ligne droite, sur l’indicateur, et leurs forces magnétomotrices s’ajoutant alors simplement.
- Passons de suite à ce cas limite d’un nombre infini de pôles ou des champs en ligne droite pour juger de la différence des résultats avec le cas opposé de deux pôles seulement.
- Il est évident d’abord que les résultats seront plus élevés parce que la composition géométrique donne lieu à certaines composantes inutilisées.
- Si on ajoutait simplement les forces magnétomotrices des bobines parcourues par les courants Ij et I2 (fig. 13) décalés de , en tenant compte de leur décalage, mais sans avoir
- égard à la répartition exacte des forces magnétomotrices le long de l’entrefer, on
- rithmétique des fore
- diphasés.
- voit que la force magnétomotrice résultante varierait de 1 à 1,41 pour la force magnéto-motrice d’une bobine et que le champ tournant, variable, aurait quatre maxima et quatre minima par période. Sa valeur maxima
- moyenne serait de 1,207 fois la force magnéto-motrice d’une bobine, c’est-à-dire
- N' étant le nombre de fils par champ double.
- Quant à sa valeur moyenne le long de l’entrefer, elle deviendrait, en admettant la répartition sinusoïdale,
- = 0,383x4*-^ lmax.
- Mais ce n’est pas ainsi qu’il convient d’opérer.
- Soient BC et DE (fig. 14; les groupes d’une bobine dont le courant I est maximum, AB, CD et EF, les groupes d’autres bobines diphasées dont le courant est nul au même instant, N' le nombre de fils par champ.
- La force magnétomotrice de la bobine Bt*
- - 1)E est 4 -b JL I max entre G et D.
- Représentons par b d cette force magnétomotrice. De a à G et de e à I), la force magnéto-motrice effective diminue graduellement suivant des lignes en gradins dont les moyennes
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- sont a b de. La courbe finale des forces magnétomotrices le long de l’entrefer est a b c d e et le rectangle équivalent est a fh e
- dont l’ordonnée est les de l’ordonnée 4
- maxima de la première.
- La force magnétomotrice moyenne est donc
- pour ce moment où l’un des courants diphasés est nul.
- Voyons la force magnétomotrice au moment où les deux courants sont égaux et valent chacun ~^= I (I sin 450'.
- La figure 15 montre que les forces magnéto-
- Fig. 15. — Sommation des forces magnétomotrices des faisceaux de fils d’un moteur à courants diphasés, les deux courants valant I sin 45°,
- motrices des deux bobines s’ajoutent en C et donnent un maximum
- De C à B et à I). la force magnétomotrice est diminuée de celle des spires qu’on laisse derrière (jusque C), les courbes réelles sont des gradins dont les moyennes sont les droites bB et MX
- La force magnétomotrice moyenne le long de l’entrefer est donc ici :
- La variation de la force magnétomotrice
- pendant une période, au lieu d’être de 1 à 1.4r, comme le supposait la figure 13, est donc en réalité de 0,707 «0,750. Le coefficient moyen est ainsi 0,728 et la force magnétomotrice moyenne pour la période entière,
- Fmoy — 0,364 4 « Imax. (2)
- En tenant compte delà valeur minimum du coefficient k, 0,364 devient 0,36 pour les moteurs à 6 pôles et 0,355 pour les moteurs à 4 pôles.
- Récapitulation. —• Si N est le nombre total des fils périphériques, p le nombre de champs doubles ou de paires de pôles, N/ le nombre de fils par champ double:
- N
- N = N’p et N' = —.
- P
- La formule générale de la force magnétomotrice moyenne le long de l'entrefer, pendant une période, est ainsi :
- — K N 1
- mr~ **2 p
- dans laquelle,
- . K = 0,287 à 0,318 pour moteurs bipolaires diphasés: K — 0.355 " létrapolaires •-
- K = 0,360 " hexapolaires
- K = 0,364 i diphasés à plus de
- six pôles.
- b(. Courants triphasés. — Quand on additionne les forces magnétomotrices des trois bobines d’un champ en tenant compte des valeurs simultanées des courants, mais sans avoir égard à la distribution réelle des forces magnétomotrices le long de l’entrefer, on obtient pour une période six maxima et six mi-nima qui sont entre eux comme 2 est à 1,732 (fig. i6\
- La force magnétomotrice moyenne, en tablant sur ce résultat, serait .
- 2 4. ] 7’2 2 X'
- Fmoy= 2 —4* y— l««uc = 0,395
- La méthode n’étant pas satisfaisante, utili-
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- sons celle que nous avons suivie pour les courants diphasés.
- La figure 17 représente la courbe des forces magnêtomotrices quand l’un des courants est nul et que les deux autres valent
- La valeur maximum est 2VT 4^N' ,
- 2 6
- et la valeur moyenne,
- Va
- Ima-Al cos 6o°).
- - X 47: -fi- l,„4* = 0,385x4-
- Fig. 16. — Sommation des forces magnêtomotrices des faisceaux de fils d’un moteur théorique multipolaire à courants triphasés.
- La figure 18 considère le moment écarté du précédent de secondes où un courant a sa valeur maximum et les deux autres, la moitié
- 4 11 r
- Sommation des torces magnêtomotrices des ie fils d'un moteur pratique multipolaire à cou-
- et les deux autres égaux à I cos60.
- de cette valeur. Va est la moitié de Eb parce qu’en D il y a -j- 1 — de force magnétomo-trice à gauche et-----à droite, au total:
- La valeur maximum de la force magnéto-motrice est
- et la valeur moyenne,
- 3,5 N' y u N’ .
- -f- x; X4* — W = 0,389 X4^ — U
- On conclut des deux derniers calculs que la
- Fig. 18. — Sommation des forces magnêtomotrices des faisceaux de fils d’un moteur pratique multipolaire, à courants triphasés au moment où l'un des courants est maximum et les deux autres égaux à la moitié du premier.
- valeur de la force, magnêtomotrice varie peu et que sa moyenne le long- de lentrefer, pendant une période, est
- F moy — 0,3®7 X 4“ —- hnax.
- Récapitulation. — Il résulte de ce que nous
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- avons vu que la force magnètomotrice moyenne dans l'entrefer d'un champ de moteur triphasé est exprimée par la relation générale
- où les lettres ont même signification que ci-dessus
- K = 0,304 à 0,318 pour moteurs bipolaires
- K = 0,387 » • multipolaires
- La correction due au facteur k est inappréciable avec les moteurs multipolaires.
- La différence des coefficients pour moteurs bi et multipolaires vient de ce que nous avons employé pour les premiers une méthode spéciale de calcul qui leur convient mieux. Il semble cependant que les coefficients ainsi trouvés sont un peu faibles.
- Les deux méthodes utilisées ne sont qu'approximatives ; mais, outre qu’il est impossible de faire des calculs absolument exacts, en la matière, il existe dans la détermination du flux d’autres causes d’approximation qui rendent inutiles des calculs longs et dispendieux.
- Remarquons enfin que les moteurs bipolaires sont très peu employés à cause de leur grande vitesse.
- c). Courants polyphasés. Cas général. — Voyons ce que deviendrait le coefficient K si, ce qui n’est ni pratique ni possible, on disposait d’une infinité de courants polyphasés, répartis sur la longueur d’un champ double.
- La f. m. m. moyenne d'une spire serait évidemment :
- La f. m. m. maximum le long de l’entrefer serait
- et, comme on peut admettre que la répartition deviendrait sinusoïdale, la valeur
- moyenne pendant une période aurait pour expression :
- Fr,
- N 2 F
- P
- Soit un peu plus que pour les courants di et triphasés, ce qui était à prévoir.
- c). Calcul des forces contre-électromotrices. — 3> est le flux utile d’un champ double, dont la moitié traverse deux fois l’entrefer en ac et bd de la figure 11, ou encore le flux utile qui traverse la moitié de la section de l’entrefer, entre les deux points b et d de la figure 10, ou encore le double d’une dérivation qui circule dans l’épaisseur du noyau de l’induit, en admettant que la dispersion magnétique occupe l’espace aob de la figure 11. Ce flux est exactement la portion des lignes de force utiles qui pénètrent dans les dentures de l’inducteur et de l’induit sur la longueur d’un demi-champ.
- Nous avons vu au paragraphe II que, dans ces conditions, o> étant la vitesse angulaire des courants,
- est la force contre-électromotrice dans un fil inducteur.
- N' est le nombre de fils par champ, m le nombre de phases ou de circuits (2 ou 3), p le nombre de champs ou de paires de pôles, N le nombre total de fils.
- Si les forces contre-électromotrices étaient de même période, on aurait :
- 4» N’
- force contre-électromot. dans une bobine w -j- —py = Jy N
- 2 mp 4> N'
- force contre-électromot. dans une phase w —
- Les fils d’une bobine chevauchant par rapport au flux d’un champ double, les forces électromotrices individuelles y sont décalées de l’angle ir. divisé par le nombre d’encoches par champ, et il y a lieu de faire
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- intervenir un coefficient de réduction A, qu’on prouverait facilement être égal au coefficient A* du tableau du paragraphe II, 2°, dans lequel il faut supposer que le nombre
- d’encoches sur le pourtour de l’inducteur est remplacé par le nombre d’encoches par champ double. Nous reproduisons ce tableau.
- Encoches par champ double . .
- k (biphasés)....................
- k (triphasés)...................
- Les formules finales de la force contre-électromotrice produite par le flux utile et par phase sont ainsi :
- Eu.,!* — k'A’î1 C.G.S. ou volts,
- Kejf = ^'ï* IO~s volts.
- Si on appelle », le flux de perte qui s’étend sur la longueur aob delà figure n, on prouverait facilement que les forces contre-électromotrices auxquelles il donne naissance
- N Qlt
- V72 ‘ 2 m
- On aura sans aucun doute compris pourquoi le coefficient k intervient dans la for-
- 16 18 20 24 cc
- >,906 « 0,904 0,903 0,9
- » 0,96 » 0,958 0,955
- mule de la force contre-éleclromotrice et non dans celle de la force magnétomotrice moyenne. C’est que, dans le calcul de la force magnétomotrice, il s’agissait d’un décalage géométrique radial des encoches d’un champ autour de l’axe du moteur, décalage inappréciable pour les moteurs multipolaires, alors que dans la détermination de la force contrc-clcctromotrice, il s’agit du décalage des encoches par rapport au champ sinusoïdal qui s’étend sur le développement
- Cet angle 2t: est aussi l’angle géométrique et physique d’un moteur bipolaire, ce qui explique que les coefficients du chevauchement radial puissent être les mêmes que ceux du chevauchement polaire.
- S. Hanappk.
- (/I suivre )
- Valeur du coefficient k.
- 4 6 8 12
- 1 .. 0.924 0,911 o
- » 1 » 0,966
- APPAREILS ÉLECTRIQUES THERMIQUES
- Si les applications des courants électriques au chauffage et à la cuisson des aliments, ne se sont pas développées davantage depuis l’Exposition de Chicago, où apparurent les premiers appareils vraiment pratiques transformant de l’énergie électrique en chaleur, cela tient essentiellement à certaines raisons qui toutes peuvent se ranger en deux catégories ; dans la première rentrent les raisons se rapportant à la consommation de courant et dans la seconde celles inhérentes à la construction des appareils eux-mêmes.
- Tous les appareils électriques de chauffage employés actuellement sont de grands consommateurs de courant, et leur emploi est nécessairement restreint au cas où le bon marché peut ou doit être sacrifie à la commodité, ou aux cas très rares où le courant livré par la station centrale est d’un bon marché relatif ou exceptionnel, permettant au chauffage électrique de lutter avec lesautresmodes. Ainsi les appareils de chauffage électriques sont très appréciés dans les laboratoires, les cliniques, les chambres.à coucher, les fumoirs,
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- 45:
- les salons pour des buts de recherches scientifiques, d’hygiène, de toilette, d’agrément, mais on ne les trouve guère utilisés pour le chauffage général d’habitations ou pour un but culinaire, sauf dans des hôtels à grande altitude où le transport de combustible coûterait davantage que le courant électrique qui le remplace ; ces hôtels alpestres sont en général pourvus d’installations électriques propres, alimentées hydrauliquement et dont l’énergie, qui ne coûte alors pour ainsi dire rien, est avantageusement employée jusqu’au coucher du soleil pour la cuisson et le chauffage. Les stations centrales hydro-électriques qui alimentent des réseaux sans moteurs, dans des localités où l’industrie n’existe pas, commencent à rechercher dans le chauffage le placement de leur énergie de jour, c’est-à-dire l’augmentation du facteur d’utilisation de leurs appareils; des tarifs spéciaux de vente de l’énergie sont alors appliqués. C’est à Davos, où l’énergie électrique est très bon marché, le nombre des hôtels excessivement considérable et. l’industrie à peu près nulle, que cette tendance a pris naissance en Suisse.
- Les causes de la seconde catégorie sc résument en quelques mots ; les appareils thermiques actuels alimentés de courants électriques sont trop chers et pas assez robustes. Ceci est une conséquence inévitable du genre de construction basée sur le dégagement de chaleur produit par un courant traversant un conducteur; la résistance spécifique de celui-ci doit être grande et sa chaleur de fusion élevée, ce qui conduit facilement à l’emploi de métaux ou alliages de métaux lourds et chers. Le diamètre doit en être fin, ce qui augmente la fragibilité de l'appareil, tant au point de vue électrique (variations de tension) qu’au point de vue mécanique (chocs). L’isolant doit être un mauvais conducteur de l’électricité afin d’éviter les pertes et les contacts, et bon conducteur de la chaleur afin de permettre à celle-ci de pénétrer facilement dans les corps à chauffer ; or un isolant semblable est à peu près inconnu, d’autant plus qu’il doit être encore incombustible.
- On a cherché à atténuer ces défauts, car les avantages du chauffage électrique sont tels que son avenir sera assuré dès le moment où les frais, tant d’installation que ceux d’entretien, qu’il nécessite auront été diminués. Quel mode de chauffage est en effet plus commode, plus réglable, de plus grande sécurité et de plus grande propreté ! pas de poussière, pas de fumée, pas de charbon, pas d’incendie, pas de longs préparatifs.
- Tous les récents efforts ont donc tendu à arriver à des appareils robustes et bon marché, comme prix de revient et comme consommation.
- M, F. Le Roy, avec ses bûches électriques Q), semble avoir fait quelques pas en continuant à appliquer les effets de Joule.
- La Société générale de Berlin vient d’utiliser l’arc voltaïque pour une série de nouveaux appareils ; elle a commencé par mettre une lampe à arc dans un fer a repasser (2) ; c’est la méthode du four électrique que l’on peut appliquer à un grand nombre de cas, mais qui nous semble avoir tous les désavantages que l’on cherche à éviter, avec un avantage en moins, celui, de la réglabilité; on conçoit en effet très bien comment on peut régler la chaleur émise par un courant parcourant un conducteur, mais non comment il est possible de régler la chaleur émise par une lampe à arc.
- La Sociétéd’Électricité Alioth de Râle nous semble avoir été plus heureuse en essayant d’une troisième méthode pour ses appareils électriques thermiques pour courants alternatifs ; ce sont les courants de Foucault produits par un champ magnétique alternatif, dans des pièces métalliques massives qui sont utilisées pour la production de la chaleur. Cette disposition présente les avantages indiscutables suivants :
- La chaleur ne se produisant pas dans le fil conducteur du courant, mais dans la masse
- (p L’Éclairage Electrique, t. XIV, p. 317, 12 février 1898. (2) L’Éclairage Electrique, £. XIII, p. 75, 9 octobre 1897.
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- même du récipient ou du corps à chauffer, le rendement est plus élevé.
- L’enroulement parcouru par le courant n’est qu?un organe intermédiaire et il peut lui être donné toutes les dimensions nécessaires pour constituer un appareil robuste et insensible aux variations électriques et aux chocs mécaniques.
- Cet enroulement produisant le champ magnétique, se trouve éloigné du corps à chauffer en sorte qu’un isolant ordinaire est suffisant. Enfin cet isolant électrique n’a aucun rôle à jouer au point de vue thermique.
- Le prix de ces appareils est véritablement bas.
- Dans chacun de ces dispositifs pour chauffage à l’aide d’un champ magnétique alternatif, celui-ci est conduit dans un circuit feuilleté se fermant sur le récipient dont la forme est choisie ad hoc et qui seul est massif; les courants de Foucault s’y forment donc facilement et pas dans les autres parties du circuit magnétique.
- Les figures schématiques représentent, la première un appareil à cuir: au centre de
- Fig. i, — Appareil de chauffage à courants alternatifs de la Société Alioth.
- l’électro-aimant en fer feuilleté M se trouve le récipient en fer massif G exposé au champ magnétique alternatif qui produit des courants intenses dans la masse de ce récipient. Pour mieux protéger les bobines excitatrices S contre la chaleur et aussi pour empêcher le refroidissement, la surface libre du récipient est recouverte d’une matière J mauvaise conductrice de la chaleur.
- Dans le fer à repasser, représenté par lu figure 2, c’est seulement la plaque du fond
- Fig. 2. — Fer à repasser.
- qui doit être chauffée et pour cela l’électro-aimant E pénètre dans cette plaque massive qui ferme ainsi le circuit magnétique. Les anneaux de cuivre K sont appelés à favoriser le passage des lignes de force dans les surfaces de rencontre. L’enveloppe est en tôle perforée pour faciliter la ventilation de la bobine S.
- Un dispositif analogue mais retourne' est
- Fig. 3. - Réchaud.
- représenté par la figure 3 et forme réchaud*
- La plaque à chauffer ferme le champ magnétique de l’électro-aimant E; les mêmes an-
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- neaux K facilitent la production des courants de Foucault; l’enveloppe est également perforée pour la ventilation.
- La disposition la plus avantageuse consiste à produire le champ magnétique et les courants de Foucault dans la masse même du corps à chauffer. La figure 4 représente un bain-marie construit ainsi. La bobine d’excitation S est entourée complètement par la masse du cylindre de fer C dans lequel se produisent et le champ magnétique et les courants de Foucault. Dans l’eau, chauffée par le cylindre, plonge le récipient L. Dans ce cas l’isolant de la bobine S doit
- pouvoir supporter une température élevée.
- Des appareils semblables à ce dernier sont branchés sur le réseau de distribution des ateliers de la Société d’Électricité Alioth et servent à chauffer des enduits, delà colle, etc.; ils y sont surtout appréciés dans les locaux renfermant des matières inflammables, l’emploi de ces appareils écartant tout danger d’incendie.
- Le rendement de ces appareils, qui n’a d’ailleurs été déterminé qu’approximative-ment a été reconnu excellent ; lorsque des mesures plus exactes auront été faites, il en sera rendu compte. R.-B. Rittf.r.
- AUTOMOBILES ÉLECTRIQUES
- La voiture de ce système, un duc vis-à-vis à trois ou quatre places, présentée à la récente Exposition d’automobiles, était certainement l’une des plus élégantes et des plus confortables ; la figure 1 en donne une
- Le châssis est en acier profilé et étiré, la caisse est interchangeable, sauf toutefois pour les dog-cars à grand parcours.
- Les accumulateurs, d’un type nouveau imaginé par les constructeurs ont une capacité de 22 à25 ampères-heure par .kilogramme de plaques pour des régimes de décharge de 3 à 4 ampères par kilogramme.
- Les éléments sont montés en série ; ils sont renfermés dans des bacs en ébonite disposés dans des caisses en bois placées sous les sièges ; ces caisses sont facilement accessibles.
- Pour les voitures de luxe dont le poids total est de 950 à 1000 kgr, la batterie d’accumulateurs ne pèse que 350 kg et permet cependant d’effectuer des parcours variant de 100 à 150 km suivant le type de voiture et suivant l’état de la route.
- Le moteur électrique présente une particularité intéressante. Son induit est à deux enroulements bobinés sur le même noyau denté, genre Paccinotti, et reliés à deux collecteurs; le nombre de spires de chacun de ces enroulements, et par conséquent les forces contre-électromotrices développées, sont inégaux et dans le rapport de 5 à 3.
- Cette disposition permet d’obtenir 7 valeurs de la vitesse sans modification dans le montage des accumulateurs et sans variation de l’excitation, ce qui présente de grands avantages tant au point de vue de la conservation de la batterie, dont tous les éléments se déchargent également, qu’à celui de la conservation du moteur.
- Les combinaisons permettant de réaliser ces 7 vitesses sont indiquées par les diagrammes de la partie droite de la figure 2.
- Pour la première vitesse de démarrage les deux induits sont réunis en tension aux bornes de la batterie avec les trois sections du rhéostat; le moteur démarre ainsi avec le maximum de force électromotrice et le maximum de résistance intercalée.
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- Pour la seconde et la troisième vitesse, mêmes combinaisons avec deux ou une seule section du rhéostat.
- La première vitesse de marche normale
- s’obtient en mettant hors circuit la dernière section du rhéostat; la vitesse est alors de 6 km : h environ.
- Pour augmenter la vitesse, on met hors
- B. G. s.
- circuit l'enroulement induit nü 2; on obtient ainsi une vitesse de 6x ^ J = 9,6 km : h.
- En mettant au contraire l’enroulement induit n° 1 hors circuit, on obtient une vitesse plus grande : 6 x 53- = 16 km : h.
- Enfin en disposant l’enroulement induit nu 2 avec l’enroulement induit n° 1 inversé, on obtient une vitesse encore plus grande :
- 6 x 5 + 3 = 24 km : h.
- 5 — 3
- Les données relatives à l’un de ces moteurs sont les suivantes :
- Courant normal moyen . . .
- Résistance de l'induit ....
- Résistance de l'inducteur. . .
- Puissance normale.............
- Poids........................
- Induction magnétique spécifique dans l'inducteur . . .
- Induction dans l’induit. . . .
- Densité de courant par mm-dans les fils de l’inducteur.
- Densité de courant par mm2 dans les fils de l’induit. . .
- Nombre de tours à la vitesse de 20 km : h........... . .
- 15 à 20 ampères
- 40 kgr 13000 gauss
- 1,8 ampère 2 ampères
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- Echauffcment après 5 heures
- de marche. . . . .........55u C
- Rendement électrique .... 0,93
- Rendement industriel .... 0,87 Rendement total, compris les
- organes mécaniques, mesuré au frein sur les roues. . . . 0,80
- La transmission du mouvement de l'arbre du moteur aux roues arrière se fait par chaînes.
- Fig. 2. — Développer
- du combinateur et diagrammes des connexions.
- L'arbre du différentiel et le moteur peuvent être démontés en quelques minutes en enlevant simplement deux broches. En outre tous les organes moteurs et de transmission sont facilement accessibles par l’enlèvement des
- planches du parquet qui, dans ce but, peuvent être soulevées à la main.
- Le combinateur se compose de deux cylindres dont la figure 2 donne les développements. Le grand cylindre accomplit toutes les
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. - N° 37.
- combinaisons nécessaires au réglage de la vitesse ; il est calé sur l’axe du combinateur. Le petit cylindre est monte fou autour de cet axe; il sert au changement de marche et permet de réaliser toutes les vitesses arrière.
- La manœuvre du grand cylindre s’effectue au moyen d’un volant placé a droite du conducteur ; celle du petit cylindre par un petit levier séparé.
- Dans les nouveaux modèles, ce petit cylindre est supprimé, la marche arrière étant alors obtenue par le grand cylindre.
- La direction de la voiture s’effectue au moyen d’un guidon agissant sur les deux roues d’avant montées sur un essieu à deux pivots.
- Le freinage est obtenu par le combinateur qui porte à cet effet trois crans, permettant, comme le montre la figure 2, de fermer le circuit des enroulements induits sur deux ou
- une section de la résistance de démarrage, ou directement sur eux-mèmes. En outre, deux freins à pédale assurent un arrêt rapide.
- Les instruments de mesure sont au complet : voltmètre, ampèremètre et compteur d’énergie. Les deux premiers sont logés dans des niches fermées par des glaces et éclairées, la nuit, par des lampes à incandescence. Le compteur est disposé sous la banquette avant où se trouvent également le disjoncteur, les plombs fusibles, les commutateurs de charge et de décharge.
- La voiture porte donc tous les organes et appareils de contrôle permettant de recharger les accumulateurs et de mesurer la quantité d'énergie emmagasinée, ce qui est avantageux pour le ravitaillement encours de route. Le réglage de la charge se fait au moyen du combinateur.
- J. Rkyval.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Condensateur Bradley (1).
- Les condensateurs de M. Bradley, dont la construction est particulièrement étudiée en vue d’obtenir des appareils durables, de capacité constante, parfaitement à l’abri de l'air, ont pour diélectrique le mica.
- Les figures 1 et 2 représentent une vue de face et une portion de coupe transversale.
- Les feuilles d’étain 2 et de mica disposées à la façon ordinaire, les premières dépassant alternativement d’un côté ou de l’autre de la pile, sont placées dans une enveloppe 1 et k une distance suffisante pour assurer une bonne isolation par l’introduction d’une matière isolante quelconque, huile, paraffine ou cire.
- Entre la pile de feuilles d’étain et de mica et l’enveloppe extérieure sont disposées des
- plaques métalliques, d’étain par exemple, qui
- 0 Brevet anglais n° 57583, 2 figures ; dépose le 27 juillet 1897, délivré le 4 septembre, 1897.
- servent de conducteur à la chaleur degagét dans l’appareil et facilitent sa dispersion.
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- Sur les plaques métalliques 4 s’appuient les parois 5, 5a de l’enveloppe, lesquelles portent des bras 6 qui servent à serrer l’ensemble à l’aide des boulons 7.
- Les joints entre les bords de l’enveloppe latérale 1 et les plaques 4 sont soudés ; l’enveloppe porte simplement trois ouvertures 8,8^,9, dont deux servent au passage des conducteurs 3, 3„ connectés avec les deux séries de feuilles d’étain et qui sont isolés de la masse par une douille en matière isolante 11 et par une sorte de bouchon 12. Les deux prises de courant sont revêtues d’un capuchon 14.
- L’orilice 9 est muni d’une tubulure que ferme le bouchon 10; c’est par cette ouverture que l’on introduit la matière isolante qui doit envelopper complètement la partie délicate du condensateur et la préserver du contact de l’air humide et des moisissures. Le serrage énergique de la pile de feuilles de mica et d’étain diminue beaucoup les vibrations de l’ensemble et prolonge ainsi la durée de l’appareil.
- C.-F. G.
- Dynamo pour éclairage de lanterne de bicyclette;
- Par E.-W. Farnham (’).
- Toute dynamo adaptée à une bicyclette ou un véhicule quelconque doit être complètement mise à l’abri des poussières et bien protégée; de plus les variations exagérées de vitesse ne doivent pas brûler les lampes ni les signaux, ni endommager la dynamo.
- M. Farnham arrive à ce double but par l’emploi du courant alternatif (machine magnéto) et en enveloppant complètement la machine dans une caisse cylindrique mise en mouvement par le véhicule ou la bicyclette.
- Un premier type de machine de ce genre est représenté sur les figures 1 et 2, les figures 3 et 4 montrent comment cette machine s’adapte sur une bicyclette.
- (>) Brevet anglais n° 23415, 7 figures; déposé le 12 octobre 1897, délivré le 27 novembre 1897.
- L’arbre G est fixe et porte le système inducteur qui sc compose d’aimants perma-
- 5. — Coupes d'une magnéto Farnham. pour éclairage de lanterne pour bicyclette.
- nents K montés entre deux flasques I, I fixées sur l’arbre au moyen de vis.
- La caisse cylindrique H formée d’une surface cylindrique h et de deux cercles h'h’ est folle sur l’arbre, elle porte fixée sur elle une
- magnéto Farnham pour éclairage de lanterne de bicyclette.
- poulie S qui à l’aide d’une courroie T commande une seconde poulie M montée sur l’axe de l’induit dont les coussinets sont logés dans les flasques T.
- L’induit J du type a navette a son noyau O qui tourne entre les épanouissements inducteurs LL. L’une des extrémités de l’induit est connectée directement à l’arbre U, un ressort V communiquant avec un conducteur V' qui traverse l’arbre fixe G. L’autre extrémité aboutit à une bague Q en communication par un frotteur avec le conducteur V2.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — N°37.
- La ligure 5 est une variante du dispositif précédent où la commande de l’arbre de l’in-
- Fig. 5. — Commande de l’induit de la magnéto Farnham par engrenage.
- duit se fait par un pignon M; entraîné par la roue dentée S; fixée à la caisse cylindrique à l’aide de trois boulons S2.
- Dans un second type de machine du même genre (fig. 6 et j) les inducteurs et l’induit
- Fig. 6 et 7. — Magnéto Farnham pour bicyclette â inducteur et induit mobile.
- sont tous deux mobiles et en sens contraire.
- La caisse cylindrique porte une roue dentée S, qui engrène avec la roue dentée S, tournant autour d’un pivot S3 porté par un support fixe' sur l’arbre G ; la roue S3 entraîne le pignon T, qui commande l’armature montée folle sur l’arbre fixe G.
- Les aimants permanents Kt sont fixes directement sur la caisse cylindrique mobile.
- Le courant est recueilli comme précédemment en connectant une des extrémités de l’armature a l’arbre G à l’aide d’un frotteur et l’autre avec un balai Vs frottant sur un anneau fixe V, supporté par un anneau isolant V3, l’anneau métallique étant en communication électrique avec le conducteur V .
- Le sens de rotation de l’induit et celui de l’inducteur sont indiqués par les flèches 1 et 2.
- C.-F. G.
- Calcul de la chute de tension dans les transformateurs;
- Par A.-R. Everest (*).
- Le procédé le plus rationnel pour mesurer la chute de tension d’un transformateur consiste, lorsqu’on dispose d’une puissance suffisante, à faire fonctionner l’appareil à vide et en charge à une meme tension primaire, et à faire la différence des tensions aux bornes du secondaire. Toutefois cette méthode exige un soin tour particulier, puisqu’une erreur très faible dans la mesure des tensions primaire et secondaire entraîne une erreur considérable dans la mesure des différences des tensions secondaires.
- Tant donc au point de vue de la simplicité des expériences que de la précision des mesures, il vaut mieux calculer cette perte de tension, ce qui est possible, puisque les chutes de tension partielle dues aux divers éléments de l’appareil peuvent être déduites de mesures précises faites séparément.
- Des méthodes graphiques ont été imaginées pour le calcul de la chute de tension par M. Kapp (*) et par MM. Bedell, Chand-ler et Sherwood (J) et conduisent à des résultats assez voisins des chiffres réels. La méthode de M. Everest conduit, dit cet auteur, à des résultats encore plus exacts, grâce à l’introduction de l’effet du courant déwatté seul pour la marche à vide, mais ne s’applique, comme la méthode de MM. Bedell, Chandler et Sherwood, qu’au cas d’un circuit d’utilisation sans induction.
- La chute de tension dans un transformateur est due, comme on le sait, à la perte de tension dans les enroulements, aux fuites
- (») The Electrical World du 4 juin 1898, p. 6“6.
- (2) Voir L'Éclairage Électrique, t. III, p. 421, i»9S-
- (3) Voir L’Éclairage Électrique, t. XIII, p. 462, 1897.
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- magnétiques et aussi k l’influence du courant h vide ou plus exactement du courant déwatté ; ce dernier peut en effet, lorsqu’il est assez grand, produire un retard de phase entre les courants primaire et secondaire, et agir par suite sur la chute de tension en augmentant la composante réactive due aux fuites magnétiques.
- Si le décalage introduit par le courant quadratique est très faible et peut être négligé, la chute de tension est très faible et son évaluation est ramenée à la construction d’un triangle rectangle dont les côtés de l’angle droit représentent, l’un la chute due à la réactance et l’autre la chute totale dans les enroulements, y compris le circuit secondaire extérieur. L’hypoténuse est la tension primaire, si les deux autres côtés sont évalues en fonction de la tension primaire. Pour plus de commodité, il convient de représenter toutes ces tensions en pour cent de la tension primaire.
- Si, par exemple, la chute de tension due à la réactance est de 3 p. 100, la tension ohmique est de
- V'ioo»—3* = 99,2.
- La perte de voltage dans les enroulements étant prise, par exemple, égale à 2,2 p. 100, la tension utile aux bornes secondaires en pour cent de la tension primaire sera
- 99,2 — 2,2 = 97
- et la chute de tension de l’appareil sera de ,3 p. 100.
- Lorsque l’on a à tenir compte de l’effet du courant quadratique, le calcul n’est pas tout à fait aussi simple, mais il peut être effectué très soigneusement par la méthode que nous allons indiquer et qui dérive du diagramme bien connu du transformateur sans self-induction dans le circuit secondaire extérieur.
- Considérons d’abord le diagramme des ampèretours primaires et secondaires (fig. 1). Le vecteur OL représente les ampèretours à vide, ou, si nous supposons, pour plus de
- simplicité, que le rapport de transformation est égal à 1, le courant à vide. Ce courant est la somme d’une composante quadratique, le
- Fig. 1.
- vrai courant magnétisant OM et une composante symphasique LM proportionnelle aux pertes dans le fer.
- Les ampèretours secondaires sont toujours perpendiculaires à OM, puisque le courant secondaire est en phase avec la tension induite O (‘); quant aux ampèretours primaires OP, ils sont toujours tels que leur différence géométrique avec les ampèretours secondaires soit OL.
- La force contre-électromotrice primaire est dirigée (fig. 2) suivant 01; pour obtenir la
- Fig. 2.
- tension primaire il faut ajouter à 01 une composante ID égale à la chute ohmique primaire et parallèle au courant primaire OP, et une composante RD due à la réactance primaire et perpendiculaire à OP.
- La tension primaire OR, somme de ces trois composantes, peut être aussi regardée comme la somme de la force contre-électromotrice 01 et de la chute IR, due à l’impédance primaire. Si l’on remarque aussi qu’un accroissement du courant d’excitation aug-
- (*) L’auteur suppose ici implicitement que le secondaire n’a pas de fuites magnétiques.
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- mente le décalage du courant primaire sur la force contre-électromotrice OI, on voit que cette augmentation aura pour effet de diminuer le décalage entre le vecteur IR et la force contre-électromotrice primaire, et par suite d’accroître la tension primaire pour une tension secondaire donnée.
- On pourrait, pour calculer la chute de tension, relever les longueurs des vecteurs du diagramme et les exprimer en pour cent de la tension primaire OR, mais il est plus exact de les calculer en remplaçant, comme le montre la figure 3, le triangle d’impédance
- primaire IDR par le triangle d’impédance équivalente IJ R, où RJ est la réactance primaire équivalente et IJ la chute ohmique équivalente, de façon à ramener le tout en fonction de la tension secondaire.
- L’angle J3 est égal à l’angle de décalage connu a (déduit de la marche en court-circuit et en admettant que la chute de tension due à l’impédance dans chaque circuit est la même en pour cent) et de l’angle IOD de décalage entre la force contre-électromotrice induite primaire et le courant primaire qu’on déduit de la connaissance du courant d’excitation et du courant primaire en charge.
- Si l’on a exprimé les divers vecteurs en pour cent.de la tension primaire, le côté OJ du triangle rectangle O RJ étant égal h la tension aux bornes secondaires, augmentée de la chute de tension ohmique dans le secondaire et de la perle ohmique équivalente JI, la différence de potentiel secondaire se
- déduit par différence de OJ et de IJ augmentée de la chute ohmique secondaire (1).
- M. Everest applique sa méthode à un transformateur où les pertes diverses ont été mesurées par les procédés indiqués dans l’article de MM. Bedell, Chandler et Sher-wood, rappelé plus haut.
- Les données de cet appareil sont :
- Puissance..................
- Tension primaire...........
- » secondaire...........
- Perte totale dans le cuivre . > de tension dans les enroulements.................
- Chute due à l'impédance totale ......................
- Perte dans le fer..........
- Courant d’excitation (courant primaire à vide) . . .
- 1000 volts 125
- 50 watts
- 2 p. 100
- 5, voltsou5,4p. 100 60 watts
- 0,125 ampère
- Pour faciliter les calculs, l’auteur donne un tableau des valeurs de l’angle de retard a—pdu courant sur la force contre-élcctromo-trice primaire pour différentes valeurs du courant à vide en pour cent du courant primaire en charge, et en admettant que la composante déwattée est les 80 centièmes du courant d’excitation. Ce tableau s’applique aux transformateurs ordinaires pour des fréquences au-dessus de 50; au-dessous de ce chiffre, le courant magnétisant est une plus grande portion du courant à vide.
- Valeurs du
- 5
- H
- 16
- 18
- >’d du courant primaire.
- 3)5Û
- 4.5°
- 5°
- 6U
- 6,5°
- 7,5’-'
- 8°
- Dans le cas actuel, le courant à vide est
- (') On néglige toujours ainsi la perte de tension secondaire due aux fuites du secondaire, mais nous verrons plus loin comment l’auteur en tient compte approximativement en supposant que la rcactaijcc appartient au primaire seul.
- (C.-F. G.)
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- 46:
- égal à 5 p. 100 du courant total, a—(3 est donc égal à 2".
- La réactance totale est évidemment égale en pour cent k
- V/5)42 — 22 = 5 P' ioo.
- L’auteur admet que la réactance est dans le primaire seul, l’impédance primaire est alors, en admettant que les chutes de tension ohmique sont les mêmes en pour cent dans les deux enroulements :
- 1/5' + i! = 5,i-
- On a donc, en se reportant à la figure 2 :
- IR=5-i ID = 1 DR = 5
- La valeur de l’angle a est donnée par
- d’où
- a = 79°
- p = ir
- Le triangle RI J peut être évalué et l’on a :
- RJ = 1 R sin P = 5,1 X 0,974 = 4,96 p. 100 IJ = 1 R cos p = 5,1 x 0,225= 1,15 »
- On passe ensuite au triangle ORJ qui donne :
- OJ = /ioo3 — 4,96^ =99,87 p. 100.
- En retranchant de cette quantité IJ et la chute ohmique de 1 p. 100 on trouve finalement
- 99,87-1,15- 1 = 97,72 p. 100.
- La chute de tension totale est donc de 2,28 p. 100.
- Si l’on n’avait pas tenu compte du courant d’excitation, on aurait trouvé, comme nous l’avons indiqué au début, 2,13 p. 100, soit une différence de 0,15 p. 100 pour un courant d’excitation de 5 p. 100 du courant de pleine charge.
- La méthode de MM. Bedell et consorts, appliquée à cet exemple, donne une chute de tension de 2,44. La différence est due, dit l’auteur, à ce que ces ingénieurs ont admis que le courant magnétisant était égal au courant à vide et à d’autres approximations de moindre importance (*).
- C.-F. G.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Données numériques fondamentales pour la conductibilité des électrolytes ;
- Par F. Kohlrauscii, L. Holborn et H. DiesselhoRst (').
- La plupart des données anciennes relatives à la conductibilité des électrolytes ne présentent pas le degré d’exactitude qu’on peut demander aujourd’hui aux déterminations de ce genre, et de plus elles sont exprimées avec des unités qui diffèrent d’un mémoire k l’autre. Il y a donc intérêt k entreprendre
- ('} Wied. Ann., t. LX1V, p. 417-455, mars 1898.
- une révision critique de ces nombres et k les corriger au besoin.
- Les auteurs prennent comme unité la con ductibilité d’une substance dont un cube de 1 cm de côté posséderait une résistance de 1 ohm. La conductibilité x d’un corps qui sous la forme d’un prisme de l cm de lon-
- (*) Il faut toutefois faire observer qu’il résulte des expériences faites par MM. Bedell, Chandler et Sherwood que les chutes de tensions calculées par leur méthode sont un peu plus faibles que celles mesurées directement, la méthode de M. Everest donnerait donc des résultats un peu moins exacts et tiendrait le milieu entre celle de M. Kapp et celle de MM. Bedell, Chandler et Sherwood.
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- gueur et de q cm2 de section a une résistance de R ohms, aura pour valeur :
- — 1
- X~ qR
- x. io9 sera la valeur de la conductibilité en unités CGS. Par exemple, à o° le mercure a une conductibilité a: = 10630.
- Les méthodes actuellement employées pour la mesure des résistances permettent de les déterminer à 0,001 près de leur valeur. Si on veut aller plus loin, on rencontre les difficultés sur deux points principaux : l’influence de la température et l’influence des impuretés chimiques.
- Une erreur de 1/20 de degré sur la température de la dissolution entraîne une erreur de 0,001 sur la conductibilité,et une grande attention est nécessaire pour réduire les erreurs à ce chiffre. De même les impuretés chimiques occasionneront dans bien des cas des erreurs atteignant facilement plusieurs millièmes.
- En général, il n’y aura donc pas à compter sur une exactitude supérieure au millième.
- Comme dissolutions normales, les auteurs choisissent les dissolutions de chlorure de potassium renfermant une molécule ou 1/10, 1/50, 1/100 'de molécule de sel par litre. Ces dissolutions sont faciles à préparer et un grand nombre de mesures ont été effectuées en les prenant pour termes de comparaison.
- Les dissolutions sont contenues dans des tubes de verre cylindriques, placés inclinés dans un bain d’eau de 60 litres environ ; chacun porte une électrode fixe et Une élec-
- trode mobile au bout d’une longue tige; cette tige est munie d’un repère qui se déplace le long d’une graduation en millimètres. Ces électrodes ont la forme de disques qui remplissent aussi complètement que possible la section du tube. La distance minima de ces électrodes est de n cm : dans ces conditions, il se produit déjà entre les électrodes plu-sieurs filets de courant.
- Les résistances sont mesurées au moyen d’un réseau de Wheatstone. La branche conjuguée de la résistance clcctrolytique conserve pendant une série d’expériences la même résistance. L’électrolyte et le rhéostat servant à la mesure se trouvent en série dans la même branche. L’autre couple de branches est constitué par un pont à tambour de Hartmann et Braun, avec des résistances en série, qui permettent de ramener la valeur d’une division de l’échelle à la dix-millième partie de la longueur totale du fil. Les électrodes sont platinées dans une solution préparée suivant les indications de Lummcr et Kurîbaum. La capacité des grandes résistances métalliques peut influer sur la netteté des minima dans le téléphone; il est commode de la compenser par celle d’un condensateur dont on a vérifié l’isolement.
- Les deux tubes employés comme récipients avaient d’un 7,3, l’autre 2,3 cm’ de section; ils sont calibrés dans la région où se meut l’électrode mobile, par des jaugeages à l’eau distillée.
- Les conductibilités sont exprimées en fonction de l’ohm international de la Rei-chsanstalt ; la température est celle du thermomètre normal à hydrogène.
- Dissolution. Tube. Température. I tésistance en ohms. a?l8- [moyenne).
- H2S04 (max) G 18»,215 .29,247 07400 0,7400
- KHSO1 {20 p. 100) C2 370,4OI 73>ioo 0,29886 0,29886
- NaCl (sat.) G I7°.93[ 100,67 0,21609 0,21609
- NaCl (presque sat.)- j C, 180,694 31,112 0,21584 i 0,23586
- dn = 1,1992 ' G i8°,72i 98,985 0,21588 j
- KC1 fnormal) G 170,968 221,10 0,09850 0,09830
- MgSOi (mas) , C, j G 282,175 180,167 137,78 438,65 0,049291 ) 0,07)9308 ) 0,04930°
- KHSO4 (2 p. 100 environ) . . . ) G j c1!2 i7°,328 UÙ354 l6o,22 0,042883 ) 0,042891 j 0,042887
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- Pour les expériences usuelles, il est plus commode d’employer des vases avec électrodes fixes, qu’on étalonne à l’aide de l’une des dissolutions dont on a déterminé la conductibilité avec les récipients précédents. Dans le tableau précédent, l'indication (max) placée à côté de l’acide sulfurique et du sulfate de magnésium signifie que le chiffre donné se rapporte aux solutions qui présentent le maximum de conductibilité. Ce maximum est obtenu dans la solution d’acide sulfurique à 30 p. 100, soit 367 gr d’acide dans un litre d’eau; le poids spécifique est 1,223 à 180; la solution de sulfate de magnésium renferme 35,6 p. 100 de sel cristallisé ou 17,4 p. 100 de sel anhydre par litre (424 gr de sel cristallisé par litre ; poids spécifique. 1,190 k iS").
- Le mémoire donne ensuite une revue des expériences anciennes de Kohlrausch et de Grotrian, ou de Kohlrausch seul. Les résultats numériques sont calculés de nouveau d’après les règles données ci-dessus. Les corrections atteignent en général 5 à 6 millièmes des valeurs anciennes. Si k représente la conductibilité d'après les mesures anciennes, la nouvelle valeur s’obtiendrait en résumé en multipliant h par le facteur
- —[0690 . pour jes expériences de Kohlrausch 10360 r
- ii885}, de Loeb et Nernst, de Mac Gregory, de Sheldon, de Long,le facteur de correc-ioôot , _
- lion serait—;------; pour les mesures ettec-
- 10630 r
- tuées dans le laboratoire d’Ostwald, il faut prendre le facteur Limfin, pour les
- autres expériences, où les détails fournis par les auteurs ne sont pas suffisants pour fixer les conditions expérimentales d’une manière approximative, on prendra en gros
- M. L.
- Polarisation des membranes minces ;
- Par W. Nernst et A. Scott (*).
- Arons attribue la faible valeur de la pola-
- risation observée sur les membranes minces k la dépolarisation qui se produit à travers la membrane; Luggin et Ochs à la conductibilité correspondant aux pores des membranes.
- En disposant l’auge électrolytique avec le diaphragme entre deux électrodes impolari-sables, dans l’une des branches d’un réseau de Wheatstone à courants alternatifs, on peut déterminer séparément la capacité de polarisation de la membrane et la conductibilité des pores. L’auge constitue en effet un système analogue k un condensateur de capacité C, en série avec une résistance r\ et l’ensemble en dérivation sur une résistance 1\ : Cj est la capacité de polarisation du diaphragme: r, la résistance de la cuve, plus celle des pores: r'i; la résistance de la cuve, plus une fraction de la résistance des pores dépendant de la distribution des lignes de courant. En mettant dans la branche conjuguée un système semblable, variable k volonté, on réduira le téléphone au silence. Il faut alors que :
- Si la dépolarisation a lieu k travers la membrane, sans qu’il y ait conduction pâlies pores, r, sera infini, C2 excessivement grand, r'3 égale à la résistance de la cuve sans diaphragme. Si, au contraire, il y a seulement conduction par les porcs. aura une valeur moyenne, C3 sera très petit. La vérité, comme le montre l’expérience, est entre les deux, mais s’approche beaucoup de la seconde hypothèse, quand on emploie des feuilles d’or très minces. Avec une feuille de platine de 0,001 mm platinée sur ses deux faces, la conductibilité des pores était trop petite pour être mesurée, mais la capacité Cs avait une valeur notable; dans ce cas, l’hypothèse d’Arons reste donc vraisemblable.
- M. L.
- Wicd. Ann., t. LXIII, p. 586-389.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
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- Endosmose électrique ;
- Par F. Braun (*;.
- Dans tous les phénomènes d’endosmose électrique qui ont été étudiés jusqu’ici, il est nécessaire qu’une quantité d’électricité relativement considérable traverse les membranes, pour qu’il se produise une modification appréciable. Cependant, par un dispositif convenable, on peut réaliser un phénomène presque immédiatement observable.
- Quand deux électrolytes différents sont séparés par une membrane perméable, l’un ou l’autre des électrolytes est entraîné à travers la membrane quand on fait passer un courant électrique de l’un à l’autre. La tension de la membrane varie avec la nature du liquide qui la traverse ; si donc les deux liquides agissent différemment à cet égard, il en résultera, dans la membrane, des variations de tension dont le sens dépendra de celui du courant. Si la membrane est très mince, si le passage de l’un des liquides dans l’autre est très rapide, ces variations se produiront en très peu de temps. Une membrane courbe changera de courbure et il en résultera un déplacement qui présentera son maximum d’amplitude au sommet de la' membrane. L’expérience montre que ces mouvements sont visibles à l’œil nu.
- La membrane M (une vessie de porc, par exemple) sépare les liquides A et B (fig. i). Au moyen du système de tubes et de robinets S, Hj, II2 on peut exercer sur le liquide intérieur R une pression ou contre-pression mesurée par le manomètre à eau P. L’électrode qui amène le courant au liquide R est aussi près que possible de la membrane, pour diminuer les perturbations dues à la chaleur de Joule. D’autres perturbations proviennent du transport même des liquides à travers la membrane. Mais les changements que provoquent ces perturbations sur le ménisque dans le tube S, se distinguent aisément : ils consistent dans un déplacement lent ; au
- contraire, les changements de courbure de la membrane se traduisent par des changements de courbure du ménisque et par de petits déplacements qui n’excèdent pas i à 2 mm et dont le sens change avec celui du courant, très régulièrement.
- Pour éviter les dégagements de gaz dans
- l’intérieur de la membrane, le liquide B est une solution d’un sel de cuivre ou d’un sel de zinc. Comme liquide A, M. Braun a employé des solutions de carbonate de sodium, de soude, de ferrocyanure de potassium, qui donnent des précipités, dans le liquide B, ou de l’eau, de l’acide sulfurique étendu. L'expérience réussit aussi avec deux solutions d’un même sel, si elles sont inégalement concentrées.
- Les variations de tension de la membrane se produisent dans le sens des mouvements provoqués par ie courant. En disposant l’ap-
- a \
- Eten-du.
- Fig. 2.
- pareil comme il est représenté (fig. i) et versant différents liquides dans la partie concave
- p) Wied. Ann., t. LXIII, p. 524-328.
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- A, ou y amenant de la vapeur d’éther, on observe les mouvements correspondants.
- Une série de cellules .qui seraient remplies d’une solution saline concentrée et baignées d’une solution étendue, se déformeraient quand on les ferait traverser par un courant. Leur centre de gravité changerait de position et la cellule se déplacerait, comme le font les gouttes de mercure dans l’acide sulfurique dilué.
- On a invoqué des phénomènes de ce genre pour expliquer certaines fonctions physiologiques.
- M. L.
- Détermination du coefficient de diffusion par la méthode électrolytique de Weber ;
- Par W. Sfitz (*).
- La dissolution du sel métallique se trouve entre deux disques du même métal, placés parallèlement entre eux à une distance de 0,5 mm environ et séparés par un anneau de verre rodé, de manière que l’ensemble forme une cuvette plate. On fait passer un courant de bas en haut à traversTa dissolution : par l’effet de ce courant, la dissolution se concentre au voisinage de l'électrode inférieure et se dilue au voisinage de l’électrode supérieure. A cette différence de concentration correspond une force électromotrice, qui diminue progressivement à mesure que la diffusion rétablit l’uniformité de la concentration : on suit la variation de cette force électromotrice et on déduit de là la vitesse de diffusion.
- Soit s l’élongation d’un galvanomètre inséré dans le circuit de la pile de concentration, L la distance des deux disques, h la vitesse de diffusion, t le temps compté à partir du moment où on a interrompu le courant primaire, c une constante ; on a d’après Weber :
- (*) Wied. Ann., t. LXIV, p. 759-777.
- et au temps t' :
- s' = ce~ TT kt'
- d’où
- L3 nog nép —
- Par suite de la faible épaisseur de la couche liquide, la diffusion se produit assez rapidement pour que l’expérience puisse se faire dans l’intervalle de quelques heures.
- Il est indispensable que pendant ce temps-là le liquide soit soustrait à toute cause d’agitation et à toute variation de température. Dans ce but, la cuvette est entourée de quatre enceintes entièrement fermées et qui laissent passer seulement la tige d’un thermomètre et les fils servant aux communications électriques. La première et la troisième renferment de l’air, la deuxième et la quatrième de l’eau. Le tout est installé sur un pilier de maçonnerie stable pour éviter les trépidations.
- Une des principales difficultés de la méthode consiste en ce que les disques du même métal, au contact de la dissolution d’un sel de ce métal, présentent toujours une différence de potentiel, qui peut atteindre jusqu’à 1/3 de la différence provoquée par la variation de concentration. L’auteur a cherché à éliminer l’influence de la polarisation par des expériences comparées; la correction calculée est la moyenne 27,3 d’observations oscillant entre 17,7 et 35,3 (!). Cependant les observations ainsi corrigées fournissent des valeurs de la vitesse de diffusion k constantes à 2 ou 3 p. 100, tandis que non corrigées, ces valeurs diffèrent entre elles de 10 à 20 p. 100.
- Les expériences ont pu être menées k bien seulement avec le sulfate de zinc, le sulfate de cadmium, le formiate de zinc. Elles ont échoué avec le chlorure et l’azotate de zinc, parce que pendant le passage du courant primaire, il se sépare du mercure du zinc amalgamé et il se dégage du gaz ; avec l’acétate de plomb, les résultats varient de 1 à 10; avec l’azotate d’argent, les électrodes, primitivement identiques, changent de nature pendant
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- le passage du courant primaire, parce que l’argent se dépose sur la cathode en fins cristaux : avec le sulfate de nickel et le nickel, la polarisation initiale est trop grande; enfin avec le chlorure d’étain et l’étain, le dégagement de gaz produit par le courant primaire est inévitable.
- Sulfate de ( zinc. \
- Acétate de t
- Formiate / de zinc, j Sulfate de'; cadmium. '
- 0.312 gr par cm
- binormal
- demi-normal
- normal
- 4.15 .:o-7 —-
- l o" 1.3.83
- } 19” 53-8;
- ' IQU 28.44
- M. L.
- Transport des ions dans les dissolutions très étendues des sels de zinc et de cadmium;
- Par G. Kü.mmel
- 1. Sels halogènes. -- La décomposition électrolvtique d’une dissolution renfermant par litre 1/50 de molécule, dans de l’eau distillée ordinaire, sous une force électro-motrice de 30 à 40 volts, fournit d’abord à la cathode de minces filaments du métal. Ces filaments augmentent de longueur, puis se rompent sous leur propre poids; il s’en forme de nouveaux, jusqu’à ce que, à un moment déterminé, on constate un dégagement d’hydrogène et un dépôt d’oxyde hydraté.
- Cette formation d’oxyde tient à la présence dans l’eau distillée de verre dissous, et elle se produit d’autant plus tôr que l’eau qui a servi à dissoudre le sel métallique a séjourné plus longtemps dans le verre. Au contraire, en prenant de l’eau qui vient d’être distillée, on obtient simplement un dépôt du métal, même dans une dissolution ne renfermant qu’un centième de molécule par litre. Il est indispensable en outre, pour éviter la forma-
- Ann., t. LXIV p. 655-680, avril 1898.
- tion de l’hydrate, de bien purger l'eau et le métal de la cathode (platine ou nickel) des gaz dissous ou occlus.
- La production d’hydrogène ne résulte pas d’une décomposition de l’eau : la quantité formée est d’ailleurs fort supérieure à ce qu’on devrait attendre dans ce cas, puisque l’eau est toujours fort peu dissociée en comparaison du sel métallique. D’autre part, une partie du courant serait dans ce cas employée à la décomposition de l’eau et le poids de métal devrait être inférieur à celui qui correspond à la loi de Faraday. Or, en comparant ce poids au poids de l’argent déposé pendant le même temps dans un voltamètre à azotate d’argent intercalé dans le circuit, on les. trouve équivalents à 1 ou 2 p. 100 près, écart qui rentre dans les erreurs d’expérience. La pesée de l’anode donne aussi des résultats qui concordent avec les indications du voltamètre.
- Comme d’après les expériences d’Hittorf la solution électrolysée reste neutre, il suffit pour déterminer les nombres de transport de doser l’halogcnc, ce qu’on fait au moyen des liqueurs titrées. Les sels de cadmium aussi dilués (i/ioo, 1/200 et 1/400 de molécule par litre( peuvent être dosés directement ; les sels de zinc doivent être au préalable transformes en sels de sodium.
- Résultats :
- — ZnCP... nCl= 0,603
- — ZnBr2... nBr = 0.600
- — ZnP... ni = 0,589
- — CdCP... nCf = 0,576
- CdBr2... nBr = 0,584 CdP... ni = 0,552
- Ces nombres présentent une assez grande différence avec ceux des autres expérimentateurs, avec ceux de Hittorf, en particulier.
- Pour en contrôler l’exactitude, on peut déterminer les nombres de transport par un procédé différent, l’étude des forces électromotrices des piles de concentration, telles que les deux combinaisons suivantes :
- I. Zn — ZnCl2 1/10 norm. — ZnCI3 i/ioonorm. — Zn II. Hg - HgCl — ZnCP 1/10 norm.
- — ZnCl21/100 norm. — HgCl — Hg.
- pi IVied.
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- D’après Helmhoîtz, la force électromotrice de piles semblables se calcule par la formule :
- (I). Econc — E êt—q (po —p)n log nat
- où q représente le nombre de molécules d’eau par molécule de sel, p0 la tension de vapeur de l’eau pure, p celle d’une dissolution renfermant 1 gr de sel et V0 le volume spécifique de la dissolution.
- On aura de même pour la seconde combinaison :
- Ttœnc — Kéi = q (p0 —p) V„ (1 — h) log nat qc™c .
- Si dans les deux systèmes on choisit des concentrations égales, on aura des valeurs égales pour <7, p et V, et par suite :
- Le rapport des forces électromotrices fait donc connaître celui des nombres de transport.
- On réalise l’expérience en formant avec les amalgames du métal (zinc ou cadmium) les éléments suivant le schéma (I) et les réunissant suivant le schéma (II) d’après la méthode de Nernst. Les nombres trouvés concordent d’une manière satisfaisante avec les précédents.
- En calculant d’après ces nombres de transport la conductibilité moléculaire limite, on retrouve la conductibilité calculée par Kohl-rausch pour le chlorure de zinc ; mais pour les autres sels, les écarts sont assez grands. Il paraît que dans les expériences ci-dessus la valeurlimite de «I n’était pas encore atteinte.
- En calculant le degré de dissociation, on trouve que cette dissociation croît plus rapidement dans le chlorure et le bromure de cadmium que dans l’iodure; de tous ces sels c’est le chlorure de zinc qui est le plus fortement dissocié.
- 2. Sulfates. — Les gaz dissous dans l’eau, surtout l’oxygène, ont aussi une grande influence sur les produits de l’électrolyse des sulfates. En dépit de toutes les précautions, on n’arrive pas d’ailleurs à n’avoir que le métal à la cathode.
- Dans le sulfate de zinc, on trouve à la cathode une quantité de métal déposé plus grande que celle qui correspondrait à la loi de Faraday. Le dépôt est formé, outre le métal, de grands flocons blancs, dans lesquels l’analyse décèle toujours de l’acide sulfurique. Cet acide sulfurique ne peut provenir que d’une réaction secondaire : cette réaction secondaire consiste dans la formation d’un sel basique. Le même phénomène se produit dans les dissolutions de sel de cadmium, mais à un degré moindre.
- Dans le sulfate de zinc, il y a toujours du métal déposé a la cathode en plus grande quantité que 11e l’indiquerait la loi de Faraday, ce qui s’explique également par la réaction secondaire. Dans le sulfate de cadmium, au contraire, la perte en sel du côté de la cathode est égale au gain du côté de l’anode. Dans le premier, »S04 est égal à 0,664 et dans le second à 0,619.
- La méthode des piles de concentration ne fournit pas avec le sulfate de zinc de résultats certains, parce que leur force électromotrice varie à la suite de la formation du sel basique. Avec le sulfate de cadmium, la force électromotrice reste constante et on trouve nSO’ voisin du précédent'! 0,627.
- La conductibilité moléculaire limite déduite de ces nombres de transport diffère sensiblement de la conductibilité trouvée par les autres expérimentateurs ; probablement, les nombres de transport rapportés ci-dessus rvc représentent pas exactement les nombres limites qui correspondraient à une dilution infinie.
- Les vitesses de migration apparente des ions métalliques calculées d’après les conductibilités données par Kohlrausch sont très petites : celles de l’ion SO4 sont trop grandes. Ceci semble indiquer qu’il se forme des complexes, dans lesquelles l’ion négatif renferme encore un atome de métal, par exemple suivant le schéma
- 2 ZnSOl = Zn j-S04ZnS0*.
- M. L.
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- Electrolyse du chlorure de platine;
- Par F. Kohlrausch p)
- Le chlorure de platine commercial, qui est employé toujours pour platiner, est en réalité un acide chloroplatinique IUPtCI" =
- PtCl^aHCi.
- La solution à électrolyser, renfermant 4 p. 100 d’acide, est insérée dans un circuit comprenant un rhéostat et un ampèremètre de Wesîon et deux accumulateurs : le courant est maintenu assez faible pour qu’il ne se dégage pas de gaz à la cathode. Les électrodes sont en platine. Elles sont portées au rouge et pesées avant l’expérience: après l’expérience, elles sont séchées pendant quelques minutes, pesées, puis portées au rouge et pesées encore. D’une pesée à l’autre, la cathode perd du poids et le chauffage fait en outre passer la couleur du précipité (lu gris au blanc mat. Le poids du dépôt de platine n’est pas proportionnel à J idt : le rapport augmente quand on augmente la densité du courant. La perte de poids provoquée par le chauffage croît en même temps que le poids du dépôt, mais moins vite que celui-ci quand la densité du courant augmente. Cette perte ne peut guère s’expliquer que par la mise en liberté d’hydrogène, qui. s’était séparé de la solution en même temps que le platine.
- Les déterminations ne sont pas assez exactes pour faire connaître la valence du platine dans ces conditions ; mais elles suffisent à établir que cette valence ne peut être 8 comme on l’a admis.
- Le poids de l’anode reste toujours invariable.
- Hydrate PtCl^sLPO. Cet hydrate se distingue de l’acide chloroplatinique en ce qu’il présente une conductibilité un peu plus faible et ne donne pas de précipité avec le chlorure d’ammonium.
- Tant que la densité du courant reste comprise entre et -A- on ne constate
- aucun phénomène à la cathode dans une solution à 15 p. 100. C’est seulement quand la densité du courant dépasse — -^f-qu'on trouve une augmentation de poids de la cathode. Il faut donc admettre que tout d’abord le courant ne met en liberté aucune trace de platine, car il n’y a aucune raison pour que çelui-ci se rcdissolve. Le cation dans cc cas ne peut être que l’hydrogène. Lorsque le courant est plus dense, le platine se précipite et forme un dépôt gris qui devient blanc par la calcination. Il est possible que cc dépôt de platine résulte seulement d’une réaction secondaire de l’hydrogène sur la dissolution.
- Quand le dépôt de platine devient un peu fort, la cathode devient concave du côté de l’anode, les lames minces se courbent même fortement. Ce phénomène s’observe aussi bien dans les dissolutions de chlorure piari-nique et dans celles d’hydrate. Il semble que l’hydrogène électrolytique, en pénétrant dans le platine produit une diminution de volume du métal.
- Dans la dissolution de l’hydrate PtCl'hsH’O il sc dégage h l’anode, non pas du chlore comme 011 pourrait s’v attendre, mais de l’oxygène. Il devient donc très vraisemblable que cet hydrate donne dans la dissolution le composé PtClTTO.
- Resterait à déterminer quels sont les ions qui se séparent pendant l’électrolyse. Si l’a-nîon est PtCPO, la réaction secondaire qui met en liberté le platine devrait se formuler :
- 2H2 + 3(IIsPtCl‘0)= Pt + 2(IIaPta«)+ 3H*0.
- Un courant de faible densité, nous l’avons vu, ne produit pas cette réaction : peut-être ce phénomène dépend-il de l’absorption de l’hydrogène par le platine.
- Le poids de l’anode reste invariable dans toutes les expériences : quelquefois la surface de l’anode montre les couleurs des lames minces, probablement dues à des pellicules d’oxydes supérieurs.
- Pendant l’électrolyse, la solution passe du
- (‘) Wied. Ann., t. LXUI, p. 423-430.
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- rouge brun à l’orange foncé : le chlorure de platine se transforme en acide chloroplati-nique ; finalement la transformation complète se traduit, à un moment bien déterminé, par l’apparition du chlore à l’anode : la conductibilité est environ trois fois plus grande qu’au début de l’expérience, bien qu'une notable portion de platine ait été précipitée.
- M. L.
- Dissolution du platine et de l’or dans les électrolytes ;
- Par M. .Virgules ('}•
- Cette dissolution du platine et de l’or dans des liquides où ils ne sont pas normalement solubles, ne s’effectue pas sous l’influence d’un courant ordinaire, soitcontinu soit intermittent, mais seulement dans certaines conditions.
- Le métal forme les électrodes d’un voltamètre renfermant de l’acide chlorhydrique, de l’acide azotique, de l’acide sulfurique, de la potasse ou de la soude. Ce voltamètre est placé en dérivation sur les bornes d’un électro-aimant dont le circuit renferme deux éléments Daniell et un interrupteur à marteau. Le voltamètre est traversé par une dérivation du courant de la pile quand le contact existe et par le courant de rupture dans l’électro-aimant quand le contact est rompu, et aussi par le courant de polarisation.
- Pour reconnaître rapidement le phénomène, il suffit de prendre pour voltamètre un tube en U de 2 ou 3 mm de diamètre. Si les électrodes sont en platine et plongent dans l’acide sulfurique, le liquide prend du côté de l’anode une coloration jaune nette déjà au bout de trois minutes ; au bout d’une heure, cette coloration devient rouge ou brunâtre, suivant la concentration de l’acide, La liqueur renferme alors environ 1 mgr de platine par centimètre cube; en prolongeant l’expérience, on peut porter la quantité de
- platine dissous à 50 mgr par centimètre cube et la liqueur est alors noir foncé.
- Le métal se dissout toujours à l’électrode qui forme l’anode du courant de la pile; or, le courant de rupture dans la bobine est de même sens que le courant principal et par suite, dans le voltamètre, il est de sens contraire à celui-ci : si donc la dissolution était provoquée par ce courant de rupture, elle se produirait à l’électrode qui sert de cathode au courant de la pile.
- Les métaux précieux subissent, comme on le sait, une pulvérisation superficielle sous l’action des courants alternatifs.
- M. Margules pense que dans ses expériences le courant de la pile provoque pendant la fermeture du contact la combinaison du métal précieux avec l’anion, après que le courant de rupture a désagrégé l’anode.
- Dans un circuit ne renfermant qu’un seul élément Daniell, le platine reste quinze jours sans se dissoudre dans l’acide sulfurique étendu; si le circuit renferme deux éléments une croûte jaune apparaît au bout de quelques heures sur l’anode : elle devient bientôt rouge foncé et s’écaille facilement et se dissout peu à peu. Cette croûte se forme le plus souvent dans les acides cl les alcalis étendus, mais dans les liqueurs concentrées, la dissolution se fait souvent immédiatement.
- Dans les mêmes conditions, une anode d'aluminium est fortement rongée.
- Avec un Daniell on peut entretenir un courant permanent entre deux électrodes larges en aluminium dans l’acide ; il faut deux éléments, si les électrodes sont en platine.
- La dissolution des métaux précieux se produit encore quand le voltamètre est en dérivation aux deux pôles de l’interrupteur. Dans ce cas, il se trouve mis en court circuit quand le contact existe : quand le contact est rompu, le courant de la pile traverse le voltamètre et l’électro-aimant en série, le courant de rupture également et dans le même sens. La dissolution se produit toujours à l’anode du courant principal.
- Quand le voltamètre est simplement dis*
- (‘) Wied. Ann., t. LXV, p. 629-1354, juin 1898.
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- posé en série avec la pile et l’électro-aimant de manière que le courant soit établi et coupé partout en même temps, le résultat est nul ou à peu près : dans ces conditions il ne peut se produire aucune dépolarisation, la dépolarisation paraît en effet favoriser l’attaque du métal précieux.
- En envoyant en même temps dans le voltamètre le courant continu d’une pile et le courant secondaire d’une petite bobine de Ruhmkorff, on observe seulement que les électrodes noircissent.
- Si les courants de la bobine traversent seuls le voltamètre, l’électrolyse, rapide au début, décroît vite et cesse complètement au bout de dix minutes : elle reprend quand on a porté le platine au rouge, mais il n’y a pas d’autre indice de dissolution qu’une coloration jaune très légère dans l’une des branches du tube.
- Le platine se dissout dans l’acide chlorhydrique à l’état de chlorure de platine, dans l’acide azotique à l’ctat d’azotate, dans l’acide sulfurique, probablement à l’état de sulfate. Les deux premiers composés sont connus : .le dernier, débarrassé autant que possible de l’acide sulfurique en excès, se dissout dans l’eau en donnant une dissolution brune qu’on n’a pu faire cristalliser. Dans les solutions alcalines, potasse ou soude, le platine donne une coloration jaune.
- Les dissolutions de l’or dans les acides sont très solubles à la lumière ; du sulfate qui est jaune se sépare rapidement l’or métallique sous l’action de la lumière. La dissolution dans la potasse est plus stable et pourrait servir à la dorure.
- Sur les électrodes en charbon, on observe une très forte pulvérisation.
- Dans les autres électrolytes, chlorure de sodium, chlorure d’ammonium, azotate de potassium, le platine se dissout aussi facilement en formant des sels doubles.
- M. L.
- Mesure de la durée des oscillations électriques de longue période;
- Par J. Berümann (q,
- Les oscillations sont produites par les décharges d’un condensateur disposé comme le représente la figure i. L’une des armatures
- Fig. i.
- est reliée d’une part à l’un des pôles d’une pile K, d’autre part à l’extrémité d’une bobine R et communique avec le sol. L’autre armature est reliée, suivant la position du commutateur B soit à l’autre pôle de la pile, soit à l’autre extrémité de la bobine. Dans le premier cas, le condensateur se charge, dans le second cas, il se décharge. La durée de l’oscillation se calcule d’après la formule de Thomson.
- Pour déterminer expérimentalement la durée de l’oscillation, on mesure le nombre de périodes comprises dans un intervalle de temps donné, temps dont on détermine ensuite la valeur absolue.
- L’auteur étudie la marche des oscillations en suivant les variations de l’intensité i du courant, qu’il mesure au moyen du galvanomètre. Il emploie dans ce but la méthode des charges et décharges répétées (dont il attribue la première idée à Klémencic, mais en réalité ce principe a été appliqué déjà par Mouton;.
- Le commutateur B porte de part et d’autre des contacts formés par des pointes de platine plongeant dans le mercure. L’intervalle de temps que l’on considère est la durée du contact 2. Pour déterminer cette durée, on mesure la durée d’oscillation du commuta-
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- teur, l’amplitude totale et une fraction de cette amplitude. Les limites de l’amplitude sont les positions extrêmes de la pointe de la tige de platine ; la fraction de l’amplitude qu’on mesure est la moitié du chemin parcouru par la pointe à l’intérieur du mercure. On admet que la durée du contact est limitée par les instants où la pointe de platine traverse la surface libre du mercure : ces deux instants doivent être également éloignés de celui où le mouvement de la pointe change de sens dans l’intérieur du mercure. En i
- admettant que la trajectoire de la pointe est rectiligne, on peut calculer par les formules du pendule la durée du contact, ou inversement la hauteur qu’il faut donner au mercure pour obtenir une durée de contact fixée a l’avance.
- Le godet de mercure peut être élevé plus ou moins au moyen d’une vis, l’extrémité supérieure de la lige dé platine est recourbée à angle droit et se déplace devant une règle verticale, sur laquelle on peut lire l'amplitude totale de l’oscillation. La course de la
- pointe à l’intérieur du mercure se détermine en intercalant le contact dans le circuit d’un courant et manœuvrant la vis qui supporte le godet de mercure ; on observe les positions pour lesquelles le circuit est ouvert ou fermé ; la surface du mercure est dans la position limite à l’extrémité de la course de la pointe; si on relève ensuite le godet d’une hauteurs, s est la course cherchée.
- Le même réglage s’applique évidemment à un nombre quelconque de contacts semblables.
- Supposons par exemple que les deux contacts soient à la même extrémité du système oscillant : leurs phases seront identiques; s’ils sont aux deux extrémités d’un fléau oscillant, leurs phases différeront d’une demi-période. Pour obtenir des contacts de très courte durée, il est avantageux de le faire se produire au moment où le système oscillant passe par sa position d’équilibre, car c’est à ce moment qu’il possède la plus
- grande vitesse. On obtient le résultat cherché en employant dans le circuit, au lieu d’un contact, deux contacts placés aux deux extrémités d’un fléau et réglés de manière que les pointes effectuent simultanément une portion de leur course dans l’intérieur du mercure. La figure 2 représente un dispositif de ce genre. Le fléau H en bois évidé porte à ses extrémités deux couples de bornes à vis, qui supportent les tiges de platine : de chacune de ces bornes part un fil qui vient aboutir à un ressort léger, placé au voisinage de l’axe de rotation et par lequel il communique avec l’une des bornes qu’on aperçoit dans la partie centrale du socle. Le fléau est mis en mouvement par un interrupteur automatique ordinaire, muni d’une forte lame vibrante.
- Ce commutateur tient la place de R représenté sur la ligure schématique 1. Le contact c correspond à la charge, le contact a à la décharge. La bobine R est formée par
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- 47;
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- T. XVI. - N° 37.
- l’une des bobines d’un galvanomètre apériodique de Wiedemann, ou par deux de ces bobines ou par toutes les quatre.
- Les résultats vérifient que la période est proportionnelle à la racine carrée de la self-induction du circuit. Mais quand on effectue plusieurs séries d’expériences, dans lesquelles on augmente progressivement la durée du contact, on trouve des valeurs de la période de plus en plus grandes. Cela tient vraisemblablement à l’amortissement des oscillations de la pointe dans le mercure dont on n’a pas tenu compte et aux variations de l’aimantation du fer doux dans l’interrupteur qui actionne le fléau. M. L.
- Étalons de l’ohm international de la Reichsanstalt;
- Par W. Jaf.gkr et K. KahleI1;.
- Le Congrès international d’électricité de Chicago a adopté comme définition de l’ohm légal, la résistance d’une colonne de mercure à la température de la glace fondante, ayant 106,3 cm de longueur sur une section uniforme et pesant 14,4521 gr; la section est d’environ 1 mm2.
- La construction d'un étalon destiné à réaliser cette définition, comprend trois opérations fondamentales : i° le. calibrage du tube; 20 la mesure de sa longueur à o° ; 3" la détermination de la masse du mercure qui le remplit à o°.
- i° Calibrage. — On trace sur le tube une division en partiesd’égalelongueurau moyen d’une machine à diviser en corrigeant les irrégularités de la vis. Le tube est ensuite calibré comme une tige de thermomètre. La section est mesurée sur un grand nombre de points, assez nombreux pour que le résultat final soit le même quand on considère le plus petit intervalle comme un cylindre ou comme un tronc de cône. L’index le plus court employé pour le calibrage avait 2 cm, ce qui a
- (') IVied. Ann., \. LXIV, p. 456-485, mars 1898.
- été reconnu suffisant; pour les index plus courts, les ménisques forment une portion trop considérable du volume de l’index et les lectures ne sont plus certaines. On pèse ensuite tous les index qui ont servi au calibrage pour contrôler les valeurs des sections moyennes du tube entier, déduites des longueurs observées. D’après la définition même des corrections de calibrage, la courbe qui représente les sections moyennes est la courbe des dérivées de la correction de calibre.
- 20 Mesure de la longueur à o°. — La longueur à o° se mesure par comparaison avec un mètre-étalon, au moyen d’un appareil à contacts.
- 3U Pesée du mercure. — On nettoie soigneusement le tube, d’abord par un courant lent de benzine, puis d’alcool absolu ; on le rince k l’eau distillée; on le lave encore à l’eau régale, à l’eau distillée, au permanganate de potassium, à l’eau distillée, et finalement on y fait passer un courant d’air sec pendant plusieurs heures. Enfin, on le remplit de mercure dans le vide, on le laisse séjourner plusieurs heures dans un bain d’alcool entouré de glace fondante et on enlève l’excès de mercure en passant sur les bords une lame de verre bien plane. Le mercure est recueilli dans une capsule, porté dans un exsiccateur où on lui laisse reprendre la température ambiante, et enfin pesé.
- 4° Calcul de la résistance. — Si L est la longueur du tube en millimètres, à o°, G la masse de mercure, en grammes, qui le remplit à o°, sa résistance exprimée en ohms internationaux a pour valeur :
- Il faut tenir compte en outre de la résistance d’épanouissement, provenant de ce que les lignes de courant ne peuvent se répartir immédiatement à la sortie du tube dans les masses de mercure où plongent les extrémi-
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- tés. Cette résistance a pour expression :
- en appelant Q la section moyenne de tout le tube, Tj, r2 les rayons des sections terminales, .ç,, st les surfaces de ces sections, a un facteur numérique : en général, a = o,8o.
- Mesures de résistance. — On effectue les comparaisons de résistance à la température de zéro par la méthode de Kohlrausch. Les deux résistances à comparer sont intercalées chacune dans l’un des deux circuits d’un galvanomètre différentiel et on établit l’équilibre par des résistances auxiliaires placées en dérivation sur les premières.
- Le galvanomètre différentiel ; galvanomètre Thomson, construit par Elliot) était d'une sensibilité telle qu’à i mm de déviation sur une échelle placée à 2 m, correspondît une intensité de jo~* ampère; la durée de l'oscillation de l’équipage était de quatre secondes.
- Pour comparer entre eux les divers étalons en mercure,on emploie comme intermédiaires des résistances de manganine, qui deviennent par là même des copies de l’étalon.
- Afin de faciliter le calcul, on détermine la différence entre les inverses des résistances à comparer; on obtient aisément cette différence en la calculant par interpolation d’après les valeurs observées pour les deux dérivations; l’interpolation donne une exactitude suffisante, car la différence entre ces deux dérivations est toujours très petite.
- On compare d’abord entre elles les résistances en manganine, puis les résistances mercurielles avec celles-ci. Les extrémités des tubes sont munies de manchons à vis dans lesquels elles sont mastiquées ; ces vis pénètrent dans des écrous, mastiqués sur la tubulure de petits ballons, ayant 3 cm de diamètre ; un fil de platine scellé dans la paroi du ballon qui fait face à l’extrémité du tube.
- sert à l’entrée ou à la sortie du courant; deux autres fils plus fins servent aux liaisons avec le galvanomètre et avec la dérivation. Les ballons et le tube sont remplis de mercure dans le vide, puis on installe l’ensemble dans un bain de pétrole maintenu à o°. A la résistance du tube lui-même, s’ajoute, comme nous l’avons vu, la résistance d’épanouissement. Celle-ci ne peut se calculer au 100/1000 qui est le degré de précision cherché ; elle varie d’ailleurs d’un vase à l’autre, et n’est pas égale à celle qu’on calcule théoriquement pour un épanouissement indéfini.
- Au lieu de la calculer, on a préféré alors procéder expérimentalement. On prend soin que l’extrémité du tube se trouve sur la surface de la sphère qui forme la paroi intérieure du ballon terminal ; puis on dispose sur le demi-pourtour du ballon, quatre fils de platine et on cherche comment varie la résistance trouvée suivant qu’on relie au galvanomètre l’un ou l’autre de ces fils. Les différences ne dépassent pa2 2/100000 d’ohm. La résistance ne change pas avec le temps quand le tube a été rempli dans le vide. L’échaulTe-ment produit par le courant (0,15 ampère), n’exerce également qu’une influence insignifiante.
- Les cinq tubes comparés dont les sections étaient respectivement en min% 0,763,0,717, 0,766 (résistance r" environ), 1,258 (0,5"), 0,481 (2w), n’ont pas présenté d’écart systématique, provenant de ces différences de section.
- Pour les copies de ces étalons, des tubes en forme de V ou de W sont plus commodes ; on les remplit dans le vide, on les ferme à la lampe et on les maintient, dans toutes les mesures, à la température de o°. M. L,
- Application de la fonction gamma à un problème d’électrostatique ;
- Par R.-H. Judei1 .
- Lorsque deux sphères de rayons a et b
- C; Phihsopbkal Magazine, t. XI.V1, p. 2^4-258, août 1898. '
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- chargées à un potentiel V sont en contact, les charges Qfl etQj, sont données par la formule Q« = Vs = ***
- V 7j{a 4- b\'spr-j-è)— a]’
- et une formule analogue pour Q*.
- Les sommations indiquées dans ces formules ne peuvent être effectuées par les méthodes algébriques ordinaires que dans le cas où les rayons a et b sont égaux. L’emploi des fonctions T permet de résoudre facilement le problème dans le cas général.
- En effet, si l’on pose n = on aura
- Or d’après les propriétés des fonctions F, la quantité entre parenthèses dans le second membre de l’égalité précédente a pour valeur
- à logr (w) _ f d logr ,»j dn L dn
- Par conséquent, en désignant cette différence, pour simplifier l’écriture des formules, par — H (ri), il vient
- et l’on aurait de môme
- I)e ces deux expressions on déduit pour la capacité électrostatique de l’ensemble des deux sphères :
- formule qui, dans le cas où les deux sphères ont même rayon a. conduit rapidement à la valeur za log« 2 pour la capacité.
- On trouve facilement aussi, en s’appuyant sur les propriétés des fonctions T, la rela-
- Qa— Q* _ _ *b
- V ~ a + b a + h '
- établie par Maxwell par un autre procédé.
- L’auteur donne également l’expression de la densité p en un point quelconque de l’une des sphères; mais, sauf pour des points particuliers. la série que contient cette expression ne peut être calculée. Pour le point de contact des deux sphères, on trouve, comme on peut le prévoir, p = o. Pour le point de la sphère de rayon a diamétralement opposé au point de contact, on obtient
- n ayant la même signification que précédemment; si les deux sphères ont même rayon, on a, d’après cette expression,
- - (i) * * * v JL — v
- ^ — 16 a COt 4 16a
- J. B.
- BIBLIOGRAPHIE
- Electricity and magnetism ('), par Eric Gérard, traduction anglaise d’après la 4e édition française,
- (i) Cet ouvrage ainsi que les suivants nous avaient été
- confiés par la direction du journal pour en donner l’analyse
- bibliographique, lorsque nous avons dû nous absenter de Paris pendant plusieurs mois. C’est ce qui explique le retard
- apporté à la publication de ces revues, retard involontaire
- que nous prions les auteurs et les éditeurs d’excuser. G. P.
- par R.-C. Duncan. 1 vol. in-8° de xii-392 pages, avec 112 ligures dans le texte. The W.-J. Johnston Company, New-York. 1897.
- Si l’édition américaine des Leçons sur l'électricité. du professeur belge, était une traduction ordinaire, il nous suffirait de citer le nom de l’auteur et celui des traducteurs pour en faire l’éloge, car il est rare
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- de trouver réunis pour une publication des noms comme ceux, de MM. Eric Gérard, Louis Duncan. R.-C. Duncan, Charles-P. Stcinmetz, Cary-T. Ilut-chinson et A.-E. Kennelly. Mais l’ouvrage américain ne ressemble que de loin à son modèle français Les traducteurs ont supprimé tous les chapitres relatifs à la partie pratique : accumulateurs, transformateurs, machines électriques, etc., et cela pour deux raisons, disent-ils : « d’abord' parce que les renseignements qu’ils contiennent peuvent être facilement trouvés dans d'autres ouvrages, et ensuite parce que les descriptions des appareils et machines se rapportent presqueexclusive-ment à la pratique européenne, qui est en bien des cas très différente de la pratique américaine ». Ils n’ont donc conserve que la partie relative à la théorie générale. Mais, par contre, ils ont ajouté différents chapitres relatifs à des sujets négligés dans le travail original.
- Le premier chapitre contient la définition des unités, les théorèmes relatifs aux forces centrales et.leurs applications; le chapitre II traite du magnétisme et de l'induction magnétique. Le chapitre III est nouveau; il est dû à la plume de jVL Ch.-P. Stein-metz et est consacré à l’élude de l'hystérésis et des frottements moléculaires magnétiques; dans le chapitre IV sont étudiés les phénomènes généraux de l’électrification, les condensateurs et ies diélectriques, les décharges électriques et les courants, ainsi que les lois de ceux-ci et les couples thermoélectriques. L’étude de l'électromagnétisme est abordée dans le chapitre V, tandis que l’induction électromagnétique est étudiée dans le chapitre VII. la propagation des courants dans le chapitre IX. I.c dernier chapitre est consacré à l’étude des mesures électriques et magnétiques. M. C.-T. Hutchinson a écrit, dans le chapitre VI. une étude détaillée sur les unités et les dimensions ; et M. A.-E. Kennelly, dans le chapitre VIII, une étude sur l’impédance.
- Ces modifications donnent à l'ouvrage américain une physionomie toute différente de l’ouvrage français. La traduction proprement dite est faite' avec une correction absolue, et les additions écrites par des spécialistes éminents sont suffisantes pour engager les électriciens français qui possèdent l’ouvrage original à acquérir aussi l'édition améri-
- G. Pellissieu.
- Electrical traction .traction électrique;, par Ernest
- Wilson. Un vol. petit in-8” de vu-253 pages, avec
- 81 figures dans le texte. Edward Arnold, éditeur. Londres, 1897- — Prix 5 shl 16.50 fri.
- [. auteur, en écrivant cet ouvrage, a voulu renseigner le public intelligent sur les procédés de la traction électrique, le fonctionnement des appareils, l’économie de ce mode de transport, et n’a pas cherché à faire une étude détaillée de chaque organe ou de chaque système. Les renseignements publiés sont suffisants pour donner une idée exacte du sujet traité ; dans bien des cas, les exemples numériques sont tirés d’expériences faites spécialement par l’auteur au laboratoire Siemens, du King’s College, de Londres, où il est assistant professeur d'électricité. Ce sont des documents communiques par les constructeurs et par lessociétés exploitantes elqui sont publiés pour la première fois dans ce Volume.
- En résumé, cet ouvrage sera lu avec profit par le public auquel il s’adresse. G. Pellissier.
- Carbure de calcium et acétylène, par Julien Lefèvre. Un vol. in-iô, de 424 pages, avec 105 figures dans le texte {Encyclopédie de chimie industrielle). Paris, 1898Baillière et fils, éditeurs. Prix : 5 fr.
- L’éclairage à l’acétylène n’a pas donné les résultats immédiats que les inventeurs et nombre d'enthousiastes en avaient espéré. Combien de brevets pris pour des appareils qui n'ont jamais été construits ! d'appareils construits qui n'ont jamais été vendus ! de sociétés presque aussitôt mortes que créées! Et dans certains cercles on s'est hâté de crier à la faillite de l'acétylène.
- Sans doute, les accidents qui se sont produits au début et l’habile campagne menée par les intéressés contre le nouvel agent d'éclairage ont contribué à ralentir le mouvement en avant; il en a été de même du prix relativement élevé du carbure de calcium-Mais la véritable cause n’est pas là ; elle réside dans l'imperfection de laplupartdesapparcilsproposésqui sont loin de donner aux acheteurs toute la satisfaction qu'ils en attendent sur le dire des inventeurs ; dans la facilité avec laquelle s’encrassent et fument presque tous les becs brûleurs proposés. En un mot cette question, si simple en apparence, a été d’une solution laborieuse; elle n'est même pas encore complètement au point, quoiqu'elle y arrive peu à peu par desprogrès incessants. L'enthousiasme des premiers jours n’aura eu qu’un seul résultat, c'est d’attirer sur l’acctylène l’attention d’inventeurs qui sans tout le tapage fait auraient peut-être dirigé
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- leurs efforts et leur intelligence vers un autre but, Mais si tous ceux qui ont cru voir la fortune et la gloire au bout de leurs travaux — ou plutôt de leurs brevets — avaient eu les connaissances spéciales nécessaires, la plupart des accidents qui se sont produits n'auraient pas eu lieu et la mauvaise impression n'aurait pas etc produite.
- Tous les ouvrages qui viennent répandre dans le public des données justes sur le carbure de calcium et l’acétylène sont donc les bienvenus. L’ouvrage de M. J. Lefèvre, très bien édité par la maison J. 13. Baillière et lils, est le dernier venu. L’auteur a su en
- La première partie (chapitres 1 à VIII) est consacrée à l'élude du carbure de calcium, a sa préparation, ses propriétés; la seconde partie (IX à XXXI) est consacrée à l’acétylène: préparation, appareils générateurs ; propriétés, becs brûleurs • lampes portatives , applications ; le chapitre XXXII reproduit les règlements administratif?, concernant la préparation et l’emploi de l'aecty-
- Lcrit avec clarté et méthode, cet ouvrage forme un tableau très complet de l'état de la question à l'époque où il a été publié.
- G. PtJ.LISSIRK.
- CHRONIQUE
- Nécrologie. --John Hopkinson. — Unfait divers des journaux du commencement de la semaine dernière nous apprenait qu'un accident de montagne venait d’enlever à la science électrique un de ses représentants les plus autorisés, le Dr John Hopkinson . Passant ses vacances en Suisse, John Hopkinson se reposait de ses labeurs en faisant de l’alpinisme. Récemment, il avait fait, accompagné de son fils aîné, l'ascension du Matterhorn et de la Dent Blanche. Samedi 27 août, il partait avec son second fils, âgé de vingt-trois ans, et ses deux filles aînées, respectivement âgées de dix-huit et dix-sepl ans, pour faire l’ascensiôn de la Petite Dent de Veisivi. Le lendemain matin, on relevait quatre cadavres au pied d’un rocher. Ils ont etc inhumés dans le cimetière de Territet-Glion.
- Par ses remarquables travaux sur le magnétisme , qui Pont conduit à la détermination par le calcul des cléments d'une dynamo, le Dr Hopkinson avait acquis une situation prépondérante en électricité ; et certes il méritait les éloges que lui décernent les journaux techniques anglais de samedi dernier, qui tous lui consacrent une longue biographie. Mais les recherches de Hopkinson n’ont pas seulement rendu service à l’industrie anglaise; elles ont porté des fruits dans l'industrie électrique en général. Aussi sommes-nous certain d’etre ici l'interprète des électriciens français en adressant à sa veuve, si cruellement frappée dans ses plus chères affections, à son fils aîné, parti pour l'Australie quelques jours avant l’accident, et à ses deux plus jeunes filles, l’expression
- de notre sympathie pour un homme dont toute la vie a été consacrée à des recherches scientifiques et industrielles, et dont la fin a été si tragique.
- Né le 27 juillet 184g, John Hopkinson fit ses premières études à Linden Grove School, puis àQucns-wood College, et entra, à l'âge de quinze ans, à Owens College pour y suivre les classes de mathématiques, de philosophie naturelle et de chimie. A dix-huit ans, il entra à Trinity College, à Cambridge, où il prépara ses grades universitaires. En 1870, il recevait le titre de docteur de T Université de Londres pour une thèse sur les mathématiques pures et appliquées, l'acoustique, l’optique et la chaleur. L’année suivante, il subissait avec succès les examens pour le grade de bachelier es arts et, en 1875, ceux de maître ès arts.
- Fils d'un grand industriel de Manchester, il se trouva tout naturellement appelé à appliquer ses connaissances mathématiques à l'art de l’ingénieur. En 1872, il entrait dans les ateliers de MM. Chance Brothers, de Birmingham, comme directeur du service des phares. A cette époque, les feux éclairs, proposés en. 1865 par Wigham, présentaient de grandes difficultés de réalisation; Hopkinson les résolut et construisit un appareil dioptrique permettant d’obtenir plusieurs éclats successifs d’égale durée. En même temps, il étudiait l’application de la lumière électrique à l’éclairage des phares, encore à ses débuts, et se trouva ainsi conduit aux belles recherches sur l’électricité qui ne devaient pas tarder à l’illustrer.
- Ses premières recherches dans cet ordre d’idées
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- portèrent sur la détermination expérimentale de la relation qui existe entre l’intensité du courant produit par une dynamo et la force électromotrice aux bornes de celle-ci ; elles furent faites avec une machine de Siemens. Elles l’amenèrent à l'étude des propriétés des courbes caractéristiques dont il montra toute l'importance. Plus tard, il établit sa théorie du circuit magnétique et, le premier, montra comment il est possible de calculer a priori les divers éléments d’une machine dynamo dont les conditions de fonctionnement sont données.
- Ce dernier travail, dont il n’est pas besoin de faire ressortir l’importance, et qui lui permit d’apporter à la machine dynamo de rapides et nombreux perfectionnements, lui valut une médaille d'or de la Royal Society et la médaille Telford de l'Institution of Civil Engincers.
- Les autres recherches du Dr Jlopkinson eurent principalement pour objet l'étude des propriétés magnétiques et électriques du fer, du nickel et de quelques alliages.
- I.es nombreux mémoires qu’il écrivit sur ces divers sujets, pour la plupart publiés en premier lieu dans les Proceedings et les Transactions de la Société Royale, furent par suite de leur importance pratique, reproduits dans les principales revues techniques du monde entier. Nous donnons ci-des-sous, d'après Engineering, la liste des principaux de ces mémoires; elle montre mieux que tout ce que nous pourrions dire combien la carrière scientifique du savant anglais a été bien remplie.
- Sa carrière d’ingcnicur n’est d’ailleurs pas moins brillante. Pendant toute sa vie il resta ingénieur conseil de MAL Chance Brothers. Dans ces dernières années, il s’occupa plus spécialement d’éclairage et de traction électrique. Ce fut lui qui établit les plans et dirigea la construction des stations génératrices de Manchester, de Whitehavcn et de Stafford, et qui établit les tramways électriques de Roundhay-Kirkstall pour la Corporation de Leeds.
- Associé del’Institution of Civil Engineers en 1877, Ilopkinson en devint membre actif en 1882, et fut pendant plusieurs années membre du conseil de cette société. En 1878, il était, à 1 âge de vingt-neuf ans seulement, élu membre de la Royal Society. Il fut également membre du Comité de direction de la Royal Institution of Great Britain, membre du Conseil de la British Association, du Conseil de l’Institution ofMechanical Engineers, deux fois président de l’Institution of Eleclrical Engineers. Il faisait d'ailleurs partie de plusieurs autres socié-
- tés savantes et en particulier de la Physical Soliste DES PRINCIPAUX MÉMOIRES DU D1' JOHN HOPKINSON 187 i. Sur la rupture par choc des fils de fer. Lit. and Phil. Society.
- 1872. Nouvelles expériences sur le même sujet. Lit. and Phil. Society.
- Théorie mathématique des battements de Tartini, Messenger of Matbematics.
- Forces élastiques produites dans un disque animé d’un rapide mouvement de rotation. Messenger of Mathe-
- 1874. Phares à éclats multiples. Froc. Royal Society.
- 1876. Charge résiduelle de la bouteille de Leyde, i‘e partie.
- Trans. Royal Society.
- 1877. Charge résiduelle de la bouteille de Leyde, 2e partie.
- Trans. Royal Society.
- Capacité électrostatique, i« partie. Trans. Royal Society. Indices de réfraction du verre. Proc. Royal Society.
- 1878. Sur l'effort de torsion des fibres de verre. Proc. Royal
- Society.
- 1879. Les forces mises en jeu par la non-uniformité de la
- température dans un solide élastique. Messenger of Matbematics.
- Grandes résistances électriques. Phil. Mag.
- L’éclairage par l'électricité, ire partie. Institution oj Mechatiical Engineers.
- L’éclairage par l’électricité, 2e partie, institution oj Mechankaï Engineers.
- 1880. Capacité électrostatique du verre et des liquides.
- Trans. Royal Society.
- Action d’un champ magnétique sur un courant électrique permanent. Phil. Mag.
- 1881. Capacité diélectrique des liquides. Proc. Royal Society.
- 1882. Indice de réfraction et capacité inductive spécifique
- des substances isolantes transparentes. Phil. Mag.
- 1883. T .'éclairage par l'électricité. InstilutionofCivil Engineers.
- 1884. Théorie des courants alternatifs. Society of Telegrapb
- Engineers.
- 1885. Aimantation du fer. Proc, et irans. Royal Society. Électrouiètre à quadrants. Phil. Mag.
- appareils de distributions'électriques. Trans. Royal Society.
- Sur le siège de la force électromotrice dans une pile voltaïque. Phil. Mag.
- 1886. Capacité inductive spécifique, Proc. Royal Society. Machines dynamo-électriques. Proc, et Trans. Royal
- Society.
- Phares électriques de Macquaric et T'ino. institution of Civil Engineers.
- 1887. Théorie des dynamos à courants alternatifs. Proc.
- Royal Society.
- Bobines d’induction ou transformateurs. Proc. Royal
- Capacité inductive spécifique. Proc. Royal Society.
- 1888. Propriétés magnétiques du nickel impur. Proc. Royal
- 1889. Propriétés magnétiques et autres propriétés physiques
- du fer aux températures élevées, Trans. Royal Society.
- 1890. Propriétés magnétiques d’un alliage de fer et de nickel.
- Proc. Royal Society.
- Sur le magnétisme (discours présidentiel). Institution Eiech ical Engineers. .
- présidentiel;. Junior Engineering Society.
- Viscosité magnétique. Electrician, septembre. Machines dynamo-électriques. Proc. Royal Society. Propriétés magnétiques du fer pur. Proc. Royal Society.
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- . L’électrolyse par les courants alternat Society.
- Viscosité magnétique. Proc. Ru)ii! Soci . Sur la force exercée par un électrc-t
- Relations des mathématiques et de l’art "James Forrest" Lecture.
- . La station génératrice de Manchestei Mecbanical Engine.e.rs.
- Propagation de l’aimantation du fer Society. Institution of Electrical Enc
- 1897. L'influence de la
- t la charge résiduelle des diélectrique
- Sur la puissance et la régulation des moulins à vent. — Le professeur La Cour a présenté à la Société scientifique de Copenhague le résultat des recherches qu’il poursuit depuis plusieurs années sur les moulins à vent. Nous en retiendrons les quelques passages suivants :
- La puissance d’un moulin à vent est due non seulement à l’amortissement de la puissance vive du vent qui frappe directement les ailes, mais aussi à un effet dcsuccion dû au vide partiel formé derrière celles-ci par le vent qui passe entre elles. Les mesures faites sur un moulin actionné par un veut régulier, engendré par une soufflerie, donnent un rendement de 143,7 P- 100 de la puissance du vent qui frappe les ailes et un rendement de 21 p. 100 seulement si l’on tient compte aussi du vent qui passe entre elles. On conçoit que, dans ccs conditions, la forme des surfaces antérieure et postérieure des ailes a une importance considérable. La meilleure forme n’est pas encore déterminée ni pour l’une ni pour l’autre face.
- On comprend egalement qu’il n'y a pas intérêt à augmenter indéfiniment la surface occupée par les ailes au détrimennt de l’espace laissé libre entre : elles; c’est ainsi que la puissance d’un moulin à 16 ailes n’est égale qu’à 11/8 fois seulement la puissance d’un moulin à 4 ailes.
- Un des points les plus intéressants pour les électriciens réside dans l’utilisation des moulins à vent en dépit de l’irrégularité des courants aériens. VL La Cour a inventé dans ce but un régulateur spécial, le <- Kralostatc » au moyen duquel un moulin à vent peut facilement être utilisé pour entraîner une dynamo. Nous y reviendrons s’il y a lieu.
- I Le chemin de fer de Waterloo and City. — Quoique ce ne soit pas avant quelques jours que ce chemin de fer sera ouvert au service public, il a été inauguré le 11 juillet, par le duc de Cambridge, qui effectua le voyage de Waterloo à la City et le retour en dix minutes.
- Ce chemin de fer réunit directement la gare de Waterloo, qui est le terminus du chemin de fer du Sud-Ouest, à la nouvelle station souterraine qu’on construit en ce moment devant la Mansion House et la Bank of England, qui communique avec le Central London Raihvay, qu’on est sur le point de finir et dont une description a paru en partie dans ce journal (p. 265). La longueur totale de la ligne est à peu près de 3 km et il n’y a pas de stations intermédiaires. Les trains partiront toutes les cinq minutes et le voyage durera cinq minutes. Il y a deux tunnels en acier d’un diamètre d’à peu près 3.5 m construits sur le principe « Greathead ». Il n’y a point de locomotives et chaque train consistera en quatre voilures, les voitures extrêmes ayant un moteur sur chacun de leurs deux trucs roulants, ou quatre moteurs par train, un petit compartiment étant réservé à chaque extrémité pour le mécanicien. La vitesse maxima sera à peu près de 38 km par heure. A la station génératrice, il y a six chaudières « dry bach » (du type à demi marin) avec des appareils chauffeurs automatiques de Vicars, et cinq groupes éleclrogènes, dont chacun comprend une machine de Berliss d’une puissance de 300 chevaux à grande vitesse, directement couplée à une dynamo Siemens; on ajouteencore un groupe d’appareils.
- Chaque train peut contenir 200 voyageurs, et, en supposant une moyenne de 100 voyageurs pendant 18 heures de la journée avec un service de cinq minutes dans chaque direction, le nombre total de voyageurs par an sera environ 16 millions. Le billet simple coûte 20 centimes et un billet de retour 30 centimes, de sorte que les recettes totales seraient approximativement 2500000 fr. Pour payer un intérêt de 3 p. mo sur le fonds social, 13 500 000 fr, et sur le fonds d’emprunt, 4500000 fr, il faudra 540000 fr. Si on ajoute les frais d’exploitation d environ 1375000 fr, on a une dépense de t 915000 fr laissant ainsi un bénéfice net dC585 000 fr. Deux tiers de celte somme seront versés aux actionnaires, leur donnant ainsi encore un dividende de 2,75 p. 100, ce qui, avec les 3 p, ioo d’intérêts fait un total de 5,75 p. 100 sur le' fonds social et de 3 p. 100 sur le fonds d’emprunt. I.e tiers restant
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- des bénéfices nets sera versé à la Société fraternelle du chemin de fer de Londres et du Sud-Ouest.
- Le tramway à courants triphasés d’Evian-les-Bains. - Cette ligne de tramway, dont nous annoncions la mise en exploitation dans un de nos précédents Suppléinents, présente cct intérêt d’être la première ligne à courants triphasés construite en France. L'emploi de ces courants résulte d'ailleurs de conditions locales : l’existence d’une usine génératrice à courants triphasés à une'douzaine de kilomètres de distance.
- Cette ligne, qui n'a que 300 m environ de longueur, relie l’Hôtel Splendide à l’avenue des Sources, située à 22 au-dessous du niveau de l'hôtel. Sa déclivité, qui en moyenne est de 6,8 p. 100. atteint 10,2 p. 100 près du perron de l’hôtel, sur une courbe ayant seulement 16 m de rayon La ligne est à une seule voie-, sans évitement.
- Les courants triphasés, de 50 périodes par seconde, sont transmis sous la tension de 5 200 volts ; un transformateur, de 30 kilowatts, ramène la tension à 200 volts et alimente, outre la ligne de tramway, un moteur de 6 chevaux actionnant la pompe de l'ascenseur hydraulique de l’hôtel.
- Les courants sont transmis au moteur de la voiture par deux fils de cuivre de 6 mm de diamètre, supportés par d’élégantes colonnes et contre lesquels frottent deux trôlets ; les rails forment ie troisième conducteur.
- L’unique voiture qui dessert cette ligne est luxueusement aménagée ; son poids total est de 3,8 tonnes ; elle peut contenir 14 voyageurs. Elle est munie d'un moteur dont la puissance normale est de 15 chevaux, mais pouvant donner 25 à 30 chevaux pendant quelques instants. Ce moteur est à inducteur fixe; l’induit fait 750 tours par minute. Il actionne par engrenages un arbre intermédiaire relié par des chaînes aux axes des deux paires de roues ; cette disposition, un peu compliquée, a été adoptée pour utiliser le poids entier de la voiture pour l'adhé-
- Le moteur est commandé de chacune des plates-formes ac la voiture. Il est maintenu en circuit pendant la descente; il fonctionne alors comme génératrice, à une vitesse un peu plus faible que celle du synchronisme et agit comme frein. Si un des trôlets quitte son conducteur, le moteur continue à tourner comme moteur à courant alternatif simple; si les deux trôlets viennent à quitter leurs conduc-
- teurs, un frein à main permet d’arrêter la voiture. Chaque extrémité de celle-ci est d'ailleurs munie d’un sablier, consistant en deux cylindres concentriques; le cylindre intérieur, qui porte une fente suivant l’une de ses génératrices, contient le sable ; le cylindre extérieur porte des trous situés au-dessus des rails; au moyen d'un levier de manœuvre, on fait tourner le cylindre interne autour de son axe; le sable s'écoule par la fente dans le second cylindre et tombe ensuite sur la voie.
- La voiture fait en moyenne 60 voyages aller et retour dans une journée; sa vitesse est d'environ 11 km par heure, tant à l’aller qu’au retour.
- L'installation de la voie et de la ligne de transmission a été faite par la maison Lombard Gerin et Cie, de Lyon; la fourniture de la voiture et de son équipement électrique a été faite par la maison Ganz et Gie, de Buda-Festh.
- La découverte de l’arc électrique. — Il est généralement admis que c’est Ilumphry Davy qui le premier réalisa, en 1813, l’arc électrique entre deux baguettes de charbon de bois. Un russe ayant récemment revendiqué pour un de ses compatriotes, le professeur Petroff, l’honneur d’avoir réalisé cette expérience en 1802, onze ans avant Davy, notre confrère de Londres, The FJectrical Review, a recherché dans a Lifeof Sir Humphry Davy », par J. Ayrton Parris, édité en 1831, et dans « Collected Papers of Sir Humphry Davy >», par John Davy, à quelle date le savant anglais l’a faite pour la première fois, et publie à ce sujet les deux extraits suivants :
- « Les plus anciens expérimentateurs sur l'électricité animale ont noté le fait que le charbon de bois calciné est capable de conduire l'influence galva-
- » J’ai constaté que cette substance possède les mêmes propriétés que les corps métalliques relativement à la secousse et à l'étincelle quand elle sert de milieu de communication entre les extrémités de la pile galvanique du signorVolta. » (Lettrede Davy à Nicholson, octobre 1800. )
- « L’appareil employé dans ces expériences était constitué par 130 séries de plaques de cuivre et de zinc de quatre pouces carrés de surface et 50 d'argent et zinc de mêmes dimensions. Les métaux . étaient soigneusement placés dans quatre boîtes de bois, suivant la manière adoptée par M. Gruiksbank et le liquide employé était de l’eau additionnée de 1 p. :oo de son poids d’acide nitrique...
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- » Quand le circuit des piles était complété au moyen de petits boutons de laiton, on percevait des étincelles extrêmement brillantes et dont le diamètre apparent était d'au moins un huitième de pouce.
- » Ces étincelles étaient perçues seulement au moment du contact des métaux et étaient accompagnées d'un bruit sec.
- « Quand au lieu de métaux on employait du charbon de bois bien calciné, l'étincelle était encore plus grande et plus brillante; un commencement évident de combustion était observé, les charbons se maintenaient rouges quelque temps après le contact et montraient des points brillants. > (Relation de quelques expériences sur l'électricité galvanique faites au Théâtre de la Royal Institution, tournai of the Royal Institution, X. I, 1802.)
- Il résulte donc de ces citations que c’est entre 1800 et 1802 que Davy obtint Tare électrique.
- L’usine d’éclairage électrique de Claremont (New-Hampshire,'. — Cette usine, décrite en détail dans American Electrician (juin 1898, p. 236), est un bon exemple de la facilité avec laquelle de petites distributions d'éclairage électrique peuvent être établies, et des services que les accumulateurs peuvent rendre dans des installations de ce
- Un barrage long de 76 m et haut de 4,5 m. existait dans la rivière Sugar, à Claremont ; il servait à alimenter la turbine qui actionne une fabrique de caoutchouc et deux fabriques de chaussures. Une partie des bâtiments de l'usine à caoutchouc fut aménagée pour recevoir le matériel électrique; pendant la journée, la turbine effectue son ancien service ; le soir, elle actionne uniquement les dynamos ; les frais d'installation ont été ainsi réduits au
- La hauteur de chute varie, suivant les saisons, entre 5 m et 2,25 m ; il a donc fallu, en outre, installer un petit moteur à vapeur qui vient en aide à la turbine à l'époque des basses eaux ; c'est un moteur à grande vitesse sans condensation ; il reçoit sa vapeur des chaudières de la fabrique de caoutchouc, la faible durée de son service ne justi-liant pas les frais d’installation d’une chaudière ni d’un condenseur.
- Le matériel électrique comprend : 2 dynamos bipolaires Edison (25 kw et 125 volts) ; 2 survoltcurs
- {50 ampères, 70volts; 900 t: m) ; 1 dynamo Thomson-Houston pour 50 lampes à arc de 2000 bougies'. La distribution se fait par un réseau à trois 01s sauf pour les lampes à arc.
- En outre, il y a deux ans, on a installé une batterie de 134 éléments au chlorure ; elle est divisée en deux batteries de 67 éléments, comprenant chacune 9 éléments de réduction ; une batterie est montée sur chaque pont. Les cléments sont contenus dans des bacs en verre de 26,5 x 31,75 cm et de 38,1 cm de haut ; ils sont formés de 5 plaques positives et -de 6 plaques négatives ; ils pèsent 115 kg, tout compris. Leur régime de charge est de 50 ampères; leur régime de décharge normal est de 50 ampères • il peut atteindre 100 ampères ; au régime normal leur capacité est de 400 ampcrcs-heure. La batterie est en service depuis plus de deux ans : elle n’a subi aucune réparation et est toujours en bon
- Par suite de l’organisation expliquée plus haut, les dynamos tournent au plus six heures par jour ; aux heures de forte charge, elles sont reliées en parallèle avec la batterie pour alimenter le réseau ; lorsque la charge diminue, on met les survolteurs en service et les batteries se chargent; elles servent à alimenter le réseau pendant la journée et la nuit; lorsque les dynamos sont arrêtées.
- Dans les premiers temps de l’exploitation, avant que la batterie ne fût installée, le courant n’etait fourni que pendant six heures par jour, tandis que les abonnés peuvent actuellement allumer leurs lampes à toute heure du jour ; aussi la clientèle a-t-elle sensiblement augmenté; la charge, en janvier 1898, a été de 33 p. 100 plus élevée qu’en janvier 1896 ; malgré cct accroissement de débit, le régime des eaux ayant été le môme les deux années, le moteur à vapeur ne fui mis en service que treize heures en janvier 1898, alors qu’il avait dû être utilisé pendant 180 heures en janvier 1896. Cela représente une économie d’autant plus considérable que l’emploi du mécanicien a pu ainsi être supprimé. Le personnel actuel ne comprend qu’un surveillant, un électricien et un ouvrier qui répare les lignes et remplace les charbons des
- I.c kilowatt-heure est vendu à raison de 0,75 fr. et la lampe arc à raison de 325 fr par an.
- Le Gérant: C. NAIJR.
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- Tome XVI.
- Samedi 17 Septembre 1898
- L’Eclairage Electrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ELECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNU, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut.— A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l’Institut. — 6. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — D. MONNIER, Professeur à l’École centrale des Arts et Manufactures. — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l’Institut. — A. POTIER, Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLÛNDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- LE CHEMIN DE FER SOUTERRAIN CENTRAL DE LONDRES (*)
- Dépense d’énergie
- Rappelons les conditions du programme desquelles dépend la consommation d’éner-
- i° Situation des stations. (Il y a 13 stations sur 9290 m, soit un intervalle moyen de 775 m entre stations.)
- 20 Vitesse commerciale de 22,500 km à l’heure, avec arrêt de 20 secondes à chaque station. (Soit environ 104 sec pour couvrir l’intervalle entre stations, ou approximativement 2 minutes entre départs consécutifs d’un même train.)
- 30 Poids total des wagons d’un train chargé : 106 tonnes.
- Ainsi, en se donnant le poids du locomoteur et le profil en long, on a tous les éléments du calcul de la puissance moyenne et de la puissance maxima à développer pour le voyage aller et retour d’un train.
- Le poids du locomoteur sera de 42,700 tonnes.
- Le profil en long a été déterminé par M. Benjamin Baker, ingénieur conseil de la Electric Traction C", de manière à réduire au minimum la dépense d'énergie. Chaque
- I1) Voir L'Éclairage Électrique- du 13 août 1898, p. 265. I
- station est, par rapport à la voie courante, surélevée, de sorte qu’au départ les trains sont accélérés, et à l'arrivée retardés, par la gravité. On a calculé que l’économie d’énergie résultant de cette disposition, sur la dépense qu’aurait exigée un profil de niveau, ser-a d’environ 33 p. 100.
- . L’effort de traction sera la somme du frottement de roulement, de la résistance de l’air (facteur notable lorsqu’on est en tunnel), et de l’impulsion accélératrice
- 1 Poids'Xaccélération \
- \ ~ /
- Notons que le calcul a été fait en supposant constant le frottement de roulement, quoique cet effort varie avec la vitesse.
- L’étude de la dépense d’énergie de traction fut faite par M. Parshall, au moyen de diagrammes correspondant respectivement aux marches entre les differentes stations. Les figures 21 et 22 représentent ceux de ces diagrammes qui se rapportent à la marche entre les stations d’Ox-ford-Circus et de Tottenham Court-Road, c’est-à-dire sur l’une des plus courtes sections de la ligne. Dans ce cas on rencontre, en partant de l’une des stations, le profil suivant 1
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- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. - N° 38.
- Palier sur.............. 48,75 m
- Pente de 3,3 p. 100 sur . . . 89,90 m
- * de o,,6 „ sur . . . 281,95 m
- Rampe de 1,6 » sur . . . 181,35 m
- Palier sur.............. 48,75 m
- Nous résumons dans le tableau I les va-
- leurs relatives aux différentes phases de la I œ
- marche considérée. | f-i
- Au moyen des données précédentes, on 1 construisit le diagramme de la puissance exercée, pour en déduire la puissance maxima (
- 1 t M i I ~ « L. i i.. 1 à ï m 1
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- et la puissance moyenne exigées par train sur la section considérée.
- Il est intéressant de remarquer que la puissance de la résistance de l’air s’élève à
- La figure 22 donne 300 chevaux pour la puissance maxima, et 98,14 chevaux considérés pendant toute la durée de marche du i train, ou 157,3 chevaux considérés pendant le '
- temps où la locomotive consomme de l’énergie sur la ligne, pour la puissance moyenne. Ceci correspond à la dépense suivante :
- Tour vaincre la résistance de l'air. . 0,125 ch.-h.
- Pour la traction................... I 095 ”
- Pour l’accélération................1,300 »
- Connaissant la puissance moyenne exigée par train pour les différentes sections de la
- ligne, et l’horaire à suivre, 011 obtient la dépense générale d’énergie.
- Distribution de l’f.nkrgie
- Mode de distribution. — Arrivé en ce point, on a toutes les données nécessaires à la discussion du mode de distribution qui devra être adopté.
- La station génératrice étant établie à l’une des extrémités de la ligne, à Shepherd’s Bush, on aura une distribution sur longue distance : la traction électrique se fera sur une étendue de 10 423 m.
- Deux solutions furent envisagées : l’une, préconisée par les ingénieurs de la British Thomson-Houston C°« consistait à alimenter la ligne au moyen de courants alternatifs triphasés sous 5000 volts, transformés en courant continu sous 500 volts (voir en figure 23 le schéma des connections). .
- L'autre consistait à employer du courant continu sous 600 volts, avec système de distribution à trois fils (voir en figure 24 le schéma des connections).
- Pour déterminer le choix, M. Parshall dressa une série de courbes, basées sur l’expérience, donnant les valeurs des pertes
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- d'cnergie relatives respectivement aux deux solutions, en supposant une même dépense
- CENTRAL LONDON^ RÂ1LWAY^
- de premier établissement dans les deux cas; de ces courbes ffig. 25 et 26) l’on déduisit la
- I'ig, 25.
- comparaison des pertes totales relatives respectivement aux deux distributions étudiées
- îfîg. 27À _ .
- On voit, a priori, que la distribution à 3 fils présente un avantage par la tension d’alimentation, 600 volts au lieu de 500, et en offrant dans les compensateurs et le fil neutre une perte combinée plus faible que celle que détermineront les transformateurs et convertisseurs; mais qu’en revanche, on pourra réduire beaucoup la variation de vol-
- tage sur la ligne avec la distribution par courants triphasés transformés, ce qui amélio-rera l’éclairage du train, cet éclairage étant fait par la ligne, et, surtout, diminuera fortement les pertes dans les rhéostats des contrôleurs, puisque les moteurs seront construits pour remplir les conditions voulues de vitesse sous le voltage minimum de la ligne.
- Fig. 26.
- et que, par suite, 011 devra absorber a chaque instant l’excès du voltage actuel sur ce minimum.
- Les courbes de comparaison (hg. 2 7}, établies en supposant trois sous-stations situées respectivement aux stations de Notting Hill-gate, Davies Street et Post Office, ont montré que l’avantage revenait très sensiblement au système par courants triphasés transformés; c’est donc ce système qui fut adopté.
- Le graphique de la distribution adoptée est représenté par la figure 23. On y voit combien est réduite la variation de voltage sur la ligne, malgré l’étendue de celle-ci.
- Le courant sera engendré par des dynamos à courants alternatifs triphasés, et transmis sous 5000 volts; il passera par des transformateurs qui délivreront du courant altcr-
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- natif triphasé, sous 316 volts, a des convertisseurs rotatifs alimentant la ligne de courant continu, sous 500 volts.
- La perte atteindra seulement 4 p. 100 pour un débit de 6000 kw, alors qu’elle serait de 17 p. îoo, pour ce même débit, avec la distribution à trois fils, et, contrairement h ce qui
- Fig. 27.
- aurait lieu avec cette dernière distribution, son pourcentage présentera un minimum correspondant à un débit compris entre 3 000 et 4 000 kw.
- transmis par un troisième rail, situé entre les rails de la voie (fig. 28], duquel il sera pris
- et rail d'alimentation.
- au moyen de patins que portent les locomo-
- Les troisièmes rails seront alimentés, par intervalles, au moyen de feeders en cuivre ; des boîtes permettront de contrôler cette alimentation, et de l’interrompre au besoin, sur une partie quelconque de la ligne (fig. 2g).
- Une quatrième sous-station sera montée a la station de Marble-Âch, pour fonctionner lorsque l’exploitation se fera avec le service à 2 minutes; jusque-là elle offrira un matériel de rechange.
- Circuits de dish'ibulion. — Les sous-sta-tions transformatrices sont reliées entre elles et à la station génératrice par des câbles isolés au papier, et sous plomb, p>osés sur consoles dans le tunnel ; ccs câbles sont fournis parla British Insulated Wire C°. Le coût total du cuivre de feeder des circuits à haute tension n’est que de 318 000 fr.
- Le courant continu délivré à la ligne sera ‘
- Le troisième rail (fig. 30) est en acier laminé avec une section en U ; il pèse 39,685 kgr au
- Fig. 30, — Section et élévation du troisième rail.
- mètre courant. Ce rail est supporté par des isolateurs en bois créosoté (fig. 31) et se trouve, de 38 mm, plus élevé que la voie. Il n’a pas d’éclissage mécanique ; l’éclissage électrique est fait par de courtes couronnes
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- flexibles, modèle « Chicago », présentant chacune 107 111m2 de section (fig. 32).
- Le courant retour passera par les rails
- Fig. 31. — Support en bois créosote du troisième rail.
- de roulement. Ceux-ci (fig. 331 ont une section en pont et pesent 4Q.606 kgr au mètre
- Fig. 32. — Eclissage électrique du troisième rail ;
- courant ; ils sont poses sur longrines. L'éclis-sage électrique est fait par des couronnes
- semblables à celles employées pour le troisième rail et par la cheville plastique Brown, insérée sous les plaques d’éclissage mécanique.
- Les rails de roulement d’une même voie sont connectés transversalement tous les 75 m, et les deux voies sont reliées électriquement entre elles partout où cela est facile.
- Le coût d’établissement du troisième rail et de l’éclissage électrique est de 397 500 fr.
- Des fils pilotes sont placés de façon à permettre une observation continue du voltage
- STATION GÉNÉRATRICli
- La station génératrice estsituée à la surface, près de Shcpherd’s Bush, à l’extrémité ouest de la ligne.
- Le plan général en est représenté (fig. 34}.
- Chaufferie. — Elle contient 16 chaudières Babcock et Wilcox, en huit batteries de deux. Chaque chaudière offre une surface de chauffe de 330 11T et une puissance d’évaporation de 5 450 kgr de vapeur, à 10,5 kgr cm2, par heure ; le réservoir d’eau et de vapeur a un diamètre de 1,06 m et une longueur de 7,19 m ; de plus, chaque groupe a un réservoir de vapeur, transversal, d’un diamètre de 0,61 m et d'une longueurde 2,28 m, auquel est fixée une valve d'arret de 20 cm de diamètre.
- Les foyers seront alimentés par des appareils automatiques, système Vicar ; ceux-ci recevront le charbon d’un réservoir, dont la capacité est de 1 500 tonnes, situé à la partie supérieure de la chaufferie; un convoyeur mù électriquement, fourni par la C.-W. Hunt Co, de New-York, desservira le réservoir à charbon, et sera utilisé pour l’enlèvement des cendres.
- Chaque paire de chaudières est reliée séparément au collecteur général de vapeur et chaque machine a sa propre prise de vapeur sur le collecteur général ; toutes les prises de vapeur arrivent sous le plancher de la salle des machines. Par suite de cette disposition, aucun conduit de vapeur
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- n'a besoin d'avoir plus de 20 cm de diamètre, I et une chaudière quelconque peut être arrê-
- Fig. 34. — Station génératrice — (au lieu de caniveau principal, lire carneau principal).
- tée ; pour la direction de la production de I avec peu de valves. Tous les raccordements et vapeur l’on dispose d'une grande élasticité, | valvesfurentlivrésparlaCraneC°,deChicago.
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- On a installé deux économiseurs Green, agencés de telle façon que l'on puisse, à volonté, se servir des deux ou ne se servir d’aucun
- Machines motrices — La puissance méca-
- nique sera fournie par six machines com-pound avec manivelles à 90", à condensation, du système Revnolds-Corliss ; chacune d’elles est directement accouplée à une génératrice de courant alternatif triphasé d’une puissance électrique de 850 kw.
- Tttio o\
- Fig. 35. — Élévation, vue en plan et coupe par l’axe d’un alternateur à courants triphasés.
- Les caractéristiques de ces machines sont :
- Puissance normale =............. 1300 chev. ind.
- Puissance maxima instantanée zz 1950 >>
- Vitesse angulaire =.............94 tours par m.
- Variation de vitesse entre le minimum et le maximum de charge = 1,3/4 p- mo Consommation garantie avec un vide de 673 mm de vapeur par
- cheval-heure indiqué =..........6,574 kg
- Diamètre du petit cylindre =. . . 609 mm
- » du grand cylindre = . . 1168 »
- Course des pistons =............ 1219 »
- Poids du volant................. 453Ô0 kg
- Diamètre des tourillons principaux. 508 mm
- La marche peut se faire avec échappement à l’air libre, et les cylindres peuvent agir indépendamment Tun de l’autre.
- Le volant est en acier ; il est constitué par huit segments maintenus ensemble au moyen d’cclisscs, à queue d’aronde, en fer forgé.
- Chaque machine est pourvue d’un condenseur à injection, avec pompe à air, d’une capacité suffisante pour prendre la quantité maxima de vapeur de cette machine ; ces derniers appareils sont établis au milieu des massifs de fondation. Les pompes à air, de
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- la maison Blake et Knowle’s, ont les caractéristiques suivantes :
- Cylindre à vapeur, diamètre. 355 mm
- » de la pompe, diam . . yn » à double action, course. . 609 »
- Le mélange des eaux de condensation et d’injection sera envoyé par les pompes à air aux sommets de quatre tours réfrigérantes Barnard ; chaque tour est munie de deux ventilateurs, de 35 chevaux chacun, que l’on actionnera par des moteurs électriques situés dans la station, vis-à-vis des tours. {Cette installation de réfrigérants passe pour être la plus importante d’Angleterre.) Les tours ont un diamètre extérieur de 4,50 m et une hauteur de 15,24 m des fondations aux sommets ; elles renferment des nattes en fils métalliques, sur lesquelles l’eau descend par gouttelettes soumises aux vigoureux courants d’air qu’envoient les ventilateurs. L’on prétend que le courant d’air emporte une grande partie des calories de l’eau tout en ne produisant qu’une évaporation insignifiante.
- Toutes les conduites d’échappement, d’air libre, de décharge et d’injection, courent sous le plancher de la salle des machines.
- Dynamos génératrices. — Les génératrices de courant alternatif triphasé {fig. 35) sont d’une puissance normale de 850 kw ; elles débiteront sous 5000 volts et à une fréquence de 25 ; le voltage efficace sera de 3 000 volts.
- L’enroulement induit est fait sur des noyaux, en feuilles de tôle, maintenus par des mortaises que présente un anneau extérieur fixe ; le diamètre maximum de l’induit est de 4,876 m. Ces noyaux, au nombre de 96, soit trois par pôle inducteur, portent 192 spires ; sur chaque noyau les spires sont disposées de manière à pouvoir être enlevées ou posées séparément. Le conducteur, en cuivre, est établi pour une densité de courant de 1,55 ampère par mm2. L’enroulement est divisé en trois séries de 64 spires chacune ; dans chaque série l’une des extrémités est relicc h
- un câble, et les trois extrémités restantes' sont connectées ensemble.
- Les trente-deux pôles inducteurs sont portés par une roue tournant au centre de l’induit. Les bobines sont faites avec des bandes plates de cuivre 125,4X1,6 mm) enroulées sur le bord : on enroule sur une forme circulaire, en interposant des couches de papier, puis on donne à la presse une forme sensiblement carrée ; ensuite on enfile sur les noyaux. Le courant d’excitation, sous 100volts, est commuté au moyen de deux anneaux de contact.
- Le poids total d’une telle génératrice est de 34000 à 36 300 kg.
- Le rendement de ces dynamos doit être de 95 p. 100 à pleine charge, et de 91 p. 100 à
- Fig. ?6.
- demi-charge (fig. 36) ; la puissance d’excitation sera inférieure à 16 kw.
- Les excitatrices sont situées sous la galerie du tableau de distribution, à l’une des extrémités de la station.
- On compte que quatre de ces génératrices seront suffisantes pour fournir la puissance moyenne exigée; de sorte qu’avec six on aura une ample réserve pour parer aux exigences extraordinaires.
- Tableaux de distribution. — Le tableau principal est constitué par quatre panneaux de générateurs et deux panneaux de feeders: ces panneaux sont en marbre, et les appareils v sont montés sur ébonite.
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- Chaque panneau de générateur porte : i° Sur la partie supérieure : un commutateur simple à interruption rapide, de trois pôles; trois ampèremètres, un sur chacun des conducteurs du circuit; un transformateur de station, de 5 000-100 volts, pour voltmètre.
- 2'' Sur la partie inférieure, en soubassement : un interrupteur de champ ; une roue de régulation du champ; un ampèremètre intercalé sur le circuit excitateur. Derrière le panneau se trouve un rhéostat ininflammable.
- Chaque panneau de feeders porte : un commutateur tripolaire; trois ampèremètres, et d’autres appareils indicateurs et enregistreurs.
- L’un des panneaux de feeders porte k sa base une roue commandant un rhéostat qui permet de réduire ou d’interrompre simultanément, si une éventualité l’exige, tous les champs des génératrices.
- Sur le côté des panneaux de générateurs est un panneau de synchronisation, portant : un voltmètre pour indiquer la différence de potentiel des barres générales; deux voltmètres pour indiquer les voltages des générateurs; deux commutateurs simples, k huit directions, pour connecter les voltmètres spéciaux sur les bornes des générateurs; un commutateur simple de voltmètre, k trois directions.
- Le tableau d’excitation comprend : quatre panneaux de générateurs et un voltmètre.
- Le trait nouveau des tableaux, aux sous-stations comme k la station génératrice, est le commutateur à haute tension, imaginé par M. Purshall (tig. 37'. Ce commutateur est k double interruption: les deux contacts sont montés sur ébonite, et situés de part et d’autre de la plaque isolante qui forme le corps'du tableau, de sorte qu’il ne peut se former d’arc entre la borne positive et la borne négative. Le commutateur proprement dit est placé en haut, hors d’atteinte, et on le manœuvre au moyen d’une tige en bois fixée k une coulisse : lorsque cette tige est abaissée elle tend un ressort qui rappelle vivement aussitôt que les contacts sont rompus par suite de l’action de la coulisse sur unegou-: par l’un des bras du commuta-ervalle d’air intercalé dans le conducteur, par ce fonctionnement, est de 90 cm. Chacun des conducteurs principaux est muni d’un tel commutateur, et les trois commuta-
- pillc por
- tcurs correspondants, d’un meme circuit, sont manœuvres simultanément.
- SOUS-STATIONS
- Chaque : prendra de
- is-station transformatric chambres circulaires de
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- diamètre et 4,55 m de hauteur, situées au bas des puits d’ascenseurs de la station correspondante, et contenant : l’une, les transformateurs statiques avec les appareils de souillage et de ventilation, et les tableaux de haute tension et du courant transformé; l’autre, les convertisseurs et leurs tableaux (fig. 38}.
- Transformateurs sialiques (fig. 39).
- — Chacun des transformateurs statiques a une puissance utile de 300 kw; la tension s’y abaissera de 5 000 à 3iôvolts. Le rendement correspondant doit être de 98 p. 100 à pleine charge et de 97 p. 100 à demi-charge : la régulation prenant 1,7 p. 100 et la perte dans les noyaux 1,2 p. 100; la température maximane devra pas excéderai0.
- Chaque transformateur est entouré d’une enveloppe en tôle perforée ; des espaces libres sont réservés pour la circulation de l’air aspiré à l’intérieur.
- Les deux extrémités de chaque enroulement secondaire sont connectées respectivement à deux barres situées k la partie inférieure.
- Un tel transformateur, au complet, Fig. 31 pèse 3 600 kgr. teur
- Pour ces sous-stations fermées, on de tt: a proposé de se débarrasser de l’air chaud en l’aspirant; l’expulsion de cet air se fera par des cheminées en tôle montant au centre des escaliers en spirale.
- Transformateurs-convertisseurs (ng. 40). “ Chacun des transformateurs-convertisseurs a une puissance de 900 kw, à la vitesse de 250 tours par minute. Le courant triphasé qui viendra des transformateurs, sous 316 volts, y sera transformé en courant continu, sous 500 volts. Le rendement garanti est de 95 p. 100 à pleine charge et de 93 p. 100 à demi charge.
- Chaque convertisseur a douze pôles, et une armature enroulée en tambour. Le cou-
- jU
- rant triphasé y entre par trois anneaux de contacts connectés à l’enroulement de l’armature en 18 points, et le courant continu sort du collecteur, par les balais, en 12 points.
- Le poids total d’un tel convertisseur est de 30 800 kgr.
- Ces convertisseurs peuvent démarrer par eux-mêmes, et alors, lorsqu’ils sont en action, le champ est excité par les conducteurs principaux du courant continu. Us n’exigent qu’un très faible effort mécanique pour tourner à vide. Mais il y a un inconvénient à faire démarrer les convertisseurs par le courant triphasé lorsque la charge est élevée : les réactions du champ alternatif tendent à abaisser le voltage général et à réduire le débit maximum du matériel; c’est pourquoi l’on a disposé un tableau avec panneaux de générateurs sur le côté courant continu du convertisseur, ce tableau permettant de con-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- nectcr le convertisseur aux barres qui alimentent la ligne pour le faire démarrer par le courant continu, en obtenant progressivement la vitesse de synchronisation au moyen d’un rhéostat de démarrage.
- -, <q/ ’oü
- Union Elektricitæts Gesellschaft, d’après les plans de la General Electric C°, et les convertisseurs par la General Electric C°, ? Schenectady.
- Tableaux. — Les deux groupes de conducteurs triphasés à haute tension sont connectés à travers deux commutateurs tripolaires, à interruption rapide, à un ensemble de barres ; sur ces barres on connecte deux groupes de chacun trois transformateurs, au
- On établit deux convertisseurs à chacune des sous-stations de Marble Arch et de Post Office, et un seul à Notting Hill et Davics Street.
- Les transformateurs sont construits par la
- Fig. 40. — Transformateur rotatif de courants triphasés
- moyen de deux commutateurs du même type que les précédents. Ceci est l’agencement du tableau primaire, situé dans la chambre des transformateurs.
- Deux groupes de câbles triphasés k basse tension passent de la sortie des transformateurs au tableau secondaire, situé dans la chambre des convertisseurs; de ces câbles le courant arrive, par l’intermédiaire de deux commutateurs tripolaires à interruption rapide, aux convertisseurs, la disposition étant telle que l’un ou l’autre convertisseur peut être connecté à i’un ou l’autre groupe de câbles.
- Les tableaux porteront, en outre des commutateurs Parshall, des ampèremètres, respectivement pour les circuits transformateurs et convertisseurs, un voltmètre connecté sur les barres des convertisseurs, et un voltmètre indiquant la différence de potentiel, à la sous-station, des conducteurs triphasés. Enfin il y aura des appareils de synchronisation.
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- Fig. 4t. — Locomotives de la General Electric Company.
- « Septeohfê 1898. REVUE IV ÉLECTRICITÉ
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- T. XVI. — N° 38 .
- 494
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- LOCOMOTIVES
- Le diamètre des tunnels n’étant que de 3,50 m, et le bas de ces tunnels devant donner place à la voie, l’espace libre se trouve tellement'réduit que, pour laisser entre les moteurs et le sol le jeu nécessaire, l’on a dù renoncer au mode de traction par voitures automotrices et adopter l’emploi de locomotives.
- Les 32 locomotives (tig. 41}, construites
- par la General Electric Company, présentent les caractéristiques principales suivantes :
- Distance entre axe des roues de
- chaque truck................1.75 m
- Distance entre les centres des
- deux trucks . . . . ........4-50 m
- Longueurtotale delà locomotive 9 m Hauteur totale » 2,95 m
- Nombre de roues motrices. . . t>
- Diamètre des roues............1,066 m
- Poids sur chaque roue.........$ tonnes
- Poids total de la locomotive . . 42 >»
- électrique.
- Nombre de moteurs (un sur chaque essieu). ................ 4 tonnes-
- Poids du bâti d’un moteur (y compris les bobines de champ). 2950 kg Poids de l’armature complète . 1135 » Poids total d’un moteur .... 5445 » Effort de traction au démarrage. 6350 «
- » " à la vitesse de
- 36 km à l’heure................3(130 »
- Les difficultés de la construction mécanique d’un engin de telle puissance devant fonctionner dans des tunnels de dimensions aussi réduites, furent nombreuses.
- Voilure. — Le châssis, en acier doux, de chaque moteur vient comprendre la partie supérieure des roues commandées par le moteur ; ce châssis porte sur les boîtes à graisse de l’essieu qu’il contient, et là il forme appui pour les ressorts qui, de chaque côté, sup-
- portent la charpente du truck. Les boîtes a graisse se déplacent entre des guides en acier fondu, fixés à la charpente du truck ; les coussinets qu’elles contiennent sont en bronze (fig. 42).
- Le truck est formé de longerons et de traverses en acier doux.
- La charpente principale de la caisse a une base constituée par des longerons, des traverses et des fourrures, le tout en acier doux. Cette base repose sur les trucks, aux milieux et sur les côtés de ceux-ci, par l’intermédiaire de ressorts; en outre, la base est reliée avec les trucks, en leurs centres, au moyen de pivots et de chemins de frottement. Le reste de la caisse est formé de cornières en fer supportant des tôles de fer de 3 mm d’épaisseur. La cabine du wattman est située au milieu, et, de là, la paroi supériéure des-
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- cend vers la poutre des tampons de choc, à chaque extrémité; cette disposition permet au wattman d’avoir une vue très étendue. Dans les parties de la caisse qui sont de part et d’autre de la cabine se trouvent les résistances, au milieu desquelles est réservé un passage; dans chaque cabine il y a un voltmètre, un ampèremètre et, pour la fermeture ou l’ouverture du circuit de la voiture, un commutateur-disjoncteur. Le parquet de la voiture présente des trappes ménagées au-dessus des moteurs, pour permettre la visite ou la réparation de ceux-ci (fig. 41).
- Les centres des roues, en fer forgé, consistent en moyeu, rais et jantes, le tout complètement soudé; les jantes reçoivent un bandage en acier, posé à chaud et maintenu cependant par des anneaux.
- Les essieux, en acier doux forgé, ont un diamètre de 152 mm au milieu et de 114 111m aux fusées. On y cale les roues avec une pression hydraulique de 50 tonnes.
- Chaque locomotive est munie de sablières avec mécanisme de commande à la main. Eile est aussi pourvue d’un sifflet de signal, fonctionnant par l’air comprimé du réservoir des freins. Chaque train sera muni, d’un bout à l’autre, du frein à air système Westinghouse.
- Le courant sera pris du troisième rail au moyen de deux patins placés respectivement aux deux extrémités de la locomotive ; ainsi, le courant ne sera pas interrompu dans les moteurs aux aiguillages ou aux croisements.
- Moteurs. — Ayant déterminé la courbe de puissance correspondant au voyage d’un train, on en déduisit les allures générales des caractéristiques des moteurs devant satisfaire aux exigences du service (fig. 43 et 44).
- Les moteurs adoptés sont du type GE-56, récemment étudié par la General Electric C° pour satisfaire aux conditions d’un tel service. Ils sont calculés pour fournir, à la barre d’attelage, un elfort de traction de 910 kgr à la vitesse de 35 km à l'heure, avec des roues de 1,016 m, la tension aux bornes étant de 500 volts. Ils nedoivent pas donner moins de
- I 65 chevaux, à la jante des roues, pour la vitesse I de 43 km à l’heure, et avec une consomma-I tion inférieure à 125 ampères sous 500 volts.
- La densité du courant dans les enroulements du moteur ne devra pas dépasser 2,35 am-
- Fig. 44.
- pères par mm2 pour des vitesses supérieures a 24 km à l’heure. A près deux heures démarché a pleine charge la température des circuits ne devra pas être supérieure à 330 C. Aux essais
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- le rendement à pleine charge de ces moteurs fut constaté supérieur à 92 p. 100. Enfin, l’isolement est suffisant -pour supporter, a l’essai, 5000 volts de courant alternatif.
- L’axe creux de l’armature est enfilé directement sur l’essieu et occupe tout l’espace compris entre les roues de cet essieu. L’ar-
- mature et les quatre bobines inductrices du moteur sont contenues dnn« ""p fivplnrmo >.
- porte (fig. 4
- .Li.uim.uuc3 uuua une. enveloppe
- de laquelle on accède par une
- Contrôleur. — Le réglage fopère par la manœuvre
- série-parallèle, d’un nouveau type, avec souffleur magnétique (fig. 45). Ce contrôleur permet de grouper les., moteurs, à volonté, de trois manières distinctes : u° les quatre en série; 20 deux en série et deux en parallèle; 3° les quatre en parallèle.
- On a ainsi, en faisant varier progressivement, dans chaque cas, les résistances introduites, 22 crans pour le réglage.
- RENDEMENT
- Les garanties de rendement données pour l’ensemble de l’installation de ce chemin de fer sont les suivantes :
- Rendement des machines à vapeur à pleine charge et avec condensation. 92 p. jou Rendement à pleine charge des génératrices à courants triphasés ... 95 »
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- Rendement moyen de la transmission, y compris les pertes dans les sous-
- stations.........................90 p. i
- Rendement à pleine charge de la locomotive ........................90
- Tout ce materiel doit être en service dès s premiers mois de l’année 1899.
- H. Tripier,
- APPLICATIONS MÉCANIQUES DE L’ÉLECTRICITÉ
- Parmi les constructeurs qui se sont occupés avec le plus de succès des ascenseurs électriques, il faut citer, dans les premiers rangs, la compagnie Otis, de New-York, dont
- e. — Ascenseur Sundt (1897), schéma de
- nous avons souvent décrit ici même les ingénieux appareils. U appareil de contrôle récemment étudié par l’un des ingénieurs de cette compagnie, M. Sundt, est remarquable par l’économie et la sécurité de son installation 1 il sera facile d’en suivre le fonctionnement sur les schémas, figures 1 à 3.
- Quand les différentes pièces de l’appareil occupent les positions ffig. i)avec la cabine A montant, et que l’on presse un quelconque des boutons Pi; Pâ, Ps... de la cabine ou des
- : 3. — Ascenseur Sundt, détail des
- étages A,, A2, A3 : P3, par exemple, le relais correspondant L, a pile O. attire son armature en bloquant, comme nous le verrons, les autres relais par la corde M, et ferme les contacts 17, 23, 26, 27 (rig. 2), de sorte que le courant passe de 10 h 13 par (fig. 1 et 2) 14, 17, 27, L, 33, I, 39, 50, les inducteurs B'
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- delà dynamo motrice, 51, 38, I, 32, 26, 23, 20 et 11. Ce courant fait tourner la dynamo de manière à monter A, en même temps qu’il maintient l’excitation de L. Quand la cabine
- arrive à l'étage A„ l’écrou E (fig. 2) de la vis D située dans le prolongement de l’arbre du treuil C', a amené dans le commutateur G correspondant, son bras F', que la languette
- /', prise en la rainure d, entraîne dans la ro- I déplacer la tringle H et amener ainsi I et J tation de D, de sorte que ce bras fait, par le I dans les positions pointillées (fig. 1). Par ce levier g-s G2, pivoté en G', et la corde gK, se I mouvement, J rompt par j le contact 26, 27,
- Grue électro-hydraulique Brown.
- 23, 17 et le circuit de l’électro B. (fig. 1) qui serre aussitôt le frein B„ et I renverse le sens du courant dans 50 et 51.
- Si l’on veut maintenant rappeler la cabine par exemple à l’étage A,, on presse le bouton P' de cet étage, qui, par Ls, ferme en K2 Ja le circuit en L, 48 et 49, de manière à renverser le sens du courant sur 50 et 51 et en B’, ce
- qui fait tourner la dynamo dans le sens de la descente de A. Pendant cette descente, le bras F', tournant en sens contraire de la flèche (fig. 3), traverse successivement les divers commutateurs G, et, par leurs bras déplace les contacts I I'... de manière à connecter leurs circuits dans le sens de la montée de A , afin que, à la prochaine fermeture de ces
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- circuits parleurs boutons, la cabine se mette a monter ; enfin, arrivé au commutateur G de A', F' ramène aussi I2 sur 46, 47 et rompt par j h le circuit en L2, comme précédemment en L.
- L’enclenchement mutuel des relais L L'... se fait par une corde M (fig. 1) tendue par un ressort mî et pincée en par l’armature attirée, de manière à lui imprimer une tension
- par les figures 4 et 5, a pour objet de permettre la levée uniforme d’un certain nombre de plates-formes i, 1,articulées entre elles-, et ce par des pistons 2, 2, quelles que soient les charges individuelles de ces plates-formes. Ce résultat s’obtient en commandant par une même tringle 22 les manœuvres des pistons 2, toutes semblables à celle indiquée sur le schéma, figure 4, où l’on a supposé la tringle 22 commandée par un piston hydraulique 27. Pour lever les plates-formes on tire le levier 45 de manière à faire communiquer par la valve 32 la gauche 25 du cylindre de 27 avec l’échappement 11, de sorte que l’eau sous pression admise par 10 à droite de 27 la repousse a gauche, ainsi que 22, et laisse ainsi le contrepoids 18 ramener à droite, par les leviers 14,15, 9, la valve 6, laquelle admet alors l’eau sous pression de 10 en 3. A mesure que les pistons 2 se lèvent, ils tirent les chaînes 20 bientôt aussi vite que 22 ne les
- telle que les autres relais ne puissent pas attirer leurs armatures.
- ün remarquera que les pivots G' et G2 peuvent s’orienter dans les rainures g' des anneaux C de manière à présenter leurs taquets gt g\i bien au moment voulu au passage du bras FFh
- La grue hydraulique de Brown représentée
- •otz (1898) ensemble du chariot.
- débite, de manière à immobiliser graduellement, par la poulie 16, le levier 14 et la valve 6, mais en l’ayant, pour chaque piston 2, ouverte en grand d’autant plus vite que la montée de ce piston 2 était, à l’origine, plus lente ou sa charge plus lourde, de manière à les ramener h la même vitesse, chaque valve 6 s’arrêtant alors automatiquement dans la position de débit correspondant à la charge même de son piston. Pour descendre; on pousse 45 de manière que 22, revenant vers la droite, relève iô et ouvre par 6 le cylindre 3 à l’échappement 11, et les pistons 2 descendent avec des vitesses rendues uniformes par le même mécanisme de servo-mo-teur qu’à la montée. Si l’un des tuyaux 7 se bouche, ou s’il s’y déclare une grande fuite, le levier 14 correspondant descend jusqu’à venir heurter le taquet 50, ramener ainsi 45 à sa position moyenne, et arrêter toute la machine : de même si un des pistons 2 reste
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- bloqué à la descente, le bras 9 du levier 14, 15, 9 ramène par 49, -47 le levier 45 à sa position d’arrêt. Kn cas de rupture de la conduite d’eau sous pression 10 pendant la descente, 26 reste immobile, tout s’arrête,et l’on •peut, par le levier 46 et la valve 35, ouvrir 25 h l’échappement et laisser la plate-forme descendre.
- La figure 5 indique comment on peut commander la barre 22 par une dynamo 76, avec frein électro-magnétique 80 en prise sur la crémaillère de 22. Quand on pousse à gauche le levier 45, on ferme par le commutateur 85
- le circuit x y de manière à desserrer le frein 80 et à faire avancer 22 à gauche. Quand on ramène 45 à sa position moyenne, il coupe le 'circuit et le ressort 83 serre le frein.. Quand on repousse le levier45 adroite, il redesserre le frein et fait avancer 22- h droite, de sorte que la manœuvre électrique, qui pourrait se faire à distance, agit comme, la manœuvre hydraulique du type précédent.
- L'appareil de M. Krotz, représenté par les figures 6 à 11 appartient à la classe si intéressante des transporteurs de paquets et de
- monnaie pour magasins (cash, carriers) qui, presque inconnus .chez nous, sont d'un emploi très fréquent aux Etats-Unis (‘).
- L’organe essentiel du système est (fig. 6 à 9) un chariot cc, roulant sur des rails a a, qui forment une voie continue sur laquelle le chariot circule toujours dans le même sens, traîné par une dynamo d, recevant son courant par les rails et les balais ds du. Cette dynamo, articulée en h, est guidée par des galets ee\ isolés comme ses roues motrices. L’arrière du chariot porte un châssis f. articulé en f \ guidé en /e et porteur d’un arbre g, a crochet g-', appuyé par un ressort sur la
- Les paniers m (fig. 7 et 8) alternativement (*)
- (*) G. Richard. La mécanique générale à l’Exposition de
- pris et déposés par ce chariot sont (fig. 11) pourvus de traverses w2, avec œillets ni.^ pouvant s’enfiler sur les longrines du. chariot c, et de projections ;«5.
- Au poste du caissier, auquel,on envoie la majorité de ces paniers pour leur vérification et d’011 ils reviennent avec la note acquittée et la monnaie changée, convergent un nombre suffisant de voies n Jiÿ ni (fig. 7 et 9) avec rails, ni n, recevant les traverses m2 des paniers, et Je rail en contre-bas n., ses projections ce qui permet de les retirer et replacer facilement après leur abandon par le chariot sur les taquets n. n... Ces. taquets peuvent s’abaisser par la manivelle «9, pour permettre, de ramener le panier de nt nt en «, »a, en position pour être repris par le chariot moteur à son rètour. A cet effet, dès que le panier arrive en n' ni le talon gi (fig. 8) du rail a,
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- repoussant le galet g\ du chariot, retire .pargzg (fig. 6) le crochet g-/ qui laisse passer le panier librement sur le chariot.
- Fig. io. — Transporteur Iirotz, descente d’une poter
- A chacune des stations d’arrêt des paniers, se trouve une potence 0 (fig. 10 et 11) reliée
- Fig. ij. — Transporteur Krotz, enlevage d’un panier.
- enp au support b des voies aa, et sur laquelle peut monter et descendre le crochet équi-libré o'j avec barre d’arrêt oa 0.. Quand le'cha-
- riot arrive au poste, comme l’indique la flèche, (fig. n), les butées mg du panier qu’il entraîne, et que le contre-rail g,. (fig. 10) a dégagé du verrou g' (fig. 6), viennent buter contre les arrêts pn, à ressorts p^ destinés à empêcher le rebondissement du panier, de sorte que le chariot, continuant sa route,
- Fig. 12.
- Replogle.
- abandonne le panier sur les supports o3, puis le galet f du chariot, repoussant le taquet/,, déclenche de 0, par le support o'oa, qui
- Rcpiogle,
- le panier, et dont la chute
- tombe
- reçue par les ressorts o19. Les arrêts px sont ajustés, a chaque station, de manière à n’arrêter que les paniers dont les butées >«. leur correspondent.
- Pour renvoyer le panier au chariot, on le remonte sur 0' jusqu’à l’arrêt de o' par g” et la fourche pt p1 et son renclenchement automatique- par/,. Quand le.chariot-arrive,- il
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- enfile comme en figure xi, l’œillet m3 d’ar- avant pour que mk dépasse pa comme en rière (mA étant alors au-dessous dep1(), re- pointillé et achève l’enlèvement du panier.
- Fig. 15. — Régulateur Replogl
- pousse par le frottement de ses ressorts i le panier sur les butées de droite assez en
- Le fonctionnement de l’ingénieux régula-
- Fig. 16. — Régulateur Replogle, détail du frein.
- teur électrique de M. Riîpi.oc.le, spécialement étudié pour le réglage des turbines, est le suivant (fig. 12h 16) : une même poulie W, action-
- Fig. 17.
- née par le moteur, commandant à la fois le régulateur centrifuge E, à dashpot G, et la bielle P des cliquets p, qui font tourner par le rochct R l’arbre du vannage J.
- Quand le moteur se ralentit, E ferme par F le contact i (fig. 13) et le circuit de la pile r sur l’électro-aimant Ms dont l’armature en-
- clenche le cliquet^ avec R, de sorte que P fait tourner R et S dans le sens de l’ouverture de la vanne. Cette rotation entraîne celle du quadrant K (fig. 15) dont la came L soulève par H les contacts i et /, ce qui rompt le contact i et arrête S, a moins que le ralentissement du moteur ne sc prolonge, avec F
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- toujours au milieu de l’intervalle entre i et / Au contraire, si le moteur s’accélère, le régulateur E ferme par y le circuit de l’élcctro N, qui, enclenchant R par le cliquet p' fait tour-
- ner S en sens contraire. Si l’accélération ou le ralentissement du moteur continue, S amène K dans sa position extrême de droite ou de gauche (fîg. 15), où l’un des bras Q'
- ranime figure 17 de 5
- ou Qo (fig. 14) calés sur L, rompent en q' ou q2 I jeu, de manière a maintenir la vanne ouverte le circuit de l’élcctro N ou M actuellement en | en grand ou fermée. Un frein X (fîg. iôj ré-
- v
- a
- \î
- Fig. 19, 20 et ai. — Meule Breitenbach (-1897).
- glable en O, maintient à chaque instant l’arbre S dans la position même où le quittent les cliquets p ou p'.
- Ainsique nousl’avonsfréquemment signale, l’emploi des transmissions électriques se ré-
- pand de plus en plus-dans les usines métallurgiques, où elle est tout particulièrement indiquée par la dispersion, le nombre et la variété des machines. D’après M. Clark, le diagramme (fîg. 17) représente la variation moyenne de la puissance à la station élec-
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- trique génératrice de l’usine de l’Illinois Steel C° pendant vingt-quatre heures. On y distingue trois genres de variations : celles très rapides, d’une seconde environ (fig. 18); les périodiques, d’une demi-heure environ, puis celles qui se produisent tous les six heures, ces dernières croissent avec le nombre des moteurs. On voit que l’on pourrait, en diminuant ces variations, réduire presque de moitié la puissance totale de la station. De là, l’avantage d’employer une batterie d’accumulateurs fonctionnant comme régulateurs, principalement pour le circuit de l’éclairage, et qui aurait en outre l’avantage de pouvoir fonctionner en cas d’avaries aux dynamos ou seule, sans obliger d’allumer les chaudières dans les cas où l’on n’aurait à utiliser qu’une
- faible puissance, pour un travail exceptionnel du dimanche par exemple.
- Comme exemple d’application de l’électricité à une machine-outil pour laminoirs, je citerai la machine à monter les cylindres de M. Breitenbach, à Siegen, dans laquelle les meules CC sont (fig. 19 à 21) commandées par une dynamo A et montées sur un chariot H, que l’on peut soit déplacer sur I, parallèlement aux cylindres h meuler qç, par le train MNO, à crémaillère P, soit incliner autour de C par GE, soit enfin pivoter autour de O par les vis mm. La distance de I à se règle par les vis ii.
- G. Richard.
- (A suivre.)
- TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ ALLEMANDE D’ÉLECTROCHIMIE CONGRÈS DE LEIPZIG (‘)
- M. Goldschmidt, d’Essen, entretient la Société d’un
- Nouveau procédé pour l’obtention des
- HAUTES TEMPÉRATURES ET I.A PRÉPARATION
- DES MÉTAUX PEU FUSIBLES NE RENFERMANT PLUS
- DE CARBONE.
- Ce procédé est basé sur la grande quantité de chaleur dégagée par l’aluminium en se combinants l’oxygène d’un oxyde métallique. Au lieu d’oxyde on pourrait aussi se servir de sulfures, bien que l’effet thermique soit moindre.
- De nombreux auteurs se sont déjà occupés de la question, mais la plupart n’ont opéré que sur de très petites quantités, par exemple dans des tubes à essai ou des creusets dont ils chauffaient également tout le contenu ; la réaction, très violente, brisait ordinairement le vase et dispersait en grande partie les produits formés.
- l1) Voir L'Éclairage Électrique, t. XVI, p. 93.
- Il s’agissait donc avant tout de modérer la réaction et d’en régler l’allure. Or, il n’est pas du tout nécessaire de porter toutes les portions du mélange à la température d’inflammation ; il suffit d’amener quelques points seulement à cette température qui se propage alors d’elle-même, plus ou moins vite,! à travers toute la masse, et la réaction, au lieu d’exiger un apport de chaleur, en fournit au contraire d’une façon continue.
- L’auteur exécute quelques expériences sous les yeux de ia Société. Un rivet de fer pesant environ 250 gr se trouve au centre d’une masse comburante formée d’oxyde de fer, de fragments d’aluminium, de sable, etc. Le tout constitue une masse solide qui entoure le fer comme d’un ciment. On met le feu à l’aide d’une boule fixée à un ruban de magnésium et composée d’un mélange de poudre d’aluminium et d’un corps cédant facilement son oxygène (peroxydes, oxyde de cuivre, de plomb, permanganate...); La température de l’enveloppe s’élève peu à peu -jusqu’au;
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- rouge blanc; si on la brise en ce moment on trouve le rivet porté au rouge vif et prêt h être martelé.
- On peut naturellement augmenter ou diminuer la vitesse de la combustion en introduisant dans la masse une quantité plus ou moins grande d’oxyde ou bien un corps inerte tel que delà chaux, de la magnésie...
- La température s’élève bien plus si l’on a soin de protéger le foyer incandescent contre le rayonnement extérieur, par exemple en l’entourant de sable ou de gazon. Dans une seconde expérience on a pu ainsi porter au rouge vif un rivet de 3 kgr.
- Enfin l’auteur effectue séance tenante un brasage sur un tube de fer d’un pouce de diamètre (environ 25 mm). L’opération exige environ 100 gr d’aluminium ; le coût d’une soudure de ce genre, y compris les dépenses accessoires, est d’h peu près 15 pfennig (0,19fri; le procédé rendra surtout des services dans le cas où il est difficile d’employer-le feu de charbon.
- Il faut noter que si l'oxyde est pris en quantité suffisante, le métal réduit ne renferme pas trace d’aluminium, si bien qu’avec quelques précautions, le procédé peut être utilisé pour unir directement deux morceaux de fer par fusion, — ou meme pour percer des trous, par fusion, dans des plaques de fer. M. Goldschmidt présente un long clou carré obtenu par cette méthode, une plaque de fer portant une gibbosité de fer fixée par fusion, enfin une plaque de tôle de 12 mm d’épaisseur percée par fusion.
- La différence entre ce procédé et la soudure électrique réside principalement dans l’égalité parfaite de réchauffement, tandis qu’avec l'électricité ce sont les parties qui se touchent qui subissent la température la plus élevée, les parties avoisinantes restant relativement froides.
- L’auteur montre sur le chrome comment son procédé peut servir à la préparation des métaux purs. La température nécessaire à leur mise en liberté n’a été atteinte jusqu’à présent que dans l’arc électrique et peut être
- estimée à 3 ooo°. On introduit une petite quantité du mélange de sesquioxyde de chrome et d’aluminium dans un creuset brasque de magnésie et on amorce la réaction: puis on ajoute peu à peu le mélange jusqu’à ce que le creuset soit plein (l’expérience présente porte sur environ 5 kgr de chrome métallique). La réaction continue d’elle-même, sans apport de chaleur extérieure. En ajoutant le mélange en proportions convenables on est parfaitement et constamment maître de l’opération.
- On pourrait appeler cet appareil un four électrique sans pôles ; il travaille bien plus vite que le four électrique ordinaire et souvent à des températures bien supérieures, plus élevéés, par exemple, que dans la préparation de l’aluminium. Il est naturellement possible de le transformer également en four continu, en le munissant de deux ouvertures qui permettent d’enlever le métal et la scorie.
- Le principe de ce four sans pôles a un autre côté commun avec celui du four électrique ; dans les deux cas la difficulté h vaincre était la même : ces appareils ne pouvaient devenir pratiques tant qu’on les chauffait encore h l’extérieur, car il était impossible de trou ver des matériaux de creusets qui résistassent h ce double cchauffement.
- Cet appareil simple permet ainsi de renfermer en peu de temps une grande quantité d’énergie dans un espace très restreint. La température se propage lentement à travers les parois du creuset et on peut extraire la masse au bout de vingt-quatre heures de refroidissement.
- L’auteur montre un bloc de 25 kgr de chrome obtenu parce procédé.
- C’est-avec ce métal que M. Hittorf a fait les expériences électrochimiques d’un haut intérêt qui viennent d’être publiées dans ce journal (l).
- Sur le bloc de chrome.on .pouvait encore apercevoir l’alumine due à la réduction. On
- C) L’Éclairage Électrique, t. XVI, p. 94 à 104.
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- pourrait la retransformer en aluminium.métallique qui servirait de nouveau à fabriquer du chrome; on constituerait de cette façon un cycle industriel complet.
- L’alumine obtenue ainsi par voie ignée est absolument anhydre, sa dureté est bien supérieure à celle de l’émeri ordinaire qui renferme encore de petites quantités d’eau.
- Les rendements de la méthode sont très élevés ; souvent ils atteignent près de 100 p. 100, la couche de scorie qui recouvre le métal le protégeant contre l’accès de l’air et la vaporisation.
- Outre le chrome il a été possible de préparer un grand nombre d’autres métaux, par exemple manganèse, fer, titane, bore, tungstène, molybdène, nickel, cobalt, vanadium, et même des métaux fusibles tels que l’étain, le plomb, le cérium. O11 pourra probablement obtenir par cette voie les autres métaux des terres rares, — et tous sans aucune trace d’aluminium.
- La préparation des métaux alcalino-terrcux réussit également (baryum, strontium, calcium); l’auteur présente un alliage de baryum et de plomb, l’addition de plomb étant nécessaire, car le baryum est notablement plus léger que la scorie. 11 montre aussi d’assez gros morceaux de manganèse; ce métal (sans carbone) se conserve indéfiniment à l’air; il présente un bel éclat mordoré qui rappelle jusqu’à un certain point le bismuth. Signalons encore du ferro-bore à 20-25 p- ton de bore, du ferrotiuane à 40 p. 100 de titane et sans carbone; — un alliage de chrome et de manganèse, un alliage de chrome et de cuivre, tenant environ 10 p. ioo de cuivre et possédant encore presque intégralement la couleur du cuivre, tout en étant notablement plus dur que ce métal. Dans les scories provenant de la préparation du chrome, 011 trouve également de minuscules rubis, trop petits cependant pour être livrés au commerce.
- Dans la fabrication des métaux purs il ne faut naturellement employer que de l’aluminium pur; ces métaux sont alors privés de
- carbone ; ainsi se trouve réalisé un vœu souvent exprimé par les métallurgistes, surtout pour le chrome et le manganèse.
- Pour le simple chauffage il est absolument inutile d’avoir recours à l’aluminium pur; il suffit d’un métal d’une teneur bien inférieure à 50 p. 100, préparé directement en partant de la bauxite ou d’autres matériaux; la présence du silicium, loin d’étre nuisible, favoriserait le phénomène ultérieur de réduction. La fabrication de cet aluminium brut n’exigeant pas d’alumine (dont la valeur est considérable), le prix de revient serait bien inférieur à celui du métal pur du commerce. L’auteur estime qu’en vendant le kilogramme de cet aluminium moins de 1,25 fr, un producteur bien outillé en retirerait encore un excellent bénéfice.
- M. Goldschmidt termine en disant quelques mots de l’action de l'aluminium sur les sels oxygénés, les nitrates et les sulfates; car ce métal ne réduit pas seulement les oxydes, mais aussi les sels oxygénés.
- Les nitrates réagissent moins bien. Deville avait du reste déjà reconnu que l’on pouvait projeter du salpêtre sur de l’aluminium fondu sans avoir d’attaque sensible. Les sulfates par contre donnent naissance à une véritable pluie d’étincelles, l’expérience peut se faire sans danger en mélangeant les produits dans un cornet de papier et en les enflammant à la façon habituelle. Le mélange d’aluminium et de peroxyde de sodium s’enflamme spontanément, dès que la masse est tant soit peu humide.
- Toutes les propriétés de l’aluminium qui viennent d’être relatées peuvent se résumer en disant que ce métal est un accumulateur de chaleur qui permet de récupérer- avec, facilité la grande quantité de travail absorbé pendant sa fabrication. Le problème qui se pose maintenant est de transformer cette énorme chaleur d’oxydation en énergie électrique ; c’est alors que se réaliseraient les belles espérances conçues depuis l’époque où la production de l’aluminium est devenue véritablement industrielle.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- M. Borchers, d’Aix-la-Chapellc, fait observer qu’il résulte des expériences de M. Gold-schmidt que l’on peut atteindre par voie purement chimique des températures aussi élevées qu’au moyen de l'électricité, et que, dès l’année prochaine, il espère pouvoir parler de la première usine produisant le carbure de calcium sans électricité.
- Le professeur Elus, de Giessen, exécute devant l’assemblée, comme expérience de cours, la
- Réduction éi.ectrot.yttqijk
- II résulte de ses travaux que la réduction des corps nitrés en corps azoïques exige des densités de courant de 1000-2000 amp par m2; la réduction en dérivés hydra-zoïques des densités de 200-600 amp par m2.
- Dans un appareil, la transformation de 10 gr de para-nitrotoluèneCLP—C®H'*—AzO* en para-azotoluène
- CH3— CH1— Az : Az — C6 H1 — CH3 est terminée en vingt-cinq minutes. Dans un autre, la transformation de la meme quantité de produit nitré en parahydrazotoluène CH3 — CfiH" — AzH — AzH —~ CflH1 — CHS dura cinquante minutes.
- Les produits se séparent rapidement sous la forme cristalline, à l’état de pureté presque complète et avec d’excellents rendements. Ces essais de réduction électrolytique peuvent être particulièrement recommandés comme expériences de cours; leur durée est très courte, les produits étant peu solubles se séparent rapidement à l’état cristallisé, et de plus l’oxydation du para-hydrazotoluène à l’air est moins prompte que celle de la plupart des autres dérivés hydrazoïques.
- rappeler les phénomènes de transport qui se produisent quand on soumet à Faction, du courant des liquides mauvais conducteurs contenus dans des tubes capillaires i'1). Le contact de corps hétérogènes donne naissance à deux couches d’électricité : le verre se charge d’habitude négativement et le liquide positivement. Si l’on introduit une électrode dans le tube capillaire, la charge positive du liquide est attirée par l’électrode négative, et si le tube est assez étroit, Je liquide tout entier se met en mouvement du côté de l’électrode négative.
- On réussit facilement l’expérience en se servant d’un tube de verre que l’on ferme à un bout avec le chalumeau et qu’on plonge encore chaud dans un jet d’eau froide, de manière à le craqueler et à le semer d’innombrables petites fentes. Le tube étant rempli d’acétone est plongé dans un vase renfermant le même liquide, l’une des électrodes est fixée dans le tube, l’autre dans le vase extérieur. Si l’on ferme le circuit on voit le liquide monter ou descendre en bloc, selon le sens du courant, en se dirigeant vers la cathode.
- On peut même déduire de l’étude de ce phénomène la loi des tensions au contact des corps non conducteurs (2) ; à savoir : « Les corps de constante diélectrique plus élevée se chargent positivement au contact des corps de constante diélectrique moins éle-
- Que se passe-t-il maintenant quand on a affaire à un liquide ionisé, par exemple une solution de sulfate de cuivre? Aussi longtemps que subsiste la couche double formée au contact du verre et de la liqueur, il ne se produit rien. Mais quand le potentiel est suffisant pour provoquer un petit déplacement du liquide dans l’espace capillaire, la charge électrique négative du verre qui est libre maintenant neutralise la charge
- Une méthode‘de séparation du nickel
- • ET nu COBALT
- M. Coehn, de Gœttingen, commence par
- (*) Pour les détails, voir L’Éclairage Électrique, t. XIII, p. 224 (1897).
- L'Éclairage Électrique, t, XV, p. 210,
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI.— N°38.
- positive de l’ion cuivre et met en liberté une certaine quantité de cuivre métallique, trop faible, à la vérité, pour être visible. Ce petit dépôt ne peut du reste pas croître, car il se formerait au sein de la déchirure capillaire un bon conducteur ayant deux extrémités, une anode et une cathode, l’un des bouts augmenterait précisément de la quantité dont diminuerait l’autre.
- Le professeur Braun a étudié la formation de ces dépôts métalliques dans les espaces capillaires ; cette électrolyse spéciale, qu’il désigne sous le nom de sténolyse, se produisait dans certains cas et pas dans d’autres. D’après ce qui précède on peut dire qu’il y aura électrosténolyse toutes les fois que la différence de potentiel aux électrodes est suffisante pour provoquer un mouvement d’ensemble du liquide. •
- La trace de métal mise en liberté deviendra visible dans les cas où le nouveau conducteur capillaire est susceptible d’augmenter de poids, c’est-à-dire :
- i“ Si l’anion n’attaque pas le métal déposé, par exemple pour tous les sels de platine ;
- 2Ü S’il sc forme des composés insolubles, principalement des peroxydes, à l’anode;
- 3° Dans l’électrolysc des sels d’oxydules dont l’anion peut réagir sur la solution en formant un degré supérieur d’oxydation.
- L’auteur montre un tube craquelé immergé dans une solution de nitrate d’argent. L’électrode négative plongeant dans le tube, c’est sur la partie extérieure cathodique de la fente que se forme le métal; il croît jusqu’à ce qu’il se sépare en flocons (que l’on aperçoit par projection!. A la partie intérieure, c’est-à-dire anodique, il se produit d’abord du peroxyde d’argent à cause de la grande densité du courant à la cassure ; la couche étant suffisante, il s’y dégage de petites bulles d’oxygène.
- Si à la place d’azotate d'argent on prenait
- du cyanure argentico-potassique qui ne donne pas naissance au peroxyde, l’anode se dissoudrait peu à peu et l’on n’observerait pas de sténolyse.
- En étudiant à ce point de vue des dérivés du nickel et du cobalt, l'auteur a remarqué que les sels de cobalt présentent régulièrement le phénomène de la sténolyse, mais non pas les sels de nickel. Comme il ne pouvait être question ici que de la formation de peroxydes on en conclutque les sels de cobalt seuls donnaient des peroxydes dans l’électro-lyse, mais non pas les sels de nickel.
- C’est cette découverte que MM. Coehn et Salomon ont mise à profit pour séparer le nickel du cobalt dans la solution de leurs sels. En électrolysant le mélange on a pu constater que le précipité anodique ne renfermait pas trace de nickel.
- Pour précipiter tout le cobalt à l'anode sous la forme de peroxyde, il faut empêcher le dépôt de nickel et de cobalt à la cathode par l’addition d'un métal qui se dépose plus facilement, par exemple une solution de sulfate de cuivre. Les solutions doivent rester neutres pendant l’éleclrolyse.
- Les auteurs pensent que rien ne s’oppose à la préparation industrielle de cobalt pur au moyen de ce procédé.
- Il est facile aussi de déceler les moindres traces de cobalt dans les solutions de nickel : on plonge dans la solution tiède deux fils de platine en communication avec une source électrique et on observe s’il se forme un dépôt brun à l’anode. Les auteurs comptent publier bientôt les résultats de leurs analyses quantitatives f1).
- P, Th. Muller.
- P) Voir aussi Zeitsch. f. physilt.Chanie, t. XXV, p. 651-656 (1898).
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- Sur la puissance nécessaire à la propulsion des bateaux électriques (')•
- Calcul de la puissance. — La formule employée ordinairement pourle calcul de la puissance nécessaire à la propulsion d’un bateau est la suivante :
- P =
- FTV8
- P est la puissance en. chevaux indiqués ; les frottements de l’arbre de couche et du moteur sont compris dans la valeur fournie; avec un moteur électrique, P représente donc la puissance, en chevaux, à dépenser aux bornes du moteur ; F est le déplacement ou poids total, en kilogrammes, du bateau à pleine charge; V, la vitesse maxima, en km : h qui doit être atteinte en eau calme. La valeur du coefficient K dépend de la forme et des proportions du bâtiment, ainsi que de sa vitesse de marche.
- Dans la pratique, afin de simplifier les calculs, il est préférable de calculer d’avance FT et V3 pour les principales valeurs de ces deux variables et d’en former des tableaux.
- La formule se présente alors sous la forme suivante :
- Il suffit de remplacer A et B par les valeurs correspondant au déplacement F dans le tableau I et à la vitesse V dans le tableau II, pour avoir la puissance P en chevaux, lorsqu’on connaît la valeur à attribuer au coefficient K.
- Tableau I
- Valeurs de A correspondant à des embarcations de poids différents
- à pleine charge T:r d.limtaLL VALEURS
- 50U 63,996 14000 580,88
- 6o8,22
- I3Ii°3 IÔOOO 6344/>
- 2 000 58,7 17000 66l,l5
- 3000 208 l8üOO 686,83
- 5000 251.9 292,4 20 000 736^1
- 6000 33°-1 854,99
- 7000 3^5,9 30 000 965i49
- 8000 400 35000 l 068,89
- 9000 432,6 4OOOO I 169,60
- IOOOO 464,2 45°°° I 264,82
- I I 000 494,6 30000 I3S7 > 32
- 12000 524^5 55^00 1446,21
- 13000 522,88 60000 1 532,62
- Tabliîau II
- Valeurs de B correspondant à des vitesses différentes.
- VITESSES V
- 3 125 ij 2197
- 6 '4 2/44
- 343 3375
- 8 16 4096
- 9 729 4913
- 1000 18 5842
- n i33i 19 6859
- 12 1 728 20 8000
- (') American Ékctrician, juillet 1898, p, 314.
- Choix du coefficient K. — Aucune loi pré-
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- cise ne peut être donnée à ce sujet; le jugement et l’expérience de l’ingénieur sont les meilleurs guides.
- En général, la valeur de K dépend de trois éléments : longueur et forme du bateau, vitesse. Toutes choses égales, elle est d’autant plus grande, c’est-à-dire la puissance nécessaire est d’autant plus petite que la longueur est plus considérable, la forme plus fine, et d’autant plus grande que la vitesse est plus considérable.
- Pour des petits bateaux de plaisance, à pleine vitesse, sa valeur varie entre 100 et 150 ; elle s’élève à 250 ou 300 pour de grandes embarcations marchant à allure modérée.
- C’est le rapport de la vitesse à la longueur qui influe sur la valeur de K; approximativement, lorsqu’on a V2 ^ 8,5 1, la vitesse est modérée et l’on peut adopter pour K des valeurs élevées : ainsi pour un bateau de 15 m de long filant 11 km : h, on pourra adopter pour K une valeur égale à 150 ou même plus. Si l’on a Y'2 > 8,5 1, la valeur de K doit être diminuée ; elle serait d’environ 100 lorsque la vitesse atteindrait une valeur telle qu’on aurait Y72 ^8,5 IX4; ces chiffres supposent un bateau de forme fine. Plus le bateau est long par rapport à sa largeur, plus la forme longitudinale est fine et plus la valeur de K est élevée.
- Estimation du poids F. — On ne connaît généralement que la longueur du bateau, sa largeur et son creux sur quille, ainsi que sa forme. Son poids doit être évalué. Son déplacement est égal au produit de ses trois dimensions par un coefficient k qui dépend de la forme; son poids s’obtient immédiatement d’après le volume d’eau déplacé ; si le bateau doit flotter surl’eau de mer, on doit se rappeler que la densité de celle-ci est égale à 1,026.
- Pour des embarcations de plaisir, k varie généralement entre 0,35 et 0,50 ; rarement et seulement pour des formes très massives, il atteint la valeur de 0,55 à 0,60. En choisissant la valeur de k, on doit tenir compte de la forme du bateau en plan et en coupe. Si la
- forme est étroite et élancée dans le sens longitudinal et si les flancs ont une inclinaison rapide, de la ligne de flottaison à la quille, le coefficient doit être choisi dans les valeurs les plus faibles, de 0,35 à 0,40. Si la forme est allongée, mais le fond relativement plat, l’inclinaison des flancs peu importante, des valeurs de k égales à 0,40 ou 0,45 doivent être adoptées. Des valeurs analogues peuvent être prises avec une forme moins allongée et une inclinaison rapide des flancs. Enfin, avec des formes massives transversalement ou longitudinalement, on adoptera les valeurs les plus élevées.
- Il faut noter que ces coefficients se rapportent au bateau non compris la quille; la profondeur adoptée dans les calculs ne doit pas comprendre celle-ci ; on peut en ajouter le poids après avoir évalue le volume de l’embarcation proprement dite.
- Calcul du moteur et de l'hélice. — Pour calculer la vitesse angulaire du moteur, le diamètre et le pas de l’hélice, on emploie le système des deux formules suivantes :
- Dans lesquelles
- r est le pas de l’hélice, en mètres;
- N la vitesse angulaire de l’hélice en tours par minute ;
- Y7* la vitesse absolue de l’embarcation en km : h ;
- P la puissance totale donnée par la for-mule ( 1) ;
- D le diamètre de l’hélice, en mètre ;
- m un coefficient dépendant du 'glissement apparent de l’hélice;
- n un coefficient dépendant du rapport du pas au diamètre de l’hélice.
- Avant d’aller plus loin, il est nécessaire de bien se rendre compte des valeurs à adopter pour les coefficients m et n.
- Le glissement apparent de l’hélice est. le
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- rapport du chemin parcouru au chemin qui aurait été parcouru sans glissement : comme l’hélice tourne parfois dans de l'eau qui se déplace dans la même direction que l’embarcation, le glissement apparent est généralement moindre que le glissement réel dans l’eau sur laquelle s’appuie l’hélice.
- Au point de vue du rendement, il est préférable que le glissement apparent ne dépasse pas 15 à 20 p. 100; de plus grandes valeurs entraînent une diminution du rendement, diminution qui, d’ailleurs, ne devient réellement importante que si le glissement atteint des valeurs telles que 0,35 ou 0,40. D’un autre côté, plus le glissement est grand, moindre doit être le diamètre pour une puissance donnée et plus grande la vitesse angulaire pour une hélice ayant un rapport donné entre son pas et son diamètre. On peut être ainsi conduit à employer des glissements, considérables pour réduire le diamètre ou augmenter la vitesse angulaire, mais on doit se souvenir que ce. n’est qu’au prix d’une diminution de rendement, et que des valeurs du glissement plus grandes que 0,25 ne doivent être employées que si des circonstances spéciales exigent ce sacrifice.
- Le tableau III donne la valeur du coefficient m pour des valeurs différentes du glissement apparent; il se rapporte à des hélices à quatre lames, de forme ovale, ayant une surface égale à environ 0,35, la surface du cercle ayant même diamètre que l’hélice. Pour des hélices de même forme n’ayant gue trois lames, la valeur de m doit être multipliée par 0,85; que deux lames, par 0,65.
- Le nombre de lames n’influe pas sensiblement sur le rendement; mais la puissance, la vitesse angulaire, le glissement et le rapport du pas au diamètre restant les mêmes, le diamètre de l’hélice sera d’autant plus grand et la vitesse angulaire d’autant plus faible que le nombre de lames sera moindre.
- On peut encore, de cette façon, modifier le diamètre et la vitesse angulaire, suivant les
- Tableau III
- Valeur du coefficient m pour différents glissements apparents.
- VALEUR VAdiÜR
- 0.29 S 0,43
- 0,12 0.30 0,26 0,43
- O.I3 0,31 0,27 0,44
- 0,32 0,28 0,45
- 0,15 0:33 0,29 0,46
- 0.l6 0.34 ",3° 0,47
- 0.17 0^5 0,31 0,47
- 0,l8 0,36 °:32 0,48
- 0,19 0,37 °,33 0,48
- 0,20 0.38 0:34 0,49
- 0.21 °-59 o,35 o,5°
- 0,22 0.40 0.36 o,5°
- 0,23 0,41 «•57 o,5'
- Tableau IV
- Valeurs du coefficient n pour différentes valeurs du rapport -jy du pas au diamètre de V hélice.
- TTR RALEUR .-‘LEUR
- 0,90 0,941 1,12 0,"23
- 0,92 0,917 144 0,707
- o,Q4 0,803 I,l6 0,6t)2
- 0,96 0.872 I,l8 0,67:
- 0,98 0,850 1.20 0,663
- 0,830 1,22 0,650
- 1,24 O.636
- 1,04 0.792 1,26 0,624
- 1,06 o,773 1,28 0,6ll
- i ,08 0.756 U30 o,599
- ...0 o,739 1.32 p,5»7
- circonstances.
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- t. XVI. - N" 38.
- Le tableau IV contient les valeurs du coefficient n pour différentes valeurs du rapport — du pas au diamètre de l’hélice.
- Les valeurs de ce rapport communément employées, dans des embarcations de la grandeur envisagée, varient peu en plus ou en moins de l’unité. D’après l’équation fondamentale (3), on peut voir que plus il est petit, plus petit aussi est le diamètre de l’hélice avec un glissement donné; par conséquent, pour une certaine vitesse, plus le pas est petit, plus grande est la vitesse angulaire.
- b’après ce qui précède, on voit que le diamètre de l’hélice et sa vitesse angulaire peuvent être modifiés en choisissant convenablement le glissement, le rapport du pas au diamètre et le nombre de lames.
- Applications. — Pour démontrer l’application de ces formules, nous développerons les calculs relatifs à deux bateaux différents.
- 1" Longueur : 10,25 largeur : 2,15 m; creux sur quille : 0,45 m; vitesse maxima : 16 km : h en eau calme.
- Le coefficient de déplacement k doit être assez élevé pour que le matériel puisse être logé; nous le prendrons égal à 0,5. Le poids total sera donc F — 10,25X2,15X0,45X0,5 = 4959 tonnes, soit 5000 kgr.
- La valeur du coefficient K est faible, d’abord parce que la forme du bateau, d’après son coefficient de déplacement, est massive; ensuite, parce que la vitesse est élevée. Nous adopterons la valeur 100.
- La puissance sera donc (formule (:', tableaux I et II) :
- 644X K 644 x 100 ’ ’
- Soit 1 g chevaux.
- Le glissement apparent sera pris égal à 0,2 et le rapport égal à 1, ce qui donne pour m et n (tableaux III et IV) les valeurs «2 = 0,39 et « = 0,830.
- On a dès lors, équations (2) et (3) :
- 16,5V _ 16.5x16________
- D = 0,63 m.
- Comme
- K = ML = 524.
- La puissance indiquée serait donc de 19 chevaux; un moteur dépensant 14 kw serait employé. Le diamètre de l’hélice serait 'de 0,63 m, son pas de 0,63 m et sa vitesse angulaire de 524 t : m.
- 211 Longueur ; 22 m ; largeur : 4,5 m ; creux sur quille 1,4 m ; vitesse maxima : 15 km: h,
- Etant données les dimensions relativement grandes de ce bateau, le coefficient de déplacement peut être supposé d’une valeur assez basse, soit 0,4. Le poids total serait donc d’environ 55000 kgr.
- Malgré la forme avantageuse, le coefficient K serait assez faible, en raison de la vitesse ; nous le supposerons égal à 125.
- La puissance nécessaire serait donc :
- P _ 1446/21 644:
- En adoptant les mêmes valeurs que précédemment pour m et n on arriverait à une vitesse angulaire trop faible. Nous supposerons donc un glissement de 0,25 et un rapport de 0,9. Les équations (2) et (3) donnent, dans ces conditions :
- >,43x0,941.
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- 5i3
- On en tire :
- Pour obtenir cette vitesse angulaire encore bien faible, nous avons dû sacrifier le rendement ; il nous faudra donc augmenter la puissance du moteur qui, en fin de compte, dépenserait environ 65 chevaux, soit 45 à 48 kw.
- G. P.
- Commutation sans étincelles dans les dynamos ;
- Far H.-N. Allen (').
- On sait que la puissance d’une machine dynamo à courant continu est limitée souvent par la présence des étincelles, lesquelles sont dues à la self-induction des sections en court circuit. La recherche des conditions dont dépend la self-induction a conduit l’auteur à entreprendre une étude expérimentale de la mesure de ce facteur, étude qui n’avait pas été faite jusqu’ici.
- Deux méthodes ont été employées pour la mesure du coefficient de self-induction : i° à l’aide de courants alternatifs, par mesure de l’impcdance et de la résistance ohmique; 2IJ par l’emploi du secohmètre en équilibrant la self-induction de la bobine placée dans l’une des branches du pont de Wheatstonc au moyen d’une self-induction étalonnée introduite dans la branche voisine (2).
- T,'inductance d’une bobine d’armature, même avec les fréquences les plus élevées qu’on a industriellement à sa disposition, est complètement négligeable devant la résistance ohmique, aussi l’auteur a-t-il été obligé d’opérer sur des sections spéciales enroulées avec du fil beaucoup plus épais. Ces sections * (*)
- (h Journal cf the institution of Ekctrical Engineers (avril 1898). .
- (*) La mesure peut se faire sans déconnecter les extrémités de la bobine des lames du collecteur, car l’inductance du reste de l’induit qui est en dérivation sur cette bobine est très grande et sou influence par suite négligeable.
- ont été placées d’abord par-dessus les autres, ce qui avait pour inconvénient de laisser un certain espace entre le fil et le fer, puis sur un noyau de memes dimensions que celui de la machine étudiée, qui était un petit moteur Immish, enroulé en série et à induit tambour.
- Mesures avec les courants alternatifs. —
- Les bobines expérimentées ont toujours été placées dans la zone neutre, c’est-à-dire dans le plan AA (fig. 1). Ces bobines sont au nombre de cinq :
- i° L’une A, assez largement enroulée, est en fil de 2,6 millimètres de diamètre;
- 20 Une bobine B de même diamètre, mais enroulée plus serré ;
- 3n Une bobine C de même diamètre également, mais avec un grand nombre de spires;
- 4° Une bobine D d’une seule spire, en fil carré de 4,90 mm de côté;
- 5° Une bobine E d’une seule spire en fil rectangulaire de 5,6 111m sur 4 mm.
- Les self-inductions ont été mesurées avec différentes fréquences, d’abord en laissant l'enroulement inducteur ouvert, puis en le fermant en court-circuit, ensuite en retirant l’anneau d’entre les pièces polaires, et enfin sans le fer de l’induit. Nous ne reproduisons que les résultats correspondant à la fréquence de 200 périodes par seconde, lesquels sont résumés dans le tableau I et sont ramenés à la self-induction par spire en divisant la self-induction totale par le carré du nombre de spires.
- La seconde valeur de la self-induction pour la bobine D est la plus exacte, la faiblesse des valeurs pour A et C tient à ce que A étant enroulée un peu largement et C ayant un grand nombre de spires, un certain nombre de lignes de force ne traversaient pas toutes les spires.
- M. Allen a étudié l’influence de différents facteurs sur la self-induction apparente d’une section de l’induit.
- En ce qui concerne l’influence de la fréquence, la self-induction augmente lorsque la fréquence diminue. Pour des fréquences
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- I. — Valeurs des self-indnctio
- hemys par spire
- AVEC CIRCUIT AVEC CIRCUIT
- A 0,00000137 0,00000077
- B 0,00000156 0,00000093 0,00000086 0,00000056
- C o,OOOOOI25 0,00000063 0,00000063 0,00000045
- D (114 amp.) 0,00000158 0,00000111 0,00000095 0,00000072
- D (137 amp.) 0,00000157 0,00000106 0,00000093 0,00000062
- E O.OOOOOI59 0.00000104
- faibles la valeur du coefficient de. self-induction doit donc être la môme que celle qu’on peut obtenir en calculant la réluctance du circuit magnétique ou en déterminant expérimentalement le flux qui traverse la bobine lorsqu’un courant continu la traverse. Le coefficient de self-induction par spire calculé dans ces conditions est de 0,00000232 henrv, valeur très voisine sinon égale à celle qu’on obtiendrait avec une fréquence très faible.
- Avec le circuit inducteur en court-circuit, la self-induction n’augmente pas si la fréquence décroit. L’influence du circuit induc-
- teur diminue évidemment lorsque la résistance entre les deux bornes de l'inducteur est augmentée; il en sera de même si l’on remplace la résistance par une self-induction extérieure.
- Un courant traversant l’inducteur occasionne une diminution assez faible de la self-induction, environ 5 à 6 p. 100.
- Le coefficient de self-induction varie naturellement avec la position de la bobine par rapport au plan de commutation. Les résultats obtenus dans ces nouvelles conditions par M. Allen sont indiqués dans le tableau II.
- Tai.eau II. — Valeurs de la self-induclion par spire, pour différentes positions.
- POSITION DE LA BOBINF. mu™,™»
- Dans la zone neutre 0,00000159 0.00000I02 0,00000106,
- Près des cornes polaires .... 0,00000119
- Sur les cornes polaires.. .... 0,00000173 0,00000140 0,00000146
- A 45,J de la zone neutre 0,00000178
- A qo° de la zone neutre 0,00000266 O,0„„„„2Sl 0,00000261
- On voit qu’avec le champ en court-circuit la self-induction dans la position BB est la meme sensiblement que dans la zone neutre et diffère peu de la valeur calculée 0,00000232.
- Un phénomène également intéressant est la différence de répartition du champ d’une bobine de l’induit placée dans la zone neutre
- lorsqu’elle est traversée par un courant continu ou par un courant alternatif. Dans ce second cas le flux qui traverse le circuit magnétique de l’inducteur n’est que de 6,5 p. 100 du flux produit, le reste passant d’un côté de l’armature à l’autre à travers l’air. Avec un courant continu, d’intensité
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- égale à la tif, le flux
- courant -altcrna-ovaux inducteurs
- est un peu plus d flux produit.
- La figure i représente flux dans les deux rant alternatif et i
- moitié (55 p. 100) du
- répartition des ;as, a droite pour le cou-gauche pour le courant
- Tableau III — Comparaison des coefficients de self-inducüon d'un anneau et d'un tarnbo
- continu. L’action sur le circuit inducteur diminue évidemment lorsque la bobine se déplace vers la position BB.
- Dans tout ce qui précède il n’a été question que d’induit tambour. Pour comparer la self-induction d’un induit en anneau à la précédente, l’auteur se contente de souder aux points B et E de la spire ABCDE (fig. 2) deux
- iiiiiiiiiiiiini-inr.j^
- tr
- conducteurs BHG et ELK qui permettent de former ainsi deux spires disposées en série GHBCDELK, dont il mesure le coefficient de self-induction dans les mêmes conditions que précédemment. Il obtient ainsi les résultats indiqués dans le tableau III, où sont
- CONDITION DE L'EXPERIENCE a. .Pll,s COEFFICIENT DIFFÉRENCE
- Induit hors du champ 0,00000139 0,00000093 0,00000046
- Inducteur en court circuit. . . . 0.00000145 0,00000104 0.00000041
- » ferme sur 0,1 ohm . . 0,00000150 0,00000102 0,00000048
- ouvert 0.00000203 0,00000.57 0,00000044
- inscrites les valeurs correspondantes de la self-induction pour l’induit en tambour et la différence des self-inductions des deux genres d'induit.
- Pour montrer l’effet des deux conducteurs KL et GH, c’est-à-dire l’influence du champ à l’intérieur de l’armature, il suffit de souder les deux extrémités A et F et de mesurer l’inductance du circuit GHBAFELK en négligeant l’effet du circuit en dérivation BCDE, ce qui est possible. On obtient ainsi la valeur 0,00000072 qui est un peu plus grande que la différence de self-induction de l’anneau et du tambour. Toutefois.il faut remarquer que
- cette valeur contient, comme celle correspondant au tambour, la valeur de la self-induction du circuit BAE : aussi si l’on retranchait le double de cette dernière de 0,00000072, on trouverait une valeur peu différente de 0,00000045, moyenne des différences précédentes.
- La self-induction d’une section double de l’anneau est ici d’environ une fois et demie celle du tambour, mais il faut remarquer que les dimensions du fer n’étaient pas celles qu’on prend ordinairement pour un anneau ; la longueur du noyau était en effet de 20 cm et le diamètre intérieur et extérieur de 5.1
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- et 9.5 cm, tandis qu’en général la longueur est plus voisine du diamètre extérieur.
- Mesures avec îe secohmelre. — La mesure du coefficient de self-induction de la bobine C a seule été faite avec le sccohmètre, et les résultats obtenus sont approximativement les mêmes que ceux obtenus avec un courant alternatif de fréquence 200.
- La self-induction de l’induit complet de balai à balai prise avec le secobmètre est égale à 0,0023 henry avec l’inducteur fermé sur lui-même. L’induit comprenait vingt-quatre sec-tionsde six spireschacune. L’inductanced’une section seule a été trouvée égale à 0,000034
- dans la zone neutre; ce chiffre ne paraît pas pouvoir être déduit des nombres précédents.
- M. Allen a fait deux séries d’expériences pour mesurer l’énergie absorbée par une bobine d’armature dans le cas d’un induit tambour et d’un induit anneau traversé par un courant alternatif. Les résultats obtenus sont peu précis par suite de l’incertitude de la valeur de la résistance de la section à chaud et de la difficulté d’obtenir une résistance suffisante sans self-induction. La méthode employée pour mesurer la puissance est celle des 3 voltmètres.
- Ces résultats sont consignés dans le tableau IV.
- Tableau IV. — Pertes pour un courant constant dans une section de l'induit.
- CONDITION DE L'EXPÉRIENCE I
- ü fermé sur lui même Induit hors du champ............
- On voit par ces chiffres que les pertes a l’extérieur de la bobine sont très faibles; leur proportion sera encore moins grande dans les dynamos ordinaires où la résistance d’une bobine à induit est plus grande que celle de la bobine étudiée.
- Calcul du coefficient de self-induction d’un induit tambour. — La self-induction d’un cadre rectangulaire dans l’air peut, si l’on néglige l’influence des petits côtés, être calculée par la formule de Maxwell :
- L=^2lognatA- + 1)
- où d est la distance entre les deux grands côtés, a le rayon des conducteurs et l leur longueur. La répartition des tubes de force
- et des surfaces équipotentielles se fait comme l’indique la figure 3.
- Supposons maintenant qu’on place ce cadre
- Fig. 3-
- suivant deux génératrices opposées sur un cvlindre de fer. La répartition des tubes de
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- force et des surfaces équipotentielles se fera un peu différemment, puisque pratiquement tous les points à l'intérieur du cylindre seront au même potentiel magnétique.. Comme la moitié environ des surfaces équipotentielles était comprise dans l'espace . occupé par le cylindre, grâce à la présence de celui-ci, il faudra donc seulement, avec le noyau de fer, une force magnétomotrice deux fois moindre que dans le cas de l’air. Par suite, pour le même courant dans les deux cas le flux sera double avec le noyau et le coefficient de self-induction aura maintenant pour valeur
- L = 2l^lognat ~ + y.
- Cette expression appliquée au cas du moteur étudié donne la valeur 0,00000071, tandis que celle observée, y compris Faction des petits côtés du cadre, est de 0,00000093.
- Passons maintenant au cas où la bobine et le noyau de fer sont placés au milieu des pièces polaires. L’on peut admettre que la résistance magnétique se réduit uniquement à celle de l'entrefer, le coefficient de self-induction a alors pour valeur
- où n est le nombre de spires de la bobine, s la surface d’une pièce polaire et#’ le double entrefer. Dans le cas étudié la self-induction calculée par spire avec cette formule est de 0,00000227.
- Pour déterminer expérimentalement la self-induction vraie de la bobine, oiipeut, si l’on néglige les fuites magnétiques, la déduire de la variation de flux produite dans une bobine d’épreuve disposée sur les inducteurs lorsqu’on établit ou supprime un courant d’une valeur connue dans la section de l’induit. On arrive ainsi à 0,00000237, chiffre très voisin de la valeur calculée.
- Si l’on admet que la self-induction vraie dépend uniquement des dimensions de l’entrefer, on peut regarder l’ensemble de la bo-
- bine du noyau induit placé dans la zone neutre et de l’inducteur, comme un transformateur avec un circuit magnétique d'air seul, le fer de l’inducteur agissant comme un secondaire fermé sur une grande résistance, et le circuit inducteur comme un secondaire fermé sur lui-même.
- L’expression du courant primaire du transformateur est, dans le cas d’un secondaire fermé sur lui-même:
- y Rj, i->. +
- où les lettres ont des significations évidentes.
- L’impédance apparente est :
- elf-induction apparent La e pression qui s’annule lorsqu fuites magnétiques.
- Résultats expérimentaux. — En disposant une spire de fil tin pris sur l'armature, ou en plaçant cette spire sur une des pièces polaires, on constate qu’un flux alternatif quelquefois important la traverse. Ce flux peut être presque complètement annulé par un calage convenable des balais, lequel réduit en même temps les étincelles.
- M. Allen a étudié expérimentalement le phénomène de la commutation par la mesure de la tension instantanée induite dans une bobine d’épreuve enroulée entre deux sections de l’induit d’une machine compound du type Manchester à induit anneau, capable de donner 100 volts et 35 ampères à 1 600 tours.
- Pour pouvoir atteindre la limite où les étincelles deviennent trop nombreuses sans avoir un courant excessif, on a réduit sa vitesse à 1 180 tours. Dans ces conditions le flux de l'armature est affaibli et la commutation devient impossible pour un courant peu supérieur au courant normal. Les balais
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- La méthode employée est celle du contact instantané.
- La courbe I de la figure 4 correspond à un bon fonctionnement avec 37 ampères, la tension induite dans la bobine d’épreuve est représentée en fonction du déplacement de cette bobine; la période de commutation est
- comprise entre les deux traits verticaux ponc-
- Avec une vitesse de 880 tours et avec la même position des balais, le fonctionnement sans étincelles correspond à un courant de 20 ampères, la courbe II de la figure 4 représente les variations de la tension induite dans
- La théorie du renversement du flux dans la bobine en court-circuit, condition nécessaire d’un fonctionnement sans étincelles, est reprise par l’auteur dans le cas où la résis-sistance de la section en court-circuit est négligeable; nous ne nous y arrêterons pas et nous terminerons cette analyse par deux considérations théoriques; l’une sur l’énergie perdue dans les étincelles et l’autre sur la constance du flux dans les bobines en court-circuit.
- Soient Ij la valeur initiale du courant dans la bobine au moment où le balai prend contact avec la lame du collecteur et 12 la valeur
- finale, c’est-à-dire lorsque l’étincelle s’est produite, le courant à travers l’étincelle est à chaque instant I?— I où I est le courant instantané dans la bobine. La différence de potentiel aux bornes de la bobine est La ~ et la perte d’énergie dans l’étincelle dans le temps dl est (Iâ— I) Ladl. Pour la durée de la commutation la perte est :
- I Un, - l) U d\ = LU (Ii -1,: —~ La {\\ - l*,)
- = U us - bp
- Ceci suppose évidemment la résistance de la bobine négligeable; s’il n’en est pas ainsi la perte d’énergie due aux étincelles serait un peu plus grande, hn supposant que la résistance de l’étincelle varie, on peut prendre comme perte d’énergie La (L— I,)2.
- Dans une dynamo calculée de façon à fonctionner sans étincelles à pleine charge avec les balais juste en face des cornes polaires, et à laquelle 011 enlève brusquement sa charge sans rien changer à l’excitation et au calage, la perte d’énergie due aux étincelles qui se produisent alors est proportionnelle à
- La B/2T
- Os
- La Idq L S-'V
- ou enfin à
- U_ BVrnj__
- "L «i»"«
- et si la machine est multipolaire à
- La B\rnq L Wp
- l est la longueur de l’armature ; d le diamètre de l’armature ;
- S le nombre de lames du collecteur; q la longueur du circuit magnétique; <J> l’angle polaire ; r le nombre de tours par seconde: n le nombre de spires d’une bobine;
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- La et L les coefficients de self-induction apparent et vrai d’une spire de l’induit; p le nombre de pôles ;
- V la tension par lame du collecteur.
- L’évaluation de la perte d’énergie due aux étincelles dans le cas plus intéressant où on charge la machine en laissant les balais dans la zone neutre, est beaucoup plus difficile à faire théoriquement.
- Pour montrer que le flux est sensiblement constant dans les bobines en court-circuit, désignons par R et L la résistance et le coefficient de self-induction de cette bobine. Si à un instant quelconque le flux qui la traverse est F et le courant qui la parcourt est I, le flux total à travers la bobine est F -h LI.
- Soient F, et Fs les flux au temps o et T de la commutation, et I, et I, les courants.
- A un instant quelconque on a :
- Supposons que le courant suive la loi de variation linéaire
- dF + L — j dt = — RI,cf* et par suite
- F, - F, = fT 5 L --2^L -t- RI, -p
- R (b
- T
- =L(I2-î1)+RI1T+^-R (b h1 T. Supposons I, ^ o et Fa = oona F, = LL + — RIT.
- Le flux initial est ici Tyctle flux final LI,; ces quantités diffèrent entre elles dcyRI2T expression qui est très petite si R est négligeable et T petit. Il est à remarquer que RI, est la tension nécessaire pour maintenir le courant I, de sorte que la différence entre le flux initial et le flux final est la moitié du
- 5*9
- changement de flux nécessaire pour faire passer un courant I, dans la bobine pendant le temps T. J. R.
- Quelques dispositifs nouveaux pour la mesure de la puissance des courants polyphasés ;
- Par A. Blondel (*;.
- Après avoir repris les principales méthodes employées pour la mesure de la puissance des coulants polyphasés et dont quelques-unes sont dues à son ingéniosité (-). M. Blondel dorme la description de deux appareils accessoires très utiles pour éviter les erreurs de connexion.
- Ces appareils, étudiés en collaboration avec M. Labour et qui seront construits par la Société L’Ifclairage Electrique, sont : une boite de résistances éloilée et un permntateur polyphasé.
- i° Boite de résistances étoilée. — Elle -se
- .istances étoilée dt
- wattmètre universel Blondel-Labour.
- compose 'fig. i) d'une boîte contenant trois séries égales de résistances semblables à celles des boites simples et dont les plots sont disposés en étoile sur la boite elle-même pour en faciliter l’emploi.
- ’*) L'Industrie Électrique du 25 juillet 1898.
- (y Voir pour ces méthodes, l’article de C.-F. Guilbert dans L’Éclairage Électrique, t. VIII, p. 193.
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- Chaque série de résistances comprend en outre un cadre de même résistance et de même self-induction que celui du wattmètre c ; le cadre c'!l de la résistance qui est en circuit avec le wattmètre peut être mis en parallèle avec le cadre même du wattmètre de façon à ne pas changer la constante de l’instrument dans remploi de la méthode de la fourche ['méthode de M. Ëehn-Eschenburg, modifiée parM. Blondel'). Un commutateur inverseur J permet d’intervertir le sens du courant dans le cadre mobile de façon à ramener les déviations toujours dans le même sens.
- Chacun des trois circuits comprend un interrupteur K qu’on peut munir d’un plomb fusible, et l’appareil, outre les bornes placées aux extrémités non communes r, s, t des résistances, en a une quatrième a correspondant aux extrémités communes et servant de point neutre pour la méthode du point neutre auxiliaire.
- Chaque résistance peut évidemment être employée séparément si on le désire.
- 2° Permutateur polyphasé. — Cet appareil a pour but de permettre, lorsqu’on a réalisé le montage correct pour la mesure de la puissance dans l'un des circuits d’un système polyphasé, de réaliser instantanément les permutations nécessaires pour faire la même mesure dans chacun des autres circuits, par la simple manœuvre d’un levier.
- Il se compose (fig. 2) d’un panneau isolant portant trois séries d’arcs de cercle métalliques embrassant chacune un peu moins d’un tiers de circonférence.
- Les arcs A, Ë,, A, B2, A, Bn sont reliés aux bornes N, Nâ Ns qui communiquent chacune avec des conducteurs du réseau, et les arcs Q Dj, C, D„ C3Da aux bornes M1 M, Ms de l’appareil ou du circuit à étudier. Les dix-huit autres plots métalliques sont groupés trois partrois et reliés par des connexions, non représentées, soit entre eux, soit aux bornes portant les mêmes lettres et placées sur la partie droite du panneau. On relie ces bornes soit aux bornes a. b. a', b' des deux bobines fixes JJ du wattmètre, soit aux bornes des
- circuits du cadre mobile et de la boîte de résistances simple ou étoilée, suivant les cas.
- La manette commande trois leviers, non représentés, décalés de 120° et portant chacun
- amateur
- deux cavaliers isolés qui établissent suivant les directions XYZ des communications électriques entre les secteurs AB et l’un des plots m., tt, p et entre les secteurs CD et l’un des plots r, s, t.
- Pour se servir de l’appareil il suffit d’exécuter les liaisons pour réaliser le schéma voulu et pour un quelconque des circuits à étudier pour que par la manœuvre du levier on puisse successivement faire les mêmes mesures dans les autres circuits. Il reste ensuite à ajouter algébriquement les déviations du wattmètre dans les diverses positions, c’est-à-dire en tenant compte de leur sens.
- J. R.
- Sur l’étalonnage des lampes à incandescence; Tar Louis Bell p).
- A la suite du rapport de l’année précédente (2), le Comité de l’Association a essayé
- {') Rapport présenté à l’Association américaine d'Éclairage (^) U Éclairage Électrique, t. XII, p. 279, 31 juillet 1897.
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- 52:
- 11 lots de 3 lampes fournis chacun par un fabricant différent en vue des essais. Toutes les 3 3 lampes étaient vendues comme ayant une puissance lumineuse de 16 bougies à' 110 volts.
- La puissance normale moyenne fut de 14,1 bougies et la puissance moyenne sphérique. de 11,7. Un seul lot donna une moyenne supérieure à 16 bougies normales. Un autre n’en donna que 11, deux moins de 1 2 ; 5 moins de 14.5. La meilleure lampe donna 16,9g bougies et la plus mauvaise 10,82. La dépense spécifique fut en moyenne de 4 watts pat-bougie, avec un minimum de 3,78 et un maximum de 5 watts par bougie. Tous les essais ont été faits à 110 volts.
- Une série spéciale d’essais a montré que ces lampes donnent généralement leur plus grande intensité moyenne quand la lampe tourne autour d’un axe incliné de 440,24m sur la verticale, dans la direction du photomètre. Cela confirme précisément l’évaluation de 450 adoptée par le comité dans son rapport préliminaire. Les meilleurs résultats sont obtenus lorsque la vitesse est de 200 à 250 t : m. ; les lampes supportent très bien cette vitesse angulaire.
- Plusieurs lampes ont une mauvaise distribution sphérique, ce qui est d'autant plus regrettable qu'il s’agirait simplement de bien proportionner la forme du filament.
- Les essais faits sur un nombre égal de lampes de 32 bougies ont montré qu’un seul lot donnait une moyenne de 32 bougies, et que la majorité n’en donnaient que de 26 à 28. Leur consommation spécifique est un
- peu meilleure que celle des lampes de 16 bougies dont elles se rapprochent à tous les autres points de vue.
- « De ces données et des autres renseignements fournis soit par les fabricants, soit par des personnes autorisées, le Comité est convaincu que la nécessité d’uniformiser la puissance lumineuse des lampes est encore plus grande que ne l’indiquent les conclusions du rapport préliminaire de l’an dernier; et que les essais, pour être utiles, doivent comprendre la mesure de la puissance lumineuse dans plusieurs directions. Nila moyenne horizontale. ni la moyenne sphérique, ni la puissance lumineuse dans une direction quelconque ne définissent une lampe suffisamment pour prouver qu’elle est conforme au modèle étalon. Votre Comité recommande donc qu'il soit exigé que les lampes à incandescence soient conformes à la fois à une valeur étalon pour la puissance lumineuse moyenne normale et à une moyenne sphérique mesurée lorsque la lampe tourne avec son axe incliné à /|5°. Il recommande que les limites pour la première moyenne soient de 15 bougies au minimum et 17,5 bougies au maximum. Si le minimum était plus bas, il y aurait certainement tendance à produire des lampes voisines de ce minimum-. La puissance a 45° devrait être égale à au moins 85 p. ioodu minimum. »
- Il propose que les essais soient faits suides échantillons pris au hasard, 10 lampes étant prises dans chaque baril.
- I Le Comité a établi le projet d’un photo-
- I mètre étalon qui sera décrit prochainement.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Modification des pressions intérieures exercées dans des récipients clos ot vidés, et soumis aux influences des courants électriques ;
- Par G. Séguy (').
- « La pression intérieure,dans un récipient
- vidé placé entre les pôles d’un courant électrique quelconque, n’est pas uniforme en toutes les parties de ce récipient.
- » En 1881, j’ui démontré que, lorsqu’un courant électrique d’induction traverse pendant un certain temps un tube muni de deux électrodes métalliques et dont on a raréfié le
- U Comptes
- CXXVII. p. 385, 2c
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- L’ÉCLAIRAGE
- gaz intérieur, l’électrode cathodique se volatilise faiblement Ç), et que cette volatilisation, dont l’action mécanique entraine et fixe contre les parois du récipient des molécules gazeuses englobées par les parcelles de métal, a pour elfet d’abaisser la pression intérieure, c’est-à-dire d’augmenter le vide.
- » C’est ce phénomène qui fait que, dans tous les générateurs de rayons X, c’est-à-dire les ampoules cathodiques, la raréfaction des dernières molécules gazeuses est produite, en peu de temps, par le courant électrique.
- » Or, j’ai constaté un fait, qu’il m’a semblé intéressant de signaler, et qui permet d’exprimer une loi de nature à supprimer bien des erreurs dans les expériences relatives aux mesures du vide. On peut l’énoncer ainsi :
- » La pression intérieure, dans un récipient vidé, n’est ni uniforme ni constante, dans toutes les parties de ce récipient, quand il est traversé par un courant électrique quelconque.
- » Pour établir ce fait, j’ai pris un tube de verre d’une longueur de 4 m. replié sur lui-même par longueurs de 0,25 m. Je l’ai muni de deux électrodes, une à chaque extrémité, après y avoir fait le vide au y07~~ d'atmosphère. Or, en mettant ce long tube en relation avec un transformateur ou bobine d’induction, j’ai constaté que, sur la moitié environ de sa longueur à partir de la cathode, le vide se maintenait à peu près au millionième d’atmosphère, tandis qu’à proximité de l’anode, l’appareil donnait les effets du tube de Geissler, c’est-à-dire que le vide n’y subsistait qu’à —-—environ.
- » Poursuivant mes observations, j’ai reconnu que, plus je m’éloignais, en suivant le circuit du tube, de la cathode du côté de laquelle il y avait défaut absolu du milieu de propagation (absence complète de molécules gazeuses), plus le tube dans sa seconde moitié se montrait graduellement rempli de ces molécules, jusqu’à son extrémité où se trou-
- (J) On en a la preuve par le dépôt métallique qui vient colorer la partie interne du tube à proximité de la ca-
- ÉLECTRIQUE
- vaît le maximum de cette sorte de compression des molécules, produite par le courant électrique.
- » Comme moyen de vérification, j’ai renversé le sens du courant; j’ai eu alors grandement le temps d’observer le déplacement des molécules gazeuses, qui ont été peu à peu repoussées vers l’autre extrémité du tube.
- » Ainsi ai-je pu conclure, comme je l’ai dît plus haut, qu’en conséquence d’une action indéniable du courant électrique cathodique, la pression gazeuse à l’intérieur des récipients vidés et traversés pardes courants électriques ne reste ni égale ni constante dans les différentes parties de ces récipients (’). »
- Étalon de self-induction ;
- Par J. Froiilicii (*}.
- Cette bobine étalon est enroulée sur un anneau à section carrée, taillé dans du marbre de Carrare ; l’enroulement ne comprend qu’une seule couche dont les spires sont dans les plans méridiens. Le fil est partagé en deux moitiés, qui réunies en série forment un solénoïde fermé sur lui-même.
- Les dimensions de l’anneau ont été mesurées avec soin au moyen d’un mètre étalon et d'un cathétomètre de Perreaux : à savoir vingt diamètres intérieurs et vingt extérieurs et l’épaisseur dans quatre plans méridiens en huit points du bord intérieur et en huit points du bord extérieur.
- Le marbre n’est pas magnétique, ou tout au moins le moment de l’anneau qui pèse 105,05 kgr, n’est pas supérieur à 0,45 C.G.S.
- Pour calculer la self-induction, on partage l’espace en trois régions par deux surfaces de révolution, ayant pour axe commun Y axe du solénoïde : la première a pour méridienne le rectangle inscrit dans la spire de fil, l’autre,
- p) Je me propose de rechercher ultérieurement si la même loi s’applique dans les récipients remplis de gaz sous une
- P' Wted. Ann., t. LX11I, p. 142*153, décembre 189".
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- 523
- le rectangle circonscrit. Pour chacune de ces régions, on calcule l’intégrale :
- où F représente la force magnétique.
- Si h est l’épaisseur de l’anneau, t\ son rayon intérieur, i\ son rayon extérieur, ? le rayon du fil supposé de section circulaire, n le nombre des spires :
- 2 h log.nép.
- - 2 a**. 0,28721
- + TTlog- néP- (-?-]
- Le coefficient calculé d’après cette formule a pour valeur :
- 12 = 0,10199063. io9 cm
- Ce coefficient a été comparé par le calcul et par l’expérience à celui de deux autres bobines cylindriques A et B, construites aussi
- —— 0,140161 0,140069
- 0,140298 CM39991
- Les coefficients La et Lb ont aussi été comparés au coefficient d’induction mutuelle Mab des deux bobines A et B.
- calculé = 1,000977, q— ûbservé=o,999400,
- calculé d'après les valeurs expérimentales de I. L
- *î— et -j— = 0,999444,
- calculé d'après les valeurs experimentales Mab „ , Ma»
- de
- Ces chiffres sont concordants et justifient l’emploi comme étalon de la bobine annulaire.
- M. L.
- CHRONIQUE
- Nouvelles expériences de télégraphie sans fil.— Des expériences fort intéressantes ont été faites au commencement du mois d’août, avec le système Marconi, en France, pendant les manœuvres navales de Brest, et en Angleterre, entre la côte et le yacht du prince de Galles le Osborne. Voici quelques renseignements sur les dernières.
- L’antenne des appareils récepteur et transmetteur placés sur le yacht était située à 25 m au-dessus du pont. Pendant dix jours, le yacht resta mouillé à Cowes Bay, à 3700 m environ de la résidence royale de Osborne où étaient installés des appareils récepteur et transmetteur avec antenne à 31 m au-dessus du sol. Pendant tout ce temps, des messages de 100 à 150 mots purent être échangés, de 9 heures du matin à 7 heures et demie du soir, entre les deux stations, bien qu’une haute colline les séparât.
- Le 10 août, le yacht partit pour Sandown. Une longue dépêche du duc de Connaught fut reçue pendant que le yacht se trouvait dans le voisinage du bateau-phare, le Nab, mouillé à Bembridge. 11 y fut répondu pendant que le navire continuait sa route et les signaux furent nettement perçus à Osborne, quoique cette station fût depuis longtemps hors de vue-
- Le 12 août, le yacht alla croiser dans le voisinage des Needles, près de Alum Bay où était installé un autre groupe d’appareils Marconi. Pendant tout le voyage, la station de Osborne n'était pas visible; celle de Alum Bay ne l’était pas plus, sauf quand le yacht se trouvait dans la baie elle-même. Néanmoins le yacht resta constamment en communication avec l’une ou l’autre station. Avec celle de Alum Bay,' il fut possible de correspondre jusqu'à une distance de 13,5 km, bien que celte station se trouvât alors cachée par une colline la dépassant de plus de 50 m.
- .M. Marconi dirigeait lui-même ces expériences.
- La flotte télégraphique du monde. — Les navires spécialement affectés à la pose et à l’entretien des câbles sous-marins forment une flotte importante; ils sont au nombre de 42, d’une contenance totale de plus de 65 000 tonnes, avec une force nominale de près de 10000 chevaux. Cette flotte s’augmentera prochainement d’un nouveau navire que la Tclegraph Construction and Maintenance doit lancer sous peu. Ce navire pourra embarquer 1000 tonnes de câble, ce qui lui permettra de poser,
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE T. XVI. -N"3g.
- en une seule fois un câble transatlantique. Pourvu de I avec une consommatio.n de charbon modérée, deux hélices jumelles et d'une puissante machine, sa . Nousdonnons ci-dessous la liste des navires actuel-\iiessederout’epourrafadlemérUatteindrej,,2nœuds l lement en service.
- Liste des navires de lajlotte télégraphique actuellement en service.
- PROPRIÉTAIRES JONNAC.E STATIONS •
- .Amazone tel. C° Viking. 436 p,™
- Anglo-American tel. O Minia. I 986 Halifax.
- •Canada (gouvernement) Newfleld. 78s
- Central and S. American tel. C°. . . Relay. . I 200 Callao.
- Chine [gouvernement) Fee Cheu. î O34 (?)
- Commercial cable C° Mackay Bennett. 1718 Halifax.
- ,C'e française des câhles télég. . . . Pouver-Quertier. 1385 Indes occidentales.
- Contre-amiral Caubet. 1361 Le Havre.
- Eastern tel. Cu. Amber. 1 034 Gibraltar.
- Électra. I 219 Suez.
- fohn Pender. I 213 Zanzibar.
- Mirror. 1 545 Londres.
- Chiltern. I372 Malte.
- Eâstenrand S. African tel. Cû . . . Great Northern. 1 422 Capelown.
- Duplex. 874
- Eastern Extension tel. Cü Recorder. 1 201 Singapore.
- Sherard Osborn. 1 429
- France (gouvernement). . . ' Ampère. 3°5 Brest.
- Charente. 548 La Seyne.
- Grande-Bretagne (gouvernement) . Monarch. I 123 Woolwich.
- Aient. 369 Douvres.
- Grande C'° des tél. du Nord .... 11. C. üersted. 749 Gopenhague.
- Store Nordiskc. 832 Shangai.
- India Rubber Buccaneer. 785 Silvertown.
- Dacia. 1 8s6
- Internationa!. 1 381
- Silvcrtown. 4 0 23
- Indo-European tel. C° Patrik Stewart. T 115 Kurrachce.
- Japon [gouvernement; Oldnawa Maru. (?) O)
- Nouvelle-Zélande (gouvernement) . Tuta-Nckai. 811 Wellington.
- Pirelli et C,e Citta di Milano. Spczia.
- Siemens brothers Faradav. 4917 Londres.
- Société industrielle des téléphones . François-Arago. 3 '9l Calais.
- Tel.constructionandMaintenanceC0. Britannia. Londres.
- Calabria. 3 32i
- Scotia. 4 667
- Seine. 3 553
- West Coasl of America tel. C° . . . Retricvcr. 624 Callao.
- Western and Brazilian tel. C° . . . Norseman n° i. 1 372 (?)
- Norseman n° 2. 1 117
- West India and Panama tel. C°. . . Duchess of Marlborough. . (»
- Grappier. 868 (?)
- Le gérant C. N AUD
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- Tome XVI.
- imedi 24 Septembre 1898
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- DIRECTION SCIENTIFIQUE
- A. CORNÜ, Professeur à l’École Polytechnique, Membre de l’Institut.— A. D’ARSONVAL, Professeur au Collège de France, Membre de l'Institut. — G. LIPPMANN, Professeur à la Sorbonne, Membre de l'Institut. — D. MONNIER, Professeur à l'École centrale des Arts et Manufactures, — H. POINCARÉ, Professeur à la Sorbonne, Membre de l'Institut. — A. POTIER. Professeur à l’École des Mines, Membre de l’Institut. — J. BLONDIN, Professeur agrégé de l’Université.
- SUR LE FACTEUR DK CORRECTION DES WATTMÈTRES
- Dans le cas d’un courant alternatif sinusoïdal, si ? est l’angle de décalage du courant en arrière de la différence de potentiel (dans le circuit dans lequel on veut mesurer la puissance’!, y la constante de temps du circuit à fil fin du wattmètre, o> la pulsation du courant, on sait que le facteur de correction K f1), c’est-à-dire le- coefficient par lequel il faut multiplier la puissance indiquée par le wattmètre, pour avoir la puissance réellé dépensée dans le circuit, est :
- La constante de temps y du wattmètre peut être positive ou négative.
- Suivant le mode d’enroulementdes bobines à mettre en série avec le cadre à fil fin du wattmètre, celles-ci peuvent avoir de la capacité ou de la self-induction.
- On sait qu’une bobine enroulée à double fil a de la capacité, et que si c\ est la capacité mesurée, les deux brins de la bobine
- p) Nous ne nous occupons ici que des waitmètres à torsion ; c'est-à-dire de ceux dans lesquels pour la mesure les deux cadres sont ramenés dans des plans perpendiculaires;
- n'intervient pas. Ce qui n'a pas lieu pour les wattmètres à lecture directe.
- étant séparés, et r la résistance, la bobine joue le rôle d’une self-induction—cr* ayant une résistance r, c étant donné par la reia-
- c est la capacité fictive de la bobine.
- Si l'on a une série de bobines ayant, les unes des coefficients de self-induction /1512. etc., et les autres des capacités fictives, la constante de temps du circuit sera donnée par la relation :
- étant la somme des résistances de toutes les bobines mises en série.
- Si on a : S/—S(cr2). la constante de temps du circuit à fil fin est nulle et les puissances indiquées par le wattmètre sont exactes, quelle que soit la fréquence du courant. La réalisation de cette condition est excessivement difficile à obtenir, aussi généralement les wattmètres ont pour les diverses sensibilités des constantes de temps différentes de zéro, mais que l’on cherche à rendre aussi faibles que possible.
- Si * est l’angle de décalage entre la dilfé-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI.— N° 39.
- rence de potentiel et l’intensité, on a :
- tg a = “Y
- et le facteur de correction est :
- K — —
- £ + tgatg«
- Si tga a une valeur positive, on voit que K diminue au fur et à mesure que tge- (supposée positive) augmente, pour <f= — on a K=o; en effet, dans ce cas la puissance dans le circuit est nulle, tandis que le watt-mètre indique une certaine puissance.
- Si tga a une valeur négative (S(cr2)>S^;, le facteur de correction augmente avec », et pour f—-* en valeur absolue, il devient infini. Il est facile de voir que dans ce cas l'indication du wattmètre est zéro, tandis que la puissance dans le circuit n’est pas nulle.
- Quand la différence de potentiel n’est pas sinusoïdale, on sait que l’on peut ordinairement la décomposer en une somme de sinusoïdes, de manière que si e est sa valeur instantanée, on a :
- m*. m3, etc., étant des nombres entiers.
- On détermine les valeurs de c,, c„. etc., et de »5, etc., en relevant la courbe de la différence de potentiel, et en la décomposant en sinusoïdes; nous en donnerons plus loin des exemples.
- La valeur instantanée du courant dans le circuit où l’on veut mesurer la puissance
- *’ = b sin H - 9t) + h «n [u^t - <?,) -I-18 sin
- («,">< - ?a)
- et l’on a :
- tg - Ih tg «Pi. tg os - n, tg etc...
- Si l’on pose I,=ae, cos «p,, a étant une constante, l’on aura :
- d’où
- ' = « | C| cos o, sin (»/— ?,) + e, cos o, sin(n,i»î — ?i) + e,cos?>Sm(>y»i
- La valeur instantanée du courant dans le circuit à fil fin du wattmètre, en supposant sa constante de temps nulle et sa résistance r,
- La puissance sera proportionnelle à :
- I V COS «in t-*-*><«+/„ *cos?,.
- En effet, dans le calcul du produit de / par q, il n’y a pas besoin de tenir compte des produits des ternies de fréquences différentes, car les intégrales de ces termes sont nulles; on a en effet :
- Toutes ces sommes, prises entre o et 2-, sont nulles tant que n est different de l’unité, c’est-à-dire tant que les deux termes ne correspondent pas à la même fréquence.
- Il est facile de voir d’après ce qui précède que si la constante de temps du circuit à fil fin du wattmètre est nulle, les indications de ce dernier sont exactes. Si la constante de temps n'est pas nulle,, l’intensité du courant
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- revue d'Electricité
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- dans ce circuit est donnée par la relation :
- «' = -7- cos «4 Sin (,»t - «d + 3- cos sin fat - «2 + 7-cos a3 sin («8tof — «a) +
- tga, = «•/, tgas = H, tg *„ tg a, »3 tg a ,
- La puissance indiquée par le wattmèm Le facteur de correction sera donc :
- j sera proportionnelle à :
- J £"V cob a, cos ç, sin ;•/-«,) du (»/-?,) d, + ‘ O cos “s ?« sin (»,w - a,) sin {,,,'>! — »,) dî + /oJ>,coss..cosfjsin!.>,w-aî)sin(»;,,s/-?,,V/+..
- = C', COS ^ COS ?1 COS (O, c>, COS cos ?i COS
- c (=, - »«) + c>, cos », COS Ç, COS (?,
- COS» ?, + <?, cos- ________________________
- Ç, COS (o, »,) i <0, COS «, COS o, COS :?,-»,)+ “
- ls1-c . tg»
- i+tg».r' l+tg»*
- en développant, on aura :
- ;-tga,tgo,i+(-^)i-+7!?v
- On connaît les valeurs de tga=—wy, de | etc... de m0 h3, etc., on pourra donc !
- calculer la valeur du facteur de correction, pour les diverses valeurs de
- Il est intéressant de pouvoir déterminer la valeur du facteur de puissance en fonction I de la valeur de a,, c'est-à-dire de l’angle de j décalage entre la différence de potentiel et I l'intensité pour la sinusoïde principale. La j valeur efficace de la différence de potentiel est proportionnelle à la racine de
- ou, comme les courants de fréquences differentes n’ont pas d’action les uns sur, les autres, à
- VVf, +«%-!-**,
- De môme la valeur efficace de l’intensité du courant sera proportionnelle à
- La puissance étant proportionnelle à
- Le facteur de puissance sera :
- eî cos* tp2 + e23 coszy3 -j-+ e\ + e\+...
- '( g. ) +"itg»°i +( e, ) i + n'.t
- )‘+(f )’+-
- O11 voit que pour = o on a F,, — 1 et pour e.,. etc., égaux à zéro, on a F, =cos c’est le cas du courant rigoureusement sinusoïdal. On pourra donc déterminer les diverses valeurs de F/( correspondant aux valeurs de o, et construire au besoin une courbe.
- Pour connaître l’erreur commise dans une mesure au wattmetre, on pourra procéder comme il suit :
- On déterminera d'après les indications des appareils une première valeur de F^, dont on déduira la valeur de -y, qui permettra de
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- dcterminer K, et de se rendre compte de l’erreur commise.
- Si la valeur trouvée pour K diffère trop de l’unité, on multipliera la puissance donnée par le wattmètre par cette valeur de K, on déterminera ainsi' une nouvelle valeur de de », et de K, on continuera ainsi jusqu’à ce que l’on trouve deux valeurs de K suffisamment rapprochées.
- Dans tous les cas de la pratique, est à prendre positivement, c’est-à-dire que le courant est décalé en arrière de la différence de potentiel. On peut se rendre sommairement compte des variations du facteur de correc-
- Supposons d'abord que la constante de temps du circuit à fil fin du wattmètre est positive (c’est-à-dire que la self-induction prédomine dans ce circuit), on a alors
- rement pour deux demi-périodes symétriques par rapport à l’axe des temps (abscisse), de sorte que l’on peut les mettre sous la forme d’une somme de sinusoïdes.
- La décomposition en sinusoïdes est assez laborieuse, et diverses méthodes ont été indiquées, mais les opérations sont assez compliquées.
- Il suffit ordinairement en pratique d’obtenir les onze premières sinusoïdes, et pour cela on peut opérer de la manière suivante :
- O11 partage la longueur de l’axe des temps correspondant à une demi-période en douze partieségaiesfeorrespondant chacune à 15 degrés), et 011 mesure les onze coordonnées correspondantes.
- Soient ai. a3, .... aB, ..., ces ordonnées, et l’on écrit
- e — e\ ,ot -b e= sin 2 ,j>t + e?, sin 3 o>t ... -f el0 sint»i + e„sinii«*
- On voit que l’on a K > 1.
- Pour œl = æ1 on a K= 1,011 voit ensuite que quand », augmente K va en diminuant.
- Pour le cas où on a tgsq<o, c’est-à-dire quand la capacité prédomine dans le circuit à fil fin du wattmètre, on a :
- Pour -f, = o, K > 1, et K va ensuite en augmentant au fur et à mesure que c, augmente; quand en valeur absolue on a tg »,
- =--------le facteur de correction est infini.
- tg*.
- On voit donc que dans tous les cas, pour trouver les erreurs maxima que l’on peut commettre, il suffit d'examiner le cas où o, = 0 et le cas où », a sa valeur maximum.
- Lu courbe de la différence de potentiel (pour la charge donnée du circuit d’utilisation, car la forme de cette courbe varie souvent suivant la charge) peut être relevée soit par points, soit plus rapidement en employant l’oscillographe deM. Blondel ou le rhéogra-phe deM. Abraham.
- Les courbes relevées sont
- on obtient ainsi une courbe qui est la somme de 11 sinusoïdes, ayant treize points communs avec la courbe donnée, et en posant :
- A + C
- A+C *«+ —
- + E — 2 f,
- le plus ordinai-
- Quand la courbe est symétrique par rap-
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- port à l’ordonnée médiane, c’cst-h-dire quand
- les coefficients des sinusoïdes de rang pair sont nulles, quand cela n’a pas lieu, les coefficients des sinusoïdes de rang pair sont donnés par les relations suivantes :
- En posant :
- 2 A' - <ra + ,-1,
- C' - D’
- A' + a, - -7, P/
- On peut ensuite, comme vériiicanon, construire la courbe au moyen des sinusoïdes trouvées pour voir si elle concorde bien avec la courbe relevée.
- Pour la construction de la courbe, il suffit de combiner les sinusoïdes pour un quart de période seulement ; on combine d’abord les sinusoïdes de rang impair à l’exception de la première tq ; la courbe dans le second quart de la période est alors symétrique. O11 combine ensuite les sinusoïdes de rang pair poulie premier quart de période, et la courbe de la deuxième partie de la demi-période est symétrique à cette courbe à laquelle on a fait exécuter une révolution de 1800 autour de l’axe des temps.
- On combine ensuite les courbes des deux séries de sinusoïdes avec la sinusoïde principale dont le coefficient est <q et on obtient la
- courbe définitive que l’on peut comparer à la courbe relevée.
- En général la courbe construite au moyen des sinusoïdes coïncide pratiquement avec la courbe relevée, ceci provient de ce que les sinusoïdes d’ordre supérieur à 11 ont ordinairement des coefficients très faibles.
- La courbe en traits pleins I de la figure 1
- donne la forme de la différence de potentiel d’un alternateur à cinq paires de pôles, à anneau Gramme denté avec soixante dents ; elle a été relevée parla méthode des contacts instantanés par les élèves de l’École supérieure d’électricité.
- E11 appliquant la méthode indiquée ci-dcs-sus, on trouve.
- A ~ c 17 B = 485,6 C-104 D = 86 E= 112,9
- e/=-o,; efl*=i,oo ^2
- A' = -1 FJ'= 12,1 C' = — 11/ 1)' —-2,9
- e,^6,7 — — 2.3 *a=t,3
- En négligeant les coefficients inférieurs à 5,
- e = 112,2 sin «a -f 6,7 sin 2 t»i— 9.7 sin 5 w — 5,4 sin 10 + 36,2 sin n «f.
- La courbe pointillée VI donne la courbe ainsi obtenue, la courbe pointillée V donne les valeurs de tq sin wf, la courbe II les va-
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- leurs de e% sin 2 ut-(- e10 sin 10 ut — 6,7 sin 2 ut — 5,4 sin 10 oit la courbe III Jes valeurs de e.. sin 5 w/ + eu sin 11 iot — — 9,7 sin 5 tôt -+ 16,2 sin 11 wt, la courbe IV la somme des courbes II et III, la courbe AT est la somme des courbes IV et V'.
- On voit que, malgré la grande irrégularité de la courbe I, la courbe VI en diffère très peu.
- La courbe en traits pleins I de la figure 2,
- est une courbe relevée sur un alternateur triphasé d’Oerlikon ; comme cette courbe est symétrique parrapportàl’ordonnée moyenne, es, e1c sont mils; en employant la mé-
- thode indiquée on a:
- A = 98,4 B = 380 C= 113,3 D = 92 E = 98,3
- On voit que la valeur instantanée peut être mise sous la forme :
- e= ei s'n "h sin 3 + e. sia 5 «f + eTsin 7 «>t
- = J02sin '*i — j2,90sin 3 ut— 6,8 sin5 W + 3,8 sin;
- La courbe IV représente la somme de ces sinusoïdes, la courbe II représentant 12,9 sin 3 oit — 6,8 sin 5 ut -F 3,8 sin 7 o>t, et la courbe III la sinusoïde 102 sin otl. O11 voit que les courbes I et IA’ coïncident presque parfaitement, et certainement leurs diffé-rcnces sont plus faibles que les erreurs d’observation dans le relevé de la courbe.
- Appliquons les formules données pour le wattmètre à ce dernier cas:
- On a :
- On aura donc pour le facteur de puissance :
- Ve
- Le tableau suivant donne les diverses valeurs de F?, et de cos fs (c’est-à-dire du facteur de puissance dans le cas du courant sinusoïdal principal seul) pour diverses valeurs de es,.
- F P COS Ç,
- J 5" 0,956 U.ÇÔÔ
- 3°u 0,838 0,866
- 6n° o-,ik 0,500
- :,o" u,258 0,259
- O11 voit que le facteur de puissance diffère très peu de cos œt.
- Supposons que pour le wattmètre on ait tg a = wy — 0,005, ce qui rentre bien dans les conditions ordinaires de la pratique, pour le courant sinusoïdal, et <pj = 6o° le facteur de correction sera :
- Pourle cas où la différence de potentiel est de la forme indiquée par la courbe et pour o, 6o°, F,, = 0,495, on aura :
- K= "0lf3'o — °;Q9°9-
- F. LorrÉ.
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- SUR LES SERVOMOTEURS ÉLECTRIQUES
- Les récents succès de la marine américaine n’ont pas manqué d’appeler de nouveau l'attention des électricienssurles applications de l’électricité à bord des navires, applications qui, comme on le sait, sont très développées dans la marine des Etats-Unis.
- Parmi celles-ci, les transmissions à bord et en particulier l’emploi des servomoteurs électriques présentent un intérêt tout spécial.
- L’idée d’actionner le gouvernail électriquement est déjà ancienne; nous rappelons à ce sujet qu’un dispositif destiné à cet usage a déjà été imaginé par Caselli en 1877 (1). Si toutefois le nombre des servomoteurs en fonction est encore très limité, cela tient surtout au peu de sécurité qu’on obtint avec les premiers appareils et qui jeta sur eux un tel discrédit que pendant longtemps on considéra leur application comme impossible.
- Il semble que la principale source d’ennui qu’on ait eue avec l’emploi des servomoteurs primitifs soit due aux imperfections du commutateur du rhéostat de démarrage. La mise en marche du moteur se faisant quelques centaines de fois par jour, les contacts se détérioraient très rapidement.
- Actuellement les dispositions qui exigent une mise en route du moteur pour chaque déplacement de la barre sont complètement abandonnées et remplacées par d’autres dans lesquelles le courant n'est jamais interrompu.
- Comme dispositif de ce genre, nous nous bornerons à décrire les deux meilleurs systèmes employés actuellement, le servomoteur de M. Gït.ks (2) et celui de M. Pfatischkr (3).
- Le point caractéristique du système de M. Giles est l’emploi de deux moteurs I et IT tournant continuellement en sens contraire
- (‘) Voir Lumière Électrique, t.XIX, p. 602, 1886.
- (*J Voir La Lumière Électrique, t. XLIX, p. 81. 1893.
- ;3) Voir Bectrical Engineer de New-York, du 13 janvier 1898.
- et actionnant un train différentiel III. L’arbre intermédiaire IV doit être combiné d’une façon appropriée avec le mécanisme de déplacement de la barre.
- Gomme le montre la figure 1 les deux
- —“&
- induits sont mis en parallèle et il.en est'de même des deux inducteurs'quV comprennent chacun'un rhéostat de* réglage dans leur circuit. Tandis que le rhéostat R^se trouve sur la passerelle et est manœuvré par le timonier, le rhéostat R2 est actionné par l'arbre intermédiaire IV. Dans la position moyenne, qui est celle représentée sur la figure, les leviers de contact sont tels que les excitations sont égales ; les moteurs tournent alors à la même vitesse et la roue dentée V ou l’arbre A sont immobiles. Si l’on vient alors à déplacer le levier du rhéostat Rj vers la droite ou vers la gauche, on ‘détermine un affaiblissement
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- ou une augmentation du moteur I, lequel tournant moins vite ou plus vite que le mo-
- dans l’autre.' Cet arbre agissant sur le rhéostat du second moteur de façon à déplacer le levier dans le même sens que celui du rhéostat R., s'arrêtera dès que les positions des leviers seront identiques, et par suite dès que les moteurs auront repris la même vitesse après un déplacement voulu de la barre.
- La position du levier de contact du rhéostat R, donne donc en même temps l’indication de la position de la barre, aussi le nombre des plots doit-il etre choisi de façon à correspondre à la division de l'axiomètre.
- Comme nous nous occupons uniquement ici du principe de ce dispositif, nous pouvons passer sous silence les appareils accessoires qui sont indispensables pour parer aux accidents qui pourraient se produire en cas d’arrêt d’un des; moteurs.
- Cette disposition est très séduisante par sa grande simplicité; toute fois, elle a, comme nous allons le montrer, le défaut d’exiger l’emploi de moteurs d’une puissance beaucoup supérieure à celle qui correspondrait au déplacement de la barre avec un seul moteur.
- Soit P (fig. 2) l’effort à exercer pour le
- déplacement de la barre, et les vitesses respectives des moteurs I et II ;
- Dans ce cas, la roue III a le même sens de rotation que celui du moteur I et sa vitesse
- t égale
- Nous observerons de plus que sur la roue II l’effort s'exerçant en sens inverse de la direction de la rotation, le moteur II fonctionne comme génératrice.
- Le travail fourni par la ligne est donc égal à la différence du travail fourni au moteur I et du travail rendu par la génératrice IL Les travaux étant proportionnels à la vitesse, on a : i° Pour le moteur I : T,--;—r,. (2)
- 20 Pour la génératrice II : T.2= " (3)
- 30 Pour le travail utile : T, = T, — T2 =_
- : pour v3 successivement les va--v,. r,, — 2’, on obtient le
- Ce tableau montre :
- 1" Que la puissance des moteurs est d’autant plus grande que le rapport v3 a i\ est plus petit. Or il est à remarquer que la variation de la vitesse doit être effectuée par modi-
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- fication du champ. En admettant, par exemple, une réduction de vitesse dans le rapport de i à 4 (p3 = ~v^) la vitesse du moteur II devrait donc être réduite à la moitié de sa valeur par augmentation du champ. Il est facile de voir que ceci représente sensiblement la limite extrême qu’on puisse obtenir
- sur un moteur même construit spécialement pour ce but.
- 2° Que le travail T, fourni par le moteur I est théoriquement indépendant de la position du levier de manœuvre du rhéostat et de la vitesse de déplacement de la barre.
- Le travail T^, au contraire, fourni par la génératrice croît lorsque les vitesses vx et p.2 se rapprochent et devient égal à celui absorbé par le moteur pour?', — v2.
- Il résulte de ceci que les deux moteurs doivent avoir dans tous les cas la même puissance et qu’il suffit pour calculer celle-ci de tenir compte simplement du travail maximum à la circonférence de la roue III et de la vitesse maxima de cette dernière.
- On voit aussi qu’on a intérêt à prendre des moteurs réglables entre les plus grandes limites possibles et à obtenir la réduction de vitesse par le rapport des rayons des roues IV et V, pour ne pas arriver à des dimensions extraordinaires.
- 3° Que, comme il est pratiquement impos-
- sible d’obtenir des vitesses identiques pour les deux moteurs, il se produira toujours une légère oscillation de la barre entre deux positions voisines.
- Malgré ses défauts, le servomoteur de M.Giles est très souvent employé;le principe en a été adopté dans les appareils de l’Union Elektricitæts Gesellschaft.
- Le second servomoteur que nous allons décrire, celui de M. Pfatischer de Philadelphie est employé dans les marines anglaise, américaine et japonaise. Parmi les navires de guerre américains munis de ce système nous citerons le loiva et le Miontonomah.
- Dans ce dispositif représenté schématiquement sur la figure 3 une petite dynamo généra-
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- T. XVI. - N° 39.
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- trice I est actionnée par un moteur à vapeur II qui peut être remplacé par un petit moteur électrique.
- L’excitation de la génératrice est prise entre les manettes de deux rhéostats Rt et R2 dont le premier est placé sur la passerelle, à portée du timonier, et le second actionné comme dans le système précédent par le mécanisme de déplacement de la barre. Le servomoteur est un électromoteur III, lequel peut agir directement sur la barre (fig. 3) ou, comme cela a lieu pour les navires de la marine américaine, sur la distribution même d’un servomoteur à vapeur (fig. 4).
- Cette dernière disposition a l’avantage de permettre d’avoir recours directement au servomoteur à vapeur en cas d’avarie dans l’installation électrique ; elle peut également être appliquée avec la plus grande facilité aux installations existantes avec servomoteur à vapeur seul.
- La partie la plus originale du système Pfatischer réside dans le mode d’excitation de la génératrice I.
- Considérons d’abord la position moyenne des manettes du rhéostat (fig. 5) ? il est facile
- Fig. 5-
- de voir que dans ce cas la différence de potentiel entre a et b est nulle et que par suite aucun courant ne traverse les inducteurs R„ de la génératrice I.
- Si l’on vient à déplacer le levier de contact du rhéostat R* vers la gauche (fig. 6) ou vers
- la droite (fig. 7) nous aurons dans les inducteurs de la dynamo un courant d’excitation dans un sens ou dans l’autre. Ce courant donnera lieu à la production d’une certaine tension aux bornes de la génératrice et par suite du moteur dont l’excitation est prise, aux bornes de la canalisation. Cette tension dé-
- Fîg. 6.
- Fig. 7.
- terminera donc la mise en route du moteur dans un sens ou dans l’autre.
- Toutefois, comme la rotation du moteur entraîne le levier de contact du rhéostat R2, le moteur s’arrêtera dès que le levier aura atteint la même position que le levier du rhéostat Rt puisque à ce moment la tension aux bornes de la génératrice sera redevenue égale à zéro.
- Comme pour l’appareil précédent nous donnerons quelques détails sur le calcul des divers éléments électriques de ce dispositif. On doit déterminer d’abord le courant d'excitation dans la génératrice pour les diverses fonctions des leviers de contact. Le courant maximum a lieu évidemment dans le cas où l’on veut déplacer la borne à une position extrême à l’autre. Il est bon de faire remarquer ici que le rhéostat Rt est muni d’un train d’engrenage ou d’un dispositif analogue ralentissant le déplacement de la manette de façon à permettre à celle du second rhéostat de suivre le déplacement de la première, en évitant ainsi une différence de potentiel exagérée aux bornes du moteur.
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- Cette tension n’est donc en somme qu’une faible portion de la tension de la canalisation et dépend uniquement de la vitesse de la manette du rhéostat Rt laquelle sera choisie de telle sorte que la manette du rhéostat R2 suive la première avec un décalage assez faible.
- Le courant d’excitation correspondant au déplacement d’un seul plot du levier au rhéostat R{ doit être également calculé et varie évidemment avec la position du levier au contact. Nous le calculerons pour deux cas extrêmes.
- i° En nous reportant à la figure 8, nous pou-
- Fig. 8. Fig. 9.
- vous écrire, pour un déplacement correspondant à un seul plot du rhéostat Rd à partir de la position moyenne, les équations suivantes :
- (i+;,)(t—yy+iR+(i + «,)-y=E (?) a + y(4—ir)r + ''* (-f + v)’'=E (8>
- (I+M-y + i. V =E 19)
- où I est le courant d’excitation, il et /a les courants traversant les rhéostats Rt et R2, r la résistance commune des rhéostats, n le nombre de plots et R la résistance des inducteurs de la dynamo I. On en déduit en éliminant ii et i3 :
- Rn------ + —
- ou approximativement :
- 20 Prenons maintenant le cas d’un déplacc-mentrclatif d’un seul plot pour une position extrême de la manette du rhéostat.
- On a alors (fig. 9) :
- IR+ (I +it)(r + -^=E (12)
- (13)
- d’où l’on tire :
- R n--— + r
- et approximativement :
- Une comparaison entre les expressions (10) et (14) montre que les courants produits dans les inducteurs sont d’autant plus faibles, pour un décalage relatif d’un plot sur les rhéostats, que l’on s’approche plus du milieu des rhéostats.
- Il reste à calculer les dimensions de la génératrice et du moteur.
- Les quantités connues sont : le travail nécessaire pour le déplacement de la barre déduit de l’effort à exercer et de la vitesse du déplacement, la tension aux bornes de la canalisation, les valeurs de r qu’on doit prendre assez grande pour avoir une perte assez minime, enfin le nombre de plots n, lequel doit correspondre à la divison de l’axiomètre.
- On doit se donner la vitesse du moteur, la tension aux bornes du moteur, ainsi que le courant minimum d’excitation de la géné' ratrice, c’est-à-dire pour un décalage relatif d’un plot à partir de la position moyenne. Ce dernier courant doit être connu pour permettre de vérifier que le moteur démarre bien avec la tension qu’il engendre dans la génératrice.
- On peut donc calculer immédiatement l’induit du moteur en se donnant un certain flux, lequel nous permettra, en nous donnant
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- un courant d'excitation choisi en rapport avec la puissance du moteur, de déterminer le nombre d’ampèretours NI par bobine et par suite le nombre de spires N par bobine.
- Soient L la longueur moyenne d’une spire de l’inducteur en mètres, N' le nombre de bobines en série etla seetion du fil en millimètres carrés, on a :
- _ NN'L 50 R
- et d’après l’équation (11)
- Il est évident que le circuit inducteur de la génératrice doit avoir une section suffisante pour qu’en cas d’un déplacement trop rapide de la manette du rhéostat R, le courant d’excitation n’occasionne pas un échauf-fement dangereux.
- L’induit sera beaucoup moins affecté par cette manœuvre si l’on a soin de saturer suffisamment les électros pour qu’une augmentation importante du courant d’excitation n’amène qu’un accroissement relativement faible de la tension aux bornes de la génératrice.
- L’angle des deux positions extrêmes de la barre est généralement au plus égal à go® et le déplacement complet de barre d’une position extrême à l’autre doit pouvoir s’effectuer en 30 secondes environ.
- Pour calculer le travail de déplacement de la barre on peut se servir d’une des formules suivantes :
- 1" Celle de Weisbach dans laquelle la pression sur la barre en kilogrammes est égale à
- 34,5 IV sin« (1 — cos«)
- et celle de Rankine où cette pression est donnée par :
- 11 Fv2 sin2 a
- où F est la surface immergée du gouvernail en mètres carrés, v la vitesse du navire en nœuds et * l’angle du gouvernail avec la position moyenne.
- La formule de Weisbach donne généralement un chiffre plus élevé. Ces deux formules sont appliquées dans la marine allemande.
- Les appareils de contrôle de la position de la barre ont une importance au moins aussi grande que celle des servomoteurs : nous dirons seulement quelques mots de l’un d’eux. Nous avons vu que la position du levier de contact du rhéostat indique bien en même temps la position de la barre; mais il est à craindre que par suite d’un défaut du rhéostat, court-circuit, mauvais contact, etc., la concordance ne soit pas tout à fait rigoureuse. De plus il est souvent désirable de pouvoir contrôler la position du gouvernail de différents endroits du bateau au même moment.
- Pour arriver à ce double contrôle, M. Pfa-tischcr emploie un dispositif très simple consistant à intercaler un voltmètre T (fig. 10)
- entre le centre du rhéostat N, dont la manette C se déplace avec la barre, et cette manette.
- Pour terminer, nous dirons que la tension employée a bord des navires est généralement de 80 volts. Les rhéostats Rj et R2 ont chacun une résistance de 32 ohms et 44 plots, ce qui correspond par suite à 20 par plot. Enfin le moteur qui actionne la distribution du servomoteur à vapeur a une puissance d’un demi-cheval.
- J. Fischer-Hinnen.
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- LES USINES GÉNÉRATRICES POUR TRACTION ÉLECTRIQUE DE BOSTON
- Si un étranger en tournée aux États-Unis peut s’autoriser d’une visite un peu rapide aux usines électriques des principales cités américaines pour formuler une opinion à leur sujet, je déclarerai croire que la ville de Boston n’a pas encore perdu sa suprématie dans l'éclairage et la traction électrique. Les usines de traction sont particulièrement intéressantes, par leur nombre et leur étendue, et aussi par leur composition, qui permet de suivre l'évolution de la traction électrique depuis ses modestes débuts jusqu’à son degré actuel de perfection. Elles sont au nombre de 7, dont nous donnerons la composition plus loin, 2 ou 3 suffisant toutefois à alimenter le réseau aux heures de très faible charge. Ce réseau a une longueur totale, réduite en lignes simples, qui n’est pas inférieure à 487 kilomètres, dont 470 opérés électriquement. Le nombre total des voitures motrices et voitures de remorque est 2 532, et le nombre additionnel de voitures à chevaux est seulement de 24. Enfin le réseau comprend 28 remises de voitures.
- Pour donner, en môme temps qu’une idée, de l’importance du service et de l’équipement, une information sur ce qu’on peut appeler l’âge de celui-ci, j’ajouterai que le nombre des moteurs est égal à 3447, et le nombre total des « contrôleurs » est égal à 1 200. La différence laisse une marge assez importante à l’emploi des résistances en usage général, il y a quelques années, pour la régulation, avant l’emploi du moderne « contrôleur ».
- Nous énumérerons rapidement les usines de Boston.
- i° L’usine d'Allston. inaugurée en janvier 188g avec une capacité totale de 320 kilowatts, en a maintenant près de 850. Mais les transmissions aujourd’hui démodées ont prévalu à travers ses agrandissements, et sa transformation n’a pas été totale. Elle comprend
- quatre groupes identiques, chacun composé d’une machine Armington-Sims sans condensation, d’une puissance nominale de 300 chevaux, commandant par deux poulies deux bipolaires Edison de 80 kilowatts et une bipolaire Thomson-Houston de 60 kilowatts.
- Cet équipement prend sa part de la charge totale pendant les mois d’hiver, tandis qu’il devient inutile pendant l’été, et sa charge est reportée sur la station centrale d'Albany Street et sur la station d’Harvard.
- 20 Dans la même année 1889 fut installée la station d'Albany Street, hors d’usage aujourd’hui, mais laissée intacte dans un bâtiment attenant à la station moderne qu’on lui a substituée. D’un intérêt rétrospectif très grand, elle comprend 10 groupes identiques, chacun composé d’une machine compound tandem Mc Intosh-Seymour de 350 chevaux, avec deux volants commandant chacun deux générateurs Thomson-Ilouston de 60 kilowatts.
- 3° La 3e station fut bâtie en janvier 1892, pour répondre à l’extension du service dans la direction de Cambridge. Elle a été placée à Cambridge, dans la « Rue du Nord ». La puissance est fournie par deux machines de 1 500 chevaux à triple expansion, et une machine de 500 chevaux, alimentées par des chaudières Babcock de 280 chevaux. Les générateurs sont tous des dynamos multipolaires Thomson-Houston de 500 kilowatts, ce qui marque une évolution nouvelle dans la puissance de la machinerie, mais ils sont commandés par un système assez complexe de courroies. L’évolution se manifeste aussi par l’aspect du tableau de distribution, divisé en panneaux à la façon moderne. Il commande 7 générateurs et 10 feeders, et contient de plus un panneau « totalisateur ».
- 40 C’est à la quatrième station, celle d’Eagle Street, qu’a été pratiquée la première fois à
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- Boston la commande directe des machines électriques. Elle comprend trois machines Greene commandant à 120 révolutions 3 dynamos Gen.-Electric multipolaires de 200 kilowatts.
- Les trois dernières usines établies sur le réseau avant la reconstruction de l’usine d’Albany Street, qui fait de celle-ci la station la plus moderne, sont celles de Charles-lomi, Dorchester et Cambridge. Elles offrent les mêmes caractères généraux et sont pourvues des mêmes perfectionnementsmodernes, parfois diversement appropries, pour leurs conditions différentes.
- La première contient : trois chaudières Bab-cock de 500 chevaux, deux moteurs horizontaux Reynolds Corliss de 1 000 chevaux, com-pound et à condensation. Elles commandent directement et sans courroie, à la vitesse de 90 tours, deux multipolaires General Electric de 800 kilowatts.
- Le tableau de distribution est composé de 11 panneaux, 2 pour les générateurs, 8 pour les feeders et un pour la station.
- Cette usine s'alimente d’eau à sa porte, et le charbon lui est apporté par bateaux et déchargé par des grues à vapeur.
- On remarque aussi 1 exceptionnelle construction des volants de scs machines : ils ont de 6 à 7 mètres de diamètre, et sont faits de bandes de chaudière rivetées. Nous avons vu qu’à l’état actuel la station fournissait 1 600 kilowatts, il est question d’élever sa charge à 4000 kilowatts et de la développer en conséquence.
- L’usine de Dorchester, construite pour le trafic croissant du faubourg sud-ouest, près de la baie de même nom, est composée sur les mêmes principes que la précédente, mais avec des unités encore un peu plus puissantes; elle contient 6 chaudières Babcock de 500 chevaux, fournissant la vapeur à deux machines horizontales compound du système Rice et Sargent, chacune de 1 500 chevaux. Elles entraînent sans courroie, à 80 révolutions, deux dynamos General Electric de 1 000 kilowatts, et l’espace est réservé
- dans la station pour un troisième groupe identique.
- L’approvisionnement en eau et en charbon est excellent.
- L'usine électrique d’Harvard a été construite pour répondre aux exigences du trafic prodigieusement progressif entre Boston et Cambridge. Le charbon lui est apporté de la station principale par wagons à trôlet et déversé en face des grilles. Les chaudières sont des Babcock et Wilcox, en batteries de 500 chevaux. Les groupes moto-générateurs, actuellement au nombre de trois, et dans l’avenir élevés h quatre, sont constitués chacun d’un moteur Allis compound à condensation, directement couplé à un générateur multipolaire de 1 200 kilowatts à 80 révolutions, type General Electric.
- Le tableau de distribution est composé des panneaux suivants : trois panneaux de machines avec l’appareillage ordinaire et un ampèremètre de 4000 ampères; treize panneaux affectés chacun à la commande de deux feeders, et le panneau général de la station, portant un ampèremètre de 10 000 ampères.
- Les panneaux de machines et celui de la station portent de plus des compteurs Thomson de capacité appropriée.
- Le sous-sol contient encore une chambre ♦d’essais, munie des appareils nécessaires pour vérifier l’isolement des câbles souterrains.
- Nous arrivons enfin, après cette rapide visite, faite dans Y ordre historique, et plus d'une fois rétrospective, à l'usine principale moderne, qui a remplacé l'usine ancienne sommairement étudiée plus haut sous le nom d' « Albarip Street Slalion ». Cette usine, située près de son aînée et offrant avec elle aujourd’hui de bien étranges contrastes, a présenté pendant plusieurs années la bizarre apparence d’un compromis entre le passé et le présent, car 6 moteurs Allis Corliss de 2000 chevaux y commandaient par courroie une multitude de dynamos Thomson-Houston de 80 kilowatts. Bientôt, avec les progrès dans la construction des machines aux ate-
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- liers de Lynn, on put remplacer les unités de 80 kilowatts par des unités de 500. Et enfin, abandonnant la commande par courroie, on construisit des générateurs de 1200 kilowatts, et on donna à l’usine sa constitution actuelle. On dit qu’on ne retira pas moins de 875 mètres de courroie au total quand on opéra la transformation.
- Aujourd’hui les six machines Àllis-Corliss de 2 000 chevaux , demeurent , occupant comme alors les ailes de la station génératrice. Chacune peut donner 2 300 chevaux, et les générateurs G.E. de 1200 kilowatts qui leur sont couplés peuvent supporter cette surcharge.
- Dans l’espace autrefois occupé par les dynamos et leurs transmissions de commande, au milieu de la station, on a installé deux Allis Corliss de 2 300 chevaux, en pouvant donner 3 000, et chacune commande directement une dynamo General Electric de 1500 kilowatts, capable de supporter la même proportion de surcharge. Le rendement des générateurs électriques est supérieur à 95 p. 100. Il y a encore, au milieu de la station, place pour un groupe qui sera installé bientôt : une machine à triple expansion type pilon commandant un générateur de 3600 kilowatts. Ce sera le plus puissant générateur de traction bâti jusqu’à ce jour. Mais, au train dont vont les constructeurs américains, il ne le restera pas longtemps, si seulement il se présente des occasions favorisant l’adoption d’unités encore plus puissantes.
- Les chaudières sont du type ordinaire Eabcock et Wilcox, disposées en deux rangs tout le long de la chambre de chaulle. Elles donnent la vapeur à 12 kgr de pression. Le charbon leur est amené par wagon d’une baie distante de 300 mètres. L’eau est transportée sur la même distance et élevée de 6 mètres. Toutes les pompes et tous les ventilateurs sont à commande électrique.
- En résumé, la puissance normale disponible est actuellement composée de 6 unités de 1 200 kilowatts = 7 200 et 2 unités de r 500= 3000. Soit 10 200, puissance parfois excédée par les machines aux heures de grand trafic. Et bientôt l’addition ' d'une unité de 3 600 kilowatts portera la puissance normale de la station à 13800 kilowatts; il y a peu d’exemples au monde d’une pareille puissance agrégée. Voyons- maintenant comment elle est distribuée au réseau. Les connections des 8 générateurs sont faites par 8 panneaux munis des interrupteurs usuels d’inducteurs et d’induit, des coupe-circuit magnétiques automatiques, des wattmètres et ampèremètres de 4000 ampères. Il y a 30 tableaux de feeders, dont chacun commande deux feeders, et le tableau général de la station porte un ampèremètre qui lit 25000 ampères. Il y a de plus dans le bureau de direction un tableau de feeders qui permet au directeur de vérifier à première vue leur connection au tableau et leurs voltages.
- La question de savoir si le système de Boston est inférieur au système à station génératrice de courants alternatifs et à sous-stations transformatrices adopté par New-York, n’a pas de solution générale. Et si même, dans son application particulière à Boston, le système de New-York paraît préférable, il n’est pas permis pourtant d’en tirer des conclusions contre les Bostoniens. Ils ont suivi l’évolution logique de l’électricité, dont ils avaient été les premiers apôtres, pendant que New-York poursuivait non moins logiquement, mais plus librement, la transformation en voies électriques de ses voies à câbles et à chevaux.
- New-York ainsi récolta les profits d’une expectative modérée, tandis que Paris récolte, et pour longtemps encore, les fruits d’une expectative éternelle quenous déplorons tous.
- E. S. E.
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- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Quelques types américains de porte-charbons.
- Dans sonnumérodu 23 juillet, The Electri-cal World décrit quelques-uns des types de porte-charbons actuellement employés en Amérique.
- La figure 1 montre le modèle adopté par
- î-charbons de la Walker Company.
- la Walker Company pour toutes' ses machines, à l’exception des moteurs de tramways. Ce porte-charbons est constitué par une tige et une pièce de cuivre dont les flasques, en lorme de V, soutiennent un axe de rotation autour duquel peuvent tourner deux leviers recourbés, que deux ressorts enroules autour de l’axe pressent contre les charbons ; on règle la pression exercée en engageant les extrémités des ressorts dans l’un ou l’autre des crans d’un secteur denté que porte chacun des leviers; ceux-ci portent en outre une saillie qui vient buter contre la partie fixe
- du porte-charbons, et les empêche ainsi de frapper le commutateur, lorsqu’on enlève les charbons. Ces charbons se trouvent maintenus à la fois contre le commutateur et contre le porte-charbons par la seule pression exercée par les leviers, sans qu’il soit besoin de brides les entourant.
- La partie du porte-charbons contre laquelle s’appuient les charbons doit être bien plane et polie avec soin, afin d’assurer un bon contact. Dans le même but, il est préférable d’employer des charbons découpés à la scie que des charbons moulés, les faces de ceux-ci étant rarement planes. Pour les machines à courants intenses, une plaque de cuivre est fixée sur la face du charbon en contact avec le porte-charbons et sur la face supérieure contre laquelle appuie le levier.
- Avec ce système de porte-charbons, le sens de rotation du commutateur n’a aucune importance ; toutefois il est préférable que le sens de rotation soit tel que la partie du commutateur qui passe sous le porte7charbons se dirige vers les charbons, c’est-à-dire que dans la position du porte-charbons indiqué par la figure, le commutateur tourne de gauche à droite. Il semble que le balai doive avoir tendance à quitter alors le porte-charbons, mais la pratique a montré qu’il n’en est
- Le porte-charbons est généralement disposé de manière que sa face inférieure fasse un angle de 6o° avec le plan tangent au commutateur passant par la génératrice moyenne de la surface de contact avec le charbon. L’angle de la face du charbon contre laquelle appuie le levier et la face en contact avec le porte-charbons est d’environ 450. Ces angles peuvent toutefois être modifiés dans d’assez larges limites.
- Ce type de porte-charbons présenterait, dit-on, de nombreux avantages. Les charbons peuvent être enlevés ef remplacés sans aucune
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- difficulté, même lorsque la machine est en marche. Le moment d’inertie de la partie mobile étant très faible, les vibrations qu’éprouvent les charbons par suite des irrégularités de la surface du commutateur sont de faible amplitude, et on a'constamment un bon contact. Ces vibrations s’effectuant suivant la normale à la surface du commutateur, la face frottante des charbons reste à peu près plane, tandis que dans les porte-charbons ordinaires, ces vibrations ont lieu suivant une circonférence ayant pour centre l’axe du porte-charbons, et l’usure des charbons ne tarde pas à donner à la face en contact avec le commutateur la forme d’un cylindre ayant sa convexité tournée vers le commutateur, d’où résulte un mauvais contact. Le porte-charbons étant fixé invariablement, on peut l’approcher beaucoup plus près du commutateur que les porte-charbons ordinaires; la longueur de charbon que le courant est obligé de traverser avant d’arriver au porte-charbons sc trouve diminuée, ce qui diminue la résistance totale, et d’autre part le charbon se trouve mieux soutenu. Enfin, comme il n’y a aucune bride entourant les charbons, on peut placer ceux-ci les uns à côté des autres, sans solution de continuité, et obtenir ainsi pour une même longueur des porte-balais et une même épaisseur des charbons, une plus grande surface de contact qu’avec les porte-charbons ordinaires ; on peut en outre prendre des charbons de diverses épaisseurs et largeurs, ce qui permet d’employer le même porte-charbons pour des machines de puissances très différentes et, en fait, deux grandeurs de porte-charbons suffisent pour toutes les machines de 1 à 20 000 kilowatts.
- Une modification de ce type de portc-charbons est représentée par la figure 2 ; c’est le modèle employé par la C. and C. Electric Company. La face du porte-charbons en contact avec les charbons est ici presque normale au commutateur. Chaque partie du porte-charbons est fixée sur un arbre au moyen de vis de pression, complication que l’on ne
- rencontrait pas dans le modèle précédent. En outre, la direction de la pression exercée par
- îarbons de la C. and C. Ek
- les leviers sur les charbons ne permettant pas à ceux-ci de rester appliqués sur la monture, les charbons sont maintenus par des brides.
- Une autre modification qu’emploie la Eddy Electric Manufacturing Company est représentée en figure 3. La figure 4 indique une
- Fig. 5. — porte-charbons de la Eddy Electric Company
- troisième modification qui est utilisée par la Bullock Electric Manufacturing Company. Une jauge représentée h droite de la figure facilite le montage de chaque porte-charbon sur le support principal.
- | Dans le modèle que représente la figure 5
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- et qu’emploie la Onondaga Dynamo Company, la partie mobile est plus lourde. La
- Fig. 4. — Porte-charbons de la Bullock Electric Manufacturing Company.
- pression de cette partie mobile contre les charbons est obtenue par des ressorts à boudin et réglée au moyen de vis de tension. Le courant passe des charbons au porte-charbons, non seulement par la surface de con-
- Fig. 5. — Porte-charbons de la Onondaga Dynamo
- tact de ceux-ci et de ceux-là, comme dans les modèles précédents, mais encore au moyen de câbles souples, fixés d’une part à des plaques de cuivre soudées aux charbons, et d’autre part à l’axe du porte-charbons.
- Un nouveau type employé par la General
- Electric Company est représenté en figure 6. Les charbons, placés dans des alvéoles, sont
- Fig. 6. — Porte-charbons de la General Electric Company.
- pressés au moyen de ressorts de réglage munis d’écrous; ils sont reliés par des câbles souples à la partie métallique du porte-charbons.
- La Card Electric Company emploie le modèle de la figure 7. La pression exercée parle
- is de la Card Electric Company.
- ressort en spirale appuyant sur le charbon est réglée en enroulant plus ou moins ce ressort; une roue à rochet maintient l’enroulement donné.
- Dans le dispositif employé par la Ameri*
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- can Engine Company, le charbon est placé dans une source de boîte dont l’une des parois est mobile et appliquée contre le charbon pur deux ressorts à boudin. Le charbon est poussé par une tige munie d’une crcmail-
- Fig. 8. — Porte-charbons de la American Engine Company.
- 1ère engrenant avec une roue dentée qu’un ressort spiral tend à faire tourner. La ligure 8 donne deux vues de ce dispositif.
- Le porte-charbons pour moteurs de tramways de la Walker Company est représenté
- Fig. 9. — Porte-charbons de fa Walker Company (moteur de tramways).
- en figure 9. Les charbons sont pressés contre le commutateur par des lames flexibles (dont Tune est montrée relevée sur la figure), tendues par des ressorts à boudin ; le point de fixation du ressort à la monture mobile portant la lame flexible est choisi de manière que, quand on relève cette lame, l’action du
- ressort maintienne la monture dans la pois-tion donnée. Des câbles souples relient les charbons à la partie métallique du porte-charbons.
- Le modèle de la figure 10 est employé par
- la Crocker-Whcclcr Electric Company. Chaque charbon est maintenu dans un alvéole au moyen de vis de pression et
- de la Otis brothers and C°
- d’écrous ; chaque aivéole est relié à la partie fixe du porte-charbons par quatre paquets de laines élastiques en cuivre qui, en même-temps qu’elles forment un circuit de faible
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- résistance entre le porte-charbons et le charbon, empêchent ce dernier de prendre des mouvements dans- une autre direction que dans celle d’un rayon du commutateur. La pression est obtenue au moyen de ressorts hélicoïdaux réglés par des vis de pression.
- Fort-Wagner.
- La maison Otis Brothers and Cn se sert du porte-charbons que représente la figure 11 ; la
- Fig. 15. — Portc-charbons de la Excelsior Electric Company.
- pression des charbons est obtenue au moyen de ressorts spiraux fixés d’une part à la partie mobile portant les charbons, et d’autre
- part à l’axe autour duquel pdut tourner cette partie de l’appareil ; ces ressorts ne sont pas visibles sur la figure. .
- La figure 12 représente un modèle utilisé sur les machines de Fort-Wagner. La pression est produite par des ressorts spiraux visibles sur la figure.
- L’Excelsior Electric Company emploie le porte-charbons de la figure 13, imaginé par
- Fig. 14. Porte-charbons des ascenseurs Sprague.
- M. A. Churchward. Les charbons sont appliques radialement sur le commutateur à l’aide de ressorts à boudin. Chaque charbon est enveloppé d’une feuille de cuivre reliée au porte-balais par un câble souple.
- Dans les moteurs pour ascenseurs Sprague, on emploie le porte-charbons représenté par la figure 14. Les charbons sont fixés par des vis à des plaques de cuivre et pressés par des ressorts à tension réglable. J. R.
- Notes sur la synchronisation des alternateurs ;
- Par H.-E.-M. Kensit (*).
- Il importe de vérifier, avant la mise en parallèle pour la première fois de deux alternateurs, que les circuits auxiliaires qui servent à s’assurer de la coïncidence de phase, ou les transformateurs de synchronisation, si l’on a affaire à des alternateurs à haute tension, sont disposés dans le bon sens, c’est-
- (') The Electrician du 4 février 1898, p. 479.
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- à-dire de façon que les lampes servant d’indicateurs de phase s’éteignent (*j pour cette coïncidence.
- Le but de AI. Kensit est d’indiquer quelques procédés très simples permettant de vérifier qu’il en est bien ainsi sans faire préalablement, comme le préconisent certains ingénieurs, l’essai avec des plombs fusibles très faibles dont la fusion sera immédiate si les connexions sont mal faites.
- On dispose en général les lampes de phase, soit directement, soit par l’intermédiaire de transformateurs, sur l’induit complet ou sur une seule de ses bobines.
- Considérons d’abord le second cas (fig. i)
- et supposons qu'il s’agisse de vérifier si les connexions des appareils de synchronisation sont bien disposées pour la mise en parallèle d’un alternateur n° 2 avec un alternateur n° 1 déjà relié aux barres collectrices du tableau.
- Avant de mettre l’alternateur n° 2 en mouvement, on s’assure que la borne B/ du transformateur n° 2 est bien reliée à l’une des
- p) M. Kensit préfère disposer les connexions de façon à ce que les lampes soient allumées au moment de la coïncidence de phase. Ce serait également notre préférence si cette disposition était applicable à un nombre quelconque d’alternateurs. Malheureusement elle n’est applicable qu’au cas de deux machines, ou an cas d’un nombre quelconque de machines avec la restriction quon les couple toujours avec la même d’entre elles. Toutefois, comme 011 peut raisonner dans ce qui va suivre, sur deux machines, nous conserverons la disposition de M. Kensit qui est celle indiquée sur les figures.
- bornes de l’alternateur et la borne G' à l’extrémité de la première bobine induite; puis on déconnecte les bornes B et C du transfor-mateurn" 1. On metalors l’alternateur n° 2 en route après avoir réuni B et B7 d’une part et C et G' de l’autre: si les lampes de synchronisation sont allumées, les connexions étaient bonnes, sinon il faudra inverser B' et C.
- Il est à remarquer que la jonction des barres B et B' peut se faire en enlevant le plomb fusible de droite de l’alternateur n° 2 et en fermant le commutateur A qui met cette machine sur les barres communes du tableau.
- Lorsque les transformateurs de synchronisation sont branchés aux bornes des alternateurs (fig. 2), la mise des deux transforma-
- teurs sur une même machine, pour vérifier l’exactitude des connexions, est encore plus simple. Il suffit en effet, l’alternateur n° 1 étant toujours celui en service, d’enlever les plombs fusibles de l’alternateur n° 2 et de fermer le commutateur A qui met cette machine sur le réseau. Si les lampes s’allument, les connexions sont bonnes, sinon on devra échanger les conducteurs aboutissant à B'etC'.
- Un troisième cas à considérer est celui où l’un des alternateurs a son transformateur de synchronisation, branché aux bornes mêmes de la machine et l’autre aux extrémités d’une seule bobine. Il est facile de voir que dans ce cas aucun des dispositifs précédents ne peut être employé et qu’il est nécessaire,pour s’assurer de l’exactitude du montage des cir-
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- cuits de synchronisation, d’employer un transformateur auxiliaire disposé aux bornes mêmes du second alternateur et de façon à ce que les plombs fusibles soient dans le circuit de ce transformateur.
- On commence par déconnecter les fils conducteurs arrivant aux bornes D' et E' (fig. 3)
- et l’on met celles-ci en communication avec F et G respectivement ; l’alternateur n° 2 étant ensuite mis en vitesse et excité, les lampes devront s’allumer, sinon on intervertira les conducteurs primaires du transformateur auxiliaire.
- Ceci fait, on rétablit les connexions avec les bornes D' et E' et on déconnecte les bornes 1) et E d’avec D7 et K', puis on les réunit respectivement à F et G.
- Si on enlève alors les plombs fusibles de l’alternateur n° 2 et si on ferme le commutateur A mettant cette machine sur les barres communes du tableau, les lampes doivent de nouveau s’allumer. On rétablit ensuite les connexions de D et D' et E et E;, et la mise en parallèle peut se faire sans crainte à l’éclat maximum des lampes.
- Si l’alternateur nu 2 était relié au réseau et l’alternateur n° 1 à mettre en parallèle, la vérification se ferait aussi aisément.
- Le second procédé est évidemment le plus simple et l’emploi de transformateurs aux bornes des alternateurs seuls, c’est-à-dire ayant tous le même rapport de transformation, présente une grande uniformité.
- Ces notes de Kensit sont suivies de plusieurs autres sur la mise en parallèle et sur la répartition des charges pendant le fonctionnement.
- L’auteur dit n’avoir jamais pu constater, dans la mise en parallèle de types très variés d’alternateurs, qu’il y a un réel avantage à mettre une nouvelle machine en service lorsqu’elle tourne un peu plus vite que celle déjà en fonction que lorsqu’elle a une vitesse un peu inférieure.
- En ce qui concerne le fonctionnement en parallèle il affirme également qu’avec les machines Ferranti qu’il a eues à son service, la différence de self-induction n’a jamais empêché la distribution de la charge entre elles dans les proportions désirées. La charge d’une machine peut pratiquement être réglée sur chaque alternateur par modification de l’excitation seule. M. Kensit ajoute toutefois que si les ampèremètres des machines indiquent un courant anormal, ceci est causé par une tendance à tourner à des vitesses différentes et qu’il est nécessaire dans ce cas d’y remédier par réglage des vannes.
- La discussion qui a suivi la publication de ces notes f1) a montré qu’un malentendu s’était glissé dans le sens qu’on a attribué à l’expression de distribution de charge. L’auteur entend simplement par là qu’une différence de charge de 20 p. 100, par exemple, entre les charges des deux alternateurs peut être partagée entre ceux-ci par modification de son excitation seule.
- M. Kensit donne de ce fait qu’il a constaté journellement l'explication suivante :
- « Considérons deux alternateurs en paral-» lèle, partiellement chargés. Ces machines » peuvent être regardées comme ayant deux » régulateurs, leur régulateur ordinaire à » force centrifuge et l’influence du courant » de synchronisation échangé entre les deux » alternateurs.
- » Si nous supposons que l’excitation d’une
- ,.>) The EUclrkian des 11, r8. 25 février, 4, 18 et 25 mars 1898.
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- » des machines est augmentée, celle-ci sera » appelée k fournir un excès de travail et » recevra par suite un courant de synchroni-» sation de l’autre machine qui l’aidera à » maintenir sa vitesse, comme la seconde » machine est aussi sollicitée à produire le » même excès de travail, puisqu’elle fournit » le courant de synchronisation. Les deux » alternateurs auront donc la même perte de « vitesse et les régulateurs pourront agir.
- » Toutefois le régulateur de la première « machine se déplaçant pour répondre à » l’augmentation de charge de son alterna-« teur, le courant de synchronisation fourni » par la’ seconde machine n’aura pas besoin » de subsister longtemps et tombera à une » faible valeur, de sorte que, comme l’excès de « charge de la seconde machine a etc reporté » sur la première, elle peut dès lors main-» tenir sa vitesse sans une plus grande admis-» sion de vapeur.
- » La première machine fait maintenant » plus de travail que la seconde tandis que » celle-ci conserve la même charge. »
- Dans cette explication, qui, sans vouloir jeter aucun discrédit sur elle, nous paraît peu compréhensible, l’auteur, comme le fait remarquer M. Oliver, semble ne pas vouloir tenir compte de ce fait un peu trop théorique peut-être que la charge sur les alternateurs dépend uniquement du travail fourni au cylindre des deux moteurs et par suite de la vitesse, et que par conséquent l’excitation ne peut nullement modifier, dans les moteurs à vapeur à régulateurs, le degré d’admission dans les tiroirs (M.
- M. Oliver reconnaît toutefois que la distribution d’une charge peut se faire par les excitations seules, mais dans des conditions qu’il serait difficile de qualifier de normales, lorsque les régulateurs ne sont pas entièrement libres ou ne règlent pas avec le même pourcentage de vitesse.
- Le passage d’une portion de charge, avec
- (*) On trouvera dans un article de M. Woodbrigde des explications très claires à ce sujet. (Voir L'Éclairage Électrique, t. XII, p. 468, 1897.)
- l’excitation seule, sur l’un des alternateurs, comme l’a constaté M. Kensit, peut alors d’après M. Oliver s’expliquer ainsi.
- Reprenons l’exemple de ce dernier ingénieur et supposons que le régulateur du moteur à vapeur correspondant k l’alternateur dont on modifie l’excitation soit parfaitement libre, tandis que l’autre est légèrement « paresseux » et ne répond pas k des accroissements de charge aussi faibles que ceux que sollicite une augmentation d’excitation.
- Il est alors évident qu’aucune partie de l’accroissement de travail dû à l’augmentation d’excitation n’agira sur la machine dont le régulateur est peu sensible ctquepar conséquent l’augmentation de charge sur l’autre a été faite uniquement avec la modification de l’excitation.
- La vitesse des machines sera bien un peu diminuée, mais toujours pour la même raison, cette diminution ne produira aucun effet sur le régulateur paresseux.
- Au fond la véritable explication a été trouvée, il y a six ans déjà, par M. A. Blondel ; dans sa magistrale théorie du couplage (*) ce savant a donné, à propos du rôle des régulateurs, des diagrammes permettant de se rendre un compte théorique exact des faits, d’ailleurs bien connus, constatés par M. Kensit. C.-F. G.
- Le transport électrique de la puissance mécanique ;
- Par Paul Janet(2).
- Dans cette étude l’auteur s’est donné comme but d’indiquer les limites dans lesquelles la transmission de l’énergie d’un point à un autre au moyen de l’électricité est économique. S’adressant à des lecteurs ne s’occupant pas spécialement d’électricité, sa tâche était délicate; constatons qu’il l’a rem-
- (!) Voir Lumière Électrique, t. XLV, p. 351, et t. XLVI, p. 151, 1892.
- (2) Revue générale des sciences pitres et appliquées, 9e année, p, 638 ù 646, 30 août 1898.
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- plie avec succès, restant simple sans rien sacrifier à la précision et à la netteté, et engageons les électriciens à lire cet article, dont nous allons indiquer le plan et quelques-uns des points qui nous ont paru les plus intéressants.
- Après quelques généralités sur le problème abordé, M. Janet examine les conditions qui influent sur le rendement d'une transmission électrique.
- Les pertes sont de trois espèces : pertes dans la génératrice, pertes dans la réceptrice, pertes dans la ligne.
- Les pertes relatives des deux premières espèces ne dépendent ni de la puissance à transmettre, ni de la distance à laquelle elle doit être transmise. Les pertes dans la ligne dépendent au contraire de ces deux facteurs.
- On démontre en effet que la perte relative dans la ligne (rapport de la perte à la puissance disponible) est donnée par la formule :
- R étant la résistance de la ligne exprimée en ohms, P la puissance disponible exprimée en watts, E la tension delà génératrice exprimée en volts, r le rendement de la génératrice.
- 11 y a donc intérêt à augmenter la tension età diminuer la résistance. Des raisons d’isolement s’opposent à augmenter outre mesure la première de ces quantités, et en service courant on n’a guère dépassé 2000 volts. Quant à la résistance, elle ne peut être diminuée qu’en augmentant la section des conducteurs et par suite leur poids et les frais d’établissement.
- On trouve en effet que le poids, exprimé en tonnes, d’une ligne à deux conducteurs de d kilomètres de longueur est donné par la formule :
- h7d2
- R
- (2)
- R étant la résistance totale de la ligne en
- ohms, ou, en tenant compte delà relation(2) par la formule :
- 0,7 d’2Prs
- pE2 - 13.'
- qui montre que pour une puissance, une distance et une tension données, le poids de la ligne varie en raison inverse de la perte consentie.
- Quelle sera donc la perte à laquelle il faudra consentir pour ne pas augmenter inutilement les frais de premier établissement? La règle de Lord Kelvin répond à la question : Pour réaliser l’économie maximum, il faut que le prix de l’énergie perdue annuellement sous forme de chaleur dans la ligne soit égal à l’intérêt et amortissement du capital engagé sous forme de cuivre dans la ligne.
- Par conséquent, en désignant par k et kf deux coefficients numériques dépendant, le premier du prix de l’unité d’énergie, le second du taux de l’intérêt et de l’amortissement, par s la section du conducteur, on aura par l’application de cette règle :
- ce qui déterminera la densité de courant la plus économique (*).
- Ces considérations suffisent pour déterminer les principaux éléments d’un transport d’énergie par l’électricité. La tension au départ sera choisie arbitrairement, aussi élevée que possible. L’intensité du courant de
- (1) La formule complète qui donne cette densité est la
- où a représente le prix de la tonne de cuivre, a le taux d’intérct et d’amortissement, p le prix du watt-heure, N le nombre d'heures de marche annuelle.
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- transport s’en déduit, immédiatement, puisque le produit de cette intensité par la tension doit être égal à la puissance à transmettre multipliée par le rendement de la génératrice. La règle de Lord Kelvin fait alors connaître la section à donner aux conducteurs, et par suite leur poids.
- M. Janet aborde alors le calcul des frais de premier établissement d’une transmission électrique de l’énergie d’une chute d’eau.
- Pour mieux préciser il prend un exemple : une puissance de 200 chevaux doit être transmise à 10 km de distance sous une tension de 4000 volts; on admet une perte de 10 p. 100 dans la génératrice, 7,5 p. 100 dans la réceptrice et 12,5 p. 100 dans la ligne.
- La formule (3) donne 4,17 tonnes pour le poids du cuivre. En comptant ce métal à 2000 fr la tonne et en évaluant à 500 fr par kilomètre les frais de pose (poteaux, isolateurs, main-d’œuvre), on arrive à 13 340 fr pour le prix de revient de la ligne.
- Le matériel électrique générateur et récepteur érant compté à 100 fr le kilowatt, on aura :
- 2 x 200 x 0,736 x 100 = 29400 fr
- pour le prix de ce matériel.
- Le prix total de l’installation électrique sera donc de 42 740 fr, ou mieux 44870 fr en ajoutant 5 p. 100 du chiffre précédent pour l’appareillage. La puissance recueillie étanr de 200 {1 — 0,1 — 0,075 —0,125) = upoche-vaux, le prix d’installation sera par conséquent de 320 fr par cheval utile transporté.
- Si l’on avait supposé que la transmission s’effectue sous 1000 volts, on aurait trouvé un prix beaucoup plus élevé : 1 200 fr par cheval utile.
- Quant à la partie hydraulique de l’installation son prix d’établissement est très variable, comme on sait, et comme il ressort nettement des trois exemples suivants :
- Une chute du département de l'Isère, de 100 m, d’un débit moyen de 4 000 litres par seconde et d’une puissance utile de 4000 chevaux, a nécessité les dépenses suivantes :
- Prix d'acquisition de la chute . . . . 300000 fr Barrage, canal de conduite .... 250000 »
- Bâtiments et fondations.............. 50000 »
- 20 turbines de 200 chevaux chacune. 80000 » 680000 fr
- soit 170 fr par cheval utile sur l’arbre des turbines.
- Une chute du département du Jura, de 2 m, d’un débit de 15 000 litres par seconde et d’une puissance utile de 300 chevaux, a coûté :
- Prix d'acquisition de la chute. . . . 45000 fr
- Canal et bâtiments................ 150000 » '
- 3 turbines de 100 chevaux chacune . 30000 »
- “225000 fr
- soit 750 fr par cheval utile sur l’arbre des turbines.
- Dans une autre installation située en Haute-Savoie, la hauteur de chute disponible est de 140 m ; le débit moyen de 8 000 litres par seconde et ne tombant jamais au-dessous de 4 000 litres ; la puissance disponible est de 11 000 chevaux pendant les trois quarts de l’année, et de 6 000. environ pendant l’hiver; on estime les frais de l’établissement à
- Prix d’acquisition de la chute. . . . 300000 fr
- Barrage, canal et conduite........500000 »
- Turbines..........................no000 »
- ”910000 fr
- soit 83 fr par cheval utile sur l’arbre des turbines.
- Les frais d’installation d’une transmission électrique de l’énergie d’une chute d’eau sc trouvant ainsi déterminés, M. Janet examine les frais d’établissement d’une usine à vapeur à l’endroit où l’on a besoin de l’énergie.
- On peut évaluer ces frais aux chiffres sui-
- i° Pour une machine de 100 chevaux :
- Machine..................... 20000 fr
- Chaudière cl accessoires . . 20000 »
- Bâtiment et fondations. . . ioouo >
- 50 000 fr
- soit 500 fr par cheval ;
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- z° Pour une machine de 300 chevaux:
- Machine...................... 50000 fr
- Chaudière et accessoires . . 50000 »
- Bâtiment et fondations. . . 20000 »
- 120000 fr
- soit 400 fr par cheval ;
- 3° Pour une machine de 1 000 chevaux :
- Machine......................100000 fr
- Chaudière et accessoires . . 150000 »
- Bâtiment et fondations . . . 50000 »
- 300000 fr
- soit 300 fr. par cheval.
- Ces deux séries de chiffres permettent une comparaison des deux modes de production de l’énergie motrice. L’auteur fait cette comparaison dans l’hypothcse que 140 chevaux soient nécessaires et il examine successivement deux cas.
- Premier cas.-*- L’installation électrique est faite à 4000 volts; la chute d’eau disponible appartient à la catégorie des hautes chutes et l’on a besoin de la force motrice jour et nuit, c’esT-à-dire 8 760 heures par an.
- 1" Dépense annuelle dans le cas de l’installation hydro-électrique :
- Prix de l’installation électrique.... 44 770 fr Prix de l'installation hydraulique (200 chevaux à. la station de départ, à 170 fr le cheval).........................34000
- 78770 fr
- Intérêt et amortissement à 10 p. 100. 7877 »
- 2U Dépense annuelle dans le cas de la machine à vapeur, en admettant une consommation de 1 kgr de charbon par cheval-heure :
- Prix d’installation fiqo xSoo; . . . 70000 fr Intérètet amortissement à 10p. 100 7000 »
- Nombre de chevaux-heure annuel
- ^40x8760,....................... 1226400011: h
- Poids du charbon brûlé annuellement ............................1230 tonnes
- Prix du charbon (à 30 fr la tonne). 36900 fr Dépense ann. lot. (7000 + 36900) . 43900 »
- Ainsi, la dépense annuelle avec un trans-
- port hvdro-électrique est de 7 900 fr environ; avec une machine à vapeur, elle est de 43 900 fr; la première solution amène donc une économie annuelle de 36000 fr, presque 100 fr par jour.
- Deuxième cas. — L'installation électrique est faite à 1 000 volts; la chute utilisée appartient à la catégorie des basses chutes, et l’on n’a besoin de la force motrice que 3 000 heures par an.
- i° Dépense annuelle dans le cas de l’installation hydro-électrique :
- Prix de l’installation électrique. . . 168370 fr
- » » » hydraulique (200
- chevaux à la station de départ, à
- 750 fr par cheval). ............150000 »
- Prix total...........................318370 fr
- Intérêt et amortissement à 10 p. 100. 31800 »
- 2" Dépense annuelle dans le cas de la machine à vapeur :
- Frais d’installation (140x500) . . , 70000 fr
- Intérêt et amortissement à 10 p. 100 7000 »
- Nombre de chevaux-heure annuel
- (140x3000)...................420000 ch: h
- Poids du charbon brûlé annuellement ............................420 tonnes
- Trix du charbon (à 30 fr la tonne) . 12600 fr
- Dépense ann. tôt. (7000 + 12600'. . '19600»
- Ainsi, la dépense annuelle avec un transport hydro-électrique est de 31800 fr; avec une machine à vapeur, elle n’est que de 19600 fr; l’avantage reste donc dans ce cas à la machine à vapeur.
- Ces exemples montrent d’une façon concrète les conditions où l’un des modes de production de l’énergie est préférable à l’autre: Hautes chutes, hautes tensions, charbon cher, marche ininterrompue, sont des circonstances à l’avantage du transport électrique. Basses chutes, basses tensions, charbon abondant, marche intermittente, sont des conditions à l’avantage de la machine à vapeur.
- Une question se pose dès lors : comment pourra-t-on obtenir les hautes tensions qui dans tous les cas permettront à la transmission électrique d’étendre son domaine aux
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- dépens de celui de la machine a vapeur? Ceci amène AT. Janet à exposer les systèmes de transmission employés.
- Il fait remarquer que les diilicultés de construction et d’isolement des génératrices à courant continu limitent assez vite les tensions que l’on peut utiliser dans les transmissions à courants continus, bien que les partisans de ce système prévoient néanmoins la possibilité d’aller jusqu'à 20000 volts ; que la facilité avec laquelle les transformateurs statiques permettent d’élever la tension des courants alternatifs crée un avantage en faveur des transmissions parcourants alternatifs ; enfin, que parmi ceux-ci les courants triphasés l’emportent par suite de l’économie du poids de cuivre résultant de leur emploi et des avantages que les moteurs à champ tournant présentent sur les moteurs à courant alternatif simple. Mais ces questions ont été trop souvent exposées et discutées dans ce journal pour qu’il soit nécessaire d’y insister, et nous passerons immédiatement à la conclusion de l’article :
- « En somme, le transport électrique et la machine à vapeur répondent chacun à des besoins différents, à des circonstances spéciales, sans que, en cela comme en beaucoup d’autres choses,'on puisse dire d’une manière absolue que l'un des systèmes est préférable à l’autre. Il est probable que la valeur relative de ces deux systèmes se maintiendra telle quelle encore un certain nombre d’années, tant que le prix du charbon ne s’élèvera pas sensiblement, tant que les tensions employées en électricité ne s'élèveront pas non plus. » J. R.
- Comparaison des prix de revient de l’énergie produite par la vapeur et par les chutes d’eau ;
- Par William O. Webber (*).
- Dans cette étude, l’auteur se propose principalement de montrer l’influence qu’exerce
- (') The Engineering Magazine, t. XV, p. 922 à 928, septembre 1898.
- sur l’industrie en général la diminution constante du prix de revient de l’cner-gie, grâce aux perfectionnements apportés aux machines à vapeur et à l’utilisation des chutes d'eau. ,11 établit, en s’appuyant sur des chiffres recueillis en 1870 et des données obtenues tout récemment, qu’il y a une trentaine d’années le prix de revient, toutes charges comptées, du cheval-an pour une puissance de 1000 chevaux s’élevait à 190,70 fr avec les meilleures machines à vapeur de l’époque, tandis qu’actuellement ce prix s’abaisse dans certains cas à 60 francs lorsqu’on emploie la vapeur, et plus bas encore si l’on utilise des chutes d’eau. Il est vrai que cette diminution du prix de l’énergie motrice est due en partie à la diminution du prix du charbon qui était, en Amérique, de près de 40 francs la tonne métrique en 1870, et qui n’est aujourd'hui que de 20 francs environ. Mais si l’on fait le calcul du prix de revient du cheval-an en i87o,enprenant ceder-nier prix, on arrive à 135 francs. Si donc on considère unecompagnie au capital de 5 000 000 fr ayant besoin de 2000 chevaux, on trouve qu’en 1870 cette compagnie aurait dépensé, le charbon étant compté au prix actuel , 270 000 francs pour la production de la force motrice, soit 5,4 p. 100 du capital engagé, tandis qu’aujourd’hui elle ne dépenserait que 120000 francs, soit 2,4 p. 100 du capital, réalisant ainsi, rien que par les perfectionnements apportés aux générateurs d’énergie, une économie de 3 p. 100. Il est bien évident qu’une telle économie, égale souvent au dividende distribué aux actionnaires, est de nature à changer complètement les condi-tions.économiques de l’industrie et à expliquer le développement considérable que celle-ci a pris aux États-Unis dans ces dernières années.
- Mais ces considérations, si importantes qu’elles soient, n’ont qu’un intérêt secondaire pour l'ingénieur électricien, et nous passerons immédiatement à la partie de l’article qui intéresse plus directement ce dernier ; la comparaison des prix de revient, en
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- Amérique, de l’énergie produite par des moteurs à vapeur ou empruntée aux chutes d’eau.
- D’après des chiffres pris par l’auteur dans-une étude de M. Dean, pour une usine de i ooo chevaux desservie par un moteur à vapeur compound consommant 5,6 kg de vapeur par cheval-heure indique et des chaudières exigeant 0,630 kg de charbon par cheval-heure indiqué, les frais d’installation s’élèvent à 285 francs par cheval. En comptant l’intérêt à 5 p. 100, l’amortissement à 3,5 p. 100, les réparations à 2 p. 100, les assurances et les impôts à 1 p. 100 des frais d’établissement, on arrive à 11,5 p. 100 pour charges fixes et le prix de revient du cheval-an se répartit ainsi :
- Intérêt, amortissement, etc.
- '285 x 0,115).......... 32,75 fr
- Dépense de combustible, à içfrla tonne pour3o8jours de travail de 10 heures : •
- Chauffeurs, deux hommes de jour à 7,5 fr et un homme
- de„uità7;5fr(^V^) 6,95 „
- Un mécanicien à 17,50 fr et un aide à 10 fr( ^ 8,45 »
- Graissage, alimentât., etc. . 4 »
- Total.......... 89,20 fr
- .Mais ce chiffre est une moyenne qui souvent n’est pas atteinte lorsqu'on fait usage des nombreux appareils et procédés imaginés dans ces derniers temps pour réduire la consommation de vapeur et de charbon. M. Webber cite comme preuve une usine de 2 000 chevaux où le prix de revient du cbe-val-an n’est que 57,75 francs. Le moteur est une machine à condensation, verticale, compound, de la E. P. Allis Company; les deux cylindres ont une longueur de 1,5 m; le diamètre du cylindre à haute pression est de 81 cm, celui du cylindre à basse pression de 172 cm; la vitesse est de 75 tours par minute. La pression effective est de 55 pounds dans
- le cylindre à haute pression et de 12 pounds dans le cylindre à basse pression. La vapeur arrive à la pression de 155 pounds. Les chaudières sont du modèle Heine à tube d’eau ; elles ont une surface de grille de 20 mètres carrés et une surface de chauffe de 675 mètres carrés. La pompe à air du condenseur est mue par une petite machine Corliss verticale. L’eau d’alimentation est d’abord élevée à la température de 50° par son passage dans un serpentin entouré par la vapeur d’échappement du cylindre à basse pression, puisàla température d’environ 1120 par son passage dans un économiseur Green. Le tirage est produit par une cheminée de 55 m de hauteur. Le charbon employé est semi-bitumineux ; il n’est pas d’excellente qualité mais ne coûte que 8,70 fr la tonne sur le carreau de la mine et 11,20 fr rendu à
- Le prix de revient se décompose ainsi :
- Consommation de charbon pour
- 3070 heures par an...........23,50
- Main-d’œuvre.................... 9.40
- Réparation...................... 2,u>
- Total des dépenses d’exploitation ....................... 35 » fr
- Intérêt à 5 p. 100............ 10,25
- Amortissement à 5 p. 100. . . , 10,25
- Impôts.......................... 2,05
- Assurance....................... 0,20
- Total des charges fixes. . . 22,75 fr
- Total général............... 55,75 fr
- Dans cette évaluation est compté tout le charbon consommé dans l’usine, aussi bien pour l’entretien du feu pendant la nuit que pour la production de vapeur nécessaire à l’alimentation de cihq machines-outils. L’auteur estime que si l’on déduisait la vapeur employée à tout autre usage que la production de force -motrice, le nombre précédent se trouverait réduit de .10 p. 100, ce qui abaisserait à 50,20 fr le prix du cheval-an.
- L’évaluation du cheval-an hydraulique est plus difficile à évaluer, aussi bien aux États-Unis qu’en France. Les dépenses dues aux
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- travaux hydrauliques et à la construction de l’usine se sont élevées à 450 francs par cheval à Augusta, Ga, à 360 francs à Columbia, S. C.; pour l’usine établie sur le Merrimac, par la Concord Walee Power C°, elles sont évaluées à 394,40 fr ou à 288,75 frparcheval, suivant que l’on considère la puissance minimum (3 300 chevaux) ou la puissance maximum (5 000 chevaux) . En évaluant les charges fixes annuelles à 10 p. 100 des frais d’installation et en ajoutant les dépenses d’exploitation, on arrive, pour le prix de revient total du cheval-an dans ces trois usines^ auxchiüïes suivants, la puissance de l’usine du Merrimac étant évaluée à 3 300 chevaux seulement :
- Merrimac............... 43,^0 fr
- Columbia............... 47,5a »
- Augusta ............... 55,25 »
- On voit que ces prix diffèrent peu ; cependant Fauteur les trouve trop élevés, se basant sur le prix de revient du cheval-an dans une petite usine hydraulique, prix dont voici le détail :
- i° Dépenses d’établissement :
- Barrage.................. 2380 fr
- Conduite d:amenée........ 4860 »
- Bâtiments............... 40800 »
- Turbines. .......... 18750 >»
- 60790 fr
- 20 Dépenses annuelles :
- Intérêts à 6 p. 100 sur 66790 fr. 4000 fr
- Amortissement à 5 p. 100 sur 18750 fr (turbines et ouvrages de maçonnerie et de fer} . . 937,50 »
- Amortissement à 10 p. 100 sur 5435° fr (ouvrages en bois). . 543
- Réparations....................... 500
- Impôts 2 p. 100 sur 66790 fr. . 1335 »
- Assurance 1 p. 100 sur 24180 fr. 241,80 »
- Salaires, huile.................. 1000 »
- Dépenses annuelles . . . 8557,30 fr
- Si à ces dépenses on ajoute l’intérêt du prix d’achat des terrains environnant l’usine, estimés à 2 500 francs, et les impôts sur cette somme, c’est-à-dire 2 500 X 0,08 = 200francs, les dépenses annuelles totales se trouvent être de 8 757,30 fr.
- La puissance maximum développée par les turbines, au nombre de trois, étant de 510 chevaux, et la puissance minimum de 161, la puissance moyenne de l’installation est de 315 chevaux. Par suite, le prix de revient du cheval-an est de 27,10 fr ou de 27,80 fr suivant que l’on ne compte que les dépenses réelles de production (8 557,30 fr) ou qu’on y ajoute l’intérêt du prix d’achat des terrains environnant l’usine.
- J. R.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES ET DES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Rotation du plan de polarisation des ondes électriques par les substances à structure hélicoïdale ;
- Par J.-Chunder Bose(').
- Les membres de la Société française de physique n’ont certainement pas oublié les intéressantes expériences que faisait devant eux, l’an dernier, M. ChunderBose, pendant que M. Cornu les commentait, l’insuffi-
- (l) Note lue devant la Royal Society et reproduite dans The Electrician, t. XLI, p. 628, 2 septembre 1898.
- santé connaissance qu’avait Fauteur de la langue française l’empêchant de le faire lui-même (').
- Depuis cette époque, M. Chunder Bose a fait de nombreuses expériences montrant d’une façon de plus en plus nette les liens étroits qui unissent les ondes lumineuses et les ondes hertziennes ; dans son dernier mémoire il fait voir qu’il y a rotation du plan de polarisation de celles-ci sous l’influence d’une
- i1) Voir L'Éclairage Ëlech ique. t. XI, p. 33, 27 ma
- 1897.
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- substance à structure hélicoïdale placée sur leur trajet.
- L’appareil employé dans ce but est du même type que l’appareil primitif de l’auteur. Rappelons que celui-ci se compose d’un radiateur à sphères métalliques genre IUghi, et d’un récepteur-cohéreur à spirales, montes sur un banc d’optique. Le radiateur est relié aux bornes d’une bobine d’induction ; en fermant et en ouvrant brusquement le circuit inducteur on produit une décharge induite, et on n’en produit qu’une seule, afin de ne pas altérer inutilement les surfaces des boules entre lesquelles elle jaillit, l’altération de ces surfaces ayant, comme on sait, pour effet de faire disparaître le caractère oscillatoire delà décharge. Le récepteur fait partie d’un circuit qui comprend une faible pile et un galvanomètre très sensible; quand les ondes tombent sur lui, la résistance des contacts des spirales diminue brusquement et l’aiguille du galvanomètre est déviée ; on peut régler la sensibilité du cohéreur en modifiant la tension des ressorts au moyen de vis. Les points caractéristiques de l’appareil sont : la possibilité de produire des ondes de très faibles longueurs d’onde, permettant de montrer les phénomènes de réflexion, réfraction, double réfraction, polarisation de ces ondes avec des substances de petites dimensions ; la possibilité de déceler ces ondes malgré leur très faible intensité; enfin celle de pouvoir se servir de l’appareil pendant très longtemps sans avoir besoin de repolir les boules du radia-
- Désirant, dans ses nouvelles recherches, avoir des ondes plus courtes, l’auteur a tout d’abord cherché à obtenir ce résultat en plongeant le radiateur dans l’huile, comme l’ont fait plusieurs expérimentateurs. Mais l’emploi de l’huile présente des inconvénients, et en particulier, il rend difficile l’orientation de l’axe du radiateur suivant une direction inclinée sur l’horizontale, orientation souvent nécessaire dans les expériences de polarisation. Pour ces raisons il a préféré diminuer les dimensions du radiateur et le constituer
- | par deux sphères de 2 mm seulement de dia-j mètre chacune et séparées par un intervalle de 0,3 mm.
- Le récepteur est resté le même, mais on lui donnait sa sensibilité maxima.
- Cette grande sensibilité du récepteur engendra une nouvelle difficulté : la polarisation des ondes par les réseaux en fils métalliques utilisés dans ce but dans les précédentes expériences, n’était pas complète, et lorsqu’on disposait deux de ces réseaux à angle droit sur le trajet des ondes hertziennes, celles-ci n’étaient pas complètement absorbées et le récepteur était influencé. II fallait donc chercher des polariscurs et analyseurs plus parfaits.
- L’inefficacité des réseaux à fils pouvant être attribuée à un défaut de parallélisme et à un écartement irrégulier des fils, M. Bose construisit deux réseaux en faisant a la scie de nombreux traits parallèles dans deux plaques carrées de cuivre épais ; disposés à angle droit, ces deux réseaux absorbaient complètement les ondes.
- La construction de ces réseaux étant délicate, l’auteur essaya d’autres appareils pola-riseurs et analyseurs. Il avait reconnu antérieurement que si l’on place sur le trajet des ondes un livre épais, de telle sorte que le plan des pages contînt la direction de propagation de ccs ondes, celles-ci sont polarisées. II essaya dès lors des polariseurs et analyseurs obtenus en prenant des feuilles de papier et d’étain disposées alternativement et fortement pressées; il reconnut qu’en donnant à ces blocs de feuilles une épaisseur de 4,5 cm (suivant la largeur des feuilles) la polarisation était complète.
- La disposition expérimentale employée est la suivante ; les ondes émises parle radiateur, enfermé dans une enveloppe métallique percée d’une ouverture, tombent sur le polariseur, passent dans une ouverture carrée de 4 cm de côté percée dans un écran de cuivre de 35X35 cm2 de surface, traversent la substance étudiée, puis l’ouverture d’un second écran de mêmes dimensions que le premier, et
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- arrivent enfin sur l’analyseur tourné de go" par rapport au polariseur.
- L’appareil est d’une extrême sensibilité : lorsqu’on place les doigts sur le trajet des radiations, entre les deux écrans, l’analyseur est influencé par suite du changement du plan de polarisation d’une portion des ondes par les doigts qui agissent comme un réseau.
- Pour cette raison, il ne faut pas tenir à la main les substances dont on veut étudier l’effet sur les ondes. Il ne faut pas non plus les placer sur un support métallique, parce qu’une partie des ondes éprouvent sur ce support une réflexion qui modifie l’orientation de leur plan de polarisation et ne sont plus dès lors complètement arrêtées par l’analyseur. Le mieux est de placer la substance étudiée sur une feuille de papier mince.
- Si l’on place un paquet de jute, dont les fibres sont bien parallèles, entre les deux écrans de manière a çe que la direction de ces fibres fasse des angles de 430 avec les sections principales des analyseurs et des pola-riseurs, le récepteur est influencé : le jute possède donc les propriétés des cristaux biréfringents, fait déjà observé antérieurement par l’auteur. Si le paquet de jute est placé de manière que les fibres soient bien parallèles à la direction de propagation de sondes, il ne produit aucun effet sur celles-ci. Mais si avant de placer le paquet dans cette position, on a tordu les fibres, de gauche à droite, ou inversement, on constate que le récepteur est influencé par les ondes émises par le radiateur; il y a rotation du plan de polarisation ; c’est le nouveau phénomène que se proposait de signaler l’auteur.
- Dans une autre expérience, M. Bose a pris deux paquets de jute tordus dans des sens inverses et coupé chacun d’eux en tronçons d’égales longueurs. Plaçant ceux du premier paquet bout à bout sur le trajet des ondes, il a observé une action de cellcs-ci sur le récepteur, d’autant plus grande que le nombre des tronçons employés. était plus grand. Il en était de même avec les tronçons du second
- paquet. Mais en disposant les tronçons des deux paquets alternativement à la suite les uns des autres, le récepteur n’est plus influencé. On a ainsi des phénomènes analogues à ceux que présentent les solutions de lévulose et de dextrose, qui séparément font tourner à gauche ou à droite le plan de polarisation de la lumière, et qui, mélangées en proportions convenables, ne modifient pas l’orientation de ce plan. J. B.
- Modifications à l’électromètre â quadrants Par J. Elster et FL GeitelP).
- Les quadrants de l’électromètre reposent chacun sur trois petites tiges qui pénètrent dans les encoches et fixent leur position : ces tiges sont portées par quatre colonnes d’ébo-nitc, enfoncées dans le plateau qui porte l'instrument. Deux fortes colonnes de laiton supportent l’appareil de suspension. Celui-ci est formé d’un bouton molleté enchâssé dans un bloc d’ébonite, au moyen duquel on peut le faire mouvoir sans changer la charge de l’aiguille : le fil de suspension est en platine et a 1/20 mm de diamètre. L’instrument est entouré d’une cage métallique percée de deux fenêtres pour les lectures et dont le tord entre à frottement doux dans une rainure du plateau. La partie supérieure de cette cage s'enlève : elle porte une borne isolée, en communication par un ressort avec le fil de suspension et l'aiguille; cette borne sert à la charge de l’aiguille. Latéralement, à la hauteur des quadrants, la cage porte un tube dans lequel on place au bout d’un fil métallique fixé au bouchon un morceau de sodium gros comme une noisette, pour dessécher l’air. L’amortisseur d’oscillation consiste dans un disque circulaire suspendu horizontalement à un prolongement de l’axe de l’aiguille et plongé dans l’huile de paraffine.
- Pour régler l’instrument, on place d’abord en se guidant sur un niveau à bulle d’air,
- (M Witd. Am., t. LXIV, p. 680-684, avril 1898.
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- les supports des quadrants dans une position horizontale. On met les quadrants en place et on suspend l’aiguille en réglant la longueur de la tige de suspension de façon à ce que l’aiguille soit au milieu de la hauteur entre les quadrants puis on adapte l’amortisseur. On vérifie que l’aiguille occupant la position symétrique par rapport aux quadrants, l’image de l’cchelle se voit facilement sur le miroir. Enfin on met la cage puis on charge l’aiguille: en général sa position d’équilibre change un peu. Pour la ramener à la position symétrique, ou bien fait varier la torsion du fil au moyen du bouton supérieur, ou bien on approche un barreau aimanté qui agit sur un petit barreau suspendu dans ce but au-dessus de l’aiguille, au même fil.
- La sensibilité de cet électromètre est variable dans de larges limites. Il est bon de ne pas dépasser une charge de l’aiguille correspondant à 300 volts, sur une échelle placée à 2 m, on peut obtenir alors 150 à 400mm de déviation pour un élément Latimer-Clark (par renversement). En abaissant l’aiguille au voisinage de la face inférieure des quadrants, on arrive à 1 000 mm de déviation simple pour 1 volt. Quand l’aiguille est fortement chargée (5 à 900 volts) et qu’on veut avoir seulement quelques divisions de déviation pour un volt, on enlève les quadrants et on utilise seulement leurs supports, l’aiguille se trouvant à environ 10 mm de ceux-ci.
- M. L.
- Rotation unipolaire des rayons cathodiques;
- Par F. Bràun(').
- Le tube qui présente la forme dessinée sur la figure 1 porte en K la cathode, en A l’anode, en C un diaphragme de verre percé d'une ouverture de 2 mm de diamètre ; au fond pénètre dans l’intérieur un tube H dans lequel on introduit un barreau de fer M qui se trouve d’autre part dans l’intérieur d’une bobine servant à l’aimanter.
- i'1) IVied. Ann., t LXV, p. 368-371 (mai 1S98;.
- Les rayons cathodiques, dirigés au besoin par un petit aimant placé au voisinage de C, arrivent sur le sommet du tube H. Quand on aimante le barreau de fer M, on aperçoit sur l’écran fluorescent S, autour du tube H,
- jf
- Fig. 1.
- un anneau brillant nettement délimité vers l’intérieur et s’affaiblissant progressivement du côté extérieur. Le diamètre de cet anneau
- Fig. 2.
- croit quand on augmente l’aimantation du barreau, mais l’aspect de l’anneau n’éprouve aucun changement quand on renverse le sens de cette aimantation.
- En observant le phénomène au moyen d’un disque stroboscopique, on ne constate
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- aucune rotation des rayons. Un champ alternatif agissant en AI ne produit aucune ondulation du contour, mais seulement un.flou uniforme tout le long de ce contour. La rotation, si elle a réellement lieu, se produit donc avec une très grande vitesse.
- Si on fait osciller le faisceau cathodique en plaçant au voisinage du diaphragme C une bobine parcourue par un courant alternatif et qu’on aimante le barreau M, le faisceau est dévié comme le serait un conducteur flexible fixé à une de ses'extrémités. L’anneau brillant subsiste, mais il apparaît en même temps deux fragments brillants d’une spirale PQ (fig. 2), entourant cet anneau. Si on renverse le sens de l’aimantation de M, les spirales changent de sens, comme le veut la loi de Biot et Savart.
- Dans une autre expérience, le tube renferme un écran G en mica, rendu fluorescent sur l’une des faces (fig. 3) ; le diaphragme C
- 3-
- a 4 mm d’ouverture et un fil fin est tendu en travers de l’ouverture. Quand le faisceau cathodique est centré sur le sommet du tube H, la tache fluorescente nettement délimitée n’est en rien affectée par rétablissement ou le renversement du champ magnétique ; seule l’ombre du fil est déviée. Sur l’écran S, l’apparence est identique à ce qu’elle était auparavant. Les rayons qui traversent le diaphragme dans la direction de l’axe de l’aimant ne jouent donc aucun rôle dans le phénomène.
- Sur l’écran G se dessine une figure nettement délimitée vers le bas par une ligne
- presque droite, moins nette vers le haut. Quand l’intensité du champ augmente, la ligne mm se relève et finirait sans doute, dans un champ assez intense par devenir normale à l’axe du barreau. Si on soulève le tube, le rayon u tend toujours vers le même point du barreau ; ce point ne dépend pas non plus de l’intensité du champ.
- L’hypothèse de AI. Poincaré(‘) appliquée au cas actuel, s’énoncerait de la manière suivante : Le rayon cathodique subit d’abord une déviation normale au plan contenant le rayon et la ligne de force. La particule matérielle qui transporte l’électricité et se meut dans cette direction forme une composante du courant qui est déviée par les aimants. Cette explication convient immédiatement aux phénomènes observés quand les rayons cathodiques passent à côté du barreau, avant même que celui-ci ne soit aimanté.
- Quant au phénomène décrit en dernier lieu, M. Braun l’attribue aux rayons cathodiques qui se propagent dans la partie élargie du tube et se comportent comme les premiers. Il en résulte la formation d’un faisceau conique stationnaire. Les rayons cathodiques se présentent encore dans ce cas comme des filets de courants élastiques qui tendent à prendre une longueur minima; ils entreraient en rotation si une de leurs extrémités n’était pas fixée à la cathode. Reste h savoir pourquoi les rayons tendent à prendre une longueur minima, si cette tendance résulte seulement de l’inertie des particules matérielles entraînées et si la vitesse énorme qu’il faut attribuer à ces particules est compatible avec les lois du frottement interne des gaz. AI. L.
- Recherches sur les décharges électriques dans les gaz raréfiés ;
- Par W. Wien (2).
- Le dispositif de AI. Wien est semblable à
- (1) Éclairage Électrique, t. IX, p. 242-289.
- (a) Wied. Ann.,y LXV, p. 440-452, mai 1898. Cf. Le-îard, L'Eclairage Electrique, t. XV, p. 124.
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- celui de Lenard. Pour pouvoir changer plus facilement la fenêtre d’aluminium, elle n’est plus mastiquée, mais serrée entre deux pièces de laiton polies se vissant l’une sur l’autre, avec interposition d’une rondelle en cadmium mince.
- Le tube d’observation est enfilé sur l’armature en clinquant du tube à décharges et mastique sur cette armature. Il porte en A et B (fig. i) deux électrodes en aluminium,
- identiques entre elles, à cela près qu’à l’électrode B est suspendue une petite feuille d’aluminium ; en C est une troisième électrode formée d’un fil de platine. A part le tube d’observation, toutes les autres pièces, tube à décharges, bobine, accumulateurs, sont enfermées dans une cage métallique relice au sol.
- Tant que la pression dans le tube d’observation est égale à la pression atmosphérique, un électromètre à quadrants relié à A ou à B, indique une charge négative, dès que des rayons cathodiques sortent de la fenêtre. Si, au moyen d’un aimant, on rejette de côté les
- rayons cathodiques, on n’observe plus rien. L’électromètre relié à C n’indique rien tant que l’air .est à la pression atmosphérique.
- Quand le tube est évacué, l’électromètre indique une forte charge négative : la déviation très forte quand il est relié à B, est moins grande pour A et encore moins grande pour C. Dans le vide extrême, cette charge négative croît indéfiniment.
- Les rayons cathodiques qui traversent la fenêtre emportent donc avec eux leur charge négative. L’auteur s’est proposé ensuite de démontrer que les rayons cathodiques éprouvent une déviation dans un champ électrostatique uniforme. A cet effet, il relie les électrodes A et B alternativement aux pôles d’une batterie d’accumulateurs à haute tension (2 400 volts) ; de la déviation observée, il a déduit pour le rapport de la charge entraînée à la masse des particules, 5,io~\
- 11 est naturel de chercher le complément des charges négatives transportées par les rayons cathodiques dans les rayons-canal de Goldstein, qui se propagent en arrière de la cathode. Le tube d’observation ne peut plus
- être complètement fermé, car les rayons-canal traversent les solides beaucoup moins facilement que les rayons cathodiques. L’anode est en b (fig. 2) ; la cathode est formée d’une toile métallique a qui occupe toute
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- la section du tube; une électrode se trouve en c au fond du tube, en arrière de l’anode. Cette électrode c se charge toujours positivement, même quand la pression est encore assez grande pour que les rayons-canal ne soient pas visibles; mais la charge cesse de se produire dès qu’on recouvre la toile métallique de papier, de mica ou de métal.
- Si on met entre la cathode a et l’anode b une autre cathode en toile métallique, les rayons-canal sont mélangés de rayons cathodiques. Aux pressions relativement grandes, ces derniers sont prépondérants et on observe des charges négatives, qui diminuent quand on dévie les rayons par un aimant ; aux pressions basses, les rayons-canal prennent le dessus et les charges deviennent positives. Pour une pression convenable, on a une charge négative qui devient positive quand on écarte les rayons cathodiques au moyen d’un aimant. Puisque les rayons-canal transportent des charges positives, ils doivent être déviés par le champ magnétique ou le champ électrique en sens contraire des rayons cathodiques. C’est en effet ce qui a lieu, mais l’observation est plus difficile que pour les rayons cathodiques.
- Pour mettre en évidence la déviation par le champ électrique, la cathode a (fig. 3) est constituée par une lame de métal percée d’un trou ; sur les deux faces sont mastiqués des tubes de verre dans l’un desquels est scellée l’anode A, et dans l’autre deux électrodes se faisant vis-à-vis : quand on établit entre ces électrodes une différence de potentiel de 2000 volts, le faisceau de rayons-canal est dévié du côté de l’électrode négative.
- S’il s’agit d’observer la déviation magnétique, il faut éviter l’action du champ sur la décharge elle-même. La cathode est alors en fer; les pôles de l’électro-aimant placés au contact du tube en S et N (fig. 3) ; la partie b du tube est entourée d’un tube de fer dont l’épaisseur est de 2,5 cm. Cette disposition atténue beaucoup le champ magnétique à l’intérieur de b. Pour avoir une idée de l’intensité du champ magnétique, on mesure la
- déviation des rayons cathodiques, obtenus en prenant A comme cathode. D’après les déviations observées, on calcule pour les rayons-canal une vitesse égale à 3,6 io7etpourle rapport de la masse à la charge 3,2 io_s.
- Dg. h
- Dans ces expériences, il est à remarquer que l’électrode percée émet encore par sa face postérieure des rayons visibles, même quand elle fonctionne comme anode. Pour mieux étudier ce rayonnement, on donne au tube une forme telle que les rayons cathodiques ne puissent atteindre l’électrode percée (fig. 4). Même quand le vide est très avancé, ces rayons sont toujours diffus. Ils transportent aussi des charges négatives et sont très sensibles à l’action des forces électrostatiques : un corps chargé négativement les repousse ; il suffit pour produire cette répulsion de relier l’une des électrodes b au sol. Ils sont également déviés par le champ magnétique, dans le même sens que les rayons cathodiques.
- En prenant K comme cathode et A pour anode, on observe aussi une émission par l’électrode de rayons chargés positivement, se propageant dans le même sens à partir de l’anode que les rayons cathodiques à partir de la cathode. Ces rayons positifs sont toujours mélangés de rayons négatifs dont on peut les séparer par l’action du champ magnétique ou du champ électrique.
- Si le vide n’est pas trop poussé, ces rayons positifs apportent aux électrodes^» assez d’élec-
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- tricité pour que, celles-ci étant reliées au sol, il se produise à leur surface une lueur négative nettement visible ; si elles ne sont pas reliées au sol, elles se déchargent par aigrettes.
- De ces observations, il faut conclure que la décharge dans les gaz raréfiés est analogue à l’électrolyse en ce sens que des particules électrisées se déplacent en sens contraire avec des vitesses différentes. Seulement, dans les gaz raréfiés, il se produit des accumulations d’électricité libre en certains points, comme l’ont montré les mesures de potentiel effectuées par Hittorf et parWarburg. Il en résulte que les lignes de force peuvent se fermer dans le gaz et les particules électrisées acquérir une vitesse suffisante pour être lancées hors du champ.
- Il faut considérer comme courant le champ dont l’énergie est employée à produire le mouvement des molécules, et suivant les idées de Maxwell, provoque ainsi dans l’espace environnant les forces magnétiques. Une fois que les rayons cathodiques sont sortis de ce champ, ils n’ont plus rien à faire avec la trajectoire du courant et ils continuent leur route en ligne droite, jusqu’à ce qu’ils arrivent dans la sphère d’action d’autres forces électriques ou magnétiques ou qu’ils soient arrêtés par un corps solide.
- Le défaut d’uniformité du champ dans le gaz raréfié provient peut-être de ce que les particules chargées ne sont pas identiques aux molécules chimiques.
- La lumière positive différerait de la négative seulement au point de vue quantitatif, parce que le champ est plus faible auprès de l’électrode positive, et par suite la vitesse communiquée aux particules, plus petite : pour cette même raison, ils sont plus déviables.
- Puisque la décharge cesse quand le vide est poussé très loin, les particules électrisées sont sans doute en relation étroite avec les particules matérielles et la décharge cesse quand celles-ci sont en trop petit nombre.
- Comme les particules positives et négatives se rencontrent aussi bien dans la lumière positive que dans la lumière négative, il conviendrait d’abandonner la désignation de rayons cathodiques, rayons-canal, lumière positive, et de distinguer seulement les particules positives et les particules négatives.
- M. L.
- [Sur la transformation des variations lumineuses en reliefs mobiles ;
- Par Dussaud (h-
- Récemment M. VI. de Turine décrivaitdans ce journal un projet d’appareil où les variations de résistance du sélénium sous l’influence de la lumière étaient mises à profit pour produire des sons de hauteurs différentes permettant aux aveugles de lire en quelque sorte au moyen de l’oreille. M. Dussaud utilise ces variations à la production de reliefs permettant aux aveugles d’acquérir la notion du mouvement et du déplacement d’objets placés'devant des plaques de sélénium et fortement éclairés.
- Voici d’après la note de l’auteur le but et la description de cet appareil :
- « Ayant disposé un faisceau lumineux en A, je me suis proposé d’obtenir en B un relief mobile dont les saillies soient proportionnelles aux variations d’intensité produites dans le faisceau A, et ceci aux points correspondants.
- («) Comptes rendus, t CXXV1I, p. 417, séance du 12 septembre.
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- Le dispositif suivant permet d’obtenir ce résultat :
- » Deux obturateurs identiques, l’un en A, l’autre en B, percés de petites ouvertures à écartement fixe et disposées en hélice, tournent synchroniquement, l’un devant le faisceau lumineux en A qu’il décompose en faisceaux élémentaires, l'autre devant un faisceau de tiges parallèles mobiles en B.
- » En A, des lames séléniées reçoivent successivement les faisceaux élémentaires dont je viens de parler. Ces lames sont disposées dans le circuit primaire d’une bobine d’induction, dont le circuit secondaire constitue la ligne de transmission jusqu’en B.
- » En B se trouve intercalé dans cette ligne de transmission un téléphone dont la membrane agit distinctement, par un système multiplicateur, sur chacune des tiges parallèles mobiles placées en B, pour les soulever plus ou moins contre l’obturateur.
- » Lorsqu’on place les doigts au-dessus de l’obturateur en B, on constate l’existence d’un relief mobile, dont les variations de saillie correspondent aux variations d’intensité produites dans le faisceau A.
- » En effet, emA les faisceaux élémentaires
- d’intensité variable frappent successivement les lames séléniées qui, par leur changement de résistance, déterminent l’envoi de courants électriques proportionnés au téléphone placé en B. La membrane de ce téléphone vibre et en conséquence soulève plus ou moins le faisceau des tiges parallèles. Ce soulèvement est le même pour toutes les tiges; mais grâce aux obturateurs synchrones, les doigts placés en B ne perçoivent ce soulèvement qu’à la place correspondant à celle où a eu lieu la variation d’intensité lumineuse dans le faisceau A, et, comme toutes les tiges passent dans un temps très court à travers, l’obturateur ayant les doigts placés en B croit sentir un relief mobile avec les saillies voulues en chaque point.
- » En substituant au faisceau A une chambre noire dont l’obturateur mobile constitue le fond, on peut projeter sur le bloc sélénié l’image d’objets très simples, très éclairés, et même s’ils sont en mouvement, les doigts placés en B les distinguentavecplusoumoins de facilité, ce qui peut permettre à des personnes privées de la vue de s’exercer à acquérir la notion du mouvement et du déplacement de ces objets. »
- BIBLIOGRAPHIE
- Cours cL’Electrioité théorique et pratique ; par C. Sarazin. Un volume de 633 pages, 592 figures. E. Bernard et Cie, imprimeurs-cditcurs, Paris, 1898.
- L’auteur a reproduit dans cet ouvrage les leçons qu’il a faites à l’École nationale des arts et métiers d’Angers ; aussi le livre est-il essentiellement pratique, il s’adresse à des élèves qui n’ont pas- le temps de se livrer aux études théoriques, mais il pourra être feuilleté utilement par nombre d’ingénieurs qui y trouveront de précieux renseignements sur les différents modèles des appareils récents.
- Le livre débute par une introduction où sont rappelées les définitions des grandeurs et des unités.
- La partie théorique, quoique ayant une certaine étendue ne contient que les explications indispensables à l’étude de l'électricité, c’est surtout un résumé rapide mais complet des lois de l'électrostatique et du magnétisme.
- Quelquefois pourtant l’auteur a employé les différentielles, mais l’emprunt fait à l’algèbre supérieure n’est pas de longue durée, et d’ailleurs il est facile de passer le calcul pour ne retenir que le résultat ; aussi nous permettrons-nous de faire observer que ces développements non indispensables allongent un peu un ouvrage déjà important.
- L’étude des courants et de leur action soit sur les aimants, soit sur d’autres courants, est avec celle de l'induction la partie la plus soigneusement exposée
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- de l’ouvrage, et cela est naturel puisque l’auteur avait en vue l'étude des applications de l’électricité.
- Les mesures électriques font l’objet des chapitres suivants, qui en conservant un caractère pratique sont néanmoins expliquées avec toute la rigueur désirable.
- Ensuite commence la partie pratique avec les dynamos, la distribution de l'électricité, l'éclairage et le transport de l'énergie électrique. Les appareils types sont seulement décrits et si quelque autre présente assez d'importance pour être signalé, les modifications principales sont données en quelques lignes. Au chapitre du transport de l’énergie, l'au-
- teur étudie les moteurs à courant continu, les moteurs monophasés synchrones et asynchrones et les moteurs à champ tournant en faisant suivre cette étude d’une comparaison de ces divers moteurs. Des tableaux et des exemples numériques sont disposés fréquemment pour faciliter l'emploi des lois et des formules.
- Les derniers chapitres traitent plus rapidement la télégraphie et la téléphonie. Lnlin quelques pages sont réservées à l’électrochimie ; ce n’est qu’une indication, mais on ne saurait demander plus ici, puisque l’électrochimie demanderait à elle seule un volume. G. G.
- CHRONIQUE
- Sur la déeouverto de F aluminium. — Beaucoup de ceux qui aujourd’hui emploient l'aluminium ne se doutent certes pas que ce métal était connu au temps de Tibère. C’est cependant l’exacte vérité si l’on s’en rapporte à plusieurs auteurs latins (Pctro-nius Arbiter, Satiricon, ch. li ; Dio Cassius, R. R. lib. LVII, ch. xxi; Pline, Hist. naturalis, 1. XXXVI, ch. lxvi, § 195).
- Sainte-Claire Deville, le véritable fondateur de l'industrie de l'aluminium, n'ignorait point ccttc antériorité et la mentionnait dans une des Soirées de la Sorbonne de 1864.
- « Permettez-moi, disait-il à son auditoire, de mentionner aussi un prédécesseur vraiment malheureux qui ne doit pas être oublié dans l'histoire de l’aluminium.
- > Je dois sa biographie au général de Bcville, qui l’a recherchée dans plusieurs auteurs latins.
- » Un pauvre ouvrier a su séparer du verre, qui contient de l'alumine, un métal avec lequel il forma une coupe qu’il offrit à Tibère. L’empereur accepta la coupe et loua l'ouvrier outre mesure.
- » Celui-ci pour montrer à l'empereur les précieuses qualités de ce métal, prit la coupe et la jeta à terre; elle ne se brisa point; elle se déforma légèrement et put être réparé^ au moyen de quelques coups de marteau aussi facilement que si elle avait été en or ou en argent. Ce métal, produit au moyen de l’argile, était et ne pouvait être autre chose que de l’aluminium. On demanda à l’ouvrier si le secret de sa préparation n’était connu que de lui seul : <•. De moi seul et de Jupiter, » répondit-il. Tibère,
- dans la crainte que la valeur de For et de l’argent ne fut dépréciéeparun corps aussi vulgaire que l’alumine, fit détruire l’atelier de l’ouvrier et à lui-même il fit trancher la tête: Eum decollari jussit Imperator.»
- En rapportant cette anecdote, M. A. Duboin, professeur adjoint à la Faculté des sciences de Clermont-Ferrand, fait remarquer dans la Revue générale des Sciences qu’il est fort possible que l’aluminium ail pu être préparé à cette époque lointaine. On sait en effet que l’alumine, chauffée en présence de borax, d’un peu de silice et cle charbon, est réduite avec production d’aluminium métallique. Si l’on songe que l’acide borique est extrêmement abondant en Italie, il ne peut paraître impossible qu’on ait pu mettre en présence les trois corps : acide borique, potasse, alumine qui, sous l'influence de l'action réductrice du charbon, peuvent fournir de l’aluminium.
- Les installations électriques en Suisse. — D'un rapport du Conseil fédéral sur la gestion du département des Postes et des Chemins de fer en 1897, n.ous extrayons les renseignements suivants sur les installations électriques, lesquelles relèvent de ce département :
- • Pendant l’exercice écoulé 35 projets d'installations à courant fort ont été examinés et autorisés, vis-à-vis de 60 pendant l'année précédente ; en outre 3 projets pour extension d’installations existantes (28 en 1896).
- * Les 35 nouvelles installations se classent comme
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- 24 Septembre 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 563
- ” 17 installations pour éclairage électrique {13 à courant continu et 3 à courant triphasé)';
- » 4 installations pour transport d'énergie (1 à courant continu et 3 à courant triphasé);
- » 14 installations servant en même temps à l’éclairage et au transport d’énergie (7 à courant continu et 7 à courant triphasé).
- > En_ outre deux projets de tramways électriques raccordés à des stations électriques existantes ont été approuvés, savoir :
- » 1. Le tramway de Fribourg, qui reçoit sa force motrice de la station centrale à courant continu de l’administration des eaux et forêts de Fribourg.
- ” 2. Tramway Bex-Villars, exploité à courant continu provenant de F « usine de la Société des forces motrices de l’Avançon ».
- » Suivant l'importance de la source d’énergie exprimée en kilowatts, les projets peuvent être divisés en ;
- 27 installât, avec une puiss. de x à 100 kwt. 925
- 6 - - loo à 500 I324
- 2 — — plus de 500 2 740
- Total............ 4989
- » Donc, la quantité de force motrice dont l'exploitation a été résolue pendant l'exercice est de 4 989 kilowatts (6 800 chevaux) vis-à-vis de 6 747 kilowatts (9 000 chevaux) dans l’année précédente.
- " Parmi les installations plus importantes, il y a lieu de mentionner :
- > 1. L’usine électrique de Schwyz, puissance
- •i 2. L’usine de la Société des forces motrices de l’Avançon, à Bex, puissance 1 620 kilowatts.
- » Le nombre des nouvelles exploitations a de nouveau considérablement diminué vis-à-vis de l’anncc précédente, ce qui s'explique par le fait que celles des installations dont la source d’énergie et la distance du point de consommation ont été reconnues particulièrement favorables, ont, en grande partie, déjà été exécutées.
- > Il s’agit actuellement plutôt de projets importants qui, grâce à leur puissance et à des réseaux de lignes à haute tension très développés, sont à même de fournir de l’énergie en quantité suffisante et à un prix relativement modéré à des régions assez étendues. L’achèvement de ces réseaux de lignes s’opère toutefois graduellement. »
- Examinant ensuite les accidents produits par le voisinage des réseaux de distribution et des réseaux télégraphiques et téléphoniques, ce rapport ajoute :
- « Dans les croisements de fils télégraphiques et téléphoniques avec les lignes à courant fort, on prévient un contact avec ces dernières par l’installation de filets protecteurs. Ces installations ne se font toutefois pas toujours d’une façon irréprochable, de sorte que leur efficacité est, dans bien des cas, absolument illusoire. Afin d’écarter à temps les dangers d'incendie, un contrôle plus sévère et incessant est de toute nécessité, mais possible seulement moyennant une augmentation du personnel technique. Pour garantir les installations télégraphiques et téléphoniques contre les dommages pouvant résulter des courants forts de moyenne et de basse tension, des dispositifs spéciaux, à pièce fusible, sont intercalés devant les appareils, mais en présence de relèvement successif d.c la tension d’exploitation des chemins de fer électriques on ne peut s’en tenir au modèle actuel. Des essais récents, faits sur des installations existantes, ont suffisamment démontré que la question d’un système rationnel assurant la communication à la terre sous Faction d’une décharge atmosphérique et l’interruption sous celle d’un courant fort de moyenne tension, n’est actuellement pas encore éclaircie, mais qu’elle réclame une étude plus approfondie et de nouveaux essais. »
- Tableau I. — Statistique des distributions électriques en Suisse.
- ANNÉES 1890 1894 1896
- Nombre de distributions d’éclairage et distributions d’éclairage et de force 35i 677 866
- Nombre des transmissions et distributions de force . 25 77
- Nombre des génératrices et moteurs. 531 ,404 2553
- Puissance en kilow. 7060 28831 53485
- Nombre des lampes à incandescence. . 51255 145984 212568
- Nombre des lampes 845 2126 2714
- Nombre des batteries d’accumulat. 4- 161 248
- Le développement des installations électriques en Suisse a d'ailleurs été très rapide, comme le montre
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Tableau II. — Principaux trai
- NOM DE LA STATION (chevaux) NOMBRE
- 1892 Albino (Le Lerio) 975 3 turbines.
- 1892 Birberist (Solcure) 3^5 Turbines.
- 1893 Dorcnbcrg (sur l’Emme) . . ,300 2 turbines.
- 1894 Davos (Le Sertig) 43° 300 3 »
- 1894 La Goule (sur le Doubs). . . 4000 1500 3
- 1894 Aarau (sur l’Aare) 800 3
- 1894 Zuflkon-Bremgarten (sur la Reuss) 1300 4
- 189s Vuargny-Aigle • ,„00 5
- 189s Crï°n 39° 3 »
- 1896 Chèvres (sur le Rhône) . . . .3000 4800 4 »
- 1896 ValdeTravers(surla Reuss). 1250 750 3
- 1896 Combe-Garrot (sur la Reuss) 3600 ,600 4 »
- 1896 Wynau (sur l’Aare) 3000 5
- 1896 Olten-Aarburg (sur l’Aare) . 2500 1800 6
- 1896 Rathausen (sur la Reuss) . . 1500 900 3 »
- 1896 Sihl (sur la Sihl) 1600 ,300 4
- 1896 Les Clées (sur la Reuss). . • 1500 ,300 5
- 1896 Rheinfeiden (sur le Rhin). . >' 15000 30 ,.
- SYSTEME DE DISTRIBUTION
- 2 dynamos Thury en tension.
- ( Courants alternatifs monophasés, transformés à i ooo volts, puis à 120 dans des f sous-stations.
- ( 3 dynamos, courants alternatifs,
- ( 16 transformateurs.
- i Courants alternatifs monophasés. Distri j bution en parallèle ; transformation ( dans les sous-stations.
- ^ Courants diphasés à 4 fils. Distribution . en parallèles, transformation dans le;
- sous-stations et dans les maisons.
- || Courants triphasés transformés à 200 e1 \ 120 volts, transformés à Woffren er
- ' courants continus.
- ( Courant continu en série et courant ( alternatif simple.
- | Courant alternatif simple.
- I Courants alternatifs monophasés pour
- < l'éclairage ; biphasés pour la force f trice (4 fils).
- / Distribution en série — courant continu. ) — Transformateurs et batteries d’accu
- ( mulatcurs dans les localités.
- ; Distribution en série — courant continu ) — Transformation dans deux grande;
- f stations.
- I Courants triphasés distribués enparallèlt \ et transformés à 500 et 120 volts.
- ( Courants diphasés à 4 fils. Distribution | parallèle, transformationdansdessous f stations et dans les maisons.
- | Courants diphasés à 3 fils avec ou sans ( transformation dans des sous-stations.
- Courants diphasés à 4 fils, transformés \ dans des sous-stations en courants di ) phasés à 240 volts pour la force \ pour l’éclairage.
- Courants alternatifs triphasés pour la forc< \ et monophasés pour l’éclairage, trans
- < formés dans des sous-stations. f partie convertie en courant confia»
- pour les tramways.
- I Courants triphasés.
- 24 Septembre 1898.
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- rts d’énergie en Suisse.
- rtSJON MAXIMA LONGUEUR S (kilomètres)! USAGES
- 1500 3,5 720 métiers de filature.
- 6800 28 Papeterie.
- 3000 5-5 Distribution d’éclairage et de force dans la ville de Lucerne et ses environs.
- 33<>0 Eclairage. Distribution d’éclairage et de force dans les localités environnantes (17 com-
- 5500 (34) munes) par 4 lignes rayonnantes. — A Saint-lmier le courant alternatif est transforme en courant continu.
- 5000 5000 et 5000 Distribution de force dans la ville d'Aarau par 3 canalisations principales. Transport de force pour 2 usines privées de Zurich de 350 et 500 chevaux et
- 30 =,7 la station d'éclairage de Vollieu (80 chevaux).
- 3000 5 Distribution souterraine à 3000- volts pour la ville de Genève pour l’éclai-
- }000 et 5°°° 6 rage public et privé et pour la force motrice et les tramways, 2 lignes aériennes et 7000 volts pour la distribution de l’éclairage et de la force dans les villages environnants.
- ,0400 35 Distribution d'éclairage et de force dans les communes du Val de Travers. Distribution d’éclairage et de force motrice dans les villes de la Chaux-de-
- 12 et 20 (48) Fonds et du Locle et les communes avoisinantes.
- 8000 Distribution d'éclairage et de force dans les localités avoisinantes. Distribution d’éclairage et de force dans les communes d'Aarburg-Schonem-
- 5000 verd-Oiten, Rolleken-Uerbheim, Zofingen, Brittnau. La plus grande partie de l’énergie est employée pour les usages mécaniques.
- 3300 3 (10,s) Distribution de force dans Lucerne et les communes environnantes. Distribution d’éclairage et de force dans 6 centres industriels de la rive gauche du lac de Zurich, et dans 4 villages de la montagne, 2 canalisa-
- 5000 18 et 9 tions à 6 conducteurs chacune (4 pour la force, 2 pour l’éclairage) ayant respectivement comme toujours 18 et 9 km. — Longueur totale du réseau primaire 42 km. — Surface desservie par le réseau secondaire 22 km2.
- 4000 9.5 Distribution d’éclairage et de force dans la ville de Neuchâtel.
- 6800 30 Distribution d’éclairage et de force dans un rayon de 20 km.
- longueurs entre parenthèses indiquent 1, développements totsox de,
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- ableau II (Suite). — Principaux transports d'énergie en Suisse.
- 566
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. — N» 39.
- le tableau qui donne le nombre et la puissance des installations en fonctionnement au commencement des années 1890, 1894 et 1896.
- Dans le tableau II nous avons rassemblé quelques renseignements sur les principales installations faites en vue de la distribution de l’énergie par l’électricité.
- Nouveaux charbons Fabius Henrion pour lampes à arc. — Ces nouveaux charbons, qui portent la marque ±±, ont été récemment essayés au Laboratoire central d’Électricité. Voilà les résultats de ces essais d’après le certificat qui nous a été commu-
- Les mesures de résistivité ont été faites sur cinq charbons homogènes de 12 mm de diamètre et sur cinq charbons à mèche de 17 mm de diamètre ; elles ont fourni les chiffres suivants exprimant les résistivités en ohm : cm
- 0,00 696 0,00695
- 0,00695 0,00736
- ,,00790
- >,00789
- L'usure horaire de ces charbons montés sur une lampe à arc Pilsen à courant continu, fonctionnant au régime de 10 ampères et de 43 volts environ, a été trouvée égale à 15,5 mm pour le charbon positif à mèche de 17 mm, et à 12,3 mm pour le charbon négatif homogène de 12 mm de diamètre. La courbe de la différence de potentiel aux bornes de la lampe, enregistrée pendant une heure, montre que cette différence est presque constante, ses variations n’atteignant pas deux volts.
- Le poids des cendres recueillies a été de 0,52 gr pour une usure de 48 gr des deux charbons,
- ERRATA
- Dans la revue Le nouveau phare d'Eckmühl à Penmarch, par C. du Riche Piœller, publiée dans le numéro du 27 août, p. 368, l’orthographe de quelques noms propres doit être rétablie comme il suit :
- P. 368, au lieu de Jolly lire de Joly ; p. 378, aulieu de Sillonna lire Ciolina; p. $71,au lieu de de Mériten lire de Méritens.
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- TABLE METHODIQUE DES MATIERES
- ÉLECTRICITÉ ET MAGNÉTISME
- Théories. — La théorie de Lorentz
- de Larmor.—A. Liénard. . . 320,
- Champ électrique et magnétique produit par une charge électrique concentrée en un point et animée d’un mouvement quelconque. —A. Liénard. . 5
- Conducteurs. — Application de la fonction gamma à un problème d’électrostatique. — R.-H. J iule...............473
- Influence de la trempe sur la résistance électrique del’acier. —H.Le Chatelier. 42
- Projet d’un appareil électrique permettant aux aveugles de lire les caractères ordinaires. — VI. de- Turine. . . . 237
- Sur la transformation des variations lumineu-
- ses en reliefs mobiles.— Dussaud . 360
- Résistance électrique au contact de deux disques d’un même métal. —
- Edouard Branly....................385
- Diminution de résistance provoquée par les oscillations électriques et acoustiques.— F. Auerbach...........................303
- Influence de la forme des courants alternatifs
- sur les mesures de capacité et de coefficients d’induction. —H.-F’. Weber. 304 Méthode approximative simple pour la détermination des harmoniques d’une courbe périodique donnée. — E.-J. Houston et A.-E. Kennelly .... 300
- Diélectriques.
- Calcul graphique des courants alternatifs industriels. Classification des problèmes sur les circuits. — Ch.-Eug.
- Gitye...............................397
- Electrolytes. — Données numériques fondamentales pour la conductibilité des électrolytes. — F. Kohlrausch, L. Holborn et H. Diesselhorst. . . . 461
- Electrolyse du chlorure de platine. — F.
- Kohlrausch..........................468
- Dissolution du platine et de l'or dans les
- électrolytes. — M. Margules . . . 469
- Transport des ions dans les dissolutions très étendues des sels de zinc et de cadmium. — G. Kummel..............................466
- La puissance d’affinité des bases et des acides évaluée d’après les phénomènes de dissociation électrolytique. — A.
- Hollard...............................285
- Endosmose électrique. — F. Braun .... 464
- Détermination du coefficient de diffusion par la méthode électrolytique de Weber. — W. Seii{................................465
- Polarisation des membranes minces. W.
- Nernst et A. Scott....................463
- Diélectriques. — Propriétés diélectriques de
- la glace. — A. Abegg..................255
- Bouteille de Leyde à capacité variable. —
- S. Leduc............................311
- Théories, Conducteurs Électrolytes et
- 361
- Décharge électrique.
- Déperdition. — Vent électrique et vent magnétique. Pouvoir des pointes. — Lehmann, Arrhénius IVarburg . . Mesure de la vitesse des particules électrisées
- 'h
- dans la décharge par la lumière ultra-violette. — H. Buisson. . . 389
- Décharge de rupture. — Etudes expéri-
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- 568
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. _ H« 39,
- mentales sur les étincelles électriques. — S. Leduc................
- Expérience de cours sur l'influence mutuelle de deux étincelles. —J.-J. Karoly. Sur la multiplication paradoxale de la décharge dérivée d'un condensateur.
- R. Swyngedauw.....................
- Sur un courant de rupture. — L. Arons . . Force contre-électromotrice dans l'arc jaillissant entre électrodes d’aluminium.
- Décharge dans les gaz raréfiés. — Distribution des charges électriques dans l’intérieur des tubes de Geissler. —
- E. Riecke.......................
- Recherches sur les décharges électriques dans les gaz raréfiés. — W. Wien. . . . Modifications des pressions intérieures exercées dans des récipients clos et vidés et soumis aux influences des courants
- électriques. — G. Séguy...........
- Rayons cathodiques. —.Sur les rayons cathodiques. — E. Wiedemann et G.-C.
- Schmidt...........................
- Sur les rayons cathodiques.—P. Viilard, . Sur les rayons cathodiques simples. — E.
- Goldstein.........................
- Sur l'expérience de la Croix de Crookes. — P. Viilard.................................
- 78
- 557
- 425
- 3J3
- Influence mutuelle des différentes régions d’une même cathode. — E. Wiedc-
- mann............................... 84
- Relation entre la lumière positive et la région cathodique obscure. — E.
- Wiedemann.......................... 83
- Sur la diffusion des rayons cathodiques. —
- P. Viilard.........................388
- Relation unipolaire des rayons cathodiques
- F. Braun.........................536
- Déviation des rayons cathodiques. — W.
- Kaufmann, E. Aschkinass .... 86
- Complément au mémoire sur la déviation magnétique des rayons cathodiques.
- W. Kaufmann........................ 87
- Sur les nœuds de lumière qui se produisent dans un faisceau de rayons cathodiques dans l’influence d’un champ magnétique. — E. Wiedemann et
- A. Wehnelt........................ 130
- Influence du champ magnétique snr l’intensité de la décharge dans les gaz raréfiés. — A. Paal^ow et F. Neescn. . 164
- Dispersion électrique et magnétique des rayons cathodiques. —J. Ritter von
- Geitler........................... 439
- Explication simple de plusieurs phénomènes célestes par les rayons cathodiques.
- J. Deslandres......................427
- Oscillations hertziennes.
- Oscillations électriques d'ordre supérieur. —
- M. Lamotte......................303
- Etude des oscillations hertziennes par les ondes stationnaires dans les fils. —
- A. Elistroem....................262
- Etude des oscillations par l’élcctromètre. —
- A. Toe.pler.....................258
- Sur le passage des ondes électromagnétiques d’un fil primaire à un fil secondaire qui lui est parallèle. — C. Gution. 382
- Figures de Lichtenberg et ondes électriques
- dans les fils. — W. von Be\old . . 237
- Amortissement des résonateurs électriques.
- — A. Lagergren..................260
- Amortissement des ondes électriques. —
- M, Planck.......................261
- Absorption inégale de la vibration électri-
- que et de la vibration magnétique des ondes hertziennes. — A. Wait259 Sur l'absorption des 0ndcs6lectriqu.es par les
- substances chimiques. —Drude. . 104
- Une enveloppe métallique ne se laisse pas traverser par les oscillations hertziennes. — Edouard Branly . . . 155
- Mesure de la duree des oscillations électriques de longue période. — J. Berg-
- mann................................470
- Rotation du plan de polarisation des ondes électriques par les substances à structure hélicoïdale.—J. Chunder Bose.........................................555
- Rayons Roentgen, Rayons Becquerel, etc.
- Mécanisme de la décharge parles rayons X. Sur les transformations des rayons. X. —
- G. Sagnac...............; . . 158 t Hurmu\escu......................314
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- 24 Septembre 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 569
- Champ électrique entre deux électrodes de métal exposées aux rayons de Rœntgen. — C.-D. Chili...................256
- La régénération des écrans au platinocyanure de baryum par la lumière. — P.
- Villard.............................313
- Sur l’endo-exploration rœntgénienne des vivants. — A. Rémond et Noê. . . . 315
- Propriétés magnétiques des aciers trempés
- sous forme d’anneaux. — M™ Sklo-
- dowsha Curie...................... 151
- Sur la constance de l’aimantation des barreaux aimantés. — Mmo Sklodowska
- Curie............................117
- Recherches sur le nickel et ses alliages. —
- Ch.-Ed, Guillaume..................287
- Recherches sur les propriétés magnétiques des aciers au nickel. —Eug. Dumont ......................................2C)2
- Propriétés magnétiques de quelques roches
- basaltiques. — F. Pockcls..........129
- Influence des secousses sur la susceptibilité
- magnétique. — C. Frotnmc. . . . 162
- Contribution à l’étude de la viscosité magnétique. — J. Klemencic...................... 161
- Sur les écrans magnétiques. — Ch. Mau-
- Applications cliniques de la radiographie. . 351
- Sur une substance nouvelle radio-active, contenue dans la pechblende. —
- P. Curie et Mm* S. Curie............252
- La lumière du ver luisant et l’influence des vapeurs de corps solides et liquides sur les plaques photographiques. —
- H. MuraoTta et M. Kasuya. . . . 128
- Sur les écrans magnétiques. — Searlc . . . 280
- Ecrans magnétiques. — H. Du Bois. ... 163
- Sur les propriétés thermomagnétiques du bismuth dans le sens longitudinal.—
- R. Defregger.......................2^4
- Champ électrique et magnétique produit par une charge électrique concentrée en un point et animée d’un mouvement quelconque. — A. Lie-
- nard .......................5, 53, 106
- Vent magnétique et vent électrique. Pouvoir des pointes. —Lehman»., Arrhe-
- nius et Warhurg....................165
- Etude sur les électro-aimants. — C. Fery. . 318
- Action sur les décharges. — (Voir plus haut Décharge électrique).
- Phénomène de Zeeman.— (Voir plus loin Electro-optique.)
- Sources d’électricité.
- Recherches expérimentales sur l'origine de l’électricité de contact.— C. Chris-
- tiansen........................344
- Etude surla machine de Wimshurt.— S. Leduc 309
- Force électromotrice des éléments à amalgame de cadmium.— W.Jageer. . 306
- Modification du sulfate de zinc dans l’élément Latimer Clark.— W.Jaeger. 305
- Électricité atmosphérique et magnétisme terrestre.
- Contribution à l’étude des décharges atmosphériques. — Salvadore Alfredo
- Montel............................ 183
- Nouvelle méthode de mesure de l'inclinaison magnétique et de l’intensité de la
- composante horizontale du champ magnétique terrestre. — G. Meyer. 348 Nouvel appareil pour l’étude des variations du champ magnétique terrestre. —
- A. Heydweillcr....................347
- Électro-optique.
- Phénomène de Zeeman. — Sur l’interprétation I Sur l’absorption de la lumière produite par cinématique du phénomène de Zee- un corps placé dans un champ maman. — A. Righi................................................139 I gnétique. — Auguste Righi. . . . 384
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- 570
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI.— N°39.
- Observations nouvelles sur le phénomène de Zccman. — P. Becquerel et H.
- Deslandres......................
- Actiondumagnétisme sur lesspectres du gaz.
- — Edm. van Aabel................
- àctinoélectricité. — ^Obtention de photographies colorées par l’actino-électri-cité. — L. Delvale%.....................
- Relation entre la fluorescence et les propriétés photo-électriques. — G. - C.
- Schmidt............................433
- Action sur le sélénium. — Projet d'un appareil électrique permettant aux -aveugles de lire. — VI. de Ttirine . 237
- Sur la transformation desvariations lumineuses en reliefs mobiles. — Dussaud. 560
- Électrobiologie.
- Résistance du corps humain dans la période d’état variable du courant galvanique. — Dubois (de Berne) ......................................................................................... 79
- APPLICATIONS
- Génération, transformation de l’éi
- Machines motrices. — Sur la puissance et la régulation des moulins à vent. —
- La Cour..........................478
- Sur la puissance maximum des stations géné
- ratrices à vapeur................
- Comparaison entre les prix de revient d'une petite puissance électrique produite hydrauliquement ou par machine à
- vapeur.......................• . . 308
- Comparaison des prix de revient de l’énergie produite par la vapeur et par les chutes d’eau. — William-O. Web-
- Comparaison des prix de revient de l’énergie produite par la vapeur et par les
- chutes d’eau. —P. Janet............547
- Moteurs à gaz et à pétrole The Globe . . . 334 Dynamos. — Dynamos à courant continu. —
- C.-F. Guilhert.....................405
- Dynamo Remon Casas à balais tournants . . 405
- Dynamo unipolaire de A. de Puyt et M. Pon-
- cin................................407
- Dynamo unipolaire A.-E. Badger..............409
- Dynamos de faible puissance A.-W. Marshall. 410 Dynamos pour éclairage de lanterne de bicyclette, — E.-W. Farnham .... 457
- Dispositif-^de Lamme pour l’égalisation des courants dans les divers circuits des machines multipolaires enroulées
- en quantité........................411
- Connections pour dynamo génératrieexon-vertissable en survolteur, — M-TW
- bridge.................. —........112
- Recherches expérimentales suçjjFa commutation dans les dynamos et les mo-
- teurs. — W.-H. Everett et A.-H.
- Peake............................
- Commutation sans étincelles dans les dynamos. - H.-N. Allen.........................
- Quelques typesaméricainsde porte-charbons. Alternateurs. — Alternateurs. —C.-F. Guil-
- bert.............................
- Alternateurs O.-T. Blathy.................
- Alternateurs de la Société de Laval.......
- Alternateurs H. Fairbanks.................
- Alternateur Ch.-S. Bradley................
- Alternateurs de la Compagnie Walker . . . Alternateur Labour à courants diphasés. . . Alternateur à courantstriphasésde la General
- F.lcctric C°.....................
- Procédé d’attachement des noyaux polaires
- des alternateurs J. Farcot.......
- Procédé d’attachement des noyaux polaires des alternateurs Allgemcinc Elcktri-
- citæts Gesellschaft..............
- Notes sur la synchronisation des alternateurs.
- — H.-E.-M. Kensit................
- Transformateurs. — Transformateurs . —
- C.-F. Guilbert...................
- Transformateurs de l’ElektriciUets Aktien
- Gesellschaft.....................
- Transformateur pour haute tension de la Compagnie Thomson Houston. . .
- Transformateur W.-S. Moody................
- Transformateur pour distribution à trois fils à courant alternatif simple de la Compagnie Thomson Houston. . . . . Transformateur pour distribution à trois fils à courantalternatif simple. — H.-M. Hobart....................................
- 3.57
- U3
- 54^
- :77 ï77 177 177 180 183 370
- 180
- 180
- 544
- 230
- 231
- 232 232
- 234
- 334
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-
- 24 Septembre 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 57!
- Transformateur A.-F. Berry..................233
- Transformateur statique réducteurde tension de la Union Elektrizitæts Gesells-
- chaft............................. 491
- Transformateur rotatif de courants triphasés en courant continu de la General
- Electric C°........................492
- Sur le redressement des courants alternatifs.
- — P. Janet....................... 38
- Sur les commutatrices. — P. Janet .... 378
- Calcul direct de la chute de tension dans
- un transformateur.— G. Kapp. . . 419
- Calcul de la chute de tension dans les transformateurs. — A.-R. Everest . . . 438
- Une méthode rapide pour la détermination des rendements d’un transformateur. —- S.-E. Johannesen .... 144
- Une méthode rapide de détermination des rendements d’un transformateur. —
- F.Bedell...........................145
- Rendement des transformateurs à courant alternatif. — A. Russell ...... 246
- Piles et accumulateurs. — Soupape de ferme-
- Distribution de l’é
- Le transport électrique de la puissance mécanique. —• P. Janet.................547
- Commutateur automatique J. Ihlder. ... 48
- Commutateur Parshall à haute tension . . . 490
- Coupe-circuit magnétique de la Compagnie
- française d’appareillage électrique . 33
- Condensateur Bradley.....................436
- Dispositif pour le démarrage des moteurs à
- gaz actionnant des dynamos . ... 36
- ture pour vases de piles et d’accumulateurs systèmeW. Hopkin Akester 191 Étude sur la sulfatation des négatives dans
- l’accumulateur au plomb. — L. Jumau.............................133
- Sur le rôle de la diffusion dans le fonctionnement des plaques positives de l’accumulateur au plomb. — L. Ju-wciu........................................4 H
- Stations génératrices. — La station centrale
- de Régla (Mexique). ....... 331
- La station centrale de Columbia (Caroline
- du Sud)..............................416
- L’usine d’éclairage électrique de Claremant
- (New-Hampshire)......................480
- Notes sur les distributions d’électricité en,
- Europe. — P. Lauriol................ 192
- Les installations électriques des Alpes françaises.........................................213
- Les installations électriques en Suisse. . . . 362
- La transmission d’énergie à 40 000 volts Pro-
- vost Mercur et Tintic................433
- Le transport de l’énergie de Blue Lake
- City (États-Unis)....................216
- nergie électrique.
- Parafoudres pour courants de faible intensité ..........................................36s
- Régulateur de tension pour courant alternatif A. Still et E.-W. Cowan. . . 231
- Résistances pour grandes intensités............176
- Rhéostats de démarrage et de lampcsà arc. 239
- Tableau indicateur d’appel système Tournaire ......................................... 35
- Applications
- Applications mécaniques de l’électricité. —
- G. Richard.................. 43, 497
- Moteurs. —Etude des moteurs à courants
- polyphasés.—S. Hanappc , . . . 437
- Résistance critique pour le démarrage des moteurs asynchrones monophasés.
- — Riccardo Arno....................337
- Moteurs de faible puissance. —A.- W. Marshall ..............................410
- Machines-outils. — Machine à monter les
- cylindres, de Breitenbach. .... 304
- mécaniques.
- Distribution électrique de l’énergie dans lea teliers de construction de locomo-
- tives ............................• 593
- Transmissions électriques Clark..............503
- Ascenseurs et appareils de levage. — Ascenseur Ihlder.................................. 32
- Ascenseur Sundt..............................497
- Grue hydro-électrique Brown..................499
- Pont roulant J. Shaw......................... 31
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-
-
-
- 57-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. -N° 39
- Appareils et machines divers. — Sur les servomoteurs électriques.—J. Fischer-
- Hinnen.............................53*
- Servo-moteur électrique Siemens et Halske 45 Régulateur électrique de la vitesse des
- turbines, système Replogle .... 502
- Contrôleur à distance Siemens frères et Es-tler de la marche des moteurs et
- générateurs......................... 47
- Régulateur électrique Snow et Cooper ... 49
- Arrêt électrique Monarch..................... 51
- Traction sur voie ferrée.— Sur les tramways
- électriques. — Major P. Cardew, . 76
- Sur les feeders de retour pour tramways
- électriques. — A.-P. Trotter. . . 74
- Freinage des voitures sur fortes rampes ... 132
- Traction électrique des tramways par accumulateurs à charge rapide. — F.-II.
- Drouin ...............................208
- Locomotives de la General Electric Company ........................................493
- Descriptions et informations. — Le chemin de 1er électrique du mont Salève.—
- Ch. Jacquin. ......................... 15
- Le chemin de fer souterrain central de Londres. — II. Tripier..................265, 481
- Chemin de fer souterrain à Londres .... 218
- Le chemin de fer de Waterloo and City 478
- Les chemins de fer urbains en Europe . . . 216
- Les tramways électriques d’Elbeuf. . . . 241
- Les tramways électriques de Brest....... 44
- Les tramways d'Alexandrie. — Emile Dieu-
- donné..........................353
- Transporteurs de paquets et de monnaie, système Krotz..................................
- Applications a la marine. — Sur l’emploi de l’électricitc pour la propulsion des
- torpilleurs. — Chartes T. Child . . 423
- Sur la puissance nécessaire à la propulsion
- des bateaux électriques..............509
- Appareil de manœuvre des gouvernail système Pfatischer................................533
- Appareil de manoeuvre des gouvernails
- système Giles........................531
- Le tramway à courants triphasés d’Evian-
- les-Bains........................479
- Développement de la traction électrique en
- Suisse............................ 174
- Les usines génératrices pour traction électrique de Boston, — E. S. E. . . , 337
- Automobiles routières. — Le concours de voitures de place automobiles. —
- J.Blondin.......................... 60
- Concours de fiacres et l’exposition d’automobiles. — E. Hospitalier..................... 127
- Automobiles électriques de la Compagnie française des voitures électromobiles.— J.Rcyval............................ 27
- Automobiles électriques système Mildé-
- Mondos. —J. Reyval.................140
- Automobiles électriques système O. Patin.
- — J.Rcyval........................ 188
- Automobiles électriques système Bouquet-
- Garcia et Schivre. — J. Reyval . . 453
- La vapeur, le pétrole et l'électricité sur les
- automobiles. '— R. Sorcau .... 208
- Télégraphie et Téléphonie
- Télégraphieettéléphonie, —La flotte télégraphique du monde..........................523
- Télégraphie sans fil et collisions en mer. —
- Edouard Branly...................249
- L'utilisation de la télégraphie, hertzienne » pour éviter les collisions des navires. — A. Berger et L. De-combe ...........................................264
- Sur la théorie des antennes dans la télégraphie sans fil. — A. Blondel .... 316
- Sur les cohéreursMarconi. — A. Blondel. . 316
- Sur la théorie des antennes dans la télégraphie sans fil. — A. Broca...................318
- Nouvelles expériences de télégraphie sans
- fil..................................^
- Perfectionnements aux appareils téléphoniques. — Brockkelt........................ 132
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-
-
-
- 24 Septembre 1896.
- 573
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Applications thermiques.
- Appareils électriques thermiques pour courants alternatifs. — Rittcr.
- Éclairage.
- La découverte de l’arc électrique.........479
- Nouveaux charbons Fabius Hcnrion pour
- lampes à arc.....................366
- Sur l'étalonnage des lampes à incandescence.
- — Louis Bell.....................520
- Explosion des mélanges grisouteux par bris
- de lampes à incandescence .... 596
- 5ur le rendement lumineux des oxydes rares incandescents. — H. Le Châlelier
- et O. Bondouard....................219
- -c nouveau phare d’Eckratihl à Penmarch
- (Finistère). — C. du Riche-Preller. 368
- Électrochimie et ~t
- Nouveau procédé pour l'obtention des hautes températures et la préparation des métaux peu fusibles ne renfermant plus de carbone. — Gohîsch-
- Nouveau procédé pour l'obtention des hautes températures et la préparation des métaux peu fusibles ne renfermant plus de carbone. — Borchers. 507
- Métalloïdes, — La préparation clcctroly-tique de l'hydrogène et de l’oxy-
- gène .............................. 88
- Métaux ht composés. — Electrodéposition sur bois et autres matières non conductrices.— C.-F. Burgess. . . . 367
- De 1 intensité la plus économique à employer dans un atelier éiectroly-,
- tique. — Vogel.....................116
- Fabrication clectrolytique de la soude et du
- chlore. — Hargreaves etBird. . . 366
- îctrométallurgie.
- Sur la decouverte de l’aluminium........... 362
- Traitement des bains électrolytiques en vue de leur purification dans les affine-ries américaines.— Titus Ulkc . . 113
- Analyse des boucs précipitées au cours de l’affinage clectrolytique du cuivre.
- — A . Hollard........................146
- Sur l’allure électrochimique du chrome. —
- W. Hittorf........................ 94
- A propos du carbure de calcium.............218
- L’industrie du carbure de calcium aux Etats-
- Unis.................................436
- Préparation au four électrique d’un nouveau carbure de tungstène, — P. Wil-lùims........................................ 4-1
- Affinage de l’or par voie électrolytique. —
- H mile Wohliüill.....................148
- Composés organiques. — Réduction électrolytique du paranitroluène en para-hydrazoluène...............Elbs...............507
- MESURES
- Mesures. — Sur un mode d'entretien du pendule. — A. Guillet...........................}8o
- Détermination mécanique des courbes terminales des spiraux. — Ch.-F. Guillaume........................................126
- Sur la mesure directe d'une quantité d'électricité en unités électromagnétiques.
- — R.Blondlot........................ 40
- Appareils de mesures. — H. Armagnat. 89, 136
- Etalons de Lohm international de la Reichsanstalt. — W. Jaieger et K. Kahle...................................... 472
- Modifications à l'élcctromctre à quadrants.
- Lister et IL Gcitel................33s
- Potentiomètre à lecture directe de Elliott
- brothers..............................417
- Compteur d'énergie enregistreur et à lecture
- directe, système J. Richard .... 33
- Compteur à deux tarifs Dennchel................ 34
- Compteur électrique Stavelay, Parsons et
- Murday................................ 72
- Compteur de Bauw........................... 89
- Compteur Packard pour courants alternatifs. 90 Compteur Steinmetz pour courants triphasés 91
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-
-
-
- 574
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. - N° 39.
- Compteur Hookhain pour courants alternatifs ..................................... 92
- Compteur Batault pour courants alternatifs 136
- Commutateur Oxley pour compteur . . . . 138
- Compteur à prépaiement Mathew, Gillespie
- et Wynne...................... i)9
- Compteur R. Blondlot................... 40
- Emploi de l'électrodynamomètro en dérivation. — M. Wien...................3S0
- Sur le facteur de correction des wattmètres.
- F. Loppé.......................325
- Une méthode graphique pour la mesure de la différence de phase entre deux
- courants sinusoïdaux. - A.-G.
- Rossi........................... 206
- Sur les oscillographes. — A. Blondel. . . . 317
- Etalon de self.induction. — J. Frohlich . . 322
- Quelques dispositifs nouveaux pour la mesure de la puissance des courants
- polyphasés. —A. Blondel.........319.
- Sur un nouvel étalon secondaire de lumière.
- — A. Blondel.....................317
- Une méthode de séparation du nickel et du
- cobalt. — Coehn..................307
- Loi allemande concernant les unités électriques ..........................................390
- 1) I V E R S
- Nécrologie.
- John Hopkinson....................................................................... 476
- Bibliographie.
- Electrochimie appliquée. — Freinç Pelers . 131
- Die Lchrc von der Elektricitæl. — G. Wie-
- dentann............................. 17,
- A Pocket dictionary of electrical words, terms and phrases. — Edwin.-J.
- Houston.............................213
- Télégraphie signais and International Code
- vocabularies. — Jos. Ntcolson. . . 506
- Les compteursd'électricité. — Ernest Coustet 264
- Phénomènes lumineux électriques ou décharges. — O. Lehniann..................3^4
- Sciences Abstracts Physics and electrical Engineering ........................................433
- Carbure de calcium et acétylène. — Julien
- Lefèvre.......................... 47 5
- Electrical traction. — Ernest Wilson . . . 473
- Electricily and magnetism. —Eric Gérard. 474
- Cours d’électricité théorique et pratique. —•
- C. Sara^in.........................361
- Sociétés savantes, Congrès, etc.
- Congrès de Nantes pour l’avancement des sciences. — J. Blondin.................
- Travaux de la Société allemande d’Electro-chimie. Congrès de Leipzig, 14-13 avril i8t)8. — P.-Th. Muller . . 93.304 L'Exposition du Conservatoire des arts et mé-
- Société Internationale des Electriciens.
- Séance du 6 juillet 1898.
- Détermination mécanique des courbes ter-
- minalesdesspiraux. — Ch.-E. Guillaume
- Concours de fiacres et exposition d'automobiles. — E. Hospitalier....................... 126
- Société des Ingénieurs civils de France.
- Séance du 22 juillet 1898.
- La vapeur, le pétrole et l'électricité sur les automobiles. —R.Soreau.
- Traction électrique des tramways par accu-
- mulateurs à charge rapide. — F.-II. Drouin.......... .... 208
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-
-
-
- TABLE DES NOMS D’AUTEURS
- Ahj-ug (A.). Propriétés diélectriques de
- 1.1 glice.............................^5
- Allen(H.-N,). —Commutation sans étincelles
- dans les dynamos.....................313
- Allgemeink Elektricit/TTS Gesellschaft . — Procédé d'attachement des noyaux
- polaires des alternateurs............180
- Akmagnat (H.). — Appareils de mesures . 89, J 36 Arno (Riccardo). — Résistance critique pour le démarrage des moteurs asynchrones monophasés........................337
- Aroxs (L.).— Sur le courant de rupture . . 210
- Arrhénius (voir Lehmann)................. 163
- Aschkinass (FL).— (Voir Kaufmann XV.). . 86
- Aubel (Edm. van). — Action du magnétisme
- sur les spectres des gaz.........432
- Auerbach (F. ). — Diminuliou de résistance provoquée par les oscillations électriques et acoustiques...............301
- B
- Badger (A.-E.). — Dynamo unipolaire . . . 409
- Batault. — Compteur pour courants alter-
- Bauw (J .-F. de). — Compteur à intégration
- continue......................... 89
- Becquerel (P.) et Deslandrus (H.). — Observations nouvelles sur le phénomène de Zeeman............................... 340
- Bedell (lu). — Une méthode rapide de détermination des rendements d’un transformateur ................................... 145
- Bell (Louis). — Sur l'étalonnage des lampes
- à incandescence......................320
- Berger (A.) et Dkcombe (L.)- — L'utilisation de la télégraphie hertzienne pour éviter les collisions des navires . . 264
- Bergmann (J.). — Mesure de la durée des oscillations électriques de longue période 470
- Berry (A.-F.), Transformateur...............23=,
- Bkzold (W. von). — Figures de Lichtenberg
- et ondes électriques dans les fils. . 237
- Bird. —(Voir Hargrcava)......................366
- Blathy i'O.-T.). — Alternateurs............. 177
- Blondel (A.).—Sur les oscillographes . . . 317
- Sur un nouvel étalon secondaire de lumière.............................. 317
- Sur les cohéreurs Marconi............316
- Sur la théorie des antennes dans la télégraphie sans fil ; sur les cohéreurs Marconi ; sur un nouvel étalon secondaire; sur les oscillographes. 316 Quelques dispositifs nouveaux pour la mesure de la puissance des cou-
- rants polyphasés................ 519
- Blondir (J.). —Le concours de voitures de
- place automobiles............... 60
- Congrès de Nantes pour l'avancement
- Bi.okdi.ot (R.). — Sur la mesure directe d'une quantité d’électricité eu unités électromagnétiques, application à la construction d’un compteur d'élec-
- Bondouard (O.). — (Voir Le Châlelier). . . Borchers. — Nouveau procédé pour l’obtention des hautes températures et la préparation des métaux peu fusibles ne renfermant plus de carbone . . Bose (J. Chunder). — Rotation du plan de polarisation des ondes électriques par les substances à structure hélicoide.
- Bradley (Ch.-S. i. — Alternateur.........
- Condensateur.......................
- Branly (Edouard). — Une enveloppe métallique ne se laisse pas traverser par les oscillations hertziennes .... Résistance électrique au contact de deux disques d'un même métal . . Télégraphie sans fil et collisions en mer Braun (F.). — Endosmose électrique. . . . Rotation unipolaire des rayons catho-
- üques............................
- Bretrinbach. — Machiacà monter les cylindres Broca (A.). — Sur la théorie des antennes dans la télégraphie sans lil .... Brockkelt. — Perfectionnements aux appareils téléphoniques.......................
- Brown. — Grue hydro-électrique...........
- Buisson (H.). — Mesure de la vitesse des particules électrisées dans la décharge par la lumière ultra-violette Burgess }(C.-Fj. — Electro-déposition sur bois et autres matières non eonduc-
- 309
- 40
- 219
- ?°7
- 385
- 249
- 464
- 536
- 304
- 318
- 499
- 389
- 367
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-
-
-
- 57û
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T, XVI. — N° 39.
- ü
- Cardew (Major P.). — Sur les tramways électriques ..................................... 76
- Child (C.-D.j. — Champ électrique entre deux électrodes de métal exposées
- aux rayons de Roentgen...............256
- Sur l'emploi de l'électricité pour la
- propulsion des torpilleurs...........423
- Christiansen (C.). --- Recherches expérimentales sur l’origine de l'électricité de
- contact........................344
- Clark. — Transmissions électriques. ... 503
- Coehn. — Une méthode de séparation du
- nickel et du cobalt............507
- Compagnie française d'appareillage. —
- Coupe-circuit magnétique.......... 33
- Cooper. — (Voir Snow).................... 49
- Coustkï (Ernest). — Les compteurs d'électricité .........................................264
- Covvan (E.-VV.), — (Voir Still)..........231
- Curie^M^Sklodowska).— Surla constance de
- l'aimantation des barreaux aimantés. 117
- Propriétés magnétiques des aciers trempés sous forme d’anneaux. . . isi
- (Voir Curie (P)/..................252
- Curie (P.), et Curie (M,no S.). —Sur une substance nouvelle radio active contenue dans la pechblende..................252
- D
- Décombe (L.). — (Voir Berger.)...........264
- Deekegger (R.). —Sur les propriétés thermomagnétiques du bismuth dans le sens
- longitudinal.........................234
- Demichel,—Compteur à deux tarifs. ... 34
- De Puyt et Poncix. — Dynamo unipolaire. . 407
- Deslandres (H.).— (Voir Becquerel). . . . 340
- Deslandres (J.). — Explication simple de plusieurs phénomènes célestes par les
- rayons cathodiques...................427
- Dkvalez (I..). — Obtention de photographies
- coloréesparl'actino-électricité. . . 307
- Diessklhorst (EL). — (Voir Kohlrctusch et
- Holborn).............................461
- Dieudonné (Emile.). — Les tramways d'Alexandrie........................................ 333
- Drouin (F.-H.). — Traction électrique des tramwaysparaccumulateursà charge
- rapide............................. 208
- Drudë. — Sur l'absorption des ondes électriques par les substances chimiques. 104
- Du Bois (de Berne.). — Résistance du corps humain dans la période d’état variable du courant galvanique ... 79
- Du Bois (H.). Ecrans magnétiques..... 163
- Sur les écrans magnétiques......221
- Dumont (Eugène.). — Recherches sur Les propriétés magnétiques des aciers au
- nickel.........................292
- Dussaud. — Transformation des variations
- lumineuses en reliefs mobiles. . . 560
- E
- Ekstrokm(A.). —Étude des oscillations hertziennes par les ondes stationnaires
- dans'les fils.......................262
- Elbs. — Réduction électrolytique duparani-
- troluène en parahydrazoluène . . 507
- Blektrizitaets Aktien Gesellschaft. — Transformateurs....................................231
- Elliott Brothers.— Potentiomètre à lecture
- directe..............................U7
- Elster (J.) et Geitel (H.). — Modifications à
- T électromètre à quadrants .... 333
- E. S. E. — Les usines génératrices pour traction électrique de Boston ................... 337
- Estler. — (Voir Siemens frères.).............. 47
- Everest (A.-RA —Calcul de la chute de tension danslestransformateurs .... 438
- Everett ( W. H.) et?KAKE(A.-H.). — Recher-
- ches expérimentales surla commutation dansles dynamosetiesmoteurs. 337
- F
- Fairbanks (H.).— Alternateurs.................. 177
- Farcot fj A — Procédé d’attachement des
- noyaux polaires des alternateurs. . . 180
- Farnham (E.-W.). — Dynamo pour éclairage
- de lanterne de bicyclette.............437
- Féky (C.). - - Etude sur les électro-aimants.. 318 Fischer-Hinnkn (J.). — Sur les servo-moteurs
- électriques.......................... 525
- Frohlicii (I.). — Etalon de self-induction . . 322
- Erommk (C.). - - influence des secousses sur
- la susceptibilité magnétique. ... 162
- G
- Geitel (El.).—(Voir Elster')....................335
- General Electric C". — Alternateur à courants triphasés................................4^8
- Transformateur rotatif de courants triphasés.................................493
- Locomotives. ...........................493
- p.576 - vue 575/694
-
-
-
- 24 Septembre 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 577
- Gérard (Eric). -- Electricity and magnctism 474 Giles. - - Appareil de manœuvre des gouvernails ......................................531
- Gileespie (M.-à.). — (Voir Mathew) .... 139
- Goldschmidt. — Nouveau procédé pour l’obtention des hautes températures et la préparation des métaux peu fusibles ne renfermant plus de carbone . . 504
- Goldstein (E.). — Sur les rayons cathodiques
- simples.............................42s
- Gtjti.bert (C.-F.'j. — Machines dvnamo-élec-
- triques. Alternateurs............... 177
- Machines dynamo-électriques. Transformateurs.............................230
- Machines dynamo-électriques. Dynamos à courant continu.................40s
- Guillaume .(Ch.-Ed.). — Détermination mécanique des courbes terminales des
- spiraux..............................126
- Recherches sur le nickel et ses alliages 287 Guillet (A.). — Sur un mode d’entretien du
- pendule..............................380
- Gutton (C.'i . —Sur le passage des ondes électromagnétiques d'un fil primaire à un fil secondaire qui lui est parallèle . 382
- Guye (Ch.-Eug.). —Calcul graphique des courants alternatifs industriels. Classification desproblèmessurlcscircuits, 497
- H
- Hanappe (S.). — Etude des moteurs à courants polyphasés.............................437
- Hargreaves et Bird. — Fabrication électrolytique de la soude et du chlore . . 366
- Hbydweillrr (A.). — Nouvel appareil pour l’étude des variations du champ magnétique terrestre...........................347
- IIittorf (W.). — Sur l'allure électro-chimique du chrome............................... 94
- Hobart(H.-M.). — Transformateur pour distribution à trois fils à courant alternatif simple ................................234
- Holborn (L.). —(Voir Kohlrausch) .... 461
- Homard (A.). — Analyse des boues précipitées au cours de l’affinage électro-
- lytique du cuivre...................146
- La puissance d’affinité des bases et des acides évaluée d’après les phénomènes de dissociation électrolytique 28s Hookham (G.). — Compteur pour courants
- alternatifs......................... 02
- Hopkin Akester (W.). — Soupape de fermeture pour vases de piles et d’accumulateurs ................................ 191
- Hospitalier (E.). —Concours de fiacres et
- l’Exposition d’automobiles .... 127
- Houston (Edwin.-J.). — A Pocket dictionary of electrical words tenus and phra-
- ses ...............................213
- Houston (E.-J.) et Kenxelly (A.-E.). — Méthode approximative simple pour la détermination des harmoniques d’une courbe périodique donnée. . 300
- Hurmuzescu. — Sur les transformations des
- rayons X............................314
- I
- Ihlukk. — Ascenseur.......................... S2
- Commutateur automatique............... 48
- J
- Jacquin (Ch.). — I.e chemin de fer électrique du mont Salève........................... 13
- Jaeger (W.). — Modification du sulfafc de
- zinc dans l’élément Latimer Clark . 305
- Force électromotrice des éléments à
- amalgame de cadmium.................306
- Jaeger (W.) et Kahle (K.). - Etalons de
- l’ohm international delà Reichsans-
- talt................................472
- Janet (P.). — Sur le redressement des courants alternatifs............................ 38
- Electricité. Sur les commutateurs . . 378
- Le transport électrique de la puissance
- mécanique...........................547
- Johannesen (S.-E.), — Une méthode rapide pour la détermination des rendements d’un transformateur .... 144
- Jude (R.-H.'K — Application de la fonction gamma à un problème d’électrostatique .......................................473
- Jumau (L.). — Etude sur !a sulfatation des négatives dans l’accumulateur au
- .plomb............................. 133
- Sur le rôle de la diffusion dans le fonctionnement des plaques positives de l'accumulateur au plomb . 413
- K
- Kahle (K.). —(Voir Jaeger (IV.)..............472
- Kapp (Ci.). — Calcul direct de la chute de
- tension dans un transformateur . . 419
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-
-
-
- 57*
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- T. XVI. - N° 39
- Karoly (J--J.)- — Expérience de cours sur l'influence mutuelle de deux étin-
- Kasuya (M.). -- (Voir Muraoka (H.). ... 128
- Kaufmann (W.)et Aschkinass (E.). — Déviation des rayons cathodiques . ... 86
- Kaufmann (W.). — Complément au mémoire sur la déviation magnétique des
- rayons cathodiques.................. 87
- Kexnelly (A.-E.). — (Voir Houston E.-J-)- 300
- Kensit (H.-E.-M.). — Notes sur la synchronisation des alternateurs.....................544
- Klemencic (J.). — Contribution à l'étude de
- la viscosité magnétique............ 161
- Kohlrausch (F.'j, Holborn (L.) et Diesselhorst (H.j. - Données numériques fon-
- damentales pour la conductibilité
- des électrolytes....................461
- Kohlrausch (F.). —Electrolyse du chlorure
- de platine..........................468
- Krotz. — Transporteurs de paquets et de
- monnaie.............................500
- Kummel (G.) — Transport des ions dans les dissolutions très étendues des sels de zinc et de cadmium............................466
- Labour. — Alternateur à courants diphasés. 370 La Cour. — Sur la puissance et la régulation
- des moulins à vent..................478
- Laoergren (A). — Amortissement des résonateurs électriques....................260
- Lamme. — Dispositif pour Légalisation des courants dans les divers circuits des machines multipolaires enroulées
- Lamotte (M.). — Oscillations électriques
- d’ordre supérieur ...................303
- Lang (V. von). — Force contre-électromotrice dans l'arc jaillissant entre électrodes d'aluminium.............................209
- Lauriot. (P.). — Notes sur les distributions
- d’électricité en Europe..............192
- Le Chatelier (II.). — Influence de la trempe sur la résistance électrique de
- l’acier.............................. 4,
- Le Chatelier (H.) et Bondouard (O.). — Sur le rendement lumineux des oxydes
- rares incandescents..................219
- Leduc (S.). — Etudes expérimentales sur les
- étincelles électriques...............312
- Bouteille de Leyde à capacité variable......................311
- Etude sur la machine de Wimshurt . 309
- Lefèvre (Julien). — Carbure de calcium et
- acétylène........................47 5
- Lkhmanx, Arrhénius, Warburg. — Vent électrique et vent magnétique. Pouvoir
- des pointes......................165
- Lehmaxx (O.). — Phénomènes lumineux
- électriques ou décharges.........394
- Liknard (A.). — Champ électrique et magnétique produit par une charge électrique concentrée en un point et animée d’un mouvement quelcon-
- que.......................... 5. 53.10<>
- La théorie de Lorentz et celle de Lar-
- mor..........................320, 360
- Loppk (F.). — Sur le facteur de correction
- des wattmètres.......................52s
- M
- Margulf.s (M.). — Dissolution du platine et
- de l’or dans les électrolytes .... 469
- Marshall (A.-W.). - Dynamos et moteurs
- de faible puissance..................410
- Mathew, Gillkspik et Wynxe. — Compteur à
- prépaietnenl.........................139
- Maurain (Ch.). — Sur les écrans magnétiques
- (d’après H. Dubois)..................221
- Sur les écrans magnétiques.............280
- Mf.yer (G.). — Nouvelle méthode de mesure de l'inclinaison magnétique et de l’intensité de la composante horizontale du champ magnétique ter-
- restre ..............................348
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- Monarch. — Arrêt électrique................ 51
- Montel Salvadore-Alfredoj. — Contribution à l’étude des décharges atmosphériques........................................183
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- Murday. — (Voir Stavéley).................... 72
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- 24 Septembre 1898.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 570
- N
- Neesex (F.). — (Voir Paalyoxo A.)..........164
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- membranes minces...................464
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- International Code Vocabularies. . 306
- Noé, — (Voir Rémond).......................313
- O
- Dxley.—Commutateur pour compteur . . 138
- Paalzow (A.). etNEKSEN (F.). — Influence du champ magnétique surl'intensité de
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- Packard. — Compteur pour courants alternatifs .................................... 90
- Parshat.l.—Commutateur à haute tension. 490
- Parsons. — (Voir Stavelcy)................... 72
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- Peake (A.-H.).—(Voir Everelt W.-H.). . . 337
- Peters (Franz). — Electrochimie appliquée . 131
- Pfatischer. — Appareil de manœuvre des
- gouvernails........................ 533
- Planck (M.). — Amortissement des ondes
- électriques.........................261
- Pockels (F'.). — Propriétés magnétiques de
- quelques roches basaltiques. . . . 129
- Poncin (M.i. — (Voir De Puyt)................407
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- Rémond (AP et Noé. - Sur l’endo-explora-
- tion rcentgénienne des vivants. . . 313
- Remon-Casas. — Dynamo à balaistournants. 40s Replogle. — Régulateur électrique de la
- vitesse des turbines................302
- Reyval (J.). — Automobiles électriques de la Compagnie française dos voitures
- électromobiles...................... 27
- Automobiles électriques système Mil-
- dé-Mondos.......................... 140
- Automobiles électriques système O. Patin ................................. 188
- Automobiles électriques système Bouquet, Garcin et Schivre...............453
- Richard (J.).— Compteur d’énergie enregistreur et à lecture directe.................. 33
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- Riche Preller (C. du). — Le nouveau phare
- d’Eckmühl à Penmarclv (Finistère). 368
- Rieckf. (E.). — Distribution des charges électriques dans l’intérieur des tubes de
- Geissler............................211
- Righi (Auguste). —Sur l’interprétation cinématique du phénomène de Zeeman. 159 Sur l’absorption de la lumière pro-
- duite par un corps placé dans un
- champ magnétique.....................384
- Rittf.r. — Appareils électriques thermiques
- pour courants alternatifs............450
- Rittf.r von Geitler (J.). — Dispersion électrique et magnétique des rayons cathodiques .....................................429
- Rossi (A.-G.). — Une méthode graphique pour la mesure de la différence de phase entre deux courants sinusoïdaux ......................................... 206
- Russell (A.). — Rendement des transformateurs à courant alternatif.....................246
- S
- Sagnac (G.). — Mécanisme de la décharge
- par les rayons X...................138
- Sarazin (C.). — Cours d'électricité théorique
- et pratique........................361
- Schmidt (G.-C.). — (Voir IViedcmann £.).. . 81
- Relation entre la fluorescence et les propriétés photoélectriques . . . . 433
- Scott (A.).— (Voir Nernst W.)............463
- Searle. — Sur les écrans magnétiques . . . 280
- Ségly (G.). — Modifications des pressions intérieures exercées dans des récipients clos et vidés et soumis aux influences des courantsclectriques. 321 Seitz (W.). — Détermination du coefficient de diffusion par la méthode électro-
- lytique de Weber.................463
- Shaw (J.).—Pont roulant................... 31
- Siemens frères et Estllr. — Contrôleur à distance de la marche des générateurs
- et des moteurs.................... 47
- Siemens et Halske. — Servo-motcur électrique..................................... 45
- Snow et Coorkk.—Régulateur électrique. . 49
- Société de Laval. — Alternateurs...........177
- Soreau (R.). —Lavapeur, le pétrole et l’électricité sur les automobiles................208
- Stavelay, Parsons et Murday. — Compteur
- électrique........................ 72
- Steinmetz. — Compteur pour courants tri-
- Phasés............................ 9*
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- T. XVI. — N°
- 58o L'ÉCLAIRAGE électrique
- Still (A.) et Cüwan (E.-W.j. — Régulateur
- de tension pour courant alternatif . 231
- Sukdt. — Ascenseur.......................... 497
- Swyxgrdauw (R.). — Sur la multiplication paradoxale de la décharge dérivée d’un condensateur..................... 78
- . T
- Thomson-Houstox (Compagnie).— Transformateur pour haute tension.....................232
- Transformateur pour distribution à .trois fils
- à courant alternatif simple..........234
- Tout.er 'A). — Etude des oscillations par
- l’électromètre.......................238
- Tournaire.—Tableau indicateur d'appel . . 33
- Tripier (H.). — Le chemin de fer central souterrain de Londres ...... 263,481
- Trotter (A.-P.). — Sur les feeders de retour
- pour tramways électriques .... 74
- Turine (VL de). — Projet d'un appareil électrique permettant aux aveugles de lire les caractères ordinaires. . . . 237
- U
- Ulke (Titus).—Traitement des bains électrolytiques en vue de leur purification dans les affineriesaméricaines. 113 Union Elektr-izitæts Gesellschaft. — Trans-• formateur statique réducteur de tension..........................................491
- V
- Vrr.r.ARo (P.b —Sur les rayons cathodiques. 231 Sur la diffusion des rayons cathodiques ....................................388
- La régénération des écrans au platino-evanure de baryum par la lumière. 313 SuiTexpériencede la croix dcCrookes. 313 Vooei.. — De l’intensité la plus économique
- à employer dans un atelier électrolytique . . ..................116
- W
- W,\itz (A:. — Absorption inégale de la vibration électrique et de la vibration magnétique des ondes hertziennes, Wai.ker (Compagnie). — Alternateurs . . . Warburü. (Voir Lchmann, Arrhcnius) . . . Weber (H.-F.). — Influence de la forme des courants alternatifs sur les mesures de capacité et de coefficients d’induction ............................
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- rayons cathodiques...............
- Wiedemann (E.). — Relation entre la lumière positive et la région cathodique obs-
- . Influence mutuelle des différentes régions d'une même cathode . . . Wiedkmann-(E.) et Wehnelt (A.). — Sur les nœuds de lumière qui se produisent dans un faisceau de rayons cathodiques sous l'influence d'un champ
- magnétique.........................
- Wiedemann (G.). — Die Lehre von der Elek-
- tricitaët..........................
- Wien (M.). — Emploi de l'électrodynamo-
- mètre en dérivation................
- Wiex (W.). — Recherches sur les décharges électriques dans les gaz raréfiés . . Williams (P.). — Préparation au four électrique d'un nouveau carbure de
- tungstène......................
- Wilson (Ernest). — Electrical traction ; . . Wohlwill (Émile). — Affinage de l’or par
- voie électrolytique................
- Woodbridge. - Connections pour dynamo génératrice convertissable en sur-
- Wynnf. (W.-R.). — (Voir Mathew, A. Gtllës-
- . pie.)
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- r
- Supplér
- îillet 1898
- NOUVELLES
- Syndicat professionnel des industries électriques. — Séance du 7 juin i8g8. — La séance est ouverte à 5 heures 1/4, sous la présidence de M. E. Sartiaux, président.
- Sont présents :
- MM. Azaria, Bardon. Beau, Bénard, Berne, Chaussenot, Ebel, Eschwcge, Geoffroy, Hillairet, Mildé, Radiguet, Sartiaux et Violet.
- Se sont excusés :
- MM. Bancelin, Clémançon, Boistel, Ducretel, Grammont.
- Lecture est donnée du procès-verbal de la precedente séance qui est adopté sans observation.
- Admission de nouveaux membres. — Sont admis comme membres adhérents du Syndicat :
- M. Jacques Worms, ingénieur de la Société * Le Carbone », 12 et 55, rue de Lorraine, à Levallois-Perret, présenté par MM. Sarcia et Sartiaux.
- M. Charles Mascart, ingénieur des ponts et chaussées, directeur de la Compagnie des établissements Lazare Weil-ler, 144, boulevard Haussinann, présenté par MM. Perd. Meyer et Sartiaux.
- M. Ernest Née, constructeur-électricien. 47, rue Montparnasse, présenté par MM. Meyer-May et Sartiaux.
- M. Gaston Lacretelle, administrateur délégué de la Société anonyme de force et lumière électriques, 9, rue de Rocroy, présenté par MM. Picou et Sartiaux.
- M. Etienne Jacquemin, administrateur délégué de la Société anonyme de force et lumière électriques, 9, rue de Rocroy, présenté par MM. Picou et Sartiaux.
- A l'occasion de ces admissions, M. le président fait connaître que M. Picou qtti avait cru devoir donner sa démission de membre de la Chambre, en raison de ses fonctions à l’Exposition de 1900, reste comme membre adhérent du Syndicat.
- Assistance des membres adhérents aux séances mensuelles de la Chambre. — M. Mildé propose à la Chambre d’admettre que tous les membres adhérents du Syndicat puissent assister aux séances mensuelles de la Chambre ; il fait remarquer qu’ils apporteraient, dans beaucoup de circonstances, un concours utile aux travaux delà Chambre.
- Après un échange d’observations entre les divers membres présents, la Chambre décide qu’elle examinera cette question dans sa prochaine réunion, et sur le rapport du président, chargé d’étudier avec les voies et moyens, si cette proposition est conforme aux statuts.
- Loi sur les accidents du travail. — M. le président rend compte à la Chambre de la séance à laquelle il a assisté le 14 mai dernier, avec M. Ferd. Meyer, au Comité central des Chambres syndicales.
- Dans cette séance, lé Comité central s’était proposé de
- faire examiner par ses conseils judiciaires la situation faite aux industriels par l’application de la nouvelle loi. En l'absence des règlements d'administration publique prevus par la loi et non encore parus, le Comité central a été d’avis d’ajourner toute décision ; mais il paraît ressortir des échanges d’idées qui ont eu lieu dans cette séance qu’il y a une tendance générale à constituer des caisses d’assurances mutuelles ou à s'affilier à des caisses d’assurances existantes.
- A cette occasion, M. le président fait connaître que M. Sciama, ancien président, a appelé son attention sur un travail très intéressant publié dans le Bulletin de l’Office du Travail du mois de mai i8t)8. Cette étude fait l’historique sommaire et l’analyse de la loi du g avril 1898. Il-propose à la Chambre de 1 insérer en annexe dans le bulletin de la
- ' La Chambre, reconnaissant que cette publication est susceptible d’intéresser les industriels, approuve l’impression de cette noie (annexe n° 1).
- Délégué au Comité cential. — Conformément à l'usage établi, M. Perd. Meyer, président sortant, est délégué avec le président en exercice, au Comité central des chambres syndicales en remplacement de M. Harlc.
- Tarifs des transports du matériel électrique. — M. le président communique à la Chambre, sous la forme d’un tableau général, un certain nombre de tarifs adoptés par quelques compagnies de chemins de fer pour les transports du matériel électrique. La Chambre vote l’impression de cet état en annexe au bulletin de la séance de ce jour.
- La Chambre décide, en outre, que la commission antérieurement nommée pour l'étude des tarifs provoquera de lu part des industriels électriciens, leurs desiderata en ce qui concerne les abaissements de tarifs, ou l’obtention de tarifs réduits qu’il serait intéressant de demander aux compagnies de chemins de fer.
- Sur la proposition de M. Hillairet, la même commission examinera 'la possibilité d'obtenir la réduction des delais maxïma de livraisons qui, pour certaines compagnies, pa-
- Correspondances avec les Chambres de commerce, les consuls et les préfets au sujet des affaires intéressant l’industrie électrique. — M. le président donne connaissance de la correspondance qu’il a échangée avec diverses administrations publiques et les Chambres de commerce de France, dos colonies et de l’étranger, en vue d’obtenirque le Syndicat reçoive en temps utile communication des affaires, projets, adjudications, etc., pouvant intéresser ses adhérents. Il a fait part des réponses favorables qu’il a déjà reçues à ce sujet et signale, en outre, une lettre du président de la Chambre de commerce de Smyrne indiquant un projet d’éclairage électrique de cette ville pour lequel les industriels allemands et anglais ont remis des propositions.
- Il fait remarquer qu’en s’adressant directement à l’ambassadeur français à Constantinople, les constructeurs électriciens français qui voudraient concourir pour la réalisation de
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- Supplét
- ce projet, obtiendraient, sans nul doute, que la décision du gouvernement turc soit retardée, afin de leur permettre de formuler leurs propositions. Enfin, M. le président propose de demander aux consuls français à l’étranger et aux préfets des départements de France d’adresser au Syndicat tous les renseignements de nature à intéresser l’industrie électrique.
- La Chambre approuve cette proposition et décide que les bulletins mentionneront tous les renseignements utiles qui parviendront au président.
- Série de prix des architectes. — M. Mildé fait remarquer que M. Rozet, architecte, a été chargé d’entreprendre la révision de la série de prix des architectes relative aux travaux d’électricité ; il propose de nommer une commission qui se mettrait en rapport avec M. Rozet pour étudier la
- La Chambre approuve cette proposition et désigne pour faire partie de cette commission, avec le président, MM. Azaria, Beau, Bénard, Clémançon, Geoffroy et Mildé.
- Tarif douanier tunisien. — M. le president donne connaissance d'un nouveau tarif douanier en Tunisie, mis en vigueur le 2 mai 1898 et qui attribue à la France un régime privilé-gié en lui accordant la franchise pour la majeure partie de ses industries nationales.
- Ce tarif étant trop important pour être publié dans le bulletin, la Chambre décide que ses adhérents pourront en prendre connaissance auprès du président.
- Location de la salle des séances, dans Vhôlel de la Société des ingénieurs civils. — M. le président donne connaissance de l’entente intervenue avec le président de la Société des ingénieurs civils au sujet de la location de la salle des séances mensuelles. Il est convenu que le prix antérieur sera maintenu, mais qu’il sera, en outre, mis à la disposition du Syndicat une armoire pour déposer les archives.
- A cette occasion, M. Hiilairet propose d’élever le montant de la cotisation annuelle et de la porter à 20 francs. La Chambre décide qu’elle examinera cette question dans sa prochaine séance sur un rapport du président qui étudiera cette proposiiion au point de vue statutaire.
- Prix à la Fédération des chauffeurs-mécaniciens. — M. le président donne lecture d’une lettre de M. Laffargue rendant compte des résultats obtenus pendant l’exercice 1897-1898 par les cours d’électricité industrielle à la Fédération des chauffeurs-mécaniciens, et par laquelle il demande qu’il lui soie alloué une somme de 100 francs pour des livres à distribuer aux élèves à titre de récompenses.
- La Chambre vote le crédit de too francs demandé et charge M. le président d’exprimer à M. Laffargue et à ses collaborateurs les félicitations et remerciements du Syndicat pour le dévouement qu’ils apportent à leur tâche d'instructeurs si profitable à l’industrie électrique.
- Automobiles électriques. — M. le président informe la Chambre que la commission mixte spéciale nommée pour étudier la fourniture en France du courant aux automobiles électriques, a commencé ses études par les départements de la Seine et de Seine-et-Oisc : elle se propose de demander prochainement aux industriels de ces départements, produisant du courant à un titre quelconque, de lui faire connaître leurs intentions et de lui adresser des propositions pour la fourniture éventuelle du courant aux automobiles élec-
- Prix de la Société d'encouragement. — M. le président donne connaissance à la Chambre de deux prix de chacun 2 000 fr. donnés par la Société d'Encouragement pour l'industrie nationale : iü pour un ensemble d’appareils électriques applicables à un commerce ou à une petite industrie, et 20 pour une lampe à incandescence de 2 bougies fonctionnant avec 1/10 d'ampère sous 100 volts.
- Les conditions de ce concours font l’objet de deux notes imprimées, dont la Chambre approuve la distribution à tous ses membres, annexés au bulletin de la séance de ce jour. (Voir Supplément du 21 mai et du 4 juin.)
- Renseignements commerciaux sur les places étrangères.— M. le président donne communication d’une lettre circulaire de M. le ministre du Commerce, de l’Industrie, des Postes et des Télégraphes, au sujet de renseignements commerciaux, de tout ordre, — y compris ceux de solvabilité, — qu’on peut obtenir sur l’étranger ou les colonies, par l’in-
- termédiaire du ministre du Commerce et de l'Industrie, bureau des renseignements commerciaux, rue de Varenne, 80. La réponse aux renseignements demandés est adressée gratuitement à l'intéressé.
- En raison de l’intérêt qu’offre cette circulaire, la Chambre décide qu'elle sera imprimée en annexe à la suite du bulletin de la séance de ce jour. [Annexe «° 2.)
- Demande d’emploi. — M. le président communique une demande d’emploi de M. Paul Jacob (137, rue de Rennes), qui sollicite, en sa qualité d’ancien élève du Laboratoire central et de l’Ecole supérieure d'électricité, un emploi dans une des branches qui se rattachent aux accumulateurs, à la traction électrique et à la production de l’énergie.
- Affaires diverses. — M. le président fait connaître qu'il y aura, du mois de juin au mois d’octobre 1898, à Dijon et à Rochefort-sur-Mer, une exposition qui comporte chacune un groupe spécial pour tout ce qui touche les applications de l'électricité en général.
- M. le président communique une lettre de M. le général président du comité d’admission du groupe XVIII de l’Exposition universelle de 1900 (armées de terre et de mer), qui demande de lui signaler les industriels et inventeurs d’objets, produits, appareils et procédés se rapportant à l'art militaire et à la marine de guerre. M. le président est chargé de répondre à cette communication.
- L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 6 h. 1/4.
- Loi du 9 avril 1898 sur- la responsabilité des accidents. (Annexe n* 1.)
- La loi sur la responsabilité patronale, promulguée le 9 avril dernier, clôt la longue période préparatoire d’étude et de discussion à laquelle a donné lieu, en France, la question des accidents du travail, depuis l’époque déjà lointaine (1880) où une première proposition visant le renversement de la preuve avait été déposée par M. Martin Nadaud, député.
- Dès 1887. la Chambre adopta un projet de sa commission, qui substituait aux règles générales des articles 1582 et 1385 du Code civil le principe du risque professionnel et, comme conséquence, la nécessité de l’assurance. Le Sénat modifia la solution proposée par la'Chambre, mais en maintenant toutefois le principe du risque professionnel. La législature suivante de la Chambre reprit le travail à ce point précis, le risque professionnel étant désormais admis. Un projet déposé en 1890 par M. Jules Roche, ministre du commerce, et qui instituait l’assurance obligatoire, devint la base sur laquelle la commission du travail, présidée par M. Ricard, élabora un nouveau texte, très complet et profondément étudié, qui organisait l'assurance obligatoire par des mutualités régionales analogues à celles qui fonctionnent en Autriche depuis 1889, conformément à la loi du 28 décembre 1887. Après adoption, par la Chambre, à la majorité de 493 voix contre 4, le ïo juin 1893, ce projet fut renvoyé au Sénat. Par l’organe de son rapporteur, M. Poirier, la commission sénatoriale rejeta le principe de l'assurance obligatoire, mais proclama cependant la nécessite d'une garantie spéciale des indemnités dues aux victimes d accident et à leurs ayants droit.
- A partir de cette époque, de nombreux échanges de vues eurent lieu entre les deux assemblées afin d’établir un terrain d’entente.
- Les idées d’obligation dominant à la Chambre, celles au contraire de la plus grande liberté possible compatible avec une garantie donnée aux ouvriers prévalant au Sénat, il semblait difficile d’aboutir à un accord. C’est ainsi que le projet voté en janvier 1896 par le Sénat s’écartait de plus.en plus du projet initial de la Chambre, allait jusqu'il laisser l’indemnité due en cas d’accident flotter entre les limites d’un maximum et d’un minimum, et n'instituait aucune garantie obligatoire en dehors de celle fournie par le privilège actuel du Code civil (articles 2101 et 2102).
- La Commission de la Chambre chargée d’examiner ce projet ne put, de son côté, se résoudre à abandonner entièrement le principe de l’obligation de l’assurance, et revint d’autre part à la fixation d’un chiffre uniforme pour l’indemnité. Le texte présenté le 7 juillet 1897 par M. Maruéjouis,
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- rapporteur, rétablit, en effet, l’obligation de l'assurance, mais en la limitant à des mutualités instituées d’office entre les patrons qui n'auraient pas voulu fournir, individuellement ou réunis en syndicats, certains cautionnements dont le montant devait être déterminé ultérieurement par un règlement d'administration publique. Kn ce qui concerne les indemnités le projet Maruéjouls adoptait, à peu de chose près, les taux proposés déjà en 1895 par M. Ricard. Il semblait encore impossible, sur ces bases, d’arriver à un accord avec le Sénat. C'est alors que le Gouvernement etla Commission s'inspirèrent heureusement d’une idée nouvelle : la garantie par l’Etat des insolvabilités des chefs d'entreprise au moven d'un impôt additionnel aux patentes, supporté par l’ensemble des industriels.
- Cette garantie de l'insolvabilité éventuelle des patrons imprévoyants par un impôt général, de rendement certain, avait le grand avantage de rendre inutile, désormais, l’obligation de l’assurance et de permettre ainsi d’espérer une entente avec le Sénat. Au mois de janvier 1898, la Chambre vota le projet remanié de la sorte, qui, en retournant aussitôt après au Sénat, ne devait plus rencontrer la même opposition de la part de la haute Assemblée. Dans son rapport, en effet, la Commission sénatoriale, par l'organe de M. Thé-venet'. acceptait le principe de l’impôt de garantie, et la seule modification importante qu'elle introduisait consistait à supprimer l’exigibilité du capital des rentesà servir aux victimes d'accident ou à leurs ayants droit, qui avait été stipulée dans le projet de la Chambre.
- La discussion au Sénat fit l'objet de deux délibérations, dans l'intervalle desquelles le texte opposé subit encore quelques remaniements et fut définitivement voté en deuxième lecture, le 19 mars 1898. Le 26 mars suivant, la Chambre adoptait, sans discussion et après déclaration d’urgence, le même texte, qui prenait ainsi force de loi.
- La loi nouvelle s'étend aux travailleurs et employés des fabriques, de bâtiment, des mines et carrières, des entrepôts, des entreprises de transport et, en général, de toutes le s exploitations dû il est fait «sage d'engins mécaniques. Elle institue à leur profit un régime différent de celui de l'article 13 2 du Code civil)1).
- Pour ces ouvriers et employés, et jusqu’à concurrence de 2 400 fr (pour le surplus, le salaire n’intervient que pour un quart), elle substitue au régime del'indemnité mutuelle, fixée au gré des tribunaux, une indemnité certaine, variant suivant la gravité de l’accident, c t ayant le caractère fotfaitaire, Les taux d’indemnité, en cas de mort, d’incapacité permanente, totale ou partielle, et d'incapacité temporaire, sont sensiblement les mêmes qu’en Allemagne et en Autriche, avec cette différence toutefois que la rente d'incapacité partielle est calculée sur la moitié seulement delà réduction desalairesubie et sur la totalité de cette réduction.
- L'assurance-maladie 11’étant pas obligatoire, comme elle Lest en Allemagne et en Autriche, il a fallu assurer la réparation de tous les accidents de courte durée, qui, dans ces pays, sont indemnises par les caisses de maladie. Â cet effet, l'incapacité temporaire du travail donne droit à une indemnité et aux soins médicaux à partir du cinquième jour.
- Le caractère forfaitaire de l'indemnité, conséquence du risque.professionnel, a pour effet de supprimer,, en principe, toute distinction entre les accidents d'après le ‘degré de responsabilité encourue, soit par,1e patron, soit par la victime. La loi (l’admet une distinction qu’en cas de faute inexcusable ou intentionnelle de la victime. Dans le premier cas, le principe forfaitaire est respecté, l’indemnité étant seulement diminuée. Dans le deuxième cas, il y a délit, et l'indemnité est nécessairement supprimée, aucun droit ne justifiant alors son. allocation. Quant à la responsabilité patronale, lorsqu’il est prouvé qu’il y a eu faute inexcusable, elle peut de même être aggravée, mais les rentes attribuées aux victimes ne peuvent être, dans ce cas, majorées que jusqu’à concurrence du salaire
- La loi organise la constatation des accidents; elle simplifie la procédure, sans créer aucune juridiction arbitrale analogue aux tribunaux allemands.
- Aucune assurance obligatoire n’est instituée. En ce qui concerne les mesures à prendre en vue de s’acquitter de leur dette, la loi laisse aux chefs d’entreprise une liberté complète. Pour les rentes viagères â servir aux blessés frappés d’incapacité permanente de travail ou auxayants droit des ouvriers tués, elle n’astreint même pas les industriels débiteurs à verser le capital des rentes ; il suffit qu'fis s’acquittent du payement des arrérages au fur e: à mesure de leur échéance (les rentes devront être payées par fractions trimestrielles).
- A défaut d’assurance obligatoire, le payement des indemnités est néanmoins garanti par l’Etat de la manière suivante :
- Un fonds spècial de garantie est constitué, et la gestion en est confiée à une institution d’Etat déjà existante, la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse. Ce fonds est alimenté par le prélèvement annuel de centimes additionnels à l'impôt des patentes, supporté par toutes les entreprises visées par la loi. En cas d’insolvabilité des chefs d'entreprise débiteurs, la Caisse nationale intervient et paye les rentes aux intéressés, en puisant les sommes correspondantes au fonds de garantie. Les titulaires de rentes n’ont donc pas à se préoccuper du recouvrement de leurs arrérages : si le patron responsable 11e les paye pas, c’est la Caisse nationale qui les leur versera et qui, dès lors, se substituera à eux dans la récupération de la dépense qu’elle aura supportée de ce fait. Elle exercera directement un recours contre les débiteurs. Par débiteurs il y a lieu d entendre seulement les industriels non assurés-Dans le cas d'assurance du chef d'entreprise, la Crusse nationale ti’aura à intervenir que si la compagnie ou la société d’assurance fait faillite ; elle payera de même alors les rentes et exercera son recours contre l’assureur. Le fait d’ètre assuré dégage ainsi l’industriel de toute responsabilité.
- L’impôt à l’aide duquel sera formé le fonds de garantie est peu élevé. Par conséquent, la sécurité du mécanisme que nous venons de décrire dépendra en première ligne de la sécurité même qu’offriront les sociétés d’assurance. Aussi la nécessité s’impose-t-ellc de soumettre les organes à une surveillance minutieuse. La loi prévoit cette surveillance ; elle stipule l’obligation pour les sociétés de constituer des réserves. Le détail du contrôle de l'Etat ainsi que les conditions dans lesquelles seront constituées les réserves doivent être déterminées ultérieurement par un règlement d’administration publique, actuellement en voie d’élaboration.
- Telles sont les principales dispositions de la nouvelle loi française. Entre la solution de l’assurance obligatoire réglée par l’Etat, qui a prévalu en AUemague, en Autriche et en Norvège et la simple modification du régime de la responsabilité civile, à laquelle se sont bornés les législateurs anglais et danois , elle apporte une solution intermédiaire et concilie heureusement les deux courants d'idées opposées.
- Lettre adressée aux Chambres de commerce.-
- (Annexe ». *.)
- * Monsieur le Président,
- < Il résulte d’informations parvenues à mon département que les agences de renseignements commerciaux fonctionnant à l’étranger, en Bulgarie notamment, et auxquelles s’adressent fréquemment les maisons françaises, sont souvent dirigées par des personnes que leur nationalité porte à entretenir des relations étroites avec les industriels des pays qui font le plus directement concurrence à l’exportation française sur les places où ces agences sout établies.
- « Cet étal de choses est de nature à causer un certain préjudice au développement de notre commerce extérieur en ce que les renseignements confidentiels fournis, sur leur demande, aux expéditeurs français par les agences dont il s’agit ne sont pas toujours d’une exactitude ni d’une impartialité absolues.
- < A ce sujet, je dois vous rappeler, monsieur le Président, qu’à plusieurs reprises le Moniteur officiel du Commerce a fait connaître qu’en matière de renseignements commerciaux de tout ordre l’assistance de nos représentants à l’étranger est assurée aux négociants et industriels français de la façon la plus large et la plus sûre.
- « Toutefois, M. le Ministre des Affaires étrangères estime avec moi qu'il y aurait lieu d’informer à nouveau les commerçants français, qui sont ou qui désirent entrer en rela_ fions d’affaires avec des maisons établies sur des places étran_
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- Supplément à L’Éclair
- L’énergie électrique dans le Céleste Empire. — La Chine si rebelle à la civilisation européenne, s’est cependant laissée séduire par les avantages de l'électricité. Une société chinoise vient de se former pour l’installation de la lumière électrique à Hang-tcheou, la capitale de la province de Kiang-Si. De même aussi, on a commencé l'établissement d’une usine d’électricité à Han-keou, sur le Yang-tse-Kiang. Dans la province dellu-nan, si hostile aux Européens, laville de Tchang-cha, surle Siang-kiang, emploie l'énergie électrique non seulement pour l'éclairage public, mais encore pour les particuliers.
- La traction électrique aux chemins de fer de l’Etat belge. — Il y a longtemps que l'administration des chemins de fer de l’Etat belge fait étudier par ses ingénieurs la traction électrique. {Supplément. t. XIV, p. m.)
- Des essais nombreux ont été faits, et maintenant, en partie au moins, la pratique prend la place de la théorie; l'application de la traction électrique aux lignes de banlieue et des banlieues des villes est décidée.
- La première ligne de Mons à Boussu, de treize kilomètres de long, sera exploitée avant l’hiver de 1898.
- Le système employé sera à trôlet et à fils aériens;
- la station génératrice d'électricité, siseà Quaregnon, comprendra trois groupes électrogènes de 250 chevaux chacun.
- Tramway électrique de Lyon à Chalamont. par Montluel et Meximieux. — Le conseil général de l'Ain a dernièrement décidé la construction d’une ligne de tramway électrique de Lyon à Chalamont passant par Montluel, Dagneux et Meximieux, avec embranchement sur Rillieux et sur les bords du Rhône.
- Cette concession est donnée sans aucune subvention. La construction de la ligne ne coûtera pas un centime au département ni aux communes.
- Le tramway nouveau rendra de grands services à la région du sud de l’arrondissement de Trévoux.
- L’éclairage électrique à Milan. — D’après le compte rendu du conseil d’administration de la Société Edison, il y avait à la fin de l’année 1897 56203 lampes à incandescence et 740 lampes à arc installées à Milan ; ce qui fait une augmentation de 8813 lampes à incandescence et 102 lampes à arc sur 1896.
- Les recettes pour l’éclairage pendant l'année ont été de 1094633 fr, et pour les tramways de 3763752 fr en augmentation de 290000 fr,-environ. T
- L’installation hydro-électrique de Sedrina (Italie). — Cette entreprise, qui coûtera environ deux millions se fait au compte de la Société anonyme d’clectricité, ex-Schuckert et Cie de Nuremberg.
- Le barrage de pierres du Brembo atteint déjà 4 mètres ; ce barrage amènera les eaux dans le canal de charge courant sur la droite du fleuve jusqu’à Clanezzo, qui a 5 mètres de large et une pente de 4 p. 100. La puissance développée par une chute de 23,80 m sera d'environ 2,000 chevaux,
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- actionnant 4 turbines, 3 de 650 chevaux, la quatrième de 450. La tension du courant primaire sera de 7500 volts. A Bergame la puissance disponible sera de 1200 chevaux.
- Chemin de fer électrique de Pierrefltte à Caute-rets. — Les travaux du chemin de fer de Pierrefltte à Cauterets sont maintenant complètement achevés et bon va commencer les essais du matériel ainsi que les exercices du dressage du personnel.
- Ce magnifique résultat est dû à l’ingénieur, M. Rances, et aux entrepreneurs, MM. Goumy et Médebielle. C’est M. Goumy qui a creusé le tunnel de 220 m de long, commençant au bourg de Pierre-litte, et qui se trouve situé entre laroute carrossable et les bâtiments d’exploitation de la mine de plomb argentifère.
- De Pierrcfittc à Cauterets, le trajet s'accomplira en trente minutes, tant pour la montée que pour la la descente, avec deux haltes, l'une au bourg même de Pierrefitte, l’autre au-dessus de la butte du Limaçon, au lieu dit Calypso.
- Les voitures comprendront deux compartiments, séparés par une plate-forme centrale.
- Le prix des places est ainsi fixé : premières, 2,20 fr ; secondes, 1,70 fr.
- Kn vertu d’un accord avec la Compagnie du Midi, les vovageurs passeront directement des wagons du Midi dans ceux du raiiway, sans avoir à s’occuper de leurs bagages.
- Dans toutes les gares du réseau du Midi, il sera distribué des billets pour la gare de Cauterets et
- L’inauguration officielle de la ligne aura lieu dans le courant de juillet.
- Traction électrique. —Bologuc. — La Compagnie Thomson Houston de la Méditerranée vient de faire l’acquisition des tramways de cette ville, que possédait en propre jusqu’à présent la Société d'Entreprise générale de travaux.
- — Boulogne. — La création d’une ligne à traction électrique Boulogne-Wimereux vient d’être décidée.
- Il n’est pas . douteux que son établissement ne réponde à un véritable besoin public et nè cause une générale satisfaction.
- Non seulement cette ligne rendra un véritable service à des localités déshéritées, mais elle ne saurait manquer d’être fructueuse pour la Compagnie.
- — Oran. — L’établissement d’un réseau de tramways électriques, dont nous avons parlé (Supplément, t. XV, p. xevi), est, par un décret en date du 5 juin, déclaré d’utilité publique.
- En outre a été approuvée la convention passée le 2 mai 1898, entre le maire d’Oran, au nom de la ville, et j\l. Faye, pour la rétrocession du réseau de tramways sus-mentionné, conformément aux conditions du cahier des charges annexé à cette convention.
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- Supplér
- — Toulon. — Dans [une de ses dernières séances le conseil municipal a adopté après lecture du cahier des charges du concessionnaire, l’établissement des tramways électriques. Le dossier sera transmis le plus tôt possible au ministre des Travaux publics, et il est à espérer que l’on donnera rapidement le décret d’utilité publique.
- Éclairage Electrique. - Amiens [Somme!. —
- Les travaux pour l’éclairage par l’électricité de la gare d’Amiens sont poussés très activement et seront termines pour le iw novembre prochain.
- — Bologne. — Un décret préfectoral vient d’accorder à la maison Ganz et C10 de Buda-Pesth la pose des lignes électriques pour le service d’éclairage. La Ville ayant un contrat avec la Société de Genève, les particuliers seuls pourront profiter des nouvelles lignes.
- — Bruxelles. — La1 consommation de l'électricité à Bruxelles augmente dans de larges proportions. Chaque jour des abonnés nouveaux arrivent, et la canalisation, qui était de 38674 mètres en 1896 se monte aujourd’hui à plus de 46000 mètres.
- A la suite de demandes nombreuses, la Ville installera, dans le cours de l'été, une cinquième unité de 500 chevaux qui sera placée à l’usine de la rue Mcl-sens. Déjà une annexe a été construite sous l’Hôtel des chemins de fer, rue de Louvain, pouvant contenir 4 moteurs de 120 chevaux. Enfin, un moteur de 60 chevaux sera ajouté à l'usine de la rue de 'la
- — Carca«sounc. —La Compagnie du gaz a commandé les pylônes devant supporter les lampes électriques qui, aux termes du traité récent, doivent être placées sur la voie publique, aux endroits désignés par l’administration municipale.
- Sur le désir exprimé par la municipalité, la commande a été donnée à un industriel de Carcassonne.
- -- Civraj. — Dans peu de jours, MM. Amelin et Renaud, électriciens à Paris, auxquels la concession pour l’éclairage électrique de la ville de Civray a etc donnée, vont faire commencer les travaux d’installation, de manière à ce que tout soit prêt à fonctionner le ier septembre prochain au plus tard.
- •— Dreux (Eure-et-Loir). — Le conseil municipal de Dreux a volé à l’unanimité la substitution de l’éclairage électrique à l’éclairage par le gaz, conformément aux conclusions de son rapporteur. Les clauses du traité ancien réservant d’une façon formelle les droits de l’administration municipale à profiter des avantages que la ville et les particuliers pourraient retirer des modes d'éclairage autres que le gaz, le conseil a décidé de mettre immédiatement en demeure de s’exécuter la Compagnie du gaz, concessionnaire de l’éclairage de la ville.
- — Fenétrauge. — Le conseil municipal a voté il y a quelques jours l’adoption de la lumière électrique pour l’éclairage public, Déjà trois sociétés se sont offertes pour cette entreprise, Les eaux de la Sarre seront utilisées pour obtenir la force motrice nécessaire.
- — Glasgow- (Angleterre). — La corporation de Glasgow est occupée à réaliser un grand projet dont l’exécution a été confiée à l’ingénieur M. W.-A. Chamen. Cette municipalité installe actuellement la traction électrique dans la ville; en outre, les demandes de courant augmentent dans une telle proportion qu’on vient de voter une somme de 95 000 livres pour des achats de matériel supplémentaire. M. Chamen demande encore deux crédits : l’un de 61 000 livres pour établir une nouvelle station d’énergie à Port-Dundas, et le second de 108.000 livres pour installer une autre station à South Side. Les entreprises de Glasgow prennent, on le voit, des proportions considérables.
- — Lavelanet (Ariège’. — Dans une de ses dernières séances, le conseil municipal de Lavelanet a pris connaissance d’un projet de rapport portant, en substance, que la Société des usines de Saint-Antoine (non encore constituée' s’engage à fournir, pour l’éclairage de la ville de Lavelanet, 22 lampes à arc de .300 bougies nouveau modèle, pouvant brûler 200 heures consécutives.
- Ces lampes seront placées sur le parcours des avenues de Foix. de Mircpoix et'de Bélesta, et 40 lampes à incandescence de 16 bougies dans les diverses rues de Lavelanet. Pour l'éclairage des établissements communaux, la Société s'engage à placer 10 lampes de r6 bougies; mais elle consent à donner jusqu’à 15 lampes, si besoin est. Au total, 7.400 bougies environ.
- Les lampes éclaireront toute la nuit. La Société fournira aussi, pendant un maximum de 20 jours, l'éclairage électrique pour les, l'êtes ou les concerts publics. Les frais d'installation, frais de réparations et entretien des lampes à arc et à incandescence nécessaires à cet éclairage public sont à la charge de la Société. Si, dans les rues, les lampes à incandescence de 16 bougies avaient un pouvoir éclairant insuffisant, elles seraient remplacées par des lampes plus puissantes, moyennant une légère augmentation de prix basée sur le coût des lampes.
- Dans le cas où la ville prendrait une plus grande extension, la Société fournirait l’éclairage électrique sans augmentation de prix et dans les proportions de l’éclairage détaillé ci-dessus, aux quartiers et rues nouvelles qui pourraient se créer.
- Le coût de cet éclairage sera de 3500 francs par année.
- Des pénalités à débattre seront encourues par la Société si l'éclairage est défectueux. La ville de Lavelanet donne, pendant trente années, à la. Société. le privilège d’éclairer les particuliers et encore celui du transport de force.
- — Mâcon. — La gare de Mâcon devant être éclairée à l’électricité très prochainement, la population espérait que l’on allait profiter de 'cette installation à la gare pour donner aux rues la même lumière, mais il paraît que la question n’est pas décidée; toutefois on nous apprend que la rue de la Gare et celle de la Tuilerie auront la lumière électrique en même temps que la gare.
- — Aaplcs. — La convention pour la production
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- Supplément à L’Éctait
- Électrique du 2 juillet 1898
- VII
- et la fourniture du courant électrique nécessaire à l'éclairage et aux autres services dans le port de Naples a été approuvée {Suppl., t. XV, p. i.xix).
- Le gouvernement accorde une vaste surface pour l’établissement de la station centrale, moyennant une redevance annuelle de 350 fr pour 45 années.
- La Société s’engage en outre à fournir au gouvernement le courant électrique pour l'éclairage, le transport et tout autre service mécanique, au prix très avantageux de 0,20 fr par kilowatt-heure jusqu’à une certaine consommation annuelle; au delà le prix est encore réduit. T.
- — Pont-fie-Poiiic. — L’électricité est installée à Pont-de-Poitte ; la force motrice est fournie par l'usine Janier, et l’installation a été faite par M. Alfred Arcelin, de Lons-le-Saunier. Les habitants se montrent très satisfaits de cette installa-
- — Knncn. - Le in‘’juin 1898, le nouveau tarif pour la fourniture de l’électricité destinée à l'éclairage, au chauffage ou aux usages industriels par l’usine d’électricité de Rouen, est entré en vigueur, suivant la délibération du conseil municipal, du 8 avril dernier. Ce tarif est fixé ainsi ; 0,0325 fr l’hectowatt-heure, pour l’éclairage public: 0,075 fr l’hectowatt-heure, pour l’éclairage des particuliers ; 0,045 fr l’hcctowatt-heure. pour l'électricité fournie comme force motrice, pour 1'cclairage des industriels qui justifieront de l’emploi d’une force motrice d'au moins dix chevaux et pour l’éclairage des établissements de l’État et du département.
- — Ta-ainci (Aube). — Il paraît que dans peu de temps la ville de Trainel sera éclairée à l’clectri-cité. La station génératrice sera installée au moulin de Bouy-sür-Orvin, dont la municipalité s’est assuré la possession pàr un long bail.
- —Waiti-eiosi. — Depuis plusieurs jours on s’occupe de la pose des candélabres, rue Carnot (Suppl., t. XV, p. xv). On les place tout contre les réverbères, de façon à pouvoir enlever ccux-ci quand l’éclairage électrique fonctionnera.
- Les mâts sont dès à présent placés à peu près partout. Il ne reste que les rues Carnot et Pierre Catteau, ainsi que quelques rues où l’installation doit être complétée.
- Les générateurs sont installés dans l’usine, elles machines à vapeur sont à peu près terminées. Elles partiront prochainement des ateliers de construction et seront aussitôt montées.
- On vient de procéder à la mairie de Wattrelos à l’adjudication de la fourniture du charbon nécessaire àri’usine d'électricité pendant un an, du iUr juillet 1898 au 30 juin 1899.
- Le rabais devait se faire sur le prix de 130 fr les 10000 kg.
- Compagnie des tramways électriques de Besançon. — Constituée le 4 août 1896, en vertu du décret du 6 mai de la même année, cette Compagnie est au capital de deux millions divisé en 4000 actions de 500 fr.
- La durée de la concession est de soixante-quinze années.
- Siège social à Lyon, 20, quai de Retz.
- La longueur du réseau est aujourd’hui de 10,825 km.
- Les recettes se sont élevées :
- Pour l'exploitation à...........176521,85
- 2" Auxquels il convient d’ajouter. 25000 »
- payes par M. A. Grammont pour retard dans la livraison, bien que ce retard ne puisse lui être imputé en
- 30 Recettes de publicité........ 1 203,30
- 4° Intérêts du cautionnement et
- des fonds disponibles................ 4041,37
- Total...............207356,52
- Il convient de déduire :
- i1-1 Dépenses d’exploitation . . . . 72062,80
- 20 Frais généraux, impôts, frais
- de direction, etc.................... 32 221,37
- Ensemble................104284,17
- laissant un produit net de...........103 082,35
- Le rapport continue ainsi :
- Nous vous proposons de répartir ainsi ce résul-
- v Amortissement de 1/20 sur les frais de construction et d’émission. 6277,50
- 20 Réserve légale............... 4840,20
- 30 Réserve pour gros entretien. . 6000 »
- 4° Dividende à raison de 20 fr. par action, dont 10 fr. ont déjà étc payes
- le iel' septembre 1897............ 80000 7
- 5° Reportés à l’exercice suivant. . 5 964,65
- 103 083,35
- Compagnie des Tramways de Tours. Les actionnaires, réunis en Assemblée générale extraordinaire le 27 avril dernier, ont décidé de porter le capital social de 2 500 000 fr à 3 500 000 fr, au moyen de la création de 10000 actions nouvelles de >oo fr. L’Assemblée extraordinaire du 4 juin a reconnu la sincérité de la déclaration de souscription de versement. En conséquence, le capital social est fixé à 5 500000 fr et divisé en 35000 actions de 100 fr cha-
- Compagnie Générale de Travaux d’Eclairage et de Force. — Les actionnaires se sont réunis le 20 juin courant en Assemblée générale extraordi-
- Ils ont, à l’unanimité reconnu la sincérité de souscription intégrale et de versement du premier quart sur chacune des 1 000 actions nouvelles, créées par délibération de l’Assemblée du 28 avril (Supplément du 4 juin, p. lxxix).
- Par suite, le capital social 'se trouve définitivement fixe à 2 millions de francs et les statuts ont été modifiés en conséquence.
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- VIII
- Suppléi
- Êl.ectriq
- Société d’Éclairage et de Force par l'Électricité.
- — L’assemblée générale annuelle des actionnaires a eu lieu le 6 juin 1898.
- Elle a approuvé les comptes de l'exercice 1897 tels qu’ils étaient présentés et détaillés dans les rap ports du conseil et des commissaires et fixé le dividende y afférent à 22 50 fr contre ao fr pour l’exercice précédent.
- M. Bapst, administrateur sortant, a été réélu.
- Les pouvoirs des commissaires des comptes, MM. Thirria et le comte Petiton, ont été renouvelés pour l’exercice en cours.
- Société pour le Travail électrique des métaux.
- — L’Assemblée générale annuelle des actionnaires a eu lieu le 20 juin courant.
- Après avoir pris connaissance des rapports du Conseil et des Commissaires. l'Assemblée a approuvé tels qu’ils étaient présentés les comptes de l’exercice 1897.
- M. Griolet, administrateur sortant, a été réélu et M. Thirria a vu son mandat de commissaire des comptes renouvelé pour l’exercice en cours.
- Société Nantaise d’Eclairage et de Force par l’Electricité. -- Les actionnaires se sont réunis en Assemblée générale ordinaire le 20 juin.
- Après avoir entendu la lecture des rapports du Conseil d’administration et des commissaires, l'Assemblée a approuvé les comptes de l'exercice 1897, tels qu’ils étaient présentés et détaillés dans ces rapports, et fixé le dividende y afférent à 20 fr. par action.
- MM. Tambour, le comte de Turenne et Aron, administrateurs sortants, ont été réélus.
- En outre, l’Assemblée a nommé un nouvel administrateur, M. de la Ville-le-Roux et renouvelépour l’exercice en cours le mandat de M. Maurice Bacr, commissaire des comptes.
- BREVETS 1)’
- Liste communiquée par l’Office E. Barrault,
- 24 janvi brevet pris le 18 mars cumulateur électrique.
- 271 187. Szubert. 2 février 1898. — Certificat d'addition au brevet pris le 9 octobre 1897 pour avertisseur électrique.
- 274150. Mahoudeau. 18 janvier 1898. — Economiseur d'électricité.
- 274 154. Johnson. 18 janvier 1898. — Réglage de machines dynamo-électriques.
- 274 180. Société Lithosite mauufacturing Company. 18 janvier 1898. — Procédé et appareil de fabrication des conduites d'isolation électrique.
- 274172. Faure. 18 janvier 1898. — Perfectionnnments dans les piles électriques.
- 274180. Auer von Welsbach. 19 j
- 274°242. I
- cumulateur pour la traction des véhicules ou 1 celai domestiuue.
- 274 240. Kcenig. 21 janvier 1898. — Elément galvanique 1
- 274:$2l. Ducretet. 24 janvier 1898. — Perfectionncm 1 des appareils électriques enregistre
- à signaux gonr 274 338. Schindler-J chauffage électriqu 274 355. lirowdus. 25
- • 1898. — Appai
- :5 janvier 1898. — Perfectionnements daires.
- 274 373. LeJeune. 25 janvier 1898. — Système d'accumulateur électrique perfectionné.
- 274 384. Herzog. 25 janvier 1898. — Signaux électriques.
- 274 400. Farrali. 20 janvier 1898. — Perfectionnements dans les Lampes électriques à incandescence.
- 274 411. Eng. 27 janvier 1898. — Système d’appareils de transmission électrique de signaux multiples.
- 274 414. Carpentier et Denissel. 25 janvier 1898. — Machine dynamo à courant continu sans collecteur et sans balais.
- 274 428. Joya. 27 janvier 1898. — Perfectionnements dans la construction des poteaux métalliques pour lignes aériennes, électriques et autres.
- 274 490. Renault.29 janvier 1898. - Perfectionnements aux isolateurs.
- 274499. Adams. 29 janvier 1898. portés aux appareils de signaux
- 274 497. Becker. 29 janvier 1898. — Ca d'en enlever mécaniquement la couche sous l'action du courant électrique.
- 274 506. Klostermann. 31 janvier 1898. — Nouvelle lampe
- 274 508. B 0 u qu e t?' 31 Tan vie r 1898. — Inducteur extra-léger dérivation de flux forcée pour machines dynamo-éle
- «Bir Jauffrion. 31 janvier 1898. — Commutateur aulom _ tique temporaire.
- 2/4 349. Augieras et Boucier. P' février 1898. — Nouve
- . — Perfectionnem hode pei
- INVENTION
- 58 bis, rue de la Chaussèe-d'Anlin, Paru
- 274 580S ÊSe’
- r installations électri
- r 1898. — Lampe éleclriqnt pouvoir éclairant. .
- .• 1898. — Perfectionnement
- uachines dynamo-électrique
- 3 alternatifs
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- NOUVELLES
- Société d’cncouragcmont pour l’Industrie natio' nale (Prix décernes). — Dans la scance du 24 juin, présidée par M. Ad. Carnot, président de la Société, a eu lieu la distribution des prix et médailles décernés par la Société d’encouragement.
- M. Moissan reçoit, pour l'ensemble de ses travaux, le grand prix de 12 000 fr du marquis d'Argenteuil, destiné à récompenser l'auteur de la découverte la plus utile au perfectionnement de l’industrie française. C’est la huitième fois que la Société d’Encouragement décerne ce prix qui a été successivement accordé à Vicat, Chevreul. HeiL-mann, Sorel, Champonnois, Poitevin, Lenoir et Berthelot.
- 11 est inutile de rappeler dans ce journal les titres que possède M. Aloissan à cette récompense ; ses nombreux travaux sur le four électrique et sur l'électrochimie sont trop récents pour n’être pas présents à la mémoire de tous.
- Al. C. E. Guiu.AU.MH reçoit le prix de 2üüü fr, institué par le Comité des Arts chimiques pour l’étude expérimentale des propriétés des métaux ou d’alliages d’un usage courant. Comme les électriciens le savent par l'intéressante communication faite il y a quelques mois devant la Société internationale des électriciens et par les analyses qui ont été données
- dans ce journal des nombreux mémoires de l’auteur, M. Guillaume a particulièrement étudié dans ces derniers temps les aciers au nickel, dont les propriétés nouvelles et inattendues ont un grand intérêt, à la fois scientifique et pratique.
- Société industrielle de Mulhouse [Prix proposés). — Cette société vient de publier le programme des prix proposés en assemblée générale le 25 mai dernier, pour être décernes en 1S99.
- Nous reproduisons ci-dessous les questions mises au concours de nature à intéresser les électriciens.
- I.es mémoires, dessins, pièces justificatives et échantillons doivent être adressés avant le 15 février 1899, au président de la Société industrielle de Mulhouse.
- N° 45. — Manuels pratiques sur le blanchiment.
- Médaille d’honneur, d’argent ou de bronze (selon leméritc respectif des ouvrages), pour les meilleurs manuels pratiques sur le blanchiment des tissus de coton, laine, laine et coton, soie, chanvre, lin et autres textiles.
- L’auteur devra décrire les meilleurs procédés pour le blanchiment de ces différents tissus, et donner une explication raisonnée des diverses opérations que le blanchiment
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- l’impression et aux conditions essentielles que l’imprimeur exige d’un bon blanchiment. Ce traité devra, en outre, renfermer la description des appareils et machines dont on fait usage dans le blanchiment.
- N° .59. — Application de l’électricité à l’impression. Médaille d'argent pour une application quelconque de l’électricité dans l’industrie de l’impression.
- N° 62. — Nouvelle chaudière. — Médaille d'hon-
- neur pour un nouveau système de chaudière fixe fonctionnant dans la haute Alsace, d’un type autre que celui à bouilleurs, et dont le rendement atteigne 80 p. 100 de la chaleur totale de combustion des houilles brûlées sur sa grille. Cette chaleur sera déterminée par évaluation calorimétrique directe.
- Deux chaudières du type présenté au concours devront avoir fonctionné pendant au moins un an dans deux établissements différents.
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- DEL Die Elcktrizilæl [Leipzig);
- E ani The Engineering and Mining Journal (New-York}.
- E C L'Electrochimie.
- K En The Electrical Engineer (New-York).
- El The Electrician (Londres).
- Elé L’Electricien.
- E Ls L'Elettvicista (Rome).
- E M The Engineering Magazine (New-York).
- ENA. Elektrotechnischer Neuigkeits-Anzeiger (Vienne).
- E R Klectrical Revicw (Londres).
- E T R Elekl.rot.pchnische Rundschau (Francfort-sur-Mein). li T Z Etektrotecknische Zeitschrift (Berlin).
- E W The Klectrical World (New-York|.
- C>c Le Génie civil.
- 1 O Bulletin de la Société des Ingénieurs civils de France,
- le L’Industrie électrique.
- J EE
- J T V CR
- P M PSL
- Journal oi the Institution ot Electrical Engiueers (New-York).
- Journal de Physique.
- Journal télégraphique (Berne).
- Journal de la Société physico-chimique russe (Saint-Pétersbourg).
- Philosophical Magazine (Londres).
- Proccedings of the Physical Society of London. Revue générale des Sciences.
- Rendiconti della^ Reale Accadeinia dei Lincei (Rome|.
- Journal of the Society of Arts (Londres).
- Bulletin do la Société Internationale des Electriciens. StreeL Railway Journal (Now-A ork eL Chicago).'
- Bulletin des Usines électriques.
- Zeitschrift für Elektro chemie (Halle).
- Zeitschrift fur Eleklroiechuik (Vienne).
- Annalcn der Pliysik undChcmic de G. et E.Wiedcinann (Leipzig).
- Théorie.
- Théorie électro-magnétique ; Oliver Heaviside (El, p. 726.
- •23 mars : p. 0, 29 avril ; p. 134, 27 mai ; p. 323. P" juillet). Sur une représentation simple des courbes d'induction ; Hubert Kath (ET Z. p. 407, 23 juin).
- E.. E. NoitTHRur (É W,^.7%, 11 juin). ^
- très basses températures ; É Dkwar et J.-A. Fleming (J P. p. 415, juillet). cl
- ' U(Zl/c, p! U:)'^mai)0'11(3,168 U m°rtUle’
- d’après la" théorie' de Knùpfer ; Bledig (ZEC, p'. 544, 0 juin).
- Méthode simple pour l’étude de la polarisation ; IIeim (Z E C,
- Sur le rôle'* des sels complexes dans les chaînes d’oxydation el de réduction : Pltuus (ZEC, p. 534, 5 juin). .
- Sur la résistance des substances à f’étincelie électrique (Z E C,
- llalskc ; Hubert Katu (E T Z, p. 411, 23 jninl.
- Fleming et J. Dewai; (Él. p. 319, 1™ jîiiüet).
- balistique d’Arsonval ; Samuel Slicldon et Townscnd Backs (lt W, p. 735, 18 juin).
- Aubel iJ P, p. 408, iuiilet). ^ ^
- La foudre et les parafoudres ; 1I.-E. Raymuku (E W, p. 713. , 11 juin).
- Etude sur les rayons cathodiques et les rayons Rœntgen ; Campbell Swinton (Kl, p, 31 f, Pr juillet).
- Génération et Distribution.
- Moteurs thermiques et hydrauliques. — Chargeur mécanique de foyer (E R., p. 31, 1«r juillei.i.
- Concours de la ville de Paris pour la suppression des fumées
- il\°M?Ipei*337,1 avmil)^ ^ Ülaudlete5 d VdpeUi ’ UnW,H La consommation de vapeur dans les usines ; J.-A. Jecuell (E R. p. 5 et 25, 2 juillet).
- La consommation de la vapeur dans les usines (El, p. 285. 24 juin).
- Los pertes de chaleur des conduites et enveloppes de vapeur;C.-L. Norton (E W. p. 711, il juin).
- La perte de chaleur par rayonnement des enveloppes et conduites de vapeur (E R, p. 6, 2 juillet).
- Méthode d’essai des moteurs thermiques (E R, p. 872, 2i juin).
- L (E R,°‘p. 1“ 8" P'”“
- Dynamos et moteurs électriques. — Générateurs électriques ; II.-F. Parnhall et Hobaht (E. p. C, 1er juillet). Construction d’une dynamo à courants alternatifs (à l’usage des amateurs) ; Georges Dary (Elé, p. 385 et LO), 18 ol 25 juin).
- Sur la commutation dans les dynamos à courant continu ;
- P. Girault (Sic.
- 231 et 250, 10 (
- 2 juillet
- matours ; Frederick Bedfu. (E R, p. 868, 2i juin).
- Piles et Accumulateurs. — Calcul de la puissance d une pile
- J. BnoNtLi.t (JT, 127, 25 juin).
- Nouvel accumulateur (DE L, p. 298, 25 juin). r.'accumulateur Ribbc (DEL, p. 292, 25 juin}, laiterie d'accumulateurs de la Compagnie Edison, de Chicago _ (EEn, p. «49, 9 juin ; EW, p.^ 726, Il J^l)’lrcu[m ]afft s
- électriques au plomb, ou autres appareils en plomb (D É L,
- > juin).
- Stations génératrices et installations. — Sur la nécessité > usines et des appareils ; C.-H. Wor-
- ons gen
- niKGHMi (ER, p. 833 et 854, 17 juin ; El, ] Rapports d'usines électriques (El, p- 321, l*1 juillet).^
- Les avantages des installations électrique
- . 322. -J
- ’ juillet).
- Ld(Eié,epU°8! 2 juillet',15 C L'éclairage électrique tnondscy (E R, p. 8 „ ,
- L'éclairage électrique de Melbourne (B IÎM, p.
- Les installations électriques et la corporation de Morley (El, p. 312, l6' juillet).
- [.'usine des rapides de Lachine et le prix de la puissance qui y est engendrée; W. M. Lea Walbank (E W. p. 744.
- La station génératrice de Port-Hondas à Glasgow (E, p. 794,
- La station génératrice de la Compagnie New York and Staten Island'(E W, p. 703, 11 juin.
- La Compagnie électrique Missouri-Edison de Saint-Louis : le développement de son système de courants alternatifs pour la distribution de la lumière et do la puissance ; Herbert A. Wvgmsh EE11, p. 629, 9 juin).
- La Compagnie électrique Missouri-Edison de Saint-Louis : George J. Peucival {E W, p. 717, 11 juin).
- Station génératrice hydraulique de la Compagnie Columbia (E W, p. 707. 11 juin).
- Distribution. — Distributions par courants alternatifs ; Herbert A. Wahnek (E\V, p. 740, 18 juin. _ ^
- capacité dans les distributions par courants triphasés montes en étoile ; V. SrAUNUOLO (N C-, p. 293, mai).
- Applications mécaniques. Compresseur d’air électrique (K W, p. 7«1, 18 juin). Bateau électrique sous-marin (I) E L, p. 293, 23 juin).
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- NOUVELLES
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- Nu 64. — Moteurs à gaz de grande puissance.
- Médaille d’argent pour l'application, dans un établissement industriel de l’Alsace, d’un moteur à gaz d’une puissance de 100 chevaux au moins, présentant des avantages sur l’emploi de moteurs à vapeur de même puissance, tant au point de vue de la dépense en combustible qu’à celui de l’installa-
- Lc moteur devra avoir fonctionné industriellement pen-
- N° 65. — Chauffage des chaudières.
- Médaille d'honneur pour un système de chauffage des chaudières à vapeur, soit par transformation préalable des combustibles en gaz, soit par chargement mécanique, donnant, sur les procédés en usage dans la région, une économie sensible, qui devra être constatée au moins dans deux établissements industriels en Alsace.
- N° 66. — Mouvement et refroidissement de la vapeur dans les conduites. — Médaille d’argent et 500 francs pour de nouvelles recherches théoriques et pratiques, sur le mouvement et le refroidissement de la vapeur d'eau dans les longues conduites;
- Il se présente des circonstances où la vapeur doit être envoyée à des distances assez grandes. Les données actuelles sont insuffisantes pour estimer les pertes qui résultent de l’emploi de longues conduites; il serait à désirer que des études expérimentales fussent entreprises pour établir : i° les pertes de pression; 20 les condensations, suivant les conditions d’établissement de la conduite, laquelle peut être bien ou mal protégée contre le refroidis-
- N°' 67. — Pyromclre enregistreur. — Médaille d’argent et une somme de 500 franes pour l'invention et l'application d'un pyromètre enregistreur destiné à évaluer la température des produits gazeux de la combustion de la houille dans les chaudières à vapeur.
- On demande un instrument capable d’indiquer avec une approximation d’au moins 5 p. xoo la température d’un courant gazeux dans le carneau d’une chaudière à vapeur entre les limites de 300 à 800 degrés. L’appareil lui-mème plongeant dans les gaz, l'indication des températures devra être placée en dehors du massif du fourneau, afin de rendre faciles les lectures directes.
- Le prix ne sera décerné qu’à un appareiL appliqué -pendant six mois au moins à une chaudière à vapeur fonctionnant dans la haute Alsace.
- N11 84. — Moteur pour machines à imprimer.
- Médaille d’honneur pour un moteur de machine à imprimer présentant des avantages sur les moteurs en usage, dont la manœuvre ne soit pas plus difficile et l’entretien plus coûteux.
- Le moteur devra être appliqué à une machine de huit à
- dans une fabrique de la haute Alsace. La solution proposée devra en outre pouvoir s’appliquer facilement aux machines
- Nu85. — Installation de moteurs électriques. — Médaille d'honneur pour une installàtion pratique réalisée dans un établissement industriel de la haute Alsace, en vue de distribuer de la force motrice à un ensemble de machines, ou d’appareils, au moyen d’un réseau électrique alimenté par une station centrale génératrice, privée ou publique.
- L’installation devra avoir fonctionné pratiquement pendant un an dans la haute Alsace; elle devra présenter, entre autres avantages, une économie appréciable sur le mode de distribution employé auparavant : canalisation de vapeur, transmissions rigides ou autres. La médaille sera décernée non seulement au constructeur, mais aussi à l’établissement dans lequel l'installation aura été faite.
- Nû 86. — Moteur électrique à charge et vitesse variables. — Médaille d'honneur pour un moteur électrique capable de développer un travail et une vitesse variables à volonté, du simple au décuple au moins, pouvant être branché sur un réseau de distribution électrique et présentant, aux vitesses variables qu'on iui fait subir, des écarts de rendement de moins de 20 p. 100.
- La puissance du moteur, à charge et vitesse de régime,
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- devra être de dix chevaux au moins ; son rendement, à ces charge et vitesse, devra égaler celui des moteurs électriques fonctionnant à vitesse constante.
- Ny 87. — Perfectionnement des commutateurs d'armature. — Prix pour une manière simple, pratique et nouvelle de fixer tles fils d'armature aux commutateurs de dynamos.
- Ce nouveau mode de fixation devra permettre de changer facilement les commutateurs et faciliter, si possible, la recherche de défauts dïsolation des fils de l’induit, il devra assurer un bon contact des fils avec les lamelles du commutateur, ainsi que c’est le cas avec la soudure, et ne devra pas endommager les fils, comme il arrive avec les vis de pression.
- Le procédé devra être appliqué pendant six mois à une machine fonctionnant dans la haute Alsace.
- N« 88. — Étude comparative de l'éclairage d une ville.— Médaille d’honneur pour un mémoire traitant de la dépense comparative d une installation électrique et d’une usine à gaz, destinées l’une et l’autre à fournir l’éclairage à un centre de population d’au moins 30 000 âmes.
- La comparaison portera spécialement sur les points suivants : iü Dépenses d’installation de la station centrale et de l’usine à gaz, de la distribution électrique et de la canalisation, de l'appareillage à domicile; 20 dépenses de charbon nécessitées pour la production de force à la station centrale et la fabrication du gaz ; 3° dépenses d’exploitation et d’entretien dans les deux cas admis.
- Un chapitre spécial sera consacré à l’évaluation détaillée des dépenses et des recettes résultant, dans le cas d’une usine à gaz, de la mise en valeur des sous-produits de la distil-
- Un autre chapitre traitera, en se basant sur un nombre suffisant de déterminations expérimentales, de la valeur photométrique des becs de gaz d’une consommation donnée et des lampes électriques qui leur sont couramment substituées. Il convient, en effet, dans la comparaison qu’il s'agit d’établir, de tenir compte du fait que la substitution de la lumière électrique à celle du gaz comporte généralement une augmentation du pouvoir éclairant.
- N° 88 bis. — Étude comparative de l’éclairage d’une usine. — Médaille d’argent pour un mémoire traitant de la dépense comparative d’une installation électrique et d’une installation de gaz d’éclairage destinées l’une et l’autre à fournir la lumière à un établissement industriel.
- L’installation devra comprendre au moins 300 lampes et devra, dans les deux cas, être étudiée avec soin.
- Les différents genres d’éclairage électrique seront à traiter et leurs dépenses d’exploitation à comparer avec celles du gaz produit à l’usine et avec celles de la même installation branchce'sur la canalisation d’une usine à gaz.
- Un chapitre spécial sera consacré à la comparaison des intensités de lumière et d’éclairement obtenues dans les différents cas.
- h’5 89. — Force électromotrice des alternateurs.
- Médaille d’honneur ou d’argent et une somme de 500 à 1 000 fr (suivant l’importance du travail), pour un mémoire sur la forme que prend la force électromotrice dans les alternateurs mono et polyphasés, suivant la disposition réciproque de leurs bobinages et des pôles de l’inducteur.
- L’auteur devra rechercher aussi si la courbe fournie par
- une machine marchant à vide subit des modifications de forme lorsqu’elle fonctionne sous charge, notamment sous charge inductive donnant lieu à un fort décalage.
- Ces recherches, établies sur une base théorique, seront complétées par des essais faits sur des machines de types divers, dont l’auteur devra fournir toutes les données pouvant avoir une influence sur la force électromotrice.
- Comme conclusion, l’auteur recherchera le moyen de calculer le coefficient entrant dans la formule de la force électromotrice effective, d’une manière suffisamment approchée pour l’emploi dans la construction des alternateurs.
- N° 90. — Frein électrique pour la mesure des puissances. — Médaille d’honneur pour un frein électrique permettant de mesurer, au cinquième de cheval près, une puissance de l’ordre de 20 chevaux.
- Le refroidissement devra se faire uniquement par l'air en contact avec la partie tournante.
- Le constructeur devra établir ce frein de manière à ce que le travail absorbé par le frottement de l’air soit négligeable pour les mesures courantes, comparativement à la puissance à mesurer, tout en indiquant une formule permettant de calculer ce travail absorbé par frottement de l’air pour toutes les vitesses auxquelles le frein est susceptible de fonctionner, ou, mieux, munir le frein d’un levier agissant dans le même sens que la force à mesurer, levier sur lequel glisse un poids dont la position est graduée empiriquement de manière à éliminer le frottemeut pour les différentes
- Le frein devra avoir été essayé par une autorité compétente, et les résultats de l’essai, ainsi qu’un dessin du frein, annexés au travail.
- N° 91. — Wattmètre enregistreur.
- Médaille d'honneur pour un wattmètre enregistreur qui puisse être employé indistinctement pour mesurer la puissance de courants continus et alternatifs, dans les installations industrielles.
- Cet instrument doit mesurer le nombre de watts utiles dans le circuit considéré. Ses indications doivent être indépendantes de h fréquence des courants alternatifs; sa self-induction doit être pratiquement négligeable.
- 11 doit tracer une courbe continue à l’encre sur une feuille de papier dont les ordonnées sont proportionnelles au nombre de watts réels à mesurer, la feuille se déplaçant proportionnellement au temps.
- Transporteurélectro-automatique souterrain des lettres et colis postaux à Budapest. — Celte ville, dont nous avons eu maintes fois l’occasion de relater, dans L Éclairage Electrique, les progrès dans la voie de,s applications de l'clectricité, sera, nous apprend-on, prochainement dotée d’un système électro-automatique de distribution, par tubes souterrains, des lettres et colis postaux dans différents points de la ville.
- Le projet d’installation de cette'nouvelle et intéressante application émane de deux ingénieurs de la ville, MM. le Dr A. Brunn et V. Takacs, et est déjà accepté par la Direction des Postes et Télégraphes de Budapest. Bien que les détails techniques nous fassent défaut, nous croyons savoir que le réseau reliera ensemble vingt-trois postes disséminés dans les deux parties de la ville, de chaque côté de la Donau. Chacun d’eux sera à la fois récepteur et distributeur; le service dans ces postes sera effectué par un personnel très restreint.
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- Les inventeurs prétendent pouvoir installer le réseau complet en huit jours et ont une si grande confiance dans l'avenir qui lui est réserve qu'ils ont demandé et obtenu de l’Administration des Postes l’autorisation d’établir à leurs frais un tronçon d’essai qu'ils comptent ouvrir à l’exploitation avant la fin de l’anncc.
- Nous ne manquerons pas de donner à nos lecteurs des détails techniques sur ce réseau dès que nous aurons la description cle l’installation et du fonctionnement du tronçon d'essai.
- L’Electricité à l’Exposition de 1900, — Le service des installations mécaniques et électriques de l’Exposition de 1900 s'occupe activement d’assurer l’installation de l’énorme usine destinée à produire l'éclairage et la force motrice de cette exposition.
- La moitié de cette usine du côté de l’avenue de la Bourdonnais est réservée aux constructeurs français, l’autre moitié du côté de l’avenue Suflren aux constructeurs étrangers; l’admission de machines étrangères a été prononcée en ce qui concerne la Belgique, la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche,la Hongrie et les Pays-Bas: les propositions de l’Angleterre et des Etats-Unis ne sont pas encore assez nettement formulées pour avoir pu faire l’objet d’une décision.
- En ce qui concerne la section française, il a clé constaté, dès la première réunion des comités techniques des machines et de l’électricité, qu’un grand élan se manifestait chez tous nos constructeurs; les adhésions déjà reçues assurent leur participation pour une puissance au moins égale à celle de l’ensemble des diverses nations étrangères.
- Applications de l’électricité aux mines. — Firminy (Loire). --- La Compagnie des mines de Roche-la-Molière el Firminy entre largement dans la voie des applications électriques.
- L’atelier central de la Malafolie possède actuellement un certain nombre de machines-outils actionnées par des réceptrices individuelles; le courant est produit par une génératrice unique.
- Prochainement le puits Derhins sera pourvu d'un ventilateur mû par une dynamo de 50 chevaux, actionnée à distance par le courant d’une station centrale. Les transmissions d'énergie par courants triphasés sont installées depuis quelque temps aux mines de la Chazotte.
- Les installations électriques de Cork. — L’installation est maintenant terminée; l'éclairage fonctionne et les tramways électriques sont en service.
- Pour vulgariser l’éclairage électrique, il s’est formé une compagnie locale qui sc charge de l’installation chez l’abonné et lui supprime toute taxe initiale moyennant un supplément de un penny sur le pris du kilowatt-heure. Cela facilite évidemment
- les abonnements, mais le prix est un peu élevé. Le système a été employé dans de nombreuses villes d’Angleterre., el il a donné des résultats assez varies. La taxe supplémentaire est généralement inferieure à un penny.
- La station génératrice comprend trois chaudières tubulaires alimentant trois moteurs tandems com-pound Mac Intosh et Seymour, qui actionnent directement trois dynamos de 200 kw pour 150 tours à la minute. 11 y a en outre une salle contenant 256 accumulateurs Tudor pouvant, à la décharge, donner 110 ampères pendant sept heures. C’est la Compagnie anglaise Thomson-Houston qui a fourni le matériel.
- La longueur de \ oie des tramways est de 17,7km, l’ecartcmcnt de 0,91 m. Il y a 18 voitures motrices alimentées par trôlet. clics sont montées sur simple truc Peckham avec deux moteurs par voiture et des coupleurs séries parallèles.
- L’éclairage est distribué par système à trois fils sous 440 volts entre les conducteurs extérieurs ; il y a 220 aux bornes des lampes des abonnés. L’éclairage de la voie du tramway est fait par 94 lampes à arc montées à l'extrémité des poteaux du trôlet.
- T.
- Consommation d’électricité à Rome.— La Société anglo-romaine d’éclairage par le gaz et autres systèmes a communiqué les résultats statistiques sui-
- Le réseau a été augmente par suite des nouveaux abonnés; il est maintenant de 28 991 m pour le circuit primaire et de 49 941 m pour le secondaire; il y a en outre 2; 536 m de canalisation à haute tension pour l’éclairage public, f.e nombre des compteurs de la Compagnie est de 1 075, dont 915 en marche, ce qui fait une augmentation de 83 sur le nombre de l’année précédente.
- Au 31 décembre 1897, il y avait 54 5(12 lampes de puissances diverses, correspondant à 56 698 lampes de 16 bougies; ceci fait une augmentation de 6 i98Tampes diverses représentant 4 633 lampes de 16 bougies. L’augmentation a donc porte surtout sur les lampes de petite consommation.
- Le débit électrique a peu \arié; il a été, pour l’année entière, de 23 707 668 hectowatts, dont 9 003 275 pour la traction électrique. En somme, la quantité d’électricité employée par l’éclairage est restée stationnaire, et cela tient à l'introduction des lampes à consommation réduite. T.
- Traction électrique. — Dcifurt. — Les tramways de Belfort ont etc mis en marche dernièrement. L’installation comporte deux lignes : gare de Belfort, place d’Armes et gare de Belfort-Valdoie ; cette dernière ligne seule est exploitée, le nombre des voitures étant encore insuffisant.
- Belfort, qui avait 6 ooo habitants en 1870, en
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- Supplér
- du 10 juillet 1898
- ment à L’Éclairage Électrique
- compte aujourd'hui 35000 et est devenu un centre industriel important ; Valdoie est une commune qui grandit considérablement en raison des usines que l'on y a construites.
- La population a fait un accueil enthousiaste à l'apparition de son tramway électrique.
- — Bex (Suisse). — Il a été présenté au Département fédéral des chemins de fer une demande de concession signée de MM. Palaz, Oyex Pommas et Dclacoste, pour l’établissement d’un chemin de fer électrique à voie étroite, entre Bex et Montbey. La ligne, dont le coût est estimé à 420 000 fr, traverserait le Rhône un peu en aval du confluent de la Vicgeet permettrait aux étrangers, en séjour à Bex, de se rendre facilement dans le Val d’Illiez. La longueur totale serait de 4,3 km et la pente pour ainsi dire nulle.
- — Béziers. (Supplément, t. XV, p. xciv.) — La population de Béziers est impatiente de voir les tramways électriques entrer dans lapériode d’exécution, mais ne se rend peut-être pas suffisamment compte des difficultés spéciales que présentait pour Béziers une installation de tramways électriques, et des études délicates auxquelles il a fallu se livrer pour trouver Une solution satisfaisante.
- Le principal obstacle, c'est-à-dire l’existence de la première concession des tramways de Béziers et la mer, avec point de départ sur la place de la République, ce qui rendait impossible l'établissement d’un bon réseau urbain, cct obstacle est aujourd’hui levé. La Ville a racheté la première concession et a pu ainsi l’incorporer dans un réseau unique de tramways, comprenant l’ensemble des lignes urbaines.
- Le cahier des charges et le projet de traité de rétrocession ont été établis avec le plus grand
- soin. Il suffit, pour le démontrer, de dire qu'alors qu’à Montpellier on n’a stipulé pour la Ville aucun avantage particulier, à Béziers, au contraire, la Compagnie pavera à ses frais une bande de deux mètres de largeur, soit une dépense supplémentaire pour elle de 280 000 fr et versera à la Caisse municipale une portion de ses bénéfices. Si, comme tout le fait espérer, la recette brute s’élève à 250 000 fr par kilomètre, la participation de la ville, en dehors du droit de stationnement, s’élèvera .à 36400 fr. Cette somme sera doublée si la recette s’élève à 30 000 fr par kilomètre.
- A l’heure actuelle, le projet est soumis au contrôle des ingénieurs des ponts et chaussées; ensuite il sera transmis au ministre des travaux publics.
- — Bilbao ;Lsp»£iic). —L’usine hydraulique construite au pont de Luchana pour fournir l’énergie électrique au tramway de Bilbao à Portugalete, va bientôt être terminée. Ce tramway, dont le point de départ est auprès de l’église de Saint-Nicolas, conduit par la rive droite du Nervion. sur une jolie route de 11 kilomètres, jusqu'aux Arenas, à l’embouchure môme du Nervion. Les belles plages sablonneuses qui s’étendent des deux côtés de l'embouchure sont très fréquentées pendant la saison des
- — Brest. (Supplément, t. XV, p. xi.m.) — I.es travaux pour l’achèvement du réseau de tramways du grand pont à Saint-Pierre-Quilbignon sont poussés activement. Les ouvriers sont occupés à nettoyer les rails, de façon à ce que le service puisse commencer aussitôt que le raccordement des fils sera terminé, cc qui ne demandera plus que quelques jours.
- Les travaux du grand pont nécessitant encore près de trois semaines, il est possible qu’il y ait
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- transbordement ou que les voitures franchissent le pont au moyen de la traction animale.
- - Libourne. (Supplément, t. XIV. p. xrn.) — I.C décret déclaratif d’utilitc publique de la ligne de tramway de Libourne à Branne et à Sainte-Terre, vient d’être rendu. Toutes les formalités administratives en vue de l’autorisation sont donc aujourd’hui terminées-
- Les promoteurs de celle entreprise, comptant constituer, sous peu de jours, la Compagnie qui sera chargée de la construction de la ligne, de son exploitation, ainsi que de l'éclairage électrique et de la distribution* de la force motrice, poursuivent le placement des actions parmi les populations intéressées.
- Il est heureux que cette œuvre d'intérêt général soit sur le point de se réaliser, car c’est l’avenir de la ville et des localités voisines.
- -—Lille. (Supplément, t. XV, p. lxvii.) — On étudie en ce moment le projet d’un embranchement du tramway électrique qui partirait de la place d’Armes pour desservir la gare en passant par la route nationale- Les plans seraient soumis, dans ce cas, au ministre des travaux publics,
- — Lyon. (Supplément, t. XV, p. xin et xcvi.i — En suite d’une décision du ministre des travaux publics du 12 janvier 1898, et en conformité des ins-
- tructions contenues dans la dépêche du préfet du Rhône, en date du 11 mars dernier, il a été procédé à la Mairie centrale de Lyon, à une enquête d’utilité publique sur l’avant-projet présenté par MM. Berger et Cayet-Descombes, en vue d’obtenir la rétrocession d'une ligne de tramway à traction électrique de Lyon {place Beilecour) à Chapo-nost, avec embranchement sur Pierre-Bénite et Iri-gny.
- Le tracé de cette ligne de tramway emprunte le territoire de la ville de Lyon, entre la limite de la commune de la Mulatière et la place Beilecour; il suit les quais Jean-Jacqucs-Rousseau, Fulchiron et Tilsitt, qui sont des voies publiques dépendant du domaine de l’Etat ou du département du Rhône, et le pont d’Ainay, la rue du Peyrat et la chaussée sud de la place Beilecour (jusqu'à la rue Boissac;, qui sont des voies publiques municipales.
- L’enquête à laquelle il a été procédé n’a provoqué que des adhésions.
- L’ingénieur en chef du service de la voirie a exposé que les voies municipales empruntées sont pourvues de chaussées d’une largeur suffisante pour permettre l’établissement de la voie du tramway projeté, tout en réservant la largeur réglementaire pour le stationnement des voitures ordinaires ; mais il fait remarquer que la rue du Teyrat et le quai Fulchiron doivent recevoir les lignes projetées
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- par l'Administration municipale pour compléter le réseau des tramways urbains.
- 1 ,’ingénieur en chef conclut que la ligne de Lyon-Bellecour à Pierre-Bénite, Irigny et Chaponost pourrait faire obstacle à la construction ultérieure des lignes du nouveau réseau urbain, lequel comprend notamment la ligne dite Perrache Croix-Rousse, empruntant la rue du Peyrat, ou tout au moins créer une gêne pour la circulation générale, attendu que ces lignes de tramways, qui seront établies avec des types de voies d'une largeur différente. devront être nécessairement juxtaposées et occuper par conséquent une notable partie des chaussées empruntées en commun-
- D’autre part, l’Administration municipale est d’avis que la tête de ligne de ce tramway, projetée place Bcllecour, devrait être reportée, pour éviter l’encombrement de cette place, sur le quai Tilsitt, à l’entrée delà rue du Peyrat.
- Le conseil municipal va être appelé à donner son avis sur le projet de tramway dont il s’agit conformément aux prescriptions de l'article 10 du décret du 18 mai 1881.
- — Le conseil municipal a dernièrement examiné la demande en rétrocession d'un tramway électrique de Lyon-Bellecour à Charbonnières, présentée par M- CL Tardy.
- Le nouveau tramway, à voie normale de 1,44 m, partant de la place Bcllecour (cô’é Saône), emprunterait jusqu'à Vaisela voie O. T. L., desservirait le quartier des Abattoirs, monterait à travers une propriété parliculière jusqu'au chemin vicinal de la Demi-Lune, desservirait Tassin, d’où il se rendrait à travers une propriété particulière jusqu'à Char'
- A la suite de démarches des habitants du Méridien qui n’étaient pas desservis, le conseil a demande à M. Tardy que son projet comportât la création d’un embranchement jusqu’au Méridien. M. Tardy a répondu qu'il acceptait.
- Le conseil, dans ces conditions, délègue à la com mission départementale le soin d'étudier si le con. cessionnaire présente les garanties financières suf- : fisantes, donne en principe son adhésion à la construction dudit tramway de Lyon à Charbonnières, avec l’embranchement du xMéridien, et demande la mise à l’enquête du projet.
- — .\otliügliam - Angleterre). —I.e Conseil de comté de Nottingham est entré eu possession de ses tramways, l’année dernière, et exploite aujourd'hui lui-même, le réseau. 11 a l'intention de complètement transformer et améliorer le système actuel, de construire de nouvelles lignes et d’adopter les voitures à traction électrique.
- Le réseau actuel a été construit en 1878 et les rails sont totalement usés. Nottingham est une ville accidentée où les tramways à chevaux fonctionnent fort mal.
- Une Commission, nommée à l'effet, d'étudier le meilleur système électrique pratique dans le cas, s'est prononcée pour k système à irôlet.
- Les dépenses totales des travaux, y compris la pose des fils aériens, les voitures, machines, hangars, etc., s’élèveront à environ 10625 000 fr.
- La Commission songe, en outre, à étendre un peu plus tard le réseau dans les faubourgs. Le réseau, lorsqu’il sera complètement achevé, aura une longueur de 50 milles.
- — Reims — Dans une de ses dernières séances, le conseil municipal a définitivement approuvé le projet de traité intervenu entre la Ville et la Compagnie des tramways urbains pour la transformation de la traction animale en traction électrique. Ce traité a été signé par les parties.
- Du côté de la Compagnie des tramways on n’attendait plus que l’accomplissement de cette formalité pour constituer le capital nécessaire 4 la transformation résolue.
- A bref délai, une conférence sera tenue entre l’entrepreneur des travaux et les ingénieurs de la Compagnie.
- Au cours de cette réunion seront établies les bases et les grandes lignes du projet de transformation. On choisira notamment l’emplacement de l’usine électrique.
- Lorsque les ingénieurs et l’entrepreneur auront déterminé l’emplacement de l’usine, les travaux commenceront immédiatement.
- — Roubaix. — Dans tout le réseau qui lui est. concédé, la Compagnie nouvelle des tramways de Roubaix-Tourcoing possède une longueur de voies utilisées de 31 102 m Son matériel de traction-consiste en 30 voitures automobiles à moteur unique de 25 chevaux, iu à deux moteurs de 35 chevaux, 18 voitures de remorque.
- L'usine de production d’énergie électrique du dépôt du Laboureur comprend : six générateurs multitubulaires Babcock et Wiicox ; six machines à vapeur fixes du type Corliss de 150 chevaux-vapeur, d’une vitesse de 160 tours à la minute ; trois dynamos type Thomson-Houston de 100 kilowatts ; trois dynamos type Fivcs-Lille, de 100 kilowatts.
- La Compagnie transporte en moyenne 12 285 voyageurs par jour.
- Quant aux résultats d’exploitation, ils ont été les suivants en 1897. L’ensemble des lignes exploitées par la traction électrique a donne en recettes brutes 818395,55 fr : c’est une moyenne de 72,2J fr par journée de voiture. Les dépenses d’exploitation se sont élevées à 465 205,16 fr, soit 41,05 fr par voiture. La proportion des dépenses sur les recettes a été de 56 p. loo.
- — Roueu(le tramway de Bonsecours . — Lentement au gré du public, mais néanmoins sans désemparer. se poursuivent les travaux de la ligne du
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- tramway de Rouen à Bonsecours et au Mesnil-Esnard. Actuellement, on est en train de poser la voie ferrée dans la côte l.a construction en arrive à sa période intéressante.
- L'ascension du plateau se fait, sur tout le parcours, en pente douce ; en aucun endroit 3e tramway n’aura à gravir des montées aussi fortes que celle, par exemple, du haut de la rue de la République. La voie, taillée dans les flancs de la colline, rachète l’élévation par un long serpentement.
- Ce qui est intéressant, c’est que les encaissements ont pu être évites sur la presque totalité du parcours. Il n’y en a qu’un, et encore est-il d'une faible étendue : une soixantaine de mètres au plus. 11 se trouve à la première boucle que fait le trace, c'est-à-dire, pour préciser, à l’endroit où celui-ci côtoie le funiculaire, à la hauteur du pont qui traverse la route. Là, il a fallu tailler en pleine roche; mais c’est le seul endroit où, pour une demi-minute, les voyageurs perdront la vue del’admirable panorama qu'on découvre de là-haut, sur les plaines de Sotte-ville et de Saint-Ltienne-du-Rouvray.
- A la seconde boucle, lorsque la voie, revenue sur elle-même, va définitivement gagner Bonsecours, changement de site : ce sont les lointains de Rouen, de Quevilly et de Canteleu qui s’offrent aux regards, grâce aux profonds déboisements pratiqués dans la côte. A partir de cet endroit, la voie suit à peu près exactement l'alignement de l’ancienne route, en s’infléchissant légèrement jusqu’au point où elle se raccorde avec elle.
- Cette construction n'a pas été sans nécessiter d’importants travaux d’art. C'était d’abord la belle balustrade en maçonnerie qui part du pied de la colline, et à laquelle suppléent, à partir de l’endroit où le tracé rejoint le funiculaire, les talus naturels Ces talus seront plantés d’arbustes, de façon à ne masquer en rien la vue du paysage. En outre, en tous les points où il a fallu tailler dans la roche, on a exécuté avec soin d'immenses revêtements en briques, qui protègent la voie et ses fils aériens contre tout éboulement et toute dégradation. Rien n’a été épargné pour assurer la plus complète sécurité au service, et répondre d’avance aux exigences les plus strictes du contrôle.
- — Troyes. — Nous apprenons que les travaux de coustruction des tramways électriques vont commencer incessamment.
- Les rails sont en cours de route ; et, d’autre part, le terrain pour la construction de l’usine est acheté.
- Il y a lieu d’espérer que les premiers coups de pioche seront donnes avant une quinzaine de jours.
- — Vaucressim. — Le conseil municipal de Vau-cresson s’occupe d’un projet d’établissement de tramway électrique, devant aller de Vaucresson à Garches et à Saint-Cloud, puis de Saint-Cloud à Boulogne et Auleuil.
- Il y aurait peut-être pour cette région un tramway bien plus utile que celui-là : ce sérail un tramway qui relierait directement les communes de Garches, Vaucresson, la Celle-Saint-Ck>ud, avec leur chef-lieu d’arrondissement. Dans l’état actuel, pour aller de Vaucresson à Versailles par chemin de fer, il faut commencer par tourner le dos à Ver-saillies et filer sur Saint-Cloud. Là, on s’arrête et l’on attend le passage d’un train de Paris se dirigeant sur Versailles. Pour revenir de Versailles à Vaucresson ou à Garches, par chemin de fer, une fois arrivé a Saint-Cloud, il faut y attendre patiemment le passage d'un train allant de Paris à Marly-le-Roi et i’Étang-la-Ville.
- Eclairage électrique. — Alexandrie. — Le conseil communal d'Alexandrie avait demandé à la Société locale du gaz d'abaisser le prix du gaz, qui est actuellement de 0,25 fr. Sur le refus, de la Société, le conseil a passé une convention avec la maison Siemens et Halsbe pour l’éclairage électrique d’une partie de la ville. La Compagnie du gaz a alors adressé une requête au Conseil d’État, mais elle a été repoussée. T
- — Grado Espagne). — Le mois dernier a eu lieu l’adjudication de l'éclairage public de cette ville, au moyen de l’électricité. La durée du contrat est de trente années pour le prix annuel de 2000 pesetas. Un seul soumissionnaire, Al. Zoilo Timon Palacios, s’était présenté et a été déclaré adjudicataire.
- — Limoges. [Suppl., t XV, p xuvn.) — L’clectri-cité fait des progrès considérables à Limoges. A l’heure actuelle, la Compagnie d’éiectricité de Limoges a posé 36 898 m de câbles, et le nombre des lampes installées au 31 mai dernier, y compris les lampes à arc et les moteurs évalués en lampes de 10 bougies, est de 5186 lampes. Aussi cette compagnie va-elle créer sur la Vienne une usine hydraulique de 1 000 à 1 200 chevaux en attendant la réalisation du projet de Châtelus-le-Marchcix, qui est prêt ci viendra certainement à son heure.
- La Compagnie a traité avec les riverains de la Vienne dans la commune du Palais et dans celle de Panazol pour la submersion des terrains et le droit d’attache d’un important barrage.
- Une importante écluse de 4 m de hauteur sur xoü m de longueur barrera donc bientôt la rivière. Là, quatre turbines de 300 chevaux, chacune seront installées, actionnant quatre dynamos génératrices de même puissance qui produiront, jour et nuit,une force pouvant être livrée aux industriels aux meîl leures conditions possibles.
- — Lisieux. — Ces jours derniers, les membres du conseil municipal ont décidé d’étudier un projet d’éclairage par l'électricité. Une commission, com-
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- posée de plusieurs conseillers, a élé nommée à l'effet de poursuivre l’étude de ce projet.
- Montaubskn. — Le maire de Montauban vient de recevoir de la Société Montalbanaisc d'électricité, une lettre de laquelle il résulte que cette société a approuvé tous les plans d'installation, et que les travaux vont être commencés sous peu.
- Voici quelques indications sur l'installation.
- Elle comporte :
- j turbines hydrauliques de 150 chevaux chacune en régime normal,
- 4 chaudières à vapeur de 150 chevaux chacune ;
- 2 machines à vapeur de 300 chevaux chacune;
- 3 dynamos génératrices de 220 kw,
- Les commandes portent sur deux turbines, une machine à vapeur, deux chaudières, deux dynamos.
- les pompes et la réceptrice électrique de Planques.
- L’ingénieur soumettra incessamment les modèles de candélabres et consoles, ainsi que le dossier pour la demande en autorisation de la pose des canalisations.
- — Orau. — -Les commissions des travaux et des finances réunies sont convoquées ces jours-ci pour examiner la demande par laquelle la O' Lebon sollicite l’autorisation d’établir une canalisation depuis l'usine à gaz jusqu’au boulevard Seguin, en vue d’un essai d’éclairage électrique à l’usage des particuliers.
- La commission reprendra en même temps l’étude des propositions anterieures de lacompagnic du gaz, en vue d'installer à Oran un réseau général d'éclairage par l’électricité
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- Suppléi
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- NOUVELLES
- Association française pour l’avancement des Sciences [Congrès de Nantes). — C’est à Nantes que se tiendra, du 4 au 11 août prochain, le Congrès annuel de cette Association.
- I-e programme, sauf modifications de détail, a été arrêté comme il suit :
- Jeudi 4 août. — Séance d’ouverture du Congrès. Réunion des sections pour l’élection des bureaux.
- Vendredi 5 août. — Séances de sections et visites industrielles.
- Samedi <5 août. — Séances de sections et visites industrielles.
- Dimanche 7 août. — Excursion générale à Gué-rande, Le Croisic, le bourg de Ba'z, Pen-Bron.
- Lundi 8 août. — Séances de sections et visites industrielles et scientifiques.
- Mardi g août. — Excursion générale : Descente de la Loire, Indret, Paimbœuf, Saint-Nazaire.
- Mercredi 10 août. — Séances de sections. Le soir, conférence.
- Jeudi 11 août. — Séance de clôture. Election du président et du secrétaire pour 1900. Choix de la ville pour 1900.
- Les sections se réunissent au petit Lycée, rue Géncral-Mcusnier, près la place Lafayelie.
- Des excursions et visites spéciales seront organisées pendant la durée du Congrès pour diverses
- sections. Parmi les excursions, figurent : pour le samedi 6 août, la visite de Clisson et de l'usine Couraud, à Cugand, vallée de la Sèvre (chemin de fer); pour le lundi 8 août, la visite de l’usine de Coueron (bateau à vapeur). Parmi les visites se trouvent les suivantes : Fabriques de conserves alimentaires (Peneau, Léchât, Philippe et Chessé, Amieux, Saupiquet); raffinerie Cossé-Duval; Société anonyme des papeteries Gouraud ; Société des mines et fonderies de Pontgibaud; imprimerie sur métaux, Guiho ; constructions maritimes (Dubigeon), Chantiers de la Loire ; et, dans le cours des excursions, visites de l’établissement national de la marine, à Indret; de la Compagnie transatlantique, à Saint-Nazaire ; de la Compagnie des Forges et Hauts Fourneaux de Trignac ; de la fabrique de briquettes de Blanzy-Guest, à Chantenay.
- Une grande excursion terminera les travaux du Congrès ; en voici le programme :
- Vendredi 12 août. — Vannes (visite cle la ville, du port, du musée archéologique). Coucher à Van-
- Samedi i3 août. — Départ de Vannes, île de Ga-vrinis, Locmariaker (mégalithes et tumulus) baie de Morbihan, rivière d’Auray. Coucher à Auray.
- Dimanche 14 août. — Visite d’Auray (vieilles maisons du xv'J siècle, églises de Saint-Gildas et
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- Transporteur électrique pour le déchargement des bateaux (E W, p. 20, 2 juillet).
- Perforateur électrique Siemens et Halske (BSE, p. 153, 28 mai).
- Le système à trôlel dans les fonderies ; Herbcrt-M. Ràmp (II. p. 46,15 juillet).
- Les installations électriques de la manufacture royale do tabacs de Vionne-Ottakring (ZET, r ^
- L'électricitc à bord des navires de (ETR, p. 208, 1” juillet).
- i (E, p.
- 15 juillet).
- Traction.
- Locomotive électrique d’Arlington Mills (E En, p. 721, 23 juin).
- Nouveau moteur de tramway (EEn, 720, 23 juin).
- Sur la suspension des moteurs daus les voitures électriques;
- G.-B. Foi.co (E Ls, p. 145, Ier juillet).
- Emploi des accumulateurs pour la traction électrique : Rudolf Zerner (Gc. p. 158, 0 juillet).
- Le système de traction électrique Thomson-Houston (Z E T. p. 311, 26 juin).
- Le trôlet à archet Siemens et Halske (E R, p, 62, 8 juillet). La résistance opposée par l'air à la marche des trains (E R,
- Le chemin de fer électrique de Waterloo, à Londres (El,
- , 15 juillet) l'Ouest de Londres (El, -
- 5 juillet,
- Les tranrwavs électriqui 15 juillet).
- Note sur l’éclairage des voitures de tramways; L. Lauaucuik (p. 23, Association amicale des ingénieurs électriciens). Eclairage électrique des trains (system Dick) do la fabrique d’accumulateurs VVüsle et Rupprecht, liaden et Vienne (Z E T, p. 321, 3 juillet).
- E. Hospitalier (le, p. 271 et 287, 10 juillet).
- Le concours de fiacres automobiles: J.-A. Montpellier (Elc, p. 17, 9 juillet).
- L’exposition des automobiles à Paris (II, p. 31,34 et 54, 8 et lb
- Le concours des automobiles à Paris (E Ls, p. 157, juillet). Les voitures électriques de la Compagnie générale des transports automobiles (T P, p. 355, i-’ juillet).
- Télégraphie et Téléphonie.
- Télégraphie à lumière électrique ; Karl Zickler (E T Z, p. 474,
- Li'jmlh
- t des bruits parasites dans les conversations téléphoniques (Z E T,p. 313, 26 juin).
- La téléphonie au point de vue pratique; A.-E, Dobbs (EEn, p.657 et 711, 9 et 23 juin).
- La téléphonie dans les installations de traction électrique ;
- El, p. 397, 15 juillet)’.
- Éclairage.
- Charbons pour Lumière électrique et autres usages : Francis Jehi. (El, p. 386, 15 juillet).
- Sur la disposition des électro-aimants régulateurs dans les
- lampes a arc ; Th. Weil (ETZ, p. __
- La lampe à incandescence de Nernst (D É’i,, p. 315, 9 juillet). Quelques considérations sur les essais de lampes faits en vue de déterminer la meilleure lampe pour stations centrales; S.-E. Doane (E W. p. 785, 25 juin).
- Calibre pour la confection des pas de vis des culots Edison ;
- R. IIundhausen (ZE T, p. 334, 10 juillet).
- L’éclairage électrique des escaliers (E Ls, p. 163, juillet). L'éclairage électrique au point de vue de la propriété publique et de l’exploitation; Alex. Dow (E En, p. 707, 23 juin)
- (Z E C, p. 10, 7 juillet).
- Des diaphragmes pour l’élcctrolyse des chlorures alcalins ;
- 11. Becicf.r (I E C, p. 33, mai; p. 41, juin). dur l’électrolysc des solutions de chlorure de calcium ; Félix Obttel (Z E C, p. 1, 7 juillet).
- Carbure et phospko-carburc de calcium (I E C, p. 42, juin). .......... ' ’ .............., p. 83, 15 juillet).
- L’industrie du carbure de calcium (Ê,
- Les générateurs d'acétylène ; J. Pemrertûn-Stli Ihlnillet).
- Sur l’électrolysc des solutions de chlorure de zinc e nature des dépôts de zii " " . .. .
- (Z E C, p. 16, 7 juillet).
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- Le procédé Cowper-Coles pour l'extraction de l’étain des minerais réfractaires (11, p. 49, 15 juillet).
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- Syndicat professionnel des industries électriques {séance du 5 juillet). — Après la lecture du procès-verbal de la séance précédente et l’admission, comme membre du Syndicat, de M. Boulanger, de la maison Boulanger et Roux, constructeur d'appareils électriques, 25, rue Notre-Dame-de-Naza-reth, la Chambre examine les questions suivantes :
- Elévation de la cotisation et création d'un bulletin mensuel. — Une proposition a été présentée dans la dernière séance par M. A. Ilillairet, en vue d'élever la cotisation de 12 francs à 20 francs. A ce sujet, M. le Président donne lecture du rapport ci-
- te Mes chers-collègues : Vous vous rappelé* dernière séance de la Chambre un de nos col posé d’élever le montant de la cotisation annu porter de 12 à 20 francs.
- ;> La Chambre a-décidé qu’elle examinerait cette question, dans sa prochaine séance, sur un rapport du Président qui l’étudiera au point de vue statutaire.
- » Je réglerai immédiatement la question statuaire :
- * Le titre IV, art. 23 de nos statuts dit que la cotis; est fixée à t2 francs par an, et le titre VI, art. 27, iuc que les statuts peuvent être modifiés par l’Assemblée g raie sur la proposition de la Chambre syndicale ou de 30 membres du Syndicat.
- »- Les modifications doivent, pour être valables, être votées à la majorité absolue! par une assemblée comprenant au moins k moitié des membres du Syndicat présents ou
- » Rien 11e s’oppose donc, toutes les formalités étant remplies'd’élever la cotisation.
- » Mais je vous demande la permission d’appuyer la proposition qui vous est faite par les considérations suivantes :
- » Lorsque les fondateurs du Syndicat curent à se préoccuper delà confection de nos statuts, ils s’inspirèrent de ceux des syndicats existant et fixèrent la cotisation à 12 francs, chiffre qui était celui adopté par d’autres syndicats.
- » Quelques-uns de nos anciens Présidents vous diront que les ressources produites par les cotisations n’ont pas toujours couvert les dépenses ; grâce â leur générosité, la Chambre a pu, pendant quelques années, balancer ses recettes e dépenses.
- » Aujourd’hui la Chambre a le devoir de rechercher recueillir tout ce qui peut être utile aux intérêts com des adhérents du syndicat ; elle doit 1
- puis
- publiques
- •nposc
- ° d’elles
- tous les renseignements nécessaires au développement et à la prospérité de l’industrie électrique.
- » Nous ne sommes pas, à mon avis, suffisamment organisés pour atteindre un tel but.
- » Un premier moyen pour arriver à ce résultat serait de transformer les procès-verbaux mensuels de nos séances en un véritable Bulletin mensuel du Syndicat.
- » Actuellement, nous faisons bien connaître les travaux de la Chambre à nos adhérents, mais nous ne leur donnons que des renseignements incomplets et ils ne reçoivent pas tous ceux qui pourraient leur être utiles.
- » ür, je ne connais pas de stimulant plus parfait-que la publicité. Bans le bulletin que je vous propose de créer immédiatement nous pourrions insérer à la suite des procès-verbaux de la Chambre les renseignements commerciaux venant soit de France et des colonies, soit de l'étranger ; les projets de lois, les lois, circulaires, arrêtés, décrets, documents officiels en général, intéressant l’industrie, électrique à un titre quelconque ; reproduire les avis d’adjudications ou de fournitures, les cours des métaux vieux ou-, neufs; les tarifs de transports de chemins de fer ou-fluviaux, de douane, d’octroi ; les renseignements fournis par les Consuls à l’étranger avec indication des débouchés possibles pour notre
- » Nous y joindrions les arrêts des cours et les décisions du Conseil d’Etat intéressant l’Industrie électrique, etc...
- » Nous pourrions encore indiquer à la suite les prix d’établissement et de revient pour l’éclairage, la traction et la manutention électriques. . •
- » Je pourrais, mes chers collègues, allonger cette nomenclature et je la trouverais encore-incomplète, eü égard aux obligations que je crois avoir contractées envers vous, par les fonctions que vous avez bien voulu me confier, et à l’intime conviction que je possède, qu’un Président de Syndicat doit être pour scs collègues une véritable agence de renseignements.
- » Pour faire ce bulletin, il faut des ressources : nous les trouverons à la fois dans les cotisations et dans les annonces de tous genres que nous obtiendrons sans aucun doute, et qui permettront assez vite au bulletin de ne rien coûter au
- * En résumé, je vous demande, mes chers collègues, d’adopter la proposition qui vous est faite, c’est-à-dire de porter la cotisation de 12 àiofrancs, de déciderque nouscon-sulterons l’Assemblée générale sur cette modification de nos Statuts au mois de septembre prochain ; d’autoriser notre Président à créer, dès demain, un Bulletin mensuel du « Syndicat professionnel des Industries électriques » et à traiter avec un imprimeur ou un libraire pour 1 impression, la distribution et la vente de ce bulletin, et enfin à recher-
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- tages que vient d’indiquer le Président et qui militent en faveur de la création d’un Bulletin spécial à la Chambre, celle-ci trouvera dans les ressources nouvelles que procureront les cotisations la possibilité de s’intéresser a des œuvres philanthropiques. Il ajoute que, dans son esprit, il lui parait nécessaire de fixer à 24 francs le taux de la cotisation.
- Après un échange d'observations entre divers membres, la Chambre vote à l’unanimité l’élévation de la cotisation à 24 francs, à partir du ier janvier 1899. Elle décide en outre, qu'une commission, composée des membres du bureau, présentera un rapport dans ce sens à l’Assemblée générale extraordinaire dont la réunion est fixée au mois d’octobre prochain; cette commission examinera, en meme temps, les modifications qu'il pourrait y avoir lieu d’apporter aux Statuts du Syndicat.
- Enfin, la Chambre approuve la création immédiate d’un Recueil mensuel du Syndicat tel que le propose le Président dans son rapport, et dans le sens qu’il indique.
- La Chambre après avoir déterminé la forme ma lérielle à donner à ce Recueil, vote, à litre d’essai, un crédit de trois cents francs pour son impres-
- Assistance des membres adhérents aux séances mensuelles de la Chambre. — M. le Président rappelle la proposition faite à la dernière séance par deux de scs membres, proposition ayant pour but d’autoriser les membres adhérents du Syndicat à assister aux séances mensuelles de la Chambre. Après un échange d'observations entre les divers membres présents, la Chambre estime qu’il n’y a pas lieu de modifier les Statuts à ce sujet ; mais elle est d'avis quedans le cas où il serait nécessaire de faire appel à la compétence spéciale d'un certain nombre de scs membres adhérents elle le ferait comme par le passé en les convoquant spécialement aux séances : ils auraient ainsi la possibilité d'exposer leurs idées sur les questions à l'étude tout en permettant à la Chambre de ne prendre une decision qu'après s’être entourée de tous les renseignements utiles.
- Enfin, il est admis en principe que le Président prendra l’initiative de réunir des assemblées générales extraordinaires, toutes les fois qu’une question intéressante pourra être utilement soumise à l’examen de tous les membres du Syndicat.
- Prix de 40 0 francs pour une prise de courant universelle destinée aux voitures électriques. — M. le Président rend compte qu’à la suite d'un entretien qu’il a eu avec M. Hospitalier au sujet des automobiles électriques, ils se sont mis d'accord sur l'intérêt qu’il y aurait à créer un prix destine à encourager .l’invention d une prise de courant universelle pour les voitures électriques. Cette prise de courant pourrait être adoptée par toutes les usines ou producteurs d’électricité et par les constructeurs d’automobiles. M. le Président propose à la Chambre
- de fixer à 400 francs la valeur de ce prix auquel contribueraient le Syndical, l'Automobile-Club, le Syndicat des Usines d’électricité et l'Association amicale des Ingénicurs-Electriciens. L’Association amicale a déjà voté sa part de 100 francs dans ce prix dans sa dernière réunion et a désigné son Président, M, Solignac, pour la représenter dans la Commission qui jugera le concours.
- La Chambre vole une somme de 100 francs pour part contributive de la Chambre Syndicale au prix proposé et désigne MM. Vcrnes, Mildé et Ilillairet pour faire partie de la Commission qui jugera le concours, Le Président est en outre autorisé à s’entendre avec l’Automobile-Club et le Syndicat des Usines d'clectricité, pour leur demander de contribuer à ce prix et de désigner leurs délégués. Lorsque l'accord sera intervenu, avis sera donné de la création de ce prix par la plus grande publicité pos-
- Loi sur les accidents du travail. — Le Président rend compte que le comité central des Chambres syndicales a nommé une Commission d'études qui a pour mission de préparer un projet de caisses d’assurances mutuelles, en vue de la mise en vigueur de la loi sur les accidents du travail dont les règlements d’administrations publiques sont actuellement en préparation.
- M. le Président ajoute qu’il a prié M. Hurlé, dont la compétence est bien connue, d'accepter de faire partie de cette commission d’études et d’y représenter le Syndicat. La question reste donc entière et les membres du Syndicat seront informés en temps utile des mesures à prendre avant que la loi n’entre en vigueur.
- Travaux de la Commission des automobiles électriques. — I .a commission des automobiles a dans sa dernière réunion décidé de limiter, quant à présent, aux départements de la Seine et de Scine-et-Oisc, l'étude des moyens propres à la fourniture de courant aux voitures électriques. Une circulaire a été adressée à un grand nombre de stations productrices d’électricité et à des industriels produisant du courant pour leurs propres besoins. (Voir la lettre insérée dans le Supplément du 9 juillet, p. xi.)
- Les réponses sont déjà nombreuses et favorables
- Affaires diverses. — Le Président informe la Chambre que la commission de la révision de la série de prix des architectes semble favorable aux réclamations faites par la Chambre.
- 11 donne communication d’un nouveau tarif douanier du Brésil relatif au matériel électrique et d’une note officielle relative à la représentation du commerce français au Brésil.
- Le tarif contient les taxes suivantes pour les articles électriques : Charbon prépare pour lumière électrique. 200 réis (le réis vaut 1 miHime, soit 1000 réis pour I franc ï par kilo. — Vases en porcelaine pour piles électriques, isolateurs et
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- XXXV
- Supplément à L'Éclairage Electrique du HP juillet 1898
- boutons, ainsi que d’autres articles en porcelaine avec ou sans accessoires en cuivre pour installations électriques, 200 réis par kilo ; les supports en fer arrivant avec les isolateurs, mais non pas scellés sur ceux-ci, paient une taxe spéciale de même les vis en fer et en bois. — Isolateurs en verre pour poteaux télégraphiques ou téléphoniques, 100 réis par kilo. — Grandes et petites lampes, globes de lampes, etc., en verre uni, pressé ou adouci, 1000 réis par kilo: globes de lampes eu verre poli entièrement ou partiellement, 2 000 réis par kilo. —• Sonnettes électriques avec hoîtes en bois ou en fer, 4000 réis par kilo. Fil en cuivre ou alliages de cuivre, recouvert de papier, coton, caoutchouc ou autres matières pour tout usage, 900 réis par kilo. — Fil en cuivre ou alliages de cuivre, recouvert de coton ou caoutchouc, avec couverture de plomb ou de fer, pour les câbles sous-marins ou souterrains, pour télégraphes, téléphones, transmission de force et de lumière et d'autres installations, 20 p. 100 de leur valeur. — Câbles en fer ou acier, 200 réis par kilo. — Fil en fer et acier, recouvert de papier, soie ou coton, 1 2O0reis par kilo. —Macbinesdetoulesortetravaillant à l’électricité et appareils électriques de toute sorte. 15 p. 100 de leur valeur.
- La note .relative à la représentation du commerce français au Brésil, constate que cette représentation est le plus souvent effectuée par des étrangers représentant en même temps des sociétés similaires étrangères concurrentes.
- Le Président: donne ensuite communication d’un rapport sur le fonctionnement du bureau de contrôle pendant le premier semestre 1898.
- Il résulte de ce rapport que pendant ce semestre le nombre des adhésions nouvelles au bureau de contrôle a été de 104, représentant 16367 lampes.
- Le nombre exact des lampes, en déduisant celles dont les polices ont été résiliées, s'élève au 30 juin 1898 à 107338 lampes.
- Pendant les six premiers mois de l’année, le personnel du bureau a procédé aux opérations suivantes :
- Inspections complètes d’installations pour le compte
- des abonnés.....................................660
- Inspections complètes d’instalhaions (supplémen-, •
- taires) des abonnés............................. 33
- Vérifications des compteurs...........................913
- Se réparlissant comme suit :
- Vérifications régulières aux abonnés..................708
- Vérifications supplémentaires aux abonnes. ... 176
- Vérifications pour le compte de personnes non abonnées ................................................. 29
- Essais de lampes à incandescence ou d’apparehs au
- laboratoire.....................................263
- Essais d’ascenseurs................................) c
- Essais de moteurs ou de dynamos....................j
- Réception d'installations............................. 26
- Essais de rendement ou de capacité de batteries d’accumulateurs ........................................... 5
- I.e laboratoire de mesures a été entièrement réorganisé en vue de perniettlre d’étalonner journellement les appareils portatifs destinés aux vérifications et l’étalonnage des appareils de mesures des abonne’s ou des tierces personnes.
- I.e Président donne ensuite lecture de diverses
- Ecole d’éleotricité industrielle de Grenoble. — On sait que c’est à Grenoble qu’a été organisé le premier des cours d’électricité industrielle qui, aujourd'hui, existent dans la plupart de nos universités, grâce au dévouement de nos professeurs et aux subventions des Chambres de commerce et des municipalités. Pendant trois ans les cours d'électrotechnique de la Faculté des sciences de
- Grenoble ont clé professés par AL Paul Janet, qui a dû créer de toutes pièces un enseignement nouveau; depuis 1895 ils sont faits, avec non moins d’autorité, par AL F. Pionchon, professeur à la Faculté.
- Ces cours, très suivis dès l'origine, ont eu une influence des plus considérables sur le développement des applications de l'électricité dans la région si industrielle qui environne Grenoble, où l’on compte actuellement une soixantaine d'installations électriques pour éclairage, quinze usines pour Je transport de l’énergie et douze usines électrochimiques.
- En présence de ces résultats, l'Université de Grenoble a pensé qu’il était de son devoir de seconder plus énergiquement le mouvement industriel dont elle avait été l'un des promoteurs, et elle a décidé « d’organiser à la Faculté de sciences, à partir de l’année scolaire 1898-99, un enseignement complet, théorique et pratique, de l'électricité industrielle, offrant l'équivalent d’une véritable école d'électrotechnique ».
- On ne saurait trop applaudir à cette décision. La nouvelle école, placée à proximité d'une collection complète d’installations industrielles servant à la fois d’illustration et de champ d'expériences, ne peut qu’activer le développement des applications 1 cle l’électricité, et il faut espérer que bientôt, grâce à la diffusion de ses élèves, la région si pittoresque et si industrielle des Alpes du Dauphiné et de la Savoie n'aura plus rien à envier à la Suisse. Sa création, conséquence de l’autonomie récemment accordée aux universités, est d'ailleurs une preuve de l’utilité, de la nécessité de cette autonomie ; elle montre de plus que, contrairement à une opinion, malheureusement trop répandue en France, la science et l'industrie peuvent marcher de concert, se prêtant aide mutuellement.
- Nous reproduisons ci-dessous quelques indications générales sur l'organisation de la nouvelle école; on y remarquera que l’enseignement de l'électrochimie est appelé à y prendre une large place. Nos lecteurs savent qu’une école d'électrochimie doit être également fondée à l'Institut chimique de Nancy. On pourrait craindre que cette double création nuise à la vitalité de ces écoles; ce sera au contraire, pensons nous, une raison d’émulation, les deux centres industriels de Nancy et de Grenoble étant suffisamment éloignés et suffisamment étendus pour que chaque école réponde à des besoins particuliers.
- A la lin de chacune de leurs deux années d’études, les élèves de l’école d'électricité industrielle subiront un examen en vue de l’obtention d’un diplôme appelé Brevet d'études èieciroiechniqnes. Cet examen comprendra trois épreuves : i° une épreuve écrite consistant dans la rédaction d'un projet d’installation électrique usuelle, avec plans et devis (durée :
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- 10 heures); 21-' une épreuve pratique consistant dans l'exécution de travaux de laboratoire accompagnes de mesures électriques (durée ; io heures); 30 une épreuve orale consistant en interrogations sur les notions fondamentales de l’élcctrotcchnique 1,durée ; 1 heure au moins). Chaque épreuve sera élimina-
- L’école d'électricité industrielle ne recevra que des étudiants externes ; toutefois, les jeunes gens que leurs parents voudraient envoyer en qualité d’étudiants internes, n’auront qu'à solliciter leur admission comme internes à l’école Vaucanson, récemment transformée en école pratique du commerce et de l’industrie qui comprend une section industrielle dont les élèves électriciens sont conduits aux cours et travaux pratiques d’électricité industrielle à la Faculté.
- Organisation de l'enseignement théorique et pratique de T Électricité industrielle de la Faculté des sciences de Grenoble.
- L'enseignement théorique et pratique de l’électricité industrielle, à la Faculté des sciences de Grenoble, sera organisé de façon à comprendre ;
- lion et l'utilisation industrielles de l’énergie électrique ;
- 2e Des travaux pratiques de laboratoire et d’atelier concernant les mesures électriques usuelles et comportant le maniement et la pose de tout l’appareillage électrique courant;
- 3Ù Des exercices d’établissement de plans et devis d’installations électriques de tous genres;
- 4° Des visites d'usines et d’installations électriques de tous genres, à Grenoble et dans la région ;
- y Des exercices de conduite de machinés et des stages dans des usines électriques.
- Une large place dans cet enseignement sera faite à l’électrochimie, en raison de l’importance particulière que présente, dans notre région, cette branche de l’électricité appliquée. Les premiers dons qu’a reçus le Conseille l'Université, en vue du développement de l’enseignement de l’électricité industrielle et qui consistent : 10 en une somme d e 5 000 fr. offerte par M. Gueymard, doyen honoraire de la Faculté de droit ; 2ü une somme de 1 000 fr. offerte par un anonyme, ont d’ailleurs comme destination spéciale indiquée par les
- donateurs de contribuer à l’installation d’un Laboratoire d’électrochimie.
- Cours. — Le cours sera bisannuel, une année (A) étant consacrée à l’ctudc de la production et de l’utilisation industrielles de l'énergie électrique par courants continus, et une autre (B) à l’étude de la production et de l’utilisation indus trielles de l’énergie électrique parcourants alternatifs.
- Les élèves pourront indifféremment commencer leurs études par l’année A ou par l'année B. (L'année scolaire 1898-99 comprendra le cours A.)
- Les leçons auront lieu, du 15 novembre au 14 juillet, tous les vendredis, à huit heures et quart du soir, saui pendant les périodes de congés universitaires. (Cette heure spéciale a été choisie pour la commodité des nombreux auditeurs de Grenoble qui y sont admis, j
- Travaux pratiques. — Les travaux pratiques auront lieu au Laboratoire d’électricité industrielle de la Faculté, sous la direction du professeur, avec l’aide d’un préparateur spécial et d’un garçon de laboratoire. Ils comprendront un cours complet de mesures électriques et magnétiques usuelles, des exercices d’étalonnage et de contrôle d’appareils industriels, des études de laboratoire donnant aux élèves l’occasion de se familiariser avec tons les détails des manipulations électriques courantes, ainsi que de s’exercer à la pose des
- Le laboratoire sera mis à la disposition des élèves à des heures fixées par le professeur pour l'execution des travaux pratiques dont le programme aura été donné aux confusément de plans et devis électriques par des projets d’mst.ü-
- des cours e»manipulations, et qu’ils devront remettre comme devoirs au professeur.
- Visites d’usines. — De nombreuses visites d’usines, choisies de façon d offrir des exemples variés de tous les modes possibles de production et d’utilisation de l’énergie électrique, seront faites chaque année par les élèves à Gre-
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- Exercices de conduite de machines et d’instali.ations électriques. — Les élèves seront exercés, au Laboratoire de la Faculté, à la conduite d'un moteur à gaz et de machines électriques appliquées soit à l'éclairage et au transport d’énergie, soit à la charge de batteries d’accumulateurs, à l’exécution de diverses opérations électrochimiques, etc. Ils pourront faire en outre, à la fin de leurs études, des stages plus ou moins prolongés dans les usines et les installations électriques que leurs propriétaires voudront bien mettre à cet effet à la disposition du professeur.
- Influence de la guerre hispano-américaine sur le prix du cuivre. — L.’Amérique et l'Espagne sont les pays du monde qui fournissent la plus grande quantité de cuivre. Sur les .100000 tonnes produites annuellement dans le monde entier, les Etats-Unis en fournissent la moitié et l’Espagne et le Portugal le huitième environ.
- Ces deux derniers pays donnent en effet 54.060 tonnes de cuivre par an; dont 46000 provenant de Tharsis et de Rio-Tinto. (Ce sont du moins les chiffres de l’année 1897.) L’approvisionnement espagnol suffit pour les besoins de la consommation pendant cinq semaines environ. En outre la quantité de cuivre en cours de transport, correspond, pour le destinataire, à un approvisionnement de deux semaines environ.
- Etant donné cet apport important fourni par l’Espagne, ou comprend que son arrêt nécessiterait de plus grands envois d’Amérique en Europe, ce
- qui n’est guère possible actuellement, étant donné , que jusqu’ici la production du cuivre a juste suffi aux besoins et que ces besoins sont de plus en plus considérables. Pour ne parler que des plus importants, nous dirons qu’en Angleterre, les fabricants de munitions se préparent à se pourvoir de cuivre pour un an ; que les armuriers d’Allemagne et d’Angleterre se disposent à faire de fortes commandes; que toute l’Europe a besoin de beaucoup de cuivre pour ses installations électriques ; que d’autre part les arsenaux américains consomment beaucoup plus de cuivre qu’à l’ordinaire par suite de la guerre.
- 11 y a donc lieu de craindre que le prix de cc métal ne dépasse bientôt le cours moyen.
- H. I).
- La traction électrique sur la nouvelle ligne d’Orléans. — Les travaux du prolongement de la ligne d’Orléans dans Paris jusqu’au quai d’Orsay sont pousses avec une activité qui permet d’espérer que la nouvelle ligne pourra être ouverte pour l'Exposition de 1900. La Compagnie vient de soumettre au ministre de§ travaux publics le projet des dispositions qu’elle compte prendre pour assurer par l’électricité la traction des trains et l'éclairage de la ligne et de ses gares.
- Les locomotives électriques du poids de 45 tonnes et d’une puissance de 700 chevaux recevront, par
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- l’intermédiaire de frotteurs, le courant produit par une usine centrale et distribue le long de la ligne par un conducteur métallique placé au niveau des rails et inaccessible au public (système dit du troisième rail.1. Ces locomotives seront supportées par quatre essieux, dont chacun sera entraîne par un moteur de 125 kilowatts ; elles pourront remorquer normalement un train de 250 tonnes à la vitesse de 50 km à l’heure et exceptionnellement un train de 300 tonnes ; elles devront, avec cette charge-pouvoir démarrer sur une rampe de 11 mm.
- L’usine électrique sera établie dans les dépendances de la gare d’Ivry. Elle comprendra deux groupes électrogènes d’une puissance de 1 000 kilowatts chacun. La distribution se fera par courants triphasés à la tension de 5 500 volts, avec deux sous-stations qui transformeront ce courant alternatif de haute tension en courants continus à la tension de 550 volts pour la traction et de 450 volts pour l’cclai rage.
- Le changement de machines se fera à la gare d'Austerlitz et ne demandera, grâce à des disposL lions spéciales, qu’un délai de deux minutes, qui ne dépasse pas la durée minima de stationnement des trains nécessaire pour les autres parties du service
- L'emploi de ce système de traction électrique permettra d'éviter toute production de vapeur ou de fumcc dans les parties souterraines de la nouvelle ligne et de la gare terminus. Ce système présentera encore cet avantage de se prêter pour l'avenir à toutes les extensions qu’on peut envisager, notamment pour les besoins de la ligne de Sceaux qui doit ultérieurement, comme on sait, se raccorder à la ligne principale à la place Saint-Michel.
- La traction électrxquo en Suisse. — Des messages ont été adressés aux Chambres concernant : l’extension de la concession du réseau des tramways électriques à Lausanne et de Lausanne à I.utry; la concession d’un chemin de fer électrique de la gare de Zermatt à l’hôtel Rifïelalp; la concession d'un chemin de fer de Laupen à F’IamaU ou à Thorishaus par Neuenegg et de Laupen à Gümmenen (chemin de fer de la vallée de la Singine), la concession d'un chemin de fer funiculaire d’Aarau à Menziken.
- Bateaux, électriques à Marseille. — Une société vient de se former pour la construction de quatre bateaux qui feront le service du Cbûlcau-d’lf et de la côte de Méjean, Oarry et Sausset. Ces bateaux, d’un très grand luxe, seront mus par l'électricité et seront chacun, dotés d’un projecteur électrique pouvant envoyer à plusieurs milles leur feu puissant. La construction en est confiée à M. Spinelli, qui a déjà fait ses preuves dans le vapeur Cannois. Chaque bateau pourra contenir 300 personnes environ. I
- Traction électrique. — Boulogne-sui-tter (l*as-de-Calais . — Il a été procédé ces jours derniers, à |
- l'essai définitif des tramways électriques, notamment au point de vue des freins.
- Les voitures ont été chargées d'un poids mort de 3000 kg de rails, poids supérieur à celui des voyageurs que peuvent recevoir ces véhicules. Ce chiffre se trouvait naturellement doublé par le poids des personnes présentes, parmi lesquelles on remarquait : le maire de Boulogne, l’ingénieur en chef du service électrique de la Compagnie, l’ingénieur de
- Les essais ont parfaitement réussi, ils ont dépassé toutes les espérances. L’ingénieur en chef Marion s’en est montré satisfait à ce point qu’il a déclaré qu’on peut mettre tout de suite les voitures en cir-
- — ciaix (Isère). — Par la loi du 5 juillet dernier est déclaré d'utilité publique l'établissement, dans le département de l'Isère, d’une ligne de tramway à traction électrique, destinée au transport des voyageurs et des marchandises entre Ponl-de-Claix et Ciaix.
- — Mec iVlycs-ïlfirUimesn — Au cours de la dernière réunion de la commission plénière, le principe de l’acceptation des propositions de la Société Thomson-Houston pour l’établissement du tramway électrique à Nice, avait été accepte sous réserve de certains avantages nouveaux pour la Ville, à introduire dans le projet de convention. On demandait notamment qu’à l’instar de ce qui se passe à Marseille, la Ville ait une part sur les bénéfices. La Société a accepté de payer le 4 p. 100 sur les recettes au-dessus de 1800000 fr. Elle paiera en outre une redevance annuelle de 43000 fr.
- J.a Société s’est engagée à commencer l’exploitation du nouveau réseau en octobre 1899. Il a été décide que pour chaque journée de retard, la Société aura à payer une somme de 1 000 fr.
- Ce sont laies points qui avaient soulevé les plus vives objections et que les pourparlers engagés ces jours-ci ont aplanis. Pourla traction, on s’est arrêté au système du trôlet pour la plus grande partie du réseau et du système souterrain pour les principales voies. On s'est basé, pour fixer les avantages et obligations réciproques de la Mlle et de la Société, sur le cahier des charges qui régit l’exploitation des tramways électriques à Marseille.
- Éclairage Électrique. — Arc-les-tiray (Haute-Saône . - La commune d’Arc-les-Gray va utiliser pour l’éclairage par l'électricité de ses rues, la force motrice de l’ancienne effilocherie Colin que cette commune vient d’acquérir. ,
- — Paris. — Le square Montholon est maintenant éclairé à l’électricité.
- La fermeture des portes du square, au lieu d'être effectuée à six heures, ne sera désormais faite qu’à onze heures du soir,
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- — Perue* — La question de l'éclairage de la ville par la lumière électrique fait son chemin étape par
- Une enquête relative à la pose des appareils sur les maisons des particuliers vient d’être ouverte. Espérons que les dernières formalités ne traîneront pas en longueur et que les travaux commenceront bientôt.
- Électrochimie. — Autriche — Trois usines à carbure de calcium sont actuellement en construction en Autriche, La première est établie par la Aluminium Industrie Aktien Gesellschaft, de Neu-hausen ; la seconde par la Elektrizitæts Aktien Gesellschaft. de Nuremberg: la troisième, par la Acetylen Gas Aktien Gesellschaft, de Vienne.
- Ces nombreuses créations d’usines à carbure de calcium vont certainement amener une baisse considérable pour les prix de vente de ce produit, dont les débouchés n’augmentent pas rapidement; déjà plusieurs usines ont un stock considérable de carbure qu’elles ne peuvent écouler.
- On sait d’ailleurs que des essais sont tentés pour préparer le carbure de calcium sans l’intermédiaire de l’électricité. tout simplement en portant le mélange de coke et de chaux à la haute température produite par un foyer ordinaire alimenté par del’oxygène. Les appareils imaginés par le DrLinde pour l’obtention de l’air liquide, permettant d’obtenir io m’ d’oxygène (ne contenant que 3 p. 100 d’azote) par cheval-heure, c'est-à-dire pour une dépense d'environ 0,10 fr il n’est pas douteux que la fabrication du carbure de calcium soit plus économique par ce procédé que par le procédé du four électrique. Il paraîtrait même qu’une usine utilisant la haute température produite par l’oxygène fonctionne, depuis quelque temps, près d’Aix-la-Chapelle.
- — Belgique. — 11 vient .de se créer en Belgique, sous le nom de Société électro-sucrière belge, une société au capital de 2000000 de fr. Le procédé d’épuration qui va être utilisé est celui qui est exploité actuellement par la Société électro-sucrière française: ce procédé n’est qu’une modification de celui de MM. Javaux, Gallois et Dupont.
- Adjudications, offres et demandes. — Lisboa 1 i*orinj£;i]. I.a chambre de commerce française de Portugal nous informe que la Compagnie Carri.s .de ferro de Lisboa (tramways) a été autorisée à substituer la traction électrique à la traction animale sur son réseau urbain et que peut-être il pourrait y avoir là un débouché pour l’industrie'élec-
- — Tin:* itn<*<»ic asiatique . — La municipalité de Tiflis demande des soumissions pour l'éclairage de la ville. Le projet comporte la fourniture et la mise en place de quatre chaudières, type locomotive ou semi-tubulaire, de 640 chevaux-vapeur ; de quatre machines horizontales compound à condensation et vitesse lente de 160 chevaux ; de quatre machines dynamos à courants continus, accouplées directement avec les moteurs, d’une puissance totale de 400 kilowatts ; les tableaux de distribution, les accumulateurs, les lampes, les conducteurs et leurs supports. On prévoit 6 ouo lampes à incandescence de iô bougies, et 100 lampes à arc de 10 ampères capables de fonctionner ensemble.
- S’adresser avant le 13 août à la municipalité de Tiflis.
- Les membres du Syndicat des industries électriques pourront prendre connaissance au siège de ce syndicat des documents et cahier des charges communiqués par la municipalité.
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- Législation et jurisprudence administratives concernant l’électricité dans sas différents usages ; par Edmond Hirsch. Uiiin-8» de 325 pages,- 1898,-- Marchai el Pillard.
- Recueil de données numériques publié par la Société . française de physique. Optique ; par H. Duflt. Premier
- UnCim8»'de°4l|Upagesd °l^98.
- 55, quaides Grands-Augustins.
- SulITmpiego dei motori a gas per animare le dinamo a corrente continuo alternate e polifase ; par G. Sartori. Un fascicule de Stipages. 1898. — Giovanni Gussoui, éditeur, Plazza dcl l)uomo, largo via Torino, 2, Milan.
- Di una nuova forma data all’esperienza di Lecher ; par Ricui. Un fascicule. — Tipogra/ia Gamberini e l'armeg-giani. Bologne, 1898.
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- NOUVELLES
- Ordonnance relative à la suppression des fumées industrielles à Paris. — Voici ic texte de l'ordonnance rendue le 29 juin dernier par le préfet de police, en vue de la suppression des fumées industrielles à Paris :
- Art. ier. — Dans le délai de six mois, à partir de la publication de la présente ordonnance, il sera interdit de produire une fumée noire, épaisse et prolongée, pouvant atteindre les habitations voisines ou infecter l’atmosphère des rues de Paris.
- Art. 2. — Les contraventions à la présente ordonnance seront constatées par des procès-verbaux ou des rapports, qui seront déférés aux tribunaux compétents.
- Art. 3. — L’inspecteur principal du service technique des établissements classés et les inspecteurs placés sous scs ordres, ainsi que les ingénieurs des mines préposés à la surveillance des appareils à vapeur et les agents placés sous leurs ordres, sont charges d’assurer l’exécution de la présente ordonnance.
- Traction électrique. Braïla Roumanie.' — Le Sénat roumain a adopté le projet de loi autorisant la ville de Braïla à concéder à la Société liéljos, de Cologne, la construction et l’exploitation d’un
- tramway à traction électrique entre Braïla et la station thermale de Lacul-Sarat, ainsi que le projet de loi qui autorise la ville de Jassy à donner à l’Allgemeine Elektrische Gesellschaft la concession d’un tramway du meme genre dans les rues de
- Électrochimie. — (rampei (Vaiais-Suîsse). — Une société ano nyme, la « Société pour l'industrie à Gampel », a acheté d’importants terrains au sommet du cône de déjection où est situé le village de ce nom, à l'entrée de la sauvage vallée de Lœtschen. Elle a obtenu la concession de plus de \ 000 chevaux à prendre dans la Lonza, et construit une usine pour la fabrication du carbure de calcium. Les travaux sont à un tel point d’avancement que l’on prévoit que l’usine pourra entrer en activité dès la fin de ce mois.
- Séparé du massif principal par un couloir de deux mètres, s’élève le bâtiment des turbines et des dynamos, dont la construction, commencée le 4 novembre dernier, ne comporte pas moins de 950 mètres cubes de fondations.
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- îergie électrique ; W.-M’Lca NValbank (II, p. ;
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- Snell, Sunderland - El, p. 439, 29 j de distribution à dei " •
- juillet
- à 200-240
- Le système' à 22U volts : Geo.-D. Shepakdsc.n |American Elec-trician, p. 249, juin).
- Les systèmes de distribution à deux (Ils et les lampes de 200 à240 volts; Jolm-H. Howell (E NV, p. 40, 9 juillet). Généralités sur les distributions par courants alternatifs par
- «tar.ioi
- \ NVagner'iI
- Généralités sur les distributions à courant continu par stations centrales; Louis-A. Ferglson (II, p. 25, 8 juillet ;
- s»
- clan, p. 254, juin).
- Règlement de sécurité dans les installations à courants inter scs ;E T Z, p. 489, 21 juillet).
- Règlement relatif aux distributions par haut voilage (E T 2 p. 501, 28 juillet).
- La distribution d’électricité à ilarvlebone et Bormondse iEl, p. 424, 22 juillet).
- Transmissions électriques d’énergie à grande distance (R: p. 308. 30 juillet).
- Appareillage. — Régulateur électrique de tension ; A. BAit
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- Applications mécaniques.
- Ia distribution de la puissance dans los usines (E R. p. 125, 22 juillet). \ i >
- Pont roulant électrique ; NV.-G. Hii.oebran (F. NV, p. J>5,9juil*
- Pompe électrique de la fosse Lambrecht (Gc, p. 203, 30 juii-
- Lclcctrolcchnic agricole (ZET, p. 301, 2i juillet).
- L’électricité sur les navires de guerre ; F.-NV. Roli.er (American Ëlectrician, p. 201. juin).
- L’clectricité dans les houillères en NVestplialie ; J. Bise (Elé, p. 69, 30 juillet).
- Traction.
- Etude d’un service métropolitain à grande vitesse; A.-1I. ArmstronCt (S R J, p. 376, juillet).
- Service des tramways dans les petites localités; E.-X. Les-seure (S RJ. p. 375. juillet).
- Mesures à prendre pour augmenter le trafic sur les lignes de tramways électriques; H.-Milton Keeaedy (S RJ, p. 366, juillet).
- Perception du prix des places et contrôle des employés ; NV.-L. Fergcsson (SRJ, p. 373. juillet).
- bagages par tramways électriques (E NV,
- Transport d p. 66, 16 j
- Emploi des accumulateurs pour la traction électrique ; Ru doit Zerxer (Gc, p. 171, 16 juillet).
- L'emploi des accumulateurs dans les systèmes d'éclairage o de traction; John-H. Rider (K R, p. 30 et 176, 22 e 29 juillet).
- T,es batteries d'accumulateurs de la Buffalo Railway (S R J p. 383, juillet).
- Jonction de rails; T.-II. Oirron et. O (SRJ, p. 369, juil
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- NOUVELLES
- Exposition internationale d’électricité à Cômc. — Côme, ville natale d’Alexandre Volta.se prépare, comme nous l’avons déjà annoncé, à célébrer solennellement, en 1899, le centenaire de l’invention de la Pile voltaïque. Nous recevons à ce propos la lettre
- Pour rappeler le souvenir du grand événement qui a donné origine aux plus importantes découvertes de ce siècle, Côme ouvrira, du 15 mai au 15 octobre 1899, une exposition internationale d'électricité, à laquelle sera annexée une exposition nationale de l'industrie delà soie et internationale pour les machines, appareils et procédés relatifs à cette industrie. Elle invitera les électriciens italiens et étrangers à un Congrès qui donnera occasion à de fécondes discus-
- Côme, ville florissante par son industrie et son commerce, est située sur la grande artère du Gothard, à 40 km de Milan, la plus' riche et la plus active des villes d’Italie.
- Sa position est riante, au pied des Alpes Rbétiques et sur les bords du plus délicieux des lacs lombards, auquel elle donne son nom, entourée de villages, de villas, séjour enchanteur d’une population industrielle, où les heureux du sort, tant italiens qu’étrangers, viennent passer la belle
- Une exposition spéciale d’éleefricité, en Italie, est certaine d’un plein succès; en effet, gtàce à l’abondance des forces hydrauliques, les installations électriques ont ici un large développement.
- Les applications spéciales de l’électricité à l'industrie de la soie offriront le plus grand intérêt; le travail de la soie a ici les plus anciennes traditions et fait tous les jours de rapides progrès, tout en restant tributaire de l’étranger pour les machines et appareils relatifs.
- Les produits étrangers seront donc très appréciés et trouveront à Côme un bon placement.
- Pour attirer l’attention et le concours des exposants, la ville de Côme a disposé d’une somme de 10000 fr comme
- K à décerner aux nouvelles inventions dans la partie de ctricité, d’après le programme qu’on publiera prochaine-
- Nous reproduisons ci-dcssous le programme delà section de l'électricité.
- Classe d'honneur. — La découverte de Volta, illustrée par ses appareils. — Bibliographie. — Autographes. — Portraits. — Médailles. — Objets personnels.
- Classe I. — Histoire de l’électricité pendant un siècle : Documents, publications, manuscrits, dessins. — Projets de
- Classe IL — Didactique : Modèles, appareils et instru-
- instruments pour la mesure, le contrôle et la distribution des courants cledriques. — Météorologie électrique.
- Classe III. - Piles et accumulateurs
- Classe IV. — Chaudières et moteurs à vapeur, moteurs hydrauliques, à gaz, à pétrole, à vent. — Transmissions et accessoires pour installations de production de courants
- Classe V. — Dynamos à courants alternatifs et à courants continus. — Transformateurs. — Moteurs électriques et leurs applications aux machines-outils.
- Classe VI. — Conduites électriques, aériennes, souterraines, sous-marines et leurs accessoires.
- Isolateurs et appareils de sûreté.
- Moyens de prévenir les dangers personnels.
- Classe VII. — Illumination électrique : lampes à arc, à incandescence; appareils complémentaires.
- Lampes portatives avec accumulateurs. — Supports pour lampes, réflecteurs. — Appareils de projection. — Phares.
- Classe VIII. — Applications de l'électricité à la traction et aux propulseurs hélicoïdes.
- Classe IX. — L’électricité dans la télégraphie et dans la téléphonie. — Transmission des signaux par l’électricité. — Oscillateurs et résonateurs. — Radiographie.
- Classe. X. — Electro-métallurgie. — Applications de l’électricité aux industries chimiques et extractives. —Applications
- Classe XI. — Electrothérapie.
- Classe XII. - Applications diverses.
- Arrêté préfectoral organisant le service de contrôle et de vérification des compteurs d’électricité. — Le Bulletin municipal officiel du 7 juillet publie l’arrêté suivant en date du 25 juin 1898 :
- Le Préfet de la Seine,
- Vu le rapport de M. l’Ingénieur en chef de la voie publique qui propose, dans l’intérêt de la ville de Paris et des particuliers, d’organiser à titre d'essai un service municipal pour la vérification des compteurs d'électricité;
- Sur l'avis du directeur administratif de la voie publique et des eaux et égouts,
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- Arrête :
- Art. V. — Un service municipal de vérification des compteurs électriques fonctionnera, à titre d'essai, à partir du T:r juillet 1898, sous la direction de M. l'ingénieur en chef de la voie publique et de l’éclairage.
- Art. 2. — Les vérifications faites par ce service, qui resteront purement facultatives pendant toute la durée de l’essai, donneront lieu à la perception de taxes lixées provisoirement comme il
- i° Pour les compteurs essayés isolément :
- 20 Pour les séries de compteurs semblables essayés simultanément :
- Taxe entière pour le premier compteur; un cinquième de la taxe pour les compteurs suivants.
- Art. 3. — M. le directeur administratif de la voie publique et des eaux et égouts sera chargé d'assurer l'exécution du présent arrêté et de présenter des propositions en vue de l'organisation définitive du service.
- Traction. — Bruxelles. — A la suite d'une entrevue des délégués des communes de Schaerbeek, Ixelles et Saint-Josse-ten-Noode, et des délégués des Chemins de fer vicinaux, il a été décidé de remplacer la traction à vapeur par la traction électrique sur la ligne Ixelles-Schaerbeek ainsi que sur celle de Saint-Josse-ten-Nood au cimetière de Bruxelles.
- Le courant serait fourni par fil aérien axial (système employé par les tramways bruxellois, ligue des boulevards circulaires).
- La compagnie exploitante supporterait les frais de cette transformation et prendrait en outre à sa charge la dépense d’installation d’une seconde voie.
- Il en serait de même pour les tronçons de ligne qui viendraient s'ajouter au réseau actuel.
- En outre, il a été convenu que la ligne d'Ixelles-Schaerbeek sera prolongée jusqu’à la gare de Schaerbeek. par la rue Metzys et la rue Royale-Sainte-Marie.
- La ligne de la rue Gallait sera également prolongée jusqu’à la gare. Ces divers travaux devront être terminés pour le i0' janvier 1900. A cette époque des trains ouvriers (prix du parcours, 5 centimes) seront installés sur ces lignes.
- — Fvian-lest-Buîns — On vient d'installer un tramway électrique qui relie le splendide hôtel d’Eviati-les-Bains à la source Cachat. Très luxueuse la voiture contient à l'intérieur 8 places assises : un certain nombre de voyageurs peut tenir sur les deux plates-formes. Les essais qui ont été faits ont donné les meilleurs résultats.
- — Lyon. — Un des derniers numéros du Bulletin municipal contient un long rapport de M. Chevrot sur le réseau complémentaire de tramways de la rive gauche du Rhône. iSupp., l- XVI, p. xxi.)
- Ce nouveau réseau comprend six lignes :
- Ligne nü 1 : De la Quarantaine à la gare des Brot-teaux. — Le tracé emprunte le quai Eulchiron, le pont Tilsitt, le quai et la place des Célestins, la rue des Archers, la rue de la République, la rue Président-Carnot, le pont et le cours Lafaycttc, le boulevard des Brotteaux.
- Ligne n° 2 : De la place Saint-Paul au cimetière de la Guillotière. — Le tracé emprunte la rué Saint-Paul à ouvrir, le pont du Change, le quai Saint-Antoine, la rue Grenettc, la rue Centrale, la rue Gas-
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- r
- Êleclriq
- n'il 1898
- Supplément à L’Eclairage
- parin, la place Bellecour, la rue de la Charité, la place Grolier, le pont de TUniversité à construire, la rue Bouchardy à ouvrir, la rue de la Madeleine, l'avenue des Ponts,
- Ligne n° 3 : Du Parc à la gare Perrache (ancienne ligne nJ r modifiée). — Le tracé emprunte Je boulevard du Nord, la rue Garibaldi, la place de la Croix, une rue non dénommée à ouvrir, la rue Bouchardy, lepont de l’Université, la place Grolier, la rue Sainte-Hélène, la rue Vaubecour, le cours du Midi, la gare de Perrache, ou variante par le quai de la Charité pour atteindre le même terminus.
- Ligne n° 4 : Du Parc à la Colombière (ancienne ligne n° 2). — Le tracé emprunte la rue Duquesne, les quais de la rive gauche du Rhône, le chemin de la Vitriolerie jusqu'à l’angle du chemin des Culattes actuel ou de l’avenue de Saxe prolongée.
- Ligne n° 5 : De la gare des Brotteaux au cimetière de la Guillotière (ancienne ligne nJ 3 modifiée). — Le tracé emprunte les boulevards des Brotteaux, de la Part-Dieu, des Hirondelles et l'avenue des Ponts.
- Ligne n° 6 : Du Parc Tête-d'Or à la Colombière.— Le tracé emprunte la rue Garibaldi, la rue Servient, l’avenue de Saxe et l’avenue de Saxe prolongée à créer jusqu’à sa rencontre avec le chemin de la Vitriolerie.
- Pour ces différentes lignes, il y a trois demandes en rétrocession de concession ; ces demandes éma-
- v De la Compagnie générale de traction électrique, boulevard des Capucines, 24, à Paris, en date du 2 mai 1898 ;
- De M. Variot, ingénieur, rue Constantine, 13, à Lyon, en date du 5 mai 1898 ;
- y De -M- Burton, ingénieur, rue de l’Hôtel-de-Ville, 99, à Lyon, en date des 20 novembre 1897 et 4 juin 1898.
- M. Chevrot, au nom de la commission dont il est "le rapporteur, propose :
- i° D’adopter le tracé du réseau de la rive gauche ;
- 20 De repousser le principe de l’adjudication publique, qui serait long, diffus, et qui ne donnerait peut-être pas les résultats que le? diverses propositions qui ont été faites ont fait obtenir ;
- 3° De repousser les propositions de la Compagnie générale de traction et de M. Variot, ingénieur, comme ne donnant pas des garanties suffisantes et n'acceptant pas le tracé municipal du réseau de la rive gauche :
- 4° De retenir la proposition de M. Burton qui, en plus de l’acceptation du tracé de la rive gauche, présente les avantages si incontestables :
- a) De la correspondance gratuite ;
- b) Des redevances se rapprochant le plus de ce que raisonnablement la ville de l.yon peut escompter sur un réseau secondaire;
- c) Du fonctionnement rapide dudit réseau par
- l’emprunt des voies O.T.L., en attendant les travaux de voirie à exécuter par la Ville :
- S” D’imposer aux concessionnaires le droit pour la Ville au rachat de la concession après quinze ans d exploitation, aux clauses et conditions de la loi du 11 juin 1880 et dont il sera fait mention au cahier des charges ;
- 61’ D’inviter l’administration à faire toutes les démarches nécessaires auprès de l’autorité supérieure pour obtenir le plu? rapidement possible la concession du réseau de la rive gauche, et à dresser le cahier des charges et le projet de convention qui seront soumis à l’acceptation du conseil municipal dans un bref délai.
- — Marseille, — L’avant-projet relatif à la substitution de la traction électrique à la traction animale pour le réseau actuel de la Compagnie Française de tramways, avant projet présenté au Gouvernement par la Compagnie et la Ville, a été pris en considération par le ministre des Travaux publics. La décision date du 12 avril dernier (Suppl., t. XV, p, xlv).
- A la suite de cette prise en considération, et à la suite du rapport des ingénieurs du contrôle, en date des 18 et 22 juin le préfet a ordonné la mise à l’enquête d’utilité publique.
- La Chambre de commerce est appelée à délibérer et à exprimer son opinion sur l’utilité et la convenance de l’entreprise,
- La formalité de l'enquête est la dernière avant la signature de l'arrêté autorisant l’exécution des travaux et l’exploitation, 011 voit que, à moins que l’administration des postes et télégraphes ne persiste dans ses difficultés et dans ses lenteurs, le public marseillais pourra jouir, dans un délai relativement bref, des bénéfices qui doivent résulter pour lui de l’application de la traction électrique au réseau actuel de la Compagnie française.
- Ajoutons que, dans l’avant-projet actuellement soumis à l’enquête, sont compris les deux prolongements de lignes de Saint-Louis à Saint-Antoine (sur la ligne cours Belsuncc-Saint-Louis) et de Saint-Marcel à la Barrasse (sur la ligne Bourse-Saint-Marcelj.
- Quant au projet relatif au nouveau réseau de tramways électriques, appelé à compléter le réseau actuel, il sera expédié prochainement au ministère des travaux publics. Ce projet a déjà fait deux fois le voyage de l’hôtel de ville à la préfecture et de la préfecture à l’hôtel de ville, depuis son adoption il y a quelques mois par le conseil municipal.
- Il sc trouve aujourd’hui modifié dans quelques-uns de ses détails secondaires selon les indications exprimée? à L’administration municipale. Sa prise en considération par Le ministre des travaux publics est donc une chose désormais certaine et la Ville nô peut tarder à l’obtenir*
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- Les formalités pour ce second projet seront moins longues et moins pénibles que celles nécessitées par le projet relatif à la substitution de la traction électrique à la traction animale sur le réseau actuel. F.n effet, la convention négociée en ce moment entre la Compagnie française, la Ville et l'administration des postes et télégraphes, au sujet des garanties à exiger pour sauvegarder les câbles télégraphiques et les lignes téléphoniques des phénomènes d’influence que pourront provoquer les fils électriques des tramways, servira pour les deux projets.
- -- Mont-Dore lNiy-dc-DGmc. — Le funiculaire du Capucin qui a été inauguré au Mont-Dore, tout dernièrement, est le premier funiculaire à moteur électrique construit en France. On n'en compte que deux en Suisse du même type.
- Ce funiculaire, qui va des rives de la Dordogne au salon du Capucin, a été concédé à M. Giraudon par la commune du Mont-Dore, suivant une convention en date du icr avril 1896, pour une durée de soixante-dix ans. La ligne a une longueur de 488 m ; la pente initiale est de 0,342 m sur une longueur de 36,57 m s’élève jusqu’à 0.561 m, s’abaisse peu à peu ensuite jusqu’à 0,301 m et finalement se terminepar une rampe de 18888 m. Tous les changements de pente sont raccordes par des courbes de 30 m de
- La voie est en rails d’acier et repose sur des traverses de fer espacées d'un mètre d'axe en axe.
- Le matériel roulant se compose de deux voitures. Chaque voiture peut.contenir 50 personnes et pèse à vide 5 030 kgr. Elle comporte quatre compartiments, trois de 20 classe ouverts et un de y classe fermé par un vitrage, plus deux plates-formes. Sur ces
- dernières se place Je conducteur, qui de là commande tous les freins. Chaque voiture est munie d'un frein à main et de deux freins 'automatiques.
- La traction a lieu au moyen d’un câble en fil d’acier à chaque extrémité duquel est attachée une voiture. Le câble, dont le diamètre est de 33 mm, est actionné par un treuil dont Je tambour a 4 m de diamètre ; le moteur électrique qui le met en mouvement commande, par des courroies, les engrenages réducteurs de vitesse. La force motrice est obtenue par une turbine placée sur la Dordogne à
- 3 km environ de la gare de départ, qui actionne une dynamo fournissant le courant et qui peut donner une force de 180 chevaux-vapeur, avec un débit de 600 litres à la seconde.
- La ligne de transmission d’énergie électrique aérienne a une longueur de 3 515 m et est composée de deux fiis. L’usine du Capucin est reliée par le téléphone à l'usine génératrice et à la gare du
- Le funiculaire du Capucin offre toutes les garanties de sécurité. Le câble du funiculaire qui doit supporter comme maximum normal un poids de
- 4 000 kgr a etc dernièrement essayé à 20 ooo'kgr. Le wagon chargé qui avait été hissé à plusieurs centaines de mètres sur la voie, a été lâché ensuite, debarrassé de son câble : malgré la pente vertigineuse et la vitesse acquise, il a fait à peine 2 m et a été arrêté presque immédiatement par ses freins automatiques.
- — Süiut-ttiennc i.oirc). — La municipalité de Saint-Etienne nous informe qu’elle se propose de concéder un réseau de tramways à traction électrique. Les entrepreneurs ou concessionnaires peuvent donc, dès maintenant, entrer en pourparlers.
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- Supplér
- Éclairage électrique. — Amiens — Dans une de ses dernières séances, le conseil municipal a adopté les conclusions du rapport tendant à accepter les conditions offertes parla Société normande, actuellement Compagnie generale d’Électricité, pour l'éclairage électrique à Amiens.
- La durée de la concession sera de trente-cinq années.
- — B:\ic. — Le Grand Conseil de la ville de Bâle a adopté un projet d'installation d'une force motrice pour la production et la distribution de l'électricité aux divers services électriques de la ville. Il a voté, à cet effet, un crédit de 2500000 fr.
- — Benfeirt (Aisnool. — Le conseil municipal de Benfeld vient de conclure avec une société, un contrat relatif à l’installation de l’éclairage électrique dans les rues de la ville. Les travaux devront être terminés au Ier octobre prochain.
- — Bruxelles. — Il y a quelques jours, les installations d’éclairage électrique de la gare du Midi ont fonctionné au grand complet.
- Cet éclairage comporte environ 200 lampes à arc. La Société anonyme d’électricité (Bouckaert et C1'-), à Bruxelles, qui a fait cette installation, vient également detre chargée par l'État des installations
- d'éclairage de la gare de Gand (sud) qui, dit-on. sont encore plus importantes.
- — Ci>£u:u*. — Le 13 juillet dernier, le préfet de la Charente a approuvé le traité consenti entre la ville de Cognac et M. Laroudie, pour l'éclairage électrique de la ville; M. Laroudie devient donc le concessionnaire définitif.
- Quant aux tramways, leur étude va aussi vite que possible et le dossier est actuellement devant le conseil général des ponts et chaussées qui, après examen, le renverra au Conseil d'État.
- - Cousances-aux-Forgo* (.Hrnsn). - - Une société ayant pour objet la production de l’énergie électrique vient d'être constituée par les soins de M I.orin, industriel à Doulaincourt. Cette société aura pour principale raison d’être l’établissement de l'éclairage électrique à Cousances-aux-Forges. La Société portera le nom de Société électrique de Cousances-aux Forges et sera établie dans cette ville.
- — {juimper. — Le mois dernier, l'usine électrique établie au Moulin-du-Duc a procédé à ses essais électriques, qui ont été des plus satisfaisants.
- L’exploitation de celte usine, au point de vue de l’éclairage, appartient à la maison Callaud, de Nantes, en vertu d'un traité passé avec les proprié-
- Société Générale des Industries Economiques
- MOTEURS
- A GAZ__________
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- taires de l’etablissement, dans lequel se trouve installée une fabrique de glace.
- L'usine dispose de trois turbines, développant 90 chevaux, et d’une machine à vapeur de la même force. En cas d'interruption dans la marche des machines, une réserve de 140 accumulateurs permet d’alimenter 500 lampes pendant quatre heures.
- L’usine aura deux dynamos. Une seule fonctionne actuellement; sa marche exige une force de 30 chevaux, et elle développe une énergie électrique de 105 volts et 250 ampères.
- Les fils déjà placés peuvent alimenter 1000 lampes, mais ils n'en desservent encore qu'environ 300.
- Le fil est conduit aux frais de l’usine jusque chez les abonnés, qui ont ensuite à leur charge l'installation intérieure. Le compteur est loue à l'usine 1 fr par mois. L'éclairage peut durer toute la nuit; il n'y a pas d’heure d’extinction.
- de Budapest, a présenté au conseil municipal de Savigliano un projet pour l'établissement de l’éclairage électrique. D’ailleurs, celte maison a adressé des propositions analogues à toutes les communes qui sont dans un rayon de 25 km autour de l'usine hydro-électrique qu’elle doit installer au voisinage de Chcrasco.
- Il s'agit de l’éclairage public et de la fourniture de l’énergie électrique aux particuliers aussi bien pour l’éclairage que pour la force motrice.
- La Société Ganz se charge de tous les frais d’établissement, fils, lampes, etc., et maintiendra en bon étal tout le matériel pendant la durée de la concession, qui doit être de trente armées. Pour l’éclairage public, les prix seraient annuellement de 60 fr pour une lampe de i<3 bougies allumée toute la nuit, et do 40 fr pour une même lampe ne fonctionnant que jusqu'à minuit. Pour les lampes à arc de 10 ampères à courant alternatif, le prix serait de 0,50 fr l'heure. Le concessionnaire aurait la faculté de traiter avec les particuliers soit à forfait, soit au compteur. Le prix forfaitaire pour une lampe de 16 bougies à l’année serait de 35 fr, et le prix de l’énergie fournie au compteur ne serait pas supérieur à u,10 fr par heclowalt-heure.
- Mais quelques difficultés peuvent être soulevées à propos de l’éclairage public seulement; il y a en effet une convention entre la municipalité et la Compagnie du'gaz qui date de 1892 et a une durée effective de vingt années : l’éclairage électrique est réservé à certaines voies cl places et la consommation du gaz ne doit pas être inférieure à 50000 mJ. T.
- — Taiiiinarl v<* (Madagascar . — M. LocamuS, ancien directeur de la Graineterie française, a offert à l'administration locale de fournir à la capitale l’eau de source qui lui manque et l’éclairage élec-
- La société que représente’M. Locamus, qui a déjà fourni l’eau et l’cclairage aux principales villes d’Europe, se contenterait du revenu que lui donnerait l'exploitation de sa double concession. Elle compte utiliser la force motrice des chutes de l’Ikopa, qui pourraient développer une puissance de 25000 chevaux-vapeur.
- Cette proposition a été mise à l’élude.
- Compagnie électrique anversoise. — une nouvelle société pour l’industrie électrique, au capital de 4400000 fr, est fondée à Anvers sous le nom de Compagnie électrique anversoise.
- Compagnie Générale d’Élootricité. — Celle Société formée au mois d’avril dernier, a pour objet :
- i° La production et la fourniture aux services publics et particuliers, en France et à l’étranger, de l’énergie électrique, l’entreprise de tous travaux et installations, la fabrication de tous objets relatifs à l’emploi de l’énergie électrique comme éclairage, chauffage, force motrice, l’obtention, l'achat et la rétrocession de toutes concessions et autorisations relatives à ces travaux et entreprises ;
- 20 La fabrication et le commerce des accumulateurs électriques de tous systèmes;
- 30 La fabrication et le commerce des lampes électriques à incandescence de toute espèce;
- <ln L'installation et l’exploitation de tous établissements métallurgiques, et principalement toutes opérations industrielles cl commerciales se rapportant à la métallurgie du cuivre et de ses alliages, destinés ou non à l’électricité, ainsi que l’exploitation industrielle et commerciale de tout ce qui a rapport à la pulvérisation des métaux et aux diverses applications qui peuvent en être faites.
- Le capital social, composé des apports et du capital en numéraire, est fixé à ioouoooo de fr divisé en 20000 actions de 500 fr.; 7 480 actions entièrement libérées ont été attribuées en représentation des apports, savoir :
- 4000 à la Société Normande d’Electricité plus une somme de 1 032500 fr en espèces.
- 280 à la Manufacture française des Lampes à incandescence F. Gabriel et H. Angenault, plus une somme de 760 000 fr en especes.
- 2 000 à la Société anonyme des usines Mouchel plus une somme de 440000 fr payable en espèces.
- M. Azaria, en représentation de son apport, et aussi comme rémunération des éludes, démarches et arrangements faits ou conclus par lui en vue de la constitution de la présente Société, reçoit 1 200 actions de 500 fr-
- Les 12520 actions formant le complément du capital ont été souscrites en numéraire et libérées du quart.
- Ont été nommés administrateurs : MM. Azaria, \V. Bovcri, Chabert, Ch. Herbault, B. Rossier.
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- Compagnie nationale d’électricité (système Fer-ranti). — Les actionnaires se sont réunis le 30 juin en assemblée générale ordinaire.
- Des comptes qui ont été présentés à celte assemblée, il ressort que les bénéfices bruts de l’exercice se sont élevés à 411809 fr; déduction faite des charges sociales et des amortissements, le compte de profits et pertes présente un solde de 91363 fr, contre 53219 fr en 1896.
- Les comptes ont été approuvés à l'unanimité et le solde bénéficiaire a cté appliqué à concurrence de 80040 fr à diverses réserves et amortissements extraordinaires.
- Le solde de 11323 fr a été reporté au crédit du compte profits et pertes.
- Compagnie nancéienne d’électricité. — La Compagnie générale d’électricité qui vient d’être adjudicataire de l’actif de la Compagnie nancéienne d’électricité Fabius Henrion et O, est de fondation toute
- Au capital de dix millions de fr elle a été constituée par la fusion d’importants établissements, dont la Société normande d’électricité de Rouen.
- Celte Compagnie se propose de mettre à exécution un projet complet d’installation de distribution d’électricité à Nancy, projet établi pour permettre un développement considérable, une production et une vente économique du courant.
- Ce projet pourra être exécuté en un an, dix-huit mois au plus ; en attendant, avec le matériel actuel, la Compagnie générale donnera à sa distribution tout le développement qu’elle comporte.
- Compagnie Parisienne des voitures électriques. — Une société vient de se former à Paris, ayant pour objet l'étude et l’exploitation des voitures électriques pour services publics et particuliers. Le siège social de la Compagnie Parisienne des voitures électriques est fixé, 72, boulevard Ilaussmann.
- Les administrateurs sont MM. Ernest Cuénot, ingénieur; Pierre de Boissieu, ingénieur; Fritz Bentz-Andéoud, banquier; Henri Charlois, directeur d’assurances ; Alexandre Leresche, rentier.
- Compagnie des Transports électriquos de l’Exposition. — Cette société anonyme, au capital initial de 2000000 de fr constituée sous les auspices de la Banque internationale de Paris, a eu le 28 juin sa première assemblée constitutive.
- Cette société a pour objet la construction, l'installation et l'exploitation d’un chemin de fer, et, eventuellement, d’une plate-forme mobile à double vitesse, à traction électrique, destinée au transport des visiteurs dans l’enceinte de l’Exposition universelle de 1900, concédées à M. de Mocomble.
- Le 6 juillet, a eu lieu la seconde assemblée constitutive de cette société.
- Après avoir pris connaissance du rapport sur les avantages stipulés aux statuts, rassemblée a déclaré la Société définitivement constituée au capital de deux millions et procédé à l’élection des membres du Conseil d'administration pour le premier
- Ont été nommés : MM. Armengaud, Bernheim, Einhorn, Kulp, Maréchal cl de Mocomble.
- Société Brown, Boveri et G10 do Badon. — O11 écrit de Zurich : L’importante fabrique d’appareils électriques Brown, Boveri et Ci0, de Badeti {canton d’Argovie), aurait l’intention de réduire son installation dans cette ville et de fonder deux nouveaux établissements, l’un en France, qui n’occuperait pas moins de 1000 ouvriers, l’autre en Allemagne avec un personnel moitié moindre.
- « Cette décision aurait pour motifs, d'une part d’éviter les droits à l’entrée de chacun de ces pays et, d’autre part, de se soustraire aux rigueurs de la législation suisse sur les fabriques. »
- Société Franco-Suisse pour l’industrie électrique. — Sous ce titre et sous le patronage d'importantes Sociétés financières de Paris et de Genève et de MM. Schneider et Cii! (du Creusot), vient de se constituer une importante Société d’Elec-
- Son capital est fixé à 25000000 de francs, divisé en 500000 actions de 500 fr chacune. Ces 50000 actions sont émises libérées de 250 fr et au porteur.
- L’objet de son exploitation comporte toutes opérations et entreprises commerciales, financières, industrielles, mobilières ou immobilières, et plus particulièrement celles qui se rattachent à l’électricité et à ses applications.
- Le conseil d'administration est composé de : MM. Edmond Aubert, ingénieur; II.-C. Bodmer, de la Société de crédit suisse; Alfred Chenevière; Maurice Génv, directeur général du Creusot; Ernest Ilentsch, president du Jura-Simplon ; Etienne Mallet, administrateur du Paris à Orléans; Edouard Noetzlin, administrateur de la Banque de Paris et des Pays-Bas: James Odier, président de l’Union financière de Genève; Guillaume Pictet, Alexandre Roch, Eugène Schneider; Schustcr-Burekhardt, président du Bankverein suisse; Edgard de Sinçay, des Forges de Trignac; Albert Turrettini, directeur de l'Union financière de Genève.
- Sur le capital de 50000 actions, 30000 sont introduites à Genève, Bâle et Zurich, au prix de 540 fr.
- Société anonyme d’exploitation des brevets « J. Reibel » (Eclairage à l'acétylène). — Sous cette dénomination vient de sc former une Société ayant pour objet l’exploitation en France et, s'il y a lieu, à l’étranger, des diverses applications auxquelles peuvent donner lieu les brevets pris par
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- i des fondateurs, relative-5 de l’acétylène, notam-acétylcne à tem-
- i est fixé à ;4 500 fr et divise en
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- École supérieure d’électricité. — Les élèves dont les noms suivent, classés par ordre de mérite, ont obtenu leur diplôme de fin d'études (année 1897-1898) :
- MM. Bigot.
- Mâuduit.
- Bourguigr
- MM.Brenot.
- Driole.
- Prat.
- Ilacault.
- Cahcn.
- MM. Gaumy. Duval." Peloux. Beaujard. Romeyn. Courtois.
- MM. Tétrcl.
- Charpentier.
- Tchernosvitoff.
- Souques.
- Deux élèves de la promotion 1896-98 ont également obtenu leur diplôme, ce sont :
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- Engineer (New-York).
- The Electridan (Londres) L’Electricien.
- L’Elettricista (Rome).
- A Elektroccchnischer Neuigkt view (Londres
- Journal de Physique.
- Journal télégraphique (Berne).
- Il Xuovo Cimcnto (PRe).
- : Journal de la Société physico-chimiqu)
- PhUosophical flagazine [Londres).
- . Procecdings of the Physical Society c Revue générale des Sciences.
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- Emile Demesoe (Ce, p. 205, 30'juillet, p. 220. Vaoùt)!11
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- Quelques notes sur l'électro-deposition du platine; Slierar Cowper-Coles (E R, p. 40, «juillet).
- Le procédé l'elelan-Clerici (Z E C, p. 23, 7 juillet).
- Le procédé au cyanure pour l'extraction de l’or: NVU-Leo nard-Holms (E ÎI, p. 561, juillet).
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- Lus idées de M. Kershatv sur l’ozone; Anlihkoli (E R, p. 193,
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- Exposition universelle de 1900; installation et exploitation des groupes électrogènes. — Les comités techniques de mécanique et d'électricité viennent d’approuver les conditions réglant l’installation et l'exploitation des groupes électrogènes, nous les reproduisons ci-dessous.
- Le sous-comité d'électricité a cru devoir faire observer, au sujet de i’article 2 relatif à la limitation des tensions et des fréquences que toute restriction devrait être levée dans le cas d’installations comprenant non seulement l'usine génératrice, mais encore la canalisation et les appareils d'utilisation; il semble, en effet, que dans ce cas on doive laisser à l'exposant la liberté de choisir la fréquence et la tension qui lui paraissent le mieux convenir.
- L'article 8 relatif à la part contributive de l'administration dans les dépenses d'installation et d'exploitation a été également l’objet d’une réserve de la part du sous-comité, qui considérait cette part comme trop minime. Elle n’est guère, en effet, que le dixième de la dépense qui incombera à l’exposant pour l’installation et l’enlèvement de scs appareils et machines et pour leur exploitation pendant la durée de l'Exposition. 11 est vrai que malgré ces conditions fort onéreuses pour les participants, la fourniture d’une puissance de 1 oou chevaux est déjà assurée, ce qui justifie en quelque sorte les mesures adoptées.
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- Courant triphasé, même tension et meme fréquence.
- Art. 3. — Caractère spécial deVentreprise. — Les appareils installés seront considérés comme objets exposés et soumis aux conditions du règlement général de l’Exposition. Ils seront notamment soumis à l’examen du jury international et concourront pour l’obtention des récompenses. En raison de ce caractère particulier, la fourniture des appareils sera faite dans les mêmes conditions que les autres appareils exposés, c'est-à-dire qu’il 11e sera rien alloué de ce chef à l'exposant fournisseur. L'installation et l’exploitation^ des appareils donneront seules lieu aux rémunérations définies à l'article 8 ci-après.
- Art. 4. — Conditions d'installation. Plans d’installation. — L’installation des appareils sera faite conformément, à un plan établi par le fournisseur, accepté par la direction' géné-rale de l'exploitation, sur l’avis favorable des comités techniques des machines et de l'électricité, et annexé'à chacun des marchés particuliers.
- Les constructeurs se conformeront aux dispositions qui seront prescrites par l’administration en vue de la sécurité publique.
- L’administration livrera à l'exposant l’emplacement qui lui est nécessaire, libre de toute construction, et l'exposant procédera à l’établissement des fondations et des massifs destinés à supporter ses appareils.
- Les matériaux ayant servi à la construction de ces massifs resteront, à la fui de l’Exposition, la propriété du fournisseur qui les reprendra ou les abandonnera s’il le juge préférable.
- Branchements. — Le fournisseur de la machine à vapeur établira à scs frais une prise spéciale sur la conduite générale de vapeur établie par l’administration. Ce branchement sera pourvu à son origine d'un robinet d’arrêt.
- Le constructeur de la machine prendra également à sa charge la fourniture et la pose des conduites de prise d’eau froide et d’évacuation d’eau chaude de la condensation, ainsi que les robinets d'arrêt à placer sur ces conduites, à leur point de jonction avec la conduite générale. Les branchements pour l’arrivée de la vapeur motrice et de l'eau froide, ainsi que pour le départ de l'eau chaude, seront placés dans des caniveaux reliant les machines aux galeries souterraines dans lesquelles seront installées les canalisations générales de distribution. Les galeries souterraines des canalisations générales sont établies par l’administration et les caniveaux des branchements particuliers sout établis par les fournisseurs et à leurs frais.
- Des règlements spèciaux prescriront les dispositions de
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- Tableaux de distribution. — Chaque machine électrique devra être pourvue d’un tableau portant tous les moyens d'interruption et de protection d’usage ordinaire, ainsi que d’appareils de mesure d’un modèle agréé par l'administration. L’administration se réserve le droit d'imposer, le cas échéant, l’emploi d’enregistreurs. Pour les machines à courant alternatif, le constructeur devra fournir et mettre en place les transformateurs qu’il sera nécessaire d’établir aux sous-stations de distribution pour l’utilisation du courant de ses alternateurs.
- La direction générale de l’exploitation prendra le courant aux bornes du tableau du fournisseur.
- Art. 5. — Durée de la fourniture. — La durée de la fourniture est celle de l’Exposition elle-même, c’est-à-dire du 15 avril au 5 novembre, soit 205 jours.
- L’administration de l’Exposition aura le droit de prolonger Ou de diminuer cette durée sans que l’augmenta tion ou la diminution puisse excéder 30 jours. Le cas échéant, il ne sera fait de ce chef aucune modification à la partie de la rémunération allouée au titre des frais de premier établis-
- Art. 6. — Durée du travail journalier. — La durée du travail journalier n’excédera pas sept heures par jour, en moyenne, et la répartition des heures de travail dans le cours de chaque journée sera fixée par des ordres de service de la direction générale de l’exploitation.
- Les fournisseurs seront tenus de mettre en tout temps à la disposition de l’administration la puissance qu'ils prendront l’engagement de produire.
- Il sera établi par la direction générale de l’exploitation, entre les divers fournisseurs, un roulement de travail permettant d’obtenir une répartition aussi équitable que possible des périodes de travail ou de repos, de manière à faciliter les opérations courantes de visite, nettoyage et entretien des appareils, sans nuire à la régularité du service général.
- Art. 7. — Mesures de l’énergie. — Il sera procédé par les soins de l’administration, avec le concours du personnel des fournisseurs et à leurs frais, aux essais permettant de constater que les machines à vapeur et les génératrices électriques sont en situation de fournir normalement la puissance définie dans les marchés particuliers.
- Il sera dressé un procès-verbal de ces essais et des résultats constatés.
- Ces essais pourront, au gré de l’administration, être renouvelés à toute époque pendant la durée de l’exposition.
- Art. 8. — Conditions financières de l’entreprise. — La vapeur et l’eau nécessaires àla condensation seront fournies gratuitement à la machine motrice.
- Il sera alloué aux constructeurs :
- i° Une somme destinée à les rémunérer à forfait d’une partie des frais de premier établissement;
- 2° Une somme proportionnelle au nombre d’heures de marche et à la puissance normale pour laquelle la machine aura été acceptée par l'administration.
- Ces sommes sont déterminées en raison de la puissance nominale des machines dans les conditions définies par les tableaux suivants :
- Tableau 1. Sommes représentant la part contributive à forfait de l’administration de l’Exposition aux frais d’installa-lation des groupes électrogènes.
- 0 Pour les puissances inferieures à 1000
- chevaux .........
- •y Par cheval de 1000 à 1500 chevaux . .
- Dont moitié pour la
- Et moitié pour P
- étrangères (usine
- Dans le cas où pour l’une de ces usines considérée isolément, l’application des prix par cheval indiqué, d’après le tableau ci-dessus, dépasserait, pour l’ensemble des appareils admis à y fonctionner, la part de contribution maxima qui lui est affectée, une réduction proportionnelle serait faite sur le contingent afférent à chaque fournisseur, pour ramener au chiffre prévu le total des rémunérations attribuées à ladite
- Tableau ] 1. Sommes représentant la part contributive à forfait de l’administration de l'Exposition aux frais d'exploitation des groupes électrogènes.
- L’administration garantit aux fournisseurs une durée de marche minima, qui est fixée à 500 heures.
- Art. 9. — Epoques de payement. — Le montant des rétnu-suivantes :
- Le Ier juillet 1900, pour les heures de marche fournies depuis l’ouverture de l'Exposition jusqu’au 15 juin;
- î.e i01 septembre pour les heures fournies du 15 juin au
- Un mois après la fermeture de l'Exposition, pour les heures fournies après le 13 août.
- Le montant de la rémunération allouée au titre des frais de premier établissement sera payé par tiers aux mêmes échéances.
- Art. 10. — Date de livraison. - - Les fournisseurs s'engageront à commencer les travaux de fondation des massifs des machines le 15 octobre 1899 et à avoir terminé l’installation complète des machines et des accessoires nécessaires à leur marche, ail plus tard le 15 mars 1900.
- A cette époque, pourront commencer les essais stipulés à
- Art; ii. — Retenues en cas de retard dans l’installation. — En cas de retard sur le délai fixé à l’article précédent pour l’achèvement complet de l'installation, les fournisseurs subiront, pour chaque jour de retard et sur toutes sommes qui
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- Supplér
- LX Vit
- pourront leur être ultérieurement dues par l’administration : iu une retenue égale à l’allocation correspondant, pour les appareils considérés, à une journée de sept heures de travail : 2“ une retenue sur l’indemnité allouée au titre de premier établissement, retenue qui sera proportionnée à l'importance du retard rapporté à la durée totale de l’Exposition,
- Art. 12. — Résiliation en cas de retard dépassant an mois. — Si les appareils ne sont pas eu état de fournir un service régulier le 15 mai 1900, l'administration aura le droit de prononcer la résiliation pure et simple du contrat intervenu entre elle et le fournisseur sans qu’il y ait lieu de part ni d’autre à indemnité ou à dommages et intérêts, mais aussi sans que l’administration soit tenue de payer au fournisseur intéressé aucune rémunération, même celle stipulée au titre de premier établissement.
- Art. 13. — Retenues en cas d’interruption dans le fonctionnement. — En cas d’interruption du fonctionnement, en dehors des heures de repos fixées par le roulement de service établi par la Direction générale de l’exploitation, le fournisseur subira sur toutes sommes qui pourront lui être dues par l’administration, et pour chaque jour pendant lequel une telle interruption se sera produite, une retenue égale à l’allocation correspondant, pour les appareils considérés. à une journée de sept heures de travail.
- Si l’interruption totale dépasse dix jours, il sera prélevé une deuxième retenue sur la rémunération allouée au titre de premier établissement, retenue qui sera proportionnelle durée de l'interruption, rapportée à la durée totale de
- Art. 14. — Clauses générales. — Les fournisseurs se conformeront à tous les règlements qui seront imposes aux exposants. Ils seront responsables des accidents qui surviendraient du fait de leurs appareils ou de leur personnel.
- Les contestations qui pourraient s’élever entre l’administration de l’Exposition et les fournisseurs seront, préalablement à toute action contentieuse, examinés par trois personnes compétentes prises dans les comités consultatifs des machines et de l’électricité, nommés par arrêtés ministériels en date du 20 mars 1898.
- L’une de ces personnes sera désignée par le commissaire général de l’Exposition de 1900, la deuxième par le réclamant et la troisième par les deux premières.
- _I.es fournisseurs s'engagent formellement à ne pas ouvrir
- de conciliation composé comme il vient d’être expliqué.
- Sixième Exposition Nationale du Travail. — Cette exposition se tiendra du 16 octobre au 16 novembre prochain au Palais-Sport (Champs-Elysées) ; une surface de 10 000 ms sera mise à la disposition des exposants.
- L’Exposition du Travail ayant pour but de fournir aux inventeurs le moyen défaire connaître leurs travaux au commerce et à l’industrie, leurs œuvres seront admises gratuitement.
- A cette section des inventeurs sera adjointe une exposition ouvrière, où les emplacements seront également mis gratuitement à la disposition des ouvriers désirant exposer leurs travaux.
- Des médailles de vermeil, argent et bronze, seront décernées aux plus méritants par les soins d’une commission technique chargée de récompenser les travaux des inventeurs et des ouvriers.
- Pour connaître les conditions du réglement, s'adresser au Comité de direction, au Palais-Sport, 5, rue de Berri.
- La pose du nouveau câble transatlantique entre la France et les Etats-Unis. — La pose du
- nouveau câble transatlantique, entre la France e les Etats-Unis de l’Amérique du Nord, a été terminée le 16 août-
- L’épissure finale a été faite à quatre heures de l'après-midi, et à six heures, la communication était définitivement établie entre Brest et Cap Cod (Massachussetts), station d’atterrissement du câble sur la côte américaine.
- On sait que le nouveau câble appartient à la Compagnie française des câbles télégraphiques, et double la communication transatlantique que cette Compagnie possédait déjà par l’ancien câble " Pouyer-Quertier >< dont elle s’est rendue acquéreur en 1894.
- La nouvelle ligne Brest-Cap Cod. constitue la voie la plus directe et, par conséquent la plus rapide entre l’Europe et l'Amérique du Nord.
- Le câble a été construit et posé par la Société Industrielle des Téléphones qui avait été chargée de cette entreprise.
- Toutes les opérations de construction et de pose ont eulieu sous le contrôle des ingénieurs de l’Etat.
- Le développement du nouveau conducteur atteint 3 165 milles marins, soit environ 6000 kilomètres.
- C’est le câble le plus long qui ait été construit et immergé jusqu'à ce jour.
- Ajoutons que les présidents Faure et Mac-Kinlcy ont inauguré le nouveau câble en échangeant directement des félicitations sur les relations des deux pays, et l’expression de leur mutuelle estime personnelle.
- Transport d’énergie Blue-Lako — Sau-Fran-dsco. — La Blue Lake Watcr Company, qui possède la plus grande installation de transport d’énergie de la Californie et des côtes du Pacifique, dispose d'une puissance de 50000 chevaux provenant des chutes d’eau des Montagnes Rocheuses. Elle distribue l’énergie à Stockton, distante de 80 km, à Sacramcnto, .distant de .83 km, enfin à Oakland, distant de 150 km. Les installations seront bientôt poussées jusqu'à San-Francisco, à une distance de 178 km, pour une puissance de 10000 che-
- Une société s’est formée dans ce but sous les auspices de la Blue Lake Water Cy et de la California Exploration Cy. Les fonds sont réunis, l’étude achevée et les travaux commencés ; ceux-ci présentent des difficultés, car il s’agit de traverser la baie de San Francisco.
- — Yul>a-Mai,ys\jlle (États-I nK . _ Les journaux américains nous informent de la mise en exploitation d’un nouveau transport d’énergie par l’électricité, intéressant moins par la puissance des installations que par la rapidité avec laquelle les travaux ont été menés. Commencés le 15 novembre 1897
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- ces travaux étaient terminés le 21 mars [898, 'soit : en cent vingt-cinq jours.
- L'installation hydraulique comprend trois turbines Pelton. donnant chacune 700 chevaux à la vitesse de 400 tours par minute. T,'eau est amenée par une canalisation de plus de 60 km de longueur.
- .L'installation électrique comprend : 3 alternateurs Stanley de 360 kw chacun, donnant des courants biphasés à a-joo volts ; 6 transformateurs élévateurs à la station génératrice et 6 transformateurs réducteurs dans deux stations de distribution.
- Traction électrique. - - Alger. {Suppl., t. XIII, p. r.xi). — Sur l'emplacement de l’ancienne propriété appelée « Château-Combes »,occupant une superficie d’environ x 600 mètres carrés, s’élève |l’usine électrique de la Compagnie des chemins de fer sur routes d’Algérie.
- Cette usine est divisée en trois parties distinctes, comprenant :
- i° La salle des machines; 20 la salle des chaudières. avec annexe formant soute à charbon ; 3° la tour destinée à recevoir un appareil réfrigérant et la citerne de réserve.
- L’installation première se compose de trois machines de trois cents chevaux chacune, actionnant trois dynamos d’une puissance de deux cents kiio-
- Deux de ces machines sont déjà en place et n’at-tendent plus que la pose de leur volant.
- Dans cette salle se trouve un pont roulant d’une force de 20000 kgr., destiné à soulever et déplacer les différents organes des machines.
- La Société, prévoyant l'extension de son réseau électrique, a eu l'excellente idée de réserver un emplacement pour une quatrième machine, de 400 à
- 500 chevaux, qui sera installée lorsque les besoins
- Sous la salle des machines on a disposé un sous-sol très spacieux facilitant l’entretien et la visite des canalisations vapeur et eau desservant les machines.
- Quant à la salle des chaudières, comprenant actuellement trois massifs de deux chaudières tenant, au total. 600 mètres carres de surface de chauffe, son installation est pour ainsi dire terminée.
- Les chaudières ont subi avec succès les essais officiels, et, dès maintenant, le premier des massifs est mis en feu pour le séchage des maçonneries, avant qu'il ne soit procédé aux épreuves ^définitives de vaporisation.
- Dans cette 'salle, la Société a également réservé un emplacement pour l’installation de deux massifs supplémentaires, en cas d’augmentation de trafic.
- Voilà pour l’usine.
- Quelques mots maintenant sur la ligne aérienne, à laquelle on met la dernière main, et qui se trouve prête' à transmettre la puissance électrique aux véhicules.
- La section des fils de trulet est complétée sur 4 km environ de parcours au moyen de conducteurs souterrains, prolongés eux-memes par des feeders aériens distribuant l’énergie électrique aux fils de trôlets dans les diverses sections que comporte la
- Les travaux cle pose des conducteurs touchent à
- Le service sera assuré par 30 autoinoLrices et 18 remorques, qui seront remisées partie au terrain dit « Béranger », situé près du champ de manœuvres, et partie à l'extrémité de la ligne, point ter- minus, aux Deux-Moulins.
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- Supplér
- )ût 1898
- LY7.Y
- Ces voitures sont divisées en trois compartiments ; deux de 3" classe, sépares au milieu par un compartiment de 20 classe; ce dernier comprend 8 places, et le nombre total de voyageurs pouvant s'installer commodément dans ces véhicules est de 40, dont 10 sur chaque plate-forme.
- Enfin, l'étatd’avancemenl des travauxpermet d’espérer que bientôt, entre les Deux-Moulins ctla place du Gouvernement, les voitures électriques remplaceront les voitures à vapeur.
- -- Brest. -- M. O. Paillet, président du Syndicat du commerce et de l'industrie brestois, vient de transmettre à la commission d'enquête d’utilité publique, nommée par arrêté préfectoral du 20 juin >898, pour l’étude du prolongement des tramways électriques de Kérinou à Lambézellcc, un avis favorable à ce prolongement motivé sur le vœu émis à l’unanimité par le syndicat (séance du 5 mai 1897).
- - - Carcassoiie. — Le maire a reçu d’un industriel de Lyon une demande de concession pour la construction d'une ligne de tramways électriques à contacts superficiels qui desservirait Carcassonne et la banlieue, le tour de la ville, la Grand’Rue, la rue de la Gare, la Cite, la route de Montreal et Trèbes.
- — «;and. — I.es travaux d'installation d'un important réseau de tramways sont activement poussés ; l’adjudication des bâtiments (6 000 mJ de surface) a eu lieu le 2 juillet dernier, et le cahier des charges enjoignait au concessionnaire d’avoir à livrer ces bâtiments dans un délai de deux mois.
- Les rails emploj'és pèsent 4“ kgr par mètre courant; ils reposent sur une couche de béton; l’écartement des rails est de 1 m.
- La construction de ce réseau présente de nombreuses difficultés. Il n’y a pas moins de 136 aiguillages, 20 traversées de voies de tramways, 7 traversées de lignes de chemin de fer et 7 passages
- — Lyon [Suppl-, t. XVI, p. l). — Les projets de tracé clu tramway électrique Lyon-Dagneux vont bientôt pouvoir être soumis aux formalités administratives obligatoires. La Compagnie c!e Fives-I.illc sc charge de la construction du tronçon T.yon-Dagneus avec embranchement sur le futur pont du Niévros, et prolongement éventuel sur Chala-mont par Meximieux, à ses frais, sous réserve de l’exploitation ultérieure du réseau.
- line conférence interdépartementale cle conseillers généraux du Rhône et de l’Ain s’est tenue à Lyon et a dû assurer la mise au point du contrat à intervenir, en même temps qu’elle a tranché quelques
- Société Générale des Industries Economiques
- MOTEURS A GAZ CHARON
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- détails accessoires, comme la demande d’un embranchement de Caluire-Sathonay-Fontaines.
- — Pau. — La Ville a obtenu du Conseil d’Étal la prolongation des deux lignes électriques. La ligne Allées de Morlâas-Croix-du-Princc sera prolongée de 6<><> m.
- La ligne Halle route de Bordeaux sera prolongée
- Celle-ci devait s'arrêter au boulevard d’Alsace-Lorraine, elle se prolongera jusqu’à la villa Pompéi.
- Il résulte des modifications dernièrement apportées à la convention passée entre la Ville et la Compagnie des Tramways urbains que trois lignes seulement sur celles projetées, sont maintenues;
- Ligne A, allant des Allées de Morlaàs jusqu'à la Croix-du-Prince avec prolongement éventuel de cette ligne jusqu'au boulevard Guillemin.
- Ligne B. allant de la Halle-Neuve à la route de Bordeaux, après prolongement éventuel jusqu'à la villa Pompéi.
- De plus, lorsque le rendement de l'ensembie du réseau atteindra 34000 fr, la Ville pourra exiger la création d'une nouvelle ligne de 1 km à 1500 m, et lorsqu’il atteindra 35000 fr une deuxième ligne de même longueur.
- — Toniousc. — La commission du conseil municipal chargée d’examiner la question de rétablissement de la ligne des tramways à traction électrique vient de se prononcer pour l'établissement de deux grandes lignes : l’une partant de la Croix-du-Prince et arrivant route de Tarbes, presque jusqu'à l’asile des aliénés; l’autre partant de la gare et arrivant route de Bordeaux, à hauteur de la villa du général, point terminus actuel. D’ici un an à un an et demi, ces deux lignes fonctionneront. On a adopté le système à trôlet.
- — Vailauris. — Une enquête est ouverte au Golfe-Juan et à Vailauris sur l’avant-projet relatif à l'établissement d’un tramway électrique entre ces deux villes. Les habitants souhaitent que l'enquête soit favorable, et qu'ensuite les formalités s'accomplissent rapidement.
- L’électricité au Japon. — Il résulte, d’une conférence faite à New-York par le professeur Fujto que l’électricité et scs applications ont pris un développement rapide à Tokio et généralement par tout l’Empire du Soleil levant.
- La conférence du professeur japonais porte spécialement sur le télégraphe, le téléphone et les tramways électriques. En 1896 le Japon possédait tout près de 20000 km de lignes télégraphiques desservies par 1 122 bureaux de télégraphe. Le nombre des messages envoyés et reçus à l’intérieur fut de 22 500000. A la fin de l’année 1896 six stations
- téléphoniques, avec un développement de lignes de 870 km, desservaient 3 232 abonnés.
- 11 existe actueUcmen’ au Japon environ 40 compagnies d’éclairage électrique, et, dans la seule ville de Tokio, le nombre de lumières alimentées est de 50000, sur lesquelles 40000 le sont par une seule compagnie, le Tokio Electric Light C°, qui possède cinq usines de différents types. Un certain nombre de sociétés sont en voie de formation pour la transmission de la force. Deux de ces dernières qui vont fonctionner à Tokio. développeront une puissance d’environ 30000 chevaux de force qu’elles pourront transmettre à 55 ou 60 km.
- Deux villes du Japon, Kyoto et Nagoya, possèdent des tramways électriques. Deux compagnies récemment fondées vont pourvoir Tokio d'un tramway à trôlet. Un grand nombre d’autres lignes sont projetées.
- Chemin de fer métropolitain (section de la porte Vinccnnes à la porte Dauphine et de l’étoile au Trocadéro). — L'adjudication des travaux d’infrastructure de cette partie du chemin de fer n'ayant pas donné de résultat, la direction a soumis au Préfet de la Seine le projet d’exécuter ces travaux en régie. M. de Selves ayant approuvé ce dernier projet, et les travaux préparatoires, voies de décharge, accès, égouts, etc., touchant à leur fin, l’ingénieur en chef est en mesure d’ouvrir les chantiers à la ligne principale dans une quinzaine de jours.
- Le premier chemin de fer électrique à voie normale sur le continent. — Le premier chemin de fer électrique à voie normale sur le continent sera celui, actuellement en construction, entre Burgdorf et Thun (Suisse).
- Cette ligne, de 40 km de longueur n’aura pour le moment qu’une importance locale ; elle servira de communication entre Berne et l’Oberland, mais elle prendra une importance plus grande quand la ligne du Simplon sera terminée.
- La force motrice sera empruntée à la rivière Kander qui débouche près de Spicz dans le lac de Thun; l’énergie produite sera de 4000 chevaux, une partie seulement sera utilisée pour la traction, le reste servira pour l’éclairage de la ville de Berne et la distribution d'énergie électrique dans cette
- Le transport des voyageurs sera assuré par des voitures automotrices à la vitesse de 38 km à l’heure et celui des marchandises par des locomotives avec wagons à la vitesse maxima de 18 km à l’heure.
- Société internationale d’entreprises et exploitations électriques. — Sous cette dénomination a été constituée, il y a quelque temps, une société anonyme au capital de 10 millions de francs, divisé en 20 000 actions de 500 francs.
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- La Société a pour objet toutes les opérations commerciales, industrielles ou financières, qui se rapportent à l'industrie de l'éclairage électrique, du transport de l’électricité à distance et de tramways en Belgique et à l’étranger ; l'obtention, l’acquisition et l'exploitation de toutes concessions d'éclairage, de transmission de force et de tramways.
- Elle réalise son objet soit par l'exploitation directe des entreprises qu’elle aura obtenues, soit par la prise de participation dans de telles entreprises, soit par la constitution de sociétés spéciales, soit par l'achat d’actions, parts ou obligations de sociétés ayant pour but, en tout ou en partie, l’une ou l’autre branche de son industrie, soit par fusion avec d’autres sociétés, soit par tout autre moyen.
- Elle peut aussi accessoirement faire telles opérations qu’elle jugera utiles ou nécessaires en vue de
- la complète ou meilleure réalisation de son objet
- Le conseil d’administration a été composé pour
- MAI. le comte Charles Van der Burch, sénateur, à Bruxelles; le comte Horace Van der Burch, propriétaire à Anvers; Auguste Braun, avocat à Bruxelles; le comte H.-F. de Meeus, propriétaire à Liège; Pieper père, administrateur-délégué de la Compagnie internationale d’électricité et de la fabrique nationale d’arraes de ïierstal: H.-J. Van Ogtrop, docteur en droit, de la ürme H.-J. Van Og-trop et Zoon à Amsterdam; Joseph Brunner, à Bruxelles. Les commissaires de la Société sont : MAL Louis Van den Bosch, à Anvers; Gérard Dufour, ingénieur des arts et manufactures, à Bruxelles; Joseph Waroux, avocat à Liège.
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- La dynamo, modèle démontable en carton avec description; par Christophe Volkkrt. Un fascicule de 29 pages, 1808. — Bernard et C’», éditeurs. 53 ter, quai des Grands-Augus-tins.
- Dizionario tecnico in quattro lingue; par E. AVebhkr. Un exemplaire italien et un allemand. Doux volumes in-10. — Vlricu lloepli, éditore-libraio délia Real Casa, Milan.
- The Engineering Directory. Nn 20. Un fascicule de 72 pages. — iini/ineeritu/ limiled, 35-30, Bedford Street, Strand, London, AV. C.
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- 276 152. Menges, 21 mars, 1898. — Perfectionnements dans
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- Adjudications. - Garni Belgique). — L'adjudication de l’installation de l'éclairage électrique au théâtre municipal de Gand, installation qui comprend environ i 340 lampes à incandescence, 20 lampes à arc, 2 groupes électrogènes en dérivation de 50 kilowatts à 113 volts chacun, 2 chaudières tubulaires de 150 m carrés de surface de chauffe et les deux chaudières à vapeur, aura lieu le 27 octobre prochain. Le cautionnement à verser à la caisse municipale est de 8 000 fr. Les plans coûtent 40 fr. L'installation doit être terminée pour le ier juin 1899 el elle doit être garantie pour un an.
- — pribmui (Autriche). — La direction des mines d’argent et de plomb de l’État, à Prïbram, met en adjudication, le 15 septembre, la fourniture de 13000 paires de charbons pour lampes à arc. S’adresser à Die K. K, Bergdirection, Pribram (Autriche:.
- Chaloupes électriques. — Pour la navigation sur les grands lacs du nord de la Russie et en Finlande, notamment les lacs Onéga, Pe'ipous et Ladoga, qui sont de véritables mers intérieures, le gouvernement russe se propose de faire construire une petite flotte de chaloupes d’un inodele nouveau.
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- d'Orléans et Antony, sous la réserve de certaines conditions parmi lesquelles nous enregistrons l'interdiction d’emploi de fds transversaux de suspension comme à Versailles et quelques autres endroits et ensuite l’obligation imposée à la Compagnie de prendre un dispositif de conducteur souterrain à placer à la traverse de la route nationale à Montrouge et à Bourg -la-Reine, de manière à permettre le passage en ces points des voitures servant au transport des arbres.
- Traction électrique. — Alsc-les-Baiun. — A été
- approuvée, par décret du 14 août 1898, la substitution de MM. Baslin et Crosset, comme rétroces-sionnaires du réseau de tramways dont l’établissement sur le lerritoircdes communes d’Aix-les-Bains et de Grésy-sur-Aix a été déclaré d’utilité publique par décret du n mars 1895.
- — Hussîe — A Eiisabctzrad, gou-
- vernement de Kkerson, s’organise une société, au capital de 600 000 roubles, pour l’éclairage électrique, pour des tramways à traction électrique et pour l’exploitation en général de l'énergie élec-
- blique l’établissement, dans la ville de Tourcoing, suivant les dispositions générales du plan, d’une |
- ligne de tramway, à traction électrique, destinée au transport des voyageurs, dans la rue de Gand et aboutissant au lieu dit ie Pont-de-Neuirille.
- Est approuvée la convention passée, entre le maire de Tourcoing, au nom de la ville, et M. Désiré d’Estouvclles, président du conseil d’administration de la Compagnie nouvelle des tramways de Roubaix et Tourcoing, pour la rétrocession du tramway susmentionné., conformément aux conditions du cahier des charges annexé au décret du 28 avril 1894.
- construction et d'installation de l’usine électrique se poursuivent avec rapidité. Si rien ne vient contrarier les prévisions de la Compagnie, la ligne de Saint-A\ertin pourra être livrée à l’exploitation dans les premiers jours d'octobre.
- — Ti-oycs. — L’établissement d'un réseau de tramways à traction électrique, destiné au transport des voyageurs clans la ville de Troyes et la commune de Sainte-Savine iAube), vient d'être déclaré d’utilitc publique.
- — Yervier» Belgique . — I.c Moniteur vient de publier l’arrêté royal autorisant la Société des Tramways Verviétois à établir la traction électrique avec prolongement vers Heusy. Ces travaux commenceront bientôt.
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- S septe
- 1898
- /.XXV
- Éclairage électrique. — I>uu-isnr.4iiiim — Les travaux pour l'installation de l’électricité dans les rues de la ville vont commencer incessamment. Toutefois, il est probable que cette lumière ne pourra être distribuée avant cinq ou six semaines.
- — Illicrs (Fui'e-ei-Loir). — La Compagnie des eaux et de lumière électrique d’Illiers s’est réunie dernièrement et a décidé l’augmentation du capital social.
- Les travaux sont pousses très activement, le bâtiment de l'usine est très avancé. A la source Saint-Jacques il est procédé à l'aménagement de la tuyauterie pour le refoulement de l’eau aux réservoirs et à la construction du bâtiment abri pour la pompe élévatoire qui sera mise en mouvement par un moteur électrique.
- Les travaux de pose du réseau électrique aérien vont commencer très prochainement.
- eu lieu à Lumbres les premiers essais d'éclairage électrique.
- L’usine d’électricité est installée dans un moulin à eau situé près de la gare, sur la rivière de Blé-quin, dont une chute d’eau actionne la dynamo au moyen d’une turbine.
- Une batterie d’accumulateurs, chargée pendant le jour, assure à l'éclairage une absolue régularité» meme en cas d'arrêt du moteur hydraulique.
- L’éclairage a lieu toute la nuit. L'éclairage public des rues est assuré par 20 lampes de 16 bougies.
- — I.j-oji tîiM.iic — Le Conseil municipal de Lyon ayant voté, il y a quelques mois, la liberté de l'éclairage, une nouvelle société, la Société Lyonnaise d’énergie électrique, vient de se consti-
- tuer et a présenté une demande de concesssion d’éclairage à Lyon.
- Cette société donnera la lumière électrique à des prix de beaucoup meilleur marché que ceux actuellement en vigueur.
- - Sivry. — Sivrv, un joli village près de la frontière française, a inauguré dernièrement l'éclairage électrique à la satisfaction des habitants.
- — Tiiouou, - Les travaux pour l’installation de la lumière électrique à Thonon-les-Bains sont commencés.
- La puissance de l'usine -de Chevènoz est de 1 000 chevaux. Aux deux turbines de 350 chevaux qui fonctionnaient déjà va s’ajouter une troisième turbine de même puissance. La ligne passera par Reyvroz-Armoy. Les travaux s’effectueront d’abord entre Chevènoz et Thonon. Ces travaux une fois
- Téléphonie. — Bouticvnl — L’administration des télégraphes va faire procéder à rétablissement d'un réseau téléphonique urbain à Bonneval.
- — s*s»ris-Bi-uxcHes. — Les administrations française et belge ont décidé de procéder incessamment à la pose d'un quatrième circuit téléphonique entre Paris et Bruxelles, dans le but de permettre l'ouverture de relations téléphoniques entre Paris d’une part, la Hollande et l’Allemagne d'autre part.
- Afin que la résistance électrique totale des circuits compiis entre les points extrêmes à mettre en communication ne soit pas trop élevée, la résistance du nouveau tronçon Paris-Bruxelles sera très faible; on emploiera en effet des conducteurs ayant le diamètre exceptionnel de 5 mm; ces conducteurs n'absorberont pas moins de 94 tonnes de
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- J,XXVI
- mément h l'article 8 des statuts, décidé l'appel des 2% 3e et 4e quarts restant dus sur les actions.
- Les versements devront être faits de la façon suivante : le 2" quart, soit 25 francs, du i"r au 10 sep-
- générales ordinaire et extraordinaire le 2; juillet 1898, à Paris.
- Le dividende de l’exercice 1897-98 a été fixé à 14 francs par action de 100 francs, il est payable depuis le i"1' août 1898, à raison de 13 fr. 44 uct par action nominative et 13 fr. 08 net par titre au por-
- L'Asscmblée générale extraordinaire a porté le capital social de 750 000 francs à 1 million, au
- moyen de la création
- mins de fer et autres moyens de locomotion, la
- : à l’objet de la Société. La duree de la Société est fixée à dix années.
- c fonds social est fixé à 25000 francs, divise en
- crirc ; le fonds social pourra être augmenté en une ; fois par décision de l'Assemblée générale. Chaque action donne droit dans la propriété de l’actif social et dans
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- » sep te
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- vant et le surplus aux dates fixées par le Conseil d’Administration. Sur les bénéfices nets de la Société, il sera prélevé : 5 p. 100 pour la réserve légale et le surplus reviendra à toutes les actions à titre de dividende.
- Sont nommés administrateurs pour trois années : MM. Joseph Ferrier. Edouard Herlein, Alexandre Gelas, Fouis Terrasse.
- Nouvelle Compagnie de tramways électriques de Montpellier. — Cette Compagnie a été formée le 20 jüin dernier, ayant pour objet la construction F installation et l'exploitation, à Montpellier et dans les communes avoisinantes, de toutes lignes de tramways à traction électrique ou autre, pour le transport des voyageurs et des marchandises ; la parlicipatiotî sous toutes formes, par voie d’apport ou autrement, à toutes Sociétés, Syndicats, ayant le même but que celui ci-dessus énoncé; en général. toutes opérations commerciales, industrielles, mobilières ou immobilières se rattachant à l’objet de la Société; le tout, tant dans la région de Montpellier que dans toutes autres régions de France.
- Le fonds social est fixé à 4000000 de francs, divisé en 8 000 actions de 500 francs chacune, toutes à souscrire et à payer en numéraire.
- Sur les bénéfices annuels, il doit être prélevé déduction faite de la réserve légale, qo p. 100 pour les actions et 10 p. 100 po.ur le conseil d'adminis-
- Sur 4 000 000 de francs qui forment le capital de la Compagnie des tramways électriques de Montpellier. seulement un quart du montant des actions a été versé, soit un total de 1 million de francs.
- Les administrateurs sont, pour la première période de six années : MM. Albert Olry, directeur de la Compagnie générale de traction; L. Dupuy-Dutemps, E. Caudcray.
- Tramways de Paris et du département de la
- en Assemblée générale ordinaire.
- Après avoir pris connaissance des rapports du Conseil et des commissaires, ils ont approuvé dans leur intégralité les comptes de l’exercice 1897. se soldant
- par un bénéfice net de...............Fr. 527 248
- qui, déduction faite des amortissements
- divers s’élevant à.......................115 580
- laisse un total disponible de........Fr- 411768
- qui, sur la proposition du Conseil, a été réparti de la façon suivante ;
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- 5 p. ioo à la réserve statutaire. . . . Fr. 20588 15 p. 100 au fonds d'amortissement des
- actions..............................Fr. 61 765
- Dividende de 13.50 fr par action . . Fr. 242313 Reliquat à porter à la réserve d’amortissement ..............................Fr. 87 102
- Total égal.........Fr. 411768
- Le dividende de 12,50 fracté mis en paiement sous déduction de l’impôt, le 12 juillet dernier.
- Ce fonds d’amortissement des actions, s'élevant, après cette répartition, à 73 562 fr, permet d’amortir 148 actions de 500 fr par tirages au sort dont la date sera fixée ultérieurement.
- L'Assemblée a accepté la démission, survenue au cours de l'exercice, de trois anciens administra-
- MM. de Traz, Favereaux et Bureau, et leur a donné quitus de leur gestion.
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- Le traitement des minerais d'or dans le Colorado ; John Roger TJil nouvel usage dè/'aluminium 1ER. p. 27S.
- Les progrès de l'industrie élenirochimique fE T K, p. 233,
- l.a nouvelle usine de la Union Carbide Compânvà Sait Sainte-Marie (K W, p. 131, 6 août'.
- Mesures.
- La comparaison des basses résistances par le potentiomètre (Kl, p. 501, 5 août).
- Nouveau modèle de potentiomètre, type N. C. S. ; M. Alia-met (Elé, p. 88, b août),
- Les potentiomètres industriels ; X. Gosselin (Sie, p. 248, juin).
- Constance des étalon? de résistance en manganine ; W.-Jaeoër et S. Lindeck (WA. p. 572, n“ 7).
- Une nouvelle forme d'clectromètre. capillaire; G. Vanni N C,
- L'inregistrement des faibles courants employés pour l’éciai— ra>'c électrique et autres applications; Alfred H. Giuhings ,J E E. p. 54 7, juillet).
- Compteur pour batterie d’accumulateurs; IL Aron (K T'A. p. 539, 18 août).
- Nouveau compteur clccLrique de temps (E T R, p. -VI,
- Quelques disposilils nouveaux pour l.i mesure de la puissance des courants polvphases ; A. RloSDFi, (le. p. 305, 25 juillet».
- Balance d’Ewing pour déterminer la perméabilité magnétique du fer dans les ateliers de construction; M. Aliasiei (Elé, p. 49, 23 juillet, .1 E E, p. 526. juillet).
- Appareils Siemens et Halske pour les essais magnétiques;
- Hubert Kath (K W, p. 114, 30 juillet).
- Le chois des unités dans les essais magnétiques; Hubert Kath (E W, p. 107, 30 juilleti. ^ ^ ^
- force électromotrice; O. Grotrian (K T Z, p. 561. 18 août). Eléments étalons mercure zincet mercure cadmium ; W. Jae-
- La photométrîe des lampe» portatif pour
- 22 juiliei;.
- P30 juillet).
- Essais des stations dê force motrice (S R J, p. 434. août).
- Divers.
- L e,damage do lEsposition du Transimssissipi iE W . j». 31, G juillet) -
- Les installations électriques à l’Exposition de Turin; Bene-dctto-Luigi Montel (ET Z, p. 497. 28 juillet).
- Le centenaire cl l'Exposition du Conservatoire des Arts el Métiers; Georges Dakï (Elé. p. 52, 23 juillet).
- La réunion de l'Amorican Tnstitute ot Electrical Engineers E W, P. 32, 9 juillet|.
- I.’otat actuel de l'art de l'ingénieur électricien; Dr A.-E. Kenxeli.y E W, p. 34, juillet). ^ ^ ^ _
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- Liste communiquée par l'Office E. Barrault, 58 bis, rue de la Ckaussèe-d'Anlin, Paris.
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- L’exposition d'automobiles de Agricultural Hall. — L’exposition d’automobiles dont nous annoncions il y a quelque temps déjà la prochaine ouverture à Londres, vient d'avoir lieu. De nombreux constructeurs étrangers, allemands, américains et français, y prenaientpart, et, ce sont les journaux anglais qui le disent, leurs voitures et surtout celles des constructeurs français, se distinguaient des voitures de leurs concurrents anglais par un plus grand confort, une plus grande légèreté et une forme plus gracieuse.
- Les automobiles électriques exposées ne paraissent pas avoir été aussi nombreuses qu’à la récente exposition des Tuileries. Dans les articles que consacrent les journaux techniques et en particulier Industries and droit à cette exposition, nous ne relevons en effet que trois types d’automobiles électriques : les électromobiles de Cari Oppermann, celles de Headland, celles de Riker, de Brooklyn, les voitures de la London Electrical Cab Company et enfin quelques voitures Jeantaud.
- Les brevets d’invention en Autriche. — La diète impériale vient d’approuver une nouvelle réglementation de brevets d’invention qui probablement restera en vigueur au commencement de l'an prochain. Cette réglementation suit dans ses grandes lignes la loi allemande relative au même sujet, ce qui ne nous paraît pas précisément un progrès, étant données les nombreuses difficultés que soulève la prise d’un brevet en Allemagne.
- D’après le nouveau règlement, la garantie accor-dée est de quinze ans à partir de la date de la publication du brevet par l’Office des brevets,.moyennant une redevance annuelle et progressive pour le paiement de laquelle un délai de trois mois est accordé.
- Des brevets d'addition peuvent être pris pour perfectionnements apportés à un brevet antérieur du même inventeur.
- L'Office des brevets peut déclarer un brevet comme dépendant d’un brevet antérieur, et un examen officiel sera fait, comme en Allemagne, relativement à la nouveauté de l’invention. Le brevet ne sera pas accordé si l’invention se trouve déjà décrite dans une publication imprimée, a été exposée, ou est déjà connue du public par quelque manière que ce soit. Le gouvernement se réserve le droit de ne pas considérer les publications officielles étrangères de brevets comme des & publications imprimées » pendant six mois après leur mise en circulation.
- L’inventeur d une invention qui demande pour être exploitée l’usage d'une invention déjà brevetée par un autre, pourra exiger de ce dernier la délivrance d’une licence s’il n’a pas lui-même Utilisé son invention dans un délai de trois ans à partir du jour où elle a été brevetée. Inversement, le possesseur du premier brevet pourra exiger une licence du possesseur du second.
- Les privilèges accordés aux inventions brevetées peuvent être supprimés pour tout ou partie des revendications dans diverses circonstances, en particulier si l’invention n’est pas exploitée dans un delai de trois ans à partir du jour où le brevet est accordé.
- IL sera créé à Vienne une cour d'appel jugeant en dernier ressort des contestations pouvant s’élever entre l’Office des brevets et les inventeurs.
- Les agents de brevets devront être agréés et seront soumis au pouvoir disciplinaire de l’Office des brevets.
- Dans le cas d'infraction des garanties accordées aux inventions brevetées, la partie coupable pourra être condamnée soit à une amende s’élevant à
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- qui augmentent dans une notable proportion son UTILITÉ et sa DURABILITÉ.
- Renseignements : WYCKOFF, SEAMANS et B E NEDICT 8, Boulevard des Capucines, PARIS
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- Supplér
- pptembr
- sera imposée à la partie plaignante, qui pourra être punie d’une amende si ses plaintes sont sans
- Pour qu'une invention soit considérée comme exploitée en Autriche, il est nécessaire que scs diverses parties soient construites dans ce pays dans les conditions indiquées par le brevet; il ne suffit pas que les objets soient importés tout faits en Autriche.
- L'éclairage de la Cité de Londres. — Le conseil municipal de la Cité de Londres avait décidé de prendre la suite de la Société City Electric Ligbting en vue de réduire le prix de vente de l’énergie électrique dans la Cité. Dans cette discussion, une nouvelle affaire a été introduite, sur la proposition de la Compagnie Cbaring Cross et Slrand Eleclric Lig.h-ting. Celle-ci demande le droit d’étendre son réseau électrique jusqu’à la Cité et de concourir avec la Compagnie existante. Elle propose de fournir du courant continu au lieu de courant alternatif, comme le fournit la City Electric Lighting CL et de mettre le prix maximum à 50 centimes par kilowattheure pour l'éclairage et à 30 centimes pour la force motrice.
- L’éclairage à l’acétylène à Mouzon et à la Clayette. — La ville de Mouzon, dont l’éclairage fonctionne depuis six mois environ, est une des premières où l’expérience ait été tentée, et ce ne sont pas les difficultés d'exécution qui ont manqué, puisque la canalisation, exécutée avec des tuyaux de plomb sur une longueur de près de 7 kilomètres, présente des différences de niveau allant jusqu’à
- Dans cette ville, outre les bâtiments municipaux, l'hôpital et un certain nombre d’abonnés, quaranle-deux lanternes sont affectées à l'éclairage public et le tout fonctionne à la grande satisfaction des intéressés.
- Pour arriver à produire la quantité de gaz nécessaire à cel éclairage, il a suffi d’élever une usine très restreinte comme emplacement, dans laquelle sont installés les appareils générateurs, qui sont
- A la Clayette, l’éclairage vient d’élre inauguré le >5 août, après seulement cinq semaines de travaux. Il y a cinquante et une lanternes d’éclairage public, et plus de trente abonnés se sont fait brancher à la canalisation principale pendant les tra-
- Ces installations ont été faites par la Compagnie Urbaine d'éclairage à l'acétylène système Turr.
- Traction électrique. — Beanvais. — Une enquête d'utilité publique vient d’être ouverte pour l’établissement de tramways à traction électrique sur les territoires de Beauvais et de Saint-Just-des-Marais.
- Le projet comprend l’établissement de deux lignes de tramways à traction par fil aérien, de la gare de Beauvais à la halte de Saint-Just-des-Marais et delà gare de Beauvais à l'octroi de Saint-Lucien, en empruntant sur la presque totalité du parcours les routes nationales n08 1 et 31 (territoires de Beauvais et de Saint-Just-des-Marais’i.
- — Bordeaux. —Le maire a reçu la lettre suivante qui lui a été adressée par la Compagnie des tramways et omnibus de Bordeaux :
- 1 Monsieur le Maire,
- » A la suite du vote rendu par le Conseil municipal dans la séance du 12 août, nous avons l'honneur de vous informer que nous sommes tout prêts à commencer les travaux de transformation sur notre réseau actuel de tramways dans les délais fixés, et conformément aux engagements que nous avons pris.
- » Nous nous tenons en conséquence à votre entière disposition pour remplir fies dernières formalités qui seraient nécessaires pour la mise à exécu-
- » Veuillez agréer, etc. »
- La Compagnie des T. O. B commence la transformation du réseau par le changement des rails. Le rail que l’on va (employer sera, d’après les conventions, du type Broca et pèsera 44 kg par mètre courant. La transformation des tramways aura, entre autres conséquences, celle d’améliorer l’éclairage de la ville. Un paragraphe de l'art. 2 du traité de rétrocession dit en effet :
- « Les poteaux devront être conçus de manière à pouvoir recevoir soit une lampe électrique, soit deux lanternes à gaz. Ceux de ces poteaux qui seront placés sur les chaussées des voies empruntées devront être munis d’une lampe électrique ou de deux lanternes à gaz éclairées aux frais delà Compagnie des tramways et omnibus de.Bordeaux. »
- — Cliei'lumrg. — Dernièrement le conseil municipal de Cherbourg exprimait le vœu que la Compagnie des tramways soit autorisée à remplacer la traction à vapeur, système Serpollet, par la traction électrique.
- — Mai-seille [Supp., t. XVI, p. li). — Actuellement le dossier des tranrways de Marseille, après avoir reçu avis favorable des membres de la commission d’enquête nomméeparle préfet, est encore à la mairie. Il va être transmis à Taris au service des travaux publics et ensuite au Conseil d’F.tat pour la déclaration d’utilité publique.
- Il faut donc savoir gré à la Compagnie des tramways des travaux qu’elle exécute, ces travaux étant entrepris à ses risques et périls. La mise en exploitation du réseau électrique commencera [par la
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- ligne cours Licutaud-Saint-Marcel, y compris l'embranchement par le boulevard de la Pomme jusqu'au village de ce nom.
- Les lignes cours Lieutaud-Mazargues et Ronne-veine viendront ensuite et marcheront dès que le déplacement des câbles sous-marins d'Alger, des Indes (via Malte) et de Barcelone aura été effectué. Ces câbles suivent actuellement le profil du Prado. On les détournera de ce tracé en les canalisant tout, le long du chemin du Fada. Du reste, afin d'éviter les influences possibles, l’administration des télégraphes emploiera pour cette transformation des câbles d'un nouveau genre, réduisant les effets
- Pour actionner le matériel roulant des trois lignes ci-dessus on aura recours à l’énergie électrique produite par l’usine Gillibert, rue Curiol, qui fournira 500 chevaux.
- Cette puissance sera suffisante en attendant la mise en mouvement de l’ensemble du réseau. Mais, entre temps, on activera les travaux, déjà commencés, de la grande usine de production électrique qui sera édifiée dans la campagne Beauvoisin, sur la rive gauche de l’Huveaune, parallèlement au chemin vicinal de Montredon. entre le parc Borély et le boulevard de Mazargues.
- Cette usine se composera d’une vaste chaufferie comprenant vingt générateurs de vapeur demi-tubulaircs de 200 m2 de surface de chauffe, et d’une salle de machines contenant quatre machines à vapeur de la force de 1500 chevaux chacune. Ces machines actionneront directement des dynamos d'une puissance correspondante et la production d’ensemble sera environ de 6 000 chevaux.
- Cette puissance considérable sera répartie sur divers points du réseau, dans des sous-stations de transformation de courants, chaque sous-station étant destinée à alimenter un certain périmètre du
- Dans le voisinage de l’usine, on s’est quelque peu ému de cette installation. Mais il est important de rassurer les intéressés, La fumée qu’ils redoutent ne sera, en aucun cas, très abondante, et si le moindre inconvénient en résultait pour eux, la Compagnie ferait adapter aux chaudières des appareils
- L'eau de condensation nécessaire au fonctionnement des machines sera dérivée de l’Huveaune et elle y sera ramenée sur un parcours restreint qui s’effectuera en galerie souterraine. L'eau reviendra, par conséquent, dans son cours nature! exempte de toute souillure, et l'hygiène ne pourra qu'y gagner puisqu'à ce moment elle aura subi une sorte de distillation.
- La superficie de l’usine et de scs dépendances sera de 12000 mètres. Elle comportera un établissement principal qui. au point de vue architectural et mécanique, constituera une attraction véritable.
- Les garages pour les nouvelles voitures électriques sont en voie de construction. Il y en aura un à la Capelette, sur le boulevard Rabatau. propriété Savignac, qui pourra remiser une centaine de voi-
- A Bonncvcine, dans les dépendances du dépôt actuel, un hall est terminé qui pourra recevoir un nombre égal de véhicules.
- Enfin, un troisième garage sera installé sur les nouveaux boulevards extérieurs, à Arène, en face des anciens abattoirs ; il pourra recevoir deux cents
- L’usine génératrice d'électricité d’Arenc sera supprimée ou plutôt transformée. Elle servira d’atelier de réparations pour les voitures et s’ajoutera aux ateliers déjà établis pour la construction aux Chartreux et à la Capelette.
- Pour les autre? parties du réseau, en outre des trois lignes dont il est parlé plus haut, les travaux commenceront incessamment et il est permis de prévoir que la plupart des itinéraires seront desservis et fonctionneront à partir du mois d’août 181,9.
- Au point de vue des tarifs, les voyageurs, dès la mise en mouvement de la traction électrique, bénéficieront des tarifs réduits à 10, 15 et 20 centimes ; la partie prolongée des lignes à traction animale restera sous le régime du tarif actuel
- La ligne cours Belsunce-Saint-Louis bénéficiera des tarifs réduits, quoi qu’il advienne, à partir du ier mai prochain.
- Le prix unique à 10 centimes sera appliqué pendant la semaine, quand la Compagnie aura installé les lignes de son nouveau réseau appelées à des-
- Lc Canet, Saint-Barthcicmy, la rue Paradis et Mazargues par le vieux chemin, le Cabot, Saint-Barnabé et Saint-Julien, le boulevard Vauban, Endoume. la Joliette et la Gare, Longchamp-Cas-tellane, la Belle-de-Mai à Longchamp, par les rues Bleue, Guibal et Bénédit ; les prolongements du Plan-de-Cuques et de la Barasse.
- Pour ces dernières lignes, les enquêtes vont être ordonnées et il probable qu'un an apres la transformation du réseau actuel, elles seront en pleine activité d'exécution.
- Pour les tarifs, le dimanche on percevra, sur les lignes du réseau actuel, 10, 15 et 20 centimes, jusqu’au moment où, sur l’ensemble du réseau général, une recette de 7 millions aura été effectuée. Cette recette réalisée, on ne paiera plus que 10 centimes. Toutefois, même avant cette recette faite, le prix unique de 10 centimes .sera perçu sans solution sur les lignes du réseau nouveau, dont nous venons de donner l'énumération.
- La Compagnie va profiter de l’installation de sa ligne de Bonneveine à la Madrague pour faire le pavage de sa voie. Il serait à désirer que la munici-
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- Èlectriq
- lOsepte
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- palité exécutât le complément pour la partie du chemin dont l'entretien lui incombe; elle mettrait le comble aux vœux de toute une nombreuse population.
- Les voitures qui seront mises en circulation sur les nouvelles lignes seront d’un type mixte entre celui des voitures de i’Estaque et celui de la ligne
- Belsunce-Saint-Louis. Elles sont facilement transformables, et la Compagnie va les mettre en service sur ce dernier itinéraire afin de pouvoir se rendre compte de ce qu'elles rendront dans la pratique pour les commodités du public. Les voitures actuelles seront utilisées comme remorque.
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- ___— Les travaux sont poussés avec la plus
- grande célérité.
- Les rails étant posés sur le boulevard Carnot depuis le pont de Grasse jusqu'au Cannet, on a commencé la pose de la ligne aérienne.
- Les poteaux sont tous en place et actuellement on procède,àl'aidedechariotsàplates formesconstruits ! pour ce genre de travail, à la pose des bras en fer j forgé qui supporteront la ligne aérienne. Sous peu la partie du boplevard Carnot sera achevée ; il ne restera plus qu’à placer letil conducteur, opération | qui sera attaquée aussitôt que tous les autres tra- :
- On estime que le fonctionnement des tramways j électriques s’effectuera le if‘r novembre, dès l’ouver- ! tare de la saison. j
- — IMrrrrilttc (Suppl., I. XVI. p. v). — Les travaux i de la ligne de Pierrelitte à (lauterets ont été menés ; avec une rapidité étonnante, malgré les difficultés de toutes sortes présentées par l’établissement de la voie.
- tants dans les roches schisteuses de la vallée, un viaduc métallique de 47 m de portée (pont de Meyabatj sur le Gave de Cauterets, un tunnel percé dans la diabase et des ouvrages ordinaires en grand
- La voie, qui comprend des lacets multiples mais parfaitement sûrs, malgré la petitesse de leur rayon, des rampes nombreuses et rapides, est presque sur tout le parcours établie sur les penchants de la gorge dont elle suit les contours mi-partie sur la rive gauche, mi-partie sur la rive droite du torrent, en ballast solide, surplombant le ravin et la route. Sa longueur totale de Pierrelitte à Cauterets est de 11,200 km, passant de l’altitude, départ, de 462 m à celle, arrivée, de 910 m. L'écartement des rails est exactement de 1 m; le minimum de rayon, 35 m; le maximum des rampes, 80 mm par mètre; ces déclivités sont franchies par simple adhérence ; mais la remorque est impossible. Les wagons sont donc tous automoteurs et marchent isolément.
- Les voitures à voyageurs, au nombre de 13 en tout, sont très confortables d'installation, longues de 11,80 m, larges de 2,30 m, éclairées par des lampes à incandescence, et comportent 52 places, réparties entre : i° un compartiment central pour les personnes qui préfèrent voyager au grand air, et debout ; 20 deux compartiments à chaque extrémité du wagon ; 30 huit strapontins, quatre sur chaque plate-forme, derrière les conducteurs électriciens. Des courroies suspendues an plafond de la voiture assurent la stabilité du voyageur et lui donnent i toute commodité, dans le compartiment central. \
- Chaque voiture est portée par quatre boggies. Chaque boggy est actionné par deux dynamos I motrices.
- Tout wagon est donc armé sous son plancher de quatre moteurs, dont chacun a une puissance de 25 chevaux, 30 ampères, 600 volts et 450 tours.
- Tout véhicule, quelles qu’en soient la nature et la fonction, est muni, en outre, de trois freins : iu un frein à main et à sabots serrant les 8 roues ; 2° un frein à patins limeurs, en acier trempé, frottant sur les rails ; 3" un frein électrique constitué par les dynamos motrices, qui, étant réversibles, fonctionnent comme génératrices, à la descente, et envoient alors du courant contraire dans des résistances en maillechort, placées sous la toiture du wagon.
- Outre les treize voitures à voyageurs, la Compagnie possède 3 fourgons à bagages et 3 wagons à marchandises.
- La force motrice est fournie par une dérivation du gave de Cauterets, barré à l’amont d’une série de cascades et dont l’eau ainsi captée, cubant un volume de 2 m par seconde, arrive, après un trajet de 800 ni en souterrain, à deux tuyaux couplés en tôle d’acier de 65 cm de diamètre, qui l'amènent à 69 m en contrebas, à l'usine centrale, installée à Calypso, à mi-chemin de Pierrelitte à Cauterets, exactement au kilomètre 6 500 de la ligne.
- Cette usine comporte :
- 4 turbines motrices, de Picard et Pictet de Genève, de 300 chevaux chacune, actionnant: 1” 4 dynamos génératrices de 75000 watts, système Thury, à 450 tours : 2” 4 dynamos génératrices, du même système, de 105 000 watts, à 450 tours, fournies par le Creuset ;
- 1 petite turbine de 35 chevaux, actionnant 2 dynamos excitatrices de 11 000 watts, à 650 tours, sys-
- 1 tableau de distribution.
- Le courant produit par les génératrices, à la tension de 750 volts, est conduit par des fils aériens en cuivre aux voitures munies de trôlets.
- L’usine fournit la lumière à toute l’exploitation et un circuit téléphonique la met en communication avec les points terminus et les haltes.
- - Ssiiut-Éticntie. — M. A. Grammont, administrateur de la Compagnie des tramwajrs électriques de Saint-Htienne, vient d’offrir à la ville de Saint-Ltienne une redevance annuelle de 5 p. 100 des recettes brutes pour avoir une nouvelle concession de tramways.
- — Versailles. — Des entrepreneurs ont adressé une demande au Conseil général afin d’obtenir un décret de concession pour l’établissement d'un tramway électrique et à voie simple d’Issy-les-Moulineaux el de Meudon à Versailles par Ville d’A\ ray.
- Éclairage électrique. — Laroque-dos-Albêres. — Les travaux sont en cours d’exécution, et c’est en
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- Supplément à J/EclainiQe Electrique du 10 septembre 1898
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- Supplèr
- automne que ies premiers essais pourront être faits. On construit un réservoir d’une contenance de Boom'’ au minimum. La chute d’eau sera de 45 m et le fonctionnement régulier de la turbine s'effectuera avec un volume d'eau de 40 à 50 litres par seconde. L’installation définitive et complètement réussie de l’éclairage électrique, est désirable à tous
- Compagnie parisienne des fiacres électriques. — MM. les actionnaires de la Société anonyme en formation, sous la dénomination de « Compagnie parisienne des fiacres électriques », ont été convoqués en assemblée générale constitutive le mardi 23 août 1898 :
- rJ Pour vérifier et reconnaître la sincérité de la déclaration notariée de souscription et de versement;
- 2° Nommer les administrateurs ;
- 3° Nommer le ou les commissaires des comptes pour le premier exercice ;
- 4° Approuveras statuts, constituer définitivement la Société, statuer, s’il y a lieu, sur toutes propositions accessoires.
- L’Omnium lyonnais de chemins de fer et tramways. — Les actionnaires de la Compagnie se sont réunis à Lyon, le 18 août, en assemblée générale extraordinaire. A cette assemblée, il a été décidé d’augmenter le capital actuel, soit 4000000 de fr, de 6000000, ce qui le porterait à 10 000 000 de fr. A cet effet, les actionnaires ont voté l’émission de 60000 actions de 100 fr; ils ont, en outre, donnéau Conseil les pouvoirs nécessaires pour réaliser cette opération.
- Cette augmentation de capital est due à ce que, de commun accord avec la Compagnie nouvelle d’électricité et ses principaux actionnaires, la Société de l’Omnium aurait le droit de racheter, au pair de 500 fr, les actions de cette Compagnie dont le capital est de 3 000 000 de fr, entièrement versés. I
- Par ce rachat, la Compagnie de l’Omnium lyonnais de chemins de fer et tramways se rendrait acquéreur des réseaux électriques en exploitation dans les villes de Fontainebleau et de Bourges ainsi que des concessions des réseaux électriques d’Armcntières, Poitiers, Pau et Cette.
- Société d’études d’omnibus et de voitures auto-! mobiles. — La Société qui vient de se constituer sous ce titre a pour objet de construire, acheter, exploiter toutes usines, ainsi que toutes voies ferrées et tramways à traction électrique ou autre, ou tous autres moyens de locomotion employés ou à employer pour le transport en commun ou particu-
- Enfin, créer ou exploiter des entreprises de voitures roulant sur les routes ordinaires, et, accessoirement, des services de bateaux et l’emploi pour tous objets d’énergie ou de force non utilisées dans les entreprises de transports.
- Le capital est fixé à 100 000 fr, divisé en 200 actions de 500 fr.
- En outre, il a été créé 300 parts de fondateur, dont 100 ont été attribuées à M. Level, en représentation de son apport, comprenant les études, conventions, promesses et engagements relatifs à diverses affaires de voitures automobiles. Les a 00 autres parts sont attribuées aux souscripteurs des actions, à raison d’une part pour une action.
- L.a seconde assemblée constitutive du 9 juin 1898 a déclaré la Société définitivement constituée pour une durée de 60 années, et nommé comme premiers administrateurs pour six ans, MM. Level, ingénieur, officier de la Légion d’honneur, maire du XVII" arrondissement ; Albert Llüssen, ingénieur, officier de la Légion d’honneur ; Albert de Bicdcrmann, Charles Paulmier, député ; Henri Jlaguet, publiciste. chevalier de la Légion d’honneur ; Léon Mo-linos, ingénieur, chevalier de la Légion d’hon-
- BREVETS D’INVENTION
- Liste communiquée par l'Office E. Barrault, 68 bis, rue de la Chaussée-d'Antin, Paris.
- 268 352. Fai
- brevet pris le l1* juillet 1891
- 27r788m0*Keenan.0lGelavi>n,1lU898. — Certificat d'addition au brevet pris le 30 octobre 1897, pour un c
- 276 90L Graf. 12 avril 1898. — Compteur de
- i m.
- . Grivolas f lonfaui
- spri«!
- 1898.
- Procédé de chauffa'
- électrique et four pour sa rcalisatioi
- 276 9i«. Menées. 13 avril 1898. — Perfectionn piles électriques primaires et secondaires.
- 276 939. Société Bay State electric Heat a: pany. 13 avril 1898. — Perfectionnemeni appareils de chauffage électriques.
- 276 968. Gallenùar. 14 avril 1898. —Perfectionnements dans les appareils enregistreurs électriques.
- 276 983. Tobiansky. 14 avril 1898. — Electrode d’accumula-
- 276e986PeSoeciété"setumpf, Touvier, Viollet et C*. i i avril
- . 1898, — Système d’ampoule-rétiecteur émail pour lampes électriques à incandescence.
- 277 033. Conseil. 19 avrill898.-— Éteignoir électrique automatique.
- 2û 010, Browne. 18 avril 1898. — Accumulateur nouveau.
- 277 Û9U. Radiguet. 18 avril 1898. — Dispositif permettant de centrer les rayons provenant d'une source lumineuse ordinaire ou d’uue ampoule de Orookes.
- 277 094. Brown. 10 avril 1898. — Lampe électrique à arc
- 277 121. Batchellier. 19 avril 1898. — Perfectionnements au procédé pour la recherche d’uiic obstruction dans les tubes
- 277 1Û2. Parker. ^19 avril 1898. — Perfectionnements dans la
- 277 190. Société Vedovelli Coupe-circuit à fils fusibles 277 198. Mouraille, Brouss — Pile électrique dite La
- 1 autres piles.
- — Pile électrique.
- Priestley. 20 avril 1
- et Niedergang. 22 avril 1898.
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- Supplér
- à L'Eclairage Électrique du l' septcmlir
- XCIll
- NOUVELLES
- Exposition universelle de 1900. — Avis aux exposants de la classe 25. — Nous recevons à ce sujet la lettre suivante du bureau du Comité d'admission de la classe 25 :
- Monsieur,
- Le Comité d’admission de la classe 25 de l’Exposition universelle de 1900 a l’honneur de vous informer qu'il a commencé ses opérations.
- Aux termes du règlement général, le dernier délai pour la réception des demandes est fixé au i«r février 1899. Mais le Comité souhaite, pour la facilité de ses travaux et en raison de l’importance exceptionnelle réservée à l’éclairage électrique à l’Exposition de 1900, que l’adhésion des industriels désireux d’y participer lui soit transmise au plus tard le Ier octobre 1898.
- Le Comité d’admission de la classe 25 doit connaître tomes les demandes de participation à l’Exposition se rappor-
- Emploi des courants continus ou alternatifs.
- Lampes à arc. Régulateurs. Charbons pour lumière.
- Lampes à incandescence.
- Installations particulières. Ateliers. Administrations publiques et habitations privées.
- Stations centrales.
- Application aux phares, à la navigation, à l’art militaire
- Appareils de sûreté et de réglage. Compteurs.
- Photométrie. Appareils pour déterminer la puissance des foyers, la distribution de lumière et l’éclairement.
- Appareillage électrique spécial : lustres, candélabres, appliques, supports, etc.
- Vous savez quel développement considérable l’électricité a pris dans les pays étrangers, et il est certain que l’Exposition sera pour nos voisins l'occasion de présenter de nombreux exemples de leur puissance industrielle. Il est donc aussi désirable que, de son côté, l’industrie française prépare une manifestation grandiose des progrès qu'elle a réalisés depuis 1889.
- Le Comité de la classe 25 a le ferme espoir que les électriciens français apporteront leur concours empressé ù cette œuvre nationale.
- Une part importante leur est réservée, d’ailleurs, dans les services généraux de l'Exposition. Les fournisseurs chargés de produire et de distribuer l’éclairage électrique dans les palais et jardins seront, en effet, considérés comme exposants et le Comité d’admission aura à connaître de toutes les questions relatives à cette entreprise.
- Dans l’intcrct des exposants eux-mêmes, il est donc indispensable que le Comité soit informé au plus tôt de la nature et de l’importance de la part que chacun d’eux désire
- prendre à l’Exposition, soit comme fournisseur, soit simplement comme exposant.
- Nous pouvons annoncer qu’un Palais spècial sera mis gratuitement à la disposition des exposants de la classe 25.
- D’autre part, aux termes de l’article 47 du règlement général de l’Exposition, l’eau, le gaz, la vapeur et 1 a force motrice nécessaires au fonctionnement des appareils exposés seront fournis gratuitement aux exposants qui n'auront à établir à leurs frais que les transmissions intermédiaires.
- Les exposants auront aussi à supporter, en sus des dépenses de transport à. leur charge, les frais proportionnels d'installation, de gardiennage, etc.
- La convention du 27 juin 1898, passée entre les Compagnies de chemins de fer du réseau français et le Commissariat général de l’Exposition, porte que les objets de toute nature destinés à figurer ou ayant figuré à l'Exposition seront transportés, entre leur point d’expédition et les gares têtes de ligne des réseaux d’intérêt général dans Paris, aux prix ci-après :
- t° A l'aller, prix des tarifs généraux et spéciaux applicables (autres que ceux des expositions et concours ordinaires). avec réduction de 25 p. 100.
- 2° Au retour, prix des tarifs généraux et spéciaux applicables (autres que ceux des expositions et concours ordinaires), avec réduction de 75 p. 100.
- Les transports en question seront passibles, sans réduction, des frais accessoires dont la perception est autorisée par l’Administration, ainsi que du droit ordinaire d'enregistrement et du prix du timbre dû au Trésor.
- Ils seront soumis à toutes les conditions des tarifs spéciaux généraux applicables, en tout ce qui n’est pas contraire à ce qui précède.
- Les Compagnies ne répondront pas des avaries de route provenant de défauts d’emballage ou de mauvais conditionnement des colis.
- De leur côté, les Compagnies de navigation donneront des facilités de tarif qui vous seront communiquées si vous en exprimez le désir.
- Vous trouverez joint à la présente circulaire un exemplaire officiel de demande d’admission.
- Les exposants du département de la Seine devront adresser directement leurs demandes à M. le Directeur général adjoint de l’Exploitation (Section française), quai d’Orsay, 97 ; ceux de province auront à les transmettre par l'intermédiaire de MM. les présidents des Comités départementaux (à la Préfecture).
- Le dépôt d’une demande d’admission ne constitue aucun engagement de la part de son signataire. Celui-ci ne sera définitivement lié que le jour où, cette admission ayant été prononcée, il se sera mis d’accord avec le Comité d’installation sur l’emplacement qui lui sera réservé et sur les frais qu’il devra supporter.
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- La seule machine à écrire qui ait obtenu le « DIPLOME D’HONNEUR > à l’Exposition universelle de Bruxelles 1897.
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- ACl V
- Suppléi
- du 17 septembre 18Ü8
- La présente circulaire lie préjuge non plus aucunement la décision qui sera prise par le Comité au sujet de l’admis-
- En 1900, notre Classe, comme toutes les autres, doit organiser un musée rétrospectif, dans lequel seront exposés tous les objets, documents, dessins, procédés, etc., ayant un rapport direct avec l’histoire des industries si diverses dont nous devons montrer l’état actuel et l'évolution.
- Les individualités ou les collectivités qui désireront prendre part à cette partie de l’Exposition devront établir une demande spéciale donnant la nomenclature et la valeur des objets qu'elles désireront présenter à l’admission. Des anties particulières leur seront fournies au sujet de stallation, la garde et l'assurance de ces objets.
- Veuillez agréer, etc.
- L’incendie de l’usine de Chèvres. — La magni-iique usine hydraulique construite par la ville de Genève à quelques kilomètres en aval de cette ville, à Chèvres, a été détruite complètement jeudi dernier 8 septembre, par un incendie. Cette usine inaugurée en 1896 et dont une description détaillée a été donnée à cette époque dans ce journal, avait, coûté près de 6 millions ; elle alimentait une partie du réseau d’éclairage de Genève, les réseaux d’éclairage de plusieurs localités avoisinantes, fournissait la force motrice à de nombreuses usines et alimentait une usine électrochimique récemment construite. Sa destruction va donc jeter une assez grande perturbation dans cette région si industrielle.
- D’après les renseignements que nous avo.ns obtenus, l’origine de l’incéndie est la combustion de l’isolant d’un des moteurs placés près du tableau de distribution ; le feu se communiqua immédiatement à ce tableau, et en quelques instants l’usine entière devenait la proie des flammes, les ouvriers ayant tout juste le temps de sc sauver. C’est vers dix heures qüe débuta l’incendie ; il fallut deux heures pour s’en rendre maître, ou plutôt pour qu’il s’éteignit faute d’aliment, car il ne reste plus rien de
- Transmission à longue distance de Canon City à CrippleCreek, Colorado. — Dans le voisinage immédiat de Canon City se trouvent d'importantes mines de charbon; dans le voisinage de CrippleCreek, situé à 72 km environ de Canon, sont d’importantes
- usines et exploitations minières qui jusqu'ici faisaient venir le charbon des mines de Canon On a calculé que, vu le prix très onéreux des transports il y a 25 p. 100 d’économie à brûler le charbon sur place et à transmettre l'énergie ainsi produite, jusqu a Cripple Creek au moyen de l’électricité. Aussi a-t-on décidé de créer une station génératrice à Canon; d’après le Railway and Engineering Review de Chicago, l’exploitation de celte station a dû commencer le 17 de ce mois.
- Conducteurs en aluminium. — Le Railway and Engineering Review de Chicago nous apprend que la transmission de l’énergie de la station génératrice de la Niagara Falls Ilydraulic Power and Ma-nufacturing Cu, aux usines de la National Electro-iytic O*, s’effectuera au moyen de douze câbles d'aluminium de chacun 3,2 cm de diamètre isolés au caoutchouc. Environ 10 tonnes d’aluminium à 99,5 p. ion de métal pur et présentant une conductance égaleàôqp. 100 de celle du cuivre seront employés.
- Les conducteurs en aluminium vont être également employés dans la transmission à longue distance de Snoqualmie F'alls à Seattle et Tucomu. dans l’État de Washington. La ligne sera formée par quatre groupes de trois fils d’aluminium, de 2 mm de diamètre (n°‘ 2 et 3 de la B et S gauge). L'a-luminium sera à 98,5 p. 100 de pureté et sa conductance sera les 60 centièmes de celle du cuivre.
- Le chemin de fer électrique du mont Saint-Bernard. — On vient de soumettre au gouvernement italien une demande en concession d’une ligne de chemin de fer électrique d'environ 80 km de longueur, passant dans le col du grand Saint-Bernard et aboutissant à Marigny, dans le canton du Valais, en Suisse. La demande est faite par une Société anglaise, la Great Saint-Bernard Railway Concessio-nary Company, qui déjà a adresse une demande semblable au président du Conseil de la Confédération suisse pour la partie de la ligne située sur le territoire suisse. Les frais de construction et d’équipement de ce chemin de fer sont estimés à 15 millions de francs. La Compagnie demanderesse
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- ne sollicite aucune subvention et elle croit pouvoir exécuter son programme dans un assez bref délai, çar elle estime que les travaux pourront être poursuivis pendant l'hiver en prenant certaines précautions contre les avalanches.
- La traction électrique sur les lignes de l’Etat Belge. — Cette administration continue les essais de traction électrique dont nous avons déjà parlé antérieurement {Supp. p. m, t. XIV'. Toutes les nuits une voiture à accumulateurs va de Schaer-beke à Ans, après le passage de l’express international, quittant Bruxelles pour l’Allemagne à 23 heures 20 minutes. Ce parcours de plus de 90 km est franchi en une heure; le grand express Oslende Cologne met une heure et demie pour effectuer le même trajet.
- Deuxpoints restent encore à perfectionner; actuellement les moteurs impriment à la voiture des trépidations violentes et très désagréables et d'autre part, les accumulateurs dégagent en cours de roule des gaz qui, pénétrant dans la voiture, incommodent les voyageurs.
- T.e remède est facile, ce n’est en effet pour les moteurs qu’une question de suspension et de ventilation pour les accumulateurs.
- Les chemins de fer de l'Etat Belge ont essayé du reste plusieurs types de moteurs, entre autres, quatre du système Pieper.
- Les fiacres électriques à Paris. — Le tiacre électrique de M. Jcnatzy qui, sous le numéro 13, a pris part au récent concours de fiacres automobiles et a subi avec succès les rudes épreuves de ce concours, a été mis en service public, mercredi dernier, 7 septembre. C’est le premier fiacre électrique mis à la disposition du public; il porte le numéro tôooo.
- Très prochainement un assez grand nombre de llacres du même système circuleront dans Paris; ils seront toutefois plus élégants, car le fiacre n° 13 n’avait été construit qu’en vue de faire des essais et on s’était contenté de modifier tant bien que mal un fiacre ordinaire.
- Un remorqueur électrique pour canaux. • L’emploi de l’énergie électrique se répand de plus en plus pour la propulsion des bateaux sur les canaux.
- Nous avons donné, il y a un an 't. XII, p. 481, 11 septembre 1897), une description complète du système Denèfle; aujourd’hui nous avons à signaler un nouveau système, dû à MM. Mathieu et Salle.
- Ces inventeurs ont fait construire un remorqueur électrique, le Mathieu-Sallé. où se trouve utilisé le procédé employé par M. Heillmann sur les locomotives, par M. Pallon sur les automotrices de tramways, et proposé par divers inventeurs pour être appliqué sur les automobiles routières : la génération de l’énergie motrice par un moteur thermique et la transformation de celte énergie en énergie électrique actionnant des moteurs électriques.
- Voici en effet la description succincte, qui nous est communiquée, de ce remorqueur :
- « Le bateau, se servant d’air carburé comme force motrice, n’a point de générateur à vapeur, ni mécanisme compliqué. Il n'a pas besoin de charbon pour son fonctionnement, il peut passer dans les canaux de navigation intérieure où le mouillage est réduit à 1.80 m.
- « Un moteur d’une force de 25 chevaux est automatiquement mis en mouvement par l’air carburé. Une fois en marche, le moteur constitue lui-même le gaz qui lui est nécessaire, commande à la génératrice, qui, à son tour, transmet le courant électrique au moteur actionnant l'hélice. »
- Ce mode de traction apporte à la batellerie des éléments de régularité, de vitesse et de bon marché recherchés depuis longtemps. C'est ainsi que le prix de transport d’une tonne kilométrique est ramené au prix maximum de 1 centime !
- Traction électrique. - Berlin. — L’Elektrotech-nische Zeitschrift du 2') août donne une carte des lignes de tramways électriques de Berlin actuellement en exploitation, de celles qui sont en cours de construction ou sur lesquelles on substitue la traction électrique à d’autres s}rstèmes de traction, et enfin des lignes dont les projets sont définitivement approuvés. Le trôlet aérien est généralement utilisé. sauf dans certaines rues où l’on a imposé le trôlet souterrain ou les accumulateurs. Le réseau formé par ces lignes est à mailles serrées et l'on estime qu'il ne sera pas complet avant quatre ou cinq ans. A cette époque, une seule compagnie, la grande Compagnie des tramways de Berlin, aura
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- Éclairage électrique. — fipornay. — Au mois de novembre dernier le conseil municipal ayant accordé la concession de l’éclairage électrique à la Compagnie du gaz, cette dernière fait construire actuellement les bâtiments nécessaires à l'exploitation.
- Les travaux sont très avancés et marchent rapidement. Les bâtiments servant au personnel des bureaux sont terminés ; ceux qui doivent servir d’abri aux dynamos, batteries d’accumulateurs, aux machines, sont en bonne voie d’exécution.
- Aussitôt les bâtiments construits, on procédera à l’installation des machines. Les dynamos nécessaires à l’éclairage de 4 ooo lampes seront actionnées par quatre machines d’une puissance totale de 400 chevaux. Des batteries d’accumulateurs emmagasineront l’électricité suffisante pour fournir l’éclairage aux abonnés pendant l’arrêt des dynamos. Sauf quelques exceptions, la canalisation destinée au transport de la force électrique sera souterraine.
- La distribution à domicile sera faite à basse ten-
- Lc tarif de l’éclairage a été fixé d'un commun accord entre la municipalité et' la Compagnie con-
- cessionnaire. 'La dépense sera intermédiaire entre celle de l'éclairage au gaz par le bec Auer et le bec ordinaire.
- Le directeur de la Compagnie du gaz croit qu’il sera à même de fournir l’électricitc nécessaire â 2 000 lampes pour le commencement du printemps
- Compagnie du Tramway électrique de Lyon-Croix-Rousse à Caluire. — Par décret du 31 juillet j898, est approuvée la substitution à M. Durand de la société anonyme dite : Compagnie du Tramway électrique de Lyon-Croix-Rousse à Caluire, comme concessionnaire du tramway dont l’établissement, dans Je département du Rhône, a été déclaré d’utilité publique par le décret du 11 septembre 1896.
- Société anonyme des Machines électriques Leva-vasseur. — Le 15 juillet 1898, il a été formé une nouvelle Société ayant pour objet l’exploitalion des diverses inventions de M. Levavasseur cl de ses brevets, pris ou à prendre, l'exploitation, la mise en valeur ou la vente de ces brevets ou de tous autres relatifs à l’électricité, tant en France qu'à l'étranger, ou la délivrance de licences; la construction et la vente de machines et appa-reils électriques de tous systèmes, et en général tout cc qui con-
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- La traction mécanique dans le département de la Seine. — Les travaux de la ligne des Ternes à Maisons-Laffitte avec embranchement sur Colombes sont poussés avec la plus grande activité. Cette dernière section pourra être inaugurée sous peu ; les rails sont posés sur presque tout le parcours ; les équipes d’ouvriers travaillent maintenant au point terminus, devant la mairie de Colombes. La même activité règne dans la traversée de Neuilly; les terrassements sont presque terminés sur les boulevards de la Saussaye et d'Argenson.
- D’autre part, un groupe de plusieurs lignes formant le réseau Nord-Ouest, a été concédé récemment à M. Crammont, de Pont-de-Chcruy (Isère). Sont actuellement à l’enquête les lignes de ce réseau qui suivent :
- Saint-Ouen - Place Cadet ;
- Saint-Ouen - Trocadéro ;
- Puteaux - Notre-Dame de T.oretle ;
- Suresnes - La Chapelle ;
- NeuilJy - Levallois - Butte Montmartre;
- Neuilly - Levallois - Trocadéro.
- Une septième ligne est à l'étude; elle doit relier Ccnnevillicrs aux Halles.
- On sait d’ailleurs que le département de la Seine ne tardera pas à çe couvrir d’un réseau à mailles serrées de lignes de tramways où la traction électrique sera presque exclusivement employée. Dans sa séance du 6 juillet dernier, le Conseil général de la Seine s’est occupé de la question et prenait la délibéra lion suivante :
- Le Conseil général,
- Vu le mémoire, en date du 20 juin 1898. par lequel M. le Préfet de la Seine lui soumet les résultats des enquêtes auxquelles il a été procédé sur les projets concernant les lignes de tramways suivantes ;
- i° Place de la République au Raincy par Vinceunes ;
- 2“ Plues Saint-Michel-Bondy ;
- 3" .Bonneuil-Pont de la Concorde ;
- I" Châtenav-Champ-de-Mars ;
- 5° Vanves-Champ-de-Mars ;
- . 6° Billancourt-Champ-de-Mars ;
- 70 Maisons-Alfort-Châtelet ;
- 8° Prolongement jusqu’au Châtelet de la ligne Clamart-Saint-Germain-des-Prés ;
- 9e Prolongement jusqu’au Palais-Bourbon de la ligne Fontcnay-aux-Roses-Saint-Gcrmain-dcs-Prés;
- io° Cimetière de Bagneux-Place de la République ; ii° Rue Louis-le-Grand-Gare de Noisy-le-Sec ;
- 12° Square du Temple-Noisy le-Sec ;
- 13° Malakoff-Les Halles ;
- 140 Montreuil-Boulogne ;
- 150 Epinay-Place de la Trinité ;
- Vu les pièces des projets, ensemble les dossiers d’enquête-; Vu les projets de cahiers des charges ;
- Vu le rapport des ingénieurs du Contrôle des tramways ; Sur le rapport de sa Commission mixte des omnibus et tramways,
- J. — Émet un avis favorable â rétablissement des lignes de tramways groupées dans l’ordre suivant :
- Groupe A.
- Hpinay-Place de la Trinité. Neuilfy-Levallois-Montmartrc-Place Cadet. Saint-üuen-Place Cadet.
- Groupe B.
- Noisy-le-Sec-Opéra.
- Place de la Ré publique-Fontenay-sous-Bois. Noisy-le-Sec-Square du Temple.
- Raincy-Opéra (par Bondy) avec embranchement de Pantin à Bobigny.
- Bondy-Placc Saint-Michel-Pont de la Concorde. Pantin-Ivry.
- (troupe C.
- Nogent-Champigny.
- Villemomblc-Opéra par Viucennes. Villemomble-Vincennes par Montreuil.
- Noisy-Rosny-sous-Bois-Villemomble.
- Groupe D.
- Vincennes-Boulogne. Trôlet et accumulateurs. Montreuil-Boulogne. Trôlet.
- Groupe E.
- Neuilly-Saint-James-Samt-Philippe-du-Rouie.
- Cimetière parisien de Pantin-Lc Bourget.
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- Prolongement de la ligne Fontenay-aux-Roses-Saint-Ger-nuin-des-Prés jusqu’à la place des Victoires par les Halles.
- Prolongement de la ligne Clamart-Saint-Germain-des-Prés jusqu’à la place des Victoires.
- Maisons-Alfort-Châtelet (transformation de la ligne Bas-tille-Charenton).
- Cimetière de Bagneux-Place de la République.
- Groupe K.
- Houilles-Saint-Ouen.
- Saint-Cloud-Pierrefitte.
- II. — Propose au Ministre des Travaux publics d’ac-
- corder la concession :
- Du groupe A, à MM. Claret et Vuilemier;
- Du groupe B, à MM. Cauderav et Renard et à la Société du tramway de Romainville ;
- Du groupe C, à la Société des chemins de fer nngentais : à la Maltournée, par Neuilly-Plaisance iSeine-et-Oise'i.
- _ Du groupe D, à la Société du secteur électrique'de la
- nVDuSgroupè H, à MM. B. et P. Durand ;
- Du groupe F, à la Société des tramwavs de Saint-Maur ; Du groupe G, à MM. Cauderay et Renard;
- Du groupe II, à M. de Brandon,
- Du groupe I, à la Compagnie générale parisienne de tramways ;
- Du groupe K, à MM. B. et P. Durand.
- III. — Invite M. le préfet de la Seine à poursuivre
- d’urgence la déclaration d’utilité publique des-dites lignes de tramways, conformément aux indications relatées dans le mémoire préfectoral et aux prescriptions des cahiers des charges joints aux divers dossiers.
- IV. — Il sera inséré dans l’art. Ier de chaque cahier
- des charges la stipulation suivante :
- La vapeur ou les conducteurs électriques aériens ne pourront être admis qu’à l’extérieur de Paris.
- Depuis cette délibération le groupe A a été modifié comme il a été dit plus haut.
- Plusieurs compagnies de lignes existantes ont demandé à être autorisées à changer leur mode de traction. Ce sont :
- i° La Compagnie des Chemins de fer Nogentais.
- — Substitution de la traction électrique à la traction par l’air comprimé sur les lignes de :
- La Maltournée à iiry-sur-Marne :
- Vincennes à Ville-Evrard ;
- Rosny-sous-Bois à la Maltournée.
- 2° La Compagnie des Tramways de Saint-Maur.
- — Substitution de la traction électrique à la traction par l’air comprimé sur les lignes de :
- Charcnton à la Varcnnc;
- Saint-Maur à Vincennes ;
- Joinville à Champigny.
- 3° La Compagnie des Tramways d’Arpajon. — Substitution de la traction électrique à la traction par la vapeur entre Anthony et les fortifications.
- Les compagnies exploitant leurs lignes par la traction animale ont été invitées à substituer à celle-ci la traction mécanique.
- L’automobilisme et la navigation électriques. — Dans notre Supplément du 9 juillet (t. XVI, p. xi , nous avons publié un appel du Syndicat des industries électriques aux propriétaires d’usines d’électricité en vue de permettre l’extension d une industrie encore embryonnaire : l’automobilisme élec-
- La Société internationale des Électriciens publie, dans son dernier Bulletin, un avis du même genre où non seulement l’automobilisme, mais encore la navigation électrique sont envisagés.
- « Ii importe de faire connaître, dit l avis, dans le plus bref délai les usines électriques de France et
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- même de l’étranger, qui pourraient livrer du courant à cct effet, et leur tarif de vente.
- » Cette vente de courant de charge, qui ne présente en principe aucune difficulté, nécessite cependant l’étude préalable de certaines conditions géne-
- » Au point de vue technique, l’adoption d'une tension de charge unique et l’adoption d‘un matériel accessoire d'un type uniforme ou possédant certaines pièces passe-partout, paraissent indispensables. Il en est de même de Tuniformité des
- ” Au point de vue administratif il ne faudra pas négliger, à l’avenir, d’insérer dans les contrats de concession une clause relative à l’autorisation de vendre du courant au compteur sur la voie publique.
- » Jusqu'à présent, on parait n’avoir considéré que l’automobilisme léger et la navigation de plaisance. Or si l’on pouvait trouver sur les routes et sur les cours d’eau et canaux, des relais de charge régulièrement espacés, d'environ 40 à 50 km, les roulages et les louages de toute nature prendraient immédiatement un essor considérable. Les entreprises de transport, qui n’auraient à se préoccuper d'aucun matériel fixe, pourraient être immédiatement productives et bénéficieraient de la précieuse faculté de pouvoir se développer aisément suivant l'accroisse-ment du trafic et inversement.
- » L’industrie des accumulateurs serait directement favorisée par ce mouvement, et ce résultat ne serait pas le moins intéressant.
- » En conséquence, nous prions instamment nos collègues de bien vouloir nous communiquer les éludes, renseignements et documents de toute nature relatifs à celte importante question. Une Commission a été nommée pour prendre connaissance des communications qui nous parviendront, les résumer et publier les mémoires et documents dans le Bulletin. »
- Les inconvénients de leleetrolyse pour la marine. — En matière de traction électrique les inconvénients de l’électrolysc sont nombreux et bien connus, mais au point de vue de la marine nous ne connaissions jusqu’ici qu'un seul méfait de l’électrolysc : la corrosion de la coque d’un torpilleur en aluminium amarré à côté d'un torpilleur en acier, l’acier et l’aluminium ayant formé, au contact de l’eau de mer, un couple voltaïque dont l’aluminium constituait l'électrode négative et, par suite, l’électrode attaquée. Mais il parait qu’un phénomène semblable se produit entre coques en cuivre et coques en fer et que, dans cc dernier cas, c’est la coque en fer qui est endommagée.
- The Engineer, de Londres, nous apprend en effet que les tribunaux italiens ont eu récemment à s'occuper d’un litige dont ce genre d'électrolyse était la cause. Dans un des bassins de Leghorn sc trouvaient à la fois des navires en fer ou acier et des
- yachts en bois doublés de cuivre, les uns et les autres en communication métallique par les chaînes attachées aux bouées. 11 a été prouvé, devant les tribunaux, que les coques des premiers se trouvaient endommagées par la présence des yachts. Les juges n’ont pas cru devoir accorder des dommages-intérêts aux propriétaires des navires en fer, sans doute parce que en la circonstance le dom. mage causé ne pouvait être prévu, mais ils ont confirmé l’interdiction, prononcée par le capitaine du port, de l'entrée du bassin de commerce aux
- L’aurore boréale du 9 septembre. — Ce phénomène a pu être observé en plusieurs endroits. M. Deslandres donne sur l'observation qui a été faite à l'Observatoire d'astronomie physique de Meudon les renseignements suivants.
- Elle a été constatée à 8 h. 20 m. temps moyen, mais le phénomène a pu commencer plus tôt- Il a acquis un certain éclat vers 9 h.; à 9 h. 30, il était à peine visible. M. Millochau, aide astronome, en a pris deux dessins, à 9 h. et à 9 h. 15 m.
- L’aurore avait la forme des aurores à rayons ; un des plus grands rayons traversait la Grande Ourse; la direction générale était à peu près celle du méridien magnétique.
- Les rayons avaient une couleur verdâtre, duc à la prédominance d’une radiation verte (>.= 557,1 d’origine encore inconnue ou incertaine. Cependant Al. Berlhelol a signalé récemment cette radiation verte dans le nouveau gaz de l’atmosphère, le crypton, découvert'celte année par MM. Ramsay et
- I.’aurore a coïncidé avec le passage, au méridien central du soleil, d'un fort amas de taches (une grosse et deux moyennes), coïncidence conforme à la loi posée par M. Marchand. Cet amas est insolite par ses grandes dimensions, qui le rendent visible à l’œil nu, surtout à une époque voisine d’un minimum de taches solaires.
- L'apparition de l’aurore boréale a coïncidé avec la fin des chaleurs caniculaires du commencement de septembre.
- Traction électrique. — ( InUollcriinH. — La ville de Châtcllcrault va être dotée de lignes de tramway électrique avec fil aerien.
- Une de ces lignes partirait de l’octroi du Relit Paris, pont du Berry, rue de Berry, boulevard Bios-sac, rue des Trois-Pigeons, rue du Château-d’Eau ; passerait ensuite sur le nouveau pont, rue Saint-Marc, boulevard del'Envigne.’gare de Châteauneuf.
- Une autre partirait des Renardières, pont d’Es-trée, Grande-Rue de Châteauneuf, rue du Pont,, pont Sully, rue Sully,rue des Alignons, Promenades Blossac. Un autre tronçon partirait de la route de Paris après le pont du chemin de fer, un autre des Sables-d’Ozon.
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- à L'Êc
- 1898
- Supplér
- CV
- Le prix par place serait parait-il, de 0,10 fr par persoane. Des correspondances mèneraient les voyageurs sur tous les points de la ville.
- — ninarri. — La Société des Études françaises et étrangères, à qui avait été primitivement accordée la concession du tramway électrique de Dinard à Saint-Lunaire et Saint-Briac, a été déchue de ses droits. Cette concession a été accordée à M. Boyer, directeur de la Société des automobiles.
- I.ansaniio.— Le Grand Conseil vient d'accorder l’utilisation des routes cantonales pour les tramways électriques routiers de Lausanne-Hôpital cantonal à Moudon par le Chalet-à-Gobet et par Savigny et Mézières et de la Tinc à Châleau-d'OF.v.
- — Londres. — Le Conseil de comté et la Compagnie des tramways de Londres se sont définitivement entendus sur les conditions de la cession des tramways de la métropole au Conseil de comté. Ce dernier versera à la Compagnie la somme de 21 250 000 fr pour le matériel. L’exploitation par le Conseil de comté commencera le r1 janvier prochain.
- Le réseau des tramways de Londres s’étend sur une longueur de près de 45 km.* Il transporte plus de JC’6 millions de voyageurs par an.
- I La plupart de ces tramways sont à traction ani-
- Le Conseil de comté étudie dès à présent la transformation de la traction animale en traction électrique. M. Andrews restera le directeur de tout le service. Il fera pendant les vacances un voyage en Europe où il ira étudier, dans les principales grandes villes, les divers systèmes de traction électrique. On compte que la transformation en question pourra être achevée dans moins de trois années.
- — M4 I110. — Un arrêté préfectoral vient de prescrire l'enquête et d’ordonner le dépôt des pièces de l’avant-projel, relatif au tramway électrique à établir à Melun.
- Lesdites pièces resteront déposées au secrétariat de la mairie de Melun, pendant un mois, du 11 septembre au 12 octobre inclus, pour être communiquées aux personnes qui voudront en prendre connaissance.
- M. Boyer a promis que la ligne serait livrée à la circulation en août 1899.
- — Orsiii (Supplément, t. XVI, p. v). — Sur la ligne de Gambetta, la pose des voies des tramways électriques est terminée dans la rue d’Ar/.ew jusqu’à la hauteur de la rue de l’Artillerie.
- Les travaux marchent aussi activement sur la
- Société Générale des Industries Economiques
- MOTEURS a gaz CHARON
- A
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-
- Supplér
- septe
- embre 1898
- ligne de Saint-Eugène; les rails sont placés jusqu’à une faible distance des portes, devant la villa Godillot.
- — Snint-timifie. — Le préfet vient de recevoir un projet d’établissement d'un tramway électrique entre Saint-Claude ctGex.
- L’enquête d’utilité publique vient d'être ouverte.
- Éclairage électrique. — Nice. — L’administration vient de recevoir une demande pour l’installation en ville de l'éclairage électrique à des conditions tellement avantageuses qu’elles seront très probablement adoptées.
- Compagnie du secteur électrique de la rive gauche do Paris. — 11 résulte, des comptes qui ont été soumis à l'assemblée générale des actionnaires du 6 juillet, que les recettes de l’exploitation ont été de 729 195,29 fr. Les dépenses ayant été de 517 200,97 ft, le produit net ressort à 211 295,02 fr, chiffre sensiblement supérieur aux -charges financières de la C-ompaguie (service des obligations, prélèvement de la ville de Paris, etc., etc.), qui se sont élevées à 323407,23 fr.
- Il y a, finalement, un déficit de 112 112,21 fr.
- La Compagnie espcrc que, pour l’exercice courant, le déficit disparaîtra et fera place à un petit excédent, en raison de l'augmentation du nombre des abonnés et de la capacité des installations.
- Mais il y a lieu de remarquer que, d’une année à
- l’autre, le capital social a passé de 4 millions à 5 millions et le montant des obligations de 7500000 fr à 10 millions de fr.
- Compagnie des Tramways électriques de Douai (Nord'. — Par décret du 30 août dernier, est approuvée la substitution à M. Faye de la Société anonyme de la Compagnie des Tramways électriques de Douai, comme rétrocessionnaire de la ligne de Dorignies à Anichc, avec embranchement sur la gare du Nord, à Douai, et sur Sin-le-Noble, dont l’établissement, dans le département du Nord, a été déclaré d’utilité publique par décret du 25 septembre 1897,
- .M. Faye demeurera personnellement et solidairement responsable avec ladite Compagnie, pendant un délai de dix ans, à partir du présent décret, des engagements qu'il a contractés.
- Société Electricité et Hydraulique. — Le bénéfice net du dernier exercice se chiffre par 499 540129 fr, contre 207 506,80 fr à la fin de l'exercice antérieur. Les actions recevront un -dividende de 9 p. îoo, soit 22.50 fr, contre 8 p. ioo. soit 20 fr pour 1896-97.
- Â remarquer que le dernier bilan mentionne les chiffres suivants : Capital actions, 4 millions ; obligations. 3 896 000 fr, et que le montant des amortissements divers s’élève cette fois à 281 962,82 fr. contre 155,502,55 fr en 1897, époque où le capital actions de la Société était de 2 millions et celui des obligations de 1 965 000 fr.
- i7ϰ18f
- BREVETS 1)’
- Liste communiquée par l'Office E. Barrault,
- 3ux et Brillie. fi mai.1897. — Certificat d’; vet pris le 11 décembre 1897 pour mécan
- Welsbach. 10 !
- d'addition au brevet pris le 19 janvier 1898 pour filament; pour lampes électriques et procédé de fabrication.
- 277 482. Compagnie française pour l'exploitation des pro-
- exploi 1898.
- .nduction à courants al ter-avril 1898. - Klec-
- irfectiomieinenls aux mndescence.
- 198. — Perfectionnements dans 1: s pour moteurs électriques, nmyrt junior. 27 avril 1898. —
- •É — Pile primaire alumineuse Halske, Aktien Gesellscliaft
- 277 521. Roitel. 30 avril 1898. — Coupe-circuit automatique.
- 277 545. Adaras-Randall. 2 mai 1898.- Perfectionnements apportés aux appareils téléphoniques.
- 277 567. Société anonyme des mines de Yauli. 2 mai 1868. — Nouveau mode de fabrication de plaques d’accumulateurs électriques et de plomb spongieux en général, procédé N. A. Hcloui.
- 277 568. Bouchet. 2 mai 1898. — Système de réducteur êlec-
- 277 SSL Com sr générale d’électricité de Creil. Etablissements Dayae et Pillé. 30 avril 1898. — Régulateur pour
- 277 442. Hubert. 26 ;
- dispositifs électriques à 277 458. Belfield. 27 avri les regutateurs-commut 277 468. Gunther von I
- J*ShŒP,S avril à résidus solides.
- jeu d’o:
- _*aun. 3 mai 1898. -; de mesure de Vu
- , sur nt t\e< til e hlituit - us 1 lotion de la elia-due au passacre du courant.
- 6. Toward. Merrill et Folsom. 3 mai 1898. — Outils bines permettant d assembler, couper ou manipuler les télégraphiques ou autres.
- 7. Société Siemens et Halske AktJen-Gssellschaft.
- s les r
- le p>i
- 277 h4.x Chaboud. 3 mai 1398.— Système de protection contre la rupture et la chute des lignes aeriennes électriques.
- 277 7U6. Legros et Meynier. 11 mai 1898.— Transforma-
- 277 7551 Heyland *9 mai 1898. — Dispositif de mise en marche et de variation de vitesse des moteurs a courant alternatif,
- 277 756. WeiSS. 9 mai 1896. — Pile sèche.
- 277 758. Levavasseur. 9 mai 1898. — Alternateur -à action directe utilisant sans modification les volants des moteurs.
- 277 777. Compagnie française pour 1 exploitation des procédés Thomson-Houston. 10 mai 1893.— Perfectionne-nmnt- ip] site» tu anpicib de km a, lie pair moteurs dindiiction monophasés.
- 277 788. Davis et Conrad. lOmai 1898. — Perfectionnements
- 27717sS!’Bradley. 10 mai 1898. — Perfectionnements dans le;
- 27Gilbert1"et Lundin. 10 mai 1898. — Porfoctionne-
- 277809. Pheïps'.S10iUmaiUI1898.t3—'Perfectionnements apportés aux lampes électriques a incandescence.
- z."8rTTd,da1fz,'i!u;; ouvelle pile seche dite pik
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- 3 I h
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- Siège social et Usine à Lyon : H, Chemin du Pré-Gaudry,
- CABLES ÉLECTRIQUES SOUS PLOMB, POUR BASSES ET HAUTES TENSIONS
- Transports de force, Tramways, Lumière.. Télégraphie, Mines, etc., etc.
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- TABLE DES SUPPLÉMENTS
- Exposition universelle de 1900. . . . Exposition universelle de 1900; installation et exploitation des groupes éh
- trogènes........................
- L'électricité à l'exposition de 1900 . . . Sixième exposition nationale du travail Exposition internationale d’électricité
- Cô
- î.'exposition d’automobiles de Agricultural
- Hall..............................
- Association française pour l'avancement des sciences (Congrès de Nantes) .
- Ecole supérieure d’électricité..........
- Ecole d'électricité industrielle de Grenoble Société d'enbouragement pour l'Industri nationale. (Prix décernés) .... Société Industrielle de Mulhouse. (Prix pro
- posés)........................ix
- Syndicat professionnel des industries élec triques (Séance du 7 juin 1898) . Syndicat professionnel des industries élec triques (Séance du 5 juillet 1898)
- Arrêté préfectoral organisant le service de contrôle et de vérification des
- compteurs d'électricité...........
- Ordonnance relative à la suppression des fumées industrielles à Paris . . . . Les brevets d'invention en Autriche. . . .
- L’aurore boréale du 9 septembre.............
- Influence de la guerre hispano-américaine
- Transporteur électro-automatique souterrain des lettres et colis postaux à
- Budapest..........................
- Applications de l'électricité aux mines. Fir-
- miny (Loire)......................
- Chaloupes électriques.......................
- Bateaux électriques à Marseille.............?
- Un remorqueur électrique pour canaux . . Les inconvénients de Télectrolyse pour la
- marine............................
- Consommation d'électricité à Rome .... L’incendie de l’usine de Chèvres............
- Distribution de l’énergie électrique.
- Transmission à longue, distance de Canon City à Cripple Creek (Colorado) . Transport d'énergie Blue Lake, San-Fran-
- Transport d’énergie de Yuba-Marysville (Etats-Unis)...........................
- L'installation hydro-électrique de Sedrina
- (Italie)’.........................
- Les installations électriques de Cork .... L'énergie électrique dans le Céleste Empire.
- L’électricité au Japon......................
- Conducteurs en aluminium....................
- Traction Électrique.
- Tramways de Paris et du département de la
- La traction électrique au tramway de Paris
- Arpajon..............................
- Tramway électrique de Lyon à Chalamont, par Montluel et Mcximieux . . ,
- La traction électrique en Suisse...........x
- La traction électrique aux chemins de fer de
- l'État belge.....................r
- La traction électrique sur la nouvelle ligne
- d’Orléans........................T
- Chemin de fer métropolitain................
- Chemin de fer électrique de Pierrefitte à
- Cautcrcts........................
- Le chemin de fer électrique du mont Saint-
- Bernard .........................
- Le premier chemin de fer électrique à voie
- normale sur le continent.........
- Automobiles électriques....................
- Les llacres électriques à Paris........
- L'automobilisme etla navigation électriques.
- Aix-les-Bains..............................
- Alger .....................................
- Belfort....................................
- Berlin.....................................
- Bex (Suisse)...............................
- Bcziers....................................
- Bilbao (Espagne)............................ .
- Bologne.........................
- Boulogne........................
- Bordeaux........................
- Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).
- Braïla (Roumanie)...............
- Brest ..........................
- Bruxelles.....................
- Carcassonne.....................
- Chatellerault...................
- Cherbourg.......................
- Claix (Isère)...................
- Dinard .........................
- Elisabetzrad (Russie)...........
- Kvian-les-Bains............... .
- Libourne........................
- Lille...........................
- Londres.........................
- Marseille.......................
- Melun...........................
- Mont-Dore (Puy-de-Dôme). . . .
- Nice (Alpes-Maritimes;.........
- Nottingliam (Angleterre).......
- Pau . . . . Pierrefitte. Reims. . . Roubaix. .
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-
- Roucri...............
- Saint-Claude.........
- Saint-Etienne (Loire).
- Toulon...............
- Toulouse.............
- Tours (Indrc-ct-Loire)
- Tourcoing (Nord). .
- Troycs.............
- Vallauris..........
- Vau cresson ....
- Versailles.........
- Verviers (Belgique).
- Télégraphie et téléphonie.
- J.a pose du nouveau câble transatlantique entre la Erance et les Etats-Unis.
- Paris-Bruxelles......................... lxxv-
- Bonneval................................. lxxv
- Éclairage électrique.
- L’éclairage électrique à Milan . . L'éclairage de la cité de Londres. . L'cclairage à l'acétvlène à Mouzon
- Clayette ................
- Alexandrie......................
- Amiens (Somme)...................
- Arc-les-Gray (Haute-Saône) . . . .
- Bàle............................
- Benfeld (Alsace)................
- Bruxelles....................... .
- Carcassonne.................... .
- Cognac..........................
- Cousances-aux-Forges (Meuse). . .
- Dreux (Eure-et-Loir)............
- Dun-sur-Auron. . ...............
- Epernay.........................
- Fenétrange......................
- Glasgow (Angleterre)............
- Grado (Espagne).................
- Illiers (Eure-et-Loir)..........
- et à la
- Laroque-les-Albères . Lavelanet (Ariège) . .
- Limoges............
- Lisieux............
- Lyon (Rhône) .... Lumbres (Pas-de-Calais)
- Mâcon................
- Montauban.............
- NmeleS .........
- Oran.................
- Paris................
- Pont-de-Poittc.......
- Quimper...............
- Rouen ...............
- Savigliano (Saluces) . .
- Sivry................
- Tananarive (Madagascar)
- Thonon...............
- Trainel (Aube).......
- Wattrelos.............
- Electrochimie.
- Autriche.................................. . xl Gampel (Valais, Suisse).................... xl
- Belgique............................... xi. |
- Compagnies et sociétés d'électricité.
- Compagnie électrique anversoise............... liy
- Compagnie française d’appareillage élec-
- Compagnie générale d’électricité.............. liv
- Compagnie générale de travaux d’éclairage
- et de force........................ vii
- Compagnie nancéicnne d'électricité .... lv Compagnie nationale d’électricité (système
- Ferranti)............................. lv
- Compagnie du secteur électrique de la rive
- gauche de Paris...................... evi
- Compagnie des tramways électriques de
- Besançon.............................. vu
- Compagnie du tramway électrique de Lyon-
- Croix-Rousse à Caluire . . rxxvii, xcvn Compagnie des tramways électriques de
- Compagnie nouvelle de tramw'ays électriques de Montpellier..........................lxxvii
- Compagnie des tramways de Tours................ vu
- Compagnie des transports électriques de
- l’Exposition...................i.v, lxxyi
- Compagnie parisienne des voitures électri-
- Société anonyme des machines électriques
- Levavasseur....................xcvii
- Société anonyme d’exploitation des brevets « J. Reibel. ».................... i.v
- Société Brown, Boveri et C% de Baden. lv
- Société d'éclairage et de force par l'électricité vin
- Société -électricité et Hydraulique...... evi
- Société franco-suisse pour l'industrie élec-
- Société internationale d'entreprises et ex-
- - ploitations électriques....... lxx
- Société nantaise d’éclairage et de force par
- l'électricité.................. vin
- Société pour le travail électrique des métaux vin
- Société des tramways et chemins de fer du
- Société anonyme du tramway d’Ecully; . . lvi Société d'études d’omnibus et de voitures
- automobiles.................... xcu
- L’Omnium lyonnais de chemins de fer et
- tramways. . . . ................ xr,n
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