L'éclairage électrique
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- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
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- L’Eclairage Electrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
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- Directeur sciENTiFiauE : J. BLONDIN. Secrétaire de la rédaction : G. PELLISSIER
- TOME IX
- 4" TRIMESTRE 1896
- PARIS
- GEORGES CARRÉ ET C. NAUD, EDITEURS
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- Tome IX.
- Samedi 3 Octobre 1896.
- I" 40.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- Directeur Scientifique : J. BLONDIN Secrétaire de la rédaction : G. PELLISSIER
- TRAMWAYS ELECTRIQUES
- CONDITIONS D’ÉTABLI SS EM K NT
- i. Décomposition de l'électrolyte. Rappel du principe de décomposition électrolytique. — Bien que la question soit extrêmement connue, on rappellera le principe même des décompositions électrolytiques dont on sc servira dans le cours de cette étude. On ne fera d’ailleurs usage que des considérations les plus simples et les plus élémentaires.
- Quand un courant électrique, au moyen de deux conducteurs, ou électrodes. que l’on maintient à des potentiels différents, traverse un composé liquide où sont logées les électrodes, on constate une décomposition, ou éleclvo-lyse, du composé liquide dit alors électrolyte.
- 2. Transport des produits de la décomposition. — Si l’on considère l’clectrolytc comme constitué chimiquement par deux éléments, l’un dit électro-positif (métal1, l’autre électronégatif (métalloïde^, on peut dire que d’une part l’élément électro-négatif se porte h Y électrode positive, ou anode, d'autre part l’élément électro-positif se porte à l’électrode négative ou cathode.
- 3. Force èlectromotrice minimum de décomposition. — Dans l’expérience de l’élcctrolyse, le courant, par définition, entre dans le liquide par l’électrode positive ou anode, celle où le potentiel est le plus élevé, et en sort par l’électrode négative ou cathode, celle où le potentiel est le moins élevé.
- L’expérience démontre qu’il faut, pour que la décomposition se produise, maintenir entre les électrodes une différence de potentiel minimum.
- Au-dessous de ce minimum, la décomposition s’arrête.
- Si, après l’expérience, le courant ayant été interrompu, on réunit les deux électrodes par un fil conducteur, 011 constate dans le fil le passage d’un courant de sens inverse à celui du premier, c’est-à-dire allant dans l’électrolyte de la cathode à l’anode.
- Ce courant en sens inverse est dû à la force électromotrice de polarisation, qui est dite négative pour cette raison (force contre-élec-tromotrice;.
- Pour que la décomposition se produise, il faut que la différence de potentiel soit au
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- T/ ÉCLAIRAGE K L EX T RIQ l ; E
- moins égale et même supérieure à cette force électro-motrice.
- 4. Lois de la décomposition électrolytique.
- — La quantité d’électrolyte décomposée est réglée par les lois dites de Faradav et de Becquerel.
- La force électromotrice minimum de décomposition varie avec la nature de l’électrolyte, des électrodes, etc., etc... La loi dite de Thomson ilord Kelvin) donne une indication théorique de la valeur de cette force électro-motrice. En pratique la valeur constatée est toujours supérieure au chiffre théorique, résultant de la loi de Thomson.
- Tl n’est pas nécessaire d’entrer ici dans le détail de ces lois et on se bornera à des indications générales, en les précisant par l'exemple le plus simple, celui de la décomposition de l’eau légèrement acidulée.
- 5. Exemple de la décomposition de l’eau.
- — Si dans un verre d’eau acidulée, renfermant deux électrodes en platine, on fait passer un courant électrique, l’eau est décomposée et continue d’ètre décomposée, tant qu’on maintient entre les électrodes une différence de potentiel égale à 1,5 volt environ.
- 0 H
- Fig. ..
- L’oxygène de l’eau (élément électro-négatif) se porte sur l’anode (électrode positive) et l’hydrogène (élément électro-positif) sur la cathode (électro-négative) (fig. 1).
- Si, d’une part, au lieu d’une solution acide, on emploie une eau alcaline et si, d’autre part, on emploie de larges électrodes en fer, la différence de potentiel minimum pour produire la décomposition est encore égale à environ 1,5 volt.
- Comme on l’a dit, d’une manière générale, cette valeur varie avec la nature des
- électrolytes et les conditions de l’expérience.
- 6. Effets de la présence de métaux différents. — L’appareil qui sert à décomposer l’eau (5) s’appelle un voltamètre. Si on y remplace les deux électrodes en platine : l’une, par une électrode en cuivre, l’autre par une électrode en zinc, et, qu’on ne fasse passer de l’extérieur aucun courant dans l’appareil, on constate la production d’un courant, provenant de l’attaque des deux métaux. Le zinc est attaqué et le courant va extérieurement du cuivre (pôle positif) au zinc (pôle négatif). C’est là le principe de la pile de Volta. II y a donc dans ce cas développement naturel, par suite de la présence des deux métaux différents, d’une force électromotrice qui dans le circuit extérieur va du métal le moins attaqué au métal le plus attaqué.
- La valeur de cette force électromotrice est égale à environ 1 volt.
- APPLICATION DES PRINCIPES CI-DESSUS AUX TRAMWAYS ÉLECTRIQUES A RETOUR I)U COURANT
- 7. Analyse des phénomènes électrolytiques dans le retour par les rails. — Dans le retour du courant par les rails, les elfets électrolytiques se présentent de la façon suivante :
- Soit AB, un l'ail ou un ensemble de rails formant conducteur de retour (fig. 2).
- Soit CD, une conduite métallique d’eau de gaz, etc., enfouie dans le sol.
- Le courant électrique, venant de l’usine, après avoir actionné les moteurs de la voiture automobile, revient par B A. Plus le nombre des voitures situées au delà de la partie AB, par rapport à l’usine, sera grand, plus intense sera le courant dans A B.
- Si pour une cause quelconque une dériva-
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- tion se produit, il pourra arriver que le courant de dérivation suive DC.
- L’intensité du courant dérivé dans CD dépendra de la différence de potentiel entre I) et C, de la grosseur (résistance) de la conduite métallique CD, etc.
- Pour que le courant dérivé suive DC, il faut qu’il entre vers le point D et qu’il sorte vers le point C, par exemple suivant BD et CA.
- Si dans le trajet B I) il y a décomposition électrolytique des sels dissous dans l’eau, par exemple, le pôle positif de rail formant anode) recevra un radical acide et sera attaqué (5! ; le pôle négatif D (la conduite formant cathode à l’entrée du courant! recevra la base entrant dans la composition de la solution saline et -en général ne sera pas attaquée.
- Si dans le trajet C A, il y a de même décomposition électrolvtique, inversement en C conduite formant anode) il y a attaque et en I) (rail formant cathode': il n’y aura pas
- Toujours dans l’hypothèse des décompositions électrolytiques sur les parcours B I) et C A. quelle sera la difierence.de potentiel entre les points B et A?
- Soient itig. 2) :
- p la résistance de la partie Bl)
- P' — CA
- R la résistance de la conduite DC e et e les différences de potentiel mi-nima 14', pour produire la décomposition électrolvtique en BI) d’une part et CA de l’autre;
- u la différence de potentiel entre B et A. i le courant dérivé dans le circuit considéré.
- Or pourra écrire, en vertu de la loi d’Ohm, et en tenant compte des forces contre-élec-tiomotrices de polarisation, exigeant les mi-nima e et e' :
- u — e + e> + 1 (? + R -f p’j
- Les valeurs de e et e' sont au moins égales a U5 volt environ, en supposant que les mé-
- taux constituant les retours B A et 1) C soient les mêmes.
- Par suite u sera égal au moins à 3 volts
- Il faut en outre tenir compte du terme :
- ’(? + R + ?')
- Cette valeur sera toujours faible dans la pratique, si l’installation est bien établie, et on admettra ici, sauf à y revenir plus loin, que cette valeur ne doit pas dépasser 2 volts.
- Dans cette hypothèse la différence de potentiel entre B et A serait égale à 5 volts.
- Il peut arriver que les métaux constituant A B et C D soient différents et que placés dans le sol ils donnent lieu à une action chimique, développant une force électromotrice de même sens que celle du courant de retour | et favorisant par conséquent les actions électrolytiques. C’est par exemple ce qui pourrait avoir lieu avec un conducteur en cuivre nu, noyé dans le sol, et les conduites d’eau,
- ! de gaz, etc... Dans ce cas la valeur de e doit être diminuée de la valeur de la force élec-troinotrice due à la présence de deux métaux différents, soit 1 volt environ. Mais cette dernière valeur doit s’ajouter à celle de e! pour qu’il y air décomposition. Finalement la valeur de u ne semble pas être modifiée.
- 8. Voltage dangereux à considérer dans la question de retour par les rails. — Il résulte de ce qui précède que, étant donné un tramway électrique avec retour du courant par les rails, pour qu’il y ait danger, il est nécessaire qu’il existe une chute de voltage minimum entre les deux points de retour entre lesquels s’étend la conduite métallique dont on craint l’attaque électrolytique.
- La valeur de ce minimum dépend de la nature du sol, des conditions d’humidité dans lesquelles il se trouve, de la distance et de la niasse des conduites métalliques aux rails, de la nature des joints de ces conduites, etc.
- En Angleterre, le Bourd of Tïade dans son règlement du 6 mars 1894 a adopté la valeur de 7 volts.
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- 1/ ÉCLAIR A G E É L E C T RIQ U E
- Plus la chute de voltage sera faible, moins j grandes seront les chances d'avaries. I
- On admettra dans ce qui va suivre lavalcur de 5 volts; c'est ce qui s’appellera, par définition et pour abréger le langage, la règle des 5 volts.
- g. Différence de condition d’attaque des conduites et des rails. — Il y a lieu de remarquer que c’est le courant de sortie C A qui est dangereux pour la conduite métallique et non le courant d’entrée BD. De même pour le rail le courant de sortie BD est seul dangereux et non le courant d’entrée CA.
- io. Cas où il n'y a aucun danger d’électro-lyse à redouter. — Il pourrait y avoir un voltage supérieur à cette valeur sans qu’il y ait d’accident, dans de nombreux cas. Il peut en particulier ne se produire aucune dérivation si la résistance des parties, telle que Bi),
- Il peut aussi, comme on l’a déjà indiqué, n’y avoir aucune électrqlyse sur le passage en B D du courant ou en CA. En se plaçant au seul point de vue des tiers propriétaires des conduites métalliques, et sans s’occuper des rails, appartenant à la Compagnie de Tramways intéressée et responsable des accidents, il suffit pour qu’il n’y ait pas d’inconvénient que sur le trajet C A il n’y ait pas d’électrolysc.
- Il est inutile de rappeler ici que la première condition pour qu’il y ait électrolyse, c’est d’avoir, par définition même, un liquide composé, une dissolution saline par exemple. Si entre le rail et la conduite il ne peut y avoir trace d’humidité, on n’aura pas d’accidents électrolytiques à redouter. C’est par exemple ce qui aura lieu très probablement si entre les rails et les conduites métalliques, placées sous la chaussée, on a une plate-forme continue de béton.
- Il en serait de même a fortiori si la conduite C D est placée dans une enveloppe isolante quelconque, de telle façon que le courant B I) ne puisse pénétrer jusqu’à la conduite. C’est par exemple ce qui arrivera si la con-
- duite métallique est placée dans une pierréc toujours sèche ou à l’intérieur d’un égout, sans communication métallique avec le terrain extérieur, etc.
- Distinction de plusieurs cas dans l’application
- de la règle des 5 volts en pratique.
- ii. Voie en rase campagne. — Il v a de nombreux cas où il n’y a pas lieu de se préoccuper sérieusement des conséquences des dérivations dans le retour du courant pâlies rails, par exemple dans le cas où il n’y a pas de conduites métalliques, comme il arrive
- Fig. 3-
- généralement en rase campagne. Les dérivations qui se produiront alors ;fig. f) n’auront, au point de vue de l'électrolyse, d’autres conséquences que les attaques des rails aux points m de départ.
- La résistance excessive du retour en aura d’autres, comme par exemple l’augmentation dans la consommation d’énergie électrique; mais cette conséquence n’intéresse que le concessionnaire du tramway.
- Au point de vue de la sécurité du public et de la circulation en particulier, il n’y a aucun danger à redouter.
- 12. IàuVs sur ponts métalliques. — En outre de la traversée des lieux habités où il v a lieu de prendre les mêmes préoccupations que d.ans les villes (voir plus loin $ 13Ï, il sera utile de vérifier qu’entre les deux extrémités des voies, placées sur des ponts métalliques, la ditïércnce de potentiel ne dépasse pas 5 volts, sinon on pourrait craindre l’oxydation des assemblages métalliques. D’ailleurs cette condition sera presque toujours remplie naturellement.
- 13. Voies dans les villes. — C’est surtout
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- dans les villes, dont le sous-sol est généralement sillonné de conduites métalliques, eau, craz électricité, air comprimé, etc., qu’il y a lieu de se préoccuper des accidents électrolytiques et de leurs conséquences. La circulation est directement intéressée par le danger de rupture des conduites. Il en est de même de la sécurité comme conséquence des ruptures ou même des simples perforations.
- J] semble qu’il y ait lieu d’appliquer la règle donnée plus haut de la façon suivante :
- Soit AB le rail formant retour ou d’une façon générale l’ensemble des rails (fig. q).
- Soient C1X EF, GH, ..., des conduites métalliques dont les projections sur A B sont cd. ef. glu ...
- l'ig. 4.
- Si entre les deux extrémités du rail B et A, la différence de potentiel est inférieure à 5 volts, il n’y a aucun danger à redouter d’après ce qui a été dit plus haut.
- Mais on peut aller plus loin. Si un courant suit la conduite C D, il est probable que la dérivation du courant se fera approximativement dans la région cd du rail. Par suite si entre les points d et c, la différence de potentiel est inférieure à 5 volts, la conduite C l) a beaucoup de chances pour rester indemne des attaques électroh-tiques.
- Si la projection cd est nulle ou sensiblement nulle, c’est-à-dire si la conduite C D a une direction transversale et non parallèle à AB. il n’y a rien à craindre.
- ^ Ce que 1 on vient de dire des conduites supplique aux masses conductrices d’une manière générale.
- Étant donné le plan des rails formant retour et de masses conductrices, situées sur ou sous la voie publique empruntée, proje-
- ter ces masses sur la ligne de rails et calculer la différence de potentiel maximum entre les deux extrémités de chaque protection. Si ces différences de potentiel sont toutes inférieures à 5 volts, 011 a toute sécurité au point de vue des attaques des masses conductrices par les courants dérivés, pouvant provenir des rails employés comme retour du courant.
- Remarque I. — Dans l’énoncé ci-dessus on a indiqué toute les masses conductrices, placées sur ou sous la voie publique empruntée. En effet, il faut prévoir que d’une manière générale les dérivations de courant peuvent se produire à des distances importantes. Toutefois, il faudra vérifier dans chaque espèce l’application de cette règle : il pourra se présenter des cas où il serait inutile de tenir compte de certaines masses métalliques.
- Remarque II. — Quand les conduites ffg. 4) sont discontinues, les chances d’actions électrolytiques sont moindres. En d’autres termes, pour qu’il y ait électrolyse, la différence de potentiel entre B et A doit être plus forte que dans le cas d’une conduite continue, offrant une faible résistance. En effet, des actions électrolvtiques se produisent entre les conduites sur C F, E II, etc., ce qui augmentera d’autant la force électro-motrice minimum nécessaire à la décomposition électrolv tique.
- Utilisation complète des rails pour le retour du courant.
- 14. Eclissage électrique. — La réalisation de la continuité des rails au moyen de la soudure n’est pas encore, au moins en Europe, entrée dans la pratique courante. L’expérience a d’ailleurs démontré surabondamment en Amérique qu’011 ne pouvait se contenter, au point de vue électrique, de l’éclissage ordinaire, destiné à assurer la liaison des rails au point de vue de la résistance mécanique. On est donc obligé d’avoir recours à un éclissage spécial électrique.
- 15. Systèmes actuels d’éclissage. — Les systèmes d’éclissage électrique sont nom-
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- breux, mais la pratique qui semble devenir générale consiste à adopter des fils de cuivre d’environ 0,60 m de longueur qui sont coincés dans l’ànie des rails, soit directement .Chicago joint), soit par l’intermédiaire de bagues fendues légèrement tronconiques, soit
- Il n’est pas dans l’objet de celte note de décrire ces systèmes d’éclissage ; pour cela on renvoie le lecteur au nombreux articles des journaux spéciaux sur ce sujet.
- Malgré la haute importance de la question, on ne discutera pas non plus la valeur de ce système de joint au point de vue de la durée et de sa conductance. Beaucoup d'électriciens estiment qu’au bout d’un certain temps l’oxydation des surfaces doit se produire.
- Il est possible et meme probable qu’une plus longue pratique fasse apporter au système des améliorations. Mais on admettra ici qu’on puisse trouver quel qu’il soit, serait-ce avec la soudure, un joint satisfaisant.
- En tout cas, il y a lieu de s’arrêter sur le point suivant : quelle est la résistance de l’éclissage électrique, comparée à celle des rails faisant retour ?
- Les constructeurs de tramways électriques jusqu’à ce jour semblent tenir compte dans leurs calculs de l’éclissage mécanique pour assurer au moins partiellement le retour du courant. Cependant cet éclissage ne présente aucune garantie à cet égard: les contacts sont imparfaitement assurés; en outre le fer s’oxyde rapidement. Il paraît prudent de ne pas compter du tout sur cet éclissage.
- Dans ces conditions, on constate que le diamètre des fils de cuivre ordinairement employés est insuffisant et que la résistance linéaire d’un raccord électrique est trop supérieure à celle du rail.
- Par exemple, dans une ligne existant avec des rails du type h gorge et patin, pesant 60 kilogrammes le mètre courant, deux rails consécutifs étant cclisscs électriquement par un fil de cuivre de S mm de diamètre (section 50 mm2), on trouve que le rail offre une résistance en ohms de 0,0175 X io_:! par
- mètre de longueur, alors que le fil de cuivre en a une égale à 0,333 X io-», soit 20 fois plus environ.
- Il y a lieu de tenir compte, il est vrai, de la faible longueur du fil de cuivre formant raccord électrique ou pont.
- En admettant que les rails aient 10 m de longueur et les ponts en cuivre 0,60 m, on peut faire le calcul suivant :
- Soient r la résistance du mètre de rail employé dans le retour,
- p, celle du mètre de fil de cuivre formant raccord.
- La résistance par mètre du conductcurcons-titué par un rail et les deux fils de cuivre (un à chaque extrémité) sera égale à 0,94 r + 0,06 p.
- En posant
- 0,94 r + 0,06 p = h r.
- on en déduit
- a = 0,94 + 0,06 m.
- Le tableau suivant donne la valeur de n pour diverses valeurs de m.
- 1,06
- Ainsi, dans l’exemple ci-dcssus, on fait plus que doubler la résistance due aux rails seuls.
- Si avec une conductance constante et égale a celle des rails, on a sur la ligne une chute égale à 5 volts, on aura avec des raccords, ayant une résistance au mètre m fois plus grande que celle des rails, une chute égale à 5 m
- Si l’on veut que l’écart ne dépasse pas un volt, 011 posera
- 5 m < 6,
- d’où
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- En Amérique on adopte généralement = M7<
- Mais, comme on l’a vu par l’exemple cité plus haut, on trouve des installations où la valeur de m est absolument exagérée.
- 16. Nécessité d’utiliser complètement la conductance des rails. — Cette pratique ne semble pas recommandable. On se l’explique bien en se reportant à l'historique du retour du courant par les rails.
- On a commencé par utiliser les rails, tels qu’ils étaient installés avec la traction animale. sans se préoccuper de la transformation. C’est ainsi qu’on a constaté les accidents considérables de Boston, etc., qui ont amené les constructeurs h se préoccuper de la nécessité de l’éclissage électrique. Après avoir réalisé ce progrès, on a cru avoir atteint la perfection et on s’est arrêté dans cette voie.
- Il semble que ce soit une erreur. En effet il est absolument rationnel d’utiliser les rails aussi complètement que possible pour le rc-tourdu courant, et cela sans tenir compte des joints mécaniques. Par suite il y a lieu de constituery autant que possible, l’éclissage électrique de telle façon qu’il offre une résistance linéaire au plus égale à celle des rails eux-mêmes.
- Par exemple, pour reprendre l’espèce ci-dessus, au lieu d’un seul fil de cuivre pour faire le joint, il en faudrait 20, ou plus simplement un seul gros fil de 30 mm de diamètre environ.
- Mais il y a plus, il semble qu’on ne doive pas encore s’arrêter la. Il est prudent de prévoir que pour une cause accidentelle quelconque, en cours d’exploitation, le joint électrique peut se détériorer. Il faut donc lui prévoir un rechange. Cette considération conduit à demander pour chaque éclissage, autant que possible, une résistance égale à la moitié de celle des rails avec emploi de deux fils de cuivre.
- Dans l’espèce ci-dessus, par rail, il faudrait deux fils de 30 mm au lieu d’un seul de 8 mm de diamètre.
- On est donc logiquement amené à employer, contrairement à ce qui a lieu dans la pratique actuelle, de grosses sections de cuivre, toutes les fois qu’on est obligé de se fixer une chute maximum de voltage entre les deux extrémités du retour et l’usine. L’augmentation de dépense qui en résulte est absolument justifiée par la sécurité obtenue, tant est grande l’importance de la question du retour du courant par les rails, quand la voie publique est sillonnée par de nombreuses conduites métalliques et que les voitures électriques se succèdent rapidement.
- La nécessité de l’emploi de gros fils étant démontrée, on peut se demander s’il 11c vaudrait pas mieux recourir à de véritables barres en cuivre ou plus simplement supprimer les éclisses en fer et les remplacer par des éclisses en cuivre (’) ou en bronze qui présenteraient à la fois des tenons venus de fonte pour l'éclissage électrique au moyen des bagues (16} et des ouvertures pour le passage des boulons assurant la résistance mécanique. Le système présenterait peut-être des inconvénients en raison du contact de métaux différents soumis à un courant électrique en présence de l’humidité et de l’air; la pratique seule permettrait de se prononcer sur son efficacité.
- Mais, comme on l’a déjà dit, il n’y a pas lieu de s’occuper ici du système même des joints à employer.
- En résumé, il est logique d’assurer l’éclissage électrique au moyen de deux conducteurs en cuivre d’un diamètre tel que chaque conducteur offre, autant que possible, une résistance linéaire au plus égale à celle du rail.
- Dans la présente étude on supposera cette condition d’égalité réalisée.
- {A suivre.)
- A. Monmerqué,
- Ingénieur des Ponis et Chaussées.
- (*) M. A. Potier nous a indiqué aussi dans le même ordre d'idées l’emploi de plaques de cuivre sur lesquelles reposeraient les patins des rails sans préjudice d’assemblages (entre les patins et la plaque) analogues à ceux de la pratique actuelle, comme le chicago bond. A. M.
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- T.ES DYNAMOS
- i. Nouveaux bobinages d’induits Kickemeyer. — Le nom seul de M. Eickcmeyer évoque le souvenir de ses travaux anterieurs et indique l’objet de ses recherches. Ici, comme précédemment, il s’agit particulièrement de l’enroulement des armatures en tambour. Établir des induits électriquement et mécaniquement équilibrés, protéger l’enroulement contre tout déplacement par suite des efforts qu’il subît en marche, assurer une large ventilation de l’ensemble et permettre l’application et le remplacement faciles et économiques des bobines élémentaires sur le noyau, tel est le but visé par l’inventeur dans le nouveau brevet ici analysé.
- Â cet effet les arêtes des bases du noyau, constitué de disques de tôle, sont tout d’abord garnies d’une sorte de baguette d’angle a circulaire, non magnétique, qui éloigne des fonds du cylindre les premières spires de l’induit. Les bobines élémentaires sont ensuite formées d’avance d'un nombre donné de spires et d’un diamètre de fil proportionnés au résultat à obtenir 'courant et tension'', les dites spires étant étagées, comme longueur,suivant les indications de la figure i.
- ment des grands côtés, identique pour une même bobine, n’est pas le même d’une bobine
- a l’autre. Ce sont, en effet, les petits côtés 1 direction axiale de l’induit, et, comme on le qui correspondent, dans le montage, à la | voit sur l’induit terminé ^fig. 3), les diffé-
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- R R VU K D’ÉLECTRICITÉ
- rentes sections appliquées suivant les génératrices du noyau ont des longueurs légèrement inégales, ultérieurement compensées par la longueur de leur raccordement horizontal avec le commutateur. Quant aux grands côtés, ils reçoivent, ainsi qu’on le voit sur les figures 2. 4 et 5. des incurvations inégales
- Fig-. 4 et 5.
- semblables deux à deux, mais différentes d une bobine à l’autre. Ces incurvations, destinées à contourner l’arbre, se prolongent par des parties rectilignes (fig. 41, égales aussi deux à deux et destinées à les relier radiaie-ment, sui les bases du cylindre, aux éléments qui en suivent les génératrices. Dans ces conditions les différentes bobines présentent très sensiblement la même résistance électrique et le même poids de cuivre symétriquement répartis autour de l’axe. Des goujons g régulièrement espacés sur les faces planes du tambour assurent en outre la fixité
- du bobinage sur le noyau et une excellente ventilation circulaire et radiale entre les differentes bobines et sections de l’induit.
- La disposition indiquée sur les figures correspond au cas d’une machine bipolaire à 50 bobines comprenant chacune 6 spires de fil, 3 en largeur et 2 en épaisseur. Les figures 3 et 5 montrent suffisamment le mode d’enroulement de chaque section, désignée par la série des lettres b. c, d. e, /, rangées et numérotées dans l’ordre de leur mise en place.
- Il est facile de voir que le même principe est applicable, sauf les détails d’exécution qu’ils comportent, à la construction des induits multipolaires.
- 2. Régulation électrique de la tension des dynamos et de la vitesse des moteurs à vapeur.
- — M. J. Graham et AI. H. Chapman ont fait breveter sous cette rubrique le dispositif sché-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRTQCE
- matiquement représente par les deux figures 6 et 7. Deux électro - aimants A et B sont reliés l’un à l’autre par le fil C en rela-
- tion lui-même avec le circuit électrique à régler. Le premier comporte une armature plongeante D fixée à une lame de ressort réglable à volonté, comme l’indique la figure, et terminée par une languette E oscillant entre 2 butoirs F et G, contre le dernier desquels le ressort tend à la pousser. L’autre électro-aimant B attire, sous l’action du courant en C, une armature B’ qui établit un contact en B\ D’autre part un pignon H est monté sur une vis sans fin J qui fait mouvoir un bras K en avant ou en arrière suivant son sens de rotation. Ce pignon est d’ailleurs actionné dans un sens ou dans l’autre par l’une des deux ancres L2,M2 solidaires des
- armatures des électro-aimants L et M respectivement reliés eux-mêmes aux butoirs F et G.
- Fig. 8.
- Ceci posé, la tension du ressort D étant, une fois pour toutes, réglée suivant la différence de potentiel à maintenir constante, et la languette E occupant la position intermédiaire entre les deux butoirs, on voit que, si le courant dépasse la limite fixée, le contact établi par le butoir P' met en action l’électro-aimant L et-fait tourner dans un certain sens la vis sans fin J qui, parle bras K, introduit une résistance compensatrice R. Si le courant faiblit, le contact s’établit en G et l’élcctro-aimant M fait tourner en sens contraire le
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- système qui, en retirant la résistance, ramène le courant à sa valeur de régime. Si le circuit entre les bobines A et B est rompu, l’armature B1 se trouve abandonnée, ce qui prévient l’action excessive des ancres U ou AI' dans un même sens.
- Dans certains cas, pour obtenir un réglage plus rapide, on peut adopter la disposition de la figure 8, dans laquelle les électro-aimants L et AI sont sectionnés en 2 bobines, et la languette E porte 2 contre-languettes sou-
- ples E1, E2 ; si, après un premier contact avec une contre-languette, le courant continue h varier dans le même sens, le contact extrême de la languette met en oeuvre, par F1, G1, la seconde bobine de l’électro-aimant correspondant qui augmente la rapidité d’action sur le pignon jusqu’au moment où le courant, reprenant progressivement sa valeur de régime, détermine l’abandon successif des butoirs par la languette.
- Au lieu d’actionner le bras K qui met en
- Fig. 9, 10,
- jeu une résistance, la vis sans fin J peut évidemment agir aussi bien sur la valve d’admission d’un moteur à vapeur pour en régler la vitesse et. par suite, celle d’un dynamo entraînée par lui.
- 3. Enroulement d’induit Thomson-Houston sans chevauchement de section. — Le grand inconvénient des chevauchements de sections sur les induits en tambour est de rendre difficiles et coûteuses les réparations partielles. Le nouveau mode d’enroulement de la Société Thomson-Houston a pour objet de les
- supprimer, sinon de fil à fil dans une même section, mais d’une section sur l’autre, ce qui, en remédiant au défaut ci-dessus signalé, permet en outre la division de la structure magnétique de l’induit, et, par suite, l’emploi des moteurs d’induction triphasés sur les tramways avec les mêmes avantages que les moteurs à courant continu.
- La figure 9 représente cet enroulement d’induit pour une machine triphasée à douze pôles, i*2, 3, 4, etc. A est l’induit; C, D, sont des groupes distincts de bobines a, è, c. respectivement indiquées par un seul fil, pour
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- plus de clarté; les lignes radiales représentent les bobines appliquées sur le noyau; les lignes obliques, les connexions terminales. Toutes les bobines ont même forme et même dimension, leur largeur étant sensiblement égale à celle du pas ou distance entre les pôles ; elles sont connectées en ordre régulier sur tout le pourtour. Chacune d’elles s’étend sur une portion de la circonférence correspondant à une paire de pôles adjacents, ce qui permet de partager la structure magnétique de la machine en autant de fractions indépendantes qu’il y a de paires de pôles. Ces bobines peuvent d’ailleurs être groupées à volonté en série ou en dérivation suivant les besoins, sans chevaucher de l’une sur l’autre.
- On voit sur la figure io un montage analogue pour une machine monocyclique.
- Dans les figures n et 12, H étant l’arbre d’un moteur d’induction triphasé, I le pignon réducteur de vitesse et G l’axe de l’engrenage d'entraînement, E est l’induit ferme sur lui-même et L le système induc teur formé de tôles découpées, que des en-
- coches en queue d’aronde permettent de fixer par segments, sur la carcasse M. Grâce à l’inégale longueur de ces segments /, on peut d’ailleurs en alterner les joints pour diminuer la réluctance. Le moteur triphasé à douze pôles ici représente comporte trois sections au-dessus et trois an-dessous de la ligne de partage H suivant lequel le moteur peut s’ouvrir en toute liberté.
- Les mêmes dispositions s’appliquent évi-
- demment au cas inverse de celui de la figure, où l’induit serait fixe et l’inducteur mobile. Elles sont également applicables aux machines à courant continu; seulement, ici, la présence du commutateur exige un nombre de pôles multiple de 4 pour que l’ouverture de l’induit soit possible. C’est ce que montre la figure 13.
- 4. Compensation de la réaction d’induit dans les dynamos et moteurs (Atkinson;. — Le décalage des balais, nécessité par la réaction d’induit, a, comme on sait, l’inconvénient de désaimanter l’un des becs polaires et de donner des étincelles aux balais quand la force magnétomotrice de l'induit est de beaucoup supérieure à celle des inducteurs. Les différents moyens proposés pour y remédier présentent d’autres inconvénients tels qu’un poids de cuivre exagéré ou l’absence de toute proportionnalité entre l’intensité magnétique au bec polaire et le courant dans l’induit. Ce brevet a précisément pour objet de créer dans la bobine où doit se faire la commutation une force électromotrice inverse proportionnelle au courant d’induit. L’auteur suggère à cet effet deux procédés, l’un direct, et l’autre différentiel.
- Dans le premier, auquel correspondent les figures 14 (a) (b) (c) {d) et 15 [a] (b) (c), N et S représentent les pôles d’une machine ou d’un moteur bipolaire; 1 est l’induit principal, anneau ou tambour; 2, un induit supplémentaire portant des bobines de renversement; et 3 deux (dans une machine bipolaire'' pièces polaires additionnelles, de largeur sensiblement égale à celle d’une bobine de commutation. La figure 14 (c) donne le plan de cette disposition; 14 (a(, une coupe.suivant mm;
- Dans les figures 14 [a) et 14 [d), la bobine de l’induit principal, dans laquelle la commutation est sur le point de se faire, ne se trouve pas sous la pièce 3, tandis que en 14 (b) et en 14 {d}) la bobine 5 de l’induit auxiliaire se trouve sous cette pièce et est le siège de la force élcctromotrice nécessaire au renverse-
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- ment du courant dans'4. Les flèches courbes indiquent la trajectoire du flux dû et proportionnel à la force magnétomotrice de l’induit et qui ne coupe pas la bobine 4, tandis qu’il
- coupe la bobine 5 par laquelle s’effectue la liaison au commutateur.
- La figure 15 [a) montre une autre disposition, dans laquelle la pièce 3 n’est pas divisée
- en deux parties au-dessus de l’induit principal, ce qui n’est pas nécessaire. Deux induits principaux remplissent alors réciproquement le rôle d’induit auxiliaire. Les deux induits 8 et g couverts par la pièce 3 tournent simultanément dans des champs de polarités opposées: les bobines principales "'indiquées en plein) de 8 se relient au commutateur 7 par les bobines de commutation (en pointillé) appliquées sur 9, de même que celles de 9 se relient au commutateur 6 par les bobines appliquées sur 8.
- On voit sur la figure 15 (b) comment, en
- ramenant en arrière la bobine de commutation sur le même noyau d’induit, on peut se dispenser d’un second induit, et les connexions afférentes sont représentées sur la figure 15 (c). Le circuit magnétique est alors complété extérieurement à l’induit par la carcasse ou autrement (10, fig. 15, c), à la seule condition qu’il'n’y ait pas, suivant cette trajectoire. d’autre force magnétique résultante que celle due aux ampères-tours de l’induit.
- D’une manière générale les pièces polaires sont d’ailleurs fixes ou mobiles ; dans ce dernier cas on peut faire varier la f. é. m. de la
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- machine soit en changeant la position des balais sur le commutateur, le champ magnétique étant maintenu constant, soit en modifiant cette position de manière à affaiblir ou renforcer le champ magnétique.
- Dans le montage différentiel les bobines de commutation sont placées sur l’induit principal de manière à se trouver dans le champ magnétique principal au moment où la commutation est sur le point de se faire
- H
- Fig.
- bobine 12 est dans la position où la commutation va s’effectuer et la bobine 14 de ren-
- dans la bobine d’induit, mais de telle sorte qu’il n’y ait d’autre f. é. m. résultante que celle due à la différence d’aimantation des becs polaires de sortie et d’entrée, qui est proportionnelle au courant d’induit, pour maintenir l’action différentielle.
- Sur la figure 16 les bobines principales d’un induit en tambour sont représentées par des cercles blancs, et les bobines de commutation correspondantes, par des carrés noirs. La
- trouvant sous le môme pôle. L’induction est néanmoins plus intense au bec 16 qu’au bec 17 d’une quantité proportionnelle au courant d’induit, ce qui détermine une f. é. m. différentielle qui renverse le courant dans la bobine 12. Quand cette dernière est venue en 13, la bobine de commutation se trouve en 15, l’un de ses côtés hors de l’inducteur, et l’autre en regard d’une rainure pratiquée dans cet inducteur, de telle sorte qu’elle n’est le siège d’aucune f. é. m.
- Des machines bipolaires il est facile de passer aux machines multipolaires auxquelles tout ce qui précède est également applicable.
- ersement n’est normalement le siège d’au-une f. é. m., ses deux côtés parallèles se
- E. Boistkl.
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- PROCÉDÉ DE DÉSARGENTATION
- ÉLECTROLYTIQUE DES PLOMBS ARGENTIFÈRES
- I. — INTRO DUCTION
- On extrait ordinairement le plomb de la galène (sulfure de plomb) ; celle-ci renferme 86,57 P- 100 de plomb, 13,43 de soufre et toujours une certaine quantité d’argent dont la valeur est toujours supérieure à celle du plomb lui-même, et c’est pour cette raison que les galènes argentifères constituent les minerais les plus importants et par conséquent les plus exploités, non seulement à cause de la grande quantité de plomb qu’ils renferment, mais aussi et surtout pour leur richesse relativement élevée en argent métallique.
- Le prix d’une galène se détermine en géné-
- On détermine la teneur en plomb d’après l’essai par voie sèche, et on défalque, pour tenir compte des pertes dans le traitement en grand, un certain nombre d’unités qui varie de 6 a 9 suivant les usages locaux et la nature des minerais. Quand on retranche 6 unités par exemple, cela veut dire qu’un minerai contenant 70 p. 100 sera considéré comme en contenant 64 p. 100. On ne paie l’argent que lorsque les minerais en renferment plus de 200 grammes à la tonne.
- La teneur en argent des différentes galènes s’élève aux chiffres suivants :
- Galène du Gorkshire.......... 0,03 p. 100
- — du Northumberland . . 0,14 —
- de Hic de Man...... 1,48 —
- — du Portugal. . . . 0,12 à 2,04 —
- — de France.....1,58 à 3,48 —
- de Sardaigne . . . 0,05 à 2,20 —
- — de Suède.............7,69 —
- — du Groenland.........1,08 —
- — de Silésie....0,02 à 0,52 —
- Les galènes argentifères, quelle que soit-leur teneur en argent, sont toujours traitées pour plomb par les procédés bien connus en métallurgie et sur lesquels nous n’avons pas besoin d’insister.
- L’argent passe dans le plomb d’où il est extrait ensuite par l’une de ces trois méthodes : la coupellation directe, la cristallisation ou le \ingage.
- Les quantités de plomb argentifère mises en œuvre par les diverses usines de désargen-tation de France peuvent s’estimer à peu près comme suit :
- Rothschild frères (Havre). 5 000 t
- Lavaissière et O' (Rouen). 4000
- Bontoux, Talyors et C,e,
- (Coneron)................ 3000
- OEschger et Mesdach (Ria-che Saint-Waast). . . . 2000
- Figneroa (Marseille).. . . 10000
- Société d’Escombreras
- (Rleiberg)................ 8000
- Luce et Rozan.............. 5 000
- Taylors et Bonhtoux (Pont-
- gibaud).................. 4 500
- Gauthier frères............. 6500
- Total.............51 000 t 65 000 kg
- D’après une statistique plus récente (1889), la production du plomb et de l’argent pour la France et ses colonies serait (2) ;
- Plomb............ 5 s 000 t 13750000 fr
- Argent........... 80000 kg 8000000 »
- PRODUCTION DU PLOMB ET DE L'ARGENT DANS
- d’autres PAYS Etats-Unis (r88S)
- Plomb...............tj.iocot 38500000 fr
- Argent..............155846kg.(4) 155 548 600 »
- (J) Production du plomb eu 1882.
- (3) La France jadis exploitait de nombreux gisements de plomb argentifère dont la plupart sont actuellement abandonnés par suite de la concurrence des pays étrangers. C’est dans la Maurienne que Ton peut voir quantités d’usines délaissées qui furent jadis les plus importantes de la France. Cet état de choses ne pourra cesser que lorsque l’utilisation des puissances hydrauliques dont ces montagnes surabondent mettra à la disposition de leurs habitants des moyens éco-
- (9 Le plomb vaut actuellement 250 frla tonne et l’argent ! 00 fr le kg.
- (*) Une grande partie de cet argent doit probablement provenir d’autres minerais que du plomb argentifère.
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- Allemagne (i889)
- Plomb............ioiooot 25 250000 fr
- Argent...........403037 kg 40303700*
- Angleterre et Colonies (1888}
- Plomb............ 69006! 17251 500 fr
- Argent........... 45354 kg 4535400»
- Italie (,892)0
- Plomb............ 18500 t 4625000 fr
- Argent........... 3 7 600 kg 3 760 000 fr.
- Quant à la production du plomb et de l’argent dans les usines du monde entier, elle peut être estimée, d’après la statistique de la richesse minérale en 1889, aux chiffres sui-
- Plomb...........6300001 157 500000 fr
- Argent..........-.4243000 kg 424340000 fr.
- Ces données acquises, nous allons décrire successivement les' divers procédés d’extraction de l’argent des plombs argentifères ou plombs d’œuvre (2), indiquer leurs prix de revient et signaler les principaux défauts inhérents à ces procédés, afin que le lecteur, mis au courant de la question, puisse plus aisément comparer les procédés chimiques qui sont aujourd’hui les seuls en usage avec notre nouvelle méthode électrolytique et se convaincre que cette dernière est de beaucoup la plus simple, la plus pratique et surtout la plus économique.
- COUPELLATION DIRECTE
- Cette méthode consiste a extraire l’argent du plomb d’œuvre directement obtenu des saumons venant de la fonderie.
- La quantité d’argent contenue dans une tonne de plomb brut varie naturellement suivant la richesse de la galène en argent d’où le plomb a été extrait. On peut prendre comme une bonne moyenne la teneur de 3 à 4 kg d’argent à la tonne, soit 3,5 kg.
- (') Pour la seule production des fonderies de Pertusala. (8) Rappelons que le plomb argentifère, prend le nom de plomb d‘attire; une fois désargenté on l'appelle plomb marchand.
- En France, la moyenne est plus faible et elle peut être estimée à 1,5 kg d’argent à la tonne.
- L’opération de la coupellation est fondée sur la propriété que possède le plomb de s’oxyder quand oh le chauffe au contact de l’air, en donnant naissance à de la litharge (PbO) fusible vers 8oo° et susceptible de passer à travers les pores de la coupelle, tandis que l’argent qui ne s’oxyde point reste à l’état métallique.
- Si la coupellation directe est actuellement presque partout abandonnée, elle est au contraire employée pour extraire l’argent des plombs enrichis préalablement par la cristallisation ou par le zingage.
- Avant de parler de ces deux procédés qui ont pour but l’un et l’autre de concentrer l’argent dans une masse de plomb plus restreinte, de façon à réduire la quantité de plomb argentifère à coupeller au -d- et meme au — nous voulons signaler dès à présent les incon vénients de la coupellation, laquelle est en définitive la seule méthode qui permette jusqu’à présent d’extraire industriellement l’argent des plombs argentifères, alors même que ceux-ci auraient été préalablement soumis à la cristallisation ou au zingage (’) qui peuvent être considérés l’un et l’autre comme des traitements préparatoires dont la coupellation est l’opération finale.
- Inconvénients de la coupellation. — Ces inconvénients sont :
- iü L’influence fâcheuse que les substances plombeuses entraînées dans les ateliers par le courant d’air de la coupelle exercent sur la santé des ouvriers;
- 20 A ces perles il faut ajouter les frais occasionnés par le travail des résidus qui sont :
- a) Les ab\ng, abstrich, lilharges pauvres et riches de la coupelle;
- b) Les scories des fours de réduction et les fonds de coupelle. Ces résidus doivent
- (J) Le traitement des crasses par l’acide acétique est le seul procédé qui se passe de la coupellation, mais ce procédé est tellement cher qu'on a dû l’abandonner comme on le verra plus loin.
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- être réduits à l’état de plomb métallique qu’il faut, bien entendu, raffiner et désargenter à nouveau à cause d’une teneur en argent suffisamment élevée.
- L’argent qui sort de la coupelle retient du cuivre, du plomb, de l’arsenic, de l’antimoine, etc. [').
- Ces impuretés peuvent atteindre et même dépasser io p. 100.
- Ce n’est donc que par un raffinage poussé quelquefois très loin qu’on arrive à fabriquer de l’argent k peu près pur.
- Disons enfin que pendant la coupellation la maçonnerie du four subit des corrosions énergiques; le plomb en vapeur qui s’élève du bain s’oxvde et s’attaque à la silice des briques môme les plus réfractaires; celles-ci laissent tomber de la voûte du four des gouttes de silicate de plomb et de chaux de couleur rouge sang, assez difficiles à éliminer après le refroidissement du gâteau d’argent.
- PRIX DE REVIENT DE r.A COUPELLATION D’UNE TONNE DE PLOMB BRUT d'ORIGINE
- I.eplay............ 50 fr
- Gruner............. 70 à 80 fr
- Le Verrier......... 55 à 65 fr
- Lodin.............. 40 à 60 fr
- Tarif anglais (3). . . 35 à 95 fr
- — français (•’}. . . 60 fr.
- Si l’on prend la moyenne de toutes ces valeurs, on trouve que le coût de la coupellation d’une tonne de plomb peut être évalué à 61 francs.
- A ce chiffre il faut ajouter la perte éprouvée par le plomb argentifère pendant la coupellation sur ses deux constituants plomb et argent, perte qui peut être évaluée au minimum de 10 k 15 fr.
- Nous adopterons comme coût d’une tonne de plomb argentifère coupcllé 70 fr et, ce
- faisant, nous restons bien au-dessous de la réalité.
- Pour que les frais de coupellation (70 fr la tonne; soient couverts par l’argent obtenu, il faudra que le plomb en contienne au moins de 800 à 1 000 gr à la tonne (l) tandis que par notre procédé, ainsi que l’on verra plus loin, on pourra traiter des plombs contenant de 50 k 100 gr d’argent k la tonne.
- Dans notre procédé, il n'y a aucune perte de plomb ni d’argent, tandis que dans la méthode de la coupellation cette perte peut être évaluée, ainsi que nous l’avons dit, à 10 ou 15 fr par tonne de plomb brut.
- Or, si l’on admet que la perte en plomb et en argent soit seulement de 10 fr, on trouve que la valeur de ces métaux perdue dans les usines françaises est de :
- 51 000 t. x ro fr. = 510 000 fr et pour le monde entier de :
- 630000 t. x 10 fr. — 6630000fr.
- Cette opération, imaginée par l’ingénieur anglais Pattinson, repose sur ce fait anciennement connu, qu’en faisant fondre une grande masse de plomb argentifère et la laissant refroidir lentement en même temps qu’on l’agite, elle se partage en deux parités : en plomb presque pur qui cristallise et se dépose au fond du bain, et en un alliage liquide, beaucoup plus riche en argent que l’ai liage primitif.
- La cristallisation ne remplace pas complètement la coupellation, ainsi que nous l’avons fait remarquer précédemment, mais elle réduit dans une proportion considérable {—'j la quantité de plomb sur laquelle cette operation dispendieuse doit être pratiquée.
- En d’autres termes, au lieu d’avoir k cou-
- 0 L’argent renferme quelquefois de l’or et du platine. L’or se rencontre surtout dans les plombs provenant de la Sardaigne et du Laurium. .
- (2) Suivant la richesse en argent (310 à 7775 gr.).
- P) Pris unique, quelle que soit la teneur en argent du plomb argentifère.
- p) Telle est, suivant Le Verrier, la limite extrême de la teneur des plombs qu’on peut désargenter par ce procédé. En pratique, on ne soumet plus que des plombs très riches à la coupellation. On fait presque toujours précéder cette opération par un traitement préalable qui permet d’élever 1a teneur du plomb à 10 ou 15 kg à la tonne.
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- peller io t de plomb brut, on n’en a plus qu’à coupeller que i t seulement de plomb préalablement pattinsonée.
- On n’appauvrit les plombs que jusqu'à la teneur de 10 à 20 gr d’argent par tonne et on les enrichit jusqu’à 6000, 10000 ou 15 000 gr.
- On ne peut dépasser 22 500 gr, c’est-à-dire .2,25 p. 100 parce que l’alliage se fige à partir de ce point, à la même température où se séparent les cristaux de plomb.
- Suivant Le Verrier le pattinsonage est surtout avantageux quand on l’applique aux plombs pauvres. Au contraire, quand la teneur du plomb en argent est voisine de 1 kg à la tonne, il serait préférable de le coupeller directement.
- PRIX DE REVIENT DU PATTINSONAGE D’UNE TONNE DE PLOMB BRUT D’ORIGINE
- Ming.............. 38 fr
- Le Verrier........ 30 à 56 fr
- Roswag............ 40 à 44 fr
- Grimer............ 50 à 56 fr
- Le coût moyen de l’extraction de l’argent d’une tonne de plomb argentifère au moyen de cette méthode suivie de la coupellation serait donc de 45 fr environ (44,85 fr.
- On a vu précédemment que le pattinsonage n’appauvrissait les plombs que jusqu’à la teneur de 10 à 20 gr d’argent par tonne.
- En prenant comme moyenne 15 gr d’argent par tonne on trouve que la perte en argent éprouvée par le pattinsonage est pour la France de :
- 51 000 t x j,50 fr = 76550 fr et pour le monde entier de :
- 630000 t x 1,50 fr = 945 ooo fr,
- Mais ce n’est pas tout. Le plomb une fois pattinsoné doit être soumis au traitement de la coupellation et, comme nous l’avons déjà dit, on perd par cette opération une quantité de plomb et d’argent équivalant à 10 fr par tonne.
- Ce qui ferait pour les usines françaises : ry'x 10^ = 5! 000 fro et pour le monde entier :
- + °°-x 10 fr = 650000 fr.
- En additionnant les pertes dues à ces deux opérations (pattinsonage et coupellation, on trouve pour la France •
- 76550 + 51000= 127550 fr et pour le monde entier :
- 945000 + 630000 = 1575000 fr.
- Faisons remarquer que les pertes en argent que nous venons de signaler ne peuvent se produire dans notre procédé puisque, ainsi qu’on le verra plus loin, tout l’argent est séparé du plomb, ce métal n’en contiendrait-il que seulement des traces.
- Fn outre, il reste dans les usines de pattinsonage un stock considérable de plombs laques (plomb antimonieux) difficile à vendre et à écouler rapidement. Ces plombs renferment beaucoup d’argent lequel n’est pas plus payé par l’acheteur des plombs laques que celui qui est abandonné dans le plomb marchand et, par conséquent, il doit être considéré comme perdu.
- Ce procédé est basé sur ce fait curieux que le zinc ajouté à du plomb d’œuvre en fusion s’empare de l’argent et donne lieu à un alliage triple de plomb, de zinc et d’argent qui monte sous forme d’écume ou crasses à la surface du bain. L’argent est presque totalement enlevé au plomb, qui reste à la partie inférieure de la chaudière où la fusion a eu lieu. La limite de l’enlèvement de l’argent au plomb par le zinc parait être de 2 à 4 gr à la tonne: arrivé à ce point d’appauvrissement le plomb n’abandonne plus d’argent.
- (!) Rappelons que le pattinsonage réduit au ~ la quantité de plomb i. coupeller.
- () La coupellation
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- Suivant Le "Verrier le plombfondu contient environ 5 gr de zinc et 5 gr d’argent à la tonne.
- La quantité de zinc h ajouter au plomb varie suivant sa teneur en argent.
- 250 gr...................... 12,47
- 500 gr...................... 13,28
- 1000 gr...................... 15,03
- 1 5°° g1'.................... 16,03
- 3 000 gr..................... 21,41
- 4000 gr...................... 24,60
- En Amérique (Saint-Louis smelting and vejinig Works) à Cheltenham, les doses de zinc en usage sont les suivantes :
- 3 200 à 4800 gr............. r8,122
- 4800 à 6400 gr.............. 20,380
- 6400 à 8000 gr........ 22,650
- 8000 à 9600 gr........ 24,910
- 9600 à 12800 gr........ 24,820
- 12800 et au-dessus .... 27,200
- Les crasses p) recueillies sont soumises au ressuage ou liquation qui a pour but d’éliminer, a une température qui doit être au-dessous de la fusion du zinc, l’excès de plomb qui s’est uni aux crasses.
- Dans cette opération on est obligé d’atteindre 350° pour que le plomb puisse fondre et cependant on doit rester longtemps au-dessous de 4120 (point de fusion du zinc), car si l’on dépassait de quelques degrés cette température' l’alliage lui-même pourrait fondre et le plomb éliminé entraînerait une quantité assez forte d’argent.
- Le zingage pas plus que la cristallisation pattinsonage) ne permet d’extraire l’argent des plombs argentifères ; ce sont seulement
- (') Ces crasses sont constituées par un alliage ternaire dont void la composition moyenne ;
- Plomb...................... 26,5 i\ 36,5 p. 100.
- Zinc....................... 48, à 69 »
- | des méthodes d’cnrichissementquipermcttent de concentrer l’argent dans un volume de plomb plus réduit.
- Ainsi par exemple 100 t de plomb argentifère soumises au zingage fournissent de 5 à 6 t de crasses dans lesquelles s’est accumulé tout l’argent contenu dans les 100 t de plomb argentifère, et on n’aura plus qu’à coupeller ces 5 à 6 t au lieu des 100.
- Le traitement des crasses se fait par des procédés très variables suivant les usines ; ces divers procédés peuvent se diviser en deux classes :
- Procédés qui traitent les crasses à l’état métallique ;
- (b) Procédés qui traitent les crasses après oxydation, chloruration, sulfatation ou acétification.
- Procédés qui traitent les crasses a l’état métallique.
- Sublimation du \inc. — On distille les crasses riches mélangées avec du charbon en poudre. Le résidu qui est constitué par du plomb argentifère est soumis à la coupellation.
- Dans cette opération on ne recueille que la moitié environ du zinc des crasses riches. La régénération du zinc n’est par conséquent point complète; celui du plomb zingueux est perdu.
- Pour distiller le zinc il cst'nécessaire d’employer des cornues de bonne qualité (') qui ne se brisent point et qui peuvent résister intérieurement à l’action corrosive du plomb argentifère qui filtre à travers les moindres fissures, ce qui occasionne parfois des pertes considérables en argent et oblige à interrompre fréquemment l’opération.
- Malgré ces défauts, cette méthode tend actuellement à se généraliser et à remplacer dans certaines usines les procédés si compliqués à l’acide chlorhydrique et à l’acide acétique, dont nous dirons un mot plus loin.
- Procédé par amalgamation. — Dans ce pro-
- .(') On emploie actuellement des cornues en charbon.
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- cédé, qui est long et coûteux, on perd au moins 50 p. 100 de zinc, sans compter les
- Procédés qui traitent les crasses après
- oxydation, chloruration, sulfatation ou
- acétification.
- Traitement des crasses par Vacide sulfurique. — Les crasses finement pulvérisées sont traitées par l’acide sulfurique étendu, qui dissout le zinc et laisse comme résidu le plomb argentifère très impur, qui est ensuite soumis à la coupellation.
- La présence d’une forte proportion de zinc (9 à 12 p. 100) et d’une certaine quantité de cuivre (1,5 a 2 p. 100) dans le plomb argentifère rend sa coupellation très difficile. Quant au sulfate de zinc qui résulte de cette opération, il n’a aucune application industrielle et par suite son écoulement est des plus restreints.
- Procédé à l’acide chlorhydrique. — Les crasses sont traitées'par l’acide chlorhydrique qui dissout non-seulement le zinc, mais encore le plomb qui se transforme en un mélange de chlorure et d’oxychlorure ; la présence de ces composés rend la coupellation fort difficile.
- D’autre part, le chlorure de zinc n’a aucune application industrielle.
- On a essayé, il est vrai, de transformer le zinc contenu dans le chlorure en oxyde (blanc de zinc) mais ces essais n’ont donné aucun résultat pratique, attendu que l’oxyde de zinc n’avait ni la blancheur ni les propriétés requises comme matière colorante.
- Procédé à l’acide chlorhydrique et la vapeur d’eau. — Le zinc est transformé en oxvde par l’action d’un courant de vapeur d’eau surchauffée au travers des crasses en fusion, et le plomb argentifère qui reste est passé à la coupellation.
- L’oxyde de zinc mélangea d’autres ox}des est traité par l’acide chlorhydrique froid à 12cr Baumé. L’oxyde de zinc est dissous ; le plomb, l’antimoine et l’argent forment des
- ox\ chlorures et sous-chlorures insolubles qu’on recueille et que l’on soumet à une série de traitements en vue d’en extraire l’argent.
- L’extraction de l’argent du mélange d’oxv-chlorures et sous-chlorures est fort longue, très coûteuse et l’on perd une quantité relativement considérable de métal précieux.
- Le chlorure de zinc est généralement perdu. Cependant dans certaines usines on a cherché à utiliser le c-hlorure de zinc en le transformant en un mélange d’oxyde et de carbonate de zinc par l’action du carbonate d’ammoniaque, mais toutes ces opérations augmentent forcément les frais du traitement des crasses et rendent cette opération très coûteuse.
- Procédés par chloruration. —Ces procédés ont pour but de transformer le zinc des crasses en chlorure et d’obtenir un culot de plomb argentifère qui passe ensuite à la coupellation.
- Pour atteindre ce but ôn a employé soit du chlorure de plomb, soit du chlorure de sodium mélangé à du sulfate de plomb, soit un mélange de carnallite (chlorure double de magnésium et de potassium) et de sulfate de plomb, soit enfin du chlorure d’ammonium.
- Ces divers procédés essayés dans diverses usines ont été finalement abandonnés tant a cause de leur complication que de leur prix
- Il en a été de même du procédé à l’acide chlorhydrique et vapeur d’eau dont nous avons parlé précédemment.
- Procédé à l’acide acétique. — Les crasses préalablement liquatées sont oxydées par un courant d’air comprimé.
- On obtient ainsi un mélange d’oxyde de zinc, de litharge et d’argent métallique que l’on traite par l’acide acétique.
- Cet acide dissout les oxydes de plomb et de zinc en les transformant en acétates, tandis qu’il n’a aucune action sur l’argent, lequel se sépare à l’état métallique, et dès lors la coupellation se trouve par cela même supprimée.
- Cependant comme le prix de revient de
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- l'acide acétique est beaucoup plus élevé que celui des acides chlorhydrique et sulfurique, on a cherché à perfectionner cette méthode, soit en régénérant en partie l’acide acétique, soit en transformant les acétates de plomb et de zinc en cérusc (carbonate de plomb) et blanc de zinc; mais'toutes ces opérations exigent un outillage spécial, de la main-d’œuvre, et par suite un surcroît de frais.
- Prix de revient du ~ingage. — Le coût de cette opération est bien difficile à établir, car il dépend :
- i° De la méthode employée pour le traitement des crasses ;
- 2° De la richesse en argent des plombs argentifères et par suite de la quantité de zinc que l’on doit employer pour l’enlèvement de l’argent ;
- 3° Du prix du combustible ;
- 4° Enfin du prix de vente et de la facilité d’écoulement des produits secondaires qui résultent du traitement des crasses, tels que le sulfate, le chlorure et le blanc de zinc, la cérusc, l’acétate de plomb, etc.
- Parmi les divers procédés qui ont été proposés pour le traitement des crasses argentifères et que nous venons d’analyser rapidement. si l’on choisit celui dont l’opération soit la plus économique et dont les produits secondaires soient d’un placement facile et d’une vente rémunératrice, on arrive à cette conclusion, que le coût du zingage d’une tonne de plomb argentifère y compris le traitement des crasses peut être évalué, dans les conditions les plus favorables, à environ 30 fr et que dans un grand nombre de cas ce chiffre est dépassé (').
- Pour terminer la premièee partie de ce travail, il ne nous reste plus qu’à expliquer la raison pour laquelle nous avons cru nécessaire de passer en revue les trois méthodes qui sont aujourd’hui exclusivement en usage dans les diverses usines de désargentation des plombs
- argentifères, à savoir : la coupellation directe, la cristallisation ou pattinsonage et le zingage, alors qu’il eût été plus simple et plus rationnel de choisir entre ces trois méthodes celle qui était la plus répandue dans les usines de désargentation et de la comparer purement et simplement à notre procédé
- : que c
- néthodes-s
- (*) Rappelons que le plom
- La raison (
- partagent les avis des industriels qui < tent la séparation du plomb et de l’argent.
- Ainsi, par exemple, suivant Le ‘V errier, bien que la coupellation directe soit presque partout abandonnée, elle serait cependant préférable au pattinsonage lorsque le plomb renferme plus de 1 kg d’argent la tonne.
- Pour un grand nombre de métallurgistes le pattinsonage et le zingage se feraient aujourd’hui une grande concurrence, et il serait bien difficile de dire laquelle des deux méthodes l’emporterait sur l’autre.
- Voici d’ailleurs, à ce sujet, l’opinion de quelques spécialistes qui se sont le plus occupés de cette importante question.
- De Eorcrand, dans son excellent traité sur l’argent et ses composés, s’exprime en ces termes :
- « Lorsque le zingage fit son apparition dans l’industrie, il sembla que le procédé de cristallisation (pattinsonage) devait immédiatement lui céder le pas. La lenteur, la complication des fusions et cristallisations du pat-
- effet, manifestes, tandis
- zingage s’effectue en une seule opération. Mais peu à peu le pattinsonage se perfectionna; dans beaucoup d’usines on substitua au traitement à bras, le traitement par la vapeur ou le traitement mécanique ; et aujourd’hui danscette branche métallurgique, comme dans beaucoup d’autres, en présence des perfectionnements apportés chaque jour aux méthodes primitives, il serait bien difficile de dire quelle est celle qui est préfé-
- Roswag, dans son remarquable traité sur la désargentation du plomb, s’exprime ainsi :
- « Le courant de l’opinion en France et en Angleterre, jusqu’à l'apparition du pattinso-
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- L’ÉCLA IRAGE ÉLECTRTQ G E
- nage mécanique et surtout de celui à la vapeur d’eau, était assez nettement favorable à la méthode du zinc ; aujourd’hui l’opinion a subi un revirement et est de nouveau en suspens dans ces pays. Kn Espagne et en Allemagne la préférence pour le zinc persiste encore jusqu'à présent, sauf peut-ctrc dans le ca‘s des plombs pauvres. Pour moi, continue Roswag, je n’hésite point à penser que zin-gage et cristallisation sont indispensables, qu’ils doivent coexister et ne prédominer Tun sur l’autre que par suite de circonstances bien spéciales et déterminées pour chaque localité. La question de désargentation a donc avancé d’un nouveau pas. par la méthode de cristallisation à la vapeur et par la méthode du zinc. Est-ce là le dernier progrès ? Evidemment. La voie de l’électricité parait devoir ouvrir de nouveaux horizons à la métallurgie de la désargentation des plombs. »
- (A suivre.)
- REVUE INDUSTRIE!.LE HT DES INVENTIONS
- Sur la mesure de l’isolement en marche d’un réseau à trois fils à courant continu,
- Par E.-J. Houston et Kennf.t.ly(').
- Dans le cas d’un réseau à deux fils la détermination de la résistance réduite des. défauts d’isolement entre chacun des conducteurs et la terre se détermine facilement, en marche, par la méthode dite du voltmètre. Mais on sait que cette méthode ne convient pas au cas d’un réseau à trois fils et que la détermination des résistances d’isolement jy, r0, r„ des conducteurs positif, neutre et négatif d’un tel réseau exige l’emploi de méthodes compliquées peu applicables en pratique. Aussi
- se contente-t-on généralement de mesurer la résistance réduite d’isolement du réseau complet :
- I- — + --
- que l’on peut obtenir assez simplement par la méthode de la perte auxiliaire (b.
- Malheureusement, la connaissance de cette résistance r du réseau complet ne renseigne qu’imparfaitement surles conditions d’isolement du réseau puisque l’isolement de l’un des conducteurs peut tomber à une valeur
- P
- très faible sans que r prenne une valeur anormale, si les isolements des deux autres conducteurs ont une valeur élevée. Toute méthode
- F P
- x
- Fig. 2.
- simple permettant de mesurer séparément rP, ra et rH présente donc un grand intérêt pratique.
- La méthode que proposent MM. Houston et Kennelly exige la mesure des quantités suivantes :
- i° Les différences de potentiels iq, u0 et un entre chacune des trois barres de distribution du tableau de l’usine et la terre, ou, ce qui
- (') Voir : Mommerqué. Contrôle des installations électriques, p. 255.
- ('} The. F.lectrical World, t. XXVII, p. 95.
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- REVUE D’ÉLECTRICTTÉ
- revient au même, l’une de ces quantités et les forces éleciromotrices ep et en respectivement intercalées sur chacun des ponts;
- 2° La variation qu’éprouve une de ces différences de potentiel quand on réunit la barre correspondante à la terre par une résistance connue R ;
- 3° Les variations qu’éprouvent les différences de potentiel np et un quand on fait varier brusquement et .successivement les forces électromotrices ep et en .
- Les mesures des deux premiers groupes permettent le calcul de r, celles des derniers servent à déterminer rp et r„ et. r étant connu, r„ .
- Soient, en effet pp, oo, nn ifig. i':, les trois conducteurs du réseau ; eP et e.,t les forces électromotrices des dynamos qui l’alimentent; uP, Uo, Un les différences de potentiels respectives entre les points p, o, n et la terre. Si nous négligeons la résistance du sol entre les divers points de pertes à la terre ainsi que la résistance des conducteurs eux-memes, nous aurons en considérant les trois circuits dérivés pt, pot, pont et écrivant que la somme algébrique des intensités des courants en t esi nulle :
- en réalité, clics se réduisent à une seule, la suivante :
- Toutefois, comme le rappellent MM. Houston et Kcnnelly, la mesure de différences de potentiel uP. tt0i nn donne quelques indications qualitatives sur l’état d’isolement des trois conducteurs du réseau. En effet, si une terre existe sur le conducteur positif, ces différences tendent vers les valeurs np = o, uo = — eF, un = e, tandis que si une terre existe sur le conducteur négatif, elles tendent vers
- et que si elle existe sur le 111 neutre, leurs limites sont
- Pur conséquent une différence de potentiel élevée entre un des conducteurs extrêmes et la terre indique l’existence d’une terre sur le conducteur opposé, et des valeurs égales et des signes contraires de ces différences indiquent l’existence d’une terre sur le conducteur
- et, par suite, en désignant par e la somme des forces électromotrices entre les conducteurs extrêmes;
- Nous pouvons également écrire les deux équations
- Si l’on veut des renseignements quantitatifs. il faut faire une autre mesure ; par exemple, suivant une méthode connue, on réunira l’un des points p, o, n au sol par une résistance R et l’on mesurera la nouvelle différence de potentiel entre ce point et le sol, cette mesure étant faite au moyen d’un voltmètre de résistance extrêmement grande, ou mieux d’un voltmètre électrostatique. Si c’est le fil neutre que l’on a relié au sol, la résistance d’isolement de ce fil devient
- et celle de l’ensemble du réseau
- Mais il. est évident que ces trois équations entre les trois inconnues rp. r0, r„, ne peuvent servira déterminer celles-ci. puisque,
- par conséquent, d’après la relation (21, la dif-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- férence de potentiel entre le point o et le sol devient
- et des relations (2) et (4} on déduit
- et. par suite.
- r = R —p-— , (5)
- de sorte que l'on a la résistance réduite d'isolement du réseau complet.
- Restent à déterminer les résistances réduites d’isolement de chacun des conducteurs. Pour cela. MM. Houston et Kennelly augmentent brusquement et successivement les forces électromotrices ep et en de quantités lep et Ae« et mesurent les variations Aun et Aup des différences de potentiel un et up qui respectivement en résultent. D’après la relation (1) la variation Aup correspondant à la variation \e„ a pour expression
- top (6)
- et d’après la relation (3') on a entre les variations correspondantes
- de sorte que les résistances d’isolement des deux conducteurs extrêmes peuvent être calculées au moyen des relations (6) et (7) ; quant à la résistance r0 elle se calcule ensuite facilement puisque r est connu.
- Il résulte d’une application numérique donnée par les auteurs que, dans le cas où les fils du réseau sont isolés, une augmentation de forces électromotrices eP ex e„ égale à 5 p. 100 environ de leurs valeurs est suffisante pour conduire à des résultats suffisamment précis. Ainsi, dans le cas d’un réseau où r—52,6 ohms et où les forces électromotrices ep et en sont égales à 117 volts, une augmentation de 6 volts de la première fait varier la différence de potentiel un
- de — 156,32 volts à— 159,46 volts, et une augmentation égale de la seconde fait passer up de S 1,47 volts à 82,73 volts. Or, cette variation de 6, volts peut facilement être obtenue lorsque le réseau est alimenté par une batterie d’accumulateurs, mode d’alimentation qui d’ailleurs convient le mieux pour l’exactitude des mesures, la constance de la force électroniotricc étant mieux maintenue que dans le cas de l’alimentation par dynamos. D’autre part, une augmentation de 6 volts de la force clcctromotricc n’aura pas en général d’effets fâcheux sur les appareils alimentés par le réseau si l’on a soin de faire les mesures pendant le moment de la journée où la charge du réseau est très faible.
- Mais dans le cas où le fil neutre est mis à la terre d’une façon permanente, ce qui a lieu dans la plupart des installations, la résistance d’isolement ru est tellement faible que la méthode manque de sensibilité pour la mesurer. Pour tourner cette difficulté, MM. Houston et Kennelly emploient, pourla mesure de r„, la disposition représentée schématiquement parla fig. 2, où A est un ampèremètre de résistance négligeable, placé, avec une résistance en série 0, entre le point p et la terre et où S est un interrupteur permettant de relier directement la barre neutre à la terre. Lorsque cet interrupteur est ouvert, l'intensité du courant dans l’ampèremètre est donnée par
- ; = ep
- et. lorsqu’il est fermé, par
- i'^-JE-.
- Oh en déduit
- relation qui donnera r0 avec une approximation suffisante, même lorsque cette résistance est de l’ordre du dixième d’ohm.
- J. B.
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- REVUE 1)’ÉLHCTRICITÉ
- Sur la mesure de l’isolement en marche d’un réseau à trois fils à courant continu.
- Par F.owfN Place.
- A côté de la méthode précédente indiquons celle que propose dans le même but M. Edwin Place.
- Dans cette méthode les quantités à mesu-
- i° Les différences des potentiels uP et an entre les fils positif et négatif et la terre ainsi que les forces électromotrices ep et en entre les deux points;
- 2° L’intensité i du courant qui traverse un ampèremètre disposé entre le lil neutre et la terre.
- Si l’on appelle R la résistance du voltmètre servant à mesurer up et on a, d’une part
- if+— —%—~=0 (I)
- et d’autre part, en négligeant la résistance de l’ampèremètre,
- i=z 77' (3)
- équations permettant de déterminer -1 ,-T-et — en fonction des quantités mesurées par des expressions malheureusement très compliquées.
- Si l’on néglige cette complication des calculs il semble que cette méthode soit plus simple que celle de MM. Houston et Ken-nelly, puisqu’elle n’exige que deux espèces de mesures au lieu de trois. Mais la simplicité n’est qu’apparente et provient de ce que les deux premières opérations ci-dessus, analogues aux équations !p) et (3) de la méthode précédente, restent distinctes grâce a l’introduction de la résistance R du voltmètre; si comme dans la méthode de MM. Houston et Kcnnelly, on prend un voltmètre de résistance très grande ou un voltmètre électrostatique, ce qui offre l’avantage de ne modifier que très peu les potentiels des fils, le premier terme de chacune des équations (i)
- et {2) ci-dessus disparait et les deux équations se réduisent à une, de sorte qu’une troisième série de mesures devient nécessaire pour obtenir une troisième relation entre les trois inconnues rP, r0 et r„. J. B.
- Sur la superposition de courants continus et de courants alternatifs.
- Par Alexander Russell (f).
- Depuis quelque temps on utilise à Brunswick (Etats-Unis) un seul fil de retour pour un circuit à courant continu alimentant des lampes à arc et pour un circuit à courant alternatif monophasé à haute tension; on a ainsi une sorte de système à trois fils dont les deux ponts sont respectivement alimentés par une dynamo a courant continu et par un alternateur; sur le premier pont les lampes sont montées en série, sur le second des transformateurs sont montés en dérivation.
- L’auteur pense que cette disposition, encore fort peu répandue, peut être utilisée dans d’autres cas et, pour cette raison, fait ressortir l’économie de cuivre qu’elle permet de réaliser.
- Soient, en effet, I l’intensité du courant continu et i la valeur h l'instant l de celle du courant alternatif superposé au précédent dans Je conducteur commun. A cet instant le courant résultant a pour intensité 1+/, et, par conséquent, le carré de son intensité efficace est
- c’est-à-dire, puisque I est constant, l* 4- -j- idi E-ÿ-jT* Mt;
- l’intégrale du second terme étant nulle et le troisième terme n’étant autre que le carré de l’intensité efficace 1, du courant alternatif, on a pour le courant résultant I2 + I,*.
- (>) The Electrician, t, XXXVII, p. 502, 15 août 1896.
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- 30
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- La quantité de chaleur développée dans le conducteur est donc, en appelant R la résistance ohmique de ce conducteur,
- Ril* + Ipi = RI2 + RL2,
- c'est-à-dire égale à la somme des quantités de chaleur développées par chacun des courants; par conséquent la perte d’énergie par effet Joule est la même que l’on emploie deux conducteurs distincts de même résistance ou un seul ; on fait par suite, dans ce dernier cas, une notable économie de cuivre sans perte d’énergie supplémentaire.
- D’autre part, il est possible, par un choix convenable des intensités I et I,. d’augmenter le nombre total d’ampères efficaces traversant le conducteur sans augmenter la perte par effet Joule. Le problème revient à chercher le maximum de I + I, avec la condition
- a2 étant une constante. Cette dernière condition nous donne
- lil -f i,dl, = 0, et celle du maximum
- d\ + «fl, = o.
- Par conséquent le maximum d’ampères canalisés dans le même conducteur se produit quand I— I(—et ce maximum a pour valeur I -f- I,= •^L = a\lz.
- V2
- A titre d’exemple numérique, l’auteur fait remarquer que l’on a
- 282.+ 292= 2û2 q- 358 — i62 -f 372 = 52 + 40* = 407?? et que par suite un courant continu de 28 ampères superposé à un courant alternatif de 29 ampères efficaces, ou réciproquement, ne donneront pas plus de perte par effet Joule qu’un seul courant continu ou alternatif de 40,3 ampères.
- Dans ces calculs on a admis que tout le courant alternatif et tout le courant continu passaient dans le ' même conducteur. A la vérité, dans la disposition adoptée à Brunswick une partie du courant alternatif revient
- par le fil d’aller du circuit continu qui forme dérivation, et, inversement, une partie du courant continu revient par le fil d’aller du courant alternatif. Pour cette raison la perte d’énergie par effet Joule se trouve encore diminuée; mais cette diminution est faible, car la résistance du conducteur de retour commun est toujours petite en comparaison de la résistance des fils d’aller où sont montés les appareils d’utilisation.
- Il est à remarquer que ceux-ci se trouveront. par suite des dérivations d’un des courants sur le circuit de l’autre, traversés par les deux espèces de courants. Il ne peut généralement en résulter d’inconvénients; car, d’une part, la superposition d’un faible courant alternatif au courant continu d’une lampe à arc ne modifie guère le rendement lumineux de celle-ci et quelquefois même l’améliore, et, d’autre part, il résulte des expériences d’Ewing que le rendement d’un transformateur n’est que très faiblement diminué par la superposition d’un courant continu au courant alternatif qui l’alimente.
- En dernier lieu l’auteur fait observer que l’emploi d’un conducteur de retour commun peut encore être employé avec avantage dans le cas d’un réseau à courants diphasés et d’un courant continu. En effet, si I est l’intensité de ce dernier i sin toi et i sin ^, les inten-
- sités à un instant quelconque des deux courants diphasés, le carré de l’intensité efficace du courant résultant est
- + vf1 sin<--:)*
- ou encore puisque les trois dernières intégrales sont nullcs et que la seconde et la troisième représentent les carrés des intensités efficaces I, et I'( des deux phases du couvant diphasé, I2 + I,2 -f IV-
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- Par conséquent .si les trois courants ont meme intensité I, leur superposition produira la même perte d’énergie par effet Joule qu’un courant unique d’intensité Jyj- ou 1.73 I. Dans ce cas encore, l’emploi d’un conducteur de retour commun produira donc une notable économie de cuivre à perte égale par effet Joule. J. R.
- Remarques sur le calcul de la section des conducteurs,
- Par A. Bi.ondf.i.,
- Dans le compte rendu de la séance du iL'r juillet de la Société internationale des Electriciens, nous signalions (J) une note de M. Blondel relative à la communication faite par M. Bochet 4 dans la séance précédente. Nous la reproduisons ci-dessous, d’après le compte rendu officiel de la séance (ai.
- «< Cela a été, pour tous ceux qui s’intéressent au calcul des réseaux de distributions, un grand plaisir de voir exposées par M. Bochet, sous forme si claire et si pratique. les règles qui assurent le minimum du poids du cuivre dans les canalisations; la loi de lord Kelvin fait, en effet, un peu trop oublier les conditions pratiques dans lesquelles doit sc faire ordinairement le calcul des conducteurs. C’est à cette circonstance qu’il faut attribuer le fait que la plupart des électriciens ne connaissent pas les travaux de savants plus modestes et, en particulier, le très important théorème de G. Santarelli. Cet auteur a traité d’une manière moins complète, il y a six ans, les cas particuliers considérés par M. Bochet , et il n’a pas donné à ses conclusions une for me aussi accessible et commode; mais il les a généralisées d’une façon fort élégante et est arrivéainsi à l’énoncé général suivant, qui joue, en électricité, le même rôle que la règle des diamètres dans une distribution d’eau.
- » Dans un réseau quelconque de conducteurs parcouru par des courants donnes et
- ('( L'éclairage Électrique, t. VIII, p. 82, ii juillet 1891 <2) L'Éclairage Électrique, t. VII, p. 519, 12 juin 1806. (s) Bulletin international de la Société des Électriciens, t. X P. 244, juillet 1896.
- ayant aux extrémités du réseau, des potentiels connus, les valeurs des diamètres qui donnent lieu à la moindre dépense d’installation sont ceux qui satisfont, en chaque point de concours de deux ou plusieurs conducteurs, à la relation
- entre les diamètres et les courants ; ou, ce qui
- c’est-à-dire que les sections doivent être proportionnées aux racines carrées des courants.
- » Cette règle s’applique sans changement à un distributeur avec prises de courant échelonnées. On peut l’appliquer aussi au cas d’une charge uniformément distribuée le long du conducteur; dans ce dernier problème, l’exposé de AI. Santarelli est un peu incomplet et compliqué. Je crois donc utile de présenter ici, sur cette question, quelques détails
- » Soit un conducteur AB de longueur l le long duquel le courant est distribué uniformément à raison de i ampères par unité de de longueur. D’après MM. Bochet et Santarelli, la section varie proportionnellement à la racine carrée du courant; en appelant k une constante, elle est donc à la distance a' de l’extrémité de B, où le potentiel est minimum, & = k vT = k v'üv.
- T.a densité du courant s’en déduit
- elle est donc aussi proportionnelle à la racine carrée du courant.
- » Si l’on porte les valeurs des s en ordonnées et les valeurs de a- en abeisses, la courbe représentative est donc une parabole, tandis que, pour un conducteur cylindrique c’est une horizontale et, pour un conducteur conique, une droite oblique.
- » Pour tenir compte de cette loi de variation des sections, j’appellerai, dans ce qui suit, conducteur parabolique un conducteur ainsi calculé.
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- » Il est intéressant de comparer ces trois types au point de vue de la chute du potentiel et du poids du cuivre.
- » La différence de potentiel, à partir de l’extrémité d’un conducteur parabolique, est en appelant p la résistivité.
- » Si l’on appelle S la section à l’origine et A la densité de courant correspondante.
- d’où l’on peut écrire
- » Les chutes de potentiel deviennent alors en appelant A;, la densité dans le conducteur cylindrique à l’origine.
- Pour le cylindrique. . . u — U — conique.................t< = U
- — parabolique .... u = U I---------
- l T
- » Les quantités de cuivre ont pour valeurs les aires comprises entre les axes de coordonnées et les courbes représentant la variation de la section avec x.
- » La chute de potentiel suivrait donc une parabole de degré — , fait déjà indiqué par M. -Santarelli, tandis que, avec un conducteur cylindrique, on aurait une parabole
- et avec un conducteur conique une droite inclinée u _ _Aæ
- » Si l’on compare les trois espèces de conducteurs en leur donnant même longueur / et même densité de courant initial A, les chutes de potentiels extrêmes U entre les deux bouts du câble (x — I) sont dans la proportion suivante :
- Câble parabolique..........—
- — cylindrique.
- » Pour qu’ils donnent mêmes chutes de potentiel, il faudra donc prendre des sections différentes dans les proportions suivantes (*).
- Pour le cylindrique. — conique . .
- ' = ts^
- Pour le cvlindrique — conique — parabolique . . y- l ~ ... /S ... /S s — — /s 9
- » L’économie est donc de —sur le poids du cuivre au profit du conducteurparabolique par rapport aux deux autres. Mais ce bénéfice ne se retrouve pas au point de vue de la perte d’énergie. En effet, les dépenses par effet Joule dans les trois conducteurs sont les produits du courant total parles voltages moyens,
- -fi c’est-à-dire Pour le cylindrique — U 3
- — conique U
- — parabolique ce qui donne la proportion Pour le conique — cylindrique -j-v 3
- — parabolique .... » Le conducteur parabolique . 6 5 tient donc
- t1) En admettant, bien entendu, que
- une place intermédiaire entre les deux précédents; il sera aussi moins économique que les conducteurs coniques au point de vue de
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- la loi de Thomson, ce qui est évident a priori.
- » Telles sont les propriétés des conducteurs paraboliques qui peuvent présenter un certain intérêt et leur mériter une place à côté des deux autres types classiques. »
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Du reploiement des rayons X derrière les corps opaques,
- Par ÉMILE VILL ARI (>).
- « En étudiant la transparence des métaux pour les rayons X. j’en interposai des feuilles entre un tube de Crookes à poire et un élec-troscope chargé. Dans de nombreuses expériences, je pus observer que Télcctroscope se décharge toujours, même lorsqu’il se trouve dans l’ombre pleine des rayons, produite par d'amples feuilles métalliques tout à fait opaques. Ce fait me lit supposer que ces raj'ons. ou leur efficacité, sc repliaient dans l’ombre des corps opaques, de manière à frapper l’électroscope et à le décharger. Pour confirmer cette explication, je fis, entre autres, les expériences suivantes.
- «J’employai un disque de plomb, 13 Xo,44) et l’ampoule de Crookes enfermée dans une caisse de grosses feuilles de plomb, pourvue d’un trou de 9 cm. En fermant ce trou au moyen du disque, on arrêtait complètement les rayons, puisque ce disque était tout h fait opaque. Je disposai l’électroscope, enfermé dans la cage, à 45 cm du fond de l’ampoule : le disque, centré et normal à l’axe commun, fut placé, au fur et à mesure, à diverses distances de l’électroscope. Je mesurai, dans les différents cas, le temps de décharge et j’obtins, comme moyennes de plusieurs mesures
- Comptes rendus, t. CXXIII, p. 418;' séance .du 31 août.
- concordantes et croisées, les valeurs suivantes, exprimées en secondes :
- 20................................... *3.9
- U.................................... 7rl
- » Après la suppression du disque, la décharge de 10 degrés fut très rapide.
- « Pour pouvoir approcher davantage le disque de l’électroscope, j’enlevai ce dernier de sa cage; et, après avoir fermé le trou de la caisse de plomb qui contenait l’ampoule, avec le disque précédent, j’observai que, en activant l’ampoule, l’électroscope, quoiqu’il oscillât d’environ , ne modifiait cependant pas sa charge; je pouvais donc mesurer le temps des décharges sans erreurs sensibles. Ayant répété les expériences précédentes, j’obtins les résultats suivants :
- Après avoir ôté le disque, on obtient. 6,1
- » Ce qui veut dire que le temps de la décharge diminue lorsqu’on approche le disque de l’électroscope, jusqu’à un minimum de 10,1 secondes, à la distance de 7 cm; ensuite. en rapprochant davantage le disque de l’électroscope, le temps de la décharge augmente de nouveau : il est de 22 secondes à la distance de 1,8 cm. On peut donc dire que l’ombre, au centre du disque, est moins épaisse à une certaine distance du disque même, distance que nous pourrions appeler distance critique,qu’elle devient plus épaisse à des distances plus grandes ou plus petites que la distance critique.
- » D’autres expériences, faites avec un disque de laiton de 18 cin et tout à fait opaque, donnèrent des résultats, identiques aux précédents.
- (*) Je représente le disque et l’électroscope par les lettres D et E.
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- T ; É C L A ï R A G E ÉLECTRIQUE
- » Avec un disque de laiton de 34 cm. j’obtins à 8 cm du centre une ombre presque absolue, tandis qu’avec d’autres disques plus petits, on obtenait, à la même distance, une ombre de moindre intensité. A 18 cm de distance du disque de 34 cm, l’ombre au centre était beaucoup moins épaisse. l)e sorte que ladistancc critique, du point de l’ombre épaisse au disque, ou bien la distance critique du disque, varie avec les dimensions de ce der-
- » Pour observer l'efficacité des rayons dans les diverses régions de l’ombre, sur un même plan normal à l’axe de l’ampoule et passant par le centre du disque, perpendiculairement au disque même, je plaçai le tube dans sa caisse et le disque de plomb à 7,5 cm de l’élec-troscope renfermé dans sa cage. Ensuite, après avoir activé l’ampoule, je portai l’élec-troscope à droite ou à gauche du centre du disque, sans jamais le placer en dehors de son ombre géométrique. J’obtins les valeurs suivantes, correspondant à la durée moyenne de la décharge de 50 ;
- Au centre.......................... 21*9
- A droite........................... 15,2
- Au centre.......................... 20,0
- A gauche........................... 14,7
- » Mêmes expériences avec un disque de laiton de 18 cm :
- Au centre...................... 87so
- A gauche.................. 15,2
- » J’obtins les mêmes résultats en portant l’électroscope au-dessus et au-dessous de l’axe et de l’ombre; identiques aussi furent les résultats que j’obtins en employant, au lieu du disque, unefcuille de zinc de 40X40X0,42 cm, placée à 7,5 cm de l’électroscope, au moyen de laquelle l’ombre au centre était pleine et totale.
- » Je conclus de là que les rayons X, ou leur efficacité, se replient derrière les corps opaques et que leur ombre diminue du centre à la périphérie.
- » Dans ces expériences, on a tenu compte
- exclusivement de la position de la boule de l’électroscope. que je plaçais dans les diverses régions de l’ombre pour en apprécier l’intensité, après m’ètre assuré que les radiations agissaient exclusivement sur elle et sur sa tige très courte.
- » Pour vérifier le reploiemcnt des rayons, j’eus recours à la photographie; et, après une épreuve assez distincte obtenue avec une ampoule en poire, j’employai, avec beaucoup plus de succès, un tube focus,c’est-à-dire avec l’anode à feuille de platine réfléchissant les rayons cathodiques. Je plaçai une plaque Lumière (21x27 cm) à 29 cm du tube et j’interposai, à 7.5 cm de la plaque, un disque de plomb (13 X 0,44 cm) normalement aux rayons X. J’activai le tube pendant environ 20 minutes et j’obtins une image du disque de 157 mm de diamètre, avec une pénombre extérieure fort mince et fort légère. À l’intérieur de la limite de l’ombre, l’image était entourée d’une zone claire de 6 mm à 8 mm de largeur, produite par des radiations repliées et d’une intensité légèrement décroissante de l’extérieur à l’intérieur. La production de cette zone montre bien que, réellement, les rayons X, ou leur efficacité, se replient au bord des corps opaques et pénètrent dans leur ombre géométrique.
- » J’obtins aussi des résultats identiques par la photographie, mais avec des dispositions expérimentales tout à fait différentes.
- » En reprenant les expériences avec l’électroscope. je plaçai l'ampoule dans sa caisse de plomb, et celle-ci, avec la bobine, dans une autre caisse plus grande en zinc, laquelle communiquait avec le sol. Le fond de l’ampoule correspondait à deux trous'de 9 cm pratiqués dans les parois des caisses. Celui de la caisse extérieure, en zinc, était fermé par une lame d’aluminium de 0,5 mm d’épaisseur. Au bord du trou extérieur, et latéralement, je fixai une laine de zinc (40X40X0,42 cm) verticale et parallèle aux rayons X, qui glissaient presque sur une surface, et ayant en son centre un trou de 4 cm. J’approchai de ce trou, à 3 m ou 4 m du côté extérieur de la
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- lame, sur laquelle les rayons ne glissaient pas, la boule de l’électroscope et je me convainquis qu’il n’était influencé directement ni par les rayons X. ni par l’induction.
- » Après avoir activé l’ampoule et fermé avec une lame de zinc, ou tout simplement avec une feuille de papier, le trou vis-à-vis de l’électroscope, je constatai que ce dernier ne se déchargeait point, mais qu’il se déchargeait rapidement lorsqu’on découvrait le trou. Il faut en conclure que les rayons X, ou leur efficacité, se replient latéralement en passant par le trou et ne le traversent pas quand il est fermé par une lame de zinc ou une feuille de papier.
- » Il résulte des faits précédents que, pour décharger l’électroscope, il n’est point nécessaire qu’il soit frappé directement par les rayons X. puisqu’il suffit que l’air, traversé par eux, y arrive. En elfet, l’électroscope, dans la disposition précédente, se décharge rapidement de io° en 28 secondes, si l’on pousse contre lui par le trou, au moyen d’un soufflet, l’air qui est traversé par les rayons. Au contraire, lorsque l’ampoule est inactive, l’air poussé contre l’électroscope n’y exerce aucune action. Par conséquent, on peut dire que les rayons X donnent à l’air l’activité nécessaire pour déchargerT’électroscope, activité qu'ils conservent pendant un certain temps. Ce fait est semblable à celui qui a été observé par Rœntgen. »
- Décharge des corps électrisés par les rayons X.
- Par Emile Villari (]).
- « Je rappellerai d’abord un phénomène que j’ai déjà décrit :
- » Lorsque les rayons X frappent un conducteur électrisé, un disque métallique uni à un électroscope, par exemple, le conducteur se décharge avec une certaine rapidité, et à
- C) Comptes rendus, )t. CXXIII, p. 446, séance du 7 septembre.
- peu près uniformément, du commencement à la fin. Si, au contraire, le conducteur est recouvert étroitement d’un cohibant tel que la paraffine, la décharge provoquée se ralentit dès le début, et s’arrête en peu de temps. En répétant les expériences, après les charges successives, on observe que les décharges initiales deviennent de plus en plus faibles, jusqu’à s’annuler. De telle façon que, d’après la manière dont se fait la dispersion électrique d’un conducteur pour les rayons X, nous pouvons reconnaître si la décharge est faite par un conducteur nu ou par un conducteur recouvert d’un cohibant.
- » Voici maintenant quelques nouvelles expériences :
- » Je plaçai l’ampoule de Crookes dans une caisse de plomb, et cette dernière, avec la bobine, dans une caisse de zinc fermée et en communication avec le sol. Les deux caisses avaient chacune, en regard du fond anticathodique de l’ampoule, un trou de 9 cm ; le trou extérieur était fermé par une mince feuille d’aluminium (0,3 mm). Devant ce trou, parallèlement à la paroi de la caisse, je plaçai une large lame de zinc (40 X 4° X 0,42 cm) avec un trou de 4 cm au centre, pourvu d’un tube de fer-blanc 4X6 cm, pour limiter l’extension et la divergence des rayons. Je plaçai ensuite, à environ 50 cm de l’ampoule, un disque de plomb (9 X 0,44 cm) fixé, au moven d’une vis, sur un électroscope à feuilles d’or, que j’observais avec une lunette à distance. Sur une des faces du disque, j’avais fixé à chaud une lame de paraffine 111 X 11 X 1,5 cm) et j’exposai le disque aux radiations, tantôt du côté découvert, tantôt du côté paraffiné.
- » Dans une série d’expériences, par exemple, les ra\ ons frappant le côté paraffiné du disque, la durée de décharge de i° augmenta petit à petit, de 20 secondes à 80 secondes, sans pourtant s’arrêter. Ce qui démontre que, lorsque le côté paraffiné est frappé, la décharge a lieu de ce côté et du côté découvert et à l’ombre, à cause des rat ons qui, repliés sur le bord du disque, le frappent et l’activent.
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- » Ensuite, je tournai à la radiation le côté nu du disque, de manière que le côté paraffiné se trouvât à l’ombre. La décharge fut alors uniforme et l’électroscopc perdit constamment i° en io secondes environ.
- « On doit donc admettre que la décharge a eu lieu seulement du côté découvert. Les rayons qui se repliaient dans le premier cas doivent aussi se replier dans le second ; la paraffine étant très transparente, les rayons devraient frapper le métal sous-jacent et en activer la décharge, avec les modalités relatives à un conducteur couvert d’un cohibant, ce qui ne se vérifie point.
- » Ces faits me firent revenir à l’hypothèse, déjà mentionnée dans une autre de mes notes, que le phénomène de la décharge est provoqué, non pas directement par les rayons X, mais par l’air activé par leur passage. Cet air, activé par les rayons qui passent latéralement au disque, se répand rapidement dans l’ombre du disque, et, en frappant sur le côté métallique, on provoque la décharge. Mais si le côté qui est à l’ombre est couvert de paraffine, l’air actif ne peut y parvenir, et ce côté ne participe pas à la diffusion électrique ; la diffusion pourrait ensuite avoir lieu par convection ou transport dû aux particules de l’air, ainsi que je l’ai déjà dit, et comme M. Righi l’a supposé avant moi ; ou bien, ainsi que je l'ai déjà fait observer moi-même, par une espèce de danse électrique, rendue plus vive par l’action des rayons X. Pour appuyer cette manière de voir, je fis diverses expériences, dont je ne citerai que les suivantes :
- » L’ampoule étant disposée dans les caisses de garde comme ci-dessus, je plaçai, devant leurs trous, un disque de g X 0,44 cm soutenu par un long tube de plomb, qui passait par son centre et se prolongeait de 6 cm au delà du disque. A 4 cm ou 5 cm du bout de ce tube, je plaçai l’électroscope chargé ; en y soufflant un courant .d’air, j’observai qu’il ne se déchargeait point du tout. Je fis ensuite deux séries de mesures avec l’ampoule active : l’une avec et l’autre sans le courant d’air;
- comme moyenne de diverses expériences, j’obtins les chiffres suivants :
- Sans le courant, l’électroscope perd. 50 en 9*4
- — 10 en 23,2
- Avec le courant, l’électroscope perd. 5 en 6,1
- — jo en 14,5
- « Ces résultats montrent bien que, si l’on pousse le courant d’air du centre du disque à l’électroscope placé à l’ombre, ce dernier sc décharge un peu plus rapidement que sans le courant. Il semble que le courant détermine une aspiration latérale, entraîne plus d’air actif sur l’électroscope, et le décharge plus rapidement.
- » Dans une seconde expérience, je supprimai le tube du plomb, je fermai le trou du disque, et au moyen d’un très grand soufflet acoustique et d'une colonne de verre d’un mètre de long et de 3 cm de diamètre, je poussai un fort courant d’air contre l’élec-troscope et contre le disque, placés de la même manière qu’auparavant. Une expérience d’épreuve me montra que le courant simple ne modifiait point la charge de l’élec-troscope. Je répétai donc les expériences de la même manière : voici les résultats de deux d’entre elles :
- Sans le courant, perle de. 5® en 8so
- Avec le courant, perte de 5 en 38,8
- — 15 en 120,0 F. immobile.
- » Le courant d’air neutre ou inactif étant poussé contre l’électroscope de manière à en éloigner l’air actif ou déchargeur, non seulement il ralentit la décharge, mais, s’il est assez fort, il peut aussi l’empêcher complètement, ainsi que cela est arrivé dans la dernière observation.
- » On observe des phénomènes semblables en exposant directement le disque aux rayons X et au courant d’air; mais, dans ce cas, l’effet du courant est. naturellement, moins énergique, car on ne peut chasser tout l’air directement activé par les rayons X ; et peut-être
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- le courant lui-même est-il un peu active par les rayons, et porte-t-il sur l’électroscopc de l’air actif mêlé à de l’air inactif.
- » En admettant cette théorie, il est facile de comprendre que l’action de l'air actif, par sa facilité h se répandre, peut être sensible, même dans le centre d’ombres assez étendues, produites par des lames carrées ou par des disques opaques de 40 cm à 60 cm de côté ou de diamètre. On peut aussi, de cette manière, interpréter l’actioti des tubes opaques sur les rayons. Un tube de fer-blanc, placé à côté ou enveloppant la boule de l’électroscopc et avec son axe dans la direction des rayons X, en atténue beaucoup l'efficacité, car, tout en permettant aux rayons directs d’arriver à l’électroscopc, il empêche l’air activé par les rayons latéraux d’y parvenir. Les rayons qui passent le long d’un tube opaque diminuent d’efficacité, parce que le tube empêche les rayons divergents de se propager et d’activer l’air environnant, peut-être aussi parce qu’ils sont en partie absorbés et imparfaitement réfléchis par les parois du tube même. Si l'on pousse contre l’élcctroscope l'air activé par les rayons X, il se décharge beaucoup plus rapidement, comme je l’ai démontré dans ma note précédente.
- » Mais, outre que l’air déchargeur se répand dans l’ombre des corps opaques, j’ai montré par la photographie, dans une autre note, que les rayons X subissent aussi un reploiement elfectif ou une diffraction. Ainsi l’action des rayons serait double. En tombant sur les corps opaques, de la même manière que les rayons lumineux, ils se replient dans l’intérieur des ombres géométriques à une petite distance du bord lumineux. En traversant l’air, ils l’activent en lui communiquant leur propriété de décharger, et cet air peut se transmettre à une certaine distance des rayons et dans toutes les directions, en pénétrant même au centre d’ombres fort étendues, soit par la diffusion de l’air activé, soit de toute autre manière. Murani vient de démontrer, par la photographie, que les ruvons X se réfléchissent sur une surface d’acier polie,
- selon les lois connues. Les verres photographiques sont directement influences par les rayons X qui, dans les phénomènes de la réflexion et dans d’autres encore, paraissent suivre les lois de la lumière.
- » Au contraire, l’élcctroscope subit l’influence de l’air activé par les rayons et non celle des ravons eux-mêmes; et il semble que cet air, en se répandant, donne au phénomène les caractères de la diffusion, plutôt que ceux de la réflexion régulière, ainsi que j’ai pu rn’cn assurer par quelques-unes de mes expériences, quoiqu’elles ne soient pas encore absolument concluantes.'1'). »
- Sur l’émission des rayons X,
- Par Ch.-Ed. Guii.i.aume 12).
- « MM. Imbert et Bertin-Sans ont trouvé les premiers (Comptes rendus, t. CXXII, p. 605) que l’intensité des rayons X émis par une surface plane est sensiblement constante à l’intérieur d’un cône dont les génératrices forment un angle de 35 ou 40u avec la normale à la surface. De son côté, M. Gouy a montré (Comptes rendus, t. CXXII, p. 1197) que les rayons émis par une lame de platine présentent une intensité presque constante jusqu’à une petite distance de l’émission ra-
- » Cette loi d’émission me semble être une conséquence nécessaire de plusieurs faits connus.
- » Sans entrer dans le mécanisme intime de la production des rayons X, j’admettrai, avec la plupart des physiciens, que ces rayons sont dus aux vibrations atomiques provoquées par le contact des ravons cathodiques avec les particules matérielles. Ces derniers pénètrent à une faible profondeur dans l’anticathode, dont chaque point frappé devient un centre d’émission.
- » Supposons maintenant que l’intensité
- .«) Atti Acc. de Bologne, 1 2 avril 1896.
- y’j Comptes rendus, t. CXX1II, p.4$o, séance du7 sept.
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- des rayons X soit proportionnelle à celle des rayons cathodiques qui les produisent. La quantité de rayons X émanant normalement d’une couche de matière limitée par une surface s-, découpée sur deux plans distants de ï et de ^ + d-{ de la surface de l’anticathode, sera donnée par l’expression : d I =
- où a est le coefficient d’absorption de la matière de l’anti-cathode pour les ravons cathodiques, A un facteur de proportionnalité.
- » L’intensité des rayons normaux qui émergent à la surface de l’anticathode est exprimée par
- d\'= +
- £ étant le coefficient d’absorption pour les rayons X.
- » Dans le cas de l’émission sous un angle ? par rapport à la normale, la surface apparente de l’élément u est réduite dans le rapport de i à cos œ: mais la longueur des droites comprises entre les plans ~ et ç -|- est augmentée dans la même proportion, de telle sorte que l’émission conserve la même valeur: en revanche, l’absorption est plus forte, et la quantité de rayons X atteignant la surface de l’anti-cathode est donnée par l’expression :
- dl'j = As<r(* +
- « La totalité de ces rayons, émergeant sous un angle a de l’élément <7 de l’anti-cathode, est donc :
- » Cette expression montre que la loi d’émission des rayons X en fonction de l’angle dépend essentiellement du rapport des deux coefficients d’absorption.
- » En particulier, l’intensité de l’émission est à peu près indépendante de l’angle a jusqu’au voisinage de l’émission rasante, si fi est beaucoup plus petit que a. Or nous savons qu’il en est ainsi dans tous les cas étudiés jusqu’ici.
- » Le calcul qui précède repose, il est vrai,
- sur une hypothèse non encore vérifiée, à savoir que l’intensité des rayons X est proportionnelle à celle des rayons cathodiques qui les engendrent. Mais on arrive à un résultat analogue en partant de relations beaucoup plus générales; si l’on suppose, par exemple, que les deux phénomènes sont reliés par une fonction entière, dont A, B, C, sont les coefficients successifs, 011 devra remplacer notre dernière expression, à un facteur constant près, par la suivante :
- qui conduit aux mêmes conclusions en ce qui concerne la relation entre I" et o.
- » Cette loi d’émission en fonction de l’angle n’est pas particulière aux rayons X ; on arrive à des relations analogues, dans le cas de la lumière ordinaire, toutes les fois qu’elle émane d’un corps suffisamment transparent, à l’intérieur duquel l’éclat peut du reste varier suivant une loi quelconque. D’une manière générale, la loi du cosinus cesse d’être vraie toutes les fois que la surface d’émission est remplacée par un volume d’émission d’épaisseur finie. »
- Sur la relation générale entre l’intensité de la sensation et la durée de l’excitation lumineuse.
- Par Charles Henry (ù.
- « On sait que les lumières très brèves restent invisibles (Richet et Bréguet) et que, pour avoir la sensation intégrale d’une lumière d’intensité égale au minimum perceptible, il faut voir cette lumière durant environ ^ de seconde. C’est par ce fait que M. Bour-delles, directeur du dépôt des Phares, a été conduit à remplacer les anciens appareils ù rotation lente par des feux-éclairs durant^- de seconde, qui ont permis d’augmenter dans une large mesure, sans accroissement de dépenses, la puissance et le rayon d’action de
- p) Comptes rendus, r. CXXIII, p.451, séance du 7 sept.
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- ces signaux. On ne connaît, sur la relation qui relie la duree de l’éclair à l’intensitc de la sensation, qu’une loi limite, du Rr A.-M. Bloch, vraie pour les intensités rapprochées du minimum perceptible et vérifiée (Charpentier) dans des limites de temps comprises entre 125 et 2 millièmes de seconde : Les temps nécessaires à la sensation intégrale varient en raison inverse de l’intensité.
- » Je me suis proposé de préciser la relation générale qui relie à la durée de l’excitation l'intensité de la sensation, avec un simple obturateur photographique, l’obturateur I)e-caux, utilisant particulièrement les vitesses de 16,1, 17, 25 et 61 millièmes de seconde, dont la constance, au cours de mes expériences, a été vérifiée, au Comptoir général de Photographie, avec l’appareil du général Sébert. J’ai pu me contenter de ces durées relativement grandes, grâce aux intensités très faibles que j’ai employées et que mes méthodes photométriques permettent de mesurer avec toute la rigueur désirable. J’ai réalisé tous mes éclairements dans la chambre noire, avec une bougie placée au centre d’une lanterne cvlindrique en fer. percée antérieurement d’une ouverture rectangulaire sur laquelle je plaçais des écrans absorbants. Nous observons l'obturateur à la distance de 0,30 m.
- » Après avoir collé, surle plan antérieur de l’obturateur, un papier blanc, nous démasquons l’ouverture et nous plaçons, de part et d’autre de cette ouverture, des sources de lumière, que nous disposons de façon que la portion centrale du papier blanc, éclairée par transparence à travers l’ouverture, soit à peine plus lumineuse que le pourtour éclairé par réflexion; je note ce dernier éclairement; puis nous déclenchons successivement l’obtu-rateur; nous constatons que. pour les grandes vitesses, aux éclairements très faibles, la tache centrale n’est plus différente du pourtour ou même que la différence change de sens: pour faire réapparaître la lumière de l’ouverture, je dois diminuer l’éclairement du pourtour, dans un l’apport qu’il m’est aisé de connaître et d’autant plus grand que la vi-
- tesse de l’obturateur est plus grande. Par la courbe ps\xho-ph\sique ou par l’équation S — 10000 (1 — e “ 0,0006 ,#'w ) qui représente les observations (h, il est facile de déterminer le numéro d’ordre de sensation qui correspond à l’cclairement du pourtour et, par conséquent, le numéro d’ordre immédiatement supérieur de la tache lumineuse.
- » Nous avons donc deux numéros d’ordre de sensation de la tache, l’un S0. dans le cas de la perception intégrale ; l’autre S/, dans le cas de la perception partielle. Je n’ai plus qu’à chercher une relation exprimant ces deux nombres en fonction du temps et de l’intensité. Cette formule est la suivante :
- dans laquelle e — 2,71828, i est l’intensité, île temps, a = 0,0074 exprime le coefficient de perte pour l'unité d’éclairement, qui est -ooo- de bougie-mètre, comme dans les expériences psycho-physiques.
- » Voici quelques nombres. Pour i — 1, on a, d’après la courbe psycho-physique, pour le pourtour. S = 2 ; donc, pour la tache, S„ —; 3 ; à cet éclairement, pour les vitesses dei6.i et 17.25 millièmes de seconde, la tache apparaît en noir; à la vitesse de 61 millièmes, elle est à peu près égale au fond ; donc, avec cette durée, pour S,, - - 3, on a S/ — 2 ; d’où sensiblement x = 0,0074. Pour l’éclairement i = 29,7 on a S — 13, d’où S„ = 14 pour la tache : la perte est insensible avec la vitesse de 61 millièmes; mais pour les vitesses de ré.i et de 17,25 je dois réduire l'éclairement i de 29.7 à 12,2 ; d’où S = 10 et par conséquent S/ ~ n ; il en résulte a, — 0,11, c’est-à-dire qu’on a-^-=14,9 = i'* — sensiblement. Aux éclairements avoisinant de bougie-mètre, c’est-à-dire i — 77, d’où S = 17 et S0 = 18 pour la tache, l’influence de la durée devient nulle ; = 1 sensiblement;
- c’estee que donne le calcul de a, — xi '8— 0,239.
- V1) Comptes rendus, 18 mai 1896
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- T/K CLAIR AGE ÉLECTRIQUE
- « La formule complète de la sensation en fonction de l’intensité ét du temps est donc S =K(i- {. (2]
- pour S — 1, c’est-à-dire au minimum perceptible. en arrêtant au premier terme le développement en série des exponentielles,
- ou, comme m -\- n est sensiblement égal à l’unité {ni — 0,187; 11 — m8),
- C’est précisément la loi de Bloch. Ce savant regardait, à travers un trou d’aiguille de 5 mm de diamètre placé contre l’œil, au bout d’un tube de cuivre de 1 mètre non noirci intérieurement, une surface éclairée de -î— de bougie-mètre et placée à environ 1,30 111 de son œil; il faisait disparaître ainsi la lumière pour une durée de • de seconde. Or j’ai constaté qu’un éclat vu dans ces conditions est diminué par rapport à l’éclat vu à l’œil nu, environ dans le rapport de 12 à 1 ; en adoptant mes unités, c’est-à-dire le ^ 1 - de bougie-mètre et le millième de seconde, on trouve pour la constante de Bloch •2^7- = 24. nombre dont la concordance avec la valeur 22 déduite des équations (T et (2) est remarquable »
- Sur un tube de Crookes avec armature métallique externe,
- Par E. Semmola(2).
- Dans des expériences sur les rayons X. l’auteur se servait d’un tube en forme de poire dont le plus grand axe mesurait 28 cm et dont la partie inférieure avait une circonférence de 29 cm. L’électrode placée à l’orilîcc était terminée par un disque assez large dont les
- bords se trouvaient à très faible distance des parois du verre et qui servait de cathode.
- L’autre électrode, constituée par un disque un peu plus petit que le premier et distant de lui de 20 cm, servait d’anode. La bobine employée produisait une étincelle de 2,3 cm. Pendant le fonctionnement des appareils, à chaque décharge, une tache fluorescente apparaissait, obscure au centre de la surface anticathodiquc; ce centre était entouré d’une large auréole de couleur jaune verdâtre et le reste du tube était obscur.
- Dans ces conditions, l’auteur remarqua qu’en posant le doigt sur la paroi externe du tube et dans le voisinage de la cathode, la paroi interne devenait fluorescente depuis la cathode jusqu’à l’extrémité du doigt. Lorsqu'on déplaçait le doigt à partir de la cathode ou en s’éloignant de celle-ci, la fluorescence, d’abord faible, augmentait d’intensité jusqu’à une distance de 0,4 cm. diminuait ensuite et disparaissait totalement à 10 cm de la cathode. Ce phénomène ne se produisait pas en touchant le tube avec une baguette en verre ou d’autre matière isolante. En appliquant simultanément plusieurs doigts dans les limites de la région où les phénomènes se produisaient avec un seul, la fluorescence devenait très intense et les diverses taches fluorescentes se confondaient si les doigts étaient assez rapprochés.
- Ces faits amenèrent l’auteur à remplacer le contact des doigts par celui d’une bande d’étain entourant le tube sur une largeur de 2 à 3 cm et mise en communication avec la terre. La fluorescence de la partie recouverte devint très vive et beaucoup plus intense que dans le premier cas. Pour savoir si ccttc fluorescence n’apportait aucune modification à l’émission des rayons X, l’auteur prit une plaque sensible dont il recouvrit la moitié d’une feuille de plomb dans le but de la protéger des ravons, et, après avoir enveloppé cette plaque dans un papier noir, il la soumit à l’action du tube en intercalant bien-au milieu des deux moitiés un petit rectangle d’acier. Après une pose de 15 minutes avec
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- RKVI'H D'ÉLECTRICITÉ
- le tube sans armature d’abord, il transporta la plaque de plomb sur la moitié impressionnée de la plaque et soumit celte plaque à une nouvelle pose de 15 minutes avec le tube armé. Après le développement de l’image il constata que la parric qui avait été soumise à l’action du tube armé était notablement plus impressionnée que l’autre ; l'effet de l’armature métallique est donc d’augmenter l’intensité des rayons X.
- L’auteur a répété l’e.xpériencc en employant l’aluminium comme armature externe. Les résultats ont été les mêmes qu'avec l’étain; ce qui porterait à croire, en raison de la transparence de l’aluminium, que le phénomène n’est nullement dù a une réflexion des rayons, mais à une autre cause non encore complètement déterminée : probablement l’armature, en modifiant l’état électrique du tube, agit comme un condenseur.
- Cette explication semble confirmée par les résultats obtenus dans l’étude de l’état électrique de l’armature. Pour cette étude, l’auteur relie, à l’aide d’un fil de cuivre fin, l’armature en étain avec un électroscope à pile sèche placé k quelque distance. Au moment de la décharge, la feuille d’or dévie faiblement vers le pôle négatif; si l’on interrompt la décharge, la feuille d’or dévie spontanément vers le pôle positif; cette déviation s’accentue en mettant la partie anticathodique du tube en communication avec la terre. En conservant cette disposition pendant la décharge, la feuille d’or prend un mouvement irrégulier, comme convulsif, mais finit par dévier vers le pôle positif ; son état négatif se maintient quelque temps après la décharge. Conservant le même dispositif, l’auteur a remplacé l’armature par un fil de cuivre nu entourant la zone sensible du tube. Au moment de la décharge, la feuille d’or devient positive; la déviation s’affaiblit en rapprochant le conducteur annulaire du disque cathodique. Quand le conducteur annulaire est très près de ht cathode on obtient une déviation négative si on fait communiquer la surface anticathodique du tube avec la terre;
- cette déviation redevient positive si on écarte le conducteur de la cathode.
- La résistance du tube est aussi sensiblement modifiée par l’armature. T,'auteur ayant intercalé un micromètre en dérivation a observé que la distance maxitna empêchant les étincelles de passer entre les deux boules de l’appareil était de 12 mm pour un tube nu et 9 mm seulement pour un tube armé. Il ajoute que, pour observer ces phénomènes et surtout pour profiter de l’avantage de l’armature, il est préférable de se servir d’une bobine de puissance relativement faible ; la décharge d’une bobine trop puissante, en illuminant complètement le tube, est peu propice à l’observation des faits qui viennent d’etre cités.
- L. D.
- CHRONIQUE
- L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE EN FRANCE
- Paris, «— Eclairage et traction. — L'Ingénieur civil vient de publier le programme des travaux que la ville de Paris doit prochainement entreprendre pour l’éclairage de ses rues lors de l’Exposition de 1900. Voici un résumé des projets en question : tandis que l’éclairage au gaz sera doublé, triplé, quintuplé, selon les besoins, sur les voies secondaires et les petites rues, l’éclairage électrique lui sera substitué sur toutes les voies et places principales, notamment l’avenue de l'Opéra etla place du Théâtre-Français.
- Ta ligne des feux électriques des grands boulevards, déjà existante, se triplera au départ de la place de la République et l’avenue Gambetta, jusqu'à la mairie du XX1' arrondissement; sur le boulevard Voltaire, jusqu’à la place de la Nation ; sur les boulevards du Temple et Beaumarchais, jusqu'à la Bastille et à la gare de Lyon, avec une bifurcation par l'avenue Daumesnil jusqu’au bois de Vincennes.
- Du pont d’Austerlitz, une seconde « patte d’oie » perpendiculaire à celle-ci, dont elle croisera les lignes, s'étendra sur le boulevard Diderot, jusqu'à la place de la Nation, avec prolongement sur le Cours de Vincennes jusqu’au bois, sur l'avenue
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- Ledru-Rollin, jusqu'à la rencontre du boulevard Voltaire, jusqu'à la mairie du XL arrondissement; sur les boulevards de la Contrescarpe et Richard-Lenoir, jusqu’à la rencontre de l'avenue de la République, avec prolongement, suivant les quais du canal Saint-Martin et de la rue de Flandre, jusqu'aux abattoirs de la Villette.
- De la place de la République à la porte de Cli-gnancourt, par les boulevards Magenta, Barbés et Ornano, nouvelle ligne de feux électriques, croisée, au boulevard de Strasbourg, par la grande ligne traversant diamétralement le centre de Paris de la gare de l’Est à l'Observatoire, et au bout du boulevard Magenta, par la ligne des boulevards extérieurs, éclairés aussi à la lumière électrique depuis la rue de Belleville jusqu’à la place Clichy.
- Sur la place Clichy s’appuieront la base d'un Y de feux électriques formés par les avenues de Clichy et de Saint-Ouen, et l'une des barres d'un X (boulevard des Batignolles et de Courcelles jusqu’aux Ternes) dont l’autre barre iboulevard Ma-lesherbes) descendra de la place Wagram à la place de la Madeleine, reliée par le même éclairage, sur les rues Tronchet et du Havre à la gare Saint-
- De la place de l’Etoile rayonneront sur toutes les avenues qui y aboutissent des lignes de feux électriques, celles de l'Ouest (avenue du Bois, avenue Victor-Hugo, avenues Kléber et Henri-Martin), se prolongeantau delà des fortifications et se combinant pour l'illumination du bois de Boulogne.
- Par les Champs-Elysées, l'avenue Montaigne et le pont de l’Alma, le réseau gagne la rive gauche. Là, il embrassera trois arrondissements d’un seul circuit, suivant les avenues de La Bourdonnais et de Tourville, les boulevards des Invalides, Montparnasse, de Port-Royal, Saint-Marcel, de l'Hôpital, jusqu'au pont d’Austerlitz et retournant, par le quai Saint-Bernard, le boulevard Saint-Germain et le quai d'Orsay à son point de départ. Ce circuit sera coupé par les feux électriques des avenues Rapp et Bosquet, de la rue de Rennes, du boulevard Saint-Michel, et rayonnera sur l’avenue de La Motte-Picquet jusqu'à Grenelle, sur l’avenue de Brcteuil jusqu'à Vaugirard, sur l'avenue des Gobelins jusqu'à la place d'Italie.
- Enfin, un arc lumineux de 8 km traversera les xnP, xiv" et xvc arrondissements, du pont de Tolbiac à Ivry, au pont Mirabeau à Auteuil, par les rues de Tolbiac, d’Alésia et de la Convention.
- Depuis un certain temps, Pierrefite, Villeta-
- neuse, Sarcelles, Villiers-le-Bel et Ecouen réclament avec insistance la création d'une ligne de tramways de Saint-Denis à Ecouen, ligne qui mettrait ces localités en communication directe entre elles.
- Par une délibération en date du i mars 1895. — telle est l'origine du projet actuel, — le conseil municipal de Pierrefite demandait le prolongement jusqu'à la Demi-Lune de l’une des lignes de tramways électriques : Opéra ou Madeleine-Saint-Denis.
- Le tramway projeté permettait aux habitants des deux communes de Pierrefite et Villetaneuse de se rendre à Aubervüliers par Saint-Denis, en empruntant la ligne de tramways, — autre projet également en expectative, — qui doit être construite entre Saint-Denis et Aubervüliers.
- Ce premier arrangement 11'ayant pu aboutir, par suite des exigences formulées par la Compagnie des tramways-nord, l’on s’arrêta à un nouveau projet présenté par un ingénieur civil qui demandait la concession d'une ligne de Saint-Denis à Ecouen. La proposition fut en principe adoptée dans une réunion des maires des communes traversées par le tracé.
- Le projet avait d'ailleurs cet avantage que l'auteur prenait à sa charge tous les frais de construction, ne réclamant qu'une subvention de chacune des communes desservies.
- A part le service de voyageurs, comportant de fréquents départs, des trains de nuit seraient organisés pour le transport, soit à Saint-Denis,- soit aux Halles de Paris, des produits des cultures maraîchères qui ont une grande extension dans ccs localités.
- Dans ccs conditions, rien que de naturel que les municipalités de Pierrefittc, de Villetaneuse, de Sarcelles, de Villiers-le-Bel et d’Ecouen s'emploient pour obtenir le plus promptement possible la mise à l'enquête de la ligne projetée.
- Briare [Loiret). Éclairage du canal. — Les travaux ayant pour objet l'éclairage électrique du pont-canal de Briare sont terminés.
- Les résultats ont clé des plus concluants, et toutes les fois que la hauteur d’eau dépasse un mètre dans le bief de jonction vis-à-vis l'usine électrique, l'éclairage du canal peut être réalisé.
- Cet éclairage est assuré sur le pont lui-même par deux séries de lampes correspondant chacune à un côté du pont et comprenant 40 lampes à incandescence de 16 bougies; à la rigueur, une
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- seule des deux séries suffirait à l'éclairage du pont. Chacune d'elles est commandée par une dynamo mue par une turbine. Les deux turbines sont actionnées par la chute de 7,94 m existant entre le niveau d'eau du nouveau bief et celui du bief des Combles.
- Le débit maximum des vannes motrices est de tyo litres par seconde et on dispose, par suite, d’une puissance de 10 chevaux par turbine.
- Des pilastres en fonte implantés dans chacun des deux garde-corps supportent 61 lampes; en outre, 4 pilastres en pierre de taille, situés aux quatre angles du pont sont surmontés chacun d’un faisceau de 5 lampes. Ce qui fait un total de 80 lampes pour l'ensemble du pont,
- Béziers {Hérault). — Traction. — A la dernière séance du conseil municipal, M. Mas a communique une demande adressée à la préfecture par MM. Alignan et Fabre, concessionnaires de la ligne des tramways de Béziers à la plage de Seri-gnan.
- Cette demande a été formulée dans le but d’obtenir l'autorisation de substituer la traction électrique à la traction animale, et de prolonger la ligne ferrée de la place d’Espagne à la place du Théâtre et d’y établir une double voie.
- M. Mas pense que la durée de la concession n’étant que de vingt-trois ans, ces messieurs ne pourront pas amortir le capital à engager; il estime aussi que l'installation d’une ligne à trôlet ne peut être supportée le long des allées. De plus la deuxième voie n’étant pas prévue dans la concession primitive, elle donnera lieu à une enquête.
- M. le maire fait remarquer que le tronçon de la place d'Espagne au théâtre n'ayant pas été exploité, il est fâcheux que la déchéance n’ait pas été prononcée.
- En conséquence, M. Mas propose d'émettre un avis non favorable à la demande des concessionnaires. Il invite aussi le Conseil à décider que la ligne de Béziers à la mer soit rétrocédée dans vingt-trois ans au concessionnaire du réseau urbain.
- Le Conseil adopte ces propositions.
- Cagnes (Alpes-Maritimes). — Traction. — Le tramway à traction électrique devant relier Cagnes à Menton ne paraît pas près d’étre inauguré. Il résulte en elle! des déclarations faites à l’une des dernières séances du Conseil général par le préfet des Alpes-Maritimes que la municipalité de Nice a imposé à la société concessionnaire des conditions
- si onéreuses (construction d'un pont sur le Paillon, prolongement des lignes de tramways à traction animale existant dans la ville) qu'il est à craindre que cette société abandonne la construction du tramway.
- Camarès {Aveyron). — Eclairage. — Nous apprenons qu’un ingénieur, M. Vergne, se propose d'installer l’éclairage électrique dans trois villages du Haut-Dourdon ; une seule usine génératrice suffirait pour éclairer Camarès, l’ayet et
- Les travaux d’installation doivent commencer incessamment.
- Cannes (Alpes-Maritimes). — Éclairage, — La Société d'éclairage électrique de Cannes va entreprendre la construction d’un réservoir d’une capacité de 6000 m3, destiné à recueillir l’eau inutilisée dans la journée à la production du courant électrique. Ce bassin constituera une puissante réserve de force motrice et permettra le fonctionnement de deux nouvelles turbines actionnant directement deux dynamos.
- Cambrai {Nord). — Station centrale et éclairage. — Nous lisons dans le Petit Cambrésien que la Compagnie du gaz, ayant traité avec la ville pour la substitution de la lumière électrique à l’éclairage au gaz, s’occupe actuellement de transformer son matériel. La nouvelle station est déjà en bonne voie d'achèvement. On procède en même temps à la pose des fils qui doivent constituer le réseau. 11 est permis d’espérer que l’inauguration du nouvel éclairage aura lieu vers la fin du mois d’octobre prochain.
- Le Havre. — Traction. — La Compagnie française Thomson-Houston vient de commencer les travaux d'installation de la traction électrique sur le funiculaire de la côte Sainte-Marie, au Havre.
- Cette installation présente cette particularité que la rampe maximum sur la moitié du parcours, soit une longueur de 400 m, est de 110 mm par
- Le service sera effectué par deux voitures automotrices de 50 places, qui seront actionnées chacune par deux moteurs G E 1 200 d’une puissance totale de 80 chevaux.
- Limoges. — Eclairage. — La question depuis si longtemps traînante, de l’éclairage électrique de
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- la ville de Limoges est, croyons-nous, sur le point d'être définitivement résolue.
- La Compagnie du gaz n'ayant pas fait, dans le délai qui lui avait étéaccordé, connaître ses intentions relativement aux offres qu’on lui faisait d’établir l'électricité aux prix et conditions offerts par la Société Laroudie, Rougerie et Cia, le Conseil a décidé que le traité avec cette société est définitivement maintenu.
- La Compagnie du gaz avait réclamé un nouveau délai, sous prétexte que son conseil d’adininistra-tionne s'était pas encore réuni, mais cette réclamation aurait reçu une réponse négative.
- MM. Laroudie et Rougerie ont promis que la Société d’électricité serait formée avant trois semaines.
- Ils vont poursuivre leur projet et équiper la portion centrale, utilisant une chute du Tandon dans le département de la Creuse.
- Lourdes ' Haules-Pyrcnêcs).— Éclairage. — 11 a été présenté, récemment, à la commission municipale desTravaux publics, un projet d’installation de la lumière électrique que la majorité du Conseil a paru prendre en grande considération. M. Constarot auquel ce projet appartient prétend qu’avec la puissance motrice à sa disposition il peut éclairer la ville avec un rabais de moitié sur la Compagnie du gaz jusqu'à ce qu’il ait recouvré ses frais d'installation, et ensuite il pourvoirait gratuitement à l’éclairage municipal, se contentant des bénéfices que lui fournirait la recette de l’éclairage particulier. Reste à savoir si ses propositions pourront être adoptées en présence du traité conclu avec la Compagnie Gaz et Faux et de l’obligation qui en résulte pour elle d'avoir à transformer son éclairage s’il s’en produisait un autre plus avantageux. Il est permis de croire que la justice sera appelée à trancher la question.
- Lodève [Hérault). — Eclairage. — La ville de Lodève, en procès depuis quatre ans avec le concessionnaire de l’éclairage public, vient d’être déboutée de sa demande par décision du Conseil de préfecture, et condamnée aux dépens.
- Ce procès, engagé depuis le mois de juin 1892, avait pour cause, comme la plupart des procès entre municipalités et sociétés gazières, un article du traité, l'article 49, ainsi conçu :
- 1 Si par suite des progrès de la science, pendant la durée de l'entreprise, un système d’éclairage j
- public et particulier, autre que celui du gazhydro-gène courant, et plus économique, venait à prévaloir et à être adopté soit à Nîmes, soit à Montpellier, soit dans d'autres villes de France de même importance, le concessionnaire s’oblige, sur la demande de l'autorité municipale et après une application générale de deux ans dans une des villes susdites, à en faire jouir la ville de Lodève jusqu’à la fin de son engagement, et aux mêmes prix et conditions que dans la ville ci-dessus, en tenant compte, toutefois, des différences qui pourraient résulter de l'application de ce système d'éclairage à la ville de Lodève, de l’importance comparative de la consommation du gaz et du prix de revient de fabrication. »
- Aux ternies de cet article du traité, disait l'administration municipale de Lodève, je suis fondée à réclamer la substitution de l'éclairage électrique à l’éclairage au gaz, et elle justifiait ainsi sa prétention.
- Or, l’éclairage électrique a prévalu sans nul doute, puisque toutes les communes elvillesd’im-portance moindre que Lodève, pouvant sc libérer des engagements conclus avec les compagnies gazicres, ont abandonné ces dernières pour donner la préférence à l'électricité.
- en droit de faire exécuter les dispositions de l’article 49 et s’est adressée au Conseil de préfecture pour justifier scs droits. Ce dernier a chargé trois experts d’examiner la dépense que nécessiterait l'installation de la lumière électrique à Lodève, ils sont arrivés aux résultats suivants: la dépense serait d'après l'expert de la compagnie du gaz de S22 000 fr : d’après l’expert du Conseil de préfecture, de 300000; et d’après l’expert de la ville, de 200 000 fr ;
- Après ratification de ces rapports, le Conseil de préfecture a condamné la ville. En conséquence, cette dernière devra conserver son éclairage actuel qui, paraît-il, est très coûteux et insuffisant, jusqu'en 1909, date de l'expiration de son traité.
- Marseille. — Traction. — M. Dubbs, ingénieur de la Compagnie des Tramways électriques de Marseille dont la Lumière électrique a décrit tout au long l’installation, vient de défendre devant la municipalité marseillaise un projet qui, en cas d’exécution complète, pourra servira élucider un point jusqu'ici resté obscur pour nos édilités de France. Il a démontré la possibilité de substituer
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- la traction électrique à la traction animale dans toute l’ctendue de la ville et de la banlieue pho-
- Attaquant de front la question, il a commencé par détruire les préventions esthétiques des opposants en faisant la population juge de la question, c'est-à-dire en posant à titre provisoire, pour le coup d'o-ii. et afin de recueillir les avis du public, une ligne factice en pleine voie centrale, sur la célèbre Canncbièrc. L'idée est trop originale pour n’ètre pas signalée. Le côté technique est d'ai Heurs traité avec une compétence réelle et indiscutée. La Lumière électrique, qui a été la première à exposer et à discuter scientifiquement, lors de leurs débuts, le fonctionnement des tramways électriques de. Marseille, ne laissera pas que de suivre de près cette tentative. Il s'agissait d'abord du rattachement d'un faubourg: il est question maintenant de l'exploitation d'un réseau do plusieurs mvriamètres circulant dans des voies de nature et de largeur extrêmement variables, au milieu d'un charroi qui fait l'étonnement des étrangers et d'une ville de premier ordre. L'essai est des plus sérieux et tout porte à croire qu'il sera des plus probants.
- Rouks (Pyrénées-Orientales). — éclairage. — La commune de Rodes est sur le point d’être éclairée à l'électricité. Un traité définitif a été signé le 29 août dernier, entre M. Anglade, propriétaire du moulin de la commune de Vinça, et M. Roquet Lalanne, concessionnaire-, les travaux commenceront aussitôt que l'eau du canal pourra être enlevée, Deux turbines de 123 chevaux chacune actionneront des machines électriques à haut voltage (10000 volts) pouvant fournir la lumière à 3 uoo lampes, destinées à éclairer les communes de Rodes, Vinça, Boule, Ille et, peut-être, Niftach et Millas. En outre, un réseau téléphonique reliera entre elles et à l'usine électrique tontes ces comm u nés.
- Talignan et Chamaret (Drame). — Traction. — Dans la séance du Conseil général de la Drôme, le 21 août, M. Noyer a demandé la construction d'un chemin de fer électrique entre Taulignan et Chamaret. Après une longue discussion la proposition a été renvoyée à la commission des finances.
- Vii.i.ri'Uasche-Lauraoais ( Haute-Garonne). — éclairage. -— Un concours est ouvert en vue d'assurer l'alimentation en eau potable ainsi que 1 éclairage public et privé de Villefranche-I.aura-gais (Haute-Garonne).
- Les projets complets comprendront l'eau et l'éclairage, il sera cependant produit deux dossiers distincts : un pour la partie hydraulique; un pour la partie électrique, les moteurs, les pompes et les usi nés.
- Voici les principales dispositions du concours en ce qui concerne l’éclairage.
- (.'éclairage électrique public sera assuré au moyen de lampes à arc dont le pouvoir éclairant sera au total de 5 400 bougies, mais dont le nombre ne pourra -être inférieur à 18, et au moyen de 60 lampes à incandescence de 16 bougies au minimum chacune.
- L'installation électrique devra être prévue afin de pouvoir fournir aux particuliers 300 lampes de 16 bougies.
- L'éclairage municipal durera du coucher du soleil à minuit. De minuit au lever du soleil, il sera assure par 15 lampes de 16 bougies.
- L'éclairage privé sera également assuré du coucher du soleil jusqu'à son lever.
- J.a partie comprenant la fourniture, la pose de tous les accessoires nécessaires pour l'éclairage, les moteurs et les pompes, fera l’objet d’une soumission à forfait, détaillée, qui sera jointeau dossier. Cette soumission indiquera le rendement certain de chaque moteur et la dépense maximum garantie par cheval et par heure.
- Une Commission spéciale composée d’ingénieurs désignés par le conseil municipal sera chargée de faire le classement des projets par ordre de mérite. Le projet classé n° 1 recevra 1 000 fr, celui classé rt° 2 recevra soo fr, celui classé n" 3 recevra 200 fr. Le concurrent dont le projet classé sera exécute n'aura pas droit à toucher la prime qui lui aura été attribuée pour son projet.
- Les projets seront reçus à la Mairie, sous plis scellés à la cire, du 5 au 10 octobre 1896, tous les matins de 9 à 11 heures.
- Tout projet qui sera remis après le 10 octobre 1896. à 5 heures du soir, ne sera pas examiné.
- DIVERS
- Accident dû à VacétyUne. — Dams la soirée du 12 courant, vers 7 heures, une violente explosion s'est produite dans un café, à Lyon, à l’angle des rues Masséna et Monccy. Il résulte de l’enquête que cette explosion est due vraisemblablement à la mauvaise fermeture d’un robinet d’appareil à acétylène qu’on venait de visiter. Le débitant et sa femme
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- L’ÉCLAIR A GE É L E C T R1Q11E
- ont été très grièvement blessés ; on espère toutefois les sauver ; un client a été projeté contre un mur ; U a eu une épaule fracturée, une contusion à la tempe droite et des blessures aux mains, produites par des éclats de verre. Une commerçante voisine a été contusionnée à la tête par des étagères qui s'écroulaient sur elle.
- Les dégâts matériels sont considérables et démontrent la force de l'explosion. Le plafond du café s'est effondré. Toutes les bouteilles ont été pulvérisées, les chaises et les tables sont brisées, la devanture est arrachée. Un petit magasin de teinture voisin a été complètement détruit ; la propriétaire d'un café contigu et sa fille ont été projetées au milieu de la rue. Dans la maison même, qui a quatre étages, toutes les vitres ont été brisées; au premier et au second, des portes ont été arrachées; les meubles ont été bouleversés. On a retrouvé sur la chaussée à plus de 20 m au loin, des panneaux de portes, des fragments de devantures, des fonds de tonneaux, etc.
- Cette explosion paraît donc due à un mélange détonant d'air et d'acétylène; nous ne savons encore si elle a été provoquée par une imprudence ou un défaut de construction de l'appareil. Il ne faut pas exagérer l'importance et en inférer de cet accident que l'acétylène est terrible, dangereux, etc., etc. Klle prouve simplement qu'il faut prendre pour l’emploi de ce gaz les mêmes précautions qu'avec le gaz d'éclairage ordinaire, et que les consommateurs doivent se méfier des propositions des industriels sans vergogne qui mettent en vente des appareils imparfaits et par conséquent dangereux.
- Un chemin de fer électrique en mer. — T.a construction du chemin de fer électrique en mer, dont nous avons déjà parlé dans notre numéro du t. VI, p. 191, est en voie d'achèvement. La construction de cette ligne originale reliant Brighton à Rottingdean sur la côte sud de l'Angleterre, est due à l’ingénieur Magnus Volk, l’instigateur du projet et l'auteur des plans. Les détails techniques de cette installation n'étant pas encore publiés, nous nous contenterons de communiquer à nos lecteurs la description sommaire que nous empruntons à notre confrère TheElectricalEnginccr, de New-York, dans son numéro du 26 août 1896.
- La voie est constituée par deux paires de rails reposant sur le sol sous-marin à une distance d'écartement de 6 m entre les rails extérieurs. Les deux rails de chaque paire sont écartés l'un de
- l'autre de 80 cm et sont posés sur des blocs de maçonnerie cimentés en leurs bases avec le calcaire qui constitue le sol.
- La plus forte rampe est de 3 p. 100.et la courbe la plus brusque a un rayon d'environ 800 m.
- La voiture motrice a été construite, d’après les dessins de M. St Georges Moore, par la Gloucester Wagon Company. Elle est supportée par quatre hautes colonnes montées chacune sur un boggie et reliées entre elles par de forts croisillons.
- Les roues de deux des boggies reçoivent le mouvement d'un moteur électrique de 30 chevaux, par l'intermédiaire d'une transmission logée dans une des colonnes creuses.
- La plateforme destinée aux voyageurs a 15 m de long sur 6,60 m de large et est élevée de 7,^0 m au-dessus de la voie. Elle porte un compartiment-salon qui occupe sur la plate-forme une superficie de 7,5 m sur 3,60 m. L'intérieur de ce salon est très confortable : des divans remplacent les sièges; au centre est placée une jardinière remplie de plantes naturelles. Les fenêtres sont analogues à celles des voitures de tramways. Les voyageurs peuvent circuler librement sur la plate-forme autour du salon. Un rampe garnie en partie d’un filet borde l'extérieur du pont. Par un escalier situé à l’une des extrémités du salon, lesvoyageurs peuvent monter à l'impériale ou plutôt la dunette (comme l'appelleraient nos marins) abondamment pourvue de sièges.
- Le courant est fourni au moteur par l'intermédiaire d'un trôlet parcourant un fil aérien supporté par des pylônes et longeant la voie. La vitesse imprimée par le moteur à ce singulier tramway est de 6 milles à l'heure, soit q 618 mètres. Le poids de la carcasse seule est de 40 tonnes anglaises; le poids total, c'est-à-dire avec le moteur, transmissions et appareils de manœuvre, y compris 1^0 voyageurs, est de 60 tonnes.
- Nouvelle lampe à incandescence argentée. — Nous lisons dans The Electrical Review, de Londres, que la Improved Glow Lamp Company vient de mettre en vente une nouvelle lampe à incandescence, dont la partie supérieure, près du manchon, est argentée intérieurement, de façon à projeter la lumière émise comme le ferait un réflecteur. Déjà depuis plusieurs années l'argentation des lampes est connue et pratiquée par de'nombreux fabricants. Toutefois, cette dernière présente plusieurs particularités de forme et de disposition qui la
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- distinguent des précédentes. L'ampoule est moins longue et a un diamètre d'environ deux fois celui d'une lampe ordinaire. La base évasée en forme de réflecteur est recouverte intérieurement d’argent jusqu'à environ la moitié de la longueur de l'ampoule. La partie argentée est protégée à l'extérieur contre les effets de l'air ou de la chaleur, par une légère couche de cuivre obtenue par un procédé galvanoplastique et recouverte d’un vernis. La partie inférieure de l'ampoule est seule transparente.
- Le filament diffère de celui des lampes ordinaires en ce qu'il est disposé symétriquement par rapport à la surface argentée de façon à être, le plus possible, rapproché du foyer du miroir.
- Cette disposition du filament donnerait, parait-il, d'excellents résultats relativement à la dépense d'énergie pour une quantité donnée de lumière. Ainsi, s'il faut en croire notre confrère anglais, une de ces lampes, d'une puissance éclairante de ro bougies donnerait 25 p. 100 de plus de lumière qu’une lampe ordinaire de même puissance, tout en réalisant une économie de 46 p. 100 sur la dépense d'énergie.
- La lumière émise par ces nouvelles lampes est, dit-011, très agréable et peut varier d'intensité selon les proportions que l’on donne à la surface argentée. Ces lampes pourraient être employées avec succès pour l'éclairage par diffusion des plafonds. Les fabricants prétendent que le miroir ne se ternit pas même après une duree de fonctionnement de 1 000 heures.
- Meeting de VAssociation Britannique. — Parmi les nombreux mémoires lus au meeting de l’Association Britannique qui s'est ouvert le 16 septembre dernier à Livcrpool, nous relevons les suivants, classés par sections appropriées à leur nature.
- Dans la section A(mathématiques et physique') :
- Professeur P. Lenard. — Sur les rayons cathodiques.
- Professeur J.-J. Thomson et E. Rutherford. — Sur les lois du passage de l'électricité à travers les gaz exposés à l'action des rayons Rœntgen.
- Professeur A.-W. Rucker, F. R. S., et Watson.
- Sur la transparence du verre et delà porcelaine aux rayons Rœntgen.
- Lord Kelvin, F. R. S., D'J.-T. Bottomley, F. R. S., et Dr Magnus Maclean. — Sur la mesure des courants électriques dans l’air à différentes densités jusqu au cinq millionième au-dessous de la densité normale de l'air ambiant.
- Dr F.-T. Trouton. — La durée des radiations X à chaque étincelle.
- Professeur S.-P. Thompson, F. R. S. — Sur la relation entre les rayons cathodiques, les rayons X et les rayons Becquerel.
- — Sur l'hypcr-phosphorescence.
- H.-H.-F. Haysmas. — Observations sur les rayons X.
- Dr L.-A. Bauer. — Sur les champs composés et le magnétisme permanent terrestre.
- W. Hibbert. — Sur une pile étalon d'un volt av ec faible coefficient de température.
- Dr* J.-A. Harker et A. Davidson. — Sur un nouveau métal résistant, le rhéostène.
- Lord Kelvin, F. R. S.. D1 Magnus Maclean et Alexander Gai.t. — Sur la communication de l'électricité dans l’air par la vapeur électrisée.
- E. Rutherford. — Sur une méthode pour reconnaître les ondes électro-magnétiques.
- Professeur J. Chunder Bosc.— Sur un appareil complet pour étudier les propriétés des ondes électriques.
- E -H. Griffiths, F'. R. S. — Note sur la mesure de la résistance électrique.
- W.-H. Preece, F. R. S. — Troubles dans les câbles sous-marins.
- W.-M. Mordey. — Mégohins en graphite pour haut voltage.
- — Sur un appareil pour la mesure de la perméabilité magnétique.
- A.-P. Trotter. — Nouvelle forme de pont de Whcatstone à lecture directe.
- Professeur E. Bedkll. — Sur la division d‘un courant alternatif dans les circuits en parallèle avec induction mutuelle.
- Professeurs Elstkr et Geitel. — Sensibilisation photo-électrique des sels par les rayons Rœntgen.
- Rapport du Comité sur l'électrolysc.
- Rapport du Comité de l'étalonnage électrique sur les unités thermiques.
- Rapport du Comité sur l'établissement d’un laboratoire national de physique.
- Rapport du Comité sur les étalons magnétiques.
- Rapport du Comité sur la comparaison et la réduction des observations magnétiques.
- Dans la section B (chimie) :
- D" J.-H. Glasïone et W. Hibbert. — Action des métaux et de leurs sels sur les rayons ordinaires et les rayons de Rœntgen : contraste.
- Rapport du Comité sur l’analyse électrolytique.
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- L’ÉC LAI RAGE ÉLECTRIQI'E
- Dans la section G (mécanique) :
- W.-H. Prkece, V. R. S. — lissai des lampes à incandescence.
- S. -B. Cottrell. — Le chemin de fer élevé de Liverpool et son extension.
- E.-W. Anderson. —Note sur les grues électriques.
- Professeurs Fleeming, R. Beatic et R.-C. Clisker.
- - Expériences sur l'hystérésis du fer dans un champ magnétique tournant.
- W.-G. Walker. — L'éclairage des rues par des lampes à incandescence.
- Rapport du Comité sur le filetage des petites vis.
- Le grillage des minerais de. fer en vue de leur concentration magnétique. — La séparation des minerais de leur gangue est souvent la partie du traitement métallurgique la plus longue et la plus coûteuse. Depuis quelques années cette séparation se trouve beaucoup simplifiée, dans le cas des minerais de fer par l'emploi des trieurs électromagnétiques dont de nouveaux modèles ont été décrits dans ce journal. Encore faut-il, pour pouvoir utiliser ces appareils, que le minerai que L'on traite soit magnétique, condition rarement remplie par les minerais naturels, sauf par ceux que l'on désigne précisément sous le nom de magné-tites et qui sont abondamment répandus en Suède; mais fort heureusement les métallurgistes n’ont pas tardé à reconnaître que le grillage prélimi-maire. que L'on fait généralement subir aux minerais dans le but d'en éliminer la plus grande partie du soufre et Je l'arsenic sous forme d'anhydrides sulfureux et arsénieux, peut, en opérant dans certaines conditions, transformer ces minerais en oxydes magnétiques Fe30‘ ou Fe8 O7 que l'on peut alors rencontrer par voie magnétique.
- A la dernière réunion de Iron and Steel Insli-tute, tenue à Bilbao, le professeur H. Wedding a lu sur ce sujet un mémoire bien documente publié dans Contract Journal du 6 septembre, et dans lequel, après avoir fait l'historique de la question, il donne des renseignements très détaillés sur la façon dont doivent être traités les divers minerais de fer pour les transformer en oxyde magnétique.
- T. cs magnétites (Fe3Oi) peuvent être concentrées magnétiquement sans traitement préliminaire. Toutefois, dans le but de leur enlever partiellement le soufre et l'arsenic qu’elles contiennent et aussi dans celui de les briser plus facilement en morceaux de grosseur convenable on les
- soumet généralement à un grillage. Au rouge, dans une flamme oxydante ces minerais perdent leurs propriétés magnétiques; ils les reprennent à une température plus élevée.
- Le fer spathique (carbonate de fer) est transformé en oxydes magnétiques par grillage dans une atmosphère faiblement oxydante et en sesquioxyde Fe2 O1, si l’oxygène est en plus grande abondance. On peut néanmoins le débarrasser de son soufre et de son arsenic en même temps que le rendre magnétique en effectuant le grillage à haute température et en réduisant l’accès de l’air au minimum.
- L’hématite rouge (sesquioxyde de fer anhydre; peut être transformée en oxydes magnétiques, soit par calcination à température élevée, à l’abri de l’air (y Fe2 O3 = 2 Fe3 0‘ + O ou Fe* O7 + O2), soit par réduction en présence de l'oxyde de carbone à température élevée, ou par l'hydrogène à plus basse température. Pour éviter la fusion partielle du minerai et l'agglutination des morceaux, on opère généralement par réduction au moyen d’un mélange d'hydrogène et d'oxyde de carbone obtenu par l’action de la vapeur d’eau sur les charbons incandescents.
- Les minerais de fer bruns (sesquioxydes hydratés), sont déshydratés et traités ensuite comme l'hématite rouge; sans doute à cause de la porosité, la réduction est plus facile que celle de l’hématite rouge.
- Les pyrites sont grillées, pour les débarrasser de leur soufre, puis traitées comme l'hématite: lorsqu'elles sont brûlées dans des fours spéciaux pour l’obtention de l'anhydride sulfureux dans les usines d'acide sulfurique, le résidu du grillage est magnétique el peut être soumis immédiatement à la concentration magnétique.
- J.a grosseur des morceaux de minerai est de la plus haute importance pour le succès de l'opération; elle ne doit pas être trop grande, car les morceaux ne sont alors que superficiellement transformés en oxydes magnétiques; elle ne doit pas être trop petite afin de ne pas entraver le passage des gaz pendant la calcination; enfin il importe qu’elle soit sensiblement uniforme pour éviter la formation au milieu de la masse de minerai de sortes de cheminées offrant une faible résistance au passage des gaz, les empêchant ainsi de réagir sur le reste du minerai.
- L'Éditeur-Gérant : Georges CARRÉ.
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- Samedi 10 Octobre
- 3e A.r
- s. — N" 41.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ Directkur Scientifique : J. BLONDIN Secrétaire de la rédaction : G. PELLISSIER
- L’ÉLECTRICITÉ A L’EXPOSITION NATIONALE SUISSE
- L’électricité est assurément une des branches de l’industrie suisse qui est le mieux représentée à l’Exposition Nationale de Genève. La fille capricieuse du sage Thaïes de Milet a bien grandi depuis cinquante ans et les tâches qu’on lui impose deviennent de jour en jour plus nombreuses et plus importantes. Un coup d’ceii jeté sur l’Exposition Nationale Suisse en fournira rapidement la preuve.
- C’est le domaine de la grande industrie de construction des machines électriques qui est le plus brillamment représenté. Les expositions de la Compagnie de l’Industrie Electrique de Genève, de la Société des ateliers de construction d’Œrlikon, de la Société Alioth, de Bâle, et de la Société Jacob Rieter, à Winterthur, sont du plus haut intérêt ; nous y reviendrons plus en détail.
- Ces diverses maisons et particulièrement les trois premières, ont fourni aux visiteurs l’occasion de comparer les divers systèmes d’éclairage et de distribution d’énergie au sein même de l’Exposition.
- Elles ont installé de nombreux exemples de leurs diverses spécialités. Aussi voyons-nous dans le hall même des machines et ses annexes des distributions de force
- de différents systèmes, courants triphasé, biphasé, monophasé; continu en série, continu en parallèle, etc.; ainsi que divers systèmes d’éclairage, en particulier une distribution de lumière à 250 volts par arc voltaïque.
- Toutes les applications les plus importantes de la dynamo (génératrice ou moteur; se trouvent représentées à l’une ou l’autre de ces expositions. Le domaine des transports de force et celui de l’éclairage figurent naturellement en première ligne; mais on voit également de nombreux exemples de l’application des dynamos à la traction, à l’électrochimie et à la commande des machines et machines-outils de tous genres. Les appareils destinés à la transformation du courant électrique sous toutes ses formes (transformateurs, convertisseurs, etc.) ont aussi de nombreux représentants. Ajoutons enfin un certain nombre de machines d’essais et de laboratoire, de régulateurs et dispositifs intéressants et l’on pourra se faire une idée d’ensemble du champ d’activité des quatre maisons que nous venons de nommer.
- La construction des appareils électriques de précision et particulièrement des appareils enregistreurs est surtout représentée par les expositions de la maison Peyer et Favarger (anciennement Hipp), de Neuchâtel, ainsi que par les ateliers de M. G. Hasler, à Berne, dont nous décrirons plus loin quelques appareils fort intéressants.
- Ces deux maisons sont en Suisse ce que la maison Richard, de Paris, est en France. Ce sont elles qui s’occupent de la construction
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- de tous les appareils délicats employés en météorologie, téléphonie et télégraphie.
- Dans le même ordre de construction, avec un caractère plus industriel, il faut citer les expositions de la maison Aubert de Lausanne, bien connue pour ses compteurs horaires ; celle de la fabrique d’horloges électriques Cauderay également à Lausanne: les expositions Klingenfuss et Braendli, à Bâle; Peloux à Genève (compteurs); Eckenfeldcr, à Zurich (télégraphes).
- Les accumulateurs électriques sont représentés par deux expositions. D’abord, la fabrique de Marly-le-Grand près Fribourg qui exploite, comme on sait, les brevets Pollak. Ce système d’accumulateurs est trop connu pour que nous puissions nous y arrêter; la bonne réputation de ce genre d’accumulateurs n’est d’ailleurs plus à faire.
- La seconde fabrique est la nouvelle Société Germano-Suisse ayant également son siège à Fribourg en Suisse. Cette société a exposé une batterie de 140 éléments de son nouveau type d’accumulateurs. Cette barterie, d’une capacité de 1 500 ampères-heure, est chargée de l’éclairage d'une partie de l’exposition de 10 heures et demie du soir jusqu'au matin. Notons également la batterie de 1 200 éléments minuscules exposée par la maison Klingenfuss, de Bâle.
- L’industrie des câbles est représentée en première ligne par la maison bien connue Berthoud-Borel, de Cortaillod, qui pendant plusieurs années a été associée à la Société des établissements Cail, de Paris. Quoique moins grandiose, l’exposition de MM. R.-E. Huber, de Pfaefnkon, mérite une attention spéciale ; cette maison fabrique et expose des câbles isolés soit à la gutta, soit au caoutchouc. Dans le même ordre de fabrications, notons également l’exposition dcM. J. Suhner d’Hérisau.
- La fabrique J. Weidmann, à Rapperswyl, a réuni dans son exposition la plupart des matières isolantes employées dans l’industrie électrique et particulièrement dans la construction des machines: c’est la seule maison
- suisse qui, à uotre connaissance, fournisse et fabrique elle-même ce genre de produits.
- Quant à l’appareillage électrique mèmè, de nombreuses expositions sont dignes d’intérêt; les plus remarquées sont sans doute celles de MM. Favre et Chalut, de MM. Gardy frères et de M. Baud, à Genève.
- Comme on le voit par ce rapide exposé, tous les principaux domaines de l’industrie électrique se trouvent représentés à l’exposition de Genève, et si l’on peut regretter l’absence de quelques maisons de premier ordre, particulièrement celle de la Société Brown et Boveri, de Baden, on n’en éprouve pas moins le sentiment très net que l’industrie électrique est actuellement une des plus florissantes en Suisse.
- La force motrice nécessaire aux diverses expositions ainsi qu’à l’éclairage et aux distributions de force est fournie, pour la plus grande partie, par la nouvelle usine de Chèvres dont nous avons parlé f1}; cette nouvelle usine produit le courant biphasé à 2 500 volts qui parvient dans le hall même des machines. Nous ne reviendrons pas sur ces installations dont les lecteurs de ce journal ont été informés. A son arrivée dans le hall des machines, le courant est alors transformé ou meme employé directement par les principales expositions qui ont été chargées de l’éclairage et de la distribution de cette force aux divers exposants.
- On a donc sous la main des exemples fort instructifs des principaux systèmes employés et préconisés.
- Nous commencerons donc par dire quelques mots du rôle des principales maisons à l’exposition même, et pour faciliter au lecteur l’intelligence de ce chapitre nous donnons quatre clichés représentant les expositions de
- P) Voit l’Éclairage Électrique, t. Vit, p. 386 et t. VIII, p. 19, 167; 50 mai et 25 juillet 1896.
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- ces maisons. Grâce à ces figures, il devient aisé de suivre le rôle de chacune des machines exposées.
- Rôle de la Compagnie de l'Industrie électrique. — La Compagnie de l’Industrie électrique occupe une place d’honneur au centre du hall des machines. Son exposition absorbe à elle seule 400 kilowatts.
- Les figures 1 et 2 font voir les deux côtés *de cette exposition. L’un est plus particulièrement réservé au courant continu, l’autre comprend en outre le courant alternatif et polyphasé.
- Les moteurs diphasés qui reçoivent le courant de Chèvres actionnent à leur tour des générateurs ou alimentent des transformateurs ou des commutatrices, de sorte que le courant électrique sous toutes ses formes se trouve représenté, montrant des exemples nombreux des principaux domaines de l’activité de la Compagnie de l’Industrie électrique.
- T.es courants 'alternatifs polyphasés sont représentés par les deux moteurs diphasés , ;lig. 1; alimentés directement par le courant de Chèvres à 2 500 volts.
- Ces moteurs donnent une idée de l’un des modes de distribution prochaine de l’énergie électrique à l’intérieur du canton de Genève. L’un 'Ai de 150 chevaux, tourne à la vitesse de çoo tours à la minute; il commande une génératrice à courant continu ; D) de 110 volts, destinée à l’éclairage. L’autre : R;,de 300 chevaux, commande une génératrice également à courant continu ;C) alimentant un transport de force en série, dont nous parlerons tout à l’heure.
- En dehors de la galerie des machines, la Compagnie de l’Industrie électrique a plusieurs exemples d’utilisation du courant alternatif et polyphasé. Elle a installé un moteur de-ioo chevaux actionnant les turbines éléva-toires de l’eau de la cascade et des fontaines lumineuses; un moteur de 50 chevaux fait mouvoir les pompes centrifuges alimentant les jets des mêmes fontaines. On voit donc
- qu’indépendamment de l’éclairage, la partie hydraulique des fontaines du Parc des Beaux-Arts nécessite une puissance de près de 150 chevaux.
- Enfin pour montrer l’application des moteurs électriques aux pompes centrifuges, la Compagnie a installé dans un bâtiment spécial au bord de l’Arve, près du pont de l’Agriculture, un moteur de 50 chevaux, actionnant une pompe centrifuge Sulzer â haute pression, dont les promeneurs auront pu voir souvent le jet puissant projeté au-dessus de l’Arve à une distance de 90 mètres.
- Le transport et la distribution de force par courant continu en série constituent, comme on sait, une des spécialités de la Compagnie de l’Industrie électrique et l’on, peut dire qu’elle a su tirer tous les avantages possibles de ce mode d’emploi de l’énergie électrique. Les nombreuses installations de ce genre qu’elle a effectuées soit en Suisse, soit à l’étranger, en sont d’ailleurs la preuve. 11 suffit de citer l'installation des forces motrices de Gênes et le transport de force qui doit alimenter les villes de Locle et de la Chaux-de-Fonds.
- Les avantages du système de transport à courant continu en série sont nombreux. S’il est vrai que le courant continu se prête moins aisément que le courant alternatif à des transformations nombreuses, il conserve à d’autres points de vue une grande supério-
- En premier lieu la réactance des lignes n’entre plus en considération. Les chutes de voltage y sont par conséquent moindres, toutes choses égales d’ailleurs. On n’a pas à se préoccuper non plus des phénomènes d’induction et des décalages qui se produisent entre les forces électromotrices et les intensités, soit en ligne, soit à l’intérieur des moteurs; toutes conditions qui,dans bien des cas, peuvent rendre délicat le réglage des appareils alternatifs et diminuer en même temps le rendement du transport ou de la distribution.
- C’est à la Compagnie de l’Industrie électrique que revient l’honneur d’avoir permis
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- l’emploi du courant continu pour les transports à grande distance. Aussi a-t-elle tenu à montrer aux visiteurs un exemple de ce genre de distribution à l’intérieur même de l’Exposition dans le pavillon Raoul Pictct. Tous les moteurs qui s’y trouvent et qui actionnent les pompes de compression et de raréfaction des gaz. servant a la production du froid, sont alimentés en série par la ma-
- chine C à courant continu rig. L. Cette machine. actionnée par le moteur diphasé, est destinée au transport du Locle et Chaux-de-Fonds. ainsi qu’une machine semblable peu visible sur la figure.
- Suivant le travail qu’on exige d’elle, on peut élever la tension de cette machine jusqu’à 1800 volts; mais elle fournit toujours le même courant de 150 ampères.
- Fig.
- ^position de la Compagnie de l’Industrie Électrique.
- Le transport du Locle et Chaux-de-Fonds auquel cette machine est destinée pouvant disposer de plus de 3 000 chevaux, l’usine génératrice comprendra 8 groupes en série de génératrices identiques dont la tension maximum sera (8X1 800 volts), soit 14 400 volts à pleine charge. Comme la distance n’est que de 48 km environ, le transport pourra donc s’effectuer dans des conditions avantageuses de rendement.
- Le transport et la distribution de force par courant continu en parallèle (courant variable, tension constante) sont, comme on sait, beaucoup moins récents ; ils sont particulièrement employés dans des stations centrales d'éclairage dont le réseau est peu étendu.
- La Compagnie de l’Industrie électrique a néanmoins donné un exemple de distribution de force de ce système. Cette distribution comprend 42 moteurs continus, répartis dans
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- les divers locaux de l’exposition et actionnant des machines et machines-outils de tous genres, parmi lesquelles il convient de citer les machines Russ Suchard pour la fabrication du chocolat, les presses du Journal Officiel et tous les moteurs de la galerie d’alimentation et du parc de Plaisance.
- Tous ces moteurs fonctionnent à la tension de 110 volts et le courant qui les alimente
- est fourni par trois génératrices à courant continu groupées en parallèle, que l’on peut voir sur l’emplacement même de l’exposition de la Compagnie fîg. 2Ù
- C’est également cette distribution en parallèle qui alimente le tramway électrique de riéxposition, comprenant un développement de 2,5 km :voir iig. 5).
- Le système adopté pour ce tramway a na-
- Fig. 2. — L’exposition de la Compagnie de l’Industrie Électrique.
- turellement un caractère essentiellement provisoire et ne pourrait être employé d’une façon permanente qu’en v apportant les perfectionnements que comporte la circulation des chevaux et des voitures. Il convient néanmoins d’en dire quelques mots.
- Le courant continu à 110 volts fourni par les machines fig. 1 et 21 arrive par les rails qui sont respectivement en communication avec chaque pôle de la génératrice.
- Ces deux rails, placés dans des caniveaux de bois, sont isolés aussi bien que possible, mais naturellement très imparfaitement, particulièrement par les temps pluvieux. Le courant qui vient des rails parvient alors aux moteurs placés dans la voiture par l’intermédiaire des roues.
- Ce système, d’un caractère provisoire, je le répète, avait, dans le cas particulier de l’Exposition où la circulation des voitures est
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- interdite, l’avantage d’éviter l’emploi, si peu esthétique, des conducteurs aériens et de présenter en même temps une très grande simplicité de construction.
- Disons enfin que c'est la Compagnie de l’Industrie électrique qui a installé l’éclairage du parc de Plaisance, de celui de l'Agriculture, du Village suisse et du pavillon Raoul Pictet en tout plus de 230 lampes à arc et 2 ooo lampes à incandescence.
- Rôle de la Société des ateliers de construction Oeruikox. — La Société d’Oerlikon est au nombre des usines privilégiées qui ont vu leur développement s’accroître sans cesse avec une extrême rapidité.
- Il v a vingt-cinq ans à peine, l’usine ne se composait que d’une modeste forge; aujourd’hui les ateliers seuls, sans compter les maisons ouvrières, recouvrent une superficie de 32 hectares et le nombre des travailleurs occupés dans ces vastes locaux varie de 1 300 à 1 500.
- Il est juste de dire que l’activité de celle immense usine n’est pas exclusivement dirigée du côté de l’électricité. La construction des machines, machines-outils, moulins à cylindre de porcelaine, etc., en absorbe une grande partie et constitue une des spécialités de cette importante maison.
- Ce n’est guère que depuis 1880 que la Société Oerlikon a donné un développement tout particulier à la branche « électricité ». Néanmoins cette société est actuellement au premier rang des usines de construction électrique ; elle est parmi celles qui ouf le plus contribué au développement et au perfectionnement des moteurs polyphasés ainsi qu'à la résolution pratique du problème capital de la transmission de l’énergie à grande distance. O11 se souvient en effet des belles expériences de Laufen-Franfcfort, entreprises il y a quelques années par cette Société, lors de l’Exposition internationale d’électricité.
- La commande des ponts roulants, grues, machines-outils, etc., au moyen des moteurs électriques et particulièrement des
- moteurs triphasés, constitue une de ses spécialités. La plupart des machines-outils empknées dans ses ateliers de construction sont d’ailleurs pourvues de ce mode si simple et si commode de transmission de mouvement. Les visiteurs parcourant l’exposition en rencontreront de nombreux exemples, soit dans les machines-outils mêmes exposées par la Société, comme la grue, les perforatrices, etc., soit dans les diverses expositions du hall des machines.
- Le rôle de la Société d’Oerlikon dans l’Exposition meme se borne à distribuer la force motrice à divers groupes d’exposants au moyen de courants triphasés, de courants biphasés, monophasés de diverses périodes, et de courants continus. Les moteurs répartis dans ces distributions sont de puissance très variable 1/20 à 36 chevaux'; parmi lesquels il faut citer les deux moteurs biphasés de 36 chevaux chacun, destinés à la commande des moulins DaverioetJ. Huhlcr; le moteur actionnant la machine à raboter les pierres du Pavillon Tetmayer et les nombreux moteurs triphasés pour la commande des cannetières et métiers à tisser exposés par les ateliers de construction Rüti.
- Parmi ces moteurs exposés, les moteurs de grande puissance seuls nécessitent l’emploi de résistances de mise en marche. Notons également que par une construction rationnelle la Société d’Oerlikon est parvenue à réduire dans une large mesure les décalages qui se produisent entre la force conrre-élec-tromoirice des moteurs et l’intensité du courant qui les traverse, particulièrement dans la marche à vide. La construction robuste et simple des moteurs triphasés ainsi, que la vitesse, pratiquement constante quelle que soir la charge, constituent, comme on sait, de précieuses qualités de ce genre de moteurs.
- Pendant que nous avons sous les yeux la ligure représentant l’ensemble de l’Exposition électrique de la Société d’Oerlikon, disons quelques mots de scs diverses spécialités.
- Une spécialité de la Société d’Oerlikon est d’abord la construction des machines des-
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- tinées à l’industrie électro-chimique et parti* culièrenient à la fabrication de l’aluminium. L’ensemble des machines de ce genre, construites ou en construction dans les ateliers d’Oerlikon, représente actuellement une puissance totale de près de 19000 chevaux, dont la majeure partie, détail intéressant, est
- consommée par les diverses fabriques d’aluminium de Neuhausen, de Froges, de Boonton, etc.
- C’est une machine de ce genre que l’on voit en A au premier plan de la figure 3. Elle est destinée à la British Aluminium Cy ; nous y reviendrons plus tard.
- Fig. 3, — L’exposition de la Société des ateliers de construction de Oerlikon.
- Nous ne nous étendrons pas longuement sur les machines à courant continu exposées par la Société d’Oerlikon ; le type de ces dynamos a etc souvent décrit, il est d’une construction simple et solide. Les lettres B et C représentent deux de ces machines (tétrapolaires) de petite puissance. Mais le même genre de machines s’exécute en très grand et la Société d’Oerlikon construit actuellement deux dynamos verticales de ce
- type pouvant absorber 800 chevaux chacune; elles sont destinées à la « Sociedad Madri-lena », de Madrid. D’ailleurs, les visiteurs de l’usine de Chèvres auront pu remarquer deux machines à courant continu d’Oerlikon de 120 chevaux chacune. Ces dynamos fournissent le courant nécessaire à l'alimentation des électro-aimants des grands alternateurs diphasés installés par la Compagnie de l’Industrie électrique.
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- Si la machine à courant continu d’Ocrli-kon est trop connue pour en donner ici une description, le nouveau modèle des alternateurs exposé par cette société, l’est beaucoup moins ; il mérite une attention spéciale. Comme ceux de la Compagnie de l’industrie électrique, ces alternateurs ne portent aucun enroulement mi induit, ni inducteur) sur la partie mobile.
- L’avantage de ce dispositif est particulièrement de permettre une vitesse périphérique beaucoup plus grande, tout en soustrayant les enroulements à haute tension aux vibrations et à la force centrifuge. I)e plus, les enroulements étant fixes, il n’y a plus à faire usage de contacts glissants (bagues, balais, etc.); on évite ainsi la surveillance que ces organes exigent généralement.
- Ce qui constitue une des particularités des alternateurs d'Oerlikon, c’est que le fer est lamelle non seulement dans les masses opposées aux expansions polaires, mais aussi dans ces expansions elles-mêmes ; on évite ainsi presque totalement l’infiuence pernicieuse des courants parasites.
- Ce nouveau type d’alternateurs est représenté à l’Exposition
- i° Par une dynamo triphasée de 100 chevaux D. Dans cette dynamo la pièce mobile (en acier fondu) munie des expansions polaires se trouve à la' partie centrale et les enroulements immobiles à la périphérie :
- 20 Parun alternateur monophasé de 230 chevaux que l’on peut voir sur l’emplacement de l’exposition de MM. Escher Wvss et Cic. Cet alternateur est accouplé directement a une turbine. Il est destiné à la station centrale de Davos. Pour compléter l’exposition relative à ces nouveaux alternateurs, la Société d’Oerlikon a présenté deux imposantes pièces d’acier qui font partie de gigantesques alternateurs, actuellement en construction. Ces alternateurs de 850 chevaux (55 tours par minute) sont destinés à la Société d’exploitation des forces motrices de Rhcinfeldcn: ces pièces exposées sont peu visibles sur la figure, la machine de l’aluminium les cachant
- en grande partie. Elles ne forment d’ailleurs que la cinquième partie de la pièce mobile qui doit peser à elle seule 35 t, le poids total de la dvnamo étant de 110 t environ.
- Indépendamment de ces pièces remarquables nous voyons sur l’emplacement meme de l’exposition de la Société d’Oerlikon. des moteurs mono et triphasés de toutes dimensions, depuis 1/20 de cheval à 36 chevaux; des transformateurs également pour courant alternatif mono et triphasé,
- ROi.f. de 1.'Exposition he j.a Société Alioth, lie Balk. — La Société Alioth, de Bàle, dont lafigureq représente l’exposition très réussie, a été fondée en 1869. C’est la plus ancienne de la Suisse et c'est aussi une des mieux connues. Son développement a sans cesse été grandissant, et, en 1894, elle s’est vue dans la nécessité de construire à Monchcnstein de nouveaux et vastes ateliers destinés à la grande construction électrique.
- 'bout ce qui a trait aux transports de force par courant alternatif à haute tension, la commutation du courant continu en alternatif et vice versa constitue le domaine d’activité de cette importante maison. Les nombreuses installations de ce genre qu’elle a effectuées soit en Suisse, soit à l’étranger la placent d’ailleurs au premier rang des fabriques de grande construction électrique.
- La figure 4 qui donne une vue d'ensemble de l’exposition Alioth nous montre au premier plan une machine génératrice k courant continu A (type Helvetia: destinée aux tramways de la ville de Bàle.
- C’est une machine d’une puissance de 350 chevaux dont la tension est de 600 volts. Elle est destinée à être accouplée directement à une machine k vapeur horizontale Sulzer : sa vitesse n’est que de 85 tours à la minute.
- L’inducteur, comme on voit, est formé d’une couronne Westinghouse avec 12 pièces polaires ; quant k l’induit, c’est un tambour avec enroulement Alioth. Le dispositif de cet enroulement est, comme on sait, extrêmement simple et solide ; le visiteur peut d'ailleurs
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- s’en rendre compte plus aisément sur le tambour de réserve P", destiné à une plus petite dynamo.
- T.es commutatrices Alioth représentées sur la figure en B et C sont assurément parmi les machines électriques les plus intéressantes de l'exposition, soit par leur principe extrêmement ingénieux, soit aussi par l’intérêt actuel du problème de la transformation des
- diverses formes de courant les unes dans les autres. Nous en donnerons dans une autre partie de cet article une description détaillée.
- La machine B représente précisément une commutatrice destinée à la station centrale de l’Isle à Cenève où deux machines semblables ont été déjà installées. Après une première transformation qui abaisse la tension du courant diphasé de Chèvres de 2400
- à 80 volts, la commutatrice le convertit en courant continu pour l’envoyer dans le réseau d’éclairage qui primitivement était exclusivement alimenté par des génératrices à courant continu. Comme le réseau de la ville est établi dans le système à trois conducteurs la machine B se compose en réalité de deux machines commutatrices, identiques calées sur le même arbre.
- La machine C est construite sur le même
- principe que la précédente. C’est une com-mutatrice de 150 chevaux destinée à la Société Normande d’électricité de Rouen qui possède déjà quatre machines semblables. Ces quatre machines, détail intéressant, fonctionnent les
- phase en courant continu, les autres de courant continu en courant polyphasé, ces machines étant naturellement réversibles.
- La ville de Genève possède depuis peu,
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- deux machines analogues que l’on peut voir fonctionner à l'usine de la Coulouvrenière où elles ‘permettent d’alimenter les réseaux de tramways directement par l’usine de Chèvres.
- A l’exposition même, la machine C est employée à la charge de la batterie de 140 accumulateurs qui alimente l’éclairage du hall
- des machines à partir de 10 heures et demie du soir; cette -charge de la batterie se fait chaque semaine et comme la tension de la cora-mutatrice ne serait pas tout à fait suffisante pour ce but, on lui a adjoint en série une petite génératrice à courant continu D qui, détail curieux, est entraînée mécaniquement
- Fig. 5. — Plan de l’Exposition.
- par la commutatrice elle-même. C’est donc l’énergie électrique fournie à la commutatrice sous forme de courant biphasé qui actionne le générateur survolteur D.
- Sous la lettre E nous voyons un puissant alternateur monophasé de 300 chevaux et 4 000 volts destiné au transport de force de Neuchâtel, installé par la maison Alioth. Dans cet alternateur les bobines induites du
- circuit à haute tension qui constituent toujours les pièces les plus délicates, sont placées sur la partie fixe de l’alternateur ; elles sont disposées en outre en deux séries parallèles réparties chacune sur une demi-circonférence de façon à éviter toute tension trop grande entre deux bobines voisines. Par un dispositif ingénieux des pièces polaires un seul enroulement inducteur crée le champ
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- magnétique de la machine; ce qui est une grande simplification au point de vue de la construction.
- Ajoutons qu’avec quelques modifications dans la disposition et le nombre des bobines induites, l’alternateur précédent peut être transformé aisément en un générateur à courant polyphasé, analogue à la dynamo triphasée G peu visible sur la figure.
- Après cette courte revue des machines exposées par la Société Alioth, il nous reste à dire quelques mots de l’activité de cette maison à l’Exposition même.
- L’exposition Alioth consomme une puissance d’environ ioo kilowatts qui est employée en grande partie à l’éclairage du hall des machines et d’une partie de l’Exposition. A cet effet, elle alimente d’abord au moyen de la commutatrice B un réseau à arc voltaïque à 250 volts i les lampes y sont groupées par série de quatre.
- C’est elle, avons-nous vu, qui au mo}ren de la commutatrice C maintient sous charge la batterie d’accumulateurs de la Société Germano-Suisse, chargée de l’éclairage de la halle à partir de 10 heures 1/2 du soir. La brillante colonne Hard de lampes à incandescence est également alimentée par la maison Alioth.
- Comme distribution de force, elle a un réseau comprenant 18 moteurs triphasés répartis dans les diverses parties de la halle. Ces moteurs, de toute puissance, jusqu’à 7 chevaux, actionnent les industries les plus diverses, métiers à tisser, presse à fabriquer les briques, savonnerie, ventilateurs, et c’est avec une satisfaction réelle que l’on constate leur parfaite marche et le maniement si commode de ces appareils à la fois peu volumineux, propres et silencieux.
- Disons enfin, en terminant, que toute Fins--tallation de la cuisine électrique reçoit également le courant par l’intermédiaire des transformateurs Alioth placés directement sur le câble primaire de Chèvres. Ces trans- I formateurs envoient à travers de volumineux torons de cuivre le courant nécessaire au
- fonctionnement des appareils variés qui constituent cette moderne batterie de cuisine.
- Tel est dans son ensemble le rôle des trois principales maisons suisses en ce qui concerne la distribution de la force et de la lumière à l’intérieur de l’exposition. Il nous a paru utile de le tracer brièvement afin que le visiteur puisse se rendre compte du plan général et des principaux systèmes employés avant d’aborder la description des pièces les plus intéressantes qui figurent à cette exposition, description qui fera l’objet de la seconde partie de ce travail.
- LES LAMPES A ARC (')
- Le fonctionnement de la lampe en dérivation Niewerlh est des plus simples. Dès le
- Fig. 1. — Lampe en dérivation Niewerlh (1895).
- passage du courant, pour la mise en train, le solénoïde dérivé A (fig. 1), attirant son arma-
- 11) L'Éclairage Électrique, 20 juin 1896, p. 536.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- ture, soulève B et C et abaisse le galet F, qui, séparé ainsi du train d’horlogerie N N', laisse le charbon positif M tomber au contact du négatif O. Le courant devient alors presque nul en A, qui, laissant retomber B, renclenchc F avec le train N, lequel amorce l’arc, puis la régularisation se maintient par le jeu ordinaire des lampes en dérivation simple.
- La lampe à potentiel constant de F. Andrews a (fig. 2) pour organe de régularisation un solénoïde en série dont le noyau N S,
- Fig. 2. — Lampe en série Andrews (1895).
- dès l’amorçage, attire l’armature J et aimante la pièce B C, qui, attirée ainsi sur la poulie en fer H, la fait tourner de manière à séparer les charbons. Afin de permettre à la lampe de s’adapter à de grandes variations dans l’intensité du courant, on a disposé en U et U' deux armatures auxiliaires qui, à partir de certaines intensités, déterminées par les ressorts V V, ferment le circuit magnétique N. S et en maintiennent le champ au degré corres-
- pondant à ces intensités; l’une de ces armatures, U, réagit en même temps, par W G-, sur le réglage X de Y. Pour marcher en série l’on monte un électro T en dérivation et opposition de N S. Le charbon inférieur R peut, en enlevant la cale guide Q, se défiler pour faciliter l’appareillage de la lampe.
- Fig. 3. — Lampe différentielle Diswjnger et Angold (1895).
- Le réglage de la lampe différentielle Bis-ivanger et Angold représentée par les figures 3
- — Lampe II. detail du me
- à q s’opère par l’action des solénoïdes en série D, et en dérivation D sur un levier-cadre F,
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- pivote en b sur le cylindre H, h dash-pot/. Ce cadre porte la roue R, sur laquelle passe la chaîne ci, qui supporte les charbons, et dont l’axe I /g. 7) a, calé sur lui, le rochet A et la roue du frein P.
- Un levier F', également pivoté sur H et articulé sur l’armature G de D D„ porte en J un axe avec cliquet K, frein L, et étrier AL guidé en N /g. y)- Au départ, quand l'armature G occupe sa position la plus basse, le svstème F I Â P repose sur cet étrier M et laisse les charbons se rapprocher au contact par leur poids. Des qu’on lance le courant, G, remontant par F, le frein L, cale P, puis soulève F de manière à séparer les charbons, et quand G arrive au point le plus haut de sa course, le calage de P est renforcé par la prise du rochct K sur A comme en figures 5 et 6, tracé pointillé. L’arc, une fois amorcé, se maintient ensuite par le jeu habituel des solé-noïdes différentiels DI),. Les leviers F et F, sont disposés de manière à amplifier considérablement les déplacements des charbons aux environs de leur écartement normal, ce qui en rend le réglage très sensible et fort doux, grâce au dash-pot f
- Pour marcher en courants alternatifs, on lamine l’armature G et l’on ajoute au solé-noïde dérivé une petite armature fixe, qui en compense l’auto-induction et l’empêche de se brûler à la suite, par exemple, d’une usure locale des charbons.
- Fig. 10. — Lampe en dérivation Davy (1895).
- Le réglage de la lampe Davy, représentée par la figure 10, s’opère au moyen d’un so-
- ligure 10. soulève le levier n de manière à serrer les sabots 0,0, (fig. 5ï du frein oot à l’intérieur de la jante creuse n de solidaire de la roue h. folle sur son axe, et sur laquelle passe la corde de suspension des charbons naturellement ramenés au contact par leur poids. Il en résulte que le levier p fait, par 0, tourner hh de manière à séparer les charbons. L’arc une fois amorcé, s’il s’allonge, s, abaissant p d’une quantité limitée par la butée permet aux charbons de se rapprocher à la distance normale et ainsi de suite.
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- Ô2
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Les figures n à 14 représentent l’application du réglage Davy à une lampe double, avec deux porte-charbons supérieurs aa, guidés en bb, et deux inférieurs de de, guidés en ff. conjugués par les poulies hh. Ées freins n sont commandés par un seul levier p, avec solénoïdes en dérivation s s et série qui amorcent l’arc comme le faisait, dans la lampe précédente, le poids seul de l’armature s. Les leviers n sont étagés de manière que l’un parte avant l’autre; ce dernier n’entre en action qu’après l’épuisement de la première paire de charbons, qu’un taquet empêche alors de se rapprocher davantage.
- La lampe apiéricaine de Lavens est (fig. 15) commandée par un électro en dérivation E. A l’origine, cet électro attire son armature P, dont le bras O, pivoté en UII', entraîne
- par RR les encliquetages Q, serrés par les ressorts O101, à l’intérieur de la jante de la roue L. Ce mouvement fait tourner le pignon I, solidaire de L, et en prise avec la crémaillère J du charbon supérieur de
- manière à le laisser d’abord descendre graduellement, puis arriver brusquement au contact du charbon inférieur, dès que la butée des cliquets Q sur les taquets ajustables Y V, leur fait, comme en figure 19, lâcher L. Aussitôt ce contact, l’électro E lâche son armature, qui. en retombant, ressert les cliquets Q, relève, par le balourd de son poids T, la crémaillère I d’une quantité limitée par la butce N* du second bras N de l’armature et amorce l’arc.
- A l’amorçage, les deux charbons de la lampe Fisher, conjugués par le câble c et la roue A, sont (fig. 20 et 21) séparés et le frein D serre la roue B calée sur l’axe a et relié à la poulie A, folle sur cet axe, par un train d’engrenages diminuant dans un rapport consi-
- Fig. 20 et 2i. — Lampe différentielle Fisher (1896).
- dérable la vitesse de B sur A. Au lancé du courant, le solénoïde dérivé I2 desserre le frein D qui laisse les charbons retomber au contact, puis le solénoïde en série J, resserre ce frein et fait basculer par le taquet a le châssis R calé sur a, de manière à séparer les charbons et à amorcer l’arc d’une longueur limitée par la butée s.
- Dans le dispositif (fig. 22), le frein est manœuvré par une résistance H' en dérivation sur l’arc. Au repos, les fils de cette résistance, suffisamment refroidis, se contractent de manière à soulever le frein D et le châssis R,
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- ce qui laisse les charbons se rapprocher au contact ; puis, au passage du courant, H sc dilate, serre le frein, et laisse R. retombant
- Fig. 22 et 23.— Lampe à réglage thermique Fisher.
- sur S, séparer les charbons. La figure 23 indique le dispositif très simple adopté pour faire varier la longueur 2c des fils H en jeu,
- le courant les traversant suivant L Ix P.
- La lampe de MM. Bagnal et Arnold est établie spécialement pour l’emploi de courants alternatifs.
- Dans la plupart des lampes alternatives, le solénoïde régulateur, monté en série, séparant brusquement les charbons, amorce un arc qui s’éteint, puis se rallume, jusqu’à ce que les charbons aient atteint une température assez élevée pour assurer la continuité de l’arc. Ces crachements sont évites, dans la lampe de MM. Bagnal et Arnold, par l’emploi d’un ingénieux levier d’amorçage 18 (fig. 24). A l’origine, dès qu’on lance le courant, l’armature A' du solénoïde A, soulevant le levier 3 du mécanisme de réglage, sépare les charbons, mais ce mouvement s’amortit dans la position (fig. 25), en raison de la résistance opposée par la compression du ressort 28, de manière à n’amorcer d’abord qu’un petit arc, pendant un temps suffisant pour porter les charbons à
- Fig. 24 à 26. — Lampe alternative Bagnall et Arnold (1896).
- la température de marche normale. En ce moment, le levier 3 continuant à s’élever lentement, on fait prendre au levier 18 une position telle que le moment de la poussée du ressort par rapport à son articulation, changeant de signe, le repousse dans la position (fig. 26) où il se dégage du levier 3, et laisse le solénoïde agir librement sur ce levier de manière à amorcer l’arc normal. Quand la lampe est coupée du circuit, la chute de A' ramène le levier t8 dans sa position primitive, aidée de
- fig. 25 à fig. 24 par la poussée du ressort 28. C’est une disposition simple, et qui mérite d’attirer l’attention.
- M. E. Adams obtient le même résultat très simplement aussi en reliant son levier de commande 5 (fig- 2l) que l’armature B'attaque par un long ressort 10, à un dash-pot 8, percé à sa partie inférieure de trous 9 et élargi à sa partie supérieure. Ce dash-pot oppose ainsi, pendant que son piston 7 en
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- parcourt le milieu, une résistance suffisante pour assurer au petit arc d’amorçage la durée nécessaire, puis il cesse, pendant la marche normale, de s’opposer au libre jeu de l’ar-
- f. 27 et 28. — Lampe alternative Adams (1896).
- levé 48, et les disperse au contraire quand 59 vient heurter le taquet d’arrêt de la lampe 60.
- Le réglage de la lampe pour projections de Seavern s’effectue (fig. 32 et 33I au moyen de deux électros l’un en série 15, l’autre en dérivation 14, et d’un mécanisme d’horlogerie renfermé dans une boite 2, monté sur
- Fig. 32. — Lampe pour projections Seavern (1
- l’axe 8 des pignons de commande des crémaillères porte-charbons. Au lancé du courant, l’électro 15, attirant son armature 17, sépare
- mature. Cette armature attaque l’un des porte-charbons par un embrayage constitué (fig. 29^
- Fig. 29 à 31. — Lampe Adams, détail de l’embrayage.
- par un levier 58 59, dont la maille 57, repoussant par 52 l’étrier 53, et areboutée sur 63, serre les pinces 50 et 51 sur 31, quand B' sou-
- Fig. — Lampe Seavern, detail du mécanisme.
- les charbons et amorce l’arc en faisant basculer l’enveloppe 2, malgré le ressort 18; en
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- même temps, l’électro auxiliaire dérivé 19 déclenche et met en train le mécanisme d'horlogerie chargé de régulariser l’arc. Ce mécanisme est, lui-même, contrôlé par l’électro en dérivation 14, dont l’armature 24-25, a ressorts réglables 26-26', agit sur le balancier 7. Quand l’arc augmente, l’extrémité 32 de 24 se rapproche de 7 de manière à limiter scs oscillations par sa butée 31 et à accélérer sa marche; quand l’arc se raccourcit, c’est l’extrémité 31 qui, venant frôler 31, ralentit le mécanisme.
- Le bâti de la lampe est, en outre, pourvu de dispositifs fort simples permettant de l’ajuster avec précision dans tous les sens.
- G. Richard.
- TRAMWAYS ÉLECTRIQUES
- CONDITIONS D’ÉTABLISSEMENT
- POUR LES OUVRAGES PLACÉS SUR OU SOUS LES VOIES PUBLIQUES (‘)
- Application de la Méthode Générale dans la Pratique
- 17. Position du problème. — Dans ce qui va suivre, on considérera le retour total formé par l’ensemble des rails, servant au retour du courant.
- Pour une simple voie il y a deux rails; pour une double voie quatre rails.
- Avec le type Broca, le rail est constitué par un rail unique.
- Avec le type Marsillon, le rail comprend le rail proprement dit avec son contre-rail.
- Les jonctions électriques seront supposées offrir une résistance au plus égale à celle d’un rail, chaque jonction est double à 6); mais on ne tiendra pas compte de cette diminution de la résistance qu’on considérera comme constante sur toute la longueur de la ligne.
- (V1 Voir L'Éclairage Électrique du j octobre, p. 5.
- On supposera que les voilures électriques sont régulièrement réparties sur la ligne et que chacune consomme en moyenne a ampères.
- On cherchera les conditions nécessaires pour réaliser la règle dite des 5 volts (8), qui a été indiquée, plus haut et qui parait offrir des garanties sérieuses pour éviter les accidents électrolytiques, même en supposant que tout le long de la voie règne une ou plusieurs conduites métalliques continues, ce qui est un cas plutôt défavorable dans la pratique courante.
- 18. Injluence de la position de l’usine. — Généralement . l’usine n’est pas sur la voie même, mais à une certaine distance.
- Soient : U, l’usine;
- AB. la voie ou les voies;
- U C, le feeder spécial de retour entre l’usine et les rails (fig. 5).
- a |c 6
- Fig. 5.
- On négligera la résistance du feeder UC et on ne considérera que la partie la plus longue de la voie C B comprise entre une extrémité de la ligne et le point C.
- Les conclusions pour cette partie s’appliqueront a fortiori à l’autre partie.
- 19. Distinction de deux cas. — U y a deux cas à distinguer :
- i° On peut obtenir simplement avec la voie dont on dispose une chute maximum de voltage égale à 5 volts entre les points B et C;
- 20 La condition ci-dessus est impossible à réaliser et il est nécessaire d’ajouter aux rails des conducteurs supplémentaires poulie retour du courant.
- 20. Cas où les rails suffisent pour assurer le retour du courant :
- Calcul de la section du retour. — Soient /, la longueur de la ligne en km; .
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- 2», le nombre total des automobiles en marche (aller et retour):
- p, la résistivité en microhms-centimètre du métal constituant les rails formant retour;
- 5, la section constante totale du retour en
- a, le débit moyen en ampères par automobile.
- On partagera la ligne en 2îî parties égales et on supposera que, les automobiles étant uniformément réparties, il y a une voiture en -marche dans chaque élément.
- La longueur de chaque élément sera en km ;
- La résistance de chaque élément en ohms sera
- L’élément le plus éloigné recevra le courant de i voiture; le suivant celui de 2 ; le troisième celui de 3, etc..., jusqu’au 2ne élément qui recevra le courant de 2n automobiles.
- La somme des pertes de charge en ohms dans les éléments successifs sera, la résistance de chaque élément étant constante et le débit étant successivement a, 2a, 3n, ...ma, al
- ~ «(I+2+3+ - 2«1.
- 2 n -f 1) al
- Pour appliquer la règle des 5 volts (8) p (2 h + 1) al ^ „
- d’où
- _ . p 12» + 1) al
- (0
- Si les rails sont en acier de coefficient
- 5, ^0,1 (2 « + !)«/.
- Si les rails résistivité a =
- ; ^ 0,02 (2« + I) al.
- Calcul du volume du retour. — Le retour ayant une section égale à celle qui résulte de la formule (1), le volume du métal exprimé en m3 sera égal à
- p (2 « + h al 1Q_i x ! ioj
- V — 10-3 X p (2 n + r) al*.
- Avec l’acier, 011 a :
- — io_* <2« + i) alf.
- Avec le cuivre ou le bronze,
- Vc — 2 x io-*x(2n + i)aP.
- Calcul du poids de retour par mètre courant. — Soit 3 le poids spécifique du métal ou le poids du m3 entonnes.
- Le poids du mètre courant de retour exprimé en kilogrammes sera égal à
- lXp(2H-fll al x 10_4 x g I0s
- ou
- p — io-3 pS (2 n — 1) al.
- Si le retour est en acier, en faisant
- pa = 0,08 x (2 jj — 1) al. (2)
- En cuivre ou en bronze, avec
- S = 9,
- pc = 0,018 (2 « -|- 1) al.
- Ce dernier poids est égal environ au quart du précédent.
- 21. Cas où l’on emploie des conduites supplémentaires. — Avec les applications numériques de ces formules, on verra qu’il y a des cas dans la pratique où il faudrait donner aux rails des poids trop considérables par mètre courant pour pouvoir réaliser la règle des 5 volts.
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- REVUE IV É L E C T RICIT É
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- Dans ce cas on est conduit à poser un conducteur supplémentaire (*) en cuivre avec les rails.
- L’intensité du courant sur la ligne décroissant régulièrement depuis l’usine, on pourrait croire qu’il y a intérêt à employer un conducteur supplémentaire à section décroissante de manière à proportionner en chaque point le poids du cuivre à l’intensité du courant.
- On va démontrer qu’il n'en est rien : il suffit dans ce cas d’employer un retour à section constante, mais convenable, et le poids total du métal employé pour le retour reste le même, que la section soit constante ou variable.
- O11 conservera les mêmes notations que précédemment.
- On suppose toujours qu’on partage la ligne de 1 km en 211 parties et qu’011 réunisse chaque point de division à l’usine par un conducteur supplémentaire de section constante et égale à celle du retour proprement dit, comme l’indique la figure 6.
- A
- 1
- — $ »
- Fig. 6.
- Sur fa figure on a séparé pour; la clarté les divers conducteurs formant retour, mais il est évident que pour chaque partie de la ligne les sections seraient réunies et que tous les conducteurs doivent aboutir au point unique O.
- On voit que de cette façon on partage le retour en un certain nombre d’éléments qui ont tous
- Pour longueur — km :
- Pour section s cm2;
- Pour résistance ~~
- Calcul de la section du retour. — Dans la partie la plus éloignée de l’usine, il y a un
- C.1 On l’appelle aussi feederde retour.
- élément avec une section s et un débit égal à a ; dans la suivante deux éléments avec une section 2s et un débit égal à 2a, etc., dans la dernière 211 éléments avec une section 2 ns et un débit égal à 2na.
- Les sections régulièrement croissantes compensent les débits régulièrement croissants et la perte de charge est constante pour chacune des 2 n parties de la ligne.
- La perte totale en ohmsjsera égale à
- Pour appliquer la règle des 5 volts 1 posera :
- S 3- •
- Calcul du volume de retour. — Le volun d’un élément en m3 est égal à
- 2» X 10 X "5Ô" X 10
- Dans chaque partie de la ligne, il y a eu en commençant par la plus éloignée, successivement 1 élément, puis 2, puis 3, etc., dans la dernière, près de l’usine, 2 h, soit en tout
- 2»(2» + l) ^
- Le volume total V sera donc
- a» (2n + 1) x io~3pal2
- ou
- V = 10-3 p (2m — 1) al2.
- Cette formule est la même que celle donnée plus haut {21).
- Il n’y a donc pas intérêt à employer un conducteur supplémentaire parallèle h section croissante vers l’usme.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 22. Comparaison de la dépense dans l’emploi de l’acier ou du cuivre-bron\e pour le retour.
- Soient Va, le volume du retour en acier.
- Vc, le volume du retour en cuivre-bronze.
- On a
- = 5 Vc.
- d’après les valeurs choisies pour la résistance des deux métaux, 2 et 10.
- On admettra, comme plus haut, que les poids spécifiques des métaux sont, en nombre rond, 8 et 9.
- En appelant le prix de la tonne d’acier, 7^ le prix de la tonne de cuivre, les dépenses seront :
- i° Emploi d’acier uniquement, 8 Va -, ;
- 20 Emploi de cuivre uniquement, 9 Vc7tt..
- Le rapport des deux dépenses sera, en remplaçant Va par sa valeur fonction de Vr.
- 4,44 T7'
- D’une manière générale le rapport-^- est à peu près égal à ~ . Par suite le rapport des dépenses est approximativement égal
- On a donc économie à employer exclusivement l’acier.
- On ne recourra donc aux conducteurs supplémentaires en cuivre que quand on sera conduit a employer des rails trop lourds et d’une manutention peu pratique.
- On peut même se demander si, dans le cas où on ne peut éviter l’emploi de conducteurs supplémentaires, il ne vaudrait pas mieux avoir recours à des cables en fil de fer galvanisé et goudronne au lieu de conduc-
- On indiquera immédiatement le moyen de calculer la section du conducteur supplémcn-
- 23. Calcul de la section du conducteur supplémentaire. — Soient S la section totale du retour en cm5, supposé en acier, qu’a donné le calcul pour réaliser la règle des 5 volts:
- s la section totale du retour formé par les rails employés ;
- <y la section totale du conducteur supplémentaire en cuivre à employer pour compléter le retour.
- On devra avoir :
- S = 5 + s--
- Soient P, p et pc les poids en kilogrammes du mètre courant de retour total nécessaire, en acier du retour acier employé et du conducteur supplémentaire.
- En remarquant qu’une barre d’acier de 1 ni de longueur et de S cm2 de section pèse S X 0,80 kg et qu’en, cuivre elle pèserait S X0.90 kg, on aura en remplaçant S, s et t par leurs valeurs en fonction de P, p et pc.
- •Pc = 0,225 (P — p).
- Coût du retour total. — Le coût total de la ligne formant retour, avec les mêmes notations que précédemment, sera égal à
- ("a X P + r.c X pc ) 1.
- 24. Feeder spécial de retour à l’usine. — Avant de passer aux applications numériques, il est nécessaire de revenir sur la question de la position de l’usine.
- Dans tout ce qui précède, on a supposé l’usine placée sur le retour même, ou du moins on n’a pas tenu compte de la résistance du feeder spécial de retour à l’usine. Cette dernière question a une certaine importance, comme on va le voir.
- Il faut placer le feeder spécial de retour à l’usine au milieu de ce retour et lui donner une section convenable.
- Dans ces conditions, même si l’usine n’est pas placée au milieu du retour, on aura avec ce feeder le même résultat que si elle y était placée. Il suffit pour cela que la section de
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- ce feeder soit telle que le minimum de potentiel se trouve maintenu au milieu de la ligne. Cette dernière se trouve alors partagée en deux autres et il suffit de réaliser sur chacune la règle des 5 volts.
- De cette façon, d’une manière générale ;
- Soient : U l’usine;
- AB toute la ligne.
- Le retour sera constitué (fig. 7) ;
- t'igr.,7.
- i° Par la ligne (rails) proprement dite AB ;
- 20 Par le conducteur supplémentaire parallèle aux rails et de section constante aussi,
- A' B' ;
- 30 Par le feeder spécial O U, aboutissant au milieu de la ligne.
- Applications numériques.
- 25. Valeur de a. — Le débit moyen par automobile dépend du type de voiture employé (poids, nombre de places, moteur, etc.), et du voltage entre les lils de travail et le retour.
- En admettant que la consommation d’énergie électrique varie de 800 à 1 200 watts-heure par voiture-km, consommations plutôt fortes que faibles, et la vitesse de 10 à 12 km à l’heure:
- En supposant que le voltage soit de 550 volts;
- O11 trouve que a varie de 15 à 30 ampères.
- Il est à remarquer que ce nombre est une moyenne et est sensiblement indépendant du profil, puisque par hypothèse on considère l’ensemble des voitures et qu’011 les suppose régulièrement réparties.
- Dans ce qui va suivre, on donnera les résultats pour les deux valeurs
- Avec ces valeurs la formule (2) savoir ; .
- pa — 0,08 (2 n -+• 1) al,
- donne :
- pa = i,6o (2 n 4- 1) al
- 20 a r= 30
- pa = 2,4 (211 + 1) al
- 26. Nombre des automobiles en circulation d'après l’horaire et la longueur de la ligne. — Pour faciliter les calculs dans la pratique, on donnera quelques tableaux numériques, sa-
- i° Le nombre total des automobiles en service (aller et retour) dans une exploitation, en fonction de la longueur de la ligne et de l’horaire (espacement des départs en minutes). Ce nombre correspond à ce que plus haut on a appelé 2 n.
- En supposant une vitesse commerciale de 12 km-heure et en appelant e l’espacement des automobiles en minutes, on aura :
- 20 Le poids du retour à employer en fonction de la longueur de la ligne et du nombre total des voitures en service.
- Nombre total des voitures en service en supposant une vitesse commerciale de 12 km : heure.
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- 27. Poids exprimé en kilogrammes du métré courant de retour total, nécessaire pour que la chute de voltage entre ses deux extrémités ne dépasse pas 5 volts. — En supposant 4ue :
- i° La longueur de la ligne varie de 5 à
- 15 km ;
- 20 L’horaire varie de 3 à 30 minutes;
- 3° Le débit moyen par automobile soit égal a 20 ampères ;
- 4° La vitesse commerciale des automobiles soit égale à 12 km-heure.
- 28. Poids exprimé en kilogrammes du mètre courant de retour total, nécessaire pour que la chute de voltage entre ses deux extrémités ne dépasse pas 5 volts. — En supposant que ;
- i° La longueur de la ligne varie de 5 à
- 20 L’horaire varie de 3 à 30 minutes d’espacement entre les départs ;
- 3° Le débit moyen par automobile soit égal à 30 ampères ;
- 4° La vitesse commerciale des automobiles soit égale à 12 km-heure.
- Espacement des départs LON 8 GNE
- 216 538 816 504 1836
- 132 326 IIl6
- - 7, i73 284 193 556
- 15 48 ns 396
- 30 36 77 96 196
- 2g. Table numérique donnant le poids des rails à employer au mètre courant. — Si la voie est du type Broca (1 rail à gorge), il faudra pour une voie simple prendre la moitié des chitfrcs de chacun des deux tableaux pour avoir le poids du rail nécessaire par mètre courant; pour une voie double, prendre le quart.
- Si la voie est du type Marsillon (1 rail avec contre-rail semblable), il faudra pour une voie simple prendre le quart et pour une voie double le huitième pour avoir le poids du rail necessaire.
- Il est bien entendu que les jonctions électriques seront faites pour le contre-rail aussi bien que pour le rail même.
- Les tableaux suivants donnent les calculs tout faits pour les deux types de voie.
- Poids exprimé en kilogrammes du mètre courant des rails à employer comme retour de courant pour que la chute de voltage entre l’extrémité de la ligne la plus éloigyiée et le point de raccordement avec le feeder spécial de l’usine ne dépasse pas 5 volts.
- On suppose que :
- i° La longueur de cette partie de la ligne varie de 5 h 15 km:
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 2° L’horaire varie de 3 à 30 minutes d’espacement entre les automobiles ;
- 3° Le débit moyen par automobile soit égal à 20 ou 30 ampères ;
- 40 La vitesse commerciale des automobiles soit égale à 12 km-heurc.
- i° Voie simple :
- A. Les rails sont à ornière (genre Broca).
- B. Les rails sont avec contre-rail fonctionnant aussi comme retour du courant (genre Marsillon).
- Le tableau est le même que le tableau du 20 A ci-dessous.
- 20 Voie double :
- A. Les rails sont à ornière (genre Broca).
- B. Les rails sont avec contre-rail fonctionnant aussi comme retour du courant (genre Marsillon).
- des LONGU 8 KILO» par automobile
- 72 179 272 612 - «•
- 3 I08 26, 408 '918 3o
- 44 109 168 372 20
- 66 163 252 55» 3°
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- LONGUEURS E N KILOMÈTRES Dmpa
- n, EÉ 5 8 LO 5 4 res.
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- 3G 87 L,2 30
- 16 30- 64 132 2„
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- 12 26 65
- 18 39 48 98 30
- 30 Résultats des tables numériques. - -Au
- point de v je de la rés e mécaniqu e de
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- au-dessous de ce rtains minima. On admettra
- es chiffres suiva
- POIDS MIN IMA
- de dive s types. TYPES DUS RAILS.
- Le être cou ant. A ornièro
- 4n (Genre Broca).
- j. Avec -rail
- (Genre Marsillon).
- II en rés ulte q ue, dans cer ains c as, on sera
- toujours assuré de réa iser 1 conc mon indi-
- quée pour éviter les effets d’électrolyse, chute de voltage maximum de 5 volts entre les extrémités de la ligne, avec la seule précaution prescrite plus haut, consistant à cclisscrélcc-triquement les rails entre eux, de façon à assurer a chaque joint une résistance au plus égale à celle du rail employé {et même moitié seulement, connue on l’a vu, par simple précaution).
- On a mis en italiques dans les tableaux
- ci-dessus les chiffres correspondant à ce cas.
- Par exemple, avec le type à ornière on peut sans modifier le type ordinaire, tel qu’on l’emploie pour la voie, obtenir le résultat cherché pour les lignes de 5 km et au-dessous avec horaire à 10 minutes ou plus en voie simple. Avec double voie, dans les mêmes conditions, on peut aller jusqu’à des horaires à 5 minutes.
- Avec des horaires à 30 minutes, on peut aller pour la voie simple jusqu’à 8 km, pour la voie double on peut aller au moins jusqu'à 10 km.
- Inversement au point de vue de la résistance mécanique de la voie, le poids des rails est limité. On admettra les chiffres suivants :
- POIDS MAXIMA TYPE DE RAILS
- 8c. 50 A ornière (Genre Broca;. Avec contre-rail (Genre Marsillon).
- On a indiqué en caractères gras, dans les tableaux précédents, les poids inférieurs à ces maxima et supérieurs aux minima déjà indiqués.
- Il résulte de l’examen des tableaux qu’en voie simple avec une voie à contre-rail, il n’y a aucune difficulté à aller jusqu’à 8 km, tant que les départs restent au-dessus de 10 minutes ; avec la voie double on a ce résultat, même avec 10 minutes jusqu’à 10 km, et avec 5 minutes jusqu’à 8 km.
- En simple voie, on peut dire {que jamais il n’y aura à considérer en pratique les cas de départ aussi rapprochés que ceux de 3 et 5 minutes. Il est probable que dans ce cas l’espacement minimum ne descendra pas au-dessous de 7 minutes.
- En s’en tenant aux chiffres du tableau, on voit qu’çn simple voie en supposant un espacement minimum de 10 minutes, il n’y aura
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- aucune diificulié lorsque la longueur de la ligne ne dépassera pas 8 km, avec l’emploi de rail et contre-rail.
- Avec une double voie et le rail avec contre-rail, on peut atteindre cette longueur même avec des départs toutes les 5 minutes et même 3 minutes avec, des voitures ne consommant pas plus de 20 ampères en moyenne.
- 31. Facilité de la solution dans la plupart des cas de la pratique. — Il ne faut pas oublier que la longueur considérée correspond à celle qui est comprise entre l'extrémité la plus éloignée de la ligne et le point où le feeder spécial de l’usine irait directement se raccorder aux rails. Dans ces conditions, les longueurs qui sont données dans les tableaux correspondent sensiblement à la moitié de la longueur totale de la ligne.
- Cette considération montre que dans la plupart des cas de la pratique il sera facile, simplement arec les rails employés, de réaliser la condition de 5 volts et d'offrir des garanties sérieuses contre les dangers éleclrolyti-ques.
- ha seule précaution consiste à utiliser complètement les rails pour le retour du courant, en donnant à l’éclissage électrique une résistance au plus égale à celle du rail lui-même.
- 32. Cas où les rails seuls ne peuvent assurer le retour du courant, dans de bonnes conditions. — Il peut cependant y avoir des cas où en raison d’une part de la grande longueur de la ligne, d’autre part de la rapidité dans la succession des automobiles, il soit impossible de réaliser la condition ci-dessus, sans recourir à des poids de rails excessifs et en dehors des limites pratiques, imposées parles conditions de manutention.
- Dans les tableaux précédents les nombres en caractères ordinaires correspondent à ce cas.
- Par exemple, avec une ligne de longueur égale à 10 km entre l’extrémité la plus éloignée et le pied du feeder spécial de Tusine, et un service à 3 minutes, il faudrait avec 30 ampères un rail genre Broca pesant
- 204 kg le mètre courant ou un rail genre Marsillon pesant 102 kg. Ces poids sont excessifs. Il faut un conducteur supplémentaire.
- On a vu plus haut {24) la manière de déterminer la section de ce feeder,.il est inutile d’y revenir. Le calcul n’offre aucune dilfi-culté. On en trouvera plus loin les résul-
- II est intéressant de déterminer les longueurs maxima de lignes pour lesquelles il n'y a pas besoin de conducteur supplémentaire. Ces longueurs résultent d’ailleurs des tableaux ci-dessus. Le calcul suivant servira de vérification.
- 33. Longueurs des lignes à partir desquelles le conducteur supplémentaire est nécessaire. — Pour faire ce calcul il suffit de prendre les formules (26) :
- i° a = 20 ampères ;
- ^=1,6(2 n+ 0 I;
- 20 a = 30 ampères,
- ^ = 2,4(2 n -f- 1 ) / ;
- et d’y donnera pa la valeur maximum que l'on
- On supposera que l’on fait usage de la voie genre Marsillon avec rail et contre-rail de chacun 30 kg.
- Cette question n’est intéressante que dans le cas où le service est actif et où par suite il y a deux voies.
- On aura donc :
- Fa — 3° X 8 = 24° kg.
- En remplaçant 2 n par sa valeur en fonction de l et de l’horaire e (26), on aura dans le cas de a — 30 ampères
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- Le rableau suivant résume les résultats ;
- II ne faut pas oublier que ces longueurs correspondent environ à la moitié (31) de la longueur totale de la ligne.
- 34. Poids exprimé en kilogrammes du métré courant de conducteur supplémentaire en cuivre parallèle aux rails, nécessaire pour n avoir .que 5 volts de perte entre l’extrémité la plus éloignée et le pied du feeder spécial de retour à l’usine, en supposant que :
- i° La longueur de la ligne varie de 5 à 15 km ;
- 20 L’horaire varie de 3 à 30 minutes ;
- 3° Le débit moyen par voilure soit égal à 30 ampères \
- 4° La vitesse commerciale des automobiles soit égale à 12 km h ;
- 5° La voie soit double et du type Marsillon avec rail pesant 30 kg le mètre.
- La formule à employer est celle du paragraphe 24, savoir :
- Pc = 0,225 (P-^)
- La valeur de p est donnée par le tableau du paragraphe 29. On a en outre p — 30 x 8 = 240.
- Le tableau ci-dessus résume les résultats.
- 35. L’emploi du conducteur supplémentaire sera très rare dans la pratique. — En tenant compte de la remarque faite plus haut (31), on voit que, en utilisant simplement les rails de la voie, on peut obtenir des longueurs de lignes considérables, satisfaisant aux conditions de la règle des 5 volts. Il faut en effet doubler les chiffres du tableau précédent (34) et on obtient ainsi les longueurs suivantes, toujours dans les hypothèses indiquées à ce paragraphe et en ajoutant que Fusille est reliée au milieu du retour par un feeder assurant en ce point le minimum de potentiel sur la ligne.
- Si ces longueurs déjà très considérables étaient insuffisantes dans certains cas, ou si l’on veut éviter la dépense des conducteurs supplémentaires qui est excessive, on devrait alors recourir à la distribution à 3 iils dont on dira un mot plus loin {37).
- 36. Cas où les automobiles sont inégalement réparties sur la ligne. — Dans un réseau complet, les voitures seront en général inégalement réparties. Dans ce cas, la position du feeder de retour doit coïncider avec le centre de gravité de la circulation.
- Si, par exemple, la ligne est circulaire
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- (fig. 8), A, B, C, I), À, et si la circulation inégale dans les deux branches A BC et CDA, est telle que son intensité est triple dans la première par rapport à celle de la seconde,
- l'ig. 8.
- l’usine étant en U ou en U' le feeder doit aller au milieu B de la demi-circonférence A B C, en supposant que sur chacune des parties la circulation soit uniformément répartie. C’est au point B que devra être le minimum de potentiel.
- Pour déterminer le poids du retour, on en considérera la moitié DAB en appliquante règle des 5 volts et tenant compte de l’intensité de la circulation successivement sur D A et A B. L’autre moitié D C B sera identique en supposant que la circulation soit identique.
- 37- Distribution à 3 fils. — Le système de distribution à 3 fils déjà employé en Amérique paraît pouvoir répondre à toutes les exigences de la pratique et permettre de réaliser toujours la règle des 5 volts, quels que soient le nombre des automobiles et la longueur de la ligne, puisque avec ce système il ne circulera dans les rails formant retour qu’un courant égal à la différence des courants sur chaque pont.
- On ne saurait, étant donné l’objet restreint de cette note, entrer dans des détails à cet égard. Mais il était nécessaire d’appeler l’attention des industriels électriciens sur la question et les engager à aller de l’avant dans l’étude et dans l’application des 3 fils à la traction électrique.
- On peut -même dire que dans les grandes villes, étant donné la longueur des lignes, le
- grand nombre des automobiles et Véloignement des usines, celte application, au point de vue spécial des garanties contre l’électrolyse, doit être recommandée. Elle permet d’avoir un voltage de x 000 à 1 200 volts et d’annuler à peu près complètement les chances de danger électrolytiques avec le retour par les rails.
- CONCLUSIONS
- Après cette étude nous formulerons les conclusions suivantes :
- En se plaçant au seul point de vue des dangers des actions électrolytiques, on peut, dans l’établissement des voies de tramways électriques à retour de courant par les rails, appeler l’attention des intéressés sur les observations ci-après :
- i° Toutes les fois que, dans le voisinage des voies, se trouvent des conduites ou pièces métalliques ayant la même direction que le retour, il y a lieu de se préoccuper des dangers de l’électrolyse.
- En dehors de ce cas, la conductance du retour n’intéresse pas la sécurité de la circulation.
- 20 Quand la pièce métallique est une conduite continue, régnant sur toute la longueur du retour, il y a lieu de porter son attention sur les recommandations suivantes :
- a) . Choisir le type des rails non seulement au point de vue de la résistance mécanique, mais aussi au point de vue de la conductance électrique.
- b) . Établir l’éclissage électrique entre les rails de manière à ne pas diminuer, autant que possible, leur conductance.
- Si cette conductance est diminuée, en tenir compte dans l’application du paragraphe c ci-après.
- Si on n’emploie pas la soudure des rails, constituer l’éclissage par un double raccord de façon à avoir une rechange pour le passage du courant, en cas de mauvais fonctionnement de l’un des raccords.
- c) . Entre les deux extrémités de la ligne et
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- le pied du feeder spécial formant retour à l’usine, la chute de voltage, en service maximum, doit être aussi faible que possible et le poids des rails au mètre courant doit être fixé en conséquence.
- La valeur de ce voltage dépend de la nature du sol, de son état d’humidité, des conditions d’établissement de la voie, des positions relatives des rails et de la conduite, de la masse et de la résistance de cette dernière...
- Il serait prématuré de fixer une règle ferme à cet égard.
- Cependant, d’une manière générale, on peut recommander de ne pas dépasser 5 volts, autant que possible.
- d). Dans presque tous les cas de la pratique 011 peut obtenir une solution satisfaisante avec le seul emploi des rails convenablement reliés et entretoisés au point de vue électrique, sans être obligé de recourir à la solution trop dispendieuse d’un ou plusieurs conducteurs supplémentaires en cuivre.
- 3U Dans les villes où les conduites métalliques parallèles aux rails sont en général nombreuses, il est sage de suivre toujours les indications ci-dessus (20).
- 4° Dans l’état actuel de la question, il y a lieu, au point de vue des dangers de l’élec-trolvse, d’étudier et vérifier chaque solution particulière et de ne prescrire aucune règle fixe, analogue à celle des 7 volts que le Board of Trade a édictée dans le règlement du 6 mars 1894, une réglementation de cette espèce risquant d’entraver inutilement l’industrie de la traction électrique.
- A ces indications générales, il convient d’ajouter les suivantes
- Il serait utile, dans l’intérêt du développement de la traction électrique, que les ingénieurs électriciens poursuivissent leurs études de manière à préciser les nombreux points encore obscurs dans la question du retour du courant par les rails et notamment les suivantes :
- a,. Valeur expérimentale des divers sys-
- tèmes de raccord électrique entre les rails au point de vue du maintien de la conductance avec le temps.
- b) . Valeurs de la résistance du sol dans diverses conditions; utilité d’établir les rails sur uqe fondation isolante.
- c) . Résultats pratiques obtenus avec le système à 3 fils.
- A. Monmerqué,
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Commutateur Proctor (1896).
- Le commutateur de M. F. Proctor, ingénieur de la Compagnie Edison Swan, est (fig. 1 à 3) remarquable par sa grande simplicité. Quand on rabat la manette H de la po-
- Fig. 1 à 3. — Commutateur Proctor.
- sition figure 2 à celle figure 1, son galet K, abaissant, malgré le ressort E, le levier D, rendu élastique par sa fente J, l’enfonce à frottement entre les deux contacts À, A, où il se maintient par l’arc-boutement de IL
- G. R.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 77
- Chemin de fer électrique de Nantasket-Beacli.
- La Compagnie des chemins de fer de New-York, New-Haven and Harford, qui avait entrepris l’année dernière des essais de traction électrique sur ses lignes i1), vient d’équiper électriquement un nouveau tronçon de voie.
- La première ligne était un embranchement entièrement situé dans la presqu’île de Nan-tasket-Beach ; son point de départ était à la station de Old-Colony-House, point d’embranchement de la ligne de Nantasket-Beacli avec la ligne principale de la branche de South-Shore dans la divison de Plvmouth, et se prolongeait jusqu’à l’extrémité de la presqu’île, à Pemberton. La prise de courant s’y faisait par trôlet à conducteur aérien.
- La nouvelle section part de Old-Colony-House, et se prolonge, sur la ligne principale de South-Shore, jusqu’à East-Weymouth. Sa longueur est de 5,6 km environ. La prise de courant s’y fait par deux sabots frottant sur un rail central, ce qui rend l’essai particulièrement intéressant, car c’est la première fois qu’un conducteur électrique a été ainsi placé à la surface du sol entre les rails d’une voie de chemins de fer parcourue aussi par des locomotives à vapeur, et pourra donner lieu à des observations intéressantes. Nous publierons bientôt une description détaillée de cette installation, dont voici les données principales.
- Les anciens fourgons à bagages, qui étaient employés l’année dernière comme voilures motrices et qui étaient équipés avec 4 moteurs, ont été abandonnés. Ils ont clé remplacés par de grandes voitures découvertes à voyageurs ayant 16 rangées de bancs perpendiculaires à l’axe; elles sont montées sur 2 boggies à 4 roues ; chaque boggie porte un seul moteur G. E. 2000. Les appareils de commande et de sécurité sont en double, un sur chaque plate-forme. Les freins sont commandés par l’air comprimé contenu dans un
- (') L'Éclairage Électrique, x. IV, 21 septembre 1895,.p. 574.
- réservoir placé sur la voiture. Lorsque la pression dans ce réservoir tombe au-dessous de 6,33 kg-cm2, un moteur électrique actionnant une pompe à air entre automatiquement en mouvement; il s’arrête lorsque la pression a atteint sa valeur normale ; l’air comprimé actionne aussi les sifflets destinés aux signaux.
- Le rail central a la forme d’un triangle reposant sur un de ses côtés et dont le sommet opposé est tronqué ; il est placé dans l’axe de chaque voie et pèse 46,5 kg par mètre linéaire. Chaque bout de rail a 9,15 m de longueur et est supporté par 3 blocs en bois de frêne fixés aux traverses ; ces blocs ont été bouillis, dans le vide, dans une composition goudronneuse qui remplit tous les pores et sert à la fois d’isolant et de préservateur. Les bouts de rails sont réunis entre eux par 2 forts joints en cuivre. Le retour se fait par les rails qui sont éclissés électriquement à la façon ordinaire.
- Les sabots de contact sont au nombre de 2 par voiture, 1 sous la cheville ouvrière de chaque boggie; ils sont éloignés l’un de l’autre de 10,05 m.
- Le rail de contact est supprimé à tous les passages à niveau; lorsque la largeur de ceux-ci est inférieure à 10,05 m, un des sabots de contact communique avec le rail antérieur avant que le sabot d’arrière ait quitté le rail postérieur, en sorte que le courant n’est pas interrompu dans les moteurs : lorsque la largeur des passages à niveau est plus considérable, on lance le train à toute vitesse et il franchit l’espace sans conducteur par sa force vive ; bien qu’un de ces passages, près de West-Hingham ait environ 365 m, il a été franchi sans difficulté. C’est un procédé au moins rudimentaire.
- Le courant qui alimente le rail de contact est fourni par la station n° i de la ligne de Nantasket Beach ; il est amené par des feeders en cuivre isolés posés sur le sommet des poteaux de la ligne aérienne jusqu’à la station de Old-Colony-House. Là, les feeders sont conduits sous’le sol et reliés respectivement
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- aux rails qu’ils doivent alimenter. La ligne nouvelle est absolument distincte au point de vue électrique de la ligne aérienne ; elle est alimentée par des feedcrs particuliers et est munie d’appareils de sécurité qui, en cas d’accident, coupent automatiquement le courant.
- Jusqu’à ce que la nouvelle ligne ait été terminée entre East Weymouth et Old Co-Jonv House, les trains étaient remorqués sur cette portion de la voie par deux locomotives à vapeur qui brûlaient chacune 4 t de charbon par jour pour effectuer ce service, soit 8 t pour elles deux, tandis que la dépense totale de charbon par jour pour l’exploitation de la ligne deux fois plus longue de Pemberton à Old-Colony-Housc, est moitié moindre, soit 4 t par jour.
- Depuis l’introduction de la traction électrique, la consommation de charbon qui était de 15,5 kg par train-kilomètre, soit 30 t par jour, a été réduite à moitié; 011 n’a plus de chauffeur à payer et le salaire du conducteur-électricien d’une locomotive électrique n’est que la moitié de celui d’un mécanicien de locomotive à vapeur.
- Pendant les essais, des vitesses de 115 à 130 km ont été, paraît-il, atteintes sans difficulté. Le trajet total de East-Weymouth à Pemberton, sur une longueur de 16900 m a été effectué en 11 minutes, ce qui représente une vitesse moyenne de 92 km-h.
- Il serait intéressant d’avoir des chiffres précis sur l'isolement du rail central en différentes saisons et par différents temps.
- G .P.
- Résistance des joints des rails soudés à la fonte; Par Louis Bell, F. II. Tidmann. Knox etWYMAN (*).
- Les rails soudés à la fonte par le procédé Falk ont donné d’excellents résultats au point de vue mécanique, mais on n’est pas d’accord sur leurs qualités électriques.
- (•) StreetRailway Journal. Juillet 1896,p.4(2 et Août 1896, p. 476.
- Le Dr Louis Bell ayant déclaré que leur résistance est sensiblement négligeable et que les rails ainsi traités peuvent être considérés comme continus, tout comme s’ils étaient soudés à l’électricité, M. F. Tidman déclare que des essais ont été effectués au laboratoire Edison en faisant passer de 100 à 1 500 ampères dans chaque joint et en mesurant la chute de potentiel avec un millivoltmètre VVeston. Quand le joint est nouveau, sa conductibilité sur un rail de 30 kg par mètre linéaire est simplement égale à celle d’un fil de cuivre n° 0000 (10 mm de diamètre), de longueur égale à celle du joint ; lorsqu’il a été dans le sol pendant deux mois, sa conductibilité descend à une valeur égale à celle d’un fil n° 00 (8 mm de diamètre).
- L’emploi du procédé à la fonte ne dispenserait donc pas de réunir les bouts de rails par des joints électriques ordinaires.
- M. Knox, ingénieur de la Compagnie des Tramways de Chicago, où les joints à la fonte sont très employés, confirme en partie ces résultats; un grand nombre de joints présentent une résistance très faible, mais par contre d’autres ont une résistance assez considérable, et comme il suffit d’un seul joint défectueux pour détruire la qualité du circuit de retour, il conviendrait, dans tous les cas, de faire des essais consciencieux de chaque joint afin de s’assurer qu’aucun d’eux n’est défectueux. Lorsque l’intensité du courant ne dépasse pas 20 ou 30 ampères par joint, on pourrait compter sur le joint à la fonte comme liaison électrique.
- Par contre, M. Wvman, directeur de la Compagnie des Tramways de Milwaukee où ces joints sont employés en grand nombre, s’élève contre cette opération. Il a fait faire des essais précis et en publie le résultat. En voici le résumé :
- Poids des joints............. 59,02 kg
- Longueur des joints.......... 40,64 cm
- Rail. — Forme................ T
- Poids.................. 3° kg-m
- Longueur............... 18,29 m
- Dimensions : 173/4011 hauteur 12,7 cm patin. Section droite......... 38.7! cm2
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- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- Instruments employés :
- Ampèremètre Weston - . (150 amp)
- Voltmètre Weston .... (3 volts)
- Longueur de voie double essayée ....................... 583,4 m
- Température des rails .... 23 1/30 C
- Intensité du courant ..... 113,4 amp
- Chute du potentiel.......... 0,823 volt
- Résistance des 583,4 m de voie
- (2 rails et joints)........ 0,00729640 ohm
- Résistance d’un joint et de
- 40,64 cm de rail........... 0,000008087
- Résistance de la même longueur de rail................ 0,00001021
- Diminution de résistance due
- au joint................... 0,000002123
- Augmentation de conductibilité provenant du joint... 21 p. 100
- Ainsi donc, la résistance au lieu d’être
- augmentée par les joints serait diminuée.
- D’autres expériences comparatives ont été faites sur un joint isolé fait il y a 3 ans et qui a servi aux essais de ce système, sur un rail ordinaire et sur un conducteur en cuivre de 1 000000 circular mills {2,54 cm de diamètre) :
- Longueur du joint.............. 30,48 cm
- Poids du joint................. 40,86 kg
- Poids du rail sur lequel est fait
- le joint................. 28 kg-m
- Longueur du rail de comparaison............................. 33,02 cm
- Rail. — Intensité du courant . 711,1 amp
- Chute de potentiel.......... 0,0117 volt
- Résistance......................0,0000162 ohm
- Joint. —Intensitéducourant. . 760,5 amp
- Chute de potentiel............... 0,0107 volt
- Résistance de 33,02 cm . . . 0,00001407 ohm
- Câble.— Intensité du courant 736 amp
- Chute de potentiel.............. 0,00752 volt
- Résistance de 33,02 cm . . . 0,0000102 ohm
- Il semblerait donc que les craintes exprimées au sujet de la résistance de ces joints sont exagérées.
- Toutefois, il faut bien observer que ces joints ne sont pas des soudures réelles ; on coule de la fonte en fusion sur des rails en acier froid ; ellé forme une gaine autour du fail sans s’amalgamer avec lui ; en venant au contact du rail froid, la fonte se solidifie instantanément, ce qui produit des frisures,
- des bulles d’air, etc.; en outre il est impossible d’éviter toute trace de rouille à la surface du rail. Cette absence de cohésion absolue entre le rail et sa « coquille » est favorable au point de vue mécanique en ce sens qu’elle permet de légères contractions ou dilatations, mais elle est évidemment nuisible au point de vue électrique. Les actions mécaniques dues au passage répété des voitures et aux dilatations et contractions thermiques contribuent encore à affaiblir les joints avec le temps.
- Iltserait donc prudent de faire des expériences méthodiques sur ces joints, pour être fixé sur leur qualité électrique réelle; en tout cas on ne devrait pas compter sur eux comme conducteurs de retour avant de les avoir soigneusement essayés, ainsi que le conseille M. Knox ; il conviendrait aussi de les soumettre à des vérifications périodiques.
- G. P.
- Los transmissions électriques dans les ateliers ;
- Par A. Him.airrt.
- Dans une conférence faite par M. Hillaivet à la Société d’encouragement et publiée par le Bulletin de cette société, l’auteur a réuni, à côté de descriptions d’un grand nombre de machines-outils mues électriquement, des renseignements et des résultats pratiques relatifs au fonctionnement de ces machines qu’il nous semble intéressant de reproduire.
- Sans entrer dans là description des perceuses, tours, pompes, etc., que les articles de M. G. Richard et de M. Brunswich ont fait connaître à nos lecteurs, nous retiendrons seulement les exemples suivants mentionnés par M. Hillairet.
- perceuses électriques, portatives et d’une installation facile, présentent de nombreux avantages; elles ont décuplé la production journalière du perceur au cliquet. Certains travaux de charpente et de construction navales ont pu être exécutés à l’aide de ces outils dans des délais impossibles à atteindre auparavant.
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- 8o
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- l'ig. i. — Titan électrique Coiseau, Couvrais et Allard. Élévation.
- Ce pont était formé de cinq tôles d’acier chromé, d’une épaisseur de 12 mm chacune, soit 60 mm pour l’épaisseur totale.
- Outre le bénéfice immédiat d’un travail rapide, que donne l’emploi de ces machines, il est intéressant de signaler le fait suivant. Quand le coupant du foret rencontre dans le métal une partie dure, le moment résistant augmente, la vitesse de l’outil diminue; mais, grâce à l’auto-régulation de la dynamo, le moment moteur s’accroît aussi; le foret est sollicité avec plus de force, mais lentement, et l’outil reprend de lui-mème sa vitesse de
- régime quand le mauvais pas est franchi. Le coupant, ainsi ménagé par le moteur même, ne s’égrène pas et se conserve longtemps; les affûtages sont moins fréquents qu’avec les perceuses mécaniques ordinaires. Les perceurs remarquent bien vite certe propriété, qui permet aussi de donner au foret des vitesses relativement élevées.
- L’application des moteurs électriques aux perceuses dites radiales permet de supprimer
- {* *) Chantiers de la Loire : Ateliers de Nantes.
- (*) — — : Chantiers de Saint-Nazaire.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 81
- la transmission centrale et l’arbre rainure des machines similaires à commande mécanique.
- Le moteur peut être applique directement sur le porte-outil avec son train réducteur de vitesse ; des conducteurs souples et légers
- suivent le moteur dans tous ses déplacements. La radiale est ainsi réduite à sa plus simple expression : son poids devient moindre et sa construction plus facile.
- Un exemple intéressant de distribution
- Fig. 2. — Titan électrique Coiseau, Couvrcux et Allard. Vue par bout.
- électrique de la force motrice à de nombreux outils est réalisé dans la salle des machines k coudre de l’usine Larousse et Mermillod (fabrique de chapeaux). On y voit une série de dynamos réceptrices de i cheval et demi, supportées par des consoles fixées au mur de face, et commandant chacune deux bancs, soit de 6 h 8 machines k coudre. Celles-ci sont au nombre de 180 : cet atelier de couture
- est l’un des mieux aménagés qu’on puisse voir. Le mécanisme de chaque machine à coudre porte un embrayage k tendeur mû par pédale.
- Le bâtiment principal de cette usine comprend 4 étages et i sous-sol ; la force motrice est distribuée électriquement aux machines diverses de ces différents étages : pompes, presses, essoreuses, monte-charges, etc. Le
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- L’É C L AIR A G E É L E C T RIQ V F,
- bâtiment des machines h vapeur et dynamo-génératrices est complètement séparé du bâtiment principal ; les risques d’incendie sont atténués dans la plus grande mesure.
- Les groupes de dynamos génératrices et moteurs à vapeur sont au nombre de 2, et peuvent être accouplés électriquement ou séparés, alimenter simultanément ou séparément l’éclairage et les transmissions.
- T,'emploi de transmissions non-électriques dans ce bâtiment à étages, à charpente de bois, et dont l'affectation actuelle est bien différente de sa destination primitive eût été presque impraticable ; de plus, le nombre des machines en fonction est variable, surtout pendant la double morte saison d’hiver et d’été ; on ne met en mouvement q.ue les machines strictement nécessaires à chaque instant. Cette usine a été mise en marche en 1890 et s’est constamment développée depuis.
- Nous ne mentionnerons que pour mémoire les applications originales que réalisèrent, avec l’aide de AI. HiUairet, MM. Coiseau, Couvreux et Allard pour l’exécution des travaux de l’avant-port de Bilbao, les appareils employés (dont l’un est représenté par les figures j et 2) ayant été décrits longuement
- Dans toutes ces applications, rien n’est plus important que la détermination de la puissance exigée à chaque instant par les machines opératoires. Sansce contrôle, ditAL Hillairet, l’ingénieur est impuissant à perfectionner les nombreuses machines dont le fonctionnement s’éloigne de toute analyse prédéterminée au point d’y échapper complètement ; de même, sans résultats d’essais dynamométriques, l’industriel peut rester dans l’ignorance du mal qui l’affaiblit.
- Les moyens mécaniques dont nous disposons à cet effet sont insuffisants et souvent même impraticables. Les jaugeages de débit et les diagrammes d’indicateurs de Watt ne nous donnent que des moyennes d’ensemble : on n’en peut déduire la puissance absorbée (*)
- (*) La Lumière Électrique.
- par un outil que par différence, et encore n’obtenons-nous ainsi que des moyennes plus ou moins éloignées de la vérité, et non l’analyse exacte des différentes phases opératoires. De même pour les essais par substitution au moyen du frein de Prony.
- Quant aux dynamomètres, si l’on conçoit qu’on puisse obtenir des résultats assez satisfaisants avec la primitive manivelle dynamométrique de Morin ou avec les ressorts de Poncelet attelés à un enregistreur quand il s’agit d’étudier une machine tournant lentement, à 30 ou 40 tours par minute, et sans chocs, à une allure parfaitement douce et régulière, il est presque impossible d’interpréter les diagrammes troublés que donnent les mêmes appareils appliqués à des machines irrégulières ou rapides. De très rares dynamomètres donnant, dans ces conditions, des diagrammes à peu près lisibles ont été construits à grands frais : leur complication et leur prix les rendent impropres à l’industrie.
- Quand une machine opératoire est conduite par un moteur électrique, il est au contraire facile de déterminer la puissance fournie à chaque instant aux bornes de celui-ci. De simples lectures aux instruments de mesure les plus usuels, c’est-à-dire les plus élémentaires et les moins coûteux, établis sur le circuit donnent naturellement et sans aucune dépense des résultats d’une exactitude qu’il est impossible d’atteindre dans les essais mécaniques les mieux conduits et les plus dispendieux, même s’il s’agit de la mesure de puissances irrégulières.
- On sait quelles difficultés présentent les essais dynamométriques de traction des trains : les diagrammes auxquels ils donnent lieu sont coupés de réactions brusques et complexes, qu’on ne peut déchiffrer et interpréter qu’avec une très grande habitude de ces opérations : nous avons indiqué, il y a bien longtemps, qu’on ne saurait exactement à quoi s’en tenir sur ce sujet qu’en attelant aux trains d’expériences des locomotives électriques.
- Le voltmètre et l’ampèremètre pour les machines à courant continu, le wattmètre
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- pour les machines h courant alternatif nous suffisent pour ces essais.
- A ces instruments peuvent être adaptés des enregistreurs ; des compteurs d’énergie, de courant ou de temps sont également à notre disposition.
- Nous verrons comment M. Hillairet a tiré rarti de ces appareils. t (A suivre.)
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Relation entre la chaleur latente de vaporisation et la constante diélectriquo ;
- Par Edm. van Aubel(')
- Obach \2) a énoncé la loi suivante :
- La chaleur latente de vaporisation L est
- proportionnelle à la constante diélectrique I) pour les corps d’une même série.
- » Pour démontrer cette loi, ce savant a utilisé les valeurs de constantes diélectriques déterminées par Tereschin, les chaleurs de vaporisation trouvées par Favre et Silber-mann, par Schiff ou calculées d’après la loi de Trouton.
- » Depuis lors, de nouvelles déterminations très exactes de constantes diélectriques ont été faites. A. Franke(a) a mesuré notamment cette grandeur physique pour l’acide butyrique et Charles B. Thwing ij*) a étudié avec le plus grand soin plusieurs acides de la série grasse.
- » Ayant eu à exposer ces questions dans mon cours, j’ai vérifié la loi d’Obach pour les acides de la série grasse qui présentent un intérêt particulier.
- » Le tableau suivant contient les résultats de mes calculs:
- h ! co»-r»,n L
- jri| d. vaporisation L. diélectrique K. K
- Formique. • . '03,7 Berthelot et J. Ogier ('). 62,0 Charles B. Thwing. 1,67
- Acétique. . 84,9 Berthelot et J. Ogier (2). 10,30 Charles B. Thwing. 8,24
- i6+° 114,0 3N> 36,3
- Butyrique . C. Schall t3). A. Franck. Nadejdine et
- 164° 3.1& Charles B. Thwing
- Nadejdine (4). Charles B. Thwing.
- Valérique . . . i/5° 103,52 3, Charles B. Thwing. 33,83
- Favre et Silbermann (B).
- Ci Berthelot t J. Ogi r. Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XC, p. 1510, 16 80.
- (2) Berthelot °t J. Ogier. Am. de chim. et de phys.,3e série, t. XXX, p. 400, 1883.
- (T C. Schall. lerichte der deutschen chemischen Gelkschaft, erlin, t. XVII. p. 2199, 1884
- ,4' Nadejdine. Exner Répertoriant der Physik., p, 446, 1894.
- {•*) Favre et Silbermann Ann. de chim. eide phys., 3e série, . XXXVII, p. 461, 1853.
- « La dernière colonne montre que la loi d’Obach, à laquelle satisfait la série des alcools
- Ci Journal de Physique, 3 = série, t. III. f2) Obach. Philosophical Magazine, 5* série, t. XXXII, P- 113, 1891. Voir aussi à ce sujet : Hans Jahn, Zeitschrift fûrphysikàlische Chemie, t. XI, p. 787, 1893.
- CnH3*+IOH, ne se vérifie en somme en aucune façon pour les acides gras. »
- (3) A. Frànke. Ann. der Phys, unit Chemie, t. L, p. 172. 1893.
- (4) Charles B. Thwing. Zeitschrift Jürphysikalisché Chemie, t. XIV, p. 293, 1894.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Sur les dimensions des grandeurs électriques et magnétiques ;
- Par P. Jokbin (*)
- Dans le compte rendu de la séance du 5 juin de la Société française de physique T. nous signalions cette note, que nous reproduisons in extenso ci-dessous :
- « Les dimensions des grandeurs électriques et magnétiques s’expriment provisoirement en fonction de quatre grandeurs fondamentales; d’abord celles de la mécanique générale L, M,T ; puis, celle d’une quantité purement électrique ou magnétique, K ou K', pouvoirs inducteurs correspondants. Rien n’indique à priori que ces grandeurs puissent s’exprimer exclusivement au moyen des unités mécaniques, c’est-à-dire que les phénomènes électriques ou magnétiques soient des manifestations de propriétés purement mécaniques d’un milieu. Toutefois, la connaissance des dimensions de K et de K' serait d’un si grand intérêt, et de nature à jeter une si vive lumière sur toute une classe de phénomènes encore si inconnus, qu’il m’a paru intéressant d’admettre l’hypothèse précédemment énoncée et d’en tirer les conclusions qu’elle comporte.
- » Or, le problème est moins indéterminé qu’il ne le parait au premier abord; pour mieux dire, il est complètement déterminé si l’on part de ce postulatum : les grandeurs électriques et magnétiques sont de même nature que celles de la mécanique rationnelle.
- » L’analyse suivante permet de s’en rendre compte : supposons, pour fixer les idées, que nous eussions exprimé toutes les quantités en fonction de L, M, T et K. L’examen général du tableau ainsi formé nous révélera tout d’abord les faits suivants ;
- i° La masse M n’entre qu’avec la puissance i/2 ;
- 2° Si la longueur L entre en même temps
- i‘) Journal de Physique, 3* série, t. V, p. 398, septembre 1896. (2) L’Éclairage Électrique, t. VII, p. 598.
- que M, c’est avec une puissance fractionnaire ; l’exposant de L est entier ou nul si M ne figure pas;
- 3° Le temps T ne figure que par des exposants entiers :
- 4° Enfin, remarque capitale, chaque fois que la masse et la longueur figurent en meme temps (par conséquent avec des exposants fractionnaires1!, la dimension K s’introduit avec un exposant aussi fractionnaire; sinon, cet exposant est entier.
- » De ces considérations générales nous allons déduire les dimensions de K et de K'; il suffit pour cela de remarquer que si, d’après notre postulatum, ces grandeurs ne sont pas d’une autre nature que celle que l’on rencontre ordinairement en mécanique rationnelle, leurs dimensions sont nécessairement entières en L,M,T. D’où les deux conclusions suivantes :
- iuLes dimensions de K sont impaires en L et M, paires en T;
- 20 Le produit KK7 ayant pour dimension L~2Ta, K' est impair en L et M, pair en T ; de plus, l’exposant de M a une valeur égale et de signe contraire dans K et K7. — Cette valeur est d’ailleurs nécessairement =t 1, toutes les grandeurs delà mécanique ne contenant la niasse qu’à la première puissance. Nous pouvons le prendre égal à -t- 1 pour K' et— 1 pour K, car nous allons voir que la supposition contraire reviendrait simplement à intervertir K et K7. Nous avons donc :
- K = M_I L3*’”1 T2l?
- » L’exposant de L peut être ± 3 ou ± 1 ; celui de T, ± 2 ou o, si K et K7 sont des grandeurs mécaniques. On peut ainsi faire vingt-quatre combinaisons dont douze seulement seront considérées comme distinctes, les douze autres s’obtenant simplement en échangeant les valeurs de K et de K'. Or de ces douze combinaisons, une seule donne à la
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- fois pour K et K', des dimensions ayant une signification mécanique, c’est la suivante :
- K = M-« LP K’ — ML-*.
- » C’est-à-dire que K est un coefficient de compressibilité (inverse d’un coefficient d’é-lasticitc). et K' une densité; ce sont précisément les grandeurs qui dans la formule de Newton, V ~ y/dl, donnent la vitesse de propagation d’une onde. Ce sont celles qu’on eût été conduit à priori à donner à K et K' pour représenter la vitesse de propagation d’une onde électromagnétique. Lord Kelvin a déjà observé que la grandeur -E peut être considérée comme analogue à un coefficient d’élasticité du milieu qui transmet les actions électriques.
- » Nous laisserons donc de côté l’autre solution consistant à échanger entre elles les expressions de K et de IC.
- » Ces dimensions conduisentpour les grandeurs électriques et magnétiques à des résultats intéressants. Définissons seulement les grandeurs fondamentales.
- I. Electrostatique. — i° Le champ H —= ML-1T--, c’est une pression (énergie de l’unité de volume) ;
- 2° Le potentiel V— MT--, tension superficielle (énergie de l’unité de surface; ;
- .3° Densité d’électricité apparente (masse électrique) : densité superficielle 7, mêmes dimensions que le champ : densité cubique p, variation de la pression par unité de longueur fou force par unité de volume;.
- ML-*T-*.
- 4° Densité d’électricité vraie (quantité d’électricité) : densité superficielle s = Kt, dimensions o, liée à la densité de masse, comme la mriation d’une grandeur en physique est liée à son coefficient de variation.
- Densité cubique d — K, dimensions L~1 ; peut être considérée (en posant -D = PG) comme définie par l’opération d — -p- ÉÉ— : même remarque que précédemment.
- II. Electromagnétisme. — i° Densité de courant (et densité de masse magnétique;, /—T-1; vitesse angulaire:
- 20 Champ magnétique K (et intensité d’aimantation). K = LT-1 ; c’est une vitesse linéaire ;
- 3" Quantité de magnétisme ; densité superficielle : quantité de mouvement de l’unité de volume ML-ffi'1. Densité cubique : variation par unité de longueur de la même quantité ;
- 4° Potentiel V, énergie de l’unité de quantité de magnétisme ; dimensions L*T_1 ;
- 5° Résistivité ML-IT-1, moment de quantité de mouvement par unité de volume.
- Remarques générales. — Ces résultats semblent devoir jeter quelque lumière sur la nature des phénomènes électriques et magnétiques. C’est ainsi qu’on est conduit immédiatement à rapprocher les forces électrostatiques des forces capillaires ; il est inutile de rappeler les expériences de AI. Lippmann qui pourraient conduire directement à cette conclusion.
- En électromagnétisme, un . courant électrique serait un mouvement tourbillonnaire du milieu; le champ en chaque point est la vitesse du tourbillon. Or, j’ai montré que, dans un conducteur cylindrique parcouru par un courant, le champ en chaque point intérieur est égal à la densité du courant i multipliée par la distance à l’axe r; c’est bien une vitesse, et de plus le mouvement tourbillonnaire se fait d’une seule pièce autour de l’axe, la vitesse angulaire y est constante; au contraire, à pai'tir de la surface à l’extérieur, la rotation s’amortit à mesure que la distance augmente.
- Le résultat le plus frappant auquel 011 est conduit est le suivant : la force électromagnétique d’un champ sur l’élément de volume d’un courant est, en grandeur et en direction, la force centrifuge composée due à la vitesse du champ 3C et à la vitesse du courant i, étant donnée que l’on compte la rotation i positi-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- veinent en sens inverse des aiguilles d’une montre (solénoïde d’Ampère). La formule de Laplace n’est autre que celle de Coriolis.
- • Au point de vue le plus général, les phénomènes électromagnétiques dépendent de la vitesse (angulaire ou linéaire) ; les phénomènes électrostatiques, de l’accélération (variation de quantité de magnétisme et force électro-motrice induite ou inversement). »
- Une ancienne expérience analogue aux expériences do Roentgen;
- Par W. Holtz (').
- « Les expériences de Rœntgen m’ont rappelé que déjà en 1880 j’avais rencontré un fait analogue, en étudiant le rayonnement dans l’air des lueurs électriques, sujet sur lequel j’ai publié une série de notes dans les Comptes rendus de l’Académie de Gîittin-gen. J’ai observé notamment que dans ces rayons, produits en opposant à une pointe un disque recouvert de soie, les corps conducteurs projettent en général une ombre; les isolants, au contraire, n’en projettent pas, comme s’ils étaient transparents pour ces rayons. Dans ma première communication, je m’en tenais à cette opinion. Dans la seconde, je l’abandonnai, parce qu’elle me paraissait trop étrange dans l’état de la science à ce moment-là. Aujourd’hui je pourrais revenir à ma première idée comme à la plus juste et admettre que les lueurs dans l’air ont plusieurs analogies avec les lueurs dans les tubes vides. L’expérience suivante permettrait d’ailleurs de le vérifier; il suffirait de coller sur un disque d’ébonite de 6 cm un anneau étroit de carton ou de clinquant de 4 cm de diamètre. Si on observe une ombre annulaire, comme si l’anneau était seul, c’est que l’ébonite est réellement transparente pour ces rayons. Bien entendu, à côté du rayonnement se propageant à travers l’air, on pour-
- rait en admettre un autre se propageant dans l’éther. Du reste, le rayonnement dans l’air et le rayonnement dans le vide diffèrent entre eux par d’autres propriétés. Dans l’air, les ombres portées par les corps conducteurs sont fort déformées, par suite de l'influence que le disque exerce sur le corps interposé, qui s’é-lectrisc fortement sur les bords; cette électri-trisation est de signe contraire à celle du disque et par conséquent de meme signe que celle des rayons; ces derniers sont donc repoussés. Dans les tubes vides, pareil effet n’a pas lieu, parce que le rayonnement est beaucoup plus rapide et que la décharge se fait sous la forme disruptive, dans les conditions où on se place habituellement Une autre différence, c’est que, dans l’air, les lueurs ne présentent pas de différence appréciable, qu’elles soient positives ou négatives. Après la découverte de Rœntgen, il serait intéressant de poursuivre cette différenciation et pour cette raison j’ai cru devoir faire cette communication, étant empêché, pour longtemps encore, par la maladie, de réaliser moi-même les expériences. » M. L.
- Quelques remarques sur la nature des rayons X;
- Par D.-A. Goldhammer (’)•
- Les principales propriétés des rayons X s’expliquent en considérant ces rayons comme des rayons de très petite longueur d'onde, et dus à des vibrations transversales de l’éther. La faible valeur de leur indice de réfraction proviendrait d’une dispersion anormale liée à l’absorption, à ce point de vue les rayons X se comporteraient vis-à-vis de la plupart des corps comme les rayons lumineux visibles se comportent vis-à-vis de la fuchsine, de l’aniline, etc.
- Cette manière de voir a été déjà développée dans ce journal.
- (‘) Wied. Ann., t. LVII, p, 462.
- {‘) Wied. Ann., t. LVII, p. 635.
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- gur remploi du téléphone dans la mesure des constantes diélectriques des corps conducteurs ;
- Par A. Heydweii.ler lJi.
- L’emploi du téléphone a etc indique par plusieurs auteurs, en particulier dans un mémoire récent de Nernst, pour la mesure des constantes diélectriques des corps conducteurs. La sensibilité de cette méthode ne dépend pas seulement des résistances que possèdent les branches du pont de Wheatstone, mais aussi de leurs capacités et de leurs coefficients de self-induction; elle dépend encore de la sensibilité de l’oreille et du téléphone lui-même. En général, un petit déréglage du pont agit en premier lieu sur les vibrations les plus rapides. Si on néglige la self-induction, ce qui est légitime avec l’appareil de Nernst, l’intensité du courant provoqué dans le téléphone, par un déréglage des résistances ou des capacités, est proportionnelle à la variation de l’impédance. Si la résistance r est est en dérivation sur une capacité c, l’impédance a pour valeur
- si le courant est sinusoïdal et a une fréquence v. Les variations de cette expression, correspondant respectivement h des variations dr de la résistance et de la capacité, seront :
- dr ct ivr*dc ^
- et le carré de l’amplitude du courant qui traverse le téléphone sera proportionnel suivant le cas à :
- {dr)* ou à v*r*(dc)*.
- Ces formules sont relatives à un courant sinusoïdal; pour une superposition de pareils courants de période différente, on aurait
- kl (dr)* S„ kl v3 r'• (de)2,
- K étant un facteur qui dépend de la fréquence v et aussi des autres conditions expérimentales.
- Par suite, le rapport entre la sensibilité qui
- correspond à une variation — de la résistance et celle qui correspond à une variation—de de la capacité, est :
- Si on admet que le pont est disposé de manière à pouvoir faire apprécier une variation — égale à t/10000 et qu’on veuille obtenir une exactitude de 1/100 dans la mesure des capacités, il faut que
- O11 trouve ainsi que la conductibilité du condensateur ne doit pas dépasser 9'4 N 0 36tî.io'4
- fois celle du mercure.
- La valeur de N peut être déterminée expérimentalement en employant un condensateur parfaitement isolé avec une résistance en dérivation ; on mesure les variations de et dr qui provoquent un son perceptible dans le téléphone, et N se calcule par l’équation
- L’auteur a effectué une série de déterminations dans des conditions très variées ; les résistances métalliques ou liquides variaient de i à 170000 ohms; la capacité des condensateurs à lame d’air, de paraffine ou de mica, de io‘* à 6 io's microfarads ; le téléphone présentait des résistances de 3 a 130 ohms et la bobine d’induction une résistance du secondaire variant de 60 à 10 000 ohms. Les valeurs trouvées de N varient beaucoup avec les conditions expérimentales et sont comprises entre 2000 et 16000. Toutes choses égales, le téléphone de faible résistance donne des valeurs de N notablement moindres qu’un autre plus résistant. La grandeur de la bobine n’a pas grande influence. En résumé, les plus grandes valeurs de N répondent aux dispositions les plus voisines de celle qu’a indiquée Nernst. M. L.
- (') Wied. Ann., t. LVII, p. 694.
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- L ’ É C L À1R A G E ÉLECTRIQUE
- BIBLIOGRAPHIE
- Les applications mécaniques de l’énergie électrique, installations particulières; par J. Laf-FARtiUB, i vol. in-8°de iv-365 pages, aveciSo ligures et planches hors texte. Paris, 1896, J. Fritsch, éditeur.
- En présentant h nos lecteurs l’ouvrage de M. J. Laiîargue sur les applications mécaniques de l’énergie électrique yU Eclairage Electrique du 17 juillet 1895. p. 92I, nous témoignions le regret que l’auteur ait négligé certaines applications importantes du moteur électrique à l’industrie. Depuis il a comblé cette lacune. Le volume actuel est consacré à la description des installations qui ont été effectuées dans les usines, dans les chemins de 1er, dans les ports de mer, dans les carrières, dans la marine, dans les fermes, h la campagne. Il est divisé en six chapitres. Dans chacun d’eux, les avantages des transmissions électriques sur les transmissions mécaniques ou autres sont mis en lumière par la discussion des conditions générales h remplir; ils sont illustrés par la description d’un grand nombre d’applications tant en France qu’à l’é-tfanger. L’auteur a réuni dans un même groupe les installations faites par un môme constructeur ; cela l’a conduit, pour des raisons faciles à comprendre, à se borner à la partie descriptive et à négliger la partie critique, ce qui est regrettable, car certaines installations sont plutôt des exemples de pratique vicieuse que des exemples à suivre; en outre, les recherches sont rendues, de ce fait, moins aisées.
- Le chapitre vi est consacré à l’étude des prix de premier établissement et des frais d’exploitation.
- Le nombre des renseignements pratiques contenus dans ce volume est considérable ; ils ont dû coûter à l’auteur de longues recherches, mais ils rendront de réels services à tous ceux qui ont à utiliser les applications de l’énergie électrique et ils sont nombreux aujourd’hui. Nous ne pouvons que leur conseiller de lire l’ouvrage de M. Latfargue.
- Cet ouvrage a été édité avec un soin particulier et contient de nombreuses planches hors texte qui donnent des reproductions photographiques des, installations décrites, ce qui permet d’un coup d’œil d’en saisir la disposition mieux que par de longues descriptions.
- G. Pru.issœr.
- CORRESPONDANCE
- A propos du système téléphonique Hess-Ravorot-West.
- Monsieur i.e Directeur,
- Dans son numéro du 8 août 1896, VEclairage Electrique a publié, sous la signature de M. West, la description des nouveaux bureaux centraux téléphoniques de la maison Naglo frères. L’organisation générale de ces bureaux réalise la centralisation des lignes d’après le principe d’application des combinaisons arithmétiques dont l’initiative m’appartient en collaboration égale avec M. Hess. En se joignant à nous, M. West nous a apporté un concours décisif au point de vue de l’avenir du système. En raison de la confiance même que j’ai dans cet avenir, je désire ne pas laisser passer cet article sans exprimer mon désir personnel que, sous ses diverses formes d’application, le système de principe Raverot-Hess conserve la désignation générale de Commutateur central téléphonique à panneaux multiples de combinaison, l’appellation des inventeurs suivant l’ordre d’ancienneté ; Raverot-Hcss-West, en ce qui regarde les appareils de la maison Naglo frères.
- Veuillez agréer, etc.
- Raverot.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- CHRONIQUE
- UINDL'STRIK ÉLECTRIQUE A L’ÉTRANGER
- Abercakaïd Com.tf.ry (Pays de Galles).— Transport de force dans les mines. — Malgré les craintes, non justifiées d'ailleurs, qu'avait inspirées l'emploi de l'électricité comme force motrice dans les puits houillers d'Angleterre, on constate une extension considérable des installations électriques. Beaucoup de propriétaires, après avoir utilisé l'énergie électrique seulement à titre d’essai, augmentent aujourd'hui leur matériel. Tel est le cas pour les mines de houille d'Abercanaïd. La station génératrice construite à la surface était, à titre d’essai, équipée d'un moteur à vapeur de 140 chevaux actionnant une dynamo Crompton de 180 ampères et 500 volts à 550 tours par minute. Les feeders, transmettant le courant au fond du puits, ont été construits spécialement dans le but d'éviter la production des étincelles duesà la rupture. Ces câbles sont constitués par 37 fils de cuivre n” 14 B. W .G. isolés au bitume et recouverts de 2 tresses en chanvre, d'un matelas en jute et de 2 torsades, composées chacune de 30 à 36 fils d’acier, enroulées en sens.inverse l’une de l’autre; leur résistance à la traction est d’environ 4 tonnes par cm2. La longueur totale des feeders est de 2912 m ; la résistance électrique comprise dans leur circuit est de 3 192 ohms. La perte d’énergie à la pleine charge est de si volts ou 10p. 100. Des boîtes de jonction des feeders partent les différents câbles qui transmettent l’énergie soit aux lampes constituant l’éclairage des galeries, soit aux moteurs actionnant les appareils de halage.
- Les résultats obtenus par cette première installation ont motivé l'agrandissement de la station première par l'adjonction d'un nouveau groupe portant sa puissance à 100 chevaux, et la transformation d’une seconde usine souterraine à vapeur en une station électrique permettra d'utiliser au moins 130 chevaux.
- BAKr.RSFiEï.n (Californie). — Transport de force. — Les Californiens ne perdent aucune occasion d’utiliser les forces naturelles dont leur pays est favorisé.
- Déjà à plusieurs reprises nous avons signalé les installations récentes de puissantes stations élec-
- triques utilisant l'énergie hydraulique pour transmettre au loin la force motrice et la lumière.
- Une nouvelle station va prochainement s'ajouter à la suite déjà longue des usines hydrauliques de cette contrée montagneuse. On a, en effet, commencé à environ 25 km au nord-est de Bakcffield, les premiers travaux de construction d'un canal long de 24 km recueillant les eaux d'un des bras de la Kern River. Vu la difficulté qu’offrait le transport des matériaux de construction nécessaires à la construction des barrages, on les a remplacés par le bois dont les forêts avoisinantes abondent. Une scierie à vapeur créée dans ce but débite les arbres en pièces de charpente qui sont ensuite transportées par voie ferrée jusqu’au lieu de construction. I.c barrage terminé, l’eau du bras sera dérivée par le canal et déversée dans un réservoir d'où partira le tuyau de conduite aux turbines. Cette conduite sera en acier et aura un diamètre de 1,65 m. On estime que son débit permettra de recueillir une puissance de 7 300 chevaux avec une hauteur de chute de 60 m.
- L’équipement de la station, actuellement en cours d’installation près Bakersfield, comprendra d’abord les turbines nécessaires à l’actionnement de deux générateurs de courants triphasés de 450 kw chacun tournant à la vitesse de 257 tours par
- La tension aux bornes de chacun d’eux sera de sso volts ; des transformateurs installés à la station même, l’élèveront à n 000 volts pour la transmission par fils aériens à la sous-station située en ville où cette tension sera de nouveau transformée à 2 000 volts pour la distribution.
- L’énergie produite sera en premier lieu utilisée en partie par un important réseau de tramways reliant Bakersfield à Kern et à d’autres villes voisines, puis par les lampes de l'éclairage municipal et public.
- On espère que cette nouvelle station recevra d’autres groupes avant son inauguration.
- Cleveland {Amérique). — Éclairage et traction. — Les deux stations centrales de Cleveland appartenant, l’une à la Brush Electric Light and Power Company, l’autre à la Cleveland Electric Company, étant devenues insuffisantes pour répondre au nombre toujours croissant des abonnés, il vient de leur être adjoint une troisième station d’une capacité supérieure à celle des deux autres réunies.
- La nouvelle station est construite à peu près au centre de la ville, à proximité d’une voie ferrée
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- pour le transport du charbon, et d’une rivière la Cuyahoga qui lui fournit l’eau nécessaire à l’alimentation de ses chaudières et à la condensation. Elle comprend : un sous-sol où se trouvent les chaudières, un rez-de-chaussée occupé par les moteurs à vapeur, les arbres de transmission et quelques groupes à couplage direct ; au premier étage se trouvent la plupart des générateurs d'électricité alimentant un réseau à haute tension pour l’éclairage à arc.
- La salle des machines contient : 3 moteurs à vapeur, dont 2 couplés en tandem, fournissant individuellement 750 chevaux aux arbres de transmission des alternateurs; puis 2 groupes à couplage direct constitués chacun d’un moteur à vapeur et d’une dynamo multipolaire de 200 kw. Ces dernières dynamos servent à l’alimentation d’unréseau à basse tension pour l’éclairage à incandescence.
- La transmission du mouvement aux alternateurs du premier étage s’effectue à l’aide de courroies traversant le plafond. On compte dans cette salle 17 générateurs électriques; 14 d’entre eux sont d’un type spécial pour l’éclairage à arc; ils donnent 9,6 ampères sous 6 250 volts et alimentent chacun
- Les 3 autres produisent du courant à 1 040 volts et ont une capacité totale de 380 kw,
- Les essais de toutes ces machines ont donné, parait-il, d'excellents résultats, la nouvelle station est entrée en pleine voie d’exploitation.
- Une nouvelle ligne de tramways électriques vient d’être créée dans le but de relierlc centre de la ville de Cleveîand avec Bedford et Akron, cette dernière est distante d'environ 60 km de Cleve-land. Cette nouvelle ligne est exploitée par 2 compagnies.
- Le courant est distribué sur la ligne par un fil aérien, à trôlet, supporté par des pylônes placés sur l'un des côtés de la voie. L’énergie est fournie par 2 stations centrales: l'une est située à Bedford, à environ 19 km d'un des points terminus de la ligne, et l'autre à Cuyahoga Falls, à peu près à la même distance que la précédente de l’autre point terminus.
- Ces 2 stations étant en tous points semblables, une seule description servira pour les deux. L’équipement de la station de Bedford se compose de 2 moteurs à vapeur Allis actionnant, à l’aide d’une transmission par courroie, 2 générateurs Westinghouse de puissance égale et fournissant chacun 350 ampères à 550 volts.
- La totalité de l’énergie produite par les deux stations est transmise sur la ligne par les feeders et utilisée par les 40 moteurs de 50 chevaux qui constituent l’équipement des 20 voitures desservant la ligne. Les lampes à incandescence servant à l’éclairage de ccs dernières sont alimentées par la même source d'énergie.
- Croydon {Angleterre). — Eclairage. —L’installation de l’éclairage électrique du nouvel édifice municipal de Croydon vient d’être terminée. Cet éclairage, qui fonctionne dans d'excellentes conditions, se compose d’environ 1 000lampes à incandescence de 16 bougies.
- Le courant est amené de l'extérieur par deux câbles branchés sur la conduite principale et aboutissant à un coffret de jonction muni des accessoires nécessaires pour la répartition du courant sur 2 circuits. Les 2 paires de câbles de ces 2 cir cuits viennent se fixer à un tableau de distribution muni d'appareils de mesure nécessaires, et de 2 commutateurs bipolaires, un sur chaque circuit. L’un d'eux alimente les lampes des bureaux municipaux, la salle du conseil et les salles du tribunal; l’autre circuit alimente celle de la salle publique de lecture, le Braithwaite Hall et l'immense salle où se tient la bourse.
- La section des câbles employés est relativement faible en raison du haut voltage employé (200 volts) et par ce fait la canalisation intérieure dissimulée dans les plafonds est à peine apparente et ne nuit en aucunefaçon à l'esthétique desdécors architecturaux.
- Les supports des lampes, lustres, etc., ont été eux-mêmes choisis pour que leurs formes s'harmonisent avec les décorations intérieures.
- J.es escaliers et couloirs sont brillamment illuminés par des groupes.de lampes montées sur des lustres et patères du plus bel effet.
- La tour qui surmonte l'édifice estpourvue d’une horloge dont les4 cadrans orientés dans des directions différentes, sont éclairés chacun par 10 lampes. Ces lampes sont disposées en cercle et permettent de distinguer la position des aiguilles à de très grandes distances.
- Hupigny {Belgique). — Traction dans les mines. — Le conseil d'administration de la 'Société civile des mines de Godhange à Hupigny vient, sur la proposition de son directeur M. Mongin, de décider l’installation de la traction électrique pour le halage des minerais de fer. Cette station qui
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- comporte une machine à vapeur à soupapes de 1 j-o chevaux et deux unités électriques de ioo kw à 530 volts a été confiée à M. Lebrun, constructeur J électro-mécanicien à Nimy (Belgique). Elle doit alimenter des locomotives de 5 à 7 t système Lebrun, caractérisées par l’adaptation d'un changement de marche mécanique très simple permettant Je donner le coup de collier du démarrage sans grande dépense supplémentaire du courant. Elles sont au nombre de 6 et doivent remorquer dans les galeries souterraines 1200 t de minerai à des distances de 3 à 5 km et à une vitesse de 15 à 18 km par heure, vitesses extraordinaires pour les mjnes et récemment inaugurées aux mines de Maries, où l'installation électrique comprend 5 treuils électriques, 2 moteurs électriques de 12 chevaux actionnant des ventilateurs, et 7 locomotives électriques.
- Kaiserslauiern {Allemagne). — Station centrale. — Nous empruntons à notre confrère YElektro-technisehe Zeitschrift les renseignements suivants sur l’équipement de la station centrale de Kaisers-lautern. Cette station, construite d'après les plans de M. Oscar von Miller, ingénieur, est établie non loin de la ville, à proximité d'une voie ferrée qui lui amène Le charbon directement. I.es bâtiments, très spacieux, comprennent : salle des chaudières, salle des machines, ateliers, laboratoire, bureaux et appartements divers. Dans la première, deux chaudières alimentées par l’eau d’un puits artésien fournissent la vapeur nécessaire au fonctionnement de 3 moteurs à vapeur compound d’une puissance individuelle de 230 chevaux à 200 tours par minute. L’un d’eux commande directement une dynamo à courant continu de 700 ampères à 245 volts, l’autre actionne, directement aussi, un alternateur de 173 kilovatts à 2100 volts. Quant au troisième moteur, il sert de réserve, et peut, à volonté, être couplé soit avec une dynamo, soit avec un alternateur, tous deux également de réserve, selon la demande sur le réseau. Deux sortes de courants sont, en effet, distribués par ce réseau. L’éclairage de la gare et de ses dépendances est effectué à l'aide du courant continu, tandis qu’en ville le courant alternatif sert aux besoins de l’éclairage et de la force motrice.
- La puissance totale engendrée à la station était, pour le courant de l'année 181)4-18113, de 693 kw, et la puissance disponible de 318 chevaux. Le tableau de distribution comporte tous les appareils nécessaires à la répartition des deux courants sur
- le réseau, et à la charge d'une batterie d’accumulateurs logée dans un des locaux de Lusine.
- La canalisation est souterraine et a une longueur d’environ 12 km; les conducteurs sont sous plomb et armés. La canalisation aérienne a une longueur de 14,3 km. Sur le réseau, sont installés 58 postes de transformation renfermant en tout 63 transformateurs dont la puissance totale est de 459 kilowatts, Quelques-uns -de ces postes contiennent plusieurs transformateurs, et peuvent, par ce fait, desservir plusieurs abonnés.
- Les systèmes de compteurs en usage sur le réseau sont des types Thomson-Houston et Hummcl. On compte pour les premiers 143 compteurs en service mesurant l’énergie de 3 à 400 ampères, et pour les seconds 90 compteurs mesurant de 15 à
- Le coût total d’installation a été de 678973 fr, tout en réalisant sur la dépense prévue une économie de 111 018 fr. Ces frais se répartissent de la
- Immeuble......... 21257 •
- Construction . . . 157133 »
- Machines......... 231982 »
- Canalisations . . . 133367 «
- Transformateurs . 43226 »
- 678975 fr.
- La première année de l'exploitation, le courant fut vendu à raison de 8,6 centimes l'hectowatt-heure pour l’éclairage et de 2,47 centimes pour la force motrice. A ce taux, le prix de la lampe heure (16 bougies) revenait, avec les rabais, à raison de 3,38 centimes, celui du cheval-hcurc à 19,73 centimes.
- Le nombre de lampes alimentées au début de l’exploitation était de 4036; celui des moteurs, de 80. A la fin de l’année 1895, le premier de ces nombres était porté à 7 428 et le second à 146. Enfin, au dernier recensement fait en février 1896 on comptait 7 360 lampes raccordées et 160 mo-
- La gare, à elle seule, est éclairée par 2 200 lampes à incandescence de 16 bougies. En ville, les maisons d’affaires et ateliers comptent pour 3664 lampes de même puissance. Le reste du nombre indiqué est compris dans l’éclairage public et privé.
- Les 160 moteurs dont nous avons parlé sont répartis dans un grand nombre d'industries di-
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- verses. On cite des fabriques de meubles employant jusqu’à 6 moteurs d’une puissance totale de 38,6 chevaux pour actionner diverses machines-outils.
- L'énergie électrique totale distribuée dans la première année d'exploitation, soit du icr septembre 1894 à la fin de décembre 189s, a été de 352 648,3 kilowatts-heures. Les bénéfices réalisés pour le même laps de temps ont été, moins l'amortissement, de 10620 fr.
- Londres. — Eclairage des gares. — Parmi les gares éclairées à la lumière électrique à Londres, on cite comme les plus importantes, celles du Great Eastern Railway Company. Les trois gares adjacentes de Liverpool Street, Bishopsgate et Bethnal Green Junction, sont toutes éclairées par des lampes à arc et à incandescence alimentées par le courant fourni par les génératrices d'une station électrique spéciale.
- L'équipement de cette station se compose de 4 moteurs à vapeur de 200 chevaux et 3 de 100 chevaux. I.es premiers entraînent, par accouplement direct. 4 dynamos à 10 pôles de 540 ampères et 240 volts, à la vitesse de 120 tours par minute. Les seconds sont couplés à 3 autres dynamos de plus faible capacité, mais de même voltage que les précédentes, soit 2=jo ampères et 240 volts, à 150 tours par minute. Outre ces groupes qui fonctionnent toujours régulièrement, on en compte deux autres fournissant chacun 100 ampères à 240 volts et enfin 2 dynamos secondaires servant à la charge d’une batterie de 120 accumulateurs et actionnées toutes deux par un moteur électrique monté en dérivation sur les barres omnibus du tableau de distribu-
- Toutes ces dynamos, du type Crompton. ont été construites en tenant compte de la faible vitesse angulaire qui leur est donnée. L'armature des unités de 200 chevaux a 2,40 de diamètre et tourne dans le cercle formé par les 10 projections polaires disposées dans un plan horizontal autour d'un énorme cercle de fer fixé verticalement au bâti de la machine. Les 3 dynamos du second groupe ont 4 pôles et les 2 du troisième sont bipolaires.
- La totalité du courant produit est répartie par les appareils du tableau de distribution, sur un réseau à 3 fris englobant les trois gares dans son circuit. De ces dernières, partent les dérivations qui transmettent l’énergie aux lampes de l’éclairage. Le nombre total des lampes à arc alimentées
- est de 230, celui des lampes à incandescence 3386 La batterie d'accumulateurs sert pendant les heures de pleine charge et permet d'assurer une partie de l'éclairage pendant l’arrêt du dimanche des machines. La consommation annuelle de courant pour l’éclairage des trois gares s’élève à 869336 kilowatts-heures.
- Niagara Falls. — Usine électrochimique. — Dans notre chronique du 13 juin (t. VII, p. S28), nous annoncions l'achèvement d’une nouvelle usine empruntant l’énergie électrique des chutes de Niagara et destinée à la préparation des produits chimiques. Cette usine est maintenant en exploitation et fabrique du chlorate de potassium et du chlorate de sodium par l’électrolyse du chlorure de potassium importé de Stassfurt et du chlorure de sodium provenant de Syracuse (N. Y.). Plus tard elle produira également du chlorate de baryum et l'on espère pouvoir fabriquer le chloroforme et l'iodoforme. Tous ces produits chimiques étaient jusqu'ici importés d'Europe en Amérique.
- La marche de l'opération est la suivante : le chlorure de potassium est mis à dissoudre dans cinq larges bacs ayant chacun 3 m de diamètre et 1,80 m de profondeur et pouvant contenir 18 160 1 de solution. De ces bacs, la solution est aspirée à l’aide d’une pompe à vapeur qui la monte à l’étage supérieur, où, après le filtrage, elle tombe dans un réservoir d'une capacité égale à celle des bacs dont nous avons parlé plus haut. C’est de ce réservoir que l’on puise la liqueur pour la soumettre à l'é-lectrolyse dans une pièce spéciale. Cette dernière contient 60 cuves en fer doublé intérieurement de porcelaine. Chaque cuve a environ 2,3omdelong sur 1,25 de large et est entièrement isolée de ses voisines et du plancher qui la supporte. Les connexions électriques sont établies à l’aide des appareils d’un tableau de distribution situé dans la même pièce au-dessus des appareils de transformation. En plus, chaque cuve est munie d’un commutateur spécial, qui permet soit de la mettre dans le circuit ou de l’en supprimer. Le chlorure de potassium se décompose sous l'action du courant et forme du chlorate que l'on fait écouler dans d’immenses bacs plats, également doublés de porcelaine, où il cristallise. La masse cristallisée est ensuite étendue dans un autre bac plat doublé de plomb, puis dans un troisième en bois d'où, on la prend pour la mettre dans des essoreuses spéciales qui séparent complètement les cristaux de la masse liquide. Un séchage à l’étuve et l’em-
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- hallage en barils pour l’expédition complètent les opérations. La durée de fabrication, c'est-à-dire des cuves à électrolyse jusqu'à l’emballage des produits, est d’environ 24 heures; or l’usine fonctionnant nuit et jour par fraction de 12 heures, chacune peut fabriquer actuellementunetonne de chlorate de potasse par jour. L'équipement électrique de l’usine consiste en 6 transformateurs, dont 2 rotatifs de 250 chevaux chacun, et 4 statiques donnant 6000 ampères à 60 volts, Le courant est fourni à la tension de 2 200 volts par la station du Niagara. Il y a peu d’usines qui emploient une si grande quantité de cuivre que la fabrique de chlorate. En effet, en raison de l'intensité considérable et de la faible tension du courant employé pour l’usine électrolytique, on a dû se servir de conducteurs à grande section. Ces derniers, au nombre de 12, sont constitués par des barres de cuivre de 12,5 cm de largeur et 1 cm d’épaisseur ayant leur point de départ au bâtiment des transformateurs pour venir aboutir au tableau de distribution dans la salle des cuves à électrolyse. Le courant est conduit à chacune de ces dernières, par d’autres barres de 10 cm de large et 1,25 cm d'épaisseur.
- States Island (E. U. A.).— Traction. — Le réseau de tramways à traction électrique qui sillonne la banlieue de New-York vient de s'augmenter d’une nouvelle ligne qui, une fois terminée, aura une longueur de plus de 48 km. Cette ligne traverse toute la province connue sous le nom de Staten Island. Son point de départ est situé au lieu d'atterrissage des ferry-boats de New-York à Saint-Georges, Tompkinsville, Stapleton, Clifton, Concord, Carretsons. Richmond, Rossville, Kreischer-ville et Tottenville point terminus de la ligne. Une partie de la ligne est terminée et déjà parcourue par des trains électriques sur une longueur de 30 km, jusqu’à Richmond. L'autre tronçon est en voie d’achèvement et sera sous peu livré à la circulation. Plusieurs branches projetées se raccorderont à la ligne principale; la plus importante sera celle qui, partant de Concord, s'étendra jusqu’à Port Richmond en desservant les villes de Castleton Corners et West Brighton. La voie est constituée en grande partie par des rails en T de 32 kg (des rails de 45 kg n’occupent qu'une longueur de 8 km). La distribution de l’énergie sur la ligne s'effectue à l’aide d’un fil aérien à trôlet alimenté par feeders dont la longueur totale dépasse 24 km. Ces feeders sont répartis pour l'ali-
- mentation en trois points isolés les uns des autres d'après les connexions établies à la station génératrice.
- Les voitures actuellement en service sont au nombre de 40, dont 35 ouvertes et 3 fermées. Chacune d'elles est équipée de moteurs du type 800 de la General electric C°, et est éclairée par
- 10 lampes à incandescence. De plus, chaque voiture est munie d’un appareil de chauffage électrique et d'un grand nombre de boutons d'appel correspondant à chaque rangée de sièges et fermant le circuit d’une sonnerie qui se trouve sur la plate-forme et sert à avertir le mécanicien qu’un voyageur veut descendre.
- La station génératrice est située à peu près au milieu de la ligne, à Grasmere. Son emplacement a été choisi entre la voie du chemin de fer qui dessert cette ville, et un immense étang dont l’eau sert à alimenter ses chaudières.
- Son équipement actuel se compose de deux moteurs à vapeur du type Corliss et de deux dynamos de 300 kg chacuns.
- Dans la sale des machin es où ces deux groupes sont installés, on a réservé un emplacement en prévision de l’installation d’un troisième. Chaque moteur à vapeur développe une force de 450 chevaux et tourne à raison de 100 tours par minute; il actionne directement la dynamo. Le courant fourni par une de ces dernières suffit à l’alimentation actuelle de la ligne. Chaque dynamo a six pôles en acier coulé, l’armature à elle seule pèse
- 11 t, l’arbre qui la traverse en pèse 9. Le courant est recueilli par un jeu de balais dont le réglage sur le collecteur s'effectue aisément et est conduit, par une canalisation souterraine, au tableau de distribution. Ce dernier est constitué par 6 panneaux en marbre; trois d'entre eux sont munis des appareils de mesure et autres servant spécialement à la mesure du courant et au réglage des dynamos; les trois autres portent les appareils qui servent à la répartition du courant sur les feeders. Le fil compensateur qui doit servir à égaliser la charge lorsque les deux groupes fonctionneront, n’est pas en connexion avec le tableau de distribution; il relie directement les deux générateurs l'un à l'autre. Outre les appareils qui servent au fonctionnement de toutes ces machines, un pont roulant de 20 tonnes complète l'installation mécanique de cette station.
- A l’embranchement de Concord on construit un hall de remise pouvant contenir 72 voitures
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- alignées sur 8 voies, et un grand nombre d'autres bâtiments destinés aux ateliers de construction et de réparation. La compagnie qui exploite ces tramways s’est rendue acquéreur d'une immense étendue de terrain située au point terminus de cet : embranchement sur le bord de la mer, à South Beach, pour y créer un centre d'attraction qui, naturellement, sera tout à l'avantage de l’exploitation des tramways. Cette ligne, disent les journaux américains, promet de rapporter de beaux bénéfices à la Midland Electric Railway Company. On espère que l’exploitation générale commencera au printemps prochain.
- CHAMBRE SYNDICAT.P.
- INDUSTRIES ÉLECTRIQUES
- Séance du 8 septemlue.
- La séance est ouverte h 5 heures sous la présidence de M. F. Meyer.
- Membres présents : MM. Cancë, Ducrbtet, Lbel, Geoffroy, IIillairet. de Loméme, Meyer, Mildé, Picou, Radiguet, Sciama, Triquet.
- Excusés ; MM. Carpentier, Grammokt, Portevin, Roux.
- M. Petschk (Albert), ingénieur des Ponts et Chaussées, directeur de la Société Lyonnaise des Eaux et de l’Éclairage, est nommé membre adhérent (présenté par MM. Meyer et Sciama). -
- Le Président rend compte des démarches qu’il a faites auprès du Ministère des Travaux Publics en vue d’obtenir que, dans les entreprises d’électricité qui font l’objet de concessions du Gouvernement, une protection aussi efficace que possible soit assurée aux constructeurs français, pour la fourniture du matériel.
- M. Guillain. directeur de la Navigation et des Routes au Ministère, a promis d’examiner cette question avec toute la bienveillance et l’attention qu’elle comporte.
- Les réponses adressées par les Compagnies de chemins de fer de l’Ouest, de l’Est, du Midi et d’Orléans, aux demandes de tarification des dynamos, sont renvoyées à l’examen de la Commission spéciale.
- Parmi les élèves sortant de l'École Diderot et
- ayant suivi les cours d’électricité qui ont été institués à cette Ecole avec le concours de notre Syndicat, cinq ont été placés dans des maisons adhérentes (maison Hiilairet-Huguet, maison Sautter-Harlé et Société industrielle des téléphones).
- À cette occasion, M. Sciama fait remarquer que la Chambre n’a pas été appelée à suivre les examens de sortie, et que l’administration supérieure 11’a pas tenu la promesse faite de réserver dans le Comité de surveillance de cette école deux places pour les représentants de l’industrie électrique.
- La Chambre, syndicale, saisie par les groupes syndicaux du Commerce et de l'Industrie d’un projet Je souscription, à l'occasion du voyage de l’Empereur de Russie, estime qu’il y a lieu de transmettre ce projet aux membres du Syndicat par voie d’annexe au procès-verbal.
- La Chambre de Commerce française au Canada appelle l'attention du Syndicat sur les affaires qui peuvent ctre entreprises dans ce pays, et se met à la disposition des industriels en sollicitant une subvention.
- La Chambre de Commerce de Paris annonce la création d’un office de renseignements commerciaux qui sera de nature à faciliter et à développer le commerce français à l'étranger. M. Sciama donne à ce sujet des renseignements détaillés.
- L’ordre du jour étant épuisé, la séance estlevée.
- DIVERS
- Expériences sur les freins. — L’association américaine des fabricants de wagons vient de publier les résultats d'intéressantes expériences sur le frottement des sabots de freins. Il résulte de ces expériences que le coefficient de frottement a un maximum à peu près constant pour les mêmes matériaux, mais que sa-valeur miniuia et sa valeur moyenne varient énormément dans les différentes expériences ; la valeur de ce coefficient varie également avec la vitesse et avec la pression, ainsi que l’indiquent les chiffres suivants. A la vitesse de 105 km-h, la valeur moyenne du coefficient de frottement du sabot sur la jante est égale sur l’ensemble de l'arrêt, à 1678 p. xoo de la pression, appliquée; à 4, s m de l’arrêt final, sa valeur maxima observée fut de 29 p. 100. A la vitesse de
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- 64 km-h, les valeurs correspondantes furent de 2t) ^ et 33 p. 100, tandis qu'à la vitesse de 48 km-h elles furent de 2s.7 et 35,3 p. 100.
- Quand on applique de très fortes pressions, avec de grandes vitesses, le frottement total est bien augmenté, mais le coefficient diminue.
- 11 en résulte qu’une pression qui forcerait les roues à patiner près de l’arrêt final sur un train marchant à 48 km-h, pourrait être appliquée utilement sur un train marchant à 105 km-h.
- Quant à la surface des freins, il ne semble pas qu’il y ait avantage à dépasser la longueur actuelle (33 cm), car la chaleur développée par le frottement fait courber les sabots plus longs. Il vaudrait mieux alors, employer deux sabots, un sur chaque côté opposé de la roue.
- L'utilité des protecteurs pour tramways. — La Compagnie des tramways de Union Depot, à Saint-Louis, a en moyenne 150 voitures en service quotidien; toutes sont munies de protecteurs Providence. En 8 mois de temps, 50 personnes ont été en danger de mort par rencontre avec les voitures de tramwavs. Parmi elles, 2 étaient étendues sur les voies. 3 étaient à bicyclette et 45 à pied. Une des deux premières était un épileptique, son cou reposait sur un des rails; la seconde était un enfant; toutes deux furent ramassées sans recevoir la moindre blessure. Il en fut de même des 3 bicyclistes: les voitures marchaient à l’allure de 8 à 9 km à l’heure. Parmi les piétons, 40 furent sauvés sans blessures; un d’eux se jeta volontairement sous les roues et fut tué; c’était la seconde fois qu’il tentait de se suicider de cette façon; le second piéton tué était un ivrogne qui roula hors du filet et fut écrasé par les roues de la voiture ; une fillette qui avait été ramassée avec succès fut projetée hors du filet à un passage en courbe et eut le pied écrasé; un quatrième fut pris par le côté, tomba et eut les deux pieds écrasés ; la cinquième personne eut la cheville brisée.
- Non seulement des personnes, mais encore 3 chevaux et 1 mule ont été ramassés et transportés à quelque distance sans être blessés ! E11 cas de rencontre avec des voitures le protecteur agit comme tampon et permet de diminuer et souvent d’éviter complètement les accidents.
- Sur les lignes de la Consolidated Traction Company, de Jersey City et Newark, du ier octobre 1893 au 31 décembre 1895, 124 accidents se produisirent avec des voitures munies de protecteur J
- et 126 personnes furent frappées par l’appareil. Les résultats furent les suivants :
- Personnes relevées sans blessures .... 85
- > » légèrement blessées . 19
- » » blessées............. 6
- » » gravement blessées . 3
- » » blessures inconnues . 9
- » » tuées................ 4
- Toutes les personnes blessées furent sauvées de la mort. Ces résultats sont très satisfaisants et prouvent l'utilité de ces curieux appareils.
- Les forces hydrauliques de France. — Le bureau de la statistique générale de la France vient de faire une enquête sur les forces hydrauliques utilisées dans l’industrie, d’après les données qui lui ont été fournies par la Direction de l’hydraulique du ministère de l’Agriculture. M. V. Turquan, dans le Génie civil du 5 septembre 1896, en tire des déductions très intéressantes.
- L’autcur indique d'abord quelle a été. pour chacun des 87 départements, la longueur relevée des cours d'eau non navigables ni flottables fournissant la force hydraulique. On sera sans doute étonné de l’immense étendue de ces cours d’eau, existant en France, dont la superficie est, somme toute, peu considérable : sur une surface totale de 550000 km2, elle compte 285 574 km de petits cours d’eau, de ruisseaux, de torrents, y compris, bien entendu, les parties hautes des rivières et des fleuves, entre leur source et le point où ces cours d’eau commencent à être navigables. On peut donc compter en moyenne 1 km de cours d’eau plus ou moins utilisable par l’industrie ou l'agriculture, sur 2 km2 de superficie.
- Dans un long tableau l'auteur expose la répartition, par département, des cours d eau non navigables ni flottables. Comme il serait trop long de reproduire ici ce tableau nous nous contenterons de donner quelques chiffres sur les départements les plus et moins favorisés :
- La Corse en compte............. 9*47 km
- Les Côtes-du-Nord.............. 6298 »
- L’Hérault ..................... 6167 »
- Le Puy-de-Dôme................ 6°S8 »
- L’Aude......................... 5531 *
- C’est, comme on le voit, la Corse qui tient la tête avec 9 147 km de cours d’eau utilisables ; malheureusement cette contrée ne dispose que de
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- très faibles ressources pécuniaires et ne peut, par conséquent, profiter des avantages que lui offrent ses nombreux torrents jamais à sec, descendant des montagnes couronnées de neige et, qui, sous ce rapport, en font un pays exceptionnellement favo-
- Les départements qui, au contraire, possèdent le moins de longueurs de cours d’eau de ce genre,
- de la vapeur. Il est vrai que la puissance moyenne des usines hydrauliques est moindre que celle des usines à vapeur.
- Toujours est-il que si, dans l’ensemble de la France, il y a plus d’usines hydrauliques que d’usines à vapeur, cette proportion se trouve renversée dans 25 départements : ceux d’entre eux dans lesquels la vapeur l’emporte de beaucoup sur la force hydraulique sont :
- [.es Hautes-Alpes..........
- La Vaucluse................
- Les Bouches-du-Rhône....
- L'Oise................^ .
- La Seine-Inferieure........
- l.’Eurc-ct-Loir............
- La Seine-et-Oise...........
- La Somme...................
- I/Eure.....................
- Le Loir-et-Cher............
- La- Seine..................
- Belfort....................
- La faible étendue du département de la Seine, comme celle du territoire de Belfort, expliquent le peu de longueur des cours d’eau qui les traversent. On remarque que la moitié inférieure du bassin de la Seine comprend 9 departements qui ne renferment que fort peu de cours d'eau non navigables; ils sont d’ailleurs traversés par de puissantes artères qui ont drainé l'eau de régions très étendues et fortement arrosées.
- Dans le sud-est, en Provence, il y a fort peu d’eau. Toutefois ces deux régions opposées étant mises à part, la force hydraulique semble répandue sur le territoire de la France d'une façon suffisamment uniforme; l'influence des montagnes ne semble pas être prépondérante, car beaucoup de pays de plaine sont traversés par autant, sinon plus, de cours d’eau non navigables ni flottables que la plupart des pays montagneux.
- Néanmoins, l’utilisation de ces eaux est loin d’être répartie de la même façon sur le territoire. Sqr un total de 118655 usines distribuées dans tous les départements, l’on en compte 69620, soit plus de la -moitié, exactement 59 p. 100, ayant recours à la force hydraulique, tandis que le nombre des usines à vapeur n’est que de 49035. L’emploi de l'eau, courante ou emmaganisée, comme moteur est donc plus répandu que celui
- 268 km 892 >» 819 .
- I3U » 1185 »
- La Seine................
- Le Nord.................
- La Loire-Inférieure . . . Les Bouches-du-Rhône . Le Pas-de-Calais .... La Seine-et-Marne . . .
- Ceux qui. au contraire, peu d'usines à vapeur son
- 4654 23 467; 0,57 0
- 4066 301 4367 6,9 »
- 891 139 1030 13,5 .
- 1009 259 1268 20,0 »
- 1385 424 C809 23,0 »
- 986 295 1281 23,0»
- , 11e comptent que fort
- I.cs Basses-Alpes. . . 34 Les Hautes-Alpes . . 14
- Le [Cantal............ 74
- La Corrèze............ 95
- La Corse.............. 22
- La Haute-Loire. . . . 114
- La Lozère............. 26
- Le Puy-de-Dôme . . . 406
- Les Basses-Pyrénées . 236 Les Hautes-Pyrénées. 109
- La Savoie.............154
- La Haute-Savoie ... 200
- liydr. total h.ydr.
- 405 439 92 p. JOC
- G46 660 98 »
- 1249 1323 95 »
- 1384 1479 94 »
- : 351 1373 98 »
- 1240 1354 92 »
- 264 1 290 96 »
- ; 983 3389 88 »
- : 530 1 766 86 »
- 1128 1237 91 »
- 894 2 048 92 »
- [456 1656 88 *
- Outre les chiffres présentés dans les tableaux précédents on considère comme chiffre moyen un nombre de 700 à 800 usines hydrauliques par département.
- Lavitesse des tramways électriques ch Amérique. — D'après le Street Railway Journal, une voiture du tramway de la ligne de Lorain-Flyna. à Lorain dans l'État d’Ohio, équipée avec 3 moteurs et transportant 32 voyageurs, aurait récemment couvert un mille en 1 minute 26 secondes 1/4. Cette performance correspond à une vitesse de 67 km à l’heure 1 Nos lecteurs excuseront les termes dont nous nous servons : pour signaler ce tour de force, il fallait en toute rigueur employer le langage des record-men (!}.
- Georges CARRÉ.
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- Samedi 17 Octobre 1896.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ELECTRICITE
- Directeur Scientifique : J. RLONDIN
- f$/
- (fêBIBl!
- : G. PKLLISSIER
- Fig- i. — Ensemble du transformateur. Montage pour le fonctionnement en moteur avec charge % au frein de Prony à réfrigération.
- rieur, à anneau lisse et h deux enroulements superposés.
- I1. Voir L'Éclairage Électrique, t. VIII, g i U; 25 juillet 1895.
- Circuit magnétique. — Les noyaux des électros et les pièces polaires sont d’une pièce et en acier doux, ils sont emboîtés dans la culasse en fonte que constitue le bâti
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
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- de la dynamo et ils y sont maintenus par des vis à tète hexagonale. L’anneau est en tôles minces de fer doux juxtaposées.
- Bâti. — Le bâti est en fonte et de forme simple. Les figures 2 à 4 en indiquent par-
- faitement le détail. La culasse des électros y est venue de fonte dans la partie creuse.
- Paliers. — Les paliers, dont le corps est de forme tubulaire, sont rapportés sur le bâti et fixés chacun par deux fortes vis. Le
- et 4. — Transformateur rotatif. Coupes en élévation et en plan.
- graissage y est obtenu par bagues tournantes en laiton Tg. 6).
- Ils supportent les colliers de manœuvre des balais que l’on voit dessinés aux figures 2 et 5. Ces colliers sont déplacés par une vis sans fin k, qui engrène avec un secteur d’engrenage appartenant à la pièce/.
- Arbre. — L’arbre est en acier. Il porte au milieu l’anneau qui est encastré sur un croisillon en bronze fixé sur une partie conique de l’arbre. De chaque côté se trouve un collecteur fixé sur un manchon en fonte. L’un des collecteurs a 40 lames. l’autre en a 60.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- porte-balais. — Les porte-balais, au nombre de quatre par collecteur, sont dessinés aux figures 7 et 8. Ils sont du système Le-
- l'ig. 4. — Coupe transversale.
- brun. Le mécanisme en est facile à comprendre à l’inspection des croquis. C’est l’élasticité du brus en laiton qui fait oflice de ressort de rappel de l’usure des balais.
- Fig. 5 et 6. — Mouvement de rotation du porte-balais et coupe transversale d'un palier.
- Enroulements. — Comme le montrent les dessins, l’anneau est lisse. Il est recouvert de deux enroulements isolés l’un de l'autre, ayant chacun leur commutateur.
- L’un a 40 sections de deux spires chacune. Les spires y sont formées de 3 fils de 20/10 l'éunis en quantité.
- L’autre a 60 sections de quatre spires de 2o'io chacune.
- Les nombres de spires sont donc de 80 et de 240 et le rapport des premiers est de 1/3.
- L’excitation se fait en dérivation. Les électros sont recouverts chacun de 1391 spires de fil rond de 12/10, soit de 13 couches de 107 spires. Les bobines peuvent évidemment être couplées en quantité ou en série.
- Fig. 7 et 8. — Détails du porte-balai.
- La machine est très bien construite, parfaitement isolée et elle fonctionne mécaniquement dans les meilleures conditions. Elle a figuré à l’exposition internationale d’Anvers en 1894.
- Courbes des potentiels aux collecteurs tig. 91. — La forme des courbes des potentiels aux collecteurs a été levée très facilement en marchant en génératrice shunt avec l’an des enroulements de l’induit et en se servant de l’autre et de son collecteur pour prendre les données du tracé. On peut appliquer avec une égale aisance les méthodes de Thomson et de Mordey.
- La courbe n° x de la figure 9 est obtenue à circuit induit ouvert. Elle donne la variation du champ dans une spire pour un tour complet de l’armature. Cette variation est à peu près constante vis-à-vis des pôles, la courbe étant presque un trapèze.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Elle présente une particularité intéressante : les points a et e sont plus élevés que b et d de 6 p. ioo environ, parce que le flux se renforce vers le bas des pièces polaires
- Fig. 9. — Courbes des potentiels au collecteur à circuit ouvert (n°t) et à circuit induit fermé (n° 2).
- par suite du voisinage des bobines d’électros. Le rapprochement des becs polaires au sommet de la dynamo n’a pu empêcher ce fait. Le champ dans l’entrefer va donc en décroissant à mesure qu’on s’y élève en partant des becs polaires inférieurs.
- La courbe n° 2 a été levée au moment où l’enroulement à gros fil débitait 40 ampères. Il eut été intéressant de faire le même tracé pour l’ampérage normal de 70 ampères. On voit qu’à 40 ampères la courbe est déjà bien déformée par la réaction d’induit.
- Courbes diverses relatives à la marche en génératrice shunt sur l’enroulement à gros fil ifig. 10). — La caractéristique a circuit ouvert (n° ij indique un circuit magnétique assez résistant.
- La courbe n° 2 a été obtenue en reliant les deux électros en quantité et en laissant les balais à la ligne neutre théorique, au milieu entre les pièces polaires, où ils donnaient peu d’étincelles : c’est la caractéristique externe.
- La courbe n° 5. donne les ampères-tours d’excitation pour le même fonctionnement.
- On voit à l’examen de la caractéristique à circuit fermé que la réaction d’induit a peu d’importance ; cela est dû à ce que l’excitation est très forte et l’entrefer important. La courbe tombe lentement vers l’axe des courants.
- En déplaçant les balais au minimum d’étin-, celles 011 a trouvé la courbe n° 3, peu différente de la précédente.
- Les caractéristiques nos 4 et 6 ont rapport
- Fig. 10. — Courbes diverses relatives à la marche en génératrice-
- aux mêmes conditions de marche avec cette différence que les deux électros étant reliés en série, les ampères-tours d’excitation, pour un même voltage, étaient réduits de moitié. Aussi la chute de la courbe à circuit fermé est-elle relativement forte, comme l’indique la figure.
- La comparaison des tracés 2 et 4 est de nature à intéresser fortement les élèves qui expérimentent la dynamo.
- Les courbes 1 et 4 ont été levées à 2 080 tours, la courbe il0 2 à 1 780 tours.
- Courbes du fonctionnement en transformateur sous 70 volts fournis aux bornes de l’enroulement à gros fil. — La figure 11 correspond au cas où les électros inducteurs sont groupés en série. La vitesse varie de 2 260 à 2215 tours par minute, soit de 2 p. 100 au maximum ; mais pour une puissance comprise
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- entre 4 000 et 6 000 watts utiles, cette varia-tion est inappréciable.
- A 5 000 watts (puissance normale), le rendement est de 72,7 p. 100 : on perd 15.6
- Fig. 11. — Courbe du fonctionnement
- transfor-
- mateur sous 70 volts fournis. Les électros groupés en série. 2 215 à 2260 tours par minute.
- p. 100 par effet Joule et 12,1 p. 100 par frottements mécaniques, hystérésis et courants de Foucault.
- La figure 12 est obtenue avec les électros
- Courbes du fonctionnement en transfor-
- mateur sous 70 volts fournis. Les clectros groupés en quantité. 1 700 à 1 740 tours par minute.
- couplés en quantité. La vitesse varie de 1 74° à 1 700 tours entre les puissances o et
- 6 000 watts. De 4 000 à 6 000 watts, cette variation est de 0,6 p. 100 environ.
- A 5 000 watts utiles, le rendement industriel est de 69,4 p. 100 ; on perd 20, 6 p. 100 par effet Joule et 10 p. 100 par frottements mécaniques, hystérésis et courants de Foucault. ün perd plus en échauffement parce que le circuit inducteur est moins résistant et on perd moins en frottement parce que la vitesse est plus faible.
- On voit que la faiblesse du rendement est due au trop faible poids de cuivre employé pour les fils inducteur et induit.
- Les deux figures indiquent toutes les conditions de marche de la machine jusqu’à
- Le rapport des voltages aux bornes est de 2,75 pour 5 000 watts, le rapport des nombres de spires des enroulements étant de 3.
- Courbes du fonctionnement en transformateur sous 200 volts fournis aux bornes de l’enroulement à fil fin, — La figure 13 a été
- obtenue comme les figures 11 et 12 en alimentant la machine sous une différence de potentiel constante de 200 volts, les deux clectros étant reliés en série. La vitesse descend de 1 575 à 1 550 tours par minute entre
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- o et 6 ooo watts. Entre 3 000 et 6 000 watts, la variation de vitesse n’est que de 0,4 p. 100 environ.
- A 5 000 watts utiles le rendement industriel est de -65,5 p. 100 ; la perte par effet Joule est de 27 p. 100 et la perte par frottements mécaniques, hystérésis et courants de Foucault de 7,5 p. 100.
- Courbes du fonctionnement en moteur shunt sous 69,7 volts aux bornes de l’enroulement
- Fig. 14. —Courbes du fonctionnement en moteur shunt sous 69,7 volts. Les électros en quantité.
- à gros fl. — La figure 14 représente les variations de valeurs de tous les éléments de fonctionnement.
- A 5 000 watts, le rendement total est de 74 p. 100, la perte par effet Joule est de 16 p. 100 et celle due aux autres résistances passives de 10 p. 100. La vitesse diminue de 2,3 p. 100 pour les puissances utiles de o à 6 000 watts ; elle est de 1 790 tours k vide et de 1 750 tours à 6000 watts.
- La figure 1 représente le transformateur avec son montage pour fonctionner en moteur shunt chargé d’un frein Pronv à réfrigération par l’eau froide.
- Comme on a pu le juger par les résultats 'qui précèdent, le transformateur que nous venons de décrire présente un assez grand champ d’essais pour les élèves de l’institut de Mons. Ses rendements ne sont pas élevés, mais de forts rendements ne constituent pas
- une condition essentielle pour un laboratoire où il faut surtout une bonne construction mécanique, une grande élasticité expérimentale et de bons appareils de mesure.
- Saturnin Hanaite.
- PROCÉDÉ DE DÉSARGENTATION
- É I. E O T R O I. Y T I Q U li DES PLOMBS ARGENTIFÈRES (»)
- II. — PROCÉDÉ TOMMASI
- Bien que ce procédé puisse s’appliquer aussi bien aux pyrites cuivreuses argentifères, qu’aux blendes argentifères et autres minerais également argentifères, nous ne parlerons dans cette notice que de la désargen-tation électrolytique des plombs argentifères que nous avons étudiée d’une façon aussi complète que possible et dans ses moindres détails.
- Le principe sur lequel est basé ce procédé consiste à électrolvserune solution plombique qui non seulement possède une résistance électrique excessivement faible, mais encore ne donne pas naissance k du peroxyde de plomb PbO* (2) et à prendre l’alliage argentifère lui-nième pour anode et un disque métallique inattaquable par le bain pour cathode.
- Sous l’action du courant, le plomb des anodes entre en dissolution et se transporte sous forme de cristaux spongieux sur le disque qui sert de cathode, tandis que tout l’argent contenu dans le plomb, étant insoluble dans le bain, se dépose au fond de la
- (') Voir L’Éclairage Électrique, du 3 octobre, p. 19.
- I2) On sait que lorsqu'on électrolyse les solutions plom-biques, elles donnent presque toujours naissance à du peroxyde de plomb, lequel en se déposant sur les anodes engendre un couple dont le courant est dirigé en sens inverse du courant principal, ce qui a pour effet d'augmenter la f. é. m. nécessaire à la décomposition du bain.
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- cuve dans un récipient perforé destiné à le
- recueillir (').
- L’appareil à l’aide duquel on effectue la séparation du plomb et de l’argent de leur alliage, c’est-à-dire i’élcctrolyseur proprement dit est le même que celui qui a été précédemment (2) décrit, sauf quelques'légères modifications dans les organes de l’appareil, modifications nécessitées par le traitement électrolytique que nous avons en vue, et dont nous dirons un mot en décrivant successivement les diverses parties qui composent notre électrolyseur.
- Cuve. — Tut cuve est constituée par une caisse rectangulaire en bois recouverte d’une couche épaisse de chatterton (3).
- Les dimensions de cette cuve sont les suivantes :
- Hauteur..............1,60 m
- Largeur..............0,20 m
- Disque cathode.—Ce. disque, qui a 3 m de diamètre et 2 cm d’épaisseur, est en bronze d’aluminium (‘j.
- Anodes. — Les anodes sont en plomb argentifère.
- (‘) Faisons remarquer à ce propos que le plomb, outre l’argent, renferme également, suivant sa provenance, des quantités variables d’antimoine et d’arsenic.
- Pour séparer l’argent de ces deux corps, on le fond dans un creuset avec un mélange de borax et d’azotate de sodium.
- en arséniate de sodium, tandis que la totalité de l’argent reste à l’état métallique.
- t3,i L’Éclairage Électrique, t. VII, p. 524, 13 juin 1896.
- (3) Goudron de Stockholm . . 1 partie.
- Résine......................I —
- Gutta-percha................ 3 —
- (M Ce disque peut être formé par du cuivre, du laiton et même par de la tôle de fer. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la tôle ne déplace pas le plomb de ses solutions salines (acétate double de plomb et de sodium ou de plomb et de potassium) ; il n’en serait pas de même de la fonte, laquelle précipiterait le plomb à l'état métallique.
- On pourrait se servir avec avantage de disques creux, lesquels non seulement seraient plus légers, mais encore coû-
- Chaque anode sc compose de deux parties et chacune d’elles affecte la forme d’un quart de cercle.
- Chaque demi-anode a pour rayon 75 cm et son épaisseur est de 5 cm; elle est percée à sa partie supérieure et vers chacune de ses extrémités d’un trou de 2 cm de diamètre.
- Elecirolj'te. — Solution d’acétate double de plomb et de sodium ou de plomb et de potassium additionnée de certains... composés dont nous désirons garder le secret.
- Voici maintenant la marche à suivre pour extraire électrolytiquement l’argent du plomb argentifère.
- On fond le plomb argentifère, puis on le coule dans des moules dont la forme et les dimensions ont été indiquées précédemment.
- Cela fait, on suspend les quatre demi-anodes aux quatre tiges métalliques qui se trouvent placées vers la partie supérieure de l’électrolyseur.
- Chacune des tiges métalliques est munie d’une vis sans fin et d’écrous.
- Aux extrémités de ces tiges sont fixées des bornes destinées à relier électriquement les quatre demi-anodes entre elles et le tout au pôle positif de la dynamo.
- Ce dispositif a pour but non seulement de maintenir à une distance déterminée les électrodes entre elles, mais encore de pouvoir les rapprocher lorsque cette distance deviendrait trop grande par suite de l’usure progressive des anodes.
- Le disque qui constitue la cathode est placé au milieu des anodes et il est relie au pôle négatif de la dynamo au moyen d’un balai métallique frottant sur son arbre.
- L’électrolyseur étant monté, on y verse le bain, on ferme le circuit et l’on fait tourner le disque à une vitesse de 1 à 2 tours à la minute. Dès que le courant est établi, le plomb commence à se déposer sur le disque sous forme de petits cristaux spongieux.
- Lorsque le dépôt plombiquc a acquis une épaisseur suffisante et que l’on juge conve-
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- I ; K C L AIR A G E É L E C T RIQ U E
- nable de l’enlever,on interrompt le courant et l’on serre les racloirs (').
- Par suite de leur frottement contre les faces du disque, le plomb se détache et tombe dans des gouttières inclinées qui l’amènent sur un tamis en toile métallique.
- Le plomb égoutté est lavé d’abord à l’eau distillée, puis soumis h une forte pression.
- Le liquide qui s’écoule de la presse hydraulique est réuni aux eaux de lavage et le tout est évaporé jusqu’à ce que le liquide marque 30° Baumé.
- Apres refroidissement on introduit cette solution dans les électrolvseurs au rnoven d’une pompe.
- Quant au plomb comprimé, il est chauffé dans un creuset avec 2 à 3 p. 100 de charbon en poudre, et lorsqu’il est fondu on le coule en lingots.
- Lorsque les anodes se sont dissoutes on peut ou les remplacerpar de nouvelles anodes ou bien retirer l’argent qui s’était déposé au fond de la cuve. Dans ce dernier cas on soulève le disque au moyen d’un treuil, puis l’on retire le récipient perforé, qui avait été placé au fond de la cuve au commencement de l’opération et qui renferme tout l’argent abandonné par le plomb argentifère des anodes.
- T/argent recueilli, lavé et séché, est fondu au creuset avec de l’azotate de soude et un peu de borax, puis coulé en lingots. Si on voulait amener l’argent électrolytique au titre de 997 millièmes il faudrait le soumettre au raffinage. Le coût de cette opération est d’environ 1 fr par kilogramme d’argent brut. Nous étudions en ce montent un procédé de raffinage êlectrolytique de l’argent qui ne coûterait pas plus de 5 à 10 centimes le kilogramme.
- Prix de revient de la désargentation électrolytique. — Théoriquement, l’extraction de l’argent des plombs argentifères, ou comme
- (') Ces racloirs sont formés par 2 James en laiton ou en bronze d’aluminium, disposées de telle façon que par un simple jeu de manivelle, elles puissent se rapprocher ou s’écarter de la face du disque.
- l’on dit plus généralement l’affinage du plomb par le courant électrique, ne réclame aucune dépense d’énergie mécanique. La quantité de chaleur dégagée par la dissolution d’une molécule de plomb à l’état d’acétate, par exemple, est rigoureusement égale à la quantité de chaleur absorbée par la mise en liberté d’une molécule de plomb de ce même composé. L’énergie mécanique n’est en somme employée qu’à vaincre la résistance du bain qui sert d’électrolyte et la. polarisation des électrodes. Nous devons faire observer cependant que le transport d’un métal de l’anode à la cathode doit nécessairement absorber une certaine quantité d’énergie mécanique, mais celle-ci est tellement minime que nous pouvons sans aucun inconvénient la négliger, et cela d’autant plus que l’on ne fait jamais intervenir ce facteur dans les formules relatives au calcul de l’énergie dépensée dans l’affinage électrolytique des métaux.
- En résumé, si l’on pouvait annuler la résistance électrique du bain et supprimer la polarisation de la cathode Tanode étant soluble ne se polarise pas), l’électrolyse d’un sel quelconque avec une anode soluble de même métal que celui du sel composant l'électrolyte aurait lieu, nous ne dirons pas, sans aucune dépense d’énergie, mais avec une dépense excessivement faible et nullement en rapport avec celle exigée dans l’affinage de certains métaux, et notamment du plomb pour le cas qui nous occupe.
- Jusqu’à présent il n’a pas été possible dans l'affinage électrolytique de ce métal de diminuer la résistance du bain, de supprimer la polarisation de la cathode ni d’empè-cher la formation du peroxyde de plomb à l’anode et c’est là sans aucun doute la raison pour laquelle les rares essais qui ont été faits, en vue de la désargentation électrolytique des plombs argentifères, ont tous échoué quand on a voulu les appliquer industriellement et sur une vaste échelle.
- Dans l’affinage du plomb la résistance du bain et la polarisation sont dues aux causes suivantes :
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- Au point de vue de la résistance :
- A l’écartement des électrodes qui doit être au moins de 10 cm, car ]c plomb, comme on le sait, se dépose à l’état de cristaux dont le volume est considérable (surtout lorsqu’on emploie un courant de grande intensité) et finirait par donner naissance à des courts-circuits si l’on n’écartait pas suffisamment l’anode de la cathode ;
- 2° Vu la faible adhérence du dépôt plom-bique. celui-ci ne tarderait pas à se détacher de la cathode et à tomber au fond du bain si l’on avait soin de le recueillir fréquemment et presque pour ainsi dire au fur et à mesure qu’il se dépose ;
- 3° A l’inégale densité des diverses couches liquides.
- Au point de vue de la polarisation :
- A la couche d’hydrogène qui se dépose sur la cathode (’) et qui donne naissance à un courant de sens inverse de celui du courant principal.
- Dans notre élcctrolyseur, ainsi qu’il a été dit, la résistance du bain est considérablement diminuée à cause du rapprochement possible des électrodes qui peut aller jusqu’à 2 ou 3 cm, puisque le métal étant fréquentent enlevé ne peut plus donner lieu à des courts-circuits ni se détacher de la cathode, et qu’en outre, par la rotation du disque, cathode, la densité du bain est partout la meme.
- Quant à la polarisation elle est totalement supprimée par la rotation du disque et par le frottement intermittent des racloirs, lorsqu’on les rapproche contre les faces opposées du disque pour enlever le dépôt de plomb.
- Ajoutons enfin que dans la désargentation
- i,’ > Faisons observer que la polarisation des électrodes peut se produire même si la f. é. m. du courant est inférieure à celle nécessaire à la décomposition de l'électrolyte. C'est ainsi pat exemple que l'on a pu constater la polarisation des électrodes d’un voltamètre à eau acidulée à l’aide d'un courant de 0,008 volt. Mais dans ce cas, ainsi que nous l'avons fait remarquer, la polarisation des électrodes ne doit pas être attribuée à une véritable électrolyse du liquide, mais plutôt une ékctro-pseudolyse. (Voir pour plus de détails le Traité touque et pratique d’électrochimie de M. D. Tornmasi, p. 31.)
- du plomb il faut que le bain puisse satisfaire à un certain nombre de conditions desquelles dépend d’ailleurs la plus grande partie du succès de l’opération.
- Ces conditions sont les suivantes :
- i° Le bain doit n’avoir qu’une très faible résistance électrique;
- 20 II ne doit donner lieu, pendant l’élec-trolyse. à aucun dépôt cristallin ou amorphe sur les électrodes ;
- 3° Il doit fournir du plomb dans un état tel qu’il soit assez adhérent pour ne pas se détacher du disque et pas trop adhérent pour que l’on ne puisse l’enlever au moyen des racloirs ;
- 4° Il ne doit dissoudre que le plomb seulement sans attaquer l’argent contenu dans le plomb argentifère.
- Ces desiderata ont été obtenus par l’emploi de l’électrolyte dont la composition a été donnée précédemment et lequel n’oppose au passage du courant qu’une faible résistance, ne cristallise pas, ne donne pas de dépôt de peroxyde de plomb sur les anodes, ne dissout pas l’argent et enfin donne un dépôt métallique de plomb assez adhérent au disque, mais qui pourtant se détache aisément par le frottement des racloirs. Cela dit, voyons à présent quel serait le coût de l’extraction électrolytique de l’argent des plombs argentifères par notre méthode.
- Mais avant d’aborder cette question il convient de dire un mot sur le rapport que nous avons trouvé expérimentalement entre l’énergie mécanique .consommée et les quantités de plomb et d’argent obtenues.
- Parmi les nombreuses expériences que nous avons faites à ce sujet, en voici deux qui peuvent être considérées comme une bonne moyenne, et qui vont nous fournir l'une la quantité de plomb ih libérée par ampère-heure, l’autre les données suivantes à savoir : la surface du disque, l’écartement des électrodes, la composition du bain, 1 ’in-
- (i) L’argent n’étant pas attaqué tombe au fond du bain.
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- tensité du courant et enfin la différence de potentiel aux bornes de l’électrolyseur et par suite la résistance du bain.
- Rapport entre l’intensité du courant et les poids respectifs du plomb et de l’argent obtenus. Ces essais ont été faits sur un petit électrolyseur ayant un disque de 30 cm de diamètre et dont les deux anodes étaient en plomb argentifère contenant 5,2 p. 100 d'argent.
- Voici les résultats obtenus :
- Durée de l'expérience . . Intensité du courant. . . Poids du plomb libéré et Poids théorique ilv) . . . Différence entre P'et P.
- fondu fP) .
- ( («i
- •!(*) ( !») ' i iM
- . . . 7 h
- 38 amp • 1 000 gr
- °37A gr i1)
- 37,4 * *
- 10,8 »
- Différence en centièmes . . . . > "
- ' (b) 1,08 »
- Poids de l’argent précipité et fondu (A) . 87 gr
- — des anodes avant l’expérience ip) . 1902 »
- — — après l’expérience (p') .. 212 »
- Différence entre p etp'...................1690 »
- Argent contenu dans 1 690 gr d’alliage (A') 87,88 » Différence entre A'et A................... o;88 »
- Données diverses. — A la suite d’un grand nombre d’expériences, il résulte que l’on peut prendre comme base de calcul les constantes électriques que nous donnerons plus loin, pour un électrolyseur dont la composition elles dimensions sont les suivantes :
- Nombre de disques-cathodes...........1
- Diamètre du disque...................1 m
- Épaisseur du disque..................2 mm
- Hauteurdelaflèchedusegment immerge 40 cm
- Surface du segment immergé...........2910 cm2
- Nature du disque : cuivre (3).
- Vitesse de rotation du disque : 1 tour à la minute-
- Nombre d’anodes......................2
- Épaisseur des anodes.................1 cm
- Composition des anodes : plomb argentifère P).
- Distance entre les anodes............4 cm
- Distance entre une anode et l’une des faces du disque......................19 mm
- Électrolyte : acétate double de plomb et de potas-
- Intensité du courant................. 75 amp
- Résistance du bain...................0,00387 ohm
- Force électromotrice absorbée par la résistance du bain f1).................0,29 volt
- D’après la loi de Ohm, si, pour une résistance donnée, l’on vient à doubler l’intensité du courant, en doublera également sa L é. m. Nous aurons donc pour une intensité de 150 ampères une f. é. m. de 0,58 volt, soit en chiffre rond 0,6 volt, et pour 180 ampères 0,72 volt.
- D’autre part, et toujours d’après la même loi, si on augmente la surface des électrodes, autrement dit si l’on diminue la résistance du bain proportionnellement U l’intensité du courant, la f. é. m. restera toujours la même. Si donc nous décuplions la surface des électrodes, c’est-à-dire si nous prenions un disque de 3 m de diamètre, on pourrait faire passer dans l’électrolyseur un courant de 1 800 ampères sans augmenter pour cela la f. é. m. correspondant à la résistance du bain, laquelle f. c. m. restera toujours de 0,27 volt.
- Voici maintenant, à titre d’exemple, un devis d’installation d’une usine pouvant désargenter électrolytiquement par notre procédé de 25 000 à 30 000 t de plomb argentifère par an.
- Frais de dêsargentation de 25 à 30,000 tonnes de plomb argentifère par an (2)
- Matériel et données diverses de l’usine :
- Nombre de bains-en tension. . . 500
- Nombre de disques cathodes par
- bain................................. 1
- Diamètre du disque................... 3 ni
- K.paisseur du disque ....... 2 cm
- Nature du disque : bronze d’aluminium.
- Nombre d’anodes par bain .... 2
- Épaisseur des anodes................. 5 cm
- f1) et (2) Suivant l’équivalent électrochimique adopté.
- (3) On peut également employer le laiton ou la tôle.
- (4) Ce plomb argentifère naturel provenait de l'usine de MM. Duhiont frères, à Selaigniaux (près de Liège'.
- (») Le courant électrique n’a à vaincre que la résistance du bain ; la force contre-électromotrice est nulle puisque l'anode est soluble et que l'ean n’est pas décomposée.
- (*) Suivant que l’on travaille 300 ou 365 jours.
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- R E V U E IV É LE CT RI CI T É
- [07
- Nature des anodes : plomb argentifère.
- Distance entre les anodes et le
- disque.......................... 2 cm
- Vitesse de rotation du disque : 1 tour par minute. Électrolyte : acétate double de plomb et de potas-
- sium.
- F. é. m. par bain................ °,75 volt(')
- F. é. m. pour les 500 bains (a). . . 375 volts
- Intensité du courant............. 1 800 amp
- Conducteur : câble composé de 400 fils de 6 mm2 de section isj.
- Longueur du câble................ 500 m
- Résistance du câble.............. 0,0035 ohm
- F. é. m. absorbée par le câble(i) . 6,3 volts
- F. é. m totale [a + b) : 381,3 volts (soit 382 volts).
- Puissance........................687 fioo watts
- Puissance de la dynamo...........721 980 watts (3 4).
- Force motrice.................... 980 chevaux.
- Frais d’établissement :
- Machine à vapeur de 1000 chevaux (h . . 200000 fr
- Dynamo de 721980 watts ou 5 dynamos
- de 144396 watts.................... 80000 »
- 500 électrolyseurs y compris le bain
- Total............780000 fr
- Câble...................................... 20000 fr
- Dépenses annuelles :
- Intérêts à 10 p. 100 des 780000 fr .... 78000 fr
- Intérêts à 5 p. 100 des 20000 fr........ 1 000 »
- Charbon à raison de 800 gr par cheval-
- heure(5) à 15 fr la tonne.......... 86400 »
- Huile à graisser et frais divers....... 10000 *
- 2 chauffeurs.......................... . . 5000 »
- 2 électriciens.......................... 5000 »
- 50 manœuvres.............................. 3ooo<r »
- Total............215400 fr
- Plomb libéré dans les électrolyseurs :
- Par bain en une heure (1800 x 3,9) . . . 7020 gr
- Par les 500 bains en t heure............ 3510 kg
- Par les 500 bains en 24 heures..........84240 »
- Par les 500 bains en une année (3oojours) 25272 t
- l,1) Exactement 0,72 volt.
- (5) Ce qui correspond à une intensité de o,S6 ampère
- t3) Le rendement de la dynamo étant supposé de 95 p. 100.
- F) Les 20 chevaux qui restent disponibles sont destinés :
- 4 à faire tourner les disques et les 16 autres, au transport des anodes, à la compression du plomb et pendant la nuit à ‘éclairage des ateliers.
- (*) Depuis quelque temps on a construit aux États-Unis ua nouveau type de générateur de vapeur dont la consommation de charbon médiocre par cheval-heure effectif ne epasse pas 700 gr pour une puissance supérieure à 60 che-
- Le prix de revient d’un tonne de plomb est donc :
- 25
- Si l’on travaillait toute l’année, soit 365 joursi1) le prix de revient de la tonne de plomb serait :
- 2 Tl 923 3" 717
- = 8 fr.
- En employant comme puissance motrice une chute d’eau, le prix de revient par tonne de plomb serait :
- (a) Pour 300 journées de travail : =5,8ofr(a).
- (i>) Pour 365 journées de travail : = 5 fr (")•
- Ee coût moyen de la désargentation électrolytique du plomb argentifère serait donc
- Charbon.......................... 18720 fr
- Huile à graisser et frais divers ... 2 145 »
- Chauffeurs................... 1 079 »
- ouvST! *. '.. * *. *.. 6500 »
- Total.................... 29523 fr
- Total des frais pour 365 jours : 215 400 + 29 523 =244 923. Plomb libéré pendant 65 jours : 5 475.
- Plomb libéré pendant 365 jours:2j 272 + 5475 =30 747 t.
- p; Le prix de revient de la puissance hydraulique pour 300 jours de travail peut être estimé ainsi :
- 1 000 chevaux à 500 fr.......... 500 000 fr
- Dynamo de 721 980 fr......... 80 OOO »
- 500 électrolyseurs à 1 000 fr. . . . 500 000 »
- Total. ..................1 080 000 fr
- Câble............................. 20oeofr
- Intérêts à 10 p. 100 des 1 080 000 fr, 108 000 fr
- Intérêts à 5 p. 100 du-câble. ... 1 000 »
- Huile, balais pour dynamos, etc . . 1 000 »
- 2 électriciens...................... 5 000 »
- 50 manœuvres...................... 30000 »
- Total....................... 145 000 fr
- p) Les dépenses supplémentaires pour les 65 jours de
- Huile à graisser, etc.............. 215 fr
- 5o manœuvres! 6 500 »
- Total..................... 7 794 fr
- Les frais totaux pour 365 jours de travail seront donc :
- 145000+7794= 152794 p.
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- ro8
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- de 6,85 fr, soit en chiffres ronds de 7 fr la tonne H.
- En comptant à 2 fr les frais réunis de fusion des anodes et des lingots de plomb et d'argent. et h 1 fr les quelques frais imprévus, le traitement électrolytique du plomb argentifère (a) ne dépasserait certainement pas 10 fr la tonne, tous frais compris.
- Mais si l’on considère que le plomb raffiné par les procédés ordinaires coûte au moins 5 fr en plus la tonne que le plomb marchand, et que, d’autre part, le plomb électrolytique est bien plus pur que le plomb raffiné du commerce, on arrive à cette conclusion que la désargentation électrolytique du plomb argentifère ne reviendrait en réalité que tout au plus à 5 fr la tonne.
- Malgré ces considérations, qui ont cependant leur valeur, nous prendrons comme base de noscalculs le prix de iofvpourle traitement complet d’une tonne de plomb argentifère.
- Le coût de la désargentation du plomb par les procédés chimiques actuellement en usage, peut être évalué au minimum à 30 fr la tonne d’où il suit qu’en employant notre procédé on réaliserait une économie de 20 fr à la tonne f).
- Or, la production annuelle du plomb argentifère dans les principaux pays peut être estimée ainsi :
- Espagne. . . . 188000 t 3760000 fr
- États-Unis . . 154000 » 3080000 *
- Allemagne . . 101000' » 2020000 »
- Angleterre . . 49000 » 1380000 »
- France .... 55000 » Itooooo »
- I‘) Ce prix serait un peu plus élevé, si au lieu de 500 bains
- on n’en employait qu 250 à ?oo et un peu plus faible si
- 1 on augmentait le nombre des bains ( 000 A 1 200).
- (.*) Faisons remarquer que la plus ou moins grande richesse en argent du plomb argentifère, ne modifie en rien ni son-traitement électrolytique, ni les frais des manipulations.
- (s) Les fondeurs désargenteurs sont payés à raison de 250 gr d’argent par tonne; et le coût de l’opération est de 3°_fr par tonne. Lorsque l’argent valait 200 frie kg, ils recevaient 50 fr par tonne: aujourd’hui, l’argent ayant baissé de moitié, leur rémunération a subi la même diminution et est tombée à 25 fr, ce qui fait 5 fr de perte par tonne. (Extrait du rapport fait au nom de la commission des douanes chargée d’examiner la proposition d’une loi relative à l’établissement d’un droit d’entrée sur le plomb, ses minerais enrichis et ses divers dérivés.) (Journal Officiel du mois de mai 1894.)
- Pour les usines du monde entier le bénéfice annuel serait de :
- 630000 t x 20 fr = 12600000 fr.
- Avec une puissance hydraulique et dans les meilleures conditions de rendement électrique, la tonne de plomb ne reviendrait guère à plus de 5 fr et le bénéfice réalisé dans ce cas serait :
- Espagne............4700000 fr
- États-Unis .... 3850000 >
- Allemagne .... 2525000 »
- Angleterre .... 1735000 »
- France ............ 1375°°° *
- et pour les usines du monde entier le bénéfice serait de :
- 630 000 t -r 25 fr. = 15 750 000 fr.
- Mais ce n’est pas tout; avec notre procédé 011 pourra traiter avec avantage des plombs de faible teneur en argent, 150 à 200 grammes a la tonne, et même moins si le prix du combustible est a bon marché, ou mieux encore si l’on dispose d’une chute d’eau, tandis qu’avec les procédés chimiques les plus perfectionnés on ne pourrait désargenter, avec bénéfice que les plombs contenant au moins 400 à 500 gr d’argent par tonne.
- Or, ce sont précisément les plombs pauvres qui sont les plus abondants et les plus purs, et*dont il est impossible d’extraire le métal précieux à l’aide des procédés chimiques, car la valeur de l’argent ne couvrirait pas les frais de la désargentation du plomb. Le tableau suivant fera mieux ressortir les avantages que présente notre procédé pour le traitement électrolytique des plombs pauvres.
- 110 gr (*) Bénéfice : 1 fr Perte : 19 fr
- 250 .. — 15 * - 5 *
- 350 v — 25 » Bénéfice : 5 »
- IL Tommasi.
- (A suivre.)
- (*) La valeur actuelle de l’atgent est
- : de ioo fr le kg.
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- REVU L D’ÉLECTRICITÉ
- [09
- TRAVAUX
- L'ASSOCIATION BRITANNIQUE
- les RECHERCHES DE Mme AYRTON SUR EARC
- ÉLECTRIQUE ET l.A QUESTION DE LA RÉSISTANCE
- NÉGATIVE.
- Avant de nous occuper de rendre compte de la session que l’Association britannique vient de tenir à ’Liverpool, nous voulons résumer un travail dont quelques résultats ont été présentés par Almu Ayrton au Congrès de l’année dernière. Ce travail considérable, dont la publication par The Tlectrician, de Londres, n’a été terminée que cette année, revêt d’ailleurs un caractère d’actualité que lui donne la question récemment soulevée et très controversée de l’existence d’une résistance négative dans l’arc.
- Mmü Ayrton a expérimenté avec des crayons de charbon massifs; elle s’est donné pour but d’étudier la relation entre les trois variables de l’arc : longueur, différence de potentiel et intensité. La détermination simultanée de ces trois grandeurs, en tenant l’une d’elles constante, lui a fourni des séries dé courbes dont la figure 3 donne un exemple : différence de potentiel entre les charbons en fonction de l’intensité de courant pour différentes longueurs constantes de l’arc. Chaque point de ces courbes représente la moyenne d’un grand nombre d’observations. Dans ces expériences le crayon positif a 11 mm, le négatif 9 mm de diamètre.
- L’établissement de la fonction qui relie entre elles les trois variables pour l’arc silencieux — c’est-à-dire jusqu’aux points X„ X2, X3. au delà desquels l’arc change brusquement de régime et devient sifflant — n’était pas chose aisée, ainsi qu’en témoigne l’insuccès plus ou moins complet de toutes les tentatives faites jusqu’alors. Mme Ayrton a très heureusement tourné la difficulté, en étudiant non plus la différence de potentiel, mais bien la puissance mise en jeu dans l’arc P=/(I. U
- Le résultat très intéressant de ces déterminations, c’est que pour les intensités de
- Fig. 1.
- courant constantes, la puissance est représentée en fonction de la longueur de l’arc par une série de droites (fig.i) :
- p = C + DI,
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- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- et pour des longueurs d’arc constantes, la relation de la puissance avec l’intensitc est également représentée par des droites :
- P — AI + B.
- En combinant les relations ainsi trouvées, on arrive à la formule générale :
- P = (fl-| bl)\ + {c+dl)
- pour la puissance absorbée dans l’arc; et pour la différence de potentiel aux bornes, on obtient :
- e = (a + bl) +
- Par rapport à la variable I, c’est l’équation d’une hyperbole 'fig. 2) ayant pour asymptotes
- Fig. 2.
- l’intensité zéro et une différence de potentiel dont la valeur dépend de la longueur de l’arc.
- Avec la valeur numérique des coefficients déter' minés pour le cas particulier des charbons employés dans ces expériences, la formule s’écrit ainsi :
- e — 38,88 + 2,074/ +
- 11,66 -|- 10.54/
- l est exprimé en millimètres, e en volts, I en ampères.
- Dans toutes les études antérieures, les formules représentatives trouvées n’étaient que des approximations. Edlund, Schwendler, Frolich, n’ont trouvé que le premier terme constant de la formule; Peukert a reconnu l’existence d’un second terme diminuant avec l’intensité, mais 11e l’a pas déterminé exactement. Silvanus Thompson est arrivé le plus près du résultat actuel par sa formule :
- Il est à remarquer que presque toutes les observations effectuées concordent avec celles de Mrac Ayrton ; c’est seulement dans leur interprétation que l’accord n’existe plus, et i\lmc Ayrton montre que sa formule s’applique d’une façon générale à tous les résultats antérieurement publiés.
- La figure 3 montre une série de courbes pour des longueurs d’arc de 1 a 7 mm main tenues constantes pendant que la résistance du circuit extérieur variait. L’examen de ces courbes fournit une explication nouvelle des phénomènes si particuliers que présentent les arcs de faible intensité, ainsi que du rôle très essentiel de la résistance additionnelle extérieure sans laquelle le maintien d’un arc est impossible.
- P Q représente la force électromotrice extérieure constante de la génératrice. L a distance R, S entre un point quelconque d’une courbe et cette droite parallèle à l’axe des x représentera donc la chute de potentiel dans la résistance, et cette résistance elle-même sera exprimée par le quotient de la différence de potentiel R, S par l’intensité de courant P S. Une droite quelconque passant par P et faisant avec PQ un angle QPR rencontrera les différentes courbes en des points indi-
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- quant lu même résistance extérieure pour les différents arcs, résistance représentée par la tangente de l’angle.
- Supposons qu’un arc de 6 mm de longueur soit établi avec un courant d’environ 20 am-
- indiquent les résistances extérieures correspondantes. Arrivés à la résistance représentée par la tangente de l’angle R,PQ, nous trouvons que la droite représentative est tangente à la courbe. Qu’arrivera-t-il, dès lors, si nous continuons à augmenter la résistance?
- Comme les droites faisant avec PQ un angle plus grand que R,PQ ne coupent plus la courbe, la solution est imaginaire et correspond à la réalité physique de l’extinction de l’arc. C’est-à-dire que nous ne pouvons, dans les circonstances décrites, faire passer
- pères. Si nous augmentons la résistance extérieure le courant diminuera, et nous rencontrerons successivement, en suivant la courbe, les points d’intersection avec les droites R.. R... etc., dont les tangentes d’inclinaison
- moins de 8 ampères dans l’arc de 6 millimètres. Si nous cherchons à diminuer l'intensité en allongeant l’arc, l’extinction se produit encore puisque la courbe s’éloigne de la droite PR,. Si, au contraire, nous diminuons l’arc, la courbe pour 5 millimètres coupe la droite de résistance au point T, ce qui indique une augmentation d’intensité. Enfin, si nous essayons de diminuer la résistance extérieure, nous constaterons encore l’impossibilité physique de faire passer dans l’arc de 6 millimètres moins de 8 ampères.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQLE
- En un mot, nous ne pouvons en agissant sur la résistance extérieure atteindre les points des courbes qui sc trouvent à gauche de l’ordonnée critique SK. On se demandera donc comment ces points ont pu être déterminés expérimentalement. Or, il suffit de remarquer que la tangente à l’un de ces points tel que R’coupe l’ordonnée à l’origine en un point P’ situé au-dessus de P. On en peut conclure que le moyen à employer pour diminuer l'intensité de l’arc, moyen qui seul permet l’emploi d’une résistance extérieure plus grande, c’est d’augmenter la force électromotrice de la source. On peut établir ainsi un arc de longueur quelconque avec une intensité aussi petite que l'on voudra.
- Il est curieux de constater que la présence d’une résistance extérieure minima soit d’une importance telle qu’il faille agir sur la force électromotricc de la source, dans l’unique but de permettre l’emploi d’une grande résistance en circuit. Il ne suffit pas, comme c’est le cas pour la plupart des autres appareils d’utilisation de l’énergie électrique, que la différence de potentiel nécessaire soir établie aux bornes ; il faut en plus une certaine chute de potentiel extérieure.
- On savait bien jusqu'à présent que la résistance additionnelle formait amortisseur en réduisant les variations d’intensité par rapport aux variations de longueur; mais on n’en connaissait pas le rôle le plus important avant les déterminations précises de Mme Ayrton.
- La relation entre différence de potentiel et intensité étant, maintenant parfaitement précisée. nous pouvons traiter le problème analytiquement. En appelant Ru la résistance extérieure, E la force électromotricc de la source, on peut écrire pour la différence de potentiel entre les charbons :
- <• = E— R„I = A + -T-,
- en considérant un arc de longueur constante, d’où il suit pour l’intensité :
- T __ (E — A) ± dits—À)2—4 R„ B 1_ 2R0
- Cette formule montre que pour une résis-
- tance extérieure R„ plus grande que la racine est imaginaire ; c’est-à-dirc que nous nous trouvons à gauche de l’ordonnée critique où l’arc ne peut s’établir. L’intensité minima possible est donc :
- comme sa valeur ne peut physiquement descendre au-dessous de cette limite, nous voyons que c’est le signe -4- qu'il faudra employer devant la racine.
- Nous pouvons maintenant nous rendre compte des conditions de fonctionnement les plus économiques de l’arc. Elles sont réalisées lorsque le rapport de la puissance dépensée dans l’arc à la puissance totale développée par la source, autrement dit lorsque le rapport -g est minimum Or, ce rapport a pour expression :
- Pour une même intensité, quel que soit/, il est évident que ce rapport est maximum lorsque R0I est le plus petit possible, ce qui a lieu quand la racine dans l’expression I est nulle, c’est-à-dirc pour
- Le rapport en question devient alors : g . [a -j- N) I + (c + dl)
- E {a -f- bl) I + (c + dl) -j- [c + dl)
- et il est clair que la plus grande valeur de ce rapport correspondra à la valeur la plus petite de la longueur / de l’arc.
- Pour trouver comment le rapport varie avec l'intensité I du courant, nous le mettons sous la forme ;
- g c + dl
- ~Ë ~ 1 ~~ [a - bl) I + 2 (c | dl i ’
- qui indique immédiatement que le maximum a lieu pour I maximum et,-comme ces relations ne valent que pour le régime silencieux de l’arc, nous concluons que la meilleure utili-
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- RE V i; E L> ’ É L E C T RICIT É
- sation de la puissance s’obtient avec un arc le plus court possible sur le point de siffler.
- U reste encore à déterminer la valeur de E qui rend -pr maximum On a :
- e__ _ Rn I
- E ~ 1 E ’
- et comme nous savons que R0I doit être le plus petit possible, il en résulte que la force électromotrice E de la source devra être minima puisque dans ce cas
- L’établissement de la fonction exacte reliant la différence de potentiel de l’arc au courant qui l’alimente va nous permettre d’expliquer une singularité qui a donné lieu à des interprétations fantaisistes.
- La question de la résistance négative a son origine dans une expérience faite par MM. Frith et Rodgcrs et communiquée à la Société de Physique de Londres (').Dans un arc à courant continu, ces auteurs ont fait passer un faible courant alternatif, et ils ont remarqué que ce courant était négatif (ou décalé d’une demi-période; par rapporta la différence de potentiel alternative superposée à la différence de potentiel continue. Les auteurs en ont immédiatement conclu qu’il existait dans l’arc une résistance négative.
- Là-dessus grande polémique entre un certain nombre d’électriciens anglais, communications aux sociétés savantes, etc. Il y avait pourtant pour les auteurs mêmes de l’expcriencc une raison péremptoire qui s opposait à l’admission d’une' hypothèse aussi bizarre : il est, en effet, certain que sl la résistance de l’arc pouvait avoir le caractère d’une résistance négative, le courant continu qui l’alimentait aurait dû lui-inême circuler en sens contraire de la différence de potentiel.
- Il est, en tout cas, singulier que dans cette controverse assez vive, personne n’ait songé
- Pj Voir L’Éclairage Élechique, t. VII, p. 420, 30 mai 1S96.
- à s’appuyer sur les résultats acquis par Mmj Ayrton di pour chercher une explication en dehors de cette notion nouvelle. Voici, 111e semble-t-il, le raisonnement qu’on peut tenir :
- La différence de potentiel agissante était composée d’un terme constant e et d’un terme périodique s0 sin cot. Or, d’après le travail de Mme Ayrton. on peut écrire :
- Diff. de pot. =: e + s0 sin tal — A + ;
- d’où
- expression de l’intensité que l’on peut mettre sous la forme :
- .___ R Rs, sin ut
- 1 é — A. {e — À) {e — A -y e0 sin u>1) ' •
- Le second terme représente la partie alternative de l’intensité ; on voit qu’elle est nulle en même temps que la partie alternative de la différence de potentiel ; mais elle est négative par rapport à celle-ci, ou ericore les maxima de l’une des variables correspondent aux minima de l’autre. Mais ce résultat n’implique pas que la résistance dé l’arc doive être négative ; celle-ci a, en effet, pour expression :
- qui ne peut être négative pour un I positif ou de meme sens que la f. é. m. agissante. R peut d’ailleurs ne pas être constitué entièrement par une résistance vraie, le terme constant A de la différence de potentiel admettant l’existence d’une force contre-électromotrice.
- Nous ne savons jusqu’à quel point l’explication précédente peut être acceptée, les partisans de la résistance négative ayant introduit dans la question des subtilités dont on n’aura la signification vraie qu’après la publication du travail de MM. Frith et Rodgers.
- A. Hess.
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- L’ É C L AI RA GE É L K C T RI Q L K
- DÉCALAGE ET ÉTINCELLES
- La puissance d’une machine à courant continu, électriquement parlant, est, comme on le sait, limitée par réchauffement de ses circuits et par l’apparition d’étincelles au collecteur.
- S’il est généralement facile de satisfaire aux conditions d’échauffement par un calcul convenable des surfaces de refroidissement, il n'existe aucune formule sûre permettant de déterminer, même d’une façon approximative, la valeur du décalage en fonction, du débit ou ce qui revient au même de prévoir la production d’étincelles aux balais à partir d’une certaine intensité de courant.
- Notre intention est de montrer comment
- on peut s’assurer a priori du bon fonctionnement d’une machine au point de vue de la production des étincelles aux balais.
- On conçoit facilement qu’on ne puisse mettre sous une forme condensée et rapidement applicable l’ensemble des conditions complexes auxquelles il est nécessaire de satisfaire, aussi faut-il se contenter d'une expression approximative et suffisamment approchée pour donner un résultat valable en
- pratique ; c’est cette expression que nous allons chercher à établir.
- Les figures i à 3 représentent trois positions différentes d’un induit en rotation : la
- Fig. 2.
- première un peu avant la mise en court-circuit d’une section a par le balai, la deuxième au moment où le courant est nul dans cette
- section et enfin la troisième lorsque le courant y est inversé.
- L’axe magnétique de l’induit se déplace par rapport à l’induit et prend dans ce mouvement les trois positions représentées par les chiffres I. II et III.
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- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- La vitesse de ce déplacement relatif n’cst pas toujours constante, elle est maxima au moment de la mise en court-circuit et diminue plus ou moins rapidement suivant une loi que nous donnerons plus loin.
- Si nous désignons par 8>a l’induction dans la dent I de l’induit, et par S sa section le flux y variera de + à — $„S. Cette variation de flux donne lieu, comme on le sait, à la production d’une force électromotrice de self-induction que tend à retarder la commutation et qui, lorsque celle-ci est faite, tend à s’opposer à l’accroissement du courant. Pour faciliter l’inversion il faut donc décaler les balais pour déterminer la création d’une force électromotrice, destinée à avancer le moment de la commutation et à accélérer l’accroissement du courant une fois commuté jusqu’à la valeur du courant de débit dans la portion de l’induit où la bobine va entrer après la rupture du court-circuit.
- Formules générales Désignons par :
- N nombre total de conducteurs à la surface de l’induit,
- N, nombre de sections de l’induit (pour un induit lisse pour un induit denté
- est le nombre de dents),
- N, nombre de lames du commutateur,
- E différence de potentiel aux bornes,
- 1 courant total utile,
- 2 p nombre de pôles,
- 2 A nombre de tiges de balais, r résistance d’une bobine comprise entre 2 lamesconsécutivesdu commutateur^- conducteurs), 2
- L coefficient de self-induction, induction d’une bobine,
- SE perte de tension ohmique dans l’induit l0,02 E à 0,05 E),
- £E chute de tension totale dans l’induit,
- I) diamètre de l’induit en centimètres, l longueur de l’induit en cm, n nombre de tours par minute.
- Le courant à un instant quelconque dans
- la section en court circuit est, comme on le sait, donné par l’équation différentielle :
- La constante k se détermine par les conditions qu’à l’établissement du court cir-
- . . j_0 et i__ 1
- _ ~'2Fi.
- Comme dans ce qui suit il est plus commode
- d’introduire les forces électromotrices, nous aurons par la valeur instantanée de la f. é. m. induite dans la section :
- E. étant la chute de tension —,
- 2
- Cette expression s’applique tant que la section considérée se trouve dans la zone neutre.
- Si on décale les balais dans un sens quelconque, en avant par exemple, on produira une force électromotrice E2 due au champ inducteur qui s’ajoutera ou se retranchera de la première suivant qu’il s’agira d’un moteur ou d’une génératrice.
- Le courant du à cette force électromotrice est encore soumis à l’influence de la self-induction; on verra comme plus haut que la valeur de la force électromotrice qui le produit est à un instant quelconque :
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-
-
-
- ]/kc: lai ragi: l l lc t ri q l l
- circulant dans la bobine
- E', - E*a
- (3)
- à balais en charbon, elle doit être augmentée comme nous ie verrons plus loin. •
- La durée du contact est évidemment :
- D’aprcs ce que nous avons dit plus haut il faut qu’au moment de la rupture du court circuit le courant soit égal à---------------— c’est-à-
- 2 pt
- dire que :
- F,', — E'2 = — E,. (4)
- On déduit de là, en par leurs valeurs :
- i posant ~ — r-
- -r = logn
- remplaça
- Eg + E, E2 — E, ’
- q -b i
- E',
- *(5'
- (6)
- Nous donnons dans le tableau suivant les
- valeurs de j-(et de e L pour différentes valeurs de r,
- TABLEAU I. — Valeurs de t„ eL et
- e e L 1 L 1 r,
- - — -— — — — — —
- I CO CO 2 3 1,10 F33 0,288
- 1,01 201 7,6 2,2 2,66 0,98 1,28 0,250
- 1,02 101 <1,6 2,4 2,43 0,88 1,25 0,220
- 1,05 41 3,7 2,6 2,25 0,81 10 1,22 .,,,,8
- i,i 21 3,°4 2,8 2,11 o,75 12,5 i,i/ O.IÔO
- 1,2 II 2.4 3 0,69 15 1,14 0,131
- 1,3 7,6 2,03 3,5 1,80 o,59 i7,5 1,12 0,H3
- i,4 6 1,78 4 1.6; 0,52 20 1,10 0,110
- ï,5 1,60 4,5 1,57 0^5 23 1,08 0,080
- i,6 i,8 4,3 3,5 1,46 5 6 i,5 0,405 0,336 30 0,066
- Calcul de j~t.
- On a :
- Cette formule est applicable pour les machines à balais métalliques où la résistance du contact est généralement négligeable devant celle de la section. Pour les machines
- —
- 1 ~ -r ri
- (8)
- où y est la largeur de contact des balais flig. 5' et 1), le diamètre du collecteur.
- Le calcul de L ne peut être qu’approximatif. Nous allons étudier successivement plusieurs cas.
- i° Induit denté Paccinoli. — Appelons u la perméance du circuit magnétique de la bobine en court-circuit; on peut sans grande erreur le supposer réduit aux deux dents (fig. 6) qui entourent la bobine, la portion de flux qui coupe les autres bobines pouvant être regardée comme annulée par le circuit fermé sur lui-même constitué par le reste de l’induit.
- Fig. 6.
- On a alors en se rapportant à la figure 6 :
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-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- En general on peut admettre que :
- I)e plus si Ion tient compte que les lignes de force passant intérieurement d’une dent à l'autre et coupant un nombre de spires d’autant plus petit que ces lignes sont plus rapprochées du fond de la rainure, on peut admettre que leur nombre est réduit de moitié et coupe la totalité des spires. On a alors simplement :
- U = 2^1.
- 2° Induit à dents évasées. — Un calcul analogue au précédent montre que l’on a avec une approximation suffisante :
- -u — 3/.
- 30 Induit à trous. — Pour les induits à trous la perméance est naturellement plus grande, mais le calcul dans le cas général est beaucoup trop compliqué; aussi nous admettrons que l’on a environ :
- «=3,5*.
- 4° Induit lisse. — En. se rapportant à la ligure 7 on voit immédiatement qu’on a :
- 2 .v.étant la portion de la circonférence de l’induit occupée par chaque section.
- /expression de £1 s’obtient e équations (6) à {9); elle est :
- — t _
- 1 combinant
- . I. N. q,
- En y remplaçant E par sa valeur <
- dans laquelle <I> est le flux émanant d’un pôle et zfc s'E la chute de tension totale en volts positive ou négative suivant qu’il s’agit d’une génératrice ou d’un moteur.
- On peut ainsi l’écrire :
- E _ N.n.D.rc.p./.a (_s
- ~ 2.6o.p,.|i±b') 10 • 1111
- On. a en définitive :
- >' t 2.sD [3oB*( p|.
- • T ~ D,. [. u'ü~dzt')q. " ,I2J
- Les formules (10) ou (12) permettent de calculer la valeur du rapport.£ t.
- Si l’on y joint les valeurs correspondantes de -/i — prises dans le tableau I, l’on peut en déduire la valeur du courant dans la bobine en court-circuit avant son interruption et pour un décalage quelconque.
- Pour obtenir cette valeur du courant il suffitdecalculer-j- 'd’après (10) ou (12) dechcr-
- cher les valeurs correspondantes de r, et e L dans le tableau I et de les substituer dans l’équation (3) en tenant compte de (r) et )z).
- Fig. 7.
- Si nous posons donc en général : u = u'I
- nous aurons pour le coefficient de self-induction de chaque section :
- I — N2 _8 _ »7N2
- u n,n2 10 - N,N3 10 ’ et en faisant : N = ^N,,
- Décalage des balais.
- La valeur électrique d’une machine peut être jugéecomme nous allons le voir par le rapport entre l’angle de décalage et le demi-angle interpolaire , c’est-à-dire par la valeur ilîg.S).
- Plus ce rapport sera voisin de 1, plus la difficulté d’obtenirune position sans étincelles sera grande, le moindre décalage entraînant de suite une variation importante de la tension Ei i.Spannungcurvej!
- Déterminons tout d’abord l’intensité du flux en un point G de l’induit correspondant
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-
- 118
- L’ECLAIRAGE ELECTRIQUE
- à un décalage distant de a (décalage des balais) de la zone neutre.
- En ce point arrivent des lignes de force provenant d’un pôle nord et sortent des lignes de force allant à un pôle sud. Appelons SB l’intentité maxima du flux sous les pôles, l’intensité résultante au point G sera évidemment, en se reportant à la figure 8 pour la signification de a, c, 3 et £ :
- 8 8
- SB'
- £ (c a) + S £ (c ~Da) + ^ formule qui permet de calculer E2.
- (13)
- D’ailleurs E4 est donné par I et r; en substituant ces valeurs dans l’expression de r(, nous aurons tous calculs faits :
- 8a£ (i db s1)2
- [(S + £c)2 - £2a2] fk ’
- d’où l’on tire
- a — \j M2 + ^
- C + -T -M
- en posant :
- M =
- 8 h ± A
- (J4)
- (i5)
- TABLEAU IL — VALEURS DE 4
- (fi 0 « s g (fi H (fi (f) *
- ai -w g H > 2 < ai -w u -1 ai 0 FER *
- S a s 0 0 a, TYPE >—' û- < ENROULEMENT DE L’iNDUIT OBSERVATIONS
- D £ Il H j H S < ft. H
- O ^ 3 Q
- 1 G 62,5 ÔOO 125 , 3 Tambour. Lisse. Balais métallique
- 2 G 5 I ÔOO 5o Manchester. X Anneau. » »
- 3 G 43,2 750 24 ü> I » » ))
- 4 G 10 I 200 100 » I » »
- 5 G 20 800 200 )) I » n>
- 6 M 10 285 20 — 2 Anneau série. J> Balais en charbon,
- 7 M 20 440 160 — 2 Tambour. Denté. Balais en charbon fixe-
- 8 G 196 3°° 37° — 2 )) J> y>
- 9 G G 5o 600 !50 400 7500 Vertical. 2 » )) Balais métalliques Enroulement imbrique.
- 10 4i3 12 ï) Lisse. connexions Mordev
- Balais en métal.
- 11 G 40 O O 320 2 J> Denté. Enroulement série-paral
- 260 Arnold.
- 12 M 210 — 5 » Lisse. Balais en charbon.
- l3 M i5 45o 30 — 2 » , . tDent demi-formée. Anneau sene., _ , ( Dente. Balais en charbon fat
- 14 G 40 300 180 — 2 Tambour. iDem demi-formée.( / Dente. ; Enroulement en sériel connexions Mordev
- Balais métalliques.
- i5 G 20 650 1 000 — 3 » Trous. ( Enroulement imbriqu
- 16 G 2,5 1 300 20 — 1 » Denté. Balais métalliques,
- 17 G 4,5 1 200 36 — 1 » D
- 18 G 10 1 000 80 — 1 )) »
- l9 G 10 1 200 1 000 Manchester. 1 )) Trous. ))
- 20 G 48 5°o 400 )) 1 » Denté. X)
- 21 j G 60 500 500 2> 1 )) » »
- (*) Circuit magnétique dissymétrique.
- (2) 2 enroulements séries espacés avec 2 collecteurs, donc/j = 2.
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 119
- 3 jj et (3 sont donnés par les dimensions de la machine ; e et s', dont le dernier peut être posé approximativement égal à 2 s, dépendent de la perte que l’on admet dans l’enroulement; enfin vj est déduit du tableau I.
- Il est possible de déterminer la quantité a par une construction graphique simple ; il suffit pour cela de faire (fig. 8) F H égal
- à + ^ et H K à M, puis de joindre KF;
- si alors du point K comme centre on décrit un arc de cercle de rayon K H jusqu’en L,
- JITES DE L’ÉQUATION 12.
- puis du point F comme centre un second arc de rayon FL jusqu’en G, on a en FG la valeur a du décalage.
- L’équation (14) montre que pour des machines ayant un faible entrefer la quantité j est négligeable devant c.
- Dans les deux tableaux suivants sont représentées les données de 21 machines de tous systèmes mises à la disposition de l’auteur par différents constructeurs.
- Nous ferons observer tout d’abord que dans
- 0 3/ c • D £
- en cm en cm en cm
- i,4 11 2,1 7° o,73
- o,95 11,2 2 24,5 o,75
- 1 12 3 5i 0,84
- 1 10 2 29 . 0,72
- L5 11 2 . 42 0,65
- i,4 6 G57 C) 35 o,55
- 0,3 9,7 2 5o o,75
- 1 30 2,5 115 o,74
- o,75 U 2,1 56 0,615
- 2,45 8,8 1,6 2 37 0,64
- 0,6 n,5 2,3 41 0,66
- 2 H ,8 150 0,72
- 0,2 12 2,1 40 0,63
- °,5 4,7 1,6 5o 0,85
- 0,15 7,4 2,1 48 o,73
- o,35 5 2,35 18 o,5!
- 0,4 5,5 2,35 18 0,51
- 0,4 6 2,35 24 o,49
- °,4 9 2 25 0,87
- °,3 11 3,2 5G5 0,76
- 0,6 12 3,2 62,2 °,7
- SB Pi i en cm £ A CHAUD Ih enîm J
- 5I0° 1 0,9 0,016 5o 125
- 2900 1 1 0,035 11 5o
- 4100 1 0,8 0,023 35 24
- 35oo 1 1,0 0,04 ?3,5 100
- 3000 1 1,0 0,042 20 200
- 4400 1 1,0 0,06 26 20
- 8600 2 1,5 0,023 3° 160
- 6000 2 2,5 0,02 68 37°
- 6300 2 1,2 0,021 26 400
- 6(xoo 12 3 0,016 170 7,5oo
- 6500 X 1,1 0,04 20 320
- 6200 1 1,8 0,02 90 150
- 7400 1 1 0,048 25 3°
- 7000 i(3) 1,2 0.026 32 180
- 8000 3 G7 0,026 27 1,000
- 6200 1 0,8 0,053 n,5 20
- 555° 1 ï,° 0,048 12,5 36
- 7200 1 0,8 0,030 U 80
- 4000 1 2,0 0,035 18 1,000
- 5000 1 1,0 0,036 24 400
- 3950 1 1.0 0,04 29 500
- r ,
- u' I zt c ' <7 t! '6
- 0,2 1,03 2 1,45 1,6
- 0,2 1,07 4 3,85 1,045
- 0,2 1,05 8 2,3 1,22
- 0,2 1,08 3 3,35 1,075
- 0,2 1,08 2 2,0 1,03
- 0,2 00 00 0 12 4,65 1,02
- 2,3 0,95 4 1,06 2,07
- 2,3 1,04 2 0,85 2,5
- 2,3 1,04 2 0,445 4,5
- 0,2 1,03 2 1,1 2
- 2,3 1,08 1 0,97 2,2
- 0,2 0,96 3 3,1 1,1
- 3 0,90 12 0,735 2,85
- 3 1,06 4 0,254 7,9
- 3,5 1,05 1 0,75 2,8
- 2,3 1,1 8 1,04 2,1
- 2,3 i,1 8 0,536 ' 3,8
- 2,3 1,06 4 0,35 5,8
- 3,5 1,1 1 0,175 11,5
- 2,3 1,07 2 0,298 6,8
- 2,3 1,08 2 0,191 10
- (3) pt est égal à 1, malgré la présence des 4 tiges de balais, à cause de l’enroulement en séries.
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-
-
- L’É C L AI R A G E É L F. C T RIQ V E
- TABLEAU III. — VALEURS DE a (équation 14) ET •—
- q x
- < w
- 1 Il 11 L 6 5 P ,'±4 M y yV+f + f)-M a —
- 0 S
- j G M5 1,6 2,1 0,73 0,0,6 1,4 1,03 36,8 4-95 0,66 37-3 36,8 o,5 0,10
- 2 G 3,85 1,04 2 0,75 0,035 o,95 1,07 18,6 4,« o,475 I9-3 — 18,6 o,7 0,146
- 3 G ^•3 1,22 3 0,84 0,023 1 1,05 T-1,9 6,4 o,33 16,4 — M,9 G5 0,234
- 4 G 3,35 1,07 0,72 0,04 1 1,08 i/.5 6.35 0,50 18,8 — i7,5 i,3 0,204
- 5 G 2,0 T.3 2 0,65 0,042 i,5 1,08 22,8 n-5 o,75 25,9 — 22,8 3,1 0,270
- 6 M 4,65 1.02 1,8 0,55 0,06 1.-1 0,88 20.5 6.7 0,78 21,8 — !-3 0,194
- 7 M 1,06 2,07 o,75 0,023 o-3 o,95 4 4,85 0,15 6,4 0,495 0
- 8 G 0,85 2,5 G5 o,74 0,02 1 1,04 11-3 11.7 0,40 16, s — 11,3 5-2 0,445 0
- 9 G M4S 4,5 2,1 0,615 0,021 o,75 1,04 6,4 8,35 o,357 10,8 — 6,4 4,4 0,525
- 10 G M 2 1,6 0,64 O.OIÔ 2-45 1,03 77 5,6 1.53 77.t — 77 °,3 0,05-
- 11 G o,97 2,2 2,3 0,66 0,04 0,6 i,n8 4,85 5-5 0 ,2Û 7,53 — 4,85 2.68 0,49
- >2 M 30 1.1 1.8 0,72 0,02 2 0,96 67,40 6,6 r.ii 68,5 — 67,4 1.1 0,167
- 13 M o,735 2,85 0,63 0,04 0.2 0,92 1,22 6 0,095 6,308 — 1,22 5,088 0,85 0
- i-t G 0,254 7,9 1,6 0,85 (1,026 0.5 i .06 1.9 3 0.31 3,83 — T,Q i-93 0,645
- 15 G 0.75 2,8 2,1 o,73 0,026 G05 1,41 3,4 0,071 3,74 — 1,41 2,33 0,685
- ! ,6 G 1,04 2,1 2,35 o,5! 0,053 o.35 I.l 2,88 b;9 0,15 7,63 — 2.88 4,75 0,69
- 17 G 0,336 3,8 2,35 o,5! 0,048 0,4 l,i 2,0 6,9 0,17 7,35 — 2 0,775
- l 18 G o,35 5,8 2,35 o,19 0,03 0,4 1,06 2,1 9,6 0,17 10 — 2.1 7,9 0,823
- jy G o,i75 1G5 2 0,87 0,035 0,4 1,1 <>63 2,55 0,20 2,82 — 0,63 2,19 0,86
- 20 G 0,298 6,8 3,2 0,76 0,036 0-3 1,07 o-54 7,5 0,10 7,619 — o.54 7,08 0,945
- 21 G 0,191 i° 3,2 o,7 0,04 0,6 1,08 0,72 15 0,19 15,2 0,72 14,48 0,965
- C) En enant compte de la résistance du contact, 0,247 (page 123).
- :2 - — — 0,29 (page 121).
- :3 — _ 0,65 (page 125).
- les tableaux précédents les machines ont ét<
- 2'angécs suivant leur valeur électrique; toutefois les 8 premières, toutes aussi satisfaisantes,
- sont simplement rangées dans un ordre quelconque.
- Les 8 premières avaient un fonctionnement parfait : les trois suivantes avaient un fonctionnement assez bon; quant aux machines numérotées de 12 à 17, leur marche était médiocre; enfin les nos 18 à 21 n’ont pu être utilisés tels quels.
- Ces résultats concordent en général avec les valeurs du rapport-: quant aux quelques exceptions qui se présentent, elles peuvent s’expliquer facilement en ayant égard aux circonstances particulières dans lesquelles se trouvaient les machines correspondantes et dont nous allons parler maintenant.
- Nous avons admis que la résistance du
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- contact était négligeable lorsque l’on employait des balais métalliques. Dans le cas où la machine est munie de balais en charbon, il est nécessaire, par contre, d’introduire une légère correction.
- Il résulte d’expériences faites par MM. Guil-bert et Giles que la résistance de contact ramenée à i mm2 d’un balai en charbon est (à froid) pour différentes vitesses du commutateur en mètres de :
- Ces chiffres semblent un. peu exagérés, mais il faut toutefois remarquer qu’à chaud la résistance diminue très notablement, aussi nous prendrons comme première approximation les-valeurs précédentes diminuées de moitié.
- D’autre part la surface de contact est difficile à évaluer et varie du reste à chaque instant. Nous admettrons cependant pour plus de simplicité qu’elle reste égale à la moitié de la surface de contact totale.
- En particulier pour la machine n° 8 des tableaux II et III, ayant une .surface de contact totale de 5300 mm2, la résistance à la vitesse donnée sera.de = 0,002 «(').
- La résistance de chaque bobine étant de 0,00188, on voit que la résistance totale r est à augmenter de ioo p. 100 en chiffres ronds. On a alors :
- d’où :
- ri itableau It = 1,4,
- ^ £i — 3,4 cm,
- 7" = o»29»
- au lieu de 0,445, ce qui montre que la classification par valeurs croissantes de - est vérifiée par cette machine.
- (') Il est bon de faire remarquer ici que la résistance mini-ma de contact d’un balai pendant le court-circuit est quatre fois plus grande que la résistance totale du contact à un autre
- Les machines nos 7 et 13 fonctionnaient comme moteurs; le rapport — doit être dans ce cas beaucoup diminué pour une autre raison que nous donnerons plus loin.
- Quant à la machine n° 10, pour laquelle le rapport - est beaucoup plus petit que celui qui correspondrait à son rang, nous ferons remarquer quelle avait 24 lignes de 6 balais et par suite que son fonctionnement dépendait naturellement dans une large mesure de l’ajustement des balais. Il a été possible, du reste, d’obtenir avec quelques précautions une marche absolument sans étincelles de ce genre de machine.
- Enfin le non-fonctionnement parfait de la machine n° 12 était dû uniquement à ce que la tension entre deux lames consécutives du commutateur était au maximum de 55 volts, circonstance dont nous n’avons pas tenu compte dans les calculs précédents.
- Le décalage, calculé d’après les formules que nous venons de donner, coïncide exactement avec les résultats d’essais exécutés il y a quelques années sur les machines nos 20 et 21, résultats donnés par l’auteur dans une étude antérieure (').
- 20 250 i5v 15°
- 21 500 26° ,6 270
- Étincelles.
- L’expérience montre que la grandeur de l’angle de décalage et la présence des étincelle aux balais sont dans un rapport très intime et il est très facile de prouver ce fait théoriquement.
- Toutefois on peut, sans entrer dans des considérations théoriques,admettre que d’une façon analogue à ce qui se passe dans les interrupteurs l’abondance des étincelles dépend directement de l’énergie débitée par le circuit qu’on interrompt et dans un rapport inverse, encore vague, de la vitesse avec laquelle celte interruption se produit.
- p) hi Lumière Électrique, vol. XLVIII, n° 25, i895..
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Tout ce qu’on sait de cette vitesse, c’est qu’elle dépend de l’inclinaison de la courbe III (Cg- 5)-
- De plus au moment de cette interruption intervient encore la résistance de l'arc formé par les étincelles, résistance qui a pour effet d’accroître rapidement l’inclinaison de la courbe III.
- Comme il est nécessaire de supposer une variation d’énergie pour donner lieu à des étincelles, et comme d’autre part il est toujours possible de trouver une position des balais pour laquelle cette variation ne se produit pas (à condition que a soit inférieur à e), il semble qu’on ne puisse expliquer pourquoi des machines parfaites donnent de petites étincelles aux balais. La raison est à chercher simplement dans la variation de la surface de contact des balais et dans l’inégalité de la résistance des soudures. Plus il y a de soudures plus il peut se produire des étincelles car on ne peut avoir, dans ce cas, la prétention d’obtenir un bobinage tel que toutes les sections aient la meme résistance.
- Dans les machines où les sections sont bobinées les unes sur les autres sans aucune recherche de symétrie, et forment par conséquent une sorte de a chignon » irrégulier (Knauelwicklung) de chaque côté de l’induit, cette condition d’égalité de résistance est impossible à obtenir.
- Il en résulte que la position de calage est différente pour chaque lame du collecteur. On ne peut donc prendre qu’une position moyenne correspondant au minimum d’étincelles et non à leur disparition complète.
- Cette irrégularité des sections peut du reste se constater facilement sur une machine après quelques heures de marche ; les lames auxquelles aboutissent les sections défectueuses ou irrégulières sont rongées par les étincelles tandis que celles pour lesquelles le calage est bon restent parfaitement polies.
- Valeur des moteurs.
- constate une grande différence dans la valeur du décalage, le moteur donnant un décalage en arrière beaucoup plus faible que le décalage en avant de la génératrice.
- Ceci s'explique en partie par le signe de zh e\ Toutefois cette différence de décalage est en réalité beaucoup plus grande que ne l’indique la formule et est due à la rotation de l’axe de l’induit par rapport à celui-ci, rotation produisant dans la bobine en court-circuit une force électromotrice Ea qui s’ajoute a la tension primitive Ejdans la génératrice et se retranche au contraire dans le cas d’un mo-
- Cet effet est négligeable en général pour les génératrices tandis qu’il ne l’est plus dans les moteurs.
- Soit
- l’intensité du flux dû à la réaction de l’induit dans la zone neutre (fig. 4} et v la vitesse de rotation de l’axe de l’induit, on a pour Ea la valeur :
- r JK „
- i</' N* 1
- La quantité v est variable avec le temps comme le montre la figure 5; on voit facilement que sa valeur est :
- J1 E'j — E',)
- _ Dttk tga, _ T)r.n ________dt __ Dît»
- V ~~ 60 ty« “ 60 ’ -2Ëj — 60
- La position sans étincelles correspond à : F/, — E'a = — El.
- On a donc dans ce cas : y _ _ f *'Z'i- _ -Ve SL JÀ_+ II
- A — 2 E, dt L 2 Kx
- Si l’on fait fonctionner une irtachi comme génératrice, puis comme moteur,
- E*
- 'E,
- Q.I57 NI x
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Le tableau suivant donne les valeurs de X en fonction de /, :
- On a de même.:
- TABLEAU IV.
- Ce tableau montre que la vitesse du déplacement de l’axe de l’induit devient sensiblement constante et égale à celle de l’induit lorsque ri atteint la valeur 20.
- Deux exemples suffiront pour mieux faire comprendre l’effet de la réaction de l’induit.
- i° Prenons d’abord le moteur n° 7, la surface totale des balais est par pôle 1 200 mm2 et la vitesse circonfércncielle du collecteur est de 7 m.
- La résistance du contact est donc :
- La résistance d’une section est de ; . . 0,0046 et la résistance totale :...........0,0086
- La résistance est donc augmentée de S7p. 100.
- On a dans ce cas :
- -j- î = 1,86. 1,06 = 1,97
- 7. = 1,3
- X =0,3
- La valeur est la moitié de celle que donnerait l’équation (16) par suite de la présence des deux enroulements séparés.
- La nouvelle valeur de r\ est :
- V — i,3 U - 0,34) = 0,86.
- — = 0,247 au lieu de 0,495.
- 20 Prenons, maintenant, le moteur n° 13. Nous tiendrons compte de ce que le moteur fonctionne avec des balais en charbon ; la surface totale de contact est 600 mm2, nous admettrons, comme nous avons dit, une surface de 300 mm2.
- La résislance d’une bobine est 0,0224
- celle du contact sera — ou 0,007 et la résis-300 ’
- tance totale 0,0294. Elle est donc 30 p. 100 plus grande que celle d'une section.
- La valeur est ici :
- “«>,735 X 1,31 = 0,96
- d’ou pour /, (Tableau I) :
- d’ou l’on déduit pour les nouvelles valeurs de r, :
- V = 2,2 (1 —0,43) = 1,25,
- 3-= 0,65 au Jieude 0,85.
- Conclusions.
- Ce que nous venons de dire peut se condenser en quelques règles à suivre dans la construction des machines dynamo-électriques à courant continu.
- a). L’enroulement de l’induit doit être symétrique, et on doit y réduire au minimun les joints et soudures.
- b\ Le nombre de lames du collecteur doit être très grand et en rapport avec la puissance de la machine. Toutefois le diamètre du
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- collecteur doit être réduit autant que possible [équation (12)].
- Pour les machines à haute tension le voltage maximum entre deux touches du collecteur ne doit pas dépasser 30 k 40 volts.
- Pour établir la valeur de cette tension dans les machines à tambour enroulé en série, on peut se servir de la formule :
- « — lÆ
- 1 ~ N, '
- qui montre que les machines k tambour à grand nombre de pôles ne se prêtent pas facilement aux hautes tensions.
- c). Le tableau III conduit k la conclusion qu’une machine est d’autant meilleure que le rapport - est plus petit. Les dynamos pour lesquelles cette quantité est supérieure ko,7 ou 0,8 doivent fonctionner très mal. En pratique on ne devra pas dépasser 0,5. Substituons la valeur 0,7 comme limite maxima dans l’équation (14) ; on trouve :
- i,4
- IO,5lCÉ+2?)pTi
- _pJyptQ
- o,5*cÇpr(
- Cette expression comprend deux inconnues dont l’une $’ peut être évaluée à priori sans grande erreur.
- En particulier la machine n° 19 qui fonctionnait encore convenablement k la moitié de sa charge, donne dans ce cas :
- - . = °i4- 1.05
- o.5- 2,55-2. 0,87.11,15
- d’où l’on déduit :
- >,0165
- I — 1000 ==. 470 ampères
- ce qui est bien k peu près la moitié de la charge.
- d). Pour que -soit petit, il faut que M soit grand. L’équation (15) montre que ceci aura lieu si o est grand et si S, $, s, r, sont petits.
- Si une machine donne des étincelles, on pourra donc l’améliorer en augmentant l’entrefer et éventuellement en coupant les cornes polaires c’est-à-dire en diminuant J3. Toutefois comme on augmente c en même temps,
- il sera bon dé s’assurer par le calcul si l’amélioration n’est pas illusoire.
- Une autre méthode, due à Swinburne, est plus efficace, elle consiste k employer des petits pôles supplémentaires dont l’axe est perpendiculaire à celui des inducteurs et qui servent à fournir la tension Es nécessaire k la commutation. Ces pôles doivent naturellement être excités par le courant même de l’induit.
- Nous avons eu l’occasion, il y a quelques années, de constater les bons résultats obtenus par cette méthode sur une machine installée au nouvel appontement de l’American Line k New-York, aussi nous la recommanderons pour tous les cas où une machine exécutée ne donne pas le débit pour laquelle elle a été établie.
- Nous ne pouvons terminer cette étude sans prier les lecteurs de vouloir bien appliquer la méthode que nous venons d’exposer k des machines existantes et nous serions heureux si les résultats étaient assez d’accord avec l’expérience pour les persuader qu’elle peut rendre quelques services aux électriciens.
- J. Fjschkr-Hinnen
- R E VUE INDUS T RIE E L E ET DES INVENTIONS
- Fabrication du carbure de calcium.
- Procédé Wit.son (3896).
- On traite par l’électricité un mélange de 35 p. 100 de coke et 65 p. 100 de chaux pulvérisés, dans un creuset-de charbon B avec pôle fixe en charbon granulé C et pôle mo-
- (') Cette étude, extraite de YEhklroiecnische Zeitschrift des 17 et 24 septembre, a été revue par l’auteur, lequel y a apporté quelques corrections importantes. (Le Raincy, S.-et-O., 2 octobre). J. F.-H.
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- R J ; V l • E D'ÉLECTRICITÉ
- bile 1) en charbon compact. La dynamo alternative G donne 35 volts et 1500 ampères pour un charbon 1) de 200 mm de diamètre. Le carbure de calcium se produit ainsi, d’après l’auteur, par l’effet seul de la haute température sans action électrolytique, en une masse fondue conductrice dont l’épaisseur entre D et C
- de calcium Wils
- peut sans inconvénient atteindre plusieurs pieds. A mesure de sa formation, ce carbure s’écoule par E et se solidifie en cristaux à cassures bleuâtres irridescentcs. L’emploi du courant alternatif serait beaucoup plus avantageux que celui du courant continu comme pureté du produit et production par cheval. Une fréquence de 50 alternances par seconde serait des plus avantageuses. G. R.
- Câble Felten et Guillaume.
- {1895)
- Sur l’âme conductrice b on enroule d’abord une hélice de coton ou de chanvre u, enve-
- Fig. i. — Câble Felten et Guillaume.
- loppée d’une gaine de papier c, puis une hélice a' entre les pas de la première. O11
- obtient ainsi un isolement solide et très flexible. G. R.
- Trieur électromagnétique Robinson.
- ' (1895;
- Le minerai tombe d’une trémie G sur une toile métallique A déroulée par deux tambours, dont l’un aimanté B, au-dessus
- électromagnétique Robinson.
- d’une série d’électro-aimants E, à galets porteurs e. Les noyaux des électros E et b' sont constitués par des aimants permanents qui continuent à fonctionner en cas de rupture accidentelle du circuit. G. R.
- Détermination de la force électromotrice induite dans une portion d’anneau Gramme tournant dans un champ magnétique uniforme ;
- Par Loi'PÉ ('}.
- « Soient zn le nombre total de spires (ou d’ensembles de spires correspondant à une lame du collecteur) enroulées sur l’anneau ; S la surface d’une des spires (ou d’un des ensembles de spiresi ; X l’intensité du champ
- :*) Bulletin international delà Société des Électriciens, t. XIII, juillet 1896.
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- .26
- L’ÉCLATRAGE ELECTRIQUE
- magnétique ; p le nombre de spires de la portion considérée de l’anneau ; <> la vitesse angulaire de l’anneau.
- » Deux spires consecutives font entre elles
- » Si, a un moment donné, la première spire fait un angle bit avec la direction du champ magnétique, la deuxième spire fera un angle cii + -Î-: etlajt)“ un angle wl + Up-
- » Les flux traversant les diverses spires auront les valeurs
- % S sin wf, 3tS sin(wf — ÿ, ...,
- X S sin (»>f + It),
- » Les forces électromotrices induites dans les diverses spires seront ;
- — to J£ S COS oit..., — *> JC S COS(co /-f G.
- » La valeur instantanée de la f. é. m. induite dans la portion considérée de l'anneau
- » Or on a
- COS a -H COS (a + P) +... + COS [*+{p- I) p]
- sin f p cos +i(g-,)fs]
- 5) En prenant a = iot et (3 = —, on aura
- « La f. é. m. induite dans une portion de l’anneau est donc une f. é. m. alternative simple, dont la valeur efficace est
- » L’anneau peut être muni d’un collecteur
- permettant de recueillir un courant redressé et de bagues permettant d’obtenir des courants alternatifs (enroulement Haselwanderh » Des bagues étant reliées aux points i, 2. 3, 4, 5 et 6 de l'anneau indiqués comme dans
- Fi g. 1.
- la figure 1, on peut recueillir, soit du courant alternatif simple, soit des courants diphasés, soit des courants triphasés.
- » E11 reliant à un circuit extérieur soit les bagues 1 et 4, soit les bagues 2 et 6, on obtient un courant alternatif simple.
- » En reliant simultanément les bagues x et 4 et les bagues 2 et 6 à deux circuits extérieurs, on obtient des courants diphasés.
- » En reliant trois conducteurs aux bagues 1, 3 et 5, et en montant les autres extrémités de ces conducteurs en triangle ou en étoile on obtient des courants triphasés.
- » La ligne des balais destinés à recueillir le courant redressé est perpendiculaire à la direction du champ.
- » Une lame du collecteur correspond à un angle au centre-^------a, a étant l’angle cor-
- respondant a l’intervalle séparant deux lames.
- » Pour trouver la valeur instantanée de la force électromotrice induite, il faut, dans la formule générale, prendre p = n, on a alors
- » La f. é. m. obtenue, correspond à des valeurs de oit variant de
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- »> La valeur delà f. é. m. redressée variera donc de
- E) _ wjcS —Sint- JL+-1--JL
- T va f.
- i. efficace est
- = JtS 1 ^ . cos ^ — -Ç]
- » Si 2 n. le nombre de lames du collecteur.
- A
- Fig. 2.
- est très grand, la f. é. m. est à peu près constante. et sa valeur est
- » La f. é. m. redressée obtenue quand le collecteur a un très grand nombre de lames, est égale à vT fois la f. é. m. dans le cas du courant alternatif simple.
- » Courants diphasés. — La f. é. m. efficace dans l’une des phases (entre i et 4 ou entre 2 et 6) est égale à celle du courant alternatif simple.
- » La différence de potentiel efficace entre les deux phases (entré 1 et 2, ou entre 2 et 4, ou entre 4 et 6, ou entre 6 et 0 est égale à la f. é. m. efficace développée dans une portion d’anneau ayant — spires ; elle est donc
- ou égale à 0,707 fois la f. é. m. efficace du courant alternatif simple, ou à la moitié de la f. é. m. du courant continu.
- » Courants triphasés. — Entre les bagues 1 et 3, on a —^—spires: il faut donc prendre
- p ;— ——• dans la relation donnant la valeur r 3
- de la f. é. m. efficace ; on aura
- E=«tfS------—>
- ou, en remplaçant le sinus par l’arc,
- . _ anwJCS _ 4 « N JC S L “ t. ~ 1 60 ’
- N étant le nombre de tours par minute.
- » Courant alternatif simple. — Entre les bagues 1 et 4 ou 2 et 6, on doit, dans la formule générale, prendre p = n.
- » La différence de potentiel efficace, mesurée entre les points 1 et 3, ou 3 et 5, ou 5 et 1, est donc égale à 0,866 fois la f. é. m. efficace du courant alternatif simple.
- » Récapitulation. — Si la différence de potentiel efficace entre les bagues 1 et 4
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- L’KC LAI RAGE ÉLECTRIQUE
- ou entreles bagues 2 et 6 est prise comme unité, on aura
- Pour le courant continu (2n très grand),
- f- é. m.................................. vT
- Pour le courant monophasé, ou dans chaque phase de courants diphasés, f. é. m. efficace. 1 Entre les deux phases des courants diphasés,
- d. d. p. efficace..........................0,707
- Entre les deux phases des courants triphasés, d. d. p. efficace......................... o,S6G
- » En mesurant les différences de potentiel entre les diverses bagues d’un alternateur construit par la Société l’Eclairage électrique pour le Laboratoire central, 011 a trouvé 0,707 pour la différence de potentiel efficace entre les deux phases pour les courants diphasés et 0,858 pour celle trouvée entre les deux phases du courant triphasé. «
- Les transmissions électriques dans les ateliers ; Par A.. Hilî.mret)1)-
- Les diagrammes qui suivent ont été relevés par M. Hillairet, sur des appareils sortant de ses ateliers, àU’aide d’un ampèremètre enre-
- gistreur Richard muni d’un amortisseur à mélange de glycérine et d’eau.
- Les ordonnées indiquent l’intensité du courant à chaque instant ; les abscisses sont proportionnelles au temps et se déroulent entraînées par un mouvement d’horlogerie.
- Les ateliers de l’artillerie, à Puteaux, ont établi en 1889 une menuiserie dont toutes les machines sont commandées électriquement par des moteurs séparés.
- Cette menuiserie a un caractère spécial : il y a des moments où elle débite peu, où de rares outils travaillent et où beaucoup d’outils chôment, et il y en a d’autres où toutes les machines tournent sans arrêt jour et nuit. De plus, elle est éloignée de la salle des machines motrices. Cette distribution électrique est l’une des premières, sinon la première, judicieusement projetée et exécutée: elle a longtemps servi d’exemple.
- Les réceptrices des ateliers de Puteaux ont leurs inducteurs à enroulement compound.
- Les ordonnées des diagrammes 11e sont pas rigoureusement proportionnelles aux efforts développés, mais elles s'en éloignent peu. et donnent, en tout'eas, l’image fidèle de leurs
- mmm.
- mMmmm
- Fig- 3- — &Typc np:T Scie circulaire.
- variations. Le produit du nombre d’ampères par le nombre de volts lus aux bornes de chaque réceptrice donne la puissance électrique absorbée ; un tarage préalable au frein de chaque réceptrice la tranforme en véritable dynamomètre.
- (’) Voir L’Eclairage Électrique du 10 octobre, p. 79.
- La figure 3 est un diagramme relevé sur une scie circulaire; on y voit clairement l’effort du démarrage sous une mise en marche un peu brusque, puis les efforts développés pendant le sciage de madriers de sapin et l’arrêt. Après celui-ci, l’électricien des ateliers montre au menuisier qu’il faut plus de ménagement au démarrage, et sa manœuvre
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- plus douce est enregistrée à la tin du dia- | l'fig. 4) montre que, près de trois minutes gramme. après la mise en marche, il s’est produit une
- Le diagramme relevé sur la scie à ruban | rupture du ruban, aussitôt remplacé. Mêmes
- Fig. 4. — Type n° 4 bis. Scie à ruban.
- observations que précédemment pour les f plus régulière et qui se répartit sur un temps mises en marche brusque et lente. j plus long que dans les précédentes machines :
- La raboteuse ''diagramme fig. 5) a une action ! les madriers sont poussés sous l’outil où ils
- WUîfMi.
- Fig. 5 et 6. — Machine à raboter. — Machine à percer, 3 broches.
- se succèdent sans interruption jusqu’à l’arrêt.
- La figure 6 donne le diagramme du courant pris pour une machine à percer à trois broches pour emballages en bois des obus. Le travail est faible ; les dents très rapprochées du diagramme permettent de compter le nombre des opérations de perçage.
- En 1888, le chemin de ferdu Nordaétudié. construit et installé deux cabestans électri-
- ques d’essai:1'; : il s’agissait de voir's’il était pratique d’utiliser pendant le jour la machinerie des usines d’éclairage des gares, à la manutention des wagons et locomotives. Or cette compagnie compte actuellement plus de 150 cabestans électriques en service.
- (4 suivre.)
- i1; La Lumière Électrique.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 1
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Recherches sur les propriétés explosives de l’acétylène;
- Par Berthelot et Vieille (').
- « L’acétylène est un composé endother-mique, dont la décomposition en éléments dégage à peu près la même quantité de chaleur que la combustion d’un volume égal d’hydrogène, formant de la vapeur d’eau. Ce Caractère, découvert par M. Berthelot, l’a conduit k faire détoner l’acétylène au moyen de l’action excitatrice de l’amorce au fulminate de mercure, en opérant à volume constant [Sur la force des matières explosives,
- t. i.p. io9).
- » L’importance industrielle acquise récemment par l’acétylène dans l’éclairage nous a engagés à rechercher les conditions précises dans lesquelles ses propriétés explosives étaient susceptibles de se manifester, et. par conséquent, à signaler les précautions que réclame son emploi pour la pratique.
- » I. Influence de la pression. — Sous la pression atmosphérique et à pression constante l’acétylène ne propage pas, à une distance notable, la décomposition provoquée en un de ses points. Ni l'étincelle, ni la présence d’un point en ignition, ni même l'amorce au fulminate, n’exercent d’action, au delà du voisinage de la région soumise directement à réchauffement ou à la compression. MM. Maquenne (2) et Dixon ont publié, sur ce point, des observations intéressantes.
- » Or nous avons observé qu’il en est tout autrement, dès que la condensation du gaz est accrue, et sous des pressions supérieures * (*)
- (’) Comptes rendus, t. CXXIII, p. 523, séance du 5 oc-
- (*) Comptes rendus, CXXI, 1895.
- à deux atmosphères. L’acétylène manifeste' alors les propriétés ordinaires des mélanges tonnants. Si l’on excite sa décomposition par simple ignition en un point, à l’aide d’un simple fil de platine ou de fer, porté à l’incandescence au moyen d’un courant électrique, elle se propage dans toute la masse, sans affaiblissement appréciable.
- » Nous avons observé ce phénomène sous des longueurs de 4 m, dans des tubes de 20 mm de diamètre. Cette propriété peut être rapprochée de rabaissement de la limite de combustibilité des mélanges tonnants sous pression ; elle est vraisemblablement générale dans les gaz endolhenniques.
- » Décomposition de l’acétylène galeux. — Le tableau suivant renferme les pressions et les durées de réaction, observées lors de l’inflammation de l’acétylène au moyen d’un fil métallique rougi au sein de la masse gazeuse, sous diverses pressions initiales :
- » La dernière vitesse est encore très inférieure à celle de l’onde explosive dans le mélange oxhydrique.
- » Après la réaction, si l’on ouvre l’éprouvette en acier, munie d’un manomètre crusher, dans laquelle a été opérée la décomposition, on la trouve entièrement remplie d’un charbon pulvérulent et volumineux, sorte de suie légèrement agglomérée, qui épouse la forme du récipient et peut en être retirée sous la forme d’une masse fragile. Quant au gaz provenant de la décomposition,
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- il a etc trouvé formé d’hydrogène pur. Aussi la pression finale, après refroidissement, est-elle exactement égale à la pression initiale.
- » La décomposition s’effectue donc suivant la formule théorique
- C3H2= C2+ H2.
- ,> Le tableau ci-dessus démontre que, sous des pressions initiales de 21 kg environ, tensions égales à la moitié de la tension de vapeur saturée de l'acétylène liquide, à la température ambiante de 20°, l’explosion . décuple la pression initiale.
- » La température développée au moment de la décomposition explosive peut être évaluée de la façon suivante.
- » La chaleurproduite serait de -h 58,2 calories, si le carbone se séparait à l’état de diamant; mais pour l’état de carbone amorphe, elle se réduit à -]• 51,4 calories. D’autre part, la chaleur spécifique à volume constant de l’hydrogène, H2, à haute température, est représentée, d’après nos expériences, par la formule
- » Admettons la chaleurspécifique moyenne, déterminée par M. Violle pour les hautes températures, nous aurons pour C2 — 24 gr la valeur
- 8^ + 0,00144t.
- » D’après ces nombres réunis et l’équation du second degré correspondante, la température de la décomposition à volume constant
- t = 2750° environ
- » Enfin la pression développée serait onze fois aussi grande que la pression initiale; ce qui s’accorde suffisamment avec les résultats ‘observés sous des pressions initiales de 21 kg, pressions assez fortes sans doute pour que le refroidissement produit par les parois puisse être négligé.
- » Pour des pressions moindres, le refroidissement intervient en abaissant les températures, dont la vitesse des réactions est fonc-
- tion et même fonction variant suivant une loi très rapide.
- » Ainsi, la durée de la décomposition de l'acétylène décroît rapidement, à mesure que la pression augmente, et cela non seulement à cause de l’influence moindre du refroidissement, mais aussi par l’effet de la condensation. Observons, d’ailleurs, que le rapport entre la pression initiale et la pression développée est calculé ici d’après les lois des gaz parfaits. Or, ce rapport doit s’élever de plus en plus au delà de la limite précédente, quand les pressions initiales deviennent plus considérables, en raison de la compressibilité croissante du gaz; celle-ci faisant croître la densité de chargement plus vite que la pression, à mesure que le gaz s’approche de son point de liquéfaction.
- » En meme temps que la pression croit, la vitesse delà réaction, disons-nous,augmente, celle-ci s’accélérant avec la condensation gazeuse, et l’on tend de plus en plus à se rapprocherde la limite relative à i’étar liquide. Ce sont là des relations générales, établies par des recherches de M. Berthelot (‘), et notamment par ses expériences sur la formation des éthers. L’acétylène liquéfié en fournit de nouvelles vérifications.
- » Décomposition de Vacétylène liquide. — En effet, la réaction se propage également bien dans l’acétylène liquide,même en opérant par simple ignition, au moyen d’un fil métallique incandescent.
- » Dans une bombe en acier, de 48, 96 cm3 de capacité, chargée avec 18 gr d’acétylène liquide (poids évalué d’après le poids de charbon recueilli;, on a obtenu la pression considérable de 5564 kg par centimètre carré.
- » Cette expérience conduit à attribuer à l’acétylène une force explosive de 9 500, c’est-à-dire voisine de celle du coton-poudre. La bombe renferme un bloc de charbon, aggloméré par la pression, à cassures brillantes et conchoïdales. Ce charbon ne renferme que
- (!) Essai de Mécanique chimique, t. II, p. 94.
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- L’ECLAIRAGE ELECTRIQU
- des traces de graphite, d’après l’examen qu’a bien voulu en faire M. Moissan.
- » La décomposition de l’acétylène liquide parignition simple cstrelativement lente.Dans une expérience (n° 41) pour laquelle la densité de chargement était voisine de 0,15, la pression maximum de 1500 kg par centimètre carré a été atteinte en g ms, 41 (g millièmes de seconde'. Le tracé recueilli sur un cylindre enregistreur indique un fonctionnement statique de l’appareil crusher, en deux phases distinctes, l'une durant environ un millième de seconde (soit 1 111s. 17}, élève la pression à 553 kg; la deuxième phase, plus lente, conduit la pression à 1500 kg, au bout de 9 ms. 41, en tout. Ces deux phases répondent, probablement, Tnnc à la décomposition de la partie gazeuse, l’autre à celle de la partie liquide.
- » Nous avons retrouvé les memes caractères de discontinuité dans plusieurs tracés, concernant la décomposition de mélanges gazeux et liquides.
- » Il résulte de ce qui précède que toutes les fois qu’une masse d’acétylène gazeuse ou liquide, sous pressioyi, et surtout à volume constant, sera soumise à une action susceptible d’entraîner la décomposition de l’un de ses points, et, par suite, une élévation locale de température correspondante, la réaction sera susceptible de sc propager dans toute la masse. Il reste à examiner dans quelles conditions cette décomposition en éléments peut être obtenue.
- » II. Effets de choc. — On a soumis au choc obtenu soit par la chute libre du récipient, soit par l’écrasement au moyen d’un mouton, des récipients en acier de 1 litre environ, chargés, les uns d’acétylène gazeux comprimé à 10 atmosphères, les autres d’acétylène liquide, à la densité de chargement 0,3 (300 gr
- » i° La chute réitérée des récipients tombant d’une hauteur de 6 m sur une enclume en acier de grande masse n’a donné lieu à aucune explosion.
- » 20 L’écrasement des mêmes récipients, sous un mouton de 280 kg tombant de 6 ni de hauteur, n’a produit ni explosion ni inflammation, dans le cas de l’acétylène gazeux comprimé à 10 atmosphères.
- » Pour l’acétylène liquide, dans notre expérience, le choc a été suivi à un faible intervalle d'une explosion. Ce phénomène paraît attribuable, non à l’acétylène pur, mais à l’inflammation du mélange tonnant d’acéty-lcne et d’air, formé dans l’instant qui suit la rupture du récipient. L’inflammation est déterminée sans doute par les étincelles que produit la friction des pièces métalliques projetées. Ce qui nous amène à cette opinion, c’est l’examen de la bouteille. En effet, celle-ci a été simplement rompue parle choc, sans fragmentation, ni trace de dépôt charbonneux : d’où il résulte que l’acétylène n’a pas été décomposé en ses éléments, mais qu’il a simplement brûlé sous l’influence de l’oxygène de l’air.
- » De semblables inflammations, consécutives à la rupture violente d’un récipient charge de gaz combustible, ont, du reste, été observées dans de nombreuses circonstances, et notamment dans certaines ruptures de récipients chargés d’hydrogène, comprimé à plusieurs centaines d’atmosphères.
- » 30 Une bouteille en fer forgé, chargée d’acétylène gazeux comprimé à 10 atmosphères, a subi également sans explosion le choc d’une balle animée d’une vitesse suffisante pour perforer la paroi anterieure et déprimer la seconde paroi.
- » 4° Détonation par une amorce au fulmi-
- » Une bouteille de fer, chargée d’acétylène liquide, a été munie d’une douille mince, permettant d’introduire une amorce de 1,5 gr de fulminate de mercure, au milieu du liquide. Le tout a détoné avec violence, par l’inflammation de l’amorce. La fragmentation de la bouteille présentait les caractères observés dans l’emploi des explosifs proprement dits. Les débris sont recouverts de carbone, pro-
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- venant de la décomposition de l’acétylène en ses éléments.
- » III. Effets calorifiques. — Plusieurs causes d’élévation de température locale paraissent devoir être signalées dans les opérations industrielles de préparation, ou d’emploi de l’acétylène.
- » i° La première résulte de l’attaque du carbure de calcium en excès par de petites quantités d’eau, dans un appareil clos. M. Pictet a rapporté un accident de cette nature. Il y a lieu dès lors de redouter, dans la réaction de .l’eau sur le carbure, des élévations de température locales, susceptibles de porter quelques points de la masse à l’incandescence : l’ignition de ces points suffisant, d’après les expériences que nous venons d’exposer, pour déterminer l’explosion de toute la masse du gaz comprimé.
- » L’éicvation locale de la température ainsi provoquée peut d’ailleurs développer des effets successifs, c’est-à-dire déterminer d’abord la formation des polvmères condensés de l'acétylène (benzine, styrolène, hy-drure de naphtaline, etc.), étudiés en détail par l’un de nous '{Annales de Chimie et de Physique, 4e série, t. XII, p. 52 ; 1867). Cette formation même dégage de la chaleur, et la température s’élève ainsi, dans certaines conditions, jusqu’au degré où la décomposition de l’acétylène en ses éléments devient totale, et même explosive.
- » 20 D’autres causes de danger, dans les opérations industrielles, peuvent résulter des phénomènes de compression brusque, lors du chargement des réservoirs du gaz; ainsi que des phénomènes de compression adiabatique, qui accompagnent l’ouverture brusque d’un récipient d’acétylène sur un détendeur, ou sur tout autre réservoir de faible capacité. On sait, eu effet, qu’il a été établi, par des expériences effectuées sur des bouteilles d’acide carbonique liquide, munies de leur détendeur, que l’ouverture brusque du robinet détermine, dans ce détendeur, une élévation de température susceptible d’en-
- traincr la carbonisation de copeaux de bois, placés dans son intérieur. Dans le cas de l’acétylène, des températures de cet ordre pourraient entraîner une décomposition locale susceptible de se propager, a rétro, dans le milieu gazeux maintenu sous pression, et jusqu’au réservoir.
- » 30 Un choc brusque, dû à une cause extérieure capable de rompre une bouteille, ne paraît pas de nature à déterminer directement l’explosion de l’acétylène. Mais la friction des fragments métalliques les uns contre les autres, ou contre les objets extérieurs, est susceptible d’entlammcr le mélange tonnant constitué par l’acétylène et l’air, mélange formé consécutivement à la rupture du récipient.
- » En résumé, il nous a paru utile et nécessaire de définir plus complètement, au point de vue théorique, et par des expériences précises, ie caractère explosif de l’acétylène, et de signaler, au point de vue pratique, quels accidents peuvent se produire, dans les conditions de son emploi. Hàtons-nous d’ajouter que ces inconvénients ne sont pas, à nos yeux, de nature à compenser les avantages que présente cette matière éclairante, et à en limiter l'usage. Il est facile, en effet, de parer à ces risques par des dispositions convenables, indiquées par nos expériences; telles que, d’une part, l’opérateur évite un écoulement trop brusque du gaz comprimé au travers des détendeurs, et que, d’autre part, il prenne soin d’absorber à mesure la chaleur produite par les compressions et réactions intérieures des appareils, de façon à y prévenir toute élévation notable de température. »
- Recherches sur les rayons X;
- Par Antonio Roiti P).
- L’auteur débute par la description de l’appareil employé dans la plupart de scs recherches. Le tube est cylindrique; sa lon-
- pj Renàiccnti â. Aie. âA LincA,t- CCXCIJ, juillet J 896.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- gueur est de 15 cm environ, son diamètre de 3 cm; à l'une de ses extrémités, étirée en pointe, est soudé, suivant l’axe, un fil métallique portant une petite calotte sphérique servant de cathode et dont le foyer est à 1 cm environ au delà de l’autre extrémité du tube; les bords de cette extrémité sont rodés et sur eux s’appuie une plaque d'aluminium de 2 mm d’épaisseur fermant le tube et servant à la fois d’anode et d’anticatbode.
- Généralement, deux tubes de ce genre, aussi identiques que possible, sont soudés aux extrémités des branches d’un tube de verre en Y relié à une trompe, de manière à ce que leurs axes soient dans le prolongement l’un de l’autre et leurs anodes en regard et à 5 cm environ de distance.
- Quand les deux tubes ainsi disposés sont reliés en parallèle aux bornes d’une bobine de Ruhmkorlf de grandes dimensions, la décharge produit une phosphorescence verte sur toutes les parois du tube, mais surtout dans le voisinage des plaques anticathodiques. ce que l’auteur attribue à une réflexion probable sur ces plaques. Si l’on relie les tubes en série, c’est-à-dire la cathode de l’un avec le pôle négatif de la bobine et l’anode de l’autre avec le pôle positif, l’anode du premier étant reliée par un fil métallique à la cathode du second, ce dernier tube ne présente plus la phosphorescence verte toujours observée dans l’autre, mais il s’y forme une traînée blanchâtre partant du tube de communication avec la trompe et aboutissant sur la plaque d’aluminium. L’auteur attribue ce phénomène à une dissociation du gaz résiduel.
- En plaçant une plaque photographique devant la cathode du tube non phosphorescent (celui dont l’anode est reliée au pôle positif de la bobine;, cette plaque n’est pas impressionnée. Suivant l’auteur ce résultat provient de ce que les rayons X ne peuvent émaner de particules gazeuses. Il trouve une confirmation de cette opinion dans ce fait qu’un tube ayant pour électrodes deux anneaux concentriques, 11e donne aucun effet
- photographique suivant la direction axiale, même après 7 heures de pose.
- lôans d’autres expériences faites avec un tube à cathode concave et à anode annulaire, de manière à ce que les rayons cathodiques viennent frapper le fond du tube, il a constaté la dissociation de l’acide sulfurique. Quelques gouttes de cet acide étaient placées au fond du tube, et le vide fait dans le tube après interposition d’un récipient refroidi à — io° C sur le trajet du tube de communication. La décharge produisait une vive phosphorescence verte, bientôt remplacée par une lueur bleue d’intensité croissante. Après une heure de passage de la décharge, l’analyse des gaz extraits par la trompe indiquait la formation de 3,6 cm3 d’anhydride sulfurique et de 0,7 cm3 d’oxygène.
- M. Roiti décrit' ensuite un photomètre pour rayons X. Il se compose d’un prisme rectangulaire reposant par sa face hypoténuse contre le fond d’une boîte métallique épaisse dont les parois latérales en regard des deux autres faces du prisme sont percées de fenêtres fermées par des feuilles minces munies d’écrans; ces deux faces sont recou-v-rtes d’une substance phosphorescente, telle que le platinocvanure de baryum cristallisé. Un oculaire fixé sur la boîte permet de voir en meme temps ces deux faces. Lorsqu’on veut comparer les rayons X émis par deux tubes, on place ceux-ci en face des fenêtres de l’appareil et on modifie l’ouverture des écrans jusqu'à ce que les éelairements paraissent égaux; si l’on veut comparer un tube à une source lumineuse, on éclaire l’une des fenêtres, dont la lame d’aluminium est remplacée par une lame de verre de cobalt, par une lampe à incandescence.
- L’auteur passe alors à la relation de ses expériences sur la transmission des rayons X à travers les corps. Il a trouvé, i° que l’ordre de transparence de diverses substances (cuivre de 0,1 mm, fer étamé de 0,3 mm, aluminium de diverses épaisseurs jusqu'à 8 mm, verre de 2,3 mm, etc.) était la même pour tous les tubes examinés; 20 que l’ordre
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- des intensités de divers tubes reste le même quand on change la bobine qui les actionne, ou la force électromotrice; 3" que le pouvoir pénétrant des rayons émis par un tube ne varie pas proportionnellement au pouvoir d’exciter la phosphorescence, quand on change la bobine (dans certains cas, par exemple, en faisant éclater les étincelles entre l’anode et le pôle positif de la bobine, on peut observer une augmentation du premier de ces pouvoirs en même temps qu’une diminution du second); 40 que les rayons X avant traversé une substance quelconque, traversent plus facilement qu’auparavant non seulement cette substance elle-même, mais aussi toute autre substance, en d’autres termes que le pouvoir absorbant d’une lame diminue à mesure que l’on interpose sur le trajet des rayons X qui viennent la frapper un plus grand nombre d’écrans.
- Les deux derniers résultats conduisent à cette conclusion qu’il est impossible de dresser une table de transparence des corps pour les rayons X sans indiquer la source de ces rayons et les substances qu’ils ont traversées avant de tomber sur ces corps.
- Il convient également de spécifier la substance phosphorescente utilisée dans le photomètre, les ' expériences ayant montré que lorsque le photomètre contenait trois couches parallèles de platinocyanure de baryum, de fluouranate d’ammonium et de tungstate de calcium, il était impossible de trouver une position d’éclairement uniforme des deux moitiés du champ. J. R.
- Deux nouvelles expériences sur la polarisation des membranes métalliques minces. Réponse à M. Arons; par H. Luggin (* *).
- L’auteur répond aux critiques que M. Arons(2) a adressé à son explication des
- ’ {') Wid. Ann., t. I,VII, p. 700.
- (*) Arons. Wied., t. LVJI, p. 201. L'Éclairage Électrique, t. VI, p. 570, 21 mars 1896.
- phénomènes en question, M. Arons prétendant que les expériences de M. Luggin («) s’expliquent plus facilement dans sa manière de voir que dans la théorie proposée par ce der-
- 1. Tv.cs membranes dont s'est servi M. Arons et qui avaient une épaisseur de 0,0002 mm, étaient beaucoup plus perméables au courant que celles de tous les autres observateurs; car il 11e serait pas difficile de trouver des feuilles d’or de même épaisseur, et qui au moins par endroits soient 20 fois moins perméables. En outre ces feuilles sont si poreuses que 99 p. 100 du courant assurément passe par les pores et rien ne prouve que le reste du courant ne suit pas le même chemin.
- 2. L’expérience suivante permet de comparer immédiatement la perméabilité des membranes employées par l’un et l’autre expérimentateur. M. Luggin colle une feuille d’or de 0,0000937mm sur des feuilles de mica percées de trous de 1 mm de diamètre ; après avoir étudié les feuilles d’or au microscope, il choisit celles dont les pores sont les moins nombreux et découpe les lames de mica en petits carrés de 2 cm de côté, chacun ayant en son centre l’une des ouvertures recouvertes d’or. L’une de ces petites lames est collée, l’or en dehors, sur une plaque d’ebonite percée d’un trou ayant 7 mm de diamètre. Cette plaque d’ébonitc sert de paroi latérale à une ange dont toutes les autres parties sont en verre. Cette auge est plongée dans une cuve plus grande remplie d’une solution sulfurique à 5 p. 100, de manière que cette solution recouvre le bord supérieur de la lame de
- Une électrode en zinc plonge dans la cuve, une autre dans l’auge servant à amener le courant fourni par un accumulateur. Un rhéostat permet de régler l’intensité du cou-
- Par 2 tubes capillaires remplis de liquide, recourbés de manière à venir se terminer très
- j1) Luggin. IVied. Ann., t. LVI, p. 346. L'Éclairage Électrique, t. VI, 178. 25 janvier 1896.
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- L’ÉCLAIRAGE É L E C T RIQ U E
- près de la membrane, on prend la différence de potentiel entre 2 points voisins de part et d'autre de cette membrane ; cette différence de potentiel est mesurée par la méthode de compensation, au moyen d’un éleciromètre capillaire.
- Le quotient de cette différence V par la résistance lue sur le rhéostat donne l’intensité I du courant. La même mesure est répétée après avoir enlevé la membrane, soient Y' et I' les valeurs trouvées. La différence
- -q-------p- représente la résistance apparente
- delà membrane correspondant à l'intensité I. Voici quelques résultats :
- 0,001296
- 0,001725
- 0,002485
- >,0914
- V663
- >,601 845
- >,974 7 52
- 1,289 748
- 1,442 58T
- Pour les densités de courant inférieures, la résistance apparente de la membrane est à très peu près indépendante du courant et voisine de 548 ohms. L’augmentation qui s’observe lorsque la densité atteint o.ogiq amp-cm3 est due vraisemblablement à du gaz dégagé dans les canaux de la membrane. D’après la disposition de l’expérience, la polarisation de la membrane doit se produire presque exclusivement sur la face tournée vers le mica : en effet la surface de ce côté est en chiffres ronds 500 fois plus petite que l’autre et par conséquent la densité du courant y est 500 fois plus grande. Les phénomènes relatifs au retard de Pélectrolvse sont du reste trop peu connus pour qu’on puisse en tirer des arguments certains, et M. Lug-gin ne considère pas comme une explication l’hypothèse de M. Arons d’après laquelle les couches doubles de polarisation se produiraient brusquement quand l’intensité du courant est 0,0006 à 0,0007 ampère, sans avoir d’influence l’iine sur l’autre.
- E11 crevant la membrane avec un ril de platine, on abaisse la résistance à 56,4 ohms. En démontant l’appareil, 011 s’aperçut que les 2/3 environ de la membrane étaient écartés de la
- fenêtre; il faut donc prendre 38 ohms pour la résistance de la fenêtre et 511 ohms pour la résistance apparente de la membrane soit 3.98 ohms par cm2.
- En superposant 2 feuilles d’or semblables, l'intervalle étant rempli de liquide, on trouve une résistance de plus de 8 ohms par cm2. Si on emploie des feuilles plus épaisses, on trouve que les résistances apparentes croissent plus vite que les dimensions linéaires.
- Les membranes employées par M. Arons n’étaient pas très résistantes et on pouvait sans grande difficulté en réaliser qui présenteraient au courant une résistance 20 fois plus grande. .
- D’autre part, pour comparer les expériences faites par les différents observateurs, il faut tenir compte de la conductibilité de la solution. Les mesures semblent indiquer que la résistance de la membrane est proportionnelle à la conductibilité de la solution.
- On trouve alors que la résistance croît avec l’épaisseur, très rapidement, mais sans qu’011 puisse assigner de loi déterminée à cette variation.
- 4. On peut déterminer dans chaque cas la part qu’il convient d’attribuer au passage de l’électricité dans les pores de la feuille d’or: cette part doit naturellement diminuer quand on augmente la dilution du liquide puisque alors la conductibilité diminue; au contraire le courant qui entretient la polarisation augmente dans ces conditions. D’après M. Lug-gtn, ces faits ne peuvent s’expliquer qu’en admettant que les gaz mis en liberté par le courant se diffusent dans la membrane avec une vitesse d’autant plus grande qu’ils sont dégagés sous une pression plus forte ; or cette pression doit être plus considérable dans les liquides étendus, car il doit être plus facile de décomposer 1 gr d’eau dans une solution étendue, tout comme il est plus facile de le vaporiser ou de le congeler.
- Dans une série d’expériences, la résistance de la fenêtre sans membrane d’or a été trouvée égale à 1 800 ohms et avec la membrane a 32 000 ohms ; la résistance de la membrane
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- était donc égale à 30 200 ohms, soit 254 par cm2-
- Si les polarisations s’équilibrent des 2 côtés de la membrane, il est impossible que la'diffusion se fasse dans une proportion plus large que celle correspondant à une conductibilité
- aP _L- ohm par cm®. Comme les différences u 254 1
- de potentiel semblent croître jusqu’à 0,4 volt avec l’intensité du courant, tout comme s’il s’agissait d’une résistance ordinaire, on a affaire seulement à la conductibilité des pores.
- Pin supposant qu’une fraction de cette conductibilité soit d’ohm ou -j— de la conductibilité observée par M. Arons soit due au métal, il reste ohm pour les pores ; la
- feuille d’or aurait eu dans ce cas une résistance de 8,89 ohm par cm8, c’est-à-dire qu’elle n’aurait pas été de moitié aussi poreuse que la feuille utilisée dans l’expérience décrite § 2, l’expérience effectuée sur les deux feuilles ne permet pas cette hypothèse.
- .M. Luggin accorde à M. Arons que cette diffusion du gaz, à travers les pores, si elle doit exister théoriquement, est difficile à démontrer expérimentalement avec des polarisations aussi faibles. Dans l’avenir, il vaudrait mieux opérer non pas avec des feuilles d’or battues, mais avec des feuilles laminées entre 2 lames de cuivre et en dissolvant ensuite le cuivre dans l’acide azotique : ces feuilles seraient certainement moins poreuses.
- M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- The altemate Current Transformer in Theory and Pratice ; par J .-A. Fleming ; premier volume, nouvelle édition. Série de The Electricien.
- be traité de M. Fleming fui le premier ecnt sur les transformateurs à courants alternatifs. Edité pour la première foisen 1889, il est resté jusqu’ici l’ouvrage le plus complet sur ce sujet.
- Dans cette nouvelle édition, l’auteur tout en conservant les memes divisions que dans l’ancienne a refait presque complètement la plupart des chapitres tant pour donner à certaines démonstrations un plus grand caractère de simplicité que pour meure son livre au courant des progrès si rapides qu’ont faits les transformateurs h courants alternatifs depuis quelques années.
- Après ,une introduction historique l’auteur aborde l’induction électromagnétique ; cecha-pitre consacré uniquement aux définitions générales est remarquable surtout par sa' concision.
- La théorie des courants alternatifs sinusoïdaux fait l’objet du chapitre suivant qui est traité avec beaucoup de développements. M. Fleming y donne tout d’abord les générations de la sinusoïde par divers procédés et en particulier à l’aide de la cycloïde; puis après la définition des valeurs moyennes et efficaces et de la self-induction, l’auteur établit l’équation fondamentale.
- La représentation graphique des fonctions sinusoïdales vient ensuite.
- La théorie du wattruètre déduite de l’étude de deux circuits inductifs en dérivation et développée très longuement.
- La définition de l’induction mutuelle conduit l’auteur à donner la théorie graphique du transformateur sans fer.
- La combinaison d’une capacité et d’une résistance, d’une capacité shuntée par une résistance et en série avec une self-induction, l’étude des variations du courant au moment où l’on ferme un circuit inductif ou capaci-taire sur une différence de potentiel sinusoïdale, enfin quelques considérations sur les valeurs efficaces des fonctions périodiques non sinusoïdales terminent ce chapitre.
- Le chapitre iv s’occupe de la self-induction et de l’induction mutuelle. Après l’exposition des recherches expérimentales de Henry sur ce sujet. M. Fleming prend la théorie mathématique de l’induction mutuelle de deux
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- circuits, ce qui le conduit à la comparaison entre les résultats expérimentaux et les résultats théoriques.
- A signaler également, dans ce chapitre, la théorie de l’écran magnétique et l’action des masses métalliques dans les bobines d’induction ; la réaction du circuit secondaire sur le primaire; la balance de Hugues‘et le sonomètre : les répulsions électromagnétiques (expériences d’Elihu Thomson', etc.
- La théorie dynamique de l’induction fait l’objet du chapitre suivant.
- L'auteur rappelle tout d’abord la théorie électromagnétique puis la théorie des tourbillons moléculaires de Maxwell. Il fait ensuite la comparaison entre cette théorie et l’expérience en ce qui concerne la relation de Maxwell entre l’indice de réfraction et le pouvoir inducteur spécifique. Après un paragraphe sur la vitesse de propagation des perturbations électriques nous arrivons à l’étude des oscillations électriques, où M. Fleming passe successivement en revue les décharges continues et oscillantes dans les condensateurs ; le rôle du condensateur dans les bobines d'induction; l’expérience de Lodge, dite des chemins alternatifs ; la théorie de cette expérience et enfin les expériences de Hertz auxquelles il consacre plus de la moitié de ce chapitre.
- Nous rentrons ensuite dans une question d’un ordre scientifique moins élevé, celle du transformateur industriel. L’auteur classe les transformateurs de la façon suivante :
- a. Transformateurs à fer ou à circuit magnétique partiellement en fer ;
- b. Transformateurs sans fer.
- Les premiers se divisent en deux catégo-
- i° Transformateurs h circuit magnétique fermé;
- 20 Transformateurs à circuit magnétique ouvert.
- Au point de vue de leur application les transformateurs se divisent en :
- Transformateurs à voltage constant, ser-
- vant à transformer une différence de potentiel dans un rapport donné;
- Transformateur à courant constant servant à transformer un courant dans un rapport donné.
- Suivant que ces appareils servent à augmenter ou abaisser la tension ou le courant, ils se partagent encore en se transformateurs élévateurs et en transformateurs abaisseurs de tension ou de courant.
- La question de la détermination des courbes périodiques esttraitée dans ce chapitre et l’auteur en profite pour donner un grand nombre de courbes de tension et de courant relevées sur des alternateurs Thomson-Houston, Mordey, Westinghouse et sur le primaire des transformateurs des mêmes inventeurs, pour différentes charges et à circuit secondaire ouvert. La décomposition suivant les premières harmoniques de ces courbes est également représentée.
- Un paragraphe suivant est consacré à la déduction des courbes d’hytérésis et de puissances à l’aide des courbes périodiques précédentes.
- L’auteur reproduit ensuite, pour terminer ce chapitre, les intéressants travaux qu’il a effectués en 1894 sur le rendement des transformateurs eten y joignant les expériences de M. Roessler concernant l’effet de la forme de la courbe périodique de la tension primaire sur le courant et sur le rendement des transfor-
- Une théorie générale du transformateur et quelques considérations sur les pertes dans le fer des transformateurs terminent ce chapitre.
- Enfin trois notes sont annexées à l’ouvrage,
- i° L’expression.de la force magnétique en un point du plan dans un courant circulaire d’après M. Russell ;
- 2" La recherche de l’induction totale dans un so'lénoïde circulaire ;
- 3° L’étalonnement d’un galvanomètre balistique.
- En résumé, cette nouvelle édition du livre
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- de M-Fleining ne pourra qu’accroitre le succès de la première. Nul doute qu’une nouvelle édition du second volume ne paraisse bientôt; aussi les électriciens trouveront comme autrefois dans ce livre tous les renseignements possibles sur les transformateurs.
- F. Guilbkrt.
- Die Grundlehren der Elektricitat ; par \V. Pu.
- Hauck, 3e édit., i vol. in-8°dc3oi pages et 82 figures
- Hartleben, éditeur; Wien, 1896 ; prix 3 marks.
- Les précédentes éditions de cet ouvrage ont été analysées dans le présent journal. La troisième édition a reçu quelques améliorations ; mais l’auteur, comme il nous en avertit lui-meme, a été gêné par l’espace restreint dont il disposait.
- Aussi a-t-il été forcé de réduire, plus peut-être qu'il ne l’eût fallu, certains chapitres. Il était difficile de faire autrement d’ailleurs en conservant le plan primitif du livre. Sur les 300 pages que compte le volume, 60 sont absorbées par l’électrostatique; il me semble que ce nombre n’est pas de proportion avec l'importance que l’électrostatique possède aujourd’hui dans la pratique. D’autre part, l’auteur se borne à signaler la notion de circuit magnétique, qui s’est si bien généralisée depuis quelques années surtout dans les questions relatives aux dynamos. Ces remarques, dont M. Hauck a du reste reconnu par avance le bien-fondé, n’ôtent rien au mérite des chapitres traités, qui-exposent sous une forme simple les principes et les faits dont la connaissance est indispensable au praticien.
- M. L.
- CHRONIQUE
- L'INDUSTRIE ÉLECTRIQUE EN FRANCE
- Paris. — Traction. - - Dans l'assemblée générale du 14 septembre dernier, le Conseil d’administration de la Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson Houston donnait à ses actionnaires les renseignements suivants à propos
- de la substitution prochaine (?) de la traction électrique à la traction animale sur les réseaux de tramways de Paris.
- « En mars dernier, nous vous signalions la part d'intérêt importante que nous nous étions assurée dans l’entreprise de la Compagnie des Tramways de Rouen. Cette affaire répond absolument à toutes nos prévisions. Au point de vue '< installation», le fonctionnement de l’usine électrique et des appareils a été parfait ; au point de vue « rendement » l’exploitation, depuis l’ouverture des lignes à l'électricité, a été constamment en se développant. Les voitures de tramways qui, précédemment, sur certaines lignes du réseau, étaient absolument désertées, sont aujourd’hui fréquentées sans interruption. Les tarifs de transports ont été réduits de près de 33 p. 100, et cependant les recettes ont notablement dépassé celles des périodes antérieures. La nombre desvoyageurs a augmenté dans des proportions considérables.
- De l’aveu de tous les habitants de Rouen, l'établissement des tramways électriques a profondément modifie la situation économique de la ville et lui a apporté un concours qui est de plus en plus apprécié par le'commcrcc, l’industrie et la classe
- Les mêmes résultats se sont produits au Havre, à Lyon, à Bruxelles, à Hambourg, etc.
- Vous comprendrez aisément, Messieurs, qu’il était une ville à laquelle nous pensions toujours et dans laquelle nous aspirions h faire une première application de nos procédés : nous voulons parler de Paris.
- i Trois compagnies importantes se partagent l'industrie des transports en commun de la capitale ; d’abord la grande Compagnie des omnibus, ensuite au nord de la ville et dans les communes suburbaines environnantes, la Compagnie des Tramways de Paris et du département de la Seine ; enfin, au sud, la Compagnie Générale Parisienne desTram-ways, dotée d'un réseau important inlra et extra
- Nous avions songé à demander au conseil municipal de Paris, la concession d’une ou de deux lignes dans l'intérieur de la ville, et lui avions même indiqué quelques tracés variés, parmi lesquels il aurait pu choisir et désigner celui qui lui auraitle mieux convenu comme ligne d'essai. Mais des difficultés spéciales s'opposaient à ce que Tune oul’autre des concessions demandées par nous pùt être obtenue; aussi courrions-nous le risque de ne
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- L’K C L A1R AG K KLECTRIQ U K
- rien pouvoir faire avant quelque temps dans la capitale, lorsque les circonstances nous ont permis de répéter, pour Paris, l'opération que nousavions faite pour Rouen au commencement de l'année courante.
- La plus importante partie des actions de la Compagnie Générale Parisienne de Tramways, autrefois désignée sous le nom de Tramways-Sud, se trouvait entre les mains d’une société anglaise à laquelle nous avons fait une proposition d'achat, basée tant sur la situation actuelle de l'entreprise que sur les résultats possibles à attendre, du fait de la transformation de la traction.
- Après des négociations assez laborieuses, cette opération a été conclue, et nous avons aujourd hui une part prépondérante dans un réseau parisien d'ensemble 73 km, dont 46 dans l'intérieur de la ville, et 27 extra muros.
- Aussitôt cette acquisition réalisée, nous avons fait immédiatement, de concert avec M. G. Aigoin, président de la Compagnie Générale Parisienne de Tramways, les démarches nécessaires auprès de M. le Préfet de la Seine, du conseil municipal de Paris et du conseil général de la Seine, en vue de la transformation aussi rapide que possible de la traction animale en traction électrique.
- A la date du 8 juillet dernier, quelques jours avant la clôture des travaux du conseil municipal et du conseil général, nous avons fait remettre à M. le Préfet de la Seine un dossier complet de nos propositions, comportant l'application de la traction-électrique, ainsi que la réduction des tarifs, moyennant une prolongation au delà de 1910, date d’expiration de la concession actuelle, de l’amortissement du capital à engager dans les installations nouvelles.
- Nous augurons bien du succès de nos propositions; elles sont équitables à tous égards, acceptables par les autorités administratives, désirables pour les populations, et, par suite, avantageuses pour la municipalité et le département qui ont souci des satisfactions à procurer à leurs administrés. Enfin, elles peuvent être réalisées dans des délais relativement courts, d'ici le Ier janvier 1899, c’est-à-dire avant la date si importante de l’Exposition de 1900, pour laquelle la transformation des méthodes de transports dans la capitale devra certainement être accomplie d’une manièregénérale.»
- Paris. — Téléphonie. — La réorganisation du service téléphonique continue activement.
- C'est ainsi que récemment a été ouvert le bureau
- téléphonique de la rue delà Roquette, ce qui permettra de supprimer celui de la rue de Lyon et de dégager en même temps celui de la place de la République, où le service est particulièrement difficile, en raison de l'utilisation d'appareils de l'ancien système et de l’exiguïté des locaux.
- D’ici peu les deux immeubles en construction : l’un rue Chaudron, l'autre boulevard de Port-Royal, donneront le moyen de déplacer, en les agrandissant, les postes centraux actuels de la Vil-lette et des Gobelins.
- Le transfert du bureau de la rue Lecourbe dans un bâtiment à construire avenue de Saxe est décidé; les opérations commenceront prochainement.
- D'autre part, un remaniement presque complet de tout le réseau souterrain a été fait ; les chambres de concentration où les lignes individuelles d'abonnés viennent se grouper en faisceaux de gros câbles ont été multipliées ; le nombre des lignes de service qui relient entre eux les postes centraux a été augmenté, de telle sorte qu’à l'heure actuelle on dispose d’une ligne pour 4 ou 5 abonnés. Tout est prêt pour la mise en service des nouveaux bureaux au fur et à mesure de l’achèvement de leur installation.
- La région centrale de Paris n’a pas été négligée ; il a été décidé qu'un appareil multiple destiné à porter de 6 000 à 12 000 la capacité de l’hôtel Gutenberg serait mis en service très prochainement; il recevra les abonnés de l’avenue de l’Opéra et ceux de la place de la République qui 11'auront pas été répartis entre les circonscriptions de la Roquette et de la rue Chaudron ; les deux bureaux de l’Opéra et de la place de la République disparaîtront à bref délai.
- On a réalisé en même temps d’autres réformes d’ordre administratif dont les abonnésressentiront les bons effets.
- L'insuffisance du personnel nuisait au bon fonctionnement du service téléphonique. En conséquence, 105 emplois de dames, 16 emplois de surveillants et 3 emplois de sous-chefs de section ont été créés.
- Tout en augmentant le nombre des employés, il a été décidé aussi de diminuer le travail quotidien imposé aux téléphonistes en faisant établir une répartition plus rationnelle de la durée du travail de façon à éviter les longues séances et le surmenage, qui sont l'une des causes principales des difficultés dont le public se plaint.
- A cet effet, M. Delpeuch, sous-secrétaire d'État
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- aux Postes et Télégraphes, a donné l’ordre que désormais le travail des téléphonistes soit réparti en deux vacations de trois heures et demie ail maximum chacune.
- Une question qui a également préoccupé l'administration des téléphones est l'appel par numéro de correspondants à correspondants. On sait que ce moven est "beaucoup plus rapide pour l’obtention d'une communication téléphonique que l'appel nominal. Cette question est actuellement à l'étude, et l’on espère la résoudre bientôt, conformément aux intérêts du public.
- Enfin on s'occupe en ce moment d’apporter dans le service des téléphones, une modification qui, sous son aspect très simple, n’en est pas moins de nature à accélérer sensiblement les communications.
- Une des difficultés actuelles provient de ce que la plupart des abonnés négligent de sonner, quand ilsont terminé leur communication, de telle sorte que la plaque indicatrice reste ouverte, ce qui cause dans le bureau une perturbation assez compréhensible.
- M. Delpeuch s'est demandé s'il n'y aurait pas moyen d'obvier à cet inconvénient, et de faire communiquer, par exemple, les crochets de l'appareil téléphonique avec une petite sonnerie qui avertirait le bureau de latin de la communication. De la sorte, l’abonné n'aurait plus à sonneries trois coups réglementaires, et cela se ferait tout seul par le seul fait qu’on accrocherait les récepteurs. C'est cette petite modification dont on s’occupe actuellement, et qui, dans peu de temps, passera dans la pratique.
- Firminy (Nord). — Transport de force dans les ateliers. — Nous apprenons par le Bulletin de la Société de l'Industrie minérale qlie les foyers et aciéries de Firminy emploient l’électricité, non seulement pour l'éclairage de leurs ateliers, mais encore pour la transmission de force motrice à distance. Dans les ateliers de modelage, où l'on confectionne les modèles pour les modelages d’acier et . de fonte, se trouvent une scie à ruban et un rabot actionnés par un moteur électrique de 8,5 che-yaux, puis 2 tours mus chacun par un moteur de 0,2 cheval et une machine à fraiser commandée par un moteur de 0,5 cheval. La vitesse angulaire de tous ces moteurs varie entre 1200 et *5oo tours par minute. L'énergie électrique est fournie par une dynamo du 20 chevaux à iro volts a 900 tours par minute, située à une distance de
- m et actionné par le moteur à vapeur de la
- tréfileric. Dans l'atelier de montage est installée une raboteuse de 3 m de course et 2 m entre montants qu'actionne, par l'intermédiaire d'un double jeu de poulies, un moteur électrique Je s chevaux à 110 volts et à 1100 tours par minute. Dans l'atelier de finissage des rails, l’énergie électrique est fournie par une seconde dynamo située à une centaine de mètres des lieux d'utilisation et actionnée par le moteur à vapeur de l'atelier des essais. Cette dynamo est de 30 chevaux, sa vitesse est de 900 tours comme la précédente et son voltage de 110 volts. Dans l'atelier des essais elle fournit l'énergie à deux moteurs électriques de 4,5 chevaux actionnant l’un une fraiseuse et l'autre une dresseuse, et à trois autres moteurs de 2,5 chevaux actionnant séparément une meule et deux friseuses à double foret. La vitesse angulaire moyenne de ces moteurs est de 1200 tours par minute.
- DIVERS
- Les plus grandes courroies du monde. — O11 se rappelle qu'il y a quelque temps ( voir L'Eclairage Électrique, t. VU, p. 432, 30 mai 1896 . nous parlions d'une courroie gigantesque ayant 2,10 m de largeur. Cette dernière, de fabrication américaine, n’est pas, comme on le prétendait, la plus grande du monde. Le Génie civil du 3 septembre dernier publie à cet effet le résultat d’une enquête faite auprès des fabricants français. Nos industriels prétendent pouvoir fabriquer des courroies Je plus grande dimension et citent, comme preuve à l’appui, différentes applications; notamment celles faites aux établissements de la Société des Glaces de Roux où une transmission de la puissance de 1 400 chevaux s'opère à l'aide d'une seule courroie ayant 2,30 m de large; et chez M. Cosserat à Amiens où 1 600 chevaux sont transmis par une seule courroie de 2,10 ; cette dernière est du type homogène et a 22 mm d'épaisseur. D'autres établissements tels que ceux de M. Darblay, à Essonnes et à Corbcil. possèdent, le premier 4 courroies de 1,60 m de large transmettant 4000 chevaux, et le second, 2 courroies de r/>^ transmettant 2 000 chevaux. On voit donc par ces chiffres, que le qualificatif que les fabricants américains ont approprié à tort à leur fameuse courroie a été quelque peu exagéré
- Résistance d'isolement des membranes organiques. — Nous lisons dans The Lancet que M. B.
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- Ward Richardson a fait récemment quelques expériences sur l'isolement des membranes organiques provenant d'un mouton. L'auteur employait une pile composée de 24 éléments dans le circuit de laquelle étaient intercalés un galvanomètre et un commutateur graduatcur, permettant d'utiliser un nombre variable d'éléments, à la volonté de l'opérateur. Des deux extrémités libres du circuit, l'une était rattachée à une plaque conductrice servant de support aux membranes à éprouver; l'autre servait de touche de contact.
- Ont été trouvées corps isolants les membranes suivantes (provenant du même sujet) : la dure-mère, le péritoine, l’enveloppe des reins, celle des poches du cœur, les membranes périostales, péri-cardiales et endocardiales ; les résultats furent les mêmes pour les membranes muqueuses prises sur les côtés de la langue et le revêtement endo-cardial des artères.
- L'auteur ajoute que les résultats qu'il a obtenus peuvent varier considérablement sous l'effet des causes pathologiques, telles que, par exemple, l’absorption de l'eau par les membranes dans l'hydro-pisie.
- La traction électrique sur le chemin de fer élevé de Lake Street, à Chicago. — Depuis le mois de juin dernier, Chicago possède deux chemins de fer électriques: le premier, qui a été décrit en détail dans le journal, est celui du West Side ; le second est celui de Lake Street, qui prend son origine à l'ouest du temple maçonnique et s'étend sur une longueur de 10,5 km environ, en voie double.
- La prise de courant se fait par un rail latéral, comme dans la première ligne; ce rail est supporté par des isolateurs de forme spéciale inventés par MM. Chapman et Hanson, et qui sont placés tous les 6 pieds (1,80 m) ; il est protégé par deux planches, afin d'éviter les accidents par contacts fortuits. Le retour sc fait par les rails et la structure métallique du viaduc. Les feeders sont des câbles ên cuivre supportés par des isolateurs et placés dans une gouttière couverte.
- La disposition des voitures -est à peu près la même que celle des voitures du premier métropolitain; les moteurs, au nombre de deux par voiture motrice, sont du type G. E. 2 000 (12s chevaux chaque); ils sont montés tous deux sur le truck d'avant ; chaque train se compose d'une voiture motrice en tète et de trois ou quatre wagons attelés.
- Le courant est actuellement fourni par l’usine des tramways électriques de la North Street Chicago Railway Company.
- Essais d'une voiture de tramway. — Cette série d'essais a été faite par MM. H. P. Curtis et H. O. Pond sur la ligne de Buffalo and Niagara Falls Electric Railway, dans les conditions suivantes :
- Voir. — Rails à poutre de 39 kg par mètre linéaire, posés sur traverses éloignées de 61 cm d'axe en axe : ballast en roches concassées.
- Voitures. Longueur de la caisse 8,yy m; longueur totale n,s8m; largeur 2,44 m : poids total 13 8sq kg. Truck à 2 boggies, à 2 essieux chacun : chaque essieu était muni d'un moteur. Les 4 moteurs étaient commandés par un contrôleur série-parallèle, 2 des moteurs montés constamment en série étant traités comme un seul moteur.
- Essais. — Les mesures électriques étaient prises par lectures directes : le coefficient de frottement était calculé en mesurant la longueur du chemin parcouru par la voiture avant de s'arrêter sur une voie en palier, sans que les freins soient appliqués et sans que les moteurs reçoiventde courant. la vitesse au commencement de l'arrêt étant connue ; cette méthode donne une valeur moyenne du coefficient de traction, entre la vitesse maxima et la vitesse nulle ; comme aux vitesses atteintes dans ces essais la résistance de l'air est loin d'être négligeable, elle conduit à des résultats trop faibles ; il faut remarquer qu'elle donne la résistance totale, comprenant la résistance au roulement, les frottements des fusées dans les paliers, les frottements des moteurs, la résistance de l'air, etc.
- Résultats. — Les résultats principaux obtenus furent les suivants :
- Résistance moyenne de la voiture, ou effort de trac-
- tion équivalent............ 94,66 kg
- Coefficient de traction par
- 1 uoo kg................... 6,86 kg
- Puissance moyenne dépensée
- poui l'accélération seulement 16,02 ch Rendement mécanique moyen de la voiture, en palier, à
- vitesse constante........... 63.37 P- 100
- Tension moyenne sur la ligne, pendant plusieurs voyages 513.1 volts Intensité moyenne dépensée pendant un voyage sur la
- ligne entière............... 63.4 amp.
- Puissance moyenne, en chevaux électriques pendant un voyage sur la ligne entière 40.44 ch
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- Vitesse moyenne, en km-h . 37 km-h
- Intensité maxima absorbée par les moteurs pendant
- les essais............... 188 amp.
- Tension maxima sur la voiture pendant les essais . . 583 volts
- puissance maxima dépensée par la voiture pendant les
- essais...................143 ch. élect.
- Vitesse maxima, .en marche
- régulière................ 58. km-h
- Vitesse maxima, en marche forcée......................... 67,5 km-h
- Le prix des transports en tramways, en Amérique. — Les avantages que le public peut retirer de la traction mécanique et principalement de la traction électrique sont mis en lumière par le tableau suivant que nous dressons d'après les renseignements publiés par le Street Railway Journal et qui donne la longueur des trajets que l'on peut effectuer, dans certaines villes des États-Unis, pour un prix donné.
- Le prix ordinaire des places est de s cents (2s centimes) ; pour cette faible dépense, on peut faire les parcours suivants :
- Chicago...........................24 km
- Philadelphie......................18,8 »
- Brooklyn.................. ... 29 »
- Boston............................16 »
- Saint-Louis.......................24 »
- San Francisco.....................19 »
- Minneapolis.......................21 »
- Cincinnati........................ 21,5 •
- Cleveland......................... 16 »
- 'Buffalo...........................22 »
- Denver............................. 18,4 »
- îndianapolis....................... 17,6 »
- Toledo............................. 19,2 -
- Lincoln (Ner)...................... 18 >
- En prenant desbillets spéciaux, un peu pluschers, on peut faire des parcours encore plus longs :
- Philadelphie (40 centimes).........26,4 km
- Boston (40 centimes)...............23 »
- Minneapolis-St-Paul 130 centimes). 38 ».
- Il est vrai d'ajouter que beaucoup de ces compagnies, sinon toutes, ont des concessions très longues, leur permettant d'amortir dans des conditions rationnelles les dépenses de premier établissement.
- Statistique des tramways électriques, en Amérique. — Nous reproduisons ci-dessous le tableau statistique des lignes de tramways existant actuellement aux États-Unis et au Canada ; nous y avons ajouté à titre de comparaison les chiffres que nous avons publiésl'année dernière 't. IV, to août 1893. p. 288). L'étude de ces chiffres est très intéressante pour les électriciens. Quoique le nombre totaldes lignes comprises dans ce tableau soit de 62 moins élevé qu'en 1893, le réseau Nord-Américain s'est augmenté de 1 394 km de voies ; tout cet accroissement porte sur les lignes électriques (3 041 km), tandis que la longueur des lignes exploitées par tous les autres systèmes a diminué.
- Une autre conséquence des chiffres publiés dans ce tableau est relative au nombre de voitures em-
- Total, 1895
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- L’ECLAIRAGE E L E C T RIQ TT E
- ployées par km de voie exploitée ; il s'établit ainsi pour chaque système.
- Divers...............
- Animale..............
- Électrique (motrices).
- Funiculaire (motrices) — (attelées).
- nt. par km
- Ajoutons que l’ensemble du capital engagé dans cette industrie est pour les 946 lignes ci-dessus, deprèsde 7 milliards de francs (6992 962 360fri, représentant une moyenne de 299 000 fr par km de voie aux États-Unis, et 156000 fr au Canada. Ces chiffres se rapportent à l'ensemble des lignes; comme les frais de premier établissement varient considérablement d'un Etat à l'autre et suivant la nature du système adopté, etc., il ne faut les considérer que comme une indication purement statistique, sans application industrielle.
- Générateur thermo-électrique Cox. —Ce générateur, auquel The Electrieal Engincer, de New-York, du 5 septembre, consacre un long article, se compose, comme la pile Clamond, d'une série de secteurs formés d'un alliage fusible disposés en couronnes et reliés entre eux par des lames métalliques allant de l'extrémité interne de l'un à l'extrémité externe du suivant; plusieurs de ces couronnes sont placées les unes au-dessus des autres, de manière à former un cylindre, percé d’une cheminée centrale chauffée par un brûleur et dont la surface extérieure est refroidie par de l’eau froide contenue dans une double enveloppe cylindrique et concentrique.
- L’alliage des secteurs est formé de zinc et d'antimoine; il fond vers 300°. Les lames métalliques sont constituées par un alliage de cuivre et de nickel 11e fondant que vers ioorri. Avec la différence de température que l'on peut établir entre les soudures chaudes et les Soudures froides, chaque élément donne une force électromotrice de 0.08 volt.
- Cctapparcil présente sur les appareils similaires imaginés antérieurement, l'avantage très important de ne pas augmenter de résistance intérieure par l’usage, par suite des oxydations des surfaces de contact de l'alliage électro-positif et de l'alliage électro-négatif. Pour obtenir ce résultat, on commence par disposer les lames de l’alliage cuivre-nickel dans des moules de forme convenable, où sera coulé l'alliage des secteurs, puis on porte ces moules à une très haute température, on y coule
- l'alliage zinc-antim-oine et on les maintient pendant quelque temps à une tempétature élevée; dans ces conditions, il y a combinaison des deux alliages aux surfaces de contact, de sorte qu’après solidification des secteurs il n’y a plus à proprement parler de surface de séparation entre ceux-ci et les lames.
- Après cette opération, les secteurs sont durs et cassants: on les recuit, et après refroidissement on mesure la résistance, et l’on rejette les groupes dont la résistance est trop élevée. Chaque groupe est alors enroulé en couronne et chaque couronne complètement enveloppée d’une couche d'émail réfractaire destinée à protéger les soudures chaudes du contact direct de la flamme. Enfin, après avoir superposé plusieurs couronnes, on entoure le tout de la double enveloppe cylindrique à circulation d'eau froide destinée à assurer le refroidissement des soudures externes.
- Toutes les piles ont les mêmes dimensions extérieures : 18 cm de diamètre et 8 cm de hauteur; suivant l'usage auquel on les destine, on peut leur donner une force électromotrice de 0,3 volt à 12 volts en modifiant la grandeur et le nombre des éléments. Le type courant a une force électromotrice de 5 volts et donne 5 ampères avec une différence de potentiel de 2,5 volts en circuit fermé, avec une dépense de 70 litres de gaz d'éclairage par heure.
- 11 résulte de ces derniers chiffres, donnés par l'inventeur, qu’un kilowatt-heure exige une dépense de 5,6 ms de gaz. Au prix de 0,30 fr. le m3, le kilowatt-hextre revient donc «à 1,68 fr, prix qui, dans certains cas, n'est pas prohibitif. Dailleurs on peut abaisser considérablement ce prix de revient, en employant pour le chauffage du gaz pauvre ou mieux encore de l’huile de pétrole, et M. Cox pense que dans ces conditions son générateur peut rendre des services non seulement dans les laboratoires, mais encore pour actionner des petits moteurs de 1 à 2 chevaux et pour l'éclairage des villas. L'usine de St Albans, en Angleterre, où sont fabriqués ces générateurs est d'ail-leùrs éclairée de cette façon et un pont roulant électrique est mis en mouvement au moyen de l’énergie qu'ils produisent.
- L'Éditeur-Gérant : Georges CARRÉ.
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- Tome IX. Samedi 24 Octobre 1896. 3e Année. - N 43.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- Directeur Scientifique : J. BLONDIN Secrétaire de la rédaction : G. PELLISS1ER
- INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES SUISSES
- DE GENÈVE A ZURICH
- A l'occasion, du récent Congrès de Genève. l’Association suisse des électriciens avait organisé une série de visites aux installations électriques de Genève et des environs, ainsi qu’une excursion de six jours permettant aux congressistes de visiter les principales usines électriques échelonnées de Genève à Zurich. Grâce aux soins apportés par les organisateurs dans la préparation, grâce aussi au zèle et à l’entrain dont ils n’ont cessé de faire preuve pendant toute la durée du Congres et de l’excursion finale, le programme a été fidèlement suivi, bien que le mauvais temps ait failli plus d’une fois’le faire modifier. Aussi sommes-nous certain d’être l'interprète des congressistes et des excursionnistes en adressant ici nos plus sincères remerciements à MM- Turrettini, ingénieur, président de la ville de Genève; Palaz, ingénieur, président de l’Association suisse des électriciens: Riüiet, professeur à l’Université de Genève, président du Comité de réception; Butticaz, Le Royer, Cuénod, Naville et Boissonnas, membres du Comité, ainsi qu’à tous ceux qui les ont secondés. Parmi ceux-ci n’oublions pas les autorités locales et cantonales des villes et cantons traversés, qui toutes
- nous ont reçus avec la plus grande cordialité, rendue manifeste' par des banquets, des vins et des bières d’honneur; ni les directeurs et ingénieurs des stations visitées à qui nous sommes redevables non seulement de renseignements techniques, mais encore de nombreux documents... gastronomiques, acceptés avec non moins de plaisir.
- I.’uTILISATIOX UE I.’kNERGIE DU RHÔNE A GENÈVE
- Ce qui frappe tout d’abord à Genève, c’est la multiplicité des formes sous lesquelles l’énergie est transmise : Écart sous pression, le courant continu à i 200, 500, 220 et 100 volts, les courants alternatifs monophasés et diphasés sous divers voltages sont simultanément mis à contribution.
- Cette multiplicité des procédés de transmission est complétée par une diversité aussi grande des procédés de transformation, ce qui étonne quelque peu le visiteur et lui suggère l’idee qu’il se trouve en présence d’une grandiose démonstration expérimentale des nombreux moyens que possède aujourd’hui l’ingénieur pour l’utilisation de l’énergie des chutes d’eau, et non d’une exploitation économique de cette énergie. Mais si l’on reprend la question à son origine et si l’on tient compte des progrès récents de l’électricité, on s’aperçoit bien vite que ce mode d’exploitation, à première vue si compliqué, est en réalité très bien conçu et très rationnel.
- C’est, en effet, au commencement du siècle
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- dernier que remonte la première tentative d’utilisation de la force motrice du Rhône et que fut édifiée la première usine hydraulique, usine dont les derniers vestiges ont disparu il y a seulement quelques années. En 1843, on construisit une seconde station hydraulique à la pointe de l’isle qui sépare le Rhône en deux bras presque à sa sortie du lac de Genève et en 1870, après plusieurs extensions et modifications, cette station comprenait deux roues Poncelet, une turbine Callon et une turbine Roy, alimentant Genève d’eau potable. Mais cette installation ne tarda pas à devenir insuffisante, surtout lorsque, sur la proposition de M. Turrettini, l’eau sous pression fut utilisée comme moyen de transmission de l’énergie et dès 1880 on dut établir à l’entrée du quartier de la Coulou-vrenière une installation de pompes d’une puissance de 300 chevaux actionnées par des machines à vapeur; le Rhône n'ayant pu être utilisé dans la crainte qu’une nouvelle installation hydraulique n’ait pour conséquence, en gênant l’écoulement des eaux du lac, une surélévation de son niveau et ne provoquât des réclamations de l’État de Vaud déjà en procès avec l’État de Genève pour cette raison.
- Toutefois cette solution n’était que provisoire, et en 1883 le Conseil administratif de la ville de Genève décida d’effectuer aux frais de la ville les travaux nécessaires pour assurer le libre écoulement des eaux du lac et en même temps utiliser la plus grande partie possible de leur puissance. Sous la direction de M. Turrettini les travaux furentrapidement menés : un barrage à rideaux, du même type que ceux de la Basse-Seine, fut établi en tête du bras droit ; le bras gauche fut élargi, approfondi, débarrassé des constructions hydrauliques anciennes, et prolongé, en aval de l’isle, par une digue en maçonnerie; enfin à l’extrémité de cette digue fut érigée l’usine de la Coulouvrenière. destinée à assurer à elle seule la distribution de l’eau sous pression pour l’alimentation de la ville en eau potable et la transmission de l’cncrgie.
- Mais cette dernière partie du service des eaux 11e tarda pas à prendre une extension telle que, dès 1892, on put prévoir que 3 ans plus tard toute la puissance de l’usine de la Coulouvrenière serait utilisée. La création d’une nouvelle usine empruntant l’énergie aux eaux du Rhône fut immédiatement décidée. Son emplacement devant nécessairement sc trouver à une distance de plusieurs kilomètres en aval de l’usine de la Coulou-vrenière, l’eau sous pression devait céder la place à l’électricité pour la transmission de l’énergie depuis l’usine jusqu’à Genève. Delà la création à Chèvres, à 7 km en aval de Genève, d’une station électrique à courants biphasés à 2500 volts, inaugurée en mai dernier.
- Par ce rapide historique de la question on se rend donc compte de l’emploi simultané de l’eau sous pression et des courants alternatifs de haute tension. La nécessité d’assurer le fonctionnement des services électriques, éclairage, tramways, force motrice, existant avant l’inauguration de l’usine de Chèvres explique celui des courants continus et alternatifs de tensions diverses.
- Les usines de la Coulouvrenière et de Chèvres.
- L’cncrgie utilisée dans Genève est aujourd’hui empruntée tout entière aux eaux du Rhône par ces deux usines ; l’usine à vapeur de la Coulouvrenière, de 1880, sert de réserve et l’ancienne usine hydraulique de l’isle, privée de ses moteurs lors de l’exécution des travaux de 1883-1886, ne sert plus que de station de transformation. Après les intéressants articles que M. Ch.-Eug. Guye a consacrés à ces usines génératrices (h, il nous reste peu de choses nouvelles à signaler; toutefois, à cause de leur importance, il nous paraît nécessaire d’y revenir, au risque de quelques redites.
- {>) L'Éclairage Électrique, t. VI, p. 147; t. VII, p. 385 ; t, VIII, p. 167; 25 janvier, 30 mai et 25 juillet 1896.
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- R K Y U E I) ’ É LEC T U IC IT É
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- L’usine de la Coulouvrenïere ''représentée ,.0 C sur le plan, figure i) est un vaste bâtiment construit, pour la plus grande partie, dans le prolongement de la digue établie pour prolonger le bras gauche du Rhône ; l autre partie, faisant un angle de no° environ avec
- la première, vient s'appuyer sur la rive gauche du fleuve. Elle est disposée pour recevoir 20 turbines, mais par suite d’une modification dans la puissance de ces moteurs, qui a ete portée à 300 chevaux, 18 seront suffisantes pour utiliser la puissance d’un peu
- plus de 5000 chevaux que peut fournir l’eau du bras gauche ; 17 de ces turbines sont actuellement en fonction; la dernière, qui figurait à l’Exposition, sera prochainement mise en place.
- Ces turbines, construites par la maison Escher, Wyss et Ciü, sont du type Jonval à réaction. Elles ont le pivot supérieur, font 26 tours par minute et présentent trois cou-
- ronnes concentriques dont les deux inférieures seules portent des vannages. Elles peuvent travailler avec des chutes comprises entre 3,70 m et 1,68 m et des débits allant de 6 m3 à 13,35 m3 Par seconde.
- Chaque turbine actionne deux groupes de pompes horizontales accouplées à 90° avec pistons plongeurs à double effet. Deuxgroupes de pompes sont spécialement destinés à l’ali-
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- mentation du réseau dit de basse pression :'Ô5 m de pression au-dessus du niveau du lac': avec un débit moyen de 15600 litres par minutc-chacun.Troisgroupes sont destinés au service de haute pression 1140 m au-dessus du niveau du lac'i avec un débit de 5 335 litres par minute chacun. Les treize autres groupes sont d’un type intermédiaire reconnu préférable au tvpe précédent: ils servent à alimenter l’un et l’autre réseau.
- Le réseau de basse pression est surtout destiné à l’alimentation de la ville en eau potable; il alimente en outre 130 moteurs, pour la plupart du type à piston et cylindre oscillant, fournissant une puissance totale de 230 chevaux. La longueur développée de ce réseau atteint 82 km, le diamètre des tuyaux variant de 4 à 60 cm.
- Le réseau de haute pression est au contraire principalement destiné à la transmission de l’énergie et ce n’est qu’accessoire-ment qu’il sert a la distribution de l’eau ménagère dans une zone de 10 km autour de la ville. La longueur développée de ce réseau est de Q3 km, le diamètre des tuyaux variant de 4 à 70 cm. Le nombre des turbines secondaires branchées sur lui est de 207, d’une puissance totale de 3 092 chevaux et dont une notable partie est transformée en énergie électrique.
- Au début de l’exploitation, quand les trois premiers groupes de pompes a haute pression étaient seuls en fonction, la régulation de la pression était obtenue au moyen de quatre grands réservoirs à air dans lesquels la pression était maintenue à 15 atmosphères par un compresseur. Mais ce système-de régulation ne pouvait .suffire et un grand réservoir à air libre fut construit sur la hauteur de Bessinge à 5 km du bâtiment des turbines et à 140 m au-dessus du niveau du lac. Toutefois ce réservoir ne pouvait non plus assurer une régulation .très constante par suite de la variation de la perte de charge avec le débit; en outre les pompes refoulant l’eau dans ce réservoir fonctionnaient sous une pression variable suivant le niveau de l’eau du réser-
- voir. Pour atténuer ces inconvénients on intercala sur la conduite du réservoir, à la limite de la ville, une pompe centrifuge commandée par une turbine dont le distributeur est actionné par un servo-moteur Faesch et Picard; celui-ci est réglé de manière à ce que la pompe centrifuge ne fonctionne plus lorsque la pression atteint la valeur pour laquelle les pompes de refoulement ont été construites; lorsque, pendant le jour, la pression tombe par suite du fonctionnement des turbines secondaires, la pompe centrifuge fonctionne et produit une augmentation de pression de 13 m. Dans ces conditions la pression en ville est maintenue assez constante et les pompes d’alimentation travaillent jour et nuit à l’allure normale pour laquelle elles ont été construites.
- Le prix de l’eau motrice, qui était avant 1886 de 1 200 fr le cheval pour 300 jours par an, a été graduellement abaissé jusqu’à 400 fr. Une échelle de réduction ramène ce prix à 140 fr par cheval par abonnement de 100 chevaux et au-dessus. Un rabais de 50 p. 100 est accordé pour l’utilisation de l’cnergie pendant la nuit.
- Pour l’cclairage électrique le prix varie, suivant la consommation, de 0,15 fr à 0,12 fr le cheval-heure effectif, mesuré sur l’arbre de la turbine secondaire.
- L’exploitation de ce réseau de transmission de l'énergie est très rémunératrice pour la ville. En t 894 ses recettes ont atteint 781 047,05 fr, sur lesquels 110 000 fr sont comptés pour l’eau affectée aux services municipaux; les frais d’exploitation s’élevaient seulement à 105 703,55lr; en ajoutant à ceux-ci 479838,65 fr pour intérêts et amortissements des capitaux engagés on arrive à une dépense totale de 585 542,20 fr, laissant un bénéfice de 195 504,85 fr.
- T/usine de Chèvres permet de capter une puissance plus grande que celle de fusille de la Coulouvrenière. Ses fondations sont en effet construites pour pouvoir loger quinze groupes de turbines d’une puissance individuelle de 800 à 1 200 chevaux suivant la hauteur de la chute. Mais pour le moment le
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- R e v r e n ’ i : i, e c t r i ( ; i tf.
- bâtiment destiné à abriter les machin achevé que pour contenir cinq groupe et en août dernier quatre seulement de ces groupes étaient installés.
- Nos lecteurs se rappellent que chaque groupe comprend deux turbines
- meme axe 'svoir la figure delà page387, du tome MI, 30 mai iSgéh chaque turbine ayant chacune trois étages d’aubes de diamètres croissants du plus élevé au plus bas et possédant chacun un vannage. Cette disposition a été adoptée pour permettre d’obtenir en toute saison et quelle que soit la hauteur de
- sance sensiblement la meme avec une vitesse de rotation constante.
- 11 importait cil effet que le remous causé par le barrage de Chèvres ne troublât pas le fonctionnement de l’usine de la Coulouvre-nière et ne modifiât pas le régime d’écoulement de la rivière l’Arve qui se jette dans le Rhône quelques centaines de rr de cette dernière usine. Or,
- | l’effet d’un remous dar
- aval | d’autant plus sentir en amont de l’ouvrage que j qui en est la cause que le débit est plus
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- considérable; par suite, la hauteur de chute créée par 3e barrage de Chèvres doit varier avec le débit du Rhône. En hiver cette chute peut être augmentée jusqu’à 8,5 m, le débit du fleuve n’étant alors que de 120 in3 par seconde, tandis qu’en été, où le débit peut dépasser 900 ni3 par seconde elle doit être abaissée à 4,5 m. Par suite de cette variation de la hauteur de chute la puissance fournie par la turbine inférieure varie considérablement; en hiver, avec 8,5 m de chute, cette puis-sanceest de 1 2oochevaux; en été, elles’abaisse à 400. C’est alors qu’on laisse arriver l’eau a la turbine supérieure, dite turbine d’été, qui fournit un appoint de 400 autres chevaux.
- L’équipement électrique de la station ayant été très complètement décrit antérieurement, nous n’y reviendrons pas.
- Rappelons que la plus grande partie de l’cnergie produite par l’usine de Chèvres était, pendant l’été dernier, utilisée pour alimenter l'Exposition naiionale ; une autre partie alimentait, après transformation en courant continu au moyen de deux commutatrices installées dans la station de l’Isle, l’ancien réseau d’éclairage à courant continu ; d’autres commutatrices, installées à l’extrémité de la salle des pompes de l’usine de la Coulouvre-nière fournissaient une portion du courant nécessaire aux tramways ; des transformateurs placés à la station de l’Isle en transformaient une partie en courant alternatif à 500 volts alimentant le nouveau réseau pour l’éclairage à arc; enfin, l’ancien réseau d’éclairage à courant alternatif situé sur la périphérie de la ville était alimenté directement par le courant monophasé de Chèvres.
- Ajoutons qu’on construit actuellement une ligne aérienne formée de quatre conducteurs de 100 mm8 de section chacun, partant de Chèvres et se dirigeant vers la rive gauche du Rhône ; elle est destinée à alimenter des moteurs industriels et l’éclairage des villages et est établie pour une tension de 5 000 volts. Une seconde ligne aérienne, desservant la rive droite du Rhône, sera bientôt construite.
- D’ailleurs on prévoit déjà l’époque peu
- reculée où les 15 000 chevaux de la station de Chèvres deviendront insuffisants et la ville de Genève a déjà pris les mesures nécessaires pour se réserver le monopole de l’utilisation de l’énergie des eaux du Rhône jusqu’à la frontière française.
- Le transport d’énergie La Conlouvrenière — Séchcron.
- Après avoir décrit les usines d’alimentation des trois réseaux primaires de transmission de l’énergie à distance, eau sous pression de 65 mètres, eau sous pression de 140 mètres, courants biphasés à 2 500 volts, il nous reste à voir les applications électriques. Les principales sont : le transport d’énergie La Cou-louvrenière-Sécheron, les tramways électriques, l’éclairage public et privé.
- La transport d’énergie est destiné à alimenter les grands ateliers de la Compagnie de l’Industrie Électrique, situé à Sécheron, près de la ligne ferrée Jura-Simplon et à peu de distance de la gare de Cornavin à laquelle ils sont reliés par un embranchement. A cause de la distance assez considérable (2 300 m') qui sépare la station de la Coulouvrenière de ces ateliers, de la situation élevée de ceux-ci et de l’importance de la puissance à transmettre (300 chevaux'', la transmission par l’eau sous pression eût exigé une conduite à la fois très longue et d’un très gros diamètre et par suite d’un établissement trop coûteux; la transmission par‘l’électricité a donc été préférée.
- Deux génératrices, Tune de 80 chevaux, l’autre de 220 chevaux, accouplées directement à des turbines alimentées par l’eau à haute pression. sont installées à l’extrémité de la salle des pompes de la Coulouvrenière. Le courant continu à 1 300 volts qu’elles, fournissent est conduit à l’usine de Sécheron par un fil de 70 mm2 de section. Là, il actionne cinq dynamos-moteurs de puissance et d’emplois différents ; deux d’entre elles de 30 et 50 chevaux commandent les diverses machines-outils distribuées dans l’usine ; la troisième, de 200 chevaux, est utilisée pour les essais des grandes machines et la quatrième, de
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- 30 chevaux pour les essais des petites dynamos construites à Sécheron ; enfin, un cinquième moteur de 6 chevaux à 1200 volts actionne un tour vertical permettant de travailler des pièces ayant jusqu’à 6 m de diamètre. Le réseau d’éclairage comprenant jo lampes à arcs et 200 lampes à incandescence est alimenté par le courant à 1 200 volts, les lampes à arc et à incandescence étant en série, sauf les lampes des bureaux. Une génératrice secondaire à 110 volts alimente deux ponts roulants de la force de 20 tonnes desservant le hall principal, un autre d’une force de 6 ton-nesetquatrede 1500 kg de force desservant les divers ate-hers'
- Les tramways 4(1 *V ‘
- électriques .CafX
- de Genève.
- La première ligne de tramways équipée électriquement, fut celle de Cham-pel-Sacconnex (fig. 1), longue de 5410 mètres, construite en 1895. L’exploitation de cette ligne, qui traverse toute la ville et dont le tracé est fort accidenté, ayant donné 'de bons résultats, la compagnie des tramways décida la substitution de ce mode de traction à la traction par chevaux et par locomotives employée sur ses autres lignes. Les travaux furent rapidement menés et au mois de mai dernier, à l’ouverture de l’Exposition, il ne restait plus que quelques tramways à chevaux.
- Lu. station génératrice se trouve dans l’usine de la Coulouvrenière. Elle comprend deux dynamos Thurv du type hexagonal, à enroulement compound, pouvant donner chacune >5o kilowatts sous une tension de 550 volts, a la vitesse de 325 tours par minute. Chaque dynamo t est accouplée par un accouplement élastique Raffard- à une turbine Fasch et
- Kg- 3
- Piccard de 225 chevaux, alimentée par l’eau sous pression (134 m) et munie d’un régulateur servomoteur à déclic. Ce régulateur est extrêmement sensible et les essais faits ont montré qu’une brusque variation de charge de 160 chevaux ne provoquait qu’une variation de vitesse de 4 p. 100 seulement. Cette qualité était d’ailleurs indispensable dans le cas présent, car la plus grande partie du réseau de tramways étant à simple voie les démarrages et les arrêts simultanés de plusieurs voitures r U' •ÿU aux points de croi-
- .'y sentent peuvent être
- nombreux et donner lieu à des variations
- dans la charge du moteur.
- i La figure 2 donne une vue d’un de ces groupes générateurs.
- Généralement un seul des deux groupes est en fonction ; * l’autre sert de réserve. L’installation d’un troisième groupe a été prévue.
- On a prévu également l’éventualité de^ la commande des dynamos par le courant biphasé de l’usine de Chèvres afin d’utiliser l’énergie de cette usine et de réserver l’eau sous pression pour les particuliers ; les dynamos seraient alors accouplées à un moteur biphasé placé à l’extrémité de l’arbre opposée à celle qui est accouplée à la turbine.
- Enfin on a installé tout récemment une commutatrice Alioth de 150 kilowatts alimentée par le courant de Chèvres et donnant du courant continu à 550 volts ; cette commu-tatricc est entrée en service dans les premiers jours d’aoùt. Une seconde commutatrice sera bientôt installée après avoir figurée à l’Exposition.
- T,es/èt’rft'ri- d’alimentation sont souterrains. Ils sont constitués par des cables sous
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- Jf ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- plomb, armés, du système Berthoud-Borel : leur développement total est de plus de io km, les sections maxima sont de
- La ligne est aérienne et constituée par un fil de cuivre de 8 mm de diamètre,sauf dans le centre de la ville où le fil de cuivre est remplacé par un fil d’acier de 7 mm alin d’avoir une ligne plus tendue et moins visible, fille est reliée aux feeders d’alimentation tous les 300 mètres environ; elle n’
- La
- généra
- ment établie ornière type Phcenix 28 kg, posés sur des t verses métalliques; dt les parties'pavées elle à rails et contre-rails t} Marsillon posés par fit termédaire decoussînci de fonte sur traverses > bois. L’écartement dt
- : de j
- '445 1
- voiture de ce type complètement équipée pèse, à vide, 4 700 kg.
- Ces voitures offrent l’inconvénient de ne pouvoir prendre de voiture de remorque ; en outre, en hiver, lorsque ces voitures ont leur essieu-moteur du côt< rence est insuffîsa est fréquent. Au
- montée, l’adhé-ct le patinage des roues les voitures mises en service en 1896 sont-
- elle
- elles c
- - Vue d'un appareil de r
- rails, qui serv conducteur de retour. sont reliés par un éclissage électrique ; cet éclissage est complété par un fil de terre régnant tout le long de la voie.
- Les voitures sont de deux types. Les premières.à un seuhnoteur,ont5,H5 m de longueur. Elles peuvent contenir 3; personnes. 12 assises à l’intérieur, 4 assises et 18 debout sur les plates-formes; en cas de besoin elles peuvent prendre jusqu’à 45 voyageurs, niaxi-mun prévu, mais il convient de dire que dans ces conditions le sort des harengs dans unbaril est presque préférable à celui des voyageurs. Les roues onr 80 cm de diamètre et les essieux ont r.30 m d’empâtement.- Lue
- m de long, pèsent à vide 6 000 kg, peuvent prendre normalement 40 voyageurs et remorquer ordinairement une et exceptionnelle-"J ment deux voitures J légères.
- Lesmotewrs(fig.3'; f sont à quatre pôles, d’une puissance de 20 à 24 chevaux, et -peuvent supporter pendant un certain temps une intensité de 50 ampères. Sous faible charge ils font 325 tours par minute. Ils commandent l’essieu par un pignon portant 9 dents et une roue dentée de 41 dents. Ils sont complètement enfermés dans coulé; leurs paliers sont
- une carcasse
- h graissage automatique à bagues.
- La prise de courant se fait au moyen d’un contact glissant articulé.
- L'appareil de mise en marche .Itg. 4) est actionné par un levier se mouvant d’avant en arrière ou inversement dans un plan vertical ; l’axe de ce levier porte un pignon agissant sur une crémaillère verticale, laquelle fait tourner autour d’un axe horizontal
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- un levier de contact frottant sur des touches. Quand le levier de manœuvre est vertical, le courant ne passe pas: pour la marche en avant le levier doit être poussé en avant: ramené en arrière il renverse le courant et le sens de la marche.
- Le réglage de la vitesse se fait uniquement au moyen de résistances. La figure 5 donne le schéma des connexions que permettent de
- réaliser les appareils de mise en marche installés sur les voitures à un moteur. Pour les voitures à deux moteurs les connexions sont un peu plus compliquées, les appareils de mise en marche étant disposés pour permettre le freinage électrique aux descentes et portant un commutateur permettant d’exclure l’un ou l’autre moteur en cas d’avarie.
- Ajoutons qu’outre les tramways électriques
- 3° Un réseau à courants alternatifs à 500 volts, nouvellement établi et 'destiné h l’éclairage public et privé, par lampes à arc ainsi qu’à la distribution de la force motrice.
- Le réseau à courant continu est alimenté par 4 groupes de deux dynamos Thurv à six pôles installés à la station de Tlsle et donnant chacune ôyoampèresà la tension de 110 volts. Chaque groupe est actionné par une turbine mise en mouvement par l’eau sous pression; la figure 6 représente un de ces groupes.
- Un groupe supplémentaire du même type, mais de 40 chevaux seulement, est employé pour fournir le courant aux abonnés pendant le jour.
- Genève est desservi par un réseau de près de 80 km de chemins de fer à voie étroite rayonnant dans plusieurs directions jusqu’à des localités importantes sur le territoire français.
- L’Éclairage public et privé.
- L’éclairage électrique est assuré par 3 réseaux.
- i°Un réseau à trois fils, à courant continu à no volts entre chaque pont, dont rétablissement remonte à 1887; il alimente le centre de la ville bien situé sur la rive gauche ;
- -° Un réseau à courants alternatifs alimentant à 110 volts la rive droite, les parties élevées de la rive gauche et la banlieue, établi en 1802 :
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Tout récemment on y a adjoint deux com-mutatrices Alioth de ioo kilowats recevant le courant biphasé transformé produit à Che-vus et débitant du courant continu à 220 volts.
- Les feeders, au nombre de 11 et présentant
- un développement de près de n km. et les câbles secondaires, dont la longueur atteint près de 8 km sont tout simplement posés en terre à une profondeur de 60 cm environ; leurs conducteurs sont enveloppés par un tube de plomb entouré de chanvre goudronné puis
- Fig. 6. Vue d’un groupe générateur du
- de deux bandes d’acier en spirale. L’isolement général du réseau est très bon et s’est bien maintenu depuis 1887; les fragments de plomb et de jute que l’on extrait des enveloppe de câbles à chaque nouveau branche ment ne mentionnent pas la moindre altération.
- L'ancien réseau à courants alternatifs était jusqu’à ces derniers temps alimenté par des alternateurs à 2 400 volts installés à l’usine de la Coulouvrenière et mus par des turbines secondaires à haute pression. La figure 7 représente un groupe formé d'un de ces alternateurs, construit par la Compagnie de l’Industrie électrique, avec la turbine qui l’actionne. Aujourd’hui ce réseau est
- éseau à courant continu. Station de Hsie.
- directement alimenté par l’une des phases du courant de Chèvres; l'ancienne installation est maintenue pour parer à toute éventualité.
- Le réseau h haute tension est entièrement souterrain ; il est composé de câbles concentriques à deux conducteurs et forme dans les quartiers extérieurs de la ville, sur les deux rives du Rhône, deux circuits d'une longueur totale de 4 500 m. Ces deux circuits desservent actuellement 55 stations de transformateurs, consistant en colonnes de tôle plus ou moins décorées, établies sur les places et dans les rues; chaque colonne peut recevoir trois transformateurs de 10 à 12 kilowats. Les réseaux secondaires qui en partent sc compo-
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- sent de câbles concentriques à trois conducteurs. semblables à ceux du réseau à courant continuât distribuant le courant alternatifà no volts, dans, un rayon moyen de 150 m. La longeur totale de ces câbles est actuellement de plus de 6 km. Les compteurs em-
- ployés sont ou des compteurs Aron et des compteurs Graizier.
- Le nouveau réseau à courants alternatifs est destiné à l’éclairage public et particulier par arc et à la distribution de force motrice. Il est alimenté par des transformateurs situés
- dans la station de l’Isle transformant le courant biphasé a haute tension venant de l’usine de Chèvres en un courant biphasé à 500 volts. Un câble à trois conducteurs concentriques, dont l’un sert de conducteur de retour commun aux deux phases, amène le courant aux lampes à arc, réparties aussi également que possible sur les deux phases du réseau. Chaque lampe porte un petit transformateur ramenant la tension à 40 volts, tension sous laquelle fonctionne la lampe en dépensant 15 ampères.
- (.4 suivre.)
- J. Rt.oXoIx.
- L’Ê LECTRICITf:
- L'EXPOSITION NATIONALE SUISSE
- Nous avons maintenant à passer en revue les machines et dispositifs électriques les plus remarquables h signaler à l’Exposition de Genève.
- Dans cet exposé, nous aurions voulu pouvoir grouper les appareils par catégories afin
- 11) Voir L'Éclairage, t'.teeirique du 10 octobre, p. 49.
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- 56
- L'ECLAIRAGE ELECTRIQUE
- au fur et à mesure que nous recevons les ligures qui s’y rapportent. Il n'y a d'ailleurs pas là grand inconvénient.
- La construction des génératrices destinées à l’industrie électrochimique et particulière-
- ment i\ la fabrication de l'aluminium, est devenue, comme nous l'avons dit, une des spécialités de la Société Oerlikon. Qu’il suffise de dire que cette maison a livré ou doit livrer prochainement en génératrices destinées à l’é-lectrolyse une puissance de près de tyoooche-vaux. Il est intéressant de constater que la majeure partie de cette puissance est destinée à la fabrication de ralutniuium, à Ncu-
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- RTCVrTC 1 ) '* K1ÆCTRIC1TÉ
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- hauseru Froges. T.a Praz. Foyers. Booriton et prochainement à la nouvelle société d’exploitation des forces motrices de Rheinfelden.
- La. ligure i représente précisément une machine de ce genre destinée à lu British Aluminium C° {Foyers en Écosse). Sa puissance est de 710 chevaux et sa construction permet un débit Jour et nuit) de 7000 à 7500 ampères sous une tension de 64 à
- 58 volts. Sa vitesse de rotation est relativement lente >150 à 130 tours à la minute.: ce qui permet de la coupler directement sur l’arbre de la turbine. Son poids est de 34000 kg. L’inducteur est à 24 pôles excités en dérivation et disposés radialement.
- [/enroulement en tambour est formé de circuits parallèles traversés par des courants rigoureusement égaux grâce à l’étude minu-
- tieuse du champ magnétique et à la disposition des enroulements. Le diamètre de l’induit est de 2,4111; celui du collecteur 1,70. Les balais, au nombre de 120 peuvent être facilement déplacés autour du collecteur k Laide d’une poulie à main ; d’ailleurs le déplacement varie, parait-il, très peu avec la charge, grâce à la disposition du champ magnétique de sorte que la machine n’exige pour ainsi dire pas de surveillance.
- ALTERNATKUR THERY A HAUTE FRÉQUENCE
- La petite machine alternative à grande fréquence exposée par la Compagnie de l’Industrie électrique constitue une des curiosités à signaler (fig. 2).
- C’est une.machine destinée aux essais de laboratoire, mais on y rcconnaitra le principe de la construction des alternateurs industriels de la Compagnie de l’Industrie élec-
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- f5«
- L’KCLAIRAGE ELECTRIQUE
- trique. Comme eux. elle est à inducteurs et induits fixes. La seule partie mobile est une cloche en acier coulé, présentant intérieurement un très grand nombre de dents )2oo) formant autant d’épanouissements polaires. Grâce à ce dispositif les enroulements, qui sont, comme on sait, la partie toujours la plus délicate de la machine, se trouvent soustraits à l’influence et aux à-coups de la force centrifuge ainsi qu’aux vibrations qui peuvent en résulter.
- L’induit est constitué par un anneau lamelle ajusté à force sur l’inducteur. La surface est recouverte d’un enroulement formé d’un câble à fils très tins, bobiné en zigzag et formant ainsi autant de spires qu’il y a de dents. La longueur du câble est de 20 m et la force électromotrice totale développée atteint zoo volts, soit 10 volts par mètre de conducteur bobiné, ce qui est beaucoup pour une machine à haute fréquence dont les pertes par dispersion, vu la petitesse du modèle. sont forcément assez grandes.
- L’excitation normale absorbe environ 2 ampères à 100 volts, mais peut ctre poussée bien au delà à cause de la surface notable de l’enroulement.
- Toute la machine est établie en vue des grandes vitesses ; l’arbre, les coussinets, la cloche sont particulièrement robustes. Les paliers sont à graissage automatique. L’inducteur très massif est d'un poids relativement grand. La cloche mobile, 11e portant, comme nous l’avons vu. aucun enroulement est d’un seul bloc, sans aucune vis ni assemblage. Toute la construction permet donc d’atteindre des vitesses énormes; car on n’est pour ainsi dire limité que par la solidité de la cloche qui est extrême. D’ailleurs si elle devait se rompre sous la force centrifuge 250 à 300 m par seconde), il n’y aurait aucun danger pour les assistants car elle se trouve enfermée dans l’inducteur d’acier, capable de résister à une pression supérieure. La cloche étant d’ailleurs finie sur le tour- est parfaitement bien équilibrée ; ce qui diminue beaucoup le danger.
- Le modèle exposé à Genève est construit pour une puissance normale de 3 500 à 4 000 watts, à la tension de 100 à 150 volts et la périodicité 10000 à la seconde. Mais il peut ctre sans danger poussé au delà. Entre autres expériences intéressantes, cette machine permet de répéter dans d’excellentes conditions les expériences de Tesla et se prête à une foule d'expériences sur les alternances rapides.
- Le même type d’alternateur, avons-nous dit, est employé industriellement avec une fréquence moindre bien entendu; l’exposition des usines de la Grande-Eau, placée à droite de l’exposition de la Compagnie de l’Industrie électrique, nous montre une machine Thurv de 250 chevaux et 5000 volts absolument du môme type. L’avantage de l’enroulement fixe est ici tout aussi important vu la haute tension de la machine et l’isolement que cet enroulement doit toujours conserver.
- Tl est à remarquer que la tendance à supprimer les enroulements sur les parties mobiles des dynamos se généralise et l’on en retrouve des exemples dans quelques types exposés par d’autres maisons.
- NOUVEAU .MOTEUR UNIf'OLAJRK
- C’est une intéressante petite machine que le moteur unipolaire ;fig. 3) exposé par la Compagnie de l’Industrie électrique.
- L’honneur de cette application de l’induction unipolaire aux dynamos revient également à M. 1’ingénicur R. Thury auquel l’é-Icctrotechnique est déjà redevable de tant d’inventions et dispositifs précieux.
- La machine exposée est d’environ un cheval. mais elle peut donner eu génératrice jusqu’à 900 watts. Elle est composée d’un inducteur dont le.noyau prolongé constitue l’induit lui-mème. Le retour magnétique s’effectue par une carcasse extérieure fixe supportant en même temps la bobine inductrice unique et les deux paliers.
- Cette carcasse est découpée d’un côté pour former 3 épanouissements polaires. La sur-
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- REVEE I) ’ É EECTR ï CI TÉ
- i5 9
- face entière de l’induit forme un pôle de l’inducteur, les 3 épanouissements forment l’autre pôle. L’enroulement de l’induit est du type tambour à 6 pôles, en tension ; le fil est logé dans une série de rainures à la Paccinotti. Tn collecteur ordinaire et deux contacts de charbon placés suivant un diamètre complètent la machine, lui permettant de fournir du courant continu.
- Cette machine est donc en somme une machine du type unipolaire qu'une dyssvmé-tric de champ a permis de pourvoir d’un .
- enroulement continu h voltage quelconque. Elle a les qualités de ce genre de machine sauf celle que l’on recherche ordinairement le plus, l’absence d’un collecteur lamcllé. La dépense d’hystérésis est extrêmement réduite ; on peut la négliger complètement. De même la force perdue par courants de Foucault est très faible; car les rainures dans lesquelles l’enroulement estlogé sont étroites et agissent peu sur l’inducteur. L’excitation coûte peu ; il n’y a en réalité qu’un seul entrefer à franchir, le second étant négligeable par suite de
- Fig. 5. — Nouveau moteur unipolaire Thury.
- sa faible profondeur et de sa grande surface. Par contre il n’y a guère de gain dans la résistance intérieure que dans les petits modèles, du fait qu’un seul côté des spires induites est soumis à l’induction, et que le champ moyen dans une dynamo ordinaire d’une certaine dimension est facilement aussi puissant que dans le tvpe unipolaire. Mais en somme dans les petits modèles tels que celui exposé il va plusieurs avantages électriques, et comme la construction de cette machine est très économique, elle a certainement de l’avenir et mérite d’étre signalée.
- nouveau régulateur a frein électrique
- D’importance du problème de la régularisation de la vitesse des moteurs et des générateurs n’est plus à démontrer.
- Deux appareils nous ont paru sous ce rap-
- port dignes d’intérêt. Le nouveau régulateur de vitesse de M. Thury et le régulateur de vitesse à frein électrique de M. J. Rieter et Cic. Commençons par ce dernier dont nous avons la figure 4 sous les yeux.
- Cet appareil est particulièrement utile lorsqu'il s’agit d’absorber instantanément les excédents de puissance des moteurs on des générateurs ; excédents qui se manifestent par exemple lorsqu’on doit arrêter une ou plusieurs machines dans une même usine et que les régulateurs ordinaires n’agissent pas instantanément. Tl en résulte que pendant quelques instants la marche régulière de l’usine est troublée.
- Le régulateur breveté de M. H. Rieter est un véritable frein électrique d’un dispositif simple et ingénieux.
- Il est constitué par.un champ magnétique uni ou multipolaire.
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- i6o
- L’ECLAIRAGE ELECTRIQUE
- Ce champ est excité par le courant électrique d’un petit générateur auxiliaire (dynamo, accumulateur'1. Une pièce en fer, fonte ou acier en forme de cylindre ou d’anneau massif ou creux, tourne dans ce champ magnétique ; son mouvement est en connexion
- avec la machine dont on désire régulariser la vitesse.
- La rotation du cylindre de fer dans le champ magnétique donne naturellement naissance à des courants de Foucault et à des phénomènes d’hvstérésis dans la masse du fer en mouve-
- ment. Ces courants, comme on sait, tendent à s’opposer au mouvement de la pièce en absorbant du travail. C’est comme on voit un véritable frein électrique sur le même principe que celui des compteurs Thomson.
- Le même effet peut naturellement s’obtenir soit en disposant le champ magnétique inducteur à l'intérieur (comme dans le modèle exposé), soit en le plaçant à l’extérieur de l’induit soit en faisant l’une quelconque de ces pièces hxe et l’autre mobile, l’effet ne dépendant
- que du mouvement relatif des deux pièces.
- Voici maintenant comment ce dispositif agit comme régulateur. • A
- La partie mobile du frein électrique est combinée à un tachymètre ordinaire qui agit automatiquement sur un rhéostat place dans le circuit inducteur. Le dispositif est tel qu’une augmentation de vitesse produit une diminution de résistance dans le rhéostat et par conséquent une augmentation de l’intensité du champ magnétique inducteur.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- L'intensitc des courants de Foucault et l'hvstérésis augmentent donc et avec elle la résistance au mouvement, c’est-à-dire la puissance absorbée par le frein.
- Dans l’appareil qui figure à l’exposition, l’anneau inducteur est en fer; il n’a qu’une seule bobine et huit expansions polaires.
- La partie mobile, qu’on pourrait appeler l’induit, se compose d’une enveloppe de fonte massive montée sur un arbre horizontal avec paliers de lubrification automatique. Cette pièce fait environ 400 révolutions par minute, et la consommation de puissance est insignifiante dans la marche à vide, c’est-à-dire lorsque l’appareil marche à la vitesse normale.
- .Mais si la vitesse, pour une raison ou pour une autre, dépasse la marche normale, la résistance du rhéostat diminue automatiquement et le frein peut absorber sans s’échauffer dangereusement jusqu’à 25 chevaux ; ceci grâce à la forme spéciale de l’anneau de fonte garni de nervures sur la périphérie et grâce à plusieurs orifices qui produisent une ventilation et une réfrigération suffisantes.
- La disposition avec l’anneau mobile à l’extérieur offre l’avantage de permettre une vitesse linéaire assez grande étant donnée la vitesse angulaire ce qui facilite l’action des courants parasites. Ce modèle ne nécessite qu’une faible excitation permettant l’emploi d’un grand nombre de pôles ; en choisissant l’inducteur fixe, on élimine l’emploi de tout anneau collecteur, bague ou contact glissant ; en outre, la partie mobile étant faite au tour et ne portant aucun enroulement fonctionne avec une sécurité absolue.
- La surface de refroidissement est aussi plus grande et la réfrigération de l’appareil se fait dans d’assez bonnes conditions pour ne nécessiter l’emploi d’aucun appareil réfrigérant spécial.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES
- DE L’ÉLECTRICITÉ *
- Nous avons fréquemment attiré l’attention de nos lecteurs sur les applications aujourd’hui si nombreuses de l’électricité à la commande des machines-outils; nous dirons aujourd’hui quelques mots d’une extension nouvelle de ce genre d’applications à la commande des manutentions et de certains outils dans les forges ou laminoirs : application des plus intéressantes par son importance et parce, qu’elle constate la prise de possession, par l’électricité, d’un domaine très vaste dont elle paraissait il y a quelques années seulement comme exclue définitivement, pour ainsi dire en principe par la délicatesse et l’insécurité prétendue de son action 11).
- Les manutentions sont excessivement nombreuses et importantes dans la plupart des forges, laminoirs et chantiers de construction dont les halls, disséminés sur de très grands espaces, sont desservis aujourd’hui, principalement aux' Etats-Unis, par de véritables réseaux de ponts roulants et grues électriques. Certains chantiers des Etats-Unis comprennent jusqu’à une vingtaine de ces grandes cours, que l’on étend facilement suivant les besoins, et desservies à ciel ouvert par des transbordeurs électriques excessivement actifs et dociles, effectuant toutes les manipulations avec un personnel des plus réduits, rapidement et presque sans accidents.
- Dans les forges, pour l'actionnement des différents outils auxiliaires du laminoir ; cisailles, poinçonneuses, scies, etc., les fils de la distribution électrique remplacent avantageusement comme prix d’établissement et d’entretien les anciennes canalisations de vapeur et d’eau sous pression relativement rigides, encombrantes et sensibles auxintem-
- l ilj American Machinist, 28 mai. 25 juin 1896,
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- 1 ; ÉCLAIRAGE ÉLECTRÏQU E
- pérics, dilatations, fuites, etc.; mais l'électricité s’applique fort heureusement aussi aux. laminoirs mêmes, par exemple à la commande de leurs tables. On sait, qu’aux Etats-Unis, le type de laminoir le plus employé de beaucoup est le laminoir à trois cylindres superposés ou trio. Chacun de ces laminoirs est desservi par plusieurs tables : l’une d’elles passe le lingot dans un sens au premier cvlindre. d’où il sort sur une seconde table, qui le soulève et l’amène au cylindre supérieur. lequel le renvoie à la première table, et ainsi de suite, de cannelure en cannelure, jusqu’à la sortie finale du laminoir. Un jeu de ces tables avant tous ses mouvements : levée, déplacements latéraux pour suivre les cannelures, avance des lingots par galets rouleurs commandés par des dynamos en série et desservant un trio à rails de 9 m. pesant 30 kg au mètre, a donné les résultats
- Dynamo de 25 ch levée en charge, mareb
- Même dynamo de 25 ch> vaux, marche rapide . .
- Dynamo de 25 chevaux e
- Dvnamo de 25 chevaux ope rant le transbordement h téral de la table en eharg
- Faible vitesse.......
- Grande vitesse ....
- Même dynamo en charge.
- Dynamo de 10 chevaux donnant les galets roi leurs en charge.
- Petit
- 60
- Grande vitesse....... 90 220 26
- Même dynamo en charged). 22 220 6
- Comme main-d’œuvre, il suffit d’un homme à chaque table. Les 3 dynamos doivent changer très fréquemment leur marche, à sav<. Dynamo de levée............ 1400 fois en 12 1
- Les dynamos de levée et de transbordement sont pourvues de freins électromagnétiques qui les arrêtent dès qu’on supprime le courant et se desserrent dès qu’on le rétablit pour le renversement de la marche. Ces tables électriques, dont les dynamos sont, on le voit, peu ménagées ont fort avantageusement remplacé les anciennes tables commandées par des machines à vapeur.
- Le chargement des fours à réverbère s’effectue aussi parfois très simplement au moyen de grues électriques qui peuvent facilement desservir plusieurs fours,
- Parmi les outils auxiliaires du laminoir, se trouvent les tours à cylindres robustes, et à marche lente en raison de la grande dureté de la coupe. Voici quelques exemples de fonctionnement de ces tours commandés électriquement.
- Avec cylindre monté
- sans coupe..........3v;2à 4 210 1 àu
- Coupe moyenne de$7X
- r mm de profondeur. 9 à 12 210 2,5 à 3..1 Coupc forcée de 57 x
- 2 mm de profondeur . 10 à 17 210 2,8 à 4,8
- Commandé par une dynamo en dérivation de 5 chevaux. Diamètre des cylindres 635 111m, montés sur lunettes. Vitesse de la dynamo, 1 000 tours par minute; du cylindre, t tour en 1 minute 25 secondes.
- TOUR UE I JI (GAIîRISSON)
- A’vec cylindre monté sans coupe. . 6 200 1,6
- Coupe maxima de 57 x 0,8 mm. . 25 200 6.7
- Poupcc de 380x50 mm cisaillée et tour rompu sans accident à la
- dynamo.......................4° 200 20,7
- Dvnamo en dérivation de 10 chevaux. Cy-• lindre en acier de 0,99 m de diamètre sur 1,60 m de long supporté dans des lunettes. Vitesse de la dynamo, 800 tours; du cylindre. 1 tour en 1 minute et quart.
- Avec cylindre monté sans coupe. 9 200 2,4
- Coupe de 45 x 3,2 min..........38 200 10,2
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- RE Y r E D * É LE C T RICIT É
- Dvnamo en dérivation de io chevaux, Dia-'mètre du cylindre 919 mm, longueur 1.74 in supporté dans des lunettes. Vitesse de la dvnanio. 1 000 tours par minute; du cylindre. 1 tour en 1 minute 1/2.
- Voici encore quelques exemples -de machines-outils d’un emploi courant dans les forges.
- SCIE A i UOiD DE NEWTON
- Commandée par une dynamo endérivation de 2 chevaux. Scie de 0.51 vn, largeur 5 mm. 192 dents. 8 tours par minute. Vitesse de la dynamo, 1 000 tours.
- Coupe d'un rail de 230 mm pesant 50 kg au mètre. . 8 à 13 220 2,435.8
- Commandée par une dynamo en dérivation de 15 chevaux, 650 tours par minute, la presse donne 41 coups par minute, sur des rails de ,|o kg au mètre.
- Au démarrage........ 50 220 14.8
- Avide................. 5 à 10 220 1.5 à 3
- Coups modérés .... ô à 30 220 1.8 à 8,8
- Coups forcé?..........40 à 50 220 n,8 à 14,8
- PERCEUSE POUR RAILS SELLERS
- Dynamo en dérivation de 15 chevaux commandant deux perceuses pour rails Scllers par une transmission de 2r m de long, sur 63 111m de diamère, à 10 paliers, tournant à 200 tours. Vitesse de la dynamo, 800 tours.
- Dynamo et transmissions.........15 220 4,4
- Perçant 6trous de 277 x 137 mm de
- profondeur......................55 220 16.3
- Perçant 6 trous de 27 x 19 mm de profondeur......................70 220 20,7
- POINÇONNEUSE POUR RAILS
- Dynamo en dérivation de 5 chevaux. 1 000 tours par minute, commandant la poinçonneuse par courroie, à 3-} coups par minute.
- Démarrage, volant très lourd. 30 220 8,9
- Poinçonnant 32 X 13 mm. de profondeur................6 à 10 220 1,8 à 3
- Deux appareils de levage électriques ont absorbé à l’essai les puissances suivantes ;
- PONT ROULANT SELLERS DE 30 T
- Avec 3 dynamos : 2 de 25 chevaux pour la levée et la translation du pont, une de 5 chevaux pour celle du chariot charge 29 tonnes. Vitesse de la levée o. 10 m par seconde; vitesse de translation du pont 1,70 m par seconde.
- Au départ de la levée..........20 xijo 30,6
- Levée de la charge.............90 190 >3
- Descente.......................30 100 4
- Au départ du pont..............60 120 9,7
- TRANSBORDEUR DE RAILS
- Dynamo en dérivation de 15 chevaux, commandant par un cable de 20 mm le transr bordeur composé de 72 galets de 460 mm, roulant le rail sur une longueur de 20 m.
- Au départ à vide........ 50 220 14,8
- Au départ avec 7 rails de 18 m à 50 kg par mètre
- (5400 kg)........... 8u 220 237
- En marche avec 5400 kg de
- rails. .............30 à 40 220 8,9.111,8
- Nous complétons ces quelques données par les suivantes relatives à des machines-outils des ateliers Baldwin. (»)
- PERCEUSE A j KORETS DE DEMENT
- Perçant du fer avec eau de savon et huile, 86 tours par minute, dy namo de A kilowatts.
- Dynamo seule............... 5
- — et machine à vide . 8
- Avec avancede2i mm par
- de 22 mm............. n
- — 2 forets de 22 mm. . 12,3
- — 3 — — • • LS
- La même avec 3 forets de
- 50 mm 378 tours. . . . 25,4
- 240 2,1
- 246 4,1
- 244 4,8
- 235 8
- (*) Expériences exécutées par M. W. Pike 'American Machhmi. 24 sept. 1896).
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- iô4 L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- PERCEUSE A 2 FORETS HARRINGTON
- Perçant du fer avec eau de savon, 80 tours par minute, dynamos, Gibbs de 4 kilowatts.
- Dynamo seule............ 3
- — et transmission. . . 3,5
- — et machine à vide . 4.5
- Avance 23 mm par minute
- et 1 foret de 25 mm 4,5
- 1 — de 32 mm 71,5
- — les a forets précé-
- dents............ 16
- 242 0,97
- i,45
- 5,'5
- PERCEUSE RADIALE BEMENT
- Portée de 1,06 m. 42 tours par minute dynamo de kilowatts.
- Dynamo seule........... 2,5
- — et transmission. . . 3
- — et machine à vide. . 3,5
- — en charge, avance de
- 6 mm par minute, foret de 50 mm . . 6,5
- TOUR ALÉSOIR VERTICAL SELLEKS
- Table de 1,36 ni alésant avec un seul outil un bandage d’acier fondu de 1,06 ni de diamètre, 8 tours par minute, dynamo Gibbs de 4 kilowatts.
- Dynamo seule..........
- - avec transmission .
- avec machine à vide — coupe de 6 mm de profondeur sur t,6 mm de large .
- 5.5 210 1,75
- 6.5 240 2,1
- 8 238 2,4
- Table de 1,75 ni alésant le moyeu d’une roue en fonte, dynamo Gibbs de 6 kilowatts.
- Dynamo seule ......
- — avec transmission. .
- — avec machine à vide.
- — coupe de 13 x 1,6 mm
- — — rayon de 150 mm.
- 4 >5 24û 1,4
- 5 » i,6
- roues en acier de t, 70111, 1/2 tour par minute sans graissage, dynamo Gibbs de 6 kilowatts.
- Dynamo seule ...... 4
- — avec transmission. • 4,c
- — avec machine à vide 6,;
- — grosse coupe de
- 13 mm, avance 1,50 mm.... 20
- 240 1,30
- 238 i,43
- 238 6,38
- RABOTEUSE SEL!ERS
- Table de 10,50 m X 1,40 m avec renversement par embrayage; vitesse 5,65111 par minute à l’aller, 34 m au retour, deux porte-outils en marche rabotant des longerons de locomotives enfer. Graissage à l’eau. Dynamo en dérivation de 20 kilowatts.
- Dynamo seule.......... 5
- — et transmission ... 15
- — etmachincàvidealler 224
- - — au changement
- de marche . . 65
- — — retour........ 40
- - coupe de 10 x 8 mm. 55
- — — de 10x8 mm. 60
- 238 1,6
- 230 4,6
- 236 7,1
- 228 19,8
- 240 12,7
- 236 13
- 228 13,7
- RABOTEUSE SELLERS
- Table de 7,20 m X 1,40 m avec renversement par courroies; vitesse, aller 5,70 m. par minute, 21 m au retour; 2 outils en travail sur fer, graissage à l’eau; dynamo Gibbs en dérivation de 18 kilowatts.
- Dynamo seule........... 10.
- — et transmission. . . 14
- — et machine à vide,
- — au changement de
- marche.........n»
- — retour............ 23
- Coupe de 10 X 4,8 mm entamée dès le départ . . 75
- 237)9 3,25
- 240 .1,56
- 240 4,8
- 232 3D1 232 7d5
- 236 17,7
- Ces deux derniers essais constatent la supériorité d” renversement par embrayage. En outre, la première raboteuse utilise à la coupe 80 p. 100 du travail total dépensé et la seconde 60 p. 100.
- Hauteur de poutres, 2 outils tournant des
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- R E V L E I) ’ É L E G T R TC IT É
- 165
- MORTAISEUSE SEI.LKKS
- Table de 1 m, course maxima 380 mm, ,8 courses par minute, fer, graissage à l’eau; dynamo en dérivation Cibbs de 5 kilowatts ; vitesse : descente de l’outil 6,70 m par minute, montée 20 m.
- Dynamo seule............. 44
- — avec la transmission. 5.; la machine à vide
- descente ...... 7
- montée......... 7
- — coupe de 13x1.5 mm 23
- 24o 1,45
- 238 M
- 7,3
- MORTAISEL’SE DOUBLE B E:\IKNT POUR LONGUEURS DE LOCOMOTIVES
- Largeur 760 mm, longueur 7,20 m, course active 230 mm; 15 1/2 coups par minute, course maxima 400 mm. Une dynamo en dérivation Gibbs de 9 kilowatts à chaque outils; vitesse : aller 6,20 ni par minute, retour
- 19 m.
- Dynamo seule............ 4,5 238
- — avec transmission . 6 240
- — avec machine à vide
- aller.......... 7 237
- retour............ . 7 237
- — coupe de 13 X o;8mm 28 238
- l>9
- Comme maxima 480 mm, sur fer; graissage à l’eau de savon, course 200 mm; dynamo en dérivation Gibbs de 6 kilowatts. Vitesse:aller4,8ompar minute, retour9,6om.
- Dynamo seule
- — avec transmission.
- — avec machine à vide.
- — coupe de 13 x 1,50 mm.
- — — de 19 x 3 mm.
- Les applications de l’électricité aux ascenseurs sont, comme le savent nos lecteurs, des plus nombreuses et des plus importantes principalement aux Etats-Unis, et elles commencent même à se répandre chez nous. L’exemple suivant d’un dispositif récemment adopté par la compagnie Otis est remarquable par les précautions prises pour assurer la mise en train graduelle de la dynamo M.
- Quand les différentes pièces occupent les
- positions indiquées sur le schéma (fîg. 1), le circuit comprend bien les inducteurs de la
- dynamo M, mais pas son induit, qui en est coupé en dc\ ainsi que par le commutateur B.
- *9
- Si l’on tourne, de la cabine, pur la corde de manœuvre A', la poulie A de gauche à droite
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- :66
- L’ÉCLAIRAGE KLFXTRIQI’K
- le commutarenr B. entraîné par la bielle B,, relie les conducteurs 6-7 à 7-8 de manière à lancer le courant dans l’armature de M. puis la carne I. solidaire de A. déclenche le bouton di du levier D qui. en tombant, supprime graduellement, par d. tV Ci. les résistances de ce circuit. E11 même temps, le levier 1) entraîne.par le rochet F, et le train F: F:t. le disque G. dont la rotation dans le champ magnétique de H résiste à la descente de F. comme un dash pot et gradue ainsi automati-
- quement la mise en train du moteur. A mesure que le levier J) s’abaisse et que le moteur M prend sa vitesse, d en supprime successivement les enroulements inducteurs en série 3 et 4. nécessaires pour en augmenter le torque au démarrage, et ne laisser plus fonctionner quand le moteur est en pleine marche, que le montage en dérivation. Pour arrêter, on ramène le levier l) dans sa position primitive par A I du ce qui. grâce au rochet Fi, s'opère sans entraîner G.
- Dans le dispositif représenté par la figure 2. le disque G se trouve monté en Gt, sur l'axe meme du levier D, et son champ magnétique H H,4 est toujours excité, même quand d se trouve au plus bas de sa course, sur le contact t'io* d’où part un fil 5 qui maintient H, constamment eu série dans le circuit de l'armature. Le champ H LC est calculé de façon que, si l'intensité du courant dans l’armature dépasse la limite prévue, le disque relève automatiquement D jusqu’à ramener par la réintroduction des résistances cette intensité au- degré voulu.
- On sait avec quelle souplesse et quelle sûreté les moteurs électriques peuvent s’appliquer à la manœuvre des tourelles, canons, etc., etc., à bord des navires et dans les forteresses, par des transmissions plus simples et aussi sûres que les anciennes tuyauteries d’eau sous pression; aussi, n’est-il pas étonnant de voir ces appareils se multiplier dans toutes les usines qui fabriquent les armements, Celui que représentent les figures 3 à 10du à MM-. IJoyd et HewilL ingénieurs de la maison Armstrong, est remarquable par sa souplesse et sa simplicité.Son objet est de faci-
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- RKYVK D’K LKCTRICITÉ
- 167
- liter la manœuvre h la main des plus grosses 1 s’ajouter à celui de la main et l’aider, sans pièces, par l'emploi d’un moteur électrique exigepdu servantaucune manteuvrespéciale dont l’effort, beaucoup plus puissant, vient !. A cet effet, ainsi que l’indique le schéma,
- Fig. 7. — Manœir
- Lloyd et Hennit.
- canons
- figure 3, l’arbre de manœuvre porte une série
- de collecteurs K. L, M, N, O.. reliés aux
- circuits par des balais, et un commutateur à deux anneaux portant : l'un, deux segments isolés A et B, et l’autre quatre segments C, I). ])|. K, avec contacts b et manœuvres par le manipulateur.
- Dans la position indiquée en figure 3, le courant passe par
- + rf<ROKiABJ,CfMPQr-l’armature ST de la dynamo PQ. traversée par aucun courant, reste immobile.
- Quand on amène le commutateur dans la position figure 1 le courant passe suivant + deNDb K (T S) L A è, G M F1 Q r — •
- entraînant l’arbre de manœuvre dans le sens même de la rotation du commutateur.
- i‘.i Exemples : Manoeuvres dcCanet 'Lu Lumière Électrique, 3 janvier 1891, p. 201 ; Fisque :ld., 23; ; Fletcher 15 août
- 1891, p. 218) ; Maxim 16 février 1886, p. 249 ; 2 janvier
- 1892, p. 2p ; Vavasseur (16 avril 1892, p. 113) ; Sautter Harlé (18 avril 1894, p. 1381 ; Canet Hillairet 1VEclairage Electrique, 8 décembre 1894, p. 583, 22 février 1B96, p. 366!.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- En figure 5, au contraire, le courant traverse l’armature suivant :
- + (/eN, DjiAI. (ST) KBf,CMP Q r —
- de manière à renverser la marche de la 'dynamo.
- Lorsqu’on déplace les contacts bx. d’une
- collectée
- Fig. S à
- canons
- petite quantité seulement à partir du zéro (fig. 3), les courants passent comme en figures 4 et 5, mais par E au lieu de 1) ou de D,.
- :i. — Propulseur amovible New et Mayne (1895).
- de ce système à la manœuvre d’un canon rapide par la manette a et l’arbre /*, reliée par le train à la dynamo servo-motrice I. La manette a commande les contacts b b' du commutateur ARCD, avec jeux cc, entre lesquels ces contacts reviennent naturellement, comme en figure 3, quand on lâche a. On reconnaît en K, L,M, X,0 (fig.9) les collecteurs à balais et à (rhéostat R, disposés de manière à permettre de faire agir la dynamo dans les deux sens à faible ou à pleine puissance suivant qu’on ferme le circuit par E ou par I) ou D, (fig. 3), et comme le circuit de pleine puissance s’ouvre ou se ferme graduellement, il ne se produit pas d’étincelles. On peut d’ailleurs facilement augmenter ces variations de puissance, en avoir trois par exemple, en ajoutant (fig. 6} deux segments au commutateur et un collecteur sur h. puis en dédoublant le rhéostat R,. Une fiche r permet de supprimer complètement le courant à la maneuvre.
- Les figures 7 à 10 représentent l’application
- Le propulseur électrique pour petits ba-
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 16g
- teaux de MM. Neiv et Marne se loge dans [ peut facilement le détacher. Il se compose une enveloppe 15 sous le gouvernail 36 (fig. 11) I {fig. 12 et 131 d’une armature fixe crénelée 1, dont il constitue le prolongement et dont on ' avec inducteur tournant lamellaire 6, à triples
- Fig. 12 et 13. — Propulseur New tl Maytte. Avant du moteur.
- balais 9, pressés par des ressorts d’une part sur un commutateur 10. à autant de segments que d’enroulements sur l'armature, et. de l’autre, sur les collecteurs 11 et 11^. reliés aux bornes 13 et 13,,. Gustave Richard.
- NOUVELLE MÉTHODE
- POUR T,A DÉTERMINATION DES RENDEMENTS
- J’ai indiqué, dans l’un de mes précédents articles le principe d’une méthode de mesure des rendements basée uniquement sur des observations chronométriques Cette méthode supposait toutefois connus la masse et le rayon de giration de la partie mobile de la machine a essayer. Or ces déterminations sont toujours assez longues et assez incertaines et, pour rendre la méthode pratique, je me suis proposé de les éviter.
- On sait que le rendement d’un générateur électrique peut se mettre sous la forme -x =____________________w_______
- -Y — \v _ 1>j 4- Py + PR ’
- W étant le nombre de watts fournis;
- P,, le nombre de watts absorbés par l’ex-
- Ps« le nombre de watts perdus dans l’induit";
- P3, le n0111bre.de watts correspondant aux pertes pur hystérésis, courants de Foucault, frottements des coussinets et ventilation.
- Les termes Pj et P, s’obtiennent, très facilement en fonction des données de la machine. La méthode a pour but la détermination de P., par .des procédés simples. Elle permet, d’ailleurs, de déterminer séparément les perles afférentes aux frottements et h la ventilation et les pertes provenant de l’hysté-résis et des courants parasites.
- Supposons par exemple qu’on veuille déterminer les pertes par frottements et ventilation. Lançons la machine à une vitesse quelque peu supérieure à sa vitesse normale en la faisant fonctionner comme moteur; puis supprimons brusquement tout courant dans l’induit et dans l’inducteur et laissons-la s’arrêter sous l’influence des résistances dont la valeur est précisément l’inconnue que nous recherchons.
- A chaque instant le travail absorbé par les
- (l)Voir L'Éclairage Électrique, t. Vill, p. 305 ; 15 août 1896.
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-
- :7°
- i; E C LA ! RA G E E LE Cl'R IQ V E
- flottements et la ventilation est égal à la 1 diminution de l’cncrgic cinétique du système: on a donc, en désignant par 1' ce travail, par M et R la masse et le rayon de giration du système mobile et par Ci la vitesse angulaire au temps considéré
- Observons, à l’aide d’un tachymètre, comment varie la vitesse en fonction du temps et soit (1 itig. i la courbe qui représente le résultat de ces observations: soient w lu vitesse normale de la machine, p la valeur correspondante de T et a l’angle de la tangente à la courbe C, au point considéré, avec l’axe des temps, on a :
- p — MR2«> lang «. (2)
- PouréliminerMet K. faisons une deuxième série d’observations après avoir placé sur la poulie un petit frein à corde absorbant un travail du même ordre de grandeur que p. Nous obtiendrons ainsi une courbe C7. Si f désigne le travail du petit frein pour la vitesse ti <> et a l’analogue de l’angle a défini précédemment, on aura
- P + / ~ MR2 ’» tang a'. 1.3)
- T)’où, d’après (2) et (.31
- P _ tanga _ p | f lang a' ’.
- Cl
- f-----‘1BBJL---- (.,)
- r J tanga—tanga
- lira de relever une courbe C7' comprenant à la fois les pertes q et p. — Si ()'' B" est la parallèle à la tangente h cette courbe pour le point li — o), on aura :
- q-VP _ A lé' p À B ’
- d’où
- Remarquons qu’il suffirait de deux observations pour déterminer directement le terme
- ^3=^+ ?
- A titre d’exemples je donnerai les résultats d’essais d’un alternateur triphasé de 225 chevaux et d’une machine a courant continu de 23 chevaux.
- i° Kxùmple. - Données de l’alternateur 1500m) watts,300 tours, .3300 volts, 5).» alternances.
- P, =5.30 chevaux, P2 =6 chevaux
- Si k est la traction en kilogrammes sur la corde du frein et ci le diamètre de la poulie
- / = t:. d. 7t. « kgm. 15)
- Menons par un point O, (fig. y deux droites faisant avec l’axe des / des angles a et on aura d’après ig) et 15'.
- Pour déterminer le travail q correspondant a l’hystérésis et aux courants parasites il suf-
- v compris le rendement de l'excitatrice' :
- Comme je ne disposais pas d’une fréquence supérieure à 40 alternances, j’ai utilisé l’excitatrice 1,montée en bout de l’arbre de l’alternateur) comme moteur pour amener le système mobile à la vitesse de 330 tours.
- Lectures du lachvmètre de 10 en 10 secondes :
- 1- — A blanc :
- 513 - 501 — 488—479 — 467 —456—445 -434 — 423 — 412 — 403—395- 387 — 380 - -370 --360—350
- -342-338-325-317.
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-
-
-
- RI . VUE [y ÉLECTRICITÉ
- 2=\ — Frein de 16 k sur poulie de i, 513- 483-4<n —432— -iuo -.377 — .345 — 31 3e. — A 21.2 ampères d’excitation :
- 467-415 — 370 330—285.
- j,a vitesse normale correspondait a cation 500 lue au tachymètre.
- otl U _ ! B !
- m." c ç:
- 3 < f
- V- V
- \ b 7,
- tation de 19.5 ampères environ. La correction a effectuer sur le rendement peut se déduire immédiatement de la connaissance des voltages correspondant aux excitations de 19.5 et 21.2 ampères, et de cette considération que les pertes par hystérésis sont sensiblement proportionnelles à la puissance 1,6 de l’induction. Elle est toutefois sans importance dans le cas présent. L’épure relative au fonctionnement montre également, entre autres résultats intéressants, que la variation de voltage en passant, à excitation constante, de charge maxima .à charge nulle, est limitée a 6. 3 p. 100 pour cos ? = 1. et à 20 p. 100 pour
- Des essais de rendements faits k titre de contrôle, à l’aide d’un moteur préalableuienl étalonné, ont donné, pour 18, 5 ampères d’excitation, 88,6
- - Epure de la détermination des pertes par frottement, hvstc-
- mpk.
- Machine i
- La traction dynamométrique du frein etc de 16 kg et le diamètre de la poulie 1.401 on avait donc :
- f— 16 x 1,4x3,11 x L’épreuve ci-jointe itig.
- = 35° kgm. ùdonne :
- = 261 kgm, soit 3.36 ch
- et.pour une excitation de 21.2 ampères B B"
- 4^261x4-“ =2
- Le rendement < tions de
- “___860 kgm,
- : donc dans 1
- 11.5 ch.
- 130000 + 736 (5,3 + 6 + 3,36 + 1
- soit 88,9p..
- Des conditions de fonctionnement de cette machine sont résumées par l’épure ci-joimc t’g- 3; dressée d’après la méthode de Ben-hschenburg. On remarquera que le flux normal dans l’induit correspond à une exci-
- Lectures du tachymètre de 5 es :
- icr. — A vide :
- 1 64t.
- I 192 !,
- Frein a 2 kg sur poulie de 0.3 m Avec excitation de 4,9 ampères
- 1 800 -
- 1640
- lai vitesse normale correspondait h l’indication 1575 lue au tachymètre.
- De même que précédemment, on avait
- ,% 4
- f — - x 0,3 x 2 x 15 — 28,4 kgm
- d AB Q 42 p — 26y\ x -B-g7 — 28.4 x -2-g — 4*2,5 kgm
- ; = 4., 5 X yF = ?I kgm
- 3,5 kgm, soit 1,5 cheval
- q = +oX p .=?+?=
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- L’ÉCLAIRAGE ELECTRIQUE
- D’c
- 150 -
- ,5ox lloT 736(1 +0,73+ T,3) ;'4 P' 100-
- Coninie on peut s’en rendre compte par es deux exemples, la méthode s’applique vecla même facilité aux machines de moyenne t de grande puissance. Dans ce dernier cas
- de i’altcraatcur précédent.
- elle présente le grand avantage de n’exiger qu’une puissance d’environ 2 p. 100 de la puissance nominale de la machine : 011 peut toujours, en elfct, supprimer l’excitation pendant le démarrage, on n’a alors qu’à vaincre les résistances de frottement, soit environ 1 p. 100 de la puissance totale. De plus, comme elle n’exige pas d’autres instruments qu’un tachymètrc et que cet appareil peut être exactement étalonné sans aucune difficulté. elle est susceptible d’une grande précision. Elle peut servir à étudier directement la variation des pertes par hystérésis et cou-
- rants parasites en fonction de l’induction. Enfin, elle est également susceptible de
- Fig. 4. — Épure de la détermination des pertes par frottement, hystérésis et courants de Foucault, d’une dynamo à courant continu, 110 volts, 150 ampères, 930 tours.
- diverses autres applications, telles que : étude de la loi de variation de la résistance de l’air, ou essais sur les propriétés lubrifiantes de diverses qualités d’huiles.
- J.-L. Routin,
- R E V U E INDUS T R1E L L K ET DES INVENTIONS
- Commutateur double Ferrauti 1895 Ce commutateur spécialement étudié pour les hautes tensions, fonctionne comme il suit :
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Y3
- Quand on abaisse le levier e autour de son axe#, on commence par rompre en partie le circuit par l'écartement des contacts a a, puis la biellette /z, articulée en i sure, abaisse autour
- de / le levier k. qui comprime le ressort/, relié au second contact b, mais sans rompre ce contact, retenu par le cliquet n. Au bout d’un certain mouvement de e le taquet m
- de k, heurtant la tige p de ?/, fait basculer ce cliquet, et le ressort/‘abaisse brusquement le contact b dans son bain d’huile c, qui empêche toute formation d’arc. G. R.
- Essais d’une turbine Laval de 300 chevaux.
- D’après notre confrère The FJectrical Kn-pineer, de New-York, l’emploi des turbities a vapeur tend à se répandre dans les stations génératrices d’électricité en Amérique; plusieurs Compagnies se proposent de rempla-
- cer leur matériel mécanique par les turbines à vapeur des types les plus pratiques tels que les Parsons et de Laval et déjà quelques-unes de ce dernier type ont été installées à la station Edison de la 12e rue à New-York.
- Chaque groupe générateur de cette station se compose d’une turbine Laval de 300 chevaux, construite par la maison Bréguet, de Paris, entraînant deux dynamos Desroziers de 100 kw chacune, montées sur chaque extrémité de l’axe.
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- I.’ K C LAI U A 0 K K I,K CTH IQI ' F,
- Le disque de la turbine a environ 0,75 cm de diamètre; la distance d’écartement entre les aubes est de 10 mm. Sa vitesse de rotation est d’environ y 000 tours par minute. Un train d’engrenages réduit la vitesse de l’axe des dynamos à 750 tours par minute. L’espace occupé par le groupe a 4,05 m de long. 1,97 m de large et 1.31 m de haut.
- D’après les essais, la consommation de vapeur n’excède pas 8,03 kg par cheval-heure effectif, avec condensation, en opérant avec une pression de 11,2 kg par enff et un degré de vide correspondant à une colonne de mercure de 65 cm.
- Les tableaux suivants représentent les résultats des essais effectués sur un groupe, sous différentes charges.
- 127.25 volts.......... 692.48 amp-heure
- 127,25x692,48......... 88118,080 watts-heure
- 128,26 volts “ 709,18
- 218,26x709.18........... 90959,42;
- Moyenne pour lej deux
- machines..............179077,50;
- Chiffre représentant 90
- P- 100 de............. 1989/6.01
- Et égal à. . . 266.72x6=1600,52
- Poids de l'eau refoulée par la pompe
- Puissance développée pendant le
- même laps de temps..............
- Quantité d'eau dépensée par cheval-
- heure effectif..................
- Quantité d'eau dépensée par-cheval-
- watts-heure
- ch-heure
- 13409,519 kg
- 8,379 kg
- . 9-3^9 kg
- 158,78 147,15
- 4.33,60 4 55i 80
- 700,8s 718,75
- 77H94 787i33
- 54156 57886
- 87 746 91 268
- 97118 100856
- 18.50 97,5
- 56,02 66,06
- 89.51 65,17
- 99.H fl-M7
- 13.^ kg 9.76
- 9.44 ,, 9-93
- TEMPÉRATUf
- Tramway à contact électro-magnétique. Système Fringue et Kent p;.
- Induit.........................48n84 C 53"g5 C
- Inducteurs.......................3663 4162
- Collecteur...................... 7326 555
- Température dé la salle. ... 27 75 »
- Excès de temp. de l'induit . . 21 09 2608
- — de l'inducteur. 8 88 13 87
- Le tableau I représente les données d’une marche à pleine charge d’une durée de 6 heures. Le tableau TI est un résumé d’essais à charges variables en opérant avec des jets variant de 2 à 7; chaque essai durait 1 heure. Les résultats des lectures thermométriques sont représentés par le tableau III. L. D.
- Les inventions originales deviennent de plus en plus rares; lorsqu’une question est à l’ordre du jour, tous les travailleurs en cherchent la solution et souvent plusieurs réalisent à peu près simultanément des appareils identiques. C’est à qui arrivera le premier; les suivants iront qu’à chercher autre chose. Les systèmes de tramways à contact électromagnétique offrent un curieux exemple de cette rencontre de plusieurs inventeurs sur un même terrain. On sait déjà que le système de Claret-Vuilleumier ressemble de bien
- Tlv F.leclicàî Revieu• 1 Londres .
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- près au système de Gordon 'V de plusieurs 1 teurs i ri anglais publient le résultat de leurs années antérieur; aujourd’hui, deux inven- j travaux, commencés. - paraît-il. il y a 5 ou
- Fig. 1. Fig. 2.
- 0 ans. et qui ont abouti... au système Claret- I en comparant les ligures que nous avons don-Vuilleumier. comme on peut s'en convaincre j nées j1'. à propos de ce système à celles que
- Distributeur ii» i. Distributeur n" 2.
- l;ig. 3-
- nous reproduisons ici. MM. Tringle et Kent 1 seconds, il valait mieux profiter de l’expé-
- °nt sans doute pensé qu’étant arrivés les ----------------------- ---------------------------
- _ I 111 L'Eclairage Elechique. t. III, p. 211, 448 eî 498,
- | mai et juin 1895, et t. VJI, p. 222,433.55201577,1113101 U La Lumière Électrique, t. XLI, p. 22, 4 juillet 1891. I juin 1896.
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- i76 L’ÉCLAIRAGE
- rience acquise par leurs devanciers que de renoncer à leur projet. Ils ont donc introduit dans leur système les derniers perfectionnements imaginés par MM. Claret et Vuilleumier.
- Il y a un distributeur tous les 125 m environ. Le distributeur (fig. 1, 2 et 3; comprend 2 électro-aimants M1 et M2 dont les noyaux mobiles sont fixés aux extrémités d’un levier IL pivoté en son milieu. Si M1 est animé, son armature est attii'ée; le levier B est entraîné contre l’action du ressort S. ce qui permet à un taquet P pressé par un petit ressort S sur une roue à rochetsW, de s’engager dans les dents de cette roue; en même lemps. l’ancre X est éloignée de la roue à rochcts par la
- ÉLECTRIQUE
- plaque Y. Lorsque M1 est désaimanté, le ressort S rappelle l'armature et le levier B qui par le taquet et le rochet fait mouvoir le bras de contact A. ainsi que les contacts en dérivation placés de chaque côté de ce dernier; en même temps, l’ancre X revient en position et maintient la roue en place. L’électro-aimant M2 agit de même, mais sur une autre roue à rochcts qui fait tourner le levier A en sens inverse; il sert pour la marche arrière. L’ensemble est monté surune a'rdoise et renfermé dans une boîte en fer remplie d’huile.
- Chaque distributeur a 24 contacts reliés avec autant de plots sur la voie; supposons que la voiture a un moment donné reçoive le
- courant du plot de contact n° 16 du distributeur n° 1 :lig. 3) et se dirige dans le sens de la flèche: le bras principal A est sur le contact 16 du distributeur et les deux contacts en dérivation sur les touches 15 et 17. En suivant les connexions, on voit que l’aimant AI1 est animé par un courant dérivé du conducteur principal C, par M1, le contact 15. la résistance R1 et les rails de la voie (fig. 4 A). La voiture avançant, les plots de la voie 16 et 15 seront pendant un instant en contact simultanément avec les frotteurs de la voiture (fig. 4 Bi; M1 est alors mis en court-circuit par le cable amenant le courant au plot 16. Le ressort S rappelle alors le levier B et le bras A du distributeur avançant d’une touche est amené en 15 (fig. 4 C; où M1 est à nouveau aimanté.
- Quand la voiture passe d’une section dépendant d’un distributeur h la section suivante commandée par un second distributeur, les contacts additionnels fig. 3) par les con-
- tacts 1 et 24, par les connexions dérivées représentées en pointillé, et par les deux bras extérieurs du levier A sont mis à contribution; ils ne le sont d'ailleurs qu'à ce moment. La figure 5 A indique les connexions qui sont réalisées lorsque la voiture est sur le plot 1 du distributeur 1 et est près d’entrer dans la section commandée par le distributeur 2. Les aimants M1 des deux distributeurs sont alors parcourus par un courant dérivé à travers les résistances R'; quand les plots 1 et 24 (fig. 5 B) sont réunis par les frotteurs de la voiture, les 2 électros sont mis en court-circuit : le bras A du distributeur 1 est amené sur le contact isolé 25 et le bras A du second distributeur est amené sur le contact 1 ; ce distributeur 2 fonctionne à partir de ce moment comme nous l’avons vu pour le distributeur 1.
- Lorsque deux voitures sont engagées sui' une même section, l’une d’elles s’arrête; si un des contacts avec les plots de la voie ne
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- R KVT K D’KLKCTRICITÉ
- se fait pas. ou si le distributeur ne fonctionne pas bien, l’arrêt se produit également. Dans tous les cas, il faut faire fonctionner le distributeur à la main de façon à ramener le bras À de ce distributeur sur la touche correspondant au plot de la voie sur lequel la voiture s’est arrêtée. Cette manœuvre est
- effectuée au moyen d’un commutateur supplémentaire. placé dans chaque boite de distributeur, et que le mécanicien ou le conducteur de la voiture manœuvre à la main. La ligure 6 représente le schéma des circuits de cet appareil. S est le commutateur supplémentaire. Supposons que la voiture ait eu
- son courant coupé en 24 et ait été, en raison de sa vitesse acquise, s’arrêter en 2. hn tournant le levier S sur le contact <7, l’électro du distributeur sera aimanté; lorsqu’on fera mouvoir le bras S un peu plus, les contacts a et tî1 seront réunis momentanément, ce qui aura pour elfet de mettre l’électro en court-
- circuit et de faire, par conséquent, avancer le levier du distributeur d’une touche. L’action de ce commutateur S est donc identique à celle des patins de contact de la voiture et des plots de contact de la voiture et des plots de la voie. Sa construction est telle que, pendant sa mise en service, les plots 1. 2, 3, etc..
- sont séparés des contacts correspondants a1, tf'. a\ etc., afin d’éviter que les passants ou les chevaux puissent recevoir un choc électrique en passant sur ceux-ci.
- Les plots de la voie ont environ 1 m à 1,10 m de longueur; ils sont espacés de 4,80 111 environ; cette disposition exige 5 patins sons la voiture (tig. 7).
- Les figures 8 et 9 représentent'la forme de
- conduite adoptée: elle se compose d’une gouttière en fer de la forme représentée et qui porte dans le fond les câbles allant du distributeur aux rails de contact; la partie supérieure, plus large, porte le rail de contact, boulonné sur du bois créosote; le tout est maintenu par de l’asphalte. Celte conduite a 12 3/4 cm de largeur et 15 1/4 cm de profondeur. G. P.
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- -7«
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Applications du motour électrique à l’essai des lubréfiants ;
- Par Paul Mac Gaiian et George Heye.
- M. Paul Mac Gahan expose dans The Electrical World une méthode qu’il a employée, en collaboration avec M. George Heye, pour l’essai des lubrifiants. Cette méthode pourra rendre des services dans les stations centrales pour l’essai des huiles employées au graissage des moteurs et des dvnamos.
- Un manchon en métal est clavcté sur un arbre pouvant recevoir un mouvement de rotation par un moteur électrique ; il est placé entre deux coussinets en bronze ou autre métal convenable ; ces coussinets sont disposés pour être chargés de poids connus et pour faciliter l’introduction du lubrifiant. Le moteur électrique est enroulé en dérivation; sa vitesse peut être réglée par un rhéostat à eau placé dans le circuit de l’armature et par un rhéostat placé dans le circuit des inducteurs. On peut ainsi faire varier dans des limites très étendues la vitesse angulaire, et l’emploi du moteur en dérivation assure une vitesse constante dans chaque expérience. On commence par lire les watts dépensés lorsque aucun poids ne charge les coussinets.
- Le travail dépensé par le frottement est Vp kgnt : s ; V étant la vitesse périphérique du manchon en m : s et p le frottement total en kg sur les coussinets. Cette valeur correspond à 9,81 Y p watts. Connaissant le nombre de watts consommés par le moteur (et le rendement de celui-ci dans les conditions de l’expérience), on a W=9,8i Vp
- ce qui conduit à l’expression du coefficient de frottement
- K___ P_ __ W
- P “ 9,81 VP
- Pour les essais industriels, on emploiera des vitesses périphériques et des pressions du même ordre de grandeur que celles • qui doivent être rencontrées dans la pratique.
- G. P.
- Aimantation et Hystérésis de certaines sortes de fer et d’acier.
- Par H. Du Bois et E. Taylor Jones ().
- I)e grands progrès ont été réalisés récemment dans la métallurgie du fer, grâce à l’application de méthodes rationnelles de mesures magnétiques, qui, sorties du laboratoire, ont été adoptées dans les usines métallurgiques. Il est donc intéressant aussi bien pour l’électricien pratique que pour le physicien de passer en revue les résultats acquis.
- Les auteurs ont examiné l’année dernière différents échantillons de fer, dont cinq de fer « doux » et trois d’acier « dur ». Ces échantillons sont désignés au tableau I dans l’ordre croissant de leur hystérésis.
- N°* Désignation. Provenance.
- J. Fer forgé de Suède. Suède.
- II. Acier fondu pour Fricd. Krupp. à Es-
- dynamos. sen.
- III. Acier fondu pour Bergische Stahl-
- dynamos. A.-G., à Rem-scheidt.
- IV. Fer forgé de Styric. Gebr. Biihlcr et 0"!, à Vienne.
- V. Acier fondu pour Oeking et Cie, à
- dynamos. Düsseldorf.
- VI. Acier magnétique N. van Wetteren,
- de Ilaarlem. à Haarlcm.
- Vil. Acier magnétique Gebr. Bühler et C,s,
- spécial extra-dur. à Vienne.
- VIII. Acier au tungstène. Bergische Stahl -A.7G., à Rem-scheidt-
- P étant la valeur du poids total pressant sur les coussinets.
- (J) Tfa Eïectrician, 4 septembre 1896.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- pour diverses raisons les auteurs ont jugé peu utile d'effectuer des analyses chimiques des échantillons ; dans l’état actuel de la technologie il a paru préférable, pour désigner les types, d’indiquer leur origine, dont l'ignorance enlèverait d’ailleurs toute utilité à leur travail. Ce mode de définition est naturellement très imparfait, puisque les matériaux — et principalement les moins fusibles — réputés de qualité identique, offrent quelquefois des différences très marquées.
- Les résultats donnés ne se rapportent donc, strictement parlant, qu’aux spécimens mis à la disposition des auteurs par les différents industriels. Il n’est nullement impossible d’obtenir du fer ou de l’acier pouvant donner de meilleurs résultats quant à telle qualité particulière.
- Appareils. — Pour les champs peu intenses, jusqu’à d= 250 unités C.G.S., les mesures ont été faites avec la balance magnétique décrite par l’un des auteurs: cet instrument a été monté et essayé à l’Institut impérial physico-technique. Entre ces limites l’hystérésis i* 1 *} atteint prcsquesavaleurmaxima correspondant à un cycle entre les limites — x < II <+ co. Avec les fers les plus doux il n’a jamais été nécessaire d’aller si loin, il suffisait que l’aimantation attint ± 1 500 unités C. G. S. Avec l’acier le plus dur, d’autre part, ('hystérésis pouvait encore être augmentée légèrement en poussant l’intensité de champ jusqu’à ± 500 unités. Enfin, les auteurs n’ont pas cru devoir déterminer des « cycles incomplets » entre des limites plus étroites et avec moins d’h}stérésts, ces déterminations étant spécialement intéressantes ce qui concerne les transformateurs et ne faisant pas partie du programme. Des résultats complets et intéressants ont d’ailleurs été publiés tout récemment par Ewing !3': dans ceux-ci l’hystérésis correspondait géné-
- ralement aux limites normales de $ = ±4000 et les calculs pour d’autres limites ont été effectués à l’aide d’une table allant jusqu’à
- A l’aide des déterminations de Baily '.les auteurs ont calculé une table plus étendue: ils donnent dans le tableau II la relation entre l’hystérésis u pour une intensité d’aimantation quelconque et la valeur maxima correspondant à la saturation 3 = 1 700 unités C. G. S., valeur qu’ils posent égale à l'imité.
- .e fer examiné par Baily présente une hystérésis maxima assez grande {u —- 30'. Pour des métaux plus doux on obtiendra . ic approximation donnée pour une valeur 1 peu plus petite de l’aimantation. De plus, les auteurs s’accordent avec Baily pour juger plus rationnel, de considérer l’hystérésis en fonction de l’intensité d’aimantation au lieu de l’induction (*. Quant à l’expression exponentielle purement empirique donnée par Stcinmetz, elle ne représente l’hystérésis qu’entre d’étroites limites.
- J11 certain nombre d échantillons ont été étudiés dans des champs intenses (jusqu’à >00 unités! par la méthode de l'isthme d’Ewing et Low en employant un électroaimant annulaire (ff. Les parties principales de l’appareil sont représentées figure 1 (section verticale axiale) dont la partie gauche est
- 111 Les auteurs appellent hystérésis l’énergie dépensée par cycle (exprimée en kilo-ergs par cycle et par cm3! et la dé-
- 1 ) Proc. Inst. Civil Engineers, 19 mai 1896.
- (') The Electrician, t. XXXVI, p. 118,1895.
- i4) Puisque, prise autour d'une courbe fermée, l'intégrale
- flldX disparaît.
- {3J Voir La Lumière Électrique, t. LU, p. 140,
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 180
- à compléter symétriquement par rapport à la verticale EE. Les pièces polaires sont coniques et font un angle de 78°28', de sorte que le
- champ dans la partie axiale est aussi uniforme que possible. Ces pièces polaires sont percées de canaux d’environ 5 mm de diamètre. La tige C, tournée dans la meme pièce de fer que celle employée dans la balance, présente
- également 5 mm de diamètre et peut donc être très exactement ajustée dans les ouvertures des pièces polaires, d’où elle peut être retirée rapidement à l’aide de la griffe de cuivre M. Les cales S, et S2 sont également en cuivre.
- Deux petites bobines d’induction servent à mesurer l’induction et l’intensité de champ par la méthode d’Ewing et Low. La surface de la plus petite bobine est légèrement supérieure à la section de l’isthme, tandis que celle de l’autre bobine est beaucoup plus grande. Ces bobines étaient en circuit avec un galvanomètre balistique Ayrton-Mather d’Ar-sonval. Les élongations obtenues en retirant les deux bobines donnent la valeur moyenne de l’induction à l’intérieur de l’isthme et l’intensité dechamp dans l’espace immédiatement adjacent: celle-ci, grâce au principe de la continuité tangentielle, est égale à l’intensité de champ à l’intérieur de l’isthme, près du bord.
- II III IV T
- 3 $ 3 S 3 S 3 3 «B
- COURBE DES CYCLES CROISSANTS — — — — — — — — — — —
- 5 1 OÜO i255o 840 10600 10 900 710 8 900 760 9500 73" 9200
- 10 I 140 M 3°" 1 050 13200 I3 32o 910 11 400 980 12 3OO 93" 11 700
- 15 I 200 15 00c 1 130 14150 14 35o 1 030 12900 1 080 13 600 1 030 12 900
- I 2.5O 14 95° I I2i 14000 1 140 14 300 1090 13700
- 30 T 2 75 16 000 T 230 15 450 i5 660 I 200 15 000 1 220 15 3"" 1 160 14 600
- 40 1 310 16450 I 275 16000 16 150 I 24O 15 600 1 260 15800 1 220 T5 3""
- 50 '325 16 650 I 305 16350 16 480 I 280 16 IÛO 1 300 16 300 1 260 15800
- • 60 1 345 16 900 1 325 16 650 16 780 I 3IO 16500 ' 330 ,ü7oo 1 290 16 200
- 70 ' 365 17200 1 345 16900 17000 I 310 16 800 1 360 17 I0O 1 320 16 600
- 80 1380 17 400 380 17150 17 200 I 360 17 100 1 39" 17 500 ' 34° 16900
- 9* 1 390 *7 55° ï 375 17 300 Ï7 400 I 380 17 400 1 410 17 800 1 360 17 100
- 100 r4 00 17700 138s 17450 17600 I 40.) 17 700 ' 43" 18 IÛO 1 37" 17300
- MÉTHODE DE L’iSTHME
- 5 0™ • 1 800 27 500 1625 25250 » 1 780 27 400
- 10 000 183» 32 900 1 75o 31900 1 820 32 fine
- '5 000 î 850 38 200 1 770 37200 1 850 38200
- CYCLE
- Limites 1380 17 400 1 420 18060 I 450 18 400 1 460 18 400 1 43° 18 100
- Magnétisme résiduel. 55° 6 900 6So 8 200 600 7 5oo 550 6 900 650 8 200
- Lorce coercitive ,8 8 .7 -0 ,1
- Hystérésis 6,6 12 5 '3.5 T4,5 i7
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- REVU K D’ÉLECTRICITÉ
- fer magnétiquement doux. — Le tableau III \ donne les résultats obtenus avec les cinq échantillons de métal doux. Les barreaux des 0«s IL IV et V ont été préparés au laboratoire et soigneusement recuits à des températures s'abaissant en 4 fois 24 heures de 900° h 50°. Les tiges nos I. II et IV mesurées par la méthode de l’isthme ont également été recuites après façonnage.
- Les 12 premières lignes du tableau III donnent les valeurs de l’intensité d’aimantation 3 et de l’induction $ pour les valeurs correspondantes de K dans la courbe des cvclcs d’étendue croissante. Les 3 lignes suivantes donnent les résultats des mesures pour les inductions respectives de 5000, 10000 et 15 000 unités. Enlin les 4 dernières lignes montrent les principaux caractères des cycles complets : ordonnées maxima ^ ou «Bi, valeurs résiduelles de ces quantités, force coercitive et hystérésis ien kilo-ergs par cycle et par cm3:.
- Les nombres pour la courbe ascendante sont directement comparables aux résultats donnés par Evving (toc. cité ; et cette comparaison étendue à un certain nombre de produits continentaux et britanniques offre beaucoup de points intéressants. •
- Le fer forgé suédois n° I est inférieur en ce qui concerne la perméabilité, surtout dans les champs faibles, au fer d’Elswick pur à 99,9 p. 100 iEwing n° I , lequel paraît toutefois être préparé spécialement; et inférieur également à l'acier forgé de .Tenkins :Ewing. n° III ; la force coercitive et l’hystérésis en sont, toutefois, extrêmement faibles, et sous ce rapport cet échantillon n’est probablement intérieur h aucune autre sorte.
- En général, il résulte des travaux d’Evving et de Parshall qu’une grande perméabilité n’accompagne pas nécessairement très "peu d hystérésis, mats que ces deux propriétés ^excluent plutôt jusqu’à un certain point. C est la connaissance de ces faits qui a séparé la production d’un métal pour dynamos de celle de la tôle pour transformateurs.
- U y a des cas. néanmoins, où il est dési-
- rable de réunir les deux propriétés: c’est, par exemple, lorsqu’il s’agit de culasses d'électros employés dans les mesures magnétiques, d’écrans magnétiques pour galvanomètres,
- L’acier fondu de Krupp n° II a aussi été essayé par Ewing iEwing n° IV) dont les auteurs reproduisent les résultats; lu concordance des chiffres est remarquable et fait ressortir l’homogénéité du métal et l’exactitude des méthodes de mesure. Une détermination faite à l’Institut psycho-technique, a également donné approximativement les mêmes valeurs. Parmi les spécimens de fonte, le n° II, présente la plus grande perméabilité dans les champs faibles et la moindre hystérésis. La force coercitive est, toutefois, encore plus petite dans l’échantillon n° III T. Les nos IV et V ne présentent pas de qualités bien remarquables.
- Dès 1889, Xegbaur décrivit des expériences sur « de la fonte pouvant être aimantée comme le meilleur fer doux, et particulièrement propre à la construction des dynamos et des transformateurs:2) ». Depuis lors, à en juger par les résultats actuels, la métallurgie a fait des progrès considérables ; au point que, par exemple, la distinction classique entre les propriétés du fer forgé, de la fonte et de l’acier dur est aujourd'hui complètement effacée.
- En outre de la supériorité bien connue de la fonte pour la construction des machines et de son application beaucoup plus générale, il est un autre avantage intéressant au point de vue théorique. La théorie mathématique de l’induction magnétique suppose expressément une substance ferro-magnétique homogène et isotrope, cette condition a été assez difficile à réaliser en pratique. En employant du métal fondu, aussi uniforme que possible et exempt de bulles, il paraît maintenant possible d’atteindre complètement ce but. Une
- ;>) Ebeling et Schmidt trouvent une force coercitive de
- d'acier fondu. Wied. Ann., LVIII, p. 340.°
- .*ï Ekkljotechnische Zeitschrift, 1889, p. 351. *
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- telle matière peut être recommandée en toute sécurité pour toutes les mesures d’intérêt théorique, et offre de plus un plus vaste champ d’applications et plus de facilités pour le façonnage d'après un modelage quelconque.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Remarques à propos du travail de M. Christiansen sur l’origine de l’électricité de contact;
- Par K. Wesendonck (').
- M. Christiansen a récemment T; émis l'opinion que la différence de potentiel entre le mercure pur et les amalgames pouvait être attribuée à l’action de l’oxygène.
- D’après M. Wesendonck on peut donner des expériences faites par M. Christiansen une interprétation différente. Désignons par AI le métal dont sont formés les quadrants de l’électromètre, par E la matière qui constitue les lames parasites; J le gaz ambiant; G le liquide qui s’écoule; S la veine liquide; A le potentiel du liquide dans le réservoir K (voir la figure. îoc. cit.). L’un des quadrants se trouve au potentiel
- A + Fe | M ;
- Fe est le fer qui forme le réservoir.
- L’autre quadrant est au potentiel :
- - Fe | M + Fc | E + E j J + J | S + G j M.
- La différence est par conséquent :
- M I E + E 1 J + J : S+ G I M
- G J E + E | J —J J S.
- ip Wied. Ann., X. LVIII, p. 411.
- (-’) VÉclairage Électrique, t. VIII, p. 41, 1 8 avril et 4 juillet' 1896. Voir à ce sujet l'article de M. H. Pellat, t. VIII, p. 577, 26 septembre [896.
- C’est cette quantité que M. Christiansen a mesurée dans ses expériences.
- Si la surface des électrodes parasites s’altère il}’ a lieu naturellement d’en tenir compte. La différence de potentiel observée sur les amalgames croit avec la richesse en métal de l’amalgame, avec le diamètre du tube et avec la durée de la veine, ce qui n’a pas lieu avec le mercure pur. Ce phénomène s’explique par une action chimique, en particulier par une oxydation superficielle de la veine d’amalgame. Dans une atmosphère exempte d’oxygène on ne doit donc observer aucune différence de potentiel entre le mercure et les amalgames : c’est en effet ce qu’indiquent les tableaux publiés par M. Christiansen.
- La variation de la différence de potentiel, produite par une altération chimique de la surface de la veine ou des électrodes parasites n’est en Contradiction avec aucune théorie, et l’influence électroniotricc des gaz n’est nullement exclue par la théorie du contact.
- D’après ce qui précède les différences de potentiel correspondant au mercure ou h l’amalgame sont respectivement :
- Gg I E-j-E'lJ-J-J I S, — D, Am|E+E|J+J|S, = Ds.
- Par conséquent :
- D, - V)2=d= Jlg | Am -f J [ S, — J | S,.
- Cette différence, qui est presque nulle dans l’hydrogène et l’azote, ne fait pas connaître directement la différence Hg [ Am, puisque le terme.! | St— J j S2 ne peut être déterminé.
- Si on admet d = o, on en déduit :
- Ilg j Am +Am j J+J | Ilg = o
- La loi de Volta s’appliquerait alors aux gaz inertes. L’interprétation de M. Christiansen est très vraisemblable, bien que ses expériences ne puissent être considérées comme définitives.
- La quantité e = Ya — VH qui représente la différence des potentiels d'un même amalgame dans l’air et dans l’hydrogène-serait d’après M. Wesendonck
- E 1 I. — E | H -f L | S — H | S
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- '«3
- t si on. admet qu’elle représente la différence je potentiel entre le mercure et l’amalgame je zinc, on à
- El L — E 1 Il -f- L | Am — II 1 Am.
- Peut-être réussira-t-on un jour à réaliser une veine de duree assez courte pour qu'aucune électricité due à l'écoulement ne se produise. Alors, en faisant s’écouler du mercure et de l’amalgame à travers des enveloppes je même métal M, maintenues au même potentiel A, les deux veines liquides auraient le même potentiel A -f- M | J. Si l’électro-inètre ne subit aucune déviation, c’est que l’amalgame et le mercure sont au même potentiel et par conséquent que Am j Hg=o. Pareille expérience n’a pas encore été réalisée.
- ML.
- Sur les propriétés électriques des vapeurs émises par un liquide électrisé;
- Par G. SciiwalbeP).
- Les phénomènes de l’électricité atmosphérique ont été d’abord attribués au champ électrique produit par les charges statiques que possède la terre. Mais la variation du champ avec la hauteur calculée d’après cette hypothèse est beaucoup plus petite que la variation observée. L'hypothèse est donc insuffisante.
- F.xner attribue la production de l’électricité atmosphérique à la vaporisation de l’eau, la vapeur entraînant avec elle l’électricité de la terre. De nombreux physiciens, depuis Volta, avaient admis déjà que la vaporisation joue un rôle dans ces phénomènes.
- Exner d'i pensait avoir démontré expérimentalement l’influence de la vaporisation sur l’électrisation. Mais Blakc i3j conclut au contraire à la négative. Les expériênces de M. Schwalbe sont effectuées par une méthode
- (.*) Wùd. Ann., t. LVIII, p. 500.
- (h Witn, Ber., t. LXCIII, p. 222, 1886. i%)Wied. Ann., t. XIX, p. 5 iS.
- qui rappelle celle de Blake, mais avec quelques modifications.
- Supposons que les vapeurs d’un liquide en se vaporisant h la surface d’une lame métallique entraînent avec elles de l’électricité ; il en résultera une perte de charge plus rapide quand la lame sera recouverte de liquide au lieu d’être sèche. Cette conclusion sera légitime si on prouve d’abord que la perte de substance, quand les particules emportent avec elles de l’électricité, entraîne une perte de charge plus rapide.
- L’appareil de mesure est un électromètre de Thomson, construit sur le modèle indiqué par MM. Elster et Geitel et étalonné au moyen d’un élément Daniell normal. L’aiguille est chargée par une pile de Lamhoni dont l’autre pôle est au sol. L’une des paires de quadrants et aussi la cage de l'instrument sont également mises en. communication avec le sol. La lame de laiton, longue de 23 cm et large de 20, est chargée par une machine à inlluence : les différences de potentiel n’ont pas dépassé 10 volts.
- Les expériences ont été faites avec la lame :
- i° Sèche et vide ;
- 20 Recouverte d’alcool ;
- 30 Recouverte d’eau froide s’évaporant lentement;
- 4° Recouverte d’éther ;
- 50 Recouverte d’eau chaude ;
- 6° Recouverte d’eau chaude et munie de couvercles qui empêchaient les vapeurs de s’éloigner ;
- 70 En posant sur la lame un morceau de métal chaud ;
- En semant sur la lame de la poüdre de
- q° Du sable très fin.
- Les résultats ont été négatifs : on n’a pu en effet constater aucune influence de l’évaporation sur l’électrisation. Si la perte de charge se trouve accélérée par la présence de l’eau chaude, ce n’est pas le résultat de l’évaporation, mais une conséquence de l’élévation de température, car un corps chaud quelconque produit le même effet. Sans
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- doute, au contact du corps chaud, se forme un courant d’air ascendant qui entraîne les poussières, et avec elles l’électricité.
- Les expériences faites avec les poussières justifient cette explication : car la présence des ces poussières surtout quand elles sont lines. accélère beaucoup la perte de charge. D’autre part, cette inliuence des poussières n’est pas due au changement de nature de la surface de la lame et aux aspérités qui résultent de leur présence, car on n’observe pas de perte plus rapide, quand les poudres sont assez grossières pour que les grains ne puissent s’envoler.
- Ces résultats sont d’accord avec ceux de M. Blake et montrent que la théorie d’Exner manque encore de vérification expérimentale. M. L.
- Quelques remarques sur les rayons de Rœntgen;
- Par O. Muller.1
- La source des rayons est un tube de Croo-kes excité par des courants de Tesla et muni de deux électrodes hémisphériques qui concentrent les rayons cathodiques sur une lame de platine, la. surface d’émission des rayons X est ainsi très petite. A i mètre environ du tube se trouve la fente d’un spectroscope; derrière cette fente à 20 cm, une toile métallique à mailles fines et à 10 cm en arrière, la plaque sensible enveloppée dans du papier-noir. L’appareil est réglé de manière qu’en l’éclairant on aperçoive.deux ou trois franges de diffraction de chaque côté de la fente. En excitant le tube, on obtient un cliché qui ne présente pas trace de franges; mais dans l’ombre des lames de métal qui forment la fente .on aperçoit nettement l’ombre du réseau métallique. Comme les lames ont une épaisseur de 8 mm et que la durée d’exposition ne dépasse pas 20 minutes, on ne peut admettre que cette ombre a été portée par les rayons qui ont traversé le métal.
- Si on place le réseau immédiatement sur la plaque et à 20 cm en avant un cylindre de laiton long de 5 cm et ayant 3 cm de diamètre. dont l’axe est parallèle aux rayons, on obtient une ombre (loue du cylindre, sans ombre centrale; dans cette ombre, sur toute son étendue, apparaît nettement l’image du
- Cependant on obtient en général avec la disposition employée des images nettes d’objets môme très fins et présentant des détails très menus : ce qui s’explique par la faible étendue de la surface d’émission.
- Le phénomène signalé ne peut être attribué qu’à deux causes : une déviation des rayons X par le cylindre de laiton, ou leur diffusion dans l’air. Les propriétés connues des rayons rendent la première hypothèse fort peu probable. reste la seconde.
- Pour en juger, 011 place le cylindre de laiton, le réseau et la plaque sensible, immédiatement l’un derrière l’autre. Dans ces conditions, l’ombre du cylindre est nette, sans trace d’image du réseau. Seule l’image de la base du cylindre qui fait lace au tube présente une légère pénombre, dans laquelle on distingue l’ombre du réseau.
- Souvent quand les objets photographiés sont à quelque distance de la plaque, leur ombre est moins accentuée vers les bords que dans la partie centrale. Cette différence ne s’observe d’ailleurs que si l’exposition a été un peu prolongée. Toutes ces remarques tendent à prouver qu'une partie des rayons se diffusent et contournent les objets.
- Lenard avait remarqué déjà que les rayons cathodiques sont diffusés par les molécules gazeuses comme la lumière l’est par les grains de poussière. De môme l’expérience décrite plus haut peut se faire avec la lumière. En plaçant un corps opaque et un réseau métallique entre un écran et une source métallique, le réseau étant très près de l’écran, on aperçoit l’ombre du réseau dans l’ombre du corps opaque qui le recouvre, si 011 met du lycopode en suspension sur le trajet du ra\on.
- .,*) IVied. Ann., t. LYIII. p. 771.
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- Il est à remarquer que l’hypothèse d’après laquelle les rayons X seraient des rayons de très courte période n’est guère compatible avec la transparence de l’air pour ces rayons. Les recherches de Cornu, Hartley et Schumann ont montré en effet que les ondes de longueur inférieure à 150 ne peuvent traverser une couche d’air de quelques millimètres; une couche d’air de 1 mètre arrête toute la lumière dont la longueur d’onde est inférieure à 182 uu. Cette propriété distingue donc les rayons ultra-violets des rayons X qui, comme on le sait, traversent l’air si facilement. M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Beschreibende Notizen über eine Anzah.1 bemer-kenswerte Elektrizitâtswerke in der Schweiz ; par \V. Wyssling et E. Blattner. i vol. in-4'1. Zurcher et Fttrrer. Zurich. 189O.
- Sous ce titre, les auteurs ont publié à l’occasion du Congrès de Genève, une monographie, partie en allemand, partie en français, des installations visitées pendant ce Congrès et l’excursion finale qui l’a suivi. Toutefois, sans doute par suite d’une modification du programme de cette excursion, quelques stations centrales non visitées s’y trouvent décrites; nous citerons notamment celles de La Goule, de Saint-Imier, d’Interlaken. Ces monographies, faites avec le plus grand soin et suivant un même plan, ont été tenues au courant des dernières modilications apportées aux stations centrales dont il est question ainsi que nous avons pu le remarquer pour la plupart d’entre elles. C’est donc un livre d’une réelle valeur qui marque bien l’état florissant de l’industrie électrique en Suisse et qui fait le plus grand honneur à ses auteurs : M. Blattner. professeur au Tecknikum de Burgdorff, et M. Wyssling. directeur de la station de Sihl. sur laquelle nous reviendrons au cours de l’article dont
- nous commençons la publication. Ee tirage fait aussi le plus grand honneur h l’éditeur ; il fait fort bien ressortir les nombreuses vues photographiques qui ornent la description de chacune des stations. Aussi sommes-nous persuadés que cet ouvrage, déjà entre les mains de la plupart des congressistes, a eu et aura encore de nombreux lecteurs.
- Ajoutons que M. Roger Chavannes a joint à cet ouvrage la réimpression d’un intéressant article sur la station centrale de Neuchâtel.
- Notes et croquis techniques sur Genève ;
- Par M. Imer-Schneideh, ingénieur-conseil.
- Comme une sorte de préface à l’ouvrage précédent, nous signalerons cette petite plaquette rééditée spécialement à l’occasion de l’exposition de Genève. Ingénieur-électricien, l’auteur a tout naturellement donné une large part aux installations électriques de Genève, Ce livre nous a singulièrement facilité notre tâche dans les visites de ces installations et nous sommes heureux de pouvoir exprimer nos remerciements à son auteur.
- J. Blondjn.
- CHRONIQUE
- L'INDUSTRIE ÉLECTRIQUE A L'ÉTRANGER
- Anaconda (Amérique).— Station chctrolytiquc. — On compte déjà en Europe un grand nombre d’usines où l’on raffine le cuivre par les procédés électrolytiques; mais c'est surtout en Amérique que cette industrie a fait le plus de progrès.
- L'usine d’Anaconda, l'une des plus importantes, couvre une surface dci 1 705 m2; elle sc compose de deux immenses halls renfermant les cuves à' élec-trolyse, de la station génératrice d'énergie électrique et enfin d’un bâtiment spécial affecté au traitement des boues pour la récupération de l'or et de l’argent.
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- L'équipement actuel de la station génératrice, tout récemment augmenté, se compose, pour les moteurs à vapeur, d’un moteur d’une puissance d’environ 800 chevaux, d’un moteur cornpound Westinghouse de 400 chevaux et de deux machines à triple expansion de 900 chevaux chacune. Les dynamos d’électrolyse, du type Westinghouse, sont au nombre de huit, dont deux de 220 kw chacune, cinq de 270 kw et une de 220 kw ; les sept premières assurent la marche normale de l’usine; la huitième, couplée à un moteur à vapeur séparé, sert de réserve. Deux autres dynamos servent à l’alimentation des lampes de l’éclairage et des moteurs électriques. Un compresseur d’air de 30 chevaux pour l'actionnement des pompes à acide complète l’équipement de cette station.
- Les 6 chaudières principales permettent d’obtenir 24661,98 kg de vapeur par heure;avec les deux chaudières de réserve,la production peut être portée à 30942,6 kg. L'énergie totale produite permet une production maxima de T50 tonnes anglaises (1016 kg) de cuivre par 24 heures, avec une densité de courant de 50 à 60 ampères parm2 d’anodes; la dépense d’énergie est donc d’environ 17,5 chevaux par tonne de cuivre électrolytique.
- Chacun des deux halls d’affinage couvre une surface d’environ 5 393 m2 et contient 600 cuves à électrolyse. Ces cuves sont eu bois, doublées intérieurement de plomb et groupées par séries de 10 sur un même bâti de fondation, bien isolé et formant un plan incliné pour l’écoulement de l’électrolyte; 20 séries, constituant ce que les Américains appellent un système, sont alimentées par un même circuit. Chacun des trois systèmes installés dans chaque hall a ses puits de déversage, ses pompes pour le refoulement de l'électrolyte et son matériel de manipulation, grues, ponts roulants, etc. La charge d’une cuve est d'environ 4 tonnes de cuivre; elle s'effectue à l'aide de ponts roulants électriques. Les cathodes reposent sur des barres plates en fer placées sur l'un des conducteurs; les anodes sont suspendues entre les cathodes par des supports en fer placés transversalement et reposant par une de leurs extrémités sur l’autre conducteur. Un dispositif ingénieux permet de contrôler, toutes les heures, la marche de l’électrolyse dans les 1200 cuves, 11 comprend un collecteur formé d’autant de lames qu’il y a de groupes de cinq cuves et faisant un tour complet en 1 heure; deux balais frotteurs établissent à chaque instant
- les connexions entre un groupe et un voltmètre enregistreur.
- Le procédé d’épuration de l'électrolyte employé
- à Anaconda est relativement simple et peu coûteux; il consiste dans l’emploi de l'air et de quelques produits chimiques de peu de valeur, mais dont le nom n’esl pas donné. Ce procédé donne, paraît-il, de meilleurs résultats que l'ancienne méthode de cristallisation, encore employée dans beaucoup d'autres stations électrolytiques.
- La production journalière de l’usine d’Anaconda varie de 100 à 120 tonnes selon le rendement des mines appartenant à la Compagnie. Une autre usine que cette dernière possède à Baltimore en produit environ de 80 à 100 tonnes par jour.
- La main-d’œuvre est fort chère et revient en moyenne à 3 dollars (15 fr)par homme et par jour 'le personnel de l’usine se compose en tout de 120 hommes); le charbon coûte plus de 23 fr la tonne. Dans ces conditions, le prix d’affinage du cuivredéductionfaitcdc l’or ctde l’argent recouvré dans le traitement des boues, est de 70 fr par tonne.
- La conductibilité du cuivre produit est de 98 p. too à l’étalon de Mahiesen.
- L’usine d’Anaconda fabrique également, par les procédés électrolytiques, du cuivre en plaques ou en cylindres pour l'utilisation immédiate. La méthode employée est celle de M. Thoferhn, directeur de l’usine. La cathode est constituée par un rouleau on mandrin creux d’environ 2,40 m de long et 0.90 m de diamètre plongé dans la cuve et animé d’un mouvement de rotation lent. La densité du courant employé est de 166 à 300 ampères par m2. Le cuivre précipité se dépose à la cathode sous forme de petits cristaux allongés visibles seulement à l’aide d’un microscope. Afin de rendre les plaques ainsi produites bien homogènes et peu susceptibles de s’exfolier, de nombreux jets d’électrolyte sontlancéscontinuellement sur le cylindre tournant. Dès que le dépôt a atteint l’épaisseur voulue (généralement 23 mm), on pratique une fente longitudinale afin de le séparer du mandrin. Le cylindre de cuivre passe ensuite au laminoir d'où il sort en plaques parfaitement planes. Si le cylindre est destiné à|être découpé en lanières pour la fabrication des câbles, on l'enlève du mandrin sans le fendre, et on le place sur un tour spécial où une scie circulaire le découpe en lanières que l’on étire ensuite.
- Le traitement des boucs donne une production mensuelle de 542,3 kg d’argent et de 2,325 kg d’or.
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- Le procédé employé est sommairement le suivant : jeS boues, après avoir été lavées et séparées des résidus de cuivre, sont mises à bouillir dans un mélange de vapeur et d’acide, puis après un filtrage et un lavage, passent dans une seconde série de bouilleurs pour les séparer des impuretés telles l'arsenic et l’antimoine; les boues sont ensuite filtrées et lavées à grande eau, puis mises à sécher. On les fond et on les coule dans les lingotiôres pour les traiter ensuite par de l’acide sulfurique, l'argent dissous se change en sulfate qui est dilué à l’eau et précipité par des plaques de cuivre ; le produit est fondu de nouveau et coulé en lingots pour l'expédition,
- Bkrun. — Traction. — Les tramways électriques mixtes à accumulateurs que la Grosser Berliner Pferdebahn a fait construire pour la ligne de Donhoffsplatz-Treptow viennent d’être mis en service. Ces voitures sont construites d’après le type américain avec entrée sur le côté, et peuvent contenir chacune 26 voyageurs, 16 assis et 10 debout ; une batterie d’accumulateurs logés dans des caissons que porte chaque voiture, permet à cette dernière de continuer sa route fonctionnant comme automobile des quelle abandonne le fil aérien à trôlet, à Treptow, pour suivre la ligne ordinaire jusqu'à Donhoffsplaz. L’éclairage de ces voitures est électrique ; les lampes sont alimentées partie par le courant de la ligne, partie par la batterie d’accumulateurs. Une seule charge de la batterie suffit pour assurer la marche pendant toute la journée.
- Brooklyn {N.-Y.). — Station centrale. — La puissance de la station centrale, fournissant du courant aux tramways électriques de la ligne Brooklyn-Nassau, vient d’être augmentée par l'adjonction de deux nouveaux générateurs électriques actionnés directement par un moteur à vapeur du type Cooper-Corliss. Les deux dynamos fournissent ensemble 2000 ampèresà 560 volts. Les douze pièces polaires de ces machines sont constituées par des plaques de fer laminé soudées ensemble et rivées sur deux grands anneaux en fonte maintenus rapprochés par de solides étriers. Les enroulements shunt et série sont maintenus écartés les uns des autres d’environ 25 mm et sont fixés sur les pièces Polaires à l'aide de goujons. L’induit est enroulé P°ur la marche en parallèle. Le collecteur.se compose de 780 lames et est claveté sur l’axe de l’in-
- duit. Les douze balais qui recueillent le courant, sont manceuvrés simultanément à l’aide d'un volant agissant sur un train d'engrenage. Les deux dynamos sont reliées par un fil compensateur. Les circuits aboutissent aux barres omnibus du tableau de distribution.
- La station centrale récemment construite à l’extrémité du pont reliant Brooklyn à New-York pour les besoins de l’éclairage du pont, est équipée de deux moteurs à vapeur couplés chacun à une dynamo multipolaire d’une puissance de 60 kilowatts. Ces machines appartiennent au type que construit la C and C Electric Company, de New-York, et ont chacune T4 projections polaires fixées sur une culasse ’ en fonte perpendiculaire au bâti. Cette culasse est percée en son centre d’un trou portant les coussinets recevant l’une des extrémités de l’axe de l’induit; l’autre extrémité repose dans un coussinet supporté par une colonne boulonnée au bâti de la machine. L’axe de l’induit est relativement volumineux par rapport à la puissance de chacune de ces dynamos par suite du très grand diamètre donné à l’anneau qui constitue l’induit. Le courant est recueilli sur le collecteur par 14 paires de balais. Leur position sur le collecteur n'est jamais changée, quelle que soit la charge. Ils 11e donnent lieu à aucune étincelle, même pour des excès de 20 p. 100 de la charge normale.
- La production normale de chacune de ces dynamos est de 400 ampères sous 115 volts. Les essais ont été effectués sous un régime constant de 500 ampères. L’éclairage électrique de la partie du pont avoisinant New-York nécessite normalement 325 ampères pour chaque dynamo. Le courant est réparti dans les différents circuitsde l'éclairage à arc et à incandescence par les appareils du tableau de distribution.
- Clfvet.axd {.Amérique). — Eclairage. — 11 est à remarquer que, dans la plupart des grandes villes américaines, tout établissement dont l'éclairage nécessite une grande consommation d’électricité possède sa station centrale produisant l’énergie dont il a besoin. Une petite usine de ce genre vient d’être inaugurée à Cleveland dans rétablissement connu sous le nom de Mohawk Building. Le système d’alimentation des chaudières présente quelques particularités intéressantes. Tout fonctionne automatiquement et avec un personnel des plus réduits. Les chaudières, au nombre de deux,
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- sont munies d'un réservoir à charbon que l'on remplit, quand le besoin s’en fait sentir, à l'aide de wagonnets courant sur des rails aériens depuis la soute jusqu’aux portes des réservoirs où la voie est munie d'une bascule qui permet de contrôler à chaque instant la quantité de charbon brûlé. La charge des foyers s'opère mécaniquement, le charbon est étendu à l'aide d’un mécanisme action né par un petit moteur à vapeur. Les portes de façade des chaudières ne sont ouvertes qu'à de rares intervalles pour le décrassage des foyers. La’vapeur engendrée sertà l'actionnement de trois moteurs à vapeur du type Bail couplés directement à trois dynamos Walker de 25 kilowatts chacune et tournant à la vitesse de 300 tours par minute. Chacune des trois dynamos peut fournir jusqu’à 240 ampères sous 115 volts. Ces machines sont à 6 pôles et ont chacune 6 balais. Elles fonctionnent en multiple et sont reliées au tableau de distribution par un commutateur tétrapolaire. Le tableau de distribution muni de tous les appareils nécessaires aux mesures et à la régulation du courant, porte, outre les commutateurs servant à la répartition du courant sur les 14 circuits qui constituent le réseau de l’établissement, un commutateur spécial relié à l'une des artères du réseau de la ville qui permettrait d’assurer la continuité de l’éclairage .en cas d'accident ou d'arrêt des machines.
- Singapour (Indes anglaises). — Eclairage. — Le correspondant do The Electricien donne, les détails suivants relatifs à l’éclairage électrique ' de Singapour : les habitants de cette ville déjà mécontents du prix auquel les compagnies gazières leur vendaient le gazd’éclairage, viennent de manifester ouvertement leur préférence pour l’éclairage électrique, d'accord en cela avec la municipalité qui proteste contre les tarifs déjà élevés de l'éclairage public. Tout porte à croire, écrit ce correspondant, que la création de stations centrales pour la production de l'énergie électrique remplaçant le gaz- ne peut être que prochaine. De nombreuses feuilles locales publient des articles mettant en évidence, aux yeux du public, les avantages de l’éclairage électrique. L’une d'elles, le Straits Budget a fourni à ce sujet des renseignements soigneusement étudiés sur le prix de revient d’une station centrale alimentant les lampes de l'éclairage public; soit en tout 220 lampes à are de r2oo bougies et 430 lampes à incandescence de 23 bougies.
- Les prix d’installation sont évalués comme il
- Terrain et bâtiments.............. 15 140,60 fr
- Équipement........................ 339 915.5'’ >
- Réseau............................ io75/8,io >
- Total...........488 694,25 fr
- Exploitation et entretien. Les lampes étant allumées en moyenne ir heures par jour.
- Charbon, à 18 fr la tonne......... 29976,35 fr
- Personnel (salaires).............. 19826,25 »
- Matériel d’entretien.............. 28313,75 »
- Intérêt à 6 p. 100 du capital. . . . 29319,65 »
- Total...........107 440,00 fr
- Ces chiffres représentent une dépense d'installa-tion-de 77,30 fr et une dépense d'entretien de 18,7s fr par lampe de 8 bougies, ce qui n'est pas exagéré en raison des difficultés à surmonter relativement à l'installation mécanique qui, comme on le sait, est toujours fort chère aux colonies.
- DIVERS
- Laboratoire central d'électricité. — C’est lundi prochain, 26 octobre, que commenceront les examens pour le concours d'admission à l’Ecole d'application du Laboratoire central.
- Rappelons que le programme de ces examens, donné en détail dans notre numéro du 10 août 1895 (t. IV. p. 286), comprend la physique générale, les matières du programme de la licence physique en électricité, la chimie élémentaire, la trigonométrie, l'algèbre et la géométrie analytique conformément au programme de mathématiques spéciales, la mécanique, quelques questions du calcul différentiel et du calcul intégral.
- Les élèves des écoles Centrale, des Mines, Polytechnique, des Ponts et Chaussées, les licenciés ès sciences mathématiques et physiques peuvent être admis sans examen. En outre, l’Ecole Centrale des arts et manufactures, depuis cette année, met à la disposition de ses anciens élèves un certain nombre de bourses.
- Comme les années précédentes, les élèves suivront un cours sur les applications industrielles de l'électricité, professé par le directeur, M. Janet; un cours de mesures, professé par le chef des travaux pratiques et de nombreuses conférences faites
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- par MM. Iliilairet, Pi'cou, Bochet, Loppé, Sar-tiaux") de la Touanne et Brunswick..
- jljj recevront en outre un enseignement pratique, comprenant des exercices d’atelier, des exercices de chauffe et de conduite des machines vapeur, des exercices de mesures, des essais de machines, des projets d'établissement de dynamos et d’installations et des visites d’usines.
- Fédération des mécaniciens et chauffeurs. Les
- cours d’électricité industrielle, créés par la Fédération des mécaniciens et chauffeurs, ont commencé cette semaine.
- Ces cours-ont lieu tous les mardis :
- De 9 à io h du soir, à la mairie du IV8 arrondissement (professeurs, MM. Laffargue et Hom-men, ingénieurs-électriciens) ;
- De 8 h 1/2 à 9 h 1/2, à l’école des garçons, rue Grange-aux-Belles {professeur, M. Augé, ingénieur-électricien) ;
- De 8 h à 9 h t/2, à l'école des garçons, rue de Châteaudun, à Saint-Denis (professeur, M. Janil-lon, ingénieur-électricien);
- Et tous les vendredis :
- A 8 h du soir, à l’école des garçons, 63, rue de Clignancourl (professeur, M. Clerbout, ingénieur);
- A 8 h 1/2, à l’école des garçons, rue Saint-Charles, XV' arrondissement (professeur. M. Ju-mau, ingénieur-électricien) ; et à l’école des garçons, rue Ampère (professeur, M. Jolly, ingénieur des arts et manufactures) ;
- A 9 h, à l’école des garçons, rue Titon, X8, XIT et XXe arrondissements (professeur, M. Carol, ingénieur civil).
- Le cours d’électricité pratique de deuxième aimée, professé par M. Laffargue, aura lieu tous les jeudis, de 9 à 10 h du soir, à partir du 29 octobre, à la mairie du IVe arrondissement. Le programme de ce cours comprend : exercices pratiques, manœuvres électriques, moulage, installations, dynamos, tableaux de distribution, mise en marche et réglage des machines dans diverses usines.
- A la fin de ce cours, des diplômes d’électriciens sont accordés par la Fédération aux élèves reconnus par le jury, après examens pratiques, aptes à exercer le métier d'électricien.
- des illuminations électriques pendant les fêtes éu Tsar. — Les splendides fêtes qui ont eu lieu à
- Paris les 6 et 7 octobre, ont montré tout le parti que Ton peut tirer de l'éclairage électrique pour la décoration et l’illumination des rues. Les cordons de gaz soulignant les arêtes des monuments conserveront sans aucun doute leur effet majestueux, les ballons lumineux suspendus dans les arbres seront toujours d’un effet très pittoresque et les lampions de verres colorés permettront encore de constituer de jolis motifs de décoration. Les Parisiens et les nombreux étrangers venus à Paris à l’occasion des dernières fêles, ont pu d’ailleurs s'en apercevoir, ces divers modes de décoration ayant été simultanément utilisés et avec une profusion extraordinaire. Mais toutes ces illuminations, fort bien réussies, grâce au temps qui a daigne ne pas être trop mauvais pendant ces quelques jours de fêtes, avaient l’inconvénient du déjà vu et il est certain que c'est à l’électricité que doit être attribuée la plus grande part du succès des décorations de nos rues et places.
- La principale innovation a été l’application de ballons et de (leurs en celluloïd à la décoration de motifs garnis de lampes à incandescence. Sur les grands boulevards se trouvaient installés 40 portiques comportant chacun 160 ballons de celluloïd de diverses couleurs, à l’intérieur desquels se trouvaient des lampes à incandescence de 10 bougies, 110 volts. Ces lampes étaient alimentées par du courant à 440 volts, fourni par les divers secteurs d'éclairage ; les lampes de 4 portiques étaient montées en tension. Ces portiques, très gracieux, pris individuellement, donnaient l’illusion d'une longue voûte de feu, d’un très bel effet, joignant la place de la République à la Madeleine.
- Aux Tuileries, sur la terrasse, une rangée de mâts supportait des guirlandes en feuillage garnies de fleurs en celluloïd, d’un effet non moins heureux; 2000 lampes étaient employées à cette décoration.
- Sur d'autres points, cotnme sur les guirlandes des colonnades construites place de 1 Hôtel-de-Ville (1 000 lampes), sur les2 portiques delà rue de Rohan et de l'avenue de l'Opéra (500 lampes), les fleurs étaient simplement en papier et furent mises au dernier moment pour éviter leur détérioration par la pluie.
- Place de la République, une gigantesque rosace de 10 m de diamètre comprenant 3 000 lampes de diverses couleurs et animée de trois mouvements de rotation - sur trois zones concentriques, offrait un spectacle également nouveau aux Parisiens.
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- Par le jeu de commutateurs manœuvres automatiquement par suite du mouvement de rotation général, les lampes s’allumaient par séries, dessinant en lignes de feu de couleur une infinité de combinaisons de courbes et d'arabesques rappelant les effets du kaléidoscope.
- A Versailles, le château fut éclairé pour le banquet et la représentation qui suivit. L’installation comprenait a 500 lampes, 800 sur la rampe destinée à éclairer la cour de marbre,-le reste réparti sur les 16 lustres à cristaux de la salle du banquet, sur la corniche du salon d'Hercule '140 lampes) et sur les lustres et appliques de tous les salons traversés par le tsar entre ces deux pièces. E11 outre, s puissants projecteurs de 25 ampères disposés sur les toits envoyaient leurs faisceaux de lumière sur les jets d'eau des bassins, du côté du parc, et dans la grande cour d'honneur, de l'autre côté. Le courant était fourni à 2 300 volts par la nouvelle station d'électricité de Versailles et transformé, par trois postes de transformateurs situés dans le château encourant à no volts. Par excès de prudence, deux machines à vapeur, deux dynamos et iobatte-ries d’acccumulateurs avaient été installées afin de parer à une extinction possible sur le circuit de l’usine et des commutateurs permettaient de faire passer instantanément le courant fourni par les dynamos et les accumulateurs dans le circuit alimenté normalement par le courant des transformateurs.
- Toutes ces installations faites par la ville de Paris et celle de Versailles, font le plus grand honneur à la maison Beau et Bertrand-Taillet qui les a exécutées, d'autant plus que le délai d'exécution accordé n’était que de quinze jours pendant lesquels la pluie n’a guère cessé de tomber.
- D’ailleurs, les illuminations organisées par divers comités, n'étaient pas moins brillantes. Celles de la rue Royale, organisées parle comité des fêtes du VIIIe arrondissement, et installées par la Compagnie générale de travaux d'éclairage et de force étaient particulièrement réussies et montraient que les lampes à arc peuvent également concourir à la décoration. De chaque côté de la rue couraient des guirlandes de feuillage’ et de fleurs supportant 48 lampes à arc de 10 ampères, montées par séries de 8 et alimentées par le secteur de la place Clichy.
- D’autres illuminations non moins importantes avaient également été exécutées par la même compagnie ; citons celles de la rue de la Paix
- (2 700 lampes de 10 bougies, 110 volts, alimentées sous 440 volts par le secteur de la Compagnie de l’air comprimé) ; celles de la rue Montmartre à l’entrée de laquelle se trouvait un portique de i2 mètres d’ouverture décoré par 800 lampes formant divers motifs, entr’autres les armes impériales russes; enfin celles des rues Fontaine et Rocbe-chouart constituées par des guirlandes de fleurs lumineuses comprenant 1 000 lampes.
- Les particuliers, les grands magasins, les administrations, ont également contribué dans une large mesure à la décoration générale : les illuminations du Cercle Militaire, d'un goût parfait, celles des Wagons-lits, du Yacht-Club, etc., installées aussi par la Compagnie générale des travaux d'éclairage et de force étaient particulièrement remarquées.
- Enfin l'électricité a également contribué aux illuminations des nombreux bateaux massés sur la Seine le soir du feu d’artifice. Deux bateaux hirondelles freltés par le Gaulois étaient décorés de ballons en celluloïd à lampes à incandescence alimentées par des accumulateurs; cette installation était faite par MM. Beau et Bertrand-Taillet.
- Toutes ces décorations ont mis en évidence les avantages nombreux qu’offrent l'électricité et le celluloïd dans les illuminations publiques. Ne craignant ni le vent ni la pluie, permettant un allumage instantané, ce genre d’illumiriations sc prête en outre à une grande diversité d’ornementation. Il n’est donc pas douteux que son emploi se généralisera.
- Mais si les appareilleurs ont tout bénéfice à tirer de cette généralisation, les stations centrales y gagneront peu. La quantité d’énergie distribuée par les divers secteurs parisiens pendant les soirées des 6 et 7 octobre, n’a pas en général été supérieure à celle distribuée pendant les soirées précédentes, la diminution de la consommation des particuliers compensant l'augmentation résultant des illuminations publiques.
- L'un des secteurs a même constaté une diminution sensible; le secteur de la rive gauche, plus heureux, a constaté une augmentation d’environ 20 p. 100, bien que les illuminations électriques aient été peu nombreuses dans cette partie de Paris ; une partie de cette augmentation doit sans doute être attribuée à l'éclairage de l'ambassade de Russie, comprenant 1500 lampes installées par la maison Beau et Bertrand-Taillet.
- 11 nous semble toutefois que ces illuminations
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- dont tant de personnes ont été témoins ne peuvent qUe faciliter l'extension de l’éclairage par l'électricité et -qu'à ce point de vue il convient de féliciter les appareilleurs de les avoir si bien réussies, malgré les difficultés résultant du mauvais temps et de la rapidité de leur exécution.
- Accident dû à l'acétylène. — Dans une récente communication à l'Académie des Sciences, reproduite dans notre dernier numéro, MM. Berthelot et Vieille signalaient les « causes de danger résultant des phénomènes de compression adiabatique accompagnant l’ouverture brusque d'un récipient j'acétylène sur un détendeur, ou sur tout autre réservoir de faible capacité ». Un accident paraissant dû à cette cause s’est produit samedi dernier i- octobre, à l’Institut Raoul Pictet, 13i,rue Cham-piounet. Deux ouvriers ont été tués, littéralement hachés en morceaux par les débris d" un tube à acétylène; un troisième a été grièvement blessé; quant aux dégâts matériels ils sont assez impor-
- II 11e faudrait cependant pas de ce pénible accident conclure à la prohibition de l’emploi de l’acétylène comprimé ou même liquéfié —l'anhydride carbonique liquide, l'oxygène et l'hydrogène très fortement comprimés donnent lieu, trop fréquemment malheureusement, à des accidents semblables — mais il est indispensable qu'il serve d’enseignement et qu'il Incite les directeurs des usines où l’on manipule l'acétylène à constamment rappeler à leur personnel les précautions qu’exige cette manipulation.
- Les tramways à canalisation souterraine à Paris. — Nous apprenons que le système électromagnétique Westinghouse, qui a été décrit dans L'Eclairage Électrique (n° du 4 janvier 1896, p. 17), va être appliqué à Paris, sur la rampe de la rue de Maubeuge, entre le carrefour de Chàteaudun et la rue de La Tour-d’Auvergne, sur une longueur d’environ 500 mètres. Cette installation serait faite à titre expérimental et si, comme on l'espère, ces essais sont favorables, le système serait, paraît-il, appliqué sur un certain nombre de lignes dans Paris.
- La non-homogénéité des rayons X et la mesure de leurs longueurs d'onde. — L’hypothèse de la non-homogénéité des rayons de Rœntgen, énoncée
- pour la première fois, croyons-nous, par MM. Hur-muzescu et Benoist à la suite de leurs premières expériences sur la décharge des corps électrisés, vient de recevoir une nouvelle confirmation d’expériences récentes de M. Mc Clelland, que rapporte The Ehctrical World du 5 septembre.
- Dans ces expériences, M. Mc Clelland mesure d’abord la vitesse de chute des feuilles d’un élec-troscope chargé sous l’influence des rayons X lorsqu'une lame de verre A est interposée sur le trajet de ces rayons; ensuite il substitue à cette lame une pile B de feuilles minces d’étain dont il fait varier le nombre jusqu a ce que la vitesse de chute des feuilles d’or de l’électroscope soit la même que dans la première expérience. Cela fait, il interpose sur le trajet des rayons la lame de verre A et une seconde pile C de feuilles minces d'étain et mesure la vitesse de chute des feuilles de l’électroscope, puis, remplaçant la lame A par la pile B, il mesure de nouveau la vitesse de chute.
- Si les rayons X étaient homogènes ces deux dernières valeurs de la vitesse devraient être égales.
- Or l’expérience montre quelles diffèrent notablement; il faut donc en conclure que les feuilles d'étain de la pile R n’absorbent pasdela même manière que la lame de verre A l'ensemble des rayons qui les traversent et que, par suite, ces rayons ne sont pas homogènes.
- Cette non-homogénéité des rayons X vient ajouter une nouvelle difficulté à celles que l’on rencontre dans l'estimation des longueurs d'ondes de ces rayons; on ne peut donc espérer trouver que des limites de ces longueurs, et jusqu’ici les nombres donnés s’écartent notablement les uns desautres Ainsi d'après les résultatsdesexpériencesde diffraction de M. Rowland, la longueur d’onde moyenne serait de 0,00007 mm, soit 7 fois moindre que la longueur d’onde de la lumière jaune, tandis que d’après les expériences de M. L. Fourni, faites par la même méthode, cette longueur d’ondeserait de 0,000014 mm, soit 15 fois plus petite que celle des rayons violets ; d’autre part M. Sagnac a conclu de ses expériences que la longueur d’onde des rayon s X ne peut être plus grande que 0,00004 mm.
- Un câble télégraphique attaqué par les termites, — Dans une note présentée à l’Académie des Sciences (séance du 31 août), M. E.-L. Bouvier signalait les dégâts causés par les termites :
- La Direction des Postes et des Télégraphes a dernièrement soumis à mon examen, au labora-
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- L’ÉC LA I RA(î E K LK C T RIQ i: E
- toire d'Entomologie du Muséum, un fragment du câble télégraphique de Ilaïphong, qui avait été rongé par un organisme. D'après les renseignements qui m’ont été communiqués, la période de destruction a dû être . singulièrement courte : posé en fort bon état au mois de juillet 1894, le câble présentait déjà des pertes dès les premiers jours de 1895, il s'altérait de plus en plus dans la suite et on devait le remplacer dans la première moite de 1896. Deux années à peine avaient suffi pour le mettre hors d'usage.
- Pourtant ce câble avait subi une préparation minutieuse, qui aurait dû, semble-t-il, le mettre hors de toute atteinte. Noyé dans du ciment sur presque toute sa longueur, il comprenait trois torons conducteurs, formés chacun par sept brins de cuivre et recouverts par des couches alternantes de. gutta-pcrcha et de chatterton (mélange de goudron, dé résine et de gutta) ; les trois conducteurs étaient câblés ensemble, avec trois cordelettes tannées qui remplissaient les intervalles; un matelas de jus tanne s'enroulait en spirale sur le cylindre ainsi formé'; deux rubans de coton,.également tannés, mais dirigés en sens inverse, maintenaient l'ensemble ; le tout enfin était contenu dans Un tube de plomb.
- Les recherches effectuées à Hanoï 11e donnèrent aucun renseignement sur l'organisme qui avait causé le mal. « C'est la première fois qu'un fait de cette nature a lieu au Tonkin, écrivait-on au Ministre ; jusqu’à ce jourj les termites, les tarets et les poux de bois ont laissé intacte la gutta-percliade nos câbles et même celle des fils recouverts, en usage pour les intallations des postes. 11 semble d'ailleurs que la nature du terrain où était placé ce câble eût dû le préserver des insectes terrestres. I.e sol de la ville de Ilaïphong. très peu élevé au-dessus du niveau de la mer, est, en effet, vaseux, constamment humide et légèrement salé ; il conviendrait peut-être davantage aux animalcules marins, *
- C'était pourtant -un articulé terrestre qui avait causé le dégât.
- En ouvrant le fragment de câble qui m’avait été remis, je pus constater deux systèmes de galeries qui se dirigeaient de chaque bout vers le milieu du fragment, sans d'ailleurs se rencontrer. Ces galeries allaient toutes de la périphérie au centre, mais laissaient intacts le tube de plomb et les fils de cuivre ; creusées dans les enveloppes de coton et de jute, elles se rapprochaient des cordelettes,
- se continuaient peu à peu dans celles-ci et dans la gutta-percha, mettant alors à nu le fil de cuivre et se terminant en cul-dé-sac.'Les galeries avaient de 2 mm à 5 mm de diamètre; elles étaient en partie encombrées par des matières peu consistantes, qui représentaient vraisemblablement des excréments d'animaux, ,1'examinai ces restes à la loupe et au microscope : dans l'une des deux extrémités du câble, je ne pus rien observer de caractéristique: mais dans l'une des deux galeries presque parallèles qui occupaient l'autre extrémité je découvris une tête assez mutilée d'insecte et, dans la seconde, une tête munie de ses mandibules et des autres appendices buccaux. Avec l’aide de M. Poujade, préparateur au laboratoire, j'examinais ces deux'tctcs; elles appartenaient à des termites et représentaient bien évidemment les restes des auteurs du dégât.
- Bien que je n’a.ic pu étudier une longueur suffisante du câble, je crois pouvoir penser que chaque galerie a été creusée par un ouvrier spécial; en tout cas, on peut affirmer que les ennemis ont pénétré par des points différents à l'intérieur du tube de plomb, car les galeries du fragment se dirigent à, la rencontre l'une de l'autre, sans s'atteindre. Je 11e sais si les termites sont capables, comme certains insectes, de perforer le plomb et s'ils ont pu de la sorte pénétrer à l'intérieur du câble ; je suis plutôt porté à croire, comme M. le Directeur des Postes du.Tonkin, que les insectes se sont introduits par une des extrémités libres, ou par un trou accidentel qui aurait existé dans l'enveloppe de plomb.
- Quoi qu'il en soit,"on devra se mettre en garde contre ces deux modes possibles d'invasion, et le mieux pour cela sera peut-être : i° d'ajuster très exactement un étui métallique protecteur, aux deux extrémités libres du câble ; 20 de rendre aussi parfait que possible l'ajustement des divers tronçons qui composent le tube de plomb ; 3” de plonger dans une solution saturée de sulfate de cuivre les cordelettes, le filin de jute et l’enveloppe de coton qui protègent les trois conducteurs du câble. Cette dernière pratique n’a rien de compliqué ni de coûteux; peut-être suffirait-elle, à elle seule, pour limiter ou pour rendre impossibles les dégâts causés dans les câbles par les termites.
- Le Gérant : C. NAUD.
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- Tome IX. Samedi 31 Octobre 1896. 3e Année. — N" 44.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ . J
- Directeur Scientifique : J. BLONDIN Secrétaire de la rédaction : G. PELLISSIER
- UN NOUVEL ALTERNATEUR
- AU SECTEUR DES CHAMPS-ELYSÉES
- Le secteur électrique des Champs-Élysées date déjà de 4 ans; depuis sa fondation, les installations s’y sont développées avec assez de rapidité: le nombre de lampes actuellement installées est, en effet, de près de 110 000 lampes.
- Toutefois, étant donné la clientèle toute particulière de ce secteur, son alimentation n’exige pas un matériel générateur équivalent. Jusqu’au commencement de cette année, le service avait été assuré par trois groupes électrogènes (r), y compris le matériel de réserve, de 400 kilowatts apparents dont deux fonctionnent constamment, en général, avec seulement deux arrêts de deux heures par semaine.
- Cette marche continuelle a eu pour résultat de fatiguer énormément le matériel électrique existant; aussi, autant pour accroître la capacité de l’usine que pour décharger le service des premières unités, la Société du Secteur des Champs-Elysées a-t-elle été conduite au commencement de cette année à adjoindre un nouveau groupe de dynamo volant aux premiers.
- Comme le cos o du secteur, à l’heure de la. pleine charge est d’environ o,8, la puissance
- U Voir La Lumière Électrique, t. XLVÜI, p. 151, 29 avril 1893.
- vraie maxima que l’on peut obtenir sur chaque alternateur est seulement dé 320 kilowatts, ce qui constitue une charge insuffisante pour les moteurs. C’est pourquoi, tout en adoptant un moteur du mèfnc type que les précédents, la puissance de la dynamo a été portée à 600 kilowatts apparents.
- Le nouveau groupe complet, moteurs et dynamo, sort des ateliers de construction de M. Joseph Farcot à Saint-Ouen (Seine), concessionnaire des brevets Hutin et Leblanc.
- 11 a été mis en marche /industrielle le icr février dernier et fonctionne presque sans interruption, depuis ce temps, assurant-à lui seul pendant le jour le service du secteur dont le débit est alors d’environ 450 kilowatts apparents. Pendant les heures de pleine charge du réseau, un des anciens alternateurs lui est adjoint.
- Moteur. — Le moteur à vapeur est du même type que deux de ceux primitivement installés. C’est une machine monocylindrique à 4 tiroirs du type Corliss-Farcot, à condensation, ayant un diamètre de piston de 827 et une course de 1400 mm.
- Ce genre de machine est capable de donner, en régime normal, une puissance indiquée de 650 chevaux avec une consommation maxima de vapeur de 6,75 kg par cheval indiqué, et en régime forcé, une puissance de 800 chevaux avec une consommation de va-, peur de 7,75 kg. La vitesse est de 60 tours par minute.
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- Dynamo. — La dynamo-volant est un alternateur synchrone du type de MM. Hutin et Leblanc à amortisseurs. Elle est établie pour donner une puissance normale de 600 kilowatts sôus 3 000 volts sur résistances non inductives, soit 480 kilowatts avec un cos ® de 0,8. La fréquence adoptée étant de 40 périodes par seconde, l’inducteura 80pôles.
- La figure 1 représente une photographie du groupe.
- résistance réduite est de 1,9 ohm à chaud, l’intensité du courant à pleine charge sur résistances mortes n’est que de 50 ampères, en charge, avec un cos » de 0.8. elle est de 80 ampères.
- Le diamètre de l'inducteur est de 5,970 m.
- Le courant d’excitation est fourni par une excitatrice spéciale de 40000 watts, commandée par le même moteur à vapeur que l’alternateur et capable de servir pour plusieurs alternateurs à la fois.
- Inducteurs. — Chaque pôle inducteur (fig. 2) est formé de tôles de 2 mm d’épaisseur et
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- Fig. 2. — Coupc horizontale par l'axe.
- comporte, outre son enroulement ordinaire, des circuits amortisseurs A formés de 6 boulons en cuivre de 530 mm2 de section et réunis entre eux par des segments en cuivre S.
- Chaque pôle est muni de 2 boulons B B qui servent à le fixer à la carcasse du volant, d’un côté par l’intermédiaire d’une flasque F venue de fonte avec lui. et de l’autre par des segments mobiles T fixés après le volant et s’étendant sur la largeur de 4 pôles.
- Les bobines inductrices sont montées en 4 circuits en parallèle de 20 bobines. La
- Induit. — L’induit comporte 80 bobines montées en deux circuits en parallèle, les bobines sont enroulées à plat sur l'induit.
- Le circuit magnétique de l’induit, en tôles de 0,6 mm. porte le long de
- )____ l’entrefer (fig. 3} 6 encoches par pôle
- I destinées à recevoir une bobine. Celles-ci se composent de 2 bobines de i2 spires chacune, montées en série et enroulées, la première dans les encoches 1 et 6 et la seconde, dans les encoches 2 et 5. Les encoches 3 et 411e reçoivent pas d’enroulement, la bobine correspondante ne pouvant qu’augmenter, comme on peut s’en assurer par le calcul, la force électromotrice induite maximasans changer très sensiblement le voltage efficace ; elles sont utilisées avantageusement comme surface de refroidissement du fer de l’induit. •
- Les dents formant les encoches sont épanouies de façon k rendre uniforme le champ dans l’entrefer. Leur surface est isolée k la micanite. La partie des bobines extérieure aux encoches est également isolée
- Les bobines sont disposées deux par deux sur un paquet de tôles de l’induit. Chaque paquet est supporté et pressé par deux boutons isolés des tôles et servant en même temps à fixer le paquet à des voussoirs en fonte par un procédé identique à celui employé pour fixer les bobines inductrices après le volant. Les paquets de l’induit isolés de la masse
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- par des cylindres d’ébonite sont de plus isolés entre eux à l’aide de plaques également en ébonite de 2 à 3 mm d’épaisseur.
- La résistance de l'induit est de 0,43 ohm. à chaud, la section du fil de 32 mm2. Le diamètre extérieur de l’induit est de 6,870 m, sa largeur de 0,63 m. L’entrefer n’est que de 8 mm.
- L’alternateur Hutin et Leblanc est caracté-
- risé par l’enroulement spécial de son induit destine à donner en charge des courbes périodiques sensiblement sinusoïdales pour la dil-férence de potentiel et le courant, et par la présence de circuits amortisseurs ayant pour objet, non seulement d’assurer la stabilité dans la marche en synchronisme, mais encore de réduire sensiblement de moitié le coefficient de' self-induction de l’induit ou plus exactement de réduire de moitié la réaction d’induit.
- On peut se rendre compte immédiatement de cette propriété des amortisseurs dans les alternateurs à courant monophasé par la considération d’un théorème connu, du à M. Leblanc, sur la décomposition d’un flux alter-
- natif fixe en deux flux constants tournant en sens contraire avec une vitesse correspondante à celle du synchronisme.
- T,es ampères-tours alternatifs fixes induits peuvent en effet, grâce à ce théorème,1 être considérés comme résultant de la superposition de deux sommes d’ampères-tours constants de valeur égale à la moitié de la valeur maxima des ampères-tours alternatifs et tournant l’une dans le même sens que le flux inducteur et avec la même vitesse, l’autre en sens contraire. La première restant fixe par rapport à l’inducteur et par suite aussi par rapport aux circuits amortisseurs qu’il porte, produira un flux 11’y induisant aucune force électromotrice et partant ne sera pas affecté par leur présence. La seconde, au contraire, se déplaçant par rapport aux amortisseurs avec une vitesse double de celle correspondant au synchronisme, engendrera un flux qui induira dans ceux-ci des forces clcctromo-triccsde fréquence double de celle fournie par l’alternateur et qui produiront des courants donnant naissance à un nombre d’ampères-tours pratiquement égal et opposé à ceux de la seconde somme considérée.
- Les ampères-tours inductcurs,outre la production du flux nécessaire pour avoir le voltage à vide dans l’induit, n’auront donc plus qu’à équilibrer les ampères-tours du premier champ tournant, ce qu’on peut exprimer autrement en disant que la réaction d’induit est diminuée de moitié par la présence des amortisseurs.
- Outre leur action sur la réaction d’induit, ceux-ci sont encore comme nous l’avons dit destinés à faciliter le couplage en parallèle, tant au point de vue de la synchronisation initiale que de la stabilité du synchronisme. Les amortisseurs constituent, en effet, à eux seuls, l’induit d’un moteur ou d’une généra-
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- trice t1) à champ tournant; les alternateurs étant couplés mais non synchronisés, la différence de vitesse ne peut donc dépasser le glissement de la génératrice ou du moteur, ce qui facilite l’accrochage ou le raccrochage des machines.
- résultats dks essais sur l'alternateur HUTIN- LEBLANC -FARCOT
- Caractéristiques. — L'étude de tout alternateur ne peut nullement se limiter, comme on l’a dit, à la connaissance de deux caractéristiques, la caractéristique à circuit ouvert et la caractéristique en court circuit, toutes deux en fonction de l’excitation.
- Ces courbes sont représentées sur les figures 4 et 5.
- Les ordonnées des deux courbes représentent bien la résistance apparente de l’induit en court circuit, mais cette résistance apparente de la machine en court circuit est toujours très différente de celle qui existe en réalité lorsque la machine donne son voltage et son intensité avec un décalage quelconque. La courbe de la ligure 6 représente cette ré-
- (') Voir à ce sujet notre article sur la théorie du transformateur électrique. L’Éclairage Électrique., t. VII, p. 97.
- sistance apparente pour un décalage d’un quart de période du courant sur la force électrique motrice induite: on voit que celle-ci tend vers une constante de 12 ohms environ, mais cette valeur est un maximum et corres-
- Fig. 6. — Résistance apparente de l’induit en court-circuit en fonction du débit et pour un décalage de 90°.
- pond à la marche normale avec un décalage d’un quart de période.
- Celle qu’on obtient par la méthode de M. Joubert consistant à regarder l’induit comme une bobine de self-induction et en faisant tourner la machine à sa vitesse normale, mais sans excitation, est également de 12 ohms.
- Pour des décalages plus faibles, la résistance apparente est encore plus faible et est fonction de l’intensité. Sa valeur pour un décalage de 0,4 est de 9,5 à 75 ampères et de 9 seulement à 150 ampères et au delà. Pour un décalage nul, elle est de 8,5 ohms.
- Nous prendrons 10 ohms comme valeur moyenne.
- L’étude complète d’une machine devrait donc comporter outre les caractéristiques à vide et en court circuit, une série de caractéristiques, soit à excitation constante, soit à différence de potentiel constante en fonction du débit, sur résistances non inductives et sur résistances inductives avec décalage fixe. Ces essais sont malheureusement difficiles à faire sur les grandes machines a cause de la difficulté d’absorption de la puissance électrique produite et ils n’ont pu être réalisés complètement sur l'alternateur du secteur des Champs-Elysées.
- Courbe périodique. — La courbe périodique de la différence de potentiel aux bornes du
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- secondaire d’un transformateur de 2 400 watts a été prise avec un oscillographe de M. Blondel (';
- . Dans les essais faits primitivement avec cet appareil (3i la photographie était indispensable. M. Blondel a modifié très ingénieusement sa méthode de façon h pouvoir voir la courbe directement et l’enregistrer facilement.
- Toute courbe périodique peut être regardée comme la trajectoire d’un point mobile animé de deux mouvements différents; l’un uniforme proportionnel h la vitesse de déplacement de l’induit par rapport à l’inducteur, l’autre perpendiculaire au premier et proportionnel à chaque instant à la valeur de la fonction a étudier.
- Cela posé, considérons un point lumineux que nous supposerons d’abord fixe. Le faisceau de rayons émané de ce point vient, après réflexion, sur le miroir fixé sur l’aiguille de fer doux, donner une image dont les déplacements horizontaux sur une plaque de verre dépoli, jouant ici le rôle d’échelle de galvanomètre, sont proportionnels aux valeurs instantanées de la fonction périodique. Par suite de la persistance des impressions lumineuses. nous verrons sur la plaque de verre unirait lumineux horizontal.
- Si maintenant nous imaginons que le point lumineux se déplace verticalement avec une vitesse uniforme pendant la durée d’une période, l’image du point lumineux décrira sur la plaque de verre la courbe cherchée. Pour obtenir ce déplacement, qui pour permettre de voir la courbe lumineusement doit se reproduire à chaque période, M. Blondel dis-
- i'i Rappelons en deux mots que l'oscillographe se compose essentiellement d’une aiguille de fer doux placée sur pivots ou sur ressort dans un champ directeur constant et s.ur .laquelle agit un champ alternatif dans une direction perpendiculaire à celle du champ constant. Cette aiguille est suffisamment petite pour avoir un moment d'inertie excessivement faible, et par suite pouvoir osciller avec une très grande rapidité. (Voir Comptes rendus 6 mars et avril 1893 ut La Lumière Électrique, t. 1.1, p. 172, 27 janvier 1894.1 i2} Lu Lumière Électrique, t. XLIX, p. 608. 30 septembre t-895*
- pose sur l’arbre même de l’alternateur un disque de tôle sur lequel on a pratiqué autant de fentes radiales équidistantes (fig. 7; qu’il y a de paires de pôles sur l’inducteur et place derrière ce disque une lampe à incandes-
- Fig, 7. —Disque muni de fentes radiales pour l’inscription
- des courbes périodiques par la méthode de M. Blondel.
- cence à un seul filament tenu verticalement ou à deux filaments rectilignes maintenus dans un même plan vertical parallèle à l’axe.
- On peut encore, au lieu de les fixer h l’alternateur, entraîner ce disque par un tout petit moteur synchrone alimenté en dérivation aux bornes secondaires d’un transformateur.
- Le point lumineux, intersection du plan vertical passant par le filament et de l’une des fentes radiales, se déplace donc pendant la rotation avec une vitesse proportionnelle à la tangente de l’angle dont a tourné l’alternateur et par suite sensiblement proportionnelle à cet angle ou à la vitesse de la machine, si le nombre des pôles est suffisant. Un observateur regardant le disque voit la lampe à travers celui-ci, et cette dernière donne sur la plaque de verre, lorsque l’aiguille de l’oscillographe est fixe, un trait lumineux vertical qui donne la ligne des zéros de la fonction périodique.
- E11 combinant les deux mouvements on obtient donc bien la courbe elle-même sous forme de traînée lumineuse.
- On peut encore obtenir la ligne des zéros pendant le fonctionnement de l'appareil, en pratiquant, comme l’a fait l’auteur, un nombre double de fentes, c’est-à-dire autant de fentes qu’il y a de pôles ; on aperçoit alors deux courbes périodiques mais décalées d’une demi-période et dont les points d’intersection sont par suite les zéros.
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- La figure 8 représente la forme delà courbe je la différence de potentiel aux bornes du circuit secondaire d'un transformateur de 2400 watts, le circuit primaire étant branché sur l’alternateur fonctionnant sur réseau avec un débit d’environ 70 ampères. Comme 0n le voit, cette courbe est à peu près une sinusoïde légèrement aplatie dans le voisinage du maximum.
- I) est à remarquer que si le disque de tôle ne tourne pas tout à fait synchroniquement avec l’alternateur, la courbe n’en sera pas
- Fig- 8. — Courbes de la différence de potentiel aux bornes secondaires d’un transformateur alimenté par un alternateur Hutin-Lèblanc-Farcot.
- moins visible pourvu que la différence de vitesse soit très petite. Toutefois au lieu d’être fixe, elle semblera monter ou descendre suivant les cas, les courbes formées d’une période complète sc succédant avec la vitesse du glissement.
- C’est grâce à cette propriété que l’auteur a pu relever avec l'installation faite pour le
- Fig. 9. — Courbe de la différence de potentiel aux bornes secondaires d'un transformateur alimenté par un alternateur Hillairet à faible débit.
- nouvel alternateur la courbe analogue sur un des alternateurs existants. Comme le montre la ligure 9, cette courbe diffère nota-
- blement d’une sinusoïde et concorde avec la courbe théorique qu’on peut prévoir par la constitution du circuit magnétique à pôles induits et inducteurs saillants et séparés par des intervalles sensiblement égaux à leur largeur. La pointe de la courbe s’arrondit un peu lorsque la charge augmente.
- Rendement. — Le rendement électrique peut s’établir facilement à l’aide des chiffres suivants se rapportant, les premiers à la marche sur résistances non inductives et les seconds à un fonctionnement correspondant
- PARTES DANS LE CAS DU FONCTIONNEMENT SUR RÉSISTANCES NON INDUCTIVES :
- Inducteurs .
- Effet Joule..........
- Hystérésis et Foucault. . Inducteurs propres. . . . Amortisseurs.......
- 7 500 A 75o 6750 35 800
- de
- rendement pont boo 000 Watts est donc
- 60
- 600 OOP ICO -(- 35 800
- = 94*5-
- PERTES DANS LE CAS DU FONCTIONNEMENT SUR RÉSISTANCES INDUCTIVES ;
- Induit . . Inducteurs
- 1 Effet Joule.............
- /Hystérésis et Foucault. . \ Inducteurs propres .... f Amortisseurs............
- Le rendement est donc de :
- 6500 42 800
- 48» ooo
- 480 000 4- 42 800
- 91,8 p. 100.
- Le rendement global entre les chevaux indiqués sur le cylindre et les watts aux bornes est dans ce dernier cas de 83,5 p. 100.
- Essais de couplage. — l)e nombreux essais, de mise en parallèle de l’alternateur Hutin-Lèblanc-Farcot et l’un quelconque des alternateurs existants ont été tentés et ont pleinement réussi.
- Parmi les nombreux auteurs qui ont étudié la question du couplage en parallèle, très
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- peu se sont occupés du cas de deux alternateurs de constantes différentes, pour échouer tous du reste devant la complication des calculs.
- Toutefois, dans sa'magistrale étude sur le couplage et la synchronisation des alternateurs, Âl. Blondel en étudiant le cas de deux alternateurs différents, mais de meme module ("T" ' Tî)a 1Tlon-tr^ Cj que diagramme correspondant à ce cas pouvait être appliqué à titre d’approximation au cas général à la seule condition qu’on puisse négliger les résistances intérieures devant la résistance extérieure et les self-inductances.
- Grâce à cette hypothèse, on peut en outre tirer quelques indications utiles pour les essais de couplage et en particulieiypour les répartitions des courants dans les deux alternateurs.
- Les équations générales du couplage se réduisent en effet dans ce cas à :
- où les lettres ont des significations évidentes Retranchons-Jes membre à membre, nous aurons :
- qu’on peut écrire :
- expression qui montre que le courant produit par la différence des forces clcctromo-trices e, — es sur le circuit de self-induction 4 + /2 et formé par les induits des deux alternateurs, ou autrement dit le courant de synchronisation, est :
- • — 4 4 . t
- 4+4 1 4+4 2 ’
- d’autre part le courant extérieur étant :
- (*) La Lumière Électrique, t. XLVI, p. 151, 22 octobre 1892.
- Les courants dans les deux alternateurs sont en fonction des deux quantités iu et 4.
- !'‘=7r+7+ + ,'s • — 4 • _ •
- h ~ 4 + 4
- On voit par ces expressions que les alternateurs seront d’autant plus voisins de la coïncidence de phase que les intensités dans les alternateurs seront dans un rapport plus voisin de celui des coefficients de self-induc-
- Au voisinage de la coïncidence de phase les puissances sont également dans le même rapport.
- Ces diverses considérations théoriques ont pu être vérifiées sur les alternateurs qui nous occupent.
- Nous avons dit que l’inductance moyenne de l’alternateur Hutin et Leblanc était de 1-0 ohms; celle d’un alternateur Hillairet est de 22 ohms; les résistances intérieures, sensiblement négligeables, sont à peu près les memes.
- Les machines une fois couplées et excitées de façon à donner la même force électromo-trice induite, le simple déplacement d’un poids mobile sur le régulateur de l’un des moteurs à vapeur permet d’amener les intensités à être dans le rapport des inductances; dans ce cas, les ampèremètres placés sur les machines elles-mêmes sont absolument fixes.
- Le courant minimum de synchronisation est d’environ 15 ampères; il est dù en partie au courant non synchronisant résultant de la différence des formes des courbes des tensions aux bornes.
- Comme les moteurs à vapeur sont de même puissance, on a essayé dans chaque expérience, toujours à l’aide du régulateur de l’un des moteurs, de répartir la même charge sur les deux moteurs; le fonctionnement assez stable aux charges faibles est beaucoup moins stable pour des charges assez fortes; la raison en est, comme nous allons le voir, dans l’aug* mentation du décalage de phase entre les deux forces électromotrices induites avec la charge.
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- Kous avons représenté sur les figures n, i-> et 13 les épures de puissance des deux alternateurs en fonction du décalage pour des charges croissantes.
- La construction du diagramme,, du type de M. Blondel, est faite d’après la figure 10 où
- (i,). ;i
- glcs cp et -i et les intensités (I,(I2' ,'4 ont les expressions suivantes :
- ù) (L + VH,)
- Les
- épures
- quantités une fois ponces sur les pour un régime donné, on décrit les
- cercles ra et rtdc diamètre OKt et OKâ, et ceux et Ct de centre O, et de rayon Owq et 0«v Si alors on trace une droite passant par o et faisant avec Ow, un angle égal au décalage de phase entre les forces électromotrices induites des deux alternateurs, le segment D,Uj compris entre les deux cercles T, et C, est proportionnel à la puissance débitée par l’alternateur Hutin et Leblanc, celui de D2U2 compris
- entre les deux cercles I'2 et C2 est proportionnel à la puissance débitée par l’alternateur Hillairet.
- La figure 11 correspond au cas de la marche de jour du secteur, au moment où l’on fait passer la charge sur une seule machine. La puissance est alors de 450000 watts apparents avec un cos 9 de 0,4. On voit que si l’alternateur Hutin et Leblanc était en
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- avance sur l’alternateur Hillairet, celui-ci I neraii en moteur dès que le décalage dépas-n’aurait qu’une très faible charge et fonction- | serait 7 à 8°. Si, au contraire, l’alternateur
- Hutin et Leblanc est en retard, on pourra I La 'figure 12 se rapporte à une marche de arriver à l’égalité des charges pour un déca- 750000 watts apparents avec un cos » de 0,8. lage d’environ 8 à 90. | L’égalité des charges correspond à un
- décalage en arrière d’environ 170 de l’alter- j yooooo watts apparents avec un cos ?de 0,8. nateur Hutin-Leblanc-Farcot. L’égalité des charges correspond à un déca-
- Enfin la ligure 13 se rapporte à une charge de | lage de 21°- entre les deux alternateurs.
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- D’L LE CT RTC I TÉ
- On voit que la stabilité à charges égales des deux alternateurs diminue avec l’accroissement de la charge; dans les deux derniers cas, en particulier, la marche en synchronisme ne donnerait pas de bons résultats en pratique, par suite de la grandeur des courants synchronisants et des oscillations du voltage.
- La plupart des conclusions théoriques déduites des diagrammes précédents ont été contrôlées parfaitement par l’expérience ; aussi celle-ci constitue une vérification intéressante de la théorie.
- Ta synchronisation initiale peut s’obtenir avec la plus grande facilité et sans aucune antre précaution préalable que des vitesses à peu près égales; il suffit, soit d’exciter les deux alternateurs au même voltage puis de les connecter ensuite; soit de n’en exciter qu’un, l’alternateur Hillairet, de connecter l’autre et de l’exciter ensuite, la présence des amortisseurs sur l’alternateur Hutin-Leblanc lui permettant de fonctionner en générateur asynchrone. Toutefois, ce second procédé présente l’inconvénient de faire tomber le voltage du premier alternateur au moment où on branche le second.
- Dans une marche sur réseau de distribution, ccs procédés donneraient trop de variations à. la tension aux bornes des lampes; aussi est-il nécessaire pour les éviter de ne coupler les deux alternateurs que lorsqu’ils sont en coïncidence de phase.
- Ces manœuvres se font très rapidement en agissant sur le régulateur du moteur h vapeur de l’un des alternateurs pour l’amener à la même vitesse que l’autre.
- Conclusions. — Il résulte de ce qui précède que, dans le cas particulier d’alternateurs de même puissance, la marche en parallèle et en pleine charge ne peut donner de k°ns résultats industriellement que si les alternateurs ont des coefficients de self-induc-t]°n sensiblement égaux. C’est pourquoi devant les résultats obtenus avec un premier alternateur Hutin et Leblanc, à amortisseur j
- et devant les expériences de couplages faites à l’usine de la Société d’Éclairage et de Force sur deux alternateurs identiques et de type analogue au précédent, la Société du Secteur électrique des Champs-Elysées fait exécuter en ce moment par la maison Joseph Farcot, un nouvel alternateur Hutin et Leblanc identique à celui en fonctionnement.
- F. Colbert.
- L’ÉCLAIRAGE A IJACÉTYEÈKE (I)
- Fin principe rien ne serait plus simple que de construire un gazogène à acétylène. Cependant, les difficultés pratiques auxquelles on se heurte sont telles qu’à peine un ou deux des appareils proposés ont donné des résultats satisfaisants.
- Comme il fallait s’y attendre, le nombre de producteurs d’acétylène qui ont été proposés ou essayés dans ccs derniers temps a été considérable.
- Pour mettre un peu d’ordre dans leur description, nous les rangerons dans trois grandes classes principales.
- a. — Gazogènes dans lesquels l’eau et le carbure sont dans des vases séparés et dans lesquels l’eau tombe sur le carbure en quantité déterminée.
- b. —Gazogènes dans lesquels l’eau etle carbure sont dans un même vase et où le contact des deux sc fait par dénivellation du liquide ou mouvement du vase à carbure.
- c. — Gazogènes dans lesquels l'eau et le carbure sont dans des vases séparés, et où le carbure tombe dans l’eau en quantité déterminée.
- Classe a -
- Le principe de la plupart des appareils des deux premières classes a été donné pour la
- (i) Voir L'Éclairage Électrique, t. VIII, p. 289 et 500, 15 août et 12 septembre 1896.
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- L’ÉCLAIRAGE
- première fois par Willson dans sa conférence faite devant le Franklin Institnte, à Philadelphie, au mois de janvier 1895. Il disait :
- « Quand on produit l’acétylène directement par le carbure, deux méthodes peuvent être employées. Dans l’une, de petites quantités d’eau peuvent couler sur le carbure et le gaz résultant est conduit dans un gazomètre ordinaire dont il est ensuite soutiré pour être employé; cette méthode est plus ou moins intermittente. L’autre méthode dispense d’un gazomètre et permet la génération de petites ou grandes quantités de gaz; elle consiste k submerger partiellement dans l’eau un vase ouvert au fond et contenant le carbure suspendu sur un écran à la partie médiane du vase; le gaz engendré est soutiré au-dessus du carbure. Tant que le gaz est employé l’eau reste plus ou moins en contact avec le carbure ; mais aussitôt que le débit de gaz diminue ou qu’il cesse entièrement, la pression du gaz engendré force l’eau à s’abaisser en dessous du carbure dans la partie inférieure du vase, ce qui empêche toute génération ultérieure du gaz. L’appareil est automatique et son fonctionnement est très régulier. »
- Ce passage contient le principe de la plupart des gazogènes construits depuis; il donne en outre, le principe mis k contribution pour la construction des lampes porta-
- Un des collaborateurs de Willson, M. Dic-kerson, avait, dès le mois de décembre 1894, breveté un appareil qui a etc réinventé depuis sous des'formcs parfois un peu différentes, mais identiques en principe. Il est juste d’ajouter que les nouveaux inventeurs ne connaissaient pas l'existence de cet appareil qui n’a jamais été décrit jusqu’ici.
- Son principe consiste à admettre l’eau sur le carbure au moyen d’un robinet qui est manœuvré par la cloche du gazomètre.
- La figure 11 en représente la disposition.
- I.’eau est contenue dans un réservoir 0 ; \
- ELECTRIQUE
- clic est conduite sur le carbure placé dans un récipient b par un tube muni d’un robinet r-ce tube se termine k sa partie inférieure p«r une rampe percée de trous, eu forme de pomme d’arrosoir, et qui répartit l’eau en pluie sur toute la surface du carbure. Le gaz sc rend par une canalisation mm au gazomètre principal non représenté sur' la figure. Sur cette canalisation est branché un tube n qui aboutit dans l’intérieur de la cloche d’un petit gazomètre a. Cette cloche qui est équilibrée par un poids p, commande, par une corde c et un levier l’ouverture ou la fermeture du robinet r d’admission de l’eau sur le carbure.
- Pour éviter que l’eau n’arrive en quantité
- l ig- t*.
- (. — Appareil Dicke
- détermini
- temps inopport
- carbure, comme cela se produit k peu près fatalement quand l’introduction de l’eau sur le carbure est commandée directement par une liaison entre la cloche du gazomètre et la manette du robinet, M. Dickerson adopte le dispositif suivant. La lumière du robinet r (fig. 11 et 12) est formée de deux conduits percés suivant deux rayons rectangulaires. Dans la position représentée en figure 12, l’eau remplit la chambre 8, formée par la lumière du robinet, sans pouvoir s’écouler sur le carbure; si on fait tourner le robinet de 90° vers la gauche, le conduit 8 se trouvera au-dessus du tube rt\ l’eau contenue en 7* 8, s’écoulera donc sur le carbure, mais celle-là seulement. Dans les positions intermédiaires I le robinet est fermé.
- j En outre, l’axe du robinet est muni d’un
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- contre poids o qui bascule soit à droite soit à gauche, dans des positions rectangulaires entre elles, suivant qu’il a légèrement dépassé la verticale dans un sens ou dans l’autre. Qn obtient ainsi une admission d’eau en quantité connue, au moment précis où la cloche a du gazomètre occupe une position déterminée.
- Il est évident que la corde qui relie la cloche du gazomètre et le robinet peut être remplacée partout autre organe de transmission mécanique.
- Ainsi, dans les appareils suivants, les inventeurs ont employé des leviers, des crémaillères actionnant des roues dentées, ce qui ne change évidemment rien au principe.
- La figure 13 représente le gazogène de Janson et Leroy.
- - Appareil Jai
- Ee carbure est contenu dans un vase 1 fermé par un couvercle à boulons et qui porte taux tubulures, l’une pour l’arrivée de l’eau et 1 autre t pour la sortie du gaz qui se rend dans un gazomètre à volume variable et à pression constante dont la cloche mobile, guidée par des montants, porte un doigt D. Lorsque la provision de gaz diminue, la clo-
- che descend et, un peu avant qu’elle soi arrivée au bas de sa course, le doigt D rencontre la manette d’un robinet R qui, en temps normal, est fermé par un ressort; par son poids, la cloche ouvre donc ce robinet qui est placé sur le tuyau d’arrivée de l’eau. Une quantité déterminée d’eau se rend sur le carbure en 1. Une nouvelle quantité d’acétylène se répand sous la cloche du gazomètre qui remonte, ce qui permet au robinet R de se fermer. La même succession d’opérations se produira tant que le carbure en 1 ne sera pas épuisé.
- Pour rendre le fonctionnement de l’appareil continu, les inventeurs ont disposé un second récipient à carbure 2, qui est relié comme le précédent à la canalisation d’eau et au gazomètre. Lorsque le carbure en 1 est épuisé, aucun dégagement de gaz ne se produira lorsque le robinet R sera manœuvré par le doigt D de la cloche du gazomètre; celle-ci continuera donc à descendre; avant d’arriver complètement à bout de course, elle touche un contact électrique qui fait retentir une sonnerie. Il reste a ce moment assez de gaz dans la cloche pour alimenter tous les becs durant 10 minutes environ. Pendant ce temps on peut facilement substituer le récipient 2 au premier. Pour cela on ferme les robinets r et p et 011 ouvre les robinets r' et p'. Avant que le carbure en 2 soit épuisé, on nettoiera le récipient 1 et on le rechargera de carbure neuf.
- Pour un appareil de 6 becs, chaque récipient 1 et 2 peut contenir 7,5 kg de carbure de calcium et la cloche du gazomètre a une capacité de 75 litres. Chaque bec consomme environ 30 litres de gaz à l’heure.
- Dans le gazogène Voigt, de Berlin, la cloche q (fig. 14) du gazomètre commande le robinet / d'admission de l’eau-par l’intermédiaire d’une crémaillère n et de roues dentées r. Cette cloche est guidée par un tube central g percé de trous convenables pour le passage du gaz. Le récipient à carbure a est ferme hermétiquement par un couvercle muni
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- 206 L'ÉCLAIRAGE
- de rondelles en caoutchouc t. Au sortir du gazogène a le gaz passe d’abord dans un serpentin n> ou il se refroidit et où son humidité
- se condense. Des robinets f et c permettent d’interrompre le fonctionnement de l’appareil quand il est nécessaire.
- L’appareil du Dr Emile Clausoiles, de Barcelone, breveté en janvier 1896, est identique, à celui de Dickcrson, sauf la disposition du robinet.
- - La ligure 15 en donne une vue d’ensemble et la figure 16 une coupe qui permet de voir les détails de construction.
- Le réservoir à eau A est placé directement au-dessus du récipient à carbure C avec lequel il communique par l’intermédiaire d’un tuyau muni d’un robinet R dont la manœuvre est faite par un levier B. Ce réservoir A porte un niveau qui permet, si l'on a mis au moment de la charge juste la quantité de liquide nécessaire à la décomposition du carbure, de savoir pour combien de temps encore l’appareil est chargé.
- Le levier B de manœuvre du robinet R est
- ÉLECTRIQl K
- commandé par une chaîne YNM solidaire de la cloche G du gazomètre. Lorsque la cloche
- j. —Appareil Clausoiles.
- s’élève, elle ferme le robinet; lorsqu’elle s’abaisse, elle permet au contraire l’introduction de l’eau sur le carbure. Le poids de la cloche est équilibré par un contrepoids P; un poids Y tend à entraîner le levier B vers le bas et, partant, à fermer le robinet R. Le gaz engendré en C se rend dans le bas du gazomètre; il pénètre d’abord dans une chambre formant le fond de la cuve où il se refroidit et où il abandonne son humidité; il pénètre ensuite dans la cloche. Celle-ci porte un tube aboutissant à une ouverture T ; sa longueur est telle qu'il plonge dans l’eau de la cuve, en temps normal, et que si, par suite d’une surproduction de gaz, la cloche s’élève plus qu’il ne convient, cette extrémité inférieure
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- est dégagée; le trop plein de gaz s’échappe alors par ce tube.
- La pression du gaz est de io cm d’eau. Comme dans l’appareil de Janson et Leroy.
- le levier 13 vient fermer le circuit d’une sonnerie électrique lorsque, le carbure en étant épuisé, la cloche s’abaisse au-dessous du niveau où le robinet R est ouvert. On est ainsi averti qu’il faut remplacer le carbure.
- Cet appareil a reçu le nom espagnol de « Luz Solar » ^Lumière du Soleil';.
- Rans l’appareil automatique Bon, l’introduction de l’eau sur le carbure est egalement commandée (fîg. 17 et 18: par un robinet r' dont la manette, reposant sur la cloche B du gazomètre, ouvre ou ferme le robinet suivant que cette cloche descend ou monte. Quand 1 appareil est bien réglé, l’écoulement d’eau se lait très régulièrement, presque goutte à goutte.
- L’eau provient d’un réservoir supérieur C, muni d’un tube à niveau; elle s'écoule parle tube G et se rend sur le carbure par un tube coudé G7 qui forme joint hydraulique et empêche les gaz engendrés en H de s’échapper par ce tuyau.
- La disposition du seau à carbure est la partie caractéristique de cet appareil. Pour éviter les surproductions de gaz dues h l'hu-mectation d’une trop grande quantité de carbure, l’inventeur a eu la pensée ingénieuse de séparer la charge totale de carbure en un certain nombre de parties égales; chacune a un poids tel que le volume de gaz qu’elle peut dégager remplit complètement la cloche du gazomètre, -mais ne peut la faire déborder. Elles sont disposées dans les compartiments d’une boîte F ; chaque coiîipartiment est ctanche et ne communique avec le précédent et le suivant qu’au moyen de petites encoches pratiquées à sa partie supérieure, ainsi que le représentent très clairement nos dessins. L’eau arrive à la partie supérieure du premier casier et ce n’est qu’après l’avoir complètement rempli, c’est-à-dire après avoir épuisé sa charge de carbure, qu’elle peut pénétrer dans le second. Il ne peut donc y avoir à tout moment qu’une seule des charges qui soit attaquée, ce qui évite toute surproduc-! tion.
- Le seau à compartiments F est placé à l’intérieur d’une cuve E sous une cloche H, maintenue par une traverse P. La cuve E est en partie remplie d’eau, qui forme un joint hermétique et sert de réfrigérant.
- Le gaz engendré en H se rend par le tuyau à robinet R dans le gazomètre B ; il bar-botte dans l’eau de la cuve de celui-ci, ce qui le débarrasse de l'ammoniaque qu’il peut contenir; avant d’èire utilisé, il traverse la colonne d’épuration L qui contient de la pierre ponce imbibée d’une solution de sulfate de cuivre et, à la partie supérieure, une couche desséchante de carbure de calcium. Le contenu de cette colonne d’épuration doit être renouvelé tous les 2 ou 3 mois. Il serait nécessaire de faire l’analyse du gaz avant et
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- après le passage dans la colonne pour porter un jugement sur ce procédé d’épuration qui nous semble légèrement insuffisant.
- La capacité du réservoir à eau C et celle du
- seau à carbure sont calculées de façon que la provision d’eau soit épuisée en même temps que la provision de carbure, ce qui permet de savoir quand il est nécessaire de recharger le générateur, en suivant le niveau de l’eau dans le réservoir C.
- La figure 19 donne une vue d’ensemble de l’appareil.
- Le gazogène de Gabe fHerald) est basé sur le même principe que celui de Ducrelet et Lejeune que nous avons décrit antérieurement (*).
- (‘J L'Éclairage Électrique, t. VU, p. 114,
- L’appareil de Gabe est disposé pour une production industrielle en grand et est bien étudié (fig. 20).
- L’eau provient, d’un récipient' h dont la hauteur est déterminée par la pression qu’on désire donner au gaz. Elle se rend sur le carbure par un tuyau gg, sur le trajet duquel est placée, en /, une soupape à fonctionnement automatique. Le carbure est placé dans un récipient métallique b qui peut être facilement nettoyé : ce récipient est renfermé dans une cuve a fermée hermétiquement par un couvercle d à joints en caoutchouc d d\ et qui est placé lui-même dans une cuve à eau 00 servant au refroidissement. L’eau arrive au centre du récipient b dans un tube en toile métallique ou en tôle perforée qui la répartit sur le carbure.
- Le gaz dégagé se rend par un tube k dans un gazomètre l de grandes dimensions.
- Lorsque la pression du gaz dépasse la limite prévue, la soupape j se ferme automatiquement, ce qui a pour effet d’arrêter l’arrivée de l’eau et de suspendre la production du gaz.
- Si le gazomètre l contient une trop grande quantité d'acétylène, en se soulevant, sa cloche ferme, par une tige n et un levier n', le robinet ni d’introduction du gazdans cette cloche. La pressionaugmente dès lors dans la cuve a et la soupape j se ferme.
- Dans tous les cas, si la pression devient trop forte, une soupape de sûreté .v, placée sur le tube k. laisse dégager le trop plein d’acétylène.
- Le fonctionnement de l’appareil Tirolov repose sur l’emploi de siphons capillaires.
- La figure 21 représente l’aspect de cet appareil.
- A la base, se trouve un réservoir R, conte-
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- nant du carbure de calcium ; au-dess
- Fig,
- Appareil Bon. Vue d'ensemble.
- mence à la base du cylindre dans le réservoir et vient déboucher à la partie supérieure de la cloche ; ce tube est en caoutchouc, long de plus du double de la hauteur de la cloche, pour permettre a celle-ci de monter et de descendre sans qu’il pèse, sur elle. Cette cloche est guidée par un cylindre ouvert intérieur c qui l’empêche de vaciller à gauche ou a droite.
- A cette cloche est fixé un petit siphon S, formé d’un tube capillaire en métal, et qui est fixé presque en haut de cette cloche sur le côté; la plus petite branche b est tournée à l’intérieur ; elle traverse l’épaisseur de la cloche et v.'e'.n se terminer à l’extérieur en une branche plus longue R. A cette dernière est adapté un tube en caoutchouc l de faible diamètre ; sa longueur est au moins double de la hauteur de la cloche ; il vient se fixer à 8\ la base du cylindre, sur un petit tube métallique t! qui débouche dans l’intérieur du réservoir, au-
- visse hermétiquement un cylindre allongé C renfermant quelques litres d’eau. Dans ce cy-
- — Appareil Gabe.
- Fig. 20.
- lindre se meut une cloche de gazomètre G qui monte et descend suivant la production du gaz. Le tube T amenant l’acétylcne coin-
- dessus du carbure, surlequel il distribue l’eau.
- . — Appareil Tiroloy.
- On verse de l’eau dans le cylindre. Quand
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- le niveau dépasse l’orifice b du siphon capillaire, celui-ci s’amorce et l’eau s’écoule goutte à goutte sur le carbure qui se décompose ; la cloche du gazomètre monte ; l’orifice b s’élève au-dessus du niveau de l’eau, et l’écoulement d’eau cesse.
- Pour éviter que le carbure ne soit mouillé constamment à la même place, on dispose sous le tube, dans le réservoir, une calotte sphérique e en métal, qui est percée de trous et qui répartit l’action du liquide.
- Comme le siphon pourrait sc dégorger complètement au moment où son ouverture supérieure sort de l’eau, ce qui développerait trop de gaz à un moment donné, on fait un nœud dans le tube en caoutchouc, à sa base, ce qui forme une sorte de joint hydraulique.
- Le principal inconvénient des appareils de ce genre dans lesquels l’eau tombe en très petite quantité à la fois sur le carbure, c’est que l’acétylène dégagé est très impur; en effet, réchauffement est très considérable; l’a-cétvlène se polvmérise et on obtient de la benzine ; réchauffement est si considérable qu’il peut entraîner des explosions.
- Dans l’appareil de M. Buteaud. le carbure de calcium est contenu dans un gazogène A.
- fermé par une cloche b à joint hydraulique c. à l’intérieur d’un panier a permettant le lavage Iffg. 22g
- Le gaz produit va s’accumuler dans le gazomètre D pour s’échapper ensuite vers les appareils d’utilisation. La cloche du gazo-
- 23. — Appareil Kaestner et Korth.
- mètre D 'est reliée par une corde C, passant sur des poulies fj\ à des godets g g g qui plongent dans le réservoir d’eau. Lorsque la cloche 1) s’élève, les godets g s’abaissent et
- Appareil Kaestn
- sc remplissent; lorsque le volume de gaz en D diminue, les godets g s’élèvent; ils basculent en se heurtant sur une butée e; leur contenu se déverse alors dans l’entonnoir d
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- REVUE D’ELECTRICITE
- qui. par le siphon F le répand sur le carbure. Ce siphon forme joint hydraulique, en sorte que le gaz contenu en A ne peut s’échapper. E est un flacon laveur qui, de même, évite les retours de gaz.
- L’appareil de Kaestner et Korth ne présente rien de particulier.
- Le carbure est contenu dans un récipient A tig. 23 et 24) muni d’un orifice de vidange O. Ce récipient est surmonté par un autre réci-
- pient R contenant beau. Celle-ci se rend sur le carbure par un tube coudé muni d’un robinet N, en passant d’abord sur une couche de feutre E qui retient les impuretés. L’ajutage d’écoulement est d’un diamètre tel qu’il ne se forme qu’une goutte à la fois.
- L’acétylène produit se dégage sur le brûleur K pardes tubes H II munis d’un robinet C.
- La production du gaz n’est donc pas automatique; on ouvre d’abord le robinet N, puis le robinet C et on allume. En outre, beau tombant goutte à goutte, l'acétylène se charge
- de benzine ; beau tombant toujours à la même place, le carbure situé en dessous de l’ajutage d’écoulement ne tarde pas à être décomposé, tandis quele restant se conserve presque intact; à un moment donné le débit de gaz se ralentira donc, l’eau tombant sur de la chaux; au bout d’un certain temps, beau s’étant accumulée en A viendra au contact du carbure non décompose et il en résultera un violent dégagement de gaz.
- L’appareil d’Humilly, qui est un des pré-
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- L’ÉC L AIK A G K ÉLECTRIQL K
- miers construits, se rapproche beaucoup du briquet de Gay-Lussac; seulement l’eau et le carbure sont mieux sépares et l’eau au lieu d’arriver en grande quantité à la base du carbure, est conduite par un tubeC jusqu’au sommet du carbure, et un chapeau conique I la répand dans toutes les directions ;tig. 26). Une masse de plomb P récipient à carbure A B au fond du réservoir à eau. Le gazengendrése rend dans un gazomètre itig. 25) qui sert à amortir en partie les irrégularités de l’attaque.
- L’eau contenue
- rieure sert à ia ibis a l’alimentation et à la réfrigération, ce qui est ne'cessaire,
- faible quantité sur une grande massede carbure.il seproduit souvent des cchauf-feunents excessifs.
- L’appareil F.xley dig. 27; est basé sur deux principes très intéressants : l’attaque du carbure Fig. 26. — Gazogène
- municants qui entrent en service successivement et te réglage automatique de l’arrivée de l’eau par les dénivellations du liquide dans un vase séparé suivant la plus ou moins grande production de gaz.
- Le carbure est contenu dan,s des récipients R à l'intérieur de paniers en toile métallique. Ces récipients sont munis d’étranglements r afin de diminuer la quantité de liquide nécessaire pour les remplir; les sous-produits qui tombent du panier s’accumu-
- lent dans la partie rentlée au bas du récipient, et on peut les retirer au moyen des robinets de vidange V. L’eau \ieiu du réservoir A. par un tube T qui aboutit au bas du récipient R. Au-dessus du réservoir à eau A. est placé un second réservoir B qui communique avec le premier par un tube plongeur P. Le gaz produit en R se rend par le tube 1)1)
- dar
- pêne
- la
- partie su-du réser-
- A ;
- que
- contient celui-refoulée et monte par le tube P dans le réservoir supérieur B. Lorsque
- dessous de l’ouverture O du tube 1' dans le réservoir, l’eau cesse de se rendre sur le carbure. Lorsque la réserve de gaz diminue, le niveau de l’eau remonte, et la production de gaz se renouvelle.
- Le gaz s'échappe par le tube SS, enroulé en serpentin, où il se refroidit et se dessèche.
- Pour obtenir un : l'appareil d’Jlumilly. fonctionnementcon-
- tinu automatique, l’appareil comprend deux ou plusieurs réservoirs à carbure. Lorsque l’eau dans le premier est montée jusqu’au niveau supérieur du panier, c’est-à-dire que le carbure est épuisé dans ce récipient, elle passe par le tube TT dans le second récipient et ainsi de suite. Des robinets v v' placés sur les différents tubes de communication permettent d’isoler chaque récipient pour le nettoyer et le recharger sans arrêterlc fonctionnement
- de 1
- appa
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-
- F
- R F, VUE I ) ’ É L F C T RIGIT É
- Des valves de retenue X permettent le passage du gaz ou de l’eau dans une direction
- — Appareil Exley.
- déterminée et l’empêchent dans l’autre, afin d’éviter les accidents. C G est un tube de sûreté.
- L’appareil Ackermann. de Marseille,utilise de même les mouvements oscillatoires de
- l’eau contenue dans un gazomètre fixe, mouvement qui provient des différences de pres-
- sion dues aux écarts entre la production et la consommation, pour régler automatiquement la quantité d’eau tombant sur le carbure.
- Cet appareil se compose fig. 28 et 29) de trois vases distincts.
- Le générateur A contient le carbure de calcium. Il est muni de deux tubulures; une a\ communique avec la partie supérieure du vase H et sert à amener dans ce dernier le gaz produit en A; la seconde a'\ communique avec R aux deux tiers environ de sa hauteur: elle sert au passage de l’eau qui vient alimenter le générateur A.
- Le gazomètre R est un récipient muni aussi de deux tubulures; l'une b\ inférieure, communique avec le réservoir C; l’autre è" forme le tuvau de sortie du gaz.
- Le réservoir C est un récipient de capacité égale à celle de 13; il est plein d’eau.
- Lorsqu’on ouvre le robinet R du tuyau de dégagement du gazomètre R. l’air qui se trouve dans ce réservoir est chassé par l’eau qui arrive de C par b' et qui s’élève peu à peu dans R.
- Dès que l’eau atteint le niveau de a” une légère quantité s’écoule par ce tube, pénètre dans le générateur A et produit une certaine quantité d’acétylène qui. venant en R par le tube a', arrête le mouvement ascensionnel de l’eau. A mesure que la production continue, la pression du gaz augmente et elle force l’eau à descendre jusqu’au moment où. le tube a! n’étant plus en contact avec elle, la production se trouve arrêtée.
- Il va dès lors une espèce de mouvement oscillatoire de montée et de descente de l’eau autour du point a" suivant la plus ou moins grande production par rapport à la consommation.
- Des dispositions spéciales sur la hauteur de prise a" permettent d’opérer avec deux ou plusieurs générateurs ayant leurs prises d’eau à un niveau différent. Dans ces conditions, un seul générateur fonctionne jusqu'au moment où il a épuise s'a charge de carbure et où le second se trouve alimenté automatique-
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- ment à son tour. On peut ainsi assurer une production continue, le premier générateur étant rechargé pendant que le second travaille
- En lin des disques superposes placés en chicane dans un dessiccateur D permettent de condenser la .vapeur d’eau entraînée par le gaz, produit en A.
- Le gazogène I)eroy est basé sur le même principe que les appareils à épuisement méthodique employés en distillerie et connus sous le nom de diffuseurs.
- La figure 30 représente l’aspect extérieur de l’appareil.
- Le carbure est contenu dans des seaux cylindriques séparés en deux parties égales
- par une cloison verticale aa (lig. 31). Chacune d’elles est à son tour divisée, suivant sa hauteur en un certain nombre d’étages .par des cloisons horizontales hb, alternées de chaque côté. Chaque cellule est remplie à moitié de carbure. Une des parois verticales extérieures du cylindre est mobile pour permettre le chargement et le nettoyage; elle est munie, à droite et à gauche de la séparation médiane, d’une fente verticale servant à l’introduction de l’eau dans les cellules et à l’échappement
- du gaz. Cette disposition correspond à celle que nous avons déjà décrite (page 293, n° du 15 août 1896), tout en étant plus commode.
- Chacun des générateurs 1 et 2 (tig.30} contient un seau semblable. L’eau vient du réservoir 15 par le tube amorcé en bas de celui-ci et se rend au robinet 6. Supposons que celui-ci soit tourné de façon que l’eau se dirige sur le générateur 1 ; le liquide tombera au fond de la cuve et, s’élevant peu à peu, mouillera le carbure contenu dans la cellule inférieure
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- du seau ci-dessus décrit, puis dans la seconde et ainsi de suite jusqu’à la dernière en haut. Lorsque la pression du gaz à l’intérieur atteint la pression d’eau provenant de la dénivellation entre 6 et 16. l'arrivée d’eau est
- •cglée automatiquement. Le trop-pleir
- volonté le plan d’eau dans le'réservoir 15 au
- i
- Fig. 51. — Seau à carbure Deroy.
- moment du réglage de l’appareil : une fois la mise en marche effectuée, cet organe reste fixe. En outre, afin de maintenir le niveau constant en 15, ce réservoir est muni d’un flotteur qui commande le robinet du réservoir 14.
- Le gaz engendré en 1 se rend, par la nourrice 4 et le tube 8, dans le laveur-épurateur 3 où il barbotte dans l’eau avant de gagner le gazomètre 17, par le tube 10. Tant que la pression est la meme en 1, 2 et 3, l’eau s’élève également dans les branches intérieures des tubes 8 et 9 et dans le cylindre 3. Lorsque, par suite de la formation du gaz en 1, la pression augmente de ce côté de l’appareil, l’eau du tube 8 est refoulée en 3 et 9 et le gaz s’échappe par 3 et 10 au gazomètre. Si l’on ouvre un des robinets d’air 12 et 12' ou qu’on ôte le couvercle d’un des générateurs pendant que l’appareil est en marche, la pression s’égalisant des deux côtés, l’eau obturera les tubes 8 et 9 et par conséquent, il ne pourra sc produire ni sortie de gaz ni rentrée d’air au gazomètre 17. O11 peut donc nettoyer et recharger l’appareil en marche sans troubler son fonctionnement.
- Lorsque l’eau, après avoir épuisé toutes les couches de carbure du récipient 1, atteint dans la nourrice 4 l’ouverture supérieure du tube 7, elle se rend par ce dernier au générateur 2 sans qu’il soit nécessaire de toucher au robinet 6 qui reste toujours dans la même position, le fonctionnement de l’appareil étant entièrement automatique.
- Le fonctionnement de ce gazogène est très régulier; en pleine marche, même si l’on éteint brusquement un grand nombre de becs, la hauteur de la cloche du gazomètre reste à peu près constante : elle ne varie pas de plus d’un ou deux centimètres.
- Cependant, pour parer à toute éventualité et empêcher les surproductions, M. Deroy a adopté un dispositif très simple et très ingénieux qui a donné toute satisfaction. Il consiste à placer à hauteur convenable, au-dessus de la cloche du gazomètre, une rondelle en plomb donnant une surcharge correspondant à une augmentation de pression d’un centimètre d’eau environ. Lorsque la cloche atteint la surcharge, la pression du gaz augmente brusquement d'un centimètre, ce qui est sans action sur les llammes, mais a pour effet d’empêcher toute nouvelle introduction d’eau en 6,
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- jusqu’à ce que la pression ait repris sa valeur normale.
- M. O’Conor Sloane, a proposé un gazogène très facile à construire.
- La cuve du gazomètre et sa cloche sont toutes deux formées par des boites à biscuit en fer-blanc; la cloche est chargée de poids suffisants pour donner au gaz sa pression; elle est équilibrée par une petite cuve contenant de l’eau et qui lui est attachée par une licelie passant sur deux poulies.
- Le générateur se compose d’une bouteille à large goulot, munie vers le bas d’une tubulure. qui est reliée par un tuyau souple à la petite cuve-contrepoids. Cette bouteille est fermée par un bouchon étanche que traversent : i° un tube de sortie du gaz, tube qui se rend directement aux becs et porte une branche dans la cuve du gazomètre; 2° une tige centrale à laquelle est suspendue une corbeille en toile métallique, de capacité suffisante pour contenir 100 à 150 gr de carbure
- On règle la longueur de la ficelle reliant la cloche du gazomètre à son contrepoids, de telle façon que celui-ci étant plein d’eau et la cloche presque au sommet de sa course, l’eau qui va du contrepoids à la bouteille par le tuyau souple, 11e touche pas le carbure mais en sort tout près.
- Si on abaisse la cloche à la main, son contrepoids remontera et, en même temps, l’eau s’élèvera dans la bouteille; le carbure sera donc mouillé et du gaz se dégagera, ce qui fera monter la cloche, baisser le contrepoids et partant le niveau de l’eau dans la bouteille. La production de gaz s’arrêtera donc jusqu’à ce que la consommation de gaz ait fait baisser la cloche suffisamment. La même succession d’opérations se répétera alors,tant que le carbure ne sera pas épuisé.
- Cet appareil fut décrit dans le Scienti/ic American du 4 janvier 1896 ; il fut donc connu en France le 11 ou le 12 du même mois, le 31 MM. Emile Chesnay et Louis Pillion, de Di-
- jon, prenaient un brevet pour un appareil « industriel » qui n’est autre que celui de O’Conor Sloane; jusqu’à la marche de l’appareil, décrite dans leur brevet, semble copiée sur l’article du vulgarisateur américain.
- La figure 32 et ce que nous venons de dire nous dispensent d’en dire plus long. Un seul point est à signaler : le récipient A qui contient le carbure et qui peut avoir une forme quelconque :fig. 33} est ouvert par le bas;
- 5. 32. •— Appareil Chesnay
- dans cette ouverture passe le support qui peut également avoir une forme quelconquefiig. 34;. Lorsque le carbure s’épuise, la partie réduite en chaux s’écrase sous le poids du récipient
- Fig. 33. — Seaux à cabrure Fig. 34. — Supports Chesnay-Pillion. Chesnay et Pillion.
- et du carbure supérieur; elle tombe au fond du générateur A, ce qui permet au carbure neuf de descendre au fur et à mesure, sans que l’eau soit obligée de monter en trop grande quantité.
- (A suivre.)
- G. Pku.iss.kiu
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- L’ÉLECTRICITÉ
- L’EXPOSITION NATIONALE SUISSE T
- MACHINES ET DISPOSITIFS a SIGNALE!! A L’EXPOSITION NATIONALE SUISSE
- I GRUE ROULANTE A COMMANDES ÉLECTRIQUES
- Parmi les applications des moteurs électriques à la commande des machines, la grue roulante exposée par la Société d'Œrlrkon est des plus intéressantes.
- Le poids total de l’appareil est de 13 tonnes . et la charge maximum qu’elle peut soulever 5 tonnes.
- Cette grue est susceptible de recevoir trois mouvements distincts qui peuvent ctre effectués d’ailleurs simultanément : le mouvement de déplacement du wagon, le mouvement de rotation du bras de la grue autour d’un pivot vertical et le mouvement d’élévation ou d’abaissement de la charge. Enfin il est possible d’élever ou d’abaisser le bras de la grue tout en conservant à la charge sa même position dans l’espace.
- Les moteurs qui actionnent ces divers mouvements sont à courant continu {250 volts» avec enroulement en série.
- Le moteur inférieur (4 chevaux) qui commande le déplacement du wagon-grue tourne à la vitesse normale de 870 tours, agissant sur l’un des essieux au moyen d’un engrenage et d’une vis sans fin noyée dans l’huile. Il reçoit le courant par l’intermédiaire de blocs de contact placés au niveau du sol (système Claret et Vuilleumier), mais le courant peut également parvenir aux divers moteurs de commande par un trôlet placé à la partie supérieure de la grue et indépendant du mouvement de rotation.
- Le second moteur commandant le mouvement de rotation de la grue est d’une puis-
- h Voir L'Éclairage et 136.
- Électrique
- des ic
- ctobre, p. 49
- sance de 1.6 cheval, il tourne à la vitesse de 1 400 tours.
- Il est à remarquer que la partie tournante est montée sur billes d’acicr trempé.
- Le dispositif pour la manœuvre de la charge et l’abaissement du bras de la grue est peut-être le plus intéressant. Le moteur qui l’actionne est de 12 chevaux (700 tours).
- O11 peut à volonté lui faire commander seulement le treuil d’enroulement de la chaîne supportant la charge, ou actionner en outre un second treuil sur lequel viennent s’enrouler les chaînes qui permettent d’élever ou d’abaisser le bras sur la grue. Dans ce dernier mouvement la position de la charge reste toujours la même et la hauteur dont s’abaisse le bras équivaut à celle dont la charge est relevée.
- On peut donc faire passer la grue à travers des portes basses d'un atelier dans un autre en abaissant le bras mais sans effectuer aucun travail d’élévation ou d'abaissement de la charge.
- Notons également un dispositif ingénieux destiné à arrêter instantanément la charge dans la position voulue. A cet effet dans le circuit du moteur qui commande le mouvement de la charge est placé un électroaimant, qui par son action, débraye un frein à ressort, serrant au repos l’arbre. même du moteur.
- Dès que le courant du moteur est interrompu, l’électro-aimant n’agissant plus, le frein à ressort, devenu libre, vient presser l’arbre du moteur et l'arrête presque instantanément.
- Tous ces mouvements s’obtiennent aisément par la manœuvre de trois rhéostats et d’un embraveur placés sur la grue même, et c’est avec une réelle satisfaction que l’on constate l’aisance avec laquelle cette lourde machine évolue.
- LUS NOUVEAUX ACCUMULATEURS I)E i.A SOCIÉTÉ GERMANO-SUISSE DF. URIROURG
- Comme nous l'avons dit précédemment, la Société germano-suisse a exposé une bat-
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- 1/ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- terie de 140 cléments de son nouveau type d’accumulateurs. Cette batterie.- d’une capacité de 1 500 ampères-heure sert à l’éclairage d’une partie de l’Exposition, de 10 heures du soir à 5 heures du matin, mais elle constitue en meme temps une réserve pour l’éclairage en cas d’accident. Fin débit normal, elle alimente 6 à 7 séries de 4 lampes a arc. consommant chacune 12 ampères, soit 72 à 84 ampères. Le débit .maximum correspondrait à 20 séries de 4 lampes, soit 240 ampères, et les essais faits à ce régime pendant plusieurs jours ont été très satisfaisants.
- Les éléments eu.x-mèmes sont disposés en 10 séries de 14 accumulateurs, dont chacune peut être mise hors circuit au moyen d’un commutateur. Fin cas d’accident ou de détérioration h l’un des éléments, le régime n’est donc pas interrompu.
- de 28 éléments, disposés sur 2 tables; chaque touche du réducteur comprend 2 cléments ; le réglage se fait donc par saut de 4 volts.
- Nous avons vu précédemment comment la charge de la batterie s’elfectue à l'aide de la commutatrice Alioth et du survoltcur. (iette charge se- fait au régime de 150 am-
- pères, ce qui correspond a 2 ampères par kilogramme d’clectrodes. Ce sont des conditions particulièrement avantageuses, puisque L courant maximum de décharge peut atteindre 240 ampères.
- Quant à l’accumulateur lui-mème. sa construction est représentée ligures 5 et 6 et nous croyons bien faire de donnera ce sujet quelques renseignements détaillés, que M. l’ingénieur Gcinoz a bien voulu nous communiquer
- sur notre demande et qui nous paraissent fort intéressants.
- L’accumulateur de la Société germano-suisse, à F'ribourg. se distingue de tous les autres accumulateurs à oxyde de plomb, par sa grande capacité, son insensibilité presque absolue aux régimes violents et par la faculté d’une charge et d’une décharge à de hauts régimes, tout en donnant un très bon rendement. Tous ces avantages sont obtenus par suite d’une construction toute spéciale de l’électrode, qui lui assure une grande solidité, etdiminueson poids mort. La quantité de matière active par centimètre carré de plaque
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- est considérable grâce à une gaine en celluloïd perforé et à une enveloppe poreuse oui empcche toute chute de cette matière, tout en permettant a l'électrolyte d'exercer ,0„ action sur l’oxyde de plomb.
- Délectrode se compose d’une grille ou âme je plomb antintonié, qui est à carreaux ou à étagères suivant le besoin. Des deux côtés, de même qu’à 1 intérieur de cette grille, est fixée la matière active, soit du minium pour jes plaques positives et de la litharge poules plaques négatives. Cette matière est maintenue en partie par ladite grille et en partie par une gaine en celluloïd blanc, perforé (garanti pur), qui empêche sa désagrégation tout en lui permettant de se dilater ou de se contracter.
- A l'intérieur de cette gaine, soit entre le celluloïd et la matière active, sc trouve interposée une enveloppe poreuse qui (augmente encore l’action protectrice de la gaine.
- Cette gaine en celluloïd perforé (visible sur le cliché' se compose de 2 cuvettes qui s’emboîtent l’une dans l’autre et qui sont collées, une fois l’électrode remplie, avec une solution à base de celluloïd.
- La construction de la plaque se fait de la
- On applique à l’intérieur de la cuvette femelle la paroi poreuse dont il a été question plus haut. Sur cette cloison est étendue uniformément la moitié de la quantité en poids d’oxyde de plomb que doit renfermer l’électrode. La grille est ensuite appliquée sur la couche d’oxyde ; la secondé partie Je l’oxyde est alors étendue sur cette grille; viennent ensuite l’enveloppe poreuse et la cuvette femelle qui s'emboîte dans la cuvette mâle (comme le montre le cliché).
- L’électrode ainsi préparée est collée puis trempée dans un bain spécial qui est diffé-T«it suivant que les électrodes sont positives •°u négatives. Après un séjour de quelques minutes dans le bain, la plaque est soumise a une pression .variable suivant sa grandeur), (ette pression a pour but de donner à l’oxyde dui est devenu pâteux par la trempe, la con-
- sistance voulue tout en permettant au liquide superflu de s’échapper. L’électrode est ensuite séchée sous pression, puis au grand air pendant quelques jours. Il ne reste plus alors qu’à achever leur fermeture à l’endroit des connexions et à renforcer les cuvettes des électrodes positives à l’endroit de la fermeture. On a ainsi les plaques prêtes à être montées en cléments.
- Les plaques positives sont séparées alors des négatives par des baguettes en celluloïd collées sur les plaques positives mêmes.
- La formation se fait dans un bain d’acide sulfurique à 23-24° Baumé. Après un séjour de 10 à 12 heures dans ce bain, les plaques positives sont formées en même' temps et accouplées en éléments avec les plaques, négatives. La première charge de formation a lieu au régime de 3 ampères par 1 kg de plaque et elle dure 20 heures, puis 2 heures au régime de 2 ampères et 2 heures uu régime de 1 ampère, soit en tout 24 heures. La première décharge s’effectue de suite après, au régime de 1/2 ampère par 1 kg de plaque, et se prolonge jusqu’à ce que l’élément ait atteint une tension de 1,8 volt. La capacité à cette première charge est de 9 à 10 ampères-heures par 1 kg de plaque.
- La deuxième charge a lieu ensuite au régime de 3 ampères'par 1 kg de plaque pendant 10 heures, après quoi on décharge à 1 ampère par 1 kg. La capacité atteint r \ ampères-heures environ.
- La troisième charge et les suivantes jusqu’à formation, complète se font au même régime que la deuxième.
- Après cinq ou six charges, on obtient 20 ampères-heures par 1 kg (capacité garantie pour les batteries stables') jusqu’à une chute de voltage de 10 p. 100.
- Pour une formation bien faite cette capacité atteint 23-24 ampères-heures par 1 kg de plaque et jusqu'à une tension de l’élément de 1,8 volt.
- Dans le cas d’une charge à 1 ampère par 1 kg d’électrodes, le voltage moyen déchargé
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- L’ÉCLAIRAGE ELECTRIQUE
- estd’environ 2,3 volts et le voltage maximum de 2,6 volts.
- Quant à la tension moyenne à la décharge de 1 ampère par 1 kg d’électrodes, elle est de 1.97 et 1,98 volt et la tension au début de la décharge est de 2.07 et 2,08 volts.
- Ces chiffres montrent l’avantage de cet accumulateur au point de vue du voltage moyen qui est très élevé.
- Le rendement en ampères-heure et en watts-heure est pour une charge à 1 ampère par kg d’électrodes et pour une décharge à 1 ampère par kg d’électrodes de 92 p. 100 en ampères-heure de 78 p. ioo en watts-heure.
- Pour une charge à 2 ampères et une décharge à 2 ampères ces rendements de 87 p. 100 et de 70 p. roo.
- Pour une charge à 3 ampères et une déchargea 3 ampères, ils sont de 77 p. 100 et 62 P. 100.
- Ces derniers chiffres montrent que le rendement est relativement élevé pour les charges et décharges à hauts régimes, comparativement à ceux d’auîres tyrpes d’accumulateurs.
- Le courant maximum de charge est de 3 ampères par kg.
- Le courant maximum de décharge est de 3,5 ampères par kg.
- Cette décharge peut toutefois être poussée jusqu’à 10 ampères par 1 kg d’électrodes, dans le cas d’éléments spécialement préparés pour la traction, sans qu’il y ait à craindre de chute de matière.
- Les chiffres précédents mettent en relief les avantages suivants de cet accumulateur : capacité élevée et rendement clevé ; faculté de pouvoir charger et décharger à hauts régimes avecun rendement relativement clevé et sans qu’il se produise de chutes de matières ac-
- Ces avantages, joints à celui d’une grande solidité, constituent, comme on sait, de précieuses qualités. Ajoutons que la Société livre ces accumulateurs avec une garantie de 2 ans sans frais et plusieurs années avec une redevance annuelle à fixer.
- Notons également l’emploi d’un nouveau
- couvercle en celluloïd. Ce couvercle est fait façon à empêcher toute projection de liquide acidulé de se produire à la suite d’un choc. Ce couvercle se compose de 2 cloisons en celluloïd maintenues entre elles au moyen de baguettes également en celluloïd ; 1, 2, ou 4 trous suivant la grandeur de la boite sont percés à la cloison supérieure sur les côtes, tandis que des trous percés dans la cloison inférieure se trouvent vers le centre. De celle façon, les orifices n’étant pas placés en regard les uns des autres, le liquide projeté entre les deux parois ne pourra s’écouler par les trous delà cloison supérieure dans le cas où l'inclinaison de la boite est de courte durée. Pour faciliter le retour du liquide qui a pu s'introduire dans le couvercle, on peut donner une inclinaison vers le centre de la cloison inférieure. Ce couvercle trouve principalement son emploi dans les batteries transportables.
- Ch.-Eue. Guyk,
- PROCÉDÉ 1)E DÉSARGENTATION
- ÉLECTROT.YTIQUK
- DES PLOMBS ARGENTIFÈRES (i)
- IH. — PRODUITS DIVERS DU PROCÉDÉ TOMMASI Notre procédé n’est pas seulement avantageux lorsqu’on l’applique, comme on l'a vu, à l’extraction de l’argent des plombs argentifères, mais il est encore susceptible d’autre:» applications non moins importantes : nous voulons parler de la fabrication du plomb spongieux à l’usage des accumulateurs électriques. du blanc de céruse et des oxydes de plomb.
- Le plomb tel qu’on le recueille sur le disque cathode se présente, ainsi qu’il a été dit.
- Voir V Éclairage Électrique du 3 et 17 octobre, p- ^
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- us l’aspect d’une masse spongieuse compose d’une multitude de petits cristaux très légers et très plastiques. Le plomb dans cet état constitue une excellente matière active pour les accumulateurs de n’importe quel système, et particulièrement pour les accumulateurs de Tommasi (dits bulmen) ().
- En effet, la grande plasticité de ce plomb rend facile son application sur les électrodes des accumulateurs et son extrême état de division en fait une substance éminemment propre à se transformer rapidement en per-oxvde de plomb sous l’influence du courant électrique.
- Actuellement le plomb spongieux employé par quelques fabricants d’accumulateurs est obtenu en précipitant l’acétate de plomb par du zinc métallique ; or. ce plomb n’est pas seulement plus cher que le plomb électrolytique, mais encore il est loin d’être pur, puisqu’il renferme la plupart des corps étrangers contenus dans le zinc du commerce, et notamment l’arsenic, le bismuth, l’antimoine, etc. ; or. la présence de ces corps nuit an bon fonctionnement des accumulateurs et les détériore rapidement.
- Quant au prix de revient d’une tonne de plomb spongieux, il peut être évalué approximativement ainsi :
- 1832 kg d'acétate de plomb à 650 fr la
- tonne.................................1190,80 fr
- 320 kg de zinc (*> à 450 fr la tonne . . . 144,00 »
- Main-d'œuvre.......................... 20,00 »
- Total. - . . 1354,80 fr
- L’acétate de zinc qui résulte de cette opération n’ayant pas d’applications industrielles.
- Cet accumulateur est caractérisé par des électrodes constituées par une enveloppe en celluloïde perforé remplie de matière active (oxj’-de de plomb ou plomb spongieux) au centre de laquelle est placée une grille en plomb servant de collecteur au courant. 11 résulte de cette disposition que la désagrégation des électrodes et La chute des matières actives sont rendues impossibles et que de plus le poids m°rt est considérablement diminué.
- H C’est la quantité théorique, mais pratiquement on en
- sa valeur commerciale est tout à fait insignifiante, pour ne pas dire nulle.
- Par notre procédé le coût d’une tonne de plomb spongieux et chimiquement pur
- reviendrait à :
- Frais d’électrolyse..................... 8 fr
- Prix du plomb des anodes...............250 »
- Total .... 258 fr
- soit en chiffres ronds : 260 fr.
- Le bénéfice réalisé serait donc de :
- 1355 — 260 = 1095 fr.
- Supposons une consommation annuelle de 1 000 tonnes seulement, le bénéfice qui en résulterait serait de : 1 095 000 fr.
- Mais ce bénéfice pourrait encore être augmenté si l’on faisait usage, pour la fabrication du plomb spongieux électrolylique, des plombs argentifères dont la teneur en argent fut tellement faible que les frais d’extraction ne seraient pas couverts par la valeur de l’argent que l’on en retirerait.
- Dans ce cas la fabrication du plomb spongieux ne coûterait rien ou peu de chose, puisque les frais d’électrolyse seraient en totalité, ou du moins en grande partie, payés par l’argent contenu dans les plombs soumis au traitement électrolytique.
- Suivant le traitemcntque l’on fait subir au plomb spongieux au sortir des électrolyseurs on obtient à volonté les variétés de plomb
- A. — Plomb inoxydable.
- , , ,, ^setransformantenoxydef1).
- B. -riomboxydable.,j s<_ transformant en c<iruSe.
- A. -- Plomb inoxydable
- Pour rendre le plomb électrolytique inoxydable, il suffit de le mouiller avec une solution particulière que nous désignerons par x.
- O) Massicot, litharge ou minium, suivant la température à laquelle l’on opère.
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- J. ’ É C L AIR A G E É L E C T R1Q L1E
- En employant ce procédé on a pu conserver du plomb spongieux a l’état métallique pendant environ une année dans une large assiette, et par conséquent dans les conditions les plus défavorables à sa conservation puisqu’il était exposé sur une large surface à Faction oxydante de l’airi A plus lbrte raison aurait-on pu conserver ce plomb à l’état métallique si au lieu de l’étaler sur une assiette, on l’eùt renfermé dans un flacon contenant une dissolution du composé au
- Lorsqu’on veut employer ce plomb comme matière active dans les accumulateurs il sullït de le retirer de la solution a* et de le bien laver à l’eau pour obtenir une substance éminemment propre à absorber l’oxygène et se transformant rapidement en peroxyde de plomb 'Pb(Eï sous l’action du courant électrique.
- B. — Plomb oxydable.
- ai Se transformant en massicot ou en Ulharye. — Lorsque le plomb électrolytique est traité par certains agents il devient très oxydable et s’échauffe fortement au contact de l’air. Néanmoins l’oxydation du plomb est partielle, car il ne blanchit pas et reste à l’état d’une poudre grisâtre.
- Cette poudre constituée par du plomb très divisé, chauffée au contact de l’air, ne fond pas et se transforme rapidement en oxyde de plomb.
- On pourra donc obtenir au moyen du plomb électrolvtique, le massicot, la litharge et même le minium dans un très grand état de pureté et à très bon marché.
- Nous estimons qu’une tonne d’oxyde de plomb, préparé par notre procédé ne revient pas à plus de 20 fr la tonne, soit à 270 fr., si le prix du plomb est de 250 fr.
- Or. la litharge et le minium préparés pâlies procédés ordinaires coûtent au moins 400 fr la tonne, d’où un bénéfice de 130 fr en faveur de notre procédé.
- b) IHomb se transformant rapidement en cèruse. — Pour obtenir du plomb blanchis-
- 1
- sam rapidement au contact de l’air, c’est-à-dire. se transformant en céruse. on sotiniet le plomb au sortir des électrolvseurs à Uri traitement spécial à l’aide duquel il est possible de convertir rapidement de grandes quanti-tés de plomb spongieux électrolytique en blanc de céruse. Ajoutons que l’appareil employé étant hermétiquement clos 011 n’a plus à redouter, comme dans les procédés ordinaires, la présence dans l’air ambiant des poussières de céruse si toxiques pour le personnel préposé à cette dangereuse opération, laquelledevient tout a fait inoffensive. grâce à notre nouveau dispositif.
- Lorsque tout le plomb a été transformé en céruse. il ne reste plus qu’à laver celle-ci et finalement la dessécher sur des plaques en terre poreuse.
- Établissons maintenant le prix de revient de la fabrication de la céruse par le procédé électrolytique et voyons quelle serait l’économie que celui-ci réalise sur les procédés ordinaires.
- Bien que la composition de la céruse varie suivant son procédé de fabrication, on peut toutefois considérer la formule suivante ; 4 COsPb, Pb OH3G comme se rapprochant le plus de la formule de la céruse commerciale. D’après cette formule, il. résulte que pour obtenir x tonne de céruse il faudrait théoriquement employer 715 kg de plomb soit pratiquement 800 kg.
- Or, nous avons vu qu’une tonne de plomb électrolytique revient au maximum à 10 fr. et par conséquent, le coût d’une tonne de céruse préparée par notre procédé peut être évalué approximativement ainsi :
- 8on kg de plomb ordinaire pour la fabrication des anodes à 250 fr la tonne.....200 fr
- Frais d'électrolyse. ........................ 8 ''
- Frais de fabrication de la céruse............ 20 »
- Total...........228 fr
- La céruse préparée par les méthodes ordinaires vaut environ 430 fr la tonne, si k cours du plomb est de 250 fr.
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- REVUE D’LLECTRICITÉ
- j[ résulte donc un bénéfice en faveur de notre procédé de :
- 130 — 228 - 202 fr.
- soit en chiffres ronds de 200 fr la tonne.
- En France, la production annuelle de la céruse est de 15000 tonnes, d’où le bénéfice suivant :
- 15000 x 200 =3000000 fr.
- On peut estimer que dans les autres pays d’où il nous a été impossible d’avoir des renseignements précis sur la production annuelle de la céruse, la fabrication de cette substance doit être au moins dix fois plus forte que celle de la France.
- Dans cette supposition qui n’est nullement exagérée le bénéfice annuel réalisé par le procédé Tommasi serait de ;
- 150000 x 200 = 30 oooooo fr.
- Mais ce bénéfice déjà si considérable pourrait encore ctre augmenté si l’on faisaifcusage pour la fabrication de la céruse des plombs argentifères dont la teneur en. argent fût tellement faible que les frais de désargentation ne seraient pas couverts par la valeur de l'argent que l’on en retirerait. Dans ce cas la fabrication de la céruse électrolytique ne coûterait pour ainsi dire presque rien, puisque les frais de sa fabrication seraient largement payés par l’argent contenu dans les plombs soumis au traitement électrolytique.
- Cette même remarque a déjà été faite plus haut au sujet de la fabrication du plomb spongieux à l’usage des accumulateurs et de celle des oxydes de plomb.
- I n autre avantage non moins important Je notre procédé est celui de pouvoir livrer journellement des plombs marchands terminés en quelques heures de leur mise en travail et des lingots d’argent raffiné presque aussi rapidement.
- Ajoutons enfin que la désargentation des plombs argentifères par notre procédé peut e?rc exécutée par des hommes sans expé-nence et sans connaissances spéciales, à la condition toutefois d’ètre placés sous la direc-n°n d’une personne tout à fait compétente.
- 1). Tommasi.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Coupe-circuit Patridge et Berry.
- Le plomb fusible 1, est maintenu à chaque extrémité .dont une est visible dans la figure U par des rondelles métalliques 2, enfilées sur des tiges 3, servant à établir les connexions. L’une de ces tiges est fixée dans la partie isolante 4 de l’appareil, l’autre dans la partie
- métallique. Des bandes de mica 5,5* emprisonnent le plomb entre ses deux points d’attache. Une bande élastique 6, et un couvercle en ébonite 7, maintenu par des écrous 8, ’fig. 3] vissés sur les extrémités filetées des deux tiges, protègent le plomb. La partie hachurée 9 représentée dans la branche de droite est une matière isolante qui, une fois l’appareil fermé, forme avec la première branche une enveloppe isolante complète. Les conducteurs sont maintenus en 10, par des écrous de serrage; les connexions sont établies par l’intermédiaire des deux tiges entre lesquelles le plomb est placé et qui appuient sur les languettes io ûïg. 2) reliées aux douilles de fixation des conducteurs. L. D.
- Trôlet Bersey.
- Ce système de trôlet a etc conçu dans le but d’assurer une pression constante de roues à gorge avec le fil conducteur et d’éviter les sauts au passage des points de support et
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- L’ECLAIRAGK ELECTRIQUE
- par suite, les étincelles qu’ils provoquent. Il se compose d’un cadre (fig. i) formé
- 3, — Trôlet Bersey.
- Ion la rattachant au bras du pylône. Au passage de ces points le cadre prend la position indiquée par les figures 2 et 3, il s’écarte sans qu’aucune des roues ne quitte le fil; )e point franchi, le ressort ramène le système dans la position normale qui est celle de la ligure 1. L, I).
- Câbles airés Felton et Guillaume (1895).
- Les câbles télégraphiques ou téléphoniques sont .fig, x et 21 constitués par une série de conducteurs a. disposés par couples ou isolément dans des gaines de papier h cloisonnées
- de 4 tige-s plates a. reliées à leurs extrémités par des axes b'.b'Kb3 b'*-, les trois premiers reçoivent trois roues à gorges dont deux, cLc2, assurent le contact sur la partie inférieure du fil d et la troisième â. sur la partie supérieure. La perche du trôlet est attachée à l’axe inférieur b*. La pression des roues sui-le fil est assurée par l’effet d’un ressort à boudin tendu entre les deux points b3,b'\ L’emploi de ce système de trôlet nécessite un dispositif spécial pour la fixation du conducteur aux bras des pylônes; il est représenté dans les figures 2 et 3. Un bout de conducteur /'est soudé de manière à former un losange dans lequel s’adapte une pièce de même forme g. dont les côtés sont creusés d’une gorge et qui est maintenue par un bou-
- Les transmissions électriques dans les ateliers;
- Par A. Hiu.Amnr {').
- Le diagramme 7 indique une série de ma-
- attelés à des plaqi
- ;de locomoti
- noeuvres de cabestans attelés à des plaques 1 vres de wagons halés et tournés sur une
- tournantes pour locomotives. I —-------------------------------------.--------
- Le diagramme B, uue série de manœu- I b) L'Éclairage Électrique, 10 et 17 octobre p. 79 et 128.
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- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- des trains tramways de la banlieue : elles réSent environ 40 t, et donnent lieu à des
- des manœuvres de wagons, dont le poids ne dépasse guère 10 t.
- O11 peut se rendre compte qu'à la tin de la journée la somme des travaux d’un cabestan est relativement peu élevée, même si le service est chargé ; les chemins parcourus sont
- En. juin 1894, la Chambre de Commerce .1 Havre ht faire,
- grue du quai
- Fig. 10. - Diagramme prédéterminé de la grue du Havre.
- plaque tournante par un cabestan à cable. I Colbert spécialement aménagée, une série Les locomotives dont il s’agit sont celles | d’essais k l’effet d’examiner s’il y aurait quel-
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- L’É C L AIR A G E KLECTRIQL E
- que avantage à substituer, sur ces appareils, les moteurs électriques aux moteurs à vapeur ou hydrauliques. Les essais, diriges par Al. Delachanal, ingénieurde cette compagnie, furent concluants ; l’adoption de l’électricité fut décidée.
- La ligure 9 donne un diagramme relevé pendant le déchargement d’un bateau charbonnier,le Driver; la benne avide pèse 250 kg ; et en charge, 1 250 kg ; la vitesse de montée en charge est de 70 cm par seconde.
- Les différentes phases d’une manœuvre
- sont nettement indiquées sur ce diagramme : quand on compare celui-ci au diagramme prédéterminé (fig. 10), 011 remarque les à-coups de démarrage, qu’on pourrait cependant éviter, et sans perdre de temps : en particulier, la mise en marche pour l’amenage de la benne chargée et la reprise pour orientation de la benne vide (ordonnée correspondant à l’abscisse d) dépassent de beaucoup les prévisions. Néanmoins le rendement n’en est guère af-
- fecté, car ce sont de véritables impulsions sans durée.
- Des mesures du même genre ont été effectuées sur une locomotive électrique (fig. 11} à deux boggies, pour voie de 0,50 m, qui fait un service de transport de calcaire à ciment aux usines de MA1. Darsy, Lefebvre et Lavo-cat à Neufchàtel ^Pas-de-Calais). Le poids total de cette machine est de 7 t; sa vitesse moyenne est de 12 km à l’heure; elle franchit
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- U EVr E D'ÉLECTRICITÉ
- des rampes de 6 p. ioosurunc voie peu stable, dont une partie se trouve en carrière et l’autre sur route. La prise de courant se fait sur une ligne aérienne.
- La ligure 12 représente deux diagrammes d’un parcours, aller et retour : chaque dia-
- gramme comporte deux courbes; la plus grande aire correspond au retour en charge.
- Les moindres variations du profil sont reproduites sur ces deux diagrammes qui sont presque rigoureusement superposables, ainsi qu’on peut s’en assurer en les regardant
- Fig. 12. — Diagrammes de la locomotive de Neufchâtel, 22 mars 1895 ; volts à vide, 285 ; en charge, 250.
- à la loupe ; cependant, dans le deuxième diagramme, il y a une ordonnée isolée qui indique un faux départ : au sortir de l’usine, la locomotive a dù s’arrêter un instant pour laisser passer un tombereau sur une route que coupe la voie ferrée. A. H.
- Aimantation et Hystérésis de certaines sortes de fer et d’acier.
- Par H. Du Bois et E, Taylor Jones (*).
- Fer magnétiquement dur. — Sylvanus Thompson.'5) donne la bibliographie la plus complète et les tableaux les plus étudiés relatifs à ce cas. Dans son tableau lac. cil., p. 382),
- t1Voir L'Éclairage Électrique, du 24 octobre, p, 178. 'LSylv. Thompson. Tbef.lectro-Magnet, édit,, chap.xvi Londres, 1892.
- la plus grande ïorce cœrcitive indiquée est de 51 unités; en ce qui concerne î’hystérésis, la plus grande valeur donnée dépasse à peine 200. Les auteurs donnent plus loin les mesures faites sur trois échantillons d’acier, dont les constantes excèdent celles qui viennent d’ètre mentionnées. Ces résultats sont exposés graphiquement dans les figures 2, 3 et 4, et les principales constantes sont données par le tableau IV. Les figures donnent à la fois les courbes des cycles croissants et les boucles d’hystérésis; pour les grandes intensités de champs, l’échelle des abscisses est convenablement modifiée.
- Sylvanus Thompson exprime l’opinion que les aciers qu’il a examinés seraient inférieurs 'à l’acier dit de Haarlem, quoiqu’il n’eùt pas été fait de mesures à ce sujet. F,a Tgure 2 prouve le bien fondé de cette opinion. Il faut ajouter que suivant N. van Wetteren, de Haarlem, l’acier qu’il fournit maintenant
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- L’ECLAIRAGE ELECTRIQUE
- n’est plus d’aussi bonne qualité que le type I décider si ce dernier est aussi bon que le classique de Haarlem. Il serait difficile de | « nüVHI, très dur ». essayé par les auteurs.
- VI VII VIII
- D„. D„«. Très dur. T«s
- Limite de &8 . . . ±L 240 ± 240 zt 240 =t 240 ± 240 ± 240 zt 500
- Limite de ô• • . zh 1 270 zt 1 420 zt 1 150 4- 1320 + 1.^0 zt 3 250 zt 1280
- Magnétisme rési-
- duel 800 79° 600 850 850 80O 800
- Force coercitive. . 56 31 75 35 53 72 77
- Hystérésis 210 M5 225 140 205 265 275
- La figure 3 montre nettement les effets 1 aractéristiques de l’écrouissage : augmenta- j ion de la force coercitive, diminution de l’ai-
- mantation maxima et résiduelle. La droite passant par le point d’intersection R" des deux courbes qui correspond au facteur démagnétisant N = 0.037, ou Ie rapport de dimension 34 représente le cas limite dans lequel les métaux doux et durs présentent la même aimantation résiduelle.
- Pour des barreaux longs, l’acier doux est préférable; pour des barreaux courts, l’acier dur convient mieux, excepté naturellement en ce qui concerne la constance.
- Enfin, dans la figure 4. les courbes pour l’échantillon n° VIII sont données à trois états
- différents. Le barreau qui a été écroui h l’usine (très dur) présente la plus grande hystérésis (« = 265) qui ait jamais été observée. En poussant l’intensité de champ limite de ± 240 k -L 500, cette quantité a même pu être augmentée un peu lu =275'!.
- Comme le montre ffig. 4. k gauche) la courbe en gros trait, cette circonstance est due non à un accroissement du magnétisme résiduel, mais k une augmentation de la force coercitive passant de 72 k 77 unités C. G. S.
- Sous ce rapport, il convient de citer une communication d’Abti.1), dont les résultats réduits en unités C. G. S. donnent une force coercitive de 50 pour la magnétitc (Fe804) et de 250 pour la pvrrhotite (Ec7S8)avec un champ variant entre ± 800; l’aimantation est beaucoup plus faible qu’avec l’acier. Cette particularité s’observe a un degré encore plus accusé dans les amalgames ferro-magnétiques; suivant des résultats de mesures effectuées au laboratoire d’un des auteurs et qui seront publiés prochainement, la force coercitive de ces substances peut atteindre 400 unités C. G. S.
- 1 Wied. Ann., t. LV1I, 1896, p. 159.
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- D’ÉLECTRICITÉ
- !9
- Conclusions. — En présentent quelques ;
- ninant. les auteurs J minations de Riborg Mann fi. La figure rques pouvant con- | montre immédiatement que, par exemple, pour une force démagnétisante infiniment petite, l’aimantation résiduelle la plus grande possible est de 800 unités C. G. S. pour cet échantillon ; avec m = 30, cette valeur est réduite à 700 et avec m— 15 à 430; pour obtenir des aimants énergiques, il est donc préférable de ne pas prendre une longueur moins de 30 fois supérieure au diamètre. Si l’aimant n’est pas un barreau droit, mais présente parexemple la forme d’un fer h cheval, ou
- duire à un procédé scientifique et rationnel de construction des aimants permanents. Chose curieuse, ce problème a jusqu’à présent toujours été traité d’une manière empirique et mystérieuse. Lorsqu’on a choisi le métal à employer et, lorsqu’on sait comment procéder k la trempe, au recuit et au « vieillissement » artificiel, la chose la plus essentielle est ensuite de déterminer la forme de l’aimant.
- Pour y arriver facilement, nous traçons un axe auxiliaire k la gauche de l’ordonnée £ = 1 000, et portons sur cet axe une échelle d’abscisses k divisions mille fois plus grandes fig. 4). Si l’on mène des droites de l’origine (aux divers points de cet axe auxiliaire, le point d’intersection d'une telle droite avec la branche descendante R P''donne la valeur maxima du magnétisme résiduel pour la valeur correspondante N du facteur démagnétisant, ainsi qu’011 peut le montrer par une construction bien connue.
- Au-dessus de l’échelle des N, en est une autre pour le rapport des dimensions correspondant m, pour barreaux, suivant les déter-
- toute autre forme de circuit ma gnétique, il faut employer le fac [ teur démagnétisant correspondant que I’oj | calcule de la manière suffisamment connue!2;
- Jy J J
- Fig. 4. — Courbes relatives
- s de l'échantillon VIII :
- moins important d’atteindre de
- déni
- ;>) Sur les facteurs thèse, Berlin, 1895.
- (*} Houston et Kennelly ont publié l’année dernière {L'Éclairage Électrique. t. IV, p. 36), une contribution à la théorie de la démagnétisation qui n’est autre, dans sa partie principale, que la théorie du tore fendu, publiée en 1890, par du Bois ;Voir aussi : La Lumière électrique, t. XLX, p. 542);
- l’introdu.
- 1 d’un.
- e différ
- lagnétique e. Le fai
- narqne parce qu t
- iît indiquer qu’elle ; à confusion; les 1 Europe aussi on
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- :3°
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- fortes aimantations que de les maintenir constantes, c’est-à-dire absolument permanentes, , il faut naturellement rendre la force coercitive aussi grande et la force démagnétisante aussi petite que possible ; la première en choisissant convenablement le métal et en aimantant dans un champ intense d’au moins 500 unités suivant les résultats mentionnés ; la seconde, en s’arrangeant de façon que l’état du circuit magnétique soit représenté non par un point peu stable de la branche descendante RP" de la courbe d’aimantation, mais par un point situé à l’intérieur de la courbe tel que P (N = 0.046, 3 = 300, force démagnétisante 13). Un point ainsi choisi représente un état beaucoup plus stable. On peut noter que pour un circuit magnétique dans lequel il 11e circule pas de couranr, ce point se trouve toujours sur la « ligne de force démagnétisante » OP.
- L’aimantation PQ' est maintenant inférieure à la valeur Q' Q' qui peut aussi coexister avec la meme force démagnétisante ; c’est ce qui peut encore s’exprimer en disant que la force démagnétisante PP' est inférieure à la valeur P" P' qu’elle peut encore affecter pour la même aimantation; le rapport -—j— dans cet exemple est -^-=5. Houston et Kcnnelly l’appellent le « facteur de sécurité » de la démagnétisation, et montrent qu’il varie dans les bons aimants entre 3 et 6.
- L’état stable susmentionné peut être atteint par les procédés suivants :
- En premier lieu, électriquement, en appliquant un faible courant démagnétisant (h ; si, par exemple, l’échantillon est démagnétisé jusqu’en R" (fig. 4) et le courant ensuite graduellement, enlevé nous arrivons à un point de la courbe R" R' se trouvant à l'intérieur de la branche descendante R R", et représentant par conséquent un état de choses plus stable.
- En deuxième lieu, géométriquement, en aimantant avec une valeur de N plus grande
- p) Suivant Hooklum, Phil. Mag., -XXVII, p. 187, 1889.
- que la normale, et diminuant ensuite cette valeur, en rétrécissant l’entrefer, ou ajoutant des pièces polaires; si, par exemple, la valeur initiale de N est 0,14, nouspouvons atteindre, en partant de R", un point de la ligne passant par l’origine et correspondant à la valeur finale de N.
- Enfin, mécaniquement, en vieillissant arti-.ficiellcmcnt le métal; dans ce cas le spécimen se trouve mené suivant une droite dans la région de stabilité avoisinant l’origine des coordonnées.
- Les auteurs ont d’excellentes raisons de croire que les differents procédés plus on moins secrets des constructeurs d’aimants permanents, consistent en une combinaison, ou en une de ces méthodes. A. H.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- SOCIÉTÉ D’ENCOURAGEMENT POUR L’INDUSTRIE
- Séance du vendredi 21 octobre.
- L’ordre du jour appelle en premier lieu une communication de M. Brillié sur les relevés de diagrammes sur les locomotives : appareil auto-indicateur de la Compagnie de l’Ouest.
- Bien que cet appareil d’une application toute spéciale intéresse surtout les constructeurs mécaniciens, il mérite une.mention dans ces colonnes en raison des services que, plus ou moins modifié, il pourrait rendre dans les stations centrales pour le relevé des diagrammes des moteurs à grande vitesse et surtout à cause de son ingéniosité.
- 11 permet en effet de relever automatiquement, et sans que l’opérateur ait autre chose à faire qu’à manœuvrer à distance un déclic pour la mise en marche, les diagrammes relatifs à la face avant du piston, à la face
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- REVf'E
- I)’K LECTRICITK
- arrière, à la boîte à vapeur et aux tuyaux d’échappement.
- Dans ce but, l’appareil comprend un indicateur de Watt, mis en relation avec les diverses capacités où l’on veut évaluer la pression de la vapeur, par un robinet rotati-à voies multiples, mis en mouvement par un mécanisme ingénieux qu'il serait trop long de décrire. Le style de l’indicateur s’appuie sur une feuille de papier enroulée sur un tambour animé d’un mouvement de rotation uniforme; dans ce but, un petit piston dont la face inférieure est en communication avec le tuyau d’amenée de la vapeur dans le cylindre de la locomotive, fait, à chaque ascension et par suite à chaque tour de roue de la machine, avancer d’une dent une roue reliée au tambour par un accouplement élastique très ingénieux; on obtient ainsi, et sans aucun inconvénient du fait de l’inertie, une vitesse de rotation du tambour proportionnelle à la vitesse du train et pouvant être considérée comme constante pendant le relevé du diagramme. Sur la même génératrice du tambour s’appuie un second style inscrivant, parle jeu d’un électro-aimant dont le circuit est fermé par une butée de la tige du piston de la locomotive, le début de chaque diagramme ; en outre, pour éviter toute confusion entre les divers diagrammes, un système de leviers actionnés parle robinet distributeur de vapeur dans l’indicateur agit sur ce style de manière à ce que sa trace soit à une hauteur différente pour chaque espèce de diagramme. Le tambour estpercé d’une fente longitudinale dans laquelle s’engagent les deux extrémités de la bande de papier qui le recouvre; ces extrémités s’enroulent sur deux cylindres intérieurs au tambour et tournent avec lui; quand une sene de diagrammes a été relevée, le mouvement du robinet distributeur de vapeur fait fonctionner un frein qui arrête ces deux cylindres; il en résulte un enroulement delà bande de papier sur l’un d’eux et son déroulement sur l’autre, de sorte que la surface du tambour se trouve recouverte de papier neuf sur lequel s’inscrit une nouvelle série de
- diagrammes. Lutin un levier soulève les deux styles à chaque passage de la fente du tambour et pendant le renouvellement du papier.
- L’appareil accomplit donc bien automatiquement et, avec plus de précision qu’on ne pourrait le faire manuellement, toutes les opérations que comporte le relevé des diagrammes.
- M. Gossart, professeur à la Faculté des sciences de Bordeaux, présente ensuite une ï.ampe à acétylène à réglage capillaire, d’une très grande simplicité.
- Cette lampe comprend deux récipients, l’un pour l’eau, l’autre pour le carbure de calcium. Du premier part un tube fin sur le trajet duquel se trouve un robinet, et qui se termine, au centre de la partie supérieure du récipient à carbure, par un tube capillaire, en verre ou en métal, de o,8 à 1,2 mm de diamètre et d’une longueur d’environ 30 cm, calculée d’ailleurs d’après la loi de Poisculle pour avoir un débit fixé par les dimensions de la lampe. L’eau amenée par ce tube tombe goutte à goutte dans un tube central assez large,descendant jusqu’à la moitié environdu récipient générateur, et à la partie inférieure duquel se trouve fixée une calotte sphérique, convexe vers le haut, qui éparpille l’eau sur le carbure de calcium placé dans un panier occ'upant le fond du récipient. Le gaz produit abandonne sa vapeurd’eau en traversant une couche de carbure de calcium étendue sur une toile métallique, percée d’un trou central pour livrer passage au large tube d’ame-née de l’eau dont il vient d’étre question et placée à peu près au milieu du générateur. Après s’être ainsi desséché l’acétylène est conduit du récipient à carbure, rendu étanche au moyen d’un joint en caoutchouc, k un serpentin placé dans le récipient k eau, qui en assure le refroidissement, et de là se rend au brûleur placé immédiatement au-dessus de ce dernier récipient.
- L’écoulement de l’eau par un tube capillaire offre l’avantage de donner un débit presque rigoureusement proportionnel à la
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- quantité degazbrûlé; comme preuve M. Gos-sart cite une expérience où il a constaté que le nombre de gouttes tombant à la minute passait de 25 à 250 quand le nombre des brûleurs alimentés passait de 1 à 10. Par suite il ne peut jamais y avoir excès d’eau dans le récipient à carbure et les surproductions de gaz qui en résulteraient se trouvent évitées.
- D’autre part la quantité d’eau peut être réglée par construction de manière à ce que le résidu de la réaction soit l’hydrate CaOH20, condition importante car, ainsi que M. Gos-sart l’a reconnu par expérience, cet hydrate ne réagit pas sur le carbure de calcium comme le font les hydrates plus riches en eau et, par conséquent, ne donne pas lieu aune gênante production de gaz quand, la lampe ayant cessé de servir, le robinet du tube d’amenée de l’eau se trouve fermé.
- Enfin le dessèchement du gaz, h mesure qu’il est produit par son passage sur la couche de carbure disposée sur la toile métallique, réduit au minimum la quantité de va-peur d’eau contenue dans l’atmosphère de la lampe, et les inconvénients résultant de l’action de cette vapeur sur le carbure après fermeture du brûleur se trouvent évitées.
- La chaux résultant de l’attaque du carbure se présentant sous la forme d’une masse pulvérulente presque sèche, le nettoyage du seau à carbure est très facile. Grâce au diamètre relativement grand du tube capillaire (0,8 à 1,2 mm;, ce tube ne se bouche que très difficilement et après plusieurs mois d’usage il suffit de le laver intérieurement avec un peu de vinaigre pour dissoudre la couche de carbonate de calcium cristallisé qui a pu s’y former par suite de l'action de l’ammoniaque contenu dans l’acétylène sur le carbonate acide de calcium dissous dans l’eau employée. L’entretien de la lampe est donc des plus simples, avantage auquel vient s’ajouter la possibilité de lui donner une certaine élégance.
- M. Gossart a appliqué le principe de cette lampe à la construction de générateurs de plus grandes dimensions permettant l’alimentation de plusieurs becs. Dans ce cas on
- adjoint au générateur un petit gazomètre servant à emmagasiner la surproduction de gaz pouvant résulter de la fermeture simultanée de ces brûleurs, sans la fermeture du robinet du tube d’amenée de l’eau. Deux générateurs de ce genre étaient présentés à la Société. J. B.
- Sur la propriété do décharger les conducteurs électrisés, produite dans les gaz par les rayons X et par les étincelles électriques ;
- Par Emile Villari (*;
- « Les gaz traversés par les rayons X acquièrent la propriété de décharger les conducteurs électrisés. Il résulte de mes recherches les plus récentes qu’ils acquièrent cette propriété rapidement et qu’ils la conservent pendant un certain temps.
- » Pin effet, en excitant par les rayons X un gaz contenu dans un récipient de zinc avec une mince paroi d’aluminium, et en le poussant rapidement par un tube de verre long et gros (3X1 000 cm) contre un électroscope, on voit celui-ci se décharger. Au contraire, il ne se décharge pas si le courant de gaz n’est point excité par les rayons X. La propriété de décharger les conducteurs se perd petit à petit à mesure que le gaz passe par des tubes plus longs, qui peuvent être de verre ou de métal, isolés ou non. Ces expériences ont été faites avec l’air, l’oxygène, le gaz d’éclairage, l’hydrogène et un mélange d’air et de vapeurs éthérées ou de sulfure de carbone.
- » Ces gaz acquièrent la même propriété en passant par un tube de verre parcouru par une série d’étincelles d’un inducteur, renforcées par un condensateur.
- « La longueur des étincelles au delà de 4 à 5 mm n’a pas d’influence sensible sur le phénomène. Mais l’efficacité pour la décharge augmente à peu près du double, lorsque quatre étincelles, au lieu d’une seule, se produisent dans le tube. Les étincelles de l’in-
- (Û Comptes rendus, t. CXXIII, p. 598, séance du 19 octobre.
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- jeteur non renforcées ont une action sensiblement plus faible, qui augmente jusqu a une certaine limite avec la longueur de l’éiin-cellm et diminue ensuite jusqu’à zéro. L’efficacité des étincelles renforcées ne diminue pas s’il s’en produit une autre en dehors du tUbe; mais elle diminue sensiblement lorsqu’on augmente la résistance du circuit induit au moven d’une colonne de solution de sulfate de cuivre. L’efficacité pour la décharge augmente un peu avec la rapidité du courant gazeux et diminue avec la longueur du tube qui conduit le gaz du tube à étincelles à l’élcctroscope.
- » Cette propriété ne peut être attribuée au réchauffement produit par les étincelles dans le gaz : d’une part, elles ne l’échauffent que peu ; d’autre part, la colonne gazeuse chauffée fortement au moyen d’une flamme, mais non activée par les étincelles, ne décharge pas l’électroscope. »
- De l’action de l’effluve électrique sur la propriété des gaz, de décharger les corps électrisés;
- Par Émile Villari (j).
- « 11 résulte de ma Note précédente que les gaz acquièrent la propriété de décharger les corps électrisés, non seulement par l’action des rayons X, mais aussi lorsqu’ils sont traversés par une série d’étincelles électriques énergiques. De nouvelles recherches me mettent à même d’affirmer que les gaz traversés par les étincelles semblent acquérirune plus grande conductibilité 'pour la chaleur.
- ' » Deux tubes de verre, courts et gros, réunis par d’autres tubes minces, étaient parcourus par un même courant gazeux. Dans le premier, on pouvait produire, avec des fils de platine, quatre étincelles fournies par un inducteur, renforcé par un condensateur; dans le second, se trouvait une petite spirale de platine. On poussait par les tubes un courant gazeux et l’on portait, à l’aide d’une pile, la petite spirale au rouge naissant; on
- t P) Comptes rendus, t. CXXIII, p. 599, séance du 19 oc-
- activait ensuite le tube à étincelles : la petite spirale se refroidissait et devenait sombre. Les expériences ont été exécutées avec l’air et le gaz d’éclairage.
- » La propriété, acquise par les gaz, de décharger les corps électrisés, peut, peut-être, être attribuée à une espèce de dissociation des molécules gazeuses. Guidé par cette supposition, j’ai voulu essayer l’effet de l’effluve électrique sur les gaz. Je poussai, au moyen d’un ozonateur de verre, un courant d’oxygène ou d’air contre l’électroscope ; je vis que ce dernier ne se déchargeait pas. Il en était de même d’un courant de gaz d’éclairage ou d’hydrogène. L’effluve ne .détermine donc pas dans les gaz la propriété de décharger les conducteurs. Mais ce qui est particulièrement remarquable, c’est que l'effluve semble l’anéantir dans les gaz qui l’ont précédemment acquise. Un courant gazeux, activé par les rayons X ou par les étincelles, fut poussé contre un électroscopc, après avoir passé par un ozonateur de verre. Avec un ozonateur inactif, l’électroscope se déchargeait aussitôt, tandis qu’il ne se déchargeait plus lorsqu’on activait l’ozonateur. Les expériences furent exécutées avec l’air, l’oxygène et le gaz d’e-clairage.
- » On sait que les produits de combustion des flammes déchargent rapidement les conducteurs. Dans une Note récente, j’ai démontré que cette propriété diminue un peu quand ces produits sont refroidis par un réfrigérant à eau courante, de 2 m de longueur environ. Si l’on fait passer ccs produits, chauds ou froids, par un ozonateur en activité, ils perdent complètement leur efficacité pour décharger des conducteurs, comme la perdent les gaz excites par les rayons X ou par les étincelles.»
- Expériences sur le phénomène de Hall dans lo bismuth
- Par le Dr A. Lebret(')
- On sait que le phénomène de Hall peut être décrit comme suit :
- 1'1} The Electrician, 10 avril 1896.
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- Quand on fait passer un courant 'appelé primaire) à travers une lame métallique mince, on peut toujours trouver sur les bords de la lame deux points au même potentiel. En joignant ces points à un galvanomètre on ne peut naturellement déceler aucun courant. Mais, quand on établit dans le voisinage de la plaque un champ magnétique, le galvanomètre donne une déviation indiquant l’existence d’un courant (appelé secondaire). Une différence de potentiel est donc créée par le champ magnétique, et cette différence de potentiel n’est pas due à l’induction, car elle subsiste aussi longtemps que le champ. Elle est proportionnelle à l’intensité du courant primaire, et approximativement à l’intensité du champ, et elle dépend de la nature du métal. Le bismuth et le tellure fournissent l’effet le plus grand. Enfin, cet effet est inversement proportionnel à l’épaisseur de la plaque.
- L’expression mathématique de la différence de potentiel résultante est donc :
- et le courant passant dans le circuit du galvanomètre s’écrit :
- «IC
- 1 rd '
- désignant l’intensité de champ, I l’intensité du courant primaire, d l’épaisseur de la plaque, r la résistance du circuit secondaire, C la constante pour le métal employé. On a trouvé que C varie avec la température.
- L’auteur a étudié cette variation de la constante'en fonction de la température. Il a également étudié la dissymétrie du phénomène de Hall pour des champs magnétiques de sens opposés.
- Il se sert d’un galvanomètre différentiel à 2 bobines n’ayant aucun point de contact. L’une des bobines est traversée par le courant secondaire du circuit rattaché aux points C et D de la plaque (fig. i) ; dans l’autre bobine passe un courant de compensation dont le circuit comprenant un rhéostat est
- branche aux bornes L et \I d'une petite résis. tance r' faisant partie du circuit primaire et
- des appa
- de grandeur négligeable devant celle R du
- rhéostat.
- Quand la déviation du galvanomètre est réduite a zéro, on a :
- et
- Cette méthode présente donc l’avantage d’éliminer le courant primaire, et d’éviter ainsi l’obligation de maintenir ce courant constant. I)c plus, pour constater la réduction de la déviation à zéro, il suffit de fermer le courant primaire seulement momentanément, et on évite ainsi les influences fâcheuses de réchauffement, etc.
- Pour la mesure de la variation de C avec la température, le champ magnétique est maintenu constant. Pour une antre température, la valeur C' sera donnée par la formule
- On n’introduit donc qu’une valeur différente de la résistance R du circuit compensateur, les autres quantités étant constantes, et il se trouve ainsi que la constante de Hall varie comme
- Les résultats obtenus avec deux échantillons de bismuth sont très divergents. Le premier échantillon, dont la figure 2 donne la
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- courbe de variation de la constante, était constitué par du bismuth très pur, sans trace je métaux étrangers. La valeur de C à 210 est de 13 unités C. G. S., plus élevée par conséquent que les chiffres trouvés jusqu’ici. Les valeurs les plus remarquables, exprimées par rapport à celle de C à 210. sont la valeur
- 8000 unités; enfin Van Aubel f1} a constaté le même effet, même pour des champs très faibles, mais il attribue la dissymétrie observée.
- Fig. 3. — Variation de l'effet Hall avec la température du bismuth contenant des traces de fer.
- Fig. 2. —Variation de l’effet Hall avec la température du bismuth pur.
- minima 0,175 à 242°,5, température maxima atteinte; lavalcurrnaxima 1,64correspondant à— i2°; enfin.celle 0,866 pour — 69°, température minima obtenue.
- Le second échantillon de bismuth contenait de faibles traces de fer. dont la courbe de la figure 3 montre l’influence considérable. La valeurdeC à 210 n’est plus que de 7. La valeur relative minima, à 246°,5, et 0,280, et la valeur maxima, à — 740, est 1,256. A cette température, la valeur de C n’est pas très éloignée de son maximum.
- La seconde question, celle de l’inlluencc du changement de sens du champ magnétique. a été soulevée par Von Ettingshausen et ^'ersnt ff: Hall a confirmé leurs observations et a fait remarquer que l’effet d’un changement de sens ne peut être décelé que lorsque l’intensité du champ est supérieure à
- non à un effet physique réel, mais seulement à l’inexactitude de la méthode d’observation.
- Le défaut en question consiste en ceci : les deux points entre lesquels il n’existe pas de différence de potentiel, quand il n’y a pas de champ magnétique sont difficiles à trouver.
- Fig. 4. — Expérience de Van Aubel.
- La pratique a indiqué différents artifices pour remédier à-cet inconvénient. L’auteur a employé un fil reliant un point du côté positif du circuit primaire. par l’intermédiaire d’une
- 11, Arch. des Sciences physiques et naturelles, t. XXXIII.
- 'b fVied. Beibl., t. II, p. 357, 1887.
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- résistance réglable, au fil secondaire à potentiel inférieur (fig. 4). De cette façon, on peut rendre les deux points exactement équipoten-tiels.
- Van Aubel objecte que, le champ magnétique augmentant la résistance du bismuth, l’égalité de potentiel disparaît forcément quand on excite le champ, même si le phénomène de Hall n’existait pas. Or, la déviation due à cette influence ne change pas de sens avec le champ, tandis que l’effet Hall change de sens, d’où la dissymétrie.
- Pour la même raison la dissymétrie ne devrait pas être constatable avec des plaques épaisses dont les variations de résistance seraient négligeables. L’auteur l’a toutefois observée même avec des plaques très épaisses. D’autre part, le sens de la différence observée était précisément l’opposé du sens qu’aurait donné la cause invoquée par Van Aubel. Enfin', dernier argument, l’auteur a obtenu exactement les mêmes résultats, en supprimant simplement le fil auxiliaire avec son rhéostat, et en tenant compte de la différence de potentiel préexistant en l’absence du champ.
- Les deux expériences suivantes l’ont mis sur la voie d’une autre explication. En substituant aux fils primaires les secondaires, et réciproquement, c’est-à-dire en faisant passer le courant successivement dans deux directions perpendiculaires, il a constaté que la différence de potentiel créée par le champ est la plus grande avec le sens du champ pour lequel elle était la plus petite auparavant. E11 d’autres termes, la dissymétrie change de signe, mais non de valeur absolue.
- Ceci étant, une seconde expérience devait montrer si la dissymétrie s’annulait pour un angle compris entre o et go°. C’est, en effet, ce que montrera l’expérience faite avec un disque de bismuth. La direction suivant laquelle doit passer le courant primaire pour qu’il n’y ait pas dissymétrie, l’axe de symétrie, en un mot, n’est pas unique. Il en existe un autre normal au premier. La dissymétrie est maxima à 450 de ces axes, et dans les premier et troisième
- quadrant elle est de signe opposé à celui des deuxième et quatrième quadrants.
- Ces résultats permettent d’exprimer la di$. symétrie du phénomène de Hall mathématiquement. Le phénomène de Hall lui-même est exprimé par les formules :
- = hu — kv.
- ày
- dans lesquelles p désigne le potentiel, u ttu le flux d’électricité par unité de section le long des axes y et y. k est un coefficient de résistance et h une quantité dépendant du métal employé et de l’intensité de champ, changeant de signe et s’annulant avec celui-ci.
- Si le courant primaire suit l’axe de x, la différence de potentiel de Hall due au champ est donnée par h —. En renversant le sens du champ, h devient négatif, de sorte que cette formule ne tient pas compte de la dissy-
- Ces équations ne valent, en réalité, que pour les axes de symétrie. Un changement d’axe ne les modifie que si la valeur de k, change et, de ki dans le premier système devient kt dans le second.
- Si les nouveaux axes font un angle a avec les premiers, les équations deviennent :
- + [-*+7 sin* a ~%T=',+ h+\ Sin> «
- et la différence de potentiel calculée de courant suivant l’axe *,) est :
- h + ^-sin* »(-&, + *,)
- En inversant le champ, h seulement change de signe, et la valeur absolue de et est différente. La dissymétrie résulte donc de ces nouvelles équations.
- Cette formule est aussi d’accord avec les
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- résultats d’expérience pour les angles de 45 et 6o°.
- On peut conclure de ces résultats, que l’augmentation de résistance du bismuth sous l’in-fluence du champ magnétique est de grandeur différente suivant la direction, et il serait intéressant de rechercher les rapports possibles eqtre les axes cristallographiques et les axes de symétrie pour le phénomène de Hall.
- En. étudiant les variations de la dissymétrie dans différentes plaques ou pour diverses intensités de champ, il est donc necessaire de trouver d’abord les directions de dissymétrie
- L’auteur a ainsi déterminé les nombres suivants, qui ne permettent plus de douter de l’existence de l’effet dissymétrique.
- 1500 2 160 2740 3480
- 31 : 69 22 : 78 14 : 86 3 : 97
- On a proposé de mesurer les intensités de champ par la grandeur de l’effet de Hall excité dans' le bismuth. La même quantité pourrait être mesurée dans le cas d’un champ alternatif par la grandeur de l’effet dissymétrique excité par un champ de cette nature. La plaque de bismuth devrait, dans ce cas, être étalonnée à l’aide de champs magnétiques continus, et on y ferait passer le courant dans la direction de dissymétrie maxima.
- A. H.
- CHRONIQUE
- L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE EN FRANCE
- Paris. — Traction. — La commission du Métropolitain s'est réunie jeudi dernier 11 octobre. Elle a tout d'abord procédé à la nomination de son président, M. Sauton ayant démissionné à la suite de 1 adoption, par la majorité de la-commission, du principe de la voie étroite. MM. Bassinet et erthaut ayant, pour le même motif, décliné la
- présidence qui leür était offerte, cette fonction est échue à M. Thuillier.
- M. Berthelot a ensuite donné connaissance du dossier d'enquête ; la commission a été avisée que le tribunal et la chambre de commerce s’étaient prononcés l'un et l’autre contre le principe de la voie étroite.
- Le rapporteur a ensuite lu à ses collègues une lettre du ministre des travaux publics, datée du mois de juin dernier. Le ministre fait observer que, sans désavouer toutefois les engagements pris par ses prédécesseurs, le caractère d’utilité générale ou d'utilité urbaine ne peut être donne au futur chemin de fer que par une loi le déclarant d'utilité publique.
- M. Gras, au nom de sept de scs collègues nouveaux venus à la commission par suite du renouvellement du Conseil, demande au rapporteur d’exposer brièvement les phases de la question. Cette demande a été écartée, mais il a été décidé d'envoyer un dossier complet à chacun des membres nouveaux.
- La commission a voté le tracé du Métropolitain tel qu'il a été précédemment décrit. Une seule modification a été admise, sur la demande de M. Païenne, dans l'itinéraire de la ligne circulaire par les boulevards extérieurs ; au lieu de passer par l'avenue Philippe-Auguste, la ligne gagnera la place de la Nation par le boulevard de Charonne et l’avenue de Taillebourg.
- Elle a ensuite décidé d'incorporer purement et simplement la ligne .de Vincennes au bois de Boulogne, demandée par M. Berlier, dans le réseau métropolitain.
- La question, comme on le voit, n’a pas fait un pas pendant les vacances du Conseil.
- Paris. — Traction. — A ceux qui nient l'influence de la rapidité et du confort des transports en commun sur le développement de ces transports. on pourrait donner en exemple la ligne de tramways électriques Claret-Vuilleumier, de la place de la République à Romainville et aux Lilas : inaugurée il y a quelques mois seulement, son matériel de traction ne peut aujourd’hui suffire à l'affluence des voyageurs. Aussi la Société générale de traction, à qui M. Claret vient de céder sa-concession, se propose-t-elle d'augmenter le matériel de traction et de prolonger la ligne jusqu’au Raincy où elle rejoindrait la ligne de tramways-électriques de Raincy-Montfermeil. En
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- L’ECLAIRAGE ELECTRIQUE
- dehors de Paris, la traction s'effectuerait par trôlet aérien ; dans Paris le système actuel, bien qu’il ait fonctionné d'une façon satisfaisante malgré les intempéries que nous avons subies, serait probablement remplacé par le système de traction au moyen d'accumulateurs, ceux-ci étant chargés en cours de route à l’extérieur de Paris.
- Paris. — Éclairage. — Pendant les fêtes franco-russes, dont nous parlions dans notre dernière chronique, il a été installé supplémentairement sur le secteur de la place Clichy 56 lampes à arc de 10 ampères, rue Royale, et 2400 lampes de 10 bougies dont 1 000 sur la terrasse des Tuileries, 400 au faubourg Saint-Honoré, chez Félix, et 1000 autres dans diverses installationsparticulières de la rue Royale et de la place de la Madeleine. Ces installations ont nécessité l’établissement de quatre branchements provisoires, rue Royale. La consommation de ces lampes supplémentaires pendant les deux soirées d’illuminations est estimée à 2 200 kilowatts-heure.
- DIVERS
- Association américaine pour Vavancement des sciences. — Parmi les communications présentées et lues au 45e meeting de l’Association américaine pour l’avancement des sciences tenu dernièrement à Buffalo, nous citerons les suivantes :
- W. S. Franklix. — Disposition pour l’emploi des batteries d'accumulateurs appliquées au réglage automatique des machines génératrices pendant la marche sous diverses charges.
- D‘ Frederick Bedell. —Sur les valeurs virtuelles des harmoniques impaires et sur les quantités à variations périodiques.
- A. D. Cole. — Ondes électriques dans des fils parallèles de grande longueur.
- H. T. Eddy. — Analyse graphique des courants alternatifs dans les circuits dérivés.
- W. S. Franklin. — Sur la force contre-électromotrice de l'arc électrique : quelques remarques sur la conception mécanique du champ électromagnétique.
- W. S. Franklin et Spinney. — Théorie de la polarisation galvanique.
- Alexander Maci-arlane. — Sur les lois de la dynamo et du moteur.
- Ernest Merritt. — Sur la répartition des courants alternatifs à haute fréquence sur la section transversale d’un conducteur.
- F. E. Miller. — Étude expérimentale sur la charge et décharge d’un condensateur.
- Edwards L. Nichols et John Ànson Clark. —. L’influence d'une charge électrostatique sur la tension superficielle de l’eau.
- Edward B. Rosa. — Un nouvel enregistreur
- pour courants alternatifs.
- Clayton H. Sharp. —• Note préliminaire sur la proposition d'un nouvel étalon de lumière.
- Benjamin F. Thomas. — Sur la durée de la décharge^des rayons X dans un tube de Crookes,
- C. L. Mees, — L'électrolyse et les problèmes de la dynamique moléculaire.
- B. F.. Moore. —- Polarisation et résistance d’une pile galvanique.
- W. A. Rogers. — Etude photographique des rayons Rœntgen.
- Brown-Ayres. — Sur un modèle mécanique des circuits électriques.
- H. J. Hotchkin. — Sur un appareil enregistreur portatif pour courants alternatifs.
- Action dépilatoire des rayons X. — Tout récemment nous signalions de curieux effets des rayons X observés par M. Hawks, du Colombia College de New-York, sur les diverses parties du corps humain [Chronique du s septembre, p. 477), et en particulier leur action sur le système pileux. Cette dernière propriété vient d’être confirmée par une observation de M. Daniel, publiée par le journal Science. La tète d’un enfant avait été photographiée à l’aide des rayons X pour savoir au juste la situation d’une balle; le tube de Crookes avait été placé à une distance de 2 cm du cuir chevelu et la durée de pose avait été d'une heure. Au bout de 21 jours après l'expérience, les cheveux se mirent à tomber à l'endroit de pénétration des rayons X, sur un diamètre de 5 cm environ ; la peau était saine et le malade n’éprouvait aucune douleur.
- Cette action des rayons Rœntgen peut, dans certains cas, avoir des inconvénients et en restreindre les applications actuelles ; mais d un autre côté elle donne lieu à une nouvelle applica-tien qui fera bientôt délaisser complètement la méthode, d’ailleurs efficace, mais longue et fatigante pour le médecin et le malade, de l’épilation par l’électrolyse.
- Que les coquettes rendent donc grâces aux
- rayons X
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- Nouvelle disposition du tube de Crookes pour la production des rayons de Rœntgen. — Dans une .ommunication faite à la Société de Physique de Berlin {Verhandl. der physik Gesell. {u Berlin, p bo, 1896), M, Neesen propose de fermer un tube focus par une simple peau de vessie que l'on applique encore humide sur une tubulure appfopriée, et que l’on fixe par du fil ciré recouvert de papier enduit de caoutchouc. On sait que la peau de vessie est beaucoup plus transparente que le verre aux rayons X.
- Les rayons cathodiques tombant sur la peau de vessie dégagent de l'oxyde de carbone, et il est nécessaire de maintenir les tubes sur la trompe à mercure. En 10 à 15 minutes de manœuvre on restitue aux tubesleur pleine activité, aprcschaque expérience.
- Nouveaux types de dynamos pour tramways de la Compagnie Westinghouse. — Dans ce nouveau type de générateur, dit YEngimering, les masses polaires ont la forme d’une couronne ayant des projections intérieures englobant l’anneau. Les masses polaires, en acier forgé, sont fixées par leurs parties inférieures aux supports des coussinets et au bâti en fonte de la dynamo.
- Les coussinets à billes et à graissage automatique peuvent fonctionner pendant un tempseon-sidérable sans nécessiter d’attention. L’enroulement Jes électros est fait à la machine et à part, de sorte qu'on n'a plus qu'à le mettre en place et à établir les connexions. Les bobines de l'armature, faites de cuivre forgé, sont entièrement isolées avant leur mise en place autour du noyau. Ce dernier est constitué par des anneaux d'acier emboîtés les uns dans les autres et perforés de distance en distance pour la ventilation de l'induit.
- Pour les machines de grandes dimensions, la ventilation est augmentée au moyen de canaux disposés perpendiculairement à l'axe, de sorte que pendant la marche, l’air est attiré par ces trous et est chassé avec violence à travers les bobines de l’enroulement et contre les pièces polaires, fette disposition permet de maintenir la température très basse, même à une vitesse anormale. Le courant est recueilli sur le collecteur par des balais en graphite dont la conductibilité et la solidité sont augmentées par une couche extérieure de cuivre déposée par voie électrolytique.
- Le support est totalement indépendant et est Xe au bâti en fonte ; la manœuvre s'opère à
- l'aide d’un engrenage commandé par une tige surmontée d’un volant. Ce dernier agit simultanément sur tous les balais et, tout en étant à la portée du mécanicien, est assez écarté du collecteur pour être manœuvré sans aucun danger. Les extrémités des masses polaires dépassant Vanneau sont creusées d'une rainure circulaire dans laquelle les balais peuvent jouer dans le plan vertical sous l’action de la tige de commande, mais non se déplacer dans le plan horizontal. Cette disposition a l’avantage de maintenir constamment un centrage parfait.
- Ce nouveau type de générateur a donné de très bons résultats.
- e pile électrique avec une orange. lisons dans The Electrician, de Londres, : et qui mérite la peine d’être cil git d’une communica M. Trotter à la South ciely dans laquelle l’ai la lame d'un couteau xrgent dans une 01 électrique dont il s’est pêche sur une ligne Elisabeth à Cape Tov pile se trouvait égalen
- fait
- . Il s
- cemment par losophical So-fayant plongé ne fourchette
- ance de Port-rcuit de cette nce constituée
- par une .rangée de personnes se tenant par les
- Lampe à incandescei Un brevet vient d’être mer et F.-A. Hueller y veau type de lampe à cation qui constitue 1 est la suppression tota! isolante qui remplit g rieure du culot. Les cc donc évités. Les extré à leur sortie de l'ampc canaux isolants et rat contact formant suppo 5 connexions avec h de la douille.
- t Hueller. — par MM. Ger-
- :e. La modifi-tiel du brevet, . autre matière la partie infé-e ce chef sont le platine sont s par de petits ,ix touches de res établissent rrespondantes
- Nickelage du bois.-confrère le Génie Civi
- Avant de procédera objets d'une pellicule nploie trois solution on dissout dans xo ,
- tons à ;
- recouv cet effet, o; lime il suit ilfure de cai
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 1
- 24Q
- bone 1,5 gr de morceaux de caoutchouc, puis on verse 4 grammes dé ciré fondue.
- D'autre part on prépare la mixture suivante :
- 5 gr de phosphore dans 60 gr de sulfure de carbone, plus 5 gr de térébenthine et 4 gr d'asphalte pulvérisé. On mélange cette'mixture à la première solution en agitant bièn; 2° on dissout 2 gr de nitrate d'argent dans 600 grammes d'eau; 30 on prépare une solution de 10 gr de chlorure d’or dans 600 gr d’eau.
- L'objet à recouvrir, muni des fils conducteurs, est immergé dans la solution n'1 1, puis séché. On verse ensuite sur lui la solution 11° 2 j usqu’à ce que sa surface prenne une teinte métallique sombre. On rince alors à l’eau et on le traite de la même manière par la solution n°3. L’objet prend alors une couleur jaunâtre et le bois est suffisamment préparé pour Lélectro-déposition du nickel.
- Langbein indique un autre moyen, procédé à sec, qui consiste à verser sur l'objet une solution de collodion et d'iodure de potassium diluée par un égal volume d'éther. Quand la surface se trouve régulièrement couverte d’une pellicule de collodion,on plonge l’objet;dans une dissolution légère de nitrate d’argent à l’abri de la lumière. Dès que le bois prend une teinte jaunâtre, on le lavé, on l’expose à la lumière solaire et on le recouvre d'un dépôt cuivreux avant le nickel.
- Les appareils chirurgicaux peuvent être, traités par immersion dans une solution éthérée de paraffine ou de cire, et après l’évaporation de l’éther, on saupoudre avec du graphite pulvérisé ou de la poudre de bronze. Les objets à recouvrir électro-lytiquemcnt avec du cuivre sont placés dans un bain dont la composition varie avec l’intensité du courant employé. En général, c’est un mélange d'une solution de 30 litres de sulfate de cuivre à 18 p. 100 et 1,5 litre d'acide sulfurique à 66 p. 100. Dès que la pellicule de cuivre atteint l'épaisseur voulue, on retire l'objet, on polit la surface, et si l’on veut opérer ensuite le nickelage, on emploie un bain formé de 500 gr de sulfate double de nickel et d’ammoniaque, de 50 gr de sel ammoniaque et 10 litres d’eau distillée. La liqueur doit être neutre et on la maintient ainsi par l'addition du chlorure d’ammonium jusqu'à ce que le papier bleu de tournesol prenne une légère teinte rosée.
- Les bouées de sauvetage électriques. — Des bouées de sauvetage éclairées par l'électricité vont bientôt
- être employées dans notre marine. Ces engins réunissent tous les perfectionnements apportés depuis plusieurs années dans le but de les rendre aussi efficaces que puissants. Leur poids sera de 50 kg; chaque bouée -pourra supporter trois hommes. Chacune d’elles sera pourvue d’une batterie d’accumulateurs capable de conserver sa charge pendant deux mois et d’alimenter pendant six heures une lampe de 16 bougies. Celle-ci suspendue au-dessus de la bouée, sera protégée par une sorte de cage métallique et entourée d’une forte lentille rendant la lumière visible à la distance d’un mille marin, soit plus de 1800 m. L’n ressort maintiendra le circuit ouvert, tant que la bouée restera suspendue et le fermera automatiquement dès qu’on la détachera.
- Une torpille électrique aérienne. — Tel est le nom que porte l’appareil que M. H. Rich, de l’Etat de Forva (Amérique), viendrait d'imaginer et de proposer pour le bombardement des places fortes. Ce nouvel engin est d’une extrême simplicité; il se compose d'un petit ballon rempli de gaz hydrogène pouvant s’élever à 350 mètres en emportant avec lui une charge d’environ to kg d’un puissant explosif. Dès que. le ballon atteint l'endroit au-dessous duquel on veut faire exploser l'engin, on l'enflamme par l'intermédiaire d’un courant électrique lancé dans un circuit qu’il a emmené avec lui; la torpille alors privée de son soutien tombe et éclate au contact du premier corps dur qu’elle rencontre. Malgré l’ingéniosité de l’appareil de M. Rich, il semble qu'il faudra lui apporter bien des perfectionnements, notamment en ce qui concerne la direction des ballons, avant de le voir adopté pour le siège d'une place forte.
- Accident mortel sur une ligne aérienne de câbles électriques. — Un accident, dû à l’électricté, vient de se produire à Vendres, où passent les fils qui amènent de l’usine l’électricité destinée à l'éclairage de Béziers.
- Un des poteaux ayant été renversé pendant un orage, un cultivateur saisit le fil conducteur et fut tué sur le coup. D'autres cultivateurs, voulantrele-verle poteau, reçurent une décharge formidable.
- Le Gérant : C. NAUD.
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- Tome
- Samedi 7 Novembre 1896.
- 5. — N" 45.
- IX.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ Directeur Scientifique : J. BLOND1N Secrétaire de la rédaction : G. PELLISSIER
- LES RAYONS CATHODIQUES
- ET LA THÉORIE DE JAUMANN
- On a tenté de bien des manières d’expliquer les phénomènes présentés par les rayons cathodiques.
- La théorie anglaise, d’après laquelle ces rayons seraient de simples courants de molécules gazeuses clcctrisccs, rend bien compte d’un certain nombre de faits; cependant elle n’a généralement pas été adoptée par les savants allemands qui préfèrent voir dans ces phénomènes un mouvement ondulatoire de l’éther.
- Wiedemannet Hertz étaient disposés h voir dans les rayons cathodiques des vibrations transversales de l’éther, des radiations ultra-ultraviolettes, c’est-à-dire de la lumière. Dans cette manière de voir, la déviation magnétique, paraît bien difficile à expliquer.
- Aussi cette théorie soulève-t-elle bien des difficultés et il est assez naturel qu’on ait cherché a les éviter en attribuant les phénomènes cathodiques à des vibrations longitudinales.
- M. Jaumann a propose, dans cet ordre d idées, une théorie que je voudrais exposer et discuter ici.
- Bien que cette théorie sous sa forme actuelle ne me paraisse pas soutenable, les expériences sur lesquelles leur auteur a cherché 11 1 établir présentent un assez grand intérêt; Ces expériences sont relatées dans deux mé-
- moires, le premier a paru d’abord dans les Comptes rendus de l’Académie de Vienne, puis dans le tome LVII des Annalen der Physik und Chemie; le second, où sont exposées les expériences entreprises par M. Jaumann à la suite de la polémique que j’avais eue avec lui (*), a paru dans le tome V des Comptes rendus de l’Académie de Vienne (avril 1896).
- INFLUENCE DES RADIATIONS SUR l’ÉTINCELI.Ë
- M. Jaumann a appuyé sa théorie sur deux ordres de preuves : la première preuve est tirée de l’effet produit par les rayons cathodiques sur l’étincelle électrique et se rattache à d’-autres travaux du même auteur publiés en 1888 dans le tome XCVII des Comptes rendus de l'Académie de Vienne, et qui ont pour objet l’influence de variations périodiques de la force électrique sur. la décharge disruptive.
- - D’après ses expériences, la distance explosive ne dépendrait pas seulement de la différence de potentiel E des deux conducteurs entre lesquels doit jaillir l’étincelle, mais de la dérivée ™ En première approximation, cette distance explosive serait fonction du pro-dait E^'.
- Il convient de faire quelques réserves au sujet de la loi ainsi énoncée; les résultats de M. Jaumann ont été contestés parM. Swynge-
- (l) Voir L’Éclairage Electrique t. V,.p. 321 ; t. VI p. 175 ; t. VII. p. 3'21,14 décembre 1895, 25 janvier et 16 mai 1896.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- dauw (!). Je ne yeux pas prendre parti dans cette -polémique, car de nouvelles expériences finiront sans doute par trancher la question.
- Quoi qu’il en soit, M. Jaumann tire de cette loi diverses conséquences. Soit M un point très voisin de la surface d’un conducteur; M' le point de cette surlacé qui est le plus rapproché du point M; de telle: façon que la droite MM soit normale à cette surface.
- Soit E la différence de potentiel entre les deux points M et M'. La facilité avec laquelle l’étincelle jaillira du point M'dépendra du produit E —
- dt
- Mais E n’est ici autre chose que la composante de la force électrique dirigée suivant la droite MM', c’est-à-dire normale à la surface du conducteur.
- La facilité de l’explosion dépend donc de cette composante normale et de ses variations. On pourra donc provoquer l’étincelle en produisant des variations rapides de la composante normale de la force électrique.
- Ce serait pour cette raison que la lumière ultraviolette facilite l’étincelle; car la lumière, d’après la théorie de Maxwell, n’est autre chose qu’une variation périodique très rapide du champ électromagnétique et en particulier de la force électrique.
- Il s’agit toutefois d’expliquer pourquoi cette propriété est spéciale aux rayons ultraviolets; la formule de M. Saumann en rend compte en partie, puisque plus les vibrations sont rapides’, plus à amplitude égale le facteurest grand. Les rayons hertziens peuvent aussi avoir une action; mais comme ils sont beaucoup plus lents, leur amplitude doit être beaucoup plus grande pour que cette action soit sensible.
- Mais cette' théorie est susceptible d’une vérification plus précise. Les radiations doivent avoir une action maximum si la force électrique est • normale à la surface conductrice, puisque c’est la composante normale de
- (h V. L’Éclairage Électrique, t. VII, p. 570, 23 mai 1896.
- cette force qui est active. Pour parler le langage optique, le plan de polarisation qui est perpendiculaire à la force électrique doit être tangent à la surface du conducteur.
- Les expériences de Wanka (’) ont vérifié cette conséquence en ce qui concerne les rayons hertziens.
- Mais ce qui serait le plus intéressant, ce serait de la vérifier en ce qui concerne les rayons lumineux et ultraviolets.
- EXPÉRIENCES DE EI.STER ET GEITET.
- Hertz avait déjà essayé de voir comment l’influence des rayons ultraviolets sur l’étincelle varie avec l’orientation du plan de polarisation. La tentative a été reprise par MM. Wanka et Jaumann, mais toujours sans succès, à cause de la difficulté d’obtenir des rayons parallèles ultraviolets polarisés et suffisamment intenses.
- La difficulté a été tournée par MM. Elster et Geitel (2) qui ont montré que les électrodes formées d’amalgames de métaux alcalins se comportent vis-à-vis de la lumière ordinaire comme les électrodes ordinaires vis-à-vis de la lumière ultraviolette.
- Ces deux savants ont donc opéré dans l’air raréfié avec des électrodes en amalgames alcalins et avec de la lumière visible.
- Ils ont reconnu que le « courant photoélectrique » est proportionnel à
- A cos2 a -1- B sin2 «
- où a est l’angle du plan de polarisation et du plan d’incidence et où les coefficients A et B sont des fonctions de l’angle d’incidence i.
- Si la composante normale de la force électrique agissait seule, et si les lois ordinaires de la propagation de la lumière étaient applicables, B devrait être nul et A devrait être proportionnel à sin2 i.
- (Ù Milb. derdeutschen math. Gesellschafl inPrag, 1892.
- (2J V. L’Éclairage Électrique, t. f, p. 134. 29 septembre 1894; t, IV, p. 378, loaoût 1895.
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- Le courant photoélectrique présente donc bien, comme il convient, un maximum quand le plan de polarisation et celui d’incidence «ont perpendiculaires entre eux et un mini-nium quand ces deux plans sont parallèles.
- ce minimum, qui devrait être nul, ne l'est pas quoiqu’il décroisse rapidement quand l’angle d’incidence augmente.
- Cette divergence n’a pas étonné M. Jaumann. Des considérations théoriques, dont nous aurons plus loin h apprécier la valeur, l’avaient conduit en eifet h admettre que dans l’air raréfié la lumière est toujours accompagnée d’une composante longitudinale (ce qui d’ailleurs devrait être vérifiable, en étudiant la réflexion de la lumière polarisée à l’intérieur du tube de Crookes sur le verre de l’ampoule).
- C’est à cette composante longitudinale hypothétique que M. Jaumann attribue la présence du terme B sin2 a. Mais il ne cherche pas à se rendre compte des variations de A et de B en fonctions de i.
- APPLICATION AUX «AVONS CATHODIQUES
- Admettant, d’après ces données, l’exactitude de fa loi de décharge énoncée plus haut, M. Jaumann se trouve en possession d’un, moyen de déterminer la directiond’unc vibration électrique.
- Lenard ayant montré que les rayons cathodiques provoquent la décharge disruptive, M, Jaumann en conclut que ces rayons sont dus h une vibration électrique.
- Comme, d’autre part, cette action est maximum quand les rayons cathodiques sont normaux à l’électrode, on doit conclure, si l’on admet ses prémisses, que ces rayons sont dus à des ondes longitudinales.
- PHÉNOMÈNES n’iNTERFÉRENCE
- La seconde preuvë invoquée par M. Jaumann estfondée surcertaines apparences que cc physicien attribue à une sorte d’interférence. Voici en quoi consistent ces apparences.
- La cathode étant formée d’une sphère montée sur une sorte de manche, M. Jaumann a remarqué dans l’angle rentrant compris entre la sphère et le manche une région où la lueur cathodique bleue prenait un éclat beaucoup plus grand.
- Cette région est très mince, et se réduit presque à une surface géométrique. Cette surface, que M. Jaumann appelle surface d’interférence, a dans le cas qui nous occupe, la forme d’un cône de révolution dont la génératrice est la bissectrice de l’angle rentrant formé par la sphère et son manche.
- Si l’on emploie deux cathodes l’une plane, l’autre filiforme placée parallèlement au plan de la première, la surface d’interférence est un cylindre parabolique, et la parabole, section droite de ce cylindre, a son foyer sur l’électrode filiforme et sa directrice sur l’électrode plane.
- Avec deux cathodes planes, la surface se réduit au plan bissecteur.
- En résumé ces surfaces d’interférence sont le lieu des points également distants des deux cathodes. Elles sont déviées par l’aimant comme le seraient des rayons cathodiques. Les rayons cathodiques, issus normalement des deux cathodes, se courbent en se rencontrant dans la surface d’interférence et poursuivent leur course le long de cette surface.
- ’ M. Jaumann a employé ensuite deux cathodes planes parallèles, distantes de i cm. La surface d’interfcrcnce, si la pression est assez basse, se réduit à un plan équidistant des deux cathodes et le long duquel les rayons des cathodiques se propagent dans toutes les directions.
- INFLUENCE d’üNE DIFFÉRENCE DE «HASE
- Joignons les deux cathodes par deux fils différents au pôle négatif d’une machine à influence et intercalons un interrupteur à étincelles.
- La surface d’interférence subsistera et conservera sa minceur et sa netteté tant que les deux fils auront même longueur. Mais dès
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- que la différence de longueur est de io cm, on voit la région d’interférence s’épaissir. Si la différence de marche devient plus grande, la lueur bleue remplit bientôt tout l’espace compris entre les deux plaques et finalement se réduit à une .couche contiguë à celle des deux plaques dont le fil conducteur est le plus court.
- Les ondes électriques, dues h la présence de l’interrupteur à étincelles, doivent donc, pour former une surface d’interférence nette, avoir exactement la même phase. M. Jaumann juge que la longueur de ces ondes doit être à peu près io fois la différence de marche pour laquelle la surface d’interférence commence à s’épaissir, c’est-à-dire de 0,5 m à 1 m.
- La surface d’interférence épaissie correspondrait à une sorte de « spectre de surfaces d’interférence » dues à des rayons cathodiques de longueur d’onde variable.
- PREUVES DK J.A NATURE LONGITUDINALE
- Comment M. Jaumann conclut-il des observations que. je viens de relater à la nature longitudinale des vibrations ?
- En premier lieu, la. valeur qu’il attribue à la longueur d’onde pour les raisons que j’ai dites plus haut, lui donne pour la durée de vibrations io-8 à io-9 secondes. Si les rayons cathodiques ont cette durée de vibration, ils ne peuvent être, comme le croyait Wiedemann, de la lumière ultra-ultraviolette; ils ne peuvent être des ondes transversales, sans quoi ils seraient identiques aux l'ayons hertziens.
- En second lieu, les rayons cathodiques se montrent toujours plus intenses dans l’axe de symétrie du tube; de simples raisons de symétrie doivent donc amener à les regarder comme longitudinaux.
- Cet exposé suffira sans doute pour faire voir que.M. Jaumann a tiré de ses expériences des conclusions prématurées; mais ces expériences, et en particulier celles qu’il
- attribue à des phénomènes d’interférence semblent extrêmement intéressantes et il y a lieu d’en discuter l’interprétation.
- Il peut être curieux de les rapprocher d’une observation dont j’ai été témoin et qui a été faite par M. Deslandres. La cathode avait la forme d’un demi - cylindre de révolution placé de telle manière que l’axe de ce cylindre et son prolongement ne s’écartaient pas beaucoup de la paroi du tube; la hauteur du cylindre pouvait être de 1 cm 1/2, son rayon de 3 cm; la portion de la paroi voisine de son axe et de son prolongement s’illuminait vivement, non seulement à la hauteur de la cathode mais à 5 ou 6 cm au-dessus et au-dessous. Il y a sans doute là un phénomène de déviation des rayons cathodiques analogue à ceux que je viens de décrire ; de nouvelles expériences pourront seules permettre de se prononcer sur ce point.
- D’un autre côté, cette déviation des rayons cathodiques qui se produit dans ces « surfaces d’interférence » fait penser tout de suite à la « déflexion électrostatique » observée par Godstein, ou bien encore à la répulsion apparente des rayons cathodiques observée par Crookes.
- Voyons maintenant dans quelle mesure on est fondé à voir dans ces apparences une véritable interférence.
- Cherchons pour cela à leur appliquer les formules ordinaires des interférences. Soitr la période des vibrations, t le temps ; soient x et ).— x les distances du point envisagé aux deux cathodes; a et [3 les longueurs des deux fils conducteurs, V et W les vitesses de propagation de la perturbation dans l’air raréfié et dans tes fils.
- Le déplacement dû au rayon émané de la première cathode sera
- et celui qui est dû au rayon de la deuxième cathode sera
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- Le déplacement total :
- \ 2 W + V'.
- et l’intensité du rayon résultant sera : t A* cos2 +
- Si les deux conducteurs sont égaux, ?. = (}; et cette expression se réduit il
- 4 A3 cos» — n,
- Cette expression présente en effet un maximum pour x — o ; et le lieu des points où ce maximum est atteint correspond à la « surface d’interférence » de M. Jaumann. Mais dans le voisinage de ce maximum, ainsi qu’il arrive d’ailleurs pour tous les maxima, les variations de la fonction sont très lentes. Au lieu d’une surface d’interférence mince et nettement tranchée, on. aurait un maximum à peine marqué.
- A vrai dire,, les franges d’interférence ordinaires présentent des maxima bien nets; les variations de la fonction (1) peuvent être en effet assez rapides, mais à la condition que ? soit très petit; mais s’il en était ainsi, nous devrions observer entre les deux cathodes un grand nombre de maxima.
- En résumé, les apparences observées ne peuvent pas être représentées par la fonction (1); elles pourraient l’être par la fonction
- 2-bP
- : bis)
- où 9. et p sont deux constantes très petites.
- Supposons maintenant que les deux conducteurs soient inégaux et que a< [â.
- Le maximum sera alors atteint pour
- v _ P — « _V
- 2 W '
- On voit que cette expression de a; est indépendante de v, c’est-à-dire de la période. Si donc on suppose qu’on ait une superposition de divers rayons cathodiques de période différente, la surface d’interférence serait dépla-cee de la même quantité pour chacun d’eux;
- la surface observée ne serait donc que déplacée et non pas élargie.
- A moins qu’on n’admette que ces rayons ne se propagent pas avec la même vitesse et que V dépend de 7. Cette hypothèse n’aurait du reste rien d’absurde. •
- Mais ce n’est pas tout. Dans la surface d’interférence, les rayons ne sont pas seulement rendus plus intenses, mais ils sont déviés, de sorte qu’ils vont exciter des régions où ils ne pénétreraient pas s’il n’y avait qu’une seule cathode. On ne comprendrait pas qu’un point du tube fût atteint par une perturbation résultante qui, dans l’hypothèse des interférences, serait la simple superposition de deux composantes dont aucune séparément n’atteindrait ce point.
- En résumé, l'assimilation de ces phénomènes aux interférences n’est pas justifiée ; ils semblent n’ètre qu’une forme nouvelle de la déviation électrostatique observée par Goldstein et Crookes. Les rayons cathodiques émanés de l’une des cathodes sont déviés par la répulsion de l’autre cathode et forcés de prendre une autre direction; sur les deux cathodes le potentiel est le meme, il est négatif et très grand; si l’on va de l’une à l’autre, il croît d’abord (en valeur relative) jusqu’à un certain maximum, pour décroître ensuite. Pour raison de symétrie, ce maximum doit être atteint à mi-chemin des deux cathodes.
- Les rayons s’éloignent de l’une des cathodes et continuent leur chemin tant que le potentiel croît; quand il recommence à décroître, ils sont déviés, d’où il résulte une concentration de ces rayons dans la région où le maximum du potentiel est atteint. C’est cette région qui constitue la soi-disant surface d’interférence.
- Qu’arrive-t-il alors quand les deux cathodes sont reliées à la bobine par deux fils de longueur différente ?
- La perturbation électrique étant périodique, les potentiels des deux cathodes varieront périodiquement ; mais comme il y a une différence de marche, ces deux potentiels n’atteindront pas leur maximum en môme
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- temps; à un certain moment de la période, le potentiel de la première cathode sera plus grand que celui de la seconde, à un autre moment ce sera le contraire.
- Soient alors V1 et Vs les potentiels des deux 'cathodes à un instant quelconque; X -t- a* et X — x les distances du point considéré aux deux cathodes.
- Lorsque a' variera de — X à -t- X, le potentiel variera de V, à V2 mais en passant par un maximum. Ce maximum sera atteint pour x -= x0. Mais cette fois, comme V, n’est pas égal à Vs, il n’y a plus de raison pour que x0 = o.
- Si V, > Vs, on aura a0 < o ; si au contraire VjCVj, on aura x0>o.
- La « surface d’interférence » correspondra aux points tels que x— a'0.
- Mais comme la différence V, — V2 est variable et change de signe dans le courant de Ja période, x0 oscillera entre certaines limites, par conséquent la surface d’interférence occupera des positions différentes aux divers instants de la période, de sorte que pour l’observateur elle semblera s’épaissir.
- T.A THÉORIE
- Écrivons les équations de Maxwell-Hem ous la forme suivante :
- -(®Z)
- d L
- dY
- d , . . dZ
- =w~-
- d l mi - dx
- U. *»)=£--.-
- Dans ces équations X, Y, Z sont les composantes de la force électrique; L, M, N celles de la force magnétique, s la constante diélectrique, jj. la constante magnétique du milieu; enfin j’ai supposé qu’on ait choisi des unités telles que la vitesse de la lumière soit égale
- De ces équations on tire :
- rf(«X) , d(tY) , dUZi ’
- d.r ‘ dy df 0
- U^X) UhY) ^ d (fiZ) _ (4)
- dx dy ‘ d% u"
- Si l’on regarde les constantes e et g comme inaltérées par la perturbation, si X. Y, 2 L, M, N sont les seules variables, ces équations sont linéaires. Mais l’hypothèse que fait M. Jaumann, c’est précisément que s et j* ne sont pas des constantes absolues, niais dépendent de l’état du champ électromagnétique (au moins dans les gaz raréfiés''.
- Les équations cessent alors d’étre linéaires ce qui, dit M. Jaumann, peut présenter des avantages pour l’explication de certains phénomènes. « Nun haben die hoheren electris-chen Vorgange einen entschieden nichtsuper-positorischen Chariikter. (Z. B. Entladung dur ch Licht, gegenseilige Abstossung der Kathodenstrahlen, etc.) »
- Supposons donc que toutes nos quantités X, Y, Z; L, M, N; e, ja
- éprouvent des oscillations très petites autour de leurs valeurs moyennes
- X0, Y0, Zfl L0 ; M0, N0, e0,
- et que l’amplitude de ces oscillations soit très petite par rapport a ces valeurs moyennes.
- Alors-^j et s — s0 seront très petits par rap->ort à £„,^-etX —X0 très petits par rapport
- as pouvons ecri («Xi=^-X0+ .
- m y e»; dt •
- Le second et le quatrième terme sont très petits par rapport au premier et au troisième et peuvent être négligés, de sorte que les équations (2) peuvent s’écrire :
- dX y Al _ __ rfN
- £|) dt 0 dt df dy
- dY_ Y dt_ _ dN dL
- dt 0 dt ~~ dx dj
- dz_ .7 il _ Jk.
- £° dt 0 dt dy dx
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- 247
- De même les équations (3) deviennent
- - + Lc -tt =
- d.7
- dr
- dix _ dX aî '
- dix _
- dr
- - M “j? = ZLib _ .
- n^=
- H y ' a deux cas où ces équations se duisent à celles de .Maxwell et où par conséquent la propagation d’une onde longitudinale demeure impossible. :
- i° Quand ~ sont très petits; et que les deux quantités s et sont sensiblement con tantes, c’est-à-dire dans tous lesmilieux, sa dans les gaz raréfiés;
- 2° Quand X0, Y„, Z0, L„, M0, N0 sont tr petits, c’est-à-dire quand les phénomènes i se passent pas dans un champ électrique ou magnétique très intense.
- Dans ces deux cas, en effet, le terme additionnel devient négligeable de même
- que tous les termes analogues.
- On s’expliquerait ainsi, d’après M. Jau-mann, que les ondes longitudinales, c’est-dire les rayons cathodiques, ne puissent produire que dans les gaz raréfiés et en présence d’un champ électrique intense.
- Maintenant pourquoi les quantités s e seraient-elles variables dans les gaz raréfiés tandis qu’elles sont constantes dans tous les autres milieux?
- M. Jaumann pense qu’un milieu très rare est plus sensible qu’un autre aux causes qui tendent à faire varier ces quantités ; la résistance opposée à ces causes par un milieu serait ainsi comparable à une sorte d’inertie d’autant plus grande que ce milieu serait plus dense.
- Il reste à établir les lois de ces variations;
- mais sur ce point auxhypothèses. Vc mann en s’appuya de symétrie et su développerai pas ic fions suivantes :
- nous en sommes réduits ici celle qu’adopte M. Jau-it sur des considérations des analogies que je ne i; il admet les deux équa-
- P dt
- dx
- <=.X) + -h + H7 <-‘Z> <?>
- w +-£ M0+
- où p et y sont des constantes dépendant de la nature du milieu.
- Le second membre de l’équation (7) (ou de l’équation 8) que je désignerai pour abréger par 0, est proportionnel à la densité électrique au point considéré.
- Les ondes transversales continuent à se propager dans un pareil milieu suivant les lois ordinaires.
- Si en effet nous faisons :
- 0 — O, 8 = £0, {* = |Oo.
- les équations (7) et (8) sont satisfaites et les équations (5) et (6) se réduisent aux équations de Maxwell. Ces dernières sont d’ailleurs compatibles avec l’équation
- qui exprime simplement la transversalité des vibrations.
- Mais ce milieu devient en même temps capable de propager dans un seul sens des vibrations longitudinales.
- On satisfait en effet aux équations (5), (6), (7), (8) en faisant :
- il
- dt
- . = M = N = L0 = Mn = N0 = o,
- X = Y = X0 = Yü = o,
- = jji0 = Z0 = constante,
- dZ d\x ___ __ dZ
- 0 d{ 1 di ~ ! ~ ’
- + z0^=„;
- efl = e
- 0 dt
- 1 dj
- (9)
- (12)
- (13)
- Z = fonction arbitraire de (7 — t). (14)
- Les équations (y) expriment qu’il n’y a pas de champ magnétique, ni constant, ni variable.
- Les équations (10) expriment que la vibration électrique est partout parallèle à l’axe des les équations (11) que le champ électrique moyen est uniforme et le milieu homogène; les équations (12) donnent dès lors des variations de s et de y.; celles de p n’ont d’ailleurs aucune influence puisque le champ magnétique est nul.
- L’équation (13) s’intégre immédiatement et donne l’équation (14) qui exprime que le plan
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- >48
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- de d’onde est perpendiculaire à Taxe des 7 et par conséquent à la vibration électrique ; cette vibration est donc longitudinale.
- Ce qui peut encore s’écrire dX0 . dYn , dZv dx + 4y + dx
- (rf)
- Différentions la première équation (5) par rapport à a-, la seconde par rapport à_y, la troisième par rapport à \ ct ajoutons; il viendra :
- Mais :
- W = P° fr>
- et d’autre part :
- dX _ d(tcX) , _£_/ dX\ _ d ri(£„X)"l dt dt ' dx \° dt J dt\_ dx J '
- Donc :
- w/ <fx\ d y d I>nx) _
- Zudt\ dt ) dtZà dx ~ dt’
- 3° Le champ magnétique moyen doit satisfaire de même aux conditions
- dù 0.
- 'W '
- dLç , ifM0 <fN0 ___________
- dx ' ' dy ' d^ l1/!
- A cause de l’équation (16), l’équation (151 devient :
- L’intégration de celle du système :
- dy +Z» ^ ~
- tte équation st
- dy _ Al
- Y0 Z0
- h 5 bisI ramène
- n8|
- Or les équations :
- Notre équation devient donc, en la divisant par £ :
- TW+é M+£(V>> + £fM) = o. fi5)
- La fonction 6 satisfait donc à une équation aux dérivées partielles du premier ordre dont l’intégration est facile. L’intégration du système (5), (6), (7), (8) s’achèverait ensuite aisément quelles que soient les expressions des fonctions données e0, jjl0, Xc, Y0, Z0, L0, M0, N„ en fonctions de x,y et 7.
- Mais l’interprétation est encore facilitée par les circonstances suivantes :
- i° Le milieu différant peu du vide, on devra avoir :
- 2° Le champ électrique moyen devant être considéré comme champ constant, on aura, s’il n’y a pas de charge électrique constante dans le gaz raréfié t
- AV0 = 0 ;
- rfV0
- dx
- sont les équations différentielles des lignes de force électrique.
- Supposons que ces lignes de force soient connues et soient ;
- « —A y, V
- leurs équations en termes finis, où je suppose queet ft sont des fonctions données d’.v.jy \ et où u et v sont deux constantes arbitraires. Prenons pour variables w, n, et V0 et soit F0 = v' X** + Y a2 -f Z/
- la force électrique. Les équations (18) deviendront :
- dvn
- du = dv == 0; $dt — p 8°-et l’équation (15 bis) devient :
- L’intégrale fÇr prise le long d’une ligne de force à partir d’une origine quelconque peut être regardée comme une fonction connue de x,y, ( que j’appelle w. Nous pour-
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 249
- rons prendre maintenant pour variables nouvelles au lieu de u, v,\\
- L’équation (15 bis) devient alors :
- + P - 0
- dont l’intégrale générale est :
- 0 = fonction arbitraire de m, relw — $t. La fonction 0 peut rrîaintenant être rc dée comme connue.
- D’autre part, comme e0 est égal à vient :
- dx
- dY
- dl
- dx ' dy ' dj Si nous différentions la tion (5) par rapport à /, et si que X0 ne dépend pas de t et s. = 1, nous aurons :
- nous observo ;t que ~ = £0,
- -PX0
- dd
- d*M
- d^dt
- autre part ; (6) nous t
- en différentiant les équa-
- d*X
- + 6)=^--
- df
- d^Z
- dydl _r 1 ^ dy2 dxdy
- En combinant les opérations (20) et trouve :
- (21) <
- = Y
- (N, 6}-
- M '
- , d fdX
- ^No0
- ^ dr
- dx
- (22)
- Le second membre de (22) peut être considéré comme une fonction connue dex,y, 1 et t, que j’appellerai :
- 'E (-*1, y-, ?, 0*
- L’équation (2 2) admet alors l’intégrale : vante :
- = É>* —O
- ’(25)
- L’intégration doit être étendue à tous les éléments de volume d-' de l’espace; x',y', \ sont les coordonnées de l’élément dl et r est la distance du point x,y, ^ au point x',y', Les autres composantes Y et Z satisferont alors à des équations de même forme que (22) :
- où <ï»g et $3 sont des fonctions formées de la même manière que <I>j et que l’oupeut regarder comme connues,
- Les équations (22 bis) admettront alors comme intégrales :
- Y= ^fyy,y,r,‘-r)-y z = Jï f% y, y, —
- (23 bis)
- II est aisé de vérifier que les intégrales (23) et (23 bis) satisfont à la condition (19); car les trois fonctions 3^ (x, y, t), 3>2 (x,y, p, /), {x, y, t). satisfont, en tenant compte de l’équation (15 bis), à la condition :
- di>.3 , dd> 3 dy ^ ~dï~
- Cela posé, on peut se demander si les équations (23) et (23 bis) nous donnent la seule solution du système (5), (6), (7), (8), en supposant que 0 soit une fonction donnée satisfaisant à (15 bis).
- Supposons que ce système, ou, ce qui revient au même, le système (22), (22 bis), (19) admette deux solutions :
- X, Y, Z
- X', Y', Z'.
- Il est clair que l’on aura :
- ^(X-X'I wv d*( Y-Y')
- —Wt— _A (X — X), •—jjr—
- (Y-Y),
- d2 (Z — Z') _ A ,n
- ----—
- (X- X') + (Y-Y')+ (Z-Z', = o
- ce qui montre queX — X',Y—Y', Z — 7! sont les composantes d’une vibration transversale satisfaisant aux équations ordinaires de Maxwell.
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- L'ÉCLAIRAGE
- Une perturbation quelconque peut donc être regardée comme la superposition d’une onde transversale ordinaire et d’une perturbation definie par les équations (23) et (23 bis) .
- DIRECTION DES RAYONS CATHODIQUES
- Supposons qu’à l’origine du temps la perturbation soit limitée aune région très petite R; en dehors de cette région 0 sera nul pour t=o. Mais d’autre part Odoit être fonction de a, v
- «? 1.
- Si donc par les différents points de R nous menons des lignes de force, ces lignes de force définiront un tube de force T, extrêmement délié puisque la région R est supposée très petite.
- .En dehors de ce tube, 0 sera et restera toujours nul ; il y aura encore en dehors de ce tube des perturbations, puisque l’équation 123) montre que chacun des éléments d~' du tube T agit comme un centre d’ébranlement et envoie des ondulations dans tous les sens. Mais il n’y aura que des perturbations transversales, puisque l’équation ^ = o exprime précisément la transversalité.
- Le phénomène cathodique proprement dit est donc confiné dans le tube T.
- Supposons que l’on place sur le trajet des rayons un écran percé d’une étroite ouverture : dans le plan de l’écran, la perturbation sera limitée k l'ouverture; si par les divers points de cette ouverture, 011 mène des lignes de force définissant un tube de force T, le phénomène cathodique sera confiné dans le tube T.
- En d’autres termes, si la théorie de M. Jau-mann était vraie, les rayoïis cathodiques devraient suivre les lignes de force électrique.
- Ils ne seraient donc pas rectilignes et ils iraient de la cathode à l’anode.
- Cette conclusion subsiste, qu’il y ait ou non un champ magnétique. Les lignes de force électrique ne sont pas déviées par l’aimant.
- ÉLECTRIQUE
- Les l'ayons cathodiques ne devraient donc pq$ non plus être déviés par l’aimant.
- La fonction 0 ne dépend aucunement de L0, M0, Nu; le champ magnétique exerce cependant une influence sur la perturbation puisque <!>,, O., contiennent des termes
- dépendant de L0, Mu. N#, mais celte inilnence ne fait qu’y ajouter une perturbation purement transversale. *
- Le calcul de M. Jaumann. page 177 du mémoire cité, 11e prouve pas que le rayon est dévié; mais que le plan de l’onde change d’orientation au moins dans l’exemple assez particulier qu’il a choisi. Mais il 11’y a pas de raison de supposer que le rayon soit perpendiculaire au plan de l’onde. La direction du rayon reste définie par l'équation :i5 bis) qui demeure valable.
- La théorie de M. Jaumann est donc incapable d’expliquer la déviation magnétique.
- LUMIÈRE LONGITUDINALE
- D’après M. Jaumann, la lumière transversale ordinaire est accompagnée dans les gaz raréfiés d’une composante longitudinale et c’est par cette composante qu’il explique, comme je l’ai dit plus haut, le terme B sin2a donné par les expériences de Elster et Geitel.
- Mais nous avons vu plus haut que les perturbations transversales se propagent dans le milieu imaginé par M. Jaumann, en se conformant exactement aux équations de Maxwell.
- Si en effet on fait G = o, les ternies complémentaires X0 LU^Ç) etc., disparaissent et on retombe sur les équations de Maxwell.
- Si donc il n’y a pas à l’origine du temps, de perturbation longitudinale il ne s’en produira jamais.
- M. Jaumann croit le contraire ; il croit par exemple que la lumière transversale, en se réfléchissant, doit produire une composante longitudinale.
- Il est aisé de voir d’où provient son erreur. Il suppose que dans la couche de passage
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- très mince qui sépare les deux doit avoir :
- dX dY dZ _
- dx dy d% °‘
- îilieux, on
- (24)
- Il ne peut en être ainsi; les expériences de Frcsnel nous apprennent en effet que des deux côtés de la surface de séparation de deux milieux les trois composantes de la force magnétique et les deux composantes tangen-tielles de la force électrique sont continues, mais que la composante de la force électrique est discontinue.
- Cette composante normale serait continue si l’équation '24) était vraie.
- Dans la couche de passage, ce n’est pas l’équation 1241 qui doit être satisfaite, mais l’équation
- dl^X) [d s(lY) d(H Z) __ dx dy ' ' 5
- (A suivre.)
- H. Poincaré,
- L’ÉLECTRICITÉ
- L’EXPOSITION NATIONALE SUISSEfM
- MACHINES ET DISPOSITIFS A SIGNALER A L’EXPOSITION NATIONALE SUISSE
- Le problème de la transformation du courant alternatif (mono ou polyphasé) en courant continu ou vice versa nécessite généralement. comme 011 sait, l’emploi de transformateurs rotatifs. Ces appareils se composent le plus souvent de deux machines distinctes l’une h courant continu l’autre à courant alternatif dont les enroulements induits sont disposés sur le même arbre.
- La commutatrice Alioth se distingue de
- ll) Voir L’Éclairage Électrique, des io, 24 octobre et 5i octobre, p. 156 et 217.
- ce genre de machines par le fait qu’elle 11e possède qu’un seul enroulement induit. •
- D’autre part, dans les transformateurs rotatifs ordinaires, il est possible par le choix des enroulements d’obtenir un rapport de transformation quelconque entre la tension du courant alternatif et celle du courant continu. Dans la commutatrice, au contraire, ce rapport est invariable par le principe même de la machine. Si donc 011 désire un rapport de transformation déterminé il faudra joindre à la commutatrice un transformateur statique convenablement approprié.
- Néanmoins l’ensemble du transformateur et de la commutatrice sera souvent moins coûteux qu’une double machine à deux enroulements, et à plus forte raison que deux machines distinctes. C’est cette raison qui explique le succès que la commutatrice a obtenu ces dernières années.
- EMe peut être utilisée comme moteur synchrone.
- Quant au rendement de la machine, il est tout à fait du même ordre que celui d’une génératrice à courant continu. Dans le cas où la commutatrice est combinée avec un transformateur statique, on peut estimer à 12 p. 100 la perte à pleine charge de la transforma-
- Au point de vue de sa construction la commutatrice Alioth est une machine à courant continu munie d’une part du collecteur ordinaire et d’autre part de bagues métalliques avec balais frotteurs, en communication avec les divers segments du fil induit. Ces bagues seront naturellement au nombre de 2, 4 ou 3, suivant que l’on a affaire au courant alternatif, mono, bi ou triphasé.
- La figure 7 représente une double machine destinée à transformer du courant biphasé en courant continu dans le but d’alimenter un réseau d’éclairage à trois conducteurs.
- Elle sera prochainement installée a la station centrale de Elle (Genève) où plusieurs machines analogues fonctionnent déjà.
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- 25;
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Cette machine se compose en. réalité de deux machines commutatrices identiques calées sur le même arbre; aussi voyons-nous de chaque côté de la machine un collecteur d’assez grand diamètre, muni de ses porte-charbons, et un système de quatre bagues avec balais frotteurs par lesquels le courant biphasé est introduit dans l’enroulement.
- Cette machine remplace donc l’ensemble des deux génératrices à courant continu qu’il est d’usage d’employer dans les cas analogues de distribution à trois fils. Mais la machine commutatrice sous sa forme la plus simple ne comporte naturellement qu’un seul collecteur sur l’un des côtés de l’enroulement et un seul système de bagues placé sur l’autre côté.
- Pour mieux faire comprendre le principe sur lequel repose la commutatrice Alioth, rappelons qu’une génératrice à courant continu crée en réalité du courant alternatif qui est redressé dans le circuit extérieur au moyen du dispositif collecteur.
- Si donc, dans l’induit d’une génératrice a excitation séparée tournant à vide avec une vitesse convenable, on introduit des courants alternatifs‘provenant d’une source extérieure, ils seront également redressés et l’on recueillera au collecteur du courant continu.
- En réalité, le démarrage s’opère de la façon suivante : après avoir interrompu le circuit des électro-aimants on fait pénétrer dans l’induit au moyen des bagues le courant biphasé.
- Ces courants créent naturellement un champ tournant et il se développe dans la masse du cuivre et du fer des inducteurs des courants de Foucault dont le couple fait démarrer l’induit. Ces courants de réaction sont naturellement alternatifs et leur fréquence sera d’autant plus grande que la vitesse de l’induit sera plus éloignée d'atteindre la vitesse normale correspondant au synchronisme.
- On peut rendre manifeste la présence des courants de réaction dans le circuit inducteur, en intercalant dans ce circuit une série de lampes à incandescence à grande résistance.
- Tant que l’induit n’a pas atteint sa vitesse normale, ces lampes brillent, mais peu à peu leur éclat diminue à mesure que cette vitesse en augmentant, s’approche de la synchronisa-
- Le démarrage absorbe une grande intensité de courant et occasionne un décalage analogue à celui que l’on observe dans les moteurs alternatifs marchant à vide. C’est principalement pour diminuer cette intensité que la • Société Alioth a construit un transformateur de démarrage qui permet d’introduire progressivement le courant dans la machine et supprime totalement cet inconvénient.
- Ce transformateur spécial est donc à la commutatrice ce que les résistances de mise en marche sont aux moteurs alternatifs ordinaires.
- Une fois la vitesse normale atteinte, on ferme le circuit d’excitation branché sur le collecteur; les inducteurs sont alors excités par le courant continu de la machine. A cet instant les ampèremètres de phase descendent considérablement, ce qui indique une forte diminution du décalage.
- On manœuvre alors le rhéostat d’excitation de façon que l’ampérage du courant alternatif soit minimum et la machine est prête à être mise en circuit.
- Quant au réglage de la tension du courant continu, il ne peut se faire qu’en changeant celle du courant alternatif puisque le rapport des deux tensions est constant par le principe même de la construction de la machine.
- La machine étant convenablement lancée, la tension du courant continu correspond à la tension maximum du courant alternatif. Dans le cas d’un courant sinusoïdal parfait on a donc
- Va et Vc désignant les tensions alternative et continue aux bagues et sur le collecteur.
- Dans le cas des courants triphasés,cette relation devient
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- !53
- Rotons également que la commutatrice Alioth est réversible; elle peut donc être indistinctement employée pour la transformation du courant alternatif en courant continu
- comme c’est le cas à Genève, ou pour la transformation du courant continu en alternatif ou polyphasé comme on peut le voir dans une partie des usines de la Société Nor-
- mande, à Rouen, qui'possède plusieurs de ces machines.
- Dans les premiers temps du fonctionnement de ces machines commutatrices on avait remarqué des changements de polarité. Ce phénomène semble résulter du fait que L machine peut indifféremment atteindre le synchronisme sur la première ou la deuxième
- moitié de la période alternative. La conséquence de ce fait est que le sens du courant continu recueilli est changé; aussi pour parer à cet inconvénient place-t-on un commutateur qui permet de redresser immédiatement le courant dans le circuit extérieur.
- Enfin la commutatrice peut très bien fonctionner comme un moteur synchrone; nous
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- L’ÉCLAI RAGE ÉLECTRIQUE
- en avons donné un exemple ; la commuta-trice exposée C, qui charge la batterie d’accumulateurs, entraîne en meme temps un générateur survoîteur I) 'voir art. io octobre, fig. 4 de la page 5}.
- Nous devons ajouter enfin, pour être complet, que la Société Alioth a exposé une com-mutatrice type de laboratoire.
- L’enroulement induit de cette machine peut être subdivisé en deux, trois ou quatre parties; 6 bagues correspondent à ces divers enroulements.
- Il est donc possible au moyen de cette machine d’obtenir à l’aide du courant continu l’un quelconque des courants mono, bi ou triphasés, ou inversement de recueillir du courant continu en introduisant par les bagues convenables l'une quelconque des trois espèces de courants alternatifs. Cette machine est donc un précieux auxiliaire dans un laboratoire d’électrotechnique.
- (A suivre.)
- Ch.-Euü. Guyk,
- Professeur agrégé à l'École polytechnique de Zurich.
- L’ÉCLAIRAGE A L’ACÉTYLÈNE {,}
- Classe b.
- Tous les appareils basés sur le principe du briquet à hydrogène de Gay-Lussac rentrent dans cette catégorie.
- AI. Donald Dams Morison, de The Ilartle-pool Engine Works, à Hartlepool (Durham}, a imaginé un appareil de ce genre.
- La figure 35 en représente la construction. Le carbure est contenu dans un récipient C. perforé par le bas, et qui est placé à l’intérieur
- (lj Voir L'Eclairage Électrique du 31 octobre, p. 203.
- d’une cloche mobile A, où il est suspendu par
- des ressorts SS. Ea cloche A est placée à l’intc-
- Fig. 36.— Appareil Mor
- | rieur d’une cuve B, contenant de l’eau; elle
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- REVUE D’ELECTRICITE
- tend à descendre par son propre poids; quand elle vient au contact de l’eau le gaz se dégage; la cloche remonte alors, ce qui arrête la dé-corupositi011 du carbure.
- Dans l’appareil représenté en figure 36, construit par le même inventeur, la cloche A est fixe. La pression du gaz fait monter et descendre le liquide. Une réserve d’eau est
- 'JM
- Fig. 37. — Appareil Serpollct et Létang. contenue en Dl) et une soupape E guidée en fcg permet au liquide en D de descendre pour maintenir le niveau constant en H, en dépit de la dépense d’eau nécessaire pour décomposer le carbure.
- L’appareil Serpollet et Létang qui a été employé pour les essais d’éclairage des voitures de tramways faits à Paris, se rapproche
- beaucoup des précédents. Il comprend (fig. 37) une enveloppe cylindrique extérieure munie au bas d’un bouchon à vis et fermée à la partie supérieure par un couvercle ordinaire; cette enveloppe est en partie remplie d’eau. Elle renferme un gazomètre dont la cloche mobile porte le panier à carbure, en sorte que l’attaque de ce corps est réglée par abaissement du plan d’eau et par élévation du panier à carbure. Ce panier est en toile métallique; la chaux qui se forme se délite et tombe au fond de l’enveloppe extérieure, en sorte que l’eau vient toujours en contact avec du carbure neuf.
- Un tube en U, muni'd’un réservoir intermédiaire pour recevoir l’eau de condensation,
- conduit le gaz à l’extérieur. La jonction ce tube et la canalisation d’éclairage es-au moyen d’un joint hydraulique, dû tion rendue nécessaire par les cahots voiture et d'ailleurs très rationnelle.
- entre : faite
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- ’-tf
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- La figure 38 représente le gazomètre de Allemano et Société F, Stemmcr, de Turin.
- Le carbure est contenu dans un panier en toile métalIique^G' placé à l’intérieur du récipient G qui est fermé hermétiquement par un couvercle g, et qui est contenu dans une cuve C, faisant fonction de gazomètre. L’eau contenue dans un réservoir R descend par un tube TT dans la cuve C et, chassant l’air devant elle, vient au contact du carbure. L’acétylène qui se dégage passe par cd dans la partie supérieure de la cuve C et de là se rend par D aux appareils d’utilisation. Quand la pression du gaz est supérieure à celle qui résulte de la différence de niveau du liquide en R et C, l’eau est refoulée en R et le dégagement de gaz cesse. Un robinet à! permet d’évacuer l’air au début; le robinet d sert à purger la cuve C de son eau. Un robinet t permet d’arrêter le fonctionnement de l’appareil. Un niveau d’eau I permet de suivre la marche de l’opération.
- Dans l’appareil représenté en figure 39, les
- Fig. 39. — Appareil Allemano et Stemmer.
- organes essentiels restent les mêmes. Seulement le réservoir R et la cuve C sont réunis dans unmème appareil ; la cloche C est mobile; le tuyau c est muni d’une soupape automatique c2 qui empêche le retour de l’acétylène du gazomètre au gazogène.JD'D est le tuyau de prise de gaz.
- L’appareil représenté en figures 40 et 41 présente l’avantage de rendre indépendants
- [. — Appareil Alîemat
- le gazogène et le gazomètre, ce qui est utile surtout pour les appareils fixes et de grandes dimensions où le carbure est en plus grandes quantités et doit être souvent renouvelé, ce qui exige la possibilité de faire les chargements sans interrompre le débit du
- M. P. Lequeux construit un gazomètre, dit gazomètre discontinu, qui se compose d’une cuve B et d’une cloche A. Cette cloche porte à sa partie supérieure une large ouverture pouvant être fermée au moyen d’un bouchon hydraulique (fig. 42).
- L’appareil étant au bas de sa course et prêt à être rempli d’acétylène, on retire le bouchon F en même temps que le panier D et le seau E reliés ensemble. On prend la précaution de sécher ces derniers avant d’introduire le carbure de calcium dans le panier D.
- On introduit dans ce panier D la quantité de carbure de calcium nécessaire pour remplir le gazomètre en se basant sur le poids de 1 kilogramme pour 300 litres de gaz.
- Après avoir eu soin de mettre une certaine quantité d’eau dans la gouttière formant le joint hydraulique du tampon supérieur, on introduit l’ensemble D, E, F. dans le tube C en opérant assez rapidement pour éviter la
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- *57
- perte de gaz.Aussitôt lacloche monte par suite | de la production de l’acétylène.
- Lorsqu’on veut avoir un gaz non mélangé d'air, on a soin de maintenir ouvert pendant quelques instants le petit robinet placé au-dessus du tampon hydraulique et celui qui se trouye au-dessus du tube collecteur.
- Le gaz produit redescend par un tube jusqu’au fond de la'cuve et remonte latéralement dans une colonne G, servant de guide a la cloche et de support aux robinets destinés à envoyer le gaz aux différents points de son utilisation.
- Un robinet H placé à la partie inférieure de l’appareil permet de purger la tuyauterie dans le cas où il se produirait une condensation d’eau.
- L’appareil de Gabe, de Copenhague, est la
- réalisation industrielle en grand du briquet de Gay-Lussac.
- Le carbure est contenu dans un panier K (tig. 43) et est disposé en couches superposées, séparées par des lames de verre ou de métal comme dans la lampe de Trouvé. Ce panier est contenu dans une grande cloche a'remplie d’eau. Le gaz s’échappe par les tubes r et 5 et avant de se rendre au gazomètre passe dans les compartiments laveurs et purificateurs o' et q'. La cloche du gazomètre commande par une corde c, passant sur des poulies, le robinet v qui ferme le dégagement du gaz ; Jorsque la cloche est trop remplie, la pression augmentant alors en a' l’eau s’abaisse et le dégagement de gaz s’arrête. Pour éviter que le gaz ne s’échappe par le bas delà cloche, le tuyau s' descend jusque vers le bord inférieur de cette cloche ; il sert de dégagement supplémentaire au gaz.
- Pour les appareils plus petits, on dispose (lig. 44 et 45) deux ou plusieurs paniers à carbure ayant chacun sa cloche. Pour mettre un des paniers en service, il suffit de l’abaisser au contact de l’eau dans la cuve intérieure d, ouverte par le bas et placée dans la
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- ELECTRIQUE
- L’ÉCLAIRAGE
- cuve à eau a. On peut ainsi recharger succès-
- — Appareil Gabe. Coupe et plan.
- sivenient les paniers de carbure sans arrêter le débit du gaz.
- L’appareil fabriqué par The Walmsley Ful-ler O, de Chicago, se compose d’un vase extérieur ou réservoir contenant de l’eau et muni d’un noyau concentrique pour réduire la quantité d’eau nécessaire pour le remplir. Dans ce réservoir d’eau est une cloche de gazomètre dans le sommet de laquelle est insérée aussi une seconde petite cloche métallique qui est mise en place avec un joint hydraulique pour éviter les fuites de gaz. Cette cloche porte un panier contenant du carbure et les proportions de l’appareil sont telles que, quand la cloche est immergée dans la cuve, celle-ci contient la quantité d’eau convenable pour que le récipient à carbure plonge dans •l’eau. Le gaz se dégage et la cloche monte supprimant l’immersion.
- Un vase latéral sert de condenseur réfrigérant à circulation d’eau. Le gaz y pénètre avant de parvenir aux becs afin de se dessécher.
- D’ailleurs le gaz quittant l’appareil générateur au sommet de la petite cloche est obligé de traverser les couches supérieures de carbure où il se dessèche déjà.
- Classe c.
- D’après ce que nous avons dit précédemment sur les difficultés que présente la production régulière de l’acctylène par réaction de l’eau sur une grande masse de carbure de calcium, on comprendra facilement que les appareils de cette classe, — dans lesquels une quantité de carbure, variable suivant les circonstances, mais déterminée dans chaque cas, tombe dans l’eau,—• sont ceux qui offrent la plus grande garantie d’une marche régulière.
- En effet, la réserve de carbure étant renfermée dans un récipient clos est à l’abri de l’humidité; elle se conserve intacte. Lorsque l’orifice du récipient est momentanément ouvert, une certaine quantité de carbure tombe dans un excès d’eau; le carbure est donc intégralement' et immédiatement décomposé, ce qui assure un dégagement de gaz d’un volume déterminé, au moment précis de l’ouverture du récipient à carbure. On est donc absolument maître de la production du
- M. Dickerson a fait breveter, vers le commencement de 1895,un appareil de ce genre, dont le fonctionnement est identique à celui de l’appareil du même inventeur que nous avons décrit précédemment (fig. 11 et 12, p. 204).
- La figure 46 en représente l’aspect. Le carbure pulvérisé est placé dans la trémie supérieure; le robinet qui fait communiquer cette trémie (C a C2) avec la cloche à eau (HO) est disposé comme l’indique la figure 12 et commandé de même par la cloche du gazomètre (fig. 11). La cuve a eau est à niveau constant. Le carbure tombe à l’intérieur
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- d’une cloche qui recueille les gaz engendrés, dans laquelle se meut une roue à augets t u.
- L’appareil de Campe (fig. 47 et 48), qui a été breveté en France au commencement de septembre 1895, est assez compliqué.
- Le carbure de calcium pulvérisé est placé dans la trémie q par la tubulure 4" qui peut être fermée par le bouchon à vis c". L’entonnoir q est terminé, au bas, par une tubulure
- Fig. 48. — Distributeur Campe.
- En dessous de cette roue, est une seconde tubulure en entonnoir jp que peut fermer ou ouvrir un tiroir/, manœuvré de l’cxtérieur^par une tige 4 qui est terminée par un bouton b'. La roue à augets lu peut être animée d’un mouvement de rotation continu et régulier par un rouage d’horlogerie p's' ou par tout autre moteur.
- Dans le fond de l’appareil se trouve le récipient à eau a, terminé en haut par un entonnoir g place sous le déversoir de l’entonnoir q. Ce réservoir est rempli par la tubulure x' k. Lorsque la roue tu est en mouvement, il tombe successivement des petites quantités de carbure dans l’eau ; il en résulte un dégagement régulier d’acétylène qui, par l’entonnoir g, le récipient «, les tubulures h et u\ i et v' se rend dans le tube iv' et aux appareils d’utilisation.
- Quand on veut modérer la flamme, on pousse en partie le tiroir y qui obture l’ouverture vp. Le carbure tombe en moins grande quantité dans le réservoir e; celui qui est fourni par la roue tu s’accumule en au-dessus du tiroir; bientôt la roue tu frotte sur ce carbure accumulé, qui tend à ralentir et à arrêter son mouvement. Le débit devient donc régulier.
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- Lorsqu’on veut arrêter complètemet, on pousse \ à fond. Le carbure ne tombe plus dans l’eau et s’accumule dans w jusqu’à ce que le frottement arrête le mouvement. Pour plus de sûreté, on dispose sur l’axe s de la roue t u, un taquet d’arrêt t1 qui vient s’engager dans ^ lorsque cette tige est poussée à fond.
- Lors de la mise en marche suivante, quand on ouvre le tiroiiqr, tout le carbure accumulé en n> tombera brusquement en e; il en résultera un violent dégagement d’acétylène ; la pression nécessaire sera donc obtenue immédiatement ; elle sera ensuite entretenue comme il a été dit plus haut.
- Un autre inventeur, M. Maréchal, a pris
- Fig. 49. — Appareil Maréchal.
- aussi un brevet pour un dispositif analogue; il revendiquait le principe consistant à jeter le carbure dans l’eau au lieu de jeter l’eau sur le carbure. Cette revendication ne peut être
- soutenue ; en effet, d’abord son brevet date du 2 novembre 1895, tandis que celui de Campe est du 7 septembre 1895 et celui de Dicker-son de janvier 1895, mais en outre, il nous semble que le principe lui-même est dans le domaine public, puisque c’est ainsi qu’on opère dans les laboratoires.
- L’appareil imaginé par Maréchal est inté-
- La ligure 49 en représente les dispositions essentielles.
- Le carbure est contenu dans une trémie A ; il est pulvérisé de préférence; le déversoir T de la trémie est fermé par un robinet à au-gets R; celui-ci est actionné par une tige 11 munie d’une roue dentée r qui engrène avec la crémaillère M ; celle-ci s’élève ou s’abaisse suivant que, la pression intérieure étant plus ou moins forte, le piston P qui se meut dans le cylindre I) et est sollicité par le ressort F s’élève ou s’abaisse lui-même. Ce piston commande encore, par les tiges V et S l’obturation du déversoir G.
- Le carbure tombe dans l’eau au fond du vase B en petites quantités ; il est guide par a a et dd pour se répartir également; ces chicanes font aussi l’effet de condenseur des vapeurs d’eau.
- Le gaz s’échappe en N où il est enflammé; £, h est un régulateur de débit automatique et réglable.
- On charge l’eau par E.
- Le seul défaut de cet appareil, réside dans la faible surface du piston P ; la pression résultante doit être faible, ce qui rend l’appareil paresseux et peu sensible.
- M. Lequeux a construit un appareil de ce genre dont le fonctionnement n’est pas automatique. Les figures 50 et 51 en représentent la construction.
- Il se compose d’un gazomètre à double cloche, c’est-à-dire disposé de façon à mettre le moins possible de liquide en contact avec le gaz produit et éviter ainsi les dissolutions et les pertes.
- Ce gazomètre se compose d’une cuve A,
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- d’une cloche mobile C et d’une cloche fixe B.
- Le générateur E est formé d’un tube au fond duquel se trouve un seau V destiné à
- 51. — Gazogène Leqi
- recevoir la plus grande partie de la chaux formée pendant la réaction du carbure sur
- On introduit le carbure par la manche II, ce qui ne cause pas de dégagement de gaz. Il se précipite immédiatement dans le seau F et le gaz qui se dégage monte dans la partie supérieure du corps cylindrique E de façon à aboutir sous la cloche du gazomètre par un système de tubes T).
- Le générateur E est fermé par un couvercle G disposé avec un joint hydraulique simple ou multiple suivant la pression que l’on veut obtenir, pouvant varier de 4 à 30 cm d'eau.
- Des robinets placés en haut du générateur
- et en haut de la cloche permettent de purger
- Lorsque la cloche descend par suite de la consommation du gaz, il suffit de jeter quelques morceaux de carbure par la manche H pour produire une nouvelle quantité d’acétylène.
- Lorsqu’on dispose de morceaux trop petits, il est pratique d’envelopper ces morceaux dans un petit sac de papier avant de les introduire dans le générateur. La réaction est moins immédiate et la totalité -du gaz u engendré arrive dans l’espace E pour pénétrer ensuite dans la cloche par le tube D. Pour les installations importantes nécessitant un débit considérable de gaz, on peut disposer plusieurs de ces générateurs en
- Fig. 52 et 53. — Batterie de gazogènes Lequeux.
- batterie, comme le représentent les figures 52 et 53. La manche H est alors remplacée par une séparation BB, pratiquée dans le corps du cylindre A.
- L’appareil de M. Raoul Pictet n’est pas non plus automatique; il est destiné a produire l’acétylène le plus pur possible. Ce savant a observé que, par suite de l’élévation de température due aux réactions, l’acétylène à l’état naissant se décompose en partie pour abandonner du carbone et produire de l’hydrogène gazeux accompagné d’une foule d’autres
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- corps hydrocarbures et ammoniacaux encore mal définis qui se dégagent avec l’acétylène non décomposé. Il évite cet inconvénient en produisant l’acétylène dans un récipient refroidi à la température la plus basse possible. Il a remarqué, en outre, qu’il est important d’éliminer tonte trace d’air atmosphérique pour ne pas contaminer l’acétylène et qu’il est essentiel d’introduire le carbure par menus fragments dans une grande masse d’eau.
- La figure 54 représente l’appareil imaginé par M. Pictet pour réaliser ces desiderata.
- La cuve B où se produit la réaction est
- Appareil Pictet.
- placée à l’intérieur de la cuve A qui est munie de deux tubulures a a: pour l’entrée et la sortie du liquide ; un entonnoir b. placé dans la cuve B, dirige le carbure ; le gaz qui se dégage se rend dans la cloche D qui plonge dans l’eau de la cuve B: il s’échappe par a; le gaz qui remonte à l’extérieur de l’entonnoir b est arrêté par un écran b' et passe dans la cloche D par les ouvertures b*.
- La cloche T) a un diamètre extérieur plus petit que le diamètre intérieur de B, de façon à ménager tout autour un espace annulaire par lequel on introduit le carbure préalablement concassé en menus fragments ; cette manœuvre est faite automatiquement ou à main d’homme ; dans tous les cas, avant de tomber au fond de la cuve, le carbure abandonne l’air qu’il a entraîné; c’est un des points essentiels du système.
- Dans la figure 55 qui représente une variante de l’appareil précédent, la cuve B est complètement fermée, et c’est la partie supé-
- rieure qui sert de cloche ; elle est pourvue de tuyaux d’alimentation b3 et de trop-plein bh
- Fig. 55. — Appareil Pictet.
- EE sont des trémies à couloirs e pour introduire le carbure de calcium.
- L’appareil de Daniel Thivert réalise com-
- Fig. 56. — Appareil Thivert.
- plètement les opérations nécessaires à la fabrication de l’acétylène par projection de carbure broyé dans l’eau d’une façon automatique.
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- • Le carbure est contenu dans un récipient C (ftg- 56) solidaire de la cloche R du gazomètre et qui Peut ètre alimenté de carbure par un récipient A à bouchon B. La cloche est convenablement équilibrée par un contrepoids Q passant sur une poulie placée au sommet d’un des montants servant de guides à la cloche R. Lorsque la cloche est soulevée, l’ouverture inférieure du récipient C est fermée par un clapet que maintient un poids J actionnant un levier H pivoté en G sur le récipient lui-même. Lorsque la cuve descend, le contrepoids J touche le fond de la cuve N, le clapet
- bure il en contient plusieurs — 4 ou 7 suivant les dimensions de l’appareil ; —• ces récipients ou tubes sont disposés sur lu cloche du gazomètre-gazogène; les contrepoids qui commandent l’ouverture de la soupape B, de chaque tube, sont tous situés h des niveaux différents (fig. 57, 58 et 59). Celui dont la corde est la plus longue est ouvert le premier et ainsi de suite.
- La quantité decarbure contenue dans chaque tube (environ 2 kg) est calculée de façon que la cloche remonte toujours au même niveau quel que soit son point de départ; le dernier tube contient donc plus de carbure que le premier.
- Pour mettre l’appareil en marche, on introduit par E quelques cristaux de carbure, puis on introduit l’eau en C par le tube coudé H. O11 laisse échapper dans l’atmosphère le premier gaz qui est mélangé d’air; le fonctionnement est ensuite automatique.
- s'ouvre et, du carbure tombant dans l’eau, la cloche remonte. Le gaz engendré passe par le tube K dans le double fond L de la cuve et se rend par le tube M aux appareils d’utilisation. Des robinets Set S./ permettent d’effectuer la vidange de la cuve.
- Un appareil du même genre a été décrit par M. Alber dans la Nature.
- L’appareil de Beau et Bertrand-Taillet est identique en principe à celui de Thivert. Seulement au lieu d’un seul récipient à car-
- L’enlèvement des boucs et de l’eau de chaux se fait par le siphon de vidange 1).
- L’appareil est muni d’une soupape de sûreté J et d’un épurateur dessiccateur F. Il peut ètre chargé et nettoyé en marche.
- Il offre V avantage que le carbure étant projeté dans un excès d’eau, la température s’élève peu pendant la réaction: elle 11e dépasse pas 35 à 38°.
- (A suivre.)
- G. Pf.u.issier.
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- RÉSISTANCES
- Étalons a mercure. — La mesure des résistances est l'une des plus importantes de l’électrométrie industrielle ou scientifique, aussi la réalisation et l’emploi d’étalons précis de résistance électrique, sont d’un intérêt capital.
- La détermination en pâleur absolue de l’unité pratique de résistance, c’est-à-dire de l’ohm, a provoqué beaucoup de recherches, maisilne semble pas encore aujourd’hui que cette valeur soit connue avec une approximation supérieure à 0,01 p. too.
- Les anciens étalons établis par la British Association sous le nom d’ohm BA, avaient été réalisés sous forme de bobines de fil de maillechort ou d’alliage platine-argent: ces étalons ont présenté avec le temps des traces évidentes de variation. D’autre part, la résis--tivité de ces alliages étant mal connue et variable d’un échantillon a un autre, il ne fallait pas songer à les utiliser pour des mesures absolues ; seul le mercure peut être obtenu dans des conditions de pureté bien définies et a une résistivité bien connue, c’est pourquoi, depuis 1884, la valeur de l’ohm a toujours été définie en fonction d’une colonne de mercure.
- Le congrès de Chicago (septembre 1893) complétant les travaux de ses devanciers a défini l’ohm, comme la résistance à o° d’une colonne de mercure de 106,3 cm de longueur, d’une section uniforme telle que la masse de mercure qu’elle renferme pèse 14,4521 gr à o°. Cet ohm a reçu le nom d'ohm international, pour le distinguer de Y ohm légal, valeur pro-însoire adoptée légalement en France de 1884 h 1895, et de Y ohm BA antérieur à ce dernier. Enfin nous devons également mentionner parmi les unités employées, l’étalon Siemens, en usage en Allemagne jusqu’à ces dernières années.
- Les étalons et les boîtes de résistances qui existent actuellement dans l’industrie sont réglées d’après ces différentes unités, il est
- f utile d’avoir leur valeur relative toujours pré-| sente à l’esprit pour faire les corrections j nécessaires, nous les représentons ici par la I longueur de la colonne de mercure de 1 mm* i de section qui correspond à leur résistance.
- Unité Siemens.............100
- Ohm BA....................104,8
- Ohm légal.................106
- Ohm international. . . . 106,3
- Dans un laboratoire de mesures bien outillé, il est nécessaire d’avoir toujours un ou plusieurs étalons de l’ohm en fil métallique; mais pour contrôler ceux-ci, il faut un étalon à mercure.
- Il ne faut pas songer chaque fois à réaliser
- une colonne de mercure répondant à la définition du congrès; ce qu’il faut, c’est une copie soigneusement comparée aux étalons prototypes, laquelle conserve sa valeur invariable tant que le mercure n’est pas altéré, et qui y revient dès qu’on la remplit de mercure purifie.
- Al. Benoit, après avoir réalisé des étalons prototypes de l’ohm légal, a construit des étalons secondaires dont la forme est repré-
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- sentée par la figure 1. Ces étalons secondaires, répandus chez Les constructeurs, ont servi à établir des copies de même forme. La colonne de mercure est renfermée dans un tube de verre de 1 mm2 de section environ et de longueur réglée par tâtonnements pour amener la valeur aussi près que possible de l’unité. Les extrémités du tube pénètrent dans des flacons dans lesquels plongent également les conducteurs destinés à amener le courant; ces flacons ont environ 500 à 600 fois la section du tube.
- La liaison du tube et des flacons est faite au moyen de tubes de caoutchouc qui viennent se chausser, d’une part sur la tubulure inférieure du flacon, d’autre part sur le tube lui-même. Le tube pénètre dans le flacon jusqu’au quart environ de la partie large. Grâce au grand épanouissement du conducteur à son entrée dans le flacon, les erreurs dues à une différence dans la position du contact qui amène le courant ne peuvent atteindre une valeur élevée, une erreur de position de 1 cm par exemple, ne peut produire sur la résistance totale qu’une erreur inférieure à 0,002 p. 100, ce qui est parfaitement négligeable en pratique.
- D’autres formes légèrement dilférentes ont été données à l’étranger, à ces étalons, mais les conditions d’emploi que nous allons énoncer, leur sont applicables.
- Les étalons à mercure sont les seuls dont la constance soit absolue en pratique, mais il est indispensable, lorsqu’on en fait usage, de prendre les précautions suivantes sans lesquelles les résultats peuvent être beaucoup plus incertains que ceux donnés par les étalons à fil métallique.
- Mercure. — Le mercure destiné à remplir l’étalon doit être absolument exempt de métaux étrangers, des traces infinitésimales de ceux-ci suffisant à modifier profondément la résistivité du mercure; donc, soit qu’on ait à remplir pour la première fois un étalon, ou qu’il s’agisse de changer le mercure d’un étalon existant; il est indispensable de pu-
- rifier celui-ci comme l’a indiqué M. Benoît.
- Le mercure pur du commerce, c’est-à-dire tel qu’on le livre dans des bouteilles en fer venant de la mine, est mis en couche peu épaisse dans un flacon contenant de l’acide azotique pur étendu d’eau; on le laisse en contact avec l’acide pendant plusieurs jours, en ayant bien soin de le remuer de temps en temps; ensuite on décante le mercure et pour enlever les traces d’humidité qu’il peut entraîner, on le met dans un second flacon rempli d’acide sulfurique concentré, mais non fumant; après un court séjour dans ce flacon, on le fait passer dans un dernier flacon rempli de morceaux de potasse où il se débarrasse des dernières traces d’humidité et d’acide; il peut être employé au sortir de ce flacon. Le mercure propre, préparé pour les étalons, doit être conservé à l’abri de la poussière; si l’on en a mis une trop grande quantité dans les appareils de remplissage, l’exccs doit repasser par la série de flacons avant d’être employé à nouveau. Tous ces lavages s’effectuent facilement à l’aide de flacons à tubulure inférieure qui permettent de décanter le mercure en laissant les impuretés à la surface ; on peut aussi faire usage de tubes laveurs à siphon dans lesquels la circulation est continue.
- Le dispositif représenté par la figure 2 nous a donné depuis plusieurs années de très bons résultats; le mercure à purifier est conservé dans un flacon en contact avec l'acide azotique étendu, puis au moment de l’employer 011 le verse dans un entonnoir percé d’un trou presque capillaire. Le mercure sort de cet entonnoir dans un état de division extrême et passe encore dans la solution d’acide étendu, puis il tombe au fond du tube et dès qu’il y existe en quantité suffisante il s’échappe par la partie opposée; il se produit là une véritable décantation qui diminue beaucoup l’entraînement de l’acide. De ce tube, le mercure passe par un mécanisme analogue dans l’acidc sulfurique, puis dans la potasse et sort enfin purifié. Des garnitures de caout-
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- chouc a empêchent l’entrée de l’air dans l’appareil et assurent la conservation de l’acide et de la potasse.
- Le mercure purifie doit être absolument net à la surface, sans aucune trace d’humidité, il ne doit pas mouiller le verre propre.
- Fig. 2. — Dispositif pour la purification du mercure.
- Le mercure qui a servi à d’autres usages ne doit pas être employé pour les étalons de résistances, car certains- métaux ne peuvent s’éliminer que par des distillations soignées; le zinc en particulier ne disparaît pas dans le traitement ci-dcssus; il est toujours préférable de prendre pour cet usage le mercure neuf des touries et de le purifier. Les procédés de purification par distillation, ou par oxydation des impuretés, ont été préconisés par divers auteurs ; nous n’y insistons pas, car ils exigent un travail plus long et la méthode ci-dessus nous a toujours donné, comme à M. Benoit, des résultats très satisfaisants.
- Nettoyage du tube. — On conçoit facilement que la présence d’une petite couche de matières étrangères : oxydes, corps gras, poussières etc., sur la surface interne du tube
- de l’étalon, amène une diminution de section assez grande; aussi il importe, avant le remplissage, de débarrasser le tube de tous ces corps étrangers; dans ce but on le soumet à une série de lavages, d’abord à l’acide azotique qui dissout les oxydes, puis à l’eau distillée, enfin à l’alcool absolu. Ces lavages sont facilités lorsqu’on peut faire passer les liquides avec une certaine vitesse, par exemple en reliant une extrémité du tube avec une trompe à eau et l’autre avec un réservoir contenant d’abord l’acide, ensuite l’eau distillée et enfin l’alcool; il faut laver très abondamment après l'acide. Quand le lavage à l’alcool est fini, il faut compléter le séchage par le passage prolongé d’un courant d’air; mais pour éviter que les poussières entraînées viennent se coller contre le verre, il est bon de mettre à l’extrémité par laquelle entre l’air un petit tampon d’ouate qui agit comme filtre.
- Remplissage du tube. — Pour que le mercure arrive bien au contact du verre et pour éviter l’augmentation de résistance due à la couche d’air interposée, ainsi que la présence des bulles d’air qui peuvent couper entièrement la colonne, il faut remplir dans le vide.
- L’appareil de la figure 3 remplit bien les conditions nécessaires : il se compose d’un tube de verre de 80 cm de hauteur environ, recourbé et relié par un tube de caoutchouc à l’étalon à mercure ; du milieu de la partie horizontale part une tubulure qui se dirige vers la machine pneumatique employée; un petit réservoir intermédiaire sert k éviter l’entraînement du mercure dans la pompe par suite d’une fausse manœuvre. Un flacon à tubulure inférieure relié par un tube de caoutchouc au tube vertical, sert de réservoir pour le mercure, on le place à une hauteur telle que le mercure ne puisse pas passer dans l’étalon avant le 'moment voulu; dès que le vide nécessaire est atteint, on soulève le flacon, le mercure monte dans le tube, dépasse le coude et vient remplir l’étalon, sans que
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- la communication avec la pompe ait été
- coupée.
- La seule et unique difficulté de cette opération consiste a faire les joints des diverses parties, de façon à pouvoir obtenir un vide assez parfait; en s’aidant d’une solution
- Remplissage du tube.
- pâteuse de caoutchouc dans la benzine que l’on met autour de tous les joints, on parvient assez aisément a tourner cette petite difficulté. II va sans dire que tous les tubes par lesquels doit passer le mercure doivent être soigneusement nettoyés, mais il ne faut pas oublier qu’on ne doit pas se servir d’acide pour les tubes en caoutchouc.
- La pompe employée doit permettre de faire le vide à 1 ou 2 mm, on peut faire usage d’une bonne machine pneumatique ordinaire, d’une trompe à mercure ou d’une trompe à eau; dans ce dernier cas il faut, si l’on craint des variations dans la pression d’eau, interposer un grand réservoir, entre la trompe et le tube de remplissage, et, toujours, mettre un réservoir contenant de l’acide sulfurique concentré, non fumant, pour éviter que la vapeur d’eau pénètre dans le tube.
- Emploi des étalons à mercure. — Le prin-
- cipal et presque Punique usage des étalons à mercure, consiste dans la vérification des étalons en fil métallique; cette comparaison exige des mesures simultanées ou alternées; pour les faire, il est nécessaire d’employer des conducteurs reliant les étalons aux appareils de mesures. Nous avons dit que des traces de métaux étrangers produisaient des variations très grandes dans la résistivité du mercure, il faut donc employer des contacts tels qu’il ne puisse y avoir aucune dissolution du métal dans le mercure.
- On peut employer dans ce but, figure 4, I, une tige de cuivre garnie à son extrémité d’une capsule en platine, le cuivre étant protégé par un tube de caoutchouc: le platine a l’inconvénient de se couvrir dans le mercure d’une crasse qui, à l’air, devient très résistante, et empêche souvent le contact de se produire lorsqu’on replonge le platine dans le mercure. Le moyen d’éviter cet inconvé-
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- Fig. 4. — Prises de contact diverses.
- nient, consiste à laisser autour du platine une petite quantité de mercure, soutenue par une petite capsule en verre collée au platine figure 4, II. Enfin on peut encore faire usage de contacts imaginés par M. Benoît figure 4, III, dans lesquels la barre de cuivre plongée dans le mercure d’un petit tube de verre dont le fond est troué par un fil de platine, ce dernier porte une petite capsule de verre remplie de mercure.
- Tous les contacts, quels qu’ils soient, ont une résistance qui n’est pas négligeable: pour éliminer cette résistance, il faut qu’elle reste constante pendant toute la mesure. Il y a
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- souvent aussi de grandes différences de température entre les étalons k comparer, de telle sorte qu’il se produit dans le circuit des forces thermo-électriques. Pour éviter les erreurs dues à ces deux causes, ainsi que I pour éviter le mélange de mercures à différents états de pureté, la disposition sui-
- Fig. 5. — Dispositif pour la comparaison des étalons à mercure et des étalons métalliques.
- vante, figure 5, applicable à toutes les méthodes de substitution, est très bonne.
- En a et b sont les flacons d’un étalon k mercure; c, un godet plein de mercure, placé dans les mêmes conditions de température que Vétalon; BetC sont deux godets dans lesquels plongent les extrémités d’un étalon en fil métallique, A un godet auxiliaire. Les tiges 1 et 2 ont' chacune à une de leurs extrémités un contact platiné d’une des formes ci-dessus. Les connexions établies comme l’indiquent les traits pleins, on mesure en D, E, la résistance totale de l’étalon M et des conducteurs; dans la position des traits T pointillés on mesure l’étalon Hg et les conducteurs ; la différence entre les deux mesures représente donc bien la différence des étalons. On voit aussi que les forces thermo-électriques n’ont pas varié, puisque les mêmes extrémités des conducteurs sont constamment k la même température, et enfin, il n’y a pas mélange du mercure de A, B et C, altéré par la présence du cuivre, avec celui de l’étalon.
- On commence à faire aujourd’hui, particulièrement en Allemagne, des étalons dans lesquels la résistance mesurée est déterminée par des prises de courant auxiliaires, les go-
- dets servent seulement à l’arrivée du courant et des fils de dérivation, fixés k demeure, servent à limiter la partie utile de la résistance. Ces étalons dont nous verrons applj. quer le principe pour les très petites résistances, exigent des méthodes de mesures spéciales; ils ne sont pas encore d’un emploi assez général pour nous y arrêter plus longuement.
- Précision des mesures. — La valeur des étalons k mercure est toujours donnée à o°, c’est k cette température que la précision est la plus grande; la résistance d’un étalon à mercure subit une variation qui est une fonction des coefficients de dilatation du verre et du mercure et du coefficient de variation de résistance propre k ce dernier; il en résulte un coefficient apparent qui diffère selon la nature du tube. L’incertitude qui règne sur ce coefficient apparent est assez grande, car l’erreur qui en résulte peut atteindre 0,01 p. 100 k 15".
- En moyenne on peut prendre pour la résistance k t d’un étalon k mercure renfermé dans un tube de cristal :
- Ri =R((i + 0,000 8649t + 0,000 00112 t2 {*) (Mascart)
- et pour un étalon dont le tube est en verre vert :
- Ri = R0 (1 +'0,000 876 t + 0,000 001051% (Guillaume).
- Si on emploie l’étalon k mercure k on, il faut l’entourer de glace bien pilée et légèrement tassée"autour du tube. Dans ce cas, les conducteurs’étant soumis à des températures bien’difîerentes k leurs extrémités, les phénomènes thermo-électriques sont assez intenses pour apporter de l’indécision dans les mesures. Dans le cas au contraire, où les deux étalons à comparer sont à la température ambiante, la correction de température peut
- |i) Mascart, de Nerville et Benoît, Résumé d'expi-riences sur la détermination de l'ohm et de sa valeur en colonne mercurielle Paris, 1884.
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- donner lieu à des erreurs, il n’y a pour ainsi jire pas de préférence à avoir, il faut choisir je moyen qui semble le plus commode dans les circonstances où l’on se trouve.
- Si l'on a soin de conserver les étalons à mercure à l’abri de la poussière ou des vapeurs susceptibles d’altérer le mercure, et de n’employer que les contacts ci-dessus, la constance est aussi absolue qu’on peut la garantir après 10 ans de pratique.
- Des étalons construits par M. Benoit, en 1884, n’ont pas présenté entre eux des différences supérieures aux erreurs de mesures; quelques-uns, vidés et nettoyés, remplis de mercure neuf, ont conserve leur valeur; on peut donc dire que ces étalons sont parfaitement constants.
- La réalisation de l’ohm légal a été obtenue à0,002 p. 100 près; l’erreur de mesure dans la comparaison à o° des étalons à mercure entre eux, atteint 0,001 p. 100, on peut donc dire que les copies de l’ohm légal et aussi de l’ohm international, puisque pour ce dernier il suffit de multiplier par un coefficient, sont' exactes à 0,002 p. 100. Toutes les fois qu’on a à comparer entre eux deux étalons à mercure, c’est sur cette précision qu’il faut se baser, mais dès que l’on passe h la comparaison d’un étalon en fil métallique avec un étalon à mercure, il ne faut pas compter sur une approximation supérieure à 0,01 p. 100. Cette dernière précision est plus que suffisante pour la pratique industrielle; malheureusement, la constance de ces étalons laisse beaucoup à désirer, et il n’est pas rare de voir au bout de quelques années, une augmentation de 0,5 p. 100 se produire; c’est pourquoi nous estimons qu’il est indispensable, dans un laboratoire industriel bien outillé, de posséder un étalon à mercure auquel on se rapporte de temps en temps.
- Armacnat.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Câbles Borel (1895).
- On prend un tube court de grand diamètre, à parois épaisses en cuivre, plomb, acier... dans l’axe duquel on dispose une tige de cuivre destinée h constituer le conducteur, on remplit le tube d’un isolant infusible : amiante, verre pilé, etc., puis on chauffe le tout à la température voulue pour le laminage ou l'étirage au diamètre prévu pour le câble. Ce genre de fabrication conviendrait spécialement pour les petits câbles des installations d’appartements.
- G. R.
- Éleetrolyseur de la Société des manufactures de produits chimiques du Nord (1895).
- Cet éleetrolyseur (fig. 1 à 4) comprend deux séries de plaques en ébonite : les plaques a pourvues sur chaque face de garnitures métalliques qui constituent les électrodes et les plaques poreusesb, interposées entre les plaques a embossées de manière à réserver une suite de compartiments pour la circulation de l’électrolyte, séparées par des saillies c et percées chacune de quatre couvertures a et d\ les ouvertures e, renferment les diaphragmes poreux et les ouvertures d, les plaques de métal de — de mm d’épaisseur, fixées par des rivets d’ébonite g. Les plaques a, sont pourvues de canaux h h', ii\ pour l’entrée et la sortie des liquides, dont la juxtaposition forme deux canaux continus, de même que de trous y, pour l’évacuation du gaz par ces tuyaux /. Les deux trous k de chacune des plaques a et b, reliés par les canaux /, et aboutissant aux compartiments d par les conduits mm, permettent d’y injecter de l’air. Les plaques sont serrées par la vis r entre les cadres n et 0' maintenues par les boulons p.
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- J,’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Quand le courant passe, les deux faces de ] chacune des électrodes a prennent des pola-
- Fig. i et 2, — Élcclrolyseur de la Société des manufactures de produits chimiques du Nord.
- rites différentes. Le liquide admis par h sort j par i et celui admis en h' sort par i\ séparant
- O' O' O
- Fig. 5 et 4. — Électrolyseur delà Société des manufactures de produits chimiques du Nord, ainsi les ions électro-positifs des électro-1 du courant est presque nulle. Son rendement
- négatifs. La résistance opposée au passage | et son débit sont remarquables. G. K-
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- RK VUE D’ÉLECTRICITÉ
- La transmission du Niagara à Buffalo.
- j,a ligne aerienne qui reliera l’usine d’utilisation des chutes du Niagara à Buffalo est actuellement en construction.
- Les poteaux seront placés en grande partie sur les terrains de la Compagnie, qui seront entourés de treillages; ils seront faits en bois de cèdre; leur hauteur au-dessus du sol variera entre 10,65 et 19,80 _m. Leur section sera circulaire ; leur diamètre au sommet sera de 20 cm au minimum et ira en augmentant jusqu’au niveau du sol où il sera de 35,5 cm pour les poteaux'de 10 m. Ils seront, suivant la nature du terrain, érigés soit dans la terre directement, soit dans une fondation de béton, à une profondeur de 2.10 m ou 2,60 m. Ils seront éloignés les uns des autres de 30,50 m, en alignement; aux courbes ils seront plus forts et pourront être rapprochés.
- Les figures ci-jointes empruntées au Street Raihvay Journal montrent la disposition du sommet des poteaux. Chacun d’eux porte trois bras : les deux qui sont placés à la partie supérieure ont 3,65 m de longueur et 10X15 cm de section; ils sont destinés à supporter les conducteurs de la transmission do force; chacun d’eux portera 6 conducteurs, 3 de chaque côté ; la transmission se fera par courants triphasés ; la traverse inférieure est destinée aux fils téléphoniques ; elle est moitié moins longue. Toutes ces traverses sont en cœur de pin. Elles sont consolidées par des équerres en acier boulonnées sur les poteaux.
- Les isolateurs sont montés sur des chevilles en bois de caroubier de la forme représentée en bas et à droite de notre gravure. Les isolateurs sont à double cloche; ils portent en outre une gouttière extérieure qui conduit l’eau en dehors des traverses. Les conducteurs reposent à la partie supérieure des isolateurs dans une rainure où ils sont assujettis par des ligatures.
- Des conducteurs seront défendus par des fils barbelés (ronces métalliques) placés, à
- chaque extrémité des traverses sur des tiges verticales en fonte qui serviront également de paratonnerres. Dans ce but, elles portent
- la ligne Niagara-Buffalo.
- à leur partie inférieure un trou où
- un fil de cuivre mis à terre.
- Nous reviendrons sur cette installation lorsqu'elle sera achevée. G. P.
- Les transmissions électriques dans les ateliers ;
- Par A. IIiu-airet P).
- Quand les outils ou machines opératoires d’un atelier ou d’une usine sont conduits par une transmission principale purement mécanique, sans autres intermédiaires que des arbres de couche, des engrenages, des courroies ou des cables, les résistances passives
- (*) Voir L’Éclairage Électrique, des io, i 7 et 3 r octobre, p. 79, 128 et 224.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- de cette transmission diffèrent peu en charge de ce qu’elles sont à vide. Il en résulte que la transmission mécanique, la mieux étudiée en apparence, peut donner un rendement vrai déplorable : le coefficient d'activité des machines à mettre en mouvement doit entrer dans une telle étude au même titre que les données mécaniques, et il ne faut pas négliger de comparer la durée du fonctionnement utile des machines au temps pendant lequel tourne la transmission maîtresse.
- Le résultat de cette étude d’ensemble, complétée par la comparaison des prix de premier etablissement et d’entretien, indique s’il y a lieu d’adopter la transmission mécanique ou les moteurs séparés conduisant une machine ou un groupe de machines.
- Si Tk est la puissance fournie sur l’arbre de commande d’une machine opératoire, c’est-à-dire sur l’arbre qui porte le débrayage quand celle-ci fonctionne utilement; si Tm est la puissance motrice correspondante fournie par la machine motrice à la transmission, le rendement mécanique p de celle-ci
- Si le coefficient d’activité, de cette machine opératoire est ~- à la fin d’une journée ou de tel temps qu’il conviendra de prendre pour unité, le travail réellement recueilli par la machine opératoire sera représenté par
- Si on admet que la transmission en question donne la même perte constante en charge et à vide, la machine motrice aura fourni
- pendant le reste du temps, soit i----j^- du
- temps total considéré, un travail représenté par
- p) 'Tm.
- Le rendement vrai R de cet ensemble aura en conséquence pour expression
- ______P
- i+(K— p)'
- Admettons, par exemple, qu’il s’agisse d’une transmission bien établie, et qu’on ait p = 0,7, valeur élevée, rencontrée dans la pratique moins souvent qu’on serait tenté de le supposer, ainsi que nous le verrons plus loin ; faisons valeur qui s’applique
- à certaines machines des ateliers de construction sur lesquelles le montage et le démontage des pièces prennent la moitié du temps.
- Nous aurons
- Dans tous les cas, l’analyse est facile, et les données très exactes que nous possédons actuellement sur les coefficients de frottement et sur le rendement des dynamos ne laissent place à aucune incertitude.
- Quelques cas limites n’exigent pas un long examen : il est bien évident, par exemple, que le rendement vrai d’un pont roulant commandé par un câble toujours en mouvement sera très faible, et qu’il y a tout intérêt à commander ces engins par des moteurs indépendants.
- La détermination des résistances passives des transmissions a été souvent négligée : dans les usines établies avant ces dernières années, on semble s’être plus préoccupé d’améliorer les conditions cinématiques que d’atténuer les déchets.
- Dans notre pays, où le combustible est cher, il est nécessaire à certaines industries de sortir de cette indifférence sous peine de sombrer, et d’établir au plus tôt avec soin le bilan des pertes passives qu’elles peuvent économiser.
- C’est dans le but d’appeler l’attention des industriels sur cette grave situation que le dix-septième Congrès des Ingénieurs en chef des associations de propriétaires de machines
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- REVUE 1VÉLECTRICITÉ
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- J vapeur (1893) a été saisi par M. Compère de cette question « Travail absorbé par les transmissions dans les usines (') ».
- Les résultats des essais entrepris à cct effet dans les industries les plus diverses par les ingénieurs des Associations de propriétaires de machines à vapeur sont exposés en plusieurs tableaux. L’examen de ceux-ci montre que la moyenne des transmissions a un rendement mécanique peu élevé : quand nous disions plus haut que la valeur 0,7 était un maximum pratique, nous nous reportions aux résultats de nombreux essais personnels et aux tableaux en question.
- On peut en juger par l’extrait suivant des essais de M. Compère, qui sont dans la moyenne des résultats exposés ;
- NATURE fil il. FORCE ABSORBÉE RAPPORT
- Atelier de construction de matériel de chemins de fer à voie étroite. . . 69,43 49,°7 7L
- Atelier de construction de petite mécanique 20,58 4,53 14,88
- Fonderie et atelier de construction . 44 21,47 48.8
- Fonderie et atelier de mécanique . . 11^16 I2,47 76,9 68
- Le professeur Kennedy (3), comparant les rendements mécaniques qu’on peut espérer réaliser dans une même usine en supposant d’abord qu’elle ne soit pourvue que de transmissions mécaniques, puis en admettant,
- (‘) Compte rendu des séances du dix-septième Congrès «es Ingénieurs en chef des associations de propriétaires de Machines à vapeur, 1893, p. 197 à 220 inclusivement. j1) Ekctricily a Motive Power in th Iron and Steel Indus-ri«. lion and Steel Institute, 1895.
- pour chaque machine opératoire, un moteur électrique indépendant, arrive à peu près à l’égalité dans les deux cas :
- Transmissions mécaniques :
- Puissance réellement recueillie par
- les machines-outils............. 100 chevaux
- Pertes dans les courroies et tourillons............................ 25 —
- Perles dans la machine motrice, soit environ 10 p. 100 de la puissance développée par celle-ci, quand toutes les machines-outils sont embrayées et travaillent, ce qui correspond à peu près à 150 chevaux
- Total................145 chevaux
- Transmissions électriques:
- Puissance réellement recueillie par
- les machines-outils...................100 chevaux
- Pertes dans les réceptrices et les
- génératrices.......*............ 24 —
- Pertes dans les conducteurs (2 p. 100). 2 —
- Pertes dans la machine motrice,
- comme ci-dessus....................... 20 —
- Total................146 chevaux
- Nous estimons que dans les deux cas, le professeur Kennedy évalue les pertes au-dessous de leur valeur réelle; cette critique lui fut adressée par la suite (').
- Quand on veut substituer à un moteur à vapeur une dynamo-réceptrice, on est porté à lîxer par avance la puissance de celle-ci d’après la consommation de vapeur du premier. Si oii opère ainsi, on risque de prendre une réceptrice plus puissante qu’il ne serait nécessaire. On s’aperçoit après coup, en relevant l’énergie électrique dépensée, que le moteur à vapeur consommait au delà des prévisions les plus pessimistes : ce fait s’est souvent présenté à nous.
- Nous relevons, dans une communication de M. D. Selby-Bigge, lue à l’Iron and Steel Institute {*), le tableau suivant d’essais faits
- (*) Institution of Mechanical Engineers. Adress by the President Professor Kennedy, avril 1894.
- (2J Institution of Elcclrical Engineers. M. Crompton. Pre-sidential, 18 janvier 1895.
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- aux forges de MM. Dorman, Long et Cie. à Middlesbrough :
- S g è-gs
- DÉSIGNATION PUISSANCI PUISSANCE il H ||
- Groupe de : Trois scies à froid Deux machines à affranchir. . . Une machine à affûter les scies. Machine à dres- 27 "5 ?»
- double .... Machine à dres- « 3 1 ;2 5 ”0 -S 25
- Machine à dres- 3 12 35 I5-27
- Scie à froid de 26 pouces de diamètre . . . 9 31/2 120 .10
- “Æ’JuVÆ Remploi du
- Les ateliers Siemens étaient mis en mouvement par 18 machines à vapeur. Celles-ci furent remplacées par 72 réceptrices d’une puissance individuelle variant de 100 chevaux à 1/6 de cheval, et représentant une puissance totale disponible de 1 407 chevaux; la puissance de la station génératice s’élève à 1 200 chevaux. M. A. Siemens a fait savoir à ses collègues de la Société des Ingénieurs électriciens de Londres (l) que l’emploi des nouvelles transmissions économisait annuellement 3 200 tonne s de combustible.
- A. H.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Sur un spectre des rayons cathodiques;
- Par Birkeland (')•'
- «J’ai décrit,dansle recueil norvégien Elek-troteknisk Tidsshrift{2), quelques expériences sur les rayons cathodiques qui montrent que la cathode, dans un tube de décharge, émet divers groupes de rayons d’espèces différentes se comportant entre eux d’une manière analogue au point de vue extérieur, aux divers tons émis par une corde vibrante.
- » Je me suis occupé dernièrement de séparer l’un de l’autre, d’une manière plus simple, tous ces groupes de rayons cathodiques émis simultanément par une même cathode, en profitant pour cela de ce qu’ils sont tous différemment déviés par des forces magnétiques.
- » Mon tube de décharge a la forme qu’indique la figure 1. L’anode A, formée d’un
- Fig. 1 à 3.
- disque d’aluminium percé d’une fente très étroite de 15 mm sur 0,25 mm, empêche les rayons émis par la cathode C de passer dans
- (>) Comptes rendus, t. CXXII. p. 452, séance du 28 septembre.
- (2) Ce travail a paru presque in 'extenso dans les Archive* de Genève,, juin '1896, dans l'Electrikal Revie'w, 968 et 9691 et dans le Zeilschirft fur Electroteknik. XIV et XV.
- 1895.
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- partie sphérique du tube autrement que par cette fente.
- » Les rayons cathodiques arrivant sur le fond sphérique du tube y produisent une bande jaune de phosphorescence, qui est très nette quand l’anode A est mise en communication avec le sol.
- » Il y a lieu de remarquer ici que l’apparence de cette bande change avec la pression dans le tube. Elle peut dépasser une largeur de 2 mm, même 3 mm, si la pression est relativement considérable, tandis qu’elle est excessivement étroite quand la pression est très faible.
- » Dans ce dernier cas et en employant des décharges d’une assez grande tension, j’ai pu distinguer deux et meme souvent trois raies fines, se recouvrant presque l’une l’autre. On obtient un écartement plus grand d’une de ces lignes avec les autres, en touchant du doigt la boule de verre, et cela de préférence à l’un des pôles du grand cercle ABA; par ce procédé, une des raies jaunes aura dévié vers le côté du doigt à peu près de 2 mm, tandis que les autres restent immobiles.
- » Pour obtenir une déviation magnétique convenable du faisceau étroit des rayons après leur passage par la fente, deux petits clcctro-aimants égaux sont disposés comme le montre la figure. Dans les résultats des mesures que nous donnerons plus loin, les deux électroaimants ont été excités en série par un courant toujours de 2 ampères.
- » Quand le tube de décharge fonctionne en même temps que les aimants, on voit ordinairement sur la paroi sphérique du tube tout un spectre de lignes diffuses ou bandes jaunes plus ou moins éloignées de la ligne jaune primitive.
- » Pour pouvoir étudier l’influence de l’intensité du courant de la décharge sur le spectre, j'ai introduit, dans le circuit primaire de la grande bobine de Ruhmkorff employée, un rhéostat permettant de faire varier le courant primaire d’une manière continue entre 2 et 21 ampères.
- 0 On observe d’abord ce fait remarquable,
- que les bandes consécutives du spectre paraissent subitement l’une après l’autre quand le courant primaire croît.
- » Dans le tableau suivant on trouve le moment d’apparition des différentes bandes dans une série d’expériences :
- » La première bande s’apercevait bien, même par un courant de 2,8 ampères avec une longueur d’étincelle de 5 mm. Les angles sont comptés sur la sphère de verre à partir de la ligne jaune primitive. L’étincelle parallèle se mesure toujours entre deux boules de t cm de diamètre.
- » La figure 2 représente, réduit de moitié, le spectre correspondant à un courant primaire de 8,4 ampères et à la pression de 0,0043 mm. En augmentant le courant jusqu’à 20 ampères, j’ai vu paraître certainement plus de dix bandes \ elles s’approchent pourtant trop l’une de l’autre pour être bien distinguées.
- » Les différentes bandes sont formées probablement d’une ou plusieurs raies en mouvement. En tout cas il est sûr que la première bande consiste en une raie animée d’un mouvement oscillatoire perpendiculaire à sa longueur. En augmentantle courant primaire, les oscillations diminuent, de sorte qu’avec un courant de 7,5 ampères, la bande est devenue une raie d’une netteté parfaite et d’une grande intensité.
- « Si l’on fait marcher avec la main l’interrupteur à mercure employé, on distingue plus clairement les lignes des différentes bandes et l’on voit aussi qu’elles changent un peu de place d’une décharge à l’autre. Mais même avec une seule décharge, les lignes sont encore oscillantes.
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- « Quand le courant primaire augmente d’une manière continue, la déviation magnétique de toutes les bandes diminue également, et cela de manière à les rapprocher les unes des autres.
- » Quand la pression dans le tube diminue, le courant primaire restant constant, la déviation magnétique des rayons cathodiques diminue aussi d’une manière continue, d’abord vite, plus tard lentement, comme vers une limite.
- » Sans pouvoir entrer ici dans les détails, nous indiquerons seulement que, pour un courant primaire de 6 ampères et une pression de 0,0251 mm, le front du spectre se trouvait dévié de 96°, tandis que, pour une pression de 0,0001 mm, il n’était dévié que de 4ÔÜ,5.
- » Cette dépendance de la déviation magnétique du courant primaire et de la pression dans le tube pourrait conduire à l'idée qu’elle dépend uniquement de l’étincelle parallèle du tube, c’est-à-dire de la tension entre la cathode et l’anode. Cela s’est vérifié dans la mesure où l’on peut l’attendre quand on évalue la tension en question par l’ctincelle parallèle du tube.
- » Si l’on dispose un micromètre à étincelle en série avec le tube de décharge, on voit sortir de la première bande du spectre des raies faibles, mais assez nettes, correspondant à des rayons cathodiques qui sont moins déviés que les autres par les forces magnétiques.
- » Ces raies s'éloignent d'autant plus de la partie principale et immobile du spectre que la longueur d’étincelle du micromètre est plus grande elle-même.
- » La figure.3 donne, réduit de moitié, le spectre de décharge de notre tube lorsqu’il était mis en série avec un micromètre à étincelle formé de deux boules en laiton de 2,7 cm de diamètre, distantes de 25 mm. Le courant primaire était de 12 ampères et la pression dans le tube de 0,007g mm.
- » En employant une cathode de platine, plus volatilisable, au lieu d’une cathode d’aluminium, comme je l’avais fait auparavant, j’ai taché d’examiner si les particules de métal
- arrachées à la cathode se déposent sur le fond du tube suivant une des lignes du spectre. Le résultat est resté jusqu’ici indécis. »
- Remarques sur une expérience de M. Birkeland;
- Par II. Poincaré (')
- « M. Birkeland, en soumettant un tube de Crookes à l’action d’un aimant très puissant, a observé certains phénomènes nouveaux, qu’il était tenter d’attribuer à une sorte d’attraction ou de répulsion que les pôles magnétiques exerceraient sur les rayons cathodiques (J). Si un faisceau parallèle de rayons cathodiques est soumis à l’action d’un aimant rectiligne dont l’axe est parallèle à leur direction, ce faisceau devient convergent, et si la distance de l’aimant est convenable, il est concentré en un foyer très net, au point de fondre le verre en très peu de temps.
- » Ce qui donne à cette observation son caractère paradoxal, c’est que les phénomènes ne changent pas quand on renverse les pôles de l’aimant.
- » Cependant, en y réfléchissant un peu, on voit que tout peut s’expliquer sans faire intervenir aucune hypothèse nouvelle. Prenons l’axe des 7 parallèle au faisceau et passant parle pôle de l’aimant; considérons un rayon cathodique se dirigeant vers les 7 positifs; je le suppose situé dans le plan des du côté des .v positifs ; la force magnétique aura deux composantes, l’une Z parallèle à l’axe des ^ et dirigée vers les \ positifs; elle est d’abord sans action ; l’autre X parallèle à l’axe des ;c et dirigée vers les .v négatifs; elle produit une déviation du rayon vers les^K positifs par exemple; le rayon ainsi dévié a maintenant une composante ?i, parallèle à l’axe des y--. La composante L a * (*)
- (l) Comptes rendus, t. CXXIII, p. 530; séance du 5 QC'
- (*) Archives des Sciences physiques et naturelles de Genève, t. 1% 4e période, juin 1896.
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- alors une action sur cette composante rt et produit une déviation du rayon vers les x négatifs; d’où il résulte que le faisceau devient convergent.
- Si l’on renverse les pôles de l’aimant, la composante X et par conséquent la composante Tj changent de signe ; mais, comme la composante Z a également changé de signe, le rayon est toujours dévié vers les x négatifs et le faisceau reste convergent. Si, au contraire, on considère un faisceau s’éloignant de l’aimant, la même discussion prouve que, sous l’influence des mêmes causes, il devient divergent, ce qui est conforme aux expériences de M. Birkeland.
- » Une discussion plus approfondie est nécessaire. Pour cela, nous écrirons les équations du rayon cathodique, en l’assimilant à une particule matérielle en mouvement rapide, chargée d’électricité ; si l’hypothèse de Crookes n’est pas vraie, il semble bien que tout se passe comme si elle l’était.
- » Supposons un seul pôle magnétique, que nous prendrons pour l’origine en conservant le même axe des Les équations s’écriront
- > On trouve ensuite
- df dy — X*
- a, b, c étant trois nouvelles constantes d’intégration liées aux trois premières par une relation simple.
- » On tire de là
- ax -p by + CJ — \r,
- ce qui prouve que le rayon reste sur un cône de révolution.
- » Comme l’accélération est perpendiculaire à la vitesse et à la génératrice de ce cône, elle est normale au cône ; d’où l’on doit conclure que le rayon suit une ligne gèodésique de ce cône de révolution.
- » En émanant de la cathode, loin de l’action de l’aimant, le ra}ron est sensiblement rectiligne et parallèle à l’axe des p; il a donc une asymptote rectiligne parallèle à l’axe des » Soient
- x — xü, r=Xo
- d-y X / dx d? \
- di2 ~~ r* y dt ~~ X HT )' -d*f X / dy dx \
- -diï-^-rr{*'dr~yiïr)’
- ra = ** + y* +
- où >. est un coefficient constant qui dépend de l’intensité de l’aimant et de la nature du rayon cathodique c’est-à-dire, dans l’hypothèse de Crookes, de la masse de la particule matérielle en mouvement et de sa charge électrique.
- » On trouve aisément
- r2 = O2 + 2 Bf + A,
- B et C étant trois constantes d’intégration.
- les équations de cette asymptote, V la vitesse du rayon. On aura
- C — V * ; a=ygf\ b — — xyT\ c=\,
- » L’axe des ^ est donc une des génératrices du cône et le demi-angle au sommet du cône a pour sinus
- Sinw= -y yùy yyg.
- » La plus courte distance du rayon cathodique à l’origine est égale à
- V-V+jV-
- » Cela posé, remarquons que le rayon cathodique rencontrera l’axe des \ en des points dont la distance à l’origine est
- /*o?+.Ko - V-V+jV' 'Jx^yyg-sin<? ’ sin2? ’ siii3?
- » L’angle » est le développement total du cône, c’est-à-dire
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- L’E C L AI RA GE E L E C T RI Q U E
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- )) Remarquons toutefois que la rencontre n’a pas lieu dans la partie utile si ?>fi- sin tu > -j-
- .» De même, les seules rencontres effectives sont celles qui correspondent aux multiples de c plus petits que r..
- » Qu’arrive-t-il alors ? La cathode a la forme d’un disque circulaire de rayon p. Supposons qu’on règle la distance de l’aimant au tube de telle façon, que l’un des rayons émanés du bord du disque (et tel par conséquent que xt +^Ko = ?2j vienne rencontrer l’axe des \ précisément au point où cet axe perce la paroi du tube. Tous les autres rayons émanés du bord du disque viendront, par raison de symétrie, passer par ce même point; le rayon central qui est rectiligne et suit l’axe des 1 y passera également ; les rayons intermédiaires ne s'en écarteront que fort peu, de sorte que tous les rayons paraîtront concentrés comme au foyer d’une lentille.
- » Chaque système de rayons pourra donner plusieurs foyers correspondant aux divers multiples de cp plus petits que - ; de plus il y a, comme M. Birkeland l’a montré, plusieurs espèces de rayons cathodiques, correspondant à plusieurs valeurs de X. M. Birkeland a en effet constaté plusieurs foyers qui paraissent plutôt dus à la seconde de ces causes.
- » Comment se comportent alors ceux des rayons cathodiques pour lesquels X a une valeur trop grande pour qu’il se forme des foyers? On peut d’abord penser que la distance r, après avoir décru jusqu’à un certain minimum, croît ensuite de nouveau et que ce sont eux qui produisent les anneaux lumineux observés par M. Birkeland sur la paroi latérale du tube. Mais une difficulté se présente. D’après la théorie, pour les rayons émanés normalement du plan du disque de la cathode, le minimum de r est ; il
- ne devrait donc se former d’anneaux lumineux latéraux que quand la distance du pôle magnétique au tube est plus petite que le rayon du disque. Est-ce que la théorie est incomplète, parce que nous avons supposé un
- pôle magnétique unique ; ou bien plutôt les aneaux lumineux sont-ils dus à des rayons émanés obliquement du bord du disque et correspondant à une grande valeur deX. „
- Détermination des éléments magnétiques en mer.
- — Applications aux observations faites par
- M. Schwerer sur le croiseur !e Dubourdieu :
- Par E. Güyou (>).
- «Dans la séance du 11 novembre 1895 (Comptes rendus, p. 679), M. de Bernardières a signalé à l’Académie l’organisation, sous la direction du Bureau des Longitudes et avec le concours du département de lamarine.de missions en vue de l’étude du magnétisme terrestre (2).
- » Ces missions, confiées à des officiers de marine, ne devaient pas se borner aux opérations à terre; le ministre, M. le vice-amiral Besnard, avait décidé que les traversées des bâtiments de guerre seraient en outre utilisées, dans la mesure du possible, pour la détermination des éléments en mer.
- » Une commission technique, présidée par le contre-amiral Maréchal, et dont je fus appelé à faire partie, fut chargée de préparer les instructions à donner aux officiers pour ces dernières recherches.
- » T,es instruments à employer étaient tout indiqués : le compas donne la déclinaison et l’appareil de Fox, couramment employé en Angleterre et dans les autres marines, donne la force totale et l’inclinaison. Mais les formules nécessaires pour corriger les observations de i’influence perturbatrice des fers, données par Archibald Smith, en Angleterre, puis par le Dr Borgen, pour la correction des observations de la Gabelle, avaient été établies pour des bâtiments dans la construction desquels entrait peu de fer. Le cas n’était plus le même avec des bâtiments de guerre ordinaires où les forces perturbatrices
- (q Comptes rendus, t. CXXIII.p. 580, séance du 19 octobre-(*> Voir L’Éclairage Électrique, t. V, p. 423, 3° n0* membre 1895.
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- REVU K D’ELECTRICITE
- ^nt en général assez fortes. Il était donc indispensable de reprendre l’étude théorique de ces corrections et de déduire des équations fondamentales de Poisson un ensemble de formules pratiques offrant toute la précision necessaire dans les circonstances nouvelles.
- » Le principal caractère de la méthode que j’ai indiquée consiste en ce que les constantes nécessaires au calcul des corrections de chaque espèce d’observation (déclinaison, force totale ou inclinaison) sont déduites exclusivement des observations de même nature, ou, plus exactement, que les résultats des deux autres observations n’interviennent que dans les termes du second ordre. Ces constantes sont des fonctions très simples de celles de Poisson ; la plupart d’entre elles se reproduisent dans les trois formules de corrections. La méthode permet ainsi, par la comparaison des valeurs déduites des trois séries d’observations, de contrôler à la fois la précision des mesures faits avec la théorie. Voici le méthode :
- )> Détermination des constantes. — Les formules données par Poisson, pour représenter l’influence perturbatrice du fer d’un navire sur l’aiguille aimantée, sont, en désignant par X, Y. Z les composantes du champ terrestre' et par X', Y7, Z'celles du champ troublé, par rapport aux trois axes principaux du navire en un point donné :
- et l’accord d résumé de ce
- -a)X +
- dX + (i + <
- b Y + cZ + P,
- i Y + fZ + Q,
- hY + (i + k) Z + R.
- P, Q, R sont les composantes du champ produit par l’aimantation dé la coque, que la théorie suppose permanente, et a, b, c, ..., k des coefficients numériques représentant l’influence du magnétisme induit par la force terrestre.
- » Un simple changement d’axes de coordonnées donne, en désignant par Ç le cap magnétique du navire et avec les notations suivantes :
- . déclinaison locale,
- .' déclinaison à bord, S = A’ — A déviation horizontale,
- r = 0 — 0' déviation verticale.
- et en désignant par A, H, G, T), K des coeffi- I rents pour les trois équations cients constants dans un même lieu et diffé- |
- / -pr [F (sin 6' sin 0 + cos 9’ cos 6 cos S) — F. j
- •• Les premiers membres de ces équations I du troisième ordre et en posant à : ont pour valeurs, en négligeant les quantités | t = sin-:,
- ( -L {/» + ô3cos26),
- < à — {w — t tang-0) ù,
- r t—wi-------- d2 sinze.
- l 4
- » Enfin pour les coefficients A, B, C. D, E | des trois équations, si l’on pose
- ^8\ = £> = -i-(a-e), S =-*-(<;+il,
- + ‘‘ = ~{?+g\ r=^-l/'+A,,
- ' » =Y('‘“iLFi)' '4=^-(‘ + g). s=-E(A+/>I.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- et si l’on indique respectivement par série J correspondant aux trois équations, on a les jr, série d, série t, les séries de coefficients J expressions suivantes :
- Série w.
- B =
- D= +Scos*%
- E= — £D cos2G,
- Série d.
- 320,
- 2fi) p WüTo' + ctan£0’
- 120, Q Feosft ' + AangO,
- £>,
- ê,
- Série l.
- + î + P^--^cos20,
- - <Ssin0cos0,
- — g) sinO cosO.
- » On voit que les constantes qui figurent dans ces expressions sont au nombre de 14, tandis que les équations de Poisson n’en contiennent que 12. Il existe donc entre elles deux relations; ce sont les suivantes : c — (p + ?) = o, /— (r + s) = o.
- » C’est à l’aide de ces formules que l’on détermine les constantes.
- » Correction des observations à la mer. — Les équations de Poisson, et les équations (1) qui en ont été déduites, donne les corrections jn, d, l en fonction des éléments vrais. En résolvant les équations de Poisson par rap-
- port à X, Y, Z, on obtient, en désignant par a\ b\ c',..., U, P’, Q', R', des quantités qui ne diffèrent en valeur absolue des coefficients correspondants de Poisson que par des termes du second ordre dont on peut aisément obtenir les valeurs,
- X = (i + «'] X'+V Y' + F Z' + P', Y^d'X' + li+J) Y'+/'Z'+Q\ Z=g‘X' + h'Y' + (i + k’) Z'+R'.
- » En faisant subir à ces équations les mêmes transformations qu’à celles de Poisson on obtient, après toutes réductions, des équations de la forme suivante
- /
- F —F' *2 + ô2cos20'
- F' “ 2
- sin 8 = à = — ô (jF — itangO';
- l A'+ B'sinÇ' + C' COS2Ç' ( + D'sin 2 Ç' -J- E' cos Ç.
- (1)
- où les coefficients A', B', C', D', E' ont des j remplacées par la force et l’inclinaison appa-expressions de même formeque A,B,C,D,E, rente, et dont les constantes ont subi les mais où la force et l’inclinaison vraie sont | corrections suivantes
- \ AD = - ~ (a2 — e2 + cg), \m = -~L(a2 + e2 + 2k2 + $cg), An = - JL {2k2 - a2 — e2 -f cg),
- ! = ~ P (a + *), = - q (fl + k), Ac = - c (fl + k),
- AP=—(P* + R<r), AQ= — Qe, M< = ~{Rk + Pg).
- » On a supposé dans ces formules que l’instrument était sensiblement dans le plan de symétrie et que, par suite, b, d, f. h étaient du second ordre.
- » Pour l’application de cette méthode, on se coniorme aux règles suivantes :
- » t° Dans chaque port de relâche où F, A, 0 sont bien connus, on fait tourner le navire en l’arrêtant à 32, 16, ou 8 caps magnétiques
- équidistants à partir du nord, et l’on mesure à chaque cap F’, A’, 9’.
- 20 On calcule, pour chaque cap, les valeurs exactes des premiers membres des équations (1) ou plus simplement leurs valeurs approchées par les formules (2).
- » 30 On soumet ces résultats à l’analyse harmonique par la méthode appliquée habituellement à la détermination des coefficients
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- je formule des déviations. On obtient ainsi les coefficients A, B, C, D, E des trois séries-
- „ 40 Les expressions données dans le tableau ci-dessous donnent, pour chaque coefficient, dans chaque relâche, une équation de condition et, en traitant les équations ainsi obtenues par la méthode des moindres carrés, 0n en déduit les valeurs de toutes les constantes. Ce calcul, en apparence très compliqué, est, en réalité, très simple, par suite de l’identité des coefficients des équations à trois inconnues, et parce que les équations à deux inconnues peuvent être reparties en deux groupes jouissant de la même propriété.
- » 5” A l'aide des formules '4) on déduit de ces constantes les valeurs des coefficients a, e, A', c, g qui entrent dans les corrections de second ordre, et l’on applique les corrections (5).
- » 6° Pour corriger une observation à la mer, connaissant F', 0', A', on calcule les coefficients A', B', C', 0', E' par les formules du tableau ci-dessus, en ayant soin d’employer, pour chaque série d’observations, les constantes déduites d’observations de même nature. On calcule ensuite l’expression trigo-nométrique qui figure aux seconds.membres de (4); puis, avec ces valeurs approchées du premier ordre de iv', d, t, on calcule les termes du second ordre. Le problème est alors résolu, car on. a
- F = F' + w' F', f)=6' + T.
- » Mission du lieutenant de vaisseau Schwe-ver sur le Dubourdieu. — La première mission de cette nature fut confiée àM. Schwerer lieutenant de vaisseau. Cet officier partit de Cherbourg sur le croiseur le Dubourdieu, portant le pavillon du contre-amiral commandant en chef lu division navale de l’Atlantique. Pendant son séjour a bord, du icraoût au 15 décembre, le Dubourdieu visita successivement Santa-Cruz de Tcneriffe, Dakar, Sierra Leone, Kotonou, Libreville, Bahia, Montevideo, Rio. Dans chaque relâche,
- M. Schwererfit faire au navire un tour d’horizon. Il a pu ainsi recueillir, pour chacun des coefficients A, B, C, D, E, g valeurs réparties dans une région où l’inclinaison varie depuis -h 66° 15' jusqu’à — 28068'. En traitant ces 15 groupes de g équations par la méthode des moindres carrés, on a obtenu les résultats suivants :
- OBSERVATIONS
- P.
- Q.
- R.
- P
- q
- D.
- E.
- /
- + 0,0346
- — 0,0023
- — 0,0045
- + 0,0254
- + 0,0727
- + 0,033-5 — 0,0033
- O.M5
- 0003
- 0056
- 0253
- + 0,0448 + 0,0408
- q- 0,0018 — 0,0052
- » T.a concordance de ces résultats déduits d’observations très différentes est assurément digne de remarque.
- » Les composantes P, Q, R dues à l’aimantation permanente de la coque sont exprimées en unités C.G.S.; le plus grand écart est de 0,004.
- » Le plus grand écart des autres constantes qui représentent soit des coefficients numériques de force, soit des valeurs angulaires est de 0,01. Cete approximation est du même ordre que la précédente pour la correction de force, et elle équivaut à environ un demi-degré pour les corrections angulaires.
- » Enfin, comme dernière vérification, les quantités c — (p + q) et f — (r + s) qui devraient être nulles, ont respectivement pour valeur 0,0007 et 0,0m.
- » Ces résultats montrent avec quel soin et quelle précision M. Schwerer a rempli la mission laborieuse et délicate qui lui était confiée.
- » Les observations faites en mer sont au nombre de 127, elles ont été réduites par la-méthode indiquée plus haut; ces résultats ont été transmis au Bureau des Longitudes.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- » Ce qui précède montre que même sur un batiment comme le Dubourdieu, dont les déviations dépassent 20°, il est encore possible à un bon observateur d’obtenir des valeurs satisfaisantes pour les éléments magnétiques. »
- Sur la propriété de décharger les corps électrisés, produite dans les gaz par les corps incandescents et par les étincelles électriques ;
- Par Édouard Branly(‘).
- » Dans une note insérée dans les Comptes rendus du 4 avril 1892, j’ai fait connaître quelques-uns des résultats énoncés par M. Villari i2) dans sa Communication du ig octobre 1896. A propos de recherches sur une conductibilité unipolaire des gaz, après avoir montré comment variait la déperdition produite sur le disque d’un électroscope par un fil de platine rendu incandescent par un courant électrique, j’ajoutais :
- » La déperdition est encore produite en refroidissant les gaz chauds qui enveloppent le fil de platine incandescent (rendu incandescent par un courant électrique) et en les projetant sur le disque. Une figure explique la disposition expérimentale (3). Le fil de platine rougit au-dessous d’un entonnoir fixé au bas d’un serpentin de 2 m plongé dans l’eau froide. À son extrémité supérieure, le serpentin s’emboîte dans la tubulure d’un tube où circule le gaz d’un réservoir à 25 atmosphères. Le jet de gaz qui tombe ainsi sur le disque est très froid.
- » Si l’on remplace le fil de platine incandescent par la flamme d’un bec de Bunsen, d’une lampe à alcool, d’une bougie, les gaz de la flamme, aspirés, refroidis et lancés sur le disque électrisé, déterminent une vive déperdition. La déperdition est ici la même poulies deux électricités. Même résultat avec les
- (') Comptes rendus, t. CXXIII, p. 643, séance du 26 octobre.
- p) Voir L'Éclairage Electrique du 31 octobre, p. 232.
- (s) Voir la figure dans la Note du 4 avril 1892.
- ga\ des étincelles électriques (les étincelles étaient produites par une petite machine électrique ou par une bobine d’induction, au-dessous de l’entonnoir du serpentin, à la place même où se trouvait précédemment lé fil de platine incandescent).
- » Ajoutons qu’un courant de vapeur d’eau ou d’hydrogène, ou d’air, fortement chauffés et lancés contre le disque 11e donne lieu à aucune déperdition.
- » On voit que les étincelles électriques ne jouent pas le rôle spécial que M. Villari pa-raît disposé a leur attribuer.
- « Les expériences, que je viens de rappeler d’après ma Note du 4 avril 1892, ont été décrites avec plus de développements dans le Bulletin des séances de la Société française de Physique (p. 215 à 230; 1892)0. »
- Sur l’efficacité de la protection de la tour Saint-Jacques contre un coup de foudre exceptionnel;
- Par Ch. Mildé et El. Grenet (2).
- « Ainsi que M. E. Grenet a eu l’honneur de le faire connaître a l’Académie [(Comptes rendus, 17 avril 1884) (01, l’emploi d’un conducteur, en cuivre rouge met à l’abri, d’une façon absolue, les édilîces qui en sont pourvus, quelque violent que puisse être l’orage qui éclate autour d’eux. Le conducteur est un ruban métallique qui constitue un véritable réseau dans l’intérieur duquel tout le bâtiment à protéger se trouve enfermé.
- » Un coup de foudre remarquable, qui a éclate le 7 juillet 1896 sur la tour Saint-Jacques, où, par ordre de l’autorité municipale nous venions d’établir notre système de protection, en a démontré l’efricacité corn-
- (') Voir La Lumière Électrique, t. XLIV, p. 437> 28 mai 1892.
- (5) Comptes rendus, t. CXXIII, p. 644, séance du 23 octobre.
- (») Cette communication était relative au coup de foudre qui venait d'éclater sur l’église de Belleville en y mettant le feu, malgré la présence de trois paratonnerres à grandes tiges soigneusement entretenues par le service de contre de la ville.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- plcte et nous semble, par ses particularités, de nature à intéresser l’Académie.
- « D’après le document officiel, rédigé par le directeur de cet observatoire, une première décharge a éclaté à 21 heures 58 minutes 2i secondes4 un vif éclair, accompagné d’un fracas formidable, s’est montré au zénith; la pointe du paratonnerre a été portée au rouge sur une longueur de 50 à 60 cm. On a entendu le bruit caractéristique de l’émission d’une violente effluve.
- » Les mêmes phénomènes se sont reproduits successivement, à quelques différences d’intensité près, à 22 heures 1 minute 4 secondes, à 22 heures 1 minute 43 secondes, à 23 heures 7 minutes 25 secondes et, enfin, une cinquième et dernière décharge, à 22 heures 14 minutes 10 secondes.
- » Malgré la violence de ces explosions successives, contrairement à ce qui était arrivé antérieurement lors de plusieurs fulgurations n’ayant pas cependant éclaté directement sur la tour, les observateurs en station sur la plate-forme ont pu en toute liberté d’esprit et sans éprouver aucun effet physique sensible, enregistrer minutieusement tous les détails, toutes les phases de l’orage qui se déchaînait autour d’eux. Nous pensons qu’il n'est pas sans intérêt d’indiquer à l’Académie les détails du dispositif dont nous nous sommes servis dans cette construction.
- » Conformément aux prescriptions contenues dans le Rapport de Gay-Lussac, adopté par l’Académie dès 1823, nous avons disposé un double conducteur, de manière à envelopper complètement la tour Saint-Jacques dans toute sa hauteur.
- L’un de ces conducteurs est en communication avec les maîtresses canalisations d’eau et de gaz, et l’autre se termine par une prise de terre spéciale, constituée par un tubage en tôle de 0,15 m de diamètre et de 10111 de long enfoncé dans le sol. Ces dispositions sont également conformes aux indications données par la Commission des paratonnerres pour les batiments de l’État.
- » Les conducteurs que nous avons em-
- ployés sont constitués par des rubans de cuivre rouge de 0,03 m. de largeur et de 1 mm d’épaisseur, parfaitement flexibles; ils s’appliquent sans faire de saillies sur les murailles du monument dont ils épousent toute l’ornementation.
- » Nous avons garni l’extérieur de la plateforme d’un circuit reliant les pointes en cuivre rouge que portent sur leur sommet les statues qui en occupent les quatre angles.
- » En outre s’élève au centre une longue tige qui dépasse de 0,20 m la statue de saint Jacques, par laquelle toutes les autres sont dominées.
- » Afin de compléter la protection des observateurs qui se trouvent entourés d’objets métalliques de toute nature sur la plate-forme où ils se meuvent, nous avons ajouté, à la tige centrale, un anneau que l’on peut hisser à volonté en s’aidant de la poulie du drapeau et qui porte quatre chaînes métalliques fixées à chacune des quatre pointes des statues.
- « De la sorte, nous avons constitué comme un immense vélum électrique sous l’abri duquel les observateurs sont en parfaite
- CHRONIQUE
- L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE A L’ÉTRANGER
- Anvers. — Éclairage. — Le conseil communal d’Anvers vient d’étre saisi des propositions suivantes :
- i'1 D’autoriser l’établissement à titre d’essai, au quai de l’Entrepôt, d’une installation de lumière électrique ;
- 2" D'accorder une somme de 5 000 fr pour faire face, sur le pied de l'évaluation, à la dépense que nécessitera la susdite installation;
- Ÿ D’agréer que les lampes électriques soient allumées au service des intéressés qui en feront la demande ; le prix de la lampe-heure reste fixé à 0,50 fr.
- D'autre part, la Compagnie hydro-électrique
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- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- anversoise n’ayant pas trouvé, dans la transmission de l'énergie par le moyen de l'eau sous pression, les avantages économiques que l'on prévoyait, a renoncé à ce mode de transmission et désirerait revenir à l’emploi de la vapeur pour la production de l’énergie électrique. Elle vient d’adresser une demande à cet effet; le conseil croit qu'il y a lieu d'accueillir cette demande.
- Bambfrg (Allemagne). — Traction. —I.e conseil municipal de la ville de Bamberg vient de prendre une décision définitive en faveur d'un projet de création d’un réseau de tramways électriques d'une longueur circulaire de 12 km.
- Le matériel électrique, fourni par la Société d’exploitation des procédés électriques Walker, se compose de 12 voitures motrices munies chacune de deux moteurs Walker de 25 chevaux manœuvras par le dernier type de contrôleur à interrupteur rapide.
- L'énergie électrique sera fournie par deux génératrices du même constructeur tournant à 650 tours par minute.
- La ligne aérienne est supportée par des poteaux
- Bex {Suisse). — Éclairage. — On nous informe que le Conseil d'État vient d’accorder à la commune de Bex la concession des forces motrices de l’Avançon, de la Penfairc au pont de Sublin, ainsi que le droit de placer une conduite dans la forêt de la Larze.
- L’énergie hydraulique utilisable pourrait au besoin fournir le courant nécessaire à l’éclairage et à un réseau de tramways tout en laissant une quantité notable d’énergie disponible.
- Nous apprenons d'autre part que la direction de la Compagnie du Saint-Gothard vient de décider d’éclairer la gare d’Ersfeld, une des plus fréquentées de son réseau, au moyen de la lumière électrique. L’énergie'nécessaire serait fournie par une rivière voisine, l'Alpbach.
- Bozen-Mrrau. — Station centrale et transport de force. — Une station centrale à courant triphasé est sur le point d’être construite à 7 km de Meran sur la rivière Etsch. La direction des travaux a été confiée à M. Oscar von Miller, de Munich, pour le compte de MM. Ganz et Cle, de Budapest, concessionnaires de l’entreprise.
- La puissance hydraulique fournie par les eaux
- de la rivière sera d’environ 7 000 chevaux. Un tiers seulement de cette puissance sera utilisé au début pour la production de l'énergie électrique.
- La dérivation projetée fournira aux turbines un débit de 10 m3 par seconde sous une chute de 7° m.
- Les dimensions de l’usine sont calculées en prévision de l'installation de six groupes. Les deux premiers comprendront chacun une turbine à axe vertical directement couplée à une génératrice de courant triphasé de 650 kilowatts à 360 tours par minute. Le tableau de distribution tout en marbre et monté sur un un cadre métallique aura 18 m de long et comportera tous les instruments nécessaires au contrôle et aux mesures du courant ainsi que les appareils pour le couplage en parallèle des génératrices.
- Le courant.sera transmis dans chacune des deux villes, Bozen et Meran par 6 câbles supportés par des pylônes et aboutissant à deux sous-stations transformatrices. A Meran le courant primaire ne subira qu’une seule transformation avant d'être réparti sur le réseau; tandis qu'à Bozen la tension (10000 volts) sera d’abord ramenée à 3000 volts par deux transformateurs de 350 kilowatts couplés en parallèle, puis à 1 t 5 volts pour l'utilisation par des transformateurs situés sur les divers points principaux du réseau de distribution.
- Cette nouvelle station sera, paraît-il, mise en exploitation en septembre 1897. Tl est présumable qu'avec les moyens économiques dont cette usine disposera pour la production de 1'.énergie électrique, son agrandissement suivra de près les premières installations. Ou parle déjà de créer plusieurs lignes de tramways électriques pour relier les deux villes.
- Brooklyn [New-York). — Traction. — La Compagnie des chemins de fer élevés à traction électrique de Brooklyn vient de publier son rapport annuel. L’extension et la construction de nouvelles lignes de surface, ont absorbé 1 809 195 fr ; celles des lignes élevées, 421 195 fr ; les constructions mécaniques, 36340 fr; les bâtiments de garage, 575 40s fr ; les voitures seules. 187 465 fr ; les équipements mécaniques et électriques (trucks, moteurs, contrôleurs, accessoires divers), 1 012245 les frais d’agrandissement des stations centrales et adjonction de nouveaux groupes générateurs, 23 900 fr ; les frais divers, 311 443 fr ; soit un total de 483 710 fr pour l’année 1895. Le nombre des
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- r
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- voyageurs transportés pendant le courant de cette année s'élève déjà à 106686 306, contre 100879646, pour l'année précédente. Le total des salaires payés aux employés de la Compagnie est de 10 112 33° fr Par aru
- Corio {Italie). —- Station centrale et éclairage.
- ___La station centrale dont la ville de Corio est
- depuis peu dotée a été, ainsi que le réseau de distribution de l'énergie, inaugurée ces jours derniers.
- Un canal de dérivation, établi près de Ronchetti, amène les eaux de la Malone avec un débit de 230 litres par seconde. L’énergie hydraulique est utilisée, avec une chute de 10 m, par une turbine à réaction et à axe horizontal. La dynamo est directement couplée à l'axe de cette dernière. L'énergie électrique produite est transmise, sous le potentiel de 10000 volts, par deux câbles aboutissant à la station réceptrice de Corio.- Là, le potentiel est ramené à une tension convenable pour l’utilisation dans les lampes du réseau.
- Cardiff (Angleterre). — Station centrale et éclairage. — Il était facile de prévoir qu’une ville d’une importance commerciale, comme Cardiff ne pouvait manquer de suivre l’exemple des autres villes voisines, qui ont adopté l’éclairage, électrique.
- Le système de distribution adopté à Cardiff est celui dit à haute tension. Il permettra, pour débuter. d’alimenter 200 lampes à arc et environ 2 000 lampes à incandescence.
- A la station centrale des moteurs à vapeur, l’un de 200 chevaux et l'autre1130 chevaux, sont couplés par câbles à un arbre de transmission, actionnant à l'aide de courroies 4 dynamos Brush pour l'éclairage à arc et un alternateur avec son excitatrice pour l'éclairage à incandescence.
- Deux autres moteurs à vapeur de 65 chevaux chacun actionnent un deuxième arbre de transmission composé de deux parties, réunies par un couplage à friction. Cet arbre est muni de poulies recevant tes courroies des deux autres alternateurs st dune excitatrice. Ces alternateurs peuvent, grâce au couplàgè mobile de l’arbre, fonctionner ensemble ou séparément.
- Les dynamos à arc donnent un courant de 27°o volts et les alternateurs donnent un courant alternatif à 2 200 volts. Les lampes à arc sont alimentées par un réseau dont les feeders partent
- directement du tableau de distribution, tandis que les lampes à incandescence sont- alimentées par du courant alternatif ramené à 100 volts par des sous-stations disséminées sur plusieurs points du réseau.
- Cleiwitz (Allemagne). — Traction. — La Société des Tramways à vapeur de la Haute-Silésie a décidé la transformation de tout le réseau desservant le district industriel de la Haute-Silésie où la traction à vapeur sera remplacée par la traction électrique.
- Le service de traction électrique sera introduit en premier lieu sur les sections : Gleiwitz, Zabrze, Kijnigshütte, Kattowitz, Laurahtifte, Beuthen, Deutsch-Piekar et Konigsbütte, Kattowitz, Laura-hütte Kftnigshütte, pour lesquelles 30 voitures motrices et 60 voitures à remorquer ont été prévues. Tl y aura aussi sur ces sections un service de marchandises.
- Le nombre de places sur les voitures motrices, qui sont.de seconde et troisième classe combinées, sera réparti comme suit : pour la seconde classe, 18 places assises et 5 debout ; pour la troisième classe, 20 places assises et 5 debout. En outre les plates-formes pourront contenir 12 places debout.
- Les voitures reposent sur 2 boggies de 785 mm de largeur de’voie. Chacun des 4 axes est commandé par un moteur de 18 à 20 chevaux. L’appareillage électrique des voitures motrices comprenant 120 moteurs, y compris tous les appareils de réglage et de sécurité, les câbles de connexion a été confié à ta maison Electricitàts-Gesellschaft Félix Singer et C15, de Berlin.
- L’écartement des rails de 785 mm est le plus petit en Europe sur lequel on peut appliquer la traction électrique avec suspension normale des moteurs.
- Cet écartement, exigé par la situation du lieu, fut la cause de grandes difficultés au point de vue de la disposition des moteufs sur les voitures ; toutefois ces difficulés ont été surmontées par la société mentionnée ci-haut et la compagnie Wal-ker de Cleveland, dont elle a la représentation, a construit à cct effet un moteur spécial.
- C’est la première ligne de chemin de fer électrique en Europe, sur laquelle des voitures motrices à 4 axes moteurs sont en service.
- La longueur totale des 2 réseaux est de 33 km
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- L’ECLAIRAGE ELECTRIQUE
- Gorebridgb [Angleterre). — Transport de force dans les mines. — La Arniston Coal Company, de Gorebridge, vient de concéder à MM. Scott et Mountain, ingénieurs électriciens à Newcastle, l’entreprise d'installation et d’équipement d’une station centrale dont l’énergie sera utilisée dans les mines à divers travaux,épuisement,traction, etc.
- La station comprendra deux moteurs Corliss de 300 chevaux chacun, actionnant par courroies ou câbles deux dynamos à- courant continu produisant ensemble 400 kilowatts, à 525 volts.
- Les circuits sont installés en double, de sorte que la transmission d’énergie ne serait pas interrompue en cas d’accident à l'un des deux circuits.
- Ils sont placés dans le puits principal et aboutissent à une boîte de commutation. Cette boîte, qui n'est qu’un tableau de distribution clos, renferme les commutateurs et coupe-circuits des différents branchements se rendant aux appareils d'utilisation. Ces derniers sont, pour la plupart, des moteurs électriques actionnant les pompes d'épuisement.
- En prévision de l'installation prochaine de nouveaux appareils d’utilisation de l’énergie électrique dans ces mines, les dispositions ont été prises pour que l'extension du réseau puisse s'effectuer sans modifier l’installation première.
- Lite,v. [Belgique). — Traction. — L’administration des tramways de la ville de Liège vient de décider la substitution progressive de la traction électrique à la traction animale et à vapeur sur les lignes de son réseau. Pour cette année les premiers travaux de substitution ont été effectués sur les deux lignes de Vivegnis-Guillemins et de Coroneuse-Guillemins.
- L'administration du tramway à vapeur de la ligne de Liège-Seraing, suivant l’exemple qui vient de lui être donné, se propose également de substituer l'électricité à la vapeur pour la fin de l'annce.
- Lugano [Italie). — Traction. —Nous apprenons qu'un nouveau tronçon de ligne de tramways électriques sera prochainement établi à Lugano pour desservir la station du chemin de fer du Saint-Gothard en passant par la via Cantonale. D'après la feuille italienne à laquelle nous empruntons ces détails, la Société des tramways électriques serait aussi autorisée à créer une autre ligne circulaire qui desservira cette même station et Geretta.
- Manchester [Angleterre). —\Station ceniralepri~ vée au ga\. — L'application des'moteurs à gaz à la
- production de l'énergie électrique fait toujours des
- progrès chez nos voisins d’outre-Manche. On se rappelle qu'il y a quelque temps (t. VIII, p. 42^ nous avons décrit la station centrale de Belfast qui est entièrement équipée de moteurs à gaz. Aujourd'hui il s'agit d’une petite station privée destinée à alimenter les lampes de l'éclairage d’un grand magasin appartenant à MM. Marshall et Arton, de Manchester. Le groupe électrogène, situé dans un des locaux de l'établissement, se compose d’un moteur à gaz de 50 chevaux couplé à l'aide d'une courroie, à une dynamo à courant continu de 20 kilowats et de 100 volts.
- Le moteur est du type horizontal et est muni de deux volants pesant chacun 2 1/2 t. Ce poids permet au régulateur ajustable, dont le moteur est muni, d’effectuer le démarrage automatique du groupe. L'admission du gaz dans le tube d’enflam-mation est manœuvrée parmi régulateur Stott, à mercure, qui permet d’obtenir une pression constante du gaz dans le tube, quelle que soit la pression dans les conduits d'amenée. La réfrigération du cylindre est assurée par une circulation continue d'eau. Un tendeur mécanique pour-la courroie de transmission complète l'installation du moteur.
- La dynamo est entraînée à la vitesse de 450 tours par minute; le courant produit passe parles appareils d'un tableau de distribution d’où il est réparti sur les différents circuits à arc et à incandescence.
- Les lampes à arc sont au nombre de 7o, elles consomment chacune 7 ampères et sont montées deux par deux en série.
- Le nombre des lampes à incandescence raccordées est de 100.
- Les frais d’installation de cette petite usine sont répartis comme il suit pour l'exploitation d’une
- année :
- Gaz...................................... 1 375 fr
- intérêt à \ p. 100 d'un capital de 50000 fr. 2000 » Dépréciation à 5 p. 100 d’une somme de 32500 fr (usine en non-activité). . ... 1 625 •
- Dépréciation à 10 p. 100 d’une somme de
- 17500 fr (usine en marche)............. 1 75° ’
- Salaires................................. 2 250 *
- Charbons pour lampes................... 875 >
- Réparations, divers.................... 625 _>
- Total.............10 500 fr
- Le tableau suivant donne le prix de revient de
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- REVUE D’ELECTRICITE
- l'énergie fournie annuellement par la Electric Corporation Supply en quantité équivalente à celle produite comme précédemment.
- Courant.................................. 9 .375 fr
- Intérêt à 4 P- 100 sur 32 500 fr......... 1 300 »
- Dépréciation à 3 p. 100 de ladite somme. 1 625 »
- Salaires................................. 2 000 »
- Charbons....................................... 875 »
- Réparations, divers............................ 325 »
- Total................15S00 fr
- On voit que l’économie réalisée annuellement ^ 000 fr), avec l'installation privée, est assez notable et présente un taux d’amortissement fort raisonnable du capital engagé dans l'installation première.
- Martigny et Aoste. — Traction. — Il est question, paraît-il, de construire une ligne funiculaire à traction électrique entre Aoste et Martigny par le mont Saint-Bernard. Ce projet a été récemment élaboré par un syndicat anglais. Afin de diminuer les frais de terrassement, ce projet comporte une voie à crémaillère avec une pente générale de 5 p. 100 jusqu'au col qui est à une hauteur de
- Les frais de construction de ce chemin de fer seraient, d'après le Zeitung des Vcreins deutscher Eisenbahn-Vervaltung, évalués à 40 millions de francs. Ce projet 11'est pas considéré en Suisse comme pouvant avoir quelque influence sur les relations internationales, car sa pente est par trop considérable, mais comme une nouvelle forme de l'opposition du Piémont au percement du
- La traction sur ce funiculaire 11e pourra s'exercer que pendant les deux tiers environ de l'année, car le mont est enneigé pendant près de 4 mois. Toute circulation est par suite interrompue.
- New-York. — Traction. — On vient de faire 1 essai, sur le métropolitain de New-York, de chemins de fer électriques avec le système dit à trois rails. Les premières expériences ont été faites le 5 octobre dernier sur un embranchement de la 34 rue entre le Long Island Ferry et la Y avenue. Le troisième rail, servant de conducteur d'aller du courant, est posé parallèlement à la voie de roulage. Les contacts sont établis à l’aide de deux sabots en acier glissant sur le rail. La locomotive es* équipée de deux moteurs électriques de '2v chevaux et d'une batterie d'accumulateurs de éléments servant à parera toute éventualité
- survenant sur le rail conducteur et aussi à uniformiser la charge en ligne et à la station.
- Oxford (Angleterre). — Eclairage. — L'éclairage électrique a pris, depuis quelques années, une extension considérable il Oxford. Déjà, l’automne dernier, la Compagnie d'clectricité s'était vue obligée d’augmenter la puissance de son usine et d'ajouter une unité de 200 chevaux au matériel préexistant. Cette année, les demandes sont plus nombreuses encore que l'année précédente, aussi l’usine possédera-t-elle bientôt de nouvelles génératrices pouvant donner ensemble 600 chevaux électriques supplémentaires. On procède actuellement à l'agrandissement du réseau et à l’édification de plusieurs sous-stations de transformation réparties sur divers points du réseau. Les lampes à arc de l'éclairage des rues, qui ne sont que de
- 1 200 bougies, seront remplacées par d'autres de
- 2 000 et leur nombre sera doublé sur les places et dans les principales grandes rues.
- Ottawa (Canada). — Traction. — On sait avec quelle rapidité l'industrie électrique s'est développée au Canada en raison des nombreuses chutes dont ce pays est doté. Nous apprenons qu'on procède actuellement à la substitution de la traction électrique à la traction à vapeur sur la ligne reliant Hull, un des faubourgs d’Ottawa, à Aylmer. L'entreprise des travaux de substitution a été concédée à la Hull Electric Company qui doit exploiter la ligne pendant une période de trente-cinq années. La puissance hydraulique est fournie par les rapides de Dechesne à l'endroit où le lac du même nom se jette dans la rivière d'Ottawa. Les 4 turbines déjà installées sont du type New American ayant un diamètre de roue d’aubes de 1,50 in. Chacune de ces turbines est couplée à un générateur électrique fournissant du courant à la ligne. Cette dernière est parcourue par 35 trains opérant le trafic entre les deux villes en 24 heures. Les voitures motrices sont équipées chacune de deux moteurs G.E. 1.200, montés sur double truck et de deux contrôleurs K. 21. Un nouveau type de locomotive électrique construit par la Cana-dian Electric Company vient d'être mis en expérience sur la ligne ; cette locomotive est équipée d’un double truck ayant un moteur sur chaque essieu et pèse 20 tonnes. Les essais ont donné d’excellents résultats.
- Philadelphie. — Traction. — La ligne suburbaine de tramways électriques devant desservir la ban-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- lieue de Philadelphie est entièrement achevée et vient d’être mise en exploitation. Cette nouvelle ligne est circulaire et à simple voie. Son point de départ est à l'embranchement de la Belmont et Elm Avenue ; elle s’étend dans la banlieue jusqu'aux lacs, et décrit ensuite une courbe allongée dont le point extrême est à Chamounix, puis revient au point de départ en reprenant à l'embranchement la voie de-retour sur la double voie de la ville.
- La voie est constituée par des rails à T, du poids d'environ 50 kg par mètre courant. Les raccords électriques de chaque portion de rails sont effectués à l’aide de doubles joints plastiques Brown, l.e fil aérien surplombant la voie est supporté par des fils d’acier tendus entre deux pylônes ; il reçoit le courant par un système de feeders partant- de la station génératrice. Cette dernière est située près de Columbia Bridge à proximité d’une voie ferrée et d’un canal dont l’eau sert à l’alimentation des chaudières. Son équipement actuel se compose de deux-unités de 500 kilowatts.
- Le trafic est assuré sur cette nouvelle ligne par 60 voitures, dont 30 motrices et 30 de remorque. Le tarif du transport des voyageurs est fixé à 0,25 fr pour le voyage circulaire complet.
- . Washington [Amérique). — Station centrale. — L’immense bâtiment connu à Washington sous le nom de Congressional Library vient d’être doté de l’cclairage électrique. La station centrale privée construite pour la production de l’énergie électrique est, paraît-il, Lune des plus belles et des mieux équipées des Etats-Unis. La chambre des chaudières surtout a un très bel aspect ; les 16 générateurs de vapeur sont alignés sur une même rangée dans un des halls de. Lusine ; les moteurs à vapeur et dynamos en occupent un autre dans le même corps de bâtiments.
- L’équipement mécanique et électrique de cette station comprend 4 moteurs monocylindriques à vapeur. Trois d’entre eux entraînent par couplage direct trois dynamos Siemens et Halske, à courant continu d'une capacité individuelle de 100 kilowatts à 130 volts et 130 tours par minute. Le quatrième moteur, un peu plus faible que les premiers, est couplé à une dynamo à 6 pôles fournissant 196 ampères à 125 volts à 300 tours.
- L’énergie produite sera entièrement utilisée par des lampes à incandescence et une quinzaine de ventilateurs. La rotonde de la bibliothèque sera
- éclairée à elle seule par 2 500 lampes de 32 bougies. On projette d’installer dans ce local des câbles aériens parcourus par de minuscules ponts roulants qui serviront au transport des livres aux différents points de l’hémicycle.
- Le réseau de distribution est à deux fils et parcourt les différents étages de l’établissement. Le nombre des lampes qui pourront être raccordées à ce réseau est de 8 000. Actuellement ce nombre n’est encore que de 6 000, les groupes générateurs n’étant pas complets.
- DIVERS
- La traction électrique, à Paris. — A proposée l'information publiée dans notre dernière chronique (p. 237) au sujet de la ligne de la place de la République à Romainville et aux Lilas, -nous recevons de la Société générale de traction et d’électricité les renseignements complémentaires et rectificatifs suivants :
- * M.Claretne nous a pas-cédé sa concession, mais vendu des actions de la Société de Romain-ville, et nous avons fait cette acquisition parce que M. Claret nous a mis à même d’étudier le' système de traction employé qui nous a donné toute satisfaction; nous n’avons donc pas l'intention de le modifier. Nous ajouterons que M. Claret a bien voulu continuer son concours à la Société du tramway de Romainville dont il a accepté de rester le président. »
- Pour notre part, nous sommes heureux d’insérer cette marque d’approbation en faveur d'un système qui, ainsi que nouslcdisions, afonctionné avec satisfaction depuis son inauguration à Paris, ce qui permettra peut-être enfin d’introduire la traction électrique dans les grandes villes d'où le trôlet aérien semble être banni pour le moment.
- ERRATUM
- Dans le sommaire du précédent numéro et à la page 224. au lieu de :
- Câbles airés Fellon et Guillaume. lire :
- Câbles aérés Felten et Guilleauine.
- Le Gérant .- C, NAUD.
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- IX.
- Samedi
- il»re 1896.
- î. — N" 46.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ELECTRICITE
- Directeur Scientifique : J. BLtJNDIN
- rédaction : G. PELLISSIER
- LES RAYONS CATHODIQUES
- I L IA THÉORIE DE JAUMANN (')
- N OUVELI.IîS EXPÉRIENCES DE M. JAUMANN
- Quand j’eus démontré que dans la théorie proposée, les rayons cathodiques doivent suivre les lignes de force, M. Jaumanti né renonça pas à sa théorie; mais il conclut que, par un mécanisme qu’il restait à expliquer, les lignes de force électrique devaient dans un tube de Crookes devenir rectilignes. Les charges électriques sur le verre tendent, d’après lui, à prendre une distribution telle que les lignes de force se réduisent à des lignes droites. C’est ce que M. Jaumann appelle la « Selbststreckung » des rayons cathodiques.
- Il faut, dit-il, qu’il existe une loi d’après laquelle les rayons cathodiques ont, quelles que soient les circonstances, l’effet de charger le verre de telle sorte que les lignes de force statiques se rapprochent le plus possible de la ligne droite.
- C’est en vue de vérifier cette conception que M. Jaumann a entrepris une nouvelle série d’expériences.
- U a pensé tout d’abord que, si ses idées étaient exactes, l’approche d’un corps électrisé devait devier les rayons cathodiques au moins momentanément. En effet, le champ
- t1) Voir L'Éclairage Électrique du 7 novembre, p. 241.
- électrique s’en trouve modifié, et les lignes de force déformées. Ce n’est qu’au bout d’un certain. temps que, par le mécanisme mystérieux que M. Jaumann appelle la Selbststreckung, les rayons cathodiques peuvent modifier les charges de la paroi de verre, de telle façon que les lignes de force redeviennent recti-lignes.
- Mais Yoller et Hertz n’ayant pu obtenir de déviation électrostatique sensible, M. Jaumann conclut que dans les circonstances ordinaires les rayons sont trop intenses pour que cette déviation puisse • se produire. De là l’idcc d’affaiblir ces rayons. D’autre part la déviation des lignes de force par l’approche d’un corps électrisé paraît devoir être d’autant plus forte que la charge du verre est plus faible.
- Telles sont les idées qui ont guidé M. Jaumann dans ses expériences et l’ont conduit à opérer avec des rayons cathodiques très
- faibles.
- DISPOSITIONS EXPÉRIMENTÂTES
- Pour cela, il plonge complètement le tube de Crookes dans un vase de verre rempli d’huile. La cathode, placée à la partie inférieure du tube, a la forme d’un plateau légèrement concave. L’anode est une plaque métallique-plongée dans l’huile et par conséquent extérieure au tube; elle se trouve séparée de la paroi extérieure du tube par une couche de 1 à 2 cm d’huile.
- La différence de potentiel des deux élec-
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- L’ÉCLAIRA G L É LL CT RI Q TJ E
- trodcs était d’environ g ooo volts; mais il ne passait qu’un courant très faible à travers l’hnile très mauvaise conductrice. Dans ces conditions, les rayons cathodiques sont si faibles que la fluorescence du verre ne peut être distinguée que quand les yeux se sont accoutumés à l’obscurité.
- Ces dispositions, qui ont pour but d’affaiblir les rayons afin de les rendre plus déviables. peuvent être variées de- diverses manières. On peut, par exemple, supprimer le bain d’huile et prendre comme anode un doigt touchant la paroi du tube.
- DISTRIBUTION DES RAYONS
- Dans ces conditions on observe la fluorescence verte en 3 points différents :
- i° Sur la trace de la « surface d’interférence 0, qui bissecte l’angle rentrant formé par le plateau de la cathode et le fil qui y amène le courant (ce fil aboutit au centre de ce plateau normalement au plan du plateau);
- 2° Du bord du plateau partent dans toutes les directions radiales des rayons qui dessinent sur le verre un anneau lumineux:
- 3° Enfin un faisceau de rayons normaux au plan du plateau forment une tache fluorescente de la partie supérieure du tube ; c’est de ce faisceau et de cette tache qu’il sera uniquement question dans ce qui va suivre.
- « On peut, dit M. Jaumann, en faisant varier la forme de la cathode aller de ce faisceau par degrés insensibles aussi bien au « foyer « de Crookes qu’aux surfaces d’interférence. » Une connaissance complète de ces passages insensibles présenterait un intérêt capital ; malheureusement l’auteur ne donne pas d’autres détails.
- Cette tache fluorescente se compose de deux parties distinctes que M. Jaumann appelle la tache principale et ha figure annulaire.
- La tache principale se réduit à un cercle dont l’éclat décroît du centre à la circonférence ; la figure annulaire se compose d’un centre brillant entouré d’un anneau obscur et d’un anneau brillant.
- Dans les conditions ordinaires, la figure annulaire est très brillante, mais son éclat diminue plus rapidement que celui de la tache principale quand on affaiblit les rayons, fle sorte que dans les expériences de M. Jaumann elle était beaucoup plus faible que cette tache principale.
- La tache principale et la figure annulaire sont également déviables par l’aimant ; mais la première est sensible à la déviation électrostatique tandis que la seconde ne l’est pas.
- On rapprochera ce résultat d’une expérience de M. Birkeland
- M. Birkeland, ayant pris un tube avec une anode percée d’une fente étroite a observé l’image de cette fente sur le fond du tube.
- • « A une pression assez faible, dit-il, et en employant de? décharges d’une assez grande tension,j’ai distingué 2 et même souvent 3 raies fines sc recouvrant presque l’une l’autre. On obtient un écartement plus grand d’une de ces lignes avec les autres en touchant du doigt la boule de verre... ; par ce procédé, une des raies fines sera déviée vers le côté du doigt h. peu près de 2 mm (l’anode est à la terre) tandis que les autres restent immobiles. »
- La raie mobile est évidemment analogue à la tache principale de M. Jaumann et les 2 raies immobiles à la figure annulaire.
- DÉVIATION DUS RAYONS PAR L’ANODE
- Avec la disposition adoptée, on peut faire facilement varier la position de l’anode, puisque cette anode est extérieure au tube. On voit alors qu’en la plaçant à une certaine hauteur on fait coïncider le centre de la tache principale et celui de la figure annulaire.
- Dès qu’on soulève l’anode, le centre de la tache principale semble attiré et finit par atteindre l’anneau clair extérieur de la figure annulaire, qu’elle ne peut d’ailleurs dépasser quand on continue à soulever l’anode.
- De même quand on abaisse l’anode, L (*)
- (*) Comptes rendus, t. CXXII. - L'Éclairage ÉkclriqM, t. IX, p. 27), 7 novembre 1896.
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- centre de la tache principale est repoussé sans jamais dépasser l’anneau extérieur.
- Cette attraction de la tache principale par l’anode est durable et. contrairement à ce qui arrive pour les autres actions électrostatiques dont il nous reste à parler, elle subsiste tant que l’anode reste dans la même position.
- ACTION ÉLECTROSTATIQUE
- La tache principale est extrêmement sensible aux actions électrostatiques ; il suffit d'agiter le doigt à 10 cm du vase qui contient l’huile pour provoquer des déplacements sensibles.
- Si, près de ce vase, on abaisse rapidement un bâton de verre frotté jusqu’à la hauteur de la cathode, puis qu’on le maintienne dans cette position, les rayons sont repoussés. Le côté du tube voisin du bâton est env ahi par une zone obscure et la tache principale est rejetée de l’autre côté. Mais au bout de 0,2 seconde elle revient en arrière, et le centre de la tache principale après quelques oscillations revient à sa position primitive.
- Ramenons maintenant le bâton de verre à sa hauteur primitive, le rayon cathodique sera fortement attiré.
- Une zone claire apparaît sur le côté opposé au bâton, s’élève, repousse la tache principale du côté du bâton, puis, au bout de 0,2 seconde revient en arrière, laisse la tache principale revenir à sa position primitive sans oscillation, et finalement s’éteint.
- Quelle que soit d’ailleurs la manière dont on fait varier le champ électrique extérieur ; que l’on déplace dans un sens quelconque un corps électrisé; que l’on fasse varier le potentiel de conducteurs extérieurs, les choses se passent de la même manière.
- La tache principale se déplace d’abord pour revenir bientôt à sa position primitive.
- Si l’appareil est placé entre les deux armatures d’un condensateur et qu’on le charge avec une différence de potentiel de 6 000 volts, k rayon est un instant attiré par l’armature aegative ; il reprend presque immédiatement sa érection primitive.
- Si on décharge le condensateur, le rayon, d’abord attiré par l’armature positive, vient très rapidement à sa direction première.
- Un conducteur chargé positivement, repousse d’abord le rayon quand on l’approche ; un conducteur non chargé, comme la main par exemple, agit comme un corps positif si l’anode est à la terre, comme un corps négatif si la cathode est à la terre.
- On remarquera que le sens du phénomène est précisément l’opposé du sens théorique :
- Cette déviation du rayon est accompagnée d’une variation d’intensité. L’attraction est accompagnée et précédée d’un renforcement, la répulsion d’un affaiblissement des rayons.
- Les deux phénomènes sont d’ailleurs indépendants, En effet un écran conducteur mis à la terre fait cesser la déviation, mais non la variation d’intensité. En enveloppant complètement le tube clans un cylindre de Faraday, on fait disparaître à la fois les deux phénomènes.
- IMPLICATION DES PHÉNOMÈNES ORSERVÉS
- Cette déviation passagère peut s’expliquer de deux manières ; on peut supposer qu’elle est due à la vitesse des corps électrisés.
- M. Jaumann rejette cette explication, il suppose que les lignes de force sont déviées, quand le champ électrique varie (si par exemple on approche un conducteur chargé;, les rayons cathodiques qui suivent ces lignes de force sont déviés également.
- Mais ensuite intervient le mécanisme que M, Jaumann 'appelle la Selbststrekung; les rayons cathodiques, transportant avec eux des charges électriques, modifient la distribution de l’électricité à la surface du verre, et cela jusqu’à ce que les lignes de force soient redevenues rectilignes.
- Les rayons cathodiques, redevenus rectilignes, suivent de nouveau leur route primi-
- Si maintenant le champ électrique extérieur redevient ce qu’il était au début (si on éloigne le conducteur chargé que l’on avait
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- d'abord approché} les lignes de force sont de nouveau déviées (de sens contraire) de la première déviation et les rayons cathodiques avec elles. Mais cette déviation cesse promptement, parce que les rayons cathodiques modifient la distribution sur le verre jusqu’à ce que les lignes de force redeviennent rectilignes.
- Les actions électrostatiques ne peuvent donc produire de déviations permanentes; à moins qu’il n’y ait une source permanente d’électricité qui vienne contre-balancer l’afflux constant dû aux rayons cathodiques et empêcher les diverses parties du verre de prendre des charges telles que les lignes de force redeviennent rectilignes.
- C’est ce qui arrive quand on a une cathode ou anode amenant un courant permanent ; c’est pour cela qu’une cathode dans l’expérience de Goldstein, que l’anode dans l’expérience de Jaumann que j’ai décrite plus haut exerçaient une action déviatrice permanente.
- NOUVELLES OBJECTIONS
- Cette explication ne supporte pas l’examen.
- i° La théorie continue à ne pas rendre compte de la déviation magnétique; nous avons vu que d’après les équations de Jaumann, les rayons cathodiques doivent suivre les lignes de force électrique qu’il y ait ou non un champ magnétique.
- On pourrait, il est vrai, supposer que la déviation magnétique n’est qu’un phénomène secondaire, que des courants régnent sur la surface du verre, et que ces courants, déviés par l’aimant, troublent la Selbststreckung.
- M. Jaumann examine cette hypothèse, mais il la rejette, avec raison d’ailleurs. La déviation magnétique demeure donc inexpliquée.
- 20 La théorie ne rend pas compte non plus de l’existence de deux faisceaux de rayons, formant la tache principale et la figure annulaire, l’une déviable par les actions électrostatiques, l’autre insensible à ces actions.
- 3° L’expérience confirme bien la déviation
- passagère des rayons par les actions électrostatiques, mais cette déviation a lieu dans un sens opposé au sens théorique. Voici ce que M. Jaumann dit à ce sujet :
- « Comme les expériences qui ont donné ce sens de la déviation ont été entreprises sur le fondement de ce théorème, que les rayons cathodiques suivent les lignes de force électrostatiques, je suis très éloigné d’abandonner ce théorème, à cause de cette discordance de signe. Au contraire, on doit chercher à en tirer de nouvelles conclusions.
- « Comme les lignes de force négatives doivent néanmoins, même dans le vide, être repoussées par l’approche d’un corps chargé négativement, et comme on voit d’autre part que les rayons cathodiques qui suivent ces lignes sont attirés par ce corps, on doit conclure qu’on est mal renseigné sur le signe d’un quelconque des phénomènes qui se passent dans le tube. Le plus simple serait d’admettre que de la cathode partent des lignes de force, non pas négatives, mais remarquablement positives. »
- Cette façon de raisonner paraîtra sans doute peu convaincante.
- 4° Enfin les lignes de force électrique ne peuvent pas affecter n’importe quelle configuration. Si elles sont rectilignes, elles doivent d’abord être normales à un système de surfaces qui sont les surfaces équipoten-tielles. Cette première condition sera remplie par les rayons cathodiques qui sont normaux à la surface de la cathode et à toutes les surfaces parallèles.
- Mais ce n’est pas tout ; les surfaces équi-potenrielles normales à un système de droites devront être des surfaces parallèles entre elles.
- Elles doivent en outre ctre isothermes, à cause de l’équation :
- AV = o.
- Soit S0 une des surfaces équipotentielles. Sur les normales à cette surface portons un segment de longueur constante. /; le lieu des extrémités de ces segments est une surface S qui est aussi équipotentielle.
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- Le potentiel V sera fonction de/seulement et la force électrique
- sera aussi fonction de l seulement.
- Considérons un tube de force quelconque; soit l’élément de surface qu’il découpe sur S0, ua- celui qu’il découpe sur S; on devra avoir en vertu du théorème du flux de force :
- dz0 F (o) = di F'(0>
- c’est-à-dire que le rapport da
- ne devra dépendre que de /.
- Mais d’après une propriété connue des surfaces parallèles :
- R, et Râ étant les deux rayons de courbure principaux de la surface S0 au centre de gravité de l’élément d^.
- Pour que cette expression soit fonction de / seulement, il faut que les deux rayons de courbure R, et R2 soient constants.
- Or les seules surfaces qui satisfassent à cette condition sont la sphère et le cylindre de révolution.
- Pour qu'un champ électrique ait ses lignes de force rectilignes, il faut donc que ces lignes de force soient normales à une sphère ou à un cylindre de révolution.
- Mais il y a bien d’autres cas où les rayons cathodiques sont nettement rectilignes.
- Prenons pour cathode un fîl fin courbé en forme de circonférence ; les rayons cathodiques seront normaux à une série de tores.
- Donc dans ce cas ils ne suivent pas les lignes de force à moins qu’on n admette qu’ily a des charges électriques notables et constantes non seulement à la surface du verre, mais dans l’intérieur du tube dans l’air raréfié.
- La théorie de M. Jaumann 11e supporte donc pas l’examen et j’ai peut-être trop longuement insisté sur sa réfutation ; je ne le regrette pas. toutefois, puisque cela m’a été
- une occasion d’appeler l’attention sur des expériences intéressantes, qui, convenablement complétées et variées, contribueront peut-être un jour k nous faire connaître la vérité.
- H. Poincaré,
- LA LUMIÈRE A ARC
- Parmi les phénomènes électriques il 'en est un certain nombre qui, malgré les nombreuses études dont ils ont été l’objet et tout en étant des premiers observés, sont encore loin d’être parfaitement connus, non pas seulement dans leur essence, mais dans leur mode de production. On peut même inverser cette proposition et dire que c’est précisément parce qu’ils ne sont pas complètement élucidés qu’ils ont donné et donnent encore lieu à tant de travaux. Au premier rang figure l’arc voltaïque; aussi nous empressons-nous de mettre sous les yeux de nos lecteurs le résumé de trois intéressantes conférences faites récemment sur ce sujet par le professeur Silvanus P. Thompson à la Society of Arts et reproduites par tous les journaux anglais et américains. Sans parler de la forme familière et démonstrative sous laquelle elles ont été publiées et dont elles devaient être dépouillées, il ne nous paraît pas indiqué de transcrire in extenso ce travail d’ensemble, malgré le vif intérêt qu'il présente sous la plume d’un savant si justement apprécié par sa clarté et par l’érudition dont sont entourées scs œuvres.
- Nous nous bornerons à en extraire les données qui nous semblent condenser des résultats acquis ou ouvrir des horizons nouveaux. La plupart des phénomènes rappelés sont d’ailleurs connus de nos lecteurs, et leur condensation même, qui résume l’état actuel de la science, et leur coordination, font le principal 'mérite de cette exposition. Nous suivrons l’Auteur dans sa division très méthodique comprenant l’étude physique de Tare
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 1
- voltaïque, son étude chimique, son étude | optique, et celle des récents développements ! apportes au mécanisme des lampes destinées à le mettre en œuvre.
- Historique.—Au point de vue historique on y trouve tout d’abord la confirmation de la date de 1800 pour la découverte d’IIumphry Davy, date très diversement placée parles différents auteurs entre 1800 et 1813, selon les documents qui leur ont servi de base. On en rencontre la première trace dans le Journal de Nicholson du mois d’octobre 1800, et. indépendamment d’autres mentions ou allusions, notamment dans le Philosophica'l Magazine de février 1801, dans 1 e Journal of the Royal Institution, dans Tyndall (1801-1802); le Journal de Paris du 22 ventôse an X (12 .mars 1802) relate les expériences de Robertson comme chose d’actualité mais non absolument nouvelle. Le traité de Cuthbertson, Praclical Electricity a?td Galvanism, publié en 1807, est le premier livre qui en rende compte et qui permette d'ailleurs d’inférer, plus qu’il ne le dit explicitement, qu’il s’agissait bien réellement alors d’arc voltaïque et non de simples étincelles comme l’ont fait supposer les expériences antérieures, où les expressions étincelles, lumière du charbon, etc., pouvaient laisser des doutes à cet égard; il dit en effet que la déflagration obtenue n’est pas comparable aux étincelles momentanées que peut donner l’électricité ordinaire. En tout cas à partir de 1808 il n’v a plus de doute, la pile offerte à lùav}^ par souscription privée lui ayant permis de produire une flamme permanente d’une grande longueur et d’une blancheur éblouissante entre deux pointes de charbon.
- Mais il ne s’agissait encore que de charbon de bois. Ce n’est qu’en 1820 que les qualités de conductibilité électrique du charbon de cornue furent reconnues, et seulement vers 1834 que, introduit par Walker comme électrode de piles, il fut employé à cet effet par Grave, sans attendre Bunsen, dont la pile ne remonte qu’à 1843. Foucault fut le pre-
- mier (b à prôner et faire définitivement accep. ter ce charbon comme matière des cravons pour l’arc électrique, malgré des essais déjà tentés par Bunsen et autres pour la fabrication de charbons artificiels moulés à cette destination.
- Staite qui, devançant l’avenir, imagina le premier le mécanisme nécessaire à la régulation de l’arc et proposa même, dit-on, la disposition de deux charbons parallèles appfi. quée trente ans plus tard par Jablochkoff, 11e paraît pas s’etre attaché à l’étude du phénomène de l’arc en lui-même.
- Grave est l’initiateur de ces recherches. 11 s’occupa d’expériences relatives au poids perdu pal" les charbons pour une lumière donnée dans un temps déterminé; il essaya également d'autres substances que le charbon et reconnut que l’addition de matières volatiles, telles que le sodium, le potassium et leurs sels, augmentaient la longueur d’arc qu’on pouvait obtenir, sans rupture, d’une pile donnée. — Danicll, qui le suivit, découvrit entre autres choses que l’arc rompu par cartcment des crayons ne se reproduisait pas sans retour au contact immédiat, mais, par contre, que l’étincelle d’une bouteille de Leyde suffisait à produire ce réallumage. Les revendications d’Herschel, van Breda et Fusinieri sur ce chef sont postérieures à l'expérience de Danicll. — Les observations de de la Rive portèrent sur d’autres points et notamment sur la rotation de l’arc autour d’un pôle magnétique, phénomène signalé pour la première fois par Walker. — Foucault, de son côté, remarqua en 1844 que le passage du courant entre un crayon de charbon et un crat’on d’argent déterminait un arc instable, tandis que son passage en sens inverse, de l’argent au charbon. donnait lieu à un arc long et stable présentant la magnifique couleur verte caractéristique du spectre de l’argent. Il en inféra, avec cette subtilité d’esprit d’observation qui le caractérise, que la stabilité de l’arc dépendait de la volatilisation des substances ent-
- (*) Comptes rendus, t. XVJII, p. 696, 1844.
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- plovées comme pôles et appela également l’attention sur l’action thermique de l'arc transformant le charbon de cornue de l’état d’anthracite à celui de graphite. — La formation de l’arc dans les liquides remonte aussi à ces premiers âges de la lumière voltaïque découverte par Davv.
- Arcs entre électrodes métalliques. — L’expérience précitée de Foucault a conduit à reconnaître qu’il était impossible de réaliser un arc stable entre deux crayons métalliques, non pfus qu’entre une baguette de charbon tt une baguette métallique. Le genre d’arc obtenu dépend essentiellement du métal employé, ainsi que de l’électrode à laquelle il est affecté. Avec un crayon de charbon d’un côté, par exemple, et un faisceau de fils de fer de l’autre, l'arc se produit avec déflagration du fer en une pluie de brillantes étincelles. Avec le cuivre en regard du charbon, on aune lumière incertaine etvacillante ; l’arc prend d’ailleurs une coloration différente suivant que le charbon est au pôle positif ou au. pôle négatif, et le cuivre se désagrège beaucoup plus rapidement quand il constitue l’électrode positive. Une baguette de fer massive ne déflagre pas autant que le faisceau ci-dessus de fils de fer. Si l’on emploie le zinc, on a un arc horrible, bruyant et sifflant. Ce métal se présente cependant plus favorablement dans des conditions légèrement différentes. Si, en effet, l’arc étant établi entre deux baguettes de charbon, on s’arrange pour mettre le zinc en contact momentané avec les deux pointes et qu’on éloigne ensuite l’une d’elles, on obtient un arc entre le zinc et un charbon ; avec le zinc au pôle positif et le charbon au. négatif, on a un arc beaucoup plus bleu et beaucoup plus sifflant que dans le cas inverse, ou l’arc est plus tranquille. Le mercure employé de même fournit aussi un arc d’éclat différent selon sa polarité. Il dégage plus de vapeur au pôle négatif ; au pôle positif, sa lumière est plus jaune mais moins brillante.
- Arc et étincelles. — Les premières expériences sont, ainsi que nous l’avons dit. très
- vagues comme définition de l’arc ; on n’y trouve rien de positif au point de vue de l’intensité de courant réellement employée et on en esr réduit, en ce qui concerne la f. é. m. mise en oeuvre, à compter le nombre et à évaluer la nature des éléments dont disposaient les expérimentateurs. Il n’en est plus de même aujourd’hui. On sait maintenant que la formation de l’arc exige plus de 20 et moins
- Fig. 1. — Nature de Tare et taille des crayons.
- de 70 volts, cette plage étendue variant seulement de 40 à 50 volts avec des courants continus. Dans ces conditions, l'arc est un phénomène très different de celui qu’on obtient avec un courant bien moindre sous une tension beaucoup plus élevée où la décharge prend la forme d’une simple étincelle. L’émission d’une étincelle ou d’une succession d’étincelles issues d’une bobine d’induction ou d’une grande machine à influence, entre deux boutons de laiton à distance convenable dans l’air, fournit une décharge analogue à l’arc dans une certaine mesure, mais en réalité totalement différente. La décharge obtenue dans des tubes entre des bornes de platine où l’air a été extrêmement raréfié est encore un autre phénomène. Dans aucun de ces deux derniers cas, en effet, la matière constitutive des électrodes ne joue un rôle important. Il y a là, d’après les nouvelles recherches de Schuster et de J.-J. Thomson, une électrolyse du milieu gazeux. Ce que l’on obtient alors est une décharge s’effectuant entre molécules gazeuses mises en mouvement, allant et
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- venant et portées à l'incandescence, mais la lumière provient de ces molécules et nullement de la substance constitutive des électrodes, tandis que, dans la production de l’arc véritable, c’est exactement le contraire, tout au moins pour la plus grande partie de la lumière émise. Tout le monde, en effet, s’accorde à admettre que la matière solide en est l’élément essentiel et que le charbon est en cause. Ce charbon se consume d’ailleurs à l’une des électrodes ou aux deux en maintenant l’arc, et c’est là la délimitation bien nette des deux phénomènes. Au point de vue industriel, l’arc produit entre des crayons de charbon présente seul de l’intérêt ; les autres phénomènes sont de simples curiosités ou d’ordre purement scientifique.
- Arc normal. — Le processus de formation de l’arc voltaïque est bien connu : deux crayons de charbon aussi pur que possible (l’un souvent plus dur et moins conducteur que l’autre) sont reliés aux deux pôles d’une source d’énergie électrique, mis au contact, puis écartés à distance convenable; l'arc jaillit entre eux ; leurs extrémités deviennent d’une blancheur éblouissante ; le positif s’use plus rapidement que le négatif;, les extrémités prennent, suivant leur polarité, des formes differentes et la lumière est fournie presque entièrement par le charbon positif porté à la plus éclatante blancheur. Les axes des crayons étant placés verticalement dans le prolongement l’un de l’autre, et le courant circulant de haut en bas, l’arc est fixe et silencieux ; le charbon positif, qui dès lors se trouve en haut, prend à son extrémité une forme aplatie (fig. i) ; il présente même la forme d’un cratère légèrement creux, d’une grande intensité lumineuse. Le courant descend de ce cratère en une flamme presque invisible entré les deux crayons. Le crayon inférieur s’effile, au contraire, et se taille en pointe. Cette pointe est également très brillante, mais elle fournit moins de lumière que le pôle positif et cette lumière est aussi d’une qualité moindre. Dans ces conditions on réalise l’arc silent.
- Mais, si l’on écarte davantage les charbons l’arc s’allonge, la flamme est plus grande-elle ronfle et arrive à se rompre. Si, au contraire, on diminue trop l’écartement des crayons, l’arc devient sifflant. On voit alors apparaître un autre phénomène : la pointe négative ne conserve plus sa forme conique* elle se recouvre de « champignons » qui disparaissent quand, par un léger allongement on ramène l’arc à être silent. Il s’agit ici bien entendu, d’arc à courant continu ; on verra plus loin ce qui se passe avec des courants alternatifs.
- Les conditions de production de l'arc varient avec son mode d’alimentation. En Amérique, où l’on pratique beaucoup l’arc en série, on emploie communément deux crayons de même diamètre et de même nature, c’est-à-dire tous deux homogènes, généralement cuivrés, et les arcs ont 2,5cm de long environ. Sur le Continent, où le montage des foyers ou de groupes de foyers en parallèle est plus répandu, on donne habituellement au crayon supérieur et positif une plus grande section et l’on pfSTere pour lui la sorte de charbon dite à a mèche » (crayon creux avec âme en matière plus tendre). La longueur de l’arc dépasse rarement alors 1,6 à 2 mm.
- L’arc silent et l’arc sifflant présentent des propriétés très différentes, caractérisées non seulement par la taille des crayons mais par la distribution de la lumière à leur surface. L’intensité de courant est différente dans les deux cas, toutes choses égales d’ailleurs, et les conditions de fonctionnement sont complètement changées. Pour une même puissance absorbée, 1 ampère sous 1 000 volts donne des 'résultatstotalement différents de ceux obtenus avec 10 ampères sous 100 volts ou 20 ampères sous 50 volts. On a dans ce cas une traînée lumineuse; mais c’est plutôt une flamme colorée, et la lumière émise parles charbons est relativement insignifiante.
- Relations entre la tension, la résistance et la longueur de l’arc. — Cette question est celle qui s’est naturellement posée la première aux
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- électriciens dès qu’ils ont voulu construire une lampe à arc. Ils se trouvèrent alors en présence d’un fait singulier, en ce sens que, 5j j’on considère l’arc comme un conducteur, comme une colonne de flamme ou de vapeur conduisant le courant, on constate un fait en désaccord avec les lois ordinaires : en doublant sa longueur, on ne double pas sa résistance. Edlund, qui est le premier à avoir signalé cette anomalie, a cru pouvoir l’expliquer par une sorte de polarisation de l’arc lui-même (polarisation qu’il aurait pu mesurer une fraction de seconde après la rupture de l’arc et qui, confirmée par Latchinoff, est niée par des expérimentateurs plus modernes, Stenger et Luggin). Cette polarisation se manifeste sous forme de force contre-électromotrice réagissant contre le courant. l)e nombreuses recherches ont été faites dans cet ordre d’idées ; l’Auteur les a résumées dans les tableaux suivants :
- Edlund r = a + W
- — (transformée). E = Ia - IM
- Ayrton et Perry. E = 6,5 + 2,1 1
- Froelich E = tn + ni
- S.-P, Thompson . e = « + 4
- M»* Ayrton. . . . E = a + X - 8/ I
- VALEURS DES CONSTANTES m ET 11
- . (/ étant exprimée en mm).
- AUTEURS ANNÉES »
- Ayrton et Perry. . . 1882 83 2.1
- frœlich 1883 39 1,8
- Peukert 1885 35 i,9
- ^ on Lang l885 39
- Id 1887 37 »
- Cross et Shepard . . 1886 37 à 39.7 1.9
- L“ggin 1887 40,04 i,7 7
- Nebel. . . 1887 34 à 39 1,8 à 3,6
- Cppenborn 1888 40.] 2,24
- Duncan et Rowland. 1892 40,6 1,6
- Edlund reconnut que la f. é. m. nécessaire à faire passer l’arc entre les charbons, ou la différence de potentiel entre leurs extrémités, se composait de deux parties, l’une indépendante de la longueur de l’arc, l’autre proportionnelle à celte longueur l exprimée ci-des-sus en mm. L’expression donnée par lui était celle de la résistance apparente de l’arc; elle est transformée en second lieu en expression de la différence de potentiel correspondante qui permet mieux la comparaison avec les suivantes, Ia et U? étant dès lors équivalents aux constantes m et n de l’expression de Froelich. Quant à la valeur de ces constantes, Edlund 11e les a pas déterminées ; elles 11e l’ont été que vers 1882 ou même 1883, les chiffres donnés par MM. Avrton et Perry paraissant entachés d’une erreur difficilement explicable. Ceux relevés parles autres expérimentateurs cadrent, au contraire, généralement bien. Celui de 39 volts, donné pour la première fois par Froelich pour la partie fixe de la différence de potentiel, en est la moyenne généralement admise. Cette chute de potentiel paraît liée d’ailleurs à la nature des crayons. Si, en effet, on essaie d’autres substances, on obtient bien un nombre déterminé, mais tout à fait différent. Il en est de meme si, pour allonger l’arc, on introduit dans les charbons une matière étrangère telle que de la soude, delà potasse, de l’alumine, un sel métallique ou un métal quelconque; la flamme maxima s’allonge dans certaines conditions; mais la lumière émise est moindre et ia chute fixe de potentiel est également inférieure. C’est probablement à la présence d’impuretés dans les charbons que sont dus les nombres de 35 et 37 volts obtenus par certains observateurs.
- La courbe donnée par Froelich (fig. 2), dans laquelle les longueurs d’arc en mm, du cratère supérieur à la pointe inférieure, sont portées en abscisses et les différences de potentiel correspondantes (en volts) en ordonnées, donne 40 volts pour le plus petit arc silent qu’on puisse obtenir; c’est la valeur de la différence de potentiel nécessaire au maintien de l’arc. La courbe tend vers 39 volts pour un
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- arc nul : les longueurs supérieures d’ordonnées correspondent aux accroissements d’arc et aux f. é. m. supplémentaires qui doivent vaincre la résistance de la flamme au fur et à mesure de son allongement. Les irrégularités
- Fig. 2. — Différence de potentiel en fonction de la longueur de l'arc (FYoclich).
- de la courbe sont attribuables soit à la qualité des charbons, soit à l’inconstance du courant, soit enfin à la rapidité des observations ne laissant pas aux électrodes le temps de prendre la forme définitive correspondant a leur écartement.
- Les expériences de Cross et Shepard ont porté sur des déterminations dans des conditions variables telles que la nature des charbons, l’addition de diverses matières, et no-
- Fig. 3. — Différences de potentiel, à divers régimes, en fonction de la longueur de l’arc (Cross et Shepard).
- tamment, pour une môme nature de crayons, sur l’emploi de diverses intensités. Les courbes de la ligure 3 correspondent à des intensités de 5, 7, 9 et 10 ampères. En procédant par diminution successive de l’arc sous
- ces différents régimes, ces observateurs ont reconnu que, dans tous les cas. la différence de potentiel, en s’abaissant, tendait vers 39 volts, point où la longueur de l’arc devient inappréciable. Dès qu’il commence h siffler la courbe change; il faut une f. é. in. beaucoup moindre pour maintenir un arc sifflant qu’un arc sfient, et le sifflement apparaît aux environs de 13, 14 ou 15 volts. En tout cas, que l’arc soit silent ou sifflant, la différence de potentiel entre les deux électrodes comprend toujours deux parts, l’une fixe, l’autre dépendant de la longueur de cet arc.
- L’Auteur a constaté qu’en soufflant doucement sur l’arc 011 l’incurve, ce qui augmente sa résistance. Il est extrêmement sensible aux courants d’air et se souffle aussi aisément qu’une flamme de bougie.
- Nature physique de l’arc. — Le capitaine Abney a reconnu que la surface blanche du cratère lumineux avait toujours la même blancheur, ce qui indique évidemment qu’elle est toujours à la même température, et cela, quels que soient l’intensité du courant, le diamètre des charbons et la longueur de l’arc. A des courants intenses correspond une grande surface de cratère'; à des courants moindres, une surface moindre; c’est une question de quantité et non de qualité de la lumière, qui reste constante quelles que soient les variations du courant.
- Aussi l’Auteur émit-il, dès 1889, l’idée que cette constance d’intensité lumineuse devait avoir pour cause une constance de température déterminée par des conditionsphysiques, analogues à celles de la température de la glace fondante ou de la congélation de l’eau.
- Il ne pouvait y avoir d’autre cause à ce phénomène que l’état de volatilisation du charbon a la surface du cratère, sa vapeur partant du pôle positif pour constituer l’arc ou la flamme, et la surface de contact entre la matière solide et sa vapeur 'devant nécessairement rester à une température fixe. Bien que cette opinion soit aujourd’hui généralement admise, des expériences récentes de
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- y[ \V. E. Wilson semblent laisser planer quelques doutes sur cette théorie ; nous y reviendrons un peu plus loin.
- Despretz a observé, dès 1850, que le charbon. avant de se volatiliser, revêt un caractère plastique à une température très voisine de celle de l’arc voltaïque. Or ce commencement de fusion . s’il existe , n’infirme en rien la théorie; il correspond également à une température déterminée; mais la température de la surface visible du cratère est celle de la volatilisation du carbone, et, en l’état actuel de la question, il paraît devoir être admis que, entre le charbon solide et l’arc, il existe une mince couche de carbone liquide Juste au point d’évaporation ou d’ébullition.
- Arc sifflant,— Lorsque l’arc devient sifflant, l’état de choses est différent. A l’observation on y voit une colonne lumineuse concentrée en un point étroit qui sc déplace sans cesse et présente une très grande instabilité tant comme position que comme émission de lumière. Ce point de concentration d’où semble partir la lumière pénètre plus profondément dans le charbon, ainsi que l’a constaté pour la première fois le professeur Ayrton dans un mémoire lu h Chicago en 1893, et, de fait, l’observation de la surface du cratère après extinction d’un arc sifflant montre une apparence tout à fait analogue à celle d’un rayon de miel. Quand l’arc siffle, on voit d’ailleurs se détacher du crayon positif des petits fragments de matière solide, de sorte que le sifflement paraît comparable au chant de l’eau qui commence à bouillir. A une certaine température maintenue constante pour une surface donnée, on a une certaine quantité de chaleur émise par cette surface ; l’eau s’évapore lentement. Si l’on force progressivement une plus grande quantité de chaleur a traverser cette surface donnée, il arrive un moment où des bulles de vapeur d’eau commencent à s élever de divers points du fond du vase; elles se font jour à travers la surface, crèvent et déterminent le phénomène bruj'ant de l’eau qui chaule. Il faudrait, suivant l’Auteur, voir
- une différence tout à fait analogue entre l’arc silent et l’arc sifflant dans lequel se produirait cette sorte de crépitation due h l’arrachement de particules se faisant jour au dehors.
- Origine de la force éleclromotrice. —- Un autre point longtemps resté incertain était de savoir si la différence de potentiel fixe reconnue nécessaire à la production de l’arc provenait d’une force contre-électromotrice, comme le supposait Edlund, ou s’il fallait en chercher la cause dans une résistance « de transition », une sorte de résistance localisée à la surface de transition et qui, au lieu de rester constante, comme les résistances ordinaires, varierait en raison inverse de l’intensité. Cette dernière opinion était celle de Schwendler, qui expliquait ainsi la constance necessaire de la tension. Ce 11’est peut-être, après tout, qu’une façon différente de parler. Si l’on suppose, en effet, une surface de délimitation entre une matière solide d’un côté et une vapeur de l’autre, qu’il y ait ou non entre les deux de la matière liquide, le courant éprouve à cette surface une difficulté h passe)' d’une matière dans un certain état à la même matière dans un autre état, et la résistance correspondante sera, toutes choses égales d’ailleurs, inversement proportionnelle à la surface. Or la section transversale de l’arc, qui détermine la surface du cratère, est presque exactement proportionnelle à l’intensité. Si donc on fait passer d’une manière quelconque un courant d’intensité double d’une pointe à l’autre des crayons, on 11’aura peut-être pas la même fixité d’arc, mais on doublera sensiblement la surface du cratère. C’est ce qu’a observé, il y a déjà longtemps, M. Andrews. Dans ces conditions la résistance « de transition » variera en raison inverse de l’intensité, et le résultat sera le même que si l’on avait affaire à une force électromotrice fixe.
- Mais telle ne paraît pas être la véritable explication; elle semble devoir être cherchée plutôt dans la force contre-électromotrice qui se développe dans toute utilisation du cou-
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- runt électrique, qu’il s’agisse de moteurs, d’accumulateurs, etc., et qui est la raison même de l’utilisation de l’énergie électrique; c’est l’éternelle loi de l’action et de la réaction. C’est la force électromotricc inverse développée par l’arc voltaïque qui est elle-même l’origine du travail calorifique et lumineux qu’on utilise en lui.
- Mais alors cette force électromotrice doit avoir un siège défini. Existe-t-il à la surface du cratère ? Ou bien est-il réparti sur toute la longueur de l’arc? Faut-il enfin le chercher à la pointe du crayon négatif? Cette question a été l’objet d’études de plusieurs savants et, entre autres, du professeur Fleming et du professeur Ayrton. Il y a quelques années, l’Auteur a fait également à ce sujet des expériences dont le résultat est schématiquement représenté par la figure 4, dans laquelle les charbons, en réalité verticaux, sont placés horizontalement pour permettre la représentation verticale des tensions; la distance entre les crayons y est également exagérée pour la facilité des indications. La différence de potentiel entre les deux crayons étantde 45 volts environ, son procédé consistait h employer comme crayon d’épreuve un troisième charbon relié à un voltmètre dont la seconde borne était fixée au charbon négatif et à suivre avec lui, sur toute la longueur de l’arc, la chute de potentiel. L’arc se comportant comme une simple résistance, la variation de 45 volts devait se répartir uniformément sur toute sa longueur. Il n’en était rien. A mi-chemin à peu près entre les deux électrodes, la différence de potentiel entre le crayon d’épreuve et le charbon négatif était à peu près de 4 volts, d’où elle s’élevait à 6 volts environ au fur et à mesure de la progression du crayon d’épreuve vers le pôle positif. Dans le diagramme ci-dessous, la ligne horizontale supérieure représentant la tension au pôle positif et l’inférieure celle au pôle négatif, les observations faites indiquent un brusque abaissement de 39 volts environ au cratère, puis une chute lente et régulière sur la longueur de l’arc, comme dans toute résistance
- inerte, et enfin une légère chute brusque à la pointe négative. La mesure de cette dernière donnait 2 à 3 volts, avec une légère augmentation dans une expérience où l’arc sifflait. Divers autres observateurs ont reconnu le même effet qui indique en ce point un phénomène
- Fig. 4. — Etude de la chute de potentiel entre deux pointes de charbon.
- inverse. On sc trouve souvent en présence de quelque chose d’analogue dans l’observation des phénomènes électrolytiques, où l’on constate dans le liquide intermédiaire un potentiel inférieur à celui des deux plaques extrêmes.
- Avec l’arc sifflant on n’a guère que 13 volts de chute de potentiel au cratère, et la chute totale est beaucoup moindre d'un côté à l’autre. II y a déjà longtemps, Niaudet avait observé que, dans certaines conditions, le courant augmente quand l’arc devient sifflant, tandis que, dans d’autres, il diminue à ce moment. Cette force électromotrice inverse apparente n’a pas seulement intrigué les chercheurs; elle a été également l’origine d’hypothèses un peu aventurées. C’est ainsi que, dans un remarquable travail de Jamin, se trouve émise cette opinion que les courants alternatifs devaient nécessairement fournir l’arc voltaïque plus économiquement que le courant continu, dont le sens constant se trouve toujours contrarié en pure perte par cette force contre-électromotrice de 39 volts, tandis que, avec les courants alternatifs, elle intervient dans le bon sens à chaque renversement. Cette idée, il est inutile de le dire, ne pouvait se faire jour qu’à une époque où l’on ne s’était pas encore rendu compte de la nécessité d’une force contre-électromotrice comme essentielle à la production d’un travail quelconque, moteur ou lumineux.
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- Ln autre phénomène qui n’a jamais été bien élucidé, est celui du transport de matière d’un côté à l’autre de l’arc. Ce transport est sans aucun doute considérable dans un arc sifflant: des particules de charbon solides oU liquides sont visiblement projetées dans l’espace interpolairc et forment le champignon connu sur la pointe négative. Il y a en outre probablement transport de matière à l’état moléculaire par évaporation d’un côté et condensation de l’autre. E11 somme, dans un arc silent, qui est l’état normal, il y a peu de transport d’aucune nature, et, bien que certains observateurs aient prétendu que ce transport se faisait dans les deux sens, de récentes expériences photographiques de M. Blondel établissent, autant qu’il est possible de le faire, qu’il n’existe en réalité que du pôle positif au pôle négatif.
- Arcs par courants alternatifs. - Malgré tout le mérite de Jablochkoff, sa bougie, très ingénieusement adaptée à l’emploi exclusif des courants alternatifs, n’a pas résisté aux perfectionnements apportés dans les régulateurs. Sa lumière toujours ronflante et vacillante par suite des alternativités qui lui donnent naissance, est en outre en trop grande partie localisée entre les deux charbons, de sorte qu’elle se diffuse peu et est peu agréable et peu économique.
- En dehors de là, l’arc par courants alternatifs ne présente, au point de vue physique, rien de particulier, à moins qu’on 11’arrive aux tensions élevées de 2000 volts que permettent de réaliser les générateurs de ces courants. On se rapproche alors davantage des conditions premières dans lesquelles I)avy a produit l’arc voltaïque avec sa pile de 2000 éléments. On obtient réellement une flamme arquée entre les deux pointes, et cet arc est incurvé vers le haut par l’ascension du courant d’air chaud. L’arc lui-mème est plus ou moins lumineux; il est bruyant, mais la consommation des crayons 'est remarquablement ' faible. Plus la tension s’élève, moins en effet les charbons se consument, mais moins, dans
- certains cas, on a de lumière. Ces sortes d’arcs se rapprochent davantage de véritables flammes, mais avec cette différence que, au lieu d’employer des matières combustibles, de les rassembler et de les faire brûler de manière à en obtenir de la chaleur, on amène des corps qui ordinairement ne brûlent pas ensemble, c’est-à-dire les deux éléments de l’air, l’azote et l’oxygène, à se brûler en y forçant une chaleur intense. C’est une flamme endothermique, au lieu de la flamme exothermique ordinaire, une flamme qui emprunte de la chaleur au courant, et qui a besoin d’etre alimentée par de la chaleur, sous peine de ne pas exister. Certains phénomènes lumineux obtenus avec de grandes tensions et de hautes fréquences sont sans aucun doute de cette nature et non, en réalité, de véritables arcs.
- M suivre.)
- E. Boistel.
- RÉSISTANCES (‘)
- At.t.inoks pour résistances. — T,'alliage le plus parfait pour les résistances est celui dont la résistivité est élevée, dont le coefficient de variation est le plus faible, et enfin, condition essentielle, dont la constance est la plus grande. Comment se comportent les alliages employés jusqu’ici r II faut reconnaître qu’ils sont loin de répondre aux conditions ci-dessus et que la question est encore ouverte.
- Les premiers étalons de l’Association britannique avaient été construits avec du platine pur, des alliages de platine et d’argent, de platine et d’iridium, d’or et d’argent ; ces étalons ont présenté au bout de quelques années des variations, entre eux, de plus de 0,1 -p. 100. La maison Siemens a réalisé des étalons de
- (!) Voir L'Éclairage Êkclrique du 7 novembre, p. 264.
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- l’unité Siemens au moyen de fil de maillcchort verni, la plupart des constructeurs ont depuis procédé de même, et enfin, aujourd’hui, la tendance est d’employer des alliages de cuivre et de manganèse dont le coefficient de variations est très petit.
- Les recherches de Matthiessen ont démontré que les métaux purs ont le plus grand coefficient de variation, et que les alliages ont une résistivité qui croît avec le taux du métal ajouté; ainsi dans les alliages de platine et d’argent, la résistivité s’élève quand on augmente la teneur du platine, tandis que le coefficient de variation diminue ; on peut, dans le cas de ces alliages, considérer le coefficient de variation comme une fonction linéaire de la conductibilité. L’alliage employé couramment sous le nom de platine-argent, est composé de 2 parties de platine et i d’argent, sa résistivité h o° et son coefficient de variation sont : p 24,187 mierohms-cm
- Sous les noms de maillcchort, argentan, nickeline, silveroïd, on trouve dans {'industrie des alliages de cuivre et de nickel, dont les constantes varient entre
- c = 25 à 40 microhms-cm a = 0,020 à 0,045 P- 100.
- Les recherches faites depuis quelques années ont conduit à des alliages de cuivre et de manganèse, comme par exemple celui connu sous le nom de manganin ou manganine, qui a à peu près les constantes suivantes : p = 40 microhms-cm a~- 0,003 à — 0,003 P- ïûo.
- L’expérience semble démontrer jusqu’ici, qu’à mesure que le coefficient a décroît, l’état de l’alliage est moins stable; tous ces alliages enroulés pour former des bobines, donnent, au début, une certaine valeur de la résistance et du coefficient; la résistance augmente avec le temps et cette augmentation, rapide au début, est plus lente ensuite, mais toujours irrégulière et l’on n’a pas encore pu trouver d’état stable. D’autre part, si le fil est soumis
- à des variations de température, il ne reprend pas exactement sa valeur lorsque les écarts ont été tissez grands; il y a entre le métal écroui et le même métal recuit des différences de 5 à to p. 100 sur la résistivité, et en outre le coefficient de variation peut non seulement se modifier, mais encore changer de signe lorsqu’il est petit.
- Il est très important aussi de remarquer que les alliages sont d’autant moins homogènes que a est plus petit; dans la même bobine de fil de manganine par exemple, on trouve des écarts de résistivité de 10 p. 100 et plus; il en résulte, pour les boites de résistances composées de plusieurs bobines, des coefficients différents, par suite le rapport des bobines n’est pas le même à toutes les températures; en outre, le passage du courant dans un fil hétérogène développe des forces thermo-électriques (effet Peltier}.
- Le pouvoir thermo-électrique du couple formé par le fil de résistance et les gros conducteurs en cuivre ou en laiton auxquels on le fixe, n’est pas indifférent; s’il est élevé, la différence de potentiel aux extrémités de la résistance 11’est plus égale à R I mais à RI ±e. il faut faire deux mesures en renversant le courant 1. pour éliminera; mais, de toute façon, il est préférable d'employer un alliage qui donne a aussi petit que possible ; un alliage entre autres est à signaler pour son pouvoir thermo-électrique élevé avec le cuivre, c’est le constanton composé de parties' égales de cuivre et de nickel; son coefficient de variation n’est quede 0.3 à 0,4 p. 100 et son pouvoir thermo-électrique avec le cuivre est 40 microvolts par degré.
- Pour tous les alliages propres à faire des résistances, il est illusoire de donner des chiffres précis de la résistivité et du coefficient de variation; en effet tous, même ceux de la même provenance, ont des valeurs différentes et les résultats ne peuvent s’appliquer qu’à l’échantillon essayé; la conclusion de ceci, c’est qu’il faut, pour chaque étalon ou bobine, déterminer après finissage complet et à plusieurs reprises, la résistance et le coefficients.
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- REV UK 1VELKCTR1C1TK
- Pour les boîtes à bobines nombreuses et de valeurs diverses, il y a lieu de s’assurer que les coefficients de variation sont pratiquement les mêmes dans les limites de température auxquelles on doit les utiliser, et aussi de vérifier si les valeurs relatives n’ont pas changé avec le temps. La meilleure garantie que des bobines conservent leur valeur réside dans leur âge; des bobines enroulées et réglées depuis plusieurs années, changent de résistance d’une manière presque insensible; Y augmentation qui se produit toujours est très grande immédiatement après l’enroulement, moindre les jours suivants; nous avons^vu des étalons en'fil de maillechort augmenter de plus de o,r p. 100, pendant les deux premières aimées, puis conserver cette valeur à o.oi ou 0,02 p. 100 près pendant les six années suivantes. Ces chiffres, si peu précis qu’ils soient, montrent bien le peu de fond que l’on doit faire sur l’emploi des alliages dans les étalons, mais ils montrent aussi que pour les boites de résistances qui sont destinées à l’usage courant, on peut considérer la constance comme suffisante si les précautions nécessaires ont été prises.
- Dans le but de s’affranchir des corrections de température et des erreurs qu’elles entraînent souvent, on tend aujourd’hui à employer les alliages à base de manganèse dont nous avons donné les constantes moyennes plus haut; c’est évidemment là la direction dans laquelle 011 doit s’avancer, mais on ne pourra se prononcer definitivement à ce sujet que dans quelques années, alors que de nombreux étalons ainsi constitués auront circulé dans les laboratoires et que leur constance sera bien connue; 011 ne possède aujourd’hui sur ce sujet que de rares résultats, d’expériences très soignées, mais exécutées sur un. trop petit nombre d’échantillons.
- Nous avons indiqué dans le tableau suivant, à titre d’exemple, les constantes de quelques échantillons de maillechort et alliages divers pris a la même époque chez des fabricants differents, on verra par ce tableau la grande diversité' des résultats obtenus. J,es
- alliages sont classés là par ordre de résistivité croissante ; ils portent le nom que leur a donné le fabricant. Une donnée des plus importantes nous manque sur ce sujet : c’est la composition chimique de ces alliages, elle serait d’ailleurs d’autant plus difficile à obtenir, que, dans la même boîte de fil, les constantes présentent des écarts assez grands et que par conséquent la composition chimique elle-même doit riêtre pas très uniforme, au moins en ce qui concerne les variations infinitésimales, dont le rolee st capital à ce sujet.
- Maillechort............ 25,7
- Argentan............... 28,9
- Maillechort extra . . 30,8
- Maillechort N . ; . . 38,9
- Métal XXX . . . . 40,4
- Argentan............... 41,3
- Maillechort . . . . 44,8
- Ferro-nickel........... 80,2
- 5220 p. lor 380 -
- 265 —
- 330 —
- 285 —
- 260 —
- 250 —
- 240 —
- Etalons t>tvkrs. — Les premiers étalons de la British Association (B A), étaient enroulés sur un tube de laiton convenablement isolé, puis la bobine ainsi formée était recouverte d’une boîte eu laiton et l’intervalle rempli de paraffine; les deux extrémités du fil étaient soudées à des tiges de cuivre rouge du diamètre de 8 à 10 mm; les tiges recourbées. pouvaient plonger dans des godets à mercure, la résistance étant déterminée à partir du point où les tiges sortaient du mercure. On a fait à ces étalons les reproches suivants : le fil noyc dans la masse de paraffine prend trop lentement l’équilibre de température, celle-ci peut être au moment de la mesure, très différente de la température ambiante. On remédie en partie à ce défaut, en plongeant l’étalon dans un bain liquide dont la masse empêche les variations rapides, mais ce palliatif est quelquefois insuffisant. De plus, et ce reproche peut atteindre la plupart des autres formes d’étalons, la paraffine employée pour remplir la boîte n’était pas complètement neutre, de telle sorte que certains
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- de ces étalons ont présenté une teinte verdâtre de la paraffine qui indiquait une attaque, soit du laiton de l’enveloppe, soit, ce qui est plus grave, du fil lui-même « ceci seulement pour le maillechort, car le platine-argent est inattaquable ». La conséquence de cette altération de la paraffine, c’est que son pouvoir isolant diminue très vite et peut, à un moment donné, devenir trop faible.
- L’étalon Siemens, est composé d’un fil de maillechort recouvert de soie et verni à la .gomme laque; ce fil enroulé en hélice est suspendu dans une boîte en bois ouverte en haut et en bas. Dans cet étalon, il est également très difficile de connaître la température exacte du fil. celui-ci étant trop découvert; il faut placer un thermomètre au centre et entourer entièrement la boîte avec de la ouate de manière à réduire les écarts de tempéra-
- Dans l’étalon Carpentier (fig. 6), le fil de maillechort enroulé sur une bobine de bois paraffiné, est. apres enroulement, recouvert d’une couche de paraffine destinée uniquement à empêcher l’humidité de produire des dérivations; la bobine est placée dans un
- cylindre de laiton enduit intérieurement de paraffine et la boîte, fermée par un couvercle d’ébonite, est percée d’un trou juste suffisant pour laisser passer la tige du thermomètre; on prend ainsi la température de la couche d’air qui enveloppe la bobine. On peut, pour plus de securité, plonger l’étalon dans un bain à température constante.
- Dans certaines formes nouvelles d’étalons, le fil enroulé en bobine annulaire et plate, est
- isolé par la plus petite quantité de paraffine possible et enfermé dans une boîte en laiton aussi restreinte que possible, le tout peut être ainsi placé dans un bain ; la forme plate de la bobine lui permet de plonger dans une couche horizontale assez petite pour qu’on puisse considérer sa température comme uniforme (fig. 7).
- — Étalon à bobine plate.
- La paraffine, est un des isolants les plus commodes dans ces sortes de travaux, mais il faut avoir soin de l’employer brute de préférence, ou ayant seulement été soumise à un raffinage grossier par fusion et sous la presse; tous les raffinages plus parfaits sont basés sur l’emploi des acides et il est très difficile de neutraliser la paraffine ainsi traitée. Toutes les fois qu’il est possible de chauffer l’étalon une fois fini, il est préférable d’employer la gomme laque comme isolant; dans ce but, on recouvre le fil d’une couche épaisse d’un vernis formé par une dissolution de gomme laque dans l’alcool absolu, et on chauffe assez longtemps et assez fortement pour obtenir une couche très dure sur la surface du fil: cette couche qui protège fort bien le fil contre l’humidité, a l’avantage d’être plus mince que la couche de paraffine et par la de permettre, à isolement électrique égal, un équilibre de température plus parfait.
- Presque tous les étalons sont terminés par deux gros conducteurs en cuivre rouge que l’on recourbe pour les plonger dans des godets pleins de mercure; ces conducteurs doivent avoir une résistance aussi faible que possible, pour que la variation de hauteur du
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- •mercure sur la tige n’affecte pas pratiquement la valeur de l’étalon. On commence également à employer pour les étalons en fil métallique la disposition qui consiste à amener le courant par deux conducteurs et à limiter la résistance mesurée par deux conducteurs de dérivation, disposition que nous avons déjà signalée à propos des étalons à mercure.
- Le meilleur moyen d’obtenir la température du fil d'un étalon, consiste à le plonger dans un liquide isolant; cette méthode n’a pas encore été très employée parce que les liquides isolants sont généralement assez peu fluides, qu’ils ont une tendance à laisser s’établir des couches de température graduellement croissantes, ce qui exige l’agitation continuelle du liquide; parce que les liquides isolants non susceptibles d’attaquer les métaux sont en assez petit nombre et qu’il faut avoir soin de les choisir extrêmement purs, ni acides, ni alcalins; enfin parce que la résistivité de ces liquides est généralement moindre, en pratique, que celle de. la paraffine ou de la gomme laque.
- Les étalons de résistance du Reichsanstalt de Berlin sont à liquides-isolants. Une double enveloppe métallique, dont le vide est rempli d’amiante, renferme, dans un bain de térébenthine, une première spirale métallique destinée au chauffage du bain par un courant; dans un récipient intérieur, également en métal et rempli de térébenthine, sc trouve la bobine étalon en platinoïde, enroulée sur un cylindre isolé, et une seconde bobine enroulée en fils de cuivre et de platinoïde, dont la variation de résistance indique la température du bain.
- Avec un étalon en fil métallique qui a été soigneusement vérifié, on peut avec beaucoup de précautions, comme nous l’avons déjà dit, garantir o.oi p. ioo.
- Bobines de résistances. — Les boîtes de insistances sont composées d’un certain nombre de bobines, de valeurs diverses, attachées a des blocs de laiton ou plots, dont l’ensemble forme un commutateur qui permet de grou-
- per les bobines de différentes manières pour faire varier la somme.
- Les bobines forment la partie capitale des boîtes de résistances, il est nécessaire de bien connaître leur construction pour tirer des boîtes le meilleur parti possible.
- Tout ce que nous avons dit sur les alliages employés, les coefficients de variation, la constance, etc., à propos dés étalons est encore applicable ici ; il faut simplementtenir compte de la précision moins élevée que l’on demandé en général aux boites.
- Pour éviter les phénomènes de la période variable du courant, qui peuvent dans certains cas troubler considérablement les mesures, il faudrait que les bobines de résistances n’eussent ni self-induction, ni capacité; cette double condition est matériellement impossible à remplir; ce que l’on cherche, c’est simplement de réduire ces facteurs au minimum. Pour éviter la self-induction, on a eu recours au moyen très simple qui consiste à enrouler la moitié du fil dans un sens, l’autre moitié en sens inverse, ce qui s’obtient très facilement en enroulant simultanément deux fils parallèles ; les deux brins sont réunis par une soudure au commencement et les bouts libres à la surface, réglés à la longueur convenable par une série de tâtonnements, sont fixés aux plots de la boîte. Cette disposition a pour effet de détruire à peu près complètement la self-induction des bobines, niais par contre, elle donne le maximum de capacité. II. est facile de se rendre compte que les deux fils, parallèles et très voisins, constituent un condensateur. Lorsqu’un courant passe dans le fil, il existe entre deux points voisins une différence de potentiel proportionnelle à l’intensité du courant et à la résistance comprise entre les deux points. La différence de potentiel-et par suite la quantité d’électricité emmagasinée, nulles à là jonction des deux fils, vont en croissant à mesure qu’on s’éloigne de ce point et atteignent leur maximum à. l’entrée de-la bobine; le système se comporte vis-à-vis des courants variables, comme un condensateur dont la
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- •capacité serait la moitié de la valeur que l’on peut mesurer directement lorsque les 2 brins sont séparés ; les armatures de ce condensateur étant reliées par une résistance égale à celle de la bobine,
- Pour les bobines k faible résistance, composées d’une très petite longueur de gros fil, l’effet de la capacité est négligeable, il n’en est pas de même pour les grandes résistances. L’erreur introduite de ce chef, lorsqu’on fait usage de la période variable d’un courant direct, ou d’un courant alternatif, est assez grande pour rendre quelquefois les mesures illusoires. Cette forme d’enroulement, quoique très imparfaite à ce point de vue, est néanmoins encore la plus employée.
- Pour réduire la self-induction, sans donner à la capacité électrostatique une influence trop grande, M. Chaperon a proposé de faire les bobines avec un seul fil, chaque couche étant enroulée en sens inverse de la précédente ; les couches successives détruisent ainsi leur action inductive et les points voisins ayant entre eux une différence de potentiel d’autant plus petite que le nombre de couches est plus grand, la capacité apparente se trouve très réduite. Cette disposition est très bonne pour les résistances élevées ; elle a permis d’utiliser les boîtes de résistances pour les mesures au téléphone, qui sont impossibles avec les enroulements ordinaires k deux fils.
- La question la plus embarrassante pour les personnes ayant k se servir des boîtes, est de savoir quelle intensité de courant on peut faire passer dans les bobines, pour ne pas causer d’erreurs sensibles et pour ne pas les détériorer. La question est très complexe, mais nous pouvons dire au point de vue des erreurs qu’il ne faudrait faire passer aucun courant dans les bobines ; cette affirmation un peu paradoxale doit être remplacée dans la pratique par ccttc règle que le courant doit être le plus faible possible ; il vaut mieux dans les mesures précises, diminuer le courant, quitte à augmenter la sensibilité des appareils de mesure.
- L’échauffcment d’une résistance est proportionnel à :
- R Vt.
- On connaît presque toujours R et I, mais ce qu’on connaît rarement c’est t. Dans une mesure de résistance par le pont de Wheat-stone, par exemple, on peut tâtonner plus ou moins longtemps avant d’atteindre l’équilibre; pendant plusieurs intervalles de temps de durées variables, on fait passer le courant et la bobine s’échauffe de plus en plus, car il ne faut pas oublier que les isolants électriques que l’on met sur les fils sont en même temps d’excellents isolants thermiques ; donc, lorsque les émissions de courant sontrapprochées, la bobine prend une température croissante, qui peut devenir dangereuse; mais par contre, un courant qui serait suffisant pour brûler une bobine en 1 ou 2 minutes, peut passer presque impunément pendant une Iraction de.seconde ; c’est alors une affaire d’habileté de l'expérimentateur.
- Lorsqu’il s’agit d’une seule émission de courant de durée t, on peut se donner comme limite de IT une valeur telle que l’élévation de température 0 soit inférieure à une grandeur donnée, en supposant bien entendu, le refroidissement nul ; dans ce cas, pour un fil de diamètre et de résistivité connues, dont on connaît également la densité et la chaleur spécifique, on a :
- si Is DC6
- A équivalent mécanique de la chaleur,
- D densité du métal ou de l’alliage,
- C chaleur spécifique, g accélération, l longueur du fil, s section du fil,
- d’où 011 tire
- P, ^
- P
- Pour le maillechort par exemple, prenons les valeurs moyennes ;
- p = 35 microhms-cm,
- D = 8,5 C = 0,08,
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- Le diamètre d étant exprimé en cm et la température 9 en degrés centigrades, il vient, toutes réductions faites :
- 12/ = J2e x 6,5 x io-*-
- On voit par cette formule qu’on peut faire passer un courant de 25 ampères pendant 1 seconde, dans un fil de maillechort de 0,1 cm de diamètre, sans l’échauffer de plus de iü, ou encore un courant de 7,9 ampères pendant 10 secondes; mais il ne faut pas en conclure qu’il n’y a aucun danger; en réalité, il est difficile de limiter le temps t, et c’est le plus souvent au moment où la résistance brûle, que l’on s’aperçoit que le courant a passé trop longtemps.
- Pour les résistances destinées à être parcourues constamment par le courant, il faut poser le problème autrement et chercher par expérience, pour une surface de refroidissement', de grandeur et de nature déterminées, quelle est l’énergie qui peut être dépensée par rayonnement et par convection pendant un temps donné. La bobine ayant une résistance R,- l’énergie électrique dépensée suivant la loi de Joule, doit être égale au plus à l’énergie perdue pendant le même temps par la surface de refroidissement. Dans les boîtes de résistances ordinaires, les bobines ont habituellement des dimensions assez petites, en outre l’isolement du fil et sa protection contre l’humidité sont assurées par une couche de paraffine assez épaisse, qui forme un obstacle presque insurmontable au refroidissement. Nous donnons dans le tableau ci-contre un exemple des intensités et par suite des différences de potentiel que l’on peut appliquer en toute sécurité aux bobines des boites ordinaires, en tenant compte de l’échauffement seul.
- 1 ohm 0,32 volt 0,32 amp.
- iooûo —. 32 — 0,063 —•
- Pour les boîtes destinées à être traversées
- d’une façon continue par le courant, il faut donner des dimensions telles que le refroidissement se fasse dans de bonnes conditions, c’est-à-dire que la température ne puisse pas s’élever à un point suffisant pour que la variation de résistance cause une erreur appréciable, ou, lorsque le coefficient de variation est nul ou très petit, la température atteinte doit être inférieure à celle où l’isolement peut être compromis. Dans les bobines de grande résistance, avec des fils isolés avec de la soie et vernis ou paraffinés, il ne faut pas atteindre une température supérieure à 40° (à 50 ou 55° la paraffine fond). Pour le maillechort ou les alliages à coefficient semblable, une élévation de 250 au-dessus de la température de réglage, amène déjà une augmentation de 1 p. 100 sur la résistance, ce qui est beaucoup trop dans bien des circonstances.
- Les très faibles résistances sont quelquefois formées de fils nus enroulés en hélice ou tendus, dans ce cas on peut atteindre des températures beaucoup plus élevées. Lorsque le fil a été bien recuit préalablement, il peut être soumis à des températures de 200 à 300° sans subir de variation permanente, mais il faut dans ce cas assurer une ventilation parfaite, sans quoi la température peut, à un moment donné, s’élever brusquement et amener la fusion du fil ; toutefois, si le fil est facilement oxydable, il ne faut pas dépasser la température à laquelle il commence à s’oxyder. Enfin il faut ajouter que ces hautes températures ne peuvent être appliquées qu’à des alliages à coefficient nul.
- Les grandes résistances pour courants relativement intenses, doivent être enroulées sur des bobines ayant une grande surface, il n’est pas indispensable de donner au fil un trop gros diamètre ; ce qui est important, c’est que la couche de fil soit mince et la surface la plus grande possible. Un très bon mode de confection de ces bobines, consiste à les enrouler sur un tube métallique de grand diamètre, dont le centre est ouvert; le refroidissement se fait ainsi par l’intérieur et l’extérieur. Il faut toujours ménager la circulation de l’air
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- 5o§.
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- sans laquelle il n’y a pas de refroidissement possible. Comme règle pratique, il faut, en tenant compte des isolements nécessaires, donner de 50 à 100 cm2 de surface de refroidissement par watt dépensé ; ceci conduit, il est vrai, à des boîtes de dimensions exagérées, mais l’inconvénient est bien compensé par la sécurité que donne cette disposition.
- En:outre de la surface de refroidissement, il y a lieu, pour les très grandes résistances, de tenir compte de la différence de potentiel aux extrémités ; en effet, si on enroule la résistance avelc deux fis parallèles, à l’entrée de la bobine, la différence de potentiel est R I, or ce produit peut, dans certains cas, atteindre plus de 100 volts sans que Réchauffement soit nuisible. Il faut dans ce cas sectionner la résistance, pour que dans aucune section, la différence de potentiel entre deux fils voisins ne soit supérieure à 40 ou 50 volts ; l’isolant des fils de résistance est trop mince pour qu’on puisse le soumettre à des tensions plus élevées; on peut il est vrai augmenter l’épaisseur de l’isolant, mais c’est aux dépens du refroidissement, ce qui n’est pas un avantage.
- C’est dans le but d’éviter cette rupture de l’isolant dans les boîtes ordinaires, qu’on est obligé de diminuer l’intensité du courant qu’elles supportent ; ainsi une bobine de résistance de 10000 ohms, par exemple, pourrait très bien supporter un courant de 0,01 ampère pendant quelques secondes, sans échauffement appréciable, mais la tension entre les deux fils h l’entrée serait évidemment dangereuse. La même résistance composée de 10 bobines distinctes, enroulées avec le meme fil, pourra au contraire supporter un courant double pendant le même temps. La solution pour les grandes résistances est bien indiquée, elle consiste à enrouler côte h côte lés sections de la bobine, en les isolant bien l’une -de l’autre, et à les relier en série; on réduit ainsi à la fois les chances de rupture et la capacité électrostatique.
- Un très grand nombre de bobines de grande résistance présentent un phénomène qui gène beaucoup dans les mesures, c’est une polari-
- sation, causée soit par la mauvaise qualité delà paraffine employée, soit par un séchage imparfait du fil. A la mesure, ces bobines paraissent augmenter constamment de résistance, et celle-ci est d’autant plus petite que la f. é. m. employée est plus grande. Cet effet ne peut pas être confondu avec l’augmentation de résistance dueà réchauffement, car apres la cessation du courant qui l’a produit, on constate l’existence d’un courant de polarisation. Ces bobines ne prennent leur résistance réelle qu’après avoir été traversée par le courant pendant un temps très long, suffisant pour polariser complètement l’isolant, et empêcher ainsi les dérivations qui diminuent la résistance apparente. Evidemment cet inconvénient ne doit pas exister dans les bobines bien construites, mais comme il se présente assez souvent en pratique, il est nécessaire de le signaler ; on doit, le cas échéant, s’assurer que le phénomène n’introduit pas une erreur supérieure à celle que l’on s’est fixée comme limite, autrement, il n’y a qu’à rejeter la bobine qui en est affectée.
- Le réglage des bobines de résistances se fait par tâtonnements successifs, en réduisant peu à peu la longueur du fil, l’enroulement ayant été fait avec un excès. Pour faciliter le réglage, on soude quelquefois un fil plus gros aux
- Fig. 8. — Dispositif pour le réglage des bobines.
- deux bouts libres, on peut alors procéder avec plus d’approximation. Lorsque la résistance est très faible, cette méthode n’est pas suffisante et alors on soude le gros fil en dérivation sur deux points a et b convenablement
- choisis (fig. 8j, et le réglage se fait en dimi-
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- nuant la longueur du gros fil en d: dans ce cas on doit avoir
- ha + Bè < R < ha -\- B£> -f ad + db,
- Certains constructeurs préfèrent faire le réglage en deux fois: d’abord un réglage grossier, après lequel la bobine est reliée à un rhéostat additionnel puis paraffinée, et entin le réglage définitif à l’aide du rhéostat. Le rhéostat ne présente qu’une fraction assez, petite de la résistance totale, de telle sorte que les bobines complètement terminées peuvent rester ainsi plusieurs années et prendre leur état h peu près stable : il suffit lorsqu’on doit s’en servir pour une boite de résistances, de les réglercxactement au moyen du rhéostat, sans toucher à la portion principale du circuit. On gagne par ce procédé une certaine constance que n’ont pas les bobines dans lesquelles le paraffinage est fait au moment de l’emploi. On peut également mettre ce rhéostat en dérivation pour les faibles résistances.
- Dans les bobines Carpentier, le rhéostat est constitué par une double hélice de fil de mail-lechort logée dans le noyau de la bobine; un écrou fileté, également en maillechort, se déplace dans cette hélice et vient mettre un court-circuit entre les deux fils à une distance plus ou moins grande de l’origine. Le réglage se fait en enfonçant plus ou moins l’écrou ; celui-ci est fendu et une vis à tète conique introduite entre les deux moitiés, permet de les écarter et de bloquer l’écrou a la position voulue.
- Une bonne précaution à prendre dans la construction des bobines, consiste à souder autant que possible les parries métalliques du circuit, on évite de cette façon les accidents produits par les desserrages.
- Résistances pour grandes intensités. — Avant de terminer ce qui a trait aux questions d’échaufïement des résistances, nous devons dire quelques mots des résistances de faible grandeur, destinées aux courants intenses, dont l’emploi se répand de plus en plus.
- Il existe beaucoup ‘de formules do'nnant l’intensité du coürant que peut supporter un fil donné, mais toutes s’appliquent au seul cas susceptible d’une interprétation mathématique : celui d’un fil tendu dans l’air. Dans les résistances industrielles, il y a lieu de tenir compte à la fois de la forme du fil, du voisinage et de la ventilation.
- Si l’on admet que le rayonnement et la convection sont proportionnels à la surface S et à la différence de température 0 entre le fil et l’air ambiant, on peut, pour un fil tendu dans l’air, poser l’équation d’équilibre
- et finalement
- i = .
- les lettres ont la même signification que ci-dessus. Cette équation ne contient qu’un seul facteur dépendant des dimensions du fil, les autres sont des, constantes physiques; on peut donc pour un échaufîement 6, un coefficient de perte k et une résistivité déterminés,
- l = u d'.
- Cette relation approchée montre qu’il est avantageux, au point de vue du rcfroidissc-meni, de choisir des fils aussi fins que possible, quitte à en placer un certain, nombre en dérivation. Cette considération a conduit à employer pour les résistances dont nous parlons, des toiles métalliques de fer, de laiton ou de maillechort ; ces toiles présentent en effet une grande surface pour une résistance assez faible. On emploie aussi des fils fins tendus parallèlement et réunis en dérivation, ou encore des lames de métal, relativement minces pour augmenter le rapport de la surface à la section.
- Dans le modèle de la figure 9,; environ 200 fils d’alliage à coefficient nul ;sont soudés
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- sur deux barres de laiton ; le courant, qui qui peut atteindre ioo ampères sans amener de variation appréciable sur la résistance, entre par les deux bornes fixées aux barres de
- Fig. 9. — Résistance pour grandes intensités.
- laiton, deux bornes plus petites servent à prendre une dérivation, entre celles-ci la résistance est exactement 0,01 ohm. On peut varier à l’infini les dispositions analogues, mais il faut toujours avoir soin de ménager une circulation d’air très active autour des fils.
- L’emploi de bornes de dérivation entre lesquelles la résistance est exactement connue se répand, comme nous l’avons vu pour les étalons de l’ohm, mais c’est surtout pour les fractions dans le genre de celles dont nous parlons ici, que leuremploi est indispensable ; en effet, plus la résistance mesurée est faible et plus importante est la valeur relative des résistances de contact; aussi il est préférable d’amener le courant par des bornes spéciales et de mesurer la différence de potentiel entre deux points bien fixes.
- Le refroidissement par l’air n’est pas le seul mode employé ; on a aussi fréquemment recours à la circulation d’un liquide à température constante autour du circuit. Les fils ou barres qui composent la résistance plongent dans une cuve remplie d’eau ou d’un
- Fig. 10. —Résistance pour grandes intensités.
- liquide isolant ; ou encore, comme dans la figure 10, la résistance, constituée par un
- tube de laiton avec bornes de dérivation convenablement placées, reçoit intérieurement un courant d’eau obtenu en reliant les ajutages a et b à une canalisation. Dans ces conditions, un tube de laiton de 50 mm2 de section, supporte facilement un courant de plus de 1 000 ampères.
- Les résistances plongées dans un liquide sans circulation s’échauffent plus ou moins rapidement suivant la masse de liquide employée ; pour des courants de peu de durée, elles peuvent donner des résultats assez exacts à condition d’agiter constamment le liquide pour éviter la variation de température dans les differentes couches. Cette disposition est la seule qui puisse être employée avec les liquides isolants, lesquels nécessairement coûteux ne peuvent pas être employés en très grande quantité.
- Les résistances à circulation d’eau permettent, lorsqu’on dispose d’un courant d’eau à grand débit, d’obtenir une température plus régulière, il suffit de mesurer cette température à l’entrée et à la sortie. Elles nécessitent par contre quelques précautions : il faut avoir soin de ne pas placer deux points entre lesquels la différence de potentiel est grande dans le voisinage l’un de l’autre, et en tous cas, on ne doit pas. pour des résistances exactes, avoir une différence de potentiel supérieure à 1,5 volt; au delà des phénomènes de polarisation peuvent se produire entre ces points et même amener par électrolyse la destruction de la résistance. Un moyen bien simple d’éviter cet inconvénient consiste à vernir les parties du circuit en contact avec l’eau, mais par là, on diminue aussi le refroidissement.
- Des résistances basées sur les principes ci-dcssus, sont aujourd’hui construites pour toutes les intensités de courant, môme les plus élevés, et constituent, jointes à un voltmètre quelconque, l’un des procédés les plus commodes pour la mesure des grandes intensités.
- IL Armagnat
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- l’éclairage a l’acétylène !i>
- LAMPES PORTATIVES
- Une lampe portative d’une construction simple, d’un fonctionnement régulier, d’un nettoyage facile rendrait certainement de très grands services.
- Mais tes difficultés auxquelles on se heurte . sont très grandes :
- i° En raison du très faible volume que doit avoir une lampe portative pratique, la production du gaz doit être essentiellement régulière; nous avons vu combien il est difficile d’obtenir ce résultat. Si la production était irrégulière, non seulement les variations de pression qui en résulteraient donneraient une flamme k éclat variable et souvent fuligineuse, mais encore, des accidents pourraient se produire par suite des trop fortes pressions ou des fuites de gaz dans l’atmosphère;
- 2° L’augmentation considérable de volume qui provient de la transformation du carbure de calcium en chaux hydratée, force k donner aux lampes un volume relativement considérable si l’on veut que la durée d’éclairage soit suffisante ;
- 3° Le mécanisme de réglage devant être mis aux mains de tous doit être simple, peu susceptible de se dérégler et cependant être très sensible, condition indispensable à une production régulière du gaz, afin que la pression ne puisse varier qu’entre de faibles limites;
- 4° L’acétylène étant, immédiatement après sa production, chargé d’impuretés et de vapeur d’eau qui nuisent k la pureté et à l’éclat de la flamme, il est utile de le dessécher et de le purifier avant de le brûler;
- 5° L’appareil doit être facilement démontable et remontable, afin que le nettoyage et le remplissage puissent s’effectuer commodément.
- Toutes ces conditions sont assez difficiles k
- réaliserdans un appareilde faiblesdimensions. Ceux qui ont expérimenté des lampes portatives n’ont pas tardé k s’en rendre compte, aucune de celles qui ont été mises dans le commerce jusqu’à présent n’a donné de résultats suffisants.
- Dans la description suivante, nous adopterons le même mode de classement que pour les gazogènes.
- Classe a.
- La lampe brevetée par MM. A. Clavereul et Guérin (Henri) a reçu le nom de « lampe soleil ». L’appareil régulateur qui est la partie essentielle de la lampe a été inventé par M. Goubet; il peut fonctionner automatiquement ou à la main. Toutefois, en raison du peu d’intensité de la force mise en jeu par le piston régulateur eu égard aux résistances qu’il a k vaincre, son fonctionnement automatique nous semble devoir être peu régulier.
- Fig. 6o. — Lampe Goubet.
- La figure 6o la représente en coupe verticale.
- Elle se compose d’un réservoir contenant k sa partie inférieure du carbure de calcium m. L’eau est placée k la partie supé-! rieure en O; elle passe par le robinet ar
- (‘) Voir L’Éclairage Électrique du 7 novembre, p. 254.
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- descend dans le tube' b et, par l’-ouverture n, humecte le carbure.
- L’acétylène produit passe dans le compartiment supérieur du corps de la lampe et de là passé 'par. le. robinet a pour déboucher dans le tuyau / dont la partie supérieure constitue le bec d’allumagè. La lampe comprend en outre un régulateur, e manœuvré automatiquement ou à la main par lé bouton c du robinet; la partie arrière de ce dernier est, en effet, constituée par un secteur denté qui engrène'avec une crémaillère terminant la tige du piston régulateur r (fig. 61).
- Fig. 61.
- régulateur de la lampe Goubet.
- Le régulateur contrôle à la, fois l’introduction de l’eau sur le carbure et l’intensité de la lumière. Si la pression augmente par le trop d’introduction d’eau ou par toute autre cause, le régulateur devient automatique.
- Il est.disposé comme suit -:
- La clé du robineta porte trois trous /, 2, J, dont les orifices sont sur des rayons différents .ainsi.que.le montrent les trois schémas U1, A72, X3, de la figure 62. Dans le premier (U), l’appareil est fermé complètement ; dans
- le second -'V), l-’eau est conduite sur le car-, bure et le gaz"s’échappe au brûleur; dans le troisième (X), le gaz s’échappe dans l’air
- lorsque la pression est trop forte. •
- ^"'0 0 .0
- 0 0
- 0 0
- Fig. 62. — Robinet r de la lampe Goubet.
- Celle clé est . actionnée par le bouton C
- pour la fermeture c< impiété et pour le réglage
- à U main ; si la .pression du gaz augmente,
- elle fait monter le piston .) ” qui fait agir la
- crémaillère et ferai e peu c >u entièrement la
- clé du robinet a ; le trop-plein de gaz s’é-
- chappe alors par le trou 1 ; en même temps
- il règle ou ferme aussi le passage de l’eau
- venant au contact d u carbu re par le trou 3.
- La pression revenue à son point normal, le
- ressort placé au-dessus du piston r la fait redescendre et ramène le régulateur dans là position première. Les orifices du trou 2 sont évasés de façon que pendant cette opération, le gaz, tout en s’échappant par le trou /, continue aussi à alimenter l’éclairage de la lampe.
- L’arbre de la clé du robinet sur lequel est placé le secteur le commandant est disposé de telle façon que la clavette permette les mouvements à la main et le réglage automatique.
- Le principal défaut de cette lampe, c’est que l’intensité de lu force mise en jeu par le petit piston r est beaucoup trop faible par rapport aux résistances qu’offre le mouvement du robinet dans son boisseau.
- La lampe Fritz Rossbach Roussçt, de Tempclhof, près Berlin, est beaucoup trop .compliquée.
- Le carbure est contenu dans un récipient 0
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- (iîg-' ^3\ est suspendu à ressort. Ce récipient est placé dans une cloche intérieure b qui porte l’ajutage de sortie du gaz f o.t dans
- l'intérieur de laquelle est contenue aussi une caisse à eau g- qui peut être remplie du dehors. Cette cloche b est placée dans une cloche a qui est en partie pleine d’eau ; elle communique avec cette dernière par le bas.
- Des mèches d contenues dans des tubes, plongent dans l’eau qui monte par capillarité sur le carbure et le décompose. Lorsque la pression à l’intérieur de b est trop forte, elle refoule l’eau dans la cuve extérieure, et les mèches d ne trempant plus dans l’eau la production du gaz est arretée. Si la pression devient au contraire trop faible, l’eau s’élève dans cette cloche jusqu’au flotteur h qui soulève alors la soupape i qui ferme la cuve à eau g\ une pluie de liquide tombe alors de cette cuve sur le carbure, ce qui fait remonter la pression presque instantanément. On peut arrêter •a production en gaz ou soulevant les mèches d solidaires du tube f qui coulisse dans la boîte à étoupes j.
- 313^
- Classe b.
- Les lampes du genre briquet de Gay-Lus-sac offrent le grave inconvénient d’exiger des dimensions énormes de. réservoirs \ en effet, la pression sous laquelle l’acétylène doit être brûlé est très élevée ; la pression qui résulte de la différence des niveaux de. l’eau dans les deux vases ne devient sensible que si les vases sont de grande hauteur.
- C’est pourquoi M. Trouvé a été conduit à donner h ses lampes.des dimensions exagé-
- M. Ccrkel a cherché à supprimer ce défaut et a été conduit à inventer une lampe assez intéressante, dont la forme rappelle assez celle d’une lampe à pétrole (fig. 64); la pression y
- Fig. 64. — Lampe Cerkel.
- est assurée par l’eau contenue dans un vase supérieur V muni d’un orifice de remplissage B et qui communique par les tubes T et T' avec le bas du récipient à carbure C C. Lorsque le vase V est rempli d’eau, et que les robinets R et R' sont ouverts, le liquide monte dans le vase C et vient au contact du carbure \ l’acétylène se dégage et lorsque sa pression fait équilibre à celle de l’eau, le contact cesse et le dégagement s’arrête ou tout au moins se modère. Si le. dégagement dè gaz était trop brusque, le liquide pourrait être chassé en entier dans le réservoir V et le gaz pourrait remonter dans, les tuyaux TT' et
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- causer des accidents. C’est pourquoi M. Cer-kel a disposé une soupape à bille S qui obture le bas du vase quand la pression devient trop forte.
- Le grave inconvénient de cette lampe outre ceux qui lui sont communs avec toutes les autres lampes basées sur le même principe, c’est que les résidus s’accumulent dans le bas de la lampe et bouchent les tuyaux, ce qui nuit au bon fonctionnement et rend le nettoyage très difficile.
- La lampe deM. Gearing, est peu pratique. Elle est massive, compliquée et entraîne l’emploi de pressions dangereuses pour des appareils de ce genre {fig. 65).
- Lampe Gearing.
- a est un vase générateur en acier ou en fer, de forme cylindrique, à bouts hémisphériques, dont les dimensions sont d’environ 10 cm de diamètre et 40 cm de hauteur. Au sommet de ce vase, se trouve une ouverture «, par laquelle on peut introduire l’eau, ainsi que les bâtons ou morceaux C de carbure préparé. L’ouverture est munie d’un bouchon vissé renfermant une petite chambre garnie d’amiante, à la partie supérieure de laquelle est percé un petit conduit. En plus
- de l’ouverture e, il existe une ouverture supplémentaire d fermée en temps ordinaire par un bouchon et par laquelle on peut quand il est nécessaire, alimenter d’eau sans enlever le bouchon vissé. Au fond du vase générateur, se trouve une ouverture g munie d’un dispositif de fermeture, tel qu’un tampon vissé, pouvant s’enlever pour permettre de retirer, de l’intérieur du vase générateur, le résidu qui se forme dans le procédé employé pour produire le gaz. Au-dessus de la petite chambre e est placée une valve de réglage qui est vissée sur cette chambre, avec laquelle elle communique par un petit conduit b. Le brûleur est placé au-dessus de la valve de réglage 5 il n’est pas représenté sur la figure.
- Le carbure destiné à produire le gaz de la lampe est préparé en forme de « cartouches » ou de morceaux de grandeur convenable dont on recouvre la surface avec une mince couche de substance soluble, gélatine, colle forte ou vernis, afin de les protéger contre l’action de l’humidité atmosphérique. L’inventeur estime qu’il est préférable de couler le carbure fondu, directement à sa sortie du creuset, en bâtons ou morceaux de grandeur convenable, car il est alors moins sujet à être attaqué par l’air que s’il est écrasé, puis entassé dans une forme affectant celle d’une cartouche. Environ 450 grammes de carbure de calcium formeront un bâton d’à peu près 3 cm de diamètre et de 30 cm de long, et ce bâton, décomposé par l’eau, produira 142 litres d’acétylène, qui, dans un cylindre de 10 cm de diamètre et de 40 cm de longueur, développeront une pression d’environ 56 kg par centimètre carré. Dès que l’eau du vase générateur dissout la couche préservatrice de la surface du carbure, la production du gaz commence, et l’acétylène, mis en liberté, se comprime dans ce vase au fur et à mesure qu’il se dégage. Avec une lampe de ce modèle, on pourra obtenir pendant plusieurs heures une flamme donnant une lumière d’environ 45 bougies et consommant seulement 28 litres de gaz par heure.
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- >L\I. Allemano et Stemmer ont cherché à construire une petite lampe portative sur le
- Fig. 66. — Lampe Allema
- même principe que leur gazogène déjà décrit ;') ;avec une charge de ioo gr de carbure, elle donnerait une durée d’éclairage d’environ 8 heures avec une puissance lumineuse d’environ 5 bougies.
- Le corps de la lampe C' a de préférence la forme représentée en figure 66 : rétrécie au
- Fig. 67. — Lampe modifiée Allemano et Stemmer.
- bas et renflée en haut, pour diminuer les variations du niveau de l’eau. Pour éviter les trop fortes pressions, ou ménager une ouverture u qui établit dans la cloche à eau la pression atmosphérique, et qui est garnie de
- (l) Voir L’Eclairage électrique du 7 novembre, page 256.
- toile métallique pour éviter les accidents par inflammation.
- Dans le modèle représenté en figure 67, on a cherché à augmenter la capacité de la chambre à gaz en allongeant la partie rétrécie deC'et en lui donnant une forme cylindrique; elle est enveloppée d’un deuxième cylindre plus grand qui lui est soudé. La chambre annulaire A communique au bas avec l’intérieur de C' ; l’eau monte dans l’espace A et le remplirait si, parle tuyau /ri, le gaz ne venait en A refouler l’eau cnC/.
- Le tuyau h2 et la poignée se font pendant.
- Dans tous les cas, on emploie des réservoirs à carbure en forme de cône renversé pour que la surface de carbure offerte à l’eau soit d’autant plus grande que le carbure est plus épuisé.
- Classe c.
- La lampe de MM. Chaude et Hess, dite « l’Automatique », est la seule lampe appartenant à cette classe qui ait été construite. Elle est très bien comprise et donne de très bons résultats.
- Le vase à carbure V (fig. 68), placé au-dessus de l’eau, est muni d’un système d’obturation que représente la figure et qui se compose d’un petit bouchon conique en métal C, venant fermer l’orifice inférieur O du vase, lequel présente une forme tronconique qui facilite en même temps l’écoulement du carbure. Ce cône obturateur est solidaire d’une tige T guidée en G et qui à sa partie supérieure est commandée par le mécanisme de réglage dont nous parlerons tout à l’heure, de manière à s’abaisser dès que la pression diminue un peu.
- Le mécanisme très simple fonctionne avec une entière sécurité ; les déplacements de la tige s’effectuent sans frottement appréciable et ne nécessitent que des efforts très faibles pour déterminer à volonté, selon la grandeur du déplacement, un écoulement de carbure variant entre quelques grains et une « pluie » très abondante.
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- Le vase a carbure est emboîté dans le vase extérieur qui contient l’eau et porte sur son bord extérieur une garniture métallique F. Le couvercle J sur lequel est adapté le mécanisme de réglage repose sur cette garniture.
- Le mécanisme de réglage se compose essentiellement d’une membrane élastique
- munie à son centre d’une plaque métallique P à laquelle vient se fixer, au moyen d’une douille élastique U, la tige obturatrice terminée par un boulon qui vient s’enfoncer dans la douille sous un léger effort. De l’autre côté de’ la plaque appuie un ressort à boudin R.
- La membrane ayant une grande surface et se mouvant sans frottements, transmet intégralement la pression du gaz ou du ressort, ce qui permet de mettre en jeu des forces importantes, nécessaires au bon fonctionnement de la lampe. Avec une surface de 50 cm2 (8 cm de diamètre) et une pression du gaz de 30 cm d’eau, l’effort total est de 1500 gr, c’est la force du ressort R. Une variation de pression de 1 cm d’eau donne un effort de 50 gr; la tige T fonctionnant
- sous un effort 10 fois plus faible, les variations de pression à l’intérieur de la lampe peuvent donc être aussi réduites que possible ; en fait, l’écoulement du carbure sc fait d’une manière imperceptible et presque continue.
- La fermeture BB' de la lampe est à baïonnette et vient presser un anneau JJ7 de caoutchouc qui assure un joint absolument hermétique. Lorsqu’on veut nettoyer ou remplir la lampe, ou retire le chapeau en le tournant pour dégager les baïonnettes et la lampe est décomposée en 3 parties : le vase extérieur qu’on peut nettoyer aisément, le récipient à carbure, et le chapeau contenant la membrane et le ressort avec le bec. On remplit le vase de carbure en poudre par l’orifice I) qu’on ferme ensuite avec un bouchon. Un petit ressort r maintient le bouchon c fermé pendant cette opération.
- Lorsqu’on remonte la lampe, la pression du ressort R ouvre largement le vase en C et une quantité suffisante de carbure tombe dans l’eau pour faire monter instantanément la pression à sa valeur normale.
- Le gaz passe comme l’indiquent les flèches.
- Aucune disposition n’étant prise pour dessécher le gaz, l’humidité ne tarde pas à se condenser sur le réservoir à carbure dont l’ouverture finit par s’encrasser en raison du dépôt de chaux qui se forme.
- (A suivre.)
- G. Pellissier.
- R E V U h: 1N1) U S T R I L L L E ET DES INVENTIONS •
- Parafoudre Baxter C),
- Dans la plupart des pârafoudres, la plaque conductrice reliée à la ligne et la plaque reliée à la terre sont séparées par un espace d’air assez considérable afin d’éviter qu’après le
- p) TbeEleclricalEtiçineer,x.XXll. p. 244, 5 septembre tS<}6.
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- passage de la décharge atmosphérique un arc se maintienne entre ces deux plaques et niette ainsi la ligne en communication avec ]a terre. Tl arrive souvent alors que la résistance de l’espace d’air du parafoudre est plus considérable que ia résistance d’isolement des autres parties de la ligne et, bien que la foudre ne suive pas toujours le chemin qui lui offre la plus petite résistance ohmique, le parafoudre ne se trouve évidemment pas dans les meilleures conditions de fonctionnement.
- Dans le parafoudre Baxter la ligne L est reliée à la première d’une série de plaques de cuivre A (fig. i) d’environ 2,5 cm de long,
- . — Schéma du parafoudre de Baxter.
- 1,2 cm de large et 0,3 cm d’épaisseur vissées sur une pièce d’ébonite et dont la dernière est reliée au sol. E11 face se' trouve une seconde série de plaques B dont la dernière est reliée il une bobine C communiquant elle-même avec le sol et actionnant une armature solidaire de la pièce d’ébonite portant lesplaquesB. Dans les conditions normales, les plaques A et B sont mises en contact, mais comme les extrémités de ces plaques 11e sont pas bien dressées, il n’y a que deux points de contact et il existe entre quelques-unes des plaques d’ordre pair et des plaques d’ordre impair des espaces d’air de quelques centièmes et même quelques dixièmes de millimètre qui
- / offrent une résistance plus que suffisante pour éviter que les courants de quelques centaines de volts circulant dans la ligne ne • franchissent ces intervalles et forment des . arcs mettant la ligne h la terre. Quand la . foudre tombe sur la ligne, la décharge franchit successivement les intervalles situés entre les plaques et se rend à la terre. Après la décharge, le courant de la ligne suit le même chemin, mais a cause de la résistance qu’offre le contact imparfait des plaques extrêmes des deux séries (6 et 7 sur la figure) une partie du courant traverse la bobine C qui agit alors sur son armature, sépare les plaques B des plaques A et éteint ainsi les arcs ; ensuite les plaques B sont ramenées dans leur position primitive par un ressort.
- Dans les applications déjà faites, l’inventeur n’a rencontré d’autre difficulté que celle d’empêcher les ingénieurs de trop écarter les deux séries de plaques.L’isolement des lignes est toujours maintenu dans d’excellentes conditions ; il suffit d’augmenter le nombre des plaques de chaque série, de manière à multiplier le nombre des mauvais contacts, en même temps que la tension des courants traversant la ligne à protéger augmente.
- J. R.
- Electrodynamomètre E. Thomson (1896).
- Cet appareil ifig, 1 et 2) se compose de trois bobines : deux fixes, C, C, et une mobile Q, divisées chacune diamétralement en deux enroulements et disposées, comme l’indique le schéma (fig. 3) de manière que le courant qui les traverse successivement, avec ou sans l’interposition des résistances R par la fiche P, tende à ramener, malgré le ressort J, le diamètre de Q, de la position (fig. 4) correspondant au zéro de l’aiguille I (fig. 1 et 2), dans le plan des diamètres de C,C, avec une force proportionnelle à l’intensité du courant. Si l’on veut employer l’appareil comme voltmètre, il faut disposer la bobine mobile Q en série avec lés bobines fixes, et l’on obtient ainsi une
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- graduation plus étendue vers le milieu du cadran; mais on peut rendre cette graduation sensiblement uniforme, en donnant
- j
- è
- Fig. i et 2. —Ëlcctrodynamomètre E. Thomson. Élévation et plan.
- aux bobines des formes analogues à celles indiquées sur la figure 4.
- La disposition figure 6 convient pour l’emploi de l’appareil comme ampèremètre avec des courants alternatifs; les enroulements Q, en série l’un avec l’autre, sont en dérivation avec CC, dont le fil, beaucoup plus gros que celui de Q, leur permet d’exercer une action suffisante sans être obligé de faire passer un fort courant au travers des connexions flexibles a et Mc Q {fig. 5). U11 rhéostat sans induction Y permet de régler l’intensité de courant en CC de manière à maintenir l’auto-induction des bobines h peu près invariable pour différentes fréquences.
- Pour fonctionner en wattmètres on emploie la disposition (fig. 7) avec CC en série sur le circuit et Qdérivé parunegranderésistanceR sans induction et en fils fins.
- Un petit frein D (fig. 2) permet d’arrêter les
- oscillations de l’aiguille et un doigt A de régler la tension du ressort.
- Le principal avantage de cet appareil est
- Fig- 3 à 7. — Llectrodynæ
- d’être presque complètement asiatique et à l’abri des perturbations occasionnées par la présence de champ magnétique dans son voisinage. G. R.
- Extraction électrolytique de l’or des dissolutions cyanurées, procédé J. Pfieger (1895).
- L’électrode C, sur laquelle se dépose l’or, est en copeaux ou en toiles métalliques présentant une très grande surface — des toiles écartées de 1 1/2 à 3 mm et d’environ un fil par millimètre. — Le bain A, autour des diaphragmes bb, renferme une dissolution de soude à 5 p. 100, avec plaques de zinc D D, constituant, avec les toiles C, une sorte de pile Daniell. Le bain est divisé par des cloisons b2 qui obligent la dissolution sodée à circuler comme l’indiquent les flèches, de manière à
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- multiplier ses contacts avec les toiles C. Si l’on désigne par 1 la quantité d’or précipitée
- tien électrolydque de l’or,
- :édé Pfleger.
- dans le dernier compartiment n° 6 du bain, celles précipitées dans les compartiments pré-
- cédents 1,2,3,4, et 5 seront respectivement de 6-58, 3-73 2.43, 1.89, 1.30, d’après une expérience de l’auteur. Il faut donc enlever l’or plus souvent des premiers compartiments que des derniers, ce qui se fait, par exemple, par immersion des toiles dans un bain à 8 ou 10 p. 100 de cyanure de potassium en face d’une électrode en charbon.
- Toute l’efficacité du procédé tient, d'après M. Plleger, à la grande étendue des surfaces que les toiles métalliques présentent à la décomposition de l’or. G. R.
- Galvanisation continue des fils, procédé CowperColes (1895).
- Les anodes sont constituées par des tubes D, D2 (fig. 1 h 3) reliés au pôle positif par des barres-supports F et traversés suivant A R C
- linue, procédé CowperColes. Coupe
- plan de l’appareil.
- par l’électrolyte alimenté par E. Les fils à galvaniser passent des dévidoirs C aux dévi-
- Fig. 3. — Coupe transversale de l’appareil.
- doirs À, au travers de ces tubes, dans des billets-supports d d, sur des galets d’ébonite
- b au droit desquels ils sont reliés au pôle nê-
- Fig. 4. — Détail des balais G.
- gatif par des balais G (fig. 4) appuyés sur eux
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- par des poids W. Ces balais sont creusés erî.r j Les bobines d’où les fils se déroulent sur de manière a bien recouvrir le lil P, et pro- les dévidoirs C sont constituées (fig. 5 à g) par tégés par une gaine de caoutchouc X. J deux tambours indépendants I et I', séparés
- par une bande L, pivotéesur billes / et pour- I cheveau posé sur I s’est déroulé, 011 enlève les vues de bras M faciles à enlever. Quand l'é- | broches M qui laissent celui placé en P tomber
- sur I et prendre la place du premier écheveau; j remplace de même celui qui est en train dese après quoi l’on replace les broches M, et l’on j dévider de I.
- remet sur elles en I2 un nouvel écheveau qui I Au sortir de A, les fils H traversent des
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- brunissoirs constitues chacun par deux galets et O (fig- io à 12), appuyés sur le fil H par le serrage d’une bande de caoutchouc Q grâce à la mobilité des paliers P, P de N et
- de O dans leurs glissières p2 (à gauche de la figure 10) et autour des axes pp (a droite de la figure 10). L’ensemble des galets O et N et de leurs paliers est monté sur des pla-
- Fig.
- 14. — Renvidoirs.
- teaux dentés R (fig. 11 et 12) qui reçoivent un mouvement de rotation autour des axes des fils H.
- Après leur brunissage, les fils passent à des renvidoirs constitues (fig. 13 et t j) par des galets en deux pièces S et V, emboîtées en p, et maintenues par l’appui, en w, du loquet s2U, qu’il suffit de déclencher en l pour séparer les deux pièces, et détacher facilement le fil enroulé. G. R.
- Transmission à trois fils pour tramways électriques ;
- Par J. S. Woodbridge (!).
- On a construit, en Amérique principale-
- ment, des lignes de tramways électriques destinées à relier deux villages entre eux,
- (') The. Electricaï World, 29 août 1896, p. 254.
- à réunir une promenade, un champ de courses, une station balnéaire, etc., avec la e voisine. Ces lignes sont parfois très gués, et elles ont un trafic très irrégulier: faible en temps ordinaire, il est très intense pendant la saison, les jours de fête, de irses, etc., c’est-à-dire quelques jours par Ces journées exceptionnelles sont une source de bénéfices importants pour les compagnies. Mais d’un autre côté, pour ces grandes distances, le prix des feeders serait prohibitif, surtout si l’on considère qu’ils doivent être calculés pour la charge maxima alors que la charge moyenne est incomparablement plus faible ; l’établissement d’une seconde station centrale serait aussi trop coûteux.
- b M. J. S. Woodbridge propose l’em-
- ___7 ploi d’un système de distribution à 3 fils
- D A\ avec machines compensatrices analogue
- 7 en principe au système à 5 fils, de . Siemens et Halske. On peut alors irans-mettre dans des conditions économiques les courants très intenses des journées exceptionnelles.
- La figure 1 représente schématiquement le dispositif proposé.
- C, C, C, C, sont les génératrices ; une ou
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- plusieurs d’entre elles sont munies de commutateurs permettant de les grouper soit en tension, soit en quantité. T est le fil à trôlet; F sont les feeders ordinaires et F, un feeder spécial, isolé des autres. 1) et sont les machines compensatrices d’une puissance appropriée.
- Si l’on groupe toutes les génératrices en quantité, le feeder F, est réuni au fil à trôlet et les machines compensatrices sont supprimées. Cette opération peut être faite automatiquement, par un commutateur électromagnétique analogue aux conjoncteurs-disjoncteurs employés pour la charge des accumulateurs et qui entre en action lorsque la charge atteint une valeur déterminée.
- G. P.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES ÉLECTRICIENS Séance du 4 novembre 1 895.
- Au début de la séance, le président, AI. Sciama, donne la parole à AI. A. Hjlj.aj-ret, qui, en qualité de délégué de la Société au Congrès des Électriciens de Genève, résume brièvement les travaux de ce congrès. Nos lecteurs ont été pleinement renseignés sur ce sujet, nous n’y reviendrons pas. M. Hillairet termine en remerciant les présidents de l’Exposition et du Congrès ; il souhaite qu’en 1900 nous puissions offrir aux délégués étrangers une hospitalité aussi parfaite que celle offerte par nos voisins. Si ses vœux se réalisent, les électriciens finiront gaiement le xixc siècle.
- M. Jean Perrin expose ensuite quel est, suivant lui, le Mécanisme de la décharge par les râpons de Rœntgen des corps électrisés.
- Nos lecteurs sont bien au courant de ces
- recherches qui ont été exposées dans nos colonnes pour la première fois par AI. Perrin lui-même (!).
- Rappelons qu’il a reconnu qu’il n’est pas nécessaire que le faisceau de rayons rencontre le corps en expérience pour le décharger; il suffit qu’il rencontre les lignes de force émanées de ce corps. On reconnaît alors que les tubes de force rencontrés par les rayons X se comportent comme des conducteurs, pourvu qu’ils soient situés dans un gaz. Quand une partie du tube de force est située dans un diélectrique solide ou liquide, n’y a plus de décharge complète, mais simplement un effet de condensation dont l’effet ultime est le même que si la portion du tube de force contenue dans le gaz était devenue conductrice.
- Pour expliquer ces phénomènes, il propose l’hypothèse suivante : les rayons X ne déchargeraient pas directement les corps électrisés, mais altéreraient la nature des gaz qu’ils traversent. Cette altération serait une dissociation des molécules du diélectrique gazeux qu’ils traversent, ou une décomposition de l'électricité neutre ; des ions positifs et des ions négatifs seraient ainsi libérés. S’il n’existe aucun champ électrique, ces ions se recombinent rapidement. Si au contraire l’action se passe dans un champ électrique, les ions positifs seront sollicités dans la direction du champ, et les ions négatifs en sens contraire. Les quantités d’électricité positive et d’électricité négative ainsi libérées seront donc transportées vers - les surfaces terminant le tube de force. Les rayons fourniraient, par conséquent, le travail nécessaire à la séparation des ions et le champ électrique le travail nécessaire à leur transport.
- D’après cette hypothèse, la quantité d’électricité dont un corps serait déchargé serait indépendante de l’intcnsitc du champ électrique et ne dépendrait que de la quantité d'électricité neutre dissociée par les rayons,
- (•) Voir L’Éclairage Électrique, t. VII, p. 545, 20 juin 1896; t. VIII, p. 225 et 41 7, i«r août 1896 et 29 août 1896.
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- j/expérience prouve bien, en effet, qu’il existe un débit maximum indépendant du champ ; la courbe qui représente ce débit en fonction du champ devient très rapidement parallèle à l'axe des .v.
- Ces expériences et ces hypothèses servent à M. Perrin pour expliquer certaines anomalies apparentes entre les résultats publiés par divers savants, notamment par MM. Rœntgen, J .-J. Thompson, Righi.
- En étudiant comment varie le débit maximum suivant la distance à la source et le volume intéressé par les rayons, il a observé que pour des cônes de rayons dont les angles solides varient comme 1, 2, 3 et 4. les débits sont proportionnels à 1, 2, 3 et 4, et qu’en utilisant sur un même cône de rayons des longueurs proportionnelles k 1, 2 et 3, les débits étaient proportionnels à 1, 2 et 3. La quantité d’électricité neutre dissociée par les rayons à l’intérieur d’une couche sphérique mince, centrée sur la source d’émission, est donc indépendante du rayon de cette couche et proportionnelle k son épaisseur. Cette loi est analogue k la loi des inverses des carrés des distances. Elle conduit k définir une unité de quantité de rayons X et une unité d'éclat.
- Nous renvoyons aux mémoires déjà cités pources définitions et l’influence de l’absorption des rayons X sur le parcours.
- M. P. Janet expose le principe de la méthode qu’il a imaginée pour la mesure de la température des filaments des lampes à incandescence.
- Les nombres les plus discordants ont été publiés jusqu’k présent. Ainsi, on a donné successivement les chiffres suivants :
- En t 886, Garbe.............2 250° C
- En 1891, Weber'Zurichj . . . 1 300° »
- En 1892, I.eChâtelicr .... 2800° »
- On sait avec quelle rapidité l’éclat varie avec la température. Il ne semble donc pas possible qu’il y ait de tels écarts entre les températures des filaments observés. M. Janet t'appelle quel est le principe de la méthode
- employée par chaque expérimentateur et explique ensuite le principe de la méthode qu’il est en train de faire appliquer au laboratoire central d’électricitc.
- Cette méthode consiste k déterminer expérimentalement et par des moyens que nous allons indiquer la quantité de chaleur qu’abandonne un filament de lampe lorsqu’il se refroidit depuis sa température d’incandescence normale jusqu’k la température ambiante, puis k égaler la quantité ainsi déterminée au produit de la capacité calorifique du filament par l’abaissement inconnu de température.
- Soit R la résistance du filament de la lampe, résistance qui, comme on le sait, est une fonction décroissante de la température t du filament ; nous pouvons poser R = o 17), 'f étant une fonction inconnue.
- D’un autre côté l’énergie rayonnée par la lampe pendant l’unité de temps est fonction de la température du filament ; or cette énergie n’est autre que la puissance P fournie à la lampe ; nous pouvons donc poser P — 4 T, et par suite considérer R comme une fonction de P, R =/.P).
- Cette dernière fonction peut ètredéterminée expérimentalement. E11 effet, prenons une lampe électrique, soumettons-la k des différences de potentiel croissantes, mesurées exactement aux bornes de la lampe, et mesurons en même temps l’intensité du courant. Nous pourrons déterminer la résistance du filament dans chaque cas particulier, ainsi que la puissance E 1 du courant. Nous déduirons de ces mesures une première courbe représentant les variations de la résistance R en fonction de la puissance du courant, R étant porté en abscisses et E I en ordonnées.
- Prenons maintenant la même lampe et soumettons-la à son voltage normal; puis à un moment donné interrompons brusquement le courant; le filament va se refroidir lentement depuis la température inconnue/0 k laquelle il avait été porté, jusqu’k la température ambiante. Si l’on détermine la loi suivant laquelle s’opère ce refroidissement
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- 1
- en fonction du temps, comme on connaît déjà par la première courbe la puissance rayonnée à chaque température considérée comme fonction de la résistance, on pourra déterminer la quantité totale de chaleur rayonnée par le filament pendant son refroidissement.
- Pour déterminer cette loi cherchée, M. Janet mesure la résistance du filament à différentes périodes de son refroidissement. Cette mesure se fait de la façon suivante : la lampe en expérience peut être intercalée dans un pont de Wheatstone dès que le courant d’éclairage est interrompu. Cette manœuvre se fait très facilement au moyen d’un commutateur spécial. Le pont a été réglé d’avance pour une résistance R -f- r,, très voisine de la résistance à chaud ; il est parcouru par un courant assez faible pour ne pouvoir échauffer sensiblement le filament. En’même temps qu’on interrompt le courant, on met en marche un compteur à secondes et, dès que l’équilibre du pont est établi, on arrête ce compteur. O11 détermine ainsi la durée nécessaire pour que la température tombe de la valeur représentée par la résistance R à la résistance R -J- r\.
- On répète ensuite la même expérience pour des résistances R -f- r2, R + r3. R -(- r4... de plus en plus grandes à chaque expérience, on commence par jporter jla lampe à sa température maxima au moyen du courant électrique, puis on la laisse refroidir. On construit ainsi, point par point, la courbe représentant les résistances décroissantes du filament en fonction du temps.
- Cette courbe faisant connaître à chaque instant du refroidissement la résistance du filament, la première courbe, qui donne l’énergie rayonnée par unité de temps pour chaque valeur de la résistance, permettra de connaître l’énergie rayonnée à cet instant. Si donc l’on construit une troisième courbe en portant les temps en abscisses et l’énergie rayonnée par unité de temps à ce moment en ordonnées, l’aire de cette courbe représentera la quantité totale de chaleur, exprimée
- en unités électriques, perdue par le filament pendant son refroidissement.
- Mais cette même quantité peut être exprimée en fonction du poids de charbon du filament, de la température maxima (° ;en degrés centigrades) du filament, et de U capacité calorifique du charbon. Par conséquent en égalant cette expression à la valeur déterminée comme nous venons de le voir on pourra tirer / de cette égalité, si l’on connaît les autres quantités.
- Or une fois les trois courbes tracées au moyen d’un grand nombre d’expériences, on pourra briser le filament et en prendre le poids, ce qui ne laissera plus comme inconnue autre que l que la capacité calorifique du charbon employé, etM. Janet estime que les expériences de M. Violle (') peuvent suffire à donner la solution de ce problème.
- Toutefois les expériences ne sont pas encore terminées, et nous aurons sans doute à revenir sur ce sujet d’ici peu, lorsque M. Janet publiera le résultat complet de ses expériences.
- Nous ferons remarquer en terminant que, sauf la détermination très délicate de la capacité calorifique du charbon, cette méthode du refraidissement 11e comporte que des mesures électriques, des mesures de temps et des mesures de poids. Elle peut donc conduire à des résultats comparables.
- M. Pellat présente ensuite quelques observations sur la graduation du galvanomètre I)epre\-d'Ai'sonval.
- En graduant un appareil de ce genre, modèle à cadran, gradué symétriquement de o à 50 de chaque côté, il a remarqué que la courbe des intensités en fonction des déviations de l’aiguille était très régulière; il eut l’idée de représenter le phénomène par une équation de la forme.
- Il obtint ainsi des résultats absolument
- (') Comptes rendus, t. CXX, p. 86g.
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- parfaits- L’équation ne contient que les puissances impaires de a* afin qu’elle change de signe avec a. M. Pellat expose ensuite sommairement les avantages qu’on pourrait retirer de cette méthode, et les modifications qu’on peut lui apporter si le galvanomètre n’est pas symétrique. G. P.
- Sur le phénomène de Rœntgen ;
- Pat' Abei. Buget (')
- « On sait que les rayons X peuvent être caractérisés derrière un écran exposé au tube de Crookes, lors même que cet écran serait assez opaque pour protéger entièrement une plaque photographique sur laquelle il serait immédiatement appliqué. Un tel disque opaque de plomb, exposé entre un tube de Crookes et une plaque photographique, assez loin de cette dernière, a donné une plage circulaire entourée d’une auréole estompée.
- « En disposant un pareil disque a quelques centimètres d’un tube, devant une plaque sensible éloignée de iocmoui5cm, et poussant assez loin la pose, j’ai pu, dans une série d’expériences, obtenir une impression sur toute la surface photographique.
- » Disposant sur cette plaque une série d’épingles réparties sur la surface, et toutes perpendiculaires à celle-ci, j’ai obtenu, en blanc sur gris, les projections de ces épingles. Toutes ces projections sont dirigées du centre à la périphérie, vers l’auréole dégradée signalée déjà par plusieurs expérimentateurs.
- » Il semble donc impossible d’admettre que les rayons X s’inclinent au bord de l’écran pour pénétrer derrière celui-ci puisque, s’d en était ainsi, les projections de mes épingles devraient être dirigées de la périphérie vers le centre de l’auréole.
- » Je n’admettrais pas non plus volontiers que le disque de plomb pût être considéré connue transparent dans les conditions actuelles, car des blocs d’épai sseurs diverses,
- immédiatement superposés à ce disque en certains points de la surface, du côté du tube de Crookes, n’ont pas laissé de traces sur le cliché.
- » Il me semble que l’état particulier de l’espace, sur le trajet libre des rayons X, gagne les régions voisines qui sont masquées par l’écran. Les propriétés nouvelles sont transmises avec tous leurs caractères, en particulier ceux qui décident du sens de la projection des épingles, caractères qui fixent la direction des rayons X, si l'on veut toujours comparer les radiations de Rœntgen à celles de la lumière.
- » Cette transmission de propriétés est d’ailleurs fonction importante de la distance ainsi qu’il résulte de l’étroitesse relative de l’auréole estompée.
- » Le mouvement des molécules d’air, rendues actives par radiation, directe et transportant leurs propriétés nouvelles derrière l’écran opaque, ne me semble pas capable d’expliquer la fixité du phénomène.
- » D’ailleurs, dans une série d’expériences, une lame de plomb couvrait une partie de la base d’un cylindre de paraffine de 15 cm de haut reposant sur une plaque sensible et débordant notablement. II était ainsi séparé de la plaque photographique par la paraffine à un bout, par une égale couche d’air à l’autre bout.
- » Les choses se passaient de mêmes façons, à l’intensité près, de part et d’autre; aussi bien dans des expériences où la surface latérale du cylindre de paraffine était couverte d'une feuille de plomb destinée à absorber les radiations venues obliquement de l’air environnant. »
- Étude de la résonance électrique ;
- Par K. Domalip et Kolacek (1)
- 1. Expériences. —Les expériences ont été effectuées avec un appareil construit sur le même principe que ceux de Tesla. Une ma-
- {') Comptes rendus, t. CXXI1I, p. 689, séance du .
- (*) Wied. Ann., t. LVII, p. 731.
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- chine de Wimshurst charge un condensateur formé d’une ou plusieurs bouteilles de Lcydc de capacité à peu près égale (environ 1351 unités électrostatiques). Ce condensateur se décharge ensuite par une étincelle de longueur variable dans un circuit formé par une spirale de gros fil et un conducteur de longueur variable; la spirale se trouve à l’intérieur d’une bobine secondaire dont les extrémités sont reliées aux pôles d’un interrupteur à étincelles; les deux sont plongées dans l’huile de colza.
- On fait varier la capacité et la self-induction du circuit primaire et on mesure dans chaque cas la distance explosive maxima du micromètre à étincelles secondaires.
- Pour une capacité donnée, cette distance passe par un maximum quand on fait varier d’une manière continue la self-induction du primaire; suivant la grandeur de la capacité l’étincelle secondaire peut atteindre 3, to et même 17 fois la longueur de l’étincelle primaire.
- 2. Théorie. — Soient R la résistance du circuit primaire y compris celle de l’étincelle, I l’intensité dans ce circuit, V2 et V, les potentiels des deux amatures du condensateur L le coefficient de self-induction, C la capa cité du condensateur, en unités électromagnétiques, / l’intensité; vi les potentiels aux extrémités du secondaire, / son coefficient de self-induction, c sa capacité, M le coefficient d'induction mutuelle des deux circuits :
- IR = V, — V,
- -M
- npte des conditions initiales, v. —r, = o V. — V, = V„
- pour t = o, on trouve, comme intégrale de ces équations ;
- v, — Vi _ CM (cos »,/ — cos n2tj v; ~ V 1 LC — le)* + 4 M-Cc
- dans laquelle nl et ni sont les deux valeurs de l’expression :
- ”'^2Cci|1;-M«){cl-+c'±v,|CL~c;)' + givii].
- Pour arriver à cette formule, il faut supposer que les résistances II et r sont négligeables vis-à-vis de L et l. R = r — oh
- Dans ces conditions, chaque circuit est donc le siège de deux oscillations non amorties, de période
- T, =ddhet Ta=
- La différence de potentiel entre les deux pôles du micromètre secondaire sera représentée par la superposition de ces deux vibrations, elle sera maxima au temps / = f0, tel que :
- et ce maximum aura pour valeur :
- v, v, _ _______2 MC_______
- v« “ ^ ~~ VÏÏÎC à-,* • ,.|Cdf '
- Dans une deuxième approximation, on tient compte des résistances R et r en supposant seulement les décréments petits vis-à-vis de », et de »,, 011 trouve :
- vo ~ v' (LC - /ci2 | 4'CcM2
- les deux vibrations sont amorties. La différence de potentiel maxima correspond encore sensiblement à
- et la valeur de ce maximum est à peu près donnée par :
- '.-”2 _ MC (<•'•+ /'•>) _
- v« v/ (I.C — Ic)ü -(- 4 CcM2 *
- Si on laisse invariable le circuit secondaire 1/ = constante et C = constante) et qu’on fasse fasse varier L et C, la difféience de potentiel
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- la plus grar|dc possible s’obtiendra en faisant LC = le. Dans ce cas ;
- En ayant égard à l’ordre de grandeur des diverses quantités L, L R. r, C et c, on peut transformer ces expressions, exprimées en unitéséIectromagnétiques;en effet, /.et l sont de l’ordre de io\ R et r. de iû9, C et c de Dans ces conditions il suffit de prendre :
- ¥)
- en posant
- Vll-C — /cp + 4M2Cc
- La valeur du maximum absolu ü, qui correspond à L C —le, se trouve alors d’après
- être égale à _ '
- 11 V. Cv r*'” =x“- 0ÙII=\/
- 3. En se basant sur ces formules, on trouve pour l’énergie T= r f i'2dt de la décharge dans le secondaire
- J 2 RC + rc Ftr(LC —/c) '
- 1 +|RC + 'rci* M*
- Comme ^ représente l’énergie électrostatique mise en jeu dans le primaire, la quantité de chaleur dégagée dans celui-ci est
- La chaleurdégagée dans le circuit secondaire a été mesurée depuis longtemps par Knochen-tauer (1857) et par Blascma (1858).
- Knochenhauer a trouvé la loi suivante :
- La quantité de chaleur dégagée dans un circuit secondaire croît d’abord quand on augmente la longueur de ce circuit, passe par un maximum et décroît ensuite. — Ce maximum se produit quand la longueur du circuit primaire h et celle du circuit secondaire sont inversement proportionnelles au nombre des bouteilles de Lcyde (supposées identiques:, qui se trouvent dans chaque circuit. Comme Les circuits de Knochenhauer étaient rectilignes et que dans ce cas la self-induction est sensiblement proportionnelle à la longueur, on. voit que cette loi n’est autre que la loi théorique trouvée ci-dessus. Knochenhauer a donc étudié, sans le savoir, des phénomènes de résonance électrique.
- Des formules de Blaserna, écrites avec les notations actuelles, on déduit aussi la même loi.
- 4. Pratiquement, les conditions qui ont été exprimées algébriquement dans le calcul ne sont pas rigoureusement réalisées. Dans le circuit primaire la résistance est variable. Le circuit secondaire ne possède pas de capacité localisée, mais sa capacité est répandue le long du fil, ce que ne suppose pas la théorie; de meme les fils du primaire tendus le long des murs ont une capacité qui n’est pas négligeable.
- On peut apporter quelques corrections aux formules, mais ces corrections sont assez incertaines. Les résultats expérimentaux concordent assez bien avec les résultats théoriques, surtout quand les ' étincelles secondaires sont courtes; dans ce cas, en effet, les tables qui donnent la différence de potentiel en fonction de la distance explosive sont plus exactes.
- Du reste les phénomènes qui se passent aux pôles du micromètre secondaire sont extrêmement variables, et ils ne peuvent être assimilés, au moment où éclate l’étincelle à un état stationnaire.
- Les auteurs tiennent pour démontré par leurs mesures que, dans ces expériences,, la distance explosive dépend de la différence de
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- potentiel seulement, et non de la loi suivant laquelle elle varie avec le temps. M. L.
- BIBLIOGRAPHIE
- Manuale de Magnetismo ed Elettricita; par Giuseppe Poloni, seconde édition, revue par Francesco Grassi, Ulrico Hœpli, éditeur, Milan.
- « Mieux vaut tard que jamais », dit un vieux proverbe, c’est pourquoi je me risque à présenter un peu tardivement à mes lecteurs ce petit manuel de la collection Hœpli.
- Faire un petit cours d'électricité et de magnétisme pouvant être lu par tous ceux qui ne peuvent pas ignorer les premières notions d’électi'icité, c’est-à-dire par tout le monde, tel avait été le but de M. Poloni en présentant la première édition de ce petit volume à la Société d’encouragement des Arts et Métiers en 1883. Remplir le même but en tenant compte des progrès réalisés depuis douze ans. tel est aujourd’hui l’intention de M. F. Grassi.
- La réussite est complète, l’auteur parle un peu de tout et il 11’oublie même pas les courants alternatifs, ni les champs tournants, ni les expériences de Hertz et de Tesla.
- L’ouvrage respire en outre un parfum de philosophie qui n’est pas à dédaigner et restera certainement un des ouvrages populaires les plus répandus en Italie.
- F. Guilbkrt.
- Ouvrages reçus.
- Traité d’électrométallurgie; par W. Bouchers, vol. in-8°, /|8} pages, traduit de la deuxième édition allemande, par le Dr 1 .. Gautier. Baudry et C'A éditeurs, Paris. Prix 25 francs.
- Theprinciples of the transformer; par Frederick Bedeli., vol. in-8°, 416 pages. Macmillan and C'e, éditeurs. London.
- Électricité industrielle; par E. Cadiat et Dubost, vol. in-8°, 728 pages, troisième édition. Baudry et Ci*, éditeurs. Paris. Prix 16 fr. 50.
- CHRONIQUE
- L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE EN FRANCE
- Paris. — Traction. — Dans notre avant-dernière chronique nous signalions (p. 237) la décision prise par la commission du Métropolitain d’incorporer dans le réseau métropolitain la ligne souterraine à la traction électrique de Vincennes au Bois de Boulogne dont le projet a été décrit en août 1889 et octobre 1891 dans La Lumière Electriqiie. K propos de cette décision Le Journal publie, dans un de ses récents numéros les réflexions suivantes :
- La commission du Métropolitain, qui se compose de plus de trente membres, a voté, dans sa séance du 21 octobre, par 3 voix contre 2, ce qui paraît étrange, d’incorporer le * Tube-Berlier » au Métropolitain.
- Cette décision intempestive nous semble de nature à susciter une réprobation unanime, aussi bien au point de vue moral qu'au point de vue pratique des intérêts bien entendus de la Ville de Paris et du public.
- Au point de vue moral, M. Berlier est bien dûment concessionnaire de la ligne en vue de laquelle il a établi, dans ses plus petits détails, un projet extêmement remarquable et qui n’est plus
- Fn effet, en date de 4 juillet 1892, le Conseil municipal de Paris prenaitla délibération suivante, comme conclusion d'une discussion publique qui avait occupé trois séances :
- Article ier. — Il est fait concession à M. Berlier, dans les conditions prévues au cahier des charges, et modifiées ainsi qu'il résulte du rapport de la 3e commission, d'une ligne de tramway tubulaire souterrain à traction électrique, allant du Bois de Vincennes au Bois de Boulogne, en passant par le cours de Vincennes, la place de la Nation, le boulevard Diderot, la rue de Lyon, la place de la Bastille, les rues Saint Antoine et de Rivoli, la place de la Concorde et l’avenue des Champs-Élysées, la place de l’Étoile, les avenues Victor-Hugo et Bugeaud et le boulevard Flandrin.
- Art. 2. — M. le préfet de la Seine est invité, en conséquence, à poursuivre la déclaration d’utilité publique de l’entreprise.
- Cette délibération n'ayant pu avoir son plein
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- effet, en raison uniquement de difficultés administratives entre l’Etat et la Ville de Paris, elle fut suivie de deux autres, non moins catégoriques.
- L'une en date du 8 décembre 1893, ainsi
- conçue :
- Article icr. — M. le préfet de la Seine est autorisé à. accepter au nom de la Ville de Paris, la concession d'une voie ferrée souterraine de la porte Dauphine à la porte de Vincennes, dont le cahier des charges est annexé à la présente délibération.
- Art. 2. — Est approuvé le projet de convention, annexé à la présente délibération, stipulant les clauses de la rétrocession de cette voie ferrée à >[. Berlier, ingénieur civil, auteur du projet.
- La suivante en date du 15 décembre 1893 ;
- Le Conseil... etc.
- Regrettant toutefois les retards dont se trouve ainsi l'objet une entreprise qiii est du plus grand intérêt pour la Ville de Paris,
- Délibère :
- Article unique. — M. le préfet de la Seine est invité à se mettre en rapport avec M. le ministre des travaux publics pour préparer d'accord avec lui, les modifications au cahier des charges et au projet de convention votés parle Conseil municipal dans sa séance du 8 décembre 1893, et pour assurer ainsi, dans le plus bref délai, l'exécution de la voie souterraine entre le Bois de Vincennes et le Bois de Boulogne, dite « Tube-Berlier ».
- A la suite de ces formelles délibérations, le ministre des travaux publics fait abandon de ses réclamations et rend à la Ville sa liberté d'action.
- C'est alors que la commission du Métropolitain prend, dans les conditions relatées plus haut, la stupéfiante décision qui remet tout en question et vient purement et simplement spolier M. Berlier qui, depuis dix ans, a soutenu, à force d'énergie et de dépenses d’argent, son projet si intéressant et l’a fait aboutir.
- Nous n’hésitons pas à déclarer qu’il est impossible au Conseil municipal de s’engager dans cette voie. Ce serait ternir son renom.
- Au point de vue pratique, maintenant, il est incontestable que, seule, de tous les projets actuels la ligne tubulaire peut être terminée pour l'Exposition. Nous ne sommes pas assez gâtés au point de vue des transports, pour dédaigner un pareil appoint, et la conclusion nécessaire est de sanctionner définitivement des decisions plusieurs fois
- exprimées, et de donner, sans délai, le premier coup de pioche d'un ouvrage aussi indispensable et aussi impatiemment attendu. Ce sera donner satisfaction à la fois à l'honnêteté et au bon sens.
- Ciialons-sur-Marxe. — Traction. — D’après la Dépccho de l'Est, le réseau de tramways électriques de Châlons fonctionnera très prochainement. Les travaux de construction de T usine sont commencés, boulevard de la Marne, près du pont Pochet; dans un mois on procédera au montage des chaudières et des moteurs. D'autre part les travaux de pose des rails sont aussi activement poursuivis. Les nouvelles ligues sont déjà installées sur plusieurs points ; depuis l'entrée de Sainte-Memmie jusqu'à la rue Pasteur, puis sur une petite partie du faubourg de la Marne.
- Le nombre des départs sera probablement dé 48 dans chaque sens ; en tout cas il est à présumer qu'il sera suffisant pour que tous les quartiers soient desservis d'une façon satisfaisante.
- La Siîyxh ( Var). — Traction. — Les démarches de la ville d'Hyères auprès de la municipalité de Toulon en vue de la création d'une ligne de tramways électriques entre ces deux villes viennent de mettre en éveil la ville de La Seyne, qui demande à être également reliée à Toulon et ne doute pas que la municipalité toulonnaise- émette un avis favorable à ce sujet.
- Si nous en croyons une feuille locale, la ligne de Toulon à La Seync, avec halte aux nombreux quartiers populeux qui sont sur le parcours, serait en effet plus que justifiée; elle constituerait un revenu important pour la société concessionnaire en même temps qu’elle donnerait satisfaction à une population importante.
- Lyon-Cai.uire. — Traction. — Un décret présidentiel passé en date du 11 septembre 1896 a déclaré d’utilité publique rétablissement d'une ligne de tramway à traction électrique dans le département du Rhône, pour le transport des voyageurs entre le boulevard de la Croix-Rousse, à Lyon, et Caluirc, au droit de la rue Vignoles près la place de l'Église.
- Le même décret approuve la convention passée le 14 avril 1896 entre le préfet du Rhône et M. Alexandre Durand, ce dernier s'engageant à construire et à exploiter la ligne à ses risques et périls sans subvention, ni garantie d’intérêt.
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- La traction aura lieu par le systèmeà trôlet. La ligne aura son point de départ sur le boulevard de la Croix-Rousse, en face de la gare du funiculaire delà place Croix-Paquet, et empruntera les voies publiques ci-après désignées : boulevard de la Croix-Rousse, place de la Croix-Rousse, chemin de grande communication n° i de Lyon à Saint-Trivier, jusqu'à la rue Vignoles. Les projets d’exécution seront présentés de trois mois à partir de la déclaration d'utilité publique. Les travaux devront être poursuivis et terminés de telle façon que la ligne entière puisse être livrée à l'exploitation dans un délai d'un an à partir de la même
- Les alignements seront raccordés entre eux par deux courbes dont le rayon ne pourra être inférieur à 18 m ; la pente maxima est de 5,48
- p. iOO.
- Les rails seront du type Broca en acier, de 28 kg au moins par mètre etilsreposerontsur une couche de sable de 20 cm d'épaisseur.
- Le nombre des départs quotidiens ne descendra pas au-dessous de 40 ; les trains auront une longueur maxima de 20 mètres et une vitesse maxima de 20 km à l'heure.
- Le concessionnaire doit déposer une caution de 8000 fr dont les quatre cinquièmes seront rendus au fur et à mesure de l'avancement des travaux et le dernier cinquième à l’expiration de la concession.
- DIVERS
- Cours publics et gratuits du Conservatoire national des Arts et Métiers. — Le tableau suivant donne les heures de ces différents cours publics et gratuits, commencés depuis le 5 novembre.
- Lundi et jeudi.
- Géométrie appliquée aux arts, par MM. A. Laus-sedat et P. Haag; à 9 heures, amphithéâtre A.
- Géométrie descriptive, par M. E. Rouché; à 7 h. 4/4, amphithéâtre A.
- Constructions civiles, par M. J. Pillet ; à 9 heures, amphithéâtre B.
- Mécanique appliquée aux arts, par M. J. Hirsch ; à 7 h. 3/4, amphithéâtre C.
- Physique appliquée aux arts, par M. J. Violle; à 9 heures, amphithéâtre C.
- Chimie appliquée aux industries de la teinture, de la céramique, et de la verrerie, par M. V. de Luynes; à 7 h. 4/4, amphithéâtre B.
- Mardi et vendredi.
- Chimie industrielle, par M. A. Girard ou M. E Fleurent (suppléant) ; à 9 heures, amphithéâtre C.
- Métallurgie et travail des métaux, par M. U. Le Verrier; à 7 h. 4/4, amphithéâtre B.
- Agriculture, par M. L. Grandeau; à 9 heures amphithéâtre B.
- Filature et tissage, par M. J. Imbs; à 7 h. 4/4 amphithéâtre A.
- Economie politique et législation industrielle par M. E. Levasseur; à 7 h. 4/4, amphithéâtre C.
- Economie industrielle et statique, par M. André Liesse; à 9 heures, amphithéâtre A.
- Mercredi et samedi.
- Electricité industrielle, par M. Marcel Desprez; à 7 h. 4/4, amphithéâtre C.
- Chimie générale dans ses rapports avec l'industrie, par M. E. Jungfleisch ; à 9 heures, amphithéâtre C.
- Chimie agricole et analyse, chimique, par MM. Th. Schlœssing père et Th. Schlœssing fils; à 9 heures, amphithéâtre B.
- Travaux agricoles et génie rural, par M. Ch. de Comberousse; à 7 h. 4/4, amphithéâtre B.
- Droit commercial, par M. E. Alglave ; à 9 heures, amphithéâtre A.
- Samedi.
- Économie sociale, par M.P. Beauregard ; à 9 heures, amphithéâtre A.
- Voici, pour compléter ces renseignements, les sujets qui seront traités dans les cours qui intéressent particulièrement les électriciens :
- M. Hirsch, dans son cours de Mécanique appliquée aux arts, traitera « les machines à vapeur appliquées aux transports, locomotives diverses, funiculaires, navigation et transports sur routes »•
- M. Violle (Physique appliquée aux arts) s’occupera de la « Physique moléculaire » (propriétés fondamentales et utilisation des gaz, des liquides et des solides), et de « La chaleur » (sources de chaleur et de froid, mesure des températures, machines thermiques, chauffage et ventilation).
- M. M. Desprez {Électricité industrielle) étudiera les lois fondamentales de l'électricité et du magnétisme au point de vue spécial de leur application à l'industrie », puis les « Lois de la transmission de l’énergie sous toutes ses formes au moyen Je l’électricité, les Appareils destinés à la mesure des grandeurs électriques et la Théorie générale des machines électriques ».
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- la radînphotographie du système vasculaire. — gu présentant à l'Académie des Sciences (séance du 2 novembre) une série de radiographies très nettes obtenues avec le tube Collardeau, MM. Rémy et G. Contremoulins, ont fait connaître une nouvelle méthode très commode pour la photographie du système vasculaire.
- « C'est, disent-ils, M. le professeur Marey qui nous a suggéré l’idée de rendre le système vasculaire opaque aux rayons X en l'injectant avec une solution qui tienne en suspension des poudres métalliques impalpables. Le commerce livre aujourd’hui, sous le nom de bronze, une grande variété de ces poudres de métal. Le véhicule que nous avons choisi est la cire à cacheter commune dissoute dans l'alco'ol ; l’injection se fait à froid.
- >, Nous insistons sur l'importance du résultat de cette méthode qui donne la distribution des vaisseaux avec leur situation réelle et leurs rapports que la dissection altère toujours ; pour bien faire saisir les degrés de profondeur des plans vasculaires, nous avons recouru à des épreuves stéréoscopiques dont l'aspect est saisissant. »
- Rappelons à ce propos que dès le début des applications des rayons Roentgen on était parvenu àphotographier le système artériel d'une grenouille en v infectant du mercure ; ce liquide avait l'inconvénient de causer souvent la rupture des vais-
- Confércnce télégraphique internationale de Budapest. — Dans son numéro du 25 octobre, le Journal télégraphique, de Berne, termine la publication des comptes rendus de la conférence télégraphique internationale qui. a été ouverte le 16 juin dernier, au palais de l'Académie des sciences, à Budapest, sous, la présidence de M. Pierre de Szalay, directeur-président des postes, des télégraphes et des téléphones de Hongrie.
- La France était représentée par MM. L. Raymond, administrateur des postes et télégraphes, André Drouin, inspecteur-ingénieur, délégués; M. W. Blanchon, secrétaire. La Cochinchine ôtait représentée par M. A. Arnaud, inspecteur des colonies françaises. La Compagnie française des câbles télégraphiques avait aussi envoyé deux délégués : MM. J. Depelley et de Lauris, administrateurs.
- Après le discours d'ouverture prononcé par le ministre du commerce et les réponses d'un cer-tain nombre de délégués de nations différentes, les
- membres du Congrès ont procédé à la révision des lois internationales sur les communications télégraphiques.
- Nous ne citerons, dans cette courte analyse, que les modifications qui ont été apportées au code préexistant, et qui peuvent intéresser nos lecteurs.
- L’article VIII du code, relatif à la rédaction des télégrammes, a été modifié en ce qui’concerne le texte du langage convenu. Les règlements nouvellement imposés sont les suivants :
- « i° Le langage convenu est celui qui se compose de mots ayant chacun un sens intrinsèque, mais 11e formant pas de phrases compréhensibles dans une ou plusieurs des langues autorisées pour la correspondance télégraphique en langage clair.
- » 20 Les mots du langage convenu ne peuvent avoir une longueur supérieure à dix caractères selon l’alphabet Morse.Ils doivent être empruntés à Lune ou à plusieurs des langues allemande, anglaise, espagnole, française, hollandaise, italienne, portugaise et latine.
- »y: Les noms propres 11e peuvent figurer dans les télégrammes entièrement ou en partie en langage convenu qu’autant qu’ils y sont employés avec leur signification en langage clair. Toutefois, les noms propres qui figurent dans le vocabulaire officiel peuvent être admis avec un sens convenu.
- >>4" Le bureau d'origine peut demander à l'expéditeur la production de son code, afin de vérifier si les règles fixées dans les trois alinéas précédents sont bien observées.
- » 50 A partir d'une date à fixer par une prochaine conférence, tous les mots employés dans les télégrammes privés rédigés en langage convenu seront extraits du vocabulaire officiel dressé par le Bureau international des Administrations télégraphiques dûment augmenté. «
- D'autre part, une adjonction au chapitre II de l'article suivant précise d’une manière plus formelle l’interdiction dans les télégrammes privés rédigés en langage chiffré de l'emploi des lettres ou groupes de lettres ayant une signification secrète.
- Relativement aux taxes, il a été décidé :
- La taxe par mot des télégrammes échangés entre deux pays limitrophes a été fixée à 12 y cen-times ; celle des télégrammes, échangés entre les autres pays du régime européen, 25 centimes par mot ; en outre la taxe de chacun de ces derniers télégrammes ne pourra être inférieure à 1 l'r.
- » Les Administrations sont, pour des raisons de
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- frais d'entretien du réseau, autorisées à percevoir une surtaxe de io centimes par mot. De cette surtaxe sont seuls chargés les télégrammes partant des pays qui se trouvent dans une situation exceptionnelle, et non ceux dirigés vers ce pays. »
- Les autres questions traitées au congrès sont de nature purement administrative et portent sur les règlements internationaux établis entre les administrations mêmes, règlements qui, croyons-nous, n’ont pas été modifiés.
- Le tableau suivant donne les détails des taxes {en centimes) par mot des communications télégraphiques échangés entre la France, l'Algérie et le Sénégal et les pays compris dans le réseau international du régime européen.
- FKANCE ALGÉRIE SÉNÉGAL
- Açores 80,0 90,0 2I9-5
- Allemagne 20,0 2),0 171,0
- Autriche-Hongrie. . . 20,0 30,0 175)0
- Belgique 16,5 26.5 167,5
- Bosnie-Herzégovine. . 28,5 38.5 179.)
- Bulgarie . 32A 42.5 83.5
- Canaries 80,0 90)0 95,0
- Danemark 24.5 34-5 U5)5
- Espagne Grande - Bretagne et 20,0 3V> i55,o
- îles de la Manche. . 26,0 36,0 177,0
- Gibraltar. ...... Grèce et îles de Poros 24,5 34)5 i)9.5
- et d’Eubée 53.5 63.5 204,5
- Iles de la Grèce. . . . 37.o 67,0 208.0
- Italie 20,0 30)0 171 0
- Luxembourg 16,S 2 6. q 167,5
- Malte 40,5 32,5 I9L5
- Monténégro 28,5 38,5 U9-5 187,0
- Norvège 36,0 46,0
- Pavs Bas. ...... 16,0 26,0 171,5
- Portugal 20,0 3o.-o *59,5 179,5
- Roumanie 28,5 38,5
- Russie 40,0 50,0 199,0
- Sénégal 150,0 160,0
- Serbie 28,5 38)5 179,5
- Suède 28,0 38,0
- Suisse 6-5 26.5 b,5
- Tanger. 37.o 47)0
- Tripolitaine 70,0 70,0 221,0
- Tunisie 160,0
- Turquie ; . 53-0 63.0 204,0
- Un ascenseur électrique monstre. — Un ascenseur de dimensions exceptionnelles, est sur le point d’être construit à Allegheny, Pa (Amérique) pour établir un moyen de communication entre Me dure Avenue et California Avenue, toutes deux parallèles mais situées à une différence de niveau de 50 m, ce qui oblige à faire un détour de près de 2 kilomètres pour communiquer de l'une à l’autre des deux avenues par voie carrossable. Aussi de nombreux commerçantsjugeantcomme les Anglais que times is ?«o?/qysesont entendus pour faire construire à leurs frais l'élévateur en question. Il sera mû électriquement et pourra transporter en quelques minutes voitures et passagers pressés de Mc Clure Avenue à California Avenue et vice versa. L'installation de cet ascenseur coûtera
- __________
- Le palais tournant de l'Exposition de 1900.— Parmi les nombreux projets éclos pour donner à notre future Exposition le clou qui doit attirer les profanes, celui du palais tournant de M. Ch. Dévie attire l'attention de notre confrère Y Electricien qui nous donne à ce sujet de nombreux détails accompagnés d'une vue d’ensemble. D’après celle-ci, le projet de M. Dévie ne paraît pas l'emporter au point de vue de l’esthétique sur le fameux clou de l’Exposition de 1891. Ce qui n’est peut-être pas étonnant, étant donné que l’idée première de M. Dévie a été de reproduire, en l'entourant de toutes les attractions possibles, un modèle des maisons monstres de vingt à vingt-cinq étages encore inconnues aux Parisiens, mais si nombreuses déjà dans les grandes cités américaines, qu’elles n’embellissent pas.
- Le projet consiste en une tour hexagonale en acier dont l’ornementation sera empruntée au nickel, à l’aluminium, aux faïences décoratives et au cristal. La hauteur, d’environ 115 m sera divisée en quatre grandes parties subdivisées elles-mêmes en étages ou galeries; la première et la deuxieme parties comprendront chacune cinq étages; la troisième en contiendra six, tous accessibles au public. Quant à la partie supérieure, elle comprendra huit galeries dont les trois premières seront accessibles. Pieu entendu tous ces emplacements recevront des cafés, des restaurants, des théâtres, etc.
- La principale idée nouvelle, celle qui nous fait signaler ce projet, est le mode d’illumination. Tous les ornements, les colonnes, les chapiteaux, les statues seront en cristal doré, de'toutes les
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- teintes du prisme habilement fondues, le tout monté sur des armatures métalliques; la nuit venue, un éclairage électrique disposé dans 1’intc-rieur des statues, des guirlandes et des balcons transparents les fera étinceler de mille feux. Ce colossal système d'illumination comprendra environ 20 ooo lampes à incandescence et 2 000 lampes à arc qui dessineront toutes les lignes d’ornementation sans interruption aucune, grâce aux réflexions successives provoquées par les cristaux. Ce sera comme une diffusion habilement produite qui réunira en traits continus les feux des diverses lampes à incandescence ou à arc éloignées en réalité les unes des autres à une distance qui peut atteindre jusqu’à 10 m.
- U n horloge à automates, des orgues gigantesques, un carillon de 64 cloches mus par la vapeur ou l’électricité occuperont les étages supérieurs. Enfin le campanile sera surmonté d'un gigantesque coq gaulois de 5 m de haut, formé de 1 200 lampes à incandescence, qui battra des ailes cl lancera à chaque heure un joyeux etrelentissant«cocorico», qui pourra être entendu sur toute la surface de
- Mais ce 11’est pas tout encore, dit Y Electricien, et pour mériter son nom de Palais tournant il faut que ce merveilleux monument ne soit pas immobile ; il est en effet monté sur un pivot et mû par un appareil hydraulique ; il tournera sur lui-même et chaque révolution s'effectuera en une heure ; il déploiera donc ses splendeurs dans toutes les directions et permettra en même temps aux spectateurs qui occuperont les différents étages, de voir se dérouler sous leurs yeux tout le panorama de l'Exposition, de Paris et de ses campagnes environnantes ; à moins, ajouterons-nous, qu’ils ne trouvent plus rapide de faire le tour des galeries extérieures.
- La fabrication des chlorures décolorants par le chlore électrolytique.—La décomposition électroly-tique du chlorure de sodium en solution aqueuse donne d’une part du chlore, de l’autre du sodium qui, par réaction sur l’eau, produit de la soude et de l’hydrogène. L’emploi d'électrolyseurs à dia-phragmesporeux permet de séparer facilement ces deux gaz, chlore de hydrogène; mais les inconvénients des diaphragmes tendent, comme on le sait, à faire abandonner ces appareils et l'on utilise aujourd’hui divers élcctrolyseurs dans lesquels l'hy-
- drogène et le chlore se dégagent à l’état de mélange; il en résulte un nouvel inconvénient par suite des propriétés explosives d’un tel mélange qui détonne en présence d’une flamme, d’une étincelle, ou même par une simple exposition à la lumière solaire. D'après 1 e Bulletin technologique, M. E.Solvay est parvenu à surmonter cette difficulté.
- M. E. Solvay, après s'être assuré que la présence de l’hydrogène ne gênait en rien l’absorption du chlore par la chaux, et que dans la fabrication du chlorure de chaux, l'hydrogène n’exerçait aucune action réductrice, a essayé de fabriquer ce chlorure d’une façon pratique, et sans danger, avec le mélange normal de chlore et d’hydrogène résultant de l’hydrogène produit par l’électrolyse des chlorures.
- A cet effet il emploie, entre autres procédés, un appareil à action continue et de très petit volume pour l’absorption du chlore. On connaît nombre d’appareils ayant même objet, dans lesquels chaux et chlore sont systématiquement mis en contact; M. Solvay donne la préférence à l'emploi d’un cylindre rotatif, dont l’axe est légèrement incliné et garni de filets hélicoïdaux à l’extérieur.
- Un autre moyen d'empêcher tout danger d’explosion du mélange gazeux consiste à recueillir, à la sortie des chambres d’absorption, le gaz non absorbé, c’est-à-dire l'hydrogcne pratiquement pur, et l’introduire de nouveau dans le mélange gazeux qui entre, jusqu’à ce que la proportion d’hydrogène du mélange soit suffisamment grande pour que l’explosion spontanée ne soit pas à craindre. L’hydrogène ainsi ajouté en excès agit comme un gaz inerte neutre, et rend le mélange inexplosible. Dans ce dernier cas, un appareil continu pour l’absorption du chlore n’est plus nécessaire, car l’on peut se servir de chambres ordinaires. Pour fabriquer d’autres hypochlorites au moyen de liquides et sans nécessité d'employer de grands volumes gazeux. M. Solvay se sert directement et sans inconvénient du mélange de chlore et d’hydrogène.
- Une nouvelle voiture électrique. — Un des types les plus perfectionnés des voitures électriques qu’on ait construites jusqu’alors est, dit VElecirical Envineer, de New-York, celui que la Riker Electric Motor Company, de Brooklyn, vient de mettre sur le marché, Cette voiture, de constructionélé-
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- gante, pèse, batterie et moteurs compris, 694,5 kg et peut contenir 4 voyageurs. Le train et les essieux sont en acier tubulaire, les roues sont du type dit vélo, à pneus. Sous l’arrière-train se trouvent 2 moteurs de 3 chevaux chacun actionnant les roues par l’intermédiaire d'engrenages réducteurs- Ces derniers ainsi que les moteurs sont protégés contre la poussière par une enveloppe hermétique. L'énergie électrique est fournie aux moteurs par une batterie de 42 éléments au chlorure logée dans les caissons de la voilure.
- Le poids de la batterie seule est d'environ 388,40 kg ; chaque élément fournit too amp-h. L’énergie totale emmagasinée permet à la voiture d’effectuer un parcours de plus de 80 km à la vitesse de 16 km à l’heure. De chaque côté de la voiture est placée une lampeà incandescence pour l’éclairage réglementaire. Un gong actionné électriquement, placé à Lavant, remplace avantageusement la trompe pneumatique pour avertir de l’approche du véhicule.
- Outre les appareils électriques de commande pouiTa marche en avant et en arrière, un jeu de commutateurs placé à portée de celui qui dirige, permet de n’employer qu'une ou plusieurs séries d’éléments selon la vitesse que l’on veut atteindre. Un frein des plus perfectionnes complète l’équipement du nouveau motor carriage américain.
- Un bateau sous-marin en Russie. — Le Daily News rapporte qu’un bateau sous-marin construit d'après le système Poukalov est en ce moment en voie d’achèvement dans les ateliers de construction de l’arsenal de Cronstadt. Les essais, paraît-il, commenceront prochainement. Les détails techniques faisant défaut, on sait seulement que ce sous-marin sera mû par des moteurs électriques alimentés par une batterie d’accumulateursdont la capacité permettra au bateau d’effectuer un parcours de plus de 37 km en deux heures, à la vitesse de 10 nœuds à l’heure, soit plus de 18 km.
- Les monte-charges de T Hôtel des Postes. — La question des monte-charges de l’Hôtel des Postes de Paris, dont l’exploitation est très coûteuse en raison de l’utilisation directe de la vapeur comme force motrice, va recevoir une solution à la fois économique et pratique.
- Il paraîtrait, en effet, que M. Henry Boucher
- aurait, tout récemment, décidé de remplacer les monte-charges à vapeur par des ascenceurs électriques. Depuis quelque temps déjà on avait installé, à titre d'essai, un de ces treuils auquel l’énergie était fournie par l’usine municipale d'électricité, Les résultats qu’on a obtenus pendant toute la période d’essais ont été excellents comme régularité de fonctionnement.
- La substitution des treuils électriques aux monte-charges à vapeur permettra de réduire de 55000 fr à 18000 les frais d'exploitation. Cette transformation aura encore l’avantage d'assurer avec sécurité et rapidité, le service de transbordement des dcpcches. Le personnel de l’Hôtel verra avec un certain plaisir supprimer les réservoirs de vapeur qui parfois élevaient la température à un tel point qu’elle devenait intolérable.
- Les coussinets en verre. — T.e journal American Machinist indique une nouvelle utilisation du verre pour la construction des coussinets de machines de faible puissance et à rotation rapide. On substitue en général simplement le verre au bronze dans la constitution du coussinet eu coulant le verre dans l’espace vide entre le palier en fonte et l’arbre ; mais on a la précaution d’insérer deux plaques de tôle mince pour séparer le coussinet en deux parties. Lorsque le verre commence à se solidifier, on fait tourner l'arbre pour empêcher son adhérence. Des coussinets ainsi faits portant un arbre en acier de 50 mm de diamètre, tournant à 180 tours par minute et transmettant une puissance de 5 chevaux, ont fonctionné plusieurs mois avec une dépense de graissage insignifiante, sans donner d’échauffement et sans trace d’usure.
- On fabrique également des paliers en verre constitués par des plaques de ce dernier corps encastrant les tourillons de l'arbre; ces plaques, ordinairement au nombre de 4, sont prises dans des cavités convenablement disposées du palier, et sont pressées contre l'arbre par des vis. On emploie aussi trois plaques seulement disposées en triangle. Toutefois l’emploi du verre pour la confection des coussinets ne peut être, à l’heure actuelle, pris en considération que pour les machines de faibles dimensions et de faible puissance.
- Traversée du Niagara en cycle sur un câble électrique. — Tel est le titre du projet fantastique que
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- se propose d'exécuter un cycliste américain bien connu à New-York pour ses tours de forces accomplis sur sa machine, M. D.-H. Mc Donnell. Déjà en 1893 H s'était signalé à Chicago en traversant Manhattan Beach sur un câble électrique, lequel alimentait des lampes à incandescence réparties un peu partout, sur lui, sur sa bicyclette. Mais plusieurs d’elles placées à sa ceinture ayant été accidentellement mises en court-circuit, il fut par suite assez grièvement brûlé. Déjà, à plusieurs reprises, il a traversé les fameuses chutes en bicyclette sur un câble, mais ce dernier n’était pas un câble électrique. Le programme dont les journaux se font l’écho, porte que M. Mc. Donnell traversera prochainement Horseshoe bail sur un câble électrique parcouru par un courant à 500 volts fourni par l'une des stations voisines. Les pneus de la machine seront enlevés, de sorte que les roues établiront le contact et par suite l’allumage des lampes. 11 va sans dire que le hardi véloce-man accomplira son voyage original pendant la nuit, sans quoi ce lustre d'un nouveau genre resterait sans effet.
- Teinture électrique des peaux. — Nous lisons dans le Scientific American qu’un procédé de teinture électrique applicable aux peaux vient d’être essayé en Allemagne. Sur une table eu zinc en communication avec le pôle positif d’un générateur. on étend l’objet à teindre, on verse la couleur dessus et on y relie le pôle négatif. Sous l’action du courant la matière colorante pénètre cette peau. On peut, paraît-il, reproduire des dessins en recouvrant la peau à décorer d'une plaque de cuivre découpé reliée au pôle négatif. La partie couverte par cette plaque est d’une nuance plus claire que les parties non recouvertes.
- I.'électricité en horticulture, — Le professeur L.-H. Bailey qui étudie depuis plusieurs années l'effet produit par la lumière électrique sur la végétation des plantes potagères, vient de publier un rapport intéressant sur ce sujet.
- L’effet de la lumière électrique qui, au début 'les recherches, avait paru être plutôt préjudiciable qu’utile à la végétation, semble pouvoir aujour-dhui, à la suite d’études méticuleuses que l’auteur apu faire à la Cornill University, être rendu avantageux. L’auteur s’occupe, dans son rapport, de la
- quantité de lumière à donner à des plantes de diverses natures, de la superficie qu’il convient d'éclairer et du choix de la lumière nue ou diffusée. Un des exemples les plus intéressants qui s’y trouvent cités en faveur de l’éclairage électrique, est celui que l'auteur a observé chez M. W. Rawson, d’Arlington. près Boston. Ce dernier, horticulteur de profession, emploie la lumière électrique pour le forçage des laitues. Les plants à forcer sont logés dans une grande serre de r 11 m sur 9.90 m. Sur le côté nord de cette sérié sont suspendues, à des distances convenables, trois lampes à arc d’une puissance de 2 000 bougies chacune et qui sont allumées toutes les nuits. M. Rawson gagne par ce procédé une avance de six jours sur chaque plantation, et comme il en fait trois par hiver, l’avance totale gagnée sur les plantations non éclairées dépasse trois semaines. Les bénéfices réalisés de ce chef suffisent à couvrir les frais d’éclairage pendant tout l'hiver.
- Les expériences du professeur Bailey ont montré que l’influence de la lumière à arc sur les plants de serres est beaucoup modifiée far l’emploi d’un globe uni, ou par l’interposition du toit vitré de la serre. Le même ton d*e Lumière n’est pas profitable à la végétation des plantes de nature diverse ; ainsi la lumière nue peut produire les meilleurs effets sur certaines plantes, et nuire à d’autres. La laitue est une des plantes sur lesquelles la lumière électrique produit les effets les plus marqués ; cinq heures de lumière par nuit à la distance de 3,60 m suffisent pour avancer sa maturité de 8 à 10 jours. Beaucoup d’autres plantes se comportent de la même façon ; tels sont les radis, les épinards, les choux-fleurs, etc.; toutefois ces derniers ont l’inconvénient de s’allonger beaucoup plus en feuilles et de ne produire une tête que de médiocre grosseur. La floraison des violettes et des pensées est aussi très avancée par l’effet de la lumière. Aussi M. Bailey croit-il qu’à de rares exceptions près, les plantes soumises à l’action de la lumière électrique croissent plus rapidement que dans les conditions normales de végétation.
- D’autre part, M. R.-H. Hill suggère, dans Industries and Iron, du 25 sept. 1896, l'emploi de l’électricité pour se débarrasser des insectes qui rongent les racines de jeunes .plantes et, en même temps pour activer la végétation.
- L’appareil qu'il a combiné et expérimenté avec succès dans son propre jardin, dit-il, se compose
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQLE
- d’une plaque de zinc enfoncée en terre et reliée, par un conducteur isolé supporté par des piquets munis d'isolateurs, à une barre ou un gros fil de cuivre dénudé auquel sont soudés plusieurs groupes de bouts de fil de même métal également dépourvus d’isolant et enfouis à une certaine distance de la plaque de zinc. La pile ainsi constituée est prête à fonctionner. •
- Il suffit d'un léger arrosage ou seulement d’une ondée pour faire naître, entre les deux électrodes, un courant qui, prétend l’auteur, suffit pour mettre en fuite les rongeurs en question. Outre cet avantage, le courant engendré entre les deux électrodes (distantes de 12 à x8 in l'une de l'autre) aurait, paraît-il, la propriété d’activer la décomposition des éléments fertilisables du sol et, par suite, la végétation des plantes se trouvant dans le circuit. On peut, en temps d’orage, augmenter la puissance de l'élémenten intercalant dans son circuit, comme a fait l’auteur, une tige conductrice dont l’extrémité émergeant du sol, porte des pointes. Avec ce dispositif, l’électricité dont les nuages sont chargés est recueillieparcespointesct s'ajoute à celle de l'élément. L’auteur prétend avoir pu charger une bouteille de Leyde rien qu’en la mettanr en contact avec les pointes et il recommande de ne pas trop approcher des appareils lorsque l’atmosphère est chargée d’électricilér car les secousses qu'ils pourraientprovoquer, sans être dangereuses n’auraient rien d’agréable.
- IJaction toxique du gaz acétylène. — Déjà, à plusieursreprisesnous avons signalé les recherches de plusieurs savants sur les propriétés toxiques de l'acétylène (Voir Eclairage Electrique^ t. V, p. 218; expériences de Gréhaut, de Berthelot, de Moissan et de Broxinier). M. Rudolph Rosemann, professeur à l’institut pharmaceutique de Greifswald (Allemagne), s’est également occupé de cette question et vient de publier les résultats de Ses recherches, résultats qui confirment ceux des recherches, que nous venons de rappeler.
- En voici le résumé d'après le journal Inven-
- Après avoir exposé un chat pendant une heure up quart dans un air à teneur de 20 p. 100 d’acétylène. l'animal a montré des signes de sommeil, s’est couché et finalement a été pris de vomissements à la fin de l'expérience. Avec 21,5 p. 100 d'acétylène brut, un lapin est demeuré en bonne santé apparente et sans changement notable. Des
- expériences effectuées avec 25,7 d’acétylène brut montrent qu’il n’y avait aucun symptôme dangereux d’intoxication. Au contraire, des expériences effectuées avec du gaz d’éclairage ont fait augmenter la vitesse de la respiration de 128 à 200 et la mort serait arrivée rapidement, si les animaux n’avaient pas été éloignés. 11 est donc dûment prouvé par ce qui précède que l’acétylène est moins toxique quele protoxyde de carbone et moins toxique que le gaz d’éclairage ordinaire. La quantité d'acétylène nécessaire pour amener la mort a été en différents cas de 47,3, 63,5 ou de 75 litres; •celle du gaz d’éclairage n’a été que de 37,25 litres.
- Le sang des animaux sur lesquels des expériences ont été faites, n’a indiqué, dans l'empoisonnement par l’acétylène, aucune différence avec l’état ordinaire, examiné soit au spectroscope, soit au microscope. L’acétylène n’affecte pas, semble-t-il, la matière colorante (globules) du sang, tandis-que c’est le cas lors de l'empoisonnement par le protoxyde de carbone. L’acétylène est absorbé par le sang dans les poumons, mais il n’en change pas directement la nature, bien qu’en traversant le sang il agit sur tout l'organisme.
- Le système nerveux paraît spécialement affecté par ce gaz, ainsi que le montre l’état de somnolence des animaux, état dont il a' été parlé plus haut, par leurs vomissements et par les changements apportes à leur respiration. Il agit tranquillement et a un effet légèrement narcotique, mais un certain temps peut s'écouler avant que l'état d'excitation ne se produise, ainsi quele démontrent l'agitation fébrile, les vomissements et les accès dysproïques constatés chez les animaux auxquels on l’a appliqué. Si l’action de l’acétylène est poussée plus loin, la paralysie se produit et se termine par la mort.
- Justice et économie. — Voilà qui est bien américain : à Colombus (O.) le directeur de l’administration pénitentiaire a envoyé aux différents constructeurs une circulaire les invitant à soumissionner pour la fourniture des machines et appareils destinés « à l'éclairage de la prison et en meme temps à l’clectroculion des condamnés >. Sans commentaires, n’est-ce pas?
- Le Gérant : C. XÀUD.
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- Samedi 21 Ne
- ibre 1896.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- Directeur Scientifique : J. BLONDIN
- daction : G. PELLISSIER
- CAT,CUL DES CANALISATIONS
- Nous supposerons, dans ce qui suit, qu’il s'agit d’un réseau destiné à un transport d’énergie : nous supposerons de plus que le rendement global du réseau est fixé a priori. En pratique il en est très fréquemment ainsi dans le cas où l’énergie est fournie par- une chute d’eau et où l’importance du^service à assurer exige une puissance voisine de la puissance disponible. La loi de Thqmstftî* n’est alors évidemment applicable^qù’au cas où la perte à laquelle elle con^tüt se trouve inférieure à la limite fixée"; en cas contraire on devra rechercher directement la solution la plus économique.
- • Le problème consiste alors à déterminer
- Fig. i. — Schéma des canalisations,
- Soient (fig. i) :
- L(, U, . . . L« . . . . les longueurs des tronçons primaires compris entre deux des transformateurs placés sur le circuit primaire ;
- les longueurs des tronçons sccon-daires compris entre deux des di-versappareilsd’u-tilisation;Jampes, moteurs), situés sur le réseau se-
- i- an- ' les pourcentages des
- pertes en watts élémentaires dans les tronçons primaires ;
- les pourcentages des pertes en watts
- ......................... - élémentaires dans
- xp.|, «p.2. . . . xp.n- - - \ les tronçons se-
- ....................... condaires ;
- ? = q-«„ 4-... +Vl |-«, 3 + ... + Xpn +...
- le pourcentage de la perte totale consentie sur l’ensemble du réseau.
- les intensités dans le régime de la pleine
- les intensités dans les tronçons secondaires, pour la pleine charge.
- h, [;/ • .
- les tronçons primaires, pour charge ;
- I,.„ Ii-S. • • - U« • • • \ U„ 12.2, . . . it.* . . . I
- les pertes élémentaires à consentir sur chaque tronçon du réseau de telle façon que le poids de cuivre employé soit minimum.
- Nous le traiterons dans le xas le plus général où la distribution est faite par courants alternatifs.
- Nous poserons de plus en général
- La quantité Kp„ ainsi définie est donc le rapport de l’intensité dans le tronçon d’ordre;?. i à l’intensité dansle tronçon d’ordre;?.h.
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- 33^
- L'ÉCLAIRAGE É L E C T RIQ U E
- On a. pour le réseau primaire
- ioo p Ln In2 ioo?LuI,
- S» El, cos — s» Ëcoso,K„! ’
- (p résistance spécifique, Sn section, cos o, facteur de puissance, E voltage aux bornes du générateur.)
- Pour les circuits secondaires : „ _ 100 P Lp’; _____W
- 2 part
- 1 dés
- --------- , —--------o-...rar-/j,le rapport
- de la puissance du peme transformateur à la puissance totale, par r, le rapport de transformation par Ç le rendement du transformateur correspondant au régime de pleine charge et par e et et voltage et le décalage du secondaire on a :j
- El, cos ?lXPK = e\Fl cos Ÿ1;
- d’où :
- Posons pour simplifier ;
- Sa différentielle totale
- Y
- -T *** -I
- Y
- l.pn1
- , dapn.
- 'pn: K'
- Le poids sera minimum lorsqu'on aura :
- Or on a :
- , + «8 +... + + ... + + <xrn = p (2)
- Différentiant il vient :
- d*, + dca -b- + dzn +... +datl +...
- + dv.pn -p... = o. (3)
- En identifiant (1) et (3;, on obtient en tenant ompte de (2) :
- Y_u , Yi Z K" ^ Z
- La de l’ordre r,
- K’„ y L„ Y_L^
- Z K„ Z K-,»
- é S„ dans le tronçon primaire : donnée par l’équation
- 100 p * + i
- Il vient :
- apn = Spn E cos ç.KfùE’
- Le volume total de cuivre est :
- V L„ S„ + ^Lf„ Spn. Il est donc proportionnel h :
- Elle est donc indépendante de n.
- On trouve de même pour le tronçon secondaire d’ordre p. n.
- E cos ç, p
- On a donc finalement o„ — opn = constante.
- De ce qui précède, on peut donc déduire la loi suivante :
- Etant donné un réseau sur lequel on consent à une perte globale déterminée, la répartition des pertes élémentaires la plus économique exige que la densité du courant reste constante.
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- RK V V R I) ’ K l. K CT R IC I TV.
- 339
- Nous avons cru intéressant de signaler ce résultat parce qu’il conduit à un calcul d’une «rrande simplicité et parce qu'il correspond à un cas qui se présente très fréquemment dans la détermination des réseaux destinés au transport d’énergie.
- Dans le même ordre d’idées, M. Bochet a étudié le cas où le réseau est spécialement affecté à l’éclairage. Cette étude ayant fait l’objet d’une très intéressante communication à 'la Société internationale des Électriciens analysée dans ce journal ('} ; nous nous bornerons ici à en rappeler les résultats :
- Dans le cas où la chute de potentiel aux extrémités d'un réseau est fixée a priori, la répartition la plus économique des pertes élémentaires exige que la densité du courant soit proportionnelle à la racine carrée du courant.
- J.-L. Routin.
- L’ÉCLAIRAGE A L’ACÉTYLÈNE (2)
- L'ACÉTYLÈNE LIQUIDE
- L'acétylène se liquéfie facilement, mais il faut prendre différentes précautions pour éviter les accidents qui pourraient se produire par suite des explosions que provoquerait l’cchauffement du gaz pendant la compression.
- On ne doit pas le laisser se comprimer sous sa propre pression au fur et à mesure qu’il se dégage du carbure, parce que, si on ajoute la chaleur de formation à la chaleur de compression, la température devient suffisante pour qu'une partie de l’acétylène se transforme en carbures polymères goudronneux et même pour provoquer la décomposition et l’explosion de la niasse gazeuse.
- Deux procédés ont été proposés et essayés * (*)
- (‘) L'Éclairage Électrique, t. VII, p. 519, 17 juin 1896.
- (*) Voir L'Éclairage Électrique du 14 novembre 1896, p. 311.
- pour réaliser industriellement la liquéfaction de l’acétylène; ce sont ceux de MM. Edw. N. Dickerson et J. J, Suckert, et de M. R. Pictet.
- Dans le premier l’acétylène se liquéfie par la seule pression qui résulte de la génération de ce gaz par l’action de l’eau sur le carbure dans un récipient fermé; des précautions sont prises pour éviter réchauffement excessif du gaz ou du générateur. E11 outre, il faut, pour l’obtenir h l’état pur, séparer l'air, les gaz non condensables et l’eau avant ou pendant la liquéfaction.
- Il faut meure le gaz en liberté d’une façon régulière et continue et adopter un dispositif convenable pour attirer le gaz liquéfie dans des récipients appropriés en vue du transport.
- La figure 69 représente le dispositif industriel.
- A,A' sont des générateurs en fer forgé pourvus d’orifices de charge 1 et r et d’orifices de nettoyage 2 et 21.
- La chaleur dégagée par suite de la décomposition du carbure de calcium et de l’eau est en grande partie absorbée par l’eau de réfrigération qu’on fait circuler autour des générateurs A et A' dans les réservoirs B et B'.
- Le gaz produit, chargé de vapeur d’eau, est conduit par le tuyau 3 au serpentin de réfrigération C entouré d’eau dans le réservoir D. La vapeur d’eau est condensée dans ce serpentin; elle passe en eau par 4 dans H.
- Le gaz acétylène est dirigé par 4 et 5 sur le récipient de séchage F où l'humidité est absorbée en faisant passer le gaz sur de grandes surfaces de carbure de calcium contenues dans ce récipient sur des cloisons 6, 6.
- Les gaz passent ensuite au serpentin de condensation G enrouré par le réfrigérant du réservoir H.
- Iœ gaz se liquéfie dans ce serpentin, arrive dans le récipient I, entouré par le réfrigérant du réservoir K et est amené par le tuyau 9 au récipient de transport L.
- 1 La conduite de cet appareil exige une | main-d’œuvre assez compliquée.
- ! On introduit d’abord le carbure par 1 et ù
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- L’ÉCLAIR A G L É LE C T RIQIE
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- dans A et A'; on l'étale sur la ‘surface inférieure de ces récipients avec des râteaux introduits en 2 et 2'. On ferme alors avec des couvercles à boulons les ouvertures 1, r'ct2, 2'.
- On introduit du carbure en F par 10, 10. ... 10 et on Létale sur les cloisons 6, puis on ferme les ouvertures de chargement.
- On ouvre alors seulement les robinets 20’, 20", 20'", 2olv, 2ov, des tuyaux d’eau W; on fait circuler l’eau froide autour des parties de l’appareil qui doivent être refroidies. Sauf les robinets de purge 15 et 16, le robinet d’échappement des gaz 17, les robinets de la conduite auxiliaire 42 et 43, les robinets 18 et 18' des tuyaux d’eau, tous les robinets sont ouverts.
- Le récipient L n’est pas en place,
- On fait ensuite marcher la pompe M qui envoie par 11, 12, et le robinet 19, de l’eau en H, jusqu’à ce qu’il y soit entré une quantité suffisante pour décomposer le carbure en A.
- O11 arrête alors la pompe M ; on ferme le robinet 32 du tuyau 11; on ouvre graduellement le robinet 18 du tuyau 12 ; on laisse arriver une petite quantité d’eau dans le générateur A par le tuyau 33, terminé par une pomme d’arrosoir qui répand l’eau en pluie sur le carbure.
- L’acétylène se produit et chasse l’air hors du tuyau 9. Dès que l’appareil est débarrassé d’air, on ferme le robinet 29 du tuyau 9, on règle le robinet 18 de façon qu’une petite quantité uniforme d’eau soit répandue sur le carbure en A ; la pression augmente et est indiquée par le manomètre 31.
- On ajuste alors la soupape 40 qui contrôle la pression de l’eau, de façon à maintenir la pression constante par réglage de l’arrivée d’eau. Le robinet 18 reste ouvert pendant ce réglage.
- Le gaz liquéfié se rend en I. Le gaz qui est déplacé dans ce récipient par le gaz liquéfié qui y entre s'échappe par le tuyau égalisateur 34 et se mélange avec le gaz entrant dans le condensateur.
- On vérifie la quantité de gaz liquéfié par
- le niveau 35 ; la température est observée par le thermomètre 36, qui indique la température de l’eau de réfrigération. Si l’on connaît les dimensions du récipient I, la température du gaz liquéfié, le poids spécifique de l’acétylène liquide à la température observée, on peut déterminer la quantité de gaz liquéfié introduite en L.
- Lorsqu’une quantité suffisante est entrée, on ferme le robinet 30 du récipient, le robinet 29 du tuyau 9 et le récipient une fois rempli peut être disjoint.
- On peut laisser l’air ou les gaz non condensables qui s’accumulent en I, s’échapper dans l’air par le robinet 15.
- O11 fermera les robinets 27 et 28 des tuyaux 8 et 34 si l’on veut disjoindre le réceptacle I en remplissant le récipient de transport L.
- Lorsque tout le car bure en A est décomposé, on ferme, les robinets 21 et 18, on ouvre les robinets 42 et 17,'et on dirige le gaz, parle tuyau d’aspiration 38, sur la pompe, de compression N qui envoie le gaz, par le tuyau de sortie 39 et le robinet 22, dans la partie de l’appareil où il se dessèche .et se liquéfie.
- Lorsque le gaz en A est épuisé, on ferme les robinets 17 et 42, on enlève le raccord du robinet de vidange 2, puis on retire la chaux formée et on introduit une nouvelle charge de carbure par 1 ; on ferme alors les deux orifices, on ouvre les robinets 42 et 16, pour le dégagement, puis on répand une petite quantité d’eau sur le carbure par 18.
- Quand tout l’air est expulsé en 16, par le gaz engendré, on ferme 18, 16 et 42 et tout peut recommencer comme précédemment en ouvrant le robinet 21.
- Avant de relier un générateur nouvellement chargé, on met la pompe M en marche et on remplit le réservoir L de la quantité d’eau nécessaire.
- Pour rendre le fonctionnement de l’appareil continu, on emploie deux générateurs A et A'. Le robinet 40 règle la distribution d’eau aux deux générateurs.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- Dès que le carbure sécheur est suffisant- I les générateurs, et placer nient décomposé, on peut l'employer dans | dans le dcssiccateur ; on
- une nouvelle charge ferme pour cela les
- Fig. 69.
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- 34-
- L’KCLAIRAGL KLKCTRIQUE
- robinets 25 et 26 et on arrête le fonctionnement des générateurs. L’air entrant dans le dessiccateur est déplacé ensuite par le gaz introduit, et évacué par 15.
- Afin d’éviter les accidents qui pourraient provenir d’une pression trop élevée, on a disposé en 41 une soupape de sûreté.
- Dans le procédé de M. Raoul Pictet, l'acétylène est comprimé au moyen de pompes spéciales, après avoir été épuré dans les appareils que nous avons décrits précédemment P).
- Au sortir des appareils purificateurs, l’acétylène se rend dans un gazomètre à double cloche; la cloche mobile flotte sur des huiles lourdes de pétrole qui, ayant été débarrassées de tous leurs principes volatils ne donnent aucune vapeur sensible aux températures ordinaires, et jouent le rôle de mercure tout en coûtant moins.
- Ce gazomètre sert à amortir les écarts qui peuvent se produire, à un moment donné, entre la quantité de gaz produite par les générateurs et la quantité de gaz liquéfié; sa capacité peut donc être relativement faible : d’après M. Pictet, un gazomètre de 100 m8 suffirait pour une usine produisant 3 000 kg d’acétylène liquéfié par jour.
- I)e ce gazomètre, l’acétylène se rend aux compresseurs ; ce sont des compresseurs à 2 ou 3 étages; chaque cylindre est refroidi par une circulation d’eau à l’extérieur; 011 11e
- (J) Voir L'Éclairage Électrique, du 15 août 1896 (t. VIII, n« 33), p.açr.
- M. Raoul Pictet a cru observer que l'acétylène purifié se liquéfie beaucoup plus facilement que l’acétylène ordinaire, il donne les chiffres suivants en face desquels nous mettons
- les savants. Nous ne citons les chiffres de M. Pictet qu’à
- PiCTEL. Vil.LARD.
- peut, en effet, injecter d’eau à l’intérieur des cylindres, car la vapeur d’eau qui résulterait-de cette pratique souillerait l’acétylène.
- Les soupapes sont remplacées par des tiroirs manœuvrés par des excentriques.
- Le serpentin dans lequel s’effectue la liquéfaction est baigné entièrement dans un liquide volatil maintenu à une température variant de — 20 à — 50° C. '
- Un système de pompes spéciales absorbe constamment les vapeurs de ce liquide volatil, les refoule et les liquéfie dans un serpentin noyé dans une circulation d’eau froide. Le liquide volatil retourne ensuite autour du serpentin liquéfactcur de l’acétylène pour y renouveler l’action réfrigérante et maintenir ainsi à une température constante la liquéfaction de l’acétylène, tout en diminuant la pression nécessaire pour obtenir la liquéfaction. Ce refroidissement permet, en outre, de purger sans perte importante les gaz non liquéfiables qui, malgré la purification, sont entraînés avec l’acétylène ; à la température adoptée, la tension des vapeurs d’acétylène est en effet assez faible, et, en tout cas, beaucoup moindre que celle des gaz étrangers.
- D’après M. Raoul Pictet, les frais entraînés par la fabrication de l’acétylène liquéfie seraient les suivants, en admettant une production journalière minima de 5000 kg.
- Matériel d’usine.
- Terrains et bâtiments (à Paris''.... 1 150 000 fr
- 1 chaudière tubulaire de 500
- chevaux..................goooofr
- 1 moteur dc'500 chevaux . . 60 000 »
- 1 concasseur de 1500 kg-h. 5000 »
- 10 cornues complètes de pro-
- 1 gazomètre de 500 nr. . . - 20 000 »
- Tuyauterie reliant les cornues
- au gazomètre............. 4 <>00 »
- 5 compresseurs de o à 2,5 atm 10 uoo s
- 2 pompes pneumatiques. . . 9000 »
- A reporter.......1150 000 >
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- REVIJK D’ELECTRICI'
- FÉ
- Report. . . .
- 5 condenseurs............. 8 500 fr
- 5 — d'acétylène . . 40000 »
- Tuyauterie générale de l'usine 45000 »
- Transmissions..............mono »
- Courroies.................. 6 000 »
- 2 presses hydrauliques avec leurs accessoires pour l'essayage de résistance des
- bonbonnes................15000 0
- Matériel de réserve complet,
- identique au précédent............
- Matériel d’exploitation.
- 12 500 bonbonnes spéciales en acier nickelé d’une capacité de à 14 li-
- tres, pouvant contenir chacune 4 kg d’acétylène pur liquéfié, poids correspondant à 4 000 litres d’acétylène pur à l’état gazeux et prè-
- 20 000 bonbonnes en* magasin;
- 2 500 » en circulation chez les
- consommateurs et en réparation.
- 35000 bonbonnes au total............
- Service des livraisons. . 25 camions à 1 200 fr. . . . 30 000 fr 50 chevaux à 1 000 fr. . . . 50000 » Ustensilesd'écuriesetharnais 15000 »
- 150000 fr
- 359 5°° 0 359 5oo »
- 95000 »
- Matériel divers et installations.
- Ateliers de réparations, outillage général, forges,
- Installation des bureaux à
- Installation du siège social dans Paris et dépôt princi-
- Laboratoire de chimie, de
- photométric, etc..........
- Imprévus ...................
- Installation de 20 dépôts dans Paris, soit 1 par arrondissement................
- Ponds de roulement nécessaire pour la bonne marche de l’entreprise et,
- créer ou participer à la
- 25 000 fr 25000 »
- ciaie pour la fabrication
- du carbure de calcium. . 1 200000 >> 1 811 000 »
- Actions d'apport (entièrement libérées).
- Total.........
- MATIÈRES PREMIÈRES, DÉPENSES DIVERSES
- main-d'œuvre et frais généraux d’exploitation
- Matières premières.
- Charbon, par journée de 20 heures. 30 tonnes à 25 fr......250 fr
- Produits chimiques, par jour. . 75 »
- 325 fr
- Soit par an 325 x 365 =........... 118625^
- 17500 kg par jour de carbure de calcium à 400 fr la tonne . . . 7000 fr Soit par an 7000 x 365 =..........2555000»
- Main-d'œuvre.
- Concasseur :
- 2 équipes de 3 ouvriers chacune, fournissant chacune 10 h de travail par jour, à 5 fr par
- ou\rier et par jour........ 30 fr
- 2 équipes de 3 manœuvres à 4 fr....................... 24 *
- Chargement des cornues :
- 2 équipes de to ouvriers à 4 fr 80 » Moteur :
- 2 équipes de 2 chauffeurs à 6 fr 24 » 2 mécaniciens ... . à 8 fr 16 »
- Compresseurs :
- 2 équipes de 5 ouvriers à 5 fr. 50 » Épuration :
- 2 équipes de 5 ouvriers à 5 fr. 50 » 2 — de 5 manœuvres à
- 4 fr.......... 40»
- Remplissage :
- 2 équipes de 10 ouvriers à 5 fr 100 » 2 — de 10 manœuvres à
- 4 fr. ...... . 80 »
- Magasin :
- 2 équipes de 6 hommes. . . 48 »
- 673 625 fr
- Total par jour . . 542 fr Soit par an 542 x 365 =................ 185 830
- Personnel de l'adm
- 1 administrateur délégué,directeur général...........
- 1 ingénieur conseil (M. R.
- Pictet)..................
- 1 directeur technique. . . . 1 — commercial. . .
- 1 sous-directeur technique .
- 1 comptable-caissier .... 1 premier employé aux écri-
- ts 000 fr
- A reporter. .
- 2859 455 »
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- L’ÉCLA I RAGE ÉLECTRIQU K
- 1
- Report .... 2 859455 fr
- 2 employés auxiliaires . . . 48oofr 8 petits employés divers . . 12 000 »
- 25 cochers................. 40 000 »
- 25 livreurs ......... 35 000 »
- 2 gardes d'écurie.......... 3 000 »
- 2 veilleurs de nuit........ 3 ouo »
- 20 chefs de dépôts dans Paris 50 000 »
- 20 employés pour les dépôts
- dans Paris............. 30000 »
- Huissiers et garçons de bureau....................... 7 5°° 8 250300»
- Dépenses diverses.
- Loyer du siège social...... lôooofr
- Loyer des 20 dépôts dans
- Nourriture des chevaux (3 fr
- par cheval cl par jour). . 54 750 »
- Entretien des voitures et har-
- Assurances et impôtSi . . . 25000 >
- Publicité..............'. 25 000 »
- Intérêt fixe du capital à payer aux porteurs d'actions avant tout partage de bénéfice (5 p. 100 sur 7 millions 500 000 fr)..........375 000 »
- Amortissement du matériel général de l’usine et de l'exploitation (10 p. 100
- imprévus................... 29495 »
- Total des frais par an..........
- D’après ce devis, le prix de revient de l’acé-tvlène liquide serait de 2,19 fr le kg; son prix de vente serait de 4 fr le kg. Nous verrons plus loin ce qu’il faut penser de ce prix au point de vue des applications. Mais nous ferons remarquer que le prix de revient prévu serait probablement dépassé, car pour la consommation de charbon, le chiffre de 1 kg de charbon par cheval et par heure serait plus que probablement dépassé.
- Il n’est prévu aucune dépense pour l’éclairage et le chauffage, etc.
- Le.prix de vente de 4 fr le kg d’acétylène liquide doit donc ct-re considéré comme une limite minima.
- Il est, en outre, probable que les bonbonnes seraient louées aux clients, ce qui augmenterait le prix de revient de l’éclairage.
- Les bonbonnes qui servent à l’emmagasinage et au transport de l’acétylène liquide doivent être très solides et ne doivent être remplies qu’en partie en raison du coefficient de dilatation très élevé de l’acétylène liquide On sait d’ailleurs que pour le transport des gaz liquéfiés les bonbonnes 11c doivent jamais être remplies totalement afin d’éviter les surpressions et les accidents qui résulteraient des variations de température.
- Les bonbonnes employées par M. Pictet sont en acier au nickel ; elles sont timbrées à 250 atmosphères ; une bonbonne d’une capacité intérieure de 13 à 14 litres ne pèserait que 21 à 22 kg; ces réservoirs seraient remplis seulement aux deux tiers; 011 mettrait donc de 3,5 à 4 kg d’acétylène liquide dans chaque bonbonne.
- Pendant le remplissage,- les bonbonnes, sont placées dans un appareil formant balance ; lorsque le poids voulu de liquide est introduit dans le récipient, on arrête l’opération et on ferme la bonbonne.
- La figure 70 représente une de ces bouteilles fermée pour le transport et la figure 71 représente à une plus grande échelle la partie supérieure d’une bouteille disposée pour débiter le gaz.
- Le bouchon à so^napc B. du récipient A est muni d’uu dispo ~ D qui permet le débit du gaz. Le bouton ; vre la soupape intérieure ; le gaz passe .nsuite dans un détendeur a qui régularise la pression de consommation dont la valeur est indiquée par le manomètre b.
- L’emploi des dispositifs de détente analogues à celui que nous venons de décrire est dangereux, ainsi que nous le verrons plus loin ; les inventeurs ont dû s’en apercevoir, car, dans l’installation destinée à éclairer la-salle des dépêches d’un journal parisien, ce dispositif était supprimé ; les bonbonnes étaient branchées directement sur un réservoir d’assez grande capacité qu’elles servaient à remplir, à intervalles de temps réguliers, d’acétylène h forte pression; la manœuvre du robinet d’ouverture des bonbonnes était
- 3902.15 » 4 000 000 fr
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- faite à la main, les appareils d’éclairage étaient alimentés par le gaz comprimé contenu dans le réservoir et qui était au préalable détendu à la pression voulue.
- Quel est, maintenant, Favenirdc l'acétylène
- liquide ?
- Bien qu’il en ait été souvent question dans
- ces derniers temps, ses applications sont encore fort peu répandues. A première vue, rien n'est plus séduisant que l’emploi de ce corps qui permettrait de transporter facilement, sous un volume très réduit et un poids très faible, une quantité considérable de gaz pouvant donner un éclairage parfait, dans toutes les conditions, et apporterait la solution du problème de l’éclairage à la campagne et dans les villes, à bord des bateaux, sur Ls chemins de fer, les tramways, les bicyclettes, etc.
- M.. Raoul Pictet, qui a fait beaucoup pour amener la réalisation commerciale de cette
- branche de l’industrie envisage ainsi la question :
- « On peut créer au fur et à mesure des besoins une série de bonbonnes ou réservoirs à acétylène pur liquéfié de diverses formes et dimensions, remplissant toutes les conditions voulues de solidité et de sécurité, pour servir aux appareils d’éclairage portatif ou autres
- Fig. 71. — Appareil adapté à la bonbonne pour le débit du gaz.
- spéciaux, notamment des réservoirs ad hoc pour les lampes genre Carcel, les lanternes de voitures en tous genres, celles de bicyclettes, de bateaux, navires, phares, bouées, etc.
- » Les réservoirs des lampes domestiques seront h bref délai extrêmement nombreux; un système de vannes, de soupapes interchangeables permettra à tous ces petits appareils de s’ajuster avec la plus grande rapidité aux réservoirs de plus grandes dimensions qui seront disséminés danstoutes les grandes villes, chez les épiciers, les droguistes, les lampistes, etc., etc. ; le remplissage des petits récipients, se faisant au moyen de la pression par un simple jeu de soupape, donnera aux conditions normales exigées pour le service régulier dans les maisons la même sécurité et
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- L’ÉCI,AIRAGE ÉLECTRIQUE
- les mêmes avantages que l’on trouve dans la distribution'actuelle du pétrole, de l’huile ou de n’importe quel autre système d’éclairage.
- » La domestique entrera dans un magasin, remettra son réservoir et, instantanément, le recevra rempli à nouveau et prêt h fonctionner. Les différences de poids permettront un contrôle très facile et déliant toute contestation. »
- Cette organisation commerciale est évidemment très séduisante et capable d’exciter l’enthousiasme même d’un homme de la valeur de M. Raoul Pictet. Mais, en pratique, deux raisons principales ont retardé la réalisation de ce beau rêve; ce sont d’abord le prix de l’acétylène liquide, ensuite et surtout, les dangers qu’on redoute de son emploi.
- Jusque dans ces derniers temps, l’acétylène liquide valait encore, en France, 15 fr le kg. On commence pourtant à l’étranger, à le vendre à des prix plus abordables. La Socicta Elettrica Industriale, de Milan, l’annonce au prix de 40 lires la bonbonne de 20 litres soit 2 fr le litre, ou 5,50 à 6 fr le kg. La bonbonne vaut 80 lires en plus. Si l’on se souvient qu’un litre d’acétylène liquide produit 380 litres de gaz à la pression et à la température ordinaires, et que la carcel-heure est donnée par 7 litres de gaz, on voit que le prix de l’éclairage, dans ces conditions serait de 2°°8^1 = 3,68 centimes par carcel-heure ; c’est un prix trop élevé.
- On peut espérer le voir diminuer dans un délai relativement court.
- Mais on est loin des chiffres de bon marché fantastiques —. nous allions écrire fantaisistes — que les promoteurs de ce système ont annoncés par toutes les trompettes de la réclame.
- E11 Amérique, la compagnie qui exploite les procédés Willson a proposé de vendre l’acétylène liquide tout préparé à New-York.
- Elle estime qu’un réservoir de 0,20 m de diamètre et de 1,20 m de hauteur {37,7 litres, volume extérieur) contient assez de gaz pour éclairer pendant 3 mois d’hiver sous nos lati-
- tudes, une pièce de dimensions courantes (3 m X 4 mb De petits cylindres de o,to m de diamètre ctde 0,17 mdelongu0111(2,33 litres, volume extérieur) peuvent être introduits dans les lampes usuelles aux lieu et place des réservoirs d’huile ou de pétrole, et fournir, pendant 30 heures, un éclairage équivalent à celui de 3 becs de gaz ordinaires.
- Ce mode d’éclairage conviendrait parfaitement pour les bourgs, les villages, les habitations isolées. On donne, comme preuve de l’économie que ce système permettrait de réaliser l’exemple suivant qui nous semble faux.
- Tl y a, h Philadelphie, 10 400 lampes à gazo-line dépensant chacune 105 frpar an; alimentées par un cylindre d’acétylène que l’on n’aurait k remplacer que tous les 2 mois, elles ne dépenseraient que 35 fr par an et donneraient une lumière 2 1/2 fois plus puissante. L’économie serait donc de 70 fr par lampe; en ne comptant même que 50 fr par lampe et par année, on trouve que Philadelphie ferai tune économie annuelle de5ioooofr. Nous avons dit que ce calcul est erroné. En effet, si l’on admet que la durée moyenne d’allumage des lampes soit de 10 heures par jour et que chaque bec consomme seulement 20 litres à l’heure, il faudrait 10 x 365 X 20 — 73 000 litres de gaz, soit = 192 litres ‘
- d’acétylène liquide ; pour que les chiffres ci-dessus soient corrects, il faudrait donc pouvoir vendre l’acétylène liquide k raison de -ffL —0.176 fr ie litre ou au plus -^-=0,286 fr Ce prix ne représente même pas la valeur du carbure de calcium nécessaire à préparer les 380 litres de gaz que représente 1 litre de liquide. Encore celui-ci demande pour sa préparation une main-d’œuvre coûteuse et des appareils compliqués.
- Les chiffres donnés par M. Raoul Pictet nous semblent non moins exagérés. Le savant physicien genevois a trop bien étudié la question pour tomber dans une erreur du mènie genre que celle que nous venons de relever, mais les propriétés qu’il attribue h l’acétylène
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- f
- jilfèrent complètement de celles que les autres physiciens ou chimistes lui ont reconnues; cnD]ffie les chiffres de M. Pictet sont très favorables à l’acétylène et que d’un autre côté les chiffres qu’il cite pour le pouvoir éclairant du gaz d'éclairage sont défavorables à celui-ci qu’il prend comme terme de comparaison. il arrive a des conclusions que la pratique aurait peine à justifier.
- Pour lui, l’acétylène qu’ont employé tous les savants qui ont étudié la question était impur. Aussi nous ne connaîtrions les vraies propriétés de ce gaz que depuis scs travaux. Les becs brûleurs auraient une influence énorme sur le pouvoir éclairant. Lorsque l'acétvlènc est purifié, son pouvoir éclairant augmente dans des proportions notables, parce que les gaz auxquels il était mélangé auparavant forment « un ballast perturbateur » qui, diminuant la température de la flamme, altèrent son éclat.
- « Des centaines d’observations photomé-•triques avec des becs divers brûlant l’acétylène, dit-il, constatent des résultats variant, suivant les observations, de 120 à 130 bougies pour 31 litres de gaz, et descendant jusqu’à 31 à 32 bougies.
- » On peut conclure qu’il est aisé maintenant d’avoir des brûleurs d’acétylène qui donnent en moyenne de 1,8 à 2,2 bougies-heure par litre de gaz brûlé.
- » I.’acétylènc pur à l’état gazeux donne de 1 à 3 bougies-heure par litre, soit de 1 000 à 3000 bougies-heure par mètre cube, représentant 1 kg d’acétylène liquéfié. »
- Il adopte la moyenne de 2 000 bougies-heure par mètre cube d’acétylène pur.
- En admettant aussi que le bec papillon débitant environ 120 litres à l’heure de gaz ordinaire de houille, donne une lumière égale u celle de 5,5 bougies, et que le bec Bengel consommant 220 litres donne 16 bougies, il arrivé à cette conclusion que le gaz.acétylène aun pouvoir éclairant qui est de ppq fois à 27?4 fois plus considérable que celui du gaz de houille ordinaire, soit, en moyenne, 35,7 fois.
- Pour savoir combien on peut vendre l’acé-
- tylène, Vacétylène Piclel, comme l’appelle modestement l’inventeur génevois, il suffit donc démultiplier par ce coefficient, 33,7, le prix du gaz de houille dans les différentes villes. On voit ainsi qu’on pourrait vendre l’acétylène à raison de 10,71 fr le mètre cube (ou le kg d’acétylène liquide) à Paris et 4,6/j fr à Bruxelles où le gaz de houille ne vaut que 0,13 fr le mètre cube, ce qui prouve que la Compagnie qui se formerait pour exploiter ccs procédés pourrait réaliser des bénéfices considérables, étant donné le prix de revient de l’acétylène liquide que nous avons donné plus haut d’après M. Pictet.
- Ces chiffres sont en complet désaccord avec ceux qu’ont obtenus tous les autres savants. Voici comment s’exprime à ce sujet M.Bullier :
- « J’ignore absolument avec quel produit M. Raoul Pictet a fait ses expériences, mais il est un fait absolument indéniable, c’est que dans tous les essais que nous avons faits avec les grandes' compagnies de chemins de fer, en nous servant de carbure fabriqué par nous et en employant notre mode de décomposition, qui consiste tout simplement à opérer en présence d’un excès d’eau et à recueillir le gaz à la température normale, nous avons toujours obtenu de l’acétylène dosant 99,5 à 99,6 p. 100.
- « Les laboratoires qui ont donné ces chiffres sont : le laboratoire municipal, un laboratoire d’une Compagnie de chemins de fer et mon. laboratoire.
- « En présence de ces résultats, on voit que la question d’impuretés peut être considérée comme nulle.
- » Dans toutes les études précises faites par nous sur l’intensité lumineuse de l’acétylène, nous n’avons jamais obtenu la carcel pour moins de 8 litres dans les becs de faible débit ; 7 litres pour les becs de 5 à 6 carcels et enfin, tout dernièrement, 5 litres pour des foyers intensifs à récupération.
- » Tous ces chiffres ont été contrôlés par le laboratoire de la Ville de Paris (service de la vérification du gaz). A notre avis il serait intéressant de voir répéter par ce même labo-
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- 34§
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- ratoire ces expériences avec l’acétylène affiné de M. R. Pictet. »
- Les chiffres cités par M. Bullier qui concordent avec ceux qu’ont publiés la généralité des expérimentateurs sont certainement corrects.
- Nous croyons, nous l’avons déjà dit que la purification de l’acétylème — par un procédé quelconque — est une chose utile sans avoir l’importance d’une révolution dans l’art de l’éclairage.
- Si donc on ramène, les chiffres donnés plus haut à leur valeur réelle, c’est-à-dire qu’on admette que i kg d’acétylcnc liquide produise 910 litres de gaz à la pression et à la température ordinaires et qu’il faille 7 litres de ce gaz pour donner la carccl-heure dans les becs usuels, on verra que le prix de 4 fr le kilog d’acétylène liquide annoncé par M. R. Pictet remettrait la carcel-heure à
- —iq = 3,187 centimes, c est-a-dire plus cher qu’avec l’éclairage au gaz ordinaire.
- Il résulte de ces chiffres qu’au point de vue économique, l’acétylène liquide a peu de chance de lutter contre ses concurrents — dans les conditions actuelles tout au moins.
- Reste la question capitale de la sécurité.
- Il est évident que l’emploi d’un liquide pouvant développer aux températures ordinaires des pressions énormes ne va pas sans l’appréhension de quelque danger. Sans doute d’autres corps analogues tels que l’acide carbonique liquide employé dans les brasseries, le bioxyde d’azote employé par les dentistes, l’oxygène liquéfié, sont entrés dans la pratique industrielle. Mais il ne faut pas oublier que, dans l’industrie, ce sont des ouvriers expérimentés qui se servent de ces appareils; encore arrive-t-il parfois des accidents. Qu’adviendrait-il si ces « cartouches » étaient confiées aux mains les plus inexpérimentées, surtout avec l’acétylène qui s’enflammerait et ferait explosion en cas d’accident ?
- (A suivre.)
- G. Pellissier.
- L’OZONE ET LES BACTÉRIES
- On a beau être convaincu de la puissance oxydante que possède l’ozone, on se trouve embarrassé lorsqu’il faut en parler au point de vue sanitaire ou thérapeutique, alors qu’on n’est ni docteur en médecine, ni bactériologue. C’est notre cas actuel, car il ne nous plaît nullement d’aller sur les brisées de ceux qui n’ont pas plus de compétence en matière médicale que de scrupules, et qui n’hésitent pas à recommander l’ozone pour toutes les maladies qu’on a, qu’on n’a pas ou qu’on peut avoir. Ce n’est pas assez que d’avoir pendant cinq années consécutives fait chaque jour des expériences en petit et en grand sur la production et les applications de l’ozone, et d’avoir acquis forcément une connaissance intime et réelle de ce précieux agent ; c’cst un devoir que de se tenir à l’écart et de se mettre à couvert derrière des spécialistes dont le nom fait autorité en la matière.
- Donc, ayant à faire ressortir les propriétés de l’ozone comme destructeur des bactéries, il n’est pas de meilleur moyen d’y arriver que de résumer le travail trop peu connu du Dr Ohlmüller, publié dans cette collection scientifique des Travaux de la Commission impériale d’hvgiène (Arbeiten aus den Kaiser-lichen Geisimdheilsamle), qui renferme des études qu’on ne saurait comparer qu’à celles de l’Institut Pasteur pour donner une idée Je leur importance et de leurvaleurscientiiique.
- A peine Schônbein venait-il de découvrir l’ozone que les savants, qui ont entamé tant de polémiques sur sa nature, se sont tous mis d’accord sur son pouvoir désinfectant et oxydant. On se trompait alors, en supposant que des matières organiques non formées étaient susceptibles de causer des maladie5 ou des épidémies, car il n’y a de contagion que par les germes; néanmoins on était dans le vrai quand on constatait qu’il y avait quelque chose qui disparaissait sous lm-fluence de l’ozone dans les chambres de malades et qui résistait aux émanations des
- (‘) L’Éclairage Électrique, t. VIII, p. 291, 15 août 1896.
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- 349
- huiles essentielles. La question était de ne pas employer une trop petite quantité d’ozone en disproportion avec les matières à oxyder, et personne ne s’avisait de mettre en doute cc fait que l’ozone détruit toutes les subs-Iances organiques et que le seul obstacle à ses applications hygiéniques était qu’on ne pouvait le produire qu’en très petite quantité.
- Fox avait démontré que les germes et les spores du mildew étaient tués par l’ozone de même que les bactéries, les vibrions et les monades ; il restait à savoir comment les bas organismes microcosmiques se comportaient vis-à-vis de l’ozone.
- Ce n’est un mystère pour personne que l’insuccès de la plupart des tentatives faites en vue de produire industriellement l’ozone. Il ne manque pas de petits ozoniseurs qu’on fait marcher au moyen d’une batterie- électrique et d’une bobirfe d’induction, mais les générateurs qui peuvent dans de bonne conditions de rendement fournir l’ozone à jet continu au moyen d’une dynamo et d’un transformateur sont tellement peu nombreux qu’on n’en citerait pas quatre, y compris celui de Siemens qui est l’objet des recherches et des expériences du Dr Frôlich à Berlin, assistédes Dr3 Erlwein, Howe et Tietzen Hcnnig.
- Le Dr Ohlmüller s’est servi pour ses expériences d’un appareil Siemens et il a pris soin de nous dire que le poids d’ozone produit était d’autant plus grand que le courant d’air qui traversait les tubes ozoniseurs était plus lent, mais que comme règle générale le volume relatif de l’ozone est en proportion directe avec la rapidité du courant d’air.
- -'CTION DE L’AIR OZONISÉ SUR DES BACTÉRIES FIXÉES SUR DIFFÉRENTES SUBSTANCES
- i. Expériences avec de l’ozone sec sur des bactéries sèches. — On avait trempé dans un Peu d’eau une culture de typhus de deux jours sur de l’agar, on y mit des brins de soie stérilisés qui, après avoir été bien imprégnés furent séchés et soumis à un courant d air ozonisé; la vitesse de l’air correspondait
- à 48 secondes par litre d’air et en supposant que chaque litre contenait 6,3 mg d’ozone, le volume total aurait été'de 478 mg; néanmoins le développement du bacille du typhus n’en fut aucunement arrêté. Ces résultats sont tout à fait d’accord avec ceux qu’avait obtenus Sonntag dans ses expériences sur les spores et les bacilles de la peste bovine. Ils confirment aussi ceux de Krukowitch sur des bandes de papier trempé dans du blanc d’œuf pourri. Sous l’action d’ozone produit par des moyens chimiques, les ba^éries sèches résistaient à 5 mg d’ozone, mais ne germaient plus à 8 mg. Lukaszevitch attribuait ce succès partiel à la présence de l’oxyde de carbone causé par la formation chimique de l’ozone et il a constaté que 790 mg d’ozone dans 1 m3 d’espace laissaient absolument intactes, au bout de 20 jours, les spores de la peste bovine; il n’y a rien d’étonnant à cela, car Eugler et Nasse ont démontré que l’ozone n’a aucune action sur l’iodure de potassium et sur un mélange d’amidon et d’iodure de potassium à l’état sec.
- 2. Expériences avec l’ozone humide sur les bactéries sèches. — L’air ozonisé avait été rendu humide en le faisant passer à travers de l’eau avant de le mettre en contact avec les bactéries ; dans les mêmes conditions que ci-dessus, les résultats étaient meilleurs, les bacilles secs des brins de soie étaient tués en une heure ; et en augmentant la quantité d’air ozonisé l’action était encore plus rapide.
- Tableau I
- Bacilles d a typhus.
- 0 o + * +
- 15 22 , + +
- 30 46 — '* —
- 45 69 — —
- 60 90 — —
- * + signifie que les bacille se développent d uns le bouillon.
- ** - signiti qu’ils ne s’y développent pas.
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- 1
- 3. Expériences avec Vo\one humide sur des bactéries humides. — On renouvela l’expérience sous une cloche de verre d’une capacité de 16 dm3, placée sur une plaque de verre; les bacilles au lieu d’être secs avaient été complètement humectés d’eau distillée ; on avait soigneusement disposé deux tubes de verre, l’un pour l’entrée et l’autre pour la sortie de l’air ozonisé.
- a). Une première expérience sur des bacilles du typhus dura 18 heures avec 108 1 d’air ozonisé ; de temps à autre, on prenait des échantillons qu’on mettait dans le bouillon. Le tableau II montre l’action de l’ozone sur les bactéries déposées sur du papier, de la soie, des baguettes de verre et des fils de fer.
- Tableau 11 .
- Au bout de 18 heures tous les bacilles du typhus étaient donc détruits ; il est évident que l’insufflation de l’air ozonisé avait dû les sécher un peu. Une remarque qu’on lit sur la résistance comparée des bacilles fut que ceux qui étaient sur le papier et sur la soie avaient mieux tenu contre l’ozone, parce que étant entrés dans le papier filtré et les fils de soie, ils y étaient jusqu’à un certain point protégés et inaccessibles, tandis que ceux qui étaient sur le métal ou le verre étaient absolument exposés à l’action de- l’air ozonisé. Dans d’autres expériences, on a constaté le meme fait toutes les fois qu’on a eu à traiter des bacilles sur de la flanelle, du calicot ou des tissus de soie.
- b). D’autres expériences furent faites sur les bacilles du typhus avec moins d’air ozonisé et pendant une expérience plus longue.
- L’expérience de 18 heures fut portée à 24 heures afin de savoir à quelle limite s’arrêtait l’action de l’air ozonisé qui passait en moyenne à raison d’un demi-litre par minute. Lès résultats sont indiqués dans le tableau III.
- Flanelle épaisse. Étoffe de laine. Calicot Calicot fin. Soie brute filée. fiUre. Fer-blanc.
- jer échantillon : Inoculé au commencement de l'expérience -1- + + T T + + +
- Après 21 heures dinoculation .......
- 2e échantillon : Après 21 heures d'inocula- + + -h T + + -b -
- c). Une troisième série d’expériences furent faites sur du pus d’abcès en diminuant le volume d’air et en augmentant la-durée de l’expérience.
- Les résultats (tableau IV) ont été identiques aux précédents, mais ils peuvent être attribues à ce que le pus était déposé sur les objets en couche extrêmement mince.
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- 3.V
- Tai
- IV
- î il î 1 h î
- ir0 Expérience Inoculation au commencement + + + -+ •+ + + T
- Après 24 heures _ _ _ _ —
- 2e Expérience : Après 24 heures. + + + + + + + +
- d). Une dernière série d’expériences porta sur des spores de peste bovine avec moins d’air ozonisé que précédemment, la durée de l’expérience étant la même. On peut prolonger autant qu’on le veut l’action de l’ozone, mais cela n’est plus pratique. Le Dr Ohlmüller a doublé la quantité d’air ozonisé qu’il a introduit dans la même cloche de verre à raison d’un litre par minute. Au bout de 7 minutes,
- les spores de peste bovine qu’il ozonisait n’étaient pas encore tuées.
- Ayant ainsi constaté la grande résistance des spores de la peste bovine, séchées sur des brins de soie, on en couvrit légèrement de la flanelle, du bois, du verre qu’on sécha puis qu’on arrosa d’eau distillée. O11 en fit ensuite l’inoculation sur des cobayes- et on en déposa sur de la gélatine 'tableau V).
- Bois. Ve„e. Flanelle épaisse. Gilicot fin. S„ie W «e.
- I. Gélatine après 24 heures d’ozonisation Animal inoculé + Mort au bout -1- Mort au bout Mort au bout + Mort au bout T Mort au bout
- de 3 jours de 2 jours de 2 jours de 2 jours de 2 jours
- 11. Expérience sur gélatine . Animal inoculé + Mort au bout T Mort au bout + Mort au bout Mort au bout + Mort au bout
- de 3 jours de 2 jours de 2 jours de 2 jouis de 2 jours
- Tous les dépôts sur gélatine donnèrent lieu à des reproductions; toutes les inoculations tuèrent les animaux et l’examen microscopique prouva qu’ils étaient tous morts de la peste bovine. C’était là un résultat véritablement négatif. Pourtant Sonntag a détruit des spores de peste bovine ainsi que le sta-phj'lococcus pyogenes albus séchées sur de la soie puis humectées d’eau, en faisant passer pendant 5 heures et demie dans la cloche en verre 3 1 d’oxygène ozonisé dont la teneur était de 13,5 mg d’ozone par litre.
- Lukaszevitch cependant n’avait pas pu avec 1,5 gr d’ozone répandu dans un espace d’un mètre cube tuer des Komma bacilles et il n’y parvint pas entièrement en vingt-quatre heures.
- La déduction qu’il faut tirer de ces recherches, c’est que l’ozone ne peut paraître utilisé pour stériliser les objets infectés et encore moins les maisons, car il 11’agît que très faiblement dans les maisons à cause de la porosité des murs où la concentration de l’ozone ne peut être maintenue.
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- 35-
- L’ÉCLAIRAGE ELECTRIQUE
- \CTION DK L’AIR OZONISÉ DANS LES LIQUIDES
- Ohlmüller est frappé de l’évolution de vapeurs blanchâtres qui se produit quand l’ozone est en contact avec l’eau et surtout avec des solutions d’iodure de potassium, et il nous rappelle que Meissner, Schonbein, etc. l’attribuaient à l’antozone, mais que Engler a prouvé que l’antozone ne peut être formé que si l’ozone est détruit par l’eau et que ces vapeurs sont celles du peroxyde d’hydrogène. Dans ces derniers temps, dit-il, on a attribué de grandes propriétés désinfectantes au peroxyde d’hydrogène, et des chimistes ont réussi à tuer les germes contenus dans de l’eau et dans du lait, simplement en ajoutant i millième d’eau oxygénée àiop.ioo. Userait avantageux que l’ozone en se détruisant dans l’eau formât du peroxyde d’hydrogène, mais le cas devient assez compliqué et embarrassant lorsqu’on ne veut constater que le pou-
- voir oxydant de l’ozone et son influence sur les bactéries. Des expériences faites par ordre de la Commission Impériale allemande d’hv-giène ont conduit à cette conclusion que le peroxyde d’hydrogène comme antiseptique a très peu de valeur : on s’était servi de deux solutions, l’une de 3 p. 100 en poids, ce qui équivaut à 10 p. 100 en volume, l’autre de 11 p. 100 en poids, c’est-à-dire 30 à 33 p. 100 en volume. Au bout de 3 jours, les spores de peste bovine n’avaient rien perdu de leur virulence, et il avait fallu 24 heures pour tuer les bacilles.
- Les tableaux suivants (VI) indiquent au contraire les grandes propriétés désinfectantes de l’ozone; l’effet produit par un agent antiseptique est toujours en raison inverse du nombre de germes à détruire; il est bon de considérer la quantité beaucoup plus grande des spores de la peste bovine et de comparer leur résistance à celle des bacilles.
- Air Ozone produit. Total de l’ozone produit. Nombre 1 cm* de liquide. Souris i -
- “ ...... A. — SPORE 15,2 SUE DA PESE 3717000 Jours. Bacilles.
- 5 3 OÔO 46,3 26000 Bacilles. •
- iO 5 850 89,9 0 Vivantes après 14 jours
- 20 11850 180,1 0 d’inoculation.
- 2.555» 557,8 °
- B. — BACILL ES DE EA PEE 57 000 Bacilles.
- 2 I 200 21500 Bacilles.
- 5 3 010 28,8 5000 Bacilles.
- 10 604» s»,» 0 Vivante.
- Les spores étaient détruites par 8g,g mg d’ozone, les bacilles par 58 ; la destruction des bacilles du choléra et du typhus avait exigé dans le premier cas ig,5 mg et dans le second 16,7.
- Grossmann et Mayerhausen ont traité des infusions très rebelles, d’abord par l'oxygène qui n’a pas produit le moindre effet sur la vitalité des bacilles, tandis que l’oxygène ozonisé a amené une immobilité complète en
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 353
- de l'expérience. Air, Ozone produit. Total de l’ozone produit. dans 1 cm* de à 37° C.’
- Minutes. Cent, cubes. c Milligrammes.
- 0 0 6-3 12247 000 -r / j
- 2 3100 19,5 <> — ;
- 5 19°° 16500 49; 8 0 — 1
- D 103,9
- n 0 Au commencement 0 2721000 +
- 2 i36o Ar, ”iL 16,; ° -b
- 5 3250 a lu'L 40.3 °
- 10 6450 T2,4 80,0 °
- 15 minutes. L’immobilité ne signifie pas toujours que les microbes sont morts; mais dans le cas actuel, ils l’étaient et les conclusions des expérimentateurs ont été que l’ozone tue les bactéries dans n’importe quelle phase de leur développement non seulement avec rapidité, mais, on peut le dire, en un instant, pourvu que le gaz agisse sur les microorganismes à un état de concentration suffisante.
- S/pilliuan. cependant n’est pas tout à fait d’accord sur ce point de l’instantanéité: il lui a fallu 15 minutes pour ralentir le mouvement des bactéries qui ne sont devenues inertes qu’au bout de 20 et meme de 30 minutes. Ceux de la peste bovine ne subissaient aucune influence et continuaient à se développer comme s’ils avaient été k l’air ou dans l’oxvgène.
- D’après Fischer, l’ozone retarde la génération et la reproduction des germes organiques, mais 11e les anéantit pas. Dans les expériences d’Oberdoelfer, les spores de la peste bovine ne furent tuées qu’après 5 heures d’ozonisation. Les Dvs Labbé et Oudin ont inoculé des cobayes avec des bacilles à tuberculose ozonisés pendant 2 heures ; ils en ont aussi inoculé avec le meme bacille non ozonisé. Dans le premier cas, les animaux ont survécu, dans le second, ils sont morts au bout de
- 25 jours. Tous ces résultats concordent mal au point de vue de la durée de l’action; en outre, nulle part on ne mentionne le volume d’ozone employé.
- Il est présumable que la quantité du gaz ozonisé a généralement été trop petite surtout pour le cas d’Obcrdoeffer et de Szpillmann.
- Des expériences faites sur diverses eaux chargées de bactéries ont donné les résultats indiqués par les tableaux VII, VIII et IX.
- Tableau VII. — eaux vannes
- 300 CENTIMÈTRES CUBES D’EAU FILTREE A TRAVERS DE LA OUATE ET DILUÉE A 50O CENTIMÈTRES CUBES
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Durée de l’expérience. employé. produit par litre. Nombre augde la Sprée. Oxydation do la Sprée.
- Au commencement 22300 400 5,4
- I 550 8,4 15 5Ü9 160
- 1150 14,5 18300 140
- 5 2800 A k fin. i5-9 42,6 i4o
- 10 55°° 83,6 0 0
- r5 8250 «5>2 125,4 0 0 4,0
- Ce qui frappe dans ces expériences c’est que l’action de l’ozone est bien moindre ; ce n’est pas que les bactéries sur lesquelles on opérait résistaient plus que les spores de la peste bovine, excepté en ce qui concerne quelques organismes du fumier ; la différence entre les résultats provient, d’après moi, du plus ou moins d’impureté' de l’eau dans laquelle étaient les microorganismes.
- Il est évident que tout d’abord l’ozone oxyde les matières organiques inertes qui se trouvaient dans l’eau et qu’il ne s’attaque aux organismes vivants que lorsque déjà l’oxydation des matières inertes a fait une grande dépense d’ozone.
- Dans chacun des cas, le degré d’oxydation
- a été constaté au moyen du permanganate de soude qui, pour les eaux vannes, tombe de 88 à 66 mg, de 13 à 6 pour le purin et de 54 à 4 pour l'eau de la Sprée.
- Dans une troisième série d’expériences les spores provenaient tous de la même source ; ils étaient en suspension dans de l’eau distillée, additionnée de sérum de mouton, partiellement stérilisé.
- Après avoir pris toutes les précautions pour avoir dans 4 cylindres des quantités égales de spores en suspension, on y fit passer un courant d’ozone. Les résultats obtenus sont contenus dans le tableau X.
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- 355
- 1827000 1890000
- 630000
- On voit que l'ozone a agi très énergiquement sur les-spores qui n’ont pas été additionnées de sérum de mouton ; en 20 minutes on les a tuées dans les proportions suivantes :
- a. Sans sérum.........100 pour 100
- b. Avec 0,25 sérum. . . . 52 — 100
- c- — ,0,5 sérum........ 44—100
- d. — 1,0 sérum . ... 75 — 100
- Ces résultats en ce qui concerne abc concordent très bien ; ceux de d font exception ;
- dans ce cas, il a fallu plus d’ozone ; ce ne sont que les matières organiques inertes qui retardent l’extermination des germes et pour se rendre compte du pouvoir germicide de l’ozone il est indispensable de déterminer comme base de calculs la dépense causée par leur oxydation.
- Pour se rendre compte du pouvoir désinfectant de l’ozone, on s’est servi de cultures ipures) de typhus et de choléra; les résultats obtenus sont consignés dans le tableau XI.
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- L’ECLAIRAGE ELECTRIQUE
- Ti
- XI
- Durée Ai, Ozone produit Nombre Culture Oxydation
- do l’cxpéricnce. employé. dans 1 litre d'air. d'oz„„ produit. 1 cm* de liquide. à 37° C. du liquide.
- ^PHUS DANS 50 CENTIMÈTRES CUBES D'EAU V \NNES
- Minutes. Cent, entes. Milligrammes. 0 13608000 + Milligramme, O.
- 5 3 200 7 800 6,3 49,i 8931600 2 154600 + + 67,5
- IO 15 200 95,8 3969600 d-
- B. — GERMES DU CHOLÉRA D ANS IOO CENTIMÈTRES CUBES I ’eaux vannes ET 4OO CENTIMÈTRES CUBF.S
- D’EAU DISTILLÉE STÉRILISÉE
- 0 0 +
- 2 1595 2 800 +
- 5 4035 u 43i2 +
- i° 7985 «S,d 1-
- C. — GERMES DU CHOLÉRA D ANS 50 CENTIM YIRES CUBES D EAUX VANNES I T 450 CENTIMÈTRES CUBES
- D EAU DISTILLÉE STÉR USÉE
- 0 0 SIISOOO +
- 2 I 200 12,8
- 5 3 000 5/ 32,1 O — O
- IO 3 5W 58,8 0
- t). — GERMES DU CHOLÉRA D ans 25 centimètres cubes d EAUX VANNES ï T 475 CENTIMÈTRES CUBES
- d’eau DISTILLÉE STÉRILISÉE
- 0 O 0 48000 +
- 2 1500 15,6 0 +
- 5 365° 38,0 O —
- IO 7 35° 76,4 °
- E. — GERMES DE TYPHUS DANS L’EAU D LA SPRÉE STÉRILISÉE
- 0 0 0 9 979 200 +
- 2 23OO 14,5 5 840 IOO -h
- 5 6450 6,3 4°,6 0 — 4’
- IO 12 800 80,6 —
- F. — GERMES DU CHOLÉRA DANS 500 CENTIMÈTRES CUBES D'EAU DISTILLEE STÉRILISÉE
- 0 O 0 On ne s’est pas +
- 2 2650 f 16,4 —
- 5- 6300 ’ 39i1 nombre de gram- —
- 10 13150 8i,5 met.
- Ces chiffres tendraient à indiquer que les j les eaux vannes n’exigent pas autant d’ozone matières organiques inertes qui contaminent | que les eaux impures de la Sprée et cela nous
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- REVUE D’ÉLEGTRICTTÉ
- 357
- rappelle les observations de Binz qui avait ozonisé 400 à 500 cm3 de sang défibriné sans qu’il fût possible de constater le moindre changement comme aspect spectroscopique ou microscopique du sang ; c’est ce qui lui fit dire avec raison que l’ozone attaque d’abord les combinaisons organiques solubles du sang et que ce n’est qu’ensuite qu’il agit sur le véhicule de la matière colorante.
- Combien davantage une matière organique formée comme le sont les bactéries, doit-elle résister à l’ozonisation !
- On a constaté des effets différents dans l’application de l’ozone sur la levure, sur la lymphe de vaccin ou même sur des infusions de foin ou de grenouille, mais ils proviennent seulement de la différence de composition des liquides dans lesquels se trouvaient les bactéries, et plus ils étaient pauvres en matières organiques, plus l’influence de l’ozone se faisait sentir et c’est ainsi que des expérimentateurs ont trouvé que dans certaines conditions l’ozone était un bactéricide et que dans d’autres il ne l’était pas ou l’était moins.
- La conclusion de toutes ces expériences est que l’ozone agit d’une façon très puissante et destructive sur les bactéries en suspension dans l’eau, pourvu cependant que l’eau ne soit pas trop contaminée par les matières organiques.
- Sans chercher le moins du monde à diminuer la grande valeur et la haute portée des investigations du l)r Ohlmulicr, il est bon de ne pas en exagérer l’importance au point de vue du rôle microbicide et germicide de l'ozone ; ce sont là des expériences de laboratoire qui ont peu de signification au point de vue pratique. Ce n’est certainement pas moi qui irai diminuer ou déprécier les qualités de l’ozone au point de vue de la stérilisation de l’eau ; il n’est impossible ni d’ozoniser l’eau, ni de la stériliser, c’est-à-dire de tuer tous les microorganismes qu’elle renferme, mais le problème est hérissé de difficultés presque insurmontables et j’en ai fait maintes fois l’expérience en faisant passer l’ozone que fournissaient des générateurs industriels, c’est-à-
- dire représentant au moins 1 cheval électrique, dans une masse d’eau, même peu considérable. Quoique cela ait l’air d’un paradoxe, il y a une manière de faire passer de l’ozone dans de l’eau qui l’absorbe en partie, et il y a une autre manière de l’y faire passer en pure perte ou presque en pure perte.
- A quoi bon exagérer les vertus de l’ozone ! les faits sont là et des analyses soignées, faites par des chimistes habiles ont bien montré, comme le disait du reste Ohlmüller. que les impuretés minérales et organiques absorbent presque entièrement l’ozone et en laissent bien peu pour tuer les microbes. La stérilisation de l’eau, en grand comme en petit, ne peut s’effectuer que si on se place sous certaines conditions, car l’opération, tout en étant simple, comporte un traitement ou des traitements spéciaux peu coûteux, il est vrai, rapides et qui sont indispensables.
- Toutes les eaux ne sont pas au même degré chargées d’impuretés. L’absorption de l’ozone par barbotage dans l’eau est extrêmement faible. Elle s’opère mieux par pulvérisation, mais ce n’est pas encore, tant s’en faut, la solution du problème qui est extrêmement complexe. Nous ne devons jamais oublier ou négliger les travaux des savants qui nous ont précédés et qui ont étudié cette grave question de ['ozonisation de l’eau.
- Quant à stériliser une masse d’eau, à jet continu, rien qu’en y injectant n’importe comment de l’ozone, j’espère qu’il sera permis de demander à ceux qui promettent le changement des eaux impures en eaux pures, combien il faut en moyenne de kilogrammes d’ozone pour stériliser 1000 m3 d’eau d’une impureté déterminée et combien de chevaux-heure il leur faut pour produire un kilogramme d’ozone?
- C’est peut être pousser la curiosité un peu loin et friser l’indiscrétion, que de poser une question comme celle-là ; mais n’avons-nous pas le droit de savoir quel est le rendement réel en ozone, constaté par des méthodes rigoureuses et scientifiques, des ozoniseurs industriels qu’on veut utiliser. Evidemment,
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- c’est l’appareil qui produit le plus d’ozone par cheval-heure qui est le meilleur pour résoudre le problème.
- E. Andreou.
- RÉSISTANCES O
- Boîtes de résistances . — La réunion des bobines dans une boîte de résistances se fait de deux manières distinctes : dans la première, les extrémités du fil dechaquebobinesont soudées k deux plots de laiton entre lesquels vient se placer une fiche légèrement conique (fig. n);
- ordinaire des bobines.
- deux bobines sont reliées à chaque plot, de façon que le courant passe d’une bobine k la suivante Iorsqtie aucune fiche n’est en place; au contraire, si on bouche un trou au moyen d’une fiche, la résistance de celle-ci étant négligeable, on peut considérer la bobine comme en court-circuit.
- Dans ce montage, les bobines successives ont des valeurs croissantes, choisies de façon à permettre déformer tous les nombres compris entre la plus petite résistance et la plus grande. Dans ce but on a employé les séries suivantes :
- i, 2, 4, 8,16, 32, 64, etc.
- 1, 2, 3, 4, 10, 20, 30, 40, 100, etc.
- 1, 2, 2, 5, 10, 10,20, 50, TOO, TOO, 200, etc. i, 2, 2, 5, io, 20, 20, 50, 100, 200, etc.
- La première série, complètement abandonnée aujourd’hui, exigeait une trop grande attention dans le calcul de la somme; les trois autres sont équivalentes comme facilité d’emploi: la seconde est surtout en usage en Angleterre. Avec ces dispositions, la résistance intercalée dans le circuit est la somme des résistances des bobines dont les fiches sont retirées.
- Une disposition beaucoup plus commode
- Fig. 12. — Montages des bobines en décades linéaires.
- pour l’emploi, mais qui a l’inconvénient d'exiger un plus grand nombre de bobines, est celle des figures 12 et 13. Dans ces boîtes
- [3. — Montage en décades articulair
- il y a plusieurs rangées « décades ou cadrans » de 9 ou 10 bobines égales; le rapport d’une rangée k la suivante est 10. Les bobines sont reliées en série et attachées à 10 ou 11 plots; un plot longitudinal (fig-' 12) ou central (fig. 13), permet, lorsqu’on intercale une fiche entre lui et un des plots séparés, de prendre 1, 2, 3..,.. n bobines de la série, les autres restant hors circuit. Le plot commun est relié au commencement de la rangée suivante, par conséquent la résistance intercalée dans la boite est la somme des bobines pla-
- (J) Voir L’Éclairage Électrique du 14 novembre, p. 301.
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- cées entre les fiches et le zéro. Chacun des plots porte le numéro d’ordre de la bobine ; il suffit pourconnaître la somme de lire simplement les chiffres placés en face des fiches, pour faciliter cette lecture, les unités sont placées à droite, puis en allant de droite à gauche, les dizaines, centaines, milles, etc., la lecture sc fait comme si le nombre était écrit. Les deux formes sont équivalentes, cependant il semble que la disposition linéaire facilite un peu les lectures; elle permet en outre une meilleure utilisation de l’espace et réduit sensiblement le volume des boites.
- Indépendamment du mode de lecture, la disposition en série et celle en décade présentent des différences sensibles : dans la boîte en série, il faut employer autant de fiches qu’il y a de bobines, ce qui introduit des erreurs de contact nombreuses; en outre il arrive fréquemment, surtout avec les boites un peu anciennes, dans lesquelles l’ébonite s’est contractée, que la sortie d’une fiche fait déplacer les plots et desserre les fiches voisines, il faut alors resserrer celles-ci pour assurer un bon contact. Avec les dispositions à décades ou à cadrans, il. n’v a qu’une seule fiche par série de bobines, la résistance des contacts est donc toujours la même quand ceux-ci sont bien établis; de plus, la manœuvre est bien simplifiée quand il s’agit d’introduire une résistance dans le circuit.
- Beaucoup de boites destinées à servir à la méthode du pont deWheatstonc sont munies de plusieurs bobines égales deux h deux, qui forment les bras de proportion; ces bobines ont généralement des valeurs croissantes qui sont des multiples de dix, on les dispose dans l’ordre suivant :
- les résistances les plus faibles au centre, les plus fortes aux extrémités.
- Les figures représentent lesdispositions les plus classiques : figure 14, boîte en série, mo-
- Fig. 14. — Boîte ordinaire de résistances.
- dèle dérive du PostOffice; figure 15,boîte à cadrans d’Elliott ; figure 16, boîte à décades de Carpentier. On ajoute souvent aux boites formant pont de Wheatstone, deux clefs a res-
- Fig. 15. — Boîte à décades circulaires d’Elliot.
- sort destinées à fermer les circuits de la pile et du galvanomètre (fig. 14 et 16).
- Dans la pratique, on a souvent besoin d'introduire des résistances connues dans un circuit et de les faire varier rapidement ; la
- manœuvre des fiches est encore trop longue dans ce cas, et si l’on ne cherche pas une très grande précision, on a recours à des boîtes à contacts glissants (fig. 17). Ces boites dont le schéma est le même que celui des
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- boites à cadrans, sont formées de séries de g a 1 o bobines égales entre elles, soit :
- io de i ohm 10 de io — io de ioo — io de iooo —
- Dans la figure 17, les plots sont des contacts ronds sur lesquels vient frotter une manette
- remplaçant la fiche. La manette d’un groupe est reliée a celle du groupe suivant; le courant entrant parle plot zéro d’une série, parcourt toutes les bobines comprises entre ce plot et la manette, passe à l’autre manette et
- revient au plot zéro de l’autre série en passant par toutes les bobines comprises entre le plot et la manette correspondante. La manœuvre des boites de ce système est plus facile et plus [rapide que celle des boites à fiches, même disposées en décades, la précision est
- moins grande à cause de la résistance variable des contacts; la surface de ceux-ci est en argent et très facilement accessible, elle peut être aisément nettoyée, de telle sorte qu'avec un peu de soin la résistance totale des contacts d’une boite à quatre manettes, est inférieure à 0,1 ohm; on voit qu’il suffit que la résistance intercalée soit supérieure à 10 ohms pour que Terreur commise de ce chef soit inférieure à 1 p. 100.
- Les boîtes de résistance sont sujettes R certains accidents et nécessitent des soins qu’il est utile de connaître. Le lemps apporte comme toujours des modifications qui se manifestent principalement dans le retrait de la planche d’ébonite qui porte les plots; par suite, ceux-ci desserrés, peuvent donner une mauvaise communication électrique et quelquefois môme rompre le circuit. Le seul remède, dans ce cas, consiste à démonter entièrement la boîte et à resserrer toutes les vis. c’est une affaire de constructeur. Le même phénomène, en rapprochant les plots, ovalise les trous des fiches qui donnent également un contact trop résistant, si cette action est un peu marquée, il faut aléser les trous.
- Les boîtes de résistances doivent être, autant que possible, tenues dans un endroit sec et à l’abri de la lumière; il est même bon, quand on ne s’en sert pas, de les remettre dans la boîte gainée dans laquelle elles sont généralement livrées;011 évite ainsi la formation h la surface de Tébonite, d’une couche d’acide sulfurique, qui produit non seulement des dérivations entre les plots, mais qui, en outre, amène rapidement la destruction de la boîte.
- Les fiches doivent être tenues très propres, on y parvient aisément si on a soin de les essuyer chaque jour avec une peau de chamois ; si après un certain temps, il est nécessaire de procéder à un nettoyage plus complet, il faut faire usage seulement de papier émeri très fin, au plus du zéro. Quand, par suite d’un abandon prolongé, des taches profondes se sont produites sur les fiches, il vaut mieux les renvoyer au constructeur, que de
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- tenter de les nettoyer soi-même; le nettoyage devant être plus profond, on risque de modifier le cône de la fiche et de produire ainsi des contacts imparfaits dans la boîte. Pour la même raison, nous ne conseillons pas de nettoyer les trous des fiches au papier émeri; il faut se borner à y passer un morceau de bois tendre, taillé à peu près comme les fiches, et à frotter ainsi les parois; enfin il faut se pénétrer de l’idée qu’un nettoyage journalier à la peau de chamois, est une bonne garantie de conservation de la boîte.
- La surface extérieure de la boîte doit être aussi tenue très propre; il faut, au moyen d’un blaireau très doux, enlever toute la poussière avant de s’en servir et faire surtout attention à ce qu’aucune limaille 11e vienne se glisser entre les plots en créant des dérivations ; les erreurs ainsi produites sont d’autant plus graves qu’on ne s’en aperçoit pas tout de suite.
- Les boites de résistances à coefficient de température non négligeable, sont presque toujours réglées pour être exactes entre 15 et 20°, la température d’exactitude est d’ailleurs gravée sur la boîte elle-même; il faut bien en tenir compte dans les mesures, car il suffit d’une température inférieure ou supérieure de io° à celle du réglage pour qu’une boite en (il de maillechort donne une erreur de 0..3 h 0,4 p. 100 de ce seul fait. On a proposé divers moyens pour connaître la température des bobines au moment de la mesure ou pour l’éliminer, ces moyens seront inutiles le jour où toutes les bobines seront enroulées avec des fils d’alliages à coefficient nul. Une disposition, qui est relativement la plus répandue. consiste à placer dans la boite une bobine de fil de cuivre de résistance connue; cette bobine, mesurée avec la boite elle-même, donne par différence avec la valeur connue à une certaine température, la correction à faire subir aux mesures. Quel que soit le moyen employé, il est bon, si l’on veut faire des mesures aussi exactes'que le comporte la construction des boites, de toujours connaître à 1 ou 20 près la température de la boîte ou
- à défaut la température ambiante, ainsi que le coefficient moyen de variation ; on fait les corrections s’il y a lieu. Ce qu’il faudrait connaître en réalité, c’est la température des bobines elles-mêmes, mais on sait que réchauffement de celles-ci est très inégal, de telle sorte que la température intérieure de la boîte peut suffire dans bien des cas; enfin, la température ambiante donne des résultats assez concordants lorsqu’elle est constante pendant plusieurs heures.
- Les boites de résistances peuvent être difficilement réglées à une approximation supérieure à 0,02 ou 0,03 p. 100 et les mesures avec bras de proportionne peuvent-étrega-ranties à plus de 0,02 p. 100, sauf quelques cas exceptionnels; la plupart du temps, en elfet, les diverses-bobines sont à des températures différentes, plus ou moins échauffées par le courant, par le rayonnement des corps extérieurs ou par toute autre cause.
- Le mode d’emploi proprement dit des boites de résistances est trop intimement lié aux méthodes générales de mesures pour être traité ici, nous n’y insisterons pas.
- Ponts a fit.. — Indépendamment des mesures de résistance dans lesquelles les bras de proportion du pont de Wheatstone sont forméspar des bobines de résistances connues, on emploie fréquemment la disposition appelée pont à fil ; soit en se servant du fil pour former les bras de proportion, soit que le fil serve seulement à parfaire l’équilibre des quatre branches. Un curseur mobile permet, dans le premier cas, dé faire varier le rapport des bras de proportion, dans le second, de chercher la position exacte d équilibré. Les ponts à fil, de construction très différente selon la précision et la complication des mesures a effectuer, comprennent tous un fil métallique homogène et de section uniforme dans toute sa longueur; ce fil en platine iridié, maillechort ou laiton devant lequel se déplace un curseur porté par une règle graduée, constitue la partie essentielle de ces ponts.
- Dans le modèle représenté par la figure 18,
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- le curseur coulisse sur une règle en laiton, une vis micrométrique permet de lui imprimer de très petits déplacements ; le chariot du curseur porte un vernier au 1/20 de mm; enfin le contact du curseur, placé à l’extré-
- mité du ressort, vient, lorsqu’on abaisse la touched’ébonite que l’on voit en avant, s’appuyer sur le fil de laiton tendu entre deux équerres de laiton placées aux extrémités du socle. ï,c fil, dans cet appareil qui est des-
- Fig. 18. — Por
- à'fil.
- tiné à des mesures très précises, est abrité par une réglette en bois, il est soigneusement calibré. Quatre paires de godets portés sur des barres de laiton, qui' sont elles-mêmes isolées sur des supports en ébonite, reçoivent les conducteurs en cuivre rouge dont les résistances à mesurer sont munies. Un commutateur, formé parles quatre godets à mercure du centre et deux cavaliers en cuivre rouge, pcrmetd’inverser les positions des résistances placées dans les godets du milieu.
- Lorsqu’on veut simplement déterminer le rapport de deux résistances, l’une connue, l’autre inconnue, on peut se servir de modèles beaucoup plus simples dont la figure 19 donne le tvpe.
- Fig, 19. — Modèle simplifié de pont à fil.
- Dans la mesure industrielle des très faibles résistances, on a souvent recours à la méthode du pont à neuf conducteurs de lord Kelvin, dans laquelle les résistances de contact sont presque complètement éliminées. Cette méthode exige l’emploi de quatre séries de résistances et d’une barre, de maillechort ou d’un autre alliage à faible variation, bien calibrée et dont la résistance par unité de longueur doit être bien connue.
- L’établissement des connexions dans cette
- méthode est assez long et prête facilement aux erreurs; le modèle représenté par la figure 20 simplifie beaucoup la manipulation.
- Fig. 20. — Autre modèle de pont à fil.
- Le schéma, (fig. 2f, indique comment la combinaison est réalisée : deux séries de résistances,.n, b, c. d, etc., et ab’t c', d’, etc., sont semblables entre elles et disposées de telle sorte que :
- b + c -j- d -f- e +/ 100 a+b + c-j-d-\e
- ^ Vf
- c+d + e + f 10 a + b+c+d
- a + b + c=<t+e+f.
- Le cadran que l’on voit sur la ligure 20 est formé de plots reliés aux points de jonction des résistances, le simple déplacement du curseur diamétral amène le galvanomètre aux deux points correspondants des deux séries de résistances, et par sa position indique la valeur du rapport. Les connexions à établir sont alors des plus simples, il suffit de relier les bornes marquées courant, qui sont repré-
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- sentées par les points A et B, à la résistance •1 mesurer, en dehors des points où la mesure doit être faite; les bornes dérivation, C et D, sont ensuite reliées à ces points et les con-
- du pont précédent.
- nexions_p/7<? et galvanomètre établies. L’équilibre s’obtient, lorsque le rapport convenable est trouvé, en déplaçant le curseur K sur la barre étalon R; la résistance X est égale à R multiplié par le coefficient gravé sur le. curseur diamétral. Cet appareil permet de mesurer des résistances depuis 1 ohm jusqu’à quelques microhms. La précision des résultats donnés par cet instrument dépend de la longueur de la barre étalon employée pour faire équilibre à X; très faible quand cette longueur est petite, elle peut atteindre 0.2 p. 100 au bout de la barre étalon.
- H. ArwtN.nt.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Pont magnétique Ewing ('}.
- Le professeur Ewing a imaginé et exposé à l’une des dernières soirées de la Société Royale de Londres un instrument formant le complément de son hystérésis-mètre if.
- Cet instrument permet de mesurer la perméabilité magnétique par un procédé presque
- (‘) The Ekclrician, t. XXXVII, p. 41.
- (2) L'Éclairage Électrique; t. III, p. 427.
- aussi simple que celui appliqué dans l’autre instrument pour la mesure de l’hy.stérésis.
- Le principe utilisé consiste à comparer l’échantillon à essayer avec un barreau étalon dont la courbe est déterminée une fois pour toutes. Cette comparaison s’effectue à la manière de celle entre les résistances dans un pont de Wheatstone. L’idée n’est point nouvelle, elle a été appliquée, par exemple, dans le magnétomètre Eickemeyer, mais dans le pont magnétique d’Ewing, elle est réalisée d’une manière toute différente.
- Les deux barreaux, témoin et échantillon, sont introduits dans deux solénoïdes parallèles, et leurs extrémités sont réunies par deux courtes culasses en fer doux. Sur ces culasses s’élèvent deux longues colonnes de fer dont les extrémités supérieures recourbées se rejoignent presque, laissant un entrefer qui reçoit une boite rectangulaire contenant une aiguille aimantée, jouant ici un rôle analogue au galvanoscope du pont de Wheatstone : elle indique l’égalité ou la différence des potentiels magnétiques aux deux culasses, autrement dit elle permet de constater la présence d’un flux dérivé réunissant les culasses par l’intermédiaire des colonnes verticales. Ce flux est nul seulement quand l’induction magnétique dans les deux barreaux à comparer a la même valeur. Cet état de choses sc produit avec des barreaux d’égale perméabilité, lorsque le nombre d’ampères-tours d’excitation est le même pour les deux solénoïdes ; mais lorsque les perméabilités sont différentes, il faut, pour rétablir l’équilibre, faire varier le nombre relatif d’ampères-tours. A cet effet, les deux solénoïdes étant traversés par le même courant, un commutateur à manette permet de faire varier le nombre de spires du solénoïde excitant le barreau échantillon.
- Pour s’affranchir de tous les effets de l’bvs-térésis dans les barreaux et dans les culasses et les barres verticales, on manœuvre pendant le réglage une clef d’inversion, et l’équilibre est considéré comme parfait quand l’inversion ne produit plus de déplacement pen
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- manent de l’aiguille aimantée. On observe généralement une élongation passagère due à la vitesse différente avec laquelle les deux barreaux s’aimantent. Dans la pratique, ces réglages se font très aisément, et ne prennent pas plus de temps que la mesure d’une résistance au pont de Wheatstone.
- Afin que l’intensité du courant ne varie pas pendant la mesure, les spires exclues du circuit sont remplacées par des résistances équivalentes, que l’on intercale en manœuvrant une manette frottant sur une série de plots. La longueur de chaque barreau est de 4 r.= 12,56 cm, et le nombre de tours de fil du solénoïde du barreau-témoin est de 100. Chaque ampère produit donc une force magnétique de 10 unités C. G. S., ce qui permet de lire la force magnétisante sur un ampèremètre intercalé dans le circuit des solénoïdes.
- La relation entre «B et K étant connue pour le barreau-témoin, on connaît à chaque instant l’induction qui, l’équilibre établi, existe dans le barreau à essayer; la force magnétisante est indiquée par le nombre de spires à ce moment en circuit rapporté au nombre 100 des spires du solénoïde invariable. En faisant varier le courant progressivement, on détermine les différents points de la courbe d’induction.
- Le magnétoscope est plus sensible qu’il ne serait nécessaire pour manifester l’effet d’une seule spire de plus ou de moins dans le solénoïde, et permettrait même, par interpolation entre les déviations à gauche et à droite, d’apprécier l’effet d’une fraction de spire ; mais dans la pratique, ce degré de sensibilité n’est pas nécessaire.
- Le professeur Ewing fait un fréquent usage de cet instrument, dont l’emploi est plus commode que la méthode balistique. Les valeurs absolues dépendent, naturellement, de l’étude préalable du barreau témoin, laquelle est effectuée par la méthode balistique.
- Le commutateur de l’instrument exposé permet de porter le nombre de spires du solénoïde variable jusqu’à 210. Dans les cas
- où le métal à l’essai serait d’une qualité très inférieure, on peut augmenter encore le rapport entre les nombres de spires des deux solénoïdes, en ne laissant en circuit que la moitié du nombre de spires sur le barreau-témoin, soit 50 au lieu de 100.
- Pour examiner de la tôle 011 forme les barreaux en empilant des bandes en nombre suffisant pour que la section totale soit égale à celle des barreaux. Les barreaux sont fixés d’une façon très simple ; on les glisse dans des trous percés dans les culasses, dans lesquelles des vis permettent de les serrer fortement. A. H.
- Support réglable Royer et Claremout pour balais en graphite.
- Le support a (fig. 1) porte à l’une de scs extrémités un logement dans lequel est placé un bloc de graphite b. Ce dernier est main-
- Fig. 2. — Support réglable pour balais en graphite.
- tenu en contact avec le collecteur l', par un ressort courbe c dont l’extrémité libre appuie sur le bloc, le forçant à descendre suivant son usure, et l’autre est prise dans la grille d’un levier d. logé dans une rainure du support et pivoté en e. La pression du ressort c est réglée à l’aide d’un ressort en spirale j. enroulé autour d’un axe f monté transversalement sur le support a, auquel il est rendu solidaire à l’aide d’un ccrou g. L’extrémité extérieure de/’est filetée et reçoit une vis de réglage k servant à diminuer ou à augmenter la tension de j sur le levier d. Par un réglage convenable de ce dernier, la pression exercée
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- par le bloc de graphite sur le collecteur demeure approximativement la même jusqu’à l’usure complète. L. D.
- Raccord des fils à trôlet sur les ponts tournants ;
- Par W.-B. Potter.
- L’appareil imaginé par l'auteur est destiné au raccord des fils d’une ligne de tramways électriques au passage des ponts tournants. Il se compose d’une pièce triangulaire en cuivre 2 (fig. 1) terminée par une projection creuse 7,
- Fig, 1. — Raccord des riis trôlet sur les ponts
- recevant le fil de ligne qui est fixé par un écrou en 8. Une arête 4, faisant corps avec la pièce 2, porte deux projections avec trous taraudés 5, pour la fixation de l’appareil, et, à son extrémité, deux lames-ressorts 14, appuyant sur un cadre mobile légèrement courbé 10, formant contact. Ce cadre est mobile sur deux axes n fixés à la base du triangle 2; il est limité dans sa course par deux butoirs, dont l’un 12, rem pêche d’exercer une pression exagérée sur les deux lames-ressorts, et l’autre 13, lui sert de butée au moment de sa séparation avec un autre appareil, exactement semblable, formant la continuité du circuit sur le pont.
- La disposition de cet appareil sur le conducteur est la suivante : le fil à trôlet s’arrête au dernier pylône situé près de la ligne d’intersection entre le pont et la chaussée et est fixé à un appareil comme celui qui vient d’être décrit. Ce dernier est, en temps ordinaire, en contact continuel avec l’autre appareil semblable porté par le pylône du pont tournant. La distance entre les deux pylônes est très faible afin d’éviter l’emploi de bras
- de support trop longs et dont la rigidité laisse toujours à désirer.
- Les raccords sont disposés de la même façon à l’autre extrémité du pont. Au moment de l’ouverture, les contacts glissent les uns contre les autres par le mouvement de soulèvement du pont et se séparent. La continuité du circuit sur la ligne est assurée par un feeder traversant le canal et raccordé aux fils des deux pylônes fixes des abords du pont. La circulation sur ce dernier est rétablie quand, son évolution terminée, le pont s'abaisse pour reposer sur ses culées. Ce mouvement ramène les deux raccords de chaque extrémité, en contact et rétablit le circuit. T,. I).
- Montage pour le couplage en parallèle des alternateurs ;
- Par C. Michalke (*)•
- Une machine triphasée, par exemple, alimente trois circuits par ses bornes u, b^c^ On veut coupler sur ces circuits les bornes ciîbici d’une autre machine.
- On sait que, pour ne pas troubler l’équilibre des circuits, il est nécessaire de n’effectuer le couplage que lorsque fréquence et phase des deux machines sont pratiquement égales. Si le rapport des vitesses des deux machines est, par exemple, 5/6, les courbes des potentiels aux bornes sont représentées par les sinusoïdes, fig. 1 (on admet égalité d’amplitude). Les différences des potentiels al——Ki ci—c\ agissant dans les trois circuits se produisent comme le montre la figure 2. L’amplitude de chaque courbe de différence de potentiel varie elle-même suivant une sinusoïde dont la fréquence égale la différence entre les fréquences des potentiels. Dans les trois circuits, ces sinusoïdes représentatives de battements ont même phase. Il s’ensuit que des lampes intercalées dans ces circuits s’allument et s’éteignent simultanément par intervalles d’autant plus longs que les fré-
- (*) Communication faite à l’Elektrotechnischer Verein, le
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
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- quences des machines sont moins différentes. J Mais ces battements n’indiquent pas le
- Fig. 1. — Courbes des potentiels aux bornes.
- signe de la différence de fréquence, c’cst-à- | direjqu’ils rte permettent pas de savoir si la
- l'ig. 2. — Action des différences de potentiels dans les trois circuits, machine à coupler tourne trop ou pas assez [ vite; et ce n’est qu’en tâtonnant qu’il est pos-
- Couicuience des phases Courbes des différences de potentiels.
- sible de déterminer de quel côté se trouve I L’auteur de la communication que nous l’excès de vitesse. j résumons indique un montage permettant de
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- r
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- se rendre compte très facilement du signe de la différence de vitesse.
- Il suffit, en effet de relier la borne bt de la première machine à la borne c„ de la seconde, et la borne L, à c,. Les différences de potentiels agissant dans ces circuits sur les lampe: intercalées se représentent alors par les cour besde la figure 3. Les battements se produisent comme précédemment, mais ils sont décalés d’un circuit à l’autre, de sorte que les lampes s’allument et s'éteignent successivement et non simultanément.
- Si, pour un excès de vitesse de la première machine sur la seconde, la succession des extinctions est, par exemple, ax—<ïâ, c,— ht—c„ on trouvera pour un excès de vitesse dans le sens inverse, une succession i ces extinctions (on s’en rend compte facilement en changeant simplement les indices des lettres). Si les lampes sont groupées en rond derrière une glace dépolie, 011 verra la tache lumineuse tourner dans un sens ou dans l’autre, selon que la machine à coupler donne une fréquence trop grande ou trop petite. Lt lampe du circuit as—indique en outre, par son extinction, la coïncidence des pha Ce montage peut également s’appliquer monophasés munis d’i
- roule
- équit
- [ de
- ur l’enroulement principal. Pour les hautes tensions, la maison Siemens et Halske a recours à l’intermédiaire de transformateurs. A. H.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Mesure de la force agissant sur les diélectriques liquides non électrisés placés dans un champ électrique;
- Par II. Pellat {•).
- « Dans ma note des Comptes l'endus du 16 dé-
- (') Comptes rendus, t. CXXIII, p, 691, séance du 2 110-
- cembre 1895, j’ai montré (‘) comment les formules qui donnent la force qu’exerce un champ électrique sur un diélectrique non électrisé, et que j’ai établies dans le mémoire paru aux Annales de Chimie et de Physique en mai 1895 (h sont bien remplies par l’expérience dans le cas des corps solides. Je vais maintenant résumer les mesures qui m’ont montré qu’elles sont bien vérifiées aussi dans le cas des corps liquides.
- » La vérification pour les liquides est plus difficile que pour les solides, parce qu’on ne peut pas peser directement la force électrique agissant sur le diélectrique; on en est réduit à mesurer la dénivellation qui se produit entre deux vases contenant le liquide, dont l’un est soumis à l’action du champ et dont l’autre est soustrait à cette action.
- » L’appareil dont je 111e suis servi consiste essentiellement en deux boites plaies, rectangulaires A et R (fig. ij, en ébonite, dont l’une B est placée h l’intérieur de l’autre A, de façon que les larges faces des boites, disposées verticalement, soient parallèles. Ces larges faces sont, pour la boite extérieure A seulement, recouvertes chacune d’une feuille de papier d’étain, constituant les armatures d’un condensateur ; quand celui-ci est chargé, la boîte intérieure B se trouve dans un champ électrique. Or cette boîte B communique par un tube de verre deux fois recourbé T avec un vase cylindrique D de 5,9 cm de diamètre. Le liquide diélectrique employé, qui a été une huile blanche de pétrole non volatile (densité 0,86), était versé dans ce système de vases communiquants, de façon h s’élever, dans la boîte intérieure B, environ à mi-hauteur des armatures. Dans ces conditions, si l’on charge le condensateur, la théorie et l’observation montrent que le liquide s’élève un peu dans la boîte B et s’abaisse, par conséquent, dans le vase D, jusqu’à ce que la pression hydrostatique produite par cette
- (!) Voir L'Éclairage Électrique, t.VI, p. 39,4 janvier 1896. (2) Voir L’Éclairage Électrique, t. II, p. 289 et 481, 16 février et 16 mars 1895, et t. V, p. 145*26 octobre'1895.
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- dénivellation fasse équilibre à l’action du champ sur le liquide.
- » Pour rendre uniforme le champ électrique, suivant une droite horizontale paral-
- lèle aux armatures dans toute l’étendue du liquide soumis à l’expérience, la boîte R était prolongée à droite et à gauche par deux boîtes C et C' en ébonite, placées aussi h l’intérieur de A et de même épaisseur que B; on jugeait des niveaux grâce à des tubes communiquants G, G', T. C’est l’abaissement très petit (quelques dizaines de microns) du liquide dans le vase I) qui était mesuré par
- l’artifice suivant : un flotteur F, formé par un cylindre de laiton, plongeait en partie dans le liquide du vase D: ce flotteur était suspendu sous le plateau P d’une balance très sensible, dont le fléau portait à l’extrémité une graduation en — de millimètre regardée avec un microscope muni d’un micromètre oculaire. Du déplacement du fléau ainsi mesuré on déduisait, par un calcul facile, la variation de niveau dans le vase D et par conséquent la dénivellation produite par le champ électrique entre les deux vases communiquants I) et B; c’est cette grandeur que nous appelons la dénivellation observée dans le Tableau placé plus loin.
- » Comme dans les expériences faites sur les corps solides, la charge du condensateur était rapidement alternée (260 fois par seconde environ) et le carré moyen de la différence du potentiel (E2) était mesuré au moyen d’un électromètre Bichat et Blondlot.
- » Les expériences ont été faites dans trois conditions différentes : i° en laissant plein d’air l’espace compris entre les parois internes de la boîte A et les parois externes des boîtes C, B et C'; 20 en remplissant complètement du même pétrole cet espace; 30 en ne les remplissant de pétrole que jusqu’au niveau du pétrole contenu dans les boîtes C, B et C'. A ces trois cas correspondent trois formules distinctes permettant, d’après la théorie exposée dans le Mémoire, de calculer la dénivellation a que doit produire le champ entre les deux vases communiquants :
- ,D,[*-c(K-I)-.(K-4)][e-.(I-1L)y
- K (K — 1) E2
- +c(K-i
- » Avec : Pouvoir inducteur spécifique du | masse spécifique du liquide, D = 0,86; liquide, K 2,36; id. de l’ébonitc, K' = 3; | g — 981 ; distances des armatures, e = 5î43
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- cm: somme des épaisseurs des lames d'ébo-j-iite comprises entre les armatures, s = 1,51 cm; épaisseur du liquide de la boite B. c~ 2 13 cm (K et K7 ont été mesurés au moyen de l’appareil décrit dans ma Note du 8 avril
- » Ce sont les valeurs de a, calculées par ces expressions, qui sont mises en regard des valeurs observées dans le Tableau suivant :
- 1778 \ 1726 ( *55°
- 1829
- \ TM° , 143° f M42
- 0035 0,0037 +2
- 0035 0,0036 +1
- 0034 0,0040 -|-6
- 0066 0,0058 —8
- 0064 0,0055 —9
- 0,0064 0,0066 -f 2
- 0,0052 0,0051 -1
- 0,0049 0,0046 —3
- 0,0041 0,0043 + 4
- 0,0041 0,0046 + 5
- 0,0054 0,0061 +7
- » [.es valeurs observées ne dilfèrent des valeurs calculées que de quelques microns et les différences ne présentent rien de systématique. Les formules théoriques sont donc pleinement justifiées par ces expériences. «
- Éléments thermo-électriques formés d’amalgames et d’électrolytes ;
- Par A. Hagenbach (*).
- L’élément est formé de deux vases cylindriques, réunis par un siphon en forme de M. Ces vases présentent un diamètre de 2,5 cm et une hauteur de 8 cm. Le siphon a 1 cm de diamètre et est fermé à ses deux extrémités par des membranes ; 2 tubes latéraux munis de robinets permettent de le remplir commodément.
- Chacun des vases est plongé dans un bain d’eau à double paroi, le bain intérieur étant parcouru par un courant d’eau des conduites.
- Les amalgames formant électrodes sont au fond des vases et la communication est donnée par un tube de verre rempli du même amalgame et qui se prolonge h l’extérieur par un fil de platine. Dans l’électrolyte versé au-dessus de l’amalgame plonge un lil de cuivre nu qui forme le second pôle.
- Les solutions salines qui ont été étudiées spnt des solutions normales ou décinormalcs dosées par pesées, maintenues en ébullition dans un récipient muni d’un réfrigérant ascendant, pendant 1 ou 2 heures. Les expériences faites en vue de déterminer la force thermo-électrique au contact des solutions étendues et des métaux solides n’ont pas eu de succès. Les amalgames donnent des résultats plus nets, les électrodes d’amalgames sont d’autre part bien moins sensibles à l’agitation que les électrodes solides et le même amalgame fournit toujours des résultats comparables. Seulement un petit nombre de métaux sont susceptibles de former des amalgames qui sc prêtent aux expériences, car ces amalgames doivent être stables et 11e pas décomposer l’eau. Le zinc, le cadmium, le plomb, l’étain et le cuivre remplissent ces conditions, cependant l’amalgame de zinc se conduit de façon très variable probablement par suite d’une légère décomposition de l’eau : l’amalgame de cuivre se dédouble en amalgame solide et mercure ; l’étain ne donne que des sels insolubles. Finalement les expériences se sont limitées aux amalgames de zinc et de cadmium. Une concentration de 1/3 p. 100 suffit pour que les amalgames possèdent les mêmes propriétés électriques que les métaux.
- En maintenant les deux vases a la même température, on vérifie d'abord que la différence de potentiel est nulle : dans les cas très rares où cette condition n’est pas remplie, on démonte et on remonte l’élément. Ensuite, on chauffé l’un des vases et on mesure la différence de potentiel pour une série de températures, par la méthode de compensation de Poggendorff. — Les mesures sont faites pour diverses concentrations de l’électrolyte jusqu'à
- (*) Wieà. Ann., t. LVIII, p. 21.
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- ce que la dilution soit assez grande pour rendre les mesures incertaines. Les températures ont varié de 6 a 8o° C.
- Pour tous les éléments étudiés : — amalgame de cadmium, avec les sulfate, azotate, chlorure, bromure et iodure de cadmium — amalgame de plomb, avec l’azotate de plomb, — la force thermo-électrique croît à peu près proportionnellement à la différence de température. (On tient compte, bien entendu, de la force therinoélectrique au contact de l’électrolyte et de l’électrode de cuivre.) La concentration et l’acide du sel influent sur la valeur de la force electromotrice, mais les variations, quoique nettement mesurables, sont faibles.
- Contrairement à la théorie courante, la force électromotrice diminue en meme temps que la concentration, pour ces éléments qui renferment un métal bivalent; les expériences faites avec les métaux monovalents confirment au contraire la théorie.
- La force électromotrice de l’élément au chlorure de plomb ne varie pas proportionnellement à la température ; elle croît à peine entre 30 et 50°. M. L.
- Variation de la conductibilité électrique par les actions électriques;
- Par C. Fromme(!|.
- L’auteur confirme les résultats trouvés par AI. Branlv(1 2), mais en donne une explication un peu différente. Tout en reconnaissant que les expériences rendent vraisemblable l’hypothèse d’une modification du diélectrique qui sépare les grains de limaille, il trouve qu’on ne peut écarter complètement l’explication mécanique du phénomène. Il admet que dans la limaille peu tassée, se trouvant dans l’air, les particules s'orientent sous l’influence du rayonnement électrique et forment
- (1) IFied. Ann., t. LVI1I, p. 96.
- (2) La Lumière Electrique, t. XL, p. 301 et 306 ; t. LI, p. 326.
- des chaînes continues d’une électrode à l’autre. Cependant il est impossible d’observer au microscope aucun mouvement de ces particules, peut être à cause de leur grande rapidité. On peut objecter que si cette explication est exacte, des secousses purement mécaniques seraient susceptibles d’amener la formation de pareilles chaînes : mais, à cause du grand nombre de particules, il y a peu de chances pour que les secousses ne détruisent pas les chaînes sur certains points en même temps qu’elles les forment en d’autres.
- Lorsque les limailles sont disséminées dans undiélectrique solide ou semi-solide, la résistance au passage de l’électricité réside encore dans la masse et non au voisinage des électrodes. L’explication du changement de conductibilité est ici plus difficile ; car il est malaisé d’admettre un déplacement quelconque des grains de limaille dans la masse du solide.
- On peut s’imaginer que les étincelles passant d’un grain a l’autre percent le diélectrique et y creusent de petits canaux qui servent ensuite de passage au courant. Il n’y a pas lieu de s’étonner que les secousses mécaniques n’aient alors que peu ou point d’influence : quant à l’action de la température, elle serait due A la dilatation du diélectrique, dilatation qui accroîtrait la distance des grains de limaille. AI. L.
- Lois qui régissent les spectres des corps solides ;
- Par F. Paschen (*).
- AI. Paschen a entrepris de compléter par une étude détaillée les travaux de Langley sur les spectres d’émission des divers corps, question intéressante au point de vue de l’éclairage par incandescence. Il expose dans ce travailles idées directrices qui l’ont conduit et les résultats extrêmement complets et intéressants qu’il a tirés de l’étude de l’oxyde de fer. Il exposera ultérieurement les résultats obtenus pour d’autres corps. .
- (U tl'ic-d Ann., t. LV11I, p. 455.
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- L’auteur commence par énoncer la loi de Kirchhofïsur le rayonnement des corps noirs, et les tentatives qui ont été faites pour voir le phénomène de plus près. Il énonce les lois de Weber, W. Michelson et Koveslighety et les résultats expérimentaux de Langley. Enfin, rappelant la loi de Stefan et les travaux de W. Wien, il insiste sur ce point que les conclusions de ces auteurs sont les seules dignes de foi, car elles se déduisent de l’expérience, de la théorie clcctro-magnétique et du principe de Carnot. Les bases solides de la question sont donc les suivantes :
- i° Loi de Langley. — Le spectre normal d’émission d’un corps solide noir présente un maximum d’énergie pour une longueur d’onde d’autant plus courte que la température du corps est plus élevée;
- 20 Loi de Stefan. — Le rayonnement total est proportionnel à Th
- 3° Lois de W. Wien. — Si on appelle \mr la longueur d’onde du maximum de Langley pour la température T du corps radiant et J>,„T son énergie, X et J1T les quantités analogues pour une autre radiation, on a :
- o étant une fonction à déterminer, mais qui doit être la même pour toutes les tempérait L*t=cTSi
- (c) XWT= Constante,
- où c est une constante, et T représente la température absolue.
- Les soi-disant vérifications par Michelson, Weber et Koveslighety de leurs lois d’après les expériences antérieures disparaissent quand on interprète celles-ci convenablement; l’auteur s’attache principalement à vérifier expérimentalement les lois de Wien, et à chercher la forme de la fonction ?
- Pour une surface radiante déterminée, l’intensité J d’une radiation dépend de la température absolue T et de sa longueur d’onde À.
- Il y a donc lieu, pour étudier la radiation d’un corps à diverses températures, de déterminer une relation entre trois variables. M. Paschen a déterminé cette surface par deux séries de sections parallèles. Les unes à température constante, parallèles au plan des XJ, les autres, à longueur d’onde constante, parallèles au plan des TJ. Il appelle les unes courbes d’énergie,, nous les appellerons isothermes, les autres courbes isochromatiques.
- Pour simplifier, M. Paschen a pris comme variables non pas les quantités h, J, T, mais leurs logarithmes; les courbes sont alors très commodes.
- L’instrument employé pour la mesure de l’énergie est le bolomètrc et le prisme dispersées t en spath fluor. La courbe de réfraction de celui-ci a été déterminée avec soin. Ceci permet de trouver les nombres par lesquels il faut multiplier les élongations obtenues au bolomètre pour les réduire à ce qu’elles seraient pour un spectre normal. Si nous appelons 0 la déviation minima relative à la radiation X, ce nombre est évidemment en chaque point que la connaissance de la dispersion du prisme donne.
- Ceci posé, la loi (a)*de W. Wien suppose que les courbes isothermes construites en prenant comme coordonnées les logarithmes des variables peuvent se déduire l’une de l’autre par un déplacement parallèle, et la loi ^ q110 ht direction de ce déplacement est celle qui joint les points maximum des deux courbes considérées.
- La position du maximum se détermine exactement, car les points observés se rangent sur une courbe qui, aux environs du maximum, se confond très exactement avec une parabole dont le paramètre est environ 0,1391. On peut alors superposer les inaxima des courbes en faisant glisser celles-ci parallèlement à elles-mêmes, et 011 s’aperçoit que toutes les courbes coïncident. Ceci permet d'extrapoler avec certitude les résultats obtenus pour une courbe isotherme, par des
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- mesures comprises dans un intervalle restreint de température. Il suffit de transporter l’arc de courbe ainsi obtenu sur la courbe générale précédemment déterminée, de manière à ce qu’il s’y adapte le mieux possible.
- De plus, on peut éliminer les déformations dues aux bandes d’absorption en opérant k diverses températures; chaque courbe présentant les bandes d’absorption en des régions différentes permettra de corriger les autres. Ceci est surtout utile pour les bandes d’absorption de la vapeur d’eau et de l’acide carbonique.
- Pour les autres lois de Wien, la vérification est aussi bonne qu’on peut l’attendre puisque le corps employé n’est pas absolument noir. Elle en approche cependant beaucoup, car M. Paschen trouve au lieu de (b) (b') et au lieu de (ci, (c'y :
- (b) - cp
- (b)' jx« = io“»X3,Si 9T3*6177 le) ïmT = c
- le)' mT 0,95 = 1866,5
- Il est amené à cette dernière formule par une longue et minutieuse discussion.
- La comparaison des résultats aux courbes de Weber, Michelson et Koveslighety montre que celles-ci sont inadmissibles, la moins mauvaise étant celle dd Weber.
- La loi (c*)' permet de déterminer très facilement les maxima dans la représentation logarithmique puisqu’ils sont sur une ligne droite.
- La loi [b)! permet aussi de déterminer sur le plan des JT Jes valeurs de J,„, puisqu’elles forment aussi une ligne droite dans la représentation logarithmique. Ceci exprime donc que dans l’espace, le lieu des maxima sur la surface représentative est une ligne droite, puisqu’elle a deux projections rectilignes, et que cette surface est par conséquent un cylindre parabolique.
- L’étude des courbes isochromaliques amène à des résultats intéressants. En effet, puisque la surface étudiée est un cylindre parabolique les courbes isochromatiques seront encore des paraboles égales et homothétiques,
- comme les courbes isothermes, et la ligne des maxima aura la direction de la projection des génératrices du cylindre. D’ailleurs la ligne des maxima étant la génératrice qui passe par le sommet des axes des courbes isothermes, sera le contour apparent du cylindre parabolique sur le plan des J T. Donc les courbes isochromatiques seront toutes tangentes à la projection de la ligne des maxima. La construction par points vérifie ce fait, et cela permet de compléter une isochromatique dont on ne connaît qu’un segment, et de calculer la température pour laquelle la longueur d’onde correspondante est celle du maximum de Langley. C’est la température correspondant au point où elle est en contact avec la génératrice de contour apparent. M. Paschen trouve ainsi que la température de l’oxyde de fer, pour que le maximum fût à >. = 1 ï°, devrait atteindre
- la température du soleil.
- Mais cette représentation permet d’affirmer que la loi du cylindre parabolique, exacte dans l’étendue des observations, ne l'est pas toujours. En effet, dans ce cas les courbes isochromaliques seraient forcément des paraboles qui indiqueraient par leur forme même l’existence d’un maximum d’émission, pour une température donnée, et pour une longueur d’onde donnée. Cela est contraire au principe de Carnot, car, au -moyen d’une pareille radiation, on pourrait faire passer de la chaleur d’un corps froid à un corps chaud sans dépense d’énergie. L’auteur en conclut . que les courbes ne sont pas exactement paraboliques mais présentent une asymptote, dont il calcule l’inclinaison maxima admissible.
- Il remarque ensuite que, au lieu de calculer l’énergie en ramenant l'indication du bolo-mètre k ce qu’elle serait si le spectre était normal en longueurs d’onde, on peut la calculer en ramenant le spectre k être normal en temps d’oscillation, c’cst-a-dire k être tel que la différence des périodes correspondant aux deux bords de la lame bolométrique soit constante. Dans ces conditions, on obtient
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- des maxima différents, mais peu éloignes des précédents.
- Enfin, dans une addition à ce très intéressant travail, l’auteur calcule les fonctions exactes qui doivent remplacer les fonctions paraboliques reconnues un peu inexactes par ce qui précède.
- Espérons que M. Paschcn nous donnera bientôt les résultats qu’il nous promet pour le platine, le noir de fumée, l’oxyde de cuivre, et le graphite, et qu’il nous montrera, ainsi qu’il nous le fait espérer, un accord d’autant plus grand entre la théorie et l’expérience que le corps rayonnant est plus noir.
- A. B.
- VARIÉTÉ
- Les phares électriques tournants et l’illusion du point de fuite.
- Un observateur tournant le dos à un phare regarde devant lui. Le faisceau lumiueux, visible par diffusion, est supposé, pourprendre le cas le plus frappant, rencontrer l’observateur à chaque révolution. Au moment où le faisceau lumineux arrive sur l’observateur puis le quitte, celui-ci croit voir le faisceau tourner comme autour d’un autre phare placé devant lui à l’horizon. L’illusion est parfaitement nette, surtout avec les phares électriques puissants, comme chacun peut s’en assurer.
- Pour l’expliquer, rappelons-nous que deux droites parallèles semblent se rencontrer en perspective en un point appelé point de fuite. C'est pour cela que deux rangées d’arbres suffisamment longues semblent se joindre du côté où regarde l’observateur, aussi bien d’ailleurs d’un côté que de l’autre. C’est Y aspect statique de YiUusion du point de fuite.
- Supposons que l’observateur se déplace perpendiculairement aux rangées d’arbres : c’est un promeneur qui traverse des allées, c’est un voyageur qui regarde le paysage fuir
- en sens inverse du train. Il voit les objets reculer, par rapport a lui, d’autant moins vite qu’ils sont plus éloignés; l'extrémité d’une rangée d’arbres suffisamment longue lui semblerait immobile. Des files d’arbres parallèles lui semblent ainsi tourner comme les rayons d’une immense roue dont le centre serait à l’horizon. En se retournant l’observateur voit de l’autre côté une apparence analogue, mais cette fois la roue tourne en sens inverse comme si elle engrenait avec la première au point d’observation.
- L’illusion sera la même si l’observateur est immobile, et si les files parallèles d’objets sont animées d’un mouvement commun de translation. Ce serait par exemple le cas d’un spectateur qui verrait à nue revue de troupes défiler des rangées d’hommes suffisamment longues. .
- Tels sont les aspects cinêmaliques de l’illusion du point de fuite, qui a ainsi pour effet de transformer par perspective un mouvement de translation en un mouvement de rotation.
- Qu’arrlve-t-il dans le cas général où le mouvement de l’observateur ou, ce qui est plus intéressant, le mouvement des files n’est pas un simple mouvement de translation ? On peut le décomposer à chaque instant en une translation et une rotation. La translation seule produirait en perspective la rotation apparente autour du point de fuite de la direction des files. La rotation qui déplace cette direction a pour effet de déplacer à chaque instant le centre de rotation apparente. Si l’effet de la rotation est peu important, c’est-à-dire si le lieu d’observation est assez éloigné du centre instantané de rotation, l’illusion de la rotation apparente sera encore fort nette, grâce à la lenteur relative du déplacement du centre instantané de rotation apparente.
- L’effet perspectif de la rotation apparente sera d’ailleurs de même sens que la rotation réelle ou de sens opposé suivant que le centre de la,rotation réelle sera devant ou derrière l’observateur.
- Appliquons ces considérations au cas par-
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- ticulier du phare. Nos droites mobiles sont maintenant les rayons lumineux qui limitent le faisceau du phare. Si le déplacement du faisceau se faisait par une translation, la rotation apparente serait parfaitement expliquée par l’illusion pure et simple du point de fuite. Or, il suffit, pour que l’illusion subsiste, que l’apparence ne soit pas trop modifiée par la rotation réelle. C’est ce qui arrive justement dans les conditions où le phénomène s’observe le mieux, c’est-à-dire à une distance suffisamment grande du phare, et la nuit. Alors, en elfet, le faisceau lumineux aura tourné d’un angle médiocre pendant qu’il aura balaye à côté de l’observateur une étendue notable. Cela suffit déjà pour affirmer que l’illusion a déjà lieu au moment où le faisceau passe sur l’observateur, et même elle commence avec perfection.
- L’illusion ne pourrait cesser qu’au moment où le déplacement angulaire du faisceau serait assez grand pour que le point de fuite de sa direction parût réellement déplacé aux yeux de l-’obscrvateur. Or :
- i° L’obscurité qui enlève à l’observateur tout point de repère à l’horizon, l’empêche de bien apprécier le déplacement du point de fuite ;
- 2° L’impression lumineuse qu’il éprouve est maximum quand le faisceau passe sur lui et le quitte, c’est-à-dire précisément quand l’effet de la rotation apparente est à son maximum de netteté ;
- 3° L’impression lumineuse s’affaiblit très vite à mesure que le faisceau quille l’observateur qui regarde toujours devant lui en tournant le dos au phare ; la perception du commencement domine donc de beaucoup celle des instants suivants ;
- 4° Cela est d’autant plus important que la durée totale de l’effet est assez faible.
- Tout cet ensemble de causes secondaires, et peut-être d’autres encore, contribue à entretenir dans l’esprit de l’observateur l’illusion commencée avec perfection d’un mouvement de rotation inverse du mouvement réel \ l’effet est d’autant plus remarquable que, si
- l’observateur se retourne vers le phare, le mouvement de rotation réel lui semble exagéré par l’effet de perspective qui, inverse de l’effet de tout à l’heure, s’accorde maintenant avec le mouvement réel.
- L’explication précédente est nécessaire et suffisante. S’il y a d’autres effets a considérer, ils sont assurément secondaires. L’essence du phénomène est purement géométrique. C’est le cas de bien des phénomènes dont on n’a pas su donnerlavéritable explication et pour lesquels on construit des théories complexes qui se bornent souvent à les ramener à d’autres effets dont le principal avantage est d’échapper à tout moyen commode d’observa-
- G. Sagnac.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les Transformateurs à courants alternatifs ; par M. Gisbert Kapp, traduit de l’allemand par MM. A.-O. Dubsky et G. Ciienet. Baudry et C éditeur, Paris.
- Le traité de M. Kapp comble heureusement une quasi-lacune dans notre littérature, électrique, car nous n’avions pas jusqu’ici de livre, réellement sérieux s’entend, sur ce sujet. Comme on va en juger par l’analyse suivante, une traduction française de cet ouvrage s’imposait, aussi ne s’est-elle pas fait trop attendre.
- Aussitôt après avoir donné le principe du transformateur, M. Kapp étudie la dispersion, dont il facilite la compréhension par une analogie hydraulique, et représente graphiquement la répartition du flux de fuite dans le cas d’un transformateur à deux bobines pour arriver ensuite au sectionnement des enroulements et à leur enchevêtrement de façon à montrer la décroissance du flux de fuite comme le carré du nombre de bobines de chaque enroulement. L’auteur dit également quelques mots du cas des enroulements superposés. L’établissement de la formule fondamentale : e = 4,44 <i> N io~8,
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- et la définition des valeurs efficaces des quantités alternatives terminent le premier chapitre.
- Dans l’étude des pertes dans les transformateurs, M. Kapp recherche la forme de force électromotrice aux bornes donnant le minimum de pertes par hystérésis ; il s’occupe ensuite de l’influence delà forme des noyaux et des bobines sur les pertes totales, dans le fer et dans le cuivre. La classification des transformateurs et la nomenclature des principaux types de carcasses magnétiques employés et la disposition des enroulements sur ces carcasses viennent ensuite.
- Le chapitre iii est réservé tout d’abord aux formes en usage et aux détails de construction relatifs au découpage et à l’isolement des tôles, a l’influence des joints et aux moyens d’éviter les courants de Foucault dans ces derniers. L’auteur s’occupe également des dimensions relatives à donner à la carcasse d’un transformateur et les échauffements dus aux pertes d’énergie dans le fer et dans le cuivre.
- Pour la mesure des échauffcments des transformateurs, M. Kapp propose uniquement l’emploi du thermomètre ; il va là, à notre avis une lacune, car la température ainsi mesurée dépend, dans une large mesure, de l’endroit où l’on place le thermomètre, l’élévation de température déduite de l'augmentation de la résistance des enroulements serait beaucoup plus correcte.
- Ce chapitre est terminé par une étude fort bien faite sur l’influence des dimensions linéaires et qui peut servir de base à l’établissement d’une série de types d’une même forme connaissant l’un d’eux.
- Le chapitre iv est presque entièrement consacré à des considérations théoriques : énergie produite par un courant alternatif, représentation graphique des courants et des tensions sinusoïdales, considérations nécessaires pour le calcul du courant à vide résultant du courant magnétisant et du courant hystérétique. L’influence des joints sur le courant à vide prend place dans ce chapitre.
- Au chapitre v, M. Kapp aborde le calcul d’un transformateur en se donnant le type, appareil à noyaux, et l’épaisseur. Le poids de cuivre y est réparti le plus favorablement possible en cherchant la relation qui doit exister entre les dimensions d’encombrement des enroulements et le diamètre des noyaux pour que les pertes dans le cuivre soient mi-nima, relation qui est la même que celle que l’on obtient en répartissant les pertes ohmi-ques également dans les deux circuits. La division économique des pertes totales cuivre et fer et la charge la plus économique pour un transformateur donné sont étudiées ensuite. Quelques détails de construction terminent ce chapitre.
- L’étude du fonctionnement du transformateur fait l’objet du chapitre vi un des plus longs et des plus intéressants du traité de M. Kapp. Après quelques mots sur la marche à vide l’auteur donne d’abord le diagramme en charge d’un transformateur sans fuites magnétiques, puis aborde le cas général d’un transformateur ayant de la dispersion.
- La détermination graphique de la chute de tension dans un transformateur fonctionnant sur un circuit inductif en fonction du décalage et par la seule connaissance de la dif'érence de potentiel aux bornes nécessaires pour obtenir dans les enroulements l’intensité de régime (le secondaire étant en court-circuit) est étudiée avec beaucoup de détails et vient compléter heureusement une publication antérieure de l’auteur (‘).
- Au chapitre vu, l’auteur résume fort bien les théories de l’électro-dynamomètre et du wattmètre ainsi que les méthodes des trois ampèremètres et des trois voltmètres pour la mesure de la puissance. Les essais des transformateurs et des tôles y sont donnés également.
- Quelques pages sont ensuite consacrées aux appareils de sécurité et aux modes de distribution par transformateurs : enfin, dans un dernier chapitre, l’auteur donne la description
- (i) Voir L'Éclairage Électrique, t. III, p. 42, 1835.
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- de quelques types de transformateurs allemands, anglais et suisses.
- Les traducteurs ont tenu a suivre toujours l’original, il en est résulté quelquefois des passages un peu obscurs pour les personnes qui n’ont pas un peu l’habitude de la langue allemande. Certaines expressions ne sont pas non plus très heureuses ? ajoutons toutefois que la terminologie technique électrique est toujours exacte.
- Pour terminer, l’ouvrage de M. Kapp constitue un des livres les plus précieux de notre littérature technique, et l’édition française aura certainement le succès qu’ont les éditions allemandes et anglaises et qu’on est en droit d’espérer d’une plume d’autorité aussi compétente que celle de M. Kapp.
- F. Guilbert.
- Ouvrage reçu.
- Les Tramways électriques;'par Ilcnri Maréchal, ingénieur des Ponts et Chaussées, ingénieur de la première section des travaux de Paris et du secteur municipal d’électricité. Baudry-et O', éditeurs, 15, rue des Saints-Pères. Paris.
- CHRONIQUE
- L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE A L’ÉTRANGER
- Bruxelles. — Eclairage. — L’installation municipale d’électricité de la ville de Bruxelles comportait au 1" janvier dernier trois stations centrales alimentant par le système à trois fils et canalisation souterraine, 110 volts pour chaque pont, 20003 lampes de 16 bougies, représentant une moyenne de 83 lampes par mètre courant de rue canalisée. Dans ce nombre sont compris, pour leur valeur en lampes de 16 bougies, 3 moteurs électriques (2 de 10 chevaux et 1 de 1/2 cheval.
- Le maximum de débit pendant l’année 1895, constaté le 18 décembre, a été de 4030 ampères,
- correspondant à environ 8 060 lampes de 16 bougies allumées simultanément, soit 40,3 p. 100 du nombre de lampes installées.
- J.aventetotaleauxabonnésaétéde3 1556041160-towatts-heure, lesquels ont rapporté 208 992.66 fr ce qui fait ressortir le prix moyen de vente de l’électricité à 0,066 fr l’hectowatt-heure.
- Le bénéfice réalisé s’est élevé à 120 593 58 fr, couvrant à concurrence de 3,77 p. 100 le capital de premier établissement.
- Le développement des 22 feeders, suffisant pour alimenter 28273 lampes de 16 bougies, était de 17 150 m, tandis que le réseau de distribution avait un développement de 27 320 m.
- Le prix de l’hcctowatt-hcurc est de 0,07 fr. Toutefois, un prix de faveur de 0,05 fr est consenti pour l’éclairage des vitrines et pour les éclairages extérieurs et illuminations. D'un autre côté, la force motrice, le chauffage et les applications industrielles bénéficient du tarif réduit à 0,04 fr l’hectowatt-heure.
- Ces tarifs avantageux poussent naturellement à la consommation. Aussi, bien que le marché des appareils d’éclairage soit inondé d’une multitude de becs à incandescence par le gaz et que le pétrole à 0,15 fr le litre constitue un concurrent très sérieux, le nombre des lampes électriques de 16 bougies, de 20003 au Ier janvier de la présente année, comme il a été dit plus haut, était-il passé à 25 520 au ior août. L’augmentation a donc été de 25 p. 100 en 8 mois.
- Pour faire face à ce développement, les compagnies d’électricité se sont vues contraintes d’augmenter leur matériel de production.A fusine principale de la rue Sainte-Catherine, une nouvelle unité a été ajoutée et la batterie d’accumulateurs doublée. L’équipement actuel de" cette station se compose de trois machines compound de 500 chevaux du système Sulzer, entraînant chacune par courroies deux dynamos Dulait-, tétrapolaires et à induit en tambour de 1 100 ampères sous 1 ro volts à 300 tours. Deux batteries d’accumulateurs de 140 éléments chacune, assurent l’importante réserve de 7 000 ampères-heure.
- D'autre part on a dû ajouter 2 moteurs à gaz de t20 chevaux à la station secondaire de la rue de Louvain. Celle-ci comprend actuellement 4 moteurs de cette puissance entraînant directement 8 dynamos de 310 ampères sous 125 volts à 150 tours.
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- 1,'éclairage privé comprenait au ier janvier abonnés classés comme il suit :
- Banquiers et changeurs.................. 17
- Bijoutiers et orfèvres.................. 15
- Cafetiers, restaurateurs et hôteliers . 34
- Maisons de confection................... 18
- Médecins, avocats, ingénieurs . . . 18
- Négociants divers...................... 106
- Rentiers et divers...................... St
- Théâtres................................. 5
- Sociétés................................. 6
- Bâtiments communaux...................... 3
- — de l'Étal......................... 12
- Total.............285
- L'éclairage public est peu développé, il ne comprend que l'éclairage de la Grand'Place par deux lampes de 20 ampères et l’éclairage du parc, pendant l’été, par 32 lampes de 12 ampères et deux de 8.
- La Société anonyme « Exposition internationale de Bruxelles 1897 » vient de lancer son cahier des charges pour l’entreprise de l'éclairage électrique, de la production et du transport électrique de l'énergie.
- Les soumissions comporteront la fourniture en location, l'installation, l’exploitation et l'entretien de tous les appareils quelconques, nécessaires à Bruxelles et éventuellement à Teroucren pour la production et l'utilisation du courant électrique employé pour le service général de l'éclairage de l'Exposition, de la production et du transport de l'énergie électrique.
- La Société de l'Exposition fournira gratuitement aux adjudicataires la vapeur ou le gaz nécessaire au service général de l'Exposition, mais ils devront payer les taxes dues pour l’emplacement de leurs appareils dans les halls.
- Borsbeke (Belgique). — Eclairage. — Cette commune, située en pleine campagne, non loin de Sotlegem, ne'comprend guère plus d'un millier d’habitants; néanmoins, d'ici peu la lumière électrique brillera dans ses rues et dans ses maisons, grâce à l'initiative d'une société coopérative qui,venant d’installer une grande laiterie, actionnée électriquement, emploiera l’excédent de sa force motrice à l’éclairage de tout le village. Moyennant 19 fr par an, les habitants seront éclai-rés à la lumière électrique.
- Buenos-Ayres (RépubliqueArgentine). — Eclai-rage. — L’éclairage électrique de la ville ayant
- été décidé par la municipalité, plusieurs plans dressés à ce sujet ont été déposés à l'Intendance. Le dernier remis, en fin de septembre dernier, comporte, comme le Conseil en avait exprimé le désir, l’éclairage électrique du centre de la ville, compris entre les rues San-Martin, I-avalle, Cer-rito et Victoria; le boulevard Callao, de Ridavia, les rues Florida, Artes et l'avenue Alvear seraient aussi éclairés .à l’électricité.
- L'usine de la Recoleta sera, à cet effet, mise en état de fournir l'énergie nécessaire à l’alimentation des lampes à incandescence qui constitueront l'éclairage public. Ces lampes seront accrochées par groupes de trois à des appliques placées le long des maisons. Passé minuit, les groupes situés aux croisements des rues resteront seuls allumés. La mise en pratique de ce système d’éclairage entraînera la suppression de 585 becs de gaz.
- Croydon (A ngletcrre). —Station centrale à éclairage. — L’équipement de la station centrale, nouvellement édifiée, de Croydon, se compose de trois alternateurs fournissant individuellement 120 kilowatts sousune tension de 2 000 à 2 200 volts, entraînés à la vitesse de 350 tours par les moteurs à vapeur auxquels ils sont directement couplés. Le courant d'excitation est entièrement fourni pas une batterie d’accumulateurs de 60 éléments. Cette dernière est chargée par le courant d’un transformateur rotatif alimenté par celui des alternateurs.
- Le courant principal, après avoir traversé les appareils d’un tableau de distribution, est lancé dans les feeders d’un réseau primaire, à haute tension, dans lequel sont intercalées, en différents points, quatre sous-stations transformatrices d’où le courant, ramené h 200 volts .pour 1 utilisation, est réparti sur le réseau secondaire. Ce dernier, ainsi que le primaire, est entièrement logé dans des canalisations souterraines. Les lampes à arc, servant à l’éclairage des rues, sont montées sur deux circuits distincts. Cette disposition permet de réduire de moitié, pendant la nuit, le nombre des lampes allumées pendant la soirée.
- Genève (Suisse), — Extension de l’éclairage. — Dans une de ses dernières séances, le Conseil municipal de Genève s’est occupé du rachat des installations de la Compagnie de l'Industrie électrique et une des conséquences de ce rachat a été une augmentation très notable du service électrique, ainsi que le prouve l’accroissement continu
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- des recettes. Ce mouvement ne peut que s'accentuer par le fait des nombreuses constructions qui s'élèvent dans les divers quartiers de la ville et de la banlieue et dans lesquelles l'éclairage électrique tend de plus en plus à remplacer lesanciens systèmes. En outre, bon nombre de localités importantes du canton commencent à faire des démarches dans le but d'obtenir la possibilité de profiter de ce inode d'éclairage.
- Parmi ces demandes, la plus avancée est celle de la commune de Versoix. Ce bourg était déjà en possession d’un réseau d'éclairage électrique, dont le courant était fourni par l'usine Slutzmann, à Richelieu. A la suite de l'incendie récent de cette usine. M. Slutzmann a offert à la ville de lui vendre sa concession Après expertise contradictoire, la ville a consenti à faire cette acquisition pour la somme de 62000 fr. En conséquence, l’usine de Richelieu ayant cessé de fonctionner, le courant sera fourni par une ligne directe venant de Chèvres. Tout fait prévoir un développement rapide de ce réseau. En outre, la ligne pourra des-servirdes localités importantes, telles que Vernier, le Grand-Saconnex. Pregny, etc.
- Je ver {Allemagne). — Station centrale et éclairage. — Nous lisons dans un des derniers numéros de YElecktrolechnische Zeitschrift, que la ville de .luver vient d'étre dotée de l'éclairage électrique. L’équipement de l'usine comporte deux moteurs à vapeur de 60 chevaux chacun couplés par courroies à deux dynamos tétra-polaircs à courant continu ; les deux machines, d’une capacité individuelle de 40 kilowatts fournissent en moyenne une différence de potentiel de 270 volts pour l’alimentation des feeders et peuvent se régler à 300 volts pour la charge d'une batterie d’accumulateurs. Cette dernière est logée dans un des locaux de l’usine et se compose de 130 éléments Hagen d'une capacité de 300 ampères-heure au taux de décharge de 160 à 90 ampères. La charge est effectuée pendant le jour aux heures où la dépense d'énergie permet de disposer d’un des groupes générateurs, et déchargée la nuit sur les feeders du réseau. Ce courant, ainsi que celui des deux dynamos, est réparti par les appareils d’un tableau de distribution entre cinq postes de distribution situés en différents points du réseau à trois fils de la ville. Chaque poste se composed’une tourelle métallique dont le piédestal, hermétiquement clos, contient un tableau de
- distribution par lequel le courant amené parles feeders est réparti sur la partie du réseau auquel le poste est affecté; les conducteurs logés à l'in. téricur de la tourelle passent par le sommet quj est, à cet effet, muni d'isolateurs en porcelaine et vont se ramifier en tous sons dans les rues de la ville. L'éclairage public comprend 12 lampes à arc de 6 ampères et 350 à incandescences, l'éclairage privé comporte 2250 lampes à incandescence. Le courant du réseau sert aussi à alimenter des moteurs électriques d'une puissance variant de 1 à 3 chevaux, employés dans diverses indus-
- Medixa de Rioshco {Espagne). — Station centrale et éclairage. L’industrie électrique fait chaque jour de nouveaux progrès en Espagne. I.e conseil municipal de Médina vient de rendre une réponse favorable au projet d’établissement d'une station centrale et d’éclairage présenté ces temps derniers par M. E. Vicente. Ce dernier s’est engagé à en faire l’installation complète dans le délai de 6 mois à partir de la date de la signature du contrat. Le prix de l'éclairage public a etc fixé à 6 500 fr par an pour l'allumage quotidien de 200 lampes de 10 bougies.
- Relativement au développement de l’éclairage électrique nous apprenons, d'autre part, que la Société coopérative Gaditana s'est chargée d’ériger, à Cadix, une station centrale devant servir à l'éclairage électrique de cette ville. Cette Société a, dans une récente adjudication, concédé à la maison Siemens et Halskc, de Berlin, la fourniture du matériel destiné à la station centrale.
- Dans deux autres villes encore, à Ronda et à Jaen, on procède aux installations relatives à l’éclairage électrique ; l’énergie hydraulique sera employée comme force motrice dans cette der-
- Neuchatel (S?tisse). — Traction. — Nous lisons dans le Neuchâtelois que le conseil d'administration du tramway Neuchàtel-Saint-Blaise s'est, en exécution de la décision prise par l'assemblée générale des actionnaires, occupé d’installer la traction électrique sur son réseau.
- Des travaux sont actuellement commencés dans ce but aux Saars, où se trouvent la remise des voitures et l'atelier de réparations. Avec la nouvelle traction, il v aura des départs tous les quarts d'heure environ et il se peut que les courses spé-
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- ciales jusqu'au Mail soient introduites dans l'horaire.
- Les frais d'exploitation résultant de l’application de la traction électrique seront moins élevés que les frais actuels, et la compagnie compte sur une augmentation sensible de la circulation.
- Elisanetgrad (Russie). — Traction. — La ville d'Elisanetgrad va être incessamment pourvue d'une installation de tramways électriques; le matériel roulant, qui doit se composer de.rs voitures automobiles, munies chacune de deux moteurs de 3=j chevaux, a été commandé à la Société d’exploitation des procédés électriques Walker.
- New-York. — Transport de force. — Un vaste bâtiment récemment construit à New-York et affecté uniquement aux transactions commerciales vient d'être doté de ai ascenseurs électriques du tvpe Spraguc pour le service du personnel et du transport des colis à l'un où à l’autre des 6 étages de cette « business house ».I1 est question d'ajouter prochainement deux nouveaux ascenseurs, mettant le nombre total à 23.
- Chacun d'eux est muni d'un frein électromagnétique qui est mis en action dès que l'ascenseur s'arrête et se déclanche automatiquement quand le courant est lancé dans le moteur. En outre, un dispositif de sûreté coupe le circuit de ce dernier si, par inattention de l'opérateur,la cage venait à dépasser l’une ou l’autre de ses deux limites extrêmes de montée et de descente ; le frein, devenu actif, en assure L’arrêt spontané ; il en serait de même dans le cas où le courant serait accidentellement supprimé dans le moteur pendant le fonctionnement de l'ascenseur.
- La vitesse des moteurs est réduite par des trains d’engrenages dont le rapport diffère selon le genre de service auquel l’ascenseur est affecté.
- Norwich (A ngleterre). — Station centrale et éclairage.. — La ville de Norwich est Lune des premières où l’éclairage des rues par la lumière à arc fût réalisé à l'aide des bougiesjablokoff; aujourd'hui ces bougies sont remplacées par des lampes plus modernes et La Norwich Electric C° a fait construire une station centrale munie des meilleurs types de générateurs connus, alimentant un réseau de distribution à trois fils, à 110 et à 220 volts.
- Cette station centrale est érigée à environ 300 m du centre de la ville à proximité d'une rivière la Pensum dont les eaux sont employées à l'alimentation de ses chaudières.
- Dans le hall des machines les 8 moteurs à vapeur Willans entraînant les dynamos sont alignés sur une seule rangée. Les trois premiers actionnent directement chacun deux dynamos à courant continu, du type Norwich, dont les induits sont elavetés sur chacune des extrémités opposées de l’axe moteur; les machines fournissent du courant à no et ^ovolts. Chacun des cinqautres moteurs est couplé directement à une dynamo du meme type que les précédentes fournissant du courant à 220 et 250 volts. Une batterie d'accumulateurs de 120 éléments du type Crompton complète le matériel de production d'énergie électrique.
- Le tableau de distribution, assez vaste en raison du grand nombre des dynamos, comporte un jeu d'appareils de mesure et de réglage propre à chacune d’elles ou à chaque groupe de deux marchant en parallèle ; sur une section séparée de ce tableau sont groupés les appareils servant à la charge de la batterie.
- Le réseau desservant la ville est entièrement souterrain. T.es feeders, dépourvus de tout isolant, sont logés dans des caniveaux étanches où ils sont noyés dans une couche de bitume. La quantité de cuivre entrant dans le réseau est d’environ ii2 tonnes. A l’un des points extrêmes de la distribution est installée une sous-station renfermant une batterie de 124 éléments E. P. S. d’une capacité de 1 000 ampères-heure.
- Le courant de cette batterie sert à régulariser le débit sur les points extrêmes du réseau et aussi à compenser l'arrêt éventuel d'un des groupes générateurs. La charge en est opérée pendant le jour à l’aide d’un feeder qui est relié, à mi-distance de l'usine, à la sous-station, avec les conducteurs principaux du réseau. La tension de no volts est maintenue à ce point par les fils pilotes reliés aux appareils régulateurs de la station centrale. La perte de 6 volts dans le circuit du feeder ainsi que le-courant nécessaire à la charge des accumulateurs sont compensés à la sous-station par le courant produit par un petit générateur actionné par un moteur électrique. Avec ce dispositif le meme feeder sert à la fois à fournir du courant à la sous-station pendant le jour et à alimenter les circuits du réseau pendant la nuit.
- Le système de compteurs mis au service des abonnés par la Compagnie d’électricité est d’un tvpe tout spécial construit par MM. Laurence Scott et Cri Ce compteur est, paraît-il, très simple et donne de très bons résultats. En voici som-
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- mairement le dispositif : le courant se rendant aux lampes traverse deux bobines, dont les axes sont horizontaux, fixées sur une plaque d’ardoise placée dans un plan vertical. Entre les deux bobines est suspendu un shunt constitué par un fil fin dont la mise en circuit s’opère à l’aide d’un relai commandé par la station centrale à des intervalles variant de une minute et demie pour la pleine charge, à trois minutes aux heures de faible consommation. Le mouvement du relai, mettant le shunt dans le circuit pendant une période de 15 secondes, provoque dans ce dernier un mouvement dontl'amplitude est proportionnelle auchamp magnétique, c'est-à-dire à la quantité de courant employé ; c'est ce mouvement qui sert à actionner un train de roues se mouvant dans une seule direction et qui indiquent la quantité de courant consommée pendant 3 minutes ou 90 secondes. Les relais installés chez les différents abonnés sont tous montés en série sur un même circuit spécial aboutissant à la station centrale où les contacts sont établis automatiquement par une horloge spéciale. Un dispositif permet aussi de vérifier le nombre de contacts établis à la fois et de prévenir d’un accident pouvant survenir dans l’un des relais ; dans ce dernier cas une lampe s'allume immédiatement et une sonnerie est mise en mouvements.
- En juin dernier le nombre des abonnés était de 339, employant 134 lampes à arc de 10 ampères, 9 219 lampes à incandesdence de 16 bougies et 30 moteurs d’une capacité totale de 44 kilowatts. Les courbes de consommation relevées en octobre depuis 1893 montrent que l'énergie consommée les samedis a progressé de 4 872 à 22 402 ampères-heure relevés le 4 octobre dernier.
- Perth-Amboy (Nezv-Jerscy). — Station clectrolyti-que.— Nousavons décrit dernière ment (t. IX, p. 185) l'importante station électrolytique pour l'affinage du cuivre d’Anacpnda ; Y American F.lectrician nous fournit aujourd'hui des renseignements détaillés sur une autre station du même genre située à Perth-Amboy (N.-J.).
- Cette usine est exploitée par la Guggenheim Smelting Company et fournit annuellement looootonnesde cuivre électrolytique etS^o kg.d’argent. Les résidus aurifères sont traités par les procédés métallurgiques, à chaud, dans cette même station, Le cuivre arrivant en saumons à l'usine a déjà subi un raffinage grossier par la fusion et la concentration pour le séparer des mattes. On le
- refond dans des fours à réverbère pour le couler en anodes.
- Les cuves à électrolyse, au nombre de 360, sont contenues dans un immense hall où elles sont disposées en rangée à gradins pour la circulation de l'électrolyte. Elles sont construites en pitchpin de 0,05 cm d’épaisseur et ont respectivement 3 m de long, 0,45 m de large et 0,90 m de profondeur. Chaque cuve est à une différence de niveau de 0,05 cm de ses voisines, de sorte que la circulation de l'électrolyte s’effectue naturellement de cuve en cuvcjusqu’aupuitstcrminantla rangée; là il est aspiré par des'pompes et refoulé dans la cuve de tête
- L’électrolyte préparé pour les bains contient 16 p. 100 de sulfate de cuivre et 5 p. 100 d’acide sulfurique. De temps en temps on en prélève quelques échantillons dans des cuves situées à différents points d’un même circuit pour vérifier sa teneur et s'assurer de la marche normale de l'électrolyse. Les anodes, de forme rectangulaire, portent deux projections venues de fonte servant à les suspendre dans le bain ; les cathodes, constituées par de minces feuilles de cuivre électrolytique, sont courbées à l'une de leurs extrémités dans le même but. Les cuves, contenant chacune 22 anodes et 23 cathodes, sont toutes reliées en série, les anodes et cathodes de chacune sont couplées en quantité.
- La densité de courant employée est d'environ 0,33 ampère par centimètre carré de surface d’anode. I.e nombre des bains en fonctionnement normal étant de 356 (les 4 autres sont mises hors du circuit pour l’enlèvement des produits et le nettoyage des cuves), les appareils de mesures du tableau de distribution indiquent une moyenne de 117 à 120 volts, et 1 500 ampères.
- La station génératrice d’énergie électrique, voisine du hall d’affinage, renferme deux unités de t 80 kilowatts chacune entraînées directement par deux moteurs à vapeur à triple expansion. Ces dynamos sont du type multipolaire, à 8 pôles et à enroulement shunt; l’induit est du genre Gramme, elles fournissent respectivement, aux bornes, 1 300 ampères et 120 volts. Les balais recueillant un courant aussi intense, sont en fils de cuivre tressés et disposés en 8 groupes, de 3 balais chacun. à la périphérie du collecteur. Le courant de ces deux machines est entièrement utilisé à l'affinage industriel du cuivre. Une autre dynamo, de capacité moindre, produit du courant pour la fabrication électrolytique des cathodes. Elle esta
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- 4 pôles cl donne i ooo ampères sous 12 volts. Cette dynamo est excitée séparément par un courant à 110 volts du circuit d'éclairage; son collecteur à 46 segments reçoit le contact de 64 balais spéciaux constitués par des fils de cuivre noyés dans des blocs de graphite.
- Outre les trois dynamos dont il vient d’être question. deux autres unités de 40 kilowatts chacune fournissent, l'une du courant â 110 volts aux circuits de l'éclairage à incandescence, et l’autre la force motrice. Les moteurs électriques employés à différents travaux varient en puissance de 7,5 à co chevaux. Les deux ponts roulants servant à l’enlèvement et au transport des anodes, ainsi qu'une grue, sont mus par des moteurs électriques.
- Le procédé d'affinage électrolytique de l’argent employé dans cette usine est celui du Dr Moebius. Ce procédé est déjà connu de nos lecteurs, rappelons toutefois qu'il consiste à faire déposer élec-trolytiquement l'argent sur une courroie employée comme cathode et animée d’un mouvement de translation continu; l'argent qui s'y dépose est recueilli par une série de racloirs disposés transversalement au-dessus de cette cathode.
- L'électrolyte employé consiste en une dissolution d'argent granulé et d’acide azotique à 38° Baumé. Quand le bain est neuf on y ajoute un peu d’azotate de sodium et d’azotate de cuivre. A Perth Amboy on emploie une densité de courant de 200 ampères, le voltage employé dépend d’abord de la concentration de l'électrolyte, et ensuite du temps pendant lequel les anodes sont dans le circuit, la moyenne est d’environ 90 volts. Les 46 bains de l'usine peuvent produire chacun 17 à 18 kg d’argent par 24 heures. Les résidus des anodes sont recueillis sur des diaphragmes en mousseline ; ils se composent en partie d’or, de bismuth, de plomb et d’antimoine. Le premier de ces métaux, l'or, est séparé des résidus par les procédés chimiques.
- Philadelphie. — Traction, transport de force et éclairage. — Il existe dans les environs de Philadelphie un immense champ d’agrément nommé Willow Grove Park dans lequel l’électricité joue un rôle important. Tout d'abord les tramways électriques qui, chaque dimauche, amènent plus de 50000 promeneurs. La ligne qui fait en partie le tour du parc en desservant sur son parcours de nombreuses stations, n’a pas moins de 22,4 km de
- long, la durée du voyage circulaire est d'environ 2 heures et demie, sans compter les arrêts. Dans la matinée le trafic est relativement faible, 32 voitures suffisent pour assurer le service, tandis qu'il y en a 108 dans l'après-midi; le nombre des voyages est d’environ 600 par jour. I.es voitures, en service ordinaire, sont les mêmes que celles de la ville. Mais, pendant l'été, la Compagnie des tramways met en service des voitures somptueuses, dites de gala, dont quelques-unes sont éclairées par 600 lampes à incandescence, ainsi que des tramways arroseurs contenant environ 20 in3 d’eau.
- La ligne aérienne est alimentée par un système de feeders amenant le courant de la station centrale d’Ogontz, où sont installés 3 groupes de 1 200 chevaux électriques fonctionnant continuellement. La plus grande partie de ce courant est absorbée par la ligne, le reste sert à actionner 4 moteurs couplés chacun à un générateur de courant à ixo volts servant à l’alimentation d’une partie des lampes de l’éclairage du parc. Cet éclairage est constitué par 4 500 lampes de 16 bougies, 120 autres lampes à incandescence de 5 ampères, montées en série, et no lampes à arc. Ces lampes sont réparties dans les nombreux pavillons, salles de jeu, restaurants, etc., et autour des lacs. Un magnifique arbre entre autres, le Willow tree, porte dans ses branches les circuits des 450 lampes disséminées dans son feuillage. Les moteurs électriques affectés à différents services dans le parc représentent une puissance totale de 226 chevaux. Les pompes de la fontaine lumineuse en nécessitent à elles seules 150, le reste de cette puissance se répartit entre d'autres moteurs employés pour actionner des ascenseurs, des jeux, etc. Une station centrale construite dans le parc même supplée à l’alimentation de ces moteurs, d’une partie des lampes et, continuellement, d’une partie du réseau de tramways.
- La Union Traction Company, qui exploite la ligne dont il vient d’être question, a adopté l'emploi des batteries d'accumulateurs pour régulariser la charge aux extrémités des lignes d’une trop grande longueur. La Compagnie a fait installer, à titre d’essai, une sous-station pourvue d'une batterie de 248 éléments au chlorure. Le feeder qui charge cette batterie a plus de 17 km de long et transporte normalement 400 ampères. Or, la charge sur la section varie de 100 à 700 ampères. La batterie est chargée aux instants de faible charge, pour restituer ensuite son courant à la ligne de
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- pair avec celui du feeder. L’énergie moyenne qu'elle fournit dans ces conditions est de 200 chevaux, mais son débit peut être porté à 800 en cas de nécessité.
- l.es résultats qu’ont donné ces premiers essais ont été en tous points satisfaisants; outre que la batterie agit comme compensateur sur les sections extrêmes d’une ligne de tramways électrique, elle évite les à-coups à la station centrale; de plus, le courant des générateurs étant continuellement utilisé, ceux-ci peuvent fonctionner à pleine charge, sans que l'on ait à craindre les emballements. Aussi la Compagnie des tramways fait-elle installer actuellement plusieurs sous-stations de ce genre en différents points de son réseau.
- CHAMBRE SYNDICALE DES INDUSTRIES ÉLECTRIQUES Séance du 3 novembre 1895.
- La séance est ouverte à 5 heures sons la présidence de M. F. Meyer.
- Membres présents: MM. Beau, Bénard, Berne, Canof., Clemançon, Ducretf.t, Ebei., Hari.é, de Lo-ménik, Meyer, Radigult, Roux, Sartiaux, Sciamà.
- Se sont excusés : MM. Grammont, Juppont, Por-
- Le Secrétaire donne lecture de la correspondance.
- La Chambre de commerce de Milan envoie un travail sur le Commerce de l'Italie en 1895 ’ K résulte de ses statistiques que sur 6794 quintaux de machines dynamo-électriques importées, la France 11e figure que pour 91, l’Allemagne figurant pour 1 606, et la Suisse pour 3010 quintaux,
- Le Ministère du Commerce transmet à la Chambre Syndicale un certain nombre d’exemplaires du cahier des charges et du règlement relatifs à l’entreprise de l’éclairage électrique à l’Exposition Internationale de Bruxelles en 1897.
- Le Président fait connaître qu’au mois de Septembre il a été appelé à présider à l’inauguration de l’Usine électrique d’Alais. — Cette Usine, établie par une société locale fondée par notre collègue, M. A. Ducommun, a eu pour premier client la ville d’Alais, qui a substitué sur toutes les voies publiques, l’éclairage par arc ou par incandescence à l’ancien éclairage au gaz. Le Président aété très heureux de représenter la Chambre Syndicale dans une circonstance qui a constitué un tel succès pour notre industrie.
- EU-CTRIQU E
- Le Président donne lecture d’une lettre par laquelle M. Laffargue communique le programme des cours d’électricité qui seront professés pendant l'hiver 1896-97 à la Fédération des Chauffeurs-Mécaniciens.
- La Chambre décide d’accorder à l'ensemble des cours une subvention de r.-jo francs et aux exercices pratiques de seconde année une subvention de 200 francs.
- M. "Beau signale à ses collègues les dispositions des cahiers des charges qui doivent régir les entreprises de travauxpublicspourl’Exposition de T900. et expose quels avantages y sont faits aux Sociétés ouvrières par rapport aux patrons-entrepre-
- De la discussion qui s'engage à ce sujet, il résulte que les dispositions en question sont appliquées en vertu d'un décret du 4 juin 1888, réglementant la participation des Sociétés ouvrières à toutes les adjudications de l’Etat, etc. La Chambre estime qu'il n’y a pas lieu d'en poursuivre l’abrogation.
- Toutefois, le Président est chargé de s’assurer qu’aucune condition nouvelle de nature à aggraver encore la situation nesera imposée aux entrepreneurs dans les cahiers des charges de l'Expo-
- M. Radiguet communique à la Chambre un exemplaire d’une note remise par les Chambres Syndicales du Bâtimentà la Chambre des Députés, au sujet de la loi sur les Conseils de Prud’hommes qui revient en discussion devant le Parlement, Ce document sera versé aux archives.
- Le Président expose qu’il a reçu la visite de M. Kerx, secrétaire du Conseil d’administration de l’école Diderot. M. Kern demande que la Chambre Syndicale prenne à son compte la moitié du traitement du professeur chargé du cours d’électricité à cette école, ou bien donne à ce professeur, qui n’est occupé que pendant la moitié de la semaine, un emploi complémentaire. 11 demande également que la Chambre accorde à l'école, sous forme de don en nature, outillage ou matériel, une somme de 300 francs par an.
- M, Sciama rappelle les griefs fondés auxquels a donné lieu la constitution du cours d’électricité à l’école Diderot, et la Chambre décide qu'il ne sera donné aucune suite à la demande de M. Kerx tant que les industries électriques n’auront pas
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- reçu satisfaction en ce qui concerne la surveillance des Cours spéciaux pour lesquels on leur demande une subvention.
- Le Président est chargé de s'entendre avec M. Hillairki pour toutes démarches utiles.
- M. G. Roux expose à la Chambre les difficultés que rencontre le fonctionnement du bureau régional du Havre. Les abonnés de cette région se plaignent vivement de ne pas recevoir les visites du bureau de contrôle, ainsi qu'ils y ont droit en vertu de leurs contrats. La volumineuse correspondance échangée entre M. Roux et M. Barbry est mise à la disposition de la Chambre.
- La Chambre décide, après discussion, qu'une démarche de conciliation sera faite officiellement auprès de M. Barbry en vue d’obtenir la résiliation amiable du contrat passé entre lui et M. Roux, dans les conditions fixées par la Chambre Svndi-
- Le Syndicat Professionnel des Usines d’Electri-cité. récemment constitué, propose à la Chambre Syndicale des Industries électriques la nomination d'une Commission mixte, composée de membres des deux Chambres, et qui serait chargée d'étudier les questions communes aifx deux Syndicats.
- La Chambre consultée donne son adhésion à cette proposition, sous cette réserve qu'il ne s’agira pas d’une commission permanente, mais d'une commission à désigner chaque fois qu’un intérêt commun aux industries représentées nécessitera une entente entre les deux groupes.
- La séance est levée à 7 heures.
- DIVERS
- La traction électrique à Paris. — M. Sciama, président de la Société Internationale des Électriciens vient d’adresser aux membres de-cette société la lettre suivante :
- « J'ai l’honneur de vous informer que dans sa prochaine réunion mensuelle du 1 décembre, la Société Internationale des Électriciens entendra un Exposé de la question de traction mécanique a Paris préseuté par M. Hillairet, secrétaire général de la société.
- » Cet exposé doit, dans notre pensée être suivi dune discussion générale sur les avantages et les inconvénients des différents systèmes dans leur application à Paris et nous avons le désir, pour fcndre plus complète et plus intéressante cette
- discussion, que tous les électriciens compétents y apportent la contribution de leur expérience.
- » Pour retracer, du reste, d'une façon aussi fidèle que possible, les détails de la séance, le compte rendu en sera sténographié et publié dans le Bulletin.
- b Je serais très heureux, mon cher collègue, si vous vouliez bien assister à la séance et prendre part à la discussion. »
- D’autre part nous apprenons que la traction électrique par accumulateurs à charge rapide, dont nous entretenions nos lecteurs l'an dernier, est sur le point d'être substituée à la traction animale surleslignesMadeleine-Courbevoic (6 736 m), Madeleine-Bineau-Courbevoie (6 590 m), Made-leine-Levallois (4720 m), et Ncuilly-Avenuc du Roule (5723 m); les essais doivent commencer cette semaine.
- Dans l'ouvrage de M. Maréchal ; Les tramways électriques, publié il y a quelques jours par la librairie Baudry et C", nous trouvons à ce sujet les renseignements qui suivent.
- Il y a actuellement 35 voitures en remise, pesant 14 tonnes chacune, avec leurs voyageurs. Dans le système adopté, les accumulateurs ne sont jamais sortis de la voiture. Ils font un voyage aller et retour, qui représente 12 à 15 km et sont chargés en 15 minutes aux terminus, par des feeders alimentés par une station centrale placée quai National, à Puteaux, Les voitures à impériale couverte sont à 52 places. Sous les banquettes sont placées les batteries composées de 200 éléments système Tudor, à cinq plaques de 21 X 20 cm. Les positives, ont 13 mm d’épaisseur les négatives centrales 7 mm et les extrêmes 5 mm. Ces plaques pèsent 15 kg et la batterie entière, avec ses accessoires, 3600 kg. La vitesse est limitée à 12 km-h dans Paris et 16 km-h hors de Paris. La capacité garantie est de 32,5 ampères-heure pour un voyage complet. La charge se fait à t20 ampères, soit au régime de 8 ampères par kg de plaques, ce qui n'a rien d’excessif, étant donné que les accumulateurs 11e se déchargent que très partiellement, puisque leur débit ne dépasse pas 2 ampères-heure par kg de plaques.
- L'usine qui alimente les batteries a été construite par la Société industrielle des Moteurs électriques et à vapeur. Sa puissance est de 600 chevaux. Elle produit'l'énergie électrique au potentiel de 600 volts et la fournit à 540 volts aux extrémités des feeders.
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- Enfin la question du tube Berlier est toujours en discussion devant la commission municipale. Cette commission s'est réunie vendredi dernier 13 novembre, sous la présidence de M. Thuillier, récemment nommé président, ainsi que nous l’avons dit dans notre chronique du 31 octobre-
- M. Berlier, qui avait été convoqué par la Commission, a exposé très brièvement la nature de son projet, tout en réclamant l’exécution des engagements pris par le Conseil municipal par une concession qui lui a été accordée dans toutes les formes en 1892,
- Les explications fournies par M. Berlier avaient produit la meilleure impression et après son départ les membres de la commission allaient prendre une décision favorable à son égard, lorsque l'intervention de M. Muzet, qui déploie contre le projet Berlier un acharnement que ses collègues ne s’expliquent pas, a tout remis en cause. Cette intervention du conseiller du quartier du Palais-Royal, en provoquant la discorde parmi les membres de la commission, a e-u, en outre, pour conséquence, d'amener la démission du président. Personne ne voulant le remplacer au fauteuil présidentiel, M. Bcrthelot, secrétaire, a fait voter le renvoi à mercredi.
- La transmission électrique de Niagara à Buffalo. — Nous avons précédemment décrit la ligne de transmission duNiagara à Buffalo (L’Eclairage Electrique, t. IX, p. 271, 7 nov. 1896); voici quelques renseignements complémentaires au sujet de cette entreprise. Le premier client de la gigantesque usine hydro-électrique sera la Compagnie de tramways de Buffalo ; cette compagnie a passé un traité par lequel elle s’engage à utiliser 1 000 chevaux qui lui seront vendus, à Buffalo, à raison de 200 fr par an et par cheval. Si elle consomme plus que 1 000 chevaux, elle ne paiera que 180 fr par cheval et par an pour la puissance additionnelle. Ce n’est qu'un essai ; la Compagnie des tramways de Buffalo a de puissantes usines à vapeur ; elle les conservera pour l’instant. Si les essais sont favorables, il est probable qu'elle achètera tout son cyurant à Niagara.
- La ligne est établie en vue de la transmission de 40 000 chevaux.
- Chemins de fer électriques à rail central. — M. Léo Daft rappelle dans The Electricaï Engineer, de .New-York (5 août 18961, les essais de traction électrique par rail central qu'il a effectués aux
- débuts de l'industrie des chemins de fer électriques Les premiers curent lieu ch octobre 1883, sur la ligne principale des chemins de fer à vapeur de Saratoga, Mounl-Mac Gregor and Lake George, Le rail central pesait 37,5 kg par mètre linéaire;il était isolé sur des blocs de bois séchés au four et bouillis dans de la poix au sortir du four: une bande de caoutchouc était, en outre, intercalée entre le rail et le bloc de bois. Les essais furent de courte durée; la tension de transmission était de 100 à 130 volts; il ne fut pas pris de mesures exactes d'isolement. Celui-ci était pourtant suffisant. Les seconds essais eurent lieu sur la ligne de Baltimore and Hampthon Electric road, à partir du printemps de 1885, sur une longueur de 3 300 m environ. L'installation resta en service journalier pendant 4 ans environ et satisfit à un service de 230 à 300 trains kilomètres par jour; le rail central pesait 12,5 kg; M. Daft avait proposé l'emploi d'un rail en Y renversé, analogue à celui qui vient d’être adopté sur la ligue de Nantasket Bcach, mais il ne fut pas adopte par raisons d’économie. La tension était de 230 volts en service courant; l'isolement était aussi suffisant.
- L'électrolyse et*la tuyauterie dans les stations centrales.— Dans une lettre faisant partie d'un rapport du Electrical Bureau of the National Board of Fire Undcrwriters, M. le professeur Vilbur Stine signale les dangers des effets éiectroly-tiques sur la tuyauterie des stations centrales. L’auteur cite le cas d'une petite station servant à la production du courant pour l'éclairage d'un vaste établissement. Les tuyaux de conduite de vapeur avaient été, pour des raisons d'esthétique, placés dans des canalisations souterraines. Le bâti des dynamos était constitué par des traverses en bois goudronné reposant sur un lit de béton. Le sol des fondations se composait d’un sable fin humide. Malgré les précautions qui avaient été prises pour assurer un parfait isolement, une perte d’environ 2 ampères s'est déclarée sans qu'il fût possible d'en trouver la cause. En très peu de temps les conduits furent détériorés par l'électrolyse à un tel point que le remplacement en devint nécessaire. Les tuyaux attaqués étaient rongés sur de nombreux points, d'autres étaient complètement perforés.
- Le Gérant : C. NAL’D.
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- Tome IX.
- Samedi 28 Novembre 1896.
- 3' Année. — N" 48.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ |8,
- W,
- Directeur Scientifique : J. BLOND1N X*
- èdaction : G. PELL1SSIHR
- MATÉRIEL DE TRACTION Hl.ECTRIQ.UE
- Les applications du système de traction électrique par fil aérien prennent ' actuellement en France une extension considérable, quoique bien tardive. Depuis plusieurs années, l’Amérique surtout, puis l’Allemagne se sont franchement lancées dans cette voie; c’est qu’en effet ce système de miction répond à un besoin économique qui s’impose de plus en plus : accroître la fréquence et la rapidité des communications à l’intérieur des villes d’une part, et entre ces villes et leurs banlieues d’autre part. Aussi croyons-nous intéressant d’exposer le système adopté par la Compagnie de Fives-Lille, et appliqué entre autres dans scs installations récentes d’Angers.
- Nous examinerons successivement les différentes branches du matériel électrique construit à ce sujet par cette compagnie : génératrices, tableaux de distribution, pièces de ligne, moteur, appareils de voitures.
- cLnkratrices tour tramways
- Les génératrices à courant continu construites par la Compagnie de Fives-Lillc et destinées à la traction électrique sont du type
- multipolaire avec inducteurs en acier; afin de maintenir le voltage à peu près constant aux bornes des moteurs, c’est-à-dire pour contre-balancer au moins partiellement l’influence de la perte en ligne, ces génératrices sont hypercompoundées, de 5 ou io p. 100 suivant les cas; le voltage à vide étant de 500 volts, le voltage à pleine charge s.era 525 volts pour la première série et 550 volts pour la seconde qui est la plus courante.
- La figure 1 est une vue perspective d’une des trois génératrices type FG,^ destinées à à la station de tramways électriques de la ville d’Angers; elle fournit un courant de 275 ampères sous une tension de 500 volts à vide, 550 volts à pleine charge, à la vitesse de 375 tours par minute.
- L’induit est du type à tambour denté avec bobinage en série (enroulement ondulé): le noyau est composéde disques de tôle de fer séparés par des disques de papier et montés sur un croisillon en fonte portant une joue fixe ; une seconde joue serre le paquet de tôles au moyen de vis ; des fils d’acier de 5 111m de diamètre clavettent les tôles sur les croisillons suivant des génératrices.
- L’enroulement induit se fait au moyen de barres de cuivre guipées, rectilignes sur une partie de leur longueur égale à celle d’une génératrice du noyau induit, et portant de part et d’autre un prolongement hélicoïdal; l'une des extrémités aboutit au collecteur principal sur lequel frottent les balais, la seconde à un faux collecteur dit collecteur des segments de jonction qui sert simplement à faire les con-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- nexions entre les barres de rang pair et de rang impair» Les isolements de barres à noyau, de barre à barre dans une même rainure et de barres à frettes se font au moyen de bandes demicanite formant autant de doubles caisses qu'il y a de dents par induit.
- La ventilation de ces induits est excellente : le croisillon supportant le novau porte deux séries de bras tordus qui aspirent l’air à travers la carcasse du collecteur; il faut de plus remarquer que les prolongements des barres en se croisant forment une vérj.
- table grille à travers laquelle l’air passe également.
- Le porte-balais comporte ordinairement autant de bras qu’j) y a de masses polaires; les balais en charbon présentent une section minimum d'environ 15 mm2 par ampère.
- La carcasse inductrice est en acier doux coulé et présente la particularité suivante ; les masses polaires sont alésées a un diamètre supérieur à celuicorrespondant a l’entrefer prévu; une fois les bobines inductrices mises en place, on introduit à l’intérieur du pre-
- mier alésage un anneau polaire, qui réunit les différents pôles; au milieu de la distance de deux pôles consécutifs, cet anneau est aminci et percé d’une série de trous, de manière à diminuer de ce côté des dérivations magnétiques. Grâce à l’emploi de cet anneau polaire, l’angle de calage pour la pleine charge se trouve considérablement diminué etmème pratiquement nul, ce qui est absolument nécessaire pour les génératrices destinées à la traction, leur charge variant continuellement et dans de grandes limites.
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- TABLEAUX DE DISTRIBUTION
- Les tableaux de distribution pour stations je tramways électriques doivent permettre je coupler aisément en parallèle les machines entre elles, ainsi que d’isoler complètement l’une des machines par rapport aux autres.
- Le fonctionnement en parallèle des machines hypercompoundées nécessite l’emploi d’un conducteur d'égalisation réunissant les extrémités des différents compoundages placées du côté de l’induit ; on évite ainsi toute cause de renversement de la polarité des machines. Afin de permettre l’isolement
- Fig. 2.— Schéma des connexions du tableau de distribution
- d’une machine par rapport aux autres, cette barre d’égalisation doit être munie d'interrupteurs en nombre égal à celui des génératrices susceptibles d’etre accouplées.
- La figure 2 donne le schéma du tableau de distribution établi par la Compagnie de Fives-Lille pour la station des Tramways électriques de la ville d’Angers; les trois génératrices peuvent être reliées individuellement aux deux barres principales de distribution qui aboutissent aux deux bornes de départ placées à la partie supérieure : la borne positive correspond au fil aérien, la
- de la station génératrice des Tramways de la ville d'Angers.
- borne négative aux rails. Les parafoudres sont placés sur un petit tableau spécial, en arrière du tableau principal; ils sont branchés individuellement au pôle positif de chacune des machines et sur une barre de terre, la prise de courant sur le pôle positif venant se faire entre le coupe-circuit C' et l’interrupteur F.
- La barre d’égalisation est placée derrière le tableau et est reliée aux différents interrupteurs d’égalisation.
- A chaque génératrice correspond un disjoncteur automatique à déclanchement qui
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- met cette machine hors circuit lorsque, pour une cause quelconque, son débit dépasse une valeur admise; ceci peut se produire entre autres lorsqu’un fil aérien se rompt et * tombe sur les rails ou lorsqu’il y a coïncidence de démarrage d'un grand nombre de voitures; néanmoins, ces accidents sont heureusement fort rares dans une exploitation bien dirigée. Dans ces disjoncteurs, le contact se fait entre parties métalliques, mais l’étincelle de rupture se produit toujours sur des blocs de charbon, de manière à ménager les plots.
- La ligne se compose essentiellement de conducteurs aériens dits fih de contact, qui sont suspendus au-dessus des rails et amènent le courant aux voitures; ces fils de contact sont en cuivre ou en bronze de très haute conductibilité; leur diamètre est de 8 mm.
- Si l’on n’admettait que les fils de contact comme conducteurs, la perte en ligne serait souvent énorme aux points les plus éloignés; dans le but de diminuer l’importance de cette perte en ligne, on est obligé d’employer des feeders d'alimentation qui aboutissent à certains points du réseau, ces points étant choisis de telle sorte qu’on puisse les considérer comme autant de centres de distribution; on calcule ces feeders de manière à maintenir le potentiel constant au différents centres de distribution, en tenant compte de l’hypercompoundage des génératrices.
- Le retour du courant se fait par les rails; afin d’assurer la continuité du circuit, on raccorde chaque rail à ceux qui l’avoisinent au moyen d’un éclissage électrique formé d’une barre de cuivre sertie à ses deux extrémités dans des trous pratiqués dans chacun des rails à réunir; de plus, les rails sont réunis d’une manière analogue de distance en distance par des conducteurs transversaux à un fil de cuivre de 8 mm courant parallèlement aux rails en dehors de la voie; on a soin de toujours réunir le pôle négatif des généra-
- trices aux rails, afin de diminuer l’attaque de ceux-ci par l’électrolyse.
- Moulage de la ligne. — Les fils de contact sont suspendus au-dessus de la voie h une hauteur de 6,40 m ; ils sont maintenus dans des pièces spéciales sur lesquelles viennent se prendre les fils transversaux qui supportent toute la ligne ; les autres extrémités de ces fils transversaux sont fixées aux maisons bordant la voie ou à des poteaux de formes diverses La Compagnie de Fives-Lille emploie ordinairement pour les fils transversaux des torons de fils d’acier dont la section totale est de 22 mm2 et qui résistent à une charge de rupture minimum de 2 000 kg. Les attaches aux maisons se font au moyen de rosaces scellées
- Les poteaux usités pour le montage des lignes de tramways électriques sc font soit en bois de pin ou de sapin, soit en tubes d’acier, soit en treillis; les premiers sont préférables au point de vue de l’économie, les seconds pour l’esthétique, et les troisièmes pour la fatigue qu’ils peuvent supporter. Les attaches des fils transversaux aux poteaux, quelle que soit la forme de ces derniers, se font par l’intermédiaire de colliers et de boulons.
- Dans le matériel construit par la Compagnie de Fives-Lille, chaque poteau'porte un tendeur à cliquet; Taxe de ce tendeur présente un œil dans lequel on engage l’extrémité du transversal ; 011 épanouit les différents brins et l’on enroule le câble sur l’axe au moyen d’une clef; on arrête par le cliquet à la tension voulue.
- Dans lecas de rosaces, l’extrémité du transversal est pincée dans un manchon conique; on introduit au centre des brins épanouis une broche également conique, ce qui présente l’avantage de donner un serrage d’autant plus énergique que la tension est plus forte ; le manchon est complété par un tendeur à vis dit anti-vibrateur, qui permet de régler la tension après coup d’une manière définitive; ce tendeur possède un œil dans
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- lequel on passe le crochet des rosaces; l'amortissement des vibrations est obtenu par l’interposition d’une masse de caoutchouc. Dans tous les cas, le montage est fait de manière à procurer une double isolation du fil de contact.
- La description des différentes pièces de lignes serait beaucoup trop longue; disons simplement que l’on y trouve entre autres : des supports isolateurs simples et des isolateurs amortissant les vibrations, des crochets isolateurs pour courbes, des supports d’alimentation, des pièces d’écartement, des boulons tendeurs, des manchons à soudure et sans soudure, des pièces de protection pour
- les croisements avec les lignes télégraphiques ou téléphoniques, des aiguillages et croisements divers, des isolateurs pour les câbles d’alimentation, etc.
- Il faut ajouter aussi les parafoudres de ligne dont le nombre doit être d’autant plus grand que le réseau est plus étendu ; ceci s’applique surtout aux lignes suburbaines et h celles qui traversent des quartiers dépourvus de hauts édifices.
- Les moteurs a tramways étant soumis de grandes variations de charge doivent c
- conséquence être construits d’une manière très robuste ; la marche se faisant dans les deux sens, les balais sont calés d’une manière invariable sur la ligne neutre ; il est nécessaire que pour ce calage les étincelles soient très faibles, meme aux plus fortes charges.
- Les balais sont en charbon afin de ne pas user trop rapidement le collecteur; ils coulissent dans leurs supports et sont poussés par des ressorts de manière à être toujours maintenus à leur position; les considérations de largeur de voie, de rapports d’engrenage, de protection contre la boue et de démontage aisé conduisent à l’emploi de formes toutes spéciales.
- La Compagnie de Fives-Lille construit de nombreux moteurs destinés à la traction électrique dans des cas très différents : voitures
- automobiles, locomotives a accumulateurs, traction par ligneaérienne. Nous ne décrirons ici que le type le plus fréquemment employé pour ce dernier genre de traction :
- Le moteur type VNBm est d’une puissance normale de 15 chevaux (engrenages compris), cette puissance nécessitant un courant de 30 ampères sous 500 volts pour la position 8 de l’appareil de manœuvre Sprague(fig. 3,4,5).
- Ce moteur est tctrapolaire et est construit pour fonctionner sous une diftérencede potentiel de 500 volts aux bornes; l’induit"A est bobiné en anneau multipolaire au moyen de fourches de connexion réunissant chaque sortie d’une bobine élémentaire à l’entrée de la bobine diamétralement opposée; le nombre des lames du collecteur est par suite double de celui des bobines élémentaires.
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- L’ECLAIRAGE ELECTRIQUE
- Le noyau induit est formé de feuilles de tôle de 5/10 mm d’épaisseur; il est monté sur
- — Moteur VNB 125. Coupe longitudinale.
- un croisillon en bronze et serré entre deux joues dont l’une est rapportée et matée ; ce noyau est denté; il présente 67 rainures lon-
- gitudinales dans lesquelles sont logées autant de bobines élémentaires. Avant d’arriver au collecteur, les fils s’appuient à la périphérie d’un disque recouvert d’une bande de 3 mm de micanite sur lequel, ils sont frettés. Les fourches de connexion sont en cuivre rouge; les lames du collecteur sont formées d’un alliage spécial dont la composition a été déterminée à la suite de nombreux essais portant sur l’usure due à l’emploi des balais en charbon. II est à remarquer que le bobinage en anneau de ces induits est le seul qui puisse convenir sous 500 volts ; l’isolement des moteurs ne doit être alors surtout soigné que de fil à masse; on arrive à ce résultat en insérant les conducteurs induits dans de véritables rigoles en micanite qui les enveloppent entièrement; certaines séries de tôles sont
- découpées à un diamètre un peu inférieur à celui des autres, et le frettage se fait dans les évidements ainsi obtenus.
- La carcasse inductrice B est en acier fondu extra-doux; les culasses s’épanouissent de manière à envelopper complètement l’induit; l’étanchéité du système est complétée par deux plateaux P emboîtés et vissés sur cette carcasse et qui servent même en temps de
- paliers ; le graissage se fait au moyen de graisse minérale et les résidus tombent dans des cuvettes que l’on peut retirer très aisément.
- La carcasse inductrice est alésée très près des culasses et reçoit quatre pièces polaires C également en acier qui se terminent par des épanouissements et portent quatre petits bras b venus de fonte servant à maintenir les
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- r RK VU K I)’K
- bobines inductrices: chaque pièce polaire est fixée par deux boulons à tète cylindrique munis de rondelles fendues. Chacune des quatre bobines inductrices est divisée en trois sections ; les quatre sections semblables sont connectées en série ; on obtient ainsi trois groupes entre lesquels on peut obtenir différentes combinaisons au moyen de l’appareil Sprague. Le paquet formé par les fils servant
- LECTRICITÉ
- à réaliser ces connexions sort par une échancrure ménagée dans le plateau placé du côté des engrenages.
- L’autre plateau est ouvert à sa partie supérieure et porte un couvercle qui permet la visite rapide du collecteur et des balais: une bride fixée vis-à-vis du bout de l’arbre en limite le jeu latéral.
- T,es deux supports de balais sont fixés sur
- ViNB
- la carcasse inductrice et décalés l’un par rapport U l’autre d’un intervalle polaire, soit go0.
- Les balais coulissent dans des rainures ménagées dans des boîtes à charbon en laiton; ils sont continuellement poussés par des leviers sur lesquels s’appuient des ressorts en spirale; le montage est tel que les leviers se maintiennent une fois relevés, ce qui permet de sortir facilement les balais.
- Les engrenages sont à chevrons; ils sont enveloppés dans une chemise c en tôle rivée qui les protège complètement contre la boue et permet en même temps un graissage continuel.
- Les figures 3, 4 et 5 donnent différentes vues du moteur VN R1S3 montrant sa disposition générale et le mode de montage sur l’essieu.
- Le démontage d’un induit en cas de réparation est très facile; il suffit de retirer le pignon, puis de démonter les deux plateaux porte-paliers. La carcasse inductrice porte deux anneaux de manœuvre qui servent au levage du moteur lorsqu’on veut le dépla-
- Les essais au frein de ce moteur sont consignés dans le tableau ci-dessous; les courbes de la figure 6 en montrent les résultats d’une manière plus frappante.
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- ESSAI AU FREIN DU MOTEUR V N B 125 Rapport d'engrenages 1 \$
- I" SOUS 500 VOLTS 2° SOUS 450 VOLTS
- M I éi g _ i i - 1 s| SANCE ™,ssi“ h
- s s H U ï “ s Clievat'x. y s S i p "i Us Kilo,™,,,. Chevaux. u
- Positioi VIJI de ’appareil Sprague. Posilior VIII de ’appareil Sprague.
- 50 65 22,6 25 34,o 66,2 4" 60,6 16.4 18 24-5 67
- 40 69 i».? 20 27,2 69,0 f'S M,9 15-7 21,4 70
- 3° 80,4 U'1 U 20,4 74,° 30 69 13 13,5 18,3 72,5
- 25 85.4 J3A 12,5 17,0 77,2 76 xi.7 11.2 15.2 77
- 20 91 10,3 10 13,6 76,1 20 82 9,! 9 12.2 75
- l6 99 7,5 10.9 69,0 16 87,6 7,1 7-2 ' 9-75 72
- M 101,2 6,15 9,5 64,8 14 90 5,6 6,3 8,65 6-, 5
- 12 113 4,65 8,15 57,° 12 99,6 4.7 5 4 64
- 10 126 3’45 6,8 5o-5 10 110 3-4 4.s 6,1 56
- 8 i53 2,20 5,45 40.5 8 132,2 2-47 3-6 4,9 50,5
- 6 I7F4 iF5 2,7 3,68 30
- Position V de l’appareil Sprague. Position V de l'appareil Sprague.
- 17 ll 6,8 8,5 11,6 59-5 17 59 5,65 7,65 10,4 54,5
- H 76,6 5,4 7 9-5 57,o 14 66 4,85 6-3 8.33 57
- 12 83,8 4,55 6 8,15 56,0 10 76 3-2 4-5 6.1 52.5
- 10 9M 3,37 6,8 5<> 8 85-1 2,25 3.6 . 4-9 46
- 8 102 2,1 5,45 40 6 97,2 1,4 2-7 3,68 38
- 6 1T5 1,58 4,08 3M 5 • 106.2 1,05 2,25 3-o5 33,6
- 5 125 1,01 2,5 3-4 30
- Position I de l'appareil Sprague. Position I de l’appareil Sprague.
- -3 64,2 4,i 6,5 8,85 46.5 13 s,,» 3,4 5,85 7-96 42,75
- 71,6 3,42 5-5 7,45 46 11 57-8 2-9 4-95 6.7 43-25
- 8 81 U95 4 5,45 36 8 68.4 2,0 3,6 4,9 4 T
- 6 9M 1,23 3 4,08 31 6 76,8 .1,2 2,7 3,68 32,5
- 5 97,2 o,77 2-5 3,4 23 5 83,6 0,81 2,25 3,05 26.5
- Le trôlet étant astreint à suivre fidèlement les différences de niveau et les courbes du fil aérien, doit présenter une grande souplesse dans ces deux sens.
- La perche du trôlet B (fig. 7) est un tube de fer s’amincissant du bas vers le haut; elle a un diamètre extérieur de 39 mm à sa partie inférieure, de 25 mm à sa partie supérieure. Dans ce tube vient pénétrer à sa partie supérieure un tube à gaz en fer sur lequel est rivée
- la fourche G supportant la roulette A; deux rondelles d’assezfortes dimensions sont rivées sur la fourche à scs deux extrémités et servent de supports à l’axe de la roulette.
- La roulette se compose de deux pièces : la roulette proprement dite, alésée à un diamètre supérieur à celui de l’axe, et une douille en bronze emmanchée à frottement dur.
- La roulette est en bronze, et présente une gorge de 46 mm de largeur à la périphérie, de 21 mm de rayon au fond et d’environ
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- REVUE U'ÉLECTRICITÉ
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- 35 mm de profondeur; la douille, également [ en bronze, porte intérieurement une rainure I hélicoïdale remplie de plombagine délayée I dans l’huile de manière à former une bouillie très épaisse, ce qui procure un frottement |
- ). — Montage du trôlet sur la voit
- Afin de rendre le contact tout à fait sûr, un porte-balai coulisse dans un tube en laiton rapporté à l’extrémité du tube à gaz qui supporte la fourche; le balai est en charbon, de forme circulaire, d’environ 16 mm de diamètre, et vient frotter dans le creux de la gorge à la partie inférieure de la roulette; il
- très doux sur l’axé en même temps qu’un bon contact; il y a en outre deux rainures circulaires latérales analogues pour le frottement contre les rondelles de fer qui forment butées.
- i---------
- est supporté par une capsule en laiton poussée par un ressort à boudin ; un câble souple de cuivre, soudé au culot de la capsule, traverse toute la longueur de la lige de trôlet en tire-bouchonnant, est fixé vers la partie inférieure de cette tige, puis part de là revêtu de caoutchouc pour s’épisser au conducteur principal alimentant les différents organes électriques de la voiture. Vers l’extrémité supérieure du tube de trôlet sc trouve un coulant à anneau H auquel on attache la ficelle qui empêche tout redressement brutal en cas de déraillement de la roulette et sert en même temps à la manœuvre du trôlet.
- Le pied du trôlet comprend un châssis D en acier moulé, à l’intérieur duquel coulisse le porte-ressort dont on peut faire varier la position au moyen d’une vis de réglage à tète carrée K; les ressorts E sont au nombre de huit, en deux groupes de quatre chacun, et sont tenus à chacune de leurs extrémités par des bouchons de montage en acier qui sont filetés de manière à épouser leur forme intérieure. Ces ressorts agissent sur la boîte d’articulation dans laquelle est serrée l’extrémité inférieure F de la tige du trôlet. Cette boîte d’articulation pivote autour d’un axe fixé par
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- deux goupilles sur le châssis tendeur de ressorts.
- Le châssis porte une douille dans laquelle pénètre la cheville C du socle supportant toutes les pièces dutrôlet; une goupille assure cette fixation. L’ensemble ainsi constitué est monte sur un cadre en bois L L (fig. 7. 8, 9 et ioi qui repose sur le toit de la voiture par l'intermédiaire de pièces en caout-
- chouc MM constituant tisseur très suffisant.
- un
- système
- amor-
- APPAREILLAGE DES VOITURES
- If appareillage d’une voiture comprend, in-dépendamment des câbles et des lampes : î:n coupc-circuit principal;
- Un commutateur principal;
- Un parafoudre ;
- ——
- Fig. H.
- U11 rhéostat métallique servant au démarrage et au freinage électrique;
- Deux appareils de manœuvre dont un pour chaque plate-fonue;
- Un interrupteur d’éclairage et son coupe-
- Coupe-circuit principal. — Il se compose d’une caisse en stabilité dans laquelle sont vissées deux douilles de contact en laiton, à la partie inférieure desquelles sont serrés les deux bouts du câble principal à réunir. Le couvercle de cette boîte est également en stabilité et muni d’une poignée ; dans ce couvercle sont fixés deux écrous borgnes dans
- lesquels viennent se visser les prolongements de deux tiges cylindriques fendues en quatre qui viennent coincera l’intérieur des douilles fixées dans la boite ; ces deux tiges sont réunies par le plomb fusible qui est recourbé et ventilé grâce à deux petites cheminées pratiquées dans la boîte et dans son couvercle. Un bracelet de caoutchouc s’oppose atout échappement. du reste fort improbable, du couvercle. Le remplacement d’un plomb se fait alors dans ccs conditions d’une manière très rapide, ce qui est un avantage très appréciable.
- Commutateur principal.— Il sert à opérer, par un jeu de plots facile à imaginer d’après
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- je schcma de la figure 11, trois couplages différents des deux moteurs : on peut avoir l’un des moteurs, ou l’autre, ou les deux fonctionnant ensemble en quantité. Une ouverture est pratiquée dans la caisse de la voiture, de manière à permettre le passage de la clef servant à opérer ces différentes commutations : ceci s’applique surtout dans le cas
- de lignes à la fois urbaines et suburbaines, les vitesses hors ville étant beaucoup plus grandes que celles admises à l’intérieur.
- Parafoudre. — Le parafoudre se compose d’une pile de rondelles de cuivre séparées les unes des autres par des rondelles de mica de 0,3 mm d’épaisseur: ces rondelles sont enfi-
- lées sur une douille en ébonite ; par le fait seul du serrage, la rondelle supérieure se trouve connectée au conducteur principal et la rondelle inférieure à la terre; un plomb fusible est branché sur le fil de terre du para-foudre, de manière à interrompre le courant dangereux qui peut prendre naissance par suite de la persistance de l’arc dû h une forte décharge atmosphérique.
- Rhéostat. — Le rhéostat est formé de fils de nickeline spéciale enroulés sur des plan-dettes en bois recouvertes d’une forte épais-seur d’amiante; il sert uniquement au frei-nagc et au démarrage, et est mis en court-
- | circuit pour toutes les autres positions de j l’appareil de manœuvre, afin de ne pas lui ! faire absorber inutilement de l’énergie.
- Appareil Sprague.— Comme nous l’avons vu à propos du moteur, les bobinages inducteurs sont divisés en trois groupes; l’appareil Sprague permet d’effectuer, soit pour un des moteurs, soit pour les deux, une série de combinaisons entre l’induit, le rhéostat de freinage et les trois groupes de bobines inductrices ; la figure n représente entre autres le schéma de découpage des pièces de laiton établissant les différents couplages; a chacune des extrémités d’un élément à connecter cor-
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- L’ÉCLAIRAGE ELECTRIQUE
- respond un balai : tous ces balais sont disposés suivant une droite parallèle à une génératrice du cylindre en stabilité sur lequel sont placées les pièces en laiton.
- Il est facile de constater que l’on obtient successivement les 10 positions suivantes données par la figure 12 :
- Marche arrière : l’induit, le rhéostat et les 3 groupes de bobines inductrices sont en tension ;
- Frein 2 : le circuit de la voiture, séparé de la ligne, est fermé sur l’induit et les trois groupes de bobines; la résistance est en court-circuit ;
- Frein 1 : le circuit est toujours séparé de la ligne, mais le rhéostat est intercalé;
- Arrêt : le circuit est interrompu en plusieurs points; le moteur n’est plus alimenté.
- Position 1 : l’induit, le rhéostat et les trois groupes de bobines inductrices sont en tension; mais, pour cette position, comme pour les suivantes, le sens du courant dans l’induit est inverse de celui que l’on avait dans le cas de la marche arrière ;
- Position 2 : elle diffère de la précédente en ce que le rhéostat est mis en court-circuit; il y demeure du reste pour toutes les positions suivantes ;
- Position 3 : l’induit est en tension avec deux groupes de bobines inductrices, le troisième étant en court-circuit;
- Position 4 ; même position que la précédente, mais le troisième groupe a une de ses extrémités libre ;
- Position 5 : l’induit est en tension avec le premier groupe de bobines et avec l’ensemble des deux autres couplés en quantité ;
- Position 6 : le premier groupe est en court-circuit; l’induit n’est plus en tension qu’avec l’ensemble des deux autres groupes couplés en quantité;
- Position 7 : elle ne diffère de la précédente qu’en ce que le premier groupe de bobines a une de ses extrémités libre;
- Position 8 : l’induit est en tension avec l’ensemble formé par les trois groupes de bobines réunis en quantité.
- Comme on le voit, les variations sont très douces et il n’y a pour ainsi dire pas de cause d’étincelles, puisque l’on a toujours soin de mettre une bobine en court-circuit avant de la découpler.
- Il y a toujours deux appareils de manœuvre (contrôleurs) par voiture automobile et, afin d’éviter toute fausse manœuvre, il n’y a pour ces deux appareils qu’une seule manette qui ne peut être sortie que lorsqu’on se trouve à la position de l’arrêt; à cet effet, la manette porte un ergot et le trou du plateau supérieur une rainure correspondante.
- Afin de ne pouvoir passer brusquement de la position du freinage k la marche arrière, on a disposé sur le plateau supérieur un petit cliquet que l’on est obligé de rabattre pour* laisser passer la manette.
- Tous ces appareils sont d’un fonctionnement remarquable, ce qui tient entre autres aux soins apportés dans leur construction aux ateliers de la Compagnie de Fives-Lille, k Givors ^Rhône). La question des isolements, si délicate pour ces voltages de 500-550 volts, est l’objet d’un contrôle sévère qui permet de ne livrer que des appareils fonctionnant k coup sùr, ce qui n’est pas un avantage minime lorsqu’il s’agit d’assurer des services d’exploitation souvent intensifs.
- Paul Girault.
- APPLICATIONS MÉCANIQUES DE L’ÉLECTRICITÉ (*)
- L’emploi de l’électricité est tout indiqué pour l’actionnement des machines à peser automatiques dont les mécanismes forcément délicats et multiples sont ainsi débarrassés
- L’Éclairage Électrique, 24 octobre 1896, p. 161.
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- REVUE D’ÉLECTRICITl^
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- j’une partie de leurs transmissions et rendus à la fois plus simples et plus accessibles. La très ingénieuse machine de MM. Doble et
- Watson, construite par l'Electric Scaie Company de Boston, sert, à peser d’une manière continue des matières pulvérulentes,
- : plaj
- déver!
- trouvi
- pesée:
- s ensuite dans des boîtes qui se : ainsi automatiquement remplies et On y a fait, comme nous allons le voir, un très judicieux emploi de l’électricité dans le sens que nous venons d’indiquer.
- Les matières pulvérulentes sont emmagasi-
- h'ig. 3 à 8, — Peseuse automatique Doble et Watson. Détails de la romaine et des contacts de fermeture de la trappe £ (fig. i). Coupes 6-6 et 7-7.
- ie trémie H (fig. 1) dont la commandée directement par , gR g1 des deux solénoïdes G alternativement- excités et fermer la trappe. Cette armature commande en outre en^r7(ijg. 2) le renvoi h, hK hi hs de l’embrayage à griffes hjic. Quand cet embrayage est fait, ce qui a lieu seulement lorsque la trappe g est ouverte, l’arbre moteur /j8, commandé par une dynamo, entraîne, par /q h, h- et les deux pignons ht ht. les agitateurs hi0 hn. qui empêchent la matière de s’agglo-
- Les boîtes vides sont disposées sur un plateau fixe I, entre les poussoirs 1', attachés h l’anneau L, monté k billes (fig. 16) sur le cercle fixe I, ainsi que le pignon
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
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- annulaire K. Lorsqu’une boite, poussée par la marche alternative de TT' approche du plateau de la balance D' (fig. 1 et 13), elle s’engage entre les guides 7, ï (fig. 12) écarte autour de iî le guide mobile à rappel 4, et son levier 4? qui, parle renvoi i„ 4à rappel 2lft, éloigne du déclic r, comme sur la figure 0, le levier ?.. dont la butee r (fig. 11
- Poseuse autor
- de la trappe g : plan, élévation et vue par bord.
- passant sous le plan incliné 4, soulève par ljz le taquet A*_, à rappel ks, mais pas assez pour lui faire lâcher la tige /, ifig 12). Aussitôt après ce passage de i" sous /3, le ressort /»R rappelant 4, enclenche, comme en figure 11, i" par /s, de manière à empêcher le rappel du levier 4 par son ressort /J4. Pin ce moment, l’extrémité du levier /r3, dont l’arbre fr3, pivoté en /fi, est entraîné par L et repoussé par la came vient en k. soulever k- et l' irig. 13) de manière à déclencher la tige 4 et le levier 4 qui revient, comme en figure 12, s’appliquer
- sur An Quant à la tige 4* repoussée par son ressort 4 (fig- IO) elle ferme par 44 Te contact M (fig 141 du solénoïde G' (fig. 1 et 2ii qui ouvre la trappe g- sur la boîte actuellement immobilisée sous la trémie sur le plateau D' de la balance D, A, B (fig. 1(1. Dans son mouvement, le bras g„ de l’armature des solénoïdes entraîne la tige m. dont la butée à ressort mlml (fig. g) repousse par 44 le
- îisme de la table après l'c
- nappe g (fig. 1) : plat
- levier l6 de manière à rompre le contact M de G' qui laisse la trappe ouverte jusqu’à sa fermeture parle contact du second solénoïde G. Ce même mouvement de m ramène, malgré le ressort 4, la tige 4 devant le levier L qui, rappelé par 4? enclenche 4 dans sa position primitive, ainsi que i0, rappelé par sur le haut de k. Aussitôt que, par la continuation de la rotation de l’anneau L, et vers sa fin, L levier k3 (fig. 11) quitte la came k5 pour venir de nouveau reposer surL, le ressort A\(fig. 9) ramène le guide mobile i' a sa position pri-
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- F
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- Active de manière qu’il lâche la boîte déjà posée sur sa bascule.
- Aussitôt la boîte remplie au point voulu, ]e fléau AA' de la bascule soulève, par le levier a, réglable en a, de la position figure 4 à figure 5, de manière qu’il déclenche en le levier cc'q qui, rappelé par son ressort cA, ferme le contact F du second solénoïde G. Ce solénoïde ferme alors la trappe#, puis le bouton à ressort gh #3, attaché en #' à son armature, ramène par c5 cc le levier'c dans sa
- position primitive (fig. 4) où il rompt le contact F. de sorte que la trappe reste close jusqu’à la fermeture du contact du second solénoïde, puis l’anneau P entraîné, comme nous le verrons, par K se remet en marche, enlève la boîte pleine, et la remplace par une vide. La bascule, du type romaine à parallélogramme I)uL réglable en d. a sa course limitée par les butées d, {fig- 3 à 8), et la position de sa boule dK> remplie de mercureau par d:>, est aussi réglable par une vis d1 ainsi que les poids e'de e. Lecontact F semblable à M. se
- compose d’un noyau /, articulé en f au levier c', enfermé dans une gaine d’ébonite/^, en deux parties emboîtées de façon à former un cône prolongé par un collet en laiton f3, et s’engageant dans un boisseau métallique en deux moitiés isolées l’une de l’autre en fLf et reliées aux deuxbouts du circuit de G.
- L’entraînement alternatif de l’anneau avanceur L par le pignon K, toujours en marche, s’opère comme il suit : Au moyen
- • r, et de la prise d’i
- d’enclencheurs ni : un pour chaque bras I de L, venant au moment voulu s’enfoncer, comme en figures 15 16 et 20, dans les encoches correspondantes n3 de K. Quand le palier d’une des touches nK arrive au contact du levier je, le solénoïde G', ouvrant la trappe#, ramène, par w, le levier r, de la position figure 15 à cellefigurc 17, où, appuyésurr parle ressort r10, il enclenche enr, le levier r„, mais sans encore le faire tourner. En même temps qu’il referme la trémie, après le remplissage de la boîte, la solénoïde G amène r dans la posi-
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- L’É C L AIR A G E É L E C T RIQ U E
- tion figure 19, avec l’extrémité rc du levier r3 ?\ rt dégagée de la gorge n" du piston ns. que son ressort n0 lève en repoussant nk dans l’encoche correspondante de K, comme en figure 20. En même temps, le piston n. de n. amène, par nl0 les leviers p et ps dans la position figure 20, de manière à retirer l’extrémité p' de p devant le bossagept et à permettre ainsi, la rotation de L, entraîné par K. Pendant cette rotation, nk glisse sur la plaque P, qui l’empêche de retomber jusqu’à sa rencontre avec la came Pyfig. 18) qu’elle abaisse en faisant, par/\jp3, basculer l’arbre a,, de
- automati
- manière à ramener les leviers p3 et p dans leurs positions figures 15 et 16, rabaisser n.. et permettre au levier r0 rappelé par son ressort r5 de renclcnchcr de nouveau i\ dans cette position, comme en figure 18. L’anneau L continue ainsi à tourner, enclenché avec K, jusqu’à ce que quittant la plaque P et rabattue par son ressort, sorte de K, en même temps que le crochet p'. en se posant devant le bossage ps qui suit, arrête L avec un choc mitigé par l’élasticité du ressort ?tls, qui règle le jeu du châssis nî sur son axe n'.
- Enfin il faut, quand un bras I passe à vide, que la trémie ne s’ouvre pas. Dans ce cas, en effet, le guide mobile i' (fig. 9} ne bouge pas, non plus que ,1e levier /0, qui reste sur le haut de k, de sorte que la tigtb, maintenue par/, ne ferme pas le contact M.
- On voit, par cette description un peu longue de l’ingénieuse machine de MM. Doble et
- Watson, combien l’emploi de l’électricité a permis d’en réduire les rouages, forcément concentrés en raison de leur répétition, en remplaçant les transmissions mécaniques par des simples contacts faciles à loger et à visiter dont le fonctionnement se règle avec la plus grande facilité et indépendamment les uns des autres, considération évidemment des plus importantes dans une machine de ce genre par l’élasticité qu’elle permet dans l’ajustage et l’enchaînement de ses différents organes.
- G. Richard.
- INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES
- SUISSES
- DR GENÈVE A ZURICH («)
- Une visite à Genève n’est pas complète si elle ne comprend une promenade sur le lac. Du moins c’est ce que les organisateurs du Congrès ont pensé et en conséquence ils avaient intercalé entre les séances une excursion à Montreux, à l'extrémité du lac opposée à Genève et à près de 90 kilomètres de cette ville. Le but de l’excursion ne pouvait être mieux choisi ; d’une part il permettait aux congressites de visiter les intéressantes installations hydro-électriques de Vevey-Montreux; de l’autre il leur donnait l’occasion de contempler en entier le merveilleux panorama des rives du lac et de pouvoir, par une ascension en chemin de fer à crémaillère aux Rochers de Naye, admirer, sans fatigue et à 2 000 md’altitude,un magnifique site alpestre. Malheureusement, le beau temps faisait defaut; pendant la traversée un vent froid chassait les plus intrépides du pont, tandis qu’un brouillard assez épais ne laissait voir que fort parcimonieusement les rives du lac, et c’est à demi transis que les congressistes, parmi
- pj Voir L'Éclairage Électrique du 24 octobre, p. 145.
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- REVUE D’ELECTRICITE
- 40:
- lesquels de nombreuses dames, malgré l’heure matinale du départ, débarquaient k .Montreux. Là un copieux déjeuner, offert au Kursaal, les attendait fort à propos et leur restituait l’énergie nécessaire k l’ascension des Rochers de Naye, au sommet desquels, après avoir pendant quelques courts instants contemplé... la partie interne des nuages, ils étaient tout heureux de pouvoir se réchauffer et sécher leurs vêtements autour du calorifère de l’hôtel terminus.
- Mais revenons au but technique de l’excursion : la visite des installations de Vevev-Montreux, faite entre le retour des Rochers de Naye et le départ pour Genève.
- L’usine de Montreux, située k l’entrée des gorges du Chauderon, alimente un réseau d’éclairage assez important et une ligne de tramways électriques k voie simple d’environ 10 km de longueur.
- Son énergie motrice est empruntée, en partie k l’eau sous pression, en partie k des générateurs de vapeur.
- L’alimenlation en eau sous pression est obtenue au moyen d'un barrage en rivière dans les gorges du Chauderon, k une altitude d’environ 265 m au-dessus de l'usine; de ce barrage l’eau est conduite par un canal en ciment k libre écoulement, établi k flanc de coteau et de 1 582 111 de longueur, à deux réservoirs établis au village de Sonzier k environ 15 m plus bas. Ces réservoirs, déformé cylindrique, sont complètement entaillés dans le roc et revêtus d’une couche de ciment armée de 1er, d’après le s\rstèmc Monnier. Leur contenance est de 5 125 m3 ; leur profondeur moyenne est de 8,3 m; ils communiquent k la hauteur de 4 m du fond et sont pourvus d’un flotteur-indicateur électrique de niveau, système Hipp, qui permet k l’emploj’é de service k l’usine de Montreux de se rendre compte à chaque instant du volume d’eau disponible dans les réservoirs.
- Les canalisations de charge, partant du bas du réservoir, ont une grande embouchure de M m sur 2 m pour éviter la contraction de la veine liquide. Ces embouchures sont re-
- couvertes de grilles spéciales dont les barreaux sont distants de 4 mm au plus. Extérieurement aux réservoirs se trouve, dans un tunnel, la chambre de vannes. Outre les vannes principales k volant, permettant une manœuvre facile. la fermeture des conduites est assurée par des papillons de sûreté qui ferment automatiquement ces conduites dès que le volume d’eau sortant des réservoirs est supérieur à celui que nécessite le fonctionnement des moteurs de l’usine, ce qui peut se produire en cas de rupture de tuyaux.
- Deux conduites amènent l’eau k l’usine ; l’une, la plus ancienne, est en fonte sur une longueur de 692 m et en tôle d’acier sur les 208 m inférieurs, les diamètres de ces deux parties étant respectivement 45 et 40 cm ; l’autre, de 957 m de long et d’un diamètre uniforme de 55 cm. est entièrement en tôle
- Sur chacune des canalisations de charge setrouventdeux grandes vanneshydrauliques, appelées vannes de sûreté, qui commandent toute la distribution de l’eau dans l’usine. Ces vannes ont 3,5 m de hauteur sur 0,70 m de diamètre. L’obturateur est un segment en bronze encastré dans un piston creux en fonte de 2 m de hauteur se mouvant dans le corps de la vanne au moyen de la pression hydraulique. Des robinets k deux voies, avec une décharge, permettent d’envoyer l’eau sous pression au-dessous ou au-dessus du piston selon que l’on veut ouvrir ou fermer la vanne. Afin d’éviter une brusque fermeture de la conduite, ce qui sous la pression de 250 m d’eau produirait des coups de bélier brisant tout, la vanne possède une ouverture de décharge réglée par un gros robinet de 10 cm de diamètre ; cette décharge se découvre automatiquement k l’instant où l’obturateur ferme la conduite motrice.
- L’eau sous pression fait mouvoir trois turbines système Girard k axe horizontal de la puissance de 400 chevaux chacune et deux de 120 chevaux. Les deux premières, sortant des ateliers Blanchod de Vevey ont 2,70 111 de diamètre ; leurs régulateurs servo-moteurs, d’un
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- V ECLAIR AGK KL L C T RIQ UK
- fonctionnement irrégulier, ont été supprimés, et la distribution de l’eau se fait à la main par la manoeuvre d’un petit robinet commandant un piston hydraulique. La troisième turbine provient de la maison Piccard et Pictet, et la commande du distributeur se fait par le régulateur à déclic. Ces trois turbines agissent sur un même arbre de couche qui s’étend d’une extrémité à l’autre de la salle principale des machines et tourne à raison de 270 tours par minute. Les deux dernières turbines actionnent directement les génératrices de courant pour les tramways. Quelques autres turbines de 35 chevaux seulement servent à mettre en mouvement les excitatrices des alternateurs d’éclairage.
- Les générateurs de vapeur, au nombre de cinq, sont à foyer intérieur du type Cornwall, avec six tubes Galoway chacun. Ils ont une longueur de 8,55 m sur 1,6 m de diamètre et 54 m2 de surface de chauffe; ils sont pourvus chacun de deux réchauffeurs d’eau disposés parallèlement à l'axe longitudinal ; ils distribuent la vapeur à une pression de 8 atmosphères et demie h trois machines à vapeur compound, deux de 250 chevaux du système Wolff et une de 700 chevaux à soupape du système Sulzer. Ces machines actionnent, les deux premières directement, la troisièmes par câble, l’arbre principal de l'usine.
- L’installation électrique de l’usine comprend, pour l'éclairage, des alternateurs de 200 chevaux construits dans les ateliers annexés à l’usine. Montés sur l’arbre principal de transmission, ils donnent un courant de 1000 à 1200 volts et de 92 alternances. Le courant d’excitation est fourni par huit excitatrices de 35 chevaux.
- Les génératrices pour tramways, au nombre de 4, sont, comme nous le disions plus haut, actionnées directement et par groupes de deux, par les turbines de 120 chevaux; ce sont des dynamos hexapolaires, chaque groupe donhant 180 ampères sous 450 volts. Un des deux groupes sert de réserve; de plus, en cas d’accident dans le service hydraulique, une transmission télédynamique per-
- mettrait de les actionner par l’arbre principal des alternateurs d’éclairage, mû alors par les machines à vapeur seules.
- Une batterie d’accumulateurs de 246 éléments Tudor de 1715 ampères - heure de capacité peut en outre venir en aide aux dynamos.
- Le courant d’éclairage dessert tout le littoral du lac, entre Villeneuve et Corsier, sur une étendue de 16 à 17 km.
- La distribution comprend trois réseaux distincts; dans deux, la tension primaire est de 1 200 volts; dans l’autre, elle est de 1 000; dans les trois la tension secondaire est de 100 volts. Ces trois réseaux sont complètement indépendants, mais l’un d’eux peut être à volonté branché en entier ou en partie sur l’un des deux autres. Les conducteurs primaires sont souterrains ou aériens; la longueur des réseaux souterrains est de 26 475 m. celle des réseaux aériens de 23 217, soit une longueur totale de 49 692 ni comprenant un développement de conducteurs de près de 114 km. Les réseaux secondaires ont une longueur de 31 038 111, dont 14656 en câbles souterrains, et comprennent 64 km de conducteurs.
- Sur les différents réseaux primaires il y a 150 prises de courant avec 141 stations de transformation. Au 31 décembre dernier ces stations contenaient 189 transformateurs d’une capacité totale de 915 kilowatts, dont 36 de 1,5 kw, 43 de 3 kw, 92 de 6 kw et 18 de 10 kw; elles alimentaient 697 abonnés dont 80 a forfait et 1x7 au compteur, avec un total de 12568 lampes à incandescence représentant 194 467 bougies et 60 foyers à arc.
- Au compteur, le prix de l’hectowatt-heure est de 0,07 fr, y compris le remplacement des lampes. Pour les usages industriels, ce prix est diminué de 50 p. 100 et descend jusqu’à 0,15 fr le kilowatt-heure pour des moteurs de 35 chevaux. A forfait, le prix de la bougie-année varie suivant l’emploi de 1 à 3 fr; et le prix du cheval-an de 24 heures par jour descend jusqu’à 0,075 fr l’heure.
- La traction électrique, dont l’étude remonte
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- à 1881, année de l’Exposition d’Électricité, et dont l’inauguration a eu lieu en 1888, se faij par une ligne aérienne, système Siemens, à deux conducteurs, dont un pour le retour du courant, l’administration fédérale des télé graphes et téléphones s’étant opposée, au moment de l’établissement du tramway, à l’emploi du retour par la terre.
- Les conducteurs, suspendus à 6,2 m du sol, sont formés de tubes en cuivre portant une rainure à leur partie inférieure ; ces tubes ont un diamètre intérieur de 15 mm et un diamètre extérieur variant de 25 à 20 mm, 1 épaisseur allant en diminuant à partir du point d’alimentation; pour qu’ils ne prennent pas trop de flèche et afin que la rainure se maintienne bien au-dessous, ils sont retenus par des haubans fixés à des câbles en aciers tendus entre les poteaux. La prise de courant s’effectue par un fil flexible en acier à chaque extrémité duquel se trouve un chapelet de petites sphères métalliques glissant dans le tube ; le fil est entraîné par la voiture à laquelle il est relié par un câble souple rendu résistant par une gaine en fil d’acier.
- La voie, de 10,5 km de longueur de 1 m d’écartement, est construite en rails Marsil-lon ; elle présente. 14 évitements pour le croisement des voitures.
- Celles-ci ont de 6 à 7 m de long et 1,7 m de large ; elles sont à impériale, mais tandis que le nombre des places d’intérieur est de 14, celui des places d’impériale n’est que de 8, une grande partie du toit de la voiture étant rendue inutilisable par le mouvement des câbles d’amenée et de retour du courant d’un côté h l’autre de la voiture aux évitements et aux courbes. Elles sont mises en mouvement par un moteur de 25 chevaux et sont chauffées électriquement par un radiateur placé sous les bancs.
- En 1894, le nombre des kilomètres parcourus a été de 567 884, celui des voyageurs transportés de 1 393 629, soit 132 853 par kilomètre de ligne.
- Le tarif est de 0,05 fr par kilomètre ou
- fraction de kilomètre avec une taxe minimum de 0,10 fr. Les recettes ont atteint 23 122 fr par kilomètre de ligne en 1894 ; les dépenses n’étaient que de 16 140 fr.
- Les dépenses d’établissement afférentes au -tramway étant de 756066 fr, ces chiffres montrent que son exploitation est très rémunératrice, bien que le système de traction employé soit un des premiers proposés,
- J. Blondin.
- ÉTALONS D’INTENSITÉ
- Étalons d’intensité. — La mesure absolue des intensités, peut se faire par le moyen des galvanomètres et des électrodynamomètres, lorsque ces instruments sont construits dans des conditions telles, que leurs dimensions géométriques puissent être mesurés exactement ; mais si l’on veut obtenir toute la précision possible de ces expériences, elles deviennent longues et dispendieuses; au contraire, en simplifiant les mesures, la précision tombe bien au-dessous de celle que l’on peut atteindre au moyen des appareils étalonnés. La méthode électrolytique fournit un étalon, assez facile à réaliser, de la quantité d’électricité et par suite de l’intensité, mais il y a intérêt à posséder un étalon toujours prêt, conservant toujours sa valeur, et permettant par une simple comparaison, de déterminer une intensité comme on mesure une résistance. Les progrès réalisés dans la construction des électrodynamomètres balances ont permis de construire des étalons d’intensité^ d’une constance et d’une précision très suffisantes pour la pratique.
- Ampère-étalon. Pellat. — A la suite de recherches qui l’amenèrent à la construction d’un élcctrodynamomètre absolu d’une très grande précision, M. Pellat fut conduit à
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 494
- réaliserdes electrôdynamomètresr basés sur le même principe, mais d’une forme ne se prêtant pas au calcul; ces derniers, étalonnés par comparaison avec le modèle absolu, peuvent à leur tour servir d’étalons.
- L’ampère-étalonflig. i) se compose d’une bobine cylindrique,à axe vertical, dont le centre est muni d’un couteau d’agate qui repose sur un plan de même matière. Cette bobine, qui forme la partie centrale d’un fléau de balance,
- est placée au centre d’une bobine également cylindrique, d’un diamètre plus grand, dont l’axe est horizontal. Deux spirales en fil d'argent très fin, établissent la communication électrique avec le fil de la bobine mobile. Le courant qui traverse les deux bobines en série, tend à renverser la bobine mobile ; on rétablit l’équilibre en ajoutant ou en retranchant des poids dans le plateau suspendu au bout du fléau. L’observation de la position
- d’équilibre se fait en visant, au moyen d’un microscope, le petit micromètre sur verre porté par l’extrémité du fléau ; un déclanchement, analogue à celui dçs balances de précision, permet de ne laisser le fléau reposer sur son couteau, que pendant le temps nécessaire à l’observation.
- L’ampère-étalon est construit pour la mesure des courants de 0,2 à 0,5 ampère seulement; il ne peut servir que d’une manière indirecte pour les autres intensités. La résistance de la bobine fixe est de 15 ohms et celle de la bobine mobile de 10 ohms. La sensibilité de la balance, malgré le poids élevé du fléau, est telle qu’une surcharge de 1 milligramme dans le plateau, donne un déplacement de 3 à 4 divisions du micromètre ; celles-ci sont assez larges pour qu’on puisse estimer
- le dixième, de telle sorte qu’on peut apprécier le 1/30 ou le 1/40 de milligramme. L’expérience montre que les frottements et la résistance mécanique des spirales d’arrivée du courant font commettre des erreurs de l’ordre du 1/10 de milligramme ;. c’est donc à cette précision qu’il faut se tenir.
- A l’état de repos, sans couvant, il faut placer environ 5 gr dans le plateau pour obtenir l’équilibre, ce qui permet de renverser le sens du courant dans la bobine fixe pour éliminer l’action du champ terrestre, car le moment des forces électrodynamiques change de sens avec le courant, mais l’action du contrepoids placé à l’opposé du plateau reste prépondé; rante, tant que l’on reste dans les limites indiquées plus haut; il faut pour rétablir l’équilibre, mettre des poids P et p dans le pla-
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- RE VITE D’ÉLECTRICITÉ
- tenu, la demi-différenceJL est proportionnelle à I4; on peut écrire :
- =y^L
- K est déterminé, pour chaque balance, par comparaison avec l’clcctrodynamomètre absolu et est en moyenne voisin de 0,2.
- La comparaison de ces appareils entre eux et avec le modèle absolu, montre que l’erreur relative est de l’ordre de 0,01 p. 100; cette précision est supérieure à celle de la valeur absolue de l’ampère qui n’est guère connue qu’a 0,05 p. 100. .
- Balances électrodynamiques de t.ord Kelvin. - - Lord Kelvin a étudié une série d’é-
- "s*" ‘‘
- Fig. 2. — Balance électrodynamique de lord Kcl
- lcctrodynamomètres permettant de mesurer les intensités depuis 1 centiampère jusqu’à 2 500 ampères.
- Deux bobines plates B B, à axes verticaux ifig. 2 et 3), sont fixées chacune à une extrémité d’un fléau horizontal, et sont placées chacune entre deux bobines fixes de môme forme ; toutes ccs bobines sont parcourues par le même courant et les enroulements sont tels, que le couple électrodynamique tend à faire basculer le fléau toujours dans le même sens ; 011 s’oppose à ce renversement au moyen d’un contrepoids M, mobile le long d’une règle E portée par le fléau ; la position occupée par le curseur du contrepoids donne la valeur du courant mesuré.
- Les deux bobines mobiles sont parcourues
- par le courant dans le mèmesens, ce qui détruit l’action du champ terrestre.
- Le courant est amené aux bobines mobiles par deux rubans ' métalliques très courts (üg. 4) constitués par un nombre plus ou moins grand de fils de cuivre fins, enroulés sur deux demi-cylindres de laiton A et B, puis soudés sur chacun d’eux sur toute l’étendue des arcs a et aet enfin coupés suivant une génératrice du cylindre en b. de façon que les deux moitiés ne sont plus reliées que par le ruban c 1 l’une des moitiés A est fixée à demeure sur le socle, l’autre B, tenue après le fléau, sert à la fois à la suspendre et à amener le courant ; un système semblable placé dans le prolongement du premier constitue le second conducteur. L’élasticité de ces rubans est assez
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 1
- grande, relativement aux forces en jeu, pour donner toute la sensibilité désirable ; en même temps, la faible longueur des fils et le voisinage des cylindres de laiton, facilitent le refroidissement et permettent de faire supporter aux fils des courants intenses : par exemple, dans la balance décaampèrc, le courant peut atteindre ioo ampères et passer sans inconvénient dans un ruban constitué par environ 200 fils de cuivre de 0,1 mm.
- Le fléau porte une échelle divisée sur laquelle glisse un chariot curseur AI ;lig. 3',
- Fig. 3 et 4. -
- l’extrémité gauche du fléau, il faut, chaque fois que l’on change le poids du curseur.'rétablir l’équilibre du fléau ; dans ce but 011 place k droite, dans une sorte de gouttière (i ménagée à cet etfet, un petit contrepoids réglé k l’avance et 011 termine l’équilibrage, s’il y a lieu, en faisant tourner dans un sens ou dans l’autre, une sorte d’index mobile L fixé au fléau et que l’on peut commander du dehors au moyen du bouton N, que l’on voit sur l’avant de la balance ; cet index mobile a simplement pour but de déplacer le centre de gravité du fléau. La manette N se termine parune fourchette F dont l’ouverture est assez large pour laisser passer l’index L sans frottement, ce n’est que pour déplacer celui-ci que l’on amène la fourchette en con-
- dom le poids est réglé; des- masses additionnelles égales à 3, 15, 63 fois le poids du chariot, font varier la sensibilité dans le rapport de 1, 2, 4, 8. L’échelle mobile E porte une division proportionnelle; une échelle fixe placée en face, porte une graduation dont chaque division à est égale à :
- d - 2 v'7,
- / est le nombre de divisions correspondant de l’cchelle mobile.
- La position zéro du curseur mobile étant à
- tact. Le réglage ci-dessus, doit naturellement se faire avant chaque série de mesures, sans courant, et le chariot curseur étant au zéro de la règle mobile. Pour déterminer la position d’équilibre, deux pointes I et E« portées aux bouts de la règle mobile, se déplacent devant des arcs gradués et permettent de ramener toujours les bobines mobiles à la même position entre les bobines fixes.
- Le mouvement du chariot curseur Al est commandé par la tige D d’un petit pendule P qui peut osciller dans une encoche du curseur; si, à l’aide d’un des fils de soie qui tiennent le pendule de chaque côté, on tire celui-ci, il vient buter sur le bord de l’encochc et entraîne le chariot, il suffit d’abandonner le fil pour que le pendule retombe au milieu
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- de l’encoche du chariot,laissant celui-ci parfaitement libre.
- La division de l’échelle fixe donne directement l’intensité, il suffit de multiplier le chiffre lu en face du curseur, par le coefficient K propre au poids employé; mais l’interpolation entre deux traits est assez grossière , pour avoir plus de précision, il faut lire sur l’échelle mobile,le nombre / de divisions ; l’intensité est alors exprimée par :
- I = 3 K v7,
- le coefficient K est le meme que celui correspondant aux divisions de l’échelle fixe.
- La précision des mesures faites avec cet instrument dépend évidemment de la longueur l mesurée, on doit donc choisir de préférence, le poids qui donne le plus grand déplacement du curseur ; l’expérience montre qu’il est difficile de déterminer la position du curseur à moins de 1/4 de division, l’erreur relative est donc
- ~8Ï ’
- Si on veut faire des mesures à moins de 1 p. 100, il faut avoir >/12,5 ; lecheJle porte fi6o divisions :une division =0,5 mm), le rapport du plus petit courant mesurable avec cette précision, au plus grand courant que permet la longueur de l’échelle, est. pour le môme poids :
- Chaque balance a 4 contrepoids, soit 4 valeurs de K, dans le rapport de 1 à 8, il s’ensuit qu’il est possible de mesurer à moins de 1 p. 100 près, des courants dans le rapport de 1 à 58.
- Le tableau suivant donne, pour les différents modèles, la valeur de K pour chaque poids et les limites d’emploi définies ci-dessus.
- Le mode d’emploi de ces balances est des plus simples, mais exige beaucoup de soin. La balance est d’abord reliée au circuit au
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- moyen de conducteurs appropriés comme forme et comme section. Ces conducteurs doivent être soudés à des pièces de cuivre rouge qui se fixent sur la balance au moyen de pinces spéciales. Il faut, particulièrement pour les courants intenses, placer les conducteurs parallèles et aussi voisins que possible jusqu’à une certaine distance de l’instrument.
- DÉSIGNATION | 1 f- Î I
- Jt U h1*'*"1*' J 1 1 1
- Chariot seul, K = 0 an? ; a n?ï i,5 5
- » + poids n°iK= 0,0050 0,050 <450 3
- » + » 2 K= 0,0100 0,100 1 6 20
- » t- > 3 K= 0,0200 0,200 2 12 50
- Intensité minim. 0,0177 0477 1.77 7,43 35,4
- Intensité maxtm. 3,028 10,28 102,8 616 ^5/0
- Après avoir nivelé la base au moyen des vis calantes, on amène le chariot, muni du poids convenable pour l’intensité à mesurer, au zéro de l’échelle mobile : on place dans la gouttière le contrepoids correspondant et on règle l’équilibre à l’aide de l’index mobile L : l’instrument est prêt pour la mesure. Le courant étant envoyé dans l’instrument, on déplace le chariot jusqu’à ce que les pointes des extrémités du fléau soient ramenées à la position d’équilibre ; on lit alors le déplacement 1, ou le nombre de divisions de l’échelle fixe, ce dernier sert comme première approximation et pernictdc voir sil’onn’a pas commis une erreur grossière dans le calcul de VL
- Nous avons vu que la précision relative est proportionnelle à la longueur / lue sur l'échelle mobile, il faut, par conséquent, toujours choisir le poids le plus faible pour l’intensité à mesurer.
- L’erreur relative, pour une balance quelconque, d’abord infinie pour /_-o, va en décroissant régulièrement jusqu’au bout de l’échelle où elle atteint :
- 8 x 660 ~ 5280-’
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- puis à ce moment, il faut changer le poids et le remplacer par le suivant qui est 4 fois plusJourd. / devient alors 165 et l’erreur relative atteint :
- 8 x 165 x 1320’ puis redescend à
- En pratique, par suite du manque de précision dans la détermination de la position d’équilibre, il ne faut guère compter sur une exactitude moyenne de plus de 0,10 p. 100, c’est pourquoi la sensibilité de ces balances est largement suffisante dès qu’on a dépassé une longueur l égale à 125 divisions.
- H. Arm.ygnat.
- LES RAYONS X ET LES ILLUSIONS DE PENOMBRES
- Tous les rayonnements susceptibles de projeter des ombres peuvent produire des effets inattendus par l’inHucnce réciproque de pénombres voisines et il faut bien se garder, dans les photographies des ombres de Rœnt-
- gen, d'attribuer ces apparences, parfois complexes, h une propriété spéciale des rayons X.
- Si, entre un objet opaque A et une source lumineuse S. de diamètre apparent suffisant (fîg. 4), on introduit progressivement un deuxième objet opaque B, l’ombre de A semble comme attirée vers l’ombre de B.
- La raison de cet effet est que l’introduction
- de B dans le faisceau C qui définit la pénombre du bord de A supprime l’éclairc-ment d’une étendue croissante F de la pénombre,, il y a extension de l’ombre de A dans la région F, dans la direction de l’ombre de B.
- Quand l’intensité du rayonnement augmente, les pénombres tendent à disparaître à la vue de l’observateur par un effet d’irradiation et les apparences deviennent plus frappantes, Il en est de même pour la plaque sensible quand la durée de pose augmente. Aussi est-il intéressant de photographier les effets de pénombres produits dans l’intérieur d’une chambre noire, dont l’objectif, muni d’un diaphragme de diamètre convenable, a été privé de ses verres.
- Sur la plaque de verre dépoli de la chambre noire ou sur les photographies, on peut voir des déformations inattendues de l’ombre de l’objet À au voisinage de l’ombre de l’objet antérieur B. Ainsi l’ombre d’une tige, en pénétrant obliquement dans la pénombre de B, est déviée comme par une sorte de réfraction. Si B est un système de fentes ou de tiges, l’ombre de la tige A est transformée en^ torsade. Si A est aussi un système de fentes ou de tiges, l’ombre de A est alors un système de torsades, etc.
- Dans les parties déformées de l’ombre de A, la diminution d’étendue de la pénombre au profit de l’ombre accroît la netteté de la silhouette, ce qui rend la déformation plus caractéristique.
- Si l’objet B est assez étroit, l’ombre de A peut traverser complètement la pénombre de B. Il peut alors arriver que B divise pour A le diamètre apparent de la source S en deux régions séparées donnant deux ombres distinctes de A. On comprend alors l’apparence suivante :
- Dans la pénombre d’un anneau, l’ombre d’une tige pénètre en s’incurvant et en se dédoublant en deux ombres distinctes; à l’intérieur de l’anneau, l'ombre d’une tige qui ne passe pas par le centre de l’anneau ne prolonge pas l’ombre extérieure de la tige.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Lu ligure 2 est la reproduction d’une photographie de ces effets obtenue à la lumière du jour.
- Des apparences de ce genre ont été regardées comme liées à de nouvelles propriétés des rayons X par M. Mauritius (*) qui les a obtenues avec un tube de Crookes en forme de poire, peu ou point diaphragmé.
- Si le diamètre de la source S ifig. 3', tout en demeurant sensible, est inférieur diamètred’un disque opaque R, tout objet A, placé dans la pénombre de B, reçoit des ravons dont la projection sur l'écran E
- pour tous du centre O de l’ombre de B. Ce aussi la direction de l’ombre A' que la tige A, normale
- plaque 'photographique, présente dans la pénombre. Il est clair que ce phénomène peut encore avoir
- lieu si le diamètre de S dépasse celui de B, cas où B peut ne plus donner qu’une pé-
- A Mauritius, JVieâmann’s AnnaJen, septembre 1806,
- P- 346.
- nombre. C’est précisément un effet de ce genre que M. Abel Buguet d) a signalé avec les rayons X.
- D’une manière générale, il fauttenircompte de ce que l’état du faisceau incident dépend des obstacles que le faisceau a déjà rencontrés, ainsi que des particularités de forme et d’éclat de la source S.
- A ce dernier point de vue, il peut être très utile, quand la source est représentée par une fente placée devant S. de déplacer irrégulièrement S devant la fente pendant la durée de la pose photographique, afind’éliminerles apparences spéciales auxquelles peuvent donner lieu les particularités de l’étendue S.
- Il est clairentin que la comparaison des effets des rayons X avec les effets de la lumière dans les mêmes conditions est indispensable dans toute recherche A. G. Sagaac.
- (* 1) Abel Bucuet, L’Éclairage Electrique, t. IX, p. 325, 14 novembre 1896.
- 12) Rappelons à ce sujet que les expériences positives de ditfraction des rayons X signalées par MM. L. Calmette et G.-T. Thuillier (Comptes rendus, t. CXXI du 20 avril 1896, sont formellement contredites par des expériences anterieures: en premier lieu celles de M. J. Perrin (Comptes rendus, du 27 janvier 1896; L’Éclairage Électrique, t. VI, p. 246, 8 février 1896 ' ; et en second lieu, les nôtres, "qui établissent pour la longueur d’onde des rayons Xune limite supérieure au plus égale à0,04 micron [Comptes rendus du 31 mars 1896).
- Les expériences de M. L. Fomm (Wiedemann’s Aunalen, septembre 1896, p. 350),qui lui donnent X ~ 0,0x4 micron sont également à rejeter ; M. Gouy a démontré nettement [Comptes rendus du 6 juillet 1896, p. 43 ; L’Éclairage Électrique, t VIII, p. 131, 13 juillet 1896) que les rayons X, s’ils se diffracient, ne peuvent avoir que des longueurs d’onde considérablement plus petites que 0,005 micron.
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- 4io L’ÉCLAIRAGE
- REVUE INDUSTRIELLE
- ET DES INVENTIONS
- Pile thermo-électrique Cox (1896).
- Cette pile (4) est remarquable par son accessibilité. Pour la retirer de son enveloppe d'eau#, il suffit de l’enlever par le croisillon r :
- Fig. i.
- en dévissant ensuite les boulons q on accède facilement aux éléments k de la pile, chauffée par un bec de gaz d. G. R.
- Accumulateur Tommasi.
- Les plaques de cet accumulateur (fig. 1) sont constituées par un grillage en plomb antimonié servant uniquement de conducteur au courant et placé dans une enveloppe en celluloïd perforé; entre cette enveloppe et le grillage se trouve la matière active.
- La gaine s’obtient en repliant sur un mandrin de fer, ayant la forme d’un parallclipi-pède a angles arrondis, une feuille de celluloïd ramollie en la plongeant dans l’eau chaude; les deux bords de la feuille sont soudés au moyen d’un enduit préparé en dissolvant les déchets de celluloïd dans de l’acétone ou de l’acide acétique. Le fond de la gaine.
- Voir UÈcîairage ÈUctrique du 17 octobre, p. 144.
- ÉLECTRIQUE
- constitué par une lame pleine de dimensions appropriées, est soudé de la même façon.
- La matière active, qui peut être comme à l’ordinaire un mélange de li.tharge et de minium pour les plaques positives et de la litharge pour les négatives, ou encore du
- Fig. 1. — Plaque D. Tommasi.
- plomb spongieux pour ces dernières et même pour toutes, après avoir été tassée entre la gaine et le grillage est soumise à une pression convenable. T.es plaques sont alors séchées à une douce température, puis placées dans un bac en bois, rendu étanche par un garnissage de celluloïd ou entièrement en celluloïd, ces plaques étant séparées par des lamelles en celluloïd de largeur appropriée. La figure 2 représente l’accumulateur monté.
- La charge se fait au régime de 3 ou \ ampères par kilogramme d’électrodes; la décharge à celui de 1 à 4 ampères par kilogramme. D’après l'inventeur, la capacité par kilogramme atteint 22 à 25 ampères-heure, résultat dù à la grande quantité de matière active qui peut être employée ; le rendement en quantité serait de 95 p. 100. le rendement en puissance de 82 p. 100.
- D’après M. Schanschief, qui a étudié cet accumulateur, ses avantages sont les suivants :
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- \° La grille de plomb n’étant pas directement exposée à l’élcctrolyse, sa sulfatation est rare et la résistance de l’appareil n’augmente pas par l’usage; 2° le celluloïd, s’il est convenablement préparé, est assez élastique pour se distendre pendant le foisonnement qui accompagne la charge et se contracter pendant la décharge ; 30 la grande porosité des plaques
- résultant du procédé de fabrication, assure une grande capacité.
- La matière active étant maintenue par la gaine ne peut tomber sous l’action des chocs. Aussi cet accumulateur convient-il pour l’éclairage des wagons, et il a été employé dans ce but par la compagnie des chemins de fer P.-L.-M. Il convient aussi à la traction par accumulateurs et il a reçu plusieurs applications de ce genre. L’une des premières remonte à la course d’automobiles Paris-Bordeaux où la seule voiture électrique ayant pris part au concours était actionnée par une batterie de 38 éléments dont le régime normal était de 70 ampères sous la tension de
- 70 volts, mais qui-a dù souvent fournir un courant plus intense 'quelquefois 200 ampères) bien que l’intensité normale corresponde déjà à presque 5 ampères par kilogramme de plaques. Cette batterie, du poids total de 850 kg, avait une capacité de 210 ampères-heure, et permettait par suite de marcher pendant 3 heures et de parcourir de 40 à 70 km suivant le profil de la route.
- L’ne autre application à la traction est celle qui est faite aux tramways de Liège. La batterie d’accumulateurs, du poids total de 1 000 kg dont 672 kg d’électrodes, est divisée en 8 caisses de 12 éléments, logées sous les banquettes. La voiture, du poids total de 6 500 kg y compris 30 voyageurs, est actionnée par un moteur de 12 chevaux; la batterie permet lin parcours de 60 à 70 km; la vitesse peut atteindre 18 à 20 km par heure. Dans les coups de collier et les démarrages, le débit a atteint 15 et 20 ampères par kilogramme d’électrodes sans qu’il y ait eu détérioration des électrodes. L. D.
- Tramway électromagnétique D. Mac L. Therrell ').
- Ce système est une combinaison du système Westinghouse y) et du système l)iatto(3).
- Chaque voiture porte une barre de contact S disposée longitudinalement entre les roues ; elle est en acier dur afin de constituer' un aimant permanent. Sa longueur est telle qu’elle puisse toucher à la fois deux boutons de contact consécutifs sur la voie. Ces boutons sont disposés sur le couvercle d’une boite qui renferme le comm utateur et le feeder. La barre S ne vient pas en contact avec les boutons B; elle en reste éloignée légèrement ; seulement elle porte des billes en métal non magnétique, mais bon conducteur de l’électricité et qui font l’office de collecteur du cou-
- i) Tue Electrical World, Ier août 1896, p. 146.
- * i) L’Éclairage Électrique, t. VI, p. 17, janvier 1896.
- is; L’Éclairage Électrique, t, IV,p.602, 28 septembre 1895.
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- L’KCLATRAGF É L E C T RIQ UK
- rant. Lorsque la barre S sc trouve au-dessus d’un des boutons, elle aimante par influence le noyau de l'électro-aimant e qui attire son armature a et établit, par l’intermédiaire des
- blocs de charbon G, le contact entre le bouton B et le feeder F. Le courant anime alors î’électro-aimant e et passe dans les moteurs pour faire retour par les rails. Une dérivation du courant principal passe autour de la barre S et entretien son aimantation. Cependant, l’emploi de l’acier permet à la voiture de continuer sa marche, même si le courant venait à être interrompu momentanément. L’emploi des billes b dans un endroit aussi exposé que la semelle des barres de contact est des plus critiquables. Ajoutons que l'enroulement de l’élcctro e est tel que l’aimantation résultante soit opposée à celle de la barre S ; on en comprend donc peu la nécessité.
- G. P.
- Stations mixtes pour éclairage et traction; par J. Hesketh et J.-II. Rider (l).
- On sait tout l’avantage que les stations centrales d’éclairage électrique ont à augmenter leur débit diurne ; le développement de l’industrie des tramways électriques four-
- p ) Conférence faîte devant la Municipal EUctrical Associa-
- nit une source de débit considérable quelles ont cherché à utiliser. V a-t-il intérêt pour les compagnies de tramways à acheter leur courant à des compagnies d’éclairage? Si les deux compagnies étaient solidaires cela serait presque évident; mais si la compagnie de tramways est indépendante, la question change car elle doit payer un certain bénéfice à la compagnie d’éclairage. Le tout est de savoir si cette dernière peut vendre le courant à un prix inférieur ou tout au moins égal à ce qu’il coûterait a son client si celui-ci l’engendrait dans une usine particulière. Or, en augmentant son débit total, et surtout en augmentant son débit diurne, la compagnie d’éclairage diminue considérablement le prix de revient de l’énergie électrique ;ccprixpeutètre réduit de 10 à 30 c. environ par kilowattheure, suivant les circonstances et l’importance du débit. D’un autre côté, la compagnie de tramways s’exonère des frais afférents à l’installation et h l’exploitation d’une usine. Tout compte fait, on voit qu’il peut v avoir intérêt des deux côtés, dans nombre de cas. Du reste, l’exemple de plusieurs importants réseaux de tramways électriques qui achètent leur courant à des stations centrales d’éclairage électrique est là pour prouver que des ingénieurs compétents, après une étude complète de la question dans ces cas particuliers, y ont trouvé leur avantage.
- A Genève, la compagnie de tramways s’est engagée à prendre un minimum de 500000 kilowatts-heure par an et paye 11,1 centimes par kilowatt-heure.
- A Hambourg, où le réseau de tramways est le plus important des réseaux européens actuellement exploités par l’électricité, lacom-pagnie garantit un débit minimum annuel de 2500000 kilowatts-heure ;la compagnie d’éclairage pu) e une amende de 0,625 par voiture-kilomètre que lacompagnie 11’aura pu parcourir par manque de courant. Les dépenses totales de la compagnie de tramways, y compris la dépréciation, l’entretien, l’intérêt sur le capital, le fonds de réserve, etc., ne s’élèvent qu’à 25,75 cent par voiture-kilomètre.
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- Au Havre, la compagnie de tramways paye 17,5 cent par kilowatt-heure à la station d’éclairage électrique.
- L’avantage de la compagnie de tramways étant admis, il reste à voir comment la compagnie d’éclairage peut effectuer ce service le plus économiquement possible.
- Deux méthodes générales •peuvent être en-
- a. Des dynamos, des chaudières et des moteurs spéciaux, d’une puissance suffisante pour alimenter le réseau des tramways sont aioiités h l'installation primitive servant à l’éclairage, mais dans le même bâtiment et sous la même direction.
- b. On utilise les machines à éclairage déjà existantes.
- Prenons un exemple et supposons que le débit de la station d’éclairage électrique par un jour d’hiver soit représentépar la courbe A de la figure 1, et que le débit total ^éclairage
- et traction) soit représenté par la courbe B.
- a. Dans le premier cas, le seul avantage qu’on retirera sera l’utilisation des bâtiments déjà existants — mais qu’il faut modifier cependant pour la nouvelle installation — et la diminution relative des frais généraux par suite de l’accroissement de la vente, le personnel et la direction restant les mêmes. Le coefficient de charge du matériel sera légèrement augmenté, mais le coefficient de charge de chaque moteur restera le même que si les
- deux usines n’étaient pas réunies ; les consommations exagérées decombustible et tous les inconvénients qui résultent des faibles coefficients de charge des moteurs subsisteront donc.
- b. Comme les machines à éclairage ne conviennent pas la plupart du temps à l’exploitation des tramways, il faudra tout d’abord transformer le courant et le ramener à 550 ou 600 volts suivant la pratique ordinaire des tramways, ce qui est toujours possible au moyen de transformateurs tournants, quelle que soit la tension du courant d’éclairage cl qu’il soit continu, mono, ou polyphasé. En outre, comme les charges dues à l’éclairage et aux tramways s’ajoutent à tout moment, il faut prévoiiTalimenlation des tramways pendant la période de nuit où le débit total des dynamos est absorbé par l’éclairage.
- Supposons qu’on adopte des accumulateurs. La batterie devra avoir une capacité suffisante pour alimenter le réseau de tramways pendant une durée un peu supérieure .à celle de la forte consommation de lumière, soit 5 heures environ. Elle sera montée en dérivation sur le réseau des tramways.
- L’examen des courbes de la figure 1 montre que la marche des machines serait réglée de la façon suivante :
- De it heures du soir à 6 heures du matin,
- sommation de lumière est faible. Tout le courant des transformateurs tournants est lancé dans la batterie.
- De 6 heures du matin à 5 heures du soir, les tramways sont en marche, la charge d’éclairage est toujours très faible ; le surplus de la production des dynamos charge les accumulateurs /fig. 1) ; par contre, ceux-ci servent à fournir les intensités anormales dues aux démarrages des voitures ; si l’on a eu soin, de plus, de disposer un lourd, volant sur l’arbre des moteurs-transformateurs, les à-coups résultant de ces démarrages ne seront pas ressentis par les machines à éclairage de la station centrale.
- De 5 heures du soir à 10 heures du soir,
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- le service de l’éclairage absorbe la presque totalité du courant des dynamos : les moteurs-transformateurs sont arrêtés ou maintenus sous une charge légère ; le courant nécessaire aux voitures est fourni en totalité par les accumulateurs.
- De io heures du soir à n heures: la consommation de lumière et le nombre de voitures en marche diminuent constamment ; le surplus du courant fourni par les dynamos est transformé et sert à charger les accumulateurs.
- On voit que, de cette façon, la charge du matériel, à la station centrale, peut être conservée à peu près constante et voisine de son maximum, c’est-à-dire que l’exploitation se fait dans les conditions les plus économiques.
- D’ailleurs, le courant d’éclairage est fourni directement par les dynamos, comme auparavant ; seul, le courant des tramways doit être transformé ; le rendement des transformateurs tournants est très élevé ; quant aux accumulateurs, ils ne reçoivent que l’excès du courant nécessaire aux deux services réunis sur la puissance des dynamos; cette quantité est évidemment maxima en hiver; elle va en diminuant avec les longs jours, jusqu’à devenir nulle ; en moyenne, d’un bout de l’année à l’autre, à peine 15 p. îoo du débit total passerait par les accumulateurs, le rendement de ce fait 11e serait donc pas sensiblement affecté, d’autant plus que les accumulateurs, en servant de volant permettent d’obtenir un meilleur rendement des moteurs.
- Quant aux frais de première installation des deux systèmes, ils sont à peu près les mêmes, car le prix des moteurs-transformateurs, de la batterie, et des accessoires, est à peu près identique à celui des dynamos, des moteurs des chaudières, de la tuyauterie, etc., nécessaires dans le premier cas.
- Le choix de la solution à adopter, dans chaque cas particulier, dépend donc de l’importance relative des deux services, mais dans un grand nombre d’applications, la seconde méthode devra être préférée. G. P.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE Séance du 20 novembre 1896.
- M. Bouty, président, rappelle les décès qui se sont produits pendant les vacances parmi les membres de la Société, en particulier celui de Fizeau, premier président de la Société, dont il retrace la carrière en quelques mots; la plupart des travaux de l’illustre savant sont devenus immédiatement classiques; les plus célèbres sont la détermination de la vitesse de la lumière, l’étude de la dilatation des cristaux, de l’entraînement de l’éther par les corps en mouvement, la production des interférences à grande différence de marche (b. La Société physico-chimique russe a
- ('î L'Éclairage Électrique du 17 octobre, page 144.
- (‘j Les travaux de Fizeau en électricité sont peu nombreux. Il a fait, en commun avec Foucault, des « Recherches sur l’intensité de la lumière émise par le charbon dans l’expérience de Davy » (1844), dont le résultat fut de fixer le rapport 1 : 2,5 pour les intensités moyennes du charbon positif et du disque solaire. On trouve dans ce mémoire l'indication de faits intéressants qui ont été étudiés depuis : la fixité d’un arc dont le pôle négatif est un métal, la formation d’une gaine lumineuse autour des électrodes dans l’électro-lyse à haut potentiel, la transformation du charbon en graphite dans l’arc et un essai de production d’arc dans^ le vide.
- propagation de l’électricité », exécutées en commun avec M. Gounelle ; cette vitesse, qui paraissait être indépendante
- dans le fer et 180 000 km dans le cuivre. Le principe de la méthode était analogue à -celui de la roue dentée pour la mesure de la vitesse de la lumière, que Fizeau avait employée l'année précédente. La question était à cette époque l’objet d’un grand nombre de travaux, qui avaient pour but de fixer dans quelles conditions on peut se servir du télégraphe pour la transmission de l’heure. En 1851, dans des « Remarques sur les expériences faites en 1848 et 1849 auxEtats-Unis, par M. S.-C. Wolker et M. O.-M. Mitchel, pour déterminer la vitesse de propagation de l’électricité », Fizeau, discutant les résultats obtenus par ces auteurs, y trouvait une vérification du nombre qu’il avait donné pour le fer ; les idées nouvelles introduites par Hertz ont rendu bien douteuse la signification de ces expériences.
- Dans la « Note sur les machines
- électriques inductives et
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- adressé à cette occasion à la Société française de physique, la dépêche suivante : « La Société physico-chimique russe réunie dans sa première séance annuelle témoigne ses sentiments de regret et de condoléances les plus vifs causés par la mort du premier président de la Société française de physique, le célèbre Fizeau. »
- \I. Raveau, dans une communication sur la loi des états correspondants et l’équation caractéristique des fluides, dont le détail n’intéresserait pas les électriciens, indique une méthode générale permettant de vérifier, sans calculs que, deux courbes étant données, on peut transformer l’une en l’autre en multipliant respectivement les abscisses et les ordonnées de chacun de ses points par des facteurs constants, il suffit de construire les deux courbes transformées dont les points ont respectivement pour abscisses et pour ordonnées les logarithmes des abscisses et des ordonnées des courbes primitives ; on passe alors d’un point d’une courbe au point correspondant de l’autre en ajoutant une constante à chacune de ses coordonnées, c’est-à-dire en effectuant une simple translation. Il suffira de vérifier que les deux courbes peuvent se superposer par un déplacement qui laisse aux axes de coordonnées leur direction primitive. M. Paschen d) s’est servi de cette méthode à peu près au moment où M. Raveau en indi-
- sur un moyen facile d'accroître leurs effets » (1853), Fizeau indique l’emploi du condensateur relié au fil inducteur pour entraver le développement du courant de rupture et accroître la puissance de la bobine d’induction tout en diminuant l’altération de l'interrupteur. Cette note fait allusion à un projet de nouvelles expériences relatives à la vitesse de l’électricité, basées sur l'emploi de la bobine ; la méthode conçue était peut-être la même que celle qui, entre les mains de Biondlot. a donné la vitesse de 300 000 km par seconde.
- En 1876, à l’Académie des Sciences, où il avait remplacé Cagniard-Latour en 1860, il opposa des objections aux explications que MM. de Formelle et Govi donnaient respectivement des mouvements du radiomètre de Crookes et déduisit d’expériences très simples que l’idée d’une action spécifique de la lumière devait être rejetée et qu’on ne pouvait, en attribuant à la chaleur l'origine du phénomène, attribuer aucun rôte à la condensation des gaz, par le métal des ailettes.
- L'Éclairage Électrique du 21-novembre, p. 370.
- quait l’application dans un autre problème^ dans une note présentée à l’Académie des sciences.
- M. H. Becquerel, expose le résultat de nouvelles expériences sur les radiations émises par l’urane et les sels d’uranium qu’il a découvertes. Il avait observé que ces sels conservent plusieurs jours après leur exposition à la lumière la propriété d’impressionner les plaques photographiques à travers des corps opaques à la lumière. Il s’est demandé où était la source de cette énergie persistante et, sans avoir pu encore répondre à cette question, il a constaté que des fragments de sels d’urane enfermés sous un tube de verre scelle sur une lamelle de microscope, placés dans une double boîte close qu’on a laissée continuellement dans une salle obscure où la lumière du joui’ne pénètre jamais, ont conservé, depuis le 3 mai, et certains fragments depuis le 3 mars, la propriété d’émettre des radiations actives.
- L’air qui a été traversé par les rayons X décharge un électroscope sur lequel on l’insuffle. M. Becquerel a tenté la même expérience avec de l’air, bien débarrassé de poussières, qui avait passé sur des sels d’urane ou sur un culot métallique, préparé par AI. Moissan et contenant 95 p. 100 d’uranium. Chaque lois que cet air arrive sur la boule de rclcctroscopc, on voit se produire une déperdition rapide; l’air qui a passé sur les sels décharge plus vite que celui qui a touché le métal.
- M. Laurioj résume les travaux de l’acro-naute Lilienthal et projette les clichés originaux des photographies instantanées prises pendant ses tentatives de vol plané qui ont été interrompues par un accident mortel.
- M. L. Benoist présente Y électroscope à trois feuilles d’or dont la description a déjà été donnée dans ce journal ;ier août dernier).
- Si l’on appelle p le poids des feuilles, la charge nécessaire pour que les feuilles dé-
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- viées fassent un angle a avec la verticale a pour valeur
- 9 = 4l\Jp
- quand les feuilles sont au nombre de deux.
- quand on porte ce nombre a trois ; le rap-Port -~r qui est l’inverse de celui des sensibilités, est donc
- il part de 1,49 et va en augmentant avec «.
- L’angle d'écart peut s’élever jusqu’à 120°; mais quand il devient trop grand, le support agit comme une quatrième feuille et tend à le réduire; 011 obvierait h cet inconvénient en employant la leuille fixe elle-même à soutenir les deux autres.
- On voit facilement que. dans ce cas, les deux feuilles se repoussent quand l’angle de déviation dépasse 90"; 011 augmenterait encore la sensibilité en supprimant l’une d’elles. La formule devient alors
- q=AN~p sim
- l’appareil est presque un électromètre à sinus. Le petit électroscope à balle de sureau qui se trouve sur toutes les machines de Ramsden est en somme le type le plus sensible de ce genre d’appareils.
- M. C ikndron déclare que l’électroscope à trois feuilles d’or se trouve décrit dans Wic-demann et dans les Comptes rendus et que AI. Branly s’en est servi dans les expériences qu’il a exécutées, il y a trois ans. devant la Société de physique sur la variation de conductibilité des poudres métalliques (*).
- C) La deuxième édition du Traité d'électricité de G. Wie-demann contient l’indication (t. I, p. 156, note) d’un appa-
- M. V. Charud présente de nouveaux tubes à décharges destinés à produire avec beaucoup d’intensité les rayons Rœntgen. E11 faisant varier progressivement le degré de vide dans un tube dont la cathode est une calotte sphérique et l’anode une lame inclinée sur l’axe, on voit l’aspect de la décharge se modifier. Tout d’abord, les deux pôles sont entourés d’une auréole et une lueur verte apparaît limitée par un cône homocentrique à la cathode, ayant pour base le contour de la calotte et se prolongeant de l’autre côte. Quand le vide augmente, l’auréole disparaît, les deux nappes du cône se séparent, et un filet de plus en plus délié s’étend entre elles, tandis que les cônes vont en s’amincissant. La cause de ces phénomènes est encore ignorée. E11 portant la cathode parquatre pinces, on ne change pas leur aspect, ce qui ne permet pas de les attribuer à un défaut de contact qui se produirait au rivet ou à l’excès d’épaisseur au centre de la cathode. Les défauts de la courbure sont trop faibles pour avoir de l’importance.
- En photographiant à la chambre obscure des tubes de diverses dimensions, M. Cha-baud est arrivé à déterminer les meilleures conditions de fonctionnement et à construire un tube analogue à celui de M. Colardeau mais dans lequel la région offerte à la décharge est beaucoup plus grande et qui peut fonctionner avec une bobine donnant une distance explosive de 25 ou 30 cm. Ce tube décharge un électroscope à plus de 2 m de distance, et permet de voir, sur un écran fluorescent, la colonne vertébrale et les côtes d’un adulte q).
- C. R.
- reil de M. Kolbe (1888) et d'un de M. Exner (1887) qui comportent une tige ou lame centrale fixe. I.a dernière communication faite à la Société de physique par M. Branly, sur la conductibilité des g a*, remonte au 20 mai 1892 ; l’électroscope employé n’avait qu'une feuille d’or mobile. (Voir lui Lumière Électrique, t. XLIV, p. 437.)
- (!) Comme complément à notre compte rendu de la dernière séance de la Société de physique, du 37 juillet, donné dans l'Éclairage Électrique du août (p. 225), nous reproduisons la lettre suivante de M. d'Arsonval, relative à l’action des courants de'haute fréquence sur les toxines
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- . SOCIÉTÉ DE PHYSIQUE DE LONDRES Séance du 30 octobre 1896.
- Le professeur W. Stroud présente une communication sur une méthode de mesure exacte de la conductivité des électrolytes au moyen des courants continus, qu’il a étudiée en collaboration avec M. J.-R. Hkndeeson.
- Cette méthode consiste k placer un électrolyte de compensation dans la branche du pont de Wheatstone adjacente à celle qui con-
- bactérienues. (Voir L'Eclairage Électrique du 11 juillet, p. 83 et 84.)
- t Sans vouloir discuter actuellement, dit M. d’Arsonval, les idées de M. Marinier, je ferai remarquer que j’ai obtenu, d’une part,i’atténuation de toxines congelées, et que, d’autre part, j’ai détruit par la haute fréquence la virulence d'un venin de serpent cobra. Or, ce venin, donné à MM.Phisalix et Bertrand par M. Armand Gautier, ne perdait sa virulence qu’après avoir,été chauffé à 4- 150° en tubes scellés. Je me suis borné à électriser le venin dont la température n’a pas dépassé T 400. Ce sont MM. Phisalix et Bertrand qui ont procédés aux expériences avant et après électrisation.
- » L'action atténuatrice des courants à haute fréquence n’est point due, selon moi, à un effet calorifique. Je suis porté à croire qu’elle est plutôt d’ordre électrolytique. Il ne s’agit pas de l’électrolyse classique avec libération de produits chimiques au voisinage des électrodes, mais bien de décomposition et de combinaisons extrêmement rapides se faisant de molécule à molécule et n’entraînant l’apparition d’aucun produit à l'état de liberté.
- » Les phénomènes observés chez les animaux vivants et l’absence chez eux de toute élévation de température notable plaident en faveur de cette hypothèse, dont je démontrerai
- » Veuillez agréer, Monsieur le President, etc. »
- D’autre part, M. Ch.-Ed. Guillaume, empêché d’assister X la séance, euvovait la communication suivante :
- * Les expériences de M. Villard sur la dissolution des solides dans les gaz m’ont suggéré une explication d’une expérience de MM. Wilson et Gray, relative à l'abaissement de l’éclat du charbon positif dans l’arc électrique lorsque l’on augmente la pression du gaz ambiant. M. Violle avait pensé pouvoir conclure de ses belles recherches sur l’éclat du charbon de l’arc que sa température devait être limitée par un phénomène d’ébullition; dans cette hypothèse, l’expérience de MM. Wilson et Gray pourrait encore être expliquée, mais seulement en admettant des actions secondaires, comme la formation plus abondante de cyanogène, ou la présence, autour du charbon positif, de parcelles de charbon formant écran. Il semble plus satisfaisant d’admettre que le charbon se trouve dans l’air à l’état de dissolution, et que sa solubilité augmente eti même temps que la pression, comme l'indiquent, pour un certain nombre decorps,les expériences de M. Villard. 11 serait naturel d'admettre alors que la température baisse pour une même quantité dissoute. >
- tient l’électrolyte dont on veut connaître la conductivité, de telle sorte que les forces électro-motrices de polarisation dans les deux électrolytes se compensent dans leurs effets sur le galvanomètre. Les auteurs ont constaté que si les résistances des branches du pont sont grandes (20 000 ohms) et la force électromotrice dans le circuit de pile d’environ 30 volts, la mesure de la résistance d’un électrolyte (chlorate de potassium dans leurs expériences) peut se faire avec une approximation de 1/200. Avec un galvanomètre Deprez-d’Arsonval l’électrolyte de compensation est si eificace que la mesure se fait aussi facilement que dans le cas d’une résistance métallique.
- M. Apjm.eyaro présente ensuite divers modèles de Vibrateurs électriques Trevelyan,
- Le plus intéressant est constitué par deux cylindres de charbon fixés à une des parois d’une boîte de résonance sur laquelle est fixé un diapason. Sur ces cylindres repose un troisième cylindre de charbon de manière à former un microphone, monté en série avec deux électro-aimants disposés près des branches du diapason. Si l’on fait passer un courant suffisamment intense dans le circuit de ces électro-aimants et du microphone, et qu’on mette le diapason en vibration, celui-ci communique ses vibrations au microphone qui, modifiant synchroniquement l’intensité du courant passant dans les électro-aimants, entretient le mouvement du diapason.
- Dans un autre modèle, un cylindre de charbon reposant sur deux cylindres de charbon, horizontaux, sert de couteau d’oscillation à un petit pendule. Lorsqu’on réunit les deux cylindres supports aux deux pôles d’une batterie, l’amplitude des oscillations du pendule est notablement augmentée pendant la durée du passage du courant.
- Séance du 13 novembre.
- Le professeur Tiirelkau, et M. Pollock communiquent une note sur quelques expériences faites avec les rayons de Rœntgen qui,
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- en l’absence des auteurs est lue par le secrétaire de la Société.
- Dans cette note, après avoir décrit une forme de tube de Crookes d’une construction extrêmement facile et donnant cependant des effets très puissants, ils indiquent les diverses expériences qu’ils ont faites, et les conclusions qu’ils en ont déduites. Nous nous bornons à reproduire ces conclusions, le compte rendu extrêmement sommaire qui nous est communiqué ne nous donnant -aucun détail sur les expériences elles-mêmes :
- i° Les radiations de Rœntgen ne consistent pas en une projection de matière gazeuse ou du moins, s’il en est ainsi, la quantité de matière mise en jeu est extraordinairement petite;
- 2° Les radiations de Rœntgen ne consistent pas en une projection de flux éthérique ayant une vitesse supérieure h quelques centaines de mètres par seconde, tout au moins quand ces radiations sont produites dans l’air ou dans la benzine;
- 3° Les propriétés de l’éther, en ce qui concerne la vitesse de propagation des ondes électromagnétiques , ne sont pas beaucoup altérées (et même ne le sont nullement dans les limites des expériences des auteurs) par les radiations de Rœntgen, au moins quand ces radiations sont produites dans l’air ou dans la benzine ;
- 4" La résistance d’un fragment de sélénium très pur fixé entre deux électrodes de platine est affectée par les radiations de Rœntgen et la variation observée est de l’ordre de grandeur de celle que produit la lumière diffusée;
- 5° Aucune force électromotrice temporaire ou permanente ne résulte de l'action des radiations de Rœntgen sur le sélénium.
- A la suite de la lecture de cette note, E. Shelford Bidwei.l dit avoir fait quelques recherches sur l’action des rayons de Rœntgen sur la résistance du sélénium et n’avoir constaté aucune variation bien que le dispositif qu’il employait eût permis de déceler une variation beaucoup plus petite que celle
- qu’ont observée MM. Threlfall et Pollock, Peut-être, ajoute-t-il, faut-il attribuer cette divergence de résultats à ce que dans ses expériences les rayons de Rœntgen étaient émis par une lame de platine placée a l’intérieur du tube tandis que dans celles des auteurs ils étaient émis par la région de la paroi du tube rencontrée par les rayons cathodiques.
- A ce sujet le professeur Silvanus Thompson fait remarquerquebiendespoints de l’histoire des rayons de Rœntgen demanderaient à être éclaircis. Par exemple l’hypothèse qu’ils résulteraient de mouvements vorticiels de l’éther n’a pas été suffisamment examinée ; d’autre part il résulterait des expériences de M. La-fa y qu’après avoir traversé un écran métallique électrisé, les rayons de Rœntgen peuvent être déviés par l’aimant (* *). de celles du prince Galitzine qu’ils peuvent être polarisés par la tourmaline (2), résultats qu’il n’a pu obtenir malgré de nombreux essais; le fait annoncé par M. J.-J. Thomson que sous l’influence de ces rayons la paraffine devient conductrice demanderait également à être prouvé d’une façon plus satisfaisante (3) ; enfin, en ce qui concerne la longueur d’onde, tandis que certains observateurs ont trouvé des valeurs dix fois plus petites que celles des longueurs d’onde des rayons du spectre ultraviolet, d’autres ont obtenu des longueurs d’onde plus grandes que celles des rayons du spectre infra-rouge.
- M. S. Thompson critique ensuite un dispositif des expériences de MM. Threlfall et Polloch.
- M. Bry.w présente un mémoire, fait en collaboration avec le D1' Barton sur Y absorption des ondes électriques propagées le long des Jils par un pont placé aux extrémités.
- Dans leurs expériences, les oscillations,
- fl) L’Éclairage Électrique, t. VII, p. 133 et 134; 18 avril r 896.
- (*) L'Éclairage Électrique, t. VII, p. 178; 23 avril 1896. d) L'Éclairage Électrique, t. VI, p. 454; 7 mars 1896.
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- produites par le dispositif de Bjerkness, se propageaient le long de deux fils métalliques parallèles de 116 m de longueur et étaient mesurées au moyen d’un petit électromètre dont l’aiguille n’était pas chargée. La résistance employée pour former le pont était constituée par un trait de graphite tracé sur un verre dépoli. Trois résistances ont été employées: l’une d’elles avait, aussi exactement que possible, la valeur nécessaire, d’après la théorie de M. Heaviside, pour éteindre complètement l’onde réfléchie; des deux autres, l’une avait une valeur plus grande, l’autre vnc valeur plus petite que la précédente. Pour chaque cas les prévisions delà théorie se sont trouvées confirmées ; il est donc démontré expérimentalement que les ondes réfléchies peuvent être éteintes par une résistance convenable.
- Dans la discussion qui suit cette communication, M. Blakesley demande aux auteurs s’ils ont tenu compte de la capacité du fil, AI. Campbell s’informe si les valeurs données pour les résistances sont exprimées en ohms ou en unités électromagnétiques, et M. Bidwell si les résistances formées par un trait de graphite suivaient la loi d’Ohm, ayant lui-mème observé que la valeur des résistances de ce genre varient avec l’intensité du courant employé.
- Al. Appleyard fait remarquer à Al. Bidwell que la variation qu’il a constatée peut provenir de mauvais contacts de la résistance et des fils d’amenée et de sortie du courant, tandis que AL Campbell, appuyant l’observation de M. Bidwell, dit avoir observé des vaFiations analogues dans la résistance d’un mélange d’argile et de plombagine dont les contacts avec les électrodes étaient parfaits.
- Répondant aux questions de AL Blakesley et de AL Campbell, AI. Bryan dit que la capacité des fils a été négligée et qu’une mesure très exacte des résistances était inutile dans les expériences. J. B.
- Influence de l’aimantation sur les forces électromotrices des piles dont le fer est un des éléments.
- Par Ulysse Lala et A. Fournier '*)
- « Un couple thermo-électrique était constitué par une lamelle de cuivre serrée fortement entre les deux armatures d’un électroaimant Faraday, de manière à former un élément symétrique. Un galvanomètre à réflexion,. placé dans une salle éloignée, communiquait par l’une de ses bornes avec l’électrode cuivre du couple, l’autre borne étant en relation avec l’armature fer et le sol.
- » L’élément thermo-électrique était chauffé le temps nécessaire à la production d’une déviation fixe de l’image lumineuse réfléchie par le miroir du galvanomètre. Cette déviation était d’environ 6 cm. L’état stationnaire ainsi établi, on excitait l’élcctro-aimant par le passage d’un courant de 8 ampères, fourni par une batterie d’accumulateurs. On observait un déplacement permanant de 3 mm environ durant l’existence du champ. Ce déplacement, dont le sens ne changeait pas par le renversement du courant excitateur, accusait une diminution de force électromotrice. C’est un résultat analogue à celui qui a été constaté par Al. Grimaldi sur un couple thermo-électrique bismuth-cuivre.
- » Nous avons vérifié que la création du champ n’amenait aucune déviation permanente dans le galvanomètre. L’établissement du champ produisait au contraire un déplacement très faible (1 mm environ) disparaissant rapidement et en sens inverse de celui du phénomène observé. D’ailleurs par la suppression du courant, l’aiguille du galvanomètre reprenait sa position initiale. La diminution de force électromotrice était donc due à l’action du champ sur le couple.
- » En réalisant les mêmes conditions de symétrie que pour l’élément thermo-électrique, nous avons renouvelé l’expérience
- (') Comptes rendus, t. CXXII1, p. 801, séance membre 1896.
- du 16
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- avec un couple hydro-électrique formé par un bloc évidé de paraffine de 7 mm a 8 mm d’épaisseur, dont les armatures de l’électro constituaient à la fois les faces et l’une des électrodes. Ce bloc contenait de l’eau distillée dans laquelle était plongée, entre les deux faces fer et à une fraction de milimètre de chacune d’elles, une lame de cuivre formant la seconde électrode.
- » La méthode n’a pas varié. Cet élément hydro-électrique donne un courant légèrement inférieur à celui du couple thermo-.électrique fer-cuivre. Le phénomène observé a été‘de même nature et la diminution de force électromotrice pendant l’existence du champ a été d’environ de la force électromotrice normale de la pile.
- » Cette expérience, en contradiction avec les résultats obtenus par MM. E.-L. Nichols et W.-S. Franklin, confirme, par une méthode expérimentale .différente, ceux de MM. H.-A. Rowlandet L. Bell. Hurmuzescu et les prévisions théoriques de M. Janet et de M. Duhem. »
- Phénomène de Hall dans les liquides ;
- Par II. Baüard (').
- Dans une note communiquée au commencement de l’année a l’Académie des sciences, l’auteur montrait que, contrairement aux résultats des expériences de M. Roiti, le phénomène de Hall se produit dans les liquides et que dans le sulfate de zinc ce phénomène est du même sens et du même ordre de grandeur que dans le bismuth (2). Dans ces expériences la lame liquide soumise à l’action du champ magnétique n’avait que 1,6 mm d’épaisseur et le courant qui la traversait normalement à ce champ ne tardait pas à l’échauffer par effet Joule. Pour atténuer cet échauffc-ment, gênant pour la précision des mesures,
- pi jour ml de- Physique, 30 série, t. V, p. 499.
- jpl L’Éclairage Électrique, t. VI, p. 176, 25 janvier 1896.
- l’auteur a été conduit à augmenter l’épaisseur de la lame liquide et dans les expériences qui font l’objet de son nouveau mémoire, il a opéré sur des lames liquides de i cm d’épais-
- L’appareil employé, que représentent les figures i et 2, se compose d’une petite cuve
- Fig. 1 et 2. —Coupe verticale et vue en plan de l'appareil de .M. Bagard pour Tétude du phénomène de Hall dans les liquides.
- ABC dont les parois sont formées de lames de verre reliées entre elles par du mastic Golaz. L’espace B constitue la lame liquide rectangulaire de 1 cm d’épaisseur communiquant avec le liquide des auges A etC; sa longueur .dans le sens cdj est de 40 mm, sa largeur de 38 mm. Dans les auges A et C, plongent les électrodes planes (zinc amalgamé ou cuivre) A et C qui occupent toute la largeur de la cuve et sont distantes de 76 mm environ ; les auges sont complètement fermées à la partie supérieure. La cuve entière plonge dans un bain d’eau distillée à la température du laboratoire, et le tout est disposé entre les pôles d’un fort électro-aimant de Euraday vertical dont les pièces polaires, distantes de 3 cm, sont constituées par des cylindres de 7 cm de diamètre et de 24 mm d'épaisseur.
- Les liquides soumis aux expériences étaient des dissolutions de sulfate de zinc ou de sulfate de cuivre à divers degrés déconcentration; les champs magnétiques employés étaient respectivement de 385,707 et 962 unités CGS ; le courant était fourni par des éléments Daniel), montes en tension et dont le nombre
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- variait de 3 a 10, suivant le degré de concentration de la dissolution, de telle sorte que l’intensité du courant, mesurée au moyen d’un galvanomètre Dcprez-d’Arsonval, insensible à l’action de l'électro-aimant, resta toujours voisine de 0,05 ampère.
- Les mesures consistaient a prendre les différences de potentiel Va — V& = e et Vc — Yd — E entre les points a et b d’une part et les points c et d. Dans ce but la paroi de verre qui limite la lame liquide B à sa partie supérieure est percée de quatre petits trous a,b*cfd, disposés en croix. Les trous a,b sont distants de 8= 3,2 cm ; les trous c et d sont distants de S'= 1 cm; le liquide communique par ces ouvertures et des tubulures et siphons appropriés avec de larges électrodes indépendantes du reste de l’appareil, non représentées sur les ligures. Les différences de potentiel Va —V& et Vc —Yd étaient mesurées par la méthode d’opposition à l’aide de l’électromètre capillaire.
- Les quotients -y- et donnent les composantes de la force électrique suivant les deux directions rectangulaires ab et cd après l’action du champ magnétique. Par conséquent si ab coïncide avec la direction de cette force avant l’établissement du champ,
- donne la tangente de l’angle dont la force électrique a été déviée par l’action du champ c'est cette quantité que M. Bagard prend pour mesure de l’effet Hall.
- Pratiquement la direction ab ne coïncide pas exactement avec celle de la force électrique avant l’action du champ. Mais on peut facilement éliminer cette cause d’erreur en mesurant les valeurs a, et E„ e% et E2 correspondant respectivement à une certaine direction du champ magnétique et à sa direction inverse ; 011 trouve, en effet, par un calcul simple,
- et pour l’angle a de la direction a b avec celle
- des lignes équipotentielles avant l’établissement du champ,
- _ o' e, + et
- a ~ § E, + E2 ‘
- On laisse le courant passer pendant une heure avant de commencer les observations ; puis on établit le courant dans l’éfectro-ai-mant, alternativement dans un sens et dans l’autre pendant des périodes successives de 10 minutes. La ditférence e varie très rapidement pendant la première minute de chaque période, puis elle varie beaucoup plus lentement pendant les minutes suivantes et se fixe même généralement dès la troisième ou la quatrième minute. On mesure la différence E vers la fin de la période et l’on fait une dernière lecture de a à la dixième minute, au moment de renverser le courant de Pélectro-
- Ges expériences ont montré que, contrairement aux résultats des premières, l’effet Hall prend généralement de suite une valeur définitive pour une intensité de courant et un champ magnétique donnés. L’augmentation progressive observée autrefois provenait de l’effet Joule.
- Voici, à titre d’exemple, les valeurs de a et de D trouvées pour une dissolution de sulfate de zinc contenant par 1000 gr d’eau un poids de sel anhydre égal au 1/16 de son poids moléculaire ; t indique la température de l’expérience, II l’intensité du champ magnétique en unités C.G. S. I l’intensité du courant en ampères.
- 220 385 0,0267 2ÿ 707. 0,0266 230 962 0,0267
- 24° 3S5 0,0102
- 0,0128 44'
- 0,0122 42'
- 0,0120 4l'20"
- 0,0123 4220"
- 0,0025 8'4û"
- 0,0027 9'2o'’
- 0,00,5
- 0,0016 5'30"
- De l'ensemble des expériences il résulte que l’effet Hall augmente : i° quand la teneur en sel de la dissolution diminue ; a° quand la densité du champ magnétique augmente ; 3° quand l’intensité du champ magnétique augmente, J • B*
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- CHRONIQUE
- L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE EN FRANCE
- Paris. — Traction. — La question de la traction électrique à Paris a été, G semaine dernière, l’objet des discussions des commissions nommées à cet efïetparle Conseil municipal et leConscil général.
- Dans la séance du mercredi 18 novembre, de la commission municipale, M. Thuillier, qui, ainsi que nous le disions dans notre dernière chronique avait donné sa démission de président, est revenu dès le début de la séance sur sa décision et a repris le fauteuil présidentiel.
- Il a ensuite donné la parole à M. Berthelot, rapporteur, qui a donné à la commission communication d'une lettre de M. Berlier, annonçant qu’il accepte de faire raccorder le chemin tubulaire avec le réseau métropolitain sur tous les points où cela sera possible.
- M. Berthelot déclare qu’à son avis la proposition doit être acceptée.
- Une discussion très vive s’engage alors à cc sujet entre plusieurs membres de la commission et M. Muzet.
- MM. Puech, Landrin et Caron prennent la parole et disent que la commission doit donner mandat à son rapporteur pour que, dans le plus bref délai, il dépose des conclusions tendant à faire classer en première ligne et avec un caractère d'extrême urgence, la transversale Est-Ouest, qui devra être exécutée avant toutes les autres.
- La question des voies et moyens est réservée.
- M. Muzet demande à la commission de décider que cette ligne transversale devra, entre la place de l’Hôtel-de-Ville et la place de la Concorde, suivre la ligne des quais au lieu de la rue de Rivoli.
- M. Berthelot fait observer que le tracé proposé par M. Muzet n’a pas etc soumis à l’enquête, et que la proposition du conseiller du quartier du Palais-Royal ne peut,’par conséquent, être adoptée.
- Conformément aux observations du rapporteur, la commission rejette la proposition deM. Muzet.
- De son côté la commission du Conseil général a pris, sur le rapport de M. Puech, les résolutions suivantes, relativement à la demande faite par la Compagnie des Tramways-Sud de substituer la traction électrique à la traction animale sur la li-
- gne de la Bastille à la porte Dorée et à Charenton, par Saint-Mandé :
- Autorisation sera donnée à la Compagnie de substituer à ses frais et à ses risques et périls la traction mécanique à la traction animale.
- Cette traction sera électrique à titre d’expérience et d’essai avec prise de courant par fil aérien sur l’avenue Daumesnil, et par conducteur souterrain aux traversées des voies, places et carrefours. Le nouveau mode de traction sera installé de façon à assurer en même temps l'éclairage électrique de l'avenue Daumesnil.
- Pourtant cette autorisation sera précaire et dans le cas où la Ville de Paris jugerait qu’elle ne devrait pas prendre un caractère définitif, la Compagnie devrait alors rétablir les voies dans l’état actuel,
- Les voitures seront sans impériales. Dans Paris, les prix seront de o,2ofr à l’intérieur du tramway et de 0,15 fr sur la plate-forme. En dehors des barrières, les prix seront de 0,15 fr et de 0,10 fr. Cependant, lorsque les voyageurs s'arrêteront à mi-chemin du parcours hors barrières ou monteront dans le tramway de Saint-Mandé, les prix tomberont à 0,10 fr et 0,05 fr.
- Ces résolutions ont été adoptées par le Conseil généraL dans sa dernière séance, malgré l’opposition de MM. Landrin, Bussinet, Caplain et Quen-tin-Bauchart, qui ne veulent pas laisser pénétrer dans Paris le système de traction à trôlet.
- Paris.— Éclairage. — D’après le rapport présenté par le Conseil d’administration de la Société anonyme d’éclairage électrique du secteur de la place Clichy, à l’assemblée générale ordinaire du 29 octobre dernier, le développement de ce secteur du 30 juin 1895 (voir LÉclairage Electrique, du 9 novembre 1895, t. V, p. 287), au 30 juin de cette année est donné par le tableau suivant :
- A"3o)uîn Au Aufjmen
- Développement du ni m m
- réseau 58533,2" 67020,50 8487,,
- Canalisation à 5 fils 55526,90 63127,90 7601,r
- Développement des câbles 257634,50 315639’50 38005,0
- Canalisation feè -
- ders -1494,5° 24243,10
- Développement des
- feeders 42 989,00 48486,20 5497,
- Câbles d’éclairage
- public 6529,00 9191,20 2C62,
- Développement to-
- tal des câbles . . 32;i5a,50 3733i6>9° 46164,
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- L’augmentation considérable du réseau des câbles d'éclairage public est due à la canalisation de l’avenue de Saint-Ouen et du square des Epinettes dont l’éclairage, commencé depuis le 11 juillet, est assuré par 28 lampes à arc.
- Le nombre des branchements et des colonnes montantes a également augmenté suivant les indications suivantes :
- Branchements extérieurs. Colonnes montantes . . . Branchements intérieurs
- simples.............
- Branchements intérieurs sur colonnes montantes Nombre des compteurs en
- Nombre des abonnés en
- 585
- (•62
- 712 2168
- :64b 2161
- 23/
- 138
- 456
- 5i5
- Les colonnes montantes continuent à être mieux utilisées. Si l’on admet, en effet, qu’une colonne montante doit desservir en moyenne six logements, les 585 colonnes installées devraient alimenter 3 510 logements. Or ce nombre est actuellement de 1641, soit 47 p. 100 du nombre moyen, tandis que l’an dernier il n’atteignait que 44 p. 100.
- L'utilisation de l'énergie électrique pour actionner les ascenseurs se développe rapidement. Actuellement le secteur dessert 103 ascenseurs dont 54 purement électriques et 51 hydro-élcctriqucs, c’est-à-dire employant l'électricité pour comprimer toujours la même eau. La dépense de courant pour les ascenseurs de la première categorie est en moyenne de 17 fr par mois, tandis que pour les seconds elle s’élève 335 fr.
- Le chauffage électrique sc développe peu à peu; le secteur alimente plusieurs installations équivalant à 238 lampes de 10 bougies.
- L’utilisation totale du réseau est indiquée par les chiffres suivants en lampes de 10 bougies :
- Éclairage des parti- J
- culiers...........91931 110 440 18509
- Force motrice. . . . 2830 7580 4750
- Chauffage......... ». 258 258
- Éclairage public . . 710 710 0
- Nombre total. . . . 95471 118988 23517
- De ces chiffres et de ceux des tableaux précédents il ressort que la moyenne de lampes par abonné est de 55 et que le nombre de lampes
- par 100 mètres de canalisation atteint 175 pour l’éclairage et 13 pour la force motrice et le chauffage. Mais ce dernier nombre a déjà subi une augmentation notable du fait que le secteur fournit l’énergie nécessaire à la construction du grand collecteur de la Trinité à la porte Clichy, non seulement pour l’éclairage des travaux, mais encore pour la manœuvre des presses hydrauliques actionnant le bouclier d’avancement, celle des pompes d’épuisement et le transport des déblais et des matériaux de construction.
- De l’examen de la partie financière du rapport il résulte que les dépenses totales d’exploitation se sont élevées à 562 661,15 fr en augmentation de 40 656,70 fr sur celles du précédent exercice, soit 8 p. 100 d'augmentation. Les recettes de l’exploitation ont été de 1754 758,50 fr présentant une augmentation de 237 170,65 fr ou 16 p. 100 sur celles du précédent exercice. Ces recettes comprennent :
- Éclairage public . . . . 51661,90 fr
- Éclairage privé......... *54u«5li35 *
- Recettes diverses. . . . 163045,55 »
- T 75d “58,80 fr.
- Les recettes de l’éclairage privé se répartissent de la manière suivante, en comprenant .sous le titre d’éclairage commercial, l’éclairage des cercles, théâtres, journaux, hôtels, bureaux, etc., et réservant celui d’éclairage domestique à l'éclairage des appartements privés.
- Éclairage commercial . . • 622 35684 942985,sofr 26,42 fr
- Éclairage do -
- mestique . . 1420 74753 566082,45 » 7,57 »
- Force motrice. 115 7580 30654,50» 4,04»
- Chauffage. . • 4 258 329>10 * L27 >'
- 2161 118278 1540051,35 fr 13,02 fr
- Le produit net de l’exploitation a été de 1 192097,65fr, qui a permis de porter 43 267,lofr au compte de réserve, 337843,4ofr au compte d'amortissement du capital actions, 200 000fr au compte de rachat des parts de fondateurs et 200 000 fr pour le dividende des actions à raison de 5 p. 100.
- Batna [Algérie). - - Eclairage, — Le conseil municipal de Batna a voté dernièrement un crédit
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- destiné à couvrir les frais d’installation de l’éclairage électrique de l’hôtel de ville.
- Belfort. — Eclairage. — Dans une de ses dernière séances le conseil municipal a renvoyé à la commission des travaux la question d'éclairage du nouvel hôpital.
- Pour l’éclairage à l’électricité, la Société alsacienne fait des propositions très avantageuses et des réductions importantes sur ses prix habituels. Les frais d’installation seraient d’environ yoooofr et la dépense annuelle de 5 000 à 6 000 fr.
- Le conseil convient que l’éclairage électrique serait préférable sous tous les rapports à l’éclairage au gaz. Reste à savoir si le traité signé, il y a douze ou quinze ans, avec la Compagnie du gaz et lui conférant le monopole de l’éclairage à Belfort, permet de réaliser ces desiderata.
- Besançon. — Traction. — Voici quelques nouveaux- détails complétant ceux que nous avons déjà donnés (t. VII, p. 236) sur l’important réseau de tramways électriques que l’on doit établir à Besançon.
- Le réseau comprendra, comme il a été dit, 5 lignes; le conseil municipal examinera prochainement en séance publique la question de l'emplacement des stations.
- Le cahier des charges fixe ainsi qu’il suit le nombre minimum des voyages qui doivent être effectués sur chacune des lignes : Première et deuxième ligne, 6 voyages par heure ; troisième, quatrième et cinquième ligne, 12 voyages par heure.
- Le service fonctionnera : en été (du icrmai au 30 septembre) de 6 heures du matin à 9 heures du soir; en hiver, de 7 heures du matin, à 8 heures du soir; en outre, une voiture prendra les voyageurs à la sortie du théâtre municipal.
- La taxe maxima, quel que soit le parcours, est fixée à 10 centimes.
- Les trains, qui se composeront ordinairement d’une seule voiture et extraordinairement de plusieurs. prendront des voyageurs pendant toute la durée du parcours, à moins toutefois qu’ils ne se trouvent dans un passage étroit et par suite dangereux pour la circulation ou la sécurité des piétons et des voyageurs, ou encore dans une forte rampe.
- La station centrale devant produire l’énergie électrique est en construction ; son équipement comprendra deux moteurs à vapeur de 230 chevaux
- actionnant deux dynamos de 300 ampères sous 500 volts.
- Dans les rues ou sur les quais, le câble aérien qui doit transmettre le courant aura 8.4 mm de diamètre, il sera suspendu au moyen d'appliques on de poteaux, à 7 m de hauteur.
- Bordeaux. — Traction. — On sait qu'une sons-commission technique a été institutée (Voir Éclairage Electrique, t. VIII, p. t88 et 283), pour étudier les différents modes de traction mécanique pouvant être appliqués au réseau de tramways de Bordeaux. Cette sous-commission, de retour des différentes villes où sa mission l’appelait pour examiner les modes de distribution d’énergie électrique en usage sur les lignes de tramways, vient de publier un rapport très détaillé sur ce point. En voici les principales conclusions :
- Sans négliger les avantages du fil aérien la commission prétend qu’un tel système est inadmissible sur de nombreux points du réseau, mais que toutefois il pourrait être toléré sur certaines lignes.
- Des différents systèmes de conduites souterraines, la commission donne la préférence à celui dit à grand caniveau et encore lui parait-il irréalisable au passage des ponts.
- La traction par accumulateurs, étudiée à Paris, a bien aussi ses désavantages, notamment celui de coûter 0,10 fr plus cher par voiture-kilomètre que tout autre système. Cependant l’avis de la commission est que la ville de Bordeaux aurait tout intérêt à autoriser le concessionnaire à faire, s’il le désire, sa traction dans la ville tout entière avec des accumulateurs, mais qu’en outre, il serait essentiel de stipuler dans le cahier des charges que la Ville serait autorisée à profiter des progrès de la science et d’admettre plus tard tout nouveau mode de traction qui serait reconnu supérieur à celui primitivement adopté.
- D’autre part, la sous-commission du tracé des lignes a adopté les résolutions suivantes :
- Ligne >T 1 des quais. — La voie sera doublée depuis le pont de la Compagnie du Midi jusqu’au quai de Brienne et continuée sur le quai de Baca-lan jusqu’au bassin à flot.
- La tête de ligne des tramways des quais sera placée vis-à-vis la gare du Midi et le service des quais de Pa-ludate etdeBriennefait avec des voitures spéciales.
- Des voitures stationneront devant la gare du Midi à l’arrivée de chaque train.
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- Ligne n° 1 bis. — Il sera créé, dans la rue de Lormont, une ligne 110 1 bis, depuis le bassin à flot jusqu'au boulevard Albert-Brandenburg, qui sera, si possible, reliée par des rails placés sur deux ponts tournants avec la ligue n" 1.
- Ligne n° 2. — La ligne de la Bastide sera à double voie dans l'avenue Thiers, et la voie de la rue de la Bonauge prolongée jusqu'au quai Deschamps.
- La voie de la rue Calvimont sera conservée pour le cas où le passage de la rue de la Bonauge devant le pont produirait trop d’encombrement. La voie sera doublée sur les quais Deschamps et de Qucy-ries, dès que la municipalité l’exigera.
- Ligne «°;, — La ligne des Cours sera prolongée jusqu'à la gare du Médoc ; la voie sera doublée sur le cours Balguerie-Stuttenberg et la rue Lucien Faure.
- Ligne u" 4. — La ligne d’Ornano sera prolongée en double voie sur le boulevard jusqu'à la rue de Pessac et la rue Judaïque.
- Ligne ri: 5.— La voie sera doublée sur la ligne Eondabcge dans la rue portant ce nom sur le boulevard de Caudéran jusqu’au cours Saint-Médard.
- Ligne tf 6. — La ligne des rues Judaïques et de la Croix-Blanche sera doublée sur son parcours du cours Saint-Médard, du boulevard de Caudéran jusqu'au cimetière protestant.
- Ligne n° 8. — La voie sera doublée sur la ligne des routes de Bayonne et de Toulouse.
- Une double voie sera construite sur le boulevard de Valence entre ces deux routes et rue Duffour-Dubergier une fois terminée.
- Ligne u° p, — La ligne n° 9 sera établie en double voie sur le boulevard de Bègles, depuis la rue de Bègles jusqu’à la route de Toulouse, empruntera à cette dernière une partie de sa longueur et passera en double voie par la route d’Espagne et en simple voie par la rue Pelleport jusqu’à la gare du Midi.
- Ligne n° 10. — La ligne du quai des Chartrons à la barrière du Médoc sera entièrement à double
- Ligue un 11. — Cette ligne part du quai des Chartrons et passera par les rues Baste, après l'ouverture de cette voie, Camille-Godard, Labottière et David-Johnston, pour aboutir à la barrière du Médoc.
- Ligne n° 12.— Un service spécial serait établi par les boulevards extérieurs, dont les diverses parties appartiennent aux lignes n'" 4 à 10.
- Les départs seraient espacés de 5 minutes sur les lignes de 1, 3, 5 et 6 et de 7 minutes sur les autres. A partir de 8 heures du soir, les départs n’auraient lieu que toutes les 10 minutes.
- Ces conditions d’exploitation seront, sans doute, l’objet d’une nouvelle discussion.
- Bourgoin {Isère). — Traction. — La commission des chemins de fer du Conseil général de l’Isère vient d’examiner la demande en concession de M, Régis Moyroud d’un tramway électrique entre Bourgoin et Châteauvillain, ppur lequel le département n’aura à payer ni garantie d’intérêt ni subvention.
- Elle a accordé la concession et a délégué à la Commission départementale tous les pouvoirs nécessaires pour terminer cette affaire dont la solution est vivement attendue par l’industrie régio-
- Limoces (Haute-Vienne). — Station centrale. — Une nouvelle compagnie d’électricité, portant le nom de « Compagnie centrale d’eciairage et de transport de force par l’électricité », vient d’être fondée à Limoges par MM. Laroudie et Rougerie.
- Cette compagnie, au capital de 1 soo 000 fr, a pour but l’exploitation de la concession relative à la distribution de l'énergie.électrique pour l'éclairage de Limoges et, de concert avec la compagnie départementale des eaux, le transport de la force hydraulique pour actionner l'outillage des usines, les tramways, etc. Le conseil d’administration, composé de 4 membres, est constitué par MM, Laroudie, Rougerie, Saillard, directeur de la Compagnie départementale des eaux et chemins municipaux, Laisant, répétiteur à l’École polytechnique.
- Tout d’abord ccttc compagnie exploitera la concession accordée le 22 juin 1896 à MM. Laroudie et Rougerie autorisant ces derniers à installer à Limoges un réseau de conducteurs pour la distribution de l’énergie électrique destinée à l’éclairage.
- Ce traité, d'une durée de 75 années, ne visait que l'éclairage. A la suite de l'entente qui vient d'avoir lieu avec la ville, les concessionnaires sont autorisés à délivrer aux particuliers qui la leur demanderont l'énergie pour la force motrice et autres usages.
- A l’expiration de la trentième année de la con-
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- V ÉCLAIRAGE É L E C T RIQ U E
- cession, la Ville aura, à toute époque, le droit de rachat: mais en ce dernier cas, elle devra payer chaque année, aux concessionnaires, jusqu à 1 expiration du traite le 31 décembre 1971,une annuité égale au bénéfice net moyen des trois années qui auront précédé celles du rachat; en outre, toutes les machines, le matériel, la canalisation, etc., seront repris par la ville à dire d'experts.
- D'après les clauses de l'article 20 du traité ; tous frais d'exploitation, amortissement et intérêts déduits, la moitié des bénéfices nets au delà de 6 p. 100 sera partagée avec la ville.
- La Compagnie espère dès le début alimenter en moyenne 6 000 lampes représentant une consommation annuelle de 330 000 kilowatts-heure et distribuer comme force motrice 120 chevaux représentant par an 130 000 kilowatts-heure. L'usine doit donc fournir annuellement un débit de 500 000 kilowatts heure.
- D’après les données qui lui ont été fournies par les constructeurs, la Compagnie estime à 0,13 fr le prix de revient maximum à l'usine du kilovatt-heure.
- Les frais généraux sont évalués à 67 ooo fr se décomposant en : personnel 33 000 fr, entretien 24 000 fr, patentes, assurances, 8 000 fr; en tenant compte de cet élément dans l'établissement du prix de revient du kilowatt-heure à l'usine, on obtient les chiffres suivants :
- Les fondateurs estiment à 17 p. 100 au maximum de la production totale, l'influence des causes diverses de perte sur l’ensemble du réseau. Si l'on fait rentrer cet élément dans les calculs, on obtient le prix de revient dukilowatt-heurechez l'abonné.
- Aux termes du traité avec la ville, les tarifs à percevoir sont les suivants ;
- Pour éclairage : 1" une taxe fixe de 130 fr par kilowatt-heure installé chez l'abonné ; 20 une taxe fixe de 0,30 fr par kilowatt-heure consommé, La combinaison de ces deux taxes fera ressortir à 0,623 R Par kilowatt-heure consommé,
- Pour force motrice : r* une taxe fixe de 130 fr comme ci-dessus; 2" une taxe de 0,23 fr par kilowatt-heure consommé.
- Si l'on adopte les chiffres des fondateurs comme prix de revient du kilowatt-heure chez l'abonné on arrive à cette conclusion que c’est à partir d'une consommation de 300000 kilowatts-heure par an que la ville viendra au partage des bénéfices.
- L’usine est prévue,en tant que terrain et bâtiments pour une production annuelle de t 200 000 kilowatts-heure, mais la machinerie et la canalisation qui seront montées dès le début correspondront seulement à une production annuelle de 600 000 kilowatts-heure.
- Lorsque ce chiffre sera dépassé, de nouvelles unités seront installées, et on estime dès à présent les dépenses de ce chef à 30 000 fr par 100 000 ki-low'atts-heure à produire par an.
- Malicorxe iSarthc). -- Eclairage. L'utilisation des cours d'eau pour la production de l’énergie électrique paraît devoir se généraliser de plus en plus, en France. Aux nombreuses installations que nous avons déjà signalées, nous ajouterons celle qui vient d'être réalisée à Malicorne.
- Cette installation est duc en grande partie au marquis de Vesins qui, disposant d’une force hydraulique de près de 40 chevaux, fa utilisée pour l'éclairage public et privé à raison de 23 lr par lampe, prix accepté antérieurement par le conseil
- Pont-Saint-Vincent (.Meurthe-et-Moselle), — Eclairage. — Les conseils municipaux de Pont-Saint-Vincent et Neuves-Maisons se sont réunis en séance extraordinaire pour examiner une proposition faite au sujet de l'éclairage à l’électricité de ces deux villages.
- On utiliserait la chute d'eau de Messin pour actionner des turbines et des dynamos.
- Saint-Quentin(Atsne). — Éclairage.— Au nombre des travaux devant être effectués prochainement à Saint-Quentin, figure la réfection des ponts de la rue de La Fèrc et l'abaissement éventuel du
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- R E VIJ E D ’ É L E C T RICI J’É
- lit de la Somme. Il est question de créer ainsi une chute susceptible de produire une puissance hydraulique utilisable pour l'éclairage de La ville.
- Saint-Maur-les-Fossf.s {Seine). — Éclairage. — Les propositions d'éclairage électrique faites par M. Martin, ingénieur, ont été acceptées par la municipalité, une concession de as ans a été accordée. Les travaux d'installation seront dirigés par M. Martin.
- D1VLRS
- L'éclairage des " wagons par Vacétylène. — Le ministre des travaux publics en Allemagne vient d’ordonner des essais, sur une grande échelle, de l'éclairage,par l'acétylène, des wagons de chemins de fer de l'État prussien. Dans le cas où ce mode d'éclairage viendrait a se généraliser, les voitures de transport du gaz d'huile et les réservoirs installés sur les wagons suffiront largement au nouveau gaz, la consommation se trouvant considérablement réduite grâce à la puissance lumineuse spécifique de l'acétylène. Jusqu'à nouvel ordre, il sera sursis aux travaux d'agrandissement des usines de gaz d'huile des chemins de fer de l'Etat.
- La réglementation de l’usage de l'acétylène. — Dans sa dernière réunion, la commission nommée par le conseil de salubrité de la Seine pour la réglementation de l'usage de l’acétylène a adopté lesconclusions du rapport présenté par M. Vieille, ingénieureu chef des poudres de salpêtres.
- Il a été admis que les usines pouvaient fabriquer l'acétylcncr sous toutes les formes, le liqui-fier et le livrer à domicile dans les mêmes conditions que le gaz. Ces usines seront considérées comme des établissements classés de première classe, c'est-à-dire qu'elles devront être isolées des habitations.
- Quant à la fabrication de l'acétylène à domicile, pour l'usage particulier, opération qui présente des dangers, soit que le carbure de calcium employé ne soit pas pur, soit que le préparateur manque d'expérience, on ne pouvait l'interdire absolument, pas plus qu’on ne peut interdire l’emploi d'une lampe à pétrole, mais on l'a soumis à des règles sévères afin de prévenir les explosions, doute personne qui aura chez elle un appareil permettant de fabriquer de l'acétylène pour son
- usage, de façon à alimenter plusieurs becs, devra demander à la préfecture de police une autorisation ; ;ine installation spéciale de l'appareil sera exigée; on sera tenu, en outre, de soumettre le plan de cette installation et d’indiquer le mode de construction de l’appareil.
- Enfin, des membres du conseil d'hygiène se rendront à domicile pour examiner ce genre d'appareil, les conditions dans lesqueJles il fonctionne, et décideront alors s'il y a lieu ou non d'en permettre l'usage.
- On base ces restrictions sur la nécessité de protéger les locataires de la maison où cet appareil est installé ; car, quelque petit qu'il soit, il peut déterminer une explosion dont les effets sont redoutables.
- . La Commission a décidé d'exiger encore que le carbure de calcium employé pour la fabrication de l'acétylène soit le plus pur possible.
- Voici d'ailleurs le texte des conclusions du rapport de MM. Vieille, conclusions adoptées à l'unanimité parle conseil de salubrité:
- « Article premier. — Toute personne qui voudra. dans l'immeuble qu'elle occupe, employer un appareil générateur d'acétylène, sera tenue d'adresser préalablement à la préfecture de police une déclaration indiquant :
- « i° La désignation précise du local affecté à l’appareil ;
- « 2° Une description de cet appareil avec plans à l’appui, à l’échelle de 2 mm : m et instruction sur le mode de fonctionnement certifiée par le
- « Cette déclaration signée et datée.
- « Une nouvelle déclaration devra être faite dans le cas où l'installation passerait entre les mains d’un nouveau locataire.
- « Art. 2. — Apres cette déclaration, l’emploi des générateurs d'acétylène pourra se faire dans les conditions ci-après :
- « Les appareils ne pourront en aucun cas être installés dans des caves ou sous-sols : ils devront être placés soit à l'air libre, soit dans un local bien aéré, éclaire par la lumière du jour, muni d’ouvertures simplement grillagées, communiquant avec l’extérieur à l'exclusion des courettes mal ventilées.
- i Les bouteilles ou réservoirs d'acétylène liquéfié. placés à l'air libre, seront soustraits à l'action directe du soleil. A cet effet, ils seront entourés d'une enveloppe ou manchon, surmonté d’un
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- couvercle servant d'abri au récipient, tout en assurant la libre circulation de l'air le long de ses parois.
- « Art. 3. — Les liquides ou matières usées provenant de l'extinction du carbure de calcium, ne pourront être déversés à l'égout, sans avoir été préalablement dilués dans un excès d'eau. A cet effet, ces produits seront versés dans une cuve et étendus de dix fois leur volume primitif, avant d’être rejetés à l'égout.
- « Art. 4. — Les réservoirs de gaz acétylène comprimé ou liquéfié devront satisfaire aux conditions suivantes :
- « 1" Les récipients charges à une pression inférieure à 10 kg : cm2 seront éprouvés par le constructeur et sous sa responsabilité à une pression double de celle qu'ils sont appelés à supporter. Ces récipients seront munis de manomètres.
- « Dans le cas où les récipients seraient chargés à des pressions supérieures à 15 kg : cm2, ils seront soumis, aux frais du propriétaire de l'appareil, par le service des mines, à une épreuve officielle opérée avec le martelage et constatant qu'ils supportent une pression égale à une fois et demie la pression maxima des gaz qu'ils contiennent.
- « Les bouteilles ou réservoirs d’acétylène liquéfié sont soumis aux épreuves et vérifications actuellement imposées aux réservoirs renfermant l'acide carbonique et le protoxyde d’azote liquéfiés destinés au transport par voies ferrées, sauf en ce qui concerne les conditions de remplissage des récipients.
- « Toutes les précautions relatives à la canalisation et à la ventilation des locaux éclairés par le gaz d'éclairage ordinaire sont applicables aux locaux éclairés par le gaz acétylène. »
- Soudure électrique des tuyaux de conduite de vapeur. — Dans une récente communication sur la soudure électrique, àl'Institution of Mechani-cal Engineer, de Londres, M. S. Mac Carthy citait une usine où le procédé Bénardos est en usage depuis plusieurs années déjà et où il donne de très bons résultats. Plusieurs dynamos couplées en parallèle fournissent l’énergie. Les pièces à souder reposent sur un support en communication avec l'un des pôles. Les « fers » à souder reliés au pôle opposé sont constitués par des crayons de charbon pourvus de manches isolants que l'ouvrier tient à la main. Ordinairement, pour les soudures du fer
- ou de l'acier, le charbon est au pôle négatif et la pièce à souder au pôle positif, mais pour d'autres métaux les pôles sont quelquefois inversés. D'après M. Mac Carthy la longueur de l'arc influe notablement sur les conditions du travail ; un arc trop court ne donne pas de bons résultats, non seulement parce que le charbon se mélange au métal mais aussi parce que la chaleur se trouvant concentrée sur une faible surface, l'effort de refroidissement est trop considérable. 11 est préférable d’employer un arc long afin que la chaleur soit mieux diffusée dans les parties voisines de la sou-
- L'étude de Vélectrochimie en Angleterre. — Dans une lettre adressée à The Electrical Engineer. de Londres, M. Silvanus P. Thompson se plaint de l’insuffisance des écoles spéciales pour l’enseignement technique de l'électrochimie.
- Cette branche importante de l'industrie électrique, dit M. Thompson, a déjà pris une extension assez considérable pour faire l'objet d'une étude spéciale. Les cours ne devraient pas être limités à la période ordinaire de deux années, mais bien six et même sept pour former un électricien-chi-miste et l'initier à tous les secrets de laboratoire. Malheureusement les écoles font défaut; c’est iout au plus si l’Angleterre possède deuxuniversi-tés où Ton enseigne l'électro-chimie, l'une à Londres et l'autre à Birmingham; encore, l'enseignement dans ces deux écoles, se borne-t-il à l'étude de la galvanoplastie et de la galvanotypie.
- Il est regrettable, conclut M. Thomson, qu'en Angleterre on attache si peu d’importance à l’étude de l’électrochimie qui tend à jouer un si grand rôle dans l’industrie constituant l'une des principales richesses de l'Angleterre : la métal-lurgie.
- Ne pourrions-nous pas en dire autant en France où l’abondance des chutes d’eau facilement utilisables permettrait cependant à l'électro-chimie de se développer rapidement.
- Le plus grand phare électrique du monde. — Nous parlions ily a quelque temps (Voir Eclairage Électrique, t. VII, p. 602, 27 juin 1896) d’un phare à huile récemment installé au cap Leuwin (Australie occidentale) et considéré comme étant le plus puissant. Bientôt la côte ouest de France
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- n'aura rien à en envier du phare australien. Les approches des fameux rochers de Penmarc'h (Bretagne) seront sous peu rendues plus accessibles, et les dangers encourus par les navires qui fréquentent ces parages beaucoup diminués par le fait de la construction d'un phare électrique qui sera, sans contredit, le plus puissant du monde.
- Il existait depuis longtemps déjà, à la pointe de Penmarc'h, un phare éclairé à l’huile minérale. Le phare électrique d'Eckmühl, destiné à le remplacer, est situé à une centaine de mètres dans l’est de l’ancien phare.
- En construction depuis deux ans, il est maintenant aux trois quarts achevé et sera mis en service le ier septembre 1897.
- 600000 fr dont 300000 composant un legs de la marquise de Blocqueville, pour honorer la mémoire de son père M. d'Eckmühl, ont été affectés à la construction de ce phare dont on veut faire, en même temps qu’un remarquable édifice architectural, un phare modèle fonctionnant avec les plus récents perfectionnements d’éclairage et de
- La tour s’élèvera à 63 m au-dessus du sol et elle dépassera de 64 m le niveau des plus hautes mers. Sa hauteur égalera donc sensiblement celle des tours de Notre-Dame de Paris. Elle permettra d’apercevoir le phare à une distance d’une trentaine de kilomètres pendant le jour et par temps
- Durant la nuit, la portée lumineuse moyenne du feu électrique qui couronnera la tour sera de 100 kilomètres.
- Bien entendu, à cause de la rotondité de la terre le feu ne sera vu directement qu’à environ 50 km. Mais l’intensité des éclats périodiques sera telle que les navigateurs verront le ciel illuminé au-dessus de leur tête à une distance de 100 km. du phare.
- Ces portées lumineuses considérables seront réalisées grâce au nouveau système d’appareils d’éclairage inauguré en France en 1892, dans le phare de la Hève, pour les feux-éclairs électriques.
- Voici sur quel système est basé le principe de ces feux-éclairs : On a remarqué qu’il faut et qu’il suffit qu’un éclat dure un dixième de seconde pour qu’il produise sur la rétine tout son effet ; si la lumière persiste plus longtemps, elle est émise en pure perte. Partant de ce principe, on a fait l’économie de cette lumière perdue en la concentrant tout entière dans les éclats émis et en augmentant
- ainsi l'intensité lumineuse sans augmenter la
- C'est ainsi que le phare d’Eckmühl enverra toutes les cinq secondes un éclat qui durera un dixième de seconde.
- Ce sera non seulement le plus puissant de France mais du monde entier, et il est bon de noter à ce sujet que nos phares électriques sont de beaucoup supérieurs aux phares anglais.
- Le phare le plus perfectionné de l’Angleterre,-celui de Sainte-Catherine, à File Wight, a une intensité de 600 000 becs Carcel. La puissance du phare d'Eckmühl sera de 3600000 becs Carcel, ou trente-six millions de bougies et cette puissance sera réalisée avec des machines motrices n’ayant que le tiers de l'intensité de celles en usage à Sainte-Catherine.
- Entièrement exécuté en granit, occupant avec ses dépendance une surface d’un demi-hectare, le phare d'Eckmühl n’aura pas de rival.
- Roues et turbines à vapeur . — Sous ce titre M. K. Sosnowski, publie dans le Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, une étude des plus complètes et des plus intéressantes des diverses roues et turbines qui ont été imaginées, depuisHéron d'Alexandrie (120 ans av. j.-C.i jusqu’à nos jours pour l'utilisation de la puissance de la vapeur. Dans les trois articles publiés jusqu'ici (Bulletins d’août, de septembre et d’octobre), l'auteur suit dans son exposition l'ordre chronologique ; son dernier article se termine par la description de la turbine à vapeur d'Edwards, inventée en 1892. Ces descriptions, rendues très claires par de nombreuses figures, ne peuvent qu'intéresser les ingénieurs électriciens, et c’est à ce titre que nous les signalons.
- Société physico-chimique russe. — Dans le dernier numéro du Journal de Physique, M. W. Ler-mantoff donne une analyse succincte des diverses communications faites en 1895 à la Société physico-chimique russe et publiées dans le Journal de cette société. Nous lui empruntons les analyses des travaux relatifs à l'électricité.
- Dans leur communication « sur les courants galvaniques produits par variation de température d’une partie d'un fil métallique homogène », MM. P. Backhmetielf et S. Stambolieft, font re-
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- marquer que le courant que l'on observe dans ces circonstances est produit par la superposition de plusieurs courants, dus à des causes différentes. Les auteurs ont eu recours au courant galvanique pour échauffer une partie du conducteur et se sont bornés à observer les courants durant le refroidissement: la direction de ces courants était, presque sans exception, inverse de celle du courant produisant réchauffement. Les courants les plus forts s'observaient dans des fils de nickel et de fer écrouis; leur intensité dépend de l’orientation du conducteur par rapport au champ magnétique terrestre. A Sofia, elle est maximum quand le conducteur est placé dans le plan du méridien magnétique et incliné de 6<L pour une direction du courant et de 30° pour la direction opposée. L'orientation est sans influence sur les couvants dans des métaux non magnétiques. Si l'on répète l'expérience avec le même fij, l'intensitc du courant diminue et tend vers une limite. La direction dans laquelle le fil a passé dans la filière exerce aussi une influence sur l'intensité du courant observé.
- M. Th. Schwedoff donne une exposition nouvelle du théorème sur la’ distribution des masses électriques à la surface de l'ellipsoïde. Il démontre par des considérations purement géométriques, que les masses électriques en équilibre sur la surface d'une sphère, étant transportées d’un mouvement do translation commun, parallèle à l'axe pendant le changement de cette sphère en ellipsoïde à deux axes et ensuite à un ellipsoïde à trois axes, restent en équilibre pendant toutes les phases de la transformation. Par conséquent, la densité superficielle de l'électricité de chaque élément de la sphère, transformé ainsi en un élément correspondant de l'ellipsoïde, croît en raison inverse de sa surface, et peut être facilement calculée.
- M. A. Sadowski rappelle que « l’hypothèse proposée par M. Griffiths pour expliquer les singularités de la résistance du bismuth rij » est fondée sur la supposition que les molécules de bismuth se déplacent dans le champ magnétique, ainsi que sous l'influence du courant, et qu'une force élec-tromotricc contraire en est le résultat. M. Sadowski démontre qu'il_ ne résulte pas des formules de
- , (') Phil. Mag., 5e série, t. XXXIX, p, 229; L'Éclairage Électrique, t. III, p. 139 et 180.
- M. Griffiths que la résistance apparente du bismuth aux courants alternatifs est moindre que sa résistance aux courants continus, ce qui est en contradiction avec l'expérience.
- Lnc «nouvelle expérience de cours, démontrant l'existence et les formes des lignes de force du champ magnétique » est montrée par M. Spizine On prépare une sorte de pinceau cylindrique en fin fil de fer, d'à peu près 15 mm de long et de section égale à celle de l'électro-aimanl. Après avoir bien lié le pinceau, à l'un de ses bouts avec du fil de fer, on l'introduit dans un tube de fer qu'on fait chauffer au rouge sombre pour recuire le fer du pinceau et lui ôter son élasticité. Placé au pôle d’un clectro-aimant par son bout lié, ce pinceau s'épanche en gerbe quand le magnétisme est excité. Cette gerbe se rétrécit, si Ton présente à son extrémité libre un grand morceau de fer. Deux pinceaux pareils étant placés sur les deux branches d'un électro-aimant en ferà cheval, leurs fils s'épanchent et s'inclinent en prenant la forme des lignes de forces présumées dans un champ de cette espèce.
- M. C. Skrginsky signale « un cas anormal de réchauffement d'un conducteur par le courant » ; l'auteur a répété devant la Société de Physique russe l'expérience suivante, qu'il a faite pour la première fois en 1891 : par l'augmentation graduelle et continue du courant jusqu'à l’intensité de 18 ampères, un fil de plomb de 1 mm de diamètre et de 28 mm de long a été porté à l'incandescence sans fondre ni tomber en pièces.
- Une nouvelle communication de MM. P.Backh-metieff et G. Stamboliefï est relative aux « courants électriques produits par le refroidissement desmétaux fondus ». J.e refroidissement d'un métal ou d'un alliage fusible produit toujours, dans une paire d'électrodes, plongées dans sa niasse, un courant irrégulièrement variable, dû probablement à la superposition de diverses causes. Ce courant est indépendant de la nature des électrodes ; il ne peut être attribué aux seules forces thermo-électriques, car son intensité est de beaucoup trop grande ; par la même raison, on 11e peut attribuer ses variations uniquement aux changements de la conductibilité du métal. Si l'on intervertit les deux électrodes, le courant change de direction dans le galvanomètre, de sorte que sa direction dans le métal reste fixe. L'intensité du
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- courant change quand on fait varier l'azimüth de la droite joignant les électrodes; son maximum correspond à la direction du courant tellurique du lieu d'observation (de W-S-W à E-N'-E pour Sofia). Pendant le refroidissement du plomb fondu, l'intensité du courant (dans la direction \V-E) diminue d'abord, devient nulle à 397° C, change de signe en augmentant en valeur absolue jusqu’à 360° C, touche une seconde fois à zéro vers 354* C pour augmenter de nouveau, atteindre un maximum à 336° C et diminuer ensuite. À 326° C, point de fusion du plomb, on ne remarque aucune singularité. Dans l'alliage fusible de Lipowitz, le courant tombe d'abord régulièrement ; une secousse se produit à 70° C, point de fusion, après quoi le courant passe par zéro, change de signe et passe par un maximum à 6o° pour tomber ensuite. Le bismuth fondu donne d'abord un courant croissant jusqu'à 260° C. point de solidification, à partir duquel il diminue brusquement, passe par zéro, change de signe, puis remonte de nouveau vers zéro, fait une nouvelle oscillation complète et monte vers un maximum à 223° C. Pendant le réchauffement du métal, les variations du courant sont à peu près inverses : on obtient des minima aux températures auxquelles correspondent les maxima pendant le refroidissement. L'auteur pense que la cristallisation et la variation de volume qui l'accompagne sont les causes principales des effets observés ; il essaie de les expliquer par l’action directe du changement de volume sur les particules de l'éther, pour lesquelles les atomes sont impénétrables, d'après les idées émises par Lenard.
- Un travail de M. Th. Kapousüne a pour objet « de l'influence des forces électriques et magnétiques sur la pression et le volume des gaz ». Ce sujet a été maintes fois discuté, mais l'expérience n'a pas encore donné un appui satisfaisant à ces discussions.
- L'auteur remarque que les forces pondéro-mo-trices, dont l'expression a été donnée par Helm-holtz, ne produisent pas de différences de pression aux endroits d'une masse de gaz indéfinie où le champ magnétique est nul. Par conséquent, 011 est forcé de mesurer des différences de pression très affaiblies, si l'on limite la masse de gaz influencée par une enceinte dont les parois sont hors du champ. Dans le cas contraire, il serait nécessaire de faire intervenir, des conditions superficielles
- qu'il est très difficile de préciser et d'introduire dans le calcul.
- U s'agit donc de trouver le moyen le plus sensible pour constater et mesurer de faibles variations de pression. Mais toutes les méthodes de ce genre demandent nécessairement une variation de volume de gaz pour le jeu de l'indicateur, quoiqu'il soit possible de réduire ce volume à sa valeur primitive pour la mesure de la pression (comme, par exemple, le baromètre de Goldsmidt). L'auteur a entrepris des expériences pour constater la plus petite variation de volume d'un gaz que Von peut remarquer en observant le déplacement d'une goutte de liquide dans un tube capillaire horizontal. En se servant d'un microscope à micromètre oculaire et d'une goutte d’alcool éthylique dans un tube de 43 111111, il a constaté une variation de 0,0000002 du volume primitif du gaz. D'après les calculs de M. Lippmann et autres, c'est à peu près la variation que Von peut produire dans les expériences de ce genre. Par cette raison, quelques expériences faites par fauteur n'ont pas donné des résultats certains, et il serait inutile de les multiplier avant d’avoir à sa disposition une méthode bien précise pour la mesure des faibles variations de la pression.
- « L’influence des forces électriques sur la pression de l’atmosphère, et une méthode nouvelle pouT mesurer l'intensité du cliamp de l’électricité atmosphérique en valeur absolue » est également étudiée par M. Th. Kapoustine. Après avoir discuté l'état actuel de la question et constaté 1 insuffisance des recherches déjà publiées pour sa solution, l'auteur décrit sa méthode, qu'il considère comme un développement des idées de Dell-uunin, Hanckel et W. Thomson. Une boîte circulaire, peu profonde, en métal, est placée dans une dépression creusée dans la terre, de sorte que son bord supérieur soit au niveau de la surface du sol. Un disque de même métal est posé, au même niveau, dans cette boîte, sur des supports isolants. Si l'on fait communiquer ce disque, de surface eu, avec le sol, pour lequel l'intensité cherchée du champ électrique est ce disque se charge
- d'une quantité d'clectricité Q., qui s'exprime par la formule connue :
- _K_àV -
- y — 4 * à n ’
- où Q. désigne la constante d'induction de l’air.
- Au moment voulu, la communication du disque
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- avec le soi est rompue, et la boite est recouverte d'un couvercle métallique. La charge Qdu disque bien isolé reste constante; on peut portèr le tout dans le laboratoire et déterminer Q. en valeur absolue, à l'aide d’un galvanomètre balistique ou d’un électromètre, si l'on connaît d'avance la capacité électrique du condensateur forme par le disque et sa boîte. Pour obtenir un isolement parfait, l'auteur emploie une modification du support Mascart; la tige isolante en verre est entourée d’un tube métallique et, dans l'intervalle ainsi formé, on insuffle lentement un courant d'air desséché par son passage à travers un tube rempli de chlorure de calcium. Un électroscope. muni d'un isolateur semblable et chargé à Pair libre à if C, a conservé sa charge dans une chambre chauffée, malgré des gouttes de rosée condensées sur sa surface extérieure.
- M. N. Hesehus expose « un essai sur les principes d'une théorie physique de l'électricité *. 11 cherche à résumer les principes de la théorie de l'électricité conforme aux idées de Faraday dans leur développement moderne. L’électrisation d’un corps est l'effet de la rupture d'équilibre entre l’éther qu'il contient et celui du milieu environnant. Le champ électrique ainsi formé peutêtre caractérisé par des formules de Maxwel pour \ élasticité électrique, et les expressions des diverses quantités qui le déterminent sont facilement déduites de l'hypothèse fondamentale. L’électrisation par contact s'explique d’clle-même, si l’on suppose que la densité de l'éther est différente dans divers corps.
- M. N. Hesehus expose ensuite les résultats de ses expériences » sur les étincelles électriques infléchies à angle droit à la surface de l'eau ». II a cherché à préciser les conditions nécessaires pour reproduire le phénomène connu du glissement de l’étincelle à la surface de l'eau. Si l'on place au-dessous des boules d'une machine de Voss un vase avec du pétrole, la trajectoire de l'étincelle ne varie pas. Quand on remplace le pétrole par de l'eau pure, l'étincelle est formée de deux parties verticales et de la droite joignant leurs points de rencontre avec la surface de l'eau. Cette dernière partie n’existe pas quand l’eau contient plus de 0,09 p. 100 de son volume d’une solution saturée de CuSO4 ou 0,0004 P- 100 de SOvH, les parties verticales restent seules.
- ques éléments galvaniques » a été l'objet d'un long travail de M. N. Kasankine.
- La théorie des éléments formés par deux électrodes d'un même métal plongées dans deux solutions de différentes concentrations d'un sel de ce métal a été donnée par Hclmholtz et perfectionnée par Xernst. Toutefois cette théorie ne rend pas compte de l'influence du liquide dissolvant, circonstance que l'auteur s'est proposé d'élucider par des expériences. Pour former l’élément, il a employé l'eau et l'alcool amylique, liquides qui ne se mêlent pas mais se dissolvent mutuellement dans une proportion déterminée. Les métaux employés ont été : In. Cd, Cu. Co, Ag, Su. Pt et Hg. La force électromotrice des éléments, formés par l’eau et l'alcool amylique sans sel, était notable, mais très variable. Le courant était constamment dirigé dans l'élément de l'eau à l'alcool avec des électrodes en Cd, Sn, Zn et Co; sa direction était contraire pour Cu, Ag et Pt. Si le sel était dissous dans l'un des deux liquides seulement, la direction du courant restait la même que dans le cas précédent, à l'exception de AgAzO"- qui donnait un courant ûc direction contraire, quand il était dissous dans l'alcool. La valeur delà force électromotrice diminue ordinairement avec la concentration de la dissolution et augmente avec le temps. Si l'on laisse longtemps en contact une solution d'un sel dans Peau avec la solution du même sel dans l’alcool amylique. il s'établit, grâce a la diffusion, un état d’équilibre; la force électromotrice d'un élément formé de ces solutions est à peu près nulle.
- Ces résultats sont inexplicables par les formules de Xernst.
- L'emploi des transformateurs en Angleterre. — Les statistiques sont toujours instructives; elles sont très souvent curieuses; ainsi le Dr Fleming a établi que le poids des circuits magnétiques de tous les transformateurs employés en Angleterre est de 400 tonnes; pour maintenir l’aimantation de cette masse de fer. il faut au moins 400 kilowatts. Cela correspond à environ 3500800 kilowatts-heure par au, et représente une consommation annuelle de 6 00o à 7 000 tonnes de charbon, coûtant envi-
- Le Gérant : C. NAUD.
- L’étude de « la force électromotrice de quel-
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- Samedi 5 Décembre 1896.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ELECTRICITE
- Directeur Scientifique : J. BLONDIN
- fgr
- . rédaction : G. PELLISSIER
- TRAVAUX
- L’ASSOCIATION RRITANNIQUK
- PRÉSENTÉS A LA RÉUNION DE UVERI'OOL, 1896
- Le meeting tenu cette année à Liverpool par l’Association britannique pour l’avancement des sciences, a été ouvert sous les auspices d’une branche de la science qui n’entre pas dans le programme habituel de cette institution scientifique. C’est, en effet, le chirurgien bien connu sir Joseph Lister qui présidait la séance inaugurale, et son discours présidentiel était consacré aux relations de la science physique ai’ec V « art de guérir ».
- Sir Lister a dû, naturellement, insister sur l’importance que la découverte de Rœntgen prenait aux yeux des chirurgiens, sur les services qu’elle a déjà rendus et sur l’avenir qui lui est réservé. Il a cité au cours de son discours de nombreux cas d’application des rayons Rœntgen à la photographie des os et des objets métalliques ^balles, aiguilles, etc.-} logcs'dans la chair, ou dans les organes intérieurs. Les mouvements mêmes des organes peuvent être rendus visibles quand on remplace la plaque photographique par un écran fluorescent translucide; c’est ainsi qu’ont pu être étudiés, par exemple, les mouvements du cœur. Comme on a remarqué que l’action prolongée des rayons Rœntgen produit une irritation assez violente de la peau, on pourra
- peut-e
- profiter de leur propriété de pénétrer dans les tissus pour exercer une action directe à l’intérieur du corps.
- Nous ne suivrons pas sir Lister dans les développements qu’il donne de l’iiistorique des découvertes modernes en thérapeutique ; il a parlé successivement de l’emploi des anesthésiques, de l’étude des microbes par Pasteur, de l’importance de l’antisepsie dans l’art chirurgical, voie dans laquelle il a donné l’exemple en employant le phénol, qu’il croit être aujourd’hui encore le désinfectant le plus convenable. Notons aussi son opinion sur le microscope qui lui parait bien près d’avoir atteint son maximum d’effet, de sorte qu’un très grand nombre d’êtres extrêmement petits resteraient toujours invisibles à nos yeux.
- Avec le discours du professeur J.-J. Thomson, présidant la section des sciences physiques et mathématiques, s’ouvre la série des communications qui nous intéressent plus directement.
- Après avoir rappelé qu’au précédent meeting tenu à Liverpool c’était Maxwell qui présidait, et après avoir fait l’éloge de Grove et de Stoletow, récemment décédés, M. J.-J. Thomson exprime ses vues sur les méthodes d’enseignement appliquées en physique et il conclut de son examen que le meilleur moyen de soutenir l’enthousiasme que peuvent montrer les commençants est de les charger de recherches originales dès qu’ils possèdent les éléments suffisants.
- Parlant ensuite de la découverte de Rœnt-
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- gen dont il expose la genèse et les antécédents, l’auteur divise les rayons engendrés électriquement dans un espace vide en trois groupes : i° rayons cathodiques à l’intérieur du tube générateur, déviés par l’aimant; 2° rayons de Lenard à l’extérieur du tube, déviés par l’aimant; 30 rayons de Rœntgen, non déviés par l’aimant.
- Deux opinions prévalent quant k la nature des rayons cathodiques. La première hypothèse est celle des particules de gaz portant une charge négative et progressant à une très grande vitesse, acquise dans le champ électrique intense avoisinant l’électrode négative. Dans ce cas la phosphorescence serait due au bombardement, et cette action peut être mécanique ou de nature électromagnétique déterminée par le brusque changement de sens qu’éprouvent les particules chargées en rencontrant un corps solide. Cette hypothèse explique très simplement la déviation par l’aimant; elle est confirmée par une expérience de Perrin ('). A l’intérieur du tube k air raréfié est placé un cylindre métallique présentant un petit orifice et relié aux feuilles d’un électroscope. En se servant de l’aimant on peut faire pénétrer les rayons cathodiques k l’intérieur du cylindre ou, au contraire, les faire passer k côté. On observe que lorsque les rayons passent dans le cylindre les feuilles dévient sous l’influence d’une charge négative.
- Crookes avait déjà exposé au bombardement des rayons cathodiques un disque relié à un électroscope et avait observé une faible charge positive; mais, dans cette disposition, il fallait, pour agir sur l’électroscope, que les rayons abandonnassent leurs charges au dis-.quc, et l’on sait par les expériences de lord Kelvin, combien il est difficile de soustraire l’électricité à un gaz chargé en le mettant en contact avec un objet métallique.
- La caractéristique de l’expérience de Perrin c’est que, l’action étant due à l’induction, les indications de l’électroscope ne dépendent (*)
- pas de l’échange des charges entre le gaz et le cylindre, et puisque les rayons cathodiques frappent l’intérieur du cylindre l’électroscope ne serait pas affecté s’il intervenait même un effet analogue k celui que produit la lumière ultra-violette tombant sur un métal électro-négatif chargé positivement. Aucun phénomène de ce genre ne pouvant affecter la quantité totale d’électricité contenue dans le tube, les feuilles de l’électroscope ne seront pas non plus influencées, et les expériences de Perrin démontrent que les rayons cathodiques ont une charge d’électricité négative.
- La seconde hypothèse de la constitution des rayons cathodiques admet l’existence d’ondulations particulières dans l’éther. Dans cette voie, il paraît difficile d’expliquer le résultat des expériences de Perrin et sans doute aussi la déviation magnétique.
- Prenons le cas d’un champ magnétique uniforme. Les expériences sur la déviation magnétique paraissent démontrer que dans un champ ainsi constitué les rayons sont courbes. Or, dans le cas d’ondulations dans l’cther il faudrait donc admettre que la vitesse de propagation varie d’un point à l’autre de la trajectoire, et serait, par conséquent, non seulement affectée par l’intensité du champ, mais différerait encore dans les diverses régions du champ. Mais comment dilfcrencier une partie d’une autre d’un champ uniforme?
- La principale raison qui a fait naître l’hypothèse d’ondulations dans l’éther a été fournie par la découverte, due k Lenard, du passage de ces rayons k travers une mince paroi d’aluminium. On pouvait aisément admettre que les rayons consistaient en une forme de mouvement ondulatoire pour laquelle l’aluminium est transparent, tandis que le passage k travers le métal de particules de gaz paraissait moins vraisemblable.
- La découverte de Lenard ne paraît toutefois pas incompatible avec l’hypothèse des particules chargées négativement et se mouvant à grande‘vitesse. Des rayons de Rœntgen ont dû traverser l’espace entourant le tube de Lenard, et ces rayons portent le gaz
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- ambiant à un état tel qu’une force électromotrice quelconque peut y créer un courant. Or. quoique la paroi métallique du tube de Lenard fut mise à la terre et empêchât ainsi toute influence extérieure des variations électrostatiques lentes à l’intérieur du tube, il ne s’ensuit pas que cette disposition pùt faire écran pour l’elfet électrostatique de particules à charge négative allant et venant avec une très grande rapidité. Les variations dans la distribution des charges sur l’écran ne sont, en effet, pas instantanées, elles dépendent des dimensions de l’écran et de sa conductibilité et l’effet d’écran se produit d’autant plus imparfaitement que les variations des effets électrostatiques sont plus rapides. Les phénomènes à l’intérieur du tube peuvent donc créer dans le milieu ambiant des forces électromotrices, qui exciteront à leur tour des courants dans le milieu rendu conducteur par les rayons de Rœntgen; les rayons de Lenard seraient donc, comme les rayons cathodiques. des courants de convection électriques. Et quoique certaines particularités des rayons de Lenard ne soient pas très aisément explicables sur cette buse, AI. J.-J. Thomson y voit moins de difficultés que dans la supposition qu’une ondulation dans l’éther puisse avoir des vitesses de propagation differentes d’un point à un autre d’un champ magnétique uniforme.
- L’auteur passe ensuite à la considération des rayons de Rœntgen. Jusqu'à présent aucune expérience probante n’a démontré que ces rayons soient des ondes transversales ou longitudinales, ou môme qu’ils soient des ondes. Il est, toutefois, utile d’examiner s’il existe une propriété qui ne soit pas commune à ces rayons et à Tune des formes de la lumière. Le nombre de celles-ci s’est accru récemment d’une radiation invisible découverte par M. Becquerel, et qui possède beaucoup des propriétés des rayons Rœntgen. Cette radiation est émise par plusieurs substances fluorescentes, notamment par les sels d’uranium. Comme elle peut être polarisée, cette radiation est évidemment une
- forme de lumière, et elle permet de prendre des photographies à travers des objets opaques, et comme les rayons de Rœntgen elle fait perdre leur charge aux corps qu’elle frappe, que cette charge soit positive ou négative.
- On oppose à l’identification des rayons de Rœntgen avec une forme de lumière l’absence de réfraction, et peut-être de polarisation. En ce qui concerne la réfraction, nous connaissons le cas particulier de certains rayons du spectre qui passent d’une substance à une autre sans être réfractés. Kundt a montré, par exemple, que l’or, l’argent, le cuivre laissent passer certains rayons sans les dévier, tandis que d’autres y éprouvent une déviation, dans le sens anormal. Pflüger a constaté récemment le même fait pour des couleurs d’aniline à l’état solide.
- D’ailleurs la théorie de la dispersion indique qu’il n’y a plus de réfraction quand la fréquence de l’ondulation devient très grande. Hclmholtz a construit une courbe montrant la relation de l’indice de réfraction avec la fréquence. Cet indice augmente avec la fréquence jusqu’à un certain maximum correspondant à l’égalité des fréquences de la lumière et de la vibration moléculaire naturelle de la substance. Ensuite, l’indice diminue pour s’approcher finalement de l’unité, valeur qu’il atteint pratiquement lorsque la fréquence de la lumière excède de-beaucoup celle de la molécule. Les résultats de Ilelmholtz sont obtenus en supposant qu’une molécule est constituée par deux atomes portant des charges électriques opposées, et que la capacité inductive spécifique du milieu est formée de deux parties : l’une due à l’éther, l’autre au groupement des molécules le long des lignes de force.
- En admettant cette hypothèse, on conçoit facilement que, les molécules étant sollicitées vers les lignes de force par une force d’autant plus grande que la fréquence s’approche plus, de celle naturelle aux molécules, la capacité inductive spécifique due à ces dernières ainsi que l’indice de réfraction augmentent. Mais
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- dès que la fréquence correspondant au maximum est dépassée, l’orientation des molécules change de sens, la partie de la capacité inductive qui leur est due devient négative, et la capacité inductive totale devient inférieure à l’unité. Quand les deux fréquences considérées diffèrent peu, l’action du champ extérieur sur les molécules est très grande, et la partie négative de la capacité inductive peut être supérieure à celle de l’éther; la capacité résultante eSt alors négative, et le milieu ne laisse pas passer les ondulations, mais les réfléchit totalement.
- Cet effet subsiste jusqu’à ce que les deux composantes de la capacité soient égales ; alors la capacité résultante est nulle. Puis, la fréquence augmentant toujours, la composante négative diminue, et la capacité résultante tend vers celle de l’cther, qui ne donne plus lieu à réfraction. L’absence de réfraction n'implique donc pas une différence d’essence entre les rayons Rœntgen et la lumière à très petite longueur d’onde.
- L’autre objection sc base sur le manque de preuves expérimentales de la polarisation des rayons Rœntgen. On a cherché si l'absorption des rayons par un couple de tourmalines différait de la position parallèle à la position normale des axes-. Les résultats ont été généralement négatifs. Toutefois, à l’aide d’une méthode cumulative, le prince Galitzine et M. de Karnojitsky, ont cru reconnaître une absorption un peu plus grande dans la position perpendiculaire des axes. En tout cas, l’effet, s’il existe, ne peut être que très faible.
- Mais on peut se demander, par analogie, si la structure du polariseur n’est pas trop grossière pour produire un effet sensible. On sait, en effet, que des ondes électriques de grande longueur peuvent être polarisées par leur passage à travers un grillage de lîls et que Rubens et Du Rois ont même réussi à polariser de la lumière infra-rouge à l’aide d’un grillage à fils très fins et très rapprochés, alors que cette disposition est encore trop grossière pourpolariser la lumière visible. La polarisa-
- tion des rayons Rœntgen, si leur longueur d’onde est très petite, nécessiterait peut-être une substance polarisante de structure beaucoup plus fine que celle de la tourmaline.
- En tout cas, si les ra\ ons Rœntgen sont une forme de lumière, leur longueur d’onde doit être d’un tout autre ordre que celle de la lumière visible. On peut remarquer à ce sujet que la théorie électromagnétique de la lumière admet deux types différents de vibrations, si l’on suppose que les atomes sont électrisés. Lin genre de vibrations seraitdû à l’oscillation des corps porteurs des charges, et un autre genre proviendrait de l’oscillation des charges elles-mêmes; la longueur d’onde de ce dernier genre serait de l’ordre des dimensions moléculaires. Peut-on identifier ces vibrations avec les ixiyons RœntgenrSi cela était possible leur amortissement serait si rapide qu’ils ressembleraient à des impulsions électriques plutôt qu’à des vibrations entretenues.
- Les rayons Rœntgen modifient les propriétés des substances qu’ils traversent; ils agissent surtout sur les propriétés électriques. Le passage des rat ons à travers un gaz rend ce dernier conducteur; mais, ainsi que l’ont découvert M. Rutherford et rauteur, cette conductibilité est détruite par le passage d’un courant électrique à travers le gaz « rœntgenisé ». Le gaz se comporte comme une solution diluée d’un électrolyte dont la conductibilité disparaît à mesure que les molécules sont électrolysées.
- Les rayons produisent et les courants électriques détruisent la structure qui rend le gaz conducteur; il existe donc une valeur maxima du courant pour laquelle un équilibre se produit. On observe, en effet, que le courant envoyé à travers un gaz exposé aux rayons Rœntgen, d’abord proportionnel à la force clectromotrice, croît ensuite moins rapidement que celle-ci et tend vers un maximum. Les gaz les plus conducteurs dans ces conditions sont les halogènes et leurs composés, les composés du soufre et la vapeur de mercure, éléments ou composés qui présentent de très grands indices de réfraction relatifs.
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- Cette conductibilité n’est pas détruite pat-une très haute élévation de température; niais elle disparait quand le gaz barbote dans l’eau, ou quand on le fait passer à travers un tampon de verre filé. Ce dernier effet semble indiquer que la structure donnant la conductibilité au gaz est très grossière, ce que confirme encore le fait que les couches de gaz minces conduisent moins bien que les couches plus épaisses.
- D’autres faits paraissent d’ailleurs montrer •que la conduction électrique nécessite un espace assez grand pour embrasser un très grand nombre de molécules. Koller a trouvé, par exemple, que la résistance spécifique du pétrole, de la térébenthine et de l'eau distillée en couches minces est plus grande qu’en couches épaisses (*). Même pour les métaux on a des observations analogues. Suivant la théorie électromagnétique, la dispersion de la lumière s’opère différemment selon que les particules de substance sont isolantes ou conductrices. Dans le premier cas la théorie et l’expérience montrent que la direction de polarisation totale est normale à celle de la lumière incidente, tandis que dans le second cas les directions font entre elles un angle de 6ou. Ce résultat est infirmé par les expériences du professeur Threlfall sur l’or finement divisé. Dans cet état, l’or agit comme un non-conducteur et donne la polarisation totale dans la direction normale.
- En ce qui concerne les électrolytes, on manque de données d’expérience. Il serait d’autant plus intéressant d’expérimenter avec des couches minces d’un.électrolyte que, suivant la théorie admise, la conduction électrolytique s’opère à l’aide des ions, de structure plus simple que les molécules, et serait donc
- pi A ce sujet, il convient de faire toutes les réserves que suggère la théorie des diélectriques hétérogènes. Nous croyons, en effet, avoir démontré d’autre part que dans les expériences de Koller et d’autres analogues ce n'est pas la résistance spécifique des substances qui a été mesurée, mais une quantité complexe qui, en diffère complètement et qui dépend de la capacité inductive des substances en présence. fVoir : La Lumière Électrique, l. XLVI p. 401 et 507.)
- A. II.
- d’autre nature que la conduction ordinaire.
- Parlant ensuite des vains efforts tentés par le professeur Lodge pour obtenir un mouvement de l’éther, l’auteur rappelle qu’il parait aujourd’hui démontré qu’un corps en mouvement ne communique pas son mouvement à l’éther, au moins à une distance appréciable. S’il y a perturbation de l’éther, elle n’est pas comparable à celle qu’un solide en mouvement communique à un fluide incompressible, mais serait analogue aux effets produits par le déplacement dans un liquide d’un réseau de fils à larges mailles, dont les perturbations ne s’étendraient qu’à une distance comparable avec le diamètre des fils. Il faut remarquer d’ailleurs que la théorie électromagnétique suppose implicitement l’absence de tout mouvement de l’éther; s’il en était autrement, il faudrait introduire dans les équations des quantités représentant les composantes de la vitesse de l’éther, composantes que nous ne pourrions déduire des forces agissantes que si nous connaissions la constitution de l’éther.
- Cette question de la mobilité de l’éther présente donc un très grand intérêt. Le professeur J.-J. Thomson a fait des expériences à ce sujet, en se servant du dispositif à production de franges d’interférence de Lodge; il a cherché à déterminer un mouvement de l’éther dans le voisinage d’un vibrateur électrique, l’étincelle d’excitation servant de source de lumière. Ces expériences ont donné jusqu’à présent des résultats négatifs. L’auteur a essayé par la même méthode, mais sans plus de succès, de déceler un mouvement de l’éther dans le voisinage d’un tube émettant des rayons Roentgen. Le professeur Threlfall, dans une expérience analogue, est arrivé au même résultat négatif.
- Si l’éther peut être mis en mouvement par les forces mécaniques agissant dans un champ électromagnétique variable, on peut s’attendre à la découverte de nombreux phénomènes. Dans ce cas, la vitesse de transmission des vibrations électriques, et par conséquent de la lumière, serait affectée par
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- un champ magnétique constant. Un pareil champ, ne contenant même que de l’éther, se comporterait par rapport à la lumière comme un cristal où la vitesse de propagation varie avec la direction des rayons. Espérons que l'expérimentation pourra nous faire connaître les propriétés d’un milieu qui joue un rôle si important dans l’explication des phénomènes physiques et que nous connaissons si peu.
- {A suivre.)
- A. Hess.
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- L’EXPOSITION NATIONALE SUISSE^
- MACHINES ET DISPOSITIFS A SIGNALER A L’EXPOSITION NATIONALE SUISSE
- On sait que dans l’application du système de distribution en série au transport de force
- Fig. 8. — Régulateur Thury, pour moteurs série.
- par courant d’intensité constante on avait rencontré jusqu’ici des difficultés pour le réglage de la vitesse des moteurs par suite de l’hystérésis et de la self-induction du circuit d’excitation; ces deux causes ayant pour effet de retarder sensiblement l’action du régulateur. Il en résultait une forte tendance aux oscillations, tendance qui peut être combattue par l’emploi de volants et de régulateurs sensibles non isochrones. Mais cet emploi présente les inconvénients d’une notable différence de vitesse entre la marche en charge et h vide qui doit atteindre jusqu’à 7 à 8 p. 100
- pour qu’une parfaite stabilité soit assurée.
- En outre les régulateurs doivent être extrêmement sensibles et prompts, afin de corriger les variations de vitesse dès leur apparition sans la moindre perte de temps.
- Les deux régulateurs exposés remplissent tous deux cette dernière condition grâce à l’adoption de dispositifs mécaniques que nous indiquerons plus loin et qui sont visibles sur les ligures. (*)
- (*) Voir VÉclairage Électrique, t. IX, p. 49, 156, 217 et 251; 1.0, 24 et 3 t octobre et 7 novembre.
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- L’un d’eux, le grand modèle vertical dont les (fig. 8 et 9) représentent les deux faces permet une marche absolument stable, tout en assurant l’égalité de vitesse à toutes les charges.
- Ce modèle est plus coûteux que le modèle horizontal; il est adopté pour le réglage des moteurs et des transformateurs à potentiel constant, ainsi que pour le réglage des moteurs industriels d’une certaine importance dépassant 50 chevaux.
- Pour les autres le modèle horizontal suffit amplement et son coût modique le fait préférer.
- I,e régulateur se compose en principe d’un tachymètre sensible agissant sur un rhéostat shuntant l’inducteur par l’intermédiaire d’un servo-moteur composé d’un double encliquc-
- Le tachymètre actionne un levier ordinairement complètement libre. Ce levier .porte deux butoirs ayant pour elfet d’enclen-
- Fig. 9. — Régulateur Thury, pour moteurs s
- cher l’un ou l’autre des encliquetages suivant qu’il y a excès ou manque de vitesse. La course nécessaire à cet effet peut être réglée à volonté depuis quelques millimètres jusqu’à, zéro, ce qui permet de modifier suivant les besoins, le degré de sensibilité de l’appareil.
- La parfaite mobilité du tachymètre est assurée par l’adoption du mouvement louvoyant et par la suppression des frottements des articulations qui sont formées par des ressorts.
- Ce qui caractérise ce dispositif c’est que le tachymètre n’a pas besoin d’ètre isochrone, vu qu’il agit toujours dans la même position; sa course totale n’excède pas 3 mm.
- Le pourcentage de vitesse et l’asservissement sont obtenus par un ressort extérieur (visible fig. 9) qui se bande et se débande par le mouvement même du curseur du rhéostat. On peut ainsi faire varier à volonté ce pourcentage au moyen de ce ressort.
- Le grand modèle vertical possède également ce dispositif, mais avec une modification heureuse dont l’idée première appartient à M. de Morsier, ingénieur.
- Une des extrémités du ressort est fixée au levier du tachymètre par l’intermédiaire d’une pompe à huile dont le piston est muni d’une petite ouverture qui peut d’ailleurs être
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- réglée au moyen d’une vis. I)e cette façon l’action du ressort n’est que momentanée; le ressort se débande lentement après chaque réglage et reprend sa première position. La vitesse avec laquelle il reprend cette position peut donc être réglée en augmentant ou dimi-
- nuant l’ouverture qui fait communiquer les deux faces du piston. L’écoulement de l’huile d’une partie du corps de pompe dans l’autre se faisant ainsi plus ou moins aisément.
- C’est grâce ace dispositif que la plus parfaite stabilité peut être obtenue sans qu’il en
- résulte de différence de vitesse entre la marche à pleine charge et à vide.
- Le modèle horizontal, avons-nous dit. est passablement simplifié.
- Une seule roue dentée reliée au curseur du rhéostat peut être enclenchée dans l’un ou l’autre sens. Quant au dispositif de la pompe à huile il est supprimé et se réduit à un simple ressort. La ligure 10 montre le
- dispositif généralement adopté du régulateur placé sur le moteur même.
- Cette figure représente un moteur en série du pavillon Raoul Pictet. actionnant les pompes d’une machine à glace.
- On sait qu’il est de la plus grande importance d'employer dans la construction de a
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- genre d’appareil, des dispositifs qui évitent, au moment du passage du curseur d’une touche à l’autre, les étincelles qui détériorent si rapidement les appareils.
- Il est également essentiel, particulièrement dans les adjoncteurs automatiques, que le temps pendant lequel le curseur se trouve entre deux touches, soit aussi réduit que pos-
- sible, puisque pendant ce temps l’un des accumulateurs de la batterie se décharge à travers la résistance qui réunit les deux brosses ou ressorts de contact du curseur. Il peut même arriver si cette dernière est faible ou si l’appareil fonctionne mal, qu’elle finisse par être brûlée.
- L’appareil exposé par la Société Ricter
- Réducteur adjoncteur Schneider. Hlévatk
- et O est construit en vue d’assurer ces avantages.
- . En outre, par le dispositif mécanique même et grâce à la tension des ressorts qui s’effectue lentement, son fonctionnement automatique ne nécessite que peu de force.
- Le dispositif représenté 'fig. n et 12) est le suivant. Le curseur avec ses ressorts de contact est actionné au moyen d’un ressort qui automatiquement se trouve bandé à l’instant où le passage d’une touche à l’autre est sur le point d’avoir lieu.
- Jusque-là et tant que la tension conve-
- nable du ressort n’esl pas atteinte, un dispositif spécial le tient en arrêt et l’empêche d’agir. Mais sitôt ce résultat atteint, le dispositif d’arrêt se déclenche et le ressort pousse énergiquement le curseur à la touche suivante.
- Presque en même temps le dispositif d’arrêt s’enclenche à nouveau et occupe une position analogue à celle qu’il avait au début.
- De cette façon les avantages dont nous venons de parler sont obtenus. La.puissance avec laquelle le curseur est poussé est donc 1 associée avec une entière sécurité au jeu et à
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- la tension progressive et lente du ressort. La figure représente le modèle exposé a Genève.
- Par la rotation de l’arbre S qui. suivant le cas. s’effectue dans un sens ou dans l’autre, l’écrou M vient presser par l’intermédiaire de l’anneau R, le ressort F contre la pièce B qui porte les ressorts de contact. Lorsque le curseur est arrêté sur une touche ; la pièce B ne peut se mouvoir ni en avant ni en arrière ; une petite pièce prismatique s, actionnée par un ressort f et mobile dans une glissière, vient presser contre la crémaillère Z et s’engager dans le creux L d’une dent. Cette pièce prismatique porte un petit rouleau r. Par le mouvement de l’écrou M qui porte un arc métallique C agissant sur le rouleau r, la pièce prismatique est abaissée et se dégage de l’encoche L. A cet instant B n’étant plus retenu, le ressort F agit et pousse énergiquement le curseur h la touche voisine. Il est aisé de voir qu’à ce moment l’arc C reprend la même position qu’aupara-vant par rapport à s et que la pièce prismatique s’engage de nouveau dans une encoche de la crémaillère.
- Notons que dans certains appareils le ressort F est remplacé par un coussin d’air. On peut également donner au réducteur la forme circulaire à condition de remplacer la vis S parle système, représenté figure 12, composé d’une vis sans fin et d’une roue dentée.
- M suivre.)
- Ch.-Eug. Guye,
- Professeur agrégé àTÉcole polytechnique
- L’ÉCLAIRAGE A L’ACÉTYLÈNE (s)
- L’ACÉTYLÈNE LIQUIDE
- Trois catastrophes dues à l’acétylène liquide, ont été enregistrées. La première eut lieu en
- (') Voir L’Éclairage Électrique du 21 novembre, p. 301.
- janvier dernier; une explosion suivie d’incendie se produisit à cette époque dans les ateliers de .MM. Pfeghar et fils, à New-Haven (États-Unis d’Amérique).
- Deux cylindres à acétylène, ayant chacun 1,20 m de longueur et 0,125 m de diamètre et timbrés à la pression de 260 kg : cm2, ont fait explosion. L’un d’eux fut projeté au-dessus du toit de l’usine et alla tomber à 75 m du lieu de l’explosion. De plus, le gaz mis en liberté par cette double explosion s’enflamma et communiqua le feu aux ateliers.
- La seconde catastrophe eut lieu à Berlin, précisément dans les ateliers de M. Raoul Pictet. En voici le récit d’après le Berliner Tageblatt An 4 mai 1896.
- « Ce matin, lundi, une violente explosion a causé un incendie. Dans le laboratoire de chimie, à l’angle de la rue Usedorn et delà rue des Ussites, plusieurs récipients remplis d’acétylène ont fait explosion.
- » Un ouvrier nommé Lehman.a été grièvement blessé aux }’eux, aux oreilles et aux mains.
- » On a appelé les pompiers une première fois à 5 heures 28 minutes et ensuite encore deux fois. Il y avait finalement 7 compagnies de pompiers avec 8 pompes dont 3 à vapeur. Il a été impossible de pénétrer dans l’immeuble sinistré et les pompiers étaient obligés d’attaquer le feu par l’extérieur. Lorsque la dernière compagnie de pompiers arrivait, il sautait encore un récipient. Les dégâts ne sont pas encore évalués.
- » Des renseignements complémentaires nous apprennent que cet incendie a eu lieu au n° 15 de la Vieille-Place du Marché-aux-Bestiaux, au long bâtiment massif servant d’usine à la Société des gaz liquéfiés Raoul Pictet et Cie. Cet immense hall rempli de machines et de tuyauteries est complètement éclairé à la lumière électrique. Ce matin, trois ouvriers travaillaient, lorsque vers environ 5 heures 30 minutes, une violente détonation se fit entendre et en même temps une immense gerbe de feu sortait par une des fenêtres. Un des ouvriers fut projeté contre le mur et un autre
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- est devenu presque sourd tant la première explosion fui violente.
- » I.’usine est complètement détruite ainsi que tout son matériel. »
- Nous avons souligné deux passages qui font bien voir que l’explosion fut la cause première de l’incendie.
- Il est à peine nécessaire de rappeler le troisième accident produit encore dans le laboratoire de Al. Pictet à Paris: les conséquences terribles qu’il a eues sont encore présentes à la mémoire de tous.
- Ces accidents, qui se sont produits dans les usines de fabricants où la manœuvre était faite par des ouvriers expérimentés, ont attiré fortement l’attention des autorités et des Compagnies d’assurances.
- En Amérique, la Philadelphia Fire Under-writters’Association s’exprime en ces termes :
- « Ces cylindres (d’acétylène liquéfié) seraient reliés directement aux canalisations de gaz dans les bâtiments ; lorsqu’ils seraient vides, ils seraient enlevés et de nouveaux cylindres leur seraient substitués. II faut réduire lapres-sion de 70 kg : cm* à quelques grammes, pour délivrer le gaz aux brûleurs ; cette réduction de pression est effectuée par un réducteur de Pintsch, d’un mécanisme assez délicat.
- » Deux questions importantes se présentent donc dans ces conditions :
- » i° Que résulterait-il si un incendie possible venait à se déclarer dans le bâtiment et si les* flammes atteignaient le cylindre à acétylène ?
- » 20 Que résulterait-il si le réducteur de pression venait à être détérioré et si la pression totale des vapeurs d’acétylène contenues dans le cylindre était brusquement introduite dans les canalisations de gaz du bâtiment?
- » Les fabricants et inventeurs affirment que, bien qu’il soit vrai qu’une augmentation de la température entraîne une augmentation de pression, avant que la pression puisse causer la rupture du cylindre qui est timbré à 25o kg : cm2, l’acétylène se décomposerait sans explosion en carbone et en hydrogène. Pour démontrer ce fait, on a chauffé, dit-on,
- au rouge cerise un petit tube contenant de l’acétylène liquide; il n’en est résulté aucune explosion, mais l’acctylènc était décomposé. Cette théorie peut être exacte ; on connaît des décompositions semblables de gaz: l’hydrogène sulfuré, par exemple, quand il est chauffé, dépose du soufre et libère l’hydrogène ; mais il reste à démontrer si les cylindres d’acétylène liquéfié peuvent être chauffés sans résultats désastreux, c’est-à-dire h démontrer que la quantité d’hydrogène libéré égale en volume l'acétylène décomposé ; le danger d’explosion, par conséquent, n’est pas éliminé par la décomposition de l’acétylène.
- » Le résultat d’un déréglage du réducteur de pression dont le fonctionnement est automatique, peut s’imaginer facilement. L’introduction d’un gaz à la pression de 70 kg : cm2 dans des tuyaux qui ne sont prévus que pour une pression de quelques grammes produirait nécessairement des effets désastreux.
- » D’après ce qui précède, on voit que les points intéressants pour l’assureur sont la présence de cylindres de gaz liquéfiés dans les bâtiments en cas d’incendie et le déréglage possible du réducteur de pression. Il n’y a aucune raison qui s’oppose à ce que ces objections soient surmontées. Les cylindres d’acétylène comprimé seraient placés à l’extérieur des bâtiments et leur soupape de sûreté déchargerait le gaz dans l’atmosphère à l’extérieur du bâtiment en cas d’accident au réducteur de pression.
- » L’acétylène est tellement supérieur aux autres gaz comme illuminant que, si sa production est aussi bon marché qu’on l’affirme, son introduction générale doit être envisagée. Il est nécessaire que les sociétés d’assurances fassent un examen attentif du sujet. En attendant, les assurances agiront sagement en étudiant chaque cas particulier et, jusqu’à ce qu’on ait formulé des règlements convenables pour l’introduction de ce gaz, en refusant d’autoriser son emploi dans les bâtiments couverts par leurs polices. »
- En France, le Conseil de salubrité de la Seine a adopté les conclusions du rapport
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- de M. Vieille, ingénieur en chef des poudres et salpêtres, qui exigent, pour l’acétylène .liquéfié :
- « Les appareils devront être placés soit à l’air libre, soit dans un local bien aéré, éclairé par la lumière du jour, muni d’ouvertures simplement grillagées, communiquant avec l’extérieur, à l’exclusion des courettes mal ventilées.
- » Les bouteilles ou réservoirs d’acétylène liquéfié, placés à l’air libre seront soustraits à l’action directe du soleil. A cet effet, ils seront entourés d’une enveloppe ou manchon surmonté d’un couvercle servant d’abri au récipient, tout en assurant la libre circulation de l’air le long de scs parois. »
- Les réservoirs du gaz acétylène comprimé ou liquéfié devront satisfaire aux conditions suivantes :
- « i° Les récipients chargés à une pression inférieure a io kg-cim seront éprouvés par le constructeur et sous sa responsabilité, a une pression double de celle qu’ils sont appelés a supporter. Ces récipients seront munis de manomètres.
- » Dans le cas où les récipients seraient chargés à des pressions supérieures à 15 kg : cm2, ils seront soumis, aux frais du propriétaire de l’appareil, par le service des mines, h une épreuve officielle opérée avec martelage et constatant qu’ils supportent une pression égale à une fois et demie la pression maxima du gaz qu’ils contiennent.
- » Les bouteilles ou réservoirs d’acétylène liquéfié sont soumis aux épreuves et vérifications actuellement imposées aux réservoirs renfermant l’acide carbonique et le protoxyde d’azote liquéfiés destinés au transport par voies ferrées, sauf en ce qui concerne les conditions de remplissage des récipients. »
- En Allemagne, les compagnies de chemins de fer ont aussi édicté le règlement suivant :
- « Les règlements appliqués aux expéditions d’acide carbonique liquide et de protoxyde d’azote doivent être étendus à l’acétylène liquide, avec cette précaution supplémentaire, que les récipients employés pour l’acé-
- ELECTRIQUE
- tylène ne contiendront aucune partie de cuivre, de laiton ou d’autres alliages de cuivre. Tous les récipients seront éprouvés au point de vue de la pression et le maximum admissible pour l’acétylène est 250 kg: cm1 et 1 kg de liquide pour 3 litres de capacité. Le carbure de calcium doit être logé dans des récipients en fer étanches h l’air et il est interdit d’introduire quoi que ce soit avec l'acétylène ou le carbure de calcium. »
- Les expériences de MM. Rerthelot et Vieille dont nous avons récemment publié les résultats ('), confirment pleinement la justesse de ces règlements.
- On se rappelle que ces expériences ont démontré que :
- i° L’acétylène à la pression atmosphérique n’est pas explosif;
- 20 L’explosibilité augmente avec la pression, au-dessus de 2 atmosphères, et atteint son maximum avec l’acctylène liquide dont les propriétés explosives sont voisines de celles du coton-poudre ;
- 3d II suffit d’introduire un fil métallique chauffé au rouge en un point du récipient contenant l’acétylène comprimé ou liquéfié pour provoquer l’explosion de toute la masse;
- 4° L’explosion est provoquée aussi par la détonation à l’intérieur du récipient d’une capsule de fulminate de mercure ;
- 5° Le choc par lui-même ne semble pas suffisant pour provoquer la décomposition de l’acétylène comprimé ou liquéfié; mais si le récipient est brisé, le gaz qui s’échappe et se mélange avec l’air atmosphérique peut être enllammé par les étincelles résultant de la friction des fragments métalliques les uns contre les autres ou contre les objets extérieurs ;
- 6° Les phénomènes décompression brusque, lors du chargement des- réservoirs du gaz, ainsi que des phénomènes de compression adiabatique qui accompagnent l’ouverture brusque d’un récipient d’acétylène sur un détendeur ou sur tout autre réservoir de
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- faible capacité, peuvent amener des élévations de température suffisantes pour*pro-voquer l’explosion de l’acétylène.
- Comme le font remarquer MM. Berthelot et Vieille, il peut être remédié k ces inconvénients qui ne sont pas de nature k compenser les avantages que présente cette matière éclairante et à en limiter l’usage. Toutefois, jusqu'à ce qu’on ait pu remédier aux causes d’accidents résumées dans le paragraphe 6 précédent, il est certain que l’acétylène li-
- quide ne pourra être utilisé pour les usages domestiques où les appareils doivent être simples, robustes et dont le fonctionnement doit être automatique afin de ne nécessiter aucune connaissance spéciale des propriétaires d’installations. Jusqu’à ce moment, l’acétvlène liquide devra être réservé aux usages industriels, des ouvriers habitués à la manœuvre d’appareils de ce genre pouvant s’occuper de la surveillance des récipients et des détendeurs.
- Fig. 72. — Appareil détendeur de M. Dikersor
- Une autre cause d’accidents, que nous avons déjà effleurée, réside dans le déréglage possible des détendeurs qui laisseraient passer la pression totale du gaz dans les canalisations et dans les appareils d’utilisation trop faibles pour supporter cette pression élevée. L’explosion de ces canalisations serait alors inévitable.
- II est toutefois assez facile de s’affranchir de cette cause d’accidents soit par le procédé assez dispendieux indiqué précédemment, soit en disposant à l’entrée de ces canalisations une vanne ou un gazomètre qui fermerait automatiquement le robinet du récipient lorsque la pression . d’utilisation atteindrait une valeur dangereuse.
- Voici, par exemple, le dispositif imaginé par M. Dickerson (fig. 72 ).
- Le gaz qui se produit par la vaporisation de l’acétylcne liquide contenu, en A, passe par R L dans une suite de valves réductrices B, B' où il est ramené à la pression voulue ; la détente du gaz produit un abaissement de température qui est utilisé en S T h refroidir de l’eau salée en vue d’usages ultérieurs.
- Le gaz détendu passe dans le gazomètre à pression constante M d’où il alimente les brûleurs .T après avoir.été mélangé d’air en G au moyen d’un dispositif particulier que nous décrirons plus loin.
- La cloche M du gazomètre commande un robinet E qui empêche toute introduction
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- de gaz lorsque la pression dans les canalisations devient dangereuse par suite du déréglage d’une des valves.
- Par surcroît de précaution, une soupape de sûreté D laisse échapper le gaz à trop forte pression par N, dans l’air ou dans un récipient quelconque.
- En résumé, on voit que l’acétylène liquide ne peut, dans les conditions actuelles, tant par suite de son prix de revient que par suite des dangers qui peuvent résulter de son emploi, prendre dans l’industrie de l’éclairage la place
- à io kg-cm2. Ces réservoirs s robinet à pointeau dont la figu
- it munis d’un 73 représente
- urait pu esperc basant unique
- prépondérante qu’on ; lui voir prendre, en s< ment sur l’opinion de supplément d’études e
- ACÉTYLÈNF. C
- Après ce que nous venons de dire [de l’acétylène liquéfié, nous n’aurons «que peu de chose à ajouter sur l’acétylène comprimé. Si l’on ne dépasse pas certaines limites, les dangers de ce dernier sont beaucoup moindres que ceux de l’acétylène liquéfié, car les causes qui peuvent provoquer son explosion spori-. tanée sont moins nombreuses que pour le premier. Il pourra donc probablement recevoir plusieurs applications importantes. On pourrait même, en s’entourant des précautions convenables que l’expérience enseignera, en étendre l’emploi aux usages domestiques dans les campagnes; il suffirait de placer un réservoir de capacité suffisante chez chaque client; un générateur à carbure monté sur un chariot remplirait ces réservoirs à la pression voulue à intervalles de temps détérminés et irait ainsi de porte en porte vendre le
- En attendant, l’emploi de l’acétylène comprimé est presque exclusivement consacré aux usages de laboratoire.
- La Société centrale de Produits Chimiques, à Paris,- a mis en vente des réservoirs en acier comprimé, timbrés à 20 kg-cm2, et qui contiennent 25c litres d’acétylène comprimé
- l’aspect et qui permet, en ouvrant plu moins, d’obtenir le débit voulu.
- LA LUMIERE A ARC(')
- Action de l’air. — Dans l’arc à l’air libre il y a combustion par l’air, en même temps que combinaison de ses éléments avec le carbone. Le professeur Dcwar, entre autres expérimentateurs, s’est occupé de cette question, et, en recueillant les gaz dégagés dans des crayons tubulaires, il y a reconnu la présence non seulement d’acide carbonique et d’oxyde de carbone, mais de composés nitreux, tels que de l’acide prussique, du cyanogène, de l’acide nitreux et autres produits analogues.
- C’est probablement à la formation de ces produits qu’est due Yodeur caractéristique de
- r L'Éclairage Électrique du 14 novembre, p. 293.
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- l’arc voltaïque particulièrement perceptible avec les hautes tensions. Ces produits nitreux existent heureusement en très petite quantité, notamment dans l’arc normal réalise sous 40 k 50 volts.
- Propriétés magnétiques de l'arc. — L’action d'un aimant sur l’arc voltaïque a été reconnue par Davy des le début de sa découverte ; sous son influence l’arc se comporte comme un conducteur souple, s’infléchissant dans un sens ou dans l’autre suivant le sens du courant. Dans le cas d’un arc horizontal, l’action du champ terrestre tend à l’incurver en haut si le courant se dirige vers l’ouest, et en bas dans le cas contraire. On peut en conséquence obtenir d’un courant donné une plus grande longueur maximum d’arc en faisant pénétrer ce courant par l’est qu’en l'envoyant par l’ouest. Avec uncourant alternatif il est très facile d’observer ces incurvations successives par suite de l’action terrestre dans un sens ou dans l’autre selon le sens du courant. Walker et de la Rive ont observé la rotation de l’arc autour d’un pôle magnétique; mais dans un champ intense, comme celui qui existe entre les deux pôles d’un électro-aimant, l’arc se comporte tout à fait différemment : il est impossible de le maintenir en repos; il s’incurve intérieurement ou extérieurement suivant le sens du courant, et si, en écartant les charbons, on cherche à le rompre, la rupture s’effectue avec un bruit analogue à celui d’un coup de pistolet, au lieu du bruissement léger comme le souffle d’une bougie que donne l’arc ordinaire. Avec une force électromotrice de 300 ou 400 volts on obtient entre les deux charbons, sous l’action d’un clcctro-aimant, une longue flamme que l’on peut k volonté diriger dans un sens ou dans l’autre et qui, observée par Quct dès 1852 et par Werdermann en 1874, a été depuis utilisée pour le soudage et la forge par le procédé Benardos.
- Absence d’arc arec certains métaux. — Nous avons déjà fait observer l’impossibilité de maintenir l’arc entre certains métaux tels |
- que le zinc et l’antimoine. Cette propriété de rupture instantanée a été utilisée pour la confection de paratonnerres sans arc persistant et pour la protection des stations américaines alimentant des arcs en tension sous des différences de potentiel de 2000 à 3000 volts entre les fils de ligne. Tel est le protecteur de Wurts (1) (fig. 5) : deux cylindres d’un
- laiton particulier, contenant une forte proportion de zinc, sont respectivement reliés aux deux lignes. Entre eux est montée une série de cylindres de zinc presque au contact; celui du milieu est relié k la terre; les autres, simplement fixés sur un châssis de porcelaine ou autre matière non conductrice, ne sont reliés h quoi que ce soit. En cas de décharge quelconque, atmosphérique ou autre, sur la ligne, une étincelle passe h la terre par l’intermédiaire des cylindres de zinc, mais il . n’y a pas d’arc persistant et les appareils sont protégés. On ne connaît pas exactement la cause de ces effets qui se produisent avec le zinc, l’antimoine et le bismuth, ou leurs alliages, k l’exclusion d’autres métaux.
- Température de l’arc. — Après des hypothèses plus ou moins fantaisistes qui, au début, évaluaient k ioooo0 Cet à 500000° F, la température de l’arc, Becquerel, en 1860, l’estima k 2 070 ou 2 ioo° C, entre les crayons;
- t1; La Lumière Electrique, t. XLV, p. 79.
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- 1
- sa pile comprenait‘8o éléments Bunsen. En 1879, Rosetti a publié des recherches basées sur des observations de la radiation et dont il conclut, non sans quelque doute, que la température du cratère est voisine de 3 900° C et celle de la pointe négative, de 3 150° C environ; l'arc lui-même, tout en étant moins lumineux en raison de sa nature gazeuse, serait en réalité h une température plus élevée, soit 4ooo°C. — Nicholls, en Amérique, et M. Violle, en France, ont repris ces expériences par des méthodes différentes, et M. Violle est arrivé pour la température du cratère à un chiffre un peu inférieur à celui de Rosetti, soit 3 500° C. La méthode directe employée par lui mérite d’être rappelée. Il garnissait le crayon positif d’une petite pièce additionnelle en charbon dont il formait le cratère de l’arc et qui. après avoir été réduite par la combustion à une très faible épaisseur, pouvait être instantanément séparée du reste du crayon et plongée dans un calorimètre. Il fallait admettre l’hypothèse un peu hasardée qu’on pouvait par extrapolation déduire la chaleur spécifique du carbone à cette température élevée de sa chaleur spécifique à des températures plus basses; mais la température trouvée concorde avec celle fournie par l’observation de la radiation, tandis que, d'autre part, M. Gray arrivait de son côté au chiffre de 3 400° C. On peut en conséquence tenir actuellement pour suffisamment exact le chiffre de 3 500° donné par M. Violle pour le crayon positif, la température du négatif étant notablement inférieure, soit 2 700° C. L’éminent professeur a poursuivi depuis par des observations spectro-photométriques l’étude de la température de l'arc lui-mème que la nature des radiations faisait déjà supposer supérieure à celle des deux charbons. Le procédé est des plus ingénieux : si l’on établit un arc à plus basse température, comme entre deux crayons de zinc, la température du cratère correspondra naturellement à la température de volatilisation du zinc; si alors entre ces deux électrodes on interpose une substance moins volatile ou moins fusible,
- le spectroscope permettra d’apprécier si sa température est plus ou moins élevée. C’est ainsi que M. Violle a reconnu que l’arc formé entre deux crayons de zinc pouvait porter un morceau de charbon à une température sensiblement plus élevée que celle des deux électrodes, d’où la conclusion, par induction, que l’arc entre deux charbons se comporte de même. — Plus récemment encore M. Violle est revenu sur la question de savoir si l’éclat intrinsèque du cratère était indépendant de l’intensité du courant. En employant des crayons de très grande section et opérant sur des arcs correspondant respectivement à 10 et 1 000 ampères, il a trouvé que l’éclat intrinsèque de la surface du cratère, c’est-à-dire la quantité de lumière émise par mm2 de surface, était identique.
- Conductibilité des crayons. — L’insuffisance de section ou de conductibilité des
- ABC
- Fig. 6.
- crayons se traduit par un échauffement sur toute leur longueur et une consommation inutile de chaleur par suite de trop grande résistance. Mais, indépendamment du côté économique, ce défaut de section détermine une mauvaise formation du cratère, et l’arc qui en lèche les bords est plus ou moins instable. Si, par contre, le crayon est trop gros par rapport au courant, on constate la meme instabilité de l’arc par suite de la profondeur exagérée du cratère et de son déplacement continuel. Dans le premier cas les crayons rougissent sur une grande longueur,
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- s’oxydent à l’air et présentent des pointes très allongées comme en A (fîg. 6). Pour remédier à cet inconvénient, on a autrefois cuivré ou nickelé les charbons, ce revêtement offrant un passage facile au courant, qui des lors ne les échauffe plus, et se volatilisant au voisinage des extrémités (hg. 6 B et C). Aujourd’hui qu’on est arrivé à faire des charbons moulés 15 à 20 fois aussi conducteurs que les anciens charbons de cornue, cette précaution n'est plus nécessaire, bien qu’en fait le cuivrage puisse encore réduire considérablement leur résistance.
- Action de l'atmosphère ambiante. — On avait jusqu’à ces derniers temps peu étudié l'action de la pression atmosphérique ou d’un milieu autre que l’air sur l’arc voltaïque. Avant d’être fixé comme on l’est actuellement sur la f. c. é. m. de l’arc, on attribuait au milieu et à la combinaison de l'oxygène et du carbone une influence sur les 39 volts de différence de potentiel constatés. Des expériences de l’Auteur dans le chlore, le gaz d’éclairage, l’hydrogène, l’azote, etc., ont démontré qu’il n’y avait pas dans ces différentes conditions une différence de 1 volt. Mais il n’en est pas de même de la forme prise par les deux électrodes. Dans le gaz d’éclairage il se forme autour du cratère un .dépôt charbonneux qui amène la pointe négative à pénétrer dans une sorte de gaine résultant de ce dépôt. — En opérant dans les gaz raréfiés on arrive à des phénomènes de l’ordre de ceux présentés par les tubes vides. On peut donner à l’arc plus de longueur et de section, mais l’intensité lumineuse des pointes diminue et le phénomène du cratère se modifie. Il y a une très faible volatilisation de carbone et la f. é. m. nécessaire au maintien de l’arc est réduite. Quand, au contraire, on augmente la pression, on se trouve en présence de phénomènes différents de ceux qui se rencontrent à la pression atmosphérique et qui justifient l’attribution des 39 volts au travail effectué par la vaporisation du carbone. Les travaux les plus complets à cet
- égard sont ceux du Dr L. Duncan, dont les figures 7 et 8 donnent les principaux résultats. Si, prenant pour point de départ la ligne
- marquée « une atmosphère », on considère ce qui se passe à des pressions plus élevées, on retrouve d’une manière générale des phénomènes analogues à ceux précédemment
- connus : toutes les courbes vont en s’abaissant de droite à gauche; ce ne sont pas des lignes droites, mais elles sont telles sur une longueur considérable. Il en est de même de la courbe « une atmosphère » qui s’incurve d’abord pour une faible longueur d’arc, sa partie droite-commençant vers 40 ou 39 volts suivant l’intensité de courant emploj-éc. Or, si la théorie de l’Auteur est exacte, c’est-à-dire si la température de l’arc est celle de la volatilisation du carbone, il est clair que, la pression augmentant, on doit retomber sur des phénomènes exactement semblables à
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- ceux de l’ébullition d’un liquide sous différentes pressions; cette température d’éhulli-tion augmente avec la pression. Dans le cas actuel, on augmente la température d’évaporation ; il faut plus d’énergie pour obtenir l’ébullition; autj'cment dit, il y a, toutes choses égales d’ailleurs, développement d’une plus grande force électromotrice. C’est ce qu’indiquent les courbes correspondant à 4. 6 et 10 atmosphères. Dans ce cas extrême, la courbe tend vers 40 volts, au lieu de 39, en raison de la plus grande difficulté d’évaporation. du carbone du cratère dans l’arc lui-même. Dans le vide, il faut moins de force électromotrice que sous la pression atmosphérique ordinaire pour obtenir de petits arcs et il en faut plus pour le maintien de grands arcs.
- Les données de la ligure 8 sont différentes : chaque courbe correspond ici hune même longueur [d’arc ; c’est la pression qui est variable. Avec un arc très court il y a augmentation continue de la force électromotrice nécessaire; mais, dès que l’arc atteint 3 mm, il faut moins de tension quand on passe du vide à une atmosphère. Il est ainsi plus facile d’obtenir un arc dans l’air que dans le vide quand il a seulement 8 mm de longueur; mais ensuite la tension nécessaire augmente avec la pression. Ce fait est encore inexpliqué.
- En résumé, il résulte de nos connaissances actuelles que le carbone, le plus réfractaire de tous les corps, a, sous une pression constante, une température définie de volatilisation. Tout changement de pression modifie cette température. Quel que soit réchauffement dû au courant, si loin que soit poussée la puissance fournie par le circuit électrique, il est impossible d’élever’au-dessus de cette température limite la surface libre de volatilisation du carbone. L’élévation de température n’a d’autre effet que d’augmenter la rapidité de cette volatilisation. Le carbone présente d’ailleurs, à ces températures élevées, des propriétés chimiques extrêmement actives. Il n’existe aucun corps composé qui ne soit dissocié à la température de l’arc ; la chaux,
- la magnésie, l’alumine, l’amiante sont toutes anéanties, réduites, volatilisées; leur présence dans les crayons voltaïques a, sans exception. pour effet de réduire la température, de diminuer l’intensité lumineuse et en même temps la force contrc-électromotrice de l’arc Tout accroissement de pression a au contraire pour résultat d’augmenter et sa température et son intensité lumineuse. On entrevoit par là ce qui peut se passer à la surface du soleil, Des considérations qui n’ont pas place ici font admettre que la température de la surface solaire est très élevée, plus élevée, h en juger par la radiation, que celle du cratère de l’arc. De même la pression de l’atmosphère solaire, au niveau de sa surface, doit être beaucoup plus élevée que celle de notre atmosphère. A de semblables températures [et même sous de telles pressions) tous les composés chimiques connus seraient décomposés en leurs éléments ettous lesélémentsconnus seraient volatilisés. Le dernier de tous à passer à cet état serait le carbone. N’cst-on pas dès lors autorisé à supposer que la surfacelumineuse du soleil à laquelle il doit son éclat est en réalité une surface de carbone incandescent? Si non, quelle peut elle être ?
- Il est juste toutefois d’ajouter que, depuis l’émission de cette théorie, la révélation de certains phénomènes peut tendre à l’ébranler. Des expériences faites en Irlande parM. W.-E. Wilson il semblerait résulter que, dans des conditions déterminées, la lumière fournie par une lampe à arc a moins d’éclat sous une pression de plusieurs atmosphères, ce qui, suivant M. Wilson, indiquerait une diminution de son intensité lumineuse intrinsèque. Si le fait était établi, il prouverait naturellement que la température diminue aussi sous une plus grande pression et que, par suite, 011 ne peut considérer la température de l’arc comme fonction de la température de volatilisation du carbone. Mais, il reste à voir si cette température de volatilisation du carbone est ainsi réduite parla pression. La question est compliquée du fait de l’extrême voisinage de son point de fusion et de son point d’ébullition.
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- En i’absence de toute donnée sur un changement de volume au point de fusion et sur le sens de ce changement de volume, dilatation ou contraction, il est impossible de dire si une augmentation de température élève ou abaisse le point de fusion. Tout cequ’onpeut dire, c’est que la question reste en suspens et qu'actuellement les observations de M. Wilson sont nettement en opposition avec la théorie de l’Auteur qui est le premier à le constaterai.
- Recherches du professeur Arrlon. —• Au Congrès de Chicago, en 1893, le professeur Ayrton u communiqué une série d’études des plus intéressantes, faites en collaboration avec Mmc Ayrton, sur l’arc voltaïque. Bien que ces expériences 11e soient en somme que la répétition de travaux antérieurs dus à divers observateurs, elles ont été conduites avec un soin et une patience au-dessus de tout ce qui a été fait précédemment. Elles portaient sur toutes les questions ici envisagées et donnaient sous forme de courbes les résultats de centaines de laborieuses expériences, d’où il ressortait que, des conditions déterminées expérimentales étant données, telles que la longueurde l’arc, l’intensité du courant, etc., si on laisse s’écouler un temps suffisant pour l’établissement régulier de chaque régime, le cratère positif et la pointe négative prennent des formes très nettement caractéristiques de chaque régime, qui se traduisent par des courbes très régulières, au lieu des courbes brisées telles que celles de la figure 2 précédente (p. 298). Ces expériences avaient etc poussées jusqu’aux extrêmes et constituaient sans contredit la monographie la plus complète qui ait été produite sur l'arc voltaïque. Malheureusement ce mémoire n’a pu être publié ; laissé à cet effet en Amérique par son auteur lors de son retour en Europe, il a malheureusement et inconsciemment servi a allumer le feu. Il n’en reste à M. Ayrton que des fragments de notes, et, en attendant que, sur la sollicitation de ses confrères et a mis,
- 1.1) Voir dans notre précédent numéro, note de la p. 417. explication proposée par M. Guillaume.
- il puisse reconstituerun travail de si haute valeur, l’Auteur s’est borné à consigner dans un des tableaux précédents (p. 297, n° 46) la formule qui figure sous le nom de M. Ayrton (').
- Fours à arc. — Depuis les premières expériences de de la Rive et de Despretz sur l’emploi électrométallurgique de l’arc, en passant par Napier et William Siemens qui opérèrent les réductions de métaux par l’arc voltaïque dans un creuset spécial (fig. 9), jusqu’aux
- grands progrès réalisés par Cowles, Moissan et autres, l’électrométallurgic est entrée dans une voie nouvelle.
- L’avenir appartient maintenant aux chimistes ; les électriciens leur fournissent.le moyen d’arriver à des températures élevées ; h eux d’étudier a ces hautes températures les propriétés du carbone qui paraît être le dissolvant universel, aucun corps ne résistant à la température de l’arc en sa présence.
- Dans les considérations suivantes, nous laisserons de côté tout ce qui a trait aux phénomènes de l’arc sous hautes tensions, à ceux qui se produisent dans le vide et aux phénomènes anormaux de l’arc voltaïque; nousnousconfincrons exclusivement à l’étude de l’arc ordinaire, produit sous40 à 50 volts, et à son utilisation industrielle comme source de lumière.
- (A suivre.)
- E. BoiSTEL.
- {') Ce travail a été repris par Mme Ayrton et les résultats obtenus communiqués au meeting de 1895 de l’Association britannique. L’ensemble du travail, publié cette année seulement par TU Ekctrician, a été analysé dans notre numéro du 17 octobre, p. 109.
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- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Contacts en charbon Siemens et Obacli (1896).
- courant passe brusquement d’une valeur nulle à son maximum qui peut atteindre plusieurs centaines d’ampères, et cela plusieurs fois, souvent, dans une minute.
- Il est donc intéressant d’enregistrer toutes les tentatives faites pour résoudre cette ques-
- Pour relier l’électrode en charbon C (fig. i et 2) à la borne en plomb S. on coule dans
- F M- P M Fig. 1 et 2. — Contacts en carbone Siemens etObach.
- les trous du charbon, garnis de viroles en platine P, un métal M qui se dilate en se solidifiant et se soude à l’ctain dont sont garnies les viroles P.
- La ligure 3 représente l’application de ce
- Fig. 3. — Contacts en carbone Siemens et Obach.
- système a une barre de cuivre B, reliée au plateau de charbon C par des .boutons A, à garnitures M analogues aux précédentes. .
- G. R.
- Régulateur Replogle pour turbines.
- La régulation des turbines est toujours délicate ; elle est particulièrement difficile dans l’industrie des tramways électriques,en raison des variations brusques de débit qui se produisent à tout instant; l’intensité du
- Le régulateur Replogle, dont nous représentons en figure 1 le principe et en figure 2
- Fig. 1. — Scliér
- l’aspect extérieur, a été appliqué dernièrement avec succès sur plusieurs lignes de tramway américaines, notamment à Ithaca et à Fishkill-on-Hudson.
- Il se compose (fig. 1 et 2) d’un régulateur à force centrifuge R qui commande un levier l, pivoté en o, et qui, à son extrémité opposée, établit le contact avec l’un ou l’autre des plots c et U, suivant que le régulateur R s’élève et s’abaisse. Lorsque ce contact s’établit, l’électro-aimant correspondant, soit E, soit E', attire son armature et abaisse le taquet t ou t' au contact de la roue h ro-chets A. Ces taquets sont montés sur une plaque P, qui reçoit un mouvement de va-et-vient au moyen d’un levier b, solidaire d’un excentrique e. Une roue dentée B, montée sur l’axe de la roue A, engrène avec une crémaillière C qui commande l’obturateur 1) de Ja sortie de l’eau qui a actionné la turbine. Lorsqu’un des électro-aimants est
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- REVUE D’ELECTRICITE
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- rendu actif par le régulateur R, le taquet correspondant fait avancer la roue A d'une dent à chaque tour de l’excentrique e; la rotation a lieu dans un sens ou dans l’autre suivant, que c’est l’un ou l’autre des clectros qui est rendu actif; le débit est donc modéré ou augmenté suivant que le régulateur s’élève ou s’abaisse. Ce dernier n’ayant à effec-
- tuer qu’un très faible travail da commande du levier commutateur /), le réglage est très précis et très rapide.
- La ligure 3 représente le résultat des essais faits à Fishkilt, le 7 avril 1896, durant une violente tourmente de neige; celte journée avait été choisie en raison des conditions atmosphériques qui rendaient le service par-
- ticulièrement rude, la neige recouvrant les voies sur une épaisseur de 7 à 8 cm. Les essais durèrent 30 minutes ; pendant ce temps les coupe-circuits automatiques sautèrent 10 fois, et. en tout, le courant fut réduit à zéro 25 fois; son maximum fut de 200 am-
- Les lectures étaient prises de 10 secondes en 10 secondes, simultanément sur l’ampèremètre, sur le voltmètre et sur le tachymctre. La courbe inférieure de la figure 3 représente les variations d’intensité, la courbe immédiatement au-dessus les variations de voltage
- et la courbe supérieure les variations de vitesse de l’arbre de la turbine.
- La vitesse angulaire normale de la turbine était de 105 tours par minute et le voltage moyen de 550 volts. Malgré les conditions atmosphériques défavorables et les variations de courant correspondantes, la vitesse angulaire n’a jamais dépassé de 5 p. 100 sa valeur normale; la différence de potentiel a varié de 100 volts au maximum et ne descendit qu’une fois au-dessous de 500 volts. Ces variations extrêmes de la vitesse et du voltage étaient dues à un court-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- circuit qui s’était produit sur une des voi- I Pendant ces essais. 4 voitures, munies cha-turcs en marche. | cune de 2 moteurs, étaient en service. Tout
- Fig. 3. — Courbes du ddbit, du voltage et de la,vitesse angulaire des dynamos des tramways de Fishkill-on-Iludson.
- le courant était Rodney-Hunt, vaillant sous u
- t fourni par une seule tut'bu de 122 cm de diamètre, et tr ne pression d’eau de p6r>
- G. P.
- Soient (fig. iy
- O K, le rayon inconnu de la courbe médiane de la voie; '
- O M„ le rayon correct de la courbe du fil:
- O K O Al — M K, la distance à l'intérieur
- de la voie entre ces deux courbes.
- Sur remplacement correct des fils à trôlet aux courbes ;
- Par Foster et B. A. Ai.dkn
- M. Foster complète la communication précédente U en indiquant comment on peut déterminer remplacement correct du fil a trôlet au-dessus d’une voie déjà posée et dont on ne connaît pas le rayon.
- I), l'empâtement des roues de lu voiture;
- L, la longueur du bras du trôlet;
- H, la hauteur du fil au-dessus du toit de la voilure.
- (') Street Raikvay Journal, juillet 1896. p. 41 [ et 428. ,2) L’Éclairage Êiech ique, 19 septembre 1896, p. 567.
- Fig. i-
- Une relation géométrique connue donne la longueur de la corde S T — C :
- C — 2 v'MKAÔK— MKd . 1 '
- La formule (5) précédemment publiée donne :
- _MK=R — (T)"- L2 + H’;
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- En substituant cette valeur à M K dans l’équation (i) ci-dessus, et en posant :
- R=OK,
- (P)i + L,-H,= K,
- on aura :
- C= 2 y (ok—VSE‘-kXzOK—(0K-V'5ks^k), ou, après réduction,
- quantité connue en fonction des données.
- Le fil à trôlet doit être en tous les points situé au-dessus du milieu de cette corde.
- prise sur l’axe de la voie, de point en point successivement.
- La méthode de calcul de M. Foster ne s’applique évidemment qu’aux courbes à rayon unique ; comme la presque totalité des courbes actuelles sur les tramways sont des courbes composées, à rayons variables aux différents points, il y a intérêt à déterminer l’emplacement correct du conducteur pour ces courbes. M. Alden indique la méthode graphique suivante qui est très simple et très expéditive.
- On commence par tracer un plan de la courbe à l’échelle de 2 ou 2,5 cm par mètre ou mieux encore it une plus grand/»- échelle.
- rapliique de Alden, pour la dt
- aphique de
- On découpe ensuite, dans une feuille mince de celluloïd ou de gélatine transparente et rigide, un rectangle ayant meme longueur que l’cmpàicment D des roues de la voiture; on trace sur cette feuille avec une pointe fine une ligne médiane correspondant à l’axe de la voiture, et on en marque le milieu, correspondant au centre de la voiture : 011 calcule la projection horizontale du bras du trôlet et or» trace, sur une seconde feuille de celluloïde, une ligne de longueur correspondante, le tout à l’échelle du plan; la feuille sera coupée perpendiculairement à cette dernière ligne à une de ses extrémités; l’autre extrémité correspond au centre de la base du trôlet; les deux feuilles sont alors placées l’une sur l’autre de façon que les centres de la base du trôlet et d'e la voiture se correspondent exactement et elles sont réunies
- en ce point par un œillet métallique assez peu serré pour qu’elles puissent tourner aisément autour de cet œillet comme centre.
- Pour comprendre.le mode d’emploi de cet instrument, considérons la figure 2 où la ligne en traits fins représente la courbe axiale de la voie et la ligne en traits forts la position du fil à trôlet ; la première est formée par une succession d’arcs de cercle de rayons décroissants raccordés entre eux; la seconde peut être considérée comme formée aussi d’arcs de cercles de rayons un peu plus petits que les premiers et dont les centres ne coïncident pas avec ceux des courbes de la voie, mais en sont très rapprochés. La courbe du fil conducteur doit être telle que la projection du bras de trôlet lui soit tangente en tous ses points. Comme les centres des deux courbes sont peu éloignés les uns des autres,
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- on peut, pour une première approximation, admettre qu’ils coïncident. On placera donc l’axe de la voiture de façon que ses deux extrémités soient sur la courbe de la voie et on tournera le bras du trôlet jusqu’à ce que la perpendiculaire h son extrémité libre coïncide avec le rayon de la courbe en ce point, comme l’indique très clairement la figure. L’extrémité libre du trôlet marquera dans ces conditions un des points de la courbe approximative cherchée, qu’on déterminera ainsi point par point. On déterminera ensuite les centres de ces différentes parties et on répétera la meme opération en faisant coïncider la perpendiculaire à l'cxtrcmité du trôlet avachies rayons tracés de ces nouveaux centres. La courbe décrite par l’extrémité libre du trôlet dans ces conditions indiquera la position vraie du conducteur.
- Si la même voie est parcourue par des voitures allant dans les deux directions, la courbe du conducteur doit être tracée en plaçant le trôlet d’abord dans une direction et ensuite dans une autre, et on adoptera la position moyenne. C’est cette dernière qui a été tracée sur la figure 2.
- La courbe une fois tracée sur le plan on relèvera au compas les distances entre les deux courbes en chaque point et on les multipliera par un coefficient convenable, dépendant de l’échelle adoptée, pour les ramener à la vraie grandeur.
- La meme méthode peut être employée pour déterminer l’emplacement des aiguil-lagcs, etc.
- Si le rail extérieur de la voie en courbe est surélevé, le conducteur doit être reporté vers le centre de la courbe d’une valeur
- h étant la dénivellation. H la hauteur du fil à trôlet au-dessus de l’axe de la voie et l' l’écartement des rails. G. P.
- Contrôleur G. E. pour quatre moteurs;
- Par \V. Baxter (*).
- Les services de plus en plus rudes qu'on a demandés aux moteurs dans l’industrie de la traction, soit sur les chemins de fer, soit sur les tramways interurbains, ont conduit à employer quatre moteurs par voiture motrice. Le réglage de la vitesse devient alors beaucoup plus compliqué, car on peut opérer un nombre de groupements très considérable des moteurs entre eux. Nous avons décrit en détail un contrôleur réalisant les opérations nécessitées par ces différents groupements, pour six moteurs; on se souvient que les moteurs pouvaient être groupés ou tous en série, ou en deux groupes de trois en série, ou en trois groupes de deux en série; des résistances convenables pouvaient, en outre, être intercalées dans le circuit au démur-
- Dans le contrôleur actuel, combiné pour quatre moteurs seulement, on réunit d'abord les moteurs deux par deux en série: chacun de ces groupes de deux moteurs est regardé comme composant un seul moteur et on réalise sur ces deux groupes au moyen d'un contrôleur ordinaire, les mêmes combinaisons que sur deux moteurs. Gette disposition convient très bien tant que la vitesse 11e doit pas être très grande; mais quand on veut obtenir une plus grande rapidité de marche, au moyen d’un commutateur spécial placé sur la voiture devant le mécanicien, on groupe les moteurs deux par deux en dérivation et l’on effectue sur ces deux, groupes les mêmes combinaisons que précédemment.
- La figure 1 représente-la disposition des circuits de ce contrôleur.
- R est le fil à trôlet; I)S sont des interrupteurs; G un parafoudre; GC une bobine à réaction; K B un plomb fusible; il y a deux contrôleurs ordinaires, un à l’avant de
- (P The Electrisai World, 16 juillet 1896, p. 77.
- (2) L Éclairage Électrique, t. IV, 14 juillet 1895, p. 77-
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- r
- service à la fois; en-dessous des contrôleurs on voit les commutateurs destinés à couper une paire de moteurs en cas d’accident; en dessous encore, sont placés les commutateurs inverseurs G S destinés à permettre la marche en avant et en arrière; le commutateur destiné à grouper les moteurs deux par deux en série ou en quantité est représenté à la partie inférieure du dessin, en A.
- Four la marche à petite vitesse, le com-
- mutateur A est tourné de façon que les contacts FS. représentés par des barres noires, établissent les communications entre les touches de ce commutateur : 19 X avec E, ; 15 X avec E.; si l’on veut se diriger en avant avec-le contrôleur n° 1, le commutateur inverseur de ce côté est tourné dans la position marquée F; les quatre longs contacts à gauche réunissent alors F2 avec A A.,; A2 avec 15, F, avec A .V, et .V, avec 19, tandis que les huit
- Fig. 1. - Schéma des a
- s du contrôleur G. H. pour quatre moteurs.
- petits contacts au centre relient Ft avec A A(, A, avec 15 X. Fa avec A As et A, avec 19X.
- Si l’on suit les communications sur le dessin, on voit que les deux connnulaieurs occupant les positions précédentes, si l’on tourne le contrôleur n° 1, de façon que scs contacts placés sous les lignes verticales 1, 2, 3 ... 11, 12, viennent successivement en contact avec les' louches T. R,. IL. ... E3, G, Lsî on obtiendra les combinaisons suivantes :
- Les quatre moteurs erT série entre eux et avec la totalité des rhéostats K A et K E ;
- 2" Les quatre moteurs en série ; un tiers de la résistance des deux rhéostats en déri-
- vation l’un avec l’autre et en série avec les moteurs ;
- tance extérieure quatre fois moindre ;
- 4° Les quatre moteurs en série; résistance extérieure nulle ;
- 50 Môme que (40) ;
- 6° Même que (20) ;
- 6 bis. Un tiers de la résistance de chaque rhéostat en circuit ;. les rhéostats en dérivation entre eux et en série avec les quatre moteurs qui sont toujours groupés en série ; les moteurs nÜH 2 et 4 sont mis en court-
- 70 Même que 6 bis, mais le circuit des 1110
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- teurs nos 2 et 4 est ouvert, au lieu d’être mis en court-circuit :
- 90 Un tiers de la résistance de chaque rhéostat en circuit : les deux rhéostats en dérivation entre eux et en série avec les deux groupes demoteurs montés en dérivation : les moteurs 1 et 3 sont en série entre eux et en dérivation avec les deux autres moteurs 2 et 4 qui sont aussi en série l’un avec l'autre ;
- io° Même groupement qu'en 90, mais avec une résistance extérieure quatre fois moindre;
- ti° Même groupement; résistance extérieure nulle ;
- 12° Même groupement qu’en ii°.
- Les rhéostats K., A et K, R servent à shun-ter les inducteurs des moteurs ,3 et 4 et 1 et 2 respectivement.
- Pour les allures plus rapides que ne le permet le onzième groupement ci-dessus, on
- les touches de ce commutateur étant réunies entre elles par les lames de contact FS, on ait les communications suivantes : à droite. 19 avec 19 X, K, avec E3, 15 avec 15 X: E„ avec G ; a gauche, S, et S3 avec L,, S; et S, avec L:,
- Dans ces conditions, en plaçant successivement le contrôleur sur les crans d arrêt r. 2. 3... 10, 11, 12, on obtiendra les combinai-
- sons suivantes ;
- i° Les moteurs 1 et 3 sont en dérivation entre eux, ainsi que les moteurs 2 et 4 ; ces deux groupes sont montés en série entre eux et avec toute la résistance extérieure;
- 20, 3n et .p'. Même groupement avec des résistances extérieures décroissantes, jusqu’à suppression complète ;
- 5° Même groupement, mais les inducteurs sont shuntés ;
- 6° Même groupement qu’en 20;
- 6 bis. Les moteurs 2 et 4 sont mis en court-circuit ;
- 711 Les moteurs 2 et 4 sont complètement coupe's du circuit;
- 9° Les quatre moteurs sont mis en dérivation ; .
- io°et ii° Même groupement; résistance extérieure réduite, puis nulle ;
- i2° Même groupement; les inducteurs des moteurs sont shuntés.
- Cette dernière disposition correspond à la plus grande vitesse. G. P.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Décharges par les rayons de Rœntgen ; influence de la pression et de la température ;
- Par Jevx Peuiun (*).
- « J’ai montré;2) que des rayons de Rœntgen traversant un gaz en repos créent en chaque point des quantités égales d’électricités positive et négative, quantités capables de se mouvoir sous l’action d’un champ électrique et, par conséquent, de détruire les charges terminales des tubes de force où elles sont contenues. J'ai montré que la quantité d’élec-tricitc neutre ainsi dissociée par les raj 011s
- du carré de la distance à la source et peut donc être considérée comme proportionnelle en chaque point à l’intensité du rayonnement.
- » Je vais résumer aujourd'hui quelques expériences faites en vue de trouver comment les variations de pression et de température influent sur cette dissociation.
- » J’ai employé le dispositif que j’ai déjà décrit, faisant passer entre les armatures d’un condensateur plan, et sans les toucher, un pinceau de rayons. Le condensateur est contenu dans une enceinte où l’on peut faire varier la pression. Une des armatures est liée
- (*) Comptes rendus, t. CXXIII, p. 878, séance du 23 novembre 1896.
- (2) L'Éclairage Électrique, t. VII, p. 545, 20 juin 1896,
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- h l’aiguille d'un électromctre. en sorte qu’on peut mesurer la quantité d’électricité qu’elle perd sous l’influence des rayons. J’ai naturellement. et pour toute pression, établi entre les armatures une différence de potentiel assez grande pour qu’un accroissement dans cette différence reste sans influence sur le débit : on se trouve alors dans les conditions où ce débit mesure la quantité d’électricité neutre dissociée entre les armatures.
- » J’ai constaté, la température restant fixe et dans un intervalle où les pressions extrêmes sont mesurées par des hauteurs de 7 cm et de r t6 cm de mercure, que la quantité d’électricité débitée dans le condensateur est proportionnelle à la pression (’). Or, en chaque point, la masse spécifique du gaz est proportionnelle h la pression. Il en résulte que, à température constante et pour un même gaz, la quantité d’électricité dissociée par unité de masse est indépendante de ta pression.
- » Je me suis servi du même appareil pour étudier l’influence des variations de température, à pression constante. Il suffit pour cela de placer dans une étuve la caisse métallique contenant le condensateur.
- » Je constatai d’abord, grossièrement, que les variations de température n'influaient pas sur le débit. Ceci me permit d’utiliser une méthode de zéro que j’ai déjà décrite, et qui élimine l’influence des variations d’intensité de la source.
- . » Cette méthode consiste à placer au delà du premier condensateur, et dans une enceinte à température fixe, un deuxième condensateur plan que les rayons traversent après leur sortie du premier. Les deux condensateurs s’op-
- Dans une note ;Comptes rendus, t. CXXII. p. 926', MM. Benoît et Ilurmuzcscu ont dit que la vitesse de décharge est proportionnelle i. la racine carrée de la pression. En réali té, ils n’ont pas étudié le même phénomène. Outre l'action que les rayons exercent sur le gaz. ils ont eu affaire •à l’action qge les rayons exercent sur une surface métallique chargée, et remontrée par les rayons. Action indiscutable, puisque, ainsi que ces physiciens l’ont démontré, la rapidité de la décharge varie avec la nature du métal rencontré. J’ai eu soin de ne'faire intervenir cette action dans aucune des
- posent sur un même électromètre, la plaque liée à l’aiguille débitant de l’électricité positive pour l’un des condensateurs et de l’électricité négative pour l’autre. On peut ainsi établir l’équilibre pour une certaine température, puis, faisant varier la température du premier condensateur, voir si l’équilibre subsiste.
- Cette température a 1 carié dans mes expé-
- riences entre — 120 et -h 1450, c'est-à-dire,
- comptant en tempéra turcs absolues, entre
- 261° et 418", sans que j' 'aie constaté de varia-
- tion appréciable. Or, en chaque point du
- condensateur à lempén iturc variable, la masse
- spécifique est inversement proportionnelle à la température absolue. Donc, puisque le débit reste (ixe, la quantité d'électricité dissociée par unité de masse est nécessairement proportionnelle à la température absolue.
- » En résumé, pour un même gaz, pour un même rayonnement et en un même point, la quantité d’électricité dissociée par unité de masse est indépendante de la pression et proportionnelle à la température absolue.
- » Il peut n’ètre pas sans intérêt de se rappeler que, suivant la théorie cinétique des gaz, l’énergie possédée par une molécule est, elle aussi, indépendante de la pression et proportionnelle à la température absolue.
- » On énoncerait donc dans cette théorie les lois expérimentales qui précèdent en disant que, pour chaque gaz, le nombre de molécules dissociées est proportionnel au nombre des molécules rencontrées, quel que soit leur écartement, et proportionnelle à leur énergie moyenne. »
- Sur la polarisation par les courants alternatifs;
- Par Ri. Wien(').
- Quand un courant périodique traverse une auge à électrolyte, il éprouve une variation de phase qui résulte de la polarisation. Sic représente la force électromotrice de polarisation,
- *) IVici. Ann., t. LVII1, p. 37.
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- C la capacité des électrodes. J l’intensité du courant :
- E0 cos ni étant la force électromotrice sinusoïdale, r la résistance et x l’amplitude du
- On peut compenser l’effet de celte polarisation, en ajoutant dans le circuit, sur la même branche, une self-induction L. L’équation devient alors :
- Si. au moyen d’un appareil convenable, on peut faire varier la self-induction L en la prenant égale à -ç-ç, il ne restera plus dans le second membre que la résistance vraie de l’électrolyte. La mesure s'effectue au moyen d’irn pontde Wbeatstone ; surle fil qui* forme lepont est intercalé un téléphone optique; la branche 1 du pont renferme la résistance liquide et l’appareil à self-induction variable : la branche 2 un rhéostat ; les branches 3 et 4 sont formées d’un simple fil calibré. Comme téléphone, servent trois instruments réglés respectivement pour 64, 128 et 256 vibrations par seconde. Le courant est fourni par une bobine d’induction dont les deux circuits ont à peu près la même résistance (0.2 ohm) ; l'interrupteur est une corde vibrante dont la période est réglée à l’unisson avec le téléphone employé.
- Lorsque la déviation du téléphone optique a été ramenée à zéro on a :
- Pour obtenir une self-induction variable, on emploie soit l’appareil précédemment décrit {[.'ÉclairageÉlectrique, t. VIT, p. 85), ou 2 solénoïdes concentriques pouvant s’enfoncer plus ou moins l'un dans l’autre.
- L’une des principales difficultés est de déter-
- miner la résistance vraie du liquide : il n’existe pas à proprement parler de méthode de mesure qui soit affranchie des erreurs dues à la polarisation, quand celle-ci est considérable. Pour éviter cet inconvénient les électrodes sont collées sur des lames de verre et maintenues a une distance fixe, assez petite ; on calcule alors la résistance d’après la surface des électrodes, leur distance et la conductibilité du liquide.
- La résistancee ainsi calculée ou résistance vraie est toujours inferieure à celle que donne la mesure:
- Pour des électrodes en platine, plongées dans une dissolution de chlorure de sodium par exemple Ar atteint 1,65 ohm à 5,68 ohms, suivant la fréquence du courant.
- Les expériences préliminaires ont montré que les phénomènes dépendaient non seulement de la nature du métal des électrodes et de la composition chimique de i’électrolvte, mais aussi des propriétés de la surface des électrodes. La polarisation dépend aussi du séjour plus ou moins prolongé que les électrodes ont fait dans le liquide : la capacité de polarisation décroît d’abord assez vite, puis plus lentement et en même temps l’augmentation de résistance apparente va en croissant. Par conséquent, les nombres trouvés pour differentes électrodes n’ont de signification que par leur ordre de grandeur et non par leurs valeurs absolues. Mais quand un couple d’électrodes a séjourné longtemps dans le même liquide, les nombres trouvés sont très constants et il est possible d’étudier, systématiquement, pour ces électrodes, la variation de C et de A r avec la densité du courant et la fréquence.
- La capacité de polarisation reste constante, mais dans un intervalle très restreint : il 11e faut pas que la f. é. 111 de polarisation dépasse 0,05 volt; au delà elle croît assez rapidement :,Oberbeck). C’est cette valeur constante qu’on peut appeler d’une manière légitime capacité initiale de polarisation.. Quand les courants
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- alternatifs sont assez faibles pour que la polarisation ne dépasse pas la limite indiquée, ils 11’ont pas d’inlluence sensible sur les propriétés superficielles des électrodes. Il va sans dire que, toutes choses égales d’ailleurs, la capacité est proportionnelle et l’augmentation de résistance apparente inversement proportionnelle à la surface des électrodes.
- De nombreuses expériences ont été effectuées dans les memes conditions et dans des conditions différentes sur des électrodes de nickel, d’argent et de platine.
- Dans toutes, on a observé entre la résistance vraie et la résistance mesurée, une différence Ar qui, aux erreurs d’expérience près, est proportionnelle à la fréquence. Cette différence est la plus grande pour le nickel, la plus petite pour le platine; pour l’argent, elle a une valeur intermédiaire. Les valeurs trouvées pour la capacité de polarisation initiale sont d’accord avec celles des autres expérimentateurs, elle croit avec la fréquence, surtout celle de l’argent; mais la variation est faible. Le produit nC\r est sensiblement constant pour un même métal et un même électrolyte. La concentration exerce aussi une légère influence : la capacité est plus petite et l’augmentation de résistance un peu plus grande dans les liqueurs étendues. — Les nombres qu’on trouve pour le platine sont assez irréguliers et pour obtenir des résultats constants, il faut avant chaque expérience porter le platine au rouge.
- Les électrodes en mercure présentent des propriétés extrêmement variables : la capacité initiale et l’augmentation de résistance apparente varient avec le temps (la capacité décroît) et 11e sont pas les mêmes quand on laisse la surface immobile ou quand on l’agite. Ce phénomène tient probablement à ce que le mercure pénètre dans l’électrolyte avoisinant; en fait, on élimine toutes ces irrégularités en recouvrant la surface du mercure de calomel, ou plus simplement en laissant sc saturer l’électrolyte de calomel et le filtrant avant de l’employer. La polarisation est alors très faible car la capacité est très grande :
- elle diminue quand la fréquence augmente de 2 260 mf par cm8 pour 64 périodes à 722 pour 535 périodes par seconde. Mais l'accroissement de résistance Ar croît d’une façon notablement plus lente que la fréquence.
- Le zinc dans son sulfate et le cuivre dans son sulfate donnent des résultats si irréguliers qu’il est impossible d’en tirer aucun nombre certain.
- En platinant les électrodes de platine, on diminue beaucoup la polarisation, c’est-à-dire qu’on augmente la capacité. La capacité peut être ainsi portée de 5 joo à 8 goo mf par cm2, en la mesurant immédiatement apres la suppression du courant qui a servi h pla-tiner; mais ensuite elle tombe rapidement à 4 000 mf par cm”3 et il est à peu près impossible d’obtenir des électrodes platinées qui api'ès un service prolongé possèdent une capacité inferieure à 2000 mf par cm8. On observe aussi sur ces électrodes l’augmentation de résistance apparente, le produit n C Ar a une valeur considérable, C augmente avec la période du courant mais Ar augmente plus lentement que cette période.
- En résumé, une auge électrolytique se comporte vis-à-vis d’un courant alternatif comme une résistance r’ et une capacité C placées en série. Dans certaines limites U et C sont indépendants de la densité du courant.
- Même pour les courants très faibles et avec les électrodes impoiarisables, r' est toujours plus grand que la résistance r calculée d’après les dimensions de la cuve et la conductibilité du liquide (r' = r-f- Ar). La capacité est proportionnelle à la surface des électrodes, Ar est inversement proportionnel à cette surface.
- Quand la polarisation est forte et la capacité par unité de surface petite, aux erreurs d’expérience près Ar est proportionnel à la période et C croit légèrement avec cette période. Le produit tz.C.Ar est à peu près constant et petit.
- Quand la polarisation est faible (électrodes impoiarisables ou électrodes de platine platiné), la capacité est considérable et augmente
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- notablement avec la période du courant. Ar croît aussi avec la période, mais moins vite que cette période. ;/CAr est à peu près constant et grand.
- Les elfets de condensation produits par les électrodes peuvent provenir non seulement des l.é.m. résultant des dépôts qui viennent les recouvrir, mais aussi des couches superficielles qui recouvrent en partie ou en totalité les électrodes et sont plus ou moins conductrices; ces couches agiraient surtout par leur résistance quand les courants sont à longue période et surtout par leurs propriétés diélectriques quand les courants sont à courte période, ce qui serait en accord avec les expériences.
- Autrement, on peut aussi admettre que l'augmentation apparente de résistance traduit une perte d’énergie à l’intérieur de l’auge, sans préjuger de la nature de cette perte : soit dépolarisation spontanée, soit chaleur de Joule dégagée dans les couches superficielles.
- En écrivant que la polarisation spontanée produit une différence de phase, par laquelle le courant de polarisation atteint son maximum plus tôt que si elle n’existait pas, on trouve que le produit nCAr représente la tangente de cette différence de phase.
- Il faut tenir compte de ces diverses influences de la polarisation dans la mesure des résistances électrolytiques par les courants alternatifs. Le procédé le plus pratique, c’est de faire appuyer le contact glissant sur un fil intercalé entre la résistance liquide et la résistance de comparaison (branches i et 2 du pont) au lieu de mettre ce fil entre les branches 3 et 4.
- Dans ces conditions, en effet, si le contact glissant est à une distance 0 de la position qui correspondrait à l’équilibre vrai, l’intensité dans le pont est proportionnelle à
- «(r,+ rJ.+ -?tr et elle est minima quand
- Par conséquent, ce minimum a toujours lieu pour 0 = 0 quel que soit 11. Ce qu’on mesure en réalité dans la méthode de Kohlrausch.
- Comme Ar est inversement proportionnel à n, les deux termes correctifs décroissent quand n et C augmentent, surtout le dernier. Aussi dans la pratique de la méthode de Kohlrausch, on prend la fréquence du courant aussi grande que possible et on platine les électrodes pour accroître leur capacité. C’est pourquoi le dernier terme est toujours petit vis-à-vis de A r.
- Sur une résistance de 10 ohms, pour un courant de 100 fréquences («=628), l’erreur atteint 2,8 ohms avec les électrodes en platine poli et seulement 0,0028 ohms pour les électrodes platinées. Sous la forme nouvelle qui emploie un téléphone et une bobine d’induction dont l’interrupteur est formé par une corde vibrante, la méthode de Kohlrausch 11’est plus affectée que par des erreurs secondaires : mieux encore l’appareil de Nernsi, qui se prête à la production dessous élevés. (10000 vibrations par seconde;.
- Les effets de polarisation troublent aussi les mesures de pouvoirs diélectriques au moyen des courants alternatifs.
- Lne auge électrolytique susceptible de se polariser et renfermant un électrolyte qui possède un pouvoir inducteur spécifique, se comporte comme un système formé d’une résistance net d’une capacité c\ (capacité diélectrique), en dérivation sur cette résistance, et d’une autre capacité (capacité de polarisation; en série sur les précédentes. (V’oir une autre représentation schématique : Nernst, Ecl. Élect., t. YTT, p. 372.) Si la branche de comparaison dans le pont de Wheatstone renferme une capacité et une résistance 1\ eu dérivation l’une sur l’autre, la condition d’équilibre sera ;
- (1 + inctr,) (i+i»CfÈ) + rtinC (1 + incfj = r2*nC (i+inctrt). n étant la fréquence du courant.
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- 4^3
- R F. VUE
- D’E
- LE CT RI CITÉ
- Cette condition se ramène aux deux au-
- Si on admet que cv et c\ sont très petits \is-à-vis de C, il reste setileinent :
- L'augmentation de résistance Ar qui a été signalée plus haut n’a pas d’inliuencc. En général, on observera pour la capacité line valeur trop grande; mais l'erreur diminue quand la fréquence du courant, la capacité diélectrique et la capacité de polarisation augmentent : il y a donc avantage encore dans ce cas à employer les électrodes platinées.
- On arriverait aux mêmes conclusions en admettant que la polarisation introduit une dilTérence de phase. Une discussion du meme genre, appliquée aux mesures électrométriques par courants alternatifs, montre que par suite de la polarisation on doit trouver une valeur trop faible du pouvoir inducteur, mais la correction devient aussi négligeable quand on emploie les électrodes platinées.
- Recherches expérimentales sur Péleetrolyse de l’eau ;
- Par A.-P. SoKor.owfj.
- V)ans son troisième mémoire sur la thermodynamique des phénomènes chimiques. Helm-holtz, en appliquant à Péleetrolyse de l'eau les théorèmes du potentiel thermodynamique, a trouvé la formule :
- A= A„ -|- io~’ r 0 (R/, —1Ü2-- L —
- a ‘ \ h 2 */, + *„ P*
- (') Witi, Ann., t. LVIII, p. 209-249.
- Dans cette formule, A représente la force électromotrice de polarisation du voltamètre; Aa . la valeur de A quand la pression p* de l’hydrogène au-dessus de la cathode et la pression p„ de l’oxygène au-dessus de l’anode sont égales toutes deux à la pression atmosphérique pa ; 0 est la température absolue du voltamètre, aA et »() les poids atomiques de l’hydrogène et de l’oxygcnc, R/, et R0 les constantes des deux gaz, r, l’équivalent élec-trochimique de l’hydrogène. Si les deux gaz se dégagent dans le même récipient la formule se simplifie et il reste :
- E = E# H- io-7 \.p,
- E0 étant une nouvelle constante et p la pression qu’exerce le gaz tonnant au-dessus du liquide.
- Hehnholtz a effectué une série d’expériences pour vérifier cette formule; il cherchait quelle force électromotrice mi ni ma il fallait employer pour obtenir le dégagement d’une huile de gaz, ou bien observait l’augmentation de pression produite dans le voltamètre. Les mesures vérifient assez bien la théorie.
- Les travaux théoriques d’Ostwald, d’Ar-rhenius, de Jahn et Schonrock conduisent à la même formule fondamentale ri. Mais les recherches expérimentales ne présentent pas le même accord. D’autre part, les nombres trouvés par Helmholtz correspondent à des valeurs du coefficient de dissociation de l’eau, et de la distance moyenne des molécules, qui paraissent absolument inacceptables.
- L’auteur s’est proposé de reprendre la vérification expérimentale et scs recherches ont porté sur quatre points principaux :
- i° Prouver directement que l’eau se décompose sous l'influence d’une force électromotrice aussi faible qu’on veut ;
- 20 Déterminer la pression qu’acquiert le gaz tonnant mis en liberté par un élément de pile au calomel ;
- 3" Déterminer la constante A4, en observant le dégagement des premières bulles;
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- L’É C L AI RAGE ÉLECTRIQU E
- 4° Étudier les phénomènes de retard à l’électrolyse.
- i° Le voltamètre employé avait la forme représentée figure i. Les fils de platine A et A' traversent le verre et se terminent par deux
- disques, qui forment les électrodes du voltamètre. Pin face de ces disques, au-dessous, se trouvent les pointes de deux fils de platine a,a\ enveloppés par des tubes de verre, sauf h leur extrémité.
- La partie inférieure du voltamètre se prolonge par un tube L qui renferme une électrode auxiliaire G. formée par une lame de platine enroulée sur elle-même. Cette électrode est pendant toute, la durée des expériences reliée constamment au sol.
- Quand l’électrolyse se produit, les gaz devenus libres recouvrent l’anode et la cathode : ces couches gazeuses ont, d’après la théorie de Heîmholtz une densité déterminée ; ces gaz ne tardent pas à se diffuser dans le liquide, arrivent aux pointes voisines des électrodes et par suite les polarisent : en reconnaissant par un électromctre sensible l’existence de cette polarisation on reconnaît par là même qu’il y a eu électrolvse.
- Le voltamètre renferme une dissolution d’acide sulfurique à iop. ioo; pendant trois semaines on fait fréquemment le vide au-dessus de cette dissolution, avec une pompe
- à mercure, en chauffant; finalement, la pression restait pendant plusieurs jours inférieure à 0,001 mm. Pendant quatre mois, l’appareil restait fermé sur lui-même, les électrodes et les pointes étant reliées métalliquement à
- Les mesures de potentiel étaient faites avec un électromètre de Lippmann jusqu’à o,oi volt et avec un électromètre Mascart pour les potentiels plus élevés : ce dernier donnait pour i voir jusqu’à 2 000 divisions de déviation sur l’échelle.
- La f. é. m. était obtenue par une dérivation sur une résistance de 1 000 ohms, placée dans le circuit d’un élément Daniell. Quelques ; jours avant l’expérience, les pointes étaient 1 isolées de la lame G et isolées l’une de l’autre:
- | les électrodes restaient en communication ! métallique. On tenait pour bonnes seulement les expériences dans lesquelles le potentiel des électrodes ne subissait pas de variation appréciable pendant 24 heures.
- Après la fermeture du circuit, les pointes isolées se polarisent progressivement dans le même sens que les électrodes qui leur font face et tendent à acquérir la même différence de potentiel : ce qui peut s’expliquer simplement par l’électrolyse de l’eau et la diffusion des gaz. Cependant, il faut remarquer que même après plusieurs jours, le potentiel des pointes reste encore notablement différent du potentiel des électrodes, malgré la faible distance qui les sépare.
- Cette différence est toujours plus grande du côté de la cathode que du côté de l’anode : vers l’anode, elle s’abaisse à zéro au bout de quelques jours, ce qui n’arrive jamais du côté de la cathode. D’autre part, si la différence de polarisation des deux électrodes devient dès le début sensiblement égale à la f. é. m. extérieure, leurs polarisations individuelles varient avec le temps : la polarisation cathodique augmente, tandis que la polarisation anodique diminue, et peut devenir deux fois plus grande que cette dernière. Ce phénomène est dû très vraisemblablement à l’occlusion de l’hydrogène dans le platine.
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- 20. Pour déterminer la pression du gaz tonnant mis en liberté par un clément au calomel. M. Sokolow a construit un appareil représenté figure 2. Le voltamètre proprement dit, renfermant l’eau acidulée dans laquelle plongent deux larges électrodes de platine, communique par sa partie supérieure avec une pompe à mercure ; cette pompe est munie d’une jauge de Mac-Leod StfV. Le tube S
- Fig. 2.
- porte cinq traits de repère ; en soulevant le réservoir à mercure R, on amène le niveau à l’un de ces traits: la différence des hauteurs du mercure dans les branches S et T permet de calculer la pression qui règne dans le voltamètre.
- En réalité, il y a plusieurs difficultés h surmonter. Le voltamètre renferme une solution sulfurique à 25 p. 100; la force élastique de la vapeur saturée est différente dans les deux branches S et T. A la rigueur, on peut déterminer la correction relative à cette vapeur d’eau en faisant deux lectures sur la jaugé à deux volumes différents. Mais cette correction ne serait pas suffisante, parce que les variations de température entraînent la con-
- densation de la vapeur d’eau ou une nouvelle vaporisation dans le voltamètre ; il en résulte suivant le cas une sortie ou une rentrée du gaz et une lecture de la pression trop faible ou trop forte. Pour diminuer ces erreurs, le .voltamètre et le récipient delà jauge étaient disposés au même niveau et le voltamètre rempli d’une solution assez riche en acide pour que les oscillations de la température ambiante n’amenassent pas la condensation de l’eau sur la surface du mercure.
- De plus, il est à craindre encore que la vapeur d’eau ne soit sursaturée dans le tube capillaire de la jauge. Il résulte de cette sursaturation que l’équilibre du mercure s’établit avec une assez grande lenteur ; il ne faut donc effectuer les lectures qu’un certain temps après avoir relevé le réservoir ; aux faibles pressions, on attendait une journée, et une heure ou deux seulement quand la pression est notable.
- Pour éliminer l’hydrogène occlus dans le platine, on remplissait le voltamètre d’acide azotique concentré, qu’on faisait bouillirfre-quemnient pendant 3 semaines : puis on produisait un dégagement d'oxygène électrolytique au moyen d’une électrode auxiliaire pendant 10 jours. Ensuite on introduisait la solution sulfurique et on faisait le vide un grand nombre de fois.
- Les mesures ont été poursuivies pendant plus de 13 mois. La pression du gaz tonnant a augmenté d’abord, puis diminué ; ensuite . elle a augmenté de nouveau jusqu’à la fin de l’expérience. Le circuit étant ouvert elle tombe progressivement, à cause de la recombinaison des gaz: c’est sans doute aussi à cette combinaison, plus rapide que la décomposition de l’eau, qu’il faut attribuer la diminution observée au début.
- Il est à remarquer que si on calcule la quantité de gaz qui a dû se dégager d’après la quantité d’électricité qui a traversé l’appareil, on trouve un nombre environ u fois plus fort que le nombre déduit des mesures de pression: ceci tient probablement à l’absorption des gaz par le platine. Le courant qui
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- subsiste malgré la polarisation, paraît dû pour la plus grande partie aux mouvements de convection du liquide, il faut tenir compte encore de la formation d’acide persulfurique à l’anode et d’eau oxygénée à la cathode (r).
- Quoi qu’il en soit, il résulte nettement des observations que contrairement à l’assertion d’Helmholtz, une f. é. m. de 1 volt suffît pour mettre en liberté une quantité de gaz suffisante pour que la pression en soit mesurable. Mais la lenteur avec laquelle se produit cette électrolyse a empêché Helmholtz de la constater ; la pression limite observée (2,5 3111m; est beaucoup plus petite que la pression calculée d’après la formule de Helmholtz; mais il aurait fallu des années entières pour que la pression atteignît sa véritable limite : il ne faut donc .pas espérer déterminer par cette méthode la constante Aa.
- La lenteur avec laquelle se produit J’clcc-trolyse sous les faibles forces électromotrices est sans doute en relation étroite avec les phénomènes de retard à l’électrolysc visible signalés par Lippmann. Helmholtz invoque, pour les expliquer, les forces de cohésion du liquide et les forces qui le font adhérer au métal des électrodes; mais comme dans le cas actuel, on n’observe pas de bulles, il est plus naturel d’attribuer ces phénomènes au platine, qui retient les gaz et empêche leur diffusion.
- 3°. Les méthodes précédentes ne sont donc pas susceptibles de donner une valeur tant soit peu certaine de Aa. La méthode qui consiste à observer le dégagement des bulles est plus rapide et l’expérience n’est pas troublée par la dilfusion.
- Le voltamètre V renferme une large anode et une cathode formée d’un fil de platine fin, recouvert d’un tube de verre sauf à son extrémité qui se redresse verticalementsur une longueur de 2 mmffig. 3); il renferme une solution (*)
- (*) Ces deux derniers phénomènes peuvent être évités en remplaçant l'acide sulfurique par la potasse ou l’acide phos-phorique. (M. L. )
- sulfurique à 25 p. 100. Le tube rodé S permet de relier l’appareil à la pompe àmercure, les autres pièces de l’appareil sont destinées à produire de l’oxygène qui filtre sur du coton de verre en T et traverse le tube laveur C. Le voltamètre et les électrodes étaient purgés de gaz par les procédés déjà indiqués. Ensuite, on déterminait, pour différentes pressions dans l’appareil, la plus petite force électromotrice qui entretînt un dégagement continu d’hydrogène. D’accord avec les expériences de Helmholtz, M. Sokolow a trouvé que les premières bulles n’apparaissaient que sous une force électromotrice notablement supérieure à la force électromotrice minima définie ci-dessus. Elles se forment d’abord en assez grande quantité, et sont de petites dimensions, puis leur nombre diminue et leurs dimensions augmentent quand on abaisse la force électromotrice. On a adopté comme valeur limite la force. électromotrice qui provoque des bulles se succédant à quinze minutes d’intervalle. Sous les faibles pressions, les nombres ainsitrouvés dans les diversesexpé-riences ne diffèrent que de 0,001 volt au plus; mais sous les pressions plus fortes, les écarts atteignent 0,01 volt.
- Bien entendu, dans l'évaluation des pressions, ilfauttenircomptedelacolonne liquide qui surmonte la cathode et de la tension capillaire qui s’exerce sur la surface des bulles.
- La pression a varié dans les observations, de 25 mm (il est impossible de descendre au-dessous à cause des forces capillaires) à 701 mm pour l’hydrogène et de 1/40 de mm à 696 mm pour I’oxygène. Les valeurs de A^ calculées d’après les résultats relatifs à ces pressions» ne sont pas constantes comme l’exigerait la théorie ; elles croissent notablement quand la pression augmente ; les écarts sont certainement supérieurs aux erreurs d’observation. Comme aux faibles pressions, le dégagement gazeux sc prolonge régulièrement quand la force électromotrice dépasse un peu la valeur minima, tandis qu’aux pressions élevées, le dégagement d’abord actif se ralentit peu à peu et finit par cesser complè-
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- ment, il semble que les expériences faites aux basses pressions soient les meilleures. En se bornant à celles-là, on trouve Aa — 0,745 volt.
- Si on calcule d’après ce chiffre le nombre des molécules dissociées dans 1 cm3 d’eau, on trouve que cette valeur de Aa est trop grande.
- Pendant les expériences, le platine est altéré ; il se recouvre de platine spongieux ; cette attaque est probablement due au chlore que renferme l’oxygène dégagé par le chlorate de potassium en I) (fig. 3) ; en fait le platine
- reste brillant quand le flacon laveur C renferme de la potasse au lieu d’acide sulfurique. Les valeurs trouvées pour Aa sont notablement plus grandes quand le platine reste brillant; le platine poli retient donc les gaz plus énergiquement que le platine platiné.
- 40. La conclusion à tirer de ces expériences, c’est qu’on doit pouvoir, dans les conditions ordinaires, obtenir une décomposition nette de l’eau par un élément Daniell, c'est en effet ce qui se vérifie ; il se produit un dégagement de gaz qui s’arrête bientôt, mais qui reprend toujours lorsqu’on referme le circuit après l’avoir ouvert pendant vingt-cinq à trente minutes. En changeant le sens du courant, 011 obtient un dégagement d’hydrogène là où se dégageait l’oxygène et ces alternatives peuvent être reproduites un grand nombre de fois.
- Si l’anode est formée d’une spirale de pla-
- tine qui a été portée au rouge vif pendant deux heures de façon à la débarrasser des gaz qu’elle peut contenir, on ne voit se dégager aucune bulle sur les points qui constituent la cathode mais les bulles apparaissent quand on a fait passer le courant en sens inverse pendant quelques minutes.
- Si on emploie comme anodes deux lames de platine l’une polie, l’autre platinée, aucune bulle ne se dégage sur les cathodes, tandis que si on renverse le courant, il se dégage sur ces deux pointes de nombreuses bulles d’oxygène; au bout de quelques jours, un faible dégagement d’hydrogène s’aperçoit sur les pointes. Les deux lames, surtout celle qui est platinée, se saturent d’oxygène ; il en résulte qu’elles donnent un dégagement d’oxygène beaucoup plus intense et plus durable que le dégagement d’hydrogène, si on les fait servir alternativement d’anode et de cathode. ' Ces faits paraissent mettre hors de doute qu’une force électromotrice de 1 volt suffit à électrolyscr l’eau dans les conditions ordinaires. M. L.
- Sur la mesure des résistances électrolytiques par les courants alternatifs et l’éleetrodynamo-mètre ;
- Par F. Koiilrausgh (j).
- M. Koblrausch. qui a imaginé la méthode de mesure des résistances électrolytiques par les courants alternatifs, relève quelques-unes des critiques formulées par M. Wien, Il fait remarquer qu’il avait reconnu lui-môme et signalé les causes d’erreur auxquelles s’adresse M. Wien, et que du reste ces erreurs n’atteignent pas l’importance que leur attribue ce dernier, sauf dans des cas extrêmes. Les corrections à effectuer sont toujours intérieures à 0,001 quand les résistances mesurées ne descendent pas au-dessous de 100 ohms.
- M. Wien a donc exagéré la portée de ses critiques, justifiées en principe.
- (*, IVied. Ann.y t. LVIII, p. SM*
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- BIBLIOGRAPHIE
- Courants polyphasés; par S.-P. Thompson; traduit de l'anglais par M. E. Boistel. Baudry et O'-’, éditeurs, Paris.
- Nous avons fort peu d’ouvrages spéciaux sur les courants polyphasés ; jusqu’ici en effet les nombreuses études publiées sur ces courants sont restées la propriété des périodiques. Dans le traité que nous présentons aujourd’hui aux lecteurs, le professeur Sylvanus Thompson a voulu établir les propriétés des systèmes alternatifs en les dégageant autant que possible des formules mathématiques, moyen puissant, voire même nécessaire, d’investigations, mais n’excluant nullement l’explication physique des phénomènes.
- L’ouvrage débute par l’étude des générateurs polyphasés, en principe d’abord et par la description des principaux types ensuite. La propriété des générations asynchrones (,s) est également signalée dans ce chapitre. Nous aurions été heureux d’y voir le nom de leurs inventeurs parmi les divers expérimentateurs que l’auteur nomme.
- M. S.-P. Thompson sous le titre de combinaisons polyphasées s’occupe ensuite de différents genres de montage des circuits, du groupement des lampes dans les distributions polyphasées, et de l’économie de cuivre qu’on réalise par l’emploi des differents systèmes de courants alternatifs. La combinaison des champs magnétiques fait également partie de ce chapitre.
- Nous arrivons dès lors aux propriétés des champs magnétiques tournants. Après une étude théorique de la question l’auteur passe successivement en revue les recherches de Fcr-raris,deTesla, d’Hasclwander, deM. Dolivo-Dobrolowski et termine par la description des installations polyphasées à l’exposition de
- (') Voir à ce sujet_ notre article sur le transformateur général. L'Éclairage, Électrique, t. VII, p. 97, 1896.
- Francfort et du transport d’énergie de Lauf-fen à Francfort.
- Le chapitre v : Structure des moteurs polyphasés permet à l’auteur d’entrer dans des détails importants sur la construction des appareils polyphasés et qui intéresseront au plus haut point les constructeurs.
- Au chapitre suivant, M. Sylvanus Thompson donne une théorieélémentaire desmoteurs polyphasés. Cette théorie repose sur le diagramme des flux donnés pour la première fois, par M. Blondel (*), l’auteur l’attribue toutefois a M. Kapp qui la donne dans sa 4e édition de son traité sur la Transmission électrique de l'énergie éditée en 1894.
- Un essai de théorie analytique, inspirée de celle donnée par M. Potier (2), fait également l’objet d’un chapitre spécial.
- Dans aucune de ces deux théories n’interviennent les fuites magnétiques qui cependant jouent un rôle plutôt néfastedans le fonctionnement des moteurs asynchrones ; pourquoi
- Le chapitre vm est consacré au moteur a courant alternatif simple et à sa théorie analytique.
- Nous entrons ensuite dans la partie descriptive des moteurs h courants alternatifs.
- L’auteur y classe les moteurs en :
- Synchrones simples ;
- Synchrones polyphasés;
- Asynchrones polyphasés;
- Asynchrones simples ;
- Feuilletés enroulés en série.
- La question des transformateurs polyphasés fait l’objet du chapitre x.
- M. Sylvanus Thompson croit pouvoir s’attribuer la première idée de la transformation des courants triphasés en diphasés (communication faite k la Royal Institution, le 23 février 1894) ; en réalité, un appareil en tout
- ('j Voir La Lumière Électrique. Note sur la théorie élémentaire des appareils à champ tournant, t. I., p. 605, décembre 1893.
- (2‘: Voir La Lumière Électrique, t. LU, p. 286, 1894, et Bulletin international de h Société des Électriciens, mai 1894, p. 248.
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- semblable au sien avait cté décrit antérieurement par MM. Hutin et Leblanc^) qui d’ailleurs, également antérieurement, ont donné une solution générale du problème de la transformation des courants triphasés en diphasés et vice versai?).
- Quelques mots sur la mesure de la puissance des courants polyphasés, quelques notes fort brèves sur le calcul des moteurs et les qualités mécaniques des moteurs polyphasés principalement en ce qui concerne le démarrage, constituent la matière des trois chapitres suivants.
- La description des moteurs asynchromcs polyphasés, d’Œrlikon, de MM. Brown, Bo-veri et C'e, de l’Allgeineine Electricitats-Gc-sellschaft et de la compagnie Westinghouse est faite dans le chapitre xiv.
- Enfin dans un dernier chapitre, l’auteur donne la nomenclature des stations centrales à courants polyphasés; cette partie, pourtant très intéressante est malheureusement fort incomplète à la fois comme renseignements techniques et comme figures.
- L’ouvrage est terminé par un index bibliographique des principaux travaux sur les courants polyphasés destinés à faciliter les recherches des lecteurs qui voudraient approfondir l’étude de ces courants.
- En somme, le traité du professeur Sylva-nus Thompson est un livre, un peu élémentaire peut être, et parfois incomplet, mais qui toutefois, tel qu’il est, rendra encore de nombreux services aux Électriciens.
- M. Boistel nous a donné du livre de AI. S.-P. Thompson une traduction vraiment française et qui contribue pour beaucoup à la clarté des idées exposées.
- Quant aux éditeurs, ils nous ont habitué à un luxe éditorial (texte et figures) dont on ne peut que les louer.
- F. Guilbert.
- (‘) Voir La Lumière Électrique, t. XXXIII, p. 229, 1889.
- ?) La Lumière .Électrique. Voir notre article sur le paucha-huteur, t. XLVI1. p. 51, janvier 1893.
- Le Pétrole, exploitation, raffinage, éclairage, chauffage, force motrice; par A. Riche, directeur des essais à la Monnaie, et G. Halphen, chimiste en chef du Ministère du commerce. Un vol. in-160, de l’Encyclopédie de chimie industrielle, 484 pages avec 114 figures. J.-B. Baillière et fils, éditeurs; prix, broché, 5 fr.
- A première vue il ne semble pas que le pétrole puisse avoir pour l’électricien d’autre intérêt que celui d’être un concurrent heureux de l’électricité dans le domaine de l’éclairage domestique. En réalité il l’intéresse d’une façon plus directe soit comme producteur d’énergie mécanique dans les petites installations isolées d’éclairage électrique où très souvent on a recours aux moteurs à pétrole, soit comme producteur d’énergie calorifique pour le chauffage des chaudières à vapeur, application où le pétrole a sur le charbon l’avantage de la propreté et de l’absence de fumée, soit enfin comme lubréfiant des organes mobiles des machines motrices.
- Ces diverses applications sont traitées avec une compétence indiscutable par MM. Riche et Halphen; ils y consacrent même une étendue plus grande qu’on ne pourrait l’espérer dans un ouvrage encyclopédique, car ces applications n’occupent pas moins de 130 pages, soit plus du quart de l’ouvrage entier.
- A propos de l’application du pétrole au chauffage des chaudières, les auteurs, après avoir rappelé que les premières recherches sur ce sujet datent de 1869 et sont dues à Henri Sainte-Claire Deville, décrivent les principaux appareils d’utilisation employés, en particulier ceux de Forçunkas, de Bullard, de Holden, de Eam.es, etc., puis donnent un aperçu du développement qu’a pris cette application dans les pays producteurs de pétrole.
- La France se trouve évidemment, en raison de son éloignement de ces pays et surtout en raison de son régime douanier, dans de très mauvaises conditions pour l’emploi du chauffage au pétrole; toutefois cette question y est toujours d’actualité et tout récemment, postérieurement à la publication de l’ouvrage de MM. Riche et Halphen, le Bulletin de la
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- Société d’Encouragement nous apprenait que des essais de chauffage au pétrole venaient d’être faits aux établissements Weyher et Richemond. Il convient donc de ne pas perdre de vue les résultats obtenus à l’étranger, principalement en Amérique, et sous ce rapport on ne saurait trouver de meilleur guide que l'ouvrage que nous analysons, M. Riche ayant pu. en remplissant une mission que lui avait confiée le ministre du commerce et de l’industrie, étudier sur place les appareils qu’il décrit.
- Parmi les moteursàpétroledont nous trouvons la description dans cet ouvrage, nous relevons ceux de Merlin, de Grob, de Niel, de Richards, etc.
- Le chapitre consacré aux huiles de graissage est fort bien documenté. On y trouve plusieurs tableaux donnant les viscosités des nombreuses variétés d’huiles commerciales, d’autres guidant le choix de l’huile à employer suivant le but que l’on se propose et enfin la description des appareils de Mac Naught, de Thurston Henderson, de la Compagnie des chemins de fer P.-L.-M. et de Barbey qui permettent de déterminer les qualités des huiles de graissage.
- Il y a donc dans la partie de l’ouvrage qui intéresse l’électricien suffisamment de matériaux pour qu’il nous ait paru utile de signaler cet ouvrage à nos lecteurs.
- J. Blondis.
- Les applications de l’électrolyse à la métallurgie; par M.-U- Le Verrier, ingénieur en chef des mines. Un vol in-8°, 56 pages. Gauthier- Villars et fils, éditeurs; Paris.
- Dans ce petit volume l’auteur est parvenu à résumer, sans que la concision ôte rien à la précision, les principales applications de l’électrolyse par voie humide à la métallurgie. L’affinage du cuivre est étudié en premier lieu et avec quelques détails, ce qui est assez naturel, cette application qui date déjà d’une quinzaine d’années ayant pris une certaine importance, et son étude aidant à bien com-
- prendre les difficultés que l’on rencontre dans les autres operations électrolytiques, en particulier dans le traitement des minerais de cuivre, auquel l’auteur consacre ensuite quelques pages.
- L’affinage du nickel est l’objet d’une simple mention, la principale application de l’électrolyse relative à ce métal étant la séparation du nickel et du cuivre dans les produits extraits des minerais du Canada, et le procédé employé étant encore tenu secret.
- Le dépôt du zinc sur le fer par voie galvanique est aujourd’hui l'objet de nombreuses recherches dans le but de substituer ce procédé au procédé ordinaire de zingage des fils télégraphiques. Aussi M. Le Verrier, faisant exception à la règle qu’il s’est imposée, d’après le titre même de son. ouvrage, de laisser de côté les procédés galvanoplastiques, indique-t-il sommairement les travaux qui ont été faits dans cette voie. Il passe ensuite au traitement électrolytique des minerais de zinc, question d’une importance industrielle capitale pour le moment, une énorme quantité de minerais de zinc argentifères restant inutilisée aux mines de Broken Hill par suite du défaut d’un procédé de traitement convenable.
- La découverte d’un procédé pratique de traitement électrolytique des minerais pauvres d’antimoine, sans avoir la même importance que pour les minerais de zinc de Broken Hill, serait néanmoins bien acceptée des métallurgistes qui laissent inexploités bon nombre de gisements faute d’un procédé rémunérateur; c’est pourquoi M. Le Verrier décrit sommairement le principe des brevets qui ont été pris à ce sujet. C’est pour une raison analogue qu’il traite de la séparation électrolytique de l’étain des déchets et des rognures de fer-blanc, et de la désargentation des minerais de plomb.
- L’ouvrage se termine par la description du procédé Moebius pour l’affinage de l’argent, celle du procédé Siemens pour l’extraction de l’or et enfin des essais d’électrolyse directe des minerais d’or.
- La conclusion de l’ouvrage n’est guère favo-
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- rablc à l’électrolyse par voie humide, du moins au point de vue métallurgique. « En dehors, dit-il, de l’extraction de l’or par le procédé Siemens, ce n'est qu'une méthode de séparation ou de dépôts galvanoplastiques. Le plus souvent même, elle ne s’applique qu’à l'affinage de métaux déjà purs. » L’avenir de la galvanisation électrique lui semble se présenter dans de meilleures conditions, mais là encore c’est un simple dépôt que l’on cherche à obtenir et non pas une véritable opération métallurgique. Aussi l’auteur se demande-t-il si ce n’est pas plutôt par les méthodesélectrothermiquesque l’on parviendra à résoudre le problème du traitement des minerais rebelles et à étendre le domaine de I’électro-métallurgie.
- Sous une plume aussi autorisée que celle de l’auteur cette conclusion acquiert de l’importance, mais il serait fâcheux qu’elle ait pour effet d’engager ceux qui croient à l’avenir de I’électro-métallurgie par voie humide à se dispenser de lire ce petit ouvrage, car ils ne peuvent que tirer profit des renseignements impartiaux qir’-il contient.
- J. Bi.ondin.
- Revue de physique et de chimie et de leurs applications industrielles. N° i, novembre 1896. — Librairie de sciences générales, 53, rue Monsieur-le-Prince, Paris. Prix : 12 fr par an.
- Sous ce titre vient de paraître un nouveau journal scientifique mensuel dont le but, d’après la préface, est de « tenir un public spécial au courant des nouveautés scientifiques et industrielles de la physique et de la chimie; le faire suivre, dans des résumés concis et ordonnés, les travaux récents de France et de l’étranger; lui faire donner par les maîtres, savants et techniciens, la note juste sur les questions d’actualité ».
- Placée sous la direction scientifique de M. Schützenberger, le savant professeur de chimie du Collège de France et le directeur de l’École de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris, et comprenant
- un Comité de rédaction composé d’anciens élèves de cette école, cette Revue sans aucun doute remplira le but proposé. En tout cas le contenu du numéro qui vient de paraître est de nature à bien faire augurer de l’avenir. Nous y trouvons d’abord un article de M. Schützenberger sur les Eléments, où l’auteur reprend une thèse qu’il soutient depuis de longues années déjà, à savoir que la loi des proportions définies n’est pas rigoureusement exacte, c’est-à-dire que les proportions suivant lesquelles les éléments se combinent pour donner un même composé, dépendent, dans une très faible mesure il est vrai, des conditions physiques de ces éléments. Puis vient un intéressant article de M. Ch.-Ed. Guillaume sur Les records de la sensibilité, où il indique l’ordre de grandeur minimum que nous pouvons atteindre dans la mesure des principales quantités physiques. AL Lebeau nous entretient ensuite des propriétés‘explosives de l’acétylène, tandis que AI. Lalande et M. Boudouard résument, le premier, les travaux du Congrès des électriciens de Genève, le second, ceux du Congrès de chimie de Paris. Une revue des principales recherches en physique et en chimie, publiée récemment, complète le numéro.
- On conviendra que ce sommaire est de nature à contenter les plus difficiles, et qu'en continuant ainsi la Revue de physique et de chimie est assurée du succès.
- J. Blondix.
- Ouvrages reçus.
- The metrie System; par W.-H Wagstafk, 1 vol. petit in-8°, 125 pages. Whittaker and C°, éditeur. London. Prix, 1 fr. 75.
- The dynamo, 26 édition; par C.-C. Hawkins et F. Wallis, 1 vol. petit in-8°, 525 pages. Whittaker and C°, éditeur. London. Prix, 13,10 fr.
- Manuel de téléphonie; par M. Gillet, i vol. petit jrn-80, 325 pages. Veuve Ch. Dunod et P. Vicq, éditeurs, Paris.
- Magnetische Kraftfelder; par IL Eoert, professeur de physique à l’Université de Kiel. Un vol. in-8°, broché, 220pages. Johann Atnbrosius Barth,éditeur. Leipzich. Prix, 10 fr.
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- CHRONIQUE
- LiNDUSTRIE ÉLECTRIQUE A L’ÉTRANGER
- Brighton-Rottingdean (Angleterre). — Traction électrique en mer. — Nous avons déjà eu, à plusieurs reprises, l'occasion de parler du singulier tramway électrique qui doit traverser le bras de mer qui sépare les deux villes de Brighton et de Rottingdean. Nous apprenons que la gigantesque voiture, décrite dans l’une de nos chroniques (t. IX, p. 46), a effectue son premier parcours, il y a quelques jours, portant les inspecteurs du Board of Trade. La question la plus importante était de savoir, si les pierres, le bois, le sable et les épaves apportées par la marée 11e viendraient pas encombrer la voie et entraver le passage du car. Ce point a été éclairci par le voyage d’essai, qui eut lieu à marée basse ; 011 avait prolité de cette occasion pour obstruer la voie à l'aide de morceaux de granit, de fer, de bois, etc. Quand la voiture est arrivée sur ces obstacles, elle les a écartés sans aucune difficulté. Plus tard, à la marée montante, pendant le retour à Brighton, la mer était à 6 ni environ au-dessus des rails et le fonctionnement a été quand même parfaitement régulier. La vitesse enregistrée était de 8,85 km à l’heure à marée haute et de 9 à 11 km à marée basse.
- Ciiatel-Saixt-Denis et Chateau-d'Œx (Suisse). — Traction. — Dans line récente conférence, M. Schenk, ingénieur, a exposé les grandes lignes d'un projet de tramways électriques entre Châtcl-Saint-Dcnis et Châtcau-d’CLx et Bulle.
- La force motrice sera empruntée à la Satine, qui actionnera les machines de l'usine de Mont-bovon. Au moyen d'un tunnel traversant la crête des monts à la frontière fribourgeoise, on obtiendra une chute de 60 m permettant de disposer de 3 600 chevaux. Une puissance de 600 chevaux seulement est nécessaire; des deux machines installées à Montbovon, une seule sera utilisée, l’autre restant comme réserve.
- Il est prévu dans chaque sens un nombre minimum de 5 trains par jour, mais chaque fois que cela serait nécessaire, lors des fêtes, foires, etc., des trains facultatifs pourront être organisés et le nombre des trains ordinaires doublé. Ces derniers
- seront composés de 3 voitures, soit r voiture motrice mixte et 1 ou 2 voitures de remorque pour le service des voyageurs et des colis. I.a vitesse sera de 16 à 25 km à l’heure, ce qui donnera pour le trajet de Cliâteau-d'CLx-Bulle une durée de 2 h arrêts compris.
- Le coût du transport est calculé à raison de 0,08 fr par kilomètre pour les voyageurs, soit 2,30 fr pour le trajet entier; pour les bagages, de 0,20 à 0,50 fr par tonne et par kilomètre ; pour les transports de bois et bestiaux, le tarif prévoit un minimum de 0,13 fr par tonne et par kilomètre.
- Il reste à obtenir des communes, le plus tôt possible, l'autorisation de laisser poser la voie sur les terrains communaux, autorisation qui est nécessaire pour la demande de concession qui sera adressée à Berne pour la session de décembre des Chambres fédérales. Les communes auront en outre à s’entendre avec le comité d’initiative pour leur participation financière à l’entreprise.
- Cochran (.Etats-Unis Pa,). — Transport de force dans les fonderies. — La Carnegie Steel Company vient de mettre en activité la nouvelle batterie de hauts-fourneaux qu’elle a fait construire près de ses grands ateliers de laminage d’acier à Cochran, pays éloigné d’environ 17 km de Pittsburg. On a inauguré en même temps que cette batterie, la station centrale qui est destinée à produire de l'énergie pour les besoins de la force motrice et de l'éclairage de ce vaste établissement. Cette usine occupe un bâtiment spécial divisé en trois parties ; le centre est occupé par la machinerie, dynamos et tableaux de distribution, l'une des ailes contient les bureaux et magasins et l’autre est affectée aux ateliers de réparations dont toutes les machines-outils, ainsi qu’un pont tournant, sont mues électriquement.
- Le matériel générateur d’énergie électrique se compose de 2 dynamos Westinghouse à 10 pôles fournissant chacune 300 chevaux électriques en courant continu à 250 volts. L’induit de ces machines est claveté sur l’arbre de chacun des deux moteurs à vapeur qui les entraîne directement à raison de 130 tours par minute. Le courant est recueilli sur les collecteurs par deux groupes de chacun 50 balais en graphite. Ces deux dynamos sont disposées pour la marche en parallèle ; le courant qu'elles produisent est entièrement utilisé par des moteurs à 220 volts, de puissances variables, disséminés dans l'établissement. L’éclairage
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- de ce dernier est en partie effectué par des lampes à arc alimentées par le courant produit par 6 petits alternateurs. Chacun de ces derniers fournit du courant à intensité constante à 60 lampes et est actionne par un moteur électrique de 50 chevaux monté sur un bâti séparé et isolé de celui de l'alternateur ; la transmission est effectuée à l'aide d'un couplage élastique isolant. Le courant d'alimentation du moteur ainsi que celui d'excitation de l’alternateur est dérivé du courant principal. Un alternateur spécial monté dans les mêmes cori-ditions que les précédents produit 45 kw en courant monophasé à 7200 alternances par minute pour l’alimentation des 900 lampes à incandescence qui complètent l'éclairage total.
- La répartition de l'énergie s’opère à l’aide des appareils.du tableau de distribution lequel est divisé en plusieurs parties affectées chacune à un service spécial soit de l'éclairage, soit de la force motrice. Ce dernier est particulièrement intéressant en ce que les grosses opérations de la fonderie et du coulage sont exécutées au moyen de moteurs électriques. Ainsi chacun des 6 ateliers de coulage est pourvu de 2 ponts roulants de 10 tonnes,.à 3 mouvements commandés par des moteurs électriques, 2 de 10 et 1 de 5,5chevaux. Ces ponts servent au transport du métal et des pièces de refonte au concasseur et sont munis de freins également électriques,
- On ne compte pas moins de 40 de ces ponts à commande électrique employés à divers travaux. Chaque salle de machines actionnant les ventilateurs en possède un de 2* tonnes ; un autre de 50 tonnes est approprié au service du 'malaxeur, ce dernier est à quatre mouvements commandés par des moteurs de 100, 30, 20 et 10 chevaux ; il sert à élever les immenses récipients remplis de métal fondu pour verser leur contenu dans le malaxeur. La plus grande partie des autres ponts roulants sont d'uue puissance d’environ
- Le concasseur dont nous avons parlé précédemment est actionné par un moteur shunt de 60 chevaux. La table d’alimentation est également mue par un moteur du type adopté'pour les tramways dont la vitesse est réduite par un train d’engrenages; la puissance de ce moteur est de 30 cbe-
- Le produit du concasseur servant à l’alimentation partielle des hauts-fourneaux, des chariots aériens contenant chacun 3 tonnes de métal en
- effectuent le transport aux fours. Afin de protéger le conducteur et le moteur électrique de 30 chevaux. dont chacun de ces chariots est muni, contre la haute température à laquelle ils sont soumis dans le voisinage des fours, tous deux sont logés dans une cage en fer disposée à l’avant du chariot. Disons pour compléter cette énumération sommaire que dans cette usine l'électricité a été appliquée dans toutes les phases de l’industrie métallurgique depuis les magasins, où l'on rencontre plusieurs moteurs de 100 chevaux, jusqu’au laboratoire où un petit moteur de 2 chevaux sert à des
- I'Baxofort (Allemagne). — Traction par accumulateurs. — Nous lisons dans VElectrotechnishe Hmidshau que la compagnie des tramways de cette ville vient de traiter avec la Société des accumulateurs Pollak pour l’équipement de deux de ses lignes, dont l'une d’elles, Gal-luswarte-Hauptbahnhof, aboutit près de l’usine de la Société. Des voitures spéciales seront construites à cet effet; chacune d’elles pourra contenir 36 à 40 voyageurs et si ce système réussit la capacité des batteries sera augmentée dans le but de permettre d’accrocher une voiture de remorque et de transporter 80 ou 100 voyageurs. Les départs auront lieu toutes les 10 minutes; la vitesse des voitures sera d'une bonne moyenne pour le début, mais on se propose d’atteindre, s’il est possible, une vitesse de 20 km à l’heure comme sur le réseau de Dresde. La question des tarifs n’a pas encore été complètement élucidée, mais on prévoit que les prix de transport différeront peu de celui des tramways ordinaires.
- Fribourg (Suisse). — Traction. — Nous apprenons qu'un comité d’initiative s'est formé à Fribourg en vue de doter cette ville d'un réseau de tramways à traction électrique.
- Ce comité ne promet pas de gros dividendes, des bénéfices importants ne pouvant être obtenus par l’exploitation d’un service de transport dans une ville de moyenne population. Mais, néanmoins, vu le coût très faible de l'énergie électrique que l’entreprise des Eaux et Forêts assure à l’entreprise des tramways, celle-ci peut, dès le débat, promettre d’ètre assez promptement productive. C’est sans doute à cela que se borneront les prétentions des souscripteurs qui, comme ailleurs, auront la satisfaction d'avoir doté leur ville d’un service utile à son développement.
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- Le réseau comprendra trois lignes, d’une longueur totale de 3,5 km environ. Les frais de construction, y compris l'achat, pour 30 ans, d’une puissance de 60 chevaux, sont prévus à 2x0 868 fr. Le comité assure que, malgré ce chiffre peu élevé, les frais généraux sont largement prévus.
- Le capital en actions sera de 200 000 fr, composé de 1 000 actions au porteur de 200 fr chacune.
- La sous-commission technique, chargée des études préparatoires en vue de la mise au concours des travaux de construction de la première section :« Pont suspendu-gare », sera prochainement en mesure de déposer ses conclusions en vue des adjudications nécessaires.
- Le comité d’initiative espère inaugurer le premier tronçon et en commencer l’exploitation dès le mois de juin 1897.
- Hastlvg (,Angleterre— Station centrale. — Notre confrère The Electricien, de Londres, vient de donner une description très détaillée de la station centrale, à courant alternatif, d'Hasting.
- Le matériel générateur de cette usine se compose de quatre groupes, d’un moteur Raworth, ancien type, et d'un alternateur Mordey avec son excitatrice. Trois d’entre eux produisent chacun 100 kilowatts en courant alternatif à 2000 volts, le quatrième 11’est que de 50 kilowatts. Le graissage de ces machines s’effectue automatiquement. Notons, en passant, le dispositif ingénieux, imaginé par M. Andrews, directeur de la station, pour la récupération, dans les huiles sales et mélangées d’eau, de l’huile propreàun nouvel emploi. L’appareil en question est très simple, il se compose d'une cuve séparée en deux compartiments par une cloison munie à sa partie inférieure d’une ouverture suffisante pour permettre à l’eau de circuler et d’établir un même niveau de chaque côté. Deux tuyaux, dont les ouvertures dans les deux compartiments sont à des niveaux un peu différents, traversent verticalement chacun d’eux et déversent l’un l’eau, l’autre l'huile dans des récipients appropriés. Les eaux grasses des machines sont amenées dans l’un de ces compartiments; l’huile reste à la surface, les iihpuretés tombent au fond de la cuve et l’eau remonte dans le compartiment voisin d'où elle s'échappe quand son niveau atteint l'ouverture du tuyau d'écoulement. La disposition des deux tuyaux est telle que l’eau ne peut être entraînée avec l'huile et inversement. L'économie résultant de l’emploi de cet
- appareil simple et peu coûteux est d’environ I 250 fr par an.
- I.e couplage en parallèle des alternateurs étant très fréquent dans cette usine, M. Andrews a combiné un dispositif qui permet d’effectuer cette opération rapidement et sans tâtonnements. 11 se compose d'un commutateur à contrepoids maintenu ouvert et enclenché par une griffe d’arrêt dont la tige de commande est actionnée par un solénoïde; un enroulement shunt dont une moitié est enroulée dans un sens et l’autre dans l’autre complète le dispositif. Les contacts sont établis de telle façon que le déclenchement du commutateur et, par suite,lecouplagc ne peuvent s'effectuer que si les machines sont en concordance de phase. Cet appareil, misenpratique depuis quelque temps, donne, paraît-il, d'excellents résultats.
- La distribution du courant à Hasting est faite d'après le système de transformation à domicile; les fils du réseau primaire sont concentriques et logés dans des tuyaux en fer. La canalisation est entièrement souterraine.
- La vente de l'énergie pour l’éclairage, sc fait à raison de 1,23 fr par lampe de 8 bougies et par trimestre et 0,60 fr par kilowatt-heure consommé. Ces prix varient d'ailleurs selon le nombre de lampes allumées simultanément et la quantité d'énergie dépensée en un temps donné.
- Leyton (Angleterre). —Station centrale auga\.
- La transformation de l’énergie potentielle du gaz de houille en énergie électrique devient décidément à la mode chez nos voisins d’outre-Manche, (Voir Belfast, t. VIII, p. 425.) Le système adopté à Leyton diffère des précédentes installations en ce que le gaz est fabriqué dans la station même, et revient ainsi moins cher que le gaz ordinaire acheté aux compagnies d’éclairage. L’usine est pourvue à cct effet d’une batterie dé gazogènes système Dowson. Le gaz est engendré de la iaçon suivante : chaque appareil comprend un foyer dans lequel on allume une petite quantité de charbon; dès que celui-ci est entré en pleine combustion on dirige sur lui un jet de vapeur débouchant d'une tuyère placée sous les grilles et dont l’extrémité est évasée dans le but de créer un courant d'air qui est entraîné par la vapeur; à ce moment on charge le foyer d'une couche d'anthracite de près de 0,90 m de hauteur. Quand le gaz qui se forme paraît de qualité suffisante on ouvre les robinets d'évacuation au gazomètre.
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- De ce dernier, partent les conduites d’alimentation de deux moteurs Otto couplés par courroies à deux dynamos de 42 kilowatts chacune. Le point caractéristique de ces moteurs est l'énorme volant dont ils sont munis (chacun d'eux pèse 5 tonnes) et leur système de régulation qui permet de faire varier en marche le nombre des tours du volant de 160 et même 200 tours par minute. La plus faible des vitesses est surtout employée pour la charge d’une batterie d’accumulateurs. Les deux dynamos sont à courant continu, et fournissent chacune roo ampères, volts, à la vitesse
- maxima de 700 tours, ou 120 ampères, 200 volts à 125 tours pour la charge de la batterie. Deux convertisseurs fournissant séparément du courant à 1 so volts et 50 ampères complètent avec la batterie d’accumulateurs le matériel générateur de cette usine. Cette batterie est composée de 86 éléments Tudor à formation Planté.
- Le réseau de distribution est entièrement souterrain; les conducteurs sont logés dans des conduites en terre cuite emboîtées les unes dans les autres; ces conduites renferment plusieurs conducteurs et sont, dans certains points du réseau, au nombre de deux ou trois dans le même caniveau.
- 11 est intéressant de remarquer que l'éclairage des rues est en partie réalise à l’aide de lampes à incandescence. On sait, en effet, qu'actucllement en Angleterre les lampes à arc et les lampes à incandescence sc disputent l'éclairage public et que dans certaines villes ces dernières ont été substituées aux lampes à arc.
- Londres. — Traction et éclairage. — Un éminent ingénieur de Londres, sir Benjamin Baker, a été chargé parla compagnie du métropolitain de cette ville d’étudier un projet concernant l’installation d’une nouvelle ligne souterraine, a traction électrique, entre Mansion Housc Station et Earl's Court. 11 résulte du rapport de M. Baker que la création d'une ligne de cc genre est réalisable et cela sans nécessiter de frais trop onéreux en ne prévoyant qu’une seulejslation intermédiaire entre les deux points terminus.
- Les dépenses se répartiraient comme il suit :
- Ligne :
- Tunnels et accessoires. . . Travaux de terrassement . — de remblai....
- Imprévus (jo p. 100) . . . .
- Terrains et bâtiments . . .
- Total.
- r8 636 000 fr
- 737 5oo »
- 34 ouo *•
- 2 965 000 > 25 000 000 fr
- INSTALLATION ÉLECTRIQUE ET MATÉRIEL DE ROULAGE
- Matériel électrique permettant d’assurer un service de 8 trains, en même temps si besoin est sur une même ligne ; matériel de roulage composé de 10 locomotives électri-
- ques très puissantes du type américain; ateliers de réparations et dépôt dudit matériel ; ascenseurs
- hydrauliques aux stations......... 6 6oo 000 fr
- Salaires, taxes, frais divers et intérêt à 15 p. 100 pendant la construction. 4 725 000 fr
- Total...........11 325 000 fr
- Soit en tout . . . 36 325 00» fr
- Long Ist.and City {Amérique). — Station cen-
- trale. — Une nouvelle et importante station centrale esten cours d'installation à Long Tsland City. Cette station, qui sera exploitée par la Electric Iliuminating and Power Company, est destinée à produire : C du courant continu à haute tension pour l'alimentation d'un réseau d’éclairage à arc; 2'’ducourantalternatif simple à tension peu élevée applicable aux besoins industriels et ÿ du courant alternatif biphasé à haute tension qui sera utilisé pour la transmission de la force motrice.
- Toutes les machines de l’usine seront mues par la vapeur. La batterie des générateurs, composée de 4 chaudières multitubulaires fournissant chacune 400 chevaux, est installée au premier plan. Sa disposition est telle que les résidus de la combustion peuvent être enlevés rapidement sans qu'il soit nécessaire de les tirer hors des cendriers. Pour cela, le fond de chacun de ceux-ci est constitué par une trappe pivotée sur gonds et retenue par un verrou ; cette trappe s'ouvre au-dessus d’une ouverture de forme spéciale, sous laquelle s’adapte un wagonnet roulant sur les rails installés dans le sous-sol.
- Le matériel mécanique et électrique de cette station comprendra deux moteurs Dixon-Corliss montés en tandem et couplés par courroie à un arbre de transmission actionnant 8 dynamos pour l’éclairage à arc. Chacune de ces machines alimentera su arcs de 9 ampères à 250 volts. Outre ce groupe, on prévoit l’installation de deux autres dynamos alimentant chacune 80 arcs. Ces machines sont d’un type spécial construit par laBrush Electrie Company ;leursenroulements sont disposés pour l'alimentation d'un circuit à 3 fils; chacun d’eux est constitué par 24 bobines ; le nombre des pièces polaires'est de 4. Chaque machine devra fournir 1 400 volts et 9,6 ampères avec une vitesse angulaire de 700 tours par minute.
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- On procède actuellement au montage desalternateurs qui doivent produire le courant biphasé à haute tension. Ces machines, au nombre de deux, J'unede 500 etJ'autre de 300 kilowatts, seront entraînées à la vitesse de iso tours par minute par 2 moteurs à vapeur à pilon, ha tension primaire sera de 2 200 v,olts avec 7 200 fréquences par minute.
- Sainte-Hélène — Station électrolytique. - - D'après Y Engineering, 1 turbo-génératcurs Parsons viennent d’être installés à l’usine électrolytique de Sainte-Hélène pour la fabrication du chlore et de la soude caustique.
- Chaque turbo-génératour peut fournir 410 kilowatts-heure, soit 3416 ampères à 120 volts; la pression de la vapeur employée est de 10 à 11 kg et la condensation a lieu par injection.
- T.a turbine est du type compound multiple, avec arrivée à vapeur parallèle à l’axe, et renferme en tout 80 rangs d'aubes mobiles et le même nombre de directrices fixes. Les constructeurs garantissent une dépense de vapeur surchauffée de 6,8 kg par cheval-hcurc électrique.
- L’arbre de la dynamo, qui prolonge celui du moteur, porte deux armatures en anneaux fournissant chacune 1 708 ampères. Chaque collecteur a 36 segments correspondant à un nombre égal d’enroulements ; le courant est recueilli par 8 balais massifs. Les deux électro-aimants verticaux qui produisent le champ magnétique sont enroulés en dérivation, le courant d’excitation n’est quede 20 ampères,soit moins de 0,6 p. 100 de l’énergie totale. La vitesse de rota lion de l’arbre est de 3 000 tours par minute.
- Une soupape à double effet, du système Parsons, et un solénoïde relié en dérivation aux bornes de la machine, règlent l'arrivée de la vapeur,et maintiennent entre des limites très étroites la vitesse de la machine. Un régulateur de vitesse du type centrifuge concourt égalementàprévenirtoutc variation de vitesse.
- Les paliers sont à réservoir d'huile, et les surfaces de frottement sont en bronze ou en acier. Un graissage continu est assuré par une pompe mue; par la machine.
- Chaque générateur turbo-électrique est muni de son condenseur, ce dernier comprend deux pompes à air disposées à la partie supérieure .et une pompe ordinaire fournissaiîtl’eau d'injection. Le vide obtenu est de 0,725 m, avec un volume d injection égal à 40 fois celui d'alimentation.
- I.e poids total de chaque générateur est, accessoires compris, de 14 tonnes. L'induit compte dans ce poids pour 1,6 tonne.
- Saint-Pétersbourg. — Traction. — Le ministre russe des voies et communications aurait, dit-on, décidé de faire faire immédiatement une série d’expériences avec dcslocomotives électriques sur les lignes de Saint-Pétersbourg à Moscou et de Saint-Pétersbourg à Varsovie, ainsi que sur les lignes qui traversent les provinces baltiques.
- Eclairage. — Les cataractes d’imatra situées en Finlande, 11e seront pas utilisées, comme il en avait été question, pour l'éclairagedeSaint-Pétersbourg par l’électricité. Le syndicat qui s’était formé à cet effet s'est dissous et une nouvelle société s'est fondée dans le but d’éclairer la capitale russe, eu utilisant, pour la production du courant, les cataractes situées dans les environs de Narva.
- Washington (U. S.A-). — Éclairage et chauffage électrique. — Le gouvernement des États-Unis a entrepris récemment de substituer l’électricité au gaz pour l’éclairage et le chauffage des locaux' dans le vaste asile J’aliénés Sainte-Elisabeth, à Washington.
- La station centrale, installée dans les sous-sols comprend 4 groupes électrogènes d’une puissance totale de 300 kilowatts.
- L’éclairage est assuré par des lampes à incandescence, le chauffage par desradiateurs. Ces derniers remplaceront également la vapeur pour le chauffage des réchauds sur les tables des réfectoires.
- L'électricité a aussi reçu quelques applications dans les traitements thérapeutiques. Plusieurs petits moteurs de 110 volts ont été installés pour effectuer le massage mécanique. Chaque clinique possède un appareil pour la production des rayon de Rœntgen.
- Le gouvernement des Etats-Unis, en présence des résultats obtenus, se propose d’augmenter prochainement le matériel générateur d’énergie électrique de cet établissement et a voté un crédit de 30 000 fr pour l'installation de ventilateurs électriques devant servir pour l’été prochain.
- DIVERS
- L'électricité à boni des navires. — Sons ce titre nous indiquions, il y a quelque temps A. VIII, p. 375}, les conditions générales de l’emploi de
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- J'électricité à bord des navires. Dans un récent article publié par The Elcctrical Eugineer, j\I. Craig Brown revient sur cette question, en la bornant toutefois à l’éclairage.
- • Il préconise au point de vue de l’économie l'emploi de deux dynamos alimentant deux circuits distincts; l’un desservant les locaux où l’on peut avoir besoin de lumière à toute heure du jour ou de la nuit ('soutes, magasins, cabines), l’autre utilisé seulement pendant quelques heures et servant à l'éclairage des salons, salle à manger, etc.
- IL proteste contre l'habitude trop souvent suivie de reléguer les dynamos dans un coin de la salle des machines, dans des conditions telles que leur surveillance est difficile et contre celle d'alimenter les moteurs de la dynamo par une conduite venant directement des chaudières sans détendeur ou régulateur de pression, disposition qui fait subir à l’éclairage le contre-coup des variations de débit résultant des variations de vitesse du
- En ce qui concerne les circuits. l'auteur donne la préférence à l'emploi des câbles concentriques qui n'occupent que peu de place et n'ont que peu d’influence sur les compas.
- Une nouvelle voiture électrique. — Nous lisons dans le Vélo qu’une nouvelle automobile électrique vient d'être construite par M. Jcantaud. En voici les principales dispositions :
- i’L'essieu d’avant est moteur et directeur en même temps. Le moteur qui l’actionne est enfermé. avec sa réduction de vitesse, dans une boîte suspendue directement à l’essieu. Avec cette disposition de l’essieu moteur à l’avant, les ripe-ments ne sont plus à craindre: on peut se servir de roues caoutchoutées ou de roues pneumatiques, saris avoir à redouter les terribles tête-à-queue, même sur l’asphalte mouillée; en effet, les roues d’avant directrices et motrices entraînent toujours celles de derrière dans leur sillage. 2° Les changements de vitesse, les arrêts, ainsi que la marche arrière sont obtenus par une manette placée sur le guidon ; par une disposition toute nouvelle, les changements de plots et les ruptures de courant se font sans aucune étincelle ; ce dispositif permet d’avoir un appareil léger et peu encombrant. 30 Les accumulateurs d'un nouveau type, créés spécialement à cet effet par M. Brault, de la
- Société Fulmen, oiit une capacité de 30 ampères-heure par kg de plaque; ils peuvent être déchargés à tous les régimes, même en court-circuit, sans que leur solidité soit ébranlée. Enfin, cette voiture qui pourra porter quatre personnes plus un conducteur, pèsera, en ordre de marche, 1 000 kg;, elle pourra, sans reprendre charge, accomplir en palier un parcours de roo km, et 60 en terrain varié. Pour arriver à ce résultat, il a fallu avoir recours à l'acier, au nickel, à l'aluminium, afin d’obtenir une grande légèreté sans négliger la solidité. Les roues, en acier, sont montées sur des pneumatiques, M. jeantaud, qui a fait déjà -de nombreuses expériences avec sou nouvel avant-train et les accumulateurs Fulmen-Omega,’ exposera celte voiture au prochain salon du •• Cycle.
- Curieux emploi des voitures de tramways.— The Elcctrical World dit que, dans l'Etat du Connecticut, les anciennes voitures de tramways à chevaux sont employées comme habitations d’été, pavillons de chasse, etc. Plus de 600 voitures sont employées à cet usage. Le long'des côtes de l.ong-Island, aubordde l'Océan, deWatcla Hillàl.arch-mont, ces roulottes sans roues sont disposées sur la grève ou à l'ombre des arbres et servent d'habb tation, le plus souvent temporaire, à des baigneurs, des pêcheurs ou des chasseurs. A Norwich, quatre voitures sont disposées en carré ; la cour intérieure est couverte d'une tente: une des voitures est aménagée pour la cuisine, les autres servent de chambrés à coucher, de salle à manger, de salon; à Block Island un même propriétaire a formé son appartement de 5 voitures disposées à la file comme les wagons d'un train.
- Tramway électrique à longue distance. — Eu attendant que la traction électrique remplace la locomotive à vapeur sur les lignes de chemin de fer, elle reçoit de nombreuses applications sur les lignes de tramways interurbains qui forment de véritables chemins de fer d'intérêt local, et sont en quelque sorte des écoles pratiques où se formeront les ingénieurs chargés de réaliser plus tard cette importante transformation. La ligne de Akron, Bedford and Cleveland a 61 km de longueur. Elle est alimentée par deux stations cen
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- L’ÉCLAIR AT,E ÉLECTRIQUE
- 1
- traies, situées l'une à Bedfort, à 19 km de Cleve-land et l'autre à Cuyahoga Fall, à 19 km de Akron Les dynamos sont entraînés par des moteurs à vapeur; elles ont été construites par la Compagnie Westinghouse; ce sont des machines bi-pha-sées, à 8 pôles, munies aussi d'un commutateur pour fournir du courant continu. Ce type de machine a été adopté pour pouvoir, dans l'avenir, utiliser une chute d'eau éloignée; la transmission de force se ferait par courants bi-phasés et les dynamos des stations centrales transformeraient ce courant alternatif en courant continu. Peut-être prévoit-on aussi l’emploi du courant alternatif pour actionner les moteurs des voitures. Celles-ci sont au nombre de 20: les caisses sont montées sur deux boggies à quatre roues chacun; elles sont munies de deux moteurs. Les départs ont lieu toutes les 40 minutes.
- Résis
- 40 cm
- ci bétons. — LeD' St-Lin-ictibilité du ciment et du oX 10 cm de section et de
- Séché:
- tiques
- De ciment et do sable en parties égales ;
- De 1 partie de ciment pour 5 et 7 de cailloux.
- . mesures ont été faites par deux méthodes, électrométrique, l'autre gaivanométriqué.
- ivités, ou résistances spéci-
- de j. 4 0
- ) POL
- de
- r le nn
- s de c
- t de
- parties de cailloux. Après un séjour prolongé dansl’eau, ces chiffres tombent à 2 200 environ pour tous les blocs, sauf pour le 11” 2 (sable et ciment) qui tombe à 1 500 ; mais la résistance remonte rapidement par l'exposition à l'air sec; et, si l'on chauffe ces blocs pendant 5 heures environ au-dessus de ioo°C, la résistance augmente énormément (70 mégohms pour le nr' 4, 60 pour le n° 3), pour les bétons beaucoup moins (pour le nu 2, 7 mégohms) et très peu pour le ciment pur (10000); mais par l’exposition subséquente à l’air, les résistances s’abaissent pour les bétons, tout en restant considérables, tandis que pour le ciment, elles se sont légèrement élevées.
- Un béton contenant 70 p. roo de cailloux, sans sable ni argile, 12 p. 100 d'asphalte, 8 p. 100 de brai et 10 p. 100 de goudron, a donné près de ^ 000000 mégohms et encore 1 500000 mégohms
- 2 heures après avoir été sorti de l'eau dans laquelle il avait séjourne 2 heures, et 17000 mégohms après nn séjour ininterrompu dans l'eau de 6 semaines.
- Rendement de la machine à vapeur. — D'un important mémoire présenté Lan dernier par M. Thurston à l'Institution of naval Architccts et résumé dans le Journal of the Franklin Insiiiute d'octobre 1896, nous extrayons la conclusion suivante : Si, dans la machine thermique idéale, le rendement augmente indéfiniment avec la détente prolongée jusqu'à la contre-pression même, les frottements de la machine font que, dans la réalité, l'on arrive bien avant cette détente extrême au rendement maximum et au prix minimum de la puissance; au delà, l'on atteindrait bientôt une détente telle que la pression en serait insuffisante pour vaincre les seules résistances passives de la machine. Si l'on tient compte des pertes de chaleur ou autres, la détente la plus efficace et la plus économique se trouve singulièrement réduite ; à 8 en moyenne, pour une machine mono-cylindrique, 12 pour les compound, 16 avec la tripleexpansion, 22 à 24 avec la quadruple, d'après les résultats acquis sur les machines étudiées dans
- La question du prix d'achat abaisse encore ccttc détente à 5, 8, 12 et 16. Ces chiffres, à noter comme indication générale, varient bien entendu, considérablement suivant les circonstances, surtout avec le prix du combustible; plus élevés, par exemple, pour les machines marines, ils s’abaissent encore dans les pays de mines, où le charbon esta très bon marché. Avec du charbon à 5 fr la tonne, d’un côté, et 25 fr, de l'antre, les machines les plus économiques seraient probablement, tout compte fait, dans le premier cas, la machine monocylindrique, et, dans le second, la quadruple expansion.
- Fusibilité des alliages d'aluminium. — Dans le numéro d'octobre du Bulletin de la Société d'encouragement pour Vindustrie nationale M. Henri Gautier publie les résultats de ses recherches et de celles de M. Roland-Gosselin sur la fusibilité des alliages métalliques. Nous donnons ci-dessous ceux qui sont relatifs aux alliages d'aluminium.
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- i° Alliages zinc aluminium (Roland-Gosselin).
- 4,«5
- 5
- 6 8
- 9,75
- i4-5
- 453° 22,5 472° 418° 3o 5020 392'’ 34,75 520* 389° 39 530 392° 51 565° 400" 68 605° 4120 81 627° 435" 100 650°
- La courbe représènlative de ces résultats se compose de deux branches se coupant au point de fusion de l’alliage eutectique (alliage à point de fusion minimum), à 389°.
- 2Ü Alliage étain-aluminium (Roland-Gosselin).
- 12,5
- 332° 15.7 58o°
- 229° 19 565°
- 328" 20,5 553“
- 39°" 27 5580
- 440° 37 585»
- 47°" S4 605°
- 500° 70 ' 622°
- 520° 83 637°
- 565" mu 650°
- La courbe de fusibilité'se compose de trois branches, celle du milieu présentant un maximum, séparées pardeux points anguleux vers 220° et 260°, point de fusion des alliages eutcctiqucs. y Alliages antimoine aluminium (H. Gautier).
- 1,13 630°
- 5,42 855°
- 8,30 945°
- 10,28 1030°
- 14.66 1048°
- 18,65 1 °35°
- 25 101 o°
- 54,47 950°
- 60 945°
- 66 950*
- 68,52 940°
- 84,89 800°
- 9L9 734”
- 100 650"
- La courbe de fusibilité de ces alliages présente une forme très particulière en ce sens que la presque totalité de ces points correspondent à des températures supérieures à celle de fusion des deux métaux constituants. Elle indique l’existence d'une combinaison d’antimoine et d’aluminium; cette combinaison SbAl a déjà étéisolée par M. Wright (Journal of the Chemical Indusirv, 1892, p. 493). Son point de fusion est très voisin de celui du cuivre mais légèrement inférieur. C’est, avec une combinaison d’or et d'aluminium Al*Au, fusible
- à 1070° et isolée par M. Robert Austen, les deux seuls exemples actuellement connus de combinai-
- sons métalliques moin s fusibles que chacun des
- deux métaux élémentai res.
- 4" Alliages aluminium -argent (H. Gautier).
- er7argent. Tempe ra 1 u re entent. ’empéiatitrc.
- o 650» , 89,7 741V’
- 20 615“ 91,8 760°
- 44 585° 94 790°
- 70,2 570* 96,3 8i5°
- 79,7 645* 98.75 8850
- 84,6 720° 100 954"
- 88,7 750°
- Les températures indiquées dans c s tableaux
- sont celles du comme acement de la solidifica-
- tion, la température e restant pas constante
- pendant toute la durée de la solidification d’un
- alliage comme dans le c as d'un corps parfaitement
- défini, Elles étaient mesurées avec un couple
- Le Chatelier.
- Ajoutons que les alliages aluminium-cuivre ont été étudiés l'an dernier par M. Le Chatelier. La courbe de fusibilité de ces alliages présente quatre branches, se coupant à 520, 560 01990". L'examen de cette courbe montre que le point de solidification de l'alliage est inférieur à celui de l'aluminium tant que la proportion de ce dernier métal est inférieure à 60 p 100.
- Application des rayons X â la paléontologieJ— Encore une nouvelle et intéressante application des rayons de Rœntgen, que signalait M. Lemoine à la séance de l’Académie des sciences du 9 novembre dernier.
- En présentant les radiographies de quelques pièces fossiles recueillies aux environs de Reims, M. Lemoine s'exprimait ainsi :
- « On peut juger de la facilité avec laquelle les rayons Rœntgen traversent les parois fossilisées des pièces osseuses, en apparence les plus opaques, et mettent en évidence des détails que les coupes les mieux réussies n’auraient pu fournir que pour un seul plan, en admettant que la valeur scientifique d'échantillons aussi rares, en même temps que leur fragilité n'aient pas été un obs tacle absolu à des tentatives de ce genre.
- » Au premier coup d'œil, 011 voit apparaître la configuration celluleuse des ossements provenant du grand oiseau de Cernay, le Gastornis, ainsi
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- 4^o
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- que celle du Remiornis. On peut en juger en considérant les ligures des vertèbres d’un corps d'humérus, d'un radius, d'un métacarpe et de phalanges du pied.
- » J’appelle également l'attention sur les pièces osseuses provenant de divers reptiles. J'insiste sur l’homogénéité d'un humérus de Simcedosaure, qui forme le contraste le plus absolu avec les os d’oi-
- » ... J1 est inutile d’insister sur l’intérêt de renseignements obtenus aussi facilement sur des organes très importants. Si, par un heureux hasard, les deux dentitions successives coexistent dans la même mandibule, les rayons Rœntgen nous les font reconnaître et étudier'sans mutilation. Ils nous permettent, d'autre part, de préciser la question si importante du contact des dents des deux mâchoires. Bien supérieurs aux procédés photographiques ordinaires, ils mettent en évidence avec la même netteté tons les. plans de la pièce osseuse, ainsi que le nombre et la valeur proportionnelle des denticules.
- » La nature de La fossilisation semble avoir une importance de premier ordre sur les résultats obtenus; c'est ainsi que les maxillaires provenant des phosphorites paraissent moins favorisés an point de vue de la‘translucidité que ceux de la faune agéienne et de la iaune cernaysien ne. D’antre part, un fragment de maxillaire d’Arcto-cyon, par suite de sa fossilisation toute spéciale s’est montré réfractaire à la pénétration des rayons de Rœntgen.
- * J’ai joint aux reproductions des pièces osseuses celles de- coquilles fossiles, non moins démonstratives ; vraisemblablement, l’étude de leur conformation intérieure devra prêter un précieux concours aux recherches malacologiques, si importantes pour le paléontologiste.
- La sensibilité de T œil aux rayons X. — Nous lisons dans la Revue générale des Sciences du 15 novembre, que leD' Brandes. de Halle, vient de découvrir une jeune fille dont l’œil est sensible aux rayons' Rœntgen. Guidé par ce fait que les rayons X sont arrêtés par certaines substances il avait pensé que le cristallin jouait peut-être à leur égard le rôle d’écran, et s'était, pour vérifier ccttc hypothèse, mis à’la recherche d’une personne privée de cristallin, opération qui 11e se
- pratique guère que dans les cas de forte myopie ou de cataracte. La jeune fille qu’il trouva, avait subi l'ablation de l’œil gauche; cet œil était sensible aux rayons X, c'est-à-dire que leur action se manifestait sur la rétine par la vision desobjets dans des conditions identiques à celles de la photographie par les mêmes rayons; au contraire, l'œil droit, qui conservait son cristallin, ne voyait rien, l.e Dr Brandes en déduit que les rayon s de Rœntgen affectent la rétine à la manière de la lumière ordinaire. 11 remarqua, en outre, que, si l’on plaçait la tête de l’enfant au centre, d’une boîte de bois opaque, et qu'on fit tomber sur cette boîte les rayons X, la patiente, même avec les yeux fermés, se trouvait, non dans l’obscurité mais dans la clarté, il semble donc que ce qui dérobe l'œil à l’action des rayons X, c’est le cristallin; ces rayons traverseraient d’une part, les paupières, ce que l’on savait déjà, d’autre part les humeurs de l’œil; de sortoque, lecristallin enlevé, ils agiraient sur la rétixe à la façon des ondes lumineuses ordinaires.
- Cette observation, sans être décisive, semble confirmer l’hypothèse généralement admise que les rayons X ne sont que des rayons ultra-ultra-
- L'éclairage électrique de Vavenue de l'Opéra. — L’éclairagc électrique de l'avenue de l’Opéra, annoncé dans nos colonnes il y a quelques mois déjà, a été mis en service il y a quelques jours.
- Le courant d’alimentation, fourni par l'usine municipale des Halles, est alternatif et sous la tension de 2400 volts. Cette tension est ramenée à 320 volts par deux transformateurs de 15 kw, fournis par la Société de l’Hclairage électrique et installés dans un kiosquesituéà l'angle de l'avenue de l’Opéra et de la rue des Petits-Champs. Chaque transformateur alimente <s circuits secondaires sur chacun desquels sont placées 5 lampes système Kremenczky. La moitié de ces lampes, soit 25, resteront allumées toute la nuit; les 25 autres seront éteintes à 1 h. 30 m. du matin.
- Nous reviendrons d’ailleurs plus en détail sur cette installation dès que nous aurons les résultats des mesures photométriques.
- Le Gérant : C. NALD.
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- Tome IX.
- Samedi 12 Déc
- 1896.
- 3' Ai
- — N» 50.
- L'Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ Directeur Scientifique : J. BLONDIN Secrétaire de la rédaction : G. PELLISSIER
- L’È LECTRICITÉ
- L’EXPOSITION NATIONALE SUISSER
- PRESSION A COMMANDE ÉLECTRIQUE
- Parmi les applications des moteurs électriques à la commande des machines, il nous a paru intéressant de mentionner un électromoteur actionnant une pompe centrifuge Sulzer à haute pression ; non pas que l’application des moteurs 'électriques à cet usage soit nouvelle, il y a longtemps qu’ils y sont tout désignés ; mais par le fait que la pompe centrifuge Sulzer, pouvant remplacer dans beaucoup de cas les pompes à pistons, donne une nouvelle extension aux moteurs électriques, qui ont comme on sait, une réelle supériorité pour les grandes vitesses!
- C’est dans l’une des annexes de l’Exposition, au bord de l’Arve, près du pont de l’Agriculture, que se trouve cette pompe centrifuge d’un type spécial fort intéressant, sur lequel nous croyons bien faire de donner quelques détails.
- Cette pompe aspire l’eau directement du fleuve et la projette dans l’Arve à une distance d’environ go m, en forme de jet d’eau in-
- {*)Voir L'Éclairage Électrique, t. JX, p. 49, 156. 217, 251 458; iü, 24 et 31 octobre, 7 novembre et 5 décembre.
- clinéà45°; ce jetaenviron 18 mm de diamètre h. l’orificede kf lance. La pompe est construite pour élever 50 litres d'eau par seconde à 45 m de hauteur, en marchant à 900 révolutions par minute, et absorbant à cet effet une puissance d’environ 45 chevaux effectifs.
- Elle se compose (kg. 13) d’une forte enveloppe en fonte, coulée d’une seule pièce avec le coude d’aspiration dirigé vers le bas et celui de refoulement tourné vers le haut. Le couvercle latéral est amovible avec 2 paliers pour l’arbre de la pompe, une roue à aubes et un appareil directeur d’une construction spéciale.
- Grâce à cette construction il est possible d'élever directement l’eau h de grandes hauteurs, avec une force relativement peu importante, ce qui n’était généralement pas le cas avec les pompes centrifuges ordinaires que l’on devait accoupler le plus souvent les unes aux autres pour obtenir l'élévation suffisante.
- Ce nouveau type de pompe se prête tout spécialement à être accouplé à des électro-moteurs, attendu que son nombre de révolutions peut varier dans de grandes limites et s’accorder ainsi a celui des moteurs. 11 en résulte qu’elle peut entrer cil concurrence avec les pompes à • pistons, partout où l’on dispose de force électrique, toutes les pièces intermediaires telles que : roues, câbles, ou courroies qui gênent et absorbent du travail, pouvant être abandonnées et remplacées pat-un accouplement direct de la pompe avec l’électromoteur.
- Outre les avantages des pompes centrifuges
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- L’ECLAIRAGE KGECTRTQUE
- ordinaires qui peuvent, comme on sait, élever de l’eau sablonneuse et qui donnent un avancement constant de l’eau et par conséquent une marche sans choc, cette nouvelle pompe otîre un rendement élevé grâce à la disposition spéciale de la roue à aubes et de l’appareil directif.
- La figure fait voir le groupe formé par la pompe et l’électromoteur qui l’actionne. Ce dernier est un moteur synchrone biphasé, de la compagnie de l’Industrie Electrique, construit sur un principe analogue à celui de la com-mutatrice Alioth que’nous avons décrit récemment et qui, avons-nous dit, peut fonctionner comme moteur sjmchrone.
- Les inducteurs sont donc alimentés par le courant continu transformé recueilli aux porte-charbons du collecteur.
- La mise en marche s’effectue au moyen d’un courant continu auxiliaire que l’on introduit par les porte-charbons du collecteur; sous l’influence de ce courant, l’induit démarre et lorsqu’il atteint la vitesse corres-pondantau synchronisme on supprimele courant auxiliaire et on lance le courant biphasé par les bagues métalliques.
- Ce moteur n’est donc autre chose qu’une commutatrice ; il est d’ailleurs vendu comme tel par la Compagnie de l'Industrie électrique, son emploi comme moteur synchrone étant plutôt exceptionnel.
- LA SOUDEUSE ÉLECTRIQUE
- La soudeuse électrique exposée par la Société Alioth est en réalité un transformateur destiné à transformer le courant de la tension habituelle de 110 volts à une tension de quelques volts seulement, mais en fournissant une intensité de courant de 1500 à 2 000 ampères. Le courant parvient à deux volumineuses électrodes de charbon, aux extrémités desquelles se place la pièce à souder qui est rapidement portée à une haute température.
- LA CUISINE ET LE CHAUFFAGE ÉLECTRIQUES
- Nous terminons cette revue des principaux
- appareils exposés par quelques mots sur la cuisine et le chauffage électrique.
- Si le chauffage et la cuisine par l’électricité peuvent présenter des avantages incontestables, ce n’est pas jusqu’à présent par le côté économique que ce genre d’application du courant électrique se fait remarquer.
- En effet, si l’on envisage l’avenir de ce procédé à ce point de vue, on reconnaît d’abord que le prix de la chaleur peut dans les meilleures conditions être ramené à celui de la force motrice qui subit d’ailleurs toujours une transformation au moins, pour apparaître sous forme de courant électrique.
- D’autre part, on sait qu’il faut 427 kgm pour produire une seule calorie dans les appareils. On se trouve donc, comme le disait récemment un savant, du mauvais côté de l’équation qui représente l’équivalent mécanique de la chaleur.
- A Genève, par exemple, le prix du watt-heure pour l’éclairage est d’environ 0,12 cent. Si l’on veut, donc, à l’aide du courant de la ville amener à l'cbullition un litre et demi d’eau primitivement à 15° il faudra que le courant fournisse approximativement 112 calories correspondant à 13,3 watts-heure; le coût serait donc au minimum de 15 à 16 cent, dans le cas où aucune perte ne se produirait pendant toute la durée de l’opération.
- Voyons maintenant quel peut être le rendement de ce genre d’appareil.
- Le prospectus delà maisonGrimm etCie qui a exposé une superbe collection d’appareils construits d’après le système Schindlcr et Jennv nous dit qu’yne théière contenant un litre et demi d’eau entre en ébullition au bout de 18 minutes environ, en absorbant 5 ampères sous 100 volts.
- Ces données suffisent pour calculer grosso modo le rendement de l’opération.
- Une puissance de 500 watts agissantpendunt 18 minutes équivaut à 12g calories.
- D’autre pan, nous avons vu qu’il faut 112 calories dans les meilleures conditions. Le rendement est donc grossièrement de
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- EYUE b’ELECTRICITE
- Indifférence de 17 calories représente l'en- I la chaleur sous forme de courant électrique semble des pertes par refroidissement, cha- ! approchait du prix de la chaleur des combus-leur communiquée au métal, support, etc., ! tîblcs, la cuisson par l’électricité aurait avec pendant la durée de l’opération. ' tous les avantages qui lui sont propres celui
- Il est à présumer qu’aucun autre mode de I d’ètre le mode de cuisson économique par chauffage ne donne un si bon rendement et I excellence.
- n’utilise mieux la chaleur; si donc le prix de I Espérons donc que dans un jour prochain
- Fig. 13. -Pompe centrifuge Sulzcr à haute pression à commande électrique.
- l’on parviendra à résoudre le problème tant cherché delatransformationdirecte de l’énergie des combustibles en courant électrique.
- Ce jour-là, la cuisine et le chauffage par l’électricité auront fait un pas immense.
- Un des avantages de l’électricité, particulièrement lorsqu’il s’agit d’amener de l’eau à l’ébullition,comme dans l’exemple précédent, et de pouvoir réduire la durée de l’opération en forçant le courant.
- En réduisant cette durée on diminue du meme coup l’importance totale des pertes par refroidissement et l’on s’approche du rendement théorique.
- La volatilisation des métaux par la décharge électrique fournit, comme on sait, un exemple extrême d’une bonne utilisation de la chaleur fournie par le courant. Dans ce cas, la durée est si courte que les pertes par refroidissement deviennent insignifiantes et que
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- toute l’énergie de la décharge est employée à élever la température du métal et à le faire changer d’état.
- Des considérations de cette nature doivent surtout peser si l'on envisage le côté économique qui n’est d’ailleurs qu’un des nombreux côtés de la question du chauffage cl de la cuisson par l’électricité.
- Les appareils exposés sont des plus variés et leur construction est particulièrement soignée. Ce sont des réchauds, grils, bouilloires, fours, poêles à frire, fers h repasser, fers h friser, cafetières, théières, fourneaux à chauffer, appareils d’inhalation, etc.
- Dans tous ces appareils les résistances d’é-chauiTement sont en platine. Celte substance a comme on sait l’avantage de pouvoir sup-
- porter une très grande élévation de température et de fournir ainsi un rayonnement abondant en ne s'altérant que très lentement.
- Presque tous les appareils sont en outre pourvus de fiches de réglage permettant d’employer à volonté diverses intensités de
- Cïi.-Eug. Guye,
- APPLICATIONS MÉCANIQUES DF. L’ÉLECTRICITÉ (')
- Ainsi qu'on le voit parle schéma des circuits iigure 3. la dynamo compound A de Yascen-
- Otis (1896;. Er.s
- Électrique du 28
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- REVUE D’ÉLECTRICITF.
- r
- fermé, il complète deux circuits : l’un a 3 R, e | du moteur, qui, pratiquement mis en court-E, l\ .j 2 bx at a b ifl! par l’armature, et l’autre [ circuit sur lui-même, envoie dans son arma-
- 54'°'!
- rcuit contrôlé par E, il 5 isaa, au circuit 7 R^des
- 5, 6 et 7.
- st commandé par
- E; e3 6 2 S1) par les enroulements en st
- I, de sorte que E’
- rompus à la fois.
- lâche E,
- placé d<
- L’opératei
- rcuit que si les deux
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- L’É C LAI RAGE É LE CT RIQ L E
- nceuvre. par B, B2 Bs (fig. L le commutateur K de manière à faire partir le moteur dans un sens ou dans l’autre, pour la montée ou pour la descente : en même temps, il déplace, par B4, la tringle D de manière à desserrer par C, le frein C, à faire par L I I, i /, fermer en u le circuit de E1. et à faire, par la seconde crémaillère de I), tourner le pignon H, fou sur As, mais pas assez pour amener le piston h de H au contact de celui^ du plateau G. E se ferme donc, et le moteur part, sans toucher au commutateur F, actuellement fermé sur io.
- D’autre part, à mesure que la cabine monte ou descend, l’arbre A.; de son treuil déplace par sa vis G2 (fig. 4'' le bras fileté G, dans les rainures GSGS du tambour G, fou sur A,, mais pas assez pour l'embrayer en G3 ou G4 avec ce tambour, qui reste ainsi immobilisé par son contre poids W ; mais si la cabine n’est pas arrêtée par son conducteur à la fin de sa course, cet embrayage a lieu, et le tambour G se met à tourner de sorte que son taquet g ouvre d’abord le commutateur FF1, puis que son second taquet entraîne, par h. le pignon H, et rompe, par T)I le circuit 10.
- Cette double rupture permet au commutateur E de retomber de manière à mettre le moteur A en court-circuit, comme nous l'indiquions plus haut, en même temps que le frein C opère son serrage, de sorte que le moteur s’arrête. Cet arrêt s’opère d’ailleurs progressivement; le moteur est d’abord mis en court-circuit par E, puis, tout à la lin de l’arrêt, le commutateur K s’ouvre en même temps que le frein C se serre.
- Les résistances auxiliaires R, et R2 permettent d’ailleurs de ralentir à volonté cet arrêt du moteur, de manière que le tambourG dépasse avant l’arrêt complet du moteur la position correspondant à la rupture du circuit en F,; au nouveau départ de la cabine, l’opérateur fait tourner par I) le pignon H de
- manière à séparer h de de sorte que le contrepoids W, rappelant G à sa position primitive, referme F ; mais, avant cette fermeture forcément assez lente, la barre D a déjà fermé par I le premier circuit de E. permettant ainsi au moteur de prendre immédiatement toute la vitesse compatible avec sa puissance et la charge de la cabine.
- La commande de l’ascenseur électrique lîerdman. représentée par les figures 5 à 9 est caractérisée par l’emploi d’un servo-moteur électrique très ingénieux. Ce servo-moteur est constitué par un embrayage que commande le solénoïde H, dérivé sur le circuit inducteur du moteur M, et par une dynamo E. dont l’armature est reliée aux touches B' B,
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- par les pitons g et Je plateau b, et sur la clvnamo E, qui commande F par />2èa. Cette dynamo entraîne alors par F le manchon B, fou sur I, dont le bras a' ifîg. 6) commande
- par a A i'lig. 8) le commutateur O du moteur M. Mais le manchoif B fait, en meme temps, tourner le bras I) dans le sens même du pivotement que i’on a imprimé à la poulie C,
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- [ l’arrête après avoir ainsi fait tourner A. le | commutateur O d’un angle proportionnel au pivotement même de C en grandeur et en direction. Pour arrêter l’ascenseur. il suffit de ramener la poulie C à sa position de départ, ce qui fait tourner E de manière qu’il ramène I) dans sa position centrale ou d’arrct ; d’autre part, si, pour une raison quelconque, H venait à lâcher son embrayage, le contrepoids \V
- crait automatiquement le bras D I I: dig. 6) commandées par le train K'K. vien-c position d’arrêt ; enfin des cames | nent, par les taquets PP, faire, malgré l’em-
- Fig. 22 et 23. Pont roulant Fiegehm. Détail du changement de marche et des circuits.
- brayage F G pivoter le manchon B de manière I La figure 10 représente l’application de cette à arrêter automatiquement l’ascenseur aux même commande à un ascenseur hydro-élec-points de la course fixés par leur position. | trique,'dont la distribution du cylindre N. qui
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- REVUE D’ELECTRICITE
- remplace la dynamo E, est actionnée par une paire de solénoïdes ni »'â, à armature ramenée dans la position d’arrêt par le contrepoids O. Le solénoïde n' ouvre N dans un sens, n'i dans l’autre, et la tige P de N commande par sa crémaillère P' la roue P2, qui remplace la roue F de l’appareil précédent, et qui est reliée au commutateur I) età l'embrayage électrique HG (fig. n) par des connexions analogues.
- M. E. P. Warner emploie pour régulariser son ascenseur le dispositif très simple représenté par les figures 12 à 17. Dans la position indiquée en figure 16, correspondant à l’arrêt, le rhéostat d! intercale dans le circuit, toutes ses résistances. Pour monter, on tourne l’arbre «par exemple à droite, cequi, d’abord, par l’excentrique e, ferme le commutateur e3 g sur nié puis, par b c, supprime graduellement les résistances jusqu’à la position (fig. 12), qui correspond à leur suppression totale. Pour arrêter, on ramène, de droite à gauche, b1 dans sa position primitive, et, pour descendre, il suffit de faire de nouveau pivoter b de go°, mais de droite à gauche, de manière à l’amener dans la position symétrique de la figure 2, ce qui ferme g sur m' <?, et fait tourner la dynamo-motrice en sens contraire. Les mouvements de a sont atténués par la résistance d’un dash-pot hî, relié par c' au cadre c de b, et qui, à sa montée, aspire par i ï i3 l’air atmosphérique dans la cloche /z, pour le comprimer à sa descente avec une pression réglée par l’ouverture de l’étranglement k.
- l.epont roulant de M.Fiegehen a (fig. 18 à 30) tous ses mouvements commandés par l’électricité amenée par les fils à galets collecteurs a et b. La translation du pont sur scs rails est commandée par le changement de marche g ; la levéect la translation du treuil sur le pont sont commandées, de l’arbre d, par les inverseurs e et f Chacun de ces inverseurs a son embrayage à friction i (fig. 22) commandé directement en h par une armature
- polarisée y, attirée ou repoussée par l’électro A-, dont la polarisation se renverse au moyen d’un commutateur / (fig. 29 et 30).
- La levée est contrôlée par un frein a bande m. dont le poids de serrage no (fig. 26) forme l’armature d’un électro p q, pendant la levée, ce poids tend la bande de manière à assurer la prise
- immédiate du frein dès qu’on arrête la levée, puis on laisse descendre la charge en excitant l’électro p q. Le changement de vitesse de la levée s’opère au moyen des jeux de pignons tt (fig. 24) embrayables à volonté sur l’arbre s parle manchon R, à griffes u u, que manœuvre le relaiporaliséy_/, dont l’armature Pin, pivotée en x, est attirée à droite ou à gauche par les pôles y. Cette attraction agit en même temps sur la barre é (fig. 27), qu’elle abaisse malgré les ressorts a! a! de manière à dégager de c' le piton y' du levier y, qui s’y enclenche automatiquement, la manœuvre faite, et fixe ainsi la position de l’embrayage; enfin, l’armature
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- L’ECLAIRAGE ELECTRIQU
- y porte un interrupteur composé d’un piston mobile dans un cylindre en bois e1', et qui, dès que l’électro b' ou k (tig. 22) est excité, est attiré malgré le ressort g' sur le contact h' et ferme par h' d'le circuit du relui polarisé j. qu'il rompt ensuite automatiquement dès que k cesse d’ètre excité : on évite ainsi l’obligation de maintenir l’arm attire polarisée constamment en circuit.
- l'embrayage électro-magnétique IVaîker représenté par les ligures 31 à 33 est destiné
- fonctionne avec succès dans un grand nombre d’ateliers aux États-Unis {').
- La perceuse électrique portative de Holmes construite par la maison Simens frères, de Londres, est dig. 34 TW remarquable par sa simplicité et la lacihté de son maniement.
- tative Holmes (i8y6).
- L’armature C tourne entre les pôles B de l’inducteur A B, dont le support T) sert de pôle à l’arbre E, qui commande, par le train G H G, 1“U, le porie-foret K P, à butée M. Un tampon R reçoit la chute de l’outil quand le foret débouche au travers de son trou. L’ouvrier transporte, appuie et maintient facilement l’appareil par les poignées P P.
- G. Richaiu».
- à retenir des pièces carrelées ou même rondes, telles que /, à travailler à la raboteuse ou à la meule, sur la table de laquelle est fixé l’embrayage. Ce dernier se compose d’une pièce de fer doux A, constituant l’un des pôles d’un électro-aimant.dont l’autre pôle est constitué par les pièces B, B,, à semelle réversible H, H H,. B s’emboite dans A par une longue dentelure avec jeu rempli d’un isolant de manière à fournir à la pièce j une prise très étendue, s’adaptant à toutes les formes qu’il est souvent difficile de fixer au moyen de boulons tirants, etc., tandis, qu’avec l’embrayage Walker,cette fixation s’opère instantanément, sans déformer la pièce ni en dérober aucun point à l’accès de l’outil. Cet appareil
- INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES SUISSES
- DE GENÈVE A ZURICH <*)
- Dépourvue de charbon, mais riche en chutes d’eau, la Suisse nous offre depuis quelques années le spectacle d’une utilisation intensive de l’énergie hydraulique distribuée à des distances souvent considérables après
- U) American Macbinist, 13 août 1896.
- (fi Voir L'Éclairage Électrique, des 24 octobre et 28 no-
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- transformation en énergie électrique. Aussi les électriciens suisses voulaient-ils, après avoir montré 'aux congressistes les magnifiques installations de Genève, leur faire parcourir une partie de la Suisse pour leur permettre de juger les résultats acquis ; dans ce but ils avaient organisé une excursion de six jours, commençant à Genève pour se terminer à Zurich.
- Aller de Genève a Zurich en six jours en visitant une vingtaine d’installations électriques le plus souvent situées en dehors des voies ordinaires de communication n’est pas des plus commodes; les organisateurs ont su néanmoins aplanir toutes les difficultés matérielles et. grâce aux soins qu’ils ont apportés à la confection du programme, celui-ci a pu être suivi avec une ponctualité dont plus d’un excursionniste s’est montré étonné. En adressant ici nos félicitations et nos remerciements au Comité d’organisation, sans oublier les directeurs de l’Agence Suisse de voyages, MM. lluffîeux et Ruchonnet. à qui le Comité s’était adressé pour régler les détails de l’excursion, nous sommes donc certain d'ètre l’interprète de tous les excursionnistes, et c’est personnellement avec grand plaisir que nous le faisons en commençant la relation de cette excursion.
- Rendez-vous, lundi 10 août avant 6 h. 45 m. it la gare de Genève, disait le programme. Malgré cette heure matinale, d’autant plus matinale que depuis dcüx ans la Suisse a adopté l’heure de l’Europe centrale en avance de 50 minutes sur celle de Paris, tous les excursionnistes— au nombre d’une cinquantaine —étaient exacts au rendez-vous, et sous la conduite du président dû Comité de réception, M. Rilliet, arrivaient bientôt à Lausanne. Là, sur le quai de la gare, ils rencontraient M. Palaz, qui après avoir présidé les séances du Congrès et, la veille encore, la réunion annuelle de l’Association Suisse des électriciens, les avait devancés de quelques heures, pour leur faire, en qualité d’ingénieur conseil de la société, les honneurs des
- Bien qu’elles ne fussent pas encore ploitation nu moment du passage des 1 sionnistes, leur inauguration n’avant pu
- lieu que quelq de ces installations offrait p certain intérêt
- denté du réseat oduction de ie, dont une palier, présente 6,6 p. 100 déclivité de
- plus tard, la visite les techniciens lu profil acci-
- 3 P
- mode de nergie motrice adopté. La ès faible longueur est en effet une déclivité moyenne , en certains endroits une 100, la plus forte de celles
- ic l’on rencontre en Europe dans les réseaux tramways à simple adhérence. D’un autre té l’énergie motrice est produite par des moteurs à gaz, ce qui, au premier abord, peut paraître assez extraordinaire, surtout en l’on s’attendrait plutôt à voir uti-ransport d’énergie à grande dis-
- A la vérité cette dernière solution a été envisagée et lorsque, après avoir abandonné le système Mékarski par l’air comprimé, étudié en premier lieu, les promoteurs des tramways lausannois se décidèrent à la traction électrique, ils songèrent aussitôt à compléter l’installation du réseau de tramways par celle d’un transport électrique de l’énergie. Malheureusement cette solution faisait dépendre la réalisation du réseau de tramways de celle d’une entreprise bien plus considérable, l’énergie hydraulique devant être captée à une distance assez grande de Lausanne. De plus elle offrait l’inconvénient de.mettre le service des tramways sous la dépendance d’une entreprise étrangère et, en réalité ne permettait même pas de réaliser l’économie d’une station génératrice, le Département fédéral des chemins de fer exigeant rétablissement d’une réserve de machines génératrices pouvant fournir l’énergie électrique en cas d’accident aux conduites d’eau ou aux lignes électriques servant au transport de
- L’établissement d’une usine génératrice
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- L’É C L AIR A G E K L E C T RIQ U E
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- spéciale aux tramways de Lausanne se trouvant ainsi imposé par les circonstances, il restait à déterminer quelle espèce de moteurs thermiques serait employée dans l’usine. La difficulté de se procurer à bon marché l’eau nécessaire à la condensation fit rejeter les moteurs à vapeur d’eau et choisir les moteurs à gaz pauvre, déjà employés dans des circonstances analogues, à Lyon, pendant l’Exposition de 1894, pour l’exploitation du tramway Claret-Vuilleumier, et à Zurich pour l’exploitation de deux lignes à trôlet.
- La station génératrice comprend donc des moteurs thermiques à gaz pauvre. Ceux-ci, du type Crossley, de 150 chevaux, sont au nombre de deux, l’un servant de réserve. Ils sont alimentés par deux gazogènes Fichet et Heurtey, placés dans un bâtiment attenant à la salle des machines, et consomment environ 625 grammes d’anthracite par cheval-heure. Ils actionnent directement, au moyen d’accouplements élastiques Raffard, deux dynamos Thury à six pôles, montées sur isolateurs en porcelaine, faisant, comme les moteurs, 160 tours par minute et donnant, à cette vitesse, une force électromotrice de 550 volts. Pour éviter autant que possible les variations de vitesse résultant des variations brusques de la charge du réseau, chaque moteur est muni d’un volant très lourd, pesant 6 tonnes environ.
- L’installation électrique de la station génératrice est d’ailleurs complétée par une batterie de 300 accumulateurs Pollak d’une capacité de 675 ampères-heure. Pour la charge de cette batterie la tension du courant fourni par l’une des dynamos principales est augmentée au moyen d’un survolteur mû par un moteur électrique et permettant d’obtenir, suivant la vitesse du moteur et l’intensité du courant d’excitation, une augmentation delà tension de 50 à 125 volts. Pour la décharge, la batterie est couplée en parallèle avec la génératrice en service; l’intensité du courant de décharge peut normalement atteindre 250 ampères, mais peut aller jusqu’à 400 am-
- pères pendant quelques minutes. Les éléments de réduction de la batterie, au nombre de 60, sont groupés 3 par 3.
- Le démarrage des moteurs s’effectue au moyen du démarreur automatique Crossley; en cas de non fonctionnement de cet appareil il est possible de faire tourner la génératrice, fonctionnant alors comme moteur, au moyen du courant fourni pal" les accumulateurs et de faire ainsi démarrer le moteur thermique auquel elle est couplée.
- L’alimentation du réseau s’effectue au moyen de feeders rayonnant dans toutes les directions, l’usine se trouvant à peu près au centre du réseau . L’installation complète comprendra 9 feeders; au moment du passage des excursionnistes 5 seulement étaient posés; depuis un sixième a été ajouté. Trois de ces feeders sont souterrains cl sont constitués par des câbles armés; ils sont posés dans des caniveaux en poterie destinés non à les préserver des coups de pioche, mais seulement à attirer l’attention des ouvriers chargés des réparations; ces caniveaux ne reviennent d’ailleurs qu’à 1 fr. le mètre courant.
- La ligne, aérienne, est supportée dans la ville par des câbles tendeurs fixés à des poteaux en acier étiré d’une seule pièce ; en dehors de la ville les poteaux sont en bois avec embase en fonte ornementée.
- La voie, unique sur la plus grande partie du réseau et dont près de 13 km sont construits, est à écartement de 1 mètre. Dans les rues et routes macadamisées elle est formée de rails Phénix, de 32 kg, posés sur traverses métalliques de 20 kg le mètre courant. Dans les endroits pavés on a employé des rails du même type, plus lourds (43 kg par mètre courant), posés sur ballast et entretoises. L’ornière a 30 mm de profondeur et 33 mm de largeur; cette largeur, un peu plus grande qu’à l’ordinaire (30 mm), a etc adoptée en vue de diminuer les frottements aux courbes, la plupart en rampe et présentant souvent un rayon de 20 m seulement.
- L'éclissage électrique de la voie est obtenu en reliant les extrémités des rails au moyen de
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- deux tiges de laiton maintenues dans des trous perces dans les rails à l’aide de goupilles d’acier.
- Le retour du courant de la voie à l’usine est assuré par plusieurs feeders constitués par des câbles nusposés dans des caniveaux en poterie.
- Les voitui'es, dont la remise est située tout près de l’usine génératrice, mais à un niveau beaucoup plus élevé, sont de deux types. Les unes, ayant 7 m de long et 2 m de large, peuvent contenir 34 voyageurs à l’intérieur et sur les plates-formes. Elles pèsent 3,5 tonnes à vide et sont mues par deux moteurs Thury de 20 chevaux dont le rendement est de 85 p. 100 pour une puissance de 15 chevaux et une vitesse de 540 tours par minute. La prise du courant s’effectue par contact glissant. L’appareil de manoeuvre est du système Thury déjà décrit à propos des tramways de Genève ; il permet d’utiliser le freinage électrique dans les pentes. L'éclairage des voitures est assuré par 5 lampes à incandescence en dérivation et leur chauffage par des radiateurs. Il était question d’employer à ce dernier usage le courant, souvent très intense, résultant du freinage électrique et qui, jusqu’à présent, est absorbé pardes résistances, placées sur le toit de la voiture afin d’avoir un refroidissement plus rapide.
- Les voitures du second type, destinées à l’exploitation de la ligne de la Pontaise, où se trouve la pente de 11,3 p. 100 mentionnée au début, sont plus courtes et plus légères. Un frein à vis à 8 sabots appuyant sur les roues permet, conjointement avec le freinage électrique, de modérer la vitesse en pente; en outre, de chaque côté de la voiture se trouvent deux sabots dentés qui, en cas d’accident aux moteurs, s’abattent automatiquement sui\ deux longriries de bois disposées parallèlement aux rails et provoquent l’arrêt de la voiture en moins de 4 m.
- Tels sont, considérablement résumés, les renseignements techniques que M. Palaz a donnés aux excursionnistes pendant la visite du réseau des tramways lausannois. Lui
- laissant le soin de les compléter bientôt, ainsi qu’il nous l’a promis, pardes renseignements relatifs à l’exploitation, suivons les excursionnistes à la
- STATION' CENTRALE D’ÉCLAIRAGE DE LAUSANNE
- qu’ils sont dans l’obligation de visiter un peu en courant.
- Le principal intérêt de cette station réside d’ailleurs plutôt dans son ancienneté que dans son installation. Inaugurée le 22 avril 1882, elle est l’une des premières, et peut-être la première, des stations centrales de l’Europe. A cette époque elle n’alimentait que 30 lampes réparties entre 6 abonnés; aujourd’hui le nombre des lampes alimentées dépasse 1 200 et le nombre des abonnés est de 250 environ. Toutefois son matériel, augmenté à chaque extension du réseau d’éclairage, 11’est pas des plus modernes et constitue un véritable musée d’antiquités électriques; il comprend actuellement une machine Edison d’ancien modèle, une machine Turettini et deux machines Thury, dont l’une a le mérite d’être la première dynamo construite par cet ingénieur. L’énergie motrice est fournie par 4 turbines de 20 chevaux alimentées sous une pression de 120 m par les eaux [de la baie de Montreux, à 24 km de Lausanne.
- Apres cette visite, départ pour Fribourg où les excursionnistes arrivent à 1 heure de l’après-midi, regrettant amèrement l’absence de wagons-restaurants sur les voies ferrées suisses. Reçus par M. de Kowalskî, professeur à l’Université de Fribourg, ils gagnent d’un pas pressé l’hôtel du Eaucon,puis, après avoir fait honneur au lunch qui leur était préparé, se rendent à
- l’usine HYDRAULIQUE I)U BARRAGE, A FRIBOURG
- située dans une gorge profonde, sur la Sarine, à peu de distance de la ville.
- La chute, de 10 m, actionne 3 turbines système Jonval, construites par J.-J. Rieter, de Wintcrthur. L’une, de 300 chevaux, met en
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- mouvement des pompes alimentant d’eau la ville. La seconde, de même puissance, actionne deux dynamos compound du type Thurv à 6 pôles, construites par la maison Cucnod et Sautter.de Genève, et servant à l'alimentation des réseaux d’éclairage; ces génératrices peuvent donner 200 ampères h 200 volts. La troisième, de 500 chevaux, met en marche 2 dvnamos en dérivation du tvpé Thurv, construites par la compagnie de l’Industrie électrique de Genève et alimentant un réseau de transport de force; ces dynamos fournissent chacune 470 ampères à 350 volts avec une vitesse de 325 tours par minute.
- U éclairage public et privé est desservi par deux réseaux aériens a trois (ils, partant de deux centres de distribution situés aux deux extrémités de la ville. Chacun de ces centres est relié à l’usine par un feeder à trois conducteurs aériens de 210 mm2 de section et de 1400 m de longueur. Les lampes alimentées par ces réseaux sont au nombre de 3000 et fonctionnent sous une différence de potentiel de 150 volts. A l’usine, des régulateurs automatiques de tension assurent une différence de potentiel constante aux bornes de chacune des génératrices, En outre, quatre régulateurs automatiques intercalent des résistances variables dans les conducteurs extrêmes des feeders et maintiennent une tension constante de 150 volts à chacun des centres de distribution. Ce système de réglage individuel de chaque centre de distribution offre l’inconvénient d’absorber une quantité d’énergie assez grande; il est imposé par la difficulté de pouvoir coupler ensemble les deux réseaux de distribution. Le tarif d’abonnement à l’éclairage est de 0,0025 la bougie-heure, soit environ 0,10 fr l’ampère-heure, la différence de potentiel étant de 150 volts.
- La distribution de l’énergie électrique poulies moteurs se fait aussi par un réseau à trois lils alimenté par un feeder h trois conducteurs de 200 mm2 de section et de 1 400 m de longueur. Ce réseau alimente 34 moteurs électriques de 1 à 100 chevaux de puissance et marchant pour la plupart à 300 volts. Un
- régulateur de vitesse adjoint à la turbine, ainsi que deux régulateurs de tension automatiques, assurent une tension suffisamment constante. Le prix de l’énergie électrique motrice varie de 360 à 195 le cheval-an de 3000 heures suivant l’importance de la consommation.
- Deux moteurs, l’un de 25 chevaux, l’autre de 100 chevaux, du type Thurv, sont installés à la scierie de Pérolles, située à 1 500 m de l’usine hydraulique; avant cette installation la force motrice était transmise h la scierie par un câble téledynamique actionné par une turbine de 300 chevaux.
- Deux autres moteurs Thury,de 50 chevaux, fournissent la force motrice à
- I.’üSINK I)l{ CHARGE DES ACCUMULATEURS
- que les excursionnistes visitent après avoir quitté la scierie de Pérolles.
- Ces moteurs actionnent, par câbles et poulies de renvoi, deux dynamos type .Manchester, construites par la Société suisse pour la construction des locomotives, à Winter-thur, de 300 ampères a 115 volts, servant h l’éclairage de la gare et des ateliers de la Compagnie des chemins de fer du Jura-Sim-plon, ainsi qu’à la charge des accumulateurs destinés à l’éclairage des wagons.
- Les accumulateurs sont répartis en batteries de 9 éléments, pesant 113 kilogrammes et ayant une capacité utilisable de 120 ampères-heure. Des wagons spéciauxcontiennent 60 de ces batteries, formant 12 groupes de 5 batteries disposés sur trois étages. Pour la charge, les batteries de chaque groupe sont réunies en tension, opération qui s’effectue automatiquement au moyen de contacts que portent les caisses de chaque batterie. Des conducteurs souples relient les 12 groupes d’un wagon, réunis en quantité, au tableau de distribution de la salle des machines; le courant de charge est de 18 ampères.
- Les batteries chargées sont distribuées en différents points du réseau ferré de la com-
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- pagnie et sont remplacées, dans les wagons de transport, par les batteries épuisées déposées en ces endroits. C’est d’ailleurs à cela que se borne la manutention, les accumulateurs restant dans les wagons de transport pendant leur charge.
- Chaque batterie de 9 éléments assure l’éclairage d’une voiture de voyageurs pendant 17 heures au moyen de 5 lampes de 18 volts donnant une intensité lumineuse totale de 42 bougies. Cet éclairage revient à 230,80 fr par voiture et par année, soit 0,0431 fr la bougie-heure, en comprenant dans ce prix toutes les dépenses : production du courant, entretien et amortissement des appareils, personnel, etc.
- La Compagnie des chemins de fer Jura-Sim pion parait satisfaite de ce système d’éclairage, et actuellement près de 500 batteries de divers modèles sont employées.
- La visite de l'usine de charge des accumulateurs terminait le programme technique de la première journée de l’excursion. Mais il s’agissait d’aller chercher à Neufchàtel le gîte et le manger. Dans ce but les excursionnistes montent en breaks et se dirigent vers Moral où ils arrivent après une agréable promenade d’aller 2 heures. Là, au pied de vieux et pittoresques remparts qui ont peut-être été témoins de la défaite de Charles le Téméraire par les Suisses, ils trouvent un vapeur qui les conduit à Neuchâtel où ilsdébarquent, à 9 heures du soir, sous une pluie diluvienne.
- M suivre.)
- J. Bloxmn.
- CTALONS
- DE FORCE ÉLECTROMOTRICE
- Etalon Clark. — La mesure, au moyen d’une balance électrodynamique, du courant qui traverse une résistance connue, permet de
- connaître la différence de potentiel aux bornes de cette résistance; 011 a ainsi un moyen, indirect mais précis, de mesurer des f. é. m. Toutefois le Congrès de Chicago, sanctionnant les décisions des congrès précédents (r), a voulu établir un étalon direct, en donnant une valeur officielle de la f. é. m. de la pile étalon Clark, construite dans des conditions définies.
- Il faut remarquer que les étalons de f. é. m. n’ont pas la permanence des étalons de résistance et d’intensité; en effet, dans les derniers. les variations possibles sont ducs aux modifications moléculaires, toujours très petites, des métaux, par conséquent les modifications, lorsque les précautions convenables ont été prises, sont assez petites pour que l’on puisse garder ces étalons comme témoins durant un gland nombre d’années. Avec les piles étalons au contraire, les actions chimiques des corps en présence se poursuivent lentement, même lorsque la pile ne sert pas, et, après un temps plus ou moins long, la f. é. m.,qui a subi une variation lente mais continue, tombe brusquement; aussi, au lieu de prendre un étalon difficile à réaliser, mais assez permanent, le but poursuivi a été de déterminer les conditions, faciles à reproduire, dans lesquelles une pile très constante possède une f. é. m. bien connue. Il suffit d’avoir à sa disposition quelques-uns de ces éléments (au moins deux, l’un servant à contrôler l’autre} et de les renouveler de temps à autre. Avec quelques précautions, on peut admettre qu'un élément Clark reste constant à 0,001 volt près pendant un ou deux ans; cependant cette constance nous semble limitée aux seuls étalons qui n’ont jamais été soumis à de grandes variations de température; nous avons fréquemment constaté, sur des étalons conservés à la température ambiante, des variations permanentes de 0,003 h 0,005 volt, après des clés très chauds et des hivers très froids.
- (’*) Les unités adoptées par le Congrès du Chicago ont été rendues légales en Angleterre par un bill en date du 23 août 1894 et en France par un décret du 25 avril 1896.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Le congrès de Chicago, a donné les instructions suivantes pour la construction de l’étalon Clark.
- Mercure. — Pour assurer sa pureté, le mercure doit d’abord être traité par l’acide azotique, à la manière ordinaire, puis distillé dans le vide. (Le mercure traité comme nous l’avons vu, pour les étalons de résistance, donne des résultats excellents, sans avoir recours à la distillation.)
- Zinc. — Il faut prendre un morceau d'une baguette de zinc’pur redistillé, et souder un fil de cuivre à une extrémité; le tout est nettoyé au papier de verre (il ne faut pas employer de papier émeri), ou au brunissoir d’acier, pour enlever toutes les écailles du
- Au moment de monter l’élément, on décape le zinc dans l’eau acidulée sulfurique, on le lave h l’eau distillée et on le sèche avec un linge propre ou du papier à filtrer.
- Sulfate mercureux. — Le sulfate mercu-reux pur du commerce, mélangé avec une petite quantité de mercure pur. est lavé à l’eau distillée froide, en agitant le tout dans un flacon. Après décantation, l’opération est renouvelée et enfin, après 1111 dernier lavage, on enlève le plus d’eau possible.
- Solution de sulfate de \inc. — On prend des cristaux de sulfate de zinc pur que l’on mélange avec moitié en poids d’eau distillée et environ 2 p. 100 d’oxyde de zinc pur pour neutraliser l’acide libre. On facilite la dissolution en chauffant doucement; la température ne doit pas dépasser 30° C. En ajoutant 12 p. 100 environ du sulfate mercureux précédent, on neutralise tout l’oxyde de zinc libre et la solution filtrée chaude est conservée dans une bouteille. Il doit se former des cristaux au refroidissement.
- Pâte de sulfate mercureux et de sulfate de vinc. — La pâte, de consistance comparable a celle de la crème, formée par le mélange du sulfate mercureux avec la solution de sulfate
- de zinc, est additionnée d’une petite quantité de mercure pur, et de cristaux de sulfate de zinc pris dans la bouteille. On chauffe pendant x heure, à une température inférieure h 300 C., en agitant de temps en temps; il faut agiter également pendant le refroidissement. La pâte terminée doit montrer des cristaux répartis uniformément dans sa masse; s’il n’en est pas ainsi, il faut ajouter de nouveaux cristaux pris dans la bouteille.
- Montage de l’élément. — La pile peut ctre convenablement montée dans un petit tube d’expérience d’environ 2 cm de diamètre et 4 h 5 cm de longueur (fig. 1).
- — Coupe d’un étale
- On prépare d'avance un bouchon de 5 111m de hauteur environ, percé de deux trous permettant le passage u frottement du zinc d’une part, et du tube de verre protégeant le fil de platine d’autre part; une entaille ménagée sur le côté est destinée au passage de l’air. Le bouchon doit être lavé soigneusement et on le laisse dans l’eau pendant plusieurs heures avant le montage.
- Le contact avec le mercure est obtenu au moyen d’un fil de platine de 0,7 mm environ, scellé dans un tube de verre. Le tube de verre et le platine doivent être très propres.
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- On commence par verser une couche d’environ 5 mm de mercure au fond du tube, puis faisant rougir l’extrémité du fil de platine, on la plonge immédiatement dans le mercure, de façon à l’amalgamer. La partie inférieure libre du fil doit plonger entièrement dans le mercure, ainsi que le bout du tube de venu.
- La pâte, bien mélangée, est introduite, sans contact avec la partie supérieure du tube, de façon à former au-dessus du mercure une couche d’environ 10 à 12 mm. O11 place alors le bouchon, en faisant passer le tube de verre dans le trou qui lui est destine, puis on met le zinc dans l’autre trou; ce dernier ne doit pas descendre jusqu’au mercure. Le bouchon, amené au contact de la pâte, chasse l’air par la rainure latérale. Après un repos de 24 heures, on peut sceller l-’-élément en coulant dans la partie supérieure 'du tube, de la glu marine rendue îiuide par la chaleur.
- La pile termineétdoit être disposée de façon à permettre son immersion dans l’eau, jusqu’au niveau supérieur du bouchon, de manière à connaître sa température.
- Les. autres formes qui ont été données-à la pile étalon Clark, ont aussi de réelles qualités, mais il paraît bon, dans la pratique, de s’en tenir à la forme officielle de façon à éliminer une partie des différences observées entre les divers modèles; différences dont les causes SQnt parfois difficiles à établir.
- En suivant les indications precedentes, on obtient un étalon dont la force électromotrice est 1,434 volt à 15° (voir international).
- La valeur du coefficient de variation des étalons Clark est toujours assez grande et n’est pas la meme pour des éléments peu différents en apparence. Tous les modes de construction des étalons Clark donnent sensiblement la même valeur de la force électromotrice, mais le coefficient peut passer du simple au double- suivant la saturation des sels. Faute de déterminations suffisantes, sur des éléments construits d’après les données précédentes, le Congrès de Chicago a réservé la
- valeur officielle du coefficient de variation qui doit être étudié ultérieurement.
- Des recherches de lord Rayleigh, il résulte que l’étalon Clark à pâte de sulfate mercu-reux et de sulfate de zinc a pour valeur :
- Es = E„ £1 — 0,00077 (6 — J5) J »
- D’autre part le professeur Carhart a trouvé pour des éléments qu’il a construits d’une manière très peu différente, mais avec un léger excès de solution de sulfate de zinc :
- E(= 1,440 — 0,0004 (0— 15) j ;
- les plus grandes différences dans la valeur de ces étalons paraissent tenir surtout au liquide en excès.
- Entre ces deux coefficients, il y a une marge trop grande et la grandeur même de ces coefficients oblige à en tenir compte. Par une lacune regrettable, la plupart des étalons Clark du commerce ne sont pas munis de thermomètres, ou ne portent pas d’ouverture permettant de prendre la température exacte de l’élément; comme les étalons sont en général placés dans un boisseau métallique rempli de-paraffine, il peut y avoir une différence de plusieurs degrés entre la température ambiante et celle de l’élément.
- La meilleure disposition consiste à fixer, pendant la construction, un petit thermomètre dont le réservoir plonge dans le mercure de l’élément. Si on préfère ne pas immobiliser le thermomètre, il suffit de mettre à la place un petit tube de verre, d’un diamètre un peu supérieur, qui ferme l’élément; une goutte de mercure déposée au fond de ce tube permet au thermomètre qu’on y plonge de prendre rapidement la température du milieu Dans la figure 2, le thermomètre coudé est fixé à demeure et il y a deux éléments dans le même boisseau.
- La résistance intérieure des éléments Clark est toujours très grande, on cherche même à la rendre aussi élevée que le permet la sensibilité des appareils employés dans les me-
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- sures, dans le but d’éviter qu’une mise en court-circuit accidentelle puisse polariser, ou même épuiser l’élément si elle se prolonge. Cette grande résistance n’a d’ailleurs que peu d'inconvénients, car on ne doit jamais em-
- ployer ces étalons en circuit fermé sur des résistances même très grandes; il faut faire usage des méthodes dans lesquelles on ne demande aucun débit : clectromètrc, condensateur, méthode d’opposition.
- Étalons divers. — A côté de l’élément Clark qui constitue, par définition, le véritable étalon de force électromotrice, il faut placer quelques autres éléments dont la construction est assez facile et qui donnent de bons résultats. Parmi ceux-ci, l’étalon au bioxyde de mercure de M. Gouy est celui dont la régularité approche le plus de l’étalon Clark ; son coefficient de variation est beaucoup plus faible et il se prête mieux à la construction d’étalons à faible résistance intérieure, susceptibles de fournir un courant sur de grandes résistances; malheureusement, il s’altère plus rapidement que le Clark et présente quelquefois, lorsqu’il reste longtemps à circuit ouvert, une élévation du force électromotrice; on peut remédier à ce dernier défaut en fermant l’élément en court-circuit pendant quelques secondes, et en le laissant reposer ensuite environ une heure avant de s’en servir.
- L’électrode positive de l’étalon Gouy(fig. 3) est constituée par du 'mercure, comme dans le Clark ; le contact est pris à l’aide d’un fil de platine isolé par un tube de verre. Cne
- KLKCtIUQI'E
- couche de bioxyde de mercure obtenu par précipitation, puis une solution de sulfate de zinc de densité r,o6, et enfin l’électrode négative formée par un bâton de zinc pur amalgamé, constituent l’élément ; le tout est enfermé et scellé dans un flacon de verre à deux tubulures. Le bâton de zinc est renfermé dans un tube de verre percé latéralement d’un petit trou ; cette disposition a pour but d’éviter le contact direct du zinc et du nier-
- l:ig. 3. — Coupe d'un éta
- dernier,
- la dissolution de
- ce qui aurait pour effet de modifier très sensiblement la force électromotrice de l’étalon. Les pièces de cuivre auxquelles sont fixées le zinc et le platine, doivent ctre soigneusement protégées de tout contact avec le liquide.
- L’étalon Gouy est souvent monté dans un boisseau de laiton, semblable à celui de l’étalon Clark ; au cas où ce montage n’est pas employé, il faut mettre l’étalon Gouy à l’abri de la lumière qui l’altère assez rapidement.
- Le meilleur moyen d’obtenir le bioxyde de mercure consiste, d’après M. Gouy, à précipiter le bichlorure par la potasse. On prépare deux solutions, l'une de 100 gr de bichlorure de mercure pur dans 500 gr d’eau, cette solution est faite à chaud ; l’autre de 100 gr de potasse dans 1 litre d’eau. On verse peu à peu le bichlorure dans la potasse en agitant, le précipité obtenu est lavé par décantation ; il faut une dizaine de lavages au moins, les derniers faits avec de l’eau distillée, enfin, il
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- faut s’assurer qu’il ne reste plus de traces de chlore. Ainsi préparé, le bioxyde est jaune orangé, tandis que celui obtenu par voie sèche est rouge et donne des forces électromotrices plus élevées, mais très irrégulières. Le même auteur indique le moyen suivant pour neutraliser complètement le sulfate de zinc pur du commerce : faire bouillir la solution une bonne heure environ en présence de i p. ioo d’oxyde d’argent, filtrer et laisser la solution pendant 24 heures en contact avec des lames de zinc pur pour précipiter l’argent.
- La force électromotrice de l’étalon Gouy est de :
- 1,389 volt à 14°.
- La variation, très faible, est de 0,0002 volt par degré, ce qui correspond à un coefficient de 0,0144 p. ioo-
- 7,'clément Daniell peut être considéré comme l’un des plus constants, lorsqu'il ne fournit que de très faibles courants; son emploi comme étalon a été souvent préconisé et son usage est très répandu, mais il est nécessaire, pour obtenir une force électromotrice connue, de le monter chaque fois qu’on veut s’en servir, avec des solutions exactement titrées et de former les électrodes avec des métaux très purs.
- Fleming Jenkin, à la suite de recherches très nombreuses sur les éléments Daniell, a trouvé que leur constance est très grande, leur coefficient de variation presque nul dans les limites ordinaires de température des laboratoires, et il donne, pour des éléments montés avec les solutions suivantes, les forces électromotrices inscrites ci-dessous :
- Solution de sulfate de zinc,
- densité.................. 1,2 à 150
- Solution de sulfate de cuivre, densité............. 1,2 —
- F. é. m., volt international. 1,09g —
- Ces forces électromotrices sont obtenues avec du zinc distillé chimiquement pur, amalgamé, et avec du cuivre pur électrolytique; il est bon pour obtenir des résultats concordants, de fermer l’élément en court-circuit
- M à 150
- pendant quelques instants, de façon à obtenir un dépôt de cuivre sur l’électrode positive ; on ramène ainsi cette électrode à un même état de surface.
- La forme des étalons Daniell peut varier à l’infini; quelques modèles sont aujourd’hui classiques, mais il faut se rappeler que la forme importe peu et que les résultats dépendent surtout des solutions employées et de l’état des électrodes. Le vase poreux peut, quelquefois, avoir une influence sur la force électromotrice, il est bon de s’en assurer au préalable.
- Dans l’étalon bien connu du Post-Office (fig. 4), toutes les parties de l’élément sont
- Fig. 4. — Étalon Post-Office.
- contenues dans trois cuves en ébonite, rangées dans une boîte en bois. La cuve de droite renferme une solution de sulfate de cuivre, dans laquelle on place le vase poreux pendant que l’étalon ne sert pas; par ce moyen, le sulfate de cuivre renfermé dans le vase poreux conserve sa densité. Une lame de cuivre électrolyiique est reliée par un fil souple à la borne positive, elle reste constamment plongée dans le vase poreux. La cuve centrale est à moitié remplie de la solution de sulfate de zinc. Pendant l’emploi, une petite quantité de sulfate de cuivre vient se mélanger au sulfate de zinc, on remédie à cet inconvénient en laissant dans la cuve un petit crayon de zinc pur qui précipite le cuivre. Enfin la cuve de gauche, remplie d’eau, sert à conserver le zinc pendant le repos.
- Pour l’emploi, il suffit de réunir dans le vase central le zinc et le vase poreux, la pile est prête à fonctionner.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- L’étalon Post-Office a une résistance intérieure très faible et il est susceptible de fournir, sans polarisation appréciable, un courant déplus de i milliampère; cependant, il est bon, pour n’avoir pas a tenir compte de cette résistance intérieure, de mettre dans le circuit au moins 5000 à 10000 ohms. Toutes les précautions bien prises, l’exactitude atteint difficilement 0,5 p. ioo.
- Cet étalon ne peut guère rester monté et prêt à servir plus de quelques jours, l’évaporation qui est inévitable change la saturation des solutions et forme sur le vase poreux des cristallisations gênantes; l’étalon se trouve bien vite hors de service. Il est préférable de préparer d’avance une certaine quantité des deux solutions, que l’on conserve dans des bouteilles, et 011 monte l’élément seulement au moment de s’en servir; dans tous les cas il faut avoir soin de ne pas laisser sécher le vase poreux, et d’éviter la formation de moisissures à sa surface. Les solutions donnant 1,06g volt sont préférables à celles donnant 1,09g volt, car elles ne sont pas saturées à la température ambiante moyenne, de telle sorte qu’il ne se forme pas de cristaux dans les bouteilles, le titre des solutions se conserve bien ; au contraire, la solution de cuivre ayant t,2 de densité est presque saturée à 15e1, de telle sorte que le moindre refroidissement amène la cristallisation et la solution ne reprend son titre qu’après avoir été chauffée.
- La forme donnée par Fleming (fig. 5) à l’étalon Daniell est surtout destinée , aux méthodes à circuit ouvert, où la résistance intérieure de l’élément n’intervient pas ; elle permet le changement des liquides par un jeu de robinets facile à comprendre. Comme la quantité de liquide employée chaque fois est assez petite et comme il y a une forte réserve dans les récipients, on se trouve à chaque mesure en présence de solutions fraîches et non mélangées, les résultats obtenus peuvent être beaucoup plus précis.
- Un certain nombre d’autres étalons ont été présentés dans ces dernières années, parmi
- lesquels on peut citer l’élément Baille ci Fery au chlorure de plomb; cet étalon, destiné aux mesures industrielles, donne avec des solutions convenables une force électro-motrice de 0,5 volt; mais sa constance ne paraît pas assez grande pour faire recommander son emploi. L’étalon Weston, au cadmium, a un coefficient de variation extrêmement faible qui le rend très intéressant pour la pratique, mais les essais faits avec cet élé-
- ment ne sont pas encore assez nombreux pour donner une idée exacte de ses qualités. On emploie quelquefois, en Amérique, une pile au calomel du professeur Carhart, dans laquelle le zinc plonge dans une solution de chlorure de zinc, et le mercure est recouvert de protochlorure de mercure; cette pile, lorsque la densité du chlorure de zinc est de 1,391 à 150, donne exactement 1 volt; de plus sa force électromotrice augmente avec la température.
- = 1 + 0,000094(0- 15-)
- La combinaison de 6 éléments Carhart de 1 volt avec un étalon Carhart-Clark donne un ensemble de force électromotricc égale à 7,44 volts, et dont le coefficient de température est nul ou négligeable; cette disposition n’est pas employée en Europe.
- H. Armagnat.
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- R E Y Tj E I)’ É E E C T RICIT Ë
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- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Enregistreur électrique Wood et Mayes (1895), Danscetenregistreur.l’aiguilleee, (fig. i à 3), mobile devant l’échelle d,trace son diagramme
- sur le papiero, non pas h l’encre, mais par une série d’étincelles jaillissant sur le papier entre l’aiguille et l’arète-courbc q, (fig. 4), de la plaque q, sur laquelle le papier se déroule, entraîné par un mouvement d’horlogerie et tendu par des rouleaux appuyés au moyen de contrepoids ou de ressorts. L’étincelle peut soit décolorer, soit traverser.le papier sur lequel on trace alors des courbes isolantes empêchant l’étincelle d’en déchirer la surface.
- Dans le cas où l’appareil sert de voltmètre électrostatique, mesurant la différence des
- potentiels des points pi et pi (fig. 5), l’appareil comprend, outre le transformateur T, augmentant la tension entre et qn les inducteurs I du voltmètre, actionnant la bobine S! 'fig. 1) de l’aiguille. Pour un voltmètre, f, se trouve au contraire en série (fig. 6), dans ce circuit pi pv
- La figure 7 indique les connexions pour
- Fig. 438. — Enregistreur électrique Wood et Mayes. Mécanisme et seneraas ues circuits pour l’emploi comme
- Fabrication électrique des chapeaux de becs incandescents, procédé Voelker (1896).
- On fait, dans la proportion voulue, un mélange des sels des métaux alcalins qui entrent dans la composition de ces chapeaux — de préférence les nitrates solubles et facilement
- ampèremètre, et la figure 8, pour un w. mètre, avec la bobine I3 fixe et It mobile.
- G. R.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- décomposables par la chaleur — par exemple 163,7 parties de nitrate de chaux pour 148,2 de nitrate de magnésie et 0,8 p. 100 de nitrate de cérium. La pâte, dissoute dans aussi peu d’eau que possible, séchée puis chauffée graduellement jusqu’à la décomposition complète des nitrates, est soumise en E, dans un creuset de chaux pure A, à la chaleur de l’arc jaillissant en F entre les deux charbons I), D.
- On forme ensuite un liant composé, en poids, de 1 de camphre, 2 de fulmi-coton, 40 d’huile siccative,4 d’acide sulfurique concentré, ajouté goutte à goutte. Ce liant visqueux, mélangé à 3 parties finement pulvérisées du produit, amalgamé par un laminage à chaud, puis maintenu pendant 24 heures sous une forte pression, à une température de 450, constitue une matière suffisamment tenace pour être tréfilée puis tissée en chapeaux pour becs de gaz à incandescence, 11e laissant plus, après calcination, qu’un tissu formé des oxydes des métaux qui la composent. G. R.
- Électrodes en platine Kellner (1895).
- D’après M. Kellner, pour l’élcctrolyse en grand, les électrodes en platine sont, en raison de leur grande durée, plus economiques que celles en charbon, mais il importe de les faire assez rigides pour pouvoir résister aux manipulations. A cet effet, on les construit avec un corps en cuivre 6, calculé suivant l’intensité du courant, et recouvert d’une feuille de
- platine simple ou armée d’ailettes de préférence dentelées, ce qui facilite le passage du courant. Ces électrodes peuvent comme l’indique la figure 3, être groupées de
- r vk
- façon à former un gril par leur soudure à une barre c\ ou en bipolaires a, b (fig. i à 3), par leur fixation dans les cloisons en verre/’. Dans ce
- Kellner
- dernier cas, pour économiser le platine, le corps en cuivre peut servir de cathode et n’êtrc plus recouvert de platine que du côté anode de la cloison/. G. R.
- Fabrication électrolytique des hypochlorites décolorants concentrés) procédé Kellner (1895).
- Le réservoir A renferme une dissolution de chlorure de sodium à 8 ou 10 p. 100, qu’une pompe P fait circuler dans l’électrolyseur Z,
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- R15VI,1 H D'ELECTRICITE
- 503
- où elle se charge de chlore, et d’où clic revient en A, pour s’y refroidir sur le serpentin K et repasser en Z jusqu’il ce qu’etle ait acquis la teneur voulue. A ce moment on ferme le robinet 1 puis on fait passer le liquide de A, par Z et 2, dans le réservoir R. L’opération
- Électrolyse
- peut être rendue continue par l’adjonction d’une réserve de chlorure de sodium en C, réparant par 3 les pertes de A à mesure que la dissolution de 2 passe par 4 en B.
- A chaque passage en Z la dissolution s’enrichit d’environ 0,05 p. 100 de chlore, et l’on arrive ainsi facilement à une teneur de 1,5 p. 100 de chlore : 15 grammes par litre. Avec ce degré de concentration, il suffit d’environ 200 litres de la dissolution de se! marin à 10 p. 100 pour blanchir 100 kg de matière, ce qui dispense de récupérer la dissolution comme on le fait habituellement. G. R.
- REVUE DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- SOCIÉTÉ INTERNATIONALE DES ÉLECTRICIENS Séance du 2 décembre 1896.
- Au début de la séance AT. Vtot.tæ fait une conférence sur la pholométrie. Il rappelle, à propos du Congrès de Genève où la photo-
- métrie a tenu une place importante, qu’il est nécessaire de définir l’étalon de lumière en fonction d’un phénomène automatiquement fixe, et que c’est pourquoi il a été conduit à proposer l’emploi du platine à sa température de solidification.
- La conduite de l’expérience avec l’étalon au platine est très facile ; elle demande seulement des soins et exige des matériaux très purs; M. Violle décrit les appareils bien connus qu’il a employés et les précautions à prendre pour obtenir des résultats concordants; ces questions ayant été souvent exposées, nous n’y insisterons pas.
- Lorsque tous les soins convenables ont été apportés à la conduite de l’expérience, l’étalon au platine donne des résultats remarquablement fixes.
- En lui comparant la lampe Carcel, on constate que celle-ci donne aussi des résultats beaucoup plus réguliers qu’on ne l’affirme très souvent. Elle constitue un étalon secondaire très acceptable.
- Les expériences de M. D. Monnier sur les lampes électriques à incandescence et les recherches de Al. Violle sur sa lampe étalon à acétylène ont confirmé cette constance de l’étalon au platine.
- M. Violle termine cette communication d’un caractère presque exclusivement historique en annonçant qu’il présentera d’ici peu à la Société sa lampe étalon à l'acétylcne.
- La communication très remarquable de M. Hu.t.aiket sur la traction. mécanique à Paris avait surtout pour but (') de provoquer une discussion approfondie sur les différentes solutions à adopter, ainsi que l’explique le président, M. Sciama, avant de donner la parole à M. Ilillairct.
- L’insuffisance des moyens de transport dans Paris, dit l'orateur, n’existe pas seulement dans l’imagination de voyageurs mécontents; c’est un fait réel constaté par les statistiques officielles. Le nombre de voyageurs transpor-
- P) VÉclairage BlecUiqne du 21 novem
- ibre 1896, p. 383.
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- tes annuellement dans la capitale s’élève à 290000000; le nombre de places offertes par les différents véhicules mis à la disposition du public n’est que de 300000000. Comme ces chiffres représentent des moyennes et que l’intensité du trafic est très variable suivant les heures de la journée et les jours de la semaine, il est donc évident qu’aux moments de grande affluence, la plupart des voyageurs ne pourront trouver de places.
- Cette parité entre le nombre de places offertes et le nombre de voyageurs transportés existe depuis plus de dix ans. A mesure que les moyens de transport ont été développés, l’aflluencc des voyageurs s’est accrue, comme nous le verrons plus loin. Ce fait prouve combien le développement des moj'ens de communication répond à un besoin indiscutable de la population, et est un sûr garant des résultats que l’avenir promet.
- D’un autre côté, la circulation dans les rues de Paris est aussi active que le permet la largeur des voies, dans les quartiers centraux. C’est ainsi que, dans la rue de Rivoli, en face du numéro 156, — c’est d’après la méticuleuse statistique l’endroit de Paris où il passe le plus de voitures, — le nombre de véhicules de toute sorte qui passent pendant la journée s’élève à 36000, ce qui représente.45000 colliers ou chevaux.
- Il est donc à peu près impossible d’augmenter le nombre des voitures en service et l’on ne pourra accroître le trafic qu’en adoptant des vitesses plus grandes ou en créant des artères souterraines.
- Le ministère du Commerce public tous les ans des albums de statistique graphique dans lesquels on trouve des diagrammes représentant d’une façon très nette l’intensité du trafic sur les différentes voies au. moyen de traits dont l’épaisseur est proportionnelle au nombre de voyageurs transportés. On peut ainsi'se rendre compte en un coup d’œil du mouvement de voyageurs entre les différents quartiers. Comme il fallait s’y attendre, la ligne la plus fréquentée est celle des grands
- ÉLECTRIQUE
- boulevards ; viennent ensuite, les lignes de la grande artère transversale, le boulevard de Sébastopol, puis les lignes traversant Paris en diagonale, ou desservant les boulevards extérieurs. Voici le nombre de voyageurs transportés en 1895 sur chacune des lignes principales, d’après les statistiques officielles;
- Madeleine-Bastille (omnibus à 40 places». 14 243937 Montrouge-Gare de l'Est (tramway) . . 12539206
- La Chapelle-Square Monge -• ... 5800427
- Batignolîcs-Clichy-Odéon (omnibus à
- 40 places)....................... 9002339
- Place Wagram-Bastille (omnibus à 30 pin 6 283 172 Trocadéro-Gare de l’Est — 40 — 7056276
- Ménilmontant-Gare Montparnasse 40 — 6765030
- Étoile-La Villette (tramway)........... 8296897
- Trocadéro La Villettc (tramway) . . . 2965468
- Pigallc-Trocadéro — .... 713706
- Bastille-Porte deClignancourl (tramway) 9548323 Cours de Vincennes-Louvre — 9085471
- Si l'on considère une carte de Paris sur laquelle l’intensité du trafic dans chaque direction est représentée, comme nous le disions plus haut, par des traits d’épaisseurs différentes, on reconnaît immédiatement que les traits les plus forts représentent à peu près exactement'lcs tracés projetés de chemins de fer métropolitains, ce qui est tout naturel, puisque ces métropolitains ont pour but de soulager le trafic à la surface des rues.
- M. Hillairet fait aussi remarquer sur le graphique relatif h l’année 1889 que le trafic le plus intense s’est produit sur les lignes conduisant à l’Exposition. Il fallait s’y attendre.
- Le trafic des gares est représenté sur les graphiques par des cercles dont le diamètre est proportionnel au mouvement des voyageurs dans chacune d’elles: le trafic le plus intense se produit à la gare Saint-Lazare; mais la plupart des voyageurs sont à destination des gares d’Auteuil et de Courcelles, c’est-à-dire qu’ils circulent sur le chemin de fer de ceinture. Si l’on tient compte de ces voyageurs exclusivement parisiens, le trafic de la gare Saint-Lazare devient comparable à celui des autres gares.
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- Si l’on compare le nombre de voyageurs transportés par les différentes compagnies exploitantes, on constate que les compagnies d'omnibus et de tramways absorbent la plus grande partie du trafic. Voici, par exemple, les chiffres relatifs à l’année 1895 :
- Compagnie générale des Omnibus . . 228966472
- Tramways Nord...................... 29887942
- — Sud........................ 27160032
- Funiculaire de Belleville............ 4471 °57
- Chemin de fer de ceinture (')........ 25962 722
- Bateaux (Paris et banlieue} 25374832
- Total..............341823058
- Il est remarquable que la clientèle du chemin de fer de Ceinture soit égale à celle des Bateaux parisiens. Ce fait est dû en grande partie à ce que cette voie ferrée est d’un accès peu facile; si l’on songe aux dépenses énormes que son établissement a entraînées, on comprendra tout l’intérêt qu’il y a à le relier au centre de la ville par des moyens de locomotion commodes et rapides, afin d’obtenir une meilleure rémunération des capitaux engagés.
- Cherchons maintenant à nous rendre compte de l’influence que la transformation des procédés actuels de traction pourrait avoir sur le mouvement de voyageurs et, par conséquent, aussi de la clientèle sur laquelle on pourrait compter.
- Toutes les fois que la Compagnie des Omnibus a perfectionné son matériel, il en est résulté une augmentation notable du trafic. Partout où les anciennes voitures à 26 places ont été conservées, le nombre de voyageurs transportés annuellement, au lieu de suivre la progression sur laquelle on aurait pu compter, est resté stationnaire ou a même diminué. Sur les lignes où les voitures à 30 places ont été mises en circulation, il en
- ('} Les tableaux détaillés de statistique auxquels nous em-
- que le nombre de personnes ayant fait le tour de Paris, en partant d’une gare pour revenir à la même gare après avoir fait le circuit complet, s’est élevé, en 1895, à près de
- est résulté une augmentation légère du trafic; cette augmentation a été très notable sur les lignes exploitées avec voitures à 40 places attelées de 3 chevaux; enfin, sur les lignes où les tramways ont été substitués aux omnibus, le trafic a presque doublé. En substituant, sur les lignes de tramways, la traction mécanique à la traction animale, on constate encore une augmentation de trafic des plus marquées.
- D’autre part, le nombre de voyages effectués par an et par tête d’habitant va sans cesse en augmentant d’une année à la suivante; la représentation graphique de cet accroissement est approximativement une droite; on peut donc facilement extrapoler afin de déterminer quel sera le mouvement de voyageurs à une époque déterminée; on voit ainsi que, de 155 voyages par habitant et par an, en 1871, le trafic sera d’environ 300 en 1900.
- Quels sont, maintenant, les moyens qu’on devra adopter pour réaliser les desiderata de la population parisienne ? Les deux solutions envisagées sont : le métropolitain et le développement des tramways à traction mécanique.
- M. Hillairet insiste peu sur le métropolitain et aborde directement l’étude des tram-
- Au point de vue de l’exploitation, on peut adopter soit l’emploi de voitures de faible capacité se suivant à faible distance, ou exploitation « en chapelet », soit l’emploi de voitures de plus grande capacité avec des départs moins fréquents. Les préférences de l’Administration et des Compagnies sont pour cette dernière solution ; on craint, en effet, que si des voitures à marche rapide se suivaient a faible intervalle, la circulation dans les rues traversées ne fût gênée ; d’autant plus que plusieurs lignes différentes doivent souvent emprunter le même parcours sur une certaine longueur; toute la largeur des rues occupée par les rails serait alors exclusivement consacrée aux tramways; les voilures ordinaires ne pourraient s’y aventurer. ;
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- U’ÉCLAI RAGE ÉLECTRIQUE
- M. Hillairet pense, au contraire, que l'exploitation en chapelet devrait être préférée; il faut avant tout considérer l’intérêt du public et l’idéal a ce point de vue serait l’emploi des trottoirs mouvants ; cette solution ne pouvant être adoptée, il faudrait s’en rapprocher autant que possible, c’est-à-dire adopter l’exploitation en chapelet. La gêne pour la circulation ne serait d’ailleurs pas aussi grande qu’on veut bien le croire, car les voitures ordinaires évitent autant que possible de circuler sur les rails parcourus par des tramways mécaniques, même lorsque les départs sont relativement peu fréquents ; c’est un fait qu’on peut constater aisément sur la plupart des lignes établies actuellement. Cependant la circulation ne s’en trouve pas gênée. Il ne faut pas oublier, en outre, que le développement des tranrwavs mécaniques aurait pour conséquence de faire baisser le nombre de voitures particulières, fiacres ou autres, qui forment le principal encombrement de la circulation.
- Les prescriptions de l’Administration sont que les voitures automobiles doivent avoir au moins 50 places : que le moteur ne donne ni fumée, ni mauvaise odeur, ni panache de vapeur, qu’il ne fasse pas un bruit désagréable, etc. ; les moteurs doivent avoir une puissance suffisante pour pouvoir remorquer, en plus de l’automobile, une voiture d’attelage de 50 places, sur une rampe de 50 mm. Cette dernière condition détermine un poids minimum pour l'automobile, afin d’obtenir une adhérence suffisante pour assurer le remorquage.
- Ayant ainsi clairement exposé les exigences auxquelles il faut satisfaire, A1. Hillairet examine ensuite les differents procédés de traction mécanique employés : tous ou à peu près, ont été essayés à Paris.
- Les locomotives à vapeur à foyer sont employées en province et à l’étranger; elles ne sauraient être adoptées à Paris.
- Les automobiles à vapeur avec foyer, dont les plus parfaites sont les voitures Rowan et les voitures Serpollet qui font un service régu-
- 1 lier à Paris, sont très bien étudiées et donnent de bons résultats. Elles ne répondent pourtant pas aux desiderata exposés plus haut, car elles dégagent souvent une odeur désagréable, elles déversent dans l’atmosphère de la suie et de la vapeur, leur moteur très exposé fait un bruit assez intense.
- Les locomotives Eamm et Francq (du nom des deux inventeurs Lamm, dentiste a la Nouvelle-Orléans, et Francq, ingénieur à Paris, qui les ont inventées simultanément, sont connues sousle nom de locomotives sans foyer. Elles devraient donner une rendement très élevé puisqu’elles comportent le minimum d’intermédiaires; elles sont employées a Paris, sur la ligne de l’Etoile à Saint-Germain.
- L’air comprimé a reçu plusieurs applications importantes à Paris. Son utilisation pratique est due a M. Mékarski à qui l’on doit l’invention des compresseurs étagés et l’invention encore plus importante du chauffage de l’air par barbotage dans beau chaude. Ce système donne de bons résultats ; il présente une assezgrande élasticité ; il ne dégage ni odeur, ni fumée ; scs moteurs font peu de bruit. Ses principaux inconvénients sont que les moteurs demandent de fréquentes réparations et que les frais d’exploitation sont très élevés. M. Hillairet insiste sur les écarts considérables qu’on observe dans les consommations de charbon déclarées par voiture-kilomètre.
- Viennent ensuite les voitures à gaz qui viennent d’être essayées à Paris et qui ont reçu quelques applications pratiques à l’etranger. Leur moteur est très compliqué et la consommation du gaz s’élevant à 850 litres par voiture-kilomètre, les frais d’exploitation seraient beaucoup trop élevés.
- Un avantage commun à tous les systèmes de traction électrique réside dans les qualités inhérentes au moteur. De tous les modes d’alimentation du courant, le trôlet à conducteur aérien est le plus avantageux; très peu coûteux à établir, il est d’un entretien facile ; il donne un service d’une régularité parfaite
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- REVUE IVÉT.ECTRICITÉ
- et d’une très grande élasticité. Plusieurs inconvénients s’opposent cependant à son introduction générale dans toutes les grandes villes : d’abord son aspect disgracieux, qu’il serait pourtant possible d’atténuer; puis les accidents qui pourraient résulter de la rupture du fil de service qui, tombant vers le sol, pourrait causer des chocs électriques violents aux personnes et aux animaux; peu dangereux pour les personnes, ces chocs peuvent être mortels pour les chevaux; un accident de ce genre paralyserait de plus la circulation pendant un laps de temps plus ou moins long ; enfin, le dernier inconvénient du conducteur aérien réside dans la limite maxima, qu’il impose à la hauteur des véhicules passant dans les rues qu’il dessert. Cet inconvénient existe déjà avec les ponts de chemin de fer ; il n’est cependant pas à négliger, car il peut en résulter des accidents ; ceux-ci sont dus à la négligence ou à l’imprudence des camionneurs, mais ils n’en existent pas moins.
- Les tramways à contact superficiel, tels que le système Claret-Vuilleumier et le système Westinghouse peuvent donner aussi de bons résultats; leurs prix de premier établissement sont comparables à ceux du conducteur aérien lorsque ce dernier est installé dans les villes où l’on exige une décoration coûteuse ; ils donnent un service régulier et la prise du courant s’effectue très bien ; même lorsque le sol est noyé par la pluie, les pertes de courant sont très faibles.
- Dans tous les cas, lorsqu’on emploie le retour parles rails,il faut craindre les phénomènes d’électrolyse par les fuites de courant. On sait, à présent, que ccs phénomènes sont dus à la mauvaise condition de la voie ferrée et que, si les éclissages électriques des rails sont bien faits, de manière que la conductibilité des rails soit suffisante, il ne se produira aucune corosion électrolytique. M. II. Brown signalait dernièrement le cas d’une voie dans laquelle les rails devaient charrier i ooo ampères environ et qui n’en conduisaient que 25 ! Toute la différence passait dans les canalisa-
- tions métalliques voisines. Lorsque les joints électriques des rails furent remplacés, le courant reprit sa valeur normale.
- Le conducteur en caniveau permet de disposer un conducteur de retour spécial, isolé; le circuit étant complètement métallique, les fuites de courant ne sont plus à craindre ; d’ailleurs, on a reconnu — et l’expérience des tramways à contact superficiel le prouve surabondamment, — que le fonctionnement de la ligne n’est pas sensiblement affecté même lorsque le caniveau est complètement inonde. Lin des grands inconvénients du caniveau est son prix très élevé; lorsque le trafic est suffisamment intense, cette considération du prix de premier établissement perd de son importance; niais sur les lignes à trafic peu intense elle est prohibitive.
- Il en est de même pour la traction funiculaire ; du reste celle-ci tend à disparaître de plus en plus, même en Amérique où clic avait reçu le plus d’applications.
- Les tramways à accumulateurs apportent une solution intéressante dans certains j cas particuliers, mais ne peuvent être envisagés comme solution générale du problème. L’emploi des accumulateurs à charge rapide et du système mixte à trôlet et à accumulateurs a donné lieu dans ces derniers temps à quelques applications intéressantes et en provoquera certainement d'autres.
- M. Hiilairet termine par quelques considérations sur les prix de revient; il insiste avec juste raison sur la difficulté qu'il y a à obtenir des renseignements satisfaisants, par suite du nombre variable de dépenses qu’on fait entrer dans les prix publiés et par suite de l’unité adoptée: la voiture-kilomètre. Il y a, dit-il, voiture et voiture, kilomètre et kilomètre ; il faudrait définir avant tout exactement le poids et la capacité’ des voitures et le profil des voies. Il serait à désirer qu’on établit une formule simple permettant de ramener tous les cas à une unité constante.
- A la suite de cette communication, M. E. Dieudonné rappelle que toute installation
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- 5°8
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- doit être envisagée au triple point de vue du public qui voyage, de la compagnie qui exploite et enfin des tiers et que l’étude des projets doit avoir précisément pour but de concilier ces differents intérêts P).
- Malheureusement, quelques interrupteurs de mauvais goût ont coupé la parole à M. Dieudonné et celui-ci n’a pas voulu terminer sa communication. Nous regrettons vivement que de tels faits puissent se produire dans une société où chacun doit travailler dans l’intérêt de tous et qui devrait être composée de personnes assez intelligentes pourle comprendre.
- M. RkOtN.vrd expose ensuite que le métropolitain ne saurait convenir au but poursuivi; que le « métropolitain à niveau », comme il appelle les tramways mécaniques, apporte seul une solution rationnelle et complète; il rappelle que cette opinion a été émise en 1873 par M. Richard, ancien président de la So-c iété des Ingénieurs civils ; lui-même l’a soutenue a diflércntes reprises dans de nombreuses communications faites à plusieurs Sociétés savantes ; cette opinion est d’ailleurs basée sur l’expérience que M. Regnard a pu acquérir pendant ses longs voyages qui lui ont permis de visiter toutes les grandes villes du globe.
- Il est d’avis que le trôlet à conducteur aérien peut être adopté partout et propose qu’on l’essaye sur les grands boulevards, à Paris. Si au bout d’un an une enquête lui est défavorable, il sera toujours temps de l’enlever, mais il croît que la presque totalité des habitants voteront son maintien.
- Il insiste sur ce point que l’intérêt des compagnies et celui du public sont tellement liés que ce qui profite à l’un doit profitera l’autre. Tl est absolument contraire à cet intérêt d’imposer un nombre maximum de départs par heure. Lorsque, par suite de fêtes, de courses, etc., toute la population se porte
- (*) Voir L'Éclairage Électrique du 16 novembre j 895, t. V, p- 290.
- vers un point déterminé, les compagnies devraient pouvoir mettre en service sur les lignes desservant cette région un nombre convenable de voitures et augmenter la fréquence des départs.
- M. Hillairkt répond qu’en principe les intérêts de la Compagnie et du public sont bien liés étroitement, mais qu’en pratique il n’en est pas ainsi en raison des règlements administratifs. A Paris, notamment, la faible durée de la concession est le plus grand obstacle qu’on rencontre dans la transformation projetée.
- La discussion sera continuée dans la prochaine séance, la plupart des membres désirant étudier la conférence de M. Hillairet avant de discuter les opinions émises et les avantages ou les inconvénients des différents systèmes.
- Nous reviendrons bientôt plus en détail sur cet important sujet. G. P.
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE
- Séance du 4 décembre 1896.
- M. Bouty, président, informe la Société que le congrès général des Sociétés savantes s’ouvrira à la Sorbonne le mardi 20 avril 1896 à 2 heures, et que la séance de clôture, présidée par le ministre de l’instruction publique aura lieu le samedi 24.
- M. Schürr, professeur au lycée de Mont-luçon, adresse une note sur l’expérience d’Œrsted. La déviation, pour une valeur donnée du courant, ne croit pas continuellement quand on rapproche le fil de l’aimant; elle présente un maximum pour une certaine distance. La loi de Biot et Savart rend complètement compte des effets observés.
- M. Bf.noist présente une observation relative à l’observation faite par M. Gendrox à la précédente séance (*); M. Branly a décrit
- (') Voir L’Eclairage Électrique du 28 novembre, p. 416.
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- et figuré des électroscopes à lame centrale fixe, dans son Traité élémentaire d’électricité^ niais ses expériences ont été, comme nous l’avions rappelé, faites avec un électroscope à une feuille.
- M. Benoist rappelle qu’il n’a donné de formules qu’à titre-d’indication ; elles s’appliquent en toute rigueur à des pendules sim-pies égaux.
- M. Pellat expose sa méthode de mesure de la force agissant sur les diélectriques non électrisés placés dans un champ électrique qui est déjà connue de nos lecteurs (h.
- Sur une question de M. Poincaré, relative à 1’infiucnce qu’a pu exercer dans ces expériences la dilatation électrique de l’ébonite, M. Pellat rappelle que, dans les expériences de M. Duter, le verre qui servait aux expériences constituait la lame isolante d’un condensateur; il était donc placé dans un champ très intense; l’effet, qui n’était mis en évidence que par une dénivellation dans un tube capillaire très fin, était certainement très petit. Dans les expériences actuelles, la dilatation électrique ne pouvait avoir pour effet que de modifier d’une quantité insensible les dimensions du condensateur. M. Pellat annonce, pour une réunion prochaine, une discussion générale des théories électriques, qui montrera qu’elles conduisent toutes à des résultats contradictoires avec l’expérience et qu’il est nécessaire de les fonder sur une autre base que la loi de Coulomb.
- M. Perrin expose ses recherches sur l’influence de la pression et de la température dans la décharge par les rayons X. qu’on trouvera à la page 458 du numéro du 5 décembre, et présente l’appareil ayant servi à ces recherches, qui n’ont porté jusqu’ici que sur l’air. Rappelons qu’elles ont montré qu’entre des pressions variant de 7 cm à 116 cm de mercure et des températures (absolues) comprises entre 2610 et 418'’, la quantité d’électricitc dissociée
- [ novembre, p. 3^7.
- par unité de masse est indépendante de la pression et proportionnelle à la température absolue. Si on admet que la loi de Faraday s’applique encore, on peut calculer la grandeur de la décomposition chimique produite ; on trouve qu’elle est extrêmement faible.
- M. Benoist rappelle que, dans les expériences qu’il a exécutées avec M. Hurmuzescu ('), les raj’ons Rœntgen tombaient directement sur la lame métallique à décharger et que l’effet observé était la résultante d’une action sur le métal lui-même, action mise hors de doute par l’influence de la nature du métal, et de l’action sur le gaz qu’a étudiée M. Perrin. On a observé que la vitesse de déperdition était proportionnelle à la racine carrée de la densité, le coefficient restant le même quand on changeait le gaz, air, acide carbonique ou hydrogène. Il semble qu’il y ait une grande différence entre les deux énoncés; ils sont cependant identiques au fond. Tout se passe, dans les expériences de MM. Benoist et II urmuzescu, comme si les gaz condensés à la surface du métal étaient expulsés suivant la loi de Graham, c’est-à-dire comme si le poids P de gaz mis en liberté pendant l’unité de temps était proportionnel à la racine carrée de la densité p,
- P = K vfc
- La quantité d’électricité qui disparaît est également proportionnelle à y/jî E=K'Vk,
- d’où résulte
- la quantité d’électricité est proportionnelle à la masse de gaz, comme l’a énoncé M. Perrin. La constante est indépendante de la nature du gaz; en faisant de nouvelles expériences sur des gaz différents, on peut prévoir que M. Perrin, retrouvant la loi déjà connue,
- (l) Voir L’Éclairage Électrique, t. VII, p, 308, 15 février 1896.
- (!) L-Éclairage Électrique, du a i
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- constatera que les quantités d'électricité sont, à une pression donnée, proportionnelles aux poids de gaz, c’est-à-dire aux poids moléculaires. Quant à la loi des températures, il semble qu’elle soit connexe de la première, puisque, à masse constante, la température est proportionnelle à la pression, et qu’à température constante, la pression est proportionnelle à la masse.
- Les expériences actuelles de M. Perrin semblent apportera M. Benoist une nouvelle preuve en faveur de l’opinion, déjà soutenue par lui dans la séance du 17 juillet (voir le numéro du ier août, p. 225), que, dans l’effet total, tel qu’il l’a observé, l’action sur le gaz n’entre que pour une fraction minime. Si les deux effets étaient du même ordre, on trouverait une loi mixte pour l’effet résultant. Le fait qu’on trouve la loi de la racine carrée de la densité montre bien que l’action directe sur le métal est fortement prédominante.
- Enfin M. Benoist persiste à croire que la décharge est due essentiellement à une convection moléculaire sans dissociation; la loi de la masse et la loi de la température, qui ne font intervenir que les molécules dans leur intégrité, sont des lois de convection. Cette vue sera développée dans un prochain travail.
- M. Perrin ne croit pas que le rapport des deux portions du phénomène soit de l’ordre de grandeur qu’indique M. Benoist. Il y aurait d’ailleurs un moyen simple de trancher la question : dans les expériences de M. Benoist faites avec un condensateur, la distance des armatures (1 cm environ) était assez faible pour que l’effet dû au gaz fût négligeable ; il suffirait de comparer les débits d’électricité obtenus. Dans les expériences de M. Perrin, ce débit était d’environ io-10 coulomb par centimètre cube traversé.
- M. Guillaume estime que les résultats de M. Perrin, dans lesquels il faut distinguer entre la partie qualitative et la partie quantitative, apportent beaucoup de lumière dans
- une question qui, depuis la découverte de MM. Benoist et Hurmuzescu a été l’objet de nombreuses publications. En Italie, M. Righi a montré la propagation de l’électricité suivant les lignes de force en produisant la décharge entre une sphère et un plan métallique recouvert d’une lame isolante; on interpose un écran sur le trajet des lignes de force et, après l’expérience, on saupoudre l’isolant d’une poudre qui permet de reconnaître les points atteints par la décharge ; on reconnaît que celle-ci s’est effectuée suivant les lignes de force et non en ligne droite. Plusieurs expériences de M. Villari s’expliquent très bien aujourd’hui. M. Villari séparait la source des rayons Xde la boule d’un électroscope chargé par un écran métallique et, plaçant convenablement une seconde lame, il obtenait une décharge qu’il attribuait à un effet de la réflexion sur cette lame ; il est clair que la disposition du champ électrique avait précisément pour effet de ramener sur l’électroscope l’air traversé par les rayons Rœntgen. La décharge se produisait aussi directement quand l’écran avait des dimensions assez petites; l’effet s’explique aisément sans faire intervenir le reploiement des rayons derrière les corps opaques ni leur diffraction.
- La transformation des rayons par les corps opaques a pu également faire croire à leur réflexion. MM. Winkelmann et Straubel, répétant une expérience de M. Roentgen, ont placé derrière une plaque sensible exposée aux rayons un morceau de spath-fluor contenant un peu de magnésie et de fer et constaté qu’au niveau de ce minéral l’action était 100 fois plus intense qu’aux autres points ; il 11e peut s’agir ici d’une réflexion; en réalité les auteurs ont constaté l’existence d’une fluorescence ultra-violette avec un maximum voisin de X = 0,28 p..
- Les expériences de MM. Hurmuzescu et Benoist peuvent s’expliquer par des propriétés des rayons X analogues à celles des rayons ultra-violets qui, d’après MM. Lenard et Wolf, causent une pulvérisation de la cathode et une convection sans ionisation. Il
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- n’est pas impossible non plus qu’il y ait une transformation des rayons X en des radiations qui agissent d’une façon plus énergique que les premières. Avant de chercher à mesurer l’intensité des rayons X, il faudrait définir leur nature. Dans des expériences de \I. Davis, les rayons X agissaient sur un écran dont la distance au tube atteignait 20 ou 25 m, il s’est produit alors une sélection par absorption ; les rayons qui arrivent à celte distance traversent les os comme la chair. Les rayons qui ont modifié les propriétés de Tairont été absorbés ; la grandeur de l’effet produit ne serait donc que la mesure d’une propriété sélective.
- La théorie de l’ionisation présente d’ailleurs bien des difficultés ; M. J.-J. Thomson trouve qu’il y a une molécule ionisée sur plusieurs milliards; pourquoi celle-là est-elle choisie? l’action s’exerce-t-elle sur. les premières molécules rencontrées et cesse-t-elle à une distance de quelques décimètres? D’autre part, cette théorie semble fournir l’explication la plus naturelle de l’action photographique et aussi du fait, observé par M. S.-P. Thompson, que la fluorescence des platinocyanures de Ba ou de K présenrre le spectre du métal. Enfin les effets physiologiques très désagréables qui suivent une action prolongée des rayons X sont peut-être dus à une ionisation.
- M. Broca, dans une enquête sur plusieurs cas de chute des poils produite par les rayons X, a constaté que, plusieurs jours après l’exposition aux rayons (3 semaines dans un certain cas), il se produit une eschare; les poils repoussent partout où la peau se reforme, iis ne manquent que sur les cicatrices.
- M. Violle présente au nom de M. Hémot, constructeur, un vase de verre portant une graduation qui indique le niveau d’affleurement, pour 1 kg d’eau, aux températures comprises entre 4° et 30°, et des pipettes portant les mêmes graduations pour 100 gr et 1 gr d’eau. C. R.
- Sur les oscillations électriques d’une sphère conductrice et polarisable ;
- Par F. Kolaoek (')•
- L’auteur cherche les solutions des équations de Maxwell, pour une sphère conductrice et polarisable plongée dans un milieu parfaitement isolant.
- Ces équations de Maxwell sont, comme on le sait :
- 0 L è t
- I- &X. • - etc. a M dN etc
- - é z ô y
- " ôr à? ' ' e c'
- (I)
- (ri
- en posant :
- S =
- ax
- Or
- (4)
- les diverses lettres qui entrent dans ces formules ont des significations bien connues. (Voir Lumière Electrique passim.)
- Pour l’éther parfaitement isolant qui entoure la sphère, y., K et k prennent respectivement les valeurs jq, Ka et o. L’équation (3) devient par conséquent :
- I». K0 AA = i X. . . etc. (3')
- L’équation de continuité (4) est valable en tout point. De plus à la surface de séparation de la sphère et de l’éther environnant les composantes normales des forces magnétique et électrique doivent être continues.
- Or, on peut chercher à satisfaire à ces équations en prenant pour X, YT, 2 des expressions linéaires des dérivées partielles d’un certain ordre n d’une fonction f (>,l) dépendant seulement de r = V'x* +T2.+ ? et de C' les constantes sont choisies de manière que l’équation (4) soit vérifiée identiquement : le
- (i) Wied. p. 27J.
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- nombre n sera le numéro d’ordre de ce système de solutions. Ce procédé est une généralisation du système de formules de Stokes. La fonction /'doit alors vérifier les équations :
- àHr.f) àt> ^
- K +
- ô t à r*
- '(3*)
- pour la sphère, et
- à*(r.f) .. „ _ ô2 (r.f) dl2 “ Ô r*
- (3 K
- pour l’éther.
- Ces équations remplacent les équations (3} et (3').
- Les calculs sont fort compliqués et l’auteur n’a traité que les cas de n — 2 et de ? 1 = 3. Même avec cette restriction ils sont encore trop longs pour qu’il soit possible de les reproduire ou de les analyser complètement ici ; il faut se contenter d’en donner les conséquences.
- I. — n = 2. — On trouve quatre solutions : mais les périodes correspondant à deux d’entre elles ne sont pas indépendantes l’une de l’autre, de sorte que les solutions réellement distinctes sont au nombre de trois seulement qui seront désignées par les lettres (a), ((3), (y).
- Le système (a) est caractérisé par cette propriété qu’en tout point la composante de la force magnétique dirigée suivant le rayon de la sphère
- L-v | Mr | nT[
- est nulle.
- Le système ((3) est au contraire caractérisé parce que la composante de la force électrique dirigée suivant le rayon est nulle en tout point.
- Il en est de même pour le système (y). Comme solution complète des équations (3) et (3'), on est conduit à poser :
- /=
- dans l’intérieur de la sphère, et
- Les constantes y>„ ty, p0 doivent vérifier les conditions
- kKv8 +4 T.ktlV=p*
- /\, = + *V 1inK = ~.
- Y étant la vitesse de propagation des ondes dans l’éther qui entoure la sphère. Par suite
- Cette solution correspond aux ondes qui partent de la sphère. En posant:
- v = -V + v"V/-I,
- v' est positif d’après la nature même de la question ; v"= représente iv. fois le nombre de vibrations par seconde.
- Dans l’intérieur de la sphère, l’équation du mouvement sera ainsi :
- f— -------~e )e-------(cos v"t + É— I sin v"t).
- Cette solution correspond donc à des ondes périodiques avec le décrément logarithmique U.
- Les conditions aux limites conduisent à deux équations différentes suivant qu’on considère le système de solutions (a) ou les systèmes (,3) et (y).
- Dans le premier cas, on a :
- t dans le second :
- 3 x + 3 + &
- 1 posant :
- ü=^R = Rt/KKv8-l-47:/£p œ# = />0R = -f- R vQ0 K07
- dans l’éther.
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- Les équations (a") et ([}") déterminent w et par suite 2/ et v'\ c’est-à-dire la période et l’amortissement.
- A ces deux équations correspondent deux séries d’ondes dont les périodes coïncident exactement, quand l’éther qui entoure la sphère est regardé comme exempt de polarisation. Dans ce cas Kn, pn et us sont nuis et il reste seulement :
- ou en substituant
- Les racines de cette équation sont : ü = 257° 27' 11" 27 e* = 44 20 37' 28"
- ê3 = 6240 45' 3,8" s, = 8o5" 50' i”
- Au-dessus de ces valeurs, les racines sont extrêmement voisines de multiples de — .
- La valeur de 2> qui correspond à une des racines e est donnée par l’équation :
- R étant le rayon de la sphère.
- Si pour K# = o, les périodes se correspondant dans les systèmes (a) et (p) coïncident, alors il doit se produire dans le spectre des doublets de raies, si on admet que le pouvoir inducteur spécifique de l’éther est petit vis-à-vis de celui de la sphère.
- Cette hypothèse, fondamentale pour ce qui suit, est très vraisemblable. En effet la lumière du sodium est concordante jusqu’à 50 000 vibrations : il faut donc qu’au moment où commence la lumière, une molécule de sodium ait une provision d’énergie, au moins suffisante pour pn nombre égal de longueurs d’onde. Il paraît difficile d’admettre l’existence de forces infiniment grandes : dans ce cas, la lumière se produirait rapidement : on aurait quelques ondes très intenses, et non un mouvement lentement décroissant comme
- l’exigent les phénomènes de concordance. Le phénomène serait plutôt comparable à une onde acoustique explosive.
- Un corps sonore, pour produire un son s’amortissant lentement, doit posséder une masse considérable vis-à-vis de celle de l’air; dans le même sens, ainsi que le demande la théorie, la molécule lumineuse doit avoir un pouvoir inducteur relativement grand vis-à vis de celui de l’éther.
- D’autre part, ainsi qu’il a été démontré, dans les vibrations lumineuses très rapides les courants de conduction, même dans les bons conducteurs, restent toujours petits vis-à-vis des courants de déplacement de Maxwell ; il est donc permis de négliger les courants de conduction.
- On ne modifie ainsi que fort peu la valeur de la période et le décrément logarithmique devient très petit. En faisant alors K = o, il vient :
- Les formules (a") et ({5;/) se transforment dans les suivantes :
- II. — n = 3. — Les diverses solutions possibles pour» —3 se classent en quatre groupes : mais deux de ces groupes se déduisent respectivement des deux autres par permutation circulaire. Il en reste donc seulement deux d’indépendants; soient (y) et (9).
- Le groupe (y) sc partage en quatre sous-groupes ; deux d’entre eux (y,) et (y,) conduisent à la même série de vibrations.
- Dans ce système (y,, ya), la composante radiale de la force électrique est nulle en tout point.
- Dans le système (yj, c’est la composante radiale de la force magnétique qui est nulle.
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- Enfin le système (j3) donne une solution impossible physiquement ; les équations obtenues en écrivant les conditions aux limites aboutissent à des contradictions.
- Le groupe (Oise divise entrois sous-groupes : deux d’entre eux conduisent à la même solution que le système (aQ et le troisième, à la même solution que le système (a-,, yf
- En résumé pour n= 3 on trouve deux équations de vibration distinctes. Mais ces deux équations se confondent pour K„ = o et il se produit un doublet- quand K0 est petit vis-à-vis de K.
- Comme dans le cas précédent on peut négliger les courants de conduction.
- Discussion plus complète du cas de n 2.
- En faisant le changement de notation,
- on peut remplacer les équations (a') ct(ji') par l’équation unique :
- Au cas de h.') correspond m — 1 et à celui de (fl. m = 3,
- Après quelques transformations, on tire de l’équation (I;
- t ,______________2»»0(U%)8______________
- ' V + '--'o2 (i — 0)m + «0 (i - 0)*m - 0 (1 — (t) m = I + 2»l0/(«)> (U,
- ce qui peut encore s’écrire :
- 1- -e _ z _ FK) + HK
- H-f» “ N - l'W-Hl".
- (III)
- en posant :
- F («„) = <V + u0* m + m (1 + (l*j + mW
- (3-t)
- En résolvant l’équation (II) ou l’cquation (III; par rapport à w, on peut ensuite calculer la période et le décrément logarithmique par les relations :
- " = + it = (~v' + iv") t/iTER=(-v'+ .V)-^'-(IV)
- La discussion des équations (II) ou (III dans le cas général serait difficile. Mais on peut reconnaître les caractères principaux des vibrations en faisant la discussion dans l’hypothcse où 6 est très petit. Trois cas appellent spécialement l’attention.
- (x). Le module de w et par suite s et -r, sont fines et le module de — <»>u est très petit.
- En résolvant l’équation (I), on trouve une solution de la forme y — 8V (<>), -y{to) étant fini en même temps que w. On peut donc chercher à vérifier l’équation, en prenant :
- f» étant une racine de l’équation :
- De l’équation (I, on tire alors:
- a ,„ =---üMetüJ— iv,
- La quantité = i e est toujours imaginaire, puisque e est racine de l’équation tg £ = s. En séparant les quantités réelles et les quantités imaginaires et posant : s0, 011 a :
- Commer,= o, le décrément logarithmique des oscillations est proportionnel à :
- Sous cette forme, on voit immédiatement que (—r,a) correspondant à m = 3 est toujours plus petit que (—rn) correspondant à m — 1.
- Pareillement, l’équation (AT) indique que pour les petites valeurs de e#, le nombre de vibrations, c’est-à-dire e, est toujours plus petit que la racine e et que e3, correspondant à m = 3 est toujours plus petit que e, correspondant à m — 1.
- Si on construit
- e courbe dont les abs-
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- r
- cisses sont proportionnelles aux numéros d’ordre des racines de l’équation tgt î et les ordonnées proportionnelles à ces racines, on obtient une courbe, qui d’abord concave vers les ordonnées positives, se continue ensuite par une droite. Les courbes construites de la même manière pour l’équation (L, dans le cas de m = 1 et dans le cas de m = 3, restent toujours au-dessous de la première et et au début affectent la môme allure.
- D’après l’équation ^VL, on a du reste :
- 2 08o(3 + 2^-V) (I —e08 + eov) (9 + 3 ®u* 'I-
- (VIII)
- Pour les petites valeurs de e0, c’est-à-dire pour les valeurs finies de s, cette différence des périodes croît donc avec s, suivant une loi telle que le quotient — _ - était sensiblement constant et égal à
- cinc et les racines de l’équation tg s = s, devient infinie.
- Il en résulte ce qui suit :
- Si à l’onde, faisant un nombre détermine de vibrations, on attribue un numéro d’ordre arbitraire k et aux suivantes ou au précédentes les numéros kzti, fr±2,...on trouve une seule courbe théorique s = $ (k) ; cette courbe jouit de la propriété que si on attribue à la variable k des valeurs entières, ses ordonnées représentent les nombres de vibrations.
- Le coefficient angulaire de la tangente à cette courbe présente un minimum en un certain point ; ce minimum est nul à des quantité près deffordre de c* “»
- L’existence dccette courbe sedémontreen étudiant les propriétés de la fonction o> de k définie par l’équation
- (3). La quantité £„ est finie ou infiniment grande.
- Il faut provisoirement laisser de côté le cas ou 1 -j- 2 m fl/ià0) est voisin de o. Hormis ce cas 2 est toujours très petit vis-à-vis
- de l’unité. On trouve que r, est du même ordre de grandeur que 0 ; est toujours plus petit que r(1 et tous deuxdeviennent égaux à fj quand Ç0 devient infini.
- Quand «, est très grand, on a :
- La courbe qui représente les nombres de vibrations s’écarte donc peu de la droite
- et reste toujours au-dessous d’elle ; la courbe pour m = 1 est au-dessus de la courbe pour m = 3 ; la différence — e9 est positive et elle est voisine de —, quand £0 est très grand. Elle croit donc avec le nombre de vibrations.
- ; . Le ternie 1 -f- 2 m hf (w; est très petit Dans ce cas l’équation (II. !ou l’équation (III a une racine singulière. Au voisinage de cette racine singulière, la différence entre cette ra-
- évidemment équivalente à l’équation (IP.
- Le décrément logarithmique correspondant à ces solutions singulières est infiniment grand, du même ordre que tandis qu’en dehors de ces points, il est infiniment petit comme G.
- Le décrément a3 (correspondant à m = 3) est trois fois environ plus grand que a, au voisinage de ces points singuliers tandis que dans les autres régions, ce rapport est ren-
- La courbe qui représente ccs décréments a la forme représentée ligure 1.
- Les vibrations dont les périodes correspondent aux solutions singulières sont donc extrêmement amorties : aussi ne sont-elles pas accessibles à l’observation.
- Les décréments, inégaux dans les deux séries, pour les vibrations peu rapides, deviennent égaux, puis s’écartent de nouveau, en restant toujours petits. Mais il est impossible de conclure.de la différence entre les décréments des deux composantes d’une raie double. à la différence de leur éclat, car ceci dé
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- pend avant tout de la loi suivant laquelle la dépense d’énergie est liée à l’émission lumineuse.
- A partir du point singulier, le décrément subit une variation extrêmement rapide.
- Fig. 1.
- Soit w la racine qui correspond à la vibration singulière et w'^celle qui correspond à une vibration quelconque, pourvu que le module de co1—m soit fini ou infiniment petit : de manière qu’en supposant 6 infiniment petit au lieu de :
- 1 q* 2 ai 0/((u'n) — 1 -p 2 m (} /"(w'O),
- on puisse écrtre
- i + 2mO/KH-2,H ü*/'K)(*'-aA L)e la relation :
- parmi les raies très serrées dans le bleu ouïe violet arrive tout à coup une raie dans le jaune, le rouge et l’infra-rouge. C’est le cas par exemple, dans la série n = 3 de Kaiser et Rungc.
- II n’y a pas d’argument contre l’hypothèse que les deux périodes singulière s, et e3 correspondent au même ordre k.
- La différence des périodes est alors :
- . _ _ _j___
- ‘‘ e=— t-u 0 3
- Si on suppose 6 infiniment petit, cette différence est donnée par l’expression (VIII) ; dans toutes les autres régions. Parconséquentes—e est positifquandsn est petit, et au contraire néga-tifau voisinage des pointssinguliers. Il s’ensuit que les courbes représentent les nombres de vibrations pour 1 et m = 3 doivent se couper et cela avant que la valeur singulière s0= y/
- = 0,866, soit atteinte.
- Voici quelques valeurs de e,—£3 calculées d'après la formule (VIII).
- ^=-1* 0,060 0,1-1 0,224 0,324 0,437 0,561 0,673
- 0,736 0,71g 0,615.
- facile à établir, on déduit, en remarquant que le facteur qui multiplie (oV— w) est infiniment grand du même ordre que e —, qu’il est impossible de trouver une racine a/ rendant le module de 0/— 10 fini ou infiniment petit. Les racines voisines de la racine singulière partagent cette propriété ; or, nous avons vu que s ne peut subir de variation infiniment grande ; si donc le module de w subit une telle variation, c’est qu’elle porte sur r(. Il en résulte que la courbe des nombres de vibrations qui affecte sensiblement la forme d’une droite jusqu’au voisinage du point singulier, s’infléchit brusquement et tend à devenir horizontale. Ce caractère de la courbe subsiste pour les valeurs de 0 qui sont petites sans être infir minent petites. Le fait est particulièrement net pour les séries principales dans lesquelles
- Entre — 0,8 et s0 = o,9 se trouve la valeur singulière £0 = o,866, au voisinage de laquelle la formule n’est plus applicable. A distance finie de cc pointpours0=o,827,lafonction L passe par un maximum et tombe ensuite jusqu’à o au point d’intersection A (fig. 2) des courbes m — 1 et m= 3. En ce point la fonction change de signe ; au delà, dans le voisinage du point singulier, doit se trouver encore un point d’intersection C, puisque au delà de £0=o,9 Sj — £3 est de nouveau positif, jusqu’àeu = 1,22 où il subit un nouveau changement de signe.
- La partie la plus intéressante des deux courbes, au point de vue physique, est celle qui avoisine le point singulier : dans cette région, 0 n’est plus infiniment petit. Puisque la différence des périodes passe par un maxi-
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- muni entre A et B et il y a une région où cette différence est presque constante. Donc, quand Ij est petit su — s, croit d’abord rapidement, puis lentement, jusqu’à £0 =0,827, correspondant à une valeur maxima, 0,735 c Ensuite cette différence décroît très rapidement puisqu’elle devient nulle très près du point singulier, en avant de ce point e0 =0,866.
- Cette chute rapide est nécessaire, puisque après avoir passé par o, la différence doit atteindre une grande valeur au point singulier lui-même.
- Si 0 n’est plus infiniment petit, mais encore petit, l’écart entre les valeurs de s3 — s, au point singulier et aux autres points est beaucoup plus petit, de même que le maximum et il ne faut plus prendre 0,736 0 que comme une limite supérieure. Ceci permet de trouver une limite inférieure de 0.
- T,a discussion analytique conduirait exactement aux mêmes conclusions.
- Soient N3 — N, la valeur sensiblement constante de la différence des nombres de vibrations au voisinage du maximum, R le rayon de la sphère
- s3 — e, ayant la valeur qui correspond au maximum.
- Si, d’autre part, nous admettons que la valeur limite N 00 déduite par extrapolation de la formule de Kayser et Runge pour n = ao soit identique à la limite donnée par la présente théorie
- N0
- _ yj,_ va
- i Ü ' 2*R’
- nous pourrons écrire :
- Na—N, _ 2*<S'o)0* N- " V'É
- on trouve d’après les chiffres empruntés au
- __n
- mémoire de Kayseret Runge; pour -----
- sodium. . . —, I'2,
- pf
- 56,8
- 21991
- rubidium, ^i-1-20939
- cæsium. . .
- «9743
- d’où, pour limite inférieure de O2 = —
- 1208 ’ 329 ’ 75,9 ’ 90,8 '
- En admettant que e'0 soit le même pour tous ces métaux, on trouve que les inverses du pouvoir inducteur de la sphère relativement à l’éther ambiant sont proportionnels à 1:36,9; t5.9:39»3.
- et par suite - proportionnel à :
- 1:1,9; 4:6,2-
- tandis que les poids atomiques sont entre eux comme :
- im 7; 3,7: 5-8.
- D’après Kayser et Runge, ces rapports devraient être les mêmes, on n’aperçoit pas d’ailleurs la raison physique de cette coïncidence, fût-elle exacte.
- Le rayon des sphères, calculé d’après les valeurs admises pour N,*,, croissent du lithium au cæsium, dans le même sens que les poids atomiques.
- Cas de n — 3. Les courbes représentant les nombres de vibrations dans les deux systèmes ont la même allure générale que les précédentes relatives à n = 2.
- Il semble que la série principale répond à n = 3 ; en effet, les rapports des valeurs limites déduites des formules de Kayser et Runge sont pour le lithium, le sodium, le potassium, le cæsium et le rubidium respectivement égales à :
- ù [VJ étant la valeur de e3 — e, pour une valeur e'# de £„ comprise entre o et 0,866 et qui correspond au maximum; d’après ce qui précède s'0 est inférieur à 0,736.
- Si on remplace ’^(e'0) par sa limite supérieure
- 1:1,52, 1:1,70, 1:1,59, x : r,66, x:r,6o;
- en moyenne 1 ; 1,61.
- D’après cela, on peut considérer les raies de la série principale comme les raies d’une
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- meme région en avant du point A (fig. 2) à savoir celle qui appartientau premier groupe «^2,d'unc autre molécule ayant un rayon 1,61 fois plus petit en moyenne que le rayon des molécules qui produisent les séries secondaires. Il ne faut pas en conclure qu’il existe à proprement parler deux sortes de molécules
- Fig. 2.
- avec des rayons différents, il serait plus vraisemblable d’admettre qu’il se forme pendant la vaporisation du métal des systèmes plus ou moins compliqués de molécules, vibrant à la façon de molécules sphériques.
- Si deux sphères rigoureusement identiques et de rayon invariable vibrent (électriquement' la résonance est complète et la lumière correspondante est absorbée totalement, puisque toutes les raies ont même période.
- Au contraire, les vibrations issuesde molécules à configuration d’atomes variable, 11e sont pas en résonance parfaite et partant, sont moins absorbées. C’est sans doute la raison pour laquelle les raies principales, issues de molécules peu complexes se renversent aisé-
- D’autre part, des sphères ayant même pouvoir inducteur, mais des rayons différents, doivent donner des spectres semblables. Il doit donc exister entre la série principale et les séries secondaires, si elles correspondent
- au même groupe n= 2. une certaine analogie-cette analogie s'aperçoit en gros dans les raies les plus réfrangibles du sodium. I! résulterait de la théorie présente comme de la théorie de Kayser et Runge, que les raies secondaires sont absentes dans le spectre solaire, parce qu’à la surface de l’astre, les molécules sont complètement dissociées.
- T,a théorie conduit encore à cette conclusion que la lumière rouge du potassium doit être beaucoup moins homogène que la lumière du sodium ; le spectre du sodium s’approche beaucoup du spectre théorique qui se rapporte aux valeurs infiniment petites de L
- Fin résumé, les raies spectrales peuvent être partagées en séries de lignes doubles. L’origine de ces doublets se trouve dans cette circonstance que l’atome de matière a un pouvoir inducteur spécifique beaucoup plus élevé que celui de l’éther dont il est environné. Les composantes du doublet sont d’origine différente, au sens physique; pour l’une, la charge électrique superficielle est variable et la charge magnétique constante; pour l’autre, c’est l’inverse. M. E.
- BIBLIOGRAPHIE
- Les accumulateurs électriques;par F. Lomé, ingénieur des Arts et Manufactures. Un vol. de l’Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire. Gauthier Villars el fils et Masson el Cü, éditeurs.
- La question des accumulateurs, quoique déjà ancienne, est une de celles qui restent toujours à l’ordre du jour aussi bien au point de vue théorique qu’au point de vue pratique. En condensant dans cotte petite brochure les éléments de cette importante question, M. Loppé a donc rendu un réel service.
- Le plan de l’ouvrage est d’ailleurs fort bien compris. Dans la première partie sont rappelés les principes fondamentaux de l’électrochimie, puis dans la seconde sont présentés les définition, classification et mode d’emploi des accumulateurs. L’étude des accumula-
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- REVUE D’KLECTRICTTÉ
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- teurs au plomb est l’objet de la troisième partie, de beaucoup la plus longue; nous y trouvons un résumé des diverses théories émises pour expliquer le fonctionnement des accumulateurs, en particulier de celle de VI. Dar-ricus, suivi d’un exposé impartial des principaux accumulateurs industriels. Les accumulateurs divers, à électrolytes acide, salin ou composé, proposés pour remplacer les accumulateurs au plomb, forment le sujet de la quatrième partie de l’ouvrage. Les deux der-
- cription des .appareils spéciaux (aiéomètres, densimètres, disjoncteurs, réducteurs, etc.), qui font partie d’une installation d’accumulateurs. l’autre à la mesure des rendements, de la force électromotrice et de la résistance
- Malheureusement nous avons relevé dans cet ouvrage un nombre considérable d’inexactitudes, et. ce qui est plus grave, des définitions erronées, qui sembleraient indiquer que dans l'exécution l’auteur s’est départi du soin qu’il avait apporté à sa préparation. Ces inexactitudes n’enlèvent sans doute pas beaucoup à la valeur de l’ouvrage pour les lecteurs qui savent déjà et ne désirent y trouver qu’un résumé des connaissances qu’ils possèdent, mais il est toujours fâcheux de les rencontrer dans une collection qui a quelque droit d’être considérée comme une œuvre de vulgarisa-
- J. Blondin.
- Éclairage électrique; par J. T.kkkvrk, professeur à l'Ecole des sciences et à l'Ecole de médecine de Nantes. Un vol. de l’Encyclopédie scientifique des Aide-Mémoire. Gauthier Villars et fils et Masson et Cu\ éditeurs.
- C’est toujours avec plaisir que nous lisons et que nous présentons à nos lecteurs un ouvrage de M. J. Lefèvre. Nous trouvons en effet dans ses ouvrages, à côté de l'érudition acquise par de nombreux travaux, un constant souci de la formé et de la clarté de l’ex-
- position qui fait trop souvent, malheureusement, défaut dans les innombrables ouvrages de vulgarisation qui se publient aujourd’hui.
- Ces qualités, que nous signalions déjà à propos d’un précédent ouvrage de l’auteur, nous les avons retrouvées dans l’ouvrage qu’il vient de faire paraître dans l’Encyclopédie des Aide-Mémoire. Dans un sujet aussi étendu que celui de l'éclairage électrique, l’auteur a su mettre en évidence les points importants et donner sur chaque partie des renseignements intéressants. Bien entendu il ne faut pas chercher dans ce petit volume de moins de 200 pages et dont la matière tiendrait presque dans un numéro de ce journal, tous les renseignements techniques que peut comporter le sujet, mais ou peut être assuré d’y trouver les plus importants, le plus souvent simplement énoncés faute de pouvoir en donner la preuve ou la démonstration. Le titre d’Aide-Mémoirc convient donc bien à cet ouvrage, d’autant mieux que l’auteur prend soin de le terminer par la bibliographie des ouvrages publiés sur cette question et dans lesquels il a puisé la majeure partie de ses renseignements.
- Quant au contenu de ce volume, il nous suffira, pour en donner une idée, de dire que les trois premiers chapitres sont consacrés à la production des courants continus et alternatifs et au rappel des propriétés des machines génératrices; que la description d’une station centrale, la distribution de l’électricité par voie directe et indirecte et les canalisations forment les sujets des cinq chapitres suivants, suivis de deux chapitres sur l’éclairage par incandescence et les lampes à incandescence et de trois sur l’éclairage par arc et les lampes à arc; le dernier chapitre indique les avantages de l’éclairage électrique et son prix de revient dans les cas les plus fréquents.
- J. Bi.ondin.
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- L’ÉCLAIRAGE
- CHRONIQUE
- L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE EN [''RANCE
- Taris. — Traction. — La question du métropolitain a été discutée cette semaine par le Conseil municipal. Dans la discussion générale qui a lieu mardi, Ier décembre, M. John Labusquière a combattu le projet, déclarant qu’il était possible de donner satisfaction à la population parisienne en multipliant les lignes de tramways et en substituant la traction mécanique à la traction animale. D’autres orateurs, parmi lesquel MM. Tarisse, Alpy et Strauss ont défendu le projet de la commission ; les avantages de la voie normale ont été ensuite présentés par M. Champoudry.
- La séance du vendredi 4 novembre a été consacrée aux votes. (Jne contre-proposition de M. Baudin tendant à établir, au lieu de la ligne circulaire des boulevards extérieurs, un réseau de tramways à traction électrique, ainsi qu'un contre-projet de M. Labusquière, opposé au principe même du métropolitain, sont repoussés par 44 voix contre 25. Enfin, après une très vive discussion, le conseil adopte, par 52 voix contre 19, la première partie de l’article Ier. d'après laquelle le préfet de la Seine est invité à poursuivre la déclaration d’utilité publique pour rétablissement, dans la ville de Paris, de chcminsde fer à voie étroite et à traction électrique.
- Divers amendements relatifs au tracé sont ensuite examinés; l’un d’eux, concluant à l’établissement d'une transversale est-ouest par les quais de la rive gauche est adopté.
- Paris. — Traction. — Dans la séance du 5 novembre du Conseil général de la Seine, on a traité la question, figurant à l’ordre du jour, .des tramways à traction mécanique destinés à relier les principaux points de la banlieue à la Métropole.
- M. Gilbert (de Saint-Mandé) a déposé ses conclusions sur les délibérations suivantes émanant des conseils municipaux de banlieue :
- Yssy-ies-Moulineaux. — Tendant à accorder à MM. Cauderay et Renard la concession d'une ligne de tramways traversant ladite commune.
- Boulogne. — Relative à la création sur le territoire de cette commune de trois lignes de tramways à traction électrique.
- Alfortville. — Tendant à accordera M. Cauderay la concession d’un réseau de tramways à traction électrique.
- Bondy. — Tendant à la création de deux lignes de tramways entre le Raincy et Paris.
- Créteil. — Tendant à accorder à MM. Cauderay et Renard la concession d’une ligne de tramways à traction électrique de l’esplanade des Invalides à Champigny.
- Villemomble. — Tendant à accorder MM. Cauderay et Renard la concession d'une ligne de tramways électriques de la porte de Reuilly à Vi 11c-momble.
- Saint-Mandé. — Relative à la création d'une ligue de tramways à traction électrique entre Chnrenton et Pantin par Saint-Mandé.
- Montreuil-sous-Bois. — Relative à la création de deux lignes de tramways : l'une de Charcnton à Pantin ; l’autre de Montreuil à Villemomble.
- Champïgny-sur-xMarne. — Relative à la création d’une ligne de tramways de Paris (porte de la Gare) à la Varenne.
- Saint-Mandé. — Tendant à la substitution de la traction mécanique à la traction animale sur certaines lignes de tramways.
- Créteil. — Tendant à accorder à MM. Cauderay et Renard la concession de la ligne de tramways à traction électrique de Paris (porte de la Gare) à la Varcnne-Chennevières.
- Montreuil-sous-Bois et Saint-Mandé. — Tendant à la création d’une ligne de tramways à traction électrique entre Montreuil et Boulogne par Saint-Mandé.
- Tel est, en résumé, le réseau de tramways suburbains dont le conseil général de la Seine aura prochainement à s'occuper.
- Bordeaux. — Traction. — Nous avons publié (voir VEclairage Electrique, t. IX, p. 424),les rapports de la sous-commission technique et de la sous-commission du tracé. Le rapport général, dressé par M. Clavel, agent voyer, vient d’être discuté par la commission des tramways qui a adopté en principe le point suivant de ce rapport :
- Si la Compagnie concessionnaire du réseau
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- REVUE
- D
- ‘EL
- .ECTRICITÉ
- urbain n'établit pas un accord amiable avec les Compagnies de tramways électriques de la banlieue de Bordeaux en vue d'assurer le passage des voitures d'un réseau sur l'autre et vice versa, afin d'éviter aux voyageurs un transbordement desdits réseaux, la Ville se réserve la faculté ci-après :
- Sur la demande d'une quelconque des compagnies de tramways électriques de la banlieue de Bordeaux, et sous réserve de rengagement de celle-ci de renoncer à toute demande de pénétration en ville par scs propres moyens, la Ville pourra imposer à la Compagnie concessionnaire du réseau urbain l'établissement d'un système de billets communs dont le prix sera égal à la somme des prix applicables pour les parcours effectués sur chacune des lignes en correspondance et qui donneront aux voyageurs lé droit de passer d'un
- La Compagnie concessionnaire sera tenue de verser à la Ville, en outre des sommes déterminées par ailleurs, un dixième de la part lui revenant sur la recette produite par ces billets communs. La Ville pourra de son côté payera la Compagnie de banlieue considérée totalité ou partie de ce dixième.
- Les prescriptions contenues dans les paragraphes ci-dessus cesseraient d'être applicables le jour où un accord interviendrait entre les Compagnies pour la création d'un service commun sans transbordement. Elles rentreraient en vigueur le jour où cet accord viendrait à être rompu.
- Cette formule permet à la Ville d'exercer son influence sans se mettre en contradiction avec la jurisprudence de l'administration supérieure et du Conseil d’Etat et sans intervenir directement dans le règlement des intérêts privés des deux compa-
- D'autre part nous apprenons que M. Calixte Camelle, adjoint, vient de communiquera toutes les compagnies ayant fait des propositions à la Ville le programme des principales conditions imposées aux demandeurs en concession des tramways électriques.
- Voici, brièvement résumés, les points les plus importants de ce programme :
- Les rails seront en acier; la voie aura i m ou t.44 m de largeur selon le cas, La traction se fera soit par fils aeriens, soit par accumulateurs, soit par fils en caniveaux; cependant les accumulateurs pourront être employés pour toute la ville.
- Le fil aérien ne sera pas admis sur les points
- suivants ; place Richelieu, rue Esprit-des-Lois, place de la Comédie, allées et place de Tourny, cours du Jardin-Public jusqu'à la rue d'Avian , cours de Tourny, place Gambetta, cours de l'Intendance, du Chapeau-Rouge et rue Vital Carlos, en résumé toutes les voies entourant la cathédrale et celles avoisinant ics ponts et les places des abords,
- Les voitures, équipées de manière à pouvoir passer sur toutes les lignes et éclairées à l'électricité, auront de 40 à 50 places ; la Ville se réserve
- Les départs auront lieu aux heures fixées actuellement, espacés de 15 minutes avant 8 heures du matin et après 8 heures du soir, et de ~ minutes seulement pendant les 12 heures d'intervalle.
- On pourra établir deux classes ou une seule. Les prix seront avec deux classes de 15 et de 20 centimes ; avec une seule, 15 centimes, avec droit à la correspondance dans les deux cas.
- De s à 6 heures du matin et de 637 heures du soir, il y aura des trains ouvriers ; les prix seront de 15 centimes aller et retour et 20 centimes avec correspondance.
- Après s’être occupé de la construction de nouvelles lignes et de l’entente dont le precedent rapport fait mention, le programme dit que la Ville aura le droit d'imposer à son concessionnaire, à tout instant, les améliorations quelle jugera utiles, sous la réserve que les charges de ce dernier ne seront pas augmentées. S'il y avait des frais, la Ville les rembourserait ou prolongerait la concession.
- Le droit de stationnement sera supprimé cirem-placé par une taxe de 0,003 f'r par voyageur transporté. Le concessionnaire fera de plus, chaque année, une remise à la Ville sur le montant des recettes brutes qu'il réalisera au-dessus de 40000 fr par kilomètre de ligne.
- Les demandeurs en concession fixeront eux-mémes le montant de la remise en question. Le concessionnaire sera tenu de mettre à la disposition de la Ville tous les documents, registres et états nécessaires pour lui permettre d’exercer son contrôle au point de vue du calcul des redevances prévues. Il sera en outre responsable de tous les dégâts pouvant survenir sur le réseau et soumis aux taxes de l’octroi ; ses usines et installations seront établies sur le territoire de Bordeaux. 11 fera connaître s’il s'engage ou non à employer un personnel et du matériel français.
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- Il devra arroser gratuitement les rues parcourues par les tramways et y répandre du sel en temps de neige.
- I.a rétrocession du réseau sera consentie jusqu'à l'expiration de la possession que possède la Ville.
- Le concessionnaire sera tenu de constituer une Société ayant son siège social à Bordeaux.
- Relativement au personnel des tramways, il lui sera imposé un minimum de salaire de 5 fr par jour (de 10 heures) et par ouvrier, un jour de repos, avec rétribution, par semaine à tout le personnel. Une caisse de retraite sera également fondée aux frais de la Compagnie.
- Cherbourg. — Eclairage. — A propos de l’éclairage électrique à Cherbourg, dont nous avons eu l'occasion de parler (voir J.'Eclairagc Electrique, t.VII, p. 140 et 428), nous apprenonsque leConseil municipal de cette ville s’est réuni le 4 novembre dernier pour entendre le rapport de la Commission des travaux. Ce rapport apporte quelques modifications au devis antérieur concernant le choix et l'emplacement des candélabres et décide que la canalisation sera entièrement souterraine excepté dans les cas où cette solution présenterait trop de difficultés. Le concessionnaire sera autorisé à se servir des égouts. En ce qui concerne le prix de l'énergie, le tarif précédemment fixé de 0,15 l'hectowatt-heure pour les lampes à incandescence a été maintenu; pour les lampes à arc, les prix seront les suivants : lampes de 4 ampères, 0,25 fr ; de 6 ampères, 0,325 fr; de 8 ampères. 0,50 fr ; et de 10 ampères, 0,625 fr Par heure.
- Selon toute probabilité le premier circuit sera mis en activité dans les premiers jours de janvier.
- Fontainebleau : Scine-ci-Marue). — Traction. — Par un arrêté en date du 30 octobre 1896, le préfet de Seine-et-Marne a autorisé, à titre provisoire et pour les voyageurs seulement, l'ouverture à l’exploitation du tramway électrique du palais de Fontainebleau à la gare de la même ville (ligne de Paris à Lyon.)
- Limoges [Haute-Vienne). — Station centrale et éclairage. — La nouvelle Compagnie d’électricité qui s'est formée dernièrement à Limoges (Eclairage Électrique t. IX, p. 425) va bientôt être en mesure de fournir l’énergie électrique nécessaire à l'éclairage de la ville. La station centrale est en voie de construction ; elle est située aux abords de la Vienne entre le boulevard Saint-Maurice et le pont Saint-
- Étienne. La puissance de cette première installation sera de 1 000 chevaux.
- D'autre part nous apprenons que la Compagnie des chemins de fer d’Orléans fait procéder actuellement à l'installation de lampes à arc et à incandescence dans les deux gares de Limoges et de Puy-Imbert. L'installation totale comprendra 100 lampes à arc et 382 lampes à incandescence.
- On espère mettre le nouvel éclairage en service vers la fin de l'année.
- J.E Puy (Haute-Loire). —Station centrale hydraulique et traction. — La première application en France des turbines à la traction électrique serait dit-011, celle qui vient d’être inaugurée dernièrement au Puy. La station hydraulique utilise les eaux de la Loire, à Brives-Charensac, au moyen de deux turbines Vallet de 200 chevaux chacune. L'énergie électrique produite est utilisée sur la ligne de tramways électriques Brives-Charensac-I.c Puy et Espaly-Saint-Marcel.
- Lille {Nord). — Eclairage. — Depuis quelques jours des ouvriers sont occupés à étendre la canalisation du réseau électrique le long du boulevard de la Liberté et du boulevard Vauban jusqu'au Palais Rameau dans le but d’éclairer â l'électricité les habitants des rues avoisinantes.
- Ces travaux d’agrandissement du réseau ont donné lieu à des revendications de la part des habitants de la rue Neuve qui désireraient eux aussi iouir de l'éclairage électrique. Aussi dans le but d’obtenir ccttc faveur, tous les commerçants de cette rue et bon nombre d'habitants ont signé une pétition ayant pour objet la demande d'un branchement de canalisation dans leur rue. Cette pétition a été remise au maire de Lille qui intercédera en leur faveur auprès de la Compagnie d’éclairage.
- Rouen. -- Traction. -- Le concessionnaire du tramway électrique de Rouen-Pont-dc-Pierre à Bon-Secours et Mcsnil-Esnard, M. A. Riquier, entrepreneur de travaux publics à Rouen, va enfin voir ses efforts couronnés de succès. Le Conseil d'Etat vient d'émettre un avis favorable à l'exécution des cette ligne et le décret d’utilité publique sera signé sous peu.
- Il est vrai que M. Riquier n’avait pas attendu l’accomplissement de toutes les formalités administratives pour commencer les travaux préparatoires destinés à l’établissement de la voie ferrée.
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- RKVUK D'ÉLECTRICITÉ
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- Depuis plus d'un an. on a travaillé à l'aménagement de la plate-forme de cette voie et construit dans la côte de Bon-Secours des murs de soutènement destinés à assurer la sécurité de l'exploitation.
- L’usine électrique construite sur le plateau de Bon-Secours, dans la propriété de M. Riquierest elle-même à peu près achevée.
- On espère que l’été de 1897 ne se passera pas sans que la population de Rouen et les nombreux touristes qu'attire le pèlerinage de Bon-Secours puissent profiter de la locomotion confortable et rapide des tramways électriques.
- DIVERS
- I.es rayons Rœntgen et les rayons cathodiques. — Dans une communication faite en septembre dernier à la réunion des naturalistes allemands, à Francfort, M. P. Lenard donne quelques arguments en faveur d'une analogie de nature entre les rayon Rœntgen, les rayons cathodiques et les rayons lumineux.
- En premier lieu il rappelle qu'il a obtenu une série ininterrompue de rayons cathodiques se distinguant les uns des autrs parla grandeur de la déviation qu’ils éprouvent de la part d’un aimant, de même que les diverses radiations lumineuses sc distinguent par leur réfrangibilité dans lut même milieu; que la déviation magnétique de chaque espèce de rayons cathodiques reste constante sur tout le parcours de ces rayons quelle que soit la nature du milieu gazeux ou solide traversé, de même que dans des conditions analogues, la couleur d’une radiation lumineuse demeure la même ; enfin, que les rayons cathodiques dont la déviation par l’aimant est finie sont transformés, comme Font montré les expériences de Rœntgen, en rayons ne présentant plus qu’une déviation imperceptible, phénomène analogue à la phosphoresc ence produite par les rayons lumi
- En second lieu il faut observer que la déviation magnétique des rayons cathodiques décroît à mesure que la pression du gaz dans le tube producteur des rayons diminue, ou plutôt, comme Fa montré des Coudres, à mesure que la grandeur des forces électriques agissant sur le gaz augmente; rien ne s'oppose donc à admettre que si les rayons Rœntgen ne sont pas déviables par l’aimant, c'est que dans les tubes producteurs de
- ces rayons certaines conditions de pression et de grandeur des forces électriques sont remplies.
- Passant aux analogies des rayons X et des rayons cathodiques, il fait remarquer que ceux-ci sont absorbés par la matière pondérable à peu près proportionnellement à la densité de celle-ci, et que cette propriété est indépendante de la grandeur de la déviation magnétique de l’espèce de rayons cathodiques considérée; les rayons Rœntgen possèdent également cette propriété. De plus, les rayons cathodiques et les rayons de Rœntgen possèdent, les uns et les autres, la propriété de rendre les gaz conducteurs de l’électi;i-
- D’un autre côté, il résulte de ses expériences que l'absorption et la dispersion des l'ayons cathodiques par un milieu matériel' sont d'autant moins grandes que l'espèce de rayons considérée est moins déviable par l'aimant; par suite, l’absorption et la dispersion doivent être très petites pour les rayons très faiblement déviés ; or, c’est précisément ce qui a lieu pour les ravons de Rœntgen
- M, P. Lenard conclut de ces observations qu'il doit y avoir une transition graduelle des rayons cathodiques aux rayons Rœntgen.
- I.a décharge, par les rayons de Rœntgen, des conducteurs emprisonnés dans les diélectriques solides. — Dans la séance du 13 novembre de la Société de physique de Londres, M. S.-P. Thompson faisait remarquer que plusieurs propriétés des rayons de Rœntgen annoncées par divers observateurs n'avaient pu être vérifiées d’une façon satisfaisante, en particulier la propriété qu'ils ont, d'après M. j.-J. Thomson, de décharger les corps électrisés complètement emprisonnés dans un milieu diléec-trique solide.
- A ce propos The Electriciau publie dans son numéro du 4 décembre une lettre de M. Oliver Lodge où celui-ci dit que l’expérience de M. J.-j. Thomson a été répétée dans son laboratoire avec plein succès aussitôt après sa publication. Je ne puis, ajoute M. Lodge, me prononcer en faveur de telle ou telle interprétation de l'expérience, mais, ce qui est certain, c’est que quand un pôle d'une pile est complètement emprisonné dans de la paraffine et entouré par l’autre pôle, il y a déperdition de l'électricité sous l'action des ravons
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- Application des rayons X aux recherches anatomiques. — Dans notre dernier numéro nous signalions une note de M. V, Lemoine à l'Académie des Sciences sur l'application des rayons Xà la paléontologie. A la séance du 30 novembre, M. Lemoine présentait une série de photographies de diverses parties du squelette des animaux de l'époque actuelle, obtenues, au moyen dcsrayonsX, des pièces osseuses sèches ou conservées dans l'alcool. Kn même temps il faisait ressortir l’intérêt que présente ce mode d'investigations pour l'étude des pièces rares et 'importantes dont toute mutilation, si intéressante qu'elle puisse paraître pour l'étude, se trouve absolument interdite.
- Recherches sur l'aluminium.— Dans un long mémoire publié dans le numéro de novembre des Annales de chimie cl de physique, M. Moissan expose les divers travauxqu'il a effectués sur l'aluminium, travaux pour la plupart déjà communiqués à l'Académie des Sciences et analysés dans XEclairage Electrique.
- L'auteur rappelle tout d'abord que l'alumine, regardée jusqu'à ces dernières années comme un corps irréductible, peut, comme l'ont montre ses expériences, être réduite par le carbone, dans le four électrique, lorsqu'on se place dans certaines conditions. Le contact d’alumine fondue avec du charbon nesuffitpas; il est nécessaire que l’alumine et le carbone soient tous deux en vapeurs et portés à une température très élevée; dans ce dernier cas l'alumine perd son oxygène et l'aluminium métallique se carbure partiellement.
- Passant à l'étude des impuretés de l'aluminum industriel, M. Moissan fait remarquer qu'avant ses propres travaux on n'avait signalé que deux impuretés : le fer, provenant du minerai, des électrodes et des creusets, et le silicium provenant aussi en partie des électrodes et des creusets mais surtout de l'alumine employée. Le fer, dont l'influence est des plus fâcheuses comme l’a montré M. Minet, paraît devoir être écarté par une fabricration soignée des électrodes et des creusets; quanta la présence du silicium, clic semble plus difficile à éviter et dans bien des cas elle ne présente aucun inconvénient.
- Les recherches de Moissan ont montré que l’aluminium industriel contient également du carbone, de l'azote et du sodium. Ce dernier corps facilite considérablement la corrosion de l'alumi-
- nium par divers liquides (voir L'Éclairage Electrique t. V,p. S22, 14 décembre 1893); lecarboneet l’azote modifient surtout les propriétés physiques du métal.
- Pour reconnaître la présence de l'azote, M. Moissan traite l'aluminium industriel par une solution de potasse à 10 p. 100; le métal est rapidement attaqué et l'hydrogène qui se dégage contient une petite quantité de vapeurs ammoniacales, mises en évidence parle réactif de Xessler. D'autre part, pour déterminer l'influence que peut avoir ce corps sur les propriétés de l’aluminium M. Moissan a fait passer un courant d’azote dans de l'aluminium en fusion et, après refroidissement, a comparé les propriétés du lingot ainsi obtenu à celles d'un lingot d'aluminium fondu exempt d'azote; il a constaté que la limite d'élasticité de ce dernier se produisait pour 7.5 kg par mm* et la rupture avait lieu sous une charge de 11,02 kg avec un allongemcntp. 100 de 9 mm, tandis que pour le premier la limite d'élasticité correspondait à 6,5 kg, la charge de rupture dcsccndaità 9,6 kg et l'allongement à 6 mm. M. Moissan explique la présence de l'azote par la formation d'un azoture d'aluminium découvert en 1876 par M. Mallet, et qui est légèrement soluble dans l'aluminium.
- Le carbone se rencontre dans les aluminiums industriels d'imefaçon constante, et en plus grande quantité que l'azote. Lorsqu'on traite une centaine de grammes d'aluminium par un courant d'acidc chlorhydrique ou d'acide iodhydriq 11c bien exempt d'oxygène, il reste un résidu gris qui. repris par l'acidc chlorydriquc étendu donne un carbone amorphe très léger, brûlant entièrement dans l'oxygène en donnant de l'anhydride carbonique; ce carbone 11e contient pas de traces de graphite. Pour en faire le dosage, M. Moissan attaque une dizaine de grammes d'aluminium par une solution concentrée de potasse; il reprend le résidu par l’eau, le sèche, le brûle dans un courant d'oxygène et déduit le poids de carbone du poids d'anhydride carbonique recueilli: il a ainsi trouvé 0,080 et 0,104 P- 100 de carbone, suivantleséchan-tillons. Pour reconnaître l’influence delà présence du carbone sur les propriétés Je l'aluminium, M. Moissan a prépare un métal riche en carbone en dissolvant dans de l'aLuminium de bonne qualité, en fusion, du carbure d’aluminium cristallisé préparé au four électrique, et a comparé les propriétés du lingot ainsi obtenu à celles d'un lingot d'aluminium fondu. Tandis que l’aluminium
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- tondu présentait par mm2 une charge de rupture de 1 r .1 kg et un allongement p. 100de 9 mm, l'aluminium carburé ne présentait plus qu'une charge de rupture qui a oscillé entre 8,6 et 6,s kg et un allongement p. 100 de 3 à 5 mm.
- M. Moissan décrit ensuite la méthode qu'il a proposée pour la préparation des alliages d'aluminium et qui consiste à projeter sur un bain d'aluminium liquide un mélange de l'oxyde du métal à allier à de la limaille d'aluminium. (Voir L'Éclairage Électrique, t. VLII, p. 36, 4 juillet 1896.) 11 termine par l'exposé de la méthode d'analyse des alliages d'aluminium et de l'aluminium industriel déjà décrite dans ce journal.,(Voir t. V, p. =,69, 21 décembre 1895.)
- La décomposition de l'eau-par les courants de faible force électromotrice. — Dans un travail récent M. Sokolow a montré que l'électrolyse de l’eau acidulée peut s'effectuer sous l'in fluence d’une force électromotrice aussi faible que l’on veut et a expliqué l'absence de décomposition visible par l'absorption des gaz par les électrodes de platine. (\T d\x L'Eclairage Electrique, t. IX. p. 463.) MM. Ri-charz et Lonnes. dans un mémoire publié dans un des derniers numéros du Zeitschrift fur Eleciro-chcmic émettent l'hypothèse que cette non visibilité de la décomposition doit être attribuée à la formation d'eau oxygénée, et à l'appui de cette hypothèse ils citent la teinte jaune que donne l'acide titanique versé dans l'électrolyte. D’après leurs expériences l’eau oxygénée se produit avec un cathode d'or, de palladium ou de platine plongée dans une solution d'acide sulfurique à 1 p. 100 dès que la force électro-motrice atteint un dauiell, mais ne se produit pas d'une manière certaine au-dessous de celte valeur. Il pourrait donc se faire que la différence considérable constatée par Sokolow entre le volume de gaz tonnant recueilli et celui qui aurait dù être libéré par la quantité d'électricité ayant traversé l'électrolyte est due. non seulement à l'occlusion et à la dissolution des gaz, mais encore à la formation d'eau oxygénéée.
- La masse du décimètre cube d'eau.— C'est généralement par des pesées que l'on mesure en physique des volumes ou des capacités. On les exprime ainsi en fonction d’une unité spéciale dérivée,
- non du mètre, mais du kilogramme, et que l'on désigne pour éviter toute ambiguïté, sous le nom de litre. Si les deux étalons prototypes du mètre et du kilogramme correspondaient rigoureusement à leurs définitions théoriques, un litre vaudrait un décimètre cube : mais comme il n'en est pas ainsi le rapport du litre au décimètre cube est étant la masse exprimée en fonction de l'étalon du kilogramme, du décimètre cube d'eau distillée, privée d’air, à son maximum de densité, le décimètre étant la dixième partie de l'étalon du
- D'un autre côté, c'est tantôt par des mesures linéaires, tantôt par des pesées, que l'on détermine des longueurs (par exemple l’épaisseur d'une couche d’argent) ou des surfaces (section d’un tube). Dans ces cas encore les nombres obtenus par des pesées doivent être multipliés par-^ , si l’on veut exprimer les grandeurs mesurées en fonction des unités correspondantes dérivées de l'étalon du mètre.Faute d'avoir fait cette remarque des confusions ont subsisté pendant 11 ans, jusqu'en 1892, dans la définition de l'ohm.
- I! importe-donc dans de nombreuses circonstances de connaître très exactement la valeur de M. Les nombres donnés par les expérimentateurs qui sc sont occupés de cette détermination sont malheureusement assez divergents, bien qu'ils aient été obtenus par la même méthode générale : détermination du volume d'un solide en fonction de l'étalon du mètre au moyen de mesures linéaires, puis détermination de son volume en fonction du litre par la mesure, en fonction du kilogramme, de la perte de'poids qu'il subit dans l'eau pure, privée d’air à son maximum de densité.
- M. Macé de I.epinay a repris cette détermination par la même méthode, et a pris comme solide un parallélipipède de quartz, travaillé avec soin, dont il a mesuré les dimensions avec une extrême précision par la méthode des franges de Talbot. Cette étude, exposée à l'une des dernières séances de la Société française de Physique et publiée dans le Journal de Physique de novembre, 1 a conduit à la valeur M = 999,959 gr, l'erreur pouvant atteindre au plus 6 milligrammes.
- Impuretés du carbure de calcium commercial. — À l'une des séances du Congrès de Chimie appliquée, M. L. Builier annonçait qu'il venait d’en-
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- L’É C L A IR A G E E L E G T RIQ U H
- trcprendre en collaboration avec M. Ch. de Per- [ rodil une série d'analyses complètes des divers ! carbures de calcium livrés au commerce. Les résul- ! tais de ce travail viennent d’être publiés par le : Génie civil dans son numéro du 14 novembre.
- MM. L. Bullier et Ch. de Perrodil divisent les impuretés qu’ils ont rencontrées en deux catégories : les impuretés sur lesquelles l'eau n'a pas d’action dans les conditions ordinaires de production de l'acétylène et celles qui sont décomposables par l'eau.
- Les premières, dont la présence 11e peut avoir aucune influencesur la pureté de l'acétylène, sont:
- Le graphite résultant de l’action de la chaleur de l’arc électrique sur le charbon;
- Le borure de carbone provenant de l'action sur le charbon de l’acide borique constituant l’agglomérant du charbon ;
- Le siliciure de carbone ou carborundum résul. tant de l'action sur le charbon de la silice contenue dans les électrodes et dans la chaux;
- Les siliciures et carbures métalliques provenant de l’union directe du charbon et du silicium avec les métaux dont les oxydes sont contenus dans les cendres du charbon ; ces siliciures métalliques, qui se trouvent noyés dans le carbure de calcium, ne sont pas décomposables par l'eau, mais ils possèdent la propriété, quand on les traite par un acide en présence de l’eau de donner naissance à de l'hydrogène silicié spontanément inflammable.
- Les impuretés de la seconde catégorie sont susceptibles de donner des gaz souillant le gaz acétylène. En premier lieu se trouvent des corps capables de donner avec l’eau un gaz dont la combustion engendre des composés oxygénés duphos-phore ; la présence de ces corps s'explique par la réduction des phosphates existan^dans les cendres du charbon, ou dans la chaux elle même.
- Comme autre impureté de cette seconde catégorie les auteurs signalent le sulfure d'aluminium AI8 S5. Suivant eux, c’est à ce corps qu’est due la présence de l’hydrogène sulfuré dans l'acétylène et non à des carbures alcalino-terreux car ceux-ci ne dégagent de l’hydrogène sulfuré qu'en présence d’un acide et, de plus, il est difficile d’admettre qu’à La haute température à laquelle le carbure de calcium se forme, ces sulfures puissent exister; peut-être cependant, ajoutent-ils, pourrait-il se produire un nouveau composé renfermant du calcium, du carbone et du soufre, et décomposable
- Enfin comme dernières impuretés de cette catégorie, MM. L. Bullier et Ch. de Perrodil considèrent les azotures métalliques qui, sous l’action de l’eau pure ou alcaline, donnent de l’ammoniaque. Ils ne pensent pas toutefois que dans la fabrication du carbure de calcium l’.t/ote de l’air puisse sc combiner au calcium pour donner un carbure alcalino-terreux, car il se formerait plutôt dans ces conditions des cyanures, qui ne sont pas décomposables, par l’eau. Us sont portés à croire que la petite quantité d'ammoniaque que l’on rencontre surtout après la décomposition du carbure de calcium dans les appareils à contact provient de l’action de la chaux sur des azotures métalliques perdus dans la masse du carbure.
- Ces impuretés n'existent qu’en très faible quantité dans les carbures commerciaux actuels et il est évident que i’industrie s'efforcera de fabriquer un produit de plus en plus pur. Aussi les auteurs concluent-ils qu’elles 11e sont pas de nature à constituer, dans la fabrication de l’acétylène, un danger
- Essais sur la puissance motrice de Vacétylène. — Des essais comparatifs sur la puissance motrice de l’acétylène, du gaz d’éclairage et des vapeurs de gazoline,ont été faits récemment, parM. Ravel et viennent d’être publiés par YÉcho industriel et
- Le moteur employé est du système Ravel, exploité par la Compagnie des moteurs parisiens: il est à deux temps avec compression pouvant varier de 2,j à ) kg-cm2 ; le feu est mis par l'étincelle électrique avec dispositif de réglage de l’instant de l'allumage.
- L'acétylène arrivait au moteur sous une pression de 16 à 16,5 cm d’eau, son volume était mesuré par un compteur Brunet. Entre chaque diagramme relevé avec alimentation du moteur par l'acétylène on relevait un diagramme avec alimentation au gaz d'éclairage.
- Les essais ont montré : i ' que le graissage habituel du cylindre marchant augaz de houille devait être au moins doublé dans la marche à l’acétylène ; 2" que le degrc de refroidissement influe beaucoup plus sur le travail qu'avec le cylindre fonctionnant au gaz de houille.
- Les résultats déduits des diagrammes sont indiqués dans le tableau suivant, où la première colonne donne les nombres de tours n du moteur
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- R E VU E 1) ' ELECTRIC IT É
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- par minute, la seconde la puissance indiquée P. en kilogrammes par seconde, la troisième le volume V d'acétylène, exprimé en litres, dépensé par heure, la quatrième le travail T — y'"— que
- permet de produire un litre d'acétylène et enfin la cinquième la proportion en centièmes de l'acétylène contenu dans le mélange tonnant. Dans les 6 premiers des essais la pression du mélange tonnant au moment de l'inflammation était de 3 kg-cov1 ; dans les deux derniers elle était réduite à 2,25 kg-emî.
- Avec une compression de 3 kg-cm2 :
- 36.1 158,35 kgm sec 728 1 783 kgr
- 35n 169,70 804 760
- iSo,6o 780 695
- 322 — 936 —
- 320 — 948 —
- Avec une compression de 2,25 kg-c 314 167,6 744 811,2
- 316 188,6 804 844,4
- 3.18
- 3.18
- On voit par la première partie de ce tableau que la puissance indiquée décroît en même temps que la proportion d'acétylène dans le mélange tonnant, tandis qu'au contraire le travail indiqué par litre d’acétylène augmente.
- Les diagrammes montrent en outre que la pression initiale augmente avec la proportion d'acétylène, mais que la cliute de pression est immédiate : l’expansion n'est pas soutenue. Lorsque la proportion d'acétylène approche de 5 p. 100, les explosions deviennent brisantes et les vibrations du levier de l’indicateur donnent des indications incertaines.
- Pour atténuer ces vibrations, M. Ravela augmenté le volume total au moment de l’intlammation et, dans ccs conditions, la compression a été diminuée de 0,750 kg.; les deuxdernièressligne, du tableau précédent se rapportent à des essais de ce genre.
- On peut conclure de l'ensemble des expériences qu’un litre d’acétylène donne, dans un moteur du type de 2 chevaux, un travail indiqué d'environ 850 kgm, fonctionnant au gaz d’éclairage le même moteur donne 405 kgm pour le travail indiqué de 1 litre de gaz ; la puissance motrice de 1 acétylène serait donc, à volume égal, 2,1 fois plus grande que celle du gaz de houille.
- Le cheval-heure effectif correspondant dans ce 1
- moteur à 385 700 kgm indiqués, on voit que la consommation d'acctylène par cheval-heure effectif est de 385 700 : 850 — 453 litres d'acétylène sous une pression atmosphérique, ou environ 550 gr ; la dépense de gaz d'éclairage était de 940 à 950 litres par cheval-heure effectif.
- La conclusion de M. Ravel est qu'il est peu probable que la grande force explosive de l’acétylène puisse donner tout son effet utile sur le piston des moteurs à gaz tournants, tels qu'ils sont construits aujourd’hui car on se trouve dans cette alternative : ou le gaz acétylène sera employé à forte dose dans le mélange détonant et alors il ne développera que peu de travail utile, vu l'explosion brisante qui se produit; ou bien on diluera l'acétylène dans une masse d'air considérable et alors sa combustion ne donnera pas une quantité de chaleur assez grande pour élever suffisamment la température de la masse gazeuse et lui faire accomplir, par son expansion, le travail dans des conditions économiques. Peut-être, ajoute-t-il, l’acétylène trouvera-t-il son application dans les moteurs rotatifs ou turbine, mais on rencontrera dans cette voie, très épineuse par elle-même, des difficultés pratiques de premier ordre.
- Utilisation d'un sous-produit de la fabrication élcctrolytiquù du chlore. — Dans la fabrication du chlore par électrolyse du chlorure de sodium, il se produit à l'anode un dégagement d'hydrogène résultant de l'action de l’eau sur le sodium mis en liberté par l’électrolyse. Jusqu'ici cet hydrogène était perdu. L’Hlektrotcchnischcr An{cigcr nous apprend, dans une revue des progrès de l'électrochimie pendant l'aimée 1895, qu'aux usines de Leopoldstadt on est parvenu à recueillir cet hydrogène que l'on livre au commerce comprimé à 200 atmosphères dans des récipients d'acier. On pourrait également, ajoute le même journal, employer l’hydrogène, d'après la proposition de \1. Garuti, pour actionner les moteurs à gaz.
- L'unification des filetages. — Dans notre chronique du 9 mai dernier (t. VU, p. 288), nous signalions l'extension croissante que prenait le système de filetage proposé par la Société d’Encourage-ment. Il était à craindre toutefois que l'adoption de ce système ne s’étendît pas aux pays voisins,
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- L'ECLAIRAGE ELECTRIQUE
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- particulièrement à l'Allemagne, où l'Union des Ingénieurs avait, antérieurement à la Société d'Encouragemenl, étudié et proposé un système rationnel de filetages. D'après la Vcrcinsblatl der dcutschen Qesellsehaft fur mechanik und opl/k (Revue de la Société allemande de mécanique et d'optiqueV, cette crainte est mal fondée et, grâce aux mesures énergiques prises par la Société d’En-couragement, il est bien probable que le système de filetages de cette Société s’imposera en Allemagne. Voici, en ellct, ce qu'écrit à ce sujet la Vcrcinsblatt :
- « Ce succès national (l'adoption du système de la Société d'Hncouragement par les compagnies de chemins de fer et les grands constructeurs français) donne maintenant à ce système de grands avantages dans la lutte internationale qui vient de commencer. Lors de l'ouverture de la ligne du Gothard, il sc forma une Union des chemins de fer, créée dans le but d'unifier la technique des voies ferrées. Cette Union, qui comprend aujourd'hui les chemins de fer de Belgique, d’Allemagne, d'Italie, d’Autriche, de Suisse et de quelques autres pays européens, se propose de discuter dans sa prochaine réunion, qui aura lieu à Berne en 1897. l'adoption d'un filetage unique. Naturellement les deux seuls systèmes en présence sont le-système français et celui de la Société des ingénieurs allemands. Comme, l'annonce la Sclneeife-rischeBaii{eifuug, le gouvernement fédéral, chargé de préparer la grande conférence, proposera le système français. On peut évidemment contester à une association le droit de toucher une question qui intéresse toute la technique des machines; mais si une décision intervient à Berne, son application sera assurée, non seulement pour les chemins de fer, mais aussi pour tous les fabricants de machines; même ils feront bien de s'y rallier le plus tôt possible, car tout retard entraînerait des pertes matérielles. »
- Dissolution de l'or par le chlorure de brome. — D'après VA ustralasian froumonger, le D’ Gaze a fait breveter, récemment, ' eh Nouvelle-Zélande, un procédé dans.lequel .il dissout l'or au moyen du chloruré de brome.
- T.e dissolvant est préparé par voie électrolytique. Dans une cuve de 0,90 mde diamètre et 0,60 m de hatiteur, on vérsè un mélange de chlorure et de
- bromure de sodium, puis on y introduit un certain nombre de vascs'porcux remplis d'eau pure. Dans la cuve et dans les vases plongent deux séries de baguettes de charbons, reliées aux deux pôles d'une puissante dynamo.
- L’appareil est fermé par un couvercle. Le chlore et le brome résultant de Lélectrolyse se combinent immédiatement, et le composé est reçu dans un récipient placé au-dessous de la cuve.
- Pour traiter le minerai, on le recouvre complètement de la solution ainsi obtenue et l'on fait arriver de l'air comprimé à 3 ou 4 atmosphères. On filtre par aspiration et on dirige là liqueur dans une cuve où l'on précipite l'or par Lélec-trolyse.
- La liqueur peut servir plusieurs fois; mais comme elle sc charge d'acides chlohydrique et bromhydrique. on la régénère en la traitant parla soude et la soumettant de nouveau à l'action du courant électrique.
- Expériences téléphoniques. — On télégraphie d'Odessa au Daily News qu'un ingénieur électricien de Moscou doit se rendre prochainement à Londres pour faire des expériences de transmission de dépêches par téléphone entre Londres et New-York, au moyen des câbles transatlantiques
- 11 s'agit probablement, dit VEhcirici.cn. de M. le Dr Kildischcvski, qui vient d'inventer un nouveau téléphonebien supérieur aux précédents. 11 n'est pas besoin d'approcher les oreilles des récepteurs : la voix sort d'un cornet métallique et peut être entendue à distance par plusieurs personnes. La transmission lui fait perdre très peu de son intensité. Dans des expériences de communication, qui viennent d'avoir lieu entre Moscou et Bostoiï. sur le Don, malgré les 1342 verstes ît 400 kilomètres) qui séparent ces deux villes, la transmission de phrases, de chant et de musique, a été irréprochable. Un grand nombre d'officiers et de fonctionnaires assistaient à ces expériences, et le rapport officiel a été trèsélogieux pour l'invcn-
- Le Gérant ; C. NAUD.
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- Tome IX.
- 3° Année. — N1 51.
- Samedi 19 Décembre 1896.
- L’Éclairage Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ (§'
- lys
- Directeur Scientifique : J. BLONDIN \s?y.
- rédaction : G. PHLL1SS1HR
- TRAVAUX
- L’ASSOC 1 AT I ON BRITANNIQUE
- PRÉSENTÉS A LA RÉUNION DE I.IVERPOOI-, 1896 (')
- A • la suite de l’exposé des hypothèses émises sur la nature des rayons de Rœntgen et des rayons cathodiques, exposé rendu si intéressant par la critique personnelle de M. J.-J. Thomson, nous aurions voulu analyser les travaux sur ce même sujet présentés en assez grand nombre au récent meeting. Mais pour ne pas retarder la publication, nous nous voyons obligé de résumer les différentes communications dans l’ordre où nous parviennent les documents.
- HYSTÉRÉSIS MAGNÉTIQUE DANS UN CHAMP
- Par R. Reattif. et R. G. Clinker.
- Les auteurs ont étudié l’hystérésis magnétique en faisant usage de la méthode du
- C) Voir L’Éclairage Électrique, du 5 décembre 1896,p. 433. Nous avons donné dans notre précédent article un résumé du djscpurs présidentiel de sir J. Lister, dans lequel il est
- gie. La mort récente du Dr Déclat donne à cette question un regain d’actualité; c'est en effet, suivant le témoignage de Flourens, alors secrétaire perpétuel de l’Académie, le savant Déclat qui a le premier utilisé le phénol et en a fait, dès
- alors qu'en 1864, lorsque ces résultats furent portés à la connaissance de l’Académie, le chirurgien anglais Lister, à qui l’on attribue par erreur la paternité de cette application,
- champ tournant déjà employée par E. Thomson, Holdcn et Raily. Ces expérimentateurs mesuraient le couple exercé sur l'échantillon de fer suspendu dans le champ tournant. Ewing a récemment 'L combiné un appareil basé sur la mesure du couple exercé sur l’aimant quand on fait tourner l’échantillon dans le champ. Dans toutes ces expériences, l’échantillon de 1er devait toujours être employé sous la même forme et avoir des dimensions invariables. Conseillés par le professeur É’ieming, les auteurs ont établi un appareil permettant d’expérimenter sur des échantillons de forme quelconque, disques, fils ou limaille. La détermination consiste à mesurer le couple exercé sur l’échantillon par un champ tournant.
- L’appareil se compose d’un électro-aimant vertical mobile autour de l’axe des pôles et recevant son mouvement de rotation d’un moteur électrique qui actionne simultanément une petite pompe centrifuge servant à déterminer la vitesse. La hauteur de la colonne de liquide qu’élève cette pompe est en effet proportionnelle au carré de la vitesse de rotation, et fournit par conséquent une indication très sensible de celle-ci. L’échantillon est placé dans un étrier suspendu dans l’entre-fer de Lélec-tro-aimant et parfaitement centré. Cet étrier, dont la tige porte un miroir, est soutenu par un fil de torsion jfig. ri dont les mouvements sont amortis par deux ailettes qui sortent par une
- i' i L'Éclairage Ékchique. t. III, p. 427,' m juin 1895.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- fente horizontale du tube qui protège le tout des courants d’air.
- Pour déterminer la constante du fil, on détermine d’abord la durée T d'une oscilla-
- fait n tours par seconde, cette puissance est 2 t. h fois le couple, soit :
- p = 2™kd.
- IVautrc part, si la perte par hystérésis est exprimée par H ergs par cm3 et par cycle, et si Y est le volume de l'échantillon on a
- p = nHV.
- En égalant ces deuxexpressions de la puissance, on obtient
- On a ainsi la perte par hystérésis en fonc-
- La méthode est applicable à des solides de forme quelconque, mais les difficultés qu'introduisent les courants de Foucault et la distribution irrégulière des lignes de force obligent d’adopter une forme symétrique.
- En ce qui concerne les courants de Foucault. il est facile d’en séparer l’effet de celui de l’hystérésis. La partie de la déviation due aux courants de Foucault est proportionnelle à la vitesse angulaire du champ. Guthrie et
- Fig. 1. — Équipage mobile.
- tion complète de l’équipage non chargé. Puis on passe dans l’étrier un barreau cylindrique dont le .moment d’inertie J est connu, et on prend la nouvelle durée d’oscillation Th Le couple C„ necessaire pour produire une torsion d’un radian, est alors
- C0 =
- 4 ml
- T'2 __ T2 ’
- et un couple de torsion quelconque est lié a la déviation l) en degrés qu’il produit par la relation
- C=
- 4^3J
- 180 (T'3 — T2)
- D=KD.
- On peut exprimer la puissance dépensée dans l’échantillon soumis aux essais de deux manières. Si le champ magnétique tournant
- Fig. 2. — Couple exercé par un champ tournant sur un cylindre de laiton.
- Roys ont vérifié cette proportionnalité dans des expériences sur des disques de différents métaux, et les auteurs ont obtenu pour un cylindre de laiton la courbe figure 2, qui est une droite passant par l’origine.
- Si donc la déviation augmente de d par unité d’accroissement de vitesse, la partie de la déviation totale due aux courants de Fou-
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- revue ivklectricité
- 53:
- eau 11 à la vitesse de n tours par seconde sera nd. L’autre partie, constante, de la déviation due à {'hystérésis étant D/j on a pour la déviation totale
- D« = D/i -f- nd.
- De meme pour une autre vitesse n' on a IV = Dh 4- n'd,
- On élimine ainsi l'effet des courants de Eoucault; mais dans les expériences faites par les auteurs, cet effet a été rendu très souvent négligeable en employant des échantillons laminés et une petite vitesse de rotation du champ.
- Comme dans un solide de forme quelcon-conque l’induction 11’est en général ni uniforme ni facile à mesurer, les auteurs ont dû limiter leur élude à des échantillons de forme cylindrique aimantés transversalement. On sait que, dans ce cas, l’induction ne peut
- ip appliqué
- prendre que des valeurs assez faibles. Ainsi, dans un cylindre de longueur indéfinie et de grande perméabilité, l’induction sB prendra une valeur à peu près double de celle de l’intensité de champ %. Pour le cas d’un cylindre en acier de 3,8 cm de longueur et 2,2 cm de diamètre, les auteurs ont trouvé que le ^rapport est encore constant et égal a 2,24 environ 'fig. 3\ Comme l’intensité de champ
- maxima entre les pôles de Pélectro tournant était d’environ 770 unités (avec un courant d’excitation de 10 ampères1!, l’induction maxima qu’on pouvait obtenir dans ce cylindre était de 770 X 2,2 = 1 700 unités.
- Cette expérience indique d’ailleurs qu’en diminuant la hauteur du cylindre relativement au diamètre, on peut augmenter l’induction produite avec une intensité de champ donnée. Maxwell a montré que lorsque la hauteur du cylindre devient négligeable devant le diamètre (disque), la force démagnétisante devient très petite et SB égale approximativement [xK. En employant un disque mince de tôle, les auteurs ont ainsi pu élever la valeur de SB jusqu’à 25000 unités.
- En superposant un certain nombre de disques on peut faire variera volonté la hauteur du cylindre. Evving avait remarqué que la déviation obtenue dans son instrument 11’était pas proportionnelle au nombre de
- iple et de l’inductic
- bandes de tôle superposées. La courbe de la déviation s’élève d’abord rapidement jusqu’à un maximum, redescend à un minimum très aplati pour se relever ensuite lentement avec le nombre de tôles. Les auteurs ont fait une étude analogue avec des disques de tôle de 1,9 cm de diamètre et 0,041 cm d’épaisseur. La courbe A ifig. 4) présente une forme semblable à celle déterminée par Ewing. On v remarque une partie horizontale formant transition entre deux parties presque droites
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- .532
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- et différemment inclinées. Cette particularité peut s’expliquer en remarquant qu’en augmentant le nombre de disques empilés on augmente la masse de métal, mais on diminue l’induction. Pour un certain nombre de disques ces deux causes de variation de l’hys-térésis se compensent exactement et l'on obtient une déviation invariable quand on augmente d’une ou de deux unités le nombre de disques. L’induction est mesurée par la méthode balistique, en entourant les disques de bobines et en les retirant brusquement du champ. La courbe B montre la variation de l’induction ; avec un seul disque la valeur de SB atteint 20 000.
- Le fait que la perte par hystérésis devient à un certain point indépendante du nombre de disques permet de déduire une relation approchée entre l’hystérésis et l'induction. On peut admettre que jusqu’à «6 = 10000. la perte hystérétique H par unité de volume est proportionnelle à une certaine puissance de l’induction, soit H — r,£6v. Si Y représente le volume d’un disque, on a pour n disques et par cycle une perte d’énergie.
- En prenant n comme variable indépendante, la partie horizontale de la courbe correspond à
- c’est-à-dire pour
- __ a dn
- X n 4$
- T,a courbe figure 4 montre que la perte est invariable entre n = 5 et n = 6. Pour n = 5,5
- Cette méthode n’est évidemment pas susceptible d’une grande précision, mais la valeur trouvée est suffisamment rapprochée
- de l’exposant habituellement admis (i,6i pour qu’elle mérite d’être signalée.
- Dans les expériences précédentes le courant excitateur est naturellement maintenu constant. Si l'on avait fait varier le champ, la partie horizontale de la courbe A aurait été déplacée et se serait produite pour une valeur de n differente de 5,5.
- Si, à l’aide des deux courbes précédentes, on construit celle qui relie l’hystérésis par nv à l’induction, on remarque fig. 5' que pour une
- valeur de £B comprise entre 16000 et 17 000, l’hystérésis passe par un maximum. C’est là une confirmation du fait découvert par Baily que dans un champ tournant l’hystérésis décroît aux inductions élevées. Pour pouvoir atteindre des valeurs très grandes de l’induction, les auteurs ont essayé un disque de 0,16 cm d’épaisseur et 4.77 cm de diamètre. Suspendu dans un plan horizontal entre les pôles de l’électro tournant, ce disque était soumis à une induction mesurée en faisant tourner son plan d’un demi-tour et observant l’élongation balistique produite par une bobine enroulée autour du disque. Pendant que l’électro tournait on faisait croître par degrés le courant d’excitation. On a obtenu de cette façon la courbe A ;fig. 6). En retranchant l’effet des courants de Foucault 011 trouve la courbe B, qui a été vérifiée dans sa forme générale à l’aide d’une autre méthode éliminant les courants de Foucault, et qui consiste à faire tourner l’électro pas à pas de 360° dans un sens et dans l’autre et à faire des lectures aux différentes positions angulaires intermédiaires. Ces courbes montrent d’une ma-
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- REVIJE D’KLECTRICFTÉ
- 5S3
- nière frappante que l’hystérésis tend effectivement à disparaître à mesure que l’induction croit. Or, quand on soumet un échantillon de fer à un champ alternatif, cet effet ne s’observe
- pas : l’hystérésis croit continuellement avec l'induction.
- Un fil de fer mince placé dans un champ tournant se trouve à peu près dans les memes conditions que s’il était placé dans un champ alternatif, car l’induction transversale est négligeable devant l’induction longitudinale. On ne doit, dans ces conditions, pas trouver-de maximum pour l’hystérésis. C’est en effet ce que les auteurs ont pu constater dans une série d’expériences dont le résultat est donné par la courbe suivante dig. f.
- Pig, 7. — Dissipation d’énergie dans un champ alternatif.
- En employant ensuite concurremment la méthode balistique et la méthode du champ tournant pour l’essai d’une bande de tôle de 4 cm de longueur, 1,3 cm de largeur et
- 0,031 cm d’épaisseur, les auteursontremarqué que les résultats différaient plus ou moins selon la surface couverte par la bobine d’exploration servant à mesurer l’induction. Cela tient à la distribution non uniforme de l’induction: celle-ci est maxima au milieu de la bande de tôle. La bobine placée en ce point donne donc une valeur trop grande; d’autre part si l’enroulement occupait toute la longueur de la bande on obtiendrait l’induction moyenne. Mais ce n’est pas cette valeur moyenne qui nous intéresse, puisque l’hystérésis n’est pas simplement proportionnelle à l’induction, mais à la puissance 1,6 de celle-ci. Il faut chercher, au contraire, la racine i,6ü de la moyenne des puissances 1,6 de l’induction, et h cet effet il est nécessaire de connaître l’induction a toutes les distances du milieu de l’échantillon.
- A l’aide d’une bobine d’exploration de peu de largeur, les auteurs ont donc déterminé la courbe (fig. 8) donnant les valeurs de l’induc-
- tion (rapportées à l’induction maxima au centre; aux différentes distances comptées à partir du milieu. En élevant à la puissance 1.6 toutes les ordonnées de cette courbe et en tirant la racine i,6° de l’ordonnée moyenne de la nouvelle courbe, on obtient le facteur 0,8 par lequel il faut multiplier dans ce cas particulier l’induction maxima au milieu pour obtenir la valeur « équivalente », qui produirait le même effet hystérétique, si l’induction était distribuée uniformément. En appliquant cette correction on trouve une
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- L’ECLAIRAGE E L E C T R T Q U E
- concordance satisfaisante entre les résultats des deux méthodes.
- Le même procédé a été appliqué à un échantillon formé de 20 fils de 4 cm de longueur, dans lequel l’induction se distribue comme l’indique la figure q. Le facteur de
- correction pour ramener l’induction maxima h la valeur équivalente est 0,82. Pour déterminer l’induction maxima au milieu, on a mesuré dans ce cas l’induction moyenne (avec une bobine couvrant tout le faisceau) et divisé la valeur obtenue par l’ordonnée moyenne de la courbe io,7g). Ces différentes valeurs ont alors entre elles les relations suivantes :
- Les résultats des séries d’expériences faites par cette méthode concordent très bien avec ceux que les mêmes échantillons de fer avaient donnés par là méthode ordinaire,
- La difficulté de la détermination de l’induction vraie enlève à la méthode du champ tournant beaucoup de sa simplicité; mais une connaissance plus complète de la distribution de l'induction dans des échantillons de différentes formes rendrait cette méthode beaucoup plus expéditive et aussi précise que la méthode balistique. Il suffirait alors de déterminer l'induction au centre et d’appliquer un facteur de correction.
- Ce sont là les conclusions des auteurs; mais on peut se demander si le résultat sin-
- gulierde l’observation d’un maximum d’hystérésis dans un champ tournant n'est pas précisément due à l’erreur que l’on commet en rapportant tout à l’induction moyenne, sans tenir autrement compte de la distribution des lignes de force. II se pourrait en effet que l’hystérésis rapportée à la valeur croisse indéfiniment avec cB, alors que, rapportée à f&dV, elle passe par un maximum.
- Quoi qu’il en soit de cette particularité, elle joue certainement un rôle dans les appareils industriels, et on peut se donncrcomme problème de rechercher le mode de distribution des lignes de force pour laquelle un même flux peut être produit avec la moindre perte par hystérésis :champ tournant, ou fer tournant dans un champ fixe'. Cela revient à chercher le minimum de f&'i'dv f&dv " ’
- A première vue, cette expression paraît devoir être minima lorsque la distribution du champ induit est uniforme.
- (/I suivre.)
- A. Hess.
- CONDENSATEURS
- Propriétés i>es condensateurs. — Tous les phénomènes chimiques peuvent donner la mesure de la quantité dîélectricité par laquelle ils ont été produits, c’est à eux qu’011 a recours pour la mesure directe des grandes quantités; maison peut aussi, en chargeant un condensateur de capacité connue avec une force électromotrice connue, obtenir une quantité bien définie d’électricité; ce moven permet la comparaison des faibles quantités.
- Dans beaucoup de cas également, on a besoin de connaître la capacité d’un condensateur, d’un câble, etc.; il est nécessaire de posséder un étalon de capacité permettant la mesure par une simple comparaison.
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- R E Y V K D’ÉLECTRICITÉ
- 535
- S’il existait un diélectrique parfait, c’est-à-dire possédant une capacité inductive spécifique constante et une résistance infinie, la capacité d'un condensateur serait constante, la construction et l’emploi en seraient aisés; malheureusement ce diélectrique n’existe pas à l’ctat solide; seuls les gaz secs semblent,
- tion. présenter ces qualités ; mais il n’est pas possible de construire des condensateurs à gaz sans employer des supports pour les armatures, et par là s’introduit une cause sérieuse de perturbations. Les condensateurs à air, qui présentent toujours un grand volume pour une faible capacité, ont généralement un isolement assez faible, les fuites se produisant par la surface des supports: ils sont en outre très fragiles et n'ont été employés jusqu’ici que dans des recherches de laboratoire.
- Les hypothèses sur la nature des phénomènes dont les diélectriques sont le siège, tendent à prouver que l’homogénéité est la qualité essentielle des diélectriques parfaits, aussi a-t-on cherché à construire des condensateurs à liquides; en effet, il est plus facile d’obtenir des liquides purs que des solides; les essais tentés dans cette voie n’ont pas encore abouti en pratique, tout au plus les condensateurs ainsi faits ont-ils donné des résultats comparables aux condensateurs à diélectriques solides.
- Les condensateurs sont des instruments très précieux dans les laboratoires, iis se prêtent à un grand nombre de méthodes de mesures, mais il est nécessaire pour en tirer un bon parti de bien connaître leurs qualités et leurs défauts.
- Un condensateur relié à une pile de force électromotrice E0 et de résistance R, (celle résistance comprend également les conducteurs de liaison1, est chargé quand ses armatures ont entre elles une différence de potentiel égale à Etl; si la capacité est C, la quantité Q est :
- Pendant la charge, le courant avait pour valeur à chaque instant :
- et comme nous supposons C constant, c’est-à-dire le condensateur parfait,
- =c4L
- En appelant IL la différence de potentiel entre les armatures à l’instant /,
- E, = Et + RI = E, + RC ~, et par conséquent
- L'équation (i; nous montre que la charge ne peut être complète que pour un temps infini; mais le rapport:
- E___
- 'ET— U ’
- qui est l’inverse de l’erreur relative commise sur la charge en prenant le temps i au lieu du temps infini, permet de calculer le temps /, pour lequel cette erreur est inférieure à une valeur donnée; en effet, on tire de (i) :
- '*=Rci°e» èUet1
- pour des valeurs très petites de RC. tx devient lui-même très petit, on peut admettre que la charge est instantanée.
- T.a charge une fois complète, ou du moins supposée telle, si on vient à supprimer la force électromotrice en laissant la résistance R constante, ou si on ferme le condensateur, séparé de la pile, sur une autre résistance R', un calcul analogue nous dorme:
- (3
- ! = R'C Iog„ , 4)
- par conséquent la décharge est pratiquement instantanée pour R’C très petit.
- Q = Civ
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- L’É C LAI RAGE É L K CT RI QU L
- On voit que la différence de potentiel entre les armatures va toujours en décroissant, tant qu’on ne fait pas usage d'une force élec-tromotrice extérieure, c’est le cas des condensateurs parfaits; en pratique, il en est autrement: si on laisse un condensateur a circuit ouvert, après une décharge, on constate au bout d’un certain temps que les armatures ont entre elles une différence de potentiel plus élevée qu’à la fin de la décharge ; le circuit fermé, on obtient une nouvelle décharge, le condensateur isolé puis refermé, donne encore une autre décharge plus petite, et ainsi de suite, les quantités obtenues à chaque décharge allant en décroissant; c’est ce qu’on nomme le résidu du condensateur; là se trouve la grande différence entre les diélectriques parfaits et imparfaits.
- Lorsqu’on étudie un condensateur comme ceux dont on dispose dans les laboratoires, en se plaçant dans des conditions telles que le produit RC soit aussi petit que possible, de façon à avoir la charge complète à 0,1 p. ioo près en un temps très court, inférieur à o.ooi seconde par exemple, on constate que, pour une durée très courte mais suffisante théoriquement, la charge du condensateur prend une valeur Q„ (fig. i . Si on augmente la
- Fig. i. — Charge d’un condensateur.
- durée de charge, les valeurs Q,, Qa, etc., correspondant aux temps /s, etc., vont en augmentant d’abord rapidement, puis plus lentement, et enfin deviennent sensiblement constantes, au bout d’un temps plus ou moins long, suivant la qualité du condensateur. Comme dans cette expérience on a employé
- toujours la même force électromotrice, on admet que la capacité n’est pas constante; le rapport entre la quantité initiale Q„ mesurée pour un temps très court, et la valeur de régime correspondant au temps très long, Q„, n’est pas le même pour tous les condensateurs, il peut atteindre 98 et 99 p. 100 dans les bons et des valeurs infiniment faibles dans les mauvais; il est difiieile de faire des mesures un peu exactes dès que ce rapport descend au-dessous de 90 p. 100. Ce phénomène est appelé absorption du condensateur.
- Après avoir chargé puis déchargé un condensateur pendant quelques secondes, si ou isole les armatures et qu’on vienne à les réunir de nouveau au bout de quelques instants, on obtient une décharge résiduelle qui est de 0,5 à 10 ou 20 p. 100 de la première. M. Bout}’ a trouvé expérimentalement, que la quantité d’électricité qui est ainsi rendue libre apres la décharge entre les temps t et h, est précisément égale à la quantité qui est entrée dans le condensateur, après la charge instantanée, entre les mêmes temps t et les deux phénomènes : absorption et charge résiduelle, sont donc bien dus à la même cause. Il semble qu’il y a, indépendamment de la capacilé électrostatique, une sorte de pénétration, d’absorption, de l’électricité dans l’épaisseur du diélectrique, la quantité ainsi absorbée étant fonction du temps; h la décharge, lorsque les armatures sont ramenées au même potentiel, ou à peu près, la quantité absorbée revient l.es charger à nouveau. La vraie cause du phénomène n’est pas connue, on pense qu’il y a superposition de deux causes : d’une part, la capacité électrostatique, parfaitement constante, qui ne dépend que des dimensions géométriques et de la nature du diélectrique; d’autre part, la capacité de polarisation, fonction du temps et de la force électromotrice employée.
- L’isolement des condensateurs n’est pas parfait; on pourrait, faisant abstraction de l’absorption, considérer un condensateur mal isolé, comme fermé sur une résistance R/, sur laquelle il se décharge, et déduire cette résis-
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
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- tance de la perte de charge qu’il subit, lorsqu’on le laisse isolé du circuit extérieur pendant un temps T :
- mais on constate, que la variation de potentiel -jf-, est beaucoup plus rapide au début que ne l’indique la formule, et plus lente à la fin, de telle sorte que la valeur de R; obtenue dépend de T, sans pour cela exprimer que la résistance d’isolement est variable. La ligure 2 montre comment varie Ef, ainsi que la variation théorique, équation (3).
- condensateur.
- En faisant la mesure de l'isolement d’un condensateur, par l’observation de l’intensité du courant que lui fournit une force électro-motrice constante et connue, au moment où la charge est supposée complète, on obtient un résultat également fonction du temps, sans que les deux résultats, pour des temps égaux, aient entre eux la moindre ressemblance. Le fait s’explique aisément : le courant engendré dans le condensateur par la force électromotrice E, se compose, une fois la charge instantanée obtenue, du courant
- P
- -pf, quotient de la force électromotrice employée par la résistance d’isolement cherchée, plus le courant -jp, dù à l'absorption du condensateur; or on ne sait pas h quel moment est négligeable par rapport à -jp-, par suite cette méthode donne encore
- des résultats incomplets; il faut d’ailleurs ajouter que si l’isolement apparent :
- s*
- R,- + dt
- est supérieur à la limite qu’on s’est fixée, l’isolement réel est lui-même supérieur à cette limite.
- L’action de la température est assez difficile à définir; pour deux condensateurs de même nature et de même fabrication, les variations peuvent être très différentes. D’une manière générale, on peut dire que la capacité de régime, augmente avec la température et d’autant plus que le résidu est plus important, comme si cette augmentation portait seulement sur la charge résiduelle; l’isolement apparentà.imî'smo.nn contraire très rapidement ce qui s'explique en considérant l’équation (6), puisque la variation de Q est plus grande.
- Construction des condensateurs.— Parmi les matières employées comme diélectriques dans les condensateurs, le mica donne les meilleurs résultats, mais il y a lieu de choisir, certains échantillons sont excellents, d’autres au contraire très mauvais. Dans la très grande variété de micas qui existent dans le commerce, il n’a pas été fait jusqu’ici de détermination exacte de l’espèce la meilleure; il est même probable que cette indication serait insuffisante, et que les qualités varient d’un échantillon à un autre; toutefois, il faut rejeter d’une manière absolue les micas présentant dans la masse des dépôts d’oxydes métalliques; 011 en trouve qui sont nettement magnétiques. L’inconvénient que présentent ces dépôts d’oxydes, en outre de l’influence magnétique quelquefois gênante, c’est d’introduire entre les armatures des couches plus ou moins conductrices, isolées des armatures, qui se chargent lentement par la faible conductibilité du mica et augmentent ainsi les phénomènes d’absorption et de résidu.
- Les condensateurs en mica sont formés par deux séries de feuilles d’étain séparées par
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- 1/ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- des feuilles de mica, les feuilles paires appartiennent à une série, les feuilles impaires à l’antre; l’empilage de ces feuilles est fait, en général, avec interposition d’une substance agglomérante quelconque : paraffine, gomme laque, etc., qui a elle-même une capacité inductive propre et des qualités spéciales qui interviennent dans le résultat final.
- Pour éviter la superposition des phénomènes nuisibles du mica et de l’agglutinant, M. Bouty remplace les armatures en étain, qui ne peuvent s’appliquer exactement sur le mica, par une couche d’argent, déposée par le procédé Martin pour l’argenture du verre; on obtient par ce procédé, à surface et à épaisseur de feuilles égales, des condensateurs 'ayant une plus grande capacité que par le procédé ordinaire.
- Il ne semble pas, quoi qu’on ait dit, que cette méthode donne, h part l’économie de matière, des résultats meilleurs au point de vue du résidu; les différences observées tiennent plus à la nature du mica qu’au procédé.
- Toutes les substances résineuses, d’origine animale, végétale ou minérale : cire, ozoké-rite, paraffine, etc., sont douées des propriétés diélectriques convenables pour la fabrication des condensateurs, mais elles n’ont pas une résistance mécanique suffisante pour être employées seules ; il est nécessaire, pour éviter que les armatures viennent au contact l’une de l’autre, de les séparer par des feuilles de papier ou d’étoffe, dont le rôle est surtout de maintenir l’écartement nécessaire, cependant ces feuilles ont une action électrique qui n’est pas négligeable. Les qualités des condensateurs ainsi construits, reposent surtout sur des tours de main de fabrication, lesquels sont tenus secrets; mais les nombreuses recherches faites dans ces dernières années sur la polarisation, montrent que la condition essentielle du succès, est l’élimination aussi complète que possible des électrolytes; la dessiccation et la purification des substances employées s’imposent absolument; il faut en particulier éliminer toutes les substances
- ayant subi paraffines b
- durci, la gi substances médiocres.
- es acides : les
- le caoutchouc yés, mais ces des résultats
- terminés doi-
- vent touiour: isolante, qui teurs aboutis* ainsi la dépi souvent une i aussi que le c monture qui les et par sui capacité.
- Les conden présentent pa considérables l’expérience 1
- dar
- .la
- nsat' des altération i l’observatio' part des condi voir un isole onstant. On ui sc passe p n sait que s des te'
- charge donnar de la 1
- les
- sistanc ;si celle contiennent d' extrêmement élevée, m promptement, de telle S' temps l’isolement tombe faible.
- is une masse ie les conduc-es ; on réduit surface, qui a mante ; il faut >erré dans une nent des feuil-nanence de la
- üs d’isolement très faibles; iradoxal, que, loins certaine, nient sujets à :ause échappe pour la plu-mica exceptés, ins bon, mais ce fait de ce lés à la gutta;
- ; cahiers des entune clause et maximum turnir; l’expli-lèces de guttas résistivité est i qui s’altèrent e qu’en peu de une valeur trop
- Le réglage des condensateurs se fait en enlevant des feuilles ou des parties de feuilles à l’une ou l’autre des armatures, il en résulte que celles-ci peuvent avoir un nombre égal de feuilles, ce qui n’est pas favorable à la précision des mesures; en elfet, si le nombre total des feuilles est petit, l’action des corps extérieurs, la boîte par exemple, qui sont à un potentiel différent, peut être assez grande;
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- RE V\; E \Y ÉLECTR1C1T É
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- il faut autant que possible qu’une des armatures enveloppe complètement l’autre et soit maintenue au potentiel des corps voisins dont l’action est alors nulle. Ce défaut est surtout nuisible dans les condensateurs subdivisés; dans le montage ordinaire, les sections sont disposées en parallèle, chacune ayant une armature isolée, toutes les autres armatures sont reliées ensemble. Les sections inactives sont mises en court-circuit, de telle sorte que la dernière feuille de l’armature isolée d’une section peut se trouver en face de la feuille correspondante de l’autre section; si les deux sections sont utilisées simultanément. ces feuilles sont au même potentiel et ne s'influencent pas ; si l’une seulement -est employée, l’autre est à un potentiel différent, il y a induction, et le résultat, c’est que deux sections individuellement bien réglées ne donnent pas, expérimentalement, une somme égale à leur somme calculée; d’où des erreurs parfois considérables, mais que l’on peut éviter par une construction soignée.
- (A suivre.)
- H. Arm.vgn.yi-
- LA L[JMIÈ R E A ARC "
- OPTIQUE DE L’ARC
- Les phénomènes optiques de l’arc sont presque aussi complexes que les phénomènes électriques précédemment étudiés. Ils varient avec la nature des charbons employés, avec l’intensité du courant pour les mêmes charbons et avec les dispositions de la lampe qui règle leur mouvement.
- Distribution de la lumière de l’arc. — Généralement, les charbons étant montés verti-
- (') Voir L'Éclairage Électrique des 14 novembre et 5 dé-
- calemcnt, le positif en haut, le courant va en descendant au charbon négatif placé au-dessous sur son prolongement. Plus rarement, et pour des applications spéciales, on adopte la disposition inverse. Dans tous les cas ce que l’on constate d’abord, au point de vue optique, c’est que la lumière émane de la surface positive portée au rouge blanc où le charbon se volatilise. Le cratère émet 90 p. 100 environ de la lumière totale, contre 4 à 5 p. 100 seulement issus de la pointe négative; les autres points n’en émettant que relativement peu. Autour du bord du cratère on observe cependant une région moins lumineuse, moins chaude et tirant plus sur le rouge, qui émet une petite quantité de radiations, et la portion intermédiaire, l’arc proprement dit, ne donne pas plus de 3 à 4 p. 100 de la lumière totale. Il en résulte naturellement dans l’espace environnant une certaine répartition de la lumière qui en réalité sc trouve, dans le montage courant, projetée vers le bas.
- Lorsqu’on veut projeter les rayons lumi-
- Fig. 10. - Déplacement latéral des crayons pour projection
- neux suivant une direction horizontale, on a recours, avec les courants continus, à la disposition originairement imaginée par Du-hoscq et consistant à déplacer les charbons de telle sorte que leurs deux axes ne soient plus- en prolongement, le charbon négatif se trouvant légèrement en avant, comme dans la figure 10. Le cratère se forme alors plus ou moins obliquement, en partie masqué par la pointe du crayon négatif: au bout d’un certain temps nécessaire pour que l’arc devienne bien stable, le cratère ayant pris sa forme définitive correspondant au régime actuel et
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- L’ÉCLAIRAGE
- à la position relative des crayons, la lumière se trouve en grande partie émise d’un seul côté, et, comme le maximum des radiations a lieu normalement à la surface d’émission, on a naturellement une distribution différente du flux lumineux qui, à la limite, serait normal à la direction des crayons.
- Courbes de répartition de la lumière. — Le mode de représentation de cette répartition est devenu classique. La figure n en fournit deux exemples, l’un A afférent à un arc produit à basse tension sous différence de potentiel constante, l’autre R à un arc sous courant constant à haute tension en série avec d’autres. Le courant moyen étant sensiblement le même dans les deux cas, les mesures, puisées à une source américaine, ont donné les résultats suivants :
- Comme l’indique la courbe B, il y a très peu de lumière émise dans la direction absolument horizontale : le bord inférieur du cratère émet seul quelques rayons latéraux; mais, au fur et à mesure qu’on descend au-dessous de l’horizontale, la lumière va en croissant jusqu’à un maximum correspondant à une certaine inclinaison qui est ici de 50° environ au-dessous de l’horizontale. A partir de ce point la lumière diminue très rapidement, sinon tout à fait brusquement, e-t dans la verticale on ne trouve plus aucun rayon, ce qui tient, dans le cas actuel, à l’écran formé par le charbon inférieur. La courbe A donne des résultats analogues pour
- ELECTRIQUE
- un autre foyer dans des conditions différentes.
- Dans le cas de courants alternatifs 'fig. 12), les deux extrémités des crayons diffèrent peu
- Fig. 11. — Répartitic
- de forme, à parité de matière et égalité de diamètre ; elles se taillent toutes deux en pointe mousse. Cette forme serait absolu-
- Fig. 12. — Répartition de la lumière à arc par courants alternatifs.
- ment identique de l’une à l’autre, si l’air chaud ascendant ne venait lcchcr et échauffer davantage le crayon supérieur qui se taille dès lors en cône un peu plus aigu. La courbe en trait plein représente ici les quantités de lumière émises dans les différentes directions : une partie en rayonne vers le bas sous un certain angle, une autre vers le haut
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- R K VUE D’ÉLECTRICITÉ
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- sous un angle égal, avec des valeurs intermédiaires correspondant à des directions intermédiaires ; mais l'interposition d’un réflecteur, en renvoyant en bas la lumière émise vers le haut, détermine la répartition représentée par la courbe en pointillé.
- Influence de la forme du cratère et de la pointe sur la répartition de la lumière. — On a vu (fig. to) comment on pouvait déplacer l’arc de manière à donner à sa lumière une direction très voisine de l’horizontale ; mais l’angle sous lequel on le voit n’est pas indifférent au point de vue de la quantité de lumière émise dans diverses directions. Sans obliger à recourir à un photomètre susceptible de prendre autour de lui toutes les positions angulaires possibles ou à un appareil quelconque permettant de donnera l’arc différentes inclinaisons par rapport au photomètre, certains procédés optiques ont conduit au môme résultat. La figure 13 donne
- Fig. 13. — Diverses vues perspectives du cratère.
- quatre vues de la position respective des crayons sous différents angles, 6°, 30°, 50° et 70°. Dans les deux positions extrêmes, pour lesquelles le cratère est ou vu seulement de champ ou masqué par la pointe du crayon négatif, peu de lumière parvient à l’œil; mais sous un certain angle intermédiaire il y aura évidemment une position pour laquelle la lumière seramaxima. Le cratère, vu d’abord presque de champ, apparaît sous forme d’ellipse qui va en s’élargissant jusqu’à ce que la pointe négative, en se projetant sur lui, arrive à l’éclipser. Le maximum de lumière fourni entre ces deux minima est resté longtemps imparfaitement expliqué. M. Rousseau, qui a fait un certain nombre d’observations, à
- l’aide d’un photomètre polaire, sur les lampes à arc figurant à l’Exposition d’Anvers en 1885, a cherché à en formuler les résultats au moyen d’expressions aussi longues que com-pliquées.
- Au printemps de 1892, M. A. Trotter, qui a beaucoup étudié l’optique et la physique de l’arc voltaïque, a ouvert la voie à un mode de traitement beaucoup plus simple de la question. Prenant pour point de départ la thèse soutenue par l’Auteur en 1889 que, l’arc étant un 'phénomène du à la volatilisation du carbone, il doit avoir une température définie, et admettant que, pour cette température fixe et du carbone pur, la lumière émise par le cratère doit avoir une blancheur déterminée, il poursuivit ainsi son raisonnement : il est indifférent, au point de vue optique, que le cratère soit réellement plan ou qu’il affecte une forme concave ; une surface lumineuse ne donne dans une direction quelconque que la quantité de lumière qui serait fournie par une surface plane d’intensité lumineuse intrinsèque égale, présentant exactement le même périmètre. Ce fait peut paraître un peu étrange en ce qu’il est en opposition avec l’expérience sur des surfaces ne possédant pas de lumière propre. Qu’on prenne, par exemple, une soucoupe blanche ordinaire éclairée soit par la lumière du jour soit par une source artificielle ; si l’on place cette soucoupe dans une position particulière quelconque et qu’on cherche à se rendre compte de la quantité de lumière qu’elle offre à l’œil la regardant dans diverses directions, on reconnaît que les quantités de lumière ainsi émises ne dépendent pas uniquement de la surface apparente de la soucoupe; par suite de ce qu’elle reçoit sa lumière sous un angle déterminé et qu’elle la réfléchit, la quantité de lumière fournie à l’œil par une aire visible quelconque de sa surface dépend de l’angle sous lequel on la voit. Mais il n’en est plus de même dès qu’on a affaire à une surface lumineuse par elle-même. Si l’on prend, par exemple, une feuille de papier blanc et qu’on se la repré-
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- L’ K C LAI Ii A G F F L E C T RIQ U F
- sente comme une surface portée au rouge blanc, en la regardant par une ouverture délimitée, telle qu’un tube, on voit un disque circulaire lumineux (d’une certaine dimension dépendant de l’ouverture). Que la surface placée en arrière du tube soit absolument normale à son axe ou qu’elle soit plus ou moins oblique par rapport à lui, on n’observe pas au photomètre plus de i p. 100 de différence. Tant qu’il existe assez de surface blanche opposée a l’ouverture visible complète du tube, la surface découpée par lui a le même éclat lumineux. L’angle de la surface blanche avec l’axe du tube, en arrière de son ouverture, n’a aucune influence sur son éclat. La surface du cratère peut, en conséquence, au point de vue optique, être considérée comme ayant la meme action qu’un petit disque horizontal porté à la chaleur blanche.
- La quantité de lumière qu’elle émettra dans une direction donnéequelconque dépendra simplement, d’abord, de son éclat intrinsèque, et, en second lieu, de l’aire qu'elle présente à l’œil sous cette-inclinaison. Plus on la verra obliquement, plus cette aire visible sera petite. La quantité de lumière doit être strictement proportionnelle à l’aire apparente visible dans la direction en question. Le premier point établi par M. 'frotter est donc que le cratère, quelle que soit sa concavité réelle, peut être traité comme un disque plat suspendu dans l’air d’une manière quelconque et porté h la chaleur blanche. Quelle sera alors la distribution géométrique de la lumière issue de ce disque dans toutes les directions ? Ce sera simplement une question d’angle, ou plutôt de cosinus d’angle. Le disque apparaitra plus grand, à une distance donnée quelconque, si l'œil lui est directement opposé, parce qu’alors le disque, normal au rayon visuel, sous-tendra naturellement le plus grand angle solide apparent. Jl semblera dépourvu de toutes dimensions dans toutes les directions normales à la précédente, parce que le disque sera de champ et que son bord ne présentera pas de surface
- visible. Tl n’émettra donc pas de lumière visible dans cette direction. On aura, par contre, un maximum de radiations dans la direction normale à sa surface, et la quantité de lumière perçue dans une autre direction quelconque sera simplement proportionnelle au cosinus de l’angle entre cette direction et la normale à sa surface.
- En prenant ces cosinus, ou les sinus des mêmes angles par rapport au plan horizontal, et les reportant sur un système de coordonnées polaires, comme dans la figure 15 ci-dessous, on reconnaît que tous les points obtenus se trouvent sur une demi-circonférence. Bref, une courbe polaire de cosinus donne géométriquement une circonférence passant par le pôle. En conséquence si cette loi est exactement satisfaite et si le cratère est un disque horizontal tourné vers l’espace, — que son périmètre soit, ou non, circulaire, peu importe —, la quantité de lumière mesurée dans différentes directions, pourvu que rien ne vienne troubler l’état de choses, sera donnée simplement par un demi-cercle, dont le diamètre indiquera la plus grande quantité de lumière mesurée au-dessous du disque.
- Malheureusement la lampe à arc comporte autre chose que l’extrémité d’un crayon terminée par un cratère à bords horizontaux. Il faut compter avec l’inévitable pointe négative qui donne par elle-même peu de lumière, qui se brûle uniquement à la chaleur du cratère situé au-dessus d’elle et projette une ombre. En mesurant la valeur de l’éclipse ainsi produite dans diverses directions, on obtiendra une mesure de la quantité de lumière soustraite, dans ces directions, de la quantité qui en serait rigoureusement proportionnelle au cosinus de l’angle correspondant.
- E11 vue de la vérification expérimentale de cette théorie, l’Auteur mit alors à la disposition de M. Trotter un de ses plus (anciens élèves, M. C.-F. Iliggins,qui construisit l’appareil ci-dessous à l’aide duquel M. Trotter poursuivit ses recherches. Ce petit appareil ;fig. 14) qui permet d’observer la lumière
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- fournie par l’arc dans une direction quelconque est fixé au bâti de la lampe étudiée. Il comporte une lentille montée en face de l’arc à une certaine distance; la lumière qui émane de cette lentille est reçue sur un petit miroir dont la face est métallisée. Ce miroir incliné à 450 renvoie la lumière à angles droits sur un écran placé à distance, où l’image est reçue. Il suffit alors d'incliner
- est due à M. Trotter qui, dans son mémoire donne sons forme de courbes les résultats obtenus par lui. L’une d’elles correspond à l’intensité lumineuse mesurée dans diverses directions ; l’autre, à la surface visible de cratère mesurée de même. Les deux courbes concordent si bien qu’il est à peine possible de les distinguer l’une de l’autre. La figure 15 n’est autre que cette dernière courbe tracée
- Fig. i,|. — Appareil Higgias pour l’étude du cratère sous différents angles.
- sous tel angle voulu le bâti qui porte la lentille et le miroir pour pouvoir examiner dans une direction quelconque entre des limites étendues l’apparence visible du cratère dans cette direction. Cet instrument permet la mesure photométrique de la lumière émise sous différents angles, sans déplacement de la lampe ni. du photomètre. Mais en outre, ce qui est plus important, on peut, en en projetant les images sur l’écran, dessiner les formes visibles des crayons sur une feuille de papier disposée k cet effet. Après avoir ainsi obtenu une série d’images de l’arc projetées sous divers angles connus (toutes à la même échelle), on peut alors, à l’aide d’un planimètre, intégrer chacune des courbes tracées d’après nature et mesurer la valeur de la surface lumineuse visible dans diverses directions.
- Cette élégante méthode de détermination
- dans le système de coordonnées polaires. La demi-circonférence en pointillé donne les valeurs des cosinus proportionnels à l’aire des surfaces visibles du cratère telles qu’elles se présenteraient si celui-ci se comportait exactement comme un disque, sans aucune obstruction en regard. La lumière émise dans une direction donnée quelconque s’y présente comme proportionnelle à la valeur de la surface visible de cratère suivant cette direction, résultat très important en ce qu’il permet de se rendre un compte exact de la répartition de la lumière.
- Antérieurement à M. Trotter il avait été cependant fait diverses autres observations sur la relation entre la quantité de lumière émise et l’intensité du courant.
- Eclat intrinsèque du cratère. — Les précédentes observations de M. Trotter sont
- _ ,‘) journal Inst. Elect. E»g., XXI, 360, 1892. La Lumière Électrique, t. XL1V, p. >73 et 619, 18 et 25 juin 1892.
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- résumées dans la figure 16 qui, comme nous l’avons dit, fournit sensiblement une ligne droite, dont le caractère le plus important est que cette ligne droite ne prend naissance
- Fig. 16. — Intensités lumineuses en onction de l’aire du cratère.
- que pour une intensité lumineuse de ioo bougies. Il faut en chercher la raison dans ce fait que, au-dessous de ce point, toute la lumière émise est due à des parties autres que le cratère. Autrement dit, toute la lumière émise par la pointe négative, par les régions voisines portées au rouge sombre et le bord du cratère, et par l’arc proprement dit, s’élevait dans ces expériences à ioo bougies
- En regard de ces résultats on peut mettre une observation de M. J.-D.-F. Andrews sur la relation entre la surface du cratère et l’intensité du courant, passant dans la lampe. Ces recherches datent de 1880, alors que l’unité d’intensité, ci-après modifiée, était encore le weber et non l’ampère ; mais, à cela près, voici comment procédait l’auteur pour mesurer la surface du cratère: après avoir laissé tranquillement brûler pendant un certain temps la lampe d’essai, on interrompait le courant et on enlevait les crayons. On prenait alors les dimensions du cratère, d’où l’on déduisait sa surface. Ces observations réunies sous forme de courbe dans la figure 17 donnent une ligne droite aboutissant au zéro. L’intensité du courant a ainsi été trouvée strictement proportionnelle à la surface réelle
- du cratère; d’où il suit, conformément aux résultats obtenus par M. Trotter, que la quantité de lumière émise par une lampe dans une direction donnée quelconque' est egalement proportionnelle au courant passant dans cette lampe.
- S’il en est ainsi, il doit, en conséquence, être possible d’exprimer l’éclat intrinsèque de l’arc ou son intensité lumineuse en fonction de sa surface.
- Il y a un certain nombre d’années, M. Hi-ram Maxim était arrivé, on ne sait trop par
- quel procédé, à une conclusion analogue. Il avait donné la règle sommaire que, pour calculer l’intensité lumineuse totale d’une lampe, il suffisait de mesurer le diamètre du cratère en centièmes de millimètre, d’élever ce nombre au carré et de le multiplier par 0,0155, ce qui équivaut à 200 bougies environ par millimètre carré, chiffre élevé relativement à ceux fournis par d’autres observateurs. Les valeurs données par Abney oscillent entre 39 et 116 ; celles d’Andrews, de 64 à 170; celles de Trotter, de 80 à 170, tandis que M. Blondel donne 160. Le nombre d’ampères passant par millimètre carré de cratère est à peu près de 0,78, de sorte que le nombre de bougies par ampcrc dépasserait 200. Palaz donne de 204 à 240 dans la direction d’intensité maxima.
- De ce que la surface de cratère et, par suite, la quantité totale de lumière émise sont proportionnelles a l’intensité du courant il ne faut cependant pas conclure que, en doublant cette intensité dans une lampe à arc donnée quelconque, on doublera exactement la lumière fournie par cette lampe. En effet, si le
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- courant employé en. premier lieu est approprié au diamètre des crayons mis en œuvre, un courant d’intensité double sera beaucoup trop fort pour former un cratère convenable, et les crayons s’échaufferont outre mesure. En outre, la distance qui sépare leurs extrémités et la forme même de ces extrémités seront modifiées, ce qui, en changeant la répartition de la lumière, empêchera une comparaison exacte. Palaz donne cette règle empirique que, pour une lampe déterminée et des crayons alimentés sous 40 à 50 volts, le nombre de bougies décimales, mesuré dans la direction de l’intensité lumineuse maxima. est égal à 200 I -{- 4 P. I étant le courant exprimé en ampères. Dans ces conditions, un courant de 10 ampères donnerait 2 400 bougies dans la direction du maximum, alors qu’un courant de 1 ampère n’en donnerait que 204. L’intensité hémisphérique moyenne n’est guère que les deux tiers du maximum.'
- Peu de temps après cette conférence, M"K Ayrton a publié dans The Electrician les résultats de mesures relevées par elle sur le cratère p). Il faudrait en conclure que l’intensité du courant n’est pas exactement proportionnelle à l’aire du cratère, non plus qu’à son diamètre, mais à une certaine puissance de ce diamètre comprise entre 1 et 2. fui examinant les courbes qui servent de base à sa formule, on est conduit à cette réserve que, avant de condamner la loi approximative de proportionnalité entre l’aire du cratère et l’intensité du courant, il faut attendre de nouvelles expériences.
- Jouissance dépensée dans l’arc. -- Tant qu’on a affaire à une résistance rixe, on sait que la puissance absorbée par le passage d’un courant est. suivant la loi de Joule, proportionnelle au carré de l’intensité de ce courant. On pourrait être tenté d’en conclure qu’en doublant le courantquipasseentredeuxeharbons, 011 obtiendra quatre fois autant de lumière
- 1 q Voir L’Éclairage Électrique, t. IX, p. 109, 17 octobre 1896.
- qu’avec un courant d’intensité moitié moindre. Il n’en est rien ccpendanr. et l’intensité lumineuse est simplement doublée. La lumière ne suit pas la loi du carré de l’intensité du courant. Cela tient à ce que, comme on l’a vu, la résistance de l’arc n’est nullement constante. Si l’on considère l’arc comme simplement doué de résistance, on ne peut dire qu’une chose c’est que, pour une longueur donnée d’arc, sa résistance apparente varie
- envisage le problème d’une autre façon (qui semble plus rationnelle) en faisant intervenir la considération d’une force contre-électro-motrice sensiblement constante, on devra calculer différemment la puissance développée qui a à vaincre une force électromotrice inverse. Le principe de la conservation de l’énergie s’oppose à ce qu’il soit effectué aucun travail à lu surface du cratère s’il 11e s’y trouve pas logé quelque chose d’analogue à une force contre-électromotrice. Autrement dit, si e représente la force contre-électromotrice s’opposant au passage du courant, la véritable force contre-élcctromotrice de l’arc, et i ce courant, la puissance nécessaire sera ei. Si l’on a affaire à une résistance constante, e sera elle-même proportionnelle à /, ce qui introduit i3 dans l’expression de la
- à-dire si l’on a en opposition une f. é. m. déterminée, ei intervient simplement, et la puissance nécessaire n’est plus proportionnelle qu’à la première puissance de t, conclusion confirmée par le fait que la quantité de lumière émise est aussi, toutes choses égales d’ailleurs, proportionnelle à l’intensité.
- Influence du cratère sur le rendement de l'éclairage. — Dans son remarquable mémoire. M. Trotter touche, entre autres, un point du plus haut intérêt pratique. Il y a un certain nombre d’années, sir James Douglas dont le nom est si intimement lié à l’étude des phares, proposa d’employer pour ces appareils et pour les projecteurs une forme de crayons différente de celle précédemment
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- adoptée. Les crayons primitivement utilises .étaient, comme les charbons des piles, faits en charbon de cornue scié en baguettes, de section carrée, de 6 mm de côté environ. Ils ont ensuite été remplacés par des baguettes de section circulaire, de diamètre un peu supérieur, et. pour des phares plus puissants, par des crayons circulaires encore plus gros. Sir James Douglas paraît avoir pensé obtenir une meilleure lumière, plus centrale et plus fixe, à projeter à travers les lentilles s’il parvenait h éviter le déplacement de l’arc sur la surface relativement large du cratère. Ce déplacement est bienconnu avec des crayons de diamètre trop grand proportionnellement au courant. Dans ce cas le cratère n’est pas complètement rempli par la lumière ; un. pinceau lumineux se promène circulairement à sa surface sans aucune fixité. II en résulte que. à intervalles irréguliers, le bord du cratère se détruit tantôt d’un côté, tantôt d’un autre, ce qui donne lieu à un sifflement et a une extrême instabilité. En recourant à des charbons cannelés, sir James Douglas j>ensa obvier à la formation d’un rebord autour du cratère,
- points A intervalles réguliers et, par suite.'un arc plus fixe. T,'aspect de ces crayons après emploi ressemble à celui des- crayons de loyers à courants alternatifs ; aucun d’eux ne présente de cratère bien formé. AI. Trotter a expérimenté des arcs ainsi obtenus avec des .crayons cannelés, et, à lire entre les lignes, il ne parait pas avoir été favorablement impressionné par cet essai. Le fait est que, pour donner une bonne lumière, un bon cratère est nécessaire et tel est probablement le principe qui a guidé les essais de perfectionnement des charbons par l’addition d’une âme, consistant comme on sait, dans le remplissage, avec une matière charbonneuse plus tendre, d’un vide axial ménagé dans la fabrication des crayons. Ce procédé parait avoir pour effet de fixer l’arc et de l’empêcher de voyager autour du cratère en l’étayant par une sorte de tuteur. Le charbon plus tendre provoque la formation du cratère et contribue ainsi à donner h
- l’arc de la fixité. Les arcs très courts et sifflants présentent généralement un cratère irrégulièrement formé et beaucoup plus profond que les longs arcs avec lesquels il affecte la forme d'une coupe. Les champignons observés dans ces mêmes arcs cou rts et sifflants se forment, en réalité, aux dépens de la matière arrachée du fond du cratère. Sans s’arrêter davantage à ce phénomène irrégulier au milieu de bien d’autres, il était nécessaire de le signaler dans une étude optique de l’arc voltaïque. Les rapides changements de couleur de la flamme toutes les lois qu'on a affaire à un arc instable sont d’ailleurs très curieux.
- Blancheur de la lumière à arc. — Un autre point des plus importants dans cette étude est le degré constant de blancheur de l'arc. Le capitaine Abney a reconnu, il y a longtemps, vers 1878 ou 1879, que les quantités relatives de radiations de différentes couleurs rouge, bleu, jaune, et ainsi de suite, dans la lumière à arc étaient toujours les memes, à autres conditions égales ; la blancheur de l’arc étant constante, il l’a employée pendant nombre d’années comme étalon de comparaison dans ses recherches sur la photométrie des couleurs. Ce degré constant de blancheur, s’il est prouvé, témoigne de sa température constante alliée à un pouvoir émissif constant. Il est en effet curieux que, quand l’arc voyage de place en place, par suite des fluctuations rapides qu’il présente parfois, sa blancheur apparente reste la même, bien que son intensité puisse varier: autrement dit, bien qu’une portion fournissant plus de lumière puisse en paraître plus blanche qu’une autre, la coloration reste néanmoins la même.
- Cette constance de blancheur, ou du moins d’apparence telle, avait, il y a quelques années, suggéré à Ai. Swinburne et à l’Auteur, indépendamment l’un de l’autre, l’idée de chercher le meilleur étalon de lumière blanche dans une surface déterminée ou une partie du cratère de l’arc circonscrite par un très petit trou pratiqué dans un diaphragme. Celle idée de prendre comme étalon de
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- lumière blanche t mm-, par exemple, de charbon incandescent à la température de l’arc était très séduisante ; mais elle a dû céder devant des expériences faites en même temps par AI. Trouer, à Londres, et par AI. Blondel. a Paris. Non seulement on se trouve en présence de très grandes difficultés dues à la température élevée de l’arc pour en obtenir dans son voisinage immédiat le pinceau lumineux cherché; mais, comme l’a constaté AI. Trotter, les variations de lumière sont tellement extraordinaires qu’il ne semble pas probable qu’on puisse jamais réaliser ainsi un véritable étalon invariable.
- Quant à ces variations, elles sont dues à différentes causes. — D’abord, si les crayons contiennent des impuretés, la lumière a un moindre éclat intrinsèque. Le charbon tendre employé comme âme, par exemple, donne une tache plus sombre au point correspondant du cratère. On sacrifie, dans ce cas, un peu du pouvoir éclairant pour arriver à plus de fixité. Il n’est pas sans importance de constater que les impuretés diminuent soit la température, soit le pouvoir u
- obstacle à l’adoption de cette lu- c
- mière comme étalon. Beaucoupplus importante est la dernière observation ci-après faite par AI. Trotter.
- Energie lumineuse et non lumineuse. — L’énergie restituée par une surface lumineuse n’est malheureusement pas totalement restituée sous forme de lumière. Elle affecte une autre forme, et il n’est pas exagéré de dire qu’un vingtième ou un vingt-cinquième seulement de l’énergie fournie à l’arc et restituée par le cratère est émis par lui sous forme de lumière; le reste n'y apparaît qu’en rayons invisibles, c’est-à-dire en chaleur, de sorte que le rendement lumineux de l’arc ne dépasse guère 4 à 5 p. ioo. C’est ce que met en relief le diagramme suivant relevé d’après le spectre de l'arc, suivant les recherches récentes de Tyndall, Abney et Langley (fig. i8).
- La courbe la plus basse, en traits et points
- alternés, est celle du capitaine Abney; elle indique l’impression produite sur l’<eil normal par les rayons différemment colorés de l’arc, et la surface qu’elle délimite mesure l’énergie lumineuse perçue par I’œil par rapport à l’énergie totale, en rayons visibles et invisibles émis par l’arc, fournie par le spectre et indiquée en trait plein. On y constate à droite au delà de l’infra-rouge un énorme développement d’ondes à longues périodes ou
- Fig. 18. - Spectre relatif du soleil et de l’arc.
- calorifiques, qui dépassent de beaucoup celles qui affectent l’œil, sous forme lumineuse. La courbe intermédiaire fortement échancrée représente, à la même échelle que le spectre de l’arc, un spectre d’égale quantité de lumière empruntée au soleil. On y voit combien des ondes d’une certaine longueur sont absorbées par l’atmosphère qui nous sépare de cet astre. Elle est empruntée à Langley.
- •L’objectif de l’avenirdans le développement de la lumière artificielle doit être la construction de lampes de meilleur rendement que la lampe à arc; elles devront, à égalité d’énergie reçue, émettre une plus grande proportion d’ondes de longueur telle qu’elles impressionnent l’œil comme ondes lumineuses, et une moindre proportion de ces ondes plus longues qui nu donnent lieu qu’à des radiations calorifiques.
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- C’est ce qui a é'té, dans ces dernières années réalisé, pour le gaz, par le bec Auer. dont la matière possède, à la température de la flamme du gaz, un pouvoir d’émission supérieur à celui des substances charbonneuses dans la tlamme ordinaire du gaz de houille. 11 en résulte relativement plus ‘d’ondes susceptibles d’impressionner l’œil et moins d’ondes non lumineuses. Les lampes à vide et leurs variétés modernes, telles que celles de Tesla et d’Ebert, sont des acheminements vers une meilleure utilisation lumineuse de l’énergie absorbée.
- (A suivre.)
- E. Bo/stel.
- INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES SUISSES
- DE GENÈVE A ZURICH (')
- Le programme du deuxième 'jour de l’excursion, non moins chargé que celui du premier. mentionnait la visite de quatre usines échelonnées dans les magnifiques gorges qui s’étendent du val de Travers au lac de Neuchâtel et au fond desquelles coule la Reuse. Aussi, dès 7 h. ih du matin, les excursionnistes gagnent— toujours sous la pluie qui n'avait pas cessé de tomber — la gare de Neuchâtel et prennent le train qui les conduit à Noiraigue, près de l’endroit où la Rcusc quitte le Val de Travers à 290 111 d'altitude au-dessus de son embouchure. Conduits par M. Thury, à Noiraigue même ils visitent la station secondaire qui dessert cette commune et fait partie des
- INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES I)U VAL I)E TRAVERS
- exécutées sous la direction de la Compagnie de l’Industrie électrique.
- R) Voir U Éclairage Electrique des 24 octobre, 28 novembre et 12 décembre, p. [45. 400 et 490.
- L'usine génératrice, située à quelques kilomètres plus loin, comprend actuellement
- 3 turbines à axe horizontal, du système Girard, alimentées par l’eau de la Reuse. Un canal d’amenée taillé dans le roc sur une longueur de 700 111 permet d’obtenir une chute de 29 m: une conduite de 1,60 m de diamètre et de 145 m de longueur conduit l’eau du sas de distribution aux turbines, provenant des ateliers Escher Wyss.
- La puissance de chacune de ces turbines est de 250 chevaux; leur vitesse de rotation est de 325 tours par minute. PaiT’intcrmc-diairc d’accouplements élastiques, système Ilaffard, elles entraînent 3 dynamos Thurv, à excitation en série donnant, à pleine charge, 65 ampères sous 2600 volts. La quantité d’eau disponible permettrait d’alimenter
- 4 groupes générateurs aussi la station a-t-elle été prévue pour 5 groupes, l’un d’eux étant destiné a servir de réserve.
- Pour la distribution, qui se fait par le système en série ou â intensité constante, les dynamos sont connectées en tension. Avec les 3 génératrices actuellement installées ou peut donc obtenir une tension de 7800 volts.
- Ce courant continu de haute tension est transmis par une ligne, double sur toute sa longueur, formée de deux lils de cuivre de 10,5 mm de diamètre, supportés par des isolateurs à double cloche de grande dimension fixés sur des poteaux. Cette ligne sert à alimenter, dans le Val de Travers, les communes de Noiraigue, Travers. Convert et Eleu-rier. La longueur du circuit est d’environ 35 km.
- Dans chacun des villages, une boucle en câble isolé de 90 mm2 de section se détache de la ligne et alimente les stations d’éclairage et les moteurs industriels.
- Dans chacune des stations d’éclairage est installé un moteur a réglage automatique'de vitesse entraînant une ou deux dynamos suivant que le réseau de distribution secondaire est à 2 ou 3 fils. En outre, comme la puissance de l’usine génératrice ne pourrait suffire quand, en hiver, l’éclairage et les moteurs
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- industriels fonctionnent simultanément, chaque station est pourvue d’une batterie d’accumulateurs, de la fabrique de Marly-lc-Grand, près Fribourg. Eu distribution se fait à 150 volts.
- Mises en service le 15 février 1896, les installations électriques du Val de Travers alimentent un nombre de lampes à incandescence ou à arc équivalant à 6000 lampes de 16 bougies, 15 moteurs représentant 15 che-\aux branchés sur les réseaux secondaires et n moteurs représentant 276 chevaux branchés sur le réseau primaire.
- L’eau qui s’écoule des turbines de l’usine génératrice du Val de Travers est conduite par un canal souterrain de quelques centaines de mètres de longueur à un réservoir alimentant
- L’USINE ÉI.ÉVATOIRE du champ du moulin
- h laquelle les excursionnistes se rendent par un sentier des plus pittoresques en partie taillé dans le roc, au-dessus du lit de la Reuse.
- Du réservoir part une conduite qui amène l’eau sous une pression de 50 m à des turbines Kscher Wyss actionnant chacune, à la vitesse de 50 tours par minute, 4 pompes à double piston et à simple effet qui envoient l’eau, provenant de sources captées dans la vallée, à une hauteur de plus de 500 m pour alimenter la Cltaux-de-Fonds, ville de plus de 30000 habitants située à 25 km de dis-
- Dans l’après-midi les excursionnistes visitent
- I.TsiNK ÉLECTRIQUE DF. COMIiE-G \ItROT
- desservant la Chaux-de-Fonds et le Locle par une distribution en série à intensité constante, exécutée, comme les installations du Val de Travers, sous la direction de l’Industrie électrique.
- Cette usine est alimentée par l’eau qui s’écoule de l’usine élévatoire du Champ-du-Moulin. Un tunnel de 1 km de longueur l’amène à un sas de distribution dans lequel la quantité d’eau disponible est partagée entre l’usine de Combe-Garrot appartenant aux communes de la Chaux-de-Fonds et du Locle et une usine encore inachevée appartenant à Neuchâtel et devant servir à une élévation d’eau de source.
- A l’usine de Combe-Garrot la chute disponible est de 80 m. Une conduite forcée de t,10 m de diamètre et de 200 111 de longueur conduit l’eau à des turbines Piccard et Pictet de 400 chevaux, à axe horizontal et pourvues d’un dispositif de réglage h servo-moteur ; l’usine est prévue pour l’installation de neuf de ces turbines.
- Chaque turbine est accouplée, par l’intermédiaire de manchons à bagues de caoutchouc, système Ilaffard, à une génératrice Thury à excitation en série donnant, à pleine charge, 150 ampères sous la tension de 1 800 volts. Ces génératrices sont connectées en série et, lorsque l’installation de l’usine sera complète, les huit génératrices en service donneront une tension de 14400 volts.
- Ce courant est transmis à la Chaux-dc-Fonds et au Locle par une ligne en boucle qui, au départ de l’usine, s’élève rapidement pour sortir des gorges et franchir, à- 770 m au-dessus de l’usine, la chaîne du Jura. Cette ligne est formée par un conducteur de 150 mm2 de section et de 48 km de longueur totale donnant, à pleine charge, une perte de 675 volts, soit 4,6 p. 100.
- Sur 10 km de longueur'à partir de l’usine, le conducteur d’aller et celui de retour sont placés sur les mêmes poteaux; l’un des conducteurs se dirige ensuite sur la Chaux-de-Fonds, puis passe” au Locle et revient au point de bifurcation.
- Cet important transport d’énergie à grande distance sert uniquement, du moins pour le moment, à l’alimentation des stations transformatrices assurant l’éclairage électrique de la Chaux-de-Fonds et du Locle.
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- L’usine de la Chaux-dc-Fonds comprend trois moteurs de 150 kilowatts et deux de 75. Deux des grands moteurs entraînent directement deux génératrices secondaires donnant un courant à 330 volts et reliées aux fils extrêmes du réseau d’éclairage à trois fils; les moteurs de 75 kilowatts actionnent chacun deux génératrices secondaires à 155 volts servant à équilibrer le réseau. Le troisième moteur de 150 kilowatts fait tourner un dynamo à 500 volts devant servir h alimenter une ligne de tramways actuellement en construction.
- La station transformatrice du Locle ne comprend qu’un seul groupe de 150 kilowatts composéjd’unj moteur série etde deux1 génératrices secondaires h 165 volts, connectées avec le réseau d’éclairage à trois fils installé en 1890 et alimenté jusqu’à l’année dernière par une station hj'draulique. La création de cette station transformatrice a été imposée par le développement inattendu de la consommation de l’énergie électrique dans cette ville de 12 000 habitants qui possède actuellement 4000 lampes représentant 40000 bougies et 31 moteurs électriques d’une puissance totale de 56 chevaux.
- Après la visite de l’usine de Combes-Garrot, les excursionnistes, toujours descendant le cours de la Reuse, parviennent à
- qui utilise l’eau de l’usine précédente avec une chute de 56 m pour fournir à Neuchâtel l’éclairage et l'énergie motrice.
- La partie hydraulique, exécutée par la maison Piccard et Pictet, de Genève, diffère peu de celle de l’usine de Combe-Garrot. Ce sont encore des turbines à axe horizontal, pourvues d’un régulateur à servo-moteur ; cinq de ces turbines sont actuellement en fonction, mais l’usine est prévue pour neuf; leur puissance est de 300 chevaux.
- La partie électrique, confiée à la maison Alioth, est au contraire complètement diffé-
- rente. Elle comprend 5 alternateurs accouplés directement aux turbines: deux d’entre eux donnent un courant alternatif simple à la tension de 4 000 volts destiné à transmettre à Neuchâtel l’énergie nécessaire à l’éclairage: deux autres donnent des courants triphasés destinés à la transmission de la force motrice: enfin le cinquième, qui sert de réserve, possède un inducteur de rechange qui permet de lui faire donner à volonté du courant monophasé ou triphasé.
- La ligne aérienne a une longueur de 9,5 km environ. Elle est formée de 7 câbles, dont 3 pour le réseau triphasé, supportés par des poteaux de 12 à 15 111 de hauteur et espacés de 35 à 42 m.
- A l’extrémité de cette ligne, se trouve une tourelle de distribution d’où partent 5 câbles h 2 conducteurs concentriques pour les courants monophasés et 2 câbles à 3 conducteurs parallèles pour les courants triphasés; la longueur totale des premiers est de 5,5 km environ, celle des seconds de 3,5 km.
- Vingt-deux stations transformatrices, la plupart constituées par d’élégantes tourelles placées sur les trottoirs et surmontées d’une lampe à arc, assurent ralimeutation des lignes secondaires, d’éclairage, généralement aériennes et fonctionnant sous une tension de 120 volts.
- Le service de la transniission’de force étant jusqu’ici peu développé, le nombre des transformateurs triphasés est encore très restreint; quelques-uns ont été placés dans les tourelles renfermant les transformateurs mono-phases.
- Le courant d’éclairage se règle tous les six mois, d’après les indications d’un compteur horaire. Les 125 premières heures multipliées par le nombre de bougies de l'installation complète forment la taxe minima, à raison de 0,24 fr la bougie-heure ; les 125 heures suivantes coûtent 0,20 fr, les 250 suivantes 0,18 fr et le surplus 0,15 fr. la bougie-heure.
- Pour la force motrice, le cheval-an de 3 300 heures est payé suivant un tarif décroissant, de 400 fr par cheval pour les moteurs de
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- REVUE
- D’ELECTRICITE
- i/'io de cheval, à 164 fr pour ceux de qoche-
- on peut utiliser les moteurs pendant 23 heures par jour; les moteurs brandies sur les circuits à cpurants monophasés jouissent d’une détaxe de 40 p. 100 s’ils ne marchent que lorsqu’il fait jour.
- Cette installation, inaugurée le ior janvier de cette année, a coûté 1600000 fr pour 1 200 chevaux absorbés par les quatre groupes générateurs en service, soit 1 330 fr par cheval ; en comptant sur un rendement global de 68,5 p. 100 de l’installation, le prix de revient du cheval effectif, à vendre, est donc de 1 944 fr.
- Comme le faisait remarquer M. Roger Chavannes dans son étude de cette installation, ce prix de revient est élevé et pour permettre de vendre l’énergie a des tarifs suffisamment bas, il a fallu admettre un amortissement moyen de 30 ans.
- Après la visite de cette usine, il ne restait plus aux excursionnistes qu’à regagner Neuchâtel d’où ils partaient le soir même pour sc rendre à Berne.
- (,1 suivre.)
- .1. Bt.onvun.
- REVUE INDUSTRIELLE ET DES INVENTIONS
- Pile Sicard et Falle
- Dans cette pile, le vase extérieur à section carrée ou circulaire, est en zinc et constitue l’électrode négative de l’élément. Suivant l’axe est disposé un aggloméré de charbon contenant de l’alun, de l’acide sulfurique et du bichromate de potassium et qui forme l’électrode positive. Cette électrode est maintenue en place par un disque de matière isolante fixé un peu au-dessous du bord du vase de zinc de manière à former avec les parois de celui-ci une sorte de -cuvette dont le fond est
- percé de deux trous, ce qui facilite l’introduction de l’électrolyte liquide entre les électrodes. Cet électrolyte est une dissolution de chlorure de sodium contenant environ 80 gr de sel par litre.
- La force électromotrice de cet élément est de 2,03 volt. Son débit en circuit fermé est au début, ou plus exactement dès que l’agglo-
- l:ig. 1. — Courbe de débit de la pile Sicard
- méré de charbon est bien imbibé, d’environ 160 milliampères. La courbe de la figure 1, qui résulte des mesures faites au laboratoire central, montre que l’intensité, après avoir rapidement descendu vers 65 milliampères, diminue ensuite lentement et est de 25 milliampères au bout de 13 jours. Sept jours plus tard, c’est-à-dire après 20 jours de court-circuit, le débit est encore de 20 milliampères.
- Cette pile convient parfaitement pour actionner les sonneries électriques. Sa force électromotrice élevée permet en effet de prendre un moins grand nombre d’éléments et la suppression du vase de verre rend b pile moins fragile. E11 outre, les sels grimpants-se trouvant évités, les contacts se conservent en bon état. J. R.
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- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Interrupteur thermique Iglesias.
- Cet appareil, basé sur la loi de Joule, s’intercale dans le circuit des lampes d'une installation privée et peut rendre quelques services aux compagnies d’électricité surtout dans le cas de la vente h forfait du courant.
- Fig. i. — Thermo-limitateur Iglesias. Schéma des circuits.
- pivoté en c; un plot surmonté d’une pointe en charbon extra-dur établit le contât avec un disque isolant <?, recouvert à sa partie inférieure d’une feuille d’étain. Pin marche normale la tension de a est réglée de façon à ce que la pointe de d soit en contact parfait avec e; la continuité du circuit est assurée par la feuille d’étain, mais si on ajoute une lampe supplémentaire, l’intensité du courant devenant plus forte, a se dilate et la pointe se sépare du disque en formant un arc qui fond le papier d’étain et qui par suite coupe le circuit. On le rétablit d’ailleurs facilement en changeant la position du disque à l’aide de la manivelle/-. Dans la figure 2 qui représente l’appareil monté, la manivelle est remplacée par une roue dentée c commandée par une vis sans tin B traversant le couvercle qui recouvre le tout. Ce dernier est plombé pour éviter toute fraude. L. 1).
- Construit pour un nombre déterminé de lampes il empêche, sous peine de causer une extinction générale, d’alimenter un nombre de lampes plus grand. Le schéma de la figure 1 indique son fonctionnement,à lafois simple et
- Fig. 2. — Thermo-limitateur Iglesias. Appareil monte.
- ingénieux. L’appareil est monté en série avec les lampes ; le fil de réglage ab, de section et de longueur déterminées, est tendu entre une vis réglable T et l’extrémité b d’un levier coudé et
- Moteur électrique pour pompe centrifuge ;
- Par E. Scott et Mountain C'i
- Il est certain que, les applications des moteurs électriques se développant, on créera de plus en plus des types spéciaux de forme appropriée pour chaque cas particulier. La figure ci-jointe que nous empruntons à notre excellent confrère Engineering- est un exemple de cette pratique. Il a été construit pour entraîner une pompe centrifuge employée à la vidange d’un grand dock flottant. Comme on voit, l’arbre de l’armature est placé verticalement; il est muni, à sa partie inférieure, d’un manchon d’accouplement qui sert à le relier a l’arbre de la pompe. Les inducteurs sont boulonnés sur de forts montants en fonte de fer qui supportent aussi les paliers de l’arbre de l’armature. Le commutateur est placé à la partie supérieure de ce dernier, où il est facilement accessible.
- {l) Engineering, 30 octobre 1896, p. 547-1
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- La vitesse angulaire est de 350 tours par
- minute et la puissance effective de 60 chevaux. G. P.
- Actions mutuelles des lignes téléphoniques, d’après la théorie de Müller.
- Par A. Wii.ke (>'
- D’après Millier la cause principale des perturbations qui se produisent dans les transmissions téléphoniques doit être cherchée dans les défauts d’isolement. Les isolateurs de porcelaine, toujours recouverts de poussière et d’humidité, les poteaux qui réunissent ces isolateurs forment autant de dérivations pour les courants téléphoniques. On sait déjà que la résistance d’isolement d’une ligne est extrêmement variable et par les temps humides tombe parfois assez bas pour empêcher les transmissions télégraphiques.
- Une série d’expériences permet du reste d’affirmer que ces défauts d’isolement sufli-
- (') Extrait d’une brochure de l’auteur, Lcmer, éditeur, Leipzig, 1896.
- sent pour donner passage à des courants qui sont susceptibles de produire la transmission.
- D’une manière générale, ces expériences consistent à former une ligne téléphonique avec lil de retour et à interrompre la ligne, entre le transmetteur et le récepteur tant sur le fil d’aller que sur le fil de retour. Malgré ces interruptions on obtient dans la plupart des cas la transmission. Cette transmission peut évidemment provenir soit d’une conduction à travers le bois ou la porcelaine sur lesquels reposent les extrémités des fils interrompus , soit seulement d’un phénomène d’influence électrostatique entre ces extrémités. On distinguera facilement les deux
- continu, s’il y a conduction, un galvanomètre intercalé sur la ligne éprouvera une déviation; s’il y a seulement influence électrostatique, le galvanomètre restera en repos, sinon au moment de l’ouverture ou de la fermeture
- On reconnaît ainsi qu’en reliant les extrémités des fils à des bornes plantées dans une planche de bois, ou à des vis enfoncées dans des morceaux de poteaux, on obtient une transmission très nette, dès que le'bois est mouillé. De même si les quatre fils sont fixés au bord d’une assiette en porcelaine, dès qu’on mouille la porcelaine. Il est bien entendu que, dans ces expériences, les fils sont disposés de manière à ne pas exercer l’un sur l’autre d’induction électrodvnamique.
- On peut encore faire aboutir les fils (fig. i'; à quatre isolateurs fixés à un même morceau de poteau ; quand le bois est sec rien ne passe, mais quand le bois est humide ou que les supports des isolateurs sont reliés entre eux par. des fils de cuivre I à II et III à IV; la transmission se produit.
- Il semble qu’il y ait là principalement un phénomène électrostatique d’influence entre le iîl porté par l’isolateur et le support métallique de celui-ci. En fait, la transmission est plutôt affaiblie quand le fil au lieu d’être relie à un second isolateur est enroulé sur la partie inférieure de la meme cloche, et cepen-
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- dant la résistance'an passage du courant est ainsi bien diminuée. Enfin la transmission subsiste quand on relie l’une des extrémités de chaque fil k une tige de laiton et que
- l’autre se termine par une boucle recouverte de gutta-pcrcha, qu’on enfile sur la tige.
- De plus la netteté de la transmission augmente avec le nombre des isolateurs; on le prouve en reliant ensemble par un même fil, d’une part les cloches des isolateurs, d’autre part leurs supports et faisant aboutir les deux li 1 s au récepteur, la transmission est alors très nette. En réalité, ces conditions sont analogues a celles qui se trouvent exister dans deux lignes voisines tendues sur les mêmes poteaux; lorsque ceux-ci sont humides, les supports des isolateurs sont réunis par le bois des poteaux et l’énergie électrique passe d’une ligne h l’autre, d’où résulte un mélange entre les transmissions.
- Mais on peut aussi vérifier l’existence des
- gagner les poteaux des lignes voisines et les lignes elles-mêmes. Si, au contraire, le sol renferme une nappe d’eau assez voisine de la surface pour faire communiquer les. poteaux
- chemin et n’influent pas sur les lignes voisines. ;Cccis’applique seulement bien entendu aux extra-courants de tension élevée qui se produisent dans les lignes télégraphiques et qui influent sur les lignes téléphoniques.)
- Cette manière de voir de Müller est Justifiée par les observations, mais sa conclusion, d’après laquelle les perturbations proviendraient seulement des perles par conduction, n’est pas à l’abri de toute critique, car les observations n’excluent pas complètement les phénomènes d’influence.
- Théorie de Müller. — Voici maintenant quelques applications sur la théorie de Müller aux cas usuels :
- Influence d'une ligne simple sur une autre ligue simple. — Soient deux lignes fixées aux mêmes poteaux Rg.- 3). Nous considé-
- i' ~ .
- Fig. 2.
- courants de conduction dans les lignes avec fil de retour, comme l’a fait Müller sur la ligne de Berlin-Breslau,. en disposant sur l’une des boucles une batterie de piles et sur l’autre un galvanoscope sensible (fig. 2).
- Transmission par le sol. — Les courants s’échappant par les poteaux descendent jusqu'au sol et si celui-ci est sec, il est mauvais conducteuret les courants au lieu de pénétrer dans la terre se propagent k la surface pour-
- rons la ligne supérieure S comme la ligne perturbatrice et la ligne inférieure G comme la ligne troublée. Les deux (Ils sont reliés au
- de retour par la terre peut pénétrer dans la ligne G. Les potentiels vont en décroissant de I vers IV. Comme il est aisé de le reconnaître, le poteau II et ses isolateurs, la portion du fil G comprise entre II et III, le poteau III et scs isolateurs constituent un circuit dérivé sur la portion II-III du fil S. D’ailleurs la résistance de cette dérivation, du moment que les poteaux II et III sont voisins, est toujours très considérable vis-h-vis de celle du fil S
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- entre II et 111. Mais, abstraction faite de la grandeur des phénomènes, il est certain qu’un courant traversera cette dérivation et un téléphone inséré sur le fil G entre II et 111 permettra d’entendre la conversation transmise par S.
- C’est là sous sa forme la plus simple l’idée de la théorie de Müllcr. Reste à savoir si ces courants de dérivation ont une intensité suffisante pour jouer le rôle qui leur est ainsi attribué. L’expérience seule peut répondre cette question, mais il faut remarquer déjà que les résistances d'isolement d’une ligne aérienne en service depuis un certain temps sont notablement inférieures à celles qu’on mesure dans le laboratoire sur les isolateurs neufs et secs. Par les temps humides, elles s’abaissent jusqu’à des valeurs qui ne sont pas éloignées de la résistance de la ligne elle-même.
- Influence d'une ligne simple sur une ligue double. —Soient S la ligne simple. G, et G,
- les fils d’aller et de retour de la ligne double, située au-dessus de la première (lig. 4). Le courant qui est lancé dans S se dérive en partie sur le poteau I et de là aux isolateurs qui portent les fils G, et Ga. Si la résistance des deux isolateurs est la même, il faut tenir compte seulement de la résistance superficielle du poteau entre Gt et G., pour calculer la fraction de courant qui arrivera à G,. De toutes manières la différence de potentiel entre l’isolateur et le fil de ligne sera plus grande en Gj qu’en Gâ. Le fil G, recevra donc j
- une plus grande partie du courant que le fil G.,: d’ailleurs la résistance que rencontre aux autres poteaux le courant qui revient de G, vers S, est plus petite que pour celui qui revient de G*. ce qui favorise encore le premier fil. Par conséquent, si nous considérons deux couples de points correspondants a, a', fi, fi' sur les deux fils (fig. 5), la différence de
- lÿ ‘ l pt|]
- potentiel qui tend à provoquer le courant dérivé est plus grande en a qu’erra', plus petite en fi qu’en fi'. Il en résulte qu’un courant ira de a en d par T et de fi' en fi par T'; autrement dit, les courants perdus par S et arrivant à Gi prennent G, comme un chemin dérivé. A cause de ces dérivations réparties d’une manière dissymétrique, les appareils placés aux extrémités de G., seront traversés par ces courants parasites et il y aura mélange entre les deux lignes.
- Influence d‘une ligne double sur une autre ligne double.— Les perturbations s’expliquent
- Fig. 6.
- à peu près comme dans le cas précédent : soient S la ligne perturbatrice et G la ligne troublée ifig. 6\ Les courants perdus par les isolateurs de la ligne S, se, propagent par la surface des poteaux jusqu’à la deuxième ligne. Seulement la différence de potentiel au pointC
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- plus rapproché de S, entre l’isolateur et la ligne, est plus grande qu’au point 1). Pour des raisons analogues, cette différence est plus grande en C' qu’en IV. Finalement, comme les courants dérives entre A7 et B’ sont moindres qu’entre A et B, parce que la différence de potentiel est moindre entre A' et B' qu’entre A et B, le point C a un potentiel moins élevé que celui de D'. Conclusion : entre ces points sc produiront des courants qui traverseront les appareils téléphoniques.
- Influence de la dissymétrie. — En résumé de ce qui précède, on voit que les perturbations peuvent s’expliquer par la dissymétrie des courants dérivés sur les poteaux par défaut d’isolement. Or il est aisé de démontrer que sur un circuit dans lequel arrivent en divers points un nombre quelconque de cou-
- toujours au moins deux points qui ne sont traverses par aucun courant. En particulier, dans le cas des lignes téléphoniques, si le 11! d’aller est en toutes choses symétrique du fil de retour et que les résistances d’isolement soient les mêmes sur les deux, ces points neutres se trouveront aux extrémités des fils et les appareils téléphoniques placés en ces points n’éprouveront aucune perturbation du chef des courants dérivés.
- Ce sont ces conditions de symétrie que Muller cherche à réaliser dans son système de protection. M. 1,.
- REVUE UES SOCIÉTÉS SAVANTES PUBLICATIONS SCIENTIFIQUES
- Sur la propriété de décharger les conducteurs électrisés, communiquée aux gaz par les rayons X, par les flammes et par les étincelles électriques.
- « Une communication récemment adressée
- à l’Académie par M. Ed. Branly contient cette phrase: ;< Dans une note insérée dans les » Comptes rendus du 4 avril 1892, j’ai fait » connaître quelques-uns des résultats énon-» cés par M. Villari dans sa communication » du 19 octobre 1896 », et il transcrit un passage de sa note, dans lequel les faits qu’il dit avoir observés avant moi sont marques en caractères italiques. Je déclare, avant tout, que j’ignorais complètement l’ancienne note de M. Branly. Quant à la réclamation de priorité, voici ce qu’il me parait juste de faire observer :
- » Dans sa note de 1892, M. Branly dit que:
- « Les gaz de la flamme, aspirés, refroidis » et lances sur les disques électrisés, déter-» minent une vive déperdition. »
- • » Dans ma note, à laquelle sc rapporte M. Branly, je dis :
- « On sait que les produits de combustion des llammes déchargent rapidement les conducteurs. Dans une note récente, j’ai démontré que cette propriété diminue un peu quand ces produits sont refroidis par un réfrigé-
- » Evidemment cet effet du refroidissement, découvert par moi sur les produits de la combustion, n’est point indiqué par M. Branly. Il ajoute que les gaz chauds qui s’élèvent des étincelles d’une petite machine électrique ou d’un inducteur déterminent une déperdition de décharges positives, de même que de décharges négatives. Mes recherches, faites h cet égard, sont differentes par la manière d’expérimenter, par les résultats obtenus, beaucoup plus généraux, et par le but auquel elles tendaient : je reconnais neanmoins que le fait premier, de l’action des étincelles de communiquer à l’air la propriété de décharger, a été observé par M. Branly avant moi. Je l’ai noté, non seulement dans l’air, mais aussi dans l’hydrogène, dans l’oxygène, dans
- y Comptes rendus, t. CXXIII, p. 643, L'Éclairage Électrique, t. IX, p. 282, 7 novembre 1896.
- T Comptes rendus, t. CXXIII, p. 993, séance du 7 décembre.
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- le gaz d'éclairage, et dans l’anhydride carbonique (*).
- » Enfin. Al. Branly termine sa note par ces mots :
- « On voit que les étincelles électriques ne jouent pas le rôle spécial que AI. Villari paraît disposé a leur attribuer. »
- » Je fais observer que, dans ma note citée par AI. Branly, je n’ai attribué aucun rôle spécial aux étincelles. J’ai seulement dit ;
- « Les-étincelles, lorsqu’elles traversent les gaz que j’ai employés les rendent aptes à déperdre l’électricité » et « cette propriété ne peut être attribuée au réchauffement produit par les étincelles dans les g a- : d’une part, elles ne l'échauffent que peu; d’autre part, la colonne gazeuse chauffée fortement au moyen d’une flamme, mais non activée par les étincelles. ne décharge pas l’électroscope. »
- » Peut-être le premier paragraphe que je viens-de citer et qui est imprimé eu italiques, n’est-il pas très clair, parce qu’il est écrit dans une langue qui n’est point la mienne, et peut-être a-t-il pu induire AI. Branly en erreur; mais le reste du paragraphe me semble, si je ne me trompe, assez clair; lorsqu’il dit que l’activité Je décharger, communiquée aux gaz par les étincelles, ne peut être attribuée à la chaleur produite dans le gaz par les étincelles elles-mêmes.
- » Par ces mots, je n’ai certes pas voulu attribuer le phénomène à une propriété spécifique des étincelles, plutôt qu’a l’effet d'une température élevée. Toutefois, en faisant les plus amples réserves, je serais disposé à supposer, ainsi que j’en ai déjà fait mention dans ma seconde note insérée dans le meme n" 16 des Comptes rendus, que les gaz acquièrent la propriété de décharger les conduc-
- teurs par une dissociation spéciale de leurs molécules, dissociation que les rayons X produiraient peut-être, par une propriété qui leur serait spécifique, les flammes et les corps incandescents par leur température élevée. Les étincelles agiraient, non pas parce qu'elles réchauffent les gaz, mais peut être par l'effet du réchauffement des électrodes, plus probablement que par la température propre aux étincelles mêmes; mais cette interprétation a besoin d’être confirmée par l'expérience. »
- Analyse du cuivre industriel par voie électrolytique;
- Par A. Homard (')
- « En raison du grand nombre d’analyses que j’ai faites, comme chef du laboratoire central de la Compagnie française des Alétaux, sur des cuivres industriels de toute provenance, je suis arrivée élablirune méthode d’analyses sûre et complète, permettant de doser avec exactitude, grâce aux procédés électrolytiques, la teneur en cuivre ainsi que les quantités les plus minimes des impuretés qui accompagnent ce métal, cuivre, arsenic, antimoine, nickel, cobalt, fer, argent, plomb. soufreÇ1).
- » Appareils d’électrolj'se.— Nos électrodes se composent d’un tronc de cône en platine et d’une spirale du même métal Axée sur un pied [faikonê- elles pèsent chacune 20 gr environ. Le tronc de cône est formé d’une feuille de platine pur à bords réunis par une soudure autogène (diamètre supérieur 18 mm, diamètre inférieur45 mm, génératrice 63 mm;. Une tige en platine dur est soudée à l’or sur le tronc de cône. Les vases contenant les électrolytes sont des verres de Bohème cylindri-
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- ques ordinaires de 6,5 cm environ de diamètre inférieur.
- » Pratique DR i.’axaly-se. — Dosage du Cliî-vve [ékctrolj'se en sohilion acide). — O11 pèse Jo gr de cuivre en copeaux brillants, débarrassés par l’aimant des parcelles de fer provenant de l’outil. Ces copeaux sont introduits dans un verre de Bohème de 300 à 400 cm2. On verse dans celui-ci 15 cm3 d’acide sulfurique, puis 40 cm3 d’acide nitrique à 36nB, après avoir tout d’abord immergé les morceaux de cuivre dans une quantité d’eau suffisante pour que l’attaque soit très modérée \ Le vase est-alors recouvert d’un entonnoir dont les bords reposent à l’intérieur de ceux du verre et forment ainsi une petite gouttière dans laquelle quelques gouttes d’eau font joint hydraulique parfait. On ne chaufle que très doucement et vers la tin de l’attaque seulement. La dissolution est complète pour un cuivre affiné ; les cuivres non affinés laissent du soufre.
- » Quelques cuivres bruts, riches en antimoine, peuvent laisser un résidu formé de composés oxygénés d’antimoine, S’il est peu considérable, il 11e nuit pas au dépôt électrolytique du cuivre et on le laisse dans la liqueur: s’il est abondant, on le sépare par le filtre, on le dissout dans de l’eau régale, riche en acide nitrique: la solution est évaporée à sec ; le produit qui reste est repris par de l’acide chlorhydrique additionné d’acide tartrique et d’eau, et cette nouvelle -solution est ajoutée à la liqueur obtenue ultérieurement et de laquelle on précipitera l'antimoine par l’hydrogène sulfuré.
- » Quant à la dissolution du cuivre, elle est étendue à 350 cm8 environ, On y plonge les électrodes deplatinecommuniquant, la spi-
- i.'j Si l’on désire peser, au début de l’analyse, des quantités de cuivre différentes de 10 gr. 011 se basera sur le tableau suivant :
- 35 » 60 v
- raie avec le pôle + et le cône avec le pôle — d’une batterie. La distance qui sépare le bord inférieur du cône du pied de la spirale doit être de 6mm environ (').
- » Le cône doit plonger complètement dans la dissolution et son sommet se trouver à 1 cm ou 2 cm au-dessous du niveau du liquide. Le vase doit être couvert.
- » O11 soumet la dissolution à l’action d’un courant d’une intensité de 0,30 ampère.
- » Lorsque la solution est décolorée, on s’assure qu’elle ne contient plus de cuivre en prélevant avec une pipette, quelques centimètres cubes, les introduisant dans un petit-tube à essai et les saturant d’ammoniaque. Si le tube ne présente pas la moindre coloration bleue, l’électroh'sc du cuivre est terminée ou près de l’ètrc’ffi; on laisse passer le courant encore quelques heures.
- » L’électrolyse complète du cuivre, dans les conditions que nous venons d’indiquer, demande de deux à trois jours : elle fournit un dépôt très adhérent, à surface lisse, d’une belle couleur rosée.
- » Sans interrompre le courant, on retire rapidement le cône et la spirale du liquide : on les plonge successivement dans deux vases d’eau distillée : on détache le cône et la spirale de leur support ; on retire Je cône de l’eau distillée pour le plonger dans de t’alcool concentré, et on le porte mouillé d’alcool dans une étuve où il est chauffé à 90° pendant dix minutes environ: enfin on le pèse.
- » Le poids trouvé, diminué de celui du cône, représente le poids du cuivre plus celui de Y argent. L’argent se dépose en effet intégralement avec le cuivre en solution iiitro-
- 'ffi Si la quantité de cuivre pesée au début est ^inférieure à
- à 10 gr, sans dépasser toutefois 10111m.
- (2) Cette réaction 11'est pas aussi sensible qu’on pourrait le croire. Ainsi avec une solution soumise à l’électrolyse, occupant »n volume de 350 cc et contenant une quantité de cuivre inférieure à 0,017 gr, on 11e perçoit plus aucune coloration en prélevant avec la pipette 3,5 cc du liquide et en le
- l’électrolyte, consument la quantité mimma que l’on puisse
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- sulfurique. On déduira donc du poids du cuivre- le poids de l’argent déterminé ultérieurement. Si le cuivre à analvser contient du plomb, une partie seulement de celui-ci s’est déposé sur la spirale à l’état de bioxyde, le reste du plomb est resté dans la liqueur.
- » Dans une prochaine note nous dirons comment on peut doser avec une grande exactitude les impuretés métalliques ou mé-talloïdiqucs du cuivre industriel. »
- Dispersion anomale des ondes électriques dans les liquides;
- Par P. Drude (‘j.
- Dans un mémoire précédent qui a été analysé dans ce journal (P, M. Drude concluait
- Fi-
- rupLions peut être réglée par des vis micrométriques. — Les dimensions qui viennent d’être indiquées se rapportent au plus petit des deux appareils; un autre a été construit sur le même plan, seulement les deux pièces de l’excitateur formaient un cercle de 15 cm de diamètre.
- Très près de l’excitateur (à 1 ni ni de dia-tance) se trouve un fil de cuivre de 1 mm de diamètre enroulé en cercle et qui se prolonge par deux fils parallèles DD dont les axes sont distants de 1,8 cm. Ces deux derniers fils sont maintenus fixes et parallèles par des vis de serrage fixées à deux supports d’ébonite H et H'. A environ 10 cm de l’excitateur un pont B,, réunit les deux fils I) et 1)'; ce pont reste immobile tandis qu’on en déplace un autre B2, le long de D IV. On
- p) IFied. Ann., t. LVJIÏ, p. 91.
- (s) UÉclairage likctrique, t. IV, p. 562.
- à l’existence probable d’une dispersion anomale de certains liquides pour les ondes électriques. Des expériences plus complètes ont en effet vérifié ces prévisions.
- La disposition générale de l’appareil est représentée par la figure 1. En E se trouve l’excitateur formé de deux fils de cuivre, avant 3 mm de diamètre et courbés de manière à faire un cercle interrompu de 5 cm de diamètre. A leurs extrémités sont fixées des boules de laiton de 5 mm de diamètre entre lesquelles jaillissent les étincelles d’une bobine d’induction J; l’une des boules est reliée métalliqucment à l’un des pôles de la bobine; sur le trajet de l’autre communication se trouve un autre interrupteur à étincelles plus petit. La longueur des deux inter-
- reconnaît la position des nœuds et des ventres en observant le tube de Zehnder placé en Z. Les électrodes de ce tube de Zehnder peuvent être réunies par un fil de cuivre avant soit 14,5 cm, soit 70 cm de longueur et le tube
- petit, soit avec le plus grand des excitateurs. If excitateur et le fil qui l’entoure sont plongés dans le pétrole. Les fils D et D' peuvent être prolongés par un système de fils tendus dans l’air, ou dans une cuve qui renferme le liquide étudié; cette cuve présente intérieurement les dimensions suivantes: 31 cm de longueur, 12 de largeur et 10 de profondeur: la largeur serait d’ailleurs réduite à 3 cm qu’il n’y aurait pas encore dé perturbation due aux parois.
- Le pont B2 est déplacé à la main quand il s’agit de faire les mesures dans l’air parce que les déplacements sont alors relativement considérables. Mais à l’intérieur des liquides,
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- la distance des nœuds est beaucoup plus faible et il est important que le pont reste bien parallèle à lui-même. Pour ces expériences, on su.spend au milieu du pont, par un ûl de soie, une balle de plomb dont le poids l’appuie sur les (ils ; de plus le pont est pris entre les branches d’une double fourchette qui ne lui permet que des mouvements verticaux : cette fourchette est supportée par une tige adaptée à un chariot qui se déplace sur des rails horizontaux : ces rails portent une division en millimètres.
- L’observation peut être faite de deux manières : i" avec le tube de Zehnder; on détermine les positions du pont pour lesquelles le tube commence à s’illuminer; la moyenne entre deux positions consécutives, pourvu qu’elles ne soient pas trop éloignées, correspond à la position du nœud (le nœud étant la place du pont qui donne le maximum d’éclat du tube). Il est encore plus commode et plus précis de déterminer les positions du pont pour lesquelles la lumière du tube passe d’une intensité médiocre à un grand éclat et inversement; ces points de passage sont peu distants (2 cm au plus pour une demi-longueur d’onde égale à 35 cm dans l’air) et leur détermination expérimentale est nette et commode. Lorsque les ondes sont très courtes comme dans certains liquides, il est encore possible de déterminer la position des ventres relativement aux nœuds en prenant la moyenne des deux positions du pont, pour lesquelles le tube Z commence à s’illuminer et qui sont très voisines; si l’amortissement est considérable, on peut déterminer les positions de passage comme il a été dit.
- Quand les mesures ont été faites dans l’air, 011 enlève le prolongement des tils et 011 y substitue la cuve à liquide: les nœuds et les ventres sont déterminés h l'intérieur du liquide, en déplaçant le pont d’abord dans un sens puis dans l’autre, symétriquement par rapport au temps et 011 observe la température du liquide. Ensuite on détermine de nouveau la longueur d’onde dans l’air. Généralement on trouve une valeur un peu
- différente de la première sans doute à cause de la légère élévation de température subie par le bain de pétrole dans lequel est plongé l’excitateur.
- On évalue l'absorption des ondes dans le liquide en cherchant combien 011 peut reconnaître d’ondes stationnaires le long du fil, car l’intensité lumineuse du tube Z correspondant aux nœuds diminue h mesure que le pont s’éloigne de l’entrée de la cuve et diminue d’autant plus que le liquide est plus absorbant; au contraire l’intensité correspondant aux. ventres augmente : il arrive donc un moment où la luminescence du tube ne permet plus de distinguer les nœuds des ventres.
- L’eau distillée et meme l’eau des conduites ne possèdent pas de pouvoir absorbant sensible. Les solutions salines se comportent comme il était à prévoir; les corps dissous n’influent pas sur la constante diélectrique, mais seulement sur le pouvoir absorbant, par suite de la conductibilité qu’ils communiquent à l’eau. Il n’en est pas de même pour les alcools. On détermine alors leur absorption d’après certaines règles théoriques en cherchant la conductibilité d’une solution aqueuse qui produit la même absorption. Grâce à la rapidité des oscillations, on obtient encore le premier nœud dans une solution de sulfate de cuivre dont la conductibilité atteint 38000 io-10 (la conductibilité du mercure étant prise pour unité:.
- 2° Au lieu de considérer l’intensité lumineuse du tube, on peut mesurer sa résistance pour déterminer les variations de la force électrique quand on déplace le pont Bâ le long des fils. Comme cette résistance est très élevée, on la mesure parla méthode électrométrique. Cette méthode a été employée pour l’eau, pour les dissolutions de sulfate de cuivre et de chlorure de .sodium, et la glycérine; elle est à la fois plus longue et moins exacte que la précédente.
- Résultats. — L’indice de l’eau distillée a été trouvé 8,95 à 17°, et 9,07 à n°,7 pour les
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- ondes du petit excitateur, 9,03 à n°,6 pour les ondes du grand excitateur; l’absorption est insensible. Les valeurs de coïncident avec les valeurs que différents observateurs ont trouvé pour le pouvoir diélectrique dans des champs variant plus lentement.
- La glycérine présente un pouvoir absorbant considérable et une dispersion anomale.
- L’alcool méthylique, l’éther, le benzène ne produisent pas d’absorption sensible.
- Au contraire, l’alcool éthylique, l’alcool amylique, l’acide acétique, l’aniline ont un pouvoir absorbant notable, joint à la dispersion anomale.
- Le tableau ci-dessous donne les valeurs trouvées pour l’indice :
- Glycérine.......... 5,04
- Alcool méthylique. . 5,76
- — éthylique. . . 4,80
- — amylique. . . 2,34
- Acide acétique . . . 2,51
- Aniline............ 2,67
- Éther.............. 2,10
- Benzène............ i>5°4
- M
- Arc électrique jaillissant entro des électrodes, de mercure, d’amalgames ou d’alliages ;
- Par f.. Arons(').
- Les dispositions essentielles de l’appareil construit par M. Arons pour produire l’arc électrique entre des électrodes de mercure sont représentées par la figure 1.
- La petite branche du tube en U, renferme l’électrode de mercure fixe : clic reçoit le courant par un fil de platine pi traversant le
- L’autre branche de ce tube H, qui a environ 1 m de longueur, est soudée par son extrémité inférieure à un tube plus étroit g. et reliée à un réservoir de mercure Q, par un tube de caoutchouc ; sur le trajet se trouve une ampoule T à trois tubulures ; cette partie de l’appareil permet de chasser par le tube h
- les bulles d’air qui auraient pu pénétrer accidentellement dans l’intérieur; le fil de platine met le mercure de la longue branche en communication avec l’autre pôle de la source d’électricité.
- B est un réservoir à eau dont un prolongement G recouvre le tube H et qui sert à maintenir ce tube à une température connue.
- Les expériences faites avec le courant du réseau urbain (105 à 110 volts) ont donné les résultats suivants :
- Entre 5 et 9 ampères, la chute de potentiel entre les électrodes est indépendante de l’intensité. l’arc est d’autant plus instable qu’il est plus long.
- Si on allonge l’arc, en maintenant l’intensité constante, on peut l’amener de 10 cm à 60 cm sans qu’il s’éteigne, mais la différence de potentiel augmente à peu près proportionnellement à l’accroissement de longueur de l’arc. L’accroissement est d’environ 0,67 volt par cm de longueur, quand l’intensité est maintenue à 6,6 ampères.
- Ce nombre est beaucoup plus petit que ceux trouvés précédemment par M. Luggin et M. Lecher pour d’autres métaux que le
- 6,24
- 4,92
- 3^3
- 2,66
- (') IVied Ann., t. LVIII, p. 73.
- mercure
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- Si on calcule d’après ces résultats la conductibilité de la vapeur de mercure, on trouve un nombre beaucoup trop élevé. Ce calcul est inacceptable ; du reste, comme on l’a dit plus haut, la chute de potentiel ne dépend pas de l’intensité dans des limites assez larges; elle n’est pas due exclusivement à la résistance de l’arc, il est plutôt probable que l’électricité qui traverse le tube se transmet à la faveur d’une dissociation qu’elle provoque dans l’atmosphère du tube.
- Les circonstances qui jouent le rôle principal dans les phénomènes sont d’une part la température très élevée de la vapeur, d’autre part sa faible capacité calorifique qui la rendent très sensible à l’inlluence de la température extérieure. Aussi les phénomènes sont surtout réguliers quand la température de l’eau dans le réservoir B est maintenue constante.
- Cependant les chutes de potentiel observées entre des électrodes parasites variaient assez irrégulièrement; leurs valeurs étaient au contraire très constantes quand on les prenait entre une électrode parasite et l’électrode de mercure; les nombres trouvés sont alors du même ordre de grandeur que ceux de Luggin et de Lecher.
- Quand les électrodes sont rapprochées, la chute de potentiel ne dépend pas de la température de l’enceinte; mais si elles sont notablement écartées, la chute de potentiel diminue à mesure que la température de l’enceinte s’élève. L’auteur avait pensé que cette variation tenait à la différence de température existant entre les régions axiales du tube et les régions voisines des parois ; mais les expériences faites avec des tubes de divers diamètres n’ont pas justifié cette explication.
- En résumé, il ne semble pas qu’il y ait lieu de parler de résistance de l’arc au sens de la loi d’Ohm.
- La température de l’arc est excessivement élevée : les électrodes parasites en platine, employées dans quelques-unes des expériences, s’étaient infléchies et l’extrémité en était fondue ; cependant le platine n’était pas amal-
- gamé. Un thermomètre placé dans le tube, le réservoir presque au contactdc l’anode en mercure, a atteint 515", au contact de la cathode 380°, quand l’intensité du courant était 5,5 ampères. La température est donc supérieure à la température d’ébullition du mercure sous la pression atmosphérique. Ce fait n’est pas non plus nouveau, car AI. Viollc a fait remarquer déjà que l’arc électrique jaillissant entre une électrode de zinc et un filament de charbon porte ce dernier à une température certainement supérieure à la température d’ébullition du zinc. Les formules donnéespat'Warburgpour la température du gaz dans les tubes de Geissler conduisent à des nombres qui ne sont pas en désaccord avec ces faits.
- 11 peut sembler étrange que la température de la vapeur étant aussi élevée, de petites variations dans la température de l’enceinte aient autant d’influence. Alais il faut considérer que le mercure est à l’état de vapeur saturée, toujours en contact avec un excès de liquide et par suite très sensible aux variations de température. En fait, l’expérience montre que la température de l’enceinte ne peut dépasser une certaine limite sans que l’arc s’éteigne; par exemple, un arc à 3 ampères s’éteint quand la température extérieure atteint 165°; la chute de potentiel qui était au début de 15 volts est alors montée à 24, il semble qu’une partie de la vapeur soit seule utilisée pour le passage du courant; l’autre portion se comportant comme un gaz étranger et diminuant la section du passage offert au courant. On s’expliquerait ce fait en admettant que cette dernière portion est dans un état différent de l’état ordinaire de la vapeur, par exemple, qu’elle a subi une sorte de dissociation électrique.
- On peut entretenir l’arc même aux températures élevées si on diminue l’intensité du courant ; l’enceinte étant maintenue à 200°, l’arc subsiste avec 0,8 ampère et une différence de potentiel de 20 volts ; à 2750, l’intensité est 0,6 ampère et la différence de potentiel 35 volts.
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- r
- Mais les phénomènes sont plus intéressants quand on emploie des sources à haut potentiel.
- Voici par exemple ce qu’on observe dans le tube à mercure relié à un circuit renfermant un transformateur à 700 volts et 16 lampes à incandescence servant de résistance.
- A la température ordinaire on n’observe aucune décharge continue, meme quand on approche les deux mercures assez près pour faire jaillir une étincelle. A 8o°, il se produit une lueur, sous forme d’un ruban gris verdâtre, qui part de l’anode et aboutit à la paroi (±e verre située au-dessus de la cathode, cette dernière reste obscure; quand on élève la température, l’anode se recouvre d’une gaine lumineuse et la cathode commence à s’illuminer. A 150° il se forme au-dessus de la cathode un disque lumineux qui descend lentement vers cette dernière; à 1800 l’anode émet une lumière vert foncé qui forme des strates ne remplissant pas toute la section du tube : ces strates gagnent peu à peu. A .no0, elles touchent presque la lueur cathodique : le phénomène change alors brusquement, les strates disparaissent. D’une petite région de l’anode part un faisceau lumineux blanc verdâtre qui se termine soit en un point de la cathode, soit dans une couche de lumière assez épaisse qui recouvre toute la cathode.
- La première forme, peu stable, correspond à un courant de 100 ou 150 milliampères et à une chute de potentiel ne dépassant pas 40 volts, l’autre forme correspond à un courant de 70 milliampères et à une chute de potentiel de 210 volts.
- Dans les premiers moments on observe seulement dans le spectre de l’arc les lignes principales du mercure ; au contraire, la couche de lumière cathodique montre un spectre continu.
- Si la température s’élève davantage, les deux formes de décharge changent plus régulièrement.
- La décharge par arc correspond à une intensité de 120 milliampères pour une différence de potentiel de 19 volts; l’autre à
- 80 milliampères pour 210 volts; la première commence à prédominer entre 240° et 250°. La résistance extérieure du circuit influe aussi sur la nature de la décharge : en l’augmentant on provoque la seconde forme; en la diminuant, on produit l’arc.
- En fait, l’arc entre électrodes de mercure ne présente pas de propriétés essentiellement différentes de celles dé l’arc entre électrodes métalliques ordinaires; la décharge est discontinue dans les deux cas. Les électrodes formées d’amalgames (amalgames de potassium, d’argent, d’étain, de cadmium; n’ont pas donné non plus de décharge continue par l’arc. Il est à remarquer cependant que l’amalgame de potassium donne un arc sous de très faibles forces électromotrices (10 volts!.
- Avec l’alliage de Wood, maintenu liquide, on obtient une belle lumière: mais la chaleur dégagée amène rapidement la rupture du tube. Les tubes contenant l’amalgame de potassium et de sodium ne tardent pas aussi à se briser. M. L.
- Sur les rayons de Rœntgen et la transparence des corps relative à ces rayons ;
- Par M. O. Loth (').
- Les rayons étudiés provenaient d’un tube de Crookes en forme de poire, avant 17 cm d’intervalle explosif et une cathode plane, en aluminium, de 37 mm de diamètre. Ce tube était alimenté par une bobine de Ruhm-korlf dont le courant primaire était fourni par douze accumulateurs.
- La netteté des ombres obtenues sur une plaque sensible des objets placés à 1 cm ou 2 cm de cette plaque et à 10 ou 15 cm de la paroi du tube opposée à la cathode fait supposer que la partie principale du rayonnement ne provient pas de toute la région fluorescente de la paroi. Sur le tube employé, cette région avait en effet une surface de plus de 30 cm3.
- Wiid. Ami., t. LVIII, p. 344.
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- L'expérience suivante le prouve d’une manière plus précise.
- Sur un disque de carton de 2 mm d’c'pais-seur dont la transparence au rayonnement est autant dire absolue, sont plantées verticalement à intervalles égaux 16 tiges de plomb longues de 5 cm et épaisses de 3 mm, de manière à former un cercle de 7 cm de diamètre. Leurs extrémités inférieures affleurent à la surface du carton : une tige semblable se trouve au centre du cercle. Le disque est placé sur la plaque sensible enveloppée comme d’habitude dans un double papier noir à 15 cm du tube et soumis au rayonnement pendant une demi-heure. Le centre du disque est placé aussi exactement que possible sur la même verticale que le milieu de l’ampoule. La plaque est ensuite développée par l’acide pyrogallique et la potasse.
- Or les 16 tiges de plomb produisent des ombres nettes rectilignes et non des pénombres floues, circulaires, comme ce serait si le rayonnement partait de toute l’étendue de la tache fluorescente. La tige centrale ne donne qu’une ombre très courte et faible, sur un côté seulement. Les ombres des autres tiges convergent en un point qui n’est pas le centre du cercle, mais est un peu en dehors de l’ombre centrale.
- La partie principale du rayonnement de Rœntgen émane donc d’une tache peu étendue sur la paroi du tube, tout près du milieu de la partie opposée à la cathode.
- On petit calculer la distance d du centre d’émission à la plaque sensible. Soit AB une des tiges de plomb dont la hauteur est h et qui se trouve à une distance BC — r du centre du cercle; si cette tige projette une ombre de longueur BD = s, on aura :
- *= ~<.r + s).
- La longueur moyenne des ombres étant 15 mm, on en conclut :
- d ~ 15 cm.
- Cette expérience est confirmée par une autre. Lmc plaque sensible est exposée au rayonnement sur un tiers de sa surface, chaque tiers pendant une demi-heure alors que les deux autres tiers sont recouverts par une feuille de plomb de 2 mm.
- Comme objets opaques on a employé une boule en bois d’érable {très transparente), une autre en bois moins transparent et une feuille de métal estampé {presque opaque). La première exposition se fait comme d’habitude, le premier tiers de la plaque étant à 15 cm au-dessous de l’ampoule. A la seconde fois, on place sous le tube, à 2 ou 3 mm de distance, un diaphragme en plomb avec une ouverture circulaire de 17 mm de manière que tout jusqu’à la tache sombre soit masqué au milieu du tube; on glisse alors le deuxième tiers de la plaque directement sous l’ouverture. La troisième fois, le dernier tiers de la plaque est exposé sous le diaphragme, celui-ci étant placé devant une région du tube fortement fluorescente de façon à en recouvrir complètement le milieu.
- Après développement à l’acide pyrogallique on observe :
- Sur le premier tiers de la plaque : aspect habituel.
- Sur le deuxième tiers (soumis au rayonnement de la tache sombre) l’effet est un peu plus faible; les contrastes sont plus vifs, surtout à cause de l’absence de pénombre et de bords flous.
- Sur le troisième tiers (soumis au rayonnement d’une surface égale sur la paroi fluorescente); effet extrêmement faible.
- Ces résultats conduisent bien à la conclusion précédemment énoncée.
- 20 Etude de la transparence.
- Une feuille d’étain dont l’épaisseur est de 0,01 mm environ et qui ne renferme que des traces de plomb est découpée en bandes étroites. Ces bandes sont collées sur une feuille de carton, l’une sur l’autre par échelons, de manière que chaque échelon dépasse le voisin de l’épaisseurde une ou deux feuilles
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- ou davantage : on forme ainsi ce qu’on peut appeler une échelle de transparence.
- La transparence d’une substance s’exprime par le rapport
- d représentant l’épaisseur de la substance étudiée et dl l’épaisseur de l’étain dans la partie de l’échelle de comparaison dont l’image paraît de meme force (sur le négatif ou sur le positif) que l’image de la substance elle-même.
- Ce rapport donnera effectivement une mesure de la transparence, si on admet que l’absorption des rayons est liée à l’épaisseur de la substance absorbante par une loi exponentielle, ce qui est fort vraisemblable. D’ailleurs pour justifier les présentes expériences, il suffit que la variation de l’absorption avec l’épaisseur suive la même loi dans l’étain et dans les autres substances, ce qui a été vérifié.
- Pour déterminer expérimentalement la transparence, on place une lame de la substance étudiée et l’échelle de transparence à côté l’une de l’autre sur une plaque sensible et on expose au rayonnement du tube de Crookes : l’exposition est de courte durée avec les substances transparentes, plus prolongée avec les substances qui sont plus opaques. On fait ensuite la comparaison des épreuves ou des clichés, ou mieux de tous les deux-.
- V-ingt-cinq substances ont été ainsi étudiées : des liquides, des corps amorphes, des corps cristallisés et des métaux. Comme résultat général, on a trouvé que l’opacité croît avec la densité; cependant cette règle souffre des exceptions dont les plus nettes sont fournies par les corps cristallisés, notamment par le mica, le spath et le sulfate de cuivre.
- 3° Transparence des matières pulvérulentes.
- Les matières pulvérulentes sont moins transparentes que les mêmes à l’état compact:
- elles sont d’autant plus transparentes qu’elles sont plus tassées. Les résultats des expériences faites sur ce sujet permettent de penser que ces différences proviennent de réfractions ou de réflexions à la surface des particules de poudre. M. L.
- Sur une nouvelle méthode de photométrie photographique et son application à la photométrie des rayons ultra-violets ;
- Par H.-T. Simon (')•
- La photométrie photographique est aujourd’hui à la mode, et cette mode est justifiée, la photographie laissant des documents qui permettent de contrôler aussi souvent qu’on le veut les mesures faites. De plus, ce procédé seul permet d’étendre la spectro-photoinétrie dans l’ultra-violet. Mais à côté de ces avantages, le procédé présente de graves inconvénients. Si on l'emploie avec des temps de pose différents pour l'étalon et la source à mesurer, il n’a plus grande signification, au moins quand les intensités ne sont pas moyennes toutes deux. De plus, si les deux sources ne sont plus de même couleur, il n’y a plus rien de commun entre l’intensité des sources et l’intensité de l’impression photographique.
- Mais ces objections tombent d’elles-mêmes si les lumières à comparer sont homogènes, et si, Tune des lumières restant fixe et l’autre étant variable, on prend une série de clichés des deux plages éclairées, dans laquelle on cherche deux clichés simultanés ayant la même teinte. A ce moment on peut affirmer que les énergies envoyc'e.s parles deux sources dans l’unitc de temps sur les deux plages à comparer sont identiques.
- Ce procédé a été employé souvent, avec des appareils plus ou moins perfectionnes. M. Simon en a créé un qui est à l’abri de toutes les critiques et qui est d’un emploi commode quoique d’une construction très compliquée. L’appareil âest un spectro-photomètre. Les
- é) Wità. Ann., t. L1X, p. 91.
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- deux moitiés de la fente du collimateur d’un spectroscope sont éclairées respectivement par les deux sources à comparer. L’oculaire de celui-ci est remplacé par une fente qui isole une radiation bien homogène et déterminée.
- Derrière cette fente oculaire se déplace d’une manière continue une plaque photographique dont le mouvement est commandé par l'appareil qui diminue l’intensité de la source la plus forte, et dont le déplacement est proportionnel h l’affaiblissement géométriquement calculé de cette source, [/appareil d’affaiblissement est identique à celui de AI. Napoli '.Société française de physique, 1880, p. 53: Lumière Électrique, vol. IL p. 133b que l’auteur ne cite d’ailleurs pas, quoique l’appareil soit décrit tout au long dans le traité classique de photométrie de Palaz, p. 53.
- C’est un système de deux disques à secteurs pleins etvides identiques qui peuvent serecou-vrir complètement ou partiellement, laissant ainsi au bord du disque une couronne dans laquelle le rapport des pleins aux vides est connu à chaque instant. Cette couronne est mise en rotation devant la moitié de la fente qui correspond à la source la plus forte, et un système de commandes diminue la surface des secteurs vides, en même temps qu’il donne à la plaque photographique un déplacement proportionnel. O11 a donc ainsi deux bandés voisines dont l’une est constante, ou à peu près, et dont l’autre est régulièrement dégradée.
- Ce appareil semble au premier abord mauvais, car Abney a montré que pour les éclai-rements intermittents, l’impression d’une plaque photographique était moindre que pour un éclairement constant ayant une durée totale égale à la somme d’éclairements intermittents, et il a trouvé que,dans certaines circonstances, le rapport atteignait 1,6. M, Simon a vérifié que, avec le nombre d’interruptions maximum qu’il emploie, cet effet était tout à fait négli-geable.
- Un très ingénieux comparateur construit par Zeiss permet de comparer les intensités
- aux divers points du cliché en opérant sur deux plages juxtaposées sans séparation, ce qui augmente beaucoup la sensibilité. Pour cela la plaque est placée au plan anti-principal anterieur d'un objectif double qui comprend entre ses deux lentilles un duplicateur. A ce plan anti-principal antérieur se trouve un écran percé de deux ouvertures, à distance fixe l’une de l’autre, qui découpent dans le cliché deux surfaces lumineuses situées l’une dans l’une des bandes, l’autre dans l’autre, et sur une même perpendiculaire h la direction de déplacement de la plaque derrière la fente oculaire du spectroscope. On obtient ainsi dans le plan, anti-principal postérieur de l’objectif quatre images des deux surfaces éclairées, et l’appareil est calculé de manière à ce que deux de ces images soient exactement en contact. On observe ces plages en contact au moyen d’un oculaire.
- Cet appareil est l’application à la photométrie de la lunette de Rochon modifiée par Helmholtz pour son ophtalmomètre, dans lequel on mesure, par des contacts d’images dédoublées, le rayon de courbure de la cornée. La généralisation de cet ingénieux appareil pour les mesures photométriques ne peut malheureusement pas être toujours préconisée, car le duplicateur ne donne plus que des images où il n’utilise que la moitié de la lumière utilisable. Les photomètres industriels destinés aux mesures d’éclairement, qui doivent s’employer même pour des éclairements faibles, ne peuvent donc profiler de cet ingénieux procédé, car la sensibilité différencielle de l’œil diminue beaucoup pour les faibles intensités. Dans le cas actuel, où l’éclairage commun aux deux clichés peut être rendu facilement aussi grand qu’011 veut,on ne peut que louer ce procédé.
- Cet appareil a permis à M. Simon de faire l’étude de l’absorption de l’ultra-violet par la solution de nitrate de potasse.
- A. B.
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- BIBLIOGRAPHIE
- Magnetismus und Elektricitàt mit RCicksicht auf die Bedurfnisse der Praxis. (Magnétisme et Electricité, appropriés aux besoins de la pratique) ; par G. Benischke. Un vol. in-8° de 272 p. Springer, éditeur; Berlin, 1896.
- Ce livre spécialement destiné aux praticiens comme l’indique expressément le sous-titre, a le mérite de la clarté et de la précision, sinon de l’originalité, qu’il est bien difficile de rencontrer maintenant sur un pareil sujet.
- L’auteur n’a pas suivi l’exemple donné déjà par quelques autres et rattache encore la théorie de la pile aux phénomènes électrostatiques. Cependant il a eu soin de réduire au minimum l’exposé de. ces derniers phénomènes, qui 11’intéressent la pratique qu’ex-ceptionnellement. Par contre, il a fait la part la plus large aux phénomènes d’induction, dont les applications sont de beaucoup les plus intéressantes dans la pratique. Le sujet est d’ailleurs bien traité, sans appareil mathématique inutile et encombrant, bien que les formules essentielles ne soient pas négligées. La théorie des transformateurs est aussi exposée d’une manière aussi complète qu’elle peut l’être sans cesser d’être élémentaire. Enlîn après la définition des divers systèmes d’unités, le livre se termine par un chapitre consacré aux mesures électriques, lequel se signale aussi par un choix judicieux des méthodes et une rédaction très sobre dans un sujet où il est facile de tomber dans l’excès contraire. M. L.
- Ouvrages reçus.
- Les tramways aux États-Unis; par M.-H. Taver-nier, ingénieur en chef des Ponts et chaussées, 1 vol. in-8° de 335 pages, avec 1 atlas in-40 de 20 planches. Paris, 1896. Vve Ch. Dunod et P. Vicq, éditeurs.
- Impianti di illuminazione elettrica; par Emilio Piazzoli, l vol. in-16, 538 pages. Ulrico Hnepli, éditeur, Milan.
- Die Wirkungweise, Berechnung und Konstruktion elektrisclier Gleichstrom-Machinen; par J. Fis-oher-Hinnen, i vol.in-80, 328 pages. Albert Raus-tein, éditeur, Zurich.
- CHRONIQUE
- L'INDUSTRIE ÉLECTRIQUE A L’ÉTRANGER
- Bradford LAngleterre). — Station centrale. — Par suite de l’accroissement ininterrompu du nombre de ses abonnés, la Bradford Electric I.ight Company a fait installer dans son usine deux nouvelles dynamos à courant continu, d'une capacité individuelle de 500 kilowatts. Ces machines, construites par MM. Siemens Brothers, sont du type multipolaire à 6 pôles et diffèrent un peu du type original adopté par ces constructeurs. L’induit, à tambour et à enroulement Siemens, pèse 6 tonnes; son diamètre est égal au double de la longueur des pièces polaires. Le collecteur a 211 segments sur lesquels reposent deux séries de balais de 3 chacune et disposés à 60° l'un de l’autre. D'après les essais, la résistance de l’induit n’atteindrait même pas 1,100 d’ohm.
- Les 6 projections polaires sont équidistantes les unes des autres et fixées à l’intérieur de la carcasse cylindrique de la machine. Leurs enroulements sont reliés en série et peuvent être shuntes avec l’induit au moyen d’un commutateur de réglage et d'un rhéostat. T.c poids des inducteurs, y compris leur support, est de 11 tonnes; celui de l'ensemble est de 21 tonnes. Chacune de ces dynamos essayée d'après la méthode Hopkinson a donné comme moyenne un rendement de 95 1/2
- Ces nouvelles génératrices sont couplées à deux moteurs Willans qui les entraînent directement à la vitesse de 300 tours par minute. La tension aux bornes des dynamos est de 500 volts avec une intensité de 750 ampères.
- Le courant produit par ces nouvelles génératrices ainsi que celui des dynamos préexistantes est presque en totalité utilisé par les lampes de l'éclairage public et privé de la ville de Bradford. Les renseignements font défaut sur le prix auquel l’énergie est vendue aux abonnés. Contentons-
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- 5àS
- nous de signaler le système adopté par la Brad-ford Corporation pour le remplacement gratuit des lampes à incandescence. Ce système est basé sur les principes suivants : la durée normale d'une lampe de 16 bougies étant en moyenne de 1000 heures, et sa consommation de i kilowatt par 16 heures environ, l'énergie totale consommée pendant sa durée normale sera 60 kilowatts-heure. C'est cette quantité d’énergie consommée qui donne droit au remplacement gratuit de la lampe et chaque police d’abonnement porte la mention suivante : Tout consommateur d’électricité aura droit, à partir du icr janvier 1897, à une lampe de 8 ou de 16 bougies par 60 kilowatts-heure consommés depuis le ier juillet 1896; les vérifications et remplacement des lampes auront lieu tous les 6 mois ; les quantités d'énergie consommée, dépassant 60 kilowatts ou un multiple de 60, seront reportées sur le semestre suivant.
- A proposée cette faveur accordée parla Corporation à ses abonnés, The EUcirieal Review, de Londres, fait la remarque suivante. 11 ne se peut, dit-il, qu'à Bradford, où l’énergie électrique coûte aussi cher à produire et est vendue au même tarif que dans d’autres villes d'Angleterre, la station centrale ait été fondée uniquement dans un but philanthropique. Il est donc probable que si la Corporation s’impose le sacrifice d'une quinzaine de mille francs par an pour fournir des lampes à ses clients, c’est que d'autre part elle en sera large-ment rétribuée. D’abord il a été démontré encore récemment que la consommation d’énergie varie dans les lampes selon leur âge. M. Preece, entre autres, a trouvé, qu’à la moitié de son existence normale, une lampe à incandescence con- I somme plus d'énergie par bougie qu’au début I et que, dans la majorité des cas, la consommation totale de la lampe diminue considérablement avec le temps. Ainsi une lampe neuve consommant 60 watts et donnant une intensité de 16 bougies peut, après une certaine période d’allumage, ne plus consommer que 54 watts et ne plus donner que 12 à 13 bougies. C’est sans doute d’après ces calculs que la Corporation a accordé la faveur dont il vient d’être parlé. Mais il convient, avant de juger définitivement la valeur de ce système, d’attendre que le second parti intéressé,l’abonné, ait lui-même émis son opinion après quelque temps de pratique.
- Budapest. — Transport de force, — Notre con-
- frère The Electrician, de Londres, rapporte qu’on installe actuellement aux environs de Budapest un transport d’énergie électrique, d’une puissance peu considérable il est vrai, mais intéressant par sa nouveauté. Il s’agit de l'utilisation et de la destruction des balayures de cette ville. Le concessionnaire, M. de Cséry fait transporter ces matières, par l'intermédiaire d’une voie ferrée établie dans ce but. à l’usine de Saint-Lorincz, située à 5 km de la ville. A leur arrivée à l’usine, les balayures sont jetées dans des cribles tournants qui en séparent les corps légers, tels que le papier, la paille, etc. ; les résidus de ce criblage servent à alimenter les foyers à gradins de plusieurs chaudières. Un moteur à vapeur de 50 chevaux, alimenté par la vapeur de ces chaudières, fournit l'énergie nécessaire à toutes les manipulations et permet de réaliser une économie notable puisque son combustible ne coûte rien et que les frais d’enlèvement des balayures sont supprimés. Comme le combustible est plus que suffisant pour la production des 50 chevaux-vapeur, on s’est décidé récemment à augmenter considérablement le matériel de l’usine en montant une nouvelle machine à vapeur de 100 chevaux. Ce moteur définitivement installé actionne un alternateur triphasé de 50 kilowatts, du type Ganz et Ci0, avec son excitatrice. Cet alternateur est calculé pour fournir du courant à 2 000 volts ; toutes les parties enroulées, inducteur et induit, sont fixes. L’énergie électrique produite est transmise, sous cette tension de 2 000 volts, au débarcadère de Budapest où s'opère le transbordement des tombereaux chargés de détritus. Là les trois fils de cuivre qui I constituent la ligne aboutissent à un poste de transformation contenant deux séries de transformateurs; l’une, ramenant la tension du courant à 300 volts pour être utilisé par des moteurs, et l'autre l’abaissant à 100 volts pour l’éclairage.
- La principale application électromécanique consiste en une grue se déplaçant sur une voie ferrée d’une quarantaine de mètres de long et dont tous les mouvements sont commandés par des moteurs triphasés de puissances diverses. La prise de courant s’opère à l’aide de deux perches à trôlet s'appuyant sur deux fils aériens tendus entre entre deux poteaux fixés à chaque extrémité de la voie. Les rails de cette dernière constituent le troisième conducteur.
- Les voitures qui amènent les balayures sont constituées par des caisses en tôle amovibles sur
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- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 56y
- des chariots à .4 roues. Le transbordement s'opère de la façon suivante : la grue enlève successivement chacune des caisses des chariots pour les déposer sur des wagons spéciaux rangés sur la voie qui mène à l'usine, et qui longe latéralement celle de la grue, du côté opposé aux chariots. Le transbordement des caisses vides s'opère de la façon inverse. On obtient un chargement rapide et economique.
- Cet exemple, offre un réel intérêt et mérite d'èlre signalé. Il serait désirable, ajouterons-nous, que tontes les grandes villes en lissent autant; les hygiénistes ne s'en plaindraient pas.
- Douglas. [Écosse). — Traction. — Les nombreux touristes, qui pendant la belle saison viennent admirer les sites pittoresques et jouir des merveilleux points de vue qu’offre la côte de l’Isle of Man, en Ecosse, pourront, l'étc prochain, jouir d'un moyen de locomotion rapide et économique. La ligne de tramways électriques q ni longe le flanc de la montagne, entre Douglas et Port-Soderick, est complètement terminée. La construction de cette ligne sur les flancs abrupts et sillonnés de gorges profondes de ces montagnes, n'était pas des plus faciles. On évalue à 3000 tonnes la quantité de matériaux déplacés pour l'installation. bien que ccttc ligne n'ait que s,6 km de long. Malgré ces travaux les voitures auront encore de fortes rampes à gravir et de nombreuses courbes à faible rayon à franchir. Au-dessus des gorges trop profondes pour être comblées on a construit des ponts métalliques; le premier, en venant de Douglas a as,10 m de long et est supporté par des pylônes à treillis; le second, Walberry Bridge, a 76,70 m de long, il est en deux' parties formant un V horizontal très ouvert dont le sommet est soutenu par un seul pylône ayant pour base un énorme bloc artificiel reposant sur un terre-plein du fond de la gorge; un troisième viaduc a 56 m de long. -
- La ligne à simple voie est constituée par des rails Vignolles du poids de 32 kg par mètre courant, fixés sur les traverses à un écartement de 1,50 m. L'éclissage électrique est assuré par des joints du type Chicago bond.
- J.es garages sont distancés pour un service de S minutes; ils sont au nombre de 10 entre les deux points terminus de la ligne. L'énergie électrique est transmise par deux lils aériens, un pour chaque sens de marche; ccttc disposition,un peu coûteuse il est vrai, évite les raccords aux garages.
- Le matériel roulant se compose, pour l'instant, de 16 voitures dont 8 motrices. Toutes sont à impériales et peuvent transporter chacune 78 voyageurs. Elles sont de plus très élégantes. Chacune d'elles est montée sur un truck Baltimore. Celui des voitures motrices porte deux moteurs de 2=, chevaux actionnant chacun des deux axes. Ces moteurs reçoivent le courant à soo volts par l'intermédiaire du trôlet, et fournissent à la voiture une vitesse maxima de 20 km à l'heure. La manœuvre s'opère à l’aide des contrôleurs placés sur chacune des deux plates-formes.
- Le freinage a été l'objet, vu les nombreuses pentes de la voie, d'une étude sérieuse; aussi, outre le frein électrique, chaque voilure est pourvue d'un puissant frein à main qui à lui seul peut assurer l'arrêt sur la pente la plus forte.
- L’éclairage des voitures est effectué par 5 lampes à incandescence de 16 bougies. Coin 111e la ligne ne sera exploitée qu’une partie de l'année la Compagnie des tramways a fait construire, près de la staticyi centrale, à Littlc Ness. un hangar où son matériel roulant sera remisé pendant la mauvaise
- La station centrale qui fournit l’énergie à la ligne est située à quelque distancejde Douglas. Son emplacement a été choisi près d'un petit torrent, Pigeon Stream, auquel elle emprunte l'eau nécessaire à l’alimentation de ses chaudières. Le charbon lui est amené de Douglas par la ligne même du tramway. If équipement de celte station comprend deux moteurs à vapeur et deux dynamos de 100 kilowatts.Cesdetnicressont coupléesparcourroies et fournissent du courant à la tension de 500 à 550 volts, pour une vitesse de 650 tours par minute ; les so volts supplémentaires servent à compenser la perte en ligne pendant la pleine charge. Les deux dynamos sont d’un 1ype spécial pour tramways et ont chacune six pôles ; les induits des deux machines sont reliés entre eux de sorte que 4 balais eu graphite seulement suffisent pour recueillir tout le courant.
- Le tableau de distribution, qui complète l'installation électrique de cette usine, est composé de deux panneaux portant l'un et l’autre, un ampèremètre, un rhéostat de ioo^kilowatts, et un jeu de .commutateurs pour la distribution du courant en ligne. Un voltmètre suffit pour les deux dynamos.
- Cette nouvelle ligne sera solennellement inaugurée dès les premiers beaux jours du printemps
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- Edimbourg {Écosse). — Éclairage. - Le professeur Kennedy vient de publier un intéressant rapport sur la situation actuelle de la station centrale d'Edimbourg et les résultats des six derniers mois de son exploitation. Cette usine est toute récente: l'exploitation a commencé le n avril de l'année dernière. Le nombre des abonnés n’etait alors que de 48, représentant un total dç 8200 lampes de 8 bougies; aujourd'hui le nombre de ces lampes est de 82 830 et celui des abonnes 732 : de plus, les demandes d'abonnement vont sans cesse croissant, de sorte que le materiel de la station ne suffit plus à l'alimentation. Ce cas avait d'ailleurs été prévu par la compagnie d'éclairage, et, prochainement, 4 nouvelles génératrices seront en mesure de satisfaire les demandes de courant.
- Il est certain, conclut M. Kennedy, que l'agrandissement de l’usine et la progression de la vente de l’énergie électrique donneront lieu à une baisse sensible du prix du kilowatt-heure; déjà il est question de le réduire de o,so fr à o,2u fr pour les besoins industriels et de diminuer de 50 fr le tarif annuel des lampes à arc.
- Elkhorn (’Etats-Unisi.‘ •— Traction électrique dans les mines. -- On a installé récemment dans les mines de Crozer Coal, à Elkhorn, une nouvelle locomotive électrique, la plus puissante, nous dit The Engineering and Mining Journal qui ait encore été contruite pour les transports souterrains. Cette machine, astreinte aux travaux les plus durs, pèse 22 tonnes et a 0 m de long, 1,60 ni de large et 2 m de hauteur. La force motrice est produite par deux moteurs enroulés en série et dont les armatures se composent de deux circuits à angle droit recevant le courant par l'intermédiaire de deux jeux de balais calés à 90" l'un Je l'autre sur le collecteur. La puissance de chacun de ces moteurs est de 100 chevaux. Ou les couple en série dans le cas de fortes charges et d'une vitesse modérée et en parallèle dans le cas inverse. Les rhéostats afférents à chaque moteur sont placés dans des caisses en tôle perforée fixées à chaque extrémité de la locomotive près des contrôleurs. Ces résistances se composent de rubans de fer enroulés en spirales et disposés par rangées dans les caisses, la ventilation s'effectue par les trous des tôles. Les conducteurs qui aboutissent aces rhéostats passent sous les moteurs et sont protégés par des gaiues métalliques.
- Le mécanicien peut diriger sa machine de l'une
- ou de l'autre des deux plates-formes. Le commutateur, qui permet de modifier l'accouplement des moteurs en quantité ou en série, est placé près de l'interrupteur de mise en marche, et, grâce à un dispositif spécial, ne peut être actionné que quand le courant est coupé, c'est-à-dire lorsque l'interrupteur est placé sur le plot neutre.
- La commande des essieux moteurs se fait par l'intermédiaire d’un double train d’engrenages. Le mécanicien a à sa portée un frein qui agit simultanément sur chacune des paires de sabots placés contre les six roues motrices. Les trois essieux de 5a locomotive sont accouplés de manière à augmenter l'adhérence sur les rails.
- A chaque extrémité de la machine est fixé un fanal électrique renfermant une lampe à incandescence’ de 32 bougies. De cette façon la voie est éclairée dans les galeries sur une longueur suffisante pour que le conducteur puisse voir à temps les obstacles.
- La vitesse moyenne de la machine, calculée pour une charge de 40 wagonnets pesant 4 tonnes chacun,est. avec les moteurs couplés en quantité, de io à 1 s km à l'heure.
- Actuellement la locomotive de Crozer Coal 11e peut remorquer que 25 wagonnets, à cause de l’insuffisance des générateurs de la station centrale. Cette station existe déjà depuis plusieurs années, elle comprend seulement deux dynamos de 60 kilo-wattsàsoo volts permettantde disposer de 160 chevaux seulement. Une partie de ce courant est utilisé par quelques appareils pour le triage, concassage, etc., du charbon. La locomotive à elle seule nécessite 2SO ampères au démarrage en palier et mo ampères en marche normale pour
- Dès que la station génératrice disposera d'une puissance électrique suffisante, on mettra en circulation des trains de 40 wagonnets.
- Manchester (Angleterre).— Station centrale et éclairage. — La station centrale de Manchester n'est ouverte à l'exploitation que depuis le mois de septembre 181)3. Le nombre des abonnés n'était alors que de 82, équivalant à 8000 lampes de 8 bougies. A la fin du troisième trimestre de cette année, en septembre 1896, on comptait 1302 abonnés équivalant à 118618 lampes raccordées. Comme on le voit le développement de l'éclairage électrique a été rapide et tout fait croire qu'il ne s’en tiendra pas là puisque la compagnie d'électricité
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- vient de faire des agrandissements considérables dans son usine pour y installer un nouveau materiel générateur, qui à lui seul constituerait unesta-tion d'électricité fort respectable.
- Ce matériel comprend d’abord 3 chaudières J.ancashirc munies de réservoirs à charbon et dont la charge des foyers s'opère mécaniquement, et deux- économiseurs Green de 288 tubes chacun, l.a plupart des travaux de la chaufferie sont exécutés par des moteurs électriques actionnant les grues servant au transbordement du combustible, les appareils de charge des foyers et ceux de ramonage des économiseurs.
- I.a vapeur de ces chaudières alimente 8 nouveaux moteurs de 400 chevaux chacun, actionnant leurs dynamos. De ces moteurs, 6 sont du type vertical et 2 du type horizontal. Chacun d’eux est couplé par courroie à une dynamo à courant continu de 600 ampères à 420 volts. L'intensité peut atteindre 800 ampères sans que cet excès ait de conséquences Lâcheuses pour les machines; le rendement de celles-ci calculé pour une marche de 6 heures à pleine charge, est de 96 p. 100.
- Les nouveaux tableaux de distribution servant à la mesure et la répartition du courant sont actuellement en voie d'achèvement.
- Ce matériel est complété par une batterie d’accumulateurs que la Electric Corporation de Manchester a fait installer pour venir en aide à la charge de nuit et aussi pour uniformiser la charge de jour. Cette batterie qui, parait-il, est la plus puissante qui soit en service eu Angleterre, est constituée de 224 éléments au chlorure rangés, par groupes de s6 éléments chacun, sous les arches souterraines supportant la chaussée à Hunt'sBank. Elle est divisée en 4 sections de 44 éléments chacune,que l’on peut charger et décharger ensemble ou séparément: les 4 groupes de 12 éléments quj restent, placés dans une môme salle,servent d’éléments de compensation et sont respectivement reliés aux sections dont ils doivent assurer le réglage.
- La charge de ces batteries s'opère à l’aide d'un transformateur rotatif constitué par un moteur qui reçoit du courant à 400 volts par ûne dérivation du roseau et une génératrice produisant du courant à intensité variable à la tension de 180 volts: des rhéostats de réglage sont intercalés dans les champs inducteurs des deux machines. Le courant de charge est contrôlé par 4 ampèremètres, un pour chaque batterie, et celui de décharge par 4 autres.
- Tous ces appareils ainsi que les commutateurs sont groupés sur un tableau placé sous une des arches voisine de celles renfermant les accumulateurs. Ces derniers réunis peuvent fournir un débit de 600 ampères pendant 2 h. 1/2.
- Par suite de l’augmentation du matériel générateur. la compagnie d’éclairage a dû faire subir une extension considérable à son réseau de distribution. Ce réseau est à cinq fils, sauf pour une partie de la ville, Victoria Park, qui n'est formée que de résidences particulières n'employant pour leur éclairage que des lampes à incandescence à 200 volts alimentées par un circuit à trois fils qui, comme le premier, est entièrement souterrain, f.es conducteurs simples (dérivations, fils pilotes) représentent une longueur totale de 232,44 km; la longueur des rues parcourues par le réseau à cinq fils est de 28,85 km, enfin les feeders entrent eux-mèmes dans ce réseau pour une longueur de* 10.41 km. Les installations actuelles équivalent à 127 472 lampes de 8 bougies, soit 10869!) lampes de 8 bougies, 97r lampes à arc et 103 moteurs d’une puissance totale de 147 chevaux. Ces derniers sont reliés aux deux conducteurs extérieurs du réseau, de sorte que leur fonctionnement n’influe en aucune façon sur la lumière des lampes.
- L’énergie électrique est vendue au compteur et à deux tarifs différents. L'un, le tarif A, comporte un prix de o,60 fr par kilowatt consomme ; d’après l’autre,tarif B, leprix de l'énergie est fixé àaasfrle ki-lowatt-an, plus unetaxe de 0,15 fr parkilowattconsommé. Ce dernier tarif est très avantageux pour les grands consommateurs d'électricité, car plus la quantité d’énergie est grande,'plus le prix du kilowatt est faible. Ainsi pour 500 heures par an et par lampe le prix est de 0,582 fr et pour 8 760 heures par an ce prix tombe à 0.175 fr. Comme on le voit ce tarif est très raisonnable et est sans doute la cause de la prospérité de la station centrale de Manchester.
- Xiàgaua-Buffalo. Transport de force,. — Nous avons déjà, à plusieurs reprises (t.IX, p. 271 et 984,1, parlé delà transmission à longue distance, d’énergie électrique de Niagara à Buffalo. Depuis le m novembre dernier, à minuit, ccttc transmission est un fait accompli. L’opération, nous dit The hlcctncal World, avait un caractère de solennité en rapport avec son importance. A la station de Niagara, M. Rankine, secrétaire de la compagnie, assisté par MM. Caryl Ely, président
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- de la Compagnie des tramways électriques Niagara-Buffalo, Brackenridge, ingénieur en chef, et Lincoln, se tenait prêt à tourner le commutateur d’aprcs le signal que devait lui donner M. Hunt-ley, vice-président de la Conduit Company, de la station réceptrice de Buffalo. Un grand nombre d'ingénieurs assistaient à cette cérémonie. A minuit précis, le signal était donné et presque aussitôt les transformateurs rotatifs se mettaient à évoluer.
- Nous reviendrons sur l'installation de la station réceptrice dès que la publication en aura été
- Salt-Lake-City. — Transport de force. — Nous avons décrit, il y a quelque temps (L'Eclairage Électrique, t, VIII, p. 427), le réseau de distribution d’énergie électrique de la ville de Salt-I.ake-Citv. Une faible partie de ce réseau, est, on le sait, alimentée par une station centrale, située aux abords de .la ville même ; l'autre devait recevoir des courants triphasés, produits par une station hydraulique, que la Big Cottonwood Power Cojnpany faisait construire à 22 km de la ville, au lieu dit « The Stairs », dans les montagnes de Wnhsatch. Cette usine est aujourd’hui terminée et vient d'être mise en exploitation. Le réservoir qui recueille les eaux des nombreux torrents avoisinants, fournit à Taxe des roues Pel-ton, 2 447 chevaux, avec un débit de 102 m3 par minute, et 114 m de chute. L’énergie emmagasinée dans le réservoir par 24 heures est de =,8 800 chevaux, dont 40 000 représentent la fourniture quotidienne d'énergie électrique, qui, selon les contrats, doit être délivrée à la Odgen Gas and Electric Light C’, à Salt-Lake-City.
- Le matériel nécessaire à la production de cette énergie, se compose de quatre roues Pelton couplées immédiatement à quatre générateurs, produisant individuellement 450 kilowatts, en courant triphasé. Ce courant passe ensuite dans une batterie de transformateurs statiques qui élève sa tension à 10 000 volts, et est transmis à Salt-Lake-City par l'intermédiaire d’une ligne aérienne constituée par 12 câbles, 3 pour chacun des 4 circuits. La perte en ligne des 1 320 kilowats transmis à 10 000 volts est d'environ s p. 100.
- La station réceptrice de Salt-Lake-City, appartient et est gérée par la Compagnie productrice, car, d'après les traités, cette dernière doit fournir à la compagnie d'éclairage de la ville, du courant à 2 000 volts mesuré au compteur. C'est donc à
- cette dernière tension que les transformateurs ramènent les 10 000 volts du courant triphasé, avant de fournir l'énergie à la Odgen Gas'and Electric Light C", de Salt-Lake-City.
- 1)1 VERS
- La traction mécanique à Paris. — La Commission municipale du Métropolitain, s’est encore réunie cette semaine. Cette séance a été provoquée par le président du Conseil municipal, M. Baudin, sur le désir manifesté par les députés de Paris qui voudraient qu'une conférence eût lieu au sujet de l'interprétation de la délibération antérieure du Conseil municipal sur le doublement de la ligne Courcelles-Champ de Mars.
- Le président du Conseil invite donc la Commission du Métropolitain à publier une note explicative pour dire ce qu'a voulu le Conseil municipal dans sa délibération.
- Il résulte des paroles échangées dans la séance présente que la délibération du Conseil municipal portait sur plusieurs points :
- T' Métropolitain auquel le gouvernement reconnaîtrait le caractère urbain ;
- 2" Doublement de la ligne de Courcelles-Champ de Mars;
- 3" Prolongement de la ligne des Moulineaux à la gare d'Orléans ;
- f Subvention de la Ville de Paris des 20 millions à l'Exposition universelle de 1900.
- Toutes les parties de la convention se lient, une seule ne doit être détachée sans que le Conseil municipal de Paris soit appelé, de nouveau, à statuer.
- Le résumé de la discussion peut se traduire
- Le Conseil municipal de Paris, n'a pas jusqu'à ce jour, donné son assentiment à la concession à la Compagnie des Chemins de fer de l'Ouest de la ligne Courcelles-Champ de Mars.
- Il avait invité le préfet de la Seine à négocier au nom de la Ville, avec l'Etat, un projet de convention dans lequel aurait été inséré cet assenti-
- Mais aucune suite n'a été donnée à ce projet.
- En conséquence, les droits résultant de la convention entre l'État et la Ville de Paris relative à l’Exposition universelle de 1900 et sanctionnés par la loi des 3-16 juin 1896, demeurent entiers;
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- l'exécution de la ligne de CourcelIes-Champ-de-Mars reste subordonnée à l'assentiment du Conseil municipal.
- Le président du Conseil municipal avisera les députés de Paris et il s'agit de savoir ce que feront désormais et le gouvernement et le parle-
- D'autre part, à la séance de vendredi dernier, ii décembre, du Conseil municipal, MM. Patenne et Champoudry présentaient, au nom de ire et y commissions, un rapport sur le projet d’établissement d un tramway à traction mécanique entre la Porte xMaillot et le pont de Suresnes, concédé par le Conseil général dans la séance du 5 juillet i8ys.
- Ce tramway devra emprunter le saut-de-loup longeant les boulevards xMaillot et Richard-Wallace, et la route de Seine jusqu’au pont de Suresnes et pourra être prolongé jusqu'à la gare du chemin de fer à Nanterre. Le terminus de cette ligne sera momentanément'à la station de Suresnes-Longchamps.
- Après une discussion à laquelle prennent part MxM. Caplain, Quentin-Bauchart et G ay, hostiles au projet, et MxM. Patenne, Champoudry et Muzet, favorables, le Conseil adopte les conclusions du rapport, après avoir rejeté les amendements de MM. Caplain et Quentin-Bauchard, de-nandant, l’un, qu'il n’y ait pas de tramway dans le bois de Boulogne et l'autre que le tramway projeté soit établi à voie étroite.
- Traitement éleclrolytique des minerais mixtes de blende et de galène. — D'après The Electrical Revicw (de Londres), M. F.Lyte vient de faire, avec succès,une intéressante application de l’clcctrolyse au traitement des minerais mixtes de blende et de galène en vue d'en retirer le zinc. La blende est grillée et le produit du grillage traité par de l’acide sulfurique dilué; la solution de sulfate de zinc obtenue est, après purification (destinée sans doute à la séparer des sels de plomb insolubles) additionnée de chlorure de calcium ou de chlorure de sodium ; le sulfate de calcium ou de sodium formé étant séparé par décantation ou cristallisation, la solution de chlorure de zinc restant est évaporée à sec et le résidu de cette évaporation est distillé pour séparer le chlorure de zinc des impuretés non volatiles. Ce chlorure de zinc ainsi purifié est
- maintenu à une température un peu supérieure à celle de la fusion du zinc et électrolysé entre une anode de charbon et une cathode de zinc fondu. Le zinc est siphonné; automatiquement à mesure de sa formation ; le chlore est recueilli et liquéfié pour être livré au commerce.
- Les résidus du lavage des minerais grillés par l’eau acidulée sont traités par les méthodes ordinaires pour en retirer le plomb etles métaux précieux qu'ils peuvent contenir.
- Le pouvoir inducteur spécifique des mélanges de diélectriques liquides. — M.C. F. Linebarger vient de publier dans le Zeitschrift der physikatischen Chcmic les résultats de ses déterminations du pouvoir inducteur spécifique de divers mélanges de liquides isolants. Les mesures étaient faites par la méthode de Nernst. Elles ont porté sur les mélanges suivants : benzine-éther ; benzine-acétate d’éthyle ; benzine-tétrachlorure de carbone ; to-luène-benzoate d’éthyle; toluène-essence de térébenthine; toluène sulfure de carbone; chloroforme-tétrachlorure de carbone ; sulfure de carbone-chloroforme; sulfure de carbone-éther. Dans aucun cas la constante diélectrique observée n’est égale à la constante calculée d’après la masse et la constante de chaque constituant du mélange; la constante observée est toujours plus petite que la constante calculée sauf pour les mélanges où l’éther est un des constituants.
- Nouveau dispositif pour la lecture des déviations galvanométriques. - Dans ce dispositif, imaginé par M. Hasting et décrit par le Scicntific American, le miroir ordinaire des galvanomètres, est remplacé par un miroir plan percé en son milieu d’une ouverture circulaire de r.s mm de diamètre, ou, plus simplement, dépourvu de la couche d’argent réfléchissante sur un cercle de ce diamètre. En face de ce miroir est placée une lentille et immédiatement au-dessous de celle-ci une échelle graduée; de l’autre côté du miroir et à une distance égale se trouve un repère formé par un point noir sur un fond blanc. En regardant par l’ouverture du miroir à travers la lentille on aperçoit simultanément les images de l'échelle et du repère, images que l’on rend nettesen réglant convenablement lesdistances du miroir à l'échelle et à la lentille,
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- d'une part, et au repère d'autre part. On lit ainsi très facilement les déviations du miroir.
- Üansun galvanomètre construit par M. Hasting, le système magnétique est constitué par un disque d'acier poli de i cm de diamètre, suspendu entre les deux enroulements du cadre par un fil de soie de 5 cm de long et percé d'une ouverture centrale de 1,4 mm de diamètre ; ce disque sert en même temps de miroir.
- Ce dispositif présente sur le dispositif ordinaire à tache lumineuse mobile sur une échelle l'avantage de n’occupcr que peu de place et de pouvoir faire partie intégrante du galvanomètre. 11 convient particulièrement aux instruments que l'on doit transporter pour faire sur les réseaux d’éclairage, des mesures à l'extérieur; le réglage des distances du repère et de l'échelle au miroir peut alors être fait à l’usine et l'instrument se trouve prêt à servir immédiatement.
- Statistiques comparatives d'exploitation de réseaux de tramways électriques. — La Elektrotech-nisclte RuuJchan nous fournit les renseignements
- suivants relatifs à Lexploitatioi 1 des tre o’s réseaux
- de tramways électriques de Küln et Francfort. Barmen -hbcrfcld,
- EXPLOITATION Ihirmen. Kohn. Francfort.
- Longueur du réseau. 12 52 26 1/2-
- — de lignes exploitées 12 57 45 ï/2
- Nombre total de voi-
- tureS'km 1 377™» 3887000 3983 000
- \oitures-km par ré- 25000 150000
- Voitures-km exploi- 68 200 87500
- Recettes brutes en fr 701500 2232000 2 6g3 000
- — par km
- de voie existante . 58500 Recettes brut, par km 42500 IOI 000
- de voies exploitées. 58 500 41 000 59 ^
- Les chiffres consignés dans ce tableau représentent les résultats des S premiers mois de l’année 1896.
- L'éclairage d'une gare arreté par une souris. — Si extraordinaire que puisse paraître ce fait, la source d’où nous puisons ce renseignement n’im-
- pose aucun doute sur sa véracité. Voici ce que dit La Nature, au sujet de la note que lui a communiqué M. Sartiaux, chef des services électriques de la Compagnie des Chemins de fer du Nord : La gare de Busigny 'Chemins de fer du Ford) est éclairée à l'électricité par le courant produit par les dynamos d’une station centrale. Cette même station produitégalement du courant alternatif dont la tension de 115 volts est élevée à 5 000 pour l’envoyer à la sous-station de la gare du Cateau.
- J.e 1 t octobre dernier, alors que tout fonctionnait à souhait dans les deux stations, une explosion se produisit à la station génératrice; le mécanicien supprima aussitôt le courant du tableau, mais au même instant les plombs fondaient en même temps qu'une fumée épaisse se dégageait de l’un des transformateurs. L’enveloppe de ce dernier fut enlevée eton découvrit le squelette calciné d'une souris. L’animal qui s'était introduit dans l'appareil avait rongé l’isolant d’une des quatre bobines constituant le transformateur ; le court-circuit qui eu a résulté avait formé un arc qui avait duré jusqu’à la fusion des plombs, et puni le rongeur de manière à lui enlever le goût des isolants.
- L'effet d'un courant alternatif à y 000 volts sur un crapaud. — La lecture de la note de M. Sartiaux nous remet en mémoire un incident du même genre qui s’est produit il y a quelques mois à Bonrgancuf.
- Un court-circuit s'étant manifesté dans le circuit de haute tension on en chercha la cause et 011 la trouva dans la présence d:un crapaud, entre les bornes d'un transformateur. Chose curieuse, malgré la haute tension du courant, le crapaud n'était pas mort, il n’était qu'étourdi ; quelques soins le tirèrent de son évanouissement et le crapaud, devenu l’objet d'égards auxquels il n'était certes point habitue, fut ramené à Paris et envoyé au laboratoire de M. d’Arsonval.
- La traction électrique en Italie. — La traction électrique pour tramways est encore à scs débuts, en Italie. Voici en effet, les résultats acquis en janvier 1896. On verra qu'ils sont peu de chose si on les compare à d'autres, pays européens et surtout à l’Amérique.
- Ligne de Florence-I'iesole, 7,50 km, 10 voitures
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- 184 chevaux, pente 8 p. 100, système Sprague, 1890
- Ligne de Gênes, 13,35 km, 800 chevaux, 34 voitures; pente maximum 8,3 p. 100, système A. K. G.
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- Ligne d'expérience à Rome, système Cattori, 1899.
- Ligne de Rome, 2,800 km, 240 chevaux, 14 \ oi-tures, pente maximum 8,37 p. 100, 189s.
- Ligne de Milan, 3 km, 220 chevaux, 13 voitures, pente maximum 4 p. ton, 1893.
- Ligne de Milan-Musocco, 6,100 km, 200 chevaux, 6 voitures, pente maximum 2.5 p. 100, 1895.
- Varose 6,400 km, 200 chevaux, 4 voitures, pente maximum 7,5 p. 100, 1895.
- Ces quatre dernières lignes sont exploitées sui- ; vant le système Thompson-Houston.
- Mais cet état de choses ne va pas tarder à chan-der et bientôt la traction électrique prédominera
- Ainsi, pour la ville de Rome, on a ouvert à la traction électrique i km.qui sépare la Porte Pia de Sainte-Agnès, et on va, ces jours-ci, inaugurer encore 2 kjji sur la ligne qui joint la place de Venise à Saint-Jean-de-Latran. De plus, la modification de la traction sur les autres lignes exploitées par les chevaux est à l'étude et va être résolue, comme tout l'indique, dans le sens de la substitution de la traction électrique à la traction animale.
- Milan est relativement plus avancé. Par suite d'un contrat signe le 20 octobre 1895 avec la Société Édison. toutes les lignes de tramways de Milan seront, en 1897, exploitées électriquement et on en étendra le réseau, ce qui permettra d'ajouter aux totaux ci-dessus 60 kilomètres de traction électrique.
- On fait à Gènes la même substitution et bientôt cette ville aura 30 kilomètres de tramways électriques. Cette même ville sera également reliée électriquement à Xcrvi, VoJtri, Pontedecimo; ce qui augmentera le réseau de 63 kilomètres. Doria et Prato, villes de la Toscane, distantes de s kilomètres, vont être reliées par un tramway électrique; Florence a signé un contrat pour remplacer parla traction électrique la traction animale sur toutes ses lignes de tramways qui partent de la place del Duomo.
- L'cîan est donné, et, de tous côtés, jusqu’à Cagliari, en Sardaigne, les villes demandent la
- traction électrique, dressent des devis, réunissent des capitaux, opération plus difficile en Italie que celle de faire des plans. Et cet engouement pour la traction électrique est justifié par une double raison. La première est qu’elle permet un service accéléré avec des pentes qui dépassent 8 p. 100 et qu'un omnibus ne pourrait franchir. La seconde est que l'installation de la traction permet l’éclairage électrique.
- 11explosion du Scotia. — Ce navire de 4 966 tonneaux, appartenant à la * Tclcgraph Construction et Maintenance Company » avait quitte T.ondrcs le 6 octobre avec un nombreux équipage et personnel d'ingénieurs et d'électriciens, ayant à bord plus de 600 milles marins de câble destiné à la nouvelle ligne sous-marine de Borkum (Allemagne) à Vigo (Espagne). Le 8, le temps étant devenu très mauvais, le maître d'équipage se disposait à pénétrer. avec deux matelots, dans la cale d'avant, pour vérifier les arrimages. Une lanterne ordinaire à globe y ayant été préalablement descendue, une formidable explosion se produisit, ébranlant le navire de bout en bout et blessant grièvement plusieurs hommes. On crut tout d’abord que le navire était perdu et qu'il ne resterait plus qu’à l'abandonner, mais, heureusement, il n'en fut rien. Le
- de Plymouth : il put faire des signaux au steamer Mcr/stow qui vint à son secours et l'accompagna
- En arrivant à Plymouth, on constata que les avaries étaient excessivement sérieuses, deux énormes trous s'ouvraient béants de chaque côté du navire, qui ne doit son salut qu'à ses cloisons étanches.
- L'explosion est attribuée à un échappement de vapeurs provenant de deux récipients de peinture
- L’amirauté anglaise a, paraît-il, autorisé la Scotia à venir se faire réparer dans l’arsenal de Devon-port. Le câble n’a d'ailleurs aucunement souffert.
- L'éclairage électrique dans les mers polaires. — Voici ce que nous ditlc Cosmos 2. proposde cette application imprévue de la lumière électrique.
- Sait-on que le Fram. pendant une grande partie de sa campagne dans les mers arctiques, a été éclairé à l'électricité?
- Une pareille installation, si elle avait exigé l'emploi d’une machine à vapeur, eût été une véritable
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- folie dans des régions du globe où le combustible est si précieux pour le chauffage que son absence équivaut presque au manque de vivres; mais beaucoup de navires norvégiens ont en permanence, à bord, un moulin destiné à actionner les pompes du bord; ceux de nos lecteurs qui ont fréquenté Dieppe ou Fécamp ont vu certainement nombre de porteurs de bois munis de cette installation ; or, un moulin de ce genre avait été établi sur le Fram. et son rôle était d'actionner une dynamo qui chargeait des accumulateurs, quand le vent lui permettait de travailler. 11 parait que le système fonctionna très bien jusqu'au jour de mai 189s où les engrenages multiplicateurs entre l’aéro-moteur et la dynamo firent défaut. A cette époque, d’ailleurs, l’appareil fut détruit, parce qu’on utilisa les différentes parties pour établir les moyens de transport que l'on voulait employer sur la glace.
- Fait intéressant à signaler. Par les grands froids, le liquide des éléments des accumulateurs fut congelé. Mais l'expérience démontra que la solation ainsi solidifiée constituait un excellent électrolyte, et les accumulateurs n’en fonctionnaient pas moins parfaitement, fournissant à toute réquisition le courant nécessaire à l'éclairage.
- L'alphabet Morse et la langue chinoise. — 11 est une chose h laquelle Morse n'avait sans doute pas pensé en combinant son alphabet ; c’est qu’il pourrait être employé dans un pays où la langue comporte plus de 26 lettres, comme par exemple en Chine. The F.kclrical Review, de New-York, dit à ce sujet qu'en raison du grand nombre de caractères qu'emploie leur langue, les Chinois ont dû établir un vocabulaire spécial pour la transmission des télégrammes par des combinaisons de points et de traits: malheureusement ce vocabulaire 11e renfermant qu’euviron un huitième de la totalité des mots de la langue chinoise, la confection d'un télégramme n’est pas des plus commodes et souvent, lorsque la transmission se fait par plusieurs postes, le texte du télégrammè original arrive au destinataire considérablement.défiguré. En outre, la transmission cllc-mcmc est alors fort longue en raison' du travail auquel la lecture de la dépêche donne lieu avant d’être* communiquée au poste suivant. Aussi quoique plusieurs grandes villes chinoises soient reliéès entre elles par des lignes télégraphiques, les transactions commerciales ne
- se font guère plus rapidement qu’auparavant; et, les commerçants chinois délaissant ce moyen de communication, les quelques lignes établies subviennent à grand'pein,e à leurs dépenses.
- Il est curieux de remarquer, ajoute ce même journal, que les Chinois à qui l'on attribue la découverte de l'emploi de l’aimant, fassent preuve d’une pareille indifférence envers le télégraphe.
- Essais de labourage électrique en France. — l)e récents essais de labourage électrique ont été effectués sur les terres d'un des plus grands agriculteurs du département de l’Aisne, M. Landrin, de Bertaucourt-Epourdon. Ces essais étaient diriges par M. Magnin, ingénieur, et ont. dit le Petit Journal, pleinement réussi. La dynamo génératrice portée et mue par locomobile de 2s chevaux fournissait l'énergie, par l’intermédiaire de câbles mis et d'un trôlet, au moteur de la charrue électrique; cette dernière était munie de deux paires de socles, une à chaque extrémité, de sorte qu'arrivé au bout d'un sillon, on n'avait qu’à les faire basculer et à renverser la marche du moteur pour recommencer un autre sillon. Un seul homme suffit à la manœuvre de da charrue. On estime qu'avec ce moyen on peut labourer 2 hectares en 10 heures. Un grand nombre d'agriculteurs venus de toutes parts ont etc, paraît-il, émerveillés de la rapidité du travail exécuté.
- Un omnibus électrique, à Londres. — L'Electric Omnibus Company' de Londres (vient de faire construire une voiture-omnibus automobile qui a donné de bons résultats aux essais. Cette voiture peut recevoir douze personnes assises: sa longueur est de 2,50 m environ. Les 4 roues, présen-. tent un écartement de 0,91 m d’axe en axe et ont respectivement 0,60 m de diamètre.; elles sont munies de pneumatiques qui procurent à la voiture un roulement doux et silencieux. Le poids total du véhicule, y compris les accumulateurs, est d'une tonne. L’énergie dont on peut disposer est de 7 à 8 chevaux. Les accumulateurs qui fournissent cette énergie sont remarquablement légers. La direction de la voiture est, paraît-il, facile
- La Gérant : C. NAUD.
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- Tome IX.
- Samedi 26 Décembi
- 3' Année. — N5 52.
- L’Éclairage
- Électrique
- REVUE HEBDOMADAIRE D’ÉLECTRICITÉ
- Directeur Scientifique : J. BLONDIN Secrétaire de i.a rédaction : G. PELLISSIER
- L'ÉCLAIRAGE A L’ACÉTYLÈNE(1
- CONDITIONS A RÉALISER POUR LA COMBUSTION
- On sait que pour brûler l'acétylène dans de bonnes conditions et obtenir une flamme non fuligineuse ayant son maximum d’éclat, on peut employer deux procédés :
- i° Ou bien niélangerl’acctylcnc à l'oxygène ou à un gaz inerte, et le brùlerdans des becs ordinaires;
- 2° Ou bien brûler le gaz pur, sous une forte pression, dans des becs h. ouvertures très fines.
- Ces deux procédés semblent avoir été indiqués pour la première fois par Wilson qui, dans son brevet français du 24 décembre 1894, disait :
- « Dans l’application ordinaire, il est utile de mélanger ce gaz (l’acétylène) avec de l’oxygène, soit pur, soit tel qu’il est dans l’atmosphère, afin de déterminer une combustion parfaite.
- » J’ai découvert que ce gaz ne brûle pas dans de bonnes conditions dans un brûleur ordinaire à la pression employée pour le gaz de houille, l’abondance de son carbone occasionnant de la fumée et donnant peu de lumière.
- » J’ai aussi découvert que ce gaz, dans les brûleurs ouverts, est susceptible d’une grande
- subdivision, tandis que, en même temps, il donne un grand accroissement de pouvoir éclairant comparativement au gaz que l’on distribue en général. »
- Lorsqu’on emploie le premier procédé, on peut faire le mélange soit au sortir du gazogène, etcanaliser le mélange qu’on brûle dans des becs ordinaires, soit effectuer ce mélange dans des brûleurs spéciaux analogues au bec Bunsen. Cette dernière solution est évidem-ment préférable, car, dans le premier cas le mélange d’air atmosphérique et d’acétylène présente des dangers d’explosion et, si l’on emploie un gaz inerte, comme l’azote ou l’acide carbonique, il faut engendrer ce gaz séparément, ce qui complique l'installation et augmente le prix de revient.
- Dans tous les cas, lorsqu’on emploie des becs à mélanges, la forme et la disposition des brûleurs, la pression d’écoulement du mélange et la proportion d’air la plus convenable, sont fonction les unes des autres et doivent, comme dans tous les brûleurs à gaz, être réglées un peu au-dessous du point-où la flamme commence à devenir fuligineuse et qui donne le maximum de pouvoir éclairant.
- Les seuls becs spéciaux pour brûler l'acétylène en le mélangeant automatiquement à l’air que nous connaissions, sont ceux que M. Bullier a inventés.
- Ils comprennent un ou plusieurs conduits latéraux qui forment appels d’air, de façon il déterminer la combustion complète de l’acétylène.
- Les figures .74 h 77 représentent un bec
- C) Voir L’Éclairage Électrique du 5 décembre, p. 442.
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- Manchester avec deux orifices a pour l’arrivée du gaz et donnant une flamme plate. Dans ces orifices, débouchent deux ou plusieurs conduits d’air b percés obliquement par rap-
- Fig. 74 à 77. — Brûleur à acétylène à flamme plate.
- port'à l’axe du bec, de façon que le courant du gaz entraîne une certaine quantité d’air qui, en se mélangeant au gaz. déter-
- Fig. 78. — Brûleur à acétylène à flamme cylindrique.
- mine sa combustion complète tout en augmentant considérablement son pouvoir éclai-
- Pour obtenir un bec à fente circulaire don-
- nant une flamme cylindrique, on dispose autour du bec, une couronne circulaire C (fig. 78) laissant entre elle et le bec, pour le passage de l’air, deux vides b concentriques à la fente a d’échappement du gaz. Au lieu d’avoir deux fentes b qui forment ce vide, on pourrait disposer des rangées de trous.
- Dans ces becs, les conduits d’introduction de l’air sont percés obliquement par rapport à l’axe du bec et viennent déboucher dans les orifices d’arrivée du gaz. Les figures 79 et 80
- Fig. 79 et 80. — Brûleurs genre Bunsen. •
- représentent des becs dans lesquels l’orifice d’introduction de l’air est percé latéralement dans un tube, à la base duquel débouche l’ajutage d’arrivée du gaz.
- Cette disposition est analogue, en principe à celle d’un Bunsen.
- L’ajutage a comporte un orifice b très petit pour l’arrivée du gaz dans le tube c qui est muni d’un trou d; cet orifice d’air est placé à peu près au même niveau que l’orilice d’entrée du gaz, et sa section est calculée de ma-
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- nière que le mélange gazeux, contienne envi-
- Air.......................40 p. 100.
- Acétylène.................60 »
- On dispose une virole autour du tube afin de pouvoir régler l’introduction de l’air suivant la pression du gaz.
- Le mélange s’elfectue en c et l’allumage à l’extrémité du tube produit une flamme qui,
- avec un débit de 6 à 7 litres à l’heure sous une pression de 30 cm d’eau, donne 1 carcel.
- La figure 79 représente un bec rond et la figure 80 un bec plat.
- D’autres inventeurs ont cherché à effectuer le mélange automatiquement dans des appareils spéciaux; il est ensuite envoyé dans les canalisations et brûlé dans des becs ordinaires. Ainsi :
- M. Dickerson engendre l’acétylène dans un
- 5r. — Appareil Dickerson.
- récipient B ifig. 81) sous forte pression. Le carbure est placé sur une grille : l’eau venant d’un réservoir élevé A, dont la hauteur détermine la pression, arrive par le bas. Lorsque la pression est trop forte, l’eau est refoulée et la production de gaz est ainsi arretée.
- Le gaz engendré passe par le tube W muni d’un robinet c et se rend a la valve régulatrice G. Il actionne parsa pression le moteur H qui entraîne un compresseur d’air L. L’air et le gaz mélangés se rendent au gazomètre P dont la cloche actionne par une cordc a le robinet e et modère l’arrivée du gaz. Le gaz se rend ensuite à un grand gazomètre ou aux canalisations.
- Lorqu’onveut emmagasiner 1111 tel mélange sous forte pression (de 10 à 15 kg-cms) pour le transport, on commence par comprimer de l’acétylène dans un récipient A (fig. 82) à une pression supérieure h celle qu’on désire obtenir dansles récipients de transport LctL'. Le gaz en se détendant actionne le moteur G qui entraîne un compresseur d’air ; D est un serpentin qui sert à réchauffer le gaz détendu et à utiliser sa basse température ; l’acétylène se rend ensuite au réservoir G qui doit avoir une capacité suffisante pour retenir un excès de gaz sur le volume nécessaire pour remplir les cylindres L et L'. L’air comprimé se rend en N.
- On commence par remplir le cylindre L
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- d’air en manœuvrant les robinets a et e, jus- I le robinet a et on ouvre le robinet d où la qu’à ce que la pression soit égalé à la moitié pression est en excès sur la pression normale, de celle qu’on veut obtenir. On ferme alors j L’acétylène comprimé se rend alors en L où
- J. 82. — Appareil Dicke
- il se mélange à l’air jusqu’à ce que la pression ait atteint la valeur désirée.
- Si la force expansive de l’acétvlène comprimé en A n’est pas suffisante pour comprimer l’air en N, on peut employer un compresseur auxiliaire O.
- Dans tous les cas, les meilleures proportions du mélange sont :
- Air.................40 à 50 p. Jao.
- Acétylène...........60 à 50 »
- Pourles installations particulièresmoinsim-
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- portantes on peut adopter l’un des dispositifs suivants, indiqués également par Dickerson.
- L’air, ou tout autre gaz est contenu dans le gazomètre C (fig. 83) et l’acétylène dans le
- gazomètre A. Ces deux gazomètres sont à pression constante; leur cloche mobile ouvre, ou ferme automatiquement, suivant son élévation relative, les robinets d’introduction du
- ;. — Appareil mélangeur Dicker
- gaz. Les deux gaz se rendent en R où ils se mélangent ; ce gazomètre B est aussi muni de robinets à manœuvre automatique.
- La lumière de ces robinets a des dimensions telles, pour chacun d’eux, que le mélange se fait toujours dans la même propor-
- tion au gazomètre central, quel que soit le degré d’ouverture des deux robinets.
- Ces gazomètres peuvent être remplacés par des régulateurs de pression.
- Pour plus de simplicité, on peut réunifies trois gazomètres en un seul comme le représente la figure 84. Les robinets sont remplacés
- par des tubes T et S, les premiers sont solidaires de la cuve du gazomètre et fixes par conséquent et les seconds sont mobiles avec la cloche supérieure. Chacun d’eux porte des ouvertures G et g qui jouent le même rôle que la lumière des robinets.
- Quand la cloche est au bas de sa course, ces ouvertures sont en regard, le passage des gaz est donc libre.
- Lorsque la pression s’élève, elles sont simultanément et proportionnellement fermées; leurs dimensions relatives étant calculée
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- comme dans le cas des robinets pour obtenir .un mélange de proportions convenables. Bien entendu, une seule ouverture dans chaque tube peut être suffisante.
- Comme cette forme de valve n’est pas abso-
- lument hermétique, on dispose des valves ordinaires W pour fermer complètement le tube T au moment de la fermeture des ou ver-turcs G et g.
- Dans l’appareil représenté en figure 85, les
- dispositif Dicke
- deux séries de tuyaux S et T sont remplacées par un seul tuyau portant une séparation.
- Avec les dispositifs précédents, si le débit d’un des deux gaz, air ou acétylène, venait à diminuer ou à cesser, il parviendrait en B
- Fis*, 87. — Appareil Tht vert.
- des mélanges en proportions indéterminées qui pourraient être dangereux. Avec le dispositif représenté en figure 86, chaque gazomètre commande le robinet du gazomètre .voisin, ce qui évite tout danger.
- M. Thivert a imaginé un appareil du même genre qui présente l’avantage de fournir l’air comprimé sans appareil accessoire.
- Il se compose tfig. 87; de deux gazomètres EN et S R ; le premier reçoit l’acétylène provenant du générateur; le second est le producteur d’air comprimé, il est muni d’une soupape U s’ouvrant lorsque la cloche S s’élève et se fermant lorsqu’elle s’abaisse. Les deux cloches sont réunies aux extrémités d’un levier X pivoté en son centre ; enfin, un tu\rau T, muni en E d’une soupape T' qui empêche les retours de gaz, les réunit à l’intérieur.
- Par suite de ces dispositions, lorsque l’acétylène parvient dans la cloche E, elle s’élève et la cloche S s’abaisse, envoyant de l’air dans la première.
- Pour que ce système fonctionne régulièrement, il faudrait qu’il soit complété par un système d’ouverture et de fermeture automatique de l’arrivée d’acétylène pur, afin que la cloche E reçoive un mouvement régulier de montée et de descente.
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- Enfin, M. T.-L. Willson a proposé de faire passer le gaz de ville tout purifié, dans des récipients contenant du carbure de calcium, ce qui le dessèche et l’enrichit. Le gaz ainsi séché et enrichi passe ensuite dans le gazomètre et de là aux conduites.
- Un autre inventeur, M. Jacquet, propose sous le nom de « Aggloméré à base de carbure • de calcium dit acétylène permettant d’obtenir un gaz d’éclairage dit mi-acétylène ou acétylène carbonique », un mélange de carbure de calcium avec un corps qui dégage de l’acide carbonique en même temps, sous l’action de l’eau. Ce mélange est fait en proportions définies qui restent constantes.
- Le carbure de calcium pulvérisé est, par exemple, mélangé avec un carbonate ou un bicarbonate et un corps acide ; on emploiera, par exemple, du carbonate de calcium et du sulfate ou du bisulfate de sodium. Le mélange est fait à sec, et aggloméré par un liant approprié pour former des briquettes qui,soumises àl’action del’eau, dégagent un mélange d'acétylène et de gaz carbonique.
- Le compose suivant :
- Carbure de calcium.......... 1 partie.
- Carbonate de calcium .... 1 »
- Bisulfate de sodium..........3 »
- dégage du gaz mi-acétylène a 40 p. 100 d’acide carbonique donnant une flamme très éclairante et non fuligineuse.
- C’est une combinaison originale du siphon à eau de Seltz et de la lampe a acétylène qui reviendrait assez cher et parait inutile.
- Le> becs à acétylène sans mélange d'air paraissent très simples à réaliser puisqu’il suffit de donnera lafente ou aux trous du bec des dimensions très faibles. Mais, en pratique, on sc heurte à d'assez grandes difficultés, dont la plus grave, signalée, par M. Lewes, réside dans la propriété de l’acétylène de se polymériser sous l'influence de la chaleur, et de se décomposer en hydrocarbures liquides et meme solides tels que benzine, styrolène, hydrure de naphtaline, etc., qui se carbonisent sur les becs et finissent par les obstruer en raison de leur finesse.
- En outre, il paraîtrait que les becs en stéatite, qui fonctionnent très bien dans les premiers temps,- finiraient au bout d’une certaine durée d’usage par s’effriter et par donner une flamme mauvaise et chantante.
- M. Clausolles emploie des becs en aluminium. Ce métal n'est pas attaqué par l’acétylène, même à chaud, et les becs se conservent très bien. Cet inventeur a adopté une ouverture donnant une flamme en forme de dard d’environ 1 carcel d’intensité et, quelle que soit l'intensité de la lumière à obtenir, il emploie la même ouverture, seulement il en multiplie le nombre ; ainsi, pour 2 carcels, il emploie deux ouvertures disposées sur le même bec, pour 3 carcels, 3 ouvertures et ainsi de suite. Lorsque l’intensité de la lumière doit être très grande, il donne a ses becs la forme d’une pomme d’arrosoir.
- On pourrait critiquer la forme donnée à la iiamme qui n'est pas assez étalée.
- Un autre inventeur emploie aussi des becs a fentes multiples et adopte un mode de. réglage de l’intensité lumineuse très intéressant. Chaque bec est muni d’une aiguille qui peut l’obturer complètement; tous les becs sont disposés sur une même monture et un seul robinet commandant un excentrique permet de faire monter successivcmentchaque aiguille c’est-à-dirc de fermer l’ouverture correspondante.
- On peut ainsi, avec un même bec, et en tournant simplement le robinet d’un plus ou moins grand angle, obtenir des intensités lumineuses très differentes. En outre, les aiguilles, en montant dans les ouvertures, les nettoient automatiquement.
- Dans tous ces becs à flammes multiples, il faut bien, faire attention à une chose, c’est que la flamme de l’acétylène est essentiellement opaque; on ne peut distinguer le moin dre objet derrière une flamme la plus mince ; si plusieurs becs sont disposés l’un près de l’autre, les flammes enveloppées par d’autres flammes ne concourront en rien à l'effet lumineux produit. G. Peli.issier.
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- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- LA LUMIÈRE A A RC (‘)
- OPTIQUE DE L'ARC
- Eclairage par courants alternatifs. — Ici, comme on l’a vu, les deux crayons identiques s’échauffent sensiblement de même, atteignent le meme éclat, prennent des formes semblables et se consument à peu près également ; la seule différence constatée provient du mouvement ascensionnel des gaz chauds qui viennent lécher et échauffer un peu plus le crayon supérieur. II n’y a plus, par suite de l’inversion du courant, ni cratère nettement lormé, ni pointe, mais une sorte de compromis entre ces deux formes. Comme conséquence, la répartition de la lumière est symétrique au-dessus et au-dessous du plan horizontal mené à égale distance des deux extrémités des crayons ; l’emploi d'un réflecteur ou d’un charbon supérieur de plus fort diamètre permet seul de renvoyer la lumière vers le bas.
- Une autre différence importante est à signaler entre la lumière fournie par l’arc h courant continu ou à courants alternatifs. Ce dernier est soumis h une fluctuation périodique régulière, à une pulsation résultant des rapides changements de sens du courant. Sans s’éteindre faute de temps, d’une inversion à l’autre, l’arc s’affaiblit pour reprendre immédiatement. On ne connaît pas d’une façon précise la durée maxima que peut prendre cet affaiblissement momentané ; mais on sait que les lampes a arc à courants alternatifs ne peuvent pratiquement fonctionner si la fréquence est supérieure à 40 périodes par seconde.
- Il est facile de distinguer à ces affaiblissements périodiques mais très rapides de la lumière un foyer à courants alternatifs d’un foyer à courant continu. On reconnaît le courant alternatif à la succession d’images que l’on obtient en faisant mouvoir une baguette
- (') Voir L'Éclairage Électrique, des 14 novembre, 5 et jÿ décembre 1896, p. 295, 446 et 539.
- ou lançant une pièce demonnaie dans le faisceau lumineux d’un arc projeté sur un écran ; le simple tournoiement d'une canne dans ce même faisceau lumineux sous une lampe de ville permet de reconnaître à quelle nature d’arc on a affaire. La transmission, même à grande distance, du ronflement inhérent aux alternateurs en général révèle en outre à l’oreille l’alimentation par courants alternatifs.
- Rendement des arcs à courants alternatifs. — Cette question de rendement relatif des deux sortes d’arcs' a fait autrefois l’objet de longues discussions. Le professeur Fleming s’est livré à des mesures à cet égard et a écrit sur la matière avec tout le talent qui le caractérise. Sans discuter l’exactitude de ses observations non plus qu’aucune autre, l’Auteur envisage la question a priori et estime absolument absurde (ce sont ses propres expressions) de supposer que, avec un mécanisme approprié, des dimensions et une qualité convenables de crayons, dûment employés, et avec le courant voulu, on puisse trouver la moindre différence entre l’arc à courants continu et l’arc h courants alternatifs. On a de meme soutenu dans un temps que les lampes à incandescence avaient un moins bon rendement dans le dernier cas, jusqu’au jour où les professeurs Ayrton et Perrv ont prouvé qu’il n’y avait là qu’une simple affaire de tension convenable. On est fondé à penser qu’il en est demèmeici. L’échauffement dû au courant étant proportionnel au carré de son intensité, comment admettre qu’il agisse différemment en allant dans un sens ou dans l’autre? En dépensant la quantité voulue d’énergie sur la quantité voulue de charbon et en élevant ce dernier à la température voulue, on peut prétendre aux memes résultats, à toutes autres conditions égales.
- Spectre de l’arc. — Si par une fente étroite pratiquée dans un diaphragme on projette sur un écran, à travers un prisme, le foyer complet d’une lampe à arc, on obtient super-
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- R K VUE IV É L E C T RI CI TÉ
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- poses les spectres correspondant au cratère du crayon supérieur, h l'arc intermédiaire, et h la pointe du crayon inférieur. Dans les deux extrêmes on reconnaît la présence de tous les rayons élémentaires, du rouge au violet, de la lumière blanche; mais le spectre de la llamme pâle qui constitue l’arc à proprement parler est plus sombre et paraît faire tache entre ies deux autres; on y constate un certain nombre de raies nébuleuses, deux dans le vert, une autre plus brillante dans le bleu-vert, et une quatrième vers la lin du bleu ou le commencement du violet. Ces bandes sont celles bien connues du carbone, ce qui prouve optiquement que la flamme reliant les deux crayons est formée de vapeur de carbone à l’état incandescent.
- Arc en globe clos. — Bien que les observations relatives à la manière dont l’arc se comporte envase clos eussent pu trouver place dans son élude physique, elle est cependant en connexion immédiate avec la partie optique de ce travail. Si par une disposition convenable, facile à réaliser, on emprisonne l’arc dans un globe hermétiquement fermé empêchant le renouvellement de l'air, l’arc se forme naturellement tout d’abord de la manière ordinaire; mais, au bout de quelques minutes {suivant la capacité du globei, l’air qu’il contient est, par la combustion, privé de son oxygène et l’arc ,se trouve, à partir de ce moment, dans une atmosphère qui ne se prête pas à la combustion. Il en résulte une consommation des cravons moindre que d’habitude.
- Dans des expériences faites sur un arc ordinaire avec une lampe Brockie-Pell prenant environ 6,5 ampères sous 50 volts pour des crayons de 13 mm de diamètre au positif et de 11 mm au négatif, M. Preece a constaté une consommation moyenne par ampère et par heure de 3,52 mm de longueur, ou 0,504 gr pour le positif, et de 2,86 mm ou 0,176 gr pour le négatif. (Le I)r Strccker a trouvé par expérience, en Allemagne, 0,75 et 0,375 gr respectivement.) Mais, comme l’a
- fait observer M. Marks à qui sont ducs les premières recherches à cet égard, cette consommation peut être, ainsi que nous l’avons dit, considérablement réduite si l’on empêche simplement le renouvellement de l’air.
- De professeur Walmsley, d’Edimbourg, a expérimenté, pendant 14 heures consécutives, une lampe Brush-Sellon munie des mêmes crayons que ceux couramment employés dans la lampe Brockic-Pell. Le courant d’alimentation était de 10 ampères et le mécanisme ajusté de manière à donner un arc plutôt long, Dans ces conditions la consommation horaire a été, pour le crayon positif, a l’air libre, de 47 111m, et en globe clos, de 2,84 mm ; et pour le négatif, de 18,7 min à l’air libre, et de 0,62 mm seulement en globe clos. Ces chiffres correspondent sensiblement dans le dernier cas a un vingtième, pour le positif, et à un trentième, pour le négatif, de la consommation à l’air libre, soit, en moyenne, un vingt-cinquième de la consommation à l’air libre, pour la consommation totale.
- Mais cet emploi du globe étanche a une contre-partie : l’intérieur s’en recouvre progressivement d’un dépôt brunâtre qui obscurcit la lumière. Les observations de M. Walmsley h cet égard l’ont amené à conclure qu’au bout de 18 heures la lumière fournie était h peu près la moitié de ce qu’elle eût été dans les conditions habituelles. En fait le dépôt brunâtre intercepte plutôt plus de radiations vertes que de radiations rouges.
- Phénomène de Troller. — Nous en arrivons au phénomène le plus récemment découvert et le plus important parmi ceux que présente l’arc voltaïque. Ce phénomène observé par M. Trotter a si complètement modifié les idées sur la nature de la surface du cratère qu’il oblige à reprendre tout ce qui a été antérieurement appris ou observe.
- Si l’on projette sur un écran, au moyen d’une bonne lentille achromatique {telle qu’une lentille de chambre noire), une image de l’arc et qu’on l’ajuste de manière à obtenir une bonne vue du cratère, on distingue par-
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- I; EC LAIR A GE K LECTRIQ lJ E
- fois, avec un peu d’attention, dans le voisinage du milieu du cratère lumineux, — mais pas toujours au centre —, une tache nébuleuse s’étendant par moments dans différentes directions. Cette tache est plus lumineuse que la surface environnante sur laquelle elle se déplace capricieusement. On l'aperçoit parfois tournant en sens continu, parfois tournant dans un sens, puis dans un autre; mais la rapidité de son mouvement en rend l’observation difficile autrement qu’à l’aide d’un procédé artificiel. On a recours à cet effet à la méthode stroboscopique appliquée soir au moyen d’un disque en carton noirci, dans lequel sont pratiquées des fentes radiales équidistantes au nombre de 36, 48 ou 60, et qu’on fait tourner à la main, autour de son axe, jusqu’à ce que le passage des fentes devant l'œil atteigne la même fréquence que celle du phénomène, ou qu’on actionne par un petit moteur électrique en i’interposant entre l’arc et sa projection sur un écran, soit en projetant cette image, non pins sur un écran fixe, mais sur un disque moitié blanc moitié noir animé d’un mouvement de rotation.
- L’une ou l’autre de ces méthodes révèle en somme un phénomène de rotation de quelque chose dont on 11e connaît pas encore exactement la nature. Ce que \T. Trotter a montré dans l’arc est un objet blanc ayant la forme d’un demi-croissant ou d’une virgule, s’étendant d’un point voisin du centre du cratère à sa périphérie, et tournant de la façon la plus capricieuse. lui tache blanchâtre que l’on aperçoit sans l’emploi de moyens artificiels parait être la tctc de la virgule, dont l’appendice sc meut d’ordinaire trop rapidement pour qu’on puisse en distinguer la forme sans le secours des moyens indiqués. L’observation du phénomène par la méthode stroboscopique exige une fréquence de quatre cents périodes environ par seconde dans la succession des intermittences de vision. La partie droite de la figure iy montre cette tache telle qu’elle apparaît réellement quand il y a synchronisme parfait entre son mouvement de rotation et celui du disque, par
- exemple, qui permet de l'observer. Si cette vitesse de rotation est double de celle de l’objet considéré, on en perçoit une image double (fig. iq, à gauche), qui se triple et se
- quadruple même en forme d’étoile suivant les deux vitesses angulaires relatives de la tache et du disque d’observation. Si, une vitesse de rotation de la tache étant bien établie, on vient à réduire progressivement l’intensité du courant, cette vitesse angulaire change aussi d’une manière parfaitement régulière. Cependant, avec un courant et un régime de rotation bien déterminés, 011 voit parfois, tout d’un coup, sans que rien puisse le faire prévoir, la rotation changer de sens tout en conservant la même vitesse angulaire. A un changement dans le sens de rotation correspond également une inversion de forme, le côté concave de la tache étant toujours dirigé vers l’avant. C’est là un des points les plus singuliers de l’ensemble du phénomène. Une intensité de courant donnée parait néanmoins déterminer une vitesse particulière de rotation. Cette rotation n’est pas d’ailleurs un simple phénomène optique de la surface du cratère; une vue de profil de l’arc et l’examen de la flamme entre la pointe négative et le cratère ont en effet montré à M. Trotter que la flamme est elle-même, du haut en bas, dans un état de mouvement rapide correspondant à celui de la tache vir-gulaire à la surface du cratère.
- Cet intéressant phénomène de Trotter encore inexpliqué semble devoir faire évanouir tout espoir de trouver un étalon de lumière au cratère d’une lampe à arc.
- Dernières observations de M. Crompion.— M. Crompton a récemment signalé un autre
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- phénomène antérieurement inconnu ou 1.3 ni, s’il avait été précédemment observé par hasard, n’avait pas éveillé l’attention. Un arc de longueur convenable brûlant très normalement et sans la moindre apparence d’intermittence, ii arrive parfois que, tout d’un coup et sans cause perceptible, il s’étale latéralement; sa flamme enveloppe le charbon supérieur, le lèche une ou deux fois, après quoi tout revient à l'état normal. Ces irrégularités se marquent très nettement sur les courbes fournies par un voltmètre enregistreur intercalé entre les bornes d'une lampe à arc, et dont les indications sont très précieuses dans l’élude comparative du mécanisme des lampes et de la qualité des charbons pour un mécanisme donné. Le moindre défaut ou arrêt d’alimentation s’y révèle; l’arc s’allonge indûment et la tension augmente jusqu’à ce que le mécanisme de rapprochement se décide à fonctionner de nouveau. En règle générale un mécanisme dont l’action se fait trop attendre alimente ensuite trop abondamment. Ces irrégularités peuvent tenir à certaines impuretés, telles que silice, chaux, fer, etc., qu’011 rencontre dans tous les crayons. On voit parfois se déposer autour du cratère une poudre brunâtre qui s’y accumule extérieurement pendant un certain, temps au bout duquel l'arc jaillit subitement, la balaie d’un jet de flamme et rentre ensuite dans l’ordre pour reprendre cet office de nettoyage quand il s’est accumulé une nouvelle quantité de cette même pous-
- Ces courbes de fonctionnement sont d’ailleurs très curieuses dans leurs indications : 011 y constate souvent des irrégularités dont les causes sont purement d’ordre extérieur et dépendantes de la construction du bâtiment; des lampes suspendues à un plafond présenteront une régularité de marche exceptionnelle à certaines heures de la journée où il est démontré qu’il n’existe aucune allée et venue à l’étage supérieur et, par suite, aucune trépidation. D’autres, au contraire, semblent avoir besoin de ces trépidations pour exciter le jeu de leur mécanisme légèrement pares-
- seux, d’où les irrégularités de courbes constatées. Il en est encore de même quand, pour un motif quelconque, la tension vient à varier si peu que ce soit. Entin M. Crompton a également reconnu que la moindre trace d’hu-miditc dans des crayons conservés dans un endroit insuffisamment sec détermine, malgré la qualité intrinsèque de ceux-ci, de grandes irrégularités. Il semble que le courant d’air chaud ascendant soit impuissant à chasser d’un crayon l’humidité qui l’a lentement pénétré; la preuve en est que le passage à l’étuve de ces mêmes crayons pendant deux jours, à une température supérieure à celle de l’évaporation de l’eau, leur rend leurs qualités premières.
- Mais ces dernières observations ne sont pas, à proprement parler, du domaine de l’optique de l’arc; elles ressortissent plus au mécanisme des lampes qui fait l’objet de la suite de cette étude.
- MÉCANISMES DES LAMPES A ARC
- Nous ne nous étendrons pas longuement sur cette partie de l’étude actuelle de M. S.-P. Thompson, complément et mise à jour d’un travail analogue publié par lui en 1889. Son caractère historique, son application prédominante à des lampes d’origine anglaise peu employées chez nous, et les nombreuses monographies de lampes à arc qui ont été données soit dans ce journal, soit dans La Lumière Électrique lors de leur apparition successive, nous en dispensent. Le grand objectif sur lequel se dépense depuis de longues années l’esprit ingénieux d'innombrables inventeurs est toujours le maintien automatique de l’écartement régulier des charbons et,parsuite,la constanccde leur alimentation. A cet ell’ct toutes les actions électromagnétiques. différentielles ou non. tous les modes de déclenchements et de freinages mécaniques ou électriques ont été mis en œuvre avec plus ou moins de succès; mais, malgré les résultats très remarquables déjà obtenus, les perfectionnements continuels apportés chaque
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- jour aux t}pes les mieux établis prouvent surabondamment qu’ils ne donnent pas encore pleine satisfaction h leurs auteurs. Il n’y a pas lieu de s’en étonner devant les difficultés que pi'ésente inévitablement l’asservissement de la matière, avec sqn inertie, aux subtiles et si rapides exigences du courant électrique.
- Pour se faire une idée des multiples éléments qui entrent en jeu dans le fonctionnement d’une lampe à arc et de la concordance qu’ils doivent présenter dans leur action réciproque, il suffit de jeter les yeux sur la spécification suivante que donne l’Auteur pour l’étude complète d’une lampe à arc et par laquelle nous terminerons ce rapide et déjà trop long résumé.
- SPÉCIFICATION RELATIVE A T.A LAMPE A ARC.
- Courant d'alimentation Intensité du courant, en ampères. . . . Différence de potentiel aux bornes, en volts Résistances, en ohms Bobine en série Bobine en dérivation Mise hors circuit
- A Mode d’entraînement.
- B Mécanisme.
- c, Déclenchement (électrique).
- Cj — (mécanique,.
- c — . Dispositif de
- D, Alimentation (électrique).
- d2 — (mécanique).
- d — , Dispositif tV
- E Réglage ou freinage.
- r Remplacement.
- G Foyer.
- g — , Réglage du
- II Substitution.
- Mise hors circuit.
- K Mise en circuit.
- L Trajet du circuit principal.
- M — — dérivé.
- N Porte-charbons.
- 0 Porte-globes.
- F Caractères particuliers.
- E. Boistel.
- CONDENSATEURS 1
- Formes pratiques des condensateurs. — Extérieurement les condensateurs présentent des formes variées; la condition la plus importante à exiger, c’est le dégagement aussi parfait que possible des bornes correspondant aux armatures, de façon à éviter, par un essuyage à sec, le dépôt d’humidité et de poussière entre elles, et à supprimer par la même opération les dérivations superficielles, qui causent souvent plus de perturbations que les défauts du diélectrique lui-même.
- La figure 3 montre la disposition la plus
- Fig. 3. — Condensateur en mica.
- employée pour les condensateurs en mica : un boisseau rond, en laiton, renferme le condensateur. A la partie supérieure, une plaque d’ébonite porte 2 bornes auxquelles sont réunies les 2 armatures; ces bornes sont elles-mêmes posées sur deux plots en laiton, entre lesquels on peut introduire une cheville, destinée à mettre le condensateur en court-circuit.
- On construit beaucoup, sous le nom de condensateurs industriels ou de service, des condensateurs beaucoup moins précis, dont le diélectrique est du papier paraffiné ou enduit de compositions diverses; ces condensateurs, dont on se sert beaucoup en télégraphie pourfaire des lignes fictives, sont quelquefois employés dans les mesures; ils sont généralement renfermés dans des boîtes plates, en
- !’) Voir L’Éclairage Électrique du 19 décembre, p. 534.
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- bois 'fig. 4), surmontées d’une petite plaque d’ébonite portant les bornes.
- On fait des boites de condensateurs analogues aux boîtes de résistances, c’est-à-dire
- Fig. 4- - Condensateur industriel.
- permettant de faire varier la capacité par l’introduction de nouvelles sections: deux moyens peuvent être employés : le montage en parallèle et le montage en cascade.
- Le premier, le plus employé (fig. 5 et 6),
- est facile à comprendre, il suffit de relier une armature de chaque section à un plot commun b, les autres armatures étant reliées chacune à un plot isolé; une fiche permet, selon qu’elle se trouve à un bout ou à l’autre du plot, de mettre la section en court-circuit, ou de la rendre active; la capacité totale est, dans ce cas, la somme des capacités des sections employées.
- Le montage en cascade est absolument dé-
- fectueux, il exige des condensateurs rigoureusement identiques comme isolement, c’est-à-xlire, ayant une résistance inversement proportionnelle à leur capacité, et ayant des résidus parfaitement égaux; la plus petite différence entre ces qualités a pour effet d’aug-
- menter énormément la variation de charge avec le temps et le résidu; il est, dans ces conditions, impossible, même en faisant des sections individuellement très bonnes, de connaître la capacité du condensateur résultant.
- Il est essentiel de tenir toujours les condensateurs en court-circuit, lorsqu’ils ne servent pas; c’est le seul moyen de faire disparaître les charges résiduelles et d’obtenir des résultats concordants.
- Les phénomènes d’absorption et de résidu compliquent, comme nous l’avons vu, la définition de la capacité d’un condensateur. Lorsqu’il s’agit d’un bon condensateur en mica, on peut, par une étude préalable, connaître le rapport entre la capacité initiale, purement électrostatique, et la capacité de régime, et choisir suivant l’application l’une ou l’autre de ces valeurs; par exemple, pour des mesures de quantité, il est préférable de laisser le condensateur prendre son régime en le chargeant pendant un temps déterminé ; pour les courants alternatifs, au contraire, on peut admettre que c’est surtout la capacité initiale qui intervient. Les condensateurs que l’on trouve dans le commerce sont étalonnés de façons très différentes ; il en résulte que, par
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- I/ÉC LAI RAGE ÉLECTRIQUE
- le fait de l'absorption et par le défaut de concordance des méthodes de mesures, il peut exister entre deux condensateurs, également bons, des différences supérieures à i p.ioo alors que nos connaissances sur la question, devraient permettre, par une définition préalable du temps de charge, d'obtenir une concordance plus grande.
- Avec les condensateurs industriels, où la variation de charge atteint fréquemment io p. ioo, il est assez facile d’obtenir une capacité définie h i p. tooprès ; i! suffit de se placer dans des conditions toujours identiques, de durée de charge et de décharge, et de laisser le condensateur en court-circuit, un temps suffisant pour qu’il reprenne son état normal, ou h peu près ; mais la capacité applicable aux courants alternatifs est loin d’ètre aussi bien définie.
- Une question des plus importantes dans l’emploi des condensateurs, et à laquelle il est malheureusement impossible de répondre exactement, est celle de la tension maximum que peut supporter sans danger un condensateur donné ? La plupart des condensateurs en mica peuventètre soumis sans danger à une tension de 500 volts; cependant.il suffit d’un point faible, comme il s’en trouve, même avec ung fabrication des plus soignées, pour amener la rupture du diélectrique avec moins de 100 volts. Nous avons vu fréquemment, des condensateurs excellents, percés et mis en court-circuit tout a coup, avec moins de 100 volts, après avoir longtemps et à plusieurs reprises supporté plus de 1 000 volts. On peut dire, d’une façon générale, que les condensateurs étalons ne doivent supporter que des tensions très faibles, de même que les étalons de résistance ne doivent recevoir que des courants très faibles.
- Les condensateurs industriels supportent souvent des tensions aussi élevées que ceux en mica, mais les défauts sont plus à craindre; comme les services qu’on en attend sont moins précis, 011 peut néanmoins les soumettre il un traitement un peu plus brutal. l)’une manière générale, un condensateur quelconque doit
- supporter, sans sc mettre en court-circuit, une Tension supérieure à 100 volts.
- On doit toujours avoir soin de ne pas employer les condensateurs destinés aux mesures sur des circuits ayant une grande self-induction, l’extra-courant de rupture pouvant atteindre une force électromotrice beaucoup plus élevée que celle qui existe dans le circuit; un très grand nombre de ruptures de condensateurs sont dues à cette cause.
- La température joue un très grand rôle dans la résistance des condensateurs h l’étincelle; tel appareil qui supporte aisément 1000 volts à 150 peut être mis en court-circuit par une tension beaucoup moindre à 25".
- En résumé, dans l’état actuel de la question, on doit, pour les mesures précises, employer des condensateurs en mica, dont la variation de charge, avec le temps, ne dépasse pas 1 p. 100. En définissant bien le temps de charge, on obtient ainsi des résultats de l’ordre de 0,1 h 0,2 p. 100; mais il faut toujours déterminer la capacité exacte en fonction du temps, car le réglage varie avec les constructeurs.
- Les condensateurs industriels peuvent très bien servir pour des comparaisons de quantités, à 1 p. 100 ou même 0,5 p. 100, pourvu qu’011 ait soin d’employer toujours la même durée de charge.
- H. Armagxat
- INSTALLATIONS ÉLECTRIQUES SUISSES
- DH GENÈVE A ZURICH (')
- Dès le matin du troisième jour de l’excursion, les excursionnistes sc réunissaient à l’entrée du magnifique pont de Kirchenfeld,
- (', Voir ï.'liclairageElectrique des 24 octobre, 28 novembre, 12 et 19 décembre, p. 145, 400, 4^0 et 548.
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- jeté sur l’Aar. et, suivant l’une des rives de cette rivière, se rendaient à la
- STATION CENTRALE DES INSTALLATIONS MUNICIPALES DE BERNE
- qui alimente l’éclairage public et privé par un réseau à trois fils, à courant continu, à 100 volts environ entre chaque (il.
- Cette station, inaugurée en 1891. utilise une chute créée sur l’Aar, par un barrage de 320 m de longueur et de 14 m d’épaisseur à la base, dont la construction remonte à 1640; généralement, la hauteur de chute est de 4 m. mais au passage des excursionnistes la crue de l’Aar l’avait réduite à 1 m. hauteur minimum constatée depuis 5 ans.
- L’énergie motrice esi fournie par 5 turbines .Jonval, des ateliers Th. Bell et C'c, de Kricns, de 150 chevaux chacune et faisant 40 tours par minute. Au iiunen de grandes roues dentées à dents de bois, ces turbines entraînent a la vitesse de 360 tour s par minute trois génératrices Oerlikon, à huit pôles, donnant chacune 700 ampères, avec une différence de potentiel de 120 à 140 volts; deux de ces génératrices sont continuellement en service, la troisième servant de réserve.
- Deux survolteurs, accouplés directement à des moteurs électriques et donnant, à la vitesse de 900 tours par minute, 340 ampères avec une différence de potentiel de 10 à 50 volts, servent à la charge de quatre batteries d’accumulateurs, installées récemment. Chacune de ces batteries comprend 72 éléments Tudor à 19 plaques, dont 10. positives et 9 négatives; 18 de ces éléments servent pour la régulation. La capacité totale de ces batteries est de 1 400 ampères-heure.
- Des feeders aériens longent la rive de l’Aar et viennent se raccorder en deux points au réseau souterrain de distribution. En juin dernier, le nombre des abonnés était de 83; 3 120 lampes à incandescence et 84 lampes à arc, dont 42 lampes à arc, de 12 ampères, pour l’éclairage public, étaient reliées au réseau ; les lampes à arc sont disposées par
- groupes de 5 en tension sur les conducteurs extrêmes du réseau, soit sur une différence de potentiel de 200 volts.
- L'installation de l’usine et du réseau est revenue à 710 000 fr environ, comprenant 200 000 fr pour la partie hydraulique, et 44 700 fr pour la partie électrique de la station centrale, 25 600 fr pour le réseau proprement dit. 83000 fr pour l’établissement de deux des batteries d’accumulateurs et du survolteur correspondant et 126 000 fr pour les deux autres batteries et le second survol-
- Quittant Berne à 11 heures, les excursionnistes arrivaient 2 heures après à
- l’une des plus intéressantes des stations visitées et dont l’installation fait le plus grand honneur à la maison Siemens et Halske, de Berlin.
- Cette usine, dont l’inauguration remonte seulement à janvier, est située sur les bords de l’Aar. Un barrage de 125 m de long produit une chute de 4 m environ, avec un débit qui, à l’époque des plus basses eaux, permet d’obtenir une puissance de 3 000 elle-
- Cette puissance est captée par 7 turbines de la maison Rieter et Cli;, de Winterthur, 5 de 750 chevaux et 2 de 120 chevaux.
- Sur l’axe de chacune des grandes turbines, est monté un alternateur à courants triphasés, donnant 450 volts à une vitesse de 150 tours par minute. Les deux turbines de 120 chevaux actionnent deux dvnainos fournissant
- nateurs, à l’éclairage de l’usine et à l'alimentation des moteurs servant à la manœuvre des vannes et des régulateurs; l’une des dynamos suffit ordinairement pour ce ser-
- Le courant des alternateurs est transmis par des cables concentriques à 12 transformateurs de 200 kilovvats, placés au second
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- étage d’un bâtiment attenant à 1’usine hydraulique, et qui élèvent la tension h 8 ooo volts. T.es conducteurs secondaires de ces transformateurs aboutissent à l'étage inférieur où sont placés, dans des sortes de bureaux qui les protègent de tout contact intempestif, les fils fusibles et les départs des 6 lignes à 3 conducteurs qui distribuent l’énergie Jusqu'à 25 km de distance.
- Ces lignes sont aeriennes: au croisement des routes, des filets métalliques sont tendus au-dessous des conducteurs pour éviter leur chute en cas de rupture. Au départ de l’usine, chaque conducteur est muni d’un parafoudre Siemens et Halske formé de deux barres de cuivre incurvées de telle manière que la distance des deux barres, égale à 2 ou 3 centimètres entre les extrémités inférieures, aille en augmentant jusqu’aux extrémités supérieures: l'une de ces barres est reliée au conducteur à protéger, l’autre à la terre: lorsque, par suite d’une décharge atmosphérique, un arc jaillit à la base des deux barres, il s’élève le long de celles-ci en augmentant de longueur et finit par se rompre, de sorte que le conducteur se trouve bientôt isolé de
- Avant la visite de l’usine, à l’heure où les moteurs alimentés par celle-ci ne fonctionnaient pas, le directeur, le l)1 Kœpsel, avait montré aux excursionnistes le fonctionnement de ces parafoudres. Les branches de l’un d’eux étant reliées inférieurement par un fil métallique fin, 011 les mettait respectivement en communication avec les conducteurs du réseau de haute tension; le fil de liaison fondait; un arc. d’une puissance de près de 500 chevaux, prenait naissance entre les deux branches du parafoudre. Une autre expérience faire par AI. Kœpsel consistait à faire jaillir l’arc entre deux charbons que l’on écartait progressivement : il obtenait ainsi un arc de près de 1 111 de longueur. Enfin, pour montrer les effets résultant d’un court circuit produit par la chute d-’une branche d’arbre sur deux conducteurs du réseau de hautè tension. AI. Kœpsel avait disposé deux
- barres métalliques reliées aux conducteurs de ce réseau ; des branches vertes et humides jetées en travers de ces barres ne tardaient pas à s’enflammer.
- Ajoutons, pour terminer ce qui concerne la visite de l’usine, que les divers appareils employés pour l'installation du réseau et du tableau de distribution avaient été exposés à l’entrée de l’usine, ce qui permettait de se rendre compte facilement de leur fonctionnement; à cette exposition étaient joints divers appareils de la maison Siemens et Halske, en particulier une perforatrice dont la description a déjà été faite dans ce journal
- Pour l'utilisation, la tension du courant est ramenée à 500 volts dans des stations transformatrices situées dans le voisinage des villages. Sous cette tension le courant est employé pour l’alimentation des moteurs. Pour l’éclairage, la tension est réduite, par une seconde transformation, à 120 volts. La plus grande partie de l’énergie fournie par l’usine est vendue en bloc aux municipalités des villages environnants qui, à leur tour, la revendent aux particuliers. Pour cette raison le prix de vente est assez variable. En moyenne, il est. pour la force motrice, de 170 fr par an et par cheval effectif mesuré sur l’arbre des moteurs et. pour l’éclairage, de 26 fr par an et pur lampe de 16 bougies u\ec durée de fonctionnement illimitée, ou de 15 à 18 fr avec durée de fonctionnement déterminée.
- A quelques kilomètres de l’usine de Wy-nau, à Roggvvyl, se trouve une importante filature qui, à elle seule, absorbe 280 chevaux fournis par un réseau secondaire à 120 volts. Un moteur de 80 chevaux actionne deux génératrices à courant continu, servant à l'éclairage de la filature, qui, bien avant la construction. de' l’usine de Wynau, était déjà éclairée de cette façon ; plusieurs moteurs Lriphasés de 10 à 16 chevaux sont utilisés à divers usages; enfin ;in moteur de 50 chevaux. que AL Kœpsel fait démarrer sous
- /: L'Éclairage Électrique, t. II. p. 3, 5 janvier 1895.
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- charge à plusieurs reprises, actionne les arbres de transmission de l’une des salles principales de la .filature.
- Après cette visite, les excursionnistes gagnent en voiture Langenthal, où ils arrivent à 5 heures du soir et trouvent enfin le déjeuner qui les y attendait depuis midi. Mettant à profit les quelques minutes qui séparent la tin du déjeuner de l’instant du départ du train pour Aarau, ils visitent les installations de Langenthal. Celles-ci comprennent une station de transformation où le courant à 8 ooo volrs venant de Wyjniu est transformé encourant à 500 volts, et plusieurs sous-stations de transformation réparties dans le village et ramenant la tension à 120 volts pour l'éclairage à incandescence. Pour l'éclairage à arc- une troisième transformation est nécessaire ; dans ce but chaque support de lampe à arc est muni d’un petit transformateur abaissant la tension à 35 volts.
- Le programme de la troisième journée de l’excursion comprenait encore la visite de la station transformatrice d’Aarau, alimentée au moyen de courants biphasés, par une station hydraulique, datant déjà de quelques années, située sur l’Aar, à peu de distance de la ville. Outre ces stations il nous resterait encore h décrire les stations de Thorenberg (courant monophasé) et de Rathausen (courant biphasé; qui alimentent Lucerne et ses environs et visitées pendant le quatrième jour de l’excursion: les installations électriques du chemin de fer a crémaillère du Stanzerhorn. l’usine hydraulique de Letten qui alimente Zurich, l’usine à moteurs à gaz des tramways du Zurichberg visitées le lendemain et enfin l’usine hydraulique de Sihl, à quelque distance de Zurich, dont la visite précédait le banquet de clôture du Congrès et de l’excursion. Malgré le plaisir que nous éprouverions à continuer la relation de cette excursion nous la bornerons à celle des trois premières journées, ne voulant pas abuser de descriptions un peu arides et estimant que les descriptions que nous avons données sufii-sent-à montrer avec quelle habileté les Suisses
- ont su tirer parti des ressources offertes par la nature. Nous reviendrons d’ailleurs dans un prochain article sur le chemin de fer du Stanzerhorn et sur les tramways électriques de Zurich, ainsi que sur les chemins de fer du Mont-Salève. dont la description n’a pas encore été faite dans ce journal. Pour l’usine de Letten nous renverrons nos lecteurs à l’article documenté que M. Jacquln y a consacré il y a quelques mois f). et, pour les autres stations hydrauliques, aux notices fort bien illustrées que MM. W. Wyssling et E. Blattner ont publiées récemment (2) et que nous avons déjà signalées.
- J. Bi.onuix.
- R K V (JE IN I) U Sl’R1E L L E HT DES INVENTIONS
- Méthode de compensation de la self - induction d’un enroulement à fil fin de wattmètre;
- Par Von Ernst Danielson (3;.
- On sait que l’inductance de l’enroulement h ri! fin d’un wattmètre peut fausser les mesures qu’011 fait avec cet appareil. On peut, il est vrai, introduire un facteur de correction, mais la détermination de celui-ci exige la connaissance du coefficient de self-induction.
- Dans les appareils récents on s’est attaché à rendre cette correction sensiblement négligeable ; mais, dans les appareils de fabrication ancienne existant encore, l’emploi du facteur de correction est nécessaire. On a bien essayé d’annuler le décalage entre le courant dans le fil fin et la différence de potentiel aux bornes de l’appareil par l’emploi d.e condensateurs, * (*)
- l1) L'Éclairage Electrique, t. VIII, p. 481 et 531, 12 et 19 septembre 1896.
- (*) Beschreibende Notion ilber eine Angahl bermerkenswerte Elektricitatsv.erke in der Scbivei^; Zürcher et Furrer, éditeurs, Zurich.
- t3) Ekktrotechnische Zeitschrift, du 12 nov. 1896, n° 46.
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- L’ÉCLAI RAGE ÉLECTRIQF E
- mais h ];) connaissance de J’aufeur ce procédé n’est pas entré dans la pratique industrielle.
- La méthode que nous allons exposer a pour but de remédier à l’emploi du facteur de correction en rendant celui-ci pratiquement égal
- A BD. B F sera le courant dans le circuit Q B B P, multiplié par la résistance commune des trois circuits désignés plus haut.
- La différencedc potentiel aux bornes du circuit P Q en phase avec le courant qui le tra-
- Le montage est représenté par la figure i.
- méthode de compensatic
- Entre les bornes P, P,, du circuit à fil fin (généralement le circuit mobile) on dispose une résistance non inductive PQ connectée en série avec deux circuits montés en parallèles. L’un de ccs circuits comprend la bobine à fil fin du wattmètre et une résistance non inductive en série, l’autre comporte deux bobines identiques à la bobine à fil fin, montées en série et orientées de telle façon qu’il n’y ait aucune induction mutuelle entre elles; elles sont également en circuit avec une troisième résistance non inductive. Les trois résistances non inductives dont nous venons de parler sont déterminées de façon a ce que les résistances ohmiques des trois circuits PQ, Q A P,, QHBPi soient égales.
- Le fonctionnement de ce dispositif peut s’expliquer facilement par la méthode gra-phique.
- Soit AB (tig. 2) la tension entre les points P, et Q. Si en B nous faisons un angle dont la tangente soit égale au rapport de l’inductance du circuit QAP, et de sa résistance, DH représentera le produit du courant en phase dans le fil fin et de la résistance ohmique. Pour une raison analogue si la tangente de l’angle ABF est double de celle de l’angle [
- Fig. 2.
- verse est la somme géométrique des vecteurs B 1) et B F; si l’on suppose les angles A B 1) et A B F petits, B D et B F sont sensiblement égaux et leur résultante qui partage alors l’angle DBF en deux parties à peu près égales est égale au double de l’ime de ces quantités. Portons le vecteur H B égal et opposé à cette résultante, sa valeur sera peu différente de 2 Bl) ou 2 B F. La droite HA représentera évidemment la tension entre les points P et P,.
- On voit que II A est sensiblement paral-I lèle a BD, c’est-à-dire que le courant dans le fil fin est bien h peu près de même phase que la différence de potentiel entre les deux fils de la ligne.
- Pour mieux faire juger la valeur de la méthode, donnons un exemple. Considérons le cas d’un grand ' décalage, celui de l’évalua-tionde la puissance à vide d’un moteur asynchrone.
- Nous supposerons que le décalage entre la différence de potentiel aux bornes du moteur de l’intensité qui le traverse soit de 84°. Employons pour la mesure de la puissance une balance de Thomson dont le coefficient de self-induction de la bobine à fil fin est de 0,022 henry ; cette bobine et la résistance non inductive ont une résistance totale de 400 ohms.
- La tangente du décalage est pour des courants de fréquence 50
- qui correspond à un angle de i° environ.
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- Le facteur de correction est donc :
- les résultats indiqués par l’appareil sont donc entachés d’une erreur de 14 p. 100.
- Employons maintenant le dispositif décrit plus haut; pour que l’intensité du courant soit la meme dans la bobine a fil, il faut évidemment que les résistances des trois circuits PQ,QA P,. QBBPjsoit de -^ = 133 ohms.
- Pour calculer la valeur du décalage de la tension entre les deux fils de la ligne et du courant traversant la bobine à fil fin, nous aurons recours à la méthode de calcul de M. Steinmctzd4
- Soit U la tension aux bornes P et P,, u la différence de potentiel entre les points Q et Pj, r la résistance ohmique de chacun des trois circuits égaux et s l’inductance de la bobine à fil fin du wattmètre.
- L’inductance du circuit Q B B P„ sera 2 s.
- Les courants dans les deux circuits QAP, et QBBPj sont respectivement :
- ou, en faisant disparaître les imaginaires aux dénominateurs, pour ramener les expressions à la forme
- La tension aux bornes U es-ü = « + r(fi + Q,
- u en remplaçant /, et iî par leur valeur :
- wH
- Le décalage entre la tension u et le cou-ant tl est donné par :
- tanga=— • (7)
- Celui entre la tension U et la tension « est :
- i + r
- L’angle de décalage entre U et i, sera
- Appliquons ces formules au cas particulier [ui nous occupe :
- d’où :
- d’où : et par :
- *33* + b>9* ^ *33* + 4-6,6
- I + 133S( 133* +M* + I33a +4-6,90 ?=2°5/35"<
- a-p =36,5".
- Le facteur de correction est donc avec le dispositif décrit, de :
- RW5f="'*
- L’erreur de lecture n’est donc plus que de 0,17 p. 100. Ceci n’est pas tout à fait exact, car il y a une autre erreur dont il faut éga-
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- lement tenir compte. Il ne suffit pas en effet que le courant i, soit sensiblement en coin dence de phase avec la tension U, il faute cote que le courant ait la meme intensité que s’il y avait du courant continu, c’est dire
- Pour déterminer la valeur du rapport -jj- il suffit de remplacer dans l’expression de U u par sa valeur (r -f- sv/"—L h et h Par sa leur en fonction de /, tirée de (i) et (2) :
- ü = ^ + ,V^! + r[i(+ik±^f].
- d’où l’on tire :
- V = il[,r+,V^+r^±^}
- en en faisant disparai dénominateur :
- les imagii
- La résistance apparente est donc :
- Si on calcule sa valeur pour r — - 13310, s — 6,çu>, on trouve 398,3 ohms qui diffère de 0,175 p. 100 de 3 r (399). L’erreur totale sur la lecture faite avec l’appareil dans notre méthode est donc seulement de 0,345 P-' 1üüî somme des deux erreurs.
- L’auteur de cette méthode ne la recommande pas pour des mesures précises de laboratoire, mais pour l’industrie elle est suffisamment exacte pour être utilisée avec profit. Elle est en effet très facilement applicable, car elle ne nécessite pas la mesure de coefficients de self-induction et il est toujours facile d’établir deux bobines de même forme et de même nombre de spires que la bobine à fil fin d’un wattmetre quelconque.
- I-. G.
- Actions mutuelles des lignes téléphoniques d’après la théorie do Müller p.
- Par A. Wii.kr.
- Réalisation de la symétrie. — Avant de décrire le système d'e Muller, il n’est pas inutile de faire remarquer, à l’appui de sa théorie, que le succès des moyens employés auparavant pour supprimer les perturbations s’explique aussi bien par cette théorie que par la théorie de l’induction électrodyna-mique.
- Par exemple, on a croisé les fils d’aller et de retour de distance en distance : si cet arrangement réalise la symétrie des effets d’induction, il réalise en même temps la symétrie des dérivations (si toutefois on suppose identiques les résistances d’isolement des supports).
- De même on a disposé les deux lignes dans des plans rectangulaires. Si 011 admet que les résistances des poteaux sont proportionnelles à la longueur, les résistances qui séparent les supports sont symétriquement réparties, il en résulte que les points neutres se trouvent aux sommets de la boucle (extrémités des fils), là-même où sont intercalés les appareils : ceux-ci n’éprouTent donc pas de perturbation.
- Cette symétrie qu’on établit sans le vouloir dans les anciens systèmes, est la condition essentielle que Müller cherche réaliser.
- Le moyen le plus simple qu’il a indiqué consiste à réunir par un bon conducteur les supports des isoleurs placés sur un même poteau et appartenant aux deux fils d’une même ligne. La symétrie cherchée est ainsi obtenue si les isolateurs ont la meme résistance d’isolement et si la résistance est la même et répartie de la même manière sur les deux fils. De plus ia liaison établie entre les supports tend encore à diminuer les courants dérivés. En effet, deux points correspondants (situés sur le même poteau': de la
- C) Voir I/Éclairage Électrique du 19 décembre, p. 553.
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- ligne perturbatrice ont des potentiels égaux et de signe contraire : les supports reliés nié-talliquemcnt entre eux sont ainsi au potentiel zéro. Donc entre deux poteaux voisins il n’existe pas de différence de potentiel, tendant à produire un courant dans un conducteur reliant ces poteaux ''autre ligne tendue silices poteaux ou sol).
- Pratiquement, la liaison entre les supports peut se faire de différentes manières.
- Le procède le plus simple est de mettre un fil enroulé de quelques tours à ses extrémités sur le support.
- Pour diminuer le plus possible les dérivations, Müller place les isolateurs aux extrémités d’un bras de fer. supporté lui-mème par un troisième isolateur. Celui-ci repose sur une console fixée au poteau :iîg. 7 .
- Cette construction remplit parfaitement les conditions cherchées, mais elle a l’inconvénient d’etre un peu compliquée et chère. Pour ce motif la Société allemande des brevets téléphoniques a adopté la forme plus simple représentée par la ligure 8. Les isolateurs sont à double cloche ci les cloches intérieures sont reliées par un lil de cui-
- Lorsque ces procédés ne sulliseiit pas a établir la symétrie désirée, ou quand les appareils ne peuvent être placés aux points neutres, il faut intercaler des résistances supplémentaires sur l’un des' fils de la ligne pourramener les points neutres aux appareils: mais la ligne ainsi modifiée devient une
- source de perturbation pour les lignes voi-
- ’induction.— Comme il a été dit plus haut peut invoquer, pour expliquer le mélange
- soit les courants d’induction, soit les courants dérivés par les isolateurs.
- Müller rapporte plusieurs observations usuelles qui tendent à prouver que le rôle principal appartient aux courants dérivés. Ainsi, entre deux lignes simples tendues sur les mêmes poteaux, le mélange est beaucoup plus marqué par les temps secs que par les temps de pluie. — Au contraire, dans les installations urbaines, où les lignes reposent sur les supports en fer, le mélange est favorisé par l’humidité. Cette contradiction apparente s’explique aisément. Dans le premier cas. l’humidité augmente la conductibilité des poteaux, et par conséquent la fraction du courant dérivé de la ligne perturbatrice, qui se rend directement au sol, sans passer par
- Dans le second cas, l’humidité ne fait pas varier sensiblement la conductibilité du support, mais augmente celle des isolateurs; c’est alors la fraction du cournm dérivé pénétrant dans la ligne troublée qui s’accroît.
- D’autre part, sur la ligne de Bcrlin-Breslau
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- Müllcr a pu supprimer le mélange en plaçant les téléphones aux points neutres sans d’ailleurs se préoccuper de faire disparaître les effets d’induction.
- Mais si ces observations prouvent que les courants dérivés et les mélanges entre les lignes voisines sont étroitement liés entre eux, clics laissent une place aux effets électrostatiques.
- Ces derniers sc reconnaissent à ce qu’ils subsistent quand la ligne est interrompue. Leur existence est mise hors de doute pat-une expérience faite entre Neubrandcnburg et Friedland, dans le Mecklcmbourg. Ces deux stations étaient reliées par une ligne simple et par une ligne avec fil de retour, avec poteaux communs. Le mélange entre les deux ligues, d'abord très marqué, fut supprimé à peu près totalement par l'application du système de Müllcr à la ligne simple. — La ligne avec fil de retour, n’étant pas protégée, pouvait être soumise aux diverses causes de perturbation. Pour reconnaître leur nature, on isola les extrémités de la ligne simple; le mélange persista. — Dans une autre épreuve, le téléphone de Neubranden- ! burg était relié à l’un des fils de la ligne doubleront l’extrémité à Friedland étaitisolée son autre borne étant au sol. De même le téléphone de Friedland était relié au sol et au second fil, isolé h son extrémité vers Neu-brandenburg. Le mélange était aussi prononcé que si les circuits eussent été complètement fermés. Ce mélange ne provient donc pas des effets d’induction élcctrodynamiqucs, qui ne pouvaient se produire dans ces conditions.
- Lorsqu’on cherche à réaliser le minimum d’induction mutuelle entre deux lignes doubles voisines, on est amené à écarter notablement les fils les uns des autres. Mais, quand on emploie le dispositif de Müllcr. on peut diminuer beaucoup l’écartement des fils sans nuire aux transmissions, parce qu’au voisinage du minimum les courants d'induction ont bien moins d’importance que les courants dérivés.
- Expériences entre Neubrandenburg et Friedland. — Ces expériences entreprises par la Société des brevets téléphoniques h Berlin, concessionnaire des brevets Müllcr ont été effectuées sur une ligne d'essai de 25 km établie le long du chemin de fer de Neubran-denburg à Friedland. La ligne perturbatrice est une ligne télégraphique, dans laquelle les interruptions du circuit qui renferme des électro-aimants provoquent des courants de rupture qui doivent agir fortement sur la ligne téléphonique accrochée aux mêmes poteaux. De plus cette dernière ligne est en fil de fer et on a prétendu souvent, à tort ou a raison, que les lignes en fer subissent plus fortement l'induction que les autres. Les circonstances étaient donc aussi défavorables que possible.
- La ligne téléphonique se trouve à 50 cm environ au-dessous de la ligne télégraphique dig. 9); elle repose sur des supports coudés en
- fer, disposés comme il a été dit plus haut : les deux fils sont distants de 195 mm envi-
- Le bruit du télégraphe dans le téléphone est alors très faible, .comparable au tic tac d’une montre et ne se perçoit du reste qu’en prêtant l’oreille, lorsque le téléphone ne fonctionne pas. Ce bruit n’est pas susceptible de troubler les transmissions téléphoniques et d’autre part il est impossible d’entendre dans
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- le téléphone les dépêches transmises par le télégraphe.
- Cette expérience suffît déjà à montrer la valeur pratique du système de Millier, car auparavant on regardait comme impraticable de placer les fils téléphoniques et les fils télégraphiques sur des poteaux communs.
- On pourrait dire que la ligne télégraphique se trouvait dans une position telle que ses cflets d’induction sur les deux fils de la ligne téléphonique s’annulaient mutuellement. Il n'en est rien, car le bruit n’est pas plus fort quand le fil télégraphique se trouve dans le meme plan que les fils téléphoniques, en dehors de ceux-ci; dans cc cas il est impossible d’admettre que les inductions sur les deux brandies soient égales.
- En résumé, les courants dérives jouent certainement un rôle important dans les mélanges de transmissions et doivent être pris en considération au même titre que les effets d’induction élecirodynamique ou électrostatique. Comme on l’a fait voir, le système de Millier fait à la fois disparaître ou du moins atténue dans une très large mesure ces divers effets perturbateurs et si l’explication peut en l'ester controversée, la pratique justifie son emploi. M. L.
- Sur la pression des trôlets sur les flls conducteurs ;
- Par H.-S. 1 Ieringf )•
- On s'est peu préoccupe jusqu’à présent de la meilleure tension à donner aux ressorts qui appliquent le trôlet sur les fils conducteurs. du cours d’expériences faites pour déterminer les pertes par mauvais contact entre ces deux organes de même qu’entre les roues de la voiture et les rails, M. Hermann-S. 1 Iering, en collaboration avec MM. Reutiinger et Braude, a observé qu’elle a une importance assez considérable surtout en ce qui concerne la production des étincelles et la tendance du
- trôlet à quitter le conducteur pendant la marche.
- Les essais qu’il a faits lui ont prouvé que la pression, variait entre },2 kg et i5?35 kg. Lorsqu’elle est trop faible, les étincelles se produisent facilement au contact des suspensions. de saiguillages ou des croisements et la tendance à quitter le fil est beaucoup plus marquée : lorsqu'elle est trop forte, ces inconvénients sont très atténués, mais il devient très difficile de remettre le trôlet en place lorsqu’il a quitté le fil. La meilleure valeur à donner à la pression serait de g à 11 kg.
- G. P.
- Le circuit de retour des tramways électriques;
- » Par IIaroi.o-P. Brown.
- Nous avons décrit le joint électrique pour rails inventé par M. Brown. Cet inventeur a été conduit à faire de nombreuses expériences pour provoquer les directeurs d’usines à adopter son système; il en publie le résultat dans The Elcctrical World:'). Nous résumerons les points qui présenteront un intérêt général.
- M. Brown a commence par déterminer quel était le rendement des réseaux, c’est-à-dire le rapport entre les watts engendrés à l’usine et les watts utilisés par les voitures; pour cela, il relevait les indications d’un compteur installé à l’usine et calculait la puissance dépensée par les voitures d’après leur nombre, leur poids et leur vitesse. U aurait ainsi trouvé que sur les. meilleures lignes le rendement tfétait que de 45 p. 100. Cependant aucun soin et aucune dépense n'avaient été épargnés pour obtenir les meilleurs résultats. M. Brown attribue cet écart à la perte de courant provenant du mauvais état du circuit de retour. Pour le prouver il a pris un voltmètre très sensible, permettant de mesurer 0,0001 volt, et après avoir mesuré
- The Eleclrical World. 24 octobre 1896, v. 488.
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- la résistance d'une longueur déterminée de rail qu’il a trouvée égale à 0,00001 ohm, il a mesuré la différencede potentiel en differents points des rails, ce qui lui donnait l’intensité
- connu que chaque rail dans une des installations qu’il a visitées, ne conduisait que 25 ampères au lieu de 700 à 1 000 ampères qui auraient dù constituer sa charge normale.
- Les joints des rails, bien qu’apparemment excellents, indiquaient une résistance trop élevée; en les visitant après les avoir enlevés, on reconnut que la surface de contact entre eux et le fer était couverte d’un dépôt brun graisseux; ces joints étaient constitués par des Cils de cuivre.
- Le courant passant par les canalisations d’eau et de gaz était si intense que. pendant des réparations, de véritables arcs élcctriq'ues s’établissaient entre les tronçons de ces canalisations lorsqu’on les séparait. Cet état de choses est particulièrement dangereux avec les canalisations de gaz.
- Lorsque les joints furent réparés, l’intensité du courant dans les rails reprit sa valeur normale et l’élcctrolyse des canalisations voisines fut arrêtée. G. P.
- REVEE DES SOCIÉTÉS SAVANTES
- PUBLICATIONS SCIF.NTIHQUKS
- SOCIÉTÉ FRANÇAISE DE PHYSIQUE .
- Séance du 18 -décembre 1896.
- M. Gun.r.AüMK. avant d’aborder le sujet de sa communication, sur l'émission des rayons AT, que nos lecteurs connaissent déjà (voir IJEclairage Electrique du 3 octobre, p. 37], dit quelques mots des hypothèses faites sur la nature des radiations. Rœntgen ne s’est pas arrêté à l’hypothèse des vibrations transversales et l’on a vu de plusieurs côtés reparaître les vibrations longitudinales, qui
- se sont introduites en optique chaque fois que l’on a rencontré des difficultés. M. Jau-mann avait justement, au moment de la découverte de Rœntgen, tenté d’expliquer les rayons cathodiques par des vibrations longitudinales ; lord Kehvin a également tenté de les introduire pour expliquer les propriétés des rayons X, mais il a finalement abandonné cette vue. Sir Gabriel Stokes considère les rayons comme dus à des ébranlements très rapidement amortis, dont la décomposition en sinusoïdes 11e donne que des termes de période très courte. M. de Heen. partant de la vitesse de 200 km par seconde qui serait d’après M. J.-J. Thomson celle des rayons cathodiques, calcule la température correspondante des gaz dans la théorie cinétique, cette température atteindrait plusieurs millions de degrés ; les chocs des particules sur l’aniicathode produiraient une température (virtuelle; extrêmement élevée et en calculant, d’après les lois qui régissent la répartition de l’énergie dans le spectre d’émission, la position du maximum, 011 trouve qu’il est voisin de À = 0,02 g, c’est-à-dire qu’il correspondrait à une longueur d’onde 30 fois plus petite environ que celle du sodium. Sans attacher beaucoup d’importance aux valeurs numériques, on ne peut méconnaître l’intérêt de ces considérations. G. R.
- Sur la tension longitudinale des rayons cathodiques ;
- Par Colard Ç..
- « Hypothèses. — i° Le rayon est constitué par un transport de molécules chargées négativement ; 20 le champ électrique est négligeable dans l’espace considéré.
- » M. Poincaré [L’Eclairage électrique^. IX, p. 276; a montré que. dans les hypothèses ci-dessus. la trajectoire des molécules chargées, dans un champ magnétique rayonnant de
- p 1 Comptes rendus, t. CXXIII. p. 1059. séance du 14 décembre 1896.
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- 6oj
- l'origine des axes, est donnée par les équations i
- d2x d2r d2i
- ~dtr dt1 _______dl-
- ~ZÈL _ ? JX. ~ - if- _ V Él_ ~ xJX- _ r —
- - dt 2 dt 1 dt dt dt J dy
- - Jl
- '/. étant une constante.
- » Si M est la masse matérielle du rayon par unité de longueur, et i le courant électrique correspondant au transport des charges négatives des molécules le long du rayon ; Q la masse magnétique à l'origine, on aura — Qi
- A — Al *
- » En désignant par /, m et n les cosinus directeurs de l’intensité du champ magnétique, et par H l’intensité du champ considéré, on aura donc
- d’-.v d2y d2~
- dt2 dt'2
- — iH Al *
- » Or, j’ai trouvé, pour représenter la forme d’équilibre d’un conducteur filiforme parfaitement liexible, portant le courant i, et placé dans le champ magnétique ijEclairage Électrique, t. III. p.65. 13 avril 1*95)? le même système d’équations; seul le dernier membre en différait : il y était égal à
- tll F ’
- où F est la tension longitudinale du ûl.
- « On voit donc qu’un rayon cathodique se propageant dans un champ magnétique s’infléchit de façon à prendre la forme d’équilibre d’un conducteur parfaitement flexible, portant le même courant ; ce conducteur serait le siège d'une tension longitudinale égale à la quantité de mouvement du rayon cathodique par unité de longueur.
- » D’ailleurs, comme cette quantité de mouvement est numériquement égale a la masse matérielle traversant la section du ravon pendant l’unité de temps, elle est constante sur toute la trajectoire, en vertu de la loi de continuité du courant molécu-
- » On voit immédiatement que ces équations existent quel que soit le champ magnétique.
- » Il en résulte d’ailleurs immédiatement que
- V = constante,
- si V est la vitesse des molécules chargées.
- » Si nous désignons par 5 l’arc de la trajectoire on aura donc
- ds — V dt,
- et, en prenant ds comme variable au lieu de tft, les équations du rayon deviennent d2x_ d_2y_
- ds- __ __ds2_______ _____ds2.___
- iy ]]bl~ dx i É ~~ j m dx
- n ds 1U ds ds ds ds
- — ~iH
- ~ MV '
- Sur quelques erreurs admises comme vérités en électromagnétisme ;
- I'ar Vasciiy (!)
- « L’application du principe de la conservation Je l’énergie à un phénomène physique n’offre aucune difficulté lorsqu’on est sûr de connaître complètement les travaux et les variations d’énergie calorifique, chimique, électrique, force vive, etc.) qui interviennent dans ce phénomène. La formule à appliquer se réduit à
- + 3\V = o,
- 3\V désignant, par exemple, la somme des accroissements d’énergie d’un système de corps A. et c'o la somme des travaux cff’cc-
- i<; Comptes nudus, t. CXXIII, p. 1059, séance du 24 novembre 1896.
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- tues par ce système sur les corps extérieurs pendant le même temps, aucun autre échange d’énergie que ne s’effectuant d’ailleurs entre le système A et l’extérieur.
- » C’est ainsi que l’on calcule l’expression de l’énergie électrique et celle de l'énergie magnétique d’un système d’aimants quand on connaît l’expression du travail des forces électriques et magnétiques, car il n’intervient pas forcément d’autre travail ou variation d’énergie. Mais ces deux cas particuliers ne doivent pas servir de modèles pour calculer l’énergie d’un champ magnétique créé par des courants, car dans le circuit d’un courant il intervient inévitablement un accroissement d’énergie calorifique dont on doit tenir compte. Rien des auteurs commettent néanmoins dans ce calcul des erreurs graves, que je me propose de signaler en partie dans
- » Voici un exemple de raisonnement in-
- Prumier c:\si Déplacement relatif d'un aimant et d’un courant constant I, calcul de leur énergie relative. — Ce déplacement crée un accroissement dW d’énergie relative, égal et de signe contraire au travail des forces électromagnétiques. Donc : « l’énergie poten-» tiellc relative du courant I dans un champ » magnétique est la même que celle du sys-» tème magnétique (aimant'’'par rapport au » courant, c’est-à-dire - - U, e désignant le » flux de force émis par le champ dans la » face négative du courant ». Soit W =— I».
- A Dans ce raisonnement, on néglige la chaleur RI 'H dégagée par le courant; la formule de West fausse.
- » Duuxikmf cas: Même déplacement ; calcul de la force éleclromolrice induite. — Ici on néglige, au contraire, la variation de l’énergie relative W calculée ci-dessus; " L’excès de l’énergie chimique sur l’énergie » calorifique, ou l’énergie disponible, repré-» sente alors le travail extérieur <fT« ce qui » donne
- Comme d'ï —: Lff. la force électromotrice induite a pour formule : e — — .
- » Ce raisonnement, qui manque de rigueur, mais dont le résultat est expérimentalement exact, est dû au génie de Hclmholtz. Il a généralement été admis comme rigoureux. La vérification expérimentale prouve que Vénergie relative W, que l’on a négligée, est nulle et non égale à — Te, ce qui se démontre aussi par un calcul exact de W.
- » On remarquera combien les deux raisonnements précédents, relatifs à une même expérience et exposés dans un même ouvrage, sont contradictoires par le choix des énergies dont il plaît de tenir compte contrairement au principe de la conservation de l’énergie.
- » Autre exemple. — Par un choix analogue entre les énergies qui devraient intervenir, on démontre que l’énergie relative de Jeux courants 1 et I' a pour formule W —
- - MIL.
- » Un peu plus loin, on déduit de la théorie de l’induction électromagnétique l’expression correcte de la même énergie W — -| MIL.
- » Prenons encore, dans deux autres ouvrages, un raisonnement fondé sur l’analogie des courants, et des feuillets magnétiques (analogie perfide; et applique au calcul de
- tème A d’autres courants. La formule trouvée, qui est fausse, est
- \V = — I<p — 1Q et UcU s. étant le flux d’induction magnétique du système A à travers le contour du courant I. l)e là résulte, dans le cas de deux courants I et I , W =— — -MIL.
- » Quant à l’énergie intrinsèque du champ du courant I. elle a été calculée, dans l'un des ouvrages, comme devant être égale à l'intégrale de -j- LI<iI, ce qui donne j-- L12; dans l’autre, comme étant l’intégrale de — lAdl. soit la valeur négative — -T- LT \ Mais, dans ce dernier, un autre calcul delà môme énergie rétablit la valeur -j- -- LU.
- (El — RI2; dt — dT.
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- » Ces exemples suffiront. Ils sont tirés d’ouvrages très répandus et jouissant d’une grande autorité, notamment dans renseignement industriel et même scientilîque. Pour faire disparaître les méthodes de raisonnement que l’on vient de voir, il suffira de les signaler à h attention des savants. »
- Analyse du cuivre industriel par voie électrolytique; dosages de l’arsenic, de l’antimoine, du soufre et des métaux étrangers;
- Par A. Hoi.i.ardP)
- <c J)osap>v de l'arsenic el de l'antimoine. -La liqueur de laquelle on a précipité le cuivre par électrolysc ,2) est évaporée au bain de sabJe jusqu’à ce qu’il ne reste plus que quelques gouttes d’acide sulfurique. Après refroidissement. on reprend par 1 cm3 ou 2 cm3 d’acide chlorhydrique additionné d’eau, et l'on.chauffe un peu, afin de tout dissoudre. La dissolution, occupant un volume de 200 cm* environ et portée à 70-75°, est soumise à l’action d'un courant d'hydrogène sulfuré. On fait passer ce gaz jusqu’à complet refroidissement. On laisse reposer vingt-quatre heures.
- » L’arsenic et l’antimoine se trouvent en totalité dans le précipité des sulfures. Il contient, en outre, le plomb qui ne s’e.sî pas déposé sur la spirale pendant l’clectrolyse du cuivre, et du cuivre si cette clectrolyse n’avait pas été poussée assez loin. Ce précipité est séparé par liltration de la liqueur où restent le fer. le nickel et le cobalt.
- (*) Comptes rendus, t. CXXIII, p. 1063 ; séance du 14 décembre. Voir Comptes rendus du 7 décembre 1896. L’Éclairage Électrique du 19 décembre, p. 557. On retrouvera, dans cette méthode d'analyse, quelques éléments des méthodes de Hampe et de Classen, ainsi qu'il a été déjà dit.
- p! Pour le dosage des impuretés du cuivre, il faut agir sur 10 gr au moins de métal. Après qu’on a séparé le cuivre par électrolyse (Voir p. 557Ï, toutes ses impuretés restent dans Je liquide!
- L’arsenic, étant mauvais conducteur du courant, arrête 1 clectrolyse aussitôt qu’une petite couche de ce métalloïde a recouvert la cathode (Expériences de M. Moissan; Annales de Chimie et de Physique, fb série, t. XII, p. 301;; de là l’impossibilité qu’il y a d’appliquer l’analyse élcctrolytique au dosage de ce corps.
- » On lave les sulfures insolubles avec une solution d’acidc sulfhydrique. puis on traite à chaud par du sulfure d’ammonium fraîchement préparé. On filtre, et la solution filtrée, contenant la totalité de l’arsenic et cle l’antimoine, est évaporée à sec au bain-marie. Le résidu est chauffé doucement avec de l’acide chlorhydrique étendu et du chlorate de potassium. Lorsque l’odeurdes composés chlorés a disparu à peu près, on ajoute au liquide de l’acide rartrique et de l’ammoniaque. 011 filtre et l’on précipite l’arsenic par la mixture magnésienne. Le précipité d’arséniate ammo-niaco-magné.sien est redissous dans l’acide chlorhydrique, reprécipité par l’ammoniaque avec addition de quelques gouttes de réactif magnésien, et enfin pesé. Le liquide ammoniacal, débarrassé d’arsenic et contenant tout l’antimoine, est additionné d’acide chlorhydrique jusqu’à réaction acide, puis traité par un courant d’hydrogène sulfuré, filtré et lavé comme il a été dit plus haut. Le précipite de sulfure d’antimoine est dissous dans une solution concentrée de sulfure de sodium, de densité 1,2, préparée d’après les indications de Classent/)- Cette solution, introduite dans un verre de Bohème, est additionnée de 5 cm3 d’une solution de soude à 12,5 p. 100 pour un volume de 70 à 80 cm3 et soumise à l’action d’un courant de 0,18 ampère. O11 fera bien de ne pas dépasser ce volume afin d'avoir un dépôt élcctrolytique sur une petite surface de la cathode, en raison des faibles proportions d’antimoine à déposer. Au bout de douze heures, le dépôt d’antimoine est complet; on le lave à l’eau et à l’alcool, et on le sèche comme il a été dit à propos de l’électrolvse du cuivre T .
- (•) ClasSen, Analyse électrolytique quantitative, 2“ édition, p. 198.
- pj Si l’électrolysc du cuivre 11’avait pas été poussée assez loin, les petites quantités de ce métal restées dan? Ja liqueur se retrouveraient au moins en partie dans le sulfure de sodium, dans lequel le sulfure de cuivre n’est pas complètement insoluble. Cette solubilité, moins marquée que celle du sulfure de cuivre dans le sulfure d’ammonium, est, cependant, très appréciable et peut fausser les résultats d’un dosage électrolytique d’antimoine, comme l'ont prouvé nos essais : de petites
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- L'ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- » Dosage du nickel et du cobalt (par électrolyte en solution de sulfate double ammoniacal} et dosage du fer par le permanganate. — Le liquide, debarrasse du cuivre par élec-trolyse, de l'arsenic et de l’antimoine, par 1’h.ydrogcne sulfuré, est chauffé jusqu’à élimination du gaz sulfhydrique. On peroxyde ensuite le fer par addition d’acide nitrique et ébullition de la liqueur. Celle-ci est évaporée à sec au bain de sable jusqu'à l’apparition de fumées blanches d’acide sulfurique. Après refroidissement, on dissout le résidu dans l’eau; on obtient ainsi une solution de sulfates de nickel, de cobalt et de fer contenant un petit excès d’acide sulfurique. Cette solution est additionnée des quantités d’ammoniaque et de sulfate d’ammoniaque nécessaires pour l’obtention du dépôt électrolylique. A cet effet, on verse une quantité mesurée d’ammoniaque pure ordinaire jusqu’à neutralité de la liqueur ; on ajoute encore un petit excès de ce réactif pour précipiter le fer; on fait bouillir: on filtre le peroxyde de fer et, pour le débarrasser des oxydes de nickel et de cobalt entraînés, on le redissout dans le moins possible d’acide sulfurique, et sa solution est reprécipitce par une nouvelle quantité d’ammoniaque mesurée: on filtre : le fer sera dosé volumétriquemcnt par le permanganate de potasse,
- » Toutes les eaux contenant le nickel et le cobalt sont réunies. Elles sont additionnées d’ammoniaque et d’acide sulfurique, s’il y a lieu, de façon à contenir, pour ioo cm” de liquide, 8 cm* à n cm” d’ammoniaque combinée à l’acide sulfurique et 12 cm3 à 20 cm'd’ammoniaque libre. On soumet alors à l’électrolysc la solution ainsi préparée avec un courant de 0,48 ampère. Au bout de douze heures, le nickel et le cobalt se sont entièrement déposés sur le cône relié au pôle. On lave et l’on sèche celui-ci, comme il a été dit
- quantités Je sulfure de cuivre ont été traitées par du sulfure de sodium de densité 1,2; après filtration, la liqueur a été soumise à l’électrolysc dans les mêmes conditions que l’anti-
- précédemnicnt. Si l’on désire avoir isolément les teneurs en nickel et en cobalt, on les sépare et dose parles méthodes connues.
- » Dosage de l'argent (par éleclrolyse). — Si le cuivre primitif était riche en argent, on dissout le cuivre déposé électrolytiquc-ment sur le cône; nous savons qu’il contient la totalité de l’argent. Dans le cas contraire, on dissout une nouvelle prise de 10 gr à 50 gr de cuivre, suivant sa teneur présumée en argent, dans de l’acide nitrique. La solution nitrique, filtrée s’il y a lieu, et contenant l’argent, est précipitée à l’état dechlo-rure: le précipité, fltréet lavé, est redissous dans de l’ammoniaque, puis reprécipité par l’acide nitrique, rcfiltré et relavé. Enfin le chlorure d'argent est dissous dansdu evanure de potassium à 2 p. 100 et cette solution, soumise à un courant do 0,025 ampère à 0,035 -ampère. Au bout de douze heures la précipitation est complète. Les lavages, séchage et pesée se font comme pour le cuivre.
- » Dosage du plomb 'par éleclrolyse).—Une nouvelle prise de 10 gr de cuivre estattaquée par de l'acide nitrique étendu contenant 50 cm” d’acide nitrique a 36° R. Le liquide, filtré s’il y a lieu et étendu 11350 cm3 est soumis à I’clectrolyse, le cône de platine étant relié au pôle + et la spirale au pôle —. L’intensité du courant doit être de 0,3 ampère. Au bout de douze heures, le plomb s’est intégralement précipité sur le cône à l’ctat de Pb 0“ hydraté en un dépôt très adhérent, brun ou noir suivant l’épaisseur, tandis que le cuivre s’est déposé en partie sur la spirale. Le cône est alors plongé successivement dans deux vases remplis d’eau distillée, puis introduit dans une étuve que l’on chaude à 120", point qu’on maintient durant une demi-heure. Dans ces conditions, le bioxyde de plomb est complètement déshydraté ; il suffit de multiplier son poids parle facteur 0,806 pour avoir le poids correspondant au plomb métallique. Les dosages son tout à fait exacts.
- » Dosage du soufre (à l'état de sulfate de baryum). — On attaque de 5 gr à 20 gr de
- que.
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- 605
- R K VU E D ’ K L E G T RIGIT É
- cuivre, suivant sa richesse en soufre par de l’eau régale chargée d’acide nitrique, et l’on dose le soufre dans la liqueur par les méthodes connues. »
- CHRONIQUE
- L’INDUSTRIE ÉLECTRIQUE EN FRANCE
- Paris. — Éclairage. — Il serait difficile de trou-ver une ville en France où Ton soit si mal renseigné qu'à Paris sur le prix de revient exact de l’éclairage électrique. Toutefois, la statistique qui suit mérite quelque confiance en ce qu'elle a été empruntée aux documents officiels. Il s’agit de la station centrale des Huiles et de ses comptes pour TexerciceiB^. D’apres ces documents, nous relevons que, pendant l'année 189s, la production totale de l'usine d'électricité des Halles s’estélevée à 1 086 572 kilowatts-heure ainsi répartis :
- Éclairage des Halles............. 402 899 kw-heure.
- Service des accumulateurs . . 57617 —
- — intérieur de l'usine . . 66695 —
- — des abonnés............. 559 36'
- Total .... 1086572 kw-heure.
- La production, l'utilisation et la vente de cette énergie, ont donné lieu aux recettes et dépenses
- Éclairage privé......................319 821,01 fr
- Éclairage des Halles et du square Saint Jacques 367195,8 kw-heures à
- Fournitures et travaux.................. 11779,69 »
- Vente de vieux matériel................... 272,25 »
- Total.................611308,9- »
- Dépenses acquittées par l'usine même.
- Personnel.................................155065,56 fr
- Force motrice.............................151117.32 »
- Eclairage public et privé................. 34822,89 »
- Dépenses générales, patente............... 7691,99 »
- Total..............348 697,86 fr
- Dépenses acquittées par d’autres services.
- Personnel et bureaux..................... 26 080,00 fr
- Eau..................................... 22 781,28 »
- (>az.................................... 569,70 »
- Dépenses qui seraient à charge d'une entreprise particulière.
- Loyer.................................... 14 480,00 fr
- Redevance (50 p. ion sur recettes . . . 30565,15 »
- — de voirie........................ 657,40 »
- Frais d’administration centrale. . • . 20110,75 »
- Total................. 70 813,60 fr
- Ainsi le total des dépenses générales s'est élevé à 468942,34 fr. Ce chiffre serait complet, ajouterons-nous, si l'on avait fait figurer les charges du capital dont doit se préoccuper une entreprise privée, incertaine du renouvellement de sa concession. D'après le compte de premier établissement de la station centrale des Halles, au 31 décembre 1895 le capital immobilisé s’élevait à 1330211,71 fr. En comptant l'intérêt de cette comme à 5 p. 100, et l'amortissement en t8 ans à 3, 55 p. 100, c'est 8,55 p. roo du capital, qu'il convient d'ajouter aux dépenses, soit en tout et par an 113 733, 10 fr. Donc on aura pour les dépenses générales et les charges du capital, une somme de 582675,441 fr qui, retranchée de 6t 1 308, 97 fr produit des recettes, laisse un bénéfice de 28633, 53 fr.
- 11 résulte de ces chiffres que le prix de revient du kilowatt-heure produit est de o, 4 315 fr si l'on ne tient pas compte des charges du capital, et de o, 5 355 si l’on en tient compte. Comme sur les 1 086 572 kilowatts-heure produits 780 398,2 seulement sont utilisés par les appareils d'éclairage public et privé, les autres étant absorbés par les pertes et divers usages, les prix de revient du kilowatt vendu sont respectivement de o, 6009 et o, 7 459 fr suivant quel'on ne tient pas compte ou que l’on tient compte des charges du capital.
- Agen (Lot-et-Garonne). — Eclairage. — Par suite d'une entente avec la municipalité de la ville d'Agen, la Compagnie du gaz s’est engagée à fournir l’énergie électrique nécessaire à l’alimentation des lampes de l’éclairage public. L'usine à gaz sera à cet effet pourvue du matériel électrique destiné à la production de cette énergie. La Compagnie procède actuellement à l’installation du réseau de distribution ; déjà sur plusieurs points de la ville, notamment le longdugrand boulevard, les lampes
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- L'ÉCLAIRAGE É L E C T RIQ T T E
- sont raccordées et prêtes à fonctionner. La municipalité d'Agen aurait,'paraît-il, obtenu de la Compagnie d’éclairage,,que cette dernière rétablisse et mette en fonctionnement les anciens becs de gaz. sans qu'il puisse résulter pour la ville aucune dépense supplémentaire. S'il en est ainsi, Agen aura, sans payer un centime de plus, l’éclairage électrique et l'éclairage au gaz.
- Bagnères-di'-Bioorrk (Hautes-Pyrénées). —Eclairage. — Après bien des difficultés suivies d'un procès avec la Compagnie du gaz. la ville de Bagnères-dc-Bigorre est désormais libre de s'éclairer électriquement. Profitant Je la situation, -M. Soulé vient d’exposer devant le Conseil municipal de Bagnères la question de l'éclairage actuel. Celui-ci constate que-pendant l’hiver et même pendant l'été, alors que le nombre de becs de gaz est doublé, certains quartiers manquent totalement d'éclairage. Malheureusement la ville ne peut rien contre cet état de chose à cause du prix élevé de l'éclairage acLuel :
- 4 centimes et demi par heure et parbec.
- I.a ville, continue M. Soulé, vote tous les ans une somme de 17000 fr pour son éclairage public plus une somme de • 1500 fr pour l'éclairage des bâtiincntscomrhunaux, ce qui fait 18300 fr qu'elle paie chaque année à la Compagnie pour être fort mal éclairée. D'après les clauses de l'article 8 du traité passé le 8 mars 1863 entre la ville et la Compagnie du gaz, article ainsi conçu : « La ville s'engage à dépenser une somme annuelle de is 000 fr pour l’éclairage municipal intérieur ou extérieur z, la ville ne serait donc nullement obligée de dépasse basant sur cette considération, M. Soulé propose de neclépenserque cette somme pour l’éclairage et consacrer l’excédent de 3 500 fr, en la complétant par un emprunt,à l’achat d'une force motrice qui permettra d’installer des lampes électriques dans les divers quartiers mal éclairés. De plus, il voit là un nouveau moyen d'augmenter les recettes de la ville en fournissant aux particuliers, non l'éclairage, puisque la Compagnie du gaz s’est assuré ce monopole, mais la force motrice que pro-duiraitla station centrale. M. Soulé s'étendlongue-ment sur cette dernière solation ; il démontre enfin que la ville, en entrant dans cette voie, favorisera le développement de l’industrie et décide le Conseil à no.mmer une commission pour étudier scs propositions. J
- Belfort.—Eclairage.—Dans un rapportprésentc au Conseil municipal, M. Baillard examine la question de la substitution de l'éclairage électrique à l'éclairage au gaz dans la ville de Belfort et soumet les offres faites par M. Jourdain, directeur de la station électrique de Bolbec, pour l'éclairage des rues et des places de la ville. D’après ces offres l'éclairage serait permanent, c'est-à-dire qu'il commencerait à la tombée de la nuit et finirait au jour, sans interruption. Le prix annuel de consommation serait de 40 fr par lampe de 16 bougies. M. Jourdain demande en outre qu'en attendant que le Conseil ait statué sur sa proposition pour l'éclairage total de la ville on lui concède dès maintenant l’éclairage des rues Jacqucs-Fauquet, de la République et Pierre - Fauquet-I.emnître, depuis la place de la Halle jusqu'à la propriété de M. Capelle. 11 ajoute qu’ayant sur ce parcours déjà 15 lampes installées, il lui suffirait d'en ajouter 4 ou 3 pour compléter l'éclairage de cette partie de la ville.
- Après discussion et pour que le Conseil soit bien fixé sur la régularité et la valeur du nouveau mode d'éclairage, la Commission a décidé, à runanimité, de s’en tenirmomentanément à la concession partielle demandée par M. Jourdain.
- ERRATA
- Dans l’article de M. Gouré de Villemontcc. sur les Potentiels électriques dans un liquide en mouvement, publié dans le numéro du 23 septembre, t. VIII. p. 57g :
- p. 579, en note, lire p. 491 -, au lien de p. 49.
- 580, en note, lire vol. IX ; — vol. IV.
- 584, 2e coi., 8f ligne, lire t. VII, 1879, p. 361 ; au lieu de
- t. VIII, 1879.
- 585, i« et 2^coi., lire M. Saxén, au lieu de M. Saxeu.
- 586, 2e vol., dernière ligne, mettre 255 cm au-dessous de
- 590, ir<! col., en bas, lire 50min; au lieu de 50 cm.
- Le Gérant : C. NAUD.
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- TABLE DES MATIÈRES
- Appareillage.
- Câbles Borel...............................269
- Câbles Felten et Guillcaume.............125
- Câbles aérés Felten et Guiîleaume.......224
- Commutateur Proctor......................... 76
- Commutateur double Ferranti................172
- Contact en charbons Siemens et Obach. . . 432
- Coupe-circuit Patridge et Beny..........229
- Interrupteur thermique Iglesias.........3S2
- Parafoudre Baxter..........................916
- Raccord des fils à trôlet sur les ponts tournants. — U'. B. Putter............36s
- Réducteur adjoncleur Schneider.— Ch.-Bug.
- ...................: • 44“
- Régulateur Repogle pour turbines........434
- Support réglable Royer et Claremont pour
- balais en graphite........... 364
- Unification des filetages...............527
- Vibrateurs électriques Trevelyan. — Ap-
- pleyard.......................417
- Appareils et méthodes de mesure.
- Étalons de résistances à mercure. — II. Armagnat .... ;.....................26\
- Étalons de résistances métalliques. —H. Ar-
- magnat.........................301
- Boîtes de résistances. — H. Armagnat ... 338
- Etalons d'intensité.—II. A rmagnat. . . . 403
- Ampère-étalon Pellat....................403
- Graduation du galvanomètre Deprez-d'Ar-
- sonval. — H. Pellat...........324
- Électrodynamomètre E. Thomson...........317
- Balancesélectrodynamiquesde Lord Kelvin. 405
- Nouveau dispositif pour la lecture des déviations galvanométriques.—Hasting. 373
- Étalons de force clcctrorpolrice. — H. Arma-
- Étaloil Clark. . .
- Étalon Gouy. . .
- Étalon Daniell. .
- Enregistreur d'int potentiel
- ALay.es..................
- Condensateurs. — H. Armagnat Electroscopc à trois feuilles d’i
- é, de dittei'f d'énergie \\
- — De-
- Ast
- Pont magnétique Kwing.....................
- Appareil auto-indicateur de la Compagnie de l’Ouest pour le relevé des diagrammes. — Brilïié........................
- Méthode de compensation de la self-induction d'un enroulement à fil tin de wattmètre. — Von Ernst Da-
- Méthode de mesure exacte de la conductivité des électrolytes au moyen des courants continus. —TU. Stroud et ./.-
- B. Henderson.....................
- Sur la mesure de l'isolement en marche d'un réseau à trois fils à courant conti ' Houston et Kcnnclly . .
- Sur la mesure de l'isolement en marche d
- réseau à trois fils à courant continu — Eihvi/i Place ......
- Nouvelle méthode pour la détermination des rendements. — J.-I. Routin . Essais d'une turbine Laval de 300 chevair Application du moteur électrique à l’e;
- des lubrifiants..........
- Sur les dimensions des grandeurs électriqi et. magnétiques. — P.Jouhin .
- La masse du décimètre cube d'eau.— Macê de • Lépinay...........................
- 495
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-
-
- 6o8.
- V É C E A IR A G E É L E C T RI Q ( ; E
- Applications mécaniques de l’électricité.
- Applications mécaniques de l’électricité. —
- G. Richard . . '........161.396, 484
- Ascenseur Otis............................156
- Ascenseurs Otis, Herdmau, Warner . 484 ^ 4^9
- Embrayage électromagnétique Walker. . . 490
- Grue roulante à commandes électriques de
- la Société d'Ocrlikon..............217
- Manœuvre de canons Lloyd et Hevvitt . . . 166
- Les transmissions électriques dans les ateliers.— AHillairct. . 79,128,224, 27c
- Machines-outils de forges, laminoirs, tours,
- perceuses, etc.....................161
- Perceuse électrique portative Holmes . . . 490
- Peseuse automatique Doble et Watson. . . 397
- Pompe centrifuge électrique. — Scoll et
- Mountain...........................552
- Pompe centrifuge Sulzer à haute pression
- à commande électrique..............481
- Pont roulant Fiegehen........................489
- Propulseur pour bateaux New et Mayne . . 168
- Trieur électromagnétique Robinson .... 12s
- Applications thermiques de l’électrioité.
- Appareils système Schindler et Jenny pour la cuisine et le chauffage par l'électri-
- cité..................................48c
- Chauffage électrique à Washington .... 47O
- La soudeuse électrique Aliolh..................482
- Soudure électrique des tuyaux de conduite
- de vapeur.............................428
- Bibliographie. — Biographie. — Nécrologie. Les applications mécaniques de l'énergie électrique: par J. Laffargue. — G.
- Pellissier............................ 88
- The alternate current transformer, in theory and practice; par F.-A. Fleming. —
- F. Guilbert . . '....................137
- Die Gruudlehren der Elektricitat ; par W.-P.
- Hauck.................................139
- Beschrcibende Notizen [iber einc Anzahl beinerkenswertc.Elektricitatswerke inderSchweiss; par W. Wyssling
- et K. Bl.attncr.......................183
- Notes et croquis sur Genève, par Imer-
- Schneider.............................18s
- Manuale de magnetismo ed elettricita; par
- Guiseppe Poloni. —F. Guilbert . 328
- Traité d'électrométallurgie ; par W. Bor - •
- The principles of the transformer; par Fre-
- derik Bedell.........................328
- Electricité industrielle; par K. Cadiat et
- L. Dubost............................328
- Les transformateurs à courants alternatifs (traduction par MM. A.-O. Dubsky et G. Chenet); parGisbert Kapp.—
- F. Guilbert......................... 374
- Les tramways électriques; par Henri Maréchal........................................ 376
- Courants polyphasés (traduction par E. Bois-tel); parS.-P.Thompson. — F. Gnil-
- berl..............................- 468
- Le pétrole, exploitation, raffinage, chauffage, force motrice; par A. Riche
- et G. Halphen........................469
- Les applications de l'élcctrolyse à la métallurgie; par M.-U. Le Verrier. —
- J. Blondin...........................470
- Revue de physique et de chimie et de leurs applications industriel^. —
- Blondin..............................471
- The metric system : par W.-H. Wagstaff . 471
- The dynamo; par C.-C. Hawkins et F. Wal-
- lis................................. 471
- Manuel de téléphonie ; par M. Gillet. . . . 471
- Magnetischc Kraftfelder; parH.Ebert. . . 471
- Les accumulateurs électriques ; par F. Loppé.
- ~J. Blondin.......................
- Éclairage électrique; par J. Lefèvre. —
- Blondin........................
- Maguetismus und Elcktvicitat mit Rucksicht auf die Bedurfnisse der Praxis ; par
- G. Benische .......................567
- Les tramways électriques aux Etats-Unis ; par
- H. Tavernier................. 567
- Impianti di illumînazione elettrica; par Emi-
- lio Piazzoli.....................367
- Die Wirkungweise, Berechnung und Kons-trucktion elektrischer Gleichstrom-machinen ; par Fischer Hinnen. . . 567
- Les travaux de Fizeau.....................414
- Conduction. — Canalisation de l’éloetricité. Variation de la conductibilité électrique par
- lesactionsélectriques. — C.Fromme 370
- Résistance des ciments et bétons. — Saint-
- Lindeck..........................478
- Méthode de mesure exacte de la conductivité
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-
-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- 609
- des électrolytes au moyen des courants continus. — U". Slro/ul et
- ./. B. Hendersou.................
- normal de réchauffement d'un conducteur par le courant.— C. SkrginsTiy : calcul des canalisations — J. L. Rortlin rqucs sur le calcul de la section des conducteurs. — A. Blondel. . . .
- 1 superposition de courants continus et de courants alternatifs. — Alexander Russell.............................
- mesure de l'isolement en marche d'un réseau à trois fils à courant continu. -- E. J. Houston et Keunclly. . . mesure de l'isolement en marche d'un réseau à trois fils à courant
- - Edvin P la,
- Cnnférenc Expositions
- Association américaine pour l’avancem des sciences (titres des mémo1 présentés au meeting de 1896) Association britannique pour l’avancement des sciences (titres des mérnoi .présentés au meeting de ,»,)(>). . Les travaux de M,nc Ayrton (réunion de 189s)
- - A. Hess . . .'................
- Analyse des travaux présentés à la réuni< de I.iverpoo], 1896. — A. Hess 4: Chambre syndicale des industries électriq
- Séance du 8 septembre...........
- Conférence télégraphique internationale de
- Budapest........................
- Cours du Conservatoire national des Arts
- Métiers.........................
- Cours de la Fédération des mécaniciens
- chauffeurs......................
- Exposition nationale suisse d'électricité à; — Ch. Eug. Guye49, us, 217,251, 448.
- Laboratoire central d'électricité.........
- Société internationale des électriciens :
- Séance du 2 décembre............
- Société française de physique :
- Séance du 20 novembre...........
- Séance du 4 décembre............
- Séance du 18 décembre...........
- Société de physique de Londres
- Séa Séai
- Société phys
- : du ]
- :e du 30 octobre o-chimique russ
- Diélectriques — Décharge disruptive.
- Mesure de la force agissant sur les diélectriques liquides non électrises placés dans un champ électrique.--
- //. Pellat......................367
- Sur l'emploi du téléphone dans la mesure des constantes diélectriques des corps conducteurs. — -1. HcyJc-
- u'dller......................... 87
- Le pouvoir inducteurspéeilique des mélanges diélectriquesliquides.— C. T.Line-
- harger......................... S73
- Relation entre la chaleur latente de vaporisation et la constante diélectrique.— Edm. VanAubcl. ... 83
- Etincelles électriques infléchies à angle droit
- à la surface de l'eau. — N. Hesehus 431
- Arc électrique jaillissant cntredesélectrodes de mercure, d'amalgames ou d’al-luges.-/.. Arons............................ -,(n
- Divers. — Documents.
- Expériences sur les freins..................... 94
- Les plus grandes courroies du monde . . . 141
- Une pile électrique avec une orange. . . . 239
- Les bouées de sauvetage électriques .... 240
- Une torpille électrique aérienne...............240
- Accident mortel sur une ligne aérienne de
- transmission.........................240
- Le palais tournant de l'exposition de 1900 . 332
- Un bateau sous-marin en Russie.................334
- Les coussinets en verre........................33s
- Teinture électrique des peaux..................333
- L’électricité en horticulture..................33s
- Justice et économie............................336
- Les phares électriques tournants et l’illusion
- du point de fuite.— G. Sagnac-. . 373
- La loi des états correspondants et l'équation caractéristique des fluides.— C.Ra-
- ...............................415
- Le plus grand phare électrique du monde . 428
- l.a masse du décimètre cube d'eau. — Macë
- de lépinay...........................,55
- L'unification des filetages....................S27
- L'éclairage d'une gare arrêté jiar une souris. 374 L'effet d'un courant alternatif à 7 000 volts
- sur un crapaud...................... 574
- L'explosion du Scotia......................... 373
- Essais de labourage électrique.................376
- Errata.........................................606
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- 6j
- L'K C LA I Fi A GF, K L E C T UIQ V F,
- Éclairago Électrique. — Photométrie.
- La lumière à arc. d'après SilvanusP. Thompson. fi. fiùhlcl. . 291, 44'<). 339, 384
- l.cs travaux de M,ne Ayrton sur l’arc électrique et la-question de la résistance néga-
- tive. — A. Hess..................
- Remarque relative à une expérience de MM. Wilson et Gray sur l'arc électrique. — Ch. Ed. Guillaume . . Arc électrique jaillissant entre des électrodes de mercure, d’amalgames ou
- d'alliages. — L. Arons...........
- Les lampes à arc. — G. Richard...........
- Lampe Adams..............................
- Lampe Andrews............................
- Lampe Bagnal et Arnold...................
- Lampe Biswanger et Angold................
- Lampe Davy...............................
- Lampe Fisher.............................
- Lampe Lavens.............................
- Lampe Niewerth...........................
- Lampe Seavern............................
- Lampe à incandescence Germer et Hucller Nouvelle lampe à incandescence argentée . Mesure de la température des filaments de lampes à incandescence. — P. Janet Les illuminations électriques pendant les
- fêtes du Tsar....................
- L'éclairage électrique de l'avenue de l’Opéra. L'éclairage électrique dans les mers polaires. L'éclairage électrique à bord des navires. . L'éclairage d’une gare arrêté par une souris. Le plus grand phare électrique du inonde . Les installations de Vevcy-Montreux, —
- J. Shmdin........................
- Station centrale d'éclairage de Lausanne. . Station centrale d'éclairage de Berne. . . . L'usine hydraulique du Barrage, à Fribourg Les installations électriques du Val de Tra-
- 59
- 63
- 60
- 61
- 62
- 64
- a>9
- 46
- 400
- 493
- 493
- vers..................................348
- L'usine électrique de Combe Garrot. . . . ^49 L’usine des CLées, alimentant Neuchâtel . . 550 Sur la relation générale entre l’intensité de la sensation et la durée de l'excitation lumineuse. — Ch. Henry . . 38
- Lois qui régissent les spectres des corps solides. — F. Pascken............................370
- Remarques sur l'étalon photométrique au
- platine. —Viollc..............,
- Sur une nouvelle méthode de photométrie
- photographique et son application à la photométrie des rayons ultraviolets. — H.-T. Simon............565
- L’iXDUSTRIK ÉLECTRIQUE en FRANCE
- Agen.........................................60s
- Bagncres de Bigorre..........................606
- Batna (Algérie)..............................423
- Belfort.........•....................424- 606
- Briare (Loiret)............................... 42
- Camarès (Aveyron)............................. 43
- Cambrai (Nord) . ............................ 43
- Cannes ('Alpes-Maritimes)..................... 43
- Cherbourg................................... 322
- Lille....................................... 322
- Limoges (Haute-Vienne)...........43, 42s, 522
- Lodève (Hérault)............................. 14
- Lourdes (Hautes Pyrénées)..................... 44
- Malicorne (Sarthe)...........................426
- Paris.................. 41, 238, 422, 4S0, 605
- Pont Saint-Vincent (Meurthe-et-Moselle). . 426
- Rodes (Pyrénées-Orientales)................... 4s
- Saint-Maur-les-Fossés (Seine)................427
- Saint-Quentin (Aisne)........................126
- Villefranche-Lauragais (Haute-Garonne) . . 4s
- l’industrie électrique a 1.’étranger
- Anvers...............
- Bex (Suisse).........
- Bradford (Angleterre). Borsbeke (Belgique) .
- Bruxelles............
- Buenos-Ayres .... Cardiff (Angleterre) . Clevcland (États-Unis) Corio (Italie) .... Croydon (Angleterre) Edimbourg (Ecosse) .
- Hasting (Angleterre).........
- .lever (Allemagne)............
- Kaiserslautern (Allemagne) . ,
- LeyUm (Angleterre;...........
- Long-Island-City (États-Unis).
- Londres..................-,
- Manchester (Angleterre) . . Médina de Rioseco (Espagne) Norwich (Angleterre) . . . Oxford (Angleterre) . . .' . Philadelphie................
- . 283
- . 284
- • 567
- - 377
- • 377 . -28s
- 89. 187
- . 2S3
- 90, 377
- 377
- • 171
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- 474
- • 47e* 9V 173
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- RK VU K 1)’KLF.CTRICITÉ
- Saint-Pétersbourg............................476
- Singapour (Indes anglaises.'.................188
- Washington (États-Unis) ....... 288, 476
- Èleotrobiologie.
- Résistance d'isolement des membranes orga-
- Action des courants de haine fréquence sur les toxines bactériennes. — A. d'Ar-
- Electrodynamique. — Électromagnétisme.
- Sur les dimensions des grandeurs électriques
- et magnétiques. — P.Joubin ... 84
- Note sur l'expérience d'Oerstedt. — Schürr 508
- Sur quelques erreurs admises comme vérités
- en électromagnétisme. — Vaschy . 601
- ÊJectrolyse. — Électrochimie,
- Recherches expérimentales sur l'électrolvse
- de l'eau. — A.-P. Sokoloic. . . . 462
- La décomposition de l'eau par les courants
- de faible force électromotricc. —
- Richard et Lonues.................sas
- Sur la polarisation par les courants alternatifs.— M. Wieu.....................459
- Deuxnouvellesexpéricncessurla polarisation des membranes métalliques minces.
- - a- L‘‘gg‘“..................... 13s
- Sur la mesure des résistances électrolytiques parles couraulsalternatifs et l’clec-irodynaraomètre. — F. Kohlrausch. 467
- L'clectrolyse et la tuyauterie dans les stations
- centrales.........................384
- L'étude de l’électrochimie en Angleterre. . 428
- Recherches sur l'aluminium. —Moisson . . 524
- F usi bilité desalliages d'aluminium. — //. Gautier et Roland Gosselin..............478
- Galvanisation continue des fils, procédé
- Cowper Coles......................319
- Traitement électrolyiiquedesminerais mixtes
- de blende et de galène. — F. Lite. 373
- Nickelage du bois..........................239
- Analyse du cuivre industriel par voie élec-
- trolytique. — A. Hollard . . S37, 603
- Procédé de désargentation électrolytique des plombs argentifères. — D. Tom-
- Extraction électrolytique de l'or des dissolutions cyanurées, procédé J. Ptîeger. 318 Dissolution de l’or par le chlorure de brome.
- - Gant................................328
- La fabrication des chlorures décolorants par
- le chlore électrolytique..............333
- Fabrication électrolytique des hypochlorites décolorants concentrés, procédé
- Kellner............................. 502
- Utilisation d'un sous-produit delà fabrication
- électrolytique du chlore..............327
- Électrolyseur de la Société des manufactures
- de produits chimiques du Nord. . 269
- Electrodes en platine Kellner................302
- Fabrication électrique des chapeaux de becs
- incandescents, procédé Voelker. . 301
- Usine d âffînage du cuivre d’Anaconda. . . i85 Usine d'aftinage de cuivre de Perth-Amboy. 380 Usine électrochimique de Niagara Falls. . . 02
- Usine à chlore et soude électrolytiques de
- Sainte-Hélène.......................476
- Fabrication du carbure de calcium, procédé
- Maison................;.............124
- Impuretés du carbure de calcium coin mercial.
- — Bullierei Ch. de Perrodif. . . 323
- L'éclairage à l'acétylène, — G. PeUissier
- 203, 23T, 311, 339, 442. 377 L’éclairage des wagons par l'acétylène. . . 427
- Gazogènes Ackermann, Bon, Buteaud, Ches-nav, Billion, Clausolles, Deroy, Dickerson, Kxley, Gabe, d'Hurailly" Janson et Leroy, Kaestner et Korth,
- Tyroloy, Voigt..............203 à 217
- Gazogènes Allemano et Stenimer, Gabe, Lequcux, Morison, Scrpollcl et
- Lélang......................231 à 2s8
- Ga'zogènes Beau et Bertrand-Taillct. Campe, Dickerson, I.equeux, Maréchal, Piolet, Thivert..........................238 à 263
- Lampes portatives Allemano cL Stemmer, Cerkel, Claude et Ilcss, Fritz lloss-bacli Roussel, Gearing, Goubet. . 316
- Lampe à acétylène à réglage capillaire. —
- L'acétylène liquide..................339, 442
- Générateur d'acétylène liquide Dickerson . 340
- Appareil détendeur Dickerson..................44s
- Brûleurs à acétylène Bullier..................377
- Appareils Dickerson pour mélanges d'air et
- d'acétylène.........................37c)
- Appareil mélangeur d'air et d'acétylène Thivert 582
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-
-
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- 61 2
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Recherches sur les propriétés explosives de
- l’acétylène. — Berthelot et Vieille. 130 Essai sur la puissance motrice de l'ucétlvène.
- - Havel...................... . 326
- L'action toxique du gaz acétylène........ 336
- La réglementation de l’usage de l'acétylène. 427
- Accident dû à l'acétylène.............4s, 191
- L’ozone et les bactéries.—Andrcoli. . . . ;<|S
- Teinture électrique des peaux............33s
- Electro-optique. — Oscillations électrique!
- Rayons Rœntgen.
- Sur les oscillations électriques d'une sphère
- conductrice et polarisable. —F. Ko-
- Etude de la résonance électrique. —
- K. Domalip et KolaceJt...........
- Sur l'absorption des ondes électriques propagées le long des fils par un pont placé aux extrémités. — Bryan et
- Barton...........................418
- Dispersion anomale des ondes électriques dans les liquides. — P. Drnde. . .
- Les rayons cathodiques et la théorie de Jau-
- mann. — H. Poincaré..............
- Sur un spectre de rayons cathodiques. —
- Birkeland. ...................
- Remarques sur une expérience de M. Birkeland.— II. Poincaré..................276. 289.
- Sur la tension longitudinale des rayons cathodiques. — Colard.........................
- Les rayons Rœntgen et les rayons cathodiques. — P. Lenard........................
- Sur un tube de Crookes avec armatures métalliques externes. — E. Somnola. Nouveaux tubes à décharges.— V. Chabaud. 4(6 Sur le phénomène de Rœntgen. — Abel
- Buguet.............................333
- Sur les rayons de Rœntgen. —J.-J. Thomson. 433 Quelques remarques sur la nature des
- rayons X. — Goldhammer .... 86
- Quelques remarques sur les rayons de Rœntgen. — O. Muller............................ 184
- Remarques sur les rayons Rœntgen. —
- Ch.-Ed. Guillaume..................310
- Recherches sur iesrayonsX. — Antonio Roiti 13 3 Quelques expériences faites avec les rayons
- de Rœntgen. — Threlfall etPo/lock. 417 Sur l’émission des rayons X. — Ch.-Ed.
- Guillaume.................. 37, 600
- Sur les rayons de Rœntgen et la transparence des corps relative à ces
- rayons. - O. loi h....................563
- Mécanisme de la décharge par les rayons de Rœntgen des corps électrisés. —
- Jean Perrin...........................322
- Décharges par les rayons de Rœntgen ; influence de la pression et de la température. — Jean Perrin . . . 458,509
- Remarques à ce sujet.— Benoist............... 509
- Décharge des corps électrisés par les ravons
- X. — Emile Villari.................... 3^
- Surla propriété de décharger les conducteurs électrisés, produite dans les gaz par les rayons X et par les étincelles
- électriques. — Ê. Villari........... 232
- La décharge, par les rayons Rœntgen, des conducteurs emprisonnés dans les diélectriques solides. —O.Lodgc. 523 Du reploiement des rayons X derrière les
- corps opaques. — Émile Villari. . 33
- La non homogénéité des rayons X et la mesure de leurs longueurs d'onde. . , 191
- Les rayons X et les illusions de pénombre.
- — G. Sagnac..................• . . 408
- Application des ra}'ons X à la paléontologie.
- • — Lemoine............................479
- La sensibilité de l'œil aux rayons X. —
- Brandes..............................480
- Action dépilatoire des rayons X...............238
- Une ancienne expérience analogue aux expériences de Rœntgen.— \V.HoIt{. 86 Sur les radiations émises par l'urane et les
- sels d'uranium. — H. Becquerel . . 415
- Électrostatique.
- Sur les dimensions des grandeurs électriques
- et magnétiques. — P.Jonbin ... 84
- Remarques à propos du travail de M. Chris-tiansen, sur l'origine de l'électricité de contact. - K. Wesendonck . . . 182
- Sur les propriétés électriques des vapeurs émises par un liquide électrisé. —
- G. Schwalbc..................... 183
- Sur la propriété de décharger les corps électrisés, produite dans les gaz par les rayons X et par les étincelles électriques.— É. Villari.......................232,556
- De ractiondel'eflluve électrique sur la propriété des gazde déchargerles corps électrisés. — E. Villari...................233
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-
-
- REVUE D'ÉLECTRICITÉ
- Sur la propriété de décharger les corps électrisés produite dans les gaz par les corps incandescents et par les étincelles électriques. — Edouard
- Branly..............................282
- Mesure de la force agissant sur les diélectriques liquides non électrisés placés dans un champ électrique. • —
- H. PclJat......................367, 309
- Imposition nouvelle du théorème sur la distribution des masses électriques à la surface de l’ellipsoïde. — Th.Schn'e-
- ..............................4J°
- Sur l’influence des forces électriques et magnétiques sur la pression et le volume des gaz. — Th. Kapoustine. . 431
- L'influence des forces électriques sur la pression de l’atmosphère. — Th. Kapoustine......................................431
- Hssai sur les principes d’une théorie physique de l'électricité. — N. Hesehus. 432
- Génération et transformation de l’énergie électriquo.
- Force électromotrice de quelques éléments
- galvaniques. — N Kasankine. . . 431
- Pile Sicard et Fallu........................531
- Influence de l'aimantation sur les forces électromotricesdes piles dont le fer est un des éléments.— Ulysse Lala
- et A. Fournier.....................419
- Sur les courants galvaniques produits par variation de température d’une partie d’un fil métallique homogène. —
- P. Baclunctieff et S. Stambolieff. . 429
- Courants électriques produits par le refroidissement des métaux fondus. —
- P. Bacliltmelieff et S. Stambolieff. . 430
- Éléments thermo-électriques formés d'amal-
- games et d’électrolytes. — A. liage nbach..........................3^9
- Générateur thermo-électrique Cox.. . 144. 411
- Accumulatcursde la Société germano-suisse.
- de Fribourg.......................217
- Accumulateur Tommasi........................4™
- L’usine de charge des accumulateurs dujura-
- Simplon, à Fribourg.............. 494
- Les dynamos. — A. Boislel.................. 12
- Détermination de la force électromotrice induite dans une portion d'anneau
- Gramme tournant dans un champ magnétique uniforme. — Loppe. . 125
- Dispositif Atkinson pour la compensation de la réaction d'induit dans les dynamos et moteurs........................... 16
- Décalage et étincelles dans les machines à courant continu. — J. Fischcr-
- Hinnen............................ 114
- Enroulement d’induit Thomson-Houston,
- sans chevauchement de section. . 13
- Nouveaux bobinages d’induits Kickemeyer . 12
- Nouveaux types de dynamos pour tramways
- de la compagnie Westinghouse. . . 239
- Nouveau régulateur à frein électrique . . . 139
- Régulateur électrique de la tension des dynamos et de la vitesse des moteurs à vapeur, Graham et Chapman . . 13
- Génératrice de la Société d'Oerlikon, pour
- la fabrication de l'aluminium ... 136
- Montage pour le couplage en parallèle des
- alternateurs.— C.Michalltc. . . . 363
- Un nouvel alternateur au secteur des
- Champs-Elysées. — F. Guilbert.. . T93
- Alternateur Thury à haute fréquence. . . , 157
- Transformateur relatif de 3000 watts à courant continu, du laboratoire de l'École spéciale de Mons.— S. Ha-
- Cominutatrice Aliolh.......................231
- L'emploi des transformateurs en Angleterre. 432
- Magnétisme.
- Nouvelle expérience de cours démontrant l’existence et la forme des lignes de force du champ magnétique. —
- Sfi{iuc...........................430
- Détermination des éléments magnétiques en mer. — Applications aux observations faites par M. Schwerer sur le croiseur le Dubonrdieu. — Guyou. 278 Sur les dimensions des grandeurs électriques
- et magnétiques. — P.Joubin.. . . 84
- L’influence des forces électriques et magnétiques sur la pression et le volume des gaz. — Th. Kapoustine .... 431
- Aimantation et hystérésis de certaines sortes de fer et d'acier. — H. Du Bois et
- Taylor Joues................178, 227
- Pont.magnétique Ewing......................363
- Hystérésis magnétique dans un champ tournant.— R.Beattie ctR.-C. Cliitkcr. 529
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-
-
-
- r,,,
- L ’ É C L AIR A G F. ÉLECTRIQUE
- Influence de l'aimantation sur les forces électromotrices des piles dont le fer est un des éléments. — Ulysse Lala et
- Fournier............................419
- Expériences sur le phénomène de Hall dans
- le bismuth. — A. Lcbret...........233
- Sur l'hypothèse de M. Griffiths pour expliquer les singularités de la résistance
- du bismuth. — Sadou'shi.............430
- Phénomène de Hall dans les liquides. —
- H. Hagard...........................420
- Le grillage des minerais de fer en vue de leur concentration magnétique. —Wed-ding......................................... 48
- Météorologie électrique.
- Sur l'efficacité de la protection de la tour Saint Jacques contre un coup de
- foudre exceptionnel. - Ch. Mildc
- et li. Grcnel........................282
- L'influence des forces électriques sur la pression de l'atmosphère. — Th. Ka-poustine. ....................................4)8
- Moteurs électriques, à vapeur, thermiques, hydrauliques.
- Nouveau moteur. Thury unipolaire............. 138
- Nouveau régulateur à frein électrique.. . . J 59 Nouveau régulateur Thury pour moteurs
- Roues et turbines à vapeur....................429
- Essais d'une turbine Laval de 300 chevaux. . 173
- Appareil auto-indicateur de la Compagnie de l'Ouest pour le relevé des diagrammes ......................................230
- Essaissurla puissance motricedcl'acétylènc. S26 Régulateur Replogle pour turbines .... 452
- Télégraphie.— Téléphonie. — Clironographie. . Horloges électriques. — Signaux.
- A propos du système téléphonique lless-
- Ravcrot-West. — Ravcrot .... 88
- Un câble télégraphique attaqué par les termites.............................. 191
- Conférence télégraphique internationale de
- Budapest...................... 331
- L'explosion du Scotia...................57s
- L'alphabet Morse et la langue chinoise. . .• 376
- Expériences téléphoniques à grande distance ......................................S28
- Actions mutuelles des lignes téléphoniques d'après la théorie de Muller. —
- A. Wilke.....................553, y)6
- Traction électrique.
- Tramways électriques. — Conditions d'établissement au point de vue des dangers électrolytiques pour les ouvrages placés sur ou sous les voies publiques. —A. Monmcrquë. . . 5. 65
- Transmission à trois fils pour tramways
- électriques. —J.-S. Woodbridge.. 321
- Sur remplacement correct des lils à trôlet aux courbes. — Foster et B.-A.
- Aidai............................ 4S4
- Raccord des fils à trôlet sur les ponts tournants. — W.-B. Boiter...............36s
- Sur la pression des trôlets sur les lils conducteurs. — II. S. Bering .... Résistance des Joints des rails soudés à la fonte. — L. Bell, F.-H. Tid/nanu,
- Knox et Wvman...................... 78
- I.c circuit de retour des tramways électriques. — Harold, P. Brown. . . Tramway à contact électromagnétique. —
- Priugle et Kent................... 174
- Tramway électromagnétique. — D. Mac-
- L. Therrcll.......................411
- Le matériel de traction électrique de Eives-
- Lille. — Paul Girault...............385
- Contrôleur G. E. pour quatre moteurs. —
- TU. Baxter..........................4^6
- Trôlet Bcrsey................................223
- Essais d'une voiture de tramway électrique. 142 Stations mixtes pour éclairage et traction.
- — J. Hesheth et J. II. Rider. . . 412
- Statistiques comparatives d’exploitation de
- réseaux de tramways électriques. . 574
- Statistique des tramwavs électriques en
- Amérique........................... 143
- Les installations de Vevey-Montreux. —
- J. Blandin..........................400
- Installations des tramways de Lausanne. —
- J. Blondin..........................491
- Chemin de fer électrique de Nantasket-
- • Beach................................ 77
- Les tramways à canalisation souterraine à
- ............................ I91
- La traction mécanique à Paris. — Hillairet. 503
- La traction électrique sur le chemin de fer
- élevé de I.ake Street à Chicago . . 142
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-
-
-
- R K V UE D ’ É L E G T RICIT É
- 615
- La traction électrique en Italie............ S74
- Chemins de fer électriques à rail central. . 384
- Un chemin de fer électrique en mer . ... 46
- La vitesse des tramways électriques en Amé-
- t'11 omnibus électrique à Londres............376
- Nouvelles voitures électriques .... 333, 477
- Curieux- emploi des voitures de tramways. . 477
- Tramway électrique à longue distance. . . 477
- L'utilité des protecteurs pour tramways. . . 93
- L’iNDUSTRIE ÉLECTRIQUE EN iRANCE
- Besançon...........•....................424
- Béziers (Hérault)............................ 43
- Bordeaux............................ 421, 320
- Bourgoin.....................................424
- Gagnes (Alpes-Maritimes)..................... 43
- Chamaret (Drôme;....................: . . 43
- Châlons-sur-Marne............................329
- Fontainebleau Le Havre . . Le Puy . . . La Seyne (Var) Lyon-Caluirc
- Marseille.................................... 44
- Paris . . 4a, 139, 237, 388, 328. 383, 422, 320
- Rouen........................................523
- Talignan (Drôme)............................. 4S
- l'industrie électrique a l’étranokr
- Bamberg (Allemagne'..........................284
- Berlin...................................... 187
- Brighton-Rottingdean.........................472
- Brooklyn (États-Unis)............... 187, 284
- Chatel Saint-Denis et Château-d'Œx (Suisse) 472
- Cleveland (États-Unis)....................... 89
- Douglas (Écosse).............................569
- Elisanetgrad (Russie)........................379
- Idkhorn (U. S. A)............................570
- Francfort 1 Allemagne).......................473
- 41
- 329
- Fribourg (Suisse'............................473
- Gleiwitz (Allemagne)........................ 283
- Hupignv (Belgique)........................... 90
- Liège (Belgique).............................286
- Londres......................................475
- Lugano (Italie)............................. 286
- Martigny et Aoste............................287
- Neuchâtel (Suisse)...........................378
- New-York.....................................287
- Ottawa (Canada)..............................287
- Philadelphie....................... 287, 381
- Saint-Pétersbourg............................476
- Staten-lsland (États-Unis)................... 93
- Transmission de l’énergie. — Utilisation des forces naturelles.
- Les forces hydrauliques de France............ 93
- Usine électro-chimique de Niagara Falls . . 92
- L’utilisation du Rhône à Genève. —
- J. B/ondiu..........................143
- Les installations du Val de Travers..........348
- Usine de Combe-Garrot....................... 349
- Usine des Clées............................. 530
- Usine hydraulique de Wynau.................. 391
- La transmission du Niagara à Buffalo
- 27c 3^4, 371
- l’industrie ÉLECTRIQUE EN FRANCE FT A lT.TRAKGER
- Abercanaïd Colliery (Pays de Galles) ... 89
- Bakersfield 'Californie).................. 89
- Bozen-Méran . '...........................284
- Budapest..................................368
- Cochran (II. S. A).......................4.72
- Firmigny (Nord).........................141
- Gorebridge (Angleterre)...................286
- New-York..................................379
- Niagara-Buffalo.................. 271, 384, 371
- Philadelphie................................381
- Sait Luke City..............................373
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-
-
-
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-
-
-
- TABLE DES NOMS D’AUTEURS
- A
- Ackermanx.—Gazogène à acétylène. . . . 213
- Adams. — Lampe à arc alternative............ 63
- Alden (B.-A.) — Sur l'emplacement correct
- des fils à trôlet..................434
- Aixard. — (Voir Coiseau.)................... 82
- Aj.le.manoet Stemmkr.—Gazogèneà acétylène 256
- Lampe à acétylène....................313
- Andreoli. — L’ozone et les bactéries. . . . 348
- Andrews (F.) — Lampe à arc en série. . . 60
- Ancold. —(Voir Biswanger.).................. 60
- Appldyard (R.), — Vibrateur électrique .
- Trevelyan..........................417
- Armagnat (H.). ’— Résistances : étalons à
- mercure............................264
- Alliages pour résistances............301
- Résistances..........................358
- Ktalons d’intensité..................40a
- Etalons de force électromotrice . . 493
- Condensateurs..................• 334, s88
- Arnold. —(Voir Bagnall.).................... 63
- Arons (L.) — Arc électrique jaillissant entre des électrodes de mercure, d’amalgames ou d’alliages..............361
- Arsonval(A. d‘).— Action des courants de haute fréquence sur lestoxines bactériennes ........................416
- Atkinson. — Compensation de la réaction d’induit dans les dynamos et mo-
- Aubel (Eûm. van). — Relation entre la chaleur latente de vaporisation et la
- constante diélectrique........... 83
- Ayrton (Mmc). — Recherches sur l'arc électrique et la question de la résistance négative................................... 109
- B
- Backhmetieff (P.) et Stambolieff (S.). — Sur les courants galvaniques produits par variation de température d'une partied’un fil métallique homogène. 429 Courants électriques produits par le refroidissement des métaux fondus 430 Bagard (H.). — Phénomène de Hall dans
- les liquides........................420
- BAGXALLet Arnold. — Lampe à arc alternative 63 Bailey (L.-H.) — L'électricité en hovticul-
- Baldwlv. — Essais d'un tour alésoir électrique........................................164
- Barton. —(Voir Bryan.).........................418
- Baxter. — Parafoudre...........................316
- Contrôleur G. E. pour 4 moteurs. . 436
- Beattie (R.) et Clinker (R.-C.). — Hystérésis magnétique dans un champ tournant .........................................529
- Beau et Bertrand-Taillf.t. — Gazogène à
- acétylène.............................263
- Becquerel (H.) — Sur les radiations émises
- par l'urane et les sels d’uranium . . 415
- Bedell (Frederick).—The principes of the
- transformer (Bibliog.)................328
- Bell (Lours), Tidmann (F.-H.), Kxox Wy-man. — Résistance des joints des
- rails soudés à la fonte............... 78
- Bément (de). — Essais d’un tour électrique
- à double harnais..................... 162
- Perceuse électrique à trois forets. . . 163
- Perceuse électrique radiale.............164
- Mortaiseuse électrique double pour longucrines de locomotives . . . . 163
- Tour électrique.........................163
- Étau limeur électrique................. 163
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-
-
-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Benoist (L.). — Électroscope à trois feuilles
- d’or..........................415, 508
- Bf.rry. — (Voir Palridgc.).................223
- Bersky. — Trôlet à contacts multiples. 225, 584 Bkrthklot et Vieille. — Recherches sur les
- propriétés explosives de l'acétylène 130 Birkeland. —Sur le spectre des rayons catho- .
- diques...............................274
- Biswanger et Angold. — Lampe à arc diffé-
- rencielle .......................... 60
- Blondel (A.). — Remarques sur le calcul de
- la section des conducteurs. . . , , 31
- Blondin (J.). — BeschreibendeNotizen über eine Auzahl bemerkenswerte Elek-tricitatswerke in der Schweiz (Bi-
- bliog.).............................. 185
- Notes et croquis sur Genève (Bibliog.) 185
- Le pétrole; par/l. Riche et G. liai-
- phen {Bibliog.)........................469
- Les applications de l'élcctrolyse à la métallurgie ; par M.-U. Lp Verrier
- {Bibliog.) ............................470
- Revue de physique et de chimie et de leurs applications industrielles (B/-
- bliog.)................................471
- Les accumulateurs électriques; par
- F. Lnppé (Bibliog.)....................318
- L'éclairage électrique ; par J. Lefèvre
- {Bibliog.).............................319
- ' Les installations électriques de Genève 145 Les installations électriques de Genève à Zurich ; les installations de Vevev-
- Montreux . ...........................400
- Les tramways électriques et la station
- électrique de Lausanne...............493
- L’usine hydraulique du Barrage à Fri-
- bourg................................493
- Les installations du Val de Travers, l'usine de Combe-Garrot, l'usine
- des Clées............................ 548
- La station centrale de Berne............590
- L’usine hydraulique de Wynau . . . 591
- Botstel (E.) —- Les dynamos.................. T2
- La lumière à arc . . . 293, 446, 539, 384
- La station centrale de Berne, l’usine hydraulique de Wynou..............................
- Bon. — Gazogène à acétylène.................207
- Borchers (W.ï.[— Traité d’électrométallurgie
- {Bibliog.-,...........................328
- Borf.t., — Câbles pour installations d’appartement ..................................... 269
- Bouvier (E.-L.). — Un câble télégraphique
- attaqué par les termites............ 191
- Buandes (Dr). — La sensibilité de l’œil aux
- rayons X.............................480
- Branly (Edouard). — Sur la propriété de décharger les corps électrisés, produite dans les gaz par les corps incandescents et les étincelles électriques ..................................... 282
- Bréguet (Maison). — Essais d’une turbine
- Laval de 300 chevaux...............173
- Brillié. — Sur les relevés de diagrammes sur les locomotives; appareil autoindicateur de la Compagnie de l’Ouest................................-. . 230
- Broca (A.). — (Voir Guilleaume Ch.-Edi). 311
- Bryan et Barton. — Absorption des ondes électriques propagées le long des tilsparun pont placé près des ex-
- trémités, ........................418
- Brown (Harold P.). — Le circuit de retour
- des tramways électriques......... 599
- Buguet (Abel). - - Sur les phénomènes de
- Rœntgen...........................323
- Buuier. — Brûleurs à acétylène............377
- Bullier (L.) et de Perrodil. --- Impuretés du
- carbure de calcium commercial , . 323
- Buteaud.—Gazogène à acétylène. .... 210
- C
- Cadiat(E.) etDuBosT (L.).— Électricité indus-
- trielle (Bibliog.)...................328
- Cambria. — Essais d’un tour électrique . . . 162
- Campe. — Gazogène à acétylène.................239
- Carthy (Mac). — Soudure électrique des
- tuyaux de conduite de vapeur. . . 428
- Cerkel. — Lampe à acétylène...................315
- Chabaud (V.). — Nouveaux tubes de Crookes 416 Chapman (H.). — (Voit Graham, J.) .... 13
- Chenet (G.). — (Voir DubsJci, A.-Q. ) . . . 374
- Chesxay et Pii.i.on. — Gazogène à acétylène. 216
- Ci.aremont. — (Voir Royer.)...................364
- Clark. — Pile étalon..........................493
- Claude et Hess. — Lampe à acétylène . . . 313 Clausolles (Dr E.). — Gazogène à acétylène. 206 Clinker (R.-C.j. — (Voir Beattie, R.). . . . 329
- Coiseau, Couvreux et Allard. — Titan électrique......................................... 82
- Colard.— Sur la tension longitudinale des
- rayons cathodiques...................600
- p.618 - vue 618/625
-
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-
- R E V l J E D ’ É L E C T R1GIT É
- 619
- Compagnie dk l'industrie Electrique (Genève).
- — Exposition nationale suisse . . 51
- Les courants alternatifs polyphasés. . 51
- Le transport et la distribution de force par courant continu en série . . , 51
- Le transport et la distribution de force par courant continu en parallèle. . 32
- CouvREtrx. — (Voir Coiseau.).................... 82
- Cowper Coles. — Procédé pour la galvanisation continu des fils ....... 319
- Cox. —Générateur thermoélectriquc . 139, 410
- Craig-Brown. - - L’électricité à bord des na-
- ™es..................................476
- Curtis (H.-P.) et Pond (H.-O.). — Essais
- d'une voiture de tramways .... 142
- Danielson (von Ernst). — Méthode de compression de la self-induction d’un enroulement à fil fin de wattmètre. 593 Daft (Léo). —Sur un essai de traction électrique par rail central..........................384
- Daniel. — Action dépilatoire des rayons X. 238 Darsy, Lefèvre et Lavocat. — Locomotive
- électrique.............................226
- Davy. — Lampe à arc en dérivation .... 61
- Lampe à arc double....................... 6t
- Deroy. — Gazogène à acétylène....................213
- Devio (Ch.). — Le palais tournant de l’expo-
- sition de 1900.........................jje
- Dickerson. — Gazogène à acétylène . 204, 258
- Générateur d'acétylène, liquide . . . 339
- Appareil détendeur pour l’acétylène
- liquide...........................443
- Appareils mélangeurs d’air et d’acétylène ...................................379
- Dieudonné et Regnard. — Observations à propos de la traction mécanique à
- Paris.............................507
- Dobi.e et Watson. — Peseuse automatique
- électrique........................397
- Domalip et Kolacf.k. — Etude de la résonance électrique......................323
- Drude(P.). — Dispersion anomale des ondes
- électriques dans les liquides. . . . 539
- Du Bois (H.) et Taylor (Jones).—Aimantation et hystérésis de certaines sortes de
- fer et d’acier................... 178
- Dubski (A.-O. ) et Ciienet (G.). — Les transformateurs à courants alternatifs; par Gisbert Kapp (Bibliog.). ..... 374
- Eickrmkykr. — Nouveaux bobinages d’in-
- Exley. — Gazogène à acétylène.................212
- Ewing. — Pont magnétique......................363
- F
- F allé.— (Voir Sicard)........................351
- Ekt.ten et Guilleaumh. — Câbles électriques . 133
- Câbles aérés...........................224
- Ferrant!. — Commutateur double............... 172
- Fiegehen. — Pont roulant électrique .... 489
- Fisc.her-Htnen. — Décalage d’étincelles dans
- les machines à courant continu . . 114
- Fisher. — Lampe à arc différentielle .... 62
- Lampe à réglage thermique.............. 62
- Fizeau. — Ses travaux.........................414
- Fleming (Dr). — L’emploi des transformateurs en Angleterre...........................432
- Pile étalon............................300
- Foster. —Sur l’emplacement correct des fils
- à trôlet.............................454
- Fournier (A.). — (Voit Lala.j.................419
- Fritz, Rossbach, Roussf.t. — Lampe à acétylène........................................312
- Frith et Rodgers. — La question de la résistance négative................................109
- Fromme (C.). — Variation de la conductibilité électrique par les actions électriques ......................................370
- G
- Gabe. — Gazogène à acétylène..................208
- Garrisson. — Essais d’un tour électrique . . 162
- Gauthier (Henri). — Fusibilité des alliages
- d’aluminium..........................478
- Gaze (Dr). — Dissolution de l'or par le chlorure de brome.................................328
- Gearing. — Lampe à acétylène..................314
- Germer et Hueller. — Nouvelle lampe à incandescence...................................239
- Girault (Paul). — Le matériel de traction électrique de la Compagnie Fives-
- Lille................................385
- Goldhammf.r(D.-A.). — Quelques remarques
- sur la nature des rayons X . . . . 86
- Gossart (E.). — Lampe à acétylène à réglage
- capillaire...........................231
- Goubf.t. — Lampe à acétylène..................311
- Gouy. — Pile étalon...........................40$
- p.619 - vue 619/625
-
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-
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Guilbert(1\).—The alternate cnrrent transformer, in theory and practice{Bibliog.) 137 Un nouvel alternateur au secteur des
- Champs-Elysées.................... 193
- Manuale demagnetismo ed elettricita, par G. Poloni. {Bibliog.) . . . . 328
- Les transformateurs à courants alternatifs ; par Gisbert Kapp. {Bibliog.) 374 Courants polyphasés ; par S.-P.
- Thompson {Bibliog.).................468
- Graham(J.) et Chapman (H.). —Régulation électrique de la tension des dynamos et de la vitesse des moteurs à
- vapeur............................. 13
- Guilleaume. —(Voir Fclicn.)..........125, 224
- Guillaume (Ch. Kd.). — Sur l'émission des
- rayons X............................ 37
- Remarque relative à l’éxpérience de MM. Wilson et Gray sur l’atc électrique................................417
- Guillaume (Cii.-Ed.) et Broca (A.b — Remarques sur les rayons X.......................su
- Guye (Ch.-Eug.). — L’électricité à l’Exposition nationale suisse. 49, 13s, 217,
- 231, 438, 481
- Guyou (E.). — Détermination des éléments magnétiques en mer. Application aux observations faites parM.Schwe-rer sur le croiseur le Dubonrdicu . 278
- H
- Hagenbach (A.). — Éléments thermo-électriques' formés d’amalgames et
- d’électrolytes.................... 369
- Halphen (G.). — Voir Riche (A.)............ 469
- H2ANAPPE* (S.b — Transformateur rotatif de 5 000 watts à courant continu du laboratoire de l’Ecole spéciale de
- Mons............................... 97
- Harrington. — Essais d’une perceuse électrique à deux forets....................... 164
- Hasting. —Nouveau dispositif pour la lecture des déviations galvanomé-
- triques........................... 373
- Hauck(W. P.).—DieGrundlehrenderEleck-
- tricilàt (Bibliogb................ 139
- Henderson (J.-B.). — (Voir Strôuâ.)........ 417
- Henry (Charles). — Sur la relation générale entre l’intensité de la sensation et la durée de l’excitation lumineuse . . 38
- Herdman. — Ascenseur électrique................ 486
- Hering (H.-S.). — Sur la pressiou des trôlets
- sur les fils conducteurs..............399
- Hess (A.). — Les travaux de l’Association
- Britannique..............109, 433, 529
- (Voir Claude).......................... 3x5
- Hesehus (N.). — Essai sur les principes d’une
- théorie physique de l’électricité . . 432
- Sur les étincelles électriques infléchies à angle droit à la surface de
- l’eau................................ 432
- Hesketh (J.) et Rider (J.-H.). — Stations
- mixtes pour éclairage et traction. . 412
- Heydwtîller (A.). — Sur l'emploi du téléphone dans la mesure des constantes diélectriques des corps conducteurs ....................................... 87
- Hill (R.-H.). —Appareil électrique pour la protection des plantes contre les
- insectes............................. 335
- La traction mécanique à Paris .... 303
- Hillairet. — A propos du Congrès de
- La transmission électrique dans les
- ateliers.................•............ 79
- Les perceuses électriques. 79,128,224, 271 Hollard (A.).— Analyse du cuivre industriel
- par voie électrolytique.............. 557
- Holmes. — Perceuse électrique portative. . 490
- Holtz (W.). — Une ancienne expérience analogue aux expériences de Rœntgen ............................................ 86
- Houston (E.-J.) etK.ENNEi,i.Y. — Sur la mesure de l'isolement en marche d’un réseau à trois fils à courant continu. 26
- Howitt. — (Voir Lloyd)......................... 166
- Huellrr. — (Voir Germer)....................... 239
- IIumilly. — Gazogène à acétylène............... 211
- Iglesias. - - Interrupteur thermique...... 332
- Janet (P.). — Mesure de la température du
- filament des lampes à incandescence 324 Janson et Leroy. — Gazogène à acétylène. . 203
- Jeantaud. — Une nouvelle voiture électrique ........................... 477
- Joubin (P.). — Sur les dimensions des grandeurs électriques et magnétiques. . 84
- p.620 - vue 620/625
-
-
-
- REVUK D’ÉLÈCTRICITÉ
- K
- Kaestner et Korth. — Gazogène à acétylène ..................................... 2IL
- Kapp (Gtsbert). — Les transformateurs à courants alternatifs (Bibliog.)............... 374
- Kapoustine (Tu.). — De l'influence des forces électriques et magnétiques sur le
- volume des gaz.................... 431
- L’influence des forces électriques sur la pression de l'atmosphère, et une méthode nouvelle pour mesurer l'intensité du champ de l'clectricité
- atmosphérique en valeur absolue. . 431
- Kasankine (N.). — Étude de la force élcctro-motrice de quelques éléments galvaniques........................... 432
- Keli.ner. — Électrodes en platine............ 502
- Fabrication électrolytique des hypo-
- chlorites concentrés............... 302
- Kelvin (Lord). — Balance électrodynamique 403
- Kexnelly. (Voir Houston, E.-J.)............... 26
- Kent. —(Voir Pringle.)....................... 174
- Knox. — (Voir Bell.).......................... 78
- Kolacek (T.). — Sur les oscillations électriques d'une sphère conductrice et
- polarisable..................... 3 m
- (Voir Domalip.)....................... 323
- Kohlrausch (F.). — Sur la mesure des résistances électrolytiques par les courants alternatifs et l'électro-dynamomètre .................................... 467
- Korth. — (Voir Kaestner.).................... 211
- L
- Laffargue (J.). — Les applications mécaniques de l’énergie électrique, installations particulières (Bibliog.). ... 88
- Lai.a (Ulysse) et Fournier (A.). — Influence de l'aimantation sur les forces élec-tromotrices des piles dont le fer est
- un des éléments.............. 4*9
- Lavens. — Lampe à arc en dérivation..... 61
- Lavooat. — (Voir Darsy.)............... 226
- Lkbrett (DrA.). — Expériences sur le phénomène de Hall dans le bismuth. . 233
- Lefèvre.—(Voir Darsy.)................. 226
- Lemoine. — Applications des rayons X à la
- paléontologie................ 479
- Application des rayons X aux recherches anatomiques . ....... 324
- Lenard (P.). — Les rayons de Rœntgen et
- les rayons cathodiques........... 323
- I.equbux. — Gazogène à acétylène ... 236, 260
- I.eroy. —(Voir Sanson.) . :................ 203
- Lermantoff (W.). — Société physico-russe. . 429
- Létaxg. — (\oir Scrpolkt.)................... 233
- Lixebarger (M.-C.-F.). — Le pouvoir inducteur spécifique des mélanges de
- diélectriques liquides............. 373
- Lloyd et Hewitt. — Manœuvre électrique
- des canons......................... 166
- Éclairage électrique {Bibliog.)...... 319
- I.o.vxes. —(Voir Rif.har^. )................. 323
- Loppk. — Détermination de la force électro-motrice induite dans un anneau Gramme tournant dans un champ
- magnétique......................... 125
- Les accumulateurs électriques {Bibliog.)............................... 318
- Loth (M.-O.) — Sur les rayons de Rœntgen et la transparence des corps relative
- .à ces rayons...................... 363
- Luggix(H.). — Deux nouvelles expériences sur la polarisation des membranes
- métalliques minces................. 135
- Lyte ; M. F.). — Traitement électrolytique des mineraismixtes de blende et de. galène....................................... 573
- Macé de Lépinay. — La masse du décimètre
- Maréchal. — Gazogène à acétylène.............. 260
- Maréchal (Henri). — Les tramways électriques [Bibliog.)............................... 376
- Mayne. — (Voir New.).......................... 169
- Mayks. — (Voir Wood.)......................... 301
- Michalke (C.). — Montage pour le couplage
- en parallèle des alternateurs .... 365
- Mildé (Ch.) et Grenet(K.). — Sur l’efficacité de la protection de la Tour Saint-Jacques contre un coup de foudre
- exceptionnel........................ 282
- Moissan (H.). —Recherches sur l'aluminium 324 Moxmerqué (A.), — Tramways électriques;
- conditions d'établissement au point de vue des dangers électrolytiques pour les ouvrages placés sur ou
- sous les voies publiques.............. 3
- Morison. — Gazogène à acétylène............... 234
- iMountain. — (Voir Scott, E.)................. 3^2
- p.621 - vue 621/625
-
-
-
- 622
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- Muller (O.). — Quelques remarques sur les
- rayons de Rœntgen................. 184
- N
- Nikwerth. — Lampe à arc en dérivation . . . 59
- Newton. — Essais d'une scie à froid mue par
- un moteur électrique.............. 163
- New et M.aynk. — Propulseur électrique
- amovible.......................... *69
- O
- Obach. — (Voir Siemens.).......•...... 432
- O'Conor Si.oank. — Gazogène à acétylène. . 216
- Otis. — Ascenseurs électriques...... 163, 481
- Paschen (IL), — Lois qui régissent les spectres des corps solides............. 370
- Patridgh et Berry. — Coupe-circuit .... 223
- Pellat (H.). — Graduation du galvanomètre
- Deprez-d’Arsonvalle................ 324
- Ampère-étalon....................... -103
- Mesure de la force agissant sur les liquides diélectriques non électrisés placés dans un champ magnétique........................... 367 ,309
- Pellisster (G.). — Les applications mécaniques de l’énergie, par J. Lalïargue
- (.Bibliog.)......................... 88
- L'Éclairage à l’acétylène ; gazogènes.............. 203, 234, 311
- L'acétylcne liquide.............. 339.443
- Appareils de combustion de l’acétylène.................................*>77
- Perrin (Jean). — Mécanisme de la décharge par les rayons Rœntg.en des corps
- électrisés.................... 322
- Influence de la pression, de la température dans les décharges par les
- rayons X...................... 485, 509
- Perrodil (de). — (Voir Huilier.......... 32s
- Pictet (R.). — Gazogène à acétylène .... 262
- Pillion. — (Voir Chesnay.).............. 216
- Place (Edwin). — Sur la mesure de l'isolement en marche d’un réseau à trois
- fils à courant continu......... 29
- Peleglr. — Procédé d’extraction électroly-
- tique de l’or................. 318
- Poincaré (H.). -- Les rayons cathodiques et
- la théorie dejaumann.......... 242, 289
- Remarques sur une expérience de
- M . Birkeland..................... 276
- Pollock. — (Voir Thrclfail,)............... 417
- Pond (H.-O.). — (Voir Curtis, H.-P.). ... 142
- Potter (W.-B.) - Raccord des fils à trôlet
- sur les ponts tournants........... 363
- Pringle et Kent. — Tramway à contact électromagnétique............................... 174
- Proctor. — Commutateur électrique .... 76
- R
- Raveau (C). — La loi des états correspondants et l'équation caractéristique
- des fluides...................... 4r4
- Ravel. — Essais sur la puissance motrice de
- l’acétylène...................... =>26
- Regnard. — (Voir Dieudonné.)............... 507
- Rkplogle.—Régulateur pour turbines. . . 452
- Rich (H.). — Une torpille électriqueacrienne. 240 Riche (A.) et Halphen (G.). — Le pétrole, exploitation, raffinage, éclairage, chauffage etforcemotrice[Bibliog.). 469
- Richard (G.). — Les lampes à arc........... *>9
- Applications mécaniques de l'électricité ..................... 161, 396, 484
- Richarz et Loxnes. — La décomposition de l’eau parles courants de faible force
- électromotrice..................... 525
- Rider (J.-H.).— (Voir Hcskeik.).............. 412
- Rikter(J.] et Cic. — Nouveau régulateur à
- frein électrique. . ............... 159
- Riker Electric motor Company. — Une nouvelle voiture électrique ..... 333
- Robinson. — Trieur électromagnétique ... 123
- Rodgers. — (Voir Friih.)..................... 109
- Roiti (Antonio). — Recherches sur les
- rayons X........................... 133
- Rosemanx (Rudolpii). — L’action toxique du
- gaz acétylène...................... 336
- Routin (J.-L.J. — Sur le calcul des canalisations .................................. 337
- Nouvelle méthode pour la détermination des rendements.................. 169
- Royer et Ci.arem.ont. — Support réglable
- pour balai en graphite . ;....... 364
- Russell (Alexander). — Sur la superposition de courants continus et de courants alternatifs.................................. 29
- S
- Sadowski (A.'j. — Sur l’hypothèse proposée par M. Griffiths pour expliquer les
- p.622 - vue 622/625
-
-
-
- REVUE D’ÉLECTRICITÉ
- 623
- singularités de la résistance du bis-
- Sagnac (G.). — Les phares tournants et l'illusion du point de fuite........................ 373
- Les rayons X et les illusions de pénombre................................. 408
- Saint-Lixdeck (Dr). —Résistance électrique
- des ciments et bétons................ 478
- Schneider. — Réducteur-adjoncteur pour la
- charge des batteries d'accumulateurs 440 Sciiurr. — Note sur l’expérience d'Oerstedt. 508 Schwalbe (G.j. — Sur les propriétés électriques des vapeurs émises par un
- liquide électrisé............... 183
- Schwedoff (T.). — Sur la distribution des masses électriques à la surface d'un
- ellipsoïde...................... 430
- Schweiîer. — Détermination des éléments
- magnétiques en mer.............. 278
- Scott (E.) et Mountain. — Moteur électrique
- pour pompe centrifuge ............... 552
- Seavern. — Lampe pour projections .... 64
- Sellers. — Essais d’une poinçonneuse électrique pour rails ............................ 163
- Essais d'une perceuse électrique pour
- rails........................... 163
- Essais d'un pont roulant électrique de
- 30 tonnes....................... 163
- Essais d’un transbordeur de rails . . . 163
- Essais de raboteuses.............. 164
- Essais d’une mortaiseusc.......... 163
- Semmoi.a (K.). — Sur un tube de Crookes
- avec armature métallique externe , 40
- Skrpoixet et Létang. — Gazogène à acé-
- Sjcard et Faixe. — Pile électrique....... 531
- Siemens et Obach. — Contacts en charbons . 432
- Simon (H. T.) — Sur une nouvelle méthode de photométrie photographique et son application à la photométrie des
- rayon s ultra-violets........... 563
- Société des ateliers de construction Oerli-kon [O cri Ikon). — Exposition nationale suisse....................... 34
- Soudeuse électrique............... 482
- Société Alioth ( Bâle).— Exposition nationale Suisse . . . . '................ 36
- Génératrice pour la fabrication de
- l’aluminium..................... 157
- Commutatrice de 100 kilowatts. . . . 231
- Société des manufactures de produits chimiques du Nord.— Electrolyscur. . 269
- Société Germano-Suisse. — Nouveaux types
- d’accumulateurs................... 217
- Sokolow (A.-P.). —Recherches expérimentales sur l’électrolyse de l’eau. . . . 463
- Solvay (E.l. — La fabrication des chlorures décolorants par le chlore électrolyte............................................ 333
- Sosnowski (K.j. — Roues et turbines à vapeur .......................................... 429
- Skrgi.nski (C.). — Un cas anormal de réchauffement d'un conducteur par le cou-
- rar,t.................................. 43°
- Stamboliefb (S.). — (Voir Backhmetieff.) 429, 430
- Stemmkr.— (Voir Allemand.)...........256, 314
- Stroud (W.) et IIenderson(J.-B.). — Méthode de mesure exacte des électrolytes au moyen des courants continus . . , . 417
- T
- Taylor (Jones). —('Voir Du Bois H.) .... 178
- Tidam (F.-H.). - (Voir Bell.)............ 78
- Tiroloy. — Gazogène à acétylène.......... 208
- Therrel (D. Mac. L.). — Tramway électromagnétique ........................ 411
- Thivert. — Gazogène à acétylène............. 263
- Appareil mélangeur d'air et d’acéty-
- Thomson-Houston. — Enroulement d’induit
- sans chevauchement de section. . . 13
- Thompson (S.-P.). — L’étude du l’électrochimie en Angleterre....................... 428
- Courants polyphasés {Bibliog.) .... 468
- La lumière à arc..................... 293
- Thomson (J.-J.}. — Sur les rayons Rœntgen. 433 Thomson (E.). — Electrodynamomètre . . . 317
- Thrf.t.fall et Pollock. — Quelques expériences avec les rayons de Rœntgen........................................ 417
- Thury.—Alternateur à haute fréquence . . 137
- Nouveau moteur unipolaire............ 138
- Nouveau régulateur électrique . . . . 139
- Régulateur pour moteurs série .... 438
- Tommasi. — Procédé de désargentation électrolytique des plombs argentifè - ’
- Nouvel accumulateur.................. 410
- Turquan (V.). — Les forces hydrauliques de
- France.............................. 93
- p.623 - vue 623/625
-
-
-
- Ô24
- L’ÉCLAIRAGE ÉLECTRIQUE
- v
- Vaschy. — Sur quelques erreurs admises comme vérités eh électromagnétisme........................................ 601
- ViHLiB. — (Voir Bcrthcloî.).................. 130
- Villaki (Emii.e). — Du reploiement des
- rayons X derrière les corps opaques. 33 Décharge des corps électrisés par les
- rayons X............................. 35
- Sur les propriétés de décharger les conducteurs électrisés, produite dans les gaz par les rayons X et par les
- étincelles électriques.............. 232
- De l’action de l'effluve électrique sur la propriété des gaz, de décharger
- les corps électrisés................... 233
- Sur la propriété de décharger les conducteurs électrisés, communiquée aux gaz par les rayons X, par les flammes et par les étincelles électriques.................................. 356
- Voigï. — Gazogène à acétylène................... 203
- Volk (Magnus). — Un chemin de fer électrique en mer.................................... 46
- W
- Warner. —Ascenseur électrique............... 489
- Wedding (II.). — Le grillage des minerais de fer en vue de leur concentration
- magnétique......................... 48
- Wesendonck (K.). — Remarques à propos du travail de M. Christiansen sur l’origine de l'électricité de contact . . 182
- Wilbur Stine. — L’électrolyse et la tuyauterie dans les stations centrales. . . 384
- Wien (M.). — Sur la polarisation par les
- courants alternatifs............ 4^9
- Wilke(A). — Actions mutuelles des lignes téléphoniques d’après la théorie de
- Muller......................... 333
- Wilson. —Procédé de fabrication du carbure
- de calcium..................... 124
- Woodbrioge (J.-S.). -- Transmission à trois
- ' fils pour tramways électriques. . . 321
- Wood et Mayes. — Enregistreur électrique. 301
- Wurtz. — Appareil protecteur pour paratonnerres .................................... 447
- Vyman. — (Voir Bell.).................... 78
- p.624 - vue 624/625
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- p.n.n. - vue 625/625
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