L'éclairage électrique
-
-
- p.n.n. - vue 1/624
-
-
-
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- p.1 - vue 2/624
-
-
-
- p.2 - vue 3/624
-
-
-
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- Directeur scientifique : J. BLONDIN Secrétaire de la rédaction : G. PELLISSIER
- TOME VI TRIMESTRE 1896
- PARIS
- GEORGES CARRÉ, ÉDITEUR
- Page de titre 3 - vue 4/624
-
-
-
- p.4 - vue 5/624
-
-
-
- 0 Samedi 4 Ji
- 1896
- 1° 1.
- Toi
- Année. — N
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- Directeur Scientifique J, BLONDIN Secrétaire de la rédaction : G. PELLISS1ER
- FANTOMES MAGNÉTIQUES
- RELATIFS AUX DYNAMOS
- COMPOSITION DES FORCES MAGNÉTOMOTRICES DANS LES INDUITS. PERTE DE FLUX PAR L’iNTÉRIEUR DES ARMATURES EN ANNEAUX.
- Nous avons pour but, dans cette étude,d’apporter quelques éclaircissements sur l’étude des dynamos.
- Nous nous bornerons à exposer nos résultats d’cxpcricnccs, en décrivant celles-ci de façon que tout ingénieur puisse en tirer les conséquences qu’elles comportent, nous proposant de revenir nous-mêmes sur la question lorsque nos loisirs nous le permettront.
- FANTÔMES MAGNÉTIQUES d’uNE MACHINE HIPO-LAIRE A TAMBOUR.
- Nous avons opéré sur une magnéto dont les figures i et 2 donnent les dimensions. Les pièces polaires sont en fer doux et ajustées sur les aimants permanents.
- Fantôme n° 1 (fig. II). — Le fantôme n° 1 donne le champ à l’intérieur des pièces polaires lorsque l’induit est enlevé. On y voit que les lignes de force, d’abord radiales, se redressent et deviennent parallèles seulement dans l’axe transversal. La force magnétique due aux inducteurs, à la périphérie interne des pièces polaires, est donc radiale.
- Fantôme n° 5 (fig. I). — Le fantôme n° 5 est
- obtenu en plaçant au milieu, entre les pôles un noyau en fer doux. L’entrefer est alors traversé par des lignes de force absolument radiales, sauf vers les becs polaires où la force magnétique s’incline d’abord sur le rayon, puis se dirige d’un bec polaire à l’autre. C'est ce qui se passe dans Ventrefer lorsque L’induit n est pas excité.
- Fantôme n* 21 (fig. IV). — Ce fantôme est celui d’une armature en tambour excitée,
- iployée pc
- lis isolée, c’est à dire retirée de la dynamo.
- Nous l’avons obtenu au moyen d’un aimant permanent, en forme de disque, conditionné pour faire office d'induit dans le levé de nos fantômes. Les lignes de force a l’intérieur de. la circonférence sont celles qui existent dans l’air, au dessus du disque ; elles sont de sens inverse à celles de l’intérieur du noyau.
- Fantôme n" 6 (fig. I). — Le tambour est excité et ses pôles sont en concordance avec
- p.5 - vue 6/624
-
-
-
- IÆCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- ceux des inducteurs. Les lignes de force dans l’entrefer sont absolument radiales et la force magnétique due à l’induit s’ajoute à celle qui est due à l’excitation. Le champ dans l’entrefer est augmenté par l’action de l'induit.
- Fantôme n° 6 bis (fîg. IV). —Les condition s d’expérience sont les mêmes que ci-dessus, seulement le fantôme est obtenu dans un plan perpendiculaire aux faces des pôles, suivant l’axe ns. On voit que, près de l’induit et
- des pièces polaires, les lignes de force ont trois directions différentes. Elles vont du nord des pièces polaires au sud du tambour et du nord du tambour au sud des pièces polaires. A une certaine distance des faces, elles vont directement du nord au sud des pièces po-
- | laires en contournant les premières lignes suivant des courbes de plus en plus régulières. La grande longueur des lignes de^force de perte dans l'air indique que la force magnétique y est faible. On peut en conclure que, dans le cas de concordance des pôles de
- p.6 - vue 7/624
-
-
-
- REV UK D’KLF.CTRiCITÉ
- l'induit et des pièces polaires, les pertes par l'air sont relativement peu importantes.
- . Fantôme n° 7 (lïg. I).—Le tambour est toujours excité mais opposé, pôle pour pôle, aux pièces polaires, pôles sud et pôles nord vis-à-vis l’un de l’autre, Sur l’axe, la force
- magnétique est presque nulle dans l’entrefer par suite de l’opposition des deux forces magnétiques de sources différentes. De chaque côté de l’axe, la force magnétique est la résultante de deux composantes. Elle est d’abord inclinée sur la direction des rayons, mais elle suit cette dernière vers les becs polaires, là
- où l’induit a peu d’influence. Le Jlux dans lentrefer est diminué de beaucoup par la réaction de l’induit.
- Fantôme n0 7 bis (fîg. IV). —Il est levé dans les memes conditions que le précédent, mais dans l’air, suivant un plan perpendiculaire passant par les pôles, pour avoir une idée des pertes de flux. On voit que les perles de l’induit et des pièces polaires s’ajoutent, que les lignes de force sont plus directes et plus nombreuses, correspondant à une force ma-
- gnétique externe plus importante. On peut donc dire que lorsque les pôles de l induit et des pièces polaires sont opposés, les pertes de flux par l’air sont plus importantes et d’autant plus que la force contre-magnétomotrice de l’induit est plus grande. On peut dire aussi que la .force magnètomolrice du courant de l'induit refoule dans l'air un grand nombre de
- Les figures 3 et 4 donnent les diagrammes des potentiels magnétiques correspondant aux fantômes 6 et 6 bis, 7 et 7 bis ; dans la figure
- p.7 - vue 8/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 3, où les pôles sont en concordance, il y a quatre systèmes de lignes de force donnés par les différences de potentiels magnétiques
- {oa — p b), -(q c —p b), + [q c—r </), + (« a — rd).
- Dans la figure 4, où les pôles sont opposés, il n’y a qu’un système de lignes de force at-
- tendu que les différences de potentiels magnétiques ont le même sens. On remarquera aussi que ces différences sont bien plus fortes que dans le cas de la figure 3.
- Fantôme n° g, (fig. III). — Obtenu en disposant la ligne nord-sud de l’induit à angle droit sur celle des pièces polaires. Si nous représentons par F la force magnétomotrice appliquée aux pièces polaires et due aux inducteurs,nous devons l’indiquer par une certaine longueur O F sur la figure III. Quant à la force magnétomotrice de l’enroulement de l’induit, elle est perpendiculaire à la première et nous pouvons la figurer par of La résultante O R donne la direction du flux à l’intérieur de l’armature,
- Les lignes de force qui ont la direction de
- O R' donnent la force magnétique dans l’air, près de la surface de l’induit, sur le papier qui a servi au levé de la figure. Cette force magnétique est la résultante de of, égale et opposée à of et due à l’enroulement de l’induit et de o r, qui est la portion de O R absorbée par la réluctance du fer de l’armature.
- Fantôme n° 10, (fig. III). — Dans celui-ci, la ligne nord-sud du tambour est à 450 environ sur l’axe, les pôles nord étant du même côté. La force magnétomotrice de l’induit a principalement pour effet de tordre le flux suivant OR. mais la force magnétomotrice effective O R est plutôt plus petite que O F.
- Fantôme n° 11, (fig. III). — Dans ce dernier, les axes sont à 1350 et les pôles voisins sont de signe contraire. 11 en résulte que la torsion du flux (suivant OR), de sens contraire à la précédente, est moins grande et que la force magnétomotrice effective (O R) est plus forte que F, et d’autant plus que l’angle des axes est plus faible.
- Fantômes magnétiques d’une dynamo bipolaire
- Voyons maintenant les fantômes que nous avons levés sur le fonctionnement des dynamos bipolaires à anneau. Le fantôme du champ entre les pièces polaires, l’anneau étant enlevé, est toujours le numéro 1, figure II.
- Fantôme n° 12, (fig. II). — Un anneau en fer doux est placé au centre. Il concentre le flux et la force magnétique est radiale dans l’entrefer.
- Fantôme na 8, (fig. II).— Ce fantôme figure le champ précédent dans un plan passant par l’axe de la dynamo et perpendiculaire au plan du numéro 12. Comme le montre très bien la figure, une partie des lignes de force partent du pôle nord de la pièce polaire de gauche, pénètrent dans l’anneau en passant par l’air extérieur, vont sortir du même anneau à l’opposé, sur un diamètre, et rentrent dans la pièce polaire au pôle sud. Les lignes suivan-
- p.8 - vue 9/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRLCLTÉ
- tes contournent les premières et vont jusqu’à l’in-tériepr de l’anneau. Elles se redressent alors de plus en plus et Unissent par être absolument régulières.
- Leur forme tourmentée prouve le peu d’im-
- portance de la force magnétique et la faiblesse relative des pertes par l’air à circuit induit ouvert.
- Fantôme n° 20, (fig. IV). — C’est celui de
- •TTZ
- Fig. III. — Fantômes magnétique:
- l’anneau, aimanté et retiré de la dynamo. Il se comprend facilement.
- Fantômes n* 2, y et(fig. 1).— Ils représentent le champ autour de l’induit lorsque ce dernier est seul excité, les pièces polaires étant reliées extérieurement par un circuit en fer, Pour obtenir les 5 fantômes, nous avons
- placé successivement la ligne nord-sud à.90’, à 450 et à o° sur la ligne d’axe des épanouissements polaires.
- Il laut remarquer que, comme l’indique la figure 5, les lignes de force ont à l’intérieur de l'anneau un sens inverse à celui qu'elles ont dans l’entrefer. La valeur du flux intérieur est assez facile à établir.
- p.9 - vue 10/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Si n est le nombre de fils périphériques intérieurs et 1 le courant total de l’induit, la force magnétomotrice de l'enroulement intérieur, qui donne le flux considéré, est
- La force magnétomotrice effective de réluctance due au passage du flux — dans une moitié de l’armature est ra. Elle est de sens contraire à of. La réluctance du cylindre d’air intérieur, abstraction faite de l’arbre, et les
- fantôme nu 18, une partie des lignes de force sortant du pôle nord des inducteurs pénètrent dans l’anneau et en sortent au pôle nord pour rentrer dans les inducteurs au pôle sud des pièces polaires. Ces lignes de force ne sont pas perdues. Elles forment dans le n° 14 les deux plages intérieures voisines des pôles de l’induit.
- Les lignes qui constituent la perte suivent les précédentes (voir n° 18) et les premières sont contournées, indiquant ainsi que la force magnétique n’y est pas très forte.
- Dans le cas de concordance despôles, les pertes par l'air sont donc relativement faibles.
- Comme pour le fantôme n° 4, le flux intérieur serait donné approximativement par la relation
- , = -1*4
- Mais il y a entre ce cas et celui que nous considérons cette différence que dans ce dernier $a et ra sont grands et que le terme —a vaut sensiblement le terme ni.
- lignes de force étant supposées rectilignes, est :
- relation dans laquelle l est la longueur de l’induit.
- En appliquant un théorème connu, on trouve le flux intérieur qui est sensiblement :
- fantômes n° 14 (fîg. II) et n° 18 (fig. IV). — La ligne nord-sud de l’anneau correspond avec la ligne nord-sud des épanouissements et les pôles sont concordants. Les deux fantômes sont levés dans des plans perpendiculaires.
- Dans l'entrefer, les forces magnétiques s’ajoutent évidemment.
- Dans l’air extérieur, comme le montre le
- Fantômes nn 13 (fig. II) et nn 9 (fig. IV). — Les axes polaires se confondent encore mais les pôles sont opposés. Le champ est généralement faible dans l’entrefer, mais il est relativement fort au centre de l’anneau et dans l’air environnant. — En effet, l’induit refoule les lignes de force dans l’air, comme le montre biejn le n° 19, et ces lignes sont bien régulières.
- Au centre de l’induit, le flux est donné par la formule
- le second terme de cette dernière ayant le signe plus.
- Les pertes de flux sont relativement fortes dans ce cas.
- Fantôme n° 15, (fig. III). — L’axe de l’anneau est à angle droit sur les pôles de la dynamo. La force magnétomotrice Ob' de ces derniers et la force magnétomotrice of de l’enroule-
- p.10 - vue 11/624
-
-
-
- REVUE D'ELECTRICITE
- ment extérieur de l’induit donnent OR pour force magnétomotrice résultante. OR est la direction du flux dans l’induit et dans l’entrefer.
- La partie or de cette force magnétomotrice est absorbée par la réluctance de l’anneau (C’est • ‘îC r„). Elle donne avec of \ force ma-
- gnétomotrice de l’enroulement intérieur, égale et opposée à of une résultante OR' réglant le flux intérieur, qui est ainsi :
- L’axe du flux dans l’entrefer et le fer de l’induit fait donc l’angle R o R' avec l’axe du flux à l’intérieur, dans le creux de l’anneau. Ce flux a donc la forme indiquée par la figure 6 et il présente ce fait étonnant que des lignes de force partant du pôle N suivent le parcours tortueux abedoefgh.
- Fantôme n" z6, (fig. III). —L’angle des axes est de 45“ environ. En opérant comme ci-des-
- sus, on trouve que les forces magnétomo-trices résultantes sont OR et OR' et que l’angle des axes du flux dans l’entrefer et dans le creux de l’anneau est augmenté. Ce dernier est toujours représenté par l’ensemble des lettres Ro R',
- Fantôme n° 77, (fig. III). — L’angle des axes est de 13 5“ C’est un cas qui n’est pas pratique, l’angle considéré étant généralement
- p.11 - vue 12/624
-
-
-
- ï:k cl a jrage élfxtri que
- aigu. La résultante OR est très forte et l’angle R o R' de torsion des lignes de force centrales est presque droit.
- COMPOSITION DES FORCES MAGNÉTOMOTRICES DANS L'iNDUlT. INDUIT EN TAMBOUR DE DYNAMO BIPO-
- Trois forces magnétomotrices agissent dans l’induit (Voir fig. 7) :
- i° La partie cF de la force magnétomotrice des inducteurs qui reste disponible aux pièces polaires ;
- 20 La force magnétomotrice f due au cou-
- La force magnétomotrice f de l’enroulement de l’induit est facile à déterminer :
- n étant le nombre de tours de fil périphériques sur l’anneau, — est le nombre de spires entourant l’induit. Ces ~ spires ont des forces magnétomotrices égales, dont les actions dans le sens de /' sont seulement proportionnelles aux sinus des angles qu’elles font chacune avec y, leurs actions perpendiculairement à cette dernière direction s’annulant deux à deux.
- La force magnétomotrice f est donc proportionnelle à une somme de sinus et égale au produit, par le nombre des spires magnétomotrices, de l’action moyenne d’une spire.
- rant I circulant dans les fils de l’induit. Elle est normale à la force magnétomotrice effective F qui produit le flux de l’armature, attendu que les forces électromotrices induites sont en retard de 9o° par rapport au flux utile.
- D’une autre façon, f est normale à F parce que le plan théorique de commutation est perpendiculaire au plan de maximum de flux ;
- Ÿ La force magnétomotrice F effective, absorbée par la réluctance du noyau et de l’entrefer.
- Si nous adoptons pour le calcul de la réluctance ra de l’induit des longueurs moyennes des lignes de force, F est sensiblement :
- )•„ étant la réluctance de l’entrefer à l'instant considéré et r,, celle de l’armature.
- Celle-ci est proportionnelle à :
- Le courant dans le fil de l’armature étant — , la force magnétomotrice y est :
- Quant à la valeur de F, elle résulte de la résolution du triangle rectangle des forces magnétomotrices de la fig. 7.
- i S/pTI' = V*i\(r, (•,) +4»M>.
- Fa formule générale applicable aux dynamos bipolaires à tambour devient ainsi •
- p.12 - vue 13/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- ,\r.mi représentant la force magnôtomotrice des inducteurs ; 2 <I>rep la somme des forces magnétomotrices absorbées par les réluctances des pièces polaires, des culasses et des noyaux d’inducteurs.
- Composition des forces magnêtomotrtces
- DANS l’induit. INDUIT EN ANNEAU DE DYNAMO
- Mais la réluctance r„ étant obtenue en prenant des longueurs moyennes'pour les lignes de force, nous admettrons que nous sommes plus près de la vérité en. comptant sur la valeur <ï>,, r„. On peut du reste corriger cette dernière dans chaque cas particulier.
- Les deux forces magnétomotrices sont perpendiculaires et leur résultante est ;
- Les mêmes relations que ci-dessus sont applicables avec cette différence que le flux calculé^ (dans Farmalure) n’est plus exactement le flux utile, parce que une partie
- ç. 8. — Appareil utilisé pc
- F, = vTa
- La réluctance d’un cylindre d’air traversé diamétralement par les lignes de force étant
- des lignes de force passe par l’intérieur de l’anneau en traversant ainsi les spires de fil intérieures, où clics développent des forces contre électromotrices.
- Les forces magnétomotrices qui produisent ce flux intérieur sont : {Voir fig. 6),
- r La force magnôtomotrice O f des fils intérieurs de l’anneau, qui est égale à celle des fils extérieurs, soit i n I ;
- 2' La force magnétomotrice effective Oa r, qui fait circuler le flux dans l’anneau.
- Cette dernière, considérée dans ses actions élémentaires, étant sensiblement circonférentielle, son action diamétrale est seulement la fraction — de la somme de scs valeurs élémentaires. Elle est donc
- j- . le flux perdu par l’intérieur de l’anneau
- formule clans laquelle l est la longueur de l’induit. Quant à l’angle des flux et c’est, y.. On peut l’obtenir facilement ;
- Cette valeur est toujours positive et elle varie de o à l’infini. Donc sc varie de o à ()o0
- FANTOMES .MAGNÉTIQUES d’üNE DYNAMO TÉTRA-POLAIRE A INDUIT INTÉRIEUR.
- La figure H indique la disposition de l’appareil qui nous a servi pour le levé des lan -
- p.13 - vue 14/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- tômcs que nous allons décrire, a est un anneau en fer doux ou en acier, selon que l’on étudie le fonctionnement à circuit induit ouvert ou à circuit induit fermé; c sont des aimants permanents avec épanouissements
- b et d en fer doux ; e sont des fourrures en fer doux \j un anneau en fer doux.
- Fantôme n° 25, (fig. V).— Le fantôme 25 donne le champ dans l’air pour le cas où l’in-
- duit est ouvert. Les lignes de force sont pour la plus grande partie concentrées dans l’entrefer. Les pertes à l’intérieur de l’anneau a et à l'extérieur du cercle /'sont faibles. Elles sont les plus fortes entreles épanouissements polaires et entre ces derniers et le cercle La figure 9 donne le diagramme des potentiels magnétiques correspondant au fantôme n° 25. On y voit que les pertes sont bien concentrées entre les points indiqués, la différence de potentiel y étant la plus grande possible.
- Fantôme n‘ 22. (fig. V.) — Il représente le champ magnétique d’un ahneau tetrapo-laire retiré de la machine.
- Fantôme n° 26. (fig. V.) — Obtenu en plaçant l’anneau aimanté du n° 22 entre les pièces polaires, les pôles concordant entre eux. Le fantôme n’a presque pas changé relativement au n° 25; les pertes par l’intérieur de de l’anneau sont seules augmentées.
- Fantôme n* 27 (fig. V).— Levé en avançant un peu l’anneau de façon à obtenir cer
- p.14 - vue 15/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Fig. VIII. — Fantômes magnétiques.
- Fantôme n° 28, (tig. VI). — Ici, la discordance est accrue, les pôles de même nom étant l’un près de l’autre, mais pas encore opposés. Après les exemples étudiés, le fantôme s’explique de lui-même. La figure n donne du reste un diagramme détaillé du
- Fantôme n" 29, (fig. VI). —Oppositioncom-plctc des pôles de l'induit et des inducteurs. Dans le cas présent, le flux est presque nul dans l’entrefer, les lignes de force étant en général refoulées hors de l’entrefer par la
- force magnétomotrice antagoniste de l'induit.
- La figure 12 indique la distribution des potentiels magnétiques et fait prévoir les trajectoires des lignes de force dans l’air environnant.
- FANTOMES MAGNÉTIQUES D’UNE DYNAMO TÉTRAPO-LAIRE A INDUIT EXTÉRIEUR.
- Nous avons employé le même outillage que pour les expériences précédentes, en remplaçant l’anneau a aimanté (figure 8) par un anneau en fer doux, le cercle f en fer doux,
- p.15 - vue 16/624
-
-
-
- I ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- par un cercle aimanté à quatre pôles dont le fantôme porte le n'1 23 à la figure V et en reculant les inducteurs de façon à obtenir l’entreler à la périphérie internede f.
- Fantôme n° 24. (Fig. V.) — L’anneau extérieur (anneau y de la figure 8) étant en fer
- doux pour ce fantôme, on a le champ à circuit induit ouvert. 11 n’y a rien de spécial dans les résultats. On voit que les pertes à l’intérieur du petit anneau et à l’extérieur du grand sont faibles, conséquence évidente
- pour une dynamo télrapolaiie à induit intérieur excité. Les pôles sont presque opposés.
- du régime de fonctionnement supposé de la dynamo.
- Fantômes n°* 30, 31 et 32 (fig, VI). — Du fantôme 30 au fantôme 32 pour lesquels l’induit est excité, la discordance des pôles va augmentant, les pôles de l’induit s’éloignant de plus en plus des pôles des inducteurs.
- Avec cet éloignement, l’irrégularité du champ dans l’entrefer croit, le maximum se déplaçant dans le sens du mouvement des pôles de l’armature. Au fantôme nü 32, dans les conditions où nous opérions, le champ paraît
- annulé presque entièrement dans la moitié de l’étendue de l’entrefer.
- Le diagramme de la figure 13 montre la variation du potentiel le long du circuit magnétique et la direction que doivent avoir
- Fig. 13. — Diagramme des potentiels magnétiques pour
- les différentes lignes de force qui passent dans l’air environnant.
- Fantôme n1' yy (fig. VI). — Fantôme auxiliaire obtenu avec un anneau en fer et quatre aimants disposés au jugé. Il a été joint à la figure 6 pour la rendre régulière.
- Saturnin Hanappe.
- p.16 - vue 17/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- TRAMWAY A CANALISATION SOUTERRAINE ELECTROMAGNETIQUE
- SYSTÈME WESTINGHOUSE
- Nous avons déjà signalé l’installation, à Washington, d’une ligne expérimentale du système Wheless (1). Depuis cette époque, les brevets de cet inventeur ont été achetés par la Compagnie Westinghouse qui avait inventé un dispositif analogue et l’expérimentait depuis un certain temps, dans ses usines, à Pittsburgh. Le système primitif de Wheless a reçu de nombreux perfectionnements qui
- Westinghouse.
- en ont fait un des tramways à canalisation souterraine fermée des plus parfaits.
- La figure i permet d’en comprendre facilement le principe.
- Le conducteur principal, placé sous terre et relié à la station centrale par des feeders convenablement calculés, passe dans une série de boites de commutation telle que celles qu’on voit au premier plan de notre gravure. Dans l’intérieur de cette boite, se trouve un commutateur électro-magnétique qui établit la communication entre le conducteur principal et les boutons de contact placés entre les rails. Ces boutons sont au nombre de trois; l’un d’eux est le bouton de manœuvre,
- l’autre le bouton de prise de courant ou bouton collecteur, et le troisième sert au retour du courant par un conducteur spécial isolé. Sous la voiture, entre les roues, sont placées trois barres métalliques, ou patins, suspendues par des ressorts et isolées les unes des autres; elles s’étendent sur toute la longueur de la v.oiture ; elles viennent frotter chacune respectivement sur un des boutons de contact ; une petite batterie d’accumulateurs est placée sous un des sièges de la voiture.
- Lorsque celle-ci vient à passer sur les boutons de contact, voici cc qui se produit: le circuit de la batterie est fermé, par la barre et le bouton de manoeuvre, sur l’électro-aimant du commutateur automatique placé dans la boite de jonction. L’armature de cet électro-aimant est attirée et le courant principal est lancé, par le bouton collecteur et la barre correspondante, dans le circuit de la voiture; il passe par le contrôleur et les moteurs; de là, il se rend au troisième patin et au bouton correspondant et fait retour à la station centrale par un conducteur spécial isolé. Lorsque la voiture a quitté les boutons de contact, le commutateur est ramené au repos et le courant est interrompu. Mais, comme des boutons et des commutateurs identiques sont disposés tout le long de la voie, à des distances les uns des autres, un peu inférieures à la longueur de la voiture, les patins de celle-ci sont venus en contact avec les boutons de contact antérieurs avant d’avoir quitté les premiers. Le courant n’est donc jamais interrompu dans les moteurs.
- Les figures 2, 3 et 4 représentent une voie équipée avec ce système, en plan, en coupe longitudinale et en coupe transversale. Les boîtes de communication sont en 13; C est une boîte de coupure ordinaire; les feeders F et les conducteurs principaux sont établis parallèlement à la voie, ainsi que les conducteurs de retour.
- Les voitures vont de gauche à droite sur la voie supérieure de la figure 2 ; de droite à gauche sur celle du bas.
- Les boîtes de jonction sont en fonte; elles
- (’) LÉclairage Électrique, du »6 janvier 1S95, p. 146.
- p.17 - vue 18/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- mesurent 30,5X45,75 X35,5 cm; chacune f un commutateur électromagnétique qui est contient, ainsi que nous l'avons dit plus haut, I lui même enfermé dans une boîte hermétique
- vec le systèr
- Wesfinghot
- comme on peut le voir sur les figures 5,6 et 7. j ments : un en fil fin et long, ou en dérivation, L’électro-aimant est formé de deux enroule- I D ; l’autre en fil gros et court ou en série, S.
- Fig. j. — Coupe longitudinale de la même, suivant la ligne W X Y Z.
- 11 est placé à la partie supérieure delà boîte en j me; son armature est attirée vers le bas par forme de cloche qui contient tout le mécanis- \ un ressort antagoniste R, en bronze phospho-
- Fig. .). — Coupe transversale de
- vant la ligne A B.
- reux. Les blocs de charbon inferieurs, CC sont solidaires de cette armature; ils sont reliés entre eux; les deux blocs supérieurs sonthxes et isolés l’un de l’autre; l’un est relié à un des boutons de contact de la voie par l’intermediaire du fil en série de l’électro-aimant;
- l’autre est relié au conducteur principal; chacun de ces blocs de charbon a une surface de contact d’environ 25 emb Lorsqu’ils viennent tous les quatre en contact, la connexion est donc établie entre le conducteur principal et le bouton de contact de la voie. Les contacts
- p.18 - vue 19/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 19
- en charbon offrent l’avantage de ne pas pouvoir se souder sous l’action du courant, comme le feraient des blocs métalliques qui pourraient ainsi rester accidentellement en contact; ensuite, si le courant vient à être fortuitement interrompu, l’arc qui se produit entre deux blocs de charbon ne peut les détruire comme ce serait le cas pour des blocs métalliques.
- L’aimant et ses connexions sont fixés sur
- ghouse ; coupe longitudinale.
- des supports en ardoise et le tout est construit de façon qu’en enlevant le couvercle de la boîte de jonction et la boîte intérieure dans laquelle est placé le commutateur, le mécanisme puisse être retiré et examiné sans le secours d’aucun outil spécial, les communications des charbons avec le conducteur principal et avec les boutons de contact s’établissent et se rompent automatiquement lorsqu’on met la boite intérieure en place ou qu’on la retire.
- La base de la cloche est munie d’une gorge profonde qui est remplie d'huile, et dans laquelle vient s’engager le couvercle, également
- à gorge, comme le représente les figures 5 et 6. On obtient ainsi une fermeture hermétique en chicane; l’huile empêche toute entrée de
- poussière et d’humidité. Sur la base, à l’intérieur de la cloche, sont placés des isolateurs
- ghouse, vue en plan.
- portant des tiges reliées d’une façon permanente aux différents organes, à l’intérieur, et aux boutons de contact de la voie et au con-
- p.19 - vue 20/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- ductcur principal, à l’extérieur. Le haut de chaque tige est fendu et vient s’adapter dans une ouverture placée au-dessus de chacune d’elles dans la plaque quadrangulaire supportant Télcctro-aimant ; cette ouverture est légèrement conique ; il suffit donc de mettre la cloche en place pour que les contacts nécessaires soient établis. Si donc un commutateur était accidentellement mis hors de ser-
- vice, il suffirait de l’enlever et de le remplacer par un nouveau pour que tout soit remis en ordre. Cette opération peut s’effectuer en quelques secondes.
- Comme le commutateur est à un seul pôle, le bouton de gauche, qui sert au retour du courant est relié d’une façon permanente avec le conducteur de retour. Le commutateur établit le contact avec le bouton collecteur qui
- est placé au sommet du triangle formé parles trois boutons.
- Ceux-ci sont en fonte de fer ; ils ont chacun 10 à 12 cm de diamètre et environ 1,5 cm de hauteur ; ils sont fixés par une tige en fer dans des blocs en terre cuite ou en granit qui reposent sur des chaises en fer munies de rebords au moyen desquels elles sont boulonnées sur les traverses de la voie ; la hauteur des boutons est suffisante pour assurer un bon contact avec les barres longitudinales de la voiture, mais ils ne s’élèvent pas assez au-dessus du niveau de la voie pour gêner la cir-
- culation. La figure 8 permet de le voir clairement.
- Leur surface extérieure est quadrillée afin que les chevaux ne puissent glisser en passant dessus ; elle présente une surface convexe dont le bord est au niveau de la voie et le sommet à environ 1 ou 1,25 cm au-dessus.
- La prise du courant s’effectue très bien, en dépit des cahots de la voiture; on a pu, lors des essais à Washington, atteindre une vitesse de ^o km à l’heure sans qu’aucune irrégularité se produisit.
- Les figures 9 et 10 représentent le mode de
- p.20 - vue 21/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- teur, et fixée au moyen d’épaulements et de boulons ; les conducteurs venant de la boîte de jonction sont fixés à la partie inférieure de ces tiges; ils passent dans des tuyaux de dimensions convenables. En cas d’accident, le remplacement de ces câbles, qui n’ont qu’une très faible longueur, pourrait donc être effectué très rapidement et en ne défonçant qu'une très faible partie de la chaussée, dans le voisinage des boutons de contact.
- Les blocs A sont scellés sur les chaises en fer, de façon à éviter toute introduction de poussière ou d’humidité dans les conduites.
- Les barres de contact ou patin sont en fer à T; afin qu'aux passages des courbes elles puissent rester toujours en contact avec les boutons placés sur la voie, elles sont divi-
- montage de ces boutons de contact sur la voie. Ils sont fixés dans un bloc de terre cuite ou
- de granit A, au moyen d’une tige verticale traversant le bloc dans toute sa hau-
- sées en trois parties réunies entre elles par des charnières, et des roues guides sont placées à l’avant et à l’arricre de la voiture; elles roulent sur les rails de la voie et maintiennent les extrémités des barres toujours au-dessus du centre de la voie, comme on le voit clairement sur la figure n.
- La batterie d’accumulateurs est composée
- de 5 ou .4 éléments. Lorsque les contacts sont établis, le courant de la batterie passe, dans l’enroulement en fil fin de l’électro-aimant dont l’armature, en basculant, établit les connexions entre le conducteur principal et les boutons, par l’intermediaire des blocs de charbon G C ; le courant principal passe par l’enroulement en gros fil de cet éiectro, ce
- p.21 - vue 22/624
-
-
-
- T .'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- qui assure une très forte attraction de l’armature et, partant, un contact excellent. Lorsque la voiture s'est éloignée, l’électro-aimant cesse d’être actif, et l’armature, rappelée par le ressort R, rompt le contact.
- Les barres de contact ne quittent une série de boutons qu’après être venues en contact avec la série suivante ; le courant principal
- n’cst donc jamais interrompu et il ne peut se produire aucun arc hors de la rupture des circuits.
- Sur les voies simples, les boites de jonction sont placées soit à cAté de la voie, sur la chaussée, soit sur le trottoir; sur les voies doubles, elles sont placées dans l’entre-voie et sont munies de deux commutateurs, un
- pour chaque voie. Les frais d’installation, dans ce cas sont considérablement réduits.
- Au lieu de boutons de contact, on pourrait évidemment employer des rails plus ou moins longs; on pourrait aussi supprimer un des boutons de contact et la barre correspondante, en employant les rails comme circuit de retour; mais dans ce cas, il faudrait établir les joints électriques des rails, et des feeders de retour ; on ne retirerait donc aucun avantage de cette disposition, au contraire.
- L’usure de ces patins et des boutons de contact serait très faible; à Washington, on n’a pu observer, après un parcours de 3 200 km, aucune usure sensible ; on a pu constater,
- en outre, que, même par les plus mauvais temps, lorsque la voie est couverte d’eau, ou en hiver, pendant les tourmentes de neige, il ne se présentait aucune difficulté relativement à l'isolement. Des essais ont été faits avec des galvanomètres très sensibles, après submersion de plusieurs boîtes ; la perte a été trouvée inférieure à 5 pour 100 de la puissance nécessaire à la traction d’une seule voiture.
- Ce système coûte évidemment d'autant moins à établir que les boutons de contact peuvent être plus espacés, c’est à dire que la longueur des voitures est plus grande. 11 s’applique donc parfaitement au trafic urbain,
- p.22 - vue 23/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- dans lequel l’usage prévaut de plus en plus de longues voitures à 50 places.
- A Washington, l’ensemble des frais d’établissement de la voie, y compris les câbles, les feeders, les commutateurs et la voie de roulement elle-même, s’est élevé à noooofr environ par kilomètre de voie double; le retour se faisait par les rails, mais un conducteur de retour isolé supplémentaire, posé entre les deux voies et relié aux rails à intervalles réguliers a été employé. Les voitures en service étaient petites, en sorte qu’il y avait un commutateur tous les 4,50 m environ. Le système ayant été, en outre, profondément modifié, ces prix ne sauraient donc servir de base d’estimation.
- La ligne établie à Washington, depuis près de 18 mois, a donné pleine satisfaction.
- Une locomotive, pouvant remorquer des trains de 240 tonnes, est enservice depuis un temps déjà assez long dans les établissements Westinghouse à Pittsburgh, pour les manœuvres intérieures; elle accomplit un service très dur sur une voie longue de plusieurs kilomètres. Enfin, une ligne équipée avec ce système va être construite d’ici peu, à Londres,pour un service de tramways ordinaires, La figure 12 représente la locomotive employée à Pittsburgh, ainsi que la disposition de la voie.
- Ce système nous semble réaliser un progrès réel sur tous ceux qui ont été proposés jusqu’ici.
- Comme tous les tramways à conduite fermée, tout en coûtant plus cher que le trôlet à conducteur aérien, il coûte beaucoup moins à établir qu’une canalisation à caniveau souterrain ouvert, et affranchit de toutes les difficultés relatives à l’isolement des conducteurs et des inconvénients qui résultent. pour la circulation, d’un caniveau ouvert.
- Les procédés de construction adoptés permettent de réduire beaucoup les frais d’entretien et de réparations, tout en assurant une régularité parfaite du service.
- Enfin, le retour du courant s’effectue très
- simplement par un conducteur spécial isolé, ce qui supprime toutes les difficultés inhérentes au retour par les rails.
- L’emploi d’un commutateur pour chaque section de la voie permet aux voitures de marcher dans une direction quelconque sans aucun dispositif spécial; en outre, si - un commutateur venait à être accidentellement hors de service, la voiture franchirait sans peine, par sa vitesse acquise, la distance qui la sépare de ],a section suivante, tandis que, dans les systèmes employant un commutateur pour plusieurs sections (le système Claret Vuillemuier, par exemple, emploie un commutateur pour roo m de voie), le service se trouverait interrompu par le défaut d’un commutateur.
- La facilité avec laquelle les commutateurs défectueux peuvent être enlevés et remplacés clans le système que nous venons de décrire permettrait de déduire, au minimum, la durée des arrêts s’il venait à s’en produire.
- G. Pellissier.
- SUR LE RENDEMENT DE L'ŒIL
- La Photométrie, telle qu'on la comprend actuellement, se borne en général à des mesures d’intensité lumineuse ou de quantités dérivées de celle-là. Elle commet une grosse erreur. Si un électricien donnait aujourd’hui la valeur de la force en chevaux des machines thermiques ou hydrauliques de son usine sans indiquer la nature des courants fournis par ses dynamos, on trouverait cette indication bien peu moderne. Et c’est cependant ce que l’on fait constamment quand on mesure une intensité lumineuse sans tenir compte des propriétés que possède l’œil qui la met en œuvre. L’œil est une machine à propriétés complexes et à rendement variable, dont l’étude est très délicate et fort incomplète. Je veux exposer ici le résultat de mes recherches sur une partie de la question, celle de la distinction de deux plages colorées légèrement différentes. Cette étude m’a conduit
- p.23 - vue 24/624
-
-
-
- 24
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- à un résultat pratique sur l’éclairage que les médecins doivent employer pour observer les taches éruptives de la peau. Mais les principes de cette étude peuvent s’appliquer sans modifications au problème de l’éclairage des ateliers où l’on doit faire des échantillonnages délicats. Comme tel, il me paraît devoir intéresser les électriciens, qui font aujourd’hui presque toutes les grandes installations d’éclairage.
- Tant que l’on opère en lumière homogène, la définition du problème ne souffre aucune difficulté ; tout le monde conçoit a priori ce que c’est qu’une différence d’intensité. Quand, entre deux plages, il y a une variation portant à la fois sur la couleur et l’intensité, la définition du problème est beaucoup moins simple. La différence entre les deux plages dépend en effet de la façon dont varie séparément chacune des couleurs qui composent eur teinte, et la sensibilité totale de l’œil dépend de ses sensibilités spéciales pour chacune . de ccs variations. Or la différenciation de deux plages en lumière simple se produit lorsque la différence des sensations dues à ces deux plages a pris une valeur déterminée, et cette perception a lieu pour des différences d’énergie variables avec la couleur. C’est à dire que le rendement de l’œil, considéré comme machine à percevoir les différences, varie suivant les couleurs excitatrices.
- Définir le plus simplement possible toutes les façons dont peut varier la différence entre les deux plages éclairées, étudier la façon dont peut varier le rendement de l’œil pour les différences que je vais définir, tels sont les deux points que je veux étudier aujourd'hui.
- L’étude du premier point ne sera qu’une généralisation des travaux de Newton et de Maxwell sur la composition des couleurs ; la deuxième étude s’appuiera sur les faits élémentaires de la fatigue de l’œil, sur les phénomènes qui se passent dans cet organe sous l’action de la lumière et sur les phénomènes connus sous le nom d’images accidentelles.
- Je ne veux pas entrer ici dans des détails
- sur le cercle chromatique de Newton, et sur le triangle des couleurs de Maxwell ; ce sont là des manières de représenter les résultats expérimentaux, qui sont trop connues pour qu’il soit nécessaire d’insister. Tous les renseignements désirables à ce sujet se trouvent dans l’optique physiologique d’Helmholtz, et dans le traité d’optique de M. Mascart. Les principes essentiels de ces modes de représentation sont les suivants ;
- i° On peut rendre compte qualitativement de tout ce qui se passe dans les mélanges de couleurs au moyen d’une construction plane, chaque point du plan représentant une couleur, et le point qui définit une couleur composée étant le centre de gravité des composantes situées en leurs points représentatifs et affectés de masses égales à leurs intensités.
- 2* L’intensité d’une couleur composée de deux intensités a et /S de deux autres couleurs A et B est égale numériquement à «-f- (3.
- 3° Toutes les unités d’intensité des diverses couleurs composées avec trois couleurs fondamentales déterminées et leurs positions sur le plan sont déterminées, quand on se donne arbitrairement l’unité d’intensité et la position de ces trois couleurs, qui déterminent ce qu’on appelle le triangle des couleurs de Maxwell.
- Une pareille construction ne permet donc de représenter une teinte en faisant abstraction de son intensité; nous avons, pour poser le problème dans toute sa généralité, à ajouter aux notions de couleur une seule notion, celle d’intensité; la géométrie met à notre disposition une dimension de plus que celles qui sont nécessaires pour définir les teintes’ cherchons donc si nous ne pouvons pas représenter complètement les phénomènes au moyen d’un espace convenablement défini.
- Définissons d’abord l’intensité des diverses lumières. La seule définition absolue est celle de l’énergie vibratoire par centimètre carré et par seconde émise par la surface éclairante, ou reçue par la rétine, suivant que l’on considère le phénomène à l’une ou l’autre de ses phases. Cette définition présente, sur toutes
- p.24 - vue 25/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- !5
- celles que l'on peut établir au moyen d’étalons, l’avantage d’être immédiatement applicable à la construction d’une table des couleurs, le principe de l’addition des intensités étant évident. Je n’ai pas construit la table des couleurs ainsi définie, car, pour l’étude actuelle, je n’ai eu besoin d’aucune particularisation. Mais les belles expériences de Maxwell relatives à son triangle des couleurs, jointes à celles qui établissent la répartition de l’énergie dans le spectre permettent sans aucune autre difficulté qu’un travail un peu ong, de résoudre la question.
- Nous pouvons construire une de ces tables pour chaque valeur de l’énergie, et alors une plage sera complètement définie si on indique sur quelle table elle est prise, et en quel point. Pour distinguer entre elles ces tables, nous pouvons les construire à une échelle proportionnelle à la quantité d’énergie qu’elles représentent. puis les superposer homothéti-quement. Nous aurons une figure conique dont chaque point représente en intensité et en teinte un éclairement déterminé. Celui-ci sera déterminé aussi par la grandeur et la direction du vecteur qui le joint au sommet X du cône, point qui représente le noir absolu.
- 11 est aisé de voir que la teinte résultante de deux teintes s’obtient en composant par la méthode ordinaire les vecteurs des deux teintes génératrices,
- Nous vojmns ainsi que tous les modes de variations entre deux plages primitivement identiques sont représentés par les variations possibles d’un vecteur, au point de vue de la différence de sensations qui peut être produite. Ceci entraîne avec soi la nécessité que, si on se donne une teinte A, le lieu des points A' qui représentent des teintes que l’œil pourra distinguer de A, est un ellipsoïde. En effet, la longueur du vecteur AA' est une fonction de la direction AA', c’est à dire de dx dy accroissements de coordonnées entre À et A'. Donc : adx-i-bdy-t-cdi en négligeant le second ordre, ce qui démontre le théorème. Je propose
- d’appeler cet ellipsoïde, ellipsoïde de sensibilité rétinienne.
- Il est évident que cet ellipsoïde n’aura de réalité que si on a soin d’opérer sur un œil dans un état bien défini, c’est à dire, par exemple, si on a soin d’opérer après une contemplation des plages assez longue pour avoir amené une sensation limite fixe. Ces ellipsoïdes jouissent d’une propriété remarquable, c’est que le vecteur du point A et le plan d’énergie constante passant par ce point sont conjugués. En effet, l’intensité et la couleur sont, dans le système que j’ai adopté, deux variables indépendantes, et qui nous appor-
- Fig. i.
- tent indépendamment l’une de l’autre, des cléments de différenciation entre deux plages. Soit alors A' (fig, i) le point sur AN représentant la plage que l’œil pourra, par son intervalle seul, distinguer de Aies teintes des deux plages étant identiques. Dans une direction voisine AA", le point que nous distinguerons le premier sera situé avant A", situé sur le plan d’énergie constante de A-, car puisque à la différence d’énergie vient s’ajouter un autre élément de différenciation, la couleur, la variation d’énergie nécessaire pour la perception sera moindre que dans la direction A A'. Donc A' A" est un plan tangent à l’ellipsoïde de sensibilité.
- Ce raisonnement ne s’appliquerait pas à des tables de couleurs quelconques, car il n’y a que quand on prend l’énergie pour définition de l’intensité, que celle-ci est indépendante de la couleur. Si on prenait des tables de couleurs d’un système quelconque pour faire les constructions que je viens d’indiquer, les directions conjuguées seraient la ligne N A, et le plan tangent à la surface, lieu des points d’égale énergie passant par le point A.
- p.25 - vue 26/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Nous voyons donc qu'e toutes les sensibilités autour d’un point seront déterminées si on connaît quatre d’entre elles, puisque l’ellipsoïde a son centre en A, et qu’on connaît le plan conjugué de AN.
- La seule conclusion que je veuille tirer actuellement de cette étude, c’est q-ue la première question pour étudier la sensibilité différencielle de l’œil, c’est d’analyser avec soin la lumière des deux plages à distinguer.
- J’abandonne ici cette étude théorique, que j’ai faite pour définir le problème et parce que tout à l’heure elle me servira pour montrer qu’il y a toujours intérêt à laisser l’œil errer librement sur la plage observée quand on veut y distinguer des détails délicats. C’est ce que je pourrai faire quand j’aurai indiqué les principaux phénomènes produits dans l’œil par la fatigue, inhérente à son fonctionnement.
- II n’y a pas d’exemple de machine où la transformation d’énergie en vue de laquelle elle est faite s’effectue sans perte ; toute machine fonctionne avec un coefficient de rendement. Il en est de môme des êtres vivants. Tout organisme est soumis à une évolution continuelle et il arrive à un régime stable par l’équilibre entre l’assimilation et la désassimilation. Toutes les machines s’usent par la marche, les machines organiques plus que toutes les autres, mais ce qui distingue ces dernières c’est la faculté qu’elles ont de réparer, même pendant leur fonctionnement, les éléments qui s’usent.
- La quantité d’énergie mise en jeu dans ce travail de reconstitution est sans importance pour l’étude actuelle: nous n’avons à retenir à son sujet qu’un seul fait, évident d’ailleurs, c’est que la quantité d’énergie de cette nature mise chaque seconde à la disposition d’un organe dépend de la composition du sang qui le baigne et de la vitesse avec laquelle ce sang se renouvelle.
- Appliquons ces idées à l’organe qui nous intéresse, à l’œil. Supposons une surface éclairée uniformément. L’œil qui la regarde
- prend un certain état d'équilibre qui dépend de l’éclairement de la surface. Etudions en détail cet état d’équilibre. L’action de la lumière fatigue l’œil, c’est à dire qu'elle rend la partie impressionnée de la rétine moins propre à une impression ultérieure. Si l’action est assez considérable, il y a destruction complète de la rétine au point impressionné. Nous pouvons donc admettre qu’il y a toujours une destruction partielle de la rétine par l’action de la lumière. Les expériences qui montrent ce fait sont bien simples. Si on fixe un objet très vivement éclairé, situé au milieu d’une plage uniforme d’intensité moyenne et si on supprime, sans bouger l’œil, la lumière vive, il semble que la plage uniforme soit moins éclairée en ce point qu'aux autres points, et la tache sombre suit les mouvements de l'œil. C’est le pbénomème connu sous le nom d’image accidentelle. Sa durée varie suivant 1 intensité de la lumière excitatrice. J’en ai obtenu une qui a duré vingt-quatre heures environ, en regardant directement le soleil pendant quatre secondes.
- Cela étant, comment peut-on concevoir qu’une lumière un peu intense donne une sensation permanente? Qu’e‘st-ce qui arrête la destruction des éléments sensibles ? La sensation tend vers une limite déterminée à cause de la reconstitution des éléments détruits. L’agent de cette transformation est le sang. Mais son afflux dans la rétine est limité, aussi voyons-nous deux phénomènes se produire pour lui permettre de suffire à sa tâche lorsque la lumière devient trop vive. D’abord î’irisse contracte, diminuant ainsi la quantité de lumière par unité de surface admise sur la rétine. Un autre phénomène sc produit simultanément qui est beaucoup moins connu que le premier, et sur lequel j insisterai un peu.
- Les éléments sensibles de la rétine sont des éléments de deuxespèces, les cônes et les bâtonnets. Ils sont debout et juxtaposés, formant une membrane continue. A leur partie
- p.26 - vue 27/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 27
- externe, celle qui ne reçoit pas la lumière, se trouve une couche de pigment noir, le pigment rétinien. Sous l’action de la lumière, celui-ci glisse entre les éléments sensibles, diminuant leur section offerte à la lumière ; de la sorte une fraction notable de l’énergie ondulatoire qui frappe la rétine est absorbée par ce pigment noir et dégradée en chaleur. La surface d’action de la lumière étant moins grande, le sang se trouve en état de lutter contre la destruction sur cette surface limitée. Ce phénomène observé par trois savants éminents, Boll, Kuhne et Ranvier est connu des physiologistes sous le nom de migration du pigment rétinien.
- Si maintenant une partie de la plage éclairée se différencie par un accroissement d’intensité, cette intensité lumineuse trouvera l’oeil dans l’état où il a été mis parla lumière commune aux deux plages, c’est à dire qu’il en entrera une quantité limitée par la contraction de l’iris, et qu’il y aura une partie dégradée en chaleur par le pigment rétinien. Le rendement de l'œil considéré comme machine à transformer en influx nerveux des différences d’intensités sera donc d’autant moindre que l’éclairement commun aux deux plages aura provoqué à un plus haut degré la contraction de l’iris et la migration du pigment. Il y a probablement d’autres phénomènes encore qui entrent en jeu, mais nous ne les connaissons pas, et ceux-là, à eux seuls, suffisent pour rendre compte des faits.
- Ces phénomènes se produisent quelle que soit la couleur excitatrice. Mais, à côté de ces phénomènes, il y en a d’autres qui sont dus à la couleur de la lumière excitatrice. Quand un point de la rétine a été excité par une couleur, sa sensibilité pour cette couleur décroît plus que pour les autres, et si ensuite on regarde un champ blanc, la couleur qui a produit l’impression première étant affaiblie à cause de la fatigue qu’elle a produite antérieurement, le champ blanc paraîtra, en ce point, teinté de la couleur complémentaire. La meilleure couleur pour ces expériences est le rouge, c’est celle qui produit la fatigue la
- plus grande pour la rétine, à la lumière solaire au moins.
- Si au lieu de regarder un fond blanc après avoir fatigué la rétine par du rouge, on regardait un fond coloré, on verrait la couleur résultante du vert accidentel, et de là couleur du fond. En somme, quand l’œil regarde une couleur, tout se passe comme si l’énergie baissait, et si la couleur se lavait .de blanc, par addition d’une certaine proportion de la couleur complémentaire.
- L’expérience est facile à faire par un beau jour, on n’a qu’à fixer le ciel bleu en maintenant un doigt en avant de l’œil. Si l'oeil reste bien immobile pendant une quinzaine de secondes, et si on retire le doigt, on voit sa forme se détacher en clair sur le bleu du ciel, mais de plus la notion de bleu est bien plus nette pour la partie qui a été protégée par le doigt, que dans les parties voisines, celles-ci semblent lavées de gris.
- Maintenant que nous avons énoncé les lois du phénomène, cherchons à en tirer les conclusions pratiques.
- Je vais d’abord montrer que lorsqu’on veut distinguer sur une plage des détails délicats, il faut éviter de fixer un point et laisser au contraire l’œil errer librement sur la plage.
- Soient A A' deux plages à distinguer et N B la ligne du blanc. Supposons d’abord l'œil immobile. On distinguera A' de A, si A' est extérieur à un certain ellipsoïde de sensibilité. Soient C et C'ies couleurs complémentaires de A et A', il est évident que C est sur AB. Par suite de la fatigue, tout se passe comme si l’intensité de chaque point baissait, et si à la teinte ainsi obtenue on ajoutait une petite quantité de teinte complémentaire de A. Soit N le point qui représente le noir absolu et qui est l’origine des vecteurs. Nous obtiendrons A, transformé de A en portant A a sur AN, puis «A, parallèle à N C. De même Aj sera le transformé de A'. De même l’ellipsoïde de sensibilité se transformera en un autre, représentant les teintes subjectives dont la rétine percevra les différences avec la
- p.27 - vue 28/624
-
-
-
- 38
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- teinte subjective A,, et cet ellipsoïde aura évidemment encore pour directions conjuguées A X et les plans d’énergie constante au moins des quantités négligeables près.
- Supposons que nous laissions errer l'œil sur la plage observée, et que le mouvement se fasse de manière à ce que pour la ligne de séparation de A et A', la teinte A continue à impressionner des parties qu’elle a déjà impressionnées, tandis que A' vient impressionner des parties de la rétine préalablement impressionnées par A. Dans ce cas ces parties étant plus fatiguées par A, qui est plus intense que A1, le point a s’abaissera en par exem-
- ple et A', de ce chef viendra en AL Mais la variation de teinte par l’adjonction de la complémentaire variera aussi. C’est à dire qu’au lieu de porter «' Ai parallèle à N C', il faudra porter a[ A"z parallèle à N C. D’ailleurs ces segments devront, à des infiniment petits supérieurs près, correspondre à des quantités d’énergie égales, et par conséquent leurs extrémités seront dans un même plan d’énergie constante, et A'2 Aj sera parallèle à C C", C" étant la projection conique de C' sur le plan d’énergie constante A C, N étant le centre de projection. Il est aisé de voir que C C" doit être parallèle à un infiniment petit près à AA", A" étant la projection conique de A. En effet, la quantité de couleur complémentaire qui jointe à A donne du blanc est infiniment voisine de celle qui, jointe à A" donne
- du blanc. Donc ^ d’après la définition
- du trianglç chromatique de Maxwell. Un raisonnement analogue montrerait que AA" est parallèle à A, A", A" étant la projection conique de A'z sur le plan d’énergie constante passant par A'. Or le point N étant à distance finie, AJ A'z se confond sensiblement avec K AJ et la parallèle à CC", c’est à dire àAA", c’est à dire à A" A, menée par AL coupera la droite NA,. Donc le mouvement Ai A'3 se fera sensiblement suivant un diamètre de la section de l’ellipsoïde de sensibilité relatif à A,, par le plan d’énergie constante mené par AL
- Il est aisé de voir que si le point A\ se trouve à l’intérieur de l'ellipsoïde de sensibilité et près de sa surface, les mouvements de l’œil tendront à le faire sortir de l’ellipsoïde, c'est à dire à le rendre visible. Ceci est évident pour le mouvement diamétral dû à la couleur complémentaire. Pour l’autre mouvement, il se fait suivant la direction conjuguée du plan d’énergie constante, change de signe quand on traverse le plan, et est toujours tel qu’il se fasse dans le sens qui. compté sur le diamètre, s’éloigne du centre. Dans ces conditions, le mouvement de A[ dû à l’abaissement d’intensité ne peut que tendre à le faire sortir de l'ellipsoïde.
- Un premier moyen pour augmenter le rendement de l’œil, considéré comme machine à percevoir des différences entre les deux plages éclairées, consiste donc à donner à l’œil des mouvements constants. Ces mouvements sont instinctifs dans la plupart des cas, cependant, quand on veut distinguer des détails délicats, on a souvent tendance à fixer un point, c’est ce qu’il faut éviter. Il suffit d’avoir regardé un disque rotatif de Masson à trait interrompu pour s’en convaincre. Généralement la dernière couronne qui est visible à l’œil mobile disparaît quand on fixe. Le fait a été signale par Helmholtz dans son optique physiologique mais sans explication.
- Ce que je viens de dire jusqu’ici est absolument général, ce que je vais dire maintenant ne s’applique qu’à des cas particuliers,
- p.28 - vue 29/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLEGTRICITÉ
- 29
- assez nombreux, il est vrai, mais en nombre limité.
- Soit à distinguer le mieux possible des couronnes engendrées par le trait interrompu d’un disque de Masson, ce trait n’étant plus fait avec de l’encre de Chine, mais avec un pigment coloré quelconque.
- Quand on étudie au spectroscope la lumière diffusée par un pigment coloré mis sur du papier blanc, on voit que le pigment diffuse la couleur du spectre par laquelle on le désigne, autant ou à peu près que le papier blanc, mais que les autres couleurs sont extrêmement affaiblies. Cette étude se fait très facilement à l’aide du petit spectroscope de poche à vision directe.
- Dans quelles conditions un œil se trouve-t-il donc placé pour distinguer une pigmentation délicate? Tout se passe comme s’il y avait, répandue sur toute la surface de la plage, la couleur diffusée entièrement par le pigment qui, elle, n’apporte aucun élément de différenciation, et comme si la plage entière était teintée de la couleur obtenue en retranchant au blanc la couleur du pigment, la partie pigmentée différant du reste par son intensité seule. Je propose de donner à cette teinte invisible le nom de teinte parasite.
- Comment l’oeil utilise-t-il, dans ce cas, la différence d’énergie entre les deux plages, qui est mise à sa disposition? Il est aisé de se rendre compte qu’il l’utilise mal, d’autant plus mal que la couleur du pigment est plus fatigante.
- Celle-ci joue, en effet, exactement le même rôle que l’énergie commune aux deux plages quand il s’agit de simples différences d’intensité, Elle produit, sans aucun bénéfice pour la distinction des plages, l’appauvrissement du sang, la contraction de l'iris, la migration du pigment, la destruction partielle des cellules.
- Pour arriver à distinguer des différences de cette nature avec une sensibilité plus grande, pour augmenter le rendement de l’œil pour la différence d’intensité mise à sa disposition, il faut donc employer une source lumineuse con-
- venable et la perfectionner encore par un des moyens que l’optique met à notre disposition pour tamiser les • radiations, de manière à annuler l’effet des radiations nuisibles.
- La sélection des rayons peut se faire dans quelques cas par la photographie, et souvent au moyen de verres colorés convenablement choisis. Le choix de ces moyens doit être fait d’après l’analyse spectrale des lumières diffusées par les plages à distinguer.
- Par exemple si on a à distinguer une plage légèrement rouge d’une plage blanche, la photographie donne immédiatement le moyen d’obtenir sur une plaque une différence d’intensité correspondant à la variation dans les radiations très réfrangibles et qui, si l’éclairement n’est pas trop intense, sera tout à fait exempte de voile correspondant aux radiations rouges communes aux deux plages.
- Dans le même cas, on peut employer les verres bleu Isly qui absorbent considérablement les rayons rouges. 11 y a quelques verres verts qui jouissent à un plus haut degré encore de cette propriété, mais ils présentent l’inconvénient d’absorber aussi les radiations bleues qui, dans le cas qui nous occupe sont des radiations utiles.
- J’ai appliqué les résultats de l’étude précédente à l’étude des éruptions de la peau qui se produisent dans un grand nombre de maladies. Mon attention avait été appelée sur ce sujet par l’observation de Vogel, deBerlin, observation qui se trouve dans un grand nombre de traités de photographie. Ce photographe remarqua sur un cliché un grand nombre de taches localisées aux mains et au visage, et apprit ensuite que son modèle avait été atteint peu après avoir fait faire son portrait, de la petite vérole. 11 n’avait rien remarqué au moment de la pose, J’ai commencé par chercher à vérifier cc fait, et je l’ai vérifié sur trois malades atteints d’eczéma, dont j’ai vu l’éruption sur la photographie faite vingt-quatre heures avant l’apparition à l’œil nu de l’éruption. C’est lorsque j’ai eu vérifié ce fait que j’ai
- p.29 - vue 30/624
-
-
-
- 30
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- cherché à me l’expliquer, ce qui m’a amené aux études précédentes, et à l’idée de chercher dans l’emploi d’un verre coloré un perfectionnement à la vue des éruptions. C’est le verre appelé dans le commerce bleu Isly qui m’a donné les meilleurs résultats. L’analyse spectroscopique montre en effet que, lorsqu’on passe d’une surface de peau saine à une tache éruptive, la variation est d’autant plus grande que la couleur est plus réfran-gible. Les verres verts sont à cause de cela moinsbons que les verres bleus.
- Ceux-ci présentent d’ailleurs un inconvénient. S’ils suppriment presque absolument les rayons rouges, ils absorbent notablement tous le rayons. Or c’est un fait bien connu que lorsqu’on a à percevoir un rapport déterminé d’intensité, il faut opérer avec un éclairement total assez vif, et que lorsque l’intensité décroît suffisamment le plus petit rapport d’intensité perceptible décroît très vite. J'ai établi précédemment que si o I est l’accroissement d’intensité entre deux plages, la courbe de ^ en fonction de I était une hyperbole ayant l’asymptote verticale 1 = o, ce qui montre bien la vitesse de variation de — au dessous d’une certaine valeur de 1. 11 faut donc, pour avoir réellement intérêt à se servir du verre bleu, opérer avec un éclairement assez considérable, d’autant plus considérable que le verre qu’on emploie est plus intense. La source de lumière n’est pas non plus indifférente, il faut éviter les sources riches en radiations rouges, et rechercher celles qui contiennent surtout des radiations très réfrangibles.
- Nous pouvons donc conclure de là que la meilleure lumière pour observer des éruptions cutanées est {celle de l’arc électrique. Même en employant le verre coloré convenable, son emploi sera toujours à préconiser. Peut-être n’en serait-il pas de même dans tous les cas,, c’est ce qu’une étude spectroscopique approfondie peut seule indiquer. J’ai seulement voulu donner Ici un exemple de méthode pour l’étude systématique des cond
- tions à remplir par un éclairage destiné à un travail déterminé. Il pourrait se faire en effet, dans des cas particuliers que l’emploi de lumières produites à un prix plus élevé, put devenir parfois supérieur, vu l’absorption utile de certaines radiations par des milieux convenables.
- A. Rroca.
- REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Téléphone Parker.
- Le diaphragme C, en mica, appuie sur un
- Fig. i à 6. — Téléphone Parker.
- tube polygonal métallique en deux parties D’ D* réunis par une enveloppe isolante en baudruche E, remplie de fibres de carbone et dont les deux parties constituant les électrodes du transmetteur A, sont reliées aux bornes II II. Quand les fibres de carbone se tassent un peu, il suffit de faire tourner par G le tube D 1): pour rendre à l’appareil sa sensibilité primitive.
- p.30 - vue 31/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Le récepteur B est pourvu d'une languette IV qui, lorsqu’il est accroché, appuie J sur K de manière à fermer le circuit de sonnerie, lequel se rompt automatiquement dès qu’on enlève B.
- G. R.
- Fabrication du cuivre électrolitique comprimé, procédé de la Société des cuivres de France (1894).
- Le principe du procédé consiste à constituer les cathodes par deux cylindres de lami-
- noir c et b, dont l’un appuyé librement sur l’autre qui l’entraîne par son poids.
- Ces cylindres, revêtus de plombagine, sont à l’origine de l’opération séparés par deux anneaux g g que l’on enlève dès que le dépôt a acquis une certaine épaisseur. Le courant arrive aux cathodes par un balai h. Les anodes l et k épousent la forme générale des cathodes.
- G. R.
- Accumulateurs Empstein.
- Les plaques négatives A en toiles de
- amalgamées et galvanisées passent
- zig-zag entre les plaques positives B qui en
- Fig. 2 et 3. — Coupes transversale et longitudinale de l’accumulateur Empstein.
- sont séparées par des agitateurs tournants C en poterie, avec palettes, disposés de manière à assurer l’action électrolytique sur toute la surface des plaques. G. R.
- p.31 - vue 32/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Electrolyse du cuivre ; appareil de la Société l’EIectrolyse (1894).
- L’anode est constituée par des barreaux de
- cuivre V (fîg. 3 et 4) supportés dans le bain par des rinceaux M également en cuivre.
- La cathode est constituée par un cylindre tournant Ven cuivre E, en partie'plongédans le bain, recevant son courant de balais P, et brossé à sa partie supérieure par des frotteurs «, il, u. qui reçoivent un mouvement de va et vient du mécanisme c e b' T. Ce brossage enlevant l’hydrogène à mesure qu’il se forme permettrait d’employer sans danger de polarisation des courants beaucoup plus denses que ceux des appareils ordinaires, qui ne dépassent guère 80 ampères par mètre carré d’électrode.
- G. R.
- Electrolyseur Roberts (1894).
- Le diaphragme D est composé d’une partie
- 1. — Electrolyseur Roberts.
- de poussiers d’anthracite et de silicate soude à 2 5 ou 30“ Beaumé avec 2 à 3 pour 1
- p.32 - vue 33/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITE
- 33
- de soude caustique, moulée dans un sac de canevas C et de toile métallique C suspendu en C*, puis on garnit l’intérieur de D d’un deuxième sac R suspendu en S, que l’on remplit de charbon granulé E autour des
- ngj
- anodes en charbon F F et du vase en poterie perforé A1, qui reçoit le sel à électrolyser, du chlorure de sodium par exemple; après quoi on ferme l’auge en fer A, qui sert de cathode, par une plaque en porcelaine I avec couvercle en asphalte scellé K. L’auge se remplit de l’électrolyte versé par J, évacué par T; l’hydrogène sort par A, et le chlore Par». G. R.
- Batterie de piles Wollaston.
- Les piles a à zinc b et argent c sont fixées au plateau d’ébonite d par les supports e filetées en J. L’une des bornes h de la batterie • est relice à là lame g pourvue de trous à fiches g, ffi--- gi0! qui permettent de la relier par les supports e aux zincs b; la seconde borne i est reliée par / à l’argent c de la pile n° i, et les supports e peuvent être reliés aux argents cpar des bras kl.
- On peut ainsi réaliser les groupements les plus variés en série.
- Par exemple, en plaçant la fiche g„ en^,, le courant passera de la pile i au circuit extérieur n par c, i n h g g„ e, la pile i fonctionnant seule; si l’on place la fiche en gxtj, toutes les piles marchent en série... ; et ainsi de suite. G. R.
- Différentes méthodes pour actionner les moteurs électriques pour la traction.
- L’un des derniers bulletins des Transactions de l’American Institution des Ingénieurs Electriciens contient la discussion sur le discours de M. Duncan. à Niagara, particulièrement quelques remarques de M. Steinmetz sur un des points envisagés par M. Duncan : les différentes méthodes à employer pour actionner les moteurs électriques pour la traction,
- Les procédés énumérés sont les suivants • i" Le système à courant continu ;
- 2° Le système avec les moteurs à courant continu, actionnés au moyen de transformateurs tournants dont le primaire recevrait du courant alternatif ;
- 5" Le système avec moteurs à courant alternatif.
- Al. Steinmetz recherche les limites d’application de ces différents systèmes et comment le choix doit être fait et pour cela divise les voies existantes à ce jour en quatre classes ; i° Voies à la surface, dans l’intérieur des
- 2" Voies élevées urbaines :
- 3" Voies pour le trafic suburbain et interurbain ;
- p.33 - vue 34/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ELÉCTRIQUE
- 34
- 4° Voies pour trafic à grande vitesse et longs parcours,
- Dans la première classe de voies, les moteurs à courant continu avec trôlet aérien, retour par la terre, sous une différence de potentiel de 500 à 600 volts sont presque uniquement employés; très peu d’exploitations emploient le conduit souterrain ou le double trôlet.
- 11 y a peu d’espoir, d’après M. Steinmetz, de voir remplacer ce système par aucune autre méthode de propulsion électrique, Le moteur à courant continu ayant fait ses preuves dans ces conditions et les distances auxquelles on peut atteindre avec 550 volts ou avec 1 100 volts par un fonctionnement à 3 fils étant largement suffisantes.
- Le double trôlet quenécessiteraitlecourant alternatif serait impraticable pour les voies à la surface qui impliquent de nombreux croi-ments.
- Si les canalisations avec conduits souterrains se développent, l’emploi des moteurs à courant alternatif pourra être envisagé, l’objection relative au double trôlet pouvant alors disparaître.
- Le courant alternatif offrirait dans ce cas, grâce à l’emploi de transformateurs, la possibilité de recourir à de très bas voltages.
- Dans la 2e catégorie de voies, le moteur électrique en série à courant continu vient de faire son apparition.
- La nature particulière du trafic sur ces voies exclut presque le moteur à courant alternatif, les trains n’atteignant presque jamais leur pleine vitesse.
- Par exemple, sur le Nauhattan Elevated road à New-York, à l’exception des express, les trains ne sont jamais en pleine vitesse par suite de la proximité des stations voisines; le rôle des moteurs réside principalement dans le démarrage, et à peine cel.ui-ci est-il effectué qu’un nouvel arrêt se produit.
- En admettant que le moteur à courant alternatif puisse démarrer simplement, et possède, à pleine charge, un bon rendement, il serait toujours nécessaire de recourir à l’em-
- ploi d’un rhéostat pendant l'accélération de vitesse, d’où rendement moins bon qu’avec le moteur à courant continu dans les mêmes conditions. La possibilité de recourir aux avantages des transformateurs à courant alternatif est ici moins à envisager, les voies étant généralement de peu de longueur et ayant un très lourd trafic.
- En ce qui concerne le trafic suburbain et interurbain, la traction électrique prend une extension de jour en jour plus considérable et peu à peu, aux Etats-Unis, les grandes cités se transforment en centres d’agglomération extrêmement importantes ainsi qu’on l’a vu pour Boston et New-York ; le rapid transit est d’ailleurs la question capitale à l’ordre du jour.
- A mesure qu’augmentera la longueur des voies, l’alimentation par les courants continus, deviendra de plus en plus difficile et d’autres méthodes seront nécessaires. Les solutions qui se présentent consistent ou bien à échelonner des stations centrales sur le parcours, ce qui est embarrassant et coûteux comme exploitation, ou bien à recourir au courant alternatif. Dans ce dernier cas, deux possibilités existent : l’emploi de moteurs à courant continu sur les cars alimentés par des transformateurs tournants recevant le courant alternatif d’une ligne principale ou système mixte ; 20 emploi de moteurs à courant alternatif sur les cars alimentés par des stations locales de transformateurs stationnaires ou système à courant alternatif absolu.
- Le système mixte offre l’avantage de n’apporter aucun changement au matériel roulant déjà en service, quoique la vitesse des cars pour le service interurbain pouvant être plus élevée que pour le service urbain seul, en général, on devrait employer des moteurs de types différents dans les deux cas. En réalité, l’avantage précédent peut n'être qu’apparent et demande à être pesé d’une manière approfondie comme inconvénient, la nécessité de ne pas dépasser 5 à 600 volts pour laconstruc-tion des collecteurs oblige à échelonner des transformateurs tournants le long du par-
- p.34 - vue 35/624
-
-
-
- RF,VUE D'ÉLECTRICITÉ
- 35
- cours à intervalles assez rapprochés.Les transformateurs tournants constituent en réalité des sous-stations à courant continu avec leurs sujétions.
- Le système à courant alternatif absolu a le désavantage de nécessiter un double trôlet, quoique l’inconvénient soit mince pour le trafic interurbain où les croisements sont peu nombreux.
- A part cette objection, ce dernier système est plus avantageux que tout système à courant continu. Le moteur à courant alternatif possède l’essentiel avantage d’une vitesse sensiblement constante et indépendante de la charge ; par suite, le moteur n’accélérerait pas en descendant les pentes, mais bien plutôt fonctionnerait comme génératrice fournissant de l’énergie à la ligne et facilitant ainsi l’ascension de cette même rampe aux cars montants.
- D’autre part, le courant principal ne pénétrant que dans le circuit inducteur en moteur dont l’enroulement est fixe, la différence de potentiel aux bornes peut être augmentée; par suite, une plus grande distance entre les transformateurs peut être établie.
- Enfin, comme on sait, les transformateurs ne nécessitent pour ainsi dire aucune surveillance.
- Une dernière catégorie d’applications pour la traction électrique est l’exploitation des longues lignes avec vitesses élevées.
- Pour cette classe, M. Steinmetz préconise uniquement les moteurs à courant alternatif montes directement sur les essieux -et alimentés par transformateurs.
- Ilfaudrait prévoir de très grandes vitesses, car actuellement les locomotives à vapeur atteignant des vitesses instantanées de 160 km (!!) à l’heure, il n’y aurait pas lieu d'envisager l’emploi des moteurs électriques s’ils ne présentaient pas immédiatement un avantage sensible à ce point de vue. L’absence de mouvements perturbateurs dans les moteurs électriques devrait permettre d’augmenter la vitesse maximum des trains de 50 pour 100:
- L’objection contre les moteurs à courant
- alternatif relativement au faible couple de démarrage, ne s’applique pas à toutes les classes de moteurs, par expemple le couple d’un moteur type triphasé dépasse, au démarrage, celui d’un moteur à courant continu.
- Théoriquement, le couple d’un moteur, aussi bien au démarrage qu’en marche, est proportionnel au produit du courantdans l’armature par l’intensité du champ magnétique.
- Dans le moteur à courant continu à vitesse normale, le champ est voisin de la satura-
- Fig. v. — Courbes de l’intensité, du rendement et de k vitesse, en fonction de l’effort de traction,
- tion; par suite, une augmentation du couple ne peut être due principalement qu’à une augmentation de courant proportionnelle.
- Dans le moteur à courant alternatif, le champ, à vitesse normale, est très loin de la saturation et en cas de besoin, comme pour démarrages en courbes ou pour l’ascension des fortes rampes, peut être doublé ou triplé temporairement.
- Par suite, pour quadrupler le couple d’un moteur à courant alternatif, il peut suffire approximativement de doubler le courant.
- A l’appui de cette argumentation, M.Steinmetz donne les résultats d’essais effectués sur un équipement de cars avec deux moteurs triphasés et reproduits sur le graphique
- (fier- 0-
- Ces moteurs sont de type et de poids sem-
- p.35 - vue 36/624
-
-
-
- 36
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- blables à ceux usités pour les moteurs à courant continu de la General Blectric C°, type G K 800; la vitesse est la même. Le réglage se fait par une méthode permettant de conserver le même rendement à demi-vitesse qu’à vitesse normale et offrant, par suite, les mêmes avantages que les régulateurs des moteurs de railway à courant continu.
- Les courbes A donnent le courant (en am- 1 pères) par ligne, nécessité parce moteur sous 110 volts entre les lignes.
- Les courbes 1> donnent le rendement, compris frottements de paliers et d’engrenages.
- Les courbes G donnent la vitesse (en milles 1 par heure).
- Toutes ces courbes sont indiquées en fonction de l’effort de traction (en livres) ou effort à la circonférence de la roue de 0,83 ni de diamètre.
- Normalement, ces moteurs donnent chacun un effort de traction de 400 kg.
- Dans le groupement en tension, à demi-vitesse, l’effort de traction est de 800 kg et à pleine vitesse s’élève à plus de 1400 kg, tandis qu’au moj^cn du commutateur de couplage, qui change l’intensité du champ du moteur, l’effort de traction maximun peut être augmente au delà de 4000 kg, c’est à dire bien loin de la limite d’échauffement du moteur ainsi, que de l’effort correspondant au glissement des roues.
- En terminant la discussion, M.Duncan explique que la classification et les limites établies par M. Steinmctz peuvent être exactes mais tendent plutôt à présumer de l’avenir qu’à exposer l'état actuel de la traction électrique.
- En outre, M. Duncan considère pour l’avenir de la traction électrique sur les grandes lignes | la nécessité d’organiser les transports sur de nouvelles bases comme il l’exprimait dans son adresse d’ouverture.
- En tous les cas les observations de M. Stein-mel^ présentent l’avantage de résumer très clairement les solutions à envisager.
- Il est à remarquer cependant que deux modes intermédiaires de traction électrique ont été complètement écartés de la discussion;
- l'emploi des accumulateurs et l’emploi de stations roulantes comme c’est le cas pour la locomotive Heillmann.
- Pour le trafic urbain cependant, en Europe, les accumulateurs ont donné, dans des cas particuliers des résultats satisfaisants, non négligeables au moins jusqu’au jour où un système de canalisation souterraine sûre et I peu coûteuse amènera tous les électriciens qui s’occupent de traction au vrai et seul trô-let dépourvu de ses inconvénients esthétiques en devenant souterrain.
- En résumé les considérations précédentes i semblent j ustes en ce qui concerne la traction urbaine et suburbaine mais le problème de la traction interurbaine est encore bien récent pour se voir imposer d’ores et déjà des solutions limites. Il est peu probable que les voies actuelles puissent se prêter par simple transformation du matériel roulant et adjonc-tiondelignes électriques aux accroissement.: de vitesse rêvés et c’est donc une existence nouvelle à créer pour les lignes qui tenteront cette exploitation.
- Il ne faut pas oublier non plus que toute li discussion avait lieu à un point de vue absolument américain, et demande, pour les sages d’Europe, à être mise au point de la modestie qu’impose notre situation retardataire, pour le moment, en matière de traction électrique.
- E -J. B.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Société Française de Physique.
- Séance du 20 décembre t8q5.
- M. d’Arsonval présente à la Société l’accumulateur René Blot dont nous avons déjà entretenu nos lecteurs à propos d’une communication de M. Margaine au Congrès de Bordeaux de l’Association française pour l’avancement des sciences (’).
- G) L'Eclairage Electrique, t. IV, p. 290 et 4^2;
- p.36 - vue 37/624
-
-
-
- REVUE D’ELECTRICITH
- Ainsique nous l'avons dit les plaques de cet accumulateur (fig i et 2) sont constituées par un cadre en plomb antimoné M N P Q à l’intérieur duquel sont suspendues quatre ou
- huit demi-navettes. Chaque navette est formée d’une âme a a (fig. q) en plomb antimo-nic autour de laquelle on enroule deux rubans D et C de 0,5 mm d’épaisseur, l’un D
- en plomb pur gaufré et strié, l’autre C en métal moins oxydable ou en plomb pur gaufré seulement. Après avoir soudé les rubans à l’âme par du plomb non attaquable S' de manière à ce qu’il y ait toujours communication électrique entre ces rubans, on coupe la navette en son milieu a b (fig 5) de manière à former deux demi navettes (fig. 6) que l'on soude en S (fig. 3) au cadre. Ees plaques sont suspendues au raoj^en de l’appareil représenté par la figure 7 et qui se compose de deux cadres en plomb dur c c, maintenus à l’écartement voulu par deux tiges de plomb t, munies de boulons d ; ces cadres supportent, à l’aide des encoches e, deux plaques de verre v sur lesquelles viennent s’appuyer les'partics saillantes e (fig. 1) des cadres des plaques. Enfin les plaques sont séparées les unes des autres par des tiges de verre verticales comme l’indique la
- figure Squi représentel’accumulateurmonté.
- La construction et la disposition des plaques permettent au foisonnement de s’effectuer sans produire dedéformations, en même temps qu’elles assurent une grande capacité. Cette capacité eht d’environ 10 ampères-heures par kilogramme de plaques ; elle va d’ailleurs en augmentantavec l’usage, comme dans tous les autres accumulateurs genre Planté.
- 31. d’Arsonval insiste particulièrement sur la propriété qu ont ces accumulateurs de pouvoir supporter des régimes de charge et de décharge qui mettraient rapidement hors de service d’autres accumulateurs. Des essais variés faits sur iq éléments de 13 kilogrammes de plaques qu’il possède à son laboratoire, lui ont montré qu’on pouvait leur demander, sans aucune crainte de détérioration, des courants variant de 20 milliampères
- p.37 - vue 38/624
-
-
-
- 5»
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- à 200 ampères par élément. D’autres accumulateurs ontété laissés en court-circuit pendant 24 heures puis rechargés, eteette double opération a été renouvelée jusqu’à ^ofois; aucune trace de déformation, aucun dépôt au fond des vases n’a pu être constaté après ce régime qui aurait détérioré les accumulateurs ordinaires.
- D’autres expériences montrent que la durée de la conservation de la charge est très grande. Des accumulateurs chargés à saturation le 15 juillet furent déchargés le 20 octobre seulement ; ils avaient conservé presque intégralement leur charge. D’autres, chargés également le 15 juillet, n’avaient perdu que le 1/3 de leur charge au mois de novembre. Enfin deux des éléments ontété laissés complètement à sec pendant cette période ; remis en expérience et chargés ils avaient conservé leur même capacité.
- M. d’Arsonval cite ensuite les résultats de mesures faites par M. Preece sur le rendement de ces accumulateurs. Au régime normal de décharge de 5,6 ampères par kilo-
- gramme de plaques le rendement en quantité est de 0,856, soit un peu plus que 85 pour
- Fig. 5 et 6.
- 100, et le rendement en énergie est 0,765, soit plus de 76 pour 100. Ces résultats con-
- Fig 7. — Suspension des plaques.
- cordent avec ceux qui ont été obtenus au laboratoire central d’électricité et que nous avons donnés en analysant la communication
- p.38 - vue 39/624
-
-
-
- revue D’électricité:
- 39
- de M. Margaine; on se rappelle, en effet, que J de décharge et le rendement en énergie de dans ces essais le rendement en quantité va- 74 à 76 pour 100.
- iait de 91 à c^pour 100 suivant le régime ! Un autre avantage signalé par M. d’Arson-
- valest que si on force la décharge, si l’on met l’accumulateur encourt circuit par exemple, la force èlectromotrice reprend presque immédiatement sa valeur primitive dès que l’on coupe le court circuit.
- J-B-
- Mesure de la force agissant sur un diélectrique non électrisé, placé dans un champ électrique, par H. Pellat P).
- « Dans ma note des Comptes rendus du 22 octobre 1894 et dans le Mémoire qui a paru aux
- (’) Comptes Rendus, i. CXXI, p. 938 ; 16 décembre 1895.
- Annales de Physique et de Chimie en mat 1895 {'), j’ai montré comment on pouvait, sans faire d’hypothèses, déduire des expé-* riences classiques de l’Electrostatique 1 existence de forces agissant sur un diélectrique non électrisé, placé dans un champ électrique, et obtenir l’expression générale de ccs forces.
- » Comme celles-ci sont toujours normales à la surface des diélectriques, elles se trouvent perpendiculaires aux lignes de force quand ces lignes sont tangentes à la sur-
- (') Voir l'Éclairage Électrique, t. Il, p. 289 et 481 16 février et 16 mars 1895.
- p.39 - vue 40/624
-
-
-
- 4-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- face. J’ai voulu vérifier par expérience qu’il en était bien ainsi, et voir si leur valeur était exactement représentée par les relations établies. Pour cela, j’ai employé le dispositif suivant :
- » Une lame d’un diélectrique homogène D, ayant 2 cm d’épaisseur environ, est suspendue verticalement par des fils de soie sous le plateau P d’une balance, entre les armatures planes et verticales A et B d’un condensateur ; les larges faces verticales de la lame 1) sont rendues parallèles aux armatures ; sa base inférieure est placée à peu près à mi-hauteur de celles-ci, tandis que sa base supérieure est à une distance assez grande du condensateur pour que le champ y soit négligeable ; enfin, les armatures débordent largement la lame diélectrique dans le sens horizontal. Des plaques minces (0,5 cm environ) en ébonite recouvrent, en les débordant, les faces internes des armatures ; elles servent à empêcher l’électrisation de la lame par aigrettes.
- )) Dans les expériences définitives, le condensateur a etc chargé en mettant scs armatures en relation, par un commutateur isolé à la paraffine, avec les pôles d’une bobine de Ruhmkorff sans trembleur, actionnée par le courant d’un alternateur donnant environ 130 périodes à la seconde.
- » Les forces étant partout normales à la surface de la lame, il n’y a que les forces agissant sur la base inférieure qui donnent une composante verticale (elles se trouvent à peu près perpendiculaires aux lignes de force) ; elles sont du reste dirigées de haut en bas, puisqu’un diélectrique solide a un pouvoir inducteur spécifique supérieur à celui de l’air.
- » La tare étant faite, quand par le jeu du commutateur on établit la différence de potentiel, on voit, en effet, la lame s’enfoncer entre les armatures ; en mettant des poids dans le second plateau de la balance, on peut faire équilibre à la force électrique.
- » Dans le cas où la lame et les armatures ont une largeur infinie, la méthode indiquée
- dans la note précitée conduit, pour la masse f> dont le poids (Pg) fait équilibre à la force électrique qui s’exerce par unité de longueur de la lame , comptée dans le sens de la largeur, à la relation suivante, qui est rigoureuse :
- c épaisseur de la lame ;
- e distance des armatures ;
- c somme des épaisseurs des plaques d’ébo-
- nite ;
- g intensité de la pesanteur ;
- IC pouvoir inducteur spécifique de la lame ;
- K' pouvoir inducteur spécifique des plaques; V! carré moyen du potentiel (^= "f^)‘
- « Pour voir si cette formule est d’accord avec l’expérience, toutes les quantités qui y figurent ont été mesurées indépendamment les unes des autres.
- « Les lames D étudiées étaient en ébonite de belle qualité. Au moyen de l’appareil que j’ai décrit dans ma note des Comptes rendus du 8 avril 1895 (1), j’ai mesuré le pouvoir inducteur spécifique de l’ébonite K (= 2,98) sur un morceau taillé dans le même bloc que les lames D. La quantité V* était donnée par un électromètre de MM. Bichat et Blondlot.
- «Pour avoir/», on ne peut opérer que sur des lames de largeur finie : il faut donc éliminer les perturbations dues aux bords. Pour cela, j’ai employé trois lames d’ébonite de même épaisseur, taillées dans le même morceau, ayant respectivement comme largeur 10,02 cm, 6,00 cm et 3,94 cm. Désignons par P’ P’., Pj, les masses dont le poids ferait équilibre à la force électrique agissant successivement sur ces trois lames, si le carré moyen du potentiel avait la même valeur, et qui sont déduites par un calcul de proportion des masses trouvées P,, P_, P3 et de la valeur
- 0) Voir rÉclairage Électrique, î. IV, p. 145 ; 26 octobre 1895.
- p.40 - vue 41/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- observée pour V1 ; on élimine la force additionnelle due à l’effet des bords, la même pour les trois lames, en formant les différences P',—P'2 ou P's ou P',—P'3; par conséquent en divisant ces différences par les différences respectives des largeurs des lames, on obtient p.
- Largeur Masse
- plaques à l'électromètre P
- » J’ai fait trois séries d’expériences, dans lesquelles les distance des armatures étaient respectivement 4,13 cm, 3,48 cm et 3,51 cm. Les résultats sont indiqués ci-dessous ;
- » Les différences entre les nombres calculés et observés rentrent complètement dans les erreurs d’expérience (les pesées étaient faites
- _____ p
- à - milligramme près et les mesures de longueur à de millimètre près).
- » Ainsi, non seulement ces forces, presque complètement négligées jusqu’ici au point de vue expérimental (1), existent bien réellement mais encore elles sont parfaitement représentées par les relations que j ’ai établies a priori ».
- Recherches sur l’influence de l’électricité sur l’évolution de l’embryon de la poule, par Camille Dareste (2).
- « J’ai constaté, depuis longtemps, dans mes recherches sur la tératogénie expérimentale, que les actions tératogéniques appliquées aux œufs de poule ne modifient pas
- (’) Pour vérifier les hypothèses de Maxwell, M. Boltzmann a mesuré l’attraction qu’une sphère électrisée exerce sur une sphère diélectrique non électrisée, et M. Quincke a mesuré la variation de pression d’une bulle d’air écrasée entre les plateaux d’un condensateur noyé dans un diélectrique liquide. Ce sont, à ma connaissance, les seules expériences faites jusqu’ici où les forces que je viens d’étudier jouent un rôle.
- (’) Comptes rendus, t. CXXI, p. 955; séance du 16 décembre 1895*
- seulement l’embryon lorsque l’évolution est commencée, mais qu’elles modifient virtuellement le germe, avant la mise en incubation, et, par conséquent, antérieurement à l’évolution. Ce fait a été pleinement confirmé, dans ces dernières années, par les recherches deM. Eéré. Il a constaté que le germe peut être modifié virtuellement, avant la mise de l’œuf en incubation, soit par l’action de vapeurs toxiques, soit par l’injection, dans l’albumine, de solutions de substances toxiques. Cette modification virtuelle du germe se manifeste, pendant l’évolution, par la production des anomalies et des monstruosités.
- )) J’ai voulu savoir ce qui arriverait si l’on soumettait des œufs à des influences électriques, et j’ai fait dans ce but un grand nombre d’expériences, pour lesquelles M. le l)r Broca m’a prêté son concours, en mettant à ma disposition les instruments du Laboratoire de physique de la Faculté de médecine. Je lui adresse mes plus cordiaux remerciements.
- )) Voici les expériences que nous avons faites :
- p.41 - vue 42/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- » i° Nous avons placé les œufs, pendant une heure, dans un solénoide de Tesla, parcouru par une décharge de condensateur d’environ 500000 périodes par seconde;
- » 20 Nous avons soumis les œufs à Faction d'étincelles produites parla machine Bonetti, munie de scs condensateurs. Les étincelles étaient de o, 12 m ;
- )> 3° Nous avons soumis les œufs à Faction d étincelles d’induction produites par la bobine de Ruhmkorff. Ces expériences ont été variées de diverses manières; elles duraient tantôt une minute, tantôt trois minutes; le courant entrait tantôt par le pôle positif, tantôt par le pôle négatif. La longueur des étincelles variait de 3 cm à 35 cm. Dans certaines de ces expériences, nous avons placé deux œufs à la suite l’un de l’autre, de manière que le courant passât par les deux œufs.
- » Aussitôt après l’électrisation, les œufs étaient placés dans une couveuse chauffée à 38° environ. Ils étaient ouverts au bout de quatre ou de huit jours.
- » Voici les résultats que j’ai obtenus, résultats absolument inattendus.
- )) Les œufs, dans le solénoide, se sont développés d’une manière normale. Peut-être y avait-il, dans quelques-uns, un très léger retard dans le développement.
- » Les autres, ceux qui avaient été soumis à Faction de Félectricitc. statique ou aux étincelles d’induction de la bobine de Rbumkorff, se sont également développés. Dans quelques-uns, en petit nombre, le développement s’est fait d’une manière normale. Le plus grand nombre m’a présenté des anomalies, très diverses, mais qui toutes se rattachaient aux types tératologiques que j’ai vu apparaître dans mes expériences. Je n’ai rencontré aucun type tératologique nouveau. Comme dans toutes mes recherches, la gravité des anomalies était en rapport avec l’intensité de Faction tératogénique.
- » Ainsi, le germe n’est pas atteint dans sa constitution matérielle par des actions électriques qui feraient périr des animaux âdultes
- d’un certain volume. Et cependant je me suis assuré que les étincelles pénétraient dans les œufs. Leur passage était rendu manifeste par de petits trous de la chambre à air, dont les bords étaient carbonisés.
- )) Mais le germe ressent d’une autre façon l’influence électrique. Il est virtuellement modifié dans la' plupart des cas, comme le prouvent les faits tératologiques qu’il présente pendant son développement. L’cLcctri-cité ne paraît donc pas agir autrement que toutes les causes qui modifient l’évolution, et lui impriment une direction différente de la direction normale. »
- L’électrolyse indirecte, par E. Andréoli (!)
- Sous ce titre l’auteur décrit un procédé d’électrolyse intéressant et qui, a sa connaissance, n’a pas encore été décrit. Voici en quoi il consiste :
- Considérons une cuve à électrolyse séparée en trois compartiments A, D, C, par deux cloisons poreuses, l’anode et la cathode plongeant respectivement dans les compartiments A et C qui contiennent le même électrolyte ou des électrolytes différents, le compartiment central B contenant un électrolyte quelconque. « La décomposition des électrolytes en A et en C s’effectue tout comme si le compartiment central n’existait pas, et la solution qui est dans ce compartiment, reste étrangère à l’électrolyse qui a lieu des deux côtés, ne subît aucune action, est au contraire inerte et n’est en rien affectée par la décomposition de Fanolyte et du catholyte dans les compartiments latéraux. Mais si, dans la solution du compartiment du milieu B on plonge une plaque, ou des plaques métalliques, il s’y produit immédiatement des réactions qui ne peuvent être attribuées qu’à une électrolyse indirecte ou secondaire )).
- Dans l’une des expériences de L’auteur les deux compartiments A et C sont remplis d’une solution de sel marin et le comparti-
- {') Le Génie civil, t. XXVU, p. 1^6.
- p.42 - vue 43/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- ment central d’une solution étendue ou concentrée de cyanure d’or ; l’anode est une plaque de charbon de cornue, la cathode une lame de fer. Dès que le courant passe, il se produit du chlore dans le compartiment de l’anode, de la soude dans celui de la cathode, mais la solution de cyanure d’or n’est modifiée en rien par le transport des ions. Si l’on plonge dans le compartiment central des lames métalliques, elles se recouvrent d’un dépôt d’or et la solution de cyanure s’épuise- complètement, dans un temps plus ou moins long suivant l’intensité du courant et le nombre des lames, sans qu’il y ait contamination de cette solution par le chlore, ni par la soude.
- Dans une seconde expérience les trois compartiments étaient remplis de la même solution de cyanure d’or ; l’anode était en plomb, la cathode enfer ; dans le compartiment central se trouvaient des lames métalliques. Au bout de plusieurs jours un échantillon futpré-levê dans les compartiments extrêmes ; il avait exactement la même composition qu’au début et aucun dépôt d’or ne s’était formé sur la cathode ; il ne s’était donc produit aucune électrolyse dans ces compartiments bien que près de ioo litres de solution de cyanure d’or aient été, pendant ce temps, épuisés dans le compartiment central.
- Dans une autre expérience l'auteur a pu transformer le bisulfite de sodium en hydro-sulfite de sodium. La solution de bisulfite est placée dans le compartiment central et, comme dans le cas du cyanure d’or, aucun effet ne se produit tant qu’aucune plaque métallique ne plonge dans l’électrolyte. Mais dès que deux plaques sont immergées aux extrémités du compartiment central l’électrolyse se produit et le liquide acquiert rapidement des propriétés décolorantes qu’il n’avait pas.
- Ainsi que le fait observer M. Andréoli, ce procédé d’électrolyse peut, dans certaines conditions, présenter sur le procédé ordinaire des avantages marqués. En tout cas il mérite d’être étudié tant au point de vue théorique qu’à celui des applications pratiques.
- J. B.
- • 43
- L'emploi de couples thermoélectriques à âl très fin en météorologie, par Paul Czermak (1)
- Le grand inconvénient que présente l’emploi des thermomètres à mercure pour les mesures actinométriques ou la détermination de la température de l’air est la durée considérable du temps qui leur est nécessaire pour prendre la température de l’air ambiant. En particulier, il est impossible de suivre, au moyen d’un thermomètre à mercure, les variations de la température de l’air, le matin
- par un ciel’clair, et encore moins quand souffle le fôhn \’) ; on est arrivé à de meilleurs résultats avec des thermomètres à réservoir de platine ; l’auteur a tenté l’emploi de couples thermoélectriques.
- Des couples dont les fils ont 0,1 mm de diamètre et 2 ou 3 cm de long prennent la température de l’air ambiant avec une rapidité extraordinaire. Si l’on recouvre la soudure de noir de fumée, ils absorbent aussi très vite la chaleur rayonnée. L’appareil est
- («) Wiedmavn’s Annalen, t. LVJ, p. 555.
- (2) Le fôhn est un vent du Sud, qui souffle dans les vallées des Alpes parallèles au méridien et qui produit,
- ments extrêmement brusques de température.
- p.43 - vue 44/624
-
-
-
- 44
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- moins sensible que le bolomètrc, ce qui n’est pas un inconvénient, puisqu’il permet encore d’apprécier avec certitude le centième de degré et il a l’avantage de ne nécessiter aucun réglage.
- M. Czermak a construit d’abord un thermomètre destiné à la mesure des variations rapides de température. Il est représenté par la figure r. I' est la soudure des deux fils
- Fig. 2 et 3. - Actinomètre lelatif Czermak. - Projec-
- cuivre-constantan ; en I, et 4 ces fils sont soudés à des tubes de cuivre K, et K,. Les températures de 4 et I, doivent rester égales et constantes pendant la durée d’une expérience ; c’est ce qu’on vérifie en versant de l’eau dans les tubes et introduisant dans l’un d’eux un thermomètre T ; ce thermomètre suit la température de l’air avec la même lenteur qu’un gros thermomètre à mercure, tandis que la
- soudure libre l' suit toutes les variations rapides de la température qui se produisent dans des couches d’air mal mélangées ou dans des échauffements brusques dus à la compression.
- Pour observer ces effets, il faut un galvanomètre dont la période d’oscillation soit très courte ; l’équipage de l’appareil employé était constitué par une lame de mica très mince de 10 mm de diamètre, portant d’un côté une lamelle de verre de 6 mms de surface environ et de l’autre cinq petits aimants de 3 mm de longueur, le tout suspendu à un fil de coton très long ; la période était de 0,7 sec. Pour rendre le mouvement apériodique, on rapproche beaucoup les bobines ; l’ouverture de la bobine anterieure est juste assez grande pour permettre de voir le miroir ; la plus grande partie de la cavité est fermée par un tube sur l’extrémité duquel est collée une lame de verre;' dans la bobine postérieure s’engage une pièce de cuivre qui vient presque au contact des aimants.
- L’auteur n’a pas pu étudier le fôhn, mais il rapporte une observation faite au printemps par un ciel très clair; l’instrument était isolé à l’ombre à deux mètres au-dessus du soi, qui était couvert d'une épaisse couche de neige . Il a constaté des écarts voisins de 20 entre les valeurs extrêmes des températures observées, de 10 en 10 secondes, pendant des intervalles de 5 minutes ; iD C correspondait à 10 divisions de l’échelle.
- M. Czermak a aussi construit un actinomètre relatif (relatives actinometer) représenté par les figures 2 et 3. Les fils de trois couples l\ visibles sur la projection horizontale, sont soudés en 4 et 4 à des demi-cercles de cuivre épais, dans lesquels sont ménagés des évidements rectangulaires. Ces dcmi-ccrcles, qui sont séparés par unedouble lame d’ébonite J J, sont les bases de deux cylindres semi-annulaires de cuivre; ceux-ci portent les bornes />, et qui permettent de relier le système au galvanomètre. L’un de ces cylindres contient un thermomètre T. Les soudures sont protégées des courants d’air par un cylindre de
- p.44 - vue 45/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- carton P, qui porte une plaque de sel gemme S. O O' est un axe autour duquel peut tourner l’écran A.
- Quand on supprime l’écran, l’aiguille se fixe au bout de 2 ou 3 secondes, il en est de même quand on le replace, l’observation dure en tout de 5 à 10 secondes et, pendant ce temps, la température des cylindres de cuivre reste sensiblement constante. Vu la faible surface des éléments et la petitesse de leur masse, on peut admettre que le rayonnement s’effectue suivant la loi de Newton. L’emploi de trois couples en parallèle diminue notablement la résistance et augmente la sensibilité, qui devient environ trois fois plus grande. Il resterait, pour perfectionner l’appareil, à éviter les perturbations causées par les courants thermoclectriques parasites qui peuvent prendre naissance dans le circuit.
- C. R.
- BIBLIOGRAPHIE
- Leçons sur la production industrielle de l’énergie électrique, par E. Gossart docieur ès sciences, charge du cours d’ciectricité industrielle à la Faculté des sciences de Bordeaux. — Un volume iu-8° lithographié de294pages; J. Lavrens, libraire éditeur, 160, rue Sainte-Catherine, Bordeaux; 1895
- Au début de l’année scolaire 1893-94, la Société des Amis de lUniversité fondait, à Bordeaux, un Cours d’Electricité industrielle et le confiait à M. Pionchon, alors professeur à la Faculté des sciences de cette ville. Succédant à M. Pionchon dans ces dernières fonctions, M. Gossart s’est trouvé chargé- de continuer l’œuvre si bien commencée par son prédécesseur et, obéissant à la tradition, il a publié les leçons qu’il a faites pendant l’année scolaire 1894-95.
- Ainsi que l’indique le titre de ces leçons, M. Gossart s’est uniquement occupédes appareils producteurs d’électricité.
- Dans la première leçon, qui n’est en quelque sorte, qu’une entrée en matière, l’auteur indique d’une façon originale ce qu’est une
- usine électrique et rappelle à ses auditeurs les définitions des grandeurs dont il aura à se servir dans la suite ; joule, ampère, ohm, volt, watt.
- La seconde, intitulée gènératettrs à faible débit et à potentiels élevés, est consacrée à l’étude des machines électrostatiques, sujet intéressant et qu’il n’était pas permis de négliger, bien que ces machines n’aient pas eu jusqu’ici d’applications industrielles.
- L’étude de la pile voltaïque en général et la description des divers modèles de piles actuellement employés forme l’objet des troisième et quatrième leçons ; celle des accumulateurs puis celle des piles thermoélectriques viennent ensuite.
- Les six dernières leçons du cours sont consacrées aux machines d’induction. Après quelques préliminaires sur les champs magnétique et galvanique et sur l’explication de la production des courants induits dans les dynamos, l’auteur aborde l’étude des dynamos à courant continu, étude qu’il divise en trois parties : description, rendement et caractéristiques, théorie et construction. Une leçon sur les machines à courantalternatifs termine l’ouvrage.
- Mais cette analyse ne peut donner qu’un bien faible aperçu de ce que renferment ces douze leçons. A les lire avec attention, on éprouve une véritable satisfaction à constater qu’il est possible de présenter sous une forme simple et accessible à tous, même à ceux qui n’ont qu’une instruction élémentaire, les lois del’éléctricitéet leurs applications industrielles, satisfaction d’autant plus grande que nous sommes à l’heure actuelle véritablement ensevelis sous une foule d’ouvrages sans aucune valeur qui ont la prétention de taire pénétrer dans les masses les principes de l’électricité industrielle. Nous ne saurions donc trop recommander la lecture de l’ouvrage de M. Gossart à ceux de nos lecteurs qui, éprouvant quelque répulsion pour les formules, désirent cependant s’initier aux éléments de l’électrotechniquc.
- J. Blondin. .
- p.45 - vue 46/624
-
-
-
- 46
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Ouvrages reçus
- Essais sur la Philosophie des sciences, par de Freycinet. — Un vol. in-8°. Gauthier-Villars et fils éditeurs, 55, quai des Grands Augustins.
- En présentant cet ouvrage à l’Académie des Sciences, M. de Freycinet s’exprimait ainsi :
- Les sciences ne se bornent pas à étendre le domaine de nos connaissances positives. Elles deviennent à leur tour un objet d’étude pour l’esprit, qui aime à en dégager la pensée philosophique, à définir leurs méthodes et leurs procédés, à remonter jusqu’à leurs principes, et à saisir les liens qui les rattachent aux idées générales, fond commun où s’alimentent les diverses branches du savoir humain. Il y aurait intérêt, scion moi, à ce que, de temps à autre, chaque science fut résumée à ce point de vue et en quelque sorte inventoriée. de manière à offrir au public éclairé les résultats les plus caractéristiques. J’ai essayé d’exécuter ce travail sur deux branches dont je me suis plus particulièrement occupé : l’Analyse infinitésimale et la Mécanique rationnelle:
- Les personnes qui chercheraient dans mon ouvrage un traité plus ou moins didactique seraient entièrement déçues. Elles n’y trouveront qu’un aperçu philosophique, en langage ordinaire, sans formules ni figures géométriques, et que j’ai tâché de rendre abordable à tous les esprits cultivés.
- Je me suis surtout proposé, dis-je à la fin de ma préface, de montrer la voie dans laquelle je souhaiterais de voir les savants s’engager. Mon but serait atteint si je décidais certains d’entre eux à rehausser par leur autorité ce genre de travaux, et si j’inspirais dès maintenant à quelques lettrés le goût de se rapprocher de deux sciences, plus faciles à pénétrer qu’on ne suppose, et qui marquent un des plus puissants efforts de l’esprit humain dans la recherche de la vérité.
- Elettricita e magnetismo, Notant fondamentali dell’Elettrotecnica, par Rinaldo Ferrim, professeur à l’Institut technique supérieur de Milan. —Un volume j
- in-8" de 530 pages (2' édition). Ulrico Ilocfili, éditeur, Milan.
- CHRONIQUE
- CHAMBRES SYNDICALE DES INDUSTRIES ÉLECTRIQUES
- Sécmcedti 20 novembre i8ç5
- La séance est ouverte à 5 heures sous la présidence de M. Harlé.
- Sont présents :
- MM. Bernheim, Cance, Carpentier, Clémançon, Ducretet, Harlé, Hillairet, de Loménie, Picou, Portevin, Radiguet, Roux, Sartiaux, Triquet, Vernes, Violet.
- Se sont excusés :
- MM. Bancelin, Menier, Meyer, Tricoche, Vi-
- Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
- Le Président passe en revue les diverses affaires restées en suspens à la dernière séance.
- La réclamation de la Compagnie du Gaz de Reims a été, sur sa proposition, soumise au Comité d’électricité institué par la loi du 25 juin 1895. Ce cas a été joint à d’autres analogues sur lesquelles ce Comité aura à se prononcerprochainement.
- La Compagnie du Gaz de Reims se plaint d’antre part des délais trop considérables que met l’Administration des Télégraphes à autoriser les branchements pour les nouveaux abonnes.
- Le Président croit que le Syndicat pourrait intervenir à ce sujet auprès du Directeur Général des Postes et des Télégraphes en le priant de donner des instructions pour que l’étude de ce genre d’affaires soit poussée avec plus d’activité.
- Le Président informe la Chambre qu’il a adressé à tous les adhérents une circulaire les priant de lui envoyer d’ici au 25 courant la liste des ouvriers pour lesquels ils demandent la médaille d’honneur.
- D’après les renseignements pris, il semble certain que beaucoup d’adhérents du syndicat présenteront des candidatures ; dans ces conditions, le Président demande à la Chambre de participer par une légère subvention à la fête que le Comité central propose d’organiser pour la remise des médailles.
- p.46 - vue 47/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 47
- Il est entendu qu’une subvention minimum de 50 fr sera remise par la Chambre, le Président restant juge du chiffre définitif de l’allocation à allouer.
- M. le Président informe la Chambre que M. Sciama lui a parlé de l’utilité qu’il y aurait pour notre industrie à soulever auprès des Compagnies de chemin de fer la question des tarifs de transports. M. Sciama a promis de donner des renseignements complémentaires d’ici quelques jours.
- La question reviendra à la prochaine séance de la Chambre.
- Le Président informe la Chambre qu’il fait partie du comité préparatoire aux élections consulaires et prie les membres de la Chambre qui auraient des candidats à présenter pour le Tribunal de Commerce, de lui faire parvenir leurs propositions.
- Le Président donne lecture d’une lettre de M. Lafiarguc remerciant la Chambre de la subvention de 300 francs qu’elle lui a votée et donnant diflé-rents renseignements relatifs aux cours qui viennent de reprendre ; voici leur situation au 14 No-
- vembre.
- Mairie du IVe arrondissement. . 123 élèves.
- Exercices pratiques à l’atelier.. 25 —
- Cours Saint-Denis................ 62 —
- Cours des Gobelins............... 30 —
- Cours de la Villette............. 50 —
- Cours de Montmartre.............. 40 —
- M. Sartiaux a examiné la demande que M. De-launay, directeur de la station électrique de Falaise a adressée à la Chambre. Il s’agit, en l’espèce, d’un propriétaire qui, il y a trois ans, avait autorisé verbalement M. Delaunay à prendre appui sur sa propriété pour le passage de ses canalisations. Le propriétaire en question somme actuellement M. Delaunay d'enlever les supports placés sur sa propriété.
- En l’absence d’autorisation écrite ou de stipulations formelles, la Chambre pense que M. Delaunay n’a aucun titre pour obliger le propriétaire récalcitrant ; elle ne peut intervenir en aucune ma-
- L’ordre du jour appelle la discussion du traité à passer entre M. Roux et M. Juppont, pour la direction de l’agence du Sud-Ouest du Bureau de Contrôle.
- Le Président demande à la Chambre si elle croit utile de discuter le contrat à intervenir entre
- M. Roux et M. Juppont ou si elle estime devoir simplement imposer des conditions générales à M. Juppont, en laissant M. Juppont et Roux libres de s’entendre sur les questions personnelles.
- La Chambre se range unanimement à ce der-
- Elle décide qu’en pareil cas, lorsqu’il s’agit de l’établissement d’une succursale régionale du Bureau de Contrôle, son intervention doit avoir pour objet d’assurer l’indépendance commerciale absolue du directeur de cette succursale, de fixer les limites de son champ d’action et la durée du traité le liant au Bureau de Paris.
- MM. Clémançon et Picou demandent quelle serait la solution d’un conflit entre M Roux et M. Juppont ou entre M. Juppont et la Chambre. Il est entendu qu’on imposerait dans le cas d’un conflit entre M. RouxetM. Juppont, l’arbitrage du Président de la Chambre et que le conflit entre M. Juppont et la Chambre serait également soumis à la décision d’un arbitre.
- Dans ces conditions, il est entendu que l’on opérera de la façon suivante :
- M. Juppont aura à écrire à M. le Président pour lui demander, d’accord avecM. Roux, de prendre ia gérance du Bureau de Contrôle pour la région du Sud-Ouest ; il spécifiera dans sa lettre les conditions énoncées ci-dessus. M. le Président lui accusera réception de sa lettre pour acceptation. La Chambre donne plein pouvoir à son Président pour terminer ces négociations. La Chambre n’interviendra d’ailleurs en rien dans ’le contrat personnel entre M. Roux et M. Juppont.
- M. Bernheim demande laparoleet rappclleque M. Ribot, ancien Président du Conseil a nommé une Commission chargée de la révision des cahiers des charges pour les fournitures aux diverses Administrations de l’Etat. Il lui semble nécessaire que la Chambre s’occupe de la question, intervienne auprès de cette Commission au nom de ses adhérents. Il est entendu qu’à la prochaine séance les Membres de la Chambre qui traitent avec l’Etat apporteront leurs propositions relativement aux changements à apporter au cahier des charges.
- Les prix de l’Académie des Sciences. —= Parmi-les noms des lauréats proclamés dans la séance publique annuelle du 23 décembre, nous relevons ceux de M. Bouty, professeur à la Faculté des
- p.47 - vue 48/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Sciences, M. Le Chatelicr, professeur de chimie industrielle à l’école des Mines, Lord Rayleigh et M. Ramsay, MM. Jacques et Pierre Curie, M. Baudot, dont les travaux sont du domaine de l’électricité.
- M. Bouty reçoit le prix L. La Gaze (Physique) pour l’ensemble de ses recherches sur la physique, principalement sur le magnétisme et sur l’électricité. Parmi ces travaux citons : son étude de la distribution du magnétisme, son explication de l’électrostriction (pression exercée par un dépôt galva-nique sur le moule), son étude plus récente des condensateurs à diélectriques complexes et celle de la résistance des dissolutions salines et desels fondus.
- M. Le Chatelier obtient le prix L. La Gaze (Chimie) pour ses nombreux travaux en chimie et pour les perfectionnements qu’il a apportés au pyroniètre thermoélectrique de Becquerel et qui lui ont permis d’étudier les transformations moléculaires du fer, du nickel, du ferro-nickel et du maillechort.
- Lord Rayleigh et M. Ramsay, reçoivent, pour la découverte del’argon, le prix Leconte (50 000 fr) lequel, d’après les termes mêmes de la donations doit être donné tous les trois ans,, sans préférence de nationalité, aux auteurs de découvertes ou d’applicatioiis nouvelles et. capitales. Rappelons que, ainsi que nous le mentionnons dans une récente chronique (7 décembre 1895, p. 480), le prix Hodgkins (50 000 fr) a été dernièrement décerné par la Smithsoman Institution, à Washington, aux mêmes savants.
- MM. J et P. Curie, qui ont publié, soit en collaboration, soit séparément, un grand nombre de travaux sur la cristallographie, l’électricité et le magnétisme, la plupart dans ce journal, reçoivent le prix Gaston Planté pour la découverte des phénomènes piézoélectriques.
- M. Baudot, ingénieur des télégraphes, dont le système télégraphique est aujourd’hui répandu sur toutes les grandes lignes du réseau français, obtient le prix Kastner-Boursault.
- Un pont-roulant électrique. — Les ateliers du Creusot, qui possèdent déjà un pont roulant électrique de 150 tonnes, viennent d’établir pour leurs aciéries un nouveau pont roulant électrique de 80 tonnes. La charpente de ce pont vient de quitter les ateliers Elwell à Saint-Denis et a été envoyée au Creusot où se fera le montage des orga-
- nes électriques et la pose définitive de l’ensemble du pont.
- Cet appareil, d'une construction très robuste a été étudié de façon à obtenir des mouvements doux et réguliers.
- Le tablier a une portée de 13,50m entre les axes de roulement et un porte à faux sur lequel est fixé tout le mécanisme moteur. Les trois mouvements sont fournisparune seule dynamo recevant lecou-rant par des galets roulant sur un fil aérien. Les embrayages et les changements de marche sont effectués an moyen de cônes de friction commandés par des leviers de manœuvre. Une des dispositions les plus intéressantes de l’appareil se trouve dans la commande du mouvement de translation du pont. L’arbre moteur, situé à l’un des bouts du tablier, fait mouvoir un arbre intermédiaire longeant le tablier sur la moitié de sa longueur et terminé par un pignon placé dans l’axe du pont. Ce pignon commande par un double engrenage les deux axes des chariots de roulement de sorte que l’effort de translation, au lieu de porter sur un seul côté dupont setrouve réparti aussi également que possible sur les deux côtés du tablier. Nous donnerons d’ailleurs ultérieurement une description complété de ce pont roulant.
- Les Tramways électriques dans les départementsi — La compagnie de Fives-Lille vient de traiter avec la ville d’Angers, pour l’établissement d’un tramway électrique d’un parcours de 28 kilomètres.
- La station génératrice comprendra trois génératrices hypercompoundécs de 250 chevaux cha-
- Le nombre de voitures mises en service au ier mai prochain, sera de 30; chacune sera mue par deux moteurs de 15 chevaux faisant 430 tours en vitesse normale.
- — C’est également la même Compagnie, qui a obtenu la concession des tramways du Mans, comportant un réseau de n kilomètres, alimenté par 2 génératrices. Le nombre de voitures destinées à assurer le service, au début, est fixé à 20.
- — L’établissement d’une ligne de 15 kilomètres est également décidé à Rennes. Trois génératrices doivent fournir le courant a 15 voitures. La concession est accordée à la même Compagnie.
- L’Éditeur-Gérant .-Georges CARRÉ
- p.48 - vue 49/624
-
-
-
- Tome VI.
- Samedi 11 Janvier
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- Directeur Scientifique J. BLONDIN
- Secrétaire de la rédaction : G. PELLISSIER
- LA TRACTION ÉLECTRIQUE
- PAR ACCUMULATEURS A PARIS
- L’industrie des accumulateurs manifeste en ce moment, dans tous les pays, une grande activité et tend à prendre un développement considérable. Ce résultat tient à deux causes principales : d’abord aux perfectionnements incessants qu’on a apportés aux types primitifs et ensuite à ce que les brevets fondamentaux de Faure vont bientôt expirer. Ce n’est pas que la redevance fut bien lourde et de nature à paralyser les efforts des inventeurs ; mais ce fait n’en a pas moins une importance évidente. Toutefois, c’est surtout aux perfectionnements apportés à la construction des batteries qu’il faut attribuer les résultats obtenus. 11 n’est pas étonnant que les perfectionnements aient été longs et coûteux. Au début, lorsqu’ils sont bien fabriqués., tous les accumulateurs donnent des résultats à peu près identiques, quels que soient leurs détails de construction ; mais, au bout d’un temps plus ou moins long, commence la période des imprévus : désagrégation des pâtes ou pastilles, affaiblissement progressif de la solidité des cadres et supports les accidents deviennent nombreux, les réparations et l’entretien très coûteux ; bref l’exploitation commencée sous les plus brillants auspices se traduit bientôt par un seul mot, si connu des actionnaires qu il est à peine nécessaire de le rappeler : déficit!
- Il faut alors recommencer les études, déclarer qu’on s’était trompé et que le type prôné n’était encore qu’une solution éphémère. Ces écoles sont longues et coûteuses. Malgré le nombre incalculable de modèles proposés et essayés, on commence à peine à sortir des tâtonnements ; les directeurs de stations centrales et même les particuliers, prévenus par des échecs précédents n’acceptent les offres des fabricants que si ceux-ci s’engagent à entretenir et à réparer à forfait les batteries vendues et à leur garantir une durée certaine.
- Les installations exécutées ne sont donc, en réalité, que de vastes expériences pratiques faites aux risques et périls des constructeurs.
- Nous n’avons pas l’intention de faire ici une étude complète de l’industrie des accumulateurs ; nous nous bornerons à étudier les applications qui en ont etc faites, à Paris, à la traction des voitures de tramways. Pour cela, nous reprendrons la question depuis son origine, et nous étudierons ensuite les installations actuelles.
- HISTORIQUE.
- Les premiers essais de traction électrique par accumulateurs sont dus à M. Raffard ; ils datent du 2 5 mai 1881; exécutés dans des conditions très dures, ils eurent un plein succès'. La Compagnie des omnibus avait mis à la disposition de cct ingénieur, qui agissait pour le compte de M. Philippart, une voiture de tramway à 50 places, la première qui ait été
- p.49 - vue 50/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- employée à Paris. Les expériences devaient être faites sans rien changera la disposition de la voiture et sans même donner un coup de lime aux essieux. Le service devait être le même que celui des voitures à chevaux, c’est à dire que l’allure ne devait pas être inférieure à celle de ces dernières, qu’on devait s’arrêter et démarrer facilement et, enfin, dérailler à volonté. On sait que M. Raffard résolut très simplement le problème qui lui était posé. Il disposa à l’intérieur de la voiture, sous les banquettes et dans le passage, les bacs d’accumulateurs ; ceux-ci étaient des petits éléments cylindriques du poids de 8 kg, placés 4 par 4 dans des boîtes en bois munies de poignées. La batterie complète donnait un courant de 40 ampères sous 120 volts. La dynamo était une Siemens, n° D2, donnant, au frein, 565 kgm: s, à 1 200 tours; elle avait été choisie en raison de la forme applatie qui permettait de la loger plus aisément sous la voiture. Un seul essieu était moteur. Les rouesavaient 1 mètrede diamètre; elles étaient entraînées par la dynamo, au moyen d’une double transmission, par courroies et chaînes, qui réduisait la vitesse angulaire dans le rapport de i à 25. Les poulies servant à cette transmission étaient d’un diamètre aussi grand que possible, afin d’obtenir un couple moteur élevé. Tous les-organes étaient simplement fixés sur la voiture et sur l’essieu au moyen de colliers et de crampons afin de se conformer aux ordres de la Compagnie qui exigeait que la voiture ne fût en rien détériorée.
- Les essais furent très satisfaisants ; la vitesse atteignit 8 km à l’heure; les démarrages et les arrêts étaient très rapides et l’on fit volontairement dérailler la voiture à plusieurs reprises. Les rampes de l’avenue de Wagram (5,4 pour 100) et du boulevard Rochechouart (3,8 pour 100) furent gravies sans difficulté.
- La Compagnie des Omnibus se déclara satisfaite et un traité fut signé en vue de l’équipement d’un certain nombre de voitures avec ce système; mais il ne fut jamais exécuté.
- Ces essais faits à titre de démonstration, prouvèrent la praticabilité des voitures à accumulateurs, mais la batterie était évidemment trop faible pour une exploitation courante; en outre, la transmission par cordes et chaînes n’était pas sans présenter de réels inconvénients pratiques.
- Les essais se poursuivirent, et, en 1883, une voiture portant 3 000 kg d’accumulateurs Faure-Sellon-Volkmar fut essayée, pendant plus de 5 mois, sur les différentes voies de la capitale ; elle put même faire le trajet de Paris-Place du Trône à Versailles aller et retour avec une seule charge d’accumulateurs.
- En cette même année, Al. Emile Reynier proposa deux perfectionnements importants. Dans les expériences de M. Raffard, tous les éléments de la batterie étaient groupés en tension et, pour régler la vitesse, on mettait en circuit un nombre plus ou moins grand d’éléments, par additions de 5 couples, depuis jo, 35, 40, etc. C’était le procédé indiqué par Faure dans son premier brevet sur les accumulateurs ; il était très imparfait car, pour ne signaler qu’un de ses inconvénients, il entraînait une inégalité de débit des couples, très défavorable à leur bon fonctionnement.
- M. E. Reynier proposa de régler la vitesse en modifiant à volonté le mode de groupement des éléments de la batterie. Celle-ci aurait été composée, par exemple, de 80 éléments ; 8 auraient été employés pour exciter séparément les inducteurs et les 72 autres auraient été divisés en 4 batteries de 18 éléments chacune. Un jeu de commutateurs aurait permis de grouper ces 4 batteries de la façon suivante ;
- i° Une batterie de 72 cléments groupés en tension et donnant une force électromotrice de 144 volts environ ;
- 20 2 batteries reliées en dérivation, de chacune 36 éléments en série, c’est à dire donnant une force électromotrice de 72 volts ;
- 30 4 batteries reliées en dérivation, de chacune 18 éléments en série et donnant, par
- p.50 - vue 51/624
-
-
-
- revue D'Electricité
- 5
- conséquent, une force électromotrice de 36 volts.
- En outre une série de résistances convenablement calculées pouvaient être intercalées dans le circuit pour permettre d’obtenir les vitesses intermédiaires.
- M. E. Reynierproposait aussi, comme nous
- le verrons plus loin, d’utiliser les moteurs comme générateurs, aux arrêts ou dans les descentes, et de lancer leur courant dans les batteries, afin de récupérer une partie de l’énergie dépensée aux démarrages ou à la montée des rampes.
- A la suite de tous ces essais, des lignes de
- Fig. 1. - Vue intérieur
- tramways furent équipées, dans Paris, avec des accumulateurs : la ligne du boulevard Malesherbes et la ligne de l’Etoile à Courbevoie. Mais ces essais durent être interrompus par suite surtout des imperfections des accumulateurs.
- Ce n’est qu’en 1892 que la question fut reprise par la Société du Travail électrique des Métaux, qui équipa les lignes de Paris à Saint-Denis, dépendant du réseau de la Compagnie des Tramways de Paris et du département de la Seine.
- de la salle des machines.
- Ce sont encore, à l’heure actuelle, les seuls échantillons de la traction électrique dans la Ville Lumière. Le service des voitures est très régulier et depuis plusieurs années qu’il a été inaugurée, aucun accident sérieux n'est venu à la connaissance du public.
- Ces installations ont servi d’école pratique pour juger la valeur des procédés mis en œuvre et pour les perfectionner. Ce sont les résultats de cette longue étude que nous avons f’intention d’exposer dans cet article.
- Auparavant, nous rappellerons les grandes
- p.51 - vue 52/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- lignes de l’installation primitive, afin de faciliter la compréhension de ce qui suivra.
- Les Tramways de St-Denis a Paris (1892)
- Usine de chargement. — L’usine de chargement a été installée dans les anciens bâtiments du dépôt des voitures à chevaux des lignes de Saint-Denis à Paris, à l’extrémité de Saint-Denis. Le courant est fourni par 3 dynamos Desrozicrs, donnant chacune 230 ampères sous 260 volts, à 600 tours par minute; chacune d’elles est actionnée par une machine CorUss horizontale à condensation, de la force de 125 chevaux. Deux de ces machines tournent à la vitesse de 75 tours, et la troisième à la vitesse de 160 tours. En outre, une machine de l’ancien modèle Edison, de 75 ampères et 110 volts, et une machine à 4 pôles de 75 ampères et 150 volts servent à l’éclairage. La figure 1 représente l’intérieur de la salle des machines.
- La vapeur est fournie par 3 chaudières semi-tubulaires, à 2 bouilleurs, de 120 m’ de surface de chauffe chacune et timbrées à 6 kg cm’.
- Le courant est d’abord conduit au tableau de distribution et de là, aux bancs de chargement, dans la salle des accumulateurs qui est située derrière la salle des machines.
- La charge des batteries était faite à poten-tentiel constant, sous 260 volts pour 108 éléments, soit 2,4 volts par élément. L’intensité était de 1 o ampères par kg de plaque au début; elle touchait à 2 ampères par kg, en fin de charge; la moyenne était de 2,5 ampères par kg.
- Depuis le commencement de l’année 1895, les dynamos de charge ont été complétées au moyen de deux dynamos Desroziers de 200 ampères et 35 volts reliées en série avec les premières et jouant le rôle de survolteurs.
- La charge se fait sous deux potentiels : au début sous un potentiel de 250 volts; la batterie prend alors 70 ou 80 ampères, puis l’intensité baisse successivement. Quand elle touche à 10 ou 15 ampères, on ajoute les sur-
- volteurs et le voltage monte à 280 volts; l’intensité monte alors à 70 ampères.
- Pour effectuer ces liaisons, le tableau de distribution porte 3 barres ; la première est reliée avec l’un des pôles des survolteurs; la barre du milieu est commune au second pôle des machines et des survolteurs. Un interrupteur à deux directions permet de relier la batterie aux barres convenables. On laisse les batteries se charger jusqu’au moment où elles ont absorbé un nombre d’ampères-heures égal à celui qu’elles ont débité en service, plus une augmentation correspondante au rendement en quantité des accumulateurs, environ 85 pour 100; la durée de charge est de 5 heures environ pour une batterie ayant fourni 185 ampères heures, soit 52 chevaux-heures.
- En moyenne, deux machines fonctionnent pour la charge pendant 23 heures par jour; la troisième machine n’est en marche que 6 heures sur 24.
- Voitures. — Les voitures employées sont à impériale couverte (fig. 3) et comportent 50 places, dont 24 d’impériale, 20 d’intérieur et 6 de plate-forme, non compris les 2 agents de la Compagnie. Elles sont éclairées au moyen de 4 lampes à incandescence alimentées par le courant de la batterie d’accumulateurs placée dans la voiture. Elles pèsent, en ordre de marche, 14 tonnes réparties ainsi
- Voiture à vide............. 7 kg
- Batterie d’accumulateurs. 3 000 »
- Voyageurs.................. 3 5<>o »
- La caisse de la voiture repose, par l’intermédiaire de galets, sur deux trucks à un essieu, portant des chevilles ouvrières. Ces deux trucks sont reliés entre eux par un système articulé à ressort (fîg. 2) qui permet aux essieux de converger dans les courbes, et les ramène au parallélisme en alignement droit. C’est un perfectionnement de la disposition connue en Amérique sous le nom de radial truck; elle permet de passer facilement dans des courbes de faible rayon tout en assurant l’adhérence totale.
- p.52 - vue 53/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 53
- Chacun des deux essieux moteurs est ac-actionné par un moteur à double réduction; le rapport des vitesses angulaires du moteur et de l’essieu est de 12 à 1. Les engrenages sont en fonte, à chevrons; les deux harnais dans les derniers types construits baignent complètement dans l’huile.
- Les moteurs sont bipolaires, du type Man-
- chester, à induits Gramme. Ils sont excités en série. Les balais sont constitués par quatre blocs en charbon placés normalement à la surface du collecteur. Chaque machine peut développer, à la vitesse de 1 350 tours, une puissance de 10000 watts, sous une différence de potentiel de 200 volts.
- Les accumulateurs sont du système Lau-
- rent-Cély; ils sont placés sous les banquettes de la voiture (fig. 3). La batterie se compose de 108 éléments à 11 plaques, contenues dans des bacs en ébonite de qualité spéciale, d’une souplesse assez grande.
- Les dimensions des plaques sont les suivantes :
- Epaisseur $ Pla<îues positives.... 0,008 »
- ( plaques négatives .... 0,006 »
- Le poids des plaques d’un élément est de 18 kg environ.
- Ces 108 éléments sont répartis dans 12 caisses en bois, 6 pour chaque côté de la voiture. Les 9 éléments d’une caisse sont groupés en tension, et les pôles des petites batteries ainsi formées aboutissent chacun à une bande de cuivre fixée sur l’une des parois latérales de la caisse.
- Dans la voiture, sont montées à ressort, sur des plaques en bois, des lames de laiton.
- p.53 - vue 54/624
-
-
-
- 54
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- L’introduction des caisses entre ces lames, 1 sur lesquelles glissent les bandes de cuivre, établit automatiquement les connexions entre tous les éléments de la batterie.
- La charge des batteries se fait sur des bancs formés de madriers goudronnés, supportés par des- piles en briques, dont ils sont séparés par des isolateurs en verre. Ces bancs portent des contacts à ressort semblables à ceux des voitures.
- La batterie placée sur le banc de charge a tous ses éléments groupés en tension. La salle des accumulateurs comporte 24 emplacements de batteries. Chacun d’eux est relié au tableau de distribution du courant de charge par un circuit spécial contenant un ampèremètre , un indicateur de sens de courant, et, sur chaque pôle, un coupe-circuit et un interrupteur.
- La manutention des batteries, entre les bancs de charge et les voitures, se fait au moyen de wagonnets roulant sur des voies Decauville qui longent les bancs et les voies de garage des voitures.
- : Quand une voiture rentre pour échanger sa batterie déchargée contre une autre, sept wagonnets sont rangés de chaque.côté de la voie de garage.. Six supportent les caisses d’accumulateurs fraîchement chargés ; le septième est vide. On fait glisser la première caisse de la batterie contenue dans la voiture sur cc dernier wagonnet, et on l’emmène vers la place qu’elle occupera sur les bancs de charge. La première caisse de la nouvelle batterie passe de son wagonnet dans le compartiment libre de la voiture et reçoit la seconde caisse de l’anciennne batterie ; ainsi de suite.
- La plate-forme des wagonnets est mobile au moyen d’une vis et d’un volant, de façon à pouvoir être amenée exactement au même niveau, soit de l’intérieur de la voiture, soit de la plate-forme du banc de charge.
- Toute la manœuvre du changement de batterie se fait en 6 minutes au maximum.
- • L’emploi des wagonnets a été imposé par
- Texiguité du local disponible pour les bancs de charge des accumulateurs au moment de l’installation, qui s’est faite en cours d’exploitation. Dans une nouvelle installation, on éviterait le double transbordement et le roulage des caisses d’accumulateurs en disposant ces bancs le long des voies de garage des voitures. De cette façon, les caisses passeraient directement des bancs dans la voiture et réciproquement, ce qui diminuerait encore le temps nécessité par la manutention.
- Les batteries fournissent en service, sous une force clcctro-motrice supérieure à 200 volts, des débits qui atteignent 80 ampères, soit plus de 4 ampères par kilogramme de plaque. On atteint même 120 ampères sur les fortes rampes, ou dans le cas du remorquage d’une seconde voiture, par le mauvais temps. Le débit moyen, pour la ligne entière, est de 35 ampères environ.
- Une batterie peut fournir, sans recharge, un parcours d’environ 60 km sur rail à ornière Broca, ou 120 km sur rail Vignofe saillant.
- Les nécessités de l’exploitation exigent la possibilité de marcher à des vitesses variées. On réalise ce désidératum en modifiant le couplage des éléments des batteries, suivant le procédé indiqué par M. E. Reynier.
- Dans la voiture, la batterie se trouve divisée en quatre parties ou sous-batteries, comportant chacune 3 caisses, soit 27 éléments en tension, qui correspondent à une différence de potentiel à circuit fermé, de 50 volts environ.
- Au moyen du commutateur-coupleur, mis à la disposition du cocher-mécanicien de la voiture, on a la faculté d’obtenir les 3 couplages suivants ;
- i° Les quatre sous-batteries groupées en quantité; force électro motrice 50 volts;
- 20 Deux groupes de deux sous-batteries en tension, associées en quantité; force électro-motrice 100 volts;
- 30 Les quatre sous batteries en tension ,• force électromotrice 200 volts.
- p.54 - vue 55/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- La vitesse du véhicule varie, en passant d’un couplage à l’autre, dans le rapport de i à 2.
- Les moteurs des voitures sont normalement associés en série. Toutefois, on peut, au moyen du commutateur, les coupler en quantité, de façon à obtenir une plus grande vitesse ou à développer un plus grand effort. Cï mode de
- marche n’est employé que dans des cas exceptionnels.
- Le commutateur permet encore :
- L Deréaliser lamarcheavantetlamarchear-ricrc du véhicule, en renversantle sens du courant dans les circuits inducteurs des moteurs ;
- 20 De supprimer, en cas d’avarie, l'un des
- Fig. 3. — Chargement des batteries sur une voiture.
- moteurs, en fermant sur eux-mêmes les circuits de la machine avariée, dans ^la position correspondant au couplage des machines en série. Un seul moteur est suffisant pour continuer lamarche et ramener la voiture au dépôt, avec une légère diminution de la vitesse.
- Le commutateur-coupleur se compose de deux parties distinctes •
- La première sert à réaliser les divers couplages des sous-batteries. Fille se compose d'un tambour en matière isolante portant trois systèmes de palettes en cuivre, réunies entre elles par des connexions fixes et correspondant chacune à l’un des couplages ou « temps ». Ces palettes viennent s’engager, quand le tambour tourne sur son axe, entre des brosses métalliques [communiquant avec
- p.55 - vue 56/624
-
-
-
- 56
- L’ÉCLAIRAGE ELÉCTRIQUE
- les sous-batteries .'En passant d’une position à l’autre, on coupe le courant avant de dégager complètement les palettes d'entre les brosses ; la rupture se fait sur des palettes spéciales, munies de plaquettes en charbon, susceptibles d’être changées facilement. On évite ainsi la détérioration rapide des palettes métalliques par les étincelles de rupture. Le
- tambour est mis en mouvement à l’aide d’un long levier.
- La seconde partie de l’appareil sert à effectuer le couplage des machines dynamos motrices et le changement de marche. Elle se compose de 3 commutateurs à touches, qui se manœuvrent séparément au moyen de manettes. Un système d’enclanehements ne per-
- met la manipulation de ces manettes que dans la position du levier principal correspondant à la rupture du courant.
- La manœuvre de cet appareil est très simple, ce qui a permis d’employer sur les voitures automobiles électriques, les anciens cochers de la Compagnie.
- L’appareil renferme de plus 4 interrupteurs commandant les circuits des lampes à incandescence servant à l’éclairage. Chacune d’elles se trouve branchée sur l'une des quatre sous-batteries.
- Lignes. — Trois lignes sont exploitées par ces procédés. Ce sont les lignes de • i° Saint-Denis-Madeleine.
- 2" Saint-Denis-Opéra.
- 3° Saint-Denis-Neuilly.
- Les deux premières ont une longueur d’environ 9250 m chacune, dont la moitié dans l’intérieur de Paris. La troisième est longue de près de 6 km ; elle est toute entière située en dehors de l’enceinte de Paris.
- En dehors des fortifications, les voies sont composées en rails Vignole posés sur traverses et du poids de 22 kg par mètre linéaire ; elles sont placées en accotement sur les routes départementales.
- Dans l’intérieur de Paris et de Saint-Denis, la voie est constituée par des rails à ornière, système Broca.
- p.56 - vue 57/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 57
- Les deux lignes principales comportent des rampes atteignant 38 mm par mètre.
- Les figures 4 et 5 représentent le profil en long de ces lignes. Dans certaines parties, le rayon des courbes est inférieur à 20 m et, notamment à l’angle de la rue de Rome et du pont de l’Europe, une courbe à faible rayon est en pente importante. C’est le passage le plus mauvais de toutes les voies.
- Exploitation. — Les premiers essais du système ont été exécutés au commencement de l’année 1892. Dès le Ier juin suivant, il a été appliqué sur les lignes de la Madeleine et de l’Opéra, dans leurs parties situées extra-muros. II a été successivement étendu aux parties situées intra-muros, et la traction animale a été définitivement abandonnée, depuis le Ier octobre 1892, sur la ligne de là Madeleine, et depuis le ier juin 1893, sur celle de l’Opéra. La ligne de Neuilly a étc ouverte au public le icr mai 1893, et immédiatement exploitée au moyen de voitures électriques à accumulateurs.
- Le nombre de voitures-kilomètres parcourus au 31 décembre 1894, en service, par les voitures électriques, était de 200000 environ. Depuis le mois de juin 1893, la moyenne mensuelle des parcours est de 80 000 kilo-mètres-voitures pour les trois lignes.
- Le service journalier, sur la ligne de la Madeleine, comporte 104 courses, soit 52 voyages aller et retour. Sept voitures automobiles circulent sur cette ligne, faisant les unes 8, les autres 9 voyages,ou 348 à 162,5 km, tandis que les voitures à traction animale ne parcouraient que 100 km par jour au plus.
- Le nombre de voitures en service a été, depuis, porté à 8, afin d’assurer une plus grande régularité de l'exploitation et de permettre au mécanicien et au conducteur de rester toujours sur la môme voiture.
- En outre, une voiture chargée reste en réserve au dépôt, toute prête à partir en cas d’accident arrivé à l’une des voitures en service régulier.
- Les conditions d’exploita'tion sont les même sur la ligne de l’Opéra, sauf dans la partie de cette ligne située hors Paris, où les voitures automobiles remorquent une voiture ordinaire à 50 places, ce qui porte le nombre des voyageurs du train à 100.
- Trois voitures sont en service sur la lign3 de Neuilly.
- Les vitesses maxima autorisées sont de 12 km : h dans Paris et de 16 km: h hors Paris.
- Le service de chaque voiture est assuré par deux batteries, faisant sans recharge, 4 ou 6 courses consécutives, sur les lignes de l’Opéra et de la Madeleine. Dans ce dernier cas, la batterie fournit un parcours de 55 km. La durée d’une course, y compris les arrêts et les stationnements aux points terminus est de 55 minutes. Les départs ont lieu toutes les 20 minutes ; en outre, les jours de fête, des voitures supplémentaires sont mises en service, afin de permettre un départ toutes les 30 minutes.
- L’effort de traction moyen est de 12 kg par tonne ; cette valeur assez faible est due à ce que la voie est en partie formée de rails Vi-gnole saillants sur lesquels la résistance au roulement est très faible.
- Des visites des batteries sont faites à intervalles réguliers ; 2 hommes suffisent à cette besogne. La manutention des batteries est exécutée par une équipe de 6 hommes ; 4 hommes assurent le service de l’usine génératrice de charge.
- Depuis que l’exploitation de ces lignée a été inaugurée, des mesures constantes ont été prises en vue d’établir le mérite économique du système et d’étudier les perfectionnements qu’il était possible d’apporter à la construction et à l’exploitation. Nous résumerons les résultats obtenus ; cela nous conduira naturellement à l’exposé des procédés actuellement adoptés.
- Considérons d’abord l’utilisation du matériel; nous avons vu tout à l’heure que le service régulier exigeait 19 voitures: 8 sur
- p.57 - vue 58/624
-
-
-
- 58
- L'ÉCLAIRAGE électrique
- chacune des lignes de Saint Denis à Paris, et 3 sur la ligne de Saint Denis à Neuilly, et que chaque voiture entraîne l’emploi de deux batteries d’accumulateurs. Ln réalité le nombre de voitures qu’il a fallu équiper est de 23 et le nombre de batteries, de 44; il y a donc 6 voitures en réserve et 6 batteries. Cette réserve élevée est nécessitée en grande partie par le temps perdu aux recharges.
- On envisage actuellement la possibilité de recharger les batteries à un régime beaucoup plus élevé, afin de réduire la durée de la charge à 2 ou 3 heures, ce qui permettrait d’augmenter considérablement le service sans augmenter le nombre de batteries ; des expériences seront faites pour déterminer si ces régimes forcés seraient possibles, comme on l’espère, sans nuire sensiblement au rendement et à la durée des batteries.
- Le temps perdu aux recharges comprend non seulement le temps nécessaire pour le remplacement de la batterie épuisée par une batterie nouvelle, mais encore la durée du parcours aller et retour, depuis la station terminus jusqu’au dépôt et des manœuvres à l’intérieur de celui-ci ; les chiffres du tableau I suivant permettent d’en évaluer l’importance.
- Tableau 1
- Longueurs des lignes parcourues p;
- électriques de Saint-De Saint-Denis à la MadeU
- Barrage à Madeleine et ietour....
- Dépôt à Barrage et retour........
- Plaque tournante, à la Madeleine....
- Total, aller et retour.. . .
- Saint-Denis à l’Opér Barrage à l’Opéra et retour.........
- Plaque tournante, à l'Opéra......
- Total............
- Saint-Denis à Neuilly Mairie de Saint-Ouen à la Porte Chain}
- Triangle à la Mairie de Saint-Ouen..
- » à la Porte Champerret......
- Total............
- Cette réserve permet d’assurer la régularité du service en dépit des réparations et même de faire circuler, à un moment donné, un nombre de voitures plus grand que de coutume.
- D’autre part, nous avons vu que le matériel fixe se compose de 3 moteurs à vapeur de 125 chevaux actionnant chacun une dynamo 1 de 230 ampères et 260 volts ; si elles tournaient constamment à pleine charge, ces machines pourraient produire, dans une journée de 24 heures, 3 X 230 X 260 X 24 — 4 3°5 600 watts-heures, soit 5 850 chevaux-heures électriques, correspondant à une dépense de 3 X 125 X 24 — 9 000 chevaux-vapeur; ces chiffres indiquent un rendement de ^~0^ü = 0,65 entre la puissance indiquée dans les cylindres des moteurs et la puissance électrique engendrée.
- Les trois groupes ne fonctionnent pas régulièrement ; pendant une journée, par exemple, ils ont fourni à eux trois, pendant 59 heures :
- Dynamo N“ 1.................. 1 475,34 ch. h. clect.
- » 2.................. i 577.44 »
- » 3.................. 1 438,85 »
- Total........... 4 49>>83 »
- Sjrvoltetir N“ 1........... 159,94 »
- Total......... 4870,55
- La dépense de force motrice ayant été de 7375 chevaux-heures, le rendement serait de 0,66, chiffre qui concorde avec ceux que nous avons obtenus par une voie différente. Ce rendement très bas s’expliquerait ainsi, en admettant que la puissance des moteurs soit donnée en chevaux indiqués :
- Rendement organique du moteur............ 0,90
- » de la transmission.......... 0,85
- » de la dynamo................ 0,85
- » total : 0,90X0,85 X 0,85’= 0,65
- 11 s’explique par ce fait que l’installation actuelle est la réalisation d’un projet datant du début de la traction par accumulateurs et
- 18,37a km 0,643 » <V>54 » 19,069 »
- 18,390 » 0,643 >
- 0,154 »
- 19,187 »
- 0,169 »
- 9,273 »
- p.58 - vue 59/624
-
-
-
- REVUE D’ELECTRICITE
- 59
- auquel rien n’a été changé, en raison de traités antérieurs. Dans une installation nouvelle, on pourrait obtenir de beaucoup meilleurs résultats, ce qui augmenterait proportionnellement le rendement du système.
- En résumé, le coefficient de charge du matériel fixe serait, dans ces conditions, de 0,82, le coefficient de charge des moteurs étant égal à l’unité. Comme il faut compter sur le temps nécessaire au nettoyage, à l’entretien et aux réparations des moteurs, on voit que l’utilisation du matériel est à peu près à son maximum, et qu'on ne pourrait assurer un service plus actif qu’en ajoutant de nouveaux groupes générateurs. En tournant constamment à pleine charge, on pourrait mettre en service environ 4 voitures de plus qu’à l’heure actuelle, mais le nettoyage et l'entretien deviendraient très difficiles et le moindre accident interromprait la régularité du service.
- D’après d’autres chiffres relevés, pour un débit quotidien de 3164800 watts-heures, correspondant à ^ = 6616 chevaux-vapeur, on aurait dépensé 8000 kg de charbon et 60000 litres d’eau ; ces chiffres indiqueraient une consommation de charbon de 1,209 kg par chcval-heure indiqué et une vaporisation de 7,5 kg d’eau par kg de charbon, chiffres qui correspondent bien aux résultats obtenus dans la pratique ordinaire des moteurs à vapeur.
- Le rendement des accumulateurs, en énergie, est de 70 pour 100 environ ; le rendement des moteurs de la voiture, à pleine charge, serait de 74 pour ioo entre les bornes des moteurs et l’essieu de la voiture, sans compter le frottement des fusées ; en tenant compte de ce que les moteurs marchent rarement à pleine charge, on peut évaluer leur rendement moyen à 55 pour 100 au maximum. De nouveaux moteurs construits sur le modèle des moteurs des voitures à trôlet pourraient donner un rendement de 70 à 75 pour 100.
- Le rendement total de l’installation, c’est à dire le rapport entre la puissance indiquée à l’usine et la puissance utilisée sur l’essieu, serait donc de 0,65 X 0,70 X 55 = 0,25, soit 0,25 en moyenne. ' ' '
- Dans une nouvelle installation, en mettant à profit les perfectionnements récents dont sont susceptibles le matériel fixe et les moteurs, on pourrait obtenir un rendement de 0,81X0,70X0,70 — 0,3969 à 0,81X0,70 Xo,75 =0,4252 au maximum.
- Il faut tenir compte, en outre,.qu’une partie de l’énergie est employée à remorquer le poids de la batterie, soit 3 tonnes, lé poids de la voiture et des voyageurs étant de 11 tonnes, ce qui tend encore à diminuer l’utilisation réelle.
- En admettant, comme moyenne, la valeur de 12 kg par tonne pour l’effort de traction, le travail dépensé pour la traction d’une voiture pendant un kilomètre serait de 14 X 12 X î 000 = t 68 000 à 170 000 kgm-, ce qui correspondrait à une dépense de force motrice à ['usine de 170000 —680000 kgm, ou 2,52 chevaux-heures indiqués et conduirait à une dépense de charbon par voiture-kilomètre,de 2,52 X 1,209= 5,05° kg-
- En réalité, la dépense de charbon de 8 000 kg relatée plus haut correspondait à un parcours de 2 800 km-voitures, soit 2,857 kg par unité. Le rendement réel serait donc de 26 à 27 pour 100 environ.
- Ces chiffres varient, d’ailleurs, suivant le service, l’état de la voie, les conditions atmosphériques, etc, l’effort de traction étant souvent inférieur à 12 kg par tonne. En admettant une valeur de 10 kg en moyenne (7 kg sur rails Vignole, et 12 kg sur rails Broca), la consommation de charbon calculée serait réduite à
- 4X10X^00X1
- 2,500 kg.
- 5 X 270 000
- Le tableau suivant, emprunté à M. Sarcia, permet de se rendre compte de ces variations.
- La consommation de charbon par kilomc-tre-voiture est donc, en moyenne, de 2.465 kg. Dans ces conditions, le prix de revient du
- p.59 - vue 60/624
-
-
-
- 6o
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Tableau H
- 43 4io,5550
- 42 610,6250 50103,5000
- 2,641 0,01446
- 2,433 0,00900
- i,9oo 0,00617
- 2,080 0,00613
- 2,750 0,00471
- 2,739 0,00457
- 2,585 0,00481
- 47 959,0333
- 58330,1648 63 737,8620 70045,1344 72359,7694 74113,0878 71812,8322 77062,8679 73983,1500 77661,8037 77 137,2281
- 78 907,6547 76182,1700 78809,1436
- 2,815 ' 0,00439
- 2,598 0,00438
- 2,580 0,00353
- 2,541 0,00238
- 2,3264 0,00254
- 2,4071 0,00378
- 3,2537 0,00344
- 2,2810 0,00307
- 2,2810 0,00329
- 2,2750 0,00342
- 2,2540 0,00380
- 2,4160 0,00339
- 2,5565 0,00419
- 2,5030 0,00346
- 2,4210 o,oo448
- 2,5220 0,00403
- 79 542,1545 78615,4142 76457,1930 79693,1668 77 397-6964
- tjïïïffî-
- 2,546
- 0,00371
- 0,00356
- 0,00386
- kilomètre-voiture se décomposerait de la façon suivante :
- Total........................ 0,47 »
- C’est un prix élevé si l’on considère que la traction électrique par trôlet ne coûterait que 0,30 fr au maximum, par kilomètre-voiture, dans Paris. 11 faut remarquer, pourtant, que la Compagnie n’exploite pas par elle-même,
- mais le fait par intermédiaires qui, bien entendu, se sont réservé leur bénéfice.
- Le bénéfice que la Compagnie de tramway a retiré de l’adoption de la traction électrique est néanmoins considérable. Non seulement, en effet, le prix ci-dessus est inférieur de 0,03 fr au prix de revient de la voiture-kilomètre à traction animale, mais les voitures électriques contiennent 50 voyageurs, tandis que celles qui circulaient jadis sur la ligne de la Madeleine n’offraient que 32 places et celles qui circulaient sur la ligne de l’Opéra, 46. De plus, en raison de la plus grande vitesse des nouvelles voitures, de leur aménagement plus
- p.60 - vue 61/624
-
-
-
- REVUE D’ELECTRICITE
- 61
- confortable, et du plus grand nombre de départs par heure, le nombre de voyageurs a augmenté de 35 pour joo depuis le début de l’exploitation. en sorte que d’un côté les dépenses ont diminué et, d’un autre, les recettes ont augmenté.
- Cette première installation offrait néanmoins de nombreuses imperfections.
- D'abord, la manutention des accumulateurs était très coûteuse. En raison du grand nombre de sous-batteries, le changement d’une batterie épuisée par des accumulateurs
- Fig. 6. — [DPpositioifdes bancs de charge le long des voies de garage.
- nouvellement chargés exige la manutention de 24 wagonnets et il faut quelquefois faire rouler ces derniers d’un bout à l’autre de la salle de charge, et qui représente une dépense de main-d’œuvre importante. 11 fallait, en moyenne, 6 minutes à 6 hommes pour eflectuer le chargement.
- Dour une très petite partie de l’installation, d a etc possible de placer les bancs déchargement le long des voies de garage des voitures
- (fig. 6), et cette nouvelle disposition, en supprimant le roulage des wagonnets, a permis de réaliser une économie qui ne serait pas inférieure à 2 centimes par voiture-kilomètre, si on pouvait l’appliquer à l’ensemble du système.
- Malheureusement, le dépôt de Saint-Denis, aménagé au début pour la traction des voitures à chevaux, n’a pu fournir que des anciennes écuries pour la salle de charge, et il
- p.61 - vue 62/624
-
-
-
- 62
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- n’cst pas possible de modifier complètement l’installation de cette dernière.
- Un second délaut, plus grave, celui-là. car il provenait du système lui-mème et non des dispositions particulières du local, était dû aux imperfections des accumulateurs ' employés aux début. Les plaques tant négatives que positives, étaient des plaques à pastilles dans lesquelles la matière active était obtenue par la réduction du chlorure de plomb en plojnb spongieux. Ce plomb spongieux, sur les plaques positives était ensuite peroxyde par une formation genre Planté.
- La durée des plaques négatives a dépassé 150 000 kilomètres-voitures et leur usure, provenant des réactions chimiques qui sc produi-' sent- tant à la charge qu’à la décharge, est pratiquement nulle. Le renouvellement de ces plaques ne figure dans l’entretien que pour quelques millimes.
- 11 n’en est pas de rn.yrpe pour lès plaques positives* '
- Après la formation, leur matière active se compose de peroxyde de plomb cristallin comme teqfiomb spongieux d’origine, et, par conséquent, d’une grande solidité mécanique; mais, par le jeu normal des charges et des décharges. le peroxyde de plomb cristallin devient poussiéreux et, par conséquent, tombe au fond des bacs.
- « Cette chute du peroxyde est fatale, dit M. Sarcia, et tout fabricant d’accumulateurs qui vous proposera des plaques positives d’une durée indéfinie se trompera ou vous trompera. »
- La durée moyenne des premières plaques positives des batteries-tramway a été de 14 000 kilomètres-voitures environ. Après ce parcours, tout leur peroxyde était tombé et leur quadrillage-support hors de service. Ce dernier inconvénient ôtait de beaucoup le plus grand, car le peroxyde de plomb tombé peut ctre très facilement réempâté sur son support.
- C’est dans le but de remédier à ces défauts, qu’après de nombreuses expériences, on a équipé une nouvelle voiture avec des procé-
- dés nouveaux qui paraissent devoir amener une économie notable sur les anciennes méthodes que nous venons de décrire.
- NOUVEI.LE VOITURE (1895).
- Cette nouvelle voiture diffère de l’ancienne par
- i° La disposition de la batterie ;
- 20 Le modèle d’accumulateurs employés;
- •R La disposition des moteurs et de leur commande.
- 40 L’emploi de la récupération aux arrêts et dans les rampes importantes.
- Nous exposerons successivement ces différents points.
- iû Disposition de la batterie. — Au lieu d’employer une batterie de 108 éléments divisés en 12 caisses placées sous les sièges, et groupés en 4 sous-batterics de 27 éléments chacune, on n’emploie qu’une seule batterie de 56 éléments disposés tous en une batterie en tension. Leur groupement reste invariable pendant tout le parcours. Chaque élément se compose de 9 plaques de 0,20 X 0,20 rn, et le poids total de la batterie est de 1 700 kg. La batterie des anciennes voitures se compose d’éiémènts à 11 plaques et son p< ids est de 5000 kg.
- Tous les éléments de la nouvelle batterie sont placés dans une caisse unique suspendue au châssis sous le coffre de la voiture entre les deux essieux du truck, ce qui est, du reste, sa place normale, et supprime toute crainte de projection d’acide dans la voiture, à la suite d’un arrêt trop brusque ou d’un choc trop violent.
- Le nouveau truck est rigide; son empâtement est de 1,90 m.
- La figure I7 représente l’aspect de cette nouvelle voiture.
- Cette disposition simplifie beaucoup la manœuvre du changement de batterie. La voiture est amenée sur la voie de garage ; un chariot vide, composé d’une plate-forme basse roulant sur des roues de petit diamètre et mobile au moyen de vis et d’un volant, afin
- p.62 - vue 63/624
-
-
-
- RLYUK D'ÉLLCTRICITL
- 6}
- Je pouvoir le placer au niveau convenable, est amené sous la voiture et reçoit la batterie épuisée ; un second chariot identique, sur la plate-forme duquel est placée une batterie nouvellement chargée, est placée de l’autre côté de la voie de garage. On le fait avancer de même sous la voiture, et la nouvelle batterie vient prendre la place de l’ancienne.
- Des contacts à Irottement établissement automatiquement les connexions comme nous l'avons expliqué plus haut peur les anciennes batteries, et deux taquets maintiennent la caisse en place. Deux minutes suffisent à deux hommes pour effectuer la manœuvre entière.
- Dans une nouvelle installation, ce travail
- Fig. 7 -Vi
- serait fait par le cocher et le mécanicien de la voiture.
- La batterie déchargée est laissée près de la voie de garage, sur son chariot, et des conducteurs volants dérives au tableau de distribution amènent le courant qui la recharge.
- La capacité de cette batterie est suffisante pour fournir un trajet complet, aller et re-
- tour ; les voitures viennent donc changer de batterie après chaque tour.
- 20 Accumulateurs. — Les plaques des nouveaux accumulateurs ont 0,200 X 0.200 m de côtés et 0,008 d’épaisseur; le support est en alliage de plomb contenant 10 pour 100 d’antimoine environ, pour augmenter sa solidité
- p.63 - vue 64/624
-
-
-
- 64
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- et aussi pour limiter à sa surface son oxyda • bilité. Ce support sc compose d’une plaque centrale, ou âme pleine, de 2 mm d’épaisseur, et renforcée sur ses bords par un cadre [de 8 mm d’épaisseur ; de chaque côté de cette plaque, dans le sens de la largeur, sont disposées des lames inclinées à 450 et qui forment des augets dont l’ouverture est dirigée vers le haut. Les lames ont 2 mm d’épaisseur et sont séparées les unes des autres par un intervalle de 2 mm, en sorte que les augets ont 2 mm d’épaisseur et 3 mm de profondeur. T.’ensemble de la plaque centrale, du cadre et des augets, est venu de fonte en une seule pièce. La coupe transversale de cette plaque figure à peu près une arrête de poisson.
- Lorsque la plaque est recouverte de la matière active, les augets constituent de véritables petits réservoirs qui n’empëchent pas la chute du peroxyde, lorsqu’il est devenu tout à fait pulvérulent, mais qui la retardent.
- Avec la nouvelle plaque, le peroxyde de plomb quitte son support au bout de 14000 voitures-kilomètres, mais ce support est intact. Des expériences en local, faites à des régimes de décharge à outrance, ont permis de constater qu’après 10 réempâtages, les supports des plaques n’étaient pas encore usés.
- On peut donc espérer que ces plaques positives à augets dureront au minimun 100 000 voitures kilomètres, avec une simple dépense de main d’ccuvre pour leur réempâtage tous les 14 000 kilomètres-voitures.
- Pour le rcempâtage, on recueille le peroxyde et le sulfate de plomb tombés au fond des bacs et après leur avoir fait subir un traitement préalable très simple on les malaxe dans un appareil spécial avec de l’acide sulfurique à 66" ; cette pâte est étendue sur les plaques, préalablement lavées et nettoyées, au moyen d’un couteau de peintre, et on la fait pénétrer dans les augets. On termine l’opération en 'k lissant ” la surface au moyen d’un gant en caoutchouc trempé dans l’acide sulfurique.
- Un ouvrier peut réempâter environ 100 plaques dan;? une journée de 11 heures.
- La conductibilité de cette plaque à augets est plus grande que celle de l’ancienne plaque à pastilles; c’est cette nouvelle qualité quia permis d’augmenter le débit par décimètre carré de plaque et de diminuer les dimensions et le poids de la batterie comme nous l’avons
- 30. — Disposition des moteurs et de leur contrôle. — Les moteurs des anciennes voi-
- tures étaient un peu faibles pour le service à effectuer, ét ils attaquaient les essieux par l’intermédiaire de deux harnais d’engrenage, ce qui entraînait à des frais d’entretien assez élevés.
- Sur la nouvelle voiture, les deux moteurs sont plus robustes; ce sont des machines Gramme, type supérieur, couchées horizontalement ; à la vitesse angulaire de 300 tours à la minute, elles peuvent développer chacune 11 kilowatts, sous 110 volts; clics attaquent l’essieu par un simple train d’engrenages réduisant la vitesse dans le rapport de 4.85 à r.
- Au cours des expériences qui ont été faites avec la nouvelle voiture, on a pu relever des chiffres qui montrent toute l’importance du mode de suspension du moteur. Comme on peut le voir sur la figure 8, le moteur était enfilé sur l’essieu par un point correspondant à peu près exactement à son centre de gravité;
- p.64 - vue 65/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 65
- le plan vertical passant par le centre de gravité; et parallèle à l’essieu est écarté de l’axe de celui-ci deo, io m environ) ; l’extrémité voisine de l’armature était simplement suspendue par des ressorts au truck de la voiture afin de permettre les mouvements inévitables de celle-ci. Presque tout le poids des moteurs et du harnais d’engrenages, soit environ 2 tonnes, reposaient donc sur les essieux. Dans ces conditions, on a remarqué que l’effort moyen de traction en palier, à vitesse constante augmentait lorsque la charge diminuait, comme l’indiquent les chiffres suivants :
- Charge
- 12 tonnes (.0 + 2)..
- ,0,250 (M50 + D
- 8,500 {6,500 l-a)
- Ce résultat indiquait évidemment que l’effort moyen de traction était composé de deux parties variant différemment. Le plus simple était d’en rechercher la cause dans le mode de suspension du moteur. Or, si l’on appelle :
- x l’effort de traction correspondant au poids porté sur les essieux par l’intermédiaire des coussinets et des ressorts, et y l’effort de traction correspondant au poids porté directement par les essieux,
- On obtient les trois équations suivantes :
- ro«+2^ — 12 X7.57 = 9°>s4 (1)
- 8,250^ + 2^ = 10,250 X 8,25 = 84,56 (2)
- 6,500 x -\- 2y = 8,500 X 8,55 = 72,68 (3)
- En combinant ces équations deux à deux, on obtient pour x et pour y les valeurs suivantes :
- fOet(a), * — 3,6 kg, >' = 27,4 kg;
- (2) et (3), x — 6,8 » jy == 14,2 »;
- (1) et (3), * = 5,5 » '7,9 * !
- soit, en moyenne
- * = 5,3 % et ^ = 19,8 kg
- En d’autres termes, l’effort de traction correspondant au poids porté directement sur les
- essieux est en moyenne de y à 4 fois plus grand que l’effort de traction correspondant au poids porté par les mêmes essieux par Vintermédiaire des coussinets et des ressorts.
- La conclusion s’impose donc de suspendre les moteurs sur le truck de la voiture et de ne laisser porter directement sur l’essieu que le moindre poids possible.
- Tous les constructeurs connaissent l’importance du mode de suspension des moteurs, mais nous ne croyons pas qu: son influence ait jamais été constatée aussi clairement.
- Dans un même ordre d’idée, on pourrait signaler ce fait que de supporter élastique-ment la caisse des voitures par rapport aux trucks, réduit très sensiblement l’effort de traction. Ce résultat est dû probablement à l’amortissement des oscillations qui causent des chocs et entraînent par instant le frottement du boudin des roues contre la joue de l’ornière des rails.
- La disposition des circuits sur la voiture, pour le contrôle de la vitesse, est aussi complètement différente de ce qu’elle était sur les anciennes voitures. La figure 9 en représente le schéma général.
- Les divers éléments de la batterie sont groupés invariablement en série ; les moteurs sont excités en dérivation.
- Le contrôleur, représenté en bas et à gauche de la figure, se compose d’un disque en fonte recouvert d’ébonite sur ses deux faces, et sur lequel sont montées quatre couronnes concentriques en métal ; les deux couronnes extérieures commandent le circuit des induits et les deux couronnes intérieures le circuit des inducteurs.Un frotteur métallique à deux bras inégaux, pivoté au centre du disque, réunit les deux couronnes extérieures, en des points situés aux deux extrémités d’un meme diamètre. Un frotteur semblable, mais de longueur appropriée au diamètre des couronnes intérieures réunit de même ces deux dernières; il est isolé du grand frotteur ou frotteur extérieur et est monté à angle droit sur le même axe que lui, en sorte que leurs mouvements sont solidaires.
- p.65 - vue 66/624
-
-
-
- 66
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- La partie supérieure de la couronne extérieure est occupée par un plot métallique isolé. De chaque côté de ce plot, en sont disposés 20 autres, 10 de chaque côté, et qui sont numérotés, sur le dessin, de i à 20. Ces plots sont reliés deux à deux, symétriquement par rapport au diamètre vertical du
- disque; ils sont reliés, en outre, par des conducteurs spéciaux aux points du rhéostat du courant des induits qui portent les mêmes numéros. Pour ne pas surcharger le dessin, on a supprimé ces derniers conducteurs. La partie inférieure de la couronne est occupée par un plot unique de grande longueur, qui
- est relié à une des bornes du rhéostat des inducteurs et au pôle positif des moteurs.
- La seconde couronne est formée de trois plots de longueurs inégales : un petit à la partie inférieure, qui est complètement isolé; un grand sur la gauche, qui est relié avec le pôle négatif de la batterie; et enfin, un de dimensions un peu moindres, qui s’étend sur le restant de la couronne et est relié au pôle positif de la batterie.
- La troisième couronne* ou couronne exté-
- rieure de l’excitation, est formée d’un grand secteur Fl G, relié au pôle positif de la batterie et à une des bornes du rhéostat de l’excitation, figuré en haut et à droite du dessin ; le restant de la circonférence de cette couronne est occupé par 10 plots, numérotés de 21 à 30, et qui sont reliés respectivement aux points du rhéostat d’excitation qui portent les mômes numéros.
- Enfin la couronne intérieure est continue et reliée au pôle négatif de la batterie.
- p.66 - vue 67/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 67
- Le schéma est complété par l’indication des appareils de mesure qui sont placés à poste fixe sur la plateforme, sous l’œil du mécanicien, et des appareils de mesure enregistreurs qui peuvent être placés à volonté dans la voiture, sur des suspensions élastiques appropriées, quand on veut étudier le fonctionnement de la voiture. Enfin un commutateur inverseur, placé sur la plateforme, permet au mécanicien de renverser le sens de la marche en cas de besoin.
- Si l’on suit avec attention la marche des circuits, on voit que les deux moteurs sont groupés en dérivation. Dans la position du contrôleur représentée sur le dessin, le courant est interrompu dans les induits, mais les inducteurs sont excités par le plus fort courant qu’ils peuvent supporter.
- Si le frotteur est manœuvré de façon que le grand bras du levier vienne sur le plot 11, le circuit de la batterie est fermé sur les moteurs à travers tout le rhéostat inferieur ;
- l’excitation des inducteurs est toujours à son maximum. Cette position correspond à la moindre vitesse. En continuant à manoeuvrer le contrôleur vers la droite, le levier passe
- successivement sur les plots 12, 13....... .20,
- la résistance extérieure est diminuée de plus en plus, et la vitesse augmente en conséquence jusqu’à 6 km : h. Pendant ces diverses périodes, la valeur de l’excitation n’a pas changé.
- Lorsque le grand bras du levier extérieur quitte le plot 20 pour venir au contact du secteur AB, le rhéostat inférieur est complètement supprimé et, à partir de ce moment, la résistance du circuit des induits reste constante tant que le frotteur est sur la touche AB. Mais, d’après les positions respectives des plots sur les différentes couronnes et des frotteurs entre eux, lorsque le
- grand bras du frotteur extérieur quitte le plot 20 pour le secteur AB, le grand bras du levier intérieur quitte le secteur G H et vient en contact avec le plot 21, ce qui a pour effet d’introduire une partie de la résistance du rhéostat supérieur dans le circuit des inducteurs et, par conséquent, de diminuer l’excitation : la vitesse augmente donc; en continuant la manœuvre vers la droite, la résistance introduite dans le circuit des inducteurs est de plus en plus grande et la vitesse prend des valeurs sans cesse croissantes, de façon à atteindre environ 16 km : h.
- Un butoir B limite l’amplitude des déplacements des frotteurs.
- Pour obtenir l’arrêt, il suffit de ramener la manivelle en arrière, ce qui aura pour effet de renforcer l’excitation et de réduire, la vitesse
- p.67 - vue 68/624
-
-
-
- 68
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- par conséquent, de 16 à 6 km. Puis on in-tercalle le rhéostat, on isole la batterie des machines; et ce qui réduit le débit à o. A partir de ce moment si on laisse la manivelle au repos, la voiture court sur sa puissance vive à la vitesse de 6 km au départ ; si on veut accélérer l’arrêt, on continue le mouvement, ce qui a pour effet de fermer les induits sur le rhéostat, puis de diminuer la résistance de cc rhéostat et en dernier lieu de fermer les- induits sur eux-mêmes.
- A ce moment, la voiture est complètement arrêtée.
- Le freinage réalisé de cette façon est d’une énergie remarquable. L’essai en a été fait souvent, soit volontairement, soit -en cas d’urgence, en ramenant brusquement la manivelle jusqu’au court-circuit au moment ou la voiture était lancée à 16 km. à l’heure. On a toujours obtenu l’arrêt en quelques mètres.
- 4Ü Récupération du courant. — La récupération du courant sur leS"voitures à accumulateurs a été proposée par E. Reynier, qui en expliquait ainsi le principe_ : « Dans les pentes supérieures à i pour ioo (en admettant un effort de traction égal à io kg par tonne), on fera renversement de courant sur le troisième couplage (toutes les sous-batte-ries en quantité). H y aura alors récupération d’électricité dans les accumulateurs. Une série de résistances sera adjointe à ce troisième couplage. On passera du circuit ouvert à la fermeture sur quantité en passant par des résistances successivement décroissantes, jusqu’à o, pour accroître graduellement l’intensité du courant de charge et l’action du frein électrique ainsi obtenu. Le maximum d action de ce frein électrique récupérateur sera obtenu avec la résistance additionnelle nulle. C’est seulement quand ce maximum sera insuffisant, qu’on aura recours aux freins mécaniques ».
- Dans la voiture que nous venons de décrire l’action est légèrement différente : le couplage des éléments reste toujours le même et l’ordre des liaisons entre la batterie et les
- moteurs n’est pas changé lors de la récupération.
- Supposons que le grand bras du frotteur soit dans une position quelconque, entre n et B ; si la voie est en pente, la force de la pesanteur viendra s’ajouter à celle des moteurs et la voiture prendra une vitesse de plus en plus grande. La force contre-électromo-trice des moteurs augmentera proportionnellement à la vitesse, et, lorsque celle-ci sera suffisamment élevée, elle dépassera la force électromotrice de la batterie ; à ce moment, le sens du courant changera et la batterie se rechargera. L’excès de puissance étant absorbé par les moteurs, la vitesse prendra une allure régulière.
- L’emploi des moteurs excités en dérivation est particulièrement favorable, puisque la vitesse de rotation de ces moteurs, pour une excitation donnée, est constante, ce qui assure une grande sécurité dans les descentes, quelle que soit la pente. On voit, d’après ce qui précède, que la récupération se produit automatiquement, dès que la voiture se trouve sur une pente suffisante, et cela sans que le mécanicien ait même besoin de savoir qu’il se trouve sur une descente. Toutefois, pour obtenir le meilleur résultat, avec ce procédé, il est nécessaire que le frotteur se trouve sur le secteur AB; sans cela, tout ou partie du rhéostat des induits serait parcouru par le courant à récupérer, ce qui entraînerait une perte. inutile. En modifiant l’excitation, on peut augmenter ou diminuer la vitesse à volonté, sur les pentes comme sur les parties en palier. Lors des arrêts sur des pentes impor-. tantes, le mécanicien commence par amener le frotteur sur la gauche du contrôleur et diminue progressivement la résistance introduite. La vitesse est ainsi réduite en peu d’instants à 6 km à l’heure environ. Pour achever l’arrêt, on applique ensuite les freins mécaniques.
- On obtient ainsi un arrêt à la fois très rapide et très doux. Cela procure en outre l’avantage de réduire l’usure des freins et du bandage des roues.
- p.68 - vue 69/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLEGTRICITÉ
- 69
- L’avantage qu’on peut retirer de la récupé- 1 la voiture est égale àP(*|a) 1, P étant le ration se calcule aisément. poids de la voiture en tonne, .r l’effort contre
- Lors de la montée, l’énergie dépensée par I la pesanteur, a l’effort de traction en palier
- JKliliWwVy
- et l la longueur du trajet. A la descente, le travail disponible sur l’essieu sera égal à P (* — a) l. En raison de la nécessité où l’on se trouve d’appliquer les freins lors de certains arrêts, delà perte d’énergie dans les résistances
- de réglage, etc., on ne peut compter utiliser plus de 0,85 de ce travail ; la transformation de l’énergie mécanique en énergie électrique par les moteurs se fait avec un rendement de 0,75 environ ; les accumulateurs ont un ren-
- p.69 - vue 70/624
-
-
-
- 70
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- • Rue de S1 Pète
- Bztign
- Fig. rj. - Courbe du wattmètre enregistreur.
- 0,85 X 0,75 X 0,70 X 0,75 = 0,^5, soit 53 I Ces chiffres correspondent à peu près à la pour roo environ de l’énergie disponible sur réalité. Ainsi, les courbes que nous publions l'essieu, au maximum. (fig. 10 et n), donnent les résultats suivants
- p.70 - vue 71/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Avenue de Saint-Ouen
- Dépense en rampe............... 976,5 watts heures
- Récupération en pente.......... 585,0 »
- Dépense réelle................. 59*.5 »
- Rue de Rome
- Dépense en rampe............... 625,8 »
- Récupération en pente.......... 216,0 »
- Dépense réelle................. 4°9>8 »
- C’est à dire qu’on a récupéré, dans le per-mier cas, 39 pour 100 du courant dépensé, et dans le second cas 34 pour 100. Si l’on tient
- compte du rendement des accumulateurs, on voit que l’énergie électrique due à la récupération, disponible lors de la prochaine montée. sera égale à 23,8 ou 27,3 pour 100 du courant dépensé lors de la première montée.
- Les courbes d’enregistreurs que nous reproduisons en figures 12, 13 et r4 conduisent aux mêmes conclusions. Sur la courbe d’ampèremètre, les points principaux du parcours sont indiqués ; en se reportant au profil en long du tracé, que nous avons publié précé-
- demment (fig. 5), on peut se rendre compte ' de la pente en ces points. Les parties couvertes de hachures indiquent la récupération. Les vitesses sont données, à chaque instant, par le tracé supérieur qui donne, suivant la vitesse, un trait (_!_) ou un petit pont vertical ( J L) tous les 4 tours de roue.Ledéve-loppement de la roue est de 2.55 m ; un trait vaut donc 10.20 m : le papier déroulait avec une vitesse de 2,25 cm à la minute.
- Sur la courbe du wattmètre, la récupération est indiquée par les courbes situées en dessous de l’horizontale tracée au milieu de
- la courbe (fig. 13). Les indications du watt-mètre ne sont pas proportionnelles et ne servent qu’à indiquer le sens du courant, c’est à dire les temps de débit ou de récupération.
- La figure 14 donne la courbe du voltmètre enregistreur. On remarquera qu’aux périodes de récupération, la force électromotrice atteint 120 volts.
- La dépense indiquée par ccs courbes a été très élevée Avenue de Saint-Ouen, et la récupération en ce même endroit a été relativement faible. Cette différence tient à l’état de la voie le jour où les expériences ont été faites;
- p.71 - vue 72/624
-
-
-
- 72
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- ie rail à ornière était en partie couvert par les déblais nécessites par la construction d’un égout.
- Le poids total de la voiture, pendant tout le parcours, était de 12 tonnes.
- L’emploi de la récupération tend à atténuer le désavantage que les voitures à accumulateurs doivent au poids mort de leur batterie, et cela d’autant plus que les pentes sont plus importantes. Admettons une ligne en pente continue; une voiture ordinaire, à trôlet, du poids P dépenserait pendant la montée P (x-j-u) C à la descente, elle ne dépenserait rien, et absorberait l’excès de puissance de la pesanteur par Faction des freins. Une voiture à accumulateurs pèserait P A en raison dû poids p de la batterie. A la montée, elle dépenserait (P+^>) (i-fa) 1, età la descente, elle récupérerait 0,33 (P -f- p) (x-a) L
- Pour que les travaux dépensés par les deux voitures soient identiques, il faudrait que Fon ait •
- P {x-\-a)l =(P-hfK# + <OZ —0,33 (P+fOO — a)l.
- D’où Fon tire pour le poids possible p de la batterie
- En admettant pour le poids P delà voitureà trôlet la valeur de 10 tonnes, pour-a la valeur 12 kg, et pour x les valeurs 20, 30, 40, 50, on voit que le poids possible de la batterie serait de 0,9 — 1,65 — 2,15 — 2,53 tonnes. C’est à dire qu'en employant la récupération, les voitures à accumulateurs peuvent peser 0,9 à 2,33 tonnes déplus que les voitures à trôlet, sur des pentes de 2 à 5 pour 100, sans que le travail mécanique réellement dépensé sur l'essieu moteur soit plus considérable. Cela n’implique pas que le travail mécanique dépensé à l’usine serait le même dans les deux cas; il dépend du rendement des deux systèmes; comme le rendement delà traction des accumulateurs est plus faible
- que celui de la traction par trôlet, l’énergie dépensée à l’usine serait plus considérable pour le premier système que pour le second.
- Sur toutes les lignes dont la pente est égale ou inférieure à 1,2 pour 100, le poids possible de la batterie est égal à zéro, c’est à dire que, quel que soit le poids de cette batterie. la voiture dépensera plus que la voiture à trôlet.
- En résumé, la diminution du poids cle la batterie et l’emploi de la récupération, sur les nouvelles voitures, permet de réduire dans de fortes proportions la dépense d’énergie par rapport aux anciennes voitures.
- Les chiffres contenus dans le tableau 111, qui ont été relevés par M. Picou, ingénieur-conseil de la Compagnie des Tramways, les 29 juin et 2 juillet derniers, permettent d’estimer que les nouvelles voitures dépenseront environ les deux tiers de ce que dépensent les anciennes voitures.
- Le poids des anciennes voitures, dans ces expériences était de 14,5 tonnes et celui des nouvelles de 12 tonnes. Le rendement des accumulateurs en quantité est supposé égal à 0,85, et le nombre cle watts au tableau est calculé d’après celui qui est relevé sur les voitures et en admettant que le rendement en énergie des accumulateurs est de 70 p. 100.
- Estimation du prix de revient possible. —
- Si Fon se base sur les chiffres que nous avons donnés au cours de cet article, on voit que les prix de revient par voiture-kilomètre, avec les nouveaux procédés, s’établiraient ainsi ;
- La manutention serait réduite à 2 centimes environ; l’entretien à 8 centimes ; la génération de la force motrice serait réduite aux deux tiers, ou 70 pour too de ce qu’elle coûte actuellement soit 18 X 0,7 — 13 centimes; l’emploi de moteurs semblables à ceux qui sont employés sur les voitures à trôlet permet de supposer que leur entretien ne coûterait pas plus que sur ces dernières, soit 3 centimes. On serait donc conduit au prix total deo,34 fr-
- p.72 - vue 73/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- Dépenses comparées, r ., des Tableau III urs de Saint-Denis, nouve
- j— Distances Dépense Récupération Récupération!Dépense L M. ^ Watts dépensés
- ?~ a! h! | a!°h! £h. | A?H.r en A. H. |eu A. HJmoyen par km-v. [ par km-v.
- Voiture ancienne .1,36 15 >23 !5>47 Sur rails Vignole [ 28,70 I 315 544 I 777
- » nouvelle 25 >72 18,75 2.09 5,97 6,06 Xo,85 37,20 | IIO 360 514
- Différences l | | ' | | | 184 | 263
- Su rails Broca
- Voiture ancienne 8,37 14.52 17^5 1 31,47 I 210 787,5 ] 11,5
- » nouvelle S>J7 31,76 25,68 8,5X0,85 40,18 110 528 754
- Différences 259’5 | 571
- i« Entretien et manutention des accumulateurs o,iofr.
- 3° Force motrice............................ 0,13 v
- 3° Entretien des trucks et moteurs.......... 0,03. -»
- 4n Personnel de conduite.................... 0,08 »
- Le prix établi précédemment estde c.47 fr; ce serait une diminution de 30 pour 100, qui permettrait aux voitures à accumulateurs de se classer immédiatement après les voitures à trôlet, au point de vue économique.
- Il faut attendre les leçons de la pratique pour porter un jugement définitif sur ces nouveaux procédés. Mais nous avons tenu à les exposer avec détails dès à présent, car ils marquent un réel progrès sur ce qui a été fait jusqu'ici et font le plus grand honneur à l’énergie et à l’intelligence des ingénieurs qui les ont conçus.
- G. Pellissier.
- LES COURANTS POLYPHASÉS LES CHAMPS TOURNANTS
- Le but de cet article n’est pas de donner une nouvelle théorie des courants polyphasés et de leur application à la construction des moteurs électriques. Un grand nombre
- de travaux ont été publiés au sujet de cette théorie, en particulier dans cette revue ; mais justement à cause du nombre de ces travaux, et aussi de leur importance variable ou de leur objet plus ou moins particulier, un lecteur désirant seulement avoir une idée d’ensemble du sujet, ou même en commencer une étude approfondie, peut se trouver embarrassé au premier abord.
- Je voudrais donc ici résumer les connaissances acquises, en insistant seulement sur les points les plus importants (')•
- Causes de l'emploi des courants polyphasés. — Les courants continus ont d’abord été employés dans l’industrie, bien que. leur production exige des redresseurs plus ou moins compliqués, les courants alternatifs étant ceux qui sont produits le plus naturellement par les machines. Ces derniers avaient le désavantage de ne pouvoir être emmagasinés, ni appliqués à l’électrochimie, et surtout de fournir des moteurs fonctionnant moins bien que les moteurs à courants continus.
- Tar contre , ils pouvaient être facilement transformés, au moyen d’appareils très simples n’exigeant presqu’aucun entretien, et
- plusieurs reprises le mode d'exposition an cours professé par M. Mascart au Collège de France.
- p.73 - vue 74/624
-
-
-
- 74
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- cette propriété permettait de transporter la puissance électrique plus commodément et à bien meilleur compte qu'avec les courants continus. Le principal problème à résoudre pour que leur emploi devînt véritablement pratique,était donc de trouver un bon moteur à courants alternatifs : les courants polyphasés ont fourni une solution de ce prob’ème, et c’est ce qui explique leur rapide essor.
- Propriétés des courants polyphasés. Champs tournants. — Lorsqu’un cadre fermé tourne d’un mouvement uniforme dans un champ magnétique constant, le courant qui prend naissance dans le cadre est de la forme
- Si nous supposons une série d’autres ca-
- polypha
- dres semblables dont les plans font respectivement avec le plan du premier des angles 2 $, (n—i) d, les courants produits dans ces différents cadres ont pour expressions :
- *',=* cos («f-8),
- î„ = «cos [»* — {«— f 8],
- et constituent une série de courants polyphasés.
- Envoyons les courants polyphasés dans des bobines placées sur une circonférence, et dont les axes, concourant au centre, font entre eux des angles égaux à $. Chaque bobine
- produit un champ magnétique dont l’expression est proportionnelle à celle du courant qui parcourt la bobine. Composons ces divers champs, en cherchant leurs projections sur deux axes rectangulaires ox etoy(ûg. i).
- Désignons par X et Y les projections du champ résultant.
- On a, en prenant pour unité l’amplitude d'un des champs composants :
- + COS [M< J(„_I}Î] COS [*_(»-!)*]
- Mais on a
- 2. COS ut. COS y — COS fia / — ®) + COS (a t y)
- 2 COS («* —8). cosfy —8)=cos(wf —-p)4-cos (wf + ip —28)
- 2. COS *_(„_!)«]. COS fo-(«-l)3] = COS(«f_?)
- + cos [w f+ f — a<« — 1)3]
- d’où
- 2. X ~n cos (w t— y)+ cos (iw t -4-y) + cos(w t -f- y — 28)
- -1-cos M4 8)+...............
- ou en faisant la somme des cosinus des arcs en progression arithmétique,
- »X = »cos(»i-f) + S^y ri" [W + S-(»-i)«] . De même :
- Si les courants sont distribués régulièrement sur une circonférence ou sur une demi-circonférence, c’est à dire si l’on a n£ = 2x ou nô' = r, les seconds termes sont nuis, et il reste
- sX = «.cos M-?)
- 2Y = «-sin
- On aura ainsi constitué un champ magnétique d’intensité constante et tournant avec la vitesse angulaire «. Un aimant placé dans ce champ suivra son mouvement ; un cadre conducteur fermé sur lui-même tendra à se placer dans la position où le flux qui le traverse soit minimum à chaque instant, et sera ainsi également mis en mouvement : tel est ! le principe des moteurs à champ tournant.
- p.74 - vue 75/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 75
- Dans ce qui précède, j'ai supposé identiques | les cadres produisant les courants, et les bobines qui les reçoivent ; si cette condition n'est pas réalisée, on obtiendra encore un champ tournant, mais dont l'intensité ne sera plus constante. On aura un champ tournant elliptique au lieu d'un champ tournant circulaire.
- Production des courants polyphasés. — Le problème revient en somme à produire un champ tournant dans une machine qui doit fonctionner comme moteur ; il peut être résolu de deux façons : i° Produire directement les courants polyphasés, et les envoyer dans les organes convenablement disposés de la machine ; 2° Envoyer simplement un courant alternatif, et, au moyen d’un dispositif particulier, l’utiliser de manière à produire sur place les courants polyphasés et par suite le champ tournant dont on a besoin. Nous allons passer rapidement en revue quelques exemples de l'un et l’autre cas.
- i* Production directe des courants polyphasés. — a. Il suffit de modifier la disposition d’un induit fermé, comme celui de la machine Gramme, pour lui faire produire des courants polyphasés. Ainsi, en le divisant en n parties égales qui se succèdent dans le champ de l’inducteur, on obtient des courants présentant des différences de phase de — ; on peut réunir chacune de ces parties de l’induit avec une bague placée sur l’axe, et recueillir les courants au moyen de balais frottant sur les bagues. La machine Dobrowolski à courants triphasés est fondée sur ce principe. Dans la machine Schuckert, on produit par un moyen analogue des courants biphasés.
- b. On peut encore construire des alternateurs dans lesquels à un pôle correspondent plusieurs enroulements de l’induit : le pôle agit successivement sur chacun d’eux et y produit des courants ayant des différences de phases constantes. -On réunit les enroulements possédant le même rang dans chaque ensemble. C’est le cas des machines Brown.
- des alternateurs d’Oerlikon, et de certaines dispositions de Tesla.
- Remarquons de suite que, si on fait arriver les courants ainsi produits dans des réceptrices construites exactement comme les génératrices, elles prendront un mouvement inverse de celui de ces dernières et fonctionneront comme moteurs les moteurs sont [ainsi semblables aux générateurs.
- 2° Utilisation d’un courant alternatif. — a. Le courant alternatif arrive dans le primaire d’un transformateur. Dans le secondaire se produit une force électromotrice décalée de
- sur le courant inducteur, et un courant décalé lui-même sur la force électromotrice qui lui donne naissance d’un angle variant de o à - suivant la self-induction et la résistance du circuit. En choisissant une forte résistance et une faible self-induction, on peut rendre très petit ce deuxième décalage ; on aura donc deux courants dont la différence de phase diffère peu de - ; on pourra les employer soit en les envoyant dans deux bobines à angle droit (Ferraris), soit en utilisant immédiatement les champs produits par les deux courants : le compteur Shallenberger pour courants alternatifs se compose de deux bobines, l’une dans laquelle circule le courant alternatif, l’autre, à 450 de la première, et fermée sur elle-même, figurant l’induit. Un disque est mis en mouvement par le champ tournant elliptique ainsi produit.
- b. On peut envoyer le courant alternatif dans deux dérivations, que l’on choisit de telle sorte que la différence de phase qui s’établit entre les courants dérivés soit voisine de -. On peut y arriver en donnant à l’une des dérivations une grande self-induction et une faible résistance, et à l’autre une grande résistance et une faible self-induction (Tesla), ou encore en intercalant un condensateur dans l’un des circuits (Ilutin et Leblanc) ; un condensateur joue en effet dans un circuit parcouru par un courant alternatif un rôle
- p.75 - vue 76/624
-
-
-
- 76
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- contraire à celui de la self-induction et peut détruire l’effet de cette dernière ; il est facile de le montrer de la manière suivante :
- Soit c la capacité du condensateur, q sa charge. L’équation donnant l’expression de l’intensité est
- EcoS»*-C? = RI + X.^. (.)
- Mais d'autre part, on peut écrire I = et comme la charge q est représentée par une fonction de période o>,
- dl di q .
- dt=dt* = -*1 q'
- En remplaçant dans l’équation (i) q par ——, ü elle devient
- w d t,
- / c \ d I
- EcMMf = RI+(L-^)jï,
- et, sous cette forme, on voit que l’on peut réduire la valeur du coefficient de ^autant qu’on le veut.
- Moteurs à champ tournant. — Ils sont constitués par un champ tournant agissant sur un secondaire ; c’est de la nature de ce secondaire que dépend la manière de marcher du moteur. Nous allons donc chercher comment peut s’entretenir la marche d’un moteur à champ tournant avec les différentes formes du secondaire, et nous en déduirons la distinction en moteurs synchrones et asynchrones, qui est celle employée habituellement.
- I® Supposons d’abord que le champ tournant agisse sur un aimant, ou, ce qui revient au même, sur une bobine parcourue par un courant continu.
- Soit F le champ constant, tournant avec la vitesse angulaire w, et OA l’axe de l’aimant, tournant avec la vitesse &>' (fig. 2.).
- Le couple moteur à un moment donné est égal au produit du moment de l’aimant, par l’intensité du champ et par le sinus de l’angle FOA. On a:
- C = FM.sin[(«-«')* + 3] .
- Le travail effectué par l’aimant pendant le temps dt est égal à :
- dw — G. r.)’. d t =F M «' sin [ (w — &>') £ + 5]. d t .
- On voit que, si 00' est différent de w, le couple moyen est nul, puisqu’il est représenté par une fonction sinusoïdale dont l’intégrale pendant une période est nulle, et le travail utile est également nul.
- Il faut donc, pour qu’un tel moteur puisse fournir du travail, qu’il soit lancé à une vitesse égale à celle du champ tournant ; de là, le nom de moteurs synchrones donné aux moteurs de ce genre.
- Si cd = w', la valeur du couple devient constante et égale à
- FM. sin S.
- On constitue également des moteurs synchrones en disposant dans un champ constant un système d’enroulements parcouru par des courants polyphasés et établi de manière à donner un champ tournant. On a alors à considérer : i° Le champ tournant, faisant au temps t un angle at avec une droite fixe; 2° Le système de bobines, tournant en sens contraire du champ, de manière qu’une droite invariablement reliée au système fasse avec la droite fixe un angle ait — $. Le couple a la même valeur que dans le cas précédent, et on arrive à la même condition « = &>'. Dans ce cas, on voit que le mouvement du système a une vitesse égale à celle du champ tournant
- p.76 - vue 77/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 77
- et de sens contraire, de sorte que celui-ci devient fixe dans l’espace.
- II0 Supposons maintenant que le champ tournant agisse sur un induit fermé sur lui-mème, que nous figurerons par un cadre pour plus de simplicité. Soit OA l’axe du cadre, et F le champ tournant (fïg. 3).
- L’induit ne tournera pas ici avec la même vitesse que le champ; en effet, le flux qui le traverse serait alors constant, il ne serait parcouru par aucun courant, et par suite le couple moteur serait nul. L’induit aura donc un mouvement relatif par rapport au champ, d’où le nom de moteurs asynchrones donné aux moteurs à induit fermé.
- Soit S la surface du cadre ; le flux que le champ y envoie au temps t est
- ? — F. S. cos O — m'J t -f- 3],
- et le courant qui le parcourt est donné par l’équation ;
- d’où l’on tire :
- en posant
- et
- La valeur du couple moteur à l’instant t est :
- ~\fr*+V
- C — F S i
- La valeur moyenne est l’intégrale de C prise pendant une période et divisée par la valeur de la période, c’est à dire ici
- C — F* S8 u cqs ^ _ F* S* r u
- Cherchons la valeur de ce couple au démarrage, c’est à dire quand le champ tournant venant d’être établi, la vitesse de l’induit est nulle. On a :
- On voit que ce couple est différent de 0 ; on peut même s’arranger de façon que sa valeur soit très voisine de celle du maximum de C; en effet, C est maximum quand la fraction ^est eFe-même, ce qui a lieu quand
- on g:
- r — lu.
- Il suffit donc que l’on choisisse r et Me façon que
- pour que le couple au démarrage soit égal au maximum.
- Remarquons d’autre part que, au démarrage, le courant est considérable, puisque le facteur u qui figure dans son expression atteint alors sa plus grande valeur. Pour éviter un échauffement trop, considérable, il est donc bon d’introduire d’abord des résistances dans le circuit, ce qui a en outre l’avantage d’augmenter le couple, dans lequel figure le facteur r. Le régime est vite atteint, et on peut enlever les résistances additionnelles.
- Si on fait abstraction de l’énergie dépensée pour la production du champ tournant, on peut facilement au moyen des formules pré-
- p.77 - vue 78/624
-
-
-
- 7 8
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- cédentes calculer le rendement. La puissance développée par le couple est, par unité de temps,
- D’ailleurs la quantité de chaleur dépensée dans le circuit est égale au produit de la résistance r par le carré moyen du courant, c’est à dire :
- La quantité totale d’énergie dépensée est donc :
- Fig. 4. — Transmission des courants biphasés.
- et le rendement
- Transmission et transformation des courants polyphasés. — Lorsqu’on emploie les champs tournants dérivés d’un seul courant alternatif, il suffit de produire ce courant à l’endroit où l’on dispose de la force motrice, et de l’envoyer au moteur par deux fils. Lorsqu’on produit à la première station des courants polyphasés, le problème est plus complexe. Supposons qu’il s’agisse de courants biphasés. On peut transmettre chacun d’eux par 2 fils indépendants (fîg. 4); mais alors il faudrait 4 fils de ligne, d’où une dépense considérable. On peut aussi réunir les deux fils de retour(fig. 5); si les intensités des deux courants sont respectivement A sin o)t et A cos w/, l’intensité sera
- A sin + A cos .J — A \/a. sin („ f I ^
- Les amplitudes des deux courants ne sont d’ailleurs égales que si les deux fils sont iden-
- tiques. S’il s’agit non seulement d’un transport de courants d’un générateur à un moteur, mais d’une distribution complète, servant par exemple à l’éclairage, il faudra que les deux fils soient également chargés, aient le même travail à fournir. Autrement, les amplitudes différeraient, et on ne pourrait plus produire un champ tournant circulaire avec les deux courants.
- Examinons maintenant le cas des courant* triphasés. On peut faire aboutir les trois courants au même point, sans qu’aucun fil de jonction réunisse les deux points de concours;
- en effet, la somme des intensités, est, à un moment quelconque,
- ou, d’après la formule d’addition des sinus d’arcs en progression arithmétique,
- Cette disposition est appelée disposition en étoile (fig. 6.).
- Une autre disposition employée est celle dite en triangle (fig. 7). Les courants it, i3 d une part et jt,jt d’autre part, étant triphasés, on a ;
- û+ji+ja — °- (U
- D’après le mode de réunion des fils, on a d’autre part.
- = h — û u —y* = h — h
- y* - y, = h — *,
- p.78 - vue 79/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 79
- ou
- *< —j< = h -y, = h —j,.
- Mais les relations (i) retranchées membre à membre donnent.
- (ù —j\) + (h — jù —f) = °
- Il en résulte
- c’est à dire que les courants transportés reproduisent exactement les courants de départ.
- Bien entendu, les propriétés de ces deux modes de distribution des courants triphasés ne sont vraies que si les trois circuits sont également chargés, ce qui exige un certain réglage, parfois délicat, dans le mode de distribution.
- L’avantage d’une facile transformation, que
- %
- W
- Fig. 6. — Disposition en étoile pour
- Ton avait trouvé à l'emploi des courants alternatifs, persiste dans celui des courants polyphasés. Les transformateurs à courants polypasés sont employés comme les trans-
- is transmission des courants triphasés.
- formateurs ordinaires : dans le cas des courants biphasés, on pourra fermer les deux circuits magnétiques par une même pièce de fer {fig. 8), et, dans le cas des courants tri —
- Fig. 7. - Dispc
- ingle pour
- phasés, constituer le noyau magnétique par trois piliers parallèles reliés par deux couronnes.
- On peut donc, comme pour les courants alternatifs ordinaires, établir des transformateurs au départ et à l’arrivée et transporter les courants polyphasés sous une grande tension et une faible intensité ; cela permet d’employer des fils de ligne assez minces, et des génératrices plus simples donnant des courants de grande intensité et de faible tension.
- Exemples de moteurs à champ tournant. — b Moteurs synchrones.
- Moteur Schückert. — Nous avons indiqué la génératrice, construite de manière à obtenir des courants biphasés au moyen d’un anneau Gramme; le moteur est semblable à la génératrice, mais ne peut lui être relié au moyen de trois fils seulement, car la disposition adoptée est telle qu’une partie de l’induit serait mise alors en court circuit. Pour n’employer cependant que trois fils, on se sert de deux transformateurs, au départ et à l’arrivée, entre lesquels ce genre de transmission. est possible.
- Moteur Testa. — Il utilise un courant alternatif produisant un champ tournant au
- p.79 - vue 80/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- moyen d'une dérivation, comme nous l’avons vu plus haut.
- Le champ tournant agit sur un électroaimant à courant continu ; autour de cet électro-aimant est enroulée une bobine, fermée sur une résistance convenable ; lorsque le travail demandé au moteur varie, ce qui tend à changer la vitesse et par suite à détruire le synchronisme, il se développe dans cette bobine, comme dans l’induit d’un moteur asynchrone, un courant qui produit un couple tendant à rétablir le synchronisme.
- II. Moteurs asynchrones.
- Moteur Hulin et Leblanc. — Le champ tournant est produit par un courant alternatif portant une dérivation munie d'un condensateur. L’induit est formé par deux enrou-
- Fig. 8.
- lements polygonaux fermés respectivement, au moyen de bagues situées sur Taxe et de balais métalliques, sur des résistancesque l’on peut faire varier de manière à rendre, comme nous l’avons vu, le couple au démarrage plus considérable.
- Moteur Dobrowolski. — Le champ tournant est produit au moyen de courants triphasés. L’induit comprend trois circuits fermés munis de rhéostats de démarrage. Chaque circuit est formé par des conducteurs de cuivre placés à la périphérie d’un cylindre en fer feuilleté, qui diminue la résistance magnétique de l’induit au flux mobile.
- Moteur Brown. — Le principe est le même que celui du précédent, mais on a réuni entre elles les extrémités de tous les conducteurs parallèles, ce qui ne change pas la forme générale de l’induit ni par suite la théorie que I
- nous avons donnée plus haut. Ce sont les machines Brown qui ont été utilisées dans les fameuses expériences de Francfort sur la transmission de la force à distance. Pour donner une idée des rendements qu’on obtient dans ces transformations, j’emprunterai les nombres suivants à l’ouvrage de MM. Ro-det etBusquet sur les courants polyphasés : Dans les expériences de Francfort, une chute d’eau actionnait une turbine, qui mettait en mouvement une génératrice Brown à courants triphasés et à basse tension ; un transformateur élevait la tension et trois fils de cuivre, de 4 mm de diamètre, transportaient les courants à un deuxième transformateur; les courants étaient alors employés soit à l’éclairage, soit à la production de force motrice par des moteurs du système Brown. Le rendement était, de la turbine aux lampes et aux moteurs, de 70a 75 pour 100. En particulier, dans la génératrice et le transformateur de départ, 10 0/0 seulement de l’énergie était perdue.
- En somme, les courante polyphasés ont fourni une bonne solution pour le problème du transport de la force à distance ; ils permettent l’emploi de moteurs commodes, ayant un couple de démarrage considérable, et dont les connexions, surtout pour les moteurs de faible puissance, sont très simples ; ils peuvent être appliqués aux distributions, malgré quelques difficultés de réglage : toutes ces raisons permettent de prévoir que leur emploi deviendra de plus en plus fréquent.
- Ch. Maurain.
- Agrégé des Sciences Physiques.
- Articles et Ouvrages à consulter au sujet des Courants Polyphasés Ferraris. Rotations électroilynamiques produites par les courants alternatifs. Nuovo cimcnto,\. XXIII, P- »46-
- De Fonvielle. Sur un champ tournant. C. R. 11 nov.
- 1885. — Lum. Èïect., t. 34,p. 334, 1883.
- Hutin et Leblanc. Application des courants alternatifs à la transmission du travail. Lum. Èlect., t. 40, P- 203,257, 311, 372, 418, 463, et t. 41, p. 123, 178,330,325.
- p.80 - vue 81/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 81
- Frank GéraLDY. Essai d’une théorie simple des machines à champ magnétique tournant. Lutn. Èlect., t. 41. p. 7-
- Polivo-Dobrowolski. Sur le transport de la force au moyen des courants alternatifs. Lum. Elect., t. 41, p. 378, 480, 604.
- JSlondel. Théorie des moteurs à champ tournant. Lum. Èlect., t. 40, p. 351, 473, 516, 615.
- Bouoherot. Théorie des moteurs à champ tournant Lum. Elect., t. 50, p. 151, 220, 524.
- Hea’ïher. Production d'un champ magnétique tournant. Lum. Èlect.. t. 43, p. 280.
- SahuLKa. Théorie du champ magnétique tournant. Lum. Èlect., t. 42, p. 235, 280.
- Guilbert. Perfectionnements aux moteurs à courants diphasés. Lum. Elect., t. 46, p. 470.
- Sahulka. Sur les moteurs à champ tournant. Lum. Elect. t. 46, p. 224, 279, 3 30.
- Goerges. Sur les variations des tensions dans les systèmes à courants triphasés. Lum. Elect., t. 47, p. 81
- Wjnand. Sur les courants polyphasés. Lum. Elect., t. 47, P. 587.
- Fehraris. Etude des champs tournants. Turin. Décembre 1893. Analysé par M.
- Guilbert. Lum. Èlect., mars 1894.
- Farman. Sur la théorie des moteurs à flux tournant. Lum. Èlect., t. 50, p. 317.
- L. Legrand. Théorie et calcul des moteurs asynchromes à champ magnétique tournant. Bel. Elect., 5, 12, 19 janvier et 13 février 1895.
- Blondel. Théorie des moteurs synchrones à courants alternatifs, simples et polyphasés. A. La,hure, édi-leur, 1S 95.
- S. Hanappe. Etude du champ magnétique d’un molen, électrique du type Brown. Ècl. Èlect., p. iî, 20’ 27 juillet 1895.
- Guilbert. Les moteurs synchrones et la théorie de M. Blondel. Ècl, Èlect. 8 juin 1895.
- Gahex. Calcul des moteurs polyphasés. EUctroiech-nische Zeitschrift, 24 janvier 1895. Ecl. Èlect , 17 août 1895.
- Blondel. Quelques propiiétés des champs magnétiques tournants. Ecl. Èlect., 10 août 1895.
- Blondel. Fuîtes magnétiques dans les moteurs à champ tournant. Ecl, Èlect., 12 et 19 octobre 1895.
- Rodet et Busquet. Les courants polyphasés. Paris 1893 •
- Le système monocyclique, Ècl. Èlect., t. III, p 152.
- Jacquin. Transport et distribution d’énergie électrique par courants polyphasés à Heilbronn. La Lum. Elect., t. 48, p. 301, 370.
- A. et J. Boissonnas. Travail et rendement des moteurs alternatifs asynchrones monophasés. La Lum. Elect., t. 30, p. 109.
- De Bast. Electromoteurs à champ magnétique rota-toire, t. 42, p. 527-
- '•jOerges. Courants polyphasés La Lum. Elect., t. 40, p. 201.
- Tesla. Moteurs à courants alternatifs. La Lum. Èlect., t. 35, p. 136.
- De Fonvielle et Hutin. Nouveau tourniquet électrique. La Lum. Èlect., t. 2, p. 158.
- LES PROGRÈS DE L’ÉLECTROLYSE DES SOLUTIONS DE CHLORURE
- L’électrolyse des chlorures est un sujet intéressant d’étude car les progrès qui se sont accomplis depuis trois ans ont modifié de fond en comble les travaux des chercheurs et leurs méthodes. Il y a déjà les procédés dont on peut dire que c’est del’his-loi.re ancienne, puis il y a ceux qui ont promis beaucoup, dont on s’est enthousiasmé et qu’on a laissés de côté, parce qu’on ne se contente plus de ce qu’ils donnaient. C’était bien il y a deux ou trois ans, mais le mieux, qui est l’ennemi du bien, l’a dépassé de plusieurs longueurs, et rien ne nous étonnerait si ce qu’on admire en ce moment ne subissait bientôt le sort des systèmes qui se sont succédé depuis 1886.
- C’est une longue üsteque celle des procédés électrolytiques tombés au champ de l’honneur. De perfectionnements en perfectionnements on est arrivé à connaître les défauts qu’il fallait éviter, les difficultés qu’il y avait à surmonter. On ne s’est plus contenté des résultats obtenus au laboratoire, ni même dans l’atelier. On a analysé.rigoureusement la dépense du travail et le rendement, et on s’est rendu compte de la valeur ou de la non valeur de chacun des procédés électrolytiques.
- Tout d’abord on a pu s’assurer du caractère peu pratique des hypochlorites que fournit l’électrolyse. C’est un luxe que peuvent se permettre les usiniers qui ont une force hydraulique à leur disposition, et encore vaudrait-il beaucoup mieux pour eux de l’utiliser différemment. Il est difficile de voir les avantages de l’hypochlorite, tandis que ce qui saute aux yeux, c’est que lorsque vous décomposez 100 kilos de chlorure en solution concentrée ou non, vous en laissez la presque
- p.81 - vue 82/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- totalité indécomposée dans l’hypochlorite, ce qui, au point de vue commercial est la condamnation du procédé. On répondra à cela que la solution peut servir plusieurs fois. C’est vrai jusqu’à un certain point, mais quand elle a servi à blanchir des pâtes de papier ou des fibres, elle est tellement souillée par les matières organiques qu’il est indispensable de recourir à des opérations de purification toujours incomplètes.
- Les hypochlorites ont fait leur temps à moins qu’on ne trouve le moyen de leur faire déposer considérablement le maximun de 3 grammes de chlore par litre, qui est leur nec plus ultra. Qu’est-ce que ce misérable rendement ? Ne vaut-il pas mieux prendre des solutions de chlorure de chaux qu'on transforme en hypochlorite de magnésium, de sodium ou de zinc et qu’on dilue ensuite comme on l’entend ?
- Désappointés par l’insuccès de la production des hypochlorites, les électrochimistes se sont tournés du côté du chlore et de la soude caustique ou du carbonate de soude. Puisque le chlorure de sodium contenait ces deux précieux agents, pourquoi ne pas les dissocier et les fabriquer électrolytiquement? On s’est mis bravement à l’œuvre, mais les déboires n’ont pas manqué. Il fallait deux choses essentielles, une anode insoluble et un diaphragme indestructible.
- Avec un acharnement indécourageable et digne d’un meilleur sort, nous avons bravement combattu, mais il est arrivé un jour où nous avons mis bas les armes. Ce n’était pas à cause *de l’anode, qui se désagrégeait, ce n’était pas à cause du diaphragme poreux, qu’il fallait renouveler. A quoi bon un diaphragme qui nécessite pour le remplacer l’arrêt du travail d’une usine ? Et qui, dès qu’il est attaqué par le chlore, commence à faire diminuer la production du chlore et de la soude?
- Ce qui a tué l’électrolyse des chlorures effectués au moyen de cloisons poreuses divisant les cuves en compartiments positifs et négatifs, c’est que le rendement en soude caustique était trop faible.
- Le procédé Greenwood, qui émerveillait le public en 1892, ne parvenait pas à donner une solution renfermant 10 pour 100 de soude caustique. 11 y avait trop de chlorure indécomposé dans le liquide à évaporer. La soude n’était pas pure. Les anodes de charbon de cornue, qu’on remplaça ensuite sans rien dire par des 'plaques de graphite, n’ont été pour rien dans le fiasco de cette entreprise. On n’enavait pas pourson argent ; il n’y avait ni assez de chlore, ni assez de soude.
- Ce qui fut particulièrement fatal à la Caustic Soda and Chlorine Syndicale, dont il n’est plus question que pour rappeler que le procédé qu’elle exploitait, ou plutôt qu’elle essayait et démontrait sur l’échelle de 5 cuves de 6 à 7 chevaux-vapeur, était considéré comme devant révolutionner l’industrie du chlore et de la soude, ce qui donna aussi le dernier coup aux autres méthodes qui avaient à peu prés le meme rendement, ce fut le rapport du D1' J. Ilopkinson sur le procédé Richardson et Holland, qui appartenait à un autre syndicat dont le nom ressemble à celui du Chlorine and Caustic Soda Syndicate, mais qui existait avant lui.
- Ce procédé avait emprunté aux électrochimistes d’il y a 40 ans l’emploi d’un dia-phagme non poreux dont l’extrémité inférieure n’arrivait pas jusqu’au fond de la cuve, mais en était à une distance d’environ 3 centimètres. Il était exploité par Y Electrolylic Caustic Soda and Chlorine Trust, qui a vendu ses brevets à YElectro Chemical C°, dont le capital considérable a permis l’érection d’une vaste usine.
- On croirait à première vue que cette cloison non poreuse qui ne laisse communiquer les liquides des compartiments positif et négatif que sur une étroite tranche au fond de l’électrolyseur, provoque une résistance énorme. Le travail cependant n’exige que 6 volts ; il y a production d’hypochlorite, c’est inévitable dans un dispositif comme celui-là, mais au bas c’est une solution assez forte de soude caustique qu’on a et qu’on pousse à 14 pour 100.
- p.82 - vue 83/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 8?
- Dans les autres méthodes, on arrivait à 7, 8 et 9 pour 100 ; mais à partir d’un certain point, le rendement baissait, etalors de même que dans la production des hypochlorites, on travaillait en pure perte; la soude caustique étant plus conductrice que le chlorure de sodium, absorbait la plus grande partie de l’énergie électrique. — Bref, on ne pouvait plus compter ni sur 1 gramme de chlore, ni meme sur un gramme de soude caustique par ampère-heure, et Félectrolyse devenait trop dispendieuse pour être adoptée dans l’industrie.
- Dans les commencements, alors qu’on s’occupait du blanchiment électrique, on disait qu’en travaillant avec une dynamo donnant tant de volts et tant d’ampères, on pouvait blanchir tant de kilos de pâte à papier. Il y a pâte et pâte. Celle qui est faite au sulfite ne se blanchit qu’aux trois quarts. Celle qui est mélangée de paille est rebelle aussi ; et si elle contient un peu de jute, elle le sera encore davantage. Chaque qualité de pâte exige une quantité différente de chlore. A ce langage vague et susceptible d'induire en erreur, il faut substituer une forme plus scientifique, et dire combien coûte le kilo de chlore etàcombien revient celui de soude caustique.
- La grande usine de 1 Eleclro Chimical Company n’est pas encore achevée, et déjà un progrès s’est accompli qui laisse bien loin derrière son procédé.
- L’électrolyse à combinaison mercurielle tentée d’une façon incomprise et infructueuse par une dizaine d’électriciens dont il est inutile de donner les noms, a donné des résultats auxquels personne ne s’attendait.
- Le procédé Castner développé dans l’usine de Y Aluminium C° à Oldburn, permet de fabriquer du chlore dont la pureté peut s’ex-primerpai'95 et 97 P°ur 100 et de la soude caustique exempte de toute trace d’hypo-chlorite et de chlorure de sodium.
- On ne doit donc pas parler à la légère de l’électrolyse à mercure. Jusqu’à présent tous les systèmes à cathode mercurielle, les uns après les autres, ont avorté plus oumoins mi-
- sérablement. La méthode Castner n’emploie pas le mercure comme cathode, mais comme diaphragme c’est en cela qu’elle se distingue par son originalité et son efficacité.
- Deux cloisons non poreuses divisent les cuves Castner en trois compartiments, mais s’arrêtent à un centimètre du fond. C’est une couche de mercure qui, arrivant au bas de ces deux cloisons, forme un diaphragme qui n’offre aucune résistance. A droite et à gauche sont les compartiments positif et négatif dans lesquels la cuve, bercée mécaniquement à intervalles égaux, fait passer alternativement la couche de mercure. Tout est là. Le mercure joue le rôle de collecteur de sodium'; il le rapporte dans le compartiment central oui contient de l’eau au contact de laquelle la soude caustique se forme.
- Les électrochimistes doivent en prendre leur parti ; pour le moment, c’est le procédé Castner qui prime tous les autres, et pour faire mieux que lui, il ne faut pas se perdre dans les petits sentiers. On le voit, la progression ou plutôt le progrès est indéniable.
- On a commencé par se contenter de 3 grammes de chlore par litre d’hypochlorîtc.
- Puis l’électrolyse à diaphragme poreux a donné 1 gramme de chlore et un peu plus d’un gramme de soude caustique par ampère-heure. La solution alcaline arrivait à une densité de 7 à 8 pour 100 ; c’était prodigieux ! c’était une révolution que Greenwood accomplissait ! Par parenthèse, il est bon de dire que Greenwood n’était ni le premier, ni le seul, sid campo délia gloria, comme dit l’hymne célèbre. 11 y avait Kellner, Le Sueur et d’autres qui faisaient au moins tout aussi bien.
- De 7 à 8 pour 100, Richardron et Holland font monter la solution de soude caustique à 14 pour 100. Adieu les procédés à cloison poreuse ! mais voilà qu’en plein triomphe, YElectro Chimical C' se voit éclipsée par l’é-lectrolyse à diaphragme de mercure qui produit à jet continu de la soude caustique pure et du chlore 96 pour 100. C’est le cas, ou jamais, de chanter comme dans la Bible : « Saül en a tué mille, David en a tué dix mille ».
- p.83 - vue 84/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Qu’on ne dise point que l’électrolyse des chlorures n’a pas avancé d’un grand pas ! Chacun a apporté sa pierre à l’édifice. Ce sont les fautes de nos devanciers qui nous apprennent à mieux faire qu’eux. Aujourd’hui, il n’y a qu’un procédé pratique, en pleine exploitation en plein succès, c’est celui de la Compagnie Castner, les autres n’existent que sur le papier, c’est-à-dire dans les journaux.
- Cette méthode qui a si brillamment réussi sera-t-elle à son tour détrônée ? Pourquoi
- pas ? Il y en a qui se découragent en voyant qu’on les dépasse. D'autres au contraire, puisent dans le succès de leurs concurrents une plus grande ardeur et un plus grand espoir. Rien ne dit qu’on ne puisse mieux faire que Cartner. Tout au contraire, nous sommes bien certains que le dernier mot de la production électroîytiquc du chlore et de la soude caustique n’a pas encore etc dit. mais ne saurait tarder à l’être.
- G. Andréoli.
- REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Ozoniseur Otto (1895).
- Cet appareil se compose d’une caisse en bois A, portée par des pieds de verre S S et ren-
- Fig. i et 2. — Coupes transvei
- fermant un certain nombre d’éldmcntsE,.. EH, formés chacun de plaques de verre apercées, alternativement au bas puis en haut, de trous /,... th, et comprenant entre elles des plaques d’aluminium b. Les plaques extrêmes Et et Eu sont percées chacune d’un seul trou, 0L pour l’admission du gaz à ozoniser, O., pour
- sa sortie. Ces éléments sont écartés Les uns des autres par des garnitures d’amiante M, disposées de manière à réserver entre eux des espaces étanches d’environ i mm d’épais-
- seur, et les plaques de verre «, extrêmes, plus larges et plus hautes que les autres, sont pourvues de garnitures en ciment v étanches aux gaz.
- p.84 - vue 85/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- Les plaques b des éléments paires sont relevées par des projections r2 à la borne bx et les autres par r1 à la borne b.if et ccs deux bornes sont reliées à celles d’une bobine de Ruhmkorff ou d’un alternateur à haute tension, dont la décharge traverse les espaces inverses réservés entre les éléments et traversés en zig-zag par les gaz que dirigent les trous t...
- Cet appareil ne présente à l’ozone aucune matière attaquable, il peut être rendu facilement étanche et présente, sous un faible poids une grande puissance G. R.
- carbonisées les bornes C et C\ reliées, l’une au circuit, l’autre à la terre. La décharge peut se faire de C à C1 au travers des petits canaux faiblement conducteurs ménagés entre E et D, mais sans donner naissance à un arc persistant et dangereux.
- G. R.
- Creuset électrométallurgique Thwaite (1894).
- Dans ce creuset en plombagine A (fig. i), le charbon E, que l’on peut monter ou descendre automatiquement ou à la main, se trouve au milieu d’une gaine en terre réfractaire D D plongée dans le métal à fondre B dont le culot se précipite en C. L’autre borne
- Fig. i. - Coupc du creuset électrométallurgique Thwaite.
- avec pièces de gaiac E et D ; Tune percée de trous F, correspondant à ceux de B, et l’autre recevant dans deux rainures légèrement
- du circuit amène son courant par les lamelles H H, faciles à remplacer. On fait en outre arriver par S un courant d’air et de gaz d’é-
- p.85 - vue 86/624
-
-
-
- 86
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- clairage qui brûle au-dessus de la masse métallique en fusion et la maintient dans une atmosphère réductrice,et le bas du creuset est lui-même chauffé par une flamme de gaz.
- Dans la variante représentée par les figures 2 et 3, la gaine 3 est entourée d’un faisceau de charbons 2 2, d’où le courant, amené par leur anneau 4, passe par le creuset 6 et l’an-
- Fig. 2 et 3. - Coupe verticale et vue horizontale d’un creuset Thwaite.
- ncau 7 à l'autre borne du circuit après avoir fondu le métal que l’on verse dans l’entonnoir formé par 3.
- G. R.
- Pile dépolarisée Gordon.
- Le dépolarisant (oxyde noir de cuivre) est renfermé dans un panier annulaire métallique perforé b, qui constitue l'élément négatif de
- la pile, et qui est suspendu par des pattes à vis 6% dont l’une constitue la borne négative bA \ ce panier est pourvu d’ailettes b10 qui en multiplient la surface. L’élément positif est constitué par un tronc de cône en zinc ca, éga -lement cannelé pour en augmenter la surlace,
- et coulé sur une tige de cuivre c3 fixée par une pince au bouchon isolant as. L'auge a est remplie d’une dissolution de soude caustique
- p.86 - vue 87/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- ^ I^a décomposition du dépolarisant précipite du cuivre sur le fer du panier b pendant que le zinc se dissout, principalement par le haut, parce que l’oxyde de zinc ainsi formé et plus lourd que la dissolution de soude, la laisse, en se précipitant au bas de l’auge, plus pure vers le haut. Enfin, la pile est hermétiquement soustraite à l’action, de l’air par une garniture métallique a7 et pour l’addition d'une petite couche de pétrole c.
- G. R.
- Etude comparative de la lampe à acétylène et de l’arc électrique, par W. Wedding (1).
- Grâce au rapide développement de l’industrie électrique, l’industrie de l’éclairage a éprouvé dans ces 20 dernières années des modifications progressives et de portée considérable. Néanmoins, la pratique est encore loin de posséder un mode rationnel d’utilisation de l’énergie pour la production de la lumière; mais les progrès récents faits dans cette voie méritent d’attirer sérieusement l’attention des électriciens. En nous appuyant sur les recherches les plus récentes, notamment sur les résultats numériques donnés par Bunte(*), nous allons comparer les progrès réalisés par l’éclairage à incandescence au gaz, l’incandescence à l’alcool, le pétrole, l’acétylène et l’cclairage électrique.
- Il y a seulement huit ans, on pouvait douter du succès de l’éclairage à incandescence par le gaz; on sait le développement que ce mode d’éclairage a pris aujourd’hui, grâce surtout à la concurrence que se font maintenant un grand nombre de sociétés nouvelles. Les types de brûleurs diffèrent peu. Nous appellerons consommation spécifique la quantité de gaz consommée par bougie et par heure. Pour le bec Auer, on trouve une consommation de 39,2 litres de gaz par bec de 60 bougies (intensité horizontale) et par heure. La consommation spéci-
- (’) Extrait d’après The Electricien d’une communication faite à la Société des électriciens allemands.
- (’) Journal fur Gasbeleuchiung und Wasscrver-sorgung, '
- refis des différentes compagnies ne consommant pas la môme quantité de gaz en. régime normal, les expériences ont été faites pour chacun d’eux dans les différentes conditions pratiques de consommation. Comme caractéristique de chaque bec, on a pris le chiffre fique est donc de= 0,65 litre. Les appa-le plus bas obtenu pour la consommation spécifique. La valeur ci-dessus indiquée pour le bec Auer a été vérifiée; mais la puissance lumineuse du bec tombe quelquefois à 40 bougies et peut s’élever jusqu’à 90 bougies.
- Des essais faits l’hiver dernier ont montré que les concurrents étaient beaucoup au-dessous du rendement de la lampe Auer. Mais la consommation initiale n’est pas décisive. Ce qu’il importe de connaître pratiquement, c’est la consommation totale pendant une longue période. En général, la puissance lumineuse initiale des divers becs était de 20 à 30 bougies et la consommation spécifique de deux à trois fois celle du bec Auer. En faisant brûler les lampes pendant 230 heures, on a trouvé une consommation spécifique supérieure à 2, tandis que le manchon Auer n’atteint pas 0,85.
- Mais les nouveaux becs n’ont pas tardé à ctre perfectionnés. Le bec Trcndel, par exemple, consomme au début 0,68 litre par bougie et par heure, et n’atteint 1,05 litre par heure qu’au bout de 200 heures. Les manchons fabriqués par Butzke se rapprochent beaucoup du bec Auer. Il est inutile d’essayer Les becs pendant plus de 300 heures, durée que, pour une raison ou pour une autre, les manchons ne dépassent pas en moyenne dans la pratique. Toutefois, en prenant des précautions, on peut faire durer les manchons beaucoup plus longtemps. Pour six becs Auer ayant brûlé plus de 3 000 heures, on a observe qu’en moyenne, au bout des 500 premières heures, la puissance lumineuse avait baissé d’un tiers, et au bout de 2 000 heures, de moitié.
- La coloration de la lumière émise par les différents manchons, dépend de la nature des terres dont ils sont formes. Le manchon
- p.87 - vue 88/624
-
-
-
- 88
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Auer donne une lumière verdâtre. Celle émise par le manchon Kramme est très blanche, tandis que la lampe de Butzke est rougeâtre. Cette dernière nuance est plus agréable à l’œil; mais si nous considérons que les effets lumineux des différentes couleurs sont : rouge, i, jaune 28000, vert 100000 et violet 1 600, il est évident que la prédominance des rayons verts donne le meilleur rendement.
- L’incandescence des manchons réfractaires, obtenue grâce à la haute température du bec Bunsen, peut également être produite en employant d’autres gaz combustibles ou des hydrocarbures liquides vaporisés. L’éclairage par les brûleurs à incandescence à alcool est basé sur ce principe. L’alcool liquide de la lampe est aspiré par une mèche, vaporisé par une petite flamme directement alimentée par le réservoir, et arrive mélangé d’air dans le brûleur. Pour obtenir une constance suffisante dans l’éclat de la lampe, on donne au réservoir à alcool une grande capacité. La puissance lumineuse dépend de la teneur en alcool du liquide, ainsi que de la nature du corps porté à l’incandescence. Cette nouvelle lampe fera peut-être à la lampe à pétrole une sérieuse concurrence, qui ne serait pas sans conséquences importantes pour l’industrie.
- Un.rival possible de l’éclairage au gaz est encore l’acétylène produit par le carbure de calcium; un kilogramme de ce produit coûte aujourd’hui environ 0,65 fr. et fournit 17 litres d'acétylcne, tandis que le rendement théorique est de 60 litres. Brûlé dans un bec à récupération, ce gaz fournit 34 bougies avec une consommation horaire de 7,4 litres. La dépense spécifique est donc de 0,22 litre.
- La flamme de l’acétylène étant fuligineuse, il est nécessaire d’y mélanger de l’air; la meilleure proportion est de 47 pour 100 d'acétylène. Avec un bec Bray, la puissance lumineuse était de 52 bougies et la consommation spécifique de 0,28 litre.
- Pour l’éclairage des rues, l’acétylène doit servir à enrichir le gaz de houille ordinaire.
- En expérimentant dans ce sens, on a obtenu la courbe représentée (fig. 1) donnant la dépense spécifique en fonction de la proportion d’acétylène contenue dans le mélange. Sans acétylène, le brûleur consommait 15 litres par bougie-heure; avec 6 pour 100 d’acétylène, il n’exigeait que 6 litres du mélange de gaz; à 12 pour ioo, la consommation tombait à 4 litres et à 2 r pour roo à 3 litres.
- Comparons maintenant les prix de revient des principaux moyens d’éclairage. Avec les prix actuels à Berlin, du gaz, du charbon,
- du pétrole, de l’alcool méthylique et du carbure de calcium, la lampe de 16 bougies coûterait par heure ;
- Incandescence au gaz. . 0, 6 centime
- Incandescence à l’alcool. 1,4443 —
- Pétrole.................. 2, 4 —
- Brûleur Argand. , , . . 3 —
- Lampe électrique à incandescence. ..... 3, 6 —
- Les prix berlinois sont les suivants ; gaz, 25 centimes le mètre cube; alcool méthylique, 30 à 50 centimes le litre; pétrole, 35 centimes le litre.
- En ce qui concerne l’acétylène, son prix encore élevé ne permet pas, malgré son grand pouvoir éclairant, de le ranger parmi les illuminants les plus économiques.
- Le premier rang, quant à l’économie, est occupé par l’éclairage de l’arc électrique. Une lampe à arc ne dépense que 0,6 centime par 16 bougies-heure. Pour les grands espaces,
- p.88 - vue 89/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 89
- vient encore s’ajouter l’avantage de la distribution plus uniforme de la lumière qu’émet l'arc. On a construit des lampes à arc pour des courants ne dépassant pas 1 ampère et fournissant de 40 à 65 bougies avec 40 watts; ces lampes peuvent avantageusement remplacer les becs à incandescence. Il faut ajouter encore que la lumière plus blanche de l’arc constitue un autre avantage très appréciable dans nombre de cas.
- A. H.
- revue des sociétés savantes
- PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Sur le pouvoir inducteur spécifique du verre, par F. Beaulard (’).
- La méthode employée est la méthode balistique; on décharge à travers un galvanomètre un condensateur porté pendant un temps très court 0 à un potentiel V : on opère successivement avec le condensateur à lame d’air, et à lame de verre. Comme dans ce dernier cas, le condensateur n’est pas en entier dans le diélectrique, il importe déli-miner l’influence des bords. L’auteur y arrive en employant une méthode de correction particulière due àM.Blondlot et déjà employée par M. Pérot (s). Soient E la distance des plateaux, e l’épaisseur de la lame de surface S, B et A les valeurs respectives de la capacité du condensateur avec ou sans lame de verre, x la correction de capacité des bords (plongés dans l’air dans les deux cas).
- On a
- (') Journal de Physique, y série, t. IV, p, 552-560 ; décembre 1895.
- {*) Comptes rendus, t. CXV, p. 38 ; 1S92. - La Lu-nu'ere Électrique, t. XLV, p. 239, 30 juillet 189».
- Si l’on pose
- on tire, en négligeant s devant E,
- la mesure k se trouve ainsi ramenée à la mesure de B et de A.
- Mais on sait que la constante diélectrique du verre dépend de la durée de la charge. Il importait donc de pouvoir faire varier cette durée et d’en connaître la valeur. Dans ce but deux dispositifs ont été employés. Le premier, déjà mis en œuvre par M. Pérot, consiste à utiliser la chute des corps telle qu’elle est réalisée dans la machine d’Atwood. Le cordon qui porte les poids est rendu conducteur sur une partie de sa longueur et vient frotter contre deux poulies dont l’une communique avec un des pôles de la pile de charge, l’autre avec une armature du condensateur, l’autre armature étant reliée avec le second pôle de la pile. 11 s’établit dès lors une communication électrique entre la pile de charge et le condensateur pendant le temps où la partie métallisée du cordon touche à la fois les gorges des deux poulies. La distance des axes des deux poulies pouvant être modifiée au moyen d’un dispositif spécial, on peut ainsi faire varier la durée de charge 9. On commence dailleurs par étalonner, à l’aide d’un inscrip-teur électromagnétique Deprcz dont le diapason fait 256 vibrations, l’écartement des axes des poulies en fonction de la durée de charge B.
- Le second dispositif consiste en deux entonnoirs à pointes capillaires contenant du mercure et disposés de part et d’autre d’un pendule dont la partie supérieure est constituée par un ressort d’acier. Ce pendule porte, perpendiculairement à son plan d’oscillation, une tige métallique qui coupe les deux jets de mercure ; en déplaçant convenablement l’un des entonnoirs on s’arrange de manière à ce que les deux jets soient coupés simultanément. L’un des entonnoirs étant
- p.89 - vue 90/624
-
-
-
- 9°
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- relié à la pile de charge, l’autre au condensateur, celui-ci se charge pendant l’intervalle de temps très court que met la tige à couper les jets.
- Avec le premier dispositif la durée 8 de charge est égale à 1/125 de seconde, soit 0,008 seconde; avec le second 0 est plus petit; il est inférieur à 0,0004 seconde.
- Pour séparer les plateaux du condensateur l’auteur s’est servi de cales en quartz taillées parallèlement à l’axe optique, les travaux de M. Curie ayant montré que la conductibilité du quartz normalement à l’axe optique est faible, et que de plus elle ne dépend pas de la durée de son électrisation.
- Le calcul d’une expérience se fait de la manière suivante : Désignons par D et d les déviations balistiques observées quand on opère avec le condensateur à lame de verre et à lame d’air ; on a, en désignant par G — la constante balistique,
- Pour corriger les déviations de l’amortissement, on lie deux élongations à gauche et à droite.
- La constantebalistiqueG — déterminée par la méthode ordinaire est égale à 0,5671 X ro-10 unités électromagnétiques CGS, si l’on prend V = 67,5 volts, d= 53,23, D = 65,16; les formules (3) déterminent A et B ; après transformation en unités du système électrostatique, on n’a plus qu’à porter ces valeurs dans la formule (2).
- On peut conduire les expériences de deux façons distinctes : i* opérer successivement d’abord avec le condensateur à air, et ensuite avec le condensateur à lame de verre ; ce qui introduit un inconvénient : il faut chaque fois ouvrir l'enccinte où est enfermé le condensateur pour introduire le diélectrique ; 20 effectuer une série de mesures avec le conden-
- sateur à air, et ensuite une autre série avec le condensateur à verre.
- Le premier mode opératoire a donné, pour une durée de charge 0~ 0,008 seconde obtenue avec le premier dispositif décrit, des valeurs de k comprises entre 5,28 et 6,50 et dont la moyenne est
- * = 5,999-
- Le second mode opératoire a fourni, pour la même durée de charge,
- k = 6,218,
- et pour une durée de charge de 0,0004 seconde, réalisée au moyen du dispositif à pendule,
- k = 3,66.
- L’auteur a également fait quelques expériences dans le but de déterminer quelle peut ctre l’influence de l’humidité sur cette valeur, influence qui, théoriquement, doit se manifester par une augmentation du pouvoir inducteur spécifique avec la quantité d’eau déposée à la surface du verre. Il a constaté que h varie de 6,02 à 8,84 suivant l’état hygrométrique de l'air et peut atteindre 11 avec une lame de verre mouillé.
- Ces résultats montrent que, ainsi qu’il est dit plus haut, le premier mode opératoire est moins bon que le second, de l’air humide pénétrant à chaque mesure dans l’enccintc où se trouve le condensateur. Pour cette raison, l’auteur adopte les résultats fournis par le second mode opératoire, 6,22 et 3,66.
- A titre de renseignements l’auteur donne la liste suivante des valeurs de la constante diélectrique du verre déterminées par diverses méthodes et différents auteurs :
- Ie Par des charges plus ou moins rapides 1874 Romich et Nowak. (^Méthode d’attraction de Boltzmann). — 0= t seconde environ (Wiener
- Sitf., t. LXX, Part II, p. 380). £ = 7,5
- 1874 Schiller.— 0 = 0,04 sec.......... = 6,34
- (Pogg.Ann., 152, p. 555.)
- 1877 WüLLNER. — 0 n’est pas indiqué (Sj'fj. konigl.
- bayer. Ahad, p. 1).,............ =6,10
- p.90 - vue 91/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 1878 HopkiNSON (verre d’optique). — 6 n’est pas indiqué (Phil. Trans., p. 17) suivant la densité k — 6,5 ; 6,8 ; 7,4 ; 10,1. ,879 Gordon. — 0=0,000083 sec. {Phil. Trans.,
- P- 4i7)........................... £ = 3,243
- .2” Par les oscillations électromagnétiques
- 1889 S. Thomson. — (Proc, of the Roy. Soc20 juin
- £ = 2,'
- 1890 J. J. Thomson . — (Rec. Res. in Elect., p. 471
- k — 5,:
- 1891 Blondlot. — (Journal de Physique, 2' série
- t. X. p. 197. Lum. Èleet., t. XL, p. 442) k = 2,;
- 1892 Perot. — (Journal de Physique, 2' série, t. X
- — Lum. Èlcct., t. XLIII, p. 190). Durée ch charge variable de 72,7 X t°_,° à 880 X io"1*.
- k variable de 2,71 à 6,i<
- 1894 Twing. — (Phil. Review, t. II, p. 135.— EM
- Elect., t. II, p. 85)............. k — 6,2<
- 1895 Northrup. — (Phil. Mag., t. XXXIX, p. 78. -
- Ècl. É.lect., t. II, p. 518.)
- • Champ lentement vaiiable.......... £ = 6,2;
- Champ rapidement variable......... k— 5,8<
- 1895 Mazotto. —(Rend, délia R.Acc. dei Lincei I. IV, p. 240. — ici. Èleci.,t.IV,p,
- Sur la polarisation électrique du nickel, du cobalt et du fer, par E. Vogel (').
- M. Vogel a employé la méthode de Fuchs qui consiste à prendre la différence de potentiel entre une électrode parasite et l’électrode du voltamètre pendant le passage du courant primaire.
- Le courant primaire passait par un commutateur qui permettait à chaque instant d’en intervertir le sens ; il était mesuré par un galvanomètre apériodique de Wicdemann, placé en dérivation et comparé à un ampèremètre de Carpentier. Le voltamètre était en communication par un siphon plein d’acide sulfurique étendu avec un flacon rempli d’une solution neutre de sulfate de zinc dans lequel plongeait une électrode de zinc amalgamé. Chacune des électrodes peut être mise en communication avec cette électrode auxiliaire par une liaison extérieure (circuit secondaire). La différence de potentiel entre les deux est mesurée par la méthode de compensation de Du Bois-Reymond.
- (‘) Wied. Ann., t. LV, p. 610.
- Résultats. — Les expériences ont porté sur le nickel, le cobalt, le fer, plongeant dans divers électrolytes.
- La polarisation du nickel dans le sulfate de nickel, a une valeur remarquablement éle-
- vée, surtout à l’anode : ce qui tient sans doute à la formation sur l’anode d’une couche grise
- p.91 - vue 92/624
-
-
-
- L’ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- d’oxyde. Comme le montre la courbe (fig. 1), la polarisation à l’anode croît très vite avec l’intensité et atteint bientôt sa valeur maxima. La cathode se recouvre d’un dépôt noir floconneux, sous lequel le nickel forme peu à peu un enduit métallique brillant. La valeur
- Fig.3-
- maxima de la polarisation est de 1,94 volt à l’anode et de 1,45 volt à la cathode (dans une solution à 28 gr de N i S O* + 7 Hs O par litre
- d’eau.
- Dans les bains de galvanoplastie, la polarisation du nickel est presque aussi grande (de
- Fig. 4.
- 1,55 volt à i,59voltpourl’anode : de 1,22 volt à 1,27 volt pour la cathode). Elle est plus faible dans l’acide sulfurique (1,08 volt à 1,22 volt et 0,95 volt à 1,07 volt).
- Le cobalt se comporte d’une manière tout à fait analogue au nickel, les valeurs de la polarisation sont un peu plus faibles (1,34 volt à l’anode, 1,11 volt à la cathode dans une solution de sulfate à 1/10 de molécule par litre ; ces valeurs sont un peu plus faibles dans l’acide sulfurique (fig 2 et 3).
- Les expériences sur les électrodes en fer présentent quelques difficultés spéciales, à
- cause de la facile oxydation du métal et des phénomènes de passivité. Les polarisations maxima dans la solution de sulfate ferreux à 1/10 de molécule par litre sont de o volt 36 à l’anode et de o volt 25 à la cathode, c’est-à-dire relativement très faibles (fig 4), elles sont un peu moindres (0,21, resp. 0,18) dans un bain galvanoplastique, renfermant du sulfate ferreux, et du chlorure d’ammonium. Dans l’acide sulfurique, la polarisation est la même que dans le sulfate.
- Toutes ces mesures ont été effectuées avec des courants variant de 0,01 amp à 1,50 amp. Des courants plus intenses, jusqu’à 4 amp n’ont pas donné de valeurs plus grandes.
- Al. L.
- Appareil de compensation pour la mesure des forces électromotrices, par A. Ttaps (').
- Cet appareil construit par la maison Siemens et Halske, permet de mesurer les f. é. m. à r/i 000 près par des manœuvres très sim-pies.
- Il comprend deux circuits, l’un destiné à la mesure des f. é. m. supérieures à r volt, jusqu’à 1 500 volts; l’autre destiné aux f. é. m. inférieures à 1 volt.
- La pile étalon est un élément au cadmium [G d. C d S 0‘ — Cu SO*. Cu] dont la f. é. m. voisine de 1,02 volt varie très peuavec la température.
- BIBLIOGRAPHIE
- Contrôle des installations électriques au point de vue de la sécurité, par A, Monmerqué, ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, ancien ingénieur des services de la première section des travaux de Paris et
- de 494 pages; BaudryetCie éditeurs, 15,rue des Saints-Pères; prix relié, 10 francs.
- En attendant la publication de l’analyse détaillée de cet ouvrage, il nous a paru utile, en le présentant à nos lecteurs, d’en reproduire la préface, écrite par M. Hippolyte Fontaine et dont la lecture ne peut que susciter d’utiles réflexions.
- \')Wied. Ann., t, LV, p. 737.
- p.92 - vue 93/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 93
- « La situation de l’industrie électrique en France n’est pas brillante.
- » 11 est certain que les applications de l’électricité sont infiniment plus développées aux Etats Unis qu’cn Europe et que la France, qui fut la première à utiliser la merveilleuse invention de Gramme, est aujourd’hui fort distancée par les nations voisines.
- » Pour remédier à cet état de choses, il faut d’abord bien se pénétrer que le mal est grand et que notre infériorité dans la consommation a amené chez nous une infériorité dans la variété des types et dans leur spécialisation. De grandes compagnies étrangères, connaissant cette lacune, ont fondé des succursales en France, et, malgré les droits protecteurs, la Suisse et la Belgique envahissent de plus en plus notre marché déjà si restreint en égard à la puissance de notre production nationale.
- » Si la France est en retard dans l’ensemble des applications de l’électricité, cela tient à une foule de causes bien difficiles à préciser. Ce qu’ont peut dire, sans crainte de se tromper, c’est qu’une partie de ce retard est causé par les exigences administratives, la guerre faite par les gaziers et les accidents survenus dans quelques installations.
- » L’administation supérieure ayant pour mission d’assurer la sécurité publique s’est moins préoccupée de la prospérité des industries électriques que des responsabilités qu’elle pouvait encourir, Aussi a-t-elle multiplié scs circulaires et ses arrêtés relativement à la grande et à la petite voirie, ce qui a rendu impossible la réalisation d’une foule de travaux projetés.
- » Les gaziers, parvenus à l’apogée du suc-sès, ont fait de grands efforts pour tuer dans l’œuf le redoutable concurrent qui allait naître et ils ont lutté pied à pied contre le développement que prenait la lumière électrique. Ils ont si bien défendu leur prétendu droit au mo-monopole de l’éclairage par canalisation, que le Conseil d’Etat lui même leur est devenu entièrement favorable.
- n Les accidents survenus par suite de*dé-
- fauts dans les canalisations électriques n’ont pas été très nombreux ; mais habilement exploités par les partisans du gaz, ils ont arrêté dans leur projet beaucoup de personnes qui étaient disposées à faire usage d’éclairage électrique.
- )) Je me hâte d’ajouter, après avoir indiqué l’état d’infériorité où nous sommes, que diverses mesures ont été récemment prises pour le faire cesser.
- )> Parmi ces mesures il me faut citer en première ligne la loi du 25 juin dernier et la création d’un bureau de contrôle à Paris.
- » La loi du 25 juin 1895 est relative à l’installation des conducteurs d’énergie électrique (’). L’article premier affranchit de toute déclaration et de toute demande d’autorisation, les applications privées et celles faites en dehors des voies publiques. L’article cinq crée un comité permanent composé, pour une moitié, des représentants professionnels des grandes industries électriques de France, et chargé de donner au ministre un avis sur toutes les questions qui lui seront soumises.
- » 11 est hors de doute que ce comité rendra de réels services aux industries et contribuera beaucoup à propager les applications de l’électricité dans notre pays.
- » Le bureau de contrôle, fondé par la Chambre Syndicale des Industries électriques, a pour but d’assurer périodiquement, pour le compte de ses adhérents, le contrôle de leurs installations en fonctions, de façon à empêcher que des détériorations n’en compromettent incidemment la sécurité. C’est aussi un très bon remède apporté aux inconvénients que je viens de signaler.
- » J’en dirai autant de l’excellent livre que M. Monmerqué vient d’écrire sur le contrôle des installations électriques au point de vue de la sécurité publique et que je viens de lire avec beaucoup d’intérêt d’une très vive satisfaction.
- » L’esprit général de ce livre peut se résumer en peu de mots : l'auteur encourage les (1) Voir l'Éclairage Électrique, t. ÎV, p. 237 ; 3 août 1895.
- p.93 - vue 94/624
-
-
-
- 94
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- industriels à faire eux-mêmes le contrôle de leurs canalisations et demande à l’Etat de limiter autant que possible son intervention dans les installations d’électricité.
- )> Les chapitres de 5 à 11 ont plus spécialement retenu mon attention ; ils forment à eux seuls un véritable traité de contrôle, et constituent la partie la plus nouvelle et la plus substantielle de l’ouvrage. Je m’y arrêterai un peu. M. xMonmerquc énumère les effets dangereux de l’électricité, effets qu’il divise en plusieurs classes : effets de réchauffement, effets de la différence de potentiel, voltage dangereux et effets de l’électrolyse. 11 cite un certain nombre d’accidents et en explique les causes. Puis, ayant fait toucher du doigt les risques qu’on peut courir, il entre dans le cœur même de son sujet en indiquant successivement les meilleures méthodes de contrôle dans les usines, sur le réseau, dans les installations spéciales. 11 examine ensuite les règlements officiels français et etrangers et notamment ceux qui concernent la Mlle de Paris ; il compare les chiffres obtenus par les diverses règles énoncées et donne une série de résultats d’exploitation extrêmement intéressants. A son avis, les effets dangereux des courants ne proviennent que des vices d’installation. En n’employant, dit-il, que de bons matériaux, en les mettant judicieusement en œuvre et en surveillant les installations. particulièrement au point de vue de l’isolement, il est facile de supprimer absolument tout danger permanent. Avec de la prudence, du discernement et avec une bonne éducation du personnel, on peut réduire les dangers fortuits à un taux aussi bas que celui de n’importe quelle industrie.
- » En lisant le livre de M. Monmerqué, je pensais à Chamfort qui a dit, il y a plus d’un siècle, « ce qu’on sait le mieux c’est : i° ce qu’on a deviné ; 2° ce qu’on a appris par l’expérience des hommes et des choses ; 30 ce qu’on a appris non dans les livres mais par les livres, c’est à dire par les réflexions qu’ils font naître. » M. Monmerqué connaît bien les besoins de l’industrie électrique, car il a di-
- rigé le secteur municipal de Paris et a fait là de remarquables expériences ; il a lu les meilleurs traités relatifs à la distribution de l’électricité, et a longuement médité sur les questions de mesure des courants et de contrôle des installations; il a deviné enfin qu’un livre, aussi complet que possible, sur ce dernier sujet, rendrait de bons services aux électriciens.
- » Ce livre, le voici.
- » M. Monmerqué l’a écrit, encouragé et guidé par un grand savant d’une rare modestie, M. Alfred Potier, Président de la Société Internationale des électriciens. Je suis personnellement très honore d’avoir à le présenter au public. »
- Ouvrages reçus
- La mécanique générale américaine à l’exposition de Chicago, par G. Richarü. Un vol. gr. in-8:’, de 6)0 pages, renfermant i 442 figures sur l’exposition de Chicago.
- Ce volume fait partie de la série des rapports publiés sous la direction de M. Camille Krantz, commissaire général du gouvernement français.
- CHRONIQUE
- Eclairage électrique des trains.— M. Slreet publie dans The Western Electrician les détails de construction et d’exploitation d’un essai d’éclairage électrique d’un train fait dans l’Australie. Une dynamo est actionnée directement par l’essieu du wagon à bagages; elle charge une batterie d’accumulateurs. L’éclairage des lampes est effectué par celle-ci. Les dépenses d’installation pour un train composé de 5 wagons à 6 compartiments, d’un wagon-toilette et d’un fourgon à bagages, sc sont élevées à 19 750 fr; l’ensemble des frais d’exploitation, y compris l’entretien, a été de 92,15 fr par semaine. L’éclairage aux huiles de pétrole coûtait 100 fr par semaine. L’essai dure depuis 2 ans et aurait donné pleine satisfaction.
- p.94 - vue 95/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 95.
- Cuivrage galvanique des carcasses de navires.— A moins que la partie immergée d’un navire soit recouverte de cuivre, des animaux et des végétaux parasites s’attachent aux flancs du bateau qu’il alourdissent et dont ils ralentissent la vitesse. On a enlevé jusqu’à 23 tonnes de ces dépôts sur des grands transatlantiques. Les frais de cette opération s’élevant parfois à 50 000 ou 60 000 fr et quelquefois plus. On a proposé de recouvrir la carcasse des navires d’un dépôt de cuivre en plaçant ces navires dans un grand bassin rempli d'une solution d’un sel de cuivre et en faisant passer dans le tout un courant électrique.
- Cette méthode était peu pratique ; en outre, les dépôts directs de cuivre sur fer ne peuvent être satisfaisants qu’en prenant des précautions particulières. Une compagnie de New-Jersey essaye en ce moment une nouvelle méthode dont voici la description résumée.
- On applique sur les flancs du navire un bassin en bois rendu étanche ; la partie qui s’applique sur le navire est ouverte ; des tubes pénètrent dans ce bassin et permettent de faire circuler les liquides convenables. Les dimensions de chaque bassin sont d’environ 5 à 6 ms. On commence par décaper les plaques en faisant circuler dans le bassin, pendant 12 heures environ, de l’acide sulfurique étendu. On lave ensuite et on nettoie au sable et à la soude. On fait alors passer dans le bassin une solution de cyanure de cuivre et on fait passer un courant d’environ 50 à 5 5 ampères par ma, sous une différence de potentiel de 5 volts. Un dépôt mince de cuivre est ainsi forme, qui adhère très fortement au fer et qui s’y conserve. On gratte ce premier dépôt avec des brosses en acier, et on applique ensuite le bain desulfate de cuivre. Onfaitpasser un courant de 50 à 55 ampères par m* sous 2,5 volts, pendant 48 heures. Le dépôt de cuivre atteint alors 2,4 à 3 mm d’épaisseur. Plusieurs bains peuvent être appliqués simultanément en ' différents points du navire, ce qui permet de rendre l’opération continue et de diminuer beaucoup la durée de l’opération. Le poids de cuivre ainsi déposé est donc très élevé ; pour un navire de grandes dimensions, il se chiffrerait par dizaines de tonnes. Le prix de l’opération serait donc très élevé. Il faut savoir, en outre, si les dépôts n’auront pas lieu sur le cuivre et si le dépôt direct du cuivre sur le fer aura une durée pratiquement sa-*-tisfaisante.
- Un électricien normand de la fin du XVIII* siè de. — L’an dernier, M. V. E. Veuclin présentait au Congrès des Sociétés savantes, réuni à Caen, un manuscrit renfermant quelques détails intéressants sur ce qu’était un électricien, il y a un siècle. Nous reproduisons le compte rendu qu’en donne M. R. Dongier dans le numéro du Journal de physique de décembre.
- M. E. Veuclin a découvert, dans les Archives du département de l’Orne, l’existence d’un électricien, Pierre Durand, né probablement à Her-mival-Ies-Vaux, acolyte en 1767, puis prêtre à Lisieux en 1788. Si l’on en croit une lettre écrite par ce dernier à l’Intendant d’Alençon, datée du 6 juin 1788, il possédait bien des secrets non encore élucidés de nos jours : i° d’abord un lumignon phosphoro-économique fournissant de la lumière pendant environ huit mois; 20 un secret pour électriser en tout temps et avec force en faveur des malades qui ont besoin de cc remède ; 30 un microscope grossissant; 40 les plans d’un bateau ir> irehant sans rames avec roues. Malheureusement, les documents ne contiennent pas trace des procédés utilisés; le prêtre exigeait, en effet, en échange du fruit de ses réflexions, « une pension honneste et décente ». En 1789, l’abbé Durand proposait de faire paraître au moyen de souscriptions, les irr et les 15 de chaque mois, un journal où il exposerait scs nouvelles découvertes avec des observations sur les « phosphores, les briquets phosphoriques, etc. ». Le premier numéro qui devait voir le jour en novembre 1789, n’a pas paru.
- On ne saurait, dans cesconditions, émettre un avis bien documenté sur les Inventions dont le mémoire de M.. Veuclin ne donne que l'énoncé. Le lumignon était-il obtenu par des phénomènes de phosphorescence? On serait tenté de le croire, puisque Grainville, dans sa lettre au Ministre, M. de Bre-teuil, datée du 6 juin 1788, prétend que le lumignon n’est pas susceptible de produire d’autre lumière que celle du ver luisant. Nous ne saurions davantage pénétrer le secret qui permet d’éleciriser de tout temps et avec force. On savait, à cette époque, conserver l’électricité sur les corps conducteurs (Gray, Philosophical Transactions, 1720), on savait la produire par le frottement, par induction électro-statique et l’on connaissait l’usage de la bouteille de Leyde (voir Kleist et Cuneus, 1745).
- A cette époque, Coulomb établissait les lois sur les atractions et les répulsions électriques (1784-
- p.95 - vue 96/624
-
-
-
- 96
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 1789); mais les premières expériences, qui ont conduit aux piles et aux courants électriques, n’avaient pas encore été faites (Galvani-Volta ; 1789).
- Soldats tués par la foudre. — Cinq soldats qui étaient assis sous un arbre ont été dernièrement frappés par la foudre à Aldershot, dit The Lancet. — Le premier, qui était assis.à terre, le corps appuyé contrele troncderarbre,fuituénet;ilnepor-tait aucune trace de blessures. Le second fut trouvé évanoui; la respiration était suspendue et le pouls était à peine perceptible ; on lui appliqua les méthodes de la respiration artificielle et, au bout de peu de temps, il revint à lui; ses cheveux étaient roussis et il portait plusieurs traces de brûlures, analogues à des ecchymoses. Les trois autres revinrent à eux sans qu’on ait eu à leur appliquer un traitement quelconque. Tous les quatre survivants purent reprendre leur service après quelques jours de repos. Ce cas est intéressant à signaler, car c’est un exemple remarquable des services que peut rendre la respiration artificielle dans le cas de foudroiement.
- Tramways électriques de Vienne. — La municipalité de Vienne (Autriche), qui avait sollicité les offres des différents constructeurs de tramways électriques, a reçu les offres de 8 maisons, toutes allemandes ou autrichiennes; ce sont: Eduard Lachmann, Hambourg; Adolf Springer, Vienne; Kontinentale Gesellschaft fürelektrischeUn-ternehmunghen, Neuremberg; Allgemeine Elek-tricitats Gesellschaft, Berlin; Wiener Baukveiren; Siemens et Halske,Vienne; Bauunternehmung Ritschel und Comp, Vienne, en collaboration avec l’Union Electricitats Gesellschaft, Berlin; Sadler Stephan, Neupest.
- Traction électrique au Japon.— Une ligne interurbaine, longue de 28 km environ, doit être construite entre Yokohama, Kamakura, Shiehiga-hama, Enoshima et Fujisawa. L’écartement serait de 1,42 m et la vitesse serait de 48 km : h.; les départs auraient lieu, à chaque extrémité de la ligne, toutes les 15 minutes. Nous sommes loin d’avoir de telles commodités de transports entre Paris et Versailles, qui sont pourtant beaucoup plus rapprochés et qui assureraient un trafic im-
- portant. Quand donc nos puissantes Compagnies comprendront-elles que l’intérêt du public est en même temps le leur??
- Influence du coefficient de charge sur la consom-mation de charbon des moteurs à vapeur. — On a souvent, dans l’industrie électrique, à considérer l’emploi de moteurs à vapeur fonctionnant dans des conditions de charge très inférieures à la puissance maxima qu’ils peuvent fournir et l’on est souvent embarrassé pour évaluer la consommation de charbon par cheval-heure produit dans ces conditions. Les chiffres suivants, publiés par M. J. C. Howell dans une communication faite à la Northern Society of ElectricaJ Engineers, à Manchester, pourront servir de base approximative aux calculs. Ils se rapportent à un moteur Willans sans condensation.
- Coefficient de charge poids de charbon
- Les moteurs à ga* et les tramways électriques.— La force motrice, dans la station centrale des tramways électriques de Lausanne, est fournie par deux moteurs à gaz pauvre, de Crossley, de 130 chevaux chacun. Les dynamos sont entraînées directement par des courroies montées directement sur le volant des moteurs. D’après les essais qui ont été faits en service courant, la consommation de charbon aurait pu tomber jusqu’à 0,545 kg d’anthracite par cheval-heure. La consommation de charbon par voiture-kilomètre serait de 1,270 kg. C’est un chiffre très faible, d’autant plus important qu’en Suisse le charbon est très cher. Les moteurs tournent en moyenne 18 à 20 heures par jour.
- L’Éditeur-Gérant : Georges CARRÉ
- Paria.— lmp. Era. MaucsaCssaT, 32, BoulevarddeVaugirard.
- p.96 - vue 97/624
-
-
-
- Tome VI.
- Samedi 18 Janvier 1896
- 3e Année. — N° 3
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- Directeur Scientifique : J. BLONDIN Secrétaire de la rédaction : G. PELLISS1ER
- SUR LES COURANTS FERMÉS PAR UN CONDENSATEUR
- J’ai fait antérieurement (1) des expériences avec un gros anneau coupé et j’ai obtenu des résultats qui satisfont la loi du courant dans les circuits fermés, mais il y avait à craindre les courants de Foucault qui, bien que faibles, pourraient prévaloir. J’ai depuis employé une bobine ayant cent tours de fil de 0,4 mm et fermée par un petit condensateur à lames de mica et feuilles d’aluminium ; la bobine était suspendue au milieu d’une bobine sans noyaux et on observait les déviations de la première pour l’état constant du champ et pour l’état variable. Avant de présenter quelques chiffres, il faut donner la formule du moment du couple moteur.
- Quand une bobine ouverte, placée dans un. champ magnétique alternatif, est formée d’un fil assez fin pour qu’on puisse négliger sa capacité, la force électromotrice, due à la distribution des potentiels le long du fil, équilibre la force électromotrice d’induction, de sorte que si la différence des potentiels aux extrémités de la bobine est égale à Ea et la force électromotrice totale d’induction est exprimée par F,, on aura E, = ES, et aucun courant ne traversera la bobine. Le courant existe quand il y a inégalité de ces forces et
- É)Voir Journal de Physique, ÿ série, t. IV, p. 249; 895-
- alors l’équation du courant prend la forme E, = E,+Ir + L%l. (,)
- L’inégalité est produite ou par un condensateur associé à la bobine, ou par l’emploi d’assez gros fils, ayant une capacité marquée-Dans le cas d’un condensateur d’une capacité C, devant laquelle on peut négliger la capacité propre du fil, la charge Qa='C.Et1 puis = C ; enfin, en différcntîantl’équation (1), on a l'équation du courant
- En appelant 9 la différence entre les phases de la force clcctromotrice E, et du courant I observé, on aura pour l’intensité 1 du courant, dans le régime sinusoïdal, l’équation
- ~~rY^ C°S ° COS 2 77 (î-?)’ «
- où r est la résistance de la bobine, L le coefficient de self-induction, C la capacité du condensateur, enfin Qu la valeur du coefficient de l’expression du flux de force Q
- l’équation (1), comme quelques autres qui suivent, est connue des électrotechniciens.
- p.97 - vue 98/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- qui s’intéressent beaucoup au rôle des condensateurs.
- Le courant I, changeant avec ia grandeur de T, a un maximum pour
- T, = vW. LC-*0.0-ÇjC (A)
- La valeur de I0 est donnée par l’équation
- ; comme )est égal à E,(o), on e
- et
- On voit que Imax a la même valeur que le courant dénué de toute self-induction et qui aurait pour intensité :
- l’effet de la self-induction se réduit à la différence 9 entre les phases de E, et de Ima><. Il existe une autre période T2 égale à 2 1: \/lc., quand
- C’est à dire quand le condensateur combat l'influence de la self-induction sur la valeur efficace du courant ; remarquons que Ts> T, et que le maximum est possible à la condition C < “J a
- Pour T — t», I = o et pour T = o, 1 = % valeur mathématique n’ayant aucun sens physique, parce que la formule (?) est applicable seulement aux cas où les phases du courant à chaque moment sont les mêmes en tous les points du circuit.
- La différence 9 des phases est déterminée par ;
- <g (»*») = £ t?-0-J. m
- Pour
- T = 2 * \/LC = T„
- ? = °>
- c’est à dire que si cette équation est satisfaite, le courant suit à chaque instant la loi d’Ohm.
- Quand T augmente au delà de T3 le retard 9 devient négatif et à la limite a la valeur (—j) ; la diminution de T a pour effet l’augmentation du retard jusqu’à (-}-
- C’est la réaction entre le champ primaire et secondaire autour de la bobine qui nous intéresse ; elle dépend de la différence de de phases entre ces deux champs ; pour l’avoir il faut ajouter-^ aux valeurs trouvées pour 9 et l’on voit que si le courant suit la loi d’Ohm la différence est égale à^, c’est à dire qu’il n’y aura pas de réaction et que la bobine donnera à l'état constant et l’état variable les mêmes déviations dues seulement aux qualités magnétiques de la bobine. Quand T augmente à partir de T,, la différence 9 diminue de ~ à zéro de sorte que la réaction donne un couple équatorial tandis que si T diminue à partir de T, la différence 9 augmente de -à - et le couple moteur devient axial.
- Enfin pour savoir complètement comment se comporte la bobine, fermée par un condensateur, dans un champ sinusoïdal, il faut avoir la formule du moment du couple moteur 1\
- r=T XTQî<ii
- = ,0).«„s30-0t
- En connaissant les maxima et les minima
- p.98 - vue 99/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 99
- de I’ nous aurons une idée nette des positions de la bobine suspendue.
- r„„ pour T»= V(T^CL y'. - r y/Ë
- r„„ pour T, = \J(JTÿ~TL y/, + r y/£.
- T, < T,,
- (on a vu que la réaction est nulle pour T = T,) T, > T, ; T, < T,.
- Maximum axial E —3 ^ \/c L \J i
- Maximum de I L = 3 * \JG L \J\
- Equilibre T, = 3 tt \jc L
- Maximum équatorial T4=2 n\JC L\Ji-f- ryÆ
- On voit qu'entre T.^ et T3 les déviations sont axiales et augmentent quand la période T diminue et qu'entre Ta et T< elles sont équatoriales et augmentent quand la période T augmente.
- Les expériences faites sans condensateur ont donné les chiffres suivants pour les déviations réduites c’est à dire divivisées par les carrés T des intensités efficaces des courants des électro-aimants.
- Dans le cas du courant constant, ^=0,001515 pour le courant alternatif de fréquence n = 995 on a : p = 0,001544 ; même si la différence de 3 pour 100 est due à un faible courant, la ca-
- F -.in correspond à un maximum d’écart équatorial ; Tmax à un maximum d’écart axial ; le premier maximum existe toujours, tandis que le second n’existe que si < 1.
- Le schéma suivant montre les positions d’écarts relatifs des maxima de T et le maximum des courants.
- Ql
- pacité était toujours très faible et pourrait être négligée dans les calculs de la formule du couple.
- Avec le condensateur, le courant constant donnait p = 0,0017^; le courant variable
- ( * = 1 000’ î* = °>OOI435 >
- ( «= 732, p = 0,001409.
- Les différences entre les déviations réduites, qui sont proportionnelles aux couples des réactions des champs, montrent qu’il y avait des courants bien marqués et que les couples
- p.99 - vue 100/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- étaient équatoriaux. La marche à suivre pour vérifier la formule du courant consisterait à calculer la capacité du condensateur d’après les valeurs de r et de L ; pour obtenir L expérimentalement, on ferme la bobine sur elle-même, on observe les déviations avec le courant constant et avec les courants sinusoïdaux de différentes périodes et on calcule I- (’) soit d’après la formule
- dans laquelle
- A' et A" sont les déviations, dues exclusivement aux courants dans la bobine ; soit d’après la formule
- ./(LLgvL
- (A -
- La première est applicable aux cas où les déviations A' et A”, différentes l’une de l’autre, sont petites en valeur absolue, de sorte qu’on peut supposer que les positions de la bobine dans le champ sont les memes.
- La seconde formule sera plus pratique, parce que les déviations d’une bobine fermée sur elle-même seront, même pour les faibles courants alternatifs, assez grandes pour qu’en puisse négliger les différences de position de la bobine dans le champ magnétique.
- Dans ce cas, on détermine les déviations pour deux ou trois séries de courants ?n, i[, ... i'n qui correspondent aux différents régimes de l'alternateur ; on construit les courbes des déviations; d’après ces courbes, on détermine les intensités des courants I,..., L, K, qui correspondent aux mêmes déviations dans les différents régimes ; ce sont les I définis de
- (') Voir : Wlad. de Nikolaieve, ïoc.cit.x Journal de Physique, ÿ série, t. IV, p.364 (1895), et l'Éclairage Électrique, 20 année, t. IV, p. 473 (n° 36).
- cette manière, qui entrent dans la dernière formule.
- Les déviations A’, A" sont, comme on le voit, les différences entre les déviations à l’état variable du champ et à l’état constant. Quand r et L sont déterminés, on calcule la capacité d’après la formule (7) du moment T du couple moteur.
- Wlad. de Nikolaieve.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES L’ÉLECTRICITÉ
- Les applications de l’électricité à l’art des mines se multiplient et se diversifient chaque jour avec une rapidité des plus remarquables, due à l’infinie souplesse et à la sécurité presque absolue de cet agent : perforatrices, haveuses, pompes, treuils, sans parler des lampes, et des fusées de mines qui en furent des premières. Dans certains cas, comme notamment parmi les régions montagneuses de la Californie, l’électricité fournit le seul moyen véritablement pratique d’utiliser la puissance de chutes d’eau éloignées de la mine à laquelle il est parfois presque impossible d’amener le combustible nécessaire à la marche de ses travaux mécaniques. On sait en effet, que ces transmissions se sont répandues aux Etats-Unis avec une grande rapidité, et que plusieurs d’entre elles ont des puissances qui se comptent par centaines de chevaux.
- Les Anglais ont aussi appliqué souvent à l’exploitation des mines, mais avec moins de hardiesse que les Américains, cette puissance de l’électricité si féconde en ressources de toute sorte. Comme exemple s’ajoutant aux installations déjà nombreuses décrites dans ce journal et dans l’inépuisable collection de son prédécesseur, La Lumière Électrique, je citerai, entre autres celle du roulage de la houillière d'Earnock, quia été récemment, de la part de
- (') L'Éclairage Electrique du ai déc
- ù P*536-
- p.100 - vue 101/624
-
-
-
- REV UH D’ÉLECTRICITÉ
- M. Robert Robertson l'objet d'une très intéressante monographie à l’Institution des Civil finaineers, de Londres (').
- Cette mine située près de Hamilton, dans le Lanarkshire, est en exploitation depuis une
- quinzaine d’années; elle comprend cinq couches, dont le roulage s’effectuait auparavant par des machines à vapeur, des chevaux et des plans inclinés automoteurs. On a remplacé les chevaux par des machines électri-
- Fig. i et 2. — Fig.ti. —[Diagramme des Fig. 2. - Plan du roulage
- ques dans trois de ces couches : EU, Pyotshaw et Main (principale ou maîtresse) qui présentent les particularités suivantes
- lies de roulage des couches Eli et Main, n E, F et J de la Figure i.
- Ces couches sont exploitées par deux puits, le n® i pour l’extraction du charbon et le n" 2 pour la montée et la descente du personnel, des bois et d’autres matériaux. Le puits n° 1 de 6,60X 2,11 m atteint la couche Eli à 217 mètres, niveau auquel le charbon des deux au-I très veines est amené par des galeries trans-
- p.101 - vue 102/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- versales; la cage est à quatre compartiments portant 600 k chacun, son débit est de 1 200 tonnes par journée de 10 heures. Le puits n° 2, de 6,30X2,45, à 30 m du puits n°i, aboutit aussi à l’Ell. On a indiqué en fig 1 les voies de roulage de l’Ell et du Alain, à 28 m au dessous de l’Ell, ces dernières en traits pointillés. Le tableau ci dessous en donne les principales particularités, pentes et longueurs,
- Le
- AB 120J
- B C 513
- CD 231
- DE 275
- EF ko
- F G 138
- GH 201
- EJ 239
- J K 239
- JL 375
- MN 64
- NO 156
- OP 70
- PQ =47
- QR 37
- RS 210
- RT 310
- La machine à vapeur de l’Ell est en B (fig. 1) à 120 m du fonds du puits n° 1. Elle commande trois voies : l’une, B F, de 1 100 m de long et les deux autres, à 45 m à droite de B, respectivement de 320 et de 705 m, simultanément ou indépendemment, par des treuils pourvus de mécanismes indiquant les positions respectives des trains, de manière à en éviter les collisions. Le charbon est amené des points H, K et L en F par des treuils électriques en place des chevaux.
- La machine à vapeur du Alain, installée en M, commande par NOPQ une partie du roulage du Pyotshaw pour rejoindre en R, à 180 m au-dessous de Q les voies S et T, desservies par des treuils électriques.
- Les treuils électriques R et E actionnent
- des chaînes sans fin portées sur des galets entre les voies de roulage.
- L’ensemble de la station génératrice installée à l’entrée du puits n” 1 est représenté par la figure 6. Elle comprend trois dynamos :
- La dynamo n” 1, qui fournit l’électricité aux treuils de roulage, donne 100 ampères et 490 volts à 620 tours ; c’est une compound : résistance de l’armature 0,145 ; de l’en-
- roulement en dérivation 236 ohms ; de l’enroulement en série 0,082 ohm. Elle est commandée par courroies de deux machines à vapeur Westinghouse verticales à simple effet, cylindres de 340 mm X 305 de course, développant chacuneôo chevaux à 350 tours, avec une pression de 3,50 k à l’admission. On peut les accoupler et découpler à volonté de leur arbre par des embrayages à friction. Les deux autres dynamos, de 12 et 5 kilowatts, et commandées par ce même arbre, fournissent la lumière.
- Les conducteurs sont descendus par le puits n° 2 dans des tubes en fer, puis supportés dans les galeries par des isolateurs attachés aux boisages. La partie des conducteurs enfermés dans des tubes en fer est isolée par du caoutchouc vulcanisé, les autres le sont par du caoutchouc pur convenablement arme. Le conducteur du puits n° 2 est composé de fils de cuivre n" 14 S. W. G. (2 mm) d’une section totale de 60 mm.
- Au iond du puits il se divise en deux branches de 19 fils n° 16 (1,6 mm) d'une section totale de 40,4 mm desservant le treuil de roulage E (fig. 1), l’autre de 7 fils, n° 15 (1,8 mm) ou de 19,0 mm, desservant le treuil R.
- Le treuil placé en E dans l’Ell, est (fig. 3, 4 et 5) commandé par une réceptrice en dérivation de 76 ampères 400 volts à 770 tours et développant au maximum 35 chevaux : résistance de l’armature 0,107 ohms, de l’inducteur 202 ohms ; elle est régularisée par un commutateur à rhéostat. Elle commande par un double tronc d’engrenages, deux poulies à mâchoires de Hurd, et à frein avec embrayages à friction, entraînant les câbles à la vitesse maxima de 5 kilomètres à l’heure.
- p.102 - vue 103/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Le treuil R, dans la couche Main, n’est que de 12 chevaux, et avec une seule poulie à mâchoires.
- Dans les deux cas, les commutateurs et les
- génératrices sont enveloppés dans des boîtes imperméables aux gaz.
- Le treuil E commande deux câbles : le premier, EFJLJKF, a 1975 m’ sec°nd, E
- 6- - Fig.
- I' G HE, en a 930 ; ils sont en acier de 20 mm de diamètre supportés entre les rails par des galets de 230 mm de large sur 115 mm de diamètre espacés de 9 mètres. Aux angles et aux extrémités des voies, le câble passe sous terre sur des poulies de 1,50 m de diamètre recouvertes d’une planche qui en permet l’accès pour le graissage. Le câble de la
- couche Main, S R T, a 1 370 m de long, et remorque les charges presque toujours en pente. Sur tout leur parcours, les voies sont pourvues de communications électriques, signaux, sonneries, etc , permettant de commander le poste central.
- Les câbles électriques fournissent en P', par les voies K L et E de la couche Eli, environ
- p.103 - vue 104/624
-
-
-
- [04
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 400 tonnes par équipe de 10 heures lesquelles sont ensuite remorquées en B par les treuils à vapeur. Le service électrique est fait par des équipes de 8 hommes : un au treuil, en E ; cinq amarreurs aux crochets des bennes en L K et L ; un en EH, et un surveillant des voies.
- Les câbles électriques ne s’arrêtent jamais on leur accroche sans difficulté les bennes qui pèsent à vide 250 k, et en charge 850 k, correspondant à une charge utile de 600 k. Sur les 400 tonnes de roulage par 10 heures, la voie H en fournit 60 et le restant, 340 tonnes, est livre par les autres voies presque totalement en rampes. Il faudrait pour ce même débit environ 35 chevaux avec chacun un homme pour le conduire, ce qui serait d’un encombrement inadmissible ; en réalité avant l’introduction de l’électricité qui les a supprimés, on n’employait que 10 chevaux avec un débit de 180 tonnes.
- Le roulage ne fonctionne pas encore en plein dans la couche Main. Son débit varie de 150 à 200 tonnes par 10 heures.
- Le prix d’établissement de cette installation s’est élevé à 94475 fr comme il suit :
- Bâtiment des machines à fondations, des ma-
- Logement des machines dans les couches Eli
- et Main, taille du charbon, fondations, etc. 5 575 Moteurs Westinghouse, arbre, courroies, dynamos de 35 et do 12 chevaux, treuils, fils,
- téléphones, etc........................... 53 325
- Roues, poulies, câbles, etc............... 14200
- Pièces de rechange, armatures, balais, etc.... 8450
- 94 475
- Admettons pour le débit de toute l’installation électrique environ 600 tonnes par 10 heures, il aurait fallu pour le réaliser au moins 40 chevaux du prix de 750 fr l’un, ce qui conduit à la dépense annuelle suivante, de 103 250 fr.
- Dépréciation et renouvellement de 40 chevaux
- (30000 fr) au taux de 15 p. 100 l’un..... 4 500
- Nourriture et entretien à 750 fr par an et par
- cheval................................... 30000
- Salaires de 40 hommes à 6,75 fr par jour pendant 250 jouis........................... 68750
- 103 250
- Avec l’électricité, ce prix s’abaisse comme il suit à 49 750 fr,
- Un électricien à 12,50 fr par jour pendant 250
- jours.................................... 3 125
- ra hommes à 7,50 fr par jour pendant 250 jours 22 500
- Charbon, huiles.......................... 12500
- Amortissement, dépréciation. Chambre des
- machines, 5 p. 100 sur 15 000 fr......... 750
- Machinerie,poulies,câbles 15 p. 100 sur 72500* 10875
- 49 750
- Soit une économie de 53 500 fr.
- En fait, on n’a pas constaté d’augmentation sensible de dépenses aux chaudières de la mine depuis d’addition des machines électriques, mais on a évalué cette dépense comme si elle était fournie par une chaudière sépa-
- Quant au rendement de l’installation, on peut en évaluer les pertes à peu près à 16 chevaux des chaudières aux machines West-tinghouse, puis 0,45 à leur arbre, 3,4 aux frottements des courroies et des dynamos, 2,2 à l’excitation des générateurs, soit une perte totale de 22 chevaux des chaudières au tableau des générateurs, perte considérable due principalement à la faible pression de la vapeur 3,5 k.
- Les pertes de la machine motrice aux bennes s’élèvent à peu près à 50 p. 100 dont
- 50 p. 100
- Une fuite d’eau s’étant déclarée en J et K on y installa une pompe à piston de 75 mm sur 150 de course commandée par une poulie à gorge de 1 m de diamètre sur laquelle passe le câble, et qui refoule l’eau à 6 m dans un puisard.
- L’installation électrique a été établie par M. Goolden et C°, sous la direction de MM.
- p.104 - vue 105/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Strain Robertson et Thomson.Elle fonctionne depuis près de 2 ans avec un plein succès.
- On sait que l’une des premières applications de l’électricité dans les mines, des plus
- heureuses aussi et des plus répandues, principalement aux Etats-Unis, a été celle des per-
- ® ® O
- Fig. 8. et 9. — Detail du dash-pot et sections des fils creux des solénoïdes de la perforatrice Keith.
- foratrices électriques et en particulier des perforatrices à percussion. L’une des difficultés de ces machines a été d’en refroidir les soli-noides suffisamment pour en assurer pendant longtemps la marche ininterrompue à plein travail,-1\1. Keith, de San-Francisco, a vainement proposé pour remédier à cet inconvénient une solution radicale mais encombrante qui consiste à faire les fils des solcnoîdes non pleins mais creux (fig.- 9) et parcourus par une
- circulation d’eau naturelle ou fournie par une pompe à accumulateur chargée parla perfora-
- Fig. 10. — Burin Fonda pour le travail el la sculpture • de la pierre
- trice même. A cet effet, les dash-pot amortis-
- p.105 - vue 106/624
-
-
-
- :o6
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- seur f de la perforatrice (fig. 7), à clapet d’sa-piration/"5, communique (fig. 8) avec le gros piston w qui charge le petit piston x, en communication avec la circulation des solénoï-des par v’ v\ Je n’insisterai ni sur ladistribu-tion des courants de la génératrice O aux solénoîdes, ni sur le mécanisme de rotation 2 utomatiquc d'e' du fleuret qui ne présentent rien de bien particulier en principe.
- A côté des perforatrices on peut citer
- comme en dérivant immédiatement en principe les burins employés pour le travail et la sculpture de la pierre. Ces outils sont le plus souvent actionnés par l’aîr comprimé, mais rien n’empêche de remplacer cet agent par l’électricité, pourvu que l’on y ajoute les dispositifs particuliers nécessaires pour imprimer à l’outil un mouvement très rapide, indispensable pour que son ouvrage ait le fini, la continuité et la douceur ou poli que lui donne le travail à la main. Al. A.-C Fonda de Louisville. y est arrivé d’une façon bien
- simple, indiquée par la figure 10. Quand le courant passe en C, les armatures B et B', l’une fixe, l’autre mobile, s’attirent et la tige de B’ frappe sur la tête de la pointe K. Dès que le courant cesse, le ressort I’ sépare B' de B, dont le lancé se trouve amorti par le res-. sort I, puis le ressort I" rappelle la pointe K. On peut, grâce au jeu de ces ressorts et à ce que les armatures B et B', séparées par un
- Fig. 12.
- diaphragme de bronze b, ne viennent jamais au contact, frapper jusqu’à 2000 coups par minute, vitesse à laquelle on obtient une exécution parfaite.
- L’une des applications de l’électricité à l'art des mines des mieux indiquées et qui a été réalisée des premières consiste dans l’emploi des trieurs magnétiques et électromagnétiques actuellement répandus à des exemplaires très nombreux et sous les formes les plus variées.
- p.106 - vue 107/624
-
-
-
- Revue d’électricité
- 107
- Celui de M. Carta se distingue par une disposition des trieurs élémentaires, permettant de les multiplier en les faisant agir successivement ou en cascade, de manière à pouvoir augmenter presque indéfiniment la puissance du trieur. Chacun des éléments se compose (fig-11 et 12) d’une trémie C dont on peut
- Fig. 1} — Trieur Anderson
- régler par c, le débit sur les aimants ou électro-aimants D D, que l’on peut, d’autre part, avancer ou incliner à volonté par H et par m. De C, le minerai, convenablement dévié par E. passe devant les aimants D qui en retiennent les parties magnétiques, le reste s’évacuant par F F', puis, quand les parties magnétiques se sont suffisamment accumulées sur les pôles des aimants de la première rangée, le minerai passe, comme en figure 4 au-dessus de ces aimants, pour tomber dans la seconde trémie C, dont les aimants se saturent
- à leur tour et ainsi de suite jusqu’au bas du trieur.
- Le trieur de M. Anderson appartient à la variété très nombreuse des appareils à aimants tournants- Ces électro-aimants M (fig. 13) sont attachés à un cylindre O dont leurs pôles C constituent des génératrices intérieures ; mais afin d’en augmenter la puissance, ces pôles sont armés de projections S S,remplissant en partie les vides I qui s’éparent les armatuies.On augmente ainsi sans complica-
- tion, etd’une façon, paraît-il, notable, lapuis-ance de l’appareil, dont cette petite modification constitue la particularité essentielle.
- L’électricité présente, comme nous l’avons dit, l’avantage unique de permettre l’utilisation, à la mine, de puissances hydrauliques parfois intransmissibles par tout autre moyen. L’exemple suivant, bien qu’emprunté à un cas tout à fait particulier, met bien en évidence non seulement Futilité générale de cet emploi de l’électricité mais aussi encore une fois la merveilleuse souplesse de cet agent.
- Il s’agissait de draguer, en Nouvelle Zélande, une rivière aurifère pratiquement inaccessible aux routes indispensables pour amener le charbon aux dragues, mais située a proximité de chutes d’eau faciles à capter. L’eau, prise à 2 400 mètres de la station génératrice d’électricité, à une hauteur de 165 mètres, est amenée par un canal de 0,75 m sur 0,90 m de
- p.107 - vue 108/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- large, partie entaillé dans la roche, partie en bois, et porté par des trétaux écartés de i ,50 m, dans un réservoir en bois de 6 X m en communication avec un tuyau de 0,300 de diamètre en tôles d'acier rivées en longueurs de 6 mètres, et qui aboutit aux moteurs hydrauliques.
- On peut compter en moyenne sur un débit de 115 litres par seconde, qui se réduit parfois de moitié à la fin des hivers secs avant la fonte des neiges.
- La station, située au milieu de la concession à draguer, de 6 kilomètres environs, a pour moteur une roue Pelton (') de 1,20 m de diamètre, sur laquelle l’eau arrive par un afu-tage de 40 mm de diamètre, avec une pression de 17 atmosphères. Cette roue actionne par courroies deux dynamos Brush Victoria en série donnant^ chacune, à 700 tours, 650 volts et 40 ampères, soit en tout, 70 chevaux. Si le courant baisse ou augmente de 3 ampères en dehors de son intensité normale, des commutateurs automatiques remplacent aux dynamos le circuit extérieur par un rhéostat de résistance équivalente et fait partir une sonnerie d’alarme.
- Le courant est amené à la drague par un fil de cuivre nu et porté par des isolateurs à huile, qui du rivage se relie à la drague par deux fils de cuivre parfaitement isolés, et amenés à deux tambours de la drague, leur permettant d’en suivre les déplacements.
- Les récepteurs au nombre de deux, enroulés en série, sont la contrepartie exacte des générateurs, de manière à permettre l’interchangeabilité des pièces. L’une de ces dynamos actionne directement une pompe centrifuge, l’autre commande la chaîne à godets par un train de renvoi facile à suivre sur la figure 14. Comme le travail des godets est très variable, la dynamo-pompe agit comme un régulateur automatique du circuit auquel elle prend du courant en raison inverse de ce travail, le
- (’) Sur les roues'Pelton, voir Gustave Richard, « La mécanique générale k l’exposition de Chicago », p, 242 et 560.
- débit de la pompe pouvant, en effet, varier sans aucun inconvénient.
- La drague a 24 m de long sur 6 m de large. Ses godets de 1 m* passent à la vitesse de 12 par minute ; soit un débit de environ 70 mJ à l’heure pris a une profondeur de 6 m. Elle est éclairée pendant la nuit par deux lampes à arc de io ampères. Le dragage tombe dans un cylindre de 3 m de long, à barreaux écartés de 6 mm, qui en sépare le sable, traité ensuite sur des toiles par l’eau de la pompe centrifuge qui en débite environ 130 litres par seconde.
- Les conditions ordinaires de fonctionnement de l’installation sont les suivantes :
- Pression de l’eau dans les tuyaux.
- à l'ajutage........
- Roue Pelton. Vitesse..........
- dépense d’eau par
- seconde ........
- puissance.......
- Générateurs, volts............
- La dépense d’établissement s’est élevée à 175 000 fr, dont :
- Drague............................... 65 000 fr.
- Amenée de l’eau...................... 12 000
- Tuyaux et valves.................... 15 000
- Installation électrique.............. 62 500
- Transport des matériaux à pied d’œuvre. 20 000
- 175 000 fr.
- La dépense d’exploitation des machines avec 3 équipes de 8 heures a été, en moyenne, pendant 3 années, de 875 fr, dont :
- Salaires y compris le commandant’de
- la drague et l’électricien......
- Entretien, huile, balais........
- Exploitation, bureaux, impôts, etc..
- Gustave Richard.
- p.108 - vue 109/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- TRAVAUX
- L’ASSOCIATION BRITANNIQUE (')
- L’étude de Thystérésis magnétique est loin d’avoir perdu pour le chercheur l’attrait que dès les premiers travaux d’E-wing elle a exercé. La question de la variation de Thystérésis avec l’induction maxima atteinte dans le cycle est un des points que les recherches des physiciens n’ont point encore complètement élucidés. La règle, assez improprement nommée loi, établie par Steinmctz, n’est qu’une approximation pouvant rendre des services dans la pratique. Les expériences [plus précises d’Ewing ont, en effet, montré que la proportionnalité de l’absorption d’énergie par hystérésis à la puissance 1,6 de l’induc-
- tion n’existe d’une façon approchée que pour une partie de la courbe.
- Suivant la théorie reçue, il semble probable que les variations d’induction au cours desquelles le fer est magnétiquement saturé ne doivent pas donner lieu à une manifestation de Thystérésis, puisque les molécules restent rigidement orientées dans une même position. Par suite, la perte hystérétique dans un cycle complet doit atteindre un maximum et rester constante à partir de ce point. Par exemple, si dans la figure 21, A est le point auquel le fer commence à être saturé, Taire du cycle est maxima, et une augmentation de l’induction jusqu’en B ou au-delà n’a pas pour effet d’augmenter cette aire. Ce fait n’a pas été démontré expérimentalement, mais aucun autre fait ne parait le contredire.
- 109
- Lorsque le fer est soumis à un champ alternant rapidement, avec une fréquence comparable à celle des courants alternatifs industriels, les conditions sont un peu différentes. A mesure que l’induction maxima croît, l’intensité d'aimentation stationne à sa valeur de saturation pendant une portion de plus en plus grande de la durée de parcours du cycle. Dans les autres parties, l’aimantation change donc de plus en plus rapidement.
- Aux petites fréquences, Thytérésis est probablement constante, mais aux grandes fréquences, il est possible que le mouvement plus rapide des molécules puisse augmenter l’énergie de leurs vibrations, et Thystérésis croîtrait alors malgré la saturation. Cette particularité dépend de l’effet de la fréquence sur Thystérésis, effet qui n’a pas encore été étudié à fond. Des expériences de Tanakadaté O tendent à montrer que jusqu’à 400 cycles par seconde, Thystérésis par cycle est constante, et d’autres expériences encore inédites de M. Baily semblent confirmer ce résultat. Les travaux de Steinmetz et de A. Siemens qui ont donné des résultats différents, ne paraissent pas devoir modifier cette manière de voir, car quelques-uns de ces résultats sont contradictoires.
- Si Ton considère le-problème au point de vue théorique, on peut admettre, que pour une valeur donnée de l’induction, la fréquence ne doit pas influer sur Thystérésis. Des expériences avec des alternances extrêmement rapides montrent que les molécules de fer répondent avec une très grande facilité aux variations du champ. Le retard temporaire à l'aimantation produit donc très peu d’effet en ce qui concerne la grandeur de l’aimantation, quoique suivant d’autres expériences l’effet quant à sa durée ne soit pas négligeable. De plus, la durée de vibration de ces aimants moléculaires est évidemment de beaucoup inférieure à quelques centièmes de seconde, il ne peut donc se produire de mouvement synchronique. La vibration causée
- (’) Voir l'Eclairage Électrique, t.V, p. 6c
- 17t.
- (’) Phil. Mag., 1889.
- p.109 - vue 110/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- par chaque cycle sera donc transmise aux particules voisines, ou en d’autres termes disséminé sous forme de chaleur, avant le commencement du cycle suivant. Des changements de fréquence très différents de l’ordre de grandeur des' vibrations moléculaires n’affecteront pas ces] dernières. La loi de l’hystcrésis doit donc être la même pour un champ alternatif à variation rapide que pour une- variation très lente, et la courbe de l’hys-térésis en fonction de l’induction doit présenter un point d’inflexion, atteindre un maximum et ensuite rester constante.
- C’est pour examiner ce point que M. F. G. Daily a fait une série]d’expériences sur
- L'hystérésis du fer dans un champ magnétique alternatif.
- Pour obtenir de grandes intensités d’aimantation il a eu recours à la méthode dite de l’isthme, en mesurant l’effet d’hystérésis calorimétriquement par l’élévation de température du fer dans un temps donné, sous l’influence d’un champ alternatif de fréquence constante.
- L’appareil consistait en un électro-aimant formé de feuilles de fer doux de 0,25 mm. d’épaisseur, ayant des pièces polaires en tronc cle pyramide, entre les petites bases desquelles était placé l’échantillon, comme l’indiquent les fig. 22, 23 et 24. L’échantillon lui-même était laminé en tôles très minces afin d’éliminer le mieux possible les courants de Foucault; il affectait la forme d’un cube de 73 feuilles de 0,085 mm- d’épaisseur chacune et d’une largeur moyenne deo,8o8 cm, ce qui donne une section totale de 0,50 cm,. Les feuilles étaient isolées les unes des autres par l’interposition de feuilles de papier et le tout était imbibé de vernis à la gomme-laque.
- Sur le ruban de soie qui enveloppait ce cube était enroulé une bobine de 33 tours en une seule couche, protégée extérieurement par des lames minces de liège, sur lesquelles venait s’enrouler une seconde bobine de 22 tours. Une dernière couche de liège imbibé
- de gomrpe-laque formait l’enveloppe extérieure. Les deux bases, soigneusement dressées, étaient recouvertes de feuilles de liège très minces. La figure 25 montre la section de cette armature, qui était munie, entre le ruban de soie et le fer, d’un couple thermo-électrique cuivre-maillechort en contact avec le fer.
- ït 23. Élévatic
- de l’appareil.
- Fig. 24. Plan de l’aimant.
- Fig. 25. Section de l’armature.
- L’échantillon de fer ainsi constitué était introduit dans une boîte en ivoire enveloppée d’ouate pour éviter toute déperdition de chaleur. Comme l’expérience ne durait que r 1/2 minute et que l’élévation de température n’était jamais supérieure à 250 C., cette précaution était suffisante. Mais l’armature abandonnait assez vite la chaleur aux pièces polaires à travers les lames de liège très minces de ses bases. Pour éviter toute erreur de ce | chef, on a fait usage d’une circulation de ; pétrole, afin d’égaliser la température dans les pièces polaires et l’armature; toute diffé- ;| rence de température était d’ailleurs immé- j diatement indiquée par les couples thermo- | électriques dont étaient munies ces pièces ! polaires.
- Le courant alternatif avait une fréquence $
- p.110 - vue 111/624
-
-
-
- REVUE D’ELECTRICITE
- constante de 103 périodes par seconde. La f. é. m. maxima était de 800 volts et l’intensité de courant maxima de 8,5 ampères. Le circuit était ferme à chaque expérience pendant 1 1/2 minute, et l’élévation de la température était mesurée à l’aide du galvanomètre d’Arsonval placé dans le circuit thermoélectrique.
- La détermination de l’induction maxima s’effectuait à l’aide des bobines enroulées sur l'armature, la f. é. m. moyenne induite dans la bobine est exprimée par :
- 4 (93f Af + 93a Aa) m n,
- en appelant % l’induction maxima dans le
- fer, A f la section du fer, et A„ les grandeurs correspondantes pour l’air et les parties non magnétiques.
- Comme dans un circuit à grande self-induction. la f. é. m. secondaire suit la même loi que la f. é. m. agissant dans le primaire, leurs actions galvanométriques sont comparables. On se servait donc d’un galvanomètre à aiguille de fer doux pour comparer directement la f. é. m. connue et mesurée au voltmètre; en déterminant par points la courbe de la f. é. m. on a pu constater que le rapport de la valeur moyenne à la valeur efficace était 0,75, pareeque la courbe de l’alternateur était plus pointue qu’une sinusoïde.
- Le galvanomètre employé était un instrument Thomson à miroir et à une bobine de 10 ohms de résistance et d’un coefficient de self-induction égal à 2,24 X io7 cm. L’aiguille
- d’acier a été remplacée par une autre en fer doux.
- La fig. 26 est un diagramme du montage et la fig. 27 indique la distribution des couples thermo-électriques.
- Si l’on désigne par <ï> le flux dans la bobine intérieure, par <I>' le flux dans la bobine extérieure, R, R', les résistances des circuits de ces bobines, R: R', les résistances nécessaires pour réduire les dérivations dues au circuit d’alimentation à celles données par les bobines auxiliaires, par V le voltage d’excitation, par m m les nombres de tours respectifs des deux bobines, et par n la fréquence, on a les relations suivantes :
- Fig. 27. Couples thermo-électriques.
- et si A et A' sont les surfaces respectives des bobines, la force magnétisante est donnée par
- et l’induction dans le fer par
- Dans les expériences R, etR', étaient toujours égales.
- Le tableau suivant donne les moyennes des mesures :
- p.111 - vue 112/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Avec ces nombres ont été construites les courbes des figures 28 et 29, donnant, la première, l’hystérésis en fonction de l’induction; la seconde, l’hystérésis en fonction de l’intensité d’aimantation. La partie indiquée en pointillé a etc obtenue par la méthode balistique appliquée à un autre échantillon du même fer.
- Le résultat des mesures indique très nettement un ralentissement marqué dans l’accroissement de l’hystérésis à partir de l’état de saturation. La valeur calculée de l’intensité d’aimantation atteinte est de 1640 unités,
- Fig. 28. Hystérésis dans le fer doux : 103 alternances.
- La valeur maxima de l’hystérésis, calculée d’après la valeur obtenue par la méthode balistique est approximativement de 30 000 ergs. La perte par courants de Foucault n’atteint donc que 1,7 p 100 de la perte totale.
- Les résultats obtenus permettent de conclure que la relation exprimant l’hystérésis en fonction de l’état magnétique du fer devrait dépendre, non de l’induction, mais de l’intensité d’aimantation, avec, peut-être, un terme de correction fonction de l’induction.
- Le résultat s’accorde bien avec la théorie d’Ewing et la troisième phase de l’aimanta-
- 1 TW
- L 7^
- : 1
- : j
- i
- 1 r 4-
- L
- Fig. 29. Hystérésis dans le fer doux; 1-03 alternances.
- nombre probablement un peu inférieur à la valeur réelle. Suivant les expériences d’Ewing le point de saturation du fer doux correspond à la valeur 1660 ; on voit donc que les résultats concordent bien.
- Les courants de Foucault ont été négligés dans cette courbe, mais la considération suivante montre qu’ils ne peuvent affecter d’une façon sensible la forme de cette courbe. En prenant l’expression de J. J. Thomson poulies courants de Foucault dans des lames minces avec les lignes de force dans le plan des lames, la puissance absorbée s’exprime en watts par la formule
- 1,67 95* n5 fs io-,a
- i étant l’épaisseur de la lame.
- La résistance spécifique de l’échantillon était 1,3 X I0_5 î la perte par cycle est donc de 1,28 95* n t* io‘ ergs,
- qui donne W = 510 ergs par cm3 par cycle.
- tion est très marquée. En se rapportant au travail d’Ewing publié en 1894 ('), on trouve que l’auteur distingue trois phases : de B — o
- Suivant M. Baily, il faudrait ajouter une quatrième phase comprise entre B = 15 000 et 23000. Il est probable que les deux phases allant de 2000 à 14000 n’en constituent en réalité qu’une seule, correspondant à l’état de très grande perméabilité du fer.
- Le travail de M. Baily ne clôt pas la liste des études d’un intérêt à la fois scientifique et industriel présentés à l’Association britannique ; nous aurons, entre autres, à donner une analyse circonstanciée des recherches de Mne Ayrton sur l’arc électrique. Nous réserverons cette analyse ainsi que plusieurs autres d’un intérêt moins immédiat pour un prochain numéro de l'Éclairage Électrique, et nous terminons aujourd’hui par une revue de renseignements pratiques donnés par MM.
- (1) La Lumière Électrique, t. LII, p. 136, 185, 333,
- 364 et 245-
- p.112 - vue 113/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- \V. M- Hicks et L. T. O’Shea et ayant trait à la
- Préparation du fer pur par l’électrolyse.
- Ces auteurs ont préparé récemment des quantités assez considérables de fer électro-lytique, et le procédé présentant de nombreuses difficultés, on doit leur savoir gré de la publication des détails qui suivent.
- L'électrolyte.— On admet généralement que l'clectrolyte doit être neutre, et les auteurs ont trouvé absolument impossible l'emploi de solutions contenant de l’acide libre.
- L’électrolyte est constitué par une solution à 5 p ioo de chlorure ferreux cristallise, à laquelle on ajoute assez de chlorhydrate d’ammoniaque pour former le sel double Fc C1*2AzH*C1. Il ne faut pas laisser la solution s’affaiblir parce qu’en perdant du fer elle devient alcaline ; on y parvient en titrant de temps à autre la solution et en remplaçant par du chlorure ferreux le fer précipité.
- La solution doit être exempte de sel ferrique, lequel donne lieu à la formation d’hydrate ferrique qui sc dépose au fond du vase et sur la cathode. On se débarrasse des sels ferriques en agitant le liquide avec du fer réduit et en filtrant peu de temps avant l’emploi de la solution.
- Densité de courant. — Pour l’analyse électrolytique, Classcn indique une densité de courant de 0,05 à 1 ampère par 100 cm4, et S. P. Thompson recommande 0,08 à 0,25 ampère par 100 cm5 pour le dépôt de l’acier. Les auteurs trouvent qu’il est bon de commencer la précipitation avec 0,2 ampère par dm1, et de réduire ensuite à 0.15—0,18 ampère; il ne faut plus ensuite dépasser cette densité de courant, mais on peut la réduire jusqu’à 0,08.
- La différence de potentiel aux bornes était °>7 volt, obtenue en plaçant un accumulateur en série avec un voltamètre à acide sulfurique et électrodes de plomb.
- Electrode s.— La cathode doit présenter une surface très propre, Les auteurs ont employé de la feuille de cuivre mince nettoyée à l'acide
- nitrique et au cyanure de potassium. Toutes les parties de la cathode à l’exception de celle qui doit recevoir le dépôt doivent être isolées de la solution. C’est ce qu’on obtient en recouvrant ces parties d'un vernis inattaquable.
- L’anode est une feuille de fer de Suède et pour empêcher les impuretés qu’il contient d’entrer dans l’électrolyte, on l’entoure d’un vase poreux. L’accumulation de l'acide sulfurique libre nécessitait le renouvellement de la solution deux fois par jour. La solution employée contenait 1 p 100 de chlorure ferreux.
- La surface de la cathode est parsemée de petites cavités coniques dues à la formation de bulles de gaz microscopiques; dans les premières phases de la précipitation, il faut prendre soin d’enlever ces bulles périodiquement en exposant la cathode à l'air et en en frottant la surface. En prenant ces précautions, on peut en une opération ininterrompue produire un dépôt ferme et cohérent de fer très pur.
- (A suivre) A. Hess,
- REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- A propos de la traction des trains à grande vitesse (1).
- M. G. T. H. résume très clairement les con-1 ditions auxquelles doivent satisfaire les trains à grande vitesse, atteignant, par exemple, 160 à 200 km à l’heure. Ces vitesses sont parfaitement possibles et les expériences faites avec les locomotives à vapeur actuelles, dans lesquelles des vitesses de 150 km à l’heure ont été atteintes, prouvent que même des locomotives à vapeur convenablement calculées pourraient permettre ce résultat. Les conditions économiques et la sécurité de l’exploita-
- (1) Electric Raihcay Galette, 9 nov. 1895, p. 349.
- p.113 - vue 114/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- tion prennent donc une importance capitale.
- La construction des locomotives et des wagons devrait être de première qualité, car les efforts appliqués aux différentes pièces de ces organes deviendraient considérables. En raison des grandes vitesses envisagées, la voie sur laquelle circuleraient les trains devrait leur être uniquement affectée ou, tout au moins, le trafic ordinaire y devrait être réduit dans de grandes proportions ; pour la même raison, les agents préposés au service de la traction de la voie et des signaux devraient être d’une habileté particulière. L'exploitation serait donc très coûteuse ; pour qu’elle put être rénumératrice, il faudrait donc employer des trains à plus grande capacité et partant plus lourds. Dans des expériences faites récemment sur le chemin de fer de Lake Sbore, aux Etats-Unis, un train composé d’une locomotive pesant 92 tonnes (83 500 kg) remorquant une charge de 152 tonnes (138000 kg) peut atteindre une vitesse de 144 km à l’heure. On pourrait donc admettre que les locomotives des trains à grande vitesse pèseraient 100 tonnes (91 000 kg) et que la charge serait de 200 tonnes (182 000 kg).
- En admettant que l’effort de traction moyen serait de 5 kg par tonne et que la pente maxima fut de 0,5 pour 100, la puissance nécessaire, à t6o km à l’heure serait de 27? (5 + 5) 44.44 = 121 821 kgm 5 soit 1 620 chevaux environ. La puissance prévue des moteurs devrait donc être portée à 2 000 chevaux, afin de laisser une marge suffisante pour l’imprévu, etc.
- *Le poids de 91 tonnes serait d’ailleurs suffisant pour permettre, dans ces conditions, une construction mécaniquetrés robuste d’une locomotive électrique, ou d’une locomotive à vapeur. Car il faut bien comprendre que ces dernières peuvent fournir une solution acceptable, bien que moins favorable que les premières.
- La grande difficulté réside donc moins dans les conditions mécaniques que dans les conditions d'exploitation.
- Les voies ferrées actuelles sont fréquemment utilisées par des lignes latérales ou croisées à niveau ; des trains de marchandises et autres les parcourent, en sorte que ces vitesses excessives seraient très dangereuses.
- ' L’électricité se prêterait particulièrement bien à ce genre d’exploitation : la voie pourrait être divisée en sections d’une longueur suffisante pour qu’un train lancé à toute vitesse ne puisse parcourir aucune d’elles complètement par sa vitesse acquise. Les trains pourraient être arrangés de façon à couper le courant dans les sections limitrophes, lorsqu’ils pénètrent sur une section quelconque. De la sorte, deux trains seraient toujours séparés par une section inerte et ne pourraient se rencontrer. De plus, si un accident quelconque : déraillement, défaut de la voie, accident à une aiguille, ouverture d’un pont tournant, etc., existait sur la ligne, le courant pourrait être coupé automatiquement à une distance du point dangereux suffisante pour prévenir le désastre. C’est un avantage considérable que ne pourraient offrir les locomotives indépendantes et qui est d’autant plus important que les vitesses sont plus grandes et partant, les arrêts plus difficiles.
- Dans les locomotives à vapeur, l’équilibre doit être parfait ; si le centre de gravité s’écarte seulement de quelques millimètres du centre de rotation, à des vitesses semblables, il en résulte des efforts sur l’axe qui se chiffrent par milliers de kilogrammes et partant un balancement de la locomotive et un martèlement de la voie très dangereux. A la vitesse prévue, la vitesse des pistons devient très grande et la force vive, agissant comme volant, entraîne des complications. Dans les locomotives électriques, ces inconvénients n’existent pas, sauf l’effet de volant qui reste le même.
- L’auteur insiste sur l’importance de l’étude de la résistance de l’air, mais ne dit rien de nouveau à ce sujet.
- Au sujet des conditions de transmission du courant, Al. G. T. IL pense qu’on doit envisager l’emploi des courants alternatifs et que
- p.114 - vue 115/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 5
- la solution dépend des perfectionnements du moteur à courants alternatifs. La puissance exigée par un train serait de 1492000 watts environ. La transmission à 500 volts conduirait à une intensité de 2984 ampères. Pour que l’exploitation soit économique, la perte en ligne ne devrait pas dépasser 10 pour 100, soit 50 volts. On serait conduit à des sections impossibles.
- En adoptant le courant alternatif à 10000 volts au plus, on se trouverait dans des conditions possibles. G. R.
- Le tramway électrique de Bristol (')
- Quelques lignes de tramways à lil aérien existaient déjà en Angleterre, à Leeds et à South-Straffordsbire notamment, mais elles avaient été installées avant que les nouveaux réglements du Board of Trade aient été promulgués. La ligne de Bristol a dû, au contraire, se conformer à ces règlements très durs. Elle présente donc un intérêt particulier.
- L’administration des Télégraphes et des Téléphones redoutait que ses services ne fussent troublés par l’induction et surtout les dérivations de la ligne à tramways ; elle a donc exigé un isolement très élevé des conducteurs, ce qui, du reste, est tout à l’avantage de la Compagnie, puisque les dérivations ne vont pas sans une perte de puissance. La Compagnie est obligée d’enregistrer continuellement la différence de potentiel pendant le service, entre les points du circuit de retour non isolé le plus éloigné et le plus rapproché de la station centrale; lorsque cette différence dépasse 7 volts, la ligne doit être modifiée en conséquence ou le trafic complètement arrêté. L’isolement de tous les fee-ders et conducteurs doit être tel que les pertes totales ne dépassent pas 0,01 ampère par mille (r ,6 km) de tramway.
- La ligne qui a environ 6,4 km de long est à double voie sur presque toute sa longueur ;
- [') Engineering, 20 se
- elle comprend différentes rampes ; mais celles-ci sont peu importantes-, la plus forte ne dépassant pas 6,66 pour 100 sur une longueur de 200m. La différence totale de niveau entre le point de départ et le point le plus élevé de la ligne, à 800 mètres de son terminus, est de 91,50 m ; les 800 derniers mètres descendent légèrement.
- La station centrale a été érigée dans les anciennes étables qui ont été convenablement modifiées dans ce but. Elle comprend deux chaudières à foyer intérieur, du type Lanca-shire, de 9,15 m de long et de 2, 15 m de diamètre intérieur ; les 2 tubes à fumée ont 0,914 cm de diamètre. Les chaudières sont munies d’économiseurs Green et de tisonniers automatiques de Vica.
- Il y a deux groupes d’alimentation d’un débit de 7 250 litres chacune à l’heure, contre une pression de 11,25 kg par cm2. Les chaudières ont été essayées à 18,5 kg par cm' et les canalisations à vapeur, etc, à 21,1 kg. Lorsque l’installation a été terminée, le tout fut essayé à une pression hydraulique de 14,08 kg par cm1. La pression normale, en marche, sera de 9,85 kg par cm2 emviron.
- Les moteurs à vapeur sont des moteurs compound Willans, à valve centrale, de 155 chevaux indiqués à 580 tours par minute et à la pression de 8,45 kg par cm2. Les deux cylindres ont des diamètres respectifs de 50,48 cm et 43,18 cm avec une course "commune de 20,32cm. Les volants ont 1,118 m de diamètre ; ils sont munis de 10 gorges, l’entrainement des dynamos se faisant par autant de cordes en coton égyptien, de 3,1 cm de diamètre.
- 11 y a trois dynamos à quatrepôles, donnant 200 ampères et 550 volts à 650 tours par minute ; l’armature est du type à tambour ; l’enroulement inducteur est composé, afin que la 1. é. m puisse varier entre 500 volts à vide et 550 volts à pleine charge. Un rhéostat placé dans l’enroulement en dérivation permet d’ailleurs, d’abaisser ou d’élever cette force électromotrice de 50 volts suivant les circonstan-
- îpt. 1895, p. 359.
- p.115 - vue 116/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- xiè
- Un moteur générateur fournit le courant pour la charge des accumulateurs et l'éclairage de la station; il peut développer 230 amp et 135 volts ; sa construction est analogue à celle des générateurs ; le moteur est à enroulement compound, de façon que laf. é. maux bornes du secondaire soit constante. Le courant inducteur est pris entièrement sur l’armature du moteur et non sur l’armature du secondaire, afin que ce dernier puisse servir à la charge des accumulateurs. Les bornes du moteur sont reliées aux barres omnibus principales de la station ; le moteur travaille donc à une différence de potentiel de 500 à 550 volts ; en outre, un rhéostat inter-
- rateur ; elle est employée pour l’éclairage de la station lorsque les dynamos sont arrêtées, et'aussi pour charger les petits accumulateurs qui servent à l’éclairage des voitures. Le tableau de charge est représenté en figure 1. A est un rhéostat de démarrage pour le moteur et le générateur ; B, le rhéostat d’excitation ; C, un commutateur à deux pôles ; D, D, D, des commutateurs à deux pôles avec plombs fusibles ; E, le commutateur du voltmètre ; I, le commutateur interrupteur du générateur P à 130 volts ; L, L, 2 ampèremètres pour la charge et la décharge des accumulateurs ; M un voltmètre ; N, un commutateur régulateur ; O, un coupe circuit automatique ; Q, l’enroulement inducteur en dérivation du générateur P ; R, la batterie d’accumulateurs ; S, le circuit de charge des batteries des voitures ; T
- Fig. 2. — Schéma du tableau de distribution.
- calé dans l’enroulement en dérivation des inducteurs permet de faire varier à volonté la force électromotrice aux bornes du secondaire entre 135 et ro5 volts.
- 11 y a quatre moteurs électriques de 20 chevaux chacun dans la station ; l'un d’eux entraîne l’économiseur et le chauffeur automatique, le second les machines outils dans l’atelier de réparation, et les deux autres les pompes d’alimentation.
- Une des caractéristiques de cette ligne est l’emploi des accumulateurs. La batterie principale se compose de 55 éléments à 15 plaques ayant chacun une capacité de 546 ampères heures, quand ils sont déchargés en 6 heures. Cette batterie est chargée parle moteur géné-
- la barre omnibus à 130 volts ; U, le circuit d’éclairage des remises et V le circuit de la station. Comme il peut être nécessaire d’actionner les moteurs de la station lorsque les dynamos sont au repos, le courant des accumulateurs peut être employé pour faire tourner le générateur du moteur générateur, dont le moteur engendre alors un courant à 500 volts qui est lancé sur ces moteurs.
- Le diagramme de la figure 2 représente les connexions du tableau principal des trois dynamos ; M est la barre omnibus allant d'un côté aux moteurs et de l’autre aux rails ; T la barre omnibus aboutissant d’un côté au panneau du transformateur et de l’autre aux
- p.116 - vue 117/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- H7
- feeders. A, sont les coupe circuit automatiques ; B, des commutateurs à un seul pôle ; C les rhéostats de l’enroulement inducteur en dérivation ; D, les parafoudres ; E les ampèremètres principaux ; F, les commutateurs des enroulements inducteurs ; G. les commutateurs reliant les générateurs à la barre d’égalisation ; II l’enroulement inducteur en dérivation ; R une résistance de 500 ohms ; l, un lampe pilote. II y a aussi 2 panneaux de feeders sur le tableau ; ils sont très simples, ne comportant qu’un plomb fusible, un commutateur et un ampèremètre à maxî-ma sur chacun des 4 feeders qui sont reliés à la barre omnibus positive.
- Fig, ?• — Schéma du tableau de mesures,
- La figure 3, représente les connexions du tableau de mesures établi pour satisfaire aux exigences du Board of Trade. A, est un fil d’essai allant au terminus de la ligne, à Old Market-Stret,_et B un fil allant à l’extrémité opposée, àKingswood. C, est la barre omnibus positive, communiquant avec le fil à trôlet, et C la barre omnibus négative, reliée aux rails. D sont des commutateurs inverseurs, E un ampèremètre, F un ampèremètre enregistreur ; G, un voltmètre enregistreur; II. est un commutateur à 3 fiches placé sur le circuit I des trois générateurs ; K, L, sont des commutateurs ; N, un enregistreur de polarité à papier sensibilisé ; P, une batterie de 6 éléments Leclanchc et p, une batterie de 2 éléments Leclanché. En T, T, les fils sont à la terre. D après les connexions, on peut voir qu aussi longtemps que la différence de potentiel entre la station et Kingswood, est
- moindre quecelle exigée par le Board of Trade, la force électromotrice des piles est suffisante pour lancer un courant de sens opposé dans le circuit de retour ; l’indicateur de pôles donne un enregistrement continu de la direction du courant.
- Le fil à trôlet, en cuivre étiré dur, de 7 1/8
- Fig. 4, 5, 6. — Poteaux à poteuce"des?tramways de Bristol.
- mm de diamètre, est divisé en sections. Il est, sur toute la longueur du parcours, supporté par des poteaux à potence. Ceux-ci sont disposés soit au milieu de la voie, soit latéralement.
- Les figures 4, 3 et 6 représentent les différents types adoptes ; ils ont été dessinés avec .goût et sont d’une grande légèreté. Les pho-
- p.117 - vue 118/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 118
- .tographies cle cette ligne qu’on a publiées prouvent que leur aspect ne dépare pas les rues, sauf, peut-être, les grandes potences latérales qui sont un peu longues.
- Les rails, de 58 kg par mètre Linéaire, sont reliés entre eux par des joints « Chicago » qui consistent en deux tiges de cuivre de 1,016 cm de diamètre.
- Le materiel roulant comprend 12 voitures motrices de 18 places à l’intérieur et 26 places à l’impériale, qui est découverte. Cette dernière disposition a nécessité l’emploi d’un
- Fig. 7. — Vue d’ense
- trôlet spécial. Le modèle adopté est celui que M. Dickinson a inventé pour les tramways du South Staffardshire ; il a été légèrement modifié pour s’adapter plus convenablement aux exigences de la nouvelle ligne. Ce trôlet, qui assure une très grande flexibilité, est monté, au milieu d’un des côtés de la voiture, sur une base verticale, fixe, qui s’élève à 1,85 m au dessus du toit delà voiture; le bras du trôlet peut tourner dans cette base, ce qui assure le déplacement horizontal de la roue du contact ; son déplacement vertical est obtenu au moyen de ressorts latéraux et d’un dispositif spécial comprenant un piston qui se meut dans un cylindre. Les figures 7, 8 et 9, qui représentent ce trôlet, permettent de se rendre facilement compte de son
- mécanisme. Une tige de cuivre isolée, descend à l’intérieur du bras de trôlet, et établit ainsi la communication entre la roue de contact et le circuit des moteurs. Le bras de trôlet étant complètement isolé, les dangers, pour les voyageurs, de recevoir des chocs
- Fig. 8 et 9. — Détails du trôlet.
- électriques sont très réduits. Deux circuits à lumière sont disposés dans les voitures ; un est alimenté par le courant principal, l’autre par le courant d’accumulateurs d’une batterie portée par la voiture. Le premier sera en service courant et le second ne servira que si un accident venait à plonger les voyageurs dans l’obscuritc. C’est un luxe de précautions plus coûteux qu’utile, car, espérons-le, les accidents seront rares.
- G. P.
- p.118 - vue 119/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Sur l’exploitation des tramways électriques, par Hermann S. Hering (').
- M. H. S. Hering a poursuivi depuis longtemps des essais systématiques sur les tramways électriques. Grâce à la situation qu’il occupe, if a pu conduire ces essais de façon à déterminer isolément, par des expériences contradictoires, l'influence de chaque organe dans le résulat final. Nous résumerons bientôt le mémoire qu’il a publié à ce sujet dans The Electric Railway gazette ; mais nous croyons devoir dès maintenant exposer les conclusions qu’il a tirées, relativement à l’influence de la manœuvre des voitures par les cochers et à l’influence du poids mort des voitures. Ces résultats compléteront très heureusement l’étude que nous avons publiée récemment dans le journal (').
- La plus grande quantité d’énergie employée à la traction d’une voiture de tramway seratt celle qui est nécessaire pour la mise en vitesse et pour la montée des pentes. Par exemple, dans les expériences de M. Hering l’énergie dépensée par voiture-kilomètre était de 812 watts-heures, soit 298 000 kgm ; le travail sur l’essieu moteur était égal aux 60 centièmes de cette valeur, soit à 178000 kgm. Le coefficient de traction était égal à 6 kg par tonne et la voiture pesait 8,5 tonnes; la traction proprement dite demandait donc 6 X 8,5 X 1000 = 51 000 kgm; soit environ 26 pour roo du travail total; le restant, ou 74 pour 100, équivalant à 127000 kgm, était dépensé dans les mises en vitesse et dans la montée des rampes.
- On peut atténuer beaucoup l’importance de ces pertes en utilisant l’énergie emmagasinée par la voiture en marche lors des arrêts ou même en pleine marche, et en se servant "uniquement de la force de la pesanteur lors fies descentes. On peut aussi employer la récupération et lancer sur la .ligne le courant des moteurs fonctionnant en générateurs soit
- ( ) The Elettrical World, 9 Novembre 1895, p. 516. ( )L Éclairage Electrique, Novembre,p. 289, 345, 400 ît Décembre, p. 447, 503, 545, 577.
- aux arrêts, soit aux descentes. En admettant qu’on puisse, par une manœuvre habile de la voiture et par la récupération économiser la moitié du travail correspondant à ces pertes, on réaliserait un bénéficede 173 watts-heures par voiture-kilomètre; en évaluant le prix de revient du kilowatt-heure à 0,05 fr, cela correspond à 0,00885 fr Par voiture kilomètre. Sur une ligne comprenant 15 voitures faisant chacune 200 km par jour, l’économie annuelle correspondante serait de
- 0,00885 X 200 X *5 X 365 = 9690 fr ; pour une ligne comprenant ioo voitures en service l’économie serait de 64 500 fr environ, ce qui équivaut à l’intérêt de 5 pour 100 de 193 800 et 1 290000 fr respectivement. 11 en résulterait aussi une économie considérable sur les frais de premier établissement de l’usine génératrice.
- « Une économie considérable peut être réalisée en laissant les voitures marcher le plus possible par la vitesse acquise, en démarrant les voitures lentement. Le courant ne doit être maintenu que le temps strictement nécessaire et doit être coupé dès que la vitesse acquise permet d’atteindre l’arrêt suivant. Aux descentes, on ne doit employer aucun courant, sauf parfois au moment des démarrages ou quand la pente n’est pas assez prononcée. Dans le service urbain, on peut réaliser ainsi des économies considérables. Les freins ne devraient presque jamais être appliqués. La légère augmentation dans la durée du voyage qui résulterait de cette manœuvre serait négligeable, et les voyageurs ne pourraient s’en apercevoir ».
- Tour déterminer l’importance de cette source de pertes, M. Cari Hering a fait conduire deux séries d’expériences avec la même voiture, dans les mêmes conditions ; dans la première série, le mécanicien était le meilleur mécanicien de la Compagnie ; dans la seconde, il était remplacé par un électricien qui avait reçu des instructions spéciales. Le travail en watts-heures dans le voyage aller, en rampe, fut dans la seconde série, égal à 85 pour 100 du travail dépensé par le mécani-
- p.119 - vue 120/624
-
-
-
- L’ECLAIRAGE ELECTRIQUE
- cien ordinaire ; à la descente, il fut égal à 74 pour 100 seulement du travail dépensé par Le même mécanicien ; l’économie moyenne fut donc de 20 pour roo. Le nombre d’arrêts n’était que de 8 ou 10 pour le voyage entier (22,5 km) et, par conséquent, la façon de démarrer de chaque opérateur n’avait que peu d’influence. L’augmentation dans la durée du trajet ne fut que de 2 pour 100.
- Ces résultats montrent toute l’importance qu’il y a à donner aux mécaniciens une éducation préalable très sérieuse.
- D’après les essais spéciaux qui ont été faits la différence qui existe entre le courant dépensé par une voiture qui passe devant une station sans s’y arrêter et le courant dépensé par la même voiture qui s’arrête devant cette station et part ensuite pour aboutir au meme point que dans le premier cas, est, en moyenne de 85 watts. Chaque arrêt coûte donc à la Compagnie, rien qu’en courant, 0,425 cent.
- Le poids total de la voiture influe bien entendu sur l’énergie dépensée, non seulement en marche régulière, mais aussi aux démarrages, dans les rampes, etc.
- D’après les essais deM. Hering, la moyenne pour un voyage comprenant 20 arrêts et pendant lequel 20 voyageurs seraient transportés est de 14 watts-hcurcs par tonne kilomètre. Chaque tonne économisée sur le poids d’une voiture correspond donc à une économie annuelle de 0,014 X 0,05 X 200 X 365 = 51,10 fr par voiture. Pour une ligne comprenant 100 voitures, cela fait une économie de 5 110 fr, qui permet de distribuer 5 pour 100 de dividende sur un capital de 100 000 fr.
- En moyenne, la charge « payante » sur les voitures de tramways, est égale à 10 ou 15 pour 100 de la charge totale. 11 y a donc à ce point de vue encore avantage à diminuer le poids mort des voitures. G. P.
- Sur le rendement des stations centrales d'électricité, par James Milne (’).
- On ne se rend bien souvent qu’un compte
- (') Communication faite à la réunion de la Canadian Electrical Association, tenue à Ottava, septembre 1895
- très imparfait du rendement des distributions d’énergie électrique. 11 y a cependant un intérêt évident à connaître toutes les sources de pertes, afin de pouvoir perfectionner les procédés ou ïe matériel.
- AI. J. Alilne a réuni un grand nombre de documents d’après les statistiques de différentes sociétés. Il a traduiteesrenseignements en des courbes que nous reproduisons plus bas, et il a calculé le rendement total corres-
- à vide.
- pondant en calculant la quantité d’énergie développée par la combustion du charbon, et la quantité d’énergie électrique vendue aux clients d’après les chiffres enregistrés par les compteurs.
- Les résultats qu’il a obtenus montrent jusqu’à quel point les procédés actuels sont perfectibles.
- Le figure 1 représente la quantité de charbon brûlé pour entretenir les moteurs en marche, à vide. La ligne inférieure donne la quantité de charbon brûlée pour maintenir la pression dans les chaudières, celles-ci ne débitant pas. De A en B, pendant 16 heurse, une seule chaudière est allumée, la consommation correspondante est de 18,160 kg par heure; de G en 1), deux chaudières sont allumées, la consommation horaire est, de ce
- p.120 - vue 121/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- chef, de 45,400 kg. La ligne EL donne la quantité de charbon qu’il faut brûler pour maintenir la pression dans les canalisations de vapeur, les moteurs n’étant pas en marche ; elle est égale à 95,340 kg; enfin, les lignes G et H donnent les consommations correspondant aux pertes en frottements etc.; la première ligne se rapporte à la période
- d’été; la moyenne est de 168 kg; la seconde ligne se rapporte à la période d’hiver; la moyenne est de 199,760 kg par heure. On remarquera qu’à égalité de charge, la consommation est plus élevée en hiver par suite de l’augmentation des pertes par radiation, condensation, etc. Ces deux dernières courbes comprennent la consommation de charbon nécessaire pour vaincre les frottements des moteurs, courroies, dynamos, et pour l’excitation de ces dernières, lorsqu’aucun courant n est envoyé' sur les lignes.
- Les courbes de la figure 2 représentent : la courbe G en traits pleins, la puissance en chevaux indiqués à l’usine pendant l’été, la
- courbe G en traits pointillés, la puissance ne chevaux indiqués pendant l’hiver, les courbes V, les puissances correspondantes enregistrées par les compteurs. On voit que la distance entre les courbes G et V augmente avec la charge, ce qui est dû principalement à l’accroissement des pertes dans les canalisations. Ainsi, pendant les heures de débit maximum, si l’on tient compte des pertes en frottements, excitation, condensation, etc., on voit que le rendement de la ligne n’est que de 75 pour 100, ce qui est faible. Mais il y a pourtant avantage à adopter cette valeur, car ces fortes charges ne sc présentent que 60 heures par an environ, dans les cas envisagés par M. Milne ; en temps ordinaire, le rendement est beaucoup plus élevé; si l’on augmentait le poids du cuivre, l’intérêt de la somme dépensée et l’amortissement reviendraient beaucoup plus cher que le prix dépensé par suite de cette diminution de rendement.
- Les courbes de la figure 3, donnent la valeur des consommations totales de charbon pour assurer les débits indiqués en figure 2. La partie teintée représente l’augmentation de combustible brûlé pendant l’hiver ; si l’on compare les consommations par cheval heure entre 10 h. et minuit et entre 5 et 6 heures du soir, on constate une augmentation de 75 pour cent dans le dernier cas. M. Milne attribue ce mauvais résultat à ce que les chaudières étaient forcées dans le dernier cas, ce qui, on le voit, serait loin d’être économique.
- On peut se rendre compte du régime des chaudières à l’inspection des courbes de la figure 4 qui donnent le poids de charbon brûlé par mètre carré de grille. Les courbes sont suffisamment claires pour que nous n’insistions pas sur leur signification.
- Ces chiffres correspondent à 1,575 kg de charbon brûlé par m* de surface de chauffe pour lacharge la plus économique et à 4,400 kg pour la charge la moins économique.
- Si, maintenant nous analysons les données
- p.121 - vue 122/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- condensées dans les courbes ci-dessus, nous trouvons les résultats suivants.
- Rendement des chaudières. — Pendant la période estivale, la quantité d’eau évaporée par jour est en moyenne 91,526 kg à la température d’alimentation, soit 98° à 990 C ; la consommation correspondante de charbon est de 11,550 kg. Le poids d'eau évapore par kg. de charbon est donc de 8,07 soit 8,52 kg.
- fîque égal à 7,146, ce qui correspondrait à une vaporisation de 15,52 kg par kg de charbon dans les conditions données. La vaporisation réelle a été de 8,52 kg. Le rendement est donc de — 0,6247 ; soit 62,5 pour 100.
- Rendement thermique des moteurs. — Si l’on calcule la puissance mécanique théorique correspondant à la chaleur dégagée par la combustion du charbon, on voit qu’on aurait pu obtenir
- soit, en tenant compte du rendement des chaudières, 5520 X 0,6247 =5525 chevaux disponibles à la sortie des chaudières, ce qui
- 4. — Courbes d(
- de ioo” à ioo0 C. Si l’on tient compte de ce que le charbon contenait environ 10 pour 100 de cendres et si l’on ramène l’évaporation de ioo0 à ioo° C. on obtient un chiffre de 9,24 kg d’eau évaporée par kg de combustible brûlé.
- Pendant la période hibernale, on obtient une évaporation de 7,5 kg d’eau par kg de charbon à 98° ou 990, soit 7,9 kg de ioo° à ioo° C. ou encore 8,78 kg par kg de combustible net et de ioo° à ioo" C.
- Le charbon brûlé avait un pouvoir calori-
- correspondrait à 0,142 kg de charbon par cheval-heure, résultat évidemment impossible à obtenir.
- D’autre part, les conditions de fonctionnement sont les suivantes :
- Pression absolue de la vapeur en moyenne
- à l’admission................... 8,8 kg: cm*
- à l’échappement................ 1,4 »
- Poids d’eau par cheval-heure........... 12,545
- Température d’alimentation (Eté.)...... 990
- Température de l'eau à l’entrée du ré-
- chauffeur........................... 4044 C
- p.122 - vue 123/624
-
-
-
- REVUE D’ELECTRICITE
- La quantité de chaleur par kg de vapeur serait donc de 5/12,4 calories, ce qui correspondrait, par minute, à
- calories par cheval. Comme on obtient
- 75 —: 10,58 calories, on n’utiliserait que
- 425
- = 0.09, soit environ 9 pour 100 de la
- 113 >4
- chaleur de la vapeur.
- Mais les limites de température entre lesquelles la vapeur agit sont de 17 30 C et 99° C. D’après le théorème de Carnot, un moteur parfait aurait, dans ces conditions un rende-ment de l7444699" 0,168, soit 16,8 pour 100. Le rendement du moteur, par rapport au rendement théorique, serait donc de 7^3 = 0,53, soit 53 pour 100.
- Rendement des conduites de valeur, etc. — D'après ce qui précède, on devrait obtenir une puissance de 3323 X °»°9 = 299,°7 chevaux indiqués. On n’obtient en réalité que 233,07 chevaux indiqués, ce qui correspond à un rendement de 78,23 pour 100 entre la puissance indiquée disponible à la sortie de la chaudière et celle qu’on obtient au moteur.
- Rendement organique du moteur.—D’après les mesures actuelles, le rendement mécanique du moteur est, pour la moyenne des charges variables, de 82,3 pour 100, c’est à dire que les frottements absorbent 17,7 pour ioo de la puissance indiquée. -
- Rendement des dynamos. — Ce rendement est de 92 pour 100.
- Rendement du réseau de distribution. — Ce rendement est, en moyenne, pendant l'été de 85 pour 100. Nous avons vu qu’il peut tomber à 75 pour 100.
- Rendement total. — D’après ce qui précède, nous pouvons établir quel sera le rendement de l’ensemble de l’installation.
- Si l’on représente par 100 l’énergie correspondant à la chaleur dégagée par la combustion du charbon, nous aurons :
- Puissance calorifique du charbon.......... 100
- Puissance disponible à la sortie des chaudières,
- 100X0,6247= 62,47
- Chevaux indiqués au moteur 62,47X0,7824
- Xo,o9= 4,4
- Puissance disponible sur l’arbre des moteurs et
- des générateurs.......... 4,4X0.823= 3,8=
- Puissance électrique disponible au tableau de
- distribution.............3,6a X 0,9= = 3,33
- Puissance électrique disponible aux bornes du
- compteur, chez l’abonné..3,34 X"^ = M3
- Soit un rendement total de 2,83 pour 100 ! On peut remarquer que le rendement des organes électriques est lcplus élevé ; on obtient en effet, aux bornes du compteur, chez l’abonné 78,2 pour 100 de la puissance dépensée sur l’arbre de la dynamo.
- Les résultats ci-dessus ont été obtenus avec des moteurs à grande vitesse, fonctionnant sans condensation ; le seul économiseur employé était un réchauffeur utilisant la vapeur d’échauffement. Il serait intéressant de connaître les résultats obtenus avec des installations différentes.
- Nous ajouterons que,si le courant est utilisé dans des lampes à incandescence et qu’on admette, ce qui correspond à peu près à la réalité, que, dans ces appareils, 95 pour cent de l’énergie est dépensée en chaleur et que 5 pour 100 seulement de l’énergie est utilisable en lumière, on arrive à une utilisation réelle de 0,1415 pour 100 f
- Ces chiffres font voir combien imparfaits encore sont nos procédés actuels d’éclairage et quels immenses progrès restent encore à réaliser. Us devront porter surtout sur la transformation directe de la chaleur en électricité et dans la transformation de l’électricité en lumière.
- Il est regrettable que Al. Alilne n’ait pas publié le détail des expériences qui l’ont conduit à ce résultat.
- G. P.
- p.123 - vue 124/624
-
-
-
- T/ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 124
- Méthodes électrolytiques d’un emploi avantageux en chimie analytique, par B. Neumann (').
- Pour rechercher les méthodes électrolyti-ques dont l’emploi puisse procurer des avantages pratiques, il est necessaire tout d’abord de répondre à quelques questions générales. Que doit-on exiger d’une méthode clcctroly-tique pour qu’elle puisse remplacer avec avantage les méthodes ordinairement appliquées en analyse, et dans quelles conditions spéciales l'électrolyse est-elle applicable ?
- Aucun chimiste ne se hasarderait, par préférence pour un certain mode de détermination quantitative, à effectuer toutes ses analyses seulement par la méthode gravimétri-que ou uniquement par la méthode volumétrique, car il ne tiendrait alors compte ni de la durée des opérations ni de leur précision.
- Un titrage est généralement plus expéditif qu’une pesée, mais ce dernier procédé est le plus usité à cause de sa plus grande préci-
- II en est de même pour l’électrolyse. Le principal avantage de l’électrolyse réside dans la grande simplicité de la manipulation, qui consiste à placer les électrodes dans le liquide, à régler le courant, et à la fin de l’opération, à laver une électrode dans l’eau et l'alcool, à la sécher et à la peser. Tout cela prend peu de temps, et comme dans beaucoup de cas la substance cherchée est obtenue directement à l’état métallique, on évite en ou- ' tre des calculs. Un avantage plus grand encore consiste dans la possibilité d’effectuer simultanément toute une série d’analyses.
- Dans le choix des procédés électrolytiques les facteurs temps et précision sont naturellement déterminants. L’analyste comme le chimiste industriel doivent souvent exiger que leurs méthodes analytiques les conduisent à des résultats exacts dans le temps le plus court possible. Même en ne tenant pas compte de la durée, il est presque toujours nécessaire que la marche de l’électrolyse
- (') D’après Zeitschrift fur Elektrochemie, n" 11, 12 et 15, 1895.
- puisse être surveillée continuellement. Beaucoup de méthodes deviennent donc inutilisables parce que l'électrolyse doit sc prolonger pendant plus d’une journée de travail ; et il en est de même des procédés dans lesquels un métal est séparé d’une solution d’un sel complexe, tel qu’un sel double de cyanure de potassium ou de pyrophosphate, et tel que les oxalates, tartrates et les solutions ammoniacales.
- Prenons, pour exemple, la précipitation du cuivre : on propose des solutions de sels neutres avec de l’acide azotique libre, de l’acide sulfurique, de l’ammoniaque, des oxalate, tartrate, phosphate et cyanure de potassium.
- La durée de la séparation de 0,25 C u (environ 1 gramme de C u S O') est de r 1/2 à 2 heures pour des solutions neutres ou acidulées à l’acide azotique, sulfurique ou oxalique et avec une densité de courant de 1 ampère par d m! ?
- La précipitation en présence de l’ammoniaque nécessite un courant très faible et dure 6 heures avec 0,2 ampère. L’opération est encore plus longue avec les solutions au cyanure de potassium et à l’acide phosphori-que.
- Il faut donc s’arrêter à une des premières méthodes, parmi lesquelles il faut donner la préférence à celles qui emploient des solutions direcle’ment fournies par la pratique. Le choix s’arrêtera donc aux solutions à l’acide azotiqueou à l’acide sulfurique, lesquelles permettent d’ailleurs d’abandonner l’électrolyse à elle-même (lorsque le sel neutre est le sulfate), tandis que la méthode à l’acide oxalique exige une constante attention, puisqu’il faut ajouter continuellement de l’acide oxalique pour obtenir le métal sous une forme convenable.
- Il faut aussi considérer la quantité de métal qui peut être séparée sous une forme adhérente ainsi que la nature du dépôt, puisque, à moins que celui-ci ne soit métallique," brillant et compact, des pertes peuvent se produire au lavage et séchage. Pour être utilisable, une méthode électrolytique doit per-
- p.124 - vue 125/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 125
- mettre des variations de courant entre certaines limites.
- L’électrolyse permet d’arriver à des résultats au moins aussi exacts que ceux de toute autre méthode analytique ; mais il faut remarquer aussi qu’elle n’agit pas toujours uniquement sur le métal cherche. On a essayé d’obtenir des séparations de métaux, en faisant varier les conditions de l’électrolyse ; par exemple, on a séparé le plomb du cuivre, celui-ci se déposant sur l’anode, tandis que le premier apparaît à l’anode sous forme de peroxyde. De même, par l’addition d’acides forts, on peut éviter la précipitation du fer et le séparer ainsi des métaux nobles. Freude-berg a montre aussi qu’en agissant sur le voltage, on peut effectuer un grand nombre de séparations, puisque le métal à potentiel de décomposition inférieur se dépose avant les autres. Dans la pratique, on ne peut avoir recours qu’aux deux premiers procédés, le dernier étant de trop longue durée ; mais l’expérience a établi qu’il est généralement préférable de n’emplo5?er l’électrolyse que pour les solutions pures ou presque pures obtenues par les procédés chimiques habituels.
- Avant de discuter les procédés particuliers, il est nécessaire de rappeler que des substances se séparent aux deux électrodes A la cathode, c’est l’hydrogène et les métaux qui se dégagent de leurs combinaisons ; ces derniers seuls sont utilisés en analyse. L’oxygène, les halogènes, les acides sulfurique et carbonique et d’autres substance^ vont à l’anode; l’analyse ne s’occupe que des halogènes et de 1 oxygène. Mais tandis que l’emploi des peroxydes date de plus de soixante ans, c’est récemment seulement qu'on a cherché à obtenir les halogènes à l’anode sous une forme utilisable. Klnnicutt et Whîtefield (1887) avaient publié des méthodes indirectes pour leur détermination; mais Vortmann (1894) a montré que les halogènes peuvent être déterminés quantitativement quand on les fait se déposer sur une anode en argent avec laquelle ils se combinent.
- Il faut peser les deux électrodes, puisque l’anode abandonne un peu de métal qui va se déposer sur la cathode. D’une manière analogue, l’auteur a séparé le fluor d’un fluorure soluble en se servant d’une électrode d’aluminium. Cette méthode n’a qu’une valeur théorique, car la quantité d’halogène fixée est limitée par la surface de l’anode, et la séparation électrolytique des divers halogènes n’est pas possible. Toute une série de métaux (argent, bismuth, manganèse, plomb, thallium, cobalt et nickel) se déposent à l’anode sous forme de peroxydes, mais la plupart d’entre eux se déposent en même temps sur la cathode, de sorte que seuls le plomb et le manganèse peuvent être déterminés pratiquement à l’état de peroxydes.
- Manganèse.— Ce métal se dépose dans les solutions de sels neutres, ou dans des solutions acidulées à l’acide sulfurique, azotique ou acétique. La formation du peroxyde a lieu le plus facilement en présence d’acide libre, mais lorsque la proportion d’acide azotique dépasse 3 pour 100, il se forme de l’acidcpcr-manganique et le dépôt ne se produit pas. Classen recommande la solution à l’acide acétique déjà employée par A. Becquerel en 1830. Mais comme même par cette méthode on né peut précipiter dans les meilleures conditions plus de 0,15 gramme, et que la nature du dépôt est douteuse, l’électrolyse n’est pas satisfaisante pour la détermination de cc métal.
- Le -plomb se dépose soit à l’état métallique à la cathode, soit comme peroxyde à l’anode, mais ce n’est que sous cette dernière forme qu'on peut le déterminer exactement. La solution la plus convenable est celle à l’acide azotique qui, d’après Lückow, ne doit pas contenir moins de 10 pour 100 d’acide libre. Le dépôt peut contenir des traces de bismuth et d’argent, mais Lückow affirme que dans une solution à 15 pour 100 d’acide, additionnée d’un peu d’acide oxalique, l’argent va à l’anode. La meilleure densité de courant est comprise entre 1 à 2 ampères par d ma, avec une différence de potentiel de 2,3 à 2,7 volts,
- p.125 - vue 126/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- et la température ne doit pas excéder 60 à 70°C, parce que le peroxyde est susceptible de se détacher de son support. Le peroxyde contient de l’eau, et suivant Classen le séchage à 130° ne suffit pas; il faut chauffer à 180" environ.
- Fer. — On a proposé beaucoup de solutions pour la séparation électrolytique du fer, mais aucune d’elles ne fournit des résultats aussi exacts que les méthodes analjrti-ques ordinaires. L’électrolyse offre, toutefois, un moyen utile pour préparer du fer pur.
- Cadmium. — Ce métal est une exception à la règle générale suivant laquelle tous les métaux précipitables en solution acide, par l’bydrogcne sulfure peuvent aussi être séparés électrolytiquement de ces solutions. II appartient à la série des métaux ayant une plus grande tendance à l’ionisation que l’oxygène, et ne pouvant donc être déposés dans des solutions très acides.
- Lückow a trouvé que 1 à 2 pour 100 d’acide sulfurique libre représente le maximum admissible, et qu’avec la plupart des solutions proposées on n’obtient qu’avec les plus grandes difficultés un dépôt brillant et argenté, parce que ce métal a une forte tendance à affecter une forme spongieuse. La quantité de métal déposée (0,15 gramme) est trop faible pour être utilisée en analyse.
- Le cadmium se.sépare plus facilement des solutions caustiques à la potasse, mais la durée du procédé est excessive, le dépôt ne se faisant qu’à raison de 0,08 à 0,09 gr par heure. Il n’est pas possible pratiquement de séparer le cadmium des autres métaux' par l’électrolyse ; il faut donc avoir recours aux méthodes chimiques ordinaires, et le sulfure de cadmium ainsi obtenu se détermine plus facilement par pesée que par l’électrolyse.
- Cobalt et nickel. — Les conditions pour l’électrolyse de ces métaux sont à peu près les mêmes. Ces deux métaux se séparent imparfaitement de leurs sels en solution neutre, mais l’addition d’un peu d’acide acétique re-
- médie à cet inconvénient; toutefois, un excès d’acide empcchc la formation du dépôt. La méthode la plus simple, la seule d’ailleurs employée en pratique, a été indiquée par W. Gibbs en 1864, et consiste à sursaturer d’ammoniaque les solutions sulfuriques. Schweder, qui s’est servi de cette méthode pour l’analyse des minerais et des monnaies, recommande l’addition d’un grand excès d’ammoniaque, pour éviter la formation de peroxyde. Fresenius et Bergmann trouvent que les meilleures conditions sont réalisées par une solution contenant 0,1 à 0,15 gr de nickel sous forme de sulfate, 6 à 9 gr de sulfate d’ammoniaque et un minimum de 2,5 à 4 gr d’ammoniaque. La proportion de sulfate d’ammoniaque n’a pas besoin d’être maintenue, mais l'ammoniaque doit être en excès durant toute l’opération. Les mêmes observations s’appliquent au cobalt.
- L’auteur a obtenu de bons résultats avec une solution contenant dix fois plus de nickel que ci-dessus, et Winkler, qui a employé la méthode électrolytique pour préparer du cobalt et du nickel purs dans le but de déterminer leurs poids atomiques, a trouvé aussi que la proportion de nickel peut être augmentée sans inconvénient. La meilleure densité de courant à employer est de 0,5 a 1,5 ampère par dm* à une différence de potentiel de 2,8 à 3,3 volts à la température ordinaire. L’expérience a démontrée que deux heures suffisent pour déposer tout le nickel contenu dans un gramme de minerai.
- La Direction des mines de Alansfeld emploie une solution de chlorure de nickel et d’ammoniaque, mais trouve qu’un excès de chlorure d’ammonium ou de nitrate est préjudiciable, résultat confirmé par Wrightson. L’avantage de la détermination électrolytique du nickel réside en ce que dans les alliages et les minerais, tous les métaux à l’exception du fer, cobalt, nickel, zinc, manganèse et aluminium peuvent être séparés par l’élec-trolyse, ou précipités par l’hydrogène sulfuré. La détermination du nickel par l’électrolyse est une des méthodes les plus avantageuses,
- p.126 - vue 127/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- et préférable aux méthodes gravimétriques, tant qu’il s’agit de petites quantités eje métal.
- Le %}nc est un métal qui ne peut être précipité de ses solutions très acides. Dans les solutions de sels neutres il se dépose à l’état spongieux ; ce qu’on évite en ajoutant de l’acétate de soude ou une petite quantité d’a- '* eide libre, tel que l’acide acétique. Des solutions à l’acétate et à l’oxalate d’ammoniaque et au cyanure de potassium donnent aussi de bons résultats. Le dépôt de zinc sur la cathode semble s’allier au platine et ne s’en détache que difficilement; il est donc à recommander de recouvrir l’électrode au préalable d’argent et de cuivre. Même dans les conditions les plus favorables le dépôt est lent, il ne s'effectue qu’à raison de 0,15 à 0,2 gr en deux heures, avec une densité de courant de 1 à 1,5 ampère par dm*. Comme dans le cas du fer, du nickel et du cobalt, les dernières traces de zinc ne se séparent que difficilement de la solution, et il faut employer vers la fin de l’opération une densité de courant d’au moins 1 ampère par dm*. Cette précaution est indispensable pour arriver à de bons résultats. Comme la méthode électrolytique dans le cas du zinc est longue et difficile, elle ne peut faire abandonner les méthodes analytiques ordinaires, puisque le zinc doit d’abord être séparé des autres métaux par des réactions chimiques.
- Or. — Ce métal peut être séparé facilement d’une solution neutre de son chlorure, et de ses autres sels. Mais l’électrolyse ne peut être employée pour l’analyse, puisque l’or est susceptible de se précipiter sous une forme pulvérulente, et parce que le poids de l’électrode est grand en comparaison de celui du dépôt. D’ailleurs avant l’électrolyse, l’or doit être séparé chimiquement de l’argent, du cuivre et du bismuth.
- Bismuth. — L’électrolyse de ses solutions fournit soit le métal seul, soit un mélange du métal et du peroxyde. Ce dernier cas est eclui des solutions de sels neutres, et de celles
- contenant de l’acide azotique libre. Des solutions aux acides sulfurique ou azotique laissent déposer le métal seul à la cathode, mais comme il est presque toujours à l’état pulvérulent, la méthode électrolytique ne convient pas pour l’analyse.
- Arsenic. — Ce métal ne peut être déposé en solution acide, et très imparfaitement en solution neutre.
- Argent. — Comme dans le cas du bismuth, l’électrolyse de beaucoup de solutions argentifères fournit le métal à la cathode et le peroxyde à l’anode. Dans les solutions très diluées à l’acide azotique et avec un courant très faible, la formation de peroxyde n’a pas lieu. Le bain au cyanure donne de bons résultats avec un courant de 0,02 à 0,05 ampère par dm* et une différence de potentiel de 3,5 à 4,5 volts, à la température ordinaire. Toutefois, si le métal contient du cuivre, de l’or, du mercure, du cadmium, etc., ces métaux se déposent en même temps que l’argent, quand la différence de potentiel n'est pas maintenue au-dessous de 1,7 à 1,8 volt, voltage auquel la durée de l’opération devient trop longue pour la pratique. Comme on a rarement à examiner des solutions d’argent pures, les méthodes ordinaires par voie humide ou par voie sèche donnent des résultats plus rapides que la méthode électrolytique.
- Mercure. — La séparation du mercure des autres métaux est possible (dans les solutions azotiques ou au cyanure), mais seulement dans les mêmes conditions que pour l’argent. Pour la détermination du mercure dans les minerais contenant d’autres métaux, la méthode par voie sèche de Rose est préférable. Mais pour évaluer la quantité de mercure dans les minerais purs, l’électrolyse dans des solutions au chlorure ou au sulfate de sodium peut être employée avec avantage. Cette dernière méthode est employée couramment pour l’analyse du cinabre à Almaden.
- Cuivre. — L’électrolyse des solutions de ! cuivre a été employée pour la première fois
- p.127 - vue 128/624
-
-
-
- Îî8
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- par Gibbs, en 1864, et Lükow s’en est servi à la même époque pour rechercher le cuivre dans les foyers de locomotives, en observant que la quantité d’acide libre ne doit pas dépasser 8 0/0. On a conseillé divers bains de cuivre, mais ceux à l’acide azotique ou à l’acide sulfurique sont les seuls usités dans la pratique. Par l’électrolyse, le cuivre peut être débarassé du cobalt, du nickel, du cadmium, du zinc et du manganèse, qui ne se déposent pas en solution très acide, mais le fer en grande quantité est préjudiciable. Le plomb se dépose en peroxyde à l’anode dans les solutions azotiques, mais l’argent, le bismuth, le mercure, l’arsenic, l’antimoine et l’étain vont avec le cuivre à la cathode. L'arsenic, l’antimoine et l’étain ne se déposent qu’après la précipitation de la plus grande partie du cuivre, mais on ne peut pas obtenir de cette façon de séparation complète.
- Freudenberg dit qu’on peut arriver à une séparation électrolytique si le voltage ne dépasse pas 1,2 à 1,9 volt. Mais cette méthode s'applique plutôt à la préparation du métal pur qu’aux opérations industrielles. Le cuivre peut d’ailleurs être facilement séparé des autres métaux par voie chimique, mais comme dans la plupart des cas, il y a peu de corps étrangers en solution, la méthode électrolytique peut toujours être employée avec avantage, et les résultats obtenus sont aussi exacts que ceux fournis par les autres procédés analytiques.
- Les meilleures conditions pour l’électrolyse d’une solution de cuivre contenant 8 à 10 0/0 d’acide azotique libre sont : une densité de courant de 1 à 2 ampères par dm5, une différence de potentiel de 2,2 à 2,7 volts et une température de 50 à 6o° C. La densité de courant peut toutefois dépasser 3 ampères par dm5, sans inconvénient pour la nature adhérente du dépôt, mais la quantité de cuivre déposée n’augmente pas proportionnellement au courant. Les mêmes conditions s’appliquent aux solutions sulfuriques contenant plus de 3 0/0 d’acide libre.
- Antimoine. — On recommande pour la
- détermination électrolytique de ce métal une solution du sulfure dans le sulfure de sodium. Pour un bain contenant 50 à 70 pour 100 d’une solution saturée à froid de sulfure de sodium, les meilleures conditions sont une densité de courant de 1 à 2 ampères par dm5 à une différence de potentiel de 1,3 à 3 volts. L’électrolyse peut être effectuée à la température ordinaire, mais on l’abrège en élevant la température. De cette façon, 0,3 à 0,4 gramme d’antimoine peut être déposé en 1 1/2 à 2 heures, à une température de 8o° C.
- Étain. — Le bain le plus usité pour le dépôt électrolytique de ce métal est la solution au sulfure d’ammonium.
- La méthode électrolytique convient particulièrement pour la séparation des métaux du groupe antimoine-arsenic-étain. La solution de ces métaux est d’abord débarassée de l’arsenic à l’aide du carbonate d’ammoniaque, puis on fait déposer l’antimoine comme il a été indiqué plus haut ; on ajoute ensuite 20 à 25 gr de sulfure d’ammonium, on fait bouil-t lir pendant 10 à 15 minutes, et on électrolyse après refroidissement.
- Les conditions les plus favorables sont une densité de courant de 1 à 2 ampères par dm5, avec une différence de potentiel de 3,3 à 4 volts, et l'opération s’accélère quand on élève la température.
- La revue des principales méthodes électrolytiques nous montre que beaucoup d’entre elles offrent de réels avantages. Il en est spécialement ainsi dans le cas du plomb, du cuivre, du nickel et de l’antimoine, mais d’autre part, il y a des métaux comme le fer et le manganèse pour lesquels ces méthodes ne conviennent pas. Les rapports de Xissenson et de Rust sur les analyses effectuées en 1892 au Laboratoire de la Compagnie de Stolberg montrent ce que l’analyste peut tirer de Fé-lectrolyse.
- L’expérience a montré que les accumulateurs sont la source de courant la plus pratique ; on les charge avec une pile thermo-électrique si l’on ne dispose pas de la force mo-
- p.128 - vue 129/624
-
-
-
- RimjE D'ÉLEGTRICITÉ
- :29
- trice nécessaire pour actionner une dynamo. Aucune pile primaire ne donne de résultats satisfaisants ; à défaut d’accumulateurs on peut employer une pile thermo-électrique.
- Le platine est le seul métal à employer pour les électrodes ; l’étain platiné ne dure point.
- On a recommandé diverses formes d’électrodes mais en pratique on ne se sert que deux dispositions qui paraissent également bonnes. L’une consiste en un cylindre de platine comme cathode, fendu latéralement, tandis [que l’anode consiste en une hélice de platine disposée à l’intérieur du cylindre. Dans, la seconde forme la cathode est une coupe contenant l’électrolyte, l’anode étant une feuille de platine épousant la forme du fond de cette coupe. On reproche à cette dernière disposition d’appareil que la cathode ne peut être aussi rapidement enlevée et lavée que la cathode cylindrique; mais entre des mains expérimentées cette opération peut se faire tout aussi rapidement.
- En terminant, l’auteur remarque que la raison qui a empêché l’adoption universelle des méthodes électrolytiques dans les laboratoires, réside dans ce fait que la sélection à faire entre toutes les méthodes prend beaucoup de temps, et que le maniement des piles primaires employées jusqu’à présent n’était pas très encourageant. Mais l’analyste qui-a eu recours à Félectrolyse à l’aide des accumulateurs ou de la pile thermo-électrique ne s’en passe pas facilement dans ses travaux ultérieurs.
- A. II.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Société internationale des Electriciens. Séance du 4 Décembre 1895.
- ; rendant compte de cette séance (’), nous n avonspu qu’indiquer dans leurs grandes li-
- (’) L’Éclairage Électrique, t. V, p. 469 ; 7 décembre
- gnes la communication de M. Mascart, présentée parM. Maurain, ainsi que la communication de ce dernier. Nous reproduisons ci-dessous, d'après le Bulletin de la Société internationale des Electriciens, ces deux communications.
- RÉSISTANCE DES CONDUCTEURS AUX COURANTS ALTERNATIFS, PAR M. MaSCART.
- « On sait que les courants alternatifs, au lieu de se distribuer d’une manière uniforme dans la section des conducteurs, tendent à se porter vers la surface, par suite de leur induction réciproque. L’importance relative des courants superficiels augmente avec la fréquence des oscillations et le diamètre des conducteurs.
- » D’une manière générale, pour des conducteurs cylindriques de section déterminée, le mode de distribution des courants dépend de la quantité
- dans laquelle (t désigne la perméabilité magnétique du métal, c sa conductivité, et T la période des oscillations.
- » Lord Kelvin a donné la théorie de ce phénomène; il nous suffira d’en rappeler les principes.
- )) Supposons que la section du conducteur ait un centre, et que Iu sin « / soit l’intensité du courant axial ramenée à l’unité de section. En un point quelconque, le courant u est de la forme
- » Les quantités A et « sont des fonctions des coordonnées x et y du point considéré, le courant u devant satisfaire à l’équation différentielle
- Pu &_u _ du <) dyi — Al'itc~dt’
- et ces quantités vont en croissant du centre à la circonférence.
- )) En appelant dS un élément de section, le courant total est
- I=y\,iS = I,BSm(W+iS); (=)
- p.129 - vue 130/624
-
-
-
- ?o
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- les quantités B et /S sont alors définies par des intégrales étendues à toute la section.
- , . \\ A4
- » Le carré moyen du courant u étant - -—?
- le dégagement de chaleur se concentre plus ou moins dans les couches extérieures. Pour l’unité de longueur du conducteur, la résistance par unité de section est - et l’énergie calorifîquedégagée^-. L’énergie calorifique totale est donc
- W = it J*AVS.
- » D’autre part, le carré moyen I'5 du courant total est
- » La résistance efficace, ou la résistance ohmique du conducteur, c’est-à-dire celle qui correspondrait au même dégagement de chaleur pour un courant continu d’intensité 1', est
- R = p:=^fA'dS- ^
- » Comme la résistance normale Rn du conducteur, relative aux courants continus, est l’inverse du produit cS, il en résulte
- fA?d
- STT
- )) Lorsque la section des conducteurs est un cercle de rayon a, l’équation différentielle devient,
- d/>2 ' p dp 4w •“ c ()t ’
- le problème se ramène alors aux fonctions de Fourier-Besscl.
- » A la distance (o de l’axe, le courant dépend de la variable
- et les intégrales étendues à la section deviennent des fonctions du paramètre
- p* — m a*.
- » Lord Kelvin a publié une Table de fonctions, qui permettent de calculer toutes les
- circonstances du phénomène, pour un certain nombre de valeurs de la variable ; la Table est d’ailleurs assez complète pour qu’il soit facile de l'appliquer par interpolation à tout autre cas particulier.
- » Il peut être avantageux de remplacer ces Tables numériques, au moins dans tous les cas utiles pour la pratique, par des formules plus simples, dont l’approximation soit suffisante.
- )> Si l’on traduit graphiquement les valeurs (4) du rapport des résistances, par exemple, en prenant pour abscisses les valeurs de A, on reconnaît que l’ordonnée reste égale à l’unité, à moins deprès, tant que p n’est
- pas supérieur à 2 ; dès que p > 3, la courbe se confond sensiblement avec une asymptote rectiligne, et l’on peut écrire, avec une erreur relative inférieure aux millièmes,
- R __ V:
- 7^
- (5)
- » Le même caractère se retrouve dans les différences de phase « et (3, qui sont d’abord nulles et peuvent être représentées, clés que la variable dépasse 3, par les expressions
- (6)
- » Quant aux facteurs A et B, qui déterminent les différences d’amplitudes du courant u et du courant total I, ils conservent encore des valeurs à peu près constantes, tant que la variable est inférieure à 2 et croissent ensuite beaucoup plus rapidement. Au delà de cette limite, on peut les représenter par des exponentielles dont les exposants sont des fonctions linéaires de la variable, mais cette considération n’a qu’un intérêt secondaire.
- » Pour les conducteurs de cuivre, on a
- et, par suite,
- ul£ = _e_
- V»T 9 Vf’
- P
- :9\/f
- p.130 - vue 131/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- » L’équation (5) devient alors
- ?:=#(^)=0’7°7‘tvÏ+0J”)' (7)
- )) Tant que le paramètre P est inférieur à 3, la résistance n'est pas modifiée d’une manière assez notable pour qu’il y ait aucun avantage à employer des tubes creux.
- » S’il existe 49 périodes par seconde, ce qui est supérieur aux fréquences généralement adoptées dans la pratique pour les courants alternatifs, le diamètre qui correspond à /> = 3 est
- » Pour des conducteurs plus minces, on peut donc calculer leur résistance comme s’il s’agissait de courants continus.
- » Dans les transmissions téléphoniques, la fréquence est beaucoup plus grande, et l’on peut admettre que sa valeur moyenne soit d'environ 900 ; le diamètre relatif à p — 3 devient alors
- » C’est également une épaisseur bien supérieure à celle des fils employés pour cet usage.
- » Remarquons encore que, dans la valeur du coefficient m, la conductivité c est multipliée par la perméabilité magnétique ; les fils de fer doivent donc se montrer plus conducteurs, toutes choses égales, pour les courants alternatifs.
- )) Cette circonstance permet de rendre compte d’une expérience de Melsens, qui avait paru paradoxale. Si l’on fait passer un courant continu par deux fils conducteurs parallèles et de même diamètre, l’un en fer et l’autre en cuivre, la plus grande partie du courant traverse le cuivre, en raison de la plus grande conductibilité du métal. Au contraire, la décharge d’un condensateur dans le système fait fondre le fer pendant que le cuivre reste intact ; c’çst donc par le fer qu’a passé la majeure partie de la décharge. Le phénomène de la décharge étant oscillatoire, a très courte période, la conductibilité appa-
- rente du fil de fer a augmenté dans une grande proportion.
- » Quand on emploie la fusion de fils métalliques pour évaluer l’énergie électrique des batteries, par la méthode de Riess, le métal qui donne les résultats les plus nets est le fer. On observe alors que, si la décharge n’est pas suffisante pour provoquer une fusion franche de la totalité du fil, la surface entre seule en fusion et produit un chapelet de gouttelettes. Ce résultat traduirait la concentration des courants au voisinage de la surface.
- » Toutefois, les différents essais réalisés par M. Maurain pour comparer les effets de fusion obtenus avec les décharges ou les courants continua semblent montrer que l’expérience n’est pas aussi concluante. »
- SUR LA FUSION DES FILS .MÉTALLIQUES AU MOYEN
- DE COURANTS CONTINUS OU PAR LA DÉCHARGE
- D’UNE BATTERIE, PAR M. MAURAIN.
- « La production de gouttelettes à la surface des fils incomplètement fondus par la décharge d’une batterie est généralement considérée comme due à la localisation du courant à la surface du fil, cette localisation étant la conséquence du caractère oscillatoire de la décharge. Cependant, j’ai obtenu les memes phénomènes en amenant les fils à leur point de fusion au moyen d’un courant continu ; suivant l’intensité du courant, comme suivant l’intensité de la charge de la batterie, les gouttelettes sont plus ou moins bien formées : pourtant on n’a plus alors affaire à un courant oscillant ; les apparences sont les mêmes lorsqu’on place dans le circuit une résistance qui a varié jusqu’à 6 ohms, et dont la self-induction était assez forte, la résistance employée étant un rhéostat à spirales de fer ; on n’a rien changé non plus au résultat en employant, comme résistances, des charbons placés en ligne droite, et par suite de très faible self-induction.
- )) Une cause importante delà formation des gouttelettes m'a semblé provenir de phénomènes capillaires se produisant pendant la
- p.131 - vue 132/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 132
- fusion; les figures d’équilibre obtenues par Plateau, avec un liquide en suspension dans un autre liquide de même densité, présentent des formes analogues, et Plateau fait déjà remarquer que, lorsqu’on produit la fusion complète d’un fil par la décharge d’une batterie ou le passage d’un courant, on doit attribuer à la capillarité la forme sphérique que prennent les globules d’oxyde ; l’analogie existe également pour une fusion incomplète, et les fils que j’ai obtenus ressemblent à certaines figures d'équilibre obtenues par Plateau et dont les méridiennes sont des courbes appelées par lui onduloïdes ; ces formes d’équilibre présentent des renflements en ligne droite, reliés les uns aux autres par des gorges de rayon plus ou moins grand, et ont deux limites de stabilité qui sont d’une part un cylindre et d’autre part une série de sphères.
- » Il est d’ailleurs assez difficile de savoir si les formes obtenues dans la fusion des fils sont des formes d'équilibre ou des formes instables, arrêtées dans leur transformation par la solidification.
- » En opérant avec des fils de différents diamètres. le produit du nombre des globules par centimètre et du diamètre du fil ne varie que dans des limites restreintes. Voici les résultats obtenus :
- Nature du fil Diamètre Nombre par cent. Produit
- r.uivr* r. 092 17,3 0,159
- 16 8,6 0,138
- 25 7,3 0,182
- 282 4,3 0,164
- t 4.5 0,18
- » Cette particularité semble favorable à l'hypothèse énoncée, car elle rappelle les résultats numériques trouvés par Plateau dans le cas de la résolution d’une veine liquide en gouttelettes. »
- Société Internationale des Électriciens
- Séance du 8 janvier 1896 M. Fayot expose les Nouveaux résultats d'essais de la turbine de Laval. Ces essais ont porté sur des types de puissances différentes,
- depuis quelques chevaux jusqu’à 300 chevaux. Ils ont indiqué des consommations de vapeur par cheval assez faibles. M. Fayot explique ensuite comment la consommation de vapeur varie suivant
- i° Le vide au condenseur ;
- 20 La pression
- 30 La puissance.
- Nous n’insisterons pas sur ces points qui seront bientôt développés dans un article spécial qui sera publié dans nos colonnes.
- A la suite de cette communication, M, llillairet demande quel est le couple moteur développé par la turbine lorsque son arbre est calé. M. Fayot explique qu’il correspond à 5 fois le couple moteur en marche normale,
- M. Arnoux explique ensuite comment il se fait que la consommation de vapeur par cheval est plus élevée dans les petites turbines que dans les grandes. Dans les machines à vapeur ordinaires cet accroissement de consommation est dû aux condensations sur les parois des cylindres. La surface de celles-ci croît comme le carré des dimensions tandis que le volume, ou la puissance croît comme le cube des mêmes dimensions. L’influence des parois est donc plus considérable dans les petits moteurs que dans les grands. Dans la turbine, cette cause n’existe plus. Mais on sait que pour obtenir le meilleur rendement possible la vitesse des aubes doit être égale à environ la moitié de la vitesse d’écoulement de la vapeur. Or cette vitesse peut être facilement atteinte dans les grandes turbines, tandis qu’on est forcé de se limiter à des vitesses beaucoup plus faibles dans les petites turbines, en raison delà force centrifuge et de la résistance de la matière.
- M. d'Arsonval décrit ensuite les accumulateurs R. G. Blot, qui sont bien connus de nos lecteurs (’).
- Les qualités de ces accumulateurs, qui sont propres au genre Plante, à formation directe,
- (’) Voir VÉclairage Électrique, t. IV, p. 2906(432, et t. VI, p. 36.
- p.132 - vue 133/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 139
- sans oxydes rapportés, leur assurent un grand nombre d’applications où les accumulateurs ordinaires seraient insuffisants. Al. d’Arson-val se propose de les appliquer notamment, au laboratoire de la station de Concarneau, à l'utilisation de la force motrice du vent. On sait que le vent est très irrégulier et que l'emploi des accumulateurs est indispensable ; par suite de la nécessité où l’on se trouve de ne pas dépasser un certain régime de charge, on est forcé de ne pas utiliser la puissance produitelorsque la vitesse du vent dépasse une certaine limite, c’est à dire lorsqu’elle est le plus avantageuse. Avec les accumulateursRlot, Al. d’Arsonval espère obtenir d'excellents résultats, d’autant plus qu’ils conservent leur charge pendant plusieurs mois sans perte importante.
- A la suite de cette communication, un membre de la Société dont le nom nous échappe, annonce qu’il a pu obtenir des résultats semblables avec des accumulateurs Eulmen.
- Al. Ed. Hospitalier a fait ensuite sur le carbure de calcium, Vacétylène et leurs applications, une très intéressante communication qui avait attiré toute l’Ecole de Physique et de Chimie.
- Al. Hospitalier commence par rappeler le mode de formation du carbure de calcium et l’historique de cette question. Le chimiste allemand Borchers aurait le premier produit pratiquement cette substance par l’électricité.
- On a proposé un grand nombre d'applications au carbure de calcium, notamment la fabrication de l’alcool en passant par l'éthylène. ce qui permettrait de donner l’alcool ào^ofr le litre—sans compter les droits d’entrée. Mais l’application la plus importante et la plus immédiate semble être l’éclairage par l’acétylène, gaz que M. Hospitalier traite de marseillais parce qu’il sent l’aioli.
- U éclairage par l’acétylène se présente, en efîet, actuellement dans des conditions pratiques satisfaisantes. On fabrique du carbure de calcium industriellement ; l’usine de Nèu-
- hausen en produit une tonne par jour et d’autres usines s’installent dans ce but. 11 y aurait là un débouché assez curieux pour les stations centrales d’éclairage électrique qui n’ont qu’un faible coefficient de charge dans
- la journée et pourraient ainsi devenir.... les
- usines à gaz des environs.
- Le prix de vente, à Neuhausen, sont de 400 fr par tonne; les droits d’entrée sont de 5 pour 100 ad valorem et les frais de transport de 15 francs par tonne. Si les applications se développaient et si plusieurs usines fabriquaient une quantité suffisante de ce produit, ce prix de 400 fr par tonne, qui est suffisamment rémunérateur, serait un maximum.
- Or un kg de carbure de calcium produit, quand il est mis en présence de l’eau, 280 litres de gaz acétylène. Celui-ci pèse 1 169 gr par m\ c’est à dire qu’il a une densité beaucoup plus élevée que le gaz d’éclairage ordinaire. 11 se liquéfie à la pression de 60 atmosphères environ et pèse alors 0,450 kg par litre. Son pouvoir calorifique est de 8 380 cal.
- On voit que le mètre cube de gaz acétylène coûterait environ r.50 fr, c’est à dire 5 fois plus que le gaz d’éclairage ordinaire, à Paris. U serait cependant plus économique comme agent d’éclairage, car à volume égal, il donne environ 15 fois plus de lumière que ce der-
- Pour brûler l’acétylène dans de bonnes conditions, il faut employer des becs à ouverture beaucoup plus petite que dans les becs ordinaires, afin d’augmenter les points de contact avec l’air. Dans ces conditions, il ne donne aucune fumée et donne une flamme éblouissante dont l’cclat rappelle celui de l’arc électrique.
- Pour bien sc rendre compte de la valeur de l’acétylène comme agent d’éclairage, il faut le comparer avec les autres illuminants, actuellement employés. Le tableau suivant résume cette comparaison.
- Les chiffres contenus dans ce tableau ne comprennent pas l’entretien, le remplacement des verres, des manchons Auer, la location des compteurs, etc. Ils demanderaient à être
- p.133 - vue 134/624
-
-
-
- 34
- .'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- complétés par la quantité d’oxygène brûlé par les différents illuminants et la quantité d’oxyde de carbone dégagée.
- Tableau I
- Comparaison des prix de revient et de la chaleur dégagée par les différents modes d’éclairage.
- -, Bengel (3
- Quoiqu’il en soit, on voit que l’acétylène ;t un des agents d’éclairage les plus avan-
- tageux. Sa flamme est des plus fixes. Malheureusement, il sent mauvais et est dange-
- 11 reste à expliquer comment il faudrait l’utiliser.
- M. Hospitalier ne pense pas qu’on puisse envisager l’installation d’usines centrales ; il faudrait établir des nouvelles canalisations car l'acétylène ne peut remplacer le gaz ordinaire dans toutes les applications. En outre, ce gaz étant endothermique, est un explosif dangereux ; de plus il attaque un grand nombre de métaux.
- On a proposé l’emploi de lampes portatives; mais le nettoyage serait pénible en raison de l’odeur puante qui se dégagerait ies résidus.
- A
- La meilleure solution semblerait donc résider dans l’emploi de gazogènes capables d’alimenter un certain nombre de becs, et qu’on chargerait toutes les semaines par exemple. Il y aurait un gazogène par installation ou pour un groupe de quelques installations.
- L’acétylène se prête particulièrement bien à la formation de très petites flammes éclairantes. M. Hospitalier montre un bec consommant 2 litres à l’heure et qui cependant éclaire, lise prête aussi bien à la formation de foyers puissants d’une intensité lumineuse comparable à celle de l’arc électrique.
- Une application immédiate de l’éclairage à l’acétylène serait l’éclairage des trains. Espérons que nos compagnies le réaliseront sans retard.
- Enfin l’acétylène donne, en brûlant avec l’air, une température de 2 4006 C., supérieure de 500° à la température de combustion du gaz d’éclairage, qui est cle 1 900° Cette propriété pourra permettre de donner à l’acétylène un assez grand nombre d’applications importantes autres que l’éclairage.
- M. Trouvé rappelle ensuite qu’il a fabriqué des lampes portatives à acétylène; qu’il a fabriqué des gazogènes fixes pouvant sous un vc lume très restreint, alimenter une grande quantité de becs, 10,15, 20 et plus, pour l’éclairage des châteaux, villas, maisons particulières etc ; qu’il a fabriqué un bec intensif de 35 carccls environ, destiné aux appareils de projection ; que la flamme de l’acctylcne a un très grand pouvoir photogénique ; la suite de sa communication se perd dans le bruit des chaises provoqué par les auditeurs qui ! s’en vont. . ’
- G. P. •!
- Sur une relation entre la constante diélectrique des gaz et leur valence chimique, par Robert Lang (1j
- On a déjà tenté maintes fois d’établir une relation entre la constitution chimique des diélectriques et leur pouvoir inducteur spécifi-(1) Wiedemann's Annalen, t. LVI, p. 534.
- p.134 - vue 135/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 35
- que. Les recherches ont porté surtout sur Les corps organiques dont la constitution nous est en général connue. M.Tomascewski(') a trouvé que la constante diélectrique croît avec le poids moléculaire. M. Tereschin (’) au contraire n’a pu découvrir aucune relation. La formule de Lorentz
- K — i i _
- K -h 2 d ~ COnst'
- a été souvent soumise au contrôle de l’expérience, en particulier par MM. Landolt et Jahn (3). M. Pagliani (‘) a établi, entre les poids moléculaires, les volumes moléculaires et le nombre des atomes, des relations qui se vérifient mieux que celle de Lorentz. M. Runolfsson (5) a donné une relation entre la chaleur moléculaire et la constante diélectrique. Le résultat le plus intéressant est celui de M. Thwing (’5) qui a donné la formule :
- Voici les vérifications :
- K — .}. H5 264 264 CO 690 694 CO8 946 984
- 132 Az* O 994 134
- 132 1 158 145
- 115 CH1 944 118
- 116 953 119
- 118 C8H* 1 312 109
- 123 1458 121
- Le premier des nombres donnés à droite de la formule du gaz est celui de Boltzmann, le second celui de Klemencic. Pour obtenir les résultats de la troisième colonne on a divisé par la somme des valences ; par exemple, pour l’hydrogène, dont la molécule contient deux atomes monovalents, par 2 ; pour C Os par 8 (4 -f- 2 “h 2) etc. Les nombres obtenus sont très voisins les uns des autres et donnent pour moyenne
- K — 1
- où D représente la densité, M le poids moléculaire, K,, K, la constante diélectrique de chaque espèce d’atomes, a,, a, leur nombre. La formule donne pour l’eau, un grand nombre de liquides organiques et plusieurs solides des résultats qui s’accordent remarquablement avec l’expérience.
- 1. L’auteur a pris pour base de ses recherches les nombres déterminés par Boltzmann, que ceux de Klemencic, obtenus par une autre méthode, ont confirmés et qui sont d’accord avec la loi de Maxwell. Ces nombres diffèrent très peu de l’unité. Si l’on divise K — 1 par la somme s des valences des atomes contenus dans la molécule, on trouve un quotient à peu près constant.
- (*) Tomascewski, Wied. Ann., t. XXXIII, p. 33, 1888.
- (*) Tereschin, Wied. Ann., t. XXXVI, p. 792, 1889.
- (*) Landolt et Jahn, Berl. Ber 1892, p. 369.
- H Pagliani, Ga^.chim. itaL, t. XXIII, p.537, 1893. J') Runolfsson, Comptes rendus, t. CXV, p. 1066,
- ü 1hwimu, Zeitschr. f. phys. und chem.,
- *• A1V, p. 286, 1894.
- Si l’on excepte le nombre 145 absolument isolé, qui résulte des recherches de Klemencic sur le protoxyde d’azote, on conclura avec l’auteur, à l’existence d’une loi au moins approchée. La valeur trouvée pour l’hydrogène est notablement trop élevée, mais il faut remarquer que les nombres donnés sont rapportés à o° et à 76 cm ; si on comparait les valeurs des constantes diélectriques dans des états correspondants des gaz, le nombre relatif à l’hyclrogène serait abaissé.
- M. Lang a cherché de nouvelles vérifications de sa loi pour des gaz dont la constante diélectrique n’a pas été déterminée directement ; il calcule ces constantes par la loi de Maxwell en prenant les valeurs de l’indice qui résultent des expériences de Dulong ; pour un certain nombre de gaz, la loi continue à se vérifier :
- (K- 1).
- H* * 276
- O8 344
- Az* 600 CO 680 COa 898 AzO 606
- p.135 - vue 136/624
-
-
-
- l’éclairage Electrique
- i?6
- Az’O 1006 C H4 886 C*H* 1356 CAzH 903 C5 Az* 1668
- Mais, pour d’autres, on n’obtient le quotient voisin de 123 qu’en supposant que la formule est un multiple de celle qu’admettent les chimiste? ; il faudrait écrire Ph’ H% etc ;
- (K - 0 io‘ s Ph H3 1 578
- 2CO Cl1 2318 4 H Cl 898
- 2 S O1 1 330
- 6 Cls ' 1 544
- 3 H1 S i 288
- a(C*H")*0 7440
- Il nous est impossible de suivre l’auteur dans cette voie ; quel que soit le nombre obtenu directement, pourvu qu’il dépasse 200, on pourra toujours trouver un entier tel qu’on le ramène, par division, à être compris entre 100 et 145. Mais comme, d’autre part, la signification des valeurs calculées au moyen de la relation deMaxwell est au moins obscure, nous pensons qu’il convient de réserver la question. L’accord des nombres du premier tableau semble suffisant pour encourager de nouvelles recherches sur ce sujet; toutefois il faut signaler que les déterminations directes de Klemencic donnent pour C*Ha Cl et C* H5 Br des valeurs de (K—1) iofi respectivement égales à 15520 et 15640, d’où résulteraient pour 106 des valeurs 1 110 et 1 xoo, dix fois plus grandes que la valeur moyenne déjà calculée.
- 2. La quantité d’énergie contenue dans un condensateur dont les armatures sont à des potentiels différant entre eux de V et portant des quantités + Q et — Q d’électricité, est, en appelant C la capacité du condensateur dans le vide et K le pouvoir inducteur spécifique du diélectrique:
- Jqv = £cy = -c v1 +(K c v.
- On peut considérer que le terme ——1 CV* est de l’énergie emmagasinée dans le milieu lui-même ; dans les idées de l’auteur, K — r est proportionnel au nombre total des valences des atomes de chaque molécule du diélectrique, il en est de meme du terme additionnel de l’énergie ou de l’énergie de la molécule placée dans le champ du condensateur. Ce fait s’expliquerait en admettant que les molécules forment entre les armatures du condensateur des chaînes, telles que les concevait Grotthus. Les anneaux de ces chaînes sont les molécules, dont les atomes tendent à s’écarter les uns des autres sous l’action de la force électrique, qui agit en sens inverse de leurs attractions électrostatiques directes. Puisqu’on admet que les charges qui produisent cette attraction sont proportionnelles à la valence de chaque atome, la tension de la chaîne doit être simplement proportionnelle à la somme des valences de tous les atomes.
- Si l’on appelle V0 la différence de potentiel dans le vide pour une charge Q, on a V =
- ,, . v,
- ce qui peut s ecnre t - K _ x ou, en remarquant queK— 1 est très petit, V0 [1 — (K—1} ]. L’énergie est d’ailleurs
- jQV ou jQV.^r,
- on a donc
- iQV=-CV*.Y=:'-CV|— -_________- C VJ.
- On peut admettre que la présence du diélectrique diminue la différence de potentiel en créant une force contre-électromotrice de polarisation, qui correspondrait à l’énergie — K ~ 1 CV0‘. Si cette hypothèse est vraie, la polarisation étant de nature chimique, une fraction du gaz est décomposée ; l’auteur calcule cette fraction et trouve que, pour l’hydrogène, sous des différences de potentiel capables de faire jaillir l’étincelle, la valeur est de 3,7.io-1\ Toute vérification expérimentale directe par l’analyse est impossible,
- p.136 - vue 137/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- i?7
- cependant l’auteur pense que ce second phénomène, aussi bien que la formation des chaînes de Grotthus, se produit dans les gaz placés dans un champ électrique.
- C. R.
- Inconstance du potentiel explosif par G-. Jau-mann (’}.
- D’après M. Jaumann, les phénomènes de la décharge dépendent non pas de la différence de potentiel E ou du courant de déplacement mais du produit de ces deux fonctions „ à E E i f
- Le potentiel de décharge serait constant seulement à la limite, quand l’oscillation du potentiel j? devient extrêmement grande : ce qui suffirait à expliquer l’accord qui existe entre les nombres trouvés par les divers observateurs.
- Pour observer des valeurs notablement différentes, il faut réduire autant que possible l’oscillation du potentiel. M. Jaumann a réussi à obtenir des différences de potentiel explosives quatre fois plus grandes que dans les conditions habituelles.
- La décharge se produit entre deux électrodes reliées aux armatures d'un condensateur ; on la provoque soit en approchant les électrodes, soit en écartant les plateaux. Dans le premier cas, l’étincelle est très petite relativement à la différence de potentiel que présentent les armatures ; dans le second, la différence de potentiel atteint une valeur très élevée pour la distance des électrodes.
- On a remarqué depuis longtemps que la distance explosive pour une différence de potentiel donnée variait à la suite d’un certain nombre d’étincelles ; ce qu’on attribuait à I altération des électrodes causées par ces étincelles, mais il ne semble pas que cette explication soit suffisante.
- Les étincelles accompagnées de fortes oscil-ations de potentiel détériorent (c’est à dire
- H Witd.Ann., X. LV, p. 656.
- rendent plus petite la longueur de l'étincelle par une différence de potentiel donné) l’intervalle explosif d’autant plus rapidement qu’il est plus petit. Souvent, au contraire, le passage d’étincelles avec de faibles oscillations de potentiel, augmente la distance explosive. Ces modifications disparaissent d’elles-mêmes quand on laisse reposer l’appareil quelques heures, ce qui prouve qu’elles ne sont pas le résultat d’altérations permanentes. 11 est à remarquer que les intervalles explosifs cc détériorés » sont plus sensibles que les autres à l’effet de la lumière, observé par Hertz (’).
- Le condensateur étant chargé, on approche les électrodes jusqu’à une petite distance l’une de l’autre sans qu’il se produise d’ctincclle ; si, laissant cette distance fixe, et ayant supprimé la charge primitive, on recharge le condensateur au moyen d’une machine à influence, l’étincelle éclate pour des différences de potentiel notablement inférieures à celle qui existait entre les armatures dans la première expérience.
- De même, si on écarte les armatures, on peut réaliser sans étincelle, une différence de potentiel bien supérieure à celle qu’on atteint en reliant l’appareil à la machine, directement.
- Lorsque la décharge ne se produit pas immédiatement, elle peut se produire spontanément au bout d’un certain temps, sans qu’on ait rien changé aux conditions expérimentales. Une décharge qui a lieu immédiatement sous une différence de potentiel de 50 C. G. S, se produit encore, toutes choses égales d’ailleurs, sous une différence de potentiel de 30 G. G: S, mais seulement au bout de plusieurs minutes. L’auteur a vérifié qu’aucune décharge, par aigrette ou par défaut d’isolement ne précède l’étincelle.
- On ne peut pas dire cependant que l’état de l’intervalle pendant cette période de retard est un état d’équilibre instable qui se détruit sous l’influence extérieure la plus légère, car la lumière ne provoque qu’une décharge par-
- (1) Lumière Électrique, t. XXV, p. 584 (1887).
- p.137 - vue 138/624
-
-
-
- 38
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- tielle, après laquelle le retard subsiste. L’état de l’intervalle explosif est donc stable, sauf dans les dernières secondes qui précèdent l'explosion de l’étincelle.
- On est ainsi conduit à cette conclusion quelque peu paradoxale, que M. Jaumann considère néanmoins comme certaine : vers la fin de la période de retard, l’intervalle explosif passé spontanément d’un état stable à un état instable.
- Le retard à l’explosion de l’étincelle s’observe aussi bien dans l’huile, la térébenthine, le sulfure de carbone, que dans l’air. Sa durée dépend de la valeur de la différence de potentiel et de l’état des surfaces des électrodes.
- Contrairement à ce qu’on pourrait prévoir, les décharges provoquées par une bobine de Ruhmkorff, bien qu’elles soient accompagnées d’oscillations très grandes, sont très sensibles à l’action de la lumière des oscillations extérieures; au contraire, pendant la période de retard, la décharge est peu sensible à cette action ; on ne peut l’observer qu’à des distances très faibles. '
- Les oscillations extérieures ne provoquent pas d’ailleurs immédiatement la décharge retardée, mais seulement après un certain temps, i/io* de seconde environ : elles ne font donc qu’abréger le retard, sans le supprimer complètement.
- M. L.
- VARIÉTÉ
- LES CONCESSIONS DE GAZ ET D’ELEC-TRICITÉ O.
- Règles admises par la doctrine et la jurisprudence pour l’interprétation des traités
- I
- La lutte incessante qui se poursuit depuis une dizaine d’années entre l’électricité et le gaz, pour la substitution de l’une à l’autre dans l’éclairage des villes, est la source continuelle de procès entre les compagnies de gaz et les municipalités. Ces procès ont pres-
- que toujours pour objet l’interprétation, à donner aux traités qui déterminent les concessions accordées par les municipalités aux compagnies de gaz. Ces concessions sont-elles de nature à empêcher les municipalités d’accorder à des tiers d’autres concessions pour un nouveau mode d’éclairage, notamment pour l’éclairage électrique ? Telle est la question que les conseils de préfecture et, au-dessus d’eux, le conseil d’Etat ont constamment à résoudre dans l’examen des différends qui s’élèvent à ce sujet.
- C’est là évidemment une question de fait, d’espèce; mais, en cette matière, les espèces sont presque toujours les mêmes, à raison de cette circonstance que les traités de concession des différentes villes avec les compagnies de gaz sont, pour la plupart, rédigés de la même façon et pour ainsi dire copiés les uns sur les autres.
- Parmi les clauses de style qui se retrouvent ainsi dans presque tous ces traités, il en est une dont l’interprétation a fait l’objet de la plupart des décisions qui ont eu à apprécier les contrats de concession : c’est celle par laquelle la municipalité accorde au concessionnaire le droit exclusif d’ctablir des canalisations sur le domaine municipal, en vue de l’éclairage au gaz que le concessionnaire s’engage à fournir, pendant la durée de la concession, tant à la ville qu’aux particuliers, à certains prix déterminés.
- Cette clause est généralement formulée dans les trois dispositions suivantes :
- i” La ville accorde au concessionnaire le droit exclusif d’établir et de conserver des conduites de gaz sous les voies publiques municipales pendant une durée de... ; 2” Le concessionnaire s’engage à fournir le gaz pendant toute la durée de la concession, pour l’éclairage privé, aux prix ci-dessous (suit le tarif).
- Ces dispositions sont presque toujours suivies d’une clause qui prévoit la découverte, pendant la durée de la concession, d’un procédé d’éclairage plus avantageux que le gaz et qui stipule que « dans ce cas la ville pour-
- (’) Extrait de la Revue Pratique de Droit industriel.
- p.138 - vue 139/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- l'i9
- rait obliger le concessionnaire à appliquer luLmême ce nouveau procédé et qu’il serait tenu de le faire dans un délai et à des prix réduits déterminés. »
- L’ensemble de ces trois dispositions constitue, on peut le dire, une sorte de traité-type qui sert à formuler la plupart des conventions intervenues entre les municipalités et leur concessionnaire pour l’éclairage au gaz de la ville et des particuliers.
- Le concessionnaire qui a traité dans ces conditions pour l’éclairage par le gaz, peut-il s’opposer à ce que la ville traite, avant l’expiration de la concession, avec un autre concessionnaire pour un autre mode d’éclairage, notamment pour l’éclairage électrique? Peut-il se plaindre, dans ce cas, que la ville porte atteinte à son monopole, en favorisant une concurrence à ce monopole ?
- Telle est la question que nos tribunaux administratifs ont eu bien souvent à trancher, depuis que les municipalités ont cherché à substituer l’électricité au gaz pour l’éclairage des villes. J1 nous a paru intéressant de rechercher comment cette question, qui se pose toujours la meme dans les différents procès auxquels donnent lieu ces sortes de traités, a été résolue jusqu’ici par la doctrine et surtout par la jurisprudence.
- Il
- L’ensemble des décisions de jurisprudence rendues sur cette question et les appréciations qu’elles ont inspirées aux commentateurs forment comme une sorte de code de la matière, dont on peut dire que les principes essentiels se ramènent aux trois règles suivantes :
- i* Les villes ont le droit, en concédant à une compagnie de gaz un monopole général pour l’éclairage public, de s’interdire de traiter, pendant la durée de ce monopole, avec un tiers pour l’éclairage par un autre procédé, notamment par l’électricité.
- Ce premier principe a été définitivement consacré par deux arrêtés du conseil d’Etat, du 26 décembre 1891, annulant à raison de la stipulation formelle d’une interdiction de ce
- genre, l’un la concession consentie par la ville de Saint-Etienne à la Compagnie Edison, l’autre la concession consentie par la ville de Alontluçon à une société locale d’clcctricité. Ces deux arrêtés, qui constituent sur ce point le dernier état de la jurisprudence, sont rapportés dans l’intéressant ouvrage de A1M. Hé-rard et Sirey sur Les canalisations d’éclairage électrique (2° partie, page 5-39).
- 20 En ce qui concerne l’éclairage privé, si les villes ne peuvent en principe constituer au profit d’un concessionnaire un monopole d’éclairage portant atteinte à la liberté des particuliers, — lesquels n’ont pas été parties au contrat, — elles peuvent néanmoins s’interdire d’autoriser ou de favoriser sur le domaine municipal tout établissement pouvant faire concurrence à leur concessionnaire, qui se trouve ainsi jouir d’un monopole de fait.
- Ce sont encore les deux arrêtés précités du 26 décembre 1891 qui ont définitivement consacré cette théorie du monopole de fait pour l’éclairage privé, résultant de l’engagement pris par la ville de ne pas donner à d’autres qu’au concessionnaire le droit de canaliser les voies publiques municipales.
- 30 Enfin, — et c’est de cette dernière règle principalement que l’espèce dont nous nous occupons comporte l’application, — la question de savoir si un traité de concession accorde ainsi au concessionnaire un monopole pour l’éclairage public ou privé d’une ville, interdisant à la municipalité de traiter avec un tiers même pour un autre mode d’éclairage, doit être résolue d’après ce principe qu’en matière de monopole tout est de droit étroit.
- « Il importe de rappeler, dit M. Renault, l éminenl professeur à la faculté de droit de Paris, dans une lettre adressée au maire d’An-tin en 1892, à propos d’un procès concernant l’interprétation d’un traité de ce genre, que d’après les principes les plus élémentaires, toute concession d’un monopole est, par sa nature même, de stricte interprétation. On ne présume pas une restriction à la Liberté du commerce et de l’industrie : cette restriction
- p.139 - vue 140/624
-
-
-
- [40
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- doit être exprimée formellement et se justifier par un avantage correspondant. Le principe ordinaire du libre exercice des professions, à la condition d’observer les règlements de police, reprend son empire, dès que l’on est en dehors du domaine où un droit exclusif a etc conféré. En cas de doute, c’est ce principe qui l’emporte. Il est inutile de développer ces idées préliminaires conformes aux règles générales du droit et du bon sens )).
- Ce principe de la stricte interprétation en matière de concession de monopole a été appliqué d’une manière constante et unanime par nos tribunaux administratifs, chaque fois qu’ils ont eu à statuer sur les conflits provoqués par la substitution de l’électricité au gaz pour l’éclairage des villes. Leur jurisprudence exige, en conséquence, pour que le concessionnaire du gaz puisse s’opposer à cette substitution, que son traité stipule en termes précis et formels :
- i° La concession à son profit d’un monopole d’éclairage, c’est à dire d’un droit exclusif portant spécialement sur l’éclairage ;
- 2" Le caractère général de ce monopole d’éclairage, c’est à dire son extension à tous les procédés quelconques d’éclairage actuellement appliqués ou à appliquer dans l’avenir, — ou tout au moins à celui qu’il s’agit d’appliquer concurremment avec le procédé prévu au traité.
- Examinons en détail ces deux conditions et voyons si'elles existent dans le cas qui nous occupe.
- III
- Première condition : Concession d’un monopole d’éclairage.
- Il faut tout d’abord, pour que le concessionnaire soit en droit de s’opposer à toute concession nouvelle donnée à un tiers relativement à un mode d’éclairoge, que le monopole, le droit exclusif que lui accorde son traité porte lui-même sur l’éclairage. 11 est évident que, si le monopole s’applique à autre chose qu’à l’éclairage, la municipalité
- demeure libre de traiter avec un tiers pour toute concession relative à l’éclairage de la ville ou des particuliers.
- Or, quelle est à cet égard la situation respective des municipalités et des concessionnaires entre lesquels est intervenu le traité-type dont nous-nous occupons.
- Une disposition de ce traité accorde bien au concessionnaire un droit exclusif. Mais lequel? Uniquement celui d’établir et de conserver des conduites de gaz sous les voies publiques. Et, en retour de ce droit exclusif, le concessionnaire, s’engage à fournir le ga^ pendant toute la durée de la concession, pour l'éclairage public et pour l’éclairage privé.
- Y a-t-il dans ces deux clauses la concession d’un monopole d’éclairage?
- Toutes les décisions des tribunaux administratifs qui ont statué sur l’interprétation de ces clauses ont refusé, sans exception, de considérer comme un monopole d’éclairage le droit exclusif de canalisation souterraine.
- 11 est intéressant d’étudier en détail chacune de ces décisions.
- La première en ce sens est un arrêté du conseil de préfecture de la Nièvre, du 24 juillet 1887, rejetant une requête d’une société d’éclairage au gaz contre la ville de Limoges: cet arrêté est ainsi conçu :
- « Considérant qu’aux termes de l’article 1" du traité, la ville de Limoges concède à la société requérante le droit exclusif de conserver et d’établir les tuyaux nécessaires pour la conduite du gaz sous les voies publiques ; qu'il n’est pas nécessaire, quant à présent, d’examiner la validité de cette clause; mais que plusieurs motifs d’ordre public s’opposent à ce qu’elle soit étendue par voie d’analogie à des cas autres que celui qui est spécifié ; qu’en accordant, dès lors, la permission de voirie dont se plaint la Compagnie du gaz, la municipalité de Limoges non seulement n’a lait que remplir une obligation qui lui est imposée par tous les principes qui régissent la matière, mais encore n’a porté aucune atteinte aux conventions intervenues entre elle et la Compagnie du gaz lesquelles ne vi-
- p.140 - vue 141/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- sent que le sous-sol et nullement là partie àérien-ttedelà voie publique » (Hérard et Sirey,p.6i).
- Un arrêté du conseil de préfecture de l’Orne du 13 février 1891, statuant sur un différend intervenu entre la ville d’Argentan et son concessionnaire de gaz, le sieur Sassier, suit la même règle d’interprétation restrictive, en refusant de considérer comme constituant un monopole général d’éclairage le traité qui donne à ce concessionnaire le droit exclusif de se servir des dépendances de la voirie urbaine, alors même que la ville s’est interdit d’autoriser sur la voie publique toute espèce de canalisation ayant pour but de faire concurrence au concessionnaire.
- Un arrêté du conseil de préfecture de la Nièvre, du 20 juillet 1891, statue dans le même sens sur une requête de la Compagnie du gaz de Nevers contre le maire de cette ville; le principal considérant de cet arrêté constate que « l’article 2 du traité indique par sa seule lecture que la ville n’a entendu conférer à la Compagnie du gaz d’autre monopole que celui de l’établissement de tuyaux de gaz sous les différentes voies de la commune, et il en conclut que « le maire de Nevers a pu, sans porter atteinte à la dite clause, donner aux sieurs Picard l’autorisation pure et simple de poser des fils aériens au-dessus de certaines voies urbaines )) (ibid., p. 152).
- A la date du ro décembre 1891, un arrêté du conseil de prélecture de Seine-et-Marnc, statuant sur un différend intervenu entre la ville de Melun et son concessionnaire de canalisation de gaz, refuse encore d’admettre au profit de celui-ci un monopole d’éclairage par les motifs suivants qui donnent les règles d’interprétation à suivre pour les deux clauses usuelles relatives à la concession de la canalisation souterraine et à l’obligation pour le concessionnaire de fournir le gaz : Considérant, dit l’arrêté, qu’il n’est pas douteux que le sieur Foucard a été chargé, pour une durée de 45 années, d’assurer l’éclairage public par le gaz et qu’il est incontestable qu’il serait en droit d’exiger que la ville lui conservât pen-danteetemps le service qu’elle lui a confié, s'il
- établissait qu’à côté de l’obligation contractée par lui il en existe une prise par la ville à son égard, correspondant à la sienne et ayant la même durée; que cette obligation de la ville n’est pas écrite nulle part dans le traité ; qu’un prix a bien été fixé pour le gaz fourni à la ville ; que ce prix a bien été établi pour 4 5 ans ; mais qu’il n’en résulte pas que la ville se soit obligée à prendre au sieur Foucard, pendant ces 45 ans et d’une manière continue, une quantité déterminée ou indéterminée de gaz ; qu’il est impossible de trouver dans les dispositions du traité la preuve que la ville ait contracté vis-à-vis de Foucard une autre obligation que celle écrite en l’article premier, relative à la concession de la canalisation; que. dès lors, l’obligation pour le sieur Foucard d’assurer l’éclairage public pendant 4 5 ans constitue pour lui une simple charge et qu’il ne peut à s’opposer ce que la ville la lui enlève en tout ou en partie {ibid., p. 164).
- Un arrêté du conseil de préfecture de l’Oise, du 12 février 3892, adopte la même interprétation dans une instance entre la ville de Bourg et la Compagnie du gaz de cette ville. Nous relevons dans cet arrêté le considérant suivant : « si un privilège pouvait exister légalement en faveur de la Compagnie du gaz, ce privilège consisterait, aux termes de l’article Ier du traité, dans le droit exclusif de conserver et d’établir sous les voies publiques de la commune de Bourg les tuj^aux destinés à la fabrication, à la conduite et à la distribution du gaz pour l’éclairage ; on serait ici en présence d’une clause restrictive de la liberté de chacun et qui, comme telle, devrait être interprétée restrictivement ; par conséquent le droit de la Compagnie du gaz consisterait purement et simplement à placer des tuyaux sous la voie publique ; la ville de Bourg n’aurait donc en rien contrevenu aux dispositions de cet article en laissant le sieur Dumont placer des câbles aériens » {ibid., p. 172).
- Un arrêté du conseil de préfecture de l’Eure, du 4 février 1892, repousse également la réclamation élevée contre la ville des Andelys
- p.141 - vue 142/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- par la Compagnie du gaz de cette ville, en déclarant que « dans l’espèce et en se référant aux termes du traité, la ville n’a concédé que le droit exclusif de poser et conserver des tuyaux servant à la conduite du gaz pour l’éclairage public et particulier ; que, d’autre part, le sieur Meurdrac (concessionnaire de conduits aériens pour l’électricité) n’a reçu l’autorisation ni de distribuer et vendre du gaz, ni de poser des conduits souterrains ; qu’ainsi l’autorisation qui lui est donnée n’est en rien contraire aux termes précis et limitatifs du traité » ibtd., p. 248).
- Enfin, un arrêté du conseil de préfecture de Seine-et-Marne, du 29 décembre 1893 — le dernier en date sur ce sujet qui se trouve consigne dans les recueils, — rejette une requête formée contre la ville de Provins par la Compagnie générale du gaz pour la France et l’étranger en se fondant sur les motifs suivants : « Considérant, dit l’arrêté, qu’aux termes de l’article icr du traité, la ville de Provins concède aux sieurs Magnier, Canier et Boisdon, aux droits desquels la Société générale du gaz a été substituée, l’autorisation exclusive d’établir sur le sol et ailleurs dans les rues, places et terrains dépendant de la voie publique de la ville de Provins les tuyaux destinés à la distribution et à la circulation du gaz d’éclairage et de chauffage tant public que particulier ; que les contrats qui confèrent un monopole sont de droit étroit et qu’on ne peut en étendre les effets au delà de leur objet spécial; que le monopole concédé par le traité est parfaitement défini et qu’il ne peut s’étendre à toute autre chose que la canalisation nécessaire à la circulation du gaz ; qu’on ne saurait trouver dans cette concession, comme le prétend la Compagnie requérante, le droit exclusif pour elle d’occuper la voirie urbaine pour l’éclairage public et particulier ; qu’il résulte des termes clairs et précis du traité que la ville a conservé le droit d’accorder toute autorisation de poser sur la voie publique une canalisation devant servir à un mode d’éclairage autre que le gaz » {ibid., p. 295).
- Les arrêtés des conseils de préfecture que nous venons de mentionner sont les seuls, depuis 1887, qui aient statué sur l’interprétation des traités contenant les deux clauses relatives à la concession de la canalisation souterraine et à l’obligation pour le concessionnaire de fournir le gaz pendant la durée de la concession. Tous, sans exception, on le voit, ont admis la même interprétation restrictive.
- Quelle est maintenant la jurisprudence du conseil d’Etat?
- Il nous faut bien reconnaître que le conseil d’Etat, pour des raisons que nous n’avons pas à rechercher, a une tendance à favoriser constamment les compagnies d’éclairage au gaz contre les sociétés d’électricité. Mais il est incontestable, néanmoins, que toutes les décisions rendues en ce sens par le conseil d’Etat sont des décisions d’espèce, qui refusent d’appliquer à un traité déterminé, à raison de circonstances spéciales à ‘ce traité, le principe de l’interprétation restrictive en matière de monopole, mais qui néanmoins, laissent ce principe absolument intact. Et presque toujours les circonstances spéciales qui paraissent au Conseil d’Etat de nature à comporter une exception à ce principe résultent de l’intention manifeste des parties.
- Il se peut, en effet, que les parties aient eu réellement l’intention soit d’étendre le monopole de canalisation à l’éclairage par le gaz, soit d’étendre le monopole d’éclairage au gaz à l’éclairage électrique. Le conseil d’Etat a pu voir, plus souvent que les conseils de préfecture, cette intention manifestée dans les traités qu’il s’agissait d’interpréter : c’est là, encore une fois, une jurisprudence de fait qui ne touche en rien à notre principe.
- Il convient, pour mieux s’en rendre compte, d’examiner en détail les décisions qui constituent cette jurisprudence.
- Ces décisions sont de deux sortes : dans une première catégorie nous rangerons celles qui ont annulé quelques-uns des arrêtés des * conseils de préfecture que nous avons men- * tionnés plus haut : la seconde catégorie com-* J
- p.142 - vue 143/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- [4?
- prendra les arrêts intervenus dans d’autres
- espèces.
- Xous n’avons trouvé dans les derniers recueils parus et notamment dans celui de Lebon, qu’une seule decision du conseil d’Etat annulant un des arrêtés en question : c’est un arrêt du 2 février 1895 qui annule l’arrêté du conseil de préfecture de l’Orne, du 15 février 1891, concernant la ville d’Argentan. Il est intéressant de reproduire le texte des motifs de cet arrêt : « Considérant, y est-il dit, que des dispositions du traité, il résulte que la'ville a concédé au sieur Sassier le droit exclusif de se servir des dépendances de la voirie urbaine pour la fourniture de l’éclairage au service municipal et aux particuliers et que la ville s’est interdit expressément d’autoriser sur la voie publique toute espèce de canalisation ayant pour but de faire concurrence au concessionnaire... » Ainsi, là où le conseil de préfecture de l’Orne avait vu un simple droit de canalisation restreint, le conseil d’Etat voit, quant à lui, un droit de canalisation général, qui par cela même qu’il s’applique à toutes les dépendances de la voirie urbaine, comporte un monopole de fait pour l éclairage et pour tout mode d’éclairage. Mais c’est là une pure question de fait, dont l’appréciation peut varier sans atteindre le principe qu’en dehors de stipulation expresse, le monopole doit s’interpréter restrictement.
- (,1 suivre.)
- G. Lagrésille,
- CHRONIQUE
- Les orages et les conducteurs électriques. — Un violent orage, qui commença le dernier dimanche de Novembre dernier par une chute de neige et prolongea le lendemainpar des chutes alternées de pluie, de neige et de grésil, a causé, dans Chi-cago, des dégâts très considérables. Plusieurs lignes de tramways funiculaires et de tramways électriques furent paralysées pendant une partie de la journée, et le service du chemin de fer élevé fut interrompu pendant six heures. Les fils télégraphiques et téléphoniques se couvrirent de verglas et
- de neige en telle quantité que beaucoup se brisèrent. Les communications avec l’extérieur furent interrompues le lundi à minuit; les chefs de gare ne pouvant plus communiquer entre eux, le service des trains devint très irrégulier et, partant, très dangereux. Les avertisseurs d’incendie n’étant plus reliés aux postes de sapeurs pompiers, plusieurs incendies qui se déclarèrent prirent de graves proportions. Enfin, les conducteurs à trôlets, malgré leur plus grande résistance, se brisèrent aussi en certains endroits et le courant tua plusieurs chevaux et blessa différentes personnes. Les fils télégraphiques et téléphoniques en se brisant tombèrent sur des conducteurs pour trôlets et établirent des dérivations dangereuses. Ces accidents prouvent une fois de plus tout l’avantage qu’il y a à supprimer complètement les conducteurs aériens dans les grandes villes.
- Locomotives à vapeur à grande vitesse. — S’il faut en croire les revues américaines, une locomotive d’un type spécial serait actuellement en construction dans les ateliers de Baldwin Locomotive Works, à Philadelphie ; son inventeur M. W. J. Holmon, estime qu’elle permettra d’obtenir sans peine des vitesses de 145 à 150 km à l’heure sans que la puissance mise en jeu soit plus considérable que dans les locomotives actuelles. Pour obtenir cc résultat, M. Holmon prend simplement une locomotive ordinaire dont les roues motrices ont 5 pieds (152,2 cmj de diamètre et la place sur un truck spécial qui roule lui même sur les rails. Les roues de la locomotive proprement dite sont placées entre deux petites roues montées sur le truck et reposent sur elles. Les petites roues, à leur tour, sont placées entre trois roues semblables qui roulent sur les rails. Lorsque les roues motrices de la locomotive sont mises en mouvement, elles entraînent par frottement les roues sur lesquelles elles reposent et, partant, les roues qui reposent sur les rails. Le diamètre de ccs différentes roues est calculé de façon à obtenir unevitesse circonférentielle des roues d’entrainement double de celle des roues de la locomotive. Un essai aurait été fait dans lequel unevitesse de 128 km h. aurait été obtenue. Bien que cette locomotive nous paraisse appartenir à la famille des canards, nous avons cru devoir la signalera nos lecteurs.
- Cabines téléphoniques automatiques. — La Chicago Téléphoné Company, a décidé de mettre en
- p.143 - vue 144/624
-
-
-
- A4
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- service, un grand nombre d’appareils automatiques à la disposition du public. Ces appareils seraient placés chez les pharmaciens, qui vendent déjà une foule d’objets qui ne touchent que de loin à la pharmacie ; il suffirait d’introduire une pièce de io cents (50 centimes) dans la fente de 'appareil pour que la communication puisse être établie. Les appareils seraient installés gratuitement chez les droguistes qui recevraient la moitié au surplus des recettes au dessus de 1 000 fr par an. Cette organisation aurait pour but d’empêcher l’emploi gratuit du téléphone par complaisance. «Nous ne pouvons, explique le directeur de la compagnie, établir les lignés et payer nos employés pour des conversations gratuites. Notre service a ceci de particulier qu’une augmentation de trafic, loin de permettre une simplification des méthodes, les rend au contraire plus complexes. Chaque nouveau téléphone exige parfois 10000 nouvelles combinaisons locales. »
- Congrès d'électricité à Genève, en i8çô. — 11 est probable qu’un Congrès d'Electricité sera tenu à Genève, dans l’été prochain, à l’occasion de l’Exposition qui doit avoir lieu dans cette ville ; il aurait dit YElettricita, un caractère pratique plutôt que scientifique. Sa durée serait de ) ou 4 jours. Les séances auraient lieu le matin et les après-midi seraient consacrées à des visites de l'Exposition accompagnées d’explications. Une réception, un banquet, des excursions sur le lac en bateau à vapeur, etc., compléteraient le programme. Des excursions par groupes seraient organisées pour visiter les grandes installations hydrauliques de la Suisse. Le prix d’admission serait de 20 francs et donnerait droit à l’entrée permanente à l’Exposition pendant toute la durée du Congrès. Celui-ci n’aura lieu que si le nombre d’adhérents est suffisant.
- Voitures automobiles électriques aux Etats-Unis, — Les Américains, qui paraissent un peu en retard sur la question de l’automobilisme, semblent vouloir regagner le temps perdu. Depuis quelques semaines, YElectrical World donne une description détaillée de nombreuses voitures automobiles à vapeur, à pétrole ou mues par l’électricité, et tout récemment avait lieu à Chicago une course de voitures automobiles pour laquelle une centaine de concurrents s’étaient fait inscrire. Les résultats de cet essai, contrarié par le mauvais temps, ne
- peuvent permettre de juger des mérites respectifs des différents systèmes, mais montrent cependant que les voitures électriques sont capables de lutter avec les voitures à pétrole et à vapeur : sur six voitures seulement qui se sont décidés à partir, deux, construites par la Woods Company de Chicago, étaient mues par l'électricité et se sont fort bien tiré d’affaire malgré le mauvais temps et les routes défoncées.
- A la vérité les voitures à gazoline ou à pétrole présentent sur les voitures électriques trois grands avantages ; elles sont, à puissance égale, plus légères, permettent de faire un plus long parcours sans arrêt, et enfin coûtent moins cher par kilomètre parcouru. Une comparaison sommaire entre les deux systèmes conduit en effet à un poids de 800 kg pour l’électricité contre 500 à 550 kg pour les moteurs à pétrole ou à gazoline, à un parcours de 60 km pour la première et de 100 km pour les seconds, à une augmentation de dépense de^ pour 100 pour la première relativement aux seconds.
- An point de vus pratique le dernier de ces inconvénients de la voiture électrique est le plus grave. Mais si l’on tient compte de la facilité avec laquelle se manie une voiture électrique et de l’avantage quelle possède de ne répandre derrière elle aucune odeur désagréable, il n’est pas douteux que dans les villes, où la charge des accumulateurs est chose facile, elle n’arrive à détrôner ses concurrents, d’autant plus que le parcours moyen journalier d’une voiture étant d’environ 40 à 50 km il est possible d’avoir une batterie d’accumulateurs permettant d’effectuer ce parcours sans rechargement.
- Quoiqu’il en soit, la Woods Company s’est mise hardiment à l'œuvre et elle construit plusieurs types de voitures électriques : landau, Victoria, char à bancs, voiture de livraison. Le succès quelle vient de remporter dans la course d’automobiles de Chicago ne peut, faire que bien augurer de l’avenir de cette application de l’électricité.
- L’Éclairage électrique en Chine. — La ville de Shanghaï est éclairée par 140 lampes à arc réparties dans près de 25 km de rues. Le réseau à lumière comprend plus de 60 km de câbles conducteurs et plus de 6 00o lampes à incandescence de B bougies sont en service pour l’éclairage privé.
- L’Êdiieur-Gérant .-Georges CARRÉ
- p.144 - vue 145/624
-
-
-
- Foin® VI.
- Samedi Z5 Janvier'1896
- 3« Année. — N?
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ fëÇ
- Directeur Scientifique : J. BLONDIN Secrétaire de la rédaction : G. PELLISSIER
- LE TRANSPORT DE FORCE CHÈVRES-GENÈVE
- Avant de donner une description des nouvelles installations hydrauliques de Chèvres et du transport d’énergie électrique qui en est la conséquence, il n’est pas sans intérêt de jeter un rapide coup d’œil sur l’état actuel de l’utilisation des forces motrices du Rhône ! à Genève ; particulièrement en ce qui con- j cerne les applications électriques et leur . extension prochaine. J
- Dès 1885,1e Conseil administratif de la ville de Genève avait entrepris sur la proposition ; de son président, M. l’ingénieur Turet- 1 tini, d'importants travaux hydrauliques des- J tinés à capter la force motrice du Rhône à . sa sortie du lac Léman. J
- L’usine, construite dans le Rhône (quartier de la Coulouvrenièrc) comprend aujour- | d’hui dix sept turbines de 500 chevaux cha- ! cune, pouvant fournir une force totale de ! plus de 5 000 chevaux. j
- A l’heure actuelle, cette force est entièrement utilisée ; elle est distribuée comme force motrice hydraulique dans la ville et les j environs. A cet effet, de puissantes pompes I actionnées directement par les turbines en- * voient l’eau sous pression dans une canalisa- 1 tion qui étend ses ramifications en ville et j dans les principales localités avoisinantes. Afin d’assurer la régularité du service, la canalisation est reliée à un réservoir de 12 000 j
- mètres cubes, situé à Bessinges à 140 mètres au dessus du niveau du lac.
- Une grande partie de cette force hydraulique de l’usine de la Goulouvrenière est déjà utilisée comme énergie électrique au moyen de turbines secondaires actionnant des génératrices.
- C’est elle qui sert à l’éclairage électrique comprenant actuellement deux réseaux distincts. Le plus ancien dessert particulièrement le centre de la ville. C’est un réseau à courant continu dans le système à trois fils ; il alimente approximativement 15000 lampes ; la tension des génératrices est de 110 volts. Les machines sont réparties en quatre groupes ; chaque groupe comprenant deux machines accouplées sur l’arbre d’une même turbine. Ces génératrices (fig. 1) sont des machines Thury de 220 chevaux chacune.
- Le second réseau, établi en 1892, utilise le courant alternatif à haute tension. Il dessert surtout les quartiers extérieurs de la ville. La station centrale est à l’usine même delà Cou-louvrenière où sont placées deux génératrices à 2 500 volts et 54 périodes par seconde (fig. 2).
- Le courant à haute tension parvient, au moyen de câbles à deux conducteurs concentriques, à divers groupes de transformateurs placés dans les différents quartiers delà ville. Après sa transformation, le courant (110 volts) est distribué aux abonnés par un réseau de câbles secondaires à trois conducteurs.
- La canalisation primaire a plus de 6 kilo-
- p.145 - vue 146/624
-
-
-
- [46
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- mètres de développement et le nombre des lampes fonctionnant sur le réseau secondaire atteint aujourd’hui 6000.
- Indépendamment des deux stations centrales précédentes, il existe bon nombre d'installations privées qui utilisent la force motrice
- de la Coulouvrcnière pour se procurer l’éclairage électrique. Mais cette branche est appelée à prendre prochainement une extension considérable, soit que les autorités de la ville décident l’éclairage électrique d’une partie des rues, soit aussi par l’abaissement du prix
- de la lumière, résultat que l’on peut espérer j avec la nouvelle installation de Chèvres. Enfin l’Exposition nationale suisse qui doit s’ouvrir en mai 1896, fait prévoir un surcroit important dans l’emploi de la lumière électrique.
- L’usine de la Coulouvrcnière, indépendamment de l’éclairage, alimente quelques lignes de tramways électriques. Les génératrices destinées à cet usage, sont deux dynamos à courant continu (560 volts) pouvant fournir chacune 240 chevaux.
- Ainsi que l’éclairage, la traction électrique est appelée à prendre prochainement à Genève un plus grand développement la Compa-
- j gnie des Tramways ayant décidé d’introduire sur tout son réseau la traction électrique et de créer en outre une ligne nouvelle à l’occasion de la prochaine exposition.
- Quant aux transports de force, il n’cxiste actuellement à Genève qu’une seule installation. C’est un transport de force à courant continu (à 1 200 volts) destiné à alimenter les ateliers de la Compagnie de l’Industrie Electrique, situés à une distance de 2,7 kilomètres.
- Tel est, brièvement résumé, l’état actuel de l’emploi de l’énergie électrique à Genève. Ce rapide exposé ne sera pas inutile pour expli" quer les dispositions que l’on a dû adopter à
- p.146 - vue 147/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- la nouvelle usine de Chèvres, pour tenir compte des réseaux existants et des exigeants du service d’éclairage et de traction électriques.
- C’est en présence du développement rapide et du succès de l’usine de la Coulouvrenière
- que les autorités de la ville de Genève ont décidé, il y a quelques années, la création d’un second bâtiment hydraulique. Les tra*-vaux tirent aujourd’hui à leur fin et dans quelques mois au plus tard, on peut espérer que cette nouvelle usine commencera à fonction-
- Ftg 2.— Alternateur Thury à 2500 volts et 54 périodes par seconde, mû par une turbine.— Usine de la Coulouvrenière.
- ner ; elle viendra donc en aide en temps opportun à l’usine de la Coulouvrenière dont la force commence à ne plus suffire aux exigeants actuelles.
- Le bâtiment de Chèvres est situé à 7 kilomètres en aval de la première installation,soit à 6 kilomètres approximativement en ligne droite. Quinze turbines de 800 à 1 200 chenaux chacune, permettront de capter une force de 12 à 15 000 chevaux, suivant la saison. Ces quinze turbines ne seront placées qu’au fur et à mesure des besoins ; aussi le corps de bâti-ment actuellement terminé n’est construit quen prévision de l’installation prochaine de cinq turbines.
- On se propose de transporter cette force en ville ou dans les localités avoisinantes, en employant le courant alternatif biphasé à haute tension. Ce courant subviendra presque entièrement aux besoins de l’éclairage de la ville et de l’Exposition. Les génératrices alternatives de la Coulouvrenière seraient donc probablement supprimées ou employées comme réserve. De cette façon, une partie de la force de l’usine de la Coulouvrenière redeviendra disponible et sera distribuée aux abonnés comme force hydraulique.
- Les travaux de l’usine de Chèvres ne sont pas entièrement terminés. Néanmoins, le bâtiment des turbines peut être considéré comme
- p.147 - vue 148/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- achevé dans ses parties essentielles, particulièrement en ce qui concerne l’installation des cinq premières turbines, dont trois sont déjà placées, prêtes à fonctionner.
- Trois machines dynamos horizontales (800 à 1 200 chevaux) sont complètement montées; ces machines sont calées sur l’arbre même des turbines et tournent avec la même vitesse angulaire. Le courant nécessaire à l’excitation est fourni par deux dynamos à courant continu, actionnées par deux turbines supplémentaires.
- Comme l’usine doit recevoir prochainement deux turbines et qu’elle vient de commander deux machines dynamos à la Compagnie de l’Industrie Electrique, elle disposera dans quelques mois d’une force de 5000 chevaux.
- La ligne qui doit relier l'usine de Chèvres à Genève est presque complètement établies elle amènera le courant à l’usine de Coulou-vrenière sous une tension de 2 400 volts. De là, ce courant sera dirige dans le réseau actuel d’éclairage à haute tension ou distribué comme force motrice en actionnant des moteurs biphasés.
- La ligne Chèvres-Genève est souterraine ; elle se compose de quatre conducteurs formés chacun de plusieurs torons. Les conducteur; sont renfermés dans une conduite en béton remplie d’un mélange compact de gravier et de matières goudronneuses. La description complète et l’étude de cette ligne trouvera sa place dans un prochain article. Nous nous réservons d’ailleurs de revenir plus en détail sur ces nouvelles installations dès que l’état des travaux sera plus avancé.
- (A suivre). Ch. Eug. Güye,
- Professeur agrégé à l’Ecole Polytechnique de Zurich
- LES
- MÉTHODES PHOTOMÉTRIQUES
- AU DOUBLE POINT DE VUE DF. LA SCIENCE ET
- de l'industrie (’).
- PRÉLIMINAIRES
- Le sens du mot photométrie tend à s’élar-
- (’) Question proposée à la discussion de la 5» section
- gir chaque jour davantage. Nous sommes loin maintenant du temps ou Bouguer comparait à sa bougie les diverses lampes à huile de son époque, et ne cherchait qu’à évaluer leur intensité, définie par la loi évidente du carré des distances. Avec les sources, à peu près toutes de même teinte, en usage alors, ce genre de mesures pouvait sembler basé sur un principe scientifique solide ; la comparaison des intensités suffisait en effet pour définir à peu près exactement les propriétés des diverses sources de lumière artificielle dues à la combustion des matières grasses.
- Actuellemen , avec les idées de la théorie ondulatoire de la lumière, on cherche à définir l’intensité lumineuse par l'énergie du mouvement oscillatoire. Cela est d’autant plus nécessaire que l’optique physiologique est venue montrer la complexité extrême de l’action des diverses radiations sur notre rétine, et que la photographie a montré la même complexité dans les effets dont elle s’occupe. On ne peut donc plus actuellement chercher à définir l’intensité d’une source soit par son action physiologique, soit par son action photographique, à moins d’avoir préalablement déterminé la relation qui exists entre l’énergie de chaque lumière, et son action sur notre rétine, ou sur la plaque photographique. Purkinje a en effet montré le peu de validité des comparaisons photométriques dès que les couleurs des deux sources ne sont plus identiques. Deux plages de couleurs différentes semblent-elles de même clarté à un moment déterminé ? Si on augmente dans le même rapport les deux intensités, elles sembleront différentes ; si on diminue l’intensité, la différence paraîtra inverse. Cependant, pour les sources usuelles, et les intensités usuelles, le phénomène de Purkinje n’a pas grande influence sur les déterminations. L’erreur qu’il introduit est presque de l’ordre des erreurs de mesure. Avec la plaque photographique, l’influence de la composition de
- (Sciences Physiques) du prochain Congrès de l'Association Française pour Vavancement des Sciences, qui doit se tenir à Tunis du i"au 4 avril 1896.
- p.148 - vue 149/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- ‘49
- la lumière est plus grande encore. Si même on prend une lumière de composition bien déterminée on ignore actuellement dans la plupart des cas, la forme de la relation qui relie l’éclairage au temps de pose et à l’inten-sité d’impression ; on sait seulement que cette relation est très complexe Quant à déduire l’action photographique d’une source de sa mesure en intensité physiologique, tous les photographes savent combien cela est illusoire. On peut dire qu’il n’y a aucune relation entre les deux ordres de faits. Qu’il me suffise, pour montrer à quel point notre ignorance est grande à ce sujet, de rappeler en peu de mots le résultat tiré par M. Poincaré des expériences de MM. Otto Wiener et Lippmann. Le mouvement ondulatoire de la lumière comporte deux sortes d’énergies, l’énergie cinétique et l’énergie potentielle. Dans les phénomènes d’interférence de Newton et Fresnel, ces deux sortes d’énergies présentent leurs maxima et leurs minima aux mêmes points. Dans les ondes stationnaires de MM. Otto Wiener et Lippmann où les deux trains d’onde, font un angle fini, les maxima cinétiques et potentiels sont alternés, comme les nœuds et les ventres pour les vibrations longitudinales des tuyaux sonores. Les expériences précitées montrent que la plaque photographique n’est sensible qu’à une seule de ces deux sortes d’énergie. Nous saurons à laquelle des deux quand la question de la vibration de la lumière polarisée sera close. Mais rien ne nous permet d’affirmer que notre œil soit sensible à l’une ou à l’autre de ces deux formes de l’énergie ; peut-ctre est-il sensible aux deux, peut-être n’est-il sensible qu’à une seule, et peut-être celle-ci n’est-elle pas la même que celle qui impressionne la plaque photographique.
- Mais si nous abandonnons ce cas théorique pour entrer dans celui de la pratique nous voyons, que les deux définitions concordent à un facteur constant près. C’est donc en s appuyant sur cette définition mathématique que 1 on peut arriver à une connaissance précise des propriétés de la lumière vis-à-vis de 1
- ses divers réactifs. La technique expérimentale moderne permet de mesurer l’énergie ondulatoire d’une manière très sensible et presque certaine. Le noir de fumée transforme en effet, presque complètement en chaleur moléculaire l’énergie ondulatoire de toutes les radiations du spectre. La condition essentielle pour que ceci soit exact est que les rayons tombent à peu près normalement sur la surface enduite de noir de fumée. La mesure de la chaleur ainsi produite par les diverses radiations a été la base d’une science nouvelle, la radio-métrie. Celle-ci étudie la répartition de l’énergie suivant la longueur d’onde dans les spectres des diverses sources, et, les sources étant ainsi nettement définies, elle indique les propriétés que leur radiation communique aux divers autres transformateurs de l’énergie lumineuse : mil, substance sensible, pile au sélénium.
- Nous pouvons dire que la photométrie théorique moderne est la radiométrie appliquée à l’œil.
- Malheureusement les études radiométriques sont extrêmement délicates et il faut, pour les besoins de la photométrie pratique, avoir recours à des procédés plus simples. Plusieurs sont employés, ce sont : la comparaison avec un étalon de lumière déterminé ; l’action sur les substances sensibles : l’action sur la pile au sélénium. Ces deux dernières méthodes, qui peuvent être employées dans quelques cas particuliers, ne peuvent cependant pas, comme nous le verrons bientôt, l’ctre d’une manière générale.
- Quant à la méthode de comparaison avec l’étalon, elle pourrait être très bonne, si l’étalon employé pouvait avoir la même teinte que les sources pratiques. Mais il n'en est pas encore ainsi. Des considérations bien connues montrent que la lumière la plus économique actuellement est celle qui est produite à la température la plus élevée, et les mesures prises dans ces conditions par M. Violle montrent qu’alors une très faible élévation de température modifie énormément l’émission des radiations visibles et actiniques. Toutes
- p.149 - vue 150/624
-
-
-
- 5'
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- les sources actuelles à très haute température, sauf le platine à son point de solidification, sont soumises à des variations considérables, qui rendent illusoire leur emploi comme étalons. Il a donc été nécessaire jusqu’ici d’employer des étalons secondaires à température beaucoup trop basse; le sens du mot photo-métrie pratique nous échappe d’après ce qui vient d’être dit, et nous devons donner de ce terme une nouvelle définition.
- La photométrie pratique a pour but de définir les conditions dans lesquelles une source de lumière et l’étalon employé donnent à l’ceil une certaine propriété au même degré.
- Si on se sert d’une propriété déterminée de l’œil pour trouver les conditions équivalentes, on pourra trouver d’autres conditions si on s’adresse à une autre propriété de l’ceil, ou même si on change l’intensité de l’étalon pour laquelle la comparaison est faite.
- Nous voyons ainsi la nécessite, pour définir une comparaison photométrique, d’indiquer l’énergie de l’éclairement pour lequel elle est faite, en mesure calorimétrique, et la répartition de l’énergie dans le spectre de la plage éclairée. Si nous admettons que celle-ci est connue pour les diverses sources, il suffit de savoir sur quelle source porte la mesure et de faire seulement la mesure d’énergie totale. Les lois connues de l’émission des radiations permettent de faire ces déterminations bien plus simplement que cela ne paraît tout d’abord possible.
- Nous savons que la iorme de la courbe de radiation qui définit la répartition de l’énergie dans le spectre est entièrement déterminée, pour un même corps incandescent, si sa température est fixe et si on le place dans une enceinte déterminée à température fixe. Si le corps est noir, sa courbe de radiation est entièrement définie par sa température. Avec les sources où la lumière est due à l’incandescence du carbone, ce qui est le cas pratique, sauf pour les manchons en terres rares, nous pourrons considérer, avec M. Crova, que la source sera entièrement définie si on
- a mesuré la quantité bien connue sous le nom de degré d’incandescence.
- Nous allons indiquer, dans le paragraphe suivant, les diverses propriétés des transformateurs d’énergie ondulatoire que nous croyons utile d'étudier en fonction de l’énergie et du degré d’incandescence. Nous étudierons ensuite les quantités à mesurer et les procédés de mesure, puis la question des étalons, et nous dirons enfin quelques mots sur certaines sources modernes.
- II
- Occupons-nous d’abord de la vision. C’est l’hygiène de la vue qui doit servir de guide pour toutes les installations de lumière artificielle. Il serait donc à souhaiter, avant toute chose, de voir faire une étude approfondie au point de vue physiologique, des nouvelles sources à haute température dont l’emploi s’impose de plus en plus. Les premiers jalons de cette étude ont déjà été posés, par M. Violle principalement. Celui-ci a montré, en effet, en comparant ces sources à son étalon que, lorsque la température des sources lumineuses croît, le rapport de l’énergie utilisable par l’œil à l’énergie totale émise par la source croît très rapidement. II serait à désirer que la question fût reprise par des physiologistes au point où le savant physicien l’a laissée.
- Je ne veux pas parler ici des conditions mal définies sur lesquelles le public juge l’éclairage des rues, par exemple; tout ou à peu près a été dit à ce sujet, et les opinions contradictoires abondent, montrant par leur multiplicité même, le manque de base de la discussion. Je veux parler des études physiologiques qu’il serait désirable de voir réaliser pour définir les qualités des diverses sources au point de vue des divers travaux que l’ceil peut avoir à accomplir à leur lumière.
- L’acuité visuelle est la' propriété de l'ceii que l’on a le plus souvent à considérer dans les installations de lumière. MM. Macc de Lépinay et Nicati ont montré les différences de l’acuité visuelle dans les diverses couleurs
- p.150 - vue 151/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- «impies; ils ont montré aussi que l’acuité aU^jnentait constamment avec l’éclat de l'objet regardé. Cela ne veut pas dire qu’il faille, dans les ateliers d’horlogerie, par exemple, pousser l’éclairage aussi loin que possible, caries yeux des ouvriers ne tarderaient pas à subir de graves atteintes. J’ai en effet observé l’augmentation constante de l’acuité visuelle jusqu’à l’éclat que prend une feuille de papier blanc à une quinzaine de centimètres d’une lampe Drumraond, et c’est là un éclairageinsoutenablepour l’œil. Un deuxième élément doit entrer en ligne de compte et être mesuré autant qu’il est possible, c’est la fatigue de l’œil. Celle-ci est, j.e crois, facilement et rapidement mesurable, d’après des idées que j’ai émises au Congrès de Caen, par la durée de l’image accidentelle positive sur fond obscur. Il serait utile d’étudier par ce procédé les diverses sources de lumière moderne en fonction de leur degré d’incandescence et de l’éclairement produit mesuré au photomètre. Ces sources, en effet, fatiguent certainement l’œil et l’éclairage des locaux fréquentés le soir, au moyen de l’arc ou du manchon incandescent, a poussé certains journaux du soir à tirer sur papier rose. Us utilisent ainsi le fait prouvé par MM. Macé de Lépinay et Nicati, que les radiations plus rcfrangibles que le vert contribuent peu à l’acuite visuelle. L’acuité visuelle est cependant diminuée, l’absorption portant sur toutes les radiations, mais la fatique l’est aussi, et le résultat est plus satisfaisant. On cclaire trop, vraisemblablement, bien des locaux où on se livre à la lecture. Il y a un degré au delà duquel l’augmentation de l’acuité visuelle doit être cherchée dans la loupe et non dans un plus fort éclairage.
- Une deuxième étude devrait porter sur la sensibilité limite de l’œil aux petites différences de lumière. Pour les lumières anciennes, le maximum de sensibilité a lieu environ pour un carcel à un mètre, quand on opère sur du bristol blanc. M. Charpentier a fait une très complété et très intéressante étude de ce phé-nomène dans les diverses couleurs spectrales
- ou du moins très saturées, en prenant comme unité le minimum perceptible de chaque couleur. II serait très intéressant pour la pratique de voir reprendre ces études pour les sources modernes, et avec l’unité calorimétrique d’éclairement, ou au moins après avoir caractérisé ces sources par leur degré d’incandescence, qui suffit à définir leur spectre.
- Enfin, avant d’abandonner la question de la physiologie pratique de l’ceil, je veux insister sur ce fait que, dans certains cas, l’intensité de l’éclairage peut ne jouer qu’un rôle secondaire vis-à-vis de sa qualité. L'étude spectrale des corps colorés par des pigments identiques mais d’intensités différentes montre que les différences entre deux plages ainsi colorées se produisent uniquement dans les radiations dont la couleur ne porte pas le nom, et que, pour la perception des différences, la couleur spectrale dont le pigment porte le nom joue le rôle de teinte parasite. Elle fatigue l’œil sans profit, agissant comme l’éclairement de la source la plus rapprochée dans l’expérience classique de Bouguer sur la sensibilité de son photomètre. L’étude complète a cté faite dans le cas de la vision des éruptions de la peau, où la teinte parasite est le rouge. Elle serait peut-être à reprendre pour beaucoup d’ateliers où l’on doit faire des échantillonnages. Pour ceux-ci, la mesure de l’éclairement est illusoire, une lumière faible et de bonne qualité vaut infiniment mieux qu’une lumière intense et mal appropriée.
- Pour la question de l’impression de la plaque photographique, le problème est peut-être plus compliqué encore. Il se présente d’ailleurs sous deux formes ; i° se servir de l’action photochimique pour mesurer la source agissante au point de vue de son action physiologique ; 2° définir les propriétés d’une source donnée relativement à son usage en photographie. Etudions d’abord la première question. La détermination des propriétés des plaques est de la plus grande difficulté, vu leur peu de régularité. Aussi la fonction photographique, qui relie l’éclairement au temps de pose et à l’impression, même pour
- p.151 - vue 152/624
-
-
-
- 5*
- L'ÉCLAIRAGE ELECTRIQUE
- un degré d’incandescence déterminé, est-elle à peu près inconnue, et la photometrie photographique très peu digne de confiance.
- M. Lemoine, entrant dans la voie de MM. Lion et Dessendier, vient cependant de faire faire un grand pas à la question par l’étude de l’action de la lumière sur un mélange bien défini. II a choisi celui d'acide oxalique et de chlorure ferrique. C’est dans cette voie, où l’on mesure les produits de décomposition formés par la lumière, qu’il laut chercher la photométrie photographique, et non dans l’observation de la teinte plus ou moins foncée prise par une plaque soumise à l’action de la lumière. Dans ce cas on peut espérer connaître un jour la fonction photographique, et s’en servir alors pour tirer de l’expérience des données numériques relatives à l’action sur l’œil de la source qui a agi, à condition de connaître d’avance le degré d’incandescence de cette source.
- Arrivons maintenant à la deuxième partie de la question. La composition de la lumière ayant la plus grande importance, la première chose à faire serait encore de définir la source employée par la répartition de l’énergie dans son spectre, c’est à dire par son degré d’incandescence, comme dans ce qui précède. Il faudrait ensuite étudier, pour un certain nombre de degrés d’incandescence, Je temps voulu en fonction de l’éclairement, pour avoir une impression constante convenablement choisie. Cette étude une fois faite pour les divers types de plaques, l’emploi d’un étalon déterminé permettrait de définir les qualités d’une plaque d’un type connu, dans les conditions mêmes de lumière et de pose dans lesquelles elle doit servir. La nécessité de cette manière d’opérer s’impose, car les expériences d’Abney, celles du capitaine Houdaille, et celles que j’ai indiquées au Congrès de Bordeaux montrent que les plaques sont très mal caractérisées par le numéro du sensitomètre. Nous discuterons dans la suite la forme qui semble la meilleure pour l’appareil de mesu-
- Nous n’insisterons pas sur la pile au sélé-
- nium. Celle-ci, à cause de sa sensibilité, a donné à M. Minchin de beaux résultats pour la comparaison des éclats d’étoiles. Mais c’est là une application spéciale rendue possible par la similitude assez grande des lumières des étoiles de même couleur. Peut-être la pile au sélénium sera-t-elle appelée à rendre des services pratiques quand elle sera étudiée d’après les principes déjà énoncés pour l’œil et les substances sensibles. Mais il faut avant tout que sa construction devienne plus pratique et sa durée plus longue.
- Enfin, à côté de ces réactifs principaux de la lumière, nous trouvons d’autres réactif importants de l’énergie ondulatoire, dans les organismes vivants. De récentes expériences de M. Bayley ont montré que l’arc électrique hâtait la croissance des plantes placées dans son voisinage. 11 résulte aussi de travaux récents que la lumière solaire et les lumières actiniques tuent les microbes quand elles sont assez intenses. Il serait utile d’avoir sur les éclairements nécessaires avec les diverses sources usuelles des données précises, car l’assainissement des locaux par la lumière ne doit pas être négligé toutes les fois que cela sera possible.
- 111
- QUANTITÉS A MESURER ET APPAREILS
- Dans le paragraphe précédent, nous nous sommes occupés des études qui devaient être faites pour guider dans le choix des sources d’après l’hygiène de la vue. Ces études préliminaires une fois faites, on pourra comparer les sources à un étalon d’autre couleur, soit au moyen d’un verre rouge, soit au moyen de la notion physiologique indéfinissable, et assez peu précise, d’égal éclat entre couleurs différentes, soit en employant la méthode photométrique de M. Macé de Lépinay ou celle de M. (Lova. Celle-ci est exacte si on néglige le phénomène de Purkinje, et nous avons vu qu’on pouvait le faire dans la pratique. Ayant établi ainsi une comparaison précise et définie entre la source et l’étalon, il
- p.152 - vue 153/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 53
- faut étudier les quantités que l’on doit mesurer dans une bonne pratique de la photométrie.
- A la base de cette science, comme à celle de toutes les autres, nous trouvons une notion physiologique impossible à définir, c’est la notion de différence d’éclat. Cette notion, jointe à la loi géométrique évidente que l’éclairement est Inversement proportionnel au carré de la distance à la source, permet de définir l’intensité de la source lumineuse et de la mesurer en fonction de l’intensité d’une source étalon. Mais c’est là une notion insuffisante dans la pratique, car, pour les sources usuelles, l’intensité varie suivant la direction, et on ne peut se rendre compte de la valeur d’une source pour éclairer un local à murs diffusants, par exemple, en mesurant son intensité dans une seule direction. On a introduit alors la notion d’intensité sphérique moyenne. Il vaut mieux employer la notion de flux lumineux, définie par M. Blondel, comme le produit de l’éclairemcnt par la surface éclairée normalement. Je reproduis d’ailleurs ici le tableau des unités photométriques proposé par cct auteur, sauf deux : le phot, qu’il a admis après le Congrès photographique de Bruxelles, et l’unité de radiation intrinsèque. se confondant avec celle d’éclairement. Ces modifications ont été approuvées par l’auteur.
- L unité de longueur adoptée
- L umté de longueur adoptée est le mètre. îestlunitc d’angle solide, c’est à dire un Nombre.
- Le phot défini par le produit d’un éclairement par un temps me semble ne correspondre à rien, car un phot dû à l'éclairement e pendant le temps t n’est pas toujour équivalent au phot — X 2t, d’après les expériences citées plus haut.
- Pour mesurer ces diverses quantités, divers instruments sont nécessaires. La mesure des intensités, abstraction faite de différences de couleurs, s’opère avec les photomètres ordinaires. Je ne veux pas reprendre ici la discussion de ces instruments, bien faite dans le traité de Palaz. Je veux seulement insister sur un fait que j’ai indiqué au Journal de Physique de 1894. L’emploi de la vision binoculaire double la sensibilité pour les vues normales. On peut éliminer l’erreur due à la mauvaise caractéristique de diffusion des é-cransetà la différence de sensibilité des deux yeuxenopérant soit par substitution de la source à mesurer à un étalon, un autre étalon restant fixe, soit par retournement de tout le photomètre, l’étalon et la source restant en place.
- La mesure des éclats intrinsèques nécessite des dispositions spéciales qui sont toutes basées sur la méthode photométrique de M. Cornu. Un instrument facile à transporter et à manipuler, permettant ce genre de mesure, est à chercher actuellement, vu l’importance que prend cette notion pour les sources employées dans les projecteurs.
- La mesure du flux a été rendue pratique parles lumen-mètres deM. Blondel, qui permettent en une seule operation, de signification nette et précise, d’obtenir le résultat si péniblement obtenu autrefois par le tracé des courbes d’intensité.
- La mesure de l’éclairement se fait au moyen des instruments du type créé par M. Mascart. Il suppose essentiellement que la caractéristique de diffusion de l’écran récepteur a une forme indépendante de l’inclinaison de la direction de la source sur la normale à l’écran. Ceci 11’est pas réalisé par la plupart des diffuseurs. Un seul se rapproche à peu près des conditions théoriques, c’est l’albatrine de
- p.153 - vue 154/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Baccarat, comme il résulte des recherches de M. Blondel. Le mieux serait peut-être d’employer un diffuseur par réflexion iormé par une surface bien définie, le sulfate de baryte de M. Macé de Lépinay, par exemple.
- Pour mesurer la sensibilité des plaques photographiques, j’ai indiqué plus haut la raison pour laquelle la notion de phot me semble illusoire. Avec cette réserve, la méthode du capitaine Houdaille, publiée dans l’annexe au Bulletin de la Société de Photographie pour 1893 me semble entièrement à recommander. Je rappellerai en effet qu’au lieu d’évaluer la température du gris de la plaque par une comparaison photométrique forcément mauvaise, M. Houdaille a utilisé ce fait bien établi par M. Charpentier, qu’une plage de petite dimension disparaît quand son rapport avec la plage ambiante tombe au dessous d’une certaine valeur, qui dépend de la grandeur de la plage. 11 photographie un voyant qui présente une série d’objets lumineux composés chacun de cinq trous en étoile. Le diamètre des trous décroît progressivement d’une étoile à l’autre, et l’observation de celle des étoiles qui est la dernière distinguée a un éclairage déterminé, donne une mesure assez précise de la sensibilité de la plaque.
- Tout ceci montre combien on est loin de pouvoir appliquer la photographie à la pho-tométrie, au moins d’une manière générale. On ne peut l’utiliser actuellement que si les sources à comparer sont de même nature. Dans cc cas, il faut poser toujours le même temps, et chercher les conditions d’éclairement pour lesquelles l’impression a une valeur déterminée. Cela ne peut se faire que par des clichés en série, sur la même plaque. C’est à cetemploi que doit être limitée actuellement la photométrie photographique.
- Je ne veux pas quitter la question des mesures sans insister sur l’utilité qu’il y aurait à introduire dans la pratique courante lame-sure du degré d’incandescence comparé à celui de l’étalon. En appliquant alors la formule de M. Macé de Lépinay, on a le rapport des intensités, au phénomène de Purkinje
- près. Ceci présente un sérieux avantage. La comparaison d'éclairements légèrement hété-rochromes est très difficile et nécessite une grande habitude. Par cette méthode elle est remplacée par deux égalisations declaire-ments isochromes ; on s’en rapporte pour la partie difficile de la mesure au résultat dû à un observateur très exercé.
- Si d’ailleurs on reprenait les expériences de M. Macé de Lépinay, en prenant la valeur de l’intensité totale par un moyen calorimétrique, et les intensités rouges et vertes par mesure photométrique ordinaire, on pourrait établir une fonction nouvelle qui, au moyen de deux mesures en lumière sensiblement isochrome, donnerait l’énérgie totale rayonnée. En comparant les deux courbes ainsi obtenues, on aurait une idée nette du rendement en clarté des diverses sources lumineuses, au moyen de mesures très simples; on aurait déplus un moyen pratique d’obtenir avec les photomètres ordinaires les indications si utiles du bolomètre.
- IV
- DES ÉTALONS
- Nous avons vu déjà quelle difficulté considérable il y avait à construire un bon étalon. Pour l’étalon primaire, M. Violle a résolu la question d’une manière parfaite, au moins avec un observateur au courant de ce genre de mesures.
- MM. Lummer et Kurlbaum ont cherché à remplacer l’étalon Violle, par leur lame de platine rendue incandescente par un courant électrique, et dont le degré d’incandescence est déterminé au moyen d’un bolomètre. Cet étalon doit avoir un inconvénient grave avec les sources actuelles, c’est d’être trop rouge. La température ne peut en effet être poussée assez haut, à moins de s’approcher de la fusion du platine, de manière à détruire h lame. C’est pour cela que le fil de platine n’est pas employé dans la confection des manchons de becs à incandescence par le ga^ De plus, les conditions de fixité de l'étalon
- p.154 - vue 155/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 55
- Lumnier et Kurlbaum semblent plus difficiles à réaliser que celles de l’étalon Violle, qui correspond à une transformation physique bien nette.
- L’ancienne carcel, employée dans des conditions convenables, donnait de très bons résultats. Pendant le cours d’une expérience, MM- Clayton Sharp et Turnbull ont montré sa constance presque absolue. Mais malheureusement, si on fait varier la température extérieure ou le degré hygrométrique l’étalon Carcel varie d’une manière considérable. Des expériences faites en comparaison avec une lampe à incandescence convenablement étalonnée ont montré que la variation de la lampe Carcel, d’un jour à l’autre pouvait atteindre 18 pour ioo.
- La température influence tous les autres étalons à flamme, les bougies et les flammes de gaz. Tous ces étalons ont d’ailleurs le grave inconvénient d’être trop rouges, pour les comparaisons avec les sources actuellement en usage, et il en est de même de la lampe à incandescence.
- Il est donc naturel de chercher actuellement un étalon secondaire à haute température. Trois solutions se présentent tout de suite à l’esprit : L’emploi d’un manchon d’oxyde rare incandescent, la flamme de la naphtaline ou celle de l’acétylène.
- Les manchons incandescents sont trop fragiles. De plus, d’après certains auteurs ils ne peuvent fonctionner dans de bonnes conditions que si la substance qui les compose est un mélange d’oxydes. Ces mélanges présentent des propriétés toutes nouvelles permettant à leur température de s’élever bien davantage. Les propriétés du mélange ne sont pas intermédiaires à celles des composants. C’est un fait analogue à celui qui se présente dans un autre ordre de phénomè-nes, pour l’alliage Darcet. Mais ces mélanges se volatilisent inégalement et le rendement des manchons s’abaisse avec le temps, ce qui rend l’usage inadmissible comme l’étalon, es analyses faites par M. Fresenius, à Wies-aden, montrent cependant que les bons
- manchons allemands contiennent 99 pour too environ d'oxyde de thorium, et seulement r pour 100 environ d’oxyde de cérium. 11 est étonnant qu’une aussi petite proportion puisse changer considérablement les propriétés du mélange.
- La flamme de la naphtaline n’a pas encore été essayée, mais elle semble devoir être moins pratique que celle de l’acétylène, depuis la production de ce gaz par le carbure de calcium.
- Des études théoriques ont été faites par M. Lev/es, en Angleterre, sur la combustion de l’acétylène, et il a expliqué l’éclat considérable de sa flamme par une dissociation brusque de ce composé endothermique quand la température atteint une certaine valeur. M. Violle a annoncé, dans la séance du 21 juin à la Société de physique, qu’il avait essayé un étalon secondaire à l’acétylène; il a trouvé un éclat bien supérieur à celui qu’indique M. Lewes. La combustion de l’acétylène exige seulement un bec papillon parfaitement réglé pour la pression sous laquelle il est produit. Le bec doit donc changer suivant l’usine à gaz.
- Mais l’éclat de ces flammes doit varier suivant la température ambiante ; aussi semble-t-il urgent de les placer dans des conditions déterminées, c’est à dire dans une enceinte à température constante. Il suffit peut-être pour cela de former la cheminée de la lampe d'une double enveloppe de métal percée d’un trou comme l’écran Methven, et de maintenir dans l’espace annulaire, par un écoulement réglé, de l’eau à sa température d’ébullition.
- Occupons-nous maintenant de l’étalon convenable pour les études photographiques. Toutes les flammes présentent, ainsi que l’a montré M. Crova, de très grandes variations d’un point à l’autre, mais la moyenne de l’éclairement est constante. Notre œil, ébloui par l’éclat de la flamme, ne nous révèle pas le phénomène, il faut pour le percevoir le secours de la photographie. Avec des poses très courtes, celle-ci montre de très graudes
- p.155 - vue 156/624
-
-
-
- 56
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- différences d’intensité entre les diverses parties d’une flamme. Ceci ne peut avoir d’inconvénient sérieux dans les essais de plaques photographiques. En effet, ces essais ne se font jamais en formant une image réelle de la flamme à étudier, et dès lors l’éclairement de chaque point est la moyenne des éclaire-ments dus aux diverses parties de la flamme. Cette moyenne demeure constante. 11 serait utile, pour ce genre d’usage, d’employer un étalon à l’acétylène, plus actinique et sûrement plus constant que les autres étalons actuellement en usage.
- V
- ÉTUDE DES PRINCIPALES SOURCES DE LUMIÈRE
- Le fait frappant dans l’étude des diverses sources cle lumière que nous pouvons utiliser c’est leur mauvais rendement. La dépense d’énergie par lumen produit est extrêmement considérable. Le rendement est d’autant moins mauvais que la température de la source est plus élevée. Mais, même dans ce cas, la fraction de l’énergie du spectre utilisable par notre œil ou la plaque photographique est encore extrêmement faible. L’observation de la lumière du Cucujo, par M. Langley, nous montre une bien meilleure utilisation de l’énergie.
- On fonde depuis longtemps de grandes espérances sur les tubes à vide. Leur observation par Witz, nous montre un rendement extrêmement faible, moins bon même que celui de la lampe à incandescence, puisque cette source de lumière coûte 6,6 watts par bougie environ. Cependant le spectre calorifique de ces tubes semble à peu près négligeable. Peut-être y a-t-il lieu de rapprocher ce résultat de la découverte faite par M. Wiedemann il y a quelques mois, d'une forme inconnue de l’énergie radiante dans la perturbation de l’éther produite par l’excitation des tubes à vide. Peut-être ces radiations, sur lesquelles on n’a- aucune notion numérique, sont-elles susceptibles d’être transformées facilement en [radiations lumi-
- neuses, par phosphorescence par exemple. Mais ce n’est là qu’une hypothèse, qui n’est basée sur aucun fait précis.
- En attendant, nous devons chercher à connaître plus en détail le rendement des sources économiques actuelles, et en particulier celui de l’arc électrique. Jusqu’ici, à cause de la variation constante de cette source, les courbes d’intensité, dont on déduisait le rendement, n’avaient pas grande signification. Espérons que l’emploi du lumen-mètre de M. Blondel viendra combler cette lacune, qui a motivé son invention. Enfin, il est à souhaiter que nous ayons bientôt des renseignements précis sur le rendement lumineux de l’acétylène. Le travail de M. Lewes vient en effet de nous montrer dans la combustion de ce corps des propriétés toutes spéciales, qui légitiment peut-être l’espérance d’un rendement sérieux.
- CONCLUSIONS
- Les conclusions de ce Rapport me semblent devoir être de deux espèces. Les unes ont trait aux études qu’il serait le plus utile de voir actuellement mener à bien ; une autre a trait à une question sur laquelle il serait utile de s’entendre actuellement. Pour cette dernière, il est naturel que l’Association française pour l’avancement des sciences prenne l’initiative d’une entente au sujet d’une science aussi éminemment française que la photométrie, et elle prie, par l’organe de son rapporteur, tous ceux qui s’occupent de la photométrie à un titre quelconque, d’envoyer leur avis soit au siège de l’Association avant le Congrès de Carthage, soit à la Section de physique de ce Congrès.
- Cette question est la suivante :
- Y a-t-il lieu d’adopter le système d’unités proposé par M. Blondel tel qu’il est indiqué dans ce rapport ?
- Les points les plus utiles à élucider en photométrie me semblent être actuellement
- i° L’étude de l’acuité visuelle de la sensibilité différencielle, et des images accidentelles de l’œil pour les diverses lumières sim'
- p.156 - vue 157/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 57
- pLs et pour les sources modernes, en fonction de l’unité calorimétrique mesurée directement ou indirectement, et du degré d’incandescence ;
- 2° L’étude de la fonction photographique en fonction de deux variables, le degré d’incandescence de la source et l’unité calorimétrique ;
- L’ctude de la fonction de M. Macé de Lépinay en prenant pour l’intensité totale l’unitc calorimétrique. Cette ctude une fois faite permettra à l’unité calorimétrique d’entrer dans les mesures courantes ;
- L’étude de l’étalon secondaire à l’acé-tyléne, et des conditions de fixité des étalons secondaires ;
- 50 La construction d’un appareil simple pour la mesure des éclats intrinsèques.
- 6° L’étude au moyen du lumen-mètre des sources actuelles :
- 7° L’étude de la phosphorescence dans les tubes à vide ;
- 8° Enfin des études sur la température et le degré d’incandescence des oxydes blancs dont on forme les manchons à incandescence par le gaz.
- A'. Broca.
- LES BACS D’ACCUMULATEURS EN VERRE MOULÉ
- Le plus large emploi (1) qui ait été fait du
- (1) Cet article est extrait d’une conférence de M. Eug. Sittiaux à la Société des Ingénieurs civils de France et intitulée Emploi du verre dans les applications industrielles de l'èlectriciiè. Après avoir rappelé les pre-
- des machines statiques et .-onime isolant, applications due à Van Marum, Marat, Sigaud de la Fond, Benjamin Franklin, Joseph Priestley,etc., l’auteur décrit sommairement ses principales applications actuelles : ^isolateurs, miroirs de galvanomètre, vases pour piles primaires, «lobes de lampes à arc, ampoules de lampes à incandescence, poulies en verre pour arbies de dynamos, fabrication des lentilles à échelons, des miroirs de projecteurs, etc.; puis il passe à la description détaillée de U fabrication des bacs d'accumulateurs en verre moulé.
- verre en électricité à notre époque, s’applique aux accumulateurs.
- Je n’entreprendrai pas de faire une description des divers modèles d’accumulateurs employés aujourd’hui dans l’industrie, je sortirais du programme que je me suis imposé dans cette étude.
- Les types en sont d’ailleurs nombreux, et chaque nouvel accumulateur est, d’après son inventeur, très supérieur, à tout ce qui a été fait antérieurement.
- J’ai la bonne fortune de faire de cet appareil un emploi très large et je puis dire en toute sincérité, et quoi qu’on en dise, qu’il est capable tel qu’il est de rendre de réels services à l’industrie et j’ai une foi entière dans son succès définitif.
- Depuis cinq ou six ans, des progrès importants ont été réalisés, et, si la science avait pu pénétrer certains phénomènes encore inexpliqués qui se produisent dans l’accumulateur, il est probable que ces progrès auraient été encore plus sensibles et les applications de cet appareil plus nombreuses.
- L’accumulateur à base de plomb est aujourd’hui le plus répandu; il se compose généralement de cadres à alliage de plomb et d’antimoine présentant des alvéoles dans lesquelles on empâte de la litharge où on loge des pastilles de chlorure de plomb préalablement coulées pour les plaques dites négatives. La matière active de ces plaques est ensuite ramenée à l’ctat de plomb spongieux, soit par voie chimique, soit par voie électrique. Pour lés plaques dites positives, on se sert des mêmes cadres garnis avec du minium mélangé avec l’acide sulfurique. Comme électrolyte, on fait usage de l’acide sulfurique étendu d’eau.
- Les récipients qui contiennent les plaques et l’eau acidulée sont presque toujours en bois goudronné doublé d’une chemise en plomb ; quelquefois, ils sont en métal recouvert d’un isolant comme la gutta-pcrcha ou le caoutchouc,, ou encore en carton comprimé, en celluloïd, en ébonitc et amiante, et enfin, depuis quelque temps, en verre.
- p.157 - vue 158/624
-
-
-
- 58
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Les accessoires sont les bracelets en caoutchouc, pour séparer les plaques, les supports en ébonite, etc., etc.
- Dès le début de l’emploi industriel des accumulateurs, le très petit nombre des électriciens qui ont eu à les installer et à les employer, ont constaté que le vase en bois doublé de plomb occupait une place trop considérable et avait un poids exagéré. Pin outre, la chemise en plomb qui recouvre le bac en bois est constituée, sous peine d’en exagérer la valeur, par des feuilles de plomb de faible épaisseur dont les bords sont soudés autogè-nement.
- Ce procédé de soudure coûteux, n’est dans les mains que de quelques ouvriers et demande à être fait avec le plus grand soin afin d’éviter les fuites et les accidents. Et en supposant ce travail bien fait, il se produit néanmoins, à la longue, des fuites évidemment dues aux actions électrolytiques qui attaquent le plomb. Or, un accumulateur qui fuit est hors service et compromet l’isolement et le fonctionnement de la batterie entière. Enfin, dans un récipient en bois doublé de plomb et en toute autre matièr'e que le verre, on ne peut voir ce qui se passe entre les plaques et au fond du vase sans retirer celles-ci complètement. C’est un inconvénient grave qui exige en même temps une dépense de main d’œu-
- 11 peut, en effet, se glisser entre deux plaques d’un élément, ou s’accumuler au fond du vase, des matières qui mettraient momentanément l’accumulateur hors service et compromettraient le fonctionnement de la batterie. Enfin, un vase en bois doublé^de plomb doit encore être isolé du sol ou du support sur lequel on le dépose ; cette précaution est nécessaire en cas de fuite ou de suintement du liquide.
- La plupart des défauts que je viens de rappeler pour le récipient en bois doublé de plomb existent pour les vases en autres compositions que j’ai indiquées tout à l’heure. En collaboration avec un de nos collègues, M. Sarcia, qui s’est fait une réputation bien
- méritée dans la fabrication des accumulateurs, nous avons longtemps cherché un vase plus pratique et le vase en verre nous a paru le seul propre à être employé avantageusement.
- La première étape a été le récipient composé d’une carcasse métallique (fîg. i) constituée avec des fers cornières dans lesquels étaient logées des glaces polies pour deux des cbtés et des glaces brutes pour les deux au-
- Elévation
- Plan
- Fij.l.
- très. Il avait été baptisé sous le nom d’aquarium dont il a bien l’aspect.
- Les glaces étaient soudées-à la carcasse métallique par un mastic employé à chaud, inattaquable aux acides, composé de briques réfractaires, de cire et de résine, le tout recouvert d’un vernis à base de sulfure de carbone. Il existe encore un assez grand nombre de ce type de vase en service, et bien qu’il ait donné à peu près satisfaction, nous avons dû y renoncer à cause de son prix de revient lorsqu’on arrive dans les grandes dimensions et aussi parce que, quelles que soient les précautions prises, le personnel d’entretien touchait, avec les mains mouillées par l’acide, la carcasse en fer qui, à la longue, était attaquée et mise assez rapidement hors ser-
- Nous nous sommes alors retournés à nouveau vers les verriers en leur demandant de tenter un essai de fabrication de vase en verre
- p.158 - vue 159/624
-
-
-
- -REVUE D’ÉLECTRfCiTÊ
- soufflé. Je dois dire de suite que nous avons trouvé auprès de deux maîtres verriers, l’un près de Taris, l'autre dans la région du Nord, un concours dont je ne puis trop les remercier. Nous avons encore des modèles sortis des usines de ces industriels. Mais hélas, cet effort devait être négatif. Kn effet, ce système de vase fabriqué par le soufflage à la canne ou le soufflage à l’air comprimé si ingénieusement combiné par MM. Appert, donne au verre des épaisseurs très inégales surtout dans les angles et dans les fonds.
- Avec des vases d’une dimension un peu grande, ce defaut est encore plus sensible : les parois comme les fonds, forment en effet des ventres gênants pour le logement des plaques, et l’inégalité d’épaisseur du verre diminue la résistance ou la solidité de ces vases.
- D’autre part, le verre employé dans leur confection contient en excès des carbonates de soude et de potasse qui suffisent pour le rendre plus facilement attaquable par l’acidc sulfurique et surtout par l’électrolyse qui joue, dans les accumulateurs électriques, un rôle destructeur encore mal defini. 11 en résulte que les vases de cette fabrication ne pouvant, en outre, supporter ni îe poids des plaques ni les variations de température que subit le liquide, se brisaient après quelques jours de mise en service et nous avons dû les abandonner.
- Nous étions donc revenus modestement aux vases en bois doublés de plomb quand, dans une excursion que je fis, il y a quelques années, à l’usine de la Compagnie des Glaces de Saint-Gobain, j’eus l’occasion de voir des spécimens de tuyaux en verre moulé, fabriqués d’après un nouveau procédé imaginé par notre président, M. Appert.
- Tans mon ignorance des questions si délicates et si difficiles qui touchent à la fabrication du verre, j’émis timidement l’avis que si l’on pouvait mouler des tuyaux à section tonde ouverts aux deux bouts, il devrait être possible de faire des tuyaux à section carrée fermés par un bout et on obtenait ainsi le técipient en verre, vase idéal pour les accu-
- mulateurs. Cette idée est aujourd'hui réalisée et nous tenons le vase en verre tant désiré, grâce d’abord à l’esprit éminemment inventif de notre président M. Appert, et au concours liberal qu’à bien voulu prêter la Compagnie des Glaces de Saint-Gobain, pour faire les essais, toujours coûteux, de cette nouvelle fabrication : je suis heureux d’en exprimer toute ma reconnaissance et celle des électriciens à M. A. Biver notre collègue et Directeur général de la Compagnie de Saint-Gobain.
- Les essais ont été entrepris dans l’usine de Saint-Gobain, sous la direction de M. J. Henrivaux, Directeur de cette usine et également notre collègue. Je suis certain de n’être pas démenti en affirmant que le succès définitif lui revient entièrement.
- J’ai suivi cette fabrication avec le plus vif intérêt ; elle a donné lieu, en dehors de la dépense qu’a consenti à faire la Compagnie de Saint-Gobain, à bien des tâtonnements, des déboires même, mais M. Henrivaux est arrivé à surmonter toutes les difficultés et je suis heureux de le constater et de le féliciter ici de sa ténacité et de son succès final.
- U m’a paru intéressant de rappeler le procédé par lequel on arrive à fabriquera Saint-Gobain ce modèle de vase pour accumulateurs. Notre président, M. Appert, dans une des séances du mois de novembre 1890, nous a déjà entretenu du système de moulage du verre, dont il est l’inventeur, et qui sert, aujourd’hui, à fabriquer couramment les tuyaux en verre.
- Dans un ouvrage publié l’année dernière et intitulé la Verrerie depuis vingt ans, MM. Appert et Henrivaux ont rappelé sommairement mais clairement le procédé de moulage et je ne puis mieux faire que de rappeler ce qu’ils ont écrit à ce sujet :
- « Le procédé que M. Appert a été amené à imaginer consiste comme caractéristique :
- » i° A n’effectuer le moulage que succès-
- p.159 - vue 160/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- sivement, en agissant, â chaque instant, sur une surface aussi limitée que possible ;
- » 2n A disposer les appareils de façon à conserver au verre sortant du four de fusion la chaleur qui lui a été communiquée, de façon à agir pendant toute la durée de l’opération sur du verre à même température et par suite dans le même état de malléabilité.
- » Voici comment on procède : on emploie
- un moule métallique d’épaisseur suffisante armé de nervures destinées à empêcher ]a déformation. Ce moule s’ouvre en deux parties juxtaposées sur la hauteur, et en deux ou trois parties sur la largeur au moyen de charnières- La partie inférieure du moule étant fermée, sa capacité doit être telle que étant remplie, elle conti enne la quantité de verre nécessaire pour faire l’ensemble de la pièce. Le moule, ouvert à ses deux extrémi-
- Fig 2.
- tés pour les pièces ouvertes elles-mêmes des deux bouts, est obturé à sa partie inférieure au moment du moulage par un noyau très légèrement conique d’un diamètre inférieur à celui du moule, de façon à former l’épaisseur de la pièce.
- )> On verse le verre dans le moule, on en ferme la partie supérieure laissée ouverte jusque-là, et on imprime avec la vitesse voulue un mouvement d'ascension au noyau qui, pour cela, est monté sur une tige en fer ou en fonte tournée qui la guide dans l’axe du moule.
- » Ce mouvementest produit par un moyen mécanique quelconque, par de l’air ou de Tcau sous pression on delà vapeur, et j’ajouterai par l’électricité.
- » Pour fabriquer des pièces ouvertes d’un bout, telles que les boîtes ou bacs de dimension ou de’sectîon transversale quelconques, il suffit, tout en opérant d’une façon analogue au point de vue du moulage, de donner au noyau mouleur la forme intérieure de la
- pièce que l’on veut obtenir, en ayant soin de le tenir légèrement conique sur sa hauteur, de lui imprimer comme toujours un mouvement d’ascension vertical ; mais au lieu de le continuer jusqu’à la sortie du noyau, en dehors et au-dessus du moule, on l’arrête quand la face supérieure dudit noyau qui doit former le fond de la pièce est arrivée au-dessous de la partie supérieure du moule, à une distance égale à l’épaisseur que l’on veut donner à la pièce en fabrication.
- » La partie supérieure du moule est ouverte et l’espace qui a été ainsi réservé se remplit, à la fin du moulage, de verre encore fluide, dont une partie peut s’écouler en dehors s’il en a été versé en excès.
- » Un rouleau métallique, de dimension et de pesanteur suffisantes, mû mécaniquement ou à la main suivant les dimensions des pièces, vient alors laminer ce verre à l’épaisseur voulue, expulsant en même temps l’excédent du verre qui a pu y être versé, et le séparant de la pièce moulée par sa réduction
- p.160 - vue 161/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 161
- en jame mince sur les bords supérieurs du moule qu’on a eu soin de tailler en biseau à cet effet.
- » Ôn redescend vivement le noyau que coiffait la pièce moulée, et, pour la terminer, il ne reste plus, une fois sortie du four de cuis-
- son, qu’à en dresser les bords supérieurs toujours un peu irréguliers, ainsi que les arêtes inférieures limitant le fond. »
- La figure 2 représente lè moule ouvert en. deux parties AB, pouvant glisser sur la table C au moyen des vis de rappel DD'. Au centre
- Fi.g.3.
- E se trouve le mandrin ou noyau représenté I est entretenu un feu ardent qui'Ies maintient
- à moitié de sa course ; autour des deux par- ( ainsi toujours très chaudes.
- des du moule sont des grilles dans lesquelles | La figure 3 représente le moule fermé ; à
- Fig A.
- laide de la cuillère habituelle, on verse le ! ^erre en fusion en A.
- La figure 4 donne la voe du moule ouvert, le noyau étant descendu et le vase en verre M apparaissant terminé et démoulé, et la figure 5> le vase porté au four de recuisson.
- Les figures 6 et 7 donnent quelques spéci- 1 mens des types de bacs rectangulaires et cylindriques obtenus par ce procédé et dont : 1 emploi est aujourd’hui généralisé, non seule-menten France, mais même à l’étranger. ] Le plus grand des bacs rectangulaires est un usage constant au chemin de fer du
- Nord. Sa capacité est de 100 1 ; il peut recevoir jusqu’à 360 kg de plaques, y compris le liquide et les accessoires. Il ne semble pas que l’on puisse dépasser, pour le moment du moins, ces dimensions; ce serait faire travailler le verre dans des conditions anormales et on s’exposerait à des déboires, en raison surtout des charges que devrait supporter le fond du vase.
- Toutefois, le procédé Appert permet de fabriquer théoriquement des tuyaux ou des vases fermés d’une hauteur illimitée.
- Il n’est pas douteux qu’avec des appareils
- p.161 - vue 162/624
-
-
-
- EÔ2
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- plus puissants comme presse et comme mou- J Dans la fabrication primitive de ces bacs, les, plus grands comme fours de recuisson, ! le fond, ainsi que l’indique la figure B, était on n’arrive à augmenter notablement le vo- uni avec une épaisseur moyenne de 6 mm. La lume de ces tuyaux et de ces vases. i charge que doit supporter ce fond a amené
- Fig.5.
- quelques bris de bac dus à ce que, au moment 1 un phénomène de succion qui donne au fond où on fait descendre le noyau, il se produit I une forme légèrement ventrue à l’intérieur.
- i’ig.6.
- Le fond n’étant plus bien plan ne repose plus sur les chantiers et par la charge qu’il porte fait travailler le verre dans des conditions anormales.
- Pour remédier à cet inconvénient, il était
- nécessaire de lui donner une épaisseur plu5 forte ; mais on se heurtait à une autre diffi' culté due à la recuisson qui se fait très imparfaitement quand le verre dépasse une certaine épaisseur, On a pu la tourner et atteindre une
- p.162 - vue 163/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 163
- épaisseur minima de 10 mm en disposant sur la face intérieure du fond de véritables nervures ainsi que l’indique la figure 9.
- jve phénomène de succion est d’abord moins sensible, de plus le verre ayant une épaisseur plus forte, possède une résistance plus grande à la charge et la recuisson est en même temps plus facile.
- Ce perfectionnement ne s’applique et n’est nécessaire que pour les bacs de grande capa-
- cité, 80, 100 1 et au delà . on le complète heureusement en faisant reposer les bacs au moment de l’emploi sur une légère feuille de feutre commun. Le fond porte ainsi sur toute sa surface et peut porter des charges plus importantes.
- En dehors des bacs dont je viens de parler, on utilise encore dans le montage des accumulateurs un certain nombre d’autres pièces en verre moulé, dont la fabrication est aujourd’hui usuelle tant dans les usines de la Compagnies de Saint-Gobain que dans celles la Compagnie des Glaces de Jeumont et e Rccquignies dirigées avec une activité et un savoir-faire remarquables par un autre de n«s collègues, M. Despret.
- Ces deux Compagnies ont bien voulu mettre à ma disposition différentes pièces dont je vais dire quelques mots.
- Pour leur donner un isolement aussi parfait que possible, les accumulateurs se montent habituellement non sur le sol, mais sur des chantiers en bois goudronné reposant eux-mêmes sur des isolateurs en verre moulé formant cuvette dans laquelle on verse de l’huile lourde. Nous étions autrefois tributai-
- Fig 8.
- res de l’Allemagne et de la Belgique pour ces pièces qui se faisaient soit en porcelaine, soit
- • 1
- "i________________________I
- Fig. 9
- en. verre et en deux pièces. Les modèles ac 1 tuellement employés (fig. 10 et ir) sont plus simples, plus économiques et sont fabriqués par L’industrie française. Ils servent en outre à isoler les machines dynamos électriques du sol dans les usines de production d’électri-citc.
- Dans le bac lui-même et lorsque l’accumulateur est complet, nous y trouvons encore soit des dalles en verre uni, soit des dalles à rainures (fig. 12) destinées à supporter et à maintenir l’écartement normal des plaques.
- On emploie également dans le même but des crémaillères (fig. 13), des tasseaux triangulaires en verre moulé. Enfin, des tubes, des baguettes ou des lames en verre remplacent
- p.163 - vue 164/624
-
-
-
- i64
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- avantageusement les bracelets en caoutchouc, coûteux et peu durables.
- Un ingénieur de la Ville de Paris reprochait tout récemment aux accumulateurs électriques de faire peu de progrès. Je croîs qu’il
- Fig.lO. Fig.11.
- était imparfaitement renseigné car non seulement ces appareils ont fait et font encore de réels progrès, mais ils en font faire à une autre industrie, la verrerie, qui doit en être satisfaite.
- En rappelant tout à l’heure comment avait
- Fig.12.
- été conçue l’idée des vases en verre moulé, j’ai parlé des tuyaux en verre fabriqués par le même procédé. Ces tuyaux peuvent non seulement servir pour l’écoulement des eaux, des acides et de tout autre liquide, mais encore sont capables de loger les fils et câbles électriques et de les isoler dans des conditions techniques plus favorables et tout aussi économiques qu’avec la fonte, la poterie, le ciment, etc.
- Le verre moulé s’emploie aussi, et avantageusement, comme isolateur, pour la confection de rhéostats électriques au lieu et place de la porcelaine ; la figure 14 représente un modèle venant des usines de Jeumont et de
- Recquignies. A est le bloc en verre sur lequel sont fixées les lames de rhéostat 1, 2, 3,4..
- Quant à sa résistance électrique, comme je l’ai dit au début de ce travail, elle est de beau-
- Fi?.13.
- coup supérieure aux autres isolants si on a surtout soin de faire choix d’un verre dur dans lequel il n’entre que peu de bases alcalines.
- C’est donc un succès et un débouché nouveaux que vient d’apporter l’électricité à la verrerie. Les verriers ont par conséquent devant eux des applications nouvelles qui apporteront un supplément de travail important à leur industrie et les électriciens ont à leur disposition une excellente matière dont ils sauront profiter si MM. les verriers veulent bien les y aider.
- Euo. Sartiaux,
- Ingénieur, chef des services électrique
- SUR L’EMPLOI
- LAMPES A ARC A FAIBLE INTENSITÉ
- Dans ces derniers temps des progrès treS considérables ont été réalisés dans 3a cous*
- p.164 - vue 165/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- [65
- truction des lampes à arc. L’objectif des m-•enteurs a été particulièrement d’établir des lampes à faible intensité en même temps qu’un réglage plus'précis ; la réduction de la durée de l’allumage ainsi que de l’intensité au début du réglage n’ont pas été non plus les moindres perfectionnements.
- Certainement le dernier mot est loin d'être dit et s’il faut en croire les revues étrangères, principalement les lampes de 1 à j ampères deviennent courantes, notamment en Allemagne.
- En France, les constructeurs sont plus modestes et les intensités de 5 à 4 ampères sont déjà considérées comme très avantageuses lorsque le mécanisme de réglage reste stable quelle que soit la durée de fonctionnement.
- En admettant qu’on arrive très prochainement à un fonctionnement parfait avec des lampes de 1 à 5 ampères, il est hors de doute que l’emploi de ces régulateurs à faible intensité se propagera très rapidement et fera une concurrence sérieuse à la lampe à incandescence. Au point de vue économique comme dépense en watts à intensité lumineuse égale, la question n’est plus à discuter et tout 1 avantage est à la lampe à arc.
- Jusqu’ici, même pour les arcs de 4a 5 A, dans les petites installations, on a souvent été arrêté par la nécessité du montage de deux régulateurs en tension. Or dans les installations de ce genre, il arrive que l’on est obligé de prévoir en un point un arc de 8 ou 10 ampères, tandis que le foyer devant être
- monté en tension avec le précédent serait suffisant avec 4 à 5 ampères.
- Le montage en tension, dans ces conditions est naturellement impossible, aussi est-il intéressant de signaler une disposition, très avantageuse, permettant de grouper en tension un foyer d’intensité déterminée avec d'autres foyers d’intensité moindre couplés entre eux en quantité.
- Le montage est représenté * suffisamment par le schéma,
- À est un régulateur d’intensité 1. et B et G sont deux régulateurs d’intensité Les résistances de réglage du circuit doivent être respectivement en tension avec les régulateurs B et C, pour assurer le bon fonctionnement du système.
- A titre d’applications, nous pouvons signaler l’installation du Café Bonvallet, boulevard du Temple, ainsi que le Café du Centre. Dans le premier cas, un régulateur de 6 ampères fonctionne en tension avec deux régulateurs de 3 ampères et dans le second les régulateurs sont de 8 ampères et 4 ampères.
- Ce mode de montage est employé journellement, avec plein succès par la Société pour l’exploitation de la Lampe La Moderne, lampes que nous avons décrite dans ce recueil (’) et qui vient de mériter la Médaille d’or à la dernière Exposition du Travail.
- F. J. Brunswick.
- REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Supports télégraphiques Siemens et Perry Les supports B sont pourvus d’un étrier b b à encoche C inclinée de façon à permettre
- (1) Eclairage Electrique, t. IV. p. 502; 14 septembre 1895.
- p.165 - vue 166/624
-
-
-
- (66
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- de la caler sur le poteau A par le serrage des brides D d d, fixées au besoin par des gou-
- . télégraphiqi
- pilles E, à crampons (fig i à 4) ou à griffes G (fig 6 et 7).
- G. R.
- Ampèremètre Binswanger et Stanly (1894)
- Cet ampèremètre consiste en. un solénoide S (fig 1) entre les pôles I I' auquel tourne l'armature D en forme de secteur à section trapézoïdale calculée, ainsi que la position des
- Fig. !.
- contrepoids de l’aiguille fi (fig. 2), de manière à donner une échelle à divisions égales ou variées comme par exemple très espacées à l’origine et rapprochées à la fin à mesure que l’intensité augmente.
- Avec le dispositif représenté par la figure 3 où l’on a remplacé les blocs 11' par une en-
- Fiff. 2.
- veloppe constituant un circuit magnétique
- Fig. 3-
- presque fermé on réduit au minimum les erreurs dues à l’hystérésis.
- G. R.
- Compteur Harris (1895-)
- Dès que le courant passe dans la bobine B (fig. 1 et 2) celle ci tend à faire tourner, avec
- une force proportionnelle à l’intensité du courant, la bobine D, qui ferme alors, par A,
- p.166 - vue 167/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 167
- je commutateur E de la dynamo H. Cette dynamo se mettant à tourner, tend à entraîner l’axe c de D, par 5 / et le ressort u, et l’entraîne
- au train des quadrants 18, et l’autre au mouvement d’horlogerie. Ce dernier cylindre, 10, est recouvert en partie d’une bande de cuir 11, coupée en triangle (fig. 4), de sorte qu’il entraine, à chaque tour, son galet d’une quantité proportionnelle à l’intensité actuelle moyenne du courant pendant ce tour, et que la totalisation de ces quantités par le mécanisme 14 donne bien les watt-heures correspondants.
- G. R.
- The Calculagraph.
- Sous ce nom et sous ce titre YElectrical Engineer de New-York fait connaître une sorte de petite horloge à pointage utilisée par
- en effet, puis s’arrête pour la fermeture automatique de E, aussitôt que u a atteint une
- A
- Fig. 3 et 4. — Mécanisme du totaliseur.
- tension un peu supérieure à celle nécessaire pour vaincre le couple de D. 11 en résulte que le crayon 6, attaché à la crémaillère 2, commandée par C, trace sur un papier déroulé de 7 à 8 par le mécanisme d’horlogerie 9, une courbe des watts dont les ordonées sont proportionnelles aux intensités et les abscisses aux temps.
- Pour indiquer les watt-heures sur un quadrant, il suffit d’ajouter au mécanisme une roulette de totalisateur 14 (fig. 3), donc l’axe G est tiré par la crémaillère 2, et qui est Pressée entre les cylindres 10 et 15, l’un relié
- Elapsed Time. ÎD. P.M.
- \ < / , n' ** ? fo 1S, M. /
- 0 & y n
- 'N, i ' $ 1A À" V
- Day, OUTWARD. a*,.
- AL To_
- Al
- Seotion__
- Minutes._
- Date,________________ _____________Line Opewztor.
- F'g- ».
- This Line. Other Line. Messenger.
- la Long Dislance Comfany pour le service des lignes téléphoniques interurbaines.
- Le calculagraphc consiste essentiellement en un mouvement d’horlogerie conduisant un timbre à date. Le timbre à date se com-
- p.167 - vue 168/624
-
-
-
- i68
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- pose de disques horaires indiquant l’heure à chaque instant et de flèches mobiles indépendantes.
- Lorsque l’opérateur d’une section de lignes à longue distance reçoit un appel, il l’enregistre d’abord sur une fiche de carton conforme au spécimen représenté en figure i ;
- pour cela il insère aussitôt la fiche dans la rainure ad hoc d’un calculagraphe (fîg, 2) et manœuvre en avant et en arrière le levier de droite. Le premier mouvement pointe à droite de la fiche l’heure du moment, et le second imprime les deux disques horaires de gauche.
- La fiche est alors transmise à l’opérateur de la section chargé de donner la ligne voulue
- Fig. ).
- qui mentionne sur la fiche si le correspondant désiré est libre ou non. Lorsque la communication est donnée et que les correspondants commencent à causer l’opérateur insère la fiche dans le calculagraphe et déclenche son mouvement en pressant sur le levier de droite.
- A la fin de la conversation, l’opérateur pousse le levier de gauche et les flèches poin-tent aux centres des disques horaires de gau-» che le temps écoulé.
- La figure 3 indique que la communication a été donnée au bout de 2 32" et qu’elle a été donnée pendant 7 1/2 minutes.
- S’il arrive qu’une ligne soit défectueuse et qu’il faille substituer un fil à l’autre pendant la communication, le mouvement du calculagraphe est interrompu et la fiche est retirés pendant l’interruption dont il est fait mention au verso de la fiche.
- Le calculagraphe a environ 22 cm de diamètre et 23 cm de hauteur,- on le construit sous deux modèles, l'un portatif et l’autre pour poste fixe sur une table ou sur un pied, V.
- Volant en fer
- La Société II. Bollinckx vient de construire pour une machine de 500 chevaux faisant 60 tours par minute un volant en fer, dont la ttevue industrielle donne la description. L’emploi du fer a été suggéré à M. A. Bollinckx par les nombreux cas de rupture de volants en fonte, qui se sont produits aux Etats-Unis, principalement dans des usines centrales d'électricité.
- La question se posait de savoir concilier, à la fois, une réduction du poids du volant avec le maintien du coefficient de régularité nécessaire au moteur.
- Certaines considérations particulières, telles que les facilités d’exécution et les moyens de transports, conduisent à donner au volant en fonte d’une semblable machine un dia-s mètre de 5,60 m; mais l’emploi de la fonte exige que les parties constitutives de ce volant aient une épaisseur suffisante pour que la coulée s’effectue dans de bonne conditions; aussi arrive-t-il à peser 16 tonnes, c’est à dire bien au-delà de ce qui lui est théoriquement necessaire. 11 s’agissait d’enlever cet excès de matière dans un volant en fer, applicable à une même machine. La réduction réalisée
- p.168 - vue 169/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 169
- porte sur la moitié du poids du volant en fonte c'est à dire que le volant en fer pèse 8jooo kg bien qu’il ait 7,50m de diamètre.
- D’après les calculs de M. Bollinckx, cette différence de poids procure sur la puissance absorbée par la machine une diminution de 8 chevaux qui, totalisée à la lin d’une année représente assurément une importante économie de combustible.
- Ce volant se compose de deux centres en fonte, enfoncés à la presse sur l’arbre de couche et recevant à frottement 24 bras constitués par des poutrelles. Celles-ci sont réunies au moyen de segments sur lesquels sont rivées de chaque côté, des équerres qui ont été tournées avant la pose de la jante formée de six parties en tôle.
- Les segments de la charpente sont plus larges au milieu qu’à leurs extrémités, ce qui leur donne une raideur capable de s’opposer au fléchissement'de la jante entre le bras.
- Le volant ainsi construit a une jante de 1,25 m de largeur; au milieu, son épaisseur est de 20 mm ; mais, la flcche de 12 mm donnée au bombé de la courroie, la réduit sur les côtés à 8 mm. 11 sera pourvu de deux joues en bois destinées à éviter la résistance qu'éprouverait ce volant en agissant comme un ventilateur; l’influence du courant d’air ainsi créé causerait, d’après les évaluations, une perte de 2 à 3 chevaux.
- a. n.
- L’emploi des rails continus dans la pratique des tramways électriques.
- Lorsqu’on a commencé à employer les rails continus, obtenus par soulage bout à bout des rails ordinaires, la plupart des ingénieurs habitués à la pratique des chemins de fer crièrent à l’absurdité : Jamais un rail continu de quelque longueur ne pourrait être exposé aux variations de température considérables qui se produisent sous nos latitudes sans que Ls dilatations et les contractions qui en résultent ne brisent ou ne déforment la voie la mieux établie.
- Mais les ingénieurs américains ne se laissèrent pas émouvoir parles critiques et continuèrent leurs essais. La pratique leur a donné raison. Les conditions ne sont plus du tout les mêmes, en effet, dans l’industrie des tramways que dans celle des chemins de fer. Dans ce dernier cas, les rails, complètement exposés à l’air libre, subissent les variations de la température extérieure dans leur intégrité et ne sont maintenus en place que par les crampons et les chaises sur les traverses. Dans les voies de tramways, au contraire, les rails sont presque complètement enfouis dans le sol. Le pourtour d’un rail de 17,5 cm de hauteur (rail plat américain) est de 73 cm; sur cette longueur, 16 cm environ, soit 22,4 pour 100 seulement sont exposés à l’air libre ; le restant, soit 77,6 pour 100 est enfoui dans le sol. Il en résulte d’abordque le métal n’est jamais soumis à la température réelle de l’air extérieur; il a à peu près la même température que le sol, c’est à dire une température se rapprochant plus de la moyenne; ensuite, et c’est là le point le plus important, le rail est maintenu fortement, en chacun de ses points, par le sol qui l’enserre et se soude pour ainsi dire à lui ; de la sorte, les efforts en chaque point ne se transmettent pas aux points voisins et ne peuvent s’accumuler; bien que le rail soit continu, 011 n’a donc à considérer à tout moment que la somme des efforts sur une faible longueur. C’est ce qui permet d’expliquer les résultats obtenus.
- M. Ch.-Ed. Guillaume résumait dernièrement la question dans ces termes dans La Nature :
- » Considérons une voie de 10 kilomètres, d’une seule pièce, comme il en existe aux Etats-Unis. Les écarts maxima de longueur que prendrait le rail, s’il était libre de s’étendre ou de se contracter, seraient de 3 à 4 mètres en- plus et en moins de la longueur moyenne. Si, au contraire, les extrémités du rail étaient fixes, tandis que les déplacements latéraux seraient entièrement libres, la flèche de la courbe suivant laquelle le rail échapperait à la compression dépasserait 100 mètres.
- p.169 - vue 170/624
-
-
-
- [70
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- » Si ces déplacements qu’indique le calcul ne se produisent pas, c’est qu'en pratique on oppose aux déformations thermiques les contractions ou les allongements élastiques en disposant convenablement les efforts qui doivent empêcher le rail de se déformer.
- » Cesefforts sontconsidérables,assurément. Mais ils ne dépassent pas ceux que l’on peut obtenir dans l’amarrage de la voie, l’in laissant libre l’extrémité de la voie, et en amarrant le rail de façon que chaque unité de longueur ajoute à la force qui le maintient en place, on arrive aisément, après ioo ou 200 m à disposer d’un effort total suffisant pour que le métal ne puisse éprouver ni contraction ni dilatation. L’extrémité seule éprouve de petits déplacements, aisément réduits à 1 ou 2 centimètres . Lorsque l’on a dépassé une longueur d’une centaine de mètres, le reste de la voie ne doit rien ajouter au mouvement de ses extrémités.
- » Quant aux efforts latéraux, il est aisé de les calculer. La flèche que prend une poutre soutenue par deux points, sous l’action d’une charge placée en son centre, est proportionnelle au cube de sa longueur. Or, comme la flèche due à une dilatation est proportionnelle à la longueur elle-même, l’effort nécessaire pour maintenir en place une poutre dilatée, constant dans le sens de sa longueur, diminue latéralement, lorsque la poutre s’allonge, proportionnellement au carré de sa longueur. Considérable pour les petites longueurs, elle se réduit à quelques grammes dans les plus grandes déformations d’un rail de un kilomètre, et tombe à quelques centigrammes pour un rail de 10 kilomètres. Les grandes déformations latérales ne sont donc nullement à craindre, puisque l’on dispose, pour les vaincre, d’efforts incomparablement plus grands que ceux qu’elles exigent.
- » Il n’en est plus de même dans les très petites longueurs, où les efforts deviendraient trop considérables pour l’amarrage, s’il ne pos-édait pa s une certaine élasticité. Mais alors les déformations restent dans les limites tolérables, et ne sont plus à craindre.
- » L’accident le plus fréquent dans les rails continus est la rupture d’une soudure par les grands froids. 11 est inoffensif, la solution de continuité qui en résulte ne pouvant jamais laisser vide un espace bien considérable. Quant aux déformations latérales, que l’on semble tant redouter, le calcul élémentaire montre qu’elles ne présentent pas plus de dangers dans les voies continues que dans les voies sectionnées. »
- Les résultats que vient de publier M. R. Mac Culloch, dans une communication faite devant le Club des Ingénieurs de Saint-Louis (Etats-Unis), confirment complètement ces conclusions et permettent de baser les raisonnements sur des données d’expériences exactes.
- La ” Citizen’s Railway Company “ de St-Louis, ayant résolu de substituer la traction électrique à la traction funiculaire résolut également d’essayer les rails continus.
- La ligne de Baden Street fut munie de rails soudés à l’électricité ; la ligne de Chip-pewa Street fut munie de rails soudés par le procédé Falk qui consiste à réunir les bouts des rails contigus par un manchon en fer, coulé sur place, dans un moule, autour des extrémités des deux rails, sur une longueur de 18 cm environ sur chacun d’eux. Les rails ayant été soigneusement décapés auparavant, il se produit une sorte de soudure et lorsque l’on scie un joint ainsi obtenu, il est à peu près impossible d’apercevoir la solution de continuité entre le rail et son manchon.
- La première ligne, soudée à l’électricité, fut exécutée dans le printemps de 3894; 2203 joints furent faits. La température moyenne pendant l’opération fut de 17,22° C, avec un maximum de 37,22° C, et un minimum— io°C.
- La seconde ligne, soudée par coulage fut exécutée pendant les mois d’octobre et novembre 1894; la température moyenne, pendant cette période, fut de 10,56° C. avec un maximum de 28,89" et un minimum de 7,78° C ; 744 joints furent faits par ce procédé.
- Depuis l’époque de la pose, chacune de ces
- p.170 - vue 171/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICJTE
- 17-
- lignes a eu à subir une température maxima de 37*78° C et une température minima de 24,44° ^ c'est à dire que, pour la ligne soudée à l’électricité, la température s’est écartée de 41,66° C, en moins et de 20,56° C en plus de la température moyenne du rail lors de sa mise en place ; pour la voie soudée à la fonte, ces écarts ont été de 35° C en moins et 27,22° C en plus.
- Dans ces conditions, pendant l’hiver, 72 joints, soit 3,27 pour 100 se sont brisés par suite de la contraction due au froid ; 37 qui se brisèrent au début de l’hiver furent réparés par le procédé à la fonte; les 35 joints qui se brisèrent plus tard ne furent pas réparés. Pendant l’été, on n’a constaté aucune déformation dans l’alignement de la voie. Quelques-uns des joints, en se brisant, laissèrent un intervalle libre de 5 cm environ; mais la plupart ne laissèrent aucun intervalle appréciable; en moyenne l’écartement fut de 6 mm environ. Pendant l’été, les intervalles furent diminués, mais les rails n’arrivèrent jamais à se toucher. Toutes les brisures furent examinées avec soin et, dans tous les cas, on reconnut que les joints qui s’étaient brisés étaient défectueux au point de vue de la soudure, par suite de la négligence que les ouvriers avaient apportée à leur travail- On n’a jamais pu observer qu’une soudure bien faite se soit brisée. Dans une nouvelle voie construite avec plus de soin, il est donc probable qu’on n’éprouverait aucune difficulté.
- Les résultats obtenus sur d’autres lignes corroborent cette conclusion. Ainsi M. Wa-son, ingénieur de la Cleveland Electric Rail-way Company, annonce que 3400 joints furent faits à l’électricité, pendant l’ctéde 1894, les deux tiers sur des rails de 28 kg et le restant sur des rails de 45 kg ; 18 pour 100 seulement de ces joints se brisèrent pendant l’hi-l’hiver suivant.
- Les résultats obtenus sur la voie préparée parle procédé à la fonte furent analogues. Sur 744 joints 0,42 pour 100 se brisèrent pendant l’hiver, entre les limites de température indiquées. La Falk Manufacturing I
- Company a obtenu des résultats analogues sur les voies de Chicago, de St Paul et Min-néapolis, deNewark. A Chicago, 11903 joints furent faits pour le compte de la Chicago City Railway Company, et 8 867 pour le compte de la West Chicago S. R. W. C.
- Les résultats semblent donc complètement acquis.
- Si l'on cherche à établir par le calcul les efforts qui ont été développés par suite des écarts de température, voici les résultats qu’on obtient.
- L’écart maximun de température fut de 41,66° C. Le coefficient de dilatation linéaire de l’acier est d’environ 0,0000115 ; l’allongement ou la contraction maxima sont donc de 41,66 X 0* 00001r5 = 0,00047909 de la longueur totale du rail. Or l’allongement d’une barre d’acier de la qualité du rail est de 0,000425 environ par 1000 kg par cm* de section. La surface de la section droite du rail étant de 55 cm* environ, on voit que l’effort total est de
- '°oox:cr9X55=6- 9*5
- soit 62 000 kg environ.
- La charge pratique pour la limite élastique de l’acier étant de 3 000 kg par cm*, on voit que. dans les limites de température observées, qui ne seraient jamais dépassées dans nos climats, la limite d’élasticité n’est jamais atteinte. Les allongements et les contractions peuvent donc se produire indéfiniment, tant que les joints sont bons, sans qu’aucun accident se produise sur le rail, car on sait que tous les efforts inférieurs à la limite d’élasticité ne produisent aucun trouble.
- En admettant que la charge de rupture soit double, c’est à dire égale à 6000 kg par cm’, on voit qu’eu égard à la résistance des rails eux mêmes, on a un coefficient de sécurité égal à 5.
- Une voie établie dans ces conditions peut donc rester inaltérée dans les limites de température communes à nos climats.
- Une autre conséquence intéressante se dégage des faits observés. Pour un écart de
- p.171 - vue 172/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- température de 41,66° C. chaque rail de la voie de Baden Street se serait contracté de 2,52 m s’il avait été libre sur toute la longueur. En réalité aucune des intervalles entre deux arrachements n’a dépassé 5 cm et la longueur totale de la contraction observée n’a pas dépassé 15 cm pour l’un quelconque des rails. Ceci montre, comme nous le disions au début de cette note, que le rail est maintenu en chacun de ses points, par les crampons sur les traverses et surtout par l’action du sol qui l’emprisonne et que, par conséquent, les efforts dus aux actions thermiques ne s’additionnent pas sur toute la longueur de la ligne.
- M. Mac Culloch compare ensuite les deux modes de soudure, électrique et par coulage. Le premier nécessite des appareils lourds et coûteux qui obstruent les voies et dont le fonctionnement dépend de la constance du voltage sur la ligne de distribution. Lorsque l’opération est bien conduite, il donne des résultats excellents. Le second ne nécessite que des appareils beaucoup moins coûteux qui peuvent se déplacer hors des voies et n’apportent donc aucune obstruction au service du tramway. L’opération est très simple et réussit bien. Cependant il n’est pas fait de soudure à proprement parler; de plus l’acier et la fonte ayant des coefficients de dilatation différents, il peut en résulter des efforts nuisibles, avec le temps, à la solidité des joints. Il semble donc qu’on doive attendre les résultats d’une expérience plus prolongée avant de se prononcer sur la valeur relative des deux procédés.
- D’une façon générale, on peut conclure à l’avantage évident des nouveaux procédés sur les anciens modes d’éclissage. Le prix de revient de la soudure n’est pas de beaucoup supérieur à celui de l’éclissage. Mais, quand bien même les frais seraient plus élevés de beaucoup, il y aurait tout avantage à l’adopter de préférence à l’éclissage, car elle supprime complètement les troubles dus aux joints qui sont toujours la partie faible des voies et coûtent très cher d’entretien.
- Pour les tramways électriques, on obtient,
- en outre, l’avantage précieux d’une conductibilité élevée, tout en permettant de supprimer les joints électriques qui sont coûteux et plus ou moins imparfaits.
- En résumé, M. Mac Culloch estime que: « On ne peut supposer que l’on ait atteint la perfection dans la construction des voies; mais il est bien démontré, d’abord que l'emploi des rails continus dans la construction des voies de tramways est pratique et ensuite, qu’il est possible d’établir des joints suffisamment résistants pour supporter les efforts dus aux changements de température. »
- G. P.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Sur la combustion de l’acétylène, par H. Le Chatelier, (1)
- « L’importance qu’a prise l’acétylène, depuis que sa préparation parle carbure de calcium est devenue en quelque sorte industrielle, m’a engagé à entreprendre sur la combustion de ce gaz des recherches expérimentales semblables àcelles que nous avions poursuivies autrefois, M. Mallard et moi, sur différents autres gaz combustibles.
- » 1° Réactions de combustion. — Les mélanges de l’acétylène avec l’air renfermant une proportion de ce gaz inférieure à 7,74 pour 100 du volume total brûlent pour acide carbonique et eau, en donnant une flamme jaunâtre peu éclairante.
- » Pour les proportions de ce gaz comprises entre 7,74 et 17,37 pour 100, la flamme est bleu pâle, avec une faible auréole jaunâtre; les produits de la combustion sont composés d’acide carbonique, oxyde de carbone, vapeur d’eau et hydrogène.
- » Les proportions relatives de ces divers gaz sont régies, comme dans tous les cas semblables, par la formule d’équilibre connue
- 15,°°°3+w nép-J^,=const‘’
- (1) Comptes rendus, t. CXXI, p. 1144; séance du 30 décembre.
- p.172 - vue 173/624
-
-
-
- REVÜE D'ÉLECTRICITÉ
- *73
- obtenue en négligeant dans l’intégration la variation de la chaleur latente avec la température ; c, c,' c", c’" sont les volumes relatifs de H* O, C O, C O5, H8 contenus dans le mélange.
- » La constante aurait pour valeur 5, si on la calcule en partant des données expérimentales que nous possédons sur les gazogènes, dans lesquels il se produit un phénomène d’équilibre semblable.
- » On en déduit pour la température de 3300°, la relation, dont il sera fait usage plus loin,
- )} Pour les proportions d’acétylène supérieures à 17,57 P°ur 100, il se produit des réactions incomplètes, donnant naissance à la fois à de loxyde de carbone, de l’hydrogène, du carbone libre et il reste de l’acétylène non brûlé. La précipitation du carbone, sous forme de noir de fumée est très nette à partir de la teneur de 20 pour 100. La flamme devient alors lumineuse, d’une couleur rouge et de plus en plus fuligineuse, à mesure que la proportion de gaz combustible augmente. Il reste, après le passage de la flamme, un nuage noir opaque de carbone précipité.
- )) 2° Limites d’inflammabilité, — Pris en masse indéfinie, les seuls mélanges inflammables, c’est-à-dire dans lesquels l’inflammation mise en un point s’étende à toute la masse, sont ceuxpour lesquels la proportion du gaz combustible est renfermée entre les deux limites extrêmes.
- Avec l’oxygène Avec l’air Limite inférieure d’inflammabilité 2,8 p 100 2,8 p 100 Limite supérieure d’inflammabilité 93 65
- )> Dans les tubes, les limites se resserrent de plus en plus à mesure que le diamètre diminue.
- » Aucun des mélanges combustibles de l’acétylène avec l'air ne peut laisser propager la flamme dans les tubes de 0,5 mm de diamètre; dans les tubes de 1 mm les mélanges les plus combustibles peuvent seuls le faire
- * Le tableau suivant résume les principaux résultats
- 0,5 Néant
- 0,8 7,7 P1™ 10 p 100
- 2 5 15
- 4 4,5 25
- 6 4 40
- 20 5,5 55
- 5° . 5,i 6=
- 40 2,9 64
- « 50 Vitesse de -propagation de la flamme.— Les expériences ont été faites dans un tube de 40 mm de diamètre qui, d après nos anciennes expériences sur le grisou, doit donner des vitesses très peu inférieures à celles que l’on observerait dans une masse indéfinie.
- » Pour le mélange limite à 2,9 pour 100, la vitesse est de 0,10 m par seconde ; elle croît très rapidement jusqu’à la teneur de 8 pour 100 où elle atteint environ 5 m, continue ensuite à croître lentement jusqu’à 9 ou 10 pour 100 avec une valeur maxima de 6 m environ, puis se remet à décroître très rapidement jusqu'au voisinage de 22 pour 100 où elle n’est plus que de 0,40 m et, enfin, continue à décroître lentement jusqu’au mélange limite à 64 pour ioo dont la vitesse est de 0,05 m par seconde.
- )) La forme de la courbe des vitesses, à laquelle conduisent ces nombres, est toute différente de celle des gaz combustibles que nous avions étudiés précédemment. On n’observe pas avec le grisou, par exemple, la dernière période à variation très lente des vitesses qui correspond pour l’acétylène au dépôt de carbone.
- » Le maximum de vitesse est obtenu avec un mélange renfermant un excès de gaz combustible par rapport à l’oxygène disponible. Ce résultat est semblable à ceux que donnent les autres gaz combustibles.
- » On trouve ainsi, en faisant abstraction de la dis—
- Mélange : 7,74 pour 100 de C8 Hs. . .. / = 2 420. D’après la réaction admise,
- C* H8 + 2>5 O*4-9,4 Az1 — 2 C O1 H10 + 9,4 Az1 Mélange : 12,3 pour 100 de C* M*.... t— 2 260. En calculant la réaction d’après les conditions d’équilibre rappelées plus haut,
- C*H* + 1,50* +5,65 Az1 | (2 C O + HsO) | (dOs + H*) -(-5,65 Az1 Mélange : 17,37 Pour 100 de Cs H*.. . t — 2 100. D'après la réaction admise»
- C* H*-j- O* 4-3,75 Àz* = 2 C Ô 4- tt* -f-3,75 Az8.
- p.173 - vue 174/624
-
-
-
- *74
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- )) 40 Température d’inflammation.—La température d’inflammation de ce gaz est voisine de 480°, c’est à dire beaucoup plus basse que celle des autres gaz combustibles, qui est, pour la plupart, voisine de 6oo°,
- » On enflamme très facilement les mélanges explosifs d’acétylène, enfermés dans des tubes en verre, en chauffant quelques instants ces tubes sur une lampe à alcool. L’explosion se produit bien avant le commencement du ramollissement du verre.
- » 5" Température de combustion.— On peut aisément calculer la température de combustion des mélanges d’acétylène avec l’air, en partant des chaleurs spécifiques des corps gazeux que nous avons, M. Mallard et moi, déduites de nos expériences sur les gaz combustibles.
- )) L’acétylène en brûlant donne donc, en raison de sa constitution endothermique, une température beaucoup plus élevée que les autres gaz combustibles dont la température de combustion est voisine de 2000°.
- » Brûlé avec son volume d’oxygène, il donnerait une température de 4000°, supérieure de 1 ooo0, par conséquent, à la flamme du mélange oxhydrique, avec des produits de combustion entièrement formés d’oxyde de carbone et d’hydrogène, c’est à dire de gaz réducteurs. Cette double propriété rendra très précieux, pour les laboratoires, l’emploi de l’acétylène, soit dans le chalumeau à gaz tonnant pour la production des températures élevées, soit dans les brûleurs à air ordinaire pour l’analyse spectrale. ))
- Sur la valeur absolue des éléments magnétiques au 1er Janvier 1896, par Th. Moureaux (1).
- ({ Parc Saint-Maur.— Les observations magnétiques, en 1895, ontété continuées avec les mêmes appareils et réduites d’après les mêmes méthodes que les années précédentes. Les courbes de variations des trois éléments sont
- {') Comptes rendus, t. GXXII, p. 30, séance du 6 jaii-
- dépouillées pour toutes les heures, et les repères vérifiés par des mesures absolues effectuées chaque semaine. La sensibilité des appareils de variations est également vérifiée par de fréquentes graduations.
- » Les valeurs des divers éléments au Ier janvier 1896 sont déduites de la moyenne de toutes les valeurs horaires relevées pendant les journées du 31 décembre 1895 du 1" janvier 1896, rapportées à des mesures absolues faites le 31 décembre et le 2 janvier, par une situation magnétique calme.
- )) La variation séculaire des différents éléments, résulte de la comparaison entre les valeurs actuelles et celles qui ont été données pour le i*r janvier 1893 (’).
- Valeurs absolu i" janvier 18.
- Déclinaison............. i5°6’,8
- Inclinaison............... Ô5°2',4
- Composante horizontale. 0,19676 Composante verticale.. . 0,42272
- » L’Observatoire du Parc Saint-Maur est situé par o°9’ 23’’ de longitude est, et 48°48’ 34” de latitude nord.
- )) Perpignan. — Les courbes magnétiques relevées et réduites sous la direction de M. le Dr Fines sont dépouillées également heure par heure. Comme au Parc Saint-Maur, les valeurs au 1" janvier 1896 résultent de la moyenne des valeurs horaires des 31 décembre 1895 et lCr janvier 1896 contrôlées par des mesures absolues que M. Cceurdevache a faites les 28, 29 et 30 décembre.
- Déclinaison............ ' lÿyf$ — 6’,i
- Inclinaison............ 6o° 6',9 — 3',o
- Composante horizontale. 0,22382 -f- 0,00037
- Composante verticale ... 0,38946 —0,00015
- Force totale........... 0,44920 -f* 0,00006
- » L’Observatoire de Perpignan est situé par d° 32’ 45” de longitude est, et 420 42’ 8” de latitude nord. »
- O Comptes rendus, t. CXX, p. 42 ; 1895.
- p.174 - vue 175/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- i75
- Réponse à la remarque de M. H. Poincaré sur la théorie des rayons cathodiques par G. Jau-mann (1).
- « M. H. Poincaré a donné, dans les Comptes rendus du 3 décembre 1895 (’), une équation qui démontre que les rayons cathodiques suivent une loi générale que je n’avais trouvée que séparément pour tous les cas spéciaux. Mais il suppose que son équation donne la direction de propagation des rayons cathodiques, ce que je ne peux pas admettre. Or, cette équation donne la vitesse de propagation de la surface d’onde, qui n’a aucune relation générale ni à la vitesse,- ni à la direction du rayon.
- » Pour les gaz raréfiés homogènes en état statique, l’équation de M. Poincaré a la forme
- -X0-
- 'Y#J7 + zojr = o.
- » C’est une équation de propagation du premier ordre à laquelle satisfont non seulement la variable 0, mais toutes les variables du rayon. Soit n la direction de la normale de la surface d’onde, on trouvera, pour la ^ tesse c de la surface d’onde,
- C = \ [X, cos (n, x) + Y, cos («, y) + Z, cos <* *,*}].
- » Il est impossible d’en tirer une conséquence quelconque sur la direction des rayons. Peut-être que les rayons coïncident avec les normales des surfaces d’onde, comme je le crois ; alors la vitesse des rayons est égale à c ; peut-être que les rayons suivraient les lignes de force (X,„ Y„, Z„), comme M. Poincaré le suppose ; alors la vitesse des rayons serait indépendante de l'inclinaison du plan d’onde à la direction du rayon.
- » M. Poincaré concède que les surfaces d’onde sont déviées par l’aimant. Il me semble difficile à comprendre comment alors la direction et la vitesse des rayons seraient indépendantes de la force magnétique.
- » Pour trouver la direction des rayons, je ne connais que trois méthodes :
- (’) Comptes rendus, t. GXXII, p. 74; séance du D janvier 1896.
- (*) Z’Éclairage Électrique, t. V, p. 521 ; 14 décembre
- » 1. La méthode de Iluygens, dont j’a démontré dans mon Mémoire, qu’elle est seulement juste pour des rayons suivant une équation différentielle du second ordre (rayons lumineux, acoustiques, etc.), mais qu’elle ne l’est pas pour les rayons du premier ordre de ma théorie. Cette méthode donnerait le même résultat que M. Poincaré a énoncé, mais elle donne des conclusions évidemment fausses sur la propagation de la surface d’onde et sur la réflexion. De plus, la surface élémentaire de Huygens dégénère en ce cas en un point unique, ce qui voudrait dire que l’ondulation se propage du centre d’cbranlement dans une seule ligne et non pas dans toutes les directions, ce que personne ne peut croire.
- » 2. La méthode de Kirchhoff qui se fonde sur la direction bien mal définie du flux d’énergie.
- » 3. La méthode que j’ai employée dans un cas et qui se fonde sur la distribution.de l’in-tensitc. Si dans l’intégrale on peut trouver des lignes où l’intensité des oscillations est constante, ce sont celles que nous voyons comme’ les directions des rayons. Cette méthode m’a donné que la direction des rayons est partout normale aux surfaces d’ondes déviées par une force magnétique. De même, je crois que les rayons cathodiques ne suivent pas les lignes de force électrique s’ils ont des composantes magnétiques.
- » Donc, il ne faut pas, jusqu’à présent, que je modifie mes hypothèses ; d’ailleurs, ce ne serait pas difficile, pour éviter l’objection de A1. Poincaré, laquelle est tout à fait intéressante parce qu’elle établit la discussion sur la direction des rayons du premier ordre, question qui avait tant de difficultés pour les rayons lumineux du second ordre. »
- Observations au sujet de la Communication précédente, par H. Poincaré (').
- « L’équation
- (1) Comptes rendus, t. CXXII, p, 76.
- p.175 - vue 176/624
-
-
-
- 7t>
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- s'intégre immédiatement. Considérons les équations différentielles
- dt ____dx _ dy _d\
- T — T0~ y"0~z7 :
- ce sont les équations différentielles des lignes de force.
- » Soient
- * ~f\ (t + k, |3, y),
- î —A (* + «> A YÎ>
- leurs intégrales, où a, (3, 9 désignent trois constantes d’intégration. Je résous par rapport à t -f- a, (3, y et j’ai
- t + « = * (*,.?, t),
- £ = ?*
- 7 =?» î)-
- » Les deux dernières de ces équations sont les équations des lignes de force en termes finis. L’équation aux dérivées partielles a pour intégrale générale
- © — fonction arbitraire de y, — t, y, et y3,
- ou, si le mouvement doit être périodique,
- 9 “ F (y*. y*} cos X (y, — t).
- )) On voit que l’intensité est fonction seule-lement de 9* et de 9,, ce qui veut dire que les rayons suivent les lignes de force.
- )) Quelque ingénieuses que soient les hypothèses de M. Jaumann, il est donc nécessaire de les modifier au moins dans le détail )).
- Sur le phénomène de Hall dans les liquides par H. Bag-ard. (')
- « Jusqu’ici le phénomène de Hall a été observé dans les métaux seulement. Des expériences, faites sur les liquides par M. H. Roiti (*), ont amené ce physicien à conclure que l’effet Hall ne s’y produit pas. Cette conclusion était prématurée, car j’ai observé que ce phénomène se manifeste à un haut degré
- (') Comptes rendus, t. CXXII, p. 177.
- (s) H. Roiti, Recherche du phénomène de Hall dans les liquides (Atti délia fea.lt Accad. dei Lineei, 3“ série, t. XII, p. 357 ; 1882. Journal de Physique, 2' série,
- t.ILp.514; 1883).
- dans les dissolutions. J’ai pu constater, en effet, qu’un champ magnétique très faible produit une déviation très notable des lignes équipotentielles dans une lame liquide d’une épaisseur relativement considérable (1,6 mmj, traversée par un courant de quelques centièmes d’ampère seulement.
- » Voici le dispositif que j’ai adopté. La lame liquide est horizontale ; elle a la forme d’un rectangle dont les grands côtés ont 5 3 mm et les petits 30 mm de longueur. Elle est constituée par une solution saline qui remplit l’intervalle compris entre deux lames de verre parallèles, distantes de 1,6 mm, et mastiquées entre elles le long des grands côtés du rectangle ; elle communique par ses petits côtés avec la même solution contenue dans deux auges en verre où se trouvent les électrodes qui servent à établir le courant électrique dans le liquide. Ces électrodes, qui sont formées par des plaques du métal dissous, occupent toute la largeur des auges ; elles sont disposées verticalement, à peu de distance des petits côtés de la lame et parallèlement à ceux-ci.
- » La paroi de verre qui limite la lame liquide à sa partie supérieure est percce suivant la petite médiane du rectangle de deux petits trous a, b, situés près des grands côtés et distants de 24,7 mm ; le liquide communique par ces ouvertures et des tubulures appropriées avec des électrodes parasites. De cette façon, la différence de potentiel Va — Vfc entre les deux points a et b de la lame liquide se mesure facilement par la méthode d’opposition ; on emploie l’électromètre capillaire comme instrument de zéro.
- » Pour protéger le liquide contre un échauffement irrégulier de la part du courant, on a soin d’immerger la lame ainsi que la plus grande partie des auges dans un bain d’eau pure à la température du laboratoire.
- )) Le champ magnétique est fourni par un électro-aimant dont les deux pièces polaires se terminent par deux surfaces carrées horizontales de 5 cm de côté, situées l’une au-dessus de l’autre, à 2,5 cm de distance; ou
- p.176 - vue 177/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÜ
- obtient ainsi entre ces deux pièces polaires Un champ vertical, sensiblement uniforme dans la région moyenne. Un dispositif particulier permet, à volonté, d’approcher rapidement l’électro-aimant de la lame liquide, de façon à la mettre brusquement dans l’intervalle des pièces polaires ou de porter l’é-lectro-aimant à une grande distance de l’appareil pour soustraire la lame à l’action du champ.
- » Les liquides que j’ai employés jusqu’ici étaient des solutions récemment bouillies de sulfate de zinc et de sulfate de cuivre, dans divers états de concentration. Le courant longitudinal était fourni par des éléments Daniell a petite surface, montés en tension; son intensité a varié, dans mes expériences, de 0,019 amp à 0,037 amp. L’intensité du champ a etc comprise entre 300 et 400 unités G. G. S. seulement.
- » D’une façon générale, quand on établit le courant dans la lame en l’absence du champ magnétique, comme les deux points a, b n’appartiennent pas à la même ligne équipoten-tentielle, par suite d’un défaut de symétrie qu’il est difficile d’éviter, on observe une certaine différence VB — Vj qui, au bout d’un certain temps, prend une valeur très sensiblement invariable d. Si l’on approche alors l'électro-aimant excité dans un certain sens, de façon à soumettre la lame à l’action du champ magnétique, la différence V« — V* prend une nouvelle valeur d -(- $. L’aimant étant ensuite éloigné, V0 — \\ reprend la valeur d. Si l’on vient à approcher l’électroaimant excité en sens inverse, la différence Va— V;, prend une valeur d — à; l’aimant étant de nouveau éloigné, Va — V6 revient à la valeur^, et ainsi de suite. Ces écarts de Va — V,, de part et d’autre de sa valeur ini-tiale 0?, pour des champs de sens opposés, mettent en évidence de la façon la plus nette la déviation des lignes équipoteuticlles sous 1 action del’aimant.
- » Dans tous les cas observés, la déviation ^es lignes équipotentielles se produit dans le même sens que pour le môme bismuth. Cette
- déviation n’atteint pas instantanément une valeur définitive. Elle croit toujours très rapidement dans les premiers instants qui suivent celui où l’on expose la lame à l’action magnétique, puis elle croît plus lentement par la suite. Au bout de deux à trois minutes, elle prend une valeur sensiblement constante pour une solution très concentrée (sulfate de zinc, 4 équivalents par litre d’eau). Avec une solution étendue, la déviation est plusgrande, et, en outre, au lieu de se fixer au bout de deux à trois minutes, comme dans le cas précédent, eile continue à augmenter avec la durée de l’action magnétique. Je ne fais que signaler ici cet effet progressif de l’aimant, n’ayant pas encore étudié dans tous ses details cette particularité du phénomène.
- )) Enfin, chaque fois qu’on retire l’électroaimant, la différence Va — V4 reprend sa valeur initiale d au bout de deux à trois minutes, en variant rapidement d’abord, puis plus lentement.
- » Je rapporte ici, à titre d’indication, les nombres obtenus dans deux expériences, faites avec deux solutions de sulfate de zinc de concentrations très différentes. Le sulfate de cuivre donne des résultats analogues.
- A. — Solution de sulfate de zinc renfermant q équivalents de sel far litre d’eau.
- tudinal................ 0,036 à 0,037 ampère
- Intensité du champ magnétique ................. 300 unités C. G. S. env.
- Valeur initiale de Va — V*. d = 0,0863 daniell.
- » L’écart â s’est maintenu sensiblement constant et égal à 0,0030 daniell.
- B. — Solution de sulfate de qinc renfermant 0,5 équivalent de sel far litre d’eau. Intensité du courant longi-
- Intensité du champ magnétique.................. 380 unités C. G. S. env.
- Valeur initiale de Va — V*. 0,1461 daniell.
- » L’écart è a crû de 0,0291 à 0,0392 dans les limites de l’expérience.
- » Pour avoir une idée de la grandeur de l’effet Hall dans ces liquides, j’ai calculé, d’une
- p.177 - vue 178/624
-
-
-
- [?8
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- façon approchée, le rapport de l’angle dont est déviée une ligne cquipotentielle au nombre qui mesure, en unités C. G. S., l’intensité du champ qui produit cette déviation. J’ai ainsi trouvé le nombre 23 X io“7 pour la solution A ; pour la solution B, ce rapport a atteint la valeur 133 Xio'7 dans les limites de l’expérience.
- » Ce dernier nombre, en particulier, est de l’ordre de grandeur de ceux qu’a obtenus M. Leduc (') pour les échantillons de bismuth qu’il a étudiés, et l'on sait que l’effet Hall est plusieurs milliers de fois plus grand dans ce métal que dans la plupart des autres métaux. »
- Un étalon photométrique à l’acétylène, par J. Violle ^8).
- « Comme étalons de lumière, les flammes présentent, au point de vue pratique, des avantages qui les ont lait employer presque exclusivement jusqu’à ce jour. 11 est certain, en effet, qu’un gaz de composition chimiquement invariable, brûlant dans des conditions définies, peut servir utilement d’étalon secondaire.
- » L’acétylène, dont une étude magistrale de M. Berthelet a depuis longtemps montré toute l’importance, paraît convenir très bien pour cet usage. M. Moissan a donné le moyen de préparer facilement ce gaz à l’état de pureté par la simple action de l’eau sur le carbure de calcium, qui, lui-même, se fabrique aisément dans le four électrique.
- » Si L’on brûle l’acctylène sous une pression un peu forte et dans un bec qui l’étale en une large lame mince, on obtient une flamme parfaitement fixe, très éclairante, d’une blancheur remarquable et d’un éclat sensiblement uniforme sur une assez grande surface. En plaçant devant la flamme unécran percé d’une ouverture de grandeur déterminée (que l’on peut d’ail leurs faire varier suivant les besoins), on obtient une source convenant * (*)
- (1) Leduc., Modifications de la conductibilité du bismuth dans un champ magnétique (Thèse). Paris, 1888.
- (*) Comptes tendus, t. CXXII, p. 79.
- très bien pour les mesures photométriques usuelles.
- » Suivant ces principes, posés dans une séance déjà ancienne (21 juin 1895) de la Société française de Physique, j’ai fait construire par M. Carpentier, que je tiens à remercier de son précieux concours, une lampe étalon d’un emploi facile. L'acétylène arrive par un petit orifice conique, entraîne avec lui l’air nécessaire, puis il pénètre par un trou étroit dans un tube où se fait le mélange et qui se termine par un bec papillon en stéatite semblable à ceux du gaz d’éclairage.
- » On peut employer, soit la flamme entière, soit une portion seulement nettement limitée. Dans le modèle établi, la flamme est enfermée dans une sorte de boîte dont l’une des faces porte un diaphragme à iris, permettant de prendre immédiatement sur la lampe le nombre de bougies dont on a besoin, tandis que l’autre face peut recevoir des ouvertures calibrées à l’avance.
- » La flamme entière correspond à plus de 100 bougies, sous une pression de 0,30 m d’eau. La dépense d’acétylène étant alors de 58 litres à l’heure, on voit que le pouvoir éclairant de l’acétylène est supérieur à vingt fois celui du gaz de houille brûlé dans un bec Bengel (donnant 1 carcel=9,6 bougies pour 105 litres), et encore au moins six fois celui du même gaz de houille dans un bec Aucr (donnant 1 carceî pour 30 litres).
- » Le spectrophotomètre montre d’ailleurs que dans toute l’étendue du spectre, depuis C jusqu’à F (’), la lumière de l’acétylène diffère peu de celle du platine en fusion, qui sert de définition à l’unité absolue et à laquelle se rattache comme l’on sait, la bougie, définie le — de l’unité absolue ».
- Sur les phénomènes de polarisation à la surface de membranes métalliques minces, par M. Luggiû-Wied. Annal, t. LVI, p. 346, 1895.
- M. Arons a découvert que la résistance d’un voltamètre n’augmente pas quand on le
- (1) Au delà, la photographie, qui se prête beaucoup mieux que tout autre moyen à l’étude des rayons àe
- p.178 - vue 179/624
-
-
-
- REVUE D’KLECTRICITË
- 79
- divise en deux parties par une feuille d’or très mince ; il pense que les polarisations de signe contraire qui tendent à se produire sur les deux faces de la lame se neutralisent mutuellement, par suite de l'épaisseur excessivement faible de la feuille. On n’observe rien de pareil avec une feuille de platine de 0,01 mm. d’épaisseur, môme quand elle porte une ouverture de 3 mm de diamètre ; cette expérience semble indiquer que le courant ne passe pas, comme on aurait pu le penser, par les trous de la feuille d’or. M. Daniel (') qui a fait de nombreuses expériences à ce sujet, partage cette manière de voir. M. Luggin conclut au contraire que les feuilles d’or extrêmement minces présentent des pores à travers lesquels passe le courant.
- Dans ces expériences, les deux cuves qui contiennent les électrodes étaient séparées par une paroi d’ébonite de 2 mm d’épaisseur environ, portantunefenêtrecirculaire de 7 mm de diamètre, sur laquelle était collée une feuille d’or de 0,0013 mm. Les bords de cette feuille étaient recouverts cle cire molle et la surface baignée était deux fois plus grande d’un côté que de l’autre. On avait pris toutes les précautions pour n’utiliser que des feuilles qui ne présentassent pas de lacune apparente. On versait de l’acide sulfurique, au maximum de conductibilité, dans les deux parties du voltamètre et on mesurait la différence de potentiel entre la feuille d’or et un point du liquide situé successivement de part et d’autre de la feuille. Connaissant l’intensité du courant on pourrait ainsi calculer la résistance apparente de la feuille d’or. Cette résistance apparente reste sensiblement constante et égale à 770 ohms pour des intensités de courant inférieures à 64.io"5 amp. Les nombres obtenus par M. Daniel avec des
- faible longueur d’oneïe, révèle dans^Ia flamme de l’acé-d’un usage très précieux.
- >’) Philosophical Magazine, t. XXXVII, 185 et 288 ; 1894.
- L’Eclairage ÉlecUique, t. I, p. 519 et 522.
- courants beaucoup plus forts et une feuille d’or d’une surface quadruple sont beaucoup plus faibles. Si on essaie encore d’augmenter le courant en diminuant les résistances du circuit, on voit la polarisation croître rapidement, de telle façon que le courant garde la même valeur.
- Après avoir laissé passer le courant pendant un jour, on a retrouvé la même valeur de la résistance apparente; puis, au voisinage d’une intensité de 0,0016 a la polarisation a cru brusquement et le courant s’est mis à augmenter de lui-même ; la feuille d’or était visiblement attaquée et une partie notable de la résistance très faible qu’elle présentait (7,25 ohms) était due, vu l’intensité du courant, à l’électrolyte lui-même.
- L’auteur pense que, même avant l’attaque de la feuille d’or, la faible conductibilité qu’elle présente pour des courants peu intenses est due surtoutà l’électrolyte, qui remplit les pores du métal et constitue proprement le chemin du courant. Il en voit une preuve dans le fait que le courant détermine la différence de potentiel entre les liquides de part et d’autre de la feuille, mais non la différence de potentiel entre le liquide et la feuille ; l’examen des nombres cités montre en effet que, dans la première série d’expériences, les potentiels de la feuille se sont trouvés maintes fois notablement plus élevés que dans la •seconde. On obtient encore des différences plus considérables en polarisant convenablement la feuille d’or.
- Les conductibilités observées correspondraient à l’existence de pores dont la surface totale nedépasserait pas 23,5. io"c mm* Plus la feuille est mince, plus grande doit être le nombre des canaux qui la traversent et il est étonnant que M. Daniel n’ait pas constaté un accroissement de la conductibilité plus rapide que celui du carré de l’inverse de l’épaisseur.
- C. R.
- p.179 - vue 180/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- VARIÉTÉ
- LES CONCESSIONS DE GAZ ET D’ÉLECTRICITÉ n (Suite)
- Quelques autres des arrêtés des conseils de préfecture seraient actuellement déférés au conseil d’Etat ; il est plus que probable qu’il statuera également en fait, d’après les circonstances de la cause et l’intention manifestée par les parties.
- Examinons maintenant les décisions rendues par le conseil d’Etat dans d’autres espèces que celles qui ont fait l’objet des arrêtés que nous avons mentionnés ; il s’agit toujours d’interpréter des traités de concession, mais l’interprétation ne porte plus ici spécialement sur les clauses dont nous nous occupons.
- La première en date de ces décisions est un arrêt du 22 juin 1888 concernant la ville de Tullins. Cet arrêt, après avoir constaté que le traité concède à la Compagnie du gaz de Tullins le droit exclusif de la pose des tuyaux et de l’éclairage, tant en ce qui concerne la grande que la petite voirie, reconnaît « qu'aucune disposition du dit traité n’a eu pour but et n’a pu avoir pour effet de garantir la dite Compagnie contre la pose de fils destinés à distribuer la lumière électrique en empruntant les poteaux télégraphiques sur le sol de la route nationale N" 92 et de la route départementale N° 19 ».
- Ainsi d'une part, le conseil d’Etat statue en fait ; d’autre part, il admet que l’éclairage électrique peut exercer librement sa concurrence au gaz au moyen d’une canalisation qui soit en dehors de celle qui a été concédée.
- Viennent ensuite, par ordre de date, les deux arrêts du 26 décembre 1891 concernant les villes de St-Etienne et de Montluçon et que nous avons déjà signalés : ces deux décisions statuent surtout sur l’interprétation de clauses par lesquelles la municipalité se serait
- C) Extrait de la Revue pratique de Droit industriel. Voir VÉclairage Electrique du 18 janvier, p. 138.
- interdit d’accorder à un autre qu’au concessionnaire de gaz des concessions pour l’électricité.
- L’arrêt concernant Saint-Etienne, après avoir constaté en fait que la compagnie concessionnaire a été exclusivement chargée du service de la ville, examine ensuite la question de savoir si, en conférant à la ville la faculté d’imposer à la compagnie concessionnaire l’adoption de tout nouveau mode d’éclairage qui viendrait à être appliqué à Paris et à Lyon, le traité ne lui accorde pas également le droit exclusif d’appliquer ce nouveau procédé. Le conseil d’Etat admet cette extension, mais en se fondant, conformément à ce que nous avons dit plus haut, sur la manifestation expresse de l’intention des .parties : « Considérant, dit l’arrêt, qu’à cet égard, la commune intention des parties est affirmée expressément par les termes mêmes des délibérations du conseil municipal qui ont précédé et préparé les traités ».
- L’arrêt concernant la ville de Montluçon constate que le traité accorde à la compagnie concessionnaire le droit exclusif de se servir « des dépendances de la voirie urbaine » sans distinction entre le sous-sol et le sur-sol; il en conclut que le monopole de canalisation comprend forcément le monopole de l’éclairage; puis examinant la question de savoir si la ville s’est interdit d’accorder une concession pour un autre mode d’éclairage que le gaz, il la résout également par l’affirmative, toujours en se fondant sur l’intention des parties manifestée par des délibérations du conseil municipal : « Considérant, dit l’arrêt, que dans la commune intention des parties, les avantages (accordés à la ville) devaient trouver leur compensation dans l’exercice de tous les droits concédés et qu’aux termes de sa délibération du 26 septembre 1888, le conseil municipal de Montluçon a lui-même reconnu que, par son traité, la ville s’était interdit de favoriser toute autre société d’éclairage ».
- Un dernier arrêt du conseil d’Etat, du 8 février 1895, annulant un arrêté du conseil de préfecture de la Charente-Inférieure, statue
- p.180 - vue 181/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- sun une question d’interprétation un peu différente : le traité réservait au concessionnaire de l’éclairage par le gaz un droit de préférence pour l'application d'un mode d’éclairage plus avantageux; l’arrêt se borne à rappeler et à définir ce droit de préférence.
- Telles sont les seules décisions du conseil d’Etat relatives à cette question que nous trouvions mentionnées dans les recueils parus à ce jour. On voit que ces décisions statuent toujours en fait et qu’elles ne portent aucune atteinte au principe « qu’en dehors d’une stipulation formelle, le monopole ne peut être étendu ». A notre avis, disent MM. Hérard et Sirey, ces décisions sont non des décisions de principe, mais des décisions d’espèce. Il ne faut donc pas s’exagérer leur portée, car, si l’espèce change, la décision changera également et pourra, s’il y a lieu, être favorable à l’électricité. L’arrêt du 22 juin 1888 concernant Tullins, n’a-t-il pas donné gain de cause à l’éclairage électrique contre la Compagnie du gaz? Remarquons, du reste, que, pour Saint-Etienne comme pour Tullins, le conseil d’Etat persistant dans sa jurisprudence, a décidé que l’éclairage électrique pouvait exercer librement sa concurrence au gaz sur le domaine de la grande voirie. Et n’est-ce pas un point fort important, si l’on songe que, dans bon nombre de villes, les rues et boulevards faisant partie de la grande voirie sont de beaucoup les voies les plus commerçantes, par suite, les plus aptes à donner des bénéfices aux entreprises d’éclairage électrique? Enfin, il n’est pas prouvé, le moins du monde, que le conseil d’Etat, par ses arrêts du 26 décembre 1891, ait entendu décider que, lorsqu une ville traite avec un entrepreneur pour un genre particulier d’éclairage, le gaz, par exemple, elle se trouve, par là même, naturellement, lice pour toute espèce d’éclairage. La chose nous paraîtrait tellement monstrueuse que nous refuserons à croire à une telle décision de la part du conseil d’Etat, tant qu’il ue l’aura pas formulée en termes formels. Et fie ne sont pas les arrêts du 26 décembre 1891, qui pourraient, à notre avis, être invoqués en \
- ce sens que les concessions dont bénéficiaient les compagnies de gaz portaient non pas sur l’éclairage du gaz seul, mais sur tout mode d’éclairage, les droits des concessionnaires sur les procédés d’éclairage qui pourraient dans l’avenir se substituer au gaz ayant été formellement prévus dans les traités ».
- Et ailleurs les mêmes auteurs s’expriment ainsi : <( Certains arrêtés des conseils de préfecture intervenus depuis les arrêts du 26 décembre 1891, ont établi en ce sens une jurisprudence que nous croyons parfaitement conforme aux principes du conseil d’Etat et à laquelle nous n’hésitons pas à nous rallier. Cette jurisprudence peut se résumer dans ccttc formule fort heureusement trouvée par le conseil de préfecture de l’Eure (arrêté du 4 février 1893, les Andelys) : « S’il appartient aux communes, pour assurer sur leur territoire le service de l’cclairagc tant public que privé, de s’interdire d’autoriser ou de favoriser sur le domaine municipal tout établissement pouvant faire concurrence à leur concessionnaire, il est necessaire que cette interdiction restrictive des droits de la commune soit expressément stipulée. »
- Nous pouvons donc dire que, de l’ensemble des règles suivies à cet égard par la jurisprudence et par la doctrine se dégagent les deux principes suivants qui les formulent et les résument ;
- 1" Le droit exclusif concédé pour la canalisation des voies publiques municipales, en vue de l’éclairage, ne comporte pas le monopole de l’éclairage de la ville, ni à plus forte raison des particuliers, en dehors d’une clause étendant formellement à l’éclairage lui-même le droit exclusif accordé pour la canalisation. Et l’on ne doit pas considérer comme une clause de ce genre, constitutive du monopole d’éclairge, celle par laquelle le concessionnaire s’oblige à fournir le gaz pendant la durée de la concession, si la ville, de son côté, ne prend pas l’engagement corrélatif de se fournir exclusivement chez le concessionnaire.
- Toutes les décisions qui statuent sur cette
- p.181 - vue 182/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 182
- question ont, nous l’avons vu, appliqué cette théorie au point de vue de l’interprétation de la concession du droit exclusif de canalisation, et l’arrêté du conseil de préfecture de Seine-et-Marne du 10 décembre 1891 l’a plus spécialement formulée en ce qui concerne l’interprétation de l’engagement pris par le concessionnaire de fournir le gaz. MM. Hé-rard et Sirey, en commentant cet arrêté, s’expriment ainsi sur la portée de cet engagement : « Parce qu’une ville, disent-ils, oblige le concessionnaire du droit exclusif de canaliser le gaz d’éclairage à prendre, en retour de l’avantage qu’elle lui a accordé, l’engagement d’assurer l’éclairage tant public que privé par le gaz, il ne s’en suit pas qu’elle doive se considérer comme forcée d’user de ce mode d’éclairage : une telle clause constitue un droit et non une obligation. Il est vrai que l’éclairage public de la ville est réglementé par un tarif; mais de l’existence de ce tarif résulte pour le concessionnaire une charge et non un droit. »
- Ainsi, la concession du droit exclusif de canalisation en vue de l’éclairage que le concessionnaire s’engage à fournir pendant la durée de la concession, ne constitue pas à elle seule au profit de celui-ci un monopole d’éclairage. Voilà la première règle.
- 20 La seconde règle est que la concession donnée pour la canalisation du sous-sol ne s’étend pas à la canalisation du sur-sol, alors surtout que chacune de ces canalisations doit servir à un procédé d’éclairage différent.
- Les décisions que nous avons rapportées font nettement la distinction entre les conduites souterraines pour le gaz et les conduites aériennes pour l’électricité et déclarent formellement que, lorsqu’une ville a donné à un premier concessionnaire le droit exclusif de canaliser, pour l’éclairage au gaz, les voies publiques municipales, elle demeure libre de donner à un second une concession relative au sur-sol pour l’éclairage électrique.
- « Lorsque le privilège conféré à la compagnie du gaz disent encore MM. Hérard et
- Sirey en commentant l’une de ces décisions, consiste purement et simplement dans le privilège de placer sur la voie publique des tuyaux pour le gaz, et que l’autorisation donnée par le maire a trait à l’établissement de fils aériens destinés à la distribution de l’éclairage électrique, ce dernier genre de canalisation étant absolument différent de la canalisation privilégiée, quand aux procédés employés, puisqu’elle consiste en fils aériens au lieu de l’éclairage au gaz, il est parfaitement certain que les traités n’ont pas été violés )).
- Appliquons maintenant ces deux règles à l’interprétation du traité-type que nous avons choisi par hypothèse comme objet de notre argumentation et voyons successivement : i° si les termes de ce traité confèrent au concessionnaire un monopole d’éclairage ou simplement un droit exclusif de canalisation; 20 quelle est, dans ce dernier cas, la nature de la canalisation concédée.
- !V
- Il suffit de se rappeler les dispositions de ce traité-type pour se convaincre tout d’abord, qu’il en résulte simplement pour le concessionnaire un droit exclusif de canalisation et non un monopole d’éclairage.
- La première disposition stipule, on se le rappelle, que la ville accorde au concessionnaire le droit exclusif d’établir et de conserver des conduites de gaz sous les voies publiques, pendant une durée déterminée; et la seconde disposition stipule en retour que « le concessionnaire s’engage à fournir le gaz, pendant toute la durée de la concession, pour l’éclairage public et pour l’éclairage privé )) à certains prix déterminés.
- Voilà bien les deux clauses d’usage telles que nous les avons trouvées dans tous les contrats sur l’interprétation desquels ont statué les décisions rapportées plus haut, et formulées exactement dans les mêmes termes : d’une part, concession accordée par la ville d’établir sous les voies publiques des
- p.182 - vue 183/624
-
-
-
- REVUE D’ELECTRICITÉ
- 18?
- conduites pour l’éclairage parle gaz et, d’autre part, engagements pris en retour par le concessionnaire de fournir le gaz pendant la durée de la concession pour l’éclairage public ou privé, conformément à un tarif par lui accepté, sans que d’ailleurs un engagement corrélatif soit pris par la ville de ne s’adresser qu’au concessionnaire pour ces fournitures de gaz.
- Or, nous savons comment la jurisprudence traduit cette double clause, lorsqu’elle a à l’interpréter : pour elle, c’est une simple concession de canalisation, donnant au concessionnaire le droit d'occuper seul la partie des voies publiques qui lui est concédée pour y installer les conduites de gaz, mais ne lui conférant nullement un monopole d’éclai-rage.
- Appliquant donc ici cette jurisprudence fondée sur le principe qu’en matière de monopole, tout est de droit étroit, nous dirons que rien dans les dispositions combinées de notre traité-type ne confère au concessionnaire le monopole de la fourniture de l'éclairage ; il a simplement un droit exclusif de canalisation.
- Reste la troisième disposition qui stipule, on le sait, que si pendant la durée de la concession, on trouvait à appliquer un moyen d’éclairage plus avantageux, la ville pourrait demander l’application de ce procédé au concessionnaire pour le gaz.
- Cette concession d’un monopole d’éclairage, cet engagement par la ville de sc fournir exclusivement chez le concessionnairepour l’éclairage public ou privé, dont on n'aper-çoit aucune trace dans les deux premières dispositions de notre traité-type, en trouve-t-on du moins l’expression implicite dans la troisième disposition ?
- Pour tirer argument de cette clause, en faveur du concessionnaire, il faudrait évidemment aller jusqu’à prétendre que le monopole qu’elle lui accorde est un monopole général d éclairage : et alors, le raisonnement en deux points serait celui-ci ; i° La troisième disposition réserve au concessionnaire, pour le Procédé d’éclairage à appliquer dans l’avenir, ,
- un droit exclusif de fourniture ; 20 C’est donc également et à plus forte raison un droit . exclusif de fourniture que lui accorde l’ensemble du traité pour le procédé dont le contrat a pour objet direct l’application immédiate.
- A suivre rigoureusement le plan que nous nous sommes tracé, la discussion du premier point devrait être réservée pour le moment où nous examinerons, dans la seconde partie de cette étude, si la condition relative au caractère général du monopole existe dans notre traité-type. Mais pour la clarté de notre démonstration et comme ce premier point constitue la base même de l’objection qu’on prétendrait tirer de la troisième disposition, il convient dès maintenant d’établir que cette base ne tient pas et que cette clause n’impose en aucune façon à la ville l’obligation de réserver exclusivement au concessionnaire de la canalisation pour le gaz l’application du procédé d’éclairage plus avantageux prévu dans l’avenir.
- Que signifie en effet la disposition dont il s’agit ? — Les termes mêmes qu’elle emploie indiquent que celle des parties qui est obligée à l’égard du procédé à appliquer dans l’avenir, ce n’est pas la ville, mais au contraire le concessionnaire : « La ville pourrait demander au concessionnaire l'application de ce procédé ; le concessionnaire serait tenu de le faire dans un délai et à des prix réduits déterminés ».
- Ainsi, au concessionnaire, toutes les obligations : à la ville au contraire, un droit, une faculté : si elle veut appliquer un procédé d’éclairage plus avantageux que le gaz, notamment l’électricité, au lieu d’accorder comme elle est endroit de le faire, la concession des voies aériennes, à un tiers qui peut-être exigera de longs délais pour l’éxécution des travaux d’installation, ainsi que des prix égaux, même supérieurs, la ville peut, si elle le préfère, s’adresser au premier concessionnaire et lui imposer une double modification au traité consistant : i° en une transformation de son installation en vue de l’applL
- p.183 - vue 184/624
-
-
-
- :84
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- cation du nouveau procédé, transformation qu’il est oblige de réaliser dans un délai déterminé ; 2° en une réduction du prix de l’éclairage public et privé proportionnellement à l’économie réalisée dans le prix de revient. Voila tout ce que dit la disposition en question, et i 1 est évidemment impossible de trouver là l’expression d’un engagement de la part de la ville de réserver exclusivement au concessionnaire l’application du procédé d’éclairage prévu dans l’avenir. 11 n’y aurait donc pas lieu de tirer argument de cettedisposition pour en faire résulter, par analogie, au profit du concessionnaire, un droit exclusif de fourniture, en ce qui concerne le procédé d’éclairage dont l’application immédiate constitue l’ojet direct du contrat.
- Ainsi, pas plus de la troisième disposition que des deux premières ne résulte pour le concessionnaire le droit exclusif de fournir le gaz pour l’éclairage, soit public, soit privé : le droit exclusif de ce concessionnaire ne porte que sur la canalisation des voies municipales ; s’il entendait se faire concéder en plus le monopole de l'éclairage, c’était à lui, créancier, de le stipuler dans le contrat, en y insé-' rant une clause analogue à celle qui figure dans tous les traités concédant un monopole d’éclairage et qui est généralement conçue en ces termes ; « Le maire de . . . concède àM . . . qui l’accepte le droit exclusif d’éclairer au gaz la ville de . , .
- En l’absence d’une pareille clause, le principe qu’en matière de monopole tout est de droit étroit, exige que le silence du concessionnaire s’interprète contre lui : il ne peut être considéré, en conséquence, comme ayant acquis un monopole d’éclairage ; son droit exclusif ne porte que sur la canalisation des voies municipales, en vue de l’éclairage au gaz.
- V
- Mais alors, quelle est la nature de ce droit exclusif de canalisation ?
- Les termes de la première disposition du traité le déterminent clairement • le conces-
- | sionnaire a le droit exclusif d'établir et de | conserver des conduites de gaz sous les voies | publiques municipales )>.
- Ainsi, le droit exclusif de canalisation doit et devra toujours, quoi qu’il arrive, s’exercer. i° dans le sous-sol des voies publiques municipales ; 2° pour la conduite du gaz. Appliquant ici la seconde règle formulée par la jurisprudence, en conformité du principe de l’interprétation restrictive, en matière de concession, il faudra dire que ces deux concessions sont limitatives et conclure, en conséquence : i° que le droit de canalisation concédé pour le sous-sol,au moyen de tuyaux souterrains, ne s’étend pas au sur-sol et ne comprend pas, notamment, la pose de fils aériens ; 2° que le droit de canalisation concédé pour la conduite du gaz ne s’étend pas à la conduite de l’électricité.
- La ville qui a consenti un traité de ce genre demeure donc libre d’accorder à un tiers, pendant la durée du traité, toute concession relative à la conduite de l’électricité sur le sur-sol au moyen de fils aériens.
- (A suivre) Georges Lagrésille,
- BIBLIOGRAPHIE
- Die Lehre von der Elecktricitat, par G. Wiede-MANN, deuxième édition, F. Viemeg, éditeur Brauns-chweig. 1893-95, Deuxième édition.
- M. G. Wiedemann a publié en 1882 (( Die Lehre der Elektricitat » provenant d’un remaniement de son ouvrage « Galvanismus and Elektromagneiismus. » Mais depuis 1882 un grand nombre de travaux ont paru sur l’électricité et le magnétisme : la nouvelle édition a pour but de présenter ces travaux aussi complètement que possible, en les coordonnant et en les reliant aux connaissances antérieures. Elle comprendra cinq volumes, dont trois sont déjà parus.
- Ce qu ’il faut surtout chercher dans l’ouvrage de M. Wiedemann, c’est en effet l’ana-
- p.184 - vue 185/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 185
- lyse des travaux originaux, qui est fort complète et très bien présentée ; toute personne désirant travailler un sujet particulier y trouvera des indications précieuses, qui lui éviteront bien des recherches difficiles et faciliteront beaucoup son travail de bibliographie.
- Ce n'est d’ailleurs pas un ouvrage d’enseignement, et on risquerait d’avoir une idée peu nette d’un sujet en l’étudiant là exclusivement, car l'auteur expose toutes les expériences, toutes les opinions, parfois contradictoires, et les diverses théories émises, conduisant à des résultats plus ou moins divergents.
- Nous allons passer en revue les matières traitées dans les trois premiers volumes.
- Tome I (1894). Propriétés générales de Vélectricité. — Electrostatique. — Après une introduction historique où se trouvent les différentes hypothèses émises sur la nature de l’électricité vient l’exposition des notions préliminaires : modes de production, distinction des deux électricités etc... ; puis le principe des machines électrostatiques, et la description des effets thermiques, chimiques, physiologiques, électromagnétiques produits par les courants de ces machines. En somme, ce premier chapitre donne une idée de différents appareils qui seront employés, et des phénomènes étudiés plus loin.
- Les lois des actions électriques sont ensuite exposées : expériences de Coulomb, distribution de l’électricité, aux points de vue théorique et expérimental, emploi des condensateurs, èlectroscopes et électromètres.
- On trouve dans cette étude de l’électricité statique la description d’un grand nombre dexpériences peu connues; à signaler les figures : ce nesont généralement pas des figures schématiques, qu’on emploie volontiers en France, mais des figures en perspective, fort bien faites et donnantla plupart du temps une représentation facile à comprendre de 1 appareil et de son maniement.
- Courant électrique. — Production du cou-rant ; étude très détaillée des différents cas
- de contact entre les métaux et les électrolytes, description et propriétés des principaux éléments.
- Effets du courant, étudiés parallèlement à ceux déjà vus, du courant des machines électrostatiques.
- On trouve ensuite un chapitre curieux, dont l’équivalent se rencontrerait difficilement dans un ouvrage français, et intitulé: appareils : c’est la description des différentes dispositions utilisées dans l’étude des courants : commutateurs, interrupteurs, bornes de jonction, production de courants périodiques au moyen de roues dentées ou d'excentriques, etc... toutes choses sur lesquelles on a souvent besoin de renseignements.
- Loi d’Ohm et ses conséquences. — Vérifications expérimentales. — Répartition du courant dans les conducteurs anisotropes.
- Déterminations expérimentales de la vitesse de Propagation de l’électricité. — La description des expériences de M. Bîondlot ne se trouve pas dans cet exposé, mais il est probable que l’auteur a voulu réserver pour un même chapitre des volumes non encore parus les recherches relatives aux oscillations électriques, qui ont jeté un jour si vif sur les questions relatives à la propagation.
- Détermination des résistances. — Cette étude est divisée en trois parties: i° Description des étalons de résistance. 20 Méthodes de mesure, dont la précision et la sensibilité sont discutées. f Exposé des résultats ; c’est surtout cette dernière partie qui est développée, particulièrement les points suivants : Influence des changements de structure, des impuretés de la tension, de la torsion; résistance des corps cristallisés ; résistance du sélénium, influence de l’éclairement, production de courants par éclairement ; solutions salines, résistance moléculaire.
- Détermination des forces êlectiomotrices. — Même division que dans le cas précédent, et étude très détaillée des différentes causes de variation des forces électromotrices : tempé-
- p.185 - vue 186/624
-
-
-
- L’ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- rature, pression, changements de structure.
- Production d'électricité par les mauvais conducteurs. — Différents modes de production : frottement, fusion, vaporisation, passage des liquides à travers une paroi poreuse (à ce sujet, endosmose électrique). Etude des machines électrostatiques ; travail fourni.
- TomeII (1894). Diélectriques.—L’étude des diélectriques est très détaillée. Elle débute par un exposé des méthodes de détermination des constantes diélectriques, méthodes statiques et méthodes fondées sur l’emploi des oscillations électriques. Ensuite sont traitées les différentes questions si délicates et si controversées concernant le mode d’action des diélectriques ; influence de la durée de la charge ; charge résiduelle ; comparaison avec les effets d’une élasticité imparfaite ; chaleur mise en jeu dans lapolarisation diélectrique; changements de forme, de volume, d’élasticité et de cohésion des corps sous l’influence des forces électriques ; phénomène de Kerr.
- Délations entre Vélectricité et la chaleur. — Sous ce titre, l'auteur comprend les effets thermiques des courants, et les phénomènes thermo-électriques.
- A signaler, dans la première partie, une étude des lampes à incandescence à propos de l’effet Joule ; dans la deuxième, l’exposé des propriétés thermo-électriques des cristaux, une discussion très intéressante sur les relations existant entre les courants thermoélectriques, les changements de température aux soudures et les différentes propriétés physiques des corps, enfin une étude des nombreuses théories de la thermo-électricité.
- Les propriétés pyro et piézo-éîectriques des cristaux sont d’abord l’objet de considérations générales, puis, pour chaque système, se trouvent réunis tous les résultats expérimentaux obtenus. Plusieurs questions peu connues sont traitées : production de l’électricité dans les cristaux par l’éclairement au moyen de différentes sources, influence des changements chimiques. Les théories, en
- particulier celle de Voigt, sont longuement exposées.
- Electrochimie. — L’électrochimie occupa la plus grande partie du tome II; c’est dire que l’étude en est très développée et qu’on trouvera là un exposé détaillé des méthodes de mesures et des résultats obtenus. Dès le début l’auteur étudie l’clectrolyse par les courants des machines statiques ; d’ailleurs dans tout l’ouvrageil semble tenir à montrer, dès les premières pages de chaque partie, que les phénomènes produits avec les deux sortes de courants sont identiques. Parmi les points traités, signalons les suivants : électrolyse des solutions ; électrolytes fondus ; matières organiques ; polarisation, sa mesure, polarisation dans les gaz ; couches doubles ; phénomènes électro-capillaires ; capacités initiales de polarisation ; influence de la température sur la polarisation ; courants produits par l’éclairement d’une des électrodes.
- L’auteur expose ensuite les considérations théoriques relatives à l’électrolyse ; théorie des ions, leur mouvement, leur vitesse ; recherches d’Arhénius, de van der Waals et d’Ostwald ; molécule simple, complexe, dissociée.
- Le volume se termine par l’étude des théories de la production de l’électricité par le contact des corps, et par un résumé comprenant tous les modes de production de l’électricité, destiné à montrer la plus ou moins grande vraisemblance des différentes théo-
- Tome III. (1895). Electrodynamique. — Expériences d’Ampère ; établissement des lois de l’électrodynamique par la méthode d’Ampère ; appareils fondés sur ces lois: électrodynamomètres ; expériences confirmant les lois pour les courants fermés (Weber, Boltzmann, Ettingshausen) ; courant terrestre.
- Electromagnétisme. — Nous trouvons d'abord l’exposé des procédés d’aimantation, puis les lois des actions des aimants entre eux, et enfin les lois de l’action des courants sur les aimants, les travaux qui ont permis
- p.186 - vue 187/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 187
- de trouver ces lois, les différents cas de rotation; le phénomène de Hall est étudié ici, comme l’effet d’une action particulière entre [es actions et les aimants. Après l’étude des [ois vient celle des méthodes de mesure fondées sur elles : méthode de Gauss, et à ce propos, étude du mouvement oscillatoire ; galvanomètres, absolus et usuels, ampèremètres, conditions de sensibilité.
- Lois de l’aimantation. — Après une description des principales formes d’aimants et d’électro-aimants se trouve l’étude théorique de l’aimantation : pérméabilité magnétique, lignes de force, fonction magnétisante ; puis l'étude expérimentale : mesure de l’intensité d’un champ magnétique, mesure des moments magnétiques et de l'intensité d’aimantation ; maximum d’aimantation; cycles d’aimantation; analogies des propriétés magnétiques des corps et de leurs propriétés élastiques; force démagnétisante; influence de l’état moléculaire du corps aimanté; étude particulière des corps aimantés fermés sur eux-mêmes.
- Relations entre Vaimantation et les propriétés mécaniques des corps. — M. G. Wiedemann a fait de nombreux travaux sur l’aimantation, et particulièrement sur ces relations ; aussi cette partie de l’ouvrage est-elle très développée ; elle est aussi très intéressante ; il n’est pour ainsi dire pas de phénomène sur lequel le magnétisme n’agisse ou avec lequel il n’ait une relation, et ces actions, seulement curieuses aujourd’hui parce qu’elles ne sont reliées entre elles par aucune idée générale, donneront certainement plus tard des renseignements précieux sur les actions moléculaires. Signalons en particulier : les changements de forme par aimantation, et 1 influence réciproque des pressions et des tensions sur l’aimantation ; les relations entre la tension et l’aimantation; l’influence de 1 aimantation sur les conductibilités électrique et thermique, et sur le pouvoir thermo-électrique des corps.
- Dans un chapitre spécial, est étudiée l’in-
- fluence de la température sur le magnétisme, et la chaleur produite dans l’aimantation par les courants variables.
- Corps peu magnétiques et diamagnétiques. — Les méthodes de recherche, à cause de la faiblesse des effets, sont différentes de celles qu’on emploie dans le cas des corps magnétiques, et font l’objet d’un chapitre particulier. Les résultats des expériences sont donnés ensuite avec détail ; puis sont réunies les relations de l’aimantation avec les propriétés des corps : influence de l’aimantation sur le pouvoir diélectrique, les dimensions, les conductibilités électrique et thermique, et les propriétés thermo-électriques. Il semble d’ailleurs que dans tout l’ouvrage l’auteur ait particulièrement tenu à mettre en évidence les relations entre les différentes propriétés des corps, comme celles que nous venons de signaler, ou que nous avons notées plus haut, et les causes des variations des propriétés spécifiques telles que la conductibilité ou la perméabilité magnétique.
- Relations entre la lumière et le magnétisme. — Etude de la polarisation rotatoire magnétique, et delà réflexion de la lumière sur les aimants, et exposé des essais d’explications théoriques de ces phénomènes.
- Différentes actions du champ magnétique. — La fin du tome III est consacrée à la description des expériences, dont beaucoup sont négatives faites pour chercher l’influence du magnétisme sur les vibrations lumineuses, la cristallisation, la cohésion, l’attraction newtonienne et les réactions chimiques.
- Ch. AIaurain.
- Annuaire du Bureau des Longitudes. Gauthier-Villars et fils, éditeurs, quai des Grands-Augustins, Paris. Prix 1,50 fr; franco, 1,85 fr.
- Comme tous les ans à pareille époque le Bureau des Longitudes vient de faire paraître son annuaire. Celui de cette année présente sur ses devanciers quelques améliorations et quelques additions qui prouvent le souci
- p.187 - vue 188/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- constant qu’a la Commission de l’Annuaire de maintenir cet ouvrage au niveau des progrès de la science.
- Parmi les additions, signalons deux notes de M. Cornu relatives à la spectroscopie : la première sur les raies brillantes de la chromosphère, récemment identifiées avec des substances terrestres, la seconde sur les identifications des nouvelles raies des spectres stellaires; l’insertion dans le tableau des éléments magnétiques de la France des valeurs déterminées par M. Moureaux en 1895; un tableau, dû à M. Damour, renfermant les densités de quelques uns des nouveaux composés obtenus par M. Moissan ; carbure de calcium, carbures et borures métalliques, chaux cristallisée, magnésie fondue, etc.; un nouveau chapitre de M. Cornu sur les chaleurs latentes de fusion et de vaporisation de l’eau, etc.
- Les Notices débutent par Les forces à distance et les ondulations, par M. Cornu, notice que nous analyserons prochainement.
- La seconde, également due à M. Cornu, a pour titre Les travaux de Fresnel en Optique et est extraite du Livre du Centenaire de l’Ecole Polytechnique, où se trouvent réunies les biographies des hommes illustres sortis de cette Ecole. L’auteur y suit pas à pas les travaux de Fresnel depuis 1815, année où, âgé seulement de 27 ans, et sans autre aide qu’un serrurier de village il fait ses premières expériences, jusqu’en 1819, où il est forcé d’abandonner ses études favorites, pour se consacrer entièrement à ses devoirs professionnels. En lisant cet exposé chronologique des documents de Fresnel, on reste émerveillé, non seulement de la rapidité avec laquelle elles se sont succédé, mais encore de l’unité de direction qui a réglé les phases successives de ces recherches, et de la logique qui préside à leur succession.
- Après une notice de M. de Bernardièrcs sur la construction des nouvelles cartes magnétiques du globe, notice que nous avons reproduite récemment dans ce journal (1), AL Jans-
- (1) L’Éclairage Électrique, T. V. P. 433; 30 Novem-re 1895.
- sen fait la description de sa troisième ascension à \J Observatoire du Mont-Blanc et des travaux exécutés pendant l’été de 1895 dans le massif de cette montagne. Enfin deux notices nécrologiques : vie et travaux du contre-amiral Fleuriau. par M. de Bernardières et allocutions de M. Janssen et de A1. Tisserand aux funérailles de M. E. Brumrer, terminent cet ouvrage.
- J. B.
- CORRESPONDANCE
- Monsieur le directeur,
- Un travail récent intitulé « sur les dimensions des unités électriques et magnétiques )), qui a paru sous ma signature dans ce journal {’), a soulevé des protestations parmi les personnes au courant de cette question, principalement à cause de la manière de formuler l'accélération que j’écris en dimension explicitement dépendante de la masse :
- A = L M T-*.
- J’ai attendu, espérant qu’une critique de fond se produirait ici même, tant sur mon point de départ que sur les raisonnements qui m’ont amené a adopter un tel mode d’écriture. Mais les objections qu’on m’oppose portent sur mes résultats définitifs et non sur leur élaboration.
- 11 importe donc d’examiner la question de nouveau.
- Je suis parti d’une formule d’astronomie exprimant la loi de gravitation universelle de Newton :
- F est la force dépendante du milieu qui s’exerce entre deux astres de masses M et m séparés par la distance l.
- On suppose que la masse matérielle, coa*
- O T. V, P. 30,.
- p.188 - vue 189/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- sidérée comme grandeur fondamentale, est irréductible à la longueur et au temps.
- Cette hypothèse à priori a pour but de ré-server la- nature de la masse qui nous est inconnue; elle n’engage qu’autant qu’elle ne mène pas à des résultats inadmissibles.
- En astronomie comme en mécanique, l’accélération est le rapport d’une force à une masse.
- L’accélération de la planète m dans son mouvement vers M est, d’après l’équation (i)
- Sous cette forme, on voit qu’elle est proportionnelle à la masse attirante M. C’est le point principal de mon argumentation.
- Dès lors, on est en présence de ce dilemme : Ou bien, les grandeurs fondamentales, la longueur, la masse et le temps sont réellement irréductibles et, alors, pour tenir compte de la proportionnalité de l’accélération à la masse, il faut introduire celle-ci dans la formule de l’accélération en écrivant A = L M T*’. Il n’y a là rien que de naturel ;
- Ou bien, l'accélération considérée dans sa définition classique A = LT"’ est implicitement proportionnelle à la masse. Ceci n’est pas évident et n’a lieu que sous une certaine condition. Dans ce cas, en identifiant la dimension L T"* avec celle qui résulte de l’équation (a), il vient
- m = 0)
- C’est à dire que l’irréductibilité admise du système fondamental L, M, T disparaît lors-qu il s’agit de la gravitation universelle.
- Le résultat exprimé par l’équation (5) est acquis depuis longtemps (’).
- h me semble donc que les objections soulevées sont bien plutôt le procès d’un système déterminé d’unités fondamentales que celui de ses déductions logiques basées sur l’em-ploi d’une formule admise par les auteurs de la protestation.
- Adolphe Perrin.
- (1) Lumière Électrique, t. VIII, 1884, SzarvadY.
- CHRONIQUE
- Voiture en aluminium. — L’Echo des Mines annonce que l’Administration des chemins de fer de l’Etat a terminé l’étude d’un wagon à voyageurs dans lequel toutes les parties ordinairement en fer seront en aluminium, sauf les essieux, les roues et les organes d’attache.
- A résistance mécanique égale, la diminution de poids sera de 1 500 kg environ ; pour un train ordinaire, l’économie de poids pourrait atteindre et dépasser 30 tonnes, ce qui conduirait à une économie sensible des frais de traction.
- Lignes télégraphiques en cuivre. — On sait que les lignes téléphoniques à grande distance se construisent aujourd’hui toutes en cuivre. Les compagnies américaines ont aussi commencé depuis quel que temps déjà à construire en fil de cuivre leurs lignes télégraphiques. C’est ainsi que le dernier rapport (1894-1895' delà Western UnionTelegraph C°, montre que sur 19 093 km de nouvelles lignes télégraphiques plus de 16000 km sont en cuivre. Le rapport annonce l’intention de la compagnie d’employer dorénavant ce métal dans la construction de toutes les nouvelles lignes, parce qu’elle a reconnu qu’avec le cuivre on réalise une économie d’exploitation, parceque la rapidité de transmission atteinte est plus grande, le poids qu’ont à supporter les poteaux plus faible, et la ligne moins exposée à l’influence nuisible des agents atmosphériques.
- L’avantage est au cuivre depuis que les tréfileurs portent leur attention sur les qualités spéciales qu’exigent les lignes télégraphiques. La Compagnie emploie deux grosseurs de fil, l’une de 2,9 l’autre de 2,6 mm. Ces fils pèsent respectivement 58,8 et 43,7 kg par kilomètre.
- Production du vide dam les lampes à incandescence. — Il a été question récemment d’ua procédé qui permettrait d’obtenir un vide presque parfait dans les ampoules de lampes à incandescence. Ce procédé, inventé par M A. Malignani consiste à introduire dans la lampe dont l’air est déjà raréfié à l’aide de la machine pneumatique, des vapeurs de phosphore, d’arsenic, de souffre ou d’iode. Il paraît que ces vapeurs formeraient avec
- p.189 - vue 190/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 190
- les gaz qui s’échappent du filament de charbon, ou d’une couche de charbon superficielle déposée dans ce but sur le filament, des composés solides qui, précipités, laisseraient subsister un espace complètement vide.
- Un moteur à gaz de 200 chevaux, le plus grand construit jusqu’à présent en Allemagne est employé à l’exposition de Lübeck pour la production de l'énergie électrique nécessaire à l’éclairage dé cette exposition. Ce moteur, du type Korting actionne une dynamo directement couplée sur son arbre moteur.
- L’hélium. — M. Ramsay et ses élèves s’occupent activement de l’héliui>:, gaz nouveau qui, après l’argon a été découvert par les savants anglais. D’après une communication récente faite à ce sujet au journal Nature, l’hélium s'est jusqu’ici montré réfractaire à la liquéfaction. Soumis à la pression de 140 atmosphères, à la température de l’air bouillant, et la détente subite, il n’a donné aucun signe de liquéfaction.
- M. Ramsay est enclin à voir dans l’hélium non pas un corps simple, mais un mélange de deux et peut-être de plusieurs éléments. En ce cas, la température d’ébullition doit être extraordinairement basse. Il peut sembler étrange que le point de liquéfaction de l’hélium, dont la densité estdouble de celle de l’hydrogène, soit inférieur au point de liquéfaction de ce dernier gaz ; mais l’argon, de densité plus élevée que l’oxygène, se liquéfie à une température bien inférieure à la température de liquéfaction de l’oxygène.
- • La turbine de Laval en Amérique. —Nous apprenons que la Compagnie américaine Westhing-house vient d’acquérir les brevets de Laval pour les Etats-Unis de l’Amérique du Nord.
- On annonce, d’autre part, que dans quelques semaines la Compagnie Edison, de New-York, mettra en marche à l’une de ses stations deux turbines de Laval de 300 chevaux avec dynamos. Ces turbines ont été construites par la maison Bréguet, et sont actuellement en route pour New-York. La commande a été faite sous les conditions suivantes:
- Chaque turbine de 300 chevaux devra actionner deux dynamos Desroziers de 133 chevaux. L’arbre de la turbine tournera à 13000 tours par minute .et .actionnera par l’intermédiaire d’un engre-
- nage hélicoïdal deux arbres de dynamos à 1300 tours par minute. Chaque dynamo devra produire1 sans échauffement nuisible 770 ampères à 130 volts, ou 625 ampères à 160 volts.
- Le record de consommation des machines à vapeur était détenu jusqu’ici par les machines Allis, installées à Milwankee, en Amérique : une machine de 700 chevaux consommait 5,159 kg de vapeur sèche 1 ar cheval-heure indiqué; c’était le plus beau résultat connu. Suivant Y Ingénieur civil, un mécanicien allemand, M. Schmidt, d’Aschersleben, en combinant une surchauffe énergique de la vapeur avec une forme nouvelle du moteur, a réussi à abaisser la consommation à 4,550 kg dans une machine de 60 chevaux à condensation..Un moteur de 3 chevauxn’a consommé lui-même que 9,170 kg de vapeur par cheval-heure : autrefois des machines de cette puissance étaient réputées bonnes avec une consommation double. M. Schmidt surchauffe la vapeur à 360°, à l’aide de serpentins en fer étiré mis à la suite du générateur; ces petites machines, analogues à des moteurs à gaz, sont à simple effet, et elles sont munies de soupapes automobiles et d’autres dispositifs tels que la haute température du fluide admis ne nuise pas au fonctionnement. Les machines de 60 chevaux et de puissances supérieures sont verticales et composées de deux cylindres superposés, dont le premier est seul à simple effet, et dont la partie inférieure du second remplit la fonction de receiver, D’après témoignage du professeur Schroker de Munich, la consommation de charbon médiocre par cheval-heure effectif ne dépasse pas 700 gr: c’est un résultat comparable à celui qu’on obtient par les moteurs à gaz pauvre.
- Désincrustation des chaudières à vapeur. — On sait que le carbonate de chaux n’est tenu en dissolution en grande quantité dans l’eau que par suite delà présence d’acide carbonique libre. Le carbonate se dépose donc dès que par l’ébullition l’acide carbonique est chassé. Inversement, on peut se servir du gaz carbonique pour redissoudre le dépôt calcaire. A cet effet, suivant un procède mis en pratique récemment, on introduit dans la chaudière de l'acide carbonique liquide, lequel en s’évaporant établit une pression de plusieurs atmosphères, se dissouten partie et opère la désinj crustation.
- p.190 - vue 191/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- geparati°n électrolytique des métaux. — MM, Smith et Wallace continuent leurs recherches sur la séparation des métaux à l'aide de l’électrolyse. Ils ont réussi à séparer complètement des autres métaux, en employant des solutions de cyanure double, le cadmium, le mercure, l’or et l’argent ; mais il fallait de 12 à 14 heures pour l’opération complète. En collaboration avec M. Spencer, M- Smith a réussi à accélérer le dépôt du mercure et de l'argent en chauffant l’électrolyte à environ 650. On a trouvé aussi qu’à cette température le mercure peut être séparé quantitativement du cadmium, du zinc, du nickel et du cobalt en solution des cyanures, contenant un peu de cyanure de potassium libre, en employant une densité de courant de 0,06 à 0,08 ampère par décimètre carré. A la même température l’or se sépare du cobalt, de l’arsenic, du zinc et du nickel avec un courant de 0,1 ampère, ou du cuivre avec un courant de 0,07 ampère par décimètre carré. L’argent peut être séparé du zinc, du nickel et du cobalt, de même que du cuivre et du cadmium, à l’aide d’un courant de 0,04 ampère par décimètre carré. Les auteurs ont trouvé- que les précipités sont purs et se complètent en 3 heures et 3 1/2 heures.
- fl reste à trouver les conditions, dans lesquelles on peut séparer en solution cyanique l’argent de l’or et le mercure de l’or et de l’argent.
- L’électro-aimant comme appareil de lavage. — MM. Siemens et Halske se servent d’un grand électro-aimant pour soulever et transporter des pièces en fer dans un atelier. Afin de permettre le maniement de pièces de forme quelconque, cet électro-aimant est muni de pièces polaires articulées de façon à pouvoir s’adapter sur des surfaces courbes ou irrégulières.
- Chemin de fer électrique en mer. — Engineering nous apprend que M. Magnus Volk espère ouvrir en avril prochain, une ligne ferrée de cons-huction originale entre Brighton et Rothingdean,
- Sa longueur est d’environ 6400 mètres ; elle est située sur le rivage de la mer, près du niveau des basses eaux, de manière qu’elle sera submergée Pendant la plus grande partie des 24 heures.
- N y a quatre lignes de rails, établis en double v°ie ; U distance des rails extrême est de 5 m. 40 : chaque paire de rails est supportée par des blocs artificiels encastrés dans le roc ; la pente la plus
- forte est de 1 à 300, et le moindre rayon de courbure est de 800 mètres.
- La voiture conçue par M. Georges Moore, ingénieur de la compagnie, a été construite par la Glocester wagon Company. Chacun des quatre supports principaux est un tube en acier de o m.300 monté sur un bogie à quatre roues. Les bogies conducteurs sont entraînés par une bielle verticale passant dans ces tubes. Le plancher de la voiture est à 6,90 m au-dessus de la voie, de manière qu’il ne sera jamais atteint par les vagues. Sur cette plateforme de 14 mètres X 6,90 m sera établi un salon de 7,50 m, 3,90 m.
- La force motrice devait d’abord consister en un courant fourni par des accumulateurs, mais on y a substitué le système à trôlet. Le fil aérien sera supporté par des pylônes à terre.
- Le gouvernement a donné son approbation à cette construction, dont le coût est évalué à 625.000 francs.
- Système mixte de traction à trôlet et par accumulateurs. — Le système de traction électrique employé à Hannovre, est un exemple, peut-être unique de l’application simultanée du trôlet et des accumulateurs.
- A l'extérieur de la ville et dans les faubourgs les voitures empruntent le courant à une ligne aérienne. L’énergie électrique en même temps qu’elle actionne les moteurs charge aussi la batterie d’accumulateurs que porte la voiture. En arrivant dans les quartiers centraux de la ville, la voiture continue sa route sur une voie ordinaire, et la force motrice est alors fournie parla batterie.
- Actuellement, les voitures en service sont au nombre de 32 qui sera porté à 62 au printemps pro-
- Chaque voiture porte 2 1/2 tonnes d’accumulateurs du type de la fabrique de Hagen, et la compagnie paye annuellement 2 000 francs par voiture pour l’entretien de ces batteries.
- Le nouveau tunnel sous la Tamise. — On achève en ce moment, à Blackwall, dans la banlieue de Londres, un nouveau tunnel sous la Tamise, destiné à relier entre elles Poplar et Greenwich. Ce sera le troisième ouvrage de cegenresous ce fleuve. Les procédés employés pour l’exécuter sont analogues à ceux que nous avons décrits pour la construction du grand siphon des eaux d’égout qui traverse la Seine à Asnières.
- p.191 - vue 192/624
-
-
-
- *9;
- L’ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Dans son ensemble, d'après ce que relate la Revue Scientifique, le nouveau tunnel de Londres mesure 1,600 mètres de longueur, dont 1,100 mètres établis au moyen de l’air comprimé, les accès sur chacune des rives ayant été faits à ciel ouvert. Danslespartiesen tranchée les murs de soutènement sont pourvus d’un revêtement en briques émaillées blanches, de même d’ailleurs que les parois du tunnel. Ces briques émaillées, éclairantes en quelque sorte, ont été également employées récemment a Paris même, dans le prolongement souterrain du chemin de fer de Sceaux-
- Le percement du tunnel a été entamé en mars 189a par l’extrémité sud où le sol était plus favorable ; en septembre 1894, le tunnel traversait le fleuve. Durant les premiers 200 mètres tout alla bien, l’avancement mensuel était de 45 mètres et la pression de l’aime dépassait pas 1 kil. a 2 kilos ; mais on arriva bientôt en un pointoù le bouclier, employé pour le creusement du tunnel, n’était plus séparé du fleuve que par une couche de 1,80 m à 2 mètres de gravier. Malgré la précaution prise d’immerger d’énormes quantités de glaise au point correspondant du fleuve, les travaux subirent un temps d’arrêt et l’avancement ne fut plus que de 7 à 8 mètres par mois ; la pression de l’air dut d’ailleurs être portée à 2,4 kil.
- Le nouveau tunnel est le plus grand qui ait ja-maisété construit, il mesure 8,22 m de diamètre, il reste encore près de 300 mètres à percer, mais les passages difficiles sont franchis et l’on compte que l’ouvrage pourra être livré au public au printemps de 1897. Le tunnel ne doit recevoir qu’une simple route pour voitures et piétons.
- Le chemin de fer métropolitain. — La commission municipale chargée de se prononcer sur les conditions d’établissement du chemin de fer métropolitain, d’accord avec les décisions adoptées par le gouvernement, s’est réunie, le 8 décembre, à l’Hotel de Ville.
- Après une discussion approfondie des divers projets qui ont été développés devant elle par leurs auteurs, la commission n’a pris que des résolutions de principe qui se résument ainsi :
- Ie Le chemin de fer aura le caractère d’un réseau urbain ; il sera construit à voie étroite et à traction électrique. L’exploitation sera faite par une compagnie fermière.
- 2n Le réseau se composera : a) d’une voie circulaire suivant, autant que possible, la ligne des
- anciens boulevards, soit à niveau, soit en tranchée ouverte ; les voies souterraines devront, être évitées autant que faire se pourra :
- b) D’une ligne transversale nord-ouest-nord-est passant par la rue Réaumur, centre de gravité de l’agglomération parisienne :
- c) D’une ligne transversale nord-sud dont le tracé n’a pas été déterminé.
- C’est sur ces données générales que le directeur administratif des travaux de la ville de Paris étudiera les projets d’exécution et la possibilité de donner satisfaction aux désirs du gouvernement pour le prolongement delà ligne des Moulineaux jusqu’auxgares d'Orléans, de Lyon et de Vincennes,
- Mais la commission a repoussé tout raccord direct du réseau urbain avec les lignes des grandes compagnies.
- Le contact pourra s’établir par les gares d’échange juxtaposées.
- La commission s’est ajournée à un mois.
- Elle espère qu'à cette époque l'honorable M. Huet, qui fut chargé des études du chemin de fer métropolitain par M. Alphand, depuis l’année 1893 jusqu’en 1880, pourralui soumettre un projet définitif.
- Ce projet sera conforme aux désirs fréquemment manifestés du Conseil municipal et aux indications du gouvernement.
- L’Eclairage électrique et les incendies. — Dans une lettre adressée dernièrement à The Times, le majar Flood Page publie les chiffres suivants qui lui ont été communiqués par le capitaine Simonds, du corps des sapeurs pompiers de Londres, et relatifs au nombre d’incendies causés dans les quartiers centraux de cette ville, par les différents modes d’éclairage ;
- Nombre d’incendies causés à Londres par :
- 1892 1893 1894
- Les bougies •75 235 •57
- Le gaz 265 284 284
- Les lampes L'Electricité 573 456 5 476 3
- Sur l’ensemble des 2714 incendies occasionnés parles procédés d’éclairage pendant ces 3 années, on voit que 9 seulement ont été dus à l’électricité.
- Ces chiffres prouvent une fois déplus que l’éclairage électrique est de beaucoup le moins dangereux des procédés d’éclairage artificiel.
- L'Éditeur-Gérant : Georges CARRÉ
- p.192 - vue 193/624
-
-
-
- Tom‘
- VI.
- Samedi 1 Février 189é
- 3e Année. — Nn S
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- Directeur Scientifique ; J. BLOND1N Secrétaire de la rédaction : G. PELLISSIER
- le secteur de la rive gauche
- Le secteur de la rive gauche de Paris se distingue des autres secteurs parisiens déjà en exploitation par son importance, par les grandes distances existant entre les centres de consommation les plus éloignés et de plus par la très grande diversité des consommateurs. 11 a semblé que seule la distribution par courants alternatifs à haute tension permettrait d’obtenir un fonctionnement satisfaisant et une exploitation rationnelle. Nous allons examiner de quelle manière la question a été résolue.
- USINE GÉNÉRATRICE D’ISSY
- Emplacement de l’usine. — Aspect général et dimensions.
- L’usine est construite au bord de la Seine dont elle n’est séparée que par une étroite bande de terrain et par la chaussée dite « Quai d’Issy-les-Moulineaux ». Elle est située à environ i kilomètre en aval du viaduc d Auteuil (Point du Jour) ; elle sc trouve donc placée dans la commune d’Issy, en dehors de l’enceinte fortifiée et des limites de l’octroi. Le choix de cet emplacement est des plus heureux et l’usine a pu y être installée dans les conditions les plus avantageuses. La proximité du fleuve lui assure en effet les deux éléments principaux essentiels a son existence, le charbon et l'eau • le char-
- bon, qui doit fournir l’énergie mécanique destinée à être transformée en énergie électrique et qui parviendra au lieu de consommation par la voie la plus économique ; l’eau nécessaire à l’alimentation des chaudières, à la condensation et aux besoins multiples d’une grande usine, qui sc trouve en abondance et dans une proportion pour ainsi dire illimitée. Le déchargement des bateaux amenant le charbon devant l’usine se fera au moyen d’une grue actionnée par un électromoteur à courants alternatifs.
- L’usine proprement dite se compose de deux vastes bâtiments accolés, l’un de 94 m de longueur sur- 1.8 m de largeur destiné à recevoir les chaudières ; l’autre, de 105 m de longueur sur 14, 500m de largeur, renfermant les machines, les moteurs, les dynamos et le tableau ; ces deux bâtiments sont, dès maintenant, achevés sur la moitié de leur longueur.
- La figure 1 représente le plan de lune des moitiés de l'usine d’Issy ; la figure 2 donne la coupe des bâtiments prise suivant l’axe d’une des chaudières A; la figure j la coupe suivant un plan vertical passant par l’axe de la bâche d’eau d’alimentation 1. A ces figures se rapporte la légende suivante:
- A. Chaudières à vapeur.
- 13. .Machines principales et alternateurs.
- C. Machines et dynamos excitatrices.
- D. Tableau de distribution. •
- lù.-Condenseurs à surface.
- F. Machines de circulation d’eau.
- p.193 - vue 194/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- *94
- G. Groupes de pompes à air de la condensation.
- H. Filtres pour eau d’alimentation.
- I. Bâche centrale pour eau d’alimentation.
- J. Machines alimentaires.
- K- Galerie d’amenéc de l’eau de condensation.
- L. Galerie de retour d'eau de condensation à la Seine.
- M. Galerie des fils.
- Actuellement l’usine comprend 7 chaudières ; mais, une fois terminée, elle en renfermera 20, disposées en 4 batteries de 5 chaudières. Elle comporte 3 groupes principaux de 400 kilowatts chacun, et 2 groupes d’excitation ; mais à son achèvement elle renfermera 10 groupes principaux semblables, dont 8 devant assurer le service à pleine marche avec le secours de 18 chaudières, les autres servant de réserve, ainsi que 2 groupes d’excitation supplémentaires devant servir de réserves.
- Après avoir adopté le type d’unité de 400 kilowatts, d’une puissance assez élevée pour permettre un fonctionnement économique et assez réduite pour donner à l’ensemble, par un morcellement rationnel de la puissance totale prévue pour la station, la souplesse nécessaire aux variations importantes qui peuvent se produire dans une installation de ce genre, il y avait lieu de se demander si, pour assurer l’indépendance de chaque groupe, il fallait le munir de ses appareils auxiliaires particuliers : condensation pour le moteur, excitatrice pour la dynamo.
- En d’autres termes, fallait-il créer dans la station centrale autant de sous-stations que d’unités prévues ? Les ingénieurs chargés de fixer les bases du 'projet ont cru préférable, tout en réservant la possibilité d’isoler chaque groupe de moteur avec sa dynamo ou chaque chaudière, de réunir tous les appareils auxiliaires au centre même des deux bâtiments. Au lieu de disperser dans l’usine ce que l’on peut appeler ses organes vitaux, c’est-à-dire les appareils dont dépend la bonne marche de l’ensemble, comme les pompes alimen-
- taires des chaudières et les excitatrices des alternateurs, on les a groupés au centre, de manière à en faciliter la surveillance et à les mettre à proximité du tableau de distribution. C’est de la plate-forme de ce tableau qui domine tout l’ensemble de l’installation que le chef de station, guidé \ ar ses appareils de contrôle, peut distribuer s'es ordres et modifier le régime de ses appareils suivant les circonstances. A proximité du tableau et sur l’alignement des 10 groupes de machines à vapeur et de dynamos sont installés les 4 groupes d’excitatrices des alternateurs. En raison de leur rôle capital, ces excitatrices ont été prévues en double, 2 devant pouvoir assurer le service à pleine marche et les 2 autres servant de réserves.
- Au delà des excitatrices, au centre même des bâtiments, se trouvent groupés les appareils auxiliaires : condenseurs à surface, moteurs et pompes de circulation, moteurs et pompes à air, pompes à vapeur d’alimentation des chaudières, ces dernières également prévues en double en raison de leur rôle essentiel. Tous ces appareils ont été placés dans une fosse en contre bas du niveau de la salle des machines et des chaudières, pour les rapprocher du niveau de l’eau qui doit être aspirée par les pompes.
- L’eau de Seine étant très chargée de calcaire, on avait songé, pour éviter la formation de dépôts trop considérables dans les chaudières, à avoir recours à un système d’épurateur, mais en vue d’éviter la complication et l’encombrement d’appareils de ce genre, on a préféré adopter la condensation par surface en raison de la grande quantité d’eau dont on peut disposer pour le refroidissement du condenseur ; la vapeur condensée et les eaux de purge, sont recueillies dans une bâche 1 après avoir passé dans des filtres H qui les débarrassent des matières grasses dont elles sont plus ou moins chargées, puis reprises par les pompes J pour l’alimentation des chaudières.
- Tout ce système de groupement des appa' refis auxiliaires est conçu de telle façon qu®
- p.194 - vue 195/624
-
-
-
- p.195 - vue 196/624
-
-
-
- :96
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- chacune des chaudières ou machines pourra être isolée de l’ensemble, les machines pouvant lonctionner à volonté à échappement libre ou à condensation.
- Ces quelques considérations générales étant exposées, nous allons essayer de décrire chacun des principaux éléments de cette installation.
- 1. --- APPAREILS MÉCANIQUES
- Chaudières, — Les chaudières A du type dit « multitubulaire )) sont composées d’un fais-
- ceau de tubes assemblés à leurs extrémités par deux caissons en tôle entretoisée et surmontés d’un réservoir d’eau et de vapeur formant dôme.
- Chaque chaudière est suspendue à des poutres transversales reposant sur des colonnes en fer ; aucun point d’appui n’étant pris sur les maçonneries, les chaudières sont entièrement libres de se dilater et de se contracter. De plus, grâce à cette disposition les maçonneries peuvent être réparées sans toucher aux chaudières. Les dimensions principales et les
- conditions de fonctionnement de ces chau-
- dières sont les suivantes :
- Timbre.................... 12 kg
- Surface de chauffe du iais-
- ceau tubulaire.......... 185,20m’
- Surface de chauffe totale . . 210m*
- Surface de grille......... 4,50 ms
- Nombre de tubes........... 108
- Diamètre extérieur des tubes 0,100
- Longueur des tubes ..... 5,400
- Volume d’eau.............. 15,300m*
- Volume de vapeur. ..... 4,900 m1
- Tuyautage de vapeur. — La conduite générale de vapeur se composera, une fois l’usine achevée, de deux collecteurs principaux de 500 mm de diamètre intérieur, réunis par 4 conduites transversales. L’un de ces collecteurs recevra les prises de vapeur des 20 chaudières, l’autre les 10 prises de vapeur des machines auxiliaires ; une vanne d’isolement sera placée sur le collecteur à l’origine de chacun des branchements.
- Des vannes placées sur le parcours des collecteurs principaux et des conduites transver-
- p.196 - vue 197/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- :97
- sales de communication permettront l’isolement des divers tronçons des conduites correspondant à chaque machine principale, à chaque batterie de chaudières et meme, à chaque groupe de i ou 2 chaudières.
- On pourra ainsi envoyer la vapeur de n’importe quelle batterie de chaudières à n'importe quelle machine.
- Sur le parcours du branchement spécial à chacune des machines principales est disposé un séparateur d’eau et de vapeur, portant purgeur, et un régulateur détendeur permet-
- tant de distribuer la vapeur à une pression déterminée et pouvant varier facultativement de 8 à 10 kg par centimètre carré. On a adopté la pression de 12 kg aux chaudières pour constituer une réserve de pression destinée à parer à la surcharge accidentelle de l’usine.
- Alimentation. — L’alimentation des chaudières est assurée par 4 pompes à vapeur J dites « petits chevaux » installées dans la fosse des appareils auxiliaires.
- Chacune d’elles, fonctionnant à l’allure nor-
- Fig. 3. — Coupe des bâtiments suivant îe plan médian.
- male, devra pouvoir refouler aux chaudières 30 mètres cubes d’eau par heure, correspondant à l’alimentation de la moitié de l’usine fonctionnant en pleine marche et à condensation.
- Les pompes sont à double effet, à action directe et à un seul cylindre à vapeur.
- Dans la marche à condensation, l’aspiration des pompes alimentaires se fait dans une bâche, centrale, en tôle, installée dans la fosse et recevant les eaux refoulées par les pompes
- à air du condenseur et les eaux évacuées par les bouteilles des conduites de purge.
- Deux autres caisses disposées de chaque côté de la bâche centrale reçoivent les matières grasses des eaux d’alimentation.
- Dans la marche sans condensation, les petits chevaux aspireront dans l’un ou l’autre de 2 puits voisins en communication avec une galerie d’amenée d’eau de circulation.
- Les conduites générales pour l’alimentation des chaudières et les conduites spéciales
- p.197 - vue 198/624
-
-
-
- :98
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- à chaque générateur sont disposées en double de telle sorte qu’un accident survenant à une partie quelconque de ces tuyautages, n’interromprait pas le service de l’alimentation.
- Machines 'principales. —Les machines (fig. 4 à 9) sont horizontales, à 2 cylindres à vapeur C C' fonctionnant en compound et accouplés sur lé même arbre moteur.
- plan de l’<
- machine et d’
- de 700 chevaux.
- MM. Schneider et O, au Creuzot, constructeurs.
- Elles peuvent fonctionner à condensation ou à échappement libre.
- La distribution dans chacun des cylindres est faite par des tiroirs cylindriques équili-
- brés T T', commandés par des arbres spéciaux disposés en prolongement des arbres moteurs et entraînés par des contre-manivelles. L’excentrique du tiroir du grand cylindre
- p.198 - vue 199/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- [99
- est calé directement sur l’arbre de distribu- I est porté par le régulateur R fixé sur l’arbre tion correspondant. de distribution de ce cylindre ; le régulateur
- L’excentrique du tiroir du petit cylindre | agit sur l’excentrique pour modifier en même
- Fig. 5. — Coupe transversale à travers les cylindres,
- temps sa course et son calage; l’admission I Les manivelles motrices sont équilibrées, dans le petit cylindre peut ainsi varier de o à Chaque cylindre à vapeur est muni d'une environ 50 centièmes. | enveloppe de vapeur vive s’étendant aux fonds
- Fig. 6.
- - Coupe tr
- et aux couvercles, d’une enveloppe calorifuge I la vapeur est assuré par des appareils auto-et dune garniture en tôle. I matiques; indépendamment de ces appareils,
- Le graissage des organes se mouvant dans I des robinets graisseurs sont disposés sur les
- p.199 - vue 200/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- divers organes qui peuvent avoir besoin accidentellement d’un supplément de graissage.
- Les dimensions principales et les conditions de fonctionnement de ces machines sont
- es suivantes :
- Diam. du petit cylindre à vapeur. 0,550 Diamètre du grand cylindre à vapeur .............................. 0,850
- Course commune des pistons. . . 0,900
- Nombre de tours par minute. . . 125
- Pression initiale de la vapeur sur le petit piston.................... 8àç kg
- Puissance indiquée sur les pistons, correspondant à la production de 400 000 watts : 7ooch
- Condenseurs à surface avec machines et pompes de circulation, tuyautages et pompes à air. — La condensation sera assurée par deux groupes semblables, installés dans la fosse des appareils auxiliaires et comprenant chacun :
- Un condenseur à surface, une pompe de circulation avec sa machine motrice, les pom-
- côté du cylindre à h
- pes à air et leurs machines motrices, les tuyautages correspondants.
- Chaque groupe pourra assurer la condensation de 4 machines principales et des appareils auxiliaires correspondants ; petits chevaux d’alimentation, machine de circula-iation, machines de pompes à air.
- La surface de condensation par appareil est de 565 m1 , les tubes ont un diamètre de o, 020 m et leur longueur entre plaques est de 3,000 m. Le nombre de tubes est de 3020.
- Les pompes de circulation sont du système centrifuge et actionnées directement par des moteurs spéciaux évacuant leur vapeur d’échappement au condenseur. Les pompes et leurs moteurs sont calculés par un débit maximum normal de 1 5 50 m3 par heure correspon-
- dant à environ 500 litres par cheval heure indiqué.
- Les machines motrices sont verticales à un seul cylindre à vapeur, du type dit « à pilon » et sans régulateur.
- Les 3 pompes à air de chaque groupe sont actionnées par un moteur indépendant vertical à 3 cylindres à vapeur égaux, conjugués sur le même arbre moteur et du type dit « à pilon ».
- Chaque cylindre sera pourvu d’un appareil de détente du système Meyer,
- Les pompes à air, du système vertical à simple effet, sont actionnées au moyen de balanciers en acier forgé, mus par les tiges de piston du moteur.
- L’aspiration des pompes à air s’effectue
- p.200 - vue 201/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- dans un tuyautage général en fonte, avec I les 2 condenseurs et muni des vannes néces-coudes en cuivre, mettant en communication ^ saires pour que n’importe quel groupe de
- 1
- :ôté du cylindre à basse pi
- pompes à air puisse aspirer dans n’im- 1 Une conduite générale d échappement à porte quel condenseur. I diamètre mettra en communication les 2
- — Coupe longitudinale
- condensateurs, les io machines principales I II. — appareils électriques
- 6,.recevra également l’échappement des marines auxiliaires. Dynamos -principales. — Chaque alterna-
- p.201 - vue 202/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- tcur peut produire normalement 400 000 •watts. L'induit B est fixe et l’inducteur A mobile.
- Le système induit se compose de 2 couronnes en fonte solidement entretoisées et reposant sur deux bâtis reliés aux paliers de la machine motrice.
- Les couronnés sont en deux parties assemblées ce qui facilite le montage et les réparations de l’inducteur.
- Chaque bobine induite est formée d’une
- carcasse de haut isolement recevant les fils isolés à la gomme laque.
- L’inducteur A est calé directement sur l’arbre moteur. 11 est constitué par un moyeu en fonte en plusieurs parties solidement assemblées dans lesquelles seront boulonnées les masses polaires. Les bobines inductrices à carcasses en zinc, sont placées sur les noyaux et maintenues par des boucliers boulonnés sur ceux-ci.
- Le courant inducteur est amené aux bo-
- Fig. 10. — E!évati(
- et O, au Creusot, constructeurs.
- bines par des balais spéciaux frottant sur 2 bagues V montées sur l’arbre.
- A la vitesse normale de 125 tours, la dynamo peutfournir 133 ampères sous 3 ooovolts. La fréquence est de 42 périodes par seconde. Ce chiffre tout en permettant l’éclairage par arcs, facilite l’accouplement en parallèle des alternateurs, diminue les effets nuisibles de l’impédance et de la capacité, enfin assure un bon fonctionnement des moteurs à courants alternatifs.
- Excitation, — Les excitatrices sont du type multipolaire du modèle dit « ironclad » c’est-à-dire sans dérivations magnétiques extérieures,
- Chaque dynamo possède 6 pôles ; l’induit I (fîg. 10) est calé directement sur l’arbre de la machine motrice. A la vitesse de 200 tours par minute chaque excitatrice peut débite; normalement 630 ampères sous 110 volts.
- Les machines motrices M (fig. 10 et 11) des excitatrices sont horizontales, à un seul cylm-dre à vapeur C et peuvent fonctionner à condensation ou à échappement libre. Un tiroir cylindrique équilibré T fonctionne à l'admission ; l’émission est réglée par deux obturateurs tournants du genre Corliss disposésàh partie inférieure du cylindre.'
- Le régulateur R placé sur l’arbre moteur, agit directement sur l’excentrique qui commande le tiroir d’admission.
- p.202 - vue 203/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 2103
- Les dimensions et conditions principales de fonctionnement d’un moteur pour excitance sont les suivantes :
- Diamètre du cylindre à vapeur. 0,400 m Course du piston 0,400m
- Nombre de tours par minute 200
- pression initiale de la vapeur 8 kg
- Puissance indiquée sur le piston 125 ch
- 111. -- TABLEAU DE DISTRIBUTION
- Tous les appareils destinés au réglage et au contrôle de la partie électrique de l’usine sont groupés sur une plateforme de distribution surélevée à 2,50 m au dessus du sol de l’usine. Le tableau proprement dit se compose de quatorze panneaux juxtaposés formant
- 11.
- ün ensemble de 17,50 m de longueur sur 1 nt environ de hauteur et surmontant une a, e en marbre de même longueur que le
- tableau.
- ^ ossature du tableau et du meuble qui lui 8ert de soubassement est entièrement métal-
- 1 lique, mais le tout est revêtu et encadré de boiseries en vieux noyer formant un ensemble harmonieux, ainsi qu’on peut en juger par le tableau ci-joint, (fïg. 12, 13 et 14).
- Le schéma général est représenté parlafig.
- 15 et est expliqué par la légende ci-après.
- p.203 - vue 204/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Big. is. — Plan d'ensemble du tableau de distribution. — MM. lombard-Geriü etJCic, constructenrs.
- p.204 - vue 205/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- Feeders.
- jp\— Interrupteurs de connexions des rails des feeders.
- AT. — Ampèremètres totalisateurs des
- feeders.
- RE,. — Rails des feeders A BC D.
- RF,. — Rails des feeders EF GII.
- Av/a.—Avertisseurs acoustiques des li-miteurs de tension.
- AB ... H. — Départs des feeders.
- Avto. — Avertisseurs optiques des limi-teurs de tension.
- AMF. — Ampèremètres des feeders.
- l'ig. i) et 14. — Coupes du tableau de distribution.
- T. — Transformateurs de voltmètres.
- M. —Manchons de départ des feeders.
- Alternateurs.
- A al. — Ampèremètres d’alternateurs.
- A vto. — Avertisseurs du limiteur de tension (optiques).
- -Interrupteurs individuels des fee-
- W F. ders.
- M/l Limiteurs de tension des feeders.
- M/• Limiteurs d’intensité des feeders. TC. —- Tansformateurs compensateurs.
- ; Bobine de réglage du rhéostat auto-ïïiatiquc.
- Compteurs de feeders.
- p.205 - vue 206/624
-
-
-
- îo6
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Va. — Voltmètres d’alternateurs.
- Aa. — Ampèremètres d’aimantation.
- lr. — Interrupteurs à mercure des rails principaux.
- I =5c & 1/3. — Interrupteurs à mercure des rails auxiliaires.
- CCr. — Coupe-circuits des voltmètres.
- Cr. — Commutateur des voltmètres.
- la.— Interrupteurs commutateurs d’aimantation des alternateurs.
- \ihg. — Rhéostats d’aimantation à grands écarts.
- Rhft. — Rhéostats d’aimantation à petits écarts.
- R^i. — Rails principaux des alternateurs
- 1 à 5.
- R/>2. — Rails principaux des alternateurs 6 à 10.
- Lt. — Limiteurs de tension avec bobine de self-induction.
- Ama. — Appareil de manœuvre des rhéostats d’aimantation,
- Avta.— Avertisseurs du limiteur de tension (acoustiques).
- Excitation.
- AT. — Avertisseur de terre.
- VAIS. — Voltmètre de station.
- VMBaMx. —Voltmètre des barres auxiliaires,
- VMB/>r.— Voltmètre des barres principales.
- AEi...iv. — Ampèremètres des excitatrices.
- C Cv. — Coupe-circuits des voltmètres.
- ïv. — Interrupteurs des voltmètres.
- CS. — Appareils Cardew et leur sonnerie.
- IT. — Indicateur de terre.
- VC. Voltmètre à contacts de l’avertisseur de tension.
- IPEi ...ïv. — Interrupteurs commutateurs principaux des excitatrices.
- Ci ...iv. — Commutateurs d'excitation des excitatrices.
- Ahie. — Appareil de manœuvre des rhéostats des excitatrices.
- R A ci ... ïv. — Rhéostats de champ des excitatrices.
- R haut. — Rhéostat automatique.
- Isi ... ïv. — Interrupteurs de sûreté.
- Synchronisation.
- R a. — Rails auxiliaires du rhéostat de charge «.
- R/3. — Rails auxiliaires du rhéostat de charge (5.
- C la.. — Commutateur à clavier du rhéostat H.
- C//3. — Commutateur à clavier du rhéostat /3.
- lsaIs/3. — Interrupteurs à mercure pour l’accouplement.
- I«/3.—Interrupteurs de connexion entre les 2 rh. de charge.
- AM« & AM/3. — Ampèremètres des rhéostats de charge.
- aj3. — Rhéostats de charge.
- CCrA.— Coupe-circuits du rhéostat de charge.
- Ts.— Transformateurs du synchronisatcur.
- Rs. — Résistances du synchronisateur.
- Ci-.— Commutateurs du synchronisateur.
- AMs.— Ampèremètres du synchronisateur.
- Tph.—Transformateurs des indicateurs de phases.
- L ph.— Lampes des indicateurs de phases,
- Va. — Voltmètre d’accouplement,
- ia. — Interrupteurs des voltmètres d’accouplement.
- cca. — Coupe-circuit des voltmètres d’accouplement.
- Cfth.— Commutateurs des voltmètres d’accouplement.
- I S. — Interrupteurs de connexion des rails de la synchronisation.
- L’ensemble comporte les cinq parties pria' cipalcs suivantes :
- a) Le tableau des excitatrices servant à h commande et au réglage de quatre excita* triccs, est placé au centre de la plateforme d a 1,50 m de longueur;
- p.206 - vue 207/624
-
-
-
- p.207 - vue 208/624
-
-
-
- 208
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- b) Le tableau des cinq premiers alternateurs (à gauche du panneau des excitatrices) ;
- c) Le tableau des cinq derniers alternateurs (à droite du panneau des excitatrices);
- d) Le tableau de synchronisation et du rhéostat automatique (extrémité gauche);
- e) Le tableau du départ des Jeeders (extrémité droite).
- Le tableau des excitatrices comprend :
- Les commutateurs d’excitation des excitatrices. leurs rhéostats de champ et les appareils de commande de ces derniers, les systèmes d'embraj'age de ces derniers, permettant la commande individuelle de chaque appareil ou la commande simultanée d’un nombre quelconque d’entre eux ; les interrupteurs principaux, les ampèremètres, les voltmètres ainsi qu’une série d’appareils avertisseurs. Du centre de ce tableau, partent deux paires de barres d’excitation amenant le courant des excitatrices aux circuits d’aimantation des alternateurs. La première paire de barres, dénommées «barres auxiliaires» est destinée à amener les machines à leur régime sans influencer en rien le fonctionnement des machines déjà en service ; la seconde paire de barres dites « barres principales » d’excitation sert à connecter en parallèle les excitatrices en service et à distribuer le courant d'aimantation aux alternateurs en fonctionnement sur le réseau.
- Les tableaux d’alternateurs se composent de xo panneaux de i m de longueur correspondant chacun à un alternateur. Ils contiennent les rhéostats d’aimantation, ampèremètres et interrupteurs d’aimantation, interrupteurs principaux du type à mercure ainsi que les ampèremètres et voltmètres pour les circuits principaux.
- Le tableau des cinq premiers alternateurs est surmonté de deux paires de rails de connexions ; les premiers rails ou « rails principaux )) servent à relier les alternateurs au réseau. la seconde paire de rails dits « rails auxiliaires » sert à connecter l’un quelconque des alternateurs au rhéostat déchargé correspondant.
- Le tableau des cinq alternateurs suivants est absolument semblable au premier; \\ porte également deux (( rails principaux » et deux « rails auxiliaires », permettant défaire débiter à volonté les alternateurs sur le réseau ou sur le rhéostat de charge correspondant.
- Actuellement on n’a encore installé que trois alternateurs dont un dépend du premier système de rails principaux et auxiliaires, et deux dépendant du second système de rails.
- Aux deux paires de « rails auxiliaires » correspondent deux rhéostats de charge placés dans un couloir formant un appendice au bâtiment et régnant sur toute la longueur du tableau ; chacun de ces rhéostats peut absorber 300 kilowatts sous 3 000 volts.
- La commande des rhéostats de charge se fait par deux claviers d’interrupteurs placés au tableau de synchronisation. Chaque clavier comporte trente touches dont chacune correspond à 10 kilowatts environ. Pour le cas où l’on désirerait faire débiter à un alternateur plus de 300 kilowatts, un interrupteur permet de connecter en parallèle les deux rhéostats.
- C’est également au tableau de synchronisation que se trouvent placés les indicateurs de phases, les voltmètres et le synchronisateur ; ce dernier appareil est destiné à faciliter l’accouplement en parallèle et surtout à empêcher les à-coups qui se produisent parfois lorsqu’on fait l’accouplement sans que la coïncidence de phases soit assez parfaite. H se compose d’une batterie de transformateurs et de résistances, avec ampèremètres, interrupteurs et coupe-circuits ; voici le principe fort simple de cet appareil : Avant d’accoupler directement au réseau un nouvel alternateur (travaillant sur le rhéostat de charge par l’intermédiaire des rails auxiliaires) on réunit au travers d’une résistance variable les circuits secondaires de deux transformateurs dont l’un a son circuit primaire alimenté par les « rails principaux» (c’est à dire le réseau) tandis que l’autre a son circuit primaire relié aux « rails auxiliaires» (c’est à dire le rhéostat
- p.208 - vue 209/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- de charge). On diminue la résistance extérieure placée entre les deux circuits secondaires que l’on a eu soin de lier en opposition. en sorte que les deux systèmes d’alternateurs se trouvent aussi en quelque sorte accouplés magnétiquement au travers des transformateurs.
- Les réactions réciproques qui se produisent facilitent la synchronisation parfaite des alternateurs. ce que l’on constate facilement au moyen des voltmètres thermiques et amortis placés sur le tableau, au dessus des claviers. Dans ces conditions, un nouvel alternateur peut être ac couplé à ceux qui travaillent sur le réseau sans crainte aucune de perturbation dans le régime de l’ensemble.
- Le rhéostat automatique placé à côté des appareils de synchonisation a pour but de maintenir constant le voltage primaire transformé à basse tension et corrigé par des trans-formateurs-compensateurs annulant l’effet de la perte en ligne. Il agit donc tout simplement en intercalant ou en supprimant une résistance placée dans le circuit d’excitation d'excitatrices.
- Le tableau des feeders est disposé pour huit départs dont deux seulement sont actuel-lemement en service. 11 possède deux paires de « rails distributeurs » qui peuvent être à volonté connectés ou déconnectés, soit entre eux, soit avec la première paire de « rails principaux», soit avec la seconde paire de « rails principaux », soit avec toutes deux simultanément.
- U motif de ces sectionnements des rails est facile à comprendre : les combinaisons adoptées permettent de supprimer en service une portion quelconque du système et de la mettre entièrement hors de circuit afin de permettre, soit l’adjonction de nouveaux appareils lorsque l’on procédera à l'installation des unités qui restent à ajouter, soit les travaux d’entretien qui seront nécessaires.
- Quoique la plupart des appareils couvrant Ie tableau et la table présentent bon nombre dispositions nouvelles et intéressantes, n°us nous abstiendrons d’en parler en détail;
- nous avons voulu nous borner à exposer les principes généraux qui ont présidé à l’élaboration de l’ensemble. Nous nous bornerons à mentionner quelques appareils tels que les interrupteurs de sûreté d’excitatrices avec rupture à charbon, qui, en cas d’accident grave, serviraient à supprimer une excitatrice en plein débit sans risque de brûler son interrupteur principal ; le grand voltmètre de station de Lord Kelvin ; les appareils indicateurs de tension attirant l’attention du personnel chaque fois qu’à l’usine, la tension, en un point des alternateurs ou des feeders, atteint une valeur dangereuse ; les limiteurs d’intensité, empêchant qu’en cas de court-circuit dans un feeder le courant ne conserve une valeur exagérée, et munis chacun d’avertisseurs optiques et acoustiques.
- Tous les interrupteurs des excitatrices et des alternateurs ont été l’objet d'études spéciales. Ceux de ces appareils placés sur le circuit principal des excitatrices dans le circuit d’aimantation des alternateurs sont bipolaires et munis d’un bloquage mécanique grâce auquel on ne peut les mettre en circuit sur les barres principales de c< l’excitation » qu’après avoir passé par l’intermédiaire des « barres auxiliaires » mentionnées plus haut.
- Les interrupteurs à mercure pour les cir-cuitsà haute tension sont d’un modèle entièrement nouveau ; leurs bornes de connexion sont à serrage cônîque, sans aucune vis de pression et le passage du courant au travers du bain de mercure est facilité par un pont en fer noyé au fond du mercure.
- Les ampèremètres thermiques munis d’amortisseurs magnétiques placés sur le circuit principal des alternateurs nous ont paru aussi mériter une mention spéciale.
- Enfin, les dispositions du rhéostat de charge présentent également quelque intérêt. Les résistances proprement dites de ce rhéostat sont portées par de solides câbles d’amiante fixés sur isolateurs en porcelaine sur des cadres en fer suspendus eux-mêmes aux fers de la charpente par des galets à isolement d’ébonite. Ces cadres sont amovibles
- p.209 - vue 210/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- individuellement et renfermés par groupes de 6 ou 8 dans des sortes de chambres fermées mais pourvues d’une ventilation énergique et munies de coupe-circuits et de portes avec verrous de bloquage destinés à éviter au personnel toute chance de contact fortuit avecjes conducteurs à haute tension.
- L’ensemble de l’installation que nous venons de décrire, a été étudié sous la direction de MM. les Ingénieurs de la Compagnie Electrique du Secteur de la Rive Gauche. La
- construction des appareils mécaniques et électriques est entièrement exécutée par MM. Schneider et Cie au Creusot qui ont fait appel à la collaboration de MM. Lombard Gerin et Cic à Lyon pour l’établissement du tableau de distribution.
- CANALISATION
- Le réseau dans lequel se distribue la puissance électrique fournie par l’usine d’Issy
- — Coupe du câble
- i, grandeur
- sous forme de courants alternatifs se divise en deux parties bien distinctes : l’une constituant le circuit primaire à haute tension (3 000 volts), l’autre le circuit secondaire à basse tension (110 volts).
- Circuit primaire. — Le réseau primaire qui, pour le moment, a une longueur de 20 kilom, forme une boucle fermée comprenant toute la partie située entre le boulevard Saint-Germain, le boulevard des Invalides, le boulevard Montparnasse et le boulevard Saint-Michel; il est relié à l’usine par deux feeders, avec des points de contact à la hauteur de la rue de Rennes et de la rue de Sèvres. De cette ceinture partent les diffé-
- rentes artères destinées à alimenter les voies secondaires dont les principales sont la rue de Rennes, la rue de Vaugirard, la rue du Luxembourg, la rue Soufflot, la rue Saint-Jacques, la rue Monge, la rue de Grenelle, la rue de Bourgogne, la rue Bellechasse, la rue Barbet-de-Jouy, la rue de Babylone, etc. Ce réseau sera complété et étendu au fur et à mesure des besoins.
- Le but que l’on se proposait en adoptant cette disposition était d’alimenter un point quelconque du réseau, soit par un côté soit par l’autre, dans le cas où on aurait à localiser une suppression de courant momentanée pour faire une réparation ou pour établir un branchement. Pour faire ces sectionnements,
- p.210 - vue 211/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- au croisement des voies principales, on a disposé des boîtes de coupure à trois directions.
- Les câbles du réseau primaire (fig. 16) sont concentriques, isolés au papier imprégné d’une composition spéciale et au jute; ils sont en outre renfermés dans un double tuyau en plomb et sont armés de deux rubans d’acier. Ils ont été fabriqués, fournis et posés par la Société des Téléphones , d’après les brevets Felten et Guilleaume.
- Les sections employées varient de 200 mm’ à 25 mma; les longueurs posées varient de 170 m à 300 m, et elles sont réunies par des boites de jonction analogues comme principe à celles employées par le secteur des Champs-Elysées. Pour les changements de direction, on a employé des boîtes à trois directions. Toutes ces boîtes, avant d’être fermées, sont garnies d’une matière isolante spéciale.
- Sur ce réseau primaire sont les branchements d’abonnés et les branchements des sous-stations. Les câbles sont placés directement en terre et sont protégés par un grillage en fer galvanisé pour éviter les coups de pioche.
- Circuit secondaire. — Afin d’éviter aux abonnés les frais de branchement d’autant plus onéreux pour eux que le nombre de lampes est plus faible, on a pensé que, dans les parties du réseau où l’éclairage doit être assez dense, il serait préférable d’installer des postes secondaires et de distribuer le courant à basse tension. On assimile ainsi la réunion de tous les petits abonnés à un abonné d’une importance assez considérable et dont les lampes sont disséminées. C’est ainsi que l’on a été amené à créer des postes de sous-stations. Pour le moment, ces sous-stations où postes de transformateurs sont au nombre de quatre et sont placées rue Danton, rue Sotlfflot, rue Saint-Jacques, boulevard Saint-Germain; elles alimentent chacune une partie du réseau secondaire, tout en desserrant les immeubles dans lesquels elles sont installées. Leur puissance varie de 15 à 75 kilowatts ; comme disposition, elles ne diffè-rent pas d’un poste ordinaire d’abonné.
- Le réseau secondaire actuellement existant comprend la rue Soufflot, le boulevard Saint-Michel, de la place Saint-Michel à la place Médicis, la rue Racine, le boulevard Saint-Germain côté pair, de la rue de Buci à la rue Saint-Jacques, et enfin la rue du Bac, côtés pair et impair.
- La canalisation se compose de trois câbles
- Fig. .17. — Coupe d’un caniveau de la canalisation
- en cuivre nu posés sur isolateurs en porcelaine, le tout placé dans des caniveaux en béton (fig. 17). Le câble compensateur a été placé sur l’un des côtés et non pas au milieu pour diminuer autant que possible les effets d’impédance dont l’influence varie avec la distance.
- Les sections employées pour les câbles secondaires sont de 1 000 mm’, 500 mm*, 25c» mm’ et 125 mm*. J. Reyval.
- SUR UNE DVNvAMO DE LABORATOIRE A HAUT POTENTIEL
- On a souvent essayé dans l’industrie la construction des dynamos à haut potentiel;
- p.211 - vue 212/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- l’induit et du collecteur et surtout à cause des étincelles qui mettent rapidement ce dernier hors de service, on s’est trouvé forcé de renoncer à l'avantage que peut avoir la construction de telles machines pour la transmission de l’énergie électrique à distance. Toutefois, malgré ces difficultés, on est arrivé dans cette voie à quelques résultats importants. Les journaux américains nous signalaient l’an dernier la construction d’une dynamo de 6000 volts et depuis plusieurs années la Compagnie Thury, de Genève, construit des dynamos donnant de 2000 à 4000 volts.
- Mais ce sont là des machines industrielles, qui, par suite de leurs dimensions, exigent un emplacement dont on dispose rarement dans un laboratoire où cependant une dynamo à haut potentiel est de la plus grande utilité.
- En effet, les sources électriques, dont on dispose généralement dans les laboratoires pour les expériences et pour les recherches, sont de deux espèces :
- ifl Celles à faible voltage pouvant avoir un grand débit, comme les piles, les accumulateurs et les dynamos d’usage courant qui peuvent monter jusqu’à trois cents volts ;
- 2° Celles à très haut voltage mais ayant un débit absolument négligeable : telles sont les machines électrostatiques (électrophore, machine à influence).
- On n’a donc fait des expériences et des mesures qu’avec ces valeurs extrêmes du potentiel. 11 est vrai qu’une grande partie des propriétés étudiées se sont trouvé être les , mêmes pour ces valeurs extrêmes, ce qui implique qu’elles doivent l’être aussi dans l’intervalle. Mais il y a au moins une de ces propriétés, la résistivité des électrolytes, qu’on Mais à cause de la difficulté d’isolement de n’a pas suffisamment étudiée pour les hauts voltages et on est en droit de se demander, vu leur mode particulier de conduire l’électricité, si cette propriété ne dépend de la différence de potentiel. Or, il est évident que
- pour cette étude les machines électrostatL ques, dans lesquelles le plus fort courant qu’on a atteint est de l’ordre du microampère, ne peuvent parvenir.
- Certes, théoriquement on atteindra tous les voltages qu’on veut, en disposant en série des piles ou des accumulateurs en nombre suffisant; pratiquement on est bien vite arrêté par des difficultés de tout ordre ; d’abord par le prix de revient, même en employant de petits accumulateurs de faible capacité et encore ne peut-on alors les utiliser que pour la : différence de potentiel, leur faible capacité s’opposant à ce qu’ils donnent un grand débit; en second lieu par le soin constant que demande leur surveillance, leur entretien, et surtout leur isolement qui n’est jamais bon.
- Le problème à résoudre était donc de construire une dynamo à courant continu d’intensité au plus égal à un ampère, mais donnant une très grande différence de potentiel sans toutefois que les dimensions de cette dynamo soient encombrantes. Une telle machine présentait évidemment beaucoup d’avantages sur les piles et accumulateurs ; en particulier il serait facile de la maintenir dans de bonnes conditionsd’isolementetserait toujours prête à fonctionner.
- M. Helmer, chef du service électrique de la Société Cail, a résolu très heureusement ce problème en menant à bien la construction d’une telle machine pour le laboratoire des recherches physiques de la Sorbonne. La fig. 1 donne la vue d’ensemble de cette machine dont nous allons donner une description sommaire.
- Par suite de la faible intensité du courant qu’eile devait produire et de la constance de la force clectromotrice qu’on lui demandait, cette machine ne pouvait être qu’à excitation séparée.
- Les expériences d’essai que nous avonseffec'
- tuées et les difficultés que nous avons eues au
- commencement nous ont, en outre, montré que la disposition des anneaux en série était la plus avantageuse au point de vue de l’iso-
- p.212 - vue 213/624
-
-
-
- REVUE D'ELECTRICITI';
- lement. En premier lieu, dans chaque anneau, ü n’y a pas de croisements des fils à des différences de potentiel notables, ce qui donnerait toujours naissance à des courts-circuits ou à des dérivation si l’isolement intermédiaire venait à faiblir. En second lieu, la force électromotrice se trouve partagée entre les
- anneaux, au nombre de quatre ici, ce qui permet d’obtenir les trois combinaisons suivantes :
- i° Tous les anneaux en série ;
- 2° Deux par deux en série et en dérivation; 3° Tous en dérivation.
- Les quatre induits, enroulés en anneau
- ont été calculés de manière que chacun puisse fournir respectivement une différence de potentiel de 750 volts. Cette limite supérieure a été de beaucoup dépassée, comme nous le verrons plus loin; on a pu arriver jusqu’à 4000 volts, avec les quatre anneaux en série, pour une vitesse angulaire de 1000 tours par minute et pour une excitation de trois ampères. Mais pour obtenir ce potentiel il fallait que l’isolement des sections des spires des anneaux soit extrêmement bien fait, autrement il y avait des étincelles dues à une condensation électrostatique. On s'est mis à 1 abri de tout accident en plongeant les an-
- neaux, une fois le bobinage fini, dans de la paraffine à 150° pendant plusieurs jours et en en faisant passer un courant électrique suffisamment intense dans les fils ; de cette manière la paraffine pénétrait bien partout et on a obtenu un bon isolement pour les conditions normales de fonctionnement.
- La fig. 2 nous donne une coupe longitudinale de la moitié de cette machine et on voit ses différentes parties qui la composent.
- Le noyau de chaque induit est formé par des plaques de fer extra-doux d’une épaisseur de 0,3 mm ; elles ont un diamètre intérieur de 19,4 cm et un diamètre extérieur de
- p.213 - vue 214/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 25 cm ; les tôles sont séparées entre elles par une feuille de papier que l’on a badigeonné sur place avec une solution légère de gomme-laque ; le tout comprimé et séché dans une étuve forme une masse très consistante de 4,8 cm d’épaisseur. Les tôles sont fixées par des clavettes sur un croisillon en bronze à huit branches, sans joues latérales.
- Avant de commencer le bobinage on a bien isolé le noyau au moyen de trois couches d’isolant : deux de coton et une intermédiaire de soie.
- Le bobinage de chaque anneau a été certainement le travail le plus délicat et le plus pénible dans cette construction ; il y a pour chaque anneau, 160 sections de 72 spires chacune, d’un fil de 0,5 mm de diamètre couvert d’un seul guipage de soie disposé en neuf couches ; les différentes couches sont isolées les unes des autres par des feuilles de mica. Il y a donc sur chaque anneau 11 520 spires à la périphérie. Le diamètre de l’anneau est de 25 cm, la résistance électrique de chaque anneau est de 128 ohms à 20° à peu près et par moitié.
- Le collecteur est en cuivre rouge, comprenant 160 lames correspondant aux 160 sections de l’anneau ; les lames sont séparés entre elles par du mica. Il a un diamètre de 20 cm. Il est supporté par un autre croisillon en bronze, et maintenu fixement par deux joues coniques: l’une venue de fonte, l’autre serrée au moyen d’une vis. Le collecteur se trouve fixé et isolé de toutes ces pièces métalliques par de l’ébonite.
- Les quatre anneaux avec leurs collecteurs respectifs sont fixés sur un même arbre, lequel traverse les électros sans en être soutenu, et se trouve supporté par trois paliers graisseurs par bagues excentrées.
- Les inducteurs, — Il n’y a que deux inducteurs, mais chacun a deux expansions polaires, de chaque côté de la carcasse.
- Le noyau de la carcasse est en acier Robert extra-doux ; il se compose de deuxparties semblables et symétriques par rapport a un
- plan horizontal ; ces deux parties sont fixées l’une à l’autre par des vis à mortaise pénétrant par la plaque de fondation et serrant sur la moitié supérieure, dans laquelle se trouve le filetage, à l’aide des broches. Cette disposition est commode pour le démontage de l’appareil, lorsqu’on veut introduire ou sortir l’induit.
- Les masses polaires, également en acier extra-doux Robert, sont fixées par des vis en fer sur la plaque de fondation qui est en fonte ; leur diamètre d’alésage est de 26,8 cm, ce qui fait que la longueur de l’entrefer pour chaque anneau est de 1,8 cm. La résistance de l’entrefer se trouve beaucoup diminuée par le grand épanouissement polaire, qui embrasse ici un angle de 165°, et qui contribue en même temps à serrer beaucoup l’angle de calage.
- Il y a quatre bobines inductrices : chacune d'elles porte 16 couches de fil de r,4 mm, de 58 spires, ou 1856 spires par carcasse. La résistance électrique de toutes les bobines inductrices en tension est de 20 ohms ; il en est ainsi pour pouvoir marcher avec les no volts du secteur de la rive gauche.
- Les extrémités des pièces polaires se trouvent réunies par des pièces en bronze qui les consolident et servent à protéger en même temps l’enroulement de l’induit.
- L’arbre passe et tourne sans s’appuyer dans un trou pratiqué dans le noyau ; de ce fait il y a une perte par hystérésis. Cette perte, ainsi que d’autres qu'on peut évaluer entre certaines limites, peuvent certainement donner un rendement faible au point de vue industriel ; ce n’est pas le rendement qu’on a cherché dans cette machine mais les bonnes conditions de fonctionnement et de sûreté pour que la force électromotrice obtenue pour une résistance extérieure fixe soit bien constante pour une excitation et une vitesse angulaire déterminées.
- Dans les essais on a pu faire donner à cette machine un courant de o,6 ampère sous 5 200 volts pendant deux heures presque; les anneaux n’étaient pas plus chauds que
- p.214 - vue 215/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 215
- s’ils n’avaient pas du tout travaillé ; cela tient à ce que la surface de refroidissement, calculée par M. Ilelmer, est assez grande.
- En effet si on adopte un régime de 0,2 ampère sous 3 000 volts pour 1 500 tours par minute on a pour chaque anneau la perte par l’effet Joule 5,12 watts. En prenant d’un autre côte l’induction moyenne de 12,150 gauss. la perte par hystérésis, d’après la formule de Steinmetz et r, — 0,003 pour du fer extrêmement doux, est de 28,66 ; on peut admettre tout au plus une perte semblable pour les courants de Foucault dans tout le systè-
- me mobile ; donc la perte totale ne dépasse pas 62 watts pour chacune. La surface totale de refroidissement est de 1 500 cm1, donne 24,2 cm2 par watt de perte totale ; la ventilation étant suffisante on n’a donc aucune élévation de température dans les anneaux, dans les conditions exprimées plus haut.
- On voit donc qu’on est en droit de considérer le voltage comme constant pour une même résistance extérieure, dans les mêmes conditions de vitesse angulaire et d’excitation ; mais pratiquement, comme la chute de potentiel de chaque anneau n’est que de
- 28 volts et que les anipcrcs-tours induits ne sont pas trop grands, le voltage entre les bornes peut être considéré comme constant entre des grandes limites de variations de régime.
- La sûreté de la machine se trouve beaucoup augmentée par la grande division du collecteur; ainsi le potentiel entre deux bornes consécutives ne dépasse jamais 8 volts.
- La machine se trouve installée de la manière suivante au laboratoire des recherches physiques. Sur un cadre en bois bien scellé au sol se trouvent fixés par des tire-fonds la tnachine etun moteur Helmer C de 1,5 cheval, bout à bout, les arbres à la même hauteur et
- suivant la même direction; le moteur entraîne l’induit de la machine à l’aide des bagues en caoutchouc, qui isolent en même temps la machine du moteur. Du reste la machine est isolée du cadre en bois par des bagues en ébonîte de 1,5 cm d’épaisseur. Pour bien isoler aussi les inducteurs on emploie 10 accumulateurs bien isolés en mettant les bobines inductrices en surface.
- Dans les essais, on fait travailler la machine sur une grande résistance à température constante.
- On connaît la résistance totale de cette boîte, comme aussi chacune de ses 21 bo-
- p.215 - vue 216/624
-
-
-
- 2 I 6
- /ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- bines : on mesure la différence de potentiel aux bornes d’une de ces bobines à l’aide d’un électromètre apériodique Carpentier préalablement étalonné ; on déduit ainsi la différence de potentiel aux bornes de la machine.
- Le moteur qui fait tourner la machine est un moteur en dérivation et tourne à i ooo tours par minute pour iio volts entre ses bornes.
- Voici maintenant les quelques résultats quant à la force électromotrice obtenue pour les différentes valeurs données au courant de l’excitation :
- Intensité d’excitation D.fféreace de potentiel
- 0,7 1430
- 0,9 1652
- 5, 2960
- 2,3 3285
- 2,5 3 4S5
- s,7 3540
- 3,1 3910
- tous les anneaux étant en série, bien entendu.
- Pour ce dernier voltage, la machine débitait un quart d’ampère. Mais cette installation se prête facilement à une transformation de cette énergie en une autre de potentiel beaucoup plus élevée et un courant plus faible, mais bien suffisant dans certaines expériences, comme par exemple l’endosmose électrique des liquides isolants ou ainsi appelés isolants, question qui n’a pas été suffisamment étudiée faute de source électrique appropriée (’).
- On peut à la place de la poulie de gauche disposer un commutateur (tournant en même temps avec la machine), bien isolé, chargeant n condensateurs, de capacité commune c, en surface et les déchargeant alternativement en cascade.
- Si v est le potentiel de la machine, celui obtenu sera
- V= n v
- et le courant moyen de décharge sera - du courant de charge.
- Ainsi en supposant.
- t = 3 000 volts
- pour la décharge on aura, si n = 10,
- 30000
- comme dans les machines électrostatiques; mais avec un courant moyen deo,02 d’ampère.
- On voit combien il est intéressant pour les physiciens, de posséder an si précieux appareil pour les investigations.
- Nous nous sommes servi d’une manière continuelle de cette machine pendant plus de deux mois, sans le moindre accident, pour des potentiels compris entre 1200 et 2500 volts, etsans aucune difficulté; on n’a qu’à tourner le rhéostat de démarrage du moteur. On a le voltage qu’on veut et seulement pendant le temps nécessaire.
- Dr IIüRMUZESCU.
- COURANTS ALTERNATIFS QUANTITÉS COMPLEXES
- La rapidité des progrès dans les applications des courants alternatifs est due sans conteste aux moyens d’investigation que donnent le calcul. Néanmoins il n’en est pas moins vrai que les calculs et leurs déductions ne s’appliquent en toute rigueur qu aux courbes sinusoïdales et aux circuits magnétiques sans fer.
- Beaucoup de ceux-ci relèvent de l’analyse mathématique, aussi la méthode de calcul imaginée il y a deux ans, par Al. Stein-metz (’) et basée sur l’introduction des quantités imaginaires qui exigentdesconnaissances plus restreintes en mathématiques, avait-elle chance d’apporter quelques simplifications. Malheureusement la forme condensée des
- (’) Il y a quelque temps j’ai eu l’occasion de cuper de cette question, j’espère donner prochaii les résultats obtenus.
- U) La méthode de M. Stcinmetz pour le courants alternatifs. Lumière Électrique, vo 1893.
- c calcul des >1. L, p. 451.
- p.216 - vue 217/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- formules n’est qu’apparente et lorsqu’il s’agit d’en tirer une conclusion quelconque on est obligé, si l’on n’a pas une habileté suffisante pour interpréter les formules sur leur forme complexe même, de développer en une seule fois tous les calculs qu’on aurait eu à faire en plusieurs.
- Pour les profanes donc, l’introduction des quantités complexes en clectrotechnigne ne peut avoir de sérieux intérêts que dans certains cas simples. Parmi ces cas l’un des plus intéressants étudiés par M. Steinmetz est celui relatif à l’introduction dans les calculs des phénomènes qui se passent dans le fer des transformateurs, c’est-à-dire de l’hysté-résis et des courants de Foucault.
- Cette étude a fait l’objet d’un mémoire important lu devant l’Association Américaine des Ingénieurs Electriciens et que je me propose d'analyser ici prochainement.
- Auparavant il ne sera pas inutile de refaire succinctement l’exposé de la méthode deM. Steinmetz en renvoyant pour plus de détails à un précédent article sur ce sujet.
- On sait qu’en coordonnées polaires la sinusoïde
- est un cercle ; ce cercle est parfaitement défini lorsqu’on connaît son diamètre en grandeur et en position, il en est donc de même de la sinusoïde lorsqu’on connaît son amplitude maxima A et son décalage 9 par rapport à une origine quelconque.
- D’autre part si nous appelons a et b (fîg. 1 ) les Projections du vecteur A sur le vecteur origine et sa perpendiculaire, le même vecteur A représente d’après Wallis la quantité imaginaire,
- La grandeur arithmétique de l’amplitude ^ est le module
- etL décalage 9 est l’argument.
- On sait que l’addition, des imaginaires se
- fait, soit en composant les vecteurs représentatifs par la règle du parallélogramme, soit par l’addition d’une part des quantités réelles et d’autre part par celle des coefficients de \/ — 1. Si l’on veut bien se rappeler que la multiplication ou la division revient à faire la même opération sur les modules et à prendre pour direction du vecteur représentatif du produit ou du quotient, celle du vecteur représentatif du multiplicande ou du dividande qu’on fait tourner d’un angle égal à l’argument du multiplicateur ou du diviseur et dans le sens direct ou indirect suivant qu’il s’agit d’une multiplication ou d’une division,
- Fig. 1.
- il est facile de concevoir la méthode de M. Steinmetz.
- Considérons en effet un courant alternatif sinusoïdal
- qu’on peut représenter par l’imaginaire :
- I=i+f où
- A=\/P-hf*.
- Si ce courant traverse une résistance oh-mique r la différence de potentiel' maxima aux bornes de cette résistance sera Ar ou, avec la représentation des imaginaires,
- U = rl = f« + r»*^.
- Plus généralement considérons un circuit inductif, soit r sa résistance ohmique et s sa self-inductance ou encore son inductance,
- , . S JT L
- c est à dire la résistance apparente —T - qu oppose la self-induction au passage du courant.
- p.217 - vue 218/624
-
-
-
- l’éclairage électrique
- La différence de potentiel aux bornes de ce circuit inductif doit être évidemment telle que si nous la décomposons en deux autres bien choisies et en quadrature, l’une fasse opposition, c’est à dire soit égale et directement opposée, à la force électromotrice de self-induction et l’autre détermine le passage du courant. Si nous représentons graphiquement ces forces électromotrices (fig. 2), celle ri qui détermine le passage du courant sera dirigée suivant le vecteur 1, la seconde, qui est égale à s 1, devra être portée sur la perpendiculaire au vecteur I de façon à être décalé d’un angle - en avant du courant puisque la force électromotrice de self-induction est décalée de - en arrière de ce courant.
- Avec la représentation des imaginaires la première est représentée par ri comme nous l’avons vu plus haut ; pour obtenir la deuxième il faut faire tourner le vecteur représentatif de I de - en avant c’est à dire le multiplier par ^ cos ~ siu * >/“ 1 ) ou V — La composante est donc représentée par
- La différence de potentiel aux bornes du circuit considérée est donc définie par la quantité complexe somme des deux quantités complexes s 1 et r \/ — ï,
- U = ft'4-il = I (r h 5
- Le facteur r+s\J^~i. que nousdésignerons par R a pour module l’impédance \/ r® -j- s'.
- Si le circuit contient une capacité, un raisonnement analogue permet de montrer que si r est la résistance du circuit et c l’inductance de capacité c’est à dire la quantité
- T
- la résistance apparente ou l’impédance du circuit peut être représentée par l’expression.
- R = r_c^r-I.
- Enfin d’une façon générale l’impédance d’un circuit de self-inductance s et d’inductance de capacité ou si l’on veut de capacitance c c’est à dire d’inductance générale s - c peut être représentée par l’expression R = r -4- (5 — c) \f=i ;
- En somme la formule de la loi d’Ohm U = RI,
- peut encore être appliquée aux courants alternatifs à condition d’y voir en U, R, et 1 des quantités complexes et de les traiter comme telles dans les calculs.
- L’analogie des calculs ne s’étend malheureusement qu’à lajoi d’Ohm et aux Iemmes de Kirchoff; la formule de la puissance n’est plus ici égale au module du produit El ni de RI1, mais à celui El. cos (El) ou à ri1, dont l’expression avec les imaginaires s’obtient facilement.
- Nous allons déduire comme applicationde ce qui précède quelques propositions déjà connues et qui nous conduiront à l’introduction de quelques termes nouveaux que propose M. Steinmetz.
- Si l’on considère plusieurs circuits : inductifs, capacitaires ou plus généralement réactifs, disposés en série, d’après ce^qui précède on voit immédiatement que l’impédance totale sera égale à la somme des impédances et sera exprimée par la même formule :
- R = sRa,
- La considération des imaginaires donne en même temps un procédé graphique très
- p.218 - vue 219/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- simple de construction de l’impédance composée.
- Si nous considérons maintenant un certain nombre d’impédances disposées en dérivation, M. Steinmetz, pour faire disparaître les dénominateurs dans l'expression de l’impédance résultante, propose de donner un nom à l’inverse de l’impcdance \/r„8 + (s* — c’est-à-
- dire à la conductance apparente
- le nom proposé est Y admittance.
- Avec les représentations par les quantités complexes, il va encore plus loin et sépare Y admittance en deux parties.
- L’admittance d’un circuit peut en effet être représentée par
- que l’on peut écrire en multipliant les deux facteurs par la quantité conjuguée du dénominateur :
- = fn-/»V^7
- ou en posant :
- La valeur numérique de l’admittance sera
- Sj'pï + .
- La quantité pn serait appelée la conductance du circuit et <7i. la susceptance. La première n. est pas en général l’inverse de la résistance ohmique (que nous allons être obligé d’ap-pelcr la conductance ohmique) ; elle dépend aussi de la réactance. La seconde n’est pas non plus l’inverse de la réactance , mais dépend aussi de la résistance ohmique.
- Nous avions déjàbeaucoup de mots en ance, ks uns très utiles, comme l'impédance et la jactance, qui sont des dénominations très
- Creuses, voire même des définitions d’ex-Prnssions assez compliquées’et qui répondaient
- Un réel besoin ; les autres, beaucoup (moins
- utiles, comme la permitiance-
- , expression
- anglaise proposée depuis quelques temps pour désigner la capacitance, expression française sans grande vogue du reste.
- Sans être anti-ncologiste, je crois que les nouvelles dénominations de M. Steinmctz ne répondaient pas non plus à un besoin absolument immédiat.
- L’emploi du mot conductance peut de plus amener des confusions de langage, puisqu’il est ici employé par analogie de formule et non par analogie de phénomène ; en somme, il y i lieu de faire ici la même distinction qu’entre la résistance ohmique et la résistance apparente, d’où la nécessité de distinguer la conductance ohmique de la conductance apparente.
- Puisque nous sommes en ce moment sur la question si épineuse du langage technique, j’en profiterai pour dire quelques mots sur les expressions imagées « wattè et déwatté » introduites pour désigner les composantes du courant symphasique ou quadratique de la force électromotrice. Si l’expression de courant watté peut passer à la rigueur, celle de courant déwatté ne signifie absolument rien, sn doit lui préférer sinon l’expression de courant quadratique, du moins, et encore seulement dans certains cas, celles de courant d’excitation ou courant magnétisant qui ont un sens physique bien déterminé.
- Pour désigner la composante d’une grandeur symphasique d’une autre, M. Steinmctz emploie l’expression très juste de composante irgétique; mais si cette expression convient à la force clectromotrice ou au courant, elle aucun sens lorsqu’on l’emploie pour le terme réel de l’expression sous forme d’imaginaire de Y admittance. D’une façon analogue, dire que la susceptance est la composante dé-vattée de l’admittance, c’est peut-être pousser m peu loin le goût de la généralisation des expressions.
- Cette petite digression terminée, revenons nos impédances en quantité et à leurs inverses. U admittance composée est égale à la
- p.219 - vue 220/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- somme des admittances composantes, et les expressions imaginaires permettent encore d’obtenir par un graphique simple le résultat cherché.
- On a donc ici
- P = i p„.
- Mathématiquement, il est nécessaire de pouvoir passer des impédances aux admittances et réciproquement. Le calcul est des plus faciles. L’expression écrite plus haut :
- ou mieux les deux suivantes
- et, par suite, permettent de calculer r„ ctsn par les formules
- Ceci posé, pour tenir compte dans les calculs des phénomènes qui se passent dans le fer, il suffit de calculer les pertes et de les exprimer, si je puis dire ainsi, en énergie électrique équivalente, ce qui revient à calculer en somme la composante énergétique du courant correspondant aux pertes par hystérésis et par courants de Foucault.
- C’est cette composante dont l’expression globale est :
- Pertes totales dans le fer en watts Tension aux bornes primaires
- que Al. Stcinmetz étudie principalement dans le mémoire précité que j'analyserai prochainement.
- Néanmoins, pour en finir aujourd’hui avec les expressions nouvelles, je terminerai par les définitions des expressions équivalentes.
- L’impédance est toujours par définition le rapport
- Ampères dans le circuit La quantité
- _ Composante symphasique de la diff. de pot. T~ Courant" total ’
- est appelée la résistance équivalente du circuit. L’expression
- Composante symphasique du courant P ~ Différence de potentiel
- est la conductance (apparente) équivalente.
- De même la quantité
- ___Composante quadratique de la diff. de pot.
- 5— Courant total ’
- définit la réactance équivalente ; enfin l’expression
- ___ Composante quadratique du courant
- 17 Diff. de potentiel
- est la susceptance équivalente.
- En résumé, tandis que le produit du carré du courant total par la résistance ohmique représente l’énergie dépensée en chaleur dans le conducteur, celui par la résistance équivalente représente Vénergie totale dépensée dans Le circuit à inductance ferrique.
- Ce sont ces nouvelles expressions qui ne sont plus constantes, mais dépendent du courant, du voltage, de la perméabilité, etc., qui doivent dorénavant entrer dans les calculs.
- F. Gujlbert.
- REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Le Microphone Carbonnelle sur les réseaux belges.
- La construction de ce microphone a été déjà décrite dans ce recueil et nous repro-duisons ci-dessous la figure (hg. i ) déjà publiée (’).
- La seconde figure représente le modèle de
- (’) L'Eclairage Electrique, X. IV, p. 170.
- p.220 - vue 221/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- cet appareil adopté par l’Etat belge, d’après une récente brochure de AI. Camille Fontaine.
- Le microphone est enfermé dans une cuvette en cuivre nickelée D portant un pavillon P devant lequel on parle. La cuvette est terminée par une tige E traversée par une tigette F isolée électriquement de la première. La tige E s’engage dans une ouverture circulaire, percée dans la planche H de la porte de la boîte du poste. Le microphone est 'maintenu en place par la pièce K, en forme de fourche que l’on fixe dans la gorge G. On la maintient en place au moyen de la vis U. On
- îicrophone Carbonnelle.
- — Coupe di
- peut ainsi communiquer au microphone un mouvement de rotation. La circulation du courant dans le microphone est la suivante. Arrivant par le fil L, il descend dans la lame J qui presse sur la pointe de la tigette F. Le courant circule dans F en communication électrique avec une des pastilles du microphone, la traverse ainsi que les granules et la seconde pastille. Un fil métallique réunit cette dernière pastille à la tige E. Le Courant ressort donc par la gorge G, il est recueilli par la pièce K et la vis v.
- Les deux pastilles de charbon formant les électrodes sont enfermées ainsi que les granules qui établissent la communication entre elles dans une gaine pelliculaire de caout-
- chouc ; l’une de ces pastilles est réunie à la plaque vibrante par l’intermédiaire d’un manchon clastiquè.
- De l’avis de M. Camille Fontaine, le petit manchon propre au microphone Carbonnelle joue un rôle considérable dans cet appareil. De fait, au point de vue purement descriptif, cette particularité est la seule différence notable à relever comparativement au microphone à gaine de AL d’Argy, et il faut admettre que cette particularité joue un rôle aussi nyystcrieux qu’extraordinaire devant la nouveauté des résultats allégués.
- Nous nous faisons un plaisir de 'reproduire les points principaux des attestations officielles concernant le curieux microphone de Al. Carbonnelle.
- Voici d’abord le détail des essais de résistance effectués par Al. S. L. Anspach en mai 1895.
- 1. Voltmètre de résistance V 3500 ohms.
- Réce pteu r > R . 50 » 13 Repos
- Micr ophe ne » M
- 2. Volt nètr et Récepteur 19 »
- 3. Volt nètr et récepteur et mi rophon 10 M onve
- 4. Volt nètr et microphone 15,5 Repos
- 5. Volt rètr 31 »
- 6. Volt îètr et microphone 10 Monve
- 7 Volt mèti ; et microphone 17 Repos.
- Des deux premières lectures on a déduit la résistance au repos :
- M _i9-i, VXR" U
- u = U1oX6z
- De
- M = '
- 1750<2
- 475-
- La résistance maximum est doue
- 3Xs 475 — i«70 = 3 755.
- Des lectures 4 et 5 :
- M —2[ ~~ m = 3500*5’5 =885,
- V"~ 15-5 >5’5
- , , . M
- Des lectures 6 et 7 on conclut que le rapport ^ a passé de
- = 5°oX3t7010^ »75°» à shooX31 ^r?=5ÿ°.
- La résistance maximum est donc
- s X 3750 - 590 = 4 9I0‘
- p.221 - vue 222/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- La résistance moyenne au repos, tell ; qu’elle résulte des deux séries d’expériences, est de 1200 ohms environ. La résistance maximum réalisée pendant les vibrations dues à la production d’un son, a été évaluée en supposant (hypothèse évidemment défavorable) que la résistance indiquée pendant toute la durée des vibrations est 1a moyenne entre la résistance maximum et la résistance au repos. Or il est probable que pendant les vibrations, lorsque les pastilles sont à leur distance minimum, la résistance est beaucoup plus petite, que la résistance indiquée est elle-même beaucoup plus petite que la moyenne entre la résistance maximum et la résistance au repos.
- « Quoiqu’il en soit, la résistance maximum
- H
- Fig. 2. — Microphone Carbonnelle en usage sur les
- nique à bobine d’induction actionné par un seul élément de pile.
- « L’administration des Télégraphes belges a autorisé l’inventeur, M. Carbonnelle, a mettre son système à l’essai dans le réseau téléphonique auxiliaire de Soignies exploité par l’Etat. L’installation y est faite suivant le système de M. Carbonnelle, c’est à dire sans
- L s j‘ L'
- Fig. 3, — Diagramme des communications d’un réseau monté au système Carbonnelle combiné par M. Baivy.
- calculée d’après cette hypothèse, a atteint 3 à 8 fois la résistance au repos, ainsi qu’en fait foi le tableau ci-dessous :
- Ces résultats suffisent pour démontrer la très grande sensibilité de l’appareil, et expliquent la propriété que possède le microphone « Carbonnelle » de se prêter particulièrement bien aux transmissions lointaines. ))
- Les attestations suivantes portent une signature particulièrement autorisée, le nom bien connu du directeur des télégraphes et téléphones de Belgique.
- 11 a été reconnu que ce microphone donnait sur les lignes à longue distance et par l’emploi d’une pile à 5 éléments disposés au bureau central, une communication au moins aussi forte que tout autre appareil micropho-
- pîlc et sans bobine d’induction chez les abonnés, le courant destiné aux microphones étant fourni par des éléments de pile qui interviennent dans le circuit, par l’intermédiaire de cordons du commutateur placé au bureau central.
- « Le système fonctionne pratiquement depuis un mois et demi.
- « Dans les communications du public, tant à courte qu’à longue distance à l’intérieur du pays, il a donné jusqu’à présent des résultats aussi satisfaisants que tout autre système employé dans les réseaux belges. ))
- Bruxelles, le 5 août 1895.
- Signé : J. Banneux.
- « Le réseau de Soignies est entièrement équipé d’après le système Carbonnelle, les
- p.222 - vue 223/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- transmetteurs étant constitués par des microphones de ce nom, sans bobine d’induction ; tous les reliements des abonnes sont à circuit métallique.
- « La ligne de Soignies à Amsterdam était
- composée comme il suit :
- ,» Un circuit bifilaire en fils de bronze phosphoreux de 1,4 millimètre à 30 pour 100 he conductibilité, sur 30 kilomètres, entre goignies et Mons ;
- 20 Un circuit bifilaire en fils de bronze phosphoreux de 2 millimètres de diamètre à 95 pour 100 de conductibilité sur 62 kilomètres, entre Mons et Bruxelles ; (’)
- 30 Un circuit bifilaire en fils de bronze et cuivre dur de 3 millimètres de diamètre, à 95 pour 100 de conductibilité entre Bruxelles et Amsterdam.
- Le microphone Carbonnelle d’un abonné étant alimenté par une pile à deux éléments Warnon placée au bureau central, la parole a été reçue distinctement à Amsterdam. » Bruxelles, 16 novembre 1895.
- L’Ingénieur en Chef,
- Directeur d’Administration, Signé : J. Banneux.
- La figure 3 reproduit, toujours d’après M. Camille Fontaine, l’organisation des réseaux belges, établis par M. Baivy en employant le microphone Carbonnelle.
- Le bureau central occupe le centre, la téléphoniste est en 2, — 1 et 3 sont les postes des deux abonnés.
- Le crochet-commutateur C est représenté dans la position d’attente ; il repose sur le plot x, en communication avec la sonnerie S et la terre t. Le récepteur R est donc supposé pendu à la fourche du crochet.
- Si un abonné l’enlève, C se relève et vient frotter contre le plot v. Les plots x et v sont des lames disposées de telle sorte que C n’abandonne pas brusquement x, au contraire,
- (h Le circuit entre Mons et Bruxelles était armé au système anti-inducteur Van Rysselbefghe;
- pendant la première partie du relèvement C établit un contact provisoire entre v, x et t.
- C en continuant à se relever abandonne x puis v et vient s’arrêter contre le plot ~L.
- J, J1 représentent les spring-jacks.
- Les annonciateurs r, r1 sont tous reliés à une batterie commune Ph
- Les fils l, V servent à transmettre les appels envoyés, par le bureau central aux abonnés, au moyen de la source électrique E, paf l’intermédiaire du cordon Y Y à double fiche F F', et de la clé d’appel B, B1, B.
- Les fils L, L1, servent aux abonnés pour appeler le bureau central. 11 suffit de dépendre le récepteur pour faire relever le crochet commutateur automatique. Un courant partant de P! traverse un annonciateur r, dont il actionne le voyant, il circule par L1, v, C, x, S, t. Dès que C a abandonné x et v, le courant de P' est coupé.
- Les postes des abonnés 1 ou 3 ne se composent plus que d'un microphone M, un (ou deux) récepteur R, un crochet-commutateur spécial G et une sonnerie S réunie à la terre t. Ces postes sont réduits à la plus grande simplicité possible.
- Le bureau central comprend les installations habituelles.
- U, U est la clef ordinaire des tables.
- P, la batterie destinée à alimenter les microphones Carbonnelle.
- T, l’annonciateur de fin de conversation-
- Cet annonciateur présente aussi une particularité ; une dérivation d le réunit à la pile P' et à la terre t,
- Pour obtenir le test on a intercalé, au bureau central, une bobine de résistance Q, relié comme sur la figure 3.
- La pile P' ne peut pas débiter quand les crochets des abonnés 1 et 3 sont relevés, le circuit de P1 il’étant pas fermé par la terre. Mais la conversation finie, lorsqu’un abonné repend son récepteur, le crochet C s’abaisse ; le circuit t, P\ d, T, U, Y, F (ou F’), L (ou L'), v, C, x, S, t, est établi pendant un instant, la pile P1 fonctionne et actionne le voyant de l’annonciateur T.
- p.223 - vue 224/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Le poste 2, de la téléphoniste, ne se compose que d’un microphone Carbonnelle M et d’un récepteur R.
- L’économie d’installation et d’exploitation d’un réseau ainsi organisé sans bobine d’induction et sans pile dans les différents postes est indéniable. Toutefois nous ne partageons pas pour cela la manière de voir de M. C. Fontaine qui semble trouver dans cette considérations un motif d’application générale du système ; son intérêt très réel, selon nous, est limite à la téléphonie privée ou aux réseaux particuliers.
- V.
- Les dangers de la foudre, par Alexander Mac Adie. (')
- L’auteur s’élève contre ce préjugé populaire d’après lequel il serait meilleur marché de s’assurer contre l’incendie que d’élever un paratonnerre pour protéger sa demeure. Non seulement il s’agît de sauver des existences humaines, mais encore les dégâts materiels causés par le feu du ciel se chiffrent tous les ans par plusieurs millions.
- C’est ainsi que, aux Etats-Unis, d’après les statistiques officielles, pendant la période quinquennalle 1890-1894 , 1 120 personnes furent tuées par la foudre, soit 224 par an. Presque tous les accidents mortels arrivent en cinq mois, d’avril à septembre, et le plus grand nombre se produisent en. deux mois, juin et juillet. D’aprcs les rapports publiés par les sapeurs-pompiers et par les Compagnies d’assurances contre l’incendie, les dégâts matériels se repartiraient ainsi que l’indique le tableau 1.
- Ainsi donc, en neuf ans, 4 175 . incendies causés par la foudre ont été enregistrés, entraînant une perte de 71545075 francs. La plupart de ces accidents sont arrivés à l’est des Montagnes Rocheuses.
- (’) Protection fron. Lightning, par Alexander Mac Adie. U. S. Department of Agriculture, Weather Bu*-reau. Bulletin n° 15, 1895.
- Tableau 1
- Incendies causés par la foudre aux Etats-Unis
- Aimées Nombre de sinistres Valeur en des pertes totales
- 18S5à 1890 inclus = 4.0 41 9)4 i)o
- 891 *57 6 777 625
- 89= 839 14 607 420
- 1893 659 8 225 900
- 894
- Si l’on cherche à établir les dangers relatifs pour différents genres de construction, on obtient le tableau suivant. (Tableau II.)
- Tableau 11
- Répartition du nombre d’incendies suivant la nature
- Années Hangars, Etables, Granges. Eglises Maisons
- 1890 sh 29 121 I
- 891 290 11 78
- i892 495 29 >77
- s9i 544 25 167 |
- Pendant la période décennalle finissant en 1895, 2 679'hangars, 129 églises et 851 maisons d’habitation ont été frappées par la foudre.
- Les statistiques ne sont pas encore assez longues pour qu’on puisse déterminer s’il 5' a une périodicité quelconque dans le nombre des coups de foudre.
- Le tableau III donne la répartition des accidents mortels arrivés pendant les cinq dernières années, suivant les mois :
- En 1894, 536 personnes furent tuées par la foudre et 351 grièvement blessées. 268 hangars furent incendiés, avec une perte totale de 2 037 500 fr. ; 55 églises furent frappées, mais la valeur des dégâts n’est pas connue; 261 maisons d’habitation et plusieurs réser-
- p.224 - vue 225/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- voi^ à pétrole furent frappés, les dégâts se montant à i 751 000 fr. au minimum.
- Tableau 111
- Répartition des accidents mortels suivant les mois de Vannée.
- Il faut remarquer que les accidents se répartissent très inégalement, au point de vue géographique, suivant les États et suivant le caractère du terrain ; en terrain plat, les bâtiments sont beaucoup plus exposés. La nature des matériaux formant la toiture a aussi une influence marquée, de même que la constitution du sol ; si l’on représente par 1 la fréquence des coups de foudre sur un terrain calcaire, la fréquence sur les . terrains de natures différentes se répartira ainsi :
- Terrain crayeux............. 1
- “ argileux................... 7
- — sablonneux................. 9
- Les dangers sont d’ailleurs beaucoup moindres dans les villes à population, très dense Que dans les campagnes : on peut dire, d’une façon générale, que le danger est cinq fois plus grand à la campagne qu’à la ville; le grand nombre de toitures, de gouttières et de canalisations métalliques formant en quelque sorte un vaste réseau protecteur.
- Relativement à l’influence des arbres, on peut dire que si l’on représente par 1 la fréquence des coups de foudre sur les hêtres, les pins seront frappés 15 fois; les autres espèces 40 fois en moyenne, et les chênes 54 fois. Les arbres les plus généralement frappés sont les arbres isolés au milieu des plaines ou ceux qui se trouvent au bord des forêts. Les troncs sont frappés environ 3 fois aussi souvent que les branches et. à peine 3 fois sur 100 la décharge passe d’un arbre sur les voisins.
- Un autre point intéressant à signaler, c’est que les effets de la foudre se manifestent surtout par des actions mécaniques, arrachements, pulvérisations, plus encore que par ses effets calorifiques.
- .'.Voici d’après le colonel Parnell comment se répartiraient les actions de la foudre à ce point de vue
- Personnes et animai.
- Etoffes, tapis, etc.,
- Maçonneries de tous
- Verre, porcelaine, pc
- Métal
- Bois
- Arbres
- Terrains
- Chaume, paille, etc. Poudre à canon Gaz
- ctions Effets
- aniques calorifiques 52 79
- 1i6 2
- 82 5
- 254 98
- 63 4
- ')
- 485
- Le colonel Parnell donne, en plus, les détails de 278 cas dans lesquels on reconnaît évidemment l’existence d’une force verticale dirigée vers le haut. On sait que les éc.Iairs peuvent partir de la terre vers les nuages, des nuages vers la terre ou d’un nuage vers un autre.
- En résumé, loin d’etre négligeables, les accidents causés par la foudre sont très nombreux et très importants. On ne saurait donc apporter trop de soins à l'érection des paratonnerres. I>a nécessité de ces appareils dépend d’après ce que nous venons de voir, de la nature des bâtiments, de leur exposition, du
- p.225 - vue 226/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- pays où ils sont construits et de la nature du | terrain sur lesquels ils sont bâtis. Relativement.peu nécessaires dans les villes, ils sont indispensables dans la plupart des campagnes.
- Les célèbres expériences de Lodge ont démontré, non pas que les paratonnerres actuels étaient inutiles, mais que, dans certains cas, ils étaient insuffisants et que les règles actuellement en vigueur pour l’érection des paratonnerres devaient être en partiemodifîées. De même que les arbres, sur une montagne, peuvent maintenir le cours d’un torrent, et seront impuissants à éviter les ravages d’une avalanche, de même un paratonnerre pourra, en temps normal, empêcher les accidents dus à la foudre et cependant être trop faible dans le cas de décharges soudaines très puissantes et de caractère oscillatoire. Les raisons pour lesquelles les accidents se produisent étant connues, ce n’est qu’une question de temps pour obtenir une protection absolue.
- M. Mac Adie énonce les règles générales qu’il convient, de suivre. Elles ne font que répéter les instructions données par les différentes commissions officielles et par M. Lodge. Nous renverrons le lecteur qui vou-draitles connaître au travail de M. Mac Adie.
- G. P.
- Le tramway électrique de la place Cadet à la porte de Montmartre, à Paris, par A. Lavezzari (1).
- M. Lavezzari publie les renseignements suivants sur ce tramway dont nous avons déjà anoncé la construction prochaine.
- La concession a été accordée, après adjudication, au printemps dernier, à la Société d’études françaises et étrangères. L’étude de la partie électrique a été faite d’accord avec M. Hermann, représentant en France des procédés Holroyd-Smith. La ligne partira de la place Cadet, pour aboutir à la porte de Montmartre, en suivant les rues Cadet, Ro-chechouart, Ciignancourt, Ramey, Hermel,
- (’) Mémoires de la Société des Ingénieurs Civils de France. Octobre 1895. p. 386.
- Ordener et la rue du Poteau, dans toute sa longueur.
- Elle aura une longueur totale de. 2 500 m et franchira, de la place Cadet à la porte de Montmartre, une différence d’altitude de 4 5 ^
- La ligne sera construite en voie double sur 1822 m. de la porte de Montmartre à l’avenue Trudaine, et en voie simple sur 678 m environ, de l’avenue Trudaine à la place Cadet,
- La pente la plus forte est de 6 cm par mètre, sur 37 m seulement, dans la rue Roche-chouart. Les autres pentes sont, en moyenne, inférieures à 3 cm par mètre.
- Le plus faible rayon des courbes est de 32 mètres.
- Les quartiers traversés sont des plus populeux de Paris, et de ceux où la circulation est des plus actives toute la journée; on compte sur un mouvement de près de 20.000 voyageurs par jour.
- Voie et caniveau. — La voie est à la largeur d’un mètre.
- La prise cle courant se fera par la rainure de l’un des rails sous lequel se trouveront les câbles d’aller et de retour du courant, car les rails ne seront parcourus par aucun courant. Dans la partie à deux voies, les rails extérieurs seront d’un type quelconque à gorge; les rails intérieurs seront composés d’un rail et d’un contre-rail de forme spéciale posés côte à côte, de façon à laisser entre eux l’espace nécessaire pour le passage du collecteur.
- La figure 1 représente la coupe transversale de la ligne et la figure 2 une portion de coupe longitudinale.
- Chaque ensemble, formé d’un rail et d un contre-rail, est fixé par des boulons à une chaise en acier placée tous les mètres. Cette chaise est constituée par une poutrelle double sciée et découpée de façon à ménager un espace libre de 0,13 m de largeur sur 0,20 m de hauteur, pour le passage des conducteurs et du collecteur de courant. Pour la partie en double voie, une deuxième chaise semblable
- p.226 - vue 227/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 127
- supporte le rail et le contre-rail de la seconde voie. Ces deux chaise sont maintenues entre elles par une entretoise de 0,50, 0,08 m.
- L’ensemble des deux chaises est fixé à une nicmc poutrelle de fer de 0,20 m de hauteur; il y a donc une poutrelle tous les métrés.
- Les poutrelles reposent au moyen de se-
- melles en fonte sur les piédroits de la maçonnerie du caniveau. Celui-ci est constitué par un grand égout, du type des égouts de Paris, de 1,70 m de hauteur sous clef, servant à la visite et aux réparations. Les murs intérieurs et le radier sont recouverts d’un enduit en ci-m:nt de Portland.
- ,J
- Pour faciliter les visites et le transport des matériaux, plusieurs wagonnets pourront circuler à la partie inférieure du caniveau; la voie sera constituée par deux fers cornières scellés dans la maçonnerie. De chaque côté du caniveau, à la partie supérieure, se trouvent les deux petits canaux sous rails qui renferment les conducteurs, sur lesquels sc fait la prise du courant et qui sont complètement visibles à l’intérieur et à portée de la main sur toute la longueur.
- Ce grand égout placé en dessous du cani-veau proprement dit est caractéristique de cette installation. Il permettra d’entretenir et
- de réparer très facilement les organes de la canalisation sans entraver la circulation dans les rues, puisqu’un homme y pourra facilement circuler. Le surcroît de dépense ne sera pas aussi grand qu’on pourrait le supposer au premier abord, surtout quand il s’agit de lignes à double voie pour lesquelles un seul égout placé dans L’entre-voie suffit.
- On supprime, en effet, les puits où doivent s’accumuler les eaux, etc., les tuyaux de déversements aux égouts de la Ville, qui doivent être très nombreux avec les petits caniveaux. La dépense supplémentaire du grand égout serait récupérée amplement par la di-
- p.227 - vue 228/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- minution des frais de surveillance et par l’augmentation de rendement et la sécurité de l’exploitation.
- Plateforme. — La plateforme de l’entrevoie est supportée par des voûtelettes en briques reposant sur l’aile inférieure des poutrelles; la portée de ces voûtes est donc égale, à l’écartement de deux poutrelles, c’est à dire à i mètre.
- Les reins de la voûte sont remplis de béton qui supporte la forme en sable de 0,08 m d’épaisseur, et le pavage sur 0,16 m. Dans l’cntrerails et jusqu’à 0,60 m de chaque côté
- Fig. 2.— Coupe longitudinale.
- des rails extérieurs, la forme repose sur une fondation en béton de 0,15 m d’épaisseur.
- Entretoisement. — Selon l’usage, et pour résister aux poussées latérales du pavage, les rails seront entretoisés de la façon suivante : Dans l’entrevoie, par une entretoise de o, 50 X 0,08 m tous les 2 mètres.
- Dans l’entrerails, par une entretoise de 0,50X°5°8 tous les mètres.
- Partie électrique. — La transmission de force est assurée, entre l’usine et les voitures, tout le long du parcours, par deux feeders, l’un d’aller, l’autre de retour. Ces feeders, à isolement parfait, sont maintenus tous les 4 mètres, par l’intermédiaire de supports.
- Tous les 100 m, une double dérivation établit la connexion entre les feeders et les conducteurs de prise du courant. Ceux ci sont
- en acier et en forme d’U ; ils sont logés dans deux petits caniveaux ménagés dans les chaises.
- Les connexions avec les feeders sont établies au moyen de câbles souples isolés pourvus, à une extrémité, d’une cheville pénétrant dans une douille fixée au feeder et permettant d’interrompre facilement le courant lorsqu’on désire le couper sur une section du parcours.
- Les conducteurs en acier sont supportés tous les 2 m par des pièces en fonte, en forme de potence, boulonnées sur les poutrelles; des isolateurs en porcelaine, en forme de double cloche, assurent l’isolement de chacun des conducteurs avec la charpente.
- Chaque petit caniveau et, par conséquent, chaque voie (montante ou descendante), possède donc un conducteur positif et un con-1 ducteur négatif.
- Tous les 300 m, des sonneries ou des appareils téléphoniques seront installés dans le grand caniveau pour mettre en communication chaque section du parcours avec la station génératrice.
- Des prises de courant placées de distance en distance permettront également l’éclairage du caniveau.
- Collecteur. —Le collecteurs la forme d’une navette glissant contre l’âme des conducteurs en acier, le contact étant assuré par des ressorts. La navette est attachée d’une façon flexible à une sorte de charrue suspendue à la voiture ; l’une et l’autre sont disposées comme à Blackpool, de manière que, si la voiture pour une cause imprévue venait à dérailler, elles se détacheraient en coupant la connexion mécanique et électrique de la voiture sans causer de rupture.
- On voit donc que le courant d’aller et le courant de retour sont parfaitement isolés l’un de l’autre, ainsi que toutes les parties métalliques de la voiture,.ou de la charpente souterraine, et que le retour est parfaitement assuré par un feeder spécial,
- Usine. — L’usine comprendra trois ma-
- p.228 - vue 229/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- chines à vapeur de 150 chevaux chaque, l’une servant de rechange. Le groupe des chaudières comportera également une chaudière de réserve.
- Trois dynamos d’une puissance de 100 kw à 500 volts chacune, seront actionnées par des poulies, au moyen de câbles ou de courroies, aune vitesse angulaire de 500 tours par i minute. Elles seront à excitation indepen- I dante. Les excitatrices seront deux dynamos de 11 kw chacune, à 110 volts; elles serviront également à l’éclairage de l’usine, etc.
- Le tableau de distribution comprendra tous les appareils usuels nécessaires pour la mise en marche, l’arrêt des machines, le réglage du champ magnétique, le contrôle, la sécurité, etc, ainsi que les appareils de mesure à simple lecture ou enregistreurs qui seront nécessaires.
- Voitures. — Les voitures seront construites pour transporter 56 voyageurs, tant d'intérieur que de plate -forme. Il n’y aura pas d’impériale.
- Il y aura deux sortes de voitures : la voiture automotrice et la voiture d’attelage; toutes les deux seront munies de moteurs, mais la voiture automobile seule portera les appareils de manœuvre et de contrôle nécessaires pour la marche des deux voitures qui seront reliées mécaniquenent et électriquement. Les moteurs et engrenages seront portés sur un truck. les caisses des voitures étant mobiles et interchangeables.
- Les moteurs consistent, pour chaque voiture, en une double armature de 10 chevaux chaque ; la force est communiquée aux axes au moyen d’engrenages à dispositions spéciales, facilitant notamment le passage dans les courbes.
- Les moteurs seront commandés par un contrôleur à résistance fluide, combiné avec un appareil permettant de les mettre en série ou en dérivation, de renverser le courant, de le couper, etc.
- Sur l’isolement des circuits aériens et souterrains ayant une différence de potentiel supérieure à à 2 000 volts, par W. Brophy (’).
- L’assemblée législative de l’Etat de Massachussets a ordonné que tous les conducteurs électriques soient placés, dans la ville de Boston, en dessous du sol, avant le 1" janvier 1900. En outre, l’isolement des fils aériens placés en dehors du district souterrain doit satisfaire à des conditions déterminées, tout comme les canalisations à l’intérieur des bâtiments. Le conducteur aérien des trôlets est seul excepté, quant à présent.
- L’auteur s’élève contre les méthodes actuelles. On emploie les mêmes isolateurs et les mêmes compositions isolantes pour des câbles sur lesquels 125 lampes à arc sont montées en série que pour les anciens circuits de 5 lampes. L’isolateur qui est employé pour les circuits des lampes à arc, avec des tensions de 6 et 7 000 volts et pour des circuits à potentiel constant de 2 000 volts, est le même isolateur en verre qui est employé pour les circuits télégraphiques. Cependant, les exploitants eux-mêmes auraient avantage à isoler leurs conducteurs aussi parfaitement que possible, car les pertes qui résultent d'un isolement insuffisant sont considérables.
- Le bureau de contrôle de la ville de Boston exige une résistance d’isolement minima de 20 mégohms par mille et par 100 volts. Tous les nouveaux câbles souterrains placés satisfont à cette condition ; reste à savoir si cette résistance se conservera avec le temps.
- Tous les conducteurs à haut potentiel devraient être placés sur des isolateurs en verre ou en porcelaine de première qualité, offrant une grande surface sèche entre le fil et le support. Celui-ci. serait en bois, porté par une console en bois montée sur un poteau en bois. Les poteaux et supports en fer devraient être entièrement supprimés; en effet, une longueur de 7 ou 10 m de bois entre le conducteur et la terre assure une résistance
- (1) Résume d’une communication faite à « The Electric Potential » Boston, 25 novembre 1895.
- G. P.
- p.229 - vue 230/624
-
-
-
- ' 3 o
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- élevée; la perte d'énergie provenant des poteaux métalliques sur de longs circuits est telle que, sur des circuits à 125 lampes, on est forcé, en temps de pluie, à Boston, de dédoubler les circuits pour que les lampes reçoivent un courant suffisant.
- Les fils à bas potentiel ne devraient jamais être placés sur les mêmes poteaux que les conducteurs à haut potentiel.
- Tout ceci s’applique à la fois aux conducteurs à courants continus ou alternatifs ; pour ces derniers, cependant, il faut prendre d’autres précautions complémentaires en raison des dangers plus grands qu’ils présentent. La tension de transmission, avec les courants alternatifs, est toujours très élevée ; en outre, pour éviter les effets d’induction et faciliter les connexions avec les transformateurs, le conducteur d’aller et le conducteur de retour sont placés très près l’un de l’autre. Les dangers de venir au contact des deux en même temps sont donc très grands. Il serait nécessaire de les éloigner suffisamment pour que les ouvriers ne puissent les toucher simultanément ou de n’cmpîoyer que des câbles recouverts d’une épaisse couche isolante ; mais alors, il devient préférable de les placer sous terre. Les transformateurs devraient être, de même, placés hors d’atteinte. Le mieux, pour cela serait de les enfermer dans de fortes boîtes en bois parfaitement ventillées et d’employer, pour les conducteurs primaires, des câbles à isolement élevé.
- Toutefois, la mise en terre des câbles à courants alternatifs entraîne une autre source de dangers peu connue ou tout au moins généralement négligée. Deux terres ne sont pas, en effet, nécessaires, sur ces circuits pour que des accidents mortels puissent se produire. Une personne en communication avec la terre et touchant un conducteur nu ou mal isolé, ou bien encore l’enveloppe d’un transformateur communiquant avec la bobine primaire contenue dans cette enveloppe, recevra un choc dangereux ou même mortel, quoique le circuit soit absolument exempt de terres. La raison de ce fait est que le conducteur et la
- terre forment un condensateur qui est alternativement charge et déchargé par le courant alternatif. Une personne fut tuée récemment dans ces conditions. Elle touchait d’une main un poteau en fer monté dans le sol, et, de l’autre main, un des conducteurs primaires d’un transformateur au repos. Bien que des expériences effectuées immédiatement avant l’accident aient prouvé qu’il n’y avait aucune perte à la terre, cette seule dérivation coûta la vie à l’infortuné. Des expériences faites en intercalant entre le conducteur et la terre une résistance connue et des appareils de mesure prouvèrent qu’il passait, dans ces conditions, sans qu’il existât aucune autre dérivation à la terre, un courant suffisant pour tuer instantanément un homme.
- Il est donc absolument indispensable de n’employer que des câbles à très haut Isolement et de prendre les plus grandes précautions dans le montage des transformateurs, pour éviter des accidents de ce genre.
- G, P.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Différence d’action de la lumière ultra-violette sur les potentiels explosifs statique et dynamique par R. Swyngedauw (’).
- (( La plupart des conditions physiques qui font varier l’abaissement du potentiel explosif d’un excitateur sous l’action de la lumière ultra-violette ont été étudiées successivement par divers physiciens. L’influence du mode de charge de l’excitateur ne semble pas avoir été aperçue.
- » J’ai énoncé, dans une note antérieure (s), la loi qui régit cette influence. Cette loi est la
- (’) Comptes rendus, t. CXXII', p. 131 ; séance du 20 janvier.
- (s) Comptes rendus, t. CXXI, p. 118 ; 8 juillet 1895. — VÉclairage Électrique, t. IV, p. 326;
- p.230 - vue 231/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- suivante : L’abaissement du potentiel explosif dynamique d’un excitateur éclairé par la lumière ultra-violette est notablement supérieur à l’abaissement du potentiel explosif statique.
- » La vérification de cette proposition nécessite la détermination des abaissements du potentiel explosif de l’excitateur chargé, j° par une méthode statique, 2° par une méthode dynamique.
- » L’abaissement du potentiel explosif statique de l’excitateur, que j’appellerai abaissement statique, se fait directement en mesurant à l’aide de l'élcctromètre absolu de MM. Bichat etBlondlot, les potentiels explosifs de l’excitateur éclairé ou non par une source de lumière ultra-violette et chargé lentement, au moyen d’une machine de Holz.
- » L’abaissement du potentiel explosif dynamique, que j’appellerai abaissement dynamique, se mesure par la méthode suivante: On met en communication les deux pôles d'un excitateur avec les deux extrémités d'une bobine traversée par la décharge d’une bouteille de Leyde. La différence de potentiel de l’excitateur, qui est nulle au début de la décharge ('), passe en une fraction extrêmement petite de seconde, à une valeur plus ou moins grande, suivant le potentiel auquel le condensateur a été chargé ; si la bouteille a été chargée à un potentiel de 50 unités électrostatiques G, G. S., les pôles de l’excitateur sont amenés au potentiel de 52 unités statiques C. G. S.
- « Les expériences étaient faites à 1 aide du dispositifs suivant. Le circuit d’une bouteille de Leyde, comprenant une bobine d’extrémités B,, B2, est interrompu par un excitateur principal I. Les extrémités B,, B2 sont en contact avec les pôles d’un excitateur dé-rivéE. On maintient l’excitateur principal dans des conditions constantes. On détermine la distance explosive maximum à laquelle on peut éloigner les deux pôles de l’excitateur dérivé pour qu’à chaque étincelle principale
- i1) Comptes rendus, t. CXXI, p. 195, 16 juillet 1894. L Éclairage Électrique, t. IV, p. 469.
- en I on observe une étincelle dérivée en E': in quand l’excitateur E n’est pas éclairé ; 20 quand il est éclairé par la source de radiations ultra-violettes employées dans la mesure de l’abaissement statique. Avec M. Lodge, j’appellerai cette distance maximum la distance critique de l’excitateur dérivé.
- » L’expérience montre que, si pour une décharge et un excitateur dérivé déterminés, la distance critique est d quand l’excitateur n’est pas éclairé, elle devient d -b A quand l’excitateur est éclairé par les radiations ultra-violettes à étant une fraction notable de d.
- » On peut déduire de ces expériences l’abaissement des potentiels explosifs dynamiques à l’aide des propositions suivantes :
- » I. Les potentiels statique et dynamique d’un excitateur, placé à l’abri des radiations ultra-violettes, sont égaux entre eux.
- )) Ce principe, généralement admis, est vérifié par l’expéricncc à la conditon expresse qu'on le limite au cas où l'excitateur n’est pas éclaiié par les radiations ultra-violettes.
- » 11 se traduit par l’égalité.
- = (1)
- Y'foi désignant le potentiel explosif dynamique de l’excitateur non éclairé pour la distance d; V5« le potentiel explosif statique du même excitateur non éclairé et pour la même distance explosive §.
- » II. Le potentil explosif correspondant à la distance critique d de l’excitateur E non éclairé est le potentiel maximum V' auquel la décharge peut amener les pôles de l’excitateur dérivé ; elle se traduit, en tenant compte de (1), par l’égalité
- \r’ — Ydn. (B)
- » III. S’il n’éclate pas d’étincelle à l’excitateur dérivé, la loi de la décharge du condensateur dans le circuit n’est pas modifiée par le changement des conditions physiques dans lesquelles l’excitateur dérivé est placé; donc le potentiel maximum V', auquel la décharge peut amener les pôles de E, est le même que cct excitateur soit éclairé ou non par les ra-
- p.231 - vue 232/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- diations ultra-violettes ; il résulte de cette pro- 1 position que le potentiel explosif dynamique V'(d-j-A)e de l'excitateur E, éclairé pour la distance critique (d -|- A), ne peut être supérieur au potentiel maximum V' (je démontrerai prochainement qu’en général il lui est très inférieur). On peut donc écrire, en tenant compte de l’équation (2),
- V'(d+A)c^VJn. (3)
- )) D’après la proposition (1), le potentiel explosif dynamique de l’excitateur non éclairé pour la distance d-j- A est V(rf+A)n.
- 0 Labaissemcnt dynamique de l’excitateur E pour la décharge et la distance cf + A considérées sera donc
- A'>V(, + i)n-Vrfn; (4)
- le second membre de cette inégalité se détermine par deux mesures électrostatiques de potentiel par l’électromètre absolu.
- » Si V{d-(-A)e désigne le potentiel explosif statique de l’excitateur éclairé pour la distance d-fiA, l’abaissement statique de l’excitateur E pour la distance d + A sera
- A = V(rf+A)„ -V(d+A)P. 15)
- » Voici les résultats de quelques expériences faites avec un condensateur de 0,005 mcf se déchargeant dans une bobine d’une résistance de 1 ohm environ, d’une self-induction de quelques de quadrant, l’excitateur dérivé étant formé de deux sphères de laiton de 1,6 cm de diamètre. L’excitateur principal est formé de sphères de 2 cm. Je désignerai son potentiel explosif par V,. Les potentiels sont mesurés en unités électrostatiques C.G.S.
- » La lumière d’une lampe à arc fonctionnant sous le régime de 15 ampères est concentrée, à l’aide cl’une lentille en quartz, sur les pôles de E
- Vi =58,
- à = 4,5 mm Vd» = 5*.
- d -\- A = 5,4 mm V(d-J-A)„ = 60, A'>8,
- V(rf-l-A) e — 58, A ~ 2*
- » Les résultats expérimentaux, interprétés comme on vient de le faire, démontrent nettement la proposition énoncée au début de cette Note (’)• »
- Sur un tube de Orookes de forme sphérique, montrant la réflexion des rayons cathodiques par le verre et le métal, par Gaston Ség-uy (’).
- « Une sphère creuse de verre, où le vide a été fait à un millionième d’atmosphère, contient une électrode d’aluminium en forme d’ctoile E, placée en son centre. Une seconde électrode S a la forme d’un petit disque D applique contre la paroi de verre parallèlement à l’étoile. Cela posé, si l’on intercale l’appareil dans le circuit d’une bobine d’induction qui donne 10 cm d’étincelle, le disque D étant au pôle négatif, on observe des phénomènes lumineux qui mettent en évidence la réflexion des rayons cathodiques par le verre et le métal.
- » La gerbe des rayons cathodiques émis par D va frapper et illuminer la paroi opposée D'; on voit l’ombre noire de l’étoile au milieu de la tache lumineuse. Ces mêmes rayons, réfléchis sur le verre en I)’, reviennent illuminer la paroi qui entoure D, et y forme une seconde ombre de l’étoile E, plus grande que la première. Enfin l’étoile d’aluminium réfléchit une partie de la gerbe partie de D ; il en résulte une projection lumineuse de cette étoile, inscrite au milieu de l’ombre de cette même étoile formée sur la paroi D.
- » Si l’on prend l’étoile d’aluminium comme
- cathode, les phénomènes lumineux se simplifient : on voit seulement l’étoile se projeter sur les parois de verre opposées, et donner d’elle-même deux images lumineuses en vraie grandeur. »
- (') Institut de Physique de la Faculté des Sciences de Lille.
- (s) Comptes rendus, t. CXXIi, p. 134, séance du
- p.232 - vue 233/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- !33
- Oscillations rétiniennes consécutives à l’impression
- lumineuse, par Aug. Charpentier (').
- « Il ya plusieurs années (Comptes rendus, 20 et 27 juillet 1891), j’ai démontré que la rétine est le siège de phénomènes oscillatoires rapides, produits sous l’influence des excitations lumineuses. Toute lumière tombant sur la rétine provoque une réaction négative qui peut être suivie elle-même de plusieurs phases alternativement positives et négatives, d’amplitude décroissante. La durée d’une période complète de ces oscillations est d’environ ^ de seconde C’est là un phé-
- nomène plus ou moins marqué, mais constant, et l’on peut dire que toute sensation lumineuse, brève ou longue, commence par être oscillatoire (alternativement croissante et décroissante).
- » Certains auteurs ont voulu rapprocher de ce fait capital une seconde espèce d’oscillation plus lente de la sensation, qu’ils ont crue aussi constante et uniforme. Dans certaines conditions, on voit une excitation lumineuse brève réapparaître un instant après la disparition de la lumière. Cette sorte de dédoublement de la sensation, d’abord observée par C.-A, Young, et que j’avais cru pouvoir rapprocher de ma réaction négative, est en réalité d’un autre ordre. Shedford Bidwell, von Kries, qui l’ont étudiée récemment, ne me semblent pas avoir reconnu sa véritable signification. Voici les résultats d’expériences variées, qui m’ont permis de la faire rentrer dans un ordre de faits plus général.
- » J’ai opéré à l’aide de disques rotatifs, tournant au devant d’un champ lumineux uniforme (verre dépoli recouvrant une lentille plan-convexe de 20 cm de diamètre, au %er de laquelle (à 45 cm) est une source lumineuse dont on peut varier l’intensité). Dans Un disque noir et opaque est percée, à une certaine distance du centre, une fenêtre plus °u moins large en forme de portion de secteur; cette fenêtre, en tournant devant le
- () Comptes rendus, t. CXXII, p. 87, séance du 13
- verre dépoli, forme un objet lumineux mobile qui laisse une trace annulaire, dont les détails sont en rapport avec les phases diverses de la sensation pendant et après le passage de la lumière sur chaque point de la rétine ; grâce à des dispositifs variés, que je ne puis décrire ici, l’excitation peut être plus ou moins rapide, plus ou moins longue, plus ou moins intense. Avec une vitesse de rotation, variant entre 1 et 5 secondes par tour, elle laisse sur la rétine d’un œil bien immobile (condition capitale) une trace où l’on peut facilement analyser, à chaque passage du secteur, les impressions rétiniennes successives, distribuées suivant l’espace.
- » Or, dans certaines conditions déterminées d’intensité lumineuse et de durée de l’excitation, la fenêtre du disque se montre suivie à distance par un objet de forme analogue, mais bien plus pâle, sorte de reviviscence affaiblie de l’image rétinienne primitive. Cette image récurrente est généralement incolore, elle paraît bleuâtre pour de faibles intensités. Elle est séparée de l’objet par un intervalle noir, plus noir que le reste du fond.
- » On a cru que cette image se formait toujours - de seconde après l’excitation, et qu’elle reproduisait régulièrement la forme de l’objet. 11 n’en est rien. En réalité, elle fait partie d’une image consécutive toujours assez longue et dont l’intensité varie, croissant d'abord, puis décroissant à partir d’un maximum. C’est ce maximum qui, seul visible dans certains cas, par suite du peu d’intensité du reste de l’image , constitue alors l’image récurrente; mais ses dimensions sont loin d’être constantes et de rappeler toujours celles de l’objet ; si on affaiblit la lumière, sa largeur diminue, puis elle disparaît ; si on l’augmente, l’image, d’abord mince, s’élargit de plus en plus, et elle peut atteindre cinq ou six fois la largeur apparente de l’objet. En même temps, quand la lumière augmente, l’image récurrente apparaît de plus en plus tôt, l’intervalle noir qui la sépare de l’objet diminue.
- p.233 - vue 234/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 234
- » La durée de l’excitation agit comme son intensité; plus elle est grande, plus l’image s’étale et plus elle suit de près l’excitation.
- » Le momcntd’apparition del’imagedépend d’ailleurs, non du début, mais de la fin de l’excitation.
- » J’ai constaté ces faits en variant la durée d’excitation jusqu’à - seconde, mais la durée la plus favorable pour avoir une image récurrente bien limitée est seulement de à de seconde.
- )) L’image récurrente peut se produire avec toutes les couleurs, mais elle est surtout marquée pour les couleurs les plus réfrangibles. Je l’ai vue se produire, même pour le rouge, à l’aide de verres de cette couleur qu’il est facile de se procurer à peu près purs ; seulement, l’image est alors très faible, et on ne la perçoit bien que si l’intensité lumineuse est suffisamment grande; elle est plus forte avec le vert, et surtout marquée avec le bleu (ce qui explique qu’on ne l’ait quelquefois remarquée que dans la lumière bleue). Sa coloration n’a rien de spécifique et varie avec l’intensité de l’excitation ; elle peut être colorée comme celle-ci, mais paraît le plus souvent grise, tirant sur le bleu ou le violet pour de faibles intensités ; dans la lumière bleue de moyenne intensité, elle paraît plutôt jaune verdâtre.
- » En somme, il s’agit ici, non d’une excitation spéciale des fibres du violet, ni d’une action élective sur les bâtonnets, comme cela a été dit, mais seulement d’un cas particulier, d’une phase maxima de l’image persistante qui suit toute excitation. Seulement, ce qu’il y a ici d’important et de général, c’est l’intervalle noir qui suit constamment et immédiatement l’excitation : c’est une réaction négative de clôture, et je l’avais déjà remarquée dans toutes mes expériences de 189 r, sur les oscillations rétiniennes. La durée apparente de cet intervalle noir est variable, car il doit paraître d’autant plus long que l’image consécutive est plus faible ; aussi, pour de faibles umières ou de très brèves excitations, peut-il
- atteindre -j de seconde, tandis qu’il peut être réduit à jg- de seconde environ pour des excitations assez fortes atteignant une durée d’un ou plusieurs feentièmes de seconde.
- » Ainsi la cessation de l'excitation lumineuse produit une réaction négative de la rétine, de même que la naissance de l’excitation lumineuse produit la réaction négative que j’ai mise en évidence sous le nom de bande noire. La période noire de clôture, comme la période noire de l’excitation commençante, est instantanée, mais elle en diffère par sa longueur généralement plus grande, et par sa variabilité. Elle peut enfin, dans certains cas, affecter, comme la bande noire initiale, une forme oscillatoire multiple, car j’ai pu voir se produire, surtout avec la lumière bleue, des images récurrentes doubles et même triples d’intensité décroissante, et séparées par des intervalles sombres.
- » 11 y a intérêt à rapprocher ces faits des réactions électriques connues que donnent sur la rétine la naissance et la cessation de l'excitation lumineuse : dans les deux cas, on observe une réaction momentanée et généralement inverse de celle qui se produit pendant que dure l’action de la lumière. De là à les rapporter à des phénomènes d’induction, il n’y a qu’un pas, d’autant plus que la structure actuellement connue du système nerveux, où les éléments d’un même eircuit communiquent par voie de contiguïté et non de continuité, rend infiniment probable la production fréquente, sinon habituelle, d actions induites entre les éléments successifs d’une voie nerveuse donnée. C’est là un point de vue évidemment tout conjectural, que je ne puis qu’indiquer ici en passant, me réservant de le développer ailleurs. »
- p.234 - vue 235/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- >35
- VARIÉTÉ
- LES CONCESSIONS DE GAZ ET D’ÉLECTRICITÉ (suite) (').
- VI
- 2*condition: Concession d'un monopole général.
- S’il est ainsi établi, d’une part, que notre traité ne confère pas un monopole d’éclairage et d’autre part, qu’il ne concède qu’un droit de canalisation restreint à la partie souterraine des voies publiques et à la conduite du gaz. il peut paraître superflu d’examiner si la seconde condition exigée par la jurisprudence pour permettre au concessionnaire de s'opposer à toute concession ultérieure faite à un tiers, existe dans l’espèce : il n’y a pas, en effet, à se demander si le monopole d’éclairage est général ou restreint à un procédé déterminé. puisque nous venons d’établir que ce monopolen’existepas du tout.
- Néanmoins, pour ne laisser dans l’ombre aucun des côtés de la question et pour bien faire voir à quels nombreux obstacles se heurterait l’opposition du cessionnaire, nous tenons à montrer qu’en supposant un instant que le traité conférât à ce cessionnaire un monopole d’éclairage, ce monopole serait restreint au procédé d’éclairage par le gaz et ne s’appliquerait nullement à tous les autres procédés, ni notamment à l’éclairage électrique.
- Les compagnies d’éclairage par le gaz ont souvent soutenu devant les tribunaux que, dès qu’une ville leur avait accordé un monopole d’éclairage, cette ville ne pouvait plus autoriser ultérieurement aucun établissement pouvant leur faire concurrence, qu’il s’agisse d éclairage électrique ou de tout autre mode d éclairage, pas plus qu’elle ne pourrait faire concurrence par une concession pour une distribution d’eau à un concessionnaire antérieur de la distribution de l’eau potable.
- MM. Ilérard et Sirey réfutent cette argumentation, en commentant les deux arrêts ^_oonseil d'Etat du 26 décembre 1891, qui,
- A Extrait de la Revue pratique de Droit industriel. et°lr t éclairage Électrique des 18 et 25 janvier, p. 138
- d’ailleurs, ne tranchent pas à cet égard la question de principe : « Si l’on peut admettre à la rigueur, disent-ils, qu’il n’y a qu’une eau potable, on ne pourra prétendre qu’il n’y a qu’une seule lumière. La lumière électrique, la lumière du gaz, la lumière du pétrole, la lumière enfin de la vulgaire chandelle peuvent-elles être assimilées, soit au point de vue du pouvoir éclairant, soit sous le rapport des propriétés tant physiques que chimiques? Comparons seulement la lumière du gaz à la lumière électrique, ces deux sortes de lumière pouvant également être produites par une usine génératrice et transmises de là aux points de consommation par des canalisations : sans parler de la différence d’intensité qui est manifeste, la lumière du gaz chauffe, la lumière électrique est froide ; la première dénature les couleurs, offre des dangers d’explosion et d’incendie, des dangers d’asphyxie, elle ne peut se produire qu’à l’air libre ; la seconde n’altère pas les couleurs, ne peut provoquer d’explosion, du moins à l’air libre, présente des dangers d’incendie beaucoup moindres, ne vicie pas l’air et peut être employée sous forme de lampes à incandescence dans l’eau, ou au milieu de gaz non comburants ou détonants. Et si l’on passait à l’examen des propriétés chimiques des deux lumières, on trouverait encore entre elles bien d’autres différences. N’en citons qu’une qui est capitale : la lumière électrique reproduit le spectre solaire, la lumière du gaz donne un spectre différent. Devant de telles dissemblances, entre les propriétés de la lumière électrique et de la Lumière du gaz, devant la supériorité incontestable, disons-le, de la première sur la seconde, il faut bien avouer qu'un traité qui, en concédant à un tiers le monopole de l’éclairage au gaz d’une ville, aurait pour effet de priver les particuliers de l’emploi de la lumière électrique distribuée à domicile au moyen de fils partant d’une usine centrale, léserait singulièrement les intérêts privés des habitants. Nous croyons donc que, de même que le monopole résultant d’une concession de l’eau ne peut porter que sur
- p.235 - vue 236/624
-
-
-
- (36
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- l'eau, de même le monopole résultant d’une concession de gaz ne peut porter que sur le gaz et non sur tout mode d’éclairage, et que le traité, en vertu duquel cette concession a été accordée, ne pourra mettre obstacle à ce que la ville autorise, dans l’avenir, l’établissement de canalisations pour tout autre mode d’éclairage, l’électricité par exemple, à moins qu’il existe à ce sujet, dans ledit traité, une clause formelle )>.
- Toutes les décisions des conseils de préfecture qui ont eu à trancher cette question de principe l’ont résolue en ce sens, en se fondant toujours sur la règle de l’interprétation restrictive des concessions de monopole; tels sont notamment, pour ne citer que ceux intervenus depuis les arrêts du Conseil d’Etat de 189 j, les arrêtés du conseil de préfecture des Pyrénées-Orientales d’avril 1892, du conseil de préfecture de l’Yonne, du 19 novembre 1892 et du conseil de préfecture de l’Eure, du 4 février 1893 ; et nous avons vu qu’au point de vue du principe, les décisions du conseil d’Etat n’ont infirmé en rien cette jurisprudence.
- Mais il est évident, que, si en principe le monopole concédé pour un mode d’éclairage déterminé ne peut s’étendre à tous les modes d’éclairage, en général, il faut admettre, selon la formule très heureusement employée par le dernier des arrêtés que nous venons de mentionner, qu'il appartient aux villes, pour assurer sur leur territoire le service de l’éclairage, tant public que privé, et sans créer au profit de tiers un monopole de droit pour l’éclairage privé, de s’interdire d’autoriser ou de favoriser sur le domaine municipal tout établissement pouvant faire concurrence à leur concessionnaire. Les deux arrêts du conseil d'Etat du 26 décembre 1891, si souvent invoqués par les compagnies du gaz, n’ont fait d’ailleurs que reconnaître l’existence de fait et la validité en droit d’une clause de ce genre, dans les traités qu’ils avaient à interpréter. Toutefois, il est nécessaire, ainsi que l’ajoute l’arrêté du 4 février 1893, que cette interdiction restrictive des droits de la commune soit expressément stipulée. « En l’ab-
- sence d’une clause formelle, dit Dalloz, dans son répertoire (Supp., v" Concession administrative, n° 52), les concessions ne confère^ pas un droit exclusif au concessionnaire, et l’administration pourrait accorder des concessions nouvelles à des compagnies concurrentes, sans que le premier concessionnaire fût fondé à réclamer une indemnité ». M. Gustave Pinta, le distingué rédacteur du journal L’industrie électrique, écrit dans le même sens : <( Une ville qui concède l’exploitation de son éclairage à une compagnie de gaz, sans s’imposer aucune obligation relativement aux innovations industrielles à appliquer dans l’avenir est-elle, par cela seul, déchue, pendant toute la durée de la concession, du droit de favoriser la concurrence d’une compagnie rivale? En aucune façon, il faut que le con-tract stipule contre la partie concédante une interdiction expresse.... Si cette interdiction ne résulte pas des termes et de l’esprit du contract de concession, les villes ont pleine liberté pour traiter avec des compagnies électriques, car une concession administrative, qu’elle soit accordée par l’Etat ou par les villes, n’implique nullement par elle-même la prohibition de favoriser une industrie concurrente » (X° du 11 juin 1892).
- Et M. Pinta rappelle les décisions de jurisprudence rendues à ce sujet antérieurement à l’arrêté du 4 février 1893, que nous avons cité plus haut, et il constate que le conseil d’Etat, depuis 1846, s’est toujours prononcé dans ce sens (Arrêts du 17 janvier 1846, Compagnie des Trois Ponts; du 20 février 1846, Bonhomme; du 2 décembre 1858, Société du pont de Cubzac; du 23 juillet 1875, Roux et autres; du i2novembre i88o,LauthieretCiel.
- Il ne nous reste donc plus qu’une question à examiner : c’est celle de savoir si, en fait, les dispositions de notre traité-type contiennent une clause interdisant à la ville de favoriser une industrie concurrente.
- La seule disposition qui vise l'application d’un mode d’éclairage autre que le gaz est celle qui prévoit la découverte d'un procédé plüS avantageux que le gaz et stipule que la v‘Ue
- p.236 - vue 237/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- pourra imposer cette application au cessionnaire dans un délai et avec une réduction de prix déterminés. Cette clause, nous l’avons déjà indiqué, contient ainsi un engagement pris par la compagnie d’accepter cette modification au traité, si elle lui est demandée par la ville, et non un engagement pris par la ville de réserver exclusivement au concessionnaire l’application du nouveau procédé. Il n’y a même pas, dans cette disposition, il convient de le remarquer, la reconnaissance au profit du concessionnaire d’un droit de préférence pour cette application éventuelle : la ville reste libre de choisir entre ces deux partis: ou imposer cette application au concessionnaire, ou, si elle le préfère, la concéder à un tiers.
- Ainsi, la seule disposition de notre traité-type qui vise un procédé d’éclairage autre que le gaz, contient, relativement à l’applicatio de ce procédé, un droit d’option, un droit de modification du traité stipulé au profit de la ville ; comment pourrait-on y voir une interdiction stipulée contre elle. Il y a donc lieu ici d’appliquer purement et simplement le principe qu’en dehors d’une clause d’interdiction formellement stipulée contre la ville, celle-ci demeure libre après avoir accordé une concession relative à un procédé spécial d’éclairage, tel que le gaz, d’en accorder i nouvelle à un tiers pour un procédé, tel que l’électricité.
- Rappelons d’ailleurs qu’il n’y aurait lieu d’invoquer ce principe que si la première concession accordée était celle d’un monopole d’éclairage : en établissant qu’il ne s’agit, en 1 espèce sur laquelle nous raisonnons que dune concession de canalisation, nous avons montré par là même que le droit exclusif du concessionnaire ne s’étend ni à l’éclairage par ^ gaz spécialement prévu au traité, ni à plus forte raison à un autre mode d’éclairage.
- VU
- Les conclusions de cette étude peuvent se °rmuler ainsi ;
- 1 Le droit exclusif concédé par notre trai-
- 237
- té-type pour l’éclairage de la ville ou de ses habitants, s’applique uniquement à la canalisation des voies publiques municipales, pour la conduite du gaz et au moyen de tuyaux souterrains ;
- 2° Dès lors, la ville demeure libre d’accorder à un tiers, pendant la durée même de la concession, toutes concessions nouvelles relatives à la canalisation des voies publiques pour la distribution d’un autre mode d’éclairage, tels que des fils aériens.
- 3° La ville ne s’est en aucune façon interdit par ce traité d’accorder, dans les conditions ci-dessus indiquées, de nouvelles concessions pour un procédé d’éclairage plus avantageux, tel que l’électricité : elle s’est au contraire réservé, pour le cas où elle voudrait, pendant la durée de la concession, appliquer un procédé plus avantageux que le gaz, un droit d’option entre ces deux parties : ou bien maintenir intégralement le traité relatif à la canalisation pour l’éclairage au gaz et faire avec un tiers, relativement à la canalisation pour le nouveau procédé, un autre traité, respectant les conditions sus-indiquées et qui serait exécuté d’une façon concomitante ; ou bien charger le concessionnaire lui-même de l’application du nouveau mode d’éclairage, en lui imposant alors d’exécuter dans le délai déterminé les travaux nécessités par cette application et de réduire les prix dans les limites convenues.
- En conséquence :
- i° Si la ville qui a passé un pareil traité entend user du bénéfice que lui confère la troisième disposition elle peut, à la seule condition de justifier que l’éclairage électrique sera plus avantageux que le gaz, mettre en demeure le concessionnaire actuel d’avoir à exécuter dans le délai fixé, à partir de la dite mise en demeure, les travaux nécessaires à la distribution de l’éclairage électrique, tant public que privé ; dans ce cas, cette distribution serait faite soit par les conduites souterraines, déjà concédées, soit par les conduites aériennes, dont la concession devrait faire l’objet d'un traité supplémentaire.
- p.237 - vue 238/624
-
-
-
- !38
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 2° SI la ville trouve plus avantageux de faire appliquer le nouveau procédé d’éclaira-rage, sans modifier l’état de choses créé par le traité qu’elle a passé pour la canalisation en vue de l’éclairage au gaz, elle peut alors s’adresser à un tiers et faire avec lui, en lui concédant, dans des limites de fait et de droit qu’elle jugera convenables, la canalisation aérienne des voies publiques municipales .pour la distribution du nouvel éclairage, tant public que privé, un traité analogue à celui qu’elle a fait avec le premier concessionnaire.
- De cette façon, les droits de chacun s’exerceront d’une façon concomitante sur deux domaines parfaitement distincts, en vue de deux résultats différents, bien que profitant également à l’intérêt général de la ville et de ses habitants.
- Georges Lagrésille,
- Doctenr en droit,
- Avocat à la Cour d'Âppel de Paris.
- BIBLIOGRAPHIE
- Leçons sur l’utilisation industrielle de l’énergie électrique par E. Gossart, docteur es sciences, chargé du Cours d’électricité industrielle de la Faculté des Sciences de Bordeaux.
- Tout récemment nous donnions dans ces colonnes {nû du 4 Janvier) une analyse sommaire des leçons faites l’an dernier par M. Gossart et consacrées à l’étude de la production industrielle de l’énergie électrique. Grâce à l’activité de M. Chevalier, préparateur du cours, les premières leçons du Cours de cette année, qui a pour objet l’étude de l’utilisation industrielle de l’énergie électrique, viennent d’être publiées.
- Aux yeux des Bordelais et de ceux qui ont visité l’été dernier leur Exposition, ces leçons ont l’attrait de l’actualité. L’auteur y a pris comme exemple pratique de l’utilisation de l’énergie électrique les nombreuses applications domestiques que l’on avait ressemblées dans la Maison électrique de l’Exposition (1). Il nous fait parcourir ia maison de la cave au
- (') Voir Y Eclairage Electrique, t. IV, p. 543 ; 24 août 1895.
- grenier, commençant par la description des. moteurs, dynamos et accumulateurs qui produisent l’énergie électrique et en régularisent l’emploi, continuant par celle des appareils destinés à la transformer en énergie calorifique pour son application à la soudure, à la cuisine ou au chauffage des appartements puis par celle des lampes à incandescence ou à are qui la transforment en énergie lumineuse, passant ensuite à la description de l’ascenseur, du monte-plats, des ventilateurs, etc., qui nous offrent des exemples de la transformation en énergie mécanique, puis nous montrant sa transformation en énergie chimique dans le désinfecteur Hermite, et enfin terminant par la description des expériences de Tesla qui étaient installées dans une des salles de la Maison électrique.
- Souhaitons que la lecture de ces leçons inspire aux riches armateurs bordelais l’idée d’établir chez eux le lout à Vélectricité qui, sans parler de ses avantages au. point de vue du confortable et de l’hygiène, possède celui de permettre d’utiliser pendant le jour une partie de l’énergie des stations centrales. En attendant que ce souhait se réalise, les électriciens doivent remercier M. Gossart de mettre sa science à leur service en vulgarisant les applications domestiques de l’électricité.
- J. B.
- CHRONIQUE
- La fabrication du matériel Thury en France — Nous apprenons que la O de l’Industrie électrique vient de concéder à MM. Schneider et C'“ la construction de son matériel pour la France et ses Colonies.
- La fabrication du matériel Thury va donc être exécutée par les Usines du Creusot, et l’usine d’Ivry sera fermée incessamment.
- Si nos renseignements sont exacts les Usines du Creusot, tout en entreprenant la construction des machines du système Thury continueraient également à exécuter le matériel à courants alternatifs Zipernowsky, Déri et Blathy et les appareil* Tesla à champ tournant.
- p.238 - vue 239/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 259
- 4m d’adjudication. — Le 13 février 1896, à onze heures du matin, il sera procédé à Paris, rue de Grenelle, 103, à l’adjudication publique des fournitures suivantes :
- j0 SOo 000 kilogrammes de fil de fer galvanisé destiné à rétablissement de lignes télégraphiques aériennes (cinq lots) ;
- 20 Mâchoires, moufles, soudure à l’étain et échelles, [quatre lots).
- Les demandes d’admission à l’adjudication devront être parvenues à la Direction générale des postes et télégraphes avant le 3 février 3S96.
- On pourra prendre connaissance du cahier des charges, rue de Grenelle, 103 (division du matériel et de l’exploitation électrique, 3e bureau), tous les jours non fériés, de dix heures à quatre heures, ainsi que dans le bureau télégraphique central des chefs-lieux de départements.
- Le bateau sous-marin le Goubet. — Le Goubet n’ 2, qui vient d’être terminé dernièrement, est plus grand que son aîné. Sa forme extérieure est celle d’un fuseau allongé engendré par la révolution d’un arc de cercle de 10 m de rayon autour d’une corde de 8 m ; son diamètre au maître bau est de i,75111 • L’épaisseur de sa coque est de 22 mm au centre et de 8 mm aux extrémités. Son poids total est de 9 000 kg répartis ainsi :
- Coque........................ 6 700 kg
- Piles............................ . 800 »
- Mécanisme.................... 600 »
- Poids de sûreté.............. 900 »
- Total.............. 9 000 »
- Son volume est de 9 750 m3.
- La coque est formée de trois parties : les deux extrémités et le milieu; inutile de dire que les joints ont reçu une attention particulière. On se rappelle que, dans le premier modèle, la coque avait été obtenue de fonte d’une seule pièce, dans la crainte que les joints ne puissent satisfaire aux c°nditions de sécurité.La coque esttoute en bronze à canon; elle a été fondue dans les ateliers de •^M. Muller et Roger. Le poids de sûreté forme Une hausse quille mobile qui assure une grande stabilité en temps normal; elle peut facilement etfe détachée, car elle est montée à bayonnette; cas de danger, il suffit de faire faire un quart e Lur à une clé pour que la quille tombe au fond
- de l’eau et pour que le bateau remonte à la surface comme un bouchon. Des hublots permettent de voir, de l’intérieur, ce qui se passe à l’extérieur quand le bateau flotte à la surface. Lorsque l’immersion a lieu, un tube télescopique renfermant des prismes dont l’extrémité sort de l’eau permet de suivre les mouvements des autres bateaux et de se diriger.
- L’immersion sc fait en introduisant de l’eau dans des caissons portés par le torpilleur. Les pompes qui commandent l’entrée ou l’expulsion de l’eau sont actionnées par une dynamo. Le courant moteur est fourni par des piles au bisulfate de mercure, comme du reste celui qui actionne le moteur de l’hélice. La fermeture ou l’ouverture du circuit des pompes ainsi que la direction du courant sont commandés automatiquement par l’aiguille du manomètre, en sorte que la hauteur du sous-marin se maintient constante.
- La dynamo qui commande l’hélice fait 1 000 tours à la minute et attaque l’hélicc par un train d’engrenage réduisant la vitesse angulaire dans le rapport de 4 à 1 , L’hélice peut être déplacée dans le sens horizontal pendant sa rotation. Elle fait ainsi l’office d’un gouvernail très puissant qui permet au bateau de tourner dans un rayon de
- Trois hommes peuvent trouver place dans ce bateau : le capitaine, au centre, assis sur un fauteuil tournant qui lui permet d’observer successivement tous les points de l’horizon; le mécanicien à l’avant, l’électricien à l’arrière.
- La vitesse prévue est de 6 nœuds à l’heure; les piles pouvant actionner les moteurs pendant 30 heures, on voit que le Goubet pourrait parcourir 180 nœuds, soit 333 km. Il est peu probable qu’il ait jamais à faire d’aussi longs voyages.
- Des organes de sûreté pour la propulsion, pour la production d’air frais et l’expulsion de l’air vicié, pour la manœuvre extérieure des organes d’attaque ou de défense : lance-torpilles, cisailles pour couper les câbles ou les fils des torpilles, tarières, etc., complètent le Goubet n° 2 qui, avec le Goubet n° 1, le Gymnote, le Gustave-Zédé et le • lMars, complétera notre flotte sous-marine.
- Le chauffage électrique doit être adopté, s’il faut en croire le Cassier’s Magazine, au couvent des Carmélites, sur la rive canadienne des chutes du Niagara. Ce serait l’installation la plusimpor-
- p.239 - vue 240/624
-
-
-
- 2^0
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- tante des procédés électriques de chauffage qui ait été encore faite. La cuisine, le blanchissage du linge et le chauffage d'une partie des chambres serait fait par l’électricité.
- Équivalent électrique d’une avalanche. — M. du Riche-Preller a calculé que l’énergie développée dans l’avalanche qui a eu Heu le xi septembre dernier dans la Gemmi, dans les Alpes, est d’environ 4 400 000 000 tonnes-mètres. Pour mieux se rendre compte de la valeur de ce travail, développé pendant une minute, il faut concevoir qu’il
- est équivalent
- 30 OOP X I OOP __ . û00 ooc 75X60
- de chevaux-vapeur.
- Si l’on admet qu’un cheval-vapeur peut alimenter 10 lampes à incandescence de 16 bougies, cette quantité d’énergie aurait suffi à allumer 10 000 000 000 de lampes pendant une minute, ou
- 10000000000 _lampes pendant une année 60X5X365 y .
- entière, à raison de 5 heures par jour.
- L’invention du trâlet à contact inférieur. — On sait que le type actuel du trôlet, muni d’une roue faisant prise de courant à la partie inférieure du conducteur de service, a été breveté par Van Depoele. Ce mode de contact a été depuis généralement adopté et substitué aux trôlets à contact glissant ou à contact roulant à la partie supérieure des fils. La General Electric Company, qui possède le brevet de Van Depoele, a attaqué les compagnies employant les systèmes de ses concurrents. Les tribunaux américains viennent de lui donner gain de cause. Il sera, bien entendu, appelé de cette decision, qui, si elle était maintenue, aurait une influence considérable sur le développement de l’industrie des tramways électriques.
- L'affinage électrolytique du cuivre. — Presque tout le cuivre d’Allemagne est affiné par l’électro-lyse. En‘Amérique, la production du cuivre électrolytique s’élevait à 12000 tonnes en 1890. Ce chiffre s’éleva, en 1891, à 18000 tonnes; en 1892, à 25 000. Il y a actuellement aux États-Unis vingt grandes usines, où le traitement du cuivre s’opère électrolytiquement. Leur production totale est de 4000 tonnes par mois. Certaines dynamos qui y sont installées fournissent 3 000 ampères, Leur force électromotrice varie de 6 à 100 volts. Deux ou trois donnent 150 volts.
- Le métropolitain aérien électrique de Chicago. — Nous avons déjà signalé ce fait encourageant pour l’avenir de la traction électrique du fonctionnement d’un tramway électrique sur une route inondée (tome IV, p 284).
- Une tourmente de neige qui s’est abattue le 25 novembre dernier sur Chicago, vient encore mettre en évidence les avantages de ce mode de traction. Pendant toute la durée de la tempête qui brisa les fils des réseaux téléphoniques et télégraphiques et força les tramways à chevaux et même ceux à trôlet à suspendre leur service, le métropolitain aérien électrique ne subit que deux interruptions, l’une de 9 minutes, due à l’incendie d’un bâtiment le long de la voie, l’autre, de 5 minutes, causée par le dérangement d’une voiture.
- Le nouveau tarif téléphonique. — La réforme des taxes téléphoniques que nous annoncions dans notre chronique du 14 septembre est, depuis le premier janvier, un fait accompli.
- Rappelons que dans Paris la taxe a été ramenée de 50 centimes à 25 centimes pour 5 minutes. Entre Paris et des localités distantes de 25 kilomètres, le tarif est de 25 centimes pour 3 minutes. Au-delà de 25 kilomètres, et jusqu’à 100 kilomètres, la taxe est portée à 50 centimes pour 5 mi nutes. Au-dessus de 100 kilomètres, la taxe subit une augmentation de 50 centimes par 100 kilomètres ou fraction de joo kilomètres ; la taxe des messages téléphonés reste fixée à 50 centimes. Le montant d’un abonnement principal au téléphone est de 400 francs ; ce prix est porté à 600 francs pour les cercles et cafés. Les abonnés pourront contracter des abonnements supplémentaires moyennant une redevance annuelle de 50 francs.
- La soude et le chlore électrolytiques. — On annonce, dit l'Électricien, que la maison Solvay s’est rendue acquéreur des brevets Kellner pouf l’obtention de la soude caustique et du chlorure de chaux par l’électrolyse. En même temps, elle a traité avec M. H.-J. Castner, directeur de l’Aluminium Company, à Oldburn, inventeur d un autre procédé de fabrication des mêmes corps, de telle sorte que M. Castner est autorisé à appüquef en Angleterre le procédé Kellner, et la mais°n Solvay peut faire usage, dans tous les autres pays> du procédé Castner.
- L’Éditeur-Gérant : Georges CARRÉ ^
- Paris.- Imp. Em. Mauchaussat, 32, Boulevard de Vaugi«rd
- p.240 - vue 241/624
-
-
-
- Tome VI.
- Samedi 8 Février 1896
- 3e Année. — N" 6
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ J
- \*
- Directeur Scientifique : J. BLONDIN \
- Secrétaire de la rédaction : G. PELLISS1ER
- SUR
- UNE NOUVEI .LE ESPÈCE DE RAYONSO
- i. — La décharge d’une grosse bobine d’induction traverse un tube à vide de Hittorf,
- (’) Les expériences de M. Rôntgen, en montrant la possibilité de photographier des objets à travers des
- haut point la curiosité publique. Les savants de tous pays se sont immédiatement occupésde cette question, qui, au point de vue scientifique, a une importance des plus considérables. Dans la séance de l’Académie des Sciences du 27 Janvier, MM. H. Poincaré, J.. Perriu, Laniielongue, Barthélemy et Oudin, faisaient connaître les principaux résultats des recherches de M. Rôntgen ouïes essais qu’ils ont peisonnellcment tentés. Eu Angleterre, M. Campbell Swinton présentait à la Société de Physique de Londres, diverses photographies d’objets métalliques enfermés dans des boîtes en carions, ainsi que la photographie du squelette de la main, tandis que MM. Oliver Lodge, Schuster, Bot-tomley publiaient quelques commentaires sur les expériences de Rôntgen. En Allemagne et en Autriche les expériences se multiplient également et le Zeitschrift fur Elektrotechnik du 15 Janvier contenait une étude théorique de M. Boltzmann des plus intéressantes.
- duirc ces nombreux travaux', nos lecteurs tiouveront dans ce numéro le mémoire de Rôntgen, la communication de M. Perrin, celle de MM. Lannelongue, Barthélemy et Oudin, celle de M. Le Bon sur des expé-nonces qui, par leurs résultats, se rattachent à celle de Rontgou et enfin une note de M. Raveau, donnant
- ou un tube de Lenard ou de Crookes dont le vide a été poussé très loin. Le tube est entouré d’un écran de papier noir qui s’adapte exactement; on peut alors constater, dans une salle où l’obscurité est complète, qu’un,papier, dont une face est recouverte de platino-cyanure de baryum, présente une fluorescence brillante quand on l’amène au voisinage du tube, quelle que soit la face du papier qui regarde le tube. La fluorescence est encore visible à deux mètres de distance;
- 11 est facile de montrer que la cause de la fluorescence réside dans le tube à vide.
- 2. — On voit donc qu’il existe un agent capable de pénétrer une plaque de carton noir, absolument opaque pour les rayons ultra-violets, pour la lumière de l’arc ou celle du soleil. 11 est intéressant de rechercher si d’autres corps se laissent pénétrer par le même agent. On montre facilement que tous les corps présentent la meme propriété, mais à des degrés très différents. Par exemple, le papier est très transparent, l’écran fluorescent s’illumine quand on le place derrière un livre de mille pages ; l'encre d’imprimerie n’offre pas de résistance sensible. De même la fluorescence se manifeste derrière deux jeux de cartes ; une carte unique ne diminue pas visiblement l’éclat de la lumière. De même aussi une seule épaisseur de papier d’étain projette à peine une ombre sur l’écran; il faut en superposer plusieurs peur produire un effet notable. Des blocs de bois épais sont
- N. D. L. R.
- p.241 - vue 242/624
-
-
-
- 24:
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- encore transparents. Des planches de pin de deux ou trois centimètres d’épaisseur absorbent très peu.
- Un morceau d’une feuille d'aluminium, de 15 millimètres d’épaisseur, laisse encore passer les rayonsX (c’est ainsi que j’appellerai ces rayons pour abréger), mais diminue beaucoup la fluorescence. Des plaques de verre de même épaisseur se comportent de la même manière ; toutefois le cristal est beaucoup plus opaque que les verres exempts de plomb. L’ébonite est transparent sous une épaisseur de plusieurs centimètres. Si Ton tient la main devant l’écran fluorescent, les os projettent une ombre foncée et les tissus qui les entourent ne se dessinent que très légèrement.
- L’eau etpluSieurs liquides sont très transparents. L’hydrogène n’est pas notablement plus perméable que l'air. Des plaques de cuivre, d’argent, de plomb, d’or et de platine laissent aussi passer les rayons, mais seulement quand le métal est en lame mince. Une épaisseur de platine de 2 millimètres laisse encore passer quelques rayons; l'argent et le cuivre sont plus transparents. Le plomb, sous une épaisseur de 1,05 mm, est pratiquement opaque. Une tige de bois carrée de 2 centimètres de côté, peinte au blanc de plomb 9ur une de ses faces ne projette qu’une ombre légère quand on la tourne de façon que les rayons X soient parallèles à la face peinte, mais l’ombre est noire quand les rayons doivent traverser cette face. Les sels métalliques, solides ou en dissolution, se comportent généralement comme les métaux eux-mêmes.
- 3. — Les expériences précédentes amènent à conclure que la densité des corps est la propriété dont la variation affecte spécialement leur perméabilité. Au moins aucune autre propriété ne semble avoir une influence aussi directe. Cependant la densité seule ne détermine pas la transparence ; on le montre en employant comme écrans des Lames également épaisses de spath d’Islande, de verre, d’aluminium et de quartz. Le spath d’Islande
- se montre beaucoup plus transparent que les autres corps, bien qu’il ait approximativement la même densité. Je n’ai pas remarqué que le spath d’Islande présentât une fluorescence considérable relativement à celle du verre (voir plus bas, § 6).
- 4. — En augmentant l’épaisseur, on augmente la résistance offerte aux rayons par tous les corps. On a pris sur une plaque photographique une épreuve de plusieurs feuilles de papier d’étaln superposées, comme les marches d’un escalier et présentant ainsi une variation d’épaisseur régulière. Cette épreuve sera soumise à des mesures photométriques quand on pourra disposer d’un appareil convenable.
- 5. •—Despièces deplatine, de plomb, de zinc et d’aluminium en feuilles ont été préparées de façon à obtenir le même affaiblissement de l’effet. Le tableau ci-joint donne les épaisseurs relatives et les densités de feuilles de métal équivalentes.
- Epaisseur Epaisseur Deusité
- Platine......... o,oi8ram i 21,5
- Plomb........... 0,050 5 11,3
- Zinc............ 0,100 6 7,1
- Aluminium....... 3,500 200 2,6
- Il résulte de ces valeurs que la transparence n’est pas donnée par le produit de la densité par l’épaisseur d’un corps. La transparence augmente beaucoup plus rapidement que le produit ne décroît.
- 6. —La fluorescence du platinocyanure de baryum n’est pas la seule action des rayons X qu’on puisse observer. 11 est à remarquer que d’autres corps présentent la fluorescence, parmi lesquels le sulfure de calcium, le verre d’urane, le spath d’Islande, le sel gemme, etc.
- Dans cet ordre d’idées, un fait particule ment intéressant est la sensibilité des pla* ques photographiques sèches pour les rayons X. On peut ainsi mettre en évidence les phénomènes excluant tout danger d’erreur>
- p.242 - vue 243/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 2 43
- J'ai confirmé de la Sorte beaucoup d’observations faites d’abord en regardant l’écran fluorescent. C’est ici que la propriété que présentent les rayons X de passer à travers ]e bois ou le carton devient utile. La plaque photographique peut être exposée à leur action sans qu’on ait à enlever le couvercle du châssis, ni aucune boîte protectrice, de sorte que l’opération n’a pas besoin d’être conduite dans l’obscurité. 11 est clair que les plaques qui ne sont pas en expérience ne doivent pas être laissées dans leur boîte au voisinage du tube.
- On peut maintenant se demander si l’impression sur la plaque est un effet direct des rayons X, ou un résultat secondaire dû à la fluorescence de la matière de la plaque. Des pellicules peuvent être impressionnées aussi bien que les plaques sèches ordinaires.
- Je n’ai pas réussi à mettre en évidence aucun effet calorifique des rayons X. On peut cependant supposer qu’un tel effet existe ; les phénomènes de fluorescence montrent que les rayons X sont capables de se transformer. 11 est donc certain que tous les rayons X qui tombent sûr un corps ne le quittent pas dans le même état.
- La rétine de l’œil est absolument insensible à ces rayons ; l’œil placé tout près de l’appareil ne voit rien. 11 résulte clairement des expériences que ceci n’est pas dû à un defaut de perméabilité de la part des milieux de l’œil.
- 7- — Après mes expériences sur la transparence d’épaisseurs croissantes de milieux différents, j’ai cherché à voir si les rayons ^ pouvaient être déviés par un prisme. Des expériences faites avec de l’eau et du sulfure de carbone, contenus dans des prismes de rcuca de 30° n’ont fait voir aucune déviation soit sur la plaque photographique, soit sur 1 écran phosphorescent. Comme terme de comparaison, on a fait tomber des rayons de lumière sur les prismes disposés pour l’ex-Pwience. Les déviations ont atteint respectivement 10 mm et 20 mm avec les deux Pdsrnes.
- Avec des prismes d’ébonite et d’aluminium, on a obtenu sur la plaque photographique des images qui font soupçonner une déviation. Elle est toutefois incertaine et correspondrait à un indice au plus égal à 1,05. On n’a pu observer aucune déviation avec l’écran fluorescent. Des expériences sur des métaux lourds n’ont jusqu’ici conduit à aucun résultat, à cause de leur non transparence et de l’affaiblissement qui en résulte pour les rayons transmis.
- La question est assez importante pour qu’il y ait lieu de rechercher par d’autres moyens si les rayons X peuvent se réfracter.
- Des corps réduits en poudre fine ne permettent, sous une petite épaisseur, que le passage d’une faible partie de la lumière incidente, par suite de la réflexion et de la réfraction. Dans le cas des rayons X, au contraire, ces couches de poudre présentent pour une même masse d’un, corps, la même transparence que le solide lui-même. Nous ne pouvons donc conclure à l’existence d’aucune réflexion, ni d’aucune réfraction des rayons X. L’expérience a été exécutée sur du sel gemme finement pulvérisé, de l’argent électrolytique en poudre fine et de la poussière de zinc ayant déjà servi plusieurs fois à des opérations chimiques. Dans tous ces cas, les résultats donnés, soit par l’écran fluorescent, soit par la méthode photographique, n’ont indiqué aucune différence de transparence entre la poudre et le solide cohérent.
- 11 est clair alors qu’on ne peut pas compter sur les lentilles pour concentrer les rayons X ; effectivement, des lentilles d’ébonite et de verre de grande dimension se sont montrées également sans action. L’ombre photographique d’une tige ronde est plus foncée au centre qu’au bord ; l’image d’un cylindre rempli d’un corps plus transparent que les parois, présente plus d’éclat au centre que sur les bords.
- 8. — Les expériences précédentes et d’autres que je passe sous silence indiquent que les rayons ne peuvent pas se réfléchir. Il sera
- p.243 - vue 244/624
-
-
-
- 244
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- néanmoins utile de rapporter avec détails une observation qui, à première vue, semblait conduire à une conclusion opposée.
- J’ai exposée une plaque, protégée par une feuille de papier noir, aux rayons X, de façon que la face libre regardât le tube à vide. La couche sensible était recouverte partiellement de pièces de platine, de plomb, de zinc et d’aluminium, en formes d’étoiles. Le négatif développé montra que la plaque avait été fortement impressionnée devant le platine, le plomb et plus encore devant le zinc ; l’alu-minim ne donnait pas d’image. I) semble donc que ces trois métaux puissent réfléchir les rayons X; toutefois, une autre explication est possible et j’ai répété l’expérience avec cette seule différence que j’interposais une lame d'aluminium extrêmement mince entre La couche sensible et les étoiles de métal. Cette plaque d’aluminium est opaque pour les rayons ultra-violets, mais transparente pour les rayons X. Sur l’épreuve, les images apparurent comme précédemment, indiquant encore l’existence d’une réflexion sur les surfaces métalliques.
- Si l’on rapproche ce résultat de la transparence des poudres et du fait que l'état de la surface n’exerce aucune action sur le passage des rayons X à travers les corps, on est conduit à conclureavec vraisemblance que la réflexion régulière n’existe pas, mais que les corps jouent, vis-à-vis des rayons X, le même rôle que les milieux troubles vis-à-vis de la lumière.
- Puisqu’on n’observe aucune tarce de réfraction à la surface de séparation de deux milieux, il semble probable que les rayons X se meuvent avec la même vitesse à travers toutes les substances, dans un milieu qui pénètre tous les corps et qui baigne les molécules de ces corps. Les molécules arrêtent les rayons X avec d’autant plus de force que la densité du corps considéré est plus grande.
- 9. — 11 a semblé possible que la disposition géométrique des molécules pût modifier
- l’action qu’exerce un corps sur les rayons X de sorte que, par exemple, le spath d'Islande pourrait présenter des phénomènes différents, suivant l’orientation de la lame par rapport à l’axe du cristal. Des expériences faites sur le quartz et le spath d’Islande n’ont donné aucun résultat.
- 10. — On sait que Lenard, dans ses recherches sur les rayons cathodiques, a montré que ce sont des modifications de l’éther et qu’ils traversent tous les corps. Il en est de même pour les rayons X.
- Dans son dernier travail, Lenard a déterminé les coefficients d’absorption de divers corps pour les rayons cathodiques, y compris l’air, à la pression atmosphérique, qui donne 4,10, 3,40 et 3,10 pour 1 cm suivant le degré de raréfaction du gaz dans le tube à décharges. ’J’ai opéré à peu près à la même pression et à des pressions plus fortes ou plus faibles. J'ai trouvé, en employant un photomètre de Weber, que l’intensité de la lumière fluorescente varie à peu près comme l’inverse du carré de la distance qui sépare l’écran du tube à décharges. Cette loi résulte de trois séries d’observations très concordantes faites à 100 et 200 mm. L’air absorbe donc les rayons X beaucoup moins que les rayons de cathode. Ce résultat est en accord complet avec le résultat déjà indiqué plus haut, que la fluorescence de L’écran peut s’observer encore à une distance de deux mètres du tube à vide. En général, les autres corps se comportent comme l’air ; ils sont plus transparents pour les rayons X quepour les rayons du cathode.
- 11. — Une nouvelle distinction, et qui doit être notée, résulte de l’action d’un aimant. Je n’ai réussi à observer aucune déviation des rayons X même dans des champs magnétiques très intenses.
- La déviation des rayons cathodiques par l’aimant est une de leurs caractéristiques spéciales; Hertz et Lenard ont observé qui! existe plusieurs espèces de rayons cathodiques, qui diffèrent par leur propriété d’exciter
- p.244 - vue 245/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- M5
- |a phosphorescence, la facilité d’absorption et leur déviation par l'aimant ; mais on a observé une déviation notable dans tous les cas étudiés et je pense que cette déviation constitue un caractère qu’on ne peut pas négliger facilement.
- 12. — H résulte d’un grand nombre d’essais que les points du tube à décharges où apparaît la phosphorescence la plus brillante sont le siège principal d’où les rayons X naissent et se propagent dans toutes les directions, c’est à dire que les rayons X partent de la région où les rayons de cathode frappent le verre. Que l’on déplace les rayons de cathode dans le tube à l’aide d’un aimant et l’on verra les rayons X partir d’un nouveau point, c’est à dire encore de l’extrémité des rayons de cathode.
- Pour cette raison également les rayons X, qui ne sont pas déviés par un aimant, ne peuvent pas être considérés comme des rayons de cathode qui auraient traversé le verre, car ce passage ne peut pas, d’après Lenard, être la cause de la différence de déviation des rayons. J’en conclus que les rayons X ne sont pas identiques aux rayons de cathode, mais sont produits par les rayons de cathode à la surface du tube.
- 13. — Les rayons ne se produisent pas seulement dans le verre. Je les ai obtenus dans un appareil fermé par une lame d’aluminium de 2 mm d’épaisseur. Je me propose par la suite, d’étudier le rôle d’autres substances.
- 14. — L’appellation de « rayons )) donnée aux phénomènes, se justifie en partie par les silhouettes régulières qu’on obtient en interposant un corps plus ou moins perméable entre la source et une plaque photographique
- un écran fluorescent.
- J ai observé et photographié un grand nombre de ces silhouettes. J’ai aussi le dessin dune partie d’une porte peinte au blanc de plomb; j’ai obtenu l’image en plaçant le tube * décharges d’un côté de la porte et la plaque
- sensible de l’autre. J’ai aussi l’ombre des os de la main, d’un fil enroulé sur une bobine, d’une série de poids dans une boîte, d’un cadran de boussole, avec l’aiguille, le tout complètement enfermé dans une boîte de métal, d’un morceau de métal, dont les rayons X décèlent les défauts d’homogénéité, et de plusieurs autres objets.
- Pour la propagation rectiligne des rayons, j’ai une photographie, à la chambre obscure de l’appareil de décharge, recouvert de papier noir ; elle est pâle, mais très nette cependant.
- 15. — J’ai cherché à produire l’interférence des rayons X, mais sans résultat, peut-être à cause de leur faible intensité.
- 16. — Des recherches sur l’action que peuvent exercer des forces électrostatiques sur les rayons X sont en cours, mais non encore achevées.
- 17. — On demandera : Que sont ces rayons? Puisque ce ne sontpas des rayons cathodiques, on pourrait supposer d’après leur faculté de produire la fluorescence et l’action chimique, qu’ils sont dus à la lumière ultra-violette. Un ensemble imposant de preuves est en contradiction avec cette hypothèse. Si les rayons X sont en réalité de la lumière ultraviolette, cette lumière doit posséder les propriétés suivantes :
- a) Elle ne se réfracte pas en passant de l’air dans l’eau, dans le sulfure de carbone, l'aluminium, le sel gemme, le verre ou le zinc.
- b) Elle ne peut se réfléchir régulièrement à la surface des corps cités.
- c) Elle n’est polarisée par aucun des milieux polarisants ordinaires.
- d) L’absorption par les différents corps doit dépendre surtout de leur densité.
- Ce qui revient à dire que les rayons ultra-movilets doivent se comporter tout autrement que les rayons visibles ou infra-rouges et les rayons ultra-violets déjà connus. Ceci paraît assez invraisemblable pour que j’aie cherché à faire une autre hypothèse.
- p.245 - vue 246/624
-
-
-
- 46
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Il semble y avoir une sorte de relation entre les nouveaux rayons et les rayons lumineux ; tout au moins la production d’ombres, de fluorescence et d’actions chimiques semble l’indiquer. Or, on sait depuis longtemps qu’en outre des vibrations qui rendent compte des phénomènes lumineux, il est possible que des vibrations longitudinales se produisent dans l’éther ; certains physiciens pensent même que ces vibrations doivent exister. Toutefois on doit convenir que leur existence n’a jamais été mise en évidence et que leurs propriétés n’ont pas été établies expérimentalement. Ces nouveaux rayons ne devraient-ils pas être attribués à des ondes longitudinales de l’éther ?
- Je dois avouer qu’à mesure que je poursuivais ces recherches, je me suis accoutumé de plus en plus à cette idée et je me permets de l’énoncer, sans me dissimuler que l’hypothèse demande à être établie plus solidement.
- W. C. Rontgen, Professeur de Physique à l'Université de Wurtzbourg.
- QUELQUES PROPRIÉTÉS
- DES RAYONS DE RONTGEN
- 1. j’avouerai d’abord que je n’ai sur la découverte du professeur Rontgen que des renseignements assez vagues, tirés des journaux quotidiens, et que j’ignore encore quelles sont, au juste, ses expériences.
- Quoi qu’il en soit, voici celles que j’ai tentées.
- J’ai répété d’abord celle-là même qui constitue la découverte : si, en présence d’un tube de Crookes en activité, on place un châssis photographique chargé et fermé, sur lequel sont disposés différents objets ; puis, si l’on révèle la plaque à la manière ordinaire, on y voit apparaître la silhouette de certains de ces objets; quelque chose qui émane du tube est donc venu impressionner la plaque au travers
- des corps interposés. C’est le rayonnement Rontgen.
- Ces rayons ne sont pas des rayons cathodiques; ceux-ci ne pourraient, en effet, sortir d’un tube à vide qu’au travers d’une paroi de quelques microns d’épaisseur ('), tandis que les rayons de Rontgen agissent facilement hors d’un tube dont la paroi peut avoir i mm.
- II. Je recueillis ensuite quelques indications sur le degré de transparence de divers corps.
- Le bois, le papier, la cire, la paraffine, l’eau se montrèrent très transparents, l’influence de l’épaisseur restant cependant nette. Viendraient ensuite, à peu près rangés par ordre d’opacité croissante, le charbon, l’os, l’ivoire, le spath, le verre, le quartz (parallèle ou perpendiculaire à l’axe), le sel gemme, le soufre, le fer, l’acier, le cuivre, le laiton, le mercure, le plomb. Ces résultats sont encore peu nombreux, et je ne peux songer à les relier par une loi générale ; toutefois, on peut remarquer, dès maintenant, que les métaux sont en général moins transparents que les autres corps, mais n’ont pas l’opacité absolue qu’ils présentent pour la lumière. Si, par exemple, on superpose trois lames de fer. d’environ 0,2 mm chacune, l’opacité ne paraît atteinte que dans la région commune aux trois lames.
- III. J’ai fait ensuite une expérience assez grossière afin de savoir si le rayonnement est bien défini, ou s’il forme seulement une houppe diffuse ; en un mot, j’ai cherché si la propagation est rectiligne,
- A cet effet, je plaçai devant le tube deux diaphragmes circulaires en laiton (lequel est opaque) distants de quelques centimètres ; sur une plaque sensible placée un peu plus loin, j’obtins une tache bien définie, avec ombre et pénombre, et les dimensions de cette tache sont conformes à l’hypothèse d’une propage tion rectiligne.
- Il est donc possible d’isoler des pinceaux définis, dont on ctudiera les propriétés.
- (() Se reporter aux expériences de H. Hertz et de P.
- p.246 - vue 247/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- M7
- IV. J’ai tenté de faire réfléchir un pinceau de rayons de Rontgen, défini par deux fentes de 0,5 mm, distantes de 4 cm. Ce pinceau tombait à 450 sur un miroir d’acier poli, d’où, après réflexion, il aurait pu tomber sur un châssis-charge. Après une heure de pose, on n’obtint absolument aucune impression.
- L’expérience ainsi tentée avec un miroir métallique fut reprise avec une plaque de flint comme miroir. La pose fut portée à sept heures . on n’obtint absolument rien.
- V. Je cherchai de même à les réfracter. Pour cela, dans la moitié inférieure du pinceau défini par le système de fentes, j’interposai d’abord un prisme de paraffine de 20°, puis un prisme de cire de 90°. Les deux parties du pinceau devraient donner des images distinctes s’il y avait refraction; en fait, ces deux images se prolongent exactement, et l’on peut affirmer que, si la déviation existe, elle est inférieure à i°.
- VI. Continuant à chercher quelles propriétés des rayons de Rontgen pouvaient coexister avec leur propagation rectiligne, je tentai de former des franges de diffraction.
- La partie active du tube fut placée devant une fente très étroite; à 5 cm plus loin fut placée une fente de 1 mm, enfin à 10 cm plus loin, le châssis chargé et fermé. La pose dura neuf heures: j’obtins une image à bords très nets, sur laquelle on ne voit aucune frange.
- Je mis exactement à la place de la plaque précédente une deuxième plaque sensible, et j’opérai cette fois à châssis ouvert, de manière à recevoir la lumière verte issue du tube; en quelques minutes, cette lumière donna une silhouette exactement superposable à la précédente, mais sur laquelle se voient des franges.
- Si donc le phénomène est périodique, la période est très inférieure à celle de la lu-uiière verte employée.
- H est bon d’observer que cette expérience, ^ite très rigoureusement, prouve la propagation rectiligne des rayons de Rontgen. Au-tour de cette propriété, qu’ils possèdent plus ngoureusement que la lumière, se groupent
- celles que j’ai signalées dans cette note.
- VII. Enfin, curieux de voir quel intérêt pratique pouvaient avoir les silhouettes obtenues, j’ai expérimenté quelques tissus vivants, avec le concours de Al. Gligny, préparateur de Zoologie à l’École Normale, et de Al. Alouton. attaché au Muséum. Nous avons l’honneur de présenter à l’Académie deux clichés qui représentent, avec une grande fidélité, l’ossature et quelgues organes d’un pleu-ronecte et d’une grenouille.
- Les expériences ont pu être faites rapidement, grâce au concours que m’ont prêté, tant au point de vue de la conduite des expériences que de leur exécution pratique, mes professeurs, MAI. Violle et Brillouin, et mes amis de l’École Normale (’).
- Jean Perrin.
- LA LUA1IKRE NOIRE
- La publication récente d’expériences de photographie à la lumière 'd’origine cathodique me détermine à faire connaître, bien qu’elles soient très incomplètes encore, quelques-unes des recherches que je poursuis depuis deux ans sur la photographie à travers les corps opaques à la lumière ordinaire. Les deux sujets sont fort différents. Les résultats seuls présentent quelques analogies.
- Les expériences suivantes prouvent que la lumière ordinaire, ou au moins certaines de ses radiations, traverse sans difficulté les
- (1) Travail fait au laboratoire de Physique de l’Ecole Normale supérieure.
- A propos de cette Communication, présentée par M. Mascart, M. H. Poincaré présente les observations
- M. Rôntgen avait déjà reconnu que les rayonsX ne
- formés de différentes matière; une seule fois, H a cru observer une légère déviation correspondant à un indice de 1,05, mais cette observation reste douteuse.
- H a vu également que ccs rayons ne subissent pas de réflexion régulière, mais il croit qu’ils peuvent éprouver une réflexion irrégulière avec diffusion.
- p.247 - vue 248/624
-
-
-
- !48
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- corps les plus opaques. L’opacité est un phénomène n’existant que pour un oeil comme le nôtre; construit un peu différemment, il pourrait voir aisément à travers les murailles.
- Dans un châssis photographique positif ordinaire, introduisons une plaque sensible, au-dessus d’elle un cliché photographique quelconque, puis au-dessus du cliché et en contact intime avec lui une plaque de fer, couvrant entièrement la face antérieure du châssis. Exposons la glace ainsi masquée par la lame métallique à la lumière d’une lampe à pétrole pendant trois heures environ. Un développement énergique et très prolongé de la glace sensible, poussé jusqu’à entier noircissement, donnera une image du cliché très pâle, mais très nette par transparence.
- Il suffit de modifier légèrement l’expérience précédente pour obtenir des images presque aussi vigoureuses que si aucun obstacle n’avait été interposé entre la lumière et la glace sensible. Sans rien changer au dispositif précédent, plaçons derrière la glace sensible une lame çle plomb d’épaisseur quelconque et rabattoh% ses bords de façon qu’ils couvrent légèrement les côtés de la plaque de fer. La glace sensible et le cliché se trouvent ainsi emprisonnés dans une sorte de caisse métallique, dont la partie antérieure est formée par la lame de fer. la partie postérieure et les parties latérales par la lame de plomb. Après trois heures d’exposition à la lumière du pétrole, comme précédemment nous obtiendrons après développement une image vigoureuse.
- Quel est le rôle joué par la lame de plomb dans cette seconde expérience? Provisoirement, je suppose que le contact des deux métaux étrangers donnerait naissance à de très faibles courants thermo-électriques, dont l’action viendrait s’ajouter à celle des radiations lumineuses ayant traversé la lame de fer.
- J’espère pouvoir déterminer prochainement le rôle des divers facteurs qui peuvent entrer en jeu pour produire les résultats précédents.
- J’espère ainsi pouvoir déterminer les propriétés de la lumière ap'rès son passage à travers les corps opaques. L'action que pourrait exercer la chaleur ou celle de la lumière emmagasinée sur les clichés ont déjà été entièrement éliminées dans mes expérien-
- La lumière solaire donne les mêmes résultats que la lumière du pétrole et ne paraît pas agir d’une façon beaucoup plus active.
- Le carton et les métaux, le fer et le cuivre notamment, sont aisément traversés par la lumière. Ce passage de la lumière à travers les corps les plus opaques n’est qu’une question de temps.
- Si l’on répète les expériences précédentes à la chambre noire photographique, c’est à dire si l’on place une lame métallique devant la glace sensible, et par conséquent entre cette dernière et l’objet à photographier, on obtient, en deux heures au soleil, un noircissement intense de la glace au développement, ce qui prouve le passage de la lumière à travers la lame opaque, mais on n’obtient d’images que très exceptionnellement et dans des conditions que je n’ai pas encore pu déterminer.
- J’ai donné aux radiations de nature inconnue, qui passent ainsi à travers les corps opaques, le nom de lumière noire, en raison de leur invisibilité pour l’œil. En considérant les écarts entrele nombre des vibrations produisant les diverses formes de l’énergie, telles que l’électricité et la lumière, nous pouvons supposer qu’il existe des nombres intermédiaires, correspondant à des forces naturelles encore inconnues. Ces dernières doivent se rattacher par des transitions insensibles, aux forces que nous connaissons. Les formes possibles de l’énergie, bien que nous n’en connaissions que fort peu encore, doivent etre en nombre infini. La lumière noire représente peut-être une de ces forces que nous ne connaissons pas.
- Gustave Le Bon.
- p.248 - vue 249/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- *49
- I)E L’UTILITÉ DES PHOTOGRAPHIES PAR LES RAYONS X
- DANS LA PATHOLOGIE HUMAINE
- La communication de MM. Oudin et Barthélemy sur ce sujet nous a conduits à entreprendre un certain nombre de recherches, en vue de confirmer les premiers résultats d’abord, en vue aussi de savoir quel parti on pouvait tirer de l’emploi des rayons de Rontgen dans les questions de diagnostic. On comprendra tout de suite qu’en présence de la connaissance exacte d’un fait sur lequel on n'était pas fixé, la thérapeutique chirurgicale trouve des applications positives et plus ou moins étendues.
- C’est dans ce but qu’ont été entreprises des recherches dont je viens donner à l’Académie les premiers résultats. Je tiens à lui faire observer que le premier outillage que nous avons eu à notre disposition est encore insuffisant et qu’il s’est aussi ressenti de notre inexpérience. Si donc nous venons aujourd’hui publier quelques faits, c’est surtout pour répondre au sentiment de curiosité qui s’est traduit dans son sein lors de la présentation des plaques photographiques par M. Poincaré, et aussi pour dire que, véritablement, ce nouveau moyen est appelé à trouver des applications multiples en Chirurgie.
- Le premier fait est celui d’une pièce anatomique. C’est un fémur atteint d’ostéomyélite. Lun de nous a montré autrefois que la maladie connue sous ce nom était à tort considérée comme une périostite.
- Si cela était vrai, les altérations osseuses auraient dû se produire de la surface au centre de l’os ; sur la photographie de la pièce °n voit, au contraire, que la surface de l’os est intacte, tandis que les couches centrales, jusqu’à un demi-millimètre de la superficie, sont détruites, converties en cavernes ; le tissu osseux y est extrêmement raréfié et réduit à quelques travées. Normalement, le tissu os-Seux compact, réduit ici à presque la minceur dune feuille de papier, devrait avoir au moins UQ demi-centimètre d’épaisseur, C'est ce qui
- a permis à la lumière de le traverser et c’est la raison d'être des taches blanches qu’on remarque sur l’os.
- La seconde photographie est celle d’une affection tuberculeuse de la première phalange du doigt médium de la main gauche. Le diagnostic, facile d’ailleurs, en avait été fait, mais la maladie avait gagné légèrement l’articulation de la première avec la seconde phalange, et la seconde phalange était aussi, d’après l’examen clinique du sujet, un peu atteinte. L’épreuve photographique confirme entièrement le diagnostic. La première phalange est plus gonflée que celle des autres doigts ; déplus, les limites de l’os sont confuses, parce que le périoste est épaissi par des fongosités et peut-être par une hypergénésie du tissu osseux. Le segment de la seconde phalange, que nous supposions être atteint secondairement, présente, en effet, une partie plus claire, indice d’une ostéité raréfiante. Enfin, l’espace occupé par les cartilages de cette articulation est plus grand que sur les autres jointures analogues, ce qui indique que l’articulation est un peu atteinte, comme nous l’avions pensé.
- La troisième photographie aune signification moins précise. L’épreuve n’est pas bonne, l’exposition de la main à la lumière n’a pas été assez longue. Il s’agissait d’une pièce anatomique tirée de mon musée de l’hôpital Trousseau, qui a macéré pendant plusieurs années dans un liquide alcoolique et arsenical. On n’y voit qu’une chose significative dans l’espèce, c’est une ulcération profonde d’un des os du carpe, c’est à dire une perte de substance de cet os, en face d’une ulcération superficielle de la peau.
- La photographie montre une tache blanche au niveau de l’ulcération osseuse.
- Lannelongue, Barthélemy et Oudin.
- LES RAYONS DE RONTGEN ET LES RAYONS ULTRA-VIOLETS
- M. Rontgen conclut que les rayons qu’il a découverts ne sont pas des rayons ultra-vio-
- p.249 - vue 250/624
-
-
-
- :50
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- lcts et il insiste sur les caractères qui lui semblent établir la distinction. A la vérité, ces caractères paraissent créer une séparation absolue, mais, si les rayons de Rontgen ne peuvent être rapprochés des rayons ultra-violets tels que nous les connaissons, il n’est peut être pas sans intérêt de faire observer que leurs propriétés sont précisément celles que prévoyaient les théories de la dispersion les plus généralement admises pour les radiations de période extrêmement courte. La théorie de llelmholtz, celle de M. Ketteler (’) qui fournit la même formule de dispersion, donnent, pour la valeur de l’indice d’un corps quelconque une expression qui tend asymptotiquement vers une valeur croissante.
- Tous les corps transparents pour les rayons lumineux présenteraient une bande d’absorption très énergique dans le spectre ultra-violet et, au delà de cette bande, l’indipe serait tombé à une valeur très faible d’où il tendrait vers l’unité.
- Ces conséquences n’ont pas encore été vérifiées dans leur généralité et elles ont pu être même considérées comme le résultat d’une extrapolation peu légitime; cependantIlelm-holtz considère comme favorables à la théorie les propriétés de certains métaux. Pour l’argent en particulier, des déterminations d’indice par la méthode du prisme donnent des valeurs voisines de 0,25 (*), ce qui placerait le minimum de l’indice dans la région du spectre visible et serait d’accord avec le fait bien connu que la transparence de l’argent va en croissant dans l’ultra-violet. Quoiqu’il en soit, la théorie indique que tous les corps doivent devenir transparents, que leur indice tend vers celui du vide et que tout effet de réflexion ou de réfraction doit, par conséquent, disparaître. Quant à la polarisation par les cristaux, qui est évidemment connexe de la double réfraction, il n’est pas étonnant qu’elle n'appa raissepas.
- Il faudrait savoir avant tout si les rayons
- (1) Voir en particulier, sur ce sujet, La Lumière Électrique., t. XL]X, p. 516 ; 1893.
- (’) La Lumière Electrique, t. L, p. 116,
- de Rontgen sont des vibrations périodiques-l’insuccès de l’expérience d’interférence ne semble pas concluante à M. Rontgen ; je crois qu’on en peut dire autant de celle de M. Perrin. Pour qu’elle puisse fournir des franges, il faut tout au moins, que la radiation étudiée ne soit pas trop complexe et rien ne prouve que les rayons que nous savons produire actuellement soient, même approximativement, monochromatiques.
- On concevrait assez facilement que les molécules matérielles ne modifiant plus d’une façon notable la vitesse des rayons lumineux n’interviennent que pour les diffuser en tous sens, et affaiblir la lumière suivant le mécanisme observé par M. Rontgen et qui est le même pour les rayons cathodiques. Mais je n’insisterai pas sur ce point, mon but ayant été seulement d’indiquer que les conséquences de la théorie, semblent se vérifier et qu’il serait téméraire de conclure dès aujourd’hui à l’impossibilité d’identifier les rayons de Rontgen à des rayons ultra-violets de période extrêmement courte.
- G. Ravkau.
- A PROPOS D’ESSAIS
- DE
- LAMPES A INCANDESCENCE
- La plupart des progrès réalisés depuis quelques années dans l’art de l’éclairage sont dus à l’invention de la lampe à incandescence électrique qui eut le don d’épouvanter, ajuste droit, les gaziers. Ceux-ci perfectionnèrent leurs appareils et nous menacèrent d’une série de becs intensifs, à récupération ou à incandescence qui devaient empêcher le développement de leur redoutable concurrent. Us n’y parvinrent pas, puisque, à l’heure actuelle, les stations centrales et les installations pr]" vées d’éclairage électrique, en France, absor* bent plus de 50000 chevaux-vapeur, puissance suffisante pour alimenter près de un nûF lion de lampes à incandescence de 10 bougiez et presque double de la puissance absorbée par
- p.250 - vue 251/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- toutes les autres industries réunies, puisque celles-ci ne dépensent que 30 000 chevaux environ,
- Le résultat est très encourageant pour les électriciens. La raison en a été souvent donnée : les qualités de la lumière électrique au point de vue hygiénique, au point de vue artistique; la commodité de son emploi et la sécurité absolue qu'elle permet d’obtenir au point de vue des dangers d’incendie, dans des installations normalement établies, ont fait passer les clients sur la différence de prix et sur les préjugés qui empêchent toujours d’adopter un nouveau procédé.
- Cependant, dans ces derniers temps, l’active impulsion donnée à l’affaire du bec Auer a pu faire, un instant, chanter victoire aux gaziers : quelques abonnés aux secteurs avaient abandonné l’éclairage électrique pour le bec Auer; cela n’a pas arrêté, d’ailleurs, la marche ascendante de la vente électrique, car de nouveaux abonnés plus nombreux remplaçaient les anciens. Mais le résultat n’en est pas moins acquis ; les clients perdus le sont bien ; c’est un avertissement.
- Nous n’avons nullement l’intention de discuter les avantages et les inconvénients du bec Auer ; nous voudrions plutôt rechercher quelles sont les fautes des électriciens et les remèdes qu’on peut y apporter.
- La première faute est aux secteurs ; la distribution doit être faite à 110 volts ; les lampes sont construites en conséquence. Mais il arrive souvent que le potentiel baisse chez l’abonné à 105 volts et même moins parfois ; les lampes ne donnent plus alors qu’une lumière jaune-rouge très laible ; quand cela se renouvelle souvent, les clients sont tout prêts à abandonner l’éclairage électrique. Il vaudrait certes mieux que les stations centrales déclarent distribuer à 105 volts et ne descendent jamais au dessous ; les constructeurs de lampes à incandescence peuvent fournir les lampes du voltage demandé et tout le monde y gagnerait, car, il faut bien se pénétrer de ce fait que la clé du succès consiste à satisfaire clients.
- Ensuite les lampes à incandescence elles-mêmes n’ont reçu qu’un attention insuffisante.
- La réduction de prix des lampes à incandescence, dans ces dernières années, a permis de fabriquer des lampes à faible consommation spécifique et de duree moindre. Les frais occasionnés parle renouvellement des lampes disparaissent devant l’économie réalisée sur la dépense de courant. Les chiffres suivants, empruntés à Industries -and Iron, permettent d’évaluer l'avantage qu’on peut retirer de cette pratique.
- Les essais, qui ont été faits indépendamment de toute idée commerciale, ont été conduits de la façon suivante :
- M. D. Paisley, de Bruxelles, acheta chez les différents fabricants 12 lampes de 8 bougies et 12 lampes de 16 bougies, sans indiquer l’usage qu’il en voulait faire ; elles lui furent vendues comme à un client ordinaire ; on peut donc admettre qu’elles représentent la moyenne de la fabrication de chaque marque si l’on se place au point de vue du client. 6 de chaque sorte furent mises en essai et les 6 autres conservées en vue d’une vérification possible. Toutes les lampes étaient vendues pour être montées sur un circuit à 100 volts, ce qui fut fait. Les appareils de mesure furent étalonnés au commencement des expériences et fréquemment vérifiés pendant le cours des essais. Les lectures étaient prises toutes les semaines. Les tableaux suivants résument les résultats obtenus : i° au début des essais; 20 après 350 heures d’allumage ; 30 après 600 heures d’allumage.
- Chaque lampe de chaque fabricant est représentée comme ayant consommé tant de courant (en ampères), au voltage marqué de 100 volts; le produit des volts par les ampères divisé par la puissance lumineuse en bougies à chaque période donne évidemment la dépense de courant en watts par bougie.
- Les prix nets, par lampe, donnés clans la colonne n° 3, sont ceux du détail.
- Ce qui frappe, tout d’abord, quand on examine ces tableaux, ce sont les divergences
- p.251 - vue 252/624
-
-
-
- RÉSULTATS D*]
- LAMPES
- RÉSULTATS APRÈS )<jO HEURES D’ALLUMAGE
- ir. Co, Berlin.. .Gateshead.....
- p.252 - vue 253/624
-
-
-
- Tableau II (suite)
- Tableau IU
- RÉSULTATS APRÈS 600 HEURES D’ALLUMAGE
- Mayer & Co Vieil.
- Co, Agents àI,ond.
- Hard & Co,
- Swan Co,
- ts à Londres
- Co, Venloo...
- & Co, Berlii
- 484 heures' 586 heures
- 450 heures
- 445 heures
- 440 heures
- 295 heures
- p.253 - vue 254/624
-
-
-
- 254
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 1
- considérables qui existent entre les lampes des différents fabricants, ce qui indique évidemment que les méthodes de fabrication sont loin d’être uniformes. Le principe étant le même pour toutes les lampes, ces divergences tiennent à la qualité des matériaux employés, aux soins apportés à la fabrication, et enfin aux proportions données aux lampes, c’est à dire à la consommation de courant par bougie-heure effective. Les deux premières conditions sont du domaine purement commercial; nous ne voulons pas nous en occuper ici. Il n’en est pas de même de la dernière.
- Si l’on, évalue le prix total payé par cm abonné à l'éclairage électrique lorsqu'il doit briser une lampe, parce qu’elle ne donne plus une lumière suffisante, on voit que ce prix P est égal à
- P = p + b u d c,
- p étant le prix d’achat de la lampe,
- b, sa puissance lumineuse moyenne, d, sa durée,
- m, le nombre de watts dépensés par bougie,
- c, le prix de vente du courant.
- Pendant ce temps, on aura obtenu bd bougies-heures.
- Tableau IV
- Comparatif du prix de revient de l’cclairage électriqae par lampes à incandescence de 16 bougies
- FABRICANTS b Watts par Prix de lalampe P Prix total ? pour^__ 600 heures par boug S heure
- ^7frCc°S6 Lfra”? c~o°,om2
- | Gabriel et Arigenault (Paris) 13,98 3,5* 25 18,85 36,45 0,224 0,434
- Daylight : i4>33 3,61 19,83 38.45 0,231 o,447
- 1 Brush (Vienne u,85 4,42 25 38,96 0,283 0,548
- 13,29 20,82 4°,44- 0,508
- 1 Hard 13,76 4,01 3,84 05 20,91 4°,77 0,253 0,493
- Pope et Goosens M,5° 41,10 0,242 °,473
- 1 Siemens et Halske M,23 3,87 25 21,08 40.90 o,479
- I Edison et Swan (Nouv.) G,73 4I,s4 0,267 0,508
- I Sturm et C° 12,05 4,73 85 2i,37 41,89 0,296 0,580
- Robertson >4,76 3,86 70 21,87 0,247 0,474
- Phaeton 15,42 3,85 95 22,32 43,70 0,24s o,472
- Gebruder Pintseh 16,29 3,79 23,48 45,70 0,468
- 1 Edison et Swan (anc.) 3,93 23,65 0,500
- j Aügemeine 14,43 4,49 24,58 47,9° «,,84
- 1 Sunbeam C° 12,55 Ai 25,55 49,45 0,339 0,657
- Svea et C° 15,18 4V 1 >5 26,17 51,09 o.s87 0,561
- Tari.eau V
- Comparatif du prix de revient de l’éclairage électrique pat lampes à incandescence de 8 bougie
- Constantia.
- Pope et Gooser
- Brush (Vienne) Allgemenie . ..
- Hard.........
- Phaeton......
- Sunbeam et C° Edison Swan (anc. Edison Swan (non
- 28,89 33,06
- 0,263
- 0.273
- 0,277
- À
- p.254 - vue 255/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITE
- '55
- Le prix de revient par bougie-heure sera donc de
- t-
- bd bd1
- Si l'on prend pour ces différentes variables les valeurs fournies par les tableaux I, II et ill, et pour c la valeur 0,0006 fr, qui se rapporte au prix du courant à Londres, ou la valeur 0,0012 fr, qui se rapporte au prix de vente moyen du courant à Paris, on obtient les chiffres suivants, en admettant que la durée des lampes soit en moyenne de 600 heures. (Tableaux IV et V.)
- On voit que l’avantage en faveur des lampes à faible consommation de fabrication française (Gabriel et Angenault), est considérable tant sur 1e prix total de revient P que sur le prix de la bougie-heure. Nous avons souligné dans le tableau IV les chiffres minima et les chiffres maxima. On voit que la différence en faveur des lampes à faible consommation peut atteindre 40 pour 100 environ sur le prix total de revient pendant 600 heures et dépasse 50 pour 100 sur le prix de revient de la bougie-heure.
- C’est un résultat que nous enregistrons avec d’autant plus de plaisir qu’il est tout à l’avantage de la seule lampe de fabrication française qui ait été essayée, et que cette théorie a été depuis longtemps soutenue dans nos colonnes. La fabrication des lampes à faible consommation demande plus de soins que celle des lampes ordinaires pour assurer au filament une duree assez longue. C’est ce qui en retarde certainement le développement. Mais en face de la lutte constante entre le gaz et l’électricité, c’est un devoir d’en signaler les avantages.
- Pour faire une comparaison exacte entre les différentes lampes, il faudrait envisager seulement le prix de revient de la bougie-heure. En pratique, c’est plutôt le prix total payé pour une certaine durée d’éclairage qui 'ntéresse le client, indépendamment de la Quantité de lumière reçue, à condition toutefois que l'écart ne soit pas trop grand et que la qualité de la lumière soit bonne. Il est, en
- effet, très difficile d'apprécier à quelques bougies près la valeur d’une source de lumière, d’autant plus qu’on en' emploie souvent une intensité lumineuse supérieure à celle qui est necessaire.
- E’économîc qui résulte de l’emploi des lampes à faible consommation peut donc être évaluée à 40 pour 100 dans les conditions definies par les expériences ci dessus.
- La durée de celles-ci n’a malheureusement pas été assez prolongée. Certaines lampes sont vendues pour une durée normale de 1000 heures; il aurait donc été juste de prendre comme durée minima cet intervalle de temps, au lieu d’admettre pour toutes les lampes une durée égale : l’ordre dans lequel sont classées les lampes serait alors probablement changé bien que les premières conserveraient toujours le premier rang, comme on peut s’en rendre facilement compte. En outre, il serait nécessaire de savoir si le voltage du courant employé était constant ou dans quelles limites il variait, car ces variations ont une influence sensible sur la vie des lampes.
- Il est donc probable que de nouvelles expériences seront faites pour compléter et vérifier celles de M. Paisley.
- Mais, en outre, il nous semble qu’une série d’expériences spéciales devraient être faites pour déterminer les ‘conditions qui doivent régir la construction des lampes à incandescence. Dans un prochain article, nous développerons ce sujet qui a une importance considérable à la fois pour le producteur et pour le consommateur de courant électrique.
- G. Peli.issip.r.
- TÉLÉGRAPHE OPTIQUE PERMETTANT LE SECRET DES DÉPÊCHES
- La télégraphie est aussi vieille que le monde. Dès que l’homme a dû faire parvenir sa pensée plus loin que sa voix ne le lui permettait, il a eu recours à des signaux; c’est l’enfance de la télégraphie optique. Les peu-
- p.255 - vue 256/624
-
-
-
- >5*
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- pies les plus sauvages la pratiquent, et, au dire de César, les anciens habitants de la Gaule se transmettaient les nouvelles avec une rapidité surprenante à l’aide de feux allumés sur des montagnes.
- Actuellement, sans parler des signaux des sourds-muets, qui sont un véritable langage mimé, les nations civilisées font usage d’un certain nombre de systèmes dont les principaux sont les suivants :
- i° Les sémaphores et les signaux en mer ;
- 2° Les petits signaux à terre à l’aide de disques tenus à la main par des hommes ;
- y Les appareils de projection récemment perfectionnés par le colonel Mangin et où la transmission repose sur des éclats de lumière plus ou moins prolongés, éclats représentant les traits et les points de l’alphabet Morse.
- Tous ces appareils présentent, au point de vue militaire, un défaut commun, auquel, d’ailleurs, on remédie, en partie, à l’aide de dépêches chiffrées : c’est la visibilité des signaux Par l'ennemi qui, généralement, sait alors découvrir ce qu’on a le plus grand intérêt à lui cacher.
- De plus, dans le cas des projecteurs, la transmission est pratiquement très lente, à cause du nombre de signaux nécessaires pour l’envoi d’une seule lettre et à cause du peu de netteté des éclats si l’on télégraphie un peu vite.
- Il y a donc lieu de rechercher un télégraphe plus rapide et aussi et surtout plus discret.
- Divers essais ont déjà été tentes au moment du siège de Paris, en particulier par le colonel Laussedat ; mais ces essais n’ont pas donné à leurs auteurs les résultats qu’ils pouvaient en espérer. A notre connaissance, la portée n’a pas dépassé trois kilomètres et, de plus, la transmission était aussi fondée sur l’emploi d’éclats, de longueur variable, correspondant à l’alphabet Morse. Donc, portée insuffisante et lenteur de transmission.
- D’autres essais étaient basés sur l’emploi de la lumière polarisée. Au transmetteur, on pouvait lancer de la lumière polarisée dont
- on pouvait faire varier de ço° le plan de polarisation. Le récepteur consistait en un analyseur où l’on constatait ainsi des éclats et des éclipses, sans qy’il y ait eu variation d’intensité dans le rayon lumineux entre les deux postes.
- Nous verrons ci-après à quoi attribuer le manque de portée de ces appareils.
- Pour augmenter la rapidité de transmission, il suffit, au lieu de n’avoir qu’un nicol récepteur (c’est le plus commode des analyseurs), d’en avoir un correspondant à chaque lettre de l’alphabet et d’orienter ces niçois de façon que leurs plans principaux fassent tous entre eux des angles égaux. A compter 25 lettres, cela fait environ 70 pour chacun de ces angles.
- Si l’on fait successivement coïncider le plan de polarisation du nicol transmetteur avec chacun des plans perpendiculaires aux plans de polarisation des niçois récepteurs, on constate qu’à chaque position du transmetteur, les divers prismes récepteurs seront plus ou moins obscurcis; un seul est complètement éteint.
- 11 suffit donc de repérer ces positions et d’allecter la même lettre à une de ces positions et au nicol récepteur éteint correspondant.
- On a ainsi un télégraphe où un seul signal par lettre est nécessaire et dans lequel l’intensité lumineuse est constante entre les postes transmetteur et récepteur.
- Deux séries d’essais fondés sur ce principe, ont été faites, l’une à faible distance, l’autre à grande distance. L’appareil récepteur a été le même dans les deux cas avec seulement de légères modifications ; l’appareil transmetteur a été différent.
- Pour plus de simplicité, dans les premières expériences l’appareil était unique, c’est à dire consistait en un seul transmetteur et un seul récepteur. Il a donc fallu construire ce dernier d’une façon spéciale et lui donner une forme autre que sa forme définitive afin de permettre au transmetteur de se régler sur le feu du poste récepteur.
- p.256 - vue 257/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- : 57
- Le transmetteur (fig. i et 2) consiste en une boîte en tôle montée sur un pied et prolongé vers l’avant par un tube en cuivre.
- La boîte s’ouvre pour permettre d’intro-dire à l’intérieur une lampe Q qui doit toujours être placée au même endroit ; un logement spécial a été établi dans ce but ; la lumière de la lampe est renforcée par un réflec-
- teur placé à la partie'arrière et pouvant être enlevé pour permettre certains réglages.
- Le tube de cuivre R’ R est réuni à l’avant de la boîte en tôle par un plateau cornière en cuivre. Il est coupé en son milieu et les deux parties R' et R sont réunies par une barre R de fer (fig. 6) en laissant entre elles un inter-vale d’un demi centimètre environ. En ce
- î : b
- Fig. ià
- récepteur.
- point sont deux plateaux P' et I3 dontles plans sont parallèles entre eux et perpendiculaires à I axe du tube. Le plateau arrière P' évidé complètement au centre est fixe et relié au tube de cuivre R'par un tube cornière; son bord antérieur arrase le bord antérieur du tube de cuivre postérieur.
- Éc plateau antérieur P est évidé en son cen-trepartiellement et seulement comme le montre la figure 7. 11 peut tourner autour de l’axe tube R à l’aide de deux tubes; l’un fixe emboîte la partie arrière du tube de cuivre mmce antérieur R de façon à augmenter la “Mité de ce dernier; l’autre mobile avec le P&teau et relié à lui par une partie cornière
- sert à centrer le plateau P sur le tube de cuivre R; d’ailleurs le plateau P porte une saillie circulaire qui pénètre dans une gorge circulaire du plateau fixe P' et qui achève le centrage.
- La barre de fer B qui réunit les deux parties du long tube de cuivre mince laisse, grâce à l’évidement du plateaux mobile P, une rotation de un peu plus de 1800 à ce dernier.
- L’évidement circulaire central du plateau mobile P est muni d’un tube cornière permettant de soutenir un tube mobile portant un nicol et que l’on place au moment voulu.
- Un évidement carré de 1 cm de côté que porte le plateau P' (fig. 6) permet d’apercevoir
- p.257 - vue 258/624
-
-
-
- ‘58
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- la face postérieure du plateau P ; cette ouverture est éclairée la nuit à l’aide d’un miroir a (fig. 2) et d’un trou convenablement percé dans la face antérieure de la boîte de tôle où est placée la lampe.
- Sur une bande de papier circulaire, disposée en face de l’ouverture de P', le plateau P porte sur sa face postérieure, également espacées sur une demi circonférence, toutes
- les lettres de l’alphabet. On ne peut, par l’ouverture de P', bien en apercevoir qu’une seule à la fois ; ce sera la lettre envoyée.
- Pour permettre la rotation du plateau mobile et aussi pour permettre son arrêt dans les positions bien déterminées correspondant à l’apparition des lettres devant l’ouverture L, on se sert d’une manette M, au dessous de laquelle se trouve une petite manette m, (fig 6).
- On saisit simultanément M et m, qui commande un piston poussé par un ressort à boudin. Ce piston, lorsqu’on abandonne m, retombe dans des trous percés à égale distance sur le pourtour du plateau postérieur fixe P'.
- Près de ces deux plateaux, le long tube de cuivre et la barre de fer B sont supportés par un pied se vissant sur la planchette delà base de l’appareil.
- A l’extrémité postérieure une lentille montée sur un tube K peut être placée pour concentrer sur le nicol porté par P les rayons de
- la lampe et à l’extrémité antérieure ces mêmes rayons polarisés par le nicol sont rendus parallèles par une seconde lentille H montée également sur un tube pouvant s’introduire à frottement dans le grand tube du cuivre.
- Les accessoires du transmetteur sont un chercheur V et un pied supportant la planchette de base de l’appareil et lui permettant une rotation complète autour de l’écrou de jonction.
- Le miroir réflecteur est monté sur un cylindre s’introduisant dans un petit tube S
- p.258 - vue 259/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- !59
- placé à la partie arrière de la boîte de tôle ; ce petit tube sert (le miroir retiré) à placer une lunette permettant de rendre parallèles paxe optique de l’appareil et celui du chercheur. Pour faire ce réglage on enlève le nicol et la lampe et l’on procède comme pour tous les appareils d’optique.
- L’appareil récepteur (fig. 3 et 4, 8 et 9) consiste lui aussi en une boite de tôle à l’intérieur de laquelle on peut à volonté introduire une lampe F. A l’arrière un tube de cuivre porte un anneau oculaire à l’aide d’un tube entrant plus ou moins dans le premier. A l’avant un très large tube de cuivre épais maintient une grande lentille E et porte un plateatu spécial à sa partie antérieure.
- La feuille de tôle de la boîte est d’ailleurs
- évidée de façon à laisser passer tous les rayons utiles de la lentille.
- Le plateau antérieur C (fig. 8 et 9) peut tourner autour de son centre et ce mouvement est obtenu à l’aide d’un engrenage circulaire sur son pourtour, engrenage commandé par un pignon denté q. Le plateau porte également espacés sur une circonférence 24 petits tubes N (en supposant 24 lettres à l’alphabet). A l’intérieur de chacun de ces tubes peut s'introduire un tube portc-nicol. A côté de chacun de ces tubes et aussi sur une circonférence concentrique à la première sont de petits trous circulaires L munis chacun d’un verre dépoli où est inscrite en noir une lettre de l’alphabet. Enfin au centre un tube large permet d’introduire un tube porte-lentille D et à l’intérieur de celui-ci un
- Fig. 8 à 9.— Détails du récepteur.
- tube couvercle servant d’obturateur. Le plateau est évidé dans la partie centrale correspondant à ces tubes.
- Le rôle de la grande lentille E est de concentrer dans l’anneau oculaire les rayons probant des différents niçois. On peut ainsi voir tous les niçois et les lettres d’un seul coup et de plus on s’est arrangé de façon que ta lumière de chaque lettre et de chaque nicol s°it concentrée dans un espace plus petit que ta cercle de la pupille de l’œil. On voit donc l°ut le cadran à la fois et aucun rayon n’est
- perdu ; on a donc par là augmenté l’éclairement donné par les niçois et de plus substitué lejugementpar comparaison au jugement absolu; c’est à dire que c’est le nicol le plus obscur qui correspond à la lettre envoyée et cela est plus facile à juger que si l’on ne considérait qu’un nicol, car, par suite de reflets inévitables en plein air, il n’y a pas de nicol complètement éteint.
- Pour régler les niçois on règle successivement, sans toucher au pignon chaque nicol une fois pour toutes et on les fixe 5 pour les
- p.259 - vue 260/624
-
-
-
- j6o
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- expériences suivantes il suffit d’en régler un seul sur la lettre correspondante du transmetteur en faisant tourner le plateau à l’aide du pignon q.
- La petite lentille centrale sert à obtenir avec la grande un système de lentilles qui rende parallèle la lumière issue de la lampe. En temps ordinaire l’obturateur est placé et cette lentille ne sert pas, elle ne sert que lorsque l’on allume la lampe pour pointer les appareils l’un sur l’autre.
- Tout l’appareil repose sur une planchette, qui a été modifiée dans les expériences ultérieures. Dans la première série d’essais cette planchette et son pied étaient analogues à ceux du transmetteur. De plus il existe un chercheur, qui d’ailleurs fut plus tard reconnu à peu près inutile ; ce chercheur était semblable à celui du transmetteur.
- La fig. io donne une vue d’ensemble du récepteur.
- Dans le réglage des appareils on peut distinguer deux réglages : le premier est fait dans un laboratoire ou un atelier, le deuxième sur le terrain.
- Dans le premier réglageon règle, ainsi qu’il a été dit, le chercheur du récepteur et les niçois. Pour le transmetteur, on rend l’axe optique et le chercheur parallèles en enlevant la lampe et le miroir réflecteur et en remplaçant ce dernier par un oculaire négatif ; on opère alors comme pour une lunette et son chercheur.
- Sur le terrain, on monte les deux appareils et on allume leurs lampes (en enlevant l’obturateur du récepteur et le nicol du transmetteur) puis on pointe les appareils l’un sur l’autre à l’aide des chercheurs.
- On éteint ensuite la lampe du récepteur, on l’enlève et on replace l’obturateur. Le réglage du récepteur s’achève en plaçant l’œil à l’œilleton et en modifiant la hauteur et la direction de façon à apercevoir également toutes les lettres de l’alphabet.
- On rallume la lampe du récepteur en enlevant l’obturateur ; à ce signal, le poste trans-
- metteur place le nicol et envoie par exemple la lettre A ; le poste récepteur enlève la lampe et place l’obturateur, puis agit sur le pignon de façon à éteindret la lettre A. Nouvel allumage de la lampe indiquant au poste transmetteur qu’il peut télégraphier.
- Les premiers essais eurent lieu au Jardin du Luxembourg, mais ne furent pas satisfaisants. L’insuccès tenait à ce que les lames de verre emprisonnant les quartz, ainsi que ces derniers et les niçois, n’étaient pas à faces parallèles ; il se produisait ainsi des prismes qui décomposaient la lumière et empêchaient par leur diversité d’angle les rayons de venir se concentrer dans l’anneau oculaire. On remédia facilement à ces défauts et les expériences suivantes au même endroit réussirent parfaitement à une distance de deux cents mètres : même les hommes n’ayant aucune idée des instruments d’optique lurent les dépêches sans se tromper d’une seule lettre.
- Des expériences faites ensuite aux environs d’Orléans réussirent bien à une distance d’environ deux kilomètres, mais la limite de portée semblait atteinte. On reconnut la nécessité de munir l’œilleton d’un chariot mobile dans deux directions rectangulaires, de façon à le centrer exactement par rapport aux niçois.
- En résumé, les expériences réussissant à faible portée, il était naturel d’essayer à plus grande distance à l’aide de projecteurs plus puissants et surtout à l’aide de lumière électrique.
- Ces essais furent faits pendant les mois d’été et d’automne 1894. L’appareil récepteur est resté le même sauf quelques légères modifications ; quant au transmetteur, il fut entièrement différent. On utilisa le projecteur de télégraphie optique du modèle du Ministère de la guerre ayant une lentille de 0,60 m de diamètre. Ce projecteur est constitué par un bâti portant une boîte à lampe et deux lentilles. Le bâti est composé d’un châssis fixe et d’un second mobile que l’on peut orienter par rapport au premier à l’aide de vis, en hau-
- p.260 - vue 261/624
-
-
-
- R K VUE D’ÉLECTRICITÉ
- 26:
- teur et en direction, ce qui permet le pointage.
- Le devant de la boîte de lampe porte une ouverture devant laquelle fut adapté, à l’aide de trois équerres de cuivre, le tube disque fixe de l’appareil primitif ; le disque mobile fut réuni à celui-ci, en plus de la rainure circulaire déjà vue, par trois étriers portés par le disque mobile et roulant sur le disque fixe à l’aide de galets.
- Des expériences furent faites aux environs de Paris en employant la lumière électrique aux distances de 9, 16, 25 puis 50 kilomètres.
- Les trois premières expériences réussirent parfaitement; dans la dernière, les résultats ne furent pas nets, il est vrai que la brume de la vallée de la Seine faisait varier beau-coup 1 intensité lumineuse. La portée pratique de l'appareil paraît être de 35 à 40 kilomètres.
- D’autre part, une expérience à 9 kilomètres avec une lampe à pétrole et le même projec-teur ne réussit pas. Il semble donc bien prouvé quil faut un faisceau lumineux étroit où l’on n utilise guère que les rayons centraux, les seuls polarisés complètement. De plus, pour
- équilibrer la perte de lumière résultant de la diminution de largeur du faisceau, il faut augmenter le plus possible l’intensité de la source lumineuse ou au moins la quantité de lumière parallèle (ou à peu près) traversant le nicol transmetteur. De là, la nécessité d’employer la lumière électrique avec des réflecteurs appropriés le mieux possible.
- En résumé, les avantages de l’appareil sont sécurité et rapidité de transmission. La distance de 40 kilomètres permet d’utiliser ce télégraphe pour réunir des forts ou des quartiers généraux en temps de guerre.
- 11 est vrai que le fait même de la polarisation enlève au moins la moitié de la lumière et par conséquent diminue la portée de celle-ci dans une notable proportion ; mais d’un autre côté, les pays ou l’on peut communiquer optiquement dans une direction quelconque à plus de 40 kilomètres sont rares -, de plus, si un jour en particulier on a besoin d’une portée supérieure, on peut toujours enlever le nicol et revenir au système de télégraphie ordinaire avec le même appareil.
- Une objection a été faite relativement au poids de l’appareil ; on peut construire les pièces en aluminium.
- Une autre dilliculté est d'avoir un moteur léger pour la machine électrique ; on a, il est vrai, actuellement des moteurs à pétrole très légers.
- Peut-être pourrait-on tourner la difficulté à l’aide de gaz de pétrole employé directement et brûlé dans des becs Auer ou autres plus perfectionnés et moins fragiles.
- Les deux points sur lesquels doivent porter les recherches sont donc actuellement : la légèreté de l’appareil, de façon à pouvoir en doter les divisions de cavalerie auxquelles il rendrait de grands services dans leurs reconnaissances, et deuxièmement, un moteur très léger aussi ou bien un gazogène et un brûleur donnant un éclat égal au moins à celui de la lumière électrique. Il y aurait lieu aussi de chercher un réflecteur utilisant plus complètement la lumière, le cinquième au plus
- p.261 - vue 262/624
-
-
-
- -'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- de la lumière totale de la source étant actuellement utilisé. . • de B.
- SUR L’ALLONGEMENT D'UNE ÉTINCELLE ÉLECTRIQUE
- PRODUIT PAR LE MOUVEMENT DES ÉI.ECTRODES
- La longueur de l’étincelle électrique entre deux conducteurs placés au milieu d’un gaz dans des conditions déterminées dépend de la différence des potentiels des deux conducteurs, et, dans les cas ordinaires, clic croît avec elle. C’est pourquoi l’on considère encore comme une singularité les cas où l’on produit des étincelles de longueur extraordinaire à la surface de l’eau, par exemple. J’ai exposé, dans un précédent article (1), comment se forment ces longues étincelles, et j'ai montré qu’elles se produisent, en réalité, dans la couche d’air voisine du liquide. Il résulte encore de cette explication que ces étincelles ne se produisent pas simultanément dans toute leur longueur, mais, au contraire, commencent par- être très petites, et s’allongent ensuite successivement. Par conséquent, à un instant quelconque de la phase d’allongement, la partie de l’étincelle déjà formée, qui est constituée par un gaz à haute température, n’offre que peu de résistance à la décharge, et la différence de potentiel entre les deux extrémités reste assez faible ; elle est certainement de beaucoup inférieure à celle qui serait nécessaire pour engendrer une étincelle d’égale longueur. C’est pourquoi il ne faudrait pas conclure qu’il se forme une différence de potentiel suffisante pour produire plus loin une nouvelle étincelle, celle-ci n’étant autre que le prolongement de la première.
- Cependant, les étincelles à la surface des liquides doivent être considérées comme des décharges latérales, en tant que les deux points entre lesquels se forme chaque nou-
- (’) L'Eclairage Electrique du 6 juillet 1895, p. 21,
- veau tronçon d'étincelle communiquent entre eux par l’intermédiaire de la masse liquide Il m’a donc semblé intéressant de rechercher si, même avec les étincelles ordinaires, on pourrait arriver à obtenir un effet similaire • dans ce but, j’ai eu recours à un moyen mécanique, et, en particulier, au mouvement des conducteurs entre lesquels éclate l'étincelle.
- Voici quel est le principe de l'expérience que j’ai réalisée avec un plein succès.
- Afin de rendre l’expérience plus facile, on produit la décharge d’un condensateur dans des conditions telles que cette décharge ait une durée notable; on emploie, par exemple, un condensateur de très grande capacité et un circuit de décharge ayant une résistance très élevée. Supposons que des micromètres à étincelles soient, en outre, intercalés dans le circuit de décharge; soient A, B, C ccs micromètres; les boules du premier sont, au début, écartées à une certaine distance, tandis que celles des autres sont d’abord en contact.
- Si, dès qu’une étincelle éclate en A, et bien avant que la décharge soit près de finir, on a écarté les boules du second excitateur B, il est évident qu’une nouvelle étincelle se formera entre elles. En effet, la première étincelle constitue un conducteur momentané qui supprime virtuellement l’intervalle d’air dans le premier micromètre A; c’est pour cette raison que si, comme on Ta supposé, la différence de potentiel disponible est encore suffisante, il se formera une étincelle en B. rendant que l’étincelle en A durera encore,
- Semblablement, si Ton éloigne, immédiatement après, les boules du micromètre C. on pourra, si cette opération est faite en temps voulu, donner lieu à une troisième étincelle, et ainsi de suite.
- Il est évident que les étincelles B, C se forment en plus de l’étincelle A, bien que la différence de potentiel à laquelle le condensateur avait été chargé fût simplement su$' santé pour produire cette seule étincelle A-Si donc on fait en sorte que les étincelle-B, C soient Tune et l’autre sur le prolonge*
- p.262 - vue 263/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- ment immédiat de la première, le résultat obtenu consistera en une unique étincelle dans l’air, dont la longueur sera plus grande que celle d’une étincelle produite de la façon
- ordinaire.
- L’expérience décrite ne serait pas facile à réaliser en suivant à la lettre les explications précédentes. Mais il est évident qu’on peut la modifier de la façon suivante sans que l’ensemble soit modifié essentiellement. Il suffit d’employer un seul micromètre ou excitateur, et d’éloigner une des deux tiges de sa compagne, dès que l’étincelle s’est formée entre elles. En fait, le nouvel intervalle d’air, introduit entre la boule mobile et le tronc de l’étincelle déjà formée, se comportera comme l’intervalle d’air introduit par le micromètre B dans l’expérience précédente; de même, un second éloignement de la boule mobile correspondra à l’introduction du troisième intervalle C, et ainsi de suite.
- Enfin, le mouvement des boules pourra être continu au lieu d’être successif; de cette façon l’expérience se réduira à l’éloignement réciproque et continu des deux boules entre lesquelles se forme l'étincelle, éloignement qui sera effectué dès que l’étincelle proprement dite commence entre elles.
- J’aurais pu décrire l’expérience directement en ces derniers termes, mais j’ai préféré le raisonnement précédent, parce qu’il met en pleine évidence comment, avec un tel procédé, en allongeant pour ainsi dire mécaniquement une étincelle déjà formée, on obtient nécessairement une étincelle de beaucoup plus grande longueur, comme nous le verrons plus loin, que la distance explosive qui correspond, dans les conditions ordinaires de décharge, au potentiel du condensateur.
- Voici maintenant la disposition pratique de l’expérience.
- En plus de l’intervalle destiné à produire E longue étincelle, et dont une des électrodes est mobile, on a ménagé, dans le circuit de décharge, un excitateur à électrodes fixes d i); une des boules de ce dernier commu-n,que avec une des armatures C, du conden-
- sateur C, Cs. Entre l’autre armature C, de celui-ci et la seconde boule de l’excitateur, on a intercalé une colonne d’eau A de longueur variable, et le bras métallique BD, mobile autour d’un axe D qui lui est perpen^-diculaire, et dont l’extrémité B est voisine de la boule M qui communique avec C,.
- Le bras B D est en aluminium ; il a la forme d’un triangle isocèle assez allongé, et est long de 38 cm. Il est attaché à un cylindre d’ébo-nite qui est fixé sur le dernier axe du train
- Fig. 1. — Sc=réma de la disposition employée par M. Righi pour produire l’allongement des étincelle s
- d’engrenages qui sert à l’expérience du disque de Foucault. II est facile de lui imprimer, de cette façon, une vitesse angulaire considérable, jusqu’à une quarantaine de tours à la seconde, en tournant à la main la manivelle de l’appareil.
- Si l’on maintient le bras B D en rotation pendant que le condensateur est en charge, la décharge se produit lorsque la pointe B passe près de M, et il se produit une étincelle en d et une autre entre B et M. Cette dernière s’allonge; une de ses extrémités reste en M, tandis que l’autre extrémité suit la pointe dans son mouvement, jusqu’à ce qu’elle parvienne à une certaine distance, en B'; l’étincelle assume naturellement la forme d’un arc de cercle. Sa longueur fut ordinairement d’une quarantaine de centimètres, tandis que l’étincelle en d était d’un centimètre et demi.
- p.263 - vue 264/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- L’étincelle MB' offre des caractères spéciaux. En raison de la résistance introduite dans le circuit par la colonne d’eau A, dont la valeur, pour le meilleur succès de l’expérience, doit être comprise entre certaines limites, elle est du second type, c’est à dire blanche, pâle, mince, et entourée d’une abondante auréole jaune; cependant, vers B', elle devient rouge (troisième type) à cause de la résistance supplémentaire due aux premières parties de l’étincelle elle-même. De plus, en
- raison du mouvement centrifuge de l’air causé par la rotation du bras d’aluminium, l’auréole forme une espèce de ruban plan dont le bord qui est -du côté de l’axe de rotation est constitué par l’étincelle proprement dite, tandis que le bord qui est du côté opposé est de forme irrégulière et vaporeuse.
- La longueur de l'ctincclle MB' dépend de la vitesse du bras mobile, mais ne croît pas toujours avec celle-ci ; il y a une certaine vitesse de rotation qui produit la plus longue étincelle, ce qui est peut-être dû à l’action de l’air en mouvement qui tend à disperser les gaz chauds qui forment l’étincelle. J’ai reconnu que cette vitesse est d’autant plus grande que la capacité du condensateur est plus petite, ce qui était à prévoir puisque la durée de la décharge était moindre alors.
- Ainsi, quand le condensateur, formé de 108 grandes jarres, était disposé de façon que
- sa capacité fut égale à celle de 27 de ces jarres, la vitesse la plus convenable du bras mobile était de ro à 12 tours par seconde, tandis qu’avec une capacité quatre fois plus grande, il fallait que la vitesse ne fut plus que d’environ 1 tour à la seconde afin d’obtenir l’ctin-celle la plus longue possible.
- L’étincelle obtenue dans l’expérience que nous venons de décrire ressemble, par sa
- Fig. 3. — Reproduction photographique de deux
- grande longueur et par son mode d’allongement, aux étincelles superficielles, tandis qu’elle n’est pas, comme celles-ci l’effet d’une décharge latérale. A la rigueur, cependant, l’étincelle M B' est analogue, non pas tant aux brillantes étincelles qui vont d’une électrode à l’autre, loin de la surface de l’eau, mais plutôt, à ces étincelles plus pâles, souvent formées de plusieurs branches divergentes en différentes directions, qui se forment autour des électrodes affleurant l’eau lorsqu’on emploie des potentiels de décharge inférieurs à ceux qui sont nécessaires pour produire l’étincelle brillante. Mais une petite variante dans la disposition expérimentale décrite plus haut permet d’obtenir une étincelle très vive et très bruyante, qui est l’analogue de la véritable étincelle superficielle.
- 11 suffit, pour cela, de profiter de l’étincelle déjà formée MB', et de lancer à travers les
- p.264 - vue 265/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- gaz chauds toute la décharge que peut encore fournir le condensateur.
- La disposition expérimentale est représentée schématiquement dans la figure 2 ; elle ne diffère de la précédente que par l’addition d’une petit boule N placée près du point B' où finit l’étincelle MB', et communiquant directement avec la seconde boule de l’excitateur d.
- Les choses étant ainsi disposées, dès que la longue étincelle pâle MB' est formée, la colonne de gaz à haute température qui la constitue offre à la décharge une voie déjà préparée, précisément comme si, entre M et N, il y avait un passage d’air raréfié (par exemple, un tube de Geissler) ou très chaud (par exemple, une flamme). 11 se forme donc de M en N une blanche et bruyante étincelle, ce qui tient à ce que la colonne d’eau A est exclue du circuit C,, d, N, M, C,, par lequel se décharge maintenant le condensateur. Naturellement, cette brillante étincelle ne permet pas de distinguer celle, beaucoup plus pâle, qui l’a précédée.
- Avec un condensateur disposé de façon à avoir une capacité équivalente à celle de 27 jarres (environ de microfarad), et avec une distance explosive d de 1,5 cm, j’ai pu obtenir des étincelles de M en N qui avaient environ 40 cm de longueur. Evidemment la différence de potentiel entre les armatures du condensateur était simplement suffisante à la formation de l’étincelle d de 1,5 cm de longueur, qui se produisait en même temps que la grande étincelle.
- Les étincelles produites de la façon que nous venons de décrire ont la particularité d être très sinueuses, comme on peut le voir sur la figure 5 qui reproduit au huitième de vraie grandeur l’image photographique de deux de ces étincelles.
- A. Righi, i
- Professeur à l’Institut royal de Physique de l’Uaiversité de Bologne (Italie).
- REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Moteurs et Dynamos Sayers(').
- l\l. Sayers, dont les travaux sur les réactions d’induit dans les dynamos sont bien connus de nos lecteurs, vient d’établir un nouveau modèle de moteur qui présente plu-
- sieurs points intéressants. Ce sont des moteurs cuirassés, qui rappellent beaucoup par leurs dispositions générales les moteurs pour tramways; l’enveloppe extérieure ou cuirasse est en acier peu carburé d’une haute perméabilité magnétique ; elle forme le circutit magnétique inducteur ; elle est faite en deux parties montées à charnières et peut ainsi être ouverte pour faciliter la surveillance et l’entretien.. Une fenêtre à vitre en mica permet de surveiller constamment le collecteur et
- les balais.__________
- ('J Engineering, 22 nov. 1895, p. 655.
- p.265 - vue 266/624
-
-
-
- 206
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Les armatures du modèle vertical (fig. i et i En outre, des projections polaires supplémen-a) et du modèle horizontal (fig. 3 et q) sont taires Iy(fîg, 4) sont disposées devant la région enroulées suivant une méthode particulière. | neutre du champ magnétique inducteur; elles
- sont donc soumises à l’induction maxima du 1 verse ces projections polaires est donc courant de l’armature ; tant que le point de j proportionnel à l'intensité du courant dans saturation n’est pas atteint le flux qui tra- I l’armature, c’est à dire à la charge. Cette
- disposition contribue en grande partie à maintenir à peu près fixe le plan de commutation, quelle que soit la charge. Les balais sont donc fixés dans une position réglée par le constructeur, et ne sont jamais décalés. Même avec
- des frotteurs en cuivre, on ne peut observer aucune étincelle dangereuse, môme lorsque la charge est supérieure de 75 pour îoo à la charge normale.
- Le moteur représenté en figures 3 et 4 est
- p.266 - vue 267/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 267
- capable de fournir 36 chevaux au frein, avec une consommation de 75 ampères sous 400 volts. Le générateur correspondant donne 450 volts. Le poids du générateur est de 1524 kg soit 45,4 kg par kilowatt, et celui du inotcur cuirassé 1675 kg, soit 56,4 kg par kilowatt.
- G. P.
- Tramways électriques à canalisation souterraine, à New-York (’)
- Nous avons décrit en son temps le système
- de canalisation souterraine à caniveau ouver qui est en usage, à New-York, sur la ligne de Lenox Avenue (2).
- Cette installation a été inaugurée au mois de mai 1895 ; les résultats d’exploitation publiés jusqu’à ce jour sont donc relatifs à la belle saison ; tout fait espérer que l’exploitation pendant l’hiver sera aussi favorable.
- On a pu, en effet, élever le potentiel de distribution de 300 à 500 volts, sans qu’il en résultât une augmentation sensible des pertes par dérivations à la terre ; les pertes totales
- de la Métropolit
- ÛUes à cette cause ne vées que sur les lign
- (’) The Street Railway Jour,
- seraient pas plus é conducteur aéri
- Même, pendant les jours pluvieux, on a remarqué que la consommation de courant, à
- (*) L'Éclairage Électrique du 14 septembre 1895,
- p. 508.
- I, décembre 1895, p.
- p.267 - vue 268/624
-
-
-
- 268
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- service égal, était moindre qu'en temps sec; si cette observation, qui prouverait que l’isolement est très satisfaisant, est confirmée, on pourrait expliquer ce résultat soit par l’état de la voie qui diminuerait les résistances, soit par un meilleur contact entre le trôlet et les
- transversale, élévation latérale et plan.
- conducteurs. Les craintes que l’on avait émises relativement à l’engorgement du caniveau par les produits du balayage n’ont pas été justifiées jusqu’ici ; l’écoulement des eaux de pluie semble suffisant pour entraîner toutes les ordures tombées dans le caniveau. Il suffirait donc, comme pour les tramways funiculaires, de nettoyer la conduite 2 ou 3 fois par an.
- Si, pendant la dure période de l'hiver, au-
- cun accident ne vient infirmer les résultats précédents, la Metropolitan Street Railway Company est décidée à adopter la traction électrique sur presque toutes ses lignes.
- Le type de conduite qui serait adopté met trait à profit les connaissances acquises dans l’expérience actuelle, mais resterait dans ses grandes lignes semblable à celui qui a été décrit précédemment.
- Nous publions en figures 1, 2, 3, 4 et 5, les dispositions générales de la conduite ; en figure 6 et 7, le mode de suspension des conducteurs, et en figures 8 et 9 le détail du trô-let souterrain.
- Les conducteurs seront supportés par des isolateurs placés à la partie supérieure de la conduite (fig. 6 et 7) ; cette disposition avait été essayée sur Lenox Avenue, concurremment à celle qui consiste à supporter les conducteurs par des isolateurs inférieurs ; elle a été reconnue préférable. Les isolateurs sont distants les uns des autres de 4,572 m (15 pieds) ; ils sont en porcelaine moulée sous forme de tasse ou de coupe dont l’extérieur et l’intérieur sont ondulés-
- Le diamètre extérieur du fond de la coupe est de 10,8 cm; la hauteur des côtés est de 1 |,6 cm. Les isolateurs sont fixés avec du ciment dans une seconde coupe en fer forgé dont l'intérieur est également ondulé. Cette dernière, dont le fond a 13,3 cm de diamètre, et dont les côtés ont 11,75 cm de hauteur, est boulonnée, par deux bras, sur les deux oreilles d'un support en fer forgé. Ces oreilles sont fixées dans le béton de la conduite, qui est construit, comme l’indiquent les figures 3 4 et 5, avec le miir extérieur, afin de lui procurer un support. Sous chaque isolateur est disposée une poche de 43,2 X 38,1 cm, ^U1 s’étend sur toute la profondeur de la conduite, afin que l’isolateur soit placé dans un espace d’air suffisant.
- Le boulon de suspension, qui a 3,2 cm de diamètre et 22,9 cm de longueur, est fixé dans la coupe en porcelaine par du béton, fi porte, à sa partie inférieure un bras muni d’une gouttière longue de 17,75 cm > con~
- p.268 - vue 269/624
-
-
-
- REVUE D’ELECTRICITE
- ducteur est fixe sur cette gouttière par trois boulons de 2 cm.
- Le conducteur différerait complètement de celui qui a été adopté dans la ligne d’essai ; il serait formé d'un tuyau en fer forgé dont le
- diamètre extérieur aurait 5 cm et le diamètre intérieur 3,75 cm, et qui serait fabriqué par bouts de 15 m de longueur. Les différents bouts sont reliés entre eux par des joints électriques, tout comme les rails ordinaires.
- Les boulons qui fixent le conducteur sur la gouttière passent par des trous oblongs, de 4,1 cm de longueur, afin de permettre les dilatations et les contractions thermiques.
- Des regards sont placés à tous les points faibles et, sur les voies ordinaires, tous les 75 ou 80 m au maximum ; en tous ces points un drain fait communiquer la conduite avec les égouts (fig. 1 et 2). Au-dessus de chaque isolateur, la conduite est fermée par un couvercle mobile, sur lequel le pavage est posé ; il suffit donc d’enlever quelques pavés pour nspecter ou réparer la ligne.
- Les regards ont 1,50 m de profondeur en-dessous du niveau de la rue ; à tous les points faibles, une chambre de 56 cm de côté et de cm de profondeur, est disposée.
- Le trôlet est le même que celui qui a étc décrit à propos de l’installation de l’avenue f-enox ; nous le représentons en coupc en figure 9, et en vue latérale et en coupe en fig.
- 8. Sa tige a une épaisseur de 1,11 mm et une largeur de 43,4 cm. Elle doit passer dans l’ouverture supérieure du caniveau qui a 2 cm de largeur.
- G. P.
- Les tramway* électriques à accumulateurs de Madison-Avenue à New-York (* 1).
- Des essais de traction électrique par accumulateurs avaient été faits à New-York, en 1889, sur la ligne de Madison à la quatrième Avenue. Ils durent être abandonnés au bout de peu de temps. Us viennent d’être repris sur la même ligne en mettant à profit les résultats de l’expérience acquise à Paris.
- Deux voitures seulement ont été équipées.
- Chacune d’elles porte une batterie de 60 éléments formés de 9 plaques du type au chlorure de plomb, divisée en deux séries
- (1) The Electrical Engineer (N.Y.), 27 novembre
- i895> P- 5*3-
- p.269 - vue 270/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- de 30. Elle peut fournir un courant de 40 ampères pendant 10 heures. Chaque élément pèse 43 kg, et, par conséquent, la batterie complète pèse 2 600 kg. Les dimensions extérieures de chaque élément sont de 45,75 X i?,'20 X 21,60 cm. Tous les éléments sontplacésdansunecaissecnbois qui est supportée par 4 fers en U qui sont recourbés sur les côtés de la caisse et forment les oreilles qui servent à suspendre celle-ci sur le truck. Toutes les communications sont faites par des soudures afin d’éviter l’emploi des écrous et des boulons.
- La caisse contenant la batterie est sup-
- Fig. 1.
- portée sur le truck de la 'voiture, entre les essieux moteurs. Les moteurs sont placés à chaque extrémité de la voiture et sont également suspendus directement sur le truck,’ celui-ci est donc complètement indépendant; le coffre de la voiture est simplement fixé sur lui comme dans les voitures ordinaires; cela a permis d’employer un coffre très léger et du modèle ordinaire.
- Le truck employé est du type Peckham; on sait qu’il est constitué par des longerons qui s’étendent sur toute la longueur de la voiture et qui portent les boîtes à graisse. Sur ces longerons sont montés des ressorts à boudin et des ressorts à lames elliptiques dont les extrémités supérieures sont réunies
- par une barre horizontale sur laquelle vient se fixer, par des boulons, le coffre de la voiture.
- L’empâtement est de 2.29 m et le diamètre des roues est de 76 cm.
- A Paris, pour changer les batteries, la voiture est amenée sur une voie de garage ; un chariot bas à petites roues est amené par une voie perpendiculaire à la première sous la voiture en passant entre les roues de celle-ci et reçoit la batterie épuisée, tandis qu’un second chariot identique, sur la plate-forme
- duquel se trouve une batterie nouvellement chargée est introduit à la place du premier, de l'autre côté de la voiture.
- A New-York, l’intervalle entre les roues étant masqué par les longerons, il faut amener les voitures, sur une voie de garage, au-dessus d’une fosse de chargement dans laquelle se trouve un monte-charge. Sur la plate-forme de celui-ci on place un chariot qui reçoit la batterie épuisée et sert à- la transporter ensuite sur les bancs de charge. On fait ensuite avancer sur la plate-forme du monte-charge un chariot portant unebatterie nouvellement chargée qui est élevée jusqu’au niveau du truck, où elle vient prendre la place de l’ancienne batterie. Cette manœuvre
- p.270 - vue 271/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- est évidemment plus compliquée que celle adoptée à Paris. Les figures i et 2 représentent les dispositions adoptées pour l’exécuter.
- pour tenir la batterie en place sur le truck, deux barres de fer transversales sont passées sous les oreilles de la caisse contenant la batterie et fixées sur les longerons du truck par des verrous. Les connexions entre les rhéophores de la batterie et le circuit des moteurs s’établissent automatiquement au moyen de contacts glissants.
- Les moteurs employés sont du type G. E. 800 ; ils sont calculés pour donner une vitesse maxima de 39 km à l’heure. Ils
- tournent donc à une plus grande vitesse que les moteurs ordinaires du même type. Cet enroulement a été adopté pour permettre un rendement aussi élevé que possible avec les potentiels différents employés. En service courant, on ne pense pas dépasser la vitesse de 20 km: h. Contrairement à la pratique ordinaire, les moteurs sont disposés vers l’extérieur des essieux; cette disposition était nécessaire pour laisser entre ceux-ci une place suffisante pour loger la batterie.
- Le contrôleur permet d'obtenir les combinaisons suivantes (fig. 3) :
- 1" Les deux batteries sont en dérivation et fes moteurs en série;
- 2" Le groupement des batteries et des moteurs reste le même, mais l’excitation des Moteurs est diminuée en shuntant les inducteurs;
- 3" Les deux batteries et les deux moteur-sont en série ;
- 40 Le groupement des batteries et des moteurs reste le même (3), mais les inducteurs sont shuntés;
- 5" Les batteries sont en série et les moteurs en dérivation ;
- Le groupement des batteries et des moteurs reste le même qu’en (5), mais les inducteurs sont shuntés.
- La charge des batteries est effectuée par une génératrice de 13,5 kw, entraînée par un moteur à gaz Otto.
- G. P.
- Contrôle des installations électriques au point de vue de la sécurité.
- Nous avons déjà eu occasion de signaler à nos lecteurs (’) l’ouvrage de M. A. Mon-merqué sur le K Contrôle des installations électriques au point de vue de la sécurité », Nous croyons utile de leur exposer immédiatement, d’une manière aussi sommaire que possible, les recommandations de Fauteur en ce qui concerne :
- i° La manière de procéder à la vérification de l’isolement des installations.
- 2° Les résultats à obtenir dans ces mesures.
- L’auteur passe en revue les diverses méthodes qui ont été indiquées pour vérifier les réseaux de distributions ou les installations intérieures, par exemple, les méthodes de la boucle et du téléphone, mais il ne considère comme pratique que celle qu’il dénomme « méthode des sectionnements )).
- Il convient de prévoir son application dans la construction même du réseau et à cet effet d’établir en des points convenablement placés des appareils permettant de couper le courant. Quand la distribution est à haute tension, ces appareils doivent être spéciaux et leur construction particulièrement soignée. Si le courant est alternatif et si les conducteurs employés sont concentriques, ces in-
- (’) L'Eclairage Electrique. t. V, p. 464, 7 décembre 1895.
- p.271 - vue 272/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- terrupteurs doivent présenter des dispositions spéciales que l’auteur indique (para-foudres, etc.) pour prévenir les effets de l'augmentation du voltage, due à la capacité.
- Pour procéder à la vérification de l’installation, on mesure d’abord l’isolement de l’ensemble; si le résultat est satisfaisant, l’opération est terminée. Sinon, on coupe le réseauen deux parties et on essaye chaque tronçon. Si les deux résultats sont bons, la vérification est achevée ; dans b cas contraire on coupe encore en deux parties le tronçon dont l’isolement a été inférieur au minimum fixé. On continue ainsi l’opération jusqu’à ce qu’on ait trouvé partout des valeurs d’isolement au moins égales à la valeur minimum.
- Si pour un tronçon compris entre deux interrupteurs consécutifs, on trouve une valeur inférieure au minimum, comme il n’y a pas, par hypothèse, d’interrupteur intermédiaire, il est nécessaire d’examiner ce tronçon et de le réparer.
- On voit que le principe de ce système consiste à vérifier si, sur le réseau ou dans l’installation de l’abonné, il n’y a en aucun point une fuite importante. L’isolement réduit de l’ensemble du réseau peut être très faible, si ce réseau est étendu, et cependant la situation est excellente, si l’on ne trouve nulle part une perte dangereuse.
- Mais quelle doit être la perte à admettre ? C’est là l’objet du second point que nous devons examiner.
- L’auteur énumère les diverses règles qui ont été données à cet égard: elles sont extrêmement variables. Pour les installations intérieures de leurs abonnés les compagnies électriques, en Angleterre seulement, ont onze règles différentes.
- Soient R la résistance d’isolement,
- U la différence de potentiel,
- I le courant,
- N le nombre des lampes de l’installation,
- et K, K' des cofficients numériques.
- Certaines compagnies ont adopté pour R une valeur de la forme suivante ;
- d’autres exigent que l’on ait.
- Les coefficients K et K' varient d’ailleurs d’une compagnie à l’autre.
- La première formule revient à admettre une perte égale à
- U
- KU
- I
- c’est à dire à
- r
- K
- soit une fraction du courant lui même. C’est la règle indiquée en France par la Chambre syndicale des industries électriques.
- M. Monmerqué fait remarquer qu’un ampère perdu à 3 000 volts est plus dangereux qu’un ampère à 100 volts et que les effets dangereux des courants électriques (échaufte-ment, électrolyse, etc.) sont mesurés par l’énergie perdue. Par suite il est rationnel de se fixer une perte en watts et non en ampères, ce qui conduit à adopter pour R une valeur de la forme .
- R = KU>
- C’est dans cet ordre d’idées que M. le Ministre des Travaux Publics, dans l’arrêté du 15 septembre 1893, portant règlement pour l’établissement et le fonctionnement des conducteurs d’énergie électrique sur la grande voirie nationale et départementale, a fixé comme valeur minimum d’isolement de toute partie essayée 5 ÏJ!.
- C’est encore la même formule que M. le Préfet de la Seine a adoptée dans son arreté du 26 juillet 1895, réglementant les installations intérieures alimentées par les secteurs électriques concessionnaires de la ville de Paris-
- p.272 - vue 273/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- >73
- Nous croyons savoir que notre collaborateur était secrétaire rapporteur dans les deux commissions qui ont procédé à l’élaboration de ces règlements.
- On peut se demander ce qui a conduit à choisir ce nombre 5 comme valeur du coefficient K. Cette valeur est évidemment arbitraire. Si on suppose une distribution à 3 lils à 220 volts, ou en nombre rond à 200 volts, l'isolement devra être égal avec la règle 5 Us à
- 5X200’
- soit 200 000 ohms.
- La perte sera égale à
- soit ampère.
- Dans un ancien règlement, datant de 1891, relatif aux abonnés de l’Usine des llalles, à cette époque dirigée par Al. A. Monmerqué, nous trouvons précisément cette dernière valeur comme maximum de la perte. On a donc voulu probablement avoir des résultats équivalents avec la règle K U\
- Cette valeur n’est d’ailleurs pas exagérée, si on la compare aux résultats exigés par les règles particulières des secteurs à Paris. On trouve cette comparaison dans l’ouvrage de Al. Monmerqué et on constate que la règle 5 Us donne, sauf pour un secteur où d’ailleurs la différence est très faible, des résultats inférieurs à ceux qui sont exigés par les administrations mêmes des secteurs.
- Quoi qu’il en soit de cette valeur, il y a un intérêt capital pour les électriciens et surtout pour les appareilleurs à avoir une règle uniforme.
- Le système des sectionnements est déjà appliqué à Paris sur la plupart des secteurs et la sécurité publique y a considérablement gagné. Certaines canalisations n’étaient pas établies avec les appareils nécessaires pour les sectionner. Ces compagnies, dirigées par des ingénieurs aussi compétents que résolus à bien faire et à donner le bon exemple, n’ont pas hésité en cette occasion à faire tout le
- nécessaire aussi bien qu’au moment où. l’expérience avait démontre la nécessité de remplacer certains systèmes défectueux de canalisations. En consacrant ainsi des sommes importantes à ces améliorations, les compagnies ont fait un excellent placement, puisque du même coup elles ont supprimé les pertes électriques sur leurs réseaux et les avaries qui en étaient la conséquence.
- On trouve dans l’ouvrage de AI. A. Monmerqué de nombreux résultats d’exploitation aussi variés qu’intéressants, s’appliquant aux diverses natures de courants et autres différents systèmes de canalisation en usage. Nous espérons pouvoir en reproduire quelques-uns avec l’autorisation de l’auteur.
- J. R.
- Recherches sur les matières utilisables dans la fabrication des filaments de lampes à incandescence, par Ph. Delahaye.
- Sous ce titre, l’auteur résume dans la Revue Industrielle diverses recherches faites récemment pour utiliser dans les lampes à incandescence électrique l’éclat que certains oxydes rares donnent aux manchons des appareils à incandescence par le gaz :
- Lorsque la lampe à incandescence par le gaz vint révéler le parti qu’on pouvait tirer de certains sels métalliques pour améliorer le rendement lumineux des matières combustibles employées à l’éclairage, la première idée qui se présenta à l’esprit des fabricants de lampes électriques à incandescence fut d’utiliser, eux aussi, la découverte du Dr Auer von Welsbach. Il y eut des essais, dans cette voie, nombreux, nous n’en doutons pas, mais peu connus, parce que le succès ne répondit pas aux efforts des chercheurs.
- Une société allemande a cependant avoué qu’elle a tenté, il y a quelques années, d’introduire dans les filaments de carbone certains oxydes qui servent à la fabrication du manchon Auer. Elle parvint à préparer des filaments renfermant 10 pour 100 de zircone, et même à recouvrir complètement les filaments
- p.273 - vue 274/624
-
-
-
- *74
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- avec cet oxyde; mais les produits n’étaient j pas solides, absorbaient beaucoup trop de wats et perdaient rapidement leur pouvoir éclairant. Les difficultés auxquelles on se heurte dans ces applications sont, d’une part, les différences de dilatation du carbone et des oxydes, d’autre part la ténuité extrême du filament : dans la lampe électrique, la quantité de lumière égale à une bougie est émise par une surface variable de 2, 5 à 6 mm*, tandis qu’elle provient, dans le manchon Auer, d’une surface de 33 mm2. Ces chiffres n’ont évidemment rien d’absolu, mais ils répondent à ce qu’on peut appeler l’éclat intrinsèque, c’est à dire le quotient par la surface éclairante de son intensité lumineuse exprimée en unités de lumière, carcels ou bougies suivant les pays.
- La fabrication au four électrique de carbures à peu près inconnus jusqu’alors notamment du carbure de silicium, présente parles Américains sons le nom de carborundum, fit poursuivre les recherches dans une nouvelle direction. Un procédé spécial permet d’obtenir des filaments de carborundum pur, qui ont une élasticité et une rigidité comparables à celle du carbone, mais pratiquement conduisent fort mal l’électricité; les carbures de bore ont été essayés sans succès d’ailleurs ; les combinaisons solides du bore et du silicium n’ont pas été expérimentées, d’abord parce qu’on n’en prévoyait rien de bon, et ensuite parce que le traitement n’était pas des plus aisés • on retrouve ici la question des différences de dilatation et, si l’on ne tombe pas juste sur matières ayant des coefficients sensiblement égaux, il est à craindre que le filament s’écaille.
- Avec des filaments de carbure de silicium, on a observé un noircissement si rapide du globe qu’une lampe de 105 volts (16 bougies) et 3,65 watts par bougie prenait 4,4 watts avec le courant à 120 volts au bout de 60 heures : de plus, il y a tendance à la rupture aux points d’attache; en continuant les essais, on est arrivé à penser que l’action continue du courant, combinée avec la température élevée et
- le vide, amène une décomposition du carbure
- Avec le carbure de calcium, les résultats seraient beaucoup plus encourageants, si nous en croyons MM. Mielke et Vorringen. Leurs expériences ont été résumées dans le journal allemand Eleklrische Anzeiger(20 0c\obr&i 895) sous forme de courbes et dans des tableaux où il est question de lampes poussées depuis 1 bougie jusqu’à 50 et 100 bougies, en mesurant l’intensité et le voltage en même temps que le pouvoir éclairant. En les comparant aux lampes à incandescence ordinaires, on n’a pas constaté grande différence; avec le carbure de calcium, la lumière serait vive et très agréable, les lampes très solides et plus régulières au point de vue de la résistance ; la surface serait les deux tiers seulement de celle du carbone pur, à égalité de voltage, de pouvoir éclairant et de dépense d’énergie électrique par bougie. Les nouveaux filaments deviendraient aussi durs que du diamant : c’est tout ce qu’on dit au sujet de la fabrication.
- Nous n’avons pas besoin d’insister sur l’intérêt que présentent ces études délicates et coûteuses. L’incandescence par le gaz a placé l’incandescence électrique dans une situation d’infériorité dont celle-ci doit se préoccuper de sortir le plus tôt possible. Quand on peut obtenir un foyer lumineux de 40 au moins, et peut-être de 50 bougies pour une consommation à l’heure de 1 ro I de gaz coûtant a peine 0,035 (ëaz à 0,30 fr le mètre cube), on n’est pas très disposé à payer plus de 0,06 fr par heure un foyer électrique de 16 bougies (en admettant 3,5 watts par bougie, 56 watts à 0,11 fr l’hectowat donnent 6,16 centimes). L’incandescence électrique doit donc arriver à 2,5 et même 2 watts par bougie, si elle veut agrandir son champ d’exploitation, et, d'après les essais de lampes exécutés aux Etats-Unis et en Angleterre dans ces derniers mois, il ne semble pas que ce résultat soit prochainement atteint.
- Le recuit électrique des cuirasses de navires par Hermann Lemp.
- Voici quelques détails complémentaires sur
- p.274 - vue 275/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- '75
- cette curieuse application du courant électrique (1). Les cuirasses de navires sont fabriquées, parle procédé Harvey, de la façon suivante : les plaques de blindage, en acier à
- Fig. i et 2.
- faible teneur en carbone, sont traitées de façon à introduire à la surface une plus grande quantité de carbone, puis trempées à l’eau. L’acier a alors, sur une épaisseur de 2 à 3 cm,
- Fig- 3-
- une dureté comparable à celle du meilleur acier à outils, ce qui est très avantageux pour éviter la pénétration des projectiles, mais rend à peu près impossible le travail subséquent de l’acier. Pour éviter ces inconvénients on avait recours à deux méthodes: on pratiquait des réserves lors de la carburation additionnelle, ou on perçait les trous avant cette opération. Ces deux procédés nécessitaient un dessin exact des pièces avant le traitement, une exécution parfaite et ne donnaient pas toujours de bons résultats ; ils étaient coûteux et ne laissaient aucune marge pour l’imprévu.
- Le recuit électrique a donné des résultats absoluments parfaits. Le courant est amené
- (’) L’Éclairage F.lecttique du 20 avril 1895, p. 124 ej du 20 juillet 1895, p. 129.
- par deux tiges creuses, en cuivre, CC (fig. 1), qui sont traversées par un courant d’eau froide. L’acier s’échauffe comme le montrent les parties ombrées des fig. 1 et 2 ; les deux points noirs, sous les barres d’amenée du courant, sont chauffées au rouge blanc et conservent leur dureté après le refroidissement ; les parties teintées en gris, sont seules convenablement adoucies. On peut adoucir ensuite les premiers points par un traitement analogue.
- La fig. 3 représente différentes formes de barres d’amenée du courant employées et les fig. q et 5 quelques échantillons des travaux exécutés ; par des operations successives sur des points rapprochés, on peut traiter une surface quelconque.
- L’intensité du courant est graduellement augmentée jusqu’à son maximum et ensuite lentement diminuée afin d’amener un refroidissement progressif ; un refroidissement trop brusque aurait pour effet de retremper l’acier. La surface des contacts est d'environ 3 i/q cm1, en moyenne, et cependant, grâce à la circulation d’eau froide dans les barres d’amenée, on peut atteindre l’énorme intensité de 10000 ampères, soit plus de 3000 ampères par cm5.
- L’opération complète dure en tout 7 minutes à peu près.
- Le mémoire de Al. Lemp, présenté à l’Ame -rican Institute of Electrica! Engineers, au mois d’octobre dernier, contient un grand
- p.275 - vue 276/624
-
-
-
- >7 6
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- nombre de renseignements pratiques sur lesquels nous ne pouvons insister ici.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Effet de la capacité des câbles dans les distributions par courants biphasés, par Henry S. Car-hart (').
- L’éclairage des bâtiments publics de la ville de Détroit est assuré par des alternateurs biphasés ; cette solution a été adoptée pour permettre de brancher des moteurs sur les circuits à lumières. Les canalisations sont faites en câbles sous plomb placés sous terre. Les deux circuits de la machine sont divisés en quatre, comme l’indique le schéma (fig. i). Dans le but de déceler les terres accidentelles,
- les extrémités de ces circuits sont connectées, dans une caisse fermée, avec des plombs fusibles et io lampes de iio volts sont montées en série, le milieu du circuit des lampes étant mis à la terre.
- D’après les mesures effectuées, l’isolement de toutes les branches est excellent; la capacité des câbles est cependant suffisante pour donner lieu à des phénomènes curieux que nous ne croyons pas avoir encore été décrits.
- i° Si une extrémité de la série de lampes est reliée à l’une quelconque des quatre bornes, les 5 lampes placées entre cette lampe et la terre s’allument avec un courant de 0,4 ampères. Le courant est le même, quelle que
- (1) The Electrical Journal (Chicago), iBr décembre 1895, p. 249.
- soit la borne qui est reliée à la terre par l’intermédiaire des lampes. La capacité des différentes branches est bien différente, mais par ces connexions, la capacité effective pour l’allumage des lampes est celle du système entier, puisque les circuits sont reliés électriquement dans l’armature.
- 20 Si les deux bornes extérieures des lampes sont reliées aux conducteurs opposés du même circuit, comme 1 et 2, ou 3 et 4, par exemple, les lampes brillent de presque tout leur éclat puisque la différence de potentiel entre les conducteurs principaux est d’environ 1140 volts. Dans ce cas, l’électrodynamomètre indique qu’aucun courant ne passe à la terre.
- 30 Si une des bornes des lampes est reliée à un conducteur de l’autre circuit, de façon qu’une des extrémités du circuit des lampes soit en 1 et l’autre en 3, la branche 3 sera
- brillamment allumée par un courant de 0,53 ampère, tandis que la branche 1 sera à peine chauffée au rouge par un courant de 0,25 ampère; un courant de 0,36 ampère s’écoule à la terre.
- 40 Si l’une ou l’autre borne des lampes est reliée à l’autre conducteur du même circuit, de 1 à 2 ou de 3 à 4, par exemple, l’autre borne étant connectée comme précédemment, les sections brillantes et ternes sont interchangées, les lampes brillantes s’éteignant presque complètement, tandis que les autres deviennent d’un blanc éblouissant. Mais si les deux connexions sont changées, de façon que les lampes soient reliées, par exemple, a 2 et à 4, aucun changement dans l’éclat des lampes ne se produit.
- p.276 - vue 277/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- '11
- La somme des courants qui passent à la terre et dans l’une des branches est toujours supérieure à l’intensité du courant qui passe dans la branche principale. Ce (ait montre qu’aucun des courants à partir du point A n’ont la même phase. Si l’on construit le triangle dont les côtés représentent les intensités respectives des trois courants qui sont entre eux comme 3,2 et \jl, on voit (fîg. 2), que l’angle A entre le courant des lampes ternes et le courant qui passe àla terre est de 58° ; l’angle BAC, exprimant la différence de phase entre les deux courants qui traversent les lampes est de 34°,5. La différence de phase
- ! I
- Fig. 3.
- entre les deux forces électromotrices est de 90" ; les courants qui passent dans les conducteurs principaux ont probablement entre eux des différences de phase semblables. Lorsqu’on les relie tous deux à la terre, il en résulte donc une diminution importante de la différence statique de potentiel entre les points d’attache des deux circuits. On voit facilement que si ces points, comme 1 et 3 dans la fîg. 1, étaient réunis par une faible résistance, la différence de potentiel entre eux serait réduite à zéro. Les courants qui passent par les lampes qui les réunissent tendent de même à réduire la différence de potentiel. Une des forces électromotrices avance et l’autre retarde.
- U est probable que les lampes brillantes sont sur le courant en avance ; les appareils à la disposition de l’auteur lorsque les essais ont été faits ne lui ont pas permis de déterminer ce point. Le changement déconnexion d’un des rhéophores des lampes à l’autre branche du circuit auquel il est relié a pour effet d’intervertir les courants, le courant en retard devenant le courant principal. Ainsi, • dans la fîg, 3, les ordonnées représentent les
- potentiels de l’un ou l’autre des courants en avance au dessus du potentiel de la terre pris comme zéro et non la différence totale de potentiel entre les conducteurs principaux. Maintenant, le potentiel de l’autre conducteur du circuit r diffère à tout instant autant de zéro que le premier, mais en signe contraire. Ainsi, la ligne pointiUée représente la différence de potentiel entre ce conducteur et la terre. La courbe pleine I est en avance sur 11 d’un quart de période, mais la ligne poinlil-léc I est en retard sur II de la même valeur, tant sur le côté positif que sur le côté négatif de la courbe. Il est donc évident que le transfert de l’un des conducteurs des lampes à l’autre branche de son circuit intervertit les rapports des courants et que les lampes brillantes s’éteignent presque complètement.
- 11 ressort de ce qui précède qu’on doit apporter de grandes précautions en maniant des circuits de ce genre, quand bien meme ils sont parfaitement isolés, parce que la capacité joue un rôle équivalent à une terre en un point éloigné du circuit.
- G. P.
- Sur la double réfraction des radiations électriques, particulièrement dans le gypse, par A. Righi (').
- M. Righi avait reconnu la double réfraction des rayons électriques dans le bois de sapin (s) ; plusieurs autres savants la reconnurent indépendamment dans plusieurs autres substances, notamment MM. Mack U), Lebedew (s) et Garbasso (•’).
- Ce dernier avait conclu de ses expériences que la direction possible des vibrations pour la lumière et pour les rayons de Hertz ne
- {') Rendiconti délia R. Atc. d-iLincei, t. IV, 3* *sem. Série 5a, séance du 17 nov. 1895, p. 203,
- (*) L'Éclairage Électrique, t. II, p. 350, etc.
- (3) Wied, Ann., 1894 N° 11 et 1895 N’ 6. L’Éclairage Électrique, t. II, p. 472.
- {*) Wied. Ann., N° 9. Éclairage Électrique, t. V, p. 329 et 425.
- (5) Atti délia R. Acc. di Torina, t. XXX. L'Éclairage Électrique, t. III, p. 187.
- p.277 - vue 278/624
-
-
-
- 578
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- semblait pas être la même, mais, au contraire, que les deux premières étaient approximativement à 450 des deux autres.
- M. Righi a répété ces expériences dans le but de vérifier si la conclusion précédente était juste, ce qui lui semblait peu probable. En effet, si l’on dispose l’excitateur verticalement et le résonnateur horizontalement, ou vice versa, on fait apparaître dans ce dernier des étincelles, même assez vives, en plaçant entre les deux appareils une masse diélectrique de forme et de position convenables.
- • Si, par exemple, le diélectrique a la forme parallélipipédique ou cylindrique, dont la plus grande dimension est perpendiculaire à la direction dans laquelle se propagent les ondes, et si on le fait tourner autour de cette direction comme axe, on voit généralement des étincelles apparaître dans le résonnateur; elles sont maxima quand le diélectrique est à environ 45° avec la direction du résonnateur ou dé l’excitateur, et elles disparaissent quand le diélectrique est parallèle à une de ces directions.
- Ûn voit donc que l’apparition d’une étincelle dans le résonnateur, lorsqu’on place un diélectrique entre les deux appareils, et sa disparition régulière quatre fois par tour lorsque le diélectrique est déplacé, n’est pas toujours un indice de double réfraction produite par celui-ci.
- M. Righi a cherché à se mettre à l’abri de cette objection ; il a employé un rhomboèdre de spath dont les arêtes avaient 11,1 et 5,1 cm, et des lames de gypse de 3 à 5 cm d’épaisseur; celles-ci étaient taillées sous forme de cylindres droits dont les bases étaient parallèles à l’exfoliation principale ; elles étaient placées une à une contre un diaphragme métallique ayant une ouverture circulaire de 8 cm de diamètre, de façon à être concentriques à cette ouverture.
- Il a ainsi reconnu des phénomènes bien caractérisés de double réfraction dans les deux substances.
- Mais la conséquence qu’il a tirée de ses expériences est différente de celle de M. Gar-
- [ basse quant à la relation qui existe entre le phénomène décrit et le phénomène optique analogue qui s’observe quand on place le gypse entre deux niçois.
- A1. Righi a marqué sur la lame elle même la direction qui coïncide avec la direction des vibrations incidentes lorsque, en tournant la lame de gypse dans son plan, on arrive a rétablir l’obscurité dans le cas de l’expérience optique, ou à faire disparaître ]’ctincellc dans le résonnateur électrique. Ces directions, dans le cas de l’expérience optique, sont celles des deux axes d’élasticité optique, qui sont dans le plan de symétrie (auquel le troisième axe est perpendiculaire), ou celles des deux bissectrices de l’angle des axes optiques. 11 a ainsi reconnu que les deux systèmes de droites perpendiculaires entre elles deux à deux ainsi tracés ne sont pas inclinés entre eux à 450 comme le pensait M. Garbasso, mais qu’une des deux droites d’un des systèmes fait avec une droite de l’autre un angle de 36° à qo*’, aux erreurs d’expérience près, erreurs qui. ont pu atteindre 30 ou q°.
- » Il n’est pas surprenant que les directions des extinctions optique et électrique ne coïncident pas ; c’était même à prévoir, puisqu’on sait que, dans le gypse, non seulement les axes optiques, mais encore les deux bissectrices de leurs angles changent d’orientation avec la valeur de la longueur d’onde.
- » Ces mesures approximatives conduisent à une conséquence importante. On sait que pour le gypse, la bissectrice de l’angle aigu des axes optiques fait un angle de 38° environ avec un des axes de cristallisation et précisément avec celui auquel est perpendiculaire une des deux exfoliations secondaires. Il en résulte qu’une des deux orientations qui éteignent les radiations électriques, coïncide, ou presque, avec un des axes de cristallisation, tandis que l’autre coïncide, ou presque avec la direction de l’exfoliation secondaire non fibreuse. J’ai ensuite vérifié ce dernier fait à différentes reprises, soit directement, soit, ce qui est préférable puisque l’exfolia" tion fibreuse est beaucoup plus nette qUb
- p.278 - vue 279/624
-
-
-
- REVUE D’ELECTRICITE
- !79
- l'autre, en mesurant les angles des directions d’extinction avec les directions de l’exfoliation fibreuse. J’ai toujours trouvé qu’un de ces angles est très voisin de 67", valeur approximative de l’angle entre les deux exfoliations
- » On peut dire que la coïncidence entre une des directions d’extinction pour les radiations électriques et un des axes de cristallisation n’est pas rigoureuse, mais tend à le devenir quand on emploie des ondes de plus en plus longues. 11 existerait donc, pour les radiations à grande longueur d’onde, un lien plus étroit entre la forme cristalline et la double réfraction, que dans le cas des radiations lumineuses. Ce résultat augmenterait beaucoup d’importance lorsqu’on l’étendrait à d’autres cristaux du système monoclinique ou lorsqu’on trouverait une propriété analogue dans les cristaux tricliniques.
- » On sait, en effet, que, dans le gypse, qui étant monoclinique possède la double réfraction à deux axes, les axes optiques sont dans le plan de symétrie, qui est parallèle à l’exfo-liation principale, sans pourtant que leurs directions, ni celle des bissectrices de leurs angles, aient aucun rapport avec les directions des deux axes de cristallisation qui sont dans le plan de symétrie. Entre l’ellipsoïde de polarisation et les axes de cristallisation, il existe donc, dans le cas du gypse, cette relation unique, à savoir que l’axe moyen de l’ellipsoïde coïncide avec un des trois axes de cristallisation, tandis que les deux autres axes de l’ellipsoïde ont des directions indépendantes de la forme cristalline, et partant, variables avec la longueur d’onde. Ainsi donc, dans la double réfraction des longues ondes, un autre axe de l’ellipsoïde coïnciderait avec un autre axe de cristallisation, et précisément avec celui qui est perpendiculaire à l’exfoliation secondaire non fibreuse, ou conchoï-dale.
- '> En tout cas, ceci est approximativement e*act dans mes expériences exécutées avec des °ndes de 10,6 cm de longueur.
- » De plus, par la réflexion des radiations dectriques sur les corps cristallisés non iso-
- tropes, j’ai pu distinguer clairement des indices de leur biréfringence ».
- G. P.
- Recherches sur l’arc électrique à courants alternatifs, par J. A. Fleming et J. E. Petavel (’). Les auteurs ont, dans une première série de recherches, fait une étude comparative du rendement lumineux des arcs continu et alternatif. Ils ont mesuré à l’aide d’un watt-mètre spécial la puissance dépensée dans l’arc
- Fig. 1.— Puissance lumineuse moyenne sphérique en fonction de la puissance en watts absorbée par l’arc.
- Courbe C, : courant continu, charbon -j- 15mm, à mèche : charbon - pm, plein.
- Courbe Cs, Couiant continu, charbons de 15 mm, à mèche.
- Courbe A, : Courant alternatif, fréquence 50 pér. : sec.
- Courbe As : Courant alternatif, fréquence 8},3 pér.:
- même, sans tenir aucunement compte des pertes dans le mécanisme régulateur, etc.
- La bobine à fil fin du wattmètre est suspendue bifîlairement par des fils d’argent très ténus et porte un miroir donnant sur une échblle l’image d’un fil fortement éclairé. La bobine mobile est composée de 33 tours de fil, et la bobine série fixe, de jo tours de gros fil. Une résistance non inductive en série avec la première bobine présente i 200 ohms.
- Les mesures photométriques ont été faites à l’aide d’un photomètre à disque de Sugg, et l’arc était comparé à une lampe à incandescence poussée à 2 1/2 watts par bougie et
- C) The Electrician, 20 décembre 1895.
- p.279 - vue 280/624
-
-
-
- 280
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- elle-même fréquemment comparée à une lampe à incandescence étalon. Les différences de coloration créent des difficultés dans les mesures photométriques ; on a observé à ce propos que cette difficulté se trouve beaucoup amoindrie lorsque l’œil ne fixe pas les images elles-mêmes, mais un point plus rapproché de l'œil. Fin employant cet artifice on a déterminé l’intensité lumineuse moyenne dans différents plans passant par l’arc, et en faisant varier la puissance absorbée entre 200 et 600 watts. Pour le courant alternatif, on
- a pris les précautions nécessitées par la rota-tion de l’arc autour de l’axe des charbons.
- La figure 1 donne les résultats de nombreuses mesures effectuées ,* elle représente les courbes des puissances lumineuses moyennes sphériques en fonction de la puissance absorbée dans l’arc, pour le courant continu avec charbon positif de 15 mm, à mèche, et négatif plein de g mm (courbe G,) ; avec deux charbons à mèche, de 15 mm (courbe Cs) ; pour le courant alternatif avec la fréquence de 50 périodes par seconde (courbe A,) et
- G) Arc sifflant.
- celle de 83,3 périodes par seconde (courbe AJ. Le tableau ci-dessus donne les chiffres correspondants.
- Le résultat confirme très nettement les conclusions auxquelles un des auteurs était arrivé en 1894, c’est à dire que le rendement lumineux de l’arc continu serait beaucoup plus élevé que celui de l’arc alternatif. Mais par les expériences de Wedding et Rcessler et d’autres, on sait que ce rendement dépend beaucoup de la forme de la courbe du voltage.
- La figure 2 est un exemple des courbes déterminées par les auteurs.
- Ces expériences paraissent justifier l’opinion assez générale quant à l’inefficacité relative de l’arc alternatif, vis à vis de l’arc continu.
- Dans la seconde partie de leurs recherches, les auteurs ont analysé la variation périodique de la lumière venant des différentes parties de l’arc alternatif. Les arcs examinés
- avaient des fréquences de 83, 50 et 25 périodes par seconde. Le relevé des courbes a été effectué à l’aide de l’appareil synchronique de Fleming. Un disque d’aluminium de 27 cm de diamètre, percé de quatre fentes radiales équidistantes est fixé sur l’arbre d’un moteur synchrone alimenté par le même circuit que la lampe à arc. Le disque tourne donc en synchronisme avec les pulsations de l’arc.
- La figure 3 est un schéma des dispositifs expérimentaux. A cause de la variation lente de la puissance lumineuse totale de l’arc, il est impossible de photométrer la valeur instantanée de la lumière de l’arc en la compa" rant à celle d’un étalon fixe; mais la difficulté a été résolue en employant l’arc lui-même comme étalon de comparaison, et en compa' rant l’intensité lumineuse moyenne d’une partie de l’arc avec l’intensité instantanée de cette même partie.
- p.280 - vue 281/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 281
- Dans la figure 3, A représente l’arc alternatif, dont le faisceau lumineux traverse la
- lentille L, et tombe
- miroir IY1, pou-
- Fig. 2.— E. M, F. courbe du voltage aux bornes de l’arc ; C, courbe du courant.
- vant tourner autour d’un axe horizontal prolongeant l’axe du disque tournant.
- D représente une section du disque tournant, dont une fente radiale se présente en W. C est l’axe du disque et du moteur. Le rayon réfléchi par le miroir M, sur le miroir M,, passe par une fente W du disque tournant et tombe sur le disque photométrique P, où la lentille L, forme une image de l’arc. Un autre rayon, venant du même plan horizontal de l’arc, passe au travers de la lentille L,
- Fig. 3.— Disposition des appareils.
- est réfléchi successivement par les miroir et M,, et tombe, derrière une fenêtre d ^ écran S, sur la lentille L15 de sorte qu’e: déplaçant légèrement le miroir M4 on peu kire tomber sur cette lentille une partie quel conque de l’image de l’arc. Le foyer de 1
- lentille L3 se trouve en 1 ; derrière ce point le rayon est renvoyé par les miroirs Al5 et Al(i
- Courbe en gros trait: Puissance lumineuse E. M. F. : Voltage aux bornes de l’ave.
- C : Courant
- P : Puissance électrique.
- Charbon à mèche, de 15mm; fréquence 83,3 ; 14 ampères et 39 volts; longueur de l’arc 0,55cm.
- sur l’autre face du disque photométrique P. En déplaçant les miroirs Al. et MB fixés sur
- conditions que pour la fig. 4, avec 36 volts et longueur de l’arc 0,42 cm.
- un même support on fait varier à volonté le chemin parcouru par le rayon et par conséquent l’intensité lumineuse, et l’on peutarri-
- p.281 - vue 282/624
-
-
-
- 28:
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- ver ainsi à l’égalité des éclairements antérieur et postérieur du disque P, éclairé d’un côté par la lumière intermittente choisi toujours à la même phase par le disque synchrone D, et de l’autre côté par l’intensité lumineuse moyenne émise par le même point de l’arc.
- Le même moteur synchronique porte les contacts pour la détermination des courbes de courant et de f. é. m. Les variations des diverséléments sontreprésentées parla courbe fig, 4. On change la phase de la valeur instantanée que l’on veut observer en tournant d’un angle correspondant autour de l’axe C le bras radial qui porte les miroirs M, et M,. On trouve que la lumière de l’arc vrai (non celle émise par les charbons) s’éteint complètement à une certaine phase, et si dans les expériences on n’a pas obtenu d’extinction complète, cela tient à ce qu’il existe toujours autour de l’arc vrai un halo de lumière dorée.
- La figure. 5 donne les éléments correspondants pour la lumière émise par le centre du cratère du charbon inférieur ; on remarque que lorsque le charbon inférieur est négatif, le maximum de lumière qu’il émet est de beaucoup inférieur au maximum de la demi- . période suivante. La différence entre les deux maxima est d’autant plus grande que la fréquence est plus basse.
- On voit aussi par la figure 5 qu’il y a un certain décalage entre la courbe de la puissance lumineuse et celle de la puissance électrique absorbée. On trouve aussi une très légère différence de phase entre le courant et la différence de potentiel, phénomène observé dans toutes les autres courbes déterminées avec l’arc alternatif.
- A. H.
- Expériences d’électro-optique, par J. Elster et H. Geitel. f)
- Quand on fait arriver un faisceau lumineux sur une cathode placée dans un gaz raréfié il se produit un courant photo-électrique: ce courant est maximum quand le plan de
- polarisation est perpendiculaire au plan d’incidence, minimum quand ces deux plans sont parallèles.
- MM. Elster et Geitel ont cherché suivant quelle loi le courant photoélectrique variait avec la direction du plan de polarisation entre ces deux limites extrêmes. Comme il est très difficile pratiquement d’obtenir un faisceau ultra-violet polarisé ils se sont servi comme cathode d’un alliage fluide de potassium et de sodium, lequel est sensible
- Fig. 1.
- même aux radiations du spectre visible. Cef1 alliage remplit à moitié une boule de verre soufflée à la lampe ayant environ 50 mm. de diamètre. 11 y aurait évidemment avantagea se servir d’un récipient fermé par une glace à faces parallèles : mais il est impossible ou à peu près de trouver un mastic qui ne s’altère pas dans les conditions de l’expérience: cependant l'acide phosphorique vitreux, saupoudré d’oxyde de zinc calciné et lavé, puis recouvert d’un mélange de cire et de colophane a donné d’assez bons résultats et permis de faire quelques expériences.
- Le faisceau lumineux est fourni par une lampe oxyhydriqueàzircone : il estlimité par une fente. Pour faire tomber le faisceau au centre on mesurait avec un compas les distances A B, A'B' (fig. 1) entre les taches lumineuses provenant des rayons incidents et des rayons réfléchis et ommodifiait la direction du faisceau jusqu’à ce que ce que ces distances soient égales entre elles.
- L’anode se trouve à 10 mm environ au dessus de la cathode en S.
- L’angle d’incidence est mesuré à l’aide d un appareil analogue à celui qui sert pour déterminer la hauteur du soleil.
- O WiedAnnt. LV, p. 684.
- p.282 - vue 283/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 283
- Immédiatement devant le récipient se trouve un nicol. et la fente est réglée à une largeur telle' que pendant la rotation du nicol, le faisceau le traverse toujours en. entier.
- Quand le rayon polarisé tombe sur la cathode sous une incidence différente de l’incidence normale, on observe pendant une rotation complète du nicol, deux maxima et deux minima du courant photo-électrique : les maxima quand la section principale du nicol est parallèle au plan d’incidence, les minima, dans les deux positions à 90" des précédentes. En comptant l’angle à partir d’une des positions de maximum, l’intensité du courant photoélectrique est
- J = Àcos*«+Bsin*a. (1)
- Oji détermine plus exactement les posi-s de maxima et de qiinima en faisant tour-: nicol de 450 à partir de ces positions giflant que :
- I ._£+*.
- Féplace légèrement le nicoL jusqu’à ce que * cette vérification se fasse exactement.
- AJ équation (1) donne immédiatement
- k
- g;qui permet de vérifier la loi énoncée: on mesure J correspondant à l’angle <y- \ on en ^ retranche l’intensité minima B et en divisant par cos on doit obtenir un quotient à peu près constant ; la vérification est très satisfaisante.
- ^ Cette loi peut s’interpréter en admettant -y- que l’intensité du courant photd|gdectriquc est ^proportionnelle à l’intensité lujpneuse, mais avec un cofficient de proportionnalité différent suivant que le plan de polarisation de la , lumière est perpendiculaire ou parallèle au plan d’incidence.
- Le rapport A: B dépend de l'incidence : A et B sont tous deux très petits pour l’inci-, dence normale; A croît rapidement avec angle d’incidence, est maximum vers 60" et décroit ensuite. B au contraire diminue et
- semble tendre vers O quand on s’approche de l’incidence rasante : entre 6o° et 70" on a environ A = 50 B.
- Quand la cathode est formée du métal alcalin solide, la surface est toujours grenue et irrégulière, et le courant photo-électrique devient indépendant de l’angle d’incidence de la lumière.
- Dans l’air et avec des pôles de métal quelconque l’effet de la lumière ultra-violette croît aussi avec l’angle d’incidence, mais cette variation est moins sensible que la variation observée dans le vide avec les électrodes de métal alcalin.
- M. L.
- Sur la prétendue déperdition de l’électricité positive par la lumière, par J. Elster et H. G-eitel(')
- Les auteurs ont cherché à reproduire les expériences de M. Branly, mais sans succès. Ils ont ensuite modifié leur appareil et adopté une disposition employée déjà par Righi et par eux-mêmes.
- La lumière ultra-violette est produite par l’étincelle de décharge d’un condensateur relié aux pôles d’une bobine de Ruhmknrff, excitée par 4 à 8 gros éléments Bunsen et pouvant donner une étincelle de 18 cent. Les étincelles de décharge du condensateur jaillissaient entre deux fils d’aluminium distants cte-a mm. Toute cette partie de l’appareil se trouvait dehors, devant la fenêtre fermée de la salle d’expériences. L’une des vitres était remplacée par une plaque métallique reliée au sol et percée d’une ouverture circulaire dans laquelle était encastrée une lentille de quartz. Les étincelles se produisaient au foyer de cette lentille. Perpendiculairement au faisceau de rayons parallèles sortant de la lentille, était disposé un réseau de fils de fer avec des mailles de 1 mm de côté, et parallèlement à ce réseau, la plaque isolée sur laquelle portait l’expérience. Cette plaque communiquait par un fil avec un électromètre à quadrants, tandis que le réseau était main-
- (’) Wied. Ann., t. LVII, p. 24.
- p.283 - vue 284/624
-
-
-
- *84
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- tenu à 525 volts par une pile de plusieurs centaines d’éléments (Zn. Az H* Cl. C.). La plaque prenait ainsi une charge de signe contraire à celle du réseau. En isolant du sol l’électromètre, on pouvait lire facilement sur cet instrument la variation du potentiel de la plaque,dès qu'il se produisait un passage d’électricité entre cette dernière et le réseau.
- Les plaques étudiées étaient formées de zinc amalgamé ou recouvert de paraffine ou de suif.
- La lumière n’a pas influé directement sur la déperdition de l’électricité positive : dans certains cas l’électromètre paraît indiquer une influence mais ce résultat est dû à la lumière réfléchie par la surface polie de la plaque et renvoyée sur le réseau, laquelle provoque un écoulement d’électricité négative du réseau sur la plaque. Les plaques recouvertes de paraffine ou de suif ne se sont pas montrées plus sensibles que les plaques amalgamées. Ces observations sont en désaccord avec celles de Al. Ëranly; MM. Elster et Geitel attribuent cette divergence à ce que, dans les expériences de Al. Branly, la plaque était placée trop près de la lentille; d’après eux, la déperdition apparente observée par Al. Branly est due à l’action de la lumière réfléchie par la plaque (positive) sur la charge négative appelée par influence sur la paroi delà cage métallique qui servait à enfermer les bobines, etc.
- Une ampoule de verre vide munie d’électrodes dont l’une est formée par un métal alcalin, l’autre par du platine peut fournir un courant photo-électrique. Dans ce cas l’action de la lumière porte sur le platine : sur celui-ci les vapeurs du métal alcalin se condensent et forment une couche superficielle qui, étant illuminée, laisse s’écouler de l'électricité négative sur l’anode. Si en portant le platine au rouge par lç courant, on détruit cette couche superficielle, l’ampoule devient insensible à la lumière. Le courant photo-électrique dépend d’ailleurs de l’orientation du plan de polarisation de la lumière par rapport à la surface de l’anode, la déperdition de l’é-
- lectricité négative est au contraire indépendante de cette orientation.
- Ce n’est donc pas à l’anode, mais à la cathode qu’il faut chercher le siège de déperdition d’autant plus qu’elle augmente, quand la cathode est éclairée directement. La présence des vapeurs de métal alcalin est indispensable car le platine pur, dans le vide, ne donne pas trace d’effet.
- En résumé tant dans les expériences faites avec la lumière ordinaire sur les électrodes de métal alcalin dans le vide que dans celles effectuées à l’air libre avec la lumière ultra violette, l’effet photo-électrique est entière-rement localisé sur la cathode.
- M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- La dyaamo, par C. C. Hawkins et F. Wallis; traduction et adaptation de l’anglais par E. Boistel. J. Fritsch, éditeur, Paris.
- Ce que nous avons dit, il y a deux ans, de l’ouvrage original de A1M. Hawkins et Wallis nous dispense aujourd’hui de rendre compte d’une façon détaillée du contenu des deux volumes édités chez Fritsch et dus à la plume de M. E. Boistel.
- Le praticien peut feuilleter cet ouvrage sans crainte d’être exposé à compulser un traité de mathématiques, et avec l’assurance d’y trouver réponse aux multiples questions d’ordre pratique que suscite la construction et le fonctionnement de la machine dynamo.
- D’autre part, les bases scientifiques de l’ouvrage sont assez solides pour contenter l’ingénieur qui ne se paie pas d’affirmations et cherche à toute chose une explication rationnelle. Nous avons, en particulier, lu avec plaisir le chapitre relatif aux phénomènes magnétiques. On ne saurait croire combien les termes si courants de perméabilité, d’hystérésis et de saturation magnétique sont encore confus dans l’esprit de bien des auteurs. N’avons-nous pas lu encore dernièrement
- p.284 - vue 285/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- dans un ouvrage du même ordre que, le fer d’un électro-aimant une fois saturé, on avait beau augmenter l’excitation, c’était en pure perte, l’intensité de champ n’augmentait plus ? Et avec combien de raison les auteurs insistent sur la différence entre la notion de perméabilité ou de réluctance magnétique et celle d’une constante physique. L’analogie avec le circuit électrique ne suffit pas à légitimer l’introduction de cette notion ; car, à ce compte, et pour rester logique, il faudrait considérer le quotient d’une fonction quelconque par sa variable indépendante, comme la réluctance opposée à l’accroissement delà fonction, ce qui ne ferait que compliquer l’étude des phénomènes.
- Nous avons trouve moins nets et trop délayés certains paragraphes relatifs aux variations de la self-induction et, par contre, nous aurions voulu trouver dans cet ouvrage consacré à la “ dynamo”, les moteurs, traités dans le même esprit.
- Le désir de voir la Bibliothèque électrotechnique éditée chez Eritsch s'enrichir d’ouvrages de valeur nous permet de féliciter M. Boistel d’avoir fixé son choix sur celui que nous venons de lire, et d’en avoir mis à la disposition du public français une traduction élégante. Car, s’il est permis de dire ses préférences personnelles, 11 La Dynamo ” nous parait jusqu’à présent tenir le premier rang dans cette Bibliothèque.
- A. Hess.
- CHRONIQUE
- CHAMBRE SYNDICAI.B DES INDUSTRIES ÉLECTRIQUES
- 'Réunion du 14 janvier i8g6.
- La séance est ouverte à 5 h.‘1/2 sous la prési dence de M. Harlé.
- Sont présents ;
- MM. Bénard, Berne, Bernheim, Clemançon, ucretet, Grammont, Harlé, Hillairet, Meyer, 1Cou> Radiguet, Roux, Sartiaux, Vivarez.
- S’est excusé : M. Violet.
- Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
- M. Bernheim a vu M. Postel-Vinay qui lui avait promis de convoquer la Commission nommée pour étudier les modifications à apporter au cahier des charges des adjudications. M. Postel-Vinay n’ayant pas convoqué cette Commission, M. le Président lui demandera à nouveau de le
- Les personnes dont les noms suivent demandent leur admission comme adhérent au syndicat ,
- M. Cliche-Madeîenat, électricien, 22, rue de Paris, à Valenciennes, présenté par MM. Fontaine et Desruelles.
- M. Erard (Edouard), ingénieur-conseil, 6, rue d’Assas. présenté par MM. Roux et Meyer.
- M. Sirey (Charles), avocat à la Cour d’appel de Paris, 240, rue Saint-Jacques, présenté par MM. Roux et Harlé.
- M. Mondon, ingénieur, 14, rue du Treuil, à Saint-Etienne, présenté par MM. Harlé et Bernheim.
- M. Buffault, constructeur, 27, chemin de Bara-bant à Lyon, présenté par MM. Grammont et Harlé.
- M. Parent, constructeur, 59-60, quai Perrachc, à Lyon, présenté par MM. Grammont et Harlé.
- M. Piguet, constructeur, 17-25, rue Saint-Léger, à Lyon, présenté par MM. Grammont et Harlé.
- M. Gauthier (Michel), ingénieur-électricien, 27, rue Ferraudière, Lyon, présenté par MM. Grammont et Harlé.
- Ces différents candidats sont admis comme adhérents au Syndicat.
- M. E. Aboilard, }2, rue des Tournelles, donne sa démission de membre du Syndicat pour des raisons de convenance personnelle. Acte est donné de cette démission,
- M. Blangonnet, d’Odessa, a adressé la lettre suivante à M. le Président :
- « Ayant une ville à éclairer à l’électricité et le groupe capitaliste décidé à faire l’affaire, je vous serais très reconnaissant si vous vouliez bien m’in-
- p.285 - vue 286/624
-
-
-
- i86
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- diquer à qui je devrais m’adresser de préférence pour l’installation et la fourniture du matériel nécessaire, et me donner quelques formules de contrat avec la municipalité. Comptant sur votre obligeance, je vous prie d’agréer, Monsieur, mes respectueuses civilités,
- « Signé : Blangonnet. »
- La Chambre décide de la publier au procès-verbal pour la porter ainsi à la connaissance de tous les membres du Syndicat.
- M. le Président informe la Chambre qu’il a rendu visite avec M. Sciama à M. Noblemaire, directeur de la Compagnie du chemin de fer P. L. M. pour l’entretenir de la question des dégrèvements à opérer sur le transport du matériel électrique.
- Ala suite de cette visite, M. Noblemaire a demandé à MM. Harlé et Sciama de lui adresser
- La note suivante a été adressée à M. Noblemaire:
- « Monsieur le Directeur,
- » L’industrie électrique en France souffre de la concurrence que lui font les constructeurs étrangers dans les régions voisines des frontières.
- » C’est auprès de la frontière suisse que ces inconvénients sont les plus sensibles à cause du traitement de faveur accordé aux machines électriques par la convention douanière franco-suisse.
- » La lutte est rendue plus difficile à l’industrie française par le transport dont elle est grèvée, son centre de production principal étant à Paris.
- « Par ces motifs, j’ai l’honneur de vous prier d’examiner quelles réductions pourraient être apportées aux tarifs actuellement en vigueur pour le transport des machines électriques sur votre réseau.
- » Il y aurait une importance particulière à réduire les frais de transport des expéditions de 5 ooo kg et au-dessus pour des distances de 400 km et au-delà pour nous permettre de lutter contre la concurrence suisse pour les machines de grands poids qui sont importées par Genève dans la région de Lyon et de Grenoble.
- » Dans l’espoir d’une réponse favorable, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur, mes salutations les plus distinguées.
- z Le Président,
- » Signé : Harlé. »
- M. Noblemaire, en réponse à cette note, a
- adressé à M. Harlé, la lettre dont voici la « Monsieur,
- « Par votre lettre du 12 décembre courant, vous
- me demandez s’il nous serait possible de réduire nos prix de transport pour les machines électriques; mais vous ne donnez pas les indications détaillées qui seraient nécessaires pour qu’il nous fut possible de nous rendre compte exactement de l’utilité de réductions de ce genre et de la possibilité de les réaliser.
- » 11 me serait donc bien difficile, dans ces conditions, d’entreprendre l’étude de la question avec quelque chance d’aboutir.
- » Veuillez agréer, etc.
- s* Le Directeur de la C° P. L. M.,
- » Signé : Noblemaire. »
- Pour réunir les indications détaillées réclamées parM. Noblemaire, un travail important est à faire.
- A la suite d’une discussion à laquelle prennent part tous les membres présents, il est décidé de renvoyer l’étude de cette question à la Commission des douanes, en demandant à M. Sciamade la présider. M. Sciama s’est, en effet, occupé déjà de questions analogues au moment de l’établissement des tarifs de douanes et sa situation de membre de la Chambre de commerce donnera plus de poids encore aux demandes qui pourraient être faites à la suite des délibérations de la Commission.
- M. Grammont a reçu de M. le Directeur des postes et télégraphes du Loiret une lettre lui enjoignant d’isoler les fils d’une canalisation pour courants alternatifs à Monlargis.
- Au reçu de cette lettre, M. Grammont a adressé à M. le Président la lettre dont voici copie :
- « Monsieur le Président,
- » Je vous remets en communication une lettre que je reçois de la direction du Loiret, qui me prescrit des modifications à apporter aux conducteurs placés à Montargis, en vertu des dispositions prises par le Ministre du commerce, de l’industrie et des postes et télégraphes, dispositions que je ne connais pas, et que je vous demande de vouloir bien me faire connaître si cela est en votre pouvoir.
- j » Lorsque j’ai fait cette installation, je me suis 1 conformé au décret du 15 'septembre 1893, et je ne
- p.286 - vue 287/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 287
- crois pas que la loi du 25 juin 1895, visée dans la susdite lettre, prescrive les modifications qui me sont demandées.
- *Je vous serai reconnaissant de me renseigner sur cette question fort embarrassante pour moi, dans l’ignorance où je suis d’une loi ministérielle dont j’entends parler pour la première fois.
- » Veuillez agréer, etc. »
- En fait, il s’agit de la canalisation primaire de Montargis qui est à 2 400 volts à courant alternatifs.
- M. le Président informe la Chambre que le Comité d’électricité étudie en ce moment un projet d’arrêté destiné à remplacer tous les arrêtés actuellement en vigueur et qu’en attendant M. Gram-mont ferait bien de s’adresser au Ministre des postes et télégraphes, en demandant une tolérance jusqu’à ce que la question de principe ait été tranchée par l’administration.
- M. Mondon, de Saint-Etienne, a envoyé, par la note suivante, un complément de renseignements relatifs à la demande qu’il avait faite à la dernière séance :
- » Monsieur le Président,
- « Nous employons dans notre réseau deux systèmes de distribution d’énergie électrique.
- « Dans les localités où nous n’avons que de l’éclairage, nous employons les courants monophasés et la marche à trois conducteurs.
- « A cet effet, deux transformateurs monophasés sont groupés en tension au secondaire.
- « Entre un fil extrême et le fil intermédiaire, la différence de potentiel s'élève à 120 volts seulement, mais entre les deux fils extrêmes elle atteint 240 volts efficaces.
- * Dans les localités où nous avons à la fois de la lumière et de la force motrice, nous employons les courants triphasés.
- « La distribution se fait par quatre fils, groupés en étoile avec transformateurs.
- « Il y a trois fils de phase et un fil neutre,
- * Entre chacun des fils de phase et le fil neutre, la différence de potentiel est aussi de 120 volts, Entre deux fils de phase, elle devient de 120 X ~ 208 volts efficaces.
- « En somme, il s'agirait d'obtenir pour toutes es installations électriques l’autorisation d’établir
- * conducteurs nus à la traversée des lieux habi-
- es, lorsque les conducteurs sont aériens, toutes
- les fois
- que La différence de potentiel entre deux
- fils quelconques ne dépasse pas 250 volts efficaces.
- « En cas de perte à la terre, la tension dangereuse ne pourrait dépasser 250 volts dans les cas les plus défavorables.
- « Toutes les tensions indiquées plus haut sont des tensions efficaces.
- « La tension de 250 volts en courants alternatifs paraît moins dangereuse que la tension de 400 volts en courants continus.
- « Pour ces derniers, l’emploi des fils nus nous est autorisé jusqu’à 400 volts.
- « Il est quelquefois d'usage, pour comparer les courants alternatifs et les courants continus au point de vue des dangers qu’ils présentent, de considérer pour les premiers, non pas la tension efficace, mais la tension maxima.
- On a : E maxima = V= E- efficace.
- « Dans le cas de 250 volts efficaces, on a :
- E maxima = Va X 250 = 353 volts.
- « On peut donc dire que la tension de 250 volts efficaces en courants alternatifs est certainement moins dangereuse que la tension de 400 volts en courants continus.
- « En courants alternatifs, l’arc est très peu persistant, beaucoup moins qu’en courant continu. Le danger de brûlure n’existe pas,
- « Nous espérons que ces explications paraîtront suffisantes pour demander l’autorisation d’employer des fils aériens non isolés jusqu’à 200 volts efficaces,
- « Veuillez agréer,Monsieur,l’assurancedenotre considération bien distinguée.
- « Mondon. »
- Comme il a été fait pour la première note de M. Mondon, la Chambre syndicale ne peut que la recommander à l'attention du Comité d’électricité.
- M. le Président propose de fixer l’Assemblée générale le même jour que le banquet. Le banquet aurait lieu à 7 heures et demie, et l’Assemblée générale à 6 heures et demie. Cette proposition est adoptée.
- Le banquet aura lieu comme l’année dernière chez Marguery, et la date définitive en sera fixée ultérieurement, étant entendu que cette date sera choisie soit dans la dernière semaine de février, soit dans la première semaine de mars.
- Une circulaire spéciale donnant tous les détails
- p.287 - vue 288/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- nécessaires sera envoyée aux membres du Syndicat
- Pour les invitations, on procédera comme l’année dernière.
- MM. Bernheim et Hillairet sont nommés commissaires du banquet.
- L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée.
- Le bitume électrique. — Encore une application imprévue et utile de l’électricité. Il s’agit du traitement du naphte. D'après M. P. Konindjy, on emploie actuellement, avec succès, à Bakou, le pays pétrolier plein d’avenir, un procédé curieux d’extraction du goudron, bitume et vernis de naphte dû à M. Àdiassevitch. On opère sur les résidus acides, auxquels on fait subir une distillation à haute température; on introduit sous la masse de l’air chaud et on fait agir un courant électrique. En continuant ce traitement pendant un temps suffisant, on obtient le bitume solide.
- Un appareil commandé par une machine de seize chevaux permet d’obtenir environ 40000 kilogrammes de bitume par jour. Ce produit a son application dans la fabrication de l’asphalte, des vernis, des étoiles imperméables, de l’ébonite et autres. L’utilisation de leurs dérivés de la série chimique dite aromatique a également une importance considérable.
- La fumée et sa suppression. — Si l’éclairage par l’électricité possède sur l’éclairage au gaz l’incontestable avantage hygiénique de ne pas vicier l’air des appartements, il possède le non moins incontestable inconvénient de vicier l’air des villes par les panaches de fumée qui sortent des cheminées des stations centrales. Aussi les électriciens ne doivent ils pas se désintéresser des procédés proposés pour supprimer la fumée.
- A ce propos la Revue Industrielle publiait récemment un article dont nous extrayons les lignes qui suivent :
- Les-appareils dits fumivores ont pour objet d’empêcher la formation de la fumée : on a cherché dans une autre voie à absorber la fumée une fois produite pour empêcher ses effets nuisibles. Le colonel Dullier a récemment présenté un système de ce genre dans lequel la fumée sortant des carneaux est mélangée de vapeur et lavée par un courant très divisé d’eau froide. Il résulte de ce traitement que la plus grande partie de la fumée se dissout ou se dépose et que ce résidu passe dans les égouts, tandis qu’il ne sort d’une courte cheminée que quelques gaz incolores avec un peu
- de vapeur. Une preuve tangible de l’efficacité de ce procédé est qu'un morceau de linge blanc peut ctre tenu pendant quelques minutes au-dessus de l’orifice de cette cheminée, sans être noirci d’une manière appréciable.
- Suivant la chronique du Bulletin de la Société des Ingénieurs civils », l’appareil du colonel Du-lier a été appliqué dans une grande scierie à Glasgow et aux ateliers de MM. Merryweather, à Greenwich. Dans ces derniers, la fumée provenant de onze feux de forge se réunit dans un carneau, et après son mélange avec un courant de vapeur, est soumise à l’action de trois jets d’eau d’un débit collectif de 4501 par heure. Les résultats ont été assez satisfaisants pou r qu’on ait décidé de faire l’application au reste des feux de la forge et on croit qu’il ne sera pas nécessaire d’augmenter la quantité d’eau dépensée actuellement pour une partie seulement.
- D’après les observations faites à Glasgow, il paraît que l’appareil enlève plus de 90 pour 100 des matières solides contenues dans la fumée et plus de 50 pour 100 de l’acide sulfureux. Il n’alîec-te pas le tirage de la cheminée, car la perte de charge produite par les coudes des conduits est compensée par l’effet du jet de vapeur employé pour humidifier la fumée. Dans la scierie de Glasgow, ce jet a une pression de 6 à 7 kg par centimètre carré, mais, bien qu’une pression élevée des jets de vapeur et d’eau ne puisse être qu’avantageuse, elle n’est pas indispensable.
- Ce système a été également appliqué dans une maison à Londres, avec emploi de l’eau de la distribution et avec de la vapeur produite par une chaudière de chauffage. Les résultats ont été très satisfaisants. L’eau recueillie dans les carneaux contient une assez grande proportion d’acide sulfureux et peut servir avantageusement comme désinfectant: c’est un avantage d’un ordre secondaire, mais qui peut engagera appliquer ce système les personnes qui se préoccupent des questions d’hygiène.
- Le coût de l’appareil est peu élevé, car celui-c se compose principalement de tubes en tôle, ^ d’ailleurs la possibilité pour les manufacturiers d’employer des combustibles de prix moins éleve, sans avoir à craindre les conséquences de la pr°' duction'de la fumée, est de nature à compenser la dépense première dans une assez large mesure.
- L’Éditeur-Gérant : Georges CARRÉ ^
- p.288 - vue 289/624
-
-
-
- Tomo VI.
- Samedi i5 Février 1896
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- Directeur Scientifique J. BLOND1N Secrétaire de la rédaction : G. PELL1SSIER
- LES RAYONS DE ROENTGEN
- A peine la découverte du professeur Roentgen était-elle connue du monde scientifique que de nombreux expérimentateurs étudiaient les circonstances de production, les propriétés et les applications des rayons X, tandis que les savants les plus autorisés de la science émettaient leurs opinions sur la nature de ces rayons. Aussi les Recueils scientifiques sont-ils, à l'heure actuelle, presque entièrement remplis de Mémoires et de Notes relatifs à cette découverte et les séances des Sociétés Savantes presque exclusivement consacrées à la répétition et à la discussion des expériencés de Roentgen. Il semble d’ailleurs que dans cette activité extraordinaire, qui paraît être la caractéristique de notre époque scientifique, la science française tienne le premier rang.
- On ne compte pas, en effet, moins de neuf communications relatives aux phénomènes de Roentgen ou à des phénomènes connexes faites aux deux dernières séances, du 27 janvier et du 5 février, de l’Académie des Sciences, et cette semaine les expériences du savant professeur étaient répétées ou discutées devant les membres de nombreuses Sociétés.
- A la séance de la Société internationale des ‘ *ctriciens de mercredi dernier, M. J. Perrin, 9m depuis quelque temps s'occupait de re-c erches sur les rayons cathodiques, a vivc-intéressé son trop nombreux auditoire
- en répétant quelques unes des expériences qu’il a faites au laboratoire de l’Ecole Normale et que nous avons relatées dans notre précédent numéro. Le même soir, M. Berget faisait devant les membres du Photo-Club une conférence accompagnée d’expériences réalisées avec les appareils du Laboratoire des Recherches physiques de la Sorbonne. Enfin vendredi, séance des plus intéressantes à.la Société de Physique, où MM. Perrin, Violle, Ghapuis, Raveau, Broca, etc, ont pris successivement la parole sur le même sujet.
- Désirant conserver à ce journal le caractère encyclopédique qui donne tant de valeur à l’inépuisable collection de la Lumière Electrique, nous nous proposons de reproduire ou d'analyser dans ces colonnes tous les travaux relatifs aux rayons X et, après avoir lu dans le précédent numéro le mémoire original dû professeur Roentgen, les communications faites à la séance du 27 janvier de l’Académie des Sciences, et l’article de M. Raveau, nos lecteurs trouveront dans celui-ci, suivant l’ordre chronologique de leur publication, les notes de M. Schuster et de M. Bottomley, deux articles de Al. Lodge, les communications faites à la dernière séance de l’Académie des Sciences et enfin un compte rendu détaillé de la discussion qui a eu lieu devant la Société de Physique. Mais en présence du nombre et de la diversité de ces travaux il nous a paru utile d’en résumer les points essentiels et bien qu’il soit pour l’instant bien imprudent de s’occuper des rayons X autre-
- p.289 - vue 290/624
-
-
-
- 2ÇO
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- ment que pour en étudier expérimentalement les propriétés, nous avons cherché à indiquer l’état actuel de la question, ou tout au moins son état au moment où nous écrivons ces lignes car au train dont marche cette question nous risquons d’être déjà en retard au moment où elles paraîtront.
- Nous examinerons successivement :
- i° Les modes de production des rayons X.
- 2° L'origine de ces rayons.
- 3° Leurs propriétés.
- 4° Leur nature.
- 5° La Lumière noire et les expériences de M. Moreau.
- 1. — Production nES rayons X.
- On a pu remarquer que. dans son Mémoire, le professeur Roentgen est très sobre de détails sur la façon de produire ces rayons. Pour cette raison, et aussi par ce fait que le monde savant a connu l’existence de ces rayons par la presse quotidienne avant d’avoir connaissance du Mémoire original, les expérimentateurs ont dû faire preuve d'ingéniosité pour pouvoir répéter les expériences de Roentgen. C’est qu’en effet tous les tubes de Crookes ne conviennent pas à cet usage ; quelques millionièmes d’atmosphère en plus pour la pression du gaz contenu dans l'ampoule, une trop grande épaisseur du verre, et, sans doute, d’autres causes encore ignorées, font que tel tube, avec lequel réussissent parfaitement les expériences de Croo-kes, ne peut servir à répéter les expériences de Roentgen. Aussi les dispositifs employés sont-ils nombreux et les modes d’opérer différents.
- Nous commencerons par décrire le mode opératoire de M. Gaston Seguy, constructeur et préparateur de Physique à l’Ecole supérieure de Physique, au laboratoire de M. Leroux, où ont été faites les premières expériences, exécutées en France, sur les rayons de Roentgen. Ces rayons sont produits au moyen d’une ampoule sphérique, d’environ 3,5 cm de rayon ; aux extrémités d’un même diamètre se trouvent les électrodes formées de I
- ] deux gros 111s de platine ; ces fils sont reliés aux bornes d’une bobine de Ruhmkorff capable de donner dans l’air des étincelles de i* cm de longueur et dont le courant primaire est fourni par huit éléments au bichromate du modèle de i litre. L’ampoule est suspendue par les conducteurs qui amènent le courant à 12 cm au-dessus d’une plaque photographique (la Daguerrienne) enfermée dans
- f î
- k - - '...................... J
- l'ig. i. Photographie d’un porte-monnaie contenant une pièce d’argent, d’après un cliché obtenu par M. Seguy.
- une quadruple enveloppe de papier noir et sur laquelle on place l’objet à reproduire; la durée de pose est de 35 à 40 minutes. U est important que les fils conducteurs soient fixés directement aux électrodes de l’ampoule et non par 1 intermédiaire des pièces métalliques -coniques dont on munit souvent les tubes à effluves ; ces cônes métalliques s’échauffent rapidement et le verre mince de l’ampoule ne tarde pas à fondre à leur cofl-tact. Il est également important de placer la plaque photographique à la distance indiquée, h expérience ayant fait reconnaître que. pour des distances plus grandes ou plus pertes, les épreuves sont moins nettes. C’est par ce dispositif qu’ont été faites les premières photographies de mains présentées * l'Académie par MM. Oudin et Barthélemy et
- p.290 - vue 291/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 291
- la photographie reproduite en figure 1, qui I M. Perrin emploie un tube cylindrique. A ^présente un porte-monnaie à l’intérieur l’une des extrémités, est scellée la cathode duquel se trouve une pièce d’argent. 1 constituée par un miroir cylindrique porté
- f'g-2. — Photographie d’une main d’enfant, d’après des clichés obtenus en inteiposant un diaphragme, par MM. Imbert et Bertin-Sans.
- Par un gros fil de platine ; près de l’autre j petite sphère de platine. Cette disposition ^frémité est soudée l’anode, formée d’une I donne un faisceau de rayons plus rassemblé
- p.291 - vue 292/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- que l’ampoule sphérique de M. Scguy, ce qui est avantageux dans certaines expériences.
- An laboratoire des Recherches physiques de M. Lippmann, on emploie le tube classique de Crookes portant à l’une de ses extrémités une cathode en forme de miroir concave ; c’est également la forme de tube adoptée par M, Ducretet.
- Ces diverses formes de tubes donnent à peu près les mêmes résultats. Toutefois, les photographies que l’on obtient avec les uns et Jes autres manquent toujours de netteté. En interposant, entre la plaque photographique et très près de ce dernier, un diaphragme M. A. Imbert, professeur de physique à la Faculté de iMédecine de Montpellier, et M. IL Bertin-Sans, chef des travaux de physique à la même Faculté, ont obtenu tout récemment une augmentation considérable de la netteté. Les figures 2 et 3 reproduisent deux photographies obtenues par ces expérimentateurs. La première, relative à une main d’enfant de huit ans, montre très clairement l’état de l’ossification. La seconde est la photographie d’une grenouille dont le squelette sc détache avec une assez grande netteté pour que l’on aperçoive en particulier les vertèbres et les articulations des pattes. Des différences de teintes suffisantes permettent en outre de reconnaître la présence de certains organes, poumons et lobes cérébraux, par exemple.
- Quant au temps de pose, il dépend de l’énergie électrique qui est mise en jeu pour exciter les tubes. Avec les dispositifs précédemment décrits, le temps de pose n’est guère inférieur à une demi-heure, et encore faut-il que la plaque soit très sensible. Mais divers expérimentateurs ont observé que cette durée peut être considérablement réduite si, au lieu de relier les électrodes du tube aux bornes d’une bobine de Ruhmkorff, on les relie aux bornes d’un transformateur de Tesla. M. Jou-bin, professeur à la Faculté de Besançon, est même parvenu à obtenir des irïiages photographiques très nettes après seulement trente secondes de pose en employant un transformateur de Tesla dont le primaire était
- parcouru par un courant oscillatoire de 5000 volts et de 0,1 microampère.
- L’emploi des courants de Tesla peu{ d’ailleurs dispenser de l’usage d’un tube de Crookes ; une lampe à incandescence ordinaire dont la partie supérieure est recouverte d’une calotte d’étain et la partie inférieure d’une feuille du même métal donne, lorsqu’on réunit ces parties métalliques aux bornes d’un transformateur de Tesla, des rayons de Roentgen, ainsi que l’annonçait M. Violle à la dernière séance de la Société de Physique.
- Ajoutons, pour épuiser ce que l’on sait aujourd’hui sur les circonstances de production des rayons X, que l'on peut encore les produire en reliant les électrodes d’un tube de Crookes aux pôles d’une machine électrique à influence.
- Il reste encore d’ailleurs bien des difficultés à vaincre dans l’application de ces rayons à la chirurgie. L’image des os peut être, ainsi qu’on le voit dans la figure 2, d’une netteté remarquable, et, par conséquent, permettre d’y reconnaître des caries ou des déformations ; mais celle des parties charnues ne présenté pas en général de différences de teintes suffisantes pour qu’on puisse reconnaître facilement des lésions qui y peuvent exister, On a essayé de remédier en partie à cet inconvénient en injectant dans la région que l’on veut examiner un liquide absorbant les rayons de Roentgen ; on est ainsi parvenu, en employant une injection de sulfate de quinine, à obtenir une image très nette dun rétrécissement du canal de l’urcthre. Dun autre côté, on n’a guère obtenu jusqu’ici que des photographies de parties charnues dé-paisseur relativement petite, comme des photographies de mains ; il est vrai que l’on annonce avoir pu obtenir des images de régio°s du corps humain beaucoup plus épaisses.
- Dans ces applications, l’emploi de pellicules sensibles, est beaucoup plus commode que celui des plaques.
- II. origine Des rayons X.
- Voici ce que disait à ce sujet, M. R-
- p.292 - vue 293/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 293
- Caré dans un article publié dans la Revue gé- J « En revanche, ce que Al. Roentgen a pu nérale des Sciences, du irr février. | déterminer, c’est le centre démission des
- Djv 3. — Photographie d’une grenouille, d’après des clichés obtenus, en interposant un diaphragme, par MM. Imbert et Bertin-Sans.
- f3yons X. On pouvait, ^en effet, faire plu- ] émet, outre les rayons cathodiques ordinateurs hypothèses. res, d’autres radiations qui, jouissant de
- 8 On pouvait supposer 'que la cathode ' propriétés différentes, traverseraient le verre
- p.293 - vue 294/624
-
-
-
- 294
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- du tube et se propageraient ensuite dans l’atmosphère.
- » Ce n’est pas ainsi que les choses se passent ; le rayon cathodique ordinaire, émané de la cathode, vient frapper la paroi du tube, qui devient fluorescente. Cette paroi devient alors, à son tour, un centre de radiation ; elle émet d’abord des ondulations transversales, qui sont cette lueur jaune verdâtre perçue par notre œil ; mais elle émet, en outre, des radiations d’une autre nature, qui sont les rayons Roentgen.
- » L’étude des ombres portées le prouve ; d’ailleurs, si l’on approche un aimant, non du trajet du rayon X, mais du tube de Croo-kes, on déforme les images photographiques.
- » Les rayons Roentgen, en effet, ne sont pas déviés, mais les rayons cathodiques le sont ; comme le centre d’émission des rayons X est le point où finissent les rayons cathodiques, l’aimant peut déplacer le centre à partir duquel ils se propagent toujours en ligne droite et par conséquent déplacer les images.
- » Ainsi, c’est le verre qui émet les rayons Roentgen, et il les émet eri devenant fluorescent. Ne peut-on alors se demander si tous les corps dont la fluorescence est suffisamment intense n’émettent pas, outre les rayons lumineux, des rayons X de Roentgen, quelle que soit la cause de leur fluorescence ? Les phénomènes ne seraient plus alors liés à une cause électrique. Cela n’est pas très probable, mais cela est possible, et sans doute assez facile à vérifier. »
- Ainsi donc, d’après M. Poincaré, d’accord en cela avec M. Roentgen, les rayons X ne prennent pas naissance à la cathode en même temps que les rayons cathodiques ordinaires, mais résultent d’une tranformation de ces derniers par la paroi de verre qu’ils frappent.
- Malgré la haute autorité que possèdent les écrits du savant membre de l’Institut, il ne nous semble pas cependant que le raisonnement qui le conduit à cette conclusion soit inattaquable. Ce raisonnement repose en effet sur ces deux faits : i° Les rayons cathodiques ordinaires sont déviés par l’aimant ;
- 2® Les rayons X ne le sont pas. Or, si les expériences faites jusqu’ici montrent que la déviation de ces derniers n’est pas appréciable quand ils se propagent dans Yair, aucun essai n’a été tenté pour reconnaître s’il existe une déviation quand ils se propagent dans le vide • rien ne s’oppose donc à admettre, au moins provisoirement, l’existence d’une déviation des rayons X dans le vide sous l’influence d’un champ magnétique et même cette hypothèse se trouve appuyée par ce fait, observé par Lenard, que les rayons cathodiques ordinaires sont beaucoup plus fortement déviés par l’aimant lorsqu’ils se propagent dans le vide que lorsqu’ils sc propagent dans un gaz, S’il en est réellement ainsi, il est alors possible que les rayons cathodiques et les rayons X prennent simultanément naissance à la cathode et soient déviés en même temps par l’aimant, lorsque celui-ci agit sur le parcours de ces rayons dans le tube même où ils prennent naissance ; et si on n’observe que les rayons X .en dehors du tube, c’est que le verre est plus transparent pour ces rayons que pour les rayons cathodiques ordinaires.
- Nous ne prétendons pas d’ailleurs que cette dernière explication soit l’expression de la vérité ; nous avons seulement voulu montrer que, jusqu’ici, deux explications sont également possibles et que nous ne pouvons répondre que par un point d’interrogation à cette question : Quel est le lieu d’origine des rayons X.
- 111. -- PROPRIÉTÉS DES RAYONS X
- Les propriétés énoncées dans le Mémoire de M. Roentgen ont été vérifiées par de nombreux expérimentateurs ; une autre a été découverte depuis la publication de ce Mémoire. Voici quelles sont ces propriétés :
- i° La propagation s’effectue en ligne droite] propriété énoncée par M. Roentgen (voir Éclairage Électrique, p. 245) et vérifiée par M. J. Perrin (p. 246).
- 2. —L’intensité des rayons X vai'ie en raison inverse du carré de la distance ; propriété reconnue par M. Roentgen en mesurant h
- p.294 - vue 295/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- J95
- fluorescence d’un écran et vérifiée par MM. Benoist et Ilurmuzescu, ainsi que ce dernier l’annonçait à la récente séance de la Société je Physique, en mesurant la rapidité de la décharge d’un électroscope chargé et soumis à l’influence de ces rayons.
- — Les rayons X ne se réfléchissent f>as, comme l’ont montré les expériences de M. Roentgen (p. 243) et deM. Perrin (p. 247).
- 4. — Ils ne se réfractent pas, ainsi qu’il résulte des expériences de M. Roentgen (p. 243) et de M. Perrin (p. 247).
- — Ils sont inégalement absorbés par les différentes substances prises sous une même épaisseur, et cette absorption dépend surtout de la densité de la substance.
- 6. — Ils ne sont polarisés par aucun des milieux polarisants ordinaires.
- 7. — Ils ne donnent lieu à aucun phénomène d'interférence, ainsi que l’ont reconnu M. Roentgen (p. 245) et M. Perrin (p. 247).
- 8. — Ils ne sont pas déviés par l’aimant, lorsqu’ils se propagent dans l’air, propriété observée par M. Roentgen (p. 244) et vérifiée par .M. Lodge (p. 331).
- 9. — Ils provoquent la fluorescence et les réactions photographiques.
- 10. —Ils provoquent la décharge d’un corps électrisé ainsi que l’ont montré MM. "Benoist et Ilurmuzescu, d’une part, et M. Dufour, de Lausanne, d’autre part.
- IV. NATURE DES RAYONS X
- Sur ce sujet, les opinions sont très partagées. .
- M. Roentgen incline à voir dans ces rayons des vibrations longitudinales de l’éther (p. 246), vibrations dont M. Jaumann (’) a cherché à rendre compte de la possibilité théorique et que lord Kelvin envisageait dès 1884 comme une vérité scientifique très probable, ainsi qu il résulte de l’article de M. Bottomley que nous publions plus loin.
- G Le travail de M.'Jaumann, dont il a déjà été ques-
- tr ce‘T -ev” '*v’p- ?=i •* * y1-p- >”)• y
- M. Poincaré n’adopte pas cette hypothèse ; pour lui, les rayons X constituent « un agent nouveau, aussi nouveau que l’était l’élcctri-cité du temps de Gilbert, le galvanisme du temps de Volta ». Voici d’ailleurs ce qu’il écrit à cc sujet dans l’article déjà cité de la Revuè^gànérale des Sciences.
- « M. Roentgen a été ainsi amené (par le fait de la non déviation des rayons X par l’aimant) à se demander si ces phénomènes ne sont pas dus aux vibrations longitudinales de Véther. 11 n’a pu qu’émettre une hypothèse ; il était hors d’état de la vérifier. Les expériences d’interférence, qui seules pourraient nous renseigner, sont, en effet, presque impossibles avec des rayons qui poursuivent leur chemin rectiligne, sans que rien puisse les en faire dévier, ni la réfraction, ni l’aimant.
- » Quoi qu’il en soit, on est bien en présence d’un agent nouveau, aussi nouveau que l’était l'électricité du temps de Gilbert, le galvanisme du temps de Volta. Toutes les fois qu’une semblable révélation vient nous surprendre, elle réveille en nous le sentiment du mystère dont nous sommes environnés, sensation troublante qui s’était dissipée à mesure que s’émoussait l’admiration pour les merveilles d’autrefois.
- » Il est à peine besoin de réfuter une foule de théories fantaisistes que la presse quotidienne a reproduites, peut-être en les dénaturant. On a dit, par exemple, que les rayons X n’étaient que les lignes de force magnétique ; il serait étrange, alors, que ces lignes de‘force ne soient pas déviées par l’aimant. »
- Dans l’article de M. Lodge reproduit plus loin, où l’auteur discute, avec toute l’autorité qui s’attache à son îlom, les hypothèses actuelles sur la nature des rayons de Roentgen, sc trouve énoncée une troisième opinion qui parait avoir quelque crédit en Angleterre : c’est que les rayons de Roentgen seraient dus au mouvement de moléculesmatérielles. Celle hypothèse n’est autre que celle du
- p.295 - vue 296/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- bombardement moléculaire de Crookes qui compte encore, parmi les savants d’Outre-Manche, de nombreux partisans malgré les remarquables expériences de Lenard qui paraissent avoir démontre l’inexactitude de cette hypothèse.
- Enfin bien des savants considèrent tout simplement les rayons X comme dus à des vibrations transversales de l’éther, analogues à celles qui donnent lieu aux sensations lumineuses de léther, à cela près qu’elles sont beaucoup plus rapides que ces dernières. Ces rayons appartiendraient donc à la partie du spectre situé au delà de l’ultra-violet connu ; ce seraient des rayons ultra-ultra-violets.
- 11 serait tort imprudent, dans l’état actuel de la question, de prendre parti pour l’une ou l’autre de ces opinions des recherches expérimentales bien conduites pouvant très prochainement démontrer que l’une quelconque d’entre elles est en contradiction avec l’expérience. 11 semble toutefois que., pour l’instant, l’opinion la plus répandue est qu’il n’y a pas de différence tranchée entre les rayons cathodiques de Lenard et les rayons de Roentgen.
- A l’appui de cette opinion on peut faire valoir plusieurs raisons. En premier lieu Roentgen a pu, ainsi qu’il le dit dans son mémoire (p. 245), faire sortir les rayons X d’un tube fermé par une feuille d’aluminium, ainsi que le faisait Lenard dans ses remarquables expériences sur les rayons cathodiques, tandis que, de son côté, Lenard a pu obtenir les rayons cathodiques qui portent son nom en fermant l’extrémité du tube où ils se produisent par une lame de verre suffisamment mince. (’) Les conditions de production des deux espèces de rayon paraissent donc être les mêmes et il semble n'y avoir de différence que dans l’absorption plus ou moins grande qu’exercent sur chacune d’elles le verre et l’aluminium. D’ailleurs cette différence ne paraît pas être considé-
- (’) Voir plus loin l’article de M. Lodge, Sur les rayons de Lenard et deRoentgen et dans La Lumière Electrique (t. LII, p. 296) l’aiticle de M. Lenard.
- rable car l’aluminium, qui est plus transparent que le verre pour les rayons de Lenard l’est aussi pour les rayons de Roentgen, ainsi qu’il résulte des expériences de Lénard sur les rayons cathodiques et de celles de .MM. Benoist et Hurmuzescu et de M. Dufour sur les rayons X.
- Mats il semble, au moins à première vue, y avoir une distinction tranchée entre ces rayons : les rayons de Lenard sont déviés par l’aimant, ceux de Roentgen ne le sont pas. A la vérité la distinction n’est pas aussi nette qu’elle le paraît. Comme nous le disions plus haut, la déviation par l’aimant des rayons de Lenard ne se manifeste que dans certaines conditions et, dans ses Mémoires, Lenard lui-même signale des cas où il n’a pu la constater; et toujours il a observé que la déviation n’est bien nette que quand les gaz où se propagent ces rayons sont suffisamment raréfiés. D’un autre côté aucune expérience ne prouve que les rayons de Roentgen ne sont pas déviés lorsqu’ils se propagent [dans le vide. La différence d’action de l’aimant, dans les conditions où elle a été jusqu’ici observée, ne peut donc être considérée comme une différence essentielle entre les deux sortes de rayons.
- Un autre fait que l’on pourrait invoquer pour les différencier est que les rayons de Lenard ne sc propagent qu’à une distance de quelques centimètres dans l’air à la pression ordinaire tandis que les rayons de Roentgen manifestent des effets de phosphorescence à plus de deux mètres dans les mêmes conditions. Mais il semble encore qu’il n’y ait là qu’une question de grandeur relative dans l’absorption exercée par les diverses matières. On sait en effet que les rayons de Lenard se propagent assez loin dans l’hydrogène tandis que l'oxygène agit sur eux à la façon des milieux troubles sur les rayons lumineux, et les expériences de Roentgen montrent que si les rayons X se propagent à une grande distance dans l’air, les métaux lourds comme le pE" tine agissent sur eux comme les milieux troubles pour la lumière.
- p.296 - vue 297/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- *97
- On peut même ajouter que, pour les rayons de Lenard aussi bien que pour ceux de Roentgen, c’est la densité de la substances traversée qui joue le principal rôle puisque Lenard a constaté que l’hydrogène amené par compression à la densité de l'oxygène sous la pression ordinaire produit le même effet que ce dernier gaz sur les rayons cathodiques, et que, d’autre part, Roentgen a reconnu que des substances très diverses ayant à peu près la même densité absorbaient également les rayons X. H y aurait là une nouvelle raison de rapprochement de ces deux espèces de rayons.
- Ainsi donc, l’ensemble des faits connus jusqu ici, tend à faire considérer les rayons de Roentgen comme une espèce particulière de rayons de Lenard, sans qu’il y ait de différence tranchée entre ces rayons.
- Mais même en admettant cette conclusion, la question de la nature des rayons de Rœntgen n’est guère plus avancée.
- On peut encore, suivant l’opinion prédominante en Angleterre, considérer ces rayons comme dûs à un mouvement de particules matérielles. Toutefois cette hypothèse semble avoir perdu, depuis les expériences'de Lenard, de nombreux partisans. On conçoit mal, en effet, que des particules matérielles puissent traverser les interstices moléculaires de substances matérielles ayant une épaisseur sensible.
- L’hypothèse d’une radiation éthérique, émise par Lenard lui-même, se conçoit mieux. •Mais cette radiation est-elle constituée par une vibration transversale de l’éther, ou bien pur une vibration longitudinale, ou encore par quelque chose n’ayant pas le caractère dune vibration. Lenard ne s’est nullement Prononcé sur ces points et, comme nous le disons au début de ce paragraphe, chacune de ces opinions compte des partisans.
- L hypothèse d’une vibration transversale de 1 éther est la plus séduisante. On peut in-v°quer en sa faveur les propriétés communes aux rayons X et aux rayons lumineux et ultra-Yolets : propagation en ligne droite, varia-hon. de l’intensité suivant la loi de la raison
- inverse du carré de la distance, production de la fluorescence, actions photographiques, pouvoir de décharger rapidement les corps électrisés et de faire tourner un radiomètre. Quant à la propriété que possèdent les rayons X de n’être ni réfractés, ni réfléchis elle n’est pas, ainsi que l’a montré Al. Ravcau dans la note publiée dans le précédent numéro (p. 249), aussi opposée qu’elle le paraît à toute idée de rapprochement entre les rayons X et les rayons lumineux, puisque cette propriété était prévue par les diverses théories de la diffraction pour les vibrations transversales extrêmement rapides.
- Rien ne s’oppose donc à ce que les rayons de Roentgen soient considérés comme dus à des vibrations transversales de très courte période, c’est à dire comme des rayons ultra-ultra-vio-lets.
- Alais hâtons-nous de faire remarquer que si cette hypothèse est exacte, il est difficile de la concilier avec l’hypothèse que lès rayons de Roentgen sont une espèce particulière de rayons de Lenard. En effet, si les premiers sont dus à des vibrations transversales de l’éther de très courte période, les seconds doivent aussi être dus à des vibrations transversales de période un peu moins courte ; en d’autres termes, les rayons de Lenard se placeraient dans le spectre entre les rayons ultraviolets ordinaires et les rayons X ; et alors comment expliquer la déviation des rayons de Lenard par l’aimant dans le vide, les rayons ultra-violets ordinaires ne jouissant pas decette propriété, pas plus que les rayons X (jusqu’à preuve expérimentale du contraire).
- On voit combien la question est encore peu avancée et combien il faut être prudent avant de s’engager dans les hypothèses. Nous terminerons donc ce paragraphe par un nouveau point d’interrogation.
- V. — La lumière noire e.t les expériences DE Al. AIoREAUi
- La découverte de Al. Roentgen a provoqué la
- p.297 - vue 298/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- publication de deux notes, l’une de Al. Le Bon, l’autre de M. Moreau, sur la photographie d’objets enfermés dans des boîtes opaques. D’après la note de M. Le Bon, que nous avons publiée dans notre dernier numéro (p. 247), une plaque photographique peut être impressionnée par la lumière ordinaire (lumière du soleil ou d’une lampe à pétrole), à travers une lame de fer. M. Nie-wenglowski a fait observer (voir plus loin, Revue des Sociétés savantes) que ce phénomène pouvait s’expliquer facilement par un emmagasinement d’énergie lumineuse par le cliché photographique que l’on veut reproduire, énergie qui produirait la phosphorescence du cliché et par conséquent une impression de la plaque placée en dessous. Mais M. Le Bon, dans une nouvelle note que nous publions plus loin, insiste sur ce que, dans ses expériences, toutes les précautions ont été prises pour qu’il 11’y ait pas phosphorescence du cliché. Faut-il donc admettre que la lumière solaire et celle des sources ordinaires est accompagnée de rayons de Roentgen? L’hypothèse est possible, mais alors comment expliquer que Al. Nodon (voir plus loin) ait trouvé que l’arc voltaïque produit dans l’air n’émet pas, d’une façon appréciable, de radiations jouissant de la propriété des rayons de Roentgen de traverser les corps opaques? Cette question est encore des plus obscures.
- D’après la seconde note, que nous publions également plus loin, un objet métallique placé sur une plaque sensible et enfermé, avec la plaque, dans une boîte de carton, donne une image lorsqu’on fait jaillir dans le voisinage de la boîte des aigrettes électriques parallèles à cette boîte ; on n’obtient rien lorsque les aigrettes sont normales à la boîte. Cette observation n’est pas nouvelle, et en outre nous ne croyons pas qu’elle ait quelque rapport avec le3 rayons de Roentgen.
- Nous avons eu, en effet, l’occasion de voir exécuter ces expériences, il y a une quinzaine de jours, au Laboratoire du Collège Rollin, par M. Colardeau, qui les avait déjà commen-
- cées plusieurs années auparavant à Clermont-Ferrand, au cours de recherches sur la photographie de l’étincelle électrique.
- D’après M. Colardeau l’explication de la production d'images photographiques serait la suivante : sous l’influence des oscillations de l’étincelle il se produit des oscillations électriques dans la pièce métallique placée dans la boite et ces oscillations donnent naissance à une auréole lumineuse qui impressionne la plaque.
- M. Colardeau a en effet observé que toutes les étincelles ne sont pas .également favorables au résultat ; que l’objet métallique doit être en contact avec la plaque ou n’en ctre séparé que par des substances transparentes à la lumière, comme le mica, pour obtenir des images nettes ; que l’on n’obtient aucune image lorsque l’on place l’objet en dehors de la boîte, entre les étincelles et cette boîte ; enfin, en opérant dans l’obscurité et en protégeant l’objet contre la lumière émanée des étincelles, il a pu constater directement par la vue l’existence de l’auréole lumineuse à laquelle il attribue l’action photographique.
- Les expériences mêmes de M. Moreau confirment d’ailleurs l’explication de M. Col-lardeau puisque M. Moreau n’a pu obtenir de résultats en disposant la plaque normalement à la boîte et par conséquent à l’objet métallique, c’est à dire précisément dans les conditions où les oscillations induites dans cet objet ont une intensité minimum. Toutefois, en prenant la précaution de placer la plaque sensible sur une large plaque métallique, M. Colardeau a pu obtenir des images avec des étincelles d’induction normale à la boite.
- Tel est l’état dans lequel se trouve pour le moment la question des rayons de Roentgen. Nous regrettons de ne pas avoir pu l'indiquer plus brièvement, mais l’abondance des travaux expérimentaux et des discussions théoriques est telle qu’il était difficile d’être pDs bref sans omettre quelque point important J. Blondim.
- p.298 - vue 299/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 299
- SUR ERS « RAYONS DE ROENTGEN »
- La remarquable découverte du Professeur Roentgen va modifier considérablement nos vues concernant la relation entre l’éther et la matière; mais une nouvelle preuve expérimentale est nécessaire, avant qu’aucune opi-nien puisse être exprimée sur le caractère de rayons dont la propagation est tellement rectiligne qu’elle semble renverser toutes les notions des lois de la Nature.
- Roentgen, par la puissance de ses expériences, si soigneusement conduites, est arrivé à une conclusion opposée à l'idée que les rayons différent des rayons lumineux uniquement par la petitesse de leur longueur d’onde. Peut-être les considérations suivantes montreront-elles que la preuve n’est pas concluante à cet égard.
- Les rayons de Roentgen ne sont pas des rayons cathodiques; U n’y a pas de doute à ce sujet ; mais ils prennent naissance au point de rencontre des rayons cathodiques avec les substances solides.
- L’auteur de la découverte n’a pu obtenir aucun effet d’interférence, probablement, comme il le dit, à cause de la faiblesse de la radiation. Une absence d’interférence ne serait, cependant, pas suffisante pour montrer que la radiation n’est pas de la nature delà lumière; l’absence d’interférence peut, en effet, résulter de ce que la radiation ne possède pas une régularité suffisante, en d’autres termes, de ce que la perturbation n’est pas suffisamment homogène. 11 n’est pas, du tout, improbable que tel soit le cas, car la radiation est produite par un choc, qui, dans le premier exemple, peut être un mouvement impulsif propagé extérieurement, et qui, après avoir traversé l’écran, ne posséderait que larégula-nte produite par l’absorption des ondes de grande longueur.
- Legrand argument contre l’hypothèse des ondes de très petite longueur repose dans absence de réfraction ; mais est-il concluant?
- Quand nous parlons de la grandeur des
- atomes, nous voulons dire leur distance à l’état solide et à l’ctat liquide. Les propriétés de l’éther peuvent rester inaltérées dans la plus grande partie de la sphère d’action d’une molécule. Le nombre de molécules renfermées dans une longueur d’onde de lumière ordinaire n’est pas plus grand que le nombre de particules solides contenues dans une onde sonore; mais, autant que je sache, la vitesse du son n’est pas notablement affectée par la présence de poussières dans l’air. Il ne semble donc pas interdit de supposer que des ondes lumineuses, plus petites que celles que nous connaissons, puissent traverser les solides avec la même vitesse qu’elles traversent le vide. Nous savons que les bandes d’absorption exercent une grande influence sur les indices de réfraction dans les régions avoisinantes, et, comme probablement toute la question de réfraction se résout en des effets de résonance, le degré de propagation des ondes de très petites longueurs ne doit pas me sembler être préjugé par nos connaissances actuelles. Si les rayons de Roentgen contiennent des ondes de très petite longueur, les vibrations dans la molécule qui leur correspond sembleraientêtre d’une toute autre importance que celles que nous connaissons déjà. Probablement avons-nous ici la vibration de l’électricité avec la molécule, au lieu de la vibration de la molécule portant axec elle la vibration de l’électricité.
- J’aimerais ensuite à exprimer un certain sentiment de satisfaction de ce que les rayons de Roentgen ne soient pas déviés par le champ magnétique. Ils sont ainsi clairement séparés des rayons cathodiques. L’idée que les rayons cathodiques sont dus à des vibrations est devenue à la mode; pourtant le fait que l’aimant les dévie comme s’ils étaient des molécules électrisées, m’a toujours semblé être un argument contre cette opinion-
- Personne n’a donné aucune raison aussi plausible expliquant comme quoi un rayon de lumière invisible serait capable de s’enrouler en spirale, tandis qu’un rayon de lumière visible va en ligne droite.
- p.299 - vue 300/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 300
- Il n’est pas dans mon intention d'argumenter en faveur d’aucune théorie particulière ou contre cette suggestion de Roentgen que nous avons enfin trouvé la principale onde longitudinale qui manquait. Je désirais seulement signaler des faits, qui, à première vue, semblent aller contre l’hypothèse des vibations lumineuses ordinaires, et je me borne à indiquer qu’ils constituent une insurmontable difficulté (').
- Arthur Schuster,
- de la Société Royale de Londres, Professeur' de Physique à Owens College (Manchester).
- LES VIBRATIONS LONGITUDINALES DE L’ÉTHËR
- A PROPOS DES RAYONS DE ROENTGEN
- On trouvera peut-être quelque intérêt à rapprocher de l’admirable découverte qu’a faite le Pr Roentgen, de rayons photographiques spéciaux, et de l'hypothcsc par laquelle il termine son remarquable mémoire, les extraits suivants des leçons professées, en 1884, par lord Kelvin à l’Université Johns Hopkins.
- M. Roentgen suppose que ses rayons sont des vibrations longitudinales de l’éther lumi-nifère. Or, voici ce que disait lord Kelvin :
- « Nous pouvons obtenir certaines formes de solutions des équations, dans le but d’illustrer divers problèmes d’acoustique et pour vous familiariser avec l’onde qui peut exister én même temps que l’onde de distorsion dans tout vrai solide élastique qui n’est pas incompressible. Nous ignorons cette onde de Condensation dans la théorie de la lumière. Nous sommes sûrs que son énergie,, en tout cas, si elle n’est pas nulle, est très petite en comparaison de l’énergie des vibrations lumineuses dont nous nous occupons. Mais dire qu’elle est absolument nulle, serait une hy-
- (1) Nature, de Londres, n° 1356, vol, 53 ; 1896,
- pothèse que nous n’avons pas le droit de faire. Quand nous considérons la petite partie de l’Univers que nous connaissons, et •que nous pensons à la transmission de la force électrique, à la transmission de la force magnétique et à la propagation de la lumière, nous n’avons pas le droit de supposer qu’il n’existe rien à quoi notre philosophie n’ait songé. Nous n’avons pas le droit d’admettre qu’il ne peut pas exister d’ondes de condensation dans l’éther lumineux. Tout ce que nous savons, c’est que les vibrations de cette espèce, qui prennent naissance dans la réflexion et la réfraction de la lumière, ont certainement une énergie très petite relativement à l’énergie de la lumière dont elles procèdent. Le fait certain, en ce qui concerne la réflexion et la réfraction, est celui-ci à moins que l’éther lumineux ne soit complètement incompressible, la réflexion et la réfraction de la lumière doivent en général donner naissance à des ondes de condensation. Des ondes de distorsion peuvent exister sans ondes de condensation, mais des ondes de distorsion ne peuvent pas se réfléchir à la surface de séparation de deux milieux sans produire dans chaque milieu une onde de condensation. Quand nous aborderons l’étude de la réflexion et de la réfraction, nous verrons comment il faut traiter ces ondes de condensation et nous jugerons avec quelle facilité on peut s’en débarrasser en supposant que le milieu est incompressible. Mais il est une question qu’on ne doit jamais perdre de vue et qu’il faut examiner : Y a-t-il ou n’y a-t-il pas des ondes de condensation produites dans la réflexion et la réfraction, et la propagation de la force électrique peut-elle enfin s’expliquer par ces ondes de condensation?
- » Supposons que nous ayons en un heu quelconque, dans l’air, ou dans l’éther lumi-nifère (je ne puis distinguer maintenant entre les deux idées), un corps qui, sous l’influence d’actions qu’il est inutile de décrire, mais qui sont concevables, prenne une électrisation alternativement positive et négative; ne
- p.300 - vue 301/624
-
-
-
- REVUE D’EEECTRICITÉ
- donnera-t-il pas naissance à des ondes de condensation? Supposons, par exemple, que nous ayons deux conducteurs sphériques réunis par un seul fil fin et qu’une force électromotrice alternative soit produite dans ce fil fin, par exemple par une machine dynamoélectrique à courants alternatifs ; et supposons que ce dispositif fonctionne à grande distance de toute perturbation, à une grande élévation dans l’air, par exemple : le résultat de l’action de la machine dynamo-électrique' sera de donner à l’un des conducteurs une électrisation alternativement positive et négative et à l’autre conducteur une électrisation alternativement négative et positive. Il est parfaitement certain, si nous faisons tourner la machine lentement, que dans l’air, au voisinage des conducteurs, nous aurons une force électrique dirigée alternativement dans un sens et dans l’autre avec des renversements au nombre de deux ou trois cents à la seconde, par exemple, et une transition graduelle du négatif au positif, en passant par zéro, et ainsi de suite ; il en sera de même dans tout l’espace, et nous pouvons indiquer exactement la valeur du potentiel et de la force électrique en tout point à chaque instant. Mais qui croira que, si la révolution devient assez rapide, la loi électrostatique pure et simple s'appliquerait à l’air à .différentes distances de chaque sphère ? Tout le inonde croit que'si le renversement se produit avec une rapidité suffisante, plusieurs millions de fols, ou des millions de millions de fois par seconde, les faits que nous observerions s'écarteraient beaucoup de la loi électrostatique qui détermine la distribution de la force électrique dans l’air au voisinage. 11 semble absolument certain qu’une action telle que celle qui se produit, donnerait nais-sance à des ondes électriques. Or il me pa-rait probable que ces ondes électriques sont des ondes de condensation dans l’éther lu-^inifère; et probablement la propagation de ces ondes serait énormément plus rapide la pro'pagation des ondes lumineuses ordinaires.
- » En parlant ainsi, je ne perds pas de vue ce qui a été fait dans ce qu’on appelle la théorie électromagnétique de la lumière. Je connais la propagation d’un choc électrique le long d’un fil isolé recouvert de gutta-per-cha, que j’ai étudiée moi-même vers 1854, et dont j’ai trouvé la vitesse comparable à celle de la lumière. Nous ne connaissions pas alors le rapport entre les unités électrostatiques et électromagnétiques. En traitant le problème dans le cas de l’air au lieu de la gutta-percha, nous trouvons simplement v (c’est-à-dire le nombre d’unités électrostatiques contenues dans l’unité électromagnétique de quantité) pour la vitesse de propagation du choc. Ce cas diffère beaucoup de cette électrisation très rapidement variable que j’ai imaginée devant
- )) Je puis me reporter à un petit article dans lequel j’ai donné une sorte de représentation mécanique des forces électriques, magnétiques et galvaniques (le nom de « galvaniques » que je donnais alors est très mal ï choisi). Cet article a été publié dans le premier volume de réimpression de mes Mémoires. J’y montre que le déplacement statique d’un solide élastique suit exactement les lois de la force électrostatique, et que le déplacement rotatoire du milieu suit exactement les lois de la force magnétique. Il me semble très probable qu’on pourra ramener la théorie de la propagation des perturbations électriques et magnétiques à la théorie ondulatoire de la lumière en essayant de préciser le point que je vous indique. Dans la théorie ondulatoire de la lumière, toutefois, nous supposerons simplement que la résistance à la compression de l’éther lumi-nifère et la vitesse de propagation d’une onde de condensation sont infinies. Nous emploierons quelquefois les mots « pratiquement infini » pour éviter de supposer que ces quantités soient infinies « absolument ».
- Le second passage que je désire citer se trouve à la page 143 de l'édition autogra-phiée :
- p.301 - vue 302/624
-
-
-
- SP'
- I/ÉCLAIRAGE FJ JvCTRIQUF
- « Rien ne nous révèle des actions de cette espèce, et cela suffit à nous prouver que, s’il en existe, elles doivent être excessivement petites. Mais je crois qu’il y a des ondes de ccttc espèce et je crois que la vitesse de propagation de la force électrostatique est la vitesse de condensation inconnue dont nous parlons.
- » Je dis ici croire dans un sens un peu different. Je ne peux dire que je croie cela comme un article de foi, mais bien comme une vérité scientifique très probable. »
- Le haut intérêt de ces vues avancées n'échappera, croyons-nous, à aucun physicien (’).
- J-T. Bottomley,
- de la Société Royale de Londres.
- Lecturer de Philosophie naturelle
- SUR LES RAYONS
- DE LENARD ET DE ROENTGEN
- Du temps de Gassiot et des autres anciens chercheurs ayant étudié la décharge dans les gaz raréfiés, c’était le flux provenant de l’anode qui attirait principalement l’attention. C’est ce flux qui se manifeste dans les superbes effets de lumière des expériences de cours.
- La décharge part des deux électrodes, mais celle issue de la cathode ne s’avance pas très loin, tandis que le flux émanant de l’anode occupe presque toute la longueur du tube, même si cette longueur atteint plusieurs mètres, et se propage avec une vitesse comparable à la moitié de celle de la lumière, ainsi que l’a montré J. J. Thomson.
- A mesure que les procédés de raréfaction se sont perfectionnés, on a vu la décharge passer de l’aspect d’une effluve lumineuse continue à celui d’une colonne striée, et c’est sur ces stries que se fixa alors l’attention, de même que sur l’espace extérieur ou secondaire obscur qui a tant intéressé Faraday. De
- (') Nature, de Londres, n° 1369, Vol. 53, 1896.
- la Rue, Spottiswoode et Mouton ont contribué à nous faire connaître les caractères de ces phénomènes.
- Le premier qui, à ma connaissance, ait insisté sur l’intérêt capital des phénomènes de l’espace obscur intérieur dans le voisinage immédiat de la cathode, fut Hittorf ; mais il n’est pas douteux que l’étude de ces phénomènes fut développée et généralisée de la manière la plus complète par les expériences extrêmement habiles et brillantes présentées en 1879 devant la Société Royale et l’Association Britannique par William Crookes. Aidé par Al. Gimingham, et travaillant avec les vides les plus élevés obtenus jusqu’alors, l’inventeur du radiomètre montra cet ensemble de phénomènes sous un jour tout nouveau et le plaça sur sa base actuelle. L’espace obscur intérieur fut alors élargi au point d’occuper le tube entier : il fut montré qu’il était formé de particules électriques en mouvement et que tout objet exposé à leur choc devenait lumineux. C’est entre Hittorf et Crookes que gît la découverte et la révélation de ce phénomène aujourd’hui bien connu — du rayon cathodique. C’est là la troisième phase du développement.
- Alors parut Hertz, certainement l’une des plus merveilleuses capacités mathématiques et expérimentales de notre époque. Pas un mot n’est exagéré dans la réputation qui lui est faite ; depuis la mort de Clerk Maxwell, la science physique n’a pas eu à déplorer de perte plus prématurée. Il trouva que les rayons cathodiques frappant du verre de Bohême couvert de feuille d’or ou d’autres métaux rendaient ce verre phosphorescent, non seulement aux endroits dénudés, mais aussi aux degrés élevés de raréfaction, aux endroits recouverts de métal ; il découvrit, en fait, que des lames métalliques sont plus transparentes aux rayons cathodiques que des lames de mica d’égale épaisseur (’).
- Avant et après sa mort, son préparateur. L Dr Lenard s’était occupé de ccs ques-
- (’) La Lumière Électrique, t. XLIII, p, 393.
- p.302 - vue 303/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- tions- et il conduisit avec une. habileté d’ex-périmentateur consommé une série d’investigations qui inaugura l’ère la plus récente. Son ambition fut de faire sortir les rayons du vide à l'air libre, et sur les conseils de Hertz, il imagina son tube à vide avec une diaphragme en aluminium.
- Bien mince, bien petit et bien délicat dût être le diaphragme de Lenard, car il devait être assez mince pour être transparent aux rayons cathodiques, assez épais pour ne pas donner passage à l’air par des trous imperceptibles et assez fort pour résister à la pression de l’atmosphère.
- La fixation d’une paroi métallique sur un tube destiné à tenir un vide si élevé que l’étincelle d’une bobine d’induction préférait traverser 3 cm d’air plutôt que le tube, n’était pas chose aisée. Ces difficultés furent, toutefois, vaincues, le tube à fenêtre en aluminium fut construit, des rayons cathodiques de grande intensité furent engendrés dans ce tube et dirigés sur la fenêtre, — au besoin, déviés par un aimant ; et à l’extérieur du tube, dans la région parfaitement obscure de l’air libre de l’autre côté de la paroi, l’air et la fenêtre elle-même devinrent phosphorescents. Des substances phosphorescibles portées dans cette région, y brillèrent vivement, et des pellicules photographiques y furent rapidement noircies.
- Les rayons émanant de la fenêtre n’étaient pas simplement la prolongation de l’effluve intérieure, ils s’en échappaient dans toutes les directions, comme dans le cas d’un rayon lumineux parallèle tombant sur un petit orifice. L’épiderme et l’œil n’étaient pas affectés par ces rayons, mais les substances fluorescentes et photographiques y étaient très sensibles.
- Lenard pensait se trouver en présence d’un nouveau genre de radiation de l’éther, mais d ne prétendait pas décider s’il s’agissait de très courtes vibrations transversales analogues à celle de la lumière, mais plus haut places dans l’échelle spectrale que l’ultra-violet, °u de vibrations non transversales, ou encore
- [ de quelque chose n’ayant pas le caractère de vibrations. Certains corps placés sur le trajet des rayons se comportaient tout autrement que par rapport à la lumière. Les corps denses étaient opaques, peu de corps étaient transparents ; aucune corrélation ne semblait exister entre les propriétés de ces rayons et la conductibilité électrique — rien autre que la densité semblait avoir de l’importance.
- Ce n’étaient donc certainement pas des ondes hertziennes ni un autre phénomène qui pût être soumis aux équations de Maxwell,. — les conducteurs devraient être opaques par rapport à ccs rayons ; à moins que ce soient les molécules ou les espaces intermoléculaires qui jouent un rôle au lieu des groupes moléculaires, auquel cas la conductibilité moléculaire cesse d’exister et la transparence anormale est explicable.
- Lenard trouva comme gaz le plus transparent, l’hydrogène, mais ce gaz amené par compression à la densité de l’oxygène se comportait comme ce dernier. Les métaux et les substances non-métalliques d’égale densité étaient opaques approximativement au même degré. De plus, aucune substance n’était complètement transparente ou opaque, toutes étaient troubles comme le lait. Filles n’arrêtaient pas les rayons par réflexion, mais par diffusion. Après avoir traversé un milieu d’une certaine épaisseur, le faisceau primitivement nettement découpé par un diaphragme, s’étalait et se bordait d’une sorte d’auréole visible sur l’image reçue sur un écran fluorescent. Mais l’état trouble du milieu, fait remarquer Lenard, n’est pas accentué par la présence de poussières ou de particules en suspension. C’est une opacité d’ordre moléculaire.
- L’aluminium était plus transparent à ces rayons que le quartz, et pour le démontrer, la silhouette d'un morceau de quartz fut photographiée sur une plaque sensible enfermée dans une boîte à paroi d‘aluminium, les rayons étant partiellement interceptés par des lames de quartz et d’aluminium en partie superposées. Au développement, la plaque présenta
- p.303 - vue 304/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 3°4
- quatre régions d’aspects différents ; la plus foncée correspondait à la partie non interceptée du faisceau ; moins foncée était la partie embrassée par l’ombre de l’écran d’aluminium; plus claire encore était l’ombre de l’écran de quartz, et à peu près intacte celle des écrans superposés. Tout ceci fut publié en
- 1893 et 1894 (’)•
- Voici une autre observation décrite dans les propres termes de l’auteur (’) : « En remplaçant la fenêtre en aluminium par une autre en verre, on a pu répéter avec le même succès toutes les expériences essentielles. Mais la fenêtre en aluminium reste plus avantageuse ; non qu’elle soit plus transparente, mais parce que l’aluminium est opaque pour la lumière et peut être manipulé plus aisément que le verre de même épaisseur. »
- Ainsi donc, Lenard avait fait sortir les rayons d’un tube à vide entièrement en verre, pourvu que le vide fût assez grand et les parois du tube assez minces.
- L’auteur du présent article se souvient que, essayant en 1894 de faire sortir les rayons de Lenard d’un tube à vide assez épais, il ne put aboutir dans l’ignorance où il se trouvait du résultat ci-dessus énoncé. Il ne réussit pas 1 faute de persévérance, car ce même tube lui sert actuellement a répéter avec M. E.-E. Robinson, les expériences de Roentgen et à produire de bonnes photographies, sans difficulté, à travers 7 mm de bois et une feuille d'aluminium, à la condition d’exposer pendant environ une demi-heure. Le tube est grand, sans électrode, et pour amener la fluorescence, la bobine est munie de boules excitatrices entre lesquelles la décharge se produit directement ; les armatures du tube agissent comme celles d’une bouteille de Leyde, et ! donnent des décharges impulsives à l’intérieur du tube.
- Lenard chercha, mais sans résultat, à charger des corps électrostatiquement à l’aide
- (') La Lumière Électrique, t. XLVIII, p. 241, 1895 ; ;t t. LU, p. 291, 12 mai 1894.
- (’) Loc. cit., p. 296.
- de ces rayons. Au contraire, ceux-ci déchargeaient rapidement un corps possédant déjà une charge; et cela, avec la même facilité que la charge fût positive ou négative. Cette expérience l’amena probablement à considérer ses rayons comme quelque chose d’éthérique et à s’opposer à la conception de particules électrifiées projetées par le flux cathodique Il considère que le passage à travers les métaux a dépourvu ses rayons complètement de toutes les propriétés électriques ; et par suite, il incline à trouver qu’ils ne décomposent ni ne dégagent de gaz d’aucune combinaison. Il est certain que les rayons filtrés à travers une lame métallique, qu’il est permis d’appeler rayons de Lenard, sont capables de produire des réactions chimiques dans des pellicules de gélatine sensibilisées à l’argent ; mais, si l’on considère combien ces pellicules sont plus sensibles à la lumière, il est permis de supposer que les rayons de Lenard n’agissent que d’une manière physique indirecte par l’intervention d’une sorte de phosphorescence (terme qu’il conviendrait, suivant la proposition de Wiedcmann, de remplacer par celui de luminescence, chaque fois qu’il ne s’agit pas d’une combustion phosphorique).
- Car conduisant ses rayons dans des tubes à air raréfié, il les voit se propager à plusieurs mètres de distance en ligne droite, le faisceau restant clair et net, à la condition que la raréfaction soit poussée assez loin, les dernières traces de vapeurs mercurielles ayant été éliminées par l’application d’un mélange réfrigérant après des journées entières de fonctionnement de la pompe. Dans un tel tube il eût été impossible d’engendrer des rayons cathodiques, mais les rayons de Lenard y sont dans leur élément. Ne doit-on pas croire, dc-mande-t-il, que cet élément est en réalité l’éther.
- Vient alors l’expérience critique : les rayons de Lenard sont-ils déviés par l’aimant? L’expérience répond qu’ils le sont. Quand le milieu est trouble et produit une auréole, l’expérience n’est pas nette, aussi Lenard ne put-il conclure pour ou contre la déviation dans
- p.304 - vue 305/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 305
- l’air libre, mais dans un vide “ complet ” la déviation est très nette; dans un vide partiel, où se forme une petite auréole, la partie vague de l’image est plus fortement déviée que la partie centrale et se disperse en une sorte de “ spectre magnétique”.
- Une variation de pression du gaz ne change pas la déviation de la tache centrale, elle n’ai-fecte que la position de l’auréole déviée ou la diffusion due à la présence de particules matérielles; la tache centrale inaltérable doit être, argue-t-il, quelque chose d’éthérique. Comment alors peut-elle être déviée par l’aimant? Les ondes lumineuses ne subissent pas cette influence. L’explication ne réside pas dans l’action directe d’une force; il faut la chercher dans une modification de l’éther causée par l’aimant, modification qui repousse le rayon de côté un peu à la manière de la rotation du plan de polarisation de Faraday; et à l’appui il cite une expérience de Hertz montrant qu’aucune action réciproque ne s’exerce sur l’aimant, en d’autres termes, que le rayon n’est pas forcé ou déformé, mais seulement écarté par une torsion de l’éther.
- Les vues théoriques d’un expérimentateur ne sont pas à dédaigner, même lorsqu’elles ne s’accordent pas avec les idées reçues les mieux fondées. Il faut écouter l’homme qui vit au milieu des phénomènes, parcequ'il peut souvent sentir intuitivement plus qu’il ne pourrait justifier et établir logiquement. En Angleterre, toutefois, avec tout le respect dû àl’éminant expérimentateur, ses vues théoriques n’ont pas trouvé grande faveur. L’auteur, ainsique d’autres juges plus competents, °nt senti, et exprimé la conviction, que le fait de la déviation magnétique indique l’existence d’un flux de particules électrifiées, qui peut d’ailleurs être une chaîne de Grotthüs, ou de r&diation électrolytique, mais en tout cas quelque chose de matériel, et non d’éthéré. Ées arguments basés sur ce qui se passe en Absence hypothétique de la matière, par exemple dans des tubes raréfiés à un eent-^dlionième d’atmosphère, sont très faibles, Parce que chaque millimètre cube d’un espace
- ainsi épuisé contient encore quelque cent mille millions de molécules parfaitement constituées. Ce qu’il y a de merveilleux, c’est que les phénomènes dans un espace si encombré de substance puissent encore être si différents de ceux qui se manifestent lorsque la matière est, par exemple, un million de fois plus dense. Par conséquent, rien ne semblait concluant contre l’idée de la matière radiante, et le fait de la déviation magnétique était presque concluant en sa faveur.
- Une fois encore, ignorons à présent les vues théoriques et tenons-nous en aux faits. Lenard trouva que la nature du gaz dans le champ d’observation n’influait pas sur la grandeur de la déviation magnétique principale, tant qu’elle était nettement visible, mais que les variations de pression dans l’espace de production, où les rayons indéniablement cathodiques viennent frapper la fenêtre, produisaient un effet notable. Une augmentation du vide dans cet espace faisait décroître la déviation imprimée par un champ magnétique aux rayons de Lenard dans l’espace extérieur. Donc, si la raréfaction avait pu être poussée à l’extrême, on peut conclure que la déviation magnétique eût probablement cessé de se produire.
- (On peut faire remarquer ici en passant que ce dernier fait vient appuyer l’idée d’une radiation électrolytique, ou au moins delà matière radiante, opposée à celle d’un processus dans l’éther.
- En effet, concevons un atome de masse ni chargé d’une quantité q et traversant avec une vitesse v un champ magnétique d’intensité 11. Cela équivaut à un courant qv soumis à une force déviatrice qvII. L’accélération de l’atome est donc et puisque la force s’exerce normalement à la vitesse, cette accélération peut être égalée à l’accélération centripète usuelle-, r étant le rayon de courbure de la trajectoire; il s’en suit que la courbure magnétique de la trajectoire est
- J_-£ H
- p.305 - vue 306/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Le premier facteur représente la réciproque de l’équivalent électrochimique ordinaire de la substance, de valeur connue; la courbure se trouve donc exprimée proportionnellement à la réciproque de la vitesse. Une moindre courbure est donc simplement la conséquence d’une plus grande vitesse, et à un vide suffisamment élevé, il peut se faire que quelques-unes des molécules à l’intérieur du tube raréfié, sollicitées par la force potentielle de leurs charges énormes, se meuvent avec une vitesse approchant de celle de la lumière. La plupart d’entre elles sont plus lentes, comme l’a indiqué J. J. Thomson, mais il est permis de concevoir pour quelques-unes des vitesses excessives. S’il en était ainsi, la trajectoire de ces particules serait probablement droite dans un champ magnétique ordinaire comme ceux réalisés jusqu’à présent dans les expériences. Et en se basant sur les lois ordinaires du choc et de la transmission de mouvement d’un corps à un autre, on peut admettre que les atomes chassés de l’autre côté de la paroi par le choc intérieur peuvent recevoir et transmettre jusqu’à une certaine distance une aussi énorme vitesse.)
- Lenard découvrit différentes sortes de ces rayons, dont quelques-uns étaient déviés plus que d’autres; les plus déviés sont aussi les plus affectés par l’état trouble du milieu, et sont bientôt arrêtés par des substances médiocrement opaques, mais les moins déviés pénètrent plus avant dans la matière, et traversent vraisemblablement de grandes distances dans des milieux assez opaques.
- Est-il possible que le professeur Roentgen ait utilisé ces mêmes rayons? Il est évident que son appareil favorise la manifestation des rayons de Roentgen quels qu’ils soient. Aucun autre expérimentateur ne semble avoir obtenu d’aussi bons résultats, à moins qu’ils n’aient pas été publiés. Al. Swinton, en employant d’énormes puissances, s’en est le plus approché. mais les rayons qu’il a employés ne paraissent pas traverser la chair de la main avec la même facilité que ceux de Roentgen.
- Pourquoi la source de rayons de Roentgen
- est-elle si puissante ? Est-ce la qualité du verre, sa forme, le degré du vide, ou la nature de l’électrode qui soit d’importance? On ne nous a pas encore initié aux détails, mais on peut supposer que son tube de Crookes a dû se trouver exceptionnellement bien épuisé et construit en bon verre de Bohême (le verre anglais paraît inutilisable). Quoi qu’il en soit il parait obtenir aisément, ce que d’autres n’atteignent qu’avec difficulté. En tout cas nos plus chaudes félicitations lui sont dues !
- Considérant à nouveau la question des hypothèses possibles, le professeur Roentgen incline vers l’hypothèse des ondes longitudinales dans l’éther. Les savants anglais oscillent entre les rayons ultra-ultraviolets d’une part, et la vibration longitudinale de l’autre.
- L’auteur espère seulement qu’il puisse s’agir de vibrations longitudinales. Bien des choses militent en faveur de cette opinion, qui, en somme, paraît à l'auteur la plus vraisemblable de toutes les hypothèses prenant l’éthçr pour base : plus vraisemblable que celle de la lumière extra-ultra violette, à cause de la transparence des métaux.
- Le fait que la simple densité de la matière est le principal facteur déterminant de l’opacité, fait entrevoir des rapports avec le problème de la gravitation. Serions-nous en fin de compte sur la trace expérimentale de la gravitation ?
- De toute façon, si nous n’avions affaire qu à quelque chose de périodique comparable à la grandeur des atomes, beaucoup de problèmes seraient en voie de recevoir leur solution.
- L’auteur espère au moins que 1 éther doive jouer un rôle dans la question, et qu’on soit conduit à une méthode de détermination de p. et de K; mais pour le moment il se permet d’en douter, et de n’envisager qu’une sorte de propagation électrolytique impulsive à travers et par le moyen de la matière ordinaire, malgré le fait extrêmement important qu’il ait
- été impossible au professeur Roentgen de fai*
- re dévier ses rayons sous l’action de l’aimant. La netteté de ses rayons lui permet d’obtenir ce résultat dans l’air ordinaire. 11 faut se rappe"
- p.306 - vue 307/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 307
- 1er que Lenard n’a pu observer les déviations que dans un vide partiel. L'air ordinaire était trop trouble et l’image trop vague
- Cette expérience de la non-déviation des rayons de Roentgen, l’auteur a pu la confirmer au point d’être convaincu que si malgré les apparences il se produit une déviation, elle ne peut être qu’extrêmement faible — beaucoup plus faible que celle de tous les genres de rayons cathodiques. Peut-être est-elle nulle, et du fait même, il ne pourrait plus être question de la projection de particules chargées, mais peut-être n’est-elle que très petite, et dans ce cas, pour les raisons données plus haut, le fait indiquerait l’existence de parti-cules chargées se mouvant avec une grande vitesse. Seules les particules les plus rapides passeraient au travers des obstacles et s’imprimeraient sur la plaque, et ce seraient précisément celles-là les moins déviées.
- Avant, donc,que le professeur Roentgen publie le détail de ses expériences magnétiques, le champ reste libre aux explications hypothétiques les plus variées. En attendant, la possibilité et même seulement la probabilité, que dans ces rayons nous possédions un nouveau genre de radiation, ne serait-elle que l’extrême ultraviolet comparable à la grandeur des molécules, prête à ces expériences un intérêt prodigieux aux yeux des physiciens, intérêt dépassant de beaucoup celui des applications pratiques présentées au grand public. (J 0» Oliver Lodge,
- Membre de la Société Royale.
- LA
- PHOTOGRAPHIE A LA LUMIÈRE NOIRE
- Avant de faire connaître les résultats nouveaux de mes recherches sur la lumière noire, levais donner quelques indications destinées à faciliter la reproduction de ces expériences. Èa rapidité des plaques photographiques
- du
- commerce variant dans le rapport de pour obtenir
- ^ H est évident que
- ' Electrician, 31 janvier j
- image demandant trois heures d’exposition avec des plaques très rapides, on faisait usage de plaques d’une rapidité quatre fois moindre, on n’obtiendrait aucun résultat. On n’en obtiendrait pas davantage si l’on ne faisait pas usage d’un révélateur suffisamment énergique.
- J’ai eu bien soin d’expliquer, dans ma précédente Note, que j’avais éliminé deux facteurs d’erreur : l’influence possible de la chaleur, puis celle de la lumière emmagasinée sur les clichés. Après avoir fait usage de plusieurs méthodes, dont une des plus simples est de couper en deux parties le cliché et à utiliser les deux parties pour des expériences comparatives, je me suis arrêté à un procédé consistant à ne faire d’expériences qu’avec des clichés restés pendant une journée dans l’obscurité en contact avec la glace sensible sans donner aucun voile au développement. Si ces clichés donnent ensuite des images après exposition derrière les plaques métalliques, ces images ne pourront être dues, évidemment, qu’à l’influence de la lumière noire. Je me sers toujours, d’ailleurs, des mêmes clichés. Né sortant pas de leurs châssis, sauf dans le laboratoire, ils ne sauraient recevoir d’autre lumière que celle qui passe à travers les plaques métalliques, c’est à dire de la lumière noire.
- Quant à la chaleur, je me suis convaincu, en maintenant pendant douze heures des plaques sensibles en contact avec des clichés à une chaleur obscure de 50°, qu’on n’obtenait aucune trace d’image.
- Je n’ai fait usage de lampes à pétrole que pour avoir une lumière constante. La lumière du jour donne des résultats meilleurs, mais possède une intensité trop variable pour pouvoir permettre des expériences comparatives.
- 11 n’est nullement nécessaire que les lames opaques soient en contact avec le cliché. On obtient les mêmes résultats en les plaçant à une certaine distance, de façon à isoler la glace sensible et le cliché de tout contact métallique.
- J’ai l’honneur de mettre sous les yeux de
- p.307 - vue 308/624
-
-
-
- 308
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- l’Académie des négatifs obtenus en opérant, comme je l’ai précédemment indiqué, à travers des lames métalliques d’environ 0,5 mm d’épaisseur.
- Le premier négatif a été obtenu à travers une plaque d’aluminium, métal fort transparent pour les rayons noirs. L’image est aussi vigoureuse que si elle avait été obtenue par des procédés ordinaires.
- La seconde image a été obtenue avec une épaisse médaille d’aluminium, simplement posée sur le châssis, en protégeant les contours avec du papier noir. La transparence de l’aluminium pour la lumière noire est telle, qu’on a obtenu l’image de la face supérieure de la médaille en moins de deux heures d’exposition. J’ajouterai qu’il n’y a aucune pression de la médaille sur la plaque sensible, puisqu’elle est séparée de cette dernière par la plaque de verre du châssis.
- La troisième image a été obtenue à travers une lame de cuivre jaune de 8 dixièmes de millimètre d’épaisseur. Ce métal est également très perméable aux rayons noirs. L’image est très nette, mais incomplète, puisqu’elle n’occupe que la partie centrale du négatif. Ces impressions partielles ne sont pas rares dans ce genre d'expériences.
- La quatrième image a été obtenue à travers une lame de tôle. Elle est très pâle, mais cependant assez nette.
- En raison de certaines difficultés techniques, je n’ai pas encore fini de déterminer exactement le degré de transparence relative des divers corps opaques pour les rayons noirs. Je puis indiquer, dès à présent, cependant, que les plus transparents sont l’aluminium et le cuivre. Le fer est moins transparent. Le zinc, l’argent et l’étain le sont très peu. Le papier noir, et surtout le carton recouvert de papier noir, le sont infiniment peu.
- Le papier noir (papier employé pour fermer les boîtes de plaques photographiques) est un des corps qui se laissent le plus difficilement traverser par les rayons noirs, malgré sa très faible épaisseur (2 centièmes de milli-
- mètre). Si l’on superpose du papier noir à du carton, ce qui est précisément le procédé d’emballage des glaces photographiques, l’opacité pour les rayons noirs est presque complète, toujours bien entendu pour les durées de pose peu prolongées.
- On remarquera qu’alors que les rayons d’origine cathodique passent très aisément à travers le papier noir, la lumière noire ne les traverse presque pas. Ce n’est pas là, d’ailleurs, la seule différence séparant les rayons noirs des rayons d’origine cathodique.
- Je rechercherai prochainement dans quelles limites les rayons noirs sont soumis aux lois de la réfraction, et les déviations que peut leur faire subir un champ magnétique ; quelques-uns des résultats obtenus me font supposer que la lumière noire se compose de radiations dénaturé différente.
- Gustave Le Bon.
- NOUVELLES PROPRIÉTÉS DES RAYONS X.
- En présence des diverses hypothèses par lesquelles on a essayé d’expliquer les récentes expériences sur les rayons X, nous nous sommes proposé d’étudier l’action de ces rayons, en dehors et assez loin du tube de Crookes qui les produit, sur des corps électrisés soustraits à la fois à toute action lumineuse et à toute action électrique extérieure.
- Nous avons fait agir les rayons d'un tube de Crookes, qu’actionnait une assez forte bobine, sur les feuilles d’or d’un électroscope Hurmuzescu, éloignées d’environ 20 cm du tube, et successivement chargées d’électricite positive et négative.
- Dans cet électroscope, le système conducteur isolé est à l’intérieur d’un cylindre Faraday, formé par une cage métallique rectangulaire, qui est mise en communication
- avec le sol, et que ferment deux vitres mobiles dont on peut à volonté changer la nature. L’isolement obtenu par un disque de diélectrine que recouvre le tube de garde per
- p.308 - vue 309/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 309
- met une conservation parfaite de la charge pendant plusieurs mois.
- C’est en remplaçant successivement, par différentes plaques énumérées plus loin, la vitre en regard du tube de Crookes (’) que nous avons obtenu les résultats suivants :
- Les rayons X déchargent immédiatement et complètement l’électroscope, plus rapidement si la charge est négative que si elle est positive. Cette action se produit au travers de plaques métalliques (aluminium) formant écran parfait, aussi bien au point de vue lumineux qu’au point de vue électrique. Elle se produit avec des degrés très différents de rapidité selon la nature et l’épaisseur des corps interposés. Nous avons donc ainsi à notre disposition une méthode nouvelle d’investigation applicable à l’étude de ces rayons et devant permettre d’obtenir sur leur véritable nature des indications importantes.
- Cette méthode permet, en même temps, de réaliser sur ces rayons une expérience de cours, très simple et très démonstrative.
- Voici le résumé de nos premières expériences :
- La plaque à étudier étant mise en place, l’électroscope chargé à 40° de divergence environ, le tube de garde replacé, le tube de Crookes mis en activité, nous avons observé :
- i° Papier noir (seize feuilles superposées), la chute des feuilles d’or est immédiate, et complète en quelques secondes ; elles ne se relèvent pas ;
- 2° Plaque de laiton de — de millimètre d’épaisseur, aucun changement dans la divergence des feuilles d’or ;
- 3° Plaque d’aluminium de ^ de millimètre, chute immédiate, complète en quelques secondes; même résultat avec des plaques d’aluminium atteignant jusquà 1 mm d’épais-seur et même plus, etle tube de Crookes étant
- 0) Celles qui étaient bonnes conductrices se trouvaient ainsi directement reliées au sel , les autres étaient dou-Wées, du côté des feuilles d’or, par une plaque d’aliuni-nium, de j.'io de millimètre d’épaisseur, dont nous avions préalablement établi le rôle.
- éloigné jusqu’à 30 cm; la chute complète des feuilles d’or exige à peine quelques secondes de plus.
- Nous avons soigneusement vérifié la valeur électrique de l’écran métallique formé par la cage et la plaque mises au sol.
- Les corps qui se laissent traverser facilement sont ensuite l'argent en feuilles battues, des feuilles de papier imbibées de dissolutions métalliques, la fibre vulcanisée, la gélatine, le celluloïd, l’ébonite, l’étain, etc.
- Ne se laissent pas traverser, au moins sous les épaisseurs employées : le laiton, le zinc, le verre, la porcelaine dégourdie (3 mm), etc.
- Nous ne donnons encore aucun résultat quantitatif, nous. proposant de développer l’emploi de notre méthode d’investigation à l’égard des rayons X (').
- L. Benoist et D. Hurmuzescu.
- EXPÉRIENCES SUR LES « RAYONS DE ROENTGEN » (s)
- 1" L’arc voltaïque produit dans l’air n’émet pas, d’une façon appréciable, de radiations jouissant de la propriété des rayons de Roentgen de traverser les corps opaques.
- Une plaque sensible au gélatino-bromure d’argent, enveloppée dans des substances opaques à la lumière, telles que plusieurs épaisseurs de papier noir, puis exposée aux radiations directes d’un arc de 20 ampères, à la distance de 0,40 mm, pendant quinze minutes, n’accusa au développement aucune impression sensible, tandis qu’elle décelait, dans les mêmes circonstances, une action très nette des rayons de Roentgen.
- Ce résultat semble démontrer, en outre, que les radiations ultra-violettes du spectre, dont l’arc est riche, ne traversent pas sensiblement les corps opaques.
- (*) Cos recherches ont été effectuées n 11 laboratoire de M. Lippmann, à la Sorbonne, i,r février 1896.
- (s) Ces expériences ont été faites au Laboratoire des Recherches physiques à la Sorbonne.
- p.309 - vue 310/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 2° Divers milieux colorés sont traversés avec une égale facilité par les rayons de Roentgen. L’expérience a été faite au moyen d’une feuille de zinc formant écran, percée de fenêtres devant lesquelles on disposait respectivement des gélatines colorées qui ne laissaient passer au spectroscope que des portions bien limitées du spectre. L’une des fenêtres était maintenue découverte et une autre était recouverte de gélatine incolore. Après une exposition aux rayons de Roentgen, derrière un écran de papier noir, la plaque photographique accusa au développement une égale impression produite au travers des diverses ouvertures.
- Albert Nodon.
- TRANSPARENCE DES MÉTAUX POUR EES RAYONS X.
- J'ai examiné quatorze métaux ou alliages usuels, au point de vue de leur transparence pour les rayons X. Les résultats obtenus sont consignés sur les photographies ci-join-tes que j’ai l’honneur de présenter à l’Acadé-
- Les métaux à essayer ont été laminés à l’épaisseur de 0,02 mm. et découpés en lamelles rectangulaires ayant 35 mm de longueur sur 7 mm de largeur, et collées côte à côte et parallèlement sur un même bristol. En outre, une lame témoin en platine, de 1/100 de millimètre d’épaisseur, est superposée au système des lamelles métalliques, qu’elle coupe transversalement.
- Ea plaque photographique sensible a été protégée contre la lumière par une double épaisseur de papier noir. Le système des lamelles métalliques a été appliqué pendant la pose contre ce papier noir ; la durée de la pose a été de 45 minutes, la longueur d’étincelle de la bobine excitatrice de 7 centimètres.
- Les métaux comparés ainsi sont les suivants: •plomb, %inc, cuivre, %inc amalgamé, élain, acier, or, argent, aluminium et platine.
- j L’expérience a montré que le platine seul sous cette épaisseur de 0,02 mm, est parfaitement opaque. L’aluminium est, comme on le savait déjà, très transparent.
- Les autres métaux dénommés ei-dessus ont une transparence appréciable,
- Le platine lui-même, sous l’épaisseur de i/ioodemillimètre, est facilementtraversé, car la bande témoin projette sur le cliché une ombre légère. On voit cette ombre traverser celles projetées par les autres métaux, ce qui montre la transparence de ces métaux.
- Le mercure mérite une place à part. Ce métal, sous l’épaisseur de 0,01 mm, paraît aussi opaque que le platine. Afin d’obtenir une lamelle de mercure de cette épaisseur, j’ai employé une cuve creusée dans du bois de 0,01 mm, de profondeur, fermée par une lame de verre mastiqué. Il resterait à voir si, sous une épaisseur de 1/100 de millimètre, par exemple, le mercure, à son tour paraîtrait transparent comme le platine.
- V. Ciiabaud.
- PHOTOGRAPHIE DES OBJ ETS MÉTALLIQUES
- A TRAVERS DES CORPS OPAQUES, AU MOYEN d’üNE
- AIGRETTE d’une BOBINE d’iNDUCTION, SANS TUBE DE CROOKES.
- En répétant les expériences de Roentgen sur la photographie des objets à travers les corpsopaques au moyen des tubes de Crookes, j’ai obtenu à travers une couche de carton de plusieurs millimètres des épreuves nettes de différents objets en métal (clef d’acier, support en cuivre d’une chambre claire, roue en aluminium). Toutes ces épreuves présentent le relief des objets dû à des ombres dont l’orientation indique que les rayons actifs semblent venir de la partie positive du tube de Crookes et contourner les objets.
- J’ai eu l’idée de substituer au tube de Crookes l’aigrette d’une forte bobine à m-
- p.310 - vue 311/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- duction, actionnée par un courant moyen de 6 ampères. L’aigrette était produite entre une pointe positive et un petit plateau ou une ou plusieurs autres pointes négatives.
- La plaque sensible a été placée avec l’objet à photographier (roue en aluminium de i mm ^épaisseur) à l’intérieur d’une boîte en carton complètement close. La boîte pouvait être disposée normalement ou parallèlement à l’effluve et en être séparée par du carton ou une planche en bois de 0,005 m d’épaisseur.
- Une première observation, faite avec cinq aigrettes normales à la boîte, n’a rien donné de sensible.
- Six autres photographies ont été faites avec une aigrette parallèle, et ont donné des épreuves négatives absolument nettes et très intenses.
- Toutes ces épreuves présentent un maximum d’action à la hauteur de l'aigrette. Elles indiquent ainsi que, comme dans le tube de Crookes, les rayons actifs viennent de la région positive du système oscillatoire.
- Les deux photographies, faites à travers bois, m’indiquent une absorption notable des rayons et une réfraction sensible que je n’ai pu mesurer exactement jusqu’alors.
- La durée de pose a varié entre une demi-heure et une heure, et j’espère pouvoir la réduire prochainement : l’intensité des épreuves indique la possibilité de la chose.
- J’ai essayé également de photographier avec une aigrette de machine électrostatique les objets précédents. Je n’ai rien obtenu jusqu’ici.
- G. Moreau.
- LES HYPOTHÈSES ACTUELLES NATURE des rayons de roentgen
- Au moment où j’écrivai mon précédent article {')5 je n’étais pas encore certain que Es rayons de Roentgen ne subissent une trace
- 0 Voir précédemment, page-joa.
- de déviation dans un champ magnétique inr* tense, et cela, malgré l’assertion de celui qui les découvrit. On n’avait- pas donné les détails des expériences, et quoiqu’il pût suffire de s’en tenir à l’assertion d’un expérimentateur aussi connuque le professeur Roentgen, l’immense portée du fait m’incita à effectuer pour ma propre édification une expérience directe. S’il yavaiteu une déviation’magnétique, la plus simple de toutes les hypothèses aurait été confirmée, c’est à dire l’hypothèse d’une sorte de pulsation analogue au son propagé par des particules électrifiées, progressant dans une seule direction, avec des échanges d’énergie, et transmettant le mouvement comme dans une chaîne de Grotthüs, mais par le simple choc matériel ; en un mot, une sorte de radiation électrolytique, comme je me suis exprimé. Les détails de cette hypothèse ont été exposés par le professeur Fitzgerald.
- Ma première expérience sur la déviation magnétique, la radiographie d’un aimant sur un fond de toile métallique, a seulement montré que si les rayons se trouvaient déviés par leur passage entre les pôles, le déplacement était très petit: mais je dois dire maintenant, d’une façon définitive, qu’une autre expérience m’a convaincu de l’absence de toute déviation et confirme le résultat annoncé par le professeur Roentgen.
- Un électro-aimant puissant, quoique petit, avec un champ très rétréci, a été photographié, en même temps qu’une paire de fils A et C (fig. 1) placés parallèlement à la ligne des pôles, mais plus près de la source de rayons, et avec un troisième fil H placé du côté de la plaque sensible, et de telle façon que son ombre nette et bien définie se trouvait projetée sur la plaque entre les ombres plus diffuses des deux fils A et C.
- Deux radiographies furent prises par M. Robinson, l’une avec l’aimant excité, l’autre avec l’excitation inversée. A la superposition des deux clichés, avec les ombres de B en coïncidence, on aurait pu découvrir le moindre décalage des ombres A et C. Mais
- p.311 - vue 312/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Qn n'observa absolument aucun déplacement, la coïncidence était parfaite. En conséquence, l’hypothèse d’un flux de particules électrifiées est définitivement écartée, ainsi d’ailleurs que le professeur Roentgen l’avait annoncé.
- Mais il faut remarquer que l’hypothèse d’un simple flux moléculaire (non électrifié) reste acceptable. L’unique question à élucider consisterait à expliquer sur cette base les effets observés. En ce qui concerne l’action photographique, on pourrait l’attribuer à la phosphorescence, mais il n’est pas certain qu’un
- Fig, i. — Dispositif de l’expérience de M. Lodge sur l’action d’un champ magnétique sur les rayons de Roentgen. S, source de radiations avec cathode sphérique. P, plaque sensible. N et S, pôles magnétiques. À et C fils situés l’un au-dessus de l’autre à environ 2 cm de distance. B, autre fil disposé de manière que son ombre se forme entre celles des précédents.
- tel flux ait le pouvoir d’exciter la phosphorescence. .
- Il faut se rappeler que le Dr Lenard avait trouvé dans ses rayons deux catégories, distinguées suivant leur plus ou moins grande sensibilité à l’action de l’aimant ; et il ne faut pas oublier que ses déviations ont été observées, non dans le tube à vide qui leur a donné naissance, et où d’ailleurs le fait de leur déviation était connu, mais à l’extérieur, après la « filtration » des rayons à travers une paroi d’aluminium. Il n’observa pas cette déviation dans l’air à la densité ordinaire, mais bien dans l’air modérément raréfié,
- mâis il montra que la variation de densité de l’air n’affectait pas la grandeur, mais seulement la netteté de la déviation minima, La circonstance qui avait une influence sur la grandeur de la déviation était la variation de densité du gaz contenu dans le tube raréfié générateur.
- L’hypothèse qui en découle naturellement est d’admettre que les particules très chargées jaillissant de la cathode abandonnent la plus grande partie de leur charge quand elles rencontrent la paroi en aluminium, et que les particules extérieures auxquelles le mouvement est communiqué, sont moins chargées et quelques-unes peut-être pas char-gées^dutout-É05 dernières exciteraient moins facilement la phosphorescence, de sorte que Lenard ne les aurait pas perçues; il n’aurait observé que celles qui auraient retenu ou acquis un minimum de charge, et qui de ce fait pouvaient être déviés.
- On peut donc encore se demander si les rayons découverts par Roentgen et qui ne subissent pas de déviation, sont ceux qui ne possèdent pas trace de charge.
- D’autre part, on sait que l’absence de déviation n’a été démontrée que dans l’air ordinaire, tandis que la présence du phénomène de déviation ne s’est manifestée que dans l’air quelque peu raréfié; l’investigation dans cette direction ne sera pas terminée avant que, par une autre expérience, on ait vérifie la non-déviabilité des rayons de Roentgen dans un vide assez élevé.
- Ce sont là les observations que suggère la presque défunte hypothèse de la matière radiante (défunte seulement, bien entendu, en ce qui concerne le genre particulier de rayons étudiés par le professeur Roentgen, peut-être même seulement en suspens. Je n’ai d’ailleurs aucunement abandonné l’hypothèse d’un bombardement de particules non chargées).
- Quant à l’autre hypothèse, dans sa conception générale, elle a pour base quelque mode de vibration. 11 est certain que rien ne paraît militer jusqu’à présent d’une manière absolue
- p.312 - vue 313/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- en faveur d'une perturbation périodique à vitesse de propagation finie ; mais le fait de la fluorescence de certaines substances, et celui de l’action chimique, suggère l’idée d’un mouvement périodique pas trop éloigné de la fréquence des vibrations des molécules.
- Admettons donc que ce fait rende vraisemblable que la cause des effets Roentgen soit à chercher dans quelque mode de perturbation ondulatoire de l’éther. La question qui se pose alors est celle de décider entre la lumière et le son éthériens. S’agit-il de vibrations transversales ou électriques obéissant aux équations de Maxwell, ou d’un mode de perturbation longitudinale exigeant une généralisation ou une modification de ces équation ?
- En partant du principe que nous devons appliquer, l’hypothèse la plus simple, jusqu’à ce qu’elle devienne insuffissante, il est nécessaire de considérer jusqu’à quel point on peut avoir recours à l’hypothèse des vibrations transversales ou électriques.La principale difficulté réside ici dans la transparence des conducteurs électriques. Pour les ondulations deMaxwell, c’est à dire pour la lumière de toute espèce, ces corps devraient être opaques. Mais déjà la translucidité des feuilles d’or a constitué une petite difficulté dans cette même direction, et l’on a montré qu’en considérant une structure non homogène ou poreuse, c’est à dire non indéfiniment grenue par rapport à la grandeur des ondes lumineuses, la difficulté peut être tournée d’une façon plus ou moins satisfaisante. Dans ces conditions, pourquoi ne pas admettre que ces nouvelles ondes soient beaucoup plus petites que celles connues à ce jour-1 Pourquoi ne pas les supposer comparables en grandeur avec les dimensions des atomes? En fait, si elles sont comparables quant à la fréquence, elles le sont forcément aussi quant aux dimensions, si elles vibrent transversalement, car l’unique allure à laquelle ces ondes peuvent se propager dans l’éther est exactement connue. É opinion des professeurs Schuster et Fitzgerald vient appuyer cette hypothèse.
- D’autres considérations en sa faveur sont les suivantes : On sait que les oscillations électriques dans les conducteurs ont le pouvoir d’exciter des ondes de lumière; on peut donc attendre les mêmes effets d’oscillations ayant pour siège les atomes; mais les ondes visibles ne se produisent pas de la même manière. La lumière visible paraît due à quelque chose de plus ressemblant à des vibrations sonores des atomes, comme si ceux-ci étaient des timbres ou des plaques mis en vibration par le choc. Des corps sonores de cette dimension vibreraient à la fréquence voulue, celle de 400 à 800 millions de vibrations par seconde.
- Mais les oscillations électriques ou hertziennes d’une charge sur un conducteur de grandeur atomique vibreraient immensément plus vite, étant régies non par la vitesse de propagation du son dans un atome, mais par la vitesse de la lumière, qui est environ 100000 fois plus grande. Par conséquent, et comme on l’a souvent montré, les oscillations électriques dans les atomes sont trop rapides pour la lumière; mais elles doivent se produire quand les atomes sont violemment perturbés, chargés et déchargés : et si des oscillations de ce genre existaient, elles émettraient des ondes transversales. Pourquoi ces dernières ne constitueraient-elles pas les rayons de Roentgen ?
- Cette question de la lumière ultra-ultra-violette extra-rapide, dont la défense est entre de bonnes mains, présente le grand avantage de ne mettre à contribution aucune propriété nouvelle ou inconnue de l’éther ; mieux encore, elle utilise une perturbation dont, tout en n'en connaissant pas d’autre manifestation, l’existence était à présumer jusqu’à preuve du contraire. II est inutile d’insister sur les grandes probabilités en faveur de cette hypothèse. Les considérations qu’on peut lui opposer se rencontrent incidemment dans ce qui suit.
- Nous arrivons maintenant à la dernière hypothèse, celle suggérée par le professeur Roentgen, appuyé à ce qu’il semble par le
- p.313 - vue 314/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- professeur Boltzmann, et que Lord Kelvin paraît considérer favorablement, (1) l’hypothèse du son étherien ou des ondes longitudinales dans l'éther. Les seuls phénomènes dont on admet jusqu’à présent qu’ils utilisent des propriétés d’efforts longitudinaux dans l’éther sont ceux de la gravitation et de la cohésion. Newton lui-même montra qu’une tension ou pression dans l’éther expliquerait la gravitation. Rien n’est connu quant à ces propriétés, et il est difficile de supposer que milieu ultime remplissant l’espace puisse être réellement compressible. Il n’est pas nécessairement compressible pour expliquer la gravitation et la cohésion, mais il doit être compressible ou simuler les effets de la compressibilité, s’il doit transmettre à une vitesse finie une perturbation périodique affectant les atomes.
- Admettons pour un instant une faible compressibilité, et considérons quelles circonstances peuvent dans un tube bien raréfié engendrer des ondes longitudinales. Nous avons dans le tube un violent torrent d’atomes frappant le verre. Supposons que le vide atteigne environ io'6 atmosphère — vide qui paraît être nécessaire pour obtenir de bons effets —- alors la distance qui sépare les atomes résiduels est une centaine de fois plus grande que dans l’air ordinaire, et un millier de fois plus grande que dans les liquides ; cette distance sera donc d’environ io"5 cm. Chaque endroit du verre sera donc soumis à une centaine de mille chocs pour chaque centimètre de longueur du flux qu’il reçoit. Mais la vitesse des rayons cathodiques a été mesurée directement par J. J. Thomson, et paraît
- H A ce propos, il est intéressant de se reporter au discours présidentiel de lord Kelvin, prononcé à la Société Royale, le 30 novembre 1893, sur les ondes hertziennes et la matière radiante, et dans lequel l'auteur prévoit avec confiance des progrès ultérieurs et donne un intéressant résumé de l’histoire des effets observés dans les tubes à air très raréfié. Il insiste sur le rôle important joué par Cromwell Varley, en 1871, avant Hit-torf et Crookes, dans la découverte des rayons cathodiques, et appuie fortement l'hypothèse de l’émission matérielle, en opposition avec beaucoup de savants du
- comparable à io7 cm par seconde. Donc, le verre sera frappé en moyenne en chaque point, 10"12 ou un billion de fois par seconde par la simple progression des atomes chargés négativement. Dans cette évaluation, on se trompe facilement d’un facteur 10, et certains endroits peuvent aussi très facilement recevoir dix fois plus de chocs par seconde, l’évaluation ci-dessus n’étant qu’une moyenne. La fréquence des vibrations lumineuses peut donc être atteinte occasionnellement, et non seulement échauffer, mais faire briller le verre.
- 11 est probablement tout à fait inutile d’avoir recours à cette rapidité du bombardement pour rendre compte de la fluorescence visible, mais cette rapidité est d’intérêt parce que dans un milieu compressible quelconque de semblables perturbations périodiques ne sauraient éviter d’engendrer quelque espèce d'ondes sonores.
- A côté de cela, on sait que les atomes eux-mêmes sont élastiques et ont une période de vibration définie, comme des plaques ou des cloches, propriétés mises en évidence par leurs lignes spectrales ; les chocs qu’ils reçoivent doivent donc être considérés comme devant vraisemblablement exciter en eux des vibrations ou des crispations. Les fréquences de celles-ci sont de nature à émettre des ondes lumineuses dans un éther possédant des propriétés électromagnétiques, les atomes étant chargés ; mais si elles se produisent dans un éther analogue à un fluide compressible, comment pourraient-elles ne pas exciter simultanément des ondes mécaniques ou sonores >
- Rien de certain ne peut être connu relativement à la longueur d’onde ou la vitesse de semblables ondes dans l’éther, avant qu’une expérience d’interférence ou de diffraction ait été effectuée, mais l’ordre de grandeur de la fréquence peut être assimilé à celle de la lumière, soit 10-15 par seconde, ou plus. La seule manière, à l’heure actuelle, de rassembler quelques données sur la longueur d’onde est d’observer :
- p.314 - vue 315/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 3i5
- i° La netteté des contours des ombres, et 2 l’épaisseur du milieu complètement opaque.
- Plus l’onde est longue plus les corps seront transparents, parce que les vibrations sont toujours amorties suivant une loi logarithmique, qui exige pour un amortissement notable un certain nombre de périodes ou au moins une certaine fraction de période. Une onde d’un mètre de longueur ne sera guère arrêtée par un obstacle d’un centimètre d’épaisseur. Sans connaître le taux d’amortissement, on ne saurait toutefois faire une évaluation numérique, mais on peut se baser sur la netteté des ombres. Prenons une source réduite à un point, et étudions la silhouette d’un objet tenu à une distance modérée de l’écran ou de la plaque sensible. On n’obtiendra pas d’ombre nette, si la grandeur de l’objet est comparable à une longueur d’onde et si ses dimensions sont petites ; ou si l’objet est de grandes dimensions et éloigné de plusieurs longueurs d’onde de la plaque. Car dans la théorie des ondulations, les ombres sont formées par interférence ; et les effets de diffraction se manifestent même lorsqu’un manque de précision quant à la source empêche l’obtention d’une image nette. Celle-ci ne ferait pas qu’indiquer la longueur d’onde, elle permettrait de la mesurer.
- On peut s’attendre à en connaître avant peu l’ordre de grandeur. M. A. W Porter, du laboratoire Carey Foster, a obtenu les radiographies les plus nettes que j’aie vues, et il a toutes les chances de réunir les données pouvant servir de base à une évaluation. Supposons qu’une longueur d’onde de 1 cm paraisse vraisemblable, la vitesse des ondes longitudinales hypothétiques serait alors de l’ordre des io’5 cm. par seconde, ou plus, c est à dire à peu près autant de fois plus rapide que la lumière, que celle-ci l’est par rapport au son.
- De semblables ondulations pourraient être dénommées ondes de gravitation ; quoique, en effet la gravitation n’exige pas de propagation ondulatoire, mais seulement un état de tension statique, on aurait toutefois dans
- ces ondes la vitesse'de propagation de cette tension pour le cas de la naissance d’une nouvelle portion de matière, ou celui du mouvement suffisamment rapide d’un noyau de matière déjà existant.
- Un mouvement de ce genre entraînerait probablement des effets d’aberration, mais ce . sujet notoirement difficultueux n’est mentionné ici que parce qu’il est intéressant de se demander si la difficulté de Laplace serait ressentie en astronomie dans le cas où la gravitation se propagerait un million de fois plus vite que la lumière. L’attraction du soleil se ferait sentir dans l’intervalle que met la lumière à parcourir 150 kilomètres, c’est à dire presque instantanément ; autrement dit, l’angle d’aberration terrestre pour la gravité n’aurait que la cent millième partie d’une seconde d’arc.
- Mais que devient l’expérience Cavendish-Faraday-Maxwell ? Cette expérience qui doit établir l’incompressibilité de l’éther, ou la loi électrostatique de l’inverse des carrés, ou l’impossibilité d’une charge électrique libre ou isolée(1). A moins de connaître la densité de l’éther, nous ne pouvons dire ce que doit être son élasticité en volume afin qu’il puisse transmettre à la vitesse indiquée des ondes à condensation. Le Dr Larmor a donné quelques raisons pour supposer que l’éther puisse être aussi dense que le platine. S’il en est ainsi et si la vitesse des ondes longitudinales est io'% l’incompressibilité est supérieure à ioXJ unités C. G. S.; trop grande pour être démontrée par une expérience de ce genre.
- Les points d’interrogation que nous posons ici n’ont d’autre but que d’aider à montrer qu’en l’état actuel de nos connaissances rien ne semble fatal à l’idée des ondes longitudinales dans l’éther; mais les arguments en leur faveur et relatifs aux rayons Roentgen sont encore à trouver. Sur la base d’une propagation ondulatoire quelconque, tout argument contre les ondes transversales est favorable aux longitudinales et vice versa ('j «Modem Views on Electrîcity""» "a«"édition, p. 9,
- s9> 31. 857-
- p.315 - vue 316/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 16
- Or, ce qui a suggéré à Roentgen l’idée des ondes longitudinales, c’est le fait du peu d’importance des propriétés cristallines; c’est à dire que le spath d’Islande et le quartz sont également transparents ou opaques dans toutes les directions. Si la tourmaline était transparente aux rayons de Roentgen passant le long de son axe ce serait une bien meilleure épreuve; c’est ce que j’ai mot-même constaté. J. J. Thomson a trouvé aussi qu’une paire de tourmalines ordinaires sont également transparentes que leurs axes soient croisés ou parallèles.
- On n’a jusqu’à présent observé rien qui puisse déceler une polarisation quelconque; fait qui milite contre les ondes transversales et en faveur des longitudinales. Mais le meilleur argument en faveur de ces dernières dérive du fait que ces rayons déchargent des corps électrifiés. Lenard l’avait observé, et, J. J. Thomson et moi-même avons obtenu le même résultat dans des conditions analogues à celles de Roentgen; mais ces rayons se distinguent de la lumière en ce qu’ils déchargent aussi bien des charges positives que des négatives.
- Or, Elster et Geitel ont montré que lorsque de la lumière polarisée décharge une surface bien plane elle produit le maximum d’effet lorsque l’oscillation électrique est en partie normale, non tangente, à cette surface ; en d’autres termes, c’est la composante longitudinale de la lumière ordinaire qui produit le plus d’effet.
- M. Robinson pense avoir observé la même particularité en ce qui concerne l’excitation de la fluorescence: obsérvation importante, si elle se confirme, mais l’étude n’en est pas encore terminée. En cas de confirmation, ces deux effets des rayons Roentgen seraient caratéris-tiques de vibrations normales.
- Quant à l’action photographique ou radiographique, elle est si lente qu’elle ne paraît due à un effet direct primaire, mais même là il semble que des pellicules épaisses conviennent mieux que des minces.
- Un autre fait qui fait songer à la gravita-
- tion réside en ce que les rayons Roentgen sont plus affectés par la gravité spécifique ou la densité ordinaire que par toute autre propriété de la matière. Ceci n’implique pas que la densité et l’opacité soient proportionnelles. De toute manière, les propriétés électriques de la matière paraissent sans aucune importance ; qu’elle soit polie ou rugueuse en masse compacte ou en poudre, la matière agit toujours de même sur ces ondes, comme par rapport à la gravité.
- Ni la direction de cristallisation, ni la forme n’ont d’effet sur ces ondes; un prisme d’alluminium ne peut les réfracter ; elles ne sont d’ailleurs ni réfractées ni même réfléchies d’une façon appréciable. S’il est établi que l’état physique est aussi sans importance de façon que les mêmes molécules obstruent au même degré quelque soit l’état d’agrégation, solide, liquide ou gazeux, nous posséderons un nouvel argument appuyant dans le même sens.
- 11 y a donc encore un vaste champ libre pour l’expérimentation. Quelques semaines suffiront sans doute pour fortifier notre conviction dans l’un ou l’autre sens, ou bien nous nous trouverons peut-être en face de faits nouveaux conduisant sur une autre voie non encore prévue.
- Pour terminer, rappelons que Lenard, Hertz, Goldstein, et les Allemands en général (avec la notable exception de Helmholtz) ont soutenu que les rayons cathodiques seraient quelque chose de plus qu’un courant de particules. Lenard le soutenait pour ses rayons extérieurs dans l’air, Hertz, je crois, pour les rayons dans le vide. Il est possible que le courant ou flux de particules existe, mais il peut être accompagné d’un phénomène dans l’cther. A l’extérieur du milieu de production, les deux phénomènes peuvent coexister dans les rayons de Lenard, l’un déviable, l’autre non déviable par l’aimant. Il est invraisemblable qu’il en soit de même dans le vide. J. J. Thomson a exposé une plaque sensible couverte aux rayons à l’intérieur du milieu raréfié et n’a obtenu aucun résultat. Il sem-
- p.316 - vue 317/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- V7
- blerait que le mouvement des particules seul ne puisse produire l’effet.
- Tout photographe touriste doit savoir si le soleil émet des rayons pouvant atteindre des plaques photographiques contenues dans une boîte opaque; mais même si les rayons cathodiques seuls n’exercent pas d’action directe. sans l’intervention d’une substance phosphorescente, l’absence d’une action directe solaire ne constituerait pas encore une preuve concluante du caractère non électrique des rayons de la photosphère, quoiqu’elle militerait fortement contre une méthode qui a été indiquée pour l’obtention d’une image photographique de la photosphère (').
- Dr Olivier Lodge.
- Membre de la Société Royale.
- LES RAYONS DE ROENTGEN A LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- M. Perrin expose les travaux du professeur Roentgen et ses expériences propres ; il projette des clichés représentant la bande continue sans aucune déviation apparente obtenue dans l’expérience de réfraction, la bande absolument exempte de franges que fournissent les rayons de Roentgen dans l’expérience de diffraction et la bande fournie par les rayons lumineux, sur les bords de laquelle se voient des franges très nettes. Il projette également l’image d’un porte-monnaie, d’une grenouille dont on voit le squelette, d’une seconde grenouille, dans les veines de laquelle on a injecté du mercure de façon à rendre visible son système vasculaire, etc.
- Il fait part de quelques découvertes récentes : M. Gossart, maître de conférences à la Eaculté des Sciences de Bordeaux a observé une action des rayons de Roentgen sur le ra-diomètre.
- Al. Joubin, professeur à la Faculté des
- •(') The Electrician, 7 février 1896.
- Sciences de Besançon, produit des décharges par le dispositif de Tesla. 'Un alternateur de fréquence 54 envoie, dans le primaire d’un transformateur, un courant de 10 ampères sous une tension de 50 volts ; la tension aux bornes du secondaire est de 5 000 volts. Sur chacun des pôles du secondaire, on intercale un condensateur de 0,1 microfarad de capacité, avec une distance explosive de 5 cm entre les bornes d’un micromètre à étincelle. Le courant à haute fréquence provenant de la décharge est envoyé dans le primaire d’un transformateur à huile, dont le secondaire est fermé sur un tube de Geissler. On n’observe rien de très particulier dans ces conditions, mais si l’on souffle l’étincelle, on obtient des rayons de Roentgen assez intenses pour donner une bonne épreuve avec une pose de 30 secondes.
- M. Bouty lit une lettre du professeur Pfaundler, de l’Université de Gratz, annonçant l’envoi d’une photographie obtenue à l’aide des rayons de Roentgen. La photographie est celle de la main d'une jeune fille, dont le squelette apparaît avec une netteté parfaite ; on voit également près du pouce un trait noir, qui représente un fragment d’aiguille enfoncé dans la main depuis trois ans. La plaque sensible était distante de 20 cm du tube actif; la pose a duré 15 minutes.
- M. Violle indique comment il a pu obtenir des rayons de Roentgen sans tube de Croo-kes ; il se sert d’une lampe à incandescence dans laquelle il produit la décharge à l’aide d’électrodes extérieures. La cathode est constituée par une feuille d’étain qui enveloppe la base de la lampe, l’anode est une bande fixée sur l’équateur de l’ampoule. On peut impressionner des plaques photographiques placées perpendiculairement et même parallèlement à l’axe de la lampe.
- M. Chapuis lit une note du professeur, H. Dufour, de Lausanne, qui a étudié-les conditions de production des rayons de Roentgen. Leur intensité est intimement liée
- p.317 - vue 318/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- â. la fluorescence du verre ; ils ne se produisent qu’avec une fluorescence vert clair, une teinte bleue ne donne rien. Le dispositif de Tesla fournit des rayons beaucoup plus intenses, qui permettent de réduire de moitié la durée de la pose. L’interrupteur rapide de M. Marcel Dcprez donne des résultats beaucoup meilleurs que celui de Foucault. M. Dufour a aussi étudié l’action des rayons de Roentgen sur les corps électrisés. Une feuille d’aluminium, collée sur ébonite, est reliée à un électroscope de Branly qui peut mesurer jusqu’à i 500 volts à 20 volts près. Cette feuille se décharge rapidement, en devenant fluorescente, lorsqu’on l’expose aux rayons de Roentgen. Une feuille d’or se décharge également. L’interposition d'une lame d’ébo-nite, d’une planche de bois, d’une feuille d’aluminium très mince ralentit considérablement l’action. L’augmentation de durée de la décharge donne une mesure de l’absorption par les divers corps interposés.
- M. Ilurmuzescu indique, à ce propos, qu’il a présenté lundi dernier à l’Académie des Sciences, une note dans laquelle il a décrit le même phénomène ; il l’a utilisé à la mesure de l’intensité des rayons de Roentgen émanant d’un point et vérifié la loi de l’inverse du carré de la distance.
- M. Raveau rappelle que les formules de dispersion de Helmholtz, Ketteler, Drude indiquent que, pour des valeurs extrêmement courtes de la période, les rayons ultra-violets auraient pour indice, dans tous les corps, l’unité, c’est à dire qu’ils cesseraient de se réfracter et de se réfléchir. Il est donc peut être prématuré de conclure à l’impossibilité de rattacher les rayons de Roentgen aux rayons ultra-violets.
- M. Broca se demande si les rayons de Roentgen ne sont pas simplement des rayons cathodiques. L’étude attentive du mémoire de M. Lenard montre que les rayons sont très peu déviés quand ils sont produits à une pression relativement élevée. II y a lieu de se
- demander dans quelles conditions on a produit jusqu’ici les rayons de [Roentgen. Ceci est d’autant plus nécessaire que toutes les autres propriété? signalées par M. Roentgen: transparence des divers milieux, métalliques ou isolants, action photographique, se retrouvent quoiqu’à un moindre degré, chez les rayons de M. Lenard.
- M. Perrin rappelle une des expériences de M. Roentgen : les rayons X semblent [prendre naissance aux points où les rayons cathodiques frappent la surface du verre ; si l’on dévie ces rayons par un aimant, c’est la nouvelle aire devenue phosphorescente qui est le point de départ de ces rayons. M. Perrin a répété l’expérience et il a vérifié également que, dans leur passage dans un champ magnétique intense les rayons X n’étaient aucunement déviés ; il semble donc peu probable que ces rayons ne soient que le prolongement des rayons cathodiques.
- LES LAMPES A ARC {')
- Le fonctionnement du coupe circuit de la lampe Creffieldtstà la fois simple, rapide et très sûr.
- Au repos les charbons B et B, sont (fig. 1 et 2) écartés. Au démarrage,le courant,passant par a b H, c, arrive au contact Js, alors appuyé sur le ressort J, lâché par l’électro I, puis sort par de. Il en résulte que H, attirant D, abaisse par C et le frein G le porte charbon supérieur A, de manière à amener les charbons au contact. Ce contact dérive par af une partie du courant sur 1 qui, attirant J, rompt le contact Js et le restant du courant qui passe par H,, insuffisant pour maintenir les charbons au contact malgré l’antagonisme de ce ressort, fait qu’il sépare les charbons de manière à amorcer l’arc.
- Quand le charbon supérieur arrive à sa fin, la butée isolée M, appuyant le ressort K, contre le contact F, fait passer tout le courant
- (1) L’Éclairage Électrique, 16 novembre 1895, p. 302,
- p.318 - vue 319/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 319
- par b H, h F K, i c, et coupé l’arc du circuit, parce queH,attirant D fortement, appuie, par F, C sur le contact K, ce qui ferme définitivement le circuit par H, A te.
- On voit que la lampe se trouve ainsi coupée au circuit non pas après un certain allon-
- gement de l’arc, mais à l’instant précis déterminé par la forme et la position de AI.
- Dans la lampe de Brockie représentée schématiquement par la figure 3 les charbons sont aussi au contact à l’origine. Quant le courant passe, l’armature A, attirant le frein à bande
- itielle Creffieïd (i
- st a. — Lampe difféi
- C, malgré l’antagonisme du ressort s. fait, par le serrage du frein C, puis par son cliquet P, pivoter B en sens contraire de la flèche de manière à amorcer l’arc, qui se maintient ensuite par le jeu de A du ressort s et du frein G On remarquera que ce ressort est enfermé dans un cylindre T, pivoté en T', ce qui permet au cliquet P de suivre la rotation de B ; une butée w l’empêche de se rapprocher trop de l’axe de B.
- En fîg. 4 la bande du frein C est fixée d’un part au lourd levier S, pivoté sur l’axe de B et, d’autre part au levier L, pivoté en S, sur S, et attaqué par A. Le cliquet de sûreté P est pivoté sur S de manière à entrer en jeu, comme précédemment, pour l’amarrage de l’arc qui se maintient ensuite normalement par le jeu seul du frein, limité par la butée E, sur laquelle S vient heurter après que Et a dégagé P de manière que les charbons puis-
- p.319 - vue 320/624
-
-
-
- 32(
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- sent alors revenir librement au contact.
- Dans la variante représentée en fîg 6, le poids S2 pendu à l’un des bouts de la bande du frein, tend à séparer les charbons, ce qu’il fait dès que A se soulève; mais, aussitôt que
- A s’abaisse, par suite d’un allongement de l’arc, le point G du levier LL', marchant p\Us vite que F, soulève S, qui relâche le frein C et permet le rapprochement des charbons le cliquet de suretc P n’intervenant, comme pré-
- ipe Brockie à frein articuté.
- cédemment, que pour l’amorçage de l’arc ou dans le cas d’un glissement excessif du frein. L’emploi d’un contrepoids S présente l’avantage de réduire au minimum le travail de A.
- Le frein de la lampe de Blackburn consiste (Gg. 7) en une bande A, dont la gaine flexible C, pivotée en B, porte deux sabots c c, enfilés sur A de manière que leur frottement sur la roue a soit sensible aux moindres variations de la tension de A. Le porte-charbon su-
- périeur est pourvu (fig. 8) d’un chuck en deux parties II H, saisissant le charbon et le maintenant par la pression du ressort 1 sur l’anneau KJ, tout en permettant, grâce à la forme sphérique de H, un alignement facile du charbon dans K.
- La lampe différentielle de Mann et Hermand a (fig. 9 et 10) ses solénoides en série A et en dérivation B glissés sur un tube a fixé en a, à l’enveloppe b C. Le courant passe de la borner
- p.320 - vue 321/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICJTE
- à c par A e dérivé travc
- n, les charbons et C ; le courant •se B par e By'C. Dans le tube a,
- se trouve un second tube g, guidé en j, avec armature/, ressort k et collet g,, butant o
- Blackburn (1894).
- porte-charbon inférieur h est guidé en n, par le bras ?i, fixé aussi à la tige ni par un joint à bayonnette y. Les charbons o oi..., introduits
- Fig. 9 et 10. — Lampe diiïérentielle MannstHermand. (1895).
- tre le taquet v, qui limite ainsi la descente de g-Dansg-, se trouve le tube porte-charbon supérieur l, fixé par un joint à bayonnette x. Le
- en nombre quelconque en l et U. sont poussés contre leurs pinces par des ressorts rrt, comme des bougies de voitures, et reçoivent
- p.321 - vue 322/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- le courant par les ressorts u tu, fixés près des pinces aux tubes l et U .11 suffit,pour avoir dans la main les tubes l et de défaire leurs joints à bayonnette x et v, et de défaire ceux des pinces p et pi pour renouveler les charbons. Pour retirer g, il suffit de dévisser e et j, ce
- Fi g. il a 19. — Lampe différentielle Whejgss (it Détail des contact
- conducteurs avec les porte-charbons, et, quand les charbons sont brûlés, les pinces pp, coupent automatiquement le circuit.
- Au repos, les charbons sont au contact, puis A les sépare en soulevant g par i, et Tare se maintient ensuite par le jeu différentiel de A et de B, sans interposition d'aucun mécanisme intermédiaire, c’est à dire d’une façon cinématiquementlaplussimplepossible.
- La lampe de Wheïess est (fîg. n à 19) commandée par deux solénoides différentiels II, for-
- qui permet d’enlever l’enveloppe C et d’accéder aux solénoides. Enfin, le tube g porte à sa partie supérieure un cylindre q, rempli de glycérine, et formant dash pot avec le piston s, fixé sur a par la traverse s,. Des bouchons à ressorts t et assurent le contact des
- jj). Schéma des circuits. Ensemble de la lampe.
- mes chacun de deux enroulements en opposition, l'un en fils fins, l’autre en gros fils, actionnant, par leurs armatures lamellaires h„ le collier G, équilibré par un contrepoids, et qui saisit le porte-charbon supérieurpar les cames F des bielles f/,. Un troisième solénoide l, excité tant que la lampe fonctionne, attire le levier M. intercallé dans le circuit, comme l’indique le schéma (fig. 11), et qui, tombant dès que le circuit de l’arc est interrompu, ferme un contact de coupe-circuit. Ce contact est formé (fig. 15) par deux parcelles de
- p.322 - vue 323/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- charbon ni encastrées dans des touches de j d’ébonite fixe N et l’autre sur une série de métal n* et m-, reposant l’une sur une plaque • plaques mtmimt, alternativement d’ébonite,
- Lampe double Gtoynne et Kennedy (1895),
- de métal, puis d’ébonite, et solidaires du levier M.
- La lampe double de Grvynne et Kennedy se
- compose (fig. 20a 22) de deux mécanismes de Pilsen, avec armatures coniques, groupés de la manière suivante Le courant, admis en
- p.323 - vue 324/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 324
- i, traverse les deux solénoïdes en série aa,, puis arrive pars à la borne k, d’où il passe,
- par let w, aux armatures a a, et aux porte-charbons supérieurs, puis, par l’arc en mar-
- du frein.
- solénoïdes divisés /?£>,, groupés en quantité
- Afin d’assurer le départ de l’un des arcs
- Lampe Burnand (1894).
- avant l’autre, et de les empêcher de brûler ensemble, l’un des solénoïdes en série a porte plus de tours que l’autre aMde sorte qu’il écarte d’avantage et plus vivement ses charbons, et que l’arc jaillit d’abord entre les charbons de a, et de è,, jusqu’à ce que l’augmentation de sa résistance fasse passer en b un courant assez intense pour rapprocher suffisamment les deux autres charbons.
- Fig. 26 à 29. — Lampe Burnand détail du frein.
- che, à son charbon inférieur, et enfin, pas t. à la borne négative, avec dérivation par les
- Dans la lampe en dérivation de Nic^erth, dès que le courant passe l’armature D (fig 23
- p.324 - vue 325/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- et 24) soulève ses leviers cc, dont les extrémités cc, s’abaissant, avec le train de pignons G, déclanchent ce train en KMM’, de manière que le porte-charbon II, solidaire de G par son cliquet J, descende au contact de L. Le courant passe alors presque tout entier par HL, et D, remontant cc, amorce l’arc.
- Les charbons inclinés de la lampe Burnand conjugués par H JH sont(fig. 25 à 29) au contact quand la lampe est au repos. Quand on lance le courant, l’électro en série N attire le levier L l de manière à faire pivoter la roue K et à
- -Lampe Jandus.
- écarter les charbons par l’engagement du taquet ms dans le rochet de la roue K, solidaire de J: puis, l’arc une fois amorcé, L s’abaisse un peu de manière à dégager m.À, tout en laissant le ressort P appuyer le sabot m' sur la jante lisse de K jusqu’à ceque, l’arc augmentant, m poussé par QM lâche K, comme en % 28 et laisse les charbons se rapprocher.
- Éa fig. 30 représente l’une des dernières
- modifications de la lampe Jandus. L’arc jaillit dans un petit globe P, à peu près étanche et
- t'ig. 31. — Protège charbons Selbold (1895).
- renfermé dans un grand globe N, bouché hermétiquement à sa partie supérieure et fermé au bas par une soupape o, à ressort l.À, pouvant céder à la pression des gaz en V et pas tout à fait étanche. Il en résulte que l’arc ne tarde pas à être environné d’une masse de gaz inerte, presque entièrement d’azote, en communication avec l’atmosphère extérieur suffisamment pour maintenir sa pression en V, mais avec une très faible introduction d’air,
- p.325 - vue 326/624
-
-
-
- 326
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- de sorte que la durée des charbons se trouve notablement prolongée.
- Dans le même but M. Selbold enferme l’arc
- Fig. 32. — Attache Crcnipton (1895).
- dans un petit globe A (fig. 31 (presque étanche, et pourvu d’une toile métallique C, de 5 fils au centimètre, qui a, paraît-il, pour effet de maintenir le globe très propre en rabattant dans c toutes les poussières de l’arc sans en atténuer sensiblement la lumière.
- Je citerai enfin, comme détail intéressant, l’attache de Crompton représentée par la fîg. 32, constituée par deux douilles de porcelaine Bi B., emmanchées sur l’enveloppe a de la lampe, cimentées en e, et fixées au tube de suspension c par les écrous d et dx,
- Gustave Richard.
- REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Thermophone, par H. E. Warren et G.C. Whipple.
- Ce pyromètre est construit de la façon suivante :
- Dans les deux branches L et L' d’un pont de Wheastone, sont montées deux bobines A et B formées de deux métaux ayant des coefficients de température différents. Les deux autres branches sont formées par un fil métallique continu CD sur lequel peut glisser un curseur y.
- Le galvanomètre sera ramené au zéro lorsqu’on aura
- A___Cy
- B —D'/
- Les coefficients de température de ces deux métaux étant connus, on peut en déduire immédiatement la température du lieu où sont placées les bobines A et B. En pratique le fil CD est disposé en arc de cercle et le curseur y est formé par une aiguille mobile autour du centre de ce cercle et se déplaçant devant un cadran gradué en degrés de température.
- Fig. ] . — Thermophotie Warren et Whipple.
- Au lieu d’employer un galvanomètre G, on peut employer avec avantage un téléphone, un vibrateur étant interposé dans le circuit. C’est pourquoi les inventeurs ont donné à cet appareil le nom de thermophone.
- Dans l’appareil réalisé, une des bobines A est en cuivre, et l’autre B en maillechort; une différence de température de 50 F (207/9 C) correspond à une déviation du curseur de r degré du cadran. On peut mesurer des températures variant entre io° et 50e C, à 1/10 de degré près.
- G. P.
- Pyromètre électrique Simond.
- Deuxfils fins A, l’un en platine et l’autre en alliage de platine, forment un couple thermo-électrique dont les deux extrémités sont
- O Electrical Review (New-York) 13 Nov. 95, P' 277-
- p.326 - vue 327/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 327
- reliées par deux forts fils de cuivre H H, à un galvanomètre sensible I7. Les fils thermo-électriques sont placés à l'intérieur d’un tube enfer B, de 1,27 cm de diamètre et celui-ci
- est enveloppé d’un autre tube en fer C de 3,81 cm de diamètre. Un courant d’eau froide arrivant en E et s'échappant en D circule dans l’espace annulaire existant entre ces
- deux tubes et empêche réchauffement du corps de l’appareil. La longueur du pyromètre est de 1,20 m environ, mais peut être augmentée s’il est nécessaire. Le tube C est scellé dans les parois du four et son extrémité A placée dans l’espace dont la température doit-être mesurée. La circulation d’eau permet d’obtenir des mesures exactes à un instant quelconque de l’opération, en évitant les échauffements anormaux.
- Lagraduation est faite expérimentalement, au moyen d’un thermomètre pour les températures inférieures à 300° C, et en plongeant le couple thermo-électrique dans des métaux en fusion pour les températures plus élevées. Une table établie expérimentalement permet de corriger les erreurs dues aux variations de la température extérieure.
- G. P.
- Traction électrique sur les canaux, par Milligan.
- Des poteaux tels que P sont érigés sur les herges du canal; ils portent, à leur partie supérieure un fer à double T, R, et un peu plus bas, un conducteur électrique isolé U. Un moteur électrique M, placé sur un chariot qui peut rouler sur le rail R, entraîne par des roues d’angle les galets G qui viennent s appliquer sur les joues du rail, Un câble II, fixé sur le chariot, et pouvant être attaché sur le bateau à remorquer, sert à opérer la traction. Une corde F, manœuvrée
- du bateau, commande la tige d’un piston à ressort b\ le cylindre dans lequel se meut ce piston est muni de contacts qui servent à introduire dans le circuit du moteur des résistances d’autant plus faibles que la corde est plus tirée.
- Au repos, les galets G frottent à peine sur
- les joues du rail R; un système de leviers G', commandés par le câble H, les y applique avec une force proportionnelle à l’effort de traction nécessaire pour remorquer le bateau. La position du piston b est également commandée par la traction sur la corde F. Pour mettre le remorqueur en mouvement, il suffît de tirer à la main la corde F, ce qui a
- p.327 - vue 328/624
-
-
-
- ,28
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- pour effet de fermer sur une résistance assez forte le circuit du moteur; celui-ci se met donc à tourner et roule sur le rail dans la direction de la flèche. La traction qui en résulte sur les câbles F et H augmente à la fois le courant et l’adhérence des galets sur le rail. Pour arrêter, il suffit de donner du mou à la corde F ; le piston b revient à la position de repos et le courant est interrompu.
- G. P.
- Signaux pour croisements de tramways électriques de la Skeen Electric Switch and Signal 0°.
- Pour avertir qu’une voiture de tramway électrique est àpeu de distance ducroisement de deux voies Wet S (fig. i ), un contact représenté en figure 2, est placé en L sur le fil à
- trôlet T. Lorsque la voiture allant, par exemple, de droite à gauche, passe en ce point L, la roue du trôlet frotte sur ce contact et un courant est lancé dans le solénoide A (fig, 1, 3 et 4) qui attire son noyau B. Celui-ci, par une bielle F et une manivelle II, fait placer le voyant D dans la position verticale et, au
- moyen des ressorts C et du contact C', allume les lampes inférieures qui donnent une lumière rouge R dans la direction de la ligne transversale et une lumière verte dans la di-
- rection de la ligne parcourue par la voiture. La voiture venant sur la ligne transversale est ainsi avertie qu’il y a danger à passer. Comme les voyants D offrent une grande prise au vent et pourraient être manœuvres indûment par celui-ci, un système d'enclanche-ment très simple, représenté en figure 4, a été adopté. Les bielles F sont munies à leur partie inférieure d’une fente G dans laquelle vient s’engager une cheville placée sur la manivelle H. Comme il y a deux solénoïdes Aet A', ce dispositif est symétrique par rapport à l’axe E sur lequel est fixé le voyant D. A une hauteur convenable, sont pratiquées dans le
- du sémaph
- support deux ouvertures I et I'. Lorsque un des solcnoides A est actif, l’autre A' est inerte; les deux noyaux sont donc l’un à fond de course et l’autre complètement hors de 1 é-lectro. Dans ces conditions, par suite du mode d’accouplement par les fentes C et les chevilles, l’extrémité inférieure de la bielle f tombe dans l’ouverture I' et ne peut en sortir
- p.328 - vue 329/624
-
-
-
- REVUE D’itLECTRICITÉ
- 329
- tant que la tige B' n'est pas tirce verticalement, ce qui ne peut avoir lieu que lorsque la voiture venant en Al (fig. 1) lance le courant dans I’électro A'; le voyant B est alors rame-
- Fig. 4. — Détail de l’enclanchement.
- né à la position indiquant que la voie est libre et les lampes sont éteintes. La voiture venant de haut en bas se met alors en marche
- 'g- 5- — Vue d’ensemble du sémaphe
- en passant en U et M' elle produira des actions semblables à celles que nous venons de décrire’, mais sur d’autres solénoides commandant un voyant placé à angle droit avec ta premier; en outre, les lampes du haut seront seules allumées; leur couleurs sont disposées en sens inverse de celles des lampes inférieures.
- Be .système s’applique facilement à des
- voies simples ou doubles : en outre, pour plus de sécurité, on peut interposer, près des crois-sements, une section isolée J' ou K'(fig, 5) dans laquelle le courant est interrompu automatiquement lorsque le sémaphore est actionné. G. P.
- L’industrie de l’aluminium aux Etats-Unis.
- Bien souvent nous avons entretenu 'nos lecteurs des progrès techniques accomplis dans la métallurgie électrique de l'aluminium et leur avons signalé les applications nouvelles que reçoivent journellement ce métal et ses alliages. Nous complétons ces renseignements en reproduisant ci dessous, d’après La Métallurgie, une correspondance, adressée de New-York à YIronmonger de Londres, qui montre le développement considérable qu'a pris Vélectro-métallurgie de l’aluminium aux Etats-Unis pendant ces dernières années.
- La première fabrique américaine d’ustensiles en aluminium commença scs opérations en 1892 et produisait, à cette époque, une douzaine d’article différents : actuellement, sa fabrication comporte environ trois cents articles, parmi lesquels dominent les ustensiles de ménage.
- Lorsque les fabricants d’ustensiles en métal virent que les prix de l’aluminium laminé diminuaient, et que l’usage decc métal, tendait' à sc vulgariser, ils commencèrent à fabriquer quelques articles que leurs voyageurs essayèrent de placer un peu partout dans les grands centres de population. En ce moment, il existe aux Etats-Unis une dizaine de fabriques produisant de trente à cinquante espèces d’articles en aluminium; mais jusqu’ici, leur production a encore été limitée, parce que l’aluminium en feuilles ne pouvait être obtenu en quantités suffisantes pour satisfaire à la demande.
- Depuis la décision des tribunaux américains au sujet de la question des brevets, la Pittsburg Réduction Company est la seule compagnie américaine produisant l’aluminium brut.
- p.329 - vue 330/624
-
-
-
- 33<
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- • Les industriels américains doivent donc passer par ses exigences ou payer un droit d’entrée de io cents la livre pour l’aluminium importe, ce qui est encore plus onéreux et les empocherait de lutter avec leurs concu -rents.
- L’installation d’une partie de ses usines, près des chutes du Niagara, a permis à la Pittsburg Réduction Company de faire une diminution assez notable sur le prix de l’aluminium en lingots et en feuilles. A l’usine de Kensington, le prix de revient du charbon rendu en magasin n’était que de 0,65 dollar la tonne ; mais le coût de la force motrice électrique fournie par les chutes du Niagara est encore sensiblement inférieur. De plus, la Compagnie possède les meilleurs gisements de bauxite des Etats-Unis, ce qui lui permet de dominer complètement le marché.
- Elle vient néanmoins de réduire ses prix, et ce, bien que la demande ait augmenté au point qu’il lui est très difficile d’y satisfaire, et que les commandes ne sont exécutées qu’après des délais parfois assez longs. Le tableau ci-après indique la production, et le prix de l’aluminium aux États-Unis pendant la période décennale 1884-1893 :
- 1892............. 259000 0,66 i72 834
- 1895............. 333629 0,75 266903
- En 1894. la consommation de l’aluminium aux Etats-Unis s’est élevée à environ 500 000 livres, et l’on estime que la production atteindra environ 2 millions de livres en 1895.
- Les usines du Niagara sont dirigées par M. Charles F. Hall, l’inventeur du procédé électrolytique, et le travail y est poussé de
- manière à obtenir le maximum de production. Un journal américain annonce même que les installations seront agrandies prochainement, de manière à doubler la capacité de production.
- I/augmentation rapide qui s’est produite pendant ces derniers temps aux Etats-Unis dans la demande d’articles en aluminium'est due, en partie, à la curiosité qu’à excitée dans le public américain la construction en aluminium de la coque et de la charpente du contre-torpilleur Défender.
- Ce fait annoncé et commenté dans tous les journaux produisit l’effet d'une immense réclame, et les articles en aluminium ont acquis rapidement une grande vogue à tel point que des magasins ne vendant que des objets de ce genre se sont ouverts dans la plupart des localités de quelque importance.
- De leur côté, les bijoutiers ont commencé à fabriquer des lorgnettes, des boutons de chemises et de manchettes, des chaînes de montres, etc., en aluminium, tandis qu’ail-lcurs on vend des nécessaires de toilette, des brosses, des miroirs etc., également en aluminium.
- Trois fabriques de bicyclettes emploient des jantes en aluminium et une usine de Boston vient d’inventer un nouveau modèle de ce genre qui sera probablement très demandé pendant la saison prochaine.
- Pour beaucoup d’usines, la fabrication d’objets en aluminium n’a nécessité aucune installation nouvelle, les machines employées pour d’autres métaux ayant pu servir sans subir aucun changement.il existe, il est vrai, quelques établissements qui ne fabriquent que des articles en aluminium, mais la pL' part continuent à produire en même temps des objets en cuivre et en laiton, ce qui est, paraît-il, plus avantageux parce qu’il n est pas nécessaire d’avoir de trop grands stocks en magasin.
- Cette industrie a pris une telle extension qu’on cite une fabrique qui consomme a elle seule environ 10 tonnes d’aluminium par mois et occupe plusieurs centaines d ou-
- p.330 - vue 331/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 33
- vriers. Du reste, on peut dire que presque tous les fabricants américains de quincaillerie, mercerie, etc., n’attendent plus qu’une baisse sensible du prix de l’aluminium pour substituer ce métal au cuivre, au laiton, au zinc, à l’étain et même au fer-blanc dans la fabrication d’une foule d’articles.
- Parmi les principaux objets fabriqués actuellement en aluminium on peut citer : les tambours, les graisseurs pour machines, les plaques lithographiques, les pièces de friction en alliage d’aluminium, les dés à coudre, les échantillons et modèles de machines et autres objets pesants, les patins, les instruments de musique, y compris les violons, les baignoires, les ventilateurs, les treillages, les lettres et ornements pour enseignes, les gourdes, les bouchons, les plumes, les boutons, les ustensiles de ménage, tasses, vaisselles, etc.
- La coque du navire en aluminium, le Dc-fender, dont il a été fait mention plus haut, est composée d’un alliage d’aluminium contenant environ 4 0/0 de nickel; elle a été enduite d’une épaisse couche de couleur et ne montre aucun signe de corrosion.
- D’autre part, l’emploi de l’aluminium comme agent réducteur dans la production de certains métaux commence à prendre une grande importance. L’aluminium a l’avantage de ne pas contenir de carbone et il convient très bien pour la production de métaux tels que le chrome, le manganèse et le nickel, qui sont très employés actuellement dans la fabrication de l’acier.
- Comme agent réducteur, l’aluminium n’est surpassé que par le sodium et le potassium métalliques, mais l’oxydation rapide de ces deux métaux plus électro-positifs les rend moins propres que l’aluminium pour les opérations courantes. En pratique, l’oxyde ou matre sel de métal à réduire est d’abord dis-sous dans un fondant convenable porté à la température nécessaire ; l’aluminium ou métal électro-positif employé comme agent réducteur est ensuite plongé dans la masse en fusion. Dans l’action chimique qui s’ensuit,
- le métal électro-négatif est précipité et l’aluminium se mélange avec l’acide du sel enfu-
- Les Etats-Unis importent d’assez grandes quantités d’objets en aluminium de la Suisse, de 1’Allemagne et de l’Autriche, mais, en général, ce sont des articles de fantaisie que ne produisent pas les fabricants américains.
- On en est encore toujours à chercher une bonne soudure pour l’aluminium et le besoin s’en fait vivement sentir. Un inventeur de Philadelphie a obtenu, paraît-il, des résultats très satisfaisants, mais la soudure parfaite reste encore à trouver et l’on a fait relativement trèspeu de progrès sous ce rapport.
- Par contre les essais faits avec des alliages à base d’aluminium ont donné de très bons résultats. Les alliages d’aluminium avec de l’étain n’ont pas donné les résultats qu’on en attendait, mais ceux composés d’aluminium mélange avec du zinc, du bismuth, du nickel, du cadmium, du magnésium, ou duman-ganèse, ont été trouvés satisfaisants et peuvent être employés avec plus ou moins de succès. Tous ces alliages sont plus durs que l’aluminium pur et c’est en les combinant avec du cuivre, du plomb ou.de l’antimoine que l’on a obtenu les meilleurs résultats ; quelques-uns d’entre eux ne contiennent pas plus de i à 2 pour 100 d’aluminium.
- En ajoutant 5 à 15 pour 100 d’aluminium au métal pour caractères typographiques, composé de 20 0/0 d’antimoine et de 80 pour 100 de plomb, on obtient des arêtes beaucoup plus vives et des caractères beaucoup plus durables. L’addition d’un peu d’aluminium au laiton ordinaire augmente sa résistance et ses qualités anticorrosives.
- Les mélanges d’or et d’aluminium donnent également de très bons alliages ; ils contiennent d’ordinaire 10 0/0 de cuivre et sont employés dans la fabrication des peignes, couteaux, fourchettes, cuillers, etc. Lorsqu’ils sont bien combinés, ils ont l’aspect de l’or et sont pour ainsi dire inaltérables, mais certains alliages à bon marché contiennent
- p.331 - vue 332/624
-
-
-
- 332
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- une proportion de cuivre beaucoup plus grande et se ternissent rapidement.
- La Pittsburg Réduction Company a annoncé dernièrement qu'elle était prête à fournir désormais des alliages d’aluminium pouvant remplacer le laiton pour pièces coulées et qui auront un poids spécifique variant de 5,00 à 5,15, contre 8,21 à 8,44 pour le métal jaune. Ces alliages contiennent une plus grande proportion d’aluminium que le laiton ne contient de cuivre, et si l’on multiplie le prix de vente du laiton en lingots par son facteur de poids relatif, on trouve que le prix de l’alliage d’aluminium est égal et parfois même plus bas, en tenant compte seulement du volume et abstraction faite du'poids. On peut donc s’attendre à voir bientôt l’emploi de l’aluminium sc répandre, non seulement dans les arts, mais aussi dans un grand nombre de constructions mécaniques, où il pourra remplacer avantageusement le laiton.
- J- R-
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Société Internationale des Electriciens
- Séance du 5 Février 18g6 L’ordre du jour portait une communication de Al. Perrin, sur le sujet d’actualité: Sur les rayons X de Rœntgen ; photographie à travers les corps opaques; expériences. Dans un but sans doute très louable de vulgarisation, la Société avait cru devoir envoyer un nombre si considérable d’invitations à des personnes étrangères, que tous les invites n’ont pu trouver place dans la salle des séances et que les sociétaires ayant eu le malheur d’arriver à l’heure ordinaire ont dû rester à la porte, dans la rue. Nous étions de ce nombre; et comme les vibrations sonores ne traversent pas encore les corps opaques, nous sommes forcés de remettre à une date ultérieure le compte rendu de cette séance. Nos lecteurs
- sont d’ailleurs au courant de tous les travaux qui ont etc publiés à ce sujet.
- G. P.
- Société Française de Physique
- Séance du ij janvier
- AL Guillaume présente, de la part de Al Guerre, un timbre chantant et un diapason magnétique, actionnés cTune façon semblable par un électro-aimant dont le circuit est coupé à intervalles égaux par l’instrument lui-même.
- Le timbre, en acier, recouvre un électroaimant en circuit avec une pile, la tige du timbre, la cloche elle-même, et un petit ressort de platine, qui appuie très légèrement sur le timbre. Les vibrations de ce dernier suffisent pour interrompre le contact, de telle sorte que les impulsions sont toujours de même rythme que les oscillations que Ton veut produire. Le son s’enfle graduellement et acquiert, au bout d’un temps très court, une assez grande intensité.
- Ce timbre peut remplacer la trembleuse comme appel ; il peut, comme le diapason, servir à donner le ton dans les orchestres, ou même devenir un instrument de musique propre à fournir des effets particuliers.
- Séance du 7 février (’).
- M. Vtoile présente un étalon photomé-triquo à l’acétylène déjà décrit dans ce journal. 11 rappelle pourquoi il faut donner la préférence aux flammes dans le choix d’un étalon photométrique. Le platine émet une lumière trop rouge si on le prend trop loin de son point de fusion. 11 n’est pas bien certain qu’avec le charbon un même courant donne toujours le même rayonnement; on est d’ailleurs arrêté par la difficulté de limiter la surface utile. Les manchons du type Auer présentent des altérations assez rapides dues à l'incgale volatibilité des matières qui les constituent et à la grande influence qu’exercent des quantités même très faibles de matières d’oxyde de cérium, par exemple'
- (') Voir page 317, les communications relatives aux rayons de Roentgen.
- p.332 - vue 333/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- m
- ajouté à l’oxyde de thorium). L’alimentation jjes flammes par des solides ou des liquides donne des résultats entièrement variables; ]a bougie n’a aucune constance. La lampe Carccl cependant peut être utile pour l’étude du pouvoir éclairant des gaz; elle ne présente jamais d’à-coups, mais elle varie continuellement; sa consommation peut passer d’un jour à l’autre de 40 à 44 grammes, par exemple, sans qu’il soit possible de ramener par un calcul de correction l’intensité à ce qu’elle serait pour la consommation normale de 42 grammes. Il faut s’adresser aux gaz ou aux vapeurs. Le bec Bengel, muni d’un régulateur Giron et d’un écran de Mcthvcn, est un très bon étalon dans une grande ville où la composition du gaz varie très peu. La lampe Siemens à acétate d’amyle est en réalité une lampe à alcool bien construite, mais l’acétate très volatil distille et vient brûler à l’extrémité d’une forte mèche; on a ainsi un corps de composition chimique défini brûlant à l’extrémité d’un tube de diamètre fixe; le seul inconvénient est que la lampe est beaucoup trop faible; l’éclat ne dépasse pas celui d’une bougie; de plus,’ la lumière est beaucoup plus rouge que celle de la bougie ordinaire. Dans la lampe à pentane de Ver-non-Harcourt, le débit varie beaucoup avec la température du laboratoire.
- Répondant à une observation de M. Le-chatelier, M. Violle indique qu’il a reconnu que l’entretien de la propreté du tube d’acier par lequel, dans son étalon, arrive le gaz est une condition essentielle du bon fonctionnement de l’étalon ; on a toujours plusieurs tubes de rechange et on a construit un fil calibré qui permet de nettoyer fréquemment l’intérieur des ajutages
- M. Lechatelier indique que la teinte rose qui borde la flamme de l’acétylcne est peut-être due à la volatilisation d’une portion de la chaux que contient la stéatite. Il remarque accessoirement que des mesures de température d’une flamme effectuées en y plongeant une soudure thermoélectrique donnent en réalité une valeur intermédiaire entre la
- température de la flamme et celle du milieu vers lequel elle rayonne; il indique aussi que le pouvoir éclairant dépend essentiellement de l’intensité du bec; il faut brûler près de 1,5 litre par bougie pour un bec d’une bougie et la consommation tombe à 1 litre par bougie pour un bec de 5 bougies.
- C. R.
- Observations à propos de la Note récente de M. G. Le Bon, sur la lumière noire, par M. G.-H. Niewenglowski (').
- « J’ai répété l’expérience de M. Gustave Le Bon, mais dans l'obscurité, sans aucune source de lumière ; le résultat a été le même que celui de M. Le Bon, ce qui semble indiquer que l’image développée sur la plaque sensible provient de l’énergie lumineuse emmagasinée par le cliché lors du tirage d’épreuves positives, énergie qu’il a conservée et communiquée à la plaque sensible.
- » On peut rapprocher de ce fait le suivant, indiqué pour la première fois par M. Laou-reux, et que j’ai eu souvent l’occasion d’observer. Une plaque exposée à la chambre noire et non développée étant mise en contact, ou à une petite distance, d’une autre plaque sensible qui n’a pas subi l’action de la lumière, on peut révéler une image sur les deux, la seconde étant plus faible (* 5). »
- CHRONIQUE
- École professionnelle supérieure des Postes et Télégraphes. — Unconcourssera ouvert, aumoisde juin 1896, pour deux places d’élève à la deuxième section de l’École professionnelle supérieure des postes et télégraphes, qui est destinée à former les ingénieurs de l’administration.
- C) Comptes rendus, t. GXXI1, p. 232; séance du
- 5 février.
- (s) Ces expériences, qui ne réussissent pâs avec toutes les plaques, semblent, comme l’a dit Edcr à propos de celle de M. Laoureux, provenir d'une sorte de phosphorescence de la gélatine.
- p.333 - vue 334/624
-
-
-
- 334
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Sont admis à concourir :
- Les agents et sous-agents des postes et télégraphes comptant au moins deux ans de service;
- Les licenciés ès sciences;
- Les anciens élèves de l’École polytechnique ayant satisfait aux examens de sortie ;
- Les anciens élèves de l’École normale supérieure ayant satisfait aux examens de sortie ;
- Les anciens élèves de l’École nationale des mines ayant satisfait aux examens de sortie ;
- Les anciens élèves de l’École nationale des ponts et chaussées ayant satisfait aux examens de sortie ;
- Les anciens élèves de l’École nationale forestière avant satisfait aux examens de sortie;
- I.es anciens élèves de l'École centrale des arts et manufactures ayant satisfait aux examens de sortie.
- Les candidats doivent être Français ou naturalisés Français et être âges de vingt ans au moins et trente ans au plus au janvier 1896. Toutefois ces limites d’âge ne s’appliquent pas aux agents des postes et des télégraphes qui étaient en service le 12 juillet 1878, ni aux élèves des cours préparatoires institués par l’administration.
- Les demandes d’admission au concours doivent être présentées avant le iet avril 1896.
- Les candidats n’appartenant pas encore à L’administration sont tenus de déposer leur demande au service du personnel de la direction générale des postes et des télégraphes, rue de Grenelle, 103, à Paris, où un registre est ouvert pour les inscrire. Ils doivent remettre à l’appui :
- i° Un extrait régulier de leur acte de naissance et au besoin de leur acte de naturalisation ;
- 20 Un certificat de bonne vie et mœurs délivré par les autorités du lieu de leur domicile et dûment légalisé ;
- 30 Un extrait de leur casier judiciaire ;
- 4° Une déclaration dûment légalisée d’un docteur en médecine, constatant qu’ils ont été vaccinés ou revaccinés à une date ne remontant pas à plus de dix années ;
- 50 Un certificat constatant qu’ils ont satisfait à la loi du recrutement militaire.
- Le concours a lieu à Paris. L’examen porte sur :
- 1° Les mathématiques, suivant le programme de la classe de mathématiques spéciales des lycées ;
- 20 Le calcul différentiel, suivant le programme de la licence ès sciences mathématiques;
- 30 Le calcul intégral, suivant le programme de la licence ès siences mathématiques ;
- 40 La mécanique, suivant le programme delà licence ès sciences mathématiques ;
- 5° La physique, suivant le programme de la licence ès sciences physiques;
- 6° La chimie, suivant 3c programme delà licence ès sciences physiques ;
- 70 L’histoire et la géographie : Histoire générale de 1610 à nos jours; géographie générale; géographie détaillée de l’Europe, de la France et des colonies, d'après les programmes de l’enseignement secondaire moderne ;
- (La composition sur l’histoire et la géographie servira d'épreuve de style et de rédaction.)
- 8“ Le-dessin ;
- 9» Les langues étrangères.
- A titre obligatoire : l’allemand ou l’anglais.
- A titre facultatif : les autres langues enseignées dans les établissements de l’Université.
- La date de l’ouverture du concours sera ultérieurement fixée et notifiée aux candidats admis à concourir.
- Les cours de la deuxième section de l’École professionnelle supérieure s’ouvrent chaque année au mois d’octobre; ils ont une durée de deux ans. Pendant leurs études, les élèves prennent le titre d’élève-ingénieur. Ils ne peuvent être admis définitivement dans le service, avec le grade de sous-ingénieur, que lorsqu’ils ont subi avec succès les examens de sortie.
- Indépendamment des élèves de l’École polytechnique classés d’après leur rang de sortie dans le service des télégraphes, et des candidats admis au concours spécial, la deuxième section de l’École professionnelle supérieure reçoit des auditeurs libres, français et étrangers, lorsqu'ils justifient de connaissances ^suffisantes, ou sont présentés par les administrations publiques ou des gouvernements étrangers. Les auditeurs libres peuvent obtenir un diplôme ou un certificat spécial mentionnant les cours sur lesquels ils ont subi un examen satisfaisant.
- Société industrielle d'Amiens. — Comme tous les ans, la Société industrielle d’Amiens met au concours de nombreuses questions dont quelques* unes intéressent l’électricité ou les industries connexes. Des médailles d’or seront accordées.
- 1". Pour un frein dynaroométrique pouvant remplacer le frein de Prony, avec une installation
- p.334 - vue 335/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 335
- plus commode que celle qui est nécessitée par ce dernier.
- 2* Pour un dynamomètre simple et peu coûteux permettant de mesurer le travail absorbé par un outil ou un métier quelconque commandé par courroie ou par engrenage.
- 4e Pour un générateur mécanique ou chimique d’électricité remplissant les meilleures conditions de rendement et d’économie.
- Pour un appareil propre à l’épuration des eaux servant à l’alimentation des chaudières.
- Cet appareil devra être simple, peu coûteux, peu encombrant et devra exiger peu de surveil-
- 6' Pour la meilleure installation électrique fonctionnant depuis un an au moins dans un établissement industriel.
- Cette installation devra être plus économique que le gaz. On prendra pour point de comparaison le prix de revient dans un établissement industriel de 300 à 500 becs, fabriquant lui-même son gaz.
- 7* Pour un clapet automatique d’arrêt de vapeur répondant aux prescriptions du décret du 26 juin 1886, et remplissant les deux conditions suivantes :
- Suppression absolue de toute fermeture intempestive et prix très modéré.
- L’appareil présenté devra être en fonctionnement depuis un an au moins dans une usine de la région et être susceptible d'être vérifié en marche courante.
- 8' Pour un appareil donnant spécialement les températures comprises entre 300 et 500°.
- Cet appareil devra être précis, simple de construction, de maniement facile, transportable et peu coûteux.
- 9e Pour le meilleur projet de traction électrique par câble aérien, ou souterrain, ou enfin par accumulateurs.
- Ce projet devra comprendre une étude très détaillée de l’usine génératrice, des voitures réceptrices et de la ligne.
- La ligne sera supposée établie de Saint-Acheul au cimetière de la Madeleine, en traversant la ville d’Amiens.
- Les voitures contiendront 36 personnes ; elles comporteront deux freins qui devront être étudiés spécialement.
- Les départs auront lieu de 10 en 10 minutes.
- On insistera sur le prix de revient de l'installation. La voiture-kilomètre devra donner un chiffre
- moindre que celui fourni par tout autre système de traction.
- 26e Pour une application chimique nouvelle et économique de l’clectricité dans la région.
- 27e Pour une amélioration importante dans le blanchiment de la laine ou de la soie. Traitement à l’eau oxygénée ou par l’électricité.
- 28® Au meilleur mémoire sur le blanchiment des chanvres et des jutes, comprenant une étude théorique et l’examen des diverses méthodes employées dans la pratique industrielle.
- Parmi les conditions générales imposées aux concurrents, nous relevons les suivantes :
- Les mémoires ne devront pas être signés. Ils porteront une épigraphe qui sera reproduite sur un pli cacheté contenant les nom, prénoms et adresse de l’auteur, et l’attestation que le mémoire est inédit.
- Quant aux auteurs des appareils qu’on ne pourra juger, qu’en les soumettant à des expériences suivies, ils devront se faire connaître en en faisant
- Ces appareils devront fonctionner à Amiens, de préférence, ou sur un point de la région, à proximité d’Amiens, dans un rayon de moins de 100 kilomètres.
- Tous les manuscrits, brochures et mémoires avec plans adressés pour le concours resteront acquis à la Société, qui se réserve le droit de les publier en totalité ou en partie ; mais les auteurs pourront en prendre copie.
- Les appareils, que l’on rendra aux inventeurs, après le concours, devront être accompagnés de plans qui deviendront la propriété de la Société.
- Les concurrents devront envoyer leurs manuscrits ou machines, franco, au Président de la Société industrielle, rue de Noyon, 29, à Amiens, (Somme), d’ici au 30 avril 1896, terme de rigueur.
- L’éclairage électrique à Paris. — Dans une de ses prochaines séances le Conseil municipal examinera le rapport rédigé par M. Attout-Tailfer sur une prolongation de durée de concession demandée parles Sociétés d’éclairage électrique. Nous reproduisons sans commentaires et à titre de renseignement pour les intéressés ce qu’on lisait à ce propos, il y a quelques jours, dans l’Eclair.
- « Depuis plusieurs mois, le regretté conseiller du Jardin des Plantes, M. Attout-Tailfer, avait été chargé d’établir un rapport à ce sujet et de re-
- p.335 - vue 336/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 336
- chercher quelles concessions les Compagnies voudraient consentir sur les prix actuels.
- »M. Attout-Tailfer,dont cc travail fut le dernier, l’avaitfait imprimer quelques jours avant sa mort, mais nous savons que les membres de la commission ont réservé leur appréciation, considérant qu’une semblable transformation qui peut amener des embarras considérables a besoin d’être étudiée de très près. La plupart des conseillers municipaux ne semblent pas disposés à créer un nouveau monopole au profit de quelques Compagnies qui ne s’entendent d’ailleurs pas très bien.
- » Elles consentent en dernière analyse des rabais qui, souvent, pourront devenir illusoires.
- »M. Attout-Tailfer avait bien expliqué que, sur ses observations, les Campagnies avaient accepté d’abaisser le prix maximum actuel de 0,15 fr à 0,12 fr, d'où un rabais de 20 0/0 sans garantie de consommation. Mais il avait reconnu que les Compagnies ont stipulé que ce tarif nouveau 11e serait applicable qu’aux particuliers payant des loyers de moins de 3 000 fr, ce qui diminue beaucoup l’importance de la concession consentie par les Compagnies, étant donné le grand nombre de négociants ayant un loyer de plus de 3 000 fr.
- » Il est vrai que des prix spéciaux seraient institués pour les industries employant la force motrice autrement qu’à l’usage de luxe. Or, on classe dans cette catégorie même les ascenseurs et les ventilateurs.
- » Le prix del’électricité pour les industries employant des moteurs tomberait à 0,05 fr, tarif qui serait enfin k peu près similaire à celui des autres pays d’Europe.
- » Pour l’éclairage des rues, le rapporteur a obtenu la création de deux types de lampes, l’une de 6 ampères pour les voies de moyenne grandeur, l'autre de 10 ampères sûus 55 volts pour les grandes voies.
- » Cette classification se diviserait en deux genres de foyers : le foyer permanent qui brûle toute la nuit, et le foyer variable, que l’on éteint à minuit et demi.
- » Le prix précédemment fixé à 0,40 fr serait ramené, pour les foyers permanents, à 0,245 fr et pour les foyers variables, à 0,275 fr.
- » Dans les voies tout à fait étroites, on emploierait un type de lampes de 6 ampères coûtant 0,225 fr pour les foyers permanents, et 0,245 fr pour les foyers variables.
- » Ces nouvelles modifications ramèneraient-
- elles les prix de l’électricité à ceux du gaz? Cert<*$ il y aurait un certain progrès, mais pas assez appréciable pour que la Ville de Paris trouve son compte à s’engager dans cette voie.
- » La Compagnie du gaz donne à la Ville de Paris une subvention annuelle de 8 000000 fr qne le budget ne saurait dédaigner. Sait-on seulement si la Ville ne perdrait pas une partie de cette subvention et si elle en retrouverait l’équivalent? C’est peu probable.
- » Au point de vue des établissements municipaux, les Compagnies se sont engagées à fournir l’électricité dans les écoles et hôpitaux au prix de 0,075 fr. Conformément à la demande de M. Sau-ton, il a été entendu que l’on supprimerait la fumée qui s’échappe des cheminées des usines — si faire sc pouvait — par l’emploi généralisé desfumivores.
- » Telles sont, dans leur ensemble, les innovations que les Compagnies sont décidées à admettre et les engagements qu'elles ont pris pour le cas où on leur consentirait l’éclairage et l’installation de l’électricité pour une durée de vingt-cinq ans.
- » Nous avons dit que beaucoup de conseillers municipaux ne se déclarent pas statisfaits des pourparlers engagés. L’un d’eux nous expliquait récemment pourquoi il lui paraissait impossible d’engager en cette affaire les intérêts de la Ville de Paris.
- » — Les Compagnies, nous disait-il, moyennant quelques réductions sur les prix actuels, réclament l’obtention à leur profit d'un véritable monopole qui, si on l’accordait, dépasserait de beaucoup l’époque où tous les monopoles octroyés à diverses Compagnies se livrant à d’autres industries arriveront à expiration. La Ville, à ce moment, se trouverait liée vis à vis des Compagnies d'électricité, situation qui ne serait pas sans danger.
- » De plus — et je suis persuadé que cet argument produira une grande impression — quand l’exposition ouvrira ses portes.il est indispensable que la Ville de Paris soit libre d’offrir ou de donner des concessions aux Compagnies nouvelles qui seront alors créées. 11 serait malheureux quâ cette époque, l’on fût tributaire de Compagnies impropres à rendre les services que l’on serait en droit d’attendre d’elles.
- » Cette concession au-delà de l’année 1900 n est réellement avantageuse que pour les Compagnies d’électricité. La Ville n’a aucun intérêt à la convention. »
- L’Éditcur-Gêrant : Georges CARRÉ
- p.336 - vue 337/624
-
-
-
- T ome VI.
- Samedi 22 Février 1896
- 3' Ai
- î. - 8
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- »
- Directeur Scientifique J. BLONDIN N
- A rédaction : G. PELLISS1ER
- SUR LA LOI DE L’HYSTÉRÉSIS
- Les deux mémoires publiés sur ce sujet (') par M. Steinmetz sont maintenant devenus classiques et la loi sur les pertes par hystérésis qui s’cn déduit est une des plus connues et une des plus utiles aux électrotechnicicns.
- Depuis les publications de ces deux mémoires, aucune découverte intéressante n’a été faite sur l’hystérésis magnétique et l’explication de l’exposant i ,6 est encore à trouver. Néanmoins, au point expérimental, différents auteurs ont largement élargi le champ de variations du coefficient d’hystérésis sans toutefois arriver à trouver une loi certaine entre le coefficient en question et la composition chimique du métal étudié.
- On se rappelle que le plus petit coefficient obtenu par . M. Steinmetz pour un fer doux de Suède était 0,002 275. Ewing (*) dans des essais analogues, avait pu étudier un fer ne donnant comme coefficient de frottement moléculaire que 0,002 ; d’un autre côté, un grand nombre d’ingénieurs ont été frappés de ce fait que le rendement mesuré d’un transformateur est dans certains cas un peu plus grand que le rendement calculé même en Prenant le chiffre minimum d’Ewing ; il y avait donc lieu de croire à l’existence d’un coefficient plus faible.
- _(’) Transactions of the American Institut of Elec-hical Engineers, janvier et septembre 189t.
- (’) Thilosophical transactions of the Royal Society, i893.
- I Parmi les fers expérimentés depuis par M Steinmetz, certains lui ont donné 0,001 24, chiffre le plus bas obtenu. Au point de vue de la composition chimique, un métal de coefficient 0,00 \ 33 diffère presque insensiblement d’un autre de coefficient 0,004 77 c* ce dernier a exactement la même composition qu’un troisième dont le coefficient n’est que 0,003 22- É n’y a donc rien à tirer de la composition chimique des fers employés-.
- Quant aux variations de l’exposant d’hystérésis avec l'induction, elles ont surtout été étudiées par Ewing (') qui les a ramenées à trois principales correspondant sensiblement sur la forme de la boucle d’hystérésis aux trois courbures plus ou moins distinctes, suivant les cas qu’on y observe.
- Les pertes par hystérésis, toutes choses égales d’ailleurs, varient avec la température ainsique l’a montré le docteur W. Kunz (*) ; il résulte de ces expériences effectuées entre des températures variant de 20 à 8oon que les pertes par hystérésis décroissent considérablement lorsque la température augmente et que ces pertes peuvent se décomposer en deux parties, l’une décroissant proportionnellement lorsque la température augmente, -b 0, et l’autre constante paraissant due à un changement moléculaire sur l’influence de la chaleur.
- Cette dernière partie est dans le fer doux simplement proportionnelle à la tempéra-
- (') Philosophical transactions of the Royal Society, juin 1893.
- (s) Elektroiechnische Zeitschrift, avril 1894.
- p.337 - vue 338/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 338
- urc maxîma atteinte primitivement, mais suit une loi plus compliquée dans l’acier.
- Dans un troisième mémoire sur le même sujet, M. Steinmetz (* *) se propose, comme je l’ai dit, dans un récent article (*) de déterminer les résistances, conductances et susceptances équivalentes correspondant aux différentes pertes dans un circuit à courants alternatifs et qui sont en dehors des pertes dans les résistances ohmiques .
- a) Pertes par frottement magnétique :
- i° Pertes par hystérésis dans le fer ;
- 2° Pertes par hystérésis diélectrique.
- b) Pertes occasionnées par les courants
- primaires :
- r Pertes de courants à travers les isolants, décharge disruptive ;
- 20 Pertes par courants de Foucault dans les conducteurs ou inégale distribution de courants.
- c) Pertes dues aux courants secondaires :
- i° Pertes par courants de Foucault dans
- le fer ;
- 2n Pertes par courants de Foucault dans les matières conductrices voisines ;
- 30 Pertes par courants d’induction dans les ciruits voisins.
- Parmi toutes ces pertes, les plus importantes sont celles dues à la présence du fer et que nous allons étudier successivement avec M. Steinmetz.
- Hystérésis magnétique.
- Comme on le sait, les pertes par hystérésis peuvent être regardées comme dues aux frot tements moléculaires et l’aire embrassée par la courbe d’hystérésis représente, si l’on porte en abscisses la force magnétomot.rice en déca-ampères-tours par centimètre, l’énergie en ergs par centimètre cube dépensée en chaleur par la force magnétomotrice, pour produire un cycle complet.
- Cette énergie ne représente pas néanmoins
- (T) Transactions of ihe American Institut af Elec-trical Engineers, mai 1894 et Electrotechnische Zeitschrift. septembre et octobre 1895.
- (*) Éclairage Électrique du i‘r février 1896, p. 316.
- dans tous les cas les pertes spécifiques par frottement moléculaire. L’égalité ne peut avoir lieu que si, pendant la variation cyclique de la force magnétomotrice, aucune source d’énergie étrangère n’agit sur le circuit magnétique et qu’aucun travail n’a été accompli par ce circuit. En particulier, si l’on imprime des vibrations mécaniques à un circuit magnétique. l’aplatissement plus ou moins considérable de la courbe d’hystérésis, n’indique pas, comme l’avait cru tout d'abord Ewing, une diminution des pertes par frottement moléculaire, mais simplement qu’une partie de l’énergie dépensée de ce fait a été empruntée à la source des mouvements vibratoires.
- Une distinction nette est donc à faire entre le phénomène d’hystérésis représenté par la dépense d’énergie de la force magnétomotrice pendant un cycle et les frottements moléculaires.
- Dans un appareil fixe à courant alternatif, un transformateur si l’on veut, exempt de courant de Foucault, les pertes par hystérésis et par frottement moléculaire sont généralement identiques; mais dans un appareil tournant, un moteur par exemple, la différence entre les pertes par frottement moléculaire et l’énergie représentée par la courbe d’hystérésis peut être très grande et cette dernière quantité peut être inversée, c’est à dire représenter non plus une dépense d’énergie, mais une production d’énergie mécanique. Ceci signifie que la boucle d’hystérésis indique que de l’énergie électrique totale absorbée par le circuit pendant le cycle de magnétisation une partie seulement est transformée en chaleur, et que l’autre partie correspond à la production d’un travail mécanique.
- Les courbes des figures 1,2,3 et 4 mettent bien ce fait en évidence. Dans les deux cas-la résistance magnétique et par suite l’inductance sont variables avec la position du circuit, variation obtenue à l’aidê d’une arma' ture à navette. La courbe S représente lhti-ductance du circuit en tonction de la posv tion.
- Si la force électromotrice de la source est
- p.338 - vue 339/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 339
- • sinusoïdale et si la résistance ohmique dn circuit est négligeable devant l’inductance, la force contre-électromotrice de self-induction sera égale à la force électromotricc E de la source et par suite aussi sinusoïdale. Le flux 4>, intégrale de cette dernière, est également Unc sinusoïde mais la courbe du courant 1 et celle de la force magnétomotrice qui lui est proportionnelle sont plus ou moins fortement distorquées par l’hystérésis.
- Si Ton construit pour une période com-
- Fig. i. — Courbes périodiques de l’indnciance S, de la différence de potentiel aux bornes E, du courant I, du flux 4* et du travail W dans un alternateur.
- ’plcte la courbe W représentant le produit El on voit que le travail moyen pendant une période n’est pas nul, comme cela aurait lieu d 1 était sinusoïdal, mais représente une production d’énergie électrique dans le cas de la figure i et une dépense dans celui de la figure 3- Le premier cas se rapporte à un alternateur auto-excitateur, le second à un moteur Synchrone.
- Les courbes 2 et 4 représentent les cycles Magnétiques ou, cequi revient au meme, les variations du flux en fonction du courant. On voit sur la figure 2 que l’aire de la boucle est Négative et représente bien par suite une production d’énergie électrique moins celle absorbe par les travaux d'hystérésis î de plus, sa valeur et celle de l’aire comprise entre W et
- l’axe du temps sont bien égales si on les ramène aux mêmes unités (').
- Sur la figure 4, l’aire est positive et égale à la puissance absorbée par le moteur pendant une période et mesurée toujours par l’aire comprise entre la courbe W et l’axe des temps.
- En résumé, l’hystérésis magnétique n’est nullement identique au frottement moléculaire, mais est simplement due à ce dernier.
- Voyons maintenant quelles sont les considérations qui ont permis à Al. Steinmetz de tenir compte des phénomènes à hystérésis dans les calculs.
- — Cycle de l
- Considérons une bobine de self-induction à circuit magnétique fermé, si la résistance ohmique est négligeable, comme nous l’avons dit, la force contre-électromotrice de self-induction et le flux sont des fonctions sinusoïdales du temps. Les boucles d'hystérésis (fig. 5) permettent de calculer le courant à chaque instant, si l’on appelle en effet % la force magnétomotrice exprimée en ampères-tours par centimètre le courant est donné par la formule
- 3ej
- l étant la longueur du circuit magnétique et n le nombre de spires du circuit.
- r) L'air de la boucle est en effet
- p.339 - vue 340/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 340
- La courbe de courant ainsi obtenue a comme on le sait des formes d’autant plus différentes de la sinusoïde que la valeur de l'induction maxima est plus voisine delasatu-ration. Nous avons reproduit sur les figures 6 à 9 les courbes obtenues en prenant des inductions maxima successivement égales à 2 000, 6 000, 10 000, et 16 000.
- On voit que ces courbes de courant ont leurs maxima correspondant nécessairement avec ceux du flux,* mais les zéros du courant
- 3. — C<
- rbes péiiodiques de l’inducta
- flux $ et du travail W dans un moteur synchrone.
- sont fortement en avance sur ceux du flux, et les angles d’avance sont respectivement de 42, 52, 50 et 410.
- Il s’agit dans ces cas, comme nous l’avons dit, d’un transformateur à circuit magnétique fermé et à circuit secondaire ouvert ; ce transformateur est de plus alimenté par une source donnant une force électromotrice sinusoïdale.
- Dès que le secondaire est fermé sur une résistance ou si encore on considère un transformateur à circuit magnétique ouvert la distorsion de la courbe du courant décroît rapidement et disparaît pratiquement. En particulier la figure 10 correspondant à un transformateur au dixième de sa chargé et donnant à vide les courbes de la figure 7. La courbe du courant à ce réginïe s’obtient évidemment en ajoutant à la courbe à vide une
- sinusoïde décalée d’un quart d’onde en avant sur le flux
- La figure 11 correspond au même transformateur que celui de la figure 7 mais dans le circuit magnétique duquel on aurait pratiqué un entrefer égal au ^ de la longueur de ce circuit. Dans ce cas la courbe du courant se déduit encore de la boucle d’hystérésis et correspondàl’inductionmaximaô 000,mais en faisant deux parts de la force magnétomo-
- Fjg, 4. — Cycle de I et de t de la figure précédente.
- trice: celle nécessaire pour obtenir à travers le circuit de fer un flux sinusoïdal et celle nécessaire pour faire franchir l’entrefer au flux; la première seule se détermine point par point à l’aide de la boucle, la seconde est naturellement une sinusoïde. Pratiquement il suffit encore d’ajouter à la courbe du courant sur la figure 7 une sinusoïde en coïncidence de phase avec le flux <ï>.
- Les figures 10 et 11 ont leurs ordonnées réduites au tiers de celles de la figure 7.
- Sur les figures 6 à 11 la courbe du courant est décomposée en deux autres.
- i°Unesinusoïdedemêmepériode quele courant ayant même valeur efficace que ce dernier et une phase telle que le travail moyen pendant une périodesoit le même qu’avec la courbe vraie du courant. C’est à cette sinusoïde dont j’ai déjà parlé (’) que M. Steinmetz donne le nom de sinusoïde équivalente du courant.
- (fi Lumière Electrique. Vol. L, page 555.
- p.340 - vue 341/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 34’
- 2° Une courbe périodique complexe de même période et ne donnant lieu à aucune dépense d’énergie. Cette dernière se compose elle-même d’i
- dale l’harmonique complexe de fréquence triple n’est autre chose que la série des harmoniques supérieurs de l’expression du cou-
- sinusoïde et d'
- — Courbes d’hystérésis p<
- forme de série de Fourier.
- harmonique complexe formée principalement d’un terme de fréquence triple.
- On peut au sujet de ces composantes faire quelques remarques intéressantes.
- Tout d’abord, il est évident que dans le cas d une source à force électromotrice sinusoï-
- En second lieu si, désignant la force électromotrice par
- p.341 - vue 342/624
-
-
-
- LL
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- nous calculons l’expression moyenne du travail pendant une période
- on sait que seul le premier terme de i fournira un terme dans l’intégration.
- varier seule et de croître proportionnellement à la charge. Elle a de plus une signification, physique que n’a pas la sinusoïde équivalente Dans le cas général d’une source ayant une force électromotrice périodique complexe
- Fig. 9. —
- I, max = 13
- La sinusoïde principale I' comme la sinusoïde équivalente I,, satisfont donc à l’équation
- Le seul avantage de la sinusoïde équivalente est donc d’avoir comme intensité efficace la valeur donnée par l’électrodynamo-mètre.
- Il y a une autre solution intéressante de l’équation générale précédente, c’est celle qui correspond à2rç = o, c’est à dire la composante symphasique à la fois de la sinusoïde quivalente comme le montre la figure 12 rerésentant par des vecteurs OP et OE ces deux courbes, et oùEP est évidemment la sinusoïde quadratique du 2". Elle est aussi bien déterminée que la sinusoïde équivalente et a l’avantage, dans un transformateur, de
- Fig. 10. — Transformateur de la figure 7 au quart de charge.
- l’expression du travail moyen comprend un terme de chaque période supérieure
- 2 E.I„cos«.-?„),
- et les sinusoïdes équivalente, principale, etc, sont de pures conceptions mathématiques variables avec les éléments qui les composent. Cette question a du reste déjà été étudiée -par Al. Blondel (1).
- Lesfiguresôà 8 montrent que pour des inductions assez faibles l’amplitude maxima du courant diffère assez peu de l’amplitude maxima de la sinusoïde équivalente ou si l’on veut de 1^7» I étant la lectureà l’électrodynamo-métre ; pour les inductions élevées au contraire la divergence est assez grande.
- Cette remarque peut permettre de calculer
- I1) Electrical World. Vol. XXIV, p. 393, 1894.
- p.342 - vue 343/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- ?43
- ]a courbe du magnétisme d’un échantillon à l’aide de courant alternatif mais seulement pour des inductions moyennes. La figure 13 représente la courbe vraie et celle obtenue par ce procédé-, on y a également fait figurer la courbe représentant les pertes par hystérésis en ergs par centimètre cube et par cycle en fonction de l’induction.
- De ce qui précède ne retenons pour le moment que ceci: la sinusoïde équivalente a une avance de phase sur le flux d’un certain angle 2 h x dit angle d’avance hystérétique. Il en
- Fig. ii. — Transformateur delà figure 7 avec un entrefer de 1/400 de la longueur totale.
- résulte qu’elle retarde sur les f. é. m. de la source d’un angle égal à - — 2 - z; la puissance absorbée est donc
- W = E I cos 0 — a JT — E I sin 3 JT «.
- Le courant total peut se décomposer en deux l’un I sin 2 n z, c’est la composante symphasique O W(fig 12) dont nous parlions plus haut, et Steinmetz lui donne le nom de courant hystcrctique énergétique et une composante quadratique 1 cos 2 izz, que M. Steinmetz appelle improprement le courant Magnétisant, ce dernier étant non pas WE Mais WP augmenté de la série des harmo-Mques supérieures.
- Si l’on représente la sinusoïde équivalente du courant à l’aide d’imaginaire comme nous
- l’avons vu dans un précédent article, nous aurons :
- IsïH3 7r« + IcoS27r«\f=7, et par suite pour l’impédance
- I sin 2 7ta I cos 2 ît « \f -1
- ou en posant j = u
- Ce sont ces quantités u sin 2 jt a et u cos2 r a que nous allons calculer ou plutôt, pour suivre de plus près les calculs de M. Steinmetz. les quantités -n J ^ “ et —qui sont? comme on le reconnaît facilement, ce que l'auteur appelle la conductance et la susceptance.
- (A suivre) F. Guilbert.
- LES FORCES A DISTANCE LES ONDULATIONS
- Les Notices de Y Annuaire (') sont le plus souvent consacrées à l’exposition de résultats
- (’) Extrait de l’Annuaire du Bureau des Longitudes pour 1896,
- Au moment où la discussion des expériences de Roentgen semble réveiller la lutte, si longtemps ardente, entre les partisans de la doctrine de l’émission et ceux de la théorie des ondulations, longitudinales et tiansversales, il nousa semblé intéressant de reproduire cet article dans lequel l’auteur montre les étapes qui ont précédé la victoire de la théorie des ondulations transversales. Nous remercions M. Cornu et le Bureau
- cette notice (N. D.Tr™ °rl'C * relmpnmer
- p.343 - vue 344/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- M4
- scientifiques bien établis, présentés par la voie la plus directe, de manière à épargner au lecteur le détail des tâtonnements, prélude inévitable des découvertes de toute nature, Ce mode d’exposition, si propre à donner à la curiosité du lecteur une satisfaction immédiate touchant l’état actuel de la Science ou des applications qui en dérivent, a l'inconvénient de lui laisser ignorer les phases diverses du travail -de la découverte, de passer sous silence les points où la lutte de l’esprit humain avec les difficultés du sujet a été longue et opiniâtre, par suite de ne pas éveiller en lui le sentiment exact des efforts qu’aepù-, té* chaque parcelle des vérités qu’on lui présente,
- Il m’a semblé qu’un certain nombrede lecteurs ne seraient pas indifférents au tableau, de ce travail intime qui précède les grandes découvertes et que l'exposé, même rapide, des difficultés à résoudre ou des préjugés à combattre, leur donnerait une haute idée du labeur acharné et de la souplesse d’imagination que les esprits dévoués aux recherches scientifiques sont contraints de déployer pour atteindre leur but ; efforts d’autant plus méritants qu’ils demeurent le plus souvent obscurs et sont condamnés à l’oubli.
- En effet, parmi ceux qui profitent des applications de la Science, les navigateurs, par exemple, combien se rappellent les vingt années de labeur que Kepler a passées à « enchaîner le Dieu Mars », c’est à dire à découvrir les trois lois qui régissent le système solaire ? Combien savent que Newton a passé aussi vingt années à découvrir la gravitation universelle ? Combien d’électriciens ignorent même le nom cle Fresnel qui a consacré sa vie scientifique tout entière à établir la théorie des ondes lumineuses et de l’éther, point de départ d’un développement inattendu des recherches électriques ?
- Ces grands noms rappellent des problèmes résolus ; mais d’autres problèmes ont surgi, à leur tour, non moins pressants, non moins dignes de l’intelligence humaine. Aussi, après chaque découverte, le travail opiniâtre recom- j
- mence-t'il à la lueur des idées nouvelles ; des résultats partiels se dégagent peu à peu; chaque génération apporte des points de vue différents ou des notions plus précises et bientôt on sent qu’une grande découverte sç prépare.
- Tel est l’état d’esprit dans lequel sc trouvent aujourd’hui les physiciens à l’égard de l’un des plus beaux problèmes de la Philosophie naturelle, celui qui, aussitôt après Ké-pler (1571-1630), s’est posé à Descartes (1596-1650) et à Newton (1642-1727) ; larecherche du Mécanisme des forces à distance. Depuis près de trois siècles, cette question, qui a préoccupé les plus'vigoureux esprits, revient sous toutes les formes dans les études du physicien et du géomètre autant que de l’astronome ; car les actions a distance se rencontrent, depuis rinfiniment grand jusqu'à l’infîniment petit, dans-tous les phénomènes qu’on cherche à soumettre au calcul, i Leur mécanisme, jusqu’à présent, nous est resté inconnu ; mais on sent que l’heure approche où quelque principe décisif nous donne la notion précise qui doit le définir ou le remplacer. J’ai pensé que l’exposé des résultats déjà obtenus dans cette voie répondait bien à l’idée énoncée au début de cette Notice et que, malgré l’absence de conclusion définitive, l’historique succinct des efforts divers et des idées qui ont successivement modifié l’aspect du problème méritait l’attention des lecteurs qui s’intéressent aux luttes et aux conquêtes' de la Science.
- Les forces centrales. — Newton, en découvrant l’admirable loi de la gravitation universelle (1687), caractérisée par l’attraction mutuelle des masses en raison inverse du carré de la distance,- précisait la notion, vague avant Lui, de forces agissant à distance, c’est à dire s’exerçant à travers un milieu inerte n’intervenant en rien dans la transmission de l’action réciproque. Les physiciens et.les géomètres ont étendu cette notion à l’explication de phénomènes très divers, électricité, magnétisme, élasticité, etc., et en ont déduit
- p.344 - vue 345/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 345
- des résultats que l’expérience a généralement vérifiés de la manière la plus satisfaisante. L’expression mathématique de ce genre de forces — dites centrales parce qu’elles sont en outre dirigées suivant la ligne des centres des éléments agissants — se prête, en effet, merveilleusement au calcul : elle permet au géomètre de suivre par l’analyse des conséquences très lointaines, mais fort importantes, dont la vérification expérimentale constitue une confirmation extrêmement délicate delà loi adoptée comme base des calculs.
- Il en est résulté une confiance bien naturelle dans la rigueur des lois élémentaires, exprimables par des forces centrales, mais en outre une certaine indolence à examiner la réalité physique de ce genre d’actions, à s’étourdir en quelque sorte sur la valeur de l’hypothèse cachée sous l’élégance de l’énon-
- II suffit, en effet, de- réfléchir un instant aux conditions où s’exerce l’action newton-nienne entre deux cor*ps célestes séparés par le vide interplanétaire, à la répulsion de deux masses magnétiques ou électriques dans le , vide du baromètre, pour être frappé de l’impossibilité d’une action réciproque sans intermédiaire. A la réflexion,-pourtant, personne ne s’y trompait et chacun répétait volontiers la réserve si prudente de Newton : « tout, se passe comme si les masses agissaient suivant la ligne des centres en raison inverse du carré de leur distance (’) ».
- explicite dans une lêtttre à Bentley du 25' février l692 1 «- • .Que la gravité soit innée et essentielle à la matière, de telle sorte qu’un corps puisse agir sur un autre corps à distance, à travers le vide, sans l’intermé-diaire de quelque chose, par quoi et à travers quoi leur action et leur force puisse être transportée do l’un à 1 autre, est pour moi une si grande absurdité que je crois qu’aucun homme capable de penser, avec quelque compétence, sur les sujets philosophiques ne pourra jamais y tomber. La gravité doit être causée par un ‘Sent agissant constamment suivant certaines fois ; ttais cet agent est-il matériel ou immatériel? C’est ce 1Ue j'ai laissé à l’appréciation de mes lecteurs. » (Hirn, institution de l’espace céleste; et de Freycinet, Essai iUr Philosophie des Sciences, p. 301).
- Mais les mots ont une telle puissance' sur' l’esprit de l’homme qu’ils finissent par donner une existence réelle aux fictions, qu’ils représentent : l’hypothèse paraissait bien inadmissible ; mais elle était si élégante et si commode qu’on la conservait, au moins par habitude.
- Nécessité des actions par contact. — C'est à Faraday {1794-1867) qu’on doit d’avoir, le premier, rejeté d’une manière absolue l’hypothèse des actions à distance dans l’interprétation des phénomènes électro-magnétiques et d’avoir résolüment cherché à démontrer que les forces observées ont leur origine dans le milieu intermédiaire agissant par-contact direct : non pas que les lois représentées par des forces centrales soient fausses; mais elles doivent être considérées comme l’expression de. la résultante des réactions du milieu sur les systèmes auxquels on attribue une action réciproque.
- Faraday a été récompensé de cette hardiesse par la découverte de Y induction électromagnétique {1831) : en effet, dans son idée,-le milieu ambiant est modifié par la présence des courants ou des masses magnétiques ; cette modification doit pénétrer dans un conducteur brusquement introduit dans ce milieu et y produire un effet sensible : l’expérience confirme cette manière de voir ; il s’y développe un courant électrique, un courant induit,, comme l’appelle Faraday.
- Telle est la mémorable expérience qui porta un coup décisif à l’hypothèse insoutenable des actions à distance et décida les physiciens à considérer désormais le milieu ambiant comme le siège de la production et -çle la transmission des forces.
- Cette conception nouvelle, vérifiée d’une manière si frappante par la production des courants induits, ne doit évidemment pas rester confinée dans le cercle étroit des faits où elle a été imaginée ; elle est générale et doit s’étendre à toutes les forces de la nature, aussi bien dans le domaine infiniment grand de l'espace astronomique que dans le champ
- p.345 - vue 346/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 5_|6
- infiniment petit des intervalles moléculaires.
- Voilà le grand problème qu’il s’agit de résoudre. Puisque c’est dans le milieu ambiant qu’il faut chercher la Cause de la transmission des actions à distance, quel est le mécanisme de cette transmission ? Comment les molécules constitutives du milieu peuvent-elles produire et transporter les actions mécaniques ?
- Le problème du mécanisme des forces à distance, hâtons-nous de le dire, n’est pas encore résolu ; mais l’examen de certains faits où l’on voit l’action mécanique d’une source transmettre à distance une action mécanique de même nature va nous permettre de serrer de plus en plus près la question et nous montrer que la solution n’est peut-être pas aussi éloignée qu’on pourrait le craindre.
- Modes divers de transmission à distance. — Les exemples de pareilles transmissions sont nombreux, même dans la vie ordinaire ; ils se rapportent à des types bien distincts. La transmission d’une action mécanique d’un point à im autre se montre d’abord sous une forme brutale, le jet d’un projectile : arrivé au but, le projectile a transporté en réalité une fraction considérable de l’énergie mécanique qui lui a été imprimée. Le corps projeté est le plus souvent solide ; mais une masse liquide, des gaz ou des vapeurs peuvent servir de transmetteurs de force ; témoins les moteurs hydrauliques, les moulins à vent, les machines à vapeur, à gaz, etc.
- La détente des gaz comprimés forme la transition à un autre type de transmission de mouvement et de force : c’est la propagation du son dans l’air; une cloche frappée par un marteau vibre elle-même et fait vibrer notre oreille, c’est à dire lui imprime un mouve-meut analogue au sien jusqu’à des distances considérables. Ce mode de transmission par ondes à travers l’air est entièrement différent, comme mécanisme, du mode mis en jeu par un projectile : le projectile transportait d’une façon matérielle la force (la force vive, comme on ia nomme en Mécanique) du point de dé-
- part au point d’arrivée : dans l’onde sonore, il n’y a aucun transport matériel entre la source et l’oreille ; chaque point du milieu reste en place ou du moins ne fait qu’osciller légèrement autour de sa position d’équilibre : c’est le jeu de l'élasticité et de l’inertie du milieu qui produit la transmission. Le mécanisme de cette transmission est facile à concevoir ; un exemple simple va le prouver.
- Supposons l’ébranlement sonore confiné dans une colonne cylindrique (ce sera, si l'on veut, un de ces tubes acoustiques employés dans nos demeures) et voyons comment le mouvement très petit d’une tranche se communique aux autres. A cet effet, divisons, par la pensée, cette colonne d’air, ou, en général, de matière élastique, en tranches équidistantes au repos, et imaginons qu’un piston fermant l’entrée de ce tube soit brusquement poussé [de A en B j les premières tranches seront comprimées jusqu’à une certaine distance C, mais de moins en moins, car une masse sollicitée par une force transmise par un intermédiaire élastique ne se met pas en mouvement immédiat, comme le fait la première tranche en contact direct avec le piston. 11 en résulte qu’à partir d’une certaine distance C les tranches restent encore au repos ; mais elles se mettent 'successivement en mouvement sous la pression qu’elles reçoivent des tranches comprimées ; elles transmettent cette compression aux suivantes, et ainsi de suite ; finalement. Y onde condensée ou onde de compression arrive au bout du tuyau et exerce, sur le fond supposé fixe, une compression. L’onde, en se propageant, transporte donc à distance, par le moyen de très petits déplacements de chaque tranche, la compression reçue à l’origine.
- On verrait de même qu’une manœuvre inverse du piston, attiré de manière à dilater les tranches contiguës, occasionnerait une onde de dilatation ou de succion qui transmettrait au fond du tuyau une force d’attraction, c’est à dire de sens inverse à la pr®"’ mière.
- p.346 - vue 347/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 347
- Si ces deux sortes d’ondes se succèdent alternativement, elles produisent des forces oscillantes qui, suffisamment rapides, donnent l’impression d’un son.
- Tel est le mécanisme élémentaire de la transmission de forces à distance à travers un. milieu compressible et dilatable, au moyen d’ondulations élastiques. On objectera toutefois, que nous raisonnons sur un cas très particulier, car les ondes sonores sont constituées par des vibrations : la force transmise est donc alternativement pgsitivc et négative, ce qui est tout différent de cette attraction supposée permanente dont la loi newtonienne constitue le type.
- Néanmoins, cet exemple suffit pour montrer qu’un milieu interposé est capable de transmettre des forces par le jeu de ses réactions intérieures ; le calcul et l’expérience s'accordent d’ailleurs à démontrer que cette transmission se fait suivant un mécanisme régulier entraînant une vitesse constante de propagation. Il y a donc tout lieu d’espérer que c’est dans cette voie qu’il faudra chercher l'explication des actions à distance ; que l'étude approfondie de la propagation des ondes et la discussion des propriétés constitutives du milieu vibrant conduiront à la solution de ce grand problème.
- Les deux espèces d’ondes. — La première question qui se pose alors est de savoir si le mécanisme de propagation des ondes, tel que nous venons de l’expliquer pour la transmission du son, est le seul qu’on puisse imaginer ; on l’a cru jusqu’à Fresnel et cette opinion a constitué un des préjugés qui ont arrêté le plus longtemps la Mécanique moléculaire. Dans ce mode de transmission, le déplacement des tranches par compression dilatation, a lieu dans le sens de la propagation ; il est donc longitudinal et les ondes Rui en résultent sont des ondes à vibrations longitudinales.
- 11 est facile de voir qu’on peut produire des °ndes tout à fait analogues en mettant en jeu Un genre de déplacements très différent.
- Considérons une grosse corde, de plusieurs mètres de longueur, tendue horizontalement entre deux appuis A, B, et supposons qu’à l’un des points d’appui on la frappe avec un marteau, d’un coup sec, dans une direction verticale. On voit aussitôt se former une sinuosité qui se propage d’un bout à l’autre de la corde et qui transmet à l’appui opposé un effort vertical au moment où cette sinuosité vient l’atteindre. C’est donc une véritable onde : elle se réfléchit aux points d’appui comme des ondes sonores sur des parois fixes.
- On remarquera toutefois la grande différence qui existe entre le mécanisme de propagation de cette onde sur la corde et de l’onde dans le tuyau considéré ci-dessus, quoique la forme cylindrique du corps vibrant soit exactement la môme. Le déplacement de chaque point ou de chaque tranche de la corde est transversal, tandis que, dans la colonne élastique, il était longitudinal. On a donc sous les yeux un type très simple d’onde à vibrations transversales.
- La différence entre ces deux types vibratoires est encore plus profonde qu’elle ne le paraît de prime abord : en effet, dans les ondes à vibrations longitudinales, la direction des déplacements est entièrement déterminée : c’est celle de la propagation ; au contraire,, dans les ondes à vibrations transversales, cette direction n'est pas déterminée puisqu’elle n’est assujettie qu’à la condition d’être perpendiculaire à la corde, c’est à dire à la direction de propagation de l'onde : de là résulte une variété infinie de formes pour le déplacement, lequel peut être rectiligne et orienté dans une direction quelconque ou bien devenir elliptique, circulaire, etc.; l’expérience est vulgaire : il suffit, pour le vérifier, de manœuvrer à la main une longue corde fixée à l’autre extrémité. De là, par conséquent, pour le genre d’ondes, une richesse de propriétés que ne possède pas l’autre type.
- IOn peut objecter, non sans raison, que le balancement d’une simple corde ne peut guère être pris comme type d’un mouvement
- p.347 - vue 348/624
-
-
-
- 548
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- ondulatoire dans un milieu indéfini, mais la transition est facile à établir. 11 suffit de considérer une série de cordes parallèles, identiques, également tendues, fixées horizontalement à leurs extrémités à deux plaques verticales : un coup frappé verticalement sur l’une des plaques imprimera simultanément à toutes les cordes la même sinuosité, qui se transmettra sur chacune avec la même vitesse, de sorte que les points homologues (c’est à dire ayant même déplacement) restent toujours dans des plans verticaux : c’est la définition géométrique de l’onde -plane à vibrations transversales. En augmentant la longueur des cordes, leur nombre et en diminuant leur distance, on aura l’image d’un milieu indéfini, composé de filets indépendants* et parallèles, propageant une onde plane dans laquelle la direction et meme la forme du déplacement sont indéterminées, puisque le déplacement n’est assujetti qu’à la condition d’être parallèle au plan de l’onde.
- Cette image démonstrative aurait l’inconvénient de faire supposer que ce genre d’ondes ne peut exister que dans des milieux de constitution particulière, formés, comme ci-dessus, de filets indépendants et se propager seulement dans la direction des filets ; mais il n’en est rien. Les ondes à vibrations transversales se développent dans des milieux rigoureusement homogènes comme les liquides et, par suite, se propagent dans toutes les directions : les ondes qu’on provoque à la surface de l’eau en sont la preuve ; c’est même l’exemple qu’on cite d’ordinaire comme type de ce genre d’ondulations. Il a l’avantage d’être très clair et de montrer que les déplacements du milieu s’effectuent sans que la compressibilité du liquide intervienne, c’est à dire sans changement de densité; mais il a l’inconvénient d’être un peu trop particulier parce que les* déplacements sont toujours orientés suivant une verticale ; or la variété possible d’orientation et de forme du déplacement est le caractère fondamental de ce type d’ondulations.
- Les trois types de transmission à distance. — On peut donc résumer ce qui précède en disant que l’on connaît aujourd'hui trois modes de transmission de mouvement à distance : d’une part l’émission de corps matériels, d’autre part Y ondulation à vibrations longitudinales et Y ondulation à vibrations transversales. De ces trois modes, les deux premiers seuls, jusqu’au commencement de ce siècle, étaient connus comme types généraux de transmission de mouvement dans un milieu indéfini; ^..connaissance du troisième est due entièrement à Fresnel qui le découvrit dans l’étude approfondie des phénomènes lumieux. C’est qu’en effet la lumière se présente aussi comme un exemple de transmission à distance : une source lumineuse envoie ce quelque chose qui produit l’éclairement des objets ou la sensation visuelle. Elle offre même aux physiciens une particularité singulière ; non seulement la lumière se propage dans le vide, mais elle s’y propage mieux, c’est à dire plus vite que dans les milieux pondérables. A quel type doit-on rapporter Je mécanisme de cette transmission ? C’est là une question qui a vivement exercé, pendant les derniers siècles, la sagacité des géomètres et desphysiciens : l’histoire en est intéressante.
- Les premières théories de la lumière : émission, ondulations.— Descartes, puis Huj’gens (1629-1695) soutinrent que lalumièresc propage à la manière des ondes liquides dans un milieu hypothéthique, l’éther, remplissant l’espace infini et existant même dans le vide absolu. Newton, au contraire, sans combattre tout à fait le système des ondes, érigea la théorie de Yémission (1704) : suivant lui, la lumière est une matière; elle est constituée par de petits projectiles allongés et rotatifs que les sources lumineuses émettent avec une vitesse extrême. Grâce à une ingénieuse complication d’hypothèses, Newton parvînt (et c’est ce qui fit le succès de sa théorie) à expliquer le phénomène si curieux des anneaux colorés qu’il avait découvert et sur lequel la théorie ondulatoire restait muette.
- p.348 - vue 349/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 349
- Young (1775-1829), au début de ce siècle, réhabilitait le système des ondes : il montrait qu'un rayon de lumière est assimilable, comme état vibratoire, à une colonne cylindrique propageant une ondulation périodique : au croisement de deux rayons, il y a interférence, c’est à dire composition des déplacements vibratoires superposés, destruction ou amplification de la lumière; de là une explication évidente des anneaux colorés qui renversait absolument la théorie newtonienne en la mettant en contradiction avec certains faits.
- La lumière n’est donc pas matérielle : Young la rapportait ainsi au même mode ondulatoire que le son, par conséquent au type des ondes à vibrations longitudinales, le seul que les physiciens eussent alors reconnu; de leur côté les géomètres ne pensaient pas que la constitution physique des milieux fût compatible avec un autre mode ondulatoire.
- Faute de vérifications expérimentales plus nombreuses ou plus frappantes, la théorie de Young ne fit pas sur ses contemporains l'impression qu’elle méritait : c’était pourtant un coup décisif porté à l’hypothèse des actions à distance; car la lumière présentait le premier exemple d’une transmission de mouvement où le milieu ambiant joue le rôle exclusif.’
- Mais des difficultés graves surgirent lorsque Malus découvrit la polarisation: si les ondes à vibrations longitudinales étaient capables d’expliquer les interférences, incompréhensibles dans la théorie de l’émission, elles demeuraient impuissantes à rendre compte de cette modification singulière que présentent ^îes rayons lumineux lorsqu’on les polarise; 'dès lors tout était remis en question.
- La lumière est constituée par des ondes à vibrations transversales. — Il ne fallut pas moins que le génie de Fresnel (3788-1827) pour relever le système des ondes; Fresnel, qui avait retrouvé, sans la connaître, la théorie d’Young, aPporta d’abord des expériences décisives (entre autres celles des deux miroirs) à l'appui de l’explication des interférences; il mettait ainsi hors de doute la nature ondulatoire
- de la lumière. Puis analysant sous toutes leurs formes les phénomènes de polarisation, il parvint après de longs efforts, à lever cette' difficulté désespérante que l’idée préconçue des vibrations longitudinales imposait aux ondes lumineuses : il découvrit qu’en, supposant transversales les vibrations lumineuses toutes les propriétés de la lumière polarisée s’expliquent avec une simplicité merveilleuse.
- L’indétermination de la forme du déplacement vibratoire, caractéristique de ce mode d’ondulation, loin d’être un embarras, rend compte, dans les moindres détails, des phénomènes si étrange de la polarisation chromatique et de la double réfraction.
- Enfin la lumière polarisée elle-même, que les partisans de l’émission avaient çhargée des hypothèses les plus complexes, représente, au contraire, Tonde simple par excellence, Tonde dont les vibrations sont rectilignes et paralèles, image de la corde vibrante ou des rides de la surface de l’eau.
- Confirmation de Chypohèse de l'éther. — La découverte des ondes à vibrations transversales marque dans la Science générale et, en en particulier, dans le problème qui nous occupe, une étape d’une importance considérable: elle apporte une notion inattendue, une nouvelle sorte d’élasticité dont tous les corps sont doués et à laquelle correspondent des ondes qui se propagent, non par compression, mais par déplacements n’altérant pas la densité du milieu.
- De plus, comme toutes les propriétés de la lumière se conservent dans le vide, on est forcé de conclure que l’espace dépouillé de matière pondérable est cependant rempli d’un milieu élastique, capable de propager les vibrations transversales, milieu non directement accessible et qu’on a nommé éther; il en résulte que toutes les démonstrations expérimentales de Fresnel relatives aux ondes lumineuses sont autant de vérifications de l’existence de l’éther (1).
- (1) Pour bien se rendre compte du nombre et de la grandeur des difficultés que Fresnel a dû résoudre pour
- p.349 - vue 350/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Les ondulations en électricité. — Nous avons vu au début que Newton a été l’initi,ateur des lois physiques représentées par des forces centrales agissant en raison inverse du carré de la distance ; effectivement cette meme loi a été retrouvée dans l’action réciproque apparente de deux masses magnétiques ou de deux masses électriques par Coulomb et de deux éléments de courant par Ampère. C’est la réalité de ces actions à distance que Faraday a combattue victorieusement en découvrant l’induction, comme résultant du milieu interposé ; mais, pas plus que dans le cas de la gravitation universelle, on n’a pu découvrir le mécanisme de cette transmission. On voit cependant, par la nécessité du rôle capital joué par le milieu, que la transmission de la force et les phénomènes de propagation sont légitimement liés. C’est ce point de vue qui déjà préoccupait Laplace lorsqu’il cherchait si l’attraction du Soleil sur les planètes était instantanée ou successive ; quelques considérations un peu superficielles l’avaient conduit à rejeter l’hypothèse d’un propagation dè la force avec une vitesse finie, môme considérable comme celle de la lumière ; mais la question méritait d’être reprise et approfondie-
- De leur côté, les physiciens se sont demandé avec quelle vitesse se propagent les actions électriques ou magnétiques, c’est à dire les divers modes d'induction ; von Hel-mholtz avait même constitué une expérience ingénieuse pour mesurer cette vitesse ; mais
- parvenir à ces conclusions capitales, il est nécessaire de connaître le développement sucessif des travaux de ce grand génie : la bibliographie qu’on trouvera dans la Notice suivante (de Y Annuaire du Bureau des Longitudes, pour 1896) a été écrite dans ce but; j’ai cherché, en rétablissant l’ordre chronologique de ses Mémoires, à suivre la trace de ses idées, à montrer les points qui l’ont arrêté le plus longtemps, le soin avec lequel il a analysé tous les phénomènes dont les vibrations longitudinales ne rendaient pas compte, jusqu'au jour où U nécessité lui apparut de recourir à ces vibrations Irans-
- Après les grands labeurs de Kepler et de Newton, c’est peut-être celui de Fresnel qui représente le plus extraordinaire effort de l'esprit humain.
- le résultat fut négatif, la propagation s’opérant dans un temps si court que cette vitesse était pratiquement infinie.
- Pendant que l’expérience directe semblait renoncer à mettre en évidence la vitesse de transmission des actions inductrices, la théorie apercevait une voie nouvelle, curieuse et inattendue ; le point de départ est cette coïncidence numérique signalée dans la Notice sur les unités électriques (Annuaire de 1893, p. B. 75), laquelle consiste en ce que le facteur de transformation qui sert à passer de l’un à l’autre des deux systèmes d’unités est égal à 300 000 km par seconde, c’est à dire à la vitesse de la lumière.
- Guidé par cet indiee, Clerk Maxwell (1831-1879), physicien autant qu’habile géomètre, chercha à traduire les idées de Faraday en relations mathématiques très générales, en considérant le milieu interposé comme le véhicule des actions électriques à distance ; et comme les influences inductrices s’exercent aussi bien à travers le vide qu’à travers l’air ou les diélectriques quelconques, il fut conduit à adopter des hypothèses analogues à celle de la théorie des ondes lumineuses, en particulier celles de l’éther. Dans cet ordre d’idées, les actions électriques doivent occasionner dans l’éther libre des déformations et des ébranlements analogues à ceux qui constituent la transmission d’une onde lumineuse. Or, un milieu ne peut propager que deux espèces d’ondes, les unes à vibrations longitudinales, les autres à vibrations transversales. Comme la valeur du coefficient électrique précité reproduit précisément la vitesse de la lumière, il était naturel d’admettre que les ébranlements électriques dans l’éther libre sont de même nature que les ébranlements lumineux et se propagent avec la même vitesse : l’électricité et la lumière auraient donc le même siège, l’éther.
- Restait à constituer la théorie mathématique de manière que le coefficient de transformation représente précisément la vitesse de propagation de l’induction : c’est ce que ht Maxwell dans une série de Mémoires ( 1865-
- p.350 - vue 351/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 1873)1 justement célèbres par la hardiesse des vues plutôt que par la rigueur des principes.
- Ij induction électrique se propage par ondes ^vibrations transversales.— Quelles que soient les critiques auxquelles ces principes aient donné prise, la théorie de Maxwell a été féconde, car elle a inspiré une série de recherches ayant pour but de vérifier, par l’expérience, que la source des manifestations électriques est moins dans les conducteurs que dans le milieu diélectrique qui les environne. L’initiateur de ces curieuses vérifications est le physicien allemand H. Hertz (1837-1894), enlevé prématurément à la Science. La mé-. thode expérimentale imaginée par Hertz consiste à imiter, aussi fidèlement que possible, avec un dispositif électrique, les oscillations périodiques imprimées à l’éther par les sources lumineuses. Il a, en conséquence, adopté comme sources électriques, les célèbres décharges oscillantes des condensateurs, si bien étudiées par Lord Kelvin (Sir W. Thomson), et par des artifices trop longs à décrire ici, il les a rendues tellement rapides, qu’on évalue leur nombre à plùsieurs centaines de millions par seconde. ( Les oscillations lumineuses sont d’environ 60 trillions dans le même temps).
- Si la théorie de Maxwell est exacte, on doit exciter dans l’air des ondes électriques offrant toutes les propriétés des ondes lumineuses. Effectivement, les résultats, un peu confus au début et entachés visiblement d’idées-préconçues, sc sont peu à peu dégagés des incertitudes inhérentes à de premiers essais ; les dispositifs de Hertz ont été étudiées et perfectionnés par d’habiles expérimentateurs (parmi lesquels on doit citer MM. Sarasin. de la Rive et Blondlot) ; l’étincelle excitatrice servant de source provoque à distance, dans un conducteur approprié (résonateur), des étincelles qui figurent l’impression visuelle des ondes lumineuses et sert à manifester la présence de l’onde transmise. On constate a>nsi la production d’ondes électriques qu’on kit réfléchir, réfracter, interférer, diffracter ;
- on leur imprime même la polarisation rectiligne, elliptique et circulaire, ce qui prouve que les vibrations électriques du milieu ambiant sont transversales ; en un mot, on reproduit toutes les expériences que Fresnel institua il y a près de quatre-vingts ans, pour établir la nature des ondes lumineuses.
- En résumé, les ébranlements électriques dans l’éther libre paraissent identiques aux ébranlements lumineux; ils sont soumis aux mêmes lois, offrent la même vitesse de propagation et n’en diffèrent que par la période oscillatoire qui est beaucoup plus lente.
- Energie localisée de Maxwell. — Ainsi, voilà les actions inductrices ramenées, par des expériences bien probantes, à des ondes à vibrations transversales. On parait donc bien près du but. II reste cependant une grave difficulté ;• nous sommes partis de l’idée de force électrostatique ou électromagnétique, et la notion de force n’intervient pas dans les vérifications expérimentales.
- C’est qu’en effet la considération d’un milieu actif par lui-même modifie complètement l’idée que nous nous faisons de la force, idée qui, pour nous, a toujours un caractère statique, tandis que les phénomènes observés sont essentiellement dynamiques. Ce sont presque toujours des transformations d’énergie, des productions ou consommations de travail mécanique auxquelles on assiste. Un milieu peut-il être un réservoir d’énergie mécanique? Tout est là.
- Mais la réponse à cette question est hors de doute ; un ressort tendu, un gaz comprimé, un corps chaud sont des magasins d’énergie. Maxwell admet qu'il en est de même du milieu hypothétique, véhicule de la lumière et de l’induction électrique. Il suppose qu’il y a, dans chaque élément de volume d’éther libre, de l’énergie localisée, comme il en existe dans chaque élément de volume d’un corps comprimé ou échauffé : par quel mécanisme? C’est le secret de la constitution moléculaire, secret que nous n’avons pu encore percer.
- p.351 - vue 352/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Nous nous représentons un milieu élastique comme constitué par des points matériels séparés, mais exerçant des attractions ou répulsions réciproques ; cette abstraction sulfit aux géomètres pour retrouver toutes les lois de l’élasticité et la propagation des deux types d’ondes. Mais c’est un pur symbole qu’on doit rejeter, puisqu’il implique la réalité des forces à distance, aussi inadmissible dans les intervallés moléculaires que dans le domaine fini. Nous n’avons donc aucune représentation matérielle à offrir, pas plus pour l’énergie mécanique que pour l’énergie calorifique, et cependant on n’en peut nier ni l’existence ni la localisation ; sous quelle forme se trouverait-elle? C’est le dernier pas qui reste à franchir. Descartes l’avait franchi en imaginant les tourbillons: il a eu le tort de trop préciser : mais il est bien remarquable de voir qu’on revient à la conception cartésienne, non par des rêveries métaphysiques, mais par l’étude rigoureuse des phénomènes naturels.
- Résumé et conclusion. — Nous avons, dès le début, prévenu le lecteur que le tableau succinct de cette immense quantité d’efforts relatifs à la recherche directe ou indirecte du mécanisme des forces à distance, ne comportait pas encore de solution définitive. Si nous ne la possédons pas aujourd’hui, nous l’aurons sans doute bientôt, car les analogies entre les divers phénomènes autrefois indépendants deviennent de plus en. plus nombreuses, et les assimilations de plus en plus parfaites ; c’est évidemment dans l’étude approfondie des transformations de l’énergie déjà si féconde, qu’on doit poursuivre la solution du grand problème dont nous avons exposé les phases diverses. La marche vers l’unité des agents physiques est si rapide depuis que ce point de vue tend à prévaloir, qu’on doit espérer des simplifications inattendues. Peut-être même a-t-on déjà recueilli les résultats décisifs et ne manque-t-il qu’une conception moins étroite de la force et l’abandon de quelques préjugés, pour atteindr
- le but ; car, dans l’étude des phénomènes naturels, le plus difficile n’est pas de savoir reconnaître ce que l’on a préconçu, mais de voir ce qui est.
- A. Cornu,
- EXPÉRIENCES SUR LES TRANSMISSIONS laboratoire électro mécanique
- DE L ÉCOLE SPÉCIALE D INDUSTRIE ET DES MINES DU HAINAUT
- Dans un très grand nombre d’expériences et de recherches qui se. pratiquent dans les laboratoires électrotechniques, il est utile tantôt de pouvoir estimer rapidement le rendement approximatif d’une transformation d’énergie, tantôt de procéder à une mesure exacte au moyen des freins d’absorption. Dans l’un et l’autre cas, il est nécessaire de connaître la puissance absorbée par le frottement des a-rbres dans les paliers, pour différentes allures, ou mieux, les coefficients moyens de frottement dans les conditions ordinaires de marche.
- J.es méthodes que nous avons suivies dans le but de déterminer entre quelles limites variait la puissance absorbée par une transmission souterraine de nos laboratoires sont d’application générale. C’est à ce titre' qu’il nous avait d’abord paru intéressant de résumer les expériences que nous avions entreprises. Mais l’enchaînement des opérations nous a amené à nous étendre sur telles séries d’expériences dont les résultats mécaniques où électriques, pouvaient offrir un intérêt particulier. Ces résultats ont rapport aux variations des coefficients de frottement des arbres dans leurs support et à la répartition de la puissance absorbée par les électro-moteurs. Un exposé plus complet du mode opératoire et des calculs était devenu dès lors indispensable.
- p.352 - vue 353/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 353
- DESCRIPTION DE LA TRANSMISSION SOUTERRAINE ET DES APPAREILS EMPLOYÉS
- ka figure 3, représente une élévation de ja transmission souterraine ainsi que des deux machines électriques placées à ses extré-mités, hors sol (') ; la fig. 2 indique la disposi-
- tion en profil. L’arbre porte un grand nombre de poulies : leurs poids sont indiqués ainsi que ceux de différents tronçons d’arbre; il repose sur quatre paliers dont la tête en fonte, à simple trou de graissage, est figurée à la fîg. 4; les graisseurs sont à aiguille.
- L’attaque de la transmission s’est faite al-
- oin inférieur de droite) — ie de frein du moteur Dulait 1 à bande de la transmission
- ternativement par le moteur Pieper, à gauche, et par le moteur Dulait à droite.
- Le moteur Pieper est une machine du type Manchester, en dérivation; le moteur Dulait est du type Edison-Hopkinson avec enroulement compound. Les dimensions principales
- indiquée dans le c 'noteur Dulait acti
- noteur Pieper dont la coupe est né par la poulie de gauche et dont
- des moteurs ainsi que les poids qui intéressent les calculs sont indiqués aux fig. 1 et 3 ; les paliers sont à graissage continu, par bagues, avec réservoir d’huile comme l’indique la figure 5.
- L’évaluation de la puissance demandant des appareils aptes à mesurer de.faibles valeurs et les freins de Prony du laboratoire, cependant nombreux, ne pouvant servir, nous avons construit un petit frein à bande (en fer-blanc), (fîg. 7), pour la poulie de transmission
- p.353 - vue 354/624
-
-
-
- 354
- L’ÊCI .AIRAGE ÉLECTRIQUE
- souterraine et nous nous sommes servi de la disposition de la fig. 6 pour la poulie de frein du moteur Dulait. Pour la fig. 7, la charge est P plus la tare et pour la fig. 6 l'effort tan-gentiel est P — f>. Nous avons pu ainsi apprécier exactement des puissances de quelques kilogrammètres.
- Le graissage le plus convenable pour l’équilibre des ces petits freins semble être celui que donne le pétrole d'éclairage.
- le diamètre de l’arbre, le nombre de tours par minute et le coefficient de frottement pour le moteur -Dulait : p', d', n,f' l’augmentation de pression et les mêmes quantités pour la transmission souterraine; si enfin W est la puissance mesurée au frein, on a :
- W =f-^- kil°s™'ètres.
- W=5(ÿ/rfN-^/V'»')X9,8i w»t(s. (,)
- MARCHE DES EXPÉRIENCES
- Nous attaquions la transmission parle moteur Pieper, la courroie du moteur Dulait étant placée; ce dernier, dépourvu d’excitation. servant simplement de résistance mécanique. Dans ces conditions, nous mesurions la vitesse des arbres, les volts aux bornés et les ampères fournis au moteur. T.a vitesse était déterminée au moyen de compteurs à4 main et du chronomètre à secondes, les volts et les ampères au moyen de galvanomètres Deprez et d’Arsonval étalonnés, montés en voltmètre et en ampèremètre.
- Cette première série de mesures faites, au même instant, on enlevait la courroie du moteur Dulait et on plaçait le petit frein à bande sur la poulie de frein, près du second palier. On donnait au moteur, même voltage, même ampérage, et on refaisait les mesures précédentes et simultanément celles du frein.
- Si la puissance fournie au moteur dans la seconde expérience est exactement celle qui lui.a été fournie pendant la première, et dans les mêmes conditions, la vitesse doit aussi être la même et le frein absorbe la puissance qui était dépensée en plus en frottement pendant le premier essai.
- Ce travail de frottement comprend celui du moteur moins celui qui est dû à l’augmentation de pression sur les paliers de la transmission souterraine par l’enlèvement de la courroie. La traction due à la courroie agissant vers le haut, diminue en effet la pression sur les paliers du fond lors de la première expérience.
- Si p, N,/sont la pression sur les paliers,
- Ces expériences étant laites avec le moteur Pieper, nous avons enlevé sa courroie et nous avons attaqué la transmission souterraine seule par le moteur Dulait, en donnant à ce dernier même vitesse que lorsqu’il était entraîné par le Pieper ; la transmission souterraine avait aussi même vitesse, car il n’y avait pas de glissement à la courroie.
- Une première expérience a été faite à cette vitesse, et nous avons mesuré le voltage et l’ampérage du moteur. Nous avons alors enlevé la courroie, placé le frein (fig. 6) sur la poulie, et amené le moteur au voltage et à l’ampérage que nous venions de mesurer au premier essai, en ayant soin de vérifier que la vitesse nécessaire était maintenue. Nous notions la puissance au frein au meme instant.
- p\ étant la pression totale sur les paliers de la transmission souterraine lorsque la courroie est placée ; d\ f\ n ayant même signification que ci-dessus ; pt étant la pression sur Les paliers du moteur due à la courroie lorsqu’elle est placée ; d,f, N ayant aussi même signification que ci-dessus. on a, W étant la puissance au frein :
- , P'j'nd'n'
- - --zr—-n----72----kll°;
- d'n') 9,81 watts. (s)
- Par les équations (1) et (2) en f et en/', otl peut déterminer la valeur de ces coefficients a la vitesse actuelle de marche. Ces coefficients étaient présumés différents parce que le système de graissage était différent,
- Diverses expériences à des vitesses diffë'
- p.354 - vue 355/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 355
- rentes ont permis de tracer des courbes des coefficients de frottement en fonctions de la vitesse en tours ou de la vitesse circonférentielle des arbres dans les paliers.
- Les formules (i) et (2) pouvaient être simplifiées pour le calcul de /'et/'. En effet :
- watts.
- -rN
- — X 9j8r watts.
- /.Pet/', (P—p) sont les bras de levier et les charges des freins des figures 6 et 7.
- En remplaçant W et W' par ces valeurs dans (1) et (2) et simplifiant, on a :
- 2 P ln'= p/d N —p'fd' 11 2 [P-p) V N = A f d N + p\ f d'n\
- En divisant par n' et par K, les équations deviennent :
- =p (,)
- >ip-P)i'=i>,fj-i p,fj/ (4)
- Détermination
- des constantes des équations (/) et (4)
- Valeur de 21. — Cette valeur, mesurée exactement, a été trouvée égale à ^58,5 mm.
- Tare du frein à bande.— 117 grammes. Les crochets pour les poids pèsent 48 grammes. Total : 165 grammes.
- 2/'. — La circonférence de la poulie de frein étant de 754 mm, le diamètre correspondant est 240,1 mm. En ajoutant 1,9 mm pour l'épaisseur de la bande en coton, nous trouvons 242 mm.
- d et d’. — d = 55 mm et d' = 50 mm.
- N ri .
- ^ et ^ . — Les circonférences des poulies en tenant compte de l’épaisseur de la courte, sont 1576 et 775 mm.
- On a donc :
- Pressions sur les paliers. — Supposons la ^utToie du moteur Pieper enlevée. La ten-
- sion de la courroie du moteur Dulait, mesurée par un dynamomètre placé sur la longueur de cette dernière, en la faisant mouvoir, a été évaluée à 60 kg ; cela porte à 120 kg à peu près la traction exercée sur l’arbre. Dans un premier calcul approximatif, considérons l’arbre divisé en tronçons.
- Nous trouvons pour pression sur les paliers, d’après les longueurs et les poids indiqués sur la figrc r.
- i0r palier à droite.
- (120-28,5) ( r 680 -j- 164) 1680
- 21 X 660 _
- 1680 100,5
- 44 X 470
- 1680
- 8,6—19,É
- = 22.5 kg.
- 28X1150
- (Dans le cours de ce travail, les opérations sont faites à la règle à calcul).
- 2e palier.
- -| (21-8,24 )+I2+_
- 18X350 29XM£
- 1760 1760 ^
- IO,5 -1- 5,4~b 8,84 + 12,76 + 12-1- 15,36 + + L37 + 2.53 i - '3,6 = 83,16kg.
- pâlie
- — !5.36) + (18 - 3,37) + (29
- 27X435 , 20X305 , __________
- - 2,33) |- 12,6 + 81,74 kg.
- 4e palier.
- («-+
- + 6,4= 61,30 kg.
- Pression totale.
- 22,5 + 83,16 + 81.74 + 61,30 = 348,70 kg.
- La considération que l’un des points fixes ou points d’inflexion de l’arbre est situé à peu près à 0,21 de la distance des deux premiers paliers et au voisinage du second, nous autorise à modifier la pression sur le premier et le second palier. En comptant les distances à partir de ce point fixe, nous trouvons pour valeurs corrigées des pressions ‘
- 1" palier 35,4 kg.
- 2e palier 101,2 kg.
- p.355 - vue 356/624
-
-
-
- L’ËCLAIRÂGË ÉLECTRIQUE
- 356
- Pression totale 35,4 -j- 101,2 —|— 81,7 -f- 61,3 = 279,6 kg.
- Ces dernières pressions diffèrent peu de celles que nous avons déterminées par un tracé précis de statique graphique représenté parla figure A. Nous nous servirons préférablement des résultats consignés à cette planche comme étant plus exacts.
- Le tracé graphostatique de la détermination des réactions sur les appuis demande peu d'explications.
- Les charges uniformément réparties dues au poids de l’arbre ont été divisées en forces de 2,4 kg, 2,5 kg et 2,52 kg. Elles ont donné lieu, avec les charges situées entre les appuis, aux polygones funiculaires A a b c B , B e/C, CghT), dont les polygones des forces ont les points h, 1 et i, pour sommets. Les premières et deuxièmes intégrales des contours de ces polygones ont donné leur surface et la verticale de leur centre de gravité. Ces deux résultats pour chaque portée ont permis de déterminer les lignes croisées dont l’axe est m f.
- Nous avons ensuite déterminé les verticales des points d’inflexion xx,,x'x\,yy,, z c, sur l’axe A'D' en négligeant les forces situées en dehors des paliers extrêmes.
- Ces verticales et les lignes croisées ont alors servi à la détermination des moments négatifs sur les appuis suivant le tracé A"B"C"D,, ; ils ont étc portés en B i et Cf,.
- Les polygones des forces dont les pôles sont 2 et 3 ont donné les polygones funiculaires mnxoyfiY) et lw%x dus aux forces extérieures 91,5 kg, 3,2 kg et 6,5 kg.
- Kn combinant ces deux polygones avec les autres résultats, nous avons obtenu les surfaces des moments couvertes de hachures inclinées et dont les minima sont aux points mrstuvl.
- Les lignes.de fermeture des différents polygones funiculaires ont permis de déterminer leurs parallèles dans les polygones des forces et les surfaces en gradins des efforts tranchants, desquelles nous avons déduit Jes pressions sur les paliers qui sont :
- rrr palier ; en A, vers le haut : 36 kg.
- 2e )) » B, vers le bas : 101 »
- 3e » » G, » 82,5 »
- 4e » » B, » 56,6»
- Pression totale: 276,0»
- Ces résultats vont nous servir à déterminer les valeurs fi, fi', fi, et fi', des formules (R et (4).
- En nous reportant à la figure 3 nous trouvons, en tenant compte de la traction de la courroie, que la pression totale fi sur les paliers du moteur Dulait est de 120+26 + M9 + 35 = 330 kg.
- L'augmentation de pression fi' k la transmission souterraine résultant de la suppression de Ja courroie du moteur Dulait a été déterminée comme suit. Cette suppression de la courroie change en pression dirigée vers le bas, la pression de 36 kg dirigée vers le haut du premier palier. L’influence de la charge négative, 120 kg, s'exerce surtout sur les deux premiers paliers. L'influence de la courroie du moteur Pieper, moins importante, s’exerce surtout sur les deux derniers paliers. Par conséquent, nous pouvons ne considérer que les deux premiers paliers pour la fixation de fi'.
- - Si l’on supprime la traction de 120 kg, la ligne de fermeture du polygone funiculaire change, et le premier palier supporte ainsi une pression de 67,5 kg + 28,5 kg ; de même pour le deuxième où la pression est de 30 T 46,5 = 96,5 kg. Cela fait donc en plus, pour
- f :
- <>7,5 -b *8,5 4~ 5° + 4<’;5 — 101 =45,5 kg.
- D'ailleurs la charge totale donnée par l’arbre et les poulies, sans courroie, est de 322,1 kg ; elle est de 276 kg lorsque la courroie du moteur Dulait est placée. On peut donc dire que son enlèvement augmente la pression sur les paliers de 322,1 — 276 —• 46,1 kg-Nous adopterons : fi> = 46 kg.
- La pression fi, sur les paliers du moteur Dulait, due à la courroie, est évidémment' d’après la figure 3, de 120 kg.
- Enfin fi',, la pression sur les paliers sou-
- p.356 - vue 357/624
-
-
-
- p.357 - vue 358/624
-
-
-
- 358
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- terrains lorsque la courroie du Dulait est placée et celle du Pieper enlevée est de 276 kg d’après les résultats ci-dessus.
- Transformations des équations (3) et (4). — Les formules (3) et (4) deviennent ainsi, en remplaçant certaines lettres par leurs valeurs :
- o m 4585 P = 330/X 0,055 X 2,0336 —46 X/' X 0,05 0,242 (P -p) = i2o/Xo,o55 +276/'Xo,o5 X °»49I7
- ou encore
- p = 76,07/— 5,016/' P—p = 27,27/+ 28,04/’
- d’où
- P X 28,04 + (P — 5,01^
- J 76,07X28,04 + 27,27X5,016 __ 28,04 P + 5,QI^(P —P)
- 2269,79
- (P —p)— 27,27/ 7 - 28,05
- O'î
- (4'}
- (5)
- (6)
- En introduisant dans les calculs l’hypothèse f= f\ on trouvera des valeurs moyennes des coefficients de frottement et l’on de-7ra se servir des formules suivantes :
- 76,08 +5,016“ 81,086
- (7)
- {8)
- Remarquons que les courbes des charges P et (P—p) aux différentes vitesses, figureront aussi les courbes des coefficients de frottement fm, par un simple changement d’échelle, en diminuant les ordonnées dans les rapports de 81,086 et 55,31 à 1.
- EXPÉRIENCES FAITES AVEC DE l’iIUILE MINÉRALE ORDINAIRE DISTRIBUÉE PAR DE SIMPLES GRAISSEURS A AIGUILLE.
- Le moteur Dulait était graissé à l’huile minérale dite « oléonaphte n° 1 » à 28 francs les 100 kil. Les graisseurs à aiguille de la transmission souterraine débitant d’habitude assez irrégulièrement, nous les avions nettoyés et nous avions mélangé un peu de pétrole avec l’huile ordinaire pour la rendre
- plus fluide, Dans ces conditions, les graisseurs débitaient relativement bien.
- Par une série d’expériences préliminaires nous connaissions l’allure générale des courbes de frottement obtenues (diagrammes I et 11, fig. B) et nous nous demandions si l’ordre des expériences n’influençait pas les résultats. En effet, surtout lorsqu’on exécute les expériences sans frein en une fois (sans interruption) à vitesse croissante, n’est-il pas possible que l’accroissement constant du coefficient du frottement ne soit qu’apparent ? Ne résulterait-il pas précisément de ce que les observations à grande vitesse ont été faites après un certain temps de marche à vitesse croissante au cours duquel des causes favorables auraient contribué à accuser cette exagération, par exemple réchauffement des organes et de l’huile. Pour éviter des erreurs, nous avons exécuté les expériences de deux manières : à vitesse croissante et à vitesse décroissante et nous avons pris des moyennes. On verra que le signe du taux de la variation de vitesse introduit des différences, quelles qu’en aient été les causes. Quant à réchauffement des paliers, il était nul ou presque nul en général.
- A. — Attaque parle moteur Pieper.
- Moteur Dulait entraîné sans excitation, les balais levés.
- Tableau I. — Une première série d’expériences consécutives à vitesse croissante fut
- Tableau I.
- p.358 - vue 359/624
-
-
-
- p.359 - vue 360/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 360
- faite en entraînant le moteur Dulait ; puis une seconde série sensiblement aux mômes vitesses croissantes, la courroie du Dulait étant enlevée et le frein substitué à la charge que constituait ce moteur.
- Comme il a été dit antérieurement, on donnait au moteur Pieper, pendant la seconde série d’essais, mêmes voltages et memes ampérages, c’est à dire mêmes puissances que lors de la première série.
- Tableau II. — Expériences à vitesse décroissante. Ici, deux expériences à même vi-
- Tableau 11
- tesse ont été faites successivement, l’une en entraînant le moteur Dulait, l’autre en remplaçant la charge du moteur Dulait par le frein.
- Portant les vitesses en abscisses et les charges en ordonnées, nous traçons deux courbes a b et cd (diagramme I, fig. B) dont la moyenne (courbe x y) sera considérée comme le lieu vrai des charges en fonction des vitesses et nous permettra de fixer les charges exactes qui serviront pour la détermination des coefficients de frottement.
- Tableau III. — Valeur moyenne déduite des deux premiers tableaux.
- Vitesse circonférentielle des arbres :
- Tableau III
- N pour arbre
- pour arbre de y
- Tableau IV. — Après avoir changé l’une des poulies, celle du moteur Pieper, nous
- Tableau IV
- avons pu marcher à des vitesses moindres encore. L’arrêt ayant duré assez longtemps et les graisseurs à aiguille débitant toujours plus ou moins, le graissage devait être meilleur à la mise en train, ce qui permet d’augurer qu’il n’y aura pas continuité entre les résultats précédents et ceux qui suivent. Les différences seront faibles.
- Ces expériences ont été faites à vitesse décroissante et sans interruption.
- Tableau V. —En traçant la courbc<?/(dia-gramme I) des charges du tableau IV, nous pouvons construire le tableau suivant.
- p.360 - vue 361/624
-
-
-
- REVUE D’ELECTRICITE
- Tableau V
- Jours SÊS; _ 0 î.
- f II L II Observations
- F II = C II frein Coeffi 1 fr<
- I96 I,2q6 0,578 i*93<> 0.0256
- 0,530 .,850
- b 171,6 1.760 0,0215
- 147 0,865 0,586 1.615 0,0198
- Le tronçon de courbe ef du diagramme I continue sensiblement la courbe moyenne xy relative au tableau III; elle s’infléchit un peu plus vers l’axe des abscisses.
- Pour avoir des résultats variés, répondant à des conditions diverses , nous indiquons ci-dessous trois expériences faites successivement avec graissage plus ou moins parfait, à un moment quelconque, sans visite des graisseurs et des paliers.
- Tableau VI.
- 1 •< s de°t A ! !l Observations
- rZT j Dula: II f if
- 78.7 76,5 05,4 '3.3 «7.95 19 > 5 5 l I 018 993 487 57« 600 2*765 10,0,38 2,965 10,0362 3,165(0,0386
- B. — Attaque par le moteur Dulait
- Tableau VII. — Dans une première série dexpériences à vitesse croissante, la transmission souterraine était seule entraînée le moteur Pieper étant au repos. Dans une seconde série, toujours à vitesse croissante, avec même voltage et même ampérage, c’est à dire aux mêmes vitesses d’ailleurs vérifiées, la courroie fut«enlevée et le frein mis sur la poulie du moteur Dulait.
- Tableau VU
- Tableau VIII.— Expériences faites comme ci-dessus, mais à vitesse décroissante.
- Tableau VIII
- f $ P Charge P -p —
- Hnir
- 110,8 20,5 2 260 1 1*0 554 3*575 Il y a ou un peut d'in-
- 1 91 .y,» 1 620 <,80 481 2,875
- I 75,« 10,7 1 217 900 2,475
- 60,2 802 820 402 2,275
- «7,i 486 690 33$ 1,925
- «4,3 23 320 570 279 1,625
- 2 9,9 299 400 226 i,7?5
- Tableau IX. — Comme précédemment, le tracé des courbes a b et cd (du diagramme II de la fîg.B) des charges en fonction des vitesses et de la courbe moyenne xy donne, par les ordonnées de celle-ci, les charges qui, avec le minimum d’erreur, ont servi àja composition du tableau ci-dessous.
- La courbe moyenne relative au moteur Dulait est différente de la courbe moyenne déterminée à l’aide du moteur Pieper. Dans la première, les charges dues à la transmission souterraine et au moteur Dulait sont à peu
- p.361 - vue 362/624
-
-
-
- ?Ô2
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Tableau IX
- près également importantes (voir formules (3') et (4') ) ; dans la seconde, c’est le moteur Dulait qui l’emporte de beaucoup. C&tte dernière est donc à peu près la courbe des coefficients du moteur Dulait : c’est sensiblement une droite. L’allure de la courbe des coefficients/' de la transmission souterraine est donc aussi celle de xy du diagramme 11 de la figure B; seulement les ordonnées en seront plus fortes.
- Calcul des coefficients f et f (tableau X). — Les tableaux III et IX relatifs aux deux groupée d’expériences nous permettent de calculer les coefficients/et /'à l’aide des formules (5) et (6). Ces valeurs sont consignées dans le tableau suivant.
- Le diagramme III de la figure B traduit le tableau ci-dessous ; il est tracé en prenant pour abscisses les vitesses circonférentielles des arbres dans les paliers et pour ordonnées les coefficients/et/'
- On y voit que le coefficient de frottement pour paliers graisseurs à bagues est sensiblement une fonction linéaire de la vitesse. Sa droite figurative a pour équation :
- / — 0,0183 4- 0,00697 p,
- v étant la vitesse linéaire de l’abre en mètres par seconde, comprise entre 0,9 m et 3,50 m.
- Le coefficient pour paliers en fonte de 50 X 160 mm, à graissage plus ou moins continu par un seul graisseur à aiguille, qui est
- Tableau X
- passable pour une vitesse linéaire de 0,40 m à 0.70 m, augmente rapidement au-dessus de 0,70 m.
- La courbe montre parfaitement que le système de graissage de la transmission souterraine ne convient pas pour des vitesses plus élevées que 0,70 m à 0,90 m, soit, dans le cas qui nous occupe, pour des vitesses supérieures à 270 ou 300 tours.
- Avant de donner la pression par unité de surface sur les coussinets, cherchons à déterminer expérimentalement l’influence de la nature du lubrifiant sur la loi de variation du coefficient de frottement en fonction de la vitesse.
- (A suivre) S. Uanappe
- NOUVELLES EXPÉRIENCES SUR L’ÉTINCELLE GLOBULAIRE
- I.
- J’ai démontré, il y a quatre ans environ que la décharge d’un grand condensateur
- (') Mem. delta R. Acc, di Bologna, série V, t. b P. 315. ' ;
- Rend, delta R. Acc. dei Lincei, 19 avril 1891.
- p.362 - vue 363/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 363
- peut produire, dans certains gaz et dans des circonstances convenables, un phénomène lumineux différent de celui qu’on avait noté jusqu’alors, et qui est caractérisé par une luminosité qui prend naissance près de l’électrode positive, augmente de dimensions, puis se détache de l’électrode et chemine, avec une lenteur relative, vers la cathode que, cependant, elle n’atteint jamais. A la suite de cette première flamme il s’en forme parfois d’autres, et la décharge, de simple qu’elle était, devient composée.
- J’ai conservé à cette forme de décharge le nom de décharge globulaire, suggéré par une certaine analogie avec le phénomène naturel encore si peu connu, bien que, dans mes nouvelles recherches, j’ai pu souvent obtenir des masses lumineuses des formes très différentes de l’ovoide que j’avais observée dans mes expériences précédentes.
- Une condition indispensable à la production des étincelles globulaires, c’est que le circuit de décharge ait une très grande résistance, ce qu'on peut réaliser en introduisant dans ce circuit une colonne d’eau distillée. Mais, en autre, il est utile que le condensateur ait une très grande capacité, puisque, plus grande est cette dernière plus lent est le mouvement de la masse lumineuse; il faut aussi que le gaz dans lequel se produit le phénomène soit convenablement raréfié, puisque, dans ces conditions, les dimensions de la flamme augmentent, ainsi que la longueur du chemin qu’elle parcourt.
- Toutes ces circonstances, ainsi que d’autres que j’ai étudiées dans mes travaux précédents, influent sur le nombre, la forme et la vitesse des masses lumineuses ambulantes. Quelques-unes de ces circonstances peuvent se compenser entre elles; on ne peut donc dire que, pour produire ce phénomène, il soit nécessaire d’employer, ni une certaine pression
- Mem. délia R. Ace. di Dologna, série V, t. I, p. 679. Ment, délia R, Ace. âi Bologna, série V, t. II, p, 379-ta Lumière"Électrique, 3 octobre 1891, p. 38; is et décembre 1891, p. 501 et 604.
- du gaz, ni une certaine capacité du condensateur, etc.
- La vitesse des masses lumineuses est plus ou moins grande suivant les cas. Si elle est suffisante, la décharge, regardée directement, ne semble pas différer d’une étincelle ordinaire, et c’est seulement en observant son image dans un miroir tournant qu’on reconnaît l’existence d’une décharge globulaire.
- Si la vitesse n’est pas très grande (par exemple, un mètre par seconde), et particulièrement si la décharge est simple, c’est à dire constituée par une seule masse lumineuse, son existence et son mouvement sont perceptibles directement, bien que l’œil ne puisse encore suivre son déplacement. Généralement, on croit voir, en observant le phénomène , une ligne lumineuse qui naît sur l clectrode positive et s’allonge en lui restant attachée. C’est l’aspect qu’avait ordinairement la décharge dans mes expériences précédentes et ce n’est seulement que dans certains cas spéciaux que j’ai pu obtenir un mouvement de la masse lumineuse quelque peu plus lent.
- Dans les recherches actuelles, j’ai principalement cherché à rendre le mouvement de la masse lumineuse le plus lent possible, et à augmenter en même temps la durée de sa visibilité. J’ai pu effectivement obtenir, dans certains cas, des masses lumineuses durant plusieurs secondes, qui se mouvaient avec une lenteur suffisante pour que l’œil pût les suivre sans difficulté ; j’ai pu meme en obtenir qui restaient presque immobiles pendant un certain temps, en sorte que je les ai photographiées en manœuvrant l’obturateur à la main, tout comme s’il sc fut agi d’un objet stable quelconque.
- Voici maintenant, quels sont les appareils dont je me suis servi.
- II
- Pour ralentir le mouvement des masses lumineuses, il suffisait d’augmenter la capacité du condensateur. Ce dernier était, dans mes premiers essais, composé de 108 grandes jar-
- p.363 - vue 364/624
-
-
-
- 364
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- res qui étaient presque toujours disposées de façon à former deux batteries de 54, montées en série ou en cascade. La capacité du système était donc égale à celle de seulement 27 jarres en batterie ; mais une grande machine de Ilollz à 4 plateaux, mue à bras, suffît à peine à la charger.
- En mettant toutes les jarres en une seule batterie, la capacité devenait quatre fois plus grande, soit égale à environ 0,75 microfarad ; mais, dans ce cas, la déperdition était tellement active que le condensateur se chargeait très lentement, et ne pouvait atteindre un potentiel suffisant pour le but cherché. 11 suffît cependant de donner aux plateaux de la machine une grande vitesse angulaire, qui ne peut être obtenue qu’à l’aide d’un moteur puissant, pour surmonter cette difficulté, et pouvoir charger la batterie jusqu’au point d’obtenir, à l’air libre, des étincelles de 2 cm environ. Le potentiel correspondant est suffisant pour les expériences relatives à la décharge globulaire.
- Dans ces nouvelles expériences, j’ai donc monté les 108 jarres en une seule batterie, et j’ai produit le mouvement de la machine à influence au moyen d’un moteur hydraulique de Schmidt, d’une puissance d’environ 0,25 ch. Avec ce moteur, les plateaux mobiles avaient une vitesse angulaire régulière de 9 à 10 tours à la seconde, vitesse qui ne peut être maintenue que pendant quelques instants par la puissance musculaire, lorsque la machine est en action.
- Cette augmentation de capacité du conducteur est la seule modification qui ait été introduite dans le dispositif de mes expériences précédentes : le circuit de décharge comprend un micromètre à étincelles, un tube plein d’eau distillée souvent renouvelée, qui permet d’introduire dans le circuit une colonne liquide de longueur variable, et le tube de verre muni d’électrodes métalliques et contenant un gaz plus ou moins raréfié, dans lequel se produit la décharge globulaire.
- En raison de la grande influence que les dimensions du tube ont sur les phénomènes
- lumineux qui s’y produisent, et aussi dans le but d’éviter les complications possibles j’ai adopté, dans le plus grand nombre de mes expériences, des tubes ayant des dimensions identiques ; à savoir : 38 cm de longueur et 4 cm de diamètre. Ils étaient munis d’électrodes filiformes en platine ou en aluminium.
- Quand le potentiel de la batterie atteint une certaine valeur, une étincelle éclate dans l’air, entre les boules de l’excitateur, et en même temps, il se produit dans le tube le phénomène en étude. En employant de fortes résistances et la grande batterie, la durée de ce phénomène et de l’étincelle dans l’air, peut dépasser une seconde. Naturellement, à mesure que l’on augmente ou que l’on diminue la résistance due à la colonne liquide, l’étincelle dans l’air est du second, du troisième ou du quatrième type ('), et produit dans les deux derniers cas un sifflement aigu et prolongé.
- Bien que j’aie obtenu de cette manière des décharges globulaires à mouvement lent et de durée relativement grande, j’ai souvent employé une autre méthode, qui permet d’obtenir des décharges de durée encore plus longue.
- On sait que l’étincelle du premier type, c’est à dire l’étincelle ordinaire, a une durée si faible qu’un mouvement quelconque imprimé aux deux boules entre lesquelles elle jaillit, n'a aucune influence sensible sur cette ; durée. Mais il n’en est plus de même si l'on introduit dans le circuit une forte résistance ; en particulier, il est possible dans ce cas de modifier sensiblement la distance des deux boules pendant que l’étincelle dure, de les avancer, par exemple, jusqu’au contact, lors--que la décharge est à peine commencée.
- De cette façon, la décharge commencée lorsque les boules étaient éloignées, se continue dans un circuit qui peut ne contenir aucun autre intervalle à étincelle, et peut acqué*
- O Ment, délia R. Acc.-dei Lincei, }' série, t. I. N. -Cimenta. - a* série t. XVI, p. 104.
- p.364 - vue 365/624
-
-
-
- rir une très grande durée, qui croît lorsque le potentiel, la capacité du condensateur et la résistance du circuit augmentent.
- J’ai appelé la décharge ainsi produite, décharge ralentie (') ; le nom de décharge prolongée conviendrait peut-être mieux.
- Il est facile de juger de sa durée lorsqu’il existe un petit intervalle à étincelle dans le circuit de décharge, en plus de celui qui se supprime au moment où la décharge commence. Dans ce cas, la durée de la décharge croit -quand on diminue la longueur de ce petit intervalle.
- Dans le cas actuel, c’est le tube même dans lequel se produit la décharge globulaire qui indique la durée du phénomène, laquelle peut être de plusieurs secondes.
- Il n’est pas commode, pratiquement, d’approcher vivement les deux boules de l’excitateur au moment où commence entre elles une étincelle. J’ai donc préféré les tenir éloignées et en porter rapidement une en contact avec l’autre, lorsqu’un électromètre à pendule relié à l’armature isolée du condensateur annonçait que celui-ci avait atteint le potentiel voulu ; dans ce but, la boule était fixée à l’extrémité d’un bras tournant. Pour plus de simplicité, j’ai quelquefois supprimé l'excitateur, en mettant ses deux sphères en contact, et j’ai maintenu le circuit de décharge ouvert au moyen de l’inverseur qui sera décrit plus loin, les bras mobiles de cet inverseur étant portés à leur place seulement au moment où l’on voulait provoquer une dé-' charge.
- La décharge prolongée semble se comporter comme un courant électrique dont 1 intensité croît d’abord rapidement, puis plus lentement, jusqu’à un maximum, pour diminuer ensuite de nouveau jusqu’à s’annuler.
- (A suivre). A. Righi,
- ' Professeur à l’Institut royal de Physique de l’Université de Bologne (Italie).
- délia R. Acc. di Bologna, 3» série, t. VIIe
- P. 193.
- B N. Cimento. 2'série, t. XVI, p. 104.
- REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Le tramway à courants triphasés de Lugano.
- La première application des courants triphasés à la traction des tramways vient d’être réalisée dans le Tessin, à Lugano (Suisse). Voici les dispositifs principaux de cette installation à laquelle nous consacrerons bientôt un article spécial.
- L’usine génératrice est située près de Ma-roggia, à 12 kilomètres de distance de Lugano. Elle utilise la force motrice hydraulique du torrent de Arogno. Une génératrice à courants triphasés d’une puissance de 150 chevaux est actionnée par une turbine de 300 chevaux ; cette puissance a été adoptée pour permettre l’addition d’une seconde génératrice dans un avenir prochain. La fréquence est de 80 périodes par seconde. L’excitatrice est calée sur l’arbre même de l’alternateur.
- La transmission se fait à la tension de 5000 volts.
- A Lugano, cetîe tension est ramenée, par des transformateurs, à 400 volts.
- Les voitures emploient un double trôlet; les rails sont utilisés pour l’un des conducteurs.
- L’emploi des courants triphasés procure les avantages suivants :
- 11 permet d’utiliser dans de bonnes conditions économiques une chute d’eau, tandis que le charbon est très cher à Lugano.
- Les moteurs de la voiture ne portent aucun collecteur; or on sait que cet organe est la partie la plus faible des moteurs, celle qui causé le plus d’accidents et demande le plus de réparations (1).
- La vitesse des voitures reste constante* quelle que soit la charge, la rampe ou la pente, La consommation de courant varie seulement
- P) Voit L’Éclairage Électrique, t. V, p. 4^7 ; 7 décembre 1895.
- p.365 - vue 366/624
-
-
-
- 366
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- en conséquence. C’est un grand avantage sur les lignes à fortes pentes.
- A Lugano, la vitesse maxima est de 15 km à l’heure. Un régulateur placé sous la main du mécanicien permet d’obtenir les vitesses intermédiaires.
- Par suite de l’emploi des courants alternatifs, les corrosions électrolytiques sont complètement évitées.
- Enfin, grâce à l’emploi des transformateurs, on peut alimenter une ligne de grande longueur par une seule station génératrice.
- Son principal inconvénient est d’exiger deux conducteurs aériens et un double trôlet,
- Les résultats obtenus sur la ligne de Lugano seront suivis avec intérêt par tous les électriciens.
- G. P.
- Application de l’électricité au pointage latéral des tourelles (1)
- Pans son numéro du 6 Décembre dernier, Y Engineering fait allusion à une série d’articles publiés dans ce journal sur la tourelle Canet, dont nous donnons ici un extrait. Le croiseur chilien Gapitan Prat est le premier navire qui a reçu une installation de pointage latéral électrique. L’énergie est fournie par quatre dynamos montées par couples, entraînés chacun par un moteur. Ces dynamos sont des machines à six pôles qui donnent, à 300 tours, 500 ampères sous 70 volts. Chaque groupe doit pouvoir actionner en même temps les moteurs des quatre tourelles de 24 cm. ceux de leurs monte-charges et des monte-charges des pièces de 12 cm. Le Ca-pitan Prat possède en outre deux machines bipolaires Manchester qui alimentent l’éclairage intérieur et peuvent faire fonctionner chacune une tourelle de 24 cm.
- Pour ne pas produire sur le tube central de la tourelle un effort normal à son axe, les appareils de pointage qui lui sont adaptés sont doubles. Deux moteurs dont les induc-
- C) Engineering du 4, 11, 18 et 25 janvier 1895.
- tcurs sont en dérivation sur les bornes d’une seule machine ont leurs induits montés en série sur les bornes extrêmes de deux génératrices couplées elles-même en série. Ces moteurs placés à t8o° l’un de l’autre (fîg. !) entraînant chacun une chaîne Galle par l’intermédiaire d’une vis sans fin. Les extrémités de ces chaînes Galle sont liées à des ressorts Belleville dont les boîtes sont rivées sur le tube central.
- La manoeuvre à la main de la tourelle est obtenue en clavetant une manivelle sùr les axes des armatures des moteurs. \JEngineering fait remarquer à ce sujet avec quelle perfection les poids ont été disposés autour de l’axe de rotation de la tourelle. Quatre hommes en effet suffisent pour faire tourner un poids de 87 tonnes ; chose que le roulis rendrait impossible, si le centre de gravité n’était pas exactement sur l’axe du pivot. La vitesse obtenue dans ce cas a permis de faire décrire à la tourelle un angle dc2 70°en 1 m47s.
- Au moment de l’arrêt, la force vive est absorbée par les ressorts Belleville (’) et les expériences ont démontré qu’il n’y avait aucun choc.
- U Engineering ne donne pas la description de l'appareil de commande, qui se compose d’un commutateur placé dans la tourelle commandant un second commutateur situé sous le pont blindé à l’aide d’électroaimants. Ce système permet de donner à la tourelle quatre vitesses différentes qui luifont parcourir un angle de 270° en 1 m 27s, 1 m 17s, i m 12 s, et 1 m 4 s. Le pointage commencé par un mouvement du levier du commutateur se termine à l’aide de deux boutons placés sur le côté du commutateur et qui permettent de donner de faibles déplacements à la tourelle.
- Le monte-charge se meut dans le tube central et la carcasse de son moteur est rivée sur ce tube. L'Engineering ne donne pas la des-
- 0 ^'Engineering fait entrer en ligne de compte le tiavail produit dans l’induit mis en court-circuit, mais la transmission n’étant pas réversible le travail dans
- p.366 - vue 367/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 367
- cription de l’appareil de commande automa- 1 conçu un genre d’installation électrique des tique. tourelles Canct assez différent de celui-ci, que
- La Compagnie des forges et chantiers a j Y Engineering décrit plus complètement.
- Fig. 1. — Tourelle Canet à pointage latéral électrique installée sur le Capitan Prat.
- Ce dernier genre fonctionne sur le La-touche TrèviUe et donne d’excellents résultats. L énergie est fournie aux moteurs électriques par deux dynamos donnant chacune une puis-
- sance de 30 chevaux avec 80 volts aux bornes, tous les moteurs sont mis en dérivation sur le courant principal. Le monte-munitions existant sur le Cçifiitan Prat a été remplacé
- p.367 - vue 368/624
-
-
-
- 368
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- par une noria passant à l’intérieur du tube central. En haut, un plan incliné reçoit chaque partie de la charge qui descend sur une
- du Latouche Trévilh.
- par un moteur électrique placé sur une plate forme rivée sur le tube central; un embrayage permet de changer instantanément le mode d’impulsion.
- L’avantage de cette installation est de supprimer la perte de temps due à la descente du monte-charge.
- Le pointage latéral s’obtient par l’action d’un électro-moteur dont l’axe de l’armature porte une vis sans fin engrenantavec uneroue montée sur le même axe qu’un pignon en prise avec une grande roue dentée enveloppant le tube central et liée à lui (fig. 2).
- plaque tournante dont la rotation l’amène devant la culasse.
- Cette noria est mue soit à la main, soit
- La roue qui engrène avec la vis sans fi11 est tenue à son axe par un frottement énergique. Des disques de friction sont interposés
- p.368 - vue 369/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 369
- entre cette roue et son axe et sont appuyés par des ressorts Belleville dont on règle la tension de façon à permettre aux pièces un mouvement relatif en cas de choc dans un déplacement de la tourelle.
- En principe l’appareil de commande se compose d’un commutateur-inverseur et d’un collecteur de dynamo avec sa paire de balais (dg. 3). Sur le collecteur, les touches sont au nombre de 80 et la résistance introduite dans le circuit est divisée en 80 parties égales. On arrive ainsi à donner pratiquement toutes les valeurs posssibles à la vitesse, depuis sa valeur maxima jusqu’à o, sans produire d’étincelles.
- En réalité l’appareil est plus compliqué, car on a voulu mettre l’induit du moteur en court-circuit quand la tourelle a tourné de son angle maximum, d’un bord ou de l’autre.
- A chaque bout de course de la tourelle on a installé un tampon de choc qui’forme coupe-circuit. Lorsque les connections sont établies, un courant dérivé du courant principal passe dans la bobine d’un électro-aimant qui sert d’embrayeur.
- L’appareil se compose donc d’un premier commutateur qui lance le courant dans l’un des deux coupe-circuits, (il est formé des pièces 6, 35, 34, 33 du schéma, fig. 4) d'un
- Fig. 4. — Schéma des connections de la cartouche électrique.
- commutateur-inverseur qui décide du sens de la rotation du moteur M, de. l’embrayage électro-magnétique et du rhéostat.
- L’axe qui entraine les contacts mobiles (fig-- 3) des deux commutateurs est lié à un secteur denté engrenant avec un second secteur denté fixé sur la culasse de l’électro-ai-mant. Celui-ci est monté libre sur un axe horizontal. Un ressort le tient écarté de son armature quand le courant est interrompu. Un doigt fixé sur l’armature et fixe vient buter contre un des leviers 37 et 38 presque aussitôt après le commencement du mouvement de la manette des commutateurs. Ces leviers 37 et 38 entraînent des secteurs dentés en prise avec un pignon faisant corps avec le porte-balais du rhéostat.
- 30 est un ressort en spirale qui ramène le porte-balais à sa position initiale dès que l’é-lectro-aimant n’attire plus son armature- A ce moment l’induit du moteur est mis en court-circuit par l’intermédiaire des plots 28 et 29 et d’un contact mobile placé sur le porte-balais.
- L'Engineering déclare que dans cette installation, dûe à MM. Canet et Hillairet, on a fait un progrès sensible sur ce qui avait été réalisé dans la première. Pourtant la marine française ne considère pas que les avantages soient assez frappants pour abandonner le premier système et les utilise concurremment.
- On reproche au dernier d’exposer aux coups de l’ennemi une partie du circuit d’excitation de l’induit. En cas d’avarie dans l’appareil de
- p.369 - vue 370/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- comjjpande placé dans la tourelle, ce moteur serait arrêté il est vrai; mais l'appareil de pointage peut être mû à bras immédiatement, •ce qui diminue beaucoup la portée de cette objection. G.
- • La production du zinc pur par I’électrolyse G ) D'après MM. Mylius et Fromm, les méthodes de purification du zinc par voie sèche ne conduisent qu’à des échecs. Le procédé par voie humide ne peut être réalisé que par l’élcctrolyse.
- Deux moyens se présentent : la déposition du métal dans une dissolution purifiée, avec des anodes insolubles, et l’affinage électrolytique avec des anodes solubles en zinc. Dans leurs recherches, ces ingénieurs ont employé des solutions purifiées de sulfate de zinc et ont obtenu les résultats suivants : Le zinc réputé pur du commerce contient dans tous les cas des quantités notables de cadmium, de plomb et de fer. Une solution de sulfate de zinc peut être purifiée électrolytiquement, en sorte que l’analyse chimique ne puisse déceler aucune trace de métal étranger ; l’oxyde de zinc est obtenu facilement, par des procédés chimiques, avec une égale pureté ; le zinc électrolytique obtenu du sulfate ou de l’oxyde de zinc contient cependant des quantités appréciables de platine provenant de l’anode.
- Le zinc le plus pur est obtenu par l’éieotro-lyse répétée du métal dans une solution basique de sulfate de zinc; il est obtenu à l’état spongieux et doit être fondu dans le vide.
- Le métal ainsi obtenu n’est pas absolument pur, mais contient 99, 99 pour roo de
- Avec la décomposition électrolytique, la décomposition secondaire de l'eau ne peut pas être entièrement évitée. G. P.
- La fabrique d’aluminium du Niagara, par 0,-E.
- Dunlap.
- La Pittsburg Réduction Company exploitant une usine située près des chutes du Nia-
- gara, est l’unique producteur d’aluminium aux Etats-Unis (’). Elle met en œuvre le pro_ cédé Hall qui consiste à dissoudre l’alumine dans un bain en fusion composé de fluorure d’aluminium et d’un autre fluorure à métal plus électro-positif. Ce bain, contenu dans des creusets dont la doublure en charbon sert d’anode laisse déposer le métal sous l’action du courant. Les fluorures de potassium et de calcium combinés au fluorure d’aluminium ont été trouvés les plus avantageux. On les obtient par l’action de l’acide fluorhydrique sur les carbonates de potasse et de chaux, La cryolite naturelle est aujourd’hui à'peu près abandonnée.
- Les creusets disposés en deux séries sont maintenus à haute température pendant des mois, leur usure étant très lente.
- L’usine de la Compagnie de Réduction emploie des courants de voltage peu élevé, chaque creuset n’exigeant que 6 à 8 volts. Naturellement, c’est à la Compagnie du Niagara que la puissance électrique est empruntée ; mais celle-ci la fournit en courants biphasés sous 2 000 volts. 11 est donc nécessaire d’employer un transformateur d’alternatif à haute tension en continu à basse tension. l)cs transformateurs fixes réduisent d’abord la tension de 2 000 à 115 volts, et des convertisseurs rotatifs alimentés par le courant alternatif à basse tension fournissent du courant continu à 160 volts. Comme particularité, notons l’emploi d’une ventilation artificielle pour refroidir le transformateur dont la surface de rayonnement est, paraît-il, insuffisante. A remarquer aussi l’emploi de l’aluminium pour les conducteurs électriques de l’usine.
- On croit généralement que la matière première pour l’obtention de l’alumine est l’argile. En réalité, la Compagnie retire l’alumine pure de la bauxite, dont de grands gF sements existent en Géorgie et dans l’Ala-bama.
- (1) Voir à ce propos Uindustrie de l’aluminium Etats-Unis (L’Éclairage Électrique, t. VI, p. ;ÿ9' r5 février 1896).
- (’j The Journal of Electrlcity, décembre 1895, p. 13J.
- p.370 - vue 371/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 37
- L'usine duNiagara,quoique mise en marche seulement le 26 août 1895, a vu sa production s’accroître si rapidement que dès maintenant l’installation va être doublée comme capacité. Son traité avec la Compagnie des Chutes lui permet d’ailleurs d’utiliser toute la fdrce motrice restant disponible.
- Les agrandissements actuellement en cours porteront bientôt la puissance de l’usine à 4500 chevaux et avant quatre mois, la Compagnie espère produire régulièrement 5 tonnes d’aluminium par jour.
- La Compagnie possède d’ailleurs encore une deuxième usine à New-Kensington, où elle n’emploie que la vapeur comme force motrice et où le charbon lui revient à 3 fr 25 la tonne. Malgré cela, l’usine hydraulique travaille plus économiquement, et celle de New-Kensington opère principalement la refonte et le laminage du métal.
- Voici d’ailleurs la progression rapide que la production de ce métal a suivie aux Etats-
- Unis : Année kg Anné, * kg
- 1883 38 1889 21 400
- 1884 68 ,890 27 700
- 188s 120 1891 68000
- 1886 1 350 18,a 117000
- 1887 8 150 1893 154000
- «888 8 600 1894 250000
- Pour 1 895, on a 1 une production de 385 000
- kg, et 01 n évalue qu’en l’année présente on
- produira environ r 600000 kg.
- La Pittsburg Réduction Company garantit une pureté de 98 pour 100, et vend l’aluminium au prix de 550 à 600 fr les 100 kg, selon la quantité,
- A. H.
- Fabrication des manchons à incandescence par le gaz, an moyen de l’électrolyse, procédé Rudolf Langhaus (').
- Ce procédé, pour lequel un brevet vient dêtre accordé en Allemagne après plus de ans d’examen, consiste à former un
- Engineering, 31 janvier 1896, p. 160.
- électrolyte des nitrates ou sulfates des métaux terreux en leur mélangeant des sels de bases terreuses et à les déposer par un courant électrique sur une corbeille de la forme voulue et tressée en fils de platine excessivement fins. Les sels déposés sont convertis en oxydes par calcination; le dépôt ainsi formé est très poreux et très adhérent. Quand un manchon de ce genre est porté dans la flamme d’un Bunsen, il donne une très vive émission de lumière.
- L’apparence du dépôt, lorqu’on l’observe au microscope, est cristalline; les molécules ainsi disposées donnent l’émission de lumière maxima- Le manchon peut être manié très rudement; il peut même être déformé et ensuite être remis en sa forme primitive sans que les molécules soient sensiblement déplacées. La quantité de platine entrant dans la fabrication d’un manchon pour bcc de 60 bougies, est d’environ 1 gramme. Cette armature peut être nettoyée et ensuite recouverte à nouveau; la dépréciation sur le platine, après 2 000 heures d’usage, serait inférieure à 10 pour 100. Le prix de revient de ces manchons, avec le brûleur à gaz et la cheminée en verre, n’atteindrait pas 2,50 fr pièce. Les avantages de ce procédé de fabrication seraient les suivants : les manchons seraient pratiquement indestructibles ; la durée des oxydes incandescents serait plus grande ; l’émission de lumière serait plus grande en raison de la plus grande surface émissîve; l’économie de gaz serait égale à celle du bec Auer. Les manchons Langhaus pourraient être employés pour l’éclairage public dans les places les plus exposées, car, paraît-il, ils ne sont pas affectés par un allumage peu soigneux, ni par les courants d’air même intenses.
- On craignait que le dépôt électrolytique ne fût pas adhérent, ou, s’il l’était, qu’il fût trop dense pour donner une émission suffisante. Les expériences effectuées devant la Commission des Brevets, en Allemagne, ont prouvé que ecs craintes n’étaient pas ondées.
- p.371 - vue 372/624
-
-
-
- 37;
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Après avoir rendu pratique 'éclairage àl l’acétylène, l’électricité viendrait-t-elle de prêter encore des armes à ses ennemis?
- G. P.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Influence de la nature chimique des corpssurleur transparence aux rayons de Roentgen, par Maurice Meslans. (’)
- « Des expériences nombreuses ont démontré déjà que certains corps sont transparents aux radiations émises par le tube de Crookes, alors que d'autres présentent une opacité relative à ces rayons. Je me suis proposé de chercher quelle est la relation qui peut exister entre cette transparence des corps et leur nature chimique, et si les rayons de Roentgen ne peuvent fournir un nouveau moyen d'investigation dans le domaine de la Chimie. J'indiquerai seulement ici les points les plus saillants des résultats que j’ai obtenus ; ils ressortent de l’examen des épreuves photographiques que je mets sous les yeux del’A- . cadémie et qui ont porté sur une cinquan- j taine de corps simples ou composés. !
- )) Ces résultats, bien qu’incomplets, m’ont ; semblé offrir quelques conclusions assez nettes, pour certaines parties du moins, et m’engagent à poursuivre cette étude.
- » La transparence ou l’opacité des corps, aux rayons X n’est pas absolue; on a démontré déjà l’influence de l’épaisseur; on a recherché le rôle de la densité. L’espèce chimique m’a paru présenter une influence très considérable.
- » J’ai comparé entre eux diyers métalloïdes, ainsi, que leurs dérivés acides et les sels métalliques et organiques qu’ils peuvent fournir. Mes essais ont surtout porté sur les
- (4) Comptes rendus, t. CXXII, p. ^09 ; séance du 10
- corps organiques et sur l’élément essentiel de ceux-ci, le carbone.
- )) J’ai pu constater, dès à présent,l’extrême .transparence, non seulement du carbone sous ses divers états, comparé à celles des autres métalloïdes, mais aussi le peu d’opa-citc des composés organiques, lorsque ceux-ci ne renferment avec le carbone que les éléments gazeux, hydrogène, oxygène et azote. Toutefois cette transparence est loin d’être uniforme et présente des degrés très divers qui paraissent liés à la’fonction chimique de ces corps.
- » Les épreuves photographiques qui accompagnent cette Note ont été obtenues en enfermant une plaque photographique dans un châssis à négatifs en bois et en en disposant, sur la planchette qui recouvre la plaque, les corps dont on voulait étudier la transparence, puis à éclairer, l’ensemble par un tube de Crookes, placé à 20 cm. Après trente minutes de pose, laplaque développée donnait des silhouettes des corps mis en expérience, dont les intensités relatives mesuraient les transparences.
- » Le diamant, le graphite, l’anthracite, le charbon de sucre donnent une image faible, d’une tonalité semblable à celle du bois ou de la paraffine sous une égale épaisseur, alors que le soufre, le sélénium, le phosphore, l’iode offrent des images très vigoureuses qui dénotent une grande opacité.
- » Les matières organiques, éthers, acides, corps azotés se laissent aisément traverser par les rayons X et donnent une image à peine visible. Mais l’introduction dans la molécule organique d’un élément minéral, tel que l’iode, le chlore, le fluor, le soufre, le phosphore, etc., donne à celle-ci une très grande opacité. Les sulfates d’alcaloides sont dans ce cas. De même l’iodoforme est très opaque, alors que les alcaloïdes, l’acide picrique, la fuchsine, l’urée sont très transparents. Le fluorure de phtalyle est beau' coup plus opaque que L’acide phtalique, bien que ces deux corps aient un poids molécU' laire très voisin.
- p.372 - vue 373/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- ?73
- » Les sels . métalliques jouissent d’une grande opacité, mais qui varie avec le métal et avec l’acide.
- » Ces résultats sont corroborés du reste par les photographies de mains, ou de petits animaux entiers, exécutés par Al. Roentgen et par d’autres savants. Dans ces épreuves, les muscles demeurent transparents. Ce sont en effet des corps formés seulement de carbone, d’hydrogène et d’azote. Les os, au contraire, donnent des images vigoureuses. Leur opacité provient des éléments minéraux qu’ils renferment.
- » Les différences dans la constitution chimique des diverses matières qui forment les nerfs, le sang, etc., permettront sans doute aussi, d’après les premières constatations que j’ai pu faire sur des composés organiques, d'en obtenir des images photographiques, grâceà leur inégale transparence.
- )) Je compte poursuivre, en y apportant plus de rigueur, ces recherches sur les espèces chimiques définies, et je me propose d’étudier le rapport qui relie la fonction chimique des corps à leur degré de transparence aux rayons de Roentgen. Mais, dès maintenant, un résultat qui me semble acquis est la transparence toute particulière du carbone et de ses combinaisons avec l’hydrogène, l’oxy-gcne et l’azote, et l’opacité considérable apportée par l’introduction dans la molécule organique des éléments minéraux autres, et en particulier du chlore, du soufre du phosphore, et surtout de l’iode (’).
- Augmentation du rendement photographique des rayons de Roentgen par le sulfure de zinc phosphorescent, par Charles Henry (s).
- (l Si l’on applique, sur la face opposée au Sélatinobromure d’une plaque photographiée, une couche de 0,5 mm à 1 mm d’épais-Seur de mon sulfure de zinc phosphorescent, en ayant soin de réserver une moitié de la
- (1) Expériences faîtes à l'Ecole de Pharmacie de Nancy. JJ impies rendus, t. CXXII, p. 312; séance du
- plaque prise dans sa longueur; si, dans un châssis à rideau, l’on expose à la lumière d’une bougie, pendant des temps croissants, des bandes successives de cette plaque, on obtient naturellement, après développement et fixage, une série de teintes d’intensités décroissantes, mais on constate [entre les deux moitiés de la plaque, celle qui a reçu du sulfure de zinc sur le verre et celle qui n’en a point reçu, une différence notable d’intensité de gris; on voit, par exemple, sur un des clichés ainsi obtenus, que la demi-bande la plus noire de celles derrière lesquelles il n’y avait point de sulfure a la même intensité qu’une demi-bande, enduite au dos de sulfure de zinc, ayant posé sept fois moins longtemps.
- » Les rayons ultra-violets viennent donc, à travers le gélatinobromure et le verre, impressionner le sulfure de zinc, et le sulfure continue l’action réductrice par ses radiations propres, même sur des plaques non sensibilisées au jaune-vert, donc par ses radiations les plus réfrangiblcs et par d’autres, comme on le verra à la fin de cette Note.
- » Les rayons Roentgen se comportent souvent tout différemment dans ces conditions : si l’on expose à ce rayonnement, avec le dispositif ordinaire, une plaque au gélatinobromure sulfurée en certaines plages de la face opposée à la face sensible, on ne constate, sur certaines plaques, aucune différence entre les intensités des parties dont la face opposée a été sulfurée et les intensités de celles dont la face opposée est restée intacte.
- )) Comme le sulfure de zinc se sature très facilement à la lumière du rayonnement Roentgen et comme, dans certains cas, ce sulfure est impressionné à travers le verre et le gélatinobromure, il en faut conclure que, dans les plaques en question, ce n’est pas le gélatinobromure, mais bien le verre qui joue le rôle d’absorbant; nouvelle démonstration de la différence qui sépare les rayons Roentgen des rayons ultra-violets et de l’importance qu’il faudrait attribuer au verre et à son épaisseur dans les cas où l’on voudrait sensibiliser les plaques à ces sortes de rayons par
- p.373 - vue 374/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 574
- l’apposition de sulfure de zinc sur la face opposée à la plaque sensible.
- » Si l’on photographie par les procédés ordinaires, à l’éclairage du jour, un tableau peint de sulfure de zinc phosphorescent, les parties sur lesquelles ont été appliquées les plus grandes épaisseurs de sulfure apparaissent en blanc plus ou moins intense sur le négatif. En cherchant la manière dont se comporte à l’égard des rayons Roentgen un objet recouvert de sulfure de zinc phosphorescent, j’ai constaté le fait remarquable d’une augmentation notable du rendement photographique de ces rayons.
- » Dans une première expérience, j’ai photographié deux doigts : l’index et le médius, l’index ayant été enduits de vaseline sulfurée; on constate que toute la portion de la plaque qui entoure l’ombre de l’index est plus noire que le reste.
- » Dans une seconde expérience, j'ai placé sur la plaque photographique, enveloppée de papier aiguille, un fil de fer et, sur ce fil de fer, à la suite les unes des autres, de gauche à droite, une pièce de 0,05 fr intacte, une pièce de 0,10 fr enduite de sulfure sur sa face antérieure, une pièce de 0,05 fr enduite de sulfure sur sa face postérieure, une pièce de 5 fr en argent enduite de sulfuie sur la plus grande portion de sa face antérieure, enfin une petite cuve d’optique, cylindrique, divisée en deux compartiments et renfermant, dans le compartiment de droite, une solution de sulfate de quinine. La plaque, développée et fixée après quarante-cinq minutes de pose, donne une ombre très nette du fil de fer derrière la pièce de 0,10 fr enduite de sulfure sur sa face antérieure, une ombre un peu moins nette derrière la pièce de 0,05 fr enduite de sulfure sur sa face postérieure (l’ombre de cette pièce ressortant plus en clair que les autres), une ombre moins nette également derrière la portion de la pièce de 5 fr enduite de sulfure (l’argent étant d’ailleurs comme on sait, toutes conditions égales, plus transparent que le bronze) ; au contraire, il n’apparaît aucune ombre du fil derrière le sou resté intact
- et derrière la portion de la pièce de 5 fr non recouverte de sulfure. Le sulfate de quinine n’exerce aucune influence sensible.
- » Cette expérience prouve qu’il est possible, en enduisant de sulfure de qinc phosphorescent des corps absorbants pour les rayons Roentgen, de rendre visible sur la plaque photographique des objets situés derrière ces corps et invisibles autrement. Le sulfure de zinc fait l’office d’une source actinique supplémentaire ; il transforme en rayons photographiques des rayons Roentgen inertes à ce point de vue : nouvelle preuve de la complexité des radiations émises par l’ampoule de Crookes.
- » Il est probable que d’autres sulfures que le sulfure de zinc phosphorescent jouissent de cette propriété : je n’ai pas eu le loisir de les essayer : mais la grande inaltérabilité du sulfure de zinc phosphorescent lui assure sur tous les autres phosphores artificiels une supériorité incontestable dans toutes les applications en question.
- )> J’ai eu, également, avec le sulfure de zinc phosphorescent, l’occasion de vérifier une hypothèse de M. Henri Poincaré : « Ne » peut-on alors se demander si tous lescorps » dont la fluorescence est suffisamment in-» tense n’émettent pas, outre les rayons lu-» mineux, des rayons X de Roentgen, quelle » que soit la cause de leur fluorescence ? (’) »
- » J’ai exposé, pendant une seconde, à la lumière d’un ruban de magnésium, un lingot parallélipipédiquc d’aluminium de 0,1.45 m de long, 0,025 m de large, 0,006 m d’épaisseur, reposant sur un petit support de carton noirci ; à l’extérieur, sur une longueur de 0,06 m, je l’ai enduit de sulfure de zinc; puis j'ai laissé intacte extérieurement et intérieurement une surface de 0,05 m de long; enfin j’ai enduit le lingot avec ce même sulfure intérieurement sur une surface de 0,035 m long/presque complètement abritée delà lumière du magnésium, excepté sur les bords; j’ai placé, entre le lingot et la plaque photographique recouverte d’une double feuille depa-
- (1) Revue générale des Sciences, 30 janvier i8y6, p- 5 b
- p.374 - vue 375/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 375
- pier aiguille, le fil de fer précité ; après développement et fixage, le négatif présente une silhouette blanche légère du fil de fer sur le fond rectangulaire noir de l’ombre du lingot ; insensible dans la portion de l'ombre correspondant à la portion non sulfurée de la plaque d’aluminium, la différence de teintes est le plus sensible dans la portion de l’ombre correspondant à la portion de la plaque sulfurée en dessous. De même, en exposant à la lumière diffuse du jour, dimanche dernier, de trois heures à cinq heures, sur une plaque recouverte d’une double feuille de papier aiguille, le lingot d’aluminium, avec la disposition décrite, j’ai obtenu un voile très sensible de la plaque dans les . entours de l’ombre de la portion sulfurée extérieurement, sensible aux confins de la partie sulfurée intérieurement, nul au centre (1). »
- Sur une action mécanique émanant des tubes de Crookes, analogue à l’action photogénique découverte par Roentgen,par E.Gossart et H, Chevallier (*).
- « Nous avons l’honneur de signaler à l’Académie un champ de force mécanique qui se manifeste à l’intérieur du radiomètre de Crookes, lorsqu’on place ce dernier en face d’un tubes de Crookes.
- » Nous avions voulu, dans un cours public sur les radiations des lampes électriques, introduire les rayons X de Roentgen, les rayons cathodiques de Crookes et la lumière stratifiée ttAbria qui a conduit Crookes à sa découverte par l’agrandissement des strates. 11 nous a semblé logique de manifester à distance l’échauffcment des tubes de Crookes au moyen de son radiomètre. Notre étonnement fut grand de voir les ailettes du radiomètre, non seulement rester immobiles devant le
- !’) Ces recherches ont été faites en partie au labora-toire de M. Gaston Seguy, auquel j’adresse mes vifs N-Bierciemeiits, en partie à mon laboratoire de la Sor-
- jr(’) Comptes rendus, t. CXXII, p. 316, séance du ro
- tube très chaud, mais même, une fois mises en mouvement par une chaleur étrangère, se caler devant le tube, avec’orientation bien fixe et après des oscillations pendulaires d’autant plus rapides que leur distance au tube diminuait.
- » Il est clair que nous étions lâ en face d’une action mécanique, due à un champ de force créé dans le radiomètre, et opposée à celle de la chaleur.
- » Nous nous sommes empressés de vérifier l’existence de ce champ de force autour du tube de Crookes, en l’étudiant avec le radiomètre, comme direction et comme intensité, et constatant sur une vingtaine de substances que cette force traverse les mêmes milieux, ou est arrêtée par les mêmes milieux, que les rayons X.
- » Il y a plus : une fois le radiomètre placé dans le champ de Crookes et seulement alors, nous avons constaté que le champ, visqueux en quelque sorte, qui cale les ailettes, est modifié par les courants, surtout par celui de la bobine excitatrice du tube de Crookes, modifié par les corps électrisés statiquement, et enfin perturbé énergiquement par un aimant. En promenant circulairement un aimant autour des parois du radiomètre, on arrive à dévisser en quelque sorte les palettes et à les rendre de nouveau obéissantes à la source de chaleur.
- » Ainsi, sur les ailettes de ce radiomètre. on peut faire entrer en action simultanément ou successivement les rayons X, la chaleur, les forces électrostatiques, clectrodynamiques et magnétiques.
- » 11 nous a donc semblé que nous avions un instrument commode, à indications qualitatives et quantitatives, pour faire des investigations nouvelles sur les radiations encore mystérieuses qui s’échappent du tube de Crookes : émission suivant les sources excitatrices, transmission, etc.
- » Nous avons alors installé sur un banc de xAlelloni : i° une lampe de Locatelli; 20 le radiomètre à 30 cm de la lampe, de façon à avoir quinze tours par minute environ ; 30 le tube
- p.375 - vue 376/624
-
-
-
- 576
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- de Crookes, mobile autour de son axe vertical, au moyen d’une alidade qui donne sur un cercle divisé les diverses directions de l’axe du faisceau cathodique.
- » Dès qu’on lance les rayons cathodiques, il y a calage des ailettes, et non par dyssimé-tric du système, car nous avons vu tantôt les unes, tantôt les autres prendre la direction axiale d’équilibre. Malheureusement, nous n’avons pas encore pu nous procurer un appareil à deux ailettes.
- . )) Si l’on éteint le tube de Crookes, le calage persiste pendant près de cinq minutes, malgré l’action constante de la lampe de Lo-catelli. Un moyen bizarre et peut-être suggestif de les remettre en mouvement, c’est de lancer des rayons anodiques, en rapprochant à quelques millimètres le tube du radiomè-tre : ses ailettes subissent, tout d’abord, une impulsion en sens contraire du mouvement normal, qu’elles reprennent ensuite.
- - )) Nous avons déterminé une première ligne de niveau du champ, en actionnant notre unique tube de Crookes à croix avec une grosse bobine de Ruhmkorff et un courant primaire à 20 volts. Cette ligne de niveau est déterminée par la cessation du calage ; elle est normale à la direction d’équilibre d'une des paires d’ailettes ; son éloignement maximum du tube était à 3 cm en avant de l’axe (distance de paroi à paroi) et elle venait se raccorder au tube vers le centre de la cathode concave.
- » En entourant le tube d’une pellicule photographique circulaire, enfermée dans un ctui de papier que tapissaient intérieurement des lettres métalliques, nous avons pu vérifier approximativement la concordance des deux champs.
- '• » Relativement aux sources, nous ne pouvons signaler nettement encore que cette remarque : l’inertie de cinq minutes dans le calage, qui se manifestait avec une bobine de Ruhmkorff, ne se produit plus avec une machine de Wimshurst.
- )) Nos expériences ont particulièrement porté sur la transparence des diverses- sub-
- stances pour la force et l’action photographique. Nous citerons comme très transparents aux deux flux les corps suivants :
- )) Carton, bois, ébonite, feutre (plaques de 2 cm), soufre, paraffine (1 cm), ouate, etc • à égalité d’épaisseur l’action se propage plus loin à travers la paraffine qu’à travers l’air.
- » Comme corps opaques, nous indiquerons, suivant l’ordre d’opacité décroissante :
- » Le plomb, le cuivre, l’aluminium, l’ivoire le charbon de cornues.
- » Cette Note ne peut être que le point de départ d’une série de recherches que nous espérons poursuivre, pour étudier le champ du tube de Crookes avec le radiomètre de Crookes (').
- Sur l'application des rayons de Roentgen au diagnostic chirurgical, par Lannelongue et Oudin (*).
- Comme nous le disions dans notre précédent numéro, on est parvenu à photographier par les rayons de Roentgen des parties du corps humain plus épaisses que la main, qui jusqu’ici avait seule été photographiée. C’est à MM. Lannelongue et Oudin que l’on doit cette extension des applications chirurgicales des rayons [de Roentgen. Ils ont pu photographier un genou, guéri depuis quelque temps d’une ostéo-arthrite de nature tuberculeuse, ainsi qu’une cuisse d’un enfant de huit ans, atteint d’une ostéite de la diaphyse fémorale. L’examen de ces deux photographies n’a apporté aucun renseignement ayant passé inaperçu pendant le traitement, mais il a été, de tous points, conforme aux indications fournies par la clinique.
- Application de la méthode de M. Roentgen, par Albert Londe (3).
- L’auteur présente à l’Académie une pho-
- (') NousTenons à exprimer, dès maintenant, à MM.
- Brunei et Duhem notre reconnaissance pour leurs conseils précieux.
- (’) Comptes rendus, t. CXXIt, p. 283 ; séance ou février.
- (3) Comptes rendus, t. CXXII, p. 311 ; séance du 1°
- p.376 - vue 377/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 377
- tographie de l’aileron d’un faisan tué à la chasse ; on y distingue parfaitement la fracture de l’os, un fragment d’os détaché et un grain de plomb resté dans la chair.
- L’auteur ajoute que les plaques les plus sensibles à l’action de la lumière sont aussi les plus sensibles à l'action des rayons de Roentgen ; remarque déjà faite par de nombreux observateurs.
- Epreuves photographiques obtenues au moyen des rayons X, par Ch. V. Zenger (1).
- En présentant à l’Académie trois photographies de mains, l’auteur confirme un fait déjà observé par plusieurs expérimentateurs : qu’il est préférable, pour la netteté des épreuves, de placer directement l’objet à reproduire sur la plaque photographique en n’interposant qu’un papier noir très homogène, que de l’en séparer par la lame de bois du châssis.
- Nouvelles propriétés des rayons cathodiques, par Jean Perrin (*).
- « I. On a imaginé deux hypothèses pour expliquer les propriétés des rayons cathodiques.
- » Les uns, avec Goldstein, Hertz ou Lenard. pensent que ce phénomène est dû, comme la lumière, à des vibrations de l’éther (s), ou meme que c’est une lumière, à courte longueur d’onde. On conçoit bien alors que ces rayons aient une trajectoire rectiligne, excitent la phosphorescence, et impressionnent les plaques photographiques.
- » D’autres, avec Crookes ou J.-J. Thomson, pensent que ces rayons sont formés par de la matière chargée négativement et cheminant avec une grande vitesse. Et l’on con-
- (’} Comptes rendus, t. CXXII, p. 319; séance du 10
- {^Comptes rendus, t. CXXI, p. 1131; s 3° décembre 1895.
- (3) CE
- h lumiè thèses 0;
- apposai
- récemment, M. Jaumann, dont 1e hé depuis critiquées par M. H. Poin ingitudinales.
- ance du
- que de 9 hypo-
- çoit alors très bien leurs propriétés mécaniques, ainsi que la façon dont ils s’incurvent dans un champ magnétique.
- » Cette dernière hypothèse m’a suggéré quelques expériences que je vais résumer sans m’inquiéter, pour le moment, de rechercher si elle rend compte de tous les faits jusqu’à présent connus, et si elle peut seule en rendre compte.
- )> Ses partisans admettent que les rayons cathodiques sont chargés négativement; à ma connaissance, on n’a pas constaté cette électrisation; j'ai d’abord tenté de vérifier si elle existe, ou non
- )) IL Pour cela, j’ai fait appel aux lois de l’influence, qui permettent de constater l’introduction de charges électriques à l’intérieur d'une enceinte conductrice close, et de les mesurer. J’ai donc fait pénétrer des rayons cathodiques clans un cylindre de Faraday.
- » A cet effet, j’ai employé le tube à vide représenté par la figure 1.
- » ABCD est un cylindre métallique fermé de toutes parts, sauf une petite ouverture a. au centre de la face BC. C’est lui qui jouera le rôle de cylindre de Faraday. Un fil métallique, soudé en S à la paroi du tube, fait communiquer ce cylindre avec un électros-cope.
- » EFGII est un deuxième cylindre métallique, en consommation permanente avec le sol, et percé seulement de deux petites ouvertures en /3 et y. Il protège le cylindre de Faraday contre toute influence extérieure.
- » Enfin, à 0,10 m environ en avant de FG, se trouve une électrode N.
- » L'électrode N servait de cathode : l’anode était formée par le cylindre protecteur EFGH : un pinceau de rayons cathodiques pénétrait alors dans le cylindre de Faraday. Invariablement, ce cylindre se chargeait d’électticité négative.
- )) Le tube à vide pouvait être placé entre les pôles d’un électro-aimant.
- « Quand on excitait ce dernier, les rayons cathodiques, déviés, n’entraient plus dans le cylindre de Faraday : alors ce cylindre ne se
- p.377 - vue 378/624
-
-
-
- 37^
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- chargeait pas; il se chargeait aussitôt qu'on cessait d’exciter l’électro-aimant (1).
- » Bref, le cylindre de Faraday se charge négativement quand les rayons cathodiques y pénètrent, et seulement quand ils y pénè-
- l^miiirrr— sot
- l’ordre de grandeur des charges obtenues en disant que pour un de mes tubes, à une pression mesurée par 20 microns de mercure, et pour une seule interruption du primaire de la bobine, le cylindre de Faraday recevait assez d’électricité pour porter à 300 volts une capacité de 600 unités C.G.S.
- » III. Les rayons cathodiques étant chargés négativement, le principe de la conservation de l'électricité porte à rechercher quelque part les charges positives correspondantes. Je crois les avoir trouvées dans la région même où se forment les rayons cathodiques, et avoir constaté qu’elles cheminent en sens inverse, en se précipitant sur la cathode.
- )) Pour vérifier cette hypothèse, il suffît d’employer une cathode creuse, et percée d’une petite ouverture par laquelle puisse entrer une partie de l’électricité positive attirée. Cette électricité pourra alors agir sur un cylindre de Faraday intérieur à la cathode. 1
- )) Le cylindre protecteur EFGH, avec son ouverture /3, remplit ces conditions ; je l’ai donc employé, cette fois, comme cathode, l’électrode N étant anode.
- » Le cylindre de Faraday s’est alors invariablement chargé d'électricité -positive.
- )) Les charges positives étaient de l’ordre de grandeur des charges négatives précédem-irrerpf ootenues.
- meut avec une bobine d'induction ou avec une machine Wimshurst.
- trent : les rayons cathodiques sont donc chargés d’électricité négative.
- » On peut mesurer la quantité d’électricité que débitent ces rayons. Je n’ai pas terminé cette étude, mais je donnerai une idée de
- » Ainsi, en même temps que de l’électricité négative est rayonnnée à partir de la cathode, de l’électricité positive chemine vers cette cathode. J’ai recherché si ce flux positif formait un deuxième système de rayons absolument symétrique au premier.
- » IV. Pour cela, j’ai construit un tube analogue au précédent (fîg. 2), à ceci presque, entre le cylindre de Faraday et l’ouverture jG,
- Fig. 2.
- se trouve un diaphragme métallique percé d’une ouverture /S', en sorte que l’électricité positive entrée par ne puisse agir sur le cylindre de Faraday que si elle traverse aussi le diaphragme /5Puis j’ai répété les expériences précédentes,
- »N étant cathode, les rayons cathodiques émis traversent sans difficulté les deux ouvertures (S et /S'et font diverger fortement les feuilles d’or de l’électroscope. Mais, quand le cylindre protecteur est cathode, le flux positif qui, d’après l’expérience précédente, pénètre par /3, ne réussit pas à séparer les feuilles d'or, sauf aux très basses pressions, Lfl substituant un électromètre à l’électroscope, on voit que l’action du flux positif est réelle mais très faible, et croît lorsque la pression
- p.378 - vue 379/624
-
-
-
- REVUE D'ELECTRICITE
- 379
- décroît. Dans une série d’expériences, à une pression de 2ou, elle portait à io volts une capacité de 2 000 unités C. G. S. ; et à une pression de 3 p, pendant le même temps, elle |a portait à 60 volts'(’).
- » On -pouvait, ait moyen d’un aimant, supprimer totalement cette action.
- )) V. L’ensemble de ces résultats ne paraît pas facilement conciliablable- avec la théorie qui fait des rayons cathodiques une lumière ultra-violette. Ils s’accordent bien, au contraire, avec la théorie qui en fait un rayonnement matériel et qu’on pourrait, me semble-t-il, énoncer actuellement ainsi :
- )) Au voisinage de la cathode, le champ électrique est assez intense pour briser en morceaux, en ions, certaines des molécules du gaz restant. Les ions négatifs partent vers la région où le potentiel croît, acquièrent une vitesse considérable et forment les rayons cathodiques; leurcharge électrique et,par suite, leur masse (à raison d’une valence-gramme pour 100000 coulombs) est facilement mesurable. Les ions positifs se meuvent en sens inverse' * *. ils forment une houppe diffuse, sensible à l’aimant, et pas de rayonnement proprement dit (s).
- Etude du carbure d’uranium, par Henri Mois-
- Dans cette note, l’auteur indique sucessi-vement le mode de préparation, les propriétés et l’analyse du carbure d’uranium. En voici les conclusions :
- L’uranium, chauffé au four électrique, en présence d’un excès de carbone, fournit un carbure défini et cristallisé de formule C3Ur8.
- Ce nouveau corps se décompose au contact de l’eau froide et donne environ le tiers de son carbone sous forme d’un carbure gazeux riche en méthane. L’autre partie du carbone
- (*) La rupture du tube m’a, provisoirement, empêché détudier le phénomène à des pressions plus faibles.
- (*) Ce travail a été fait au laboratoire de l'Ecole Nor-n;ùc et au laboratoire de M.'Pelîat, à la Sorbonne.
- (8) Comptes rendus, t. CXXIl. p. 274-280 ; séance du 10 février.
- produit' un mélange de carbures liquides et solides et de matières bitumineuses. Il est vraisemblable que cette décomposition complexe tient à des phénomènes de polymérisation, analogues à ceux que M. Bcrthelot a décrits dans ses recherches sur la décomposition pyrogénée du carbure d’hydrogène.
- La présence de l’hydrogène dans le mélange gazeux peut être due, d’un autre côté, à l’action secondaire d’un oxyde d’uranium hydraté qui doit être un puissant réducteur. Peligot a démontré autrefois, en effet, que le protoxyde d’uranium anhydre était très avide d’oxygène puisqu’il était pyrophorique, et qu’il existait un sous-oxyde qui avait la propriété de décomposer l’eau.
- On voit donc par ces expériences que la décomposition de certains carbures par l’eau froide peut être assez complexe contrairement à ce qui a lieu avec les carbures alca-lino-terreux, cristallisés, de formule C5 R,; qui ne donnent que de l’acétylène pur. Cette' réaction est d’autant plus curieuse qu’elle-permet d’obtenir les carbures d’hydrogène gazeux, liquides et solides, point de départ des composés organiques, par la simple ac-1 tion de l’eau à la température ordinaire sur un carbure métallique.
- Sur le siliciure de cuivre, par Vigouroux (')
- Au sujet de la préparation de ce composé; au moyen du four électrique, l’auteur s’exprime ainsi :
- <( Les nombreux essais effectués au four électrique, offrent quelque intérêt. On y faisait réagir des mélanges de silicium et de cuivre bien purs ; après quelques minutes, la combinaison était effectuée et l'on av'àit des masses métalliques liquides très homogènes. Contrairement à ce qui avait lieu polir d’aq-tres métaux, les corps formés conservaient leur homogénéité tout le temps qu’ils se maintenaient fluides ; ils ne subissarcmRifï', liquation, ni rochage. En variant les pro-(') Comptes rendus, t. CXXIl. p. 318 ; séance du
- p.379 - vue 380/624
-
-
-
- 380
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- portions des deux éléments réagissants, on a préparé une série d’alliages dont la teneur en silicium augmentait d’environ 5 pour 100 de l’un d’entre eux au suivant.
- » L’alliage à 5 pour 100 et au-dessous possède un éclat métallique très net ; une section fraîche est blanchâtre, mais elle se ternit rapidement à l’air et prend la nuance jaune du laiton ; il paraît très ductile et se laisse très facilement aplatir sous le marteau. Celui à 10 pour 100 est gris clair lorsque sa cassure est récente ; il s’altère de même à l’air, mais plus lentement, et devient rougeâtre ; il est plus dur et moins malléable. L’alliage à 15 pour zoo possède un aspect gris d'acier et est encore terni par l’atmosphère; il est très dur et très cassant. Tous ces alliages ont ceci de commun que, lorsqu’on les traite par les acides, ils abandonnent un sel de cuivre et de la siliceils sont exempts de silicium libre et complètement homogènes. Ce n’est qu’à partir d’une teneur voisine de 20 pour 100 qu’ils deviennent hétérogènes. Ils sont encore durs et surtout très fragiles ; leur cassure présente des facettes brillantes à reflets violacés qui contrastent singulièrement avec l’aspect blanchâtre du reste de la pâte. La proportion de silicium augmentant, ces lamelles s’accroissent en nombre et les culots deviennent de plus en plus friables. Un fragment bien porphyrisé, traité à fond par l’acide azotique, abandonne, outre le cuivre qui se dissout, un résidu volumineux foncé dans lequel on reconnaît la silice et une matière noirâtre qui représente tous les caractères du silicium cristallisé en lamelles.
- » Comme il n’a pas été possible d’arriver à séparer les matières réagissantes en excès d’avec le siliciure sans attaquer ce dernier, on a eu recours à une forte chaleur. En traitant des mélanges de métal et de silicium (à 10 pour 100), et en prolongeant suffisamment la chauffe pour volatiliser tout le cuivre en excès, on a finalement obtenu un culot qui, refroidi très lentement, renfermait à son intérieur des géodes de cristaux bien nets ayant pour formule SiCu5. »
- Ce siliciure de cuivre est un corps très dur, cassant, gris 'd’acier sur une section fraîche, mais prenant peu à peu l’aspect rougeâtre. Sa densité est 6,9 à 180. Les holo-gènes l’attaquent avec incandescence. Au rouge, l’oxygène et l’air secs le transforment en silicate ; l’oxydation a lieu à froid à l’air humide. Tous les hydracides l’attaquent 11 réduit l’eau en vapeur. Les acides donnent un sel de cuivre avec dépôt de silice qui entrave l’attaque. La potasse le noircit.
- Propriétés magnétiques de la pyrrothine par A. Abt (1).
- La pyrrothine est un sulfure de fer dont la composition est représentée par la formule Fe7S8. Ce minéral possède des propriétés magnétiques connues depuis longtemps d’ailleurs et dont l’intensité est comparable à celle des propriétés de la magnétite. Outre son aimantation naturelle, la pyrrothine peut recevoir une aimantation artificielle et elle conserve à l’état permanent une notable partie du magnétisme qui lui est ainsi communiqué,
- M. Abt a comparé la pyrrothine à la magnétite en étudiant divers échantillons par la méthode de Gauss. Voici quelques-uns des résultats qu’il a obtenus.
- Le coefficient d’aimantation maximum de la pyrrothine peut dépasser celui de la ma-
- P
- gnétite (q — 1,8863) ; comme pour les autres corps fortement magnétiques, l’aimantation croît d’abord plus rapidement, ensuite plus lentement que la force magnétisante. Cependant cet accroissement est plus lent dans la pyrrothine que dans la magnétite, laquelle atteint plus rapidement le maximum d’aimantation. Cette comparaison a été faite sur des échantillons présentant leur forme naturelle.
- En comparant au contraire des prismes taillés artificiellement (10cm X M X m)> on trouve que la pyrrothine est bien moins ma-
- (1) Wied. Ann,, t. LVII, p. 135, 1896.
- p.380 - vue 381/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- gnétique que la magnétite ; le rapport des aimantations maxima est ak>rs 2,54.
- La pyrrothine possède une force coercitive considérable, supérieure à celle de la magnétite.
- Variation de la résistance au contact de deux conducteurs sous l’action des ondes électriques, par M. V. von Lang ').
- L’un des conducteurs a la forme d’une tige verticale portée par un système de leviers qui permet de le faire appuyer plus ou moins sur le second conducteur, qui présente une forme aplatie. La pression se règle à l’aide d’une vis qui agit sur la tige par l’intermédiaire des leviers. Les pièces métalliques qui supportent les deux conducteurs sont reliées aux bornes d’un galvanomètre et une pile sèche est intercalée dans le circuit. Pour produire les ondes électriques qui doivent agir sur le contact, on emploie avec avantage un allumoir électrique Clark (construit d’une manière analogue aux machines à influence de Tœpler), ou encore l’étincelle obtenue en déchargeant le plateau d’un élec-trophore par une boule de laiton reliée au sol.
- La résistance du contact n’est sensible à l’action des ondes électriques que pour une certaine valeur de la pression : quand on a atteint par tâtonnements cette pression, l’aiguille du galvanomètre dévie brusquement au moment où les ondes arrivent, attestant une diminution de la résistance : l’aiguille revient ensuite au zéro, mais la pression correspondant à la sensibilité du contact a changé de valeur et il faut la régler de nouveau si on veut répéter l’cxpéricnce, du moins pour les conducteurs métalliques.
- Les contacts de charbon conservent, au contraire, leur sensibilité sans changement de pression ; un léger choc suffit pour les rame-à leur état primitif. Ce résultat peut être (') LVII, p. 54, 1896.
- obtenu aussi avec les métaux, à la condition d’éviter soigneusement la moindre trépidation.
- Pour donner une idée de l’ordre de grandeur de ces phénomènes, la résistance d’un contact zinc-aluminium qui était extrêmement grande, s’est abaissée à 580 ohms sous l’influence de la décharge de l’électrophore.
- M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Production industrielle des courants alternatifs,
- par J. PiONCHON, professeurà la Faculté de Grenoble. A. Grutier et C°, éditeur. Grande Rue, 33, Grenoble.
- L’an dernier M. Pionchon avait pris comme sujet de son Cours d’électricité industrielle, inauguré en 1891 par M. Janet, les notions fondamentales relatives à l'étude pratique des courants alternatifs. Cette année il s’occupe de la production industrielle de ces courants. Comme les précédents, ce cours seraautogra-phie et publié en 20 fascicules ào fr. 50, que l’on peut recevoir dès leur publication en se faisant inscrire chez l’éditeur. Le premier fascicule paraîtra prochainement.
- Ouvrages reçus.
- Elektro-mètallurgie, par le l)r W. Borchehs ; ir“ et 2e partie ; deux volumes in 8° I Harald Bruhn, éditeur, Braunschweig ; 1895 et 1896.
- Leçons sur l'électricité, professées à l’Institut élei> trolechnique Montefiore, par Eric Gérard, directeur de cet Institut ; Gauthier Villard et fils, éditeurs ; quatrième édition ; 1895.
- Tome 1 : Théorie de l’électricité et du magnétisme. Hleclrométrie, Théorie et construction des générateurs et des transformateurs électriques. Un vol. in-8% 650 pages et 269 figures ; prix i 2 fr.
- Tome II : Canalisation et distribution de l’énergie électrique. Application de l'électricité à la production et à la transmission de la puissance motrice, à la traction, à la télégraphie et à la téléphonie, à l’éclairage et à la métallurgie. Un vol. in-8" de 644 pages et 263 figures ; prix 12 tr.
- p.381 - vue 382/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Traité théorique et pratique des courants alterna-
- tifs industriels, par F. Loppé e t R. Bouquet, m-
- génieurs des arts et manufacture s. Deux forts volu-
- mes in-8°. E. Bernard et C’\ 53 ti ;r, quaides Grands-
- Augustins ; prix 25 fr.
- Utilisation industrielle de l’énergie électrique, par
- E Gossart, agrégé, docteur es-? iciences ; 3' 4e et 5'
- • livraison. J. Laurent librairi. î éditeur, 160, rue
- Saipte-Catbeiine, Bordeaux.
- CHRONIQUE
- l'industrie ÉLECTRIQUE en FRANCE . J>aris. — Éclairage, — Le conseil municipal examinera dans une de ses prochaines séances le rapport que M, Attout-Tailfcr avait rédigé sur une prolongation de durée de concession demandée parles Sociétés d’éclairage électrique.
- Le rapport avait conclu à une prolongation de vingt-cinq ans en échange de certains avantages qui réduiraient d’environ 25 0/0 le prix de consommation (voir notre dernière chronique, p. 335).
- Ces avantages sont les suivants :
- i° Le prix de l’éclairage fixé à 12 centimes l’hectowatt-heure au lieu de 15 centimes ;
- 20 Un tarif décroissant proportionnel pouvant réduire le prix de l’hectowatt-heure à 8 centimes pour une consommation d’au moins 3 000 heures;
- 5° Fourniture de la force motrice nécessaire à la mise en marche des ascenseurs et ventilateurs 'd’appartements et à tous les usages domestiques;
- 40 L’éclairage public rendu possible par une égalité de prix sensiblement équivalente pour une même intensité de lumière. A ce propos, le rapporteur avait imaginé la création de deux systèmes de lampes : un type de 10 ampères pour les grandes voies et un deuxième type de 6 ampères pour les voies de moindre importance, à consommation permanente ou variable.
- — Eclairage. — Afin de compléter l’organisation encore bien défectueuse de l’éclairage électrique à Paris, le conseil municipal se met à l’œuvre pour utiliser le mieux possible les quatre années qui nous séparent de l’Exposition de 1900. M. Arsène Lopin donne à ce sujet les renseignements suivants :
- Sur la demande de M. Caumeau, rapporteur de la commission, M. l’ingénieur en chef Boreux a
- produit deux états complets qui nécessiteraient une dépense de six millions.
- L’éclairage électrique est un mode d’éclairage que, jusqu’à nouvel ordre, l’on est obligé de réserver aux voies intéressant la circulation générale voies pour lesquelles l’éclairage au gaz serait notoirement insuffisant.
- L’éclairage au gaz a besoin d’être amélioré et complété, il n’a pas pris le développement auquel on était en droit de s’attendre ; il y a aussi, de ce côté, un grand effort à faire.
- Les dépenses prévues, inscrites dans le mémoire de M. Boreux, indiquent comme dépenses de premier établissement :
- Eclairage électrique. . 1 285 000 fr.
- Éclairage au gaz ... 2 000 000 »
- Les dépenses annuelles qui viendront ensuite se résument ainsi :
- Éclairage électrique . l 64s 000 fr.
- Éclairage au gaz . . . 700000 »
- Il reste à utiliser les bonis du plan de campagne de 1895 pour l’emploi desquels des propositions seront faites ; les petites opérations seront gagées par les crédits d’entretien.
- Tous les quartiers de Paris figurent dans la nomenclature des travaux; la liste en est si longue que nous ne pouvons nous livrer aujourd’hui à aucune étude de détails. Disons en terminant que les efforts devront porter et portent naturellement sur les circonscriptions voisines de l’emplacement de la future Exposition universelle de 1900.
- Il n’y a pour le moment qu’une remarque spéciale à signaler : l’usine d’électricité de l’avenue La Bourdonnais n’est point assez utilisée. II y a bien longtemps que M. Lopin demande avec insistance qu’on étende son action; il espère que l’administration et le conseil municipal se préoccuperont de lui donner sur ce point complète satisfaction ; d’autant mieux que les dépenses de canalisation seront immédiatement productives de recettes, puisque des abonnés nombreux sont disposés à réclamer le bénéfice de l’éclairage électrique.
- Avignon. — Traction. — La mise en œuvre de la traction électrique à Avignon est chose décidée aujourd’hui. Le premier projet est dû à l’initiative de M. Ducommun, qui demanda et obtint, en 1895 (voir le n° 6, 1895), une concession du conseil municipal ; elle comprenait deux grandes lignes desservant les quartiers de Saint-Lazare, Monteclor,
- p.382 - vue 383/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- ?8j
- Champ-Fleuri, la Violette, etc.; mais l’exploitation n’en pourrait être faite qu’à l’expiration du traite donnant droit au stationnement des voitures d’un entrepreneur qui, depuis plusieurs années, fait ce service au moyen delà traction animale.
- La Compagnie Faye, de Lyon, fit entre-temps unc demande de concession ne comportant plus seulement deux lignes principales, mais huit lignasse développant sur un réseau de plus de 20 kilomètres de longueur et reliant à la ville, outre la banlieue, les villes de Sorgues et de Villeneuve-lès-Avignon. La ville a proposé à M. Ducommun, qui l’a accepté, ce nouveau réseau; et, à la suite de cette acceptation, un accord s’est produit entre MM. Faye et Ducommun. Ce dernier retirait sa demande au profit de M. Faye, qui agréait M. Ducommun comme directeur de la Société des Tramways électriques d’Avignon.
- Suivant la Revue pratique de l’Électricité, le projet a été unanimement adopté, moins une voix, par la municipalité. Le cautionnement a été déposé, et le ior janvier 1899 le réseau sera livré à l’exploitation; le service sera fait au moyen de 20 voitures de 40 places; les frais d’installation sont évalués à 3 millions.
- Saint-Béron {Savoie). — Traction. — L’établissement d’une ligne de tramways à traction mécanique dans le département de la Savoie, et destinée au transport des voyageurs et des marchandises entre Saint-Béron et Saint-Génix-d’Aoste par Pont-de-Beauvoisin, a été déclaré d’utilité publique par décret en date du 10 janvier dernier.
- Châtillon-sur-Indre. — Eclairage. — La Revue Pratique de l'Électricité annonce que la commune de Châtillon-sur-Indre vient de signer un traité avec MM. Shiltz et Marin, ingénieurs-électriciens. La station centrale d’électricité, actionnée à la vapeur, sera installée à Châtillon-sur-Indre ; elle éclairera les rues de la commune par des lampes ^ incandescence d’un pouvoir éclairant de 16 Lougies. Elle donnera l’éclairage également à la Petite commune de Clion-sur-Indre, qui, elle aussi, veut aller dans la voie du progrès.
- Une communication que nous recevons d’autre Part nous informe, au contraire, que la municipale aurait complètement abandonné ce projet, parce que les 600 lampes exigées pour que les c°aeessionnaires consentent à faire une installa-
- tion n’auraient pas été souscrites. 11 paraît que le commerce local, craignant une lourde charge nouvelle pour la ville, aurait refusé de prendre des lampes pour éclairer ses établissements. Leur faudrait-il l’électricité gratuite ?
- Nnntron [Dordogne). — Éclairage, — A propos de l’éclairage électrique de cette ville (n° 42, 1895) par une usine municipale hydro-électrique, nous extrayons du rapport présenté à la municipalité les prix d’abonnement suivants qui s’appliquent à l’éclairage particulier fourni du coucher au lever du soleil :
- Les prix d’abonnement sont fixés ainsi qu’il i° Pour une lampe de 5 bougies à 1,15 fr. par mois.
- 4Ù — 32 — 6,60 —
- L’éclairage par lampes supplémentaires sera payé, savoir :
- in Pour une lampe de 5 bougies à 0,20 fr. par jour. 30 — 16 — 0,60 —
- Le remplacement des lampes électriques de 5, 10 et 16 bougies sera fait au prix de 2,50 fr., et celui des lampes de 32 bougies au prix de 3,5 c
- Samatau {Gers). — Eclairage. — La question de l’éclairage électrique de cette localité vient d’être définitivement réglée par la municipalité. Une somme de 1 100 fr. sera payée annuellement à MM. Troges, Ballot et Souriguère, directeurs de l’usine; d’autre part ceux-ci s’engagent à éclairer la ville au moyen de 36 lampes à incandescence, toute la nuit et durant toute l’année.
- Serres {Bouches-du-Rhône). — Eclairage. — Cette ville sera prochainement éclairée à l’électricité par MM. Augier et Gauthier, qui ont pns l’initiative de cette installation et espèrent l’inaugurer sous peu.
- Congrès de Carthage. — Ainsi que nos lecteurs le savent, le prochain congrès de l'Association française four l'avancement des sciences aura lieu à Tunis du au 4 avril 1896. Nous recevons à ce sujet uue lettre du D1' Bergonié, president de la section de physique, dont nous extrayons les passages suivants ;
- p.383 - vue 384/624
-
-
-
- 384
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- « ... Je vous serai obligé de vouloir bien me faire connaître, le plus tôt possible, les titres des mémoires ou communications que vous auriez l’intention d’y présenter, afin que le progamme de la session qui paraîtra prochainement en contienne l’indication.
- « En plus des mémoires et discussions sur la physique pure, qui forment la majeure partie de ses travaux, la section accueillerait avec plaisir les communications qui pourraient lui être faites sur la physique médicale et plus particulièrement sur l’électricité médicale.
- « ... La question suivante a été mise à l’ordre du jour de la 5e section pour le congrès de 1896 :
- « Etude critique des diverses méthodes optiques « ou photographiques de photométrie au point « de vue de la science et de l’industrie.»
- Un rapport sur cette question fait par M. André Broca ('voir l’Eclairage Électrique du 25 janvier, p. 148) sera envoyé auxpersonnes qui voudraient prendre part à la discussion sur cette question.
- Congrès de l’industrie du gaz, à Clermont-Ferrand.—Le ihjuinprochainauralieuàClermont- . Ferrand un congrès qui intéresse les électriciens aussi bien que les gaziers. Voici en effet ce qu’on nous écrit à ce sujet :
- « La Compagnie du Gaz de Clermont-Ferrand prie MM. les sociétaires de la Société Technique de l’industrie du gaz qui désireraient exposer divers appareils ou faire des essais de procédés uouveaux sur l’industrie du gaz et sur l’électricité de s’entendre sans retard avec le directeur de l’usine à gaz de Clermont-Ferrand.
- « Apeuprès àla même époque il doit y avoir aussi à Clermont trois autres congrès très importants dont deux sont déjà arrêtés : congrès dit club alpin de France et congrès des médecins hydrologues. Les appareils qui pourront offrir quelque intérêt seront exposés à ces congrès sur la demande des fournisseurs. »
- Laboratoire central d‘Electricité. — Des conférences sur la télégraphie, la téléphonie, la construction des dynamos et les applications mécaniques de l’électricité ont eu lieu au laboratoire central pendant le mois de février et se continueront pendant le mois de mars. Les personnes, membres de la Société des Électriciens, qui désireront y assister en trouveront le programme détaillé au siège de la Société, 44, rue de Rennes,
- L’emploi des accumulateurs sur les réseaux télé graphiques. — Nous avons à plusieurs reprises signalé les tentatives faites pour substituer sur les réseaux télégraphiques les accumulateurs aux pi les, toujours difficiles à entretenir en bon état M. Annett inspecteur des télégraphes du chemin de fer central de l’Illinois a, dans des expériences faites récemment, constaté que le remplacement de la pile principale par une batterie d’accumulateurs, chargés avec les dynamos qui fournissent l’éclairage de la gare de New-York, donnait fieu à une réduction de 9 pour 100 des frais.
- Eclairage électrique des terrains de manœuvres à l'aide déballons. — Le gouvernement allemand vient de faire de nouvelles expériences sur l'éclairage électrique à l’aide de ballons captifs. Une lampe est suspendue à 150 ou 200 mètres au-dessus du sol ; le courant arrive par un des trois câbles deretenue de l’aérostat et illumine un espace d’une étendue assez vaste pour qu’un grand nombre d'hommes puissent manœuvrer aussi aisément qu’en plein jour.
- Procédé de métallisation. — Sous ce titre, on lit dans YÈtectricien :
- Il est bon de signaler un nouveau système dû à Edison et permettant d’obtenir facilement les dépôts métalliques. Ce procédé est dénommé é/ec-trovacuose. On expose l’objet à métalliser dans une atmosphère raréfiée à l’action des vapeurs d’un métal volatilisé par la chaleur de l’arc électrique. Dans ces conditions, une lame de verre se recouvre d’une pellicule métallique brillante et très résistante.
- A un autre point de vue, on peut recommander pour obtenir des dépôts métalliques par galvanoplastie, des bains de sucrâtes de diaux. Pour produire cette substance, on fait dissoudre 50 grammes de sucre dans un litre d’eau ; on y ajoute 50 grammes de chaux éteinte et on laisse agir pendant vingt-quatre heures en agitant de temps en temps. O11 filtre avant de mettre dans la cuve électrolytique. Quand on veut un dépôt de cuivre, on place des anodes et des cathodes en cuivre, et l’on fait passer un courant de deux volts, ce courant formant un sucrate double de cuivre et de chaux. On peut alors placer l’objet qui se recouvrira du dépôt métallique. Pour obtenir des dépôts de bronze, de laiton, etc., on emploie des électrodes de la matière correspondante.
- L'Éditeur-Gérant .-Georges CARKÉ
- Paris.— iinp. JSm. Mauchaussat, 32, Boulevard de vSüeï»rd
- p.384 - vue 385/624
-
-
-
- Tome VI.
- Samedi 29 Février 1896
- 3« Année. — N°a9
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D'ÉLECTRICITÉ
- Directeur Scientifique J. BLONDIN Secrétaire de la rédaction : G. PELLISS1ER
- LA TÉLÉPHONIE
- ET LA TÉLÉGRAPHIE
- 11 était à prévoir, depuis quelques années, que la téléphonie supplanterait peu à peu la télégraphie sur les lignes peu chargées. Déjà, sur des lignes importantes, la téléphonie se superpose à la télégraphie au moyen de l’emploi d’appareils aussi simples qu’ingénieux, permettant d’obtenir simultanément des transmissions télégraphiques et des conversations téléphoniques.
- Nous nous proposons d’examiner la possibilité de faire servir les fils télégraphiques secondaires aux conversations téléphoniques. Cette question n’est pas aussi simple qu’elle le parait de prime abord, et elle mérite d’être étudiée avec quelques détails.
- Tout le monde connait La disposition admise par la plupart des administrations télégraphiques pour desservir les petits bureaux. Elle consiste à grouper les bureaux secondaires deux par deux, autant que possible sur un même fil.
- Ainsi, par exemple, les bureaux télégraphiques S, et S, sont reliés au bureau de l’Etat E, comme le montre la figure i. Lorsque le bureau S, se trouve sur le trajet de la ligne la dérivation DS, est plus courte, mais k principe est le même. Dans les deux cas, équilibre la résistance électrique des trois tronçons ED, DS, , DS, en plaçant sur les étions les plus courtes une résistance élec-trique convenable.
- Il est facile de se rendre compte du fonctionnement d’un tel système : dans le bureau E se trouve un commutateur inverseur de courants, lequel permet à ce poste d’envoyer soit un courant positif, soit un courant négatif ; dans les bureaux S, et S, on place un rappel polarisé. Si les postes E et S, communiquent au moyen du courant positif, le rappel polarisé de Ss n’étant actionné que par le courant négatif, ce poste ne sera pas dérangé.
- Il s’agit maintenant de voir comment ce dispositif pourra être utilisé par les conversations téléphoniques. Deux cas sont à examiner :
- h — L’un des postes S, ou S, veut échanger avec E des conversations téléphoniques dans l’intervalle des transmissions télégraphiques ; ce sont les correspondances alternées.
- II. — Le nombre des correspondances télégraphiques ou téléphoniques paraissant devoir être trop considérable, ces deux postes doivent pouvoir échanger en même temps des transmissions télégraphiques et téléphoniques ; ce sont les correspondances simultanées.
- I. -- CORRESPONDANCES TÉLÉGRAPHIQUES
- ET TÉLÉPHONIQUES ALTERNÉES
- a). Lorsque le bureau secondaire S, est seul sur le fil, le problème est bien simple à résoudre. Il suffit d’installer un commutateur et un poste téléphonique dans chacun des bureaux télégraphiques. Et même les paraton-
- p.385 - vue 386/624
-
-
-
- 386
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- nerres et la sonnerie d'appel du poste télégraphique pourront servir à la fois aux postes télégraphique et téléphonique dans chaque bureau. Dans ces conditions il n’y aurait qu’à remplacer le commutateur à [deux directions actuel par un commutateur à trois directions : sonnerie, télégraphe, téléphone.
- b). Si, comme c’est le cas général, deux postes télégraphiques secondaires sont établis sur le même fil, et que l’un d’eux S, désire se servir du téléphone pour 1 échange de conversations avec le poste de l’Etat, l'installation dans les deux bureaux E et S2 sera la meme que celle décrite ci-dessus (a). Mais il y a lieu de prévoir le cas où le bureau municipal-S,, ayant besoin de télégraphier à
- Fig. i. — Schéma des communications entre un poste de l’Etat E et deux postes municipaux S, et S,.
- moment donné, et ne possédant pas d’appareil lui indiquant que les bureaux Eet S, sont en conversation, vienne déranger par ses appels une conversation téléphonique en cours. Pour éviter les ennuis qui en résulteraient, il suffirait de placer dans le circuit du poste S,, entre l’entrée du fil dans le poste et le commutateur, un téléphone quelconque. Avant d’appeler le poste E, le télégraphiste du bureau S, porterait le téléphone à l’oreille pour s’assurer que la ligne n’est pas occupée téléphoniquement. Cependant pour ne pas augmenter le circuit du poste S, d’une résistance inutile et même gênante pour le service télégraphique, cette résistance pourrait être mise, en temps ordinaire, en court circuit au moyend’une clef spéciale K. Lorsqu’on voudrait écouter dans le téléphone pour vérifier si la ligne est libre ou occupée, il conviendrait de porter le téléphone àl’oreille et d’appuyer en mêmetemps sur la clef K(fig. 2).En fin,commeletéléphonedoit servir uniquement à décéler l’état de communication téléphoni-
- que entre E et S,, si. pour des raisons de discrétion on tenait à ce que dans le bureau S,, on ne puisse pas distinguer les paroles échangées, il suffirait de remplacer la membrane vibrante du téléphone F par une autre membrane plus mince. Le téléphone F n’en serait que plus sensible aux courants téléphoniques, cependant certaines lettres, telles que les f, w, s etc (prononciation française) sortant mal, il ne serait pas possible de suivre la conversation échangée entre E et S,. En d’autres termes, on aurait augmenté la sensibilité du téléphone au détriment de sa netteté.
- Jusqu'à présent, nous avons supposé que les fils télégraphiques secondaires sur lesquels on se proposait de correspondre télé—
- Fig. 2. — Disposition des appareils du poste S,permet-téléplionique est engagée entre E et S2.
- phoniquement. étaient seuls sur leurs appuis. Dans le cas où toute ou partie de ces fils serait posée sur des poteaux ou potelets supportant déjà d’autres fils télégraphiques, il serait nécessaire de doubler toute ou partie de la ligne à utiliser pour la téléphonie, en vue d’éviter l’induction des fils voisins.
- c) . Supposons que la section E D de la communication représentée par la figure 1 soit posée sur des appuis comprenant plusieurs fils télégraphiques. 11 y aurait lieu, pour éviter l’induction, de doubler cette section par un fil de retour E R (fig. 3).
- Les installations dans les postes seraient les mêmes que celles décrites ci-dessus {b), la section du fil E R étant utilisée seulement pour la conversation téléphonique.
- d) . Dans le cas où la partie E S, est posée sur des poteaux supportant d’autres fils, 1 sera indispensable de doubler toute cette section. Dans ces conditions, les commun1
- p.386 - vue 387/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 387
- cations dans les postes Eet S, seraient celles représentées par la figure 4.
- G est le poste télégraphique et F le poste téléphonique. Comme le montre cette figure, le fil de retour ne serait utilisé que pour la correspondance téléphonique. Il y a lieu de
- Fig. ) . — Disposition montrant l’emploi d’un fil de
- plusieurs fils télégraphiques. .
- remarquer qu’avec cet arrangement, il ne serait plus nécessaire de placer un téléphone avec une clef de court circuit, dans le bureau S,, les appels ne pouvant plus gêner la correspondance téléphonique entre E et S... et d’ailleurs, cc téléphone ne serait plus à même de percevoir des traces de conversation, les courants téléphoniques étant émis dans un circuit complètement métalliquc.
- e). Si les deux bureaux S, et S2 voulaient communiquer téléphoniquement avec E, chacun des trois bureaux serait pourvu d’un poste télégraphique et d’un poste téléphoni-
- Fig. 4. — Schéma des communications dans le cas où les appuis de la ligne E S, supportent plusieurs fils télégraphiques.
- que. Lorsque S, ou Sa voudrait utiliser la ligne, il devrait se mettre sur téléphone et s’assurer avant tout si la ligne est libre ou-occupée.
- Nécessairement, il faudrait toujours doubler les sections de ligne établies dans le voisinage d’autres fils télégraphiques.
- Nous avons passé jusqu’ici sous silence, un point très important au point de vue pratique, étant donné la grande sensibilité du téléphone. C'est celui résultant dans le bureau
- de l’Etat E de l’emploi de la terre pour le téléphone, lorsqu’il n’a pas été nécessaire de doubler tout ou partie du fil. Cette terre est commune à tous les postes télégraphiques desservis dans le bureau de l’Etat E. II semble qu’il serait indispensable d’adopter pour les téléphones à un seul fil du bureau E une terre differente de celle des télégraphes. La
- E’g- 5. — Schéma du système Van Rysselberghe.
- distance à adopter entre ces terres serait déterminée par l’expérience.
- II. -- CORRESPONDANCES TÉLÉPHONIQUES
- ET TÉLÉPHONIQUES SIMULTANÉES
- Lorsque deux bureaux E et S sont reliés par deux fils, on sait qu’il est possible de les faire correspondre simultanément par le télégraphe et par le téléphone en employant soit le système Van Rysselberghe, soit le système Pierre Picard, soit le système Cailho.
- Nous donnons pour mémoire les schémas de ces dispositifs en laissant de côté les appareils accessoires.
- Fig. 6. — Schéma du système Pierre Picard.
- Système van Rysselberghe,permettant simultanément une conversation téléphonique et deux transmissions télégraphiques, comme si on disposait de 4 fils, (c est un condensateur embroché, les électro-graduateurs ne sont pas représentés). La figure 5 ne comprend que l’utilisation de l’un des fils pour le télégraphe.
- Système Pierre Picard, permettant simultanément une conversation téléphonique et
- p.387 - vue 388/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- une transmission télégraphique (A A', transformateurs, fig. 6).
- Système Cailko, permettant simultanément une conversation téléphonique et une transmission télégraphique (B B' bobines à self-inductions, fig. 7).
- Lorsque deux bureaux secondaires S, et S, sont reliés à un bureau de l’Etat E (fig. 1), nous savons que l’échange des correspondances télégraphiques peut se faire, soit entre
- Fig. 7. —Schéma du système Cailho.
- rants alternatifs. Cependant si on admettait pour desservir téléphoniquement les trois bureaux E, S, et $s que les appels télégraphiques seront communs dans chaque bureau aux services télégraphique et téléphonique on perdrait le bénéfice de la simultanéité de ces deux services, puisqu’on ne pourrait pas appeler pendant l’échange d’une transmission télégraphique.
- Fig. 9. — Emploi du système Cailho entre les postes E et S,.
- E et S,, soit entre E et S,, soit encore entre S, et Ss, à la condition que les transmissions soient successives. A un moment quelconque, une seule transmission est possible entre deux de ces trois bureaux. En appliquant l’un des dispositifs représentés ci-dessus, on peut employer le service télégra-
- Fig. 8. — Emploi du système Van ltysselberghe entre les postes E et S,.
- D’ailleurs, en admettant qu’il existe un système d’appel approprié, il faut remarquer qu’il serait possible de superposer une transmission télégraphique et une conversation téléphonique, mais jamais deux conversations téléphoniques. Outre que sur trois postes téléphoniques, deux d’entre eux seraient déjà occupés par l’une des conversa-
- Fig. xo. — Emploi du système Cailho entre les postes S, et S2.
- phique dans les conditions que nous venons d’indiquer, simultanément avec une conversation téléphonique entre deux de ces trois bureaux. Il ne faut pas perdre de vue que le service téléphonique ne pourra être organisé, dans la combinaison que nous étudions, qu’entre deux bureaux seulement et toujours les mêmes. Cela tient à ce que les appels télégraphiques se faisant au moyen de rappels polarisés, les appels téléphoniques se font au moyen de systèmes phoniques à coû-
- tions, Qn n’est point encore parvenu à réaliser simultanément deux conversations téléphoniques sur un même circuit.
- En résumé, on peut prévoir sur un système de conducteurs tel que celui représente par la figure 1, et en les appropriant convable-ment, une conversation téléphonique entre deux bureaux toujours les mêmes, simulta-ment à la transmission de télégrammes soit entre E et S,, E et S,, S, et Sa, la conversa-* tion téléphonique n’étant en rien gênée Par
- p.388 - vue 389/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- ?89
- les appels et les transmissions télégraphiques, cle même que l’appel téléphonique et la conversation peuvent être entreprises, que les fils soient en activité ou non sous le rapport télégraphique.
- Nous nous proposons de montrer par quelques schémas les installations qu’il conviendrait d’adopter pour réaliser, suivant les cas, la télégraphie et la téléphonie simultanées sur lesystème des conducteurs reliant les bureaux E, S, et S,.
- Nous désignerons par la lettre G les postes télégraphiques et par la lettre K les postes téléphoniques.
- (_/') Disons d’abord que le dispositif Pierre Picard ne paraît applicable que si deux bureaux seulement sont sur le même circuit’
- (g) La conversation téléphonique se fait
- entre les bureaux E et S4 au moyen du système van Rysselberghe (fig. 8).
- (h) La conversation téléphonique se fait entre les bureaux E et S, au moyen du système Cailho (fig. 0).
- (t) La conversation téléphonique se fait entre les bureaux S, et S., au moyen du dispositif Cailho (fig. 10).
- On remarquera que dans ces deux dernières installations, trois bobines Cailho sont disposées sur le circuit dont une au point de bifurcation delà ligne.
- Dans l’ctude de ces divers arrangements nous n’avons fait que traiter la question technique. Il y aurait peut être lieu de faire des réserves au point de vue pratique parce qu’on placerait des appareils assez délicats, tels que les appels phoniques, entre les mains d’agents peu exercés au maniement, et, surtout, au réglage de ces instruments.
- De tout ce qui précède, on peut conclure
- qu’il serait facile de relier télégraphiquement dans certains cas à un bureau principal E, trois bureaux secondaires disposés sur un même conducteur.
- Soit le bureau de l’Etat E et les trois bureaux secondaires S, Ss et S3 reliés comme le montre la figure ri.
- Les transmissions entre bureaux seraient nécessairement successives, c’est à dire que chacun des bureaux S,, S,, S8, le bureau S4 par exemple, ne pourrait correspondre avec E que lorsque les autres bureaux S, et S3 ne transmettraient pas.
- L’arrangement à adopter serait le suivant ; Les bureaux E, S, et Ss seraient munis des appareils télégraphiques et d’appel actuellement en usage ; E et S, posséderaient des appels phoniques et correspondraient au
- Fig. 12. *• Schéma d’une disposition comportant un problème à résoudre.
- moyen de courants alternatifs émis par une bobine d’induction dans le primaire de laquelle fonctionnerait un vibrateur. Un téléphone servirait de récepteur dans chaque poste. Un premier condensateur serait embroché à l’entrée du bureau Sa et un deuxième condensateur serait embroché également entre la ligne et le poste spécial du bureau E, chargé de correspondre avec le poste télégraphique analogue installé en S3.
- Les postes S, et S, devraient être munis du dispositif représenté par la figure 5, comprenant un téléphone et une clef K, permettant à chacun d’eux de s’assurer si E et S, sont en correspondance avant d’appeler le bureau E en vue de lui transmettre une correspondance télégraphique.
- 11 importe de noter que l’arrangement qui vient d'être décrit ne permettrait que l’économie résultant de la pose d’un fil ED entre E et la bifurcation de S,. En effet, en grou-
- p.389 - vue 390/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 39°
- pant Sa et Ss sur le fil le plus long, il suffirait • de relier S, au bureau E, lequel serait seul sur son fil. Avec cette dernière combinaison, on n’aurait pas à employer un matériel différent de celui actuellement en service. De plus, le fil ES, pourrait être utilisé à l’occasion pour desservir un nouveau bureau.
- Tels sont, présentés avec leurs avantages et leurs inconvénients, les arrangements qui permettraient d'utiliser sur les mêmes fils secondaires, la télégraphie et la téléphonie d’une façon alternée ou simultanée.
- Enfin nous terminerons en posant un problème aux électriciens que ce genre de questions intéresse.
- La fig. 12 représente deux bureaux principaux E et E' que nous supposerons distants de 50 kilomètres sur route. Huit villages numérotés de 1 à 8 sur la figure sont desservis deux à deux par les bureaux de l’Etat E et E'.
- i° Serait-il possible d’utiliser tout ou partie do ces conducteurs en vue de constituer une communication téléphonique entre E et E’ sans toucher au groupement des bureaux secondaires ?
- 2° Dans l’affirmative, quel serait l’arrangement le plus économique à adopter ?
- A la suite de la combinaison qui a notre préférence, nous publierons les solutions qui nous parviendront.- . J. Amzan.
- SUR LA LOI DE L’IIŸSTÉRÉSIS (’)
- On sait que la loi de M. Steinmetz donnant la perte d’énergie par cycle en ergs par centimètre cube est :
- P = » B’A
- où B est l’induction maxima et •/? le coefficient d’hystérésis.
- S'il s’agit d’un volume V de métal magnétique et si N est la fréquence du courant d’excitation. la perte d’énergie sera évidemment :
- W = nN V B'-6 10-1, exprimée cette fois en watts.
- Uj Voir. L'Éclairage Électrique, t. VI, p. iyy, 22 février 1896.
- En désignant par <P le flux d’induction et par S la section droite du circuit magnétique, nous pourrons aussi écrire :
- W = »NV (I)v ,0-.
- D’autre part, si 11 est le nombre de spires du circuit, la force électromotrice induite efficace qui, comme dans l’hypothèse faite, est égale à la torce électromotrice de la source, est donnée par :
- E\Zi=:uNi!t io"«,
- d’où l’on tire •
- * \/i 77 N a’
- expression qui permet de donner aux pertes par hystérésis une nouvelle forme
- TTr E1,0 v 10V w — « No,« a#;« *»,• s1,15 »*.«’
- en posant pour simplifier •
- En prenant pour n le coefficient 0.0033, on a :
- V
- * = sv^r.-
- Si nous désignons par L la longueur du circuit magnétique, définie par :
- V = SL,
- le coefficient a se réduit à,
- 58 n L iù3 SV «V
- Nous obtenons donc pour W, l’expression
- W L—I
- 58 « EM L 103 NV SVn'.’ ’
- et dans le
- particulier yi — 0,0033 :
- w =
- 19M E’’ NV SV .
- L
- p.390 - vue 391/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 391
- Si p est ia conductance apparente équivalente aux effets d’hystérésis, la composante énergétique du courant qui est, comme nous l’avons vu plus haut, I sin a sera égale à E p O et l’énergie dépensée dans cette conductance est
- W = p E’,
- La comparaison des deux expressionsde W donne pour p la valeur
- _ ES8 P — a
- p = N0!6 BV’
- expression qui montre que la conductance équivalente due au phénomène d'hystérésis est proportionnelle au coefficient d’hystérésis et inversement proportionnelle à la puissance 0,6 de la fréquence et la puissance o,.-| du voltage et par suite de l’induction.
- En remplaçant a par sa valeur, on a
- _ 58v L io3
- p ~ EV NV SV «V
- La conductance équivalente est donc aussi inversement proportionnelle à la longueur du circuit magnétique.
- Dans les transformateurs à potentiel constant les pertes par hystérésis peuvent donc bien être regardées comme constantes.
- Passons maintenant à l’admittance équivalente, ou à son inverse, l’impcdance.
- Désignons par Jt la réluctance du circuit magnétique, par % la force magnétomotrice maxima; nous avons :
- (1) Ceci est une conséquence de la définition de 0. la vérification est du reste immédiate, car la composante énergétique du courant étant en général I cos 2 n?, on a, d’après la formule de M. Joubert, t - H
- V^-l-qTr’N*!.5 ^
- -E R -e.
- Substituons cette valeur de $ dans l'expression de la force contre-électromotrice:
- E = \kîrN«*io-,
- nous aurons :
- d’où 1
- » = Vp= + « =
- 1 a 109 __ E — 8 77s »* N “
- b a
- N ’
- en posant :
- L’admittance d’un circuit de résistance oh-mique négligeable est donc proportionnelle à la réluctance magnétique et inversement proportionnelle à la fréquence N ainsi qu’au carré du nombre de tours ; ce qui n’a rien de nouveau et correspond à notre vieille formule de M. Joubert pour R = o.
- i __ 1 _ a 109 -
- E— 2 77 N L, — 8 TT* »* N'
- On peut obtenir une autre expression de l’admittance en remplaçant «31 par sa valeur
- elle est
- a tos Lro5 _ d
- V ” 8 V ri1 N — 8 *S V u S"N— îT^’ en posant
- expression qui rappelle que l’impédance est proportionnelle à la fréquence, à la perméabilité et à la section, et inversement proportionnelle à la longueur du circuit magnétique.
- La connaissance de p et de v = \/ p14- a* nous conduit à l’expression plus nouvelle de l’angle d’avance hystérétique.
- La composante énergétique du courant est
- I sin 27ra = E p,
- d’où
- ____p_a jj. N°.4
- sinam*—p— E 0 4,
- p.391 - vue 392/624
-
-
-
- 39'
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- et, en remplaçant a et d par leurs valeurs,
- NV vjLioV 8 TT1 «! S sinüTra —/. E3>1 aV ^ gv k,_6 l io,
- p. r, N0.* SV ttV a*.*
- ~ EV io\*
- Cette expression est un peu compliquée, mais elle se simplifie considérablement en introduisant l’induction maxima B par la formule connue
- E = aV rN«SB io'8 qui donne par substitution :
- L’angle d’avance hystérétique dépend donc uniquement de la perméabilité, du coefficient d’hystérésis et de l’induction maxima; il est donc indépendant de la fréquence, de la forme du circuit magnétique et des constantes du circuit électrique.
- Il s’agit évidemment ici de circuit magnétique fermé, mais l’extension de la loi précédente peut être faite facilement au cas d’un transformateur à circuit magnétique ouvert.
- Si nous considérons un transformateur contenant un certain entrefer, la réluctance totale du circuit R est égale à la somme des réluctances du fer et de l’air.
- SI = ,'ilf +
- et l’admittance équivalente est, en conservant l'hypothèse de l’égalité de la force électromotrice induite à celle de la source,
- _ I _ î> A *—%— n
- c’est à dire que l’admittance totale est égale à la somme des admittances correspondant à la partie ferrique du circuit et à la partie dans
- La conductance équivalente p ne changeant pas par l’introduction d’un entrefer, puisque
- l’air n’a pas d’hystérésis magnétique, l’angle d’avance hystérétique est donné par
- _P_
- qu’on peut écrire
- __ p Vf _______ p éR.f
- ~~ vf vr+v« ~ vf &f -\~ &«‘
- Fig. 13 — Courbe d’induction relevée à l’électrodyna-momètre et courbe vraie; courbe des pertes par hysté-
- tion de l’induction.
- L’introduction d’un entrefer diminue donc sin 2 tt« dans le rapport &f
- -H éR.0‘
- En pratique, B varie généralement entre 2000 et 12000 et par suite p entre 900 et 2000, aussi sin 2 t: a reste compris entre 0,51 et 0,69 et a entre 30° et 450.
- Si le transformateur contient un entrefer égal au centième de la longueur du circuit magnétique, la résistance totale augmente dans le rapport — ou de — et par suite ne varie plus que d’environ 5 pour cent quand on passed’une induction de 2 000 à une de 12 000 ;
- p.392 - vue 393/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITE
- 393
- siA a, varie seulement de 0,055 a 0,035. La conductance p est alors négligeable devant la susceptance 7= pi qui pratiquement est
- donc égale à v.
- Ainsi donc dans un transformateur ayant uu entrefer non inférieur au centième de la longueur totale du circuit magnétique la susceptance est pratiquement constante et égale à l’admittance et ce d’autant plus que la saturation est éloignée.
- Prenons donc :
- L'angle d’avance hystérétique :
- La susceptance :
- La résistance équivalente :
- La réactance :
- et par suite pour la réactance équivalente
- L’angle d’avance hystérétique est dans ce cas, d’environ 40, et la courbe du courant est pratiquement une sinusoïde.
- En résumé on peutdéterminer les constantes d’un circuit à induction ferrique de la manière suivante :
- La force contre-clectromotrice de self-induction est :
- : TT « N <!
- On a de plus
- De la courbe du magnétisme on déduit la force magnétomotrice 3Cen ampères-tours par centimètre de longueur.
- Les ampères-tours totaux seront, en désignant par Lf et La les longueurs du circuit magnétique dans le fer et dans l’air,
- 3£ (Lf + ha).
- La valeur du courant efficace du courant d’excitation sera par suite
- T 3£ (Lr + La)
- L’admittanCe totale est :
- Courants de Foucault
- Les courants de Foucault sont dus, comme on le sait, à l'induction produite par le flux magnétique sur le métal magnétique Iui-mème ou sur les conducteurs. Ils ont pour effet de créer à leur tour un champ magnétique qui, amoindrissant plus ou moins le premier, font jouer aux conducteurs le rôle d’un écran plus ou moins parfait; d’où la nécessité de laminer le fer des circuits magnétiques alternatifs.
- Les forces électromotrices induites qui produisent les courants de Foucault sont évidemment proportionnelles à l’induction B et à la fréquence N. Les courants qui en résultent sont de plus proportionnels à la conductibilité du métal, de sorte que la puissance dépensée en chaleur par ces courants peut être exprimée par :
- W = l y Bs N*,
- ou en tenant compte de la formule de la force électromotrice induite ‘
- E= V»* B S. io-s,
- W =«)£*,
- La conductance apparente équivalente est par suite :
- C’est donc une constante du circuit magnétique seul ; elle ne dépend uniquement que de la conductibilité du métal magnétique.
- Les courants de Foucault par eux mômes ne donnent pas lieu, comme l’hystérésis, à une
- p.393 - vue 394/624
-
-
-
- 394
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- avance de phase du courant, sur la sinusoïde équivalente puisqu’ils ne déterminent pas en général la forme de la courbe du courant ; mais leur présence modifie l’angle d’avance donné par l’hystérésis seul. Cet angle d’avance est toujours défini par
- v, étant l’admittance absolue \j?\ -|-ï5 et p, la conductance équivalente aux effets d'hystérésis et de courants de Foucault.
- Comme pour l’hystérisseul, le courant dans le cas général d’un transformateur peut encore être décomposé en deux composantes, une symphasique p, E et l’autre quadratique a E calculée précédemment. Nous n’avons donc qu’à déterminer la première.
- Les pertes d’énergie par courant de Foucault en ergs par centimètre cube et par cycle sont donc :
- «>==), v N Bs.
- Pour un volume V de métal nous aurons en watts
- W = * y v N* B* io-7,
- où e est un coefficient dit coefficient des courants de Foucault.
- La conductance apparente équivalente est par suite :
- ___W____ IO ? 7 L _ 0,507 e y L
- ^ £’ 2 -rr1 S «7 S n% -
- en posant V = LS
- Pour déterminer le coefficient £ considérons d’abord le cas d’un circuit formé de tôles d’une épaisseur e et rappelons le calcul bien connu de Evershed (’).
- Soit x la distance comptée à partir d’une ligne médiane (fig. 14); on peut admettre que les courants vont en montant d’un côté de cette ligne et en descendant de l’autre.
- La conductance d’une tranche d’épaisseur dx est par unité de longueur et de profondeur
- C) Fleming. The alternate cu'reni transformer,
- Voii aussi Traité théorique et pratique des courants alternatifs, par MM. Loppé et Bouquet. Vol. I.
- | ydx\ le flux maximum concourant à la production de La force électromotrice induite par unité de longueur est 13 x; d’où pour cette force électromotrice
- e = \JsttN B x.
- Le courant induit infinitésimal circulant dans la tranche considérée est
- â i — y à x e = \jl T. N B y x à x.
- La puissance consommée par unité de lon-
- Fig. 14.
- gueur et de profondeur dans la zone d x est <JW = s(Ji = silK!C,'/ï!iJ x, et pour toute l’cpaisseur e de la tôle
- pour un cycle seulement et par centimètre cube on a :
- W _____-’ y N Bs e*
- N*"' 6
- Le coefficient e est donc :
- Si nous exprimons y en unités pratiqué nous aurons :
- p.394 - vue 395/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 595
- r
- Les pertes par courants de Foucault seront donc par cycle en joules :
- W = s y N B2 io_î = 1,645 y el N Bs io-16,
- ou en prenant pour y la valeur approximative ioJ
- W - I, 625 g2 N B2 ro-" ;
- et par seconde en watts :
- W=sy N2 B2 IO"7 = 1,645 y ei Ns 10
- et
- = 1, 645 es Ns B5 io'11,
- Fig 15.
- Pour un volume V de métal nous aurons :
- W = 1,645 v Ns B2 10-11.
- Un calcul analogue donne la valeur du coefficient • dans le cas d’un circuit magnétique formé de fil de fer de diamètre d.
- En prenant les notations indiquées sur la fig. 15, on voit que la conductance par centimètre de profondeur d’une couronne dx est Le flux embrassé par cette couronne étant la force électromotrice induite sera c = \jl -s N B*2.
- Le courant infinitésimal produit est :
- d i = -2- rf*E=4:7NB*rf#.
- 2 * * ^
- L'énergie dépensée par seconde et par centimètre de profondeur de la couronne est donc ;
- d W = ^ d i = tt1 y N2 Bs * J d x.
- et pour un centimètre de longueur du fil
- -0
- -1 y N* B1 d1 64 '
- LevolumeétantV, = l’énergie consommée par centimètre cube est en ergs par seconde :
- Le coefficient des courants de Foucault s est donc ici ;
- 1— -j-£ d2 = 0,617 ds.
- Si nous exprimons maintenant les quantités en unités pratiques nous aurons
- * —ds — 0,617 d* IO-5,
- et pour les pertes par courants de Foucault par cycle, en joules
- w = s y N B1 10-71= 0,617 7<PNB' io“14;
- ou prenant par y la valeur 105
- W=o,6i7rf'NB* 10-'1.
- Les pertes en watts par seconde seront de même par centimètre cube :
- W — %y N1 B1 to“'= 0,617 y d- N2 B2 io'l6 = 0,617 Ns BS io_H ;
- et pour un volume V :
- W= 0,617 V d1 N2 B2 10-".
- Si nous rapprochons les formules correspondant aux cas des tôles et des fils, on voit
- LL
- p.395 - vue 396/624
-
-
-
- .L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- $96
- que pour une même perte c’est à dire pour des coefficients e égaux, on doit avoir
- % e* = - d*,
- *= 1,63
- c’est à dire que le diamètre du fil peut être 1,63 plus grand que 1- épaisseur des tôles employées. C’est ce que montre la fîg. 16.
- La théorie classique des transformateurs conduit à une interprétation toute différente de l’effet dû aux courants de Foucault. En effet, le fer d’un transformateur peut, au point de vue électrique, être regardé comme un secondaire fermé sur lui-même. Si donc, on suppose connue la résistance R’5, l’impédance S'» et »M l’inductance mutuelle entre ce secondaire et le primaire, on sait que l’équation qui donne le courant primaire est :
- CO8 M* L8\ _
- Cette expression montre que l’effet des courants de Foucault est d’augmenter la résistance ohmique du circuit, de plus il y a en même temps diminution apparente du coefficient de self-induction primaire.
- Cette divergence paraît tenir à ce que la théorie de M, Steinmetz ne tient pas compte du flux produit par les courants de Foucault, flux qui est presque opposé en charge au flux primaire et qui exactement est à un quart d’onde du flux résultant sur lequel il n’a, par suite, aucune action,
- L’expression du flux produit par les courants de Foucault peut s’obtenir facilement par un procédé de calcul analogue à celui qui â servi à calculer le coefficient s, ce flux est effet, à un coefficient près égal à l’intégrale
- ou ds
- P) Son expression complète est pour ün transformateur à tôles :
- EQUATIONS GÉNÉRALES DES TRANSFORMATEURS
- M. Steinmetz termine son Mémoire en donnant, sous la forme condensée que permet l’emploi des quantités imaginaires les équations générales d’un transformateur.
- Bien que j’ai déjà donné, d’après cesavant, dans l’article précité, ces équations ; je crois qu’il ne sera pas inutile de les reproduire à nouveau.
- Désignons par
- l’admittance de la bobine primaire, où il est tenu compte, de la façon que nous venons d’indiquer, des effets d’hystérésis et de courants de Foucault, c’est à dire-où p, est la somme des conductances apparentes équivalentes aux effets d’hystérésis et de courants de Foucault et <7, la somme des susceptances équivalentes. Soit
- R, = <,+»,
- l'impédance du circuit primaire, ce qui ici n’est pas l’inverse de la quantité précédente, car il n’y est tenu compte que de la conductance ohmique et de la réactance vraie de ce circuit.
- Puis
- R, -r, + s,
- et ^____
- l’impédance et l’admittance du circuit secondaire y compris pour la seconde le circuit exj terieur. Désignons par le le rapport des nombres de spires de9 circuits primaire et secondaire :
- Les forces électromotrices induites E, et F, dans le primaire et le secondaire sont dans le meme rapport :
- E, = ÜES. _
- Celle de la force magnétomotrice équivalente sur le
- y/flV N B y d*
- 3 'ff'
- aux borne's.
- y'i T?» S N B y .
- de poter
- p.396 - vue 397/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 391
- Le courant secondaire est :
- I, = E2 Ps,
- et comprend deux composantes ; une sym-phasique pt Kt l’autre quadratique cî Ea.
- Les ampères-tours primaires opposés aux ampères-tours secondaires donnent •
- Le courant d’excitation I, (courant primaire lorsque le secondaire est ouvert) est ;
- 1 f' = Bi Pi — k E} .
- Le courant total primaire est donc :
- En développant les calculs précédents on obtient des expressions analogues à celles données primitivement par M. Steinmetz et reproduite dans l’article précité.
- En résumé, on voit par cette analyse que les nouvelles quantités introduites par M. Steinmetz ont pour seul avantage celui d’avoir des expressions mathématiques relativement simples. En pratique les composantes symphasiques et les conductances apparentes ont seules un intérêt sérieux. Ce sont du reste ces quantités seules que M. Blondel a introduites dans son intéressante théorie des moteurs asynchrones.
- F. Guilbert.
- Le rapport des courants primaire et secondaire sera donc :
- Passons aux tensions aux bornes V, et V, ; nous aurons pour la première :
- U, = E, + R, I,,
- = Æ Ea + (p, + ;s,),
- = **,(.+ *,* + *!*).
- Puis pour la seconde :
- U1 = E, — R, 1„
- := Es — R, pt E2,
- Le rapport des tensions aux bornes sera par suite
- Chacun des rapports entre les intensités et les tensions aux bornes peut être mis sous la forme
- p 'cos w-H i sm &,)
- est la valeur arithmétique du rapport et ^ la différence de phase entre les courants ou entre les tensions (’).
- 0) D’après l'ideutitc.
- coS(»-»')+sin(u-»')v'—
- LE CONGRÈS DE BORDEAUX DE L'ASSOCIATION FRANÇAISE
- pour l’avancement des sciences
- COMMUNICATIONS FAITES A LA SECTION DES SCIENCES MÉDICALES (1) Contraction électriquement provoquée ressemblant à la contraction volontaire, par M. le Profeseur Bergonié.
- Lorsque les contractions volontaires produisant l’exercice musculaire ne sont pas possibles, les muscles inactifs s'atrophient. On pallie à cet effet en déterminant dans le groupe de muscles des contractions artificielles par excitation électrique ordinairement faradique.
- L’auteur fait remarquer que les contractions rythmées que nous savons produire ne ressemblent en rien à la contraction volontaire. Si on inscrit directement au moyen du myographe de Marey la contracture volontaire d’un muscle de l’homme, le graphique est formé d’une courbe progressivement ascendante, suivie d'un plateau et se terminant par une courbe descendante symétrique de la première.
- (*) Pour les communications faites à la section de physique, voir L’Éclairage Électrique, t. IV, p. 388 ;
- 17 août 1895.
- p.397 - vue 398/624
-
-
-
- 59»
- L’ÉCLAIRAGF. ÉLECTRIQUE
- En inscrivant au moyen du même appareil la contraction du même muscle provoquée par un appareil faradique ordinaire muni d’un interrupteur quelconque, d’un métronome par exemple, on obtient un graphique bien différent. Le muscle arrive tout d’un coup au tétanos complet, puis le plateau classique tout à fait horizontal se produit et aussitôt que le courant cesse la courbe redescend en verticale.
- Lorsqu’on applique en électrothérapie ce genre de courants, que l’on peut appeler courants faradiques rythmés, l’impression ressentie par les malades est pénible, ce qui fait que le traitement s’applique difficilement chez les jeunes enfants.
- De plus, il y a intérêt à faire travailler le muscle suivant son fonctionnement naturel, absolument comme on y arriverait par l’exer-
- C’est pour remplir ce but que M. Bergonié a imaginé son rhéostat à résistance rythmiquement variable.
- 11 se compose de deux pièces de cuivre en forme de losange très allongé par lesquelles arrive le courant. L’une de ces pièces est fixe et placée au fond d’une 'cuve hémicylindrique remplie d’eau. L’autre losange est appliqué sur une surface cylindrique de gutta ayant même axe que la cuve, sa petite diagonale étant parallèle aux génératrices. Ce cylindre plonge dans la cuve remplie d’eau et un mouvement d’horlogerie le fait tourner autour de son axe.
- Si on place ce rhéostat sur le trajet d’un courant galvanique continui, les déviations de l’aiguille galvanométrique inscrivent des sinusoïdes. Plaçant le muscle et le rhéostat en tension sur le courant continu, on inscrit des courbes de la contraction ressemblant à celles de la contraction volontaire.
- Nous avons vu de ces courbes très démonstratives à la clinique électrothérapique de M. Bergonié, à l’hôpital Saint-André de Bordeaux (').
- (1) Cette installation fort bien comprise et rendant de grands services est due à l’initiative de M. Bergonié.
- Excitateur statique inverseur, par M. le Xy Debédat.
- Cet appareil consiste en un ajutage métallique monté sur une tige de verre et muni latéralement de deux anneaux. Des sphères de différents diamètres peuvent s'y adapter. Un cadran vertical gradué formé de substance isolante permet de lire la longueur de l’étincelle jaillissant entre l’une des armatures mobiles de la machine et la sphère de l’excito-mètre. La chaîne de l'excitateur ordinaire servant à l’application de l’électricité statique' est fixée à demeure à l’un des anneaux latéraux. Dans l’étude des réactions électro-musculaires, l’action des étincelles + ou — se voit rapidement en approchant de la boule fixe de l’excitomètre soit l’une, soit l’autre des armatures d’une machine statique bipolaire.
- Pour faire usage des courants oscillatoires de Martin, on fixe la chaîne de l’un des condensateurs à l’anneau libre de l’excitomètre, l’autre chaine trainant sur le parquet à proximité du siège du patient. L’étincelle jaillit entre les deux armatures de la machine dont on règle l’écartement à volonté et la boule de l’excitateur ordinaire est maintenue au point voulu du corps du patient. Ce mode d’excitation a paru excellent à l’auteur dans le traitement de l’atonie gastrique et intestinale.
- Interrupteur inverseur rapide pour usages médicaux, par M. le Dr Debédat.
- Cet instrument permet de réaliser dans les recherches d’électro-diagnostic des interruptions beaucoup plus rapides que celles communément employées.
- De la mort par l’Electricité, par le Dr G-. Darin
- .M. Darin croit que les courants alternatifs industriels sont plus dangereux que les courants continus et il apporte comme obser\a-tions les 26 électrocutions faites en Amérique
- Elle a été visitée par un grand nombre de membres de Congrès.
- p.398 - vue 399/624
-
-
-
- REVUE ^'ÉLECTRICITÉ
- ?99
- ainsi que des extraits de rapports officiels sur ces exécutions. D’expériences faites sur les animaux et du récit de ces 26 électrocutions, il résulte, qu’après passage du courant alternatif (r 700 à 2 500 volts, 100 alternances par seconde), les médecins présents ont toujours déclaré la mort absolue. Dans les autopsies qui ont suivi, deux fois seulement on trouva des lésions organiques et particulièrement des épanchements sanguins intracrâniens. Les autres fois aucune lésion n’apparut à l’autopsie et le corps du supplicié paraissait indemne de toute altération organique. Dans ce dernier cas, de beaucoup le plus fréquent, la mort serait due à l'excitation des centres nerveux produisant l’arrêt de la respiration et la syncope. Telle est l’opinion de Brown-Séquard et de M. d’Arsonval.
- Si, comme le disait M. d’Arsonval, la mort est évidemment définitive dans le cas de lésions organiques suffisantes pour l’expliquer, dans le cas au contraire où ces lésions n’existent pas, la mort n’est qu’apparente et la victime peut être rappelée à la vie en pratiquant la respiration artificielle. Le foudroyé doit être traité comme un noyé et l’accident de St-Denis où un ouvrier put être ranimé trois quarts d’heure après avoir subi la décharge d’un courant alternatif de 4 500 volts semble bien confirmer cette opinion.
- M. Darin fait remarquer que dans les accidents il est rare que tout le courant passe à travers le corps (’) et qu’il faut faire une distinction profonde entre ce.s cas et celui où toutes les précautions sont prises pour faire passer à travers le corps tout le courant de forme et d’énergie déterminées. De plus il cite un rapport du Dr Mac Donald où il est relaté qu’avant la première élcctrocution des expériences furent pratiquées sur les animaux et que dans plusieurs cas la respiration artificielle fut continuée en vain pendant deux heures sans possibilité de résurrection. I
- Nous avouons que ce résultat ne nous sem- j
- {') Tel n’était pas le cas du foudroyé de St-Denis qui était en court circuit.
- ble pas infirmer catégoriquement les belles recherches de M. d’Arsonval. Peut-être, dans ces expériences, avait-on produit de ces lésions éminemment mortelles dont il a été question ? Nous ne savons pas si ces tentatives ont été suivies d’autopsie. Bref, nous aurions été heureux qu’avant de porter son jugement, M. Darin fasse des expériences consciencieuses et nul doute qu’il soit bien placé pour les effectuer scientifiquement.
- Que penser aussi de ce témoignage unanime de 100 médecins, présents aux électrocutions, à affirmer la mort immédiate ? Nous voyons signaler avec soin, l’abolition des réflexes chez les électrocutés, mais ce n’est pas un signe de mort et, dans le cas particulier, c’est justement ce qui caractérise l’inhibition.
- La distinction entre l’inhibition ou sidération et la mort n’apparaît pas comme facile et il n’y a guère qu’un moyen d’affirmer la mort, c’est d’avoir bien tenté et sans succès la résurrection. L’expérience vaudrait mieux qu’une centaine de témoignages très sincères.
- Du reste, pourquoi passionner l’opinion publique avec ces électrocutions ? Il importe peu que le criminel électrocuté soit inhibé ou véritablement-mort, car dans les deux cas le résultat est le même puisqu’on n'a pas à tenter la résurrection et c’est sans douleur qu’il passe de vie à trépas.
- La philantrophie trouverait un champ plus utile où se donner carrière en faisant pénétrer dans les masses cette règle : qu’il faut soigner les foudroyés comme les noyés puisque cela leur réussit (t 1 ou 13 cas).
- Dr Tu. Guilloz.
- SUR LA PRODUCTION DE PHÉNOMÈNES ÉLECTRIQUES -PAR LES RAYONS DE ROENTGEN
- 1. — Les propriétés les plus saillantes des rayons X, particulièrement celle d’exciter la fluorescence et celle d’agir sur les plaques photographiques (que Roentgen soupçonne
- p.399 - vue 400/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 4OO
- n’être qu’un effet secondaire ayant pour cause la première propriété), appartiennent, à un degré plus ou moins marqué, aux rayons les plus réfrangibles des radiations ordinaires. Comme ccsderniers sontcapablesdeproduire des phénomènes photo-électriques, j’ai cherché si les rayons X ne pourraient également produire des phénomènes de ce genre.
- Ces recherches, bien qu’encore à leurs débuts, ont déjà donné des résultats satisfaisants et, pour cette raison, j’ai cru devoir ne pas tarder plus longtemps à les communiquer. Mais, pour rendre plus claire cette communication, il me parut utile de la faire précéder de quelques remarques sur les phénomènes photo-électriques en général.
- 2. — On sait qu’un corps électrisé négativement perd rapidement sa charge sous l’action des radiations. Suivant la nature du corps et suivant la longueur d’onde de la radiation employée, la déperdition est plus ou moins rapide; pour la plupart des corps le phénomène n’est sensible qu’avec les rayons des longueurs d’ondes les plus petites que peut fournir l’arc électrique (principalement l’arc produit entre une électrode de charbon et une électrode de zinc ou d’aluminium), ou même qu’avec ceux que fournit la combustion du magnésium ; pour quelques substances, telles que le zinc amalgamé, la lumière du soleil est suffisante ; pour d’autres enfin, comme les amalgames de métaux alcalins, le phénomène est encore manifeste avec les sources de lumière artificielle ordinaires.
- Parmi les dispositions expérimentales propres à manifester ces phénomènes, je mentionnerai particulièrement ici celle du couple photo-électrique (1). Un disque métallique
- (1) Ment, délia R. Acc. di Bologna, 4* * série, t. IV, p. 369; — Il Nuovo Cimenta, t. XXV, p. 20; 1889. — Von La Lumière Electrique, t. XXVIII, p. 128; 21 avril 1888. — t. XXIX, p. 79; 14 juillet 1888. — t. XXX, p. 72; 13 octobre 1888. — t. XXXIII, p. 307 et 345; 17 août 1889. - t. XXXV, p. 23 et 74; 4 et n janvier 1890. — t. XXXVII, p. 531, 621 et 654; 13, 20 et 27 septembre 1890.
- reçoit les radiations actives qui ont traversé un réseau métallique disposé parallèlement au disque à une petite distance en avant de celui-ci et relié au sol- Les radiations, en provoquant la déperdition de la charge négative que possède le disque ou le réseau (qui sont mis en communication métallique quelques instants avant l’expérience) par suite de la différence de potentiel au contact qui existe entre eux, produisent une déviation, positive ou négative suivant les circonstances, d’un électromètre relié avec le disque, déviation qui donne sensiblement la valeur de la différence de potentiel (’f.
- Si l’on répète l'expérience à diverses reprises, le disque étant placé à des distances du réseau de plus en plus grandes, la déviation augmente si elle est positive tandis quelle diminue, passe par zéro et est inversée si elle est négative.
- La cause immédiate de ces phénomènes, mise en évidence à la fin de mes premières recherches sur les phénomènes photo-électriques, est qu’un corps primitivement à l’état neutre se charge positivement quand on l’expose à ces mêmes radiations (s).
- Ce phénomène obéit à la loi suivante que j’ai établie par de nombreuses expériences La charge positive du corps soumis à l’action des radiations cesse de croître quand la densité électrique a atteint une certaine valeur, qui est la même pour toutes les substances.
- Il résulte de cette loi que la déviation positive produite par les radiations devient de plus en plus petite quand le corps qui reçoit les radiations est approché de plus en plus d’un corps communiquant avec le sol et n’augmentant pas la capacité. Pour mettre en évidence la charge positive produite par les radiations il est donc indispensable que le corps sur lequel on opère ne soit pas trop près de conducteurs non isolés. S’il en est autrement, — ce qui est le cas avec le couple photo-élec-
- (1) Ment, delta R. Acc. di Bologna, 4e série, t. IX» p. 351.
- (*) Ment, délia R. Acc. di Bologna, 4* série, t. IX, p. 387. — Il Nuovo Cimento, t. XXV, p. 128; 1889.
- p.400 - vue 401/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- trique— la production de cette charge positive finale n’a. par conséquent, aucune influence sur la déviation observée.
- 3. — Pour examiner si les rayons X produisent aussi la déperdition de la charge d’un corps électrisé négativement ('} et s’ils chargent positivement un corps non électrisé, j’ai opéré de diverses manières :
- a) Par un procédé quelconque, je communiquais une charge à un conducteur, et, quand j’avais mesuré son potentiel au moyen d’un électromètre à quadrants, j’observais si, sous l’action des rayons de Roentgen, la diminution du potentiel était plus rapide que celle qui correspondait à la déperdition ordinaire.
- b) Je faisais tomber les rayons X sur un couple photo-électrique et j’observais s’ils produisaient une déviation de l’électromètre relié au disque, le réseau étant relié au sol.
- c) Je recherchais si les rayons Roentgen tombant sur un corps non électrisé produisent une électrisation positive de ce corps.
- Les diverses expérienes que j’ai faites, ne laissent aucun doute sur l'existence d’une action exercée par l’appareil générateur des rayons X sur l’électromètre ou sur les corps, mis en communication avec lui.
- Pour cette raison, je plaçais le tube de Crookes, la bobine, l'interrupteur, etc., dans une grande caisse métallique reliée au sol.
- L’une des parois de cette caisse était formée d’une épaisse feuille de plomb percée d’une fenêtre circulaire à une petite distance de laquelle se trouvait la partie du tube
- (1) Kappèlons que dans notre avant dernier numéro, nous avons signalé les expériences faites sur le même sujet, par MM. Eenoist et Hurmuzescu, d’une part (P-308) et parM. Dufour (de Lausanne) d’autre part (P. 317)-Les expériences de MM. Benoist et Hurmuzescu ont été communiquées à l’Académie des Sciences, le 3 Février, celles de M. Dufour, à la séance de la Société de Physique du 7 février ; le mémoire de M. Righi, qui nous a été adressé par l’auteur le 15 de ce mois, a été Présenté le 9 à l’Académie des Sciences de l’Institut de Bologne (N D L R).
- de Crookes d’oü émanent les rayons cathodiques.
- Cette fenêtre peut être fermée, à volonté, par une feuille épaisse de plomb ou par une lame mince d’aluminium. Dans l’un et l’autre cas, aucune force électrique, provenant de la charge interne de la caisse, quand les appareils qu’elle contient sont en action, ne se manifeste extérieurement.
- Lorsque je plaçais des conducteurs, électrisés ou à l’état neutre, en avant de la fenêtre, j’observais les phénomènes décrits dans les paragraphes suivants.
- 4-— Si un conducteur électrisé négativement est placé devant la fenêtre, sa charge disparaît presque aussitôt que le tube de Crookes est mis en action.
- Si le conducteur est primitivement à l’état neutre, il s’clectrise positivement et son potentiel final dépend, toutes choses égales d’ailleurs, de sa nature ; ainsi il est plus grand pour le charbon de cornue que pour le cuivre, plus grand pour le cuivre que pour le zinc.
- Avec ce dernier métal, la déviation est négative quand sa distance à la lame d’aluminium fermant la fenêtre est suffisamment-petite. Ce fait est dû à la différence de potentiel au contact, et, à des distances plus grandes, la charge positive due aux rayons X prévaut.
- Enfin, si un couple photo-électrique est placé devant la fenêtre, on obtient une déviation de l’électromètre comme dans le cas des radiations ultra-violettes.
- Je n’ai pu encore examiner si la déviation produite par les rayons X est rigoureusement égale à celle que produisait ces dernières radiations. Dans ces expériences, on peut se dispenser de prendre l’un des métaux du couple sous forme de réseau ou treillage, puisqu’une plaque métallique suffisamment mince, particulièrement une plaque d’aluminium, laisse passer les rayons X ; on peut donc substituer au réseau une mince lame de ce métal.
- p.401 - vue 402/624
-
-
-
- 402
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- De ce s faits on déduit cette conclusion : Les rayons X possèdent, comme les rayons ultra-violets, la propriété de déterminer la déperdition des charges négatives, et de produire une charge positive sur les corps non électrisés.
- Ainsi qu’on, le verra plus loin, l’action électrique des rayons X diminue lorsqu’on éloigne les corps de la fenêtre traversée par ces rayons.
- Si l’on place devant la fenêtre une épaisse planche de sapin, ou une feuille d’aluminium, ou une lame de verre, ou encore la main (de manière à couvrir entièrement la fenêtre), l’effet des rayons X est plus ou moins atténué, mais en général il n’est pas complètement annulé. .En particulier, il est à remarquer qu’une lame de verre de i cm d’épaisseur est plus absorbante qu’une planche de sapin de 6 cm d’épaisseur.
- 5.— Les radiations ultra-violettes n’ont pas d’action sensible sur les corps électrisés positivement, puisque dans tous les cas où il semblait y avoir déperdition de l’électricité positive, on a pu reconnaître que l’effet observé était dû à la déperdition de la charge négative des corps environnants.
- Or, ayant chargé positivement un conducteur (charbon de cornue, cuivre, zinc, etc.) et l’ayant soumis à l’action des rayons X, j’ai constaté que l’effet est le même que dans le cas des charges négatives. Par conséquent : Les rayons X produisent, contrairement à ce qui a lieu avec les rayons ultra-violets, la déperdition des charges positives.
- Dans le cas d’une charge initiale positive, la déperdition doit naturellement cesser quand il reste sur le conducteur une charge égale à celle que les rayons X lui communiqueraient s’il était à l’état neutre, tandis que dans le cas d’une charge initiale négative la déperdition doit continuer jusqu’à ce qu'il soit complètement déchargé ; dans ce dernier cas, le corps se recharge ensuite positivement et prend une charge finale égale à celle qu’il aurait prise si sa charge initiale
- eût été nulle ou positive. Ces résultats peuvent s’expliquer en disant que le conducteur communiquant avec l’électromètre semble se comporter comme une électrode plongée dans un milieu conducteur, qui prend le potentiel de l’endroit qu’elle occupe quel que soit son potentiel initial.
- Dans des conditions identiques, je n’ai constaté, du moins dans ces premières expériences, aucune différence appréciable entre la rapidité de la déperdition des charges positives ou négatives.
- Ces phénomènes peuvent s’observer jusqu’à deux mètres et plus de la fenêtre.
- 6. — Il est important de remarquer que les phénomènes nouveaux qui viennent d’être décrits fournissent un excellent moyen de mesure des effets des rayons X. Je crois que quiconque voudra, par exemple, comparer les absorptions des divers corps préférera exprimer ces absorptions numériquement en se basant sur les variations de la vitesse de déperdition plutôt que de se contenter d’une approximation basée sur la comparaison de l’intensité de l’ombre projetée sur un écran fluorescent ou sur une plaque photographique.
- Evidemment, ces nouvelles propriétés auront quelque importance quand viendra le moment propice de discuter les diverses hypothèses faites sur la nature des rayons de Roentgen.
- Augusto Righi.
- Professeur à l’Institut royal de Physique de l’Université de Bologne (Italie).
- REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Câbles Ferranti (1894).
- Pour diminuer la Capacité de ces câbles, leur conducteur est isolé par une couche d air
- p.402 - vue 403/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 405
- au moyen d’une spirale d’ébonite enroulée
- Fig. 1 et 2. — Section longitudinale et coupe d’un câble Ferranti.
- au mandrin, gommée à chaud, et qui centre
- le câble par des supports alternés comme le représentent les figures ci-contre.
- G. R.
- Accumulateurs King (1894).
- Les plaques positives B sont supportées par des tasseaux D en ébonite emmanchés en e, sur les créneaux E des barres E, qui lessé1-
- J2 È1
- Fig. 133 — Coupes longitudinale, trai
- parent des plaques négatives C, et pourvus I tes de matières actives, de manière à empèse plans inclinés eÿ e, qui en écartent les chu- I cher qu elles n’établissent une connexion-en
- p.403 - vue 404/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- trc B et C. Ces matières sont retenues en B et C par des étoiles b et c en forme d’ancres, et les plaques sont séparées, dans le haut et latéralement, par des bandes isolantes F F.
- G. R.
- Cables Nisbett (1894).
- Le cable E est recouvert de plusieurs cou-
- ches de papier B, C,D, enroulées de manière à ménager entre elles des canaux en hélice puis protégées par un plomb. On sèche cet isolement par un refoulement d’air chaud dans ses canaux dans lesquels on injecte ensuite de l’huile chaude dont les suintements indiquent immédiatement les.défauts du plomb, on obtient ainsi un isolement sec et flexible. G. R.
- Plombs fusibles mobiles Moy (1894).
- Le plomb fusible d est pincé, sous l’arche
- Accumulateurs Engl (1894).
- Les plaques sont composées d’un mélange
- Fig-, r à 4. — Plombs fusibles mobiles Moy.
- en porcelaine a a, par les vis c c des deux touches en métal b b articulées sur a et que l’on enfonce entre les ressorts du support. La figure 4 représente un dispositif simple et très-propre.
- G. R.
- Fig. 1 et 2. — Accumulateur Gundle. de 100 de litharge, 7 de sulfate de magnésie, 3 de sulfate de mercure, 35 d’ammoniaque à
- p.404 - vue 405/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 4°5
- 2f Beaumé : plongées, pendant 2 ou 3 jours dans l’eau ces plaques deviennent assez dures pour être immédiatement employées. On doit les former dans une dissolution non pas d’acide sulfurique, mais de 3 pour 100 de sulfate de magnésie : elles restent, paraît-il, dures après leur formation, très poreuses et ne foisonnent pas.
- G. R.
- Accumulateurs Gundle (1895).
- Les plaques positives sont garnies sur chaque face d’un grillage d ebonite c, à trous c1 correspondant à ceux de la plaque et nervures y r' les séparant des plaques négatives sans gêner la circulation du liquide.
- G. R.
- Régulateur Moore pour [lampes à incandescence1 par W. A. Anihony {')
- Ce régulateur, inventé par M. D. Mac Far-lan Moore, a pour but de permettre lerèglage
- de l’intensité lumineuse des lampes à incandescence tout en évitant les pertes d’énergie qui résultent de l’interposition de résistances dans le circuit de la lampe. Pour obtenir ce résultat, l'inventeur dispose dans le circuit de la lampe un interrupteur vibrant actionné par un électro-aimant, comme dans les sonneries trembleuses, et qui coupe le courant pendant une fraction déterminée du temps pour le rétablir immédiatement après, et ainsi de suite.
- L’appareil se compose d’un petit électroaimant long d’environ 1 cm et dont le diamètre a environ 1,25 cm; l’armature est montée sur un ressort vibrant qui ouvre ou ferme le circuit sur un contact approprié. L’interrupteur est monté dans un tube de faible diamètre, et long d’environ 2,5 cm. Le tout est mobile autour d’une axe et peut être placé dans différentes positions, au moyen d’une clé, de façon que, étant horizontal et en dessous de l’électro-aimant, le ressort
- Tableau I
- établisse le contact d'une façon permanente ; I lajlampe brûle alors à pleine intensité, et ~rTn, EUctrical Enginur (N. Y.), I bien que le. courant passe dans l’électro-ai-
- 1895, p. 609. ' J mant. celui-ci n’a pas assez de force pour
- p.405 - vue 406/624
-
-
-
- 40Ô
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- attirer l’armature. Sx l’on fait faire un demi-tour à l’interrupteur autour de son axe, l’électro-aimant occupe alors la position inférieure ; l’armature est horizontale et immédiatement au dessus de l’électro. Le poids dont elle est chargée la maintient en contact permanent avec ce dernier; îe circuit est interrompu et par conséquent, la lampe éteinte. Dans toutes les positions intermédiaires, les vibrations sont plus ou moins rapides suivant l’angle dont la clé est tournée. La lampe prend alors des degrés d’incandescence variables.
- L’énergie électrique dépensée à animer l’électro est à très peu proportionnelle à l’intensité lumineuse.
- Le tableau ci-dessus permet de comparer les dépenses d’énergie électrique nécessaires pour obtenir différentes intensités lumineuses, avec les deux modes de réglage.
- Les intensités lumineuses ont été mesurées au photomètre et les mesures électriques ont été prises avec des appareils Weston.
- La lumière était, paraît-il, aussi fixe dans un cas que dans l’autre, principalement pour les faibles intensités lumineuses qui correspondent à des contacts courts. Pour les incandescences plus élevées, l’action de la vibration était assez irrégulière et, partant, l’intensité lumineuse aussi.
- Ce régulateur permettrait donc de régler l’intensité lumineuse .des lampes d’une façon économique comparable à celle du robinet pour l’éclairage au gaz.
- G. P.
- Sur le choix des transformateurs, par Spring S. Armstrong. (1)
- L’auteur s’élève avec juste raison contre la pratique de plus en plus répandue, en Amérique comme ailleurs, d’employer des appareils à bas prix, mais de construction inférieure et d’un très mauvais rendement. Il cite avec de grands développements le cas des transformateurs^___________________________________
- O The EUctrical Engineer (N.Y.), 25 décembre 1895, p. 615.
- Des essais ont été faits dernièrement sur différentes marques de transformateurs ; ces essais ont été faits indépendamment de toute idée commerciale, et pour bannir toute idée de réclame, aucun nom de fabricant n’a été cité. Ces essais ont prouvé que, pour des transformateurs de 1 000 watts, dont le circuit secondaire était ouvert, les pertes étaient les suivantes {Tableau I) pour les différents types. Les meilleurs étaient les plus chers.
- Prenons les deux extrêmes. Admettons le -cas d’une petite station centrale tournant 8 heures par jour et vendant la lampe de 16 bougies {60 watts) à raison de 3,75 centimes par heure.
- Le transformateur A coûte 125 fr ; la perte annuelle d’cnergie électrique est de 24X8 X 365 = 70 080 watts-heures, correspondantà ^°6o~:>~ 1 lampes-heures, ou à 43,80 fr. Au bout de la première année, la station centrale aura donc dépensé :
- Frais d’achat..................... 125 fr
- Courant perdu..................... 45 80
- Total .................... r68~8o
- Le transformateur L, qui coûte 90 fr., perdrait dans les mêmes conditions, par an, 315360 watts-heures, soit 5256 lampes-heures, ou 197,10 fr. Au bout de la première année, les dépenses seraient donc
- Frais d’achat..................... 90 fr
- Courant perdu.............p....... 197 10
- Total..................... 287 7o
- L’emploi du transformateur A rapporterait donc à la station centrale une économie de 287,10 — 168.80 — 118,30 fr, au bout de la première année, et bien qu’on ait complètement amorti le prix d’achat dans cette seule année.
- Ces chiffres n’ontrien d’absolu. Pour effectuer une comparaison exacte, il faudrait tenir compte des rendements à différentes charges et des coefficients de charge de l’usine. En outre, il serait plus juste de compter le courant au prix de revient au lieu du prix de
- p.406 - vue 407/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 4°7
- vente. Quoiqu’il en soit, ces chiffres sont 1 tement essayé et s’étre rendu compte de sa une leçon utile pour les directeurs de stations I «capacité gagnante» ou de son «coefficient centrales, car ils prouvent qu’on ne doit ache- ' de bénéfice», d’après des calculs analogues ter un transformateur (et, en général, un ap- i à ceux que nous venons de faire, pareil quelconque), qu’après l’avoir complè- j II en est de même pourl’emploi de plusieurs
- Tableau I
- Pertes à vide de différents transformateurs.
- petits transformateurs en place d’un grand, partout où cette dernière solution est possible. Supposons un îlot de 10 maisons dans lequel 100 lampes sont installées ; 10 dans chaque maison. Comparons les prix de revient annuels en employant 10 transformateurs de
- 10 lampes chacun, ou un seul de 75 lampes.
- 11 faut remarquer que cette dernière capacité est suffisante, puisque toutes les lampes ne sont pas allumées simultanément et que, le fussent-elles, un transformateur peut supporter sans danger une surcharge de 25 à 50 pour
- Les prix seront les suivants, approximativement :
- Prix d’achat de 10 transformateurs de
- 10 lampes chacun..................... 750 fr
- Fiais d’installation................i 125
- Pertes de courant, par an.............. 455
- 1 330 1 350 fr
- Prix d’achat d’un transformateur de
- 75 lampes............................ 325 fr
- Frais d’installation.................... 50
- 5°5 5°5 fr
- Bien entendu les résultats obtenussont proportionnels au nombre de transformateurs employés.
- En résume, on voit qu’un directeur de station centrale ne doit pas hésiter, en général,
- à vendre un vieux matériel défectueux pour en racheter de plus perfectionné. Il arrivera souvent qu’au bout de la première année il sera déjà complètement indemnisé de ses débours et qu’il aura réalisé un bénéfice important.
- G. P.
- Propriétés caractéristiques du moteur synchrone, par Emil Koiben (fi.
- Beaucoup d’électriciens croient que le moteur synchrone est une machine d’un fonctionnement délicat et nécessitant, principalement avec de grandes variations de charge, une surveillance minutieuse. On ne manque pas de recherches théoriques très approfondies sur cet appareil électrique, mais les renseignements sur les résultats pratiques sont peu abondants. L’auteur croit donc faire oeuvre utile en publiant les notes suivantes :
- I. —Mordey (5) a déjà caractérisé le fonctionnement du moteur synchrone monophasé à excitation variable par sa courbe bien connue en forme de V. Le moteur synchrone triphasé présente à ce point de vue des singularités beaucoup plus remarquables.
- La fig. 1 donne, par exemple, les courbes en V d’un moteur synchrone triphasé de 15 chevaux pour différentes charges, et la fig. 2
- (1j Elektrotechnische Zeitschrift, 19 décembre 1895.
- (’) La Lumière Électrique, t. XLVIII, p. 130.
- p.407 - vue 408/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- représente la puissance absorbée mesurée au wattmètre pour les différents points des quatre courbes delà fïg. i. Ces courbes montrent:!0 que le minimum du courant dans l’induit se produit, à voltage primaire cons-
- Fig. i. — Courantq asorbépar unmoteur synchrone de 15 chevaux sous voltage constant et excitation variable (ordonnées: Intensité du courant dans Far-
- tant, pour la même valeur de l’excitation quelle que soit la charge, et qu’un réglagede l’excitation n’est donc nullement nécessaire quelques brusques que puissent être les variations de charge; 20 que des variations mêmes
- très importantes de l’excitation n’influent presque pas sur la puissance du moteur, et le rendement est également presque constant entre de grandes limites.
- Dans les expériences dont les fîg. 1 et 2 donnent les résultats, l’excitation la plus avanta-
- geuse était, par exemple, de 3,3 ampères, pour laquelle la puissance absorbée est mi-nima. Que le courant d’excitation tombe à 1 ampère ou qu’il s’élève à 5 ampères, la puts-
- Excilation, ampères
- A, caractéristique à vide ;
- B, courant en court circuit ;
- C, puissance absorbée en court circuit.
- sance consommée n’augmente qu’insensibîe-ment, quoique le courant dans l’induit croisse très rapidement.
- Il est vrai que cette particularité avantageuse n’appartient qu’au bon moteur syn' chrone, c’est à dire à celui qui n’a que peu de self-induction, et qui fontionnerait en gé-
- p.408 - vue 409/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 409
- nératnce avec une chute de voltage peu Importante entre la marche à vide et la pleine charge. Le moteur à forte réaction d’induit présente une grande augmentation de la puissance absorbée quand le courant dans l'induit croît, à cause des courants de Foucault induits par le champ de réaction.
- Les fig. 3 et 4 permettent de comparer les puissances absorbées par un bon et un mauvais moteur ou alternateur quand le courant dans l'induit et l’excitation augmentent, Far-mature étant en court circuit. La bonne courbe de puissance fig. 3 contient outre les pertes négligeables dans le cuivre, principalement les pertes par hystérésis ; tandis que la courbe
- au point de vue de la stabilité à charge variable, et comme génératrice, en ce qui concerne la chute de voltage sous charge inductive, que la forme du “V” est plus aigue, c’est à dire que le courant dans l’armature varie plus vite avec l’excitation. Seuls les moteurs à courbe en V bien accentuée peuvent être employés avec avantage, suivant la proposition de Swinburne, comme compen-
- Voltage constant de 200 volts.
- fig. 4 montre principalement les pertes par courants de Foucault. La première est de la forme de la courbe d’hystérésis (de la puissance 1,6), l’autre au contraire présente la forme quadratique des pertes par courants induits.
- 11. — Les qualités de la machine en tant que moteur ou comme génératrice peuvent être caractérisées par la forme de la courbe en V à charge nulle et par celle de la caractéristique en court circuit dont il sera question plus loin. Un type de machine est d’autant plus avantageux comme moteur synchrone,
- sateurs capables de fournir la composante déwattée de la puissance apparente dans un réseau à grande charge inductive. Leur emploi permet dans ces conditions d’élever le facteur de charge (cos 9) et de réduire la chute de voltage inductive,
- III. — Le fonctionnement d’un moteur synchrone donné peut encore être caractérisé très nettement par la valeur des intensités de courant qui s’y présentent en court-circuit et à excitation variable. Ce courant sera d'autant moins intense que l’armature présentera de réaction plus considérable. Le moteur
- p.409 - vue 410/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRÀGE ÉLECTRIQUE
- *
- synchrone stable pouvant supporter de grandes surcharges, présente en général un champ induit faible et, par suite, une caractéristique
- de 15 chevaux.
- Voltage constant de uoo volts.
- de court-circuit à marche ascendante très accentuée. La ligure 5 donne à titre d’exem-
- Fig. 8. — Partie mobile d'un moteur synchrone d’Oerlikon.
- pie la caractéristique à vide et en court-circuit du moteur synchrone précédemment mentionné.
- Approximativement, on peut dire qu’un moteur est bon, lorsque, en court-circuit l’intensité de courant de pleine charge est
- Fig. 9. — Moteur triphasé synchrone de 30 chevaux à 3 000 volts.
- obtenue avec une excitation qui produit, à circuit ouvert, environ le tiers du voltage normal. A l’aide de cette courbe de court-
- Fig. 10. — Génératrice triphasée de 300 chevaux à 5 000 volts.
- circuit, on peut aussi déterminer d’une laçon « simple la chute de voltage de la machin J
- p.410 - vue 411/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- fonctionnant en génératrice sur des charges inductives (’).
- IV. — La forme de la courbe de f. é. m. du moteur synchrone n’est pas sans importance. Si génératrice et moteur sont de même type, les formes des courbes concordent en général, et le courant minimum qu’absorbe le moteur sous l’excitation la plus avantageuse (sommet de la courbe en V) coïncidera à toutes les charges avec le courant résultant.
- Lorsqu’au contraire moteur et génératrice sont de construction différente et donnent des courbes périodiques de f. é. m. très différentes de forme, les sommets des courbes en V s’élèveront et le facteur de puissance (cos ©) diminuera même avec les excitations les plus favorables, à cause de l’intervention de la composante déwattée qui circulera entre les deux machines. La valeur numérique de celle-ci se détermine d’ailleurs facilement, en décomposant graphiquement la courbe déformée en une courbe sinus équivalente et en la composante déwattée de fréquence triple ; l’ordonnée moyenne de celle-ci permet alors de déterminer le courant déwatté à l’aide de la caractéristique de f. é. m. et de la courbe de courant à court-circuit correspondante (fig. 5).
- Les figures 6 et 7 donnent les courbes en V observées avec le même moteur synchrone, mais pour différentes formes de courbes de la génératrice, ces courbes ayant été déterminées par points. Comme cette méthode de détermination est assez laborieuse, il est préférable, pour constater la régularité de la courbe de tension, de construire, pour un petit moteur synchrone de f. é. m. sinusoïdale, la courbe en V pendant la marche à vide de ce moteur, et de rechercher si l’intensité de courant au sommet du V correspond ou non à la puissance réelle.
- V. — La marche des moteurs synchrones possédant les propriétés avantageuses que
- P) Behn-Eschenburg. Éclairage Électrique, t. IV, P- 5IX.
- nous venons d’indiquer, est particulièrement sûre, lorsque ces moteurs sont construits d’après le type moderne de l’alternateur sans circuit mobile, qui réduit la surveillance et l’entretien au minimum. La figure 8 représente la forme particulière de la partie mobile, et la figure 9 montre sous son aspect d’ensemble un moteur triphasé synchrone OErlikon de 60 chevaux à 3 000 volts avec son excitatrice directement couplée sur l’arbre. Par suite de la bonne disposition magnétique de cette machine, il est presque impossible de la faire sortir du synchronisme, et le rendement est avantageux parce qu’avec le mode d’excitation à l’aide d’une seule bobine centrale, la puissance absorbée par l’excitation est peu considérable, et la perte dans le fer très faible, l’amplitude des variations dans le fer de l’armature étant diminué de moitié par rapport aux dispositions ordinaires.
- Ces propriétés font également de ce type de machine de bonnes génératrices, et la simplicité de la construction permet d’obtenir les mêmes avantages avec les machines de petite qu’avec celles de grande puissance. La figure îo représente une génératrice triphasée de 300 chevaux à 5 000 volts des ateliers d’Oerlikon.
- A. H.
- Les Tramways électriques et les Téléphones, par C. S. du Riche Preller
- M. du Riche Preller a cherché à déterminer
- i° Les différents types de construction aérienne >-ont plus ou moins sujets à causer des perturbations téléphoniques ;
- 2° Si ces perturbations sont dues à l’induction, aux courants dérivés ou fuites, ou à d’autres causes. -
- Les tramways sur lesquels ont porté ses investigations sont les suivants :
- Zurich.— Environ 10 km de lignes en trois artères; contact aérien par roue de trôlet ; pente maxima 5 pour 100; les fils téléphoni-
- an, 10 janvier 1896, p. 338.
- C) The Electricic
- p.411 - vue 412/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- ques sont,le long d’une section,placés dans des tubes de fer enfouis sous terre : sur le restant du parcours, qui forme la majeure partie de la longueur totale, les fils sont aériens ; quoique, en certains points, les croisements soient à angle droit, il y a plusieurs sections de 200 m chacune environ, où de 40 à 80 conducteurs téléphoniques, sans fil de retour, sont parallèles ou à peu près au conducteur à trôlet, et n’en sont distants que de 1 à 5 m. Les perturbations furent très fortes ; le démarrage et l’arrêt des voitures, leur passage aux courbes et notamment le sifflement des armatures étaient si distinctement perçus que les correspondances téléphoniques étaient pratiquement impossibles. Même dans les quartiers éloignés du tramway, ces bruits étaient perceptibles. On a dû placer les conducteurs téléphoniques sous terre.
- Genève. — Les expériences ont porté sur la partie du réseau reliant le Petit-Sacconnex avec le centre de la ville ; sa longueur est d’environ 6,5 km; la prise de courant est faite par un sabot glissant. Une faible partie des conducteurs téléphoniques sont souterrains ; sur des grandes distances, le long du tramway, et dans des sections de 600 m de longueur, ils sont aériens et le retour se fait par la terre. La distance entre les deux systèmes de conducteurs varie de 5 m à 2 m et même 1 m seulement. Les perturbations téléphoniques sont pratiquement nulles, et aucun changement n’a dû être introduit dans le réseau téléphonique depuis l’installation des tramways électriques.
- Bâle. — Ligne de 5 km environ ; contact glissant à archet, de Siemens et Halske. Fils téléphoniques aériens avec retour par la terre, distants du conducteur à trôlet, de 12 à 15 m. Perturbations nulles.
- Mulhouse. — Ligne de 8 km de longueur ; contact à archet de Siemens et Halske. Mêmes observations que pour Bâle.
- Le Havre. — Réseau de 20 km environ en doubles voies ; contact à roue ou trôlet ordi-
- naire ; fils téléphoniques aériens parallèles aux voies, distants des conducteurs de 15 m. Les perturbations furent très fortes et l’Administration força la Compagnie à doubler les fils téléphoniques, le retour métallique étant étendu au réseau entier de la ville.
- Marseille. — Ligne de 5 km; mêmes observations que pour Le Havre. On remarqua, en outre, que les postes les plus affectés étaient ceux qui étaient situés dans les maisons où des haubans du fil à trôlet étaient attachés, à une distance ne dépassant pas, en certains cas, 1 mètre.
- Sur toutes ces lignes, la continuité des rails au point de vue électrique était assurée par des joints ordinaires, et l’isolement était réalisé de la même manière.
- Conséquences. — On voit que les tramways munis du trôlet roulant ont donné lieu à des perturbations importantes, tandis que ceux à trôlet glissant n'ont donné lieu à aucun trouble.
- Si l’on compare les conditions de Genève et de Zurich, en particulier, on peut se convaincre que les conducteurs téléphoniques de la première ville sont placés dans de bien plus mauvaises conditions que ceux de la seconde, au point de vue des effets d’induction. Cependant, à Genève, les perturbations ont été nulles, tandis qu’à Zurich elles ont été très fortes. Les conditions d’isolement et la nature du terrain étant pratiquement comparables, au point de vue électrique, on doit rechercher la cause de ces effets différents dans le trôlet lui-même. Voici dans quels termes s’exprime, à ce sujet, M. du Riche Preller :
- « 11 y a, d’abord, entre les deux systèmes une différence marquée dans le mode de suspension ; tandis que le trôlet à contact roulant exige un grand nombre de points de suspension, principalement aux courbes, afin de maintenir le conducteur dans l’axe de la voie, le conducteur, dans le système à contact glissant, peut être posé en forme de longs côtés d’un polygone, avec très peu de points
- p.412 - vue 413/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 4*5
- de suspension, et, aux croisements, les fils de contact sont simplement soudés les uns aux autres, ce qui assure la continuité du contact. Dans le système à contact roulant, d’un autre côté, chaque point de suspension, soit un isolateur ordinaire, soit une aiguille ou un croisement, entraîne un saut de la roue du trôlet, ce qui cause forcément une étincelle qui, à Zurich, par exemple, est particulièrement violente et se produit à presque tous les points de suspension. Par suite, des fuites se produisent, ont lieu par le contact défectueux et ce sont celles-ci qui, pensons-nous, produiraient la cause première des perturbations téléphoniques. Cette opinion est confirmée par un essai dont nous avons été témoin sur une des lignes de Zurich ; on substitua temporairement le contact glissant employé à Genève au trôlet à roulette ; les étincelles et les perturbations téléphoniques furent pratiquement les mêmes, ce qui prouve que le défaut ne tient pas à la roue elle-même, mais surtout au système de construction aérienne qu’elle nécessite.
- » Une autre cause qui tend encore à augmenter les perturbations doit être cherchée dans la construction des moteurs. Le contraste est frappant aussi entre le glissement silencieux de l’archet d'aluminium et le bruit désagréable, principalement aux courbes, de la roue contre le fil. Tous ces bruits trouvent un écho dans les téléphones par l’effet de l’induction, tandis que la mise en marche des moteurs, qui entraîne une augmentation subite de l’intensité du courant, affecte les téléphones principalement à cause de l’augmentation soudaine de la différence de potentiel entre les contacts et la terre, en raison du contact défectueux et de l’insuffisance des procédés usuels d’isolement. »
- Si l’on considère que les modifications apportées aux réseaux téléphoniques ont coûté, par kilomètre, 25000 fr à Zurich, 16000 fr à Marseille, 10000 fr au Havre, et que la Compagnie a dû payer la moitié de ces frais, dans le premier cas, et la totalité dans les deux autres, on comprendra toute l’impor-
- tance de ce sujet. Il serait à souhaiter que les expériences et les conclusions de M. du Riche Preller soient- reprises et contrôlées.
- G. P.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Sur rabaissement des potentiels explosifs statiques et dynamiques par les radiations X, par R. Swyn-gedauw (').
- « L’analogie de certaines propriétés des radiations ultra-violettes et des radiations de M. Roentgen m’a conduit à essayer l’action de ces dernières sur les potentiels explosifs. L’expérience a montré que les radiations X abaissent les potentiels explosifs suivant les mêmes lois générales que les radiations ultraviolettes électriquement actives (’).
- )> L’abaissement des potentiels explosifs statiques se mesure directement à l’électromètre de MM. Bichat et Blondîot, en notant le potentiel explosif de l’excitateur éclairé ou non par les radiations.
- » Le tube de Crookes est traversé par la décharge d’une bobine de Ruhmkorff actionnée par deux accumulateurs ; il est placé parallèlement à l’excitateur et à 2 5 cm environ de ce dernier. L’excitateur est formé de deux sphères de 1 cm de diamètre en fer.
- » Dans une expérience où la distance explosive est de 5,50 m, l’excitateur se décharge pour un potentiel de 60 unités C G S s’il n’est pas éclairé par les radiations X ; l’étincelle éclate au potentiel de 58,8 GG S sous l’influence de ces radiations.
- » Un papier noir, une plaque de verre,
- (1) Comptes rendus, t. CXXII,, p, 374; séance du 17 février 1896.
- (')MM. Benoist et Hurmezescu ont déjà montré (Comptes rendus du 3 février 1896 — VEclairage Électrique du 15 février, p. 308), que les rayons X déchargent les corps électrisés ; cette dernière propriété et l’abaissement des potentiels explosifs semblent corrélatifs.
- p.413 - vue 414/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 4M
- une planche de bois ne changent pas d’une façon appréciable l’abaissement du potentiel explosif.
- )) Une plaque de laiton de 0,5 mm d’épaisseur le supprime complètement.
- » L'abaissement du potentiel explosif dynamique se mesure par la méthode des deux excitateurs dérivés, décrite antérieurement(’) ; on remplace la lampe à arc par le tube de Crookes ; on place un écran opaque pour la radiation, une plaque de laiton par exemple, entre les deux excitateurs dérivés E, E, et
- N, Ns.
- » Cependant, sous cette forme, la méthode ne donne que des résultats négatifs ; cela tient à ce fait que l’éclairement du tube de Crookes est forcément intermittent et ne dure qu’une fraction très petite de seconde ; il faudrait un concours très heureux de circonstances pour que le tube soit illuminé au moment de la charge dynamique des excitateurs.
- » Pour tourner cette difficulté, j’ai usé d’un artifice par lequel le tube de Crookes s’illumine en même temps que l’excitateur dérivé se charge par la méthode dynamique (décharge du condensateur GC2).
- » Dans le circuit secondaire de la bobine de Ruhmkorlï on place en série un tube de Crookes et un excitateur secondaire S. Cet excitateur est placé à 4 cm et en face des pôles de l’excitateur principal I, I2 qui permet la charge du condensateur.
- » Le tube de Crookes est placé en face de E, E,, à une distance de 25 cm environ.
- » On actionne la bobine de Ruhmkorff : à chaque étincelle qui éclate en S, la bobine se décharge à travers le tube de Crookes.
- » On charge lentement le condensateur par une machine de Holtz ; lorsque le potentiel de l’excitateur 1, I2 est voisin de son potentiel explosif statique, l'une des étincelles qui éclatent en S, en même temps qu'elle illumine le tube de Crookes, provoque par ses
- (1) Comptes rendus du 8 juillet 1895.— "L'Éclairage Électrique, t. IV, p. 526 ; 17 août 1895.
- radiations ultra-violettes la décharge de Pex=-citateur I, U et du condensateur, et les excitateurs dérivés E, E2 et N, Na se chargent dynamiquement; Ej E, sont deux boucles de fer de 1 cm de diamètre, Nj Ns deux boucles de laiton de 1 cm de diamètre.
- » Si N, Nâ = 3 mm l’étincelle éclate encore cnE,E2 quand la distance explosive de E est de 5,40 mm, sous l’influence des radiations X.
- » En l'absence de ces radiations il faut amener les pôles de Ej E2 à la distance de 3 mm pour que l’étincelle éclate en E2 plutôt qu’en N, Ng.
- » Le potentiel explosif de 1,13 était de 70
- CGS.
- » L’interposition d’un écran de papier de verre ne diminue pas d’une façon appréciable V abaissement.
- » Une plaque de laiton le supprime complè-tement.
- » L'étincelle de la même bobine de Ruhm-korff produit un abaissement du même ordre de grandeur si aucun écran n’est interposé entre l’cxcitatcur et l’étincelle.
- )) Un écran de bois, de verre, de papier noir, arrête les radiations ultra-violettes actives.
- » De ces expériences, nous tirerons les conclusions suivantes :
- » 1. En mesurant l’abaissement des potentiels explosifs dynamiques par la méthode des deux excitateurs dérivés, on peut dccelcr avec beaucoup de netteté les radiations X (1). »
- » II. Les radiations de M. Roentgen abaissent les potentiels explosifs dynamiques dans des proportions beaucoup plus grandes que les Potentiels statiques (').
- (1) Les bobines devant être traversées par des décharges à potentiels très élevés nécessitent une construction spéciale ; on peut leur substituerune colonne d un liquide électrolytique; une solution de SO4 Cu paf exemple
- (*) Institut de Physique de la Faculté des Sciences de Lille. — Dans la dernière note de M. Swyngedauw, p-230, ligne 30 de la première colonne, lire 58 au
- p.414 - vue 415/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- Action des rayons de M. Roentgen sur les charges f électrostatiques et la distance explosive, par J.-J. I Borgman et A.-L. Gerchun (vj. I
- Saint-Pétersbourg, laboratoire de physique de l’Université, le u février 1896.
- « M. J.-J. Thomson a communiqué aux lecteurs de YÉlectrician (n° 925, le 7 février 1896) une observation concernant les rayons de Roentgen sur Les charges électrostatiques (3). D’après ce savant, des charges positives et négatives sont également dissipées par l’action des rayons. Nos expériences n’ont pas complètement confirmé ce fait.
- » Un disque de zinc, réuni à un électros-cope d’une sensibilité moyenne, et chargé presque instantanément sous l’action des rayons de M. Roentgen émanant d’un tube de Crookes assez rapproché. Pour des distances plus grandes (1 m), la dissipation de la charge continuait toujours, mais plus lente. Après la déperdition de la charge positive, les feuilles de l’électroscope divergeaient de nouveau et annonçaient une charge négative, qui allait en croissant jusqu’à un certain degré. Si l'on communiquait au disque une charge négative, l’électroscope démontrait une déperdition beaucoup plus lente, qui s’arrêtait à un certain degré. La déperdition était, en somme, plus petite pour des distances faibles et devenait assez grande si l’on éloignait le disque du tube- Quand la divergence stationnaire de l’électroscope était atteinte, l’angle de divergence oscillait continuellement, devenant tantôt plus grand, tantôt plus petit, suivant la marche irrégulière de l’interrupteur. Une feuille d’aluminium (1 mm d’épaisseur), communiquant au sol, affaiblissait l’action des rayons sans changer en rien son caractère. Ces expériences semblent démontrer que les rayons émanant d’un tube de Crookes peuvent communiquer aux conducteurs une charge négative.
- » Dans une autre expérience, les rayons tombaient sur deux petites boules en platine,
- (’) Comptes rendus, t. GXTI, p> 37®! séance du 17 février.
- (* *) Voir plus loin.
- communiquant à un petit appareil Ruhmkorff.
- 1 .a distance des boules était trop grande pour qu’une étincelle pût passer, pourtant les rayons de M. Roentgen tombant sur l’excitateur provoquaient immédiatement un jet assez vif d’étincelles. Une mince feuille d’aluminium communiquant au sol, ou des plaques d’ébonite placées sur le chemin des rayons, ne changeaient pas sensiblement d’action. Cette expérience semble démontrer que les rayons de Roentgen, comme les ra3mn.s ultraviolets, peuvent augmenter la distance explosive d’une décharge statique.
- Nouvelles recherches sur les rayons X. par Lu Benoist et D. Hurmuzescu.f1)
- « Dans notre Communication du 1e1 février dernier, nous avons montre que les rayons X ont la propriété de décharger à distance les corps électrisés malgré la protection d’un cylindre de Faraday, et nous avons fondé sur cette propriété une méthode nouvelle d’investigation comportant des mesures simples et rapides. Cette méthode nous a permis d’aborder immédiatement l’étude des lois de transmission et de production de ces rayons.
- » Nous avons vérifié d’abord qu’ils se propagent bien dans l’air en suivant très sensiblement la loi du carré des distances, ce qui démontre la transparence de l’air pour ces rayons.
- )) Résultats de deux expériences. — Les distances sont comptées à partir de la paroi anticathodique (3) du tube de Crookes, jusqu’aux feuilles d’or de l’électroscope : le rapport des intensités est donné par le rapport inverse des temps de chute correspondant à un même angle vertical des feuilles :
- Temps......... 27,7 s 65 s
- Rapport des carres des distances.... 2,37
- Rapport des temps.................... 2,33
- (h Comptes rendus, t. CXXII, p. 379; séance du 7 février.
- (*) L'Éclairage Electrique, t. VI, p. 308 ; 15 février 1896.
- (.*) C’est à dire la paroi frappée par les rayons partis de la cathode.
- p.415 - vue 416/624
-
-
-
- 4i6
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- » Autre expérience:
- Angle.......... 3=°
- Temps.......... 5>5 s 14,8 s
- Rapport des carrés des distances.... 2,78
- Rapport des temps............... 2/9
- » Une deuxième propriété fondamentale que nous avons pu mettre en évidence par des preuves diverses et concordantes, c’est Y hétérogénéité des rayons X
- )) i°Dès nos premières mesures du coefficient de transmission (’) de l’aluminium, rapporté à l'épaisseur de 0,1 mm et pour des plaques de ce même ordre d’épaisseur, nous avons trouvé des nombres toujours inférieurs à 0,9 et généralement voisins de 0,85.
- )) Or, une telle valeur serait absolument incompatible avec la transparence très sensible que le professeur Roentgen a observée sur une plaque d’aluminium de 15 mm d’épaisseur, si ce coefficient de transmission devait être indépendant du tube de Crookes employé, et s’il ne devait pas augmenter avec l’épaisseur traversée, c’est à dire si les rayons X n’éprouvaient pas de la part de l’aluminium une absorption sélective, témoignage de leur hétérogénéité. En effet, on peut calculer que, si la valeur 0,85 était constante la transparence totale d’une lame de 15 mm serait représentée par 26 X 10 c'est à dire absolument nulle pratiquement.
- » 2° Nous étions donc conduits à employer des épaisseurs croissantes, et à déterminer les valeurs moyennes correspondantes du coefficient de transmission précédemment défini.
- » Nous avons vu ce coefficient prendre, en effet, des valeurs nettement croissantes avec l’épaisseur traversée pour un même tube.
- » Voici les résultats d’une expérience portant sur des plaques formant 1/10, 6/10 et 11/10 de millimètre d’épaisseur totale; et comprenant dix-huit mesures effectuées à une même distance, avec un même tube de Crookes, et une même distance explosive
- plaque de 0,1 mm d’épaisseur, sans préjuger la constance de k.
- (2 cm) de la bobine ; les mesures sont croisées, et les calculs effectués sur les moyennes alternées :
- û • , 1 .6 6 11 1
- Epaisseurs employées — et -, -et—, “ et ii.
- Valeurs de a. (-A)
- 0,854 » »
- 0,855 » »
- 0,857 » *
- 0,837 » »
- > 0,861 »
- 0,851 >
- » 0,877 »
- Moyennes.... 0,850 0,899 0.897
- Donc le coefficient s’élève de la valeur 0,85 pour les plaques d’épaisseur totale ne dépassant pas —de milimètre à la valeur 0,90 pour les plaques dépassant r mm.
- » 30 Ayant enfin employé des tubes de Crookes différents, dans des conditions de réglage identiques, nous avons trouvé des coefficients de transmission différents, bien que les plaques employées fussent de même
- épaisseur :
- Avec un tube.......... * = 0,85
- Avec un autre......... «=0,78
- )) Nous avons en même temps observé, pour un même tube, des variations de a. avec le réglage de la bobine, la fréquence des interruptions, etc.; nous établissons en ce moment un dispositif qui nous permettra d’étu-
- (1) Ce nombre, qui n’élèverait pas d’ailleurs sensiblement la moyenne, peut être considérée comme résultant d’une variation de réglage de la bobine.
- p.416 - vue 417/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 417
- dier avec précision la part de chacun de ces facteurs. Nous étudions aussi la transparence d’autres substances telles que l’argent, etc.
- » En résumé, la production des rayons X par un tube de Crookes est un phénomène analogue à celui de la production des rayons calorifiques et lumineux par des sources à température plus ou moins élevée. »
- Recherches photographiques sur les rayons de
- Roentgen, par Auguste et Louis Lumière (').
- « Si la méthode photographique vient d’avoir, avec les expériences de M. Roentgen, un nouveau succès, il est à présumer qu’elle pourra rendre, pour l’étude des rayons X, de plus grands services encore, lorsque les préparations photographiques seront mieux adaptées aux propriétés de ces rayons. C’est à l’étude de leur action sur les substances sensibles que nous nous sommes attachés.
- » Nous avons remarqué d’abord que les rayons de Roentgen agissent de la môme manière sur des plaques au gélatino-bromure colorées et rendues sensibles aux diverses régions spectrales. Ainsi, des plaques sensibilisées pour le rouge, pour le jaune ou pour le vert, donnent exactement la même impression, toutes choses égales d’ailleurs, à la condition qu’elles aient la même sensibilité générale pour la lumière blanche.
- » Etant données des plaques photographiques de sensibilités différentes à la lumière blanche, il nous a paru intéressant d’examiner si le rapport des sensibilités est le même pour les rayons X. Nous avons opéré sur des préparations dans lesquelles les temps nécessaires pour obtenir la même impression, avec une source lumineuse constante, étaient entre eux comme les nombres 1,8 et 30 et nous avons remarqué que, dans les limites de notre expérience, ces rapports se sont exactement conservés pour les rayons de Roentgen (’). * (*)
- 0) Comptes rendus, t. CXXII, p. 382 ; séance du 17
- (*) Voir la Note de M. A. Londe (Comptes rendus, 10 février 1896 et L'Éclairage Électrique du 22 février,
- P- 376.
- )) Une autre série d’essais a eu pour but d’étudier l’absorption de ces rayons par les couches sensibles et de la comparer à celle des rayons lumineux, dans des conditions analogues. A cet effet, on a exposé, sous un écran constitué par des lettres découpées dans une lame de cuivre mince, un paquet de 250 feuilles de papier au gélatino-bromure d’argent, superposées et mises à l’abri des rayons lumineux par les procédés connus ; on a fait agir les rayons X pendant dix minutes et l’on a pu constater, au développement, que la cent-cinquanticmc feuille présentait encore une impression. (En augmentant le temps de pose, il est d’ailleurs facile d’obtenir une impression sur la totalité des papiers sensibles.)
- Expérience montrant que les rayons X émanent de l'anode, par de Heen.(1)
- Liège, le 13 février 1896.
- « Afin de prendre date, j’ai l’honneur de porter à votre connaissance que, d’après mes dernières expériences, les rayons X, de Lenard et Roentgen, n’émanent pas de la cathode, mais bien de l’anode.
- » Il suffit, pour le démontrer, de placer, entre le tube de Crookes et la plaque sensible, un écran en plomb percé de quelques ouvertures permettant le passage de faisceaux de rayons. La direction de ceux-ci sur la plaque indique qu’ils émanent du pôle positif et non du pôle négatif. Ce sont donc des rayons ano~ cliques. »
- Sur la propriété qu’ont I93 radiations émises par les corps phosphorescents, de traverser certains corps opaques à la lumière solaire, et sur les expériences de M. G. L9 Bon, sur la lumière noire par G. H. Niewenglowski. (s)
- « J’ai constaté que les corps phosphorescents jouissent, vis-à-vis de la lumière solaire, de propriétés analogues à celle qu’a le sulfure de zinc phosphorescent, de rendre les
- (’) Comptes rendus, t. CXXII, p. 383. (l) Comptes rendus, t. CXXII, p. 385.
- p.417 - vue 418/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- rayons de Roentgen capables de traverser certains corps qui les absorbent, propriété que M. Charles Henry a signalée dans la dernière séance :
- » Une feuille de papier sensible ordinaire était entourée de plusieurs doubles de papier noir aiguille ou de papier rouge, j’ai placé au-dessus deux pièces de monnaie, et recouvert Tune des moitiés d’une plaque de verre enduite de poudre phosphorescente (sulfure de calcium) ; après quatre à cinq heures d’exposition au soleil, la moitié du papier sensible qui avait reçu directement les radiations solaires était restée intacte et ne présentait aucune trace de la pièce de monnaie placée au-dessus d’elle, indiquant ainsi que le papier noir ou rouge n’avait pas été traversé par la lumière ; la moitié qui ne recevait les rayons solaires qu’apres leur passage à travers la plaque phosphorescente, avait complètement noirci, sauf la portion correspondant à l’une des pièces de monnaie, dont on avait ainsi une silhouette en blanc sur noir.
- )> En ne mettant qu’un double de papier rouge mince, permettant le passage des rayons solaires, j’ai constaté que la portion de papier sensible qui ne recevait les radiations solaires qu’après leur passage à travers la couche phosphorescente noircissait beaucoup plus vite que l’autre.
- » J’ai pu observer aussi que la lumière émise dans Fobscuritc par la poudre phosphorescente, préalablement insolée, était capable de traverser plusieurs doubles de pa- , pier rouge et de noircir un papier sensible I qui en était séparé par ces doubles de papier.
- » L’expérience suivante, faite avec M. H. Emery, m’a donné des résultats que je n’ose attribuer, comme on pourrait en être tenté, à des rayons X émis par la poudre phosphorescente :
- » Sur une plaque phosphorescente, préalablement insolée, nous avons placé une pièce d’un franc ; puis, au-dessus, simplement posée, une plaque au gélatino-bromure, la face sensible tournée vers la face phosphorescente ; après un contact d’environ trois heures, nous
- j avons obtenu au développement une image j peu accentuée de l’effigie de la pièce ; comme } elle correspondait à la face de la pièce placée contre le gélatino-bromure, j’attribuerai plutôt cette image à un ellet de pression, bien que celle-ci fût très faible. On sait, en effet qu’il suffit de poser quelques instants une règle sur une plaque au gélatino-bromure et de la révéler ensuite, pour avoir une image de la règle.
- » J’attribuerais aussi volontiers à un effet de pression le noircissement de la plaque qu’a obtenu M. G. Le Bon, en répétant ses expé-riences sur la lumière noire à la chambre noire. On pourrait aussi l’attribuer à de la lumière emmagasinée par la plaque métallique, ou, si cette dernière était placée contre la plaque sensible, à une simple action réductrice provoquéepar le contact du métal; j ’aî souvent observé que des poussières métalliques produisaient à la surface du papier sensible des petites taches noires, dues à une réduction du sel d’argent sensible par le métal. Afin d’éviter ccs causes d’erreur, j’ai répété plusieurs fois, ainsi. queM. H. Émery, l’expérience de M. G. Le Bon, en remplaçant le diaphragme de l’objectif par un diaphragme plein, métallique. Nous avons fait varier le temps de pose de un quart d’heure à six heures, en plein soleil, et nous avons employé des diaphragmes en aluminium de 0,03 mm, en cuivre de 0,05 mm, en zinc de 0,05 mm, sans obtenir la moindre image ni la moindre trace dévoilé. Ces résultats négatifs sembleraient indiquer que les rayons auxquels -M. G. Le Bon a donné le nom de lumière noire seraient absorbés par le verre de l’objectif. »
- Nature et propriété de la lumière noire, par Gustave Le Bon (’).
- « Avant de parler des nouveaux résultats de mes recherches, j’ai l’honneur d’informer l’Académie que mes expériences sur le passage de la lumière ordinaire à travers les corps
- (’) Comptes rendus, t. CXXII, p. 386 ; séance du 17 février.
- p.418 - vue 419/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 419
- opaques ont été répétées avec un plein succès j-ar plusieurs observateurs, notamment par le Dr Arméniac, à Bordeaux, et surtout par M. H. Murat, au Havre. Ce dernier a réussi, en suivant mes instructions, à obtenir, à la lumière noire, des résultats supérieurs à ceux obtenus avec les rajmns Roentgen. Lalumicre noire et les rayons d’origine cathodique ne sont sûrement pas pourtant des radiations semblables, car la lumière noire ne traverse pas des corps tels que l’ébonite, tout à fait transparents pour les rayons de Roentgen. M. Murat m’envoie des photographies de l'intérieur d’un poisson, que j’ai l’honneur de présenter à l’Académie. Elles montrent une sorte de dissection successive, couche par couche, qu'il' serait impossible d’obtenir avec les rayons d’origine cathodique, ainsi que je l’expliquerai dans une prochaine Communication. La lumière d’une simple lampe, transformée en lumière noire par le procédé que j'ai indiqué, c’est à dire par son passage à travers des plaques métalliques, a suffi, pour obtenir ces résultats.
- » Dans mes premières Notes, je n’ai voulu publier que les résultats bruts de mes expériences. Ils ont paru si inexplicables, qu’il est necessaire d’indiquer la théorie quia conduit à les exécuter et qui me permettait de les pressentir.
- » Le but que je me proposais était d'explorer la zone encore inconnue qui sépare le domaine de la lumière de celui de 1 électricité. Je supposais, comme je le disais en terminant ma première Note, que les formes de l’énergie doivent être en nombre infini. Nous n’en connaissons que quelques-unes, telles que la chaleur, la lumière et l’électricité. Mais ces formes connues doivent pouvoir se relier par des formes intermédiaires ; ces dernières sont encore ignorées, parce quenous ne possédons pas d’instruments capables de les traduire d’une façon perceptible à nos sens.
- n Pour découvrir un de ces modes d’énergie intermédiaire, il fallait donc trouver d’abord un instrument permettant de mettre en évidence des vibrations moins nombreuses
- que celles de la lumière et plus nombreuses que celles de l’électricité. Les plaques photographiques étant encore sensibles dans certaines conditions aux vibrations relativement peu nombreuses, situées hors du spectre lumineux visible, il était à espérer qu elles seraient sensibles à des vibrations beaucoup moins nombreuses. S’il en était réellement ainsi, nous nous trouvions justement clans la zone intermédiaire entre la lumière et l’électricité. Mais alors cette forme nouvelle de l’énergie devait posséder quelques propriétés intermédiaires entre celles de la lumière et celles de l’électricité. Elle ne se propageait peut-être plus comme la lumière et peut-être se propagcait-cllc comme l’clcctricité. Dans ce dernier cas, les vibrations ne devaient pas être arrêtées par des corps métalliques opaques, quelle que fût leur épaisseur. C’est à vérifier ces conceptions qu’ont été consacrées des recherches poursuivies pendant deux ans, et dont je n’ai voulu exposer dans mes Notes précédentes que les résultats les plus incontestables. Sans la théorie qui nous guidait, nous nous serions arrêtés devant les insuccès qui accompagnèrent nos premières recherches.
- » La démonstration du passage de la lumière à travers des plaques épaisses de métal fut faite assez rapidement, mais les résultats s’accompagnaient d’inguccès partiels qui m’embarrassèrent pendant longtemps. Le plus souvent, l’image était parfaite sur les bords extérieurs de la glace ou à son centre, puis s’arrêtait brusquement. En employant deux métaux, on. favorisait ou l’on entravait l’expérience. C’est ainsi, par exemple, que la présence d’une feuille d étain poli derrière la glace sensible empoche le passage de la lumière à travers la plaque d’aluminium recouvrant le cliché. Parfois on obtenait des résultats aussi satisfaisants en plaçant la glace devant ou derrière le cliché. Tantôt l’image était négative et tantôt positive. Evidemment des influences électriques devaient intervenir; mais, évidemment aussi, les effets produits étaient bien dus à l’action de la lumière, puis-
- p.419 - vue 420/624
-
-
-
- 420
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- que, toutes les conditions d’expériences étant égales, les images ne s’obtenaient que lorsque la lumière tombait sur les lames opaques obturant le châssis. J’expliquerai, dans une prochaine Note, comment, au moyen d’un instrument infiniment sensible (un galvanomètre à cadre mobile dans un champ magnétique intense produit par un courant auxiliaire de 30 volts sur 2 ampères), j’espère mettre en évidence le dégagement d’électricicité pendant la formation des images photographiques ordinaires. Pour le moment, je ne veux exposer que les expériences concernant le passage de la lumière à travers les corps opaques et les transformations qu’elle y subit.
- » Dans les expériences qui vont suivre, chaque cliché reçoit deux glaces sensibles, l’une sur sa partie supérieure, l’autre sur sa partie inférieure ; l’une d’elles sert de témoin, c’est à dire est destinée à montrer, par un séjour préalable du châssis garni dans l’obscurité, que l’image produite sur la glace couvrant la deuxième partie du cliché ne se produit que sous l’influence de la lumière noire. On élimine entièrement, de cette façon, toutes les hypothèses que l’on pourrait faire sur les causes de la formation de l’image • lumière emmagasinée, pression, chaleur, électricité, etc. Seule la lumière qui a traversé la plaque et s’est transformée en rayons noirs produit l’image, puisqu’on dehors de cette lumière, l’image ne se produit jamais.
- » Voici maintenant une série d’expériences qui sembleraient bien contradictoires, si l’on n’avait, pour les expliquer, la théorie que j’ai exposée et si l’on considérait que la lumière noire doit, comme la lumière ordinaire, se propager toujours en ligne droite.
- » Le châssis étant recouvert de l’un des métaux que j’ai indiqués, aluminium ou fer par exemple, une moitié de la plaque métallique est couverte à son tour d’une dizaine de feuilles de papier noir superposées, qui seraient très suffisantes, avec la pose que nous employons, pour arrêter la formation de l’image sur une plaque sensible exposée sous un cliché. Or, au développement, nous cons-
- tatons que l’image est absolument égale en intensité, aussi bien sous la partie recouverte seulement par le métal, que sous la partie où le métal est recouvert lui-meme de dix épaisseurs de papier. Si, sur cette même lame métallique, nous superposons de gros disques en fer de plusieurs centimètres d’épaisseur, nous constatons encore que ces disques, malgré leur épaisseur, ne laisseront aucune trace sur
- » Ces expériences, qui ont été répétées en les variant de toutes façons, sont fondamentales. Elles nous montrent d’abord que le degré d’épaisseur des lames opaques est sans importance pour le passage de la lumière, absolument comme il le serait pour le passage de l’électricité. Cés expériences nous montrent aussi que la lumière noire suit, pour se propager, d’autres lois que celles de la lumière ordinaire. En effet, si la lumière noire se propageait en ligne droite, les parties du cliché protégées par les disques et les feuilles de papier placées au-dessus des lames métalliques seraient indiquées par une ombre sur la glace. Mais, si la lumière noire obéit aux lois de la propagation des ondes électriques, il suffit qu’un point du métal reçoive des rayons pour que ces rayons se propagent sur toute sa surface.
- )) On peut donc transformer la lumière en radiations qui se propagent comme les courants électriques. Ce ne sont pas des radiations électriques pourtant, car les courants électriques ordinaires ne suffisent pas à produire les mêmes effets.
- » Nous nous trouvons donc en présence d’un mode d’énergie qui n’est plus de la lumière, puisqu’il n’a plus qu’une partie de scs propriétés et n’obéit pas aux lois de sa propagation. Ce mode d'énergie n’est pas non plus de l’électricité, puisque l’électricité sous ses formes connues ne'produit pas les mêmes effets. La lumière noire doit êtrç très probablement considérée comme une force nouvelle, ajoutée au petit nombre de celles que nous connaissions déjà. »
- p.420 - vue 421/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 43i
- Epreuves photographiques obtenues dans l’obscurité, par A. Briançon (’).
- Chambéry, le u février 1896.
- « J’ai l’honneur d’adresser à l’Académie deux clichés photographiques obtenus dans les conditions suivantes :
- » Sur la glace d’un châssis pour positif, j’ai appliqué une feuille de carton noir la recouvrant entièrement. Sur cette feuille, j’ai disposé deux plaques sensibles, au-dessus desquelles j’ai placé une branche de cyprès, et un poisson découpé dans une feuille de carton noir ; au-dessus, un lit de papier buvard. Puis, j’ai fermé le châssis avec la planchette. Le tout a été enveloppé d’un drap noir à plusieurs épaisseurs. Ces opérations ont été faites dans la chambre obscure. J’ai ensuite déposé le paquet dans un placard hermétiquement fermé, dans une chambre bien close. J’avais ainsi une obscurité aussi complète que possible.
- )) Deux heures après, j’ai développé les clichés et j’ai obtenu le résultat que l’on pourra constater.
- » Dans ma pensée, cette expérience était destinée à vérifier une hypothèse qui expliquerait la transmission de la lumière au travers des corps opaques. Tous les corps se laisseraient imprégner par les rayons lumineux : une fois imprégnés, ils laisseraient dégager la lumière qu’ils auraient reçue et pourraient ainsi agir, dans Vobscurité, sur une plaque sensible. Le résultat de,mon expérience ne semble pas confirmer complètement cette hypothèse, car l’image négative de l’objet, au lieu d’être claire, devrait être noire. Peut-être d’autres expériences pourront-elles donner l’explication de cette anomalie apparente.
- « Quoi qu’il en. soit, tin corps qui a été exposé à la lumière impressionne, dans l’obscurité, une plaque sensible. »
- Comptes rendus, t. C&X1I, p. 390; séance du 17 févriér.
- Sur les rayons de Roentgen, par J. J. Thomson,
- Charles J. P. Cave, C. E. S. Philipps, Blyths-
- wood.
- Dans la correspondance de The Electrician du 7 et du 21 février sont insérées plusieurs lettres relatives à des expériences sur les rayons de Roentgen et qui présentent quelque intérêt au point de vue des antériorités ou relatent des faits nouveaux.
- La première, datée du 4 février et signée J. J, Thomson, montre que ce savant étudiait la déperdition de l’électricité sous l’influence des rayons en même temps que MM. Benoist et Hurmuzescu, en France, M. Dufour, en Suisse, et M. Righi, en Italie. Voici ce qu’écrivait M. J. J. Thomson à ce sujet :
- « Ceux de vos lecteurs qui étudient les rayons de Roentgen s’intéresseront sans doute à une méthode permettant de les déceler, qui est beaucoup plus sensible et beaucoup plus expéditive que celle de la plaque photographique et qui, en outre, permet plus aisément des mesures quantitatives. Elle consiste simplement à prendre une plaque métallique isolée et chargée d’électricité, j’ai constaté que lorsqu’on expose une telle plaque aux rayons Roentgen, elle perd rapidement sa charge ; ce phénomène est si marqué que j’ai pu ainsi déceler les rayons après leur passage à travers une plaque de zinc de 1/4 de pouce (0,63 cm) d’épaisseur. La déperdition produite par ces rayons diffère de celle étudiée par Elter et Geitel et due aux rayons ultra-violets. En premier lieu, les rayons Roentgen provoquent la déperdition des charges positives aussi bien que des charges négatives, et, en second lieu, la déperdition se produit encore même quand la lame électrisée est enfermée au milieu de paraffine, d’ebonite, de mica, de soufre, etc. Ceci montre que toutes les substances à travers lesquel* les passent les rayons Roentgen deviennent conductrices de l’électricité pendant le passage de ces rayons. Ce résultat me paraît très sug*-gestif relativement à la nature de ces rayons et aussi relativement à la conduction à travers les isolants. »
- p.421 - vue 422/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- La lettre de M. Charles J. P. Cave, du 19 février, se rapporte à l’accroissement de la longueur des étincelles éclatant entre les boules d’un excitateur lorsqu’on projette sur ces boules des rayons Roentgen, fait que nous n’avions pas encore signalé dans cette revue.
- (( Comme il a été annoncé que le professeur Borgman a découvert que les rayons de Roentgen accroissent la distance explosive dans un espace d’air, un résumé des résultats que j’aiobtenus en étudiant ce sujet sous la direction du professeur Ewing ne peut manquer d’intéresser quelques uns de vos lecteurs.
- » Comme interrupteur j’emploie deux boules de laiton, d’environ 8 mm de diamètre, dont la di stance, variable à volonté, peut être mesurée. Pour le mettre à l’abri de la lumière ultra-violette et des effets électrostatiques, cet appareil est enfermé dans une boîte métallique dont une des parois est enlevée pour la commodité des expériences et dont l’autre paroi est percée d’une fenêtre fermée par une lame d’aluminium de 0,4 mm d’épaisseur. Un tube de Crookes est placé extérieurement et tout près de ccttc fenêtre.
- » L'interrupteur, relie à une bobine d’induction, est ajusté de telle sorte que des étincelles y éclatent de temps en temps ; quand on excite le tube le nombre des étincelles est considérablement accru. A cause des variations du potentiel, il n’était pas possible d’obtenir de cette façon un flux régulier d’étincelles-lorsqu’aucune étincelle ne jaillissait avant l’excitation du tube, mais en comptant le nombre des étincelles par minute l’effet des rayons Roentgen était absolument évident.
- )) Par exemple, dans une expérience j’employais une distance explosive de 1,5 mm et je plaçais le tube à 4 ou 5 cm. Je comptais alors le nombre d’étincelles par minute, le tube étant non excité, puis excité ; le nombre moyen d’étincelles était, pour une observation de 10 minutes, de 5 quand le tube de Crookes ne fonctionnait pas, et de 25,8 quand il était en action. Une feuille de zinc de 1 mm d’épaisseur placé entre le tube et la fenêtre annulait complètement cet effet. Le tube étant ,
- excité, le nombre moyen d’étincelles par minute, déduit d’une observation de 10 minutes était 1,5 quand la feuille était placée devant la fenêtre, et de 22,0 quand cette teuille était retirée. Une plaque d'ébonite de 1 mm ne produisait qu’une très faible différence. Une feuille de platine de 0,02 mm d’épaisseur et une teuille de fer de 0,17 mm diminuaient l’effet.
- )) Le tube que j’employais dans ces expériences, ne donnait pas de bons résultats photographiques.
- » Un autre tube, qui montrait très bien la phosphorescence verte, n’avait aucun effet sur les étincelles quand il était excité parunebobine d’induction seule ; mais quand il était excité par une bobine Tesîa, son effet était très marqué. »
- Les expériences de M. C.E.S. Phillips montrent qu’une flamme est transparente aux rayons Roentgen. Voici ce qu’il écrivait le 18 février :
- » Dans le but de reconnaître si les rayons Roentgen traversent sans altération la flamme du gaz d’éclairage ou s’ils projettent une ombre de cette flamme sur une plaque sensible convenablement placée, j’employais la disposition suivante ; Un tube de Lénard, en forme de poire, capable de donner des rayons Roentgen était suspendu de telle sorte que ces rayons s’échappent du tube horizontalement. Une plaque sensible, enfermée dans une boite en bois bien close, était placée à environ 7 pouces (17,8 cm) du tube de manière à en recevoir les radiations : entre le tube et la plaque et à 5 pouces (12,7 cm) environ du premier, se trouvait un jet de gaz enflammé et constant.
- » Après vingt minutes de pose la plaque était développée et le négatif montrait une image très nette du bruleur, mais aucune trace de la flamme. Les rayons ont, par conséquent, traversé celle-ci sans être affectés et sans donner d’image ; ce fait est très curieux si l’on se'remémore que le charbon est très
- p.422 - vue 423/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- opaque (') aux rayons Roentgen et si l’on tient compte que ce corps se trouve à L’état incandescent dans la flamme ; peut être l’excessive agitation moléculaire qui existe dans la flamme a-t-elle une influence.
- » Dans quelques expériences faites pour comparer l’opacité des corps par rapport aux rayons Roentgen j’ai constaté que le camphre est extrêmement transparent; il l’est beaucoup plus que l’ambre, dont un échantillon montrait une transparence par rapport au verre, la topaze, le mica, le quartz, (qui est très opaque), et quelques autres substances.
- » De ces expériences il résulte qu’il est difficile de classer les substances par rapport à leur conductibilité électrique et par rapport à la façon dopt ils se comportent vis-à-vis des nouveaux rayons. Nous ne pouvons conclure, du fait qu’une substance particulière est transparente aux rayons, si elle conduit ou non l'électricité.
- » Les métaux, bons conducteurs de l’électricité, sont généralement opaques aux rayons de Roentgen, sauf s’ils sont en lames très minces ; il en est de même du verre et de quelques autres substances mauvaises con- j ductrices de l’électricité, tandis que d’autres ’ substances non conductrices, comme le camphre, sont extrêmement transparentes.
- )) Toutefois, jusqu’à présent, la manière dont se comportent les tissus organiques paraît plus uniforme ; tous sont transparents; les plumes, la peau, la chair le sont particulièrement. J’ai même constaté qu’il y avait avantage, pour obtenir des « rontographs », bien nettes de protéger la plaque sensible de la lumière par une feuille de cuir pendant son exposition aux nouvelles radiations. »
- Enfin la dernière lettre, écrite par Al. Blyts-wood le 17 Février, se rapporte à des expé-
- 0 En réalité ie charbon ne parait pas être aussi opaque que le dit l’auteur. D’apiès les expériences de Maurice Meslans, rapportées dans notre dernier numéro (p. 572), le diamant, le graphite, l’anthracite et le charbon de sucre ne sont pas plus opaque que le bois et la paraffine (N D L K).
- riences qui paraissent analogues à celles de M. Moreau et de M. Colardeau (’) :
- » Sur le conseil de Lord Kelvin, je plaçai ma plaque sensible dans une boîte de zinc parfaitement close, dont le couvercle portait une fenêtre d’aluminium. Des objets tels que de petits anneaux de laiton étaient placés à l’intérieur de la boîte, ou en dehors sur la fenêtre d’aluminium. La boîte était soigneusement reliée au sol et placée entre les pôles de ma grande machine d’induction. Les pôles étaient à 2 pieds (60,9 cm) afin d’empêcher la production d’étincelles, car dans toutes mes expériences j’ai employé la décharge silencieuse par aigrettes. De bonnes photographies étaient obtenues après une demi-heure de pose. En plaçant la plaque photographique dans une boîte métallique reliée au sol on avait pour but de prévenir la possibilité d’une décharge sur la plaque ».
- VARIÉTÉ
- RECHERCHES SUR LE VIDE ÉLEVÉ
- Par Eord Kelvin (s)
- Durant les cinquante-six années qui se sont écoulées depuis que Faraday étonna les mathématiciens-physiciens avec ses lignes de force courbes, bien des travailleurs et bien des penseurs ont contribué à l’édification de l’école unitaire du dix-neuvième siècle ; un seul éther pour la lumière, la chaleur, l’électricité et le magnétisme ; et les livres allemands et anglais contenant les mémoires de Hertz sur l’électricité, donnés au monde dans la dernière décade du siècle, resteront un monument permanent du splendide point de
- (') Voir L'Éclairage Électrique, du 15 février, p. 130 et 298.
- (*) Extrait du Discours présidentiel prononcé à la Société Royale, en novembre 1893. Au moment oii 1 attention des savants est fixée sur l’étude des phénomènes électriques dans les gaz raréfies, il nous paraît utile de reproduire ^ci cet extrait d’un discours prononcé, il y a deux ans, par Lord Kelvin, et retraçant l’historique de la question,
- p.423 - vue 424/624
-
-
-
- .'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 4M
- vue aujourd’hui atteint. Mais nous ne devons pas croiser les mains et penser ou dire que la science électrique n’a plus d’autres mondes à conquérir.
- Nous savons, à présent, quelque chose des ondes magnétiques. Nous savons qu’elles existent dans la nature et sont en parfait accord avec la belle théorie de Maxwell. Mais cette théorie ne nous apprend rien quant aux mouvements réels de la matière constituant une onde magnétique. Il doit y avoir un certain mouvement défini perpendiculaire aux lignes de la force magnétique alternante des ondes et à la direction de propagation de l’action à travers l’espace ; et l'hypothèse paraît presque satisfaisante, de supposer qu’il s’agisse principalement du mouvement de l’éther entraînant une charge de molécules pondérables.
- Cela fait simplement du « déplacement électrique » de Maxwell un mouvement de va-et-vient de l’éther transversalement à la ligne de propagation, — c’est à dire précisément le mode de 7ibration de la théorie ondulatoire de la lumière suivant Fresnel. Mais nous n’avons jusqu’à présent absolument aucun point d’appui permettant de comprendre ou d’imaginer la relation existant entre ce mouvement alternatif simple et défini, ou tout autre mouvement ou déplacement de l’éther, et les phénomènes les plus anciennement connus de l’électricité et du magnétisme — l’électrification de la matière et les attractions et répulsions de corps électrifiés ; le magnétisme permanent de la magnetite et de l'acier et ses attractions et répulsions ; et nous sommes certainement fort éloignés d’une explication, par l’éther ou autrement, des forces d’attraction ou de répulsion énormément plus grandes, aujourd’hui si connues depuis la découverte moderne de l’élec-tromagnétisme.
- 11 y a cinquante ans, il m'apparut très clairement que la différence de qualité entre les électricités vitreuse et résineuse, conventionnellement appelées positive et négative, essentiellement ignorée comme elle l’est des
- théories mathématiques de l’électricité et du magnétisme dont je m’occupais alors (et dans toute la science des ondes magnétiques), qUe cette différence doit être étudiée si nous voulons apprendre quelque chose sur la nature de l’électricité et la place qu’elle occupe parmi les propriétés de la matière. Cette distinction, essentielle et fondamentale dans'l’électricité de frottement, l’électrochimie, la thermo-électricité, la pyro-électricité descristaux, et la piézo-électricité, a été observée depuis longtemps dans les belles apparences si connues de l’effluve électrique, des aigrettes et des étincelles jaillissant des aspérités de nos machines électriques ordinaires et dans les vases épuisés par la pompe pneumatique et traversés par l’électricité. On savait aussi, probablement depuis plus de 50 ans, retrouver cette distinction dans les manières si différentes dont se comportent les électrodes positive et négative de la lampe à arc électrique.
- Faraday (’) y prête attention dans les expériences relatives aux étincelles, effluves et aigrettes, et particulièrement dans sa « décharge obscure » et son « espace obscur », au voisinage de l’électrode négative dans le vide partiel. Au paragraphe 1523 de sa douzième série, il dit : « Les résultats concernant les conditions différentes des décharges positive et négative auront sur la philosophie de la science électrique, une influence beaucoup plus grande que nous ne nous l’imaginons à présent. )) Sa « décharge obscure » (1544-1554) dans l’espace entourant ou précédant l’électrode négative fut une première incursion des connaissances modernes dans ce splendide domaine de recherche expérimentale qui, 15 ans plus tard, et jusqu’à l’heure actuelle, à été cultivé avec tant de succès par la plupart des expérimentateurs scientifiques les plus habiles de tous les pays.
- Les comptes rendus de la Société Royale des dernières quarante années contiennent,
- (') Recherches expérimentales, séries 12 et 1 et févr. 1838.
- p.424 - vue 425/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 435
- dans les communications de Gassiot (<), Plücker (!), Andrews et Tait (a), Robinson (* *), Cromwell Varley (r>), de la Rue et Muller (6), Spottiswoode (7), Moulton (8), Grove (9), Crookes(10), Schuster (11), J. J. Thomson (11) et Fleming (13), presque l’his-toire complète du nouveau domaine de la science électrique, exploré grâce aux perfectionnements modernes dans les procédés pratiques pour faire le vide, procédés qui nous donnent maintenant des « tubes raréfiés )> contenant moins de 1/190000 de l’air qu’y aurait laissé la meilleure machine pneumatique d’il y a 50 ans.
- Une grande partie des découvertes sur ce domaine ont été faites par les auteurs de ces communications, et leurs références aux travaux des autres chercheurs complètent, à peu de chose près, l’histoire de tout ce qui a etc fait depuis Faraday dans le sens de l’étude des phénomènes qui accompagnent la transmission de l’électricité à travers l’air et les gaz très raréfiés.
- i877, P- 5>9i t. XXXV, 18 Phil. Trans.,
- , Proc., t. X, 1860, p. 36, 269, 274, 432. » t. X, 1860, p. 356.
- » t. X, 1860, p. 274.
- » t. XII, 1862, p. 202.
- » t. XIX, 1871, p. 236.
- » t. XXIII, 1875, p.356; t. XXVI, . XXVII, p. 374 ; t. XXIX, 1879, P- 281 ; », p. 392; t. XXXVI, 1884, p. 151, 206; 878, P- 55) 155; 1880, p. 65; 1883, p.
- 477 •
- (7) Roy. Soc. Proc., t. XXIII, 1875, p. 355, 455 ; t. XXV, 1875, p. 73, 547 ; t. XXVI, 1877, p. 90, 323 ; t. XXVII, 1878, p. 60; t. XXIX, 1879. p, ai; t. XXX, 1880, p. 302 ; t. XXXII, 1881, p. 383, 388; t. XXXIII, 1882, p. 423 ; Phil. Trans., 1878, p. 163, 210; 1879, >65 ; 1880, p. 561.
- (*) Roy. Soc. Proc., t., XXIX, 1879,p. aijt.XXX, >880, p. 303; t. XXXII, 1881. p. 385, 388 ; t. XXXIII, '882, p. 453 ; Phil. Trans., 1879, p. 163 ; 1880, p. 561. 0) Roy. Soc. Proc.,t. XXVIII, 1878, p. 181.
- (10) » » t. XXVIII, 1879, p. 347, 477;
- Phil. Trans., 1879, p. 641 ; 1880, p. 135; 1881, p. 387.
- (”j Roy Soc. Proc. ,i. XXXVII, 1884, p. 78, 317; *• XLII, 1887, p. 371 ; t. XLVIt, 1890, p. 300, 506.
- (1!) Roy. Soc. Proc., t. XLII, 1887, p. 343; t. ^LIX, 1891, p. 84.
- (1S) Roy. Soc. Proc., t. XLVII, 1890, p. 118.
- La courte note communiquée par Varley en 1871 et qui, chose curieuse, est restée à peu près inaperçue dans les Proceedings pendant 22 ans, contient une première et importante découverte — le torrent moléculaire jaillissant du « pôle négatif », l’influence de l’aimant sur sa direction, la pression qu’il exerce sur une aülette de mica, et l’ombre qu’il projette d’un écran de mica.
- Tout à fait indépendamment de Varley et sans connaître les résultats de celui-ci, Croo-kes (') fut conduit à la même découverte primordiale, non pas accidentellement, ni seulement par son habileté expérimentale et son don d’observation. Il y fut conduit par une recherche méthodique, débutant avec l’examen delà cause des irrégularités qu'il avait rencontrées (!) en pesant le thallium, et continuant avec des essais de perfectionnement de l’expérience gravimétrîque de Cavendish, essais au cours desquels il découvrit que l’attraction apparente par la chaleur ne se rencontre que dans l’air d’une densité supérieure au 1/1000 de la densité ordinaire (3), et qu’il y a répulsion augmentant jusqu’à un maximum, puis se réduisant à zéro quand la densité décroît de 1/1 000 à 36/1000000, puis à 1/20000000. Cette découverte conduisit Crookes au radiomètre, d’abord sans, puis avec électrification ; et, puissamment aide par sir George Stokes (!), il amena son œuvre de plus en plus en contact avec la théorie cinétique des gaz ; à ce point que, lorsqu’il découvrit le torrent moléculaire, il en donna immédiatement l’explication vraie — molécules résiduels d’air, de gaz ou de vapeur, projetées à de grandes vitesses (5) par la ré-
- o Roy. Inst. Proc., t. IX, 1879, p. 138;^. Soc. Trans., 1874 «Sur l’attraction et la répulsion résultant du rayonnement. » 2e partie, 1876 ; 3* et 4e partie, 1876; Ÿ partie, 1878 ; 6e partie, 1879.
- (s) Les difficultés, et non le progrès facile, stimulent l’énergie et conduisent au succès dans la lutte pour la connaissance de la Nature.
- (*) Crookes : « Sur la viscosité des gaz très raréfiés », Phil. Trans., février 1881, p. 403, paragraphe 655.
- (‘) Phil. Trans., t. CLXXII, 1881, p. 387,433.
- ÇJ) Probablement non supérieure à 2 ou 3 kilomètres par seconde.
- p.425 - vue 426/624
-
-
-
- 426
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- pulsion électrique de l’électrode négative.
- Cette explication a été attaquée à diverses reprises et avec force par beaucoup d’autres investigateurs, mais Crookes l’a défendue (') et sérieusement établie par ce que je crois être l’évidence irréfragable de l’expérience.
- Les investigations minutieuses poursuivies avec persévérance ont donné depuis de nouveaux et merveilleux résultats : l’indifférence de la position de l’électrode positive; la projection du torrent perpendiculairement à la surface de l’électrode négative; sa convergence en un foyer et sa divergence subséquente lorsque l’électrode est légèrement concave; la très faible, mais très perceptible répulsion entre deux torrents parallèles, due, suivant Crookes, à l’électrification négative de leurs molécules constituantes; la déviation du torrent par un aimant ; l’énergique effet calorifique du torrent provenant d’une électrode concave et rencontrant en son foyer du verre, du métal ou toute autre substance pondérable ; la phosphorence d’une plaque enduite de peinture sensible ; les brillantes colorations (bleu turquoise, vert émeraude, orangé, rouge-rubis) que prennent des objets incolores placés sur le trajet du torrent moléculaire ;
- 1’ « évaporation électrique » de liquides et de solides chargés négativement (s) ; l’incandes-cence apparente, mais sans conduction interne de chaleur, de l’argent maintenu chargé négativement dans un vide d’un millionième d’atmosphère, et s’évaporant rapidement.
- Ce dernier résultat est presque encore plus surprenant que la lueur phosphorente excitée parles chocs moléculaires dans des corps que la lumière ne rend pas phosphorescents d’une manière perceptible. Les deux phénomènes seront sans doute très instructifs en ce qui concerne la constitution moléculaire de la matière et l’origine du rayonnement thermique, visible sous forme de lumière ou invisible.
- Dans toute la série des expériences de Crookes sur le radiomètre, la viscosité de gaz * (*)
- (') Discours présidentiel à l’Institution of Electrical Engineers, 1891.
- (*) Roy. Soc. Proc., 11 juin 1891.
- raréfiés et les phénomènes électriques dans le vide, l’éther ne semble jouer d’autre rôle que celui de montrer à nos yeux ce que font les atomes et les molécules. Le même aveu d’ignorance s’applique au sujet dont se sont occupé Schuster et J. J. Thomson dans leurs importantes recherches sur le passage de l’électricité à travers les gaz. Même dans les belles expériences de Thomson montrant des courants produits par l’induction électromagnétique dans des circuits complets sans pôles, la présence de molécules du gaz ou de vapeur raréfiés semble être Y essentiel.
- 11 paraît établi que sans les molécules il ne saurait y avoir de courant, et que sans les molécules l’électricité n’aurait pas de signification. Mais pour me conformer à la logique, je dois retirer une expression dont je me suis servi. Nous ne devons pas nous imaginer que la « présence des molécules est la condition essentielle ». Elle est certainement une condition essentielle. L’éther aussi est une chose essentielle, et remplit certainement une autre fonction que de télégraphier simplement à nos yeux ce qui se passe parmi les atomes et molécules.
- Si un premier pas vers la connaissance des relations entre l’éther et la matière pondérable doit être fait, il me semble que la base qui promet le plus c’est l’étude de l’électricité dans le vide élevé’; et si, ainsi que je le crois, il est permis d’espérer que cc pas sera fait, nous avons une dette de reconnaissance envers les chercheurs habiles et persévérants des 40 dernières années qui nous ont amené au point aujourd’hui atteint; et nous pouvons espérer qu’eux-memes et ceux qui trouveront dans leur succès un encouragement, persévéreront dans leur travail.
- BIBLIOGRAPHIE
- Physik des Aethers, anf elôktromagaatiscl®1 Grundlage (La Physique de VÉther, basée sur l F.UC tromagnètisme) par M. Drüde. Ferdinand EnU, éditeur, Stuttgart.
- Sous le nom de Physique de l’éther, se dé
- p.426 - vue 427/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 427
- signe, comme l’on sait, en Allemagne, toute la partie de la physique qui s’occupe des phénomènes qui peuvent se produire dans le vide, en l’absence de tout substratum matériel, c’est à dire des phénomènes électriques, magnétiques et lumineux. Mais le nom ne fait pas l’unité de la chose et la physique de l’éther ne constitue un ensemble homogène que si on la base, comme le fait M. Drude, sur l’é-lectromagnétisme. L'étude de l’électricité et du magnétisme proprement dits estcouronnée par l’exposition de l’œuvre de Hertz et des principaux travaux qui l’ont suivie. La nature électromagnétique de la lumière semble alors une conséquence naturelle de la transversalité nécessaire des vibrations lumineuses et de l’égalité de leur vitesse de propagation et de celle des ondes hertziennes, telle que la fournissent le calcul et l’expérience. L’ouvrage s’achève par l’étude de la dispersion, isotrope et cristalline, de l’absorption et des propriétés optiques des métaux.
- Quand on parcourt le livre dont nous venons d’indiquer le plan général, on est d’abord frappé du soin méticuleux avec lequel l’auteur s’efforce de caractériser la méthode de Faraday et Maxwell, qui consiste à étudier ce qui se passe à chaque point du milieu, par opposition à la théorie qui ne considère que par des actions à distance. Après avoir défini par la loi de Coulomb la quantité de magnétisme et indiqué les propriétés les plus essentielles des aimants, M. Drude consacre de longues pages-à un sujet dont la nature est suffisamment indiquée par les titres des paragraphes qui suivent : Forces à distance ou forces immédiates (Nahekrafte) ? Signification du mot {[Intensité du chamfi» (Feldstârke)au sens desforces à distance et au sens des forces immédiates. Loi des actions à distance delà force magnétique ; etc. L’état d’esprit des étudiants auxquels s’adressait l’enseignement de M. Drude nécessitait sans doute une pareille insistante, et pourquoi nous étonnerait-il dans un pays où, comme le rappelait M. Max Planck à propos de Hertz lui-même, (’) il est
- si difficile aux physiciens d’abandonner des idées habituelles pour se soumettre aux exigences du raisonnement ?
- Passant maintenant aux détails, je voudrais avant tout présenter une observation sur le chapitre 111, qui a pour titre : L’énergie magnétique. Nous voyons définir <( l’énergie magnétique d’un courant linéaire » comme l’énergie potentielle, changée de signe, que posséderait le feuillet magnétique équivalent au courant dans le champ où il se trouve.
- De cette définition, on déduit qu’un courant linéaire est en équilibre stable quand le nombre des lignes de force qui traversent sa face négative est un maximum. Ce procédé de démonstration revient en somme à admettre que, les forces pondéromotrices qui agissent sur un feuillet et sur un courant étant les mêmes, (abstraction faite de celles qui tendent à rapprocher ou à écarter les deux faces du feuillet), les positions d’équilibre seront les mêmes, mais il vaudrait mieux énoncer simplement ce résulat que de parler de l’énergie magnétique d’un courant dans un champ. Pour calculer cette énergie, il faut se demander avant tout si l’cnergie totale d’un système d’aimants et de courants s’accroît, quand on ajoute à ce système un courant nouveau, d’une quantité plus grande ou plus petite que l’énergie propre du courant. Cet excès, positif ou négatif, s’il existe, est, par définition, l’énergie du courant dans le, champ ; or nous savons que cet excès, en réalité, est nul. Il n’en résulte pas qu’un courant ne soit soumis à aucune force pondéromotrice, mais bien que le travail de ces forces n’est pas égal et de signe contraire à la variation de l’énergie, parce qu’il se produit en même temps des phénomènes d’induction. Si l’on veut, la méthode de M. Drude revient à prendre le mot d’énergie dans son sens strictement étymologique et à ne considérer qu’il n’y a variation d’énergie que quand il y a travail mécanique. Ce ne serait qu’une question de mots si l’auteur, n’avait
- (’) L’Eclairage Electrique, t. II, p. 184.
- p.427 - vue 428/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- plus loin (p. 190). en déduisant les équations de l’induction, suivant un procédé indiqué par M. Poincaré (’), de la considération de l’énergie, repris ce terme dans sa signification ordinaire et plus générale.
- Je signalerai dans le chapitre de l’Electros-tatique (chap. Vil), une conclusion dans laquelle l’auteur se trouve en contradiction avec M. Lippmann; il pense que, conformément aux résultats expérimentaux de M. Quincke, la théorie indique que les gaz ne doivent pas éprouver de variation de volume quand on les électrise. Au début du chapitre VIII, qui traite du champ électromagnétique dans les isolants, M. Drude établit que la stabilité de l’équilibre exige que le développement de l’expression du courant électrique dans les isolants ne contienne que des dérivées d’ordre impair de la force électrique par rapport au temps et que, s’il n’existe que des courants fermés, la première de ces dérivées subsiste seule. Etablissant ensuite les lois de la propagation des ondes dans les diélectriques, il compare la théorie de Helmholtz à celle de Maxwell; la différence se formule ainsi: les vitesses de propagation ondes des électromagnétiques dans deux isolants sont dans le rapport inverse des racines carrées de leurs constantes diélectriques, d’après Maxwell, tandis que, dans la théorie de Helmholtz s’introduit le rapport de ces mêmes constantes diminuées de 1.
- L’étude de l’oscillateur de Hertz est précédée de celle de la décharge oscillante en général, de la bobine de Rulimkorff, et d’une discussion des expériences de Feddersen, aussi complète que le permettent les données que contient son mémoire. La théorie de la propagation des ondes le long des fils, qui dérive de celle de Kirchhoffest notablement simplifiée par la considération de deux fils parallèles, le long desquels se propagent des ondes égales, mais dont les intensités et les charges sont de signe contraire. Ces préliminaires sont suivis d’un exposé très-substantiel des
- travaux de Hertz et de ses successeurs ; M Drude fait observer en particulier que l’égalité des vitesses de propagation des vibrations électromagnétiques dans l’air et le long des fils ne prouve rien en faveur de la théorie de Maxwell, puisqu’elle se déduit aussi de celle de Kirchhofï. M. Potier a fait depuis la même remarque (’) et M. Elsas (*) a montré qu’on pouvait rendre compte, dans les idées anciennes, des phénomènes complexes étudiés par MM. Cohn et Herwagen.
- M. Drude aborde ensuite la théorie de la lumière. Pour expliquer la dispersion et l’absorption, il considère les mouvements électriques qui se produisent dans des molécules conductrices, dont le pouvoir inducteur spécifique est différent de celui de l’éther ambiant. Il montre que la présence de ces molécules a pour résultat de faire dépendre la dérivée de la force électrique par rapport au temps des dérivées première et seconde du courant ; les formules qu’on obtient sont du type ordinaire.
- Cette étude complète le livre et qui nous amène ainsi des expériences fondamentales de l’électricité et de magnétisme à la théorie de la polarisation rotatoire et de la propagation de la lumière dans les métaux; il se termine par quelques mots sur la phosphorescence et la fluorescence dont l’auteur ébaucheune théorie. Ce traité n’est point indigne d’être comparé aux livres de M. Poincaré sur l’Electricité et l’Optique et à l’Ouvrage de M. J. J. Thomson : Recent Researches in Electricity and Magnetism; il se distingue par un souci constant de comparer les conséquences de la théorie aux résultats de l’expérience; on peut le caractériser d’un mot en disant que c’est avant tout l’œuvre d’un physicien.
- C. Raveau.
- Ouvrage reçu.
- Die Ankerwickngen and Ankerkonstruktionen aer
- Gleiahstrom-Dynamomaschinen, par E Arnold.
- (') Potier. Journal de Physique, t. III, p. l-° 7* "" Comptes rendus, t. CXVIII, p. 227.
- (’) Elsas. Wiedemann’s Annale», t, XLIX, p. 4^7'
- (*) Poincaré. Électricité et optique, t. II, p. 29.
- p.428 - vue 429/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITE
- 429
- Deuxième édition, un volume in-8°, de 312 pages et 237 figures. — Julius Springer, à Berlin et R. Oldenbourg, à Munich, éditeurs. Prix, reliés, 12 marks.
- CHRONIQUE
- l'industrie ÉLECTRIQUE EN FRANCE
- Alais (Gard). — Eclairage. — Nous avons relaté déjà (n°3o, 1895) les conditions dans lesquelles cette ville sera éclairée avant peu par l'électricité.
- Les travaux d’installation sont poussés avec activité, la construction de l’usine est aujourd’hui à peu près achevée, la pose des consoles destinées à supporter les fils conducteurs est aussi très avancée. La Compagnie n’a essuyé que peu de refus d’autorisation de la part des propriétaires pour la pose des consoles sur leur maison; ort pourrait en citer deux ou trois au plus, tous les autres ont compris qu’ils devaient faciliter de leur mieux la Société pour l’exécution des travaux dotant la ville du nouveau mode d’éclairage.
- Il est permis de trouver étrange le refus de certains propriétaires — bien que personne ne songe à leur contester ce droit — d’autoriser la pose des dites consoles sur leurs immeubles, surtout lorsque, ainsi que cela a lieu à l’angle de la rue Dumas, du côté de la place Saint-Jean, la Compagnie est obligée, par suite de ce refus, à édifier des poteaux en fer qui encombrent la voie publique.
- La rue Dumas est une ancienne rue, déjà fort étroite, dans laquelle pouvait à peine passer une voiture de fourrage, et qui, par suite du refus d’un propriétaire, sera obstruée par une colonne métallique.
- Il nous revient qu’un propriétaire de la rue de la Bienfaisance, devant la maison duquel on a posé, après son refus, une colonne qui n’embellit pas précisément son immeuble, a non seulement autorisé la Société à mettre un support sur sa façade, mais a offert même de faire enlever ladite Colonne à ses frais; si nos renseignements sont précis, la Société d’éclairage sera en mesure d’i-ûaugurer au mois de juillet prochain. La population souhaiterait voir cette inauguration coïncider avec celle du monument de Florian, à l’occasion de laquelle auront lieu de grandes fêtes.
- Bordeaux. — Éclairage. — Le beç Auer ou autre à incandescence sévit avec intensité 5 l’acé-
- tylène obtenue par des procédés non électriques pointe à l’horizon... Pendant ce temps, on en est à essayer l’éclairage électrique.
- Dans les premiers jours de février on a procédé, sur les allées de Tourny et sur la place de la Comédie, à Bordeaux, aux premiers assais de l’éclairage définitif de ces voies par l'électricité.
- Les essais se poursuivront jusqu’à ce qu’on ait obtenu un réglage satisfaisant de la lumière.
- Faisons des vœux pour la réussite de ces essais.
- Cherbourg. — Traction. — Il y a quelques mois, la question de la traction électrique paraissait en bonne voie. M. Cauderay avait fait des offres avantageuses pour la ville.
- On nous annonce auj ourd’hui que 1 a commission 4u conseil municipal, chargée d’examiner les diverses propositions soumises pour les tramways, s’est réunie et a repoussé, par 4 voix contre 2, la traction électrique. Deux projets à traction mécanique (?) restent en présence.
- On nous assure que la traction électrique n’aurait été repoussée que par la crainte de voir les fils électriques devenir des conducteurs (pas de tramways), mais de la foudre !
- Pendant qu’elle y était, la trop prudente commission aurait pu demander la suppression de tous les fils télégraphiques traversant les rues de Cherbourg et aboutissant au bureau central!
- En attendant, voilà Cherbourg privé, de par la volonté de quatre édiles, d’une importante usine d’électricité dont les applications pouvaient être nombreuses.
- Saint-Étienne. — Distribution d'énergie électrique. — Le développement de la Compagnie électrique de la Loire poursuit son cours régulier et rapide. Aujourd’hui clic alimente 3 500 lampes dans les différentes communes de la Loire ou de la Haute-Loire, et ses électromoteurs actionnent environ 200 métiers à ruban dans les communes de Saint-Genest, Saint-Rambert, La Pouilleuse et Villars. Plusieurs demandes d’installation ont été adressées à la Compagnie par des passementiers habitant Saint-Didier, Côte-Chaude ou le quartier Gaillard. Enfin, on a commencé les travaux pour entrer à Saint-Étienne et desservir les quartiers de Bcaubrun, Montaud et Tardy.
- Un fait acquis aujourd’hui, c’est que le passementier dont les métiers sont actionnés mécaniquement produit un quart de travail en sus, surtout
- p.429 - vue 430/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 430
- s'il s'agit d'articles lourds et battus un grand nombre de coups. L’usage général a été jusqu’ici d'installer un seul moteur parfabrique ; ce moteur a une puissance effective d’environ 0,75 cheval; son rendement est excellent, car il atteint 68 pour 100 à pleine charge. Le démarrage est très franc et la vitesse très constante, que l’on embraye un ou trois métiers.
- Le prix d’abonnement, qui n’a rien d’exagéré, est fixé à 10 fr. par mois et par métier pour les installations actuelles. La Compagnie électrique de la Loire compte sur une nombreuse clientèle à Saint-Etienne; ses propositions ont, du reste, été fort bien accueillies par les passementiers intelligents, et on pense que dans quelques années toutes les fabriques seront actionnées par des électromoteurs.
- Le résultat de cette transformation sera de donner à l’industrie rubannière une plus grande puissance de production, et la possibilité de lutter à armes égales avec les fabriques étrangères.
- Hèricourt (Haute-Saône). — Distribution d'énergie électrique. — On écrit d’Héricourt :
- « La ville se métamorphose journellement. La pauvre petite cité d’autrefois devient chaque jour un centre toujours croissant de progrès et d’industrie.
- « Des fabriques se construisent, des maisons d’habitation se bâtissent, des rues nouvelle» se forment, toujours d’un pas lent mais continu.
- « Presque toutes les usines sont éclairées à l’électricité, et voilà que l’on annonce encore un utile projet qu’a conçu la municipalité.
- « Il paraît que l’on va capter l’eau de la source du Boutétché, pour fournir l’eau aux habitants et alimenter les quartiers du Paquis et de la Gare.
- « La source se trouvant plus basse de niveau que la ville, il a été décidé que l’on établirait une machine à vapeur pour aspirer l’eau, qui descendra ensuite à Hèricourt, la pente étant assez rapide. On adaptera en même temps à la machine à vapeur une dynamo qui fournira de l’électricité aux habitants ; désormais on pourra avoir et concession d’eau et concession d’éclairage électrique. »
- Lille. — Éclairage, — L’éclairage électrique ne fonctionnait plus depuis plusieurs jours, le Progrès du Nord annonce que « c’est par suite ,
- d’une interdiction formelle de la municipalité qui a jugé que les essais poursuivis pendant deux mois avaient suffisamment démontré les vices de l’installation. La Compagnie ne sera autorisée à les reprendre que lorsque les lampes actuelles auront toutes été remplacées par des lampes Pieper. »
- La Dépêche dit également qu’on va remplacer les lampes actuelles par des lampes Pieper à quinze ampères, et elle ajoute : « Les autres lampes, paraît-il, n’étaient que de huit ampères. »
- Au moment où cette information paraîtra, les nouvelles lampes seront sans doute installées.
- L’utilisation des chutes du Niagara. — M. A.-H. Green, président de la commission de la State Réservation, à Niagara, déclare que les concessions accordées par l’État de New-York, en vue de l’utilisation des chutes, ne sont pas légales, les concessionnaires ne payant aucune redevance. 11 demande, en conséquence, que l’attorney général examine ces cas et prenne les mesures nécessaires pour faire annuler ces concessions ou tout au moins pour en restreindre la portée. C’est se décider bien tard que d’attendre le succès finalpour attaquer une œuvre de longue haleine. Le rapport de M. Green contient quelques renseignements intéressants sur les installations actuelles; il y a à présent huit compagnies utilisant les chutes; ce sont :
- i° Lockport Water and Electric Company; capital 50 000 000 fr;
- 20 Niagara County Irrigation and Water Supply Company;
- Ÿ Lewiston Water Supply Company; capital ne pouvant dépasser 250000000 fr. ;
- 40 Buffalo and Niagara Power and Drainage Company ;
- 50 Niagara Power and Development Companyi
- 6° Niagara. Lockport and Ontario Power Company; capital ne pouvant dépasser 50 000 000 fr->
- 70 Niagara Falls Power Company, organisée sous le premier nom de Niagara River Hydraultf Tunnel and Power Company;
- 8° Niagara Falls Hydraulic Power and Manu-facturing Company. Cette dernière élargit actuellement son canal d’amenée, sans autorisation, de façon à augmenter son débit à 218 m3 Par seconde.
- p.430 - vue 431/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 4L
- Les brevets Auer en Allemagne. — On sait que les brevets de 1885, 1887 et 1891, demandés par Cari Auer von Welsbach pour son système d’incandescence par le gaz, ont été attaqués par différents inventeurs, en se basant principalement sur le manque de nouveauté ; des brevets auraient été pris, avant 1885, pour fabriquer des manchons en imprégnant des tissus d’une solution de sels des métaux terreux, notamment par Williams, en Angleterre, et par Khotinski, en Amérique. D'autres preuves étaient encore citées.
- La commission d’examen a reconnu qu’Auer n’était pas l’inventeur du procédé, mais qu’il l’avait perfectionné; en conséquence elle a diminué certaines des revendications, sans toutefois vouloir annuler complètement le brevet. La troisième de ces revendications, qui est la principale, est maintenant limitée au procédé de fabrication des manchons incandescents par imbibition de tissus par des solutions de nitrates ou de sulfates de métaux terreux, ou par des précipités amorphes, gélatineux ou cristallins. Ainsi donc, tant que les procédés d’imbibition de tissus par des solutions de métaux terreux ou toute autre forme de composés terreux qui peuvent être convertis en oxydes par déflagration des tissus, sont concernés, les brevets Auer sont valables, mais seulement lorsque deux métaux terreux sont employés.
- Les tramways électriques au Danemark. — Une série de tramways électriques sont projetés dans les environs de Copenhague ; trois lignes sont actuellement en construction. Un tramway électrique circulant sur les boulevards de cette ville est aussi en construction.
- La téléphonie en Allemagne. — Les statistiques officielles montrent que l’Allemagne est une des contrées les plus favorisées au point de vue téléphonique. Il n’y a pas moins de 434 villes allemandes ayant des bureaux centraux, et, à Berlin, üy a 25 430 abonnés. Le nombre des conversations téléphoniques dans cette ville est de près d’un demi-million par jour; dans l'Allemagne entière, h s’élève à environ 1 million et demi. Les lignes a longue distance sont nombreuses; les abonnés pourront bientôt correspondre des bords de la mer du Nord aux rives de l’Adriatique, et Berlin espère être en communication directe avec Londres d’ici quelques mois.
- Locomotives électriques. — On annonce que le premier truck de locomotive électrique fabriqué parles Baldwin Locomotives Works va être expédié prochainement aux ateliers Westinghouse, à. Pittsburgh, où il sera muni de son équipement électrique. La Compagnie des chemins de fer de New-York, New-Haven and Hartford se propose' d’adopter la traction électrique sur ses lignes, si ces essais sont satisfaisants. Les moteurs de la locomotive seront du système Tesla.
- Les tramways électriques en Espagne. — Une concession de 60 ans vient d’être accordée pour l’établissement d’un tramway électrique entre. Cadix et San-Fernando-Thulara.
- Ventilateur amortisseur pour cabines téléphoniques, — M. H. Menier, ayant remarqué que « les cabines téléphoniques sont disposées de façon à étouffer le son et aussi les personnes qui y séjournent », a cherché à remédier à la gêne des personnes forcées de rester parfois 10 minutes dans ces boîtes, tout en conservant le secret des conversations. M. G. Maréchal décrit ainsi dans la Nature l’appareil réalisé :
- « A la partie supérieure de la cabine est ménagée une large ouverture au-dessus de laquelle est placée une caisse ouverte à ses deux bouts. Dans celle-ci sont disposés de distance en distance des cadres en bois, de la dimension de la caisse, reposant sur des tasseaux et recouverts de drap. Au milieu de chacun d’eux est ménagée une large ouverture ; d’autres cadres plus petits, également recouverts de drap et supportés par des cordons attachés aux parois de la caisse, viennent s’interposer entre les premiers. Cette disposition en chicane permet à l’air une large circulation, et l’expérience a démontré qu’elle annule complètement les vibrations. »
- Il serait à désirer que cette disposition soit bientôt appliquée à toutes les cabines télépho- niques publiques.
- Le carbure de calcium et l'acétylène en Amérique. — Il vient de se fonder, aux États-Unis, une nouvelle société, la New-York Carbide and Acetylene Company, au capital de 35000000 fi\, paraît-il entièrement réalisé. Elle fabriquera et vendra les produits et appareils nécessaires à la production du gaz acétylène, ainsi que tous les appareils à
- p.431 - vue 432/624
-
-
-
- 4V
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- gaz. Les usines sont à Miiibroock, Dutcbess County.
- Chemin de fer électrique-bicycle, à Long-Island (États-Unis). — Un chemin de fer-bicycle, à traction électrique, doit être prochainement établi, sur viaduc, dans la grande île de la baie de New-York- La vitesse serait de 8b à 120 km et parfois même 160 km à l’heure.
- Transmission à grande distance far courants polyphasés au Guatémala. — La ville de Guaté-mala sera bientôt éclairée à l’électricité ; le courant sera engendré par une chute d’eau, à 36 km de distance. Le volume d'eau est de 2000 litres à la seconde, sous une hauteur de chute de 87 m ; la puissance disponible est donc de 1300 chevaux environ. On se propose d'établir un barrage qui permettrait d’obtenir 5 à 6 000 chevaux. L’usine actuellement en construction comprend 2 turbines horizontales de Nagel et Raemp, de 520 chevaux effectifs chacune et tournant à raison de 200 tours par minute. Chaque turbine est couplée directement à un alternateur triphasé de Siemens et Halske donnant 425 kw à 350 volts. Le courant est transforme par une série de 4 transformateurs de 350 à 10000 volts. La ligne est aérienne ; la section totale des 3 conducteurs est de 105 mm5 ; la perte en ligne sera de 10 p. 100 au maximum. A Guatémala, d’autres transformateurs abaisseront la tension à 1 000 volts pour la distribution qui se fera par câbles aériens montés sur poteaux en fer.
- Production directe de l'électricité au moyen du charbon. — Ce problème si important et cherché par un si grand nombre d’inventeurs serait-il enfin près d’être résolu? M. Louis Duncan examine la question dans un des derniers numéros du Cassier’s Magazine et déclare avoir vu dernièrement « une méthode, malheureusement pas la mienne, qui n’est pas encore brevetée et qui semble remplir toutes les conditions ; les courants obtenus ne se mesurent pas en milliampères, comme c’est le cas d’ordinaire, mais en « honnêtes » ampères très abondants. » La méthode serait analogue à celle de Borchers; celui-ci a déclaré que « le problème est la conversion de l’énergie du charbon, y compris les gaz, en électricité par l’oxydation,
- 6ans passer par la chaleur, et sans destruction des réactifs chimiques ou la formation de sous-produits demandant à être régénérés». « Il n’est pas difficile, ajoute M. Duncan, d’oxyder le charbon. Nombre de batteries donnent ce résultat, mais l’oxygène est pris, d’ordinaire, non de l’air, mais de l’électrolyte. » Si le problème doit être résolu avec un combustible solide, la solution doit être très simple. Ce n'est que par la découverte d’un électrolyte convenable qu’on y parviendra. Bien entendu, le charbon doit être d’abord mis sous forme d’une masse conductrice, ce qui peut être fait au prix d’une faible dépense. Aucun des systèmes présentés jusqu’à ce jour n’a donné de bons résultats. Souhaitons que le dernier né, dont M- Duncan se fait le Messie, soit plus heureux.
- La batterie d’accumulateurs des tramways de Rome. — Depuis le 1" septembre dernier, une batterie d’accumulateurs a été intercalée dans le réseau de distribution des tramways de la porte Pie, à Rome. Elle se compose de 300 éléments Tudor ayant chacun une capacité de 1 200 ampères-heures. Chaque élément se compose de 13 plaques négatives et de 12 positives. Celles-ci sont composées de 4 petites plaques maintenues par un fort cadre en plomb. Le courant de charge est de 221 ampères. La batterie peut fournir un courant de décharge de 115 ampères pendant 10 heures, ou de 285 ampères pendant 3 heures.
- Un régulateur automatique Trumpy, construit par la fabrique Tudor, de Hagen, permet d’intercaler ou de supprimer un nombre variable d’éléments pour maintenir la tension de distribution constante.
- La batterie d’accumulateurs sert à deux fins : d’abord à régulariser la charge; elle absorbe le surplus du courant aux moments de faible consommation et en fournit lors des coups de collier. Ensuite elle sert à alimenter directement le réseau aux heures où le service est peu actif, ce qui permet de diminuer le service du personnel.
- Depuis que cette batterie est en service, aucun accident ne s’est produit, et la consommation de charbon aurait diminué dans de notables proportions à égalité de service.
- L’Êditeur-Gùpant : Georges CARRÉ
- p.432 - vue 433/624
-
-
-
- Tome VI.
- Samedi 7 Mars 1396
- âe Année. — N° 10
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- Directeur Scientifique J. BLONDIN Secrétaire de la rédaction : G. PELLISSIER
- L’UTILISATION
- DES CHUTES DU NIAGARA
- Les turbines et les dynamos géantes qui servent à l'utilisation de la puissance hydraulique des chutes du Niagara viennent d'être installées ; elles tournent maintenant avec un plein succès. Les usines qui ont été installées dans le voisinage de la nouvelle station centrale commencent à s’animer. Nos lecteurs ont toujours été tenus au courant des progrès de cette entreprise remarquable (’), couronnement du génie industriel de notre siècle et
- (') Voir La Lumière Électrique.
- 1886. — t. 20, p. 273.
- 1889. — t. 31, p. 397.
- — t. 32, p. 348, 349.
- — t. 33, p. 598.
- — 34; P- 197-
- 1890. - t. 35> p. 597.
- — t. 38, p. 144.
- >891. — t. 39, p. 479.
- t. 41, p. 49, 197.
- 1892. — t. 43, p. 117.
- — t. 44, p. 350, 633.
- — t. 45, p. 148, 247.
- -• t. 46, p. 48.
- ,8w- - ' 50, P- 49s. 541, 593’ <>33.
- 1894. — 51, p. 36, 80, 299.
- L’Eclairage Êlectt ique. •
- 1894, — t. I, p. 336.
- '895. — t. II, p. 125, 431.
- — t. III, p. 206.
- — t. IV, p, 287, 608.
- — v- P- 48> 383-
- de son triomphe sur les forces de la nature; témoignage admirable, aussi, de l’énergie et de l’intelligence du peuple américain ; aujourd’hui que l’entreprise est menée à bien, il nous a semblé utile de présenter, en un tableau d’ensemble, les méthodes employées et les résultats obtenus. Nous n’aurons pour cela qu’à puiser tant dans nos souvenirs et notes personnelles que dans les nombreuses publications qui ont cté faites en Amérique à ce sujet : à Y American Institute of Electrical Engitieers, dans The Engineering Magazine et dans le Cassier's Magazine, où chaque chef de service à Niagara a décrit son œuvre ou celle de ses collaborateurs.
- Mais avant, arrêtons-nous un peu aux chutes elles-mêmes. Le spectacle en vaut la peine, et ce coup d’œil nous permettra de mieux comprendre ensuite l’œuvre réalisée.
- Si l’on examine la carte du Nord de l’Améri-qu-e (fig. 1), on voit que le système des grands lacs : lac Supérieur, lac Michigan, lac Huron et lac Erié, se déversent dans le lac Ontario qui communique avec l’Océan Atlantique par l’intermédiaire du fleuve Saint-Laurent. Le déversoir se fait par la rivière du Niagara, longue de 48 km et qui présente entre sa source à la pointe Nord-Ouest du lac Erié et son embouchure dans le lac Ontario, une dénivellation totale de 102 m. Cette déclivité considérable se produit surtout sur une longueur de 12 km environ, immédiatement au dessus des chutes ; le fleuve commence à s’élargir
- p.433 - vue 434/624
-
-
-
- 4M
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- considérablement ; il a alors pins de i 600 m-de largeur; mais il est réduit par des îles à une largeur effective de 1 150 m environ ; à partir de ce point, sur moins de 1 600 m de longueur, sa dénivellation est de près de 17 m.
- Le courant acquiert alors une vitesse considérable : ce sont les rapides d’amont. Puis viennent les chutes proprement dites que des les divisent en trois courants qui ont reçu
- des noms particuliers. La plus importante est située sur la rive canadienne : elle est connue, en raison de sa forme sous le nom de chute du « fer à cheval »; elle a 610 m de largeur et 47 m de hauteur ; la chute américaine est moins large et un peu plus haute; elle a 201 m de développement et 50 m de hauteur-la chute centrale est la plus petite avec une largeur de 74 mètres et une hauteur de 50 m.
- Oil — pétrole.
- Grain grains. Iroa-fer.
- Naturel gas — gaz naturel.
- Au total, l’eau s’écoule sur une largeur équivalente à la longueur du Champ de Mars et sur une hauteur égale à deux maison's de six étages superposées. Cette nappe d’eau a plus de 6 m d’épaisseur.
- Ensuite la pente du fleuve est relativement faible, son lit est encaissé dans des falaises à pic, hautes de près de 50 m et qui ne laissent qu’une faible largeur pour l'écoulement des eaux. C’est là que se produisent les rapides d’un effet grandiose, causés par la vitesse que sont forcées de prendre les énormes quantités d’eau passant dans cet étroit chenal. On peut mieux se rendre compte de la disposition des lieux par la vue à vol d’oiseau que nous reproduisons en figure 2.
- La figure 3, qui donne une coupe idéale de cette région permet de mieux comprendre le régime des eaux.
- La surface des grands lacs qui alimentent le Niagara est de plus de 230000000 d’hectares. Le volume d’eau qui s’écoule par le Niagara est estimé à, en moyenne, 7 800 m* par seconde.
- La puissance représentée par ces cataractes est facile à calculer ; on voit qu’elle est égale* au minimum, à 7 000 000 de chevaux vapeur. C’est à dire qu’il faudrait pour actionner des pompes à vapeur qui. puiseraient l’eau au bas des chutes et la refouleraient à son point de départ, dépenser une quantité de charbon égale à celle que l’on extrait pendant le même temps de toutes les mines à la surface du globe !
- Ce n’est qu’une évaluation minima; plu" sieurs savants pensent qu’elle est trop faible de beaucoup ; ainsi sir William Siemens évaluait le poids de l’eau déversée par les chutes
- p.434 - vue 435/624
-
-
-
- .Fig. 2. — i — Buffalo (N. Y.).
- 2 — Rochester (N. Y.).
- 3 — Tonawanda (N. Y.j.
- 4 — Stationde chemin de fer,àNiagam
- (N. Y.).
- 5 — Station de chemin de fer, à Sus-
- pension Bridge (N, Y.).
- 6 — Lewiston ( . Y.).
- 7— Youngstown (N. Y.).
- 8 — Fort Niagara (N, Y.).
- 9 — Toronto (Canada).
- 10 — Niagara-sur-le-lac (Ontario).
- 11 — Queenston (Ontario).
- 13 — Hauteursde Queenston (Ontario).
- 13 — Station de Clifton (Ontario).
- 14 — Niagara (Ontario).
- [5 — Falls View (Vue des Chutes].
- 16 — Fort Eric (Ontario).
- 17 — Embouchure du lac Eric. rS — Pont International.
- 19 — Grande Ile.
- 20 — lies sceurs.
- 21 — Ile de la chèvre.
- 22 — Ile Luna.
- 23 — Chute américaine.
- 24 — Chute du fer à cheval.
- 25 — Iles Dufferin.
- 26 — Ils des Cèdres.
- 28 — Pont suspendu; embouchure du tunnel.
- 29 — Parc américain.
- 30 — Ascenseur.
- 31 — Pont de chemin de fer ( Can-
- tilever bridge.)
- 32 — Pont suspendu.
- 33 — Tourbillons des rapides.
- 34 — Tourbillon,
- 35 — Ancien canal.
- 36 — Lac Ontario.
- 37 — I.andj’slane.
- 38 — Clrippewa.
- 39 — Canal à l’air libre de la Niagara
- Falls Power C°.
- 40 — Embarcadère des bateaux à va-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- p.435 - vue 436/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 43b
- à plus de 100000000 de tonnes par heure, c’est à dire à une valeur trois fois plus considérable que celle admise plus haut.
- Ce débit est d’ailleurs très régulier; cependant il se produit tous les sept ans une crue et une décroissance graduelles des eaux qu’on attribue à quelque cause inconnue qui affecte le lac Erié.
- La rivière du Niagara forme la limite entre
- les États-Unis et le Canada; la petite chute se trouve sur le territoire de l’Etat de New-York et la chute du fer à cheval sur le territoire de l’Etat d’Ontario (Canada). Le territoire environnant est très fertile et comprend un grand nombre de villes importantes ; nous aurons du reste à revenir sur ce sujet en parlant des applications actuelles ou à venir.
- Ce serait également le lieu de parler de la
- S1. Clair
- Michigan
- Enron
- Lac
- Ontario
- — Coupe idée
- formation des chutes, de leurs modifications ; mais ces considérations étrangères au sujet que nous traitons ici nous entraîneraient trop loin.
- HISTORIQUE
- La pensée d’utiliser l’immense volume d’eau qui s’écoule aux chutes du Niagara, pour créer une source de force motrice a dû se présenter à l’esprit des premiers colons établis dans ces parages. Les chutes furent découvertes en 1648, par un Français, le P. Ragueneau. Le plus ancien moulin connu date de Î725. 11 n’existe plus depuis longtemps.’Sa puissance était faible et il n’utilisait que la vitesse des rapides d’amont. Pendant une longue période ce fut la seule tentative de l’industrie humaine pour adaptera son usage cette force motrice naturelle, la plus puissante qui soit. C’est que le pays environnant était presque à.l’état sauvage. Les forêts le couvraient ; les Indiens Tuscaroras seuls l’habi-
- taient. C’est eux qui donnèrent aux chutes leur nom qui signifie, en indien, « Tonnerre des Eaux ».'Mais peu à peu le sol fut défriché et cultivé ; des villes importantes se créèrent.
- En 1842, Augustus Porter établit un projet qui fut repris en 1847 par Peter Emslie, et qui comportait l'exécution d’un canal à ciel ouvert pour lequel ils reçurent une concession de terrain de 100 pieds de largeur (50,50 m) qui prenait naissance un peu au dessus des chutes (fig. 4) et venait aboutir à un réservoir ou bassin à l’air libre creusé le long des falaises bordant le bassin inférieur de la rivière; ils reçurent aussi une concession de terrain pour cette partie de leur projet. Des puits à turbines devaient être creusés dans les usines, pour aboutir au niveau inférieur des chutes ; ils auraient été alimentés par l’eau du réservoir.
- Ce nefut qu’en 1861 que leur successeur, Horace H. Day, termina l'exécution de ces travaux, Le canal à l’air libre a environ 10*65 m
- p.436 - vue 437/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITE
- 437
- delargeur, 2,50 m de profondeur, et 1 341 m de longueur son entrée est à environ 1 500 m en amont de la chute américaine ; il aboutit à un bassin situé le long des ialaises à 65 m environ au dessus du niveau du fleuve
- en cet endroit. Différentes ^usines ont été installées sur les bords du bassin; l’eau est amenée directement du réservoir à leurs turbines par des canaux spéciaux, et l’eau s’échappe le long de la falaise par des égouts
- percés dans le roc. En 1885, environ roooo chevaux étaient engendrés de cette façon ; c’est à peu près la puissance maxima qué peut fournir le canal.
- Quelques années plus tard, lorsque les progrès de l’industrie électrique eurent démontré la possibilité de transporter à distance l’énergie produite en un point donné, de nombreux projets furent élaborés pour l’utilisation des chutes du Niagara. Ils restèrent à état de projet et ce n’était que justice.
- 1 Telle était la situation lorsque, en 1885, M. Thomas Evershed, qui depuis plus de 50 ans était au service du gouvernement des Etats Unis, et s’était pendant ' toute sa carrière occupé de cette région, établit les bases du projet actuellement réalisé : capter l’eau en un point distant des chutes de 2 km environ, au moyen d’un canal à l’air libre de [ faible longueur ; creuser auprès de, ce canal 1 les puits au fond desquels seraient placées j les turbines et enfin, décharger Teau ains
- p.437 - vue 438/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 438
- utilisée par un égout en pente douce jusqu'en dessous des chutes. De la sorte, en raison de la distance à laquelle sont placées les usines, l’aspect des chutes ne peut être altéré. Quant au reproche qu’on a fait à ce projet et aux ingénieurs qui l’ont conçu de détruire l’imposante majesté de cette merveille naturelle en diminuant le volume d’eau qui s’y précipite, il faut en faire dès à présent justice. Que les poètes se rassurent ! Tant énorme que soit la puissance des installations projetées (450000 ch.) la quantité d’eau dérivée n’altérera en rien cette œuvre naturelle. La modification apportée au régime des chutes sera moindre que celle qui résulte d’un coup de vent sur les grands lacs! En effet, en admettant que la puissance totale des chutes soit de 7000000 chevaux et que l’épaisseur de la couche d’eau au niveau des chutes soit de 6 m on voit que, lorsque la puissance totale de 450000 chevaux sera utilisée, la hauteur des chutes n’aura diminué que d’une valeur insi gnifiante, absolument imperceptible à l’œil.
- On pense bien que le projet de M. Evershed ne fut pas sans soulever de nombreuses objections ; il lut publié le iCT juillet 1886 ; peu de temps après, le 50 octobre 1886, un ingénieur chercha à démontrer que la production de la force motrice à bon marché ne pourrait pas amener à Niagara une population indus-trielle suffisante pour justifier les dépenses proposées ; un peu plus tard, le 8 août 1889 un autre ingénieur chercha à démontrer que le projet lui-même n'était pas praticable au point de vue économique et commercial. Nous aurons à étudier plus loin la valeur de cette dernière objection. Mais il’ convient d’être fixé, dès maintenant, sur la situation de Niagara Falls au point de vue industriel et commercial. Si l’on observe la position de cette ville sur la carte (fig. 1), on peut voir qu’elle se trouve à peu près à mi-distance entre New-York et Chicago, sur le parcours de plusieurs lignes importantes de chemins de fer. En moins d’une nuit, on peut gagner de ce point la plupart des grands centres industriels de l'Amérique du Nord : New-York, |
- Chicago, Pittsburgh, etc. La contrée environnante est très fertile et fournit en abondance du bois et des céréales. A la frontière des Etats-Unis et du Canada, la situation de Niagara est très favorable. Enfin, par la partie navigable du Niagara, par le système des grands lacs et par le canal Erié, ce point se trouve desservi par des moyens de transport très économiques ; c’est à un point que, pour lutter contre la concurrence des transports par eau, les Compagnies de chemins de fer ont fait, pour cette contrée, des tarifs réduits spéciaux. Si l’on considère qu’aux Etats Unis, plusieurs villes, comme Lawrence Lowell, Holyoke, Turners Falls, Manchester, Windsor Locks, Bellows Falls, Cohoes, Au-gusta, Paterson, Minneapolis, n’ont dû leur prospérité et leur développement rapide qu’à l’existence de chutes d’eau assurant une source économique de puissance, on peut se convaincre que l’avenir de la ville naissante est assuré.
- Néanmoins, il ne fallut pas moins de trois ans avant de convaincre les capitalistes de l’avantage possible du projet élaboré. Mais, dès lors, les travaux furent poussés avec la plus grande activité.
- La Compagnie actuelle, qui porte le nom de Niagara Falls Power C°, a été définitivement organisée le 51 mars 1886, parla Niagara Hydraulic Tunnel and Sewer C° ; elle est secondée par un puissant syndicat de financiers et dirigée par des ingénieurs expérimentés. Cette Compagnie a obtenu du Gouvernement américain l’autorisation de dériver sur la rive américaine un volume d’eau équivalent à la production d’une force motrice totale de 200000 chevaux et, du Gouvernement canadien, sur la rive opposée, un volume d’eau correspondant à une puissance de 250000 chevaux, soit en tout 450 000 chevaux.
- La Cataract Construction Company, fut chargée de l’exécution des travaux qu’elle devait remettre, une fois terminés, à la Niagara
- [ Falls Power Company.
- 1 La Land Development Company construi-
- p.438 - vue 439/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITE
- 439
- sit un village entier sur les terrains très étendus qui furent achetés.
- La Niagara Junction Railway Company construisit plus de ro km de lignes de chemins de fer destinées à rattacher les différentes usines, au fur et à mesure de leur érection, aux grandes lignes de chemins de fer actuellement existantes.
- Différentes voies de communication furent en outre ouvertes aux Compagnies, qui se sont assuré entre autres, la circulation sur le
- canal Hrié qui relie le Niagara à Plludson.
- Cette entreprise est un exemple typique de l’esprit aventureux du peuple américain, par l’audace avec laquelle elle a été conduite.
- Après avoir obtenu du gouvernement Pau-*-torisation d’utiliser les chutes, la Niagara Falls Power C" acheta le terrain nécessaire à la construction de l’usine proprement dite. Puis, en prévision de la vie nouvelle que cette source considérable de force motrice à bon marché allait engendrer dans le pays, elle
- acheta les terrains bordant le fleuve sur une longueur de ,\ kilomètres et à l’intérieur des terres, une bande longue de près de 5 kilomètres et large de 1 600 mètres environ. L’ensemble de ces propriétés, qui a la forme d’un L renversé, comme le représente la partie teintée sur le plan (fig. 5), a une superficie de plus de 8000000 de mètres carrés, soit plus de la dixième partie de superficie de Paris entre les barrières. La façon tout américaine dont cette opération fut conduite mérite une mention particulière. Les directeurs de la Compagnie firent venir de New-York.
- un train de notaires et le même jour, ou à peu près, tou-s les traités de vente furent faits ; de la sorte, le prix des terrains n'eut pas le temps d’augmenter d’une façon sensible. En outre, tous les déblais, provenant du forage des puits et tunnels ont été déversés dans le fleuve, à l’intérieur de barrages établis le long'des rives, ce qui a permis de gagner un terrain d’une superficie de 120 000 mètres carrés ; une usine est déjà installée sur cette terre conquise.
- La Cataract Construction Company n’accepta les propositions de la Société mère qu’à
- p.439 - vue 440/624
-
-
-
- 4-10
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- deux conditions : la première était que le projet, avec une organisation convenable, pouvait être avantageux comme installation hydraulique seulement ; la seconde était qu’on pouvait prévoir un développement beaucoup
- plus considérable et plus avantageux dans l’avenir, en utilisant la force motrice engendrée pour transmettre et distribuer à distance l’énergie des chutes.
- Deux procédés se présentaient, en effet, â
- jpriétés de la C<
- lie. Coupe 1i
- vays électriqi
- l’esprit pour utiliser cette immense puissance : l’utiliser sur place, dans des usines séparées, ou la transformer clans une station centrale et la transmettre, à des distances plus ou moins éloignées, à des établissements particuliers.
- Dans le premier cas, qui était jusqu’alors généralement adopté aux États-Unis, le procédé à suivre était le suivant : acheter des terrains d’une superficie suffisante, et faire circuler dans ce s terrains un canal à ciel ouvert qui aurait amené l’eau du fleuve, dérivée au-dessus des chutes ; les usines auraient été bâties le long de ce canal sur les terrains vendus par la Compagnie et, dans chacune d’elles, des puits auraient été creusés pour recevoir des turbines ; l’eau du canal d'amenée
- se serait écoulée sur celles-ci et aurait été ensuite se perdre dans le lit du fleuve en-des-sous des chutes, par un égout souterrain.
- Dans le second cas, le canal à ciel ouvert aurait été très réduit en longueur ; toutes les turbines auraient été logées dans le même bâtiment et auraient actionné les appareils destinés à transformer l’énergie mécanique sous la forme propre à sa transmission. Mais les difficultés relatives à la transmission étaient grandes. A l’époque où le projet fut établi, on était loin d’être fixé sur la valeur relative des dillérents procédés de transmission de l’énergie, à tel point qu’en 1890, M. G. Westinghouse estimait que l’air comprimé devait être préféré à l’électricité. Les avantages de l’électricité sous forme de courants
- p.440 - vue 441/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- alternatifs bipha reconnus ; mais •
- ne tardèrent pas a être j le î fois le principe adopté, I ib
- détails d’exécution restaient à réaliser et n’étaient pas moins grands. Il ne s’agissait
- pas, en effet, d’une simple transmission, mais d’une distribution. Deux services bien distincts et deux phases différentes étaient à envisager . il fallait à la fois transmettre l’énergie à une faible distance, aux usines établies aux environs des chutes et à une grande distance, comme, par exemple, à Buffalo, distant de 25 km environ ('). Dans les premiers circuits, la chute de potentiel sur les conducteurs de distribution est assez faible, et, il en est de même, par conséquent, de ses variations lorsque la demande de diminuée ou augmentée. Mais sur les circuits à longue distance, la chute de potentiel peut atteindre 10 pour 100 environ à pleine charge ; si la demande de courant diminue à la moitié, au quart ou au dixième de sa valeur maxima, la chute de potentiel deviendra 2, .] ou to fois plus faible. Or, il faut que la tension soit conservée constante chez l’abonné. Il devient donc nécessaire de prévoir des réglages différents sur les deux circuits, local et à grande distance.
- Il serait préférable, à ce point de vue, d’adopter deux circuits complètement distincts, alimentés chacun par des appareils spéciaux.
- O Si
- Pie, Buffalo t:e de la dis Plus bas resl
- Mais, comme nous le disions plus haut, il faut aussi, considérer deux phases clans l’exploitation. Au début, pour des raisons d’économie faciles à comprendre, on a tout avantage à n’employer que le plus petit nombre
- p.441 - vue 442/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- possible d’appareils ; il faut donc envisager j faut remarquer que cette dernière organisa-la nécessité d’alimenter les deux réseaux par | tion offre en outre l’avantage d’assurer dans les mêmes appareils, en employant, bien en- ! la construction, la surveillance et l’entretien, tendu des appareils particuliers de transfor- ; une unité très favorable à une bonne exploi-mation et de réglage dans chaque circuit. Il : tation, et permet d’interchanger les appareils
- en cas d’accident arrive à l’un d’eux. Cependant, lorsque le développement des applications sera devenu suffisant, il deviendra plus rationnel d’adopter l’organisation par groupes séparés, tout en conservant à l’ensemble de l’installation son caractère d’unité qui permet d’adopter àvolonté l’un et l’autre système.
- Les conditions à remplir étaient donc multiples et délicates. Nous verrons plus loin comment elles ont cté résolues.
- Dans ses grandes lignes, le projet actuellement exécuté comprend un canal à l’air libre, situé en 39 (fig. 2,4 et 4bis), à environ 2 km en amont de la chute américaine et qui communique avec le fleuve à un bout etestferméà l’autre.
- La station centrale est bâtie sur la rive ouest de ce canal.
- Sur le côté de celui-ci, le long de la station centrale, sont disposés perpendiculairement à son axe 10 petits canaux latéraux qui conduisent l’eau sur les turbines (fig. 6). Celles-ci sont placées au fond d’un puits profond de 50 m environ ; l’eau venant du bief supérieur par les canaux latéraux et par de forts tubes en fer, agit sur les turbines et s’écoule ensuite par un égout en pente, dans le lit inférieur du fleuve, en 28 (fig. 2), sous le nouveau pont suspendu.
- Le canal et le tunnel ont reçu des dimensions suffisantes pour la production de 100000 chevaux.
- Lorsque ccttc puissance sera dépassée, de nouvelles usines semblables seront construites, soit sur la rive américaine, soit sur la rive canadienne. I^e tracé en pointillé
- p.442 - vue 443/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 443
- (fig- 4) indique le trajet du second tunnel souterrain projeté sur la rive américaine.
- Chaque turbine peut développer, à la vitesse angulaire de 250 tours à la minute, une puissance de 5 000 chevaux-vapeur. Ce sont, et de beaucoup, les plus puissantes qui aient jamais été construites.
- Aussi la Niagara Falis Power C° ne crut-elle pas devoir s’adresser à une seule maison de construction, et sur le conseil de M.Ed. D. Adams, qui a tant fait pour mener à bien cette entreprise gigantesque, ouvrit-elle un concours auquel pouvaient prendre part les constructeurs et ingénieurs du monde entier et relatif à la fois aux moteurs hydrauliques, à la génération et au transport à distance de l’énergie. Une commission internationale d’ingénieurs et de savants fut chargée de juger les projets présentés; elle était composée de sir William Thomson, président, et W. C- Unwin (Angleterre), E. Mascart (France), T. Turettini (Suisse), Coleman Sellers (Etats-Unis d’Amérique). Elle fut instituée en juin 1890, à Londres. Les projets devaient être présentés avant le ier janvier 1891. La commission pouvait décerner des prix jusqu’à concurrence de 110 000 frs (22 000 dollars).
- Un assez grand nombre d’ingénieurs et de constructeurs répondirent à cet appel.
- Les projets de MM. Faesch et Piccard, Cuénod Sautter et C' (Suisse), Hillairet et Bouvier, Popp et Reidler (France), Ganz et C° (Autriche), Lupton et Sturgeon (Angleterre), Escher Wyss et O (Suisse), ainsi que ceux de la Pelton Water Wheel C" et des Norwalk Iron Works (Etats-Unis d’Amérique), répondaient en partie au programme et reçurent chacun un prix.
- On utilisa plus ou moins pour les plans définitifs tous les projets présentés; la construction des machines fut confiée à des maisons américaines ; cependant quelques pièces rirent construites en France et en Suisse.
- Les turbines furent construites par la maison L. P. Morris et C°, de Philadelphie, d’après les plans de MM. Faesch et Piccard,
- de Genève; les dynamos ont été construits par la Westinghouse Electric and Manufac-turing C\ de Pittsburgh, d’après les plans de M, Geo. Forbes, modifiés par les ingénieurs de cette compagnie. M. Forbes remplit le rôle d’ingénieur-conseil de la Niagara Falls Power O.
- (.A suivre.) G. Pellissier.
- SUR LE MOUVEMENT LIBRE
- A PROPOS DES EXPÉRIENCES DE ROENTGEN
- i°. — U y a déjà quelques années, j’eus l’idée d’actionner un radiomètre de Crookes, par une source lumineuse, à travers un bloc de glace, puis à travers plusieurs épaisseurs de papier, etc., et je constatai que, dans l’un comme dans l’autre cas, le radiomètre tournait. 11 ne s’agissait donc ni de rayons lumineux, ni de rayons calorifiques proprement dits.
- Le phénomène réussissait également parla simple approche des mains, même à travers du papier. Je constatai également par divers moyens que les feuilles métalliques réfléchissaient le « mouvement » (' ) plutôt qu’elles n’étaient traversées par lui.
- Je mesurai grossièrement, mais très suffisamment, l’intensité du «mouvement» qui actionnait le radiomètre, et je le trouvai en raison inverse du carré de la distance à la , source d’énergie (!)
- II n’est pas douteux pour moi que dans ses belles expériences M. Roentgen s’est trouvé également en présence d’une sorte de « mouvement libre », que l’on peut appeler ainsi
- (1) Voir ['Éclairage Électrique du 23 mars 1893,1. II, p. 536 Sur la définition unitaire de la masse : Capacité
- ? (’) Le radiomètre tourne en sens contraire quand on projette sur lui la vapeur du chlorure d’éthyle, pai exemple, qui produit un grand refroidissement. J’ai cru observerégalementque pendant les nuit claires, alors que la radiation vers les espaces célestes est forte, il tourne également dans le sens contraire à celui que Von observe le jour.
- p.443 - vue 444/624
-
-
-
- 444
- L’ÈGLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- par opposition avec le mouvement en action sur la matière qui donne naissance à la masse. Ne doutant pas non plus que dans un avenir, maintenant prochain, ma définition unitaire de la masse : cc Capacité pour le mouvement », doive être confirmée sans restriction, je dois, dès à présent, m’expliquer sur le phénomène de Roentgen.
- 2°. —Dans tout phénomène de propagation de l’énergie on doit distinguer très nettement le « mouvement » à l’état potentiel et le mouvement effectif, bien qu’ils soient concomitants et résultent l’un de l’autre.
- Pour le mouvement potentiel interviennent les réactions du milieu propagateur et la vitesse de propagation dite des vibrations longitudinales.
- Pour le mouvement. effectif interviennent ce que l’on appelle les vibrations transversales, le mouvement propagé par le milieu étant aux prises avec la matière vibrante.
- Comme je l’ai établi à plusieurs reprises, le mouvement potentiel répond aux phénomènes improprement appelés « statiques », et le mouvement effectif aux phénomènes « dynamiques ».I)ans la lumière, par exemple, il y a un phénomène statique dans le plan de séparation des milieux accompagné d’un phénomène dynamique.
- Et on ne peut traduire mathématiquement aucun phénomène de ce genre sans faire intervenir simultanément le mouvement effectif et cc sur quoi il s’appuie : le mouvement potentiel.
- Effectivement, j’ai dit déjà, et je dois répéter : tout mouvement s’appuie sur une résistance, et réciproquement- toute résistance ne peut provenir que d’un autre mouvement.
- p. — Le mouvement potentiel ou mouvement libre, lorsqu’il se trouve aux prises avec la matière ordinaire, donne naissance à la chaleur, à l’électricité, et à la lumière par l’incandescence qui en résulte ; qui sont trois modalités d’un meme phénomène général.
- Les corps transforment le mouvement libre en chaleur, électricité, lumière.
- Le mouvement libre, on le voit de suite pénètre plus facilement les corps, en thèse générale, et pour cela, il suffit que son potentiel vainque celui du corps.
- Dans la partie bleue d’une flamme, par exemple, on obtient des incandescences, qu’on ne peut obtenir dans la partie lumineuse qui est plus particulièrement le siège du mouvement effectif, alors que la partie bleue est le siège du mouvement libre.
- 4°.— Ce qui précède, et ce que j’ai écrit sur la masse en la définissant pour tous les phénomènes : capacité pour le mouvement, suffit déjà à expliquer comment clans les expériences de Lenard sur les rayons cathodiques c’est la masse seule des gaz qui intervient.
- Jusqu’à présent on ne parait pas avoir constaté que les « rayons de Roentgen » soient déviés par un champ magnétique contrairement à cé qui se passe pour les rayons cathodiques.
- Or, toute déviation suppose évidemment une direction préalable, une polarisation du mouvement que l’on voit très bien dans les rayons cathodiques provenant d’un courant électrique, mais qui n’existe pas pour le phénomène Roentgen puisqu’on ne constate pas de déviation.
- Les (( rayons Roentgen )> n’étant pas polarisés, on ne doit pas les appeler : rayons.
- Quant à l’appellation de « rayons X » elle doit être remplacée avantageusement, à mon avis, par celle de « mouvement libre )) sans qu’il soit nécessaire de rechercher la nature intime de ce mouvement libre; cette appellation serait également préférable à celle d’éther.
- 5°. — Ce qu’on a appelé rayons Roentgen ou rayons X est une des infinies manifestations du mouvement libre par opposition avec le mouvement effectif en action sur la matière, lequel donne üeu à la chaleur, à l’électricite, à la lumière.
- On a donc cherché, avec raison, autre chose dans les rayons Roentgen que les rayons ultraviolets.
- Et M. Roentgen lui-même a songé à quel'
- p.444 - vue 445/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 445
- que chose comme les vibrations longitudinales.
- Ce quelque chose est le mouvement libre manifesté dans les expériences de Lénard où il est polarisé déjà par le courant électrique, et dans-les expériences de Roentgen où il ne l’est pas.
- Je ne parle pas de mes expériences au ra-diomètre où il apparaît également.
- Dans tout phénomène il faut distinguer trois termes primordiaux : la matière, le mouvement effectif aux prises avec la matière (lumière, chaleur, électricité), et le mouvement libre.
- Et que le réceptacle, le véhicule du mouvement libre, soit un milieu matériel ou non, au sens ordinaire du mot, c’est ce que nous ne devons pas rechercher, nous contentant de le constater. Qu’on l’appelle éther, milieuX, etc., etc., aucune de ces dénominations n’aura la clarté de celle-ci : Mouvement libre. Je crois que personne ne songe à donner la paternité de son nom au « mouvement libre », elle serait un peu grosse, et elle n’appartient à qui que ce soit.
- Clavenad.
- Ingénieur ‘en chef des Ponts et Chaussées.
- SUR
- L’ACTINOMÉTRIE ÉLECTRO-CHIMIQUE
- Les théories et les expériences de Crookes, sur la matière radiante, produisirent une grande et légitime émotion dans le monde scientifique ; on sentait bien que ces théories et ces effets nouveaux devaient, forcément, amener de nouvelles découvertes. La Science a répondu bientôt à cette espérance . les rayons X firent leur stupéfiante apparition, traînant à leur suite, en un véritable cortège, une foule de questions insoupçonnées, d’énigmes captivantes sur ces choses mystérieuses qu’on appelle Y énergie, le mouvement. La grandeur du champ ouvert aux nouvelles [recherches devient immense ; c’est pourquoi, dans tous les laboratoires, les expériences succèdent aux expériences et que, bientôt
- peut-être, une grande théorie surgira, fournissant à notre esprit, des explications acceptables sur ces troublants problèmes : chaleur lumière, électricité, magnétisme.
- Pour établir cette théorie, il faudra nécessairement étudier, reprendre ou coordonner tous les travaux concernant les multiples manifestations de la matière radiante. Comme les effets électro-chimiques produits par la lumière se rattachent étroitement aux phénomènes qui sont, actuellement, l’objet de si passionnantes recherches, il n’est pas inutile de les faire connaître encore une fois, d’en mieux préciser quelques points, et, enfin, d’aborder, pour la première fois, le terrain des applications pratiques. Tel est le but de la présente étude.
- Si les rayons lumineux jouissent de la propriété d’impressionner la rétine en donnant la sensation de clarté, de produire une élévation de température des corps placés sur leur route, d’exercer une puissante action sur les phénomènes de la vie végétale, entre autres ceux de la nutrition, la complexité de leur nature et l'état de la source qui les produit exercent également sur toutes les matières des effets très divers : phosphorescence, effets physiologiques, physiques et enfin réactions chimiques.
- L’action lumineuse peut-elle occasionner d’autres phénomènes, on ne pourrait l’affirmer ou l’infirmer, puisque, comme l’a fait remarquer Becquerel, on ne connaît pas encore le genre de mouvement moléculaire qui donne lieu, dans les corps, au phénomène de chaleur et qu’on ne sait pas non plus si, lors de la transmission des vibrations aux molécules des corps, les vibrations perpendiculaires à la direction des rayons lumineux et qui produisent la sensation de la lumière, donnent seules des actions calorifiques et chimiques, et si des vibrations dans le sens longitudinal ne pourraient pas être transmises aux corps et engendrer quelques-uns des effets dont il s’agit.
- Ce que l’on sait, cependant, permet de
- p.445 - vue 446/624
-
-
-
- 446 [/ÉCLAIRAGE
- dire que les différents ' phénomènes que la lumière engendre ne peuvent tous être appréciés par la rétine ou par les divers instruments créés pour leur étude ou, en d’autres termes, que la rétine ou ces instruments ne peuvent être affectés que par quelques-uns des effets dus aux rayons lumineux.
- Toutes les réactions chimiques donnent naissance à des effets électriques. Ces effets peuvent être constatés au moyen d’un galvanomètre ou d’un électromètre lorsque les corps entre lesquels les réactions s’exercent sont suffisamment conducteurs. Comme ils sont fort complexes, ces effets peuvent aussi bien se produire sur deux liquides agissant l'un sur l’autre et superposés, que sur les lames métalliques plongeant dans les liquides et en relation avec le galvanomètre ou l’élcc— tromôtre. Tout appareil qui est disposé de façon à opérer la transformation de l’énergie lumineuse en énergie électrique et à comparer l’intensité des radiations émises par une source lumineuse prend le nom d’actinomè-tre électro-chimique.
- Ce fut Becquerel qui, le premier, découvrit l’action d’un faisceau solaire sur des lames métalliques plongées dans diverses solutions et fit une étude approfondie des effets électriques dus à l’action des rayons différemment réfrangibles sur le sous-chlorure d’argent violet, ainsi que sur diverses substances impressionnables soumises à l’action du soleil ou de la lumière artificielle. En poursuivant ses recherches sur les composés halot-des d’argent, Becquerel émit cette proposition : « Lorsque la lumière agit sur les corps, par ce fait meme, il y a diminution dans l’intensité des rayons réfléchis et transmis, et cette diminution est d’autant plus grande que la quantité d’action chimique a été plus considérable ; si même toute la lumière était employée à produire l’action chimique, elle serait absorbée en totalité. »
- La decouverte de Becquerel a donne lieu à de nombreux travaux dus à Grove, Egoroff, Pellat, Grivaux, Gouy, Rigollot, Maréchal, Mercadier et Chapron.
- ÉLECTRIQUE
- Parmi tous ces travaux, je' ne prendrai comme sujet de la présente étude, que l’actL nometre électro-chimique que j’ai présenté au nom de mon collaborateur, M. Rigollot et au mien, à la Société Internationale des Electriciens, au mois de novembre 1894. Puis après quelques aperçus sur l’utilisation de l’appareil, et, en tirant diverses conséquences d’expériences actinométriques précises et de faits dûment constatés depuis longtemps, je terminerai cette étude, après l’exposé d’une hypothèse touchant les rapports, aujourd’hui certains, qui existent entre l’action lumineuse et les grands phénomènes naturels, par l’indication d’un emploi industriel pratique de l’actinomètre.
- L’actinomètre que nous allons étudier est un appareil qui permet de constater les effets électro-chimiques produits par la lumière naturelle ou artificielle sur des lames de cuivre oxydées, plongées dans une dissolution de chlorure, de bromure ou d’iodure métallique, et l’accroissement de la force électro-motrice par l’intervention de matières colorantes sensibilisantes qui, agissant par absorption, augmentent encore la grandeur du phénomène.
- Théoriquement, l’actinomètre se compose de deux lames de cuivre : l’une, qui est oxydée, sera exposée aux radiations lumineuses; l’autre, non oxydée, est protégée contre l’action de la lumière, soit en l’entourant de parchemin ou de papier, soit en la plaçant immédiatement derrière la première lame, à 0,001 m de distance environ. Une petite cuvette de verre, deux lames de cuivre, un peu d’eau salée, tel est, dans toute sa simplicité, l’appareil que l’on pourrait aussi appeler transformateur de l’énergie lumineuse. L’élément peut être vertical ou horizontal ; la forme dépend de l’usage que l’on veut en faire.
- Pratiquement, on oxyde la lame de cuivre en la chauffant sur un bec Bunsen après l’avoir bien nettoyée au papier d’émeri. On pousse l’oxydation jusqu’à ce que les irisa-
- p.446 - vue 447/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 447
- tions qui se produisent soient remplacées par une teinte uniforme : on a ainsi une couche d’oxyde très adhérente, rouge orangé sous l’incidence normale. En poussant plus loin l’oxydation, la couche noircit, la sensibilité diminue peu à peu et, de plus, cette couche d’oxyde s’enlève facilement par écailles.
- Pour éviter l’action nuisible de l’oxyde de carbone, on place la lame à oxyder sur une plaque métallique plus large et chauffée directement au Bunsen ; cette manière de procéder donne une couche d’oxyde plus régulière et permet de mieux suivre les diverses phases de l’oxydation.
- Si la lame a partout la même épaisseur, les couleurs se succèdent régulièrement, comme dans les anneaux colorés vus par transmission et, plus .ou moins rapidement, en activant ou en modérant la flamme du brûleur. A l’apparition du deuxième violet, vu sous l’incidence de 45°, on déverse la lame sur un bloc métallique : elle se refroidit aussitôt, l’oxydation cesse.
- On recouvre d’une substance isolante (gomme laque, paraffine, etc.) celle des deux faces de la lame oxydée qui ne sera pas exposée à la lumière. L’isolement doit être fait avec soin sans quoi une dérivation s’établirait sur la lame oxydée, affaiblissant d’autant le courant dans le circuit extérieur.
- L’effet produit par la lumière est instantané ; il cesse dès qu’on supprime l’éclairement. Ce fait est mis en évidence au moyen d’un grand disque de verre monté sur un axe muni d’une manivelle ou de tout autre mode de transmission. On recouvre une des faces du disque par du papier noir mat, et, par découpures du papier, on ménage un grand nombre de fenêtres espacées régulièrement sur la circonférence du disque. Les rayons lumineux sont dirigés et concentrés sur l’ac-tinomètre par l’intermédiaire d’une lentille bi-convexe de 0,20 m à 0,30 m de foyer et doivent passer par chacune des fenêtres du disque qui est placé sur leur trajet, à la manière d’un écran, entre la lentille et l’actino-mètre. Les deux pôles de l’actinomètre étant
- reliés à un téléphone, si on imprime au disque de verre un mouvement de rotation rapide, l’actinomètre sera soumis à l'influence d’une série d’éclairs lumineux et le téléphone fera entendre, non seulement des sons musicaux très purs, mais encore enregistrera fidèlement toutes les variations de vitesse qui pourraient se produire dans la rotation du disque, variations qui seront accusées par des modifications dans la tonalité des sons. Si on abandonne le disque et qu’on le laisse s’arrêter de lui-même, on obtiendra, dans le téléphone, toute la gamme chromatique descendante jusqu’au silence absolu.
- A circuit ouvert, la lumière diffuse du jour produit une force électromotrice de plusieurs millièmes de volt ; les rayons solaires un peu moins d’un dixième.
- La force électromotrice est un peu plus grande quand l’élément est fermé sur un circuit de quelques centaines d’ohms. Nous verrons un peu plus loin comment on obtient encore une augmentation de cette force électromotrice.
- Les expériences se font très bien avec un galvanomètre à cadre mobile dans un champ magnétique intense ; avec un galvanomètre Thomson, la sensibilité est telle que l’on peut mettre en évidence l’effet produit par la lumière d’une bougie placée à une distance de plusieurs mètres.
- Pour les expériences faites à la Société Internationale des Electriciens, j’employai un liquide contenant 1 mihème d’iodure de potassium. On peut employer aussi les chlorure, bromure et iodure de sodium ou de potassium. Si la solution est plus concentrée, l’intensité du courant est un peu plus grande, mais la durée de sensibilité des lames est considérablement réduite. Un actinomètre avec liquide au millième dure, en général, de deux à trois semaines et peut donner, au bout de ce temps, des indications encore suffisantes.
- Une étude sommaire, faite au moyen de verres colorés, sur l’influence des diverses radiations lumineuses dans le développement
- p.447 - vue 448/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- de la force électromotrice, montre que, pour un actinomètre donné, monté avec une certaine dissolution, la force électromotrice varie avec la couleur. C’est là un point sur Lequel j’insiste tout particulièrement : nous en verrons plus loin, les conséquences.
- Comme expérience démonstrative, on peut aussi faire l’étude de la force électromotrice dans les diverses radiations lumineuses de la manière suivante : En prenant une lame de cuivre, (élcc.trolytique, afin d’éviter des actions secondaires dans l’élément) mince autant que
- possible et qu’on chauffe directement au milieu avec le chalumeau dit lampe d’émailleur, on obtient des anneaux colorés très régu-lieurs, se succédant avec la couleur de l’arc-en-ciel, l’épaisseur de la couche d’oxyde croissant des anneaux violets aux anneaux rouges.
- Comme source, à défaut de l’arc électrique ou de la lumière Drummond, on place une lampe à gaz dans la lanterne à projections, munie cî’un obturateur à trous; puis on projette avec une lentille de 0,20 m de foyer l’image nette du trou, successivement sur divers anneaux. L’élongation du spot lumineux d'un galvanomètre de la plus grande sensibilité indiquera également que la force électromotrice varie ave la couleur de l’oxyde.
- L’étude de la force électromotrice développée dans les diverses radiations lumineuses a été faite sur un spectre obtenu au moyen d'un réseau métallique concave de Rowland, de trois pieds de longueur focale ; on employait un galvanomètre Thomson de 12 000 ohms de résistance ; on lisait sur une échelle transparente l’arc d’impulsion obtenu en laissant tomber successivement sur l’actinomètre les différents rayons du spectre.
- Les courbes suivantes (fig. 1) ont été obtenues en portant en abscisses les longueurs d’ondes et en ordonnées les divisions lues sur l’échelle; elles se rapportent aux chlorure, bromure et îodure de sodium.
- Eau et chlorure de sodium. — La sensibilité de l’actinomètre croît lentement, d’une manière à peu près régulière depuis les rayons rouges ().= o^oo), passe par un maximum pour les rayons verts-bleus (X—: o “,500), puis diminue rapidement pour les radiations violettes (/= o ^00), l’appareil étant insensible aux longueurs d’ondes plus petites.
- Eau et bromure de sodium. — La sensibilité par rapport aux différents rayons lumineux est à peu près la môme que dans le cas précédent, et un maximum très net existe pour les rayons verts (0É485),
- Eau et iodure de sodium. —L’actinomètre est beaucoup plus affecté par les rayons de iaible réfrangibilité; il est déjà très sensible pour les rayons jaunes et sa sensibilité se maintient jusqu’aux rayons verts-bleus, puis décroît rapidement.
- Si, pour chaque dissolution, après avoir parcouru le spectre, du rouge au violet, on expose à nouveau le système des lames dans toutes les parties du spectre, mais en revenant du violet au rouge, les courbes conservent la même forme et l’accroissement de sensibilité pour les rayons rouges, signalé par M. Becquerel pour les lames iodurées, quand ces lames ont été préalablement exposées aux rayons plus réfrangibles, ne semble pas avoir lieu dans les expériences précédentes.
- p.448 - vue 449/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- A19
- Influence de l’intensité lumineuse sur Vintensité électrique, — Nous avons recherche si, comme l’indique Egoroff pour les lames iodu-rées, l’intensité du courant est inversement proportionnelle au carré de la distance de la source radiante à la surface radiée.
- En faisant usage de la lumière Drummond, nous avons observé que conformément aux indications d’Egoroff, la force électromotrice de l’actinomètre varie en raison inverse du carré de la distance pourvu que la lumière qui agit ait une faible intensité.
- On peut donc admettre que, dans les circonstances de l'expérience, l’intensité du courant est proportionnelle à l’intensité lumineuse, mais dans les circonstances de l’expérience, c’est à dire en lumière faible; car si, au moyen d’un héliostat, on envoie la lu-. mière solaire sur l’appareil, en interposant sur le trajet des rayons deux niçois montés sur des cercles gradués, afin de pouvoir mesurer l’angle de leurs sections principales, et que l’on fasse varier cet angle de r à 90°, l’c-clairement de la lame variant de 1 à o, la loi ne sc vérifie plus et l’intensité lumineuse croît plus vite que l’intensité électrique.
- Action des matières colorantes. — Ç’est une loi générale que les corps qui émettent une certaine radiation sont aptes, dans les mêmes circonstances, à l’intercepter. La loi de l’égalité des pouvoirs émissîfs et absorbants permet de dire que, quelle que soit la nature de la source, météorique ou artificielle, l’action lumineuse ne peut frapper un corps sans qu’une partie des rayons lumineux ne soient éteints, et cela proportionnellement.à la modification opérée dans le corps frappé, parce que le mouvement transmis est employé à modifier ce corps physiquement ou chimiquement.
- Chaque substance, liquide ou solide, absorbe différemment les diverses radiations. Les matières colorantes, principalement celles qu’on dérive d’aniline et la plupart des extraits des plantes fournissent des spectres d’absorption très caractéristiques. C’est en
- étudiant l’absorption produite par une solution alcoolique de chlorophylle et par diverses autres substances colorantes que nous pûmes constater qu’on augmente beaucoup la force électromotrice développée par la lumière dans l’actinomètre en recouvrant la lame oxydée de différentes matières colorantes, telles que : éosine, érythrosine, safranine, vert cristaux, vert malachite, bleu soluble, violet de formyle, etc.
- La sensibilisation colorante s’obtient en plongeant la lame oxydée dans la solution colorante au 1/1000 environ ; on l’immerge ensuite dans l’eau distillée pour enlever l’excès de colorant, puis on s’en sert immédiatement comme lame positive de l’élément. Oh peut aussi, après avoir coloré et lavé la lame, la laisser sécher à l’air et à la lumière ; elle conserve toute sa sensibilité lorsqu’on la plonge, même longtemps après, dans la solution diluée d’iodurc de sodium ou de potassium.
- Les lames ainsi préparées retiennent bien peu de matières colorantes, car elles ne paraissent légèrement teintées que sous une grande incidence, mais l’adhérence est complète ; on peut, en effet, les frotter sous l’eau avec du papier filtre et elles conservent encore une partie de la sensibilité acquise.
- On obtient également de bons résultats en trempant la lame, après oxydation, dans une solution douce de gélatine blanche très diluée. Après séchage-, on paraffine le côté qui ne sera pas éclairé. Les lames ainsi préparées peuvent se conserver très longtemps sans rien perdre de leur sensibilité. Toutefois, il faut remarquer qu’une lame gélatinée ne donne pas de suite le maximum d’intensité ; il est nécessaire de la laisser s’humidifier dans la solution d’iodure de potassium pendant une heure environ, puis on la plonge dans le bain colorant avant de s’en servir.
- L’augmentation de la force électromotrice, par la lumière blanche, dépend de la substance colorante employée. Al. Rigollot a étudié, dans le spectre, l’effet des rayons de longueur d’onde déterminée, successivement
- p.449 - vue 450/624
-
-
-
- 45°
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- sur une lame simplement oxydée, puis sur la même lame après l’avoir passée dans un bain colorant donné, afin de rechercher la relation qui pouvait exister entre la matière colorante expérimentée et la longueur d'onde des rayons qui, plus particulièrement, exaltaient la force électromotrice. En notant, dans le spectre, la position de la bande d’absorption de la solution colorante employée, on constate que les radiations qui sont les plus actives pour la lame de cuivre oxydée, sensibilisée par la matière colorante, dépendent de la positionde la bande d’absorption. 11
- 0,684 0,650 (
- Lame non sensibilisée..... 16 div. 18 div.
- Même lame sensibilisée.... 140 760
- Les actinomètres sensibilisés au vert malachite (fig. 3) ont une sensibilité environ huit fois plus grande que celle d’un même acti-nomètre dont la lame serait seulement oxydée. Déplus, le maximum d’intensité électrique se trouve porté dans les radiations rouges.
- Nous avons cherché si, dans ce cas, il n’y avait pas d’action thermo-électrique.
- Afin d’arrêter les rayons chauds, nous interposions sur le trajet de la lumière une cuve contenant de la glycérine ào° C. L’expérience a montré qu’il y avait un léger affaiblissement de la force électromotrice, mais que cet affaiblissement était du en entier à l’épaisseur du milieu transparent, c’est à dire aux parois du vase. En effet, la nature et l’cpaisseur du milieu conducteur jouent un grand rôle en actinométrie. Ainsi, si l’on place une glace très transparente sur le trajet des rayons lumineux, l’œil ne percevra aucun changement dans l’éclairement de la lame influencée; cependant il s’est produit une modification dans l’intensité totale du flux lumineux et l’actinomètre en est le témoin.
- On peut encore vérifier le fait que l’action thermique ne joue aucun rôle en actinométrie d’une manière beaucoup plus simple, au moyen d’une source très chaude, mais douée
- y a donc là une relation entre la cause et l’effet.
- Ces faits, d’ailleurs, sont à rapprocher de La sensibilisation des plaques photographiques dites orthochromatiques pour tel ou tel rayon, quand on les plonge dans des solutions colorantes appropriées.
- Voici les résultats d’une expérience dans laquelle la sensibilisation de la lame de cuivre a été obtenue au moyen du vert cristaux. ï^es nombres inscrits donnent les déviations lues sur l’échelle du galvanomètre, pour la même lame de cuivre, avant et après la sensibilisation :
- >,600 0,550 0,500 0,450 0,410
- 80 div. 190 div. 208 div. 200 div. 88 div. 600 408 580 288 168
- d’un pouvoir éclairant presque nul, un bec Bunsen, par exemple, réglé de façon à ne donner qu’une lueur bleuâtre. Si on approche cette source aussi près que possible, au contact même de l’appareil, l’élément reste insensible et le galvanomètre à zéro ; mais si l’on ferme la prise d’air de Bunsen, diminuant ainsi son pouvoir calorifique et augmentant son pouvoir éclairant, l’actino sera immédiatement affecté.
- De ce qui précède, il résulte que la lumière agit, non par son énergie chimique proprement dite, puisque les rayons les plus réfran-gibles, dans certaines circonstances, n’ont qu’une action négligeable sur l’élément, ni par son énergie calorifique, mais sous une troisième forme que nous appellerons actini-cité.
- Dans l’état actuel de la science, il est bien difficile d’expliquer les phénomènes actini-ques. Tenter une pareille explication, ce serait, je crois, vouloir remonter aux causes premières, à l’élément ultime. Je ne mentionnerai donc, dans cette étude, et encore très brièvement, que quelques-unes des constatations que nous avons pu faire dans le cours de nos recherches personnelles.
- Comme tout élément à un seul liquide?
- p.450 - vue 451/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 4L
- l’actinomètre se polarise très vite. An moment ou l’on plonge les lames de cuivre dans la solution diluée, il se produit une force clcctro-motrice initiale qui décroît au bout de quel-
- ques minutes , puis devient sensiblement constante. Cette force électromotrice, devenue ainsi permanente, semble résulter de la dépolarisation partielle provoquée par l’oxyde
- de la lame éclairée. Lorsque l’état permanent est obtenu, on dit que l’actino est arrivé à son équilibre de polarisation.
- Nous allons examiner maintenant les raisons qui nous ont amenés à donner à l’action cuivre-oxyde de cuivre la disposition décrite plus haut, quant à la disposition des lames formant les électrodes, et pourquoi il est nécessaire de recouvrir d’un diélectrique celle
- des deux faces de la lame oxydée qui ne sera pas frappée par la lumière.
- Si l’on prend deux lames de cuivre, oxydées toutes deux aussi identiquement que possible d’abord non paraffinées, ensuite paraffinées, on obtient à peine quelques divisions de l’échelle de Thomson, tantôt à droite, tantôt à gauche, résultant de la force électromotrice. Si on éclaire tantôt la lame de droite, tantôt
- p.451 - vue 452/624
-
-
-
- 45-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- la lame de gauche, et, quel que soit le sens de la déviation permanente, l'éclairement rend la lame sur laquelle tombent les rayons, positive par rapport-à l’autre, c’est à dire que le sens du courant, dans le circuit extérieur de l’actinomètre, est toujours de la lame éclairée à la lame placée dans l’obscurité, môme lorsque, avant l'éclairement, il est de sens inverse. C’est là encore un point très important à considérer.
- Enmettant l’actinomètre en communication avec un élément Uaniell, successivement pendant des temps variant de quinze secondes à deux minutes, et si, après chaque polarisation, on essaye l’effet lumineux, on observe que
- i° La force éléctromotrice devient de plus en plus grande;
- 20 L’effet lumineux est sensiblement indépendant de la force électromotrice permanente.
- En prenant deux lames de cuivre, chauffées au rouge, passées au papier d’émeri, non paraffinées et toujours plongées dans la solution Kl au i/iooo, la force électromotrice permanente de l’élément est insignifiante, même en éclairant successivement les deux lames.
- Mais si, après avoir polarisé par l’élément Uaniell pendant cinq secondes, une minute, quatre minutes, dix minutes, on recherche chaque fois l’effet de l’ëclairemen-t sur les deux-lames, on observe que :
- t° La lumière n’a aucune action sur la lame en relation avec le pôle — du Uaniell;
- • 2° L’action de la lumière sur la lame reliée au pôle -f- du Uaniell augmente avec le temps de là polarisation.
- Et si on répète' la même expérience avec deux lames de cuivre (comme précédemment), mais paraffinées sur les faces en -fegard, on obtient identiquement les mêmes résultats.
- Nous pouvons donc dire que la lame oxydée ‘au bec Bunsen joue, vis-à-vis de la lame de "cuivre non oxydée, le rôle qu’une lame de
- cuivre, en liquide conducteur, qui serait attachée au pôle + d’une pile, l’autre lame étant
- A première vue, il semblerait que la lumière affectant la lame oxydée détermine un changement allotropique de l’oxygène dont les propriétés oxydantes et électro-ncgatives augmenteraient proportionnellement à l’intensité lumineuse qui les provoque.
- A l’appui de cette manière de voir, on constate, en effet, que la lame de cuivre placée à l’obscurité, derrière la lame oxydée et qui, au début des .expériences, est soigneusement décapée et nettoyée, se recouvre lentement d’une couche d’oxyde et prend parfois, quand la lumière expérimentée est intense, des teintes aussi vives que celles obtenues par l’oxydation au Bunsen; cet effet est, sans nul doute, produit par l’oxygène dégagé, à l’état naissant, dans le travail électrolytique et qui ne trouvant pas assez d’hydrogène • pour la recombinaison, déterminerait ainsi l’oxydation de la lame non soumise à l’action lumineuse.
- Peut-être, encore, pourrait-on émettre timidement l’hypothèse, en prenant comme base les expériences de Vogcl sur l’essence de térébenthine, celles de M. Cloez sur l’oxydation des huiles grasses, oxydation dueengrandepartie, d’après ce savant, à l’influence des rayons lumineux de grande réfrangibilité, et enfin les études de Al. J. Herschel sur l’influence que les phénomènes d’absorption de lumière exercent sur la destruction des couleurs végétales, que la lumière en ozonisant l’oxygène, deviendrait, en quelque sorte, un agent dépola-risateur qui rendrait de même sens les deux forces électromotrices inverses.
- Cependant, nous venons de voir que la force éîectromotrice augmente proportionnellement à l’intensité lumineuse, en lumière faible, et que cette force électromotrice dépasse souvent la force électromotrice initiale : la lumière provoque donc, dans l’actinomètre, d’autres phénomènes que la dépolarisation.
- Il résulte encore de ce qui précédé et d’une série d’observations absolument concluantes
- p.452 - vue 453/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 455
- que, quelle que soit la longueur d’onde des rayons actifs, quelle que soit la nature des matières colorantes sensibilisantes qui, pour des lames identiquement oxydées et plongées dans une meme dissolution, portent les phénomènes d’absorption dans telle ou telle région du spectre, l’action lumineuse engendre toujours, dans l’actinomctre, les mêmes réactions chimiques ou mieux, si on le préfère, les mêmes effets électrolytiques.
- Afin d’avoir quelques notions sur lesaites réactions, mon collaborateur a préparé différents appareils comme il est dit plus haut, mais en. solution très concentrée, pour obtenir plus rapidement et en plus grande quantité ics produits prenant naissance par suite du courant électrique.
- Deux actinomctres dont les lames avaient environ 6 cm* de surface active ont été formés et placés, l’un à l’obscurité complète, l’autre en pleine lumière. Dans chacun s’est produit un précipité verdâtre se déposant peu à peu au fond du tube à essais renfermant les lames.
- En recherchant, au bout de cinq jours, l’importance du précipité (et cela en agitant fortement les tubes et en comparant la coloration de la matière verte en suspension), on a constaté que le précipité formé dans l’actinomètre maintenu à l’ombre était négligeable par rapport au précipité forme à la lumière. Celle-ci facilite donc considérablement la formation de ce précipité. D’autre part, nous avons vu qu’à un éclairement donné correspondait une certaine force électromotrice : il y a donc en meme temps et production d’un courant et formation dudit précipité.
- Du reste, les expériences suivantes viennent corroborer ce fait :
- I.— On place.en même temps, dans deux solutions identiques, une lame oxydée au bec de Bunsen (aucune face n’est paraffinée). L’un des tubes à essais, contenant lame et solution, est placé en pleine lumière, l’autre tube à l’obscurité complète.
- Cinq jours après, on trouve au fond du tube
- maintenu dans l’obscurité un très léger dépôt verdâtre et un dépôt identique, mais très abondant, dans le tube éclaire. Dans ce dernier, les faces de la lame, qui étaient semblables au début, sont maintenant différentes : la face la plus éclairée s’est décapée, elle a l’aspect du cuivre métallique ; l’autre, au contraire, est noirâtre. Il semble qu’un courant se soit fermé d’une face à l’autre, la face éclairée étant poil. — La même expérience a été faite avec deux lames de cuivre parfaitement décapées et polies à l’émeri fin, non oxydées, non paraffinées. Le tube placé à l'obscurité ne présentaient pas de trace de dépôt au bout de cinq jours, tandis que le tube placé à la lumière avait donné un abondant dépôt et la face éclairée avait conservé son éclat métallique, l’autre face s’étant noircie.
- III. — Une lame de cuivre oxydée, paraffinée, a été, dans la même solution concentrée, placée à la lumière, la face non paraffinée étant directement éclairée pendant plusieurs jours. La solution est restée parfaitement limpide. Il ne se produit plus de courant se fermant d’une face sur l’autre; toutes les parties de la lame se trouvent dans le même état. A la longue, la paraffine ramollie par la chaleur (car les tubes étaient exposés en plein soleil) laisse pénétrer le liquide sur l’autre face et la réaction habituelle prend naissance.
- IV. — Une lame de cuivre oxydée, paraffinée sur la face qui ne sera pas éclairée, est placée dans un tube contenant la solution des expériences précédentes. Le tube est, sur la moitié de sa longueur, entoure de papier noir mat, par conséquent la face non paraffinée de la lame est en partie fortement éclairée et en partie dans l’obscurité.
- Le précipité verdâtre se forme rapidement et la partie éclairée de la lame, prend un aspect métallique, tandis que la partie restée dans l’ombre est noirâtre. Une action chimique et un courant ont pris naissance en même temps, la partie éclairée étant positive par
- p.453 - vue 454/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 454
- rapport à la partie maintenue dans l'obscurité.
- A l'analyse du précipité, on a trouvé une combinaison, suivant le sel employé, de chlorure, de bromure ou d’iodure cuivrique, combinaison riche en oxyde cuivrique. C’est donc, très probablement, un oxychlorure, oxybro-mure ou oxyiodure cuivrique.
- On peut rendre compte de la réaction finale par l’équation suivante, se rapportant à l’io-dure de sodium, par exemple :
- 4 Cu O -j-s Na I +H! 0 = 2 Na O H + Cu ls 3 Cu O
- réaction se produisant en même temps que le courant s’établit sous l’influence des rayons lumineux.
- La suite des réactions successives serait donc ;
- L'iode se porte au pôle négatif et le sodium au pôle positif.
- Pôle positif. — Le sodium réagit sur l'eau et donne de la soude et de l’hydrogène :
- NV + s HsO = iNa OH | H1.
- En effet, au bout de 24 heures de fonctionnement, la réaction de la solution, neutre au début, est devenue nettement alcaline.
- L’hydrogène réagit sur l’oxyde de cuivre et donne
- Hs + CuO=Cu+HsO.
- Pôle négatif (hypothèse).—L'iode naissant se combine avec l’hydrogène de l’eau, et l’oxygène avec le cuivre :
- I3+Hs0=2HI + 0,
- 0 + Cu = Cu0.
- L’acide iodhydrique donne avec le cuivre : îHI + Cu = Cu t‘ + Hs.
- L’oxyde cuivrique et l’iodure cuivrique prenant naissance au même pôle donnent de l’oxyiodure cuivrique, dont la présence dans l’actinomètre est constatée après fonction-
- nement. IP donnerait, avec CuO du pôle positif, de l’eau et du cuivre, fournissant un courant qui s’ajoute à celui de l’actino.
- (A suivre) Charles Maréchal.
- DÉCHARGE DE L’ÉLECTRICITÉ
- PRODUITE PAR
- LES RAYONS DE ROENTGEN
- EFFETS PRODUITS PAR CES RAYONS SUR LES DIÉLECTRIQUES Qu’lLS TRAVERSENT.
- Les rayons de Roentgen tombant sur les corps électrisés causent une déperdition rapide de la charge (1), qu’elle soit positive ou négative. La disposition que j’ai employée pour étudier cet effet est la suivante : la bobine de Ruhmkorff et le tube à vide qui servent à produire les rayons sont enfermés dans une grande caisse d’emballage entourée de papier d’étain ; on protège ainsi l’électro-mètre de toute perturbation électrostatique due à l’action de la bobine. L’aiguille de 1 e-lectromètre est portée par un fil de quartz ; il n’y a ainsi aucune force magnétique antagoniste et l’aiguille de l’électromètre n’est pas influencée par les variations d’aimantations au moyen de la bobine.
- Le tube à vide est placé de telle façon que sa partie phosphorescente soit à environ 1,5 pouce du sommet de la boîte ; un trou d’environ 1 pouce de diamètre, pratiqué dans le couvercle, juste au dessus du tube, permet aux rayons de sortir de la boîte ; une mince feuille d’aluminium ou d’étain recouvre le trou. La lame électrisée, qui est un peu plus grande que le trou, est placée en dehors de la
- {') Voir dans notre dernier numéro, p. 421, la lettre de l’auteur relative à ces expériences..
- Au sujet de la déperdition de l'électricité par les rayons de Roentgen, voir dans l’Éclairage Électrique'. Benoist et Hurmuzescu, p. 308, 317, 405 ;
- Dufour, p. 317 ;
- Righi, p. 399 ;
- J. J. Borgmann et A. L. Gerchun, p. 415.
- p.454 - vue 455/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 455
- boîte, à deux pouces environ au dessus, de telle façon que les rayons de Roentgen qui ont passé par le trou tombent sur la lame. Cette lame estmaintenue en communication permanente avec un des quadrants de l’élcctromc-tre ; on a isolé avec le plus grand soin la lame et les quadrants. L’isolement était assez parfait pour qu’il n’y eût pas de perte sensible quand la bobine ne fonctionnait pas.
- Voici maintenant comment on expérimente : les deux paires de quadrants sont réunies ; on charge la plaque à un potentiel élevé à l’aide d’un électrophore ou en la mettant en communication pendant quelque temps avec une grande batterie de petits accumulateurs. Tous les quadrants de l’électromètre sont alors au même potentiel. On sépare les deux paires de quadrants ; si l’isolement est bon, les potentiels resteront les mêmes et il n’y aura pas de déviation de l’électromètre. Dans nos expériences, la perte est si faible que, dans ces conditions, le mouvement de la tache lumineuse est à peine perceptible. Si l’on dirige alors les rayons de Roentgen sur la lame, i! se produit une déperdition brusque de l’électricité; le potentiel des quadrants reliés à la lame varie, et, en quelques secondes, la tache lumineuse, renvoyée par le miroir de l’électromètre, est déplacée jusqu’au delà de l’extrémité de l’échelle.
- Cette perte d’électricité se produit quel que soit le signe de la charge ; si la plaque n’est pas chargée au début aucune électrisation ne se manifeste quand on l’expose à ces rayons. En portant la lame à un potentiel élevé, la déperdition est un moyen très délicat de déceler ces rayons, moyen plus sensible qu’aucune' plaque photographique que je connaisse. J’ai observé un effet nettement perceptible de rayons qui avaient traversé une lame de zinc de 0,25 pouce d’épaisseur. L’emploi de la lame chargée et de l’électromètre est beaucoup plus expéditif que celui de la plaque photographique et s’applique plus facilement à des mesures quantitatives.
- Pour déterminer comment l’émission des rayons de Roentgen dépendait du degré de
- vide du tube, on a maintenu ce tube en relation avec la pompe et on a observé la perte à différents degrés de raréfaction ; aucune déperdition apparente ne se produisait tant que la pression n’était pas assez basse pour que des lueurs phosphorescentes apparaissent sur le verre ; même après l’apparition de ces lueurs, la perte restait lente tant que la bande positive présentait un éclat notable ; ce n’est qu’après l’extinction de cette bande que la déperdition devenait rapide.
- Pour obtenir le maximum de sensibilité, il faut naturellement donner à la lame une charge aussi forte que possible. La déperdition par les rayons a lieu toutefois, même quand le potentiel de la lame ne dépasse pas celui de l’opercule d’étain de plus de 5 ou 4 volts et je n’ai observé aucun phénomène indiquant l’existence d'une limite inférieure de la différence de potentiel au-dessous de laquelle la déperdition cesse de se produire.
- Cette déperdition diffère de celle qu’occasionne la lumière ultra-violette, dont les lois ont été démêlées par MAI. Elster et Geitel par plusieurs traits essentiels ; d’abord la lumière ultra-violette ne produit que la déperdition de l’électricité négative, tandis que les rayons de Roentgen agissent également sur les deux électricités. De plus, l’effet de la lumière ultra-violette n’est considérable que quand le corps électrisé est un métal fortement électro-positif présentant une surface propre. Au contraire, les effets des rayons de Roentgen sont très marqués quel que soit le métal et se produisent quand la lame électrisée est plongée dans des isolants solides ou liquides, aussi bien que quand elle est plongée dans l’air. J’ai recouvert la plaque de paraffine solide, de soufre solide, je l’ai placée à l’intérieur d’une masse d’ébonite, je l'ai serrée entre deux lames de mica, je l’ai immergée dans un bain d’huile de paraffine ; dans tous ces cas, bien que l’isolement fut •pratiquement parfait quand l’isolant n’était pas traversé par les rayons de Roentgen et que le potentiel de la lame ne différât de celui du métal qui recouvrait la boîte que de
- p.455 - vue 456/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- io ou 15 volts, la charge de la lame métallique se perdait néanmoins dès que les rayons de Roentgen traversaient l’isolant. J’ai trouvé que l'électricité sc perd môme quand l’espace qui sépare la lame des conducteurs les plus voisins liés à la terre est entièrement rempli de paraffine solide; j’en conclus que quand les rayons de Roentgen traversent un diélectrique;, ils le rendent, pendant leur passage, conducteur de l’électricité où que toutes les substances sont conductrices de l’électricité pendant quelles transmettent ces rayons. Le passage de ces rayons à travers un corps semble donc être accompagné d’une dissociation de ses molécules qui permette à l’électricité de s’y mouvoir par un mécanisme analogue à celui du passage d’un courant à travers un électrolyte. En employant un bloc de paraffine solide, dans lequel on avait plongé deux paires d’électrodes dont les unes étaient parallèles, les autres perpendiculaires aux rayons de Roentgen que l’on faisait passer à travers le bloc, j’ai trouvé que la vitesse de déperdition avait à peu près la même valeur parallèlement et perpendiculairement aux rayons (’).
- J. J. Thomsom.
- Membre de la Société Royale.
- SUR UNE
- EXPÉRIENCE DE Al. J.-J. THOMSON
- SUR LES RAYONS DE ROENTGEN
- Dans un récent article de M. Lodge, publié dans Y Eclairage électrique du 15 février, se trouve (p. 316, 2ecol.) décrite une expérience de M. J.-J. Thomson, d’après laquelle ce savant n’a pu obtenir d’image sur une plaque photographique couverte placée à l’intérieur d’un tube donnant des rayons de Roentgen.
- A ce propos, je me permets d’appeler l’attention de M. J.-J. Thomson et de M. Lodge
- (') Mémoire lu à la Société Royale de Londres, le 13 février 1896.
- sur les expériences de M. II. Brereton Baker (Proceedings of the chemical Society, igç2 n° 113, p. 120) qui semblent montrer que la présence de l’oxygène est nécessaire au noircissement du chlorure d’argent sous l’action de la lumière; en opérant dans le vide, l’auteur n’a pu observer aucun noircissement de ce sel.
- Comme dans l’expérience de M. J.-J. Thomson il s’agit très probablement de bromure d’argent (disséminé dans la couche sensible), il ne serait pas superflu, vu l’importance de cette expérience au point de vue de la nature des rayons de Roentgen, de répéter sur le bromure d’argent les expériences de M. Baker, et de rechercher s’il n’existe qu’une différence du temps de pose dans les conditions où sc forment les images photographiques latentes qui, pour devenir visibles, doivent être soumises au développement et les conditions où se forment des images visibles immédiatement par suite du noircissement du sel d’argent.
- Il est en outre utile de rappeler, je crois, que, ne connaissant pas encore la nature des rayons de Roentgen, nous ne pouvons non plus expliquer leur action sur une plaque sensible. Le résultat positif ou négatif d’une expérience pourra donc aussi bien être attribué à une particularité dans les rayons eux-mêmes qu’à une particularité dans l’action de ces rayons sur la couche sensible. D’ailleurs il n’est pas certain, a priori, que les substances sensibles aux rayons visibles se rangent dans le même ordre de sensibilité par rapport aux rayons non visibles, particulièrement les rayons de Roentgen. Jusqu’ici on n’a guère expérimenté, dans le cas de ces derniers rayrons, qu’avec le bromure d’argent. Des essais faits avec d’autres substances, en particulier celles dont la sensibilité à la lumière est connue et utilisée pour l’obtention des épreuves positives (sels de platine, d’or, de cuivre, de fer, de chrome, etc.), auraient quelque importance, la diversité de grandeur des molécules de ces diverses substances pouvant donner lieu à des particularités dont
- p.456 - vue 457/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 457
- l’observation donnerait sans doute quelque renseignement sur l’ordre de grandeur de la longueur d’un des rayons de Roentgen, la longueur d’une vibration étant intimement liée à la grandeur des molécules des substances sur lesquelles cette vibration, agit.
- En dernier lieu, je ferai remarquer qu’on ne semble pas d’accord sur la dénomination à adopter pour désigner les photographies obtenues au moyen des rayons de Roentgen.
- Pourquoi pas accepter une fois pour toutes le mot « actinogramme » (de «xrtts et Àoatys/v), généralisation la plus logique du mot bien connu « photogramme »?
- J.-J. Taudin Chabot.
- NOUVELLES EXPÉRIENCES L’ÉTINCELLE GLOBULAIRE (’).
- III
- Naturellement, la décharge globulaire n’est pas le seul phénomène lumineux qu’on puisse observer dans le tube à vide. Il se produit, en efîet, dans celui-ci les autres phénomènes lumineux connus, et il est nécessaire d’examiner comment les différentes formes de décharges seprésentent successivement, non tant dans le but de mettre en évidence les relations qui peuvent exister entre ces décharges et la décharge • globulaire, que dans celui d’établir quelles conditions sont favorables à la production de cette dernière.
- Toutes autres choses égales, l’apparition des différentes formes de décharges dans le tube dépend de l’ordre dans lequel les appareils sont disposés dans le circuit. Si l’on indique par SAT la disposition suivant laquelle ils se trouvent en partant de l’armature isolée du condensateur (fîg. i) et en suivant le circuit de décharge : d’abord l’excitateur
- (1) Voir L'Éclairage Électrique du 22 février 1896; P*
- S, puis la colonne d’eau A, et enfin le tube à décharge T, il est évident qu’on pourra disposer les appareils de six façons différentes ; comme, d’autre part, il n'est pas évident, a priori, que les phénomènes observés dans le tube soient indépendants du signe de la charge de l’armature isolée, on a donc, en définitive, 12 modes d’expérience.
- Voici ce qu’on observe en adoptant une de ces dispositions, SAT, par exemple, dans laquelle, en partant de l’armature isolée, on trouve d’abord l’excitateur, puis la colonne d’eau, puis le tube à décharges. Supposons, en outre, que l’armature isolée soit positive, que la distance explosive d à l’excitateur aille en croissant graduellement à partir de zéro, que la colonne liquide offre une résistance moyenne (relativement aux valeurs les plus convenables pour ces expériences), c’est à dire qu’elle soit longue de 20 cm et large de 1 cm, et enfin, que le tube à décharge contienne de l’azote à la pression de 2 cm environ.
- Comme on voit, c’est un cas particulier que nous considérons ; nous étudierons ensuite si et comment les effets se modifient dans d’autres circonstances.
- Commençons d’abord par faire d = o. On aura, dans ces conditions, un passage apparemment continu d’électricité dans le tube, et l’on verra, sur les électrodes de celui-ci, cette luminosité tranquille qui constitue la décharge éblouissante.
- Si l’on écarte alors un peu les boules de l’excitateur, de façon cependant que d soit toujours très petit, égal à 1 mm, par exemple, l’aspect de la décharge dans le tube ne change pas sensiblement. Dans ces conditions, on voit entre les"deux boules de l’excitateur une étincelle qui semble continue et qui produit un sifflement très aigu.
- Si l’on augmente encore d, l’intermittence du phénomène devient visible. En effet, à partir d’un moment donné, des petites étincelles éclatent entre les boules de l’excitateur; elles se succèdent à intervalles de temps tout de suite plus petits, jusqu’à ce qu’elles semblent former une luminosité continue, pro-
- p.457 - vue 458/624
-
-
-
- 458
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- duisant Le sifflement accoutumé et qui peut durer quelques secondes. Elles ont l’apparence d’une étincelle rouge beaucoup plus effilée et moins lumineuse au milieu qu’aux extrémités; elles sembleraient formées par deux luminosités coniques séparées et ayant leurs bases sur les sphères. Tant que cette étincelle sifflante persiste sur l’excitateur, on observe sur les électrodes du tube la décharge éblouissante. Dès que celle-ci cesse, la même succession de phénomènes décrits se reproduit.
- Si l’on augmente beaucoup plus d, par exemple, dans le cas actuel, jusqu’à o,8 cm, le phénomène change d’allure; au lieu de la décharge éblouissante, il se forme sur l’électrode positive du tube une décharge globulaire. Un accroissement ultérieur de la distance explosive d permet d’obtenir, au lieu d’une seule masse lumineuse, deux ou plusieurs de ces décharges qui se détachent successivement de l’électrode positive; en d’autres termes, la décharge, de simple qu’elle était, devient composée.
- Si l’on répète la série d’expériences avec diverses résistances dans le circuit, ou différentes pressions du gaz, les résultats restent les mêmes quant au fond, mais les masses lumineuses ont des formes, des dimensions et des vitesses différentes, et les valeurs de d pour lesquelles la décharge globulaire sé substitue à la décharge éblouissante varient aussi. Par exemple, si la résistance est beaucoup plus petite, la valeur de d à laquelle commence à apparaître la décharge globulaire est beaucoup moindre qu’auparavant, et le temps entre deux décharges globulaires diminue aussi. Cet intervalle de temps peut devenir égal ou inférieur à une seconde ; quand il est très faible, on observe dans la masse lumineuse constituée une espèce d’ondulation ou de pulsation d’un effet assez singulier.
- On doit noter aussi que, quand d est un peu inférieur à la valeur nécessaire à la production de la décharge globulaire, et lorsque la résistance liquide est surtout très faible, on observe quelquefois la décharge à panache ou aigrette au lieu de la décharge éblouissante,
- particulièrement sur l’électrode positive. Cependant, ce panache est toujours peu développé, tandis qu’il est prépondérant lorsqu’on adopte tout autre mode de montage, S T A. par exemple, au lieu de S A T.
- Examinons, maintenant, les phénomènes qui se produisent lorsqu’on adopte la disposition S TA, qui ne diffère de la précédente que par le changement de place de la colonne liquide A et du tube à décharges T.
- Tant que d est égal à zéro ou assez petit, on obtient la décharge éblouissante comme avec la disposition précédente. Mais pour peu qu'on augmente l’intervalle d, outre l’éclair blanc-azuré, on observe sur les deux électrodes de vifs panaches de lumière violette, le panache positif étant beaucoup plus étendu que l’autre. En continuant à augmenter d, le panache positif s’allonge encore et se concentre en une ou plusieurs bandes de lumière ondulante, tandis que le panache négatif diminue de grandeur.
- Lorsque d est encore plus grand, le phénomène devient périodique, comme dans le cas précédent.
- En fait, des étincelles de plus en plus rapprochées éclatent entre les sphères de l’excitateur, jusqu’à ce qu’apparaisse dans le tube une décharge stratifiée ; ensuite, la même succession de phénomènes se reproduit. Quelquefois, et sans règle apparente, on obtient la décharge éblouissante au lieu de la décharge en bandes. Il s’écoule alors un temps plus long que d’ordinaire, avant qu’une nouvelle décharge se produise, ce qui. conduit à croire que chaque décharge éblouissante épuise plus complètement la charge du condensateur. En augmentant toujours d, on commence à voir, à chaque décharge, des parties stratifiées, non plus violettes, mais roses ou rouges, c’est à dire de la couleur qu’affecte la décharge globulaire dans l’azote. Enfin, lorsque d atteint une valeur suffisante, des stries violettes apparaissent dans la décharge qui disparait tout à coup, en laissant à sa place la décharge globulaire. Celle-ci se reconnaît surtout à sa couleur, puisqu’elle a une forme
- p.458 - vue 459/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 459
- très allongée, une durée très brève et un mouvement de translation très rapide.
- Pour conclure, avec la disposition S T A, il n’est pas possible d’observer, tout au moins dans de bonnes conditions, la décharge globulaire, puisque les décharges en aigrettes stratifiées, tendent à se produire à sa place.
- Ces deux dispositions expérimentales, S A T et S TA, constituent en quelque sorte deux cas extrêmes, puisqu’avec la première on obtient facilement la décharge globulaire, et avec la seconde la décharge stratifiée. Les autres dispositions possibles donnent des résultats semblables ou intermédiaires, que je ne décrirai pas ; je me bornerai à énoncer quelques-unes des conclusions auxquelles elles conduisent.
- i° La décharge stratifiée se produit de préférence à la décharge globulaire quand le tube à décharges est mis dans la partie du circuit qui communique directement avec l’armature du condensateur, entre l’excitateur et la résistance liquide, principalement lorsque l’excitateur est du côté de l’armature positive. Dans les autres cas, c’est la décharge globulaire qui se produit de préférence.
- 2° Les valeurs du potentiel nécessaires à la production, dans un cas quelconque, de la décharge, dépendent, à égalité de la distance explosive d, de l’ordre dans lequel les appareils sont placés dans le circuit. Ainsi, tandis que la place occupée par la résistance liquide n’a, sous ce rapport, aucune influence, ce potentiel doit être plus élevé que dans les autres cas, quand le tube se trouve entre l’excitateur et l’armature isolée du condensateur.
- 5° Dans ces conditions, c’est à dire lorsque le tube est entre l’excitateur et l’armature isolée, le potentiel nécessaire pour produire la décharge globulaire est moindre qu’avec les autres dispositions. 11 en résulte que la distance explosive à l'excitateur nécessaire à la production de la décharge globulaire, est alors assez faible.
- Les 2e et 3e conclusions ont été obtenues en observant les déviations d’un électromètre
- à cadran, relié au condensateur. Je les ai consignées ici sans y attacher une importance capitale, car elles n’auront d’importance que lorsqu’on essaiera de donner une explication complète du phénomène de la décharge globulaire.
- La première conclusion, au contraire, a une utilité immédiate, puisqu’elle apprend que, pour obtenir la décharge globulaire, et pour éviter la décharge stratifiée, il faut bien se garder de placer le tube entre l’excitateur et la colonne liquide.
- C’est pourquoi j’ai adopté, dans mes nouvelles recherches, la disposition expérimentale suivante (fig. i). De l'armature du condensateur, partent deux conducteurs l et L, qui aboutissent à un inverseur C. De celui-ci partent d’autres conducteurs qui forment le circuit de décharge et dans lesquels sont intercalés l’excitateur S, la résistance liquide A et le tube à décharges T. La disposition est donc SAT ou TAS. En inversant, au moyen du commutateur, les communications entre le condensateur et le circuit de décharge, on peut rendre positive ou négative à volonté, l’électrode inférieure du tube T, qui était, d’ordinaire, placé verticalement ;
- p.459 - vue 460/624
-
-
-
- 4Ô<
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Tarmature positive pouvait donc être, soit du côté S, soit du côté T. A moins que Le contraire soit spécifié, on devra toujours supposer que l'armature positive communique directement avec l’excitateur S.
- Nous verrons plus loin comment les phénomènes varient lorsqu’on substitue d’autres gaz à l’azote. Je dirai seulement, pour l’instant, qu’avec les gaz dans lesquels la décharge globulaire se produit difficilement, on ne réussit à l’obtenir qu’avec les dispositions les plus favorables, comme SAT, tandis qu’avec les autres dispositions, on n’obtient jamais que la décharge stratifiée. Cette dernière, avec des changements graduels convenables, soit dans la pression du gaz, soit dans la forme et la distance des électrodes, etc, se transforme en une étincelle ordinaire. La même transformation graduelle peut se produire, comme je l’ai expliqué autrefois, entre la décharge globulaire et l’étincelle.
- IV
- Après avoir étudié les diverses dispositions expérimentales, j’ai recherché s’il existait une relation intime entre la décharge globulaire et la décharge stratifiée.
- Elles ont toutes les deux quelques caractères communs. En fait, dans quelques cas, les stratifications se meuvent, dans les tubes de Geissler, et semblent précisément émaner de l’électrode positive et se diriger vers 1 é-lectrode négative, tout comme la masse lumineuse obtenue avec la décharge d’un grand condensateur. C’est pourquoi quelques-unes des figures publiées dans mes Mémoires précédents, et représentant l’effet qu’on obtient en observant la décharge globulaire dans un miroir tournant, ont quelque ressemblance avec ceux que différents auteurs ont publiées pour représenter l’apparence de la décharge stratifiée dans des conditions semblables.
- Il vient donc naturellement à l’esprit de supposer que chaque masse lumineuse faisant partie de la décharge globulaire, n’est autre qu’une des stries d’une décharge stratifiée, et
- qu’on peut, par conséquent passer graduellement de l’une à l’autre, en faisant croître peu à peu la pression du gaz, depuis la valeur assez faible qu’elle a quand la première forme de décharge se produit, jusqu’à la valeur de i à 8 cm et plus, qu’elle atteint lorsque se produit la seconde.
- Alaintenant, voici ce que j’ai observé avec un tube des dimensions ordinaires, contenant de l’azote, à la pression initiale de 0,018 mm. A cette basse pression, la décharge du condensateur est nettement stratifiée. Si d—o c’est à dire si les deux boules de l’excitateur se touchent, on observe dans le tube un phénomène lumineux continu, au moins en apparence, c’est à dire avec quelques bandes lumineuses (7 ou 8), fixes et équidistantes, dont l’intensité lumineuse est d’autant moindre que la résistance introduite dans le circuit est plus grande.
- En introduisant dans le circuit, au moyen de l’excitateur, un intervalle à étincelles, on obtient des étincelles à des intervalles de temps plus ou moins grands suivant que l e-' tincclle est elle-même plus ou moins longue. A chaque décharge, il se produit dans le tube une colonne lumineuse nettement stratifiée.
- Si l’on produit ensuite une décharge prolongée, c’est à dire si l’on ferme le circuit de décharge à l’improviste au moyen d’un poids métallique mobile, on forme encore une colonne lumineuse stratifiée et les stratifications sont en plus grand nombre que dans le cas d~~o. Cependant, ces stratifications se retirent lentement vers l’électrode positive, où elles disparaissent une à une jusqu’à ce que leur nombre devienne égal à celui qu’on obtient pour d~ 0. Dans chaque cas, la couleur de la décharge à ces basses pressions est blanc-azuré.
- Si l’on augmente ensuite la pression de l’azote en faisant pénétrer ce gaz dans le tube, au moyen d’un robinet spécial (1), par petites quantités successives, les phénomènes se modifient comme suit :
- {'). Mèm. délia St. Acc.. di Bologna. Série V, t. III» p. 119.
- p.460 - vue 461/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 461
- D’abord et avant tout, la lumière de la décharge change de couleur ; elle devient rose, et tend peu à peu à prendre la teinte rouge qu’a la décharge globulaire dans l’azote. En outre, c’est le point le plus important, le nombre des stratifications augmente et leur séparation devient de moins en moins distincte. Aussi, par exemple, à la pression de 0,118 mm, les stratifications, quand d = o, sont au nombre de 12.
- Si l’on produit, à cette pression, une décharge prolongée, tandis qu’après un temps donné après son commencement le nombre de stratifications est encore de 12, dans les premiers instants, au contraire, leur nombre est différent. D’abord, on voit quelques nouvelles stratifications émaner de l’anode, mais aussitôt après, on peut noter un mouvement rétrograde accompagné de la disparition de quelques-unes des stries lorsqu’elles atteignent l’électrode positive ; ce mouvement rétrograde se continue jusqu’à ce qu’il ne reste dans le tube que les 11 stratifications immobiles.
- Celles-ci sont encore suffisamment distinctes à la pression de 0,118 mm ; mais à la pression de 0,24 mm, elles sont déjà très diffuses et difficiles à compter, non seulement parce que leur nombre est plus considérable, mais aussi parce que la différence d’intensité entre les zones d'intensités lumineuses ma-xima et minima est devenue plus faible, et parce que les stratifications ne sont plus fixes mais semblent.osciller vivement et irrégulièrement dans la direction de l’axe du tube. Ce n’est qu’en introduisant une étincelle dans 1 air, ou en employant la décharge prolongée, que les stratifications peuvent être encore rendues momentanément distinctes, particulièrement les dernières : celles qui sont les plus éloignées de l'électrode positive.
- A des pressions plus élevées, à 1 mm par exemple, il n’est plus possible de voir les stratifications, même dans le miroir tournant, et la colonne lumineuse semble continue. En augmentant encore la pression, elle se concentre dans l’axe du tube et s’étend toujours
- de plus en plus vers la cathode. En introduisant une étincelle dans le circuit, on commence à observer la décharge à éclat et en forme de bande ; lorsque la pression est de 5 mm environ, la masse lumineuse, d’abord large et diffuse, puis plus petite et plus lumineuse, commence à apparaître.
- La vitesse avec laquelle elle se détache de l’électrode positive va en diminuant, tandis que diminue le temps d’arrêt qui précède sa disparition. Quant on atteint enfin la pression de 20 ou 25 mm, elle prend sa vitesse minima de translation, et reste attachée à l’électrode un temps très bref.
- Gomme on voit, quand la décharge globulaire commence à apparaître, lorsqu’on augmente graduellement la pression, tout phénomène de stratification a cessé depuis un certain temps.
- Cette longue série d’observations avec des pressions successivement croissantes a etc répétée avec d’autres gaz que l’azote, en fait, avec presque tous les autres gaz que j’aurai plus loin occasion de nommer, et, comme les résultats en sont serqblables, il suflira de dire qu’au lieu d’observer un passage graduel des stratifications à la masse globulaire, on constate, au contraire, que les deux phénomènes sont toujours distincts.
- On peut, au contraire, reconnaître une certaine continuité entre la décharge stratifiée et la décharge sous forme de bande. En effet, lorsqu’on observe la décharge dans un des gaz dans lesquels on n’obtient pas la décharge globulaire, par exemple, dans l’oxygène, lorsque la pression croît peu à peu à partir de la plus basse valeur, on reconnaît une transformation graduelle de l’une à l’autre, de ces deux formes de décharge, puisque la colonne lumineuse positive, qui d’abord est nettement stratifiée et occupe toute la section du tube, se concentre peu à peu près de l’axe de celui-ci, tandis que les stratifications, croissant en nombre, deviennent toujours de moins en moins distinctes et finissent par n’être plus discernables. La colonne stratifiée s’est ainsi transformée en une
- p.461 - vue 462/624
-
-
-
- 46;
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- bande lumineuse qui, à son tour, peut se transformer en une étincelle ordinaire, lorsqu’on augmente l’intervalle d. ou qu’on diminue la résistance du circuit, etc.
- Au cours des expériences, faites dans différents gaz, j’ai observe des phénomènes très curieux, comme, par exemple, la division en plusieurs d’une colonne lumineuse d’abord continue, lorsqu’on ferme le circuit qui était ouvert pour un instant ; la production de stratifications à plusieurs couleurs ou ayant des formes variées et curieuses en mélangeant des gaz raréfiés, etc. Mais ces phénomènes, très brillants et offrant un certain intérêt, n'ayant pas une relation directe avec le sujet traité dans cet article, nous les négligerons . pour l’instant.
- (A suivre) A. Righi.
- Professeur à J'Institut royal de Physique de l’Université de Bologne (Italie).
- REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Compteur différentiel Cooper (1894)
- Ce dispositif a pour but de permettre de compter avec un seul appareil des courants fournis à des prix différents, tantôt pour l’é-
- JS
- M‘
- Fig. i. -• Compteur différentiel Cooper.
- clairage, tantôt, le jour, pour la force motrice, par exemple, à un prix moitié moindre. A cet effet, la bobine S du compteur différentiel E, du système Thomson Houston, inter-callée dans le circuit D M M’ des lampes l V a deux fois plus de tours que celle S1 du cir-
- cuit moteur D MM1 P de manière, qu’à puissance égale des deux circuits, elle fasse tourner deux fois moins vite J’armature s du compteur.
- G. R.
- Fabrication électrique des cyanures et ferrocyanures, procédé Readman (1894), Les matures à traiter : mélanges de matières carbonatées et de terres alcalines, est versé en A dans un creuset à garnissage de charbon dur D, fermé par un couvercle E, à garnitures d’amiante et porcelaine pour le
- passage de l’électrode en charbon G et trémies de chargement autoclaves J H K. La seconde électrode M pénètre au bas du creuset par la garniture N du fond P. Les cyanures s’écoulentpar Q dans la trémie étanche S, les gaz s’évacuent par T et des regards U permettent de suivre l’opération.
- On introduit, par exemple, dans le creuset A, déjà garni de coke porté à l’incandescence par le courant électrique, un mélange de ioo de carbonate de bayte et 20 de charbon en poudre ; l’azote peut être fourni par un courant de gaz à l’eau dont le résidu dénitrifié peut
- p.462 - vue 463/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 465
- encore servir comme combustible. Il se produit du cyanure de barium recueilli en majorité en Q et dont la partie volatilisée se récupère par la condensation des gaz de T.
- G. R.
- Electrolyseur Bein sans diaphragmes (1894). L’appareil se compose d’une auge à cloisons imperméables W W, W, qui la divisent en
- quatre compartiments AB CD traversés, sans mélange de leurs liquides, par le courant allant de l’anode K à la cathode K. Une vanne E permet de séparer complètement A B de C D.
- Si l’on électrolyse, par exemple, du bromure de sodium, l’hydrate de soude qui se forme à la cathode K descend constamment en D, à cause de sa plus grande densité, puis soulève la dissolution de bromure de C qui y flotte avec une séparation bien nette. En même
- temps, le brome séparé en N arrive en B, comme on le voit de l’extérieur : puis on ferme la trappe E, aussitôt que les tranches de séparation des liquides en C et en B arrivent au haut de W.. On enlève par des siphons en O O, les couches de bromure non décomposées puis on évacue le brome et la soude par H H,.
- On peut dans ce cas, comme dans tous ceux où les produits électrolysés sont tous deux plus denses que leur liquide, n’employer que deux cloisons W et W, (fig. 2) avec l'anode N en 3 au fond du bain et la cathode K au haut du compartiment 1. Le brome monte lentement en 3 et la soude passe de 1 à 2 jusqu’au sommet de W, puis on recueille les produits de l’électrolyse. Cette disposition de la cathode permet à l’hydrogène de s’évacuer sans agiter les liquides.
- Quand les produits de l’électrolyse sont l’un plus dense et l’autre moins dense que le bain, comme dans le cas du chlorure de sodium, on n’emploie plus (fig. 3) qu’une seule cloison W. La soude monte de 1 en 2, séparée du bain par la couche de chlorure non décomposée 2, que l’on sépare par la trappe horizontale V dès que la soude arrive près de son niveau.
- G. R.
- Transformateur moteur Blakbum et Boyden <1894).
- Ce transformateur multipolaire a les enroulements de basse tension a, de son arma-
- Fig. 1. — Armature d’un transformateur moteur Blakburn et Boyden.
- ture enroulés en parallèle (fig. 3) en sections multiples du nombre des pôles avec une paire de balais par section : les enroulements de haute tension sont au contraire disposés(fig,5)
- p.463 - vue 464/624
-
-
-
- 464
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- en scrLs b (fig. 1). En outre, les inducteurs de basse tension sont complétés par des en-
- roulements croisés comme l’indique la lig. 2 duire le plus possible le nombre des enroulements nécessaires pour obtenir une transformation donnée, principalement dans les trans^
- Boyden à haute tension.
- . de manière à compenser automatiquement les effets dus aux dyssimétrics de l’armature. Ces dispostions ont pour effet de ré-
- formateurs à très basses pressions employés en électrochimie.
- • ! G. R.
- Dynamoteur de la Société pour la transmission de la force, par l’Electricité (1894).
- L’armature de ce moteur se compose d’un nombre pair n de bobines AA, ... A. (fig. 1) à pôles alternativement opposes, excitées par des courants alternatifs monophasés qui tendent à y engendrer deux champs magnétiques ou flux tournant, en sens contraire, autour de l’axe O avec une vitesse de ^ tours
- par seconde, T étant la fréquence du courant, d’où il résulte que si l’on peut supprimer l’action de l’un de ces champs sur l’inducteur 1, cet inducteur tendra à tourner sous l’influence du champ conservé. Cette suppression s’obtient par l’interposition d’un écran E formé d’un cylindre lamellaire à rondelle5 isolées, assemblées par des boutons entre deux fonds en bronze et tournant autour de 0 avec une vitesse à peu près égale à celle de
- p.464 - vue 465/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- l’un des champs de manière à annuler à peu [ , On a représenté en fig. 2 et 5 un alterno-près l’action du champ qui tourne en sens moteur de ce type à six bobines A B C reliées contraire de cet écran et de 1. ! en série, à pôles alternativement opposés avec
- Fig. 1. - Armature du moteur de la Société pour la transmission de la force par Vélectricité. Fig. 3. - Elévation du moteur.
- inducteur abc def àu type Paccinotti à deux enroulements croisés, aboutissant aux quatre
- collecteurs uvxy et balais f.fff. I décran est constitué par le tambour annulaire a* bxcx
- d*ex f* porté par l’arbre U V. Apres avoir imprimé à ce tambour une certaine vitesse dans
- le sens que l’on veut pour la rotation de P, on n’a plus, pour lancer le moteur, même en charge, qu’à fermer le circuit inducteur re-
- p.465 - vue 466/624
-
-
-
- 466
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- lie aux balais f,fsf3f par les rhéostats 2 et 2
- (fig- -l)- ________ G. R.
- La circulation dans les tubes de chaudières A la suite d’une discussion parue récemment dans VEngineering sous forme de let-
- tres échangées entre les ingénieurs partisans des tubes de circulation d’eau froide placés à l’extérieur des chaudières et ceux qui préfèrent utiliser les tubes des chaudières eux-mèmes pour cet emploi, M. Yarrow a invité toutes les personnes que ce sujet intéresse, à
- Fig. 1. — Appareil servant h vérifier le sens fie
- assister à des expériences faites dans ses ateliers.
- U Engineering donne une description complète de ces expériences et les conclusions qu’en a tirées M. Yarrow.
- M. Lambert, professeur au Naval royal Collège de Greenwich et A1. Hiram Maxim expliquaient aux nombreuses personnes qui avaient accepté l’invitation de M. Yarrow, les divers appareils dont nous donnons la description.
- Le premier (fig. 1) se compose de deux tu-
- I3 circulation et à mesurer la vitesse du courant.
- bes de verre verticaux dont les parties inférieures sont jointes par un tube de cuivre, tandis que les extrémités supérieures débouchent clans une caisse cylindrique en communication avec l’atmosphère. De chaque côté sont trois brûleurs Bunsen.
- Dans le tube de droite, on a placé un cylindre portant une rainure à sa partie extérieure. Ce cylindre est attaché par une cordelette au bras d’un balancier qu’il entraîne lorsqu’il est poussé par le courant d’eau.
- Le balancier forme avec deux tringles un
- p.466 - vue 467/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 467
- triangle dont le sommet se déplace devant un cercle gradué en degrés. Alors que tout était froid, le sommet était vis-à-vis de la graduation — 450; lorsque l’on alluma le premier brûleur de gauche, le courant fut intermittent et aucune lecture ne fut possible ; mais quand on alluma la seconde lampe, l’indicateur s’arrêta à la division — 12. Dès que la troi-
- sième lampe fut en feu, le sommet du triangle monta à — 5“. On alluma alors un brûleur de droite et le sommet indiqua la graduation -j- 10, puis au deuxième brûleur-)- 15 et enfin tous étant en feu il s’arrêta à -{- 20. Ceci démontrait ce que MM. Yarrow avaient affirmé, c’est à dire qu’il y a intérêt au point de vue de l’activité de la circulation à chauf-
- Fig. 2. — Appareil
- quand les tubes sont chauffés par un seul foyer
- fer les tubes amenant l’eau froide à la partie inférieure.
- Mais cette expérience ne donnait qu’une idée approximative des variations de vitesse du courant. M. Maxim remplaça le cylindre mis dans le tube de droite par une hélice de position fixe actionnant un compteur. II calcula ainsi les vitesses suivantes, qu’il obtint sans tenir compte du recul de l'hélice, ni du ralentissement du courant dû au travail nécessaire, à la marche du compteur : i° Lorsque 2 lampes de gauche étaient allumées, 8,50 m
- par minute ; 20 Lorsque les 3 lampes de gauche étaient allumées, it m par minute; 31' Pour les 3 lampes de gauche et une lampe de droite, 14,95 m par minute ; 40 Pour 3 lampes de gauche et 2 de droite, 14,95 m Par minute; 50 Pour toutes les lampes, 15,4 m par minute.
- Brûleurs allumés Vitesse par minute
- 2 à gauche 8,54
- 3 » 1 à droite 12,81
- 3 » 2 » «4.95
- 3 * 3 » 15/40
- p.467 - vue 468/624
-
-
-
- 468
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- L’expérience suivante se fit avec un appa- j reil semblable dont les deux tubes sont inclinés et dont on a supprimé l’hélice et le cylindre. Les 3 brûleurs placés sous le tube où doit se faire l'ébullition sont plus puissants que les trois autres placés sous le tube par lequel descend l’eau froide. ‘
- Dès que les trois premiers brûleurs furent allumés, la circulation s’établit, l'eau et la vapeur mélangées rentrant dans la caisse cylindrique par le tube échauffé. On mit ensuite en action les trois autres brûleurs et la circulation devint aussitôt plus rapide.
- Il est à remarquer qu’il n’y avait aucune
- bulle de vapeur dans le tube amenant l’eau froide, ce que MM. Yarrow expliquent par un maximum de pression dans la partie basse du tube.
- On procéda ensuite à une expérience assez différente des premières avec un appareil (fig. 2) composé de trois tubes, faits chacun de tubes de verres et de laiton mis bout à bout. Ils sont réunis à la partie inférieure et débouchent en haut dans une même caisse cylindrique . communiquant avec l’atmos-
- phère. La partie basse de l’appareil est enfermée dans une caisse contenant plusieurs brûleurs Bunsen placés à droite dont les gaz chauds provenant de la combustion sortent par une cheminée placée à gauche. Ceci constitue en quelque sorte le schéma d’une chaudière Yarrow. La flamme lèche, dans ce système, les premiers tubes, tandis que la fumée seulement frôle les derniers. Dans le cas présent, on constata la formation d’un courant ascendant dans les deux tubes de droite et
- p.468 - vue 469/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 469
- d’un courant descendant dans le tube de gauche.
- La figure 3 montre un autre appareil basé sur le même principe, mais le tube de gauche est remplacé par un tube séparé des deux
- autres par un écran. Les trois tubes sont réunis par une jonction en T et peuvent être chauffés par des brûleurs placés des deux côtés de l’écran.
- On alluma d’abord les brûleurs chauffant
- Fig. 4. — Appareil permettant de îemj
- les tubes placés devant l’écran. Tous deux furent traversés par un courant ascendant dont la vitesse fut augmentée dès que l’on chauffa le troisième tube.
- Des expériences du même genre furent exécutées en remplaçant l’ébullition par un courant d’air produit à l’intérieur d’un tube de verre en V (fîg. 4) dont les deux branches étaient en communication avec un réservoir placé à la partie supérieure et portaient vers eurs milieux des robinets qui les reliaient à une pompe. Le courant d’air étant lancé dans
- placer l’ébullition par un courant d’air
- une des branches, il s’y-établissait une circulation d’eau ascendante, dont l’activité augmentait lorsque la seconde branche était mise en communication avec la pompe et qui subsistait alors môme que le courant d’air était supprimé dans la première.
- Dans toutes ces expériences, la pression de la vapeur était celle de l’atmosphère. Aussi, pour les rendre plus concluantes, on utilisa un appareil semblable au premier (fig. 5), mais dont le coffre à vapeur était fermé.
- La pression étant montée à 10,7 kg par
- p.469 - vue 470/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 470
- cm’, on constata encore que le courant était accru lorsque l’on chauffait la branche clans laquelle l’eau froide descendait. On éteignit ensuite les brûleurs du côté du courant ascendant, sans changer le sens du courant.
- M. Yarrow conduisit alors ses hôtes dans
- l’atelier des chaudières et leur montra un appareil qui est, en réalité, un élément d’unç des chaudières construites pour un croiseur danois. Les tubes ont 1,65 m de long et 2,9 cm de diamètre.
- L’appareil se compose d’un foyer (fig. 6) et
- Fig. 5. — Appareil démontrant que les résultats obtenus avec les précédents ne changent pas
- tubes enfermés dans une caisse à laquelle est fixée une cheminée, du côté opposé à celui du foyer. Les tubes débouchent en haut dans un coffre à vapeur, en bas dans un coffre à eau.
- Dans le premier tube à partir du fourneau et dans le premier tube à partir du côté opposé, on avait placé des hélices reliées par une tige à des cylindres placés au-dessus du
- coffre à vapeur. Des traits noirs faits sur ces cylindres permettaient de voir nettement leurs mouvements. Les résultats furent les mêmes que précédemment et des expériences anciennes avaient montré à MM. Yarrow qu’il n’y-a jamais moins de deux des tubes les moins Vhauflés à servir au courant descendant.
- Un second appareil ayant encore les mêmes
- p.470 - vue 471/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 47i
- dimensions que celles adoptées pour les chaudières véritables fut présenté. Tous les tubes étaient faits de deux parties, l’une métallique, l’autre en verre, très courte. Dès que l’on alluma le foyer, un tube d'abord, puis les au-
- tres un à un furent visiblement traversés par un courant ascendant par la présence de bulles en mouvement, que l’on supposa être des bulles d’air. Puis il se forma de véritables torrents de bulles de vapeur projetées en haut,
- Fig. 6. — Elément théoriq
- quelquefois redescendant, mais disparaissant le plus souvent dans le coffre de vapeur.
- A ce moment, les tubes semblaient remplis d’un liquide laiteux formé d’eau et de vapeur, jusqu’à ce qu’enfin le feu ayant acquis toute son intensité et le régime permanent s’étant établi, la circulation devint régulière, les trois tubes les plus éloignés du foyer servant au courant descendant.
- Il ne pouvait donc rester aucun doute dans notre esprit, dit Y Engineering, et les idées de MAI. Yarrow étaient suffisamment justifiées,
- ue dune chaudière Yarrow,
- \ S Engineering joint au récit de ces expériences celui d’une autre faite aussi par MM. Yarrow, plus anciennement. Elle avait pour but de démontrer que les tubes sont à peu près à la môme température que celle de l’eau qu’ils contiennent et que Leur dilatation n’a que très peu d’importance quand la circulation est parfaite.
- Une tige métallique, placée dans un tube, était liée à la partie inférieure du coffre à eau d’une chaudière, tandis que son extrémité supérieure sortait au-dessus du coffre à vapeur. Des repères étaient faits sur la tige
- p.471 - vue 472/624
-
-
-
- 4?2
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- et sur le coffre à vapeur, qui devaient accuser le moindre changement de longueur entre la tige et le tube. Ces repères sont restes en face l’un de l’autre, quelle qu’ait été l’intensité du foyer et la pression intérieure.
- Ceci permet à M. Yarrow d’expliquer l'étanchéité des joints de ses chaudières, dont les tubes sont droits, contrairement aux idées reçues actuellement.
- A son avis, pour que les joints des tubes soient toujours étanches, il faut et il suffit que la circulation soit assez active pour empêcher la formation des chambres de vapeur, car dans ces conditions la température du métal est pratiquement égale à celle du liquide contenu. G-
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Sur les radiations émises par phosphorescence, par Henri Becquerel (’).
- » Dans une précédente séance, AL Ch. Henry a annoncé que le sulfure de zinc phosphorescent interpose sur le trajet de rayons émanés d’un tube de Crookes augmentait l’intensité des radiations traversant l’aluminium.
- » D’autre part, M. Niewenglowski a reconnu que le sulfure de calcium phosphorescent du commerce émet des radiations qui traversent les corps opaques.
- )) Ce fait s’étend à divers corps phosphorescents, et, en particulier, aux sels d’urane dont la phosphorescence a une très courte durée.
- » Avec le sulfate double d’uranium et de potassium, dont je possède des cristaux formant une croûte mince et transparente, j’ai pu faire l’expérience suivante :
- » On enveloppe une plaque photographique Lumière, au gélatino-bromure, avec deux feuilles de papier noir très épais, tel que la (4) Comptes rendus, t. CXXII, p. 420 ; séance du 24
- plaque ne se voile pas par une exposition au Soleil, durant une journée.
- » On pose sur la feuille de papier, à l’extérieur, une plaque de la substance phosphorescente, et l’on expose le tout au Soleil, pendant plusieurs heures. Lorsqu’on développe ensuite la plaque photographique, on reconnaît que la silhouette de la substance phosphorescente apparaît en noir sur le cliché. Si l’on interpose entre la substance phosphorescente et le papier une pièce de monnaie, ou un écran métallique percé d’un dessin à jour, on voit l’image de ces objets apparaître sur !c cliché.
- » On peut répéter les memes expériences en interposant entre la substance phosphorescente et le papier une mince lame de verre, ce qui exclut la possibilité d’une action chimique due à des vapeurs qui pourraient émaner de la substance échauffée par les rayons solaires.
- » On doit donc conclure de ces expériences que la substance phosphorescente en question émet des radiations qui traversent le papier opaque à la lumière et réduisent les sels d’argent, »
- £ur la production des silhouettes de M. Roentgen, par M. Ch.-V. Zenger p).
- « Prague, le 17 février 1896.
- « Dans l’cxlrait de ma Note sur les silhouettes de M, Roentgen, qui a été inséré aux Comptes rendus (2), on a omis d’indiquer que les épreuves si bien réussies, adressées par moi, avaient été obtenues au laboratoire de l’Ecole polytechnique slave de Prague, du 11 au 22 janvier. Elles ont été faites par • AL Domalip, professeur d’clecîro-teehniquc j à cette École, en collaboration avec le préparateur de physique, AI. Drozet.
- » Ce qui me paraît intéressant, c’est que M. Domalip a obtenu des images électriques (de Trouvclot) sur la plaque, au moyen de plaques de cuivre jaune et rouge, de zinc, de
- (’) Comptes rendus, t. CXXII, p. 456 ; séance du 24 férvier.
- (») Voir l'Éclairage Électrique du 22 février, p. )i7-
- p.472 - vue 473/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 473
- plomb', d’acier. C’est la preuve, selon moi, qu’il n’y a là qu’un phénomène d’induction électrique produisant la phosphorescence de la gélatine et en même temps la décharge électrique dans la gélatine ; enfin, la fluorescence de l’air ambiant, comme dans le cas de la décharge en aigrettes (décharge sombre) de l’électrité. A mon sens, ce sont ccs trois agents qui déterminent la décomposition des sels d’argent dans la couche sensible : il n’y a pas de rayonnement spécial, de rayons X ou de lumière noire, etc.
- » Au surplus, on obtient une action plus rapide avec des plaques ortho-chromatiques à l’éosine, ou avec des plaques lavées avec une solution de sulfate de quinine ; toutes ces substances, qui peuvent transformer le mouvement électrique en mouvement ondulatoire, c’est à dire produire la fluorescence et la phosphorescence, contribuent beaucoup à la production des images. .»
- Sur l’action des rayons X sur le diamant, par MM. Abel Buguet et Albert Gascard (')•
- « La transparence des différentes variétés du carbone et de la plupart de ses combinaisons non métalliques , établie par M. Roentgen, puis par les expérimentateurs qui ont étudié les rayons X, peut servir à différencier nettement le diamant de ses imitations, faites de substances de grande opacité.
- » Les épreuves que nous avons l’honneur de présenter à l’Academie portent les silhouettes juxaposées de diamants authentiques et d’imitations libres ou montés. Les poses longues arrivent bientôt à faire disparaître complètement les silhouettes des diamants vrais, lorsque les faux continuent à sc comporter comme des corps opaques. Le même procédé nous a permis aussi de différencier le jais naturel de ses imitations minérales.
- » A côté de ce procédé graphique, nous avons éprouvé un procédé optique où nous utilisons la fluorescence étudiée par M.
- f ) Comptes rendus, t, CXXII, p. 457 ; séance du 24
- Roentgen. Le diamant et le jais, interposés entre le tube de Crookcs et une feuille de papier couverte d’une matière fluorescente (platinocyanure de baryum, par exemple), projettent sur celle-ci des ombres plus claires que celles qui se montrent derrière les imitations disposées au voisinage.
- » Voilà deux méthodes d’expertise très sûres : la méthode graphique laisse un document irréfutable ; la méthode oblique est instantanée. Elles entreront aisément dans la pratique, car la pierre précieuse pourra être éprouvée même dans sa monture, et sans courir aucun risque (1). ))
- Sur la cause de l’invisibilité des rayons
- de Roentgen, par MM. Dariex et de Rochas (’).
- « Les expériences suivantes ont eu pour but de rechercher quel peut être le degré de perméabilité des milieux transparents de l’œil (cornée, humeur aqueuse, cristallin, corps vitre) parles rayons de Roentgen, et si ces milieux, parmi lesquels le cristallin est une véritable lentille, dont l'indice de réfraction (1,44 à 1,45) est voisin de celui du verre (1,52), 11’opposeraient pas, comme lui., une grande résistance au passage des rayons. Cela expliquerait pourquoi ils nous sont invisibles.
- » Première série d'expériences. — Dans la première série, les rayons X ont été produits avec une machine de Wimshurst, dont les plateaux ont 56 cm de diamètre.
- » Par des expériences antérieures, on avait constaté qu’avec cette machine on peut photographier les corps qui interceptent les rayons X; on avait obtenu la photographie très nette d’une clef enfermée dans une boîte en bois. Un tube de Crookes était suspendu verticalement, par la cathode, à la branche négative de la machine électrique ; la branche
- (1) Ces expériences ont été obtenues au cabinet de Physique de l’École des Sciences de Rouen, à l’aide d’un tube, malheureusement bien médiocre, qui oblige h des poses très longues, inférieure même V deux lam-
- quelques essais plus rapides.
- (*} Comptes rendus, t. CXXII, p. 458.
- p.473 - vue 474/624
-
-
-
- 474
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- positive était reliée à l’anode. Les rayons J cathodiques venaient frapper l’extrémité inférieure du tube.
- » Les expériences ont porté sur des yeux frais de porc, dont le volume est sensiblement égal au volume de l’œil humain.
- » On a d’abord constaté qu'après vingt minutes de pose sur une plaque photographique entourée de quatre feuilles de papier noir, l’œil, dont la cornée était presque en contact avec l’extrémité inférieure du tube, n’a laissé se produire qu’un halo à la phériphérie de la plaque et s’est comporté, pour les rayons X, comme un écran opaque.
- » Dans un autre essai, on a placé, sur la même plaque, l’une des branches d’une petite paire de ciseaux à strabisme, un cristallin, un morceau de muscle de même épaisseur que le cristallin, une cornée et une plaquette de bois. Après vingt minutes de pose, les résultats obtenus ont montré que la paire de ciseaux est très opaque, le cristallin l'est un peu moins, le muscle l’est à peu près comme le cristallin, la cornée l'est moins que le cristallin et le bois beaucoup moins que la cornée....
- » Deuxième série d’expériences. — L’insuffisance de l’intensité des rayons obtenus avec cette machine électrique ne permettait pas une comparaison assez précise entre la perméabilité des milieux transparents de L’œil et celle des autres tissus organiques, notamment ceux de la main.
- » On a employé alors une bobine d’induction, actionnée par deux accumulateurs. Sur la plaque recouverte par cinq feuilles de fort papier noir, on disposa un œil frais de porc, dont les membranes, comprenant la sclérotique, la choroïde et la rétine, avaient été enlevées au pôle postérieur, sur une étendue de 8 mm à 10 mm, de manière que les rayons X n’eussent plus à traverser que les milieux transparents de l’œil, et que la plaque sensible se trouvât {sauf l’interposition du papier) dans les mêmes conditions que la rétine dont elle occupe la place. Cet œil, ainsi préparé et au travers duquel on pouvait voir les objets
- J placés derrière lui, fut disposé sur la plaque photographique, dans un triangle formé, sur deux côtés, par le médius de l’annulaire de l'un des expérimentateurs qui porte une bague ; le troisième côté du triangle était formé par un rectangle de bois, destiné à fixer l’écartement des doigts, et dont la hauteur était d’environ iç mm.
- » La plaque ainsi recouverte fut posée sur un support à 8 cm de l’extrémité inférieure du tube et disposée de telle manière que l’œil reçut directement le maximum des rayons. Au bout d’une demi-heure de pose on obtient le cliché que nous soumettons à l’Académie.
- » On peut y constater que l’œil, bien qu’il ait été exposé aux rayons X plus directement que les doigts, paraît plus opaque que les muscles, mais moins opaque que les os et l’anneau d’or. Un examen attentif permet de reconnaître, en outre, au centre de l’image projetée par le globe oculaire, un cercle plus noir, qui semble indiquer une opacité pins grande de la portion axiale de l’œil, précisément celle qui est transparente pour nos regards.
- » De tout ce qui précède, il résulte que les milieux transparents de l’œil, qui se laissent traverser d’une façon si parfaite et instantanément par les rayons dits lumineux, se sont montrés très peu perméables pour les rayons X, malgré une action prolongée pendant une demi-heure. »
- Sur les rayons de Roentgen, par M. Georges Meslin (1)
- « .... Les rayons actifs n’émanent pas directement de la cathode : ils semblent provenir de la partie du verre rendue fluorescente sous l’influence de l’électrode ; on produit en effet l’impression photographique en mettant la plaque sur le côté du tube, de façon qu’elle
- reçoive le rayonnement de la calotte de verre,
- et en interposant un mur de briques sur le trajet des rayons qui pourraient venir directement de l’électrode.
- ('} Comptes rendus, t. CXXII, p. 459 ; séance du 24
- p.474 - vue 475/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 47S
- » ... J’ai obtenu des photographies très énergiques avec des poses de moins d’une minute : un des clichés a été obtenu à travers cinq épaisseurs de papier noir, avecune pose de quatre secondes. Il faut, pour cela, surveiller la marche de la bobine, agir constamment sur le trembleur pour maintenir la fluorescence à son plus haut degré, en se guidant aussi sur la lumière violacée pâle qui apparaît par moments dans la longueur du tube...»
- Sur quelques propriétés des rayons X de Roentgen, par H. Dufour (1).
- « Nous avons étudié l’action des rayons X sur les corps électrisés.
- » Une lame d’aluminium, collée sur une plaque carrée d’ébonîte, est fixée à I’extrémitc d’une tige isolante. Le tout est enfermé dans une caisse en métal communiquant avec le sol ; la lame d’aluminium est reliée à un électromètre gradué jusqu’à 1500 volts. Les radiations émanant d’un tube de Crookes agissent par une fenêtre percée dans la caisse de métal, sur la feuille d’aluminium.
- » On constate que les radiations émises par le tube déchargent la feuille d’aluminium électrisée négativement; qu’il en est de meme avec une feuille d’or électrisée ; que cet effet se manifeste aussi, peut-être d’une façon moins intense, lorsque les feuilles sont électrisées positivement.
- » En plaçant devant la fenêtre des écrans divers, on peut mesurer l’absorption qu’ils exercent sur les radiations qui émanent du tube et faire ainsi, par un procédé plus commode que l’emploi de substances fluorescentes, une -photomètrie relative des rayons X.
- «Nous avons constaté ; que les phénomènes de fluorescence se produisent, non seulement devant la face du verre opposée à la cathode, mais aussi devant l’anode et plus ou moins sur toute la surface du verre; que la fluorescence de la lame de papier couverte de platinocyanure de baryum augmente lors-
- 0} Comptes rendus, t. CXX1I, p. 460; séance du
- qu’on approche les doigts ou mieux un corps métallique de cette bande (,1e tube de Crookes était enfermé dans une caisse de sapin à parois de 1 cm d’épaisseur).
- » Lorsque le tube agit énergiquement, les doigts promenés sur le bois de la caisse deviennent lumineux au point de contact. Si l’on interpose entre la caisse et la lame fluorescente le doigt ou un objet, surtout métallique, l’ombre de cet objet se dessine en sombre sur la fluorescence générale de la bande, comme dans les photographies ordinaires produites par les rayons Roentgen.
- » Or une radiation d’une source lumineuse ne varie pas d’intensité par le fait de la présence ou de l’absence du corps qu'elle éclaire; ici, il n’en est pas de même : la présence des corps conducteurs facilite l’émission des radiations du tube de Crookes ; on se trouve en présence d’un phénomène analogue à l'effluve électrique, et il semble que les actions photographiques produites sont bien dues à l’existence d’une effluve électrique de ce genre, très homogène et très divisée, mais dont l’existence se manifeste par ses propriétés électriques-
- » Ainsi, des tubes de Geissler très petits et très sensibles s’illuminent là où les rayons X impressionnent la plaque photographique.
- » Les écrans métalliques qui protègent la plaque photographique contre les radiations Roentgen arrêtent également leur action électrique sur les tubes de Geissler. De ces faits, nous concluons que :
- » Les radiations actiniques qui émanent de la surface des tubes de Crookes et agissent à travers des corps opaques (optiquement) sur une plaque photographique, paraissent avoir une origine électrique ; elles constituent un phénomène analogue à l’effluve électrique et agissent comme elle sur une plaque photographique.
- » La perméabilité des corps pour les radiations émanant des tubes de Crookes varie avec leur constante diélectrique et leur conductibilité électrique ; elle paraît être sans relations avec leurs propriétés optiques. »
- p.475 - vue 476/624
-
-
-
- 47 6
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- BIBLIOGRAPHIE
- Contrôle des installations électriques au point de vue de la sécurité, par A. Monmerqué, Ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, ancien ingénieur des services de 3a première section des travaux de Paris et du Secteur Municipal d’Electricité. Un vol. in-8° carré deXXXlV — 494 p., avec 185 figures dans le texte.— Paris, 1896, Baudry et Cie, éditeurs. — Prix : 20 fr.
- Sous ce titre très spécial, M. Monmerqué a su écrire un véritable traité pratique d’électricité qui ne tardera pas à être entre les mains de tous les électriciens.
- Cela se conçoit sans peine : l'auteur n’a pas écrit cet ouvrage, comme malheureusement tant d’autres le font, pour avoir son nom imprimé, mais pour répondre à une nécessité réelle de l’industrie électrique actuelle.
- Etant ingénieur-directeur de l’Usine municipale des Halles, il avait pu se convaincre non seulement de l’entrave que les règlements administratifs, trop souvent draconiens, apportent au développement de l’industrie électrique, mais aussi de leur nécessité. Ces règlements sont nés du peu de soin avec lequel les premières installations électriques avaient etc faites et des accidents qui en étaient résultés ; le seul moyen de les faire disparaître, ou du moins d'en atténuer les rigueurs, c’est d’exécuter les installations suivant des règles logiquement déduites des principes de la science électrique, afin de les mettre à l'abri des accidents, et de les maintenir en cet état de perfection par un contrôle régulier. Tout le monde y gagnera, car les accidents, quels qu’ils soient, coûtent toujours fort cher. C’est dans ce but que M. Monmerqué a écrit son ouvrage.
- Ce n’était pas une œuvre aisée.
- L’industrie électrique est encore à ses débuts et ceux qui sont chargés d’en réaliser les applications sont loin, dans la plupart des cas, d’avoir une instruction et une éducation théoriques et pratiques suffisante. C’est donc en vertu d’un plan logique et bien défini que l’auteur a donné à son ouvrage les dévelop-
- pements d’un véritable traité d’électricité. Traité essentiellement pratique, d’ailleurs et s’adressant à cette classe si souvent négligé des gens du métier.
- Une analyse sommaire des sujets traités dans cet ouvrage en fera mieux comprendre la valeur.
- La première partie est consacrée aux généralités et définitions. Comme il fallait s’y attendre, c’est à peu près la seule où les formules mathématiques occupent une place importante ; elles sont indispensables à ceux qui veulent réellement posséder leur métier ; elles ne sont que le résumé des raisonnements précédents, et sont, d’ailleurs, élucidées par des exemples numériques pratiques qui en facilitent la compréhension et en permettent l’application même à ceux qui n’ont que des notions très imparfaites sur les méthodes du calcul algébrique. Là sont expliqués les phénomènes généraux du courant électrique ; suivant la logique des choses, l’auteur commence par définir les grandeurs, électriques et, supposant qu’elles restent constantes, établit les lois qui les relient entre elles ; il passe ensuite au cas des grandeurs variables, avec le temps, c’est à dire à l’étude des courants alternatifs simples et polyphasés ; l’étude de la capacité des conducteurs qui joue un si grand rôle dans l’application de ces courants, y prend nécessairement place. Viennent ensuite les définitions des unités électriques pratiques, puis.l’étude des phénomènes produits par le courant électrique : électro-magnétisme et induction, ainsi que leur application aux électro-aimants et aux dynamos ; les moteurs à courants alternatifs polyphasés et les effets de la capacité et de la self-induction sur les canalisations à courants alternatifs y sont spécialement étudiés. Un chapitre spécial consacré aux comparaisons des phénomènes électriques avec d'autres phénomènes physiques ; elle complète cette section de l’ouvrage et lui enlève ce qu’elle a d’abstrait à première vue.
- Les lois élémentaires de l’électro chimie, les effets et les applications de l’électrolyse.
- p.476 - vue 477/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 477
- les notions sur les piles sont également contenus dans cette partie qui remplirait plus de ioo colonnes du journal.
- La seconde partie est consacrée à la production de l’énergie électrique -, les dynamos à courants continus, simples ou polyphasés, les transformateurs, les accumulateurs y sont étudiés, ainsi que le fonctionnement des dynamos, leur rendement, leurs caractéristiques, le couplage des alternateurs. L'emploi des appareils accessoires nécessaires à la manoeuvre des dynamos : tableaux de distribution, appareils de mesure, de protection, de couplage, etc., est encore rendu plus clair par l’emploi de plusieurs exemples tirés de la pratique.
- La troisième partie, consacrée à la distribution de l’énergie électrique, est des plus importantes. Ce sont, en effet, les canalisations qui causent le plus d’accidents et c’est sur elles que doit principalement porter le contrôle. Les conditions théoriques et pratiques dans lesquelles elles doivent être établies, eu égard aux effets d’échauffement et d'isolement, de capacité et de self-induction pour les courants alternatifs ; les différents systèmes de distribution par courants continus et alternatifs, et dans ce dernier cas, les effets de l’impédance et de la capacité, le montage des appareils sur Jes circuits à courants polyphasés et les branchements sont étudiés dans des chapitres spéciaux. La mise en œuvre des préceptes précédents, c’est à dire la canalisation des courants électriques est divisée en trois parties : canalisations aériennes, canalisations souterraines, canalisations pour tramways électriques ; chacune d’elles comporte, en effet, des conditions particulières pratiques à côté des conditions générales résultant de la théorie ; pour les lignes aériennes, la tension des conducteurs sur leurs supports, la nature des isolateurs, etc. ; pour les canalisations souterraines, la nature de la conduite, l’emploi des conducteurs nus en caniveaux ou des conducteurs armés, la nature des supports isolants, la ventilation des conduites, etc. ; dans les canalisations pour
- tramways, le mode de suspension des conducteurs et le retour par les rails.
- Avant d’aborder l'étude du contrôle proprement dit Al. Monmerqué initie ses lecteurs aux méthodes de mesures qu’ils devront employer : étalons, mesure des intensités, des différences de potentiel, des résistances, de la puissance et de l’énergie, et il étudie les effets dangereux des courants électriques qu’il partage en trois grandes classes: les effets dus à réchauffement, à la différence de potentiel (actions physiologiques), et les effets de l’électrolyse. Il insiste sur l’importance que présente l'isolement des conducteurs ; on peut s’en rendre compte par le passage suivant que nous citons textuellement : « Les accidents de détérioration, des conduites de gaz ont été, surtout en 1891 et 1892, très nombreux à Paris. Le nombre s’en élevait à 146 au 31 décembre 1893 ; à cette date, il y avait eu, depuis 1890, soit en 4 ans, 809 branchements de gaz détériorés et 330 m. de conduites maîtresses avariées que la compagnie du gaz avait dû remplacer. »
- « En n’employant que de bons matériaux, en les mettant judicieusement en œuvre et en surveillant les installations, particulièrement au point de vue de l’isolement, il est facile de supprimer absolument tout danger permanent. Avec de la prudence, du discernement et avec une bonne éducation du personnel, on peut réduire les dangers fortuits à un taux aussi bas que dans n'importe quelle industrie. »
- Aussi le contrôle proprement dit a-t-il reçu des développements en rapport avec son importance ; cinq parties lui sont consacrées ; la première se rapporte au contrôle à l’usine et aux méthodes de contrôle de l’isolement général du réseau ; la seconde est relative au contrôle du réseau; variation de l’isolement, valeur de l’isolement à maintenir, règles diverses et officielles, méthodes de contrôle ; la troisième traite des contrôles des installations intérieures ; elle intéresse un grand nombre d’industriels, monteurs, appareil-leurs. La quatrième se rapporte au contrôle
- p.477 - vue 478/624
-
-
-
- 478
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- des installations- spéciales comprenant l’emploi de transformateurs ou d’accumulateurs, et aux installations de traction électrique comportant l’emploi des rails comme conducteurs de retour. La cinquième comprend l’examen des règlements officiels français relatifs aux canalisations sur les voies publiques et aux installations intérieures chez les abonnés, ainsi que la comparaison des résultats obtenus par les diverses règles.
- Deux parties sont consacrées aux résultats d’exploitation et aux constantes numériques expérimentales ; elles contiennent un nombre considérable de chiffres obtenus en service courant et bien souvent publiés pour la première fois, sur l’isolement des appareils industriels, sur le minimum d’isolement des réseaux aériens, des canalisations souterraines et des installations intérieures, sur la résistivité des conducteurs, des liquides, des isolants et du corps humain, sur réchauffement des conducteurs ainsi que sur les constantes des appareils employés dans la production et l’utilisation de l’énergie électrique.
- L’ouvrage est complété par la publication des lois et règlements émanant de pouvoirs ou de services publics, tant en France qu’en Angleterre, en Allemagne, en Belgique, en Suisse et en Italie, et relatifs aux installations sur la voie publique ou aux installations intérieures ; par la publication d’un certain nombre de règlements privés émanant de la Chambre syndicale des industries électriques et de diverses compagnies pour les installations intérieures ; et par la publication des instructions relatives à la sécurité des personnes.
- Une table analytique très complète, qui ne comprend pas moins de 68 colonnes permet de trouver rapidement tous les renseignements relatifs à un sujet donné ; c’est un travail très fastidieux auquel l’auteur s’est astreint, mais dont ses lecteurs lui sauront gré.
- Nous avons déjà eu occasion de faire différents emprunts à cet ouvrage (1) d’un spécia-
- (') L’Éclairage Electrique du 7 décembre 1895, p. 464, ti Janvier 1896, p. 9a, 8 février 1896, p. 371.
- liste qui parle de ce qu’il a vu et de ce qu’il a fait ; nous aurons sans doute à le citer encore. En résumé, cet ouvrage nous paraît l’une des plus importantes contributions qui aient été faites à la littérature technique dans ces dernières années, et il rendra de nombreux services à tous les électriciens, non seulement en France, mais encore à l’étranger.
- G. Pellissier.
- Electrical Trades’ Directory and Handbook for 1896 (14e année). Un vol. in-8° de plus de 1000 pages, édité par the Electrician, Salisbury court, Fleet Street, London. — Prix : 7 sch. 6 pence.
- La nouvelle édition de cet ouvrage, parue à la fin du mois dernier, se distingue de l’édition de 1895, par une augmentation sensible des matières qui s’y trouvent contenues, augmentation nécessitée par les progrès continuels des applications industrielles de l’élec-tricitc.
- A la suite de quelques tables de renseignements sur les valeurs des différentes monnaies étrangères et monnaies anglaise', sur les brevets expirant en 1896, etc., on y trouve un résumé chronologique des principaux faits de la science et de l’industrie électrique en 1895, ainsi que des notices sur les savants et industriels décédés pendant cette année. Les formalités à remplir pour la prise des brevets et le dépôt des marques de fabrique, les règlements relatifs à l’emploi de l'électricité pour l’éclairage, la force motrice, la traction, en usage en Angleterre et dans les autres contrées, les tableaux des stations centrales établies en Angleterre (révisésau 31 décembre 1895), ceux des communications télégraphiques par câbles, etc., et une foule de renseignements commerciaux ou industriels occupent le nombre respectable de 352 pages compactes.
- La liste par ordre alphabétique et par professions, des adresses des personnes, savants ou industriels du monde entier, qui s’occupent de l’électricité, forme naturellement la majeure partie de cet annuaire ; un index biographique très étendu termine l’ouvrage-
- p.478 - vue 479/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 4*/9
- Le soin que mettent les éditeurs à tenir cet annuaire au courant de tout ce qui se publie d’important en électricité n’est plus à signaler ; si une preuve était nécessaire il suffirait de faire remarquer que les nouveaux règlements du Board of Trade sur l’Éclairage Électrique, quoique publiés seulement le 6 février 1896, sont contenus dans la nouvelle édition. Aussi n’est-il pas douteux que cette édition ait le succès des précédentes.
- Ouvrages reçus
- Le potentiel thermodynamique et ses applications à la mécanique chimique et à l’étude des phénomènes électriques, pai P. Duhem (2" tirage). Un volume in-8°. — A. Hermann, éditeur, 8, rue de la Sorbonne.
- Dictionnaire de chimie de Wurtz, 20 supplément; fascicules 25 et 26 (article Électrochimie). — Hachctie, éditeur.
- CHRONIQUE
- l’industrie ÉLECTRIQUE EN FRANCE
- Limoges. — Accident. — On sait que MM. La-roudie et Rougerie ont fait, depuis longtemps déjà (n»’ 15 et 16, 1895), poser des conduites aériennes pour transporter chez leurs abonnés l'énergie électrique produite à leur usine’de la rue Prépapaud.
- Il y a quelque temps, l’administration de postes et télégraphes avisa MM. Laroudie et Rougerie d’avoir à isoler ces fils, surtout ceux qui, étant peu éloignés des fils télégraphiques, pouvaient déterminer des phénomènes d’induction.
- MM. Laroudie et Rougerie, attendant de la municipalité une solution définitive de la question de l’éclairage électrique et de la transmission de la force, n’avaient pas tenu compte de l’invitation qui leur avait été faite.
- Or, il y a quelques jours, un commencement d'incendie, occasionné par la rupture d’un de ces fils, s’est déclaré dans les bureaux de l’administration des postes, et celle-ci a dû intervenir pour la sécurité du service des abonnés du réseau de Limoges.
- Par ordre supérieur, le directeur des postes a fait procéder, le }i janvier, à la rupture de tous les fils électriques partant de l’usine Laroudie.
- De ce fait, plusieurs industriels ont été obligés de changer leur installation, d’arrêter ou de réduire leur fabrication. D’où chômage pour un certain nombre d’ouvriers.
- UIsle-cn-Dodon {Haute-Garonne). —Éclairage. — VÉnergie- électrique annonce, relativement à l'éclairage de l’Isle-en-Dodon, qu’un différend, qui semble prendre de sérieuses proportions, vient d’éclater entre les représentants de la commune et la Société lisloise d’électricité.
- Il paraît que cette dernière ne fut rien moins qu’heureuse lorsqu’elle procéda à son installation électrique. L’éclairage était insuffisant. Depuis, elle a dû apporter de grandes modifications à son œuvre, lesquelles nécessitèrent naguère, pendant longtemps, le chômage de son usine et le recours aux lampes à pétrole dont on se servait avant cette innovation.
- Ce sont ces interruptions et la promesse non tenue de la Société d’éclairer convenablement la salle des délibérations du conseil municipal, pour dédommager la ville qui n’en avait pas pour son argent, qui sont cause du conflit survenu.
- Malgré toutes les apparences, on croit que cet état de choses ne sera pas de longue durée, et que la commune recevra satisfaction dans les droits qu’à juste titre elle revendique.
- Rouen. — Traction. — Un projet qui paraît ne ce moment avoir de grandes chances d’être adopté par la municipalité, c’est celui de M, Requier — tramway électrique de Rouen à Mesnil-Esnard par Bonsecours.
- Récemment, la commission s’est réunie à la préfecture pour formuler ses conclusions sur les résultats de l’enquête. Cette commission était composée de MM. Capelle, conseiller général; Rolland, président du conseil d’arrondissement; Paul Eliot, etc.
- Le service des ponts et chaussées était représenté par M. Léchalas, ingénieur en chef, et M. Decolliveaux, ingénieur ordinaire.
- La délibération n’a pas duré moins de deux heures.
- Nous croyons savoir que la commission a émis un avis entièrement favorable au projet.
- Parmi les dires qui avaient déposé à l’enquête, il en est un qui visait la pente des rampes prévues au projet, et objectant qu’il y aurait du danger à la descente. La moyenne de ces rampes est géné-* râlement de 6 cm ; il y en a de 8 et seulement une
- p.479 - vue 480/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- de 9 sur une longueur de 25 m au plus. Or, la commission n’a pas été sans remarquer que dans le réseau proposé par M. Cauderay, et que le conseil municipal de Rouen a adopté, il y a des rampes qui atteignent jusqu’à 14 cm, par exemple au haut de la rue des Capucins et sur la ligne de l’avenue du Cimetière-Monumental. Si celles-là peuvent être franchies sans inconvénient, à plus forte raison celles du projet Requier, qui ne dépassent pas 9 cm. L’objection, en ce qui concerne ce dernier, n’a donc point de valeur.
- On sait que, pour sa part, lorsqu’il a été saisi du projet delà ligne de Rouen au Mesnil-Esnard par Bonsecours, le conseil municipal a formulé une réserve : c’est qu’il ne serait pas établi une seconde voie du pont de Pierre à l’avenue Saint-Paul,
- Nous croyons savoir que la commission d’enquête a écarté cette réserve, la nécessité d’une voie distincte s’imposant pour le garage des cars de la ligne de Bonsecours.
- Peut-être pourrait-on, du moins, demander qu’il n’y eût qu’une seule rangée de poteaux sur l’avenue de Paris, la même potence supportant les fils de trolley des deux voies, celle de la Compagnie Mancini et celle de M. Requier.
- Nous souhaitons qu’une entente intervienne à ce sujet.
- Quoi qu’il en soit, après l’avis favorable émis parla commission d’enquête, il ne reste plus qu’à provoquer le décret d’utilité publique; peut-être à la fin de l’été le tramway électrique remplacera-t-il la vieille diligence de Bonsecours.
- Tarbes (Hautes-Pyrénées). — Éclairage. — Voici où en est, suivant VÉnergie électrique, la question de l’éclairage électrique :
- « Dans sa dernière séance, le conseil municipal de Tarbes s’est occupé de la question de l’éclairage au gaz. Plusieurs conseillers ont demandé à M. le maire de dénoncer le traité consenti entre la ville et la Compagnie du gaz, pour mettre fin à une situation qui place actuellement la ville de Tarbes dans un état d’infériorité par rapport aux autres villes de son importance.
- « Ils disent que la plupart des villes de l’importance de Tarbes paient, pour l’éclairage de la voie publiqueet des bâtiments communaux, o.o^fr, 0,08 fr, 0,12 fr, 0,14 fr, 0,15 fr, 0,17 fr, 0,-19 R mètre cube de gaz, alors que la ville paie 0,20 fr
- « Qu’en ce qui concerne l’éclairage des particuliers, ils paient dans 32 villes — toujours de la
- même importance que Tarbes — de 0,21 fr à 0,30 fr le mètre cube de gaz, tandis que dans le chef-lieu des Hautes-Pyrénées les consommateurs le paient à raison de 0,35 fr.
- « Tarbes se plaint de son sort. Le nouveau conseil avait promis aux consommateurs de gaz d’améliorer leur situation, il n’est pas même parvenu à obtenir la livraison d’un meilleur éclaire Des pourparlers sont engagés avec une nouvelle Compagnie d’électricité, et le conseil de préfecture des Hautes-Pyrénées est saisi d'une affaire par laquelle la ville veut faire établir l’étendue de ses droits. Mais, en attendant, pourquoi le nouveau service de vérification de la puissance et de la qualité de la lumière ne fonctionne-t-il pas? Si les expériences étaient faites d'une façon contradictoire avec les appareils achetés, on trouverait vite que l’usine ne remplit pas ses obligations envers la ville et les particuliers, et il y aurait là un moyen de rompre, au dire de notre correspondant, un traité où la Compagnie ne voit que les clauses qui lui donnent un monopole et ne distingue pas les charges qui lui incombent en compensation du privilège qui lui est concédé.
- « 11 serait donc indispensable que ce service fonctionnât au plus tôt. Il aura pour effet, ou de faire améliorer un éclairage défectueux, ou de fournir les moyens de mettre un ternie à une exploitation trop léonine. »
- A ces griefs nous répondrons qu’il ne peut être question du prix que paient 32 ou 64 autres villes que Tarbes. Il y a un traité, il faut l’exécuter. La Compagnie du gaz, qui a déjà pris, il y a longtemps, l’initiative dans cette ville de l'éclairage électrique, n’est pas sans connaître ses droits et scs devoirs. Nous engageons la municipalité à bien réfléchir.
- Nantes.—Éclairage. — L’installation de l’éciai-age électrique dans les rues delà ville est poussée activement.
- Depuis le commencement de la-semaine, la rue delà Poissonnerie est éclairée à l’électricité; deux lampes ont été installées, Tune à l'embranchement de la rue Beauregard, l’autre à Pentree de la rue du Vicil-Hôpital.
- En ce moment, on installe également l’éclairage électrique dans la rue Lafayette et sur la place Louis XVI ou la place Saint-Pierre.
- ~ ~~ ÜÊdïtëür-Gêrant : Georges CARRÉ
- p.480 - vue 481/624
-
-
-
- Tome VI.
- Samedi
- Mars 189 6
- 5® Année.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ /
- irecteur Scientifique J. BLONDIN Secrétaire de la rédaction : G. PELL1SSIER
- SUR L’HISTORIQIJE LA SOUDURE ÉLECTRIQUE
- M. Gooch a publié ici même (’) sur le procédé hydro-élcctro-thermique de MM. Iîoho et Lagrange, un article dont la partie historique est, de l’aveu même de l’auteur, un peu sommaire. M. Burton qui, en Amérique, a pris plusieurs brevets, a négligé de faire mention des travaux antérieurs- Ces omissions ont motivé de la part de M. Gosselin (s) une réclamation de priorité en faveur de Planté ; cette réclamation ne paraît pas entièrement justifiée et le but de la présente note est de fixer, autant que possible, la part qui revient à divers savants dans l’étude du phénomène qui sert de base à la soudure électrique.
- La fusion d’un fil amené au contact d’un liquide a étcobservée par de nombreux expérimentateurs. Havre (') fondait un fil de fer, relié au pôle négatif, au contact d’une dissolution de chlorure de calcium ; un fil de platine s’échauffait. Dans les expériences de Makrell (4) un fil de fer négatif brûlait avec une flamme rouge, un fil positif fondait au contact du liquide. En le plongeant dans le
- (') L'Éclairage Électrique, t. III, p. 165 et 130.
- (*) Bulletin de la Société Internationale des Electriciens ^ Juillet 1895, p. 335 .
- (3) Archives de Genève, I, p. 378, 1844.
- ; Archives 'de Genève, p. 575,
- liquide, on le voyait rougir sur une longueur de quatre ou cinq centimètres. Foucault et M. Fizeau (') ont constaté qu’en retirant le fil négatif de l’électrolyte, il se produit une dépression du liquide au-dessous du fil, qui s’échauffe jusqu’à fondre. Grove (•) a répété l’expérience et constaté qu’elle réussit beaucoup plus facilement quand on chauffe d’abord le liquide.
- Planté (J) a observé surtout ce qui se passe quand on amène une électrode au contact du liquide ; il a décrit des globules liquides lumineux, des flammes globulaires, une aigrette voltaïque, une étincelle électrique ambulante, puis les mouvements du liquide : jets de vapeur, mascaret électrique, etc. II ne s’est pas occupé particulièrement des conditions dans lesquelles l’électrode fondait ; sauf dans l’étude de ce qu’il appelle la lumière clectro-silicique, mais, dans ce cas, le verre qui entoure le fil conducteur joue un rôle spécial. 11 faut arriver au travail de MM. Violle et Chassagny Ç) pour trouver une étude plus systématique de l’influence de la tension aux bornes du voltamètre et pour trouver l’indication du fait que la partie immergée de l’électrode peut rougir et même fondre. Tous les auteurs précédents
- (') Annales de Chimie et de Physique [3I, XI, p. 370.
- {* *) Philosophical Transactions, I, p. 88. 1832.
- (J) Planté, Recherches sur l’Électricité, IIIe partie, p. 130 et suivre. Comptes rendus, t. LXXX, p. 1 133, LXXXV, p. 619, LXXVII, p. 325, etc.
- (‘} Comptes rendus, n février 1889.
- p.481 - vue 482/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- avaient simplement constaté une fpsion au contact du liquide ; le travail en question mérite donc d’être cité spécialement à ce titre.
- MM. Violle et Chassagny en mesurant la chute de potentiel au contact de l’électrode négative « obtinrent quelques données qu’ils enregistrèrent avec soin », dit M. Gooch (p. 166). Or, ces données contiennent tout ce qu’il y a d’essentiel dans la description des diverses phases du phénomène contenue dans •le paragraphe suivant (p. 167); ils ont indiqué qu’à partir de 32 volts, la gaîne apparaît, que les phénomènes calorifiques et lumineux augmentent progressivement d’intensité et qu’enfin, entre 80 et 100 volts, on fond facilement un fil de platine. Il semble qu’il ne reste de nouveau au point de vue de l’étude du phénomène, dans le travail de MM. Hoho et Lagrange, que la découverte de la « chauffe locale » et du phénomène lumineux qui se produit quand on approche un petit objet de l’électrode négative. Lors donc que les auteurs disent avoir établi graduellement les détails du phénomène et donné l’explication précise de celui-ci par la gaine gazeuse, on est en droit de penser tout au moins qu’ils n’ont fait que répéter un travail déjà exécuté par leurs devanciers.
- C. Raveau.
- EXPÉRIENCES SUR LES TRANSMISSIONS {’)
- Nouvelles expériences sur le frottement Expériences avec graissage à l’huile minérale. — Les expériences ont été faites dans les conditions suivantes : quelques jours s’étaient écoulés depuis les expériences décrites ci-dessus. Dans l’intervalle, on avait exécuté une maçonnerie en ciment à proximité de la transmission souterraine. Des poussières ont donc pu s’introduire entre l’arbre et ses supports, ou tout au moins, recouvrir les
- (') Voir L'Éclairage Électrique du 22 février, p. 352.
- supports et l’arbre et de là, participant au mouvement, se glisser entre les surfaces frottantes pendant la marche.
- Les parois de la cuve en maçonnerie dans laquelle la transmission souterraine est établie, étaient elles-mêmes tapissées de poussières, car on avait broyé sur place le mortier au ciment. Les tourbillons occasionnés par la rotation des poulies soulevaient ces particules et ont ainsi prolongé l’existence d’une atmosphère chargée de poussières au contact de tous les joints donnant accès aux parties frottantes des paliers. Ces derniers étant difficiles à nettoyer et le temps faisant défaut, nous avons préféré opérer dans ces conditions en graissant abondamment à la burette.
- L’huile minérale nouvelle dont nous nous servions, était de qualité ordinaire. Les graisseurs à aiguille contenaient toujours l’ancienne huile minérale (oléonaphte nn 1 à 28 francs) mélangée à un peu de pétrole et fonctionnaient plus ou moins bien comme d’habitude. Le graissage du moteur Dulait était reste le même.
- i° Le moteur Pieper entraînant le moteur Dulait non excité, les balais levés. — Un premier groupe d’expériences aux vitesses de 498,798 et 1 100 tours par minute au moteur Dulait a pu être exécuté sous la charge constante de 3,065 kg. Le coefficient moyen correspondant est ;
- Cette constance de ïa charge à vitesses croissantes s’explique par la formule (3') :
- p = 76,07/—5,016/',
- à la condition que les variations de f soient suffisantes pour compenser l’augmentation que C subit avec la vitesse.
- Les surfaces frottantes de la transmission ayant été frayées dans ces conditions, au point d’acquérir un état stable, voici ce que nous avons obtenu.
- p.482 - vue 483/624
-
-
-
- p.483 - vue 484/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 4^1
- Tableau XI
- Le moteur Dulait entraînant la transmis-souterraine. — Les résultats obtenus sont
- indiqués dans le tableau XII.
- Tableau XII
- irbes tracées
- bleaux portent les lettres mn aux diagrammes I et II, fig. I:!. Elles ont servi à dresser le tableau suivant :
- Tableau XIII
- du dia-
- Comme l’indiquent les courbes gramme 111 de la fig. B, il y a ;
- d’augmentation du coefficient/'pour le moteur et presque 33 pour 100 pour le coefficient
- f de la transmission souterraine. Faut-il y voir la confirmation de ce fait, admis par •certains constructeurs, que les paliers des machines chauffent presque toujours à la première mise en marche lorsque la construction du pavement de la salle des machines a suivi le montage de celles-ci ?
- Il faudrait alors admettre que la cause locale de l’augmentation ci-dessus signalée, est le malaxage du ciment et le maçonnage faits dans le laboratoire; ou bien l’huile minérale nouvelle qui nous a servi pour complément dégraissage dans les essais que nous venons de décrire, est-elle aussi pour une part dans le phénomène?
- Le fait est que nous ayons remarqué que l’huile suintant des paliers de la transmission souterraine formait une sorte d’enduit beaucoup plus noir qu'auparavant. Des expériences directes sur cet objet seraient très instructives.
- Expériences avec graissage à l’huile de pied de bœuf. — Le nettoyage des paliers souterrains étant trop difficile, nous avons graissé pendant quelque temps au pétrole, puis nous avons graissé à l’huile de pied de bœuf au moyen de la burette et par intermittences. Quant aux paliers du moteur, nous les avons vidés, nous y avons passé du pétrole et nous les avons remplis d’hui le de pied de bœuf. Ce nettoyage a fait reconnaître que l’un de 1 ces deux paliers était particulièrement rempli d’huile contenant des poussières et des limailles.
- Voici les résultats obtenus
- Tableau XIV
- 1 HoO Charge P 3 g Observation*
- Fi°e per. £ H il Mo. fi
- |25>2 5,5 490 > >,675 0 0204
- S1»,: ^ 770 = ,165 0,0=65
- .3.3 * 2,665 0,0326 :
- p.484 - vue 485/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRiCJTE
- ,,85
- Tadleau XV
- 1 f £ Char P frottement Observa-
- P 1 P —
- Du ait frein
- 16,8 !9. 23.3 2 175 900 392 1 090 820 612 » 3.425 2,325 0,0618 0,042 0,0583
- Tableau XVI
- I Moteur Dulait Traust. souterr. Observa-
- ! M* h:7 i°7 >29 «41 0,0255 0,032 0,0406 392 540 > 1 sC,
- 0,642 2,03 MJ5 2(18 2,665 0,08)6
- Les courbes pqr des trois diagrammes I, Il et III de la fig. B ont rapport aux trois tableaux ci-dcssus.
- On. voit qu’après le nettoyage des paliers du moteur Dulait, les coefficients ont repris sensiblement les valeurs qu’ils avaient aux premières expériences (courbe xv).
- Les coefficients pour l’huile de pied de bceuf sont un peu plus faibles cependant que pour l’huile minérale que nous employons d’ordinaire au, laboratoire.
- La courbe des coefficients /"'relatifs à la transmission souterraine présente quelques particularités. Les valeurs de f pour v = o.^ à 1 m sont toujours fortes, ce qui tend à prouver que la cause qui a produit l’augmentation lors des premières expériences existait encore avec le graissage à l’huile de pied de bœuf. Ces valeurs sont même plus fortes que pour l’huile minérale, ce qui peut être dû à ce que la série d’expériences a commencé par l’entraînement de la transmission souterraine par le moteur Dulait; en effet, le frottement pou-vait ne pas être encore régulier alors que
- c’était celui de la transmission souterraine surtout que le frein marquait. Une autre cause bien plus importante, c’est le graissage intermittent par un trou graisseur unique : certains paliers maintiennent très bien leur huile, mais d’autres la laissent rapidement s’écouler.
- Une remarque essentielle, c’est qu’avec l’huile de pied de bœuf le coefficient n’augmente rapidement qu’à partir de 1 m de vitesse ou de 300 tours et qu’il augmente moins vite qu’avec l’huile minérale.
- Etat des paliers après les essais. — Moteur Dulait. — Les tourillons du moteur Dulait ne montraient aucune trace d’usure régulière; la flexion de l’arbre est inappréciable, ainsi que le jeu dans les coussinets. Lors du montage de la machine, l’arbre était veiné de taches de feu. Elles existent encore. Un fonctionnement de quelques mois, restreint il est vrai, n’en a pas eu raison.
- Transmission souterraine. — Nous avons pensé qu’on ne pouvait mieux faire pour rendre compte de l’état des tourillons de l’arbre, que de les dessiner, en indiquant leurs particularités (voir fig. 7 bis). -
- Le premier tourillon est à droite d’un point d’inflexion de l’arbre; il est à gauche du moteur Dulait qui exerce une si forte traction par sa courroie. Les parties frottantes sont donc plutôt extérieures et elles sont ici exceptionnellement restreintes, étant représen-" tèes par les hachures transversales. On remarque quelques lignes dues au grippement à droite du milieu de la portée du palier.
- Le deuxième tourillon est placé à gauche de la poulie de la turbine et à droite de celle delà dynamo Gramme. Le frottement y est plus régulier qu’au précédent, mais il porte naturellement aux extrémités et au milieu, à' cause de la flexibilité de l’arbre qui présente deux points d’inflexion près du tourillon. Quelques lignes assez accentuées indiquent qu’il se produit du grippement à droite.
- Le troisième tourillon est placé entre les: dynamos Gramme et Pieper. Il présente à peu
- p.485 - vue 486/624
-
-
-
- 486
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- près les mêmes particularités que le précédent, mais sans grippement.
- Quant au quatrième tourillon, il s’use surtout vers l’intérieur par suite de la présence de la courroie du moteur Piepcr qui donne souvent lieu à une forte traction sur l’arbre.
- Les surfaces frottantes représentées par la figure 7 bis ne correspondent pas à une seule marche, mais bien à l’ensemble des combinaisons de mouvement que l’on peut réaliser. La plupart du temps, on attaque les machines Pieper et Gramme par la turbine ou le moteur Dulait. Dans nos expériences, il est donc probable que les trois quarts seulement des plages usées servaient de surfaces frottantes.
- Expériences préparatoires. — Les expériences préparatoires avaient été exécutées avec des freins imparfaits et sans préparation pour le graissage. Evidemment, le moteur électrique est toujours dans de bonnes conditions, de graissage et il ne nécessite pas, ou il nécessite peu d’apprêts. La transmission souterraine était graissée à la façon ordinaire, les graisseurs non nettoyés, ce qui autorise à penser que certains paliers étaient peu lubrifiés.
- Les résultats sont figurés par les courbes s tu des trois diagrammes (fig. B). On voit que ces courbes ont encore même forme que celles relatives à l’huile minérale, quoique les appareils employés fussent imparfaits.
- Essais avec graissage à l'huile minérale visqueuse appelée cylindrine. — Au moyen du moteur Pieper, nous avons entraîné la transmission souterraine et le moteur Dulait non excité, en graissant les paliers du fond à la cylindrine, huile minérale épaisse servant généralement pour les cylindres à vapeur. La puissance absorbée par le moteur a beaucoup augmenté. Nous plaçons en regard, la dépense en watts pour graissage à l’huile ordinaire et pour graissage à la cylindrine.
- Tableau XVII
- La comparaison des watts fournies au moteur Pieper nous apprend donc que la substitution de la cylindrine à l’huile de pied de bœuf augmente les pertes dues aux frottements, depuis 17,7 jusqu’à 21,2 pour 100, quand la vitesse circonférentielle des arbres croît de 0 m 64 à 1 m 41 par seconde.
- Valeur des coefficients de frottement constatés. — Arbre du moteur Dulait. —Coussinets en bronze ; graissage continu ; 2 bagues graissantes par palier ; tourillons lignés par des taches de feu, laissant à désirer.
- Pression moyenne par centimètre carré entre les surfaces frottantes :
- Pression maximum sur chaque palier :
- _2^_ = ,k; ak” rar cel’,ln’-
- Vitesse linéaire de l’arbre dans ses paliers : 1 à 3,50 m ; coefficient de frottement avec huile minérale et mélange d’huile de colza et de pied de bœuf : 0,023 â 0,05. La formule suivante traduit assez bien les résultats obte-tenus avec l’huile minérale.
- / = 0,0185 -b 0,00697,
- v étant la vitesse linéaire de l’arbre en mètres par seconde.
- Arbre de la transmission souterraine. Kragment de fer sur fonte ; graissage plus ou moins continu par graisseurs à aiguille
- p.486 - vue 487/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 487
- avec l’huile minérale ordinaire et un peu de pétrole pour faciliter la descente du lubrifiant ; graissage intermittent à l’huile de pied de bœuf ; tourillons s’usant plus ou moins également ; arbre un peu flexible.
- Pression moyenne par centimètre carré entre les surfaces frottantes :
- Pressii palier :
- 5X’^X4 ’
- par centimètre carré
- chaque
- L’usure des tourillons indique que la pression n’est pas toujours uniformément répartie-
- Pour 0,4 à 1 mètre de vitesse linéaire de l’arbre par seconde, le coefficient de frottement varie de 0,03 à 0,05. A partir de 1 mètre de vitesse linéaire, le coefficient augmente très vite.
- Avant de discuter complètement les enseignements qui ressortent de ces derniers résultats, nous attendrons ceux des expériences confirmatives que nous nous proposons de terminer sous peu. Nous résumerons ci-après leur importance au point de vue de la pratique générale.
- Remarque. — Dans l’estimation de la pression par unité de surface sur les paliers de la transmission souterraine, nous n’avons pas tenu compte de ce que la charge n’y est pas uniformément répartie. On peut introduire une correction en admettant que les trois quarts des plages usées (voirfig.ybis) servaient de surfaces frottantes dans nos expériences.
- i" pâlie 2‘ pâlie
- 4* pâlie Moyenr
- 5X5X0, .75 •'
- . 96,5310
- 5X9X0 ,75
- '5"x"r^ >75 _ ’
- 5X5
- 5X7,5 X 0,06
- 27633' 22,5
- 5 X =9.5 X °-75
- parcm*.
- En réalité, la pression par centimètre carré varie donc de 1,72 à 5,12 kg. Nous avions trouvé ci-dessus 0,4 à 1,12 kg.
- Importance des résultats au point de vue. pratique — La presque totalité des renseignements que l’on possède sur la valeur des coefficients de frottement, ont pour base des expériences parfois nombreuses comme celles du professeur Thurston, faites sur des machines à essayer les lubrifiants réalisant des surfaces de glissement planes ou cylindriques, parfaitement entretenues, bien propres et pressées l’une contre l’autre d’une façon bien déterminée et invariable,
- On peut se demander si ces coefficients restent bien les mêmes dans la pratique, là où l’on a affaire, par exemple, à des tourillons quelconques, d’arbres continus à deux ou à plusieurs paliers, graissés avec les soins que l’on prend d’ordinaire dans les ateliers ; ou bien là où il existe des poussières dans l’air, etc.
- On peut se demander aussi quelle est l'influence des graisseurs continus comme ceux à bagues employés couramment pour les dynamos, et enfin si l’application des règles de la statique à la détermination des pressions peut conduire à un calcul assez approché du travail absorbé par le frottement d’une transmission.
- C’est pour répondre en partie à ces differents points que nous avons fait connaitre ces expériences. Nous avons pris les transmissions dans l’état où elles se trouvaient avant les essais, sans préparation pour certaines expériences, avec quelques soins particuliers pour d’autres. Nous avons appliqué le calcul à la détermination des pressions entre les surfaces frottantes et des coefficients de frottement avec le degré d’exactitude compatible avec les méthodes de la statique.
- L’expérience dont le détail va suivre, comporte des calculs préparatoires encore plus longs ; mais les conditions de fonctionnement sont plus ordinaires, plus courantes. •Elle a été entreprise en prévision d’une ap-
- p.487 - vue 488/624
-
-
-
- 488
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- plication plus étendue des mêmes procédés à diverses autres transmissions qui commandent l’ensemble de l'outillage du laboratoire d’électricité de notre Ecole des mines de Mons.
- On remarquera que les coefficients trouvés tombent entre les limites de ceux qui ont été déterminés par d’autres expérimentateurs et que l’on rencontre dans les ouvrages spéciaux. Entre autres, la formule adoptée par Thurs-ton pour le calcul des machines donne :
- "7?
- où p est la pression par pouce carré.
- 7»|86 X‘M5à',83X<M5 ~a-’8 1 3.43
- Expériences donnant les coefficients de frottement, à une seide vitesse et à une seule pression, pour les trois arbres reliés entre eux par courroies. — Les résultats des expériences que nous venons de décrire, nous enhardissent à donner le compte-rendu d’expériences qui ont été faites (avant celles dont le détail précède) dans des conditions particulières sur
- Fig. 8 à t5.
- les deux moteurs électriques et la transmission souterraine.
- L arbre de la transmission souterraine était peu ou pas graissé par les graisseurs à aiguille qui, encrassés, ne débitaient que très difficilement; on graissait de temps en temps à la burette. Les paliers des deux moteurs n’étaient pas nettoyés. Le tout était lubrifié à l’huile minérale ordinaire (oléonaphte n° i à 28 fr.).
- L’expérience avait pour but de déterminer un coefficient de frottement moyen des trois arbres à leur vitesse normale.
- Estimons d abord les pressions sur les paliers par les méthodes statiques habituelles.
- Pressions sur les paliers du moteur Piepei — Les figures 8 et 9, indiquent les dispositions des forces. La tension de la courroie produisait une traction oblique mesurée avec un dynamomètre et trouvée égale à roo kg, Les pressions sur A sont:
- 7 X :53 _
- -” = ,6
- 560
- La rig. 10 indique le tracé de la résultante qui est de 20 kg.
- Les pressions sur B sont
- + 7 = ‘6,ï ; 9+>,45 —",45 ; 10°+ 27,4= "7,4,
- La fig. 11 indique le tracé de la résultante qui est de 149 kg.
- La pression totale sur les paliers du moteur Pieper est donc de 169 kg.
- Pressions sur les paliers de la transmission souterraine. — (Fig 12 et 13) — Nous ne tiendrons compte de la flexibilité de l’arbre que pour la première portion d’arbre à gauche; car, elle seule peut donner lieu à une erreur sensible dans l’appréciation de la pression totale sur l’cnscmblc des paliers.
- Premier palier (à gauche).
- Nous supposons le point d’inflexion de 1 arbre à 0,21 X im 680 du second palier.
- X P6'! + 1680 X°,79)_
- 1680 X «.79 ou M29
- 1 ipso) _ . „ . , =4j
- p.488 - vue 489/624
-
-
-
- Revue d-êlectricité
- 489
- Résultante.
- — 26,5 4-4,9 H- 9>5 = — 12,1 kg. Deuxième palier :
- Résultante :
- 16,1 4- I2^H- 5 "
- Troisième palier. Forces verticales :
- i,7; 39-5,5=23,5 ;
- Total
- Force oblique :
- SS,8 kg.
- Le tracé de la figure 14 donne la qui est de 81 kg.
- Quatrième palier.
- Forces verticales :
- îltante
- 50-2,6= 17,4; 3,2-43,3= 6,4 ; 6,5 ; total =52,5 kg.
- Force oblique :
- 100 — 13 = 87 kg.
- Le tracé de lafig. 15 donne la résultante qui s’élève à 62 kg.
- La pression totale sur l’ensemble des paliers, les deux courroies tendues, était donc:
- 12,1 4- 67 4- 81 4- 6a = 232,i kg.
- Quand on enlevait la courroie du Pieper, la pression ne changeant pas sur le premier palier, on avait pour pression totale :
- 12,1 +67+88,84- 5+5 = 220,4 kg., d’où une diminution de :
- 222,1—220,4 = 1,7 kg.
- Quand enfin on enlevait la courroie des moteurs Pieper et Dulait, la pression totale sur les paliers de la transmission souterraine devenait : arbre:
- 54-24 + 25,24-22,5+6,5= 83,3
- poulies :
- 23,5+21+22 + 294- r5 4-27 + 20= 157,5
- bagues :
- Total. . r = 247,1 kg.
- La pression exercée par la courroie du moteur Dulait sur scs paliers était de 52 kg. au moment des expériences.
- A l’aide d’un petit frein de Prony très léger et d’un frein analogue à celui que représente la fig. 6 de la p, 353, nous avons déterminé la diminution de la puissance fournie par le moteur Dulait lorsqu’on enlevait la courroie du moteur Pieper, non excité. Pour cela, il fallait lever les balais du Pieper ; entraîner par le Dulait en tenant compte de la vitesse, des volts et des ampères fournis ; enlever la courroie du Pieper; placer le frein sur la transmission souterraine; donner mêmes volts et mêmes ampères, même vitesse et enfin faire la mesure au frein.
- Pour 890 tours au moteur Dulait, cette diminution de la puissance était pour les deux freins :
- œ _(P—p)ndN_i+kX°456X344X4.37 *
- 1 60 60
- kilogrammètres.
- P 2 77/N—o,38okX2 Xî ji4X°)7 X437 , .
- **— 60 ~ To “ I2,i4kgm.
- Moyenne :
- Nous avons pu de même, et à la même vitesse, toujours à l’aide d’un léger frein de Prony et d’un frein à bande, déterminer îa diminution de la puissance fournie par le moteur pour vaincre les frottements mécaniques lorsqu’on enlevait les deux courroies. Pour ces essais, nous placions donc le frein
- p.489 - vue 490/624
-
-
-
- 490
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- proviennent de la variation de l’état des tourillons, variation due à la durée relativement longue de ces quatre essais et à l’intermittence du graissage.
- w = 40j-i8i±15£_MV=3M kgmi
- Moyenne :
- Nous pouvons donc admettre que la diminution de la puissance dépensée, due à la
- suppression de la courroie du moteur Dulait lorsqu’on n’entraînait que la transmission souterraine est :
- W — te =38,8 — 11,8 27 kgm.
- Lorsque le moteur Dulait fait 890 tours, le glissement étant nul pour ces faibles puis18-sances, la transmission souterraine fait ;
- V|P = 4„,o„S,
- p.490 - vue 491/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 491
- et le moteur Pieper fait:
- 437 X ‘896__Tfinotn„„
- 518 — ^ooioun.
- Les charges sur les paliers précédemment trouvées permettent d’écrire :
- (Diamètres des arbres du moteur Pieper, de la transmission souterraine et du moteur Dulait — 22,50 et 55 mm) :
- pf 77â' Nr
- a,:" 60 "h 60
- ou, en remplaçant les lettres par leurs valeurs :
- ]ie=1^X/X^X3,'4Xifoo ' 1.7 -X/ X °.°5 X 3,*4 X 437
- 60
- .1,8=31=/+ i,94 f {.}
- Le coefficient moyen serait :
- ii,8 ,,
- = (4)
- ,8 8= l69/X°»°»J Xi,HX ‘600
- , 232,X ».iM X 437
- + 60
- + 5°/" X o,°55 X ,.M X 89°
- D'autre part (6) indique que f> 0,07. Soit, /'= 0,09.
- On en déduit : 1,94/' — 0,174. D’où, par (1)
- 312/= 11,8 — o,,74 = 11,626 _________ 11,656_
- Nous avons trouvé antérieurement — voir diagramme III — que/"=o,0554 pour 890 tours. L’expression (3) donnerait de la même manière :
- f — — *34 X Q.Q334 _ _ Q o8§2
- et l’expression (2) :
- f = 38:8 —312 X 0.0373 ~ *34 X O.Q354
- 256
- 256
- Les résultats sont donc :
- Arbre du moteur Pieper, — Graissage continu, 2 bagues par palier; huile minérale, tourillons en bon ctat.
- Pression moyenne par unité de surface :
- 169
- 2,2 X 8,3X2
- = 4>63 %•
- Pressions par unité de surface sur chaque palier :
- 38,8 = 312/+236/+ 134/" (2)
- D’où-
- coefficient moyen = ^=0,0552 (5)
- 220,4/’_X 0,05 X 3.M X 437 a7 _------------------------
- 52/ X °,°55 Xj.M X 890
- 60
- 27 = 253/ + 134/" (3)
- D’où :
- coefficient moyen =/= 0,07 (6)
- Nous avons donc le système de trois équations.
- *i,8 =312/+ 1,94/' CO
- 38,8 =3i2/+ 256/'+134/" (2)
- 27 = 252/+134/' (3)
- Le terme 1,94/'' ayant peu d’importante vis i vis de 312 j\ nous pourrions prendre pourJ la valeur (4) 0,0375.
- Vitesse linéaire de l’arbre dans ses paliers : o^iOi¥iXi«oo =
- Coefficient de frottement : 0,373.
- Arbre du moteur Dulait. — Graissage continu, 2 bagues graissantes par .palier ; tourillons rayés de taches de feu.
- Pression moyenne par unité de surface
- sïïlofexV = '’83 kg' p"cm'-
- Pressions par unité de surface sur chaque palier:
- Vitesse linéaire de l’arbre dans ses paliers : °'°55 X 3>*4 X89o_______________,
- p.491 - vue 492/624
-
-
-
- 49:
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Coefficient de frottement : 0,0354.
- Arbre de la transmission souterraine. —• Graissage intermittent à la burette; l’arbre fléchit un peu en tournant; les tourillons s'usent inégalement et ils ne portent pas sur toute la longueur des paliers.
- Pression moyenne par unité de surface
- Pressions par unité de surface sur chaque palier :
- Ül1- — 0,135 k ; — =0,746 k; — —0,9 k; — = o 69 k 90 ’ ’ 90 9° 9°
- par centimètre carré.
- Vitesse linéaire de l’arbre dans ses paliers ; o,°^ X.?_1H_X_4L7n=
- 60 ’ 44
- Coefficient de frottement : 0,088.
- Ce coefficient, plus élevé que ceux trouvés précédemment pour une même vitesse linéaire (0,062 à 0,070), est dû à l’imperfection du graissage.
- Coefficients moyens pour les trois mesures, sans distinction entre les modes de graissage :
- 0,0375, 0,055?, 0,07,
- Conclusion. — Les valeurs trouvées sont encore comprises entre les limites admises. On peut les adopter dans des circonstances analogues.
- Elles ont l’avantage d’avoir été déterminées dans des conditions réellement pratiques, sur des appareils en fonction depuis un an au moins, sans préparation aucune en vue des expériences qui ont été faites.
- Constance des résultats. — Nous avons quelquefois remarque que l’équilibre du frein tendait à se modifier lorsqu’on prolongeait la durée d’une même mesure. Cela provenait d’une variation du frottement. L’état des surfaces se modifiant avec la lubrification ou par interposition de corps étrangers, il semble que cette difficulté ne se serait pas produite, si nous avions nettoyé convenablement toutes les surfaces frottantes. L’opération étant trop
- difficile à pratiquer, nous avons remis à une occasion plus favorable un contrôle de l'hypothèse.
- Vitesse linéaire relative des surfaces frottantes. — Prenons quelques exemples de machines pour nous fixer approximativement sur les valeurs ordinaires de la vitesse relative des surfaces frottantes dans un certain nombre de cas de la pratique.
- Tableau XVIII.
- tricedu type pii
- Id. Westinghc
- ;rnatifs (Ecok
- i(Ecol. des mines)
- Les vitesses auxquelles nous avons opère varient de 0,40 m à 3,50 m.
- Nous espérons pouvoir bientôt reproduire avec un nouvel appareil les expériences que nous venons de décrire. Nous y ajouterons des essais faits sur d’autres transmissions avec des vitesses plus variées et des posions différentes entre les surfaces frottantes (A suivre) S. HanappE,
- p.492 - vue 493/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 493
- SUR LA PRODUCTION ONDES LONGITUDINALES DANS L’ETHER
- Dans une courte Note publiée récemment dans La Nature, de Londres, et qui est reproduite ci-dessous, j’indiquais une disposition de quatre sphères conductrices, isolées et électrisées, donnant naissance, dans l’espace environnant, à des ondes éthériques qui, suivant la droite joignant les centres des quatre sphères, sont longitudinales. Mais à une distance finie de part et d’autre de cette ligne peuvent se produire des ondes transversales ou de distorsion de la nature de celles qui
- a R -A3--------c
- N N
- Fig. i.
- satisfont aux équations de Maxwell. L’objet de la présente communication (’) est indiquer un dispositif permettant de produire, dans l’air et dans un espace relativement grand, des ondes de compression, ou des ondes essentiellement longitudinales, ou des ondes de raréfaction, accompagnées, en proportion très petite, pratiquement négligeable, d’ondes transversales.
- Soit 4<A un disque métallique plan, isolé et placé au milieu d’une boîte métallique C C C' C', comme le montre la figure i. Soit D une sphère métallique pouvant être déplacée de manière à venir au contact du disque. Supposons le disque tout d’abord chargé, positivement par exemple ; en P P... PP--- nous aurons une charge positive et en N N... tut... une charge négative induite par la précédente. Si nous poussons la sphère D jusqu’à cc qu’une étincelle éclate entre cette sphère
- H Communication faite à The Rayai Society.
- et le disque, nous aurons entre ce disque et la paroi RR soit une transmission instantanée de la suppression de la force électrostatique, soit une série d’ondes électriques longitudinales suivant que l’éther est incompressible ou ne Test pas.
- Si donc l’hypothèse des ondes longitudinales, émise par Roentgen pour l’explication des phénomènes qu’il a observés (et à l’appui de laquelle il donne de fort bonnes raisons) est exacte, il est probable qu’une plaque sensible placée entre AA et RR sera influencée comme elle l’est par les rayons de Roentgen. En se servant soit d’une machine électrostatique, soit d’une bobine d'induction pour charger constamment le disque et produire une rapide succession d’étincelles entre ce disque et la sphère D, on peut espérer obtenir des résultats satisfaisants. Nécessairement, il faut soigneusement arrêter la lumière des étincelles, afin d’empêcher l’illumination de l’intérieur de la boîte et le noircissement de la plaque sensible par les rayons lumineux ordinaires.
- Cette disposition peut d’ailleurs être modifiée ; on peut prendre pour couvercle une feuille d’aluminium, ayant une épaisseur de i mm environ, et placer une plaque photographique ou une substance phosphorescente sur ce couvercle ou dans toute autre position convenable. Si Ton opère avec une plaque photographique il faut, bien entendu, la protéger par un autre couvercle de métal ou de bois contre l’action de la lumière ordinaire. Les choses étaient ainsi disposées, on augmentera de plus en plus la distance entre D et A A jusqu’à ce que les étincelles jaillissent de préférence entre le disque A A et la paroi d’aluminium. La transparence de l’aluminium pour les rayons de Roentgen permet d’espérer que l’impression ‘photographique sera nette si toutefois une assez grande quantité de ces rayons est produite entre l’aluminium et le disque, avec ou sans étincelle.
- Les nouvelles photographies obtenues jusqu’ici ont été seulement produites, à ma connaissance, par les rayons résultant d’une ac-
- p.493 - vue 494/624
-
-
-
- 194
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- tion électrique dans le vide ; mais ce vide ne paraît pas essentiel à la production des rayons de Roentgen d’après une expérience de Lord Blythswood présentée à la réunion du 5 février de la Philosofthical Society, de Glascow. 11 montrait une plaque photographique très nettement impressionnée, en la plaçant, enfermée dans son châssis entouré lui-meme de plusieurs doubles de velours noir, en avant des pôles de sa puissante machine de Wimshurst, de façon qu’elle ne se trouve pas sur le trajet direct de la décharge. Il montrait également des impressions photographiques obtenues dans les mêmes conditions à cette différence près que le châssis, toujours entouré de velours noir, était placé sur le trajet direct de la décharge. Dans ce dernier cas, l’impression photographique était due, peut-être entièrement, certainement en partie, aux étincelles ou aigrettes produites à l’intérieur du châssis, construit en acajou, avec coins métalliques et garnitures métalliques intérieures. Je lui ai suggéré de répéter cette expérience en remplaçant ce châssis par une boîte d'aluminium parfaitement close et sans aucune enveloppe noire autour d’elle,— cette boîte d’aluminium constituant une garantie parfaite contre la production d’étincelles ou d’aigrettes internes (’).
- Si la disposition que je décrivais plus haut, donne, sans étincelles ou aigrettes intérieures, une action photographique marquée sur une plaque ou une lueur sur une substance phosphorescente, placée soit entre AA et la fenêtre d’aluminium, soit en dehors de celle-ci, l’hypothèse de Roentgen se trouvera vérifiée. Mais, de la constatation de résultats négatifs, on ne peut conclure au rejet de cette hypothèse, l’action électrique pouvant, même dans le cas où il y aurait des étincelles entre D et A A, n’être pas suffisamment rapide ou violente pour donner assez d’ondes longitudinales ou d’ondes de condensations pour agir sur une plaque photographique ou pro-
- (') Voir, VÉclairage Électrique du 29 février, p. 423, là lettre dauS laquelle Lord Blythswood décrit le résultat de cetté expérience.
- 1 duire une lueur visible avec un corps pho§^ phorescent.
- Lord Kelvin,
- de la Royal Society.
- VITESSE DE PROPAGATION
- DES FORCES ÉLECTROSTATIQUES
- Dans un note publiée par Nature du 23 janvier (’), le docteur Bottomlcy donne un extrait de mes Baltimore Lectures d’octobre 1884, dans lesquelles je traitais de la propagation des forces électrostatiques en donnant une illustration, consistant en deux sphères métalliques placées à une grande distance l’une de l’autre et reliées aux bornes d’un alternateur qui leur communique périodiquement des charges opposées.
- Comme illustration absolument libre de fil de connexion et de toute autre complication, considérons quatre sphères métalliques AB, cd, ayant leurs centres sur une même droite, leurs grandeurs et leurs positions relatives étant indiquées par la figure 1. Supposons ccs quatre sphères primitivement électrisées, A et c positivement, B et d négativement, les charges de cet d étant suffisamment grandes pour donner une étincelle entre ces sphères si elles n’étaient pas soumises à l’influence de A et de B.
- Rapprochons ces dernières l’une de l’autre, jusqu’à ce qu’une étincelle éclate entre elles. L’étincelle qui dès lors éclate entre c et d se produira-t-elle au même instant ou un peu plus tard ? Il n’est pas commode de voir comment cette question pourrait être résolue expérimentalement, mais si l’on se souvient de l’ingéniosité montrée par Hertz pour trouver une réponse expérimentale à une question de ce genre, il est permis d’espérer que celle-ci sera aussi résolue.
- La théorie de l’élasticité des solides, restreinte par l’hypothèse de l’incompressibilité, (qui est exprimée par les formules de Max-
- (') Voir 1‘Éclairage Électrique di
- février, p.
- p.494 - vue 495/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 491)
- well), conduit à un intervalle de temps infiniment petit entre les instants où se produisent les deux étincelles. La théorie générale de l’élasticité donne un intervalle fini dont la valeur dépend de la vitesse des ondes de condensation.
- Je sens combien on abuse des mots en parlant de la « théorie classique solide de l'élec-
- Fig. i.
- tricité et du magnétisme » quand personne n’a pu jusqu’ici trouver, dans un solide élastique, quelque chose d’analogue à l’attraction entre la cire à cacheter et le papier, ou entre un aimant et un morceau de fer, ou entre deux fils où circulent des courants. Toutefois nous devons avoir une théorie classique solide ou une analogue mécanique semblable pour les ondulations de la lumière, les ondes magnétiques et les ondes électriques ; et la considération des connaissances que nous possédons sur les propriétés d’un solide élastique réel, fournies par l’observation et l’expérience aidées des mathématiques, me paraît être parfaitement capable de guider nos idées vers une théorie générale embrassant l’opti-que, nos connaissances anciennes et récentes en électricité et tout le magnétisme.
- Lord Kelvin,
- de la Royal Society.
- NOUVELLES EXPÉRIENCES L’ÉTINCELLE GLOBULAIRE (')
- V
- Pour étudier plus commodément la forme de la masse lumineuse, je l’ai souvent pho-
- w Voir L'Éclairage Électrique du 22 février, p. 362 et du 7 mars, p. 454.
- tographiée. Quand elle se meut assez lentement, et mieux encore, quand elle reste un moment immobile, on en obtient l’image en manœuvrant à la main l’obturateur de la chambre noire/ou tout au plus en se servant d’un obturateur pneumatique ordinaire. Quand, au contraire, la décharge globulaire a une vitesse de translation considérable, il convient d’employer un obturateur spécial a détente.
- Celui que j’ai employé consiste en un disque de carton noir muni de nervures en aluminium qui lui donnent de la rigidité sans augmenter beaucoup son moment d’inertie, et qui est fixé sur l’axe d’un fort ressort d’horloge. Lorsqu’on le tourne d’un certain arc, le ressort se tend, et lorsqu’on le libère, U parcourt en sens inverse le même arc. Pendant le mouvement, une ouverture de forme appropriée, pratiquée dans ce disque, passe devant l’objectif et ainsi le découvre pendant un certain temps. La durée de la pose, qu’on mesura en inscrivant sur une partie enfumée du disque les vibrations d’un diapason, peut varier en bandant plus ou moins le ressort ; elle peut être facilement réduite à un centième de seconde, bien que l’ouverture pratiquée dans le disque soit de telle dimension que l’objectif, de 10 cm de diamètre, ne reste entièrement découvert que pendant une fraction de cette faible durée.
- L’obturateur était monté sur un support indépendant de la chambre noire, afin d’éviter toute oscillation de celle-ci, et était généralement comrnandépar la décharge prolongée, de la façon suivante : On constatait au moyen d’un clcctroscope à pendule que le potentiel du condensateur avait atteint la valeur nécessaire, puis on abaissait vivement le poids métallique qui fermait le circuit de décharge (c’était, en général, la partie mobile de l’inverseur) ; enfin, sans trop de hâte, on faisait détendre l’obturateur. On obtenait ainsi sur la plaque photographique l’aspect de la décharge à une certaine période de sa durée.
- Il nous reste à rendre compte des observations laites et à étudier les photographies
- p.495 - vue 496/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 49b
- obtenues. Nous commencerons par la décharge dans l’azote qui est le gaz dans lequel les phénomènes s’observent le mieux.
- La figure 2 est la reproduction d’une photographie de la décharge globulaire dans l’azote, pour P = 25 mm et p~ -h seconde(').
- La durée du phénomène est d’environ une seconde. Au moment où commence la clcchar-
- pression de 35 mm.
- ge, on voit se former à l’extrémité de l’électrode positive une luminiosité, qui s’allonge bientôt, puis s’effile et s’étrangle à peu de distance de l’électrode et se détache en grande partie, pour prendre la forme que représente la figure. La masse lumineuse, ainsi isolée, s’avance vers l’électrode négative avec une vitesse décroissante et suffisamment faible, surtout vers la fin, pour que l’œil puisse commodément la suivre et l’observer. A quelque
- (1) P est la pression du gaz dans le tube et p la durée approximative de la pose. Lorsque celle-ci est d’environ une demi-seconde [p :___1/2 s ), on employait l'obtura-
- teur pneumatique. Les valeurs de la résistance liquide
- parce qu’on peut faire varier une de ces grandeurs dans de larges limites quand on modifie convenablement l’autre, sans que pour cela, l’aspect de la décharge soit altéré. En général, elles étaient réglées de façon à obtenir dans le tube la décharge globulaire simple.
- Les deux lignes pointillées tracées au tire-ligne sur chaque figure indiquent la largeur du tube à décharges.
- Dans tous les cas, le tube est vertical et l'électrode positive à la partie inferieure; les figuics sont à peu près aux 2/3 de grandeur naturelle, sauf la figure 7 qui-est à peu près en vraie grandeur.
- distance de l’électrode négative. la masse lumineuse s’arrête, puis disparaît tout à coup ; c’est la fin de la décharge. Dans certains cas, avant de disparaître, elle rétrograde un peu vers l’électrode positive.
- La longueur du chemin parcouru par la masse lumineuse dépend de la pression du gaz et croît en même temps que celle-ci. La distance réciproque des électrodes n’a pas d’influence directe, puisque, avec une électrode négative mobile suivant l’axe du tube, la position dans laquelle s’éteint la masse lumineuse est toujours la même, quoiqu’on modifie beaucoup la position de la cathode. Cependant, si l’on rapproche trop entre elles les deux électrodes, la masse lumineuse ne peut plusse détacher dé l’anode, et le phénomène, changeant d’aspect, assume la forme d’une étincelle progressive.
- Si l’on provoque la décharge prolongée, la masse lumineuse peut rester visible 8 ou io secondes et même parfois davantage. Généralement, après s’être mue dans le tube, elle reste fixe pendant quelques secondes, puis rétrograde lentement vers l’électrode positive, s'élargit et diminue d’éclat, pour disparaître à peu de distance de celle-ci. Comme on peut admettre que le courant de décharge croît d’abord d’intensité, puis diminue ensuite jusqu’à zéro, il semblerait que le mouvement de la masse lumineuse de l’électrode positive vers la négative a lieu lorsque l’intensité de la décharge augmente, que la fixité de cette masse indique la constance de l’intensité et que, enfin, le mouvement rétrograde accompagne la période de décroissance.
- Pendant la durée de la décharge prolongée, on peut intervertir plusieurs fois, au moyen de l’inverseur, les communications entre les armatures du condensateur et le restant des appareils. On observe alors successivement différentes masses lumineuses qui s’élancent alternativement de l’une ou de l’autre des deux électrodes du tube.
- La figure 3 (P = 14 mm, i>—\ s), montre comment la masse lumineuse augmente de
- p.496 - vue 497/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITE
- 497
- volume et diminue d’éclat lorsqu’on diminue la pression de l’azote. Du reste, le changement de la masse lumineuse avec la pression a été étudié dans un de mes mémoires précédents.
- Dans ces mémoires, et principalement dans le troisième, l’influence des dimensions du tube sur les phénomènes qui s’y produisent a été étudiée aussi. Dans mes nouvelles recherches , j’ai observe que la forme du récipient aune influence marquée, plus que ses dimensions absolues. Un tube beaucoup plus étroit, mais aussi beaucoup plus court que celui que j’ai employé d’ordinaire, présente des phénomènes en tout semblables, puisqu’il s’y forme une masse lumineuse de la forme représentée dans les figures 2 et 3, plus petite, mais aussi beaucoup plus lumineuse, et qui se meut de la même manière. Parmi les tubes que je conserve, il en est un dont le diamètre a 1,5 cm et dont les électrodes sont éloignées de 5,2 cm, et dans lequel on obtient cette petite masse lumineuse très brillante. 11 contient de l’azote à la pression de 27 mm. Inversement, un tube beaucoup plus large et plus long permet d’obtenir une masse lumineuse animée d’un mouvement lent, qui, dans ce cas, est beaucoup plus grande et plus pâle qu’avec un tube des dimensions ordinaires. La pression du gaz doit varier en sens inverse des dimensions du tube.
- En règle générale, dans les tubes très longs par rapport à leur diamètre, la décharge tend à être composée. C’est pour cela qu’un tube long de 110 cm et de 6 cm de diamètre, contenant de l’azote à 12 mm de pression, donne généralement au moins deux ou trois masses lumineuses équidistantes et en mouvement concordant. Au contraire, dans des tubes larges et courts, la masse lumineuse ne peut arriver à se détacher de l’électrode.
- Quand les communications sont interverties, c’est à dire quand on a la disposition TAS au lieu de la disposition SAT, les masses lumineuses se meuvent un peu plus rapidement, mais restent plus longtemps immobiles avant de disparaître. En outre; on
- obtient plus facilement, dans ce cas, la décharge composée, c’est à dire, que pour une résistance donnée du circuit, il faut une moindre étincelle à l’excitateur. Ainsi, il peut arriver que, tandis qu’avec la disposition SAT, la décharge est simple, elle devienne composée de deux masses lumineuses successives avec la disposition TAS.
- Si au lieu de laisser le condensateur se dé-
- Fig. 3. — Déchaige globulaire dans l’azote à ia pression de 14 mm.
- charger spontanément, on provoque une décharge prolongée, en s’assurant, avant de fermer le circuit, que le potentiel de la batterie est très élevé, il se forme encore une décharge composée. Cette décharge composée prolongée consiste en cela que, à peine le circuit fermé, deux ou plusieurs masses lumineuses se présentent l’une après l’autre et s’arrêtent en des points équidistants dans le tube. Quand la décharge est sur le point de finir, elles rétrogradent lentement vers l’électrode positive et, près de celle-ci, elles disparaissent l’une après l’autre. Il arrive souvent que, dans l’instant où une des masses s’éteint, la suite s’arrête un instant ou sautille brusquement.
- En plaçant le tube à décharges dans un bain d’huile de vaseline qu’on pouvait chauf-
- p.497 - vue 498/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- fer lentement ou substituer à un bain froid, j’ai pu constater, que toutes autres choses égales, le nombre des masses lumineuses cons-’ tituant la décharge croît avec la température. Ainsi, l’expérience étant disposée de façon que la décharge globulaire fut simple à la température ambiante de z20, elle était constituée de deux masses lumineuses lorsque la température était portée à 450 et de trois à la température de 65l). Lorsque le tube est ramené à la température ambiante, on obtient de nouveau une décharge simple, et ainsi de suite, alternativement, plusieurs fois. On devra tenir compte de ce fait en discutant l’explication possible de la décharge globulaire.
- VI
- Comme nous l’avons déjà dit, c’est dans l’azote que la décharge globulaire se forme le mieux, car la masse lumineuse y est très brillante et s’y meut lentement. Dans quelques autres gaz j’ai pu la produire, mais d’une façon moins manifeste, tandis que, dans certains autres, je n’ai pas pu encore la provoquer. J’ai mis dernièrement en essai beaucoup de gaz et de vapeurs, et j’en ai trouvé peu dans lesquels il soit possible de produire la décharge globulaire, tout au moins avec les moyens à ma disposition. Le procédé adopté pour introduire les gaz dans le tube à décharge est le même que celui qui sera décrit plus loin, et qui m’a servi pour étudier les mélanges de gaz et de vapeurs.
- En résumé les gaz que j’ai étudiés se classent dans l’ordre suivant, en commençant par ceux où la décharge globulaire se forme bien et où elle a une faible vitesse, et en continuant par ceux où elle se forme moins bien, pour arriver, par degrés successifs, jusqu’à ceux où elle 11e s’observe plus du tout.
- Immédiatement après l’azote, qui est au premier rang, il faut placer l’oxyde de carbone. Dans ce gaz, la masse lumineuse ne diffère de celle qui se produit dans l’azote que par son éclat moindre, sa couleur verte plutôt que rouge, sa forme un peu moins allongée, et son mouvement un peu plus rapide,
- toutes autres choses égales. Mais la forme, la grandeur et la vitesse de la masse lumineuse dans foxyde de carbone sont modifiées exactement de la même manière que dans l’azote lorsqu’on fait varier la pression du gaz ou la résistance du circuit, ou les dimensions du tube à décharges, etc. C’est une coïncidence curieuse que l’oxyde de carbone ait le meme poids moléculaire et à peu près la meme constante critique que l’azote. Peut-être une théorie complète de la décharge globulaire pourra-t-elle rendre compte de cette coïncidence.
- Les autres gaz qui donnent le phénomène de la décharge globulaire le présentent d’une façon beaucoup moins distincte et aussi, entre certaines limites de pression seulement ; celles-ci seraient comprises, dans les conditions de mes expériences, et en particulier avec des tubes des dimensions ordinaires, entre 8 et 40 mm. Ainsi, dans le cas de l’hydrogène, la masse lumineuse, blanc-azuré, très pâle et de forme très allongée, se meut beaucoup plus rapidement que dans le cas de l’azote, tandis que la période d’immobilité qui précède la disparition en fin de décharge est relativement plus longue. Elle apparaît donc, le plus souvent, comme une étincelle progressive, c’est à dire comme une masse lumineuse qui s’allonge de rélectrode positive, et il est nécessaire que le tube soit assez long par rapport à son diamètre pour que la masse lumineuse se sépare de l’électrode. En raison de la vitesse relative de translation qu’elle possède, j’ai dû, pour en reconnaître l’existence et pour en déterminer le mouvement, observer cette masse lumineuse dans un miroir tournant; cependant la vitesse angulaire de celui-ci peut être assez faible ; elle peut, par exemple, être de un tour, ou moins, par seconde.
- Dans l’éthylène, le phénomène est à peu près le même que dans l’hydrogcne, ainsi que dans le méthane et dans le gaz d’éclairage ; cependant, dans ce dernier, les masses lumineuses sont plus brillantes.
- Viennent ensuite l’anhydride carbonique, le chlore et l’ammoniac, dans lesquels la dé-
- p.498 - vue 499/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- ‘199
- charge a l’apparence d’une étincelle ordinaire qui, dans le cas du chlore est entourée d’une large auréole jaune remplissant presque entièrement le tube, et excite vivement la fluorescence du verre ; observée à l’œil nu, cette décharge semble être du type ordinaire, mais quand on la regarde dans un miroir tournant avec rapidité, on voit qu’elle est composée d’une masse lumineuse voyageant avec une grande vitesse de l’électrode positive à la négative. Généralement, avant de s’éteindre, cette masse lumineuse rétrograde vers l’élec-tiode positive, et dans ce mouvement rétrograde, sa vitesse est beaucoup moindre que dans le mouvement direct.
- Avec les autres gaz, ou vapeurs, je n’ai observé aucune trace de masse lumineuse en mouvement. Voici ceux que j’ai essayés : oxygène, anhydride sulfureux, cyanogène, hydrogène sulfuré, chlorure d’élhyle, acétate d’éthyle, acide acétique, sulfure de carbone, iodure d’éthyle, bromure d’éthyle, acétone, brome, acétylène, toluène, bioxyde d’azote, tétrachlorure de carbone, trichlorure de phosphore.
- Dans les deux dernières vapeurs, je n’ai pu parvenir à obtenir une décharge, car, même sans aucun autre intervalle à étincelle dans le circuit que le tube lui-même, cette décharge aurait demandé un potentiel plus élevé que celui auquel je pouvais charger mon condensateur.
- En employant les autres gaz énumérés cî-dessus, je n’ai jusqu’ici pu jamais obtenir que l’éclair, le panache, la décharge en bande, ou l’étincelle ordinaire, suivant la pression ou les autres circonstances ; jamais je n’ai pu observer trace de masse lumineuse en mouvement, même en observant la décharge dans un miroir tournant avec rapidité.
- J'ai observé des particularités très curieuses et des effets singuliers qui sont rendus, encore plus riches par ce fait que, parfois, le gaz subit une modification chimique sous l’action de la décharge, ce qui produit une modification graduelle et continue dans l’aspect de la décharge. C'est ce qui arrive, par
- exemple, avec l’hydrogène sulruré à basse pression. Lorsque la pression est comprise entre 10 et 50 mm, il se produit dans ce gaz des étincelles d’un bleu azuré extrêmement brillantes. Dans les vapeurs de sulfure de carbone, les étincelles sont verdâtres et des plus vives, et une substance noirâtre se dépose sur le verre. Au moment où cesse L’étincelle,'il reste dans le tube, pendant quelques instants.une bande lumineuse en forme d’hélice, animée d’un mouvement de rotation autour de son axe qui coïncide avec celui du tube. Dans les vapeurs d’iodure d’éthyle, à la pression de 10 mm, les étincelles sont azurées et excitent la phosphorescence du verre. Si l’on fait entrer de l’azote dans le tube, on voit immédiatement se déposer sur le verre une bande brune. Dans les vapeurs de brome, à la pression de 10 mm, chaque étincelle est rose quand elle commence et blanc violacé quand elle finit. L’éclair sur la cathode est vert azuré et la fluorescence du verre est très vive. A une pression un peu plus grande (15 mm), on obtient une magnifique étincelle blanche entourée d’une- large auréole jaune, accompagnée d’une fluorescence verte du verre. Dans le bioxyde d’azote, on a d’abord une étincelle jaune orangé et ensuite rougeâtre.
- On peut observer encore beaucoup d’autres effets brillants et curieux, mais leur description nous ^éloignerait trop du sujet principal de cet article.
- (A suivre) A. RrGin.
- REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE
- ET DES INVENTIONS
- Pile Rowbotham (1895)
- Les éléments constitutifs de cette pile sont des plaques de fer B et des plaques de charbon poreux C, percées de trous cc. Ces plaques occupent le compartiment du milieu de l’auge A, séparé des compartiments extrêmes par les cloisons D D', avec trous de circula-
- p.499 - vue 500/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- tiondd. Ces compartiments extrêmes renferment une dissolution de i partie de bichromate de sodium, 2 1/2 d’acide sulfurique, 1 d’acide azotique et 5 d’eau, ou 1 debi-
- d'une pile Rowbotham.
- chromate, 2 1/2 d’acide sulfurique et 5 d’eau. Le compartiment central renferme un mélange de 25 d’eau pour 1/2 d’acide sulfurique et 1/2 d’acide azotique.
- Après avoir traversé les pores du charbon, le liquide excitateur s’évacue de la pile par les canaux c c. La circulation de l’air dans ces canaux aurait pour effet de neutraliser en partie l’action dépolarisante de l’hydrogène qui s’accumule à la surface des charbons. En outre, le mélange d’acides sulfurique et azotique, dans les proportions indiquées, a pour effet d’éviter presque totalement les actions électrolytiques locales.
- G. R.
- Commutateur Hopkinsort (1895)
- Le bras D, en fer ou en acier, est commandé par l’étrier isolé L, et entraîne avec lui les
- contacts lamellaires A, au-dessus des contacts B isolés et fixés sur la plaque d’acier G. Cette plaque est fixée au socle d’ébonite K
- Hopkinson.
- par des boutons en fer F, qui traversent un plateau M, sur lequel repose la bobine N. Le courant, traversant cette bobine, magnétise M, F et C d’une part, E et D de l’autre, de manière à souffler immédiatement tout arc qui aurait tendance à se former entre B et A lors de la rupture ou de la fermeture d’un contact. G. R-
- p.500 - vue 501/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 501
- Pile thermo-électrique B. Cox (1895)
- Les éléments thermo-électriques a a sont chauffés à l’Intérieur, en cc par une circulation d’air chaud et refroidis à l’cxtcricur par une circulation d’air froid a a. L’air
- rique B. Cox.
- chaud est mis en circulation par un ventilateur h. qu mène la dynamo a, dans le circuit e c. au travers des tubes f chauffés en g. On obtient ainsi un chauffage uniforme des piles en c c. G. R.
- Pile à gaz Barnett (1894)
- Cette pile se compose d’un vase poreux A, revêtu des deux côtés d’une couche de cor-duroy B et D, plongé dans une dissolution de bichlorure de platine, séché puis chauffé au rouge dans un creuset rempli de poussier de charbon. Le vase poreux ainsi préparé est chauffé de même dans un creuset au charbon afin de carboniser la pâte de farine avec laquelle on a collé B et D, puis on le ferme par deux couvercles de plomb C et C' coulés sur A de manière à former des bornes E E en contact respectivement avec 1) et 13.
- Après avoir humecté A, B et D avec une dissolution électrolytique quelconque, si l’on
- introduit de l’hydrogène par F, la couche B, grâce en partie au platine spongieux qu’elle renferme, absorbe par occlusion l’oxygène de l’air, et la couche 1) de l’hydrogène, puis
- Fig. [. — Pile à gaz Barnett.
- quand on ferme le circuit sur D et B cet oxygène et cet hydrogène s’unissent au travers de A pour former de l’eau en donnant naissance à un courant. G. R.
- Polisseur de contact Crompton et Adams (1894)
- Cet appareil sc compose d’un arc flexible A
- épousant la forme du commutateur de dyna-
- p.501 - vue 502/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- mo qu’il s’agit de polir, tendu entre deux bras E et F, dont l'un réglable en 1) C, de sorte qu’il suffit d’appuyer sur le commutateur la bande A, convenablement isolée, pour arriver à le polir ou à le nettoyer rapidement et sans aucun danger.
- G. R.
- Les tramways électriques à canalisation souterraine de la 9e rue, à Washington, par A. N. Connett. C)
- Nous avons décrit précédemment la construction de la conduite souterraine pour tramway électrique établi par le Alétropolitan Railroad Company, de Washington (*). M. A. N. Connett, l’ingénieur qui a dirigé les, travaux, a publié à différentes reprises d’intéressantes données sur cette ligne. Nous lui empruntons les renseignements suivants.
- Exploitation. — Le trafic a été inauguré le 29 juillet dernier. Chaque train se compose d’une voiture motrice et d’une voiture attelée ; cette dernière est une voiture couverte en hiver et découverte en été. Un train d’ctc pèse, à vide, 9 650 kg et un train d’hiver 9260 kg. Le nombre de trains en service quotidien a varié, de 22 au début, à 26 à l’heure actuelle.
- Accidents.— Les interruptions ont étc peu importantes ; la plupart ont été dues à dej erreurs d’aiguillage ou à des déraillements.
- Le premier accident sérieux fut causé par une voiture de tramway funiculaire qui voyageait sur une voie transversale et qui s’était arrêtée trop près du croisement. Ce câble étant soulevé arrêta le frotteur du tramway électrique et l’entraîna dans la rainure du tramway funiculaire cet accident ne s’est plus reproduit depuis.
- Un court circuit sur un frotteur arrêta le trafic pendant un certain temps. Depuis, cette
- (1) The Street Railway Journal, a,oût 1895, p. 530 et février 1896, p. 98.
- (s) L’Éclairage Électrique, t. IJ, 26 janvier 1895, p. 145.
- cause cfaccidcnt a cté réduite à son minimum par l’emploi de plombs fusibles sur chaque frotteur et d’un rhéostat à la station centrale.
- L’accident le plus grave a été dû à la mauvaise construction d’un des isolateurs spéciaux employés au croisement des voies funiculaires. Une fente se produisit, et la chaleur engendrée fut suffisante pour brûler l’isolant et fondre le boulon. Le rail conducteur s’abaissa, en sorte que le frotteur passant sur le sommet de ce rail tordit les boulons des 6 isolateurs ordinaires suivants. Il fallut les remplacer immédiatement. Depuis, les isolateurs spéciaux de ce modèle défectueux ont été remplacés par de nouveaux isolateurs plus perfectionnés. Aucun accident ne s’est produit ensuite.
- On 11’a eu a déplorer aucun accident par suite des conditions atmosphériques ; il est vrai qu’aucune chute de neige importante ne s’est produite. Les pluies les plus fortes n’ont causé aucun accident. « 11 a été reconnu, dit Al. A. N. Connett, que le trafic n’est pas arrêté, même par l’innondation complète des conduites sur des distances comparativement longues. Si la fuite qui en résulte est importante, on peut y parer en ajoutant une autre génératrice, ou en réduisant le voltage par l’introduction d’un rhéostat à eau dans le circuit inondé. On peut remédier immédiatement à presque tous les troubles de la conduite, sans affecter le trafic, au moyen d’un tableau de distribution convenablement combiné, et d un rhéostat à eau. » Nous ne partageons pas complètement cet optimisme, et nous croyons qu’une plus longue expérience est nécessaire pour fixer complètement faction clc l’humidité sur la conduite électrique.
- Vérification de l'isolement. — Des séries de lampes à incandescence reliées à chaque côté du circuit et au sol permettent de reconnaître facilement l’état de l’isolement du réseau et des frotteurs. Un défaut dans l’isolement sur des joues du frotteur peut être facilement reconnu au moyen de ces lampes; il suffit de
- p.502 - vue 503/624
-
-
-
- REVUE D’ELECTRICITE
- 505
- pratiquer une interruption dans les rails conducteurs et de changer le sens du courant dans les rails de chaque côte de cette interruption. Les lampes brillantes s'éteindront et vice versa de chaque côté de l’interruption, lorsque le frotteur défectueux vient à passer. Les lampes étant placées dans le dépôt des voitures et l’interruption des rails à proximité, le frotteur défectueux peut être remplacé immédiatement.
- Sur la ligne de la 9e rue, chaque branche de chaque circuit est vérifiée toutes les nuits par l’ingénieur. Si l’on constate une perte importante, on peut presque toujours y remédier en intercalant un rhéostat à eau dans le circuit. On agit de meme dans le cas d’un court circuit qui se produit pendant la marche.
- On a bientôt remarqué que l’isolement de la branche positive du circuit est beaucoup plus élevé que celui de la branche négative.
- Les quatre circuits montrent le même fait. On a recherché si ce résultat était dû à des fautes locales ; une section de la ligne, longue d’environ 60 m fut séparée du réseau et chaque isolateur vérifié ; l’essai donna le même résultat que précédemment ; la résistance d’isolement de chaque branche était environ 20 fois plus grande que celle de la ligne entière, longue de 12 000 m. On pourrait craindre que l’isolement de la branche négative ne continuât à diminuer avec le temps. 11 n’en est rien. A égalité de conditions atmosphériques, l’isolement est le même qu’au premier jour.
- Le tableau suivant fait voir l’influence des conditions atmosphériques sur l’isolement. Chacun des quatre circuits a environ 6,4 km de conducteurs exposés dans les tubes et supportés par 1 500 isolateurs. Le 17 octobre, le temps était très sec; le 15 novembre, la pluie ne cessa de tomber avec violence toute la journée ; le 6 décembre, le temps était sec et froid, il n’avait pas plu depuis une semaine. L’essai du circuit n° 2, le 15 novembre, indique un défaut ; sa valeur relative ne doit donc pas entrer en ligne de compte.
- Tableau I
- Ré Influencedesc onditi 2 d’isol osphér en oh quese delà. olarité.
- 17 o^obre 15 novembre 6 décembre
- t-osit.l Négatif Positif Négatif Positif Négatif
- Circuit N° 1 19500 770 8900 400 36800 1 250
- > 3 18 100 670 8000 480 29 100 830
- » 4 10900 770 5 200 33° 27600 910
- Immédiatement après avoir fait les essais, le 6 décembre, le sens du courant fut changé dans le circuit n°q. On prit les mesures d'isolement, et le 24 décembre, on rétablit le courant dans son sens primitif. Le tableau suivant fait voir les résultats obtenus.
- Tableau II
- Essais du circuit numéro 4.
- Influence de la polarité sur la résistance d’isolement.
- M. Connett fait remarquer que si l’isolement des deux côtés du circuit tombait à 250 ohms, - la perte quotidienne serait d’environ 20 kw-heures, ce qui correspond à une dépense de charbon de 50 centimes. En réalité il estime que les fuites à l’heure actuelle ne représentent pas une dépense supérieure à 5 centimes par jour.
- Frais de premier établissement. —• Les dépenses exactes entraînées par l’installation de la conduite souterraine n’ont pas été publiées. M. Connett donne les chiffres suivants par km de voie simple, calculés comme étant égaux à la m.oité du prix de la voie double.
- Ces prix se rapportent à la voie simple, en alignement droit ; ils ne comprennent ni la pose des conduites et des drains, ni le dépla-
- p.503 - vue 504/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- cernent des obstructions, ni les aiguillages, courbes, garages, etc., ni aucun imprévu.
- Rails de roulement ; rails de l’ouverture ; joints 20 212
- Rails conducteurs............................... 3 960
- Boulons, écrous, rondelles, entre-toises, etc.,. 2 475
- Châssis de la conduite, carcasses des regards,
- couvercles et autres pièces en fonte de fer... 15 840
- Isolateurs....................................... 825
- Coins en fer malléable............................. 825
- Joints électriques.............................. 7 435
- Excavation......................................... 710
- Béton de ire qualité pour la conduite.......... §40
- * 2® » plate-forme........ 9 5"o
- Pose de la voie, transport et voie temporaire.. 7 6^
- Pavage en asphalte, entre les rails de roulement, à mi-distance de l’entrevoie et à 60 cm à
- l’extérieur des voies..................' .. . sy
- Total.......................... 108785
- Statistique d'exploitation. — Le tableau 111
- donne la dépense de courant et la consommation correspondante de charbon.
- Tableau III
- Statistique d’exploitation.
- Nombre de kilomètres KhÏùrefS d h§sb Kgs de charbon ksv heure Kgs de charbon voiture km Watts
- S” Xï/." Total
- Octobre 147 290 146 683 293 973 3 °92 6 058 1 >957 0,638 326
- Novembre 139 088 134574 273 662 3 028 5 775 1,907 °,6'3 331
- Décembre 153 343 153 343 306 686 3 377 6 182 1,830 0,625 34*
- Du itr au 18 Décembre.. . “ — __ 5 6*5 L736 _ “
- Pendant les 18 premiers jours de décembre, l’affluence de voyageurs nécessita l’emploi d’un second groupe générateur. Cette circonstance a permis de mettre clairement en lumière l’influence du coefficient déchargé sur la consommation de charbon. Nous don-
- nons à titre d’exemple les chiffres relatifs à plusieurs journées ; on voit que la consommation est d’autant plus grande que le nombre de kilowatts-heures engendrés par chaque moteur est plus faible.
- Tableau IV
- Influence du coefficient de charge des moteurs sur la consommation de charbon par kilowatt heure produit.
- p.504 - vue 505/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 5°5
- Prix de revient. Jusqu’en novembre, les réparations furent insignifiantes ; nous négligerons donc les premiers mois d’exploitation, et nous ne donnerons que les prix relatifs au mois de novembre.
- g
- alaires, employés de bureau............... 3 525,80
- Conducteurs, mécaniciens, aiguilleurs, etc,. 53496,85 Réparations des voitures, de leurs moteurs et
- trSlet........................................ 5 990.60
- Force motrice .............................. 4 597,65
- Entretien de la voie et dè la conduite....... 779,65
- Service d’éclairage............................. 372,65
- Réparations aux bâtiments.................... 128,25
- Divers.......................................... 445.85
- Total des dépenses d’exploitation, en fr..... 38 337,30
- Prix de revient par voiture-km, en fr........... 0,14
- Ces prix ne comprennent ni les taxes et impôts, ni les accidents et l’assurance. Ils
- sont très bas, ce qui s’explique par le mode d’exploitation par trains de deux voitures.
- Les dépenses de force motrice par voiture-motrice-kilomètre sont de 0,033125 fr; le kilowatt-heure revient à 0,0505 fr.
- Il est regrettable que le nombre de voyageurs transportés ne soit pas donné.
- G. P.
- La résistance électrique des joints pour rails de retour, dans l’industrie des tramways électriques, par R. Dunning. (1)
- On se rend généralement peu compte de l’importance que présente la façon dont les joints entre les rails contigus sent faits, pour assurer la continuité du circuit de retour des tramways électriques. Les chiffres suivants que nous empruntons à un mémoire de Al.
- Tableau I
- Energie électrique dissipée par les joints des rails de retour.
- joint plastiqi
- joint froid
- (1j Electric Raihoay Galette, 8 Fév.
- p.505 - vue 506/624
-
-
-
- 506
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Robert Dunning, permettront de fixer un peu les idées à ce sujet. Nous avons ajouté, dans chaque cas, l’énergie correspondante absorbée par chaque joint.
- La première expérience a été faite sur un joint ordinaire fait d’un fil de cuivre n° oo, de 15 cm de longueur, reliant par le patin deux rails plats américains de 45 kg par mètre linéaire. Ces contacts étaient propres, bien serrés et nouveaux.
- Dans la seconde expérience, le même joint avait été complété par un fil de cuivre n° 0, long de 76 cm, et nouvellement mis en place, au moyen de chevilles à rainures.
- Les autres expériences ont été faites avec des joints d’un type différents, dits joints plastiques, qui ont été déjà décrits dans ce journal (2).
- La quatrième expérience a été faite sur des rails de 45 kg, avec un joint plastique placé entre la forme du rail et un fer cornière sur un des côtés seulement; la cinquième sur un rail de 41 kg, placé sur chaises, et avec un rail à T placé sous le joint ; deux trous de 1,5 cm de diamètre avaient été percés à travers la chaise et le patin du rail, dans la tête du rail à T. Ces trous avaient été amalgamés et remplis d’alliage plastique. La sixième expérience a été faite dans des conditions à peu près identiques ; seulement deux trous avaient été percés de chaque côté du rail, au lieu d’un seul côté.
- Enfin, la septième expérience a été faite sur des rails de 31 kg, avec joints formés par des trous horizontaux de 2,2 cm de diamètre. percés dans les extrémités contiguës des rails, comme nous l’avons expliqué dans les notes précédentes.
- Le tableau I résume les résultats obtenus. !
- Si l’on admet ces chiffres — peut-être sujets à caution car ils nous semblent* publiés par les intéressés — on voit que même le meilleur des joins cités est loin d’etre parfait, car les pertes d’énergie électrique qu’ils entraînent sont très importantes, surtout si l’on
- songe qu’une perte semblable se produit à chaque joint sur toute la longueur du réseau. Encore faut-il remarquer que, dans ces expériences, les joints étaient nouvellement établis.
- La conclusion qui nous semble résulter de ces expériences, c’est que le retour par les rails devrait être complètement supprimé.
- G. P.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Photographie des objets invisibles sans tube de Crookes, par William James Morton ('}.
- T fauteur décrit plusieurs expériences effectuées dans le but de reconnaître si les radiations électriques ordinaires fournies par les machines à influence et les bobines d’induction peuvent produire des effets analogues à ceux des rayons de Roentgen.
- Dans une première expérience, des lettres découpées dans une mince feuille de cuivre pur étaient placées sur un châssis fermé contenant une plaque photographique, puis recouvertes d’une feuille de carton de la grandeur du châssis et fixée à celui-ci par de fortes bandes de caoutchouc. Ce châssis était disposé entre les pôles d’un excitateur relié à une machine à influence dont les condensateurs étaient enlevés ; le pôle négatif de l’excitateur était une sphère de cuivre avec laquelle le châssis est en contact, le pôle positif, une pointe assez éloignée pour que la décharge ait lieu par effluves. Après cinq minutes d’exposition, le développement de la plaque montrait une image noire (sur la plaque) des lettres.
- Dans une autre expérience, le châssis était disposé entre les pôles du circuit secondaire d’une bobine de Tcsla, ces pôles étant à une distance de 8 cm environ de manière à produire une décharge par effluves. On obtenait après cinq minutes d’exposition, une image
- (*) Eclairage Électrique, t. IV, p. 398.
- (1) ElectricalEngtneer, t. XXI, p. 140; 5 février 1895.
- p.506 - vue 507/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 5°7
- des lettres se détachant encore en noir sur le cliché négatif.
- Enfin, dans une troisième expérience, disposée à peu f>rès comme la première, Fauteur a obtenu une image négative blanche des lettres, comme dans les photographies produites par les rayons Roentgen. Ce résultat a été vérifié par de nombreux essais ultérieurs.
- L’auteur ne dit pas en quoi la disposition de cette dernière expérience diffère de la première qui donne un résultat opposé ; du nom d’anodographes qu’il donne aux photographies où les objets se détachent en noir (sur le négatif) et de celui de cath.odograph.es qu’il donne aux autres, il semble résulter que pour obtenir ces derniers, le sens de la décharge dans l’interrupteur doit être inverse de celui avec lequel on obtient la première.
- L’auteur fait remarquer que les images obtenues ne peuvent être attribuées aux aigrettes lumineuses qui sc produisent sur les bords des lettres métalliques sous l’influence des variations du champ électrique, le couvercle du châssis arrêtant la lumière de ces aigrettes.
- J. B.
- La nature des rayons X, par Willard E. Case (')•
- Dans YElectrical Engineer du 12 février, l’auteur décrivait une expérience montrant que des rayons X peuvent être produits dans l’air à la pression ordinaire : aux pôles d’une bobine de Ruhmkorff étaient attachées deux lames métalliques verticales, et, parallèlement à ces lames, était placée une plaque photographique, enfermée dans son châssis, de manière que la lame reliée au pôle positif de la bobine se trouvât entre la plaque et la lame cathodique. Au développement, la plaque photographique montrait une image de la lame anodique.
- Ayant répété cette expérience, Fauteur a constaté qu’en interposant un tube vide entre la lame anodique et la plaque photographique, l’image de la lame était moins nette,
- comme si les rayons émanant de la plaque cathodique étaient déviés par le tube vide.
- L’auteur termine par la description d’un projet d’expérience qui, à ce qu’il lui semble, permettrait de reconnaître si les rayons de Roentgen sont dûs à un bombardement moléculaire. Ce projet consiste à prendre un tube de Crookes à parois d’aluminium et ayant pour cathode un miroir concave, de courbure telle que son foyer siot en dehors du tube. Les effets photographiques devraient être particulièrement intenses en ce point, s’ils sont dus à un bombardement moléculaire.
- J. B.
- Photographie des objets invisibles par l’arc électrique, par J. Hart Robertson P).
- L’arc était produit entre deux charbons horizontaux par le courant de 25 accumulateurs ; â 5 cm au-dessus se trouvait, soutenue par deux briques, une boîte en bois dont les parois avaient 6 mm environ d’épaisseur. Dans le fond de cette boîte était disposée une plaque photographique sur laquelle on plaçait une lame de fer et, à côté, une lame de verre ; le tout était recouvert d'une étoffe marron foncé, puis du couvercle de la boite. Après une minute de pose, on procédait au développement ; on constatait une image trè's nette bien que faible de 1 a 1 ame de fer ; la partie recouverte par la lame de verre n’était pas impressionnée.
- De ces faits, Fauteur cherche à tirer une analogie entre les rayons de Roentgen et les lignes de force magnétique ; nous ne le suivrons pas dans cette voie, les résultats de l’expérience précédente nous paraissant pouvoir s’expliquer par une autre cause que les rayons de Roentgen. : la pression de la lame de fer sur la gélatine.
- J. B.
- (v; EUcirical Engit
- -, t. XXI, p. 185 ; 19 févru
- (1) Electrical Engineer, t. XXI, p. 185 -, 59 févri?
- p.507 - vue 508/624
-
-
-
- 5q8
- L'ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Une nouvelle méthode de production des rayons
- de Roentgen, par William James Morton (').
- Les expériences de l’auteur décrites dans YElecirical Engineer du 5 février et que nous avons indiquées plus haut, lui suggérèrent l’idée que des rayons de Roentgen devaient accompagner toute décharge électrique, en particulier celle de la bouteille de Leyde. L’auteur fait remarqrrer à ce propos que l’on a souvent observé, sur la peau des personnes frappées par la foudre, des images reproduisant fidèlement les contours des objets métalliques contenus dans les vêtements des victimes, et il voit dans ces faits une confirmation de ses vues.
- Il a été ainsi conduit à réaliser la disposition expérimentale suivante pour la production des rayons de Roentgen : aux deux pôles d’une puissante machine statique sont respectivement reliées les armatures internes de deux condensateurs. L’armature externe de celui qui est relié au pôle positif de la machine est mis en communication avec une sphère métallique enfermée dans un tube vide ; l’armature externe de l’autre condensateur est reliée à une feuille d’étain collée sur la surface du tube. Quand la machine est mise en mouvement et que des étincelles jaillissent entre ses pôles, les oscillations qui prennent naissance dans le circuit formé par les armatures externes des condensateurs et le tube vide produisent dans ce tube des rayons cathodiques. En prenant pour tube vide une ampoule de lampe à incandescence, la feuille d’étain servant de cathode forme naturellement un miroir concave en face duquel le verre prend une phosphorescence très vive.
- L’auteur dit avoir observé avec ce dispositif des effets Roentgen très puissants ; des plaques photographiques et des substances phosphorescentes pouvaient être influencées très fortement à de grandes distances. 11 ajoute que pour obtenir des clichés nets, il a dû réduire considérablement le temps de pose
- (') FJectrical Engineer, t. XXI, p. 186 ; 19 février 1896.
- (sans toutefois indiquer sa durée exacte), et augmenter la distance de la plaque au tube
- J. H.
- Sur l’émission des rayons de Roentgen, par un tube
- contenant une matière fluorescente, par Pflt-
- chikof (').
- « On sait que les rayons de Roentgen, émis par un tube de Crookes, permettent de faire une photographie en vingt ou trente minutes, à condition de se servir d’une assez forte bobine d’induction. C’est une expérience assez longue, qu’il est utile de pouvoir abréger.
- )> Les rayons efficaces semblent partir des portions du verre qui deviennent fluorescentes. J’ai pensé qu’on obtiendrait des effets plus puissants en remplaçant le verre par une substance plus fluorescente. J’ai donc employé un tube de Puluj, et en effet j’ai trouvé que la durée de la pose était singulièrement abrégée. Une petite machine de Voss, avec un de ces tubes, remplace la bobine avec le tube de Crookes ordinaire. En employant une bobine, puis le dispositif de Tesla, on fait descendre la durée de pose à quelques minutes, puis à 30 secondes. »
- Sur quelques propriétés de la lumière noire, par Gustave Le Bon (s).
- « La lumière noire semblant se composer, comme je l’ai indiqué, d’un spectre de radiations fort différentes, le terme de lumière noire doit être considéré comme s’appliquant à toutes les radiations invisibles pour t’ocil mais visibles pour la plaque photographique ou pour un instrument quelconque. Les rayons de Roentgen rentrent ainsi dans le cycle de la lumière noire.
- » Les substances organiques, en général, sont très bien traversées par les rayons cathodiques, et assez mal par la lumière noire. H en résulte qu’on ne peut photographier, avec
- (’) Comptes rendus, t. CXXII, p. 461 ; séance du
- 24 février.
- (2) Comptes rendus, t. CXXII, p. 462 ; séance du
- p.508 - vue 509/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 509
- les rayons cathodiques., que les os du corps, puisque toutes les autres parties sont aussi transparentes pour ces rayons que le serait du cristal pour la lumière solaire. La lumière noire traversant difficilement et inégalement les corps organisés, on pourra arriver peut-être à photographier les couches successives de certains tissus. J’ai l’honneur d’adresser à l’Académie des photographies de grenouilles faites à la lumière noire. Elles ne montrent encore que des parties de l’animal peu profondes. Elles ont été faites dans un châssis ordinaire, entre une lame de cuivre rouge poli et une feuille de plomb, le tout exposé à la lumière du jour. L’interposition d’une lame de verre entre la glace sensible et l’animal n’empêche pas la formation de l’image, mais lui fait beaucoup perdre de sa netteté, ainsi que cela se produirait d’ailleurs pour la reproduction d’un cliché quelconque.
- » J’ajouterai, d’après mes dernières recherches, que certains êtres organisés paraissent jouir de la propriété d’émettre dans l’obscurité des radiations de lumière noire susceptibles d’impressionner les plaques photographiques. Je soumets à l’Académie une photographie d’une grenouille reproduite en pleine obscurité, simplement en la posant pendant deux heures sur une plaque sensible dans un châssis. Les parties reproduites diffèrent cependant de celles obtenues dans l’expérience précédente.
- » Tous les corps organisés ne peuvent se reproduire ainsi. La main humaine vivante, posée pendant une heure et demie sur une plaque sensible dans l’obscurité, ne donne aucune trace d’image si elle a été parfaitement nettoyée.
- » On pourrait objecter à l’expérience de la reproduction de la grenouille dans l’obscurité que la réduction des sels d’argent constituant l’image provient des composés chimiques contenus dans le liquide visqueux dont est recouvert l’animal ; et, en effet, l’interposition d’une lame de verre entre la plaque sensible et le corps de la grenouille empêche l’image. Cependant elle sè forme encore si, par une
- immersion de l’animal dans de l'alcool à 90° pendant quelques heures, on détruit la matière visqueuse. Je ne saurais donc me prononcer fïnitivement encore sur l’interprétation exacte des résultats de cette expérience.
- » 11 ne paraît exister aucune analogie entre les phénomènes que je viens de décrire et ceux qu’on a qualifiés de lumière condensée. De nombreuses expériences m’ont prouvé que la plupart des corps ne jouissent pas de la propriété d’impressionner les plaques sensibles dans l’obscurité. »
- A propos de la photographie à travers les corps opaques, par Auguste et Louis Lumière {').
- « Les communications faites dans les dernières séances de l’Académie par divers au-j tcurs, concernant la possibilité d’obtenir des images photographiques à travers des lames de métal, n’ont pas paru, a priori, s’accorder avec les observations que nous avions faites antérieurement sur ce même sujet. Dans nos salles de préparation et de manipulations des plaques photographiques, nous avons, en divers points, des parois métalliques sur lesquelles le Soleil envoie ses rayons pendant des journées entières, et nous n’avons jamais constaté la moindre trace de pénétration de radiations actives dans ces conditions ; il nous a paru intéressant, devant cette discordance, de reprendre les expériences instituées par M. Le Bon. En nous mettant à l’abri de toutes causes d’erreur, croyons-nous, il ne nous a été possible, dans aucun cas, de reproduire les effets que cet auteur a obtenus.
- » Nous avons pris des feuilles métalliques trèsminces : feuilles d’aluminium de ~ demi-limètre d’épaisseur, de cuivre de ^ et de — , tôle deferde laiton de etc.; aprè9 avoir découpé, dans du papier noir très opa-* aue, des fenêtres un peu plus petites que les feuilles de métal employées, nous avons collé
- (<) Comptes rendus, t. CXXIÎ, p. 463 ; séance du 24 février.
- p.509 - vue 510/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- ces fenêtres sur les bords des feuilles métalliques et superposé ainsi quatre papiers-fenêtres, fixés sur les deux faces de la lame métallique. Ayant ensuite placé, dans le laboratoire obscur, une plaque photographique en contact avec le métal, on a replié succcessive-ment les quatre feuilles de papier, de façon à former quatre enveloppes avec une ouverture commune fermée par la plaque métallique seule.
- » En exposant ainsi au soleil, à la lumière électrique et à d’autres sources artificielles, il n'a jamais été possible d’obtenir une impression, si faible qu’elle fût.
- » Nous avons répété également l’expérience de la plaque de cuivre et de la plaque de plomb, mais en prenant les mêmes précautions pour éviter la pénétration de la lumière par les tranches et les fissures des châssis, en évitant toute diffusion, à l’aide du dispositif indiqué plus haut, et, là encore, nous n’avons pu constater aucune pénétration de radiations susceptibles d’agir sur le bromure d’agent.
- » Pendant l’exposition au soleil d’une plaque placée sous une lame métallique, comme nous l’avons Indique plus haut, il est arrivé que le papier noir fixé sur les bords de la lame s’est très légèrement décollé en un point, et nous avons alors trouvé une réduction au développement ; il a suffi, d’ailleurs, de coller de nouveau le papier avec soin pour supprimer toute action ultérieure.
- » Lorsqu’on remarque l’extrême facilité avec laquelle on modifie le sel haloide d’argent des plaques photographiques, non seulement -ous l’influence de la lumière, mais encore sous l’action d’un grand nombre d'agents physiques ou chimiques, on comprend combien il est difficile de tirer des conclusions d’expériences basées sur ces modifications.
- »Unc pression exercée sur une plaque photographique donne une trace qui peut être intense au développement. Le contact d’un grand nombre de corps suffit pour déterminer la réduction du bromure d’argent.
- » La mauvaise fermeture des châssis photographiques, les réflexions successives des
- quelques radiations qui peuvent pénétrer dans ce châssis par suite de son défaut d’étanchéité sont encore des causes d’erreur fréquentes, dans les expériences du genre de celles qui nous occupent.
- » En évitant la pression des objets, leuç contact intime avec la couche sensible, en se mettant à l’abri des rayons lumineux proprement dits, ainsi que des rayons calorifiques nous n’avons jamais pu constater d’impression au travers de feuilles métalliques minces, et nos expériences tendent à montrer que les sources lumineuses diverses, Soleil, arc électrique, bec Auer, lampe à pétrole, n'émettent pas de radiations traversant ces feuilles métalliques et susceptibles d’agir d’une façon appréciable- sur les préparations photographiques.
- » En prenant les mêmes précautions, nous n’avons pas trouvé trace de rayons X dans ces sources lumineuses.
- » Nous croyons pouvoir conclure des nombreux essais que nous avons faits que la lumière noire, dont il a été plusieurs fois question dans les Comptes rendus, ne serait que de la lumière blanche, à l’abri de laquelle on ne serait pas placé d’une façon suffisamment rigoureuse. »
- Présentation d’épreuves obtenues parla méthode de Roentgen, par Londe (û
- En présentant à l’Académie trois épreuves, d’un rat, d’un pigeon et d’un lapin, l’auteur s’exprime ainsi :
- « En résumé, la plume et 1c poil ne sont pas un obstacle pour reproduire, à l’aide des rayons, l’ossature d’un animal quelconque. Avec les dispositifs que nous avons employés, la durée de pose maximum n’a pas dépassé deux heures pour le lapin qui présentait les épaisseurs les plus considérables à traverser.
- » Au cours de ces expériences, bien que nous servant d’un modèle d’ampoule destiné à concentrer les rayons cathodiques à la C) Comptes rendus, t. CXXI, p. 521, séance du 2 mars 1896.
- p.510 - vue 511/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 5
- partie inférieure sous laquelle était placé l’objet à photographier, nous avons constaté que l’action photographique était également obtenue dans un plan perpendiculaire à celui du rayonnement cathodique. En pratique, on peut donc placer le modèle à reproduire non seulement en dessous de l’ampoule, mais latéralement.
- » En opérant avec une ampoule à cathode verticale, une bande pelliculaire, disposée concentriquement à cette cathode et placée derrière une bande métallique percée de fenêtres équidistantes, a laissé des impressions sensiblement identiques sur toute la circonférence.
- » De ces observations on peut conclure que les rayons X ne s’échappent pas seulement du point de rayonnement des rayons cathodiques,mais detoutela surface de l’ampoule. »
- La lumière noire, réponse à quelques critiques, par Gustave Le Bon (’)
- ' » La présente Note a pour but de répondre aux critiques de MM. Lumière, qui nient l’existence de la lumière et à celles de M. Zenger, qui nie à la fois la lumière noire et les rayons de Roentgen.
- » En réponse aux critiques de MM. Lumière, je ferai observer que, même en admettant toutes leurs hypothèses, on se trouverait toujours en présence delà lumière noire. l)e la lumière jouissant de la propriété de pouvoir, après s’être réfléchie trois fois successivement à 90", passer entre des plaques de verre et de métal, protégées latéralement par une épaisse feuillure et comprimées l’une contre l’autre par une pression de plusieurs kilogrammes serait de la lumière totalement invisible pour l’œil, c’cst à dire précisément ce que j’ai appelé de la lumière noire.
- » On prouve qu’elle est invisible pour l’œil, en se plaçant dans les conditions mêmes de nos expériences. On forme une pile de clichés garnis, en arrière et sur leurs tranches, ('} Comptes rendus, t. CXXI, p. 522; séance du 2
- de papier noir collé, comme sont encadrés tous nos clichés ; on place ensuite entre eux des lames métalliques et l’on soumet le tout à une pression modérée. En regardant directement par les tranches du système un loyer lumineux, meme en ayant soin de se placer dans l’obscurité pendant longtemps, on n’aperçoit absolument aucun lilet de lumière, bien que la source lumineuse soit regardée directementsans aucune des réflexions successives dont j’ai parlé.
- » Quand de la lumière pénètre dans un châssis par une fente quelconque, l’opérateur en est immédiatement averti par des fusées et des voiles d’aspect tout à fait caractéristique. Pour obtenir une image, d’ailleurs toujours fort mauvaise, il faut laisser entrer intentionnellement la lumière, mais alors les images produites sont bien différentes de celles obtenues à la lumière noire, comme le prouvent les spécimens montrés à l’Académie.
- » Le fait que MM. Lumière n’obtiennent pas d’images en collant des bandes de papier noir sur tous les bords des lames métalliques n’a rien qui puisse surprendre. Suivant les lois admises de la distribution de l’électricité statique sur les corps conducteurs, l’électricité ne les traverse pas, mais se pro-pageencontournant leursurface. J’ai supposé, d’après quelques expériences, que c’est ainsi que se propagerait la lumière noire. Qu’elle traverse d’ailleurs les lames ou les contourne, le résultat est le meme. Les bandes de papier n’arrêteraient pas le passage de l’clcctri-cité sans doute ; mais, comme la lumière noire n est pas entièrement identifiable à l’électricité, ainsi que je l’ai indiqué, il est très admissible que le papier agisse comme un corps isolant.
- » Divers expérimentateurs ont réussi à obtenir des résultats Identiques à ceux que j’ai obtenus. Je citerai encore, parmi eux, M. Gaston Braun, élève du professeur Eder, à Vienne, et fils du photographe parisien bien connu. Ainsi qu’il l’expose dans un travail publié récemment, il a adopté mon dispositif
- p.511 - vue 512/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- et obtenu, ainsi des reproductions de médailles, de morceaux de verre sur lesquels étaient tracés des dessins, des poissons, etc. Il remarque avec raison que la température de la source lumineuse joue un certain rôle (').
- )) J’ai écrit à M. Braun pour lui demander les moyens de contrôle employés, notamment pour la reproduction des médailles, et voici le résumé de sa réponse : Pas de lumière emmagasinée , puisqu’en faisant l’expérience dans l’obscurité, pendant plusieurs heures, on n’obtient pas d’images. Pas de lumière latérale par une fissure quelconque, puisque deux glaces étaient toujours à côté l’une de l’autre dans le même châssis, et que la glace servant de témoin n’a jamais présenté aucun voile ni fusée. La lame de cuivre avait exactement, d’ailleurs, la dimension du châssis et y entrait avec peine. Pas d’infiuence de pression des médailles, puisqu’on obtenait les mêmes résultats en retournant la plaque sensible, c’est à dire en plaçant les médailles du côté du verre.
- )) Quant aux observations de M. Zenger, relatives à la non-existence des rayons X et de la lumière noire, elles sont peut-être plus fondées que les précédentes. Ses critiques ne visent d’ailleurs que l’interprétation des résultats obtenus. Je ne vois aucune impossibilité à admettre qu’il s’agisse « de phénomènes )) d’induction électrique, produisant la phos-» phorescence de la gélatine et en même temps » la décharge électrique dans la gélatine ». Il serait fort possible que la lumière noire n’agisse pas directement sur les plaques sensibles et se borne à rendre fluorescents les objets placés derrière les lames métalliques. On sait que les expériences de M. Charles Henry semblent vérifier l’hypothèse de M. Poincaré, que les corps fluorescents émet-
- (1) Ce sont précisément ces influences étrangères, encore mal déterminées (courants thermo-électriques, composition du verre, nature des surfaces métalliques, chaleur combinée à la lumiète, etc.), qui rendent si irrégulière, comme je l’ai dit dans une précédente note, la production du phénomène. Ainsi s’expliquerait la divergence des résultats obtenus par divers expérimentateurs.
- traient des rayons X. Ainsi s’expliquerait la reproduction, par M. Murat, des régions sous-cutanées d’une raie derrière une plaque de métal. Cette expérience peut se répéter en séparant la glace sensible de l’animal par une mince feuille de celluloïd transparent, pour éviter les actions chimiques. La fluorescence devient même visible à l’œil dans certains cas encore indéterminés. Elle expliquerait comment on peut, avec quelques animaux, obtenir des résultats analogues dans l’obscurité, ainsi que je l’ai montré dans ma précédente Note.
- » .Mais ce qui résulte clairement de tout ce qui précède, et notamment de la divergence des résultats obtenus par divers expérimentateurs, c’est que toutes les conditions du passage de la lumière à travers les corps opaques ne sont pas encore déterminées, J’espère arriver prochainement à rendre ccs expériences beaucoup plus faciles à répéter. »
- Diffusion des rayons de Roentgen, par A. Imbert et H. Bertin-Sans. ('}
- « Au cours d’expériences entreprises à l'effet d’augmenter l’intensité du faisceau des rayons de Roentgen utilisé pour la Photographie, nous avons constaté des phénomènes très nets de diffusion, dont l’existence paraît pouvoir contribuer à déterminer la nature des nouveaux rayons.
- » Pour constater l’existence de la diffusion, nous avons reçu les rayons émanés d’un tube de Grookes sur des lames planes de différents corps et nous avons disposé à côté du tube une plaque' sensible recouverte d’une double enveloppe de papier aiguille, dans une direction à peu près normale à celle que devait .avoir la région moyenne du faisceau, s’il se réfléchissait régulièrement. Une épaisse lame de cuivre était d’ailleurs interposée entre le tube de Crookes et la plaque photographique, afin de mettre celle-ci à l’abri de toute radiation directe.
- (’) Comptes rendus, t. CXXI, p. 524 ; séaiicô du 2
- p.512 - vue 513/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 5n
- )) Pour constater l’existence de rayons de Roentgen renvoyés par la lame réfléchissante ou diffusante, nous avons d’ailleurs fixé sur la plaque photographique un cristal de quartz (opaque à ces rayons) serti dans une monture en liège (transparent pour ces mêmes rayons); un numéro d’ordre métallique (et par suite opaque) était en outre chaque fois interposé entre le papier qui recouvrait la plaque sensible et la face de la monture en liège en contact avec le papier.
- » Plusieurs expériences comparatives ont d’ailleurs été faites sur la même plaque, en protégeant successivement les diverses parties de celle-ci au moyen d’épaisses lames métalliques absolument opaques.
- » Nous nous sommes servi d’abord, comme corps réfléchissant et diffusant, de l’un des plateaux métalliques d’un condensateur d’OEpi-nus et avons constaté que, après dix minutes de pose, la plaque photographique était nettement impressionnée par les rayons de Roentgen, soit que le plateau, isolé par son pied en verre, fût ou non recouvert de vernis, soit qu’il fût mis au sol, soit encore qu’il communiquât avec l’un ou l’autre pôle d’une machine deWimshurst donnant des étincelles de 10 cm. Dans chacun de ces cas, la plaque a été impressionnée avec la même intensité, le quartz a toujours été opaque, le liège toujours transparent, le numéro d’ordre métallique a toujours été reproduit à travers le liège. D’ailleurs, dans l’expérience comparative, faite sur un quart de chaque plaque, en faisant fonctionner le tube de Crookes et supprimant le plateau métallique, nous n’avons jamais obtenu aucune impression, preuve que nos plaques étaient entièrement protégées contre le rayonnement direct.
- » Des résultats identiques ont été obtenus en substituant au plateau métallique une plaque de paraffine.
- » Par contre, une lame de liège de 7 mm d’épaisseur, très transparente aux rayons de Roentgen, ne nous a donné qu’une impression à peine perceptible du numéro d’ordre métallique. Il en a été de même pour des la-
- mes de verre, bien que ce corps soit relativement assez opaque aux rayons de Roentgen ; la quantité de rayons diffusés a d’ailleurs été à peine plus considérable pour le verre dépoli.
- » Dans un autre groupe d’expériences, nous, avons fait traverser aux rayons de Roentgen un tube en verre long de 0,12 m, fermé par deux bouchons en liège recouvert de paraffine, et dans lequel on pouvait faire le vide ; l’intensité de la photographie d'un fin grillage métallique a cté à peine plus grande lorsque nous faisions dans le tube un vide de 6 mm de mercure.
- » En essayant de faire réfléchir sur un plateau métallique poli un mince faisceau de rayons sensiblementparallèles, obtenu à l’aide de deux diaphragmes circulaires de même diamètre, la plaque sensible n’a pas présenté, après une demi-heure de pose, de trace visi-r ble d’impression.
- » 11 y a lieu de conclure de là que, si les rayons de Roentgen se réfléchissent régulièrement dans les conditions de nos expériences, ils ne le font qu’en très faible proportion ; par contre, ils peuvent être diffusés en assez grande quantité et l’intensité de la diffusion paraît dépendre beaucoup plus de la nature que du degré de poli du corps diffusant. Ce fait conduirait à attribuer aux nouveaux rayons une longueur d’onde très petite et telle qu’il ne nous est pas possible de réaliser le degré de poli nécessaire pour en déterminer la réflexion régulière.
- )> Les clichés obtenus nous ont révélé en outre, en ce qui concerne le liège et le quartz, des degrés différents de transparence pour les rayons diffusés par les différents corps employés. Nous nous réservons toutefois de contrôler ce dernier résultat et nous avons commencé, à cet effet, une série d’expériences grâce auxquelles nous espérons, soit par la diffusion, soit par la transmission, obtenir des renseignements sur l’homogénéité ou la complexité du faisceau des nouveaux rayons. «
- p.513 - vue 514/624
-
-
-
- 5'4
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Sur la représentation photographique du relief d’une médaille obtenue au moyen des rayons de Roentgen, par J. Carpentier {').
- » Au cours de recherches que j’ai entreprises pour réunir quelques données numériques sur la perméabilité des métaux aux rayons Roentgen, j’ai été conduit à faire une expérience ayant pour objet la représentation photographique du relief d’une médaille.
- » La médaille sur laquelle j’ai opéré est une pièce de monnaie de bronze, de la République Argentine. Pour obtenir une image du sujet qu’elle porte, figure et inscription, on a placé sur cette médaille une rondelle mince d’aluminium bien recuit ; par un coup de balancier, on a obtenu un moulage en creux, dans l’aluminium, du relief de la pièce. Ce moulage mince, déposé sur un châssis formé de plusieurs épaisseurs de papier noir et contenant une plaque photographique, a été soumis à Faction d’une ampoule de Crookes.
- » En raison du fait que les creux présentaient au passage des rayons une moindre résistance que les bosses, les parties correspondantes du cliché sont les plus noires : l’image a l’apparence d’un négatif. Les petites épreuves sur papier, obtenues par contact, ont l’apparence d’un positif. Les agrandissements obtenus en partant d’une épreuve positive sur verre sont, à la taille près, en tout semblables au cliché lui-même.
- )> La netteté de ces diverses images est très grande, par suite de la précaution prise d’interposer, entre l’ampoule et la plaque, un écran opaque en laiton percé d’un trou de i cm de diamètre.
- )> Le relief de la pièce de bronze, quoique d’apparence accentuée, ne mesure guère que ^ de millimètre. La rondelle d'aluminium, dans les parties non estampées, a d’épaisseur. j
- » L’ampoule a été très peu poussée et la j pose a été de quatre heures. Aiin de définir
- (1) Comptes rendus, t. CXXI, p. 526 ; séance du 2
- l’intensité du rayonnement actif, j’ai comparé son effet sur les parties de la plaque non protégées par le moulage à l’effet produit sur une plaque photographique semblable par une bougie ordinaire, placée à 1 m : j’ai reconnu que l’action de l’ampoule, dans les conditions indiquées, était équivalente à l’action de la bougie durant deux secondes. Il serait utile, pour les comparaisons, que les expérimentateurs prissent le soin d’indiquer l’intensité du champ dans lequel ils ont opéré.
- » 11 est évident que d’autres corps, même non métalliques, se prêteraient à la même expérience. »
- Sur le passage des rayons de Roentgen à travers les liquides, par Bleuoard et Labesse (1 )•
- « Pour étudier l’influence que pouvaient avoir les liquides sur le passage des rayons Roentgen, il nous a d’abord fallu chercher à nous mettre à l’abri des erreurs pouvant provenir de la marche des rayons au travers du récipient dans lequel ces liquides doivent être placés.
- )) Le verre est un des corps qui offrent le plus de résistance au passage des rayons Roentgen. D’autre part, les récipients en bois ou en carton, recouverts d’une couche de corps gras, s’opposent encore dans une certaine mesure au passage des rayons. Nous avons trouvé que le papier noir, enduit de suif, est, au contraire, absolument perméable; les plaques sensibles, enveloppées de papier noir ordinaire sur lequel on dispose des carrés de papier enduit de suif, sont impressionnées par les rayons avec la plus grande facilité, sans qu’aucune trace vienne indiquer sur la plaque la disposition qu’on a pu donner aux petites cuvettes de papier enduit de suif.
- » Si donc 011 expose aux rayons Roentgen une plaque sensible, préalablement enveloppée de papier noir, sur laquelle 011 a disposé des épaisseurs égales de liquide dans de petits récipients de papier enduit de suif, les taches blanches obtenues sur la plaque sensible
- (1) Comptes rendus, t. CXXl, p.^27; séa
- p.514 - vue 515/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 5J5
- doivent être attribuées exclusivement aux liquides formant écran.
- » Nous n’avons fait encore que des expériences sommaires : cependant quelques résultats déjà obtenus présentent, croyons-nous, un certain intérêt.
- » L’eau se laisse traverser facilement par les rayons.
- » Les solutions de bromure de potassium, de chlorure d’antimoine, de bichromate de potasse offrent une résistance assez considérable au passage des rayons Roentgen, alors que les solutions de borate de soude, de permanganate de potasse se laissent plus facilement traverser.
- )) Les couleurs ne semblent avoir aucune influence sur le passage des rayons ; l’eau colorée à l’aide de couleurs variées d’aniline n’offre aucune résistance.
- » .Notre intention est de poursuivre ces recherches, faites à l’aide de l’appareil de l’ingénieur Seguy, en faisant varier la nature des liquides, et le titre et la nature des solutions expérimentées. »
- Applications de la méthode de M. Roentgen, par Ch. Girard et F. Bordas d).
- » Nous avons l’honneur de présenter à l’Académie quelques photographies obtenues à l’aide de la méthode de M. Roentgen.
- )> La première représente un livre dans l’intérieur duquel on a encastré une boîte en fer-blanc ; cette boîte contenait 200 gr de fulminate de mercure ; l’amorce consistait en un cosaque en parchemin qui se trouvait fixé, d’une part, au couvercle du livre et, d’autre part, au fond de la boîte en métal, par l'entremise d’un orifice pratiqué sur la paroi supérieure de la boîte. Toutes les pages étaient collées, et l’on ne pouvait guère soulever le couvercle du livre.
- » La deuxième représente ce livre photographié, à travers lequel on reconnaît très facilement la présence d’une boîte en métal suspecte. (*)
- (*) Comptes rendus, t. CXXI, p.528; séance du 2 mars.
- » La troisième photographie est un livre analogue au précédent, mais dont la partie centrale évidée contenait une boîte en bois remplie de poudre de chasse, de clous, de débris de 1er, écrou, cartouche de revolver, etc.
- » La quatrième photographie, obtenue à la lumière cathodique, permet de se rendre compte de la composition de l’engin.
- » Enfin, la cinquième épreuve représente quelques produits chimiques qui entrent dans la composition de certaines poudres, dites poudres vertes, etc. On remarquera, par exemple, que quelques-unes sont transparentes aux radiations émises par le tube de Crookes, tandis que d’autres, le ferrocyanurc, le chlorate de potasse, le soufre, présentent une opacité relative à ces rayons. »
- Absorption et émission des ondes électriques par résonance, par Max Planck [').
- Pour se placer dans des conditions bien définies, l’auteur considère un conducteur secondaire dans lequel une onde primaire périodique produit des vibrations rectilignes. L’amortissement est supposé négligeable et la chaleur de Joule dégagée dans le conducteur secondaire infiniment petite vis-à-vis de l’énergie qu’il rayonne.
- Quand un conducteur secondaire est excité par une onde primaire, le phénomène de résonance peut se diviser en trois phases; dans la première phase, l’onde primaire apporte au conducteur secondaire l’énergie nécessaire à sa mise en vibration ; le conducteur reçoit alors de l’énergie par rayonnement. Dans la seconde phase, l’état électromagnétique du résonateur est devenu périodique ; il ne reçoit plus de l’extérieur que l’énergie nécessaire pour compenser les pertes dues aux dégagement de chaleur de Joule ; enfin, dans la troisième phase, le résonateur perd son énergie électromagnétique, partie par rayonnement, partie sous forme de chaleur de Joule.
- Si on néglige la chaleur de Joule, pendant la seconde phase, toute l’énergie qu’émet le Ann., t. LVII, p. 1 à 15 ; 1896.
- (') Wied,
- p.515 - vue 516/624
-
-
-
- 5i6
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- résonateur est empruntée à l’énergie que lui apporte l’onde primaire. C’est cette quantité qu’il s’agit de calculer d’après les équations du champ électromagnétique de Hertz (*).
- Soient r la distance d’un point {xyz) du champ au centre de vibration pris comme origine, v la vitesse de propagation des ondes, t la période, 1 = v r la longueur d’onde, « et $ des constantes ; en posant
- F = - s
- —-e-o
- et prenant pour axe des ^ la direction de la vibration, les composantes de la force électrique sont :
- Y — — (L'H _â.4\ sin . sin 9 cos 0
- — djFdî \c* ùt5 rdr) 9
- _ _ £F _ I <11 — __ ô' F _ 'U
- ùy v'dt'-~ dxs dy
- id'F ... , I()F. . ,A
- sin 6 + r 57 (I — 3 cos }
- suivant qu’on choisit les coordonnées rectangulaires ou les coordonnées polaires r, 0, </>, telles que
- F satisfait à la relation :
- Les composantes de ia force magnétique auront d’autre part pour expression : i F i d* F .
- Idvdt
- y f
- d*F
- 1 * " v dxdt~ v ôrùt r N = o.
- Cette vibration sera considérée comme la vibration secondaire. Soient X', Y', Z', L', M', N' les composantes des forces produites par une onde primaire, de meme période, provenant d’un point quelconque et qui se propage dans le champ en passant par l’origine. Les fonctions X', Y', etc. sont assujetties seulement aux conditions suivantes : dans tout
- (') Hertz, Lu
- XXXI, p. 589 ;
- l’espace extérieur à l’excitateur primaire, elles sont finies, continues et satisfont aux équations de Hertz. Les sommes
- X -j- X1, Y + Y',... L -j- L', N + N',... représenteront également un phénomène électromagnétique possible et qui se réalisera dès que les conditions aux limites seront remplies.
- Dans ce phénomène, le flux d'énergie qui traverse un élément de surface du est égal, d’après le théorème de Poynting, à
- L d,dt j / [(Y-l-Y'j (N+N1) - (Z+Z') (M + M1)] + f» [(Z 4- Z') (L -f- L'] - (X —|— X') (N + N')]
- I n [(X + X’) (M + M') -(Y + Y1(L + [.')] j
- i, m, n étant les cosinus directeurs de la normale à l’clcmcnt du. Soit E le flux total d’énergie, pendant la durée d’une période, à travers une surface fermée n’entourant pas l’excitateur.
- On peut considérer E comme la somme de 3 termes
- E = E, + E, 4- Ej
- en posant
- B, =— J 2 1 (Y’N’— Z'M’) d vit
- E, — 2I(V'N_ZM;Jail
- E, = ALy 2 l(Tti + YN’ — Z'M— ZM')d,Jt.
- Le premier terme E, représente ce que devient E en supposant que la vibration primaire existe seule dans le champ ; comme la surface considérée est extérieure à l’excita-
- Le terme E, représente la quantité d’énergie correspondant à la vibration secondaire supposée seule. En prenant pour surface d’intégration une sphère S de rayon r décrite de l’origine comme centre, on a
- .. C C*dadt i* i>!F/OF id*F\
- p.516 - vue 517/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 5>7
- En remplaçant dans l’expression de E;i les lettres non accentuées X... etc. par leurs valeurs, il vient
- E,=/-£^sin6
- 0 + Y’ sin , cos S — Z' sin 9)
- T, . , /1 ù* F là 1\ )
- L sin <f M cos ÿ) \-
- Le rayon de la sphère d’intégration sera choisi très petit vis à vis de la distance qui sépare l’excitateur du centre de vibration secondaire. Puisque X', Y', Z., sont continues, on pourra les développer alors en fonction de X, Y, Z suivant la série de Taylor en se bornant aux termes du premier degré, pour chaque point de la sphère d’intégration. On trouve alors :
- Z'0 étant la valeur de Z pour r = o. Finalement on trouve donc :
- E=E,-I E, t-E,= 00«’ — ~ £'dt'/J cos^+s).
- Cette expression représente la somme d’énergie que l’extérieur doit fournir au résonateur pour entretenir ce dernier dans un état stationnaire. En supposant que cette somme soit nulle, et écartant l’hypothèse (T = o, (correspondant à une vibration nulle), on a:
- *=r*‘\X dLZ'-cm(iJr + *)
- Si cette condition est remplie, l'énergie rayonnée par le résonateur est entièrement fournie par l’onde primaire: il y a résonance. Cette quantité d’énergie est déterminée par la valeur de <?, on voit qu’elle dépend seulement de Z), c’est à dire de la composante de la force électrique, provenant de l’onde primaire qui coïncide avec la direction des vibrations du résonateur. Comme Z'0 ne dépend que du temps, on peut poser
- Z- = A
- A étant une constante positive, $' une autre constante. Alors a prend la forme :
- “ = ïhv Acos (S'-S)-
- L’intensitc de la résonance dépend de la longueur d’onde A et de l’amplitude A de l’onde primaire et aussi de la différence de phase $'—$.11 est nécessaire pour qu’il y ait-résonance que cos ($'— $) soit positif. La résonance est d’autant plus forte que o — $ est plus petit, c’est à dire que la période propre du résonateur est plus voisine de la période de l’onde primaire. Elle est maximapour $ — $ = o, c’està dire quand les forces électriques Z et Z' au voisinage du résonateur présentent une différence de phase de Dans ce cas :
- et l’énergie absorbée pendant une période est.
- Connaissant ainsi l’amplitude et la phase de la vibration secondaire, on peut calculer les phénomènes qui sc passent à une distance quelconque du résonateur :
- En supposant que l’onde primaire soit une onde plane polarisée dans le plan des xy, on
- X' = o V = o
- Y'=° M' = — A cos 2 ^ 0
- z'=Ac—dH)
- en prenant $' = $ = o .
- Tant que cette onde se propage seule dans le champ, l'unité de surface, perpendiculaire à l’axe des x, est traversée par la quantité constante d’énergie ^ A! pendant une période. Lorsque l’onde tombe sur le résonateur celui-ci absorbe pendant le temps t, ^énergie V A5 et en même temps la rayon-
- ne dans toutes les directions, î 11 s’ensuit forcément que le rayonnement
- p.517 - vue 518/624
-
-
-
- 5i8
- L'ÉCLAIRAGE
- se propageant dans la direction de l’axe des .rdoitêtreaffaibli. autrement dit, enemployant le langage de l’optique, le conducteur secondaire projette une ombre dans cette direction.
- Si on suppose placé derrière le résonateur un “ écran” circulaire de rayon p, ayant son centre sur l’axe des x et normal à cet axe, l’énergie e que recevra cet écran pendant une période, se composera de trois parties (voir plus haut). En calculant la valeur de cette énergie, pour un écran placé à une distance r0 du résonateur, très grande relativement à la longueur d’onde 1, on trouve les résultats suivants.
- Les deux premiers termes représentant respectivement l’énergie rayonnée sur l’écran par l’onde primaire supposée seule et par l’onde secondaire supposée seule, sont positifs ; le troisième est négatif.
- Si la distance r, du résonateur au bord de l'écran est du même ordre de grandeur que r0 l’énergie reçue par fécran est diminuée par la présence du résonateur dans le rapport
- Cette expression est maxima pour ;
- K étant un nombre entier.
- Or en remarquant que
- ? = r* *-rt'=z{* K+i) r0 on trouve pour la valeur de ces maxima
- 3 E
- (aK4-i)r*r0-
- Le plus grand de ces maxima correspond à K = o, c’est à dire à
- et sa valeur est
- 2 1
- Ce nombre est toujours très-petit.
- Mais en associant un grand nombre de résonateurs, par exemple en plaçant un réseau sur le trajet de l’onde primaire, on accroît beaucoup l’affaiblissement du rayonnement
- ÉLECTRIQUE
- qui ne peut cependant pas descendre au dessous de la valeur du rayonnement propre des résonateurs.
- Cet affaiblissement ne consiste pas d’ailleurs, dans une destruction par le résonateur de l’énergie émise par l’excitateur; mais résulte seulement de la diffusion de cette énergie dans toutes les directions.
- S’il existait dans le champ plusieurs ondes superposées, l’absorption totale serait la somme des absorptions partielles.
- M. L.
- Sur les phénomènes lumineux produits dans les gaz raréfiés par les oscillations électriques, par J. Elster et H. Geitel. (’)
- Au cours de recherches sur les rayons cathodiques, dans lesquelles un transformateur à haute tension remplaçait la bobine d’induc-tioh, nous avons observé dans un tube de Lenard (*) un mode particulier de décharge dont nous nous sommes efforcés ensuite de déterminer la nature par des expériences systématiques.
- Pour transformer le courantalternatif d’une grande bobine d’induction (pouvant donner des étincelles de 18 cm. de longueur) nous avons utilisé le dispositif indiqué par Tuma : la décharge du condensateur de grande capacité se produisait entre deux pointes de zinc dont la distance pouvait varier : dans les expériences qui vont être décrites, cette distance n’était que de 1/2 à i mm: avec des distan-: ces plus grandes, on risquerait de briser le tube de décharge. En reliant le disque K d’aluminium (fîg. 1) du tube de Lenard avec l’un des pôles T, du transformateur tandis que l’électrode cylindrique A, la calotte métallique b étaient au sol, nous avons observé les phénomènes suivants :
- De l’électrode K part un pinceau lumineux fin, recourbé vers le haut et qui provoque la fluorescence, là où il rencontre le disque métallique et où il traverse la paroi de verre.
- (‘) Wied Ann. t., LVI, p. 733. (Trad in extenso)
- *) Lenard, Lumière Électrique, t. LU, p. 291, 1894.
- p.518 - vue 519/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 09
- La tache fluorescente sur le disque d’aluminium oxydé avait une couleur bleuâtre, sur le verre la couleur verdâtre bien connue.
- Les deux taches augmentent d’éclat avec la raréfaction du gaz dans le tube tandis qu’entre elles le pinceau lumineux s’affaiblit de plus en plus et disparaît presque entièrement quand la raréfaction a atteint le plus haut degré possible ; on reçoit alors la même
- impression que si de la plaque K partait un fin rayon cathodique, recourbé vers le haut. En approchant par le haut un conducteur relié au sol, la main par exemple, le pinceau lumineux est dévie et prend la position K, P, quand le conducteur est suffisamment approché (à 15 ou 20 cm. du tube). Quand on fait tourner lentement la main autour du tube, la tache fluorescente P suit la main et décrit sur la paroi de verre le cercle PP,. Ainsi quand on approche un conducteur le pinceau lumineux est toujours repoussé vers la paroi opposée. Les conducteurs isolés agissent de même, mais avec moins d’énergie ; les diélectriques sont sans action. Sans doute le pinceau se trouve rejeté vers le haut parce que le tube de décharge était trop près de la table d’expériences. On supprime cette influence de la table en mettant perpendiculairement à l’axe du tube un anneau métallique relié au sol et qui l’entoure complètement. Dans ces conditions, la tache fluorescente-recule vers le milieu delà plaque K, et, sans perdre sa sensibilité à l’approche des conducteurs extérieurs, le pinceau lumineux prend la forme représentée sur la figure 2.
- Pour poursuivre ces expériences, nous avons substitué au tube de Lénarcl le récipient représenté par la figure 3. La plaque d’aluminium A correspond à l’enveloppe cylindrique du tube de Lenard : la calotte métallique qui supporte la fenêtre'garnie d'alu-
- Fig. 2.
- minium est supprimée, car elle n’a plus d’objet ici. On fait le vide dans le tube pendant que les décharges de la bobine passent sans interruption, jusqu’à ce que les étincelles commencent à éclater le long de la surface extérieure du verre entre les électrodes E, et K,. Le tube est alors fermé à la lampe en s. La tubulure n sert de manche et se fixe dans une pince en bois. La soudure s
- est de beaucoup la partie la plus exposée, et, quand on approche un conducteur il se produit facilement à cet endroit des étincelles qui percent le verre. L’anneau R qui peut d’ailleurs être remplacé par un anneau de fil fin, serrant de très près le tube, mais susceptible cependant de glisser sur sa surface, est placé à une distance de K telle que la décharge mobile soit aussi intense que possible. La production de cette décharge dépend de la distance des conducteurs K et R. Pour les raréfactions extrêmes, elle disparaît presque complètement quand l’anneau R est appro-
- p.519 - vue 520/624
-
-
-
- 5:
- L'ÉCLAIRAGÉ ÉLECTRIQUE
- ché très près de la plaque ou placé de manière que la plaque K soit dans son plan.
- Après nous être assurés qu’il est possible de préparer des tubes vides qui montrent d’une manière permanente les phénomènes décrits ci-dessus, nous avons cherché à fixer le sens dans lequel le courant électrique circule à l’intérieur du pinceau lumineux mobile. A cet effet, nous avons disposé un sem-
- Fig. 4.
- blable récipient entre les pôles d’un électroaimant muni d'un commutateur.
- De la manière dont la décharge se comporte dans le champ magnétique, on peut espérer tirer une réponse à la question. Sien effet une plaque K (fig. 4) émet normalement à sa surface des rayons cathodiques, ceux-ci ne peuvent, comme on le sait se développer librement dans un champ magnétique: ils sont déviés comme le serait un filet de courant fixé à l'une de ses extrémités et ils produisent sur la paroi de verre cylindrique une tache
- Fig. 5.
- fluorescente, limitée par deux ellipses dont les plans sont inclinés l’un sur l’autre et qui présentent la position a b ou cd, suivant le sens du courant dans l’électro-aimant. Le tube est supposé dans la position équatoriale.
- Ensuite l’anneau R est placé de manière à produire le mode de décharge représenté par la fig. 2, puis l’électro-aimant est excité.
- Dans ces conditions, les rayons cathodiques issus de la plaque K sont rejetés vers te haut, tandis que la fluorescence produite par
- le faisceau lumineux mobile recule de la plaque K sur la paroi inférieure du tube (fig. 5-6).
- Il faut conclure de là que les rayons cathodiques correspondent à un mouvement d’électricité pour lequel K est la cathode, tandis que la décharge mobile correspond à un mouvement dans lequel G est la cathode dans leur ensemble les deux représentent les
- Fig. 6.
- phases opposées d’une oscillation électrique. La mobilité de la dernière décharge peut (tenir à ce fait que sa cathode n’est pas une surface métallique équipotentielle, mais un point dont la position peut changer, par l’approche d’un conducteur : il reste indécis si ce point appartient à la paroi de verre ou au milieu gazeux.
- Dans les expériences précédentes, les décharges sont amenées par une électrode métallique. Nous avons cherché à simplifier les conditions expérimentales en employant com-
- Fig- T.
- me tube à décharge un cylindre de verre sans électrodes, long de 25 cm, large de 5, fermé par des plaques de glace, mastiquées sur les bords rodés au préalable. L’une de ces plaques est en contact avec une électrode sphérique K (fig. 7), ayant 1 cm de diamètre environ, qui est en communication métallique avec celui des pôles du transformateur qui n’est pas relié au sol.
- Quand l’anneau R est à une distance de l’électrode K convenablement choisie et que
- p.520 - vue 521/624
-
-
-
- REVUE D’ÉUECTRICITÉ
- la pression, dans le tube n’est que à mm de mercure, on observe d’abord la fluorescence de la plaque g\ sous l’influence des rayons cathodiques émis par la plaque gt ; en outre, on voit en b (fïg. 7) un pinceau de lumière bleuâtre, qui se rassemble dans le milieu M de T anneau en une étroite arête, qui s’étale ensuite depuis M jusqu’en a et en ce point a produit sur la lame de verre g, une
- Fig. 8.
- fluorescence circulaire de 1 cm de diamètre, colorée en vert intense. Le ruban M a est aussi très sensible à l’approche d’un conducteur ; dans le champ magnétique suivant le sens du champ, il prend les positions représentées sur les figures 8 et 9 (a désigne toujours la tache fluorescente).
- Nous nous sommes convaincus par une expérience directe sur un fil de cuivre fin, légè-
- Fig. 9-
- rement tendu entre les pôles du même électro-aimant, et parcouru par un courant constant, que le ruban lumineux obéit aux forces magnétiques, comme s’il était parcouru par un courant dans la direction de a vers b. Tandis que les rayons cathodiques émis par la plaque K sont dirigés de vers gt, comme l’atteste la fluorescence de gt et aussi l’action du champ magnétique, les rayons qui existent dans le ruban mobile suivent la direction opposée de b vers a.
- On obtient les mêmes résultats en em-
- ployant des récipients munis de plaques métalliques formant électrodes.
- On pourrait croire que la tache fluorescente mobile provient des rayons cathodiques émis par K et réfléchis sur la paroi opposée du tube.
- Rien que cette hypothèse ne soit pas compatible avec les phénomènes observés dans le champ magnétique (dans les figures 5 et 6 les rayons cathodiques n’atteignent même pas la paroi opposée), nous avons réalisé une expérience décisive sur ce point. Dans le récipient sans électrodes (fîg. 7) nous plaçons une petite lame de mica, mn, plane, élliptique,
- Fig. 10.
- obliquement à l’axe du cylindre, laquelle devrait réfléchir les rayons cathodiques, issus 9 de gA et se dirigeant vers la paroi. Or, l’apparence de la décharge est alors celle de la figure 10 : on voit nettement que le faisceau lumineux, a b n’est pas normal au plan réfléchissant. La fluorescence en a ne s’explique donc pas par la réflexion des rayons cathodiques issus de g, sur la plaque de mica.
- Il est encore une autre conclusion à tirer de cette expérience. Puisque les rayons provoquant la fluorescence en 2 ne sont pas normaux à la lame de mica (comme c’est toujours le cas quand de semblables rayons se forment à la surface des conducteurs ou des diélectriques) il faut bien admettre que leur origine n’est pas à la surface de contact entre le mica et le gaz raréfié. 11 faut alors forcément placer cette origine dans le milieu gazeux, et supposer que, dans l’intérieur de la colonne gazeuse en état de vibration électrique, sont remplies les conditions — encore inconnues — qui sont nécessaires à la production des rayons cathodiques.
- La colonne gazeuse que les vibrations électriques rapides amènent à l’incandescence,
- p.521 - vue 522/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- serait en même temps la source des rayons cathodiques et pour cette raison, provoque toujours la fluorescence au point où elle rencontre la paroi de verre du récipient. La position de cette colonne est déterminée uniquement par les conditions de capacité du tube à décharges, qu’il faut considérer comme un condensateur : la décharge se fait toujours du côté du tube qui a la capacité la plus faible, et vers lequel, par suite, le potentiel atteint en premier lieu sa valeur limite; cette colonne change donc de position et avec elle les rayons cathodiques qu’elle produit, à chaque changement de capacité du tube, comme celui qu’on provoque, par exemple, en approchant un conducteur : elle s’éloigne du conducteur, car la présence de ce dernier accroît la capacité du tube du côté où il se trouve.
- Si l’interprétation donnée aux phénomènes décrits dans ce Mémoire est exacte, ce serait une preuve de plus à l’appui des idées émises par Hertz, Jaumann, Lenard, E. Wie-demann et Ebert, sur la nature des rayons cathodiques ; et d’après lesquelles, il faudrait attribuer ces rayons, non pas au bombardement de la matière des électrodes, mais à des mouvements de l’éther, parents de la lumière.
- M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Mesures électriques, par Eric Geraro. — Gauthier-Villars .t Fils, éditeurs, Paris, 1896.
- Le point de départ des mesures électriques et de leur coordination a réellement été la télégraphie sous-marine. Ce sont ses exigences qui les ont enfantées. Mais, si remarquables qu’aient été dès le début les méthodes employées, si fondamentales qu’elles soient encore pour les applications plus récentes de l’électricité, elles n’ont pas tardé à se trouver à la fois insuffisantes au point de vue des grandeurs à mesurer et trop délicates comme approximation relative. La variété et la multiplicité des quantités étudiées ont d’ail-
- leurs nécessité des appareils et des procédés nouveaux dans lesquels se sont exercés avec succès la science, la sagacité et l’esprit ingénieux de nos maîtres et de nos plus habiles expérimentateurs.
- Tandis qu’alors la résistance de conduction et d’isolement et la capacité étaient presque seules en jeu, le progrès a successivement conduit à des perfectionnements ou des inno-, vations dans les mesures de tous ordres, géométriques, mécaniques, photométriques, électriques, magnétiques. Les phénomènes calorifiques, chimiques, électrodynamiques, électrostatiques et électromagnétiques ont donné lieu à autant de moyens d’évaluation différents des quantités les plus courantes, intensités, résistances, différences de potentiel, capacités, coefficients d’induction. Dans un autre ordre d’idées, les qualités magnétiques du fer, la perméabilité et l’hystérésis, ont fait l’objet d’une étude aussi approfondie que celle des qualités du cuivre. Les générateurs et les moteurs à courant continu ont introduit des exigences d’appréciation de la puissance et du rendement. Les alternateurs, les alter-nomotcurs et les transformateurs ont ouvert un nouveau champ d’investigations et de mesures. Bref, cette longue série de déterminations et d’épreuves, sans parler des recherches appelées à enrichir la science, a créé une des branches les plus importantes de l’industrie électrique, l’œuvre du laboratoire, dont ne peut se passer aucun établissement sérieux. C’est à lui qu’appartiennent l’étude préalable des matériaux destinés à l’atelier, le contrôle des appareils fournis sur ces données avant l’expédition, et souvent encore la vérification sur place du fonctionnement conforme aux conditions imposées. Ces mesures si diverses dans leur objet aussi bien que dans leur mise en œuvre, suivant leur caractère fixe ou volant, demandaient à être en quelque sorte codifiées ou tout au moins classées comme elles ne l’avaient pas été depuis longtemps.
- C’est ce qu’a compris M. Eric Gérard avec cette science, cette netteté de vue et ce sens pratique qui se confondent dans ses excel*
- p.522 - vue 523/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 523
- lents ouvrages. Sa compétence en la matière lui a permis de faire un judicieux éclectisme entre les nombreuses méthodes préconisées, de manière à ne mettre en relief que celles ayant un caractère vraiment pratique et répondant aux conditions générales imposées à toutes les mesures suivant sa remarquable Introduction, et l’ensemble s’est résumé sous sa plume en un tout harmonieux et homogène que peu d’auteurs, aussi forts mais moins C. G. S. que lui, auraient aussi clairement réalisé.
- L’ordre suivi est sensiblement celui que nous indiquons ci-dessus ; il a été dicté non seulement par la logique et l'enchaînement des faits, mais aussi par le désir de familiariser d’abord les élèves avec les mesures abordables sans danger pour eux-mêmes et pour les appareils maniés, avant de les faire arriver progressivement aux essais industriels qui demandent plus de ménagements à tous égards Une table bien établie, un index soigné et une belle mise en pages facilitent d’ailleurs singulièrement les recherches.
- De là à la suppression du chapitre correspondant dans ses Leçons sur l’Électricité il n’y aurait qu’un pas ; mais il ne semble pas que l’auteur ait l’intention de le franchir; l’apparition presque simultanée de ces deux ouvrages en est une garantie; et de fait nous estimons qu’il a raison, les principes mêmes des mesures et des instruments propres à les effectuer faisant partie intégrante d’un cours complet d’électricité, sauf étude plus approfondie dans ce livre spécial particulièrement recommandé aux électriciens de profession.
- E. Boistel.
- CHRONIQUE
- CHAMBRE SYNDICALE DES INDUSTRIES ÉLECTRIQUES
- Réunion du n février i8gô La séance est ouverte à 5 li. sous la présidence de M, Harlé.
- Sont présents :
- MM. Beau, Bénard, Berne, Bernheim, Cance, j
- Harlé, Hillairet, Juppont, Radiguet, Roux, Sar-tiaux, Sciama, Triquet, Violet, Vivarez.
- Se sont excusés :
- MM. Carpentier, Clémançon, Ducretet, Gram-mont, Meyer, Picou.
- Le procès-verbal delà dernière séance est lu et adopté.
- Dans le dernier procès-verbal, une erreur typographique fait indiquer M. Erard (Edouard) comme nouvel adhérent. C’est M. llérard (Fernand) qui est effectivement admis dans le Syndicat.
- La Chambre prononce l’admission comme membres-adhérents du Syndicat de :
- M. Bertolus (Charles),S, place Paul-Bert,à Saint-Etienne, présenté par MM. Mondon et Roux.
- M. Dubranle, de la Maison Dubranle et Cie, constructeurs d’accessoires pour l’électricité, rue de La Vacquerie, présenté par MM. Picou et Roux.
- M. Soulé, industriel à Bagnères-de-Bigorre, présenté par MM. Juppont et Roux.
- La Chambre est informée par M. Sartiaux que M. Lahure a été assigné devant le juge de paix au sujet de son refus de payer l’octroi sur le charbon qu’il n’a pas consommé pour son éclairage électrique. Le juge de paix a chargé de l’expertise M. Dinet, inspecteur général des ponts et chaussées en retraite.
- M. Sciama réunira prochainement la commission des douanes pour l'examen des tarifs de transports.
- M. le Président est prié par la Chambre de rappeler à M. Postel-Vinay qu’il devait réunir la commission chargée d’étudierles cahiers des charges des adjudications et de l’engager à le faire au plus tôt.
- L’ordre du jour appelle la lecture du rapport du directeur du bureau de contrôle sur l’exercice 1895-96.
- A la suite de la lecture de ce rapport, qui figure en annexe au procès-verbal (voir plus loin,p. 326), M. le Président félicite M. Roux, au nom de la Chambre, de la vive impulsion qu’il a donnée au bureau et met en discussion chacune des propositions présentées par M. Roux.
- Après un échange d’observations, la Chambre estime qu’il faut laisser au directeur du bureau de
- p.523 - vue 524/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- contrôle une grande liberté d’action ; elle adopte à l’unanimité les différentes modifications et additions demandées par M. Roux; elle décide toutefois d’unifier le tarif pour tous les compteurs de force motrice et arrête à 20 fr la vérification par compteur desservant un ou plusieurs moteurs, la vérification du ou des moteurs étant, en outre, taxée au tarif général.
- La Société Internationale des Electriciens présidée par M. Potier a décidé de faire une exposition réservée à l’électricité domestique, y compris le petit appareillage, à l’électricité médicale et aux appareils d’instruction ou de vulgarisation.
- Pour exposer, il sera nécessaire de faire partie de la Société Internationale des Électriciens dont le siège est 44, rue de Rennes.
- La Chambre désireuse de voir réussir cette Exposition fait un chaleureux appel aux membres du Syndicat.
- Se sont déjà fait inscrire comme exposants : MM. Bénard, Cadiot, Cance, Chauvin et Arnoux, Mildé, Pasquet, Radiguet, Jules Richard.
- Sur la proposition de M. Sciama, la Chambre décide de grouper dans une exposition collective, les industriels qui reculeraient devant les dérangements et la dépense d’une exposition individuelle.
- M. Ed. Chesnay, ingénieur à Reims, a consulté la Chambre afin de savoir si une Compagnie concessionnaire de l’éclairage électrique d’une ville avait le droitdese réserver le monopoledesinstaî-lations intérieures chez les abonnés.
- Après examen de la question, la Chambre, ne croitpas qu’un semblable monopole puisse exister.
- L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levee.
- Bureau de contrôle des installations électriques. — Au moment où la publication de l’ouvrage de M. Monmerqué, Contrôle des installations électriques, vient de démontrer une fois de plus la nécessité de contrôler régulièrement les installations, il n’est pas inutile de rappeler que, par délibération du 10 janvier 1893, la Chambre syndicale des industries électriques a créé, dans ce but, un Bureau aujourd’hui en plein fonctionnement.
- Ce Bureau de contrôle, dont le siège est 12, rue Hippolyte-Lebas, a pour objet ;
- De recevoir les installations.
- De vérifier périodiquement les compteurs,
- De mesurer la consommation des lampes et leur intensité lumineuse,
- D’étalonner les appareils de mesure,
- D’inspecter régulièrement les installations au point de vue de la sécurité.
- Le règlement suivant indique dans quelles conditions le Bureau de contrôle effectue ses
- Article i*r. — Le Bureau de contrôle a pour but :
- i° Assurer périodiquement, pour le compte de ses adhérents, le contrôle de leurs installations en fonction, de façon à empêcher que des détériorations n’en compromettent incidemment la sécurité ;
- 20 Procéder, sur la requête de tout intéressé, à la vérification des installations ;
- 30 Centraliser tous les renseignements techniques, commerciaux, juridiques ou administratifs, relatifs aux installations, stations centrales ou autres entreprises d’électricité.
- Art. 2. — Les moyens d’action du Bureau consistent dans les visites et vérifications des installations par un personnel spécial d’inspecteurs, et dans la communication, aux abonnés, des observations recueillies au cours des visites.
- Art. 3. — Bien que placé sous le patronage de la Chambre syndicale des industries électriques, qui nomme son directeur et discute son règlement, ie Bureau de contrôle conserve, dans ses travaux, son entière indépendance, sous la seule responsabilité de son directeur, la Chambre syndicale restant étrangère à ces travaux.
- Art. 4. — Pour assurer l’impartialité qui doit présider à ses fonctions, le directeur du Bureau s’interdit de faire acte d’entrepreneur ou de fabricant d’appareillage électrique, et d’accepter un intérêt quelconque dans une maison d’entreprise d’installation ou de construction d’appareillage électrique.
- Art. 5. — Le Bureau de contrôle garantit à ses abonnés, à titre de service ordinaire, deux vérifications de leurs installations par an.
- Ces vérifications, qui seront toujours complétées par des mesures d’isolement et une épreuve du compteur, se feront sans aucun avertissement préalable, en tenant compte seulement des indications des abonnés, à un intervalle de cinq mois au moins et de sept au plus.
- Les inspecteurs sont tenus de donner, à chaque visite, toutes les indications nécessaires pour assurer la bonne marche de l’installation.
- p.524 - vue 525/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 5*5
- Toute visite donne lieuà un rapport écrit constatant l’état général de l’installation et sigalant les points particuliers auxquels des modifications doivent être apportées. Ce rapport est adressé à
- Art. 6. —En cas d’accident, les abonnés sont tenus d’en aviser immédiatement le directeur, qui se rend sur place ou envoie un inspecteur aussitôt qu’il en a connaissance, pour en rechercher les causes. Cette visite est toujours gratuite.
- Art. 7. — Toute addition, modification ou réparation de quelque importance d’une installation, doit être signalée au directeur avant sa mise à exécution.
- Art. 8. — Les abonnés au Bureau de contrôle payent, pour le service ordinaire de visite de leurs installations, un abonnement dont le taux est fixé ci-dessous.
- Art. 9. — En dehors des visites régulières, l’adhérent peut réclamer des visites supplémentaires, toutes les fois qu’il le jugera nécessaire ; elles donneront lieu à la perception d’une taxe déterminée plus loin.
- Art. 10. — Le personnel du Bureau est, de plus, à la disposition dés abonnés et du public, pour exécuter sur place tous travaux de sa compétence, tels que : essais de rendement de dynamos ou d’accumulateurs, vérifications de compteurs ou d’appareils de mesure, le tout moyennant une rétribution déterminée par le présent règlement.
- Art. 11. — Le Bureau de contrôle tient, en outre, à la disposition des abonnés, les renseignements relatifs aux installations électriques et centralisés par lui. Il peut même, sur leur demande, leur en communiquer des copies, en percevant une rétribution discutée de gré à gré avec le directeur.
- Art. 12. — Le directeur soumet chaque année à l’approbation de la Chambre syndicale les comptes de l’exercice écoulé, et lui adresse un rapport sur toutes les opérations du Bureau de contrôle.
- La rapport et la délibération à laquelle il a donné lieu sont insérés dans l’annuaire du syndicat, et adressés gratuitement à tous -les abonnés.
- Art. 13.—Tout propriétaire d’une installation électrique, qui désire s’abonner au Bureau, de contrôle, doit remplir une police.
- L’abonnement, pendant les six premiers mois d’un exercice, part du i'r janvier et oblige au paiement de la cotisation pour l’année entière.
- Si l’abonnement est postérieur au i°r juillet, la cotisation sera réduite de moitié pour l’exercice
- Art. 14, — Les tarifs à percevoir sont ainsi fixés:
- § I. — Taxe annuelle d'abonnement.
- La taxe est basée sur le nombre de lampes à in-andescence que comporte l’installation, chaque lampe à arc étant comptée comme cinq lampes à incandescence, et chaque moteur ou machine dynamo-électrique comme dix.
- Moins
- De
- — p
- 234 ^
- taxe fixe fr.
- — taxe fixe
- — par lampe
- — taxe fixe
- — par lampe
- — par lampe
- 0,50
- î fix
- 0,30
- De 600 à 1000 — par lampe 0,25
- De 1000 à 1250 — taxe fixe 250 »
- Au delà de 1250 — par lampe 0,20
- § II. — Taxe des visites générales supplémentaires che\ les abonnés.
- Un tiers de la taxe annuelle d’abonnement, avec minimum de 5 fr.
- § III. — Taxe de vérification des points spéciaux dans les installations.
- Vérification d’un compteur.............20 fr.
- Travaux extraordinaires visés à l’article 10.
- Far journée d’opérateur................30 fr.
- Par demi-journée..............: . . . . 20 fr.
- § IV. — Taxe des vérifications des installations pour le compte des personnes non abonnées.
- Les deux tiers de la taxe annuelle d’abonnement avec un minimum de fr.
- Art. 15. — Les tarifs ci-dessus sont applicables au département de la Seine. Pour les autres départements, les frais de déplacement du directeur ou de l’inspecteur seront à la charge des adhérents qui pourront se grouper pour supporter cette dépense à frais communs.
- Art. 16. — Le présent règlement a été discuté et approuvé par la Chambre syndicale des industries électriques, dans ses séances du 7 février et du 5 février 189V
- p.525 - vue 526/624
-
-
-
- 526
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Il est révisable, par décision de la Chambre syndicale, à la fin de chaque année.
- Jusqu’ici, l’un des buts du Bureau de contrôle, la mesure de la dépense d’énergie électrique et celle de l’intensité lumineuse des lampes, n’avait pu être rempli complètement faute d’un laboratoire de photométrie. Ce laboratoire vient d’être monté et les essais y sont faits au tarif suivant :
- 1® Pour les abonnés au Bureau de contrôle : 0,75 fr par lampe au-dessous de 5, et 0,50 fr par lampe au-dessus de ce nombre ;
- 20 Pour les personnes non abonnées : 1 fr ou 0,75 fr par lampe, suivant que le nombre de lampes est inferieur ou supérieur à 5.
- A la dernière séance de la chambre syndicale des industries électriques, M. Roux, directeur du Bureau, exposait en ces termes les résultats obtenus pendant l’année 1895 :
- Rapport du Directeur sur le troisième exercice.
- J’ai l’honneur de porter à votre connaissance les résultats du 3® exercice du bureau de contrôle des installations électriques et du i" exercice de la gestion que vous m’avez confiée, et je suis heureux de vous annoncer qu’ils ont dépassés mes prévisions. Ils sont dûs au terrain si bien préparé par mon prédécesseur, M. Picou, au zèle et au dévouement de mes collaborateurs.
- Le nombre des polices souscrites a passé de 97 à 244 et le nombre de lampes correspondant de 20275348250 au 10 février. L’accroissement a donc été de 147 polices représentant 28000 lam-
- pes, soit de 140 pour cent.
- Ces abonnés se divisent ainsi :
- Appartements et hôtels privés............... 52
- Hôtels, restaurants, cafés, bars.. ........... 26
- Couturiers, magasins de nouveautés, passementiers................................... 21
- Industries diverses.......................... 19
- Ingénieurs et architectes.................... 16
- Banques....................................... 14
- Imprimeries et Journaux...................... 14
- Administrations et Cies d’Assurances.......... 10
- Notaires et avoués............................. 6
- Bazars ....................................... 5
- Fondeurs et bronzes d’art..................... 5
- Distillateurs et confiseurs .....^. 4
- Théâtres et bals............................. 4
- Cercles....................................... 2
- La division par secteurs est la suivante :
- Secteur Edison........................... 66
- — de Clichy....................... 47
- — de la Cie Parisienne de l’air com-
- primé........................ 35
- — des Champs-Elysées.............. 20
- — de la Cie d’éclairage et de force par
- l’électricité....................... 2
- — Municipal des Halles............ 2
- — de la rive gauche.......... ...... 2
- Les visites faites ont été au nombre de 426, se
- décomposant comme suit :
- Visites réglementaires d’abonnés............ 332
- Visites chez les abonnés en dehors des visites
- régulières................................. 50
- Opérations pour le compte des non abonnés 44
- Total..... 426
- Ces opérations ont donné lieu à un nombre égal de rapports adressés aux intéressés, abonnés ou
- Nous avons pu constater, comme précédemment, qu’un grand nombre d’installations que nous avons signalé défectueuses, ont été remises en bon état.
- Nous avons complété cette année nos visites d’installations parla détermination de la consommation spécifique moyenne des lampes à incandescence en watts par bougie nominale.
- Le transfert du siège du bureau de contrôle dans un local plus important, 12, rue Hippolyte-Lebas, nous a permis d’organiser un laboratoire d’essai d’appareils de mesure et une salle de photométrie que nous avons intallés avec beaucoup de
- En dehors de quelques essais pour des personr nés étrangères, ce laboratoire nous a permis de faire des vérifications très fréquentes de nos instruments de contrôle par rapport à des appareils étalon installés à demeure. Le matériel de notre laboratoire est encore sommaire ; deux Sociétés ont offert au bureau de contrôle quelques acr cumulateurs, nous les en remercions à nouveau et nous espérons que de généreux constructeurs voudront bien suivre leur exemple et contribuer à l’aménagement de ce laboratoire.
- Les essais photométriques ont été au nombre de 43 et ont porté sur 436 lampes.
- Les résultats des visites sont résumés dans les tableaux suivants :
- Installations visitées........................ 34a
- p.526 - vue 527/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 527
- Installations / de l’isolement....... 62 ]
- signalées | de l’appareillage.... 51/
- défectueuses ) du montage............ 55 l
- sous le rapport! desj points ci-dessus 48 '
- Installations en bon état..................... 126
- Compteurs éprouvés............................ 439
- — signalés défectueux.................... 176
- La proportion de compteurs défectueux atteint donc 40 0/0.
- En dehors de Paris, le bureau de contrôle a été, à plusieurs reprises, chargé par des municipalités de recevoir leurs installations électriques.
- ...Après avoir assuré la vitalité du bureau de
- Paris, nous avons porté nos efforts sur la création de succursales en province. Vous avez ratifié, il y a peu de temps, la nomination de M. Juppont comme directeur du bureau régional du Sud-Ouest. La personnalité de M. Juppont et son ardeur infatigable nous permettent de bien augurer du développement de cette succursale.
- Les opérations que nous avons eu à faire, m’amènent à vous demander certaines modifications et additions au Règlement général. Ce tarif porte :
- Art. XIV § 4. — Taxe de vérification de points spéciaux dans les installations ; vérification d’un compteur, 20 francs.
- Je demande à la Chambre de n’appliquer ce tarif qu’aux compteurs à 2 et à3 fils au-dessous de 300 ampères, et de le porter à 30 francs pour les compteurs au-dessus de 300 ampères, parce qu’il faut alors employer un matériel spécial ne servant que très rarement ; les compteurs à 5 fils nécessitent également un matériel spécial pour les essais •à pleine charge et le concours simultané de deux inspecteurs.
- Je demande donc que, pour ces compteurs, le tarif soit également porté a. francs.
- Dans plusieurs installations comportant un très petit nombre de lampes mais plusieurs moteurs électriques, chaque moteur avait son compteur. D’après le tarif générai nous devions faire la vérification de tous ces compteurs pourun prixinfime. Ainsi dans le cas de 10 lampes, 3 moteurs et 4 compteurs, la taxe était de 18 francs pour deux séries de visites par an.
- Je demande que dans des cas semblables les compteurs des moteurs puissent être tarifés à part, aux conditions du règlement général, soit 20 fr.
- Enfin, nous avons eu à vérifier un certain nombre de compteurs d’ascenseur. Encore d’après le tarif général nous ne pouvions demander que
- 2 fr 50 par visite. Or, par suite de la variation du courant pendant la marche de l’ascenseur, il est impossible d’employer Jes méthodes ordinaires : nous devons apporter des rhéostats et charger le compteur séparément. Ces mesures sont longues, coûteuses et dangereuses quand la différence de potentiel est de 440 volts.
- Je prie donc la Chambre de fixer à 30 francs la vérification d’un compteur d’ascenseur et à 40 fr l’abonnement pour deux visites annuelles.
- Reste une dernière question. C’est celle de la tarification pour la province. Le tarifgénéral a été élaboré pour Paris et convient bien à Paris, mais il est trop faible pour les villes de province dont la densité électrique, de chaque installation et de l’ensemble, est beaucoup plus faible, tandis que les frais sont plus élevés : une majoration s’impose donG et je demande à la Chambre de la fixer à 20 0/0.
- Pour les villes de province, dans lesquelles ne serait pas le siège régional, il serait préférable, afin de permettre le développement des abonnements, de laisser au directeur régional la liberté d’appliquer pour les frais de déplacement, soit l’article 15 du règlement, soit de majorer le tarif d’une quantité qu’il jugera convenable pour tous les abonnés de la même ville.
- Un ascenseur électrique au Mont-Blanc. — On cause beaucoup d’un nouveau projet présenté par M. Issartier, contrôleur des mines, pour atteindre la cime du Mont-Blanc avec un ascenseur. Le principe du projet est le suivant : une galerie se dirigera vers l’aplomb du point culminant du Mont-Blanc et un puits verticalpartant de l’extrémité de cette galerie aboutira au sommet de la montagne; la galerie partira de la cote 2 100 mètres. La longueur du tunnel sera de 5 700 mètres, et la hauteur du puits sera de 2539 mètres. Le puits sera creusé de bas en haut. Un caisson en acier du poidsde 20 tonnes, reposant par l’intermédiaire de ressorts sur un ascenseur, supportera les ouvriers et les perforatrices et suivra le front de taille à une distance de 2 mètres. Ce caisson ne descendra jamais et devra résister aux effets du tirage des coups de mine, effets que l’on est, du reste, tenté de s’exagérer. Les matériaux provenant du front de taille seront réduits à l’état de sable grossier par des broyeurs installés dans le caisson et jetés ensuite dans un tube en tôle d’a-*
- p.527 - vue 528/624
-
-
-
- 528
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- cier qui les conduira dans une cunette creusée au milieu du sol de la galerie.
- Ces sables seront entraînés au jour par les eaux provenant des diverses sources que l’on ne manquera pas de rencontrer ; la pente delà cunette et de la galerie étant de 3 centimètres par mètre, on n’aura pas à redouter les ensablements. M. Issartier estime que la température à 5 700 mètres du jour sera de 40 degrés environ; il espère la ramener à une vingtaine de degrés par la détente de l’air comprimé. Ce procédé est aujourd’hui employé pour la fabrication industrielle de la glace. Une force de 600 chevaux sera prise sur la rivière de l’Avre et transmise, au moyen de fils électriques, aux perforatrices, aux ascenseurs et aux différentes machines-outils. Un plan incliné de 1 800 mètres de long, partant du village des Houches, gravira la montagne de Taconnaz jusqu’à l’entrée de la galerie. Un hôtel sera installé à l’extrémité du plan incliné ; il se trouvera à une altitude supérieure de 471 mètres à celle du Pilate. Un autre hôtel sera installé au sommet du Mont-Blanc ; l’étage supérieur du bâtiment sera complètement indépendant et sera affecté à un observatoire astronomique et météorologique. L’ascension se fera au moyen d’ascenseurs électriques s’élevant sur quatre cr émaillères verticales scellées dans le roc; elle durera 30 minute environ. M. Issartier a démontré qu’une période de sept ans serait plus que suffisante pour l’exécution des travaux dont le devis s’élève à 8 millions de francs. Il compte sur un minimum de recettes de 850 000 fr. par an.
- L'emploi du glucinium en électricité. — Notre confrère, The Electrical Reviem, de Londres, appelle l’attention des électriciens sur un inétal, encore rare, le glucinium.
- Ce métal est plus léger que l’aluminium ; tandis que ce dernier a pour densité 2,6, la densité du glucinium est2,2. Il est malléable, peut être forgé et laminé; il est susceptible d’un très beau poli, ne se ternit pas à l’air et résiste à l’action des agents les plus oxydants. Sa conductibilité électrique est aussi élevée que celle de l’argent et par conséquent, plus grande que celle du cuivre.
- Son prix de 180 francs le kilogramme est évidemment un obstacle à son utilisation immédiate, mais il est probable que si les applications de ce métal se répandaient, des perfectionnements apportés à sa préparation permettraient d’abaisser considérablement ce prix. D’ailleurs aux cours
- actuel, son prix n’est à poids égal, que la dixième partie, et, à volume égal, que la cent soixantième partie de celui du platine dont les applications électriques sont néanmoins importantes.
- Le centenaire delà pile de Volta. — Il est ques-J tion de célébrer le centenaire de l’invention de la pile électrique par une exposition universelle d’é-lectrité qui serait tenue à Côme, en 1899. Quand le Conseil Municipal de cette ville discutera le budget de 1896, une proposition sera faite dans le but de voter une certaine somme sur chacun des budgets de 1896, 970198, pour former les premiers fonds qui devront être complétés par les souscriptions privées. Le Comité de l’Exposition serait formé par la réunion des principaux savants italiens et étrangers. Un Congrès d’Elec-tricité serait également tenu à cette occasion.
- Journal sur le magnétisme terrestre. — Le Ryerson .Physical Laboratory, de l’Université de Chicago, vient de faire paraître le premier numéro d’un journal trimestriel, intitulé Terrestrial Magnetism. dont la direction est confiée au docteur L. A. Bauer, et auquel collaboreront les principaux physiciens et météorologistes du monde entier. En dépit de son titre spécialise journal embrasse un champ très vaste : courartfS telluriques, aurores boréales, électricité atmosphérique, physique cosmique, etc. L’aiguille aimantée est utilisée de nos jours dans un si grand nombre de recherches que les sujets d’articles ne manqueront certainement pas à cette nouvelle publication.
- Erratum. — Dans l'article consacré par M. Guilbert à la loi sur l’hystércsis, une erreur de typographie s’est glissée dans les formules de la page 397. Toutes les lettres p doivent être remplacées par les lettres P représentant les admittances.
- Lire de même, page 396, irc colonne :
- 3e formule :
- / r,is Ms La dj^
- \ ~ Rf+S]) Ai
- au lieu de
- dernière formule : xs au lieu de d%.
- L’Éditeur-Gérant : Georges CARRÉ
- p.528 - vue 529/624
-
-
-
- Tome VI.
- Samedi 21 Mats 1896
- Année. — N» 12
- L’Éclairage Électriq
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- Directeur Scientifique J. BLOND1N Secrétaire de la rédaction : G. PELLISS1ER
- LES LAMPES A INCANDESCENCE {')
- M. Stien a récemment essaye d’appliquer de nouveau à la préparation des filaments les procédés anciens basés sur l’emploi de l’acide borique. L’acide borique employé par M. Stien, d’abord fondu dans un creuset de plombagine puis coulé et refroidi sur des plaques de graphite, est ensuite pulvérisé. Les filaments, en fibre vulcanisée, sont bouillis dans une dissolution en excès de cet acide pendant, plusieurs heures, jusqu’à ce que les filaments soient blanchis d’un dépôt adhérent d’acide borique. Ces filaments sont ensuite séchés, enroulés à la forme voulue, carbonisés comme à l’ordinaire, plongés dans de ia benzine, puis soupoudrés d’un peu d’acide borique porphyrisé rendu adhérent par la benzine. Ceci fait, on enferme le filament dans une ampoule pleine d’une vapeur hydrocarburée à une pression trcs-faible, de quelques millimètres, et l’on y fait passer un courant de potentiel graduellement croissant, jusqu’à l’incandescence vive. Après son refroidissement, le filament présente un aspect métallique brillant; son éclat est plus vif et sa durée plus longue.
- M. Langhans, emploi, pour la fabrication de scs filaments, des mélanges plus ou moins intimes ou des combinaisons de bore, de silicium et de carbone obtenus comme il suit :
- On mélange à une dissolution pâteuse aci-
- (') Voir l’Éclairage Électrique du 20
- t. IV, p. 124.
- de ou aqueuse de sucre de gomme ou de cellulose, du bore ou du silicium pur, amorphe ou cristallisé, à peu près proportionnellement au poids atomique du corps carboné adopté? Par exemple, pour la cellulose (Cù II1® Or’) on prendra 1 gramme de silicium pour 11 de cellulose. La pâte ainsi formée, aussi homogène que possible, refoulée au travers d’une filière dans de l’alcool ou cle la glycérine, puis lavée à l’eau, est découpée en filaments puis séchée et chauffée graduellement jusqu’à 2000° environ température à laquelle il se forme, paraît-il, des carbures de bore et de silicium : cette calcination doit se faire à l’abri non seulement de l’oxygène mais aussi de l’azote, en raison de son affinité pour le bore et le silicium. On obtient ce résultat en calcinant les filaments dans de la poudre d’acide titanique, ou rutile, et de charbon parce que le ruthinum possède, àla température de calcination, plus d’affinité pour l’azote que le bore et le silicium.
- On sait que M. Langhans fabrique aussi des filaments avec âme en platine, qui ont donné d’excellents résultats pour l’éclairage ,à l’incandescence par le gaz ('). Ces filaments sont obtenus en faisant déposer, par l’électro-lyse de leurs sulfates ou de leurs nitrates, des métaux alcalino-terreux sur des fils de platine tissés en capuchon comme ceux des becs Auer, puis en les oxydant par calcination. Le dépôt ainsi formé présente un grand pou-
- (’) Voir l'Éclairage Électrique du 22 février 1896, t- VI, p. 371.
- juillet 1895,
- p.529 - vue 530/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 53°
- voir émissil lumineux pu rayonnant et aussi usiê grande adhérence, résistant parfaitement aux chocs ; un manchon de 60 bougies renferme environ i gramme de platine, qui peut servir presque indéfiniment ; son prix de revient est d’environ 2,50 fret il peut s’employer sans aucune précaution, même pour l’éclairage des rues.
- MM. Spiller et Massy, ingénieurs de la BuckeyeElectric Company, deCleveland, ont récemment inventé une fort ingénieuse machine à souder les ampoules des lampes à incandescence qui fonctionne comme il suit :
- On place le porte-filament sur une des
- on abaisse le levier li3, qui, entraînant la douille H sur la tige fixe E, fait que le chapiteau h' et le poids J séparent, comme en fig. 6, la queue de l’ampoule.
- Les lampes se suivent ainsi aussi rapide-
- Fig. 2. - Spuu
- ampoules; détail d'un porte ampoule.
- quatre tiges E, (fig. 4) puis, au dessus, l'ampoule avec son col étranglé au contact du chapiteau h du manchon H, appuyé par le poids J, et i'on fait faire au bras A correspondant un quart de tour, qui amène h point de soudure du culot et de l’ampoule au droit des deux ehalumeauxK (fig. 1 et 2). En même temps, le galet E' du porte-globe s’appuie sur le plateau de frictionF. de sorte que l’ampoule se met à p©yrner entre les flammes des chalumeaux. La soudure une fois ainsi faite, comme en fig. 5,
- ment que possible, entraînées par la rotation du tourniquet A A, qui s’arrête à chaque quart de tour, par l’action automatique de l’embrayage b, à ressort D, que l’on déprime par la pédale B3 quand on veut faire pivoter le moulinet d’un quart de tour.
- C’est une machine, en somme, fort simple, et qui paraît, à l’encontre d’autres appareils du même genre plus compliqués, pouvoir rendre de véritables services en pratique.
- La pose des filaments dans les lampes de
- p.530 - vue 531/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- $V
- M. S, E. Cox est (fig, 8 à ao)à la fois simple et originale. Après avoir repoussé, au moyen d’aiguilles recourbées appuyées sur deux points de l’ampoule chauffés par des dards de chalumeaux, deux tubulures diamétralement opposées i et 2, fig. 9, l’on coupe ces tubulures, puis on y enfile les attaches de pla-
- .— Spiller et Massy. Machij
- Fig. 3 à 7.-
- tine a b (fig. 14) ou moitié en platinedd(fig. 15) moitié en cuivre cc, comme en figure 13; on chauffe ensuite 1 et 2 au rouge-blanc on commence la soudure de ces appendices sur les attaches, puis, avec unepince, onlesrapproche pomme en fig. 17 de manière que ces appendices entraînés par l’adhérence de leur verre
- pâteux sur les attaches, rentrent dans l’ampoule enee.
- On chauffe ensuite le bas de l’ampoulé, où l’on repousse, au moyen de coins en charbon
- p.531 - vue 532/624
-
-
-
- 5V
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- deux encoches 12 12 (fig. 11) dans lesquels viendront se loger les raccords des fils 66
- avec les attaches, et la garniture en plâtre destinée à fixer la monture 13 (fig. 12), L’am-
- itHalske (1895).
- cher le verre de trop s’épaissir en 1 1, on étire l’ampouleen i6(fig. n)en une queue qui permet de la monter facilement sur la pompe à vide, puis de la fermer ensuite, après le vide fait, comme en 10 (fig. 12).
- La lampe est ainsi faite d’une seule pièce de verre complètement homogène, et pourvue
- Fig. ao.— Monture Pope (2895).
- de sa monture métallique 13, toute prête pour le montage.
- Les attaches des nouvelles lampes Siemens et Ilalske sont (fig. 19) en trois parties : une amorce en cuivre C«, soudée à un bout de platine j> relié au filament par la troisième partie en cuivre c, c,. On arrive ainsi à n’emr ployer que très peu de platine tout en don-
- Fig. 31 à 25. — Monture Woodley (1895).
- poule, placée sur un support tournant, est ensuite chauffée en 15 (fig. 18) 'et, pour.empê-
- nant aux amorces C„CU, par leur pénétration dans le verre, une stabilité suffisante.
- p.532 - vue 533/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 5??
- M. F. R, Pope a récemment proposé de j de la lampe porte, soudé à son verre, l'an-remplacer le montage des garnitures au plâ- neau T), dans les encoches EE duquel s’entre par celui qu’indique la figure 20. Le bas I gagent les boutons G G de la douille F,
- Fig, 26 et 27.— Monture Hill. '
- qui se trouve ainsi maintenue s
- par Fc
- lasticité des enmanchements EE. Le culot b peut ainsi servir indéfiniment sans la dépense qu’exigerait l’enlèvement du plâtre, etc. qui 1 tion.
- Fig. 28 à 30.— Lampe double Kerr (1894).
- ; présente d’autre part, l’inconvénient de don-| ner quelquefois naissance à de courts circuits I par son humidité ou par sa désagréga-
- p.533 - vue 534/624
-
-
-
- 534
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- - Lé culot de la lampe Woodley adoptée par la Compagnie Edison-Swan, évite aussi l’emploi du plâtre. La lampe porte un bouton A (fig. 21), passé dans la fente de ,1a plaque B, tirée par les vis G G de manière à appuyer et maintenir la lampe sur la monture C. Le couvercle en porcelaine D, dans lequel sont
- aggrafFées les bornes ÈE, repose sur C par les deux pitons F F qui s’enmanchent dans le joint à bayonnette de la monture ordinaire, et la plaque 13 porte deux encoches b 6, engagés avec des projections correspondantes de C, qui l’empêchent de tourner.
- Dans le dispositif de M. Hill, également
- Fig. 31 à 35.—Lampe portative Hacking et Brand{ 1895).
- adopté par la Compagnie Edison-Swan, la lampe se termine par une capsule disposée de manière à recevoir le fond en porcelaine D, à contacts C C (fig. 26) sur lesquels appuient les touches F P, logées dans le bloc isolant M et reliées aux fils W. Lebloc M est relié au cône de suspension N par le filetage de la douille S, à pinces-ressorts E, qui saisissent l’ampoule. Il suffit de tourner l’ampoule de 90° pour ouvrir ou fermer le contact des touches PP et des bornes EE, éteindre ou allumer la lampe.
- La lampe de Kerr représentée par les figures 28 à 30 est à deux filaments 13 et C.
- Au repos, le commutateur F est tourné de façon qu’aucune de ses lames B. et C7 ne fasse contact avec B6 ou Cs. Quand on veut faire fonctionner le filament B, on tourne F dans le sens de la flèche f jusqu’à ce que .la projection B8 de la came B- appuie, comme en figure 1, B6 sur B5 ; le courant passe alors par D D, B, B B, B, Be R5 B( E. Suivant la flèche a (fig. 28).
- Pour faire fonctionner le filament C, on tourne F jusqu’à ce que l’encoche Ba de B7, se présentant sous le ressort B6, rompe le circuit du premier filament, en même temps que la corne Cr, appuyant C„ sur C6, ferme
- p.534 - vue 535/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 5?5
- le circuit de C par D D, C, C Ca €„ C,. C5 Ct Ef suivant les flèches a de la figure 29.
- Pouf faire marcher à la fois les deux filaments, on tourne F, comme en figure 50, de
- Fig. 56 à 4s. — Lamp
- façon que la projection B10 de 13-, ferme le contact de B* pendant que C. fermé étteore Cc ; le courant passe alors de D, en B, et efl C,, suivant les flèches a de la figure 38#
- La lampe portative de MM. Hacking et Brand (fig. 31 à 3 5 ) a son verre protégé par une enveloppe de mica c, avec réflecteur d pivoté en c, et de forme telle qu'il permette de faire ainsi varier la distribution de la lumière. La lampe est retenue par un troisième fil central
- a, accroché à lajparoiè de la’boîte’de ses piles.
- Là petite lampe portative représentée par les figures 34 et 35 a son réflecteur concave fixé sur un manche d, qui permet de la manier facilement et sans danger* grâce à son enveloppe cylindrique c.
- p.535 - vue 536/624
-
-
-
- Sî4
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- L’appareil pour bureau, de IV1. H. Sheppart, j dont on peut régler l’ouverture par le volet d, se compose de deux lampes, l’une fixe A et diriger les râyons en faisant pivoter B, (fig. 36), l’autre B, horizontale et enfermée soit autour de son axe, soit autour de celui de dans tin tambour réflecteur c, à fenêtre c4, ! sa suspension b b.
- Un commutateur c permet de faire marcher l’une ou l’autre des deux lampes ou les deux lampes à la fois. Quand ce commutateur occupe la position figure 42, le courantest coupé des deux lampes. Si on le tourne de 90°, de manière à fermer les contacts xx, le courant traverse la lampe B seulement par gfx e% e3 e-, ft Après un nouveau, quart de tour de c, de manière à fermer les contacts y y, le courant traverse les deux lampes par g J et e5 e3, puis la bifurcation en f3 g, R et ca ei fi g% A, pour sortir par gk gx. Si l’on tourne encore de 90*5', de manière à fermer les contacts zz, le courant passe en A seulement, par (gfeie3
- L’appareil représenté par les figures 43 et 44, construit par la maison Siemens et Halske. permet de commander facilement et avec
- précision les jeux de scènes et rampes sur les théâtres. Il se compose d’un certain nombre de tirettes en bois B, commandant chacune un rhéostat — ou jeu de lampes — par un renvoi à contrepoids E. Ces tirettes sont appuyées chacune sur le cylindre à frottement de caoutchouc G, par un galet K, que commande le levier I, à ressort P, et dont on peut régler et supprimer la pression par les cames H. Il suffit, une fois les feux en marche ainsi embrayés avec le cylindre G, de le tourner à la main par le volant N, pour faire fonctionner les feux dans l’ordre voulu. Cette manœuvre peut se faire avec une grande précision par la manette P, dont on met le pignon en prise avec N.
- Gustave Richard.
- p.536 - vue 537/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 537
- EXPÉRIENCES SUR LES TRANSMISSIONS (')
- QUELQUES CONSIDÉRATIONS ÉLECTRIQUES
- A?ialyse de la puissance fournie au moteur Dulait pendant les expériences, lorsqu’il entraînait la transmission souterraine à vide. — Nous nous proposons cle montrer comment le mode opératoire que nous avons adopté permet d’analyser l’énergie employée par les divers genres de travaux mécaniques, magnétiques ou électriques dans les appareils dynamos. Détaillons, par exemple, la répartition de la puissance fournie au moteur Dulait.
- En partie le calcul et en partie l’expérience résoudront te problème. Traçons d’abord, en fonction de la vitesse, une courbe moyenne donnant la puissance dépensée au moteur lors des expériences traduites parles tableaux VII et VIII qui ont servi à déterminer les courbes xy des coefficients de irottement. Le diagramme IV, flg. 16, donne cette courbe (trait plein).
- Frottement des balais. — La pression des balais sur le collecteur est fort variable parce qu’elle se donne à la main, sans ressorts actifs. Le serrage étant fort variable, la puissance dépensée de ce chef doit l’être également.
- Pour la mesurer, on détermine l'excès des watts fournis au moteur Pîeper lorsqu’il attaque le moteur Dulait à balais levés et à balais baissés alternativement.Cette détermination ne peut donc être tout à fait exacte, mais l’erreur ne nécessite pas de correction, si l’on considère la grande variabilité de la pression donnée à la main par le conducteur de la machine.
- Il résulte de six expériences faites à des vitesses différentes que, pour 815 tours la puissance dépensée par le frottement des balais a été de : 120, 30, 64, 54, 55, 58 watts, soit, en moyenne, 64 watts. Comme le raon-
- (1) Voir l’Éclairage Électrique du 22 février p. 8520! du 14 mars p. 482,
- tre le diagramme IV, c’est une droite qui symbolise la perte par frottement des balais aux différentes vitesses.
- Frottement de Varbre du moteur dans ses paliers et frottement de l’air. — Le frottement de l’air est ici peu appréciable. Nous en avons tenu compte, du reste, dans la détermination des coefficients de frottement.
- Le frottement de l’arbre absorbe par seconde, la courroie étant enlevée :
- ^/^NX9,8i„. ..
- 60 wau
- ...tX?..4X°.o»X9.-x/N=9|9</W|
- On trouve pour différentes vitesses .
- T. 400 500 600 700 800 900 I OOO I IOO I 800
- W. 63,4 82,8 106,4 130,4 160 190,4 226,5 262 303
- La courroie étant placée, la pression devient 550 kg, la constante 5,96 prend la valeur 9,55 et la puissance fournie pour le frottement mécanique du moteur devient :
- Tours 400 500 600 700 800 900 1000 1160 1200 Watts 98 130 167,3 205 252 298 266 413 476
- Frottement de Varbre dr. transmission souterraine. — Appliquons la formule :
- w=A/wnX9,S..
- w =a7‘X3.HXV°5°X9.8i X/'N = 7,08/ N. T. 196 245 294 34, 39= 44i_ 47<> 54« 588
- W. 42,2 54,2 69 86 130 190,6 260 345 414
- Watts dépensés en effet Joule (en échaupfe-ment). — Le moteur Dulait est compound. La résistance du fil fin est de 17 ohms à froid et 18,060 ohms lorsqu’il est moyennement chaud. Comme le moteur avait peu de charge, qu’il s’échauffait peu, comptons sur 17,50 ohms.
- La perte dans le fil fin est donnée par la relation ~ dans laquelle E est la force élec-*
- p.537 - vue 538/624
-
-
-
- 53«
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- tromotrice en volts aux extrémités du fil et R la résistance en ohms. Soient :
- Tours 480 590 660 770 860 980 1005 1 i3ü
- Volts 9,6 14,2 22,6 48,1 66,4 83,7 88,8 105,2
- Watts 5,25 ib,5 28,3 132 252 398 452 633 (11
- La perte dans le gros fil est inappréciable.
- La perte dans l’induit se calcule plus faci-ment par la formule PR dans laquelle 1 est le courant en ampères et R la résistance 0,038 ohm :
- Tours 480 590 660 770 860 980 1005 1 iao
- Ampères 27,4 23,2 11,4 [5,5 16,2 17,418,3 20,8
- Watts 28,4 20,4 17,4 9,r ro 12,5 12,7 16,5 (2)
- En ajoutant les nombres des lignes (i)
- et (2), on obtient pour dépense totale par effet Joule :
- Tours 480 590 660 770 860 980 1 005 1 120
- Watts totaux 33,65 32,9 45,7 141,1 263410,5 464.7 649,5
- Les résultats ci-dessus ont permis de tracer les courbes en traits pleins du diagramme IV de la figure 16.
- En nous servant des chiffres que nous venons d’obtenir et en déterminant par différences, sur le diagramme, les pertes par courant de Foucault et par hystérésis, nous construisons le tableau suivant qui donne le détail de la puissance fournie au moteur.
- Tableau XIX
- 11 est possible de vérifier si les pertes par courants de Foucault et par hystérésis correspondent bien approximativement aux valeurs
- trouvées séparément en traçant les courbes.
- Excitons le moteur, seulement par son fil fin. En établissant aux extrémités de l’enroulement shunt une force électro-motrice de 87 volts, on obtenait une for.e magnéto-motrice, en ampères-tours équivalente à l’excitation totale du gros fil et du fil fin, à la vitesse de 960 tours. Une différence dans les ampere-tours, même supérieure aux erreurs inévitables,auraitdu reste peu d’importance, attendu que la vitesse de régime du moteur est de 900 tours et qu’ainsi nous étions dans la région d’excitation maximum, vers la saturation. Le moteur Pieper attaquait le moteur Dulait excité et non excité. Dans le premier cas, il prenait 72 volts et 23,5 ampères, dans le second cas 70V0US et 16,45 ampères, c’est à dire 1 690 et 1 150 watts; d’où, pour différence à 960 tours,
- 1690— 1150 =540 watts.
- Cette différence mesurait-elle la perte assez approximativement ? Pour s'en assurer, on a placé le frein sur la transmission et entraîné le moteur Dulait dépourvu d’excitation ; et, dans ces conditions, on a donné 73 volts et 23,5 ampères aux bornes du moteur Pieper. La charge d’équilibre du frein à bande était de 3,97 $ km et la vitesse de l’arbre souterrain atteignait 478 tours. Ces nombres correspondent à :
- N^(P-j’)^XNX9,8»=:
- 3,975 XM295X478X9'81 = 4g5 watts_
- L’accord est donc satisfaisant.
- Le diagramme IV (fig. 16) donne 485, 475, 497 watts pour les trois groupes d’expériences (courbes en traits pleins, pointillés et mixtes). Si l’on tient compte du grand nombre de calculs — faits à la règle à calcul — nécessaires pour arriver au tracé des courbes, du plus ou moins d’imperfection dans le tracé de celles-ci et de l’importance de la dépense totale, les différences sont peu appréciables.
- Dans deux autres expériences faites à des
- p.538 - vue 539/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 539
- moments différents et avec des appareils non étalonnés, nous avons trouvé pour différences des puissances fournies au Pieper 520 et 476 watts. En supposant que le magnétisme rémanent n’entre pas pour une certaine part
- dans les erreurs, ces dernières ne sont pas bien grandes. Nous venons du reste de dire que les appareils utilisés n’étaient pas étalon-
- Une deuxième vérification a été faite à 715
- tours. L’excitation devait être produite approximativement à 49 volts, d’après les tableaux des expériences exécutées au moteur Dulait. On n’a pu opérer qu’à 47età 57,5 volts. Dans les deux ssais, la puissance dépensée a été de j28,5 et 233 watts. Avec excitation sous 49 volts, on aurait sensiblement :
- ..s,, + = 148j4W„ts.
- Le diagramme IV donne 152, i?o et 162 watts dont la moyenne est
- 130 et 162, sont pris sur les courbes obtenues au moyen de 3 points seulement, les différences sont encore peu importantes.
- Même analyse de la 'puissance dépensée au cours ces nouvelles expériences avec graissage à l’huile minérale. — La courbe des watts otaux (tracé pointillé du diagramme IV) est tracée d’après le tableau XII.
- Le frottement du moteur absorbait :
- Sans courroie
- Tours 500 800 1100 /^ 0,0357 0.0483
- Si nous remarquons que les derniers chiffres
- p.539 - vue 540/624
-
-
-
- >4°
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Le frottement de la transmission donnait lieu à une dépense de :
- Tours 245 392 500
- r 0,0416 0,0552 0,101
- Watts 72 15? 383
- La perte dans le fil fin du moteur s’élevait
- Tours 590 770 J 080
- Volts 17,3 59 I04
- Watts 37,1 399 620
- Là perte dans l’induit était :
- Tours 590 770 1 080
- Ampères 25 16,2 20,5
- Watts 21,8 6,15 15,4
- La perte totale par effet Joule était de :
- Tours 590 770 1080
- Watts 24 205,15 635,9
- Le tracé pointillé du diagramme IV donne toutes les courbes relatives aux résultats ci-dessus. On y voit que la dépense en courants de Foucault et par hystérésis est sensiblement celle qui a été déduite des courbes figurées en traits pleins.
- Même analyse de la puissance dépensée au cours des expériences avec graissage à l’huile de pied de bœuf. — La courbe des watts totaux (tracé mixte du diagramme IV) est tracée d’après le tableau XV.
- Le frottement du moteur prenait :
- Avec courroie.
- Tours 500 800 1 100
- f °,0355 0,032 0,0406
- Watts r 19,2 239 4r7
- Le frottement de la transmission consumait :
- Tours 245 392 540
- / 0,049 0,0507 0,0836
- Watts 84 140,8 }i8
- La perte dans le fil fin du moteur était de ;
- Tours 612 820 I 090
- Volts 16,8 58,4 II 1,2
- Watts 16,14 *95.4 708
- L'échauffement de l’induit absorbait ;
- Tours 6 j 2 820 1090
- Ampères 23,3 15,4 19,6
- Watts 20,6 9 14,6
- La perte pour effet Joule s’élevait donc à
- Tours 612 820 1 090
- Watts 36,74 206,4 722,6
- Les courbes en traits mixtes du diagramme IV rendent compte de ces résultats et elles montrent que les pertes par courants de Foucault et par hystérésis sont bien sensiblement les mêmes que dans les expériences précédentes. Remarquons en outre que les différences constatées peuvent être dues en partie aux différences d'état magnétique et à ce que les courbes sont déterminées par trois points seulement pour les tracés pointillés et mixtes.
- A côté de l’intérêt pratique des recherches que nous avons abordées et dont nous avons tracé le programme plus complet en ce qui concerne la question des frottements, on ne saurait méconnaître combien est favorable à l’exactitude des expériences la corrélation intime des grandeurs magnétiques et mécaniques que l’on a eues à considérer, et dont l’é-lectro-mécanique fournit des méthodes de mesure à la fois si simples et si précises.
- Le contrôle facile et permanent des résultats expérimentaux qu’elles se prêtent mutuellement exerce, au plus haut point, l’habileté d’opérateur des élèves-ingénieurs électriciens et mécaniciens, auxquels la fréquentation des laboratoires électro-techniques impose des manipulations de l’espèce.
- S. Hanappe.
- SUR
- L’ACTINOMÉTRIK ÉLECTROCH1M1QUE (')
- Applications des phénomènes électro-chimiques engendrés par la lumière.
- D’après les données expérimentales du la-(’) Voir L’Éclairage Électrique du 7 mars, p. 4451
- p.540 - vue 541/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICîTE
- 54'
- boratoire concernant l’influence à distance de l’action lumineuse sur l’actinomètre, nous avons tout d’abord songé à utiliser cette propriété à la transformation de.s signaux lumineux de la télégraphie optique en signaux électriques enregistrables sur les appareils télégraphiques ordinaires. Un relais galvano-métrique très sensible, relié aux deux pôles de l’actino, établissait par un levier très léger des contacts sur deuxbuttoirs, et par suite, envoyait des séries de courants d’une pile locale sur les appareils enregistreurs.
- Lesrésultatsdes nombreuses expériences faites dans ce but sont probants pour la lumière so- l;q
- laire, à des distances moyennes de 8 à io km par un temps favorable, mais nuis, pendant le jour, pour les sources artificielles , l’arc électrique même.
- En effet, l’actino étant placé au foyer de l’objectil de réception, l’extrême petitesse de l’image lumineuse reçue ne permet pas l’usage de lames sensibilisées à large sur face. D’autre part, dans lejourpar exemple, si l’on emploie une source artificielle, l'éclairement du milieu ambiant conducteur étant plus intense, au point de vue actinique, que- celui donné par l’image lumineuse reçue, il s’ensuit que l’actino reste insensible aux appels lumineux aux grandes distan-
- ûn peut donc dire que pour un actinomè-tre donné, si le milieu conducteur est bien transparent, l’énergie îumieuse se translorme à distance, pourvu que l’image de la source,
- soit à un potentiel actinique supérieur à celui du milieu conducteur.
- Une autre expérience a été faite, au laboratoire de l’Administration des Postes et des Télégraphes, sur une ligne artificielle de 4 500 ohms de résistance de iq^microfarads de capacité, établie dans les conditions mêmes d’un câble sous-marin, les 4/5 ducâbleAlger Marseille , par exemple , soit 700 km. Cette expérience a démontre que, si des rayons lumineux étaient projetés sur un actinomètre placé à Alger et reliéaucâblepar i’undeses pôles, l’autrepôleétant mis à la terre, l’appareil récepteur de Mar-3. sciile sc met-
- trait en mouvement et que l’action cesserait aussitôt la suppression de l’éclairement.
- En outre, si l’énergie lumineuse transformée est transmissible à distance, par l’intermédiaire d’un conducteur, l’effet est réversible, c’est à dire que des signaux lumineux transformés et transmis sous forme de courants électriques peuvent être relayés sous leur première forme lumineuse, par l’intermédiaire du relais galvanométrique muni d’un miroir mobile avec son cadre support. Chaque déplacement du miroir, occasionne par les courants de ligne, permet ainsi d’envoyer sur un point déterminé, sous forme de spot lumineux, les rayons émanant d’une lumière locale.
- Ce système de correspondance est présentement à l’étude au laboratoire de l’Administration des télégraphes.
- En parlant de l’instantanéité de la trans-
- p.541 - vue 542/624
-
-
-
- 54-
- L’ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- mation des radiations lumineuses en énergie électrique, j’ai indiqué un procédé très simple qui permet de constater cette instantanéité. Il suffit d’interposer, entre la source radiante et l’actino, le disque de verre à fenêtres qui, par interruptions rapides et successives de l’action des rayons actifs, fait entendre des sons musicaux dans un téléphone placé.dans le circuit de l’élément actinique. L’actinomètre fonctionne donc, dans ce cas, comme radiophone. Dans le cours d’expériences, il est vrai fort délicates et préparées avec le plus grand soin, j'ai pu obtenir la reproduction de la parole Je me servais d’un microphone spécial dont l’organe principal était une membrane vibrante, en mica. Sous l’effet de la parole, la membrane occasionnait, par un arrangement approprié, des différences de pression du gaz alimentant la source lumineuse et, par suite, des variations d’intensité de cette source. Mais comme les résultats téléphoniques obtenus furent extrêmement faibles et que, dans ces conditions, on ne peut songer à une utilisation réellement pratique de ce mode de transmission de la pensée, je me borne ici, à mentionner simplement le fait. MM.Mercadier et Chaperon, dans une communication à l’Académie des Sciences, ont également signalé que des actinomètres électrochimiques pouvaient être utilisés comme ra-diophones.
- L’actinomètre est aussi un instrument de laboratoire très précieux, en ce sens qu’il permet l’étude et la réalisation d’expériences fort curieuses sur la lumière et l’électricité. Les indications qu’il fournit semblent resserrer encore davantage les liens de parenté qui doivent exister entre ces deux formes encore si mystérieuses de l’énergie et qu’on a quelquefois appelées les deux soeurs jumelles.
- L’expérienceIV (page 453) me suggéra l’idce d’interposer sur le trajet des rayons lumineux, très près de la lame active, une image opaque très simple, formée par une découpure de papier noir mat et représentant une étoile. La lame dans une dissolution concentrée
- d’iodure de potassium, fut exposée, pendant plusieurs jours, à l’action solaire. Le dépôt habituel prit naissance, dessinant une image noirâtre, correspondant assez exactement à celle formant écran. J’obtins donc une simili-photographie, assez grossière il est vrai, venue lentement sous l’influence d’une énergie lumineuse considérable, c’est encore vrai, mais c’était là une indication à noter pour des études ultérieures.
- Dans une autre expérience, au cours de laquelle j’ai projeté sur la lame active, à travers un objectif, l’image d’un arc électrique employé comme, source éclairante, il se produisit une image renversée de l’arc, mais cette fois, sur la lame non oxydée servant de pôle •— à l’actinomètre complet. Cette image était assez nette, malgré l’épaisseur de la couche d’oxyiodure cuivrique qui recouvrait la lame tout entière. Il y avait encore là un phénomène (électrolytique) qui devait solliciter mon attention.
- Quand je fis ma communication à la Société internationale des Électriciens, ces résultats de laboratoire n’étaient pas suffisamment parfaits, et, pour cette raison, avaient été passées sous silence. Cependant j’ai tout lieu d’espérer que je pourrai, prochainement, faire une nouvelle communication sur ce sujet.
- Par la nature des actions dont il est le siège, par les effets qu’il permet de constater et même d’enregistrer, l’élément actinique est, avant tout, quant à présent du moins, un appareil de l’ordre photométrique. Dans beaucoup de cas, il peut rendre de réels services à l’industrie de l’éclairage, non-seulement par la précision de ses indications, mais encore par la simplicité de son emploi dans la mesure du pouvoir éclairant d’une lumière quelconque.
- Toutefois, avant de traiter cette question, que je réserve d’ailleurs comme la conclusion vraiment pratique de la présente étude, il me parait nécessaire d’aborder un sujet qui malgré son caractère encore hypothétique, offre néanmoins un certain intérêt scientifique.
- p.542 - vue 543/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 543
- Rapports existant entre la lumière météorique et les grands phénomènes naturels.
- Hypothèse.
- L’actinomètre a servi à étudier la luminosité du ciel en lumière diffusée par la partie nord du ciel aux différentes heures du jour.
- La courbe galvanométrlque donnée par un actino, placé par M. Rigollot sur la terrasse de la Kaculté des Sciences de Lyon, indique que le maximum d’éclairement, par un ciel très pur, a eu lieu à peu près vers midi 30 m ; la courbe est sensiblement symétrique, par rapport à ce maximum, pour les différentes heures du jour.
- L’expérience reprise par moi, à Paris, indique que le maximum d’éclairement, dans les mêmes conditions de pureté du ciel, a eu lieu à peu près vers 1 h. de l’après-midi.
- Ce fait d’observation m’a amené à faire un rapprochement entre les indications fournies par I’actino et celles indiquées par les appareils de variations concernant le phénomène bien connu des variations diurnes du magnétisme terrestre, principalement celles de la déclinaison, dont le maximum d’excursion vers l’Ouest se produit, à Paris, vers 1 h., de l’après-midi.
- Cette coïncidence m’a fait chercher s’il n’y avait pas une relation entre les deux faits.
- Ici, nous allons entrer dans le domaine de l’hypothèse et nous servir de raisonnements purement spéculatifs.
- Tout le monde connaît les lois de l’analyse spectrale. On sait qu’un corps en suspension dans une flamme accuse sa présence, dans le spectre, par un système de raies brillantes qu’on appelle bandes d’absorption.
- Chaque bande d’absorption d’un spectre dévoile donc la présence dans l’ensemble de la radiation lumineuse, d’une vibration d’une fréquence particulière et toujours uniforme, absolument comme une corde vibrante ou un diapason qui résonnent sous l’influence d’un son extérieur accusent la présence dans le mouvement vibratoire complexe qui produit ce son, d’une vibration pendulaire spé-
- ciale. La lumière est elle-même un mouvement vibratoire complexe et une raie du spectre, une bande d’absorption n’est, en somme, qu’une note lumineuse.
- Nous avons vu précédemment que la résultante de toutes les actions engendrées par la lumière dans un actinomètre sensibilisé par une matière colorante donnée montre qu’il y a relation entre la position dans le spectre de la bande d’absorption de la matière colorante et les radiations qui, plus particulièrement, exaltent la force électromotrice : il y a en quelque sorte harmonicité, et l’on est amené à en conclure, ainsi qu’il a été déjà dit, que, si les rayons absorbés s’éteignent, l’énergie de leur ondulation ne s’éteint pas, elle se transforme.
- Quoi qu’il en soit du mode particulier de mouvement que nous appelons lumière, de la nature du phénomène, ou même encore de l’existence problématique de vibrations dans le sens longitudinal, d’où résulteraient des actions secondaires que la rétine serait impuissante à percevoir, que les substances les plus impressionnables seraient incapables de révéler, on peut poser en principe, comme i’a fait Becquerel, que la lumière ne peut frapper un corps sans qu’une partie du mouvement ondulatoire ne soit éteint, et cela proportionnellement à l’action produite dans le corps, le mouvement transmis étant employé à modifier ce corps physiquement et chimiquement. C’est en vertu de ce principe, qui est absolument d’accord avec l’expérience, que l’on peut rendre compte pourquoi la lumière, et j’entends ici, par ce mot, l’ensemble de toutes les radiations, calorifiques, lumineuses et ultraviolettes, provoque certaines réactions chimiques qui se poursuivent ensuite d’elles-mêmes, tandis qu’elle en effectue d’autres qui demandent une absorption continuelle d’énergie.
- Les actions que la lumière exerce sur tous les corps qu’elle frappe sont très variées. Ces' variations sont dues surtout à l’incgale réfrangibilité des rayons; elles sont provoquées par la différence de longueur d’onde de cha-
- p.543 - vue 544/624
-
-
-
- 544
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- que rayon. Enfin l’influence de la lumière se fait sentir, généralement, sur toutes les surfaces des matières, soit en en changeant la teinte, soit en modifiant leur état moléculaire ou atomique ; elle s’exerce aussi sur les gaz.
- Il est utile, à ce propos, de se rappeler les beaux travaux de Gay-Lussac et Thénard sur l’union du chlore et do l’hydrogène ; les mémorables découvertes de Priestley, In-genhouz et Senebier montrant les relations étroites qu’ont avec la lumière tous les corps composant la croûte terrestre, et comment, sous l’action lumineuse, s’établit l’équilibre admirable du système gazeux de l’atmosphère : l’acide carbonique, par exemple, se dis-, sociant en ses deux éléments et cela par l’intermédiaire d’une simple feuille, d’un chétif brin d’herbe frappés par les rayons lumineux qui rendent ainsi l'oxygène à l’atmosphère et fixent le carbone dans le végétal; l’eau chlorée qui se conserve sans altération dans l’obscurité et qui dégage de l’oxygène lorsqu’elle est sous l’influence des radiations solaires; la découverte du gaz phosgène et mille autres faits non moins merveilleux unissant par des liens intimes, dans une étroite solidarité, toutes les créations de la nature.
- Partout où l’action de la lumière se fait sentir elle rencontre l’oxygène; partout et toujours le résulat est le même : oxydation ou réduction, déterminées par le changement d’état de l’oxygène. Ces deux effets sont-ils indépendants, successifs ou simultanés? Sont-ils fonction de la nature ou du degré plusou moins grand de siccité de la matière influencée? Nous n’en savons encore rien. Ce que l'on peut dire, comme explication satisfaisant provisoirement l’esprit, c’est que la lumière, incontestablement, modifie l’état de l’oxygène, et alors, quand ce gaz, répandu à profusion dans l’atmosphère et dans tous les corps composant la croûte terrestre, voit ses propriétés oxydantes et électro-négatives augmenter ou diminuer et se trouve en présence d’une substance hydrogénée, une réaction chimique prend naissance, un courant électrique e-st formé.
- En étudiant certains points encore obscurs concernant les phénomènes physiques, chimiques et surtout physiologiques engendrés par la lumière au sein des végétaux, entre autres l’assimilation, la nutrition, la naissance de la matière verte, etc; il m’a semblé que cette action de la lumière qui est générale pour tous les corps matériels, exerce aussi une influence particulière, plus ou moins directe, sur certains autres phénomènes dus aux multiplesmanifestationsdecequeCrookes a appelé la matière radiante.
- Quelques physiciens distingués ne viennent-ils pas de démontrer expérimentalement que la lumière solaire ou du ciel sans nuages décharge, en quelques secondes, les corps électrisés négativement et que, plus un métal est électro-positif, plus les ondulations lumineuses sont capables de produire ce qu’on appelle la décharge photo-électrique. Est-ce que, par extension, on ne peut pas assimiler à des rayons lumineux ayant une longueur d’onde particulière les rayons X dont la nature n’est pas encore connue, mais qui émanent cependant d’une source radiante de l’ordre lumineux. Est-ce que ces rayons ne provoquent pas également la décharge d’un électroscopeplacé sur leur trajet (Hürmuzescu).
- N’est-il pas aussi démontré que les vibrations électriques enregistrées par le vibrateur de Hertz passent àtravers un tube de Geissler muni d’une électrode de métal alcalin, beaucoup plus facilement à la lumière du jour que dans l’obscurité? (Elster et Geitel).
- Aussi, d’après ce que nous savons de l’ordre des phénomènes produits dans l’actîno-mètre, de l’action lumineuse sur toutes les matières pondérables,et de ce que,d’autre part, il est démontré expérimentalement qu’il y a concordance entre les phénomènes actini-ques produits par la lumière solaire, même diffusée, en un point donné du globe, et les variations diurnes du magnétisme terrestre à ce lieu, est-il téméraire, dans ces conditions, de rechercher quel sera le résultat d’ensemble de toutes les actions de la lumière sur le globe terrestre ? Est-il témé-
- p.544 - vue 545/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 545
- raire de comparer la terre à un immense ac-tinomètre, en un mot de considérer le globe terrestre comme le transformateur de l’énergie lumineuse qui frappe constamment la moitié de sa surface ?
- Comme l’ont si bien dit MM. Alascart et Joubert : « Les idées que l’on se fait aujour-« d’hui sur les phénomènes électriques et « lumineux impliquent l’existence d’un mi-« lieu intermédiaire ; car, si un effet mècani-« que quelconque, force ou potentiel, se trans-« met, avec une vitesse finie, d’une particule « à une autre, il est nécessaire qu’un milieu de « structure convenable en ait été le siège « pendant que cet effet a quitté la première « particule et n’a pas encore atteint la se-«conde. Maxwell a fait intervenir directement « les propriétés de ce milieu et il est parvenu « à établir, entre les phénomènes électriques « et lumineux, des relations numériques re-« marquables conformes à l’expérience.
- « On doit donc considérer les forces comme « transmises par les réactions élastiques du « milieu intermédiaire, mais on ne peut pas « admettre qu’il y a autant de milieux que de « phénomènes à expliquer, c’est adiré se rap-« portant au fluide calorifique, aux fluides « électrique et magnétique.
- « Selon toute probabilité, les phénomènes « électriques, lumineux, ne sont que des ma-« nifestations différentes des propriétés dont « ce milieu est doué. C’est du reste, la théo-« rie de Maxwell, et l’action découverte par « Faraday d’un champ magnétique sur la po-« larisation de la lumière qui le traverse est « une conséquence naturelle du lien que le « milieu commun établit entre les deux or-(' dres de phénomènes. »
- L’existence d’un milieu intermédiaire permet de considérer l’énergie lumineuse, dans la plénitude de. toutes ses radiations, comme un flux de forces en quelque sorte comparable aux lignes de force d’un champ magnétique, avec cette différence, toutefois, que les lignes de forces magnétiques émaneraient d’une source sensiblement monochromatique, c’est adiré qu’elles auraient toutes la même lon-
- gueur d’onde, tandis que les rayonslumineux ont des longueurs d’ondes inégales.
- Cette maniéré devoir nous conduit donc à considérer le globe terrestre comme un circuit ferme qui se meut dans le champ, par conséquent soumis à l’influence du flux de forces de l’énergie lumineuse.
- Ceci bien posé, et en reprenant certaine théorie émise, vers 183.4, Par Amé, concernant les rapports qui pourraient exister entre les courants thermo-électriques développés par l'action solaire sur la croûte terrestre et les variations diurnes des aiguilles aimantées, je vais examiner maintenant le côté magnétisme terrestre et essayer d’expliquer, par l’actinométrie, les divers effets électriques et magnétiques que les radiations solaires semblent devoir exercer sur la détermination des polarités magnétiques du globe terrestre et sur divers grands phénomènes naturels qui frappent notre monde, les uns périodiquement , les autres accidentellement.
- Nous savions déjà que les variations diurnes du magnétisme terrestre paraissent liées au mouvement apparent du soleil, suivant des lois jusqu’ici inconnues. Ainsi, par exemple, lorsque le soleil entre dans l’hémisphère boréal, le pôle de l’aiguille de déclinaison qui regarde le Nord dévie à l'Ouest depuis 8 heures du matin jusque vers 1 heure du soir, puis revient à l’Est pendant la nuit. Tous ces mouvements variant avec la position horaire du Soleil dans les différents lieux de la terre, on peut dire qu’ils dépendent, en quelque sorte, de l'action du soleil sur le globe terrestre.
- Si on examine également ce qui se passe sur l’hémisphère austral, oh voit que le pôle de l’aiguille de déclinaison tourné vers le Nord marche à l’Est depuis 8 heures du matin jusque vers 1 heure du soir, puis revient à l’Ouest pendant la nuit, suivant une marche absolument inverse de celle située dans l’hémisphère boréal.
- Les mouvements de déclinaison sont donc symétriques de chaque côté de l’équateur.
- p.545 - vue 546/624
-
-
-
- 546
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- qui devient ainsi le principal centre d’action du phénomène.
- Par des observations faites depuis longtemps. on sait encore qu’en un même point, à Paris, par exemple, l’amplitude des variations diurnes est plus grande en été qu’en hiver, tandis qu’au Cap de Bonne-Espérance situé dans un autre hémisphère, cette amplitude est plus grande en hiver qu’en été. On peut encore tirer cette conséquence que le centre d’action se déplace avec le Soleil : quand celui-ci entre dans l’hémisphère boréal, le centre d’action se rapproche de Paris, tandis que le contraire se produit lorsque le soleil entre dans l’autre hémisphère,
- Ce qui est vrai pour les variations de déclinaison l’est également pour les variations d’intensité. A Paris, en hiver, celles-ci sont plus faibles qu’en été. L’effet est inverse au Cap de Bonne-Espérance.
- Pour expliquer l’action solaire sur l’aiguille aimantée, il faut admettre, comme je l’ai dit plus haut, que les rayons lumineux qui viennent frapper la terre produisent des actions physiques ou chimiques qui donnent naissance à des courants électriques et que la force et la direction de ceux-ci déterminent les mouvements magnétiques observés. En un mot, il faut que ces courants aient une direction constante, de l’Est à l’Ouest, pour que leur influence oblige les aiguilles aimantées à se tourner dans une direction détermi-
- Aussi, pour mieux suivre les conséquences de l’hypothèse de la terre considérée comme actinomètre, reportons-nous un instant aux expériences 1, II, ÎIÎ, IV7, précédemment décrites , (page 453), surtout à l’expérience IV, qui rend compte des effets lumineux sur un élément actinique composé d’une seule lame oxydée, partiellement éclairée par les rayons solaires ; on constate alors que le précipité verdâtre se forme rapidement et que la partie éclairée de la lame conserve sons aspect métallique , tandis que la partie restée dans l’ombre se recouvre d’une substance noirâtre. Un courant s’est produit lors de
- l’action chimique, la partie éclairée de la lame étant positive par rapport à l’autre partie de la même lame maintenue dans l’obscurité.
- On peut donc dire que si l’actinométrie démontre que les courants convergent vers la partie la plus éclairée de la lame radiée et et que l’intensité de ces courants est sensiblement proportionnelle à l’intensité lumineuse, suivant la loi du carré de la distance, il semble naturel de croire qu’autour du point le plus éclairé du globe les courants formés par les radiations lumineuses vont converger vers ce point ; mais ce point se déplace avec le Soleil et doit faire le tour de la terre en vingt-quatre heures- Le point considéré passe donc par des potentiels différents d’éclairement un nombre considérable de fois par seconde, potentiels croissants lorque le point se dirige vers le méridien de 1 heure et décroissants lorsqu’il a dépassé ce méridien.
- Le nombre des variations de la force électromotrice au point considéré dépendrait ainsi de la vitesse angulaire de la rotation de. la terre autour de son axe, présentant à l’insolation, et, dans une direction constante, des parties sans cesse renouvelées.
- Les courants ainsi formés peuvent donc être assimilés à des courants à haute fréquence, à courte période, et suivre les lois qui régissent ces sortes de courants, c’est à dire que le conducteur ne sait rien de l’onde qui passe, il ne lui sert que de guide: ils se diffuseraient dans l’air atmosphérique soumis, lui-même à l’influence lumineuse, comme l’ont démontré Elster, Geitel et autres.
- Comme ces courants sont produits ou par l’action chimique des radiations ultra-violettes, par l’action actinique des rayons de toutes réfrangibilites ou encore thermo-électriques par les variations de réchauffement du sol, je les appellerai, tenant compte de la cause qui les produit, courants cosmiques,
- En vertu de la loi de symétrie, la somme totale de l’énergie électrique développée détermine deux actions directrices de chaque côté de l’équateur, "créant en quelque sorte deux circuits égaux dans le champ ; et, si
- p.546 - vue 547/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 547
- l'aiguille aimantée a se trouve sur l’équateur lumineux, voisin de l’équateur astronomique (fig. 4), elle ne peut subir aucune variation de déclinaison puisque les deux actions qui la sollicitent se neutralisent.
- Il en sera de même pour l’inclinaison, ce qui, du reste, est conforme à l’expérience.
- La masse d’électricité cosmique créée par l’ensemble des charges développées sous l’influence de toutes les ondulations lumineuses
- Fig-
- terrestre et de l’autre côté, l’air très raréfié des hautes régions de l’atmosphère, qui est également bon conducteur.
- Les décharges d’un condensateur s’opérant aux endroits où les deux armatures sont le plus rapprochées, et, dans la circonstance, à des points voisins de chaque extrémité de l’axe de rotation de la terre, on peut encore tirer cette conséquence que ce sont les décharges du condensateur atmosphérique qui déterminent les polarités magnétiques du globe terrestre, puisque le sens de ces décharges est inverse de chaque côté de l’équa-teur. (fig. 5).
- On aurait ainsi, également, l’explication des aurores boréales, les décharges du condensateur atmosphérique se comportant, à l’égard de l’air raréfié, comme celles qui déterminent l’incandescence lumineuse dans les tubes de Geissler ou deTesla quand on place
- aurait donc son maximum d’intensité dans les régions de l’atmosphère voisines de l’équateur ; aussi constate-t-on, en réalité, que les orages ont une fréquence et une intensité qui vont sans cesse en décroissant de l’équateur aux pôles.
- L’atmosphère pourrait être alors considérée comme un immense condensateur (fig, 5) ayant pour armatures, ainsi que l’a déjà indiqué Elihu Thomson, d’un côté, l’écorce
- N.
- ceux-ci dans un champ électrique intense produit par des courants à courte période et à haut potentiel.
- Les changements dans la couleur et l'intensité de la lumière ainsi obtenue variant avec la pression de la couche gazeuse et la densité du flux qui la traverse, l’action réflexe des aurores boréales sur la terre, en tant qu’actinicité, donnerait naissance à de nouveaux courants cosmiques dont la nature et l’intensité seraient forcément variables, puisque ces courants dépendent de la couleur et de l’intensité de la source. Leur direction a (fig. 5) étant opposée à celle des courants cosmiques produits par la lumière solaire, on aurait ainsi l’explication de l’action troublante des aurores boréales sur le régime ordinaire de l’aiguille aimantée.
- Mais, nous dira-t-on, les courants telluriques qui sont, eux aussi, si variables et
- p.547 - vue 548/624
-
-
-
- -54»
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- dont la présence est journellement constatée, principalement sur les lignes télégraphiques, les courants telluriques semblent démontrer que les choses ne se passent pas tout à fait ainsi : la valeur du raisonnement serait donc affaiblie. Au contraire, répondrai-je, la présence des courants telluriques vient ajouter un argument de plus en faveur de l’hypothèse.
- En effet, si deux points pris sur le globe, A et B, par exemple, (fig 5), en relation par un conducteur, sont à un même potentiel d’éclairement, aucun courant n’affectera le conducteur. Mais si A, au contraire, n’est plus sous l’influence directe de l'énergie lumineuse, par suite de l’interposition d’un écran de brouillard ou de nuages sur le trajet des rayons solaires, son potentiel acti-nique étant plus faible que celui de B, un courant sera formé, sa direction étant de A en B. Un courant inverse se produira si B est moins éclairé que A.
- Ces sortes de courants, dus seulement à des causes toutes locales, ont d’ailleurs une intensité trop faible pour amener un-effet appréciable sur le phénomène général.
- Mais il existe d’autres courants telluriques dont la direction, qui correspond au maximum, a pu être déterminée par des observations précises faites sur deux lignes de directions différentes, l’une parallèle au méridien, l’autre perpendiculaire. Cette direction est toujours plus ou moins rapprochée de la ligne Nord-Sud.
- Comme l’a fait remarquer M. Joubert, si l’on compare les courbes d’intensité des grands courants telluriques avec les courbes simultanées des variations magnétiques, on observe qu’il existe un rapport intime entre les deux ordres de phénomènes, mais avec cette circonstance remarquable que les phases ne coïncident pas, c’est à dire que les maxima des unes correspondent aux zéros des autres.
- On peut en conclure, si on admet l’hypothèse de la terre prise comme circuit fermé mobile dans. le champ de forces, que les grands courants telluriques ne sont que des
- courants secondaires, des courants dits de Foucault, qui se développent dans tout circuit fermé mobile dans le champ et dont l’intensité dépend de la vitesse angulaire de la rotation du circuit fermé.
- Cette manière de voir démontrerait également, en tirant toutes les conséquences de l’hypothèse, que le globe terrestre, à cause du peu de résistance du milieu dans lequel il se meut, est soumis aux lois de l’accélération; alors, les grands courants telluriques ou courants de Foucault, qui, suivant la loi de Eenz, tendent a s’opposer au mouvement, lui serviraient en quelque sorte de frein.
- D’autre part, on pourrait aussi admettre que si l’axe de rotation de la terre était perpendiculaire à la direction du flux de forces de l’énergie lumineuse, la terre ne tournerait pas, parce que les deux grandes actions directrices seraient symétriques dans le champ. L’inclinaison de l’axe de rotation serait donc l’angle de décalage des deux circuits.
- Si on étudie la transformation d'énergie qui se fait dans unactino excité par les rayons émanant d’un arc électrique bien réglé, on remarque que le spot lumineux du galvanomètre, indiquant, sur l’échelle transparente, les variations de la force électromotrice, et de l’intensité du courant développé, subit, pour une intensité lumineuse qui paraît bien constante, des déplacements continuels, parfois assez brusques, tandis qu’il reste pratiquement immobile pour toute autre lumière artificielle constante mise à l’abri des variations du milieu ambiant, des courants d’air, par exemple.
- Ces déplacements sont causés, non seulement par les variations, même les plus faibles, qui se produisent dans l’intensité, mais encore dans la couleur de l’arc qui sert de source éclairante. On en peut tirer cette conséquence que si une modification quelconque s’opère dans la source même des radiations solaires, cette modification peut avoir une répercussion électro-magnétique sur le globe terrestre. En effet, on a pu observer, en 1894, que des perturbations magné-
- p.548 - vue 549/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 549
- tiques enregistrées par certains observatoires, coïncidaient avec l’apparition de taches sur le soleil.
- Dans le même ordre d’idées, si on étudie la luminosité du ciel, ou encore l'effet des radiations solaires, les élongations de l’aiguille lumineuse, indiquent très exactement les changements survenus dans l’état de l’atmosphère et permettent d’apprécier, sinon l’épaisseur, tout au moins le degré d’opacité pour la lumière de la couche atmosphérique absorbante.
- Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur certains grands phénomènes naturels dans leurs rapports avec les ondulations lumineuses et électriques, entre autres la concordance de l’apparition annuelle des marées dites d’équinoxe avec le moment où l'éclairement solaire partage la terre en deux parties égales, dans le plan de Taxe de rotation, c’est à dire au moment où les deux grandes actions électriques directrices sont égales de chaque coté de l’équateur; puis sur l’influence des radiations lunaires sur la plupart, sinon sur tous les corps, action sûrement oxydante, comme je l’ai démontré, etc.
- Tous ces faits d’observation, ces résultats d’expériences, ces déductions spéculatives démontrent surabondamment l’importance scientifique de l’étude attentive des phénomènes actiniques et la nécessité d’installer dans les observatoires, à côté des appareils de variations et du bolomctre de Langley, des actinomètres électro-chimiques. Ces instruments, à mon avis, pourraient rendre d’importants services ; leurs indications, sans doute, contribueraient à la résolution des problèmes depuis si longtemps posés , mais jamais résolus, sur la nature et les causes réelles des grands phénomènes naturels qui sont, pour ainsi dire, les manifestations tangibles de la vie aussi bien de notre planète que de celle de tous les éléments et des mondes qui nous entourent.
- Charles Maréchal.
- L’UTILISATION
- DES CHUTES DU NIAGARA {')
- (A suivre).
- C) Voir l1 Éclairage Electrique du 7 mars, p. 333,
- p.549 - vue 550/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- commencé en août 1891 ; il fallut, pour éviter les infiltrations provenant de la rivière, établir dans celle-ci un barrage long de 135 m.
- Les murs latéraux sont en maçonnerie; ils ont5,2'm de hauteur, 0,9 m d’épaisseur au
- • sommet et 2,5 m environ à la base, L’exca-
- • vation et la maçonnerie furent faites simultanément.
- Les travaux furent terminés en octobre 1892.
- Le mur latéral de c'c canal est percé de 1 o ou-vcrturespcrpcndiculaires à l’axe garanties par des grilles (fig. 6, p. 441) et par lesquelles l’eau arrive, par les tuyaux d’amenée, sur les turbines placées au fond du puits. L’usine génératrice est située sur la rive Ouest de ce canal ; sur la rive Est, on construira une autre usine électrique, ou bien des usines privées qui utiliseront directement sur place la force motrice.
- AiBBHBHBBMgBE
- Fig. 9 et >a. — Plan et coupe longlt
- Puits à turbines. ^ÉÿLe puits à turbines, représenté en perspective, en coupes longitudinale et transversale par les figures 6, 7 et 8, est une longue tranchée verticale coupée dans le roc. Ses dimensions sont les suivantes -\Jitngueur, 54,25 m; profondeur, 54,25 m ; largeur, 5,60 m.
- 11 est armé, au fond, d’une couche de briques de 40 cm d’épaisseur; sur les côtés, jusqu’à 9,15m au dessus du radier, ses murs sont recouverts de 60 à 75 cm de solide maçonnerie en briques. Le haut de ce mur est formé d’une couche de 'pierre à chaux de 0,75 m d’épaisseur sur laquelle sont placées les traverses qui servent de support aux tuyaux d’amenée et aux turbines.
- On a l’intention de porter la longueur de ce puits à 122 m.
- Les turbines sont montées au fond de ce puits, sur des ponts formés par des poutres en fer tendues à travers la tranchée, de façon à
- ménager une tête d’aval en dessous des ponts, Cette tête d’aval, qui n’est autre que le fond du puits à turbines, est reliée à l'égout principal par une courbe assez courte.
- L’égout de décharge. — La construction de cet égout, destiné à servir d’écoulement aux eaux ayant actionné les turbines, fut la partie la plus difficile des constructions hydrauliques.
- Ce grand tunnel, creusé dans le roc à plus de 50 m au dessous du niveau du sol, commence au puits à turbines, et aboutit dans le bassin inférieur du fleuve, en dessous de Suspension Bridge ; son embouchure, en ce point, est au niveau des eaux ordinaires. lia 2t35 m environ de longueur: sa hauteur intérieure muxima est de 6,40 m, et sa largeur de 5,75 m. Sa section intérieure est de 35,3° m’. Sa pente moyenne est de 6 pour 1 000. La vitesse d’écoulement de l’eau est donc au
- p.550 - vue 551/624
-
-
-
- REVUE 1VÉLECTR1C1TÉ
- 55
- maximum de 8,08 m par seconde. Ces dimensions «ont suffisantes pour assurer l'écoulement d’une quantité d’eau correspondant à une puissance de 100 ooo chevaux.
- T/exécution des travaux fut rendue très difficile par la nature du terrain.
- Les travaux furent attaqués en trois points différents au moyen de trois puits foncés : l'un auprès de la falaise ; le second, profond de 62,85 m à 80 m de l’embouchure ; le troisième, profond de 59,85 m, à 1600 m de
- i. — Coupc
- procédés adoptés pour
- -l'embouchure, (fig. 9 et 10). La section de ces puits était de 3,05 X 6,fo m.
- .. Les opérations de nivellement furent commencées vers la fin du mois de mars 1890. Le tracé fut relevé avec soin et des sondages furent faits en différents points pour déterminer la nature des terrains.
- La couche supérieure est une pierre à chaux dure, pleine de veines et de fissures dans lesquelles l’eau côule en abondance. 11 fallut donc, pour éviter que ces infiltrations ne se rendissent dans le tunnel en construction, disposer, le long des puits, des gouttières qui conduisaient l’eau dans des bas-
- sins d où des pompes l’épuisaient. Dans le puits n° 1 on ne pompait pas moins de -5200 à 3500 litres d’eau par la minute ; en dessous de 32 m de profondeur, les infiltrations cessèrent ; dans le puits n°2, les infiltrations ces:-sèrent à 21 m environ au dessous du sol ; elles étaient moins importantes que dans le précédent, et ne dépassèrent jamais 2400 à 250b litres à la minute. -
- I .es figures 11 et 12 représentent les dispositions adoptées pour recueillir les eaux d’infiltration.
- On n’en rencontra pas dans le tunnel pro -prement dit qui fut parfaitement sec.
- La difficulté en ce point fut d’une nature différente : la roche se désagrégeait et s’effritait au contact de l’air ; il fallut recouvrir l’intérieur du tunnel de plusieurs couches de briques ; ce revêtement n’était pas prévu et a occasionné des dépenses considérables ; mais il assure à l'œuvre une solidité et une durée pour ainsi dire indéfinies.
- Sur chacun des trois chantiers, les travaux étaient conduits sur trois étages differents, comme on peut le voir sur les figures 13 et 14, afin qu’un plus grand nombre d’ouvriers
- p.551 - vue 552/624
-
-
-
- 55-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- puissent être employés ; sitôt l’excavation faite, le revêtement de briques était appliqué; une plate forme était disposée à mi-hauteur du tunnel et munie de rails, comme le sol lui-même; on disposait ainsi de 2 voies bien distinctes en sorte que le mouvement des wagonnets pour le transport des déblais et des briques ou autres matériaux de construction pouvait s’effectuer sans encombre.
- Il fallut employer sur presque toute la longueur du tunnel un soutènement en charpentes.
- Le revêtement comprend au moins 4 épaisseurs de briques dures formant un mur de 0,40 m d’épaisseur ; en quelques points, il fallut, par suite de la nature des terrains, employer un mur d’une épaisseur moitié plus forte et parfois même double.
- Le radier est couvert en blocs vitrifiés, Près de son embouchure, le tunnel s’abaisse, par une pente plus rapide, jusqu’à 3,50 m environ au dessous du niveau des plus basses eaux de la rivière. De la sorte, environ la moitié du volume d’eau déchargée s’écoule sous la surface. Cette plus grande pente commence à environ 27 m de l’embouchure ; cette partie du tunnel est armée de plaques d’acier pour éviter les effets d'érosion.
- L’alignement et la pente du tunnel étaient déterminés avec soin à intervalles rapprochés, afin d’assurer la jonction des différentes attaques. Grâce aux soins apportés à ce travail, il ne se produisit aucune déviation.
- Les travaux furent conduits avec la plus
- grande activité. Les puits du tunnel furent commencés vers la fin du mois de septembre j 890 ; le tunnel était complètement terminé, sur une longueur de 2 042 m, en janvier 1893. Plus de 1000 hommes ont été employés, pendant ce temps, à sa construction ; plus de 300 000 tonnes de déblais ont été enlevés ; plus de 16 000 000 de briques ont été employées pour son revêtement.
- L'avancement le plus considérable qui ait été constaté sur unmême chantier, fut de 31 m linéaires en une semaine ; on atteignit jusqu’à 101 m sur les trois chantiers. On posait jusqu’à r00 000 briques par jour dans le tunnel.
- Ainsi que nous le disions plus haut, les
- p.552 - vue 553/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 55?
- matériaux de déblais du tunnel, du puits à turbine et du canal d’amenée ont cté déchargés sur les rives du fleuve, en amont des chutes, près de l’usine ; on put ainsi conquérir une certaine étendue de terrain sur le fleuve. Les usines de la Niagara Fails Paper Mill, sont construites sur ces terrains rapportés.
- Lorsque le développement industriel de l’entreprise l’exigera, le second tunnel sem-
- Faesch et Pi
- blable à celui que nous venons de décrire sera construit. Il est possible, cependant que cette seconde usine soit établie sur les rives canadiennes où la Société peut disposer de 250000 chevaux.
- Turbines. — Les trois turbines actuellement installées ont été calculées et dessinées parF-aesch et Piccard, de Genève, et constru i-tes par Morris, de Philadelphie. Les régulateurs sont de fabrication suisse ; certaines pièces en acier ont été faites c» France.
- Ce sont des turbines du type centrifuge, genre Fourneyron; l’eau arrivant du vannage remplit l’espace central qui entoure l’arbre; elle s’échappe par les passages entre les aubes courbes de la périphérie (fig. 15, 16 17 et 18). Ce sont des turbines jumelles placées verticalement l’uneaudessus de l’autre; l’une d’elles est inversée. Chacune d’elles est à 5 étages ; les vannes de réglage de la vitesse consistent en un tambour cylindrique qui peut s’élever et s'abaisser sur l’extérieur de chaque roue.
- On peut voir sur les ligures 6, 7 et 8, la position relative de la turbine, de l’arbre 'et de la dynamo.
- Le poids énorme de l’arbre, des turbines et de la dynamo, d’une part, de la colonne d’eau, d’autre part, n’était pas sans soulever de nombreuses difficultés quand à la pression sur les supports. Ces difficultés ont été vaincues en équilibrant le poids des premières pièces par la poussée de la colonne d’eau. Pour cela, l'eau arrivant par le tube d’amenée vertical, agit verticalement, de bas en haut, sur le disque de la turbine supérieure.
- Ces turbines déchargeront 12,176m3 d’eau à la seconde et, agissant sous 41,45 m de chute depuis la surface du bief d’amont au milieu de la distance entre les deux roues inférieure et supérieure, feront 250 tours par minute; elles sont placées à 45,67 m au dessous du niveau de l’eau dans le bief supérieur.
- Avec un rendement de 75 pour cent, elles donneront 5 000 chevaux.
- La roue intérieure ou directrice a 56 aubes ; la roue extérieure ou turbine, en a 52.
- Les aubes sont amincies dans le milieu, forme plus favorable, particulièrement lorsque la roue ne fonctionne pas à pleine ouver* turc.
- Les turbines sont en bronze ; la périphérie et les aubes sont venues de fonte en une seule pièce. L’arbre est un tube d’acier de 96,5 cm de diamètre, épais de, 2 cm; aux points où il traverse les supports ou guides, au nombre de trois qui le maintiennent dans
- p.553 - vue 554/624
-
-
-
- 554
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- la hauteur, il a 28 cm de diamètre et est en acier plein.
- ' On avait d’abord songé à placer sur cet arbre un fort volant, afin de faciliter la régulation, mais ce volant a été remplacé par le système inducteur de la dynamo ; le volant devait avoir 4,78 m de diamètre et peser 10 'tonnes ; sa vitesse périphérique aurait été de 57,90 m à la seconde.
- L’eau est- conduite depuis le canal'supérieur jusqu’aux turbines par un tube d’ame-née vertical en acier, quia 2,28 m de diamètre.; quand la turbine travaille à pleine charge, la vitesse de l’eau est de -3,05 m par seconde, Pour empêcher l’eau de pénétrer dans les turbines, on emploie les vannes supérieures^ à l’entrée du tube d’amenée.
- Le calcul indique que la force avec laquelle
- l’eau tend à soulever l’arbre et la génératrice varie entre 67 500 et 70 500 kg, environ, suivant le débit. Le poids de l’arbre et des parties mobiles delà dynamo est de 69000 kg.
- Pour compenser cette différence variable entre les forces mises en jeu, on a disposé à la troisième plate forme au dessus des turbines un palier amortisseur à collier destiné à absorber l’excès de pression dans un sens ou dans l’autre.
- La figure 19 en représente l’aspect.
- Quand la pression de l’eau dépasse 69 000
- kg, les colliers en acier sont pressés contré les gorges du support dans lesquelles elles tournent; quand la pression hydraulique est inférieure à c^tte valeur, les colliers sontpres-scs vers le bas contre les mêmes gorges par la pesanteur. L’effort dans un sens ou dans l'autre ne dépassant pas 1 500 à i- 600 kg, la fatigue des paliers est très faible.
- Le graissage des supports de l’arbre a reçu une attention particulière. Une large coupe en fer est attachée à l’arbre tournant, en dessous des supports; elle a plusieurs pieds de
- p.554 - vue 555/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 555
- diamètre et contient de l’huile; un tuyau plonge dans cette huile que la force centrifuge
- ibrcs de refroidissement à eau
- Les tambours de réglage sont commandés
- Fig. 17. — Coupe de la turbine, force â monter dans le tuyau, jusqu'à
- l:ig. 20.— Coupe du régulateur Faesch et Piccard.
- par le régulateur représenté par les figures 20, 21 et 22. C’est, comme on voit, un régu-
- met du support, d’où elle retombe dans la coupe. Tous les supports sont également
- p.555 - vue 556/624
-
-
-
- 556
- L’ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- latcur à force centrifuge. Cet appareil est très sensible; la variation de vitesse ne peut dépasser un demi pour cent lorsque la charge varie lentement et 3 pour 100 environ lorsqu’on diminue brusquement la charge du quart, soit de x 250 chevaux. Sans réglage et à vide, la vitesse angulaire des turbines ne peut dépasser 400 tours à la minute. Or, nous verrons plus loin que la résistance des organes mobiles est telle que les vitesses ne deviennent dangereuses que dans les envi-"irons de 800 tours à la minute.
- Fig. 31.
- Le régulateur est placé à côté de la dynamo, à laquelle il est relié mécaniquement sous le sol. Il commande les tambours de réglage par l’intermédiaire d’un long bras vertical et de leviers. Le tout est si bien équilibré qu’il suffit d’une force très faible pour élever ou abaisser le tambour.
- Organisation générale de la station centrale. — Afin d’éviter les redites ou les obscurités, nous donnerons une description sommaire de la station centrale avant d’étudier les dynamos qui sont le point important de l’installation.
- Le bâtiment principal est situé au bord de la rive ouest du canal, au dessus de la fosse aux turbines. 11 a 60 m de longueur et pourra être prolongé suivant les besoins. Un pont roulant d’une force portante de 50 tonnes permet d’y manœuvrer facilement à l’intérieur, les pièces les plus lourdes des dynamos ou des turbines.
- Un pont couvert, jeté sur le canal, réunit la station centrale au bâtiment des transformateurs (fîg. 23).
- Le courant fourni par chaque dynamo est conduit, par des câbles isolés placés dans un caniveau fermé placé sous le plancher, au tableau de distribution correspondant. On a prévu un tableau de distribution pour chaque groupe de 5 dynamos. Du tableau de distribution, les câbles vont, par une galerie souterraine et par le pont du canal, au bâtiment des transformateurs d’où ils sont dirigés ensuite sur les réseaux de distribution.
- A l’extrémité nord de la station on a aménagé une pièce spacieuse réservée aux instruments de mesure placés sous le contrôle de l'ingénieur en chef.
- Les rhéostats de réglage sont placés également dans une cave. Il n’y a donc aucun conducteur dangereux à portée de la main dans la station centrale. Nous verrons que, même au tableau de distribution, aucun accident n’est à craindre.
- Un ascenseur électrique transporte les visiteurs au fond des puits ou aux différentes galeries ménagées sous le bâtiment, et les ramène à la surface.
- En descendant l’escalier en colimaçon qu’on voit au premier plan de la figure 24, on atteint la plate-forme d’entrée de l’ascenseur. De cette plate-forme on peut voir les leviers parfaitement équilibrés qui sont opérés par les régulateurs pour ouvrir ou fermer les vannes des turbines.
- On peut passer directement sous les génératrices et voir les différents tuyaux qui portent l’huile et Teau aux supports. Le point inférieur où s’arrête l’ascenseur est juste au-dessus des turbines.
- L’ouverture des vahes d’admission sera faite au moyen de moteurs électriques de 8 k\v, à 220 volts.
- Le courant continu pour l’excitation, pour l’éclairage, la mise en mouvement de l’ascen-ceur, du pont roulant, des valves, etc., sera fourni par la transformation du courant alternatif au moyen de transformateurs tour-
- p.556 - vue 557/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 557
- nants Westinghouse ; le courant alternatif, J La disposition générale des appareils est avant d’être redressé, sera transformé en un j représentée dans le plan que nous reprodui-courant à moindre tension. I sons figure 25. :
- Fig. 22. — Vue perspective du régulateur Faesch. et Piccard.
- Le bâtiment des transformateurs a été construit pour contenir tous les transformateurs d’une puissance totale de 100 000 che-
- Les courants alimentant les clients voisins,
- [ dans un rayon de 4 à 5 km autour de la station, ne sont pas transformés ; les câbles qui les charrient sont conduits directement au domicile des clients dans une conduite souterraine.
- p.557 - vue 558/624
-
-
-
- Fig, 24. — Vue intérieure de l’i
- p.558 - vue 559/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITE
- 559
- ' Ees courants destinés à la transmission à grande distance, par exemple à Buffalo, passeront d’abord dans des transformateurs amplificateurs qui élèveront leur tension à ioooo ou 20 ooo volts pour la transmission; au point d’arrivée, des transformateurs réducteurs les ramèneront à la tension voulue pour
- la distribution, tension qui variera suivant les conditions à remplir.
- La fréquence adoptée, de 25 périodes, est trop faible pour permettre d'alimenter directement les circuits à éclairage, car la lumière subirait une respiration fatiguante dans la plupart des cas. On utilisera le courant pour
- J
- alimenter des moteurs électriques qui remplaceront les moteurs à vapeur, ou on les redressera. L’installation actuelle étant surtout construite en vue de la transmission et de la distribution de l’énergie mécanique, la fréquence adoptée répond absolument au but envisagé.
- En admettant que la demande d’éclairage devienne suffisante ou que les méthodes actuelles soient modifiées, cm pourrait employer quelques génératrices spéciales à plus haute fréquence.
- En cas de réparation à une partie inté^
- rieure de la dynamo, à l’arbre ou aux turbines, voici comment on procéderait : les collectrices seraient retirées ainsi que la passerelle. La clavette qui solidarise le plateau d’entraînement à l'axe serait ôtée et un outil spécial, composé d’un fort crochet et d’une pompe hydraulique serait fixée sur le plateau de la dynamo au moyen de 8 fort s boulons plats. La pompe hydraulique étant manœuvrée à la main, une pression très élevée serait produite, tendant à soulever le plateau d’entraînement par rapport à l’axe ; il serait ensuite enlevé, avec l’anneau inducteur, par le palan du pont
- p.559 - vue 560/624
-
-
-
- 5 6c
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- roulant. On dégagerait ainsi au centre de la dynamo, une ouverture de 1,50 m de diamètre environ, par laquelle les pièces à réparer peuvent être facilement enlevées.
- A suivre G. Pellissier
- REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Rhéostat à grande marge La maison Crompton, de Londres, vient de construire, pour le laboratoire d’étalonnage du Board of Trade, un rhéostat à
- grande marge destiné au réglage des courants mesurés avec la balance de lord Kelvin, notamment avec celle de 2 500 ampères. Les dimensions extérieures totales de l’appareil représenté ci-dessous sont de 1,065 m de haut sur 0,38 m de côté, ce qui, étant donnée la marge considérable de courant, 60 à 5 000 ampères, qu’il peut laisser passer, constitue un des plus petits rhéostats qui ait été construit.
- Il se compose de trois tubes dans lesquels
- une circulation d’eau dissipe 1’échauiïement
- produit par une densité de courant de 4 650
- p.560 - vue 561/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRIQTÉ
- 5bl
- ampères par cm. Ces tubes sont montés triangulairement sur le socle, les trois piliers extérieurs symétriquement disposés par rapport au centre de figure, servant uniquement de support à la tablette supérieure, sans porter de courant. Des trois tubes intérieurs deux sont en maganine et employés couramment pour des intensités allant jusqu’à i 500 ampères et au delà; leur résistance est 0,004 ohm. Ils sont munis de bornes à l’une de leurs extrémités et reliés à la partie supérieure par une connexion mobile, à balais, réglable à volonté au moyen d’un écrou et d’un volant à main, le troisième tube, que l’on voit à l’extrémité droite est en cuivre et d’une section particulière supérieure à ceux de man-ganine. Il sert de .retour commun pour les tubes de manganine quand ils sont mis en parallèle et reçoivent plus de 1 500 ampères. Les connections sont massives et formées de lames de cuivre superposées; l'eau arrive par les tubulures placées à la partie supérieure et circule dans les divers tubes par des tubulures analogues montées dans le socle.
- La maison Crompton construit couramment des modèles simplifiés de ce rhéostat. La figure 3 représente l’un d'eux qui ne comporte qu'un seul tube de manganine à circulation d’eau ; sa résistance est de 1000 ohms, de sorte qu’un courant de 1 500 ampères produit entre ses bornes une différence de potentiel de j,5 volt.
- E. B.
- La circulation dans les tubes des chaudières.
- La correspondance entre constructeurs de chaudières continue dans l’Engineering.
- Le numéro du 24 janvier contientune lettre de M. Fritz Krauss% de Vienne, donnant une explication très logique des résultats des expériences faites dans les ateliers de MM. Yar-rouw. (Eclairage électrique du 7 mars, p. 466.)
- « Prenez un verre de lampe, dit M. Fritz Krauss, plongez-le partiellement dans un vase plein d’eau, puis soufflez dedans à l’aide d’un, recourbé, aboutissant à sa partie inferieure ; vous constaterez que le niveau d’eau s’élève
- dans le tubesans qu’il s’abaisse dans le vase. Le poids du liquide n’a pas varié, mais puisque le mélange air et eau a un volume plus grand, sa densité est plus petite que celle de
- » Lorsque l’on enfonce le verre de lampe jusqu’à ce que sa partie supérieure soit dans le plan du niveau de l'eau, une portion de la colonne des fluides mélangés va se répandre et l’équilibre étant rompu il s’établit un courant dans le tube. »
- Fig. 1. — Circulation de l’eau dans un tube en U.
- Ce courant est dû à trois causes : i° à la différence de densité ; 20 au frottement de l’air ou de la vapeur sur le liquide; 30 à l’effet de piston que produisent les bulles.
- Si l’on considère maintenant un tube en V, tel que ceux de MM. Yarrow, chauffé en a, b, c, d (fig. 1), la branche A étant chauffée la première, la circulation s’établit de B en A. Si l'on éteint les brûleurs a et 6, l’eau entraîne les bulles de vapeur par sa vitesse acquise, et la densité de la branche B est plus grande que celle de la branche A, puisque la partie B d ne contient pas de bulles, et le courant gardera le même sens.
- G.
- La statue de Saint-Fidèle à Palazzolo sull’Oglio.
- Nous avons déjà signalé cette statue gigantesque en cuivre galvanique de Saint-Ffidèle, obtenue dans les établissements artistiques du comte Vittorio Turatli, pour les applications industrielles de la galvanoplastie.
- Notre figure r en représente l’aspect.
- Elle est érigée au sommet de la Tour du Peuple, ainsi nommée parce qu’elle fut con-
- p.561 - vue 562/624
-
-
-
- 56;
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- struite à la suite d’une souscription populaire, en l'honneur de Saint-Fidèle, patron de la ville. Saint-Fidèle était un soldat romain, et fut l’un des premiers martyrs çhré- |
- tiens ; la légende veut qu’il ait habité le bourg de Palatiolum, berceau de la ville moderne.
- La statue a été moulée en argile par le sculpteur Rassi. La reproduction que nous
- donnons nous dispense d'insister sur son heureux aspect artistique.
- L’œuvre du sculpteur fut moulée en plâtre dans les ateliers Turatti. Le moule fut divisé en 17 parties sans compter les accessoires : lance, palme, cpée. etc. Chaque partie fut métallisée à la plombagine et munie d’une
- carcasse en fils métalliques épousant ses formes et destinée à augmenter la conductibilité el partant à faciliter le dépôt de la première couche métallique. Une fois cette première couche déposée, le réseau de fils métalliques était enlevé. Dans certains cas, pourtant, il fut laissé en place et recouvert lui-même par
- p.562 - vue 563/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 563
- le cuivre afin de former une armature à la pièce elle-même.
- Le bain était une solution à base de sulfate de cuivre. Le dépôt est donc en cuivre pur. Le courant était fourni par une dynamo de 600 ampères et 4 ou 6 volts, mise en marche par un moteur à gaz de 4 chevaux.
- La statue a 7 m de hauteur ; sa surface extérieure est d’environ 40 m’ ; le dépôt a environ 4 mm d’épaisseur. Le poids de la statue complète est de 800 kg.
- Il eut été très difficile de transporter et surtout de monter cette pièce colossale au sommet de la tour; on l’a donc divisée en 5 parties : les jambes, le tronc, la tête et les bras. Les accessoires ont été montes après. Chaque partie est formée de 2, 3 ou 4 pièces soudées fortement au zinc et à l’étain. Les différentes parties sont assemblées par des parties en relief et en creux s’épousant ; elles ont été obtenues directement pendant l’opération gal-vanoplastique et sont maintenues par des
- La statue est consolidée par une armature intérieure en bois. Deux poutres passent par les jambes dont elles suivent la courbure, et se prolongent intérieurement jusqu’aux épaules. Deux traverses les réunissent à la hauteur du siège et des épaules. Deux cercles en fer placés à la hauteur de la ceinture et des épaules servent à consolider le tout. De la traverse supérieure partent les poutres qui forment l’armature de la tête et celles des bras.
- Les poutres descendent à 3 m en dessous de la base de la statue pour faciliter son montage sur la coupole qui domine la Tour du Peuple.
- Par suite du séjour prolongé dans le bain galvanoplastique (10 à 12 jours au plus) la surface extérieure du cuivre s’est oxydée et présente l’aspect du bronze.
- Le prix de revient de ce travail ressort à environ 8 ou 10 fr le kilogramme.
- G. P.
- Nouvelle lampe à incandescence.
- Les recherches faites pour utiliser dans les lampes à incandescence électrique l’éclat que certains oxydes rares donnent aux manchons pour incandescence par le gaz ('), commencent à donner des résultats. L’Electrotechnis-che An^aitung du 16 janvier nous donne une courte description d’une lampe à incandescence dont le filament est formé de la façon suivante :
- Du papier d’asbeste de 0,3 mm d’épaisseur est découpé en bandes de 6cm de longueur qui sont trempées dans une soluture de.chlorure de platine à 30 pour roo, puis dans une solution saturée de sel ammoniac, sont ensuite séchés par un courant d’aîr chaud et ensuite chauffées dans la flamme d’un brûleur Bunsen où le chlorure de platine se transforme en éponge de platine. Après ce traitement les bandes sont plongées dans une solution à '20 pour 100 de chlorure de magnésium, puis chauffées et cette opération est continuée jusqu’à ce qu’elles soient complètement recouvertes d’une couche de magnésie. Enfin chaque bande est trempée dans une solution de nitrate de cérium, puis fixée à deux fils de platine et le tout est renfermé dans une enveloppe de verre ordinaire où l’on fait le vide.
- La couche de magnésie protège le platine ; la magnésie et la cérite donnent au filament un plus grand éclat que les filaments ordinaires pour une même dépense d’énergie; en outre la résistance étant plus grande que celle du carbone on peut donner à la surface radiante une plus grande étendue qu’avec ce dernier corps.
- _____________J. R.
- Détermination de la fréquence des courants alternatifs, par Th. Wulf (3)
- La méthode proposée par l’auteur est à la fois curieuse et très simple ; en voici le principe.
- ~ (') L'Éclairage électrique, t. VI, p. 271, S Février
- 1896.
- [*) Communication fait* à l’Académie des Sciences de Vienne.
- p.563 - vue 564/624
-
-
-
- 564
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Sur un support de fer est placé un flacon de Mariotte dont l’eau s’écoule par un tube horizontal de 2 mm de diamètre. Le support sert d'armature à un électro-aimant en fer à cheval disposé à quelques centimètres de lui. Quand un courant alternatif traverse l’élec-tro-aimant, le support reçoit un léger ébranlement à chaque renversement du sens du courant et le jet qui s’écoule du flacon se divise en une série de gouttelettes, le nombre des gouttelettes passant en un [meme point étant le double de celui des alternances.
- Pour évaluer le nombre des gouttelettes. M. Wulf emploie la méthode stroboscopiquc. Un disque tournant- à fentes est disposé devant le jet et la vitesse de rotation est modifiée jusqu’à ce que les gouttelettes, regardées à travers les fentes du disque, paraissent immobiles. A ce disque est fixé un fil de cuivre plongeant, à chaque tour, dans une coupelle de mercure et fermant ainsi le circuit d’une pile contenant un enregistreur Morse. Tant que le disque n’a pas la vitesse requise, on appuie sur l’armature de cet enregistreur de manière à obtenir un trait continu, puis, quand les gouttelettes paraissent immobiles, on abandonne cette armature qui, à chaque fermeture du courant, inscrit un point sur la feuille de papier ; à la fin de l’expérience on appuie de nouveau sur l’armature. En comptant le nombre de points compris entre les deux traits continus, on a le nombre de tours s effectués par le disque pendant la durée t de l’expérience. Si l’on appelle n le nombre des alternances du courant lancé dans l’électroaimant et k celui des fentes que porte le disque, on a
- Cette méthode présente l’avantage de ne pas exiger la fermeture et la rupture du courant alternatif au début et à la fin de l’expérience et, par conséquent, d’éviter les perturbations pouvant en résulter. D’un autre côté l’auteur dit n’avoir éprouvé aucune difficulté
- à donner au disque la vitesse voulue et à maintenir cette vitesse constante pendant la durée d’une mesure, qui était de 60 secondes. Généralement, trois mesures séparées par un intervalle de 5 secondes, étaient prises successivement. Les nombres obtenus dans ces trois mesures étaient toujours parfaitement concordants ; ainsi dans une expérience, on trouva 291,5, 2gi,2 et 291,2 pour les nombres de tours du disque, auxquels correspondaient des valeurs de n égales respectivement à 43,72, 43,71 et 43,68.
- L’auteur a mesuré par cette méthode le nombre des alternances de générateurs mus par une chute d’eau ; il a pu ainsi constater que ces alternateurs avaient une marche très régulière, les nombres trouvés à plusieurs jours d’intervalle ne différant que par le chiffre des dixièmes ; il a constaté en outre que sa méthode était assez sensible pour mettre en évidence les variations résultant de l’accouplement ou du désaccouplement des moteurs, variations qui étaient toujours très faibles.
- J. B.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Société Internationale des Electriciens Séance du 4 mars i8gô M. le Dr d’Arsonval expose les applications médico-chirurgicales qui ont été faites des rayons X. 11 insiste sur ce point que pour ccs recherches il faut mieux encore être photographe que médecin ou électricien. Les photographies— ou plutôt les radiographies — prises par des photographes professionnels, telles, par exemple, que celles prises par M. Albert Londe, sont de beaucoup supérieures én netteté à celles qui ont été obtenues dans les laboratoires des hôpitaux, et peuvent, par conséquent, rendre de beaucoup plus grands services.
- Dès que l’observation Roentgen fut pu-
- p.564 - vue 565/624
-
-
-
- REVUE D’ELECTRICITÉ
- 565
- bliée, on proclama que le corps humain n’aurait plus de mystère pour le savant. Il faut, quant à présent, bien rabattre de cet enthousiasme. On n’a pu, jusqu’ici, pénétrer que des épaisseurs de tissus relativement minces,- comme celles de la main, de l’avant-bras, du coude et même de la partie moyenne du bras, mais on n’a pu obtenir d’épreuves des parties plus épaisses du corps telles que celles du bassin. On ne peut donc songer encore à photographier le fœtus dans le corps de sa mère comme on l’avait annoncé à grand bruit.
- M. Imbert, de Montpellier, a obtenu des photographies très nettes en plaçant, à une certaine distance du tube de Crookes, un diaphragme en plomb, percé d’une ouverture qui limite le faisceau actif et augmente ainsi la netteté aux dépens delà rapidité (').
- M. d’Arsonval projette ensuite un grand nombre d’épreuves, en ayant soin, partout où il est possible, de montrer la photographie prise à la lumière ordinaire et la photographie obtenue par les rayons X. Après avoir projeté l’épreuve classique delà main, il montre un pigeon dont le squelette se détache très nettement bien que les plumes aient été laissées sur le- corps de l’oiseau. L’aileron d’un faisan tué à la chasse permet de voir avec une grande netteté-la fracture des os et un grain de plomb resté dans les chairs.
- Sur la radiographie d’un rat d’égout, on distingue les viscères par des différences de teintes très marquées, et, en outre, on observe l’inflexion remarquable de la colonne vertébrale que l’inspection extérieure de l’animal était loin de laisser soupçonner.
- Le savant conférencier fait aussi passer devant les yeux de son auditoire les radiographies d’un aileron de pigeon, d’une souris blanche et la très belle photographie d’un lapin de garenne dont le squelette peut s’observer très nettement. Cette photographie est remarquable non seulement par ses dimensions—- grandeur naturelle — mais par son
- (1) Voir {'Éclairage Électrique du 15 février, p. 293 :
- exécution au point de vue photographique. La dissection est très complète, et l’on peut observer jusqu’à la déformation d’un- des grains de plomb logés par le chasseur dans le corps de la bête.
- Ces épreuves ont été obtenues-par M. Albert Londe.
- Ce savant a reconnu aussi qu’il n’était pas nécessaire de placer la plaque photographique juste en face de la partie fluorescente de l’ampoule de Crookes, mais que les rayons engendrés en ce point se propagent également dans toutes les directions.
- Les suivantes ont été obtenues par M. le Dr Oudin, le collaborateur du Dr Lannelongue. Elles se rapportent plus spécialement à la chirurgie et montrent tout le parti que les médecins peuvent tirer de la nouvelle conquête de la science.
- La première a permis de reconnaître une ostéite raréfiante de la tète du fémur. On distingue nettement, par les parties les plus claires, les parties de l’os qui étaient attaquées.
- La seconde est encore plus remarquable au point de vue médical. Une femme se plaignait de douleurs coxalgiques et affirmait que cette douleur partait du gros orteil. Les médecins ne pouvant saisir la relation qui existait entre la douleur de la hanche et le gros orteil inclinaient à penser que la lésion, réelle était au cerveau de la patiente. Comment supposer qu’un médecin se trompe et ne sache pas mieux que le malade lui-même ce que ressent celui-ci ? Enfin, 011 se décida à prendre les photographies comparatives des deux pieds et l’on reconnut qu’effectivement l’orteil de la jambe malade était atteint d’ostéite. La malade fut traitée pour la maladie qu’elle avait.
- Sur la demande de M Ducretet, M. d’Arsonval projette aussi deux photographies pri-ses par ce constructeur. L’une est celle de la grenouille. La seconde est celle d’un porte-monnaie contenant un dé et des pièces de monnaie. Cette photographie nous a d’abord intrigué : on distinguait sur les pièces d’ar-
- p.565 - vue 566/624
-
-
-
- 566
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- gent des caractères d’écriture ; tout compte fait, ce n’était que le nom et l’adresse du constructeur marqués en effigie ! !
- M. d’Arsonval a pu obtenir de bonnes photographies en se servant simplement de lampes à incandescence qu’on fait fluorescer au moyen de courants de haute fréquence obtenus avec l’appareil de Tesla, bien que le vide soit loin d’y être aussi élevé que dans les tubes de Crookes.
- Les ampoules se fondent facilement. On obtient de bons résultats en ne reliant la lampe à l’oscillateur que par une seule électrode et en reliant l’autre borne de la lampe à de l’eau contenue dans une capsule en celluloïd qui sert de seconde électrode et contribue en même temps au refroidissement.
- Toutes les lampes ne sont pas aussi bonnes ; les résultats dépendent de la couleur de la fluorescence. Celles qui donnent une fluorescence violette sont mauvaises ; celles, au contraire, qui donnent une lueur jaune-verdâtre donnent de bons résultats.
- Ces résultats, rapprochés de ceux obtenus par notre collaborateur M. Charles Henry, par M. Becquerel avec le nitrate d’urane, par M.Niewenglowsky avec les corps phosphorescent et ce fait que les résultats obtenus par M. G. Lebon avec ce qu’on appelle jusqu’à nouvel ordre la « lumière noire », semblent devoir être attribués à la fluorescence, ont un intérêt évident. Les rayons cathodiques ne serviraient qu’à exciter la fluorescence.
- M. d’Arsonval a fait aussi quelques expériences avec un tube de Geissler à fluorescence, dans lequel le vide était assez bas. Il enveloppa une plaque photographique préparée par M. Lumière dans 4 épaisseurs de papier aiguille et la soumit à l’action de ce tube pendant 10 minutes environ, après avoir placé dessus des pièces de monnaie, une clé, une roue d’engrenage, des cristaux d’urane. Les résultats furent très nets, l’urane absorbe en partie les rayons.
- On voit que les modes opératoires ne manquent pas et encore ne sommes-nous qu’au début.
- M. de la Touanne décrit ensuite la nouvelle installation de l'Hôtel des téléphones, à Paris.
- II rappelle qu’il y avait jadis 12 bureaux centraux téléphoniques dans Paris et que la nécessité d’augmenter la rapidité des communications et de diminuer Je travail du personnel rendait la concentration indispensable, d’autant plus que le nombre des abonnés a passé de 6 000 à 12 000. Il n’y a plus aujourd’hui à Paris, que 7 bureaux et celui de la rue Gutemberg à lui seul dessert directement 6 000 abonnés. C’est un des plus importants après ceux de Berlin, Zurich et quelques autres villes.
- Les avantages de la concentration des appareils d’intercommunication dans un même bureau sont très grands. M. de la Touanne n’a certes pas peu étonné son auditoire en lui affirmant que Paris est la ville où les communications téléphoniques sont ,1e plus rapidement établies !
- Pour bien faire ressortir l’intérêt de la concentration, M. de la Touanne prend la question depuis le début ; il explique comment on doit réunir les abonnés entre eux pour qu'ils puissent causer; il décrit les appareils employés dans ce but à l’origine : appareils de Berthon et Lartigue, appareil de Sieur. 11 fallait souvent, pour établir une communication, 4 employés et 3 retransmissions d’ordre. Cela faisait perdre un temps énorme.
- Vinrent ensuite le standard et le multiple. Ces appareils sont bien connus de nos lecteurs; ils ont été décrits en leur temps par notre collaborateur Vartore. Nous ne suivrons donc pas M. de’la Touanne dans la description qu’il en fait.
- Nous noterons au passage deux déclarations intéressantes faites au cours de cette conférence. La première a trait à l’organisation du service. On cherche à simplifier le travail des employés de la façon suivante ; lorsqu’un abonné appellerait, l’employée placée devant l’annonciateur demanderait le numéro de l’abonné demandé, établirait la communication entre les deux jacks, appuie-
- p.566 - vue 567/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 567
- rait sur la clé d’appel et ne s’occuperait plus des correspondants jusqu’à ce que l’annonciateur de fin de conversation lui apprenne qu’elle peut séparer les deux abonnés. On sait que l’appareil avertit automatiquement si l’abonné demandé est déjà en conversation. Cette organisation permettrait de faire gagner beaucoup de temps.
- M. de la Touanne s’est, en outre, excusé de ce que ljes nouveautés qu’il présente remontent déjà à plusieurs années. « L’Administration, dit-il, ne peut adopter tous les appareils qu’on lui présente, même quand ils sont bons, car cela conduirait à des modifications incessantes ». Nous sommes donc fixés. Du reste, il en a été ainsi pour les appareils déjà en usage, notamment pour le multiple qui n’a été adopté à Paris qu’après avoir fait un stage de plusieurs années à l’étranger et encore n’a-t-on adopté que le multiple en série au lieu du type plus récent et plus parfait du multiple en dérivation, bien que celui-ci ait déjà fait ses preuves à l’étranger.
- M. de la Touanne décrit ensuite les installations de la rue Gutemberg, en s’aidant de nombreuses projections photographiques.
- Le grand tableau a 60 m de longueur. Il est divisé en sections desservies chacune par trois employés.
- Le nombre d’abonnés reliés à ce bureau est actuellement de 5 700 ; plus de 6 000 abonnés pourront y être relié directement. Le nombre de communications données par jour dans ce bureau est de 56000, c’est à dire près de 10 par abonné.
- Les courbes de travail, également projetées, montrent toutes la même allure intéressante, bien connue, en forme d’M. Le premier maximum, le plus important, se présente entre 10 et 11 heures du matin ; le second a lieu dans l’après-midi. G.P.
- Société de physique de Londres.
- Séance du 28 février 1896.
- Sir D. Salvmons présente quelques expériences sur les lampes à incandescence ;
- 1 Un puissant électro-aimant est excité par un courant continu, pendant qu’un courant alternatif traverse une lampe à incandescence. En approchant la lampe de l’électro-aimant le filament est mis en vibration, et ces vibrations, si la lampe est suffisamment proche de l’électro-aimant, sont assez intenses pour rompre le filament. Le nombre et la position des nœuds formés dans ce filament en vibration sont indépendants de la période de vibration normale de ce filament, mais dépendent de la fréquence du courant alternatif.
- Le professeur S. P. Thomson demande si l’on a pas néanmoins observé que le nombre de segments dans lequel ce filament est divisé dépende dans une certaine mesure de la période de vibration normale de ce filament.
- Le professeur Ayvton dit, qu’avec la disposition adoptée les fuîtes magnétiques sont très grandes et demande si cette méthode est vraiment plus sensible que celles employées ordinairement.
- Dans un appareil conçu par le professeur Perry et lui un courant alternatif était lancé dans un conducteur tendu entre les deux pôles d’an électro-aimant, et la tension de ce conducteur était modifiée jusqu’à ce que les vibrations produites arrivent à leur maximum. La période de vibration normale de ce conducteur, ainsi que la fréquence du courant alternatif étaient déduites de la tension, etc. Dans l’appareil enregistreur magnétique du professeur Ewing, la période de vibration normale du conducteur tendu était aussi différente que possible de la période du courant alternatif employé, de sorte que les vibrations naturelles du conducteur ne pouvaient influencer les résultats. La disposition de l’auteur paraît au professeur Ay rton comme étant intermediaire à ces deux dernières et il lui semble que la période de vibration normale du filament doit influencer dans une certaine mesure les résultats obtenus.
- Le professeur Perry suggère que les lampes pourraient être placées sur un support solide, de telle sorte que, après que les grandes vibrations dues à la période normale du fila-
- p.567 - vue 568/624
-
-
-
- 568
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- ment ont cessé, on pourrait alors observer les vibrations dues à la période des alternances seules.
- Sir Z). Salomon dit, dans sa réponse, que cette disposition n’avait pas été adoptée dans le but de faire des mesures. Une lampe traversée par un courant pendant un temps très long et placée dans un support maintenant cette lampe dans une fixité absolue ne présentait aucune variation dans le caractère des vibrations ; on pouvait se servir de ce filament en vibration pour des observations microscopiques qui exigeaient une source de lumière plutôt superficielle que linéaire.
- Le professeur Fleming donne ensuite lecture d’une note écrite par M. Petavel et lui sur une étude analytique de l’arc voltaïque à courant alternatif (’).
- La première partie de cette note consiste en une étude analytique delà distribution de la lumière dans les différentes régions de l’arc produit par une quantité constante et connue d’énergie électrique, les variations périodiques de l’intensité du courant dans cet arc et la différence de potentiel entre les charbons étant notées en même temps. La puissance était mesurée avec un wattmètre bifilaire, tandis qu’au moyen d’une série de miroirs et de disques rotatifs portés par un moteur synchrone à courant alternatif, la valeur moyenne de l’intensité lumineuse d'une partie quelconque de l’arc était comparée avec la valeur instantanée de l’intensité lumineuse à chaque instant. De ccttc façon l’arc lui-même devient son propre étalon et les difficultés dues aux légères variations de l’intensité moyenne disparaissent. Les faits observés peuvent se résumer comme il suit : La lumière pourpre de l’arc est soumise à une variation périodique, et, autant que l’œil peut en juger, est complètement éteinte durant un certain intervalle ; elle prend une valeur maxima à des instants légèrement en retard sur ceux du maximum de consommation d’énergie dans l’arc.
- (’) Voir YÈcïairage ÈUc rique du 8 février, p. 479.
- D’un autre côté la puissance lumineuse des charbons varie entre une valeur minimum et deux valeurs maxima inégales ; le maximum le plus élevé se produit lorsque le charbon est positif et un peu après le moment de consommation d’énergie maximum dans l’arc.
- La seconde partie de cette note consiste en une comparaison du rendement d’un arc à courant alternatif et celui d’un arc à courant continu dépensant la même puissance moyenne d’énergie électrique. On se servit pour établir cette comparaison de deux arcs qui peuvent être considérés comme types de ceux le plus généralement employés en pratique; la puissance lumineuse moyenne sphérique, exprimée en bougies, était comparée pour une même dépense d’énergie dans les dèux arcs ; on trouva qu’avec l’arc à courant alternatif employé l’intensité moyenne sphérique était toujours moindre que celle de l’arc à courant continu ; la diminution de la fréquence semble diminuer rendement de l’arc à courant alternatif.
- Le professeur Ayrlon fait remarquer que la manière dont sccomportc l’arc à courant alternatif est d’un grand intérêt à observer, car la puissance fournie ne pouvait être mesurée en multipliant simplement la tension par la f. é. m. puisque l’intensité retarde sur le voltage. La résistance, c’est à dire le rapport du courant à la f. é. m., retarde aussi, mais les auteurs ne paraissent pas avoir tenté de mesurer la résistance vraie.
- Dans une note communiquée précédemment l’un des auteurs avait mentionné que l’arc à courant alternatif était d’un rendement lumineux moindre que l’arc à courant continu. Quoique les dernières courbes données dans cette note puissent paraître confirmer cette conclusion, le professeur Ayrton suppose que la différence obtenue était probablement duc à cc que l’arc à courant alternatif n’était pas formé dans des conditions convenables, la qualité des charbons et la longueur de l’arc ayant une influence considérable sur le rendement de cet arc. Pour l’instant, ajoute-t-il, nos connaissances ne nous permettent
- p.568 - vue 569/624
-
-
-
- REVUE D’ELECTRICITE
- 569
- pas d’assurer définitivement si l’on peut obtenir le même rendement avec l’arc à courant alternatif qu’avec l’arc à courant continu, mais, il n’y a pas de doute que l’on puisse obtenir de meilleurs résultats que ceux qu’il a été jusqu’alors possible d’atteindre.
- Le professeurs. P. Thompson dit que lorsque l’existence de la différence de phase entre le courant et le voltage fut émise en premier lieu, il avait fait quelques expériences qui montraient qu’il y avait un retard et non une avance, c’est à dire que arc agissait comme s’il possédait une sclf-induction. La résistance retarde aussi, mais il pensa que ce retard était dû à une cause thermique; la température de l’arc retarde sur le courant lorsque celui-ci augmente ou diminue, et si la résistance de l’arc dépend de la température de la vapeur dans cet arc, cette résistance doit aussi retarder sur le courant. Il n’est pas possible de dire à priori si l’on pourrait obtenir ou non avec l’arc à courant alternatif, un rendement égal à celui de l’arc àvcourant continu. Avec de bons charbons, une longueur d’arc, un courant et un voltage convenables il lui paraîtrait possible d’obtenir un rendement égal.
- La production de lumière dans l’arc n’est pas une transformation intégrale d’énergie électrique en chaleur, car la différence de potentiel entre les charbons peut être écrite Y = a -\-bl ou a peut être considéré comme une force contre-électro-motrice de retour et bl la résistance vraie.
- Le premier de ces termes influe peu sur la longueur de l’arc mais le second terme a une influence marquée. En multipliant par l’intensité du courant C. on obtient pour la dépense en watts Ca -R C b l. Le premier de ces termes a un effet réversible et correspond à la puissance dépensée à vaincre la force contrc-électro-motrice, de sorte que la quantité de lumière produite dépend principalement d’un phénomène qui survient à la surface du cratère.
- Expériences sur la propagation des ondes électriques dans l’eau, par E. Cohn et P. Zeeman (').
- La méthode employée est dans ses traits essentiels semblable à celle que les auteurs ont décrite précédemment. (V. Lumière Electrique, t. XLI11, p. 627).
- Elle a reçu quelques modifications destinées à en augmenter la précision.
- D’abord on suppose dans le calcul des indices de réfraction, que les ondes se propagent dans un milieu latéralement illimité ; ce
- Fig. t
- qui en pratique n’est pas réalisable. Mais le calcul peut encore se faire, quand le milieu est limité par deux surfaces cylindriques concentriques ; on trouve que dans ce cas les forces électriques se propagent en restant normales à l’axe du cylindre et avec la même vitesse que si les ondes étaient illimitées. 11 paraît légitime d’en conclure qu’il en est encore ainsi quand les ondes se propagent le long de deux fils métalliques parallèles, entourés par un diélectrique que limitent deux parois métalliques parallèles à l’axe des fils.
- Les mesures ont été faites avec une cuve d’eau (69 cm X 39 cm) et remplie successive-
- l_1) Wied. Ann., t. LVII. p. 15-24; 1896.-
- p.569 - vue 570/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 570
- ment jusqu’à 18, 22 et 28,5 cm de hauteur; j les fils passant toujours à 10 cm du fond; | aucune variation systématique de l’indice ap- [ parent avec la profondeur de l’eau n'a été constatée.
- Ensuite il fallait s’assurer qu’il se propageait à travers l’eau une seule onde déterminée par la vibration qui se propageait dans la portion des fils comprise entre le pont fixe et l’entrée de la cuve en a (fig. 1 ) dont la position était déterminée par l’étude de la résonnance. Cette condition n’a pas pu être obtenue d’une manière constante : mais on n’a tenu compte que des expériences dans lesquelles elle se trouvait réalisée.
- Enfin pour éviter toute perturbation, les petites bouteilles de Leyde ont été supprimées et les fils reliés directement au bolomètre. L’indication du bolomètre est maxima quand le pont c est placé dans la cuve de manière que ac soit en résonnance avec a b. En prolongeant suffisamment les fils, on évite l’effet des réflexions qui pourraient se produire, en particulier à l’endroit où les fils entrent dans la cage métallique qui entoure le bolomètre.
- 11 faut en outre éviter les ondes de longueur ab telle que a b et ad soient en résonnance ; parce qu’alors les ondes réfléchies à la sortie de l’eau, interférant avec les ondes directes, modifieraient la position des maxima qu’il s’agit d’observer.
- Pour des périodes variant de 27 à 97 X io6 par seconde, aucune dispersion ne s’est manifestée; les nombres trouvés pour l’indice ne diffèrent pas plus de 0,06 soit de 2/3 p 100, la valeur la plus probable est, à 170 C,
- D’après ileerwagen, la racine carrée de la constante diélectrique de l’eau, pour des périodes du même ordre serait
- 8,99- M. L.
- Sur les phénomènes de polarisation h la surface
- des membranes métalliques minces, par L.
- Arons f1).
- L’auteur critique les conclusions que M.
- Luggîn {’) a tirées de ses expériences. II a ré* pété lui-même diverses expériences qui lui ont donné des résultats contradictoires avec ceux de M. Luggin.
- En plaçant sur l’ouverture cifcülaire {1,5 cm de diamètre) pratiquée dans la cloison de verre une lame de platine ayant 0,1 mm d’épaisseur et percée en son centre d'une ouverture de 3 mm de diamètre, M. Arons a obtenu une augmentation de résistance de 5 ohms. D’après le mode de calcul de M. Luggin, l’augmentation n’aurait du être, dans ces conditions que de 0,2 ohm. Au contraire, en calculant pour les deux faces de la plaque la résistance d’épanouissement, on trouve une augmentation du même ordre de grandeur que celle observée.
- D’autre part, en calculant d’après les données expérimentales le rayon qu’il faudrait attribuer au canal dont M. Luggin suppose l’existence, on trouve 100 mm. Si on tient compte de la résistance d’épanouissement, il faudrait pour qu’elle devînt insensible, imaginer au moins io6 trous dans la feuille d’or : et un bien plus grand nombre encore pour expliquer comment les phénomènes restent les mêmes quand on suppose plusieurs feuilles : ces nombres paraissent inadmissibles.
- On peut .se demander encore si le courant traverserait des ouvertures aussi étroites sans provoquer de phénomènes accessoires. M* Arons a fait quelques expériences analogues à celles de Braun. Il a fait passer le courant â travers un trou circulaire de 0,1 mm de rayon pratiqué dans une lame de mica de 0,003 mm d'épaisseur (mesurée par la méthode optique). Si l’on calcule l’augmentation de résistance causée par l’introduction de cette lame dans la cuve électrolytique, oh trouve 5 ohms d’après la méthode de M. Luggin. 270 ohms si on considère la résistance d’épanouissement.
- (1) LramN, Wied. Ann., t. LVI, p. 346; 1895.— L’Éclairage Électrique, t. VI, p, 178 ; 25 janvier 1896.
- L t. LVII, p. 4oj ; 1896-.
- p.570 - vue 571/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 57'
- Or, l’expérience donne avec des intensités de courant de
- 0,0025 «"Pète 0,080 »
- L’écart entre les valeurs observées et calculées tient à plusieurs causes : d’abord, le calcul suppose qu'au sortir de l’ouverture, le courant s’épanouit librement dans toutes les directions, ce qui n’a pas lieu dans la petite cuve employée ; en outre, la chaleur dégagée par le courant fait varier la résistance spécifique du liquide. Quand l’intensité du courant atteint 0,097 amp, de petites bulles de gaz commencent à se dégager : le courant tombe à 0,90 amp et remonte à 0,97 amp quand la bulle s’est échappée. Une lame plus forte (0,01 cm) a donné des résultats analogues : mais le dégagement gazeux se produisait déjà avec un courant de 0,030 amp.
- M. Arons interprète les expériences de M. Luggin et les siennes propres de la manière suivante :
- L’accroissement de résistance apparente est due à la polarisation de la membrane ; seulement tant que l’intensité du courant n’atteint pas une certaine valeur, les couches doubles de polarisation formées sur les deux faces de la membrane se contrarient, mais quand l’intensité a dépassé cette valeur, les deux couches se développent complètement, sans plus s’influencer et il en résulte cette augmentation brusque de résistance apparente qu’on constate dans toutes les expériences.
- M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Essai sur la philosophie des sciences, par C. de Freycinet.— Un volume in-88; Gauthier Villars et Fils, éditeurs, 55, quai d«s Grands-Augustins.
- Cet ouvrage a été déjà annoncé aux lecteurs dans les termes même où l’auteur l’a présenté à ses collègues de l'Institut (1). Ce
- (’) L'Éclairage Èlectriqu*, t.VI, p. 46; janvier 1896
- n’est pas un livre dont on puisse faire au lecteur un compte rendu qui le dispense plus ou moins lui-même de se renseigner davantage et de se faire une opinion personnelle.
- On sait déjà qu’il traite d’Analyse et. de Mécanique, mais peut-être n’a-t-on pas dit qu’il ne renferme pas une formule et pas un symbole ; il ne s’agit pas en effet d’un exposé de méthodes ou d’une critique de procédés techniques ; l’auteur n’envisage la synthèse de ses deux sciences favorites, l’Analyse et la Mécanique, qu’au point de vue de leurs con-8 cepts propres.
- Examiner la valeur et la portée des no-1 tions premières qui servent de fondement à chaque science devrait être selon M. de Freycinet le chef d’reuvre réservé aux savants qui ont acquis droit de maîtrise en leur spécialité, et c’est pour ainsi dire la monographie de son propre esprit qu’il donne, ainsi que faisaient jadis les hommes d’universelle compétence.
- Dans chacun des huit chapitres consacrés à chaque partie distincte l’Analyse, la Mécanique, l’auteur envisage successivement .le fondement et l’objet particulier de chacune avec les notions qui en sont le corollaire.
- L’espace, le temps et l’infini sont les concepts irréductibles de l’analyse; les notions de divisibilité, d’infinement petit et de limites sont des attributs nécessaires mis en jeu par la méthode infinitésimale dans les problèmes du calcul infinitésimal. L’analyse est essentiellement abstraite, la Mécanique au contraire essentiellement expérimentale, comme les propriétés mêmes de la matière.
- En Mécanique M. de Freycinet considère la force et la masse comme les éléments primordiaux intervenant dans les lois expérimentales du mouvement : égalité de l’action et de la réaction, inertie, indépendance des mouvements, équivalence mécanique de la chaleur, conservation de l’énergie.
- La notion de force ainsi envisagée commç primordiale par l’auteur rappelle Helmholtz avec la conservation de la force et Thomson avec le sens de l’effort et l’on sait que cette conception demeurera probablement caracté-
- 130 ohms 90 »
- p.571 - vue 572/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- rlstique de la mécanique du dix-neuvième siècle.
- M. de Freycinet présente cette conception d’une façon très personnelle en définissant la matière (p. 168) « tout ce qui exige de la force pour acquérir du mouvement ».
- La manière dont il envisage les densités des corps comme des coefficients de capacité dynamique analogues aux autres caractéristiques des corps est une vue tout à fait originale dont on lira utilement le développement et dont on retiendra la portée.
- E. Raverot.
- Ouvrages reçus
- Leçons sur l’électricité et le magnétisme de E. Mascart et J. Joubkrt. — Deuxieme édition entièrement refondue par E. Mascart. Tome I : Phénomènes généraux et théorie. Un voi. in-8 de 540 pages et 130 figures. — Masson et C- et Gauthier Villars et fils, éditeurs; prix 25 fr.
- Petite encyclopédie électro-mécanique, publié sous la direction de II. de Graffigny. — Ier volume : Manuel élémentaire d'électricité industrielle; 2" volume : Manuel du conducteur de dynamos et moteurs électriques. — E. Bernard et Cie, éditeurs ; prix 1,50 fr. chaque volume.
- Les merveilles aériennes, par Maurice Farman. — Un vol. in-8 de 350 pages. — J. Eritsch, éditeur.
- Les moteurs hydrauliques, par G. R. Rodmer, traduit de l’anglais par D. Farman. — Un vol. iti-ié de 530 pages. - /. Frit,ch, éditeur.
- Der Drehstrom seine Erzeugung und Anwendung in der Praxis, par Josef Kramer. 3' livraison.— Hermann Costenolle, éditeur, Iéna.
- The electrical Transmission of Energie, par A. v.
- Abbott. — Un vol. in-8 de 600 pages. — D. Van Nostrand Co, éditeurs, New-York.
- CHRONIQUE
- Académie des Sciences de Berlin. — On nous informe que M. H. Poincaré, l’éminent professeur de physique mathématique de la Faculté des Sciences de Paris, vient d’être élu membre correspondant de l’Académie des Sciences de Berlin.
- Toutes nos félicitations au savant membre de l’Institut,
- Concours pour un compteur d’électricité. — La Société royale écossaise des Arts, afin d’aider au développement des applications de l’électricité, ouvre un concours pour le prix Reith, de 250 livres {6250 fr), sur ce sujet : Perfectionnements aux compteurs d’électricité pour usages domesti-
- Les manuscrits, dessins, etc., doivent être envoyés avant le i*r mai 1896. Les conditions du concours doivent être demandées au secrétaire de la Société, 117, Georges-Street, à Edimbourg.
- Concours pour la traction mécanique des tram-roays. — Récemment, nous émettions l’idée que la Ville de Paris instituât un concours pour la traction mécanique des tramways. Cette idée a etc adoptée en Allemagne- L’Electrotechnischer An^eiger annonce que la municipalité de Berlin vient de voter un crédit de 62 500 fr pour des essais sur les divers modes de traction susceptibles d’être employés sur les lignes de tramways, moteurs à vapeur, à gaz, électriques, etc.
- Congrès d’électriciens à Genève. — A l’occasion de l’Exposition nationale suisse qui doit se tenir à Genève du icr mai au 15 octobre de cette année, l’Association des Electriciens suisses a organisé un Congrès d’Electriciens dont le Comité de patronage est présidé par M. Turettini. La lettre suivante, adressée au président de la Société Internationale des Electriciens par MM. A. Palaz et J. Cuénod, président et secrétaire de l’Association des Electriciens suisses, indique le but de ce Congrès :
- « La Ville de Genève a construit, sur le Fhône, à une distance de 6 km environ de la ville, une usine qui doit, dans son plein développement, lui permettre d’utiliser une force de 18000 chevaux; une partie importante de cette force, 5 unités de 1 200 chevaux, va être mise en service et servira essentiellement à alimenter l’Exposition en force motrice et éclairage.
- » Si nous joignons à ce fait l’intérêt que présenteront les expositions des constructeurs suisses qui jouissent d’une réputation méritée, nous croyons que nos collègues, électriciens étrangers, trouveront dans cette Exposition, un intérêt suf-i lisant pour les y attirer en grand nombre.
- I » L’Association suisse des Electriciens, pour I profiter de cette occasion, a pris l’initiative d’or-
- p.572 - vue 573/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 573
- ganiser un Congrès d’Electriciens pour la pre- j mière quinzaine du mois d’août prochain ; elle nous a chargés d’inviter à ce Congrès les Associations similaires et de leur demander de bien vouloir accorder à cette entreprise leur bienveillant concours et leur patronage.
- »... Le programme des sujets à discuter a été préparé en choisissant ceux qui sont actuellement le plus à l’ordre du jour et sur lesquels il y a le plus de divergences d’opinions.
- » Chacun de ces sujets sera traité d’abord par un ou plusieurs rapporteurs spéciaux, dont les conclusions seront résumées en un certain nombre de thèses sur lesquelles la discussion portera et publiées au moins un mois avant la réunion du Congrès. De cette manière, on peut espérer que la réunion des Electriciens de tous pays éclaircira d’une manière définitive certains points encore discutés.
- » La durée de cc Congrès a été fixée à quatre jours; chaque matin, quelques heures seront consacrées à une séance plénière dans laquelle les questions à l’ordre du joue seront discutées et pour lesquelles on pourra, s’il y a lieu, constituer des sections.
- » L’après-midi sera consacré à des visites par groupesà l’Exposition et aux installations hydrauliques et électriques importantes de Genève et des environs.
- » Enfin, ce Congrès sera suivi, si le nombre des participants le permet, d’un voyage circulaire .. en Suisse permettant de visiter les principales installations hydro-électriques dans les gorges du Jura comme dans le centre delà Suisse.
- » Le programme des questions à l’ordre du jour est le suivant :
- a. Unités magnétiques et leur nomenclature ;
- b. Unités photométriques et leur nomencla-
- c. Transport et distribution de l’énergie à de grandes distances par l’emploi : in des courants continus ; 2’ des courants alternatifs ;
- d. Protection des lignes à haute tension contre les décharges atmosphériques ;
- e. Perturbations diverses dues à la traction électrique ».
- Société balave de philosophie expérimentale de Rotterdam. — Dans sa dernière assemblée générale du 14 septembre 1895, cette Société a mis au cou-cours un grand nombre de questions ; nous signa-
- lerons les suivantes, dans lesquelles l’électricité peut trouver des applications ou qui intéressent les physiciens et les chimistes.
- Question 15^ — On désire une méthode, ainsi qu’un instrument, propre à fixer de la manière la plus simple la hauteur de quelques points de niveau de l’eau, dans un même profil, d’une de nos principales rivières, à l’égard d’un plan horizontal. Et de plus, la communication du résultat de quelques expériences faites avec cet instrument
- i'1. Dans une partie très tortueuse d’une rivière.
- 2°. Dans une partie rectiligne en présence d’une crue importante et d’un courant rapide.
- Question 154. — Comme le chauffage des grands édifices s’obtient de manières très différentes les unes des autres et occasionne des frais très inégaux ; et comme aussi souvent le résultat ne ré-pondpas au but ;
- On demande :
- Quel est le mode de chauffage le meilleur et en même temps le plus économique pour les grands édifices, et comment doit-il être rétabli pour répondre aux exigences de l'hygiène.
- Y joindre pour l’éclaircissement quelques plans, et les évaluations des Irais d’établissement, d’entretien et d’exploitation.
- Question 156. — On désire :
- Une recherche expérimentale des propriétés électriques de quelques alliages métalliques.
- Question .159. — Suivant Winkelmann la chaleur spécifique du mercure diminuerait par une augmentation de température, tandis que tous les autres observateurs (Dulong, Petit, Régnault et Petterson) ont trouvé justement le contraire.
- C'est pourquoi l’on désire :
- Une nouvelle détermination très exacte de la variabilité delà chaleur spécifique du mercure, en rapport avec la température.
- Question 162. — Les expériences d’Àmagat, Siljesstrom, Mendelcïeff, Bohr, ont donné des résultats différents relativement au plus 011 moins de compressibilité des gaz sous des pressions très minimes et moindres que celle de l’atmosphère. Il est de la plus grande importance pour la théorie des gaz, d’apprendre à connaître exactement ces compressibilités sous des pressions très mini-
- C’est pourquoi de nouvelles expériences très exactes sont désirables,
- Question 164. — Pour la théorie de la dispersion de la lumière, les phénomènes produits par
- p.573 - vue 574/624
-
-
-
- 574
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- des substancesanomalemeut dfspersives sont d’une grande importance.
- C’est pourquoi il est désirable d’avoir une déter mination exacte des indices de réfraction de semblables substancés pour les différentes parties du spectre, et, en rapport avec cette détermination, du spectre d’absorption de ces mêmes substances et du spectre de la couleur superficielle qui souvent apparaît dans ces matières.
- Question 165. — Par la nouvelle théorie d’Ed-iund sur l’électricité atmosphérique et l’aurore boréale, les phénomènes de cette induction nommée unipolaire ont de nouveau attiré l’attention. Ces phénomènes sont expliqués de manières très différentes les unes des autres, selon qu’on admet l’une ou l’autre théorie sur l’électricité. Suivant une théorie ces phénomènes se présentent dans des cas où, selon l’autre, ils sont impossibles.
- C’est pourquoi l’on désire un nouvel examen de ces phénomènes de l’induction unipolaire.
- Question 166. — Malgré les résultats excessive ment importants, obtenus par les recherches de H. F. Weber à l’égard de la chaleur spécifique des différentes formes du carbone, du bore, et du silicium, à différentes températures, il manque toujours, à cet égard, plusieurs données sur le soufre et le phosphore.
- C’est pourquoi la Société demande, comme complément des observations faites par Dulong et Petit, Régnault, Kopp, Weber, et autres:
- Un examen de la chaieür spécifique du soufre rhombique au dessus de ioo°;
- du soufre monoclinique et amorphe à différentes températures ;
- du phosphore rouge au dessus de ioo1», et
- du phosphore commun à différentes tempéra-
- Question 176. — Attendu l’étendue actuelle de la chimie et l’extension de la littérature chimique, il est désirable d’avoir de bonnes monographies sur presque tous les sujets. Comme la Société désire favoriser la publication de telles monographies.
- Elle demande :
- Des monographies sur un élément p. e. le soufre ; sur une combinaison p. e. le sulfure de carbone, la quinine ; sur une classe de combinaisons p. e. dérivés nitrés, les combinaisons du soufre avec l’oxygène ou le carbone ; sur un phénomène ou une séné de phénomènes, p. e, l’action de l’a-
- cide sulfurique ou de l’acide nitrique sur d’autros
- L’auteur a le droit de choisir le sujet de la monographie, pourvu qu’il n’existe pas encore u.nç bonne monographie sur ce sujet, mais l’œuvre doit être aussi complet que possible et composé selon les sources originales, dont une notice détaillée doit être donnée.
- Question 176. — La Société demande des déterminations expérimentales, exécutées avec le plus grand soin, du poids atomique au moins d'un élément, qui n’est pas encore assez connu.
- Question 179. — Alexandre von Humboldt a déjà soupçonné que la transition de la terre à la mer influence le magnétisme terrestre, comme il résulterait des inflexions des isogones, isoclines et isodynames. Des observations semblent l’affirmer.
- C’est pourquoi l'on demande :
- Une discussion critique des observations relatives à ce phénomène.
- Question r8s.— En conséquence des expériences de Duter, Quincke, Moutier et d’autres sauvants et par rapport aux calculs de Duhem, la Société demande une recherche théorique et expérimentale sur le changement de volume des corps par électrisation, aussi bien de bons que de mauvais conducteurs.
- Question 183. — Hall, Righi, Van Ettinghaüserj et d’autres savants ont démontré que la résistance électrique du bismuth, de l’antimoine et de quelques autres métaux, change dans un champ magnétique.
- La Société demande un nouvel examen de cç$ phénomènes.
- Question 184. — Roentgen, en faisant des expériences avec un disque de verre tournant entre les deux plateaux d’un condensateur chargé, croyait découvrir une action du disque sur un aimant rapproché.
- La Société demande un examen plus profond, et, si la découverte est reconnue vraie, elle demande une explication du fait:
- Question 186. — La Société demande un examen de la cause de l’anomalie que présente la conductibilité moléculaire des solutions très diluées d’acides et de bases fortes, ainsi que de sels neutres.
- Afin d’éclaircir cette question, il est rappelé que la seule explication de cette anomalie, donnée par Ostwald, 11’est exprimée que par une suppo-
- p.574 - vue 575/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- sition et qu’elle n’a jamais été contrôlée par les phénomènes.
- Question 187.— La Société demande de directes mesures exactes de la pression osmotique dans des solutions qui ne montrent pas de dissociation élec-trolytique, surtout en vue de la détermination de la limite de concentration par laquelle les déviations des lois de Boyle et de Gay-Lussac se font
- Question 190. — On demande une recherche chimique et bactériologique de l’eau d'un fleuve dans lequel s’écoulent les eaux saies et les immondices d’une grande ville, afin de déterminer l’état d'impureté dans lequel se trouve l’eau à plusieurs endroits du fleuve.
- Question 195. — On demande une recherche expérimentale sur la dissociation de substances dissoutes dans différents mélanges d’alcool et d’eau.
- Question 196. — Comme il y a beaucoup de demandes en caoutchouc et gutta-percha, les plantes dont on retire ces matières commencent à devenir assez rares. C’est pourquoi l’on cherche depuis quelques années à acquérir ces substances en extrayant les feuilles sans que les arbres soient abattus.
- La Société demande des recherches sur la présence, l’histoire du développement et les propriétés de ces sucs lactés dans les feuilles, la quantité qu’elles en contiennent dans les divers âges, et l’influence qu’éprouve le produit quand les feuilles sont séchées et gardées.
- Question 198. — Quand dans les différents points de la ligne visuelle il se montre successivement de la lumière par la propagation d’un procès chimique ou électrique, on a avancé que la vitesse de propagation du procès influe sur la longueur d'onde.
- La Société demande une recherche expérimentale.
- Conditions du concours. — La médaille d’or de la Société, du poids de trente ducats ou la valeur, au choix de l’auteur, sera décernée à celui dont la réponse à l’une ou l’autre des questions proposées sera jugée la meilleure et digne du prix.
- Les réponses aux questions doivent être rédigées en hollandais, en français, en anglais, en allemand ou en latin, distinctement et lisiblement écrites, en caractères italiques, par une autre main que celle de l’auteur (y compris les changements et additions), et non siguées de la main de l’au-
- teur, mais marquées de quelque épigraphe et accompagnées d’un pli cacheté portant la même épigraphe pour adresse et renfermant le nom et l’adresse de l’auteur; elles seront adressées franches de port, avant ou au rc février 1897, au directeur et premier secrétaire le Dr G.-J.-W. Breiner.
- L’auteur de pièces destinées au concours qui, en négligeant les règles mentionnées ci-dessus, ou de quelque manière que ce soit, se sera fait connaître comme auteur au directeur ou aux membres chargés de juger les pièces, sera privé du prix proposé.
- Les billets des réponses auxquelles est décernée la médaille d’or seront immédiatement ouverts dans l’assemblée générale ; ceux des réponses auxquelles il n’aura pas été décerné de prix seront brûlés dans la même assemblée sans avoir été ouverts ; ceux dont les auteurs ne se seront pas déclarés dans l’intervalle du temps fixé dans le programme seront brûlés, sans avoir été ouverts, dans la première assemblée générale.
- La Société se réserve d’insérer dans ses Mémoires les réponses couronnées, soit en entier, soit en partie, ou de s’en abstenir entièrement.
- Nous rappelons ici que la Société accueillera et examinera avec plaisir tous les traités ou mémoires qui se rattachent à la philosophie expérimentale et à ses applications, ponr les publier dans ses Mémoires, s’ils s’y prêtent, pourvu qne ces pièces soient munies de la signature; en outre que la Société pourra décerner la médaille d’or aux plus importantes de ces pièces.
- La Société n’accueillera et n'examînera pas les réponses présentées au concours, ou les autres traités ou mémoires quand ils sont déjà publiés.
- Les installations d'horlogerie des établissements Dufayel^ décrites dans la Nature (il* 1184,8 février 1896, p. 147), contiennent plusieurs dispositifs électriques intéressants. Les horloges sont au nombre de deux : l’une au bas du grand escalier du dôme, l’autre appliquée contre la verrière de la façade. Le remontage du poids moteur se fait automatiquement de la façon suivante : un peu avant d’arriver à bout de course, le poids établit un contact qui ferme sur un moteur électrique le circuit d’éclairage ; le moteur remonte le poids qui, un peu avant d’arriver en haut de sa course, rompt automatiquement le circuit. Le remontage du carillon mécanique et des sonneries se fait
- p.575 - vue 576/624
-
-
-
- 576
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- de la même façon. L’horloge située au bas du grand escalier a reçu le nom de chronologomètre; elle sert à remettre électriquement à l’heure l'horloge de la façade.
- Un des dispositifs les plus ingénieux se rapportant à ces installations est celui qui permet d’utiliser les indications d’un baromètre anéroïde ordinaire pour actionner l’aiguille d’un grand cadran de x m 50. Grâce à ce système, on peut donner au cadran des baromètres un diamètre illimité, ce qui serait tout à fait impossible avec l’indication directe par une aiguille montée sur le tube barométrique. Nous reviendrons bientôt sur ce dispositif.
- Un curieux tramway électrique. — Engineering News contient la description d’un curieux projet de tramway électrique qui doit être établi par la Marquette Iron Range Railroad Company (Michigan), pour le transport des minerais. Sa longueur est de 24 km environ, avec une pente continue de 244 m depuis les mines jusqu’au lac supérieur, soit 1 pour 100. En raison de la topographie du terrain, on ne pouvait songer à employer, pour la traction, un câble sans fin. On propose donc de construire un chemin de fer électrique à trôlet; mais ce chemin de fer aurait ceci de particulier qu’aucune usine ne lui fournirait de courant ; les trains descendants, composés de 10 ou 15 voitures chargées pesant chacune de 25 tonnes, seraient munis d’un moteur d’une puissance suffisante; ils descendraient par la seule force de la pesanteur; le moteur fonctionnerait donc comme génératrice et lancerait son courant sur la ligne : ce serait ce courant qui actionnerait le. moteur des trains montants qui, étant vides, pèsent beaucoup moins. On espère que la différence entre les poids à vide ou en charge serait suffisante pour compenser la perte d’énergie dans la transmission et les organes de transformation.
- En effet, si l’on admet que le poids des voitures en charge est de 25 t. et à vide de 5 t.-; que le coefficient de la résistance au roulement soit de 4 kg par tonne, on voit que la puissance engendrée par un wagon descendant sera de 1 500 kgm disponibles sur l’axe des roues ; le rendement des moteurs étant de So pour 100, de même que celui de la transmission, la puissance disponible sur l’essieu des trains montants serait de 768 kgm; la puissance nécessaire à leur traction serait de 700 kgm.
- Les tramways électriques à Londres. — Engineering nom informe que le conseil général du comté de Londres a décidé de refuser toute autorisation pour l’érection des conducteurs aériens pour tramways électriques dans tout le comté, et qu’en conséquence il refusera toute concession de tramways à trôlet aérien.
- Indicateur d'arrêts pour bateaux. — La Compagnie des bateaux omnibus, à Paris, a placé, à titre d’essai, sur le bateau express n° 72, un appareil destiné à faire connaître aux voyageurs le nom de la prochaine station à laquelle s’arrêtera le bateau. Cet appareil se compose d’autant de plaques qu’il y a de stations ; sur chacune d’elles est inscrit en gros caractères le nom d’une station ; elles sont rangées suivant l’ordre des arrêts. Elles sont placées verticalement et pivotées à leur partie inférieure ; toutes les plaques d’ordre pair portent à leur partie supérieure une encoche située un peu à gauche de la médiane, tandis que toutes les plaques impairs portent une encoche semblable située à la même distance à droite de la médiane. Un crochet maintient les plaques lorsqu’il est devant une partie pleine et les laisse tomber lorsqu’il s’engage dans l’encoche ; il peut recevoir un mouvement alternatif de gauche à droite et vice versa, au moyen d’un commutateur électrique placé sous la main du pilote. En outre, une sonnerie électrique retentit pendant l’opération du changement de plaque, pour attirer l’attention des voyageurs. L’appareil est placé à l’avant du bateau.
- U emploi des moteurs électriques dans l’industrie. — On ne se figure généralement pas bien l'extension qu’a pris l’emploi des moteurs électriques dans l’industrie, à l’étranger, aux Etats-Unis principalement où les ascenseurs électriques sont très nombreux. Ainsi, à New-York, la puissance des moteurs électriques 11’est pas moindre de 8000 chevaux ; la puissance des moteurs varie entre r/8 de cheval et 100 chevaux. A Brooklyn, la puissance des moteurs électriques n’est pas moindre de 4000 chevaux. Si l’on tenait compte des moteurs employés pour la traction, on atteindrait des chiffres énormes : à Brooklyn la puissance des moteurs de tramways n’est pasmûindre de 25 000 chevaux,
- L'Éditeur-Gérant .-Georges CARRÉ
- p.576 - vue 577/624
-
-
-
- Tome VI.
- Samedi 28
- 1896
- 3a Année. — N° l'
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- Directeur Scientifique J. BLONDIN Secrétaire de la rédaction : G. PELLISSIER
- L’UTILISATION
- DES CHUTES DU NIAGARA (l)
- Dynamos. — Les dynamos ont été construites par la Westinghouse Electric and Ma-nufacturing Company, de Pittsburgh, d’aprcs les plans du professeur anglais Forbes.
- On sait que ce sont des alternateurs genre Tesla, donnant deux courants alternatifs, décalés de qo° l’un par rapport à l'autre, et de 25 périodes par seconde. A la vitesse de 250 tours par minute, ils doivent fournir 5 000 chevaux-électriques. Le système inducteur est mobile ; il est placé à l’extérieur et agit comme un volant pour régulariser la marche des turbines. L’induit est fixe.
- Au moyen des rhéostats d’excitation, le potentiel du courant peut être réglé jusqu’à 1 400 volts effectifs. En service courant, jusqu’à ce que la transmission à longue distance soit entreprise, le potentiel normal sera maintenu dans le voisinage de 2 100 volts.
- La hauteur de chaque génératrice depuis le bas de la plaque de fondation jusqu’à la partie supérieure du plancher de la passerelle est de 3,505 m; le diamètre de la plaque de fondation est de 4,267 m et le diamètre extérieur du système inducteur tournant est de 3,544 m.
- Chaque génératrice peut produire 5 000 chevaux-électriques et exige environ 5 150 chevaux sur l’arbre de la turbine.
- (') "Voir L'Éclairage Electrique du 7 et du 21 mars,
- •433 et 549.
- Si l’on excepte la passerelle qui est simplement destinée à faciliter la surveillance et l’entretien des balais sur les bagues collectrices placées au sommet de l’arbre, la machine entière pourrait être placée dans une pièce cubique de 4,50 m de côté environ.
- Le poids de chaque générateur est de 63 200 kg environ, dont 36000 environ constitués par la masse mobile des inducteurs, de l’arbre central, avec le plateau d’entraînement qui le relie à l’anneau inducteur; les bagues collectrices sont portées sur un prolongement de l’axe, au dessus du couvercle.
- La vitesse à laquelle cette masse tourne est de 250 tours par minute, soit à la circonférence 41,10 par seconde. Le moment d’inertie, en admettant que tout le poids soit réparti à la circonférence serait donc de 36 000 X 41, G =60 Bu 560 kgm.
- Les constructeurs des turbines exigeaient que le poids de la partie mobile ne dépassât pas 36 300 kg et que le moment d’inertie fut de 53 110 000 kgm. On voit que ces conditions sont exactement remplies, ce qui fait le plus grand honneur aux ingénieurs et aux constructeurs.
- Les figures 26 et 27 représentent les détails de construction des génératrices.
- La première est une coupe verticale suivant l’axe ; a représente l’armature qui est fixe et maintenue en place par le support AS qui repose lui-même sur la plaque de fondation B. T est un des quatre câbles qui conduisent le courant engendré dans l’armature
- p.577 - vue 578/624
-
-
-
- 578
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- au tableau de distribution. Puisque l’armature est fixe, il est évident qu’il n’est nécessaire d’avoir ni balais ni collecteurs. Les parties mobiles sont l’arbre S qui porte le manchon d’entraînement ou couvercle D, l’anneau inducteur FR, muni de ses pièces polaires-en acier P et des enroulements inducteurs FP>.
- Le courant des excitatrices est amené dans les enroulements inducteurs par les balais b, b' et les bagues collectrices C. On y voit les tuyaux de circulation de l’huile et les tuyaux de circulation de l’eau necessaires au graissage et au refroidissement des supports et des paliers ; en v et v' sont des ventilateurs
- munis d’abats-vents dont l’ouverture est dirigée dans le sens du mouvement et qui assurent une forte circulation d’air ; l’air est forcé de passer à travers la machine et est rejeté à 3a partie supérieure. La quantité de chaleur qu’il faut dissiper, à pleine charge, est égale à environ ioo chevaux représentant les pertes ducs à I'hystérésis, aux courants de Foucault et à l'échauflement des conducteurs.
- Sur la figure 27 chacun des quadrants rc-! présente une coupe de la machine à un étage' différent, afin de montrer les divers détails de construction.
- On voit que, par suite du mode de construction adopté, l’attraction magnétique qui s’exerce entre les inducteurs et l’armature est de direction contraire a la force centrifuge, ce qui tend à diminuer l’effort auquel l’anneau inducteur doit résister.
- p.578 - vue 579/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 579
- L’entrefer est de 2,54 cm.
- Les figures 28, 29 et 30, font voir le mode de scellement adopté pour la plaque de fondation.. Huit tire-fonds de 6,35 cm de diamètre sont boulonnes sur cette dernière à leur partie supérieure : à leur partie inférieure ils sont fixés à des semelles en fer enterrées dans le massif en béton qui sert de fondation;
- ce bétonnage est fait directement au dessus de l’arche qui recouvre le puits des turbines. La clé de voûte est remplacée par une pièce en fonte cylindro-conique creuse, au centre de laquelle passe l'arbre de la turbine. Un escalier permet de descendre sous la dynamo, comme on le voit facilement sur ces figures.
- La chaise sur laquelle repose l’armature
- Fig. 27.
- est cylindrique ; elle est venue de fonte en une seule pièce; elle s’adapte dans un évidement circulaire pratiqué dans la plaque de fondation, et y est ajustée par des vis de réglage ; elle est ensuite boulonnée à fond et on coule autour un alliage d’étain (50), de cuivre (1) et d’antimoine (5) pour assurer la rigidité du tout. On voit clairement le mode de montage de cette chaise sur la figure 26. La partie cylindrique de la cbaise est mu-
- nie, à l’extérieur, d’une série de nervures qui se terminent, au bas, en un rebord sur lequel vient se reposer la carcasse de l’armature. Celle-ci est forcée sur ce rebord pendant qu’elle est chaude, et, en se rétrécissant, elle s’applique fortement sur les nervures du support. Cinq de ces nervures sont munies de mortaises en queue-d’aronde qui correspondent avec des mortaises semblables pratiquées dans la carcasse de l’armature. Lorsque cette der-
- p.579 - vue 580/624
-
-
-
- 580
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUÉ
- nière est mise en place, on coule du métal dans les gorges formées par ces mortaises juxtaposées.
- L’intérieur de la chaise de l’armature à la forme d’un cylindre renversé, dans lequel vient s’adapter exactement une autre pièce
- 29. — Elévatic
- en fonte qui y est boulonnée et qui porte à ses extrémités supérieure et inférieure, une étoile à cinq branches dont le centre creux reçoit les coussins qui maintiennent en place l’arbre de la dynamo ; ceux-ci sont lubrifiés par de l’huile sous pression admise près de leur sommet et en un point médian.
- Sur le côté extérieur des manchons, sont aussi disposées des rainures dans lesquelles ôn peut faire circuler de l’eau froide.
- La circulation d’huile est assurée par un dispositif spécial. Les réservoirs, les filtres et les pompes sont placés dans le puits de la turbine.
- Le réservoir principal est placé tout en haut de l’usine, près du toit ,* il peut contenir 5,5 ms d’huile.
- On place de l’huile propre dans ce réservoir; elle est conduite par des tubes en fer aux supports de la dynamo par la seule force de [apesanteur; elle passe ensuite dans les filtres d’où elle tombe dans un réservoir inférieur d’où elle est pompée dans le réservoir supérieur pour servir à nouveau.
- Les pompes sont mues par des moteurs hydrauliques spéciaux qui sont alimentés par l’eau qui filtre des puits.
- L’huile ajrant servie est d’abord lavée dans
- rnr
- des fondations.
- l cau des cylindres filtreurs ; elle est ensuite filtrée sous pression dans du feutre avant de parvenir à la partie supérieure de ce cylindre.
- Il y a un cylindre filtrcur de réserve.
- La figure 31 représente d’après une photo* graphie l’aspect d’une de ces grandes dynamos ; 011 peut se rendre compte de ses dimensions par comparaison avec l’homme qui est sur le côté.
- Le noyau de l’armature est formé de feuilles
- p.580 - vue 581/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 58:
- minces en acier doux; pour assurer une libre circulation d’air, il est divisé horizontalement en six parties égales, séparées les unes des autres par des intervalles de 2,5 cm.
- Chaque feuille circulaire en acier doux est
- divisée en 11 segments égaux et chaque couche superposée est placée de façon que tous les points soient recouverts par une plaque des couches adjacentes. La figure 32 représente un des segments en question; les gor-
- ges pratiquées sur le bord extérieur servent à recevoir les conducteurs qui forment l’enroulement induit. Ces segments sont découpés à l’emporte pièce dans de larges feuilles d’acier de la qualité voulue, et de 0,0381 mm d’épaisseur. Ils sont ensuite complètement recuits, ce qui a pour effet de les recouvrir, sur
- toutes leurs faces, d’une couche d’oxyde qui sert à les isoler les uns des autres au point de vue électrique et au point de vue magnétique.
- Tous les segments lormant l’anneau central de l’armature sont maintenus en place au moyen de 66 boulons en acier, contenant une forte proportion de nickel, afin 11e 11’ctre
- p.581 - vue 582/624
-
-
-
- 583
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- pas magnétique; ces boulons sont, bien entendu, complètement isoles du noyau. Afin cl’obtenir un serrage uniforme, le haut et le bas du noyau sont formés par un disque épais en cuivre, et le tout est comprimé, avant le serrage des boulons, au moyen d’une puissante presse.
- Les 6 couches superposées qui forment le noyau sont séparées les unes des autres par des anneaux en cuivre fondu munis d’ouvertures suffisantes pour assurer une circulation d’air parfaite autour des plaques d acier.
- Fig. 32. —Vile d’un des segments et du support de l’armature
- Lorsque l’anneau est complètement assemblé, sa surface intérieure est alésée au tour pour épouser exactement les formes de la chaise support (fig. 32). Il est ensuite chauffé et descendu en place, commenous l’avons expliqué plus haut.
- Les conducteurs de l’armature sont formées de barres en cuivre qui ont chacune 3,41 X 1,11 cm de section droite ; leurs angles sont arrondis sur un rayon d’environ 3 mm pour éviter que l’isolement puisse être coupé. Deux de ces barres après avoir été isolées, sont placées dans chacune des 187 fentes longitudinales distribuées autour de la périphérie du noyau. La conductibilité du
- cuivre employé, rapportée à l’étalon de Mat-thiesen est de 102,6.
- En raison des tensions élevées qui sont employées, l’isolement des conducteurs a dû recevoir des soins particuliers, non seulement pour les isoler les uns des autres, mais aussi pour les isoler du noyau.
- La substance isolante employée est principalement le mica. Les conducteurs de i’arma-turc dépassent le noyau à la partie inférieure et à la partie supérieure, comme on peut le voir figure 33.
- Les connexions entre les différentes barres, pour réaliser l’enroulement Tesla, sont effectuées sur ces prolongements ; elles sont établies (fig. 34) au moyen de bandes en cuivre découpées dans des feuilles de ce métal, et courbées à la presse sur des moules en fer; ces connecteurs sont isoles par du mica ou de la gutta en feuille ; le premier n’est employé que dans les points où deux conducteurs charriant des courants à différences de potentiels considérables sont voisins l’un de l’autre.
- L’isolement a été essayé avec des courants alternatifs de 15 000 volts effectifs avant le montage et avec des courants alternatifs de 6 000 volts après que i’armature était complètement terminée. On se rappelle que la tension maxima à la quelle ils seront soumis en service normal sera de 2400 volts.
- Les extrémités de chaque connecteur sont repliées à angle droit (fïg. 34) et fendues suivant le sens delà hauteur; les extrémités des barres de l’armature sont ajustées pour s’adapter exactement dans la tente ainsi obtenue et l’ensemble est maintenu par trois boulons en fer forgé ; les joues extérieures des connecteurs sont fraisées pour recevoir les têtes des écrous ; lorsque le tout est serré à fond, les boulons sont rivés pour éviter le déserrage et l’on recouvre le joint d’une couche de soudure, afin d’assurer un contact parfait, indispensable avec les forts courants à employer. La figure 33 représente cette opération qui se fait au moyen d’un fer à souder électrique. Les ouvriers sont montés sur une plate-
- p.582 - vue 583/624
-
-
-
- revue D'Electricité
- Ç8î
- forme pivotcc autour de l’axe de la machine j 150 volts, et dont le secondaire, qui fournit et dont le siège peut être placé à la hauteur un courant de grande intensité et de bas po-•voulu ; sur ce siège est également placé le tcntiel, est terminé par deux fortes joues en-transformateur, alimenté par des courants à I tre lesquelles le point à souder est pincé; le
- Fig, 33. — Vue d’une armature pendant l'opération du soudage
- courant échauffe ce point à une haute température, et la soudure peut-être faite en quelques instant?. Les points sont ensuite soigneusement isolés.
- L’enroulement est du type en tambour; il est tel que deux circuits induits distincts soient obtenus, dans lesquels les forces élee-tromotrices induites soient décalées à 90°
- p.583 - vue 584/624
-
-
-
- 584
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- l'une par rapport à l’autre; quatre câbles conducteurs isolés èt armés de plomb conduisent ensuite lé courant au tableau de distribution, en passant par une galerie souterraine, comme nous l’avons déjà expliqué; on peut voir ces conducteurs sur les figures 24 et 31.
- Après avoir décrit les parties fixes de la dynamo, nous arrivons au système tournant.
- L’axe qui prolonge directement l’arbre de la turbine est en acier.
- Il a été forgé et dégrossi par la Cîeveland
- 34 — Joints des barres de 1 armature et di
- City Forge and Iron Compagny. Son diamètre extérieur, aux fusées, est de 37,88 cm ; il reçoit à son extrémité supérieure le plateau d’entrainement, sorte de couvercle conique au bord duquel est fixé l’anneau inducteur; son extrémité inférieure est aplatie sous forme de disque de 68,88 cm de diamètre qui est boulonné à un disque semblable terminant la partie supérieure de l’arbre de la turbine. Un petit arbre vertical vient se visser à la partie supérieure de l’axe, au dessus du plateau d’entrainement; c’est sur cet arbre que sont placées les bagues collectrices qui servent à l’amenée du courant d’excitation.
- Le plateau d’entrainement a 3,556 m de diamètre; il a la forme conique et est renforcé par 6 fortes nervures intérieures. Il est fixé sur l’axe par une partie tronc-conique ménagée à la partie supérieure de celui-ci, et y est fixé par une forte clavette en acier.
- L'anneau inducteur est fixé par sa partie
- supérieure à la périphérie de ce plateau. Cet anneau en acier, au nickel, est une véritable merveille de forge. On s’en rendra compte facilement en sachant qu’il a 3,53 m de diamètre extérieur, et environ 1,30 m de hauteur, et que, malgré ces dimensions énormes, il a été forgé en une seule pièce sans aucune soudure par la Bethlehem Iron Company. La figure 35 permet de se rendre compte de ses dimensions réelles mieux que par des chif-res. Pour réaliser cette opération difficile, on commença par couler un cylindre plein, en acier au nickel, de 1,372 m de diamètre et de 5 m de. longueur. Son poids était d’environ 55000 kg. Le métal fut soumis à une forte pression hydraulique pendant qu’il était encore iluide et durant sa solidification. Le cylindre ainsi obtenu fut ensuite percé, suivant son axe, d’un trou cylindrique, et un tronçon de longueur convenable fut coupé dans ce tube, qui lut alors porté à la température de forge et laminé sur un mandrin, sous une pression hydraulique de 14000 tonnes. Si l’on se reporte aux dimensions que nous avons données plus haut, on comprendra toute la difficulté d’un pareil travail, pour obtenir à la fois une forme parfaite et une homogénéité suffisante au point de Vue mécanique et physique. Après le forgeage, l’anneau fut traité pour donner au métal les qualités physiques voulues, et après avoir été dégrossi sur place, il fut transporté aux usines de la Compagnie Westinghouse où il fut tourné à ses dimensions exactes.
- On a pu obtenir ainsi un anneau de la qualité exceptionnelle nécessaire pour rendre possible la construction des dynamos géantes ; en raison du poids considérable et de la grande vitesse à laquelle cette pièce est soumise, les efforts qu’elle a à supporter sont énormes, en effet, et la moindre faiblesse pourrait causer de graves accidents.
- Les qualités magnétiques de l’acier au nickel employé ont été déterminées par deux méthodes : d’abord, par la méthode du per-mcamètre, sur de petits échantillons prélevés
- p.584 - vue 585/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 585
- sur l’anneau avant qu'il fut tourné ; ensuite par une modification de la méthode de l’anneau qui a permis de mesurer les propriétés magnétiques de l’anneau tout entier. Cette
- belle expérience est due à M. Ch. F. Scott ingénieur de la Compagnie Westinghouse.
- Les courbes D et E (fig. 36) donnent la courbe^D H, c’est à dire le rapport de Fin—
- Fig. 35. — L'atmeau inducteur forgé d’une seule pièce sans soudure, diamètre, 3,34 ra.
- duction à la force magnétisante pour différentes valeurs de celles-ci, pour l’acier au nickel, obtenues par la première méthode. La courbe F a été obtenue par la méthode de l’anneau. A titre de comparaison, on a reproduit sur cette figure les courbes (A et B) obtenues par J. Hopkinson pour le fer forgé et la fonte de fer. La courbe C est celle donnée par Ewing pour le nickel.
- On voit que les qualités magnétiques de l’acier au nickel employé sont absolument remarquables.
- La figure 37 représente une des projections polaires, munie de son enroulement inducteur. Elles sont fondues en acier doux de haute perméabilité magnétique. L’enroulement inducteur est formé de barres de cuivre à section rectangulaire soigneusement
- p.585 - vue 586/624
-
-
-
- 586
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- salées ; il est contenu dans une enveloppe en cuivre, renforcée perdes nervures. Complètement'Unie, chaque pièce pèse environ 1275 Les 12 pièces polaires sont fixées à l’intérieur
- de l’anneau par des boulons, et sont dirigées radialement (fig. 38). A la vitesse normale prévue de 250 tours par minute, la force centrifuge due à chaque'picce polaire est donc de
- A. — Fer forgé, méthode balistique Hopkinson.
- B. — Fonte de fer, méthode balistique Ilopkinson.
- C. — Niokd
- D. — Acier au nickel, méthode du perméamètre
- E. — Acier au nickel
- F. — Acier au nickel, méthode l’anneau
- i 200 kg ; l’effort dû à l’anneau lui-même est de 1050 kg environ. L’effort total, à cette vitesse est donc de 2 250 à 3 000 kg environ. Les turbines sont construites de telle sorte que la vitesse maxima qu’elles pourraient atteindre, si le régulateur venait à être mis hors d’usage et que la charge fut nulle, serait de 400 tours à la minute. A cette vitesse, étant données les qualités de l’acier employé,-le coefficient de sécurité serait encore égal à 4 environ. Il faudrait que la vitesse atteignit 800 tours par minute, pour que la limite de résistance du métal fut atteinte, et alors l’anneau volerait en éclats. Mais d’après ce que nous venons de dire, on voit que ce danger n’est pas à craindre.
- Le courant d’excitation est fourni par les transformateurs tournants. Le conducteur d’amenée de ce courant passe dans une conduite couverte, sous le plancher de l’usine, et gagne, par un tube pris dans la fondation, un des piliers creux de la passerelle ; il suit celle-ci et arrive aux porte-balais ; de là, il se rend aux bobines inductrices en suivant l'axe et une des nervures intérieures du plateau d’entraînement.
- • Pour compléter cette description des dyna’-mos, il nous reste à exposer succintement le mode de montage adopté pour assurer un centrage parfait du système inducteur. Celui-ci forme comme un gigantesque toton au sommet d’un arbre de 50,60 m de hauteur
- p.586 - vue 587/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 587
- ment un' piton de dimérisions convenables terminé à sa partie infcriéure par une coupe en acier dur, ayant'la forme d’une demi" sphère. Un arbre vertical terminé à sa partie supérieure par une coupe semblable, mais de plus petite dimension servait de support. Dans la coupe de ce dernier, on plaça- une bille en acier trempé et poli de 1 cm de diamètre. La position de cette biile était un peu au-dessus du centre de gravité. Toute bipartie supérieure reposait donc sur cette bille et était libre de se mouvoir en tout sens autour de ce pivot. On commença par essayer le plateau d’entraînement ; pour que l’équilibre fut parfait, il fallait que ce plateau conservât la position horizontale non seulement au repos, mais pendant la rotation. On parvint à ce résultat en fixant, en un point convenablement calculé, une plaque ou contre-poids en acier. Ensuite 011 fixa 1 anneau inducteur muni de ses pièces polaires et de leurs enroulements. Grâce aux soins apportés à la fabrication, au poids rigoureusement égal de chaque pièce polaire et à leur position rigoureusement sy-
- métrique, l’équilibre ne fut pas modifié. J 11 est évident que la même opération doit C’est un résultat remarquable. i être répétée pour chaque dynamo.
- et le moindre défaut de centrage pourrait causer des vibrations très dangereuses.
- ‘ ' 1=71 küog.
- Pour obtenir un centrage parfait, on fixa dans la partie centrale du plateau d’entraîne-
- p.587 - vue 588/624
-
-
-
- 588
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Les essais définitifs des génératrices n’ont pas encore été publiés ; nous ne décrirons pas les essais préliminaires exécutés dans les ateliers de la Westinghouse Electric and Mfg C°, à Pittsburgh , ces essais exécutés par des
- méthodes détournées faute de moteur de 5 ooo chevaux, devant être refaits à Niagara. Les chiffres obtenus par les ingénieurs qui ont dirigé la construction de ces remarquables machines s’approche certainement beau-
- coup de la vérité. Voici comment se répartiraient les pertes maxima :
- Perles dans les emouiemenis inducteurs . »
- » » le noyau de l’induit......... 60 »
- La puissance appliquée sur l’arbre étant de 5 155 chevaux, la puissance engendrée serait de 5 000 chevaux ; le rendement serait donc de ^22 = 0,97, soit 97 pour 100 en chiffres ronds. Etant données les dimensions énormes de ces génératrices, ce rendement est parfaitement possible et doit représenter à peu près la réalité.
- La ligure 38 bis donne la courbe du potentiel obtenae en faisant tourner lentement une des dynamos. On a joint, à titre de comparaison le tracé de la sinusoïde parfaite. La courbe obtenue expérimentalement, que nous repro-
- duisons ici, concorde entièrement avec celle qu’indique le calcul..
- (A suivre) G. Peï.ussiek
- SUR
- L’ACTIXOMÉ TRIE ÉLECTROCHIM1QUE (’)
- Emploi industriel de l’actinomètre.
- Au point de vue industriel, l’actinomètre peut être employécommcphotomètre, mais un photomètre d’une nature spéciale, et, comme tel, être utilisé dans bien des cas. Dans l’industrie de l’éclairage, par exemple, il devient un appareil de mesure pratique et rapide. En effet, par la constitution simple et très robuste dç scs organes, par sa forme, qui peut être quelconque, et son volume peu encom-
- (1) Voir VÉclairage Électrique du 7 mars p. 445 et du 21 mars, p. 540.
- p.588 - vue 589/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 5 89
- brant, variable à volonté, puisque l’on peut recueillir aussi aisément les indications fournies par une lame active de quelques millimètres carrés que celles d’une lame à très large surface, l’élément actinique est d’un emploi facile. De plus, la simplicité des opérations préparatoires, c’est à dire l’oxydation, l’isolement, la sensibilisation par la matière colorante, le nettoyage pour la remise en état, après épuisement résultant de la durée du service de l’élément, toutes ces causes font que cet appareil, d’un prix de revient minime, peut devenir d’un usage pratique courant, aussi bien pour l’éclairage électrique que pour tout autre mode d’éclairage artificiel.
- Les services qu’il est appelé à rendre sont de deux sortes :
- i° Mesure de l’intensité lumineuse, indépendamment des causes qui produisent la source radiante ;
- 20 Mesure de l’énergie nécessaire pour obtenir le maximum d’éclairement que peut donner une lampe électrique déterminée, à arc ou à incandescence.
- Ces mesures, dans l’espèce, sont de l’ordre électrique; elles sont déterminées par les élongations d’une aiguille lumineuse d’un galvanomètre très sensible placé dans le circuit de l’actînomètre. Une échelle divisée, transparente ou non, permet la lecture de l’arc d’impulsion obtenu sous l’influence du courant développé dans l’actino.
- Pour le premier cas, c’est à dire la mesure de l’intensité lumineuse, qu’on pourrait désigner sous le nom de méthode de' comparaison, on dispose l’installation de la façon suivante :
- Si on possède un banc d'optique, on place î’actinomètre sur la pièce mobile glissant sur la règle divisée. Dans le cas contraire, on fixe, sur une table quelconque, une glissière sur laquelle on place l’actino maintenu à frottement doux ; l’essentiel est que les déplacements de l’élément s’opèrent toujours suivant une ligne rigoureusement droite.
- En face, et dans un plan exactement parallèle à celui de la règle divisée, distant
- d’environ 30 cm de I’actinomètre, on place deux sources lumineuses : une lampe photométrique étalon et la lumière à mesurer ; l’une des deux sources est masquée lorsqu’on expérimente sur l’autre et réciproquement.
- On commence l’opération en amenant l’ac-tinomètre devant la lampe photométrique démasquée; la durée pratique du contact lumineux est d’environ deux minutes, puis on note la déviation galvanométrique obtenue. Ensuite, après avoir masqué la lampe étalon, on fait glisser I’actinomètre jusqu’en face de la lumière à mesurer, on le laisse au contact lumineux également pendant deux minutes. La nouvelle déviation galvanométrique notée, on reprend un nouveau contact avec la lampe étalon : si cette dernière déviation est semblable à la première, on a la preuve que l’ac-tino, pendant la durée des opérations, est resté comparable à lui-même. Une simple règle de proportions donne la valeur de l’intensité de la lumière mesurée, l’intensité de la lampe étalon, au galvanomètre, étant prise comme unité. Le résultat ne donne, bien entendu, que l’intensité de la lumière considérée exclusivement comme sensation de clarté. La nature des rayons actifs peut être déterminée en tenant compte de la couleur de la substance employée pour la sensibilisation de la lame oxydée de I’actinomètre.
- Pour le deuxième cas, c'est à dire la mesure de la quantité d’cnergie utile pour obtenir le maximum d’éclairement d’une lampe électrique donnée, on dispose les instruments comme dans le premier cas, en supprimant, toutefois, la lampe photométrique dont l’emploi devient inutile; puis, dans le circuit de la lampe électrique (lampe à arc, par exemple) on introduit un rhéostat circulaire de Gaiffe ou tout autre appareil similaire, ainsi qu’un voltmètre et un ampèremètre.
- Pour bien comprendre l’économie et la portée pratique de la mesure en question, il suffît de se rappeler que I’actinomètre accuse les plus légères variations qui peuvent se produire dans l’intensité de la source lumineuse, variations qu® l’œil le plus exercé, souvent,
- p.589 - vue 590/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 59°
- ne peut saisir, surtout quand il s’agit de l’arc électrique dont l’éclat est aveuglant.
- . 11 suffit de sc rappeler également que, la plus minime modification en plus ou en moins du débit de l’énergie électrique qui alimente l’arc se traduit immédiatement, dans celui-ci par une variation proportionnelle du pouvoir éclairant. Voilà donc un moyen, non plus empirique, cette fois, de déterminer la quantité exacte d’énergie nécessaire pour obtenir le maximum d’éclairement d’un arc jaillissant entre deux charbons de composition et de diamètre connus et d’éviter aussi un gaspillage inutile de l’énergie électrique.
- Les opérations sont d’une grande simplicité : les instruments étant disposés comme il vient d’être dit, le voltmètre et l’ampcremètre indiquent le voltage et la quantité d’énergie disponible aux bornes de la lampe. Cette énergie doit toujours être inférieure à celle présumée nécessaire pourun rendement maximum d’éclairement, parce qu’on introduit toute larésistance de rhéostat dans le circuit. On note la déviation galvanométrique donnée par le courant actinique, puis, on agit sur le rhéostat en diminuant progressivement la résistance jusqu’à ce que l’élongation de l’aiguille lumineuse sur l’échelle transparente soit arrivée à une limite qu’on ne pourrait dépasser sans qu’il en résultat une perturbation dans la fixité, c’est à dire dans le fonctionnement normal de l’arc. L’indication nouvelle de l’ampèremètre donne alors la mesure cherchée. (')
- Les opérations, s’il s’agit d’une lampe à incandescence, sont non moins simples; je me dispenserai donc de les décrire,
- Des expériences précises, faites récemment, permettent d’espérer que l’actinomètre rendra bientôt d’autres services en optique et que son emploi deviendra indispensable pour élucider certaines questions encore bien obscures concernant les phénomènes physiques ou chimiques récemment découverts.
- Lejeune.
- Est-ce enfin l’actinométrie électro-chimique qui dotera la Science du photomètre depuis si longtemps désiré? Un avenir prochain, peut-être, le dira.
- Charles Maréchal,
- NOUVELLES EXPÉRIENCES L’ÉTINCELLE GLOBULAIRE
- Vil
- Les plus curieuses modifications des masses lumineuses sont obtenues en introduisant dans le tube à décharges un mélange de gaz ou de vapeurs. On n’obtient cependant rien de notable, comme c'était à prévoir, en mélangeant des gaz dans lesquels on ne peut provoquer la décharge globulaire, ni dans les mélanges où ceux-ci sont en quantité prépondérante. Par conséquent, je ne consignerai ici que les résultats obtenus lorsque le gaz contenu dans le tube à décharges était principalement composé d’azote ou d’oxyde de carbone.
- Pour ces expériences, il est commode de souder au tube à décharges T (fig. q), un appareil en verre, formé d’un tube horizontal A B, relié en A à un manomètre, et fermé en B par un robinet spécial en verre, auquel j’ai déjà fait allusion au § IV, et au moyen duquel on peut introduire dans le tube des petites quantités d’un gaz ou d’une vapeur. Ce robinet est réuni, à droite, au moyen d’un joint à mercure M, à un récipient en verre S destiné généralement à contenir un liquide, dont les vapeurs doivent pénétrer dans le tube T, ou un gaz quelconque ; aux deux extrémités de ce récipient, sont placés deux robinets P et Q, dont l’usage est évident. Enfin, le tube AB porte trois tubulures latérales C, D, E, munies de robinets ; une d’elles communique avec la machine pneumatique et les autres avec les récipients ou gazomètres con-
- (’) Voir l'Éclairage Electrique du 22 février du 7 et 14 mars p. 454 et 495.
- p. ^62,
- p.590 - vue 591/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 59’
- tenant les gaz qui doivent être introduits dans le tube T.
- On comprend facilement, sans autre explication, comment on peut, avec cet appareil, introduire dans le tube T, un mélange de deux ou trois gaz, dont un peut être la vapeur d’un liquide contenu en S, et comment on peut chasser complètement toute trace d’air ou d’humidité. J’ajouterai seulement que, quand le liquide contenu en S a une faible tension de vapeur, il est utile d’introduire dans ce récipient une certaine quantité du gaz ou d’un des gaz qui doivent être introduits
- dans le tube T, afin que la pression en S soit toujours supérieure à celle qui existe dans le tube à décharges, sans quoi on ne pourrait faire entrer rapidement la vapeur au moyen du robinet B ; après la manœuvre du robinet B, il faut attendre quelques minutes avant d’observer la décharge, afin de donner le temps aux vapeurs de se diffuser uniformément dans le tube T.
- Par la lecture du manomètre, on peut former dans le tube à décharge des mélanges contenant des gaz dans un rapport déterminé ; mais dans le plus grand nombre de cas, la quantité de gaz ou des vapeurs qu’il est nécessaire d’ajouter à l’azote ou à l’oxyde de carbone, afin d’obtenir les effets que nous allons décrire, est si petite qu’il n’est pas possible de la mesurer, et il faut procéder
- par tâtonnements. Une fois l’effet désiré obtenu, ou peut souder le tube T en fondant au chalumeau la partie effilée placée dans ce but à la partie inférieure.
- Voici maintenant en peu de mots, les particularités les plus saillantes observées en produisant la décharge globulaire dans des mélanges gazeux. ;
- Azote et oxyde de carbone. — On peut dire qu’en mélangeant les deux gaz dans lesquels les décharges globulaires présentent leurs caractères avec le plus de netteté, le résultat observé ne diffère de celui qui est donné par chacun des deux gaz séparément que par la couleur de la lumière. Il faut noter que, tant que l’azote ne prédomine pas absolument, le mélange se comporte presque comme si l’oxyde de carbone était seul. Un mélange de 15 parties d’azote et de 1 partie d’oxyde de carbone donne une couleur d’un blanc violet, tandis que, si l’on augmente un peu la dose du second gaz la lumière devient verte. Avec 32 parties d’azote et 1 partie d’oxyde de carbone, la lumière émise par la masse lumineuse est légèrement rosée ; avec 64 parties d’azote et 1 partie d’oxyde de carbone, la couleur est rose et il faut diminuer beaucoup plus la dose du second gaz pour que la décharge prenne la couleur rouge qu’elle possède dans l’azote pur.
- Quant à la forme de la masse lumineuse, elle diffère un peu de celle qu’on observe dans l’azote. La figure 5 (P = i9 mm,/>= 1/2 s.) montre une de ces masses, dans un mélange de 15 parties d’azote et de 1 partie d’oxyde de carbone.
- Aqote et hydrogène. — Ce mélange se comporte à très peu près comme le précédent.
- Azote avec une petite quantité d’autres gaz on de vapeurs. Air. — Si l’on ajoute à l’azote pur une petite quantité d’un gaz ou d’une vapeur qui, pris isolement, ne donne pas la décharge globulaire, ou qui ne donne que des masses lumineuses douces d’une grande vitesse, on observe les effets suivants.
- p.591 - vue 592/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 592
- Avant tout, la masse lumineuse diminue plus ou moins de grandeur, varie aussi de forme, mais surtout augmente de vitesse.
- Avec des additions successives du gaz étranger, on note d’abord une petite augmentation de vitesse de la masse lumineuse, qu’on peut encore, cependant, suivre à l’œil ; mais ensuite, leur mouvement devient si rapide que, pour le distinguer, il faut regarder la décharge dans un miroir tournant. En continuant à augmenter peu à peu la quantité de gaz étranger, la décharge prend la forme d’une étincelle ordinaire, on ne voit plus de
- Fig. 5 - Décharge globulaire dans un mélange d’azote et d'oxyde de carbone à la pression de 19 mm.
- masse lumineuse, même dans un miroir tournant très rapidement..
- En plus de cette modification visible, le potentiel nécessaire à la formation de la décharge globulaire augmente’, à égalité des autres conditions. A chaque nouvelle addition du gaz étranger, il faut donc augmenter la distance explosive de l’étincelle dans l’air, ou il faut diminuer la résistance du circuit de décharge puisque nous avons vu que ces deux conditions se compensent.
- Le mélange d’azote et d’oxygène composant l’air atmosphérique se comporte, comme nous venons de l’expliquer, c’est à dire que les potentiels nécessaires pour obtenir la décharge globulaire, sont plus grands que dans le cas de l’azote pur. Les masses lumineuses dans l’air sont d’un rouge moins purpurin, sont
- plus allongées et se meuvent plus rapidement que dans l’azote.
- Dans le cas de l’air atmosphérique, la quantité d’oxygcnc mélangé à l’azote est assez considérable, tandis qu’il suffit, pour les autres gaz, d’une quantité beaucoup plus petite pour modifier profondément le phénomène.
- Azote et méthane.— La figure 6 (P = 16 mm, ÿ=i/a s.) représente la décharge globulaire dans l’azote contenant une petite quantité de méthane. Comme on voit, la masse lumineuse est très grosse à la partie supérieure, et est accompagnée d’une auréole de lumière moins
- Fig. 6. — Décharge globulaire dans un mélange d’azote et du méthane à la pression de 16 mm.
- intense. Sa couleur n’est plus rouge pourpre, comme dans l’azote, mais rouge violacé,
- Azote et gaz d’éclairage, acétone, etc. —Une petite quantité de gaz d’éclairage (environ 1/30) ajoutée à l’azote, donne lieu à un phénomène des plus intéressants. La masse lumineuse (fig. 6) (P — 11 mm, p -=^s)> es* en“ core plus courte et arrondie que dans le cas précédent. En outre, l’auréole dé lumière pâle qui l’environne prend la forme d’un ellipsoïde qui, pour certaines pressions et certaines quantités de gaz d’éclairage ajoutées à l’azote, peut devenir presque exactement sphérique.
- En produisant une décharge prolongée, si la résistance du circuit de décharge n’est pas trop petite, la masse lumineuse, une fois produite, reste immobile dans le tube et est
- p.592 - vue 593/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 593
- visible tant que la machine électrique est en action. On peut obtenir deux (parfois plusieurs) masses lumineuses distribuées le long de l’axe du tube quand on augmente convenablement le potentiel. Bientôt, cependant, la dernière masse formée se retire vers l’électrode positive et y disparaît. A cet instant précis, l’autre masse, qui était fixe jusque-là, se meut aussi vers l’électrode positive, sautille vivement, puis reste immobile et visible en permanence.
- Si l’on dépasse un peu la quantité nécessaire de gaz d’éclairage, la masse lumineuse s’aplatit de haut en bas et devient instable: pendant sa présence dans le tube, elle oscille
- Fig. 7. — Décharge globulaire dans un mélange d’azote et de gaz d’éclairage à la pression de j 1 mm.
- plus ou moins rapidement dans la direction de l’axe du tube, d’une façon irrégulière et très curieuse.
- En substituant au gaz d’éclairage des vapeurs d’acétone, de chlorure d’éthyle ou d’acétate d’éthyle, on obtient des phénomènes analogues à ceux que nous venons de décrire.
- A^ote et hydrogène sulfuré. —L’azote avec quelques traces d’hydrogène sulfuré produit des phénomènes très brillants,mais instables, ce qui tient évidemment à des modifications chimiques du mélange. Les masses lumineuses sont rouges à leur partie inférieure et azurées à l’autre extrémité. Avec certaines proportions entre les deux gaz, elles assument la forme d’une comète, c’est à dire qu’elles sont formées d’un noyau azuré et d’une queue rouge qui diverge de celui-ci.
- Azote et brome, bromure d’éthyle, etc.—Les mélanges d’azote avec de petites quantités de bromured’éthyle, de brome, d’iodure d’éthyle, d’acétylène, donnent des masses lumineuses qui, pour certaines valeurs de la pression, ont des formes très différentes de celles que nous avons décrites jusqu’ici. C’est particulièrement avec des vapeurs de brome qu’on obtient des effets bien caractérisés ; cependant, les tubes employés, contenant de l’azote et des traces de brome, s’altèrent avec le temps et, après quelques semaines ou quelques mois, ils se comportent comme si le brome était en grande partie disparu, Il vaut donc mieux expérimenter avec un tube à décharges relié
- d’azote etdebrome à la pression de 15 mm.
- à l’appareil de la figure 4. A une pression convenable, qui est sensiblement celle de la vitesse minima du déplacement de la masse lumineuse, elles sont très brillantes, beaucoup plus petites que dans l’azote pur, douées d une plus grande vitesse de translation et, enfin, elles ont la forme de cônes dont la base est dirigée vers le bas, c’est à dire vers l’électrode positive.
- Lafigur#9 représente une de ces masses coniques en grandeur naturelle (P = 15 mm, Elle est très éclatante à la pointe et graduellement moins lumineuse vers la base ; elle est entourée d’une auréole plus pâle, particulièrement vers son sommet. La figure 6 (P = 15 mm, fi — gy s) et la figure 8 (P = 15 mm, fi — jLs) représentent, aux j de
- p.593 - vue 594/624
-
-
-
- 594
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- la vraie grandeur, d’autres masses lumineuses de la même forme.
- Pour peu qu’on augmente la distance explosive à l’excitateur, ou qu’on diminue la résistance, au lieu d’une décharge simple, on obtient une décharge composée comprenant un grand nombre de cônes lumineux, émanant l’un après l’autre de l’électrode positive. Le phénomène est alors vraiment beau à contempler . surtout quand on opère dans la demifobscurité. Regardé à quelque distance, il’offrc exactement l’aspect d’un de ces feux d’artifice appelés chandelles romaines.
- Cette facilité à produire plusieurs masses
- Fig. ÿ. — Décharges globulaires dans un mélange d’azote et de brome à la pression de 15 mm.
- lumineuses successives pour chaque décharge subsiste même quand on diminue un peu la dose de vapeur de brôme. Cette diminution a pourtant pour effet de rendre incertain le contour du cône à sa pointe, en sorte qu’il finit par se confondre avec son auréole. La masse lumineuse de la figure 11 (P — jq mm, ÿ = ^ s) ressemble alors un peu à celle qu’on obtient dans l’azote pur.
- La production des masses lumineuses coniques exige une certaine pression de gaz. Si celle-ci diminue, les masses deviennent plus grandes et diffuses ; si on l’augmente elles deviennent allongées et la pointe du cône se fond dans l'auréole comme dans le cas d’insuffisance de brome. La figure 12
- (P = 20 mm, gq s) représente l’aspect qu’elles offrent alors.
- Les figures 8, n, 12 et 13 représentent les masses lumineuses produites dans un tube de plus grandes dimensions que d’ordinaire, c’est à dire dont la longueur était de 57 cm et le diamètre de 5,5 cm ; dans des tubes plus petits, lesmasses lumineuses sont simplement plus réduites et plus brillantes. Cependant, le grand tube offre quelquefois un phénomène que je n’ai jamais pu obtenir dans des tubes plus petits : La masse lumineuse en s’éloignant de l’électrode positive y reste parfois réunie par une longue et brillante colonne lumineuse qu’on voit en figure 13 (P =^6 mm,
- Fig. 10. — Décharges globulaires dans un mélange d azote et de brome à la pression de 15 mm.
- P =gjs). Lorsque cette colonne disparait, la masse lumineuse devient fibre et continue son mouvement.
- Azote et tétrachlorure d’étain. — Dans l'azote contenant une faible trace de vapeur de tétrachlorure détain, les phénomènes sont très beaux ; leur richesse et leur variété ne permet pas de les décrire. Quand on ne produit que la décharge à éclat, on voit dans le tube une colonne de pâle couleur verte, ou azurée, suivant le potentiel, la résistance, etc. Quand, ensuite, la décharge globulaire se produit, la masse lumineuse, de couleur rosée ou rouge prend des formes variées suivant la pression et la proportion du tétrachlorure; elle change souvent pendant son mouvement.
- p.594 - vue 595/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 595
- Ainsi, à la pression à laquelle les masses lumineuses se meuvent avec la plus grande lenteur, chaque masse a, aussitôt après sa formation, la forme conique décrite plus haut ; mais aussitôt après, pendant qu’elle chemine vers la cathode, elle change graduellement de forme, en augmentant de dimensions, jusqu’à ce que, près de la fin de sa course, elle assume la même forme que dans l’azote pur ou celle de la masse qui se produit dans un mélange d’azote et de gaz d’éclairage.
- Oxyde de carbone el petites quantités d’un autre ga^ où d’une vapeur. — L’addition d’une petite quantité d’un gaz autre que l’azote à l’oxyde de carbone donne lieu à des effets
- Fig. ii. — Décharge globulaire dans un mélange
- d’azote et de vapeur de brome à la pression de 14 mm.
- similaires à ceux qu’on obtient par les mêmes additions à l’azote. De même, dans ce cas, le potentiel nécessaire à l’apparition de la décharge globulaire croît avec la quantité de gaz introduit, toutes autres conditions égales. La forme de la masse lumineuse semble varier de même que dans l’azote. Ainsi, si l’on ajoute à l’oxyde de carbone une très petite quantité de vapeur de brome, on peut obtenir des masses lumineuses qui ont la forme conique de la figure 9. Leur couleur est verte au lieu d’être rouge comme dans l’azote. Mais elles sont également brillantes et présentent les mêmes ca- r.aetères.
- Les tubes contenant le mélange d’oxyde de carbone et de brome, une fois préparés et
- scellés, se conservent beaucoup plus longtemps que ceux qui contiennent de l’azote et du brome. Des tubes préparés de cette façon n’ont montré aucune modification sensible après quatre ou cinq mois.
- J’ai pu obtenir des masses lumineuses coniques de couleur blanche en ajoutant des traces de brome à un mélange fait en faible proportion, d’azote et d’oxyde de carbone.
- VIII.
- Dans ce mémoire, je me suis borné à décrire simplement et fidèlement les faits obser-
- Fig. 12. —Décharge globulaire dans un mélange d’azote et de brome à la pression de 20 mm.
- vés, en m’abstenant de tout commentaire ou de toute considération théorique, car je n’ai pu découvrir, au cours de ces recherches, aucun phénomène duquel résultait un nouveau critérium relatif à l’explication des décharges globulaires. En même temps, aucun des faits observés ne semble s’opposer au rapprochement que j’ai déjà exposé dans le troisième mémoire déjà cité, entre les décharges globulaires, et les décharges dans les liquides.
- Un phénomène qu’on peut prévoir en se basant sur ce rapprochement et qu’il est facile de réaliser, est la production de décharges globulaires loin des électrodes et précisément où la colonne gazeuze présente une brusque réduction dans sa section (’).
- p.595 - vue 596/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 596
- Dernièrement, j’ai donné à l’expérience une forme plus commode en employant un tube de verre (fig. 14), muni d’électrodes A et B, long de 60 cm, large de 4, et contenant de l’azote à la pression de i<\ mm ; ce tube est étranglé en C à environ un tiers de sa longueur ; le diamètre de sa section intérieure, en ce point, est réduite à environ 1 cm. Quand la décharge passe, la partie étranglée C s’il-
- Fig. 15. — Décharge globulaire dans un large tube à la pression de 15 mm.
- lumine et en même temps se comporte comme un fil métallique isolé ; elle fait fonction d’électrode négative à sa partie inférieure et d’électrode positive a sa partie supérieure: tandis qu’une masse lumineuse se forme sur l’électrode positive B, et chemine jusqu’auprès de l’étranglement ; une autre (et souvent deux successivement) se forment à la partie supérieure de la luminosité qui remplit la partie rétrécie, et s’avancent vers l’électrode négative.
- L’explication que j'ai récemment donnée (’) de la formation des étincelles à la surface des liquides .semble pouvoir s’étendre aussi aux
- (1) Rend, délia R. Acc. dei l.incei, t. IV, série ^ a 3 mars 1895. L'Éclairage Electrique, du 6 juillet 1895, p. 2t.
- étincelles au sein des liquides conducteurs ou semi-conducteurs, et par conséquent, aux décharges globulaires, sinon qu’il reste entre ces deux formes dedéeharges cette différence que, tandis que l’étincelle à la surface ou dans le sein des liquides commence sur l’électrode et s’étend sans l’abandonner, les masses lumineuses, au contraire, s’en déta-
- Fig. 14. — Tube à électrodes pour la décharge globulaire.
- chent complètement. Mais, on pourrait, peut-être avec raison, considérer cette différence comme plus apparente que réelle, en admettant que la décharge existe toujours effectivement entre l’électrode et la masse lumineuse, même quand celle-ci en est éloignée, sous forme de décharge obscure, c’est à dire sans illumination sensible du milieu gazeux, Tout le monde sait, d’ailleurs, que dans les gaz, dans différentes circonstances, on observe de telles décharges obscures ou des régions que la décharge laisse dans une obscurité relative.
- 11 serait téméraire de tenter jusqu’ici une explication complète de la décharge globulaire. puisque cette explication devrait rendre compte, non seulement de la formation
- p.596 - vue 597/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 597
- des masses lumineuses et de leur mouvement. mais encore de la raison pour laquelle elles ne se produisent que dans peu de gaz, on pourrait dire presque exclusivement dans l’azote et dans l’oxyde de carbone. Quoique notre connaissance de la nature intime de la décharge électrique en général soit encore trop incomplète, il semble que la théorie électrolytique des décharges offre la plus grande vraisemblance, par rapport aux autres théories, et que l’on peut donc la prendre comme base de cette théorie. Dans ce cas, les diverses façons de sc comporter des différents gaz pourraient être considérées comme étant dues à la facilité différente avec laquelle les atomes composant leurs molécules peuvent se séparer les uns des autres ou se grouper pour former une nouvelle molécule, et à la rapidité différente du mouvement de ces atomes libres.
- A. Rigiii.
- Professeur à l’Institut Royal de Physique de l’Université de Bologne (Italie)
- REVUE
- DE LA PRESSE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Pompe pneumatique pour lampes à incandescence Berrenberg et Chaplin f)
- The Electrical Review du 24 janvier donne, comme plusieurs autres journaux anglais, la description d’une pompe pneumatique destinée à produire le vide dans les lampes à incandescence.
- Les deux pistons supérieurs P P1 et P P! de cette pompe représentée par la figure 1 sont actionnés par de l’huile sous pression et chacun entraîne une tige spéciale.
- Les deux pistons d’aspiration, respectivement entraînés par les pistons moteurs, se meuvent dans un même cylindre, l’un étant à l’intérieur de l’autre. Si, comme dans la
- (1) The Electrical Review (London), t. XXXVIII p. 104 ; 24 janvier 1896.
- figure 1, tous deux étant à la partie inférieure, le mouvement commence, les pistons montent ensemble, mais le piston extérieur O P atteint son bout de course et chasse l’air de l’espace S‘, avant que l’autre IP ait fini son ascension (fig. 2) ; ce dernier, en continuant à monter, chasse l’air de l’espace S’ en faisant le vide au-dessous de lui. Pendant la descente, le piston extérieur O P ferme le tuyau d’aspiration (fig. 3), tandis que le pis-
- l'g. i, s. 3." HC’;I1 C1 Cylindres à l’huile; P P1, P P! pistons moteurs ; E sortie de l’air; V> V» V* valves; A C cylindre à air; OP pistou extérieur I P piston intérieur ; A I entrée de.l’air.
- ton intérieur fait passer dans l’espace S1, où le vide existe, l’air situé au-dessous de lui. On obtient ainsi un vide plus avancé qu’avec les machines à un corps de pompe-
- L’étanchéité est obtenue en graissant les cylindres avec une huile spéciale dont on ne donne pas la composition. Pour éviter les fuites dans le tuyautage, chaque tube dans lequel le vide est produit est enfermé dans un autre tube et l’intervalle qui les sépare est empli de cette huile spéciale.
- Sur la figure 5 on voit la façon dont les lames placées en A, IB, C sont liées aux tuyaux venant de la pompe.
- Dans la pratique, deux pompes sont réu-
- p.597 - vue 598/624
-
-
-
- 5?8
- L'ECLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- nies et l’une fait le vide dans les lampes, tandis que l’autre vide l’espace S* de la première ; la figure 4 représente l’ensemble des deux pompes. En outre, on commence le vide au moyen d’une pompe auxiliaire.
- Dans les essais faits par le professeur Ayrton, des ampoules d’un volume intérieur total égal à celui de 265 lampes furent placés directement sur les tuyaux d’aspiration de la pompe principale (fig. 6). Un robinet h per-
- mettait d’établir la communication entre les tuyaux et la pompe auxiliaire. Celle-ci marcha pendant deux minutes, puis les ampoules furent reliées à la pompe principale.
- Le professeur Ayrton se servait pour mesurer la pression du manomètre de M.Leod. Il se compose de deux ballons réunis par un tube en caoutchouc. L’un d’eux est rempli de mercure, l’autre, terminé par un tube capillaire à sa partie supérieure, est relié dircctc-
- ment au tube d’aspiration par un tronc de cône semblable à celui du tube qui porte les lampes. Les constructeurs, MiU. Cetti, l’ont manomètre approximative
- fait de telle sorte que la pression soit 2 minutes 5,5 mm 1/90 900
- d’atmosphère quand il reste 1 mm de gaz à « » i,5 * 000
- la partie supérieure du tube capillaire, ; l’introduction du mercure dans le balio
- Fig.
- Pour établir une comparaison avec le vide des lampes actuelles il se servait en même temps d’un second appareil, composé d’une lampe munie d’un tube plongeant dans du mercure. Le diamètre de la bulle d’air restant dans la lampe donnait une idée approximative de la pression, et le diamètre était comparé à ceux des mêmes bulles trouvés dans des lampes ordinaires brisées dans du mercure.
- Voici les résultats obtenus :
- p.598 - vue 599/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 599
- Sur huit lampes cassées, on constata les diamètres suivants: pour la meilleure o, 15 cm. pour une autre 0,3 cm et celui des six dernières variaient de 0,625 à 1.25 cm, ce qui prouvait que le vide obtenu était meilleur que celui produit par les pompes actuelles.
- Le professeur Ayrton essaya de faire le vide malgré une fuite qu’il avait produite en ouvrant légèrement un robinet. Au bout de 21 minutes de fonctionnement, la pression était de --1—d'atmosphère comme précédemment.
- Pour vérifier l’étanchéité des conduits et voir ce qui se passerait si l’on était obligé
- d’arrêter la pompe, sans pouvoir fermer les lampes, M. Ayrton fit pomper jusqu’à ce que l’on ait obtenu d’atmosphère, puis l’a-
- telier fut fermé pendant 46 heures après lesquelles la pression était encore de — d’atmosphère et le diamètre de la bulle d’air était de 0,3 cm.
- Afin de s’assurer qu’une entrée rapide d’air ne pouvait pas causer d’avarie dans la pompe, M. Ayrton fit ouvrir un robinet pendant plus de temps qu’il ne fallait pour voir l’endroit endommagé et fermer le robinet qui le séparait du reste des conduits. 11 fit répéter deux fois cette opération et après chaque fois on obtint une pression de .qo3qqo d’atmosphère.
- 11 estime donc que cette pompe est très supérieure à celles existant déjà et qu’elle n’est soumise à aucune cause ordinaire d’avarie. G.
- Les locomotives électriques Baldwin-Westinghouse.
- La première des locomotives construites par ces deux puissantes compagnies a l’apparence d’une grande voiture de tramway. Elle a 11,60 m de longueur et 2,75 m de largeur. Toute la machinerie a été placée sur le truck et la caisse de la voiture ne contiendra que les appareils de contrôle et de commande; elle pourra en outre servir au transport des accessoires nécessaires « à bord » d’un train, ainsi qu’au transport des marchandises ou des bagages.
- Le truclc a 8 roues qui sont toutes motrices ; elles ont 1,07 m de diamètre. Chacun des 4 moteurs est d’une puissance normale de 200 chevaux, mais peut fournir sans danger pendant une longue période une puissance double. Ils attaquent les axes par un simple train d’engrenages ; cette disposition a été adoptée de préférence à l’emploi de l’attaque directe des essieux par les moteurs pour permettre l’emploi de moteurs d’un meilleur rendement, d’une plus grande durée et pour réduire le prix de revient. En fait, la locomotive du tunnel de Baltimore coûterait 250000 fr, tandis que la locomotive actuelle coûterait moins du tiers de ce prix tout en pouvant satisfaire à un service semblable.
- Le poids de ccttc locomotive est de 73 tonnes environ.
- Les moteurs ont été calculés pour fournir une vitesse de 120 km à l’heure, mais pourraient permettre une vitesse de, paraît-il, 200 km à l’heure.
- Toutes ces locomotives sont munies de freins à air alimentés par une pompe à air qui est placée sous la voiture et est actionnée par un moteur électrique. Elles peuvent être employées avec le trôlet ordinaire, avec le troisième rail, avec le système électro-magnétique de Westinghouse, ou avec le système polyphasé de Tesla.
- G. P.
- p.599 - vue 600/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 600
- Moteur marin, par Gerlach (1)
- Nous avons jadis décrit en détail les différentes tentatives qui ont été faites pour utiliser l’énergie des mouvements de la mer ; dénivellation des marées et force vive des vagues (*). Bien-que ces essais n’aient pas donné, jusqu'à présent, de résultats bien satisfaisants, il est intéressant de suivre les efforts des inventeurs dans cette voie, et c’est à ce titre, que nous décrirons les expériences que M. Gerlach exécute actuellement à Capitola, joli village des environs de Santa-Cruz, dans la Californie.
- Si l’on dispose une roue hydraulique à palette à la surface de la mer, elle tend à tourner dans une direction constante par suite de la force inégale des vagues à l’aller et au retour ; cependant son mouvement est irrégulier, et formé d’oscillations d’inégale amplitude dans un sens et dans l’autre. Pour obtenir un mouvement continu dans la même direction, on fait commander à cette roue un arbre muni d’un fort volant, au moyen de courroies et de roues à rochet et à cliquet. Avec une roue de 10,95 m de diamètre situé à 5 35 m de la grève. M. Gerlach put obtenir une puissance un peu supérieure à 22 che-
- Ce résultat parut suffisant à des capitalistes qui formèrent une société pour l’exploitation de cette invention. Une jetée avançant de 230 m dans la mer fut louée pour 20 ans et fut prolongée par une structure très solide de 61 m de longueur sur laquelle les appareils ont été installés. Ceux-ci se composent de deux grands secteurs de roue hydraulique montés à leur partie supérieure sur un axe horizontal pivoté à ses extrémités. Ces deux pendules sont montés dans le prolongement l’un de l’autre. Entre eux est situé un arbre horizontal muni d’un lourd volant. Chacun des pendules attaque cet arbre intermédiaire
- (1) The Jour?,al of Electricity (San Francisco), janvier 1896.
- {’) La Lumière Electrique, t. XLIV (14 et 28 mai 1892, 4 juin 1892) p. joi, 412 et 458 ; t. XLV, 27 août J 189a, p. 411.
- par deux chaînes engrenant à une extrémité avec des roues dentées fixées sur leur arbre horizontal et, à l’autre extrémité sur des roues dentées qui entraînent l’arbre du volant par l’intermédiaire de rochets et de cliquets ; ceux-ci sont disposés, sur chaque roue, pour agir en sens inverse. De la sorte, le mouvement d’aller et le mouvement de retour de chaque pendule imprime au volant un mouvement dans la même direction et les pendules peuvent osciller librement.
- L’arbre intermédiaire a 9,10 m de longueur et 20 cm de diamètre. Le volant a 10,36 de diamètre et pèse 27 240 kg ; sa circonférence est munie de gorges pour l’entraînement par cordes et a 1,22 m de largeur. L’arbre porte 4 roues à rochets, 2 pour chaque pendule, comme nous l’avons dit. Chacune de celles-ci a 1,52 de diamètre.
- Les pendules ou palettes sont montées sur des arbres de 20 cm de diamètre et de 4,70 m de longueur ; ces arbres peuvent recevoir un mouvement vertical de 5 m d’amplitude pour suivre les mouvements de la marée. Ce mouvement est assuré par des vis. Les palettes ont une largeur uniforme de 3,65 m et ont 2,75 m de hauteur ; il y a 3 palettes par pendule, ce qui fait une surface totale de 60 m* offerte à la vague par l’ensemble de l’appareil, Les pendules pèsent chacun 7300 kg environ et ont 9,75 de longueur; ils décrivent un arc dont la plus grande corde est de 3,65 m, et dont la moyenne est de 2 m à 2,50 m. Ils font 8 oscillations complètes par minute, c’est à dire que le volant reçoit 32 impulsions pendant le même temps.
- La puissance de cette installation serait de 200 chevaux environ.
- C’est certainement l’essai le plus intéressant qui ait encore été fait pour utiliser la puissance des vagues. G. P.
- Sur un phénomène particulier de l’arc électrique, par W. H. Fresdman (').
- Au cours d'une série de recherches effectuées sur l’arc électrique, l’auteur a observé
- (’j Electric Power, février 1896, p. 119.
- p.600 - vue 601/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 601
- le phénomène suivant, qu’il décrit sans donner les détails de l’expérience et qui semble assez extraordinaire.
- Si l’on maintient un arc voltaïque entre deux électrodes en cuivre et qu’on réduise graduellement le courant, on atteint bientôt une sorte de point critique. La nature de l’arc change et l’apparence de la flamme est très voisine de celle que présente la décharge d'une machine de Iloltz sans condensateur. Au lieu d’une lumière verdâtre brillante, on observe une lueur violet foncé. L’intensité du courant tombe à environ un tiers de sa valeur et la différence de potentiel entre les électrodes prend une valeur trois fois plus élevée que précédemment. En outre, si la distance est convenablement ajustée, ces changements peuvent se produire alternativement.
- Le fait le plus important est le suivant : quand la décharge est du second genre, si l’expérience dure un temps suffisant, l’électrode négative s’échauffe très fortement, jusqu’au rouge sombre, tandis que l’électrode positive reste comparativement froide.
- En répétant ces expériences avec des tiges en cuivre ou en laiton de 3 mm environ de diamètre, on a trouvé que ce point critique était atteint lorsque le voltmètre indiquait environ 350 volts et l’ampèremètre 0,06 ampère, la distance entre les électrodes étant très petite. Quand l’arc ordinaire se produisait, l’intensité du courant montait à 0,2 ampère et le voltage tombait à 100 volts. Quand la décharge présentait la couleur violette, l’électrode négative devenait rapidement rouge sur une longueur d’environ 1,5 cm. De l’ozone était dégagé en grande quantité.
- 11 semble que la nature du phénomène est complètement changée, et qu’on a affaire à une décharge ordinaire comme elle se produit dans les gaz. La production de ce phénomène dépend probablement de la volatilité des électrodes ; une certaine intensité minima du courant serait nécessaire pour volatiliser le métal; quand elle n’est pas atteinte et que le voltage est suffisant, la décharge change de nature par ce que la résistance augmente dès
- que les vapeurs et les particules métalliques dégagées de l’électrode disparaissent.
- L’échauffemcnt de l’électrode négative est très marqué et suffirait à lui seul pour témoigner du changement radical qui s’est produit dans le phénomène, car, dans l’arc ordinaire, c’est l’électrode positive qui est la plus chaude.
- G. P.
- Le prix de l’éclairage électrique par incandescence, par W. D. Marcks (’)•
- Sur la demande d’Edison, M.W. D. Marcks. Président de la Edison Illuminating G0, de Philadelphie, a établi les prix de revient de l’éclairage à incandescence et a indique dans quelle voie on peut en espérer la diminution. Cette question a été bien souvent traitée ; les chiffres suivants offrent pourtant un intérêt assez grand parce qu’ils sont déduits de l’exploitation d’une importante station centrale, dans une ville où les exigences de la municipalité sont très onéreuses.
- Pendant l’année commerciale s’étendant du itr juillet 1894 au itr juillet 1895, on a relevé les chiffres suivants :
- Nombre moyen de lampes installées .. 89 359
- Nombre total de lampes heures de 16
- bougies pendant l’année............. 62702714
- Recettes brutes pendant l’année (moteurs et lampes).................... 2 056 576,50 fr.
- Recette par lampe installée......... 24,00 fi.
- Les dépenses suivantes ne varieraient pas si le nombre de lampes installées était de 150000; appointements et salaires, loyers, assurance, impôts et redevances, intérêt, escompte et change, dépenses de bureau, fournitures d’atelier, frais généraux, réparations et conduite des moteurs et des dynamos, contrôle des installations intérieures, compteurs, entretien et réparation du réseau de distribution. Cependant pour atteindre cette capacité de 150 000 lampes, il faudrait augmenter la puissance des générateurs et la section des conducteurs, ce qui entraînerait une augmentation de capital de environ
- (’) The Electrical Engineer (N. Y.), 29 janvier 1896,
- p.601 - vue 602/624
-
-
-
- 6o;
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 1250 000 fr. La capacité maxima possible avec les installations actuelles est de 120000 lampes. C’est ce chiffre qu’on adoptera par la suite.
- Les dépenses suivantes augmentent avec l’intensité du courant vendu ; on peut admettre qu’elles lui sont proportionnelles : graissage et chiffons, remplacement des lampes, charbon (sous cette dernière rubrique doivent être compris le transport du charbon, le chauffage, les réparations des chaudières, etc.)
- En 189,-1, les dépenses ont été les suivantes : Charges fixes............. 663 389,95 fr.
- 440 663,90
- 7,40 fr.
- Total........ 12,35 fr.
- Les recettes étant de.............. 23 »
- Le bénéfice par lampe installée
- et par au est donc de........ 10,65 fr.
- Voyons maintenant quels résultats on pourrait obtenir dans de meilleures conditions d’exploitation, c’est à dire dans quel sens l’exploitation doit être conduite.
- Admettons d’abord que le nombre de lampes installées soit de 120 000, la durée moyenne d’allumage restant la même (environ 2 heures par jour). Les recettes par lampe seraient les mêmes ; les dépenses ne diminueraient que parce que les charges fixes se répartiraient sur un plus grand nombre de lampes. Les résultats seraient les suivants :
- Recettes annuelles, par lampe..... 23 fr.
- Dépenses fixes, par lampe.......... 5,55 fr.
- Dépenses proportionnelles, par lampe 4,95 fr. 10,50 Bénéfice............................ 12,50
- soit, pour 120000 lampes, un bénéfice total de 1500 000 fr. Le capital engagé étant de 10000000 fr, on peut admettre que ce bénéfice, qui permet de distribuer un dividende de 10 pour 100, peut être pris comme limite maxima : il n’est pas excessif. L’avantage qu’on peut retirer de l’augmentation du nombre de lampes installées ne permettrait donc pas de diminuer les prix de vente.
- Il n’en est pas de même de l’augmentation de la durée moyenne d’allumage. Dans ce cas, en effet, les recettes augmentent beaucoup et, partant, les bénéfices. Le tableau suivant résume les calculs.
- Tableau I
- Dépenses et profits annuels pour 120000 lampes installées, en fonction de la durée moyenne.
- Durée moyenne d’allumage Recetles parPlainpe Bénéfices Btotfr
- parjour par an
- 2 730 2.3,95 10,80 '3>l5 ,578000
- 4 I 460 47,9° 15,80 32,10 3852000
- 6 2 190 7*>85 20,90 5M5 6 114 000
- 8 2920 95 >75 26,05 69,70 8 364 000
- 10 3650 119,70 3LI5 88,55 10626000
- n 4380 143,60 36,30 107,30 12 876 000
- 34 8 760 187,30 67,05 220,25 26430090
- Si l’on admet, comme nous le disions plus haut, que le bénéfice annuel doit être limité à 1 500 000 fr. (15 pour 100 du capital engagé), on voit que l’on pourrait faire sur les prix actuels une diminution correspondant aux escomptes suivants (tableau II).
- Tableau II
- lion des durées Escompte
- 4 60 pour 100
- 6 75 »
- 8 8s »
- 10 85 »
- 12 88 »
- 24 94 »
- En réalité, on ne pourrait accorder que des escomptes moitié plus faibles, parce que la station centrale est établie dans la supposition que la moitié seulement des lampes installées sont allumées simultanément et que par conséquent, pour pouvoir allumer toutes les lampes simultanément, il faudrait doubler le materiel, c’cst à dire le capital.
- Les chiffres suivants ont été obtenus en admettant que la consommation des lampéà
- p.602 - vue 603/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 003
- était de 50 watts. Edison demandait quels seraient les prix que permettrait d’obtenir l’emploi de lampes à faible consommation. En admettant qu’on puisse obtenir un rendement de 20 lampes par cheval, c’est à dire que les lampes consomment 37,5 watts, une station centrale d’une capacité de 150000 lampes actuelles pourrait en alimenter 200 000; les charges fixes resteraient les mêmes au total ; elles se réduiraient donc à 3,30 fr par lampe. Le capital serait porté à 11 2 5 0 000 fr ; les bénéfices annuels devrait donc être de 11 250 000 X 0,15 = 1 687 500 fr- Si la durée des lampes était la même qu’à l’heure actuelle, les dépenses proportionnelles, par lampe heure vendue seraient réduites aux 3/4 des dépenses précédentes, soit à 0,5269 centime ; avec une durée annuelle d’allumage de 701,7 heures, les dépenses proportionnelles seraient donc de 3,70 fr, ce qui porterait les dépenses totales annuelles par lampe installée à 7,00 fr. Il faudrait donc que les 200 000 lampes installées rapportent 200 000 X 7 + 1 687 500 — 3 087 5oofr, c’est à dire 15,4ofr par lampe installée. Cela remettrait la lampe heure de 16 bougies à 2,15 centimes, ou le carcel heure à 1,35 centime, c’est à dire à un prix de beaucoup inférieur à celui de l’éclairage au gaz.
- G. P.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Société de physique de Londres.
- Séance du 20 mars i8gô.
- M. J. H. Reeves donne la lecture d’une Note Sur une addition au pont de Wkeatstone pour la détermination des faibles résistances. L’appareil décrit peut être employé pour mesurer la résistance des longueurs de l’ordre du mètre des conducteurs de faible résistance; il consiste en un galvanomètre sensible, une boîte de résistance du modèle employé par le Post-Office et un pont métrique. Il diffère du pont ordinaire de Lord Kelvin en ce que, au
- lieu d’établir la balance en faisant varier la longueur du conducteur-étalon entre les deux contacts, la distance entre ces contacts est maintenue constante ainsi que la longueur du conducteur à mesurer ; on l’obtient en modifiant d’autres résistances dans le réseau. L’auteur a fait, 'avec cette disposition, de nombreuses. expériences qui. démontrent que la résistance métrique des longueurs de conducteurs de cuivre entre les limites du n° 22 S. W. G. et un câble toronné du n° 7, peuvent être déterminées avec une exactitude de 0,1 pour 100.
- M. Reeves lit aussi une note sur la valeur exacte de l’étalon de Matthiesscn,
- Le prof. Gray dit que l’auteur a, dans ce dispositif, combiné l’étalon de Matthiessen avec les modifications apportées par Hocking au pont ordinaire, il en résulte une accélération notable de l’expérience par suite de la réduction des opérations nécessaires en employant le pont de Kelvin.
- Le professeur ajoute que lui-même et peut-être d’autres ont employé la méthode de Reeves, mais la Note de ce dernier n’en est pas moins d’une grande utilité parce qu’elle démontre qu’avec ce procédé, on réalise une économie de temps tout en se servant d’appareils déjà existants.
- Le prof. Ayrton admet que l’avantage delà méthode décrite est indépendante de la résistance des contacts. Dans la méthode de Carrey Eoster, par exemple, il faut interchanger les bobines, ce qui peut faire naître quelque incertitude par suite des variations de la résistance dans les contacts à mercure. Quoique les coupelles à mercure et les plaques de cuivre du fond de l’appareil soient nettoyées journellement et les contacts réamalgamés, la résistance de ces coupelles est très variable. Quant à la question de l’étalon de Matthiessen, il est bon de se rappeler que la conductibilité spécifique du cuivre a toujours été en s’accroissant. Ce fait est particulièrement remarquable dans le cuivre préparé d’après le procédé d’Elmore qui consiste, comme on le sait, à faire passer, pendant le dépôt du mé-
- p.603 - vue 604/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 604
- tal, un brunissoir en agathc d’une façon continue sur la surface du métal. Fitzpatrick a expliqué l’accroissement de conductibilité du cuivre en supposant que la densité du cuivre fabriqué aujourd’hui estplus grande que celle du cuivre employé par Matthiessen ; cette explication parût satisfaisante au .moment où elle a été émise. Les expériences dcM. Rccvcs prouve définitivement que là n’était pas la véritable explication, puisqu’il est possible maintenant d’obtenir du cuivre ayant une conductibilité de 103 sur l’échelle de Matthiessen.
- Le professeur Carrey Foster explique qu’en employant sa méthode, l’exactitude du résultat ne dépend pas de l’élimination de la faible résistance des coupelles à mercure, mais de la constance de la résistance. Matthiessen et le DT Russel ont trouvé que la densité spécifique du cuivre est sujette à baisser à cause de la présence d’oxyde en dissolution, et ils furent les premiers qui firent passer du gaz hydrogène dans le métal en fusion pour en chasser cet oxyde.
- M, Appleyard montre un diagramme de la disposition adoptée par M. Reeves, et fait en même temps remarquer qu’on pourrait probablement obtenir de meilleurs résultats avec un galvanomètre de 1 ou 2 ohms de résistance.
- Le secrétaire donne ensuite lecture d’une Note de M. Puluj sur les rayons cathodiques.
- M. Puluj montre quelques épreuves photographiques obtenues par une forme de tube de Crookes décrite par lui dans un Mémoire publié en 1889. Avec ce tube il pût obtenir des impressions après deux secondes de pose. M. Puluj admet que les particules arrachées de la cathode et qui transportent les charges électrostatiques négatives, par leurs chocs sur les parois du verre ou de l’écran, égalisent leurs charges électriques, et qu’il en résulte un trouble non seulement dans les molécules matérielles mais aussi dans l’éther qui les enveloppe. Chaque portion du verre ou de l’écran qui reçoit le courant cathodique devient le point de départ des ondes d'éther,
- lesquelles selon leur période ou leur caractère d’oscillations, sont des rayons de Roentgen visibles ou non. Les oscillations des rayons invisibles peuvent se faire dans une direction longitudinale mais il a été impossible d’établir l’exactitude de cette hypothèse.
- La séance se continue par la lecture d’une note de MM. Ackroyd et Knowles sur la perméabilité des rayons Roentgen.
- Les auteurs de cette note ont exposé un plateau sur lequel plusieurs morceaux de métal, d’oxydes et de sulfates étaient soumis aux rayons Roentgen, pour savoir si la perméabilité de ces corps aux rayons dépendait du poids atômique ou moléculaire.
- L’expérience démontra que l’opacité croît avec le poids moléculaire.
- M. Blakesley considère les rayons de Roentgen comme une propagation d’une perturbation électrostatique dans l’espace. Quant à la non réfrangibilité de ces rayons, il dit avoir observé dans l’une des épreuves photographiques montrée par M. Swinton, une ligne noire sur le bord de l’ombre d’un crayon de bois, laquelle pouvait être due à la réfraction -des rayons par le bois, mais il s’aperçut que cette ligne provenait du vernis du crayon. D’autres photographies de fragments de quartz et d’é-bonite ne montraient pas ces lignes noires mais au contraire une légère ligne claire sur le bord de l’ombre, laquelle indiquerait que la réfraction des rayons était moindre dans les fragments que dans le milieu environ-
- M. Edser montre quelques photographies prises avec le tube Jackson (tube dans lequel la cathode est concave) et dit que la partie entière du tube sur le côté cathodique de la plaque de l’anode devenait phosphorescente, de sorte que les rayons de Roentgen semblent partager le caractère de la lumière diffuse.
- Cette opinion est combattue par M. Ayrton car, d’après M. Jackson, les 'rayons cathodiques formeraient un faisceau parallèle, et ne se rassembleraient pas en un foyer pour diverger ensuite.
- M. Gardner fait observer qu’il peut s’élever
- p.604 - vue 605/624
-
-
-
- REVUE D’ELECTRICITÉ
- 605
- quelque doute à ce sujet, car quand on emploie une cathode concave les rayons sont rassemblés en foyer et divergent ensuite.
- La phosphorescence de la paroi intérieure du tube serait due à l’électricité parcourant la surface intérieure du verre.
- Divers autres membres font, à propos des rayons de Roentgen, plusieurs observations relatives à des faits connus de nos lecteurs.
- Images stéréoscopiques de Roentgen, par Elihu Thomson (1).
- En expérimentant sur les rayons Roentgen, l’auteur s’est demandé s’il ne serait pas possible d’avoir sur les photographies la position dans l’espace de différents objets solides fondus dans ces ombres, par exemple d’obtenir deux images qui, placées dans un stéréoscope, présenteraient les objets en relief. Un tel résultat serait évidemment d'un intérêt capital dans un examen chirurgical, pour indiquer la position relative dans l’espace des parties d’un os ou d’un corps étranger dans l’os. Les images ordinaires de Roentgen . n’étant que des ombres sur une surface plane, il est impossible de déduire d’une telleimage si un objet ou une partie d’un objet se trouve devant ou derrière un autre. Or il n’y a, en réalité, aucune difficulté à en déterminer la position réelle en se servant d’images stéréoscopiques et la première expérience faite par l’auteur fut couronnée de succès; les objets apparurent avec un relief nettement accusé.
- Le procédé consiste simplement à exposer la plaque couverte de la façon ordinaire et de répéter l’expérience avec les mêmes objets après avoir déplacé le tube de Crookes relativement à sa position première. Les rayons traversent ainsi les objets dans deux directions un peu différentes et les ombres sont formées pour chaque direction. Les épreuves positives des négatifs ainsi obtenus sont disposées pour être employées dans le stéréoscope. L’effet est, paraît-il, très curieux ; des clous
- ou des vis enfoncés dans diverses directions dans un morceau de liège ou de bois, apparaissent nettement dans leurs positions respectives.
- Lorsque l’objet est formé de deux fils fortement isolés et tordus, les fils métalliques seuls apparaissent, mais écartés l’un de l’autre dans l’espace, quoique tordus ensemble.
- Les os de deux figures superposées deviennent visibles dans leurs positions respectives ; on peut ainsi obtenir le squelette complet d’une souris ou d’un autre petit animal.
- Rien n’empêcherait d’ailleurs de voir directement des images stéréoscopiques en relief en se servant de deux écrans fluorescents (ou même un seul écran) placés devant l’œil et en disposant dans le tube de Crookes deux cathodes mises alternativement en rapport avec la source d’électricité avec une grande rapidité, tandis que deux petits volets seraient synchroniquement ouverts et fermés devant chaque œil respectivement ; un des yeux recevrait toujours l’impression donnée par les rayons de l’une des cathodes, tandis que l’autre œil recevrait toujours l’impression produite par les rayons de l’autre cathode ; il en résulterait ainsi une image stéréoscopique.
- Cette méthode de production d’effet stéréoscopique est d’ailleurs analogue à la suivante qui a été employée avec succès pour les tableaux de la lanterne magique : deux lanternes sont disposées pour projeter sur un même écran deux images lumineuses superposées et qui sont stéréoscopiques l’une à l’autre ; une série de diaphragmes passent devant les tubes des lanternes synchroniquement avec d’autres diaphragmes passant devant les yeux des spectateurs, de sorte que chaque œil reçoit toujours l’image correspondante de l’écran; il en résulte un relief très accusé des images.
- Machine de Holtz à influence, par Schmidt et Hans Rtihlmann (’).
- Les auteurs ont cherché à augmenter le
- (') Vie Electricien, t. XXXVI, p. 661, 13 mars 1896.
- (') Wied. Ann., t. LVI, p. 166, 1895.
- p.605 - vue 606/624
-
-
-
- 6o6
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- débit d’une machine de Holtz en accroissant le nombre des dents des peignes reliés aux inducteurs de la machine et les dimensions des armatures de papier des disques fixes. Le ralentissement de la marche du moteur qui active la machine indique immédiatement que cette modification exerce une influence notable. On a fait des mesures en fermant les pôles de la machine sur un galvanomètre. En doublant le nombre des dents et des peignes et portant à 750 l’angle des secteurs de papier, on accroît de 20 pour 100 et même 25 pour 100 le débit pour un vitesse donnée.
- Les auteurs ont étudié accessoirement l’influence de la vitesse sur le débit ; la quantité d’électricité débitée par tour de machine est donnée par la formule :
- a et b étant les quantités positives.
- C. R.
- BIBLIOGRAPHIE
- Leçons de Physique à l'usage des élèves de I3 classe de mathématiques spéciales, des candidats aux Ecoles Polytechnique et Normale, à la licence et à l'agrégation des Sciences Physiques, par G. Fousshiuîai:. — Optique, mi vol. iti-8, de 453 pages. — Société d’éditions scientifiques, 4, rue Antoine Dubois.
- Ces leçons sont divisées en quatorze chapitres traitant les sujets qui suivent : Propagation de la lumière ; Réflexion de la lumière ; Miroirs sphériques ; Lentilles infiniment minces ; Etude des systèmes dioptriques centrés ; Théorie générale des caustiques; Dispersion de la lumière ; Vision ; Instruments d’optique; Microscopes; Télescopes; Mesure des indices de réfraction ; Vitesse de la lumière. Le programme étroit et ingrat des matières de la classe de mathématiques spéciales, pour laquelle le livre est plus spécialement écrit, exige, avant tout, de la part du professeur, beaucoup de netteté et de précision, et ne lui permet guère de raviver l’intérêt par l’exposé et la discussion des recherches nouvelles. Les qualités nécessaires, M. Fous-sereau a montré dans de longues années
- I d’enseignement qu’il les possède ; la clarté et l’élégance des démonstrations que renferme ce livre en est une nouvelle preuve. L’auteur a su aussi, avec toute la sobriété necessaire, indiquer quelques travaux récents ; les expériences de x\i. Dufet sur l’indice des mélanges de sels, les recherches de M. Schumann sur l’ultraviolet extrême, la découverte de l’hélium, la théorie sur la perception des couleurs de M. Darzens, etc. Enfin nous signalerons, parmi les parties plus particulièrement originales de l’exposition, la généralisation des notions de clarté, de champ et de grossissement, qui permet d’appliquer à tous les instruments une définition commune et l’étude des defauts d'œil, où l’on indique, dans chaque cas, une grandeur dont la valeur numérique mesure séparément chaque imperfection. C. R.
- CHRONIQUE
- Essais de projecteurs électriques en Espagne et en Turquie. — Des expériences récentes ont été faites, en Espagne et en Turquie, sur l’exploration nocturne des lieux éloignés à l’aide de projecteurs puissants. D’après le Journal de l’Electricité, à qui nous empruntons les détails qui suivent, les résultats de ces expériences ont été très satisfai-
- En Espagne, on se servait d’un projecteur du système du colonel Mangin, de 0,75 m de diamètre. Ce projecteur était porté par un chariot spécial avec les câbles et les accessoires, et sur une deuxième voiture se trouvaient la chaudière et le générateur d’clectricité, un turbo-moteur produisant un courant de xoo ampères et de 70 volts. Des exercices.de tir, pour l’artillerie et l’infanterie, furent institués en pleine nuit, et on constata que les observations étaient aussi faciles que le jour, et que le tir pouvait être rectifié aussi rapidement. L’artillerie avait commencé à tirer à }000 m, et l’infanterie à 2 000 m.
- Mais l’éclairage des objets à été suffisant à des distances bien plus considérables, c’est ainsi qu’à 9 kilomètres il fut possible d’éclairer et de reconnaître une tourelle blanche, bien que, pour atteindre ce point, le faisceau fût obligé de traverser l’atmosphère d’une ville.
- p.606 - vue 607/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITE
- En Turquie, il s’agissait de mesurer les portées de projecteurs électriques destinés à l’éclairage des bâtiments de la Hotte et à la défense des côtes.
- Deux systèmes étaient en présence : celui du colonel Mangin et un projecteur à miroir parabolique de construction allemande. Les deux appareils avaient le même diamètre : o,6om. Le courant employé avec le projecteur Mangin était de 85 ampères; il était de 75 ampères avec le projecteur allemand.
- Le projecteur Mangin était commandé à distan ce au moyen d’un courant électrique actionnant un moteur installé dans le socle et d’un manipulateur formé de deux leviers, l’un pour le mouvement latéral, l’autre pour le mouvement vertical.
- Avec cet appareil, à 3000 m, des barques de pécheurs, dans le fond du golfe d’Ismidt, les gens eux-mêmes, les filets, les supports des filets, tous les détails en un mot, furent visibles à l’œil nu comme en plein jour. A 6 000 m, le faisceau lumineux fit sortir de l'ombre un village situé sur une montagne, assez nettement pour qu’on pût compter les fenêtres des maisons. Enfin à 6 500 my on put reconnaître à son gréement un brick-goëlette mouillé derrière la pointe du golie. La coque de ce navire était masquée par la terre et ses mâts seuls étaient démasqués. Les expériences se terminèrent par l'éclairage d’un torpilleur peint en noir, dont les rapides évolutions purent être suivies sans peine jusqu’à une certaine distance de
- Avec le projecteur de fabrication allemande, il futimpossible d’obtenir les portées précédentes. Au delà de 4 500 m, les objets n’étaient plus visibles à la lunette. C'est à peine si à 5 000 m, on put distinguer la côte sud du golfe, que l’on voyait clairement à l’œil nu avec le projecteur Mangin.
- Frein pneumatique pour tramways électriques. — Dans son numéro du 8 février, la Revue Industrielle décrit un frein pneumatique pour tramways de la Genett Air Brake O, de Chicago, dont un modèle est spécialement construit pour les tramways électriques où le peu de place laissée par les moteurs sur les essieux des roues rend assez difficile l’adaption d’un frein pneumatique.
- Cet appareil comprend une pompe de compression, un réservoir auxiliaire d’air comprimé, un réservoir principal, un cylindre à frein et enfin un robinet, placé sous la main du conducteur, per-
- mettant de faire communiquer entre elles ou avec l’atmosphère ces diverses parties. La pompe de compression est mise en mouvement par un excentrique actionné par l’un des essieus. Le corps de pompe porte deux soupapes d’aspiration, deux soupapes de refoulement et un régulateur de pression qui maintient ouvertes les soupapes d’aspiration quand la pression dans le réservoir intermédiaire a atteint une certaine pression, de sorte que le piston de la pompe de compression se meut alors sans rencontrer d’autre résistance que son frottement.
- Le robinet distributeur est analogue au robinet Westinghouse. Quand il est dans la position de marche, l’air envoyé par la pompe dans le réservoir auxiliaire, passe dans le réservoir principal qui se charge ainsi jusqu’à la pression maximum. En tournant ce robinet d’une fraction de tour, on met le réservoir principal en communication avec le cylindre à frein, ce qui applique les sabots et ferme la communication entre les deux réservoirs. Pour desserrer les freins, on continue à tourner le robinet dans le même sens, ce qui permet l’échappement de l’air contenu dans le cylindre à frein, tout en continuant à isoler les deux réservoirs. La pression initiale se trouve ainsi maintenue dans le réservoir auxiliaire et les clapets d’aspiration restent levés, de sorte que l’on n’a pas, au moment du démarrage, à fournir à la pompe le travail nécessaire à la compression de l’air. Ce n’est que lorsque la vitesse normale est atteinte que le conducteur, en remettant le robinet dans sa position première, rétablit la communication entre le réservoir auxiliaire et le réservoir principal ; la pompe fonctionne alors et ^compense la perte de pression due à l’application des sabots.
- Dans un autre modèle de frein, les constructeurs ont enfermé l’excentrique à l’intérieur d’une caisse métallique étanche, remplie d’huile, qui sert de base au compresseur et qui est simplement suspendue au châssis de la voiture. Cette disposition évite l’action destructive de la poussière et assure un graissage abondant, mais elle exige un emplacement disponible d’au moins 30 cm entre le moyeu d’une roue et la dynamo.
- Ces deux modèles paraissent fort bien étudiés et répondre parfaitement aux exigences du service des tramways.
- Le téléphone et la police. — Il nous vient d’Amérique une bien bonne histoire qui eût fait la
- p.607 - vue 608/624
-
-
-
- 6o8
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- fortune d'un romancier et qui prouve une fois de plus tout le parti que la police peut tirer des moyens actuels de communication rapide.
- Pendant la nuit du 27 décembre dernier, on vola dans la propriété de M. Burden, pour 325 000 fr de diamants. Le propriétaire informa la police, et, suivant la coutume américaine, fit publier dans les journaux quotidiens la mirifique annonce que voici :
- « 50 000 francs de récompense à qui fera rentrer en possession des objets pris à 5 East 26,h Street, dans la nuit du vendredi 27 Décembre ; une libérale récompense sera payée pour toute information facilitant le recouvrement des objets en question. On peut communiquer en toute confiance avec le propriétaire ; aucune question ne
- Nous n’insisterons pas sur ce que cette annonce a d’étrange, surtout la dernière phrase; de tels compromis sont fréquents dans la libre Amérique. Ce qui nous intéresse, c’est ce qui suit:
- Parmi les innombrables lettres reçues, il en était une qui attira l’attention ; le rédacteur affirmait savoir où étaient les diamants et pouvoir les faire restituer ; il s’entourrait de précautions minutieuses et demandait à communiquer par téléphone. « Donnez-moi par voie d’annonce dans les journaux le N“ d’un téléphone où je pourrai vous appeler à un jour et à une heure déterminés. » Comment, en effet, savoir quel était le téléphone appelant, et comment, par conséquent, arrêter le correspondant. Cela paraissait impossible. Voici comment on y parvint.
- L’agent de police Evanhœ s’entendit avec le directeur du bureau central téléphonique. Celui-ci conseilla de donner le Nn 1765 ; dans ce local deux téléphones sont placés l’un près de l’autre à moins de 2 m de distance et reliés avec le même bureau central. Le jour dit, à l’heure fixée,le mystérieux correspondant appela. A l’aide du second téléphone, l’agent de police prévint le directeur du bureau central. Celui-ci demanda à ses employés « qui a le N" 1765 ?» — « 42 Cortlandt ». Le directeur demanda alors au bureau de Cortlandt: «Qui est en communication avec le N° 1765 ?» — « 2840 Cortlandt ». Le Directeur vit dans la liste des abonnés que le N° 2840 Corlandt était l’appareil de MM. Lewisohn Brothers, négociants en métaux, 81 Fulton SL II avertit l’agent Evanhoe et le mit en communication avec le poste central de police; celui-ci, par le réseau privé de
- la police, est en communication avec tous les postes de quartiers. Il avertit le poste le plus voisin de Fulton Street ; deux agents furent dépéchés qui arrêtèrent le voleur supposé. Le tout fut si rapidement fait que l’arrestation eut lieu tandis que l’homme était encore à l’appareil.
- En même temps, le Directeur regarda sur la carte du réseau téléphonique où était l’abonné le plus voisin ; il le pria de prendre le signalement de la personne à l’appareil, ce qui fut fait (!); de la sorte si les agents étaient arrivés trop tard, on savait au moins à qui l’on avait à faire.
- Dire l’étonnement du prévenu quand il se vit arrêté, c’est inutile : les agents eux-mêmes ne savaient pas pourquoi ils l’arrêtaient. C’était un employé de la maison Lewisohn. Il commença par nier, mais dût reconnaître qu’il avait communiqué avec M. Burden. On le laissa en liberté provisoire pour mieux le filer et arrêter la bande entière.
- Décidément, il n’y a plus de sécurité.... pour les voleurs.
- Accident à une génératrice de 1 500 ktx>. — La description suivante d’un accident arrivé dernièrement à la station centrale de l’Union Depot Rail-road Company, de Chicago, montre toute l’importance qui s’attache à l’emploi des appareils de sûreté dans les stations centrales où ccs gigantesques appareils, d’une puissance de 2000 chevaux sont employés.
- Un court circuit s’étant produit, la dynamo, en un instant, fut en flammes ; celles-ci s’étendaient à 5 ou 6 m de chaque côté de la machine et jusqu’à la hauteur du plafond. La machine faisait 75 tours à la minute et le volant avait 7,60 m de diamètre. Les valves de commande du moteur étaient dans la zone enveloppée par les flammes tournantes et ce n’est qu’au prix du plus grand danger que l’ingénieur put arrêter la machine.
- Un incendie qui s’était déclaré put heureusement être éteint avant d’avoir pris de grandes proportions. La machine et ses deux moteurs coûtait 500 000 fr ; les réparations dépasseront 50000 fr. Grâce à l’emploi de machines de rechange, de plus petites dimensions, les seules disponibles, le service ne fut arrêté que pendant 40 minutes.
- L'Éditcur-Gérant .-Georges CARRÉ
- p.608 - vue 609/624
-
-
-
- TABLE DES MATIERES
- Appareillage.
- Excitateur statique inverseur. — Debédat. , 398
- Interrupteur inverseur rapide. — Debédat. . 598
- Commutateur Hopkinson. ..................... 500
- Polisseur de contact Crompton et Adams. . 501
- Régulateur Moore pour lampes à incandescence. — W. A. Anthony . . . . 405
- Câbles Ferranti..........................40a
- Câbles Nisbett...........................404
- Plombs fusibles mobiles Moy..............404
- Rhéostat à grande marge................. 560
- Volant en fer........................... 168
- Production du vide dans les lampes à incandescence .................................... 189
- L’emploi du glucinium en électricité.... 528
- Appareils et méthodes de mesure.
- Appareil de compensation pour la mesure des forces électromotrices. — A.
- Raps................................. 92
- Compteur Harris...............................166
- Compteur différentiel Cooper...................462
- Ampèremètre Binswanger et Stanly .... 166
- Sur les dimensions des unités électriques et
- magnétiques. — A. Perrin. . . . 188
- Contrôle des installations électriques au point
- de vue de la sécurité................ . 271
- Détermination de la fréquence des courants
- alternatifs. — Th. Wulf...............563
- Concours pour un compteur d’électricité. . 572
- Applications mécaniques de l’électricité.
- Applications mécaniques de l’électricité. —
- G. Richard............................ 100
- Un pont roulant électrique..................... 48
- Roulage électrique dans la houillière d’Ear-
- nock, —R. Robertson ...... 100
- Perforatrice Keith........................... 105
- Burin Fonda...................................106
- Trieur magnétique Carta...................... 107
- Trieur électromagnétique Anderson .... 107
- Drague électrique............................ 107
- L’électro-aimant comme appareil de levage. 191
- Le bateau sous-marin Le Goubet................239
- Application de l’électricité au pointage latéral des tourelles..............................366
- Un ascenseur électrique au Mont Blanc. . . 527
- Indicateur d’arrêts pour bateaux..............576
- Applications thermiques de l’électricité.
- Le chauffage électrique. ....... , . 239
- Le recuit électrique des cuirasses de navires.
- — Hermann Lemp.......................274
- Thermophone. — H.-S. Warren et G.-C.
- W hippie ............................326
- Pyromètre électrique Simond...................326
- Sur l'historique de la soudure électrique. —
- C. Raveau............................481
- Biographie.— Bibliographie. — Nécrologie.
- Leçons sur la production industrielle de l’énergie électrique, parE. Gossart.—
- J. Blondin........................... 45
- Essais sur la philosophie des sciences, par
- E. de Freycinet. — E. Raverol. 46 371 Elettricita e magnetismo, par Rinaldo Ferritii 46 Contrôle des installations électriques au point de vue de la sécurité, par A. Monmerqué. — G. Pellissier. . 93, 476
- La mécanique générale américaine à l’exposition de Chicago, par G. Richard. 94
- p.609 - vue 610/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Die Lchre von der Elektricitat, par G. Wie-
- demann. — Ch. Maurain . ... 184
- Annuaire du Bureau des Longitudes. —
- J. Blondin..................... 187
- La Dynamo, par C C. Hawkins et F. Wallis.
- — A. Hess.......................284
- Production industrielle des courants alternatifs, par J. Pionchon ........................381
- Elektro-mctallurgie, par le Dr W, Borchers. 381
- Leçons sur l’électricité, par Eric Gérard. . . 381 Traité théorique et pratique des courants alternatifs industriels, par F. Loppé
- et R. Bouquet...................382
- Utilisation industrielle de l’énergie électrique. par E. Gossart................. 382
- Physik des Aethers, auf elektromagnetischer
- Grundlage, par Drude.— C.Raveau 426 Die Ankerwickungcn and Ankerkonstrucktio-nen der Gleichstrom Dynamomas-
- chinen, par E. Arnold............. 428
- Electrical Trades’ Directory and Handbook,
- for 1896...........................478
- Le potentiel thermodynamique et ses applications à la mécanique chimique et à l’étude des phénomènes électriques, parP. Duhem............................479
- Dictionnaire de chimie de Wurtz (article
- Electrochimie).....................479
- Mesures électriques, par Eric Gérard. —
- E. Boistel.........................522
- Journal sur le magnétisme terrestre .... 528
- Leçons sur l’Electricité et le magnétisme, par
- . . E. Mascart et J. Joubert............. 572
- Petite encyclopédie électromécanique, par
- H. de Graffigny •............ . . . . 572
- Les merveilles aériennes, par M. Farman. . 572
- Les moteurs hydrauliques, par G. R. Rod-
- raer, traduit par D. Farman. . . . 572
- DerDrehstrom seine Krzengungund Anwcn-
- dung in der Praxis, par J. Kramer. 572 The Electiical Transmission of Energy, par
- A. V. Abbott...................... 572
- Leçons de Physique, par G. Foussercau . . 606
- Cours — Conférences — Sociétés Savantes — Expositions.
- Bureau de contrôle des installations électriques .................................524
- Chambre syndicale des industries électriques
- (séance du 20 décembre 1895). . . 46
- (séance du 14 janvier 1896) .... 285
- (séance du 11 février 1896)......... 523
- Concours pour un compteur d’électricité . . 572
- Concours pour la traction électrique des
- tramways.............................572
- Congrès d’électricité à Genève, en 1896, 144, 572
- Congrès de Carthage............................383
- Congrès de l’industrie du gaz, à Clermont-
- Ferrand...............................384
- Congrès de Bordeaux de l’Association pour l’avancement des Sciences (sciences médicales). — Th. Guilloz ..... 397
- Ecole professionnelle supérieure des Postes
- et Télégraphes (Concours).............333
- Laboratoire central d’Electricité ....... 384
- Société batave de philosophie expérimentale
- de Rotterdam......................... 573
- Société de Physique de Londres (séance du
- 28 février).......................... 567
- ('séance du 20 mars)..................603
- Société industrielle d’Amiens (Concours). . 334
- Société française de physique (séance du 20
- décembre 1895) ...................... 36
- (séancedu 17 janvier).................332
- (séance du 7 février)..........317 332
- Société Internationale desElectr:cicns(séance
- du 4 décembre 1895). ...... 129
- (séance du 8 janvier)................ 132
- (séance du 5 février).................532
- (séance du 4 mars)...................564
- Travaux de l’Association Britannique. —
- A. Hess............................. . 109
- Les prix de l'Académie des'Sciences de Paris 47 Académie des Sciences de Berlin............... 572
- Conduction. — Canalisation de l’électricité.
- Sur une addition au pont deWheatstone pour la détermination des faibles résistances. — J. H. Reeves............ 603
- A propos de la communication précédente.—
- Gray, Ayrton, Carrey, Foster. . . 603 Résistance des conducteurs aux courants alternatifs. — Mascart........................129
- Sur la fusion des fils métalliques au moyen de courants continus ou par la décharge d'une batterie. — Ch. Mau-
- Sur la polarisation électrique du nickel, du
- cobalt et du fer. — E. Vogcl ... 91
- Sur les phénomènes de polarisation à la sur-
- p.610 - vue 611/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- face de membranes métalliques min-
- ' ces. — Luggin...................... 178
- Les phénomènes de polarisation à la surface des membranes métalliques minces.
- — L. Arons.......................... 570
- Les courants polyphasés et les champs tournants. Ch. Maurain............................ 73
- Courants alternatifs et quantités complexes.
- — F. Guilbert........................216
- Sur le choix des transformateurs. — Spring
- S. Armstrong . ......................406
- Câbles Ferranti...............................402
- Câbles Nisbett................................404
- Sur l’isolement des circuits aériens et souterrains ayant une différence de potentiel supérieure à 2 000 volts. — \V, Drophy........................................529
- Diélectriques. — Décharge disruptive.
- Mesure de la force agissant sur un diélectrique non électrisé, placé dans un champ électrique.— H. Pellat. . . 39
- Sur le pouvoir inducteur spécifique du verre.
- — F.Beaulard. ................... $9
- Sur une relation entre la constante diélectrique des gaz et leur valence chimique. — Robert Lang............. 13 4
- Sur les courants fermés par un condensateur.
- — W. de Nicolaievc................ 97
- Sur l’allongement d’une étincelle électrique produite par le mouvementées électrodes. — A. Righi .... 262
- Nouvelles expériences sur l’étincelle globulaire. — A. Righi. 362, 467, 495 et 590 Inconstante du potentiel explosif. — G. Jau-
- mann............................ 137
- Différence d’action de la lumière ultra-violette sur les potentiels explosifs statique et dynamique. — R. Swynge-
- dauw......................... 230
- Sur l’abaissement despotentiels explosifs statiques et dynamiques par les radiations X.— R. Bwyngedauv). . . . 413
- Action des rayons de Roentgen sur les charges électrostatiques et la distance explosive.— /. /. Borgman et A.L.
- Gerchun.......................415
- Recherches sur le vide élevé.—Lord Kelvin. 423
- Divers. — Documents.
- Les prix de l’Académie des sciences .... 47
- Un électricien normand de la fin du XVIII15
- siècle............................... 95
- Les concessions de gaz et d'électricité. —
- G. Lagrèsille..........138, 180 et 235
- Voiture en aluminium..........................189
- L’hélium......................................190
- Le nouveau tunnel sous la Tamise..............191
- La fabrication du matériel Thury en France. 238
- Avis d’adjudication.......................... 339
- Equivalent électrique d’une avalanche . . . 240
- Le bitume électrique..........................288
- La fumée et sa suppression....................288
- Accidenta une génératrice de 1,500 kw. , . 608 Les forces à distances et les ondulations. —
- A. Cornu.............................343
- Le centenaire delà pile de Volta..............528
- Recherches sur le vide élevé.—Lord Kelvin. 423
- Eclairage électrique. — Photométrie. — Stations centrales.
- Sur l’emploi des lampes à arc à faible intensité.— E. J. Brunswick. . . . 164
- Recherches sur l’arc électrique à courants, alternatifs, par J. A. Fleming et
- J. F.. Pétavel.............279 et 568
- Sur un phénomène particulier de Tare électrique. — W. H. Freedman..................... 600
- Etude comparative de la lampe à acétylène et de l’arc électrique. — W. Wed-
- ding................................. 87
- Les lampes à arc. -- G. Richard...............318
- Lampes à arc Blackburn, Burnand, Brockie, Creffield, Gwynne et Kennedy, Jan-dus, Mann et Hermand, Niewerth,
- Selbold, Wheless...........319 à 326
- Attache Crompton pour lampesà arc. . . . 326
- Le prix de l’éclairage électrique par incandescence. — W. D. Marks...................... 601
- A propos d’essais de lampes à incandence.—
- G. Pellissier........................250
- Quelques expériences sur les lampes à incandescence.— D.Salomons.........................567
- Les lampes à incandescence. — G. Richard. 529 Lampes à incandescence Cox, Hacking et Brand, Hill, Kerr, Pope, Sheppard, Siemens et Halske, Woodley. 530 a 536 Régulateur Moore pour lampes à incandescence.— W. A. Antony........................405
- Recherches sur les matières utilisables dans la fabrication des lampes à incandescence. — Ph. Delahaye .... 273
- p.611 - vue 612/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Nouvelle lampe à Incandescence à oxydes
- rares...........................
- Préparation des filaments de lampes à incandescence. — Stien...........................529
- Fabrication des filaments de lampes à incandescence. — Langhaus........................529
- Machine à souder les ampoules de lampes à
- incandescence.........................530
- Production du vide dans les lampes à incandescence ...................................189
- Pompe pneumatiquepour lampes à incandescence, Barrenberg et Chaplin.............. 597
- Eclairage électrique des trains........... . 94
- Eclairage électrique en Chine..................144
- L’éclairage électrique et les incendies ... 19s
- Eclairage électrique à Paris (sur le rapport
- de M. Attout-Taillefer). ..... 335 Eclairage électrique des terrains de manœuvres à l’aide de ballons.......................384
- Essais de projecteurs électriques en Espagne
- et en Turquie................. 606
- Les brevets Auer en Allemagne...........431
- Les méthodes photométriques au double point de vue de la science et de
- l’industrie. —A, Droca.........148
- Sur le rendement de l’œil. — A. Broca. . . 23
- Application de l’actinométrie à la photomé-
- trie. — C. Maréchal........... 588
- Un étalon photométrique à l’acétylène. —
- J. Violle......................178
- Le secteur de la rive gauche.— J. Reyval. 193
- Sur le rendement des stations centrales
- d’electricité.— James Milne. . , . 120
- L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE EN FRANCE
- Alais (Gard)........................... 429
- Bordeaux............................... 429
- Châtillon-sur-lndre.................... 383
- Lille.................................. 430
- Limoges................................ 479
- L’Isle-en-Dodon (Haute-Garonne)........ 479
- Nantes..........•........................ 480
- Nontron................................ 383
- Paris......................................... 382
- Samatau................................ 383
- Serres................................. 383
- Tarbes...................................... 480
- El e ctrobiolo gie
- Excitateur statique inverseur.—Debèdai. . 398
- Interrupteur inverseur statique pour usages
- médicaux. — Debèdat................. . 398
- De la mort par l’électricité. — G. Darin . . 398
- Contraction électriquement provoquée ressemblant à la contraction volontaire.
- — Bergoniê.......................397
- Recherches sur l’influence de l’électricité sur l’évolution del’embryon delà poule.
- — Camille Dareste................... . 41
- Oscillations rétiniennes consécutives à l’impression lumineuse. — Auguste
- Charpentier......................233
- Sur le rendement de l’œil. — A. Broca . . 23
- Electrolyse —Electrochimie Méthodes électrolytiques d’un emploi avan-
- tageux en chimie analytique. — B.
- Neumann..........................' . 124
- Séparation électrolytique des métaux ... 191
- Electrolyse indirecte. —A. Andréoli ... 42
- Préparation du fer pur par l’électrolyse. —
- W. M. Hicks et L. T. O'Shea. . . 113
- Fabrication du cuivre électrolytique comprimé, procédé de la Société des cuivres de France................................ 3‘
- Electrolyse du cuivre, appareil delà Société
- l’Electrolyse.......................... 32
- Cuivrage galvanique des carcasses de navires .......................................... 95
- L’affinage électrolytique du cuivre..............240
- La statue de Saint-Fidèle à Palazzolo sull’-
- Oglio...........................561
- L’industrie de l’aluminium au Etats-Unis. . 329
- La fabrique d’aluminium du Niagara. — O. E.
- Dunlap..........................370
- Voiture en aluminium......................189
- Creuset électrométallurgique Thwaite . . . 85
- Etude du carbure d’uranium. — Henri Mois-
- san............................ 379
- Sur le siliciure de cuivre. — Vigouroux . . 379
- Procédé de métallisation.........................384
- Ozoniseur Otto................................... 84
- Le carbure de calcium, l’acétylène et leurs
- applications. —Ed. Hospitalier . . 133
- Le carbure de calcium et l’acétylène en Amérique .......................................431.
- Sur la combustion de l’acétylène. — H. Le
- Chatelier.......................172
- Les progrès de l’électrolyse des solutions de
- de chlorures. — A. Andréoli. . . 81
- p.612 - vue 613/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 613
- La soude et le chlore électrolytiques. . . . 240
- Klectrolyseur Roberts (chlorures décolo-
- Electrolyseur Bein sans diaphragmes. . . . 463
- Fabrication électrique des cyanures et ferro-
- cyanures, procédé Readman . . . 462
- Fabrication des manchons à incandescence par le gaz, au moyen de Vélectvo-lyse, procédé Rudolf Langhaus . . 371
- Electro-Optique — Oscillations électriques
- Sur l'aclinoinétrie élecfrochimique. — Ch.
- Maréchal.................445, 540
- Différence d’action de la lumière ultra-violette sur les potentiels explosifs statique et dynamique. — R. Srcyngc-
- Rechcrchcs d’électro-optique, par J. Elster
- et H. Geitel............." . . . .
- Sur la prétendue déperdition de l’électricité positive par la lumière, par J. Elster
- et H Geitel.......................
- Sur les phénomènes lumineux produits dans les gaz raréfiés par les oscillations électriques, par J. Elster et//. Geitel. Réponse à la remarque de M. Poincaré sur la théorie des rayons cathodiques. —
- G. Jaumann........................
- Observations au sujet de la communication précédente. — H. Poincaré. . . . Sur un tube de Crookes de forme sphérique, montrant la réflexion des rayons cathodiques par le verre et le métal.
- — Gaston Seguy....................
- Nouvelles propriétés des rayons cathodiques.
- — Jean Perrin.....................
- Sur une nouvelle espèce des rayons — W.
- C. Roentgen.......................
- Les rayons de Roentgen. — J.Blondin . . . Sur les rayons de Roentgen.— A. Schuster. Les rayons de Roentgen et les rayons ultraviolets. — C. Raveau.......................
- Sur les rayons de Lenard et de Roentgen. —
- O. Lodge..........................
- Les hypothèses actuelles sur la nature des rayons de Roentgen. — O. Lodge . Sur le mouvement libre ; à propos des expériences de Roentgen. — Clavenad . La nature des rayons X. — VE. E. Case . . Expérience montrant que les rayons X émanent de l’anode. — de Heen.................
- 5S8.
- 230
- '75
- 175
- 377
- 241
- 2S9
- =99
- 249
- 311
- 443
- 5°7
- 4U
- Les rayons de Roentgen à la Société française
- de Physique.....................
- Epreuves photographiques obtenues au moyen des rayons X.— Ch. Zetiger. Sur la production des silhouettes de M.
- Roentgen. —.Ch. V. Zenger .... Quelques propriétés desravons de Roentgen.
- -Jean Perrin. '.................
- Nouvelles propriétés des rayons X. — L.
- Benoist et D. Hurmuzescu........
- Nouvelles recherches sur les ravons X. — L.
- Benoist et D. Hurmuzescu........
- Sur la production desphénomcucsclcctriques par les rayons de Roentgen. —
- A. Righi........................
- Sur l’abaissement des potentiels explosifs • statiques et dynamiques par les ra-dia fions-X. -- R. Swingedauw. . . Action des rayons de Roentgen sur les charges électro-statiques cl la distance explosive.—y./. Borgman et A. L.
- Gerchun ...................- . .
- Expériences sur les rayons de Roentgen. —
- A. Nodon........................
- Transparence des métaux pour les rayons
- X.— V. Chabaud.................. . .
- Sur l’action des rayons X sur le diamant. — A. Buguet et A. Gascard. ..... Influence de la nature chimique des corps sur leur transparence aux rayons de Roentgen.—Maurice Meslans. . . Sur le passage des rayons de Roentgen à travers les liquides, par Bleunard et
- Recherches photographiques su-r les rayons de Roentgen. — Louis et Auguste
- Sur les rayons de Roentgen.— J. J. Thomson C. y. P. Cave, C. E. S. Phüipps,
- Blytihstnood . ... ............
- Sur une expérience de M. J. J. Thomson sur les rayons de Roentgen.— J. J. Tau-
- din-Chabot......................
- Sur la cause de l’invisibilité des rayons de Roentgen.— Dariex et de Rochas. . Sur les rayons de Roentgen.— G. Meslins. . Sur quelques propriétés des rayons X. — //.
- Dufour..........................
- Une nouvelle méthode de production des rayons de Roentgen. — W. J. Morton...................................
- 3i7
- 377
- 472
- 30S
- 4i5
- 399
- 4'J
- 415 30 9 310 473
- 5'4
- 456
- 473
- 474
- 475
- 508
- p.613 - vue 614/624
-
-
-
- L'ECLAIRAGE ELECTRIQUE
- Diffusion des rayons de Roentgen.— A Imbert et H. Berlin-Sam...................... 512
- Sur la représentation photographique du relief d’une médaille obtenue au moyen des rayons de Roentgen. —
- J, Carpentier .................... 514
- Images stéréoscopiques de Roentgen. —
- Elihu Thomson..................... 605
- Les rayons de Roentgen à la Société de physique de Londres, du 20 mars. — Puluj7 Ackruyd et Knmvles, Bîakes-
- ley, Edser, Gardner.............. 604
- De l’utilité des photographies par les rayons X dans la pathologie humaine — Lannelongne, Barthélemy et Oudin 249 Sur l’application des rayons de Roentgen au diagnostic chirurgical.— Lannelon-
- gue et Oudin...................... 376
- Application de la méthode de Roentgen. —
- Albert Londe.......................376
- Applications médico-chirurgicales des rayons
- X.— d’Arsonval.................... 564
- Présentation d’épreuves obtenues par la méthode de M. Roentgen. —• Londe. . 510
- Application de la méthode de M. Roentgen.
- Ch. Girard et F. Bordas........... 515
- Augmentation du rendementphotographique des rayons Roentgen par le sulfure de zinc phosphorescent.— Charles
- Henry..............................373
- Sur les radiations émises par phosphorescence.— H. Becquerel....................... . 472
- Sur l’émission des rayons de Roentgen, par un tube contenant une matière fluorescente.— Piltchikolf..................... >08
- Sur une action mécanique émanant des tubes de Crookes, analogue à l’action photogénique découverte par Roentgen.
- E. Gossart et II. Chevalier........375
- La lumière noire.— Gustave Le Bon...........247
- La photographie à la lumière noire. — G. Le
- Bon............................... 307
- Nature et propriétés de la lumière noire. —•
- G. Le Bon........................ 408
- Sur quelques propriétés de la lumière noire.
- G. Le Bon......................... 508
- La lumière noire, réponse à quelques critiques . — G. Le Bon......................... 511
- Observations à propos de la note récente de M. G. Le Bon sur la lumière noire.
- G. H. Nievvenglowski...............333
- Sur la propriété qu’ont les radiations émises par les corpsphosphorescents de traverser certains corps opaques à la lumière solaire et sur les expériences deM. G. Le Bon sur la lumière noire.
- G. H. Nieioenglotvski............. 417
- A propos de la photographie à travers les
- corps opaques — A. et L. Lumière. 509 Epreuves photographiques obtenues dans
- l’obscurité.— A. Briançon.........421
- De la photographie des objets métalliques à travers les corps opaques au moyen d’une aigrette d’une bobine d’induction, sans tube de Crookes. -
- G. Moreau. ..........310
- Photographie des objets invisibles sans tube
- de Crookes.— \V . J. Mortom ;. . sod Photographie des objets invisibles par l’arc
- électrique. — J. Hart Robertson. . 507
- Les vibrations longitudinales dans l’éther.—
- J. T. Bottomley ................... 300
- Sur la production des ondes longitudinales
- dans l’éther. — LordKelvin, j . . . 493
- Vitesse de propagation des forces électrostatiques.— Lord Kelvin............... 494
- Les forces à distance et les ondulations. —
- A. Cornu........................... 343
- Variation de la résistance au contact de deux corps sous l’influence des ondes
- électriques. — V. von Lang....... 381
- Expériences sur la propagation des ondes ' électriques dans l’eau.—E. Cohn
- et P. Zeeman....................... 569
- Absorption et émission des ondes électriques
- par résonance —Max Plancha ... 515
- Sur la double réfraction des radiations électriques, particulièrement dans le gypse.—A. Righi.....................277
- Génération et transformation de l’électricité. Machine de Holtz à influence. — Schmidt et
- Hans Rühlmann..................... 605
- Pile dépolarisée Gordon.................... 86
- Pile Rowbotham............................ 499
- Pile thermo-électrique B. Cox............ 501
- Pile à gaz Barnctt........................ 501
- Batterie de piles Wollaston.............. 33
- Production directe de l’électricité au moyen
- du charbon.................... 452
- Accumulateur Empstein.................... 31
- p.614 - vue 615/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 615.
- Accumulateur à navettes de René Blot . 36, 133
- Accumulateurs King........................ 403
- Accumulateurs Engl........................ 404
- Accumulateurs Gundle...................... 405
- Les bacs d’accumulateurs en verre moulé. —
- Eug. Sartiaux.................... 157
- Fantômes magnétiques relatifs aux dynamos.
- — S. Hanappe....................... 5
- Sur une dynamo de laboratoire à haut potentiel. — D. Hurmu^escu..................... 211
- Moteurs et dynamos Sayers................. 265
- Transformateur moteur Blackburn et Boyden 463 Dynamoteur de la Société pour la transmission de la force par l’électricité. . . 464
- Magnétisme.
- Sur la valeur absolue des éléments magnétiques au ier janvier 1896. — Th.
- Moureaux......................... 174
- Propriétés magnétiques de la [pyrrothine. —
- A. Abt........................ 380
- Fantômes magnétiques relatifs aux dynamos.
- S. Hanappe. ....................... 5
- L’hystérésis du fer dans un champ magnétique alternatif. — F. G. Daily..... 110
- Sur la loi de l’hystérésis. — F. Guilbert. 337, 390
- Sur les phénomènes de Hall dans les liquides.
- //. Dagard....................... 176
- Météorologie
- Nouveaux résultats d’essais de la turbine de
- Laval. — Fayot................132
- La turbine de Laval en Amérique........ 190
- Un moteur à gaz de 200 chevaux.........190
- Télégraphie — Téléphonie — Chronographie • Horloges électriques — Signaux.
- Parafoudre Westinghouse.................... 85
- L’emploi des accumulateurs sur les réseaux
- télégraphiques ................. 384
- Supports télégraphiques Siemens et Perry. . 165
- Lignes télégraphiques en cuivre............. 189
- Télégraphie optique permettant le secret des
- dépêches. — de B.................» 25s
- La télégraphie et la téléphonie. —J. Anizan 385 La nouvelle installation de l’Hôtel des Téléphones à Paris. — delà Touanne. . 566
- La téléphonie en Allemagne.................. 431
- Ventilateur amortisseur pour cabines téléphoniques................................... 431
- Le nouveau tarif téléphonique................240
- Le microphone Carbonelle sur les réseaux
- Téléphone Parkers............................ 30
- Cabines téléphoniques automatiques . . . . 143
- The Calculagraph........................... 167
- Les tramways électriques et les téléphones.
- — C. S. du Riche Preller.........411
- Le téléphone et la police................... 607
- Les installations d’horlogerie des établissements Dufayel. ...... ..... 575
- L’emploi de couples thermo-électriques à fil très fin en météorologie. — Paul
- Cqermak................................ 43
- Soldats tués par la foudre....................... 96
- Les orages et les conducteurs d'électricité. . . 143
- Les dangers de la foudre. — Alexander Mac
- Adie.................................. 224
- Moteurs thermiques et hydrauliques
- Influence du coefficient de charge sur la consommation de charbon des moteurs
- à vapeur ......................... . 96
- Le record de consommation des machines à
- vapeur............................190
- Désincrustation des machines à vapeur . . . 190
- La circulation dansles tubesde chaudières 466 561
- Sur la consommation de vapeur dans les turbines. — Arnoux.....................132
- Traction électrique
- Des différentes méthodes pour actionner les
- moteurs électriques pour la traction. 33 Sur l’exploitation des tramways électriques.
- — Hermann S. lîering................ 119
- L’emploi des rails continus dans la pratique
- des tramways électriques............ 169
- La résistance électrique des joints pour raîls de retour dans les tramways électriques.— R. Dunning............................. 505
- Signaux pour croisements de tramways électriques de la Skeen Electric Switch
- and Signal C°....................... 328
- Les tramways électriques et les téléphones.
- — C. S. du Riche Preller........... 411
- Tramways à canalisation souterraine électromagnétique, système Westinghouse.
- — G. Pellissier...................... 17
- p.615 - vue 616/624
-
-
-
- 6i6
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- La traction électrique par accumulateurs, à
- Paris. — G. Pellissier............
- Système mixte de traction à trôlet et par accumulateurs ...............................
- Le tramway électrique de la place Cadet à la porte de Montmartre, à Paris. — A.
- Lavezzari.........................
- Le métropolitain aérien électrique de Chicago Tramways électriques à canalisation souterraine, à New-York..........................
- Les tramways électriques à accumulateurs de deMadison Avenue, à New-York. Les tramways électriques à canalisation souterraine de la 9° rue à Washington,
- — A.W. Connett.................... . .
- Les locomotives électriques Baldwin. —-
- Westinghouse.....................
- Les moteurs à gaz et les tramways électriques Frein pneumatique pour tramways électrique........................................
- Les tramways électriques ' dans les départe- mênts': Angers, Le Mans, Rennes. .
- Tramways électriques de Vienne.............
- Traction électrique au Japon. . . '........
- Le tramway électrique de Bristol...........
- Chemin’de fer électrique en mer............-
- L'e'chemin de fer métropolitain............
- L’invention du trôlet électrique à contact inférieur ...................................
- Le tramway à courants triphasés de Lugano. Lés tramways électiiques au Danemark'. . . . Les tramways électriques‘en Espagne ..... Chemin de fer élcctriquc-bicycle à Long-Is-
- La batterie d’accumulateurs des tramways de
- Rome.;............................
- Concours pour la traction mécanique des
- Un curieux tiamway électrique. . ..........
- 49
- 240
- 267
- 261)
- 599
- 96
- 607
- 48
- 96
- 192
- 240
- 365 43> 43i
- Les tramways électriques à Londres........ 576
- Traction électriques sur les canaux.—Mil-
- ligan............•.............., . 32
- A propos de la traction des trains à grande
- vitesse.......................... 113
- Locomotives à vapeur à grande vitesse.. 143
- Voitures automobiles aux Etats-Unis....... 144
- Angers. \ . . ’............................ 48
- Avignon................................... 3S3
- Cherbourg................................. 429
- Héricourt (Haute-Saône") ......- • - 430
- Le Mans.................................. 48
- Rennes..........'........................ 48
- Rouen.................. ................. 479
- Saint-Béron...............A.............. 384
- Saint-Etienne..............................429
- Transmission de Pénerg-.© — Utilisation des forces naturelles.
- Expériences sur les transmissions du laboratoire électro-mécanique de l'Ecole spéciale d’industrie et des mines du Hainaut. — S. Hanappe . . 352, 482 Effets de la capacité des câbles dans les distributions par courants biphasés. —
- llenry S. Carharl.................
- Transmission à grande distance par courants
- polyphasés au Guatemala...........
- Le transport de force Chèvres-Genève. —
- Ch. Eïig. Guye....................
- L’utilisation des chutes du Niagara........
- L’utilisation des chutes du Niagara. — G. Pci-
- >isAr...................» 4>?» 549
- Moteur marin. — Gerlach....................
- 537
- 43=
- M5
- 410
- 577
- 600
- p.616 - vue 617/624
-
-
-
- TABLE PAR NOMS D'AUTEURS
- A
- Abbott (A.-V). — The Electrical transmission of eoergy. ...........................572
- Abt(A.).— Propriétés magnétiques de la
- pyrrothine.........................380
- Adams. — Voir Crompton.....................501
- Anderson. — Trieur électromagnétique . . 107
- Andréoli (A.). —L’électrolyse indirecte. . 42
- Les progrès de l’électrolyse des solutions de chlorures............... 81
- Anizan(J.). — La téléphonie et la télégra-
- phi» • • ........................385
- Anthony (W.-A.) — Régulateur Moore
- pour lampes à incandescence. . . 405
- Armstrong (Spring S.). — Sur le choix des
- tranformateurs.....................406
- Arnold (E.). — Die Ankerwickungen and Ankerkonstruktionen des Gleichs-trom Dynamomaschincn (Bibliog.) 428 Arnoux, — Sur la consommation de vapeur
- dans les turbines............... 132
- Arons (L.). — Les phénomènes de polarisation à la surface des membranes
- métalliques minces..............570
- Arsonval (D’). — Accumulateur à navettes
- (Voir René Blot)............36, 133
- — Applications médico- chirurgicales
- des rayons X..................... . 564
- B
- B,.. (de). — Télégraphie optique permettant le secret des dépêches .... 255
- Bagard (H.), — Sur le phénomène de Hall
- dans les liquides.................
- Baily (F.-G.). — L’hystérésis du fer dans un champ magnétique alternatif. . Baldwing-W estinchouse. — Locomotives
- électriques.......................
- Barthélemy. - (Voir Lannelongue). . . .
- Barnett. — Pile à gaz..................
- Barrenbkrg et Chaplin. — Pompe pneumatique pour lampes à incandescence. Beaulard (F.). — Sur le pouvoir inducteur
- spécifique du verre...........
- Becquerel (H.). —Sur les radiations émises par phosphorescence................
- Beix. — Electrolyse sans diaphragmes. . . Benoist (L.) etD. Hurmuzksçu. —Nouvelles propriétés des rayons X. . . . 308 — Nouvellesrecherchessurles rayonsX Bergonié. — Contraction électriquement provoquée ressemblantà la contraction volontaire...................
- Bertin-Sans (H.) et Imbert (A.). — Diffu sion des rayons de Roentgen . . Binswanger et Stanly. — Ampèremètre.
- Blackburn.—Lampes à arc................
- Blackburn et Boyden. — Transformateur m
- 463
- Bleunard et Labessk. — Sur le passage des rayons de Roentgen à travers les li
- quides .........................
- Blondin (J.). — Les rayons de Roentgen.
- — Leçons sur la productionindustrielle de l’énergie électrique, par E Gos-
- sart (Bibliog.)...........
- — Annuaire du bureau des Longitudes
- p.617 - vue 618/624
-
-
-
- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- {Bibliog.}.......................187
- Blot (René). — Accumulateur à navettes
- (Voir à’Arsonval).............36 133
- Blythswood. — Sur les rayons de Roentgen................................421
- Boistei. (E.). — Mesures électriques, par
- Eric Gérard {Bibliog.)..............522
- Borgman (J.-J.) et Gerchun (A.-L.). — Action des rayons de M. Roentgen sur les charges électrostatiques et la
- distance explosive..................415
- Bordas (F.). — (Voir Girard Ch.)............515
- BoRCHERs(Dr W.). — Elektro-métallurgie
- [Bibliog.)......................... 381
- Bottomley (J.-T.). — Les vibrations longitudinales de l'éther..........................300
- Bououet (R.). — Voir Loppè (F.) et Bou-
- guet {F.)...........................382
- Boybbn. — (Voir Blackburn) ....... 463
- Brand. — (Voir Hacking).....................535
- Briançon (A.). — Epreuves photographiques obtenues dans l’obscurité. . . 421
- Brockie.—Lampe à arc........................319
- Broca. (A.). —Sur le rendement de l’œil. . 23
- — Les méthodes photométriques au double point de vue de la science et
- de l’industrie................. . 148
- . — Observations sur les rayons de
- Roentgen............................318
- Brophy ( W. ). — Sur l’isolement des circuits aériens et souterrains ayant une différence de potentiel supérieure à
- 2 000 volts........................ 229
- Brunswick (E.-J.). — Sur l’emploi des lampes à arc à faible intensité................164
- Bugüet (A. ) et Gascard (A. ). — Sur. l’action des rayons X sur le diamant. . 473
- Burnand. — Lampe à arc......................325
- G
- Carhart (Henry S. ). — Effets de la capacité des câbles dans les distributions par
- courants biphasés.................276
- Carta. —Trieur magnétique.................107
- Case f'W.-E.). — La nature des rayons X . 507
- Cave (Charles J.-P.). — Sur les rayons de
- Roentgen........................4‘1
- Chabaud (V.). —Transparence des métaux
- pour les rayons X.................310
- Chaplin. — Voir Barrenberg............... 597
- Charpentier (Aug.). — Oscillations rétiniennes consécutives à l’impression lumineuse ...................................
- Charpentier (J.). • Sur la représentation
- photographique du relief d'une médaille obtenue au moyen des rayons
- de Roentgen........................
- Chevallier (H.). — Voir Gossard (E.) et
- H. Chevallier......................
- Clavenad. — Sur le mouvement Libre, à propos des expériences de Roentgen . Cohn (E.) et Zeeman (P.). — Expériences sur la propagation des ondes électriques dans l’eau.........................
- Cooper. — Compteur différentiel............
- Connett (A.-N.j. — Les tramways électriques à canalisation souterraine de la
- Cornu (A.
- distance et les
- Cox (B.—Pile thermo-électrique. . . .
- Cox(S.-E.). — Procédé de pose des filaments de lampe à incandescence .
- Creffield. — Lampe à arc différentielle . .
- Crompton. — Attache pour lampe à arc . .
- Crompton et Adams. — Polisseur de contact
- Czermak (Paul). — L’emploi de couples thermo-électriques à fils très fins en météorologie...............................
- 333
- 5M
- 375
- 443
- 569
- 462
- 343
- 53»
- 319
- 3^6
- 5°i
- 43
- D
- Dareste (Camille). — Recherches sur l’in-
- fluence de l’électricité sur l’évolution
- de l’embryon de la poule............. 41
- Dariex et de Rochas. — Sur la cause de l’invisibilité des rayons de Roentgen . 473
- Darin (Dr G.). — De la mort par l’électricité. 398 Debédat (Dr). —Excitateur statique inverseur 398 — Interrupteur inverseur rapide pour
- usages médicaux . ...................398
- Delahaye (Ph.). — Recherches sur les matières utilisables dans la fabrication des lampes à incandescence . . . . 273
- Drude. — Physik des Aethers auf elektro-
- magnetischcr Grundlage {Bibliog.), 426 Duhem(P.).— Le potentiel thermodynamique et ses applications à la mécanique chimique et à l’étude des phénomènes électriques [Bibliog) . . . 479
- p.618 - vue 619/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 619
- Dufour (H.). — Sur les rayons de Roentgen. 307
- — Sur quelques propriétés des rayons X 475
- Dunlap (O. E.). — La fabrique d’aluminium
- du Niagara............................370
- Dunning (R.). — La résistance électrique des joints pour rails de retour dans les tramways électriques.....................505
- E
- Elster [(J.) et H. Geitel. — Recherches
- d’électro-optique.....................282
- — Sur la prétendue déperdition, de l’électricité négative par la lumière. 283
- — Sur les phénomènes lumineux produit, dans les gaz raréfiés par les
- oscillations électriques..........s>i8
- Empstein.— Accumulateur Empstein. ... 31
- Engl. — Accumulateur Engl..................404
- Fakman (D.). — Les moteurs hydrauliques,
- par G. R. Rodmer (Ribliog.) . . . 572
- Farman (Maurice). — Les merveilles aériennes (Bibliog).........................572
- Fayot. — Nouveaux résultats d’essai de la
- turbine de Laval.................132
- Ferranti. — Câbles Ferranti................402
- Ferrini (Rinaldo). — Elettricita e magne-
- tismo {Bibliog.)................. 46
- Fleming (J. A.) et J. E. Petavel. — Recherches sur l’arc électrique à courants
- alternatifs....................279 568
- Fonda. — Rurin pour le travail de la pierre. 106
- Foussereau (G.). — Leçons de Physique.
- [Bibliog.)...................... 606
- Freedman (W. H.). — Sur un phénomène
- particulier de l’arc électrique. . . . 600
- Freycinet (de). — Essais sur la philosophie
- des sciences (Bibliog. ).......46 ^71
- G
- Gascard (A.). — Voir Baguet (A.) et Gas-
- cardiA.)..........................473
- Geitei. (H.). — Voir Elster. . . . 282, 283 518
- Gérard (Eric). — Leçons sur l’électricité
- [Bibliog.)....................381 522
- Gerlach.—Moteur marin.....................600
- Girard (Ch.) et Bordas (F.). —Application
- de la méthode de M. Roentgen . . 515
- Gordon. — Pile dépolarisée.................. 86
- Gossart (E.). — Utilisation industrielle de
- l’énergie électrique {Bibliog.). . 45 382 — Action des rayons de Roentgen sur
- le radiomètre.......................316
- — Voir Blondin (/.)..................... 45
- Gossart (E.) et H. Chevallier. — Sur une action mécanique émanant des tubes de Crookes, analogue à l’action photogénique découverte par Roentgen.........................................375
- Graffigny (H. de). — Petite encyclopédie
- électro-mécanique [Bibliog.) ... 572
- Guerre. — Timbre ehantant et diapason magnétique ...................................332
- Guerchun (A. L.).—Voir Bogman [J. J.). 415' Guilbert (F.). — Courants alternatifs et
- quantités complexes................216
- — Sur la loi de l’hystérésis . . 337 390 GuiLLoz(DrTH.). — Le congrès de Bordeaux de l’Association française pour l’avancement des sciences (section des
- sciences médicales)................397
- Guye (Ch. Eug.). — Le transport de force
- Chèvres-Genève.....................145
- Gundle. — Accumulateurs Gundle .... 405
- Gwynne et Kennedy. — Lampe à arc double. 323
- II
- Hacking et Brand. — Lampe à incandescence portative...........................535
- Halske. —Voir Siemens...............532 536
- Hanappe (S.). — Fantômes magnétiques relatifs aux dynamos......................... 5
- — Expériences sur les transmissions du laboratoire électro-mécanique de l’Ecole spéciale d’industrie et des mines du Ilainaut . . . .352, 482 537
- Harris. —Compteur.........................166
- Hawkins (C. C.) et F. Wallis. — La dynamo [Bibliog.)...........................284
- Heen (de). — Expérience montrant que les
- rayons émanent de l’anode .... 417
- Henry (Charles). — Augmentation du rendement photographique des rayons de Roentgen par le sulfure de zinc phosphorescent............................373
- p.619 - vue 620/624
-
-
-
- 620
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Hering (Hermann S.). — Sur l’exploitation
- des tramways électriques...........119
- Hermand. — Voir Mann...........................320
- Hess (A.). Travaux de l’Association Britannique........................................109
- — La dynamo, par C. C. Hawkins et
- F. Wallis {Bibliog.)..................284
- Hicks (W. M..) et L. T. O’Shea. — Préparation du fer pur par l’électrolyse . . 113
- Hill. — Lampe à incandescence..................534
- Hopkinson. — Commutateur électrique . . 500
- Hospitalier (Ed.). — Le carbure de calcium,
- l’acétylène et leurs applications . . 133
- Hurmuzescu (D.). — Sur une dynamo de
- laboratoire à haut potentiel. ... 211
- — Voir Benoist (L.). . . . 308, 318 415
- Imbert (A) et Bertin-Sans (H.). — Diffusion
- des rayons de Roentgen ..... 512
- Issartier . — Un ascenseur électrique au
- Mont-Blanc.......................527
- J
- Jandus. — Lampe à arc......................325
- Jaumann (G.). Inconstance du potentiel explosif.................................... 137
- — Réponse à la remarque de M. Poin-
- caré sur la théorie des rayons cathodiques .......................... 175
- Joubert (J.). — Voir Mascart (E.)..........572
- Joubin.— Production des rayons de Roentgen
- au moyen des courants de Tesla . . 316
- K
- Keith.—Perforatrice........................105
- Kelvin (Lord). — Recherches sur le vide
- élevé.............................423
- — Sur la production des ondes longitudinales dans l'éther.................493
- — Vitesse de propagation des forces
- électrostatiques..................494
- Kennedy. — Voir Gwynne.....................323
- Kerr. — Lampe à incandescence..............534
- King. — Accumulateurs King.................403
- Kolben (Emu.) — Propriétés caractéristiques
- du moteur synchrone..................407
- Kramer (Josef). — Der Drehstrom seine Erzcngung und Anwendung in der Praxis {Bibliog.).............................572
- L
- Labesse. — Voir Bleanard......................514
- Lagrésille (G,). — Les concessions de gaz
- et d’électricité.........138, 180 235
- Lang (Robert). — Sur une relation entre la constante diélectrique des gaz et
- leur valence chimique................134
- Lang (V. von) — Variation de la résistance au contact de deux conducteurs sous l’influence des ondes électriques 381 Langhans (Rudolf). — Fabrication des manchons à incandescence par le gaz, au moyen de l'électrolyse, . . 371
- — Fabrication de filaments de lampes
- à incandescence..................... 529
- Lannelongue, Barthélemy et Oudin. — De l’utilité des rayons X dans la pathologie humaine.................................249
- Lannelongue et Oudin. —Sur l’application des rayons de Roentgen au diagnostic chirurgical...............................376
- Lavezzari (A.). — Le tramway électrique de la place Cadet à la porte de Mont-
- Le Bon (Gustave). — Le lumière noire . . 247
- — La photographie à la lumière noire. 307
- — Nature et propriétés de lu lumière
- noire..............i...............4'9
- — Sur quelques propriétés de la lumière noire...............................508
- — La lumière noire, réponse à quelques critiques.................. 511
- Le Chatelier (H.). — Sur la combustion de
- l'acétylène......................... 175
- Lemp (Hermann). — Le recuit électrique des
- cuirasses de navires.................274
- Lodge (Oliver). — Sur les rayons de Lenard
- et de Roentgen.......................302
- — Les hypothèses actuelles sur la nature des rayons de Roentgen ... 311
- Londe (Albert), — Application de la méthode de M. Roentgen..........................376
- — Présentation d’épreuves obtenues
- par la méthode de M. Roentgen. . 510
- p.620 - vue 621/624
-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITE
- 62 r
- Loppé (F.) et Bouquet (RO* — Traité théorique et pratique des courants alternatifs (Bibliog)........................
- Luggin. — Sur les phénomènes de polarisation à la surface de membranes métalliques minces........................
- Lumière (Auguste et Louis). — Recherches photographiques sur les rayons de
- Roentgen.......................
- — Apropos delà photographie à travers
- les corps opaques..............
- des éléments magnétiques au i<r
- janvier 1896....................174
- Moreau (G.). — De la photographie des objets métalliques à travers les corps opaques au moyen d’une aigrette, d’une bobine d’induction, sans tube
- de Crookes..................... . 310
- Morton (W. J.). — Photographie desobjets
- invisibles sans tube de Crookes. . 506
- — Une nouvelle méthode de production des rayons de Roentgen . . . >508
- Moy. — Plombs fusibles mobiles...............404
- M
- N
- Mac Adie (Alexander). — Les dangers de la
- foudre..............................224
- Mann et Hermand. — Lampe à arc différentielle ..............................320
- Maréchal (Ch.). — Sur l’actinométrie électrochimique ............... 545, 54° 59°
- Marks (W. D.) — Le prix de l’éclairage
- électrique par incandescence . . . 601
- Mascart. — Résistance des conducteurs aux
- courants alternatifs.................129
- Mascart et Joubert. — Leçons sur l’électricité et le magnétisme [Bibliog.) . 573
- Massy. — Voir Spiller.........................53°
- Maurain (Ch.). — Les courants polyphasés
- et les champs tournants.............. 73
- — Sur la fusion des fils métalliques au moyen de courants continus ou par
- la décharge d’une batterie.......... 131
- — Die Lehre von der Elektricitat, par
- G. Wiedemann [Bibliog.)............. 184
- Meslans (Maurice) . — Influence de la nature chimique des corps sur leur transparence aux rayons de Roentgen. . 372
- Meslins(G.}. — Sur les rayons de Roentgen. 474 Milligan. — Traction électrique sur les canaux .........................................327
- Mii.ne (James). — Sur le rendement des stations centrales d’électricité .... 120
- Moissan (Henri). - Etude du carbure d’uranium .................................379
- Moore. — Régulateur pour lampe à incandescence .............................4°4
- Monmerqué (A.). Contrôle des installations électriques au point vue de la sécurité [Bibliog.).......................... 92 476
- Moureaux (Th.). — Sur la valeur absolue
- Neumann (B.). — Méthodes électrolytiques d’un emploi avantageux en chimie
- analytique.......................124
- Niewenolowski (C. H.). — Observations à propos d’une note récente de M.
- Le Bon.............................. 333
- — Surla propriété qu’ont les radiations émises par les corps phosphorescents de traverser certains corps opaques à la lumière solaire, et sur les expériences de M. G. Le Bon sur la lu-
- mière noire........................417
- Niewerth. — Lampe à arc en dérivation . . 324
- Nikolaieve (Wladimir de). — Sur les courants fermés par un condensateur . 97
- Nisbbtt. — Cables Nisbett..................404
- Nodon (A.). Expériences sur les rayons de
- Roentgen...........................309
- O
- O’Shea (L. T.). — Voir Hicks ( W. M.). . . 113
- Otto.—Ozoniseur..................... 84
- Oudin. — Voir Lannelongue.......249 376
- P
- Parkers. — Téléphone................ 30
- Pellat (H.). — Mesure de la force agissant sur un diélectrique non électrisé, placé dans un champ électrique . . 39
- Pellissier (G.). — Tramway à canalisation souterraine électromagnétique, système Westinghouse......................... . 17
- p.621 - vue 622/624
-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- — La traction électrique par accumulateurs, à Paris.......................
- — A propos d’essais de lampes à incandescence............................
- — L’utilisation des chutes du Niagara ......................... 433» 549
- — Contrôle des installations électriques au point de vue de la sécurité, par A. Monmerqué [Bibliog.) . . . Perrin (Adolphe). — Sur les dimensions des unités électriques et magnétiques . Perrin (Jean). — Quelques propriétés des rayons de Roentgen . . . 246,317 — Nouvelles propriétés des rayons cathodiques ................................
- Perry (Siemens et). — Supports télégraphiques .....................................
- Petavel (J. K.). — Voir Fleming...........
- Pfaundler. — Photographie par les rayons
- de Roentgen......................
- Phiupps (C. E. S.). — Sur les rayons de
- Roentgen.........................
- Piltchikof. — Sur l’émission des rayons Roentgen par un tube contenant une
- matière fluorescente.............
- Pionchon (J.). — Production industrielle des courants alternatifs {Bibliog.) . Plànck (Max). — Absorption et émission des ondes électriques par résonnance Poincaré (H.). — Observations au sujet de la communication de M. Jaumann sur les rayons cathodiques .... Pope (F. R.). — Monture pour lampe à incandescence...............................
- R
- Raps(A.). — Appareil de compensation pour la mesure des forces électromo-
- Raveau (C.). — Les rayons de Roentgen et les rayons ultra-violets . . . . 249 — Sur l’historique de la soudure électrique....................................
- — Physik des Aethers, par Drude
- [Bibliog.).......................
- Raverot (E.).— Essai sur la philosophie des sciences, parde Freycinet [Bibliog.) Readman. — Fabrication électrique des cyanures et ferrocyanures ......
- Reeves (J. H.) “— Sur une addition au pont de
- Wheatstone pour la détermination
- des faibles résistances...............603
- Reyvai. (J.). — Le secteur de la Rive gauche 193 Richard (G.). — Applications mécaniques
- de l'électricité......................100
- — Les lampes à arcs.....................318
- — Les lampes à incandescence . . . . 529
- — La mécanique générale américaine
- à l’exposition de Chicago {Bibliog.) 94
- Riche Prf.i.i.er (C. S. du). — Les tramways
- électriques et les téléphones. ... 411
- Righi (A.). — Sur l’allongement d’une étincelle électrique produit par le mouvement des électrodes..........................26s
- — Sur la double réfraction des radiations électriques, particulièrement dans le gypse..............................277
- — Nouvelles expériences sur l’étincelle globulaire . . . 362, 457, 495 590
- — Sur la production de phénomènes électriques par les rayons de Roent-
- gen.................................399
- Roberts. — Eleclrolyseur.................... 32
- Robertson (J. Hart). — Photographie des
- objets invisibles par l’arc électrique 507 Robertson (Robert). — Roulage électrique
- dans la houillière d’Earnock. . . . 100
- Rochas (de). — Voir Dariex et de Rochas . 473
- Rodmkr (G. R.). — Les moteurs hydrauli-
- liques [Bibliog.).................>572
- Roentgen (W. C.). — Sur une nouvelle espèce de rayons. ............................241
- Rowbotham. — Pile............................499
- Rühlmann (Hans). —Voir Schmidt.............. 605
- S
- Salomons (Sir D.). — Quelques expériences
- sur les lampes à incandescence . . 567
- Sartiaux (Eug.). — Les bacs d’accumulateurs en verre moulé . ...... 157
- Sayers.—Moteurs et dynamos ...... 265
- Schmidt et Hans Rühlmann. — Machine de
- Hollz à influence.............. 605
- Schuster (A.). — Sur les rayons de Roentgen. 199 Séguy (Gaston). — Sur un tube de Crookes de forme sphérique, montrant la réflexion des rayons cathodiques
- par le verre et le métal . ..... 232'
- Selbold.—Lampe à arc................. 326
- 49
- 250
- 577
- 476
- 188
- 3.8
- 377
- 165
- 279
- 3J7
- 421
- 508
- 381
- 5i5
- *75
- 533
- 92
- 318
- 481
- 426
- 571
- 462
- p.622 - vue 623/624
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 625
- Sheppart (H.). — Lampe à incandescence
- pour bureau.......................536
- Siemens et Halske. — Lampes à incandescence......................................532
- — Commutateur pour jeux de scènes. 536 Siemens et Perry. — Supports télégraphiques .......................................165
- Spiller et Massy. — Machine à souder les ampoules des lampes à incandescence. . ..................................530
- Stanly.—Voir Binswanger.............. 166
- Stien. — Préparation des filaments de lampes à incandescence...................... 529
- Street. — Eclairage électrique des trains. . 94
- Swyngedauw (R.). — Différence d’action de la lumière ultra-violette sur les potentiels explosifs statique et dynamique. . . s . . , 2)°
- — Sur l’abaissement des potentiels explosifs statiques et dynamiques par les rayons X...........................
- T
- Taudin-Ciiabot (J. J.). — Sur une expérience de M. J. J. Thomson sur les rayons
- de Roentgen........................45^
- Thomson (Eliiiu). — Images stéréosçopiques
- de Roentgen....................... 605
- Thomson (J. J.). — Sur les rayons de Roentgen.........................................421
- ___ Décharge de l’électricité produite
- par les rayons de Roentgen .... 454
- Thwaite. — Creuset électrométallurgique . 85
- Touanne (db la). — Nouvelle installation de
- l’hôtel des téléphones à Paris . . . 567
- U V
- Vigouroux. — Sur le siliciure de cuivre . . 379
- Violle (J.). — Un étalon photométrique à
- l’acétylène...................178 332
- — La production des rayons de Roentgen au moyen d’une lampe à incandescence .......................317
- Vogkl(E.). — Sur la polarisation électrique
- du nickel, du cobalt et du fer. . . 91
- W
- Warren (H. S.) et G. C. Wïiipple. — Thermophone .....................................326
- Wedding (W.). — Etude comparative de la lampe à acétylène et de l’arc électrique ....................................... 87
- Westinghouse. — Tramway à canalisation souterraine électromagnétique (voir
- G.Pellissier)...................... 17
- — Parafoudre............................. 85
- — Les locomotives électriques Baldwin-
- Westinghouse....................... 599
- Wheless. — Lampe à arc......................322
- Whipplb (G. C.). — Voir IL S. Warren. . . 326 Wiedemann (G.). — Die Lehre von der Elck-
- tricitat {Bibliog.)................ 184
- Woodley. — Lampe à incandescence .... 534
- Wulp(Th.).— Détermination de la fréquence
- des courants alternatifs............563
- Z
- Zeeman (P.). —- Voir Co/m £............. 569
- Zenger (Ch. V.). — Epreuves photographiques obtenues au moyen des rayons
- X..................................377
- — Sur la production des silhouettes
- de M. Roentgen................... 472
- p.623 - vue 624/624
-
-